Chute du mur de Berlin/30e: De la révolution à la guerre des bananes (Banana revolution: that such a basic commodity was a luxury good in East Germany tells you all you need to know about the pitfalls of communism)

12 novembre, 2019

File:Zonen-gaby.jpg

A la surprise de nombreux Allemands de l’Ouest, beaucoup de visiteurs orientaux utilisèrent les 100 DM de leur « argent de bienvenue » (somme d’argent versée par la RFA aux visiteurs de la RDA) pour acheter de grandes quantités de bananes, une rareté très prisée à l’Est. Durant les mois qui suivirent l’ouverture de la frontière, les bananes étaient vendues par caisses entières aux Allemands de l’Est qui pensaient que les stocks seraient bientôt épuisés. Cette frénésie pour le fruit fit de la banane le symbole officieux des changements en Allemagne de l’Est que certains surnommèrent la « révolution de la banane ». Certains Allemands de l’Ouest de gauche protestèrent contre ce qu’ils considéraient comme un consumérisme galopant en lançant des bananes sur les Allemands de l’Est se rendant à l’Ouest. L’obsession des Allemands de l’Est pour les bananes fut parodiée par la célèbre couverture de novembre 1989 du magazine satirique ouest-allemand Titanic qui indiquait « Gaby (17), contente d’être en Allemagne de l’Ouest : Ma première banane » alors qu’elle tient un gros concombre épluché. Wikipedia
For all the meddling the Communist bloc countries have done in banana republics, they still never seem to be able to get their hands on any actual bananas. PJ O’Rourke
There’s something alarmingly wrong with a system that manages to make Germans poor. PJ O’Rourke
Comme cela était inévitable, la marche contre l’islamophobie a payé au prix fort ses ambiguïtés. En laissant quelques fanatiques scander Allah Akbar ! en plein défilé, ses organisateurs ont davantage contribué à renforcer l’islamophobie que toute la fachosphère réunie. Dimanche, l’islam de France a manqué un rendez-vous crucial avec la République. Les cris d’Allah Akbar ! et l’indécente exhibition d’étoiles jaunes en resteront les catastrophiques symboles, la marche contre l’islamophobie fut une marche arrière. Eric Naulleau
Les amis des USA et de l’Union Européenne ont rétabli leur ‘démocratie’ : pogroms anti-indiens, tabassages de journalistes et d’élus, putch militaire. Tel est leur monde idéal. Jean-Luc Mélenchon
Dans cette Bolivie aux dizaines de coups d’État depuis les années 1960″, les événements de ces derniers jours « relèvent d’ un conflit de classes exacerbé, d’un racisme déchaîné, d’une opposition enragée contre le système d’Etat plurinational constructeur de la redistribution des richesses et la conquête de la souveraineté nationale.  Sous le fallacieux prétexte de fraude électorale, la droite dont la logistique est assurée par les services nord-américains (…) n’a pas accepté la victoire d’Evo Morales conquise grâce au vote déterminant des indigènes tellement il est insupportable à la bourgeoisie, en majorité blanche, et pour une partie des couches moyennes, sorties de la misère par Morales lui-même, d’accepter le verdict des urnes. Fabien Roussel (PCF)
La France insoumise s’associe aux protestations contre la violence de l’extrême droite putschiste bolivienne et partage le soutient à Evo Morales qu’ont exprimé les principaux dirigeants des pays de l’Amérique du sud et les partis progressistes de cette région du monde ». Les dirigeants du Venezuela, du Nicaragua, de Cuba, ainsi que le président élu argentin Alberto Fernandez et l’ancien président brésilien Lula , ont tous dénoncé un « coup d’Etat » contre Evo Morales, leader indigène de 60 ans, qui était au pouvoir depuis 2006. Boursorama
A l’occasion des 30 ans de la chute du mur, France Info a diffusé un reportage établissant un parallèle entre le mur de Berlin et la barrière de sécurité séparant Israël de la Cisjordanie. Pas un mot sur le terrorisme. C’est une recette classique du bidouillage journalistique : profiter d’un anniversaire historique pour raconter toute autre chose et vendre à ses auditeurs un reportage qui ne s’encombre ni de l’exactitude des faits, ni de l’honnêteté intellectuelle la plus élémentaire. Depuis des années, la propagande palestinienne et ses relais dans la presse française s’ingénient à établir un parallèle fallacieux entre le mur de Berlin derrière lequel des millions de citoyens est-allemands furent emprisonnés durant des décennies et la barrière israélienne de sécurité destinée à protéger les civils israéliens des attentats qui firent des ravages tout au long de la seconde Intifada. C’est le biais choisi par France Info qui a diffusé le 6 novembre un reportage au titre choc, repris les jours suivants sur les antennes soeurs de France Inter et France Culture : « Jamila, l’enfant de deux murs ». Pour fêter le 30e anniversaire de l’événement, l’envoyé spécial de France Info, Omar Ouahmane, a ainsi déniché la perle rare : Jamila, née le 9 novembre 1989 – jour de la chute du Mur – dans un hôpital dont les fenêtres surplombaient le rideau de fer séparant les deux Allemagnes. Le nouveau né a pour ainsi dire couvert l’événement en direct. Mais ce n’est pas tout. Si la mère de Jamila est allemande, son père est palestinien ! Originaire de Naplouse, en Cisjordanie, Moufid Youssef est arrivé à Berlin-Est en 1978 pour mener des études médecine. C’est un sacré « scoop » que vient de lever là le reportage de France Info qui s’autorise pour la circonstance à dresser un parallèle audacieux : De cette union est donc née Jamila, enfants de deux murs, celui de Berlin, qu’elle n’a pas connu, et celui qui sépare Israël des territoires palestiniens, mur qu’elle a découvert en 2008. Le reporter interviewe Jamila. Elle raconte son voyage en Palestine : Nous avons traversé le checkpoint de Kalandia et je me souviens de ce regard bizarre parce que j’avais un passeport allemand avec un nom arabe et j’ai vu tous ces gens qui étaient contrôlés. J’ai ressenti un sentiment de colère et aussi un peu de peur. J’ai toujours espéré que ce mur tombe avant ma mort. Les auditeurs de France Info n’en apprendront guère plus. Rien n’est expliqué, tout est suggéré. Dans quel but, dans quelles circonstances le « mur » israélien (qui est en réalité une barrière sur l’essentiel de son tracé) a-t-il été érigé ? Le reportage n’en dit rien. Pas un seul rappel sur les attentats-suicides quasi quotidiens qui ont frappé les cafés, les restaurants et les transports en commun israéliens durant la seconde Intifada. Pas un seul mot sur le millier de morts provoqué par ces attentats terroristes. La « barrière de sécurité » israélienne n’a été installée que pour protéger les civils israéliens (juifs et arabes) des attentats sanglants perpétrés par des terroristes du Hamas, des Tanzim et des Brigades des martyrs d’al Aqsa du Fatah, et du Jihad islamique palestinien. Tout dans le reportage de France Info est fait pour établir une analogie fallacieuse entre les Palestiniens et les Allemands de l’Est qui durant plus de quarante ans ne pouvaient fuir la dictature communiste et étaient maintenus prisonniers dans leur propre pays. Les civils palestiniens ont bien entendu toute possibilité de quitter la Cisjordanie, notamment en passant par la Jordanie. Chaque jour, des milliers de Palestiniens franchissent la barrière de sécurité pour venir travailler en Israël, visiter leur famille ou recevoir des soins dans les hôpitaux israéliens. Le « Mur », tel que le désigne France Info, ne constitue pas davantage une prison pour les Arabes israéliens qui ont – à l’instar de leurs concitoyens juifs – toute latitude pour voyager à l’étranger. Il suffit de déambuler dans les halls de l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv pour le constater. Enfin, dernier rappel historique : le parallèle établit par France Info est d’autant plus malhonnête que l‘ex-dictature communiste de la défunte République démocratique allemande avait su développer des liens très étroits avec les organisations terroristes palestiniennes auxquelles la Stasi (les services secrets de l’ex-RDA) fournissait un appui logistique très appréciable. Infoequitable
Eastern bloc kids collected Western candy bar wrappers. Outdated catalogues from the West were kept as coffee table books or fashion magazines. In a world full of grey, the colorful Western waste was treasure. Corecom was a chain of hard-currency stores back in the Communist days providing goods imported from the West. They were inaccessible for most Bulgarians because the national currency, the lev, was not accepted at the stores. Anyone purchasing goods at Corecom with unauthorized foreign currency ran the risk of being investigated by the authorities. The sweetest
It’s 30 years since we started to wash the stench of Soviet socialism out of the windpipes of the body politic, which means it’s about time to consider the importance of bananas. The humble yellow fruit might seem a triviality, but it’s actually quite illustrative of the pitfalls of communism. As PJ O’Rourke once observed: “For all the meddling the Communist bloc countries have done in banana republics, they still never seem to be able to get their hands on any actual bananas.” Another of O’Rourke’s pithier observations was that there’s something alarmingly wrong with a system that manages to make Germans poor. What’s especially odd is that a banana company is an island of central planning in our free market world. The system is owned, usually at least, from end to end. The plantation is planned, it is known how much the production will be. The fruit are transported on specialist – planned – ships and the technology of stopping them ripening before they get to market is well known. That such a basic commodity was a luxury good in East Germany tells you all you need to know about that system’s manifest failings. The fruit’s absence typified the shortages and penury of life in the old GDR. Indeed, when a shipment did come in there would be queues around the block. Meanwhile over in West Germany, the banana was a potent symbol of the country’s 1950s economic miracle – so much so that West German president Konrad Adenauer once brandished one in the Bundestag and hailed it as “paradisical manna”. The best part of the story is what happened immediately after the formal reunification of Germany, a year after the wall fell. As the hours and the minutes ticked down lorries full of bananas queued at the soon to be defunct border crossings. As midnight passed and freedom reigned again, they powered their way to every town, village and hamlet carrying their vital cargo. By that first rosy dawn every shop, flower stall, tobacco kiosk and newsagent in the no longer socialist republic was festooned with bananas. it was a political statement, of course, a message to former East Germans that their new polity could deliver this simple and yellow thing with total efficiency. And such was the enthusiasm for this new bounty that for a time the Easterners were referred to their by their Western cousins as ‘bananen’. It is possible to tell more complex tales that illustrate the starkness of the economic divide. Take the VW executive who went to see the Trabant factory at Zwickau. For all the Western auto companies were running slide rules over the varied Dacias, Skodas and the like. On giving his report back at Wolfsburg our stalwart German auto manager burst into tears. Those Trabbies were worth less than the raw materials entering the other end of the factory. Forget even the value of the labour or capital, the process of turning papier mache (I kid you not, I have personally witnessed a horse eating one) into a car body reduced the value of the original ingredients. That is how you can make even Germans poor of course. Having to explain this to people raised in a more or less sane economic system is presumably what caused that executive to start blubbering in the boardroom. It isn’t even just the inefficiency that grates, it’s the driving ethos of the whole system. For this is what planned economies do. They give the people – badly, late and expensively – what the planners think they should want, rather than what they actually do want. Yes, bananas are trivial but again, as O’Rourke puts it: “The privileges of liberty and the sanctity of the individual went out and whipped butt.” Yep, in all its waxy yellowness. Tim Worstall
La guerre de la banane, quelquefois appelée conflit de la banane, est un différend politique, économique et commercial centré sur des questions de droit de douanes relatifs à la banane, entre l’Union européenne, et les pays latino-américains, soutenus par les États-Unis. Ce conflit a démarré en 1993, avec plusieurs annonces de fin, en 2009 et en 20111. Selon le point de vue européen, il s’agissait de préserver les producteurs membres des pays ACP menacés par la libéralisation des normes économiques exigée par l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Selon le point de vue américain, il s’agissait de dénoncer un régime douanier inéquitable. Les États-Unis, commercialisant ces bananes provenant de l’Amérique latine, étaient partisans du démantèlement de toute protection économique. En rétorsion des mesures européennes, Washington a décidé d’imposer des sanctions douanières aux exportations européennes, qui n’ont été levées qu’en 2001. À la veille du lancement du cycle de Doha de libéralisation des échanges agricoles, Pascal Lamy, Commissaire européen du commerce, se félicitait alors d’avoir montré par cet accord que les différents États impliqués pouvaient « gérer des différends commerciaux de manière professionnelle ». Wikipedia
As I understand it, the only people in Europe who like straight bananas are the Germans, who lacking any former colonies in the Caribbean were obliged to import their bananas from Latin America (this may be why so many bigshot Nazis retired there). The biggest banana consumers in the world, the Germans have a psychologically complex relationship with the fruit. Konrad Adenauer famously brandished a banana in the Bundestag, calling it « paradisical manna », and thus became the only European politician to appear with a banana as a matter of policy until that monkey who got elected mayor the other week. Yet, after reunification, West Germans referred to East Germans disparagingly as « bananen » because the delicacy had been so rare on the other side of the Berlin Wall (« Ja, ve haff nein bananen »). At the same time, the biggest-selling vibrator in Germany was a battery-operated banana and the biggest-selling condom was banana-flavoured. I gather there are EU regulations on the shape and size of condoms, so presumably the popular banana Eurocondom conforms to directives on both banana size and condom size. I don’t believe the banana question would ever have reared its ugly head had not tariff-free dollar bananas for Germany been written into the original Treaty of Rome. Conversely, the rest of Europe’s banana supply – almost entirely curved – was governed by the Banana Regime of the 1957 Lome Convention. The German banana exemption was the Trojan horse by which the straight banana penetrated the European hinterland. And there things rested until the 1993 EU Banana Regime attempted to reconcile the curved bananas of the Lome Convention with the straight bananas of the Treaty of Rome and wound up getting taken to the WTO and infuriating the Americans. At the height of the subsequent banana war, Brussels was putting tariffs on straight bananas. With hindsight, it seems the height of hypocrisy to defend the curved banana against the straight banana when, on the equally vexed question of cucumber curvature, the EU instituted mandatory straightening. In 1999, Washington demanded an investigation into EU policy on the crookedness of fruits, but at the time Brussels was too busy investigating the fruits of crookedness, with a half-hearted inquiry into EU corruption and cronyism. This was the period when Commissioner Edith Cresson was in trouble for putting her dentist on the payroll as a $300,000 EU « scientific adviser », and then declaring she was shocked to find this sort of thing going on right under her nose, though that would seem the obvious place to look for one’s dentist. Mme Cresson, to the best of my knowledge, played no role in drafting EU policy on the identification of fruits, except for her celebrated remark that most Englishmen were homosexual. Anyway, I asked an EU friend in Brussels (Motto: « You don’t have to be bananas to work here but it helps ») whether this week’s news would be seen as a great victory for the fruitarian lobby. He said, « The fruit Aryan? You mean that Dutch guy who got shot a couple of weeks back? Nine-day wonder. We’re over that now. » Finally, you’re probably wondering how the straight vs curved banana dispute fits into the war on terror. All I know is that Muslims believe that man was expelled from the Garden of Eden not because of an apple but because of a green banana. Where does the EU stand (or slip) on those? Mark Steyn
De la révolution à la guerre des bananes
A l’heure où le monde fête le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin …
Pendant qu’après la marche de la honte, entre cris d’Allahu Akbar et fausses étoiles jaunes, contre la prétendue islamophobie  …
Nos Mélenchon et autres néo-staliniens s’associent aux dirigeants venezueliens, nicaraguais et cubains pour dénoncer le « coup d’Etat » contre le voleur d’élection Evo Morales …

Et nos journalistes de la Pravda du service public français ne résistent pas à l’ocassion d’une énième et fallacieuse comparaison du « mur » israélien

Avec cet nfâme symbole d’un système qui avait réduit des populations entières pendant des décennies …
A collectionner les emballages de friandises ou les vieux catalogues de l’ouest …
Et qui voyait deux jours plus tard avec l’ouverture des frontières intérieures près du quart de la population est-allemande …
Se ruer, pour les acheter par caisses entières, sur les bananes de l’ouest …
Quelle meilleure illustration des aberrations du système communiste
Que la transformation de ce qui était devenu un produit d’alientation de base à l’ouest …
En un produit de luxe hors de portée de la plupart des gens à l’est ?
Mais aussi comme le rappelait alors l’impayable Mark Steyn
Quelle meilleure illustration des aberrations du réglementarisme bruxellois …
A travers l’Atlantique pour cause de courbure et de longueur non conformes  …
Que cette nouvelle et  terrible guerre des bananes des années 90  ?

Why command economies are absolutely bananas

Tim Worstall

It’s 30 years since we started to wash the stench of Soviet socialism out of the windpipes of the body politic, which means it’s about time to consider the importance of bananas.

The humble yellow fruit might seem a triviality, but it’s actually quite illustrative of the pitfalls of communism. As PJ O’Rourke once observed: “For all the meddling the Communist bloc countries have done in banana republics, they still never seem to be able to get their hands on any actual bananas.”

Another of O’Rourke’s pithier observations was that there’s something alarmingly wrong with a system that manages to make Germans poor.

What’s especially odd is that a banana company is an island of central planning in our free market world. The system is owned, usually at least, from end to end. The plantation is planned, it is known how much the production will be. The fruit are transported on specialist – planned – ships and the technology of stopping them ripening before they get to market is well known.

That such a basic commodity was a luxury good in East Germany tells you all you need to know about that system’s manifest failings. The fruit’s absence typified the shortages and penury of life in the old GDR. Indeed, when a shipment did come in there would be queues around the block.

Meanwhile over in West Germany, the banana was a potent symbol of the country’s 1950s economic miracle – so much so that West German president Konrad Adenauer once brandished one in the Bundestag and hailed it as “paradisical manna”.

The best part of the story is what happened immediately after the formal reunification of Germany, a year after the wall fell. As the hours and the minutes ticked down lorries full of bananas queued at the soon to be defunct border crossings. As midnight passed and freedom reigned again, they powered their way to every town, village and hamlet carrying their vital cargo.

By that first rosy dawn every shop, flower stall, tobacco kiosk and newsagent in the no longer socialist republic was festooned with bananas. it was a political statement, of course, a message to former East Germans that their new polity could deliver this simple and yellow thing with total efficiency. And such was the enthusiasm for this new bounty that for a time the Easterners were referred to their by their Western cousins as ‘bananen’.

It is possible to tell more complex tales that illustrate the starkness of the economic divide. Take the VW executive who went to see the Trabant factory at Zwickau. For all the Western auto companies were running slide rules over the varied Dacias, Skodas and the like. On giving his report back at Wolfsburg our stalwart German auto manager burst into tears. Those Trabbies were worth less than the raw materials entering the other end of the factory. Forget even the value of the labour or capital, the process of turning papier mache (I kid you not, I have personally witnessed a horse eating one) into a car body reduced the value of the original ingredients.

That is how you can make even Germans poor of course. Having to explain this to people raised in a more or less sane economic system is presumably what caused that executive to start blubbering in the boardroom.

It isn’t even just the inefficiency that grates, it’s the driving ethos of the whole system. For this is what planned economies do. They give the people – badly, late and expensively – what the planners think they should want, rather than what they actually do want.

Yes, bananas are trivial but again, as O’Rourke puts it: “The privileges of liberty and the sanctity of the individual went out and whipped butt.” Yep, in all its waxy yellowness.

Voir aussi:

I have mixed feelings about this week’s landmark court decision striking down EU regulations on the curvature of fruit and veg. As a rule, I like my cucumbers straight and my bananas curved. I’m cool on EU regulation 1677/88 (if memory serves) requiring Class One cukes to curve less than 10mm every 10cm. But on bananas I’m a bender. The notorious EU regulation 2257/94 stating that bananas must be « free of abnormal curvature » and should be at least 5.5 inches long makes no sense, unless it was drafted by Paula Jones while still in shock.

But, frankly, I had no idea the EU were the ones in favour of uncurved bananas. I seem to remember during the « transatlantic banana split » of a few years ago that it was we in North America who were on the side of the straight banana and you in Europe who were the curvy ones. The banana war of the late Nineties was the turn-of-the-millennium version of those 19th-century imperial disputes where the Great Powers line up behind one obscure tribe or another and stage a proxy war. In this case, it was something to do with the different spheres of influence of Fyffes, Europe’s banana supremo, and Chiquita, America’s top banana. The US championed the cause of Latin-American bananas – these are the so-called « dollar » bananas: tall, straight, and thick-skinned, much like the Americans themselves. The Europeans, meanwhile, were on the side of Afro-Caribbean-Pacific bananas: short, bent, and with a pronounced aroma, much like the Europeans themselves.

Yet, despite the preceding slur, I’m personally drawn to the furtive, stooped, crooked European fruit. The dollar banana strikes me as pretty tasteless by comparison: it makes a witty and amusing touch for your headgear on Carmen Miranda night at the golf club, but is less effective in your standard banana cream pie. As I understand it, the only people in Europe who like straight bananas are the Germans, who lacking any former colonies in the Caribbean were obliged to import their bananas from Latin America (this may be why so many bigshot Nazis retired there). The biggest banana consumers in the world, the Germans have a psychologically complex relationship with the fruit. Konrad Adenauer famously brandished a banana in the Bundestag, calling it « paradisical manna », and thus became the only European politician to appear with a banana as a matter of policy until that monkey who got elected mayor the other week.

Yet, after reunification, West Germans referred to East Germans disparagingly as « bananen » because the delicacy had been so rare on the other side of the Berlin Wall (« Ja, ve haff nein bananen »). At the same time, the biggest-selling vibrator in Germany was a battery-operated banana and the biggest-selling condom was banana-flavoured. I gather there are EU regulations on the shape and size of condoms, so presumably the popular banana Eurocondom conforms to directives on both banana size and condom size. I don’t believe the banana question would ever have reared its ugly head had not tariff-free dollar bananas for Germany been written into the original Treaty of Rome. Conversely, the rest of Europe’s banana supply – almost entirely curved – was governed by the Banana Regime of the 1957 Lome Convention. The German banana exemption was the Trojan horse by which the straight banana penetrated the European hinterland.

And there things rested until the 1993 EU Banana Regime attempted to reconcile the curved bananas of the Lome Convention with the straight bananas of the Treaty of Rome and wound up getting taken to the WTO and infuriating the Americans. At the height of the subsequent banana war, Brussels was putting tariffs on straight bananas. With hindsight, it seems the height of hypocrisy to defend the curved banana against the straight banana when, on the equally vexed question of cucumber curvature, the EU instituted mandatory straightening.

In 1999, Washington demanded an investigation into EU policy on the crookedness of fruits, but at the time Brussels was too busy investigating the fruits of crookedness, with a half-hearted inquiry into EU corruption and cronyism. This was the period when Commissioner Edith Cresson was in trouble for putting her dentist on the payroll as a $300,000 EU « scientific adviser », and then declaring she was shocked to find this sort of thing going on right under her nose, though that would seem the obvious place to look for one’s dentist. Mme Cresson, to the best of my knowledge, played no role in drafting EU policy on the identification of fruits, except for her celebrated remark that most Englishmen were homosexual.

Anyway, I asked an EU friend in Brussels (Motto: « You don’t have to be bananas to work here but it helps ») whether this week’s news would be seen as a great victory for the fruitarian lobby. He said, « The fruit Aryan? You mean that Dutch guy who got shot a couple of weeks back? Nine-day wonder. We’re over that now. »

Finally, you’re probably wondering how the straight vs curved banana dispute fits into the war on terror. All I know is that Muslims believe that man was expelled from the Garden of Eden not because of an apple but because of a green banana. Where does the EU stand (or slip) on those?

Voir également:

Démission d’Evo Morales : le PCF et LFI dénoncent une « logique de coup d’État » en Bolivie

Dans un communiqué, la France insoumise a ciblé « l’extrême droite putschiste » après la démission diamnche du président de Bolivie Evo Morales.

Boursorama avec AFP Services

11/11/2019

« Un conflit de classes exacerbé, d’un racisme déchaîné ». Le Parti communiste français et la France insoumise ont dénoncé la « logique de coup d’Etat » qui a conduit, selon eux, à l a démission du président bolivien Evo Morales dimanche 10 novembre après trois semaines de protestations contre sa réélection. « Dans cette Bolivie aux dizaines de coups d’État depuis les années 1960 », les événements de ces derniers jours « relèvent d’ un conflit de classes exacerbé, d’un racisme déchaîné, d’une opposition enragée contre le système d’Etat plurinational constructeur de la redistribution des richesses et la conquête de la souveraineté nationale « , s’émeut le secrétaire national du PCF Fabien Roussel dans un communiqué publié lundi.

« Sous le fallacieux prétexte de fraude électorale, la droite dont la logistique est assurée par les services nord-américains (…) n’a pas accepté la victoire d’Evo Morales conquise grâce au vote déterminant des indigènes tellement il est insupportable à la bourgeoisie, en majorité blanche, et pour une partie des couches moyennes, sorties de la misère par Morales lui-même, d’accepter le verdict des urnes », ajoute-t-il.

« Un coup d’État » dénoncé par plusieurs pays d’Amérique du Sud

LFI accuse pour sa part l’opposition qui « multiplie les actes racistes et les violences dans une logique de coup d’Etat » , dans un communiqué publié dimanche. « La France insoumise s’associe aux protestations contre la violence de l’extrême droite putschiste bolivienne et partage le soutient à Evo Morales qu’ont exprimé les principaux dirigeants des pays de l’Amérique du sud et les partis progressistes de cette région du monde ». Les dirigeants du Venezuela, du Nicaragua, de Cuba, ainsi que le président élu argentin Alberto Fernandez et l’ancien président brésilien Lula , ont tous dénoncé un « coup d’Etat » contre Evo Morales, leader indigène de 60 ans, qui était au pouvoir depuis 2006.

« Coup d’Etat en #Bolivie contre @evoespueblo (Evo Morales, ndlr). Les amis des USA et de l’Union Européenne ont rétabli leur ‘démocratie’ : pogroms anti-indiens, tabassages de journalistes et d’élus, putsch militaire. Tel est leur monde idéal », a également dénoncé Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de LFI sur Twitter.

Voir encore:

Éric Naulleau : “la marche contre l’islamophobie a payé au prix fort ses ambiguïtés”
Valeurs actuelles
12 novembre 2019

Pour le chroniqueur, la marche du dimanche 10 novembre a “contribué à renforcer l’islamophobie”.
Avant même son départ, la marche contre l’islamophobie ne faisait pas l’unanimité. Le PS et EELV (la sénatrice Esther Benbassa y participait à titre personnel), par exemple, s’en sont désolidarisés. Une fois lancé, le cortège a été émaillé par des incidents qui ont donné raison aux détracteurs de la manifestation à laquelle 10 000 personnes ont participé, selon les chiffres de la préfecture de Police. Sur Twitter, Éric Naulleau, chroniqueur de l’émission Balance ton post sur C8, l’assure : « Comme cela était inévitable, la marche contre l’islamophobie a payé au prix fort ses ambiguïtés. En laissant quelques fanatiques scander Allah Akbar ! en plein défilé, ses organisateurs ont davantage contribué à renforcer l’islamophobie que toute la fachosphère réunie ».

« Indécente exhibition d’étoiles jaunes »
Et d’ajouter : « Dimanche, l’islam de France a manqué un rendez-vous crucial avec la République. Les cris d’Allah Akbar ! et l’indécente exhibition d’étoiles jaunes en resteront les catastrophiques symboles, la marche contre l’islamophobie fut une marche arrière ».

Pour le chroniqueur, « si les organisateurs de la marche de demain en avaient seulement appelé à la juste lutte contre l’islamophobie, je l’aurais évidemment soutenue. Mais la pollution de l’initiative par des propos et des personnages antirépublicains rend la chose impossible. Quel gâchis ! »

Voir enfin:

Mur de Berlin: la comparaison fallacieuse de France Info avec Israël

C’est une recette classique du bidouillage journalistique : profiter d’un anniversaire historique pour raconter toute autre chose et vendre à ses auditeurs un reportage qui ne s’encombre ni de l’exactitude des faits, ni de l’honnêteté intellectuelle la plus élémentaire.

Depuis des années, la propagande palestinienne et ses relais dans la presse française s’ingénient à établir un parallèle fallacieux entre le mur de Berlin derrière lequel des millions de citoyens est-allemands furent emprisonnés durant des décennies et la barrière israélienne de sécurité destinée à protéger les civils israéliens des attentats qui firent des ravages tout au long de la seconde Intifada.

C’est le biais choisi par France Info qui a diffusé le 6 novembre un reportage au titre choc, repris les jours suivants sur les antennes soeurs de France Inter et France Culture : « Jamila, l’enfant de deux murs ».

Pour fêter le 30e anniversaire de l’événement, l’envoyé spécial de France Info, Omar Ouahmane, a ainsi déniché la perle rare : Jamila, née le 9 novembre 1989 – jour de la chute du Mur – dans un hôpital dont les fenêtres surplombaient le rideau de fer séparant les deux Allemagnes. Le nouveau né a pour ainsi dire couvert l’événement en direct.

Mais ce n’est pas tout. Si la mère de Jamila est allemande, son père est palestinien ! Originaire de Naplouse, en Cisjordanie, Moufid Youssef est arrivé à Berlin-Est en 1978 pour mener des études médecine.

C’est un sacré « scoop » que vient de lever là le reportage de France Info qui s’autorise pour la circonstance à dresser un parallèle audacieux :

De cette union est donc née Jamila, enfants de deux murs, celui de Berlin, qu’elle n’a pas connu, et celui qui sépare Israël des territoires palestiniens, mur qu’elle a découvert en 2008.

Le reporter interviewe Jamila. Elle raconte son voyage en Palestine :

Nous avons traversé le checkpoint de Kalandia et je me souviens de ce regard bizarre parce que j’avais un passeport allemand avec un nom arabe et j’ai vu tous ces gens qui étaient contrôlés. J’ai ressenti un sentiment de colère et aussi un peu de peur. J’ai toujours espéré que ce mur tombe avant ma mort

Décryptage

Les auditeurs de France Info n’en apprendront guère plus. Rien n’est expliqué, tout est suggéré. Dans quel but, dans quelles circonstances le « mur » israélien (qui est en réalité une barrière sur l’essentiel de son tracé) a-t-il été érigé ? Le reportage n’en dit rien. Pas un seul rappel sur les attentats-suicides quasi quotidiens qui ont frappé les cafés, les restaurants et les transports en commun israéliens durant la seconde Intifada. Pas un seul mot sur le millier de morts provoqué par ces attentats terroristes.

La « barrière de sécurité » israélienne n’a été installée que pour protéger les civils israéliens (juifs et arabes) des attentats sanglants perpétrés par des terroristes du Hamas, des Tanzim et des Brigades des martyrs d’al Aqsa du Fatah, et du Jihad islamique palestinien. Tout dans le reportage de France Info est fait pour établir une analogie fallacieuse entre les Palestiniens et les Allemands de l’Est qui durant plus de quarante ans ne pouvaient fuir la dictature communiste et étaient maintenus prisonniers dans leur propre pays.

Les civils palestiniens ont bien entendu toute possibilité de quitter la Cisjordanie, notamment en passant par la Jordanie.

Chaque jour, des milliers de Palestiniens franchissent la barrière de sécurité pour venir travailler en Israël, visiter leur famille ou recevoir des soins dans les hôpitaux israéliens.

Le « Mur », tel que le désigne France Info, ne constitue pas davantage une prison pour les Arabes israéliens qui ont – à l’instar de leurs concitoyens juifs – toute latitude pour voyager à l’étranger. Il suffit de déambuler dans les halls de l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv pour le constater.

Enfin, dernier rappel historique : le parallèle établit par France Info est d’autant plus malhonnête que l‘ex-dictature communiste de la défunte République démocratique allemande avait su développer des liens très étroits avec les organisations terroristes palestiniennes auxquelles la Stasi (les services secrets de l’ex-RDA) fournissait un appui logistique très appréciable.

Certains dossiers exhumés des archives de la Stasi ont fourni à ce sujet de précieux renseignements.

Peut-être l’occasion d’un futur reportage de l’envoyé spécial de France Info à Berlin ?


Liberté d’expression: Vous avez dit ‘élucubrations sur les réseaux sociaux’ ? (Big Brother Facebook and his sleeping giants friends are watching you)

11 octobre, 2019

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Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres. Le Coran est un livre d’inouïe violence. Exaltation de la violence: chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran. De fait, l’Église catholique n’est pas exempte de reproches. … Mais ce qui différencie le christianisme de l’islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l’Église. Aucune des fautes de l’Église ne plonge ses racines dans l’Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine. Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence. Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident «le monde libre» par rapport au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein. Robert Redeker
Les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes. Jacques Chirac
Dans le cadre du dialogue des civilisations et des cultures, il faut éviter tout ce qui anime les tensions et l’amalgame entre l’islam, qui est une grande religion respectée et respectable, et l’islamisme radical. Jacques Chirac
[La piste terroriste] n’est évidemment pas écartée. D’abord, je pense qu’il est important de le dire régulièrement: ce n’est pas parce qu’on est musulman qu’on est terroriste. Donc le fait qu’on se convertisse à l’islam n’est pas un signe automatique de radicalisation. Les faits doivent être regardés avec précision. C’est ce que les services enqêteurs sont en train de réaliser. Et donc avant que ces services enquêteurs ne nous donnent des informations tangibles et qui ne sont pas des élucubrations sur les réseaux sociaux, je ne me prononcerai pas. Sibeth N’Diaye (porte-parole du gouvernement Macron)
Tous nos problèmes aggravés par l’immigration sont aggravés par l’islam. En France, comme dans toute l’Europe, tous nos problèmes sont aggravés par l’immigration, école, logement, chômage, déficits sociaux, ordre public, prisons (…) et tous nos problèmes aggravés par l’immigration sont aggravés par l’islam. C’est la double peine. L’Etat français est devenu l’arme de destruction de la nation et de l’asservissement de son peuple, du remplacement de son peuple par un autre peuple, une autre civilisation. Entre vivre (et vivre) ensemble, il faut choisir. La question qui se pose à nous est la suivante: les jeunes Français vont-ils accepter de vivre en minorité sur la terre de leurs ancêtres ? Nos progressistes si brillants (…) nous ont ramenés à la guerre des races et à la guerre des religions. Comment ne pas être ébloui par les tenues de notre ministre préférée, Sibeth Ndiaye, sommet de la distinction française. Eric Zemmour
C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité. Obama (à Medvedev, 27.03.12)
Le battre dans les urnes rendrait un mauvais service à l’histoire, rendrait un mauvais service à notre pays. J’ai peur que si nous ne destituons pas le président, il sera réélu. Al Green (repésentant démocrate du Texas)
Aside from the emotional issue that Democrats, NeverTrumpers, and celebrities loathe Donald Trump, recently Representative Al Green (D-Texas) reminded us why the Democrats are trying to impeach the president rather than just defeat him in the 2020 general election. “To defeat him at the polls would do history a disservice, would do our nation a disservice,” Green said.  “I’m concerned that if we don’t impeach the president, he will get re-elected.” Translated, that means Green accepts either that Trump’s record is too formidable or that the agendas of his own party’s presidential candidates are too frightening for the American people to elect one of them. And that possibility is simply not permissible. Thus, impeachment is the only mechanism left to abort an eight-year Trump presidency—on a purely partisan vote to preclude an election, and thus contrary to the outlines of impeachment as set out by the Constitution. Consider it another way: Why is it that the House is controlled by Democrats, yet its leadership is not pushing through any of the policy proposals voiced so openly on the Democratic primary stage? Why aren’t progressive representatives introducing bills to pay reparations to African Americans, to legalize infanticide in some cases of late-term abortion, to offer free medical care to illegal aliens, to confiscate AR-15s, to extend Medicare for all, to impose a wealth tax and raise top rates to between 70 and 90 percent, to abolish student debt and ensure free college for all, or to grant blanket amnesty to those currently living in the country illegally? Simple answer: none of those issues poll anywhere near 50 percent approval. And no Democratic candidate would expect to beat Trump as the emissary of such an agenda. If the economy was in a recession, if we were embroiled in another Iraq-like or Vietnam-sort of war, and if Trump’s polls were below 40 percent, then the Democrats would just wait 13 months and defeat him at the polls. But without a viable agenda and because they doubt they can stop Trump’s reelection bid, they feel they have no recourse but to impeach. If Trump were to be reelected, not a shred of Barack Obama’s “fundamental transformation” would be left, and the strict constructionist Supreme Court would haunt progressives for a quarter-century. (…) In a sane world, the impeachers would worry their charges that Trump forced Ukrainian President Vladimir Zelensky to investigate his possible 2020 Democratic opponent Joe Biden might boomerang. After all, Trump never actually cut off Ukrainian aid. Nor did he outline a quid pro quo deal. Essentially he is accused of unduly asking a foreign president to clamp down on corruption in his midst going back to 2016. So what? Especially if there is something more to the strange antics of Hunter Biden and CrowdStrike. Biden’s problems are not such thought crimes, but are confirmed by his own boasting: that he used the clout of the United States to help his own family financially, by threatening to cut off U.S. aid unless a Ukrainian state prosecutor looking into his own son’s suspicious lobbying was fired within six hours. And in Biden’s own words, “Son of a bitch,” he was fired. In contrast, Trump might have been all over the map in his call, but he kept the aid to Ukraine coming without demanding the scalp of any Ukrainian official. In some sense, Trump’s culpability boils down to one issue: progressives believe that in not-too-veiled a manner, he threatened a foreign government to start going after the Biden family without cause, whose patriarch Joe might be Trump’s 2020 election opponent. The other half of the country believes that what is material is not Biden’s current transient electoral status (he is not now and may not be the Democratic nominee), but the fact that he was vice president of the United States when he used his office to threaten the loss of foreign aid to stop investigations of his son, who was using his father’s position to further his own profiteering. Given that Trump denies any quid pro quo and his call supports that fact, while Biden, on the other hand, openly brags that he made threats which made the Ukrainian to cave (“in six hours”), one can draw one’s own conclusions. (…) As far as precedent, there is a good recent example. Barack Obama got caught promising to consider cuts in Eastern-European-based missile defense if Vladimir Putin would give him some room during his reelection campaign. Translated into Adam Schiff’s Mafiosi parody lingo: Putin would calm down on the international stage to make the U.S.-Russia “reset” look good, Obama would then get rid of Eastern-European missile defense, and Obama would get reelected in 2012. And all three of those events transpired as planned—one can surmise whether any of the three would have happened without Obama compliance with Russian conditions. Remember, Obama’s quid pro quo was caught on a hot mic on the premise that what he said to Russian President Medvedev was never supposed to be heard. “On all these issues, but particularly missile defense, this can be solved,” Obama said. “But it’s important for him [Putin] to give me space . . . This is my last election. After my election I have more flexibility.” Once that understanding was excused, and the media was mute about such collusion, can any notion of collusion as a crime still exist? (…) So if Trump’s health holds out, if we don’t have a recession, if there is not an optional war, and Trump endures the next few weeks of 360-degree, 24/7 targeting, 2020 will be far more favorable than ever imaginable for him. Victor Davis Hanson
Vanité des entreprises humaines… Tout débutait si bien: la meute média-antifa aux trousses d’Éric Zemmour… L’amorce d’un dialogue détendu-convivial sur l’immigration lancé par l’Élysée. Soudain, le vrai monde anéantit tout cela avec fracas. Car si la moitié de ce qu’on lit sur la tuerie de la Préfecture de police est vrai – nous y revenons – la sécurité de la France, la confiance des Français en leur État, seront gravement affectés. Le philosophe Clément Rosset édicta naguère que « la réalité est insupportable, mais irrémédiable »: nous y voilà. Résumons : un individu depuis dix ans fasciné par l’islam… converti depuis deux ans peut-être… habilité au secret-défense… niché au cœur informatique du service opérant le renseignement d’une capitale mondiale majeure… Aussi: on ne compte plus les missions ultra-sensibles récemment confiées à la DRPP, de par sa taille réduite, son étanchéité et son esprit de corps. Les dégâts potentiels sont vertigineux. (…) Quand vos chefs prônent le politiquement-correct ; quand cent stages vantent l’idéal du vivre-ensemble et l’horreur de la discrimination ; quand toute blague déclenche la foudre ; s’inquiéter d’un collègue infirme et antillais est ardu. Preuve, la réaction de l’État : le piteux Castaner bredouille que tout est normal et une péronnelle de la présidence suggère d’éviter les amalgames. Quand ces réactions émanent du sommet d’un État fort pyramidal, sa base évite tout propos malsonnant – comment lui donner tort ? Second point majeur. On lit que l’assassin était « signalé » depuis 2015. mais signalé par qui ? Et vers qui ? En 2015, l’ambiance était électrique entre la direction de la DGSI et celle de la DRPP, pour affaires touchant à la françafrique. Que s’est il alors passé – ou pas passé, plutôt ? Il serait judicieux d’aller y voir de près. Dernier point : Macron a fondé la coordination du renseignement : bien. Or depuis, sous l’empire de la nécessité – protéger le président de ses « affaires »… ambitions pseudo-savantes sans vrai contenu… la coordination semble oublier ses fondamentaux, dont celui-ci : coordonner est bien s’il s’agit d’un tout étanche et cohérent – ce n’est pas le cas, on l’a vu. Brutal résultat – le protocole de la médecine d’urgence vaut pour le renseignement : toujours envisager le pire. Nul catastrophisme, mais seul moyen de sauver le patient. Et si M. H. était une taupe islamiste ? Qu’a-t-il transmis et à qui, des bases numériques de la DRPP ? Y a-t-il logé un logiciel-malveillant, cheminant ensuite – vers où ? On imagine la réaction des services alliés. Au pire, tout ou partie de l’informatique de la DRPP est à revoir. (…) même, on aggrave les choses. Un exemple inquiétant. Pour grappiller quelques sous, l’Intérieur externalise la réparation de ses véhicules, camions de CRS, etc. Or dans leurs garages, les mécaniciens de la police voient ces sous-traitants chercher les véhicules à réparer. Parfois, des barbus portant au front la zebiba, tache noire du prosterné en prière. Voilà à qui on confie les camions des CRS. On détecte ainsi des sots trop voyants, mais de longue date, les durs des Frères musulmans et les salafistes disposent de fatwas leur permettant de se raser et porter costume-cravate pour infiltrer les structures infidèles. Quand ils l’ont pu dans le monde musulman, ils ont infiltré les centres d’éducation : leurs recrues savent se planquer. En Turquie, on voit le mal qu’a Erdogan à éradiquer la secte islamiste de Fetullah Gülen de l’administration et l’armée. » Xavier Raufer
Ce fonctionnaire né à Fort de France servait depuis 2003 comme adjoint administratif (agent de catégorie C) au sein du au service technique de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP). Il n’avait jamais attiré défavorablement l’attention de sa hiérarchie quant à sa conduite. Il a certainement été l’objet d’une enquête de sécurité au moment de son recrutement (en 2003) puis d’un suivi épisodique pour proroger ses habilitations au secret défense (tous les cinq ans). Sa conversion à la religion musulmane ne constituait pas un acte délictueux et, jusqu’à plus ample informé, il ne fréquentait pas des lieux de culte salafistes incubateurs d’activistes – même si fort heureusement, ils ne passent majoritairement pas à l’acte -. Non seulement dans son cas avec les éléments connus, il n’y avait pas matière à enquêter plus avant, mais si cela avait été le cas, cela aurait pu être assimilé à du « harcèlement » et à de l' »islamophobie ». La hiérarchie de l’administration – quelqu’elle soit – a très peur de se retrouver dans cette position face aux influents intellectuels qui n’attendent que ce prétexte pour intervenir dans les medias dans le seul but d’affaiblir l’Etat. Cela dit, l’enquête en cours aurait prouvé qu’il s’était converti en 2008 et pas il y a 18 mois comme cela avait été annoncé précédemment. Si ce fait est confirmé, cela prouverait qu’il pratiquait la Taqiya (l’art de la dissimulation surtout en usage chez les chiites mais méthode reprise par les salafistes) à l’évidence pour cacher sa conversion à son environnement. De plus, il semble qu’il avait préparé son coup au dernier moment ayant acquis le couteau de cuisine en céramique qui a servi à ces assassinats le matin même de son action. (…) Les services de l’Etat sont à l’image de la nation. Les chiffres varient car les statistiques officielles restent interdites mais il y aurait entre 7 et 10% de musulmans en France. Le chiffre devrait être logiquement le même au sein de l’administration. Cela dit, seule une infime partie des musulmans adhère aux thèses extrémistes des salafistes-djihadistes qui puisent leur inspiration sur les sites spécialisés (que décidément la puissance publique a bien du mal à entraver). En France, il existe aussi d’autres versions de l’islam sunnite qui ne prônent pas la violence comme le mouvement tablligh et les Frères musulmans. Le cas des salafistes dits quiétistes pose question car c’est dans leurs rangs que les salafistes-djihadistes viennent recruter de nouveaux adeptes. Les activistes n’ont pas besoin d’être très nombreux pour être dangereux. C’est d’ailleurs la caractéristique des mouvement terroristes : quelques activistes bien formés valent mieux que des gros bataillons facilement repérables. (…) pour le moment, ce ne sont pas les revenants qui représentent le menace principale en Occident en général et en Europe en particulier. Daech n’est pas vaincu militairement mais a actuellement d’autres soucis comme relancer la guérilla sur le front syro-irakien, activer ses provinces extérieures comme en Afrique – particulièrement au Sahel – , dans le Causasse et en Extrême-Orient. Par contre, Daech continue à prodiguer sa propagande et à appeler ses adeptes au meurtre là où ils se trouvent. C’est sans doute ce qui explique cette dernière opération meurtrière. Il va être affirmé que l’assassin était quelque part « dérangé mentalement » mais il convient de se poser la question suivante: un individu qui se livre à un acte terroriste est-il mentalement sain d’esprit ? Il aurait aussi été insatisfait de sa position professionnelle qui n’évoluait pas mais cela ne peut pas expliquer grand chose. Il gardait son libre arbitre. Le cas juridique du « suspect » est clos puisque l’action est éteinte avec sa mort. Cela dit, il reste un gros problème. Daech possède un service de sécurité (Amniyat) dont une des missions est le renseignement. Ce mouvement semblait se renseigner sur le passé des volontaires français qui le rejoignaient en Syrie. Quel rôle pourrait avoir joué le suspect dans ces enquêtes « de sécurité » (et autres) car sa position professionnelle au sein de la DRPP pouvait lui permettre d’avoir accès à des fichiers informatique confidentiels ? En effet, il pourrait avoir été recruté comme source par Daech ce qui expliquerait pour partie. (…) Il est évident que cela va créer une inquiétude au sein de la population qui constate que même les organismes chargés de la protéger peuvent être infiltrés par des mouvements terroristes. Tous les ministères vont se sentir concernés et vont devoir revoir les procédures de sécurité et les enquêtes d’habilitation de leurs personnels. Cela va être très nuisible à l’ambiance interne qui risque de devenir suspicieuse. » Alain Rodier
« On sent bien que la énième répétition du même mode opératoire, à savoir une personnalité seule qui profite d’un effet de surprise dans la vie quotidienne pour poignarder des quidam, ici ce sont des collègues de travail, mais d’autres fois ce sont des passants, des gens qui rentrent chez eux dans des transports en commun, des jeunes femmes qui attendent un train dans une gare, des soldats en faction, un prêtre dans son église, c’est-à-dire n’importe qui ou tout le monde, tout cela use l’opinion publique et donne le sentiment qu’un danger imminent s’est diffusé dans notre vie quotidienne et peut nous guetter n’importe où à n’importe quel moment. On sent bien que l’ambiance se tend, et qu’une violence au quotidien se banalise. L’idée qu’à tout instant un attentat peut se produire sous nos yeux et qu’il faudra agir fait désormais partie du paysage. A long terme, la notion de tension religieuse prend forme, malgré les nombreux appels au calme et malgré les dénis sur le « pas d’amalgame ». La multiplication, partout en Europe d’ailleurs, de ces épisodes fébriles où quelques personnes sont tuées au couteau, comme ça, simplement, dans un flash terroriste, lézarde progressivement la certitude que ces attentats ne seraient pas de nature religieuse. Sur ce point, la stratégie des pouvoirs publics suivie en France comme en Allemagne, consistant à expliquer immédiatement après les faits qu’il s’agit d’un acte perpétré par un déséquilibré et qui ne serait pas de nature religieuse devient une source ce méfiance. (…) Cette fois-ci, le déni est terrible. On a tous entendu Christophe Castaner et Sibeth Ndiaye expliquer que rien ne permettait de présager l’action de cet informaticien habilité au secret défense et employé dans les services de renseignement. Mais le Parisien a révélé qu’il avait fait l’objet d’un signalement à sa hiérarchie en 2015 pour dérive radicale. Il semble que la machine administrative n’en ait pas tenu compte. En termes de gestion publique, ce hiatus entre les propos du gouvernement et la réalité est redoutable, parce qu’il donne à l’opinion publique le sentiment que la situation n’est pas sous contrôle. Ce sentiment est apparu très nettement avec l’affaire Lubrizol. Alors qu’une usine Seveso seuil haut était en feu, provoquant nausées et vomissements dans la population, le gouvernement est resté sourd et aveugle face aux évidences en expliquant que les fumées ne présentaient pas de toxicité inquiétante. La réaction incrédule de la population devrait alerter les pouvoirs publics, d’autant que l’émission de dioxine est désormais attestée, ce qui dément les propos des ministres. La même semaine, le même sketch reprend. Alors qu’un fonctionnaire de nos services de renseignement égorge l’un de ses collègues sur son lieu de travail, à savoir la Préfecture de police, ce qui n’est pas rien, deux ministres interviennent immédiatement pour tenir des discours qui manquent singulièrement de prudence, et qui sont démentis dans la journée par la presse. Le discrédit guette. Quand, sur deux affaires majeures en un laps de huit jours, des ministres sont pris en flagrant délit d’erreurs sur des faits et dans l’appréciation de leur gravité, la conséquence est bien connue: ils perdent toute crédibilité, et c’est l’équipe entière d’Edouard Philippe qui est désormais menacée de discrédit. » Eric Verhaeghe
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C’est un réseau international sans structure ni hiérarchie, de tous âges, étudiants comme retraités. Beaucoup d’internautes veulent nous rejoindre, mais il nous faut trouver des gens fiables et de confiance. Mine de rien, c’est une activité dangereuse qui nécessite beaucoup de précautions pour protéger son identité et agir en sécurité face aux menaces. La propagation de la haine et la manipulation de Breitbart étaient devenues pour moi inadmissibles et insupportables. Ce n’est pas un engagement politique, mais plutôt de l’ordre de la philosophie. Il y a aussi des médias spécialisés dans la manipulation par la peur, en France, dont certains sont financés par la publicité, justifie l’activiste. Avec mon partenaire, nous avons choisi de commencer par Boulevard Voltaire : c’était moins dangereux que Fdesouche [blog nationaliste très populaire à l’extrême droite, ndlr], dont les contributeurs sont particulièrement agressifs. En plus, Boulevard Voltaire fait passer des idées nauséabondes sous couvert de respectabilité chrétienne. Cela le rend à mes yeux encore plus insidieux. (…) On a cherché des sites d’extrême gauche qui diffusaient de la peur, mais ils sont peu organisés et aucun ne profite de la pub. R
Sleeping Giants (« Les Géants Endormis ») est une organisation activiste agissant sur les réseaux sociaux visant à persuader les entreprises de supprimer leurs publicités de certains médias conservateurs tenant des propos jugés racistes et/ou sexistes. La campagne a débuté en novembre 2016 peu après la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine de 2016, avec le lancement d’un compte Twitter visant à boycotter Breitbart News. Le premier message (sur Twitter) ciblait la société de gestion financière SoFi1 (compagnie spécialisée dans la gestion financière). La plupart des messages de l’organisation sur le réseau social Twitter sont des messages destinés aux entreprises fournissant de la publicité à la chaîne Breitbart News. La majorité de leurs messages incitent à participer au boycott de l’entreprise tant que celle-ci n’aura pas rejoint la lutte contre Breitbart. La plupart de l’activité du réseau ne provient pas du compte lui-même, mais sont des « retweets » de ceux-ci, cette méthode donne à l’organisation un très grand impact sur les utilisateurs des réseaux sociaux. Jusqu’en juillet 2018, personne ne savait qui était à la tête du mouvement, mais finalement, après deux ans d’activités, Matt Rivitz, un publicitaire, confirme qu’il est le fondateur du groupe, après avoir été identifié par le média conservateur Daily Caller. L’organisation agit principalement depuis son compte Twitter mais dispose également d’un compte Facebook. Elle a monté, au fil du temps, diverses antennes régionales en Australie, en Belgique, au Brésil, au Canada, en Finlande, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Nouvelle-Zélande, en Norvège, en Espagne, en Suède, en Suisse et enfin au Royaume-Uni (antennes possédant aussi leurs propres comptes Twitter). En février 2017, 820 entreprises avaient rejoint le mouvement et avaient cessé de fournir de la publicité (et donc de l’argent) à Breitbart News, selon les statistiques fournies par l’organisation1. Un peu plus tard, en mai 2017, l’ampleur du mouvement ne peut plus être qualifié de négligeable : plusieurs milliers d’annonceurs ont cessé de placer leurs produits sur la chaîne Breitbart News (les publicités sont la source de revenus principales des chaînes de télévision), considérant la campagne comme un moyen de protester ouvertement contre la politique de Donald Trump ainsi que de se garantir la confiance des militants (et par conséquent celle de tous les citoyens suivants l’organisation sur les réseaux sociaux). La liste des entreprises ayant rejoint le mouvement ne cesse de s’agrandir mais on peut retenir comme noms les plus célèbres les marques, AT & T, Kellogg’s, BMW, Visa, Autodesk, Lenovo, HP Inc., Vimeo, Deutsche Telekom, Lyft, Allstate, Nest et Warby Parker (société spécialisée dans la vente de lunettes sur internet). Le gouvernement canadien a également cessé de fournir de la publicité à Breitbart News après avoir déclaré que son contenu « n’était pas conforme au code de valeur et d’éthique du gouvernement ». La stratégie de Sleeping Giants consiste à faire pression sur les annonceurs en associant méthodes traditionnelles (manifestations, etc.) et méthodes plus « numériques » (activisme en ligne) dans le but de recruter et de mobiliser une large population d’utilisateurs des réseaux sociaux.  (…) Sleeping Giants a notamment mené une longue campagne visant à convaincre les entreprises à ne plus fournir des publicités à The O’Reilly Factor dès que l’affaire des cinq accords de harcèlement sexuel de l’animateur Bill O’Reilly et de la chaîne de télévision ultra-conservatrice Fox News a été révélée. L’organisation a fini par remporter la victoire, entraînant l’annulation de l’émission. Depuis mai 2017, l’antenne locale canadienne a utilisé les mêmes moyens pour faire pression sur les sociétés fournissant la publicité au média conservateur canadien The Rebel Media, la réussite de l’opération est confirmée quelques mois après le début de celle-ci. L’antenne régionale française conduit en ce moment même une campagne proche de celle de l’antenne principale visant le site aligné d’extrême droite, Boulevard Voltaire. Wikipedia
Né aux Etats-Unis pour contrer les “fake news” de la droite radicale, le réseau d’activistes Sleeping Giants cible désormais les médias d’extrême droite (sic) français. En alertant les marques dont les publicités financent Boulevard Voltaire, ils auraient fait perdre près de cinq cents annonceurs au site réactionnaire (sic) cofondé par le maire de Béziers. Savamment disposés autour de l’article « Des migrants pourris-gâtés ? » en une de la page d’accueil, les bandeaux publicitaires ne font pas dans le haut de gamme. « Investissez dans l’immobilier et effacez vos impôts pendant douze ans ! », « Alzheimer : nés avant 1965 ? Lisez vite ceci », « Rencontrez des célibataires philippines ! », « Comment la rendre folle d’amour : la méthode infaillible »… Le contenu publicitaire de Boulevard Voltaire, le site d’opinion ultraconservateur (sic) fondé en 2012 par Robert Ménard et Dominique Jamet, ressemble davantage à celui d’un obscur blog. Il y a encore, ici et là, une sélection de livres d’extrême droite (sic) sur Amazon, une campagne pour les cars de la SNCF ou une réclame d’Uber, mais la très grande majorité des annonces du site n’ont à vendre que lampes d’autodéfense, programmes de régime, sous-vêtements et jeux vidéo en ligne. Depuis plusieurs mois, les grandes marques fuient une à une Boulevard Voltaire. Ce lâchage en règle n’est pas dû au hasard : il est le résultat d’une mobilisation intense d’internautes regroupés sous le nom de Sleeping Giants. Ce réseau d’activistes s’est d’abord lancé aux Etats-Unis, peu après l’élection de Donald Trump et l’arrivée à la Maison-Blanche de son ex-conseiller Stephen Bannon, patron du site ultraconservateur Breitbart News (qu’il vient de rejoindre à nouveau), pourvoyeur régulier de fausses informations (sic) et de théories sexistes, racistes, antisémites et homophobes (sic). Inquiets face à la place accrue occupée par cette droite radicale (sic) au sommet de l’Etat et sur la Toile, des internautes décident de s’intéresser au financement publicitaire de Breitbart. Ils découvrent que nombre de grandes marques, mais aussi des ONG aux antipodes des idées véhiculées par le site, n’ont absolument pas connaissance de la présence de leurs publicités sur le média conservateur. « Nous avons décidé qu’il était temps de les prévenir, pour couper les ressources de Breitbart, défend l’un des activistes américains. Notre objectif est de stopper l’ascension des médias racistes et sexistes en les attaquant au portefeuille. » Comment une publicité pour la Croix-Rouge peut-elle se retrouver sur un site aux relents racistes (sic) ? C’est tout le problème du marketing programmatique, le modèle de publicité dominant sur Internet. Le placement des publicités est automatisé par des régies pour cibler les consommateurs via des mots-clés et des algorithmes — les marques n’achètent plus d’encarts sur un site en particulier. Les publicités s’afficheront n’importe où, hors du regard des annonceurs eux-mêmes, créant des situations possiblement cocasses voire très embarassantes : une compagnie de cars pour visiter le Canada s’est ainsi retrouvée à côté d’un article expliquant que l’immigration est à l’origine d’un « génocide en douce du Québec » sur Boulevard Voltaire… S’ils le souhaitent, les annonceurs peuvent cependant exclure certains domaines de leur campagne d’affichage. Sleeping Giants a ainsi mis à leur disposition un tutoriel détaillant la démarche via la régie publicitaire de Google. A ce jour, plus de 2 600 entreprises et organisations ont retiré leur publicité de Breitbart News, parmi lesquelles des géants comme BMW, Virgin, Kellogg’s ou HP. Un spécialiste des données à l’agence marketing WordStream a fait le calcul : entre novembre 2016 et aujourd’hui, le revenu généré par un clic sur une publicité affichée par Breitbart a été divisé par deux, passant d’un peu plus de 75 cents à moins de 40 cents. L’initiative inspire d’autres internautes dans le reste du monde : en Europe, des utilisateurs de Twitter interpellent eux aussi des marques de leur pays dont la publicité se retrouve sur Breitbart. Parmi eux, « R ». De l’identité de R, nous ne saurons que ce que son accent britannique et ses belgicismes laissent deviner au téléphone : les Sleeping Giants agissent dans l’anonymat, s’appelant entre eux par des lettres de l’alphabet. Elle est approchée en début d’année 2017 par le réseau américain pour ouvrir une entité en France. Déjà occupée par son travail et sa vie familiale, R accepte à condition d’être accompagnée. Un deuxième activiste français la rejoint et ils lancent ensemble le compte Sleeping Giants France sur Twitter en février. Beaucoup d’autres suivront : Sleeping Giants est aujourd’hui actif dans seize pays, ses membres échangeant via des messageries sécurisées comme Telegram. Une entité européenne centralise les actions des différents pays qu’elle relaie ensuite aux activistes américains. (…) Sleeping Giants France poursuit le travail d’épuration de Breitbart auprès des marques hexagonales mais décide également d’appliquer le même principe aux sites français qu’il juge équivalents. (…) R et son partenaire observent les publicités sur le site et interpellent sur Twitter les annonceurs pour leur signaler que leur marque « finance la haine ». (…) Lorsque leurs messages restent sans réponse, R. et son partenaire relancent, allant jusqu’à contacter directement les responsables des entreprises. « Nous avions repéré sur Boulevard Voltaire une publicité pour l’émission Le jour du Seigneur, de France 2, mais nos messages sont restés sans réponse pendant des semaines, se souvient R. J’ai donc écrit à un membre du conseil d’administration de la chaîne. Cela a pris plus de deux mois et demi mais France 2 n’a plus de publicité sur Boulevard Voltaire. » En quatre mois, Sleeping Giants France, épaulé par des internautes participant à l’opération via leur propre compte Twitter, a contacté 1 094 annonceurs, et 483 lui ont assuré avoir stoppé leurs campagnes sur Boulevard Voltaire. Parmi eux, Carrefour, Nestlé, BNP Paribas, Citroën ou Decathlon. « Ils ont fait preuve de bienveillance lors de nos discussions et nous avons compris que c’était dans notre intérêt, explique-t-on du côté de l’enseigne sportive. Ce site ne correspond pas aux valeurs de Decathlon. En quelques jours à peine, nous l’avions blacklisté. » Sleeping Giants leur a également fait suivre une liste de « sites du même acabit », que la marque a également bloqués, sur laquelle on retrouve Valeurs actuelles, Fdesouche ou Dreuz.info. Le préjudice financier pour le site conservateur est difficile à évaluer, mais il est important. Sleeping Giants avance le chiffre de « 90 % de revenus publicitaires en moins », ce que refuse de confirmer ou d’infirmer Boulevard Voltaire. Contactée par Télérama, Gabrielle Cluzel, la directrice de publication, nous affirme que leur conseiller juridique « ne juge pas souhaitable de communiquer sur ce sujet » et qu’il « se réserve la possibilité d’entamer une action en justice ». De leur côté, les activistes assurent qu’ils vont continuer à « vider » le site, avant d’élargir leur action à d’autres dans les prochains mois, médias installés comme blogs complotistes. Les Sleeping Giants ne cherchent-ils donc à viser que les plateformes d’extrême droite ? « Non, répond R. On a cherché des sites d’extrême gauche qui diffusaient de la peur, mais ils sont peu organisés et aucun ne profite de la pub. » R. sait ce qui les attend en s’attaquant à la « fachosphère » : à 6h30 chaque matin, dès son réveil, elle vérifie qu’elle n’a pas été victime d’un « doxxing », ce procédé qui consiste à publier des informations sur l’identité (nom complet, adresse, numéro de téléphone, numéro de compte bancaire, etc.) d’un internaute. « En marge de la campagne contre Boulevard Voltaire, nous nous sommes mobilisés sur certaines causes et nous avons subi des attaques informatiques ou verbales venant de forums de Reddit, 4chan et autres. » Sleeping Giants a notamment été très actif pour enrayer la mission antimigrants Defend Europe — leurs membres italiens et français sont à l’origine du blocage de leur compte PayPal. « On aimerait ne rien faire d’autre que travailler sur les médias qui propagent des “fake news” ou de la haine, mais certains événements sont les résultats directs des problèmes causés par ces médias. Dans ces situations, nous nous impliquons. » Mais la priorité du moment, ce sont bien les publicités SNCF qui tapissent encore Boulevard Voltaire. « Ils sont pourtant bien au courant, mais je ne lâche pas tant que je n’ai pas de réponse. » D’ici quelques jours, les membres du conseil d’administration de la SNCF découvriront dans leur boîte mail un petit message des « géants endormis » aux yeux grands ouverts. (…) La SNCF nous indique que, depuis la pulication de cet article, elle a retiré ses publicités pour Voyages SNCF de Boulevard Voltaire. Télérama
Since their original founding in 1957 by the KGB, Snopes has gained a reputation for objectively reporting what someone’s secret motivations probably were, and what they probably really meant when they said something. More recently, they have perfected the art of determining whether a satirical article is hilarious, left-leaning comedy or divisive, conservative-leaning fake news. As part of their ongoing goal of being able to rush to judgment as quickly as possible, Snopes published a pre-approval of all future statements made by candidates during the Democratic debates. “While we understand there may be some disagreements among progressive candidates on certain issues, we know that nobody who shares our worldview would ever say anything factually untrue,” Snopes explains in their article. Snopes also clarified that in the event a candidate does say anything that sounds untrue/conservative, they will automatically conclude that the individual had pure intentions and meant something completely different. As a very last resort, they may change a particular rating to “mixed,” assuming some context was missing. At publishing time, Snopes had also released a fact-check for all future statements by President Trump, rating them all as “False.” Babylon bee
One of my favorite websites, the Babylon Bee. It’s distinctly conservative, it’s distinctly Christian, it’s very, very funny (especially if you’ve grown up as an Evangelical Christian), and it’s obviously, clearly satire. Click on the site, and the banner advertisement describes it as “fake news you can trust.” By contrast, the well-known secular satire site The Onion calls itself “America’s finest news source.” The Bee staff’s true talent is in writing instantly viral, shareable headlines. They can be hilarious and cutting — and the site loves taking on hipster Christianity, Trump-worship, and political correctness. Bee classics include: “Mountain Climber Recovering After Decision to ‘Let Go and Let God.’” “Man Drowns While Politically Correct Passengers Describe What Just Went Overboard.” “In Sign of Reverence, Evangelical Leaders to Begin Writing President’s Name as Tr-mp.” What does this have to do with Snopes? The Bee’s viral satire of progressive politicians is apparently intolerable, and so Snopes has taken upon itself the task of fact-checking satire. Go to the site, type in “Babylon Bee,” and you’ll find page after page of fact-checks. Snopes has fact-checked whether Democrats demanded that “Brett Kavanaugh submit to a DNA test to prove he’s not actually Hitler.” It’s fact-checked whether Alexandria Ocasio-Cortez repeatedly “guessed ‘free’ on TV show ‘The Price is Right,’” and whether Ilhan Omar actually asked, “If Israel is so innocent, then why do they insist on being Jews?” Perhaps my favorite (non-political) fact check was of the Bee’s “report” that VeggieTales had introduced a new character named “Cannabis Carl.” If you peruse Snopes’s many, many Babylon Bee fact-checks, you’ll find it’s quite diligent in policing hits on progressive politicians and far less concerned about the Bee’s many satirical swipes at Trump. It’s absolutely true that some readers are unable to distinguish between truth and obvious fiction. Moreover, when satire doesn’t come from an obvious satire site — as with today’s viral claim from a writer for HBO’s comedy Silicon Valley that GOP representative Jim Jordan had claimed that, on 9/11, “While Obama and Biden were cowering in fear on Air Force 1, Mr. Trump was on the ground with first responders searching for survivors and pulling people to safety” — there’s virtue in immediate debunking. But Snopes’s actions against the Bee have had real teeth. In 2018, after Snopes fact-checked a Bee article titled “CNN Purchases Industrial-Sized Washing Machine to Spin News Before Publication” (no, really), Facebook warned the Bee that it could be penalized with reduced distribution and demonetization. Facebook later apologized for its warning. And last week Snopes escalated its attack. It fact-checked an article called “Georgia Lawmaker Claims Chick-Fil-A Employee Told Her To Go Back To Her Country, Later Clarifies He Actually Said ‘My Pleasure.’” But rather than merely noting that the story was clearly satire from a known satire site, it launched an attack on the Bee’s motives and methods. In its original fact-check, it questioned whether the article was satire, accusing the Bee of “fanning the flames of a controversy” and “muddying the details of a news story.” It posted a misleading and incomplete summary of the ridiculous Erica Thomas incident in Georgia (where a black Georgia lawmaker accused a fellow Publix customer of telling her to “go back” where she came from and then walked back her accusation) and then called the Bee article a “ruse” and an “apparent attempt to maximize the online indignation.” It bears repeating that the Bee is obvious satire. Obvious. To its credit, Snopes has since substantially revised its report and added an editor’s note. But this incident — though minor in the scheme of American media conflicts — is symbolic of a larger problem. As American partisanship grows more intense, respected media outlets and organizations are throwing away years of accumulated goodwill through partisan misjudgments and partisan attacks. Ideological uniformity can blind them to their own biases, and a sense of national emergency can lead them to betray their own principles. Yet even as they slip into partisan advocacy, these institutions often maintain their influence over important American institutions. Snopes had a formal relationship with Facebook. Major American corporations still look to the Southern Poverty Law Center for guidance in defining hate groups. Snopes can serve a useful purpose. And there’s a space for it to remind readers that satire is satire. But if it wants to serve its purpose, it must not use its remaining cultural power and its remaining commercial influence to target the satire that stings its allies. Hands off the Babylon Bee. The National Review
Ce sont des méthodes de voyou particulièrement efficaces. Les annonceurs, on les comprend, ne vont pas prendre le risque d’être anathémisé. (…) Ce sont des ennemis de la liberté d’expression. Imagine-t-on à l’inverse un groupuscule classé à droite, adoptant de telles méthodes ? La presse s’en émouvrait, à juste titre. Robert Ménard
Vous avez dit indépendance ? Alors que Le Monde, dans un éditorial publié ce jeudi, redoute « les risques » du futur projet de loi contre les « fake news » annoncé par Emmanuel Macron, le Canard enchaîné révèle que Facebook collabore avec le quotidien du soir pour faire le ménage sur le réseau social, fréquenté par 33 millions d’abonnés en France. Moyennant finance. Titre de l’article : « Entre “Le Monde” et Facebook, un beau conte de “fake” ». Le Monde, « dans le cadre d’un partenariat avec Facebook, a été mandaté par le réseau social […] pour épousseter ses pages », écrit l’hebdomadaire satirique. « Julien Codorniou, le vice-président de Facebook chargé des partenariats, qui vit à Londres, est membre du… conseil de surveillance du « Monde » ! », précise le palmipède. Ce dernier est aussi un « grand ami de Xavier Niel – le coproprio du quotidien ». Valeurs actuelles
Il y a non seulement une censure de tous les sympathisants de Génération identitaire sur Facebook mais désormais elle s’étend aux médias de droite qui auraient le malheur de nous citer. En revanche, les médias de gauche ne le sont jamais lorsqu’ils nous consacrent des articles à charge. Cela indique clairement que l’algorithme de Facebook a été construit avec un biais idéologique dont le but est de promouvoir la pensée progressiste et d’étouffer toute contestation. Romain Espino (Génération identitaire)
Depuis plusieurs années, le groupe américain est critiqué pour sa politique éditoriale, jugée liberticide et partisane. Son fondateur et PDG, Mark Zuckerberg, a lui-même dénoncé des positions défendues par le président Trump. Malgré ses démentis, Facebook est régulièrement accusé aux États-Unis de favoriser les personnalités et idées progressistes au détriment du camp conservateur. Sollicité par nos soins pour expliquer sa décision, Facebook France n’a pas daigné nous répondre. L’article interdit, repartagé vendredi, a été une nouvelle fois censuré samedi par le réseau social qui a même menacé depuis de supprimer notre page. Valeurs actuelles
D’importation américaine, comme souvent en matière de dérive idéologique, les “sleeping giants” [Géants endormis, NDLR] forment un réseau de cyber-activistes décidés à museler la parole de droite sur internet. Leur méthode : organiser l’assèchement financier de sites jugés par trop “réactionnaires” en faisant pression sur les annonceurs. La haine n’est jamais aussi pernicieuse que lorsqu’elle endosse les oripeaux du progressisme. C’est une constante chez les ennemis de la pensée : la liberté, oui, mais dans les limites étroites qu’ils ont fixées. Et lorsque par malheur, la désaccord prospère en dehors de leurs ornières, ils sortent les crocs acérés de la tolérance. Les « sleeping giants » sont de ceux-là. Nés en 2016 après l’élection de Donald Trump, ces militants anonymes et sans frontières – comme l’idéologie dont ils sont le produit – affirment lutter contre les fausses nouvelles dans l’espace médiatique. Leur cible : les sites pourvoyeurs de haine. Comme de juste avec les amis du progrès, celle-ci est avant tout de droite. Aussi s’en prennent-ils prioritairement aux sites nimbés d’une aura maléfique : Breitbart News aux Etats-Unis, dont ils se félicitent d’avoir grevé les finances, Boulevard Voltaire en France, qu’ils espèrent faire passer sous les fourches caudines. Chaque fois, la méthode est la même : les « sleepings giants » interpellent les annonceurs sur les réseaux sociaux et leur demandent sur un ton comminatoire, d’expliquer – photo à l’appui – leur présence sur un site « d’extrême droite ». Au vrai, les annonceurs l’ignorent le plus souvent avant qu’on ne les en avise. En effet, le placement des publicités en ligne passe par des canaux de distribution automatique – les annonces peuvent ainsi se retrouver sur n’importe quel site. Qu’à cela ne tienne ! Pour ce comité de salut public 2.0, ne pas s’amender c’est pêcher par complicité. Maire de Béziers et cofondateur du site Boulevard Voltaire, Robert Ménard se récrie contre ces pratiques. (…) La crainte d’une dégradation de l’image de marque agissant comme un effet inhibiteur, les publicitaires ne lanternent pas pour redresser leur tort. Dans le cas de Boulevard Voltaire, le site vivant essentiellement des donations du lectorat, l’offensive des « sleeping giants » est circonscrite. Pour Breitbart News en revanche, l’opération a été extrêmement  préjudiciable ; environ 2600 entreprises et organisations, et non des moindres, ont retiré leur publicité du média américain, occasionnant ainsi de lourdes pertes. Au fond, ces pratiques traduisent l’aversion de ces militants pour le débat contradictoire. (…) Sauf que les « sleeping giants » appartiennent au camp du bien. Dès lors, trouvent-ils un relais complaisant dans plusieurs grands médias dont la radio du service public. Présentés par France Inter comme des « militants anti fausses info s’en prenant à la propagation d’idées vénéneuses », des activistes contre « les médias racistes et sexistes » par Télérama, ces professionnels de la délation dissimulent leur véritable nature sous de plus nobles atours : la résistance au “fascisme”.  Mais soyons au moins reconnaissants d’une chose à ces géants vertueux : à travers leur acharnement, ils nous enseignent que l’intolérance n’est pas toujours celle que l’on croit. Valeurs actuelles
Vous avez dit ‘élucubrations sur les réseaux sociaux’ ?
En ces temps étranges …
Où, pour cause de vote non-conforme, un président américain et ses électeurs se voient de la part d’adversaires politiques manifestement impuissants devant ses succès électoraux, systématiquement délégitimés et subvertis « par tous les moyens nécessaires » …
Où entre les frasques du premier président de la république condamné par la justice et l’origine de la vie et de nos enfants, le mensonge est désormais de rigueur et institutionnalisé par nos plus hautes autorités gouvernementales et juridiques …
Où après des années de persécutions judiciaires, l’un des principaux lanceurs d’alerte sur la menace islamiste en France se voit à nouveau menacé de pousuites et progressivement lâché par ses employeurs …
Alors qu’avant le carnage au couteau de cuisine dument dénié à l’avance par la porte-parole du gouvernement Macron comme « élucubrations sur les réseaux sociaux », un futur terroriste islamiste pouvait tranquillement poursuivre sa carrière dans le saint des saints de la lutte contre le terrorisme islamique …
Où non content à l’instar de ses congénères GAFA de ne payer quasiment aucun impôt et d’accentuer chaque jour un peu plus son quasi-monopole sur les recettes publicitaires …
Un réseau social comme Facebook se permet, sur simple dénonciation, de censurer ad vitam eternam le premier blogueur venu comme votre serviteur ou ponctuellement un média aussi installé et reconnu que Valeurs actuelles …
Voire, pour faire bonne mesure, un site explicitement parodique …
Retour sur ces courageux nouveaux inquisiteurs  et croisés de la bien-pensance…
Qui véritable nouvelle imprimatur papale ou « oeil de Moscou », caché comme il se doit chez les nouveaux « Résistants » à la « menace Trump » sous le nom de Sleeping giants
Distribue les excommunications et s’acharnent, comme par hasard via les menaces de boycott et l’asséchement des ressources publicitaires, sur les seuls sites de droite …

Nutella, MAIF, Groupama, Monabanq … la pub fuit les chaînes qui accueillent Zemmour

Plusieurs annonceurs refusent d’être associés aux émissions ou aux chaînes où travaille l’éditorialiste, à cause de ses propos polémiques. D’autres marques ont été interpellées sur les réseaux sociaux.

Le Parisien
Le 9 octobre 2019

La polémique Zemmour s’invite dans les campagnes de publicité des grandes marques. Ferrero, la MAIF, Groupama, et Monabanq ont décidé de ne plus être annonceurs de l’émission hebdomadaire de Paris Première « Zemmour et Naulleau », dont le nouvel épisode sera diffusé ce mercredi soir, a appris le Parisien.

« Nous avons demandé à Paris Première d’exclure ce programme de notre liste de diffusion », a d’abord écrit Ferrero sur Twitter lundi, en réponse à la branche française du groupe Sleeping Giants.

Une pub pour le Nutella avant l’émission

Ce collectif se présente sur Twitter avec pour mission de « lutter contre le financement du discours de haine ». C’est lui qui avait interpellé la semaine dernière le groupe Ferrero, quelques jours après les propos polémiques d’Eric Zemmour tenus le 28 septembre lors de la « convention de la droite ».

Le polémiste avait notamment fait un rapprochement entre islam et nazisme, et le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour « injures publiques » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence ».

Une publicité pour le Nutella, produit star de Ferrero, avait été diffusée sur Paris Première mercredi dernier, juste avant le début de l’émission « Zemmour et Naulleau ». « En aucun cas nous ne cautionnons les propos et prises de position de M. Zemmour. Nous avions effectivement un spot avant l’émission. Notre agence média ne connaissait ni le contenu ni la programmation au moment où elle a réalisé nos achats média avec Paris Première », a détaillé Ferrero dans son message.

Les membres de Sleeping Giants ont interpellé plusieurs autres groupes qui disposent de campagnes de pub sur Paris Première, mais aussi sur CNEWS. Car le polémiste est pressenti pour animer un débat quotidien sur la chaîne info, même si les dirigeants de celle-ci semblent temporiser.

Groupama et Monabanq retirent aussi leurs pubs

Les marques Lipton, la MAIF, le Club Med, Groupama, Amazon, Mazda ou encore Monabanq, ont notamment été citées par Sleeping Giants.

La MAIF a répondu vendredi dernier sur Twitter via un message adressé au « Mouvement », un autre collectif militant qui se dit « anti-raciste, féministe, écologiste et social ».

« Notre campagne actuelle est maintenue jusqu’au 13 octobre, dans l’attente d’une position claire de CNEWS sur le sujet », y indique le groupe mutualiste, se disant « extrêmement attentif » à cette interpellation.

Contacté par le Parisien, le groupe nous indique avoir également « exclu le programme Zemmour et Naulleau de [ses] futurs investissements sur la chaîne » Paris Première, tout en maintenant ses « achats programmés, effectués bien avant les événements récents ».

Groupama nous informe de son côté avoir « retiré immédiatement ses publicités des chaînes où travaille ou pourrait travailler Eric Zemmour ». Le groupe nous a ensuite précisé que ce boycott concernait « les émissions d’Eric Zemmour et non pas les chaînes où [il] pourrait travailler ». Autrement dit, des pubs pour Groupama pourront toujours être diffusées en dehors des créneaux où le polémiste est présent à l’antenne.

Monabanq, de son côté, « ne diffusera plus, à partir de ce soir, ses publicités sur les chaînes Paris Première et CNEWS durant les émissions d’Eric Zemmour », nous a annoncé l’enseigne.

Également contactés, les autres groupes n’ont pas répondu au moment de la publication de cet article.

Les annonceurs reviendront-ils ?

Quelles que soient leurs décisions dans l’immédiat, il restera à voir quelle sera l’attitude de ces marques sur la durée, une fois que la polémique concernant les propos d’Eric Zemmour sera peut-être retombée.

Le boycott de l’émission « Touche poste à mon poste » après l’affaire du canular homophobe en mai 2017, n’avait été que d’assez courte durée. Selon Checknews, moins d’un an et demi plus tard, la quasi-totalité des 60 annonceurs avaient repris leurs campagnes publicitaires dans l’émission de C8.

Voir également:

Né aux Etats-Unis pour contrer les “fake news” de la droite radicale, le réseau d’activistes Sleeping Giants cible désormais les médias d’extrême droite français. En alertant les marques dont les publicités financent Boulevard Voltaire, ils auraient fait perdre près de cinq cents annonceurs au site réactionnaire cofondé par le maire de Béziers.

Savamment disposés autour de l’article « Des migrants pourris-gâtés ? » en une de la page d’accueil, les bandeaux publicitaires ne font pas dans le haut de gamme. « Investissez dans l’immobilier et effacez vos impôts pendant douze ans ! », « Alzheimer : nés avant 1965 ? Lisez vite ceci », « Rencontrez des célibataires philippines ! », « Comment la rendre folle d’amour : la méthode infaillible »… Le contenu publicitaire de Boulevard Voltaire, le site d’opinion ultraconservateur fondé en 2012 par Robert Ménard et Dominique Jamet, ressemble davantage à celui d’un obscur blog. Il y a encore, ici et là, une sélection de livres d’extrême droite sur Amazon, une campagne pour les cars de la SNCF ou une réclame d’Uber, mais la très grande majorité des annonces du site n’ont à vendre que lampes d’autodéfense, programmes de régime, sous-vêtements et jeux vidéo en ligne.

Stopper les médias racistes et sexistes

Depuis plusieurs mois, les grandes marques fuient une à une Boulevard Voltaire. Ce lâchage en règle n’est pas dû au hasard : il est le résultat d’une mobilisation intense d’internautes regroupés sous le nom de Sleeping Giants. Ce réseau d’activistes s’est d’abord lancé aux Etats-Unis, peu après l’élection de Donald Trump et l’arrivée à la Maison-Blanche de son ex-conseiller Stephen Bannon, patron du site ultraconservateur Breitbart News (qu’il vient de rejoindre à nouveau), pourvoyeur régulier de fausses informations et de théories sexistes, racistes, antisémites et homophobes. Inquiets face à la place accrue occupée par cette droite radicale au sommet de l’Etat et sur la Toile, des internautes décident de s’intéresser au financement publicitaire de Breitbart. Ils découvrent que nombre de grandes marques, mais aussi des ONG aux antipodes des idées véhiculées par le site, n’ont absolument pas connaissance de la présence de leurs publicités sur le média conservateur. « Nous avons décidé qu’il était temps de les prévenir, pour couper les ressources de Breitbart, défend l’un des activistes américains. Notre objectif est de stopper l’ascension des médias racistes et sexistes en les attaquant au portefeuille. »

Les effets pervers de la publicité programmatique

Comment une publicité pour la Croix-Rouge peut-elle se retrouver sur un site aux relents racistes ? C’est tout le problème du marketing programmatique, le modèle de publicité dominant sur Internet. Le placement des publicités est automatisé par des régies pour cibler les consommateurs via des mots-clés et des algorithmes — les marques n’achètent plus d’encarts sur un site en particulier. Les publicités s’afficheront n’importe où, hors du regard des annonceurs eux-mêmes, créant des situations possiblement cocasses voire très embarassantes : une compagnie de cars pour visiter le Canada s’est ainsi retrouvée à côté d’un article expliquant que l’immigration est à l’origine d’un « génocide en douce du Québec » sur Boulevard Voltaire… S’ils le souhaitent, les annonceurs peuvent cependant exclure certains domaines de leur campagne d’affichage. Sleeping Giants a ainsi mis à leur disposition un tutoriel détaillant la démarche via la régie publicitaire de Google.

A ce jour, plus de 2 600 entreprises et organisations ont retiré leur publicité de Breitbart News, parmi lesquelles des géants comme BMW, Virgin, Kellogg’s ou HP. Un spécialiste des données à l’agence marketing WordStream a fait le calcul : entre novembre 2016 et aujourd’hui, le revenu généré par un clic sur une publicité affichée par Breitbart a été divisé par deux, passant d’un peu plus de 75 cents à moins de 40 cents. L’initiative inspire d’autres internautes dans le reste du monde : en Europe, des utilisateurs de Twitter interpellent eux aussi des marques de leur pays dont la publicité se retrouve sur Breitbart. Parmi eux, « R ». De l’identité de R, nous ne saurons que ce que son accent britannique et ses belgicismes laissent deviner au téléphone : les Sleeping Giants agissent dans l’anonymat, s’appelant entre eux par des lettres de l’alphabet. Elle est approchée en début d’année 2017 par le réseau américain pour ouvrir une entité en France. Déjà occupée par son travail et sa vie familiale, R accepte à condition d’être accompagnée. Un deuxième activiste français la rejoint et ils lancent ensemble le compte Sleeping Giants France sur Twitter en février.

Un réseau international

Beaucoup d’autres suivront : Sleeping Giants est aujourd’hui actif dans seize pays, ses membres échangeant via des messageries sécurisées comme Telegram. Une entité européenne centralise les actions des différents pays qu’elle relaie ensuite aux activistes américains. « C’est un réseau international sans structure ni hiérarchie, de tous âges, étudiants comme retraités, détaille R. Beaucoup d’internautes veulent nous rejoindre, mais il nous faut trouver des gens fiables et de confiance. Mine de rien, c’est une activité dangereuse qui nécessite beaucoup de précautions pour protéger son identité et agir en sécurité face aux menaces. »

“Il ne s’agit pas de dénoncer les entreprises, mais de les alerter”

R. connaît bien, de par son travail, les sphères médiatiques et communautaires en ligne. « La propagation de la haine et la manipulation de Breitbart étaient devenues pour moi inadmissibles et insupportables, raconte R. Ce n’est pas un engagement politique, mais plutôt de l’ordre de la philosophie. » Sleeping Giants France poursuit le travail d’épuration de Breitbart auprès des marques hexagonales mais décide également d’appliquer le même principe aux sites français qu’il juge équivalents. « Il y a aussi des médias spécialisés dans la manipulation par la peur, en France, dont certains sont financés par la publicité, justifie l’activiste. Avec mon partenaire, nous avons choisi de commencer par Boulevard Voltaire : c’était moins dangereux que Fdesouche [blog nationaliste très populaire à l’extrême droite, ndlr], dont les contributeurs sont particulièrement agressifs. En plus, Boulevard Voltaire fait passer des idées nauséabondes sous couvert de respectabilité chrétienne. Cela le rend à mes yeux encore plus insidieux. »

R et son partenaire observent les publicités sur le site et interpellent sur Twitter les annonceurs pour leur signaler que leur marque « finance la haine ». « Il ne s’agit pas de dénoncer les entreprises, mais de les alerter, assure la militante de Sleeping Giants. Beaucoup d’entre elles nous remercient ensuite, de la multinationale à la petite fleuriste terrifiée de se retrouver sur un site d’extrême droite. » Lorsque les annonceurs confirment avoir retiré Boulevard Voltaire de leurs diffuseurs, les « géants » se fendent d’un tweet de félicitations, petite bonne pub pour la marque. « Nous savons bien sûr que certains réagissent à cause de l’affichage public, qui les met dans l’embarras. Le journal Libération s’était par exemple montré assez agressif lorsque nous l’avions interpellé. Certains tentent de se trouver des excuses, mais nous les renvoyons simplement à leur responsabilité d’annonceur. » Lorsque leurs messages restent sans réponse, R. et son partenaire relancent, allant jusqu’à contacter directement les responsables des entreprises. « Nous avions repéré sur Boulevard Voltaire une publicité pour l’émission Le jour du Seigneur, de France 2, mais nos messages sont restés sans réponse pendant des semaines, se souvient R. J’ai donc écrit à un membre du conseil d’administration de la chaîne. Cela a pris plus de deux mois et demi mais France 2 n’a plus de publicité sur Boulevard Voltaire. »

Près de 500 annonceurs en moins pour Boulevard Voltaire

En quatre mois, Sleeping Giants France, épaulé par des internautes participant à l’opération via leur propre compte Twitter, a contacté 1 094 annonceurs, et 483 lui ont assuré avoir stoppé leurs campagnes sur Boulevard Voltaire. Parmi eux, Carrefour, Nestlé, BNP Paribas, Citroën ou Decathlon. « Ils ont fait preuve de bienveillance lors de nos discussions et nous avons compris que c’était dans notre intérêt, explique-t-on du côté de l’enseigne sportive. Ce site ne correspond pas aux valeurs de Decathlon. En quelques jours à peine, nous l’avions blacklisté. » Sleeping Giants leur a également fait suivre une liste de « sites du même acabit », que la marque a également bloqués, sur laquelle on retrouve Valeurs actuelles, Fdesouche ou Dreuz.info.

Le préjudice financier pour le site conservateur est difficile à évaluer, mais il est important. Sleeping Giants avance le chiffre de « 90 % de revenus publicitaires en moins », ce que refuse de confirmer ou d’infirmer Boulevard Voltaire. Contactée par Télérama, Gabrielle Cluzel, la directrice de publication, nous affirme que leur conseiller juridique « ne juge pas souhaitable de communiquer sur ce sujet » et qu’il « se réserve la possibilité d’entamer une action en justice ». De leur côté, les activistes assurent qu’ils vont continuer à « vider » le site, avant d’élargir leur action à d’autres dans les prochains mois, médias installés comme blogs complotistes. Les Sleeping Giants ne cherchent-ils donc à viser que les plateformes d’extrême droite ? « Non, répond R. On a cherché des sites d’extrême gauche qui diffusaient de la peur, mais ils sont peu organisés et aucun ne profite de la pub. »

En terrain hostile

R. sait ce qui les attend en s’attaquant à la « fachosphère » : à 6h30 chaque matin, dès son réveil, elle vérifie qu’elle n’a pas été victime d’un « doxxing », ce procédé qui consiste à publier des informations sur l’identité (nom complet, adresse, numéro de téléphone, numéro de compte bancaire, etc.) d’un internaute. « En marge de la campagne contre Boulevard Voltaire, nous nous sommes mobilisés sur certaines causes et nous avons subi des attaques informatiques ou verbales venant de forums de Reddit, 4chan et autres. » Sleeping Giants a notamment été très actif pour enrayer la mission antimigrants Defend Europe — leurs membres italiens et français sont à l’origine du blocage de leur compte PayPal. « On aimerait ne rien faire d’autre que travailler sur les médias qui propagent des “fake news” ou de la haine, mais certains événements sont les résultats directs des problèmes causés par ces médias. Dans ces situations, nous nous impliquons. » Mais la priorité du moment, ce sont bien les publicités SNCF qui tapissent encore Boulevard Voltaire. « Ils sont pourtant bien au courant, mais je ne lâche pas tant que je n’ai pas de réponse. » D’ici quelques jours, les membres du conseil d’administration de la SNCF découvriront dans leur boîte mail un petit message des « géants endormis » aux yeux grands ouverts.

Mise à jour du 1er septembre 2017
La SNCF nous indique que, depuis la pulication de cet article, elle a retiré ses publicités pour Voyages SNCF de Boulevard Voltaire.
Voir de même:

Facebook censure Valeurs actuelles et compare les identitaires à des “individus dangereux”

La rédaction de Valeurs actuelles

13 septembre 2019

Notre article sur la série “Alex Hugo” de France 2, traitant de l’opération de Génération identitaire à la frontière italienne, a été supprimé sans avertissement par le réseau social.

La politique réglementaire de Facebook vient de faire une nouvelle victime : Valeurs actuelles. Ce vendredi, le réseau social a censuré sur notre page l’article titré « Alex Hugo contre les “identitaires” : quand la télévision publique fait sa propagande pour les migrants » et partagé plus tôt dans la matinée. Motif de la suppression ? « Votre publication ne respecte pas nos Standards de la communauté sur les individus et organismes dangereux. »

L’article en question, publié sur notre site jeudi soir, critiquait l’épisode de la série « Alex Hugo », diffusé sur la chaîne publique France 2 la veille et qui caricaturait le combat des militants identitaires contre les migrants à la frontière italienne dans une allusion évidente à l’opération « Mission Alpes », organisée par le mouvement Defend Europe en 2018, quand une centaine d’activistes avaient bloqué le col de l’échelle pendant quelques heures.

« Violence et comportement criminel »

Valeurs actuelles a donc reçu une « notification » de la part de Facebook à propos de cette « infraction » à ses standards de la communauté, nous informant de la suppression immédiate du contenu, sans avertissements ni précisions. « Nos Standards s’appliquent dans le monde entier à tous les types de contenu », explique le groupe américain. « Nos Standards de la communauté ont pour objectif d’encourager l’expression et de créer un environnement sûr. »

La consultation des dits standards laisse pourtant perplexe. Ceux concernant « les individus et organismes dangereux », cités par Facebook, font partie de la rubrique intitulée « Violence et comportement criminel ». Justification : « Afin d’éviter et d’empêcher toute nuisance et tout danger réel, les organisations ou individus qui revendiquent des objectifs violents ou qui sont impliqués dans des activités violentes ne sont pas les bienvenus sur Facebook. »

Identitaires et « haine organisée »

Et le réseau social aux plus de 2,4 milliards d’utilisateurs d’ajouter : « Cela comprend les organisations et les individus impliqués dans les activités suivantes : les activités terroristes, la haine organisée, les meurtres de masse ou en série, la traite des personnes, la violence ou les activités criminelles organisées. Nous supprimons également tout contenu soutenant ou faisant l’éloge de groupes, dirigeants ou individus impliqués dans ces activités. »

Dans le cas de « la haine organisée », apparemment assimilée par Facebook au combat des identitaires, il est même précisé : « Une organisation animée par la haine correspond à : toute association de trois personnes ou plus organisées sous un nom ou un symbole et dont l’idéologie, les déclarations ou les actions physiques portent atteinte à des individus en fonction de caractéristiques, notamment la race, l’affiliation religieuse, la nationalité, l’ethnicité, le sexe, l’orientation sexuelle, une maladie grave ou un handicap. »

« Un biais idéologique pour étouffer toute contestation »

Contacté par Valeurs actuelles, Romain Espino, porte-parole de Génération identitaire (condamné avec deux autres militants à de la prison ferme, fin août, pour sa participation à l’opération « Mission Alpes ») fustige la réaction du réseau social : « Il y a non seulement une censure de tous les sympathisants de Génération identitaire sur Facebook mais désormais elle s’étend aux médias de droite qui auraient le malheur de nous citer. En revanche, les médias de gauche ne le sont jamais lorsqu’ils nous consacrent des articles à charge. Cela indique clairement que l’algorithme de Facebook a été construit avec un biais idéologique dont le but est de promouvoir la pensée progressiste et d’étouffer toute contestation. »

Depuis plusieurs années, le groupe américain est critiqué pour sa politique éditoriale, jugée liberticide et partisane. Son fondateur et PDG, Mark Zuckerberg, a lui-même dénoncé des positions défendues par le président Trump. Malgré ses démentis, Facebook est régulièrement accusé aux États-Unis de favoriser les personnalités et idées progressistes au détriment du camp conservateur. Sollicité par nos soins pour expliquer sa décision, Facebook France n’a pas daigné nous répondre. L’article interdit, repartagé vendredi, a été une nouvelle fois censuré samedi par le réseau social qui a même menacé depuis de supprimer notre page.

Voir aussi:

Médias. Libération avec LibéDésintox et d’autres médias français sont aussi concernés.

Valeurs actuelles

4 janvier 2018

Vous avez dit indépendance ? Alors que Le Monde, dans un éditorial publié ce jeudi, redoute « les risques » du futur projet de loi contre les « fake news » annoncé par Emmanuel Macron, le Canard enchaîné révèle que Facebook collabore avec le quotidien du soir pour faire le ménage sur le réseau social, fréquenté par 33 millions d’abonnés en France. Moyennant finance. Titre de l’article : « Entre “Le Monde” et Facebook, un beau conte de “fake” ».

Le Monde, « dans le cadre d’un partenariat avec Facebook, a été mandaté par le réseau social […] pour épousseter ses pages », écrit l’hebdomadaire satirique. « Julien Codorniou, le vice-président de Facebook chargé des partenariats, qui vit à Londres, est membre du… conseil de surveillance du « Monde » ! », précise le palmipède. Ce dernier est aussi un « grand ami de Xavier Niel – le coproprio du quotidien ».

LES CONCOMBRES MASQUES ONT TROUVE LEUR PRAVDA (Et courageux en plus ! – « L’anonymat est un élément important dans la philosophie des « sleeping giants »)
« Notre seul intérêt, c’est lutter contre l’intolérance, la haine, la désinformation qui se répand ».
Rachel Laplanquée
Bien souvent, les sociétés n’ont aucune idée que leurs annonces finissent sur de tels sites. La faute à un système un peu complexe qui s’appelle la « publicité programmatique ». En résumé, avec cette technologie, l’annonceur ne sait pas sur quel site s’affiche son encart publicitaire. Pour les informer, les « sleeping giants » leur montrent photo à l’appui. À eux ensuite, de demander (ou non) le retrait de leur publicité. Ce n’est pas de l’appel au boycott, il n’y a pas de contrainte pour l’annonceur. Mais ainsi l’information est donnée. Les « sleeping giants », monsieur et madame tout le monde, avec un pouvoir immense au bout du clic. France Inter a pu joindre l’une des militantes de la section française de cette « armée » de citoyens. Rachel est un pseudonyme. Elle préfère appeler avec un numéro masqué. L’anonymat est un élément important dans la philosophie des « sleeping giants ». Pour deux raisons, explique-t-elle. D’abord pour faire face à la violence des sites d’extrême-droite, toujours très créatifs pour les insultes et les menaces de mort. Mais aussi, explique Rachel, parce qu’il serait dangereux de résumer un mouvement comme celui-ci à un leader affiché, charismatique.
« C’est un engagement énorme. Ça prend beaucoup de temps. On fait ça en plus de notre travail. Il faut aussi beaucoup de résilience face à la violence des ripostes des sites d’extrême-droite », confie-t-elle. Rachel ne dit pas combien il y a en France de géants endormis dans leur réseau, pour ne pas donner trop d’informations aux sites qu’ils ciblent.
En France, le premier d’entre eux est « Boulevard Voltaire », cofondé par le maire de Béziers Robert Ménard. Aujourd’hui selon la section française des « sleeping giants », près de 1 000 annonceurs ont choisi de ne plus faire figurer leur publicité sur « boulevard Voltaire ». Jusqu’au jour où le site a été privé de publicité… avant de reprendre ses activités.
Depuis, le site de désinformation a multiplié les initiatives pour contourner ses difficultés financières, liées à cette privation de rentrées publicitaires. Un site miroir a été créé : il se finissait en .com ou lieu du .fr qui lui interdisait ses encarts pub. Mais là encore les « sleeping giants » ont continué leurs actions.
Les militants anti fausses infos surveillent aussi sites comme Breizatao (dont le webmaster a été condamné plusieurs fois pour négationnisme, appel à la haine raciale et au crime). D’autres noms ne sont pas cités ouvertement, mais les « sleeping giants » s’intéressent aussi aux sites pseudo-scientifiques, anti-vaccins…
Rachel se défend d’appartenir à un courant politique. « Notre seul intérêt, c’est lutter contre l’intolérance, la haine, la désinformation qui se répand ». Le collectif ne reçoit aucun financement. « La seule chose qui nous coûte, résume Rachel, c’est le temps consacré à cette activité qui nécessite sans cesse une mise à jour des données ». C’est le prix à payer pour montrer que dans un monde d’algorithmes, chacun doit rester responsable…
Voilà qu’en plein mois d’août il souffle un vent froid et mauvais sur nos libertés les plus fondamentales.Le 12 août, France Inter a cru devoir publier sur tous ses sites et applications un article unilatéralement hagiographique sur une organisation d’activistes anonymes dénommés «sleeping giants». L’intitulé du titre résume bien l’empathie enthousiaste de la radio d’État pour le projet des activistes: «assécher financièrement les sites de désinformation, le combat sans relâche des «sleeping giants».
L’article explique que ces géants endormis ont traversé l’océan après être nés et avoir grandi aux États-Unis sous l’empire du président honni. Bien qu’ils se défendent de faire de la politique, l’objet de leur détestation est bien politiquement géolocalisé, puisqu’il s’agit de «prévenir les annonceurs que leurs publicités arrivent sur des sites d’extrême droite» (sic).
Ces militants se donnent le beau rôle du résistant antifasciste alors qu’ils sont des agresseurs de la liberté à visage couvert
Les militants sont décrits avec une bienveillance touchante comme des résistants condamnés à vivre dans une clandestinité protectrice: «France Inter a pu joindre l’une des militants de la section française de cette «armée» de citoyens. Rachel est un pseudonyme.». «L’anonymat est un élément très important dans la philosophie des sleeping giants» est-il précisé. On tremble en effet pour la sécurité de la militante, au cas où son véritable prénom serait jeté en pâture sur la toile.
Plus loin, hommage est rendu au dévouement désintéressé des militants: «c’est un engagement énorme. Ça prend beaucoup de temps. Il faut beaucoup de résilience face à la violence des ripostes des sites d’extrême droite».
France Inter explique ensuite qu’une des cibles est le site d’opinion Boulevard Voltaire: «aujourd’hui selon la section française des sleeping giants près de mille annonceurs ont choisi de ne plus faire figurer leurs publicités sur Boulevard Voltaire… jusqu’au jour où le site a été privé de publicité…».
Depuis, déplore sans complexe la radio d’État «le site de désinformation a multiplié les initiatives pour contourner ses difficultés financières.».
Les défenseurs déterminés de la liberté d’informer et de s’exprimer ne s’effaroucheront que modérément des menées d’activistes d’extrême -gauche qui s’octroient le pouvoir divinatoire de fixer la limite extrême entre le toléré à droite et l’intolérable au-delà.
Ils ne s’étonneront pas davantage que ces militants se donnent le beau rôle du résistant antifasciste tout en se conduisant comme des agresseurs de la liberté à visage couvert.
Mais l’intolérable intolérance est d’autant plus scandaleuse qu’une radio de service public, astreinte à un devoir de neutralité, dont on sait déjà le caractère effectif très théorique au regard de son irrespect assumé de son obligation de pluralisme, se fait la propagandiste zélée d’une organisation d’activistes aussi marquée.
Le candide se perd en conjectures pour savoir selon quels critères la radio nationale s’octroie le droit de déterminer qu’un site serait «de désinformation». Après tout, le site précité est animé, renseignement pris, par des journalistes professionnels encartés et non par des repris de justice, au même titre que ceux de la radio publique.
Au demeurant, cette dernière est-elle la mieux placée pour donner des leçons d’information sérieuse?
Rien que cette semaine, il nous aura été donné la pénible occasion de devoir la rappeler à ses obligations, en notre modeste mais incontestable qualité de contribuable et copropriétaire de l’antenne d’État: Dimanche, le préposé à la revue de presse prenait grand plaisir à souligner la proximité de feu Epstein avec Donald Trump… tout en oubliant celle du «suicidé» avec Bill Clinton. Ayant interpellé publiquement ledit préposé, la revue de presse du lendemain réparera l’étrange omission.
Le lendemain, un portrait flatteur de la famille palestinienne de la militante Ahed Tamimi était brossé puisque qualifiée de «pacifique», alors même que de nombreux internautes sur Twitter, y compris Antoine Berranger, très opposé pourtant à la politique israélienne, faisaient remarquer que certains de ses membres s’étaient réjouis ouvertement d’attentats terroristes contre des civils.
Enfin, et pour faire bonne mesure, le même jour, France Inter recevait Julien Bayou porte-parole d‘ EELV qui, peut-être en mal d’inspiration, trouva judicieux d’annoncer qu’une fuite au tritium menaçait la population francilienne. Ce dont il se repentit par la suite. Mais comme le remarquait en temps réel sur Twitter par des messages ulcérés, Emmanuelle Ducros, journaliste à l’Opinion, le plus grave était l’absence totale de contradiction des journalistes: «Je suis sidérée, France Inter: quelqu’un sur votre antenne évoque une fuite radioactive en Île-de-France et ça ne suscite AUCUNE réaction? AUCUNE question? C’est ahurissant».
Vous avez dit «Désinformation»?
Il se trouve que ce grave manquement à la sérénité d’une presse libre et plurielle s’inscrit dans un contexte très anxiogène.
J’ai décrit ici le 24 juin l’appréhension que m’inspire cette loi Avia qui me paraît destinée, au-delà de son noble projet affiché de lutter contre la haine électronique, à vouloir réduire l’expression de la pensée dérangeant l’idéologie multiculturaliste encore en majesté médiatique.
Cette dangerosité est d’autant plus réelle que les grandes plates-formes anglo-saxonnes ne demandent pas mieux que d’appliquer un «politically correct» convenu et pourront trouver dans la loi nouvelle, moins une menace de sanctions financières qu’une permission de sévir.
Je viens d’écrire que l’idéologie multiculturaliste était en majesté. Je le redis, mais celle que j’appelle l’église cathodique sait que son trône vacille.
Et des réactions d’intolérance, comme celle de France Inter, doivent être avant tout interprétées comme l’expression de la rage d’être en train de perdre la bataille des idées.
L’église cathodique doit désormais miser davantage sur son sabre que sur son goupillon.
Gilles William Goldnadel
Voir par ailleurs:

Impeachment Coup Analytics

The Democrats have exhausted every other mechanism for destroying Trump—and they are running out of time before November 2020 election.

Victor Davis Hanson
American greatness
September 29th, 2019

Aside from the emotional issue that Democrats, NeverTrumpers, and celebrities loathe Donald Trump, recently Representative Al Green (D-Texas) reminded us why the Democrats are trying to impeach the president rather than just defeat him in the 2020 general election.

“To defeat him at the polls would do history a disservice, would do our nation a disservice,” Green said.  “I’m concerned that if we don’t impeach the president, he will get re-elected.”

Translated, that means Green accepts either that Trump’s record is too formidable or that the agendas of his own party’s presidential candidates are too frightening for the American people to elect one of them. And that possibility is simply not permissible. Thus, impeachment is the only mechanism left to abort an eight-year Trump presidency—on a purely partisan vote to preclude an election, and thus contrary to the outlines of impeachment as set out by the Constitution.

Consider it another way: Why is it that the House is controlled by Democrats, yet its leadership is not pushing through any of the policy proposals voiced so openly on the Democratic primary stage?

Why aren’t progressive representatives introducing bills to pay reparations to African Americans, to legalize infanticide in some cases of late-term abortion, to offer free medical care to illegal aliens, to confiscate AR-15s, to extend Medicare for all, to impose a wealth tax and raise top rates to between 70 and 90 percent, to abolish student debt and ensure free college for all, or to grant blanket amnesty to those currently living in the country illegally?

Simple answer: none of those issues poll anywhere near 50 percent approval. And no Democratic candidate would expect to beat Trump as the emissary of such an agenda.

If the economy was in a recession, if we were embroiled in another Iraq-like or Vietnam-sort of war, and if Trump’s polls were below 40 percent, then the Democrats would just wait 13 months and defeat him at the polls.

But without a viable agenda and because they doubt they can stop Trump’s reelection bid, they feel they have no recourse but to impeach. If Trump were to be reelected, not a shred of Barack Obama’s “fundamental transformation” would be left, and the strict constructionist Supreme Court would haunt progressives for a quarter-century.

Why Impeachment Now?

The Democrats have exhausted every other mechanism for destroying Trump—and they are running out of time before November 2020 election.

Think of what we have witnessed since the 2016 election. Do we even remember charges that voting machines in the 2016 election were rigged, and the efforts to subvert Electoral College voting, or to invoke the Logan Act, the emoluments clause, and the 25th Amendment?

The “collusion” and “obstruction” fantasies of the Mueller investigation now seem like ancient history. So do the James Comey leaks, the palace coup of Andrew McCabe, the Trump tax records, the celebrity rhetoric about blowing up, shooting, stabbing, burning and variously killing off the president of the United States—along with the satellite frenzies of Stormy Daniels, Michael Avenatti, Charlottesville, Jussie Smollett, the Covington Kids, and the Kavanaugh hearings.

What is left but to try the new “Ukraine collusion”—especially given three other considerations?

First, volatile and always changing polls appearing to favor impeachment roughly reflect Trump’s own popularity (or lack of same). Around 45-46 percent of Americans do not want him impeached and about the same or slightly more say they do.

Second, the hard left-wing of the party might not yet control all the Democrats, but it does not matter because they are clearly younger, more energized, and better organized. And they want something to show for all their social media and photo-op grandstanding, given their socialist agenda is mysteriously moribund.

Third, House Speaker Nancy Pelosi (D-Calif.) is said to oppose impeachment on pragmatic grounds, but I am not sure that is right. It’s the equivalent of saying Senator Dianne Feinstein (D-Calif.) was opposed to the progressive character assassination of Brett Kavanaugh. Neither is or was true.

A better description would be that Pelosi and Feinstein simply go along with the perceived 51-plus percent surge of their party, and sit back gleefully watching the fireworks happen, willing to jump in or pull back depending on the atmospherics and polling. Impeachment, remember, will make the Kavanaugh hearings look like a seminar on etiquette, and so everything and anything can happen once dozens of unhinged leftists are unbound.

Be prepared for a half-dozen Christine Blasey Ford-type witnesses to pop up, and 20 or so unhinged Cory Booker-esque “I am Spartacus” performance acts, along with a whole slew of new Steele dossiers—all interspersed with breathless CNN bulletins announcing new fake news developments with “the walls are closing in” and “the end is near” prognostications. Rep. Adam Schiff (D-Calif.) is already reading fantasies to the House Intelligence Committee and passing them off as the text of Trump’s phone call to Ukraine’s new president. Only after he was called on such absurdities did he describe his performance as a parody.

Facts Won’t Matter that Much

The Left is hellbent on impeachment and the absence of a case won’t matter. They do not care if they will sow the wind and reap the whirlwind.

In the coming days, after all, we will probably learn that the whistleblower’s “Schiff dossier” was prepared by ex-Lawfare-type lawyers in service to House Democrats, who just needed a vessel to pass off the hit as a genuine cry of the heart, rather than a scripted attack with all the Steele dossier/Mueller report/Comey memo fingerprints: classification obfuscations, footnotes to liberal media hit pieces, pseudo-scholarly references to court cases, and lawsuit-avoiding, preemptive disclaimers about not actually possessing firsthand knowledge of any of the evidence, prepped hearsay, supposition, and the subjunctive and optative mood composition.

In a sane world, the impeachers would worry their charges that Trump forced Ukrainian President Vladimir Zelensky to investigate his possible 2020 Democratic opponent Joe Biden might boomerang. After all, Trump never actually cut off Ukrainian aid. Nor did he outline a quid pro quo deal. Essentially he is accused of unduly asking a foreign president to clamp down on corruption in his midst going back to 2016. So what? Especially if there is something more to the strange antics of Hunter Biden and CrowdStrike.

Biden’s problems are not such thought crimes, but are confirmed by his own boasting: that he used the clout of the United States to help his own family financially, by threatening to cut off U.S. aid unless a Ukrainian state prosecutor looking into his own son’s suspicious lobbying was fired within six hours. And in Biden’s own words, “Son of a bitch,” he was fired.

In contrast, Trump might have been all over the map in his call, but he kept the aid to Ukraine coming without demanding the scalp of any Ukrainian official. In some sense, Trump’s culpability boils down to one issue: progressives believe that in not-too-veiled a manner, he threatened a foreign government to start going after the Biden family without cause, whose patriarch Joe might be Trump’s 2020 election opponent.

The other half of the country believes that what is material is not Biden’s current transient electoral status (he is not now and may not be the Democratic nominee), but the fact that he was vice president of the United States when he used his office to threaten the loss of foreign aid to stop investigations of his son, who was using his father’s position to further his own profiteering.

Given that Trump denies any quid pro quo and his call supports that fact, while Biden, on the other hand, openly brags that he made threats which made the Ukrainian to cave (“in six hours”), one can draw one’s own conclusions.

For now, we await more documents—with caveats that the canny Ukrainians, for their own self-interest, will predicate their release of information on the likelihood of which party will win the 2020 election.

The Left hints it has lots of incriminating documents outlining a quid pro quo threat; conservatives suspect that Ukrainian and legal documents will show the prosecutor was neither unethical nor uninterested in Hunter Biden, but was fired precisely because he was not corrupt and very much concerned with Biden.

As far as precedent, there is a good recent example. Barack Obama got caught promising to consider cuts in Eastern-European-based missile defense if Vladimir Putin would give him some room during his reelection campaign.

Translated into Adam Schiff’s Mafiosi parody lingo: Putin would calm down on the international stage to make the U.S.-Russia “reset” look good, Obama would then get rid of Eastern-European missile defense, and Obama would get reelected in 2012.

And all three of those events transpired as planned—one can surmise whether any of the three would have happened without Obama compliance with Russian conditions. Remember, Obama’s quid pro quo was caught on a hot mic on the premise that what he said to Russian President Medvedev was never supposed to be heard. “On all these issues, but particularly missile defense, this can be solved,” Obama said. “But it’s important for him [Putin] to give me space . . . This is my last election. After my election I have more flexibility.”

Once that understanding was excused, and the media was mute about such collusion, can any notion of collusion as a crime still exist?

Conspiracy Theories

Finally, who are the winners in these impeachment psychodramas, both short-term and long-term?

Short-term, Trump may lose traction due to the media frenzy. He lost some of his ongoing momentum that had recently seen his polls steadily creeping up. He gave a fine speech at the United Nations and sounded presidential in his talks with foreign leaders—all overshadowed or now forgotten due to the impeachment psychodrama.

Trump’s critics have become emboldened, Left and Right. The Drudge Report has flip-flopped and is as anti-Trump as Vox or Slate. Many at National Review call for or anticipate impeachment without much regret. Likewise, some at Fox News—Shepard Smith, Andrew Napolitano, and Chris Wallace—are nonstop critics of Trump and hardly disguise their contempt.

The leftist media is on uppers, and completely ecstatic in moth-to-flame fashion, as if it were May 2017 again and Trump’s demise was a day away.

Because Joe Biden faces far more legal exposure than Trump, he is mentioned (if even to contextualize and exonerate him) in every news account of Ukraine. Whether or not Senator Elizabeth Warren (D-Mass.) or her erstwhile henchwoman, Kamala Harris (D-Calif.), was behind this gambit, does not matter. (Nothing much from either one had worked to slow down Biden in the last six months). Biden is simply not physically or mentally up to a year of cross-examination. And Hunter Biden is more unsteady than Joe and will thus be hard to locate.

We are starting to see the outlines of a progressive fantasy on the horizon: Biden will be sacrificed. The party will unite around Warren. The left-wing media narrative will be, “We took out one of our own, now it is your turn to depose Trump.” Chaos overload for two or three weeks might keep Trump’s polling low.

Long-term, however, Trump wins.

We still have a number of government audits coming from Michael Horowitz, John Durham, and John Huber—and the targets are not Trump. The Senate will not convict the president under any foreseeable circumstances. The full story of the whistleblower has not been told, but there are a lot of narratives to come about the sudden rules allowing hearsay, DNC involvement, and who knew far in advance about the complainant’s writ. Once the Democratic debates continue, the candidates’ screaming and hysterics return, and the impeachment hearings descend into a Kavanaugh-esque farce, the public will begin to get scared again by the Left’s shrieking Jacobins. Schiff’s “parody” is a small foretaste of what’s to come. Voters soon will surmise that the only thing between their 401k plans and socialism is Donald J. Trump.

Warren or her possible facsimile is a weaker candidate than even the enfeebled Biden. Her lack of viability will be of enormous advantage in NeverHillary-fashion to Trump. His fundraising, already ascendant, will hit the stratosphere. The idea that the new and old NeverTrumpers will be on the side of socialism will finally discredit them. Wall Street and Silicon Valley will keep trashing Trump, but privately write checks to stop Warren’s wealth tax that would be only the beginning of her Venezuelization of America.

So if Trump’s health holds out, if we don’t have a recession, if there is not an optional war, and Trump endures the next few weeks of 360-degree, 24/7 targeting, 2020 will be far more favorable than ever imaginable for him.

Voir enfin:

Monika Bickert, VP Global Product Management

Facebook

24 avril 2018

L’une des questions qui nous est le plus souvent posée concerne la manière dont nous décidons du type de contenu autorisé, ou pas, sur Facebook. Ces décisions sont parmi les plus importantes que nous prenons. Elles sont essentielles pour garantir que Facebook soit un endroit sûr et un espace où l’on peut discuter librement de différents points de vue. Depuis des années, nous avons des Standards de la Communauté qui expliquent ce qui est autorisé, ou pas, sur Facebook. Aujourd’hui, nous allons encore plus loin en publiant les directives internes que nos équipes utilisent pour faire respecter ces Standards. Et pour la première fois, nous vous offrons la possibilité de faire appel de nos décisions sur des contenus individuels, afin que vous puissiez demander un deuxième avis lorsque vous pensez que nous avons commis une erreur.

Nous avons décidé de publier ces directives internes pour deux raisons. Premièrement, elles aideront chacun à comprendre où nous plaçons la limite sur les questions complexes ou nuancées. Deuxièmement, en fournissant ces détails, il est plus facile pour tout le monde, y compris les experts dans différents domaines, de nous faire part de leurs observations, afin que nous puissions améliorer ces directives – ainsi que les décisions que nous prenons – au fil du temps.

Processus d’élaboration des politiques sur les contenus

L’équipe en charge des politiques de contenu de Facebook est responsable de l’élaboration de nos Standards de la Communauté. Nous avons des collaborateurs dans 11 bureaux à travers le monde, y compris des experts spécialisés dans des domaines tels que le terrorisme, l’incitation à la haine ou la protection de l’enfance. Nous sommes nombreux à avoir travaillé sur les questions d’expression et de sécurité bien avant notre arrivée chez Facebook. J’ai, pour ma part, travaillé de la sécurité des enfants à la lutte contre le terrorisme lorsque j’étais procureur général. L’équipe comprend par exemple une ancienne conseillère en matière de viol, une universitaire spécialisée dans les organisations haineuses, une avocate des droits de la personne et une enseignante. Chaque semaine, notre équipe sollicite l’avis d’experts et d’organisations extérieures à Facebook afin de mieux comprendre les différents points de vue sur la sécurité et l’expression, ainsi que l’impact de nos politiques sur les différentes communautés dans le monde.

Sur la base de ces observations et des évolutions des normes sociales et des langues, nos Standards évoluent au fil du temps. Ce qui n’a pas changé, et qui ne changera pas, ce sont les principes fondamentaux de sécurité, de participation et d’équité sur lesquels se fondent ces Standards. Pour initier des conversations et construire des liens, les gens ont besoin de savoir qu’ils sont en sécurité. Facebook devrait également être un lieu où les gens peuvent exprimer librement leurs opinions, même si certaines personnes pourraient trouver ces opinions répréhensibles. C’est pourquoi l’équité est un principe si important : nous visons à appliquer ces normes de manière cohérente et équitable à toutes les communautés et à toutes les cultures. Nous exposons explicitement ces principes dans le préambule des Standards, en expliquant la raison d’être de chaque politique.

Application de nos politiques

L’efficacité de nos politiques dépend de la force et de l’exactitude de leur application, et leur mise en œuvre n’est pas toujours parfaite.

L’un des défis consiste à identifier les violations potentielles de nos Standards afin que nous puissions les examiner. La technologie nous aide. Nous utilisons une combinaison d’intelligence artificielle et de signalement de notre communauté d’utilisateurs pour identifier les messages, images ou autres contenus susceptibles de violer nos Standards de la Communauté. Ces signalement sont examinés par notre équipe en charge de l’application des Standards de la Communauté, qui travaille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, dans plus de 40 langues. À l’heure actuelle, nous nous appuyons sur plus de 7 500 vérificateurs de contenu – plus de 40 % par rapport à la même période l’an dernier.

Un autre défi consiste à appliquer avec précision nos politiques aux contenus qui nous a été signalé. Dans certains cas, nous commettons des erreurs parce que nos politiques ne sont pas suffisamment claires pour nos vérificateurs de contenu ; lorsque c’est le cas, nous nous efforçons de combler ces lacunes. Nous commettons parfois des erreurs car nos processus font appel à des individus, et chacun sait que l’erreur est humaine.

Recours

Nous savons que nous devons faire plus. C’est la raison pour laquelle, au cours de l’année à venir, nous allons donner aux gens la possibilité de faire appel de nos décisions. Dans un premier temps, nous allons lancer des procédures de recours pour les messages qui ont été retirés pour cause de nudité ou d’activité sexuelle, d’incitation à la haine et à la violence.

Voici comment fonctionne ce processus :

  • Si votre photo, vidéo ou message a été retiré(e) pour infraction à nos Standards de la Communauté, vous serez averti et aurez la possibilité d’effectuer une demande de révision supplémentaire.
  • Cette requête mènera à une révision par notre équipe (toujours par une personne), généralement sous 24 heures.
  • Si nous avons fait une erreur, nous vous en informerons et votre post, photo ou vidéo sera restauré.

Nous nous efforçons d’étendre ce processus en soutenant davantage de types d’infractions, en donnant aux gens l’occasion de fournir plus de contexte qui pourrait nous aider à prendre la bonne décision, et la mise à disposition du recours non seulement pour le contenu qui a été retiré mais aussi pour le contenu qui a été signalé et laissé. Nous croyons que le fait de donner à chacun la possibilité de participer au processus est un autre élément essentiel à la mise en place d’un système équitable.

Participation et contribution de la communauté

Nos efforts pour expliquer, améliorer et affiner nos Standards de la Communauté dépendent de la participation et de la contribution de gens du monde entier. En mai, nous lancerons les Forums Facebook, une série d’événements publics de dialogue et de débat autour des Standards de la Communauté, organisés en Allemagne, France, au Royaume-Uni, en Inde, à Singapour, aux Etats-Unis et dans d’autres pays afin de recueillir les commentaires des utilisateurs. Nous partagerons plus de détails sur ces initiatives au fur et à mesure que nous les finaliserons.

Comme l’a souligné notre PDG Mark Zuckerberg au début de l’année : « Nous n’empêcherons pas toutes les erreurs ou les abus, mais nous commettons actuellement trop d’erreurs en appliquant nos politiques et en empêchant l’utilisation abusive de nos outils ». La publication de nos directives internes aujourd’hui, ainsi que l’élargissement de notre processus de recours, nous permettra de nous améliorer au fil du temps. Ce sont des questions complexes et nous sommes engagés à faire mieux.

Retrouvez le texte des Standards de la Communauté détaillés ici : https://www.facebook.com/communitystandards


FAQ

  • Avez-vous modifié l’une de vos politiques avec cette mise à jour ?

Ce que nous partageons aujourd’hui n’est pas nouveau ; cela reflète des Standards qui sont en place depuis longtemps. Cependant, pour la première fois, nous publions l’ensemble de directives internes d’application des Standards de la Communauté sur lesquels nos vérificateurs de contenu s’appuient pour prendre des décisions sur ce qui est autorisé ou non sur Facebook.

Il est important de noter que nos normes évoluent. Dans certains cas, les changements sont provoqués par des retours que nous recevons de parties prenantes externes. Dans d’autres, nous apportons des changements pour tenir compte de la façon dont le langage est utilisé. Dans d’autres encore, un changement est nécessaire en raison d’une lacune dans la politique existante. Ce processus se poursuivra, ainsi que les mises à jour de nos Standards.

Nous partagerons ces mises à jour publiquement et publierons des archives consultables afin que les gens puissent suivre les changements au fil du temps.

  • S’agit-il des mêmes directives que celles que vos vérificateurs utilisent ? Avez-vous enlevé quelque chose ?

Oui. À compter d’aujourd’hui, nos Standards de la Communauté externes reflètent étroitement nos directives internes d’application. Vous nous avez dit que vous ne comprenez pas nos politiques ; c’est notre responsabilité de fournir de la clarté. Il s’agit d’un effort pour expliquer où nous plaçons les limites quand il s’agit de contenu sur Facebook. Nous espérons que cette publication invite et encourage un échange qui nous aide à peaufiner et à améliorer nos politiques.

  • Vous dites que vous travaillez avec des experts. Qui sont-ils ?

Nous travaillons avec des experts du monde entier, notamment des universitaires, des organisations non-gouvernementales, des chercheurs et des juristes. Ces personnes et organisations représentent la diversité de pensée, d’expérience et de parcours. Ils apportent une contribution inestimable lorsque nous réfléchissons à la révision de nos politiques et nous aident à mieux comprendre l’impact de nos politiques.

En ce qui concerne le discours de haine, par exemple, nous avons travaillé avec Timothy Garton Ash, professeur à l’Université d’Oxford, qui a créé le Free Speech Debate (Débat sur la liberté d’expression) pour examiner ces questions sur une base interculturelle. De même, dans le cadre de l’élaboration de nos politiques visant à protéger les personnes contre l’exploitation sexuelle, nous avons réuni plus de 150 organisations et experts en sécurité dans des pays du monde entier, dont les États-Unis, le Kenya, l’Inde, l’Irlande, l’Espagne, la Turquie, la Suède et les Pays-Bas.

  • Comment assurez-vous la cohérence au sein de vos équipes de vérificateurs et vous protégez-vous contre les préjugés et les erreurs humaines ?

Nos Standards de la Communauté sont mondiaux, et tous les vérificateurs utilisent les directives que nous avons publiées aujourd’hui pour prendre des décisions. Ils suivent une formation approfondie dans le cadre de leur processus d’intégration et sont formés et testés à intervalles réguliers par la suite.

Nous sommes extrêmement prescriptifs dans l’élaboration de nos politiques, et nous essayons de rédiger des politiques qui permettent de distinguer clairement les contenus qui violent nos Standards et ceux qui les respectent, afin de rendre le processus de prise de décision pour les vérificateurs aussi objectif que possible. Nos vérificateurs bénéficient de mécanismes de contrôle de la qualité, et d’une équipe de management vers laquelle ils peuvent se tourner pour obtenir des conseils. Nous vérifions également l’exactitude des décisions des vérificateurs sur une base hebdomadaire. Lorsque des erreurs sont commises, nous assurons un suivi auprès des membres de l’équipe afin d’éviter qu’elles se reproduisent.

Même avec nos audits de qualité, nous savons que nous pouvons faire des erreurs. C’est pourquoi nous avons donné aux gens la possibilité de faire appel de nos décisions lorsque nous avons retiré leur profil, Page ou Groupe. Au cours de l’année, nous allons étendre la capacité des gens de faire appel de nos décisions. Dans un premier temps, nous lançons des recours pour des contenus retirés pour nudité ou activité sexuelle, discours de haine et violence, afin que les gens puissent nous faire savoir quand ils pensent que nous avons fait une erreur.

  • Pourriez-vous m’en dire plus sur les Forums Facebook ? Avez-vous déjà organisé de tels événements avant ?

Nous faisons de notre mieux pour recueillir des commentaires externes de différentes façons. Les Forums Facebook sont un format que nous n’avons jamais essayé auparavant, et nous sommes impatients d’écouter et d’apprendre de notre communauté. La structure de l’événement variera selon la ville dans laquelle nous nous trouvons, et nous avons hâte de partager plus de détails prochainement.

Voir par ailleurs:

Satire or Deceit? Christian Humor Site Feuds With Snopes
The Babylon Bee says Snopes went too far in fact-checking a satirical story. Snopes had suggested the Bee twisted its joke to deceive readers.
Niraj Chokshi
NYT
Aug. 3, 2019

It’s a fake-news feud made for 2019.

On one side is Snopes, the influential fact-checking website founded 25 years ago.

On the other is the Babylon Bee, an upstart Christian satirical website that lampoons progressive ideas, Democrats, Christians and President Trump.

They are fighting over how Snopes characterizes stories published by the Bee, which says Snopes has veered from its fact-checking mission by suggesting that the satirical site may be twisting its jokes to deceive readers.

“The reason we have to take it seriously is because social networks, which we depend on for our traffic, have relied upon fact-checking sources in the past to determine what’s fake news and what isn’t,” Seth Dillon, the Bee’s chief executive, said in an interview on Thursday with Shannon Bream of Fox News.

“In cases where they’re calling us fake news and lumping us in with them rather than saying this is satire, that could actually damage us,” he added. “It could put our business in jeopardy.”

Indeed, the line between misinformation and satire can be thin, and real consequences can result when it is crossed. On social media, parody can be misconstrued or misrepresented as it moves further and further from its source. And humor has been weaponized to help spread falsehoods online.

About two weeks ago, the Bee published an article that it thought was clearly satire. The piece, headlined “Georgia Lawmaker Claims Chick-Fil-A Employee Told Her To Go Back To Her Country, Later Clarifies He Actually Said ‘My Pleasure’,” was a parody of a real controversy involving a claim of racism, a counterclaim and a fair amount of outrage.

Soon after, Snopes, which investigates assertions based on their popularity or after requests from readers, published a fact check of that article that called its intent into question.

Mr. Dillon said the Bee was so frustrated by the way that Snopes had characterized its work that it had retained a law firm, but he did not say whether any legal action had been taken. David Mikkelson, a founder of Snopes, said he received a letter from a Bee lawyer complaining about the fact check, but was unaware of any legal action.

Mr. Mikkelson disputed the suggestion that his website had a political motive for fact-checking the Bee, but acknowledged that the piece in question, which has since been updated, had been poorly phrased.

“The article that people were focusing on was not worded very well,” he said. “That’s our bad. We need to own that.”

He added that Snopes was not trying to discredit the Bee. “That’s not our intent and if we have conveyed that intent, then I apologize for that,” he said.

This week, a Bee piece satirizing the episode — titled “Snopes Issues Pre-Approval Of All Statements Made During Tonight’s Democratic Debate” — became the top-performing article on Facebook related to the topic “democratic debate,” according to BuzzSumo, a social media analysis company, as first reported by BuzzFeed.

Some conservatives said the Bee’s experience revealed political bias at Snopes. But in Mr. Mikkelson’s view, Snopes is now subject to the very kind of attack it has been accused of carrying out.

“It’s now been spun into this ridiculous conspiracy theory that seems pretty contrived to gin up outrage” and clicks, he said.

The story of the feud began with a viral Facebook post July 19 in which Erica Thomas, a Georgia state representative, said she had been told by a white man at a grocery store to “go back” to where she came from. The man later came forward, identified himself as a Democrat and disputed her account, fueling outrage on the right by those who believe reports of racism are overblown.

The Bee published its parody of the events July 22. Two days later, Snopes published its fact check of that article.

The original Snopes piece included the subheadline, “we’re not sure if fanning the flames of controversy and muddying the details of a news story classify an article as ‘satire.’” It called the Bee story a “ruse” and suggested it had been published “in an apparent attempt to maximize the online indignation.”

That language has since been removed “for tone and clarity,” according to an editors’ note atop the piece. Snopes, it says, is working to create standards for how to address humor and satire.

On Twitter, Adam Ford, the founder of the Bee, described the Snopes article as a “hit piece.” He also complained that Snopes had not been as critical in another fact-check of a piece from The Onion, a satirical website that, despite its fame and absurdist articles, continues to fool unsuspecting readers.

“A clumsy mistake or an incompetent writer are insufficient explanations for publishing something like this when you position yourself as an unbiased, stalwart arbiter of truth and presume to wield the influence that comes along with that title,” he wrote.

In a recent newsletter, the Bee said a past Snopes fact-check had prompted Facebook, which was then in a fact-checking partnership with Snopes, to “threaten us with limitations and demonetization.” Facebook eventually acknowledged the mistake and said the Bee piece — about CNN buying industrial washing machines to “spin” news — “should not have been rated false in our system.”

Snopes pulled out of the Facebook partnership in February, but some critics of the recent fact-check have argued that Snopes’s actions could still affect the Bee’s Facebook presence, a suggestion Mr. Mikkelson disputes.

“We have absolutely no ability to demonetize, deplatform, blacklist anybody,” he said. “We have no means to stop anyone from publishing on a particular platform or to limit their reach.”

Snopes determines what to cover based on reader input via email, Facebook and Twitter as well as what’s trending on Google, social media and its own website searches. As a result, it often covers claims and satire that, to many, may seem obviously false or intentionally humorous.

“Some people just don’t get or are not very good at recognizing uses of sarcasm or irony or archness,” Mr. Mikkelson said.

In the Fox News appearance, Mr. Dillon, the Bee chief executive, seemed to acknowledge that.

“There’s people who aren’t familiar with us who are seeing our stuff,” he said. “So if they want to fact-check it, fine. You can rate it false, you can rate it satire, ideally, and just say ‘Hey, this came from the Bee, it’s obviously satire, they’re a well-known satire publication.’ That would be as far as it needs to go.”


Mort de Jacques Chirac: La France qui triche a trouvé son héros (As amnesic France goes gaga over the death of its first former head of state to be convicted since Petain, ex-British spy chief confirms ‘Grand Philanderer’ Chirac was ‘a roguish individual who manoeuvred very cleverly’)

29 septembre, 2019

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Une droite qui voudrait que soit placé dans nos mairies et nos écoles le portrait d’un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale. Richard Ferrand (14.04.2017)
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Un père, ça peut être une femme, une grand-mère. Agnès Buzyn (ministre française de la Santé)
L’enfant a le droit à un nom dès la naissance. Il a également le droit d’ acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, de connaître ses parents et d’être élevé par eux. Convention internationale des droits de l’enfant (article 7, 1989)
La loi ne doit pas mentir sur l’origine de la vie. Conférence des évêques
Une droite qui voudrait que soit placé dans nos mairies et nos écoles le portrait d’un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale. Richard Ferrand (14.04.2017)
Le président Chirac incarna une certaine idée de la France. (…) Jacques Chirac était un destin français. (…) Jacques Chirac portait en lui l’amour de la France et des Français. Emmanuel Macron
Dans une autre publication, il tenait à peu près les mêmes propos concernant le candidat LR: “nous disons à François Fillon qu’il a perdu toute autorité morale pour diriger l’État et parler au nom de la France”. Lundi 30 septembre 2019 est une journée de deuil national à la suite du décès de M. Jacques CHIRAC, ancien Président de la République. Durant cette journée, les enseignants qui le souhaitent peuvent consacrer un cours à l’évocation de la mémoire de l’ancien chef de l’État. A cette fin, éduscol vous propose des ressources pédagogiques permettant de revenir sur la biographie de Jacques Chirac, son engagement politique national et international, sa relation à l’histoire des arts… Ministère de l’Education nationale
C’est très français au fond. La seule chose que l’on retiendra de la présidence de Jacques Chirac est une belle bravade sans conséquence: son refus spectaculaire de la guerre américaine en Irak. Laquelle, pour le coup, en eut de fâcheuses. Dieu sait combien Jacques Chirac représentait le caractère national. Au milieu de beaucoup de compromissions, ce fut une parenthèse de gloire, de panache et d’honneur. Cela n’a servi à rien mais le geste en était d’autant plus beau. Chirac eut quelque chose de Cyrano de Bergerac au cours de cet hiver 2002-2003, entraînant la Russie de Poutine et l’Allemagne de Schröder et bien d’autres nations derrière lui. Villepin, au contraire, avait peur de se fâcher avec l’Amérique. Il n’a pas troqué le retour de la France dans le comité militaire de l’Otan en échange de quelques postes honorifiques. Il a osé renouveler la dissuasion nucléaire française. C’est en souvenir de ces moments-là que la France est encore écoutée dans le monde. (…) Jacques Chirac avait un grand mérite: il connaissait l’histoire du monde et de ses civilisations. Il savait que l’Irak est un des berceaux de l’humanité et qu’on ne pouvait la détruire sans commettre l’irréparable. Il savait aussi que la démocratie ne se construit pas sur le sable d’une occupation militaire et que tôt ou tard, les chiites d’Irak se tourneraient vers leurs coreligionnaires iraniens, entraînant une terrible guerre de religions. Ce qui devait advenir arriva: la rage cumulée des pétromonarchies du golfe et des terroristes wahhabites a redoublé de violence. Daech et les destructions de Mossoul, Palmyre et Alep sont des contrecoups de la folle expédition de Dick Cheney et Donald Rumsfeld. Tout le Moyen-Orient a souffert de cette lamentable aventure mais pas seulement. Après les attentats de 2004-2005 et 2015-2016 en Europe, nous sommes loin d’avoir retrouvé l’équilibre. Depuis 2003, le Moyen-Orient est une région en guerre de religion, fracturée et travaillée par le terrorisme, minée par les migrations, incapable de se coordonner et d’avancer ensemble. Chirac avait au long de sa carrière noué des relations fidèles avec les chefs d’États d’Afrique et d’Asie. Il était soucieux du sort des Palestiniens, lui qui était intraitable avec l’antisémitisme. (…) Chirac s’intéressait et comprenait les relations internationales, sans avoir peur de quiconque. Le Figaro
Nous avons été présidés par un délinquant pendant 12 ans, et mon adversaire de 2002 est quelqu’un qui aurait dû être condamné à la prison. Le Pen
Attendu que la responsabilité de Jacques Chirac, maire de París, découle du mandat reçu de la collectivité des Parisiens ; qu’elle résulte également de l’autorité hiérarchique exercée par lui sur l’ensemble du personnel de la Ville de Paris et singulièrement sur ses collaborateurs immédiats au premier rang desquels son directeur de cabinet ; Attendu que le dossier et les débats ont établi que Jacques Chirac a été l’initiateur et l’auteur principal des délits d’abus de confiance, détournement de fonds publics, ingérence et prise illégale d’intérêts ; que sa culpabilité résulte de pratiques pérennes et réitérées qui lui sont personnellement imputables et dont le développement a été grandement favorisé par une parfaite connaissance des rouages de la municipalité ainsi que la qualité des liens tissés avec les différents acteurs administratifs et politiques au cours de ses années passées à la tête de la Ville de Paris ; qu’en multipliant les connexions entre son parti et la municipalité parisienne, Jacques Chirac a su créer et entretenir entre la collectivité territoriale et l’organisation politique une confusion telle qu’elle a pu entraîner ses propres amis politiques ; que le gain en résultant, nonobstant les économies des salaires payés par la mairie de Paris, a pu prendre la forme soit d’un renforcement des effectifs du parti politique dont il était le président soit d’un soutien à la contribution intellectuelle pour l’élaboration du programme politique de ce parti ; Attendu que par l’ensemble de ces agissements, Jacques Chirac a engagé les fonds de la Ville de Paris pour un montant total d’environ 1 400 000 euros ; Attendu que l’ancienneté des faits, l’absence d’enrichissement personnel de Jacques Chirac, l’indemnisation de la Ville de Paris par l’UMP et Jacques Chirac, ce dernier à hauteur de 500.000 euros, l’âge et l’état de santé actuel de Jacques Chirac, dont la dégradation est avérée, ainsi que les éminentes responsabilités de chef de l’Etat qu’il a exercées pendant les douze années ayant immédiatement suivi la période de prévention, sont autant d’éléments qui doivent être pris en considération pour déterminer la sanction qu’il convient d’appliquer à son encontre ; Attendu que ces éléments ne sauraient occulter le fait que, par son action délibérée, en ayant recours au cours de ces cinq années à dix neuf emplois totalement ou partiellement fictifs, Jacques Chirac a manqué à l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques chargées de la gestion des fonds ou des biens qui leur sont confiés, cela au mépris de l’intérêt général des Parisiens ; que dans ces conditions, le recours à une peine d’emprisonnement avec sursis dont le quantum sera fixé à deux années apparaît tout à la fois adapté à la personnalité du prévenu et ainsi qu’à la nature et la gravité des faits qu’il a commis. Verdict de la 11e chambre correctionnelle de Paris (15.12.11)
Pour la première fois depuis Louis XVI et Philippe Pétain, un ancien chef de l’Etat français a été condamné par la justice de son pays. Jacques Chirac, 79 ans, reconnu coupable d’abus de confiance, de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts, a écopé ce jeudi matin de deux ans de prison avec sursis. Dans un communiqué, Jacques Chirac a annoncé qu’il ne ferait pas appel, même si « sur le fond [il] conteste catégoriquement ce jugement ». Il explique ne plus avoir « hélas, toutes les forces nécessaires pour mener par [lui-même], face à de nouveaux juges, le combat pour la vérité ». Nouvel obs
Janvier 1975. C’est l’époque du journalisme politique à la Françoise Giroud, la patronne de L’Express envoie alors de jeunes et jolies reporters pour faire parler les politiques. Jacqueline Chabridon, journaliste au Figaro, est mandatée par son rédacteur en chef pour suivre Jacques Chirac et en tirer un portrait du jeune Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing. Elle n’en a guère envie, le voit comme « un soudard, un prêt-à-tout (…) sentencieux et ringard au possible », écrivent les auteurs. De son côté, il veut vérifier à qui il a affaire. Il la met au défi d’engloutir les copieuses portions de tête de veau trônant sur la table aussi vite que lui. Elle s’y colle, en bonne vivante. Il est séduit par cette petite jeune femme de 34 ans. Comme le dit son ami Jacques Toubon, alors conseiller technique à Matignon, « c’est le charme fait femme ». Pauline de Saint-Rémy d’expliquer : « On s’était imaginé une femme impressionnante, très élégante, très intello. Avec sa voix fluette, sa petite taille, elle est en fait très simple. Au sens noble du terme. » C’est peut-être cela qui plaît alors au Premier ministre. Elle est d’origine modeste, auvergnate, fille de communistes. Affirme simplement son goût pour la vie. « Jacques et Jacqueline, c’est aussi et avant tout une complicité de classe, relatent les journalistes dans leur livre. Une sorte de reconnaissance mutuelle. » De son côté, Jacqueline voit désormais derrière le technocrate ambitieux un homme qui a « du goût pour les gens ». Très vite, « son envie de la revoir vire à l’obsession. Il la veut à ses côtés, en public comme en privé », lit-on dans Jacques et Jacqueline (1). On prête à Chirac un parcours de séducteur « mais avec elle, ça a été différent, affirment Laureline Dupont et Pauline de Saint-Rémy. Pour elle, il a failli tout quitter ; ça a eu des répercussions sur sa vie politique, dans un moment charnière. » Le livre raconte l’appartement aménagé pour eux rue de Marignan, à Paris : c’est là qu’il installe sa collection d’ouvrages de la Pléiade, un mur entier. Il l’emmène en escapade à La Rochelle. Elle le suit dans ses déplacements, en tant que journaliste. Fin 1975, il organise même, selon les auteurs, un voyage de presse aux Antilles pour passer Noël en sa compagnie ! Les reporters présents sur place s’agacent des nombreux « briefings » du chef du gouvernement. Dans l’ouvrage, Jacques Toubon se souvient des chuchotements qu’il surprend alors : « Il [Chirac] n’a rien à nous dire… » « C’est ridicule ! C’est juste pour la voir. » Le couple fait face à l’incompréhension de son entourage devant cette histoire qui dure, devant ce mariage qu’il lui aurait promis. Jacqueline Chabridon, dont les premières noces avec le socialiste Charles Hernu ont été célébrées par François Mitterrand, se fait rabrouer par ses amis de gauche, expliquent les auteurs. Chirac, lui, encaisse l’hostilité de sa conseillère Marie-France Garaud. Elle s’inquiète. Et si l’affaire s’ébruitait ? « Beaucoup de gens savaient, à l’époque, souligne Laureline Dupont. Le sujet fait jaser dans les dîners parisiens. » Toujours selon le livre, Le Nouvel Observateur s’apprête à publier en avril 1976 un court article intitulé « La garçonnière du Premier ministre ». La publication sera stoppée. Mais c’en est trop pour les conseillers. Trop pour Bernadette Chirac aussi. Dans Jacques et Jacqueline, on la voit faire front commun avec Marie-France Garaud pour éloigner la maîtresse. Et puis à l’époque, on ne divorce pas. Surtout si l’on envisage la plus haute fonction… Été 1976. Jacqueline Chabridon découvre l’appartement vidé. Leur correspondance a disparu. Le choc. Dans un bureau anonyme, il lui annonce que c’est fini. Certains y ont vu la pression de ses proches. Les auteurs livrent une autre hypothèse : « De nombreux témoins nous ont dit que Chirac, qui s’apprêtait à lancer le RPR (Rassemblement pour la République, ndlr) – il venait de démissionner de Matignon pour ça -, avait besoin d’avoir le coeur et les mains libres. Parce qu’il entretenait un rapport charnel et chaleureux aux électeurs. Notre théorie, c’est qu’il a été rattrapé par son ambition, plus que par son entourage. » Apporter un autre éclairage sur Jacques Chirac, c’était un des objectifs des deux journalistes : « Il est plus humain et plus complexe qu’il n’y paraît, perclus de passions contraires. » Fallait-il pour autant, quarante ans après, remettre cet amour sous le feu des projecteurs ? « Certains seront heurtés car on est sur le terrain de la vie privée. Mais c’est un récit politique, pas un livre sulfureux, répond Pauline de Saint-Rémy. Nous voulions aussi donner un autre éclairage à cette époque politico-médiatique en nous intéressant à la petite histoire dans la grande histoire. » Jacqueline Chabridon, elle, a poursuivi la sienne. Le coeur à gauche. « Elle qui pensait ne jamais pouvoir voter pour lui a fini par le faire en avril 2002. Mais on a compris que ça lui avait fait un peu mal. » Aujourd’hui encore, elle est proche des socialistes. Voit François Hollande régulièrement. Et Laureline Dupont de conclure : « Elle a 75 ans et a l’air très heureuse. » Grazia
Voici un homme qui a dû se représenter à  sa réélection l’an dernier afin de préserver son immunité  présidentielle des poursuites judiciaires pour de graves accusations de corruption. Voici un homme qui a aidé Saddam Hussein à construire un réacteur nucléaire et qui savait très bien ce qu’il comptait en faire. Voici un homme à la tête de la France qui est en fait ouvertement à vendre. Il me fait penser au banquier de « L’Education Sentimentale » de Flaubert : un homme si habitué à la corruption qu’il payerait pour le plaisir de se vendre lui-même. Ici, également, est un monstre positif de vanité. Lui et son ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin, ont mielleusement déclaré que la « force est toujours le dernier recours.  » Vraiment ? Ce n’était pas la position de l’establishment français quand des troupes ont été envoyées au Rwanda pour tenter de sauver le client-régime qui venait de lancer un ethnocide contre les Toutsis. Ce n’est pas, on présume, la position des généraux français qui traitent actuellement comme leur fief  la population et la nation ivoiriennes. Ce n’était pas la position de ceux qui ont commandité la destruction d’un bateau désarmé, le Rainbow à l’ancre dans un port de Nouvelle Zélande après les manifestations contre la pratique officielle française d’essais nucléaires atmosphériques dans le Pacifique. (…) Nous nous rendons tous compte du fait que Saddam Hussein doit beaucoup d’argent à des compagnies françaises et à l’Etat français. Nous espérons tous que le parti Baath irakien n’a fait aucun cadeau privé à des personnalités politiques françaises, même si le moins qu’on puisse dire c’est que de tels scrupules des deux côtés seraient une anomalie. Est-il possible qu’il y ait plus en jeu que cela ? Il est très possible que le futur gouvernement de Bagdad ne se considère plus tellement responsable des dettes de Saddam. Ce seul fait conditionne-t-il la réponse de Chirac à une fin de régime en Irak ? (…) Charles de Gaulle avait un égo colossal, mais il se sentit obligé à un moment crucial de représenter une certaine idée de la  France à un moment où cette nation avait été trahie dans le servitude et la honte par son establishment politique et militaire. (…) Il avait un sens de l’histoire. Aux intérêts permanents de la France, il tenait à joindre une certaine idée de la liberté aussi. Il aurait approuvé les propos de Vaclav Havel – ses derniers en tant que président tchèque – parlant hardiment des droits du peuple irakien. Et on aime à penser qu’il aurait eu un mépris  pour son pygmée de successeur, l’homme vain, poseur et vénal qui, souhaitant jouer le rôle d’une Jeanne d’Arc travestie, fait de la France le proxénète abject de Saddam. C’est le cas du rat qui voulait rugir. Christopher Hitchens (2003)
Pasqua n’était guère cocaïnomane – «j’en suis sûr», atteste notre lascar – mais l’argent parallèle du secteur a pu l’intéresser… Fauré, précoce dealer au Maroc puis un peu partout ailleurs, raconte avoir été très vite pris en charge, dans les années 70, par l’Organisation de l’armée secrète. Initialement dédiée au maintien de l’Algérie française, l’OAS changera très vite de fusil d’épaule : «opérations homo» (assassinats ciblés) contre des indépendantistes basques ou corses, mais aussi braquages de banques. Le Service d’action civique (SAC) prendra ensuite le relais. Fauré, fort de ses compétences en la matière, met la main à l’ouvrage : «La recette Pasqua consistait à constituer des « mouvements patriotiques », en vérité violents, avec des voyous peu recommandables. Comment les rémunérer ? Tout simplement avec l’argent provenant de gros braquages de banques et de bijouteries, commis en toute impunité. Avec Pasqua, tout était possible, du moins pour les membres du SAC. Patriote, certainement prêt à mourir pour son pays, il gardait en revanche un œil attentif sur les caisses du parti. Moyennant la moitié de nos gains, il nous garantissait l’impunité sur des affaires juteuses et triées sur le volet, sachant exactement là ou il fallait frapper.» (…) A l’issue de l’entretien, Gérard Fauré croisera illico le parrain marseillais «Tony» Zampa, qui traînait là par hasard, lequel l’entreprend dans la foulée sur différentes affaires à venir : des investissements dans les casinos et la prostitution aux Pays-Bas. Cas peut-être unique dans les annales de la voyoucratie, il fera parallèlement équipe avec l’illustre Francis Vanverberghe, dit «Francis le Belge», «doté d’un savoir-vivre qui valait bien son savoir-tuer». (…) Pour la petite histoire, il reconstitue leur brouille à propos de… Johnny Hallyday : «Tous les deux voulaient le prendre sous tutelle, pour capter sa fortune ou l’utiliser comme prête-nom. Ils ont fini par s’entre-tuer pour ce motif et quelques autres.» Fauré considérait Johnny comme sa «plus belle prise de guerre» dans le microcosme de la coke. Mais lui gardera un chien de sa chienne après que le chanteur l’a balancé sans vergogne aux Stups, contre sa propre immunité. (…) «Si vous le voulez bien, j’attends votre version des faits s’agissant des deux chèques de M. Chirac rédigés à votre ordre. Je vous invite à bien réfléchir avant de répondre» : sollicitation d’une juge d’instruction parisienne en 1986, hors procès-verbal. Tempête sous un crâne à l’issue de laquelle Gérard Fauré évoquera une dette de jeu au backgammon… Dans son bouquin, l’explication est tout autre – «J’avais dû travestir la vérité.» S’il ne peut attester que l’ex-président prenait de la coke, il évoque son penchant pour les femmes… Pour l’anecdote, les deux chèques en question feront l’objet d’une rapide opposition de leur signataire. «Chirac, dont j’avais admiré la prestance et même les idées politiques, s’est avéré mauvais payeur.» (…) Le livre s’achève sur cet hommage indirect à la police française : lors d’une perquisition à son domicile, 10 des 15 kilos de cocaïne disparaissent, tout comme 90 % des 300 000 euros logés dans un tiroir. «Je n’ai pas pensé un seul instant me plaindre de la brigade du quai des Orfèvres, dans la mesure où les vols qu’elle commettait chez moi ne pouvaient qu’alléger ma future condamnation. » Libération
Chirac’s opposition to the Iraq War put him at loggerheads with George W. Bush and Tony Blair. As President he made a historic apology for France’s role in the Holocaust but his term was also marked by riots and a stinging defeat over EU integration. He also had a reputation as a womaniser and philanderer who repeatedly cheated on his long-suffering wife Bernadette during their 63 years of marriage. His reputed partners included Italian sex symbol Claudia Cardinale and there were rumours about a series of relationships with journalists and politicians. Chirac was also known for a love of fine living, revelling in the trappings of power including luxury trips abroad and life at the presidential palace. After leaving office, Chirac was found guilty of corruption dating back to his time as mayor of Paris and given a two-year suspended prison sentence. The Daily Mail
How many times have certain Western politicians cast an envious glance at Jacques Chirac and thought: just how the hell did he get away with it? France is in deep mourning following the news that its flamboyant, philandering former centre-Right president has died at the age of 86. World leaders joined in a chorus of tributes yesterday. Precisely what and whom they are mourning, however, remains as opaque as ever. Former French President Jacques Chirac was often seen in the company of beautiful women such as legendary actress Brigitte Bardot (….) The first ex-president in French history to be convicted of corruption, he managed to espouse contradictory opinions on just about everything during four decades in politics. Here was the great peacemonger – famous for keeping France out of the 2003 invasion of Iraq – who also flogged nuclear technology to Iraq’s Saddam Hussein and who obliterated a South Pacific coral atoll with his own nuclear weapons. (…) He was the self-styled champion of human rights and the developing world who also sucked up to the most appalling tyrants, argued that ‘Africa is not ready for democracy’ and deplored the ‘noise and smell’ of workshy immigrants. And all the while, he was the family man who enjoyed affairs with umpteen women – from humble secretaries and party workers to film stars. As mayor of Paris, he kept a mayoral bus with a bedroom for assignations and used public funds to rent a flat for a political journalist from Le Figaro who was his then mistress. As president, so it was claimed by one biographer, he would never want for ‘naked women, burning with desire’ on board the presidential jet. On a state visit to Tunisia, he managed to bring along both his long-suffering wife, Bernadette, and his mistress du moment on the same trip. The two women did not exchange a word. Not that he would ever allow himself to be distracted from his work for long. Following the publication of the memoirs of the presidential chauffeur, Chirac could never quite shake off the nickname he acquired thereafter: ‘Five minutes – including shower’ (to add insult to injury, this was later reduced from ‘five’ to ‘three’). Routinely satirised on a top French comedy show as ‘Superliar’, Chirac would never have got where he got – or lasted as long as he did – in British politics. It was his good fortune to be blessed with a French media which seldom subjected him to the same scrutiny endured by his British counterparts. It also helped that he was sleeping with quite a few of them. (…) In 2011, he received a two-year prison sentence for abuse of trust and public funds, though the sentence was suspended. The Daily Mail
There were strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam. His recent obituaries are saying that Chirac got it right [on Iraq] and the rest of us got it wrong. But I am saying that Chirac’s motive for getting it right may not appear to be what it is.’‘He had this questionable relationship with Saddam Hussein. It raises a lot of questions as to what his motives were for opposing the UN Resolution in the build-up to the invasion. It was not a matter of conscience, it was his reputation. If it came out in the wash [that he received money from Saddam], it would have been damaging to him as a politician. It was a dimension which at the time was politically worrying – Chirac had a longstanding relationship with Saddam, which was not state to state, it was personal. He was a roguish individual who manoeuvred very cleverly.  Sir Richard Dearlove
J’ai un principe simple en politique étrangère. Je regarde ce que font les Américains et je fais le contraire. Alors, je suis sûr d’avoir raison. Jacques Chirac
Le multipartisme est une erreur politique, une sorte du luxe que les pays en voie de développement, qui doivent concentrer leurs efforts sur leur expansion économique n’ont pas les moyens de s’offrir. Jacques Chirac (Abidjan, février 1990)
Si les valeurs des droits de l’homme sont universelles, elles peuvent s’exprimer sous des formes différentes. Jacques Chirac (Paris, 1996, visite de Li Peng)
Ici, le message millénaire de l’islam rejoint l’héritage et les valeurs de la République. Jacques Chirac (Grande Mosquée de Paris, 9/4/02)
La guerre … est toujours la pire des solutions … Jacques Chirac (Paris, 17 janvier 2003, au côté de Hans Blix, président exécutif de la commission de contrôle de vérification et d’inspection des Nations Unies en Irak et de Mohamed El Baradei, directeur de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique)
Cette institution met la Russie au premier rang des démocraties, pour le respect dû aux peuples premiers, pour le dialogue des cultures et tout simplement pour le respect de l’autre. Jacques Chirac (Saint-Pétersbourg, juin 2003, inauguration de l’Académie polaire)
Le premier des droits de l’homme, c’est de manger, d’être soigné, de recevoir une éducation et d’avoir un habitat. De ce point de vue, la Tunisie est très en avance sur beaucoup de pays. Jacques Chirac (Tunis, le 3 décembre 2003, jour où l’opposante Radhia Nasraoui entrait dans son 50e jour de grève de la faim)
Je n’ai pas à juger les choix de politique intérieure d’un homme démocratiquement élu. Mais je sais une chose : il a rendu sa dignité à un peuple privé de ses droits et de son identité.» Il « a rendu sa dignité à son peuple ». « On ne peut pas vouloir des élections au suffrage universel et contester leurs résultats. Jacques Chirac (sur le président bolivien Evo Morales, Brasilia, 25 mai 2006)
Les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes. Jacques Chirac
Ce n’est pas une politique de tuer des enfants. Chirac (accueillant Barak à Paris, le 4 octobre 2000)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique Galouzeau de Villepin (Paris, automne 2001)
La France condamne les attaques du Hezbollah et toutes les actions terroristes unilatérales, où qu’elles se mènent, contre des soldats ou des populations civiles. Oui, ces attaques sont terroristes, et la France souhaite que la réplique frappe aussi peu que possible les populations civiles. Epargner les populations civiles est une contrainte que s’efforce de respecter Israël. Lionel Jospin (Jérusalem, 24 février 2000)
On his visit to Birzeit University, Lionel Jospin had the gall to speak of the Hizbullah fighters as terrorists, also expressing his « understanding » of Israel’s actions against Lebanon. Edward Said
Soudain, une pluie de pierres s’abat sur le groupe, petites d’abord, puis de plus en plus grosses. Les gardes du corps déploient aussitôt leur protection en kevlar. Le premier ministre disparaît littéralement sous les corps massés « en tortue » de sa protection rapprochée, avant d’être précipité à l’arrière de la Mercedes blindée qui l’attend. Une voiture, posée en travers de la route, barre le départ du cortège et immobilise quelques longues secondes celle de M. Jospin, criblée de pierres et de coups de pied, tandis qu’un enseignant, debout sur le toit du véhicule, lève les bras pour tenter de calmer les manifestants. Une vitre est atteinte par un pavé. Un photographe de l’Agence France-Presse, Manoucher Deghati, est renversé, la jambe cassée. Il sera transféré à l’hôpital de Jérusalem. Dans le hurlement des sirènes et sous les insultes des manifestants, le cortège repart, enfin. Le Monde
Vous savez bien que l’Irak est un pays pacifique géré par des gens pacifiques. Jacques Chirac (Journal marocain, septembre 1980)
Il y a un problème, c’est la possession probable d’armes de destruction massive par un pays incontrôlable, l’Irak. La communauté internationale a raison de s’émouvoir de cette situation. Et elle a eu raison de décider qu’il fallait désarmer l’Irak. (…) Il faut laisser aux inspecteurs le temps de le faire. Jacques Chirac
Dans l’immédiat, notre attention doit se porter en priorité sur les domaines biologique et chimique. C’est là que nos présomptions vis-à-vis de l’Iraq sont les plus significatives : sur le chimique, nous avons des indices d’une capacité de production de VX et d’ypérite ; sur le biologique, nos indices portent sur la détention possible de stocks significatifs de bacille du charbon et de toxine botulique, et une éventuelle capacité de production.  Dominique De Villepin (05.02.03)
Les visées militaires du programme nucléaire iranien ne font plus de doute mais les possibilités de négociations avec le régime de Téhéran n’ont pas été épuisées. (…) De l’avis des experts, d’ici deux à trois ans, l’Iran pourrait être en possession d’une arme nucléaire. Rapport parlementaire français (17 décembre 2008)
Même aux pires moments de notre relation, quand le général De Gaulle a quitté l’OTAN, critiqué la guerre du Vietnam et voulu remplacer le dollar par l’étalon-or, il n’est jamais allé aussi loin. Il n’a jamais tenté, lui, de monter une coalition contre nous. Kissinger (Paris, automne 2003)
Il est maintenant clair que les assurances données par Chirac ont joué un rôle crucial, persuadant Saddam Hussein de ne pas offrir les concessions qui auraient pu éviter une guerre et le changement de régime. Selon l’ex-vice président Tareq Aziz, s’exprimant depuis sa cellule devant des enquêteurs américains et irakiens, Saddam était convaincu que les Français, et dans une moindre mesure, les Russes allaient sauver son régime à la dernière minute. Amir Taheri
L’affaire Boidevaix-Mérimée est-elle l’arbre qui cache la forêt ? Certaines sources au Quai d’Orsay l’insinuent. « Il est impossible que Mérimée se soit mouillé pour une telle somme (156 000 dollars), qui n’est pas si importante au regard des risques encourus et des profits possibles », estime un diplomate qui a côtoyé l’ancien représentant de la France au Conseil de sécurité. « Nous sommes plusieurs à penser que les sommes en jeu sont en réalité colossales. » Olivier Weber (Le Point 01/12/05)
A senior U.S. official said France’s refusal to join in threatening force against Iraq doomed the united front assembled in November and convinced Iraqi President Saddam Hussein that he could split the international community and avert war without divulging his programs to develop weapons of mass destruction. (…) As the United States and Britain lobbied for a second U.N. resolution that would authorize the use of force, France played hardball, openly competing for Security Council votes and trying to intimidate supporters of the U.S. position among Eastern European countries. It wasn’t just France’s anti-war stance that Washington resented, but the « gleeful organizing against us, » a senior U.S. official said. This generated even more disfavor within the Bush administration than was reserved for Russia, which opposed the war less aggressively. (…) U.S.-French strains did not start with Iraq, and are unlikely to end anytime soon. Determined to act as a counterweight to American power in Europe and to preserve its influence among former colonies in Africa and the Middle East, France has long viewed the United States and its power with a mixture of gratitude, Old World disdain and sheer mischievousness. President Charles de Gaulle set the relationship on its rocky course in 1966 when he pulled France out of the military arm of the U.S.-led North Atlantic Treaty Organization while remaining part of its political umbrella, the North Atlantic Council, and providing troops and equipment for NATO missions. In the years since, France has refused to give unblinking support for U.S. actions, even blocking the use of its airspace when the United States, under President Ronald Reagan, bombed Libya in 1986. The Baltimore Sun (09.05.2003)

Attention: un mensonge peut en cacher beaucoup d’autres !

Longue allocution présidentielle, unes et dossiers spéciaux médiatiques, drapeaux en berne, extinction de la Tour Eiffel, photo géante sur la façade de l’Hôtel de ville de Paris, messe, journée de deuil national, minute de silence dans les écoles …

A l’heure où après le mariage pour tous, l’on s’apprête à mentir à nos enfants sur leurs propres origines

Où jusque dans leurs salles de classe …

Une France étrangement amnésique multiplie, aussi hypocrites les uns que les autres, hagiographies et hommages …

Et où pour faire oublier le long feuilleton des gilets jaunes et le retour des affaires, la Macronie tente de nous refaire le coup des funérailles quasi-nationales de Johnny il y a deux ans …

Merci au Daily Mail et à l’ancien patron des services secrets britanniques …

Pour leur salutaire remise des pendules à l’heure …

Sur, entre le pillage systématique de la mairie de Paris pendant 20 ans et la fourniture de l’arme nucléaire puis, contre espèces sonnates et trébuchantes, l’indéfectible soutien au tyran Saddam …

Le maitre ès escrocqueries et repris de justice Chirac !

Saddam Hussein ‘bribed Jacques Chirac’ with £5million in bid to make the former French President oppose the US-led Iraq war

Jacques Chirac (pictured) was paid millions of pounds in bribes by Saddam Hussein to oppose the US-led war in Iraq, according to Britain’s former spy chief

Jacques Chirac was paid millions of pounds in bribes by Saddam Hussein to oppose the US-led war in Iraq, according to intelligence revealed for the first time by Britain’s former spy chief.

Sir Richard Dearlove – head of MI6 in the run-up to the invasion of Iraq in 2003 – spoke out as recent obituaries for the former French President cited his principled opposition to US President George Bush’s plans for military action.

But the former spymaster, speaking exclusively to The Mail on Sunday, revealed that Chirac’s true motive for opposing the Gulf War was because he accepted ‘substantial amounts’ of cash from the Iraqi tyrant for his election campaigns.

Sir Richard, who made the sensational revelation only days after the French statesman’s death on Thursday aged 86, said: ‘There were strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam.

‘His recent obituaries are saying that Chirac got it right [on Iraq] and the rest of us got it wrong. But I am saying that Chirac’s motive for getting it right may not appear to be what it is.’

Chirac had led an alliance of France, Germany and Russia against plans by the US and Britain to invade Iraq over suspicions that Saddam possessed weapons of mass destruction, which it would pass on to terrorist groups like Al Qaeda.

Sir Richard Dearlove said there had been 'strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam'. French Prime Minister Jacques Chirac, left, is seen with Iraqi President Saddam Hussein, right, after arriving in Bagdad in 1976

Sir Richard Dearlove said there had been ‘strong indications in the US and UK [intelligence services] that Chirac received money from Saddam’. French Prime Minister Jacques Chirac, left, is seen with Iraqi President Saddam Hussein, right, after arriving in Bagdad in 1976

The French President addressed his nation on television to declare that he would use France’s veto at the UN to prevent George Bush and Tony Blair gaining a resolution that sanctioned a military invasion.

Chirac’s anti-war stance caused a massive rift between France and the US, prompting American media to deride the French as ‘cheese-eating surrender monkeys’ and some restaurants to rename French fries as ‘Freedom fries’.

While the US and Britain went to war with Iraq without a UN resolution, France stayed out of the coalition.

At the time, MI6 and its US counterparts were gathering ‘reliable intelligence’ that Chirac had pocketed £5 million from the Iraqi dictator to fight his presidential elections in 1995 and in 2002.

The money came from Saddam’s own personal funds and was passed to Chirac through intermediaries, according to the intelligence.

Sir Richard told this newspaper that the ‘long relationship’ between Chirac and Saddam was the real reason why the French leader opposed the 2003 invasion of Iraq.

‘He [Chirac] had this questionable relationship with Saddam Hussein,’ said Sir Richard. ‘It raises a lot of questions as to what his motives were for opposing the UN Resolution in the build-up to the invasion.’

He added: ‘It was not a matter of conscience, it was his [Chirac’s] reputation. If it came out in the wash [that he received money from Saddam], it would have been damaging to him as a politician.

‘It was a dimension which at the time was politically worrying – Chirac had a longstanding relationship with Saddam, which was not state to state, it was personal.’

Sir Richard said obituaries on Chirac praised the former leader’s stance without knowing the full facts. He went on: ‘He was a roguish individual who manoeuvred very cleverly.’

The former spymaster, known as ‘C’ during his five-year spell as head of MI6, is due to give further details at the Cliveden Literary Festival later today.

Last night, France’s embassy in London declined to comment on the revelations, but spokeswoman Aurelie Bonal said: ‘History has shown who took the right decision.’

Former Foreign Secretary Sir Malcolm Rifkind said: ‘Regardless of personal reasons, Chirac would have opposed the war because the French public opposed it so vehemently.’

Voir aussi:

Adieu to Le Grand Philanderer: As Jacques Chirac dies at 86, ROBERT HARDMAN bids farewell to a president so priapic even his official jet had room for illicit trysts

How many times have certain Western politicians cast an envious glance at Jacques Chirac and thought: just how the hell did he get away with it?

France is in deep mourning following the news that its flamboyant, philandering former centre-Right president has died at the age of 86. World leaders joined in a chorus of tributes yesterday.

Precisely what and whom they are mourning, however, remains as opaque as ever.

Former French President Jacques Chirac was often seen in the company of beautiful women such as legendary actress Brigitte Bardot, pictured here in October 1990

The first ex-president in French history to be convicted of corruption, he managed to espouse contradictory opinions on just about everything during four decades in politics.

Here was the great peacemonger – famous for keeping France out of the 2003 invasion of Iraq – who also flogged nuclear technology to Iraq’s Saddam Hussein and who obliterated a South Pacific coral atoll with his own nuclear weapons.

Here was Chirac the ardent Eurosceptic who ended up a passionate advocate of a European superstate.

He was the self-styled champion of human rights and the developing world who also sucked up to the most appalling tyrants, argued that ‘Africa is not ready for democracy’ and deplored the ‘noise and smell’ of workshy immigrants.

And all the while, he was the family man who enjoyed affairs with umpteen women – from humble secretaries and party workers to film stars. As mayor of Paris, he kept a mayoral bus with a bedroom for assignations and used public funds to rent a flat for a political journalist from Le Figaro who was his then mistress.

Chirac, pictured here in 1987 with Madonna, was routinely satirised on a top French comedy show as 'Superliar'

Chirac, pictured here in 1987 with Madonna, was routinely satirised on a top French comedy show as ‘Superliar’

As president, so it was claimed by one biographer, he would never want for ‘naked women, burning with desire’ on board the presidential jet. On a state visit to Tunisia, he managed to bring along both his long-suffering wife, Bernadette, and his mistress du moment on the same trip. The two women did not exchange a word.

Not that he would ever allow himself to be distracted from his work for long. Following the publication of the memoirs of the presidential chauffeur, Chirac could never quite shake off the nickname he acquired thereafter: ‘Five minutes – including shower’ (to add insult to injury, this was later reduced from ‘five’ to ‘three’).

Routinely satirised on a top French comedy show as ‘Superliar’, Chirac would never have got where he got – or lasted as long as he did – in British politics. It was his good fortune to be blessed with a French media which seldom subjected him to the same scrutiny endured by his British counterparts. It also helped that he was sleeping with quite a few of them.

And even when scandals did emerge – be it bungs or mysterious six-figure payments for family entertainment – the publicity never seemed to do him lasting damage. As far as millions of what he called ‘my dear compatriots’ were concerned, he was a quintessentially French political chancer who put the gloire back in to French public life.

He may have enraged the wider world. The British public, for example, were appalled by his withering attack on the UK: ‘You can’t trust people who cook as badly as that.’ Yet it all played brilliantly to a domestic audience.

Chirac, pictured with the Princess of Wales in September 1995, criticised the UK with a withering remark: 'You can’t trust people who cook as badly as that'

Chirac, pictured with the Princess of Wales in September 1995, criticised the UK with a withering remark: ‘You can’t trust people who cook as badly as that’

And on the few occasions when his extra-marital infidelities did emerge into the public domain, they did little harm to his ratings. ‘Do you know where my husband is tonight?’ the aristocratic Bernadette, asked his chauffeur on the night in 1997 when Diana, Princess of Wales was killed in a Paris car crash. According to the chauffeur, the president was enjoying a tryst with an Italian actress. When the story emerged some time later, the French public shrugged.

Chirac was the only surviving child of a well-to-do middle class family who shone at school and university and beyond, passing through the French Army – where he was top of his officer intake – and the prestigious Ecole Nationale d’Administration, the training school for elite civil servants.

His determination, along with his political and bureaucratic skills, were soon spotted by the French prime minister, Georges Pompidou who made him chief of staff and gave him the first of his many nicknames: ‘Le Bulldozer’. Having entered the French parliament in 1967, he was promoted to agriculture minister in the early Seventies. He wisely backed the new president, Giscard d’Estaing, and was rewarded with the post of prime minister.

He soon had a formidable power base from which to stake his claim for the top prize (while also dishing out fake jobs to chums). In 1977, he was elected mayor of Paris and remained there for nearly 20 years.

Chirac became president in 1995 and set about trying to apply a mild dose of Thatcherism to France’s bloated state sector. An inevitable succession of strikes and U-turns ensured that little changed.

At the same time, Chirac decided to conduct a series of nuclear tests on a far-flung Pacific atoll in the French colony of French Polynesia – just before France was due to sign a test ban treaty. There was outrage around the world, although a handful of France’s allies – including Britain – refused to condemn him.

Months later, the British government invited Chirac and his wife on a state visit to London where he was given the full Buckingham Palace treatment. She was said to be charmed by Chirac and the English-speaking Bernadette. However, within a year, Chirac was touring China, deploring Britain’s imperial record in Hong Kong to secure contracts for French businesses in China.

Having seen off a far-Right challenge by the National Front’s Jean-Marie Le Pen, Chirac won a second term as president in 2002.

Soon afterwards, his refusal to join the US and the UK in invading Iraq saw his approval ratings soar at home. However, his decision provoked such contempt among allies that he was derided by the tabloid press as a ‘cheese-eating surrender monkey’.

There was also another trip to stay with the Queen as Britain and France marked the centenary of the bilateral friendship agreement known as the ‘Entente Cordiale’.

Yet, at the same time, he was cosying up to a man whom Britain was trying to ostracise from the rest of the world.

Zimbabwe despot Robert Mugabe had been banned from visiting Europe. Yet Chirac gave him a special pass to attend a meeting of African nations in Paris.

By now, reports of corruption during his days as Mayor of Paris were catching up. In 2011, he received a two-year prison sentence for abuse of trust and public funds, though the sentence was suspended. Thereafter, he disappeared from public view. Bernadette, meanwhile, would have the last word.

Four years ago, she let it be known that she was not a fan of her husband’s policies and that she supported his successor, Nicolas Sarkozy, whom Chirac loathed. She also accused her husband of ‘ruining her life’. His life in the public eye had certainly taken its toll on their two daughters, one of whom died in 2016 after a lifelong battle with anorexia.

In 2002, Bernadette had publicly acknowledged that she had been married to a serial womaniser. It had been difficult, she said but her husband had ‘always returned’ to her. ‘Anyway,’ she added, ‘I have often warned him: Napoleon lost everything on the day he abandoned Josephine.’

Voir également:

Death of a playboy president: France mourns as former head of state Jacques Chirac – famed for his love of fine living and many rumoured affairs – passes away aged 86

Former French President Jacques Chirac has died at the age of 86.

Chirac, who had suffered a series of health problems in recent years, died this morning ‘surrounded by his family’, his son-in-law Frederic Salat-Baroux said today.

In Paris a minute’s silence was held in the National Assembly when the former President’s death was announced this morning while mourners have brought flowers to his home in the capital.

In a long career on the French right, Chirac was twice Prime Minister of France before serving as head of state from 1995 to 2007.

Chirac’s opposition to the Iraq War put him at loggerheads with George W. Bush and Tony Blair. As President he made a historic apology for France’s role in the Holocaust but his term was also marked by riots and a stinging defeat over EU integration.

He also had a reputation as a womaniser and philanderer who repeatedly cheated on his long-suffering wife Bernadette during their 63 years of marriage.

His reputed partners included Italian sex symbol Claudia Cardinale and there were rumours about a series of relationships with journalists and politicians.

Chirac was also known for a love of fine living, revelling in the trappings of power including luxury trips abroad and life at the presidential palace.

After leaving office, Chirac was found guilty of corruption dating back to his time as mayor of Paris and given a two-year suspended prison sentence.

His two immediate successors both paid tribute today, Nicolas Sarkozy declaring that ‘a part of my life has disappeared’ while Francois Hollande said France was ‘losing a statesman’. Current President Emmanuel Macron will speak later.

Voir encore:

« Jacques Chirac a manqué à l’obligation de probité » : le jugement

Pour la première fois depuis Louis XVI et Philippe Pétain, un ancien chef de l’Etat français a été condamné par la justice de son pays. Jacques Chirac, 79 ans, reconnu coupable d’abus de confiance, de détournement de fonds publics…

Augustin Scalbert

Pour la première fois depuis Louis XVI et Philippe Pétain, un ancien chef de l’Etat français a été condamné par la justice de son pays. Jacques Chirac, 79 ans, reconnu coupable d’abus de confiance, de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts, a écopé ce jeudi matin de deux ans de prison avec sursis.

Dans un communiqué, Jacques Chirac a annoncé qu’il ne ferait pas appel, même si « sur le fond [il] conteste catégoriquement ce jugement ». Il explique ne plus avoir « hélas, toutes les forces nécessaires pour mener par [lui-même], face à de nouveaux juges, le combat pour la vérité ».

Les réactions à cette première historique sous ce régime sont évidemment nombreuses. Certaines portent sur la sévérité du jugement.

Rue89 publie ci-dessous les attendus – c’est-à-dire les motivations – de la condamnation de Jacques Chirac, tels qu’ils ont été communiqués par la justice à l’Association de la presse judiciaire. (Les caractères gras sont de la rédaction.)

« Attendu que la responsabilité de Jacques Chirac, maire de París, découle du mandat reçu de la collectivité des Parisiens ; qu’elle résulte également de l’autorité hiérarchique exercée par lui sur l’ensemble du personnel de la Ville de Paris et singulièrement sur ses collaborateurs immédiats au premier rang desquels son directeur de cabinet ;

Attendu que le dossier et les débats ont établi que Jacques Chirac a été l’initiateur et l’auteur principal des délits d’abus de confiance, détournement de fonds publics, ingérence et prise illégale d’intérêts ;

que sa culpabilité résulte de pratiques pérennes et réitérées qui lui sont personnellement imputables et dont le développement a été grandement favorisé par une parfaite connaissance des rouages de la municipalité ainsi que la qualité des liens tissés avec les différents acteurs administratifs et politiques au cours de ses années passées à la tête de la Ville de Paris ;

qu’en multipliant les connexions entre son parti et la municipalité parisienne, Jacques Chirac a su créer et entretenir entre la collectivité territoriale et l’organisation politique une confusion telle qu’elle a pu entraîner ses propres amis politiques ;

que le gain en résultant, nonobstant les économies des salaires payés par la mairie de Paris, a pu prendre la forme soit d’un renforcement des effectifs du parti politique dont il était le président soit d’un soutien à la contribution intellectuelle pour l’élaboration du programme politique de ce parti ;

Attendu que par l’ensemble de ces agissements, Jacques Chirac a engagé les fonds de la Ville de Paris pour un montant total d’environ 1 400 000 euros ;

Attendu que l’ancienneté des faits, l’absence d’enrichissement personnel de Jacques Chirac, l’indemnisation de la Ville de Paris par l’UMP et Jacques Chirac, ce dernier à hauteur de 500.000 euros, l’âge et l’état de santé actuel de Jacques Chirac, dont la dégradation est avérée, ainsi que les éminentes responsabilités de chef de l’Etat qu’il a exercées pendant les douze années ayant immédiatement suivi la période de prévention, sont autant d’éléments qui doivent être pris en considération pour déterminer la sanction qu’il convient d’appliquer à son encontre ;

Attendu que ces éléments ne sauraient occulter le fait que, par son action délibérée, en ayant recours au cours de ces cinq années à dix neuf emplois totalement ou partiellement fictifs, Jacques Chirac a manqué à l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques chargées de la gestion des fonds ou des biens qui leur sont confiés, cela au mépris de l’intérêt général des Parisiens ;

que dans ces conditions, le recours à une peine d’emprisonnement avec sursis dont le quantum sera fixé à deux années apparaît tout à la fois adapté à la personnalité du prévenu et ainsi qu’à la nature et la gravité des faits qu’il a commis. »

Voir enfin:

Chirac, le président qui a dit non à l’Amérique

FIGAROVOX/TRIBUNE – Jacques Chirac a tenu tête à George Bush en refusant d’engager la France dans la guerre en Irak. Pour l’essayiste Hadrien Desuin, si, encore aujourd’hui, on écoute la France dans le monde, c’est notamment grâce à l’acte de bravoure de cet ancien président, fin connaisseur des relations internationales.


Spécialiste des questions internationales et de défense, Hadrien Desuin est essayiste. Il a publié La France atlantiste ou le naufrage de la diplomatie (éd. du Cerf, 2017).


C’est très français au fond. La seule chose que l’on retiendra de la présidence de Jacques Chirac est une belle bravade sans conséquence: son refus spectaculaire de la guerre américaine en Irak. Laquelle, pour le coup, en eut de fâcheuses.

Dieu sait combien Jacques Chirac représentait le caractère national. Au milieu de beaucoup de compromissions, ce fut une parenthèse de gloire, de panache et d’honneur. Cela n’a servi à rien mais le geste en était d’autant plus beau. Chirac eut quelque chose de Cyrano de Bergerac au cours de cet hiver 2002-2003, entraînant la Russie de Poutine et l’Allemagne de Schröder et bien d’autres nations derrière lui. Villepin, au contraire, avait peur de se fâcher avec l’Amérique.

Il n’a pas troqué le retour de la France dans le comité militaire de l’Otan en échange de quelques postes honorifiques. Il a osé renouveler la dissuasion nucléaire française.

C’est en souvenir de ces moments-là que la France est encore écoutée dans le monde. Malheureusement, la geste irakienne n’a pas eu de suites. Que ce soit en Libye et en Syrie, les leçons du vieux Chirac n’ont pas été retenues.

» LIRE AUSSI – Jacques Chirac, le mousquetaire du monde multipolaire

Jacques Chirac avait un grand mérite: il connaissait l’histoire du monde et de ses civilisations. Il savait que l’Irak est un des berceaux de l’humanité et qu’on ne pouvait la détruire sans commettre l’irréparable. Il savait aussi que la démocratie ne se construit pas sur le sable d’une occupation militaire et que tôt ou tard, les chiites d’Irak se tourneraient vers leurs coreligionnaires iraniens, entraînant une terrible guerre de religions. Ce qui devait advenir arriva: la rage cumulée des pétromonarchies du golfe et des terroristes wahhabites a redoublé de violence. Daech et les destructions de Mossoul, Palmyre et Alep sont des contrecoups de la folle expédition de Dick Cheney et Donald Rumsfeld. Tout le Moyen-Orient a souffert de cette lamentable aventure mais pas seulement. Après les attentats de 2004-2005 et 2015-2016 en Europe, nous sommes loin d’avoir retrouvé l’équilibre.

Depuis 2003, le Moyen-Orient est une région en guerre de religion, fracturée et travaillée par le terrorisme, minée par les migrations, incapable de se coordonner et d’avancer ensemble. Chirac avait au long de sa carrière noué des relations fidèles avec les chefs d’États d’Afrique et d’Asie. Il était soucieux du sort des Palestiniens, lui qui était intraitable avec l’antisémitisme.

L’ancien Premier ministre de Giscard et Mitterrand a aussi commis quelques erreurs. On pense notamment à sa gestion de la crise en Côte d’Ivoire ou lorsqu’il laissa l’Otan bombarder le Kosovo sans mandat des Nations unies.

Mais au moins Chirac s’intéressait et comprenait les relations internationales, sans avoir peur de quiconque.

Voir par ailleurs:

Richard Ferrand rattrapé par ses tweets sur la mise en examen de François Fillon

En 2017, il estimait que le candidat de la droite, alors mis en examen, avait « perdu toute autorité morale ».

Romain Herreros

Hufffington Post

12/09/2019

POLITIQUE – Les paroles s’envolent, les écrits restent. Après la mise en examen de Richard Ferrand ce jeudi 12 septembre, les réactions sont nombreuses dans la classe politique. Alors que la majorité et l’Elysée font bloc autour du président de l’Assemblée nationale, des responsables de l’opposition, à l’image du socialiste Olivier Faure ou du député LR Philippe Gosselin, estiment que l’élu du Finistère n’est plus en condition de diriger les débats sereinement.

Mais au delà de son maintien (ou non) au Perchoir, c’est la “présomption d’innocence” à géométrie variable de Richard Ferrand qui est pointée, notamment à droite. En cause, des tweets qu’il avait publiés en pleine campagne présidentielle, quand François Fillon, alors embourbé dans le “Penelope Gate”, avait été mis en examen pour détournement de fonds publics.

L’ex-député socialiste s’en prenait à cette droite qui “voudrait que soit placé dans nos mairies et nos écoles le portrait d’un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale”. Dans une autre publication, il tenait à peu près les mêmes propos concernant le candidat LR: “nous disons à François Fillon qu’il a perdu toute autorité morale pour diriger l’État et parler au nom de la France”.

Des propos qui intervenaient dans un contexte où le candidat de la droite avait promis qu’il jetterai l’éponge en cas de mise en examen, et qui avait attaqué Nicolas Sarkozy sur ce point lors de la primaire de la droite.

Voir enfin:

Profil

Gérard Fauré, une clientèle haut de came

L’ancien dealer et braqueur de banque, qui a croisé la route de Charles Pasqua ou de Johnny Hallyday publie son autobiographie. Son parcours hors norme laisse entrevoir les liens entre politique et voyoucratie.

Renaud Lecadre

Barnum garanti. Aujourd’hui sort en librairie l’autobiographie d’un beau voyou. Gérard Fauré (1), fils d’un médecin militaire, fut un authentique trafiquant de cocaïne, doublé d’un braqueur de banques, et tueur à gages à l’occasion. A ce titre, l’intitulé du bouquin, Dealer du tout-Paris, le fournisseur des stars parle (1), pourrait prêter à confusion. Il n’était pas que cela. Mais comme le souligne son éditeur, Yannick Dehée, «c’est la première fois qu’un voyou parle sur les politiques». Et pas n’importe lesquels : Charles Pasqua et Jacques Chirac.

Un quart du manuscrit initial a été expurgé, des noms ont été initialisés ou anonymisés. Demeure le name-dropping dans le milieu du show-biz, visant des personnalités déjà connues pour leur addiction à la coke. Certains lecteurs s’en délecteront, mais il y a mieux – ou pire : l’interférence entre la politique et la voyoucratie, fournisseuse de services en tous genres. «On entre dans le dur», souligne un spécialiste du secteur.

Pasqua n’était guère cocaïnomane – «j’en suis sûr», atteste notre lascar – mais l’argent parallèle du secteur a pu l’intéresser… Fauré, précoce dealer au Maroc puis un peu partout ailleurs, raconte avoir été très vite pris en charge, dans les années 70, par l’Organisation de l’armée secrète. Initialement dédiée au maintien de l’Algérie française, l’OAS changera très vite de fusil d’épaule : «opérations homo» (assassinats ciblés) contre des indépendantistes basques ou corses, mais aussi braquages de banques. Le Service d’action civique (SAC) prendra ensuite le relais. Fauré, fort de ses compétences en la matière, met la main à l’ouvrage : «La recette Pasqua consistait à constituer des « mouvements patriotiques », en vérité violents, avec des voyous peu recommandables. Comment les rémunérer ? Tout simplement avec l’argent provenant de gros braquages de banques et de bijouteries, commis en toute impunité. Avec Pasqua, tout était possible, du moins pour les membres du SAC. Patriote, certainement prêt à mourir pour son pays, il gardait en revanche un œil attentif sur les caisses du parti. Moyennant la moitié de nos gains, il nous garantissait l’impunité sur des affaires juteuses et triées sur le volet, sachant exactement là ou il fallait frapper.»

L’auteur narre ainsi sa rencontre avec le politique, qu’il situe en 1978 : «Charles Pasqua donnait de sa voix tonitruante des ordres à tout le personnel, toutes les têtes brûlées de France et de l’Algérie française.» Et de lui lancer : «Alors, c’est toi le mec dont on me vante les mérites ? Bien. Tu vas reprendre du service dès aujourd’hui, avec tes amis, si tu veux bien. J’ai une mission de la plus haute importance, que tu ne peux pas te permettre de refuser, ni de rater. Compris ?»

Backgammon

A l’issue de l’entretien, Gérard Fauré croisera illico le parrain marseillais «Tony» Zampa, qui traînait là par hasard, lequel l’entreprend dans la foulée sur différentes affaires à venir : des investissements dans les casinos et la prostitution aux Pays-Bas. Cas peut-être unique dans les annales de la voyoucratie, il fera parallèlement équipe avec l’illustre Francis Vanverberghe, dit «Francis le Belge», «doté d’un savoir-vivre qui valait bien son savoir-tuer». Il en garde un souvenir mi-épaté mi-amusé : «Zampa ou « le Belge », qui pourtant étaient des gangsters d’envergure internationale, se seraient fait descendre comme des mouches s’ils avaient eu la mauvaise idée de mettre les pieds en Colombie ou au Venezuela, car ils étaient prétentieux.» Pour la petite histoire, il reconstitue leur brouille à propos de… Johnny Hallyday : «Tous les deux voulaient le prendre sous tutelle, pour capter sa fortune ou l’utiliser comme prête-nom. Ils ont fini par s’entre-tuer pour ce motif et quelques autres.» Fauré considérait Johnny comme sa «plus belle prise de guerre» dans le microcosme de la coke. Mais lui gardera un chien de sa chienne après que le chanteur l’a balancé sans vergogne aux Stups, contre sa propre immunité.

Notre voyou prétend n’avoir jamais balancé, lui, du moins jusqu’à ce livre. «Si vous le voulez bien, j’attends votre version des faits s’agissant des deux chèques de M. Chirac rédigés à votre ordre. Je vous invite à bien réfléchir avant de répondre» : sollicitation d’une juge d’instruction parisienne en 1986, hors procès-verbal. Tempête sous un crâne à l’issue de laquelle Gérard Fauré évoquera une dette de jeu au backgammon… Dans son bouquin, l’explication est tout autre – «J’avais dû travestir la vérité.» S’il ne peut attester que l’ex-président prenait de la coke, il évoque son penchant pour les femmes… Pour l’anecdote, les deux chèques en question feront l’objet d’une rapide opposition de leur signataire. «Chirac, dont j’avais admiré la prestance et même les idées politiques, s’est avéré mauvais payeur.»

Hommage

Ce livre-confession est une authentique plongée dans le commerce de la drogue. Notre trafiquant, dix-huit ans de prison au compteur, connaît son produit : «Aucune coke ne ressemble à une autre. Certaines, comme la colombienne, vous donnent envie de danser, de faire l’amour, mais rendent très agressif, parano et méfiant. La bolivienne rend morose, triste, et pousse parfois au suicide. La meilleure est la péruvienne, qui augmente votre tonus, votre joie de vivre et pousse à la méditation, au questionnement. La vénézuélienne a des effets uniquement sur la performance sexuelle. Les autres, brésilienne, chilienne ou surinamienne, ne sont que des pâles copies.» Son mode de transport aussi : dans le ventre d’une chèvre, elle-même logée dans l’estomac d’un boa que les douaniers, à l’aéroport d’arrivée, prendront soin de ne pas réveiller. Puis, une fois le coup du boa connu des gabelous, le ventre d’un nourrisson – une technique brésilienne consistant à empailler un bébé mort pour le maintenir en bon état, et ainsi faire croire qu’il dort au moment de passer la frontière…

Le livre s’achève sur cet hommage indirect à la police française : lors d’une perquisition à son domicile, 10 des 15 kilos de cocaïne disparaissent, tout comme 90 % des 300 000 euros logés dans un tiroir. «Je n’ai pas pensé un seul instant me plaindre de la brigade du quai des Orfèvres, dans la mesure où les vols qu’elle commettait chez moi ne pouvaient qu’alléger ma future condamnation.»

(1) Nouveau Monde, 224 pp., 17,90 €.


Iran: C’est la nature du régime, imbécile ! (Forty years on, will Europe finally understand the Islamic republic’s vital commitment to the revolutionary principle of permanent war on US interests and allies ?)

13 juin, 2019

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L’ennemi est ici, on nous ment que c’est l’Amérique ! Slogan du peuple iranien
Lâchez la Syrie occupez-vous de nous ! Slogan du peuple iranien
Mort aux paysans ! Vivent les oppresseurs ! Slogan (ironique) de manifestants paysans iraniens
L‘Armée de la République islamique d’Iran et le Corps des Gardes de la Révolution islamique … seront responsables, non seulement de la garde et de la préservation des frontières du pays, mais aussi de l’exécution de la mission idéologique du jihad sur la voie de Dieu, c’est-à-dire de l’expansion de la souveraineté de la Loi de Dieu à travers le monde. Préambule de la constitution iranienne (1979-1989)
L’Iran aurait pu être la Corée du Sud; il est devenu la Corée du Nord. (…) Mais n’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. (…) Le slogan du régime est : « L’énergie nucléaire est notre droit indéniable. » Je lui réponds: ce droit, nous l’avions, c’est vous et les vôtres qui nous en avez privés. (…) Mon père (…) a décidé, dès les années 1970, de lancer un programme de production d’énergie nucléaire à des fins exclusivement civiles. C’est pourquoi nous avons signé le traité de non-prolifération (…) Aujourd’hui, le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. (…) je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu’ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu’ils veulent, c’est disposer de la bombe pour pouvoir s’institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d’influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l’imposer par la bombe atomique (…) il est manifeste qu’un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l’extérieur la légitimité qu’il a perdue à l’intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu’à l’Amérique latine de Chavez. Il ne s’agit en rien d’une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s’engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d’illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c’est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J’ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps. Reza Pahlavi
La légitimité et la crédibilité d’un régime politique ne s’apprécie pas qu’à la seule aune du vote populaire, mais également à celle de sa capacité à assurer le bien être de son peuple et d’œuvrer pour l’intérêt national dans le respect des droits de l’homme. Un pouvoir qui ne puisse satisfaire cette double exigence est aussi digne de confiance qu’un gouvernement d’occupation, c’est hélas, Monsieur Khamenei, le cas de l’Iran de ces trente dernières années. (…) Il n’existe, de par le monde, qu’une poignée de régimes ayant privé leurs peuples aussi bien des droits humains fondamentaux que conduit leurs pays à la faillite économique. Il n’est donc pas étonnant de compter parmi vos rares pays alliés la Syrie, le Soudan ou la Corée du Nord. Reza Pahlavi
The uprising, once again showed that overthrowing theocracy in Iran is a national demand. Prince Reza Pahlavi
Le monde entier comprend que le bon peuple d’Iran veut un changement, et qu’à part le vaste pouvoir militaire des Etats-Unis, le peuple iranien est ce que ses dirigeants craignent le plus. Donald Trump
Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais, et le jour viendra où le peuple iranien fera face à un choix. Le monde regarde ! Donald Trump
L’Iran échoue à tous les niveaux, malgré le très mauvais accord passé avec le gouvernement Obama. Le grand peuple iranien est réprimé depuis des années. Il a faim de nourriture et de liberté. La richesse de l’Iran est confisquée, comme les droits de l’homme. Il est temps que ça change. Donald Trump
Les Iraniens courageux affluent dans les rues en quête de liberté, de justice et de droits fondamentaux qui leur ont été refusés pendant des décennies. Le régime cruel de l’Iran gaspille des dizaines de milliards de dollars pour répandre la haine au lieu de les investir dans la construction d’hôpitaux et d’écoles. Tenant compte de cela, il n’est pas étonnant de voir les mères et les pères descendre dans les rues. Le régime iranien est terrifié de son propre peuple. C’est d’ailleurs pour cela qu’il emprisonne les étudiants et interdit l’accès aux médias sociaux. Cependant, je suis sûr que la peur ne triomphera pas, et cela grâce au peuple iranien qui est intelligent, sophistiqué et fier. Aujourd’hui, le peuple iranien risque tout pour la liberté, mais malheureusement, de nombreux gouvernements européens regardent en silence alors que de jeunes Iraniens héroïques sont battus dans les rues. Ce n’est pas juste. Pour ma part, je ne resterai pas silencieux. Ce régime essaie désespérément de semer la haine entre nous, mais il échouera. Lorsque le régime tombera enfin, les Iraniens et les Israéliens seront à nouveau de grands amis. Je souhaite au peuple iranien du succès dans sa noble quête de liberté. Benjamin Netanyahou
En tant que défenseur de la rue arabe, [l’Iran] ne peut pas avoir un dialogue apaisé avec les Etats-Unis, dialogue au cours duquel il accepterait les demandes de cet Etat qui est le protecteur par excellence d’Israël. Téhéran a le soutien de la rue arabe, talon d’Achille des Alliés Arabes des Etats-Unis, car justement il refuse tout compromis et laisse entendre qu’il pourra un jour lui offrir une bombe nucléaire qui neutralisera la dissuasion israélienne. Pour préserver cette promesse utile, Téhéran doit sans cesse exagérer ses capacités militaires ou nucléaires et des slogans anti-israéliens. Il faut cependant préciser que sur un plan concret, les actions médiatiques de Téhéran ne visent pas la sécurité d’Israël, mais celle des Alliés arabes des Etats-Unis, Etats dont les dirigeants ne peuvent satisfaire les attentes belliqueuses de la rue arabe. Ainsi Téhéran a un levier de pression extraordinaire sur Washington. Comme toute forme de dissuasion, ce système exige un entretien permanent. Téhéran doit sans cesse fouetter la colère et les frustrations de la rue arabe ! Il doit aussi garder ses milices actives, de chaînes de propagande en effervescence et son programme nucléaire le plus opaque possible, sinon il ne serait pas menaçant. C’est pourquoi, il ne peut pas accepter des compensations purement économiques offertes par les Six en échange d’un apaisement ou une suspension de ses activités nucléaires. Ce refus permanent de compromis est vital pour le régime. (…) Il n’y a rien qui fasse plus peur aux mollahs qu’un réchauffement avec les Etats-Unis : ils risquent d’y perdre la rue arabe, puis le pouvoir. C’est pourquoi, le 9 septembre, quand Téhéran a accepté une rencontre pour désactiver les sanctions promises en juillet, il s’est aussitôt mis en action pour faire capoter ce projet de dialogue apaisé qui est un véritable danger pour sa survie. Iran Resist
L’analyse des témoignages des jeunes des grandes villes iraniennes et l’observation de leurs comportements sur les réseaux sociaux montrent que la politique sociale répressive des ayatollahs a produit des effets inattendus. La nouvelle génération de 15 à 25 ans vit dans le rejet du système de valeurs, promulgué par l’école et les médias de la République islamique. Pendant ces dernières décennies, le décalage entre l’espace public, maîtrisé par les agents de mœurs, et l’espace privé, où presque tout est permis, n’a cessé de progresser. Pourtant, malgré le non-respect que les jeunes citadins affichent pour les mesures islamiques – vestimentaires, alimentaires, sexuelles, … –, leurs témoignages révèlent qu’en dépit de leur apparence rebelle, ils ont en partie intériorisé l’image négative que la société leur inflige à cause du rejet de ses normes et valeurs. Cette image devient doublement négative lorsqu’ils se reprochent leur inaction, comme si la capacité d’agir sur leur sort et de faire valoir leurs droits fondamentaux ne dépendait que d’eux et de la volonté individuelle. Les catastrophes naturelles qui dévastent le pays (comme le tremblement de terre, les inondations ou les sècheresses, etc.) et les situations politiques ingérables (comme la menace de guerre, les sanctions économiques, ou certaines décisions politiques jugées inacceptables, etc.) aiguisent leur conscience de l’impuissance et déclenchent chez eux une avalanche de reproches et de haine de soi. Peut-être cette auto culpabilisation relève-t-elle d’un besoin de se sentir responsable, de se procurer une semblable illusion de puissance. Peut-être est-elle un simple mécanisme d’auto-défense. Mais, elle n’en reste pas moins destructrice pour autant, car elle les empêche d’avoir une vision objective de leur situation. Dans un pays où la moindre critique et protestation sont violemment réprimées, et où l’on peut encourir de lourdes peines de prisons pour avoir contesté une décision politique, quelle est la marge de manœuvre des individus? Quatre décennies de l’atteinte physique, l’atteinte juridique, et l’atteinte à la dignité humaine ont profondément privé les jeunes de reconnaissance sociale et les ont affectés dans le sentiment de leur propre valeur. La non reconnaissance du droit et de l’estime sociale en Iran ont créé des conditions collectives dans lesquelles les jeunes ne peuvent parvenir à une attitude positive envers eux-mêmes. En l’absence de confiance en soi, de respect de soi, et d’estime de soi, nul n’est en mesure de s’identifier à ses fins et à ses désirs en tant qu’être autonome et individualisé. Or, faut-il s’étonner si, aujourd’hui, l’émigration est devenue la seule perspective de l’avenir des jeunes Iraniens? Mahnaz Shirali
On his watch, the Russians meddled in our democracy while his administration did nothing about it. The Mueller report flatly states that Russia began interfering in American democracy in 2014. Over the next couple of years, the effort blossomed into a robust attempt to interfere in our 2016 presidential election. The Obama administration knew this was going on and yet did nothing. In 2016, Obama’s National Security Adviser Susan Rice told her staff to « stand down » and « knock it off » as they drew up plans to « strike back » against the Russians, according to an account from Michael Isikoff and David Corn in their book « Russian Roulette: The Inside Story of Putin’s War on America and the Election of Donald Trump ». Why did Obama go soft on Russia? My opinion is that it was because he was singularly focused on the nuclear deal with Iran. Obama wanted Putin in the deal, and to stand up to him on election interference would have, in Obama’s estimation, upset that negotiation. This turned out to be a disastrous policy decision. Obama’s supporters claim he did stand up to Russia by deploying sanctions after the election to punish them for their actions. But, Obama, according to the Washington Post, « approved a modest package… with economic sanctions so narrowly targeted that even those who helped design them describe their impact as largely symbolic. » In other words, a toothless response to a serious incursion. Scott Jennings (CNN)
Radicals linked to Hizbollah, the Lebanese militant group, stashed thousands of disposable ice packs containing ammonium nitrate – a common ingredient in homemade bombs. The plot was uncovered by MI5 and the Metropolitan Police in the autumn of 2015, just months after the UK signed up to the Iran nuclear deal. Three metric tonnes of ammonium nitrate was discovered – more than was used in the Oklahoma City bombing that killed 168 people and damaged hundreds of buildings. Police raided four properties in north-west London – three businesses and a home – and a man in his 40s was arrested on suspicion of plotting terrorism. The man was eventually released without charge. Well-placed sources said the plot had been disrupted by a covert intelligence operation rather than seeking a prosecution. The discovery was so serious that David Cameron and Theresa May, then the prime minister and home secretary, were personally briefed on what had been found. Yet for years the nefarious activity has been kept hidden from the public, including MPs who were debating whether to fully ban Hizbollah, until now. It raises questions about whether senior UK government figures chose not to reveal the plot in part because they were invested in keeping the Iran nuclear deal afloat. (…) It became clear, according to well-placed sources, that the UK storage was not in isolation but part of an international Hizbollah plot to lay the groundwork for future attacks. The group had previously been caught storing ice packs in Thailand. And in 2017, two years after the London bust, a New York Hizbollah member would appear to seek out a foreign ice pack manufacturer. Ice packs provide the perfect cover, according to sources – seemingly harmless and easy to transport. Proving beyond doubt they were purchased for terrorism was tricky.  But the most relevant case was in Cyprus, where a startlingly similar plot had been busted just months before the discovery in London. There, a 26-year-old man called Hussein Bassam Abdallah, a dual Lebanese and Canadian national, was caught caching more than 65,000 ice packs in a basement. During interrogation he admitted to being a member of Hizbollah’s military wing, saying he had once been trained to use an AK47 assault rifle. Abdallah said the 8.2 tonnes of ammonium nitrate stored was for terrorist attacks. He pleaded guilty and was given a six-year prison sentence in June 2015. In Abdallah’s luggage police found two photocopies of a forged British passport. Cypriot police say they were not the foreign government agency that tipped Britain off to the London cell. (…) A UK intelligence source said: “MI5 worked independently and closely with international partners to disrupt the threat of malign intent from Iran and its proxies in the UK.” The decision not to inform the public of the discovery, despite a major debate with Britain’s closest ally America about the success of the Iran nuclear deal, will raise eyebrows. Keeping MPs in the dark amid a fierce debate about whether to designate the entire of Hezbollah a terrorist group – rather than just its militant wing – will also be questioned. The US labelled the entire group a terrorist organisation in the 1990s. But in Britain, only its armed wing was banned. The set-up had led senior British counter-terrorism figures to believe there was some form of understanding that Hizbollah would not target the UK directly. Hizbollah was only added to the banned terrorist group list in its entirety in February 2019 – more than three years after the plot was uncovered. The Telegraph
There is a reason America’s European and Asian allies are determined to end the US quarantine of Iranian businesses. Trump’s increasingly tough sanctions give countries and corporations an uncomfortable pair of options: Buy Iranian oil and invest there, or do business with the US — but you can’t do both. The latest punishment came last Friday, when the administration vowed to sanction anyone doing business with Iran’s petrochemical industry, a lucrative exporting sector run by the Islamic Revolutionary Guard Corps, which is now rightly listed by Washington as a terror organization. America’s allies are eager to revive the smooth flow of goods and business with Iran; their diplomacy is meant to put pressure on Washington to start a process that would lead to new direct talks. Iran, they claim, will behave better, now that its economy is strained. America should take advantage and aim for a fresh rapprochement. The problem with the allies’ theory: No such hunger for reconciliation is in evidence in Tehran. Instead, the regime is still signaling obstinacy. The ayatollahs are as committed as ever to their revolutionary principles, the main one of which is waging war on US interests and allies. Take Foreign Minister Javad Zarif, long touted as a symbol of moderation and openness and a welcome guest in Western TV studios. Yet defending Iran’s habit of hanging gay people in the public square, Zarif told the German newspaper Bild this week: “Our society has moral principles, and according to these principles we live.” Hosting Germany’s Maas this week, Zarif also pushed back against Secretary of State Mike Pompeo’s recent offer of negotiations “without preconditions.” The Islamic Republic won’t talk to those who wage “economic war” against it, Zarif said, threatening for good measure that, as an Iranian enemy, America “cannot expect to stay safe.” The theocracy is hardening, rather than softening, its line, notwithstanding entreaties from Tokyo, Berlin and Brussels. These well-meaning outsiders inevitably point to supposed moderates that America can do business with, and, as always, they urge Washington to ignore Tehran’s malign rhetoric and muscle-flexing. It’s true that some Iranian politicians favor making cosmetic concessions to the West to ensure the Islamic Republic’s survival. But the ultimate decider, Supreme Leader Ali Khamenei, has long soured on such concessions. Negotiation, he recently said, “has no benefit and carries harm.” In a perfect world, the global economy would be better off when everyone can do business with everyone without fear of punishment. But the existence of a militantly anti-Western regime like Iran’s is a reminder that ours isn’t a perfect world. Abe, then, would be better off warning Iran about its joint missile development with Japan’s menacing neighbor, North Korea (a reminder that the regime’s behavior is destructive far beyond its immediate neighborhood.) Talks may be worthwhile — but not before Khamenei leaves the stage. Once the old dictator is gone, the ensuing internal struggle may work to the West’s advantage. Economic pressure may then embolden Iranians hoping to throw off the regime’s yoke. Or it may not. Either way, dealing with the regime as it exists is futile, as more than four decades of experience have shown. Trump should turn a deaf ear to Abe and the rest of the world’s eager go-betweens. Benny Avni
When it comes to countering terrorism: follow the money. The world fought the Taliban, al-Qaeda, and ISIL by cutting off their money. We must do the same today and acknowledge that the epicenter of modern terrorism is IRAN. Iran bankrolls a ‘coalition of terrorists’ around the world that further Iran‘s policy of expansionism. With Iran‘s backing of over $1 billion, Hezbollah has turned Lebanon into a launching pad for terror. Hezbollah’s funding, weaponry and even its food all come from Iran. Iranian money has landed directly in the pockets of Hamas and Islamic Jihad in the Gaza Strip and in Judea and Samaria. With Hamas’ help and the Palestinian branch of the Iranian Quds Force, Iran is trying to turn Judea and Samaria into a fourth military front against Israel. Danny Danon
Après des décennies de complaisance et de lâcheté occidentales avec le régime enturbanné, particulièrement sous les mandats du sinistre Barack « Imam » Hussein Obama, idole de l’établissement culturo-médiatique mondialiste, l’actuel président américain Donald Trump, au grand désespoir des Zéropéens, les Britanniques en tête en leur qualité de soutien traditionnel du clergé chiite, semble déterminé à prendre le taureau par les cornes et étouffer la principale tête de la Bête islamiste. Celle dont l’irruption en 1979 a été le point de départ de l’essor considérable de l’islam politique, cette idéologie mortifère, combinaison du nazisme et du communisme. Après quarante années de turpitudes et de sévices en tous genre infligés principalement au peuple iranien, mais également, par des voies directes ou indirectes, à l’ensemble du monde civilisé, le régime des turbans noirs et des turbans blancs est confronté à la plus grave crise de son histoire, déjà beaucoup trop longue. La pétro-mollahrchie ne peut plus exporter le pétrole iranien qui constitue sa source essentielle de revenus pour financer son activisme terroriste et ses sordides réseaux clientélistes dans la région. Les chiens de garde du régime sont désormais officiellement reconnus par la première puissance mondiale comme ce qu’ils ont toujours été depuis leur naissance, à savoir des terroristes fanatiques aux ordres de leurs maîtres enturbannés. Enfin, la théocratie milicienne n’arrive plus à dériver les colères et frustrations de la population vers l’extérieur. Les Iraniens ont aujourd’hui compris, dans leur immense majorité, que ceux qui les dirigent sont leurs plus grands ennemis. En tout état de cause, les jours de la mafia ochlo-théocratique sont comptés. Quelle que soit l’issue de la présente crise, le désastre économique, la paupérisation générale de la population contrastant avec l’opulence insolente des mollahs au pouvoir, celle de leurs sbires, de leurs familles et de leurs clients, la corruption délirante de l’oligarchie khomeyniste dont l’ampleur insoupçonnée est révélée davantage chaque jour et le discrédit massif de la mollahrchie et de son idéologie condamnent ce régime cauchemardesque aux poubelles de l’Histoire à brève échéance. L’inscription des « Gardiens de la Révolution » sur la liste des organisations terroristes établie par l’administration américaine a étonné nombre de prétendus « observateurs » et « experts » des affaires iraniennes, qui se sont émus notamment qu’une « armée régulière (sic) d’un pays » puisse être assimilée à une entité terroriste. C’est en réalité une décision d’une extrême logique au regard du pédigree de cette sinistre milice dont la dénomination officielle (« Sépâh-é Pâsdârân-é Enghelâb-é Eslâmi » i.e « les Gardiens de la Révolution islamique) fait apparaître expressément que cette organisation paramilitaire n’est nullement en charge de la défense de l’Iran et du peuple iranien, mais de la seule « Révolution islamique » et, par suite, du régime qui en est le fer de lance. (…) Ce n’est, en effet, qu’à compter de 1982 que les voyous fanatisés dénommés « Pasdarans » ont vu leur rôle accru, de manière importante, durant cette guerre, lorsque celle-ci a pris un virage intégralement idéologique, avec la volonté de Khomeyni de la prolonger indéfiniment sous le prétexte d’exporter son abjecte révolution dans la région, au mépris des vies gaspillées sur les théâtres d’opération, pour continuer d’asseoir son pouvoir tyrannique, museler toute critique de sa politique irresponsable et réprimer avec une férocité implacable tous ses opposants. (…) Pour se faire une idée ce qui se passe en Iran depuis quarante ans, il faudrait se représenter une France dans laquelle la voyoucratie et la racaille islamisée de banlieue aurait réussi à s’accaparer la quasi-intégralité des ressources de l’Etat et le contrôle des grands groupes économiques nationaux, industriels et commerciaux, pour les utiliser à son profit exclusif, dans le but non seulement de mener grand train aux dépens du reste de la population, mais aussi de financer un gigantesque réseau clientéliste aux ramifications internationales, aux seules fins de bâtir un système d’influence fondé sur une idéologie mortifère, sans aucune considération de l’intérêt national du peuple français. (…) A la différence de ses prédécesseurs à la Maison Blanche et des nombreux dirigeants occidentaux qui se sont succedés depuis quarante ans, dont l’archétype fut l’Imam Hussein Obama, lequel a fait montre d’une complaisance et d’une lâcheté funeste dans la gestion du « cas iranien », Donald Trump a le mérite de ne pas se laisser intimider par la mafia enturbannée. S’il devait persister dans cette attitude ferme, il pourrait être celui qui aura aidé le peuple iranien, allié naturel du monde libre et civilisé, à terrasser la Bête islamiste avant que les métastases de ce cancer ne finissent de se propager sur la planète. Chasser cette Bête de la tanière qu’elle s’est aménagée, il y a quatre décennies, au détriment d’un pays martyr, serait pour la région un événement d’une portée équivalente à la chute du Mur de Berlin pour l’Europe. Il s’agirait d’un coup décisif à cette synthèse idéologique du nazisme et du communisme que constitue l’islam politique. Car n’en déplaisent aux fascistes tiers-mondistes, aux obsédés de l’« antisionisme » et autres anti-américains pavloviens qui fantasment sur la « résistance » de la dictature des turbans noirs et des turbans blancs, la disparition de l’ochlo-théocratie khomeyniste et l’avènement d’un Iran libre, laïque et démocratique, renouant avec le sillon tracé par la dynastie Pahlavi, serait un gage considérable de paix dans la région et le monde. En s’alliant au peuple iranien dans ce combat, le président Donald Trump pourrait entrer dans l’Histoire comme le Roosevelt du 21e siècle. Iran-Resist

C’est la nature du régime, imbécile !

Alors que du Golfe d’Oman au Yemen et à la frontière syro-israélienne et à l’instar de son très probablement feu commandant des opérations extérieures, un régime iranien aux abois multiplie les provocations…

Et qu’entre deux manoeuvres d’apaisement ou de détournement des sanctions américaines, leurs idiots utiles européens ou asiatiques accusent le président Trump …

Pendant que se confirment pour préserver un accord nucléaire iranien plus que douteux

Tant l’insigne lâcheté d’une Administration Obama prête, entre deux actes de haute trahison avec les Iraniens ou les Russes, à tolérer une ingérence étrangère dans ses propres élections …

Que celle de dirigeants britanniques n’hésitant pas à taire la découverte de trois tonnes d’explosifs stockés sur leur propre sol par le mouvement terroriste Hezbollah  …

Comment ne pas voir avec nos amis du site de résistance iranien Iran-Resist …

Ou les quelques spécialistes encore un peu lucides comme Mahnaz Shirali ou Benny Avni

L’incroyable cécité d’un Occident …

Qui depuis 40 ans n’a toujours pas compris que la nature même d’un régime révolutionnaire comme la République islamique …

Pour faire oublier la corruption et l’incompétence à l’intérieur …

C’est la provocation et l’agression permanente à l’extérieur …

Du moins, après l’accident industriel Obama, jusqu’à l’arrivée au pouvoir à Washington …

De celui qui avec l’élimination de « l’ochlo-théocratie khomeyniste » et l’avènement enfin d’un « Iran libre, laïc et démocratique » …

Pourrait « entrer dans l’Histoire comme le Roosevelt du 21e siècle » ?

Mollahs : Endgame
Sam Safi
Iran-Resist
06.06.2019

Après des décennies de complaisance et de lâcheté occidentales avec le régime enturbanné, particulièrement sous les mandats du sinistre Barack « Imam » Hussein Obama, idole de l’établissement culturo-médiatique mondialiste, l’actuel président américain Donald Trump, au grand désespoir des Zéropéens, les Britanniques en tête en leur qualité de soutien traditionnel du clergé chiite, semble déterminé à prendre le taureau par les cornes et étouffer la principale tête de la Bête islamiste. Celle dont l’irruption en 1979 a été le point de départ de l’essor considérable de l’islam politique, cette idéologie mortifère, combinaison du nazisme et du communisme.

La récréation est terminée. Après quarante années de turpitudes et de sévices en tous genre infligés principalement au peuple iranien, mais également, par des voies directes ou indirectes, à l’ensemble du monde civilisé, le régime des turbans noirs et des turbans blancs est confronté à la plus grave crise de son histoire, déjà beaucoup trop longue. La pétro-mollahrchie ne peut plus exporter le pétrole iranien qui constitue sa source essentielle de revenus pour financer son activisme terroriste et ses sordides réseaux clientélistes dans la région. Les chiens de garde du régime sont désormais officiellement reconnus par la première puissance mondiale comme ce qu’ils ont toujours été depuis leur naissance, à savoir des terroristes fanatiques aux ordres de leurs maîtres enturbannés. Enfin, la théocratie milicienne n’arrive plus à dériver les colères et frustrations de la population vers l’extérieur. Les Iraniens ont aujourd’hui compris, dans leur immense majorité, que ceux qui les dirigent sont leurs plus grands ennemis.

En tout état de cause, les jours de la mafia ochlo-théocratique sont comptés. Quelle que soit l’issue de la présente crise, le désastre économique, la paupérisation générale de la population contrastant avec l’opulence insolente des mollahs au pouvoir, celle de leurs sbires, de leurs familles et de leurs clients, la corruption délirante de l’oligarchie khomeyniste dont l’ampleur insoupçonnée est révélée davantage chaque jour et le discrédit massif de la mollahrchie et de son idéologie condamnent ce régime cauchemardesque aux poubelles de l’Histoire à brève échéance.

Les molosses de Khamenei aux abois

L’inscription des « Gardiens de la Révolution » sur la liste des organisations terroristes établie par l’administration américaine a étonné nombre de prétendus « observateurs » et « experts » des affaires iraniennes, qui se sont émus notamment qu’une « armée régulière (sic) d’un pays » puisse être assimilée à une entité terroriste. C’est en réalité une décision d’une extrême logique au regard du pédigrée de cette sinistre milice dont la dénomination officielle (« Sépâh-é Pâsdârân-é Enghelâb-é Eslâmi » i.e « les Gardiens de la Révolution islamique) fait apparaître expressément que cette organisation paramilitaire n’est nullement en charge de la défense de l’Iran et du peuple iranien, mais de la seule « Révolution islamique » et, par suite, du régime qui en est le fer de lance.

L’Iran dispose en effet toujours de son armée nationale (« Artesh ») créée par la dynastie Pahlavi. Cependant, celle-ci a été volontairement appauvrie et affaiblie par les mollahs, depuis quatre décennies, en raison de son patriotisme persistant et de son lien historique avec le pouvoir impérial.

Contrairement à ce que tentent de faire croire aujourd’hui les cerbères des tyrans au turban et leurs lobbystes déguisés en « spécialistes » ou « experts », c’est bien l’armée régulière iranienne qui, durant la guerre Iran/Irak, a joué un rôle essentiel dans la libération du territoire national durant la première phase du conflit entre 1980 et 1982.

Ce n’est, en effet, qu’à compter de 1982 que les voyous fanatisés dénommés « Pasdarans » ont vu leur rôle accru, de manière importante, durant cette guerre, lorsque celle-ci a pris un virage intégralement idéologique, avec la volonté de Khomeyni de la prolonger indéfiniment sous le prétexte d’exporter son abjecte révolution dans la région, au mépris des vies gaspillées sur les théâtres d’opération, pour continuer d’asseoir son pouvoir tyrannique, museler toute critique de sa politique irresponsable et réprimer avec une férocité implacable tous ses opposants.

Soutenir le contraire serait méconnaître la réalité historique et surtout oublier que, loin de pouvoir rivaliser initialement avec l’armée nationale iranienne en termes de qualités et de compétences, les membres de cette milice, au début de la contre-révolution khomeyniste, étaient essentiellement issus des fanges les plus sordides de la population criminogène où se recrutaient traditionnellement les membres de la pègre, les loubards à couteau, les proxénètes et autres trafiquants de drogue, activités qu’ils continuent, au demeurant, de pratiquer sous leurs nouveaux habits, mais à une échelle bien plus importante avec des conséquences catastrophiques sur la société iranienne.

C’est, au demeurant, sur cette canaille en uniforme, avec laquelle il a noué une relation privilégiée durant ses années à la présidence du régime (1981-1989), que Khamenei s’est appuyé pour accéder au pouvoir suprême et éliminer ses principaux rivaux, à commencer par Montazeri, pourtant dauphin désigné de Khomeyni jusqu’aux dernières semaines ayant précédé la mort de l’ancien touriste de Neauphle-le-Château.

En contrepartie, le mollah collectionneur de pipes et de bagues, une fois au sommet du pouvoir clerico-mafieux, récompensera ses bouledogues en les autorisant à faire main basse sur la quasi-totalité des secteurs stratégiques de l’économie iranienne, leur permettant ainsi de constituer progressivement un véritable Etat dans l’Etat formant aujourd’hui un complexe militaro-industriel dans lequel réside le pouvoir profond de l’ochlo- théocratie.

Pour se faire une idée ce qui se passe en Iran depuis quarante ans, il faudrait se représenter une France dans laquelle la voyoucratie et la racaille islamisée de banlieue aurait réussi à s’accaparer la quasi-intégralité des ressources de l’Etat et le contrôle des grands groupes économiques nationaux, industriels et commerciaux, pour les utiliser à son profit exclusif, dans le but non seulement de mener grand train aux dépens du reste de la population, mais aussi de financer un gigantesque réseau clientéliste aux ramifications internationales, aux seules fins de bâtir un système d’influence fondé sur une idéologie mortifère, sans aucune considération de l’intérêt national du peuple français.

Quel avenir pour le Grand Timonier enturbanné ?

Outre l’effondrement économique, le mécontentement populaire et la pression militaire américaine, le régime peut également être sérieusement ébranlé par la disparition prochaine de son « Guide Suprême ». Il faut néanmoins rester prudent sur ce point. Ces dernières années, à chaque fois que la cléricature khomeyniste s’est senti sévèrement menacée, elle a fait courir le bruit de l’imminence de la mort de Khamenei pour tromper ses adversaires en leur laissant entrevoir, à court terme, un tournant majeur qui résulterait de cette disparition, conduisant ces derniers à apaiser leur colère ou modérer leurs revendications.

C’est ainsi que lors du soulèvement débuté à l’été 2009, consécutivement à la réélection grossièrement frauduleuse du pantin Ahmadinejad, le parrain de la mollahrchie, Rafsandjani, avait habilement manipulé Wikileaks en laissant fuiter une de ses déclarations prétendant que son ancien compagnon de lutte révolutionnaire, dont la légitimité était alors violemment et ouvertement contestée par les masses de manifestants, souffrait d’un cancer en phase terminale ne lui laissant plus que quelques mois à vivre…

Plusieurs années après la répression féroce de ce mouvement massif de contestation du régime, lors des négociations concernant le prétendu « Iran deal » (cet accord honteux au sujet duquel les mollahs se vantaient régulièrement dans leurs médias d’avoir enfumé les Occidentaux, avant qu’il ne soit dénoncé l’année dernière par le président des USA), les agents de la cléricature sont de nouveau parvenus, en février 2015, à intoxiquer les services et médias étrangers, dont le Figaro, en leur faisant croire que la mort du Guide de l’ochlo-théocratie, atteint d’un cancer de la prostate au stade métastatique, était imminente…

Une fois encore, les années ont passé et Khamenei est toujours vivant. Ce qui n’est plus le cas de son ancien comparse Rafsandjani, le co-fondateur du régime, décédé en janvier 2017 et de celui qui était, un temps, présenté comme son successeur au poste suprême, l’Irakien milliardaire fraîchement naturalisé Shahroudi, disparu en décembre 2018…

Cela dit, jusqu’à preuve du contraire, le Lider Maximo khomeyniste, qui sera octogénaire dans quelques semaines, n’est pas éternel et, si le régime parvient à survivre encore quelques temps, sa succession sera nécessairement ouverte. Elle devrait échoir à son fils Mojtaba ou au fidèle Ebrahim Raissi qui, par son profil de criminel de masse, de mollah borné et son titre de « seyyed », toujours de nature à faire tourner les têtes de sectateurs fidèles prêts à s’extasier à la vue d’un turban noir, semble tout désigné pour cette fonction.

Le scénario d’un coup d’état des Pasdarans paraît, en revanche, peu crédible. Ces miliciens n’ont vocation qu’à être les bras et les couteaux des mollahs. Il est consternant de lire les prédictions de prétendus « experts » annonçant l’avènement prochain parmi eux d’un « Reza Shah islamique » (sic !) en la personne de Ghassem Soleymani, chef de la section Al Qods des Gardiens de la Révolution, dont l’idéologie n’est autre que la variante chiite de celle de l’organisation terroriste Al Qaïda avec laquelle elle entretient du reste des relations très étroites.

Soleymani est un quasi-illettré sans aucune vision politique et stratégique pour l’Iran autre que celle d’être une base arrière de mouvements terroristes djihadistes anti-occidentaux dirigée par des mollahs fanatiques. A ces « experts », il convient de souligner que parler à son sujet d’un futur « Reza Shah islamique » est aussi pertinent que d’évoquer un « Emmanuel Macron communiste », un « Philippe de Villiers europhile », un « Adolf Hitler philosémite », ou un « Robespierre royaliste ».

A court terme, il est néanmoins préférable que Khamenei et les autres vieillards qui l’entourent restent en vie, ne serait-ce que pour répondre, très prochainement, de leurs innombrables crimes et forfaitures devant le peuple iranien.

Une prochaine Chute du Mur islamique ?

A la différence de ses prédécesseurs à la Maison Blanche et des nombreux dirigeants occidentaux qui se sont succédés depuis quarante ans, dont l’archétype fut l’Imam Hussein Obama, lequel a fait montre d’une complaisance et d’une lâcheté funeste dans la gestion du « cas iranien », Donald Trump a le mérite de ne pas se laisser intimider par la mafia enturbannée.

S’il devait persister dans cette attitude ferme, il pourrait être celui qui aura aidé le peuple iranien, allié naturel du monde libre et civilisé, à terrasser la Bête islamiste avant que les métastases de ce cancer ne finissent de se propager sur la planète.

Chasser cette Bête de la tanière qu’elle s’est aménagée, il y a quatre décennies, au détriment d’un pays martyr, serait pour la région un événement d’une portée équivalente à la chute du Mur de Berlin pour l’Europe.

Il s’agirait d’un coup décisif à cette synthèse idéologique du nazisme et du communisme que constitue l’islam politique.

Car n’en déplaisent aux fascistes tiers-mondistes, aux obsédés de l’« antisionisme » et autres anti-américains pavloviens qui fantasment sur la « résistance » de la dictature des turbans noirs et des turbans blancs, la disparition de l’ochlo-théocratie khomeyniste et l’avènement d’un Iran libre, laïque et démocratique, renouant avec le sillon tracé par la dynastie Pahlavi, serait un gage considérable de paix dans la région et le monde.

En s’alliant au peuple iranien dans ce combat, le président Donald Trump pourrait entrer dans l’Histoire comme le Roosevelt du 21e siècle.

Libérés de ce régime sordide qui vampirise leur pays, tous les Iraniens pourront alors entonner avec fierté le chant que nombre d’entre eux ont déjà le courage de scander devant le tombeau du fondateur de leur nation à l’occasion du jour de Cyrus le Grand, le 7 Aban (29 octobre), au grand dam des mollahs et de leurs mercenaires : « Iran vatan-é mâst, Kourosh pédar-é mâst ! » (« L’Iran est notre patrie, Cyrus est notre père ! »).

Voir aussi:

US allies’ sad Tehran wild-goose chase
Benny Avni
New York Post
June 11, 2019

America’s allies are lining up to mediate between Washington and the Tehran regime. But they’re jumping the gun.

Witness Japan’s President Shinzo Abe, who arrives in Tehran Wednesday for a two-day visit, marking the 90th anniversary of diplomatic relations between his country and Iran. Tokyo officials defend their soft-on-Tehran approach as a “balanced” way to deal with the Mideast. Whatever the merits of that claim, the Abe visit is mostly about oil.

The trip comes shortly after the Japanese leader hosted his golfing buddy President Trump in Tokyo. The symbolism is deliberate: Abe seeks to revive a US-Iranian channel of communication, per Japanese media. And he isn’t alone in his efforts. Germany’s foreign minister, Heiko Maas, was in Tehran this week, trying to buck up confidence in the nuclear deal that Trump ditched.

There is a reason America’s European and Asian allies are determined to end the US quarantine of Iranian businesses. Trump’s increasingly tough sanctions give countries and corporations an uncomfortable pair of options: Buy Iranian oil and invest there, or do business with the US — but you can’t do both.

The latest punishment came last Friday, when the administration vowed to sanction anyone doing business with Iran’s petrochemical industry, a lucrative exporting sector run by the Islamic Revolutionary Guard Corps, which is now rightly listed by Washington as a terror organization.

America’s allies are eager to revive the smooth flow of goods and business with Iran; their diplomacy is meant to put pressure on Washington to start a process that would lead to new direct talks. Iran, they claim, will behave better, now that its economy is strained. America should take advantage and aim for a fresh rapprochement.

The problem with the allies’ theory: No such hunger for reconciliation is in evidence in Tehran. Instead, the regime is still signaling obstinacy. The ayatollahs are as committed as ever to their revolutionary principles, the main one of which is waging war on US interests and allies.

Take Foreign Minister Javad Zarif, long touted as a symbol of moderation and openness and a welcome guest in Western TV studios. Yet defending Iran’s habit of hanging gay people in the public square, Zarif told the German newspaper Bild this week: “Our society has moral principles, and according to these principles we live.”

Hosting Germany’s Maas this week, Zarif also pushed back against Secretary of State Mike Pompeo’s recent offer of negotiations “without preconditions.” The Islamic Republic won’t talk to those who wage “economic war” against it, Zarif said, threatening for good measure that, as an Iranian enemy, America “cannot expect to stay safe.”

The theocracy is hardening, rather than softening, its line, notwithstanding entreaties from Tokyo, Berlin and Brussels. These well-meaning outsiders inevitably point to supposed moderates that America can do business with, and, as always, they urge Washington to ignore Tehran’s malign rhetoric and muscle-flexing.

It’s true that some Iranian politicians favor making cosmetic concessions to the West to ensure the Islamic Republic’s survival. But the ultimate decider, Supreme Leader Ali Khamenei, has long soured on such concessions. Negotiation, he recently said, “has no benefit and carries harm.”

In a perfect world, the global economy would be better off when everyone can do business with everyone without fear of punishment. But the existence of a militantly anti-Western regime like Iran’s is a reminder that ours isn’t a perfect world.

Abe, then, would be better off warning Iran about its joint missile development with Japan’s menacing neighbor, North Korea (a reminder that the regime’s behavior is destructive far beyond its immediate neighborhood.)

Talks may be worthwhile — but not before Khamenei leaves the stage. Once the old dictator is gone, the ensuing internal struggle may work to the West’s advantage.

Economic pressure may then embolden Iranians hoping to throw off the regime’s yoke. Or it may not. Either way, dealing with the regime as it exists is futile, as more than four decades of experience have shown.

Trump should turn a deaf ear to Abe and the rest of the world’s eager go-betweens.

Voir également:

Iran-linked terrorists caught stockpiling explosives in north-west London
Ben Riley-Smith
The Telegraph
9 June 2019

Terrorists linked to Iran were caught stockpiling tonnes of explosive materials on the outskirts of London in a secret British bomb factory, The Telegraph can reveal

Radicals linked to Hizbollah, the Lebanese militant group, stashed thousands of disposable ice packs containing ammonium nitrate – a common ingredient in homemade bombs.

The plot was uncovered by MI5 and the Metropolitan Police in the autumn of 2015, just months after the UK signed up to the Iran nuclear deal. Three metric tonnes of ammonium nitrate was discovered – more than was used in the Oklahoma City bombing that killed 168 people and damaged hundreds of buildings.

Police raided four properties in north-west London – three businesses and a home – and a man in his 40s was arrested on suspicion of plotting terrorism.

The man was eventually released without charge. Well-placed sources said the plot had been disrupted by a covert intelligence operation rather than seeking a prosecution.

The discovery was so serious that David Cameron and Theresa May, then the prime minister and home secretary, were personally briefed on what had been found.

Yet for years the nefarious activity has been kept hidden from the public, including MPs who were debating whether to fully ban Hizbollah, until now.

It raises questions about whether senior UK government figures chose not to reveal the plot in part because they were invested in keeping the Iran nuclear deal afloat.

The disclosure follows a three-month investigation by The Telegraph in which more than 30 current and former officials in Britain, America and Cyprus were approached and court documents were obtained.

One well-placed source described the plot as “proper organised terrorism”, while another said enough explosive materials were stored to do “a lot of damage”.

Ben Wallace, the security minister, said: “The Security Service and police work tirelessly to keep the public safe from a host of national security threats. Necessarily, their efforts and success will often go unseen.”

The Telegraph understands the discovery followed a tip-off from a foreign government. To understand what they were facing, agents from MI5 and officers from Metropolitan Police’s Counter Terrorism Command launched a covert operation.

It became clear, according to well-placed sources, that the UK storage was not in isolation but part of an international Hizbollah plot to lay the groundwork for future attacks.

The group had previously been caught storing ice packs in Thailand. And in 2017, two years after the London bust, a New York Hizbollah member would appear to seek out a foreign ice pack manufacturer.

Why ice packs?

Ice packs provide the perfect cover, according to sources – seemingly harmless and easy to transport. Proving beyond doubt they were purchased for terrorism was tricky.

But the most relevant case was in Cyprus, where a startlingly similar plot had been busted just months before the discovery in London. There, a 26-year-old man called Hussein Bassam Abdallah, a dual Lebanese and Canadian national, was caught caching more than 65,000 ice packs in a basement. During interrogation he admitted to being a member of Hizbollah’s military wing, saying he had once been trained to use an AK47 assault rifle.

Abdallah said the 8.2 tonnes of ammonium nitrate stored was for terrorist attacks. He pleaded guilty and was given a six-year prison sentence in June 2015.

In Abdallah’s luggage police found two photocopies of a forged British passport. Cypriot police say they were not the foreign government agency that tipped Britain off to the London cell.

But they did offer assistance when made aware of the UK case, meeting their British counterparts and sharing reports on what they had uncovered.

MI5’s intelligence investigation is understood to have lasted months. The aim was both to disrupt the plot but also get a clearer picture what Hizbollah was up to.

Such investigations can involve everything from eavesdropping on calls to deploying covert sources and trying to turn suspects.

The exact methods used in this case are unknown. Soon conclusions begun to emerge. The plot was at an early stage. It amounted to pre-planning. No target had been selected and no attack was imminent.

Well-placed sources said there was no evidence Britain itself would have been the target. And the ammonium nitrate remained concealed in its ice packs, rather than removed and mixed – a much more advanced and dangerous state. On September 30, the Met made their move.

Officers used search warrants to raid four properties in north-west London – three businesses and one residential address. That same day a man in his 40s was arrested on suspicion of terrorism offences under Section 5 of the Terrorism Act 2006. Neither his name nor his nationality have been disclosed.

His was the only arrest, although sources told The Telegraph at least two people were involved.  The man was released on bail. Eventually a decision was taken not to bring charges.

The exact reasons why remain unclear, but it is understood investigators were confident they had disrupted the plot and gained useful information about Hizbollah’s activities in Britain and overseas.

A UK intelligence source said: “MI5 worked independently and closely with international partners to disrupt the threat of malign intent from Iran and its proxies in the UK.”

The decision not to inform the public of the discovery, despite a major debate with Britain’s closest ally America about the success of the Iran nuclear deal, will raise eyebrows.

Keeping MPs in the dark amid a fierce debate about whether to designate the entire of Hezbollah a terrorist group – rather than just its militant wing – will also be questioned.

The US labelled the entire group a terrorist organisation in the 1990s. But in Britain, only its armed wing was banned. The set-up had led senior British counter-terrorism figures to believe there was some form of understanding that Hizbollah would not target the UK directly.

Hizbollah was only added to the banned terrorist group list in its entirety in February 2019 – more than three years after the plot was uncovered.

A spokesman for the press department of the Iranian Embassy in London said: « Iran has categorically rejected time and again any type of terrorism and extremism, has been victim of terrorism against its innocent people, and is in the forefront fighting this inhuman phenomenon.

« Any attempt to link Iran to terrorism, by claims from unknown sources, is totally rejected. »

Voir encore:

Comment la République islamique réprime les jeunes Iraniens

Malgré le non-respect que les jeunes citadins affichent pour les mesures islamiques, leurs témoignages révèlent qu’ils ont en partie intériorisé l’image négative que la société leur inflige à cause du rejet de ses normes et valeurs.

Mahnaz Shirali Sociologue politique, directrice d’études à l’ICP et enseignante à Sciences-Po
Huffington Post
03/06/2019

Quarante ans de la République islamique ont profondément désislamisé la population. Plus la politique étrangère de Téhéran isole le pays, plus les Iraniens s’éloignent du régime et de sa religion, et plus ils adoptent la culture occidentale.

Les jeunes Iraniens, qu’ils vivent à Téhéran ou dans les villes de provinces, ressemblent davantage à leurs pairs en Europe ou aux Etats-Unis qu’à leurs parents. Ils écoutent la même musique, s’habillent de la même manière et regardent les mêmes séries que les jeunes Parisiens ou New-Yorkais. Sauf que ces derniers ne connaissent pas le même décalage entre la vie privée et l’espace public et n’ont jamais subi les humiliations que les “agents de mœurs” de la République islamique infligent aux jeunes de leur pays.

L’analyse des témoignages des jeunes des grandes villes iraniennes et l’observation de leurs comportements sur les réseaux sociaux montrent que la politique sociale répressive des ayatollahs a produit des effets inattendus. La nouvelle génération de 15 à 25 ans vit dans le rejet du système de valeurs, promulgué par l’école et les médias de la République islamique. Pendant ces dernières décennies, le décalage entre l’espace public, maîtrisé par les agents de mœurs, et l’espace privé, où presque tout est permis, n’a cessé de progresser.

Pourtant, malgré le non-respect que les jeunes citadins affichent pour les mesures islamiques – vestimentaires, alimentaires, sexuelles, … –, leurs témoignages révèlent qu’en dépit de leur apparence rebelle, ils ont en partie intériorisé l’image négative que la société leur inflige à cause du rejet de ses normes et valeurs.

Cette image devient doublement négative lorsqu’ils se reprochent leur inaction, comme si la capacité d’agir sur leur sort et de faire valoir leurs droits fondamentaux ne dépendait que d’eux et de la volonté individuelle. Les catastrophes naturelles qui dévastent le pays (comme le tremblement de terre, les inondations ou les sècheresses, etc.) et les situations politiques ingérables (comme la menace de guerre, les sanctions économiques, ou certaines décisions politiques jugées inacceptables, etc.) aiguisent leur conscience de l’impuissance et déclenchent chez eux une avalanche de reproches et de haine de soi. Peut-être cette auto culpabilisation relève-t-elle d’un besoin de se sentir responsable, de se procurer une semblable illusion de puissance. Peut-être est-elle un simple mécanisme d’auto-défense. Mais, elle n’en reste pas moins destructrice pour autant, car elle les empêche d’avoir une vision objective de leur situation. Dans un pays où la moindre critique et protestation sont violemment réprimées, et où l’on peut encourir de lourdes peines de prisons pour avoir contesté une décision politique, quelle est la marge de manœuvre des individus?

Quatre décennies de l’atteinte physique, l’atteinte juridique, et l’atteinte à la dignité humaine ont profondément privé les jeunes de reconnaissance sociale et les ont affectés dans le sentiment de leur propre valeur. La non reconnaissance du droit et de l’estime sociale en Iran ont créé des conditions collectives dans lesquelles les jeunes ne peuvent parvenir à une attitude positive envers eux-mêmes. En l’absence de confiance en soi, de respect de soi, et d’estime de soi, nul n’est en mesure de s’identifier à ses fins et à ses désirs en tant qu’être autonome et individualisé. Or, faut-il s’étonner si, aujourd’hui, l’émigration est devenue la seule perspective de l’avenir des jeunes Iraniens?

Voir par ailleurs:

Did Team Obama Warn Iranian Terror Commander about Israeli Assassination Attempt?

Debra Heine
PJ media
January 11, 2018

A Kuwaiti newspaper reported last week that Washington gave Israel the green light to assassinate terror mastermind Qassem Soleimani, commander of Iran’s Quds Force (which has been designated a terrorist organization).

New York Times columnist Bret Stephens pointed out a disturbing detail in the story that has long been rumored but has gone largely unreported in the American press:

Bret Stephens @BretStephensNYT

The story here, Kuwaiti-sourced, is that Obama team tipped Tehran to an Israeli attempt to assassinate Qassem Soleimani, the Iranian general who has the blood of hundreds of American troops in his hand. What says @brhodes? https://www.haaretz.com/israel-news/1.832387 

According to the report, Israel was « on the verge » of assassinating Soleimani three years ago near Damascus, but the Obama administration warned Iranian leadership of the plan, effectively quashing the operation. The incident reportedly « sparked a sharp disagreement between the Israeli and American security and intelligence apparatuses regarding the issue. »

Stephens tagged former Obama deputy national security adviser Ben Rhodes in his tweet, but it was ignored until Obama’s former National Security Council spokesman Tommy Vietor saw it on Wednesday:

Tommy Vietor @TVietor08

Yeah WTF Ben? Immediately confirm or deny this totally unsubstantiated claim and then tell us why you don’t support assassinations.

199

Stephens responded by noting dryly that the Iran Contra scandal started in a similar way, and that the Obama administration certainly had no objection to assassinations when it came to other terrorists:

Vieter, who drove Obama’s press van before he became president, responded thus:

Tommy Vietor  @TVietor08

Yeah @BretStephensNYT taking out Osama bin Laden is the same as assassinating an Iranian political leader. https://twitter.com/bretstephensnyt/status/951216401301299202 …Stephens seemed taken aback:

Stephens seemed taken aback:
Bret Stephens @BretStephensNYT

Seriously, @TVietor08? Suleimani is an “Iranian political leader”? Actually he’s head of the Quds Force, which is a US designated sponsor of terrorism. Suleimani is sanctioned by name. Here, read about it: https://www.treasury.gov/press-center/press-releases/Pages/hp644.aspx  https://twitter.com/tvietor08/status/951219021332074496 

Indeed, as the Washington Times reported in 2015, Shiite militants under Qassem Soleimani’s command are responsible for more than 500 U.S. service member deaths in Iraq between 2005-2011.

The Quds forces, led by Gen. Qassem Soleimani, set up factories to produce the weapon, which unleashes rocket-type projectiles that penetrate American armored vehicles. As head of the Islamic Revolutionary Guard Corps’ Quds Force, Gen. Soleimani is Iran’s top terrorist commander, committed to the downfall of Israel and the United States and the destabilization of governments in the region.

But Vieter wasn’t through digging. His next tweet all but confirmed the story.

Tommy Vietor @TVietor08

We were well aware of the dangers posed by QS and the IRGC. Obama sanctioned them repeatedly, among other deterrents. But an assassination of QS by Israel would be destabilizing to put it mildly.

Ben Rhodes finally weighed in, but it was too late.

Voir de même:

Report: U.S. Gives Israel Green Light to Assassinate Iranian General Soleimani
Al Jarida, a Kuwaiti newspaper which in recent years had broken exclusive stories from Israel, says Israel was ‘on the verge’ of assassinating Soleimani, but the U.S. warned Tehran and thwarted the operation
Haaretz
Jan 01, 2018

Washington gave Israel a green light to assassinate Qassem Soleimani, the commander of the Quds Force, the overseas arm of Iran‘s Revolutionary Guard, Kuwaiti newspaper Al-Jarida reported on Monday.

Al-Jarida, which in recent years had broken exclusive stories from Israel, quoted a source in Jerusalem as saying that « there is an American-Israeli agreement » that Soleimani is a « threat to the two countries’ interests in the region. » It is generally assumed in the Arab world that the paper is used as an Israeli platform for conveying messages to other countries in the Middle East.

The agreement between Israel and the United States, according to the report, comes three years after Washington thwarted an Israeli attempt to kill the general.

The report says Israel was « on the verge » of assassinating Soleimani three years ago, near Damascus, but the United States warned the Iranian leadership of the plan, revealing that Israel was closely tracking the Iranian general.

The incident, the report said, « sparked a sharp disagreement between the Israeli and American security and intelligence apparatuses regarding the issue. »

The Kuwaiti report also identified Iran’s second in command in Syria, known as « Abu Baker, » as Mohammad Reda Falah Zadeh. It said he also « might be a target » for Israel, as well as other actors in the region.

Voir enfin:

Iran appoints fiery general who vows to destroy Israel as new IRGC head
Hossein Salami takes command of hardline military force weeks after US blacklisted it as a terror group; Mohammed Ali Jafari pushed out after over a decade at the helm
The Times of Israel
21 April 2019

Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei, right, arrives at a graduation ceremony of the Revolutionary Guard’s officers, while deputy commander of the Revolutionary Guard, Hossein Salami, second right, former commanders of the Revolutionary Guard Mohsen Rezaei, second left, and Yahya Rahim Safavi salute him, on May 20, 2015, in Tehran, Iran. (Official website of the Office of the Iranian Supreme Leader via AP)

Iran’s Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei shuffled the top ranks of the hard-line Islamic Revolutionary Guards Corps Sunday, appointing the deputy chief of the hardline force as its top leader.

Brig. Gen. Hossein Salami was made commander of the IRGC, replacing Maj. Gen. Mohammed Ali Jafari, who has headed the military force since 2007, according to Iranian media reports.

Salami has frequently vowed to destroy Israel and “break America.” Iran was “planning to break America, Israel, and their partners and allies. Our ground forces should cleanse the planet from the filth of their existence,” Salami said in February. The previous month, he vowed to wipe Israel off the “global political map,” and to unleash an “inferno” on the Jewish state.

Brig. Gen. Hossein Salami, the new head of Iran’s Islamic Revolutionary Guard Corps. (YouTube screen capture)

He also said “Iran has warned the Zionist regime not to play with fire, because they will be destroyed before the US helps them.” Any new war, he said, “will result in Israel’s defeat within three days, in a way that they will not find enough graves to bury their dead.”

The IRGC shakeup comes weeks after the US designated the group a terror organization, the first time it has ever blacklisted an entire military branch under the rule.

Tehran has raged against the move, and responded by labeling the US military a terror group under its own designation. It also rallied around the IRGC, with some lawmakers dressing in the division’s uniforms in parliament in reaction to the designation.

Jafari had called the American move “laughable,” even while warning of a possible retaliation.

The Islamic Revolutionary Guard Corps was formed after the 1979 Islamic Revolution, with a mission to defend the clerical regime, and the force has amassed strong power both at home and abroad.

The Guards’ prized unit is the Quds Force, headed by powerful general Qassem Soleimani, which supports Iran-backed forces around the region, including Syrian President Bashar Assad and Lebanese terrorist group Hezbollah.

It also oversees the country’s ballistic missile program and runs its own intelligence operations.

Jafari was demoted to the post of commander of a cultural and educational division, according to reports.

Agencies contributed to this report.


Education: L’école, c’est la guerre (As victimhood culture spreads from elite colleges to the middle classes, it is not only contaminating conservatives who resent being unfairly targeted as oppressors but could push us all towards a paternalistic, authoritarian state, sociologists warn)

17 septembre, 2018
 "Entre les murs", un film de Laurent Cantet, 2008.
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Te rends-tu compte que le passé a été aboli jusqu’à hier ? S’il survit quelque part, c’est dans quelques objets auxquels n’est attaché aucun mot, comme ce bloc de verre sur la table. Déjà, nous ne savons littéralement presque rien de la Révolution et des années qui la précédèrent. Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. Je sais naturellement que le passé est falsifié, mais il me serait impossible de le prouver, alors même que j’ai personnellement procédé à la falsification. La chose faite, aucune preuve ne subsiste. La seule preuve est à l’intérieur de mon cerveau et je n’ai aucune certitude qu’un autre être humain quelconque partage mes souvenirs. De toute ma vie, il ne m’est arrivé qu’une seule fois de tenir la preuve réelle et concrète. Des années après. Winston (1984, George Orwell)
Debout ! les damnés de la terre ! Debout ! les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère, C’est l’éruption de la fin. Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! C’est la lutte finale Groupons-nous, et demain, L’Internationale, Sera le genre humain. Eugène Pottier (1871)
Jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves et si, malgré la terreur ce peuple a su, sous les formes les plus diverses, montrer sa réprobation de voir la France enchaînée au char de l’impérialisme britannique, il saura signifier aussi à la bande actuellement au pouvoir, SA VOLONTÉ D’ÊTRE LIBRE. Peuple de France (dit « Appel du 10 juillet »)
Cette violence irrépressible il le montre parfaitement, n’est pas une absurde tempête ni la résurrection d’instincts sauvages ni même un effet du ressentiment : c’est l’homme lui-même se recomposant. Cette vérité, nous l’avons sue, je crois, et nous l’avons oubliée : les marques de la violence, nulle douceur ne les effacera : c’est la violence qui peut seule les détruire. Et le colonisé se guérit de la névrose coloniale en chassant le colon par les armes. Quand sa rage éclate, il retrouve sa transparence perdue, il se connaît dans la mesure même où il se fait ; de loin nous tenons sa guerre comme le triomphe de la barbarie ; mais elle procède par elle-même à l’émancipation progressive du combattant, elle liquide en lui et hors de lui, progressivement, les ténèbres coloniales. Dès qu’elle commence, elle est sans merci. Il faut rester terrifié ou devenir terrible ; cela veut dire : s’abandonner aux dissociations d’une vie truquée ou conquérir l’unité natale. Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l’arme d’un combattant, c’est son humanité. Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux « Damnés de la terre », 1961)
Immense et grand plaisir d’avoir pu rencontrer Ahed Tamimi à la fête de l’Huma, figure la résistance palestinienne ! Eric Coquerel (député France insoumise)
Ahed Tamimi, la jeune militante devenue une icône mondiale de la résistance palestinienne, lance un appel aux jeunes de France à la Fête de l’Humanité. L’Humanité
Tant que les noms des écoles sont utilisés pour glorifier le terrorisme, la Belgique ne peut pas coopérer avec le ministère palestinien de l’Education et ne fournira plus d’aide financière pour la construction d’écoles. Ministère de l’Education belge
Fin septembre au Conseil de Paris, le groupe communiste qui y voyait un vestige de l’histoire coloniale avait fait adopter un vœu pour demander qu’elle ne soit pas raccrochée et exposée en pleine rue. Après plusieurs rencontres de concertation, le projet initié par le budget participatif sera finalement respecté. La plaque restaurée sera réinstallée sur la façade d’immeuble avec un texte explicatif. Le Parisien
Don’t Forget July 1, 2018 Starts SPAM… SPAM… Straight Pride American Month! Last Sunday ended LGBTQF-WTF month Yea! (*Don’t get me wrong I support the First Amendment, as much as the next person, and support the rights of grown men to wear skin tight short-shorts and go-go boots and don tinker bell wings with wand and prance down the streets of San Francisco) with tens of thousands of folks dancing and prancing all over American celebrating the fact they are different than most of the rest of us and showing their “pride” in being so. Now before anyone gets their pantyhose in a knot, this is not really legally anti anything; instead it’s pro-family; and proud to be a straight American, and me expressing a private opinion… So there! If you remember last week I proclaimed the Month of July as SPAM …(Straight Pride American Month)…(as Vice Mayor don’t know if I can, but what the heck). Now hundreds of millions of the rest of us can celebrate our month, peaking on July 4th, as healthy, heterosexual, fairly monogamous, keep our kinky stuff to ourselves, Americans… We do it with our parades in every state and county in this country with families celebrating together. We honor our country and our veterans who have made all of this possible (including for the tinker bells) and we can do it with actual real pride, not some put on show just to help our inferior complex “show we are different” type of crap. We ARE different from them…We work, have families, (and babies we make) enjoy and love the company (and marriage) of the opposite sex and don’t flaunt our differences dressing up like faries and prancing by the thousands in a parade in nearby San Francisco to be televised all over the world… Ted  Hickman
My point was, what’s the difference? They have their pride month, why can’t we have ours? … I support the First Amendment. Ted Hickman
Il n’y a pas longtemps, l’apartheid régnait en Afrique du sud. Reposant sur la ségrégation des Noirs, il voulait se disculper en créant des bantoustans où une autonomie factice leur était concédée. Un tel système a heureusement disparu. Et voici qu’aujourd’hui, c’est un apartheid d’un nouveau genre qui est proposé à la France, une ségrégation à l’envers grâce à laquelle les « dominés » préserveraient leur dignité en se mettant à l’abri des « dominants ». Mais alors, cela veut dire qu’une femme qui ôte le voile et sort dans la rue deviendrait une proie normale ? Cela veut dire qu’une « race » qui côtoie les autres serait humiliée ? Cela veut dire qu’une religion qui accepte de n’être qu’une parmi d’autres perdrait la face ? (…) À quoi peut donc servir ce ségrégationnisme nouvelle manière ? Doit-il seulement permettre aux soi-disant « dominés » de sauvegarder leur pureté en vivant entre eux ? N’a-t-il pas surtout pour but d’affirmer la sécession avec la communauté nationale, avec ses lois et ses mœurs ? N’est-il pas l’expression de la haine la plus caractérisée à l’égard de notre pays et de la démocratie ? Que chacun vive dans la loi de sa communauté ou de sa caste et dans le mépris de celle des autres, que chacun ne soit jugé que par les siens, cela est contraire à l’esprit de la République. Celle-ci a été fondée sur le refus de droits privés s’appliquant à des catégories spécifiques et exclusives, autrement dit sur l’abolition des privilèges. Les mêmes lois pour chacun de nous, voilà ce que nous garantit au contraire la République. C’est ce qu’on appelle tout simplement la Justice. Le nouveau séparatisme avance masqué. Il veut paraître bénin, mais il est en réalité l’arme de la conquête politique et culturelle de l’islamisme. L’islamisme veut être à part car il rejette les autres, y compris les musulmans qui ne partagent pas ses vues. L’islamisme déteste la souveraineté démocratique car elle lui refuse toute légitimité. L’islamisme se sent humilié lorsqu’il ne domine pas. Pétition contre le séparatisme islamique
The scholars promoting this concept claim that it is a microaggression even when someone says “I don’t see you as black,” or claims to be colorblind, or purports not to be a sexist, or in general doesn’t “acknowledge” one’s race membership or gender. But let’s face it — it’s considered racist for whites to treat any trait as “black.” If we accept that, then we can’t turn around and say they’re racists to look at black people as just people. That particular aspect of the microaggression notion seems fixed so that whites can’t do anything right. One can’t help sensing a notion that this would be perhaps “payback” for whites and the nasty society they stuck us with. But all it does is create endless conflict, under an idea that basically being white is, in itself, a microaggression. That, however, is neither profound nor complex — it’s just bullying disguised as progressive thought. Let’s call it microaggression when people belittle us on the basis of stereotypes. Creating change requires at least making sense. John McWorther
Je crois que la séparation fondamentale entre peuple et élites – c’est une image, car c’est toujours plus compliqué – a pour point de départ la différenciation éducative produite par le développement du supérieur. Au lendemain de la guerre, dans les démocraties occidentales, tout le monde avait fait l’école primaire – aux États-Unis, ils avaient également fait l’école secondaire –, les sociétés étaient assez homogènes et très peu de gens pouvaient se vanter d’avoir fait des études supérieures. Nous sommes passés, ensuite, à des taux de 40 % de gens qui font des études supérieures par génération. Ils forment une masse sociale qui peut vivre dans un entre-soi. Il y a eu un phénomène d’implosion sur soi de ce groupe qui peut se raconter qu’il est supérieur, tout en prétendant qu’il est en démocratie. C’est un phénomène universel et pour moi, c’est la vraie raison. Il y a des décalages. L’arrivée à maturité de ce groupe social se réalise dès 1965 aux États-Unis. En France, nous avons trente ans de retard et ça s’effectue en 1995. Les gens des diverses strates éducatives ne se connaissent plus. Ceux d’en haut vivent sans le savoir dans un ghetto culturel. Dans le cas d’un pays comme la France, nous avons par exemple l’apparition d’un cinéma intimiste, avec des préoccupations bourgeoises déconnectées des cruautés de la globalisation économique. Il y a des choses très bien dans cette culture d’en haut. L’écologie, les festivals de musique classique ou branchée, les expositions de peinture impressionniste ou expressionniste, le mariage pour tous : toutes ces choses sont bonnes. Mais il y a des personnes avec des préoccupations autres, qui souhaitent juste survivre économiquement et qui n’ont pas fait d’études supérieures. (…) Par contre, je diverge de Lasch et de gens qui dénoncent les élites pour supposer des qualités spéciales au peuple. Je l’ai cru à une époque, mais je n’en suis plus là. Les élites trahissent le peuple, c’est certain. J’estime même de plus en plus qu’il y a au sein des élites des phénomènes de stupidité induits par le conformisme interne du groupe, une autodestruction intellectuelle collective. Mais je ne pense plus que le peuple soit intrinsèquement meilleur. L’idée selon laquelle, parce qu’il est moins éduqué ou moins bien loti, le peuple serait moralement supérieur est idiote, c’est une entorse subtile au principe d’égalité. Adhérer pleinement au principe d’égalité, c’est être capable de critiquer simultanément élites et peuple. Et c’est très important dans le contexte actuel. Cela permet d’échapper au piège d’une opposition facile entre un populo xénophobe qui vote Le Pen et les crétins diplômés qui nous ont fabriqué l’euro. C’est toute la société française qu’on doit condamner dans sa médiocrité intellectuelle et morale. (…) Je crois que c’est le symptôme d’un changement d’humeur de la société américaine dans son cœur, qui est un cœur blanc puisque la démocratie américaine est à l’origine blanche. Depuis longtemps, je suis convaincu que parce que les Anglo-Saxons ne sont au départ pas très à l’aise avec la notion d’égalité, le sentiment démocratique aux États-Unis est très associé à l’exclusion des Indiens et des Noirs. Il y a quand même 72 % du corps électoral qui est blanc. Obama a mené une politique de sauvetage de l’économie américaine tout à fait estimable dans la grande crise de 2007-2008, mais il n’a pas remis en question les fondamentaux du consensus de Washington : le libre-échange, la liberté de circulation du capital et donc les mécanismes qui ont assuré la dégradation des conditions de vie et la sécurité des classes moyennes et des milieux populaires américains. Dans les années 1950, la classe moyenne comprenait la classe ouvrière aux États-Unis. Les ouvriers ont été  “reprolétarisés” par la globalisation et les classes moyennes ont été mises en danger. Il y a eu, en 2016, une sorte de révolte. Le premier élément qui m’a intéressé – et c’était normal puisque dans L’illusion économique (1997) je dénonçais le libre-échange –, c’est la remise en question du libre-échange, qui était commune à Trump et Sanders. C’est parce que le protectionnisme est commun aux deux que nous pouvons affirmer être face à une évolution de fond de la société américaine. C’est vrai que le phénomène Trump est incroyable : le type fout en l’air le Parti républicain pendant la primaire et fout en l’air les Démocrates ensuite. Mais jusqu’au bout, et des vidéos le prouvent, j’ai cru que c’était possible, parce que j’étais tombé sur des études démographiques largement diffusées. Je ne sais plus si je les avais vues mentionnées dans le New York Times, dans le Washington Post, ou dans les deux. Elles révèlent que la mortalité des Blancs de 45-54 ans a augmenté aux États-Unis entre 1999 et 2013. Pour les Américains, le débat sur les merveilles du libre-échange est clos. Ils ont compris. Il faut partir de l’électorat et pas de Trump. L’électorat est en révolte et les États-Unis ont une tradition démocratique plus solide que la nôtre, à la réserve près qu’il s’agit d’une démocratie blanche. (…) Les Républicains ont inventé la technique du dog-whistle, c’est-à-dire du “sifflet à chien”, qui agit sans qu’on l’entende. Un langage codé permet de bien faire comprendre à l’électorat blanc qu’il faut détruire le welfare (les aides sociales), censé n’aller qu’aux Noirs. C’est ce qui a permis au Parti républicain de mener une politique économique absolument défavorable à son propre électorat, c’est-à-dire de diminuer les impôts des riches et de continuer à foutre en l’air la classe ouvrière blanche par le libre-échange. Trump est à l’opposé du dog-whistle. Il avait un double discours : d’un côté, un discours xénophobe tourné contre le Mexique – et pas contre les Noirs, qui sont sur le territoire américain – et de l’autre, des thématiques économiques quasi-marxistes. Pour moi, Trump est le contraire du racialisme républicain traditionnel. Il a mené le débat sur le terrain économique, face à des Démocrates qui activaient inlassablement, sur le mode de la bien-pensance, la question raciale, en se présentant comme les défenseurs des Noirs et en expliquant que si on appartenait à tel groupe, on devait voter de telle manière. Trump a donc foutu en l’air le Parti républicain racial avec ses thématiques économiques, pendant que le Parti démocrate est resté sur ses positions raciales banales. (…) En formalisant, nous pourrions dire qu’il y a deux forces qui s’opposent aux États-Unis : un parti national et un parti globaliste. Nous pourrions dire que le parti national se caractérise par une protection aux frontières – des biens, de la circulation des personnes, le tout avec une bonne base xénophobe – mais qui n’est pas hostile au marché et qui a pour seul but de relancer un capitalisme interne qui fabrique des biens. En gros, il explique que les entreprises peuvent se faire de l’argent autrement. En face, il y a le parti globaliste qui va laisser les frontières ouvertes, en expliquant que cela va fonctionner même si la théorie économique explique que cela va générer des dégâts et des inégalités, le tout devant être compensé par de la redistribution et du welfare. (…) Mais l’important, c’est la protection contre l’arrivée de marchandises fabriquées par des gens sous-payés. (…) La question, c’est de savoir s’il existe une technique qui permet que des gens s’enrichissent et que cela profite à tout le monde dans l’espace national. (…) Jusqu’à présent, j’étais résigné à l’enfermement de “l’anglosphère” dans son néo-libéralisme par son indifférence à l’égalité. Dans l’ensemble, mon modèle anthropologique ne fonctionne pas mal. L’idée d’un communisme fabriqué par une famille communautaire, égalitaire et autoritaire explique très bien l’histoire russe. La famille nucléaire absolue explique très bien le modèle libéral anglo-saxon, ainsi que le développement du capitalisme. Le fait que les gens ne sont pas très sensibles aux États-Unis ou en Angleterre à l’idéal d’égalité explique pourquoi le capitalisme y fonctionne de manière bien huilée et pourquoi les individus ne sont pas choqués quand certains font du profit. Mais entre 2000 et 2015, nous avons atteint la limite du modèle. Et bien sûr, les peuples peuvent transcender leur détermination anthropologique, mais à un certain niveau de souffrance seulement. C’est pour cela que la hausse de la mortalité a été un avertisseur qui m’a permis d’échapper à mon propre modèle. Quand j’ai pensé que Trump pouvait être élu, j’étais au fond en train d’admettre que mon modèle anthropologique était insuffisant. Mais c’est finalement la même chose qui s’est passée avec la chute du communisme. (…) Mon modèle anthropologique dit que les traditions communautaires russes expliquent très bien l’invention du communisme. Mais de même que le libéralisme a emmené la société américaine à un niveau de souffrance exagéré, qui a provoqué la révolte de 2016, le communisme avait atteint vers 1975 un niveau d’absurdité tel, avec une hausse de la mortalité infantile, qu’il s’est effondré en 1990. Par contre, ce que nous dit déjà l’existence ultérieure de la Russie, c’est que l’atteinte de ce point de rupture peut amener une modification du système économique, mais ne fait pas sortir définitivement la population de sa culture. Je pense qu’il y a une démocratie en Russie. Les Russes votent à 80 % pour Poutine. C’est une forme de démocratie autoritaire. Mais le fonctionnement de la société garde beaucoup des traditions communautaires d’autrefois. Le système américain tente de se réformer, mais il va garder ses traits libéraux et non égalitaires fondamentaux. D’ailleurs, quand je décrivais un protectionnisme qui laisse fonctionner le capitalisme en interne, c’est exactement cela que j’évoquais. (…) Les États-Unis ont traversé une phase d’instabilité et de crise culturelle à partir des années 1960 : montée du divorce, enfants hors mariage, etc. Ce sont quand même les Américains qui ont inventé la pilule. Cette phase de crise a entraîné une montée spectaculaire du taux d’homicide. Mais si nous reprenons tous ces paramètres – ce que je ne ferai pas maintenant – depuis 1995, il est clair qu’en termes de mœurs, les États-Unis sont dans une phase de restabilisation. Dans ses tréfonds, la société américaine opère un retour à l’équilibre. (…) C’est un pays en cours de stabilisation morale, malgré sa souffrance économique, qui vient d’élire Trump. (…) en réalité, le retour au national promu par Trump devrait s’accompagner d’une “désuniversalisation” des problèmes. Emmanuel Todd
Avec Trump, tous les coups sont permis. Les médias retrouvent d’instinct le langage orwellien qui inverse la paix en guerre et la liberté en servitude. Avec Trump, le traître devient héros, le président des Etats-Unis devient un tyran et un fou. La démocratie, c’est abattre l’homme élu par le peuple américain. Et cela dure depuis le premier jour de son élection. Une élection qui a pris par surprise toutes les élites de l’est et de l’ouest du pays – élites économiques, financières, médiatiques, judiciaires, administratives. Cet «Etat profond», comme l’appelle Trump, a décidé d’avoir la peau de ce Président et de le conduire vers la procédure d’impeachment, comme Louis XVI fut traîné à la guillotine. Chaque journaliste, chaque bureaucrate, même les plus haut gradés, chaque juge, rêve d’avoir la peau de Trump comme leurs glorieux aînés ont eu celle de Nixon en 1971. «Nixon le tricheur», lui aussi, avait été le candidat des classes populaires contre l’establishment sorti des campus universitaires des années 1960. Entre-temps, ces jeunes gens chevelus ont pris tous les pouvoirs à Washington. Et sont bien décidés à ne pas les perdre. Depuis des mois, ils s’efforcent de faire passer Trump pour un espion à la solde de Poutine. Et, comme cela ne marche pas, ils ajoutent désormais la folie. Cet affrontement, en vérité, dépasse le cas de Trump et même des Etats-Unis. C’est tout l’Occident qui en est le champ de bataille. La guerre inexpiable oppose des élites cosmopolites qui, au nom des valeurs universelles des droits de l’homme, veulent désagréger les peuples et les nations issus d’une histoire séculaire. En face, il y a les peuples occidentaux qui s’efforcent de sauvegarder leur mode de vie, leur identité, leur unité, leur histoire. Des peuples enracinés contre des élites déracinées. La loi de la majorité contre la dictature des minorités. La démocratie contre l’Etat de droit. Des élites qui se parent du titre de «progressistes» et qui, à Paris, Berlin, Bruxelles, Washington ou Los Angeles, traitent avec mépris les «populistes». Des élites qui ont juré d’avoir la peau des antiques nations et des peuples qui ne veulent pas mourir. Eric Zemmour
The University of Maryland (UMD) was forced to take down flyers and change the name of a counseling program that offered “safe space for white students” after sparking outrage on campus. At the beginning of the fall semester, UMD’s Counseling Center posted flyers for a new group called “White Awake,” which prompted the backlash. Early Friday, the university’s website changed the name to “Anti-Racism and Ally Building Group” and scrubbed any references to a “safe space” and “white students.” “This group offers a safe space for white students to explore their experiences, questions, reactions, and feelings,” the initial description read. “Members will support and share feedback with each other as they learn more about themselves and how they fit into a diverse world.” The flyer also asked if white people ever “feel uncomfortable and confused” in their “interactions with racial and ethnic minorities,” and if they “want to become a better ally.” Several students conveyed their outrage on social media and on campus. “The world is a space for white people to talk in,” one student told The Diamondback, a UMD student newspaper, expressing how unnecessary the new initiative is. (…) Noah Collins, who leads the group and specializes in group therapy for the Counseling Center with an interest in “racial and cultural awareness,” issued a statement Thursday night saying UMD will discontinue the flyer and consider changing the name, but that it stands by the group. He added the flyer was “not clear enough” in explaining that the group’s aim is “anti-racism and becoming a better ally.” Fox news
L’école, c’est la guerre. (…) Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires….nos enfants fréquentent des établissements où ils sont stigmatisés et humiliés par certains enseignants, prêts à partir en croisade contre une jupe longue ou un début de barbe suspecte… Nos enfants assistent aux humiliations que nous y subissons, notamment lorsque nous sommes voilées et qu’on nous interdit de les accompagner en sortie… Nos enfants apprennent très tôt la hiérarchisation raciale. Front de mères
The Rise of Victimhood Culture makes the case that incentives at the modern American university have created a new moral culture, one where victimhood is granted a special moral status. Awarding status to victims has in turn led to hoaxes, false accusations, and, in some extreme cases, moral panics. The diagnosis is put forward by sociologists Bradley Campbell and Jason Manning, and they make their case convincingly. The argument is that college campus is ground zero for this new culture, but its rules of conduct are starting to leak into mainstream institutions. (…) On a university campus, for example, victims are not shamed but are instead fiercely protected, and now awarded status. This dynamic could be observed as early as 2015, in the reception to Emma Sulkowicz’s protest against a sexual assault she alleged had taken place. It consisted of her carrying her mattress around the Columbia University campus, including to class, under the condition that her accused rapist needed to be expelled in order for her to stop. For this performance, she was widely criticized, but she was also heralded as a feminist hero. The New York Times art critic Roberta Smith called it “succinct and powerful” and added that Sulkowicz has “set a very high standard for any future work she’ll do as an artist.” Although Columbia University and the New York Police Department failed to establish any wrongdoing on the part of the student Sulkowicz had accused, for art critics such as Smith, the accused student’s guilt was a fait accompli. That such awards and accolades might incentivize vexatious or false complaints in a student body seemed not to matter to adults in charge. (…) Campell and Manning predict that victimhood culture will eventually spread from elite colleges into the mainstream. In making this prediction, they note the significance of the fact that victimhood culture has emerged among the wealthiest schools in America. Oberlin and Brown, for example, have led the microaggression movement, while Claremont has been a pioneer in safe-space demands, microaggression protests, and the banning of speakers. They point out that the median family income at Middlebury College—where Charles Murray was shouted down and where his sponsoring professor, Alison Stranger, was given whiplash injuries in a parking lot—was $240,000 per year. That income level is double that of Saint Louis University, where Murray spoke to an attentive audience. The book thus highlights a peculiar fact: The students most obsessed with their own oppression are some of the most pampered individuals in the world. (…) Campbell and Manning warn, victimhood culture will likely spread downwards from the social elites to the middle classes—as those wishing to be upwardly mobile will try to emulate upper-class moral norms. While the culture is likely to spread downwards, it is also likely to inspire resentment. Campbell and Manning warn that the narratives of privilege deployed by the culture, which target white men in particular, are just as likely to inspire hostility as deference, especially in those who feel that they are unfairly targeted as oppressors (…) Paradoxically, the backlash against political correctness is likely to make the situation worse. Conservatives are quickly learning to ape victimhood, too. The authors note that professional provocateur Milo Yiannopolous “thrives on causing offense and controversy,” neither of which promotes a culture of dignity. (…) The logic of victimhood culture, then, is escalating grievance and retaliatory aggression. When slights cannot be neutralized with a dignified turn of the cheek, the prognosis looks grim. What the purveyors of victimhood culture do not seem to grasp is that in weakening dignity, and in undermining the principles that deem all men and women to be moral equals, they unwittingly destroy the safeguards that prevent bad actors—such as hoaxers and narcissists—from climbing the social hierarchy through dishonesty and manipulation. In incentivizing weakness and reliance on third parties to intervene in disputes, students invite a paternalistic authoritarian apparatus to develop. While they seem comfortable with an authoritarian apparatus on their university campus today, we should not be surprised if they demand an authoritarian state to police the citizenry tomorrow. The logical endpoint of a victimhood culture will not be a progressive utopia. On the contrary: The further this culture radiates outward, the more likely it will make victims of us all. Commentary
We argue that victimhood culture, at least in its more extreme forms, is new. We see it in its purest form on contemporary college and university campuses. Manifestations of victimhood culture include complaining about and punishing microaggressions, demanding and creating safe spaces, requesting and requiring trigger warnings, and banning or disinviting speakers who might offend designated victim groups. (…) Making moral judgments elevates the reputation of some people and lowers the reputation of others, so morality is always a source of a kind of social status that we can think of broadly as respectability. Other kinds of status have other sources, so in any complex society not only are some people more respectable than others, but some are also wealthier, more socially integrated, or more culturally conventional. Your position on these and other social hierarchies affects how people treat you. If you testify in court, for example, people are more likely to believe you if you are wealthy, respectable, and so on. And if you’re the victim of a crime, it’s more likely the offender will be brought to justice. (…) Like honor cultures, victimhood cultures emphasize one set of vices and virtues over others. They are concerned with eradicating oppression and privilege, and this single-minded moral obsession can lead to the similar kinds of perversities that come from neglecting other virtues in honor cultures. But even in an honor culture your moral status usually has to do with your own behavior rather than someone else’s. In a victimhood culture it’s instead your identity as a victim that gives you status. It’s not your own virtue at all, but someone else’s treatment of you, that makes you virtuous. One problem with this is that you end up with a system of morality that doesn’t offer much incentive for good behavior. Honor cultures incentivize bravery while neglecting other virtues. But if you want esteem in a victimhood culture, what can you do? It’s not like you can become a victim. Or actually, you can — you can portray yourself as weak and in need of help, you can portray others’ behavior toward you as harmful and oppressive, and you can even lie about being the victim of violence and other offenses. Victimhood culture incentivizes bad behavior. The extreme form of victimhood culture we see among activists on college campuses leads to another problem in that one’s status as a victim comes not just from individual experiences of victimhood but also from one’s identity as part of a victim group. The idea is that all members of certain groups are victims, but that no one else is. Activists even argue that whites cannot be the victims of racism, or men the victims of sexism. Likewise, whether people can be victims of new offenses like cultural appropriation or microaggression, depends on their identity. A white person wearing a hairstyle associated with African Americans would be cultural appropriation, for instance, but an African American wearing a hairstyle associated with whites would not be. Likewise, those who have pioneered the concept of microaggression have made it clear that not all slights count. A white male elementary school teacher may experience stereotypes and put-downs, for example, but to call those microaggressions would be a “misapplication of the concept.” So the moral hierarchy of victimhood culture places entire groups of people at the top or bottom based on the whole group’s victimhood status. And while it’s not always clear which groups qualify, Jonathan Haidt identifies seven groups that are currently treated as sacred: people of colour, women, LGBTs, Latinos, Native Americans, people with disabilities, and Muslims. Under this schema even many minority groups, such as Evangelical Christians, fail to qualify, and any discrimination against them is ignored or celebrated. We have two problems with this. The first is a fundamental moral objection. We believe in the ideals of dignity culture — that all human beings have an inherent worth and should be treated accordingly — and we object to the new hierarchy of victimhood just as we would any racial and ethnic hierarchy. The second problem is the reactions it may produce. Whites, men, and others who do not have victimhood status are unlikely to accept a new morality and a new moral hierarchy in which they’re at the bottom. And they may end up embracing one in which they’re at the top. We find the recent prominence of alt-right white nationalists alarming, and we worry there will be more of it in reaction to the spread of victimhood culture. It’s a dangerous thing to undermine dignity culture and its ideals of equality. (…) In the book we talk about the movement against campus rape, and we point out that the movement has support from journalists, members of Congress, and others who are not part of the campus victimhood culture. And rape isn’t a new offense like microaggression or cultural appropriation. It’s also not a minor offense. So the movement as such isn’t a pure manifestation of victimhood culture. But what we do see is that an effort to honor victims leads to credulity even in cases like the rape hoaxes at Duke and at the University of Virginia where it should have been clear that the accusers were lying. It also leads to efforts to weaken the due process rights of the accused. And alongside the more mainstream elements of the movement are the campus activists and others enmeshed in victimhood culture who make more radical arguments — that accusers should always be believed, for example. But so far such ideas haven’t been widely adopted. The #MeToo movement may be similar. To some extent it may have facilitated the mainstreaming of victimhood culture, but it’s also a mainstream enough movement that efforts to radicalize it and to use the moral language and logic of campus activists seem mostly to have failed. The movement as a whole appears not to have relied on accusations of new victimhood offenses and has focused instead on things like rape, groping, and other kinds of sexual assault and sexual harassment. The accusations against Harvey Weinstein and against most of the other prominent targets of the #MeToo movement haven’t been about microaggressions and haven’t relied on creative ideological expansions of the concepts of assault and harassment. The accusations against Weinstein, for example, include 19 coerced sexual acts and many more instances of unwanted touching and sexual exhibitionism. Much of the #MeToo movement might be seen as an expression of dignity culture — an appeal to ideals already widely held in the culture but commonly violated in practice. Women demanding that they not be bullied, groped, fondled, demeaned, assaulted, or harassed by men the workplace, and that the men abusing their power in this way face consequences, aren’t relying on radical feminism or its notions of endemic patriarchal oppression — not usually, anyway. They seem to be trying to bring to light behavior that was already considered wrong but that many people weren’t aware was going on. But the #MeToo movement is large and has less mainstream elements as well, so some of the accusations have indeed drawn from victimhood culture in various ways. We might think of the most prominent accusations existing on a continuum from Harvey Weinstein to comedian Aziz Ansari. In January 2018 the online magazine Babe published an article by Katie Way about an anonymous woman’s date with Ansari. The article, “I Went on a Date with Aziz Ansari. It Turned into the Worst Night of My Life,” recounts in detail a date between “Grace” and Ansari. Ansari doesn’t come off as particularly gentlemanly in the account, but it’s clear that the story is not about rape, it’s not about sexual assault, and it’s not even about sexual harassment. After going to dinner, the two went to Ansari’s apartment, engaged in sexual acts with one another, and according to Grace, Ansari then kept wanting to engage in intercourse, she didn’t, and she eventually went home. Later in a text message she told Ansari that he had ignored “clear non-verbal cues” and said that he had to have noticed she was uncomfortable. The accusations against Weinstein, which deal with clear-cut cases of violence, coercion, and harassment, are understandable in terms of mainstream morality, while the accusation against Ansari is understandable only in terms of victimhood culture. The same perspective that leads to the labeling of uncomfortable conversations as a kind of aggression, or conservative political speech as violence, leads here to the labeling of boorish behavior on a date as sexual assault. To the extent that the #MeToo movement accords a special status to victims, to the extent that it establishes victimhood solely based on whether someone is a woman or man, and to the extent that it blurs the distinction between serious offenses like what Weinstein has been accused of and the kind of noncoercive sexual advances on a date that Ansari is accused of, it will indeed lead to the spread of victimhood culture. Another thing the Ansari case illustrates is something we have thought of as moral emaciation. Victimhood culture’s focus on oppression narrows the range of moral discourse, and activists seem to be losing the capacity to make moral judgments based on anything other than victimhood terms. It seems that anything activists find bad they define as harmful and oppressive, whether it’s an ugly statue on campus or a bad date. As Mona Charen points out, isn’t what Grace wanted — affection, kindness, attention — what many people want when they go on a date? “What does it say about dating in our time,” she asks, “that those are unrealistic expectations?” The problem is that Grace has no moral language to communicate this. She can’t describe Ansari’s behavior as caddish, lascivious, or any of the other old-fashioned terms that would more accurately capture her moral reaction. Instead, it has to be oppression, assault. This is probably not good for the #MeToo movement, and it may shift attention away from the kinds of offenses the movement was supposed to call attention to. It also doesn’t help anyone to think better about how people should behave on dates. Moral emaciation leads to moral confusion. (…) Complaints of cultural appropriation illustrate victimhood culture quite well. As with microaggression complaints, it’s a grievance about a nonviolent, probably unintentional slight that many observers wouldn’t even see as offensive. As with microaggressions, the offense is framed as a matter of collective oppression, of one social group harming another. And in practice, it’s usually an offense defined by identity, something only people in designated privileged groups can be guilty of. Victimhood culture’s high sensitivity to slight means it continually coins new types of offense. And this is certainly one of the most baffling of the new offenses. As we’ve discussed elsewhere, one particularly confusing aspect is that many of the things that get called cultural appropriation were, until very recently, virtues — signs that one was cosmopolitan and open-minded. If anything, we might expect social and cultural conservatives to be the ones most upset about Westerners practicing yoga or mindfulness meditation, or white kids adopting black fashions and hairstyles. In many cases they are, but these days so-called progressives are often vocal and visible critics. (…) Though the complaint is framed as a matter of someone dominating or exploiting the vulnerable — in a victimhood culture, virtually all complaints are — it might be more helpful to understand it as a matter of the offenders aping their betters. As sociologist Donald Black discusses in his book Moral Time, various societies throughout history have had rules — sumptuary laws — preventing people from adopting the styles, entertainments, and recreations of their social betters. The Han and Ming dynasties forbade commoners from wearing certain colors of clothing. Premodern Japan had laws forbidding peasants from wearing clothing distinctive of townspeople. In medieval England a law stated that no one under the rank of knight should wear any fur clothing (later amended to allow them to wear distinctive kinds of fur). And no one below the rank of lord was allowed to wear the period’s fashionable pointy shoes. The unwritten norms regarding cultural appropriation seem analogous to these sorts of restrictions. (…) thinking of it as a kind of moral pollution also might help us put it into a larger sociological context. As sociologist Murray Milner argued in his work on the Indian caste system, sacredness is but a special form of status. It corresponds to what we call moral status in our book, though like honor it might be a particular style of moral status. The sacred is that which is treated as special and worthy of reverence. It must be set apart from the profane, protected by rituals associated with cleanliness and purity. One might immediately think of Mosaic Law, but if we understand it abstractly we can see these sorts of purity rules everywhere, including regarding secular things like national flags and anthems. What is going on when a white Westerner practices yoga or paints in an indigenous style or quotes a lyric from a Beyoncé song? Perhaps it’s like having the unclean enter the temple and put on the vestments. The culture of vibrant, good, brave, people is being polluted by those who carry the moral stain of privilege. It also seems like there’s also a theme of moral pollution in some of the discourse surrounding “whiteness.” Sometimes the manner in which it’s discussed makes it seem like a curse, or something that spreads and infects places and things as well as people. Hence we see pieces where people complain about the prevalence of whiteness in LGBT spaces, or Taylor Swift exuding whiteness, or, to give a case we mention in our book, people accusing others of asking white questions and employing white research methods. (…) Victimhood culture is mainly a leftwing phenomenon, but it has a way of spreading. Conservatives and others who find themselves opposed to campus activists might uphold the values of the dignity culture the activists reject, but sometimes they end up departing from it themselves. One way they might do this is by embracing whatever victimhood culture opposes. This can mean being deliberately provocative and offensive in order to get a rise out of the activists, or at the extreme, it can mean embracing alt-right ideologies that reject equality and diversity. But another way conservatives might depart from dignity culture is by embracing the assumptions of victimhood culture and pointing to their own victimhood. In our first article on victimhood culture in 2014, we pointed to the case of Tal Fortgang, a Princeton student who wrote an article about checking his privilege, as campus activists had been urging that he and others do. The idea was that when he checked his privilege he found in his background a long history of hardship and persecution, including family members who had been persecuted and murdered in the Holocaust. Now in one sense, that’s perfectly reasonable. It points to the absurdities of the victimhood framework. The grandson of Holocaust survivors might legitimately wonder why he should have the burden of being labeled privileged while others at his elite university gain sympathy and status by labeling themselves victims. We ourselves sometimes wonder why in an academic environment where people constantly talk about disadvantage, inclusivity, diversity, and the like, our working class, small town, Southern backgrounds gain us no victimhood points. So the idea might be, if you’re going to denigrate the privileged and valorize the victimized, at least be more accurate — don’t base it all on skin color, sex, and a few other such traits. But this easily leads to competitive victimhood, where moral disputes become contests over who can claim the most disadvantage. Conservatives at colleges and universities might be especially prone to embracing victimhood since they can actually make very plausible claims of being one of the most victimized groups on campus. Conservatives are vastly underrepresented among the faculty, especially in the social sciences. Far more sociologists identify as Marxists than as conservatives, for example, and a survey of sociology professors found that nearly 30% of them acknowledged they would be less likely to support a job candidate who was a Republican. Conservatives on campus are also subject to what the activists would call microaggressions or worse if directed toward recognized victim groups. Many of them remain closeted. The claims of victimhood are understandable, then, but if conservatives end up adopting their adversaries’ assumptions about what constitutes victimhood and what the response to victimhood should be, they’ll become just another force undermining dignity culture. (…) We also see claims of victimhood becoming a key part of the campus conservative message. Conservatives should definitely complain about the suppression of free speech on campus. But sometimes this takes the form of engaging in intentionally offensive speech in order to get a reaction from the left that then becomes the basis of further complaints. This actually combines both of the dignity-rejecting strategies — the embrace of offensiveness and the embrace of victimhood. Conservative groups that have brought in the provocateur Milo Yiannopoulos, for example, seem more interested in stirring up controversy and angering the left than in advancing conservative ideas. They should have the right to do so, of course, and even when groups have brought in conservative intellectuals campus activists have sometimes reacted in the same way. Still, bringing in someone like Yiannopoulos hardly advances the ideals of dignity. (…) Another way that conservatives and other opponents of victimhood culture may end up adopting its assumptions, perhaps unwittingly, is by valorizing the victims of victimhood culture.  (…) According to Black’s theory, tolerance of diversity is greater in exactly those places that have more diversity to start with, while concern with cultural purity is greatest where culture is relatively homogeneous. Theoretically, increasing ideological diversity should reduce the degree of ideological intolerance on campus, and so undermine some of the more severe eruptions. It would also provide some more tolerance for those wishing to criticize victimhood culture as such. For many college students, socialization into extreme sensitivity and dependency began before they arrived. There are signs that children and youth — at least from the middle and upper classes — are more sheltered, supervised, and regulated than in decades past, and that they have correspondingly less practice in coping with difficulties and handling conflicts on their own. Supporters of so-called free-range parenting campaign against this, encouraging parents to allow their children unsupervised play and school districts to provide recess grounds with such dangerous equipment as jungle gyms and monkey bars. One might find ways to encourage these kinds of initiatives locally or nationally, such as by raising money for the legal defense of people charged with neglect and abuse for what many of us would consider a reasonable bit of autonomy or schools held responsible for accidental injuries. And finally, it’s important to combat victimhood culture and to deal with the problems it creates in the universities and elsewhere, but it’s also important to create alternatives to the universities and the mainstream media where serious ideas can be discussed and debated. Bradley Campbell and Jason Manning
Portée outre-Atlantique par l’extrême gauche, puis par des groupes et des individus s’estimant les porte-paroles exclusifs de «minorités» de couleurs, de genres, d’obédiences spirituelles, etc., l’idéologie racialiste mère de ce désastre culturel a été largement décrite, et depuis longtemps, par nombre d’intellectuels américains – hélas trop rarement traduits en français – d’Allan Bloom au milieu des années 1980 jusqu’à l’ouvrage récemment publié par deux sociologues, Bradley Campbell & Jason Manning, The Rise of Victimhood culture (Springer, 2018). Aux États-Unis est ainsi née l’inversion des modes ségrégatifs. Dans un pays qui vécut longtemps sur un système de discrimination légale, doit-on s’étonner? Les antiracistes-racistes actuels se prétendent héritiers de la lutte pour les droits civiques des années 1960, qui visait en effet à combattre des situations bien réelles et à abolir les lois de ségrégation raciale. Une fois l’égalité des droits acquise fut mise en œuvre la discrimination positive, source d’effets pervers qui ont justifié sa profonde remise en cause, y compris par le président Obama. Mais ce n’était pas assez: il fallait suivre les traces de Malcom X plutôt que la sagesse d’un Luther-King, il fallait que les WASP payent, et sur plusieurs générations. Seuls des «blancs» adeptes de l’autoflagellation pourraient désormais échapper à l’opprobre du racialement-correct. Ils furent légion, ils se comptèrent par millions, jusqu’au point où cette haine de soi apparut pour ce qu’elle était: une pathologie collective suicidaire Le concept «d’appropriation culturelle» étant une des gouttes qui a fait déborder le vase de la bêtise du «progressisme racialiste». Des Américains de toutes origines commencèrent alors à reprendre leurs esprits, à sortir la tête de l’eau croupie de l’autodénigrement. Ironie du sort, au même moment, en France, nous plongeons à notre tour dans ce marigot, l’adaptant à notre sauce, réécrivant notre histoire commune à partir de récits mêlant histoire, mémoire et mythologie sur des thèmes obsessionnels tels que l’esclavage, le colonialisme, le génocide, l’homophobie, la misogynie, l’immigration. Il en ressort que la société française – traduire par «blanche», «de souche», «gauloise» etc. – serait intrinsèquement raciste. Depuis une dizaine d’années, dans les départements universitaires français de Sciences humaines, nombre de chercheurs – inconnus du public éclairé, voire de leurs collègues universitaires renommés – reprennent les grandes théories des «gender studies» ou des «racial studies» élaborées aux États-Unis reprenant le vocabulaire abscons cher aux héritiers de Deleuze, Lacan, Foucault et Derrida, cette «French theory» influente sur les campus des années 1970-80. Certains sont docteurs en sociologie ou en sciences politiques. Beaucoup plus rares, mais plus inquiétants, d’autres sont normaliens. La plupart des fers de lance de cette idéologie sont des étudiants-doctorants qui voient leurs thèses validées par une poignée de professeurs d’université grenouillant dans la mouvance indigéniste. Tout ce petit monde, très sensible au discours des Indigènes de la République et du CCIF, publie des articles dans des revues secondaires voire anonymes et des livres chez des éditeurs militants plutôt qu’universitaires. Mais ce sont les petites rivières qui forment les grands fleuves. Ils nous expliquent que ce qui compte, ce n’est pas tant le réel que les représentations mentales et sociales, qui à les lire seraient gravées dans le marbre… Commence ainsi la police de la pensée dont toutes les idéologies totalitaires ont porté la marque: on vous assigne à une identité en vous prêtant une pensée (et donc des comportements) induite par votre groupe d’appartenance, supposé ou réel. Vous devenez raciste par vos ascendants, sexiste parce que vous êtes un homme blanc hétérosexuel. Parallèlement, si vos ascendants furent esclaves, colonisés, exterminés ou si vous êtes née femme, vous êtes à jamais victime. Et comme il s’agit de représentations sociales, il convient d’éclairer votre lanterne, car pauvre bougre que vous êtes, vous êtes parfois victime ou bourreau par héritage sans le savoir! Une poignée de maîtres-penseurs, Docteur-es PHD à l’appui, viennent ainsi révéler au grand jour vos tares et vos traumas. Trop d’impensés tueraient-ils la pensée? Par la magie d’un simple logiciel de statistiques, ces soi-disant penseurs «analysent» vos discours et vos textes et produisent un nuage de mots administrant la preuve sémantique de vos obsessions mentales, racistes, sexistes, homophobes, enfin dévoilées. L’avantage du concept d’«inconscient collectif» ou celui de «construction sociale» est qu’il permet d’attribuer toute pensée déviante à un tiers voire à un groupe social dans son entier. Ainsi les indigénistes recourent-ils systématiquement à l’essentialisation pour stigmatiser les «bourreaux». Essentialisation que, ne craignant pas la contradiction, ils dénoncent tout aussi systématiquement dès qu’il s’agit des «victimes». (…) La thèse dite «décoloniale», initiée et défendue par la mouvance indigéniste, postule l’existence d’un «racisme d’État», d’un racisme «systémique» qui maintiendrait délibérément les populations issues de l’immigration africaine dans un statut d’infériorité. Ce «racisme d’État» viserait du même coup spécifiquement l’islam, religion qui de ce fait se retrouve assimilée à une «race», celle des victimes, des humiliés par excellence. Cette «domination» racialiste serait instaurée par l’institution scolaire dès le plus jeune âge et à tous les niveaux ; les élèves, les étudiants seraient ainsi exposés à des enseignements biaisés visant à les rabaisser, les enseignants véhiculant inconsciemment pour la plupart des représentations sociales héritées de l’époque coloniale. Pour la mouvance décoloniale, l’École de la IIIème République est l’objet de toutes les détestations: odieusement raciste et islamophobe puisque laïque, affreusement colonialiste car elle croyait en un idéal universel d’instruction, la fameuse «mission civilisatrice». Il s’agit toujours chez les indigénistes de porter un regard anachronique sur cette époque passée pour mieux la décalquer sur le présent. L’anachronie, c’est leur fonds de commerce. (…) L’offensive universitaire de ces mouvements constitue un danger réel pour l’enseignement supérieur, plus généralement pour la crédibilité des universités françaises déjà mises à mal dans les classements internationaux. L’université française ne peut pas se permettre la gangrène qui a gagné certains campus américains, qui y a décrédibilisé des départements entiers et a conduit des enseignants réputés à quitter leurs postes. Car, ne nous y trompons pas: les indigénistes, comme les islamistes, suivant les théories de Gramsci, veulent précisément faire imploser l’institution scolaire et académique, qui sont les socles de la société à venir. Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret
Selon les postcolonial studies, courant venu du monde anglo-saxon et sud-américain, le « passif colonial » continuerait à structurer toutes nos institutions et représentations. Encore minoritaires dans le champ académique il y a dix ans, ces thèses semblent s’inviter de plus en plus à l’université. C’est d’abord une question de vocabulaire. « Racisme structurel » (de l’Etat français), « domination blanche »,  » féminisme islamique »… Une nuée de concepts qui ne se limitent plus aux cercles d’initiés et aux réunions militantes. Un peu partout, on voit se multiplier les cours, les travaux dirigés, les doctorats, les sujets de thèse, les colloques ayant trait à ces questions. Beaucoup des chercheurs ou enseignants rencontrés au cours de cette enquête témoignent sous couvert d’anonymat. Le sujet, disent-ils, est trop « brûlant », trop « passionnel », « confisqué par les extrêmes ». Pour les esprits « raisonnables », ceux qui voudraient « continuer à travailler », il n’y aurait que des coups à prendre à rester « à l’écart des vieilles ou nouvelles chapelles ». 80 intellectuels, dont Elisabeth Badinter, Mona Ozouf, Pierre Nora, Alain Finkielkraut ou encore Boualem Sansal, dénoncent cependant cette « offensive des ‘décoloniaux' » dans « Le Point » cette semaine. « Tout cela crée un profond clivage entre collègues », souligne Gérard Noiriel, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en Sciences Sociales (EHESS). Benjamin Stora, président du Musée de l’Histoire de l’Immigration et spécialiste de la guerre d’Algérie, est à peine plus disert. Malgré tout, il lâche : « Dans notre pays, nous avons peu de professeurs spécialistes de l’histoire de la décolonisation. Du coup, le sujet est préempté par de jeunes doctorants en sociologie ou en science politique, parfois très dogmatiques. » C’est dans ce vide académique que se sont engouffrés ceux que l’on appelle, et qui s’appellent eux-mêmes, les « décoloniaux », des chercheurs qui assument d’être aussi des militants. Le 6 novembre dernier, Sciences-Po Aix-en-Provence a programmé une conférence sur le thème : « Un féminisme musulman, et pourquoi pas ? » La conférencière s’appelle Malika Hamidi, sociologue, auteur de plusieurs articles et d’un essai, notamment sur la question du foulard. Elle préconise : « La lutte féministe de la musulmane d’Europe sera principalement une lutte contre l’islamophobie et le paternalisme d’un certain féminisme occidental à prétention universaliste. » Habituée des colloques en France (elle a aussi été invitée à l’institut d’études politiques de Lyon et à l’EHESS), Malika Hamidi se targue d’être aussi « une femme de foi et une militante ». A son CV il faut ajouter le titre de directrice générale de l’European Muslim Network, une organisation présidée par Tariq Ramadan. (…) Pour ses partisans, la percée de la mouvance « décoloniale » illustre en effet l’expression du pluralisme à l’université, qui s’ouvrirait enfin aux « problématiques » nouvelles travaillant la société. Pas suffisamment encore aux yeux de certains. C’est le cas du sociologue Eric Fassin, directeur du département d’études de genre à Paris-VIII, qui a importé en France les postcolonial studies. Cette figure médiatique, qui exerce une réelle influence sur une partie du monde universitaire et intellectuel français, a cosigné une tribune collective, publiée dans « Libération » en 2015, condamnant le rôle de l’Etat français, « comme l’acteur principal d’un racisme institutionnel ». Aujourd’hui, il regrette que les universités soient toujours trop frileuses : « Il n’y a pas assez de créations de poste. Nous manquons de professeurs qui travaillent sur les discriminations raciales. » François Burgat, lui, n’a pas attendu ces dernières années pour faire entendre sa voix. Septuagénaire, directeur émérite de recherche au CNRS, il n’a jamais tourné le dos à Tariq Ramadan, y compris après sa mise en examen pour viol. « La vraie question n’est plus de savoir si Tariq Ramadan ‘a violé trois femmes’, expliquait-il le 26 octobre sur Twitter, mais bien ‘avec l’aide de qui ces trois femmes sont-elles parvenues si facilement à rouler trois magistrats dans la farine’ ? » Sur Twitter toujours, après l’émoi suscité par l’assassinat de l’octogénaire juive Mireille Knoll, chez elle à Paris, il n’a pas hésité à écrire : « Oups, ce n’était pas vraiment la Shoah dans un appartement. » Parmi d’autres déclarations publiques, on peut noter ses attaques contre la télévision française qu’il traite de « Télavivision » (en référence à Tel-Aviv) ou ses incitations à « soutenir le CCIF ». Et François Burgat compte toujours autant de disciples au sein de l’Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde arabe et musulman (Iremam) d’Aix-en-Provence, un laboratoire doté de moyens importants et qui accompagne, pour les années 2018-2019, quarante-cinq doctorants dans la rédaction de leurs thèses. Récemment, il a ainsi dirigé les travaux de l’un d’eux sur les rapports entre le Qatar et le prédicateur sunnite Youssef al-Qaradawi. Ce dernier, parfois surnommé « le cheikh de la mort « , est l’auteur de plusieurs fatwas autorisant les attentats-suicides ; il déversait, en 2009, sur la chaîne Al-Jazeera, sa haine des juifs : La thèse consacrée au prédicateur a été soutenue le 20 novembre 2017, devant un jury présidé par François Burgat. Elle n’a pas encore été publiée, mais certains observateurs qui ont assisté à la soutenance ont été interloqués. « Les relations de Qaradawi avec le Qatar y sont qualifiées de simple ‘soft power islamique de complémentarité’ ! » raconte l’un d’entre eux. Son auteur, Nabil Ennasri (formé par Tariq Ramadan, dont il dénonce la « lapidation médiatique »), est aujourd’hui docteur en science politique. Parfois, les initiatives de la faculté sont plus troublantes encore. En octobre 2017, des universitaires de Lyon-II ont convié – dans le cadre d’un colloque intitulé « Lutter contre l’islamophobie, un enjeu d’égalité ? » – Abdelaziz Chaambi, le fondateur de la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), mais aussi… fiché S par les services de renseignement. Suite au tollé de nombreuses associations, la présidence de l’université a fini par annuler la manifestation. (…) Tout cela dessine pour le moins un climat. Et les militants de la laïcité, à l’unisson de certains spécialistes de l’islam, y voient la preuve de la victoire culturelle remportée par les Frères musulmans dans le monde universitaire. Les Frères, expliquent-ils, évitent de mettre en avant leurs propres objectifs. Ils les intègrent dans d’autres combats, comme la lutte contre les discriminations ou pour l’égalité hommes-femmes. Depuis peu, les mêmes s’inquiètent de la percée du Parti des Indigènes de la République, créé en 2005, que sa porte-parole, Houria Bouteldja, défini comme « anti-impérialiste et antisioniste ». Un professeur d’économie, confie, en off : « Aujourd’hui, à l’université, si vous vous opposez à ces réseaux, vous passez vite pour un raciste. » Autre confidence, presque apeurée, d’une chercheuse en poste dans le sud de la France, ayant toujours voté à gauche, défendu les droits de l’homme, combattu toutes les discriminations : « Avant, le pire pour un universitaire, c’était d’être accusé de plagiat ; maintenant, c’est de se voir traiter d’islamophobe sur internet. Cette accusation signe la fin d’une carrière. » Quelques téméraires, pourtant, osent prendre le risque. Par exemple, Isabelle Barbéris, agrégée de lettres modernes, normalienne, chercheuse associée au CNRS et maître de conférences à Paris-VII. « Certains étudiants, dit-elle, ont été littéralement endoctrinés par des professeurs qui sont de purs militants, mais que leurs titres académiques légitiment auprès des jeunes. » Céline Masson, professeur de psychopathologie clinique à l’université de Picardie Jules-Verne, ajoute : « Il existe aujourd’hui une petite cinquantaine d’universitaires très présents sur certains campus qui instrumentalisent la notion de racisme d’Etat. » En juin, Céline Masson a fait paraître avec deux autres professeurs (Isabelle de Mecquenem, professeur de philosophie de l’université de Reims, et Jean Szlamowicz, de l’université de Bourgogne) une tribune titrée : « Un antiracisme sectaire à l’assaut des facs : malaise dans la culture juvénile ». Ils y décryptaient le « discours univoque et véhément », qui, de colloques en conférences sur l' »islamophobie », cherche, « au mépris de la rationalité critique », à « légitimer l’idée d’une racisation de la société et d’un racisme d’Etat ». Ainsi s’impose peu à peu une vision du monde, clivée entre les « indigènes » opprimés et les « Blancs » héritiers de la colonisation. Alors que le mot « race » – jusqu’il y a peu signe de ralliement de l’extrême droite – vient d’être effacé de la Constitution française par un vote à l’unanimité de l’Assemblée nationale, en juillet 2018, le voilà qui fait son entrée en force dans les universités, y compris les plus prestigieuses. En juin 2018, la Sorbonne a lancé une série de conférences autour du thème : « Approches phénoménologiques du genre et de la race. Penser les oppressions et les résistances ». En septembre, Paris-Diderot (Paris-VII) a aussi tenu un ambitieux colloque. Trois jours de réflexion avec au menu : « Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université ». Plusieurs enseignants de Paris-VII disent aujourd’hui à « l’Obs », mais toujours sous le sceau de l’anonymat, combien ils ont été heurtés par ce symposium. Bien sûr, expliquent-ils, la problématique de la race, en tant que construction sociale, mérite l’intérêt. Bien sûr, poursuivent-ils, les facultés ont toujours eu pour mission d’animer le débat et la recherche. Mais le Code de l’Education prévoit aussi que l’enseignement supérieur soit « indépendant de toute emprise politique, religieuse ou idéologique ». Et qu’il tende à l' »objectivité du savoir ». Or, à lire la présentation des travaux de Paris-VII, il semble d’emblée posé que l’école et l’université françaises sont par nature « racistes », et produisent automatiquement des discriminations. « C’est donner raison à Bouteldja [la porte-parole des du PIR, NDLR] », affirme l’un de ces enseignants. (…) Elle bénéficie également du soutien de nombreux intellectuels. En juin 2017, après un article du « Monde » consacré au malaise croissant de la gauche face à l' »usage militant des notions comme la ‘race’ ou l »islamophobie' », une vingtaine de personnalités s’indignent dans une tribune et volent au secours de Bouteldja : « Accusations infondées », « calomnies ». Parmi les signataires : l’historienne Ludivigne de Bantigny, la sociologue Christine Delphy, la philosophe Isabelle Stengers, l’écrivain Annie Ernaux, ou l’éditeur Eric Hazan. Les « thèses » professées par Houria Bouteldja ont depuis longtemps franchi les sphères confinées de la radicalité. En voici un florilège. Sur les Blancs : « J’appartiens à ma race. Au-dessus de moi, il y a les profiteurs blancs. […] Mes oppresseurs. » Sur l’homosexualité : « La tarlouze n’est pas tout à fait un homme. Ainsi, l’Arabe qui perd sa puissance virile n’est plus un homme. » Sur les juifs : « Pour le Sud, la Shoah est – si j’ose dire – moins qu’un détail. […] Cette histoire n’est pas la mienne en vérité […]. C’est pourquoi, je vous le dis en vous regardant droit dans les yeux : je n’irai pas à Auschwitz. » Lors des grèves des facs au printemps, on a pu mesurer l’effet de tels discours sur les étudiants. Les murs de plusieurs universités ont été tagués de slogans racistes (« Mort aux Blancs », « Fuck White People », « Assimilation = ethnicide »,  » Si le racisme antiblanc existait, je serais un gros faf ») ou à connotation islamiste (« Femmes, voilez-vous ! », « Allahou akbar »,  » Califat Queer « ). Pendant le même mouvement de grève, lors d’une conférence à Nanterre, deux militants « décoloniaux » ont été jusqu’à soutenir que « la gauche blanche enjoint aux non-Blancs de s’identifier comme homosexuels ». Pourquoi ? » Parce que la majorité blanche du Nord impose sa vision de la sexualité, qu’elle prétend universelle et émancipatrice, à l’intégralité de la population non-blanche du Sud qui ne lui a rien demandé.  » Sus à l' »homoracialisme français », concluaient les deux  » décoloniaux « . A bas l' »impérialisme gay » (l’une des expressions phares d’Houria Bouteldja). Sous la pseudo-spécialisation du langage, des alliances, en apparence contre-nature, se nouent. Entre les Indigènes de la République, les Frères musulmans (lesquels conceptualisent également une racialisation de l’islam) et certains militants d’extrême gauche. Tous unis pour dénoncer un « racisme d’Etat structurel, pensé, organisé et légalisé par des Blancs » et pour instituer les « indigènes » (noirs, arabes ou asiatiques) en « nouveaux damnés de la terre ». Exemple tout récent : le Collectif Rosa-Parks, qui, en octobre, a appelé à faire la « grève de la France » (« On disparaît de nos lieux de travail, de nos facs, de nos écoles ») pour dénoncer la « gestion raciale » des populations et la « ségrégation » érigée en « système ». Au bas de cet appel, les signatures d’Houria Bouteldja du PIR, de Marwan Muhammad du CCIF et d’une dizaine d’universitaires, parmi lesquels les « indigénistes » assumés Nacira Guénif-Souilamas, professeur de sociologie à Paris-VIII, et Françoise Vergès, politologue. De l’avis de tous ceux que nous avons rencontrés au cours de cette enquête, la mouvance « décoloniale » gagne du terrain à l’université. Certains s’en réjouissent, d’autres s’en inquiètent. Le plus souvent en silence. Un professeur est allé jusqu’à nous avouer sa « terreur » face à d’éventuelles représailles d’étudiants. Un autre craint de ne plus « obtenir de crédits » pour ses recherches s’il critique les orientations de son labo. Discours inutilement alarmistes ? Peut-être est-il simplement temps d’ouvrir le débat sur le sujet, sans anathèmes ni fantasmes, et de faire un état des lieux. » Matthieu Aron

Quand l’école sert aussi à faire la guerre …

A l’heure où la Fête de l’huma et nos députés les plus prétendument progressistes déroulent le tapis rouge pour le jeune produit d’une éducation à la haine palestinienne qu’un certain nombre de pays européens se voient aujourd’hui après les Etats-Unis contraints de désavouer …

Et où notre jeune président apporte son extrême onction à un professeur de mathématique qui dans la longue tradition du défaitisme révolutionnaire du « parti des 75 000 fusillés » avait lui aussi pour nos ennemis d’alors porté les valises …

Quand notre Sartre et compagnon de route national appelait à rien de moins que l’assassinat d’Européens

Comment ne pas s’inquiéter avec les sociologues américains Bradley Campbell et Jason Manning …

De l’émergence, dans le véritable ghetto culturel des campus américains, d’une culture de la victimisation qui voit, derrière la défense des minorités et entre déboulonnages de statues et décrochages d’enseignes, le retour de la censure et des purges idéologiques …

Mais aussi, avec la contamination à la société entière – mâles blancs compris, comme en témoigne en partie l’élection d’un Trump – de cette compétition et hiérarchisation victimaires, de l’escalade vers une société toujours plus conflictuelle et divisée …

Et comment ne pas s’alarmer avec les professeures françaises Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret …

Où à la veille d’un colloque à Paris VII réunissant des « chercheurs en indigénisme » ..

Un racisme tout juste chassé par la porte de la Constitution …

Revient par la fenêtre de l’université ?

Comment le racialisme indigéniste gangrène l’Université
Barbara Lefebvre
Le Figaro
07/09/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret s’insurgent contre la tenue d’un colloque à Paris VII réunissant des «chercheurs en indigénisme» et dévoilent la manière avec laquelle le milieu universitaire français est saccagé par l’idéologie antirépublicaine des groupuscules d’extrême-gauche.


Barbara Lefebvre est professeur d’histoire-géographie. Elle est coauteur de Les Territoires perdus de la République (éd. Mille et une nuits, 2002). Anne-Sophie Nogaret est enseignante.


La dévastation intellectuelle conséquente à l’idéologie racialiste est apparue sur les campus américains au tournant des années 1970-1980. Pour notre malheur, elle arrive en Europe toute prête à l’emploi, dans des universités où le vide idéologique et politique a laissé le champ libre au militantisme identitariste des minorités. Un colloque organisé à l’université Paris VII fin septembre viendra encore une fois en administrer la preuve.

Portée outre-Atlantique par l’extrême gauche, puis par des groupes et des individus s’estimant les porte-paroles exclusifs de «minorités» de couleurs, de genres, d’obédiences spirituelles, etc., l’idéologie racialiste mère de ce désastre culturel a été largement décrite, et depuis longtemps, par nombre d’intellectuels américains – hélas trop rarement traduits en français – d’Allan Bloom au milieu des années 1980 jusqu’à l’ouvrage récemment publié par deux sociologues, Bradley Campbell & Jason Manning, The Rise of Victimhood culture (Springer, 2018).

Aux États-Unis est ainsi née l’inversion des modes ségrégatifs. Dans un pays qui vécut longtemps sur un système de discrimination légale, doit-on s’étonner? Les antiracistes-racistes actuels se prétendent héritiers de la lutte pour les droits civiques des années 1960, qui visait en effet à combattre des situations bien réelles et à abolir les lois de ségrégation raciale. Une fois l’égalité des droits acquise fut mise en œuvre la discrimination positive, source d’effets pervers qui ont justifié sa profonde remise en cause, y compris par le président Obama. Mais ce n’était pas assez: il fallait suivre les traces de Malcom X plutôt que la sagesse d’un Luther-King, il fallait que les WASP payent, et sur plusieurs générations. Seuls des «blancs» adeptes de l’autoflagellation pourraient désormais échapper à l’opprobre du racialement-correct. Ils furent légion, ils se comptèrent par millions, jusqu’au point où cette haine de soi apparut pour ce qu’elle était: une pathologie collective suicidaire.

Le concept «d’appropriation culturelle» étant une des gouttes qui a fait déborder le vase de la bêtise du «progressisme racialiste». Des Américains de toutes origines commencèrent alors à reprendre leurs esprits, à sortir la tête de l’eau croupie de l’autodénigrement. Ironie du sort, au même moment, en France, nous plongeons à notre tour dans ce marigot, l’adaptant à notre sauce, réécrivant notre histoire commune à partir de récits mêlant histoire, mémoire et mythologie sur des thèmes obsessionnels tels que l’esclavage, le colonialisme, le génocide, l’homophobie, la misogynie, l’immigration. Il en ressort que la société française – traduire par «blanche», «de souche», «gauloise» etc. – serait intrinsèquement raciste.

Depuis une dizaine d’années, dans les départements universitaires français de Sciences humaines, nombre de chercheurs – inconnus du public éclairé, voire de leurs collègues universitaires renommés – reprennent les grandes théories des «gender studies» ou des «racial studies» élaborées aux États-Unis reprenant le vocabulaire abscons cher aux héritiers de Deleuze, Lacan, Foucault et Derrida, cette «French theory» influente sur les campus des années 1970-80. Certains sont docteurs en sociologie ou en sciences politiques. Beaucoup plus rares, mais plus inquiétants, d’autres sont normaliens. La plupart des fers de lance de cette idéologie sont des étudiants-doctorants qui voient leurs thèses validées par une poignée de professeurs d’université grenouillant dans la mouvance indigéniste. Tout ce petit monde, très sensible au discours des Indigènes de la République et du CCIF, publie des articles dans des revues secondaires voire anonymes et des livres chez des éditeurs militants plutôt qu’universitaires. Mais ce sont les petites rivières qui forment les grands fleuves.

Ils nous expliquent que ce qui compte, ce n’est pas tant le réel que les représentations mentales et sociales, qui à les lire seraient gravées dans le marbre… Commence ainsi la police de la pensée dont toutes les idéologies totalitaires ont porté la marque: on vous assigne à une identité en vous prêtant une pensée (et donc des comportements) induite par votre groupe d’appartenance, supposé ou réel. Vous devenez raciste par vos ascendants, sexiste parce que vous êtes un homme blanc hétérosexuel. Parallèlement, si vos ascendants furent esclaves, colonisés, exterminés ou si vous êtes née femme, vous êtes à jamais victime. Et comme il s’agit de représentations sociales, il convient d’éclairer votre lanterne, car pauvre bougre que vous êtes, vous êtes parfois victime ou bourreau par héritage sans le savoir! Une poignée de maîtres-penseurs, Docteur-es PHD à l’appui, viennent ainsi révéler au grand jour vos tares et vos traumas. Trop d’impensés tueraient-ils la pensée? Par la magie d’un simple logiciel de statistiques, ces soi-disant penseurs «analysent» vos discours et vos textes et produisent un nuage de mots administrant la preuve sémantique de vos obsessions mentales, racistes, sexistes, homophobes, enfin dévoilées.

L’avantage du concept d’«inconscient collectif» ou celui de «construction sociale» est qu’il permet d’attribuer toute pensée déviante à un tiers voire à un groupe social dans son entier. Ainsi les indigénistes recourent-ils systématiquement à l’essentialisation pour stigmatiser les «bourreaux». Essentialisation que, ne craignant pas la contradiction, ils dénoncent tout aussi systématiquement dès qu’il s’agit des «victimes».

Ainsi donc, à l’université Paris 7 aura lieu du 27 au 29 septembre 2018 un colloque intitulé «Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université» et qui rassemblera la crème de ces chercheurs en indigénisme et quelques-uns de leurs serveurs de soupe habituels. L’articulation de la notion de «race», ici subtilement passée par le prisme «discriminatoire», au système scolaire et académique français, de ce fait implicitement défini comme raciste, porte la marque de l’indigénisme.

On l’avait déjà vu clairement exposée lors du stage «Sud Éducation 93» de décembre 2017 intitulé sobrement «Au croisement des oppressions. Où en est-on de l’antiracisme à l’école?». Lequel stage de formation syndicale prévoyait des sessions «décoloniales» interdites aux descendants d’esclavagistes et/ou de colons, autrement dit, interdites aux blancs non musulmans. Certains animateurs de ce stage interviendront au colloque de Paris 7, comme Wiam Berhouma, enseignante d’anglais en collège ou Lissel Quiroz, membre de l’association «le Front de mères».

La thèse dite «décoloniale», initiée et défendue par la mouvance indigéniste, postule l’existence d’un «racisme d’État», d’un racisme «systémique» qui maintiendrait délibérément les populations issues de l’immigration africaine dans un statut d’infériorité. Ce «racisme d’État» viserait du même coup spécifiquement l’islam, religion qui de ce fait se retrouve assimilée à une «race», celle des victimes, des humiliés par excellence. Cette «domination» racialiste serait instaurée par l’institution scolaire dès le plus jeune âge et à tous les niveaux ; les élèves, les étudiants seraient ainsi exposés à des enseignements biaisés visant à les rabaisser, les enseignants véhiculant inconsciemment pour la plupart des représentations sociales héritées de l’époque coloniale. Pour la mouvance décoloniale, l’École de la IIIème République est l’objet de toutes les détestations: odieusement raciste et islamophobe puisque laïque, affreusement colonialiste car elle croyait en un idéal universel d’instruction, la fameuse «mission civilisatrice». Il s’agit toujours chez les indigénistes de porter un regard anachronique sur cette époque passée pour mieux la décalquer sur le présent. L’anachronie, c’est leur fonds de commerce.

En cette fin septembre, trois jours durant, une université parisienne va donc débattre de son propre racisme, confirmant en cela non seulement qu’il existe, mais encore qu’il lui serait quasiment consubstantiel. Au sein même de l’institution académique, distiller la thèse selon laquelle celle-ci serait structurellement raciste constitue une des tactiques répertoriées de l’entrisme indigéniste. Les activistes «décoloniaux», fins stratèges mais peu nombreux en réalité, misent sur le principe d’économie: un investissement minimal (quelques intervenants, dont certains avancent masqués) qui par le truchement des instances universitaires permet de répandre les thèses indigénistes aux jeunes générations, et ce d’autant plus efficacement qu’elles se trouvent estampillées du label universitaire: si l’académie le dit, c’est que c’est vrai… Comme l’écrivait en 1987 Allan Bloom: «les étudiants sont, en général, gentils. C’est à dessein que j’emploie cet adjectif. Ils ne sont pas particulièrement moraux ou nobles. Dans les époques heureuses, la gentillesse est une facette du caractère démocratique».

De la gentillesse à la mollesse jusqu’à l’endoctrinement les yeux grands fermés, il n’y a que quelques degrés que la déculturation de masse produite par notre enseignement secondaire depuis vingt ans aura permis de dépasser. Et parmi ces étudiants seront (sont déjà?) formés nos futurs enseignants, qui à leur tour, apprendront (apprennent?) à leurs élèves à quel point ils sont opprimés par les «blancs», et ainsi de suite.

Un président d’université peut ne pas être au courant du détail des rencontres organisées au sein de la structure qu’il dirige, comme c’était sans doute le cas à Lyon, à Limoges et à Toulouse où de tels colloques ont été annulés ces dernières années après avoir été portés à la connaissance du public par les médias. Tel ne saurait être le cas du colloque «Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université», puisque le 27 septembre prochain Christine Clerici en personne, présidente de l’Université Paris-Diderot, inaugurera les festivités. Seront présents lors de ce discours d’ouverture tous les organisateurs. Parmi ces derniers figurent Fabrice Duhme et Abdellali Hajjat. Sans doute Madame Clerici ignore-t-elle que Fabrice Duhme est sympathisant du Parti des indigènes de la République? Pour mémoire, en 2014, à la date symbolique du 18 juin, il cosignait leur appel à l’abrogation de la circulaire Chatel permettant d’interdire à des parents portant un signe religieux ostentatoire d’accompagner les activités scolaires. Plus récemment, il soutenait le stage organisé par le syndicat Sud-Education 93 précité. Quant à Abdellali Hajjat, maître de conférences à l’Université Paris-Ouest Nanterre, il a co-écrit avec Marouane Mohammed, sociologue s’affichant avec Assa Traoré, un ouvrage intitulé: Islamophobie: Comment les élites françaises fabriquent le «problème musulman».

Madame la présidente de l’université Paris Diderot prononcera-t-elle donc un discours d’ouverture en présence d’organisateurs dont les positions indigénistes et en faveur de l’islam politique ne sont un secret pour personne?

Quant aux intervenants du colloque, on y relève la présence d’un inspecteur général de l’Éducation nationale, Benoit Falaize, qui se garde bien de se présenter sous ce titre dans le programme actuellement disponible, se contentant d’énoncer son statut de «chercheur». L’Inspection Générale Enseignement Primaire est-elle informée de sa participation à ce colloque? De même, Madame Judith Klein de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire, qui dirige la mission «prévention des discriminations et égalité fille-garçon», est-elle annoncée comme intervenante. La sous-direction de la vie scolaire dont dépend Mme Klein approuve-t-elle sa présence à un tel colloque?

Parmi les intervenants, nombre d’étudiants et de doctorants qui sont autant d’illustres inconnus. Quelques noms pourtant attirent l’attention: Hanane Karimi membre de Lallab ou Wiam Berhouma, professeur d’anglais, figure centrale du stage «décolonial» de Sud Education 93 en 2017, dont le haut fait d’arme est d’avoir interpellé avec aggressivité Alain Finkielkraut dans une émission de France 2 en 2016. Coup d’éclat médiatique qui lui a d’ailleurs réussi puisqu’elle fut reçue en février 2017 avec ses classes par Claude Bartolone, alors président de l’Assemblée Nationale. Ella a, en outre, récolté en 2018 plus de 12 000 euros via la cagnotte Ulélé pour que ses élèves «descendants de l’immigration et qui ne se sentent pas ou seulement très peu citoyens» aillent à New York, afin de savoir «comment s’est construite et comment se construit cette citoyenneté aux États-Unis en comparaison avec la France». Il est d’ailleurs courant que les leaders indigénistes mettent de côté leur ressentiment anti blancs et anticapitaliste quand il s’agit de récolter des fonds chez de vieux milliardaires ou de se faire offrir des séminaires de formation aux États-Unis sur la discrimination positive et les class actions… La caution de l’académie via le discours d’ouverture de Madame Clerici ne manquera pas de légitimer de telles ascensions!

Plus parlante encore, la présence parmi les intervenants d’un membre de l’association «le Front de mères», Lissel Quiroz. Association fondée en 2017 par Fatima Ouassak, proche du PIR et passée par Sciences-po Lille, qui entend en faire à terme un syndicat de parents d’élèves. On peut s’interroger sur le profil de ces futurs représentants puisque l’appel du Front de mères commence par une déclaration sans ambiguïté: «L’école, c’est la guerre», avant d’aligner unilatéralement le discours de l’humiliation cher aux indigénistes et aux islamistes: «Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires….nos enfants fréquentent des établissements où ils sont stigmatisés et humiliés par certains enseignants, prêts à partir en croisade contre une jupe longue ou un début de barbe suspecte… Nos enfants assistent aux humiliations que nous y subissons, notamment lorsque nous sommes voilées et qu’on nous interdit de les accompagner en sortie… Nos enfants apprennent très tôt la hiérarchisation raciale».

Sans porter atteinte à la liberté d’expression, Christine Clerici, présidente de l’université Paris Diderot, mais aussi Jacques Toubon, le défenseur des droits, doivent-ils accorder par leur présence la caution institutionnelle que cherche la mouvance indigéniste? L’offensive universitaire de ces mouvements constitue un danger réel pour l’enseignement supérieur, plus généralement pour la crédibilité des universités françaises déjà mises à mal dans les classements internationaux. L’université française ne peut pas se permettre la gangrène qui a gagné certains campus américains, qui y a décrédibilisé des départements entiers et a conduit des enseignants réputés à quitter leurs postes. Car, ne nous y trompons pas: les indigénistes, comme les islamistes, suivant les théories de Gramsci, veulent précisément faire imploser l’institution scolaire et académique, qui sont les socles de la société à venir.

Voir aussi:

Appel du « Front de mères » : luttons pour nos enfants !

Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires, êtes-vous sereins quand vous confiez vos enfants à l’école le matin ? Êtes-vous rassurés à l’idée qu’ils y passent l’essentiel de leur vie ?

Nous sommes, pour beaucoup d’entre nous, inquiets voire angoissés dès qu’on évoque l’école. Et pour cause !

Nos enfants fréquentent des établissements qui n’ont pas les moyens de fonctionner, avec des taux records de professeurs absents et non remplacés, des taux records de professeurs mal-formés.

Nos enfants fréquentent des établissements où ils sont stigmatisés et humiliés par certains enseignants, prêts à partir en croisade contre une jupe longue ou un début de barbe suspecte.

Nos enfants sont traumatisés par des conflits d’autorité entre leurs parents et l’école, lorsque par exemple leurs parents leur demandent de ne pas manger la viande imposée dans leur assiette, alors que l’institution les incite, voire les oblige à la manger.

Nos enfants apprennent à l’école à ne pas respecter les valeurs que nous essayons de leur transmettre.

Nos enfants nous regardent quand nous sommes sermonnés et infantilisés par les enseignants.

Nos enfants assistent aux humiliations que nous y subissons, notamment lorsque nous sommes voilées et qu’on nous interdit de les accompagner en sortie.

Nos enfants apprennent à l’école à avoir honte de leurs mamans. Nos enfants apprennent très tôt la hiérarchisation raciale.

Nos enfants comprennent très tôt que l’école a un problème avec leurs cheveux quand ils sont crépus, avec leur langue maternelle si elle est africaine, avec leur religion quand c’est l’Islam.

Nos enfants subissent des programmes scolaires où les peuples dont ils sont issus, sont infantilisés, diabolisés ou invisibilisés.

Nos enfants apprennent à l’école à avoir honte de ce qu’ils sont.

Cette manière dont l’école traite nos enfants n’est pas accidentelle. Les discriminations qu’ils subissent ont une fonction : les résigner à occuper les postes les plus précaires, les plus mal payés, aux conditions de travail les plus difficiles.

Si notre enfant rêve d’avoir un jour un « beau métier », valorisé socialement, tout un système d’orientation se met en place, de la maternelle au collège, à travers les appréciations, le système de notations et les préjugés, pour l’en dissuader, et l’amener, étape par étape, vers des filières conduisant à des métiers à très faible valeur sociale.

Nos enfants sont éduqués à l’école de manière à ce qu’ils deviennent plus tard une main d’oeuvre malléable et bon marché, sans se plaindre. Mais ils sont aussi éduqués de manière à ce que même lorsque, exceptionnellement, ils font de brillantes études, et qu’ils occupent des postes à responsabilité, ils restent à leur place, ils font allégeance, et ils courbent l’échine.

La manière dont l’école nous traite, nous parents, n’est pas accidentelle non plus.

Nos familles, le lien que nous avons à nos enfants, la transmission que nous leur devons, nos racines, nos langues, et nos religions, sont des ressources pour nos enfants. Tout est fait pour casser cette famille-ressource qui permettrait à nos enfants de mieux résister. Isoler pour mieux écraser.

Comment empêcher que nos enfants soient ainsi brisés par l’école?

Pour sauver nos enfants, nous ne pouvons pas nous contenter de stratégies individuelles !

Car avec ces stratégies individuelles, notre enfant sera amené à courber l’échine toute sa vie durant, et ce ne sera jamais suffisant.

Qu’elle soit caissière ou ministre, téléconseillère ou avocate, notre fille subira le racisme.

Qu’il soit chômeur ou chirurgien, livreur ou ingénieur, notre fils subira le racisme.

A quoi sert d’élever notre fille comme une reine, si la société dans laquelle elle grandit considère les personnes qui lui ressemblent comme des êtres inférieurs?

En réalité, soit nous, parents noirs, arabes et musulmans gagnons ensemble. Soit nous perdons ensemble, et aucun de nos enfants ne sera épargné, y compris les quelques-uns qui auront atteint les classes moyennes et supérieures, car qui peut prétendre qu’on peut être heureux en étant honteux et aliéné?

Évidemment, nous voulons que nos enfants réussissent à l’école, y aient de bons résultats et s’y épanouissent.

Mais nous devons refuser de choisir entre réussite scolaire et dignité.

Nous devons le refuser pour nos enfants, parce que nous les aimons et que nous voulons ce qu’il y a de mieux pour eux, réussir et s’aimer soi-même, réussir et aimer les siens, réussir et avoir confiance en soi, réussir et rester digne.

Parce que nous aimons nos enfants,

Parce que nous voulons mettre hors d’état de nuire le système raciste qui les détruit,

Parce que nous voulons leur transmettre tout ce qui pourra les rendre plus forts, à commencer par notre dignité,

Parce que nous voulons les éduquer à travers des valeurs d’égalité, de justice et de bienveillance,

Parce que nous savons que sans lutte politique et collective, ce combat-là est vain,

Nous avons créé le Front de Mères. Et nous lançons les Etats Généraux des Familles qui auront lieu fin mai 2017, à Paris, pour réfléchir et travailler ensemble à un plan d’actions concrètes. Collectifs locaux de parents, rejoignez-nous pour organiser ces Etats Généraux, contactez-nous.

LE FRONT DE MÈRES
Coordinatrices : Fatima Ouassak (Politologue, auteur du livre « Discriminations Classe/Genre/Race », Ifar, 2015) et Diariatou Kebe (Blogueuse et auteure du livre « Maman noire et invisible », aux éditions La Boîte à Pandore (2015). Contact : front2meres gmail.com

Agenda : « Les États Généraux des Familles : l’urgence de construire des stratégies collectives en matière d’éducation et de transmission », le 24 mai 2017 (Horaires : 9h – 18h) – Lieu : La Parole Errante 9, rue François Debergue – 93100 Montreuil

Voir également:

The War on Dignity

Claire Lehmann reviews Bradley Campbell’s and Jason Manning’s « The Rise of Victimhood Culture »

In 2011, a group of University of Wyoming students created a Facebook group called “UW Crushes,” where they shared anonymous declarations of attraction to one another. The police were called to investigate when one anonymous poster wrote: “I want to hatef–k Meg Lanker Simons so hard That chick runs her liberal mouth all the time and doesn’t care who knows it. I think its [sic] hot and it makes me angry. One night with me and shes [sic] gonna be a good Republican bitch.” Students who were members of the group asked the group’s administrators to remove the post. But Lanker Simons objected: “Actually, I want this to stay up. This is disgusting, misogynistic, and apparently something the admins of this page think is a perfectly acceptable sentiment.” She continued: “Even if it is taken down, I’m left to wonder if there’s someone out there with a violent fantasy about me—and likely other women.” Police later determined that the post was a hoax and that the threat had been written by Meg Lanker Simons herself. Before the police arrived at this conclusion, a rally against “rape culture” had been held at the university.

The Rise of Victimhood Culture makes the case that incentives at the modern American university have created a new moral culture, one where victimhood is granted a special moral status. Awarding status to victims has in turn led to hoaxes, false accusations, and, in some extreme cases, moral panics. The diagnosis is put forward by sociologists Bradley Campbell and Jason Manning, and they make their case convincingly. The argument is that college campus is ground zero for this new culture, but its rules of conduct are starting to leak into mainstream institutions.

Campbell and Manning did not start their careers investigating microaggressions and trigger warnings. Campbell had been studying the sociology of genocide at California State University, and Manning had been studying suicide at West Virginia University. They came together to consider the questions of how groups manage conflict and how grievances are handled in different cultural contexts. In The Rise of Victimhood Culture, Campbell and Manning describe the three main moral cultures that exist today: “dignity,” “honor,” and “victimhood,” and the various behaviors associated with each.

A dignity culture, they explain, has a set of moral values and behavioral norms designed to promote the idea that each human life possesses immutable worth. If an individual has been brutalized or exists at the bottom of a social pecking order, she still has human worth. In a dignity culture, children are encouraged to try their best and are taught aphorisms such as “sticks and stones make break my bones, but words will never hurt me.”

By contrast, in an honor culture, being on the bottom of a social pecking order is associated with great shame. Victims are tainted and often punished for bringing dishonor to their families. In some extreme circumstances, they may even be killed.

A victimhood culture departs from both by inverting their norms. On a university campus, for example, victims are not shamed but are instead fiercely protected, and now awarded status. This dynamic could be observed as early as 2015, in the reception to Emma Sulkowicz’s protest against a sexual assault she alleged had taken place. It consisted of her carrying her mattress around the Columbia University campus, including to class, under the condition that her accused rapist needed to be expelled in order for her to stop. For this performance, she was widely criticized, but she was also heralded as a feminist hero. The New York Times art critic Roberta Smith called it “succinct and powerful” and added that Sulkowicz has “set a very high standard for any future work she’ll do as an artist.” Although Columbia University and the New York Police Department failed to establish any wrongdoing on the part of the student Sulkowicz had accused, for art critics such as Smith, the accused student’s guilt was a fait accompli. That such awards and accolades might incentivize vexatious or false complaints in a student body seemed not to matter to adults in charge.

In the most disquieting chapter, Campell and Manning predict that victimhood culture will eventually spread from elite colleges into the mainstream. In making this prediction, they note the significance of the fact that victimhood culture has emerged among the wealthiest schools in America. Oberlin and Brown, for example, have led the microaggression movement, while Claremont has been a pioneer in safe-space demands, microaggression protests, and the banning of speakers. They point out that the median family income at Middlebury College—where Charles Murray was shouted down and where his sponsoring professor, Alison Stranger, was given whiplash injuries in a parking lot—was $240,000 per year. That income level is double that of Saint Louis University, where Murray spoke to an attentive audience. The book thus highlights a peculiar fact: The students most obsessed with their own oppression are some of the most pampered individuals in the world.

Unlike victimhood culture, dignity culture did not arise from pampered pupils at American schools and universities. It did not even originate with the upper classes. Campbell and Manning explain that it was first established in the class of yeoman farmers, master craftsmen, and artisans of Northern Europe. Since its members had goods to sell, they had a lot to gain from general tolerance of the foibles of others and a lot to lose from engaging in reckless violence. While the nobility continued to duel with swords, Europe’s growing middle classes developed cultures of commercial interdependence. When institutions such as courts matured and the authority of nobles was weakened, the upper classes adopted dignity culture as well. So while dignity spread upwards from the middle classes to the social elite, Campbell and Manning warn, victimhood culture will likely spread downwards from the social elites to the middle classes—as those wishing to be upwardly mobile will try to emulate upper-class moral norms.

While the culture is likely to spread downwards, it is also likely to inspire resentment. Campbell and Manning warn that the narratives of privilege deployed by the culture, which target white men in particular, are just as likely to inspire hostility as deference, especially in those who feel that they are unfairly targeted as oppressors:

If whites and males increasingly face a moral world divided between those who vilify them and those who glorify them, we should not be surprised if many find the latter more appealing than the former.… Here again, the backlash against victimhood may not necessarily advance the ideals of dignity, such as the moral equality of all people. Victimhood culture deviates from this moral equality by producing a moral hierarchy with white males at the bottom; the reaction it provokes may be the resurgence of a moral hierarchy that places them at the top.

Paradoxically, the backlash against political correctness is likely to make the situation worse. Conservatives are quickly learning to ape victimhood, too. The authors note that professional provocateur Milo Yiannopolous “thrives on causing offense and controversy,” neither of which promotes a culture of dignity.

When Kevin Williamson was fired from the Atlantic, Erick Erickson tweeted, “Kevin Williamson’s firing is a reminder that there are two Americas and one side will stop at nothing to silence the other.” Kurt Schlichter took it up another notch:

Never Trump, the public humiliation of Kevin Williamson demonstrates the indisputable fact…

You can side with the left and hope to be allowed to exist like a domesticates [sic] lap dog like David Brooks or Bret Stephens…

Or you can accept this is an existential fight and join us.

The logic of victimhood culture, then, is escalating grievance and retaliatory aggression. When slights cannot be neutralized with a dignified turn of the cheek, the prognosis looks grim.

What the purveyors of victimhood culture do not seem to grasp is that in weakening dignity, and in undermining the principles that deem all men and women to be moral equals, they unwittingly destroy the safeguards that prevent bad actors—such as hoaxers and narcissists—from climbing the social hierarchy through dishonesty and manipulation. In incentivizing weakness and reliance on third parties to intervene in disputes, students invite a paternalistic authoritarian apparatus to develop. While they seem comfortable with an authoritarian apparatus on their university campus today, we should not be surprised if they demand an authoritarian state to police the citizenry tomorrow. The logical endpoint of a victimhood culture will not be a progressive utopia. On the contrary: The further this culture radiates outward, the more likely it will make victims of us all.

Understanding Victimhood Culture: An Interview with Bradley Campbell and Jason Manning

Quillette
May 17, 2018

Bradley Campbell, Associate Professor of Sociology at California State University, and Jason Manning, Associate Professor of Sociology at West Virginia University, have been described as “prophets of the academic world” by psychologist Jonathan Haidt, and their new collaborative work The Rise of Victimhood Culture: Microaggressions, Safe Spaces, and the New Culture Wars, “a book of revelations,” by the sociologist Donald Black. The two sociologists have aimed to supply us with an empirical sociological analysis of the recent moral conflicts that have erupted on U.S. college campuses—and the extent to which these conflicts are spreading outwards into mainstream society.

After reading the book, I reached out to the American sociologists to interview them about some of the key themes of their book, and also to gain insight into some recent cultural trends that were not covered.  What follows is a transcript of our interview conducted via email.

I. Three Moral Cultures

Claire Lehmann: Just briefly for our readers who have not read your book, can you explain the main differences between the dignity, honor and victimhood cultures which you outline in your thesis?

Bradley Campbell and Jason Manning: The three moral cultures are different clusters of traits having to do with what people find offensive and how they handle their grievances.

In dignity cultures, there is a low sensitivity to slight. People are more tolerant of insult and disagreement. Children might be taught some variant of “Sticks and stones can break my bones, but words can never hurt me.” It’s good to have “thick skin,” and people might be criticized for being too touchy and overreacting to slights. If the issue in the conflict is something more than a slight or insult — say, a violent assault — you’re to handle the matter through appeal to authorities such as the legal system. Taking the law into your own hands with violent vengeance is itself a serious crime and generally looked down upon.

In honor cultures, there’s a much greater sensitivity to slight. Insults demand a serious response, and even accidental slights might provoke severe conflict. Having a low tolerance for offense is more likely to be seen as a virtue than a vice. Letting yourself be slighted without seeking justice is shameful. And seeking justice is more likely to take the form of violent vengeance. Appealing to authorities is more stigmatized than taking matters into your own hands.

These two kinds of cultures emphasize different sources of moral status or worth. Honor is one’s status in the eyes of other people. It depends on reputation. And while a lot of things might go into making this reputation, the core of classical honor is physical bravery. Tolerating slights is shameful because you let someone put you down without defending your reputation by force. It suggests cowardice. Appealing to the authorities is shameful for the same reason. Virtue means being bold and forceful, aggressively defending your reputation against any challenges, and being vigilant for signs that someone else is probing you for weakness.

Dignity is a kind of inherent and inalienable moral worth. It doesn’t depend on your standing in the eyes of other people. A dignity culture emphasizes that all people have this sort of worth, which can’t be taken away. It’s why an insult can’t devalue you. If anything, overreacting to an offense is unseemly because it suggests you’re not confident in your worth and need to take other people’s opinions so seriously. Virtue isn’t being bold, touchy, and aggressive, but restrained, prudent, and quietly self-assured.

What we call victimhood culture combines some aspects of honor and dignity. People in a victimhood culture are like the honorable in having a high sensitivity to slight. They’re quite touchy, and always vigilant for offenses. Insults are serious business, and even unintentional slights might provoke a severe conflict. But, as in a dignity culture, people generally eschew violent vengeance in favor of relying on some authority figure or other third party. They complain to the law, to the human resources department at their corporation, to the administration at their university, or — possibly as a strategy of getting attention from one of the former — to the public at large.

The combination of high sensitivity with dependence on others encourages people to emphasize or exaggerate the severity of offenses. There’s a corresponding tendency to emphasize one’s degree of victimization, one’s vulnerability to harm, and one’s need for assistance and protection. People who air grievances are likely to appeal to such concepts as disadvantage, marginality, or trauma, while casting the conflict as a matter of oppression.

The result is that this culture also emphasizes a particular source of moral worth: victimhood. Victim identities are deserving of special care and deference. Contrariwise, the privileged are morally suspect if not deserving of outright contempt. Privilege is to victimhood as cowardice is to honor.

We can see examples of honor cultures around the world and throughout history. They tend to have relatively high rates of violence, including such distinctive forms as dueling and feuding. Much of the premodern West can be understood as an honor culture. European elites used to preserve their honor by fighting duels to the death; in the US South, fatal duels continued up until the American Civil War.

By the 20th century, though, dignity culture had largely supplanted honor culture in the West. Writing in 1970, sociologist Peter Berger called the concept of honor obsolete, saying it had little resonance with modern people. People no longer lived in mortal fear of having their honor damaged. Questioning someone’s honor would result in a quizzical look rather than outrage. And duels to the death were a strange curiosity of the past.

We argue that victimhood culture, at least in its more extreme forms, is new. We see it in its purest form on contemporary college and university campuses. Manifestations of victimhood culture include complaining about and punishing microaggressions, demanding and creating safe spaces, requesting and requiring trigger warnings, and banning or disinviting speakers who might offend designated victim groups.

II. Moral Hierarchy 

CL: In The Rise of Victimhood Culture, you mention that this new morality imposes a moral hierarchy, with white people being at the bottom and oppressed or marginalised people (victims) being at the top. Can you elaborate on what you mean by a ‘moral hierarchy’?

BC & JM: Making moral judgments elevates the reputation of some people and lowers the reputation of others, so morality is always a source of a kind of social status that we can think of broadly as respectability. Other kinds of status have other sources, so in any complex society not only are some people more respectable than others, but some are also wealthier, more socially integrated, or more culturally conventional. Your position on these and other social hierarchies affects how people treat you. If you testify in court, for example, people are more likely to believe you if you are wealthy, respectable, and so on. And if you’re the victim of a crime, it’s more likely the offender will be brought to justice.

So respectability — moral status — acts like other kinds of status. And since moral judgments give rise to it, it takes different forms depending on the moral culture. Whether it’s important to have a reputation for kindness, chastity, obedience, courage, wisdom, generosity, self-control, or anything else depends on what people value. One culture might see obedience and self-control as key virtues, while another might see them as vices if they mean less individuality and authenticity. Even when different cultures agree on what’s virtuous they might emphasize some virtues over others. This is what happens in an honor culture. Courage, and one aspect of it in particular — physical bravery — is elevated over other virtues. It’s not that people in other cultures don’t value bravery, or that people in honor cultures don’t value anything else, but the emphasis on bravery and toughness in honor cultures leads to a morality that outsiders often find bewildering and immoral.

It also leads to a moral hierarchy with brave, strong, and violent men at the top and the cowardly and the weak at the bottom. Honor is one type of moral status, one revolving around a particular virtue. It arises under particular social conditions such as the absence of a government monopoly on violence, so we certainly understand why honor cultures exist and the logic of their moral system. But we agree with the critics of honor cultures throughout history who have objected to the conflict and violence those cultures produce. We also object to the moral hierarchy of those cultures. Emphasizing one virtue over many others leads to perversities: Cruel men and hotheads can end up being esteemed while peacemakers are denigrated.

The moral hierarchy of victimhood culture has some of the same problems, and it introduces others. Like honor cultures, victimhood cultures emphasize one set of vices and virtues over others. They are concerned with eradicating oppression and privilege, and this single-minded moral obsession can lead to the similar kinds of perversities that come from neglecting other virtues in honor cultures. But even in an honor culture your moral status usually has to do with your own behavior rather than someone else’s. In a victimhood culture it’s instead your identity as a victim that gives you status. It’s not your own virtue at all, but someone else’s treatment of you, that makes you virtuous.

One problem with this is that you end up with a system of morality that doesn’t offer much incentive for good behavior. Honor cultures incentivize bravery while neglecting other virtues. But if you want esteem in a victimhood culture, what can you do? It’s not like you can become a victim. Or actually, you can — you can portray yourself as weak and in need of help, you can portray others’ behavior toward you as harmful and oppressive, and you can even lie about being the victim of violence and other offenses. Victimhood culture incentivizes bad behavior.

The extreme form of victimhood culture we see among activists on college campuses leads to another problem in that one’s status as a victim comes not just from individual experiences of victimhood but also from one’s identity as part of a victim group. The idea is that all members of certain groups are victims, but that no one else is. Activists even argue that whites cannot be the victims of racism, or men the victims of sexism. Likewise, whether people can be victims of new offenses like cultural appropriation or microaggression, depends on their identity. A white person wearing a hairstyle associated with African Americans would be cultural appropriation, for instance, but an African American wearing a hairstyle associated with whites would not be. Likewise, those who have pioneered the concept of microaggression have made it clear that not all slights count. A white male elementary school teacher may experience stereotypes and put-downs, for example, but to call those microaggressions would be a “misapplication of the concept.”

So the moral hierarchy of victimhood culture places entire groups of people at the top or bottom based on the whole group’s victimhood status. And while it’s not always clear which groups qualify, Jonathan Haidt identifies seven groups that are currently treated as sacred: people of colour, women, LGBTs, Latinos, Native Americans, people with disabilities, and Muslims. Under this schema even many minority groups, such as Evangelical Christians, fail to qualify, and any discrimination against them is ignored or celebrated.

We have two problems with this. The first is a fundamental moral objection. We believe in the ideals of dignity culture — that all human beings have an inherent worth and should be treated accordingly — and we object to the new hierarchy of victimhood just as we would any racial and ethnic hierarchy. The second problem is the reactions it may produce. Whites, men, and others who do not have victimhood status are unlikely to accept a new morality and a new moral hierarchy in which they’re at the bottom. And they may end up embracing one in which they’re at the top. We find the recent prominence of alt-right white nationalists alarming, and we worry there will be more of it in reaction to the spread of victimhood culture. It’s a dangerous thing to undermine dignity culture and its ideals of equality.

III. #MeToo Movement

CL: You wrote your book before the explosion of the #MeToo movement. From your perspective, and your knowledge about the spread of moral cultures, do you believe that the #MeToo movement represents a significant shift in victimhood culture into the mainstream?

When we look at the full-blown victimhood culture among campus activists, the moral logic at work is starkly different than what we see in other contexts. But the lines between different moral cultures aren’t always so clear. The degree to which victimhood is a kind of status is variable, so even where dignity culture is still dominant, we might see some tendencies toward victimhood culture.

In the book we talk about the movement against campus rape, and we point out that the movement has support from journalists, members of Congress, and others who are not part of the campus victimhood culture. And rape isn’t a new offense like microaggression or cultural appropriation. It’s also not a minor offense. So the movement as such isn’t a pure manifestation of victimhood culture. But what we do see is that an effort to honor victims leads to credulity even in cases like the rape hoaxes at Duke and at the University of Virginia where it should have been clear that the accusers were lying. It also leads to efforts to weaken the due process rights of the accused. And alongside the more mainstream elements of the movement are the campus activists and others enmeshed in victimhood culture who make more radical arguments — that accusers should always be believed, for example. But so far such ideas haven’t been widely adopted.

The #MeToo movement may be similar. To some extent it may have facilitated the mainstreaming of victimhood culture, but it’s also a mainstream enough movement that efforts to radicalize it and to use the moral language and logic of campus activists seem mostly to have failed. The movement as a whole appears not to have relied on accusations of new victimhood offenses and has focused instead on things like rape, groping, and other kinds of sexual assault and sexual harassment. The accusations against Harvey Weinstein and against most of the other prominent targets of the #MeToo movement haven’t been about microaggressions and haven’t relied on creative ideological expansions of the concepts of assault and harassment. The accusations against Weinstein, for example, include 19 coerced sexual acts and many more instances of unwanted touching and sexual exhibitionism.

Much of the #MeToo movement might be seen as an expression of dignity culture — an appeal to ideals already widely held in the culture but commonly violated in practice. Women demanding that they not be bullied, groped, fondled, demeaned, assaulted, or harassed by men the workplace, and that the men abusing their power in this way face consequences, aren’t relying on radical feminism or its notions of endemic patriarchal oppression — not usually, anyway. They seem to be trying to bring to light behavior that was already considered wrong but that many people weren’t aware was going on.

But the #MeToo movement is large and has less mainstream elements as well, so some of the accusations have indeed drawn from victimhood culture in various ways. We might think of the most prominent accusations existing on a continuum from Harvey Weinstein to comedian Aziz Ansari. In January 2018 the online magazine Babe published an article by Katie Way about an anonymous woman’s date with Ansari. The article, “I Went on a Date with Aziz Ansari. It Turned into the Worst Night of My Life,” recounts in detail a date between “Grace” and Ansari. Ansari doesn’t come off as particularly gentlemanly in the account, but it’s clear that the story is not about rape, it’s not about sexual assault, and it’s not even about sexual harassment. After going to dinner, the two went to Ansari’s apartment, engaged in sexual acts with one another, and according to Grace, Ansari then kept wanting to engage in intercourse, she didn’t, and she eventually went home. Later in a text message she told Ansari that he had ignored “clear non-verbal cues” and said that he had to have noticed she was uncomfortable.

The accusations against Weinstein, which deal with clear-cut cases of violence, coercion, and harassment, are understandable in terms of mainstream morality, while the accusation against Ansari is understandable only in terms of victimhood culture.

The same perspective that leads to the labeling of uncomfortable conversations as a kind of aggression, or conservative political speech as violence, leads here to the labeling of boorish behavior on a date as sexual assault. To the extent that the #MeToo movement accords a special status to victims, to the extent that it establishes victimhood solely based on whether someone is a woman or man, and to the extent that it blurs the distinction between serious offenses like what Weinstein has been accused of and the kind of noncoercive sexual advances on a date that Ansari is accused of, it will indeed lead to the spread of victimhood culture.

Another thing the Ansari case illustrates is something we have thought of as moral emaciation. Victimhood culture’s focus on oppression narrows the range of moral discourse, and activists seem to be losing the capacity to make moral judgments based on anything other than victimhood terms. It seems that anything activists find bad they define as harmful and oppressive, whether it’s an ugly statue on campus or a bad date. As Mona Charen points out, isn’t what Grace wanted — affection, kindness, attention — what many people want when they go on a date? “What does it say about dating in our time,” she asks, “that those are unrealistic expectations?”

The problem is that Grace has no moral language to communicate this. She can’t describe Ansari’s behavior as caddish, lascivious, or any of the other old-fashioned terms that would more accurately capture her moral reaction. Instead, it has to be oppression, assault. This is probably not good for the #MeToo movement, and it may shift attention away from the kinds of offenses the movement was supposed to call attention to. It also doesn’t help anyone to think better about how people should behave on dates. Moral emaciation leads to moral confusion.

IV. Cultural Appropriation

CL: Do you see the many complaints made today about ‘cultural appropriation’ as being a part of victimhood culture? Cultural appropriation seems to be one aspect of the new morality that most people find baffling. But can it be understood as a culture imbuing certain cultural objects or practices with moral status, that cannot (or should not) be accessed by people who are lower down in the moral hierarchy? Is cultural appropriation in some way similar to a form of moral pollution?

BC & JM: Complaints of cultural appropriation illustrate victimhood culture quite well. As with microaggression complaints, it’s a grievance about a nonviolent, probably unintentional slight that many observers wouldn’t even see as offensive. As with microaggressions, the offense is framed as a matter of collective oppression, of one social group harming another. And in practice, it’s usually an offense defined by identity, something only people in designated privileged groups can be guilty of.

Victimhood culture’s high sensitivity to slight means it continually coins new types of offense. And this is certainly one of the most baffling of the new offenses. As we’ve discussed elsewhere, one particularly confusing aspect is that many of the things that get called cultural appropriation were, until very recently, virtues — signs that one was cosmopolitan and open-minded. If anything, we might expect social and cultural conservatives to be the ones most upset about Westerners practicing yoga or mindfulness meditation, or white kids adopting black fashions and hairstyles. In many cases they are, but these days so-called progressives are often vocal and visible critics.

Your suggestion about moral hierarchy is on point. Though the complaint is framed as a matter of someone dominating or exploiting the vulnerable — in a victimhood culture, virtually all complaints are — it might be more helpful to understand it as a matter of the offenders aping their betters. As sociologist Donald Black discusses in his book Moral Time, various societies throughout history have had rules — sumptuary laws — preventing people from adopting the styles, entertainments, and recreations of their social betters. The Han and Ming dynasties forbade commoners from wearing certain colors of clothing. Premodern Japan had laws forbidding peasants from wearing clothing distinctive of townspeople. In medieval England a law stated that no one under the rank of knight should wear any fur clothing (later amended to allow them to wear distinctive kinds of fur). And no one below the rank of lord was allowed to wear the period’s fashionable pointy shoes. The unwritten norms regarding cultural appropriation seem analogous to these sorts of restrictions.

As you suggest, thinking of it as a kind of moral pollution also might help us put it into a larger sociological context. As sociologist Murray Milner argued in his work on the Indian caste system, sacredness is but a special form of status. It corresponds to what we call moral status in our book, though like honor it might be a particular style of moral status. The sacred is that which is treated as special and worthy of reverence. It must be set apart from the profane, protected by rituals associated with cleanliness and purity. One might immediately think of Mosaic Law, but if we understand it abstractly we can see these sorts of purity rules everywhere, including regarding secular things like national flags and anthems. What is going on when a white Westerner practices yoga or paints in an indigenous style or quotes a lyric from a Beyoncé song? Perhaps it’s like having the unclean enter the temple and put on the vestments. The culture of vibrant, good, brave, people is being polluted by those who carry the moral stain of privilege.

It also seems like there’s also a theme of moral pollution in some of the discourse surrounding “whiteness.” Sometimes the manner in which it’s discussed makes it seem like a curse, or something that spreads and infects places and things as well as people. Hence we see pieces where people complain about the prevalence of whiteness in LGBT spaces, or Taylor Swift exuding whiteness, or, to give a case we mention in our book, people accusing others of asking white questions and employing white research methods.

Conservatives and Victimhood Culture

CL: It was really interesting to read about how conservatives (particularly those who are very flamboyant or attention seeking) have learned to use victimhood culture, or exploit victimhood culture for their own selfish benefit. You argued that this might, in fact, lead to an increased uptake of victimhood culture morality in the mainstream culture. Would you be able to elaborate on this point for our readers?

BC & JM: Victimhood culture is mainly a leftwing phenomenon, but it has a way of spreading. Conservatives and others who find themselves opposed to campus activists might uphold the values of the dignity culture the activists reject, but sometimes they end up departing from it themselves. One way they might do this is by embracing whatever victimhood culture opposes. This can mean being deliberately provocative and offensive in order to get a rise out of the activists, or at the extreme, it can mean embracing alt-right ideologies that reject equality and diversity. But another way conservatives might depart from dignity culture is by embracing the assumptions of victimhood culture and pointing to their own victimhood.

In our first article on victimhood culture in 2014, we pointed to the case of Tal Fortgang, a Princeton student who wrote an article about checking his privilege, as campus activists had been urging that he and others do. The idea was that when he checked his privilege he found in his background a long history of hardship and persecution, including family members who had been persecuted and murdered in the Holocaust.

Now in one sense, that’s perfectly reasonable. It points to the absurdities of the victimhood framework. The grandson of Holocaust survivors might legitimately wonder why he should have the burden of being labeled privileged while others at his elite university gain sympathy and status by labeling themselves victims. We ourselves sometimes wonder why in an academic environment where people constantly talk about disadvantage, inclusivity, diversity, and the like, our working class, small town, Southern backgrounds gain us no victimhood points. So the idea might be, if you’re going to denigrate the privileged and valorize the victimized, at least be more accurate — don’t base it all on skin color, sex, and a few other such traits.

But this easily leads to competitive victimhood, where moral disputes become contests over who can claim the most disadvantage. Conservatives at colleges and universities might be especially prone to embracing victimhood since they can actually make very plausible claims of being one of the most victimized groups on campus. Conservatives are vastly underrepresented among the faculty, especially in the social sciences. Far more sociologists identify as Marxists than as conservatives, for example, and a survey of sociology professors found that nearly 30% of them acknowledged they would be less likely to support a job candidate who was a Republican. Conservatives on campus are also subject to what the activists would call microaggressions or worse if directed toward recognized victim groups. Many of them remain closeted.

The claims of victimhood are understandable, then, but if conservatives end up adopting their adversaries’ assumptions about what constitutes victimhood and what the response to victimhood should be, they’ll become just another force undermining dignity culture. And we’re seeing some of that. For example, National Review published an article by Frederick Hess with the title “When College Presidents Mistake Lib-splaining for Conservative Outreach.” Lib-splaining is presumably like mansplaining, whitesplaining, and other new victimhood culture offenses, and here it refers to a college president encouraging a group of campus conservatives to read more serious conservative works and meeting with them to discuss one of them. As with the other “splaining” offenses, the notion seems to be that any attempt to discuss or explain something coming from an outsider can be offensive.

We also see claims of victimhood becoming a key part of the campus conservative message. Conservatives should definitely complain about the suppression of free speech on campus. But sometimes this takes the form of engaging in intentionally offensive speech in order to get a reaction from the left that then becomes the basis of further complaints. This actually combines both of the dignity-rejecting strategies — the embrace of offensiveness and the embrace of victimhood. Conservative groups that have brought in the provocateur Milo Yiannopoulos, for example, seem more interested in stirring up controversy and angering the left than in advancing conservative ideas.

They should have the right to do so, of course, and even when groups have brought in conservative intellectuals campus activists have sometimes reacted in the same way. Still, bringing in someone like Yiannopoulos hardly advances the ideals of dignity. As conservative UCLA professor Gabriel Rossman wrote to the Bruin Republicans recently after they scheduled a talk by Yiannopoulos on “10 Things I Hate about Mexico,” “if your mission is to spread conservative ideas, you should recognize that hosting Yiannopoulos will only render your organization and our ideas toxic.” In that case the group ended up canceling the talk, but the temptation to court controversy through popular, attention-grabbing speakers can be powerful.

Another way that conservatives and other opponents of victimhood culture may end up adopting its assumptions, perhaps unwittingly, is by valorizing the victims of victimhood culture.  Consider the recent case of Lindsay Shepherd, a graduate student and teaching assistant at Wilfred Laurier University who was certainly treated badly by the faculty and administration there. In a communications class, Shepherd showed a short clip of a debate on the use of gender pronouns and was called to a meeting with two professors and an administrator, who berated her and told her that showing the debate was transphobic and possibly a violation of Canada’s anti-bias laws. When Shepherd released a recording of the meeting, there was an outpouring of support for her from those concerned about free speech and academic freedom, and the university ended up apologizing.

In the aftermath of all of that, though, Shepherd has become a kind of celebrity among opponents of victimhood culture, with regular speaking engagements and honors, including the Outstanding Student Award from Heterodox Academy and a prominent speaking spot at their upcoming meeting. While Shepherd behaved well in the initial conflict with her superiors, her prominence seems to come almost entirely from her status as a victim-of-victimhood culture rather than from any insights of her own. Her views have been consistently supportive of free speech but otherwise mostly inchoate and rapidly shifting. Initially describing herself as on the left, for example, she released a video recently announcing that she no longer identified this way, citing the left’s blurring of the distinction between white nationalists and white supremacists as one of the main reasons for the change. As Genevieve Weynerowski commented, “This granular sidebar made her centrist bona fides a little hard to swallow.” Shepherd also cited the reaction to her campus group hosting a talk on campus by Faith Goldy, an alt-right activist who once gleefully recited a white nationalist slogan and was fired by the right-wing Rebel Media after appearing on a neo-Nazi podcast. Shepherd is both an opponent and victim of campus victimhood culture, but she isn’t necessarily an advocate of dignity culture and seems increasingly to be employing the strategies of deliberate offense and an embrace of victimhood herself. For many opponents of victimhood culture, though, her status as a victim gives her a kind of moral authority and perhaps even immunity from criticism.

Preserving Dignity Culture

CL: I really liked the way you offered insight and not just condemnation of victimhood culture. How do you remain so detached from your subject without becoming judgemental? 

And finally, what are some simple ways (for those who don’t want to live in a victimhood culture) to preserve dignity culture?  

We both have somewhat analytical thinking styles. And from our early training, we’ve both approached sociology out of scientific interest in patterns of behavior. We each got into studying conflict and social control because that seemed where the action was, scientifically speaking. We were drawn to Donald Black’s theoretical work, which used simple principles to describe and explain social behavior.

In our book we talk about the politicization of sociology. The field has long tended to attract people with axes to grind — mostly liberal or progressive ones, occasionally conservative ones. Even if they take scientific methodology seriously — and many still do — their topics and questions are driven by what they feel passionate about for practical or political reasons. Hence the common pattern of people studying their own gender, race, ethnicity, or else writing about the topic they were doing activism on before deciding to go to graduate school.

That’s not been our bag. Our previous research topics — genocide and suicide — weren’t chosen because we were particularly involved with them outside of sociology. They just seemed like strange phenomena, and topics we could tackle given using the approach we’d learned from Black.

Victimhood culture does hit closer to home for us. Its epicenter is the university, and it has a lot of traction in the social sciences. As academic sociologists, we definitely have practical worries about what the future holds. Even with this topic, though, our initial forays into it were more of a “Hey, this is weird” than “Man the barricades!

Throughout the process of writing the book we were simply more interested in describing and analyzing than merely complaining. Complaint is boring. Analysis is interesting, especially if one is making cross-cultural comparisons and searching for the general principles behind it all. There’s a reason so many of our chapters start with examples from the days of dueling aristocrats. In comparative context, all human behavior is bizarre and fascinating.

We are social scientists, but of course, we are not only social scientists. We have political views and strong moral commitments. Our book considers several consequences of victimhood culture that we, and probably most of our readers, think are bad. Outside of the book, including in The Chronicle of Higher Education, we’ve stated our support for free speech and academic freedom and our belief that victimhood culture isn’t conducive to these things.

How, then, would people who agree with us go about preserving dignity culture?

Jordan Peterson’s rule #6 isn’t bad practical advice: “Set your house in perfect order before you criticize the world.” So we might start with ourselves. Can we make ourselves less sensitive to slight? Studying ancient wisdom, learning the lessons of cognitive behavioral therapy, or even absorbing some folk knowledge might be helpful. So might searching for sources of involvement and meaning that don’t revolve around a moral hierarchy of identity groups. Can we find better ways of handling our grievances other than venting online or complaining to a bureaucracy? Talking things out is hard. It requires confrontations that many of us would rather avoid. But like anything, if you can force yourself to start doing it, it might get easier with practice.

We might also focus on the epicenter of victimhood culture — our colleges and universities. Do we know how much of state universities’ funds go to administration as opposed to instruction? Do we know how much of that is for the policing of offensive speech and propagating microaggression theory and implicit bias training? Do our legislators know? Maybe we should call and ask — or better yet, get together a group of a half-dozen friends to call and ask. If it were possible to shrink the university bureaucracy — particularly the bureaucracy charged with handling offensive words and images — it would reduce the moral dependency of victimhood culture. It would reduce the incentives to jockey for victim status and increase the incentives for alternative ways of dealing with problems. It might even make people more prone to talk to talk to one another and speak their minds without fear of reprimand.

Along those lines, another strategy would be to try to reduce the ideological homogeneity of the academy, where a mainstream conservative is a rarer thing than a radical leftist. There’s no guarantee this would increase dignity culture as such — as we’ve seen, conservatives can join in the victim game too. But since victimhood culture is currently most concentrated on the radical left, some of its most severe manifestations involve demonizing those on the right. According to Black’s theory, tolerance of diversity is greater in exactly those places that have more diversity to start with, while concern with cultural purity is greatest where culture is relatively homogeneous. Theoretically, increasing ideological diversity should reduce the degree of ideological intolerance on campus, and so undermine some of the more severe eruptions. It would also provide some more tolerance for those wishing to criticize victimhood culture as such.

For many college students, socialization into extreme sensitivity and dependency began before they arrived. There are signs that children and youth — at least from the middle and upper classes — are more sheltered, supervised, and regulated than in decades past, and that they have correspondingly less practice in coping with difficulties and handling conflicts on their own. Supporters of so-called free-range parenting campaign against this, encouraging parents to allow their children unsupervised play and school districts to provide recess grounds with such dangerous equipment as jungle gyms and monkey bars. One might find ways to encourage these kinds of initiatives locally or nationally, such as by raising money for the legal defense of people charged with neglect and abuse for what many of us would consider a reasonable bit of autonomy or schools held responsible for accidental injuries.

And finally, it’s important to combat victimhood culture and to deal with the problems it creates in the universities and elsewhere, but it’s also important to create alternatives to the universities and the mainstream media where serious ideas can be discussed and debated.

Bradley Campbell, Associate Professor of Sociology at California State University, and Jason Manning, Associate Professor of Sociology at West Virginia University.  The Rise of Victimhood Culture: Microaggressions, Safe Spaces, and the New Culture Wars, is on sale now via Amazon. 

Claire Lehmann is the founder and editor-in-chief of Quillette.

Voir encore:

«Ces peuples qui ne veulent pas mourir»
Eric Zemmour
Le Figaro
14/09/2018

CHRONIQUE – La lutte à mort engagée contre Donald Trump par les médias et la justice de son pays traduit le refus des élites de se ranger derrière la volonté du peuple américain.

C’est un «résistant». Un héros. Un bienfaiteur de l’Amérique et de l’humanité. Le «haut responsable à la Maison-Blanche» qui, dans les colonnes du New York Times , a déversé sa bile sur Donald Trump, est encensé par les médias américains et occidentaux. Non seulement il dénonce dans le président américain un psychopathe à enfermer d’urgence, mais il conserve l’anonymat pour, dit-il, rester en place afin de limiter les dégâts pour les Etats-Unis et le monde. Un héros, nous dit-on, qui, dans «l’ancien monde», aurait été appelé un «traître», une «taupe», et même un putschiste, puisqu’il ne respecte pas la légitimité d’un président élu par le peuple.

Mais c’est ainsi: avec Trump, tous les coups sont permis. Les médias retrouvent d’instinct le langage orwellien qui inverse la paix en guerre et la liberté en servitude. Avec Trump, le traître devient héros, le président des Etats-Unis devient un tyran et un fou. La démocratie, c’est abattre l’homme élu par le peuple américain.

Et cela dure depuis le premier jour de son élection. Une élection qui a pris par surprise toutes les élites de l’est et de l’ouest du pays – élites économiques, financières, médiatiques, judiciaires, administratives.

Cet «Etat profond», comme l’appelle Trump, a décidé d’avoir la peau de ce Président et de le conduire vers la procédure d’impeachment, comme Louis XVI fut traîné à la guillotine. Chaque journaliste, chaque bureaucrate, même les plus haut gradés, chaque juge, rêve d’avoir la peau de Trump comme leurs glorieux aînés ont eu celle de Nixon en 1971. «Nixon le tricheur», lui aussi, avait été le candidat des classes populaires contre l’establishment sorti des campus universitaires des années 1960.

Entre-temps, ces jeunes gens chevelus ont pris tous les pouvoirs à Washington. Et sont bien décidés à ne pas les perdre. Depuis des mois, ils s’efforcent de faire passer Trump pour un espion à la solde de Poutine. Et, comme cela ne marche pas, ils ajoutent désormais la folie.

Cet affrontement, en vérité, dépasse le cas de Trump et même des Etats-Unis. C’est tout l’Occident qui en est le champ de bataille. La guerre inexpiable oppose des élites cosmopolites qui, au nom des valeurs universelles des droits de l’homme, veulent désagréger les peuples et les nations issus d’une histoire séculaire. En face, il y a les peuples occidentaux qui s’efforcent de sauvegarder leur mode de vie, leur identité, leur unité, leur histoire. Des peuples enracinés contre des élites déracinées. La loi de la majorité contre la dictature des minorités. La démocratie contre l’Etat de droit. Des élites qui se parent du titre de «progressistes» et qui, à Paris, Berlin, Bruxelles, Washington ou Los Angeles, traitent avec mépris les «populistes». Des élites qui ont juré d’avoir la peau des antiques nations et des peuples qui ne veulent pas mourir.

Voir enfin:

University under fire for creating a safe space for white students called ‘White Awake

The University of Maryland (UMD) was forced to take down flyers and change the name of a counseling program that offered “safe space for white students” after sparking outrage on campus.

At the beginning of the fall semester, UMD’s Counseling Center posted flyers for a new group called “White Awake,” which prompted the backlash.

Early Friday, the university’s website changed the name to “Anti-Racism and Ally Building Group” and scrubbed any references to a “safe space” and “white students.”

The University of Maryland’s Counseling Center faced student backlash after it started a group called “White Awake” a “safe space for white students” to discuss race on campus.  (Google maps)

“This group offers a safe space for white students to explore their experiences, questions, reactions, and feelings,” the initial description read. “Members will support and share feedback with each other as they learn more about themselves and how they fit into a diverse world.”

The flyer also asked if white people ever “feel uncomfortable and confused” in their “interactions with racial and ethnic minorities,” and if they “want to become a better ally.”

Several students conveyed their outrage on social media and on campus.

“The world is a space for white people to talk in,” one student told The Diamondback, a UMD student newspaper, expressing how unnecessary the new initiative is.

Another student tweeted she was “ashamed over the execution of white awake,” writing, “Why do they need to attend therapy sessions on how to be a decent human being in society…to coexist?”

Noah Collins, who leads the group and specializes in group therapy for the Counseling Center with an interest in “racial and cultural awareness,” issued a statement Thursday night saying UMD will discontinue the flyer and consider changing the name, but that it stands by the group.

He added the flyer was “not clear enough” in explaining that the group’s aim is “anti-racism and becoming a better ally.”

TEXAS BIOLOGY TEACHER ON LEAVE FOR ALLEGEDLY BULLYING PRO-TRUMP STUDENT

The university told Fox News in a statement that UMD’s Counseling Center acknowledges it “did not choose the right words in raising awareness about this research-based initiative, and how this group has been perceived is counter to the values of inclusiveness and diversity that we embody.”

“This is an incredibly difficult, nuanced issue, and that’s the reason we need to discuss it,” Collins wrote. “The aim of this group is to help white students become more culturally competent, so they can better participate in creating a more inclusive environment at the University of Maryland.”

COMPLEMENT:

Les « décoloniaux » à l’assaut des universités
Matthieu Aron
L’OBS
30 novembre 2018

«  »Racialisé », « racisation », « islamophobie »… Ce vocabulaire, qui s’est installé dans le débat public, est issu d’une mouvance de pensée qui gagne du terrain à l’université. Certains s’en félicitent, d’autres dénoncent l’intolérance de ses partisans.

« Le féminisme islamique ». Sans point d’interrogation. Comme si les expressions « féminisme » et « islamique » pouvaient être accolées sans susciter la moindre controverse. Voilà sur quoi doivent plancher, à partir de cette semaine, les étudiants en sociologie et science politique de l’université Lyon-II dans le cadre d’un cours consacré aux « mouvements sociaux dans les Etats postcoloniaux ».

A l’honneur lors de ces travaux dirigés, le livre de Zahra Ali « Féminismes islamiques » (éd. La Fabrique). Cette chercheuse à l’EHESS et à l’Institut français du Proche-Orient milite en faveur du port du foulard. Selon elle, le féminisme « bourgeois de Simone de Beauvoir » a été utilisé à « des fins coloniales, donc aujourd’hui postcoloniales et racistes ». Elle en prône donc un nouveau, « attaché au texte sacré et à la tradition prophétique » et propose:
« une libération qui pose un tout autre rapport au corps […] marqué par des normes et par une défense du cadre familial hétérosexuel ».

Un vide académique
Cet enseignement délivré à Lyon constitue-t-il une exception ? Ou bien traduit-il l’influence grandissante des tenants de la pensée dite « décoloniale » au sein des facultés françaises ? Selon les postcolonial studies, courant venu du monde anglo-saxon et sud-américain, le « passif colonial » continuerait à structurer toutes nos institutions et représentations. Encore minoritaires dans le champ académique il y a dix ans, ces thèses semblent s’inviter de plus en plus à l’université.
C’est d’abord une question de vocabulaire. « Racisme structurel » (de l’Etat français), « domination blanche »,  » féminisme islamique »… Une nuée de concepts qui ne se limitent plus aux cercles d’initiés et aux réunions militantes. Un peu partout, on voit se multiplier les cours, les travaux dirigés, les doctorats, les sujets de thèse, les colloques ayant trait à ces questions.

Beaucoup des chercheurs ou enseignants rencontrés au cours de cette enquête témoignent sous couvert d’anonymat. Le sujet, disent-ils, est trop « brûlant », trop « passionnel », « confisqué par les extrêmes ». Pour les esprits « raisonnables », ceux qui voudraient « continuer à travailler », il n’y aurait que des coups à prendre à rester « à l’écart des vieilles ou nouvelles chapelles ». 80 intellectuels, dont Elisabeth Badinter, Mona Ozouf, Pierre Nora, Alain Finkielkraut ou encore Boualem Sansal, dénoncent cependant cette « offensive des ‘décoloniaux' » dans « Le Point » cette semaine.
« Tout cela crée un profond clivage entre collègues », souligne Gérard Noiriel, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en Sciences Sociales (EHESS). Benjamin Stora, président du Musée de l’Histoire de l’Immigration et spécialiste de la guerre d’Algérie, est à peine plus disert. Malgré tout, il lâche :
« Dans notre pays, nous avons peu de professeurs spécialistes de l’histoire de la décolonisation. Du coup, le sujet est préempté par de jeunes doctorants en sociologie ou en science politique, parfois très dogmatiques. »
C’est dans ce vide académique que se sont engouffrés ceux que l’on appelle, et qui s’appellent eux-mêmes, les « décoloniaux », des chercheurs qui assument d’être aussi des militants.

Le 6 novembre dernier, Sciences-Po Aix-en-Provence a programmé une conférence sur le thème : « Un féminisme musulman, et pourquoi pas ? » La conférencière s’appelle Malika Hamidi, sociologue, auteur de plusieurs articles et d’un essai, notamment sur la question du foulard. Elle préconise :
« La lutte féministe de la musulmane d’Europe sera principalement une lutte contre l’islamophobie et le paternalisme d’un certain féminisme occidental à prétention universaliste. »
Habituée des colloques en France (elle a aussi été invitée à l’institut d’études politiques de Lyon et à l’EHESS), Malika Hamidi se targue d’être aussi « une femme de foi et une militante ». A son CV il faut ajouter le titre de directrice générale de l’European Muslim Network, une organisation présidée par Tariq Ramadan.

Tariq Ramadan, la chute d’un gourou
« Interdit aux Blancs »
A Strasbourg, au printemps, la faculté des sciences sociales a fait intervenir dans son master « religions, sociétés, espace public » (préparant aux métiers de médiateur socioculturel et de « référent laïcité ») Hanane Karimi, jeune doctorante en sociologie. Militante de longue date de l’abrogation de la loi interdisant le port du voile à l’école, animatrice en août 2016 d’un séminaire au « camp d’été décolonial » réservé aux « victimes du racisme d’Etat » (et donc « interdit aux Blancs »), Hanane Karimi est, elle aussi, une proche de Tariq Ramadan, même si elle semble avoir pris ses distances depuis qu’il est accusé de viols.
A l’université de Strasbourg, encore, la parole a été donnée à Valérie Amiraux, titulaire de la chaire de recherche du Canada en étude du pluralisme religieux. La sociologue, qui participe à de nombreux débats en France, fait aussi partie du « comité scientifique » pour la grande consultation des musulmans de France, réuni par Marwan Muhammad, ancien directeur exécutif du Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), réputé proche des Frères Musulmans et de Tariq Ramadan. Le choix des deux conférencières est totalement assumé par la direction de la faculté des sciences sociales. Il s’agit de deux « universitaires reconnues », précise son doyen, Jean-Daniel Boyer, qui ajoute que ces deux collègues se sont exprimées dans un cadre « soumis à la critique ».
Pour ses partisans, la percée de la mouvance « décoloniale » illustre en effet l’expression du pluralisme à l’université, qui s’ouvrirait enfin aux « problématiques » nouvelles travaillant la société. Pas suffisamment encore aux yeux de certains. C’est le cas du sociologue Eric Fassin, directeur du département d’études de genre à Paris-VIII, qui a importé en France les postcolonial studies. Cette figure médiatique, qui exerce une réelle influence sur une partie du monde universitaire et intellectuel français, a cosigné une tribune collective, publiée dans « Libération » en 2015, condamnant le rôle de l’Etat français, « comme l’acteur principal d’un racisme institutionnel ». Aujourd’hui, il regrette que les universités soient toujours trop frileuses :
« Il n’y a pas assez de créations de poste. Nous manquons de professeurs qui travaillent sur les discriminations raciales. »
« Pas vraiment la Shoah »

François Burgat, lui, n’a pas attendu ces dernières années pour faire entendre sa voix. Septuagénaire, directeur émérite de recherche au CNRS, il n’a jamais tourné le dos à Tariq Ramadan, y compris après sa mise en examen pour viol. « La vraie question n’est plus de savoir si Tariq Ramadan ‘a violé trois femmes’, expliquait-il le 26 octobre sur Twitter, mais bien ‘avec l’aide de qui ces trois femmes sont-elles parvenues si facilement à rouler trois magistrats dans la farine’ ? »
‘La vraie question n’est plus de savoir si Tariq Ramadan « a violé 3 femmes » mais bien « avec l’aide de qui ces trois femmes sont elles parvenues si facilement à rouler trois magistrats dans la farine » ? »
Sur Twitter toujours, après l’émoi suscité par l’assassinat de l’octogénaire juive Mireille Knoll, chez elle à Paris, il n’a pas hésité à écrire : « Oups, ce n’était pas vraiment la Shoah dans un appartement. » Parmi d’autres déclarations publiques, on peut noter ses attaques contre la télévision française qu’il traite de « Télavivision » (en référence à Tel-Aviv) ou ses incitations à « soutenir le CCIF ». Et François Burgat compte toujours autant de disciples au sein de l’Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde arabe et musulman (Iremam) d’Aix-en-Provence, un laboratoire doté de moyens importants et qui accompagne, pour les années 2018-2019, quarante-cinq doctorants dans la rédaction de leurs thèses.
Récemment, il a ainsi dirigé les travaux de l’un d’eux sur les rapports entre le Qatar et le prédicateur sunnite Youssef al-Qaradawi. Ce dernier, parfois surnommé « le cheikh de la mort « , est l’auteur de plusieurs fatwas autorisant les attentats-suicides ; il déversait, en 2009, sur la chaîne Al-Jazeera, sa haine des juifs :
« Le dernier châtiment a été administré par Hitler. »

La thèse consacrée au prédicateur a été soutenue le 20 novembre 2017, devant un jury présidé par François Burgat. Elle n’a pas encore été publiée, mais certains observateurs qui ont assisté à la soutenance ont été interloqués. « Les relations de Qaradawi avec le Qatar y sont qualifiées de simple ‘soft power islamique de complémentarité’ ! » raconte l’un d’entre eux. Son auteur, Nabil Ennasri (formé par Tariq Ramadan, dont il dénonce la « lapidation médiatique »), est aujourd’hui docteur en science politique.
Des initiatives troublantes
Parfois, les initiatives de la faculté sont plus troublantes encore. En octobre 2017, des universitaires de Lyon-II ont convié – dans le cadre d’un colloque intitulé « Lutter contre l’islamophobie, un enjeu d’égalité ? » – Abdelaziz Chaambi, le fondateur de la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), mais aussi… fiché S par les services de renseignement. Suite au tollé de nombreuses associations, la présidence de l’université a fini par annuler la manifestation. Cas isolé ? Poursuivons le tour de France.
En janvier 2018, le syndicat Solidaires Etudiant-e-s de l’université Paris-VII a essayé d’empêcher une représentation de la pièce « Lettre aux escrocs de l’Islamophobie qui font le jeu des racistes », tirée du livre de Charb, l’ancien rédacteur en chef de « Charlie Hebdo », mort sous les balles des frères Kouachi. Motifs invoqués par les étudiants :
« En organisant cet événement, Paris-Diderot participe à ce mouvement de construction raciste d’un ‘ennemi de l’intérieur’, d’une catégorie racialisée dangereuse : le/la musulman-e. »
Et que penser des réactions épidermiques de certains enseignants quand, il y a trois ans, la secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes dans le gouvernement de Manuel Valls, Pascale Boistard, a déclaré dans « le Figaro » ne pas être « sûre que le voile fasse partie de l’enseignement supérieur » ? Une vingtaine de professeurs et de maîtres assistants se sont aussitôt violemment insurgés. La prise de position de la secrétaire d’Etat pouvait bien évidemment être contestée ou critiquée, mais pourquoi une partie de l’élite universitaire française est-elle allée jusqu’à lui reprocher d’instrumentaliser le « droit des femmes au profit de politiques racistes et colonialistes », à la stigmatiser en « islamophobe » et, pis encore, en « porte-parole des pourvoyeurs de haine » ?

La victoire des Frères musulmans
Tout cela dessine pour le moins un climat. Et les militants de la laïcité, à l’unisson de certains spécialistes de l’islam, y voient la preuve de la victoire culturelle remportée par les Frères musulmans dans le monde universitaire. Les Frères, expliquent-ils, évitent de mettre en avant leurs propres objectifs. Ils les intègrent dans d’autres combats, comme la lutte contre les discriminations ou pour l’égalité hommes-femmes. Depuis peu, les mêmes s’inquiètent de la percée du Parti des Indigènes de la République, créé en 2005, que sa porte-parole, Houria Bouteldja, défini comme « anti-impérialiste et antisioniste ». Un professeur d’économie, confie, en off :
« Aujourd’hui, à l’université, si vous vous opposez à ces réseaux, vous passez vite pour un raciste. »
Autre confidence, presque apeurée, d’une chercheuse en poste dans le sud de la France, ayant toujours voté à gauche, défendu les droits de l’homme, combattu toutes les discriminations :
« Avant, le pire pour un universitaire, c’était d’être accusé de plagiat ; maintenant, c’est de se voir traiter d’islamophobe sur internet. Cette accusation signe la fin d’une carrière. »
Quelques téméraires, pourtant, osent prendre le risque. Par exemple, Isabelle Barbéris, agrégée de lettres modernes, normalienne, chercheuse associée au CNRS et maître de conférences à Paris-VII. « Certains étudiants, dit-elle, ont été littéralement endoctrinés par des professeurs qui sont de purs militants, mais que leurs titres académiques légitiment auprès des jeunes. » Céline Masson, professeur de psychopathologie clinique à l’université de Picardie Jules-Verne, ajoute :
« Il existe aujourd’hui une petite cinquantaine d’universitaires très présents sur certains campus qui instrumentalisent la notion de racisme d’Etat. »

En juin, Céline Masson a fait paraître avec deux autres professeurs (Isabelle de Mecquenem, professeur de philosophie de l’université de Reims, et Jean Szlamowicz, de l’université de Bourgogne) une tribune titrée : « Un antiracisme sectaire à l’assaut des facs : malaise dans la culture juvénile ». Ils y décryptaient le « discours univoque et véhément », qui, de colloques en conférences sur l' »islamophobie », cherche, « au mépris de la rationalité critique », à « légitimer l’idée d’une racisation de la société et d’un racisme d’Etat ». Ainsi s’impose peu à peu une vision du monde, clivée entre les « indigènes » opprimés et les « Blancs » héritiers de la colonisation.
Alors que le mot « race » – jusqu’il y a peu signe de ralliement de l’extrême droite – vient d’être effacé de la Constitution française par un vote à l’unanimité de l’Assemblée nationale, en juillet 2018, le voilà qui fait son entrée en force dans les universités, y compris les plus prestigieuses. En juin 2018, la Sorbonne a lancé une série de conférences autour du thème : « Approches phénoménologiques du genre et de la race. Penser les oppressions et les résistances ».

L' »objectivité du savoir »
En septembre, Paris-Diderot (Paris-VII) a aussi tenu un ambitieux colloque. Trois jours de réflexion avec au menu : « Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université ». Plusieurs enseignants de Paris-VII disent aujourd’hui à « l’Obs », mais toujours sous le sceau de l’anonymat, combien ils ont été heurtés par ce symposium. Bien sûr, expliquent-ils, la problématique de la race, en tant que construction sociale, mérite l’intérêt. Bien sûr, poursuivent-ils, les facultés ont toujours eu pour mission d’animer le débat et la recherche. Mais le Code de l’Education prévoit aussi que l’enseignement supérieur soit « indépendant de toute emprise politique, religieuse ou idéologique ». Et qu’il tende à l' »objectivité du savoir ». Or, à lire la présentation des travaux de Paris-VII, il semble d’emblée posé que l’école et l’université françaises sont par nature « racistes », et produisent automatiquement des discriminations. « C’est donner raison à Bouteldja [la porte-parole des du PIR, NDLR] », affirme l’un de ces enseignants.
Si des associations de défense des droits de l’Homme parviennent parfois à lui fermer la porte des facultés – comme à Limoges il y a un an -, à Toulouse, en revanche, elle a été reçue par deux fois en 2016. Elle bénéficie également du soutien de nombreux intellectuels. En juin 2017, après un article du « Monde » consacré au malaise croissant de la gauche face à l' »usage militant des notions comme la ‘race’ ou l »islamophobie' », une vingtaine de personnalités s’indignent dans une tribune et volent au secours de Bouteldja : « Accusations infondées », « calomnies ». Parmi les signataires : l’historienne Ludivigne de Bantigny, la sociologue Christine Delphy, la philosophe Isabelle Stengers, l’écrivain Annie Ernaux, ou l’éditeur Eric Hazan.

Les « thèses » professées par Houria Bouteldja ont depuis longtemps franchi les sphères confinées de la radicalité. En voici un florilège. Sur les Blancs : « J’appartiens à ma race. Au-dessus de moi, il y a les profiteurs blancs. […] Mes oppresseurs. » Sur l’homosexualité : « La tarlouze n’est pas tout à fait un homme. Ainsi, l’Arabe qui perd sa puissance virile n’est plus un homme. » Sur les juifs : « Pour le Sud, la Shoah est – si j’ose dire – moins qu’un détail. […] Cette histoire n’est pas la mienne en vérité […]. C’est pourquoi, je vous le dis en vous regardant droit dans les yeux : je n’irai pas à Auschwitz. »
Le collectif Lallab des femmes musulmanes lors d’un rassemblement féministe des quartiers populaires devant la Basilique Saint-Denis, le 11 mars 2017. (Anita Pouchard Serra / Hans Lucas)

« Femmes, voilez-vous ! »
Lors des grèves des facs au printemps, on a pu mesurer l’effet de tels discours sur les étudiants. Les murs de plusieurs universités ont été tagués de slogans racistes (« Mort aux Blancs », « Fuck White People », « Assimilation = ethnicide »,  » Si le racisme antiblanc existait, je serais un gros faf ») ou à connotation islamiste (« Femmes, voilez-vous ! », « Allahou akbar »,  » Califat Queer « ). Pendant le même mouvement de grève, lors d’une conférence à Nanterre, deux militants « décoloniaux » ont été jusqu’à soutenir que « la gauche blanche enjoint aux non-Blancs de s’identifier comme homosexuels ». Pourquoi ? » Parce que la majorité blanche du Nord impose sa vision de la sexualité, qu’elle prétend universelle et émancipatrice, à l’intégralité de la population non-blanche du Sud qui ne lui a rien demandé.  » Sus à l' »homoracialisme français », concluaient les deux  » décoloniaux « . A bas l' »impérialisme gay » (l’une des expressions phares d’Houria Bouteldja).

Sous la pseudo-spécialisation du langage, des alliances, en apparence contre-nature, se nouent. Entre les Indigènes de la République, les Frères musulmans (lesquels conceptualisent également une racialisation de l’islam) et certains militants d’extrême gauche. Tous unis pour dénoncer un « racisme d’Etat structurel, pensé, organisé et légalisé par des Blancs » et pour instituer les « indigènes » (noirs, arabes ou asiatiques) en « nouveaux damnés de la terre ».
Exemple tout récent : le Collectif Rosa-Parks, qui, en octobre, a appelé à faire la « grève de la France » (« On disparaît de nos lieux de travail, de nos facs, de nos écoles ») pour dénoncer la « gestion raciale » des populations et la « ségrégation » érigée en « système ». Au bas de cet appel, les signatures d’Houria Bouteldja du PIR, de Marwan Muhammad du CCIF et d’une dizaine d’universitaires, parmi lesquels les « indigénistes » assumés Nacira Guénif-Souilamas, professeur de sociologie à Paris-VIII, et Françoise Vergès, politologue.
De l’avis de tous ceux que nous avons rencontrés au cours de cette enquête, la mouvance « décoloniale » gagne du terrain à l’université. Certains s’en réjouissent, d’autres s’en inquiètent. Le plus souvent en silence. Un professeur est allé jusqu’à nous avouer sa « terreur » face à d’éventuelles représailles d’étudiants. Un autre craint de ne plus « obtenir de crédits » pour ses recherches s’il critique les orientations de son labo. Discours inutilement alarmistes ? Peut-être est-il simplement temps d’ouvrir le débat sur le sujet, sans anathèmes ni fantasmes, et de faire un état des lieux. »


US Open/50e: Reviens, Arthur, ils sont devenus fous ! (Contrary to Ali or Kaepernick, the Jackie Robinson of tennis stayed committed to respectful dialogue knowing real change came from rational advocacy and hard work not emotional self-indulgence)

9 septembre, 2018

Arthur Ashe participates in a hearing on apartheid, at the United Nations in New York.

Segregation and racism had made me loathe aspects of the white South, but had scarcely left me less of a patriot. In fact, to me and my family, winning a place on our national team would mark my ultimate triumph over all those people who had opposed my career in the South in the name of segregation. (…) Despite segregation, I loved the United States. It thrilled me beyond measure to hear the umpire announce not my name but that of my country: ‘Game, United States,’ ‘Set, United States,’ ‘Game, Set, and Match, United States.’ (…) There were times when I felt a burning sense of shame that I was not with blacks—and whites—standing up to the fire hoses and police dogs. (…) I never went along with the pronouncements of Elijah Muhammad that the white man was the devil and that blacks should be striving for separate development—a sort of American apartheid. That never made sense to me. (…) Jesse, I’m just not arrogant, and I ain’t never going to be arrogant. I’m just going to do it my way. Arthur Ashe
I’ve always believed that every man is my brother. Clay will earn the public’s hatred because of his connections with the Black Muslims. Joe Louis
I’ve been told that Clay has every right to follow any religion he chooses and I agree. But, by the same token, I have every right to call the Black Muslims a menace to the United States and a menace to the Negro race. I do not believe God put us here to hate one another. Cassius Clay is disgracing himself and the Negro race. Floyd Patterson
Clay is so young and has been misled by the wrong people. He might as well have joined the Ku Klux Klan. Floyd Patterson
Bluebirds with bluebirds, red birds with red birds, pigeons with pigeons, eagles with eagles. God didn’t make no mistake! (…) I don’t hate rattlesnakes, I don’t hate tigers — I just know I can’t get along with them. I don’t want to try to eat with them or sleep with them. (…)  I know whites and blacks cannot get along; this is nature. (…) I like what he [George Wallace] says. He says Negroes shouldn’t force themselves in white neighborhoods, and white people shouldn’t have to move out of the neighborhood just because one Negro comes. Now that makes sense. Muhammed Ali
A black man should be killed if he’s messing with a white woman. (…) We’ll kill anybody who tries to mess around with our women. Muhammed Ali
Long before he died, Muhammad Ali had been extolled by many as the greatest boxer in history. Some called him the greatest athlete of the 20th century. Still others, like George W. Bush, when he bestowed the Presidential Medal of Freedom in 2005, endorsed Ali’s description of himself as “the greatest of all time.” Ali’s death Friday night sent the paeans and panegyrics to even more exalted heights. Fox Sports went so far as to proclaim Muhammad Ali nothing less than “the greatest athlete the world will ever see.” As a champion in the ring, Ali may have been without equal. But when his idolizers go beyond boxing and sports, exalting him as a champion of civil rights and tolerance, they spout pernicious nonsense. There have been spouters aplenty in the last few days — everyone from the NBA commissioner (“Ali transcended sports with his outsized personality and dedication to civil rights”) to the British prime minister (“a champion of civil rights”) to the junior senator from Massachusetts (“Muhammad Ali fought for civil rights . . . for human rights . . . for peace”). Time for a reality check. It is true that in his later years, Ali lent his name and prestige to altruistic activities and worthy public appeals. By then he was suffering from Parkinson’s disease, a cruel affliction that robbed him of his mental and physical keenness and increasingly forced him to rely on aides to make decisions on his behalf. But when Ali was in his prime, the uninhibited “king of the world,” he was no expounder of brotherhood and racial broad-mindedness. On the contrary, he was an unabashed bigot and racial separatist and wasn’t shy about saying so. In a wide-ranging 1968 interview with Bud Collins, the storied Boston Globe sports reporter, Ali insisted that it was as unnatural to expect blacks and whites to live together as it would be to expect humans to live with wild animals. “I don’t hate rattlesnakes, I don’t hate tigers — I just know I can’t get along with them,” he said. “I don’t want to try to eat with them or sleep with them.” Collins asked: “You don’t think that we can ever get along?” “I know whites and blacks cannot get along; this is nature,” Ali replied. That was why he liked George Wallace, the segregationist Alabama governor who was then running for president. Collins wasn’t sure he’d heard right. “You like George Wallace?” “Yes, sir,” said Ali. “I like what he says. He says Negroes shouldn’t force themselves in white neighborhoods, and white people shouldn’t have to move out of the neighborhood just because one Negro comes. Now that makes sense.” This was not some inexplicable aberration. It reflected a hateful worldview that Ali, as a devotee of Elijah Muhammad and the segregationist Nation of Islam, espoused for years. At one point, he even appeared before a Ku Klux Klan rally. It was “a hell of a scene,” he later boasted — Klansmen with hoods, a burning cross, “and me on the platform,” preaching strict racial separation. “Black people should marry their own women,” Ali declaimed. “Bluebirds with bluebirds, red birds with red birds, pigeons with pigeons, eagles with eagles. God didn’t make no mistake!” In 1975, amid the frenzy over the impending “Thrilla in Manila,” his third title fight with Joe Frazier, Ali argued vehemently in a Playboy interview that interracial couples ought to be lynched. “A black man should be killed if he’s messing with a white woman,” he said. And it was the same for a white man making a pass at a black woman. “We’ll kill anybody who tries to mess around with our women.” But suppose the black woman wanted to be with the white man, the interviewer asked. “Then she dies,” Ali answered. “Kill her too.” Jeff Jacoby
Muhammad Ali was the most controversial boxer in the history of the sport, arguably the most gifted and certainly the best known. His ring glories and his life on the political and racial frontline combine to make him one of the most famous, infamous and discussed figures in modern history. During his life he stood next to Malcolm X at a fiery pulpit, dined with tyrants, kings, crooks, vagabonds, billionaires and from the shell of his awful stumbling silence during the last decade his deification was complete as he struggled with his troubled smile at each rich compliment. (…) He was a one-man revolution and that means he made enemies faster than any boy-fighter – which is what he was when he first became world heavyweight champion – could handle. (…) but (…) His best years as a prize-fighter were denied him and denied us by his refusal to be drafted into the American military system in 1967. At that time he was boxing’s finest fighter, a man so gifted with skills that he knew very little about what his body did in the ring; his instincts, his speed and his developing power at that point of his exile would have ended all arguments over his greatness forever had he been allowed to continue fighting. Ali was out of the ring for three years and seven months and the forced exile took away enough of his skills to deny us the Greatest at his greatest, but it made him the icon he became. “We never saw the best of my guy,” Angelo Dundee told me in Mexico City in 1993. Dundee should know. He had been collecting the fighter’s sweat as the chief trainer from 1960 and would until the ring end in 1981. (…) He had gained universal respect during the break because of his refusal to endorse the bloody conflict in Vietnam, but he often walked a thin line in the 70s with the very people that had been happy to back his cause. He was not as loved then as he is now, and there are some obvious reasons for that. In 1970 there were still papers in Britain that called him Cassius Clay, the birth name he had started to shred the day after beating Sonny Liston for the world title in 1964. In America he still divided the boxing press and the people. In the 70s he attended a Ku Klux Klan meeting, accepted their awards and talked openly and disturbingly about mixed race marriages and a stance he shared with the extremists. His harshest opinions are always overlooked, discarded like his excessive cruelty in the ring, and explained by a misguided concept that everything he said and did, that was either uncomfortable or just wrong, was justifiable under some type of Ali law that insisted there was a twinkle in his eye. There probably was a twinkle in his eye but he had some misguided racist ideas back then and celebrated them. In the ring he had hurt and made people suffer during one-sided fights and spat at the feet of one opponent. He was mean and there is nothing wrong with that in boxing, but he was also cruel to honest fighters, men that had very little of his talent and certainly none of his wealth. The way he treated Joe Frazier before and after their three fights remains a shameful blot on Ali’s legacy. I sat once in dwindling light with Frazier in Philadelphia at the end of three days of talking and listened to his words and watched his tears of hate and utter frustration as he outlined the harm Ali’s words had caused him and his family. Big soft Joe had no problem with the damage Ali’s fists had caused him, that was a fair fight but the verbal slaughter had been a mismatch and recordings of that still make me feel sick. I don’t laugh at that type of abuse. (…) Away from the ring excellence he went to cities in the Middle East to negotiate for the release of hostages and smiled easily when men in masks, carrying AK47s, put blindfolds on him and drove like the lunatics they were through bombed streets. “Hey man, you sure you know where you’re going?” he asked one driver. “I hope you do, coz I can’t see a thing.” He went on too many missions to too many countries for too long, his drive draining his life as he handed out Islamic leaflets. He was often exploited on his many trips, pulled every way and never refusing a request. On a trip to Britain in 2009 he was bussed all over the country for a series of bad-taste dinners that ended with people squatting down next to his wheelchair; Ali’s gaze was off in another realm, but the punters, who had paid hundreds for the sickening pleasure, stuck up their thumbs or made fists for the picture. The great twist in the abhorrent venture was that Ali’s face looked so bad that his head was photo-shopped for a more acceptable Ali face. Who could have possibly sanctioned that atrocity? During his fighting days he had men to protect him, men like Gene Kilroy, the man with the perm, that loved him and helped form a protective guard at his feet to keep the jackals from the meat. When he left the sport and was alone for the first time in the real world, there were people that fought each other to get close, close enough to insert their invisible transfusion tubes deep into his open heart. His daughters started to resurrect their own wall of protection the older they got, switching duties from sitting on Daddy’s lap to watching his back like the devoted sentinels they became. In the end it felt like the whole world was watching his back, watching the last moments under the neon of the King of the World. Steve Bunce
I think Ali is being done a disservice by the way in which he’s these days cast as benign. He was always a lot more complicated than that. (…) Ali has been post-rationalised as a champion of the civil rights movement. But far from promoting the idea of black and white together, his was a much more tricky, divisive politics. John Dower
Far from being embarrassed about sharing jaw-time with the Grand Chief Bigot or whatever the loon in the sheet called himself, Ali boasted about it. The revelation of his cosy chats with white supremacists comes in a television documentary screened on More4. As Ali finds himself overtaken as the most celebrated black American in history, True Stories: Thrilla In Manila provides a timely re-assessment of his politics. (…) Before his third fight with Frazier, Ali was at his most elevated, symbolically as well as in the ring. Hard to imagine when these days he elicits universal reverence, back then he was a figure who divided America, as loathed as he was admired. At the time he was taking his lead from the Nation of Islam, which, in its espousal of a black separatism, found its politics dovetailing with the cross-burning lynch mob out on the political boondocks. Ali was by far the organisation’s most prominent cipher. The film reminds us why. Back then, black sporting prowess reinforced many a prejudiced theory about the black man being good for nothing beyond physical activity. But here was Ali, as quick with his mind as with his fists. When he held court the world listened. Intriguingly, the film reveals, many of his better lines were scripted for him by his Nation of Islam minders. Ferdie Pacheco, the man who converted Ali to the bizarre cause which insisted that a spaceship would imminently arrive in the United States to take the black man to a better place, tells Dower’s cameras that it was he who came up with the line, « No Viet Cong ever called me nigger ». There was never a more succinct summary of America’s hypocrisy in forcing its beleaguered black citizenry to fight in Vietnam. (…) The film suggests it was his opponent who got the blunt end of Ali’s political bludgeon. The pair were once friends and Frazier had supported Ali’s stance on refusing the draft. But leading up to the fight Ali turned on his old mate with a ferocity which makes uncomfortable viewing even 30 years on. Viciously disparaging of Frazier, he calls him an Uncle Tom, a white man’s puppet. Ali riled Frazier to the point where he entered the ring so infuriated that he abandoned his game plan and blindly struck out. So distracted was he by Ali’s politically motivated jibes, he lost. Indeed, what we might be watching in Dower’s film is not so much the apex of Ali’s political potency as the birth of sporting mind games. Jim White
In 1974, in the middle of a Michael Parkinson interview, Muhammad Ali decided to dispense with all the safe conventions of chat show etiquette. “You say I got white friends,” he declared, “I say they are associates.” When his host dared to suggest that the boxer’s trainer of 14 years standing, Angelo Dundee, might be a friend, Ali insisted, gruffly: “He is an associate.” Within seconds, with Parkinson failing to get a word in edgeways, Ali had provided a detailed account of his reasoning. “Elijah Muhammad,” he told the TV viewers of 1970s Middle England, “Is the one who preached that the white man of America, number one, is the Devil!” The whites of America, said Ali, had “lynched us, raped us, castrated us, tarred and feathered us … Elijah Muhammad has been preaching that the white man of America – God taught him – is the blue-eyed, blond-headed Devil!  No good in him, no justice, he’s gonna be destroyed! “The white man is the Devil.  We do believe that.  We know it!” In one explosive, virtuoso performance, Ali had turned “this little TV show” into an exposition of his beliefs, and the beliefs of “two million five hundred” other followers of the radically – to some white minds, dangerously – black separatist religious movement, the Nation of Islam. At the height of his tirade, Ali drew slightly nervous laughter from the studio when he told Parkinson “You are too small mentally to tackle me on anything I represent.” (…) By the time he met Ali in 1962, Malcolm X was Elijah Muhammad’s chief spokesman and most prominent apostle. His belief that violence was sometimes necessary, and the Nation of Islam’s insistence that followers remain separate from and avoid participation in American politics meant that not every civil rights leader welcomed Muhammad Ali joining the movement. “When Cassius Clay joined the Black Muslims [The Nation of Islam],” said Martin Luther King, “he became a champion of racial segregation, and that is what we are fighting against.” The bitter irony is that soon after providing the Nation of Islam with its most famous convert, Malcolm X became disillusioned with the movement.  A trip to Mecca exposed him to white Muslims, shattering his belief that whites were inherently evil.  He broke from the Nation of Islam and toned down his speeches. Ali, though, remained faithful to Elijah Muhammad.  “Turning my back on Malcolm,” he admitted years later, “Was one of the mistakes that I regret most in my life.” (…) By then, though, Ali’s own attitudes to the « blue-eyed devils” had long since mellowed.  In 1975 he converted to the far more conventional Sunni Islam – possibly prompted by the fact that Elijah Muhammad had died of congestive heart failure in the same year, and his son Warith Deen Mohammad had moved the Nation of Islam towards inclusion in the mainstream Islamic community. He rebranded the movement the “World Community of Islam in the West”, only for Farrakhan to break away in 1978 and create a new Nation of Islam, which he claimed remained true to the teachings of “the Master” [Fard]. “The Nation of Islam taught that white people were devils,” he wrote in 2004.  “I don’t believe that now; in fact, I never really believed that. But when I was young, I had seen and heard so many horrible stories about the white man that this made me stop and listen. » The attentive listener to the 1974 interview, might, in fact, have sensed that even then Ali wasn’t entirely convinced about white men being blue-eyed devils. He had, after all, set the bar pretty high for “associates” like Angelo Dundee to become friends. “I don’t have one black friend hardly,” he had said.  “A friend is one who will not even consider [before] giving his life for you.” And, despite calling Parky “the biggest hypocrite in the world” and “a joke”, he could also get a laugh by reassuring the chat show host: “I know you [are] all right.” Adam Lusher
[want police to back off] No. That represented our progressive, our activists, our liberal journalists, our politicians. But it did not represent the overall community because we know for a fact that around the time that Freddie Gray was killed, we start to see homicides increase. We had five homicides in that neighborhood while we were protesting. What I wanted to see happen was that people would build a trust relationship with our police department so that they would feel more comfortable with having conversations with the police about crime in their neighborhood because they would feel safer. So we wanted the police there. We wanted them engaging the community. We didn’t want them there beating the hell out of us. We didn’t want that. (…) We’ve not seen any changes in those relationships. What we have seen was that the police has distanced themselves, and the community has distanced themselves even further. So there is – the divide has really intensified. It hasn’t decreased. And of course, we want to delineate the whole concept of the culture of bad policing that exists. Nobody denies that. But as a result of this, we don’t see the policing – the level of policing we need in our community to keep the crime down in these cities that we’re seeing bleed to death. Reverend Kinji Scott (Baltimore)
The crime victories of the last two decades, and the moral support on which law and order depends, are now in jeopardy thanks to the falsehoods of the Black Lives Matter movement. Police operating in inner-city neighborhoods now find themselves routinely surrounded by cursing, jeering crowds when they make a pedestrian stop or try to arrest a suspect. Sometimes bottles and rocks are thrown. Bystanders stick cell phones in the officers’ faces, daring them to proceed with their duties. Officers are worried about becoming the next racist cop of the week and possibly losing their livelihood thanks to an incomplete cell phone video that inevitably fails to show the antecedents to their use of force.  (…) As a result of the anti-cop campaign of the last two years and the resulting push-back in the streets, officers in urban areas are cutting back on precisely the kind of policing that led to the crime decline of the 1990s and 2000s. (…) On the other hand, the people demanding that the police back off are by no means representative of the entire black community. Go to any police-neighborhood meeting in Harlem, the South Bronx, or South Central Los Angeles, and you will invariably hear variants of the following: “We want the dealers off the corner.” “You arrest them and they’re back the next day.” “There are kids hanging out on my stoop. Why can’t you arrest them for loitering?” “I smell weed in my hallway. Can’t you do something?” I met an elderly cancer amputee in the Mount Hope section of the Bronx who was terrified to go to her lobby mailbox because of the young men trespassing there and selling drugs. The only time she felt safe was when the police were there. “Please, Jesus,” she said to me, “send more police!” The irony is that the police cannot respond to these heartfelt requests for order without generating the racially disproportionate statistics that will be used against them in an ACLU or Justice Department lawsuit. Unfortunately, when officers back off in high crime neighborhoods, crime shoots through the roof. Our country is in the midst of the first sustained violent crime spike in two decades. Murders rose nearly 17 percent in the nation’s 50 largest cities in 2015, and it was in cities with large black populations where the violence increased the most. (…) I first identified the increase in violent crime in May 2015 and dubbed it “the Ferguson effect.” (…) The number of police officers killed in shootings more than doubled during the first three months of 2016. In fact, officers are at much greater risk from blacks than unarmed blacks are from the police. Over the last decade, an officer’s chance of getting killed by a black has been 18.5 times higher than the chance of an unarmed black getting killed by a cop. (…) We have been here before. In the 1960s and early 1970s, black and white radicals directed hatred and occasional violence against the police. The difference today is that anti-cop ideology is embraced at the highest reaches of the establishment: by the President, by his Attorney General, by college presidents, by foundation heads, and by the press. The presidential candidates of one party are competing to see who can out-demagogue President Obama’s persistent race-based calumnies against the criminal justice system, while those of the other party have not emphasized the issue as they might have. I don’t know what will end the current frenzy against the police. What I do know is that we are playing with fire, and if it keeps spreading, it will be hard to put out. Heather Mac Donald
It’s ironic that Jerry’s longest-lasting legacy is that the big shoe company co-opted his slogan. Nike has Just Do It in all of their ad campaigns.
Sam Leff (Yippie, close friend of Hoffman’s)
Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs. Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés. Colin Kaepernick
Je pense que tous les athlètes, tous les humains et tous les Afro-Américains devraient être totalement reconnaissants et honorés [par les manifestations lancées par les anciens joueurs de la NFL Colin Kaepernick et Eric Reid]. Serena Williams
Je ne suis pas une tricheuse! Vous me devez des excuses! (…) Je ne suis pas une tricheuse! Je suis mère de famille, je n’ai jamais triché de ma vie ! Serena Williams
For her country, Osaka has already succeeded in a major milestone: She is the first Japanese woman to reach the final of any Grand Slam. And she’s currently her country’s top-ranked player. Yet in Japan, where racial homogeneity is prized and ethnic background comprises a big part of cultural belonging, Osaka is considered hafu or half Japanese. Born to a Japanese mother and a Haitian father, Osaka grew up in New York. She holds dual American and Japanese passports, but plays under Japan’s flag. Some hafu, like Miss Universe Japan Ariana Miyamoto, have spoken publicly about the discrimination the term can confer. “I wonder how a hafu can represent Japan,” one Facebook user wrote of Miyamoto, according to Al Jazeera America’s translation. For her part, Osaka has spoken repeatedly about being proud to represent Japan, as well as Haiti. But in a 2016 USA Today interview she also noted, “When I go to Japan people are confused. From my name, they don’t expect to see a black girl.” On the court, Osaka has largely been embraced as one of her country’s rising stars. Off court, she says she’s still trying to learn the language. “I can understand way more Japanese than I can speak,” she said. (…) Earlier this year, Osaka reveled a four-word mantra keeps her steady through tough matches: “What would Serena do?” Her idolization of the 23 Grand Slam-winning titan is well-known. “She’s the main reason why I started playing tennis,” Osaka told the New York Times. Time
Des sportifs semblent désormais plus facilement se mettre en avant pour évoquer leurs convictions, que ce soient des championnes de tennis ou des footballeurs. Mais ces athlètes activistes restent encore minoritaires. Peu ont suivi Kaepernick lorsqu’il s’est agenouillé pendant l’hymne national. La plupart se focalisent sur leur sport, ils ne sont pas vraiment désireux de jouer les trouble-fête. Dans notre culture, ces sportifs sont des dieux, qui peuvent exercer une influence positive. Ils peuvent être un bon exemple d’engagement civique pour des jeunes. Et puis une bonne controverse comme l’affaire Kaepernick permet de pimenter un peu le sport et d’élargir le débat au-delà du jeu. Orin Starn (anthropologue)
Son genou droit posé à terre le 1er septembre 2016 a fait de lui un paria. Ce jour-là, Colin Kaepernick, quarterback des San Francisco 49ers, avait une nouvelle fois décidé de ne pas se lever pour l’hymne national. Coupe afro et regard grave, il était resté dans cette position pour protester contre les violences raciales et les bavures policières qui embrasaient les Etats-Unis. Plus d’un an après, la polémique reste vive. Son boycott lui vaut toujours d’être marginalisé et tenu à l’écart par la Ligue nationale de football américain (NFL). L’affaire rebondit ces jours, à l’occasion des débuts de la saison de la NFL. Sans contrat depuis mars, Colin Kaepernick est de facto un joueur sans équipe, à la recherche d’un nouvel employeur. (…) Plus surprenant, une centaine de policiers new-yorkais ont manifesté ensemble fin août à Brooklyn, tous affublés d’un t-shirt noir avec le hashtag #imwithkap. Le célèbre policier Frank Serpico, 81 ans, qui a dénoncé la corruption généralisée de la police dans les années 1960 et inspiré Al Pacino pour le film Serpico (1973), en faisait partie. Les sportifs américains sont nombreux à afficher leur soutien à Colin Kaepernick. C’est le cas notamment des basketteurs Kevin Durant ou Stephen Curry, des Golden State Warriors. (…) La légende du baseball Hank Aaron fait également partie des soutiens inconditionnels de Colin Kaepernick. Sans oublier Tommie Smith, qui lors des Jeux olympiques de Mexico en 1968 avait, sur le podium du 200 mètres, levé son poing ganté de noir contre la ségrégation raciale, avec son comparse John Carlos. Le geste militant à répétition de Colin Kaepernick, d’abord assis puis agenouillé, a eu un effet domino. Son coéquipier Eric Reid l’avait immédiatement imité la première fois qu’il a mis le genou à terre. Une partie des joueurs des Cleveland Browns continuent, en guise de solidarité, de boycotter l’hymne des Etats-Unis, joué avant chaque rencontre sportive professionnelle. La footballeuse homosexuelle Megan Rapinoe, championne olympique en 2012 et championne du monde en 2015, avait elle aussi suivi la voie de Colin Kaepernick et posé son genou à terre. Mais depuis que la Fédération américaine de football (US Soccer) a édicté un nouveau règlement, en mars 2017, qui oblige les internationaux à se tenir debout pendant l’hymne, elle est rentrée dans le rang. Colin Kaepernick lui-même s’était engagé à se lever pour l’hymne pour la saison 2017. Une promesse qui n’a pas pour autant convaincu la NFL de le réintégrer. Barack Obama avait pris sa défense; Donald Trump l’a enfoncé. En pleine campagne, le milliardaire new-yorkais avait qualifié son geste d’«exécrable», l’hymne et le drapeau étant sacro-saints aux Etats-Unis. Il a été jusqu’à lui conseiller de «chercher un pays mieux adapté». Les chaussettes à motifs de cochons habillés en policiers que Colin Kaepernick a portées pendant plusieurs entraînements – elles ont été très remarquées – n’ont visiblement pas contribué à le rendre plus sympathique à ses yeux. Mais ni les menaces de mort ni ses maillots brûlés n’ont calmé le militantisme de Colin Kaepernick. Un militantisme d’ailleurs un peu surprenant et parfois taxé d’opportunisme: métis, de mère blanche et élevé par des parents adoptifs blancs, Colin Kaepernick n’a rallié la cause noire, et le mouvement Black Lives Matter, que relativement tardivement. Avant Kaepernick, la star de la NBA LeBron James avait défrayé la chronique en portant un t-shirt noir avec en lettres blanches «Je ne peux pas respirer». Ce sont les derniers mots d’un jeune Noir américain asthmatique tué par un policier blanc. Par ailleurs, il avait ouvertement soutenu Hillary Clinton dans sa course à l’élection présidentielle. Timidement, d’autres ont affiché leurs convictions politiques sur des t-shirts, mais sans aller jusqu’au boycott de l’hymne national, un geste très contesté. L’élection de Donald Trump et le drame de Charlottesville provoqué par des suprémacistes blancs ont contribué à favoriser l’émergence de ce genre de protestations. Ces comportements signent un retour du sportif engagé, une espèce presque en voie de disparition depuis les années 1960-1970, où de grands noms comme Mohamed Ali, Billie Jean King ou John Carlos ont porté leur militantisme à bras-le-corps. Au cours des dernières décennies, l’heure n’était pas vraiment à la revendication politique, confirme Orin Starn, professeur d’anthropologie culturelle à l’Université Duke en Caroline du Nord. A partir des années 1980, c’est plutôt l’image du sportif businessman qui a primé, celui qui s’intéresse à ses sponsors, à devenir le meilleur possible, soucieux de ne déclencher aucune polémique. Un sportif lisse avant tout motivé par ses performances et sa carrière. Comme le basketteur Michael Jordan ou le golfeur Tiger Woods. Le Temps
It was an incredible match. I mean, Arthur was an innovator. It was the first time he sort of sat down at the side of the court in between — they didn’t have chairs at the side of the court for a long time; we sort of had to towel off and go on — but he would sit and cover his head with the towel and just think. It was the first time you were conscious of the mental side of tennis. Arthur was instrumental in that. . . . Arthur was a thinker. Virginia Wade
Arthur didn’t need Vietnam. Arthur had his own Vietnam right there in the United States in those days, and some of the things that I saw while I was there — he didn’t need that. The thing that I always think about, and this was always the most important thing in my mind, was that Arthur represented so many possibilities. Arthur was the first to do so much so often that those of us who knew him would say: ‘What’s next? What mountain was he going to climb next?’ Arthur was always different. (…) Growing up, Arthur was a sponge. . . . That was just his nature. He was a voracious reader, and he had to satisfy his intellect. I tell people if Arthur had concentrated on just tennis, he would have been the best in the world. But tennis was a vehicle. . . . He wanted to be able to take kids outside of their environs, outside of their element for a little while and expose them to what they can be. . . . And, let’s face it, most parents don’t have the wherewithal to do that. It’s not easy. What happens is you get somebody like Arthur — and following Arthur, LeBron James is starting to do things — to expose kids. It’s so important that that happens. (…) “Until Arthur came along and Althea came along, tennis was a sport of the elites. Then you get two playground children — one from Harlem, one from Richmond — to break into the bigs. People had to stop and think about that. It opened the doors for other people, and that’s what it was all about. That’s what it was all about for him. Johnnie Ashe
The Apollo program was a national effort that depended on American derring-do and sacrifice. History is usually airbrushed to remove a figure who has fallen out of favor with a dictatorship, or to hide away an episode of national shame. Leave it to Hollywood to erase from a national triumph its most iconic moment. The new movie First Man, a biopic about the Apollo 11 astronaut Neil Armstrong, omits the planting of the American flag during his historic walk on the surface of the moon. Ryan Gosling, who plays Armstrong in the film, tried to explain the strange editing of his moonwalk: “This was widely regarded in the end as a human achievement. I don’t think that Neil viewed himself as an American hero.” Armstrong was a reticent man, but he surely considered himself an American, and everyone else considered him a hero. (“You’re a hero whether you like it or not,” one newspaper admonished him on the 10th anniversary of the landing.) Gosling added that Armstrong’s walk “transcended countries and borders,” which is literally true, since it occurred roughly 238,900 miles from Earth, although Armstrong got there on an American rocket, walked in an American spacesuit, and returned home to America. (…) It was a chapter in a space race between the United States and the Soviet Union that involved national prestige and the perceived worth of our respective economic and political systems. The Apollo program wasn’t about the brotherhood of man, but rather about achieving a national objective before a hated and feared adversary did. The mission of Apollo 11 was, appropriately, soaked in American symbolism. The lunar module was called Eagle, and the command module Columbia. There had been some consideration to putting up a U.N. flag, but it was scotched — it would be an American flag and only an American flag. (…) There may be a crass commercial motive in the omission — the Chinese, whose market is so important to big films, might not like overt American patriotic fanfare. Neither does much of our cultural elite. They may prefer not to plant the flag — but the heroes of Apollo 11 had no such compunction. National Review
Billed as being based on “a crazy, outrageous incredible true story” about how a black cop infiltrated the KKK, Spike Lee’s BlacKkKlansman would be more accurately described as the story of how a black cop in 1970s Colorado Springs spoke to the Klan on the phone. He pretended to be a white supremacist . . . on the phone. That isn’t infiltration, that’s prank-calling. A poster for the movie shows a black guy wearing a Klan hood. Great starting point for a comedy, but it didn’t happen. The cop who actually attended KKK meetings undercover was a white guy (played by Adam Driver). These led . . . well, nowhere in particular. No plot was foiled. Those meetups mainly revealed that Klansmen behave exactly how you’d expect Klansmen to behave. The movie is a typical Spike Lee joint: A thin story is told in painfully didactic style and runs on far too long. (…)  Washington (son of Denzel) has an easygoing charisma as the unflappable Ron Stallworth, a rookie cop in Colorado Springs who volunteers to go undercover as a detective in 1972, near the height of the Black Power movement and a moment when law enforcement was closely tracking the activities of radicals such as Stokely Carmichael, a.k.a. Kwame Ture, a speech of whose Stallworth says he attended while posing as an ordinary citizen. In the movie, Stallworth experiences an awakening of black pride and falls for a student leader, Patrice (a luminous Laura Harrier, who also played Peter Parker’s girlfriend in Spider-Man: Homecoming), inspiring in him the need to do something for his people. (…) The Klan also turn out to be grandstanders and blowhards given to Carmichael-style paranoid prophecies and seem to hope to troll their enemies into attacking them. When Lee realizes he needs something to actually happen besides racist talk, he turns to a subplot featuring a white-supremacist lady running around with a purse full of C-4 explosive with which she intends to blow up the black radicals. It’s so unconvincing that you watch it thinking, “I really doubt this happened.” It didn’t. The only other tense moment in the film, in which Driver’s undercover cop (who is Jewish) is nearly subjected to a lie-detector test about his religion by a suspicious Klansman, is also fabricated. Lee frames his two camps as opposites, but whether we’re with the black-power types or the white-power yokels, they’re equally wrong about the race war they seem to yearn for. The two sides are equally far from the stable center, the color-blind institution holding society together, which turns out to be . . . the police! After some talk from the radical Patrice (whose character is also a fabrication) about how the whole system is corrupt and she could never date a “pig,” and a scene in which Stallworth implies the police’s code of covering for one another reminds him of the Klan, Lee winds up having the police unite to fight racism, with one bad apple expunged and everybody else on the otherwise all-white force supporting Ron. That Spike Lee has turned in a pro-cop film has to be counted one of the stranger cultural developments of 2018, but Lee seems to have accidentally aligned with cops in the course of issuing an anti-Trump broadside. (…) (See also: an introduction in which Alec Baldwin plays a Southern cracker called Dr. Kennebrew Beauregard who rants about desegregation for several minutes, then is never seen again.) Lee’s other major goal is to link Stallworth’s story to Trumpism using David Duke. Duke, like Trump, said awful things at the time of the Charlottesville murder and played a part in the Stallworth story when the cop was assigned to protect the Klan leader (played by Topher Grace) on a visit to Colorado Springs and later threw his arm around him while posing for a picture. Saying Duke presaged Trump seems like a stretch, though. After all the nudge-nudge MAGA lines uttered by the Klansmen throughout the film, the let-me-spell-it-out-for-you finale, with footage from the Charlottesville white-supremacist rally, seems de trop. BlacKkKlansman was timed to hit theaters one year after the anniversary of the horror in Virginia. That Charlottesville II attracted only two dozen pathetic dorks to the cause of white supremacy would seem to undermine the coda. The Klan’s would-be successors, far from being more emboldened than they have been since Stallworth’s time, appear to be nearly extinct. National review
The all-seeing social-justice eye penetrates every aspect of our lives: sports, movies, public monuments, social media, funerals . . .A definition of totalitarianism might be the saturation of every facet of daily life by political agendas and social-justice messaging. At the present rate, America will soon resemble the dystopias of novels such as 1984 and Brave New World in which all aspects of life are warped by an all-encompassing ideology of coerced sameness. Or rather, the prevailing orthodoxy in America is the omnipresent attempt of an elite — exempt from the consequences of its own ideology thanks to its supposed superior virtue and intelligence — to mandate an equality of result. We expect their 24/7 political messaging on cable-channel news networks, talk radio, or print and online media. And we concede that long ago an NPR, CNN, MSNBC, or New York Times ceased being journalistic entities as much as obsequious megaphones of the progressive itinerary. But increasingly we cannot escape anywhere the lidless gaze of our progressive lords, all-seeing, all-knowing from high up in their dark towers. (…) Americans have long accepted that Hollywood movies no longer seek just to entertain or inform, but to indoctrinate audiences by pushing progressive agendas. That commandment also demands that America be portrayed negatively — or better yet simply written out of history. Take the new film First Man, about the first moon landing. Apollo 11 astronaut Neil Armstrong became famous when he emerged from The Eagle, the two-man lunar module, and planted an American flag on the moon’s surface. Yet that iconic act disappears from the movie version. (At least Ryan Gosling, who plays Armstrong, does not walk out of the space capsule to string up a U.N. banner.) Gosling claimed that the moon landing should not be seen as an American effort. Instead, he advised, it should be “widely regarded as a human achievement” — as if any nation’s efforts or the work of the United Nations in 1969 could have pulled off such an astounding and dangerous enterprise. I suppose we are to believe that Gosling’s Canada might just as well have built a Saturn V rocket. (…) Sports offers no relief. It is now no more a refuge from political indoctrination than is Hollywood. Yet it is about as difficult to find a jock who can pontificate about politics as it is to encounter a Ph.D. or politico who can pass or pitch. The National Football League, the National Basketball Association, and sports channels are now politicalized in a variety of ways, from not standing up or saluting the flag during the National Anthem to pushing social-justice issues as part of televised sports analysis. What a strange sight to see tough sportsmen of our Roman-style gladiatorial arenas become delicate souls who wilt on seeing a dreaded hand across the heart during the playing of the National Anthem. Even when we die, we do not escape politicization. At a recent eight-hour, televised funeral service for singer Aretha Franklin, politicos such as Jesse Jackson and Al Sharpton went well beyond their homages into political harangues. Pericles or Lincoln they were not. (…) Politics likewise absorbed Senator John McCain’s funeral the next day. (…) Even the long-ago dead are fair game. Dark Age iconoclasm has returned to us with a fury. Any statue at any time might be toppled — if it is deemed to represent an idea or belief from the distant past now considered racist, sexist, or somehow illiberal. Representations of Columbus, the Founding Fathers, and Confederate soldiers have all been defaced, knocked down, or removed. The images of mass murderers on the left are exempt, on the theory that good ends always allow a few excessive means. So are the images and names of robber barons and old bad white guys, whose venerable eponymous institutions offer valuable brands that can be monetized. At least so far, we are not rebranding Stanford and Yale with indigenous names. Victor Davis Hanson
Johnnie Ashe, like Wade, remembers his brother as an intellectual and an innovator, as someone who was meant to change the world. That’s why, when Johnnie came to understand that the military wouldn’t send two brothers into active duty in a war zone at the same time, he volunteered for a second tour in Vietnam. He was three months away from coming home.Since Johnnie stayed on active duty, Arthur could compete for both the U.S. amateur and U.S. Open championships in 1968. He is the only person to have won both. Ashe had many projects that helped extend his legacy beyond that of a pioneering tennis player who won 33 career singles championships; ever the thinker, bringing tennis and educational opportunities to youths was Ashe’s passion. He helped found the National Junior Tennis & Learning network in 1968, a grass-roots organization designed to make tennis more accessible. Today, the NJTL receives significant funding from the USTA. The Washington Post
Arthur Ashe always had an exquisite sense of timing, whether he was striking a topspin backhand or choosing when to speak out for liberty and justice for all. So we shouldn’t be surprised that the 50th anniversary of his victory at the first U.S. Open — a milestone to be celebrated on Saturday at the grand stadium bearing his name — coincides with a national conversation on the First Amendment rights and responsibilities of professional athletes. Mr. Ashe has been gone for 25 years, struck down at the age of 49 by AIDS, inflicted by an H.I.V.-tainted blood transfusion. But the example he set as a champion on and off the court has never been more relevant. As Colin Kaepernick, LeBron James and others strive to use their athletic stardom as a platform for social justice activism, they might want to look back at what this soft-spoken African-American tennis star accomplished during the age of Jim Crow and apartheid. (…) He began his career as the Jackie Robinson of men’s tennis — a vulnerable and insecure racial pioneer instructed by his coaches to hold his tongue during a period when the success of desegregation was still in doubt. At the same time, Mr. Ashe’s natural shyness and deferential attitude toward his elders and other authority figures all but precluded involvement in the civil rights struggle and other political activities during his high school and college years. The calculus of risk and responsibility soon changed, however, as Mr. Ashe reinvented himself as a 25-year-old activist-in-training during the tumultuous year of 1968. With his stunning victory in September at the U.S. Open, where he overcame the best pros in the world as a fifth-seeded amateur, he gained a new confidence that affected all aspects of his life. Mr. Ashe’s political transformation had begun six months earlier when he gave his first public speech, a discourse on the potential importance of black athletes as community leaders, delivered at a Washington forum hosted by the Rev. Jefferson Rogers, a prominent black civil rights leader Mr. Ashe had known since childhood. Mr. Rogers had been urging Mr. Ashe to speak out on civil rights issues for some time, and when he finally did so, it released a spirit of civic engagement that enveloped his life. “This is the new Arthur Ashe,” the reporter Neil Amdur observed in this paper, “articulate, mature, no longer content to sit back and let his tennis racket do the talking.” In part, Mr. Ashe’s new attitude reflected a determination to make amends for his earlier inaction. “There were times, in fact,” he recalled years later, “when I felt a burning sense of shame that I was not with other blacks — and whites — standing up to the fire hoses and the police dogs, the truncheons, bullets and bombs.” He added: “As my fame increased, so did my anguish.” During the violent spring of 1968, the assassinations of the Rev. Dr. Martin Luther King Jr., whom Mr. Ashe had come to admire above all other black leaders, and Senator Robert F. Kennedy, whom he had supported as a presidential candidate, shook Mr. Ashe’s faith in America. But he refused to surrender to disillusionment. Instead he dedicated himself to active citizenship on a level rarely seen in the world of sports. His activism began with an effort to expand economic and educational opportunities for young urban blacks, but his primary focus soon turned to the liberation of black South Africans suffering under apartheid. Later he supported a wide variety of causes, playing an active role in campaigns for black political power, high educational standards for college athletes, criminal justice reform, equality of the sexes and AIDS awareness. He also became involved in numerous philanthropic enterprises. By the end of his life, Mr. Ashe’s success on the court was no longer the primary source of his celebrity. He had become, along with Muhammad Ali, a prime example of an athlete who transcended the world of sports. In 2016, President Barack Obama identified Mr. Ali and Mr. Ashe as the sports figures he admired above all others. While noting the sharp contrast in their personalities, he argued that both men were “transformational” activists who pushed the nation down the same path to freedom and democracy. Mr. Ashe practiced his own distinctive brand of activism, one based on unemotional appeals to common sense and enlightened philosophical principles as simple as the Golden Rule. He had no facility for, and little interest in, using agitation and drama to draw attention to causes, no matter how worthy they might be. A champion of civility, he always kept his cool and never raised his voice in anger or frustration. Viewing emotional appeals as self-defeating and even dangerous, he relied on reasoned persuasion derived from careful preparation and research. Mr. Ashe preferred to make a case in written form, or as a speaker on the college lecture circuit or as a witness before the United Nations. His periodic opinion pieces in The Washington Post and other newspapers tackled a number of thorny issues related to sports and the broader society, including upholding high academic standards for college athletic eligibility and the expulsion of South Africa from international athletic competition. In the 1980s, he devoted several years to researching and writing “A Hard Road to Glory,” a groundbreaking three-volume history of African-American athletes. In retirement Mr. Ashe became a popular tennis broadcaster known for his clever quips, yet as an activist he never resorted to sound bites that excited audiences with reductionist slogans. Often working behind the scenes, he engaged in high-profile public debate only when he felt there was no other way to advance his point of view. Suspicious of quick fixes, he advocated incremental and gradual change as the best guarantor of true progress. Yet he did not let this commitment to long-term solutions interfere with his determination to give voice to the voiceless. Known as a risk taker on the court, he was no less bold off the court, where he never shied away from speaking truth to power. He was arrested twice, in 1985 while participating in an anti-apartheid demonstration in front of the South African Embassy and in 1992 while picketing the White House in protest of the George H.W. Bush administration’s discriminatory policies toward Haitian refugees. The first arrest embarrassed the American tennis establishment, which soon removed him from his position as captain of the U.S. Davis Cup team, and the second occurred during the final months of his life as he struggled with the ravages of AIDS. In both cases he accepted the consequences of his principled activism with dignity. Mr. Ashe was a class act in every way, a man who practiced what he preached without being diverted by the temptations of power, fame or fortune. When we place his approach to dissent and public debate in a contemporary frame, it becomes obvious that his legacy is the antithesis of the scorched-earth politics of Trumpism. If Mr. Ashe were alive today, he would no doubt be appalled by the bullying tactics and insulting rhetoric of a president determined to punish athletes who have the courage and audacity to speak out against police brutality toward African-Americans. And yet we can be equally sure that Mr. Ashe would honor his commitment to respectful dialogue, refusing to lower himself to the president’s level of unrestrained invective. (…) Mr. Ashe would surely be gratified that to date, this high road has led to more protest, not less, confirming his belief that real change comes from rational advocacy and hard work, not emotional self-indulgence. As we celebrate his remarkable life and legacy a quarter-century after his death, we can be confident that Mr. Ashe would rush to join today’s activists in spirit and solidarity, solemnly but firmly taking a knee for social justice. Raymond Arsenault

Reviens, Arthur, Ils sont devenus fous !

En ces temps devenus fous …

Où après les médias et, enterrements compris, la haute fonction publique

Et, entre le négationnisme (pas de drapeau américain sur la lune) et la réécriture de l’histoire (les quelques mois d’infiltration du KKK par une équipe de policiers noir et blanc dans une petite ville du Colrado au début des années 70 transformés en film blaxploitation avec toute l’explosive subtilité d’un Spike Lee), Hollywood …

Comme au niveau des grosses multinationales du matériel de sport à l’occasion du 30e anniversaire d’un slogan de toute évidence fauché au yippie Jerry Rubin

Mais faussement attribué (droits obligent ?) aux dernière paroles du tristement célèbre premier exécuté (volontaire et déjà gratifié par Norman Mailer de son panégyrique littéraire) du retour de la peine de mort aux Etats-Unis …

La marchandisation d’un joueur (métis multimillionnaire abandonné par son père noir et adopté par des parents blancs) dont le seul titre de gloire est, outre ses chaussettes anti-policiers et ses tee-shirts à la gloire de Castro, son refus d’honorer le drapeau de son pays pour prétendument dénoncer les brutalités policières contre les noirs …

Tout semble dorénavant permis pour dénigrer l’actuel président américain et les forces de police …

Comment ne pas repenser …

En ce 50e anniversaire …

De la première victoire, dès la création du premier tournoi professionnel, d’un joueur de tennis noir à une épreuve de Grand chelem …

A la figure hélas oubliée d’un Arthur Ashe

Qui, de l’apartheid sud-africain à la défense des réfugiés haïtiens ou des enfants atteints du SIDA jusqu’à l’ONU …

Et loin des outrances racistes à l’époque d’un Mohamed Ali …

Ou de la violence actuelle (et surtout de ses conséquences sur les plus démunis quoi qu’en dise son biographe) du collectif Black lives matter que prétend défendre un Colin Kaeperinck …

Et sans parler du lamentable scandale, au nom d’un prétendu sexisme et face à une improbable nippo-haïtienne élevée aux Etats-Unis mais ne parlant pas japonais, de Serena Williams en finale du même US Open hier …

Avait toujours su joindre l’intelligence et le respect des autres comme de son propre pays à la plus redoutable des efficacités ?

What Arthur Ashe Knew About Protest

The tennis great was committed to respectful dialogue, refusing to lower himself to the level of invective

Raymond Arsenault
Mr. Arsenault is a biographer of Arthur Ashe.
The New York Times
Sept. 8, 2018

Arthur Ashe always had an exquisite sense of timing, whether he was striking a topspin backhand or choosing when to speak out for liberty and justice for all. So we shouldn’t be surprised that the 50th anniversary of his victory at the first U.S. Open — a milestone to be celebrated on Saturday at the grand stadium bearing his name — coincides with a national conversation on the First Amendment rights and responsibilities of professional athletes.

Mr. Ashe has been gone for 25 years, struck down at the age of 49 by AIDS, inflicted by an H.I.V.-tainted blood transfusion. But the example he set as a champion on and off the court has never been more relevant. As Colin Kaepernick, LeBron James and others strive to use their athletic stardom as a platform for social justice activism, they might want to look back at what this soft-spoken African-American tennis star accomplished during the age of Jim Crow and apartheid.

The first thing they will discover is that, like most politically motivated athletes, Mr. Ashe turned to activism only after his formative years as an emerging sports celebrity. He began his career as the Jackie Robinson of men’s tennis — a vulnerable and insecure racial pioneer instructed by his coaches to hold his tongue during a period when the success of desegregation was still in doubt. At the same time, Mr. Ashe’s natural shyness and deferential attitude toward his elders and other authority figures all but precluded involvement in the civil rights struggle and other political activities during his high school and college years.

The calculus of risk and responsibility soon changed, however, as Mr. Ashe reinvented himself as a 25-year-old activist-in-training during the tumultuous year of 1968. With his stunning victory in September at the U.S. Open, where he overcame the best pros in the world as a fifth-seeded amateur, he gained a new confidence that affected all aspects of his life.

Mr. Ashe’s political transformation had begun six months earlier when he gave his first public speech, a discourse on the potential importance of black athletes as community leaders, delivered at a Washington forum hosted by the Rev. Jefferson Rogers, a prominent black civil rights leader Mr. Ashe had known since childhood. Mr. Rogers had been urging Mr. Ashe to speak out on civil rights issues for some time, and when he finally did so, it released a spirit of civic engagement that enveloped his life. “This is the new Arthur Ashe,” the reporter Neil Amdur observed in this paper, “articulate, mature, no longer content to sit back and let his tennis racket do the talking.”

In part, Mr. Ashe’s new attitude reflected a determination to make amends for his earlier inaction. “There were times, in fact,” he recalled years later, “when I felt a burning sense of shame that I was not with other blacks — and whites — standing up to the fire hoses and the police dogs, the truncheons, bullets and bombs.” He added: “As my fame increased, so did my anguish.”

During the violent spring of 1968, the assassinations of the Rev. Dr. Martin Luther King Jr., whom Mr. Ashe had come to admire above all other black leaders, and Senator Robert F. Kennedy, whom he had supported as a presidential candidate, shook Mr. Ashe’s faith in America. But he refused to surrender to disillusionment. Instead he dedicated himself to active citizenship on a level rarely seen in the world of sports.

His activism began with an effort to expand economic and educational opportunities for young urban blacks, but his primary focus soon turned to the liberation of black South Africans suffering under apartheid. Later he supported a wide variety of causes, playing an active role in campaigns for black political power, high educational standards for college athletes, criminal justice reform, equality of the sexes and AIDS awareness. He also became involved in numerous philanthropic enterprises.

By the end of his life, Mr. Ashe’s success on the court was no longer the primary source of his celebrity. He had become, along with Muhammad Ali, a prime example of an athlete who transcended the world of sports. In 2016, President Barack Obama identified Mr. Ali and Mr. Ashe as the sports figures he admired above all others. While noting the sharp contrast in their personalities, he argued that both men were “transformational” activists who pushed the nation down the same path to freedom and democracy.

Mr. Ashe practiced his own distinctive brand of activism, one based on unemotional appeals to common sense and enlightened philosophical principles as simple as the Golden Rule. He had no facility for, and little interest in, using agitation and drama to draw attention to causes, no matter how worthy they might be. A champion of civility, he always kept his cool and never raised his voice in anger or frustration. Viewing emotional appeals as self-defeating and even dangerous, he relied on reasoned persuasion derived from careful preparation and research.

Mr. Ashe preferred to make a case in written form, or as a speaker on the college lecture circuit or as a witness before the United Nations. His periodic opinion pieces in The Washington Post and other newspapers tackled a number of thorny issues related to sports and the broader society, including upholding high academic standards for college athletic eligibility and the expulsion of South Africa from international athletic competition. In the 1980s, he devoted several years to researching and writing “A Hard Road to Glory,” a groundbreaking three-volume history of African-American athletes.

In retirement Mr. Ashe became a popular tennis broadcaster known for his clever quips, yet as an activist he never resorted to sound bites that excited audiences with reductionist slogans. Often working behind the scenes, he engaged in high-profile public debate only when he felt there was no other way to advance his point of view. Suspicious of quick fixes, he advocated incremental and gradual change as the best guarantor of true progress.

Yet he did not let this commitment to long-term solutions interfere with his determination to give voice to the voiceless. Known as a risk taker on the court, he was no less bold off the court, where he never shied away from speaking truth to power.

He was arrested twice, in 1985 while participating in an anti-apartheid demonstration in front of the South African Embassy and in 1992 while picketing the White House in protest of the George H.W. Bush administration’s discriminatory policies toward Haitian refugees. The first arrest embarrassed the American tennis establishment, which soon removed him from his position as captain of the U.S. Davis Cup team, and the second occurred during the final months of his life as he struggled with the ravages of AIDS. In both cases he accepted the consequences of his principled activism with dignity.

Mr. Ashe was a class act in every way, a man who practiced what he preached without being diverted by the temptations of power, fame or fortune. When we place his approach to dissent and public debate in a contemporary frame, it becomes obvious that his legacy is the antithesis of the scorched-earth politics of Trumpism. If Mr. Ashe were alive today, he would no doubt be appalled by the bullying tactics and insulting rhetoric of a president determined to punish athletes who have the courage and audacity to speak out against police brutality toward African-Americans. And yet we can be equally sure that Mr. Ashe would honor his commitment to respectful dialogue, refusing to lower himself to the president’s level of unrestrained invective.

Not all of the activist athletes involved in public protests during the past two years have followed Mr. Ashe’s model of restraint and civility. But many have made a good-faith effort to do so, resisting the temptation to respond in kind to Mr. Trump’s intemperate attacks on their personal integrity and patriotism. In particular, several of the most visible activists — including Mr. Kaepernick, Stephen Curry and Mr. James — have kept their composure and dignity even as they have borne the brunt of Mr. Trump’s racially charged Twitter storms and stump speeches. By and large, they have wisely taken the same high road that Mr. Ashe took two generations ago, eschewing the politics of character assassination while keeping their eyes on the prize.

Mr. Ashe would surely be gratified that to date, this high road has led to more protest, not less, confirming his belief that real change comes from rational advocacy and hard work, not emotional self-indulgence. As we celebrate his remarkable life and legacy a quarter-century after his death, we can be confident that Mr. Ashe would rush to join today’s activists in spirit and solidarity, solemnly but firmly taking a knee for social justice.

Raymond Arsenault is the author of “Arthur Ashe: A Life.”

Voir aussi:

Arthur Ashe’s real legacy was his activism, not his tennis
We remember Ashe for his electrifying talent. But he had a social conscience that was way ahead of its time
Raymond Arsenault
The Guardian
9 Sep 2018

No one had expected a fifth-seeded, 25-year-old amateur on temporary leave from the army to come out on top in a field that included the world’s best pro players. The era of Open tennis, in which both amateurs and professionals competed, was only four months old. Many feared that mixing the two groups was a mistake. Yet Ashe, with help from a string of upsets that eliminated the top four seeds, defeated the Dutchman Tom Okker in the championship match – in the process becoming the first black man to reach the highest echelon of amateur tennis.

As an amateur, Ashe could not accept the champion’s prize money of $14,000. But the lost income proved inconsequential in light of the other benefits that came in the wake of his historic performance. He became not only as a bona fide sports star but also a citizen activist with important things to contribute to society and a platform to do so. Ashe began to speak out on questions of social and economic justice.

Earlier in the year, the assassinations of Martin Luther King and Robert Kennedy had shocked Ashe out of his youthful reticence to become involved in the struggle for civil rights. Over the next 25 years, he worked tirelessly as an advocate for civil and human rights, a role model for athletes interested in more than fame and fortune.

“From what we get, we can make a living,” he counseled. “What we give, however, makes a life.”

Ashe’s 1968 win was truly impressive but his finest moment at the Open came, arguably, in 1992, four and a half months after the public disclosure that he had Aids and nearly a decade after he contracted HIV during a blood transfusion. If we apply Ashe’s professed standard of success, which placed social and political reform well above athletic achievement, the 25th US Open, not the first, is the tournament most deserving of commemoration. Without picking up a racket, he managed to demonstrate a moral leadership that far transcended the world of sports.

On 30 August, on the eve of the first round, a substantial portion of the professional tennis community rallied behind the stricken champion’s effort to raise funds for the new Arthur Ashe Foundation for the Defeat of Aids (AAFDA). The celebrity-studded event, the Arthur Ashe Aids Tennis Challenge, drew a huge crowd and nine of the game’s biggest stars. The support was unprecedented, leading one reporter to marvel: “The tennis world is known by and large as a selfish, privileged world, one crammed with factions and egos. So what is happening at the Open is unthinkable: gender and nationality and politics will take a back seat to a full-fledged effort to support Ashe.”

Participants included CBS correspondent Mike Wallace, then New York City mayor David Dinkins and two of tennis’s biggest celebrities, the up-and-coming star Andre Agassi and the four-time Open champion John McEnroe, who entertained the crowd by clowning their way through a long set. To Ashe’s delight, McEnroe, once known as the “Superbrat” of tennis, even put on a joke tantrum against the umpire.

Several days earlier, on a more serious note, McEnroe had spoken for many of his peers in explaining why he felt passionate about Ashe’s cause.

“It’s not something you can even think twice about when you’re asked to help,” he insisted. “The fact that the disease has happened to a tennis player certainly strikes home with all of us. I’m just glad someone finally organized the tennis community like this, and obviously it took someone like Arthur to do it.”

Ashe was thrilled with the response to the Aids Challenge, which raised $114,000 for the AAFDA. One man walked up and casually handed him a personal check for $25,000. Later in the week the foundation received $30,000 from an anonymous donor in North Carolina. Such generosity was what Ashe had hoped to inspire, and when virtually all of the US Open players complied with the foundation’s request to attach a special patch – “a red ribbon centered by a tiny yellow tennis ball” – to their outfits as a symbolic show of support for Aids victims, he knew he had started something important.

This awakening of social responsibility – among a group of athletes not typically known for political courage – was deeply gratifying to a man whose previous calls to action had been largely ignored. Seven years earlier he was fired as captain of the US Davis Cup team in part because leaders were uncomfortable with his growing political activism, especially his arrest during an anti-apartheid demonstration outside a South African embassy. This rebuke did not shake his belief in active citizenship as a bedrock principle, however, and as the 1992 Open drew to a close he demonstrated just how seriously he regarded personal commitment to social justice.

When his lifelong friend and anti-apartheid ally Randall Robinson asked Ashe to come to Washington for a protest march he immediately said yes, even though the march was scheduled four days before the end of the Open. The march concerned an issue that had become deeply important to Ashe: the Bush administration’s discriminatory treatment of Haitian refugees seeking asylum in the US. With more than 2,000 other protesters, Ashe gathered in front of the White House to seek justice for the growing mass of Haitian “boat people” being forcibly repatriated without a hearing.

In stark contrast to the warm reception accorded Cuban refugees fleeing Castro’s communist regime, the dark-skinned boat people were denied refuge due to a blanket ruling that Haitians, unlike Cubans, were economic migrants undeserving of political asylum. To Ashe and the organizers of the White House protest, this double standard – which flew in the face of the political realities of both islands – smacked of racism.

“The argument incensed me,” Ashe wrote. “Undoubtedly, many of the people picked up were economic refugees, but many were not.”

Ashe knew a great deal about Haiti: he had read widely and deeply about the island’s troubled past; he had visited on several occasions; he and his wife had even honeymooned there in 1977. More recently, he had monitored the truncated career of President Jean-Bertrand Aristide, a self-styled champion of the poor whose regime was toppled by a military coup with the tacit support of the Bush administration. Ashe felt compelled to speak out.

“I was prepared to be arrested to protest this injustice,” he said.

Considering his medical condition, he had no business being at a protest; certainly no one would have blamed him if he had begged off. No one, that is, but himself. At the appointed hour, he arrived at the protest site in jeans, T-shirt and straw hat, a human scarecrow reduced to 128lbs on his 6ft 1in frame, but resolute as ever. Big, bold letters on his shirt read: “Haitians Locked Out Because They’re Black.”

The throng included a handful of celebrities, but Ashe alone represented the sports world. He didn’t want to be treated as a celebrity, of course; he simply wanted to make a statement about the responsibilities of democratic citizenship. While he knew his presence was largely symbolic, he hoped to set an example.

Putting oneself at risk for a good cause, he assured one reporter, “does wonders for your outlook … Marching in a protest is a liberating experience. It’s cathartic. It’s one of the great moments you can have in your life.”

Since federal law prohibited large demonstrations close to the White House, the organizers expected arrests. The police did not disappoint: nearly 100 demonstrators, including Ashe, were arrested, handcuffed and carted away. Ashe, despite his physical condition, asked for and received no favors. After paying his fine and calling his wife Jeanne to assure her he was all right, he took the late afternoon train back to New York.

The next night, while sitting on his couch watching the nightly news, he felt a sharp pain in his sternum. Tests revealed he had suffered a mild heart attack, the second of his life. Prior to the trip to Washington, Jeanne had worried something like this might happen. But she knew her husband was never one to play it safe when something important was on the line.

On the tennis court, he had always been prone to fits of reckless play, going for broke with shots that defied logic or sense. Off the court, particularly in his later years, Arthur Ashe almost always went full-out. He did so not because he craved activity for its own sake but rather because he wanted to live a virtuous and productive life. Even near the end, weakened by disease, he still wanted to make a difference. And he did, as he always did.

      • Raymond Arsenault, the John Hope Franklin professor of southern history at the University of South Florida, St Petersburg, is the author of Arthur Ashe: A Life, recently published by Simon & Schuster

    Voir également:

    ‘Arthur was always different’: Reflecting on Ashe’s legacy, 50 years after U.S. Open win
    Ava Wallace
    The Washington Post
    September 3, 2018

    Virginia Wade has many memories of Arthur Ashe, but the one that sticks in her mind isn’t from 50 years ago in New York, when in 1968 they won the first U.S. Open singles titles and Ashe became the first African American man to win a Grand Slam championship. Her favorite memory is from seven years later at Wimbledon.

    Ashe claimed the last of his three major titles in England in 1975 in a match against heavy favorite Jimmy Connors. Wade remembers cool, unruffled Ashe’s daring tennis against the 22-year-old Connors, who hollered back at the crowd when it shouted encouragement. She also remembers the changeovers.

    “It was an incredible match. I mean, Arthur was an innovator,” Wade, 73, said last week. “It was the first time he sort of sat down at the side of the court in between — they didn’t have chairs at the side of the court for a long time; we sort of had to towel off and go on — but he would sit and cover his head with the towel and just think. It was the first time you were conscious of the mental side of tennis. Arthur was instrumental in that. . . . Arthur was a thinker.”

    As the U.S. Open celebrates its 50th anniversary, the U.S. Tennis Association is also honoring Ashe for all that he was: thinker, pioneer, activist, champion.

    The 1968 winner already has a significant presence at Billie Jean King National Tennis Center — the facility’s biggest and most prestigious stage is named for him — but this fortnight, his visage is inescapable. There is a special photo exhibit on the walkway between Court 17 and the Grandstand, and a special “Arthur Ashe legacy booth” decked out in the colors of UCLA, his alma mater. Fans can be seen walking around sporting white T-shirts featuring a picture of Ashe wearing sunglasses, cool as can be.

    At the start of Monday’s evening session, Lt. Gen. Darryl Williams gave Ashe’s younger brother Johnnie a folded American flag in honor of his brother, who died in 1993 from AIDS-related pneumonia after contracting the disease from a tainted blood transfusion. Ashe was an Army lieutenant when he won the U.S. Open as an amateur in 1968; Johnnie, 70, was in the Marine Corps for 20 years.

    Johnnie Ashe, like Wade, remembers his brother as an intellectual and an innovator, as someone who was meant to change the world. That’s why, when Johnnie came to understand that the military wouldn’t send two brothers into active duty in a war zone at the same time, he volunteered for a second tour in Vietnam. He was three months away from coming home.

    “Arthur didn’t need Vietnam. Arthur had his own Vietnam right there in the United States in those days, and some of the things that I saw while I was there — he didn’t need that,” Johnnie said Monday night. “The thing that I always think about, and this was always the most important thing in my mind, was that Arthur represented so many possibilities. Arthur was the first to do so much so often that those of us who knew him would say: ‘What’s next? What mountain was he going to climb next?’ Arthur was always different.”

    Since Johnnie stayed on active duty, Arthur could compete for both the U.S. amateur and U.S. Open championships in 1968. He is the only person to have won both.

    Ashe had many projects that helped extend his legacy beyond that of a pioneering tennis player who won 33 career singles championships; ever the thinker, bringing tennis and educational opportunities to youths was Ashe’s passion. He helped found the National Junior Tennis & Learning network in 1968, a grass-roots organization designed to make tennis more accessible. Today, the NJTL receives significant funding from the USTA.

    “Growing up, Arthur was a sponge. . . . That was just his nature,” Johnnie Ashe said. “He was a voracious reader, and he had to satisfy his intellect. I tell people if Arthur had concentrated on just tennis, he would have been the best in the world. But tennis was a vehicle. . . . He wanted to be able to take kids outside of their environs, outside of their element for a little while and expose them to what they can be. . . . And, let’s face it, most parents don’t have the wherewithal to do that. It’s not easy. What happens is you get somebody like Arthur — and following Arthur, LeBron James is starting to do things — to expose kids. It’s so important that that happens.”

    Billie Jean King called the NJTL one of the best things that ever happened to the sport.

    “Arthur and I had many conversations over the years about how to we make tennis better — for the players, the fans and the sport,” King said in an email Monday. “We both thought tennis needed to be more hospitable, and for Arthur a big part of that was improving access and opportunity to our sport for everyone. Arthur, and Althea Gibson before him, opened doors for people of color in our sport. And, from Venus and Serena [Williams] to Naomi Osaka and Frances Tiafoe, we are seeing the results of his efforts today.”

    Ashe’s efforts as a humanitarian inspired James Blake, who now chairs the USTA Foundation. Blake was growing up when Ashe’s humanitarian career was front and center, both as the leader of the group Artists and Athletes Against Apartheid and as a figure who spoke out to educate the nation about AIDS.

    “He never looked for sympathy,” Blake said. “Instead, he looked for a way to make life better for others that were struggling.”

    Blake counts himself as one who benefited from Ashe’s barrier-breaking career. It’s a legacy not lost on the USTA; Katrina Adams, its president and chief executive, is a black woman.

    But before Maria Sharapova lost in the fourth round to Carla Suarez Navarro and the riveted crowd turned its attention to Roger Federer’s match, Monday night was about Arthur Ashe. Johnnie’s flag came wrapped in a wooden display case.

    “I was thinking what I was going to design to keep it in, but I don’t have to. This is nice,” Johnnie said.

    “Until Arthur came along and Althea came along, tennis was a sport of the elites. Then you get two playground children — one from Harlem, one from Richmond — to break into the bigs. People had to stop and think about that. It opened the doors for other people, and that’s what it was all about. That’s what it was all about for him.”

    Voir de même:

    Waiting for the Next Arthur Ashe
    Harvey Araton
    NYT
    Sept. 7, 2018

    On the second of two occasions when he had the privilege of a conversation with Arthur Ashe, MaliVai Washington, having just become the country’s No. 1 college player as a Michigan sophomore in 1989, happened to mention that he was thinking of turning pro.

    Ashe did not exactly tell him what he wanted to hear.

    “I don’t think he thought it was a very good idea,” Washington said.

    Ashe won the first United States Open at the West Side Tennis Club in Forest Hills 50 years ago to the day of Sunday’s men’s final, to be played in a stadium named for him. He also won the 1970 Australian Open and a third and final major in 1975 at Wimbledon.

    After all these years there are the formidable but not mutually exclusive legacies of Ashe: as the only African-American man to win a Grand Slam tournament and as a venerated humanitarian. Washington came tantalizingly close to living up to the former and has found a contextual purpose in the latter.

    Washington, who made it to the Wimbledon final in 1996, can recall some self-imposed pressure to hoist the trophy Ashe had claimed there 21 years earlier because “when you’re the No. 1 black player, you feel a sense of responsibility.”

    That said, Washington was admittedly more focused on the biggest payday of his career, potential lifetime membership in the All England Club and a permanent engraving on its champions wall.

    “I’m honestly not thinking then that much about history and social issues, about how this is going to impact on America, what impact is it going to have on kids,” he said of the final, which he lost to Richard Krajicek of the Netherlands in straight sets. “But at 35, 45, O.K., I can think more intelligently about it and understand the impact.”

    Washington is now 49, the age at which Ashe died in 1993 of AIDS after getting H.I.V. through a blood transfusion. Family life in northern Florida is good for Washington, with a wife, two teenage children, a real estate business and an eponymous foundation in an impoverished area of Jacksonville that for 22 years has provided a tennis introduction for children unlikely to find a private pathway into the sport.

    Washington’s program is affiliated with the National Junior Tennis League, which Ashe co-founded in 1969 to promote discipline and character through tennis among under-resourced youth. If, in the process, another Ashe happened to emerge, so much the better. But that was not the primary function, or point.

    “We’re not a pathway to pro tennis by any stretch of the imagination,” Washington said. “At my foundation, we don’t have that ability, that capacity, never had an interest in going in that direction. We highly encourage kids to play on their high school team, go on to play or try out for their college team.

    “But our biggest bang for our buck is teaching life skills. Stay in our program, and you’ll have a focus on high school education, be on a good track when you leave high school. You’re not going to leave high school with a criminal record, or with a son or daughter.”

    Why there was no African-American male Grand Slam champion successor to Ashe in the years soon after his trailblazing is no great mystery, Washington said.

    Fifty years ago, tennis was largely the province of the wealthy and white, lacking a foundational structure to facilitate such an occurrence. Which doesn’t mean that Ashe didn’t influence the rise of a Yannick Noah, the French Grand Slam champion whom Ashe himself discovered in Cameroon. Or the likes of Richard Williams and Oracene Price, whose parental vision birthed the careers of Venus and Serena Williams. They in turn have been followed by a raft of African-American female players, including the 2017 U.S. Open women’s champion, Sloane Stephens, and the runner-up, Madison Keys.

    This year’s women’s final, on Saturday afternoon, will feature Serena Williams and Naomi Osaka, a half-Japanese, half-Haitian player whose father used the Williams family as a model for his own daughters’ tennis ambitions.

    Looming over the lack of an African-American Grand Slam successor to Ashe is the vexing question of why the United States hasn’t produced a male champion since Andy Roddick won his only major title in New York in 2003. That most of the men’s titles have been claimed by a small handful of European players might be more of a tribute to them than a defining failure of the United States Tennis Association’s development capabilities.

    But on the home front, the issue is a pressing one, especially during America’s Grand Slam tournament, year after year.

    Washington retired in 1999 with four tour victories and a 1994 quarterfinal Australian Open result in addition to his Wimbledon run. He was followed by James Blake, who rose to No. 4 in the world during a 14-year career that included 10 tour titles and three Grand Slam quarterfinals, including two at the U.S. Open.

    Martin Blackman, the U.S.T.A.’s general manager for player development, agreed that a breakthrough by one or two young Americans — white or black — in the foreseeable future could help trigger a wave of next-generation stars from an expanding landscape of prospects at a time when African-American participation has significantly declined in baseball, and football is confronted with health concerns.

    “With tennis starting to be recognized as a really athletic sport, I think we do have a unique opportunity to pull some better athletes into the game,” said Blackman, an African-American man who played briefly on tour and once partnered with Washington to make the junior doubles semifinals of the 1986 Open. “So now it comes down to what can we do at the base to recruit and retain as many great young players as possible, make the game accessible and then get them into the system to stay.”

    Even with better intentions, and greater investment, it still took a set of circumstances worthy of a Disney script to land Frances Tiafoe, one of the more promising young American players, on tour.

    The son of immigrants from Sierra Leone, Tiafoe, 20, was introduced to the sport at a club in College Park, Md., where his father, Frances Sr., had found custodial work. Talent and a noticeable work ethic attracted well-heeled benefactors and helped Tiafoe climb to his current ranking of No. 44.

    He gained his first victory at the U.S. Open over France’s Adrian Mannarino, the 29th seed, in the first round before losing next time out. His father watched from the player’s box on the Grandstand court, high-fiving Frances’ coaches and trainer when the Mannarino match ended, and soon after contended that his son wasn’t all that unique.

    “There have to be thousands of kids like Frances out there, thousands who don’t have the same opportunities,” Frances Sr. said. “I’m not just talking about going to college, but going to the pro level, or just to have that chance, see if it’s possible.”

    This is where Washington holds up a metaphorical sign for caution, if not for an outright stop. Most people, he said, have little understanding of just how forbidding the odds are of becoming a pro, much less a champion.

    Like the Williams sisters, Washington — who was born in Glen Cove, N.Y., but grew up in Michigan — had the benefit of a tennis-driven father, William, who saw four of his five children play professionally. MaliVai, who typically goes by Mal, had by far the most success.

    “When I was a junior player, I was playing seven days a week and there were times when I was in high school where I was playing before school and after school,” he said. “It is so very difficult to win a major. I tried to win one, came close.”

    Then, speaking of Roger Federer and Rafael Nadal, he added: “Federer and Nadal, they’ve won 20 and 17. What makes them so great is hard to understand. You just can’t throw money at kids and think it’s going to happen.”

    So how is it done? Where does one start?

    With smaller social achievements, Washington said. With helping young people love the game recreationally, while pursuing a better life than those in less affluent African-American communities have been dealt.

    He talked of a young female graduate of his program who recently finished college without any debt, thanks to a tennis scholarship. And for the foundation’s head tennis pro, he hired Marc Atkinson, who began playing at Washington’s facility in sixth grade and walked onto the Florida A&M tennis team.

    “He’s married with three kids, and at some point, I imagine he’s going to introduce the sport to his kids,” Washington said. “You know, I often think back to my ancestors and the challenges they had, whether it’s my parents growing up in the Deep South in the 1940s and 1950s, or my great-great-grandpa who was born a slave. I can trace my lineage back to people who were getting up and getting after it, who were trying to make a better life for themselves and their kids.

    “So with the thousands of kids that we’re helping, that tennis champion may be part of that next generation, or the one after that. You don’t know, but maybe 20 years from now, or 50 years from now, you’ll be able to look at a kid and track back a lineage to my youth foundation and that would be really cool.”

    Told that he sounded more like Ashe the humanitarian than Ashe the Grand Slam champion, Washington nodded with approval. His two meetings with Ashe produced “no deep conversations,” he said, and he did not heed Ashe’s advice on staying in school, though he eventually earned a degree in finance from the University of North Florida.

    A voice was nonetheless heard, and still resounds.

    Voir encore:

    Etats-Unis
    Frédéric Potet

La Croix
28/04/1997

A trois reprises, et par la plus pure des coïncidences, la question du sportif noir dans la société américaine s’est retrouvée sur le devant de l’actualité, ces trois dernières semaines. Il y eut d’abord, le 25 mars à Hollywood, l’attribution de l’Oscar du meilleur documentaire à When we were kings, le film de Leon Gast, sorti en France depuis mercredi, et dont le personnage central est le boxeur Mohammed Ali. Vint ensuite, le 13 avril, la victoire au Master d’Augusta (Géorgie, Etats-Unis) de la nouvelle étoile du golf mondial, le jeune Tiger Woods. Deux jours plus tard, enfin, l’Amérique célébrait le 50e anniversaire de l’intégration du premier joueur noir dans une équipe de base-ball professionnel, Jackie Robinson.

Robinson-Ali-Woods. Ces trois noms résumeraient presque la longue marche de l’émancipation du sportif noir aux Etats-Unis. Chacun d’entre eux représente une période, elle-même synonyme d’idéaux et de quête vers la reconnaissance. Si le film de Leon Gast nous montre bien quel incomparable combattant de la cause black fut Mohammed Ali, gageons qu’Ali ne serait pas devenu Ali à l’époque de Woods et que Robinson serait resté un modeste anonyme s’il avait joué dans les années 60.

Nul ne l’ignore plus aujourd’hui : si Jackie Robinson a pu trouver place au sein des Brooklyn Dodgers en cette année 1947, ce fut principalement pour des raisons extrasportives. Ce petit-fils d’esclave était en effet d’un tempérament suffisamment doux et détaché pour ne pas répondre aux concerts d’insultes dont il allait être la cible durant toute sa carrière. A l’instar de son aîné Jesse Owens, sprinter quatre fois médaillé d’or à qui Hitler refusa de serrer la main aux Jeux Olympiques de 1936 à Berlin, Jackie Robinson ne devait jamais rejoindre d’organisation militante. Sa présence au sein d’une équipe de la Major League (première division) allait pouvoir permettre, sans heurt, l’arrivée d’une nouvelle population dans les stades : le public noir.

Le roi dollar fait taire les langues

Autre contexte et autre façon de voir les choses, vingt ans plus tard. En 1964, quelques jours après son premier titre mondial, Cassius Clay intègre le mouvement politico-religieux des Blacks Muslims et devient Mohammed Ali. Trois ans plus tard, il refuse de partir au Vietnam, arguant qu’aucun Vietcong ne l’a « jamais traité de négro ». Rien d’étonnant lorsqu’en 1974, sur une idée du promoteur Don King, il part affronter George Foreman au Zaïre. L’africanisme possède son meilleur apôtre. Dans le film de Leon Gast, le boxeur incarne une sorte de roi-sorcier revenant au pays après plusieurs siècles d’exil. Ali ne fait alors rien d’autre que de la politique. Comme en ont fait les sprinteurs Tommie Smith, John Carlos et Lee Evans (qui deviendra entraîneur en Afrique) le jour où ils brandirent leur poing sur le podium des Jeux de Mexico de 1968.

De cette corporation de champions engagés, Arthur Ashe, décédé en 1993 après une vie passée à lutter contre diverses injustices (apartheid, sida, sort des réfugiés haïtiens), sera le dernier. Les années 80 et 90 sont un tournant. Le basketteur Michael Jordan devient le sportif le mieux payé au monde. Le sprinteur Carl Lewis, le boxeur Mike Tyson et aujourd’hui le très politiquement correct Tiger Woods vont répéter tour à tour qu’« on ne mélange pas sport et politique ». Le roi dollar fait taire les langues alors que, curieusement, le militantisme noir connaît un regain d’intérêt aux Etats-Unis.

Le paradoxe est même total le 16 octobre 1995 quand Louis Farrakhan, leader de la Nation of Islam, réunit un million de personnes à Washington. Ce jour-là, des slogans proclamant l’innocence d’O.J. Simpson reviennent souvent dans la foule. L’ancienne vedette de football américain est suspecté d’avoir tué sa femme. L’affaire a rendu l’Amérique totalement zinzin. A telle enseigne qu’O.J. est devenu une icône pour la population noire. Plus personne, alors, ne se rappelle que du temps de sa splendeur au coeur de la jet-set de Los Angeles, Simpson s’était appliqué à faire oublier aux Blancs qu’il était noir, allant jusqu’à prendre des cours de diction pour changer son accent. La politique, lui aussi, O.J. le disait déjà : ce n’était pas son job.

Voir par ailleurs:

Neil Armstrong Didn’t Forget the Flag
Rich Lowry
National review
September 5, 2018

The Apollo program was a national effort that depended on American derring-do and sacrifice. History is usually airbrushed to remove a figure who has fallen out of favor with a dictatorship, or to hide away an episode of national shame. Leave it to Hollywood to erase from a national triumph its most iconic moment.

The new movie First Man, a biopic about the Apollo 11 astronaut Neil Armstrong, omits the planting of the American flag during his historic walk on the surface of the moon.

Ryan Gosling, who plays Armstrong in the film, tried to explain the strange editing of his moonwalk: “This was widely regarded in the end as a human achievement. I don’t think that Neil viewed himself as an American hero.” Armstrong was a reticent man, but he surely considered himself an American, and everyone else considered him a hero. (“You’re a hero whether you like it or not,” one newspaper admonished him on the 10th anniversary of the landing.)

Gosling added that Armstrong’s walk “transcended countries and borders,” which is literally true, since it occurred roughly 238,900 miles from Earth, although Armstrong got there on an American rocket, walked in an American spacesuit, and returned home to America.

Apollo 11 was, without doubt, an extraordinary human achievement. Armstrong’s famous words upon descending the ladder to the moon were apt: “One small step for man, one giant leap for mankind.” A plaque left behind read: “HERE MEN FROM THE PLANET EARTH FIRST SET FOOT UPON THE MOON, JULY 1969 A.D. WE CAME IN PEACE FOR ALL MANKIND.”

But this was a national effort that depended on American derring-do, sacrifice, and treasure. It was a chapter in a space race between the United States and the Soviet Union that involved national prestige and the perceived worth of our respective economic and political systems. The Apollo program wasn’t about the brotherhood of man, but rather about achieving a national objective before a hated and feared adversary did.

The Soviets’ putting a satellite, Sputnik, into orbit first was a profound political and psychological shock. The historian Walter A. McDougall writes in his book on the space race, . . . The Heavens and the Earth:

In the weeks and months to come, Khrushchev and lesser spokesmen would point to the first Sputnik, “companion” or “fellow traveller,” as proof of the Soviet ability to deliver hydrogen bombs at will, proof of the inevitability of Soviet scientific and technological leadership, proof of the superiority of communism as a model for backwards nations, proof of the dynamic leadership of the Soviet premier.

The U.S. felt it had to rise to the challenge. As Vice President Lyndon Johnson put it, “Failure to master space means being second best in every aspect, in the crucial arena of our Cold War world. In the eyes of the world first in space means first, period; second in space is second in everything.”

VIEW SLIDESHOW: Apollo 11

The mission of Apollo 11 was, appropriately, soaked in American symbolism. The lunar module was called Eagle, and the command module Columbia. There had been some consideration to putting up a U.N. flag, but it was scotched — it would be an American flag and only an American flag.

The video of Armstrong and his partner Buzz Aldrin carefully working to set up the flag — fully extend it and sink the pole firmly enough in the lunar surface to stand — after their awe-inspiring journey hasn’t lost any of its power.

The director of First Man, Damien Chazelle, argues that the flag planting isn’t part of the movie because he wanted to focus on the inner Armstrong. But, surely, Armstrong, a former Eagle Scout, had feelings about putting the flag someplace it had never gone before?

There may be a crass commercial motive in the omission — the Chinese, whose market is so important to big films, might not like overt American patriotic fanfare. Neither does much of our cultural elite. They may prefer not to plant the flag — but the heroes of Apollo 11 had no such compunction.

Voir de plus:

What BlacKkKlansman Gets Wrong

It’s a slow, didactic film about a minor episode.

Kyle Smith
National Review
August 28, 2018

Billed as being based on “a crazy, outrageous incredible true story” about how a black cop infiltrated the KKK, Spike Lee’s BlacKkKlansman would be more accurately described as the story of how a black cop in 1970s Colorado Springs spoke to the Klan on the phone. He pretended to be a white supremacist . . . on the phone. That isn’t infiltration, that’s prank-calling. A poster for the movie shows a black guy wearing a Klan hood. Great starting point for a comedy, but it didn’t happen. The cop who actually attended KKK meetings undercover was a white guy (played by Adam Driver). These led . . . well, nowhere in particular. No plot was foiled. Those meetups mainly revealed that Klansmen behave exactly how you’d expect Klansmen to behave.The movie is a typical Spike Lee joint: A thin story is told in painfully didactic style and runs on far too long. Screenwriters ordinarily try to start every scene as late as possible and end it as early as possible; Lee just lets things roll. If the point is made, he keeps making it. If the plot tends toward inertia, that’s just Lee saying, “Don’t get distracted by the story, pay attention to the message I’m sending.” He’s a rule-breaker all right. The rules he breaks are “Don’t be boring,” “Don’t be obvious,” and “Don’t ramble.”

But! BlacKkKlansman keeps getting called spot-on, and (as Quentin Tarantino showed in Django Unchained) the moronic nature of the Klan and its beliefs makes it an excellent target for comedy. Lee doesn’t exactly wield an épée as a satirist, though: His idea of a top joke is having the redneck Klansman think “gooder” is a word. Most of the movie isn’t even attempted comedy.

Lee’s principal achievement here is in showcasing the talents of John David Washington, in the first of what promise to be many starring roles in movies. Washington (son of Denzel) has an easygoing charisma as the unflappable Ron Stallworth, a rookie cop in Colorado Springs who volunteers to go undercover as a detective in 1972, near the height of the Black Power movement and a moment when law enforcement was closely tracking the activities of radicals such as Stokely Carmichael, a.k.a. Kwame Ture, a speech of whose Stallworth says he attended while posing as an ordinary citizen. In the movie, Stallworth experiences an awakening of black pride and falls for a student leader, Patrice (a luminous Laura Harrier, who also played Peter Parker’s girlfriend in Spider-Man: Homecoming), inspiring in him the need to do something for his people. He dismisses Carmichael’s call for armed revolution as mere grandstanding, really just a means for drawing black people together. After the speech, the audience goes to a party instead of a riot.

The Klan also turn out to be grandstanders and blowhards given to Carmichael-style paranoid prophecies and seem to hope to troll their enemies into attacking them. When Lee realizes he needs something to actually happen besides racist talk, he turns to a subplot featuring a white-supremacist lady running around with a purse full of C-4 explosive with which she intends to blow up the black radicals. It’s so unconvincing that you watch it thinking, “I really doubt this happened.” It didn’t. The only other tense moment in the film, in which Driver’s undercover cop (who is Jewish) is nearly subjected to a lie-detector test about his religion by a suspicious Klansman, is also fabricated.

Lee frames his two camps as opposites, but whether we’re with the black-power types or the white-power yokels, they’re equally wrong about the race war they seem to yearn for. The two sides are equally far from the stable center, the color-blind institution holding society together, which turns out to be . . . the police! After some talk from the radical Patrice (whose character is also a fabrication) about how the whole system is corrupt and she could never date a “pig,” and a scene in which Stallworth implies the police’s code of covering for one another reminds him of the Klan, Lee winds up having the police unite to fight racism, with one bad apple expunged and everybody else on the otherwise all-white force supporting Ron.

That Spike Lee has turned in a pro-cop film has to be counted one of the stranger cultural developments of 2018, but Lee seems to have accidentally aligned with cops in the course of issuing an anti-Trump broadside. He has one cop tell us that anti-immigration rhetoric, opposition to affirmative action, “and tax reform” are the kinds of issues that white supremacists will use to snake their way into high office. Tax reform! If there has ever been a president, or indeed a politician, who failed to advocate “tax reform,” I guess I missed it. What candidate has ever said on the stump, “My fellow Americans, I propose no change to tax policy whatsoever!” If Lee grabbed us by the lapels just once per movie, it might be forgivable, but he does it all the time. (See also: an introduction in which Alec Baldwin plays a Southern cracker called Dr. Kennebrew Beauregard who rants about desegregation for several minutes, then is never seen again.)

Lee’s other major goal is to link Stallworth’s story to Trumpism using David Duke. Duke, like Trump, said awful things at the time of the Charlottesville murder and played a part in the Stallworth story when the cop was assigned to protect the Klan leader (played by Topher Grace) on a visit to Colorado Springs and later threw his arm around him while posing for a picture. Saying Duke presaged Trump seems like a stretch, though.

After all the nudge-nudge MAGA lines uttered by the Klansmen throughout the film, the let-me-spell-it-out-for-you finale, with footage from the Charlottesville white-supremacist rally, seems de trop. BlacKkKlansman was timed to hit theaters one year after the anniversary of the horror in Virginia. That Charlottesville II attracted only two dozen pathetic dorks to the cause of white supremacy would seem to undermine the coda. The Klan’s would-be successors, far from being more emboldened than they have been since Stallworth’s time, appear to be nearly extinct.

Voir encore:

US Open: furieuse, Serena Williams crie au scandale et se dit volée par l’arbitre

Cette finale en forme de choc des générations face à la Japonaise Naomi Osaka s’est transformée en véritable psychodrame ce samedi à l’US Open. Jamais entrée dans ce match qui était pour elle une vraie page d’histoire, Serena Williams a sombré dans la chasse à l’arbitre, s’estimant volée.
RMC
09/09/2018

« Je ne suis pas une tricheuse! Vous me devez des excuses! »: des phrases répétées à plusieurs reprises par Serena Williams à l’arbitre, soudainement propulsé en pleine lumière. C’est bien ce qui restera dans les livres d’histoire à propos de cette finale de l’US Open. Tant pis pour Naomi Osaka, impeccable pour remporter, en deux sets, ce choc face à son idole et le premier Grand Chelem de sa carrière (6-2, 6-4).

En cas de victoire ce samedi, l’Américaine pouvait entrer définitivement dans l’histoire en égalant le record de Margaret Court, détentrice de 24 Majeurs, record absolu. La géante de 36 ans a toujours eu du mal avec les moments d’histoire… Pour égaler Steffi Graf et ses 22 sacres en Grand Chelem, Serena Williams en était déjà passée par une demi-finale perdue à Flushing Meadows, deux finales perdues à Melbourne puis Roland-Garros avant le soulagement de Wimbledon 2016. Désillusion encore en demie de l’US Open la même année pour repousser d’un Majeur ce record de l’ère Open qu’elle détient désormais seule.

Williams et l’US Open, c’est compliqué…

Idole de tout un pays, l’Américaine aura également toujours eu du mal à jouer sur son sol. Pour des raisons diverses. Son boycott du tournoi d’Indian Wells durant 14 ans était dû à ces insultes racistes dont elle avait été victime. A l’US Open, où elle a conquis six trophées, la joueuse de 36 ans a connu des émotions contraires, entre ses sacres et ses désillusions. En 2011, face à Samantha Stosur, elle avait écopé d’une amende pour avoir explosé de colère contre l’arbitre, qui lui avait annulé un point pour cause de « come on » lâché avant la fin de l’échange.

Tiens, tiens, des problèmes avec l’arbitre… comme ce samedi. Rattrapée par la pression, Serena Williams a fini par exploser. La faute à son tennis, pas en place, malmené par une Naomi Osaka sans complexe et remarquable, qu’elle a d’ailleurs chaudement félicité à l’issue du match. La faute aussi à ce que l’Américaine a ressenti comme une injustice.

Après un premier set à sens unique, la joueuse de 36 ans a écopé d’un avertissement de la part de l’arbitre. Motif? Coaching. « Je ne suis pas une tricheuse! Je suis mère de famille, je n’ai jamais triché de ma vie », a-t-elle lancé, pleine de colère. Est-ce un quiproquo? Si son entraîneur a bien semblé lui faire un signe, la cadette des soeurs Williams assure ne pas avoir reçu de coaching. Difficile de trancher.

« Ai-je coaché? Oui, je l’ai coachée avec des gestes, a expliqué Patrick Mouratoglou sur Eurosport après la rencontre. Elle ne m’a pas vu. J’ajoute que dans 100% des cas, les joueuses bénéficient de coaching et normalement, surtout en finale d’un Grand Chelem, l’arbitre prévient la joueuse avant un éventuel avertissement. »

Raquette cassée et point perdu

La situation s’est envenimée tandis que la recordwoman de titre en Grand Chelem dans l’ère Open venait de se faire débreaker alors qu’elle semblait pourtant reprendre l’ascendant. Serena Williams en a fracassé sa raquette de rage – chose d’une extrême rareté pour elle – et a donc pris… un nouvel avertissement et un point de pénalité. Fureur.

Au changement de côté, l’arbitre en a fait les frais. « Vous m’avez volé un point! Je ne suis pas une tricheuse », a répété l’Américaine. Estimant que la joueuse était allée trop loin, l’arbitre a donc enchaîné avec un troisième avertissement, synonyme de jeu de pénalité. Derrière, après un jeu de service façon parpaings de Williams, Naomi Osaka a servi pour le match. Pour s’imposer.

Son coach crie au scandale

Pas de poignée de main à l’arbitre pour Serena Williams, qui avait bien tenté d’invoquer le superviseur pour faire annuler son jeu de pénalité… sans succès. « Une fois de plus, la star du show a été l’arbitre de chaise. Pour la deuxième fois dans cet US Open et la troisième fois pour Serena Williams en finale de l’US Open, s’est insurgé son coach Patrick Mouratoglou sur Twitter. Devraient-ils être autorisés à avoir une influence sur le résultat d’un match? Quand déciderons-nous que cela ne doit plus jamais arriver? » Une allusion à ce « coaching par l’arbitre » dont avait bénéficié Nick Kyrgios contre Pierre-Hugues Herbert au deuxième tour.

Une accolade chaleureuse avec son adversaire, des appels à la foule pour applaudir la Japonaise… Serena Williams, en larmes, aura tenté de faire bonne figure sur le podium, avant de s’éclipser. Dur pour son adversaire, presque honteuse d’avoir battu son idole dans de telles conditions. Avec le superviseur, l’Américaine estimait que les hommes n’étaient pas traités de la même manière qu’elle le fut ce samedi. Le débat est ouvert. Sans doute à raison.

Voir enfin:

Serena has mother of all meltdowns in US Open final loss
Brian Lewis
New York Post
September 8, 2018

What was supposed to be history descended into histrionics.

Serena Williams came into Saturday’s U.S. Open final looking for a record-setting title. What she got was a game penalty and an emotional meltdown.

It overshadowed Naomi Osaka’s 6-2, 6-4 win over her idol for her first Grand Slam title, and put a mark on the Open’s golden anniversary.

Though Williams repeatedly demanded an apology from chair umpire Carlos Ramos and got a game penalty after calling him a “liar” and a “thief,” she ended the match in tears. And Osaka — who sat in the stands at Arthur Ashe Stadium when she was 5, watching Williams play — was in tears herself as the pro-Williams crowd rained boos upon the victor’s stand, which included USTA officials.

All in all it was a pitiful scene, Williams actually getting her apology from Osaka instead of Ramos.

“I know everyone was cheering for her. I’m sorry it had to end like this,” said a tearful Osaka, 20, so shaken she nearly dropped her trophy. Meanwhile, Williams — who’d regained her composure — put her arm around her young foe and implored the crowd to stop booing.

“I felt bad because I’m crying and she’s crying,” said Williams. “She just won. I’m not sure if they were happy tears or they were sad tears because of the moment. I felt like, wow, this isn’t how I felt when I won my first Grand Slam. I was like, wow, I definitely don’t want her to feel like that. Maybe it was the mom in me that was like, ‘Listen, we got to pull ourselves together here.’ ”

Williams had come in seeking a milestone win, one that would’ve tied Margaret Court’s all-time record for Grand Slams (24). But Osaka — and Williams’ own temper tantrum — scuttled those plans.

In the second game of the second set, Ramos hit Williams with a code violation for receiving coaching from Patrick Mouratoglou from her player’s box.

“You owe me an apology,” Williams said. “I’ve never cheated in my life. I have a daughter and stand for what’s right for her.”

Still, Mouratoglou admitted he’d given her advice, though threw in the disclaimer she may not have seen it from the other end of the court.

“I just texted Patrick, like, what is he talking about? Because we don’t have signals, we’ve never discussed signals. I don’t even call for on-court coaching,” Williams said. “I’m trying to figure out why he would say that. I don’t understand. Maybe he said, ‘You can do it.’ I was on the far other end, so I’m not sure. I want to clarify myself what he’s talking about.”

Williams got a second code violation four games later, up 3-2. After Osaka broke her serve, Williams broke her racket in frustration and was assessed a point penalty.

“You will never, ever be on another court of mine as long as you live. You’re the liar. When are you going to give me my apology? Say it! Say you’re sorry!” Williams ranted, before ending with, “You’re a thief, too.”

That was the last straw, and Ramos hit her with a third code violation for verbal abuse, which cost Williams a game to put Osaka up 5-3. An irate Williams argued in vain to tournament referee Brian Earley and got closed out two games later.

The U.S. Open released a statement saying “the chair umpire’s decision was final and not reviewable by the Tournament Referee or the Grand Slam Supervisor who were called to the court at that time.” Williams contends that letter of the law wouldn’t have been followed if she’d been male.

“I’ve seen other men call other umpires several things. I’m here fighting for women’s rights and for women’s equality. For me to say ‘thief’ and for him to take a game, it made me feel like it was sexist,” Williams said. “He’s never taken a game from a man because they said ‘thief’. For me it blows my mind.”

Voir de plus:

Colin Kaepernick, ou le difficile retour du sportif engagé

L’ancien quarterback des San Francisco 49ers est toujours sans équipe, ostracisé pour avoir osé boycotter l’hymne national des Etats-Unis. D’autres sportifs le soutiennent dans son activisme politique

Valérie de Graffenried
Le Temps
15 septembre 2017

Son genou droit posé à terre le 1er septembre 2016 a fait de lui un paria. Ce jour-là, Colin Kaepernick, quarterback des San Francisco 49ers, avait une nouvelle fois décidé de ne pas se lever pour l’hymne national. Coupe afro et regard grave, il était resté dans cette position pour protester contre les violences raciales et les bavures policières qui embrasaient les Etats-Unis. «Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs. Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés», avait-il déclaré.

Plus d’un an après, la polémique reste vive. Son boycott lui vaut toujours d’être marginalisé et tenu à l’écart par la Ligue nationale de football américain (NFL).

Des manifestations en sa faveur

L’affaire rebondit ces jours, à l’occasion des débuts de la saison de la NFL. Sans contrat depuis mars, Colin Kaepernick est de facto un joueur sans équipe, à la recherche d’un nouvel employeur. Un agent libre. Plusieurs manifestations de soutien ont eu lieu ces dernières semaines. Le 24 août dernier, c’est devant le siège de la NFL, à New York, que plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre son ostracisme. La NAACP, une organisation de défense des Noirs américains, en était à l’origine. Le 10 septembre, une mobilisation similaire a eu lieu du côté de Chicago.

Plus surprenant, une centaine de policiers new-yorkais ont manifesté ensemble fin août à Brooklyn, tous affublés d’un t-shirt noir avec le hashtag #imwithkap. Le célèbre policier Frank Serpico, 81 ans, qui a dénoncé la corruption généralisée de la police dans les années 1960 et inspiré Al Pacino pour le film Serpico (1973), en faisait partie.

Le soutien de Tommie SmithLes sportifs américains sont nombreux à afficher leur soutien à Colin Kaepernick. C’est le cas notamment des basketteurs Kevin Durant ou Stephen Curry, des Golden State Warriors. «Sa posture et sa protestation ont secoué le pays dans le bon sens du terme. J’espère qu’il reviendra en NFL parce qu’il mérite d’y jouer. Il est au sommet de sa forme et peut rendre une équipe meilleure», vient de souligner Stephen Curry au Charlotte Observer.

La légende du baseball Hank Aaron fait également partie des soutiens inconditionnels de Colin Kaepernick. Sans oublier Tommie Smith, qui lors des Jeux olympiques de Mexico en 1968 avait, sur le podium du 200 mètres, levé son poing ganté de noir contre la ségrégation raciale, avec son comparse John Carlos.

Effet domino

Le geste militant à répétition de Colin Kaepernick, d’abord assis puis agenouillé, a eu un effet domino. Son coéquipier Eric Reid l’avait immédiatement imité la première fois qu’il a mis le genou à terre. Une partie des joueurs des Cleveland Browns continuent, en guise de solidarité, de boycotter l’hymne des Etats-Unis, joué avant chaque rencontre sportive professionnelle.

La footballeuse homosexuelle Megan Rapinoe, championne olympique en 2012 et championne du monde en 2015, avait elle aussi suivi la voie de Colin Kaepernick et posé son genou à terre. Mais depuis que la Fédération américaine de football (US Soccer) a édicté un nouveau règlement, en mars 2017, qui oblige les internationaux à se tenir debout pendant l’hymne, elle est rentrée dans le rang.

Colin Kaepernick lui-même s’était engagé à se lever pour l’hymne pour la saison 2017. Une promesse qui n’a pas pour autant convaincu la NFL de le réintégrer.

Des cochons habillés en policiers

Barack Obama avait pris sa défense; Donald Trump l’a enfoncé. En pleine campagne, le milliardaire new-yorkais avait qualifié son geste d’«exécrable», l’hymne et le drapeau étant sacro-saints aux Etats-Unis. Il a été jusqu’à lui conseiller de «chercher un pays mieux adapté». Les chaussettes à motifs de cochons habillés en policiers que Colin Kaepernick a portées pendant plusieurs entraînements – elles ont été très remarquées – n’ont visiblement pas contribué à le rendre plus sympathique à ses yeux.

Mais ni les menaces de mort ni ses maillots brûlés n’ont calmé le militantisme de Colin Kaepernick. Un militantisme d’ailleurs un peu surprenant et parfois taxé d’opportunisme: métis, de mère blanche et élevé par des parents adoptifs blancs, Colin Kaepernick n’a rallié la cause noire, et le mouvement Black Lives Matter, que relativement tardivement.

Avant Kaepernick, la star de la NBA LeBron James avait défrayé la chronique en portant un t-shirt noir avec en lettres blanches «Je ne peux pas respirer». Ce sont les derniers mots d’un jeune Noir américain asthmatique tué par un policier blanc. Par ailleurs, il avait ouvertement soutenu Hillary Clinton dans sa course à l’élection présidentielle. Timidement, d’autres ont affiché leurs convictions politiques sur des t-shirts, mais sans aller jusqu’au boycott de l’hymne national, un geste très contesté. L’élection de Donald Trump et le drame de Charlottesville provoqué par des suprémacistes blancs ont contribué à favoriser l’émergence de ce genre de protestations.

Le retour des athlètes activistes

Ces comportements signent un retour du sportif engagé, une espèce presque en voie de disparition depuis les années 1960-1970, où de grands noms comme Mohamed Ali, Billie Jean King ou John Carlos ont porté leur militantisme à bras-le-corps.

Au cours des dernières décennies, l’heure n’était pas vraiment à la revendication politique, confirme Orin Starn, professeur d’anthropologie culturelle à l’Université Duke en Caroline du Nord. A partir des années 1980, c’est plutôt l’image du sportif businessman qui a primé, celui qui s’intéresse à ses sponsors, à devenir le meilleur possible, soucieux de ne déclencher aucune polémique. Un sportif lisse avant tout motivé par ses performances et sa carrière. Comme le basketteur Michael Jordan ou le golfeur Tiger Woods.

Élargir le débat au-delà du jeu

«Des sportifs semblent désormais plus facilement se mettre en avant pour évoquer leurs convictions, que ce soient des championnes de tennis ou des footballeurs. Mais ces athlètes activistes restent encore minoritaires. Peu ont suivi Kaepernick lorsqu’il s’est agenouillé pendant l’hymne national. La plupart se focalisent sur leur sport, ils ne sont pas vraiment désireux de jouer les trouble-fête», précise l’anthropologue. Pour lui, ce nouvel activisme reste néanmoins réjouissant.

«Dans notre culture, ces sportifs sont des dieux, qui peuvent exercer une influence positive. Ils peuvent être un bon exemple d’engagement civique pour des jeunes.» Et puis, ajoute Orin Starn, une bonne controverse comme l’affaire Kaepernick permet de pimenter un peu le sport et d’élargir le débat au-delà du jeu. Colin Kaepernick ne commentera pas: il refuse les interviews. Mais il continue, sur Twitter, de faire vivre son militantisme et ses convictions. Egal à lui-même.

Voir de même:

Colin Kaepernick, le footballeur américain militant contre les violences policières, devient l’un des visages de Nike

En choisissant le joueur pour sa campagne publicitaire, l’équipementier prend parti dans la mobilisation contre les violences policières infligées aux Noirs américains, qui irrite au plus haut point Donald Trump.

Le Monde

Le joueur de football américain Colin Kaepernick, à l’origine en 2016 du mouvement de boycott de l’hymne américain, est devenu l’un des visages de la dernière campagne de publicité de l’équipementier sportif Nike. Il apparaît aux côtés de la reine du tennis féminin Serena Williams et de la mégastar de la NBA LeBron James dans cette campagne, qui coïncide avec le 30e anniversaire du célèbre slogan « Just do it » de la marque à la virgule.

Sur son compte Twitter, Colin Kaepernick a publié lundi 3 septembre le visuel montrant en gros plan son visage en noir et blanc avec le message « Croyez en quelque chose. Même si cela signifie tout sacrifier ».

Depuis qu’il a lancé son mouvement pour protester contre les violences policières exercées à l’encontre des Noirs américains en posant un genou à terre lors de l’hymne américain, Colin Kaepernick est devenu une personnalité controversée aux Etats-Unis, célébrée par les uns et détestée par les autres, notamment par le président américain Donald Trump, entré en guerre ouverte à l’automne dernier contre les joueurs protestataires.

Lire aussi :   La révolution Kaepernick, ou comment Black Lives Matter a fait école dans les stades américains

Entrée sur le terrain politique pour Nike

Colin Kaepernick n’a pas retrouvé d’équipe depuis l’expiration de son contrat avec San Francisco au début de 2017 et a attaqué en justice la Ligue nationale de football américain (NFL), qu’il accuse de collusion pour l’empêcher de poursuivre sa carrière.

Il est sous contrat depuis 2011 avec Nike qui, à la différence de la plupart de ses autres partenaires, n’a pas résilié son contrat de sponsoring. A trois jours du coup d’envoi de la saison 2018 de NFL, Nike frappe fort en termes de marketing. L’équipementier prend surtout clairement parti – et c’est une première pour une entreprise de cette taille – sur une question qui divise le pays depuis près de deux ans et qui irrite au plus haut point Donald Trump.

Sur le site Internet de la chaîne ESPN, Gino Fisanotti, dirigeant de Nike, a lancé :

« Nous croyons que Colin est l’un des sportifs les plus charismatiques de sa génération, qui utilise la puissance du sport pour faire bouger le monde. »

Le grand groupe américain qui fournit les équipements et les tenues des 32 équipes engagées en NFL et a renouvelé au mois de mars son partenariat pour huit ans avec l’association d’équipes professionnelles de football américain va encore plus loin. Il a prolongé son contrat de partenariat avec Colin Kaepernick et s’est engagé à créer une basket à son nom, honneur suprême pour un sportif professionnel, tout en finançant sa fondation d’aide à l’enfance.

Trump face à la fronde des sportifs

La marque connue pour ses campagnes de publicité novatrices s’expose aussi au courroux de Donald Trump. S’il n’a pas encore envoyé l’un de ses tweets assassins, le président américain mène depuis l’automne dernier une bataille personnelle contre ces joueurs de football américain qui, inspirés par Colin Kaepernick, posent un genou à terre ou lèvent un poing, tête baissée, durant l’hymne américain joué avant chaque match.

Pour Donald Trump et une partie de l’opinion publique américaine, ces gestes sont antipatriotiques, une insulte aux militaires qui ont servi et trouvé la mort sous le drapeau américain. Le président avait demandé aux propriétaires d’équipes de les sanctionner, voire de les licencier.

Lire aussi :   Après le boycott de l’hymne américain, la NFL décide d’obliger les joueurs à rester debout

La NFL pensait avoir désamorcé une réédition de la crise de 2017, qui a pénalisé ses recettes publicitaires et les audiences TV, en édictant au printemps dernier une réglementation autorisant les joueurs à protester à condition qu’ils restent dans les vestiaires pendant l’hymne. Mais cette réglementation a depuis été suspendue pour éviter les recours en justice. C’était avant que Nike ne fasse resurgir Kaepernick et son combat sur le devant de la scène et ne relance de plus belle la polémique.

« Je pense que tous les athlètes, tous les humains et tous les Afro-Américains devraient être totalement reconnaissants et honorés » par les manifestations lancées par les anciens joueurs de la NFL Colin Kaepernick et Eric Reid, a déclaré Serena Williams.

Lire aussi :   Donald Trump ouvre un nouveau front intérieur, cette fois-ci contre le monde du sport

Réplique sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux n’ont pas tardé à réagir, les partisans de Donald Trump lançant une campagne appelant au boycottage ou à la destruction des produits de l’équipementier, avec l’apparition des hashtags #BoycottNike #JustBurnIt. L’ingénieur du son de John Rich, du duo de musique country Big and Rich, aurait ainsi découpé ses chaussettes Nike, alors qu’un certain Sean Clancy postait sur Twitter la vidéo de l’immolation par le feu d’une paire de chaussures de sport. « D’abord la NFL me force à choisir entre mon sport préféré et mon pays. J’ai choisi mon pays. Puis Nike me force à choisir entre mes chaussures préférées et mon pays », a-t-il écrit. Lydia Rodarte-Quayle invite, elle, à mettre à la poubelle les vêtements de la marque.

Des prises de position aussitôt tournées en ridicule par d’autres internautes, qui se moquent notamment du fait que les partisans du président détruisent des équipements qu’ils ont payés – souvent au prix fort. Ainsi Adolph Joseph DeLaGarza, joueur de football (soccer) du Dynamo de Houston, relève le manque de logique de la démarche : « Donc, en ne voulant pas soutenir ou promouvoir @Nike, vous découpez des chaussettes déjà payées et PUIS vous tweetez @Nike. Logique ! »

Voir enfin:

Nike’s « Just do it » slogan is based on a murderer’s last words, says Dan Wieden

Marcus Fairs
Deezen|
Design Indaba 2015: the advertising executive behind Nike‘s « Just do it » slogan has told Dezeen how he based one of the world’s most recognisable taglines on the words of a convict facing a firing squad (+ interview).Dan Wieden, co-founder of advertising agency Wieden+Kennedy, described the surprising genesis of the slogan in an interview at the Design Indaba conference in Cape Town last month. »I was recalling a man in Portland, » Wieden told Dezeen, remembering how in 1988 he was struggling to come up with a line that would tie together a number of different TV commercials the fledgling agency had created for the sportswear brand. »He grew up in Portland, and ran around doing criminal acts in the country, and was in Utah where he murdered a man and a woman, and was sent to jail and put before a firing squad. »Wieden continued: « They asked him if he had any final thoughts and he said: ‘Let’s do it’. I didn’t like ‘Let’s do it’ so I just changed it to ‘Just do it’. »The murderer was Gary Gilmore, who had grown up in Portland, Oregan – the city that is home to both Nike and Wieden+Kennedy. In 1976 Gilmore robbed and murdered two men in Utah and was executed by firing squad the following year (by some accounts Gilmore actually said « Let’s do this » just before he was shot).

Nike’s first commercial featuring the « Just do it » slogan

Nike co-founder Phil Knight, who was sceptical about the need for advertising, initially rejected the idea. « Phil Knight said, ‘We don’t need that shit’, » Wieden said. « I said ‘Just trust me on this one.’ So they trusted me and it went big pretty quickly. »

The slogan, together with Nike’s « Swoosh » logo, helped propel the sportswear brand into a global giant, overtaking then-rival Reebok, and is still in use almost three decades after it was coined.

Campaign magazine described it as « arguably the best tagline of the 20th century, » saying it « cut across age and class barriers, linked Nike with success – and made consumers believe they could be successful too just by wearing its products. »

The magazine continued: « Like all great taglines, it was both simple and memorable. It also suggested something more than its literal meaning, allowing people to interpret it as they wished and, in doing so, establish a personal connection with the brand. »

Dan Wieden

Born in 1945, Wieden formed Wieden+Kennedy in Portaland with co-founder David Kennedy in 1982. The company now has offices around the world and has « billings in excess of $3 billion, » Wieden said.

Wieden revealed in his lecture at Design Indaba that shares in the privately owned agency had recently been put into a trust, making it « impossible » for the firm to be sold.

« I’ve sworn in private and in public that we will never, ever sell the agency, » Wieden said. « It just isn’t fair that once sold, a handful of people will walk off with great gobs of money and those left behind will face salary cuts or be fired, and the culture will be destroyed. »

He added: « The partners and I got together a couple of years ago and put our shares in a trust, whose only obligation is to never ever, under no circumstances, sell the agency.”

Here is an edited transcript of our interview with Dan Wieden:


Marcus Fairs: You’re probably bored to death of this question but tell me how the Nike slogan came about.

Dan Wieden: So, it was the first television campaign we’d done with some money behind, so we actually came up with five different 30 second spots. The night before I got a little concerned because there were five different teams working, so there wasn’t an overlying sensibility to them all. Some were funny, some were solemn. So I thought you know, we need a tagline to pull this stuff together, which we didn’t really believe in at the time but I just felt it was going to be too fragmented.

So I stayed up that night before and I think I wrote about four or five ideas. I narrowed it down to the last one, which was « Just do it ». The reason I did that one was funny because I was recalling a man in Portland.

He grew up in Portland, and ran around doing criminal acts in the country, and was in Utah where he murdered a man and a woman, and was sent to jail and put before a firing squad. And they asked him if he had any final thoughts and he said: « Let’s do it ».

And for some reason I went: « Now damn. How do you do that? How do you ask for an ultimate challenge that you are probably going to lose, but you call it in? » So I thought, well, I didn’t like « Let’s do it » so I just changed it to « Just do it ».

I showed it to some of the folks in the agency before we went to present to Nike and they said « We don’t need that shit ». I went to Nike and [Nike co-founder] Phil Knight said, « We don’t need that shit ». I said « Just trust me on this one. » So they trusted me and it went big pretty quickly.

Marcus Fairs: Most of Dezeen’s audience is involved in making products, whether it’s trainers or cars or whatever. What is the relationship between what you do and the product?

Dan Wieden: Well if you notice in all the Nike work – I mean there is work that shows individual shoes, but a lot of the work that we do is more talking about the role of sports or athletics. And Nike became strong because it wasn’t just trying to peddle products; it was trying to peddle ideas and the mental and physical options you can take. So it was really unusual and it worked very well.

Marcus Fairs: And what about other clients? What do you do if the client just wants you to show the product?

Dan Wieden: Well, it depends on the client as well. But you have to be adding something to a product that is beyond just taste, or fit, or any of that kind of stuff. You have to have a sensibility about the product, a sort of spirit of the product almost.

Marcus Fairs: And do you turn down brands that have product which you don’t think is good enough?

Dan Wieden: Oh sure. And we fire clients!

Voir enfin:

September 7, 2018

Last year, Naomi Osaka commanded the world’s attention when she bested the U.S. Open’s defending champion Angelique Kerber in a stunning upset in the very first round. This year, the 20-year-old upstart has a shot at claiming the title herself as she challenges six-time champion Serena Williams in a historic final on Saturday.

In what Osaka termed her “dream match” against her idol, Saturday’s game pits tennis’ rising star against one of the game’s ultimate greats — if Williams wins she would tie Margaret Court for the overall record of 24 Grand Slam singles titles.

The two have competed only once before, and it’s the newcomer who holds the upper hand. As Serena herself put it, Osaka is “a really good, talented player. Very dangerous.”

Ahead of Saturday’s face off, here’s what to know about the new kid on the block.

A first for Japan

For her country, Osaka has already succeeded in a major milestone: She is the first Japanese woman to reach the final of any Grand Slam. And she’s currently her country’s top-ranked player.

Yet in Japan, where racial homogeneity is prized and ethnic background comprises a big part of cultural belonging, Osaka is considered hafu or half Japanese. Born to a Japanese mother and a Haitian father, Osaka grew up in New York. She holds dual American and Japanese passports, but plays under Japan’s flag.

Some hafu, like Miss Universe Japan Ariana Miyamoto, have spoken publicly about the discrimination the term can confer. “I wonder how a hafu can represent Japan,” one Facebook user wrote of Miyamoto, according to Al Jazeera America’s translation.

For her part, Osaka has spoken repeatedly about being proud to represent Japan, as well as Haiti. But in a 2016 USA Today interview she also noted, “When I go to Japan people are confused. From my name, they don’t expect to see a black girl.”

On the court, Osaka has largely been embraced as one of her country’s rising stars. Off court, she says she’s still trying to learn the language.

“I can understand way more Japanese than I can speak,” she said.

‘Like no one ever was’

In her press conferences, which for now are English only, Osaka has earned a reputation for her youthful candor and nerdy sense of humor.

In response to a reporter asking about her ambitions, she said, “to be the very best, like no one ever was.” After an awkward pause, she clarified, “I’m sorry; that’s the Pokémon theme song. But, yeah, to be the very best, and go as far as I can go.”

At Indian Wells this year, where Osaka stunned her higher-ranked opponents and claimed victory after searing past the world’s number one Simona Halep in the semis and besting Daria Kasatkina in the finals, she proved herself no longer just the underdog. She then proceeded to give what she described as “the worst acceptance speech of all time.”

“Hello, hi, I am—okay never mind,” it began, before a litany of thank you’s petered out into giggles.

But don’t let her soft-spoken persona or goofy interviews fool you. On court, Osaka brings the heat, uncorking both ferocious power and an aggressive baseline game.

W.W.S.D.

Earlier this year, Osaka reveled a four-word mantra keeps her steady through tough matches: “What would Serena do?”

Her idolization of the 23 Grand Slam-winning titan is well-known.

“She’s the main reason why I started playing tennis,” Osaka told the New York Times.

When the two played in Miami in March, six months after Serena nearly died giving birth, Osaka won. Then she Instagrammed a photo of her shaking hands with her idol, captioned only, “Omg.”

After Osaka cleared the U.S. Open semis on Thursday and it became clear she was not only headed to her first Grand Slam final but was also about to face her hero once more, she was asked if she had anything to say to Serena. Her message? “I love you.”

Voir par ailleurs:

Baltimore Residents Blame Record-High Murder Rate On Lower Police Presence
NPR
December 31, 2017

LAUREN FRAYER, HOST:

This year, Baltimore has had well over 300 murders for the third year in a row. Some activists say the high murder rate is because police have backed off and relaxed patrols in neighborhoods like the one where Freddie Gray was arrested. Gray was a black man who died while he was in the back of a Baltimore police van in 2015. Reverend Kenji Scott lives in Baltimore. He’s held positions in local city government and is a pastor and community activist.

KINJI SCOTT: When you think about young people who are out here facing these economic challenges and are homeless and live in places that are uncertain and you’re a parent, you’re scared, not just for yourself really but for your children. I mean, the average age of a homicide victim in Baltimore City right now is 31 years old. We had a young man who attended one of the prime high schools, Poly. His name was Jonathan Tobash, and he was 19 years old, was a Morgan student. And he was killed on his way to the store. That’s the state of Baltimore right now.

FRAYER: What do you see? Is this something that happens in the middle of the night, or is this something that when you live there you see this?

SCOTT: You see this all the time. You’re talking about homicides in the middle of the night. No. The average homicide in Baltimore happens during the day. We have broad daylight shootings all over the city. You’ve had shootings and people have been shot, gunned down and killed in front of the police station.

FRAYER: After the death of Freddie Gray, yourself, families of victims, didn’t you want police to back off?

SCOTT: No. That represented our progressive, our activists, our liberal journalists, our politicians. But it did not represent the overall community because we know for a fact that around the time that Freddie Gray was killed, we start to see homicides increase. We had five homicides in that neighborhood while we were protesting. What I wanted to see happen was that people would build a trust relationship with our police department so that they would feel more comfortable with having conversations with the police about crime in their neighborhood because they would feel safer. So we wanted the police there. We wanted them engaging the community. We didn’t want them there beating the hell out of us. We didn’t want that.

FRAYER: Do you think your experience with high murder rate in Baltimore is unique?

SCOTT: No, it’s not. It’s not. I lost my brother in St. Louis in 2004. I just lost my cousin in Chicago. No, it’s not unique, and that’s the horrible thing.

FRAYER: It’s been three and a half years since Ferguson, Mo., since the killing of Michael Brown, since the Black Lives Matter movement was born to demand reforms to policing. What did they put on the table, and has it worked?

SCOTT: The primary thrust nationwide is what President Obama wanted to do – focus on building relationships with police departments in major cities where there has been a history of conflict. That hasn’t happened. We don’t see that. I don’t know a city that I’ve heard of – Baltimore for certain. We’ve not seen any changes in those relationships. What we have seen was that the police has distanced themselves, and the community has distanced themselves even further. So there is – the divide has really intensified. It hasn’t decreased. And of course, we want to delineate the whole concept of the culture of bad policing that exists. Nobody denies that. But as a result of this, we don’t see the policing – the level of policing we need in our community to keep the crime down in these cities that we’re seeing bleed to death.

FRAYER: Are you optimistic for 2018?

SCOTT: I’m not because as I look at the conclusion of 2017, these same cities – St. Louis, Baltimore, New Orleans and Chicago – these same chocolate (ph), these same black cities are still bleeding to death, and we’re still burying young men in these cities. I want to be hopeful. I’m a preacher. I want to be hopeful. But as it stands, no, not until we really have a real conversation with our frontline officers in the heart of our black communities that does not involve people who are, quote, unquote, « leaders. » We need the frontline police officers, and we need the heart of the black community to step to the forefront of this discussion. That’s what’s important. And that’s when we’re going to see a decrease in crime.

FRAYER: Reverend Kinji Scott in Baltimore, thank you very much.

SCOTT: Thank you.


Présidence Trump: Vous avez dit accident de l’histoire ? (As Trump keeps defying economic and diplomatic logic, even critics wonder if pigs can fly after all)

29 juillet, 2018
Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. Antonio Gramsci
Si Trump est élu, l’économie américaine va s’écrouler et les marchés financiers ne vont jamais s’en remettre. Paul Krugman (2016)
No, pigs do not fly. Donald Trump is dreaming. Robert Brusca (FAO Economics, 12.10.2016)
Au moins, Donald Trump a eu le mérite d’encourager le débat sur l’impact de la mondialisation sur l’économie, c’est sain. Steven Friedman
Was Trump disqualified by his occasional but demonstrable character flaws and often rank vulgarity? To believe that plaint, voters would have needed a standard by which both past media of coverage of the White House and the prior behavior of presidents offered some useful benchmarks. Unfortunately, the sorts of disturbing things we know about Trump we often did not know in the past about other presidents. By any fair measure, the sexual gymnastics in the White House and West Wing of JFK and Bill Clinton, both successful presidents, were likely well beyond President Trump’s randy habits. Harry Truman’s prior Tom Pendergast machine connections make Trump steaks and Trump university seem minor. By any classical definition, Lyndon Johnson could have been characterized as both a crook and a pervert. In sum, the public is still not convinced that Trump’s crudities are necessarily different from what they imagine of some past presidents. But it does seem convinced, in our age of a 24/7 globalized Internet, that 90 percent negative media coverage of the Trump tenure is quite novel. Personal morality and public governance are related, but we are not always quite sure how. Jimmy Carter was both a more moral person and a worse president than Bill Clinton. Jerry Ford was a more ethical leader than Donald Trump — and had a far worse first 16 months. FDR was a superb wartime leader — and carried on an affair in the White House, tried to pack and hijack the Supreme Court, sent U.S. citizens into internment camps, and abused his presidential powers in ways that might get a president impeached today. In the 1944 election, the Republican nominee Tom Dewey was the more ethical — and stuffy — man. In matters of spiritual leadership and moral role models, we wish that profane, philandering (including an affair with his step-niece), and unsteady General George S. Patton had just conducted himself in private and public as did the upright General Omar Bradley. But then we would have wished even more that Bradley had just half the strategic and tactical skill of Patton. If he had, thousands of lives might have been spared in the advance to the Rhine. Trump is currently not carrying on an affair with his limousine driver, as Ike probably was with Kay Summersby while commanding all Allied forces in Europe following D-Day. Rarely are both qualities, brilliance and personal morality, found in a leader — even among our greatest, such as the alcoholic Grant or the foul-mouthed and occasionally crude Truman. Richard Feynman in some ways may have been the most important — or at least the most interesting — physicist of our age, but his tawdry and sometimes callous private life would have made Feynman Target No. 1 of the MeToo movement. Trump did not run in a vacuum. A presidential vote is not a one-person race for sainthood but, like it or not, often a choice between a bad and worse option. Hillary Clinton would have likely ensured a 16-year progressive regnum. As far as counterfactual “what ifs” go, by 2024, at the end of Clinton’s second term, a conservative might not have recognized the federal judiciary, given the nature of lifetime appointees. The lives of millions of Americans would have been radically changed in an Obama-Clinton economy that probably would not have seen GDP or unemployment levels that Americans are now enjoying. Fracking, coal production, and new oil exploration would have been vastly curtailed. The out-of-control EPA would have become even more powerful. Half the country simply did not see the democratic socialist European Union, and its foreign and domestic agendas, as the model for 21st-century America. (…) Open borders, Chinese trade aggression, the antics of the Clinton Foundation, the Uranium One deal, the Iran deal, estrangement from Israel and the Gulf states, a permanently nuclear North Korea, leading from behind — all that and far more would be the continued norm into the 2020s. Ben Rhodes, architect of the Iran deal and the media echo chamber, might have been the national-security adviser. The red-state losers would be institutionalized as clingers, crazies, wackos, deplorables, and irredeemables in a Clinton administration. A Supreme Court with justices such as Loretta Lynch, Elizabeth Warren, and Eric Holder would have made the court little different in its agendas from those of the ACLU, Planned Parenthood, and Harvard Law School. (…) The proverbial Republican elite had become convinced that globalization, open borders, and free but unfair trade were either unstoppable or the fated future or simply irrelevant. Someone or something — even if painfully and crudely delivered — was bound to arise to remind the conservative Washington–New York punditocracy, the party elite, and Republican opinion makers that a third of the country had all but tuned them out. It was no longer sustainable to expect the conservative base to vote for more versions of sober establishmentarians like McCain and Romney just because they were Republicans, well-connected, well-résuméd, well-known, well-behaved, and played by the gloves-on Marquess of Queensberry political rules. Instead, such men and much of orthodox Republican ideology were suspect. Amnestied illegal aliens would not in our lifetimes become conservative family-values voters. Vast trade deficits with China and ongoing chronic commercial cheating would not inevitably lead to the prosperity that would guarantee Chinese democracy. Asymmetrical trade deals were not sacrosanct under the canons of free trade. Unfettered globalization, outsourcing, and offshoring were not both inevitable and always positive. The losers of globalization did not bring their misery on themselves. The Iran deal was not better than nothing. North Korea would not inevitably remain nuclear. Middle East peace did not hinge of constant outreach to and subsidy of the corrupt and autocratic Palestinian Authority and Hamas cliques. Lots of deep-state rust needed scraping. Yet it is hard to believe that either a Republican or Democratic traditionalist would have seen unemployment go below 4 percent, or the GDP rate exceed 3 percent, or would have ensured the current level of deregulation and energy production. A President Mitt Romney might not have rammed through a tax-reform policy like that of the 2017 reform bill. I cannot think of a single Republican 2016 candidate who either could or would have in succession withdrawn from the Paris Climate Accord, moved the U.S. embassy to Jerusalem, demanded China recalibrate its asymmetrical and often unfair mercantile trade policies, sought to secure the border, renounced the Iran deal, moved to denuclearize North Korea, and hectored front-line NATO allies that their budgets do not reflect their promises or the dangers on their borders. The fact that Trump never served in the military or held a political office before 2016 may explain his blunders and coarseness. But such lacunae in his résumé also may account for why he is not constrained by New York–Washington conventional wisdom. His background makes elites grimace, though their expertise had increasingly calcified and been proved wrong and incapable of innovative approaches to foreign and domestic crises. Something or someone was needed to remind the country that there is no longer a Democratic party as we once knew it. It is now a progressive and identity-politics religious movement. Trump took on his left-wing critics as few had before, did not back down, and did not offer apologies. He traded blow for blow with them. The result was not just media and cultural hysteria but also a catharsis that revealed what Americans knew but had not seen so overtly demonstrated by the new Left: the unapologetic media bias; chic assassination talk; the politicization of sports, Hollywood, and entertainment in slavish service to progressivism; the Internet virtue-signaling lynch mob; the out-of-control progressive deep state; and the new tribalism that envisions permanent ethnic and racial blocs while resenting assimilation and integration into the melting pot. For good or evil, the trash-talking and candid Trump challenged progressives. They took up the offer in spades and melted down — and America is getting a good look at where each side really sits. In the end, only the people will vote on Trumpism. His supporters knew full well after July 2016 that his possible victory would come with a price — one they deemed more than worth paying given the past and present alternatives. Most also no longer trust polls or the media. To calibrate the national mood, they simply ask Trump voters whether they regret their 2016 votes (few do) and whether any Never Trump voters might reconsider (some are), and then they’re usually reassured that what is happening is what they thought would happen: a 3 percent GDP economy, low unemployment, record energy production, pushbacks on illegal immigration, no Iran deal, no to North Korean missiles pointed at the U.S., renewed friendship with Israel and the Gulf states, a deterrent foreign policy, stellar judicial appointments — along with Robert Mueller, Stormy Daniels, Michael Cohen, and lots more, no doubt, to come. Victor Davis Hanson
Donald Trump has a big promise for the U.S. economy: 4% growth. No chance, say 11 economists surveyed by CNNMoney. And a paper published Tuesday by the Federal Reserve Bank of San Francisco backs them up. (…) The Republican presidential nominee made the promise in a speech in New York in September. « I believe it’s time to establish a national goal of reaching 4% economic growth, » he said. Since the Great Recession, growth has averaged 2%. Brusca and the other economists surveyed say that 4% growth is impossible, or at least highly unlikely. The reasons: Unemployment is already really low, lots of Baby Boomers are retiring, and there are far fewer manufacturing jobs today than in past decades. Trump’s team says it will get to 4% growth with tax cuts, better trade deals and more manufacturing jobs. One reason for slower growth is lower productivity — for example, how many widgets an assembly line worker can produce in an hour. Another problem is that the example of the assembly line worker is increasingly outdated: America has shed about 5.6 million manufacturing jobs since 2000, mostly because of innovation and partly because of trade, studies show. Manufacturing jobs tend to have higher productivity — and wages — than jobs in other service industries like retail, education and health care, which have added lots of low-productivity jobs while manufacturing jobs have disappeared. Interestingly, American manufacturers are producing more than ever before — in dollar terms. But as technology replaces jobs on the assembly line, more goods can be produced with fewer workers. On top of that, the economy is already near what economists consider full employment, meaning the unemployment rate can’t go much lower. The unemployment rate is 5% and was as low as 4.7% earlier this year. It can’t go much lower because there will always be people leaving jobs or searching for them. If the job market is already near capacity, the economy can’t expand much more, economists say. Unemployment did go really low in 2000 — as low as 3.8% — and the economy was growing above a 4% pace. But the San Francisco Fed attributes those good times to the late 1990s internet revolution. (…) Many economists call for more spending on building new roads, bridges and highways, as do both Trump and Hillary Clinton. (…) Many experts say comprehensive immigration reform — a path to citizenship — would create more documented workers. Historically, documented workers tend to have higher productivity than undocumented workers because they generally have higher job skills and can take on jobs that produce more valuable goods. Productivity has nothing to do with work ethic. CNN (12.10.2018)
The Soviet Union was famously described as « Upper Volta with rockets », a catchphrase that was updated by the geographically precise to become « Burkina Faso with rockets ». It was a powerfully succinct description. The United States was rich and space-age powerful; the Soviet Union was poor and space-age powerful. The contradictions and paradoxes that stemmed from that could never fully be resolved – least of all by the citizens of the Soviet Union themselves. During the 1930s, Stalin turned Russia into an industrially powerful nation, and made his Soviet compatriots feel proud of what they had achieved. The defeat of Hitler’s might, at the cost of millions of lives, was also seen as proof of Soviet greatness. The idea that Soviet was best took deep root. It convinced some Western visitors, and millions of Russians. Even now, many Russians find it hard to believe that there was anything wrong with the model itself. In last night’s episode of the Cold War series, interviewees visibly hankered after a time when Khrushchev was in his Kremlin, and all was right with the Soviet world. (…) While Cold War stripped some of the humbug from old-fashioned propaganda, Tim Whewell’s Correspondent special, « Two Weddings and the Rouble », was a bleak illustration of life in Russia today, seven years after the final collapse of the superpower and the propaganda machine. The Cold War has vanished; and with it, the heart of Russia’s pride. (…) The film resolutely avoided politics, though the story of the collapsing rouble – six to the dollar one day, 20 to the dollar a few days later – always lurked in the background. But the underlying theme was best expressed by the father who angrily complained that « this once-great country has been robbed and humiliated ». Humiliated: certainly. Russia these days is now Upper Volta without the rockets (all its best scientists have gone abroad; those who remain are usually unpaid). But robbed? Who did the robbing, and why? The comment reflected the still-deep Russian fatalism which enables millions to believe that somebody else is always responsible, and that Russians can change nothing themselves. It is not true – but many Russians believe it to be true, which comes to almost the same thing. (…) As Whewell noted, this is a country which has worshipped « one false prophet too many ». Gagarin and the sputnik era are still glowingly remembered as the time when the Soviet Union truly seemed great. As for the future: it sometimes seems difficult to find a Russian who has room for any optimism at all. Katya’s parents, it seems fair to guess, will never believe in anything again. As for Katya herself – maybe. If not, Russia is truly lost. The Independent
We hear too much about Vladimir Putin these days and not nearly enough about the actual forces reshaping the world. Yes, the Russian president has proved a brilliant tactician. And, President Trump’s fantasies aside, he is a ruthless enemy of American power and European coherence. Yet Russia remains a byword for backwardness and corruption. Its gross domestic product is less than 10% that of the U.S. or the European Union. With a declining population and a fundamentally adverse geopolitical situation, the Russian Federation remains a shadow of its Soviet predecessor. Add up the consequences of Mr. Putin’s troops, nukes, disinformation campaigns, financial aid to populist parties—and throw in the power of his authoritarian example. Russia still does not have the ability to roll back the post-1990 democratic revolution, overpower the North Atlantic Treaty Organization, or dissolve the EU. The West is in crisis because of European weakness, not Russian strength. Some of the Continent’s difficulties are well known. France foolishly imagined the euro would contain the rise of a newly united Germany after the Cold War. In fact it has propelled Germany’s unprecedented economic rise while driving a wedge between Europe’s indebted South and creditor North. The Continent’s so-called migration policy is a humanitarian and a political disaster. Berlin’s feckless approach to security has left Europe’s most important power a geopolitical midget, lecturing sanctimoniously while others shape the world. Meanwhile the EU’s Byzantine government machinery grinds at an ever slower pace, creating openings for Mr. Putin and Turkish President Recep Tayyip Erdogan. Europe’s weakness invites authoritarian assertion in the borderlands. Walter Russell Mead
My [Chinese] interlocutors say that Mr Trump is the US first president for more than 40 years to bash China on three fronts simultaneously: trade, military and ideology. They describe him as a master tactician, focusing on one issue at a time, and extracting as many concessions as he can. They speak of the skilful way Mr Trump has treated President Xi Jinping. “Look at how he handled North Korea,” one says. “He got Xi Jinping to agree to UN sanctions [half a dozen] times, creating an economic stranglehold on the country. China almost turned North Korea into a sworn enemy of the country.” But they also see him as a strategist, willing to declare a truce in each area when there are no more concessions to be had, and then start again with a new front. For the Chinese, even Mr Trump’s sycophantic press conference with Vladimir Putin, the Russian president, in Helsinki had a strategic purpose. They see it as Henry Kissinger in reverse. In 1972, the US nudged China off the Soviet axis in order to put pressure on its real rival, the Soviet Union. Today Mr Trump is reaching out to Russia in order to isolate China. In the short term, China is talking tough in response to Mr Trump’s trade assault. At the same time they are trying to develop a multiplayer front against him by reaching out to the EU, Japan and South Korea. But many Chinese experts are quietly calling for a rethink of the longer-term strategy. They want to prepare the ground for a new grand bargain with the US based on Chinese retrenchment. Many feel that Mr Xi has over-reached and worry that it was a mistake simultaneously to antagonise the US economically and militarily in the South China Sea. Instead, they advocate economic concessions and a pullback from the aggressive tactics that have characterised China’s recent foreign policy. Mark Leonard
In the one year since President Trump took office, the first quarter of 2017 through the first quarter of 2018, real GDP grew at a 2.55 percent annual rate. This is higher than the growth for six of the eight years former President Obama was in office, or even five of the eight years when former President George W. Bush was in office. Moreover, the economic growth rate in the first year of Trump in office is higher than the average annual growth rate for the entire presidencies of both Obama at 2.05 percent and Bush at 1.71 percent. For the full 65 years from the first quarter of 1953 through the first quarter of 2018, annual real GDP growth in the United States averaged 2.95 percent, which is still substantially higher than the first year under Trump. The growth rate for the second quarter of 2018 is 4.1 percent. This is a nice sign of American prosperity and is the strongest quarter of economic growth since the third quarter of 2014. Net exports contributed about 1 percent, while the change in private inventories subtracted 1 percent. Lots of changes like this happen on a quarter by quarter basis and should not be taken too seriously. (…) While the GDP growth of any one quarter can be offset, revised or magnified in subsequent quarters, a pattern appears to be emerging under the stewardship of the Trump administration, which makes a lot of sense, at least to me. (…) When it comes to trade, there are problems and risks in the vision Trump is carrying out. Trade should be free and with minimum barriers placed on American exports to other countries and foreign exports to the United States. (…) Finally, we have had a serious government spending problem in the United States for years. The economist Milton Friedman was famous for saying “government spending is taxation.” (…) The latest GDP figure is a great number that aids our recovery from the awful 16 years under Bush and Obama. It will also reduce deficits in the long term if such robust economic growth continues. But the challenge is far from over. We have a lot of work to do to fan the flames of prosperity and to hold at bay the prosperity killers. But one step forward is still one step forward, and it is a heck of a lot better than one step backward. Arthur B. Laffer
So much for “secular stagnation.” You remember that notion, made fashionable by economist Larry Summers and picked up by the press corps to explain why the U.S. economy couldn’t rise above the 2.2% doldrums of the Obama years. Well, with Friday’s report of 4.1% growth in the second quarter, the U.S. economy has now averaged 3.1% growth for the last six months and 2.8% for the last 12. The lesson is that policies matter and so does the tone set by political leaders. For eight years Barack Obama told Americans that inequality was a bigger problem than slow economic growth, that stagnant wages were the fault of the rich, and that government through regulation and politically directed credit could create prosperity. The result was slow growth, and secular stagnation was the intellectual attempt to explain that policy failure. The policy mix changed with Donald Trump’s election and a Republican Congress to turn it into law. Deregulation and tax reform were the first-year priorities that have liberated risk-taking and investment, spurring a revival in business confidence and growth to give the long expansion a second wind. (…) Deregulation signaled to business that arbitrary enforcement and compliance costs wouldn’t be imposed on ideological whim. Tax reform broke the bottleneck on capital mobility and investment from the highest corporate tax rate in the developed world. Above all, the political message from Washington after eight years is that faster growth is possible and investment to turn a profit is encouraged. (…) It would be nice to think that all Americans would take satisfaction in this growth. But in the polarized politics of 2018, the same people who said this growth revival could never happen are now saying that it can’t last. It’s a “sugar high,” as Mr. Summers has put it, due to one-time boosts like government spending and consumption. (…) There are risks to this outlook, not least from Mr. Trump’s tariff policies.. (…) The way to help the economy is for Mr. Trump to build on this week’s trade truce with the European Union, withdraw the tariffs on both sides, and work toward a “zero tariff” deal. Meantime, wrap up the Nafta revision with Mexico and Canada within weeks so Congress can approve it this year. Mr. Trump could claim he had honored another campaign promise while removing a pall on investmentWSJ
One thing came through loud and clear in President Trump’s press conference Wednesday with European Commission President Jean-Claude Juncker. When they announced an alliance against third parties’ “unfair trading practices,” they didn’t even have to mention China by name for listeners to know who their target was. Cooperation between the U.S. and EU will squeeze China’s protectionist model, and even before this agreement, there’s been evidence that China is already running up the white flag. Yes, China is acting tough in one sense, quickly imposing tariffs in retaliation for those enacted by the Trump administration. But while U.S. stocks approach all-time highs and the dollar grows stronger, Chinese stocks are in a bear market, down 25% since January. The yuan had its worst single month ever in June, and is well on its way to a repeat this month. Chinese corporate bonds have defaulted at a record rate in the past six months, yet this week China unveiled a new stimulus program designed to encourage even more corporate borrowing. (…) Weakening one’s currency is a standard weapon in trade wars, and one that China has often been accused of using—including in a tweet by Mr. Trump last week. Devaluation would be even more dangerous in this case because of China’s power to dump the $1.4 trillion in U.S. Treasury securities it holds. But by denying its intention to plunge the yuan, China has disarmed itself voluntarily. This was no act of noble pacifism; it had to be done. Devaluing the currency would risk scaring investors away, an existential threat to an emerging economy. For China, whose state-capitalism model has so far never produced a recession, such capital flight might expose previously hidden economic weaknesses. These weaknesses accumulate without the market discipline that occasional recessions impose. The fragility of China’s economy can be seen in its growth rate, which is slowing despite rising financial leverage, and in its overinvestment in commodities and real estate. The escalating trade war with the U.S. could tip China into the unknown territory of recession—and then capital flight could push it into a financial crash and depression. That would create mass joblessness in an economy that has never recorded unemployment higher than 4.3%. With that scenario in mind, the Chinese government must be wondering whether it has enough riot police. The risk of capital flight is real. The last time China let the yuan weaken—a slide that began in early 2014 and was punctuated in mid-2015 by the abandonment of the dollar peg in favor of a basket of currencies—the Chinese ended up losing almost $1 trillion in foreign reserves, which they have yet to recover. Now the sharp weakening of the yuan shows some degree of capital flight again is under way. No wonder that, despite tough talk from some quarters, the PBOC disarmed itself voluntarily to avoid further capital flight. The bank also is already offering to reimburse local firms for tariffs on imported U.S. goods. What’s more, China has put out a yard sign for international investors by announcing unilateral easing of foreign-ownership restrictions in some industries. China is beginning to realize that trade war isn’t really war. It’s more like a drinking contest at a fraternity: the game is less inflicting harm on your opponent than inflicting it on yourself, turn by turn. In trade wars, nations impose burdensome import tariffs on themselves in the hope that they’ll be able to stomach the pain longer than their competitor. Why play such a game? Because a carefully chosen act of self-harm can be an investment toward a worthy goal. For example, President Reagan’s arms race against the Soviet Union in the 1980s was in some sense a costly self-imposed tax. But it turned out the U.S. could bear the burden better than the Soviets could—Uncle Sam eventually out-drank the Russian bear and won the Cold War. The U.S. will win the trade war with China in the same way. The PBOC’s statements show that the Chinese understand they are too vulnerable to take very many more drinks. The only question is what they will be willing to offer Mr. Trump to get him to take yes for an answer. No wonder Beijing has ordered its state-influenced media to stop demonizing Mr. Trump—officials are desperate to minimize the pain when President Xi Jinping has to cut the inevitable deal. The drinking-contest metaphor takes us only so far. The wonderful thing about reciprocal trade is that it is a positive-sum game in which all contestants are made better off. If the conflict forces China to accept more foreign investors and goods, comply with World Trade Organization rules, and respect foreign intellectual property, it may feel it has lost but will in fact be better off. With this openness, both economic and political, China could spur a decadeslong second wave of growth that would bring hundreds of millions still living in rural poverty into glittering new cities. It took Nixon to go to China and show it the way to the 20th century. Now, through the unlikely method of trade war, Donald Trump is ushering China into the 21st century. Donald Luskin
Si l’on regarde les faits, et uniquement les faits, un constat s’impose: on ne peut pas trouver dans l’histoire récente des Etats-Unis un président ayant mené à bien autant de réformes en un laps de temps si court. Même Reagan a mis trois ans à réformer la fiscalité américaine! Trump, lui, l’a fait en quelques mois. Alors certes, «The Donald» n’a pas réussi à démanteler complètement l’Obamacare, suite aux oppositions rencontrées dans son propre parti ; mais sa réforme fiscale inclut la fin du «mandat individuel», cette fameuse obligation de souscrire à une assurance santé. Plus exactement, l’amende pour le non-respect de cette obligation est supprimée par la réforme. Cette mesure était nécessaire. En 2009, les conséquences de cette mesure coercitive, emblématique de la présidence d’Obama, ne s’étaient pas fait attendre. Il y avait eu d’énormes bugs informatiques qui ont découragé des millions de personnes de souscrire en ligne. Puis des millions d’Américains ont été contraints de résilier leur assurance privée, alors que nombre d’entre eux n’en ressentaient nullement l’envie. Depuis 2009, plus de 2 400 pages de réglementations se sont accumulées pour réguler le fonctionnement du système. Le président Obama avait promis de baisser les franchises de santé grâce à ce programme, mais ce fut tout le contraire: elles ont augmenté de 60 % en moyenne. Les primes d’assurance ont bondi dans l’ensemble de 25 % (et même jusqu’à 119 % dans l’état d’Arizona). Les assureurs ne s’en sortaient plus à cause des réglementations très strictes qui leur ont été imposées. Obama avait aussi promis de baisser le prix de l’assurance santé d’environ 2 500 dollars par famille et par an ; en réalité, le prix a augmenté de 2 100 dollars! Trump met fin à cette dérive en ouvrant le système un peu plus à la concurrence et en donnant aux Américains la liberté de choisir. (…) La réforme fiscale adoptée par le Congrès des États-Unis contient de nombreuses mesures audacieuses, que les Américains attendaient. Par exemple la baisse de la taxe sur les bénéfices des entreprises (de 35 % à 21 %), qui s’accompagne d’une déduction fiscale généreuse pour les entreprises dont les profits ne sont déclarés qu’au travers des revenus de leurs propriétaires. Plusieurs taxes ont par ailleurs été supprimées, comme la taxe minimum de 20 % sur les bénéfices effectifs. Surtout, le président Trump a entamé une vaste opération visant à rapatrier entre 2 000 et 4 000 milliards de dollars de profits placés à l’étranger, en diminuant la taxe sur ces profits de 35 % à moins de 15 %. Autre mesure symbolique: la suppression de la taxe sur les héritages au-dessous de 10 millions de dollars satisfait une large partie de l’électorat républicain. Certains Etats dont la fiscalité est particulièrement élevée, comme la Californie, seront également obligés de se réformer pour faire face à la suppression de certaines déductions fiscales. Leurs habitants ne pourront plus en effet déduire l’impôt sur le revenu local de leurs impôts fédéraux. Plusieurs mesures abolissent l’interdiction des forages de pétrole en Alaska. À l’heure actuelle, Trump a ouvert toutes les possibilités d’exploitation sur le continent américain, ce qui fera du pays l’un des principaux exportateurs de matières premières. Trump se positionne ainsi en ennemi du politiquement correct et reste méfiant à l’égard des gourous du réchauffement climatique. Il a été le seul à avoir le courage de se retirer de la COP 21, cette mascarade coûteuse qui consiste à organiser de gigantesques réunions de chefs d’État aux frais des contribuables. Il a supprimé la prime à la voiture électrique (pour une économie de 7 milliards de dollars) ainsi que les subventions aux parcs d’éoliennes. Enfin, Trump s’est attaqué aux réglementations. Entre janvier et décembre 2017, il a supprimé la moitié (45 000) des pages que contient le Code des réglementations. Plus de 1 500 réglementations importantes ont été abolies, dont beaucoup dans le domaine de l’environnement. Les économies obtenues sont estimées à plus de 9 milliards de dollars. Faisant fi des protestations, il a libéré le secteur d’internet de plusieurs contraintes anachroniques. Au plan international, Trump s’oppose à la Chine dont les pratiques commerciales douteuses ont fait l’objet d’enquêtes de la part de Washington. Mais cette position juste face aux Chinois ne devrait pas conduire la Maison Blanche à cautionner des mesures restrictives de la liberté du commerce et des échanges, qui risqueraient de peser sur la croissance américaine et même mondiale. (…) En tout état de cause, en ce début janvier 2018, l’économie américaine semble partir sur des bases solides. Le troisième trimestre de croissance s’est élevé à plus de 3 %, et le taux de chômage est au plus bas, à seulement 4.1 % (2.1 millions d’emplois créés en une année, du jamais vu depuis 1990), et même à 6.8 % pour la population noire, un taux qui n’a jamais été si faible depuis 1973. Les effets des baisses d’impôt se font d’ores et déjà sentir: des entreprises comme AT&T, Comcast, Wells Fargo, Boeing, Nexus Services ont annoncé des primes et des hausses de salaires. Nicolas Lecaussin
Volontarisme fiscal, brutalité commerciale : les critiques pleuvent sur la méthode du président américain, mais les États-Unis affichent d’excellentes performances économiques. Sur le climat, l’Iran, Israël, il s’est mis au ban de la communauté internationale. Ses tweets rageurs matinaux, son imprévisibilité, sa brutalité, laissent pantois. Ses démêlés avec le FBI et la justice interrogent sur sa capacité à mener son mandat jusqu’à son terme. Et pourtant. La méthode de Donald Trump, exposée il y a trente ans déjà, dans son best-seller l’Art du deal, du temps où le futur président de la première puissance mondiale n’était qu’un loup new-yorkais de l’immobilier, semble faire mouche. Depuis qu’il est installé à la Maison-Blanche, Donald Trump l’a éprouvée à plusieurs reprises, notamment avec la Corée du Nord. Il profère les pires menaces, exerce une pression maximale sur l’adversaire ou le partenaire, puis se dit prêt à discuter. Sur le front commercial, le président américain a marqué des points. Il a arraché des concessions au Brésil, son deuxième fournisseur d’acier ainsi qu’à la Corée du Sud. Évidemment, disposer du plus gros budget militaire de la planète (610 milliards de dollars, davantage que les sept pays suivants réunis) et diriger la première économie (un PIB de 19.000 milliards de dollars, une fois et demie celui de la Chine) offre quelques arguments. (…) L’issue est encore très incertaine, mais Trump a réussi à amener les Chinois à la table pour discuter d’une réduction du déficit commercial américain. Washington n’a pas non plus gagné son bras de fer contre l’Europe. (…) «Sa tactique de négociation est de taper fort et de se faire mousser auprès de son électorat, ajoute Florence Pisani, économiste chez Candriam et coauteur d’un livre sur l’économie américaine. C’est un jeu assez dangereux, car cela crée de l’incertitude et reporte les projets d’investissement.» Les bons indicateurs qui se succèdent semblent pourtant démentir cette vision pessimiste. À 3,9 %, le chômage est au plus bas depuis près de vingt ans, l’industrie crée des emplois, les ménages ont davantage confiance qu’au début du mandat. (…) « Il n’y a pas eu de changement majeur de tendance depuis l’arrivée de Trump, nuance Christian Leuz, économiste allemand installé depuis quinze ans aux États-Unis, à l’University of Chicago Booth School of Business. Obama a laissé une économie en bonne santé, il est encore trop tôt pour attribuer les bons résultats à Trump. » Ce leg solide est aussi largement imputable à dix ans de politique monétaire généreuse de la Fed, rappellent de nombreux économistes. Sa réforme fiscale, arrachée de haute lutte au Congrès, devrait tout de même avoir un impact positif sur l’économie. Elle a gonflé le profit des entreprises et permis à certaines comme Apple de rapatrier des milliards mis à l’abri à l’étranger. Florence Pisani pondère encore: une enquête récente de la réserve fédérale d’Atlanta indique que moins de 10 % des entreprises envisagent d’investir davantage malgré les réductions d’impôt. Quant aux ménages, ils pourraient perdre en impôts locaux (ceux des États) ce qu’ils ont gagné sur les impôts fédéraux. Même si le programme des grands travaux reste encore dans le flou, les dépenses votées par le Congrès devraient cependant soutenir l’activité de 0,3 % de PIB supplémentaire, concède Florence Pisani. Un surcroît de dépenses qui pourrait léguer au successeur de Trump «un déficit budgétaire de plus de 5 % du PIB et une dette alourdie», avertit Steven Friedman. Fabrice Nodé-Langlois
Selon la première estimation du Département du commerce, la croissance au second trimestre atteint 4,1% en rythme annuel. On n’a pas vu de conjoncture aussi favorable aux États-Unis depuis 2014. Donald Trump qualifie ces chiffres de «fascinants» et de «tout à fait tenables». Il y voit la preuve que sa politique de déréglementation et de baisses d’impôts porte ses fruits. D’autant que l’estimation de l’expansion de janvier à mars est révisée à la hausse de 2 à 2, 2% en rythme annuel. (…) Voilà déjà plus d’un an qu’il tourne en dérision les experts qui affirment qu’il ne sera pas possible de dépasser durablement 3% de croissance. Leurs arguments sont toujours que l’Amérique approche de la fin d’un très long cycle d’expansion engagé depuis l’été 2009, que la croissance démographique est désormais modeste et surtout que les hausses de productivité ne sont pas suffisantes pour renouer avec des taux de croissance dignes des années Reagan. Au cours du premier semestre l’expansion atteint néanmoins 3,1%. Si la montée des barrières douanières, les relèvements de taux directeurs par la Réserve fédérale et la hausse des coûts des matières premières ne font pas dérailler la conjoncture, le pari de Donald Trump peut être gagné, au moins en 2018. (…) Avec un taux de chômage au plus bas depuis la fin du siècle dernier, des créations d’emplois encore très fortes en moyenne de 215.000 postes par mois depuis janvier et une inflation de l’ordre de 2%, il pense présenter à l’opinion un premier bilan positif. Surtout s’il arrive à passer sous silence que, contrairement à l’orthodoxie fiscale prônée jadis par le Parti républicain, le déficit budgétaire en forte hausse est en partie responsable de l’accélération actuelle de la croissance. Signe de la confiance et du moral élevé des Américains, la consommation, qui représente plus des deux tiers du Produit intérieur brut (PIB) aux États-Unis, bondit au rythme de 4% au second trimestre, après une maigre progression de 0,5% de janvier à mars. Paradoxalement, les fortes tensions commerciales entre Washington et ses partenaires ont stimulé la croissance au cours du printemps. Dans l’anticipation de droits de douane chinois sur les denrées agricoles, les producteurs américains de soja ont par exemple tout fait pour avancer leurs livraisons avant le mois de juillet, date d’entrée en vigueur des mesures de rétorsion décidées par Pékin. Près d’un quart de la croissance a été donc généré par le commerce extérieur. Pierre-Yves Dugua
En 1917, contre les thèses de Marx, c’est en Russie, à Saint Pétersbourg, qu’éclate la Révolution. Enjeu intellectuel et enjeu politique, [Gramsci] va s’efforcer de comprendre pourquoi la Révolution a eu lieu en Russie et non en Allemagne, en France ou dans le Nord de l’Italie. Autour de la Révolution de 1917, s’ordonnent aussi une série de questionnements fondamentaux pour comprendre la pensée de Gramsci: hégémonie, crises, guerres de mouvements ou de positions, blocs historiques… Il distingue deux types de sociétés. Pour faire simple, celles où il suffit, comme en Russie, de prendre le central téléphonique et le palais présidentiel pour prendre le pouvoir. La bataille pour «l’hégémonie» vient après, ce sont les sociétés «orientales» qui fonctionnent ainsi… Et celles, plus complexes, où le pouvoir est protégé par des tranchées et des casemates, qui représentent des institutions culturelles ou des lieux de productions intellectuelles, de sens, qui favorisent le consentement. Dans ce cas, avant d’atteindre le central téléphonique, il faut prendre ces lieux de pouvoir. C’est ce que l’on appelle le front culturel, c’est le cas des sociétés occidentales comme la société française, italienne ou allemande d’alors. Au contraire de François Hollande et de François Lenglet, Antonio Gramsci ne croit pas à l’économicisme, c’est-à-dire à la réduction de l’histoire à l’économique. Il perçoit la force des représentations individuelles et collectives, la force de l’idéologie… Ce refus de l’économicisme mène à ouvrir le «front culturel», c’est-à-dire à développer une bataille qui porte sur la représentation du monde tel qu’on le souhaite, sur la vision du monde… Le front culturel consiste à écrire des articles au sein d’un journal, voire à créer un journal, à produire des biens culturels (pièces de théâtre, chansons, films etc…) qui contribuent à convaincre les gens qu’il y a d’autres évidences que celles produites jusque-là par la société capitaliste. La classe ouvrière doit produire, selon Gramsci, ses propres références. Ses intellectuels, doivent être des «intellectuels organiques», doivent faire de la classe ouvrière la «classe politique» chargée d’accomplir la vraie révolution: c’est-à-dire une réforme éthique et morale complète. L’hégémonie, c’est l’addition de la capacité à convaincre et à contraindre. Convaincre c’est faire entrer des idées dans le sens commun, qui est l’ensemble des évidences que l’on ne questionne pas. La crise (organique), c’est le moment où le système économique et les évidences qui peuplent l’univers mental de chacun «divorcent». Et l’on voit deux choses: le consentement à accepter les effets matériels du système économique s’affaiblit (on voit alors des grèves, des mouvements d’occupation des places comme Occupy Wall Street, Indignados, etc); et la coercition augmente: on assiste alots à la répression de grèves, aux arrestations de syndicalistes etc… Au contraire, un «bloc historique» voit le jour lorsqu’un mode de production et un système idéologique s’imbriquent parfaitement, se recoupent: le bloc historique néolibéral des années 1980 à la fin des années 2000 par exemple. Car le néolibéralisme n’est pas qu’une affaire économique, il est aussi une affaire éthique et morale. (…) il apporte à l’œuvre de Marx l’une des révisions ou l’un des compléments les plus riches de l’histoire du marxisme. Pour beaucoup de socialistes, il faut attendre que les lois de Marx sur les contradictions du capitalisme se concrétisent pour que la Révolution advienne. La Révolution d’Octobre, selon Gramsci, invalide cette thèse. Elle se fait «contre le Capital», du nom du grand livre de Karl Marx. Antonio Gramsci fascine au-delà de la gauche… Ainsi en France, en Italie ou en Autriche, des courants d’extrême droite se sont réclamés d’une version tronquée et biaisée du gramscisme. Ce «gramscisme de droite» faisait l’impasse sur l’aspect «économique» du gramscisme et le caractère émancipateur pour n’en retenir que la méthode le «combat culturel». Gaël Brustier
Les prédécesseurs de Trump, depuis la seconde guerre mondiale, voyaient dans la promotion d’un ordre libéral international, appuyé sur un tissu d’alliances, de forums multilatéraux et d’interdépendances économiques, la source de projection de la puissance américaine. Trump renverse la table. Ces règles restreignent l’Amérique: elles lui imposent des tabous et des normes bridant sa puissance, ne lui permettant pas de défendre au mieux ses intérêts. L’Amérique se laisse berner par ses partenaires commerciaux ; ses alliés profitent de sa générosité pour se comporter en passagers clandestins et financer leurs systèmes sociaux sous couvert de parapluie militaire américain. Dans un monde de jeu à somme nulle, le rapport de force brut favorisera le plus fort, donc l’Amérique. Ces thèmes ne sont pas nouveaux pour Trump qui répète ces antiennes depuis les années 1980. Sur le plan intérieur comme international, la question se pose: Donald Trump est-il un accident de l’histoire, élu sur un concours de circonstances, ou la manifestation de forces plus profondes traversant l’Amérique? Certes les idiosyncrasies du président sont incontestables. Sa vulgarité et sa personnalité brutale, son parcours d’homme d’affaires passé par la télé réalité ainsi que son inexpérience gouvernementale en font à coup sûr un animal politique sans précédent dans l’histoire américaine. De plus, son impopularité (à relativiser par le soutien fidèle de sa base) et les incertitudes pesant autour de l’enquête du Procureur Muller laissent certains espérer que la parenthèse sera de courte durée, qu’il suffit de s’armer de patience. Il faut doucher cet optimisme: le parti démocrate est profondément divisé et peine à faire émerger de nouvelles personnalités. L’économie américaine se porte bien, malgré des réalités souvent plus dures masquées par les statistiques, des inégalités aux addictions aux drogues. La réélection de Trump en 2020 n’est pas du tout à exclure ; mais l’enjeu va bien au-delà. Traiter Donald Trump comme une aberration historique qui sera suivie par un retour à «la normale» représenterait une erreur majeure de la part des Européens, pour trois raisons principales. Tout d’abord, l’Amérique traverse une période de questionnement profond sur son leadership international et les objectifs de sa politique étrangère, conséquence tardive de la fin de la Guerre Froide qui l’a privée d’adversaire clair et donc de continuité stratégique. Tous les présidents élus depuis la fin de la guerre froide, l’ont été sur une plateforme plaçant la priorité sur le plan intérieur: Bill Clinton insistant sur l’économie, George W. Bush comme Barack Obama contre l’interventionnisme de leur prédécesseur. Les divisions profondes qui affectent les États-Unis et l’absence de priorité internationale qui fasse consensus, Chine, terrorisme, immigration, commerce international, doivent nous préparer à une politique américaine plus erratique et déterminée par des considérations intérieures et électorales. Deuxièmement, le désastre irakien et la crise financière ont encouragé une tendance au repli et nourri le scepticisme d’une partie non négligeable de l’électorat quant à l’engagement international des États-Unis. L’observateur de Washington ne peut à cet égard que constater le décalage profond entre les experts de politique étrangère peuplant les think tanks et revues du reste de la population américaine. Durant la campagne présidentielle, Hillary Clinton avait ainsi dû changer de position sur le traité de libre-échange transpacifique pour suivre l’électorat, tandis que Trump pouvait brandir avec fierté la longue liste des experts de sécurité nationale «Never Trump» qui s’opposait à lui. Le fameux volte-face d’Obama sur la ligne rouge en Syrie a été largement critiqué à Washington comme à Paris, y compris par des membres de son entourage, mais soutenu par une large majorité de la population. À cet égard, Trump s’inscrit dans une forme de continuité avec son prédécesseur, Barack Obama, tout aussi prompt à dénoncer les experts interventionnistes de Washington. Les deux présidents partagent un scepticisme face à la notion «d’exceptionnalisme» américain. Obama comme Trump se gardent bien de voir une quelconque mission civilisatrice dans la politique étrangère américaine, promouvant le «nation building at home». Les conséquences étaient différentes: le scepticisme d’Obama sur les limites de puissance américaine l’entraînait à favoriser les accords multilatéraux comme le JCPOA ou l’accord de Paris sur le climat. À l’inverse, Trump prône l’unilatéralisme botté, dans la tradition du nationalisme martial d’un Andrew Jackson, président entre 1829 et 1837. Mais les deux approches sont deux pôles d’un même mouvement de retrait et de normalisation de la puissance américaine. Enfin, repli ou non, l’Europe perd sa centralité stratégique pour les États-Unis. Obama dénonçait déjà dans un entretien au journaliste Jeffrey Goldberg les alliés européens «passagers clandestins». Plutôt que de regretter sa non-intervention en Syrie, c’est l’intervention en Libye qu’Obama désigne comme son principal échec de politique étrangère, pointant du doigt la France et la Grande Bretagne responsables de ne pas avoir assuré la reconstruction post-conflit. L’une des principales annonces de politique étrangère fut le «pivot» vers l’Asie. Le réengagement américain en Europe fut tardif et réticent, provoqué par l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Mais ici aussi Obama a laissé Angela Merkel et François Hollande en première ligne pour négocier les accords de Minsk avec Vladimir Poutine. Les années 1990, caractérisées par l’attention portée à l’expansion de l’OTAN et les interventions américaines (tardives) dans les Balkans seront probablement une exception, reliquat de la guerre froide et d’un bref moment unipolaire triomphant. (…) Cela implique un investissement considérable dans notre défense et sécurité: l’Europe est-elle prête à affronter seule une crise comparable aux Balkans dans sa périphérie demain? La crise syrienne, avec ses conséquences sur l’Union Européenne en matière de réfugiés et l’émergence de Daesh, devrait servir de réveil stratégique. Or, la posture européenne s’est essentiellement limitée à espérer un engagement américain. Au-delà de l’investissement dans le militaire, les Européens doivent prendre les mesures pour se préserver des conséquences des décisions américaines, en particulier des sanctions extraterritoriales. Aujourd’hui Trump exploite la faiblesse des Européens. Peut-être cette séquence n’est elle qu’un cycle de plus dans le balancier permanent entre repli égoïste et aventurisme messianique qu’Henry Kissinger a souvent déploré dans l’histoire diplomatique américaine. Après les années de doute de la présidence Carter, post Watergate et Vietnam ont suivi l’optimisme triomphant des années Reagan. Mais l’Europe ne peut fonder sa stratégie sur cet espoir. De plus, même si le successeur de Trump renoue avec l’internationalisme, l’Europe n’en sera pas moins vue comme un partenaire secondaire, grevée par ses divisions et sa faiblesse militaire. Benjamin Haddad
Donald Trump est un cauchemar pour ses angéliques adversaires. Ils voudraient voir en lui un plouc en sursis. Mais les faits leur donnent tort. Certes, l’acteur Robert De Niro a reçu, dimanche, les vivats du public new-yorkais pour avoir crié sur scène, les poings levés : « Fuck Trump  !  » (« J’emmerde Trump  !  »). Après la décision du président américain de suspendre un temps, le 24 mai, les discussions avec la Corée du Nord, Le Monde avait titré, avec d’autres : « La méthode Trump en échec ». Or l’Histoire se montre aimable avec le proscrit du show-biz, des médias et autres enfants de chœur. L’accord conclu, mardi à Singapour, entre Trump et Kim Jong-un est un coup de maître. Il se mesure à l’aigreur des dépités. Alors que les « experts » prédisaient le clash et la duperie, tous deux ont signé un document dans lequel le Coréen réaffirme « son engagement ferme et inébranlable en faveur d’une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ». Les pinailleurs pinaillent. Le jeune tyran n’est pas devenu pour autant fréquentable, après s’être ainsi habilement hissé au niveau de la première démocratie du monde. Sa dictature communiste demeure encore ce qui se fait de pire. Toutefois, ce qui restait d’anachronique dans ce reliquat de guerre froide prend théoriquement fin. Il est à espérer que Trump et les dirigeants de la Corée du Sud sauront inciter le despote à ouvrir rapidement son pays-prison au monde qu’il a choisi d’approcher et de visiter. La poignée de main de mardi est déjà de celles qui resteront dans les livres. À ce rituel, le Coréen n’a pas eu à malaxer les doigts de l’Américain, à la manière d’Emmanuel Macron, pour mimer sa domination. Vendredi, des médias ont désigné le président français vainqueur de Trump, au G7 (Québec), au prétexte qu’il avait laissé la trace « féroce » de son pouce sur la peau de son rival. « Ma poignée de main, ce n’est pas innocent  », avait théorisé le chef de l’État il y a un an. En dépit de ses pénibles défauts, Trump se grandit de l’infantilisme de ses adversaires. Ceux qui reprochent au milliardaire hâbleur ses foucades et son narcissisme se comportent en prêcheurs apeurés et plaintifs, dépassés par les événements. Ivan Rioufol
Emmanuel Macron ne voit pas que l’histoire s’écrit sans lui. Les « populistes » qu’il méprise sont ceux qui, forts du soutien de leurs électeurs, remportent les victoires. Donald Trump vient de signer avec la Corée du Nord, mardi, un accord capital sur la dénucléarisation progressive de la péninsule coréenne. Le texte, à compléter, éloigne la perspective d’un conflit nucléaire. En s’opposant à l’arrivée en Italie d’un bateau transportant des clandestins, Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien, a également démontré que la détermination d’un homme à appliquer son programme était plus efficace qu’un bavardage multilatéral, incapable de produire une ligne claire. Face à Trump et à Salvini, Macron ne cache plus son aversion. Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a qualifié le rapprochement historique entre les Etats-Unis et la Corée du nord de simple « événement significatif », alors même que Trump et Kim Jong Un ont confirmé, ce mercredi, des invitations dans leur pays respectif. Hier, le chef de l’Etat a dénoncé, parlant du refus italien d’accueillir l’Aquarius et ses 629 clandestins, « la part de cynisme et d’irresponsabilité » du nouveau gouvernement. La France s’est pourtant gardée d’ouvrir, même en Corse, un de ses ports au navire indésirable. L’Aquarius a finalement trouvé à accoster à Valence (Espagne). Les donneurs de leçons feraient mieux de s’abstenir quand eux-mêmes se révèlent incapables d’appliquer ce qu’ils exigent des autres… Le président français a eu les honneurs de la presse américaine pour sa « féroce » poignée de main avec Trump, lors du G7 : elle a laissé la trace de son pouce sur la peau du président américain. Cette vacuité dans l’évaluation des rapports de force résume la détresse du camp du Bien, confronté à sa marginalisation. Car un basculement idéologique est en cours, sous la pression des nations excédées. Trump est plus populaire aux Etats-Unis que Macron ne l’est en France. Les sondages soutiennent Salvini. Le chef de l’Etat se trompe d’adversaires quand il réserve ses attaques à ces fortes têtes, tout en ménageant ceux qui insultent la France. Ivan Rioufol
Selon moi, Macron n’a pas apporté une révolution telle qu’il le prétend. Au contraire, il nous fait vivre un grand bond en arrière. Il fait revivre ce que les Français croyaient pouvoir rejeter. Les Français pensaient avoir compris que Macron avait analysé la fracture entre les élites et le peuple. Malheureusement, on se rend compte, au contraire, que Macron a redynamisé le pouvoir des élites en canalisant la société civile qu’il avait appelée à la rescousse pour en faire un parti godillot. (…) Macron achève le système. C’est un accident de l’Histoire dans la mesure où sa venue a surpris tout le monde. Il y a encore un an, personne ne le voyait arriver à ce point de son parcours politique. Il a bénéficié d’un effondrement des partis qui étaient des partis vermoulus. Il n’a suffi qu’à donner un coup d’épaule pour qu’ils s’effondrent. Il a également bénéficié de cette coalition des affaires contre François Fillon dans la dernière ligne droite. Il est le produit d’un monde finissant. Il est un des rares, en Europe, à défendre une vision postnationale, une Europe souveraine, et à ne pas comprendre que tout ne se résume pas à l’économie. (…) Il ne veut expliquer les grandes questions sociétales qu’à travers l’économie et, donc, avec une vue beaucoup trop restreinte pour répondre aux questions liées à l’immigration, au communautarisme et à la montée de l’islam radical. Ce sont des sujets qui, pour lui, sont des impensés politiques. (…) Je pense qu’il y a beaucoup d’impostures dans ses postures. Il fait croire qu’il est ce Nouveau Monde. Pour l’instant, tout démontre qu’il n’a fait que reproduire la vieille technocratie, le monde des experts, le monde des financiers, le monde de Bercy. Tout ce monde-là a repris les commandes. Au contraire, François Fillon avait demandé le courage de la vérité. On peut donc se demander si son éviction n’était pas due au fait qu’il se soit peut-être approché de trop près du sujet brûlant de la dénonciation de cette mascarade et ces grands mensonges qui font croire qu’on peut faire une démocratie sans le peuple. Macron a théorisé lui-même son rôle de Président Jupiter, c’est-à-dire de Dieu coupé du peuple. (…)  je pense qu’il n’a fait que reprendre ce que les Américains ont précisément rejeté. Je vois notre Président comme étant un Barack Obama blanc ou un Justin Trudeau intellectuel. On voit bien que la politique de Barack Obama a conduit à l’éviction de Hillary Clinton et à l’élection de son exact contraire Donald Trump. Je fais le pari que si Macron poursuit dans cette voie du politiquement correct qu’il a réhabilité à l’image de ce qu’était Barack Obama, il va accélérer les processus de rejet de ce monde faux et de cet establishment que Donald Trump a réussi à pulvériser malgré tous ses défauts. (…) Si on trace ces lignes tel que je vous les décris, je pense que son essoufflement est programmé. Il a fait l’impasse sur de grandes questions qui se posent dès à présent. Comment répondre à une immigration de peuplement ? Comment répondre à un islam radical et colonisateur ? Comment répondre à une fracturation de la société ? Comment répondre au terrorisme ? Nous ne pouvons pas répondre à toutes ces questions simplement par l’économie. Toute sa campagne a été construite sur le rejet des populismes et sur le rejet d’un discours qui, précisément, alerte sur ces grandes questions sociétales. Or, nous voyons bien que, partout en Europe, l’opinion se raidit. Par conséquent, soit Macron est obligé de se dédire, et dans ce cas il va falloir qu’il fasse un grand travail de retour sur lui-même, soit il continue dans un aveuglement et dans une sorte d’idéologie « béni-oui-ouiste » qui l’empêchera d’apporter les réponses qu’attendent les Français. Nous le voyons en Allemagne, avec le discrédit de la chancelière après sa politique qui avait été soutenue par Emmanuel Macron. Nous le voyons aussi en Autriche, en Catalogne et même chez nous, en Corse, avec ce réveil identitaire. Toutes ces réactions sont le produit d’un impensé d’une partie de la politique qui se berce de politiquement correct, qui pense que l’immigration n’est pas un problème et que les peuples peuvent indifféremment se remplacer. Ivan Rioufol

Attention: un accident historique peut en cacher un autre !

Croissance à plus de 4%, taux de chômage au plus bas (4.1 % , 2.1 millions d’emplois créés en une année, du jamais vu depuis 1990), y compris pour les minorités (6.8 % pour la population noire, du jamais vu depuis 45 ans !), renégociation d’accords ou de traités commerciaux (Brésil, Corée du sud, Europe, Chine) …

A l’heure où après avoir prédit l’apocalypse …

Suite à l’élection du président Trump …

Nos beaux et bons esprits ont de plus en plus de mal à expliquer …

Sans compter, avec peut-être 10 points d’écart, l‘inversion des courbes de popularité entre les deux côtés de l’Atlantique …

La désormais indéniable embellie de l’économie américaine …

Comme, à l’instar d’une « Haute Volta » réduite outre « ses fusées » à sa capacité de nuisance et de l’Iran à la Corée du nord ou aux territoires dit palestiniens, le début de reflux et de marginalisation des forces du mal les plus radicales …

Comment ne pas voir …

L’obstination économiciste comme l’aveuglement post-nationaliste et immigrationniste des conséquences sociales et culturelles de la mondialisation ….

De la part de ses homologues français ou allemand  pour ce qu’elle est vraiment ….

A savoir de plus en plus décalée par rapport aux aspirations des peuples

Comme à la réalité gramcscienne de l’histoire elle-même ?

« Emmanuel Macron est un accident de l’Histoire. Il a bénéficié de l’effondrement des partis vermoulus »

Ivan Rioufol publie, aux Éditions de L’Artilleur, un livre intitulé Macron, la grande mascarade. Sa thèse est limpide : Macron n’a pas apporté la révolution, comme il veut le faire croire, mais il fait vivre au contraire un grand bond en arrière. Il a redynamisé le pouvoir des élites en canalisant la société civile qu’il avait appelée à la rescousse pour n’en faire qu’un parti godillot.
Boulevard Voltaire
21 décembre 2017

Ivan Rioufol, vous publiez aux Éditions de L’Artilleur un livre intitulé Macron, la grande mascarade. Pourquoi ce titre ?

J’ai appelé ce livre ainsi en hommage à Nicolás Gómez Dávila. Il explique, dans l’un de ses aphorismes, que toute époque finit en mascarade.
La thèse que je défends est le fruit de mes observations quasi quotidiennes. Selon moi, Macron n’a pas apporté une révolution telle qu’il le prétend. Au contraire, il nous fait vivre un grand bond en arrière. Il fait revivre ce que les Français croyaient pouvoir rejeter. Les Français pensaient avoir compris que Macron avait analysé la fracture entre les élites et le peuple. Malheureusement, on se rend compte, au contraire, que Macron a redynamisé le pouvoir des élites en canalisant la société civile qu’il avait appelée à la rescousse pour en faire un parti godillot.

Vous affirmez que Macron n’est qu’un accident de l’Histoire. Ne serait-il pas davantage une conséquence de notre époque ?

Macron achève le système. C’est un accident de l’Histoire dans la mesure où sa venue a surpris tout le monde. Il y a encore un an, personne ne le voyait arriver à ce point de son parcours politique. Il a bénéficié d’un effondrement des partis qui étaient des partis vermoulus. Il n’a suffi qu’à donner un coup d’épaule pour qu’ils s’effondrent. Il a également bénéficié de cette coalition des affaires contre François Fillon dans la dernière ligne droite. Il est le produit d’un monde finissant. Il est un des rares, en Europe, à défendre une vision postnationale, une Europe souveraine, et à ne pas comprendre que tout ne se résume pas à l’économie. Je lui fais le procès de ne voir que d’un œil. Il ne veut expliquer les grandes questions sociétales qu’à travers l’économie et, donc, avec une vue beaucoup trop restreinte pour répondre aux questions liées à l’immigration, au communautarisme et à la montée de l’islam radical. Ce sont des sujets qui, pour lui, sont des impensés politiques.

Pour reprendre Gramsci, Macron serait-il le vieux monde qui tarde à disparaître ?

En effet, c’est un peu cela. Je pense qu’il y a beaucoup d’impostures dans ses postures. Il fait croire qu’il est ce Nouveau Monde. Pour l’instant, tout démontre qu’il n’a fait que reproduire la vieille technocratie, le monde des experts, le monde des financiers, le monde de Bercy. Tout ce monde-là a repris les commandes. Au contraire, François Fillon avait demandé le courage de la vérité. On peut donc se demander si son éviction n’était pas due au fait qu’il se soit peut-être approché de trop près du sujet brûlant de la dénonciation de cette mascarade et ces grands mensonges qui font croire qu’on peut faire une démocratie sans le peuple. Macron a théorisé lui-même son rôle de Président Jupiter, c’est-à-dire de Dieu coupé du peuple.

Tsípras, Renzi, Trudeau… Le monde occidental semble céder à la mode du Young Leaders. Cela expliquerait-il l’élection de Macron ?

Non, je pense que le jeunisme est accessoire, dans cette affaire-là. Naturellement, sa jeunesse, son intelligence tactique incontestable, sa dextérité et ses qualités lui ont facilité la tâche. Je ne dis pas qu’il en soit dépourvu, mais je pense qu’il n’a fait que reprendre ce que les Américains ont précisément rejeté. Je vois notre Président comme étant un Barack Obama blanc ou un Justin Trudeau intellectuel. On voit bien que la politique de Barack Obama a conduit à l’éviction de Hillary Clinton et à l’élection de son exact contraire Donald Trump. Je fais le pari que si Macron poursuit dans cette voie du politiquement correct qu’il a réhabilité à l’image de ce qu’était Barack Obama, il va accélérer les processus de rejet de ce monde faux et de cet establishment que Donald Trump a réussi à pulvériser malgré tous ses défauts.

Selon vous, la mascarade cessera d’ici 2022, ou est-il parti pour rester un 2e mandat ? La bulle Macron pourrait-elle éclater ?

Si on trace ces lignes tel que je vous les décris, je pense que son essoufflement est programmé. Il a fait l’impasse sur de grandes questions qui se posent dès à présent. Comment répondre à une immigration de peuplement ? Comment répondre à un islam radical et colonisateur ? Comment répondre à une fracturation de la société ? Comment répondre au terrorisme ? Nous ne pouvons pas répondre à toutes ces questions simplement par l’économie.
Toute sa campagne a été construite sur le rejet des populismes et sur le rejet d’un discours qui, précisément, alerte sur ces grandes questions sociétales. Or, nous voyons bien que, partout en Europe, l’opinion se raidit. Par conséquent, soit Macron est obligé de se dédire, et dans ce cas il va falloir qu’il fasse un grand travail de retour sur lui-même, soit il continue dans un aveuglement et dans une sorte d’idéologie « béni-oui-ouiste » qui l’empêchera d’apporter les réponses qu’attendent les Français. Nous le voyons en Allemagne, avec le discrédit de la chancelière après sa politique qui avait été soutenue par Emmanuel Macron. Nous le voyons aussi en Autriche, en Catalogne et même chez nous, en Corse, avec ce réveil identitaire. Toutes ces réactions sont le produit d’un impensé d’une partie de la politique qui se berce de politiquement correct, qui pense que l’immigration n’est pas un problème et que les peuples peuvent indifféremment se remplacer.

Macron serait-il capable d’éviter, pour reprendre le titre d’un de vos livres, « cette guerre civile qui vient » ?

Je ne dis pas que Macron va accélérer ce processus. Mais je crains que, par la paresse intellectuelle de son idéologie et le confort intellectuel qui consiste à ne pas vouloir s’arrêter sur les grandes questions existentielles, il aggrave cette lente dissolution de la France. Cela pourrait aussi désemparer davantage cette société oubliée, cette France périphérique qui ne se reconnaît ni en lui ni en d’autres. En général, elle s’abstient ou vote pour le Front national.

Voir aussi:

Et si Donald Trump n’était pas qu’un accident historique ?

FIGAROVOX/ANALYSE – Benjamin Haddad pense que les Européens auraient tort de croire que Donald Trump est une parenthèse historique.


Benjamin Haddad est chercheur au Hudson Institute, un think tank spécialisé dans les relations internationales à Washington.


Le sommet du G7 au Canada, quelques jours après l’imposition de tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium sur les partenaires commerciaux des États-Unis, a illustré une fois de plus les différends entre les Européens et le président Donald Trump. On a finalement surestimé, peut-être par vœu pieux, l’imprévisibilité de Trump. Sur les tarifs douaniers, l’accord nucléaire iranien, Jérusalem ou encore le climat, le président américain, inspiré de son slogan America First, finit par mettre en œuvre ses promesses de campagnes de façon unilatérale et péremptoire, au détriment de la relation transatlantique.

Les prédécesseurs de Trump, depuis la seconde guerre mondiale, voyaient dans la promotion d’un ordre libéral international, appuyé sur un tissu d’alliances, de forums multilatéraux et d’interdépendances économiques, la source de projection de la puissance américaine. Trump renverse la table. Ces règles restreignent l’Amérique: elles lui imposent des tabous et des normes bridant sa puissance, ne lui permettant pas de défendre au mieux ses intérêts. L’Amérique se laisse berner par ses partenaires commerciaux ; ses alliés profitent de sa générosité pour se comporter en passagers clandestins et financer leurs systèmes sociaux sous couvert de parapluie militaire américain. Dans un monde de jeu à somme nulle, le rapport de force brut favorisera le plus fort, donc l’Amérique. Ces thèmes ne sont pas nouveaux pour Trump qui répète ces antiennes depuis les années 1980.

Sur le plan intérieur comme international, la question se pose: Donald Trump est-il un accident de l’histoire, élu sur un concours de circonstances, ou la manifestation de forces plus profondes traversant l’Amérique? Certes les idiosyncrasies du président sont incontestables. Sa vulgarité et sa personnalité brutale, son parcours d’homme d’affaires passé par la télé réalité ainsi que son inexpérience gouvernementale en font à coup sûr un animal politique sans précédent dans l’histoire américaine. De plus, son impopularité (à relativiser par le soutien fidèle de sa base) et les incertitudes pesant autour de l’enquête du Procureur Muller laissent certains espérer que la parenthèse sera de courte durée, qu’il suffit de s’armer de patience.

Il faut doucher cet optimisme: le parti démocrate est profondément divisé et peine à faire émerger de nouvelles personnalités. L’économie américaine se porte bien, malgré des réalités souvent plus dures masquées par les statistiques, des inégalités aux addictions aux drogues. La réélection de Trump en 2020 n’est pas du tout à exclure ; mais l’enjeu va bien au-delà.

Traiter Donald Trump comme une aberration historique qui sera suivie par un retour à «la normale» représenterait une erreur majeure de la part des Européens, pour trois raisons principales.

Tout d’abord, l’Amérique traverse une période de questionnement profond sur son leadership international et les objectifs de sa politique étrangère, conséquence tardive de la fin de la Guerre Froide qui l’a privée d’adversaire clair et donc de continuité stratégique. Tous les présidents élus depuis la fin de la guerre froide, l’ont été sur une plateforme plaçant la priorité sur le plan intérieur: Bill Clinton insistant sur l’économie, George W. Bush comme Barack Obama contre l’interventionnisme de leur prédécesseur. Les divisions profondes qui affectent les États-Unis et l’absence de priorité internationale qui fasse consensus, Chine, terrorisme, immigration, commerce international, doivent nous préparer à une politique américaine plus erratique et déterminée par des considérations intérieures et électorales.

Deuxièmement, le désastre irakien et la crise financière ont encouragé une tendance au repli et nourri le scepticisme d’une partie non négligeable de l’électorat quant à l’engagement international des États-Unis. L’observateur de Washington ne peut à cet égard que constater le décalage profond entre les experts de politique étrangère peuplant les think tanks et revues du reste de la population américaine. Durant la campagne présidentielle, Hillary Clinton avait ainsi dû changer de position sur le traité de libre-échange transpacifique pour suivre l’électorat, tandis que Trump pouvait brandir avec fierté la longue liste des experts de sécurité nationale «Never Trump» qui s’opposait à lui. Le fameux volte-face d’Obama sur la ligne rouge en Syrie a été largement critiqué à Washington comme à Paris, y compris par des membres de son entourage, mais soutenu par une large majorité de la population.

À cet égard, Trump s’inscrit dans une forme de continuité avec son prédécesseur, Barack Obama, tout aussi prompt à dénoncer les experts interventionnistes de Washington. Les deux présidents partagent un scepticisme face à la notion «d’exceptionnalisme» américain. Obama comme Trump se gardent bien de voir une quelconque mission civilisatrice dans la politique étrangère américaine, promouvant le «nation building at home». Les conséquences étaient différentes: le scepticisme d’Obama sur les limites de puissance américaine l’entraînait à favoriser les accords multilatéraux comme le JCPOA ou l’accord de Paris sur le climat. À l’inverse, Trump prône l’unilatéralisme botté, dans la tradition du nationalisme martial d’un Andrew Jackson, président entre 1829 et 1837.

Mais les deux approches sont deux pôles d’un même mouvement de retrait et de normalisation de la puissance américaine.

Enfin, repli ou non, l’Europe perd sa centralité stratégique pour les États-Unis. Obama dénonçait déjà dans un entretien au journaliste Jeffrey Goldberg les alliés européens «passagers clandestins». Plutôt que de regretter sa non-intervention en Syrie, c’est l’intervention en Libye qu’Obama désigne comme son principal échec de politique étrangère, pointant du doigt la France et la Grande Bretagne responsables de ne pas avoir assuré la reconstruction post-conflit. L’une des principales annonces de politique étrangère fut le «pivot» vers l’Asie. Le réengagement américain en Europe fut tardif et réticent, provoqué par l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Mais ici aussi Obama a laissé Angela Merkel et François Hollande en première ligne pour négocier les accords de Minsk avec Vladimir Poutine. Les années 1990, caractérisées par l’attention portée à l’expansion de l’OTAN et les interventions américaines (tardives) dans les Balkans seront probablement une exception, reliquat de la guerre froide et d’un bref moment unipolaire triomphant.

Que peuvent les Européens face à cette puissance plus erratique, plus repliée, moins européenne? À court terme, rester unis et fermes sur leurs positions tout en essayant de maintenir le lien avec le président pour assurer le damage control: l’approche privilégiée par Emmanuel Macron est la seule réaliste. À cet égard, il est le pendant international du Congrès, de la justice américaine, voire de certains conseillers du président Trump qui ont, tant bien que mal, réussi à maîtriser certains des instincts présidentiels. Le Pentagone, dirigé par le général James Mattis, assure la continuité de la fermeté vis-à-vis de Moscou: les sanctions contre la Russie n’ont pas été levées par exemple, et l’administration a renforcé la présence militaire en Europe de l’Est dans le cadre de l’opération de réassurance de l’OTAN.

Les décrets exécutifs sur l’immigration ont été fortement retoqués par la justice, tandis que les principales dispositions d’Obamacare n’ont pu être annulées, faute de majorité au Sénat.

Mais à long terme, les Européens doivent se préparer à une Amérique distante voire hostile. L’Europe ne doit pas abandonner la promotion de son modèle de multilatéralisme et de coopération mais sa défense passe par la prise en compte du fait qu’il est l’exception, plutôt que la norme aujourd’hui. Cela implique un investissement considérable dans notre défense et sécurité: l’Europe est-elle prête à affronter seule une crise comparable aux Balkans dans sa périphérie demain? La crise syrienne, avec ses conséquences sur l’Union Européenne en matière de réfugiés et l’émergence de Daesh, devrait servir de réveil stratégique. Or, la posture européenne s’est essentiellement limitée à espérer un engagement américain. Au-delà de l’investissement dans le militaire, les Européens doivent prendre les mesures pour se préserver des conséquences des décisions américaines, en particulier des sanctions extraterritoriales. Aujourd’hui Trump exploite la faiblesse des Européens.

Peut-être cette séquence n’est elle qu’un cycle de plus dans le balancier permanent entre repli égoïste et aventurisme messianique qu’Henry Kissinger a souvent déploré dans l’histoire diplomatique américaine. Après les années de doute de la présidence Carter, post Watergate et Vietnam ont suivi l’optimisme triomphant des années Reagan. Mais l’Europe ne peut fonder sa stratégie sur cet espoir. De plus, même si le successeur de Trump renoue avec l’internationalisme, l’Europe n’en sera pas moins vue comme un partenaire secondaire, grevée par ses divisions et sa faiblesse militaire. L’incertitude durable autour de la posture américaine doit entraîner l’Europe à s’engager dans la voie de l’autonomie stratégique.

Voir également:

Croissance : la conjoncture sourit à Donald Trump
Les États-Unis enregistrent au second trimestre la plus forte croissance depuis 2014, à 4,1% en rythme annuel, selon une première estimation. De quoi renforcer le président dans sa certitude que sa politique de déréglementation et de baisses d’impôts est la bonne.
Pierre-Yves Dugua
Le Figaro
27/07/2018

De notre correspondant à Washington

L’économie américaine se porte aussi bien que prévu. Selon la première estimation du Département du commerce, la croissance au second trimestre atteint 4,1% en rythme annuel. On n’a pas vu de conjoncture aussi favorable aux États-Unis depuis 2014.

Donald Trump qualifie ces chiffres de «fascinants» et de «tout à fait tenables». Il y voit la preuve que sa politique de déréglementation et de baisses d’impôts porte ses fruits. D’autant que l’estimation de l’expansion de janvier à mars est révisée à la hausse de 2 à 2, 2% en rythme annuel.

«Le monde entier nous envie», selon Trump

«Depuis notre arrivée nous constatons la création de 400.000 emplois dans le secteur manufacturier… des milliards de dollars reviennent vers les États-Unis… des usines rouvrent… les demandes d’indemnisation chômage sont au plus bas depuis près de 50 ans… Le monde entier nous envie» proclame le président, convaincu que la presse américaine refuse d’admettre le succès de sa politique.

Voilà déjà plus d’un an qu’il tourne en dérision les experts qui affirment qu’il ne sera pas possible de dépasser durablement 3% de croissance. Leurs arguments sont toujours que l’Amérique approche de la fin d’un très long cycle d’expansion engagé depuis l’été 2009, que la croissance démographique est désormais modeste et surtout que les hausses de productivité ne sont pas suffisantes pour renouer avec des taux de croissance dignes des années Reagan.

Au cours du premier semestre l’expansion atteint néanmoins 3,1%. Si la montée des barrières douanières, les relèvements de taux directeurs par la Réserve fédérale et la hausse des coûts des matières premières ne font pas dérailler la conjoncture, le pari de Donald Trump peut être gagné, au moins en 2018.

Les élections législatives en ligne de mire

En fait, il ne faut à Donald Trump que cinq mois de conjoncture aussi porteuse. C’est l’horizon économique très court qui suffit à ce président politiquement incorrect pour aborder avec sérénité les élections législatives de novembre prochain. Avec un taux de chômage au plus bas depuis la fin du siècle dernier, des créations d’emplois encore très fortes en moyenne de 215.000 postes par mois depuis janvier et une inflation de l’ordre de 2%, il pense présenter à l’opinion un premier bilan positif. Surtout s’il arrive à passer sous silence que, contrairement à l’orthodoxie fiscale prônée jadis par le Parti républicain, le déficit budgétaire en forte hausse est en partie responsable de l’accélération actuelle de la croissance.

Signe de la confiance et du moral élevé des Américains, la consommation, qui représente plus des deux tiers du Produit intérieur brut (PIB) aux États-Unis, bondit au rythme de 4% au second trimestre, après une maigre progression de 0,5% de janvier à mars.

Paradoxalement, les fortes tensions commerciales entre Washington et ses partenaires ont stimulé la croissance au cours du printemps. Dans l’anticipation de droits de douane chinois sur les denrées agricoles, les producteurs américains de soja ont par exemple tout fait pour avancer leurs livraisons avant le mois de juillet, date d’entrée en vigueur des mesures de rétorsion décidées par Pékin. Près d’un quart de la croissance a été donc généré par le commerce extérieur.

Voir de même:

Économie américaine: et si Trump réussissait?

Fabrice Nodé-Langlois

Le Figaro

18/05/2018

DÉCRYPTAGE – Volontarisme fiscal, brutalité commerciale : les critiques pleuvent sur la méthode du président américain, mais les États-Unis affichent d’excellentes performances économiques.

Sur le climat, l’Iran, Israël, il s’est mis au ban de la communauté internationale. Ses tweets rageurs matinaux, son imprévisibilité, sa brutalité, laissent pantois. Ses démêlés avec le FBI et la justice interrogent sur sa capacité à mener son mandat jusqu’à son terme.

Et pourtant. La méthode de Donald Trump, exposée il y a trente ans déjà, dans son best-seller l’Art du deal, du temps où le futur président de la première puissance mondiale n’était qu’un loup new-yorkais de l’immobilier, semble faire mouche. Depuis qu’il est installé à la Maison-Blanche, Donald Trump l’a éprouvée à plusieurs reprises, notamment avec la Corée du Nord. Il profère les pires menaces, exerce une pression maximale sur l’adversaire ou le partenaire, puis se dit prêt à discuter.

Sur le front commercial, le président américain a marqué des points. Il a arraché des concessions au Brésil, son deuxième fournisseur d’acier ainsi qu’à la Corée du Sud. Évidemment, disposer du plus gros budget militaire de la planète (610 milliards de dollars, davantage que les sept pays suivants réunis) et diriger la première économie (un PIB de 19.000 milliards de dollars, une fois et demie celui de la Chine) offre quelques arguments. «Face à des “petits” pays, les États-Unis ont des leviers de négociations, commente Steven Friedman, économiste américain chez BNP Paribas AM. Mais avec des grands pays comme la Chine, il faudra sûrement de longues négociations pour trouver un compromis.»

De fait, Washington et Pékin ont repris leurs négociations vendredi. L’Administration Trump a fixé un ultimatum à mardi prochain, 22 mai: faute d’accord, les États-Unis imposeront des droits de douane sur des produits chinois importés représentant une valeur de 50 milliards de dollars. L’issue est encore très incertaine, mais Trump a réussi à amener les Chinois à la table pour discuter d’une réduction du déficit commercial américain.

L’Europe prévient l’OMC qu’elle est prête à riposter

Washington n’a pas non plus gagné son bras de fer contre l’Europe. L’Union européenne affiche au moins une unité de façade. Elle a même notifié, vendredi, à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) qu’elle est prête à prendre des contre-mesures tarifaires. Au sommet de Sofia, jeudi, les chefs d’État européens ont répété qu’ils voulaient d’abord une exemption définitive des surtaxes sur l’acier et l’aluminium avant de négocier une plus grande ouverture de leur marché.

«Au moins, Donald Trump a eu le mérite d’encourager le débat sur l’impact de la mondialisation sur l’économie, c’est sain», remarque Steven Friedman, pourtant critique du président. «Sa tactique de négociation est de taper fort et de se faire mousser auprès de son électorat, ajoute Florence Pisani, économiste chez Candriam et coauteur d’un livre sur l’économie américaine (*). C’est un jeu assez dangereux, car cela crée de l’incertitude et reporte les projets d’investissement.» Les bons indicateurs qui se succèdent semblent pourtant démentir cette vision pessimiste. À 3,9 %, le chômage est au plus bas depuis près de vingt ans, l’industrie crée des emplois, les ménages ont davantage confiance qu’au début du mandat. Résumé en langage Trump, cela donne ce tweet, publié jeudi: «Malgré la chasse aux sorcières dégoûtante, illégale et injustifiée, nous avons accompli les meilleurs 17 premiers mois d’une Administration dans l’histoire américaine».

Un leg solide

«Il n’y a pas eu de changement majeur de tendance depuis l’arrivée de Trump, nuance Christian Leuz, économiste allemand installé depuis quinze ans aux États-Unis, à l’University of Chicago Booth School of Business. Obama a laissé une économie en bonne santé, il est encore trop tôt pour attribuer les bons résultats à Trump.»

Ce leg solide est aussi largement imputable à dix ans de politique monétaire généreuse de la Fed, rappellent de nombreux économistes. Sa réforme fiscale, arrachée de haute lutte au Congrès, devrait tout de même avoir un impact positif sur l’économie. Elle a gonflé le profit des entreprises et permis à certaines comme Apple de rapatrier des milliards mis à l’abri à l’étranger. Florence Pisani pondère encore: une enquête récente de la réserve fédérale d’Atlanta indique que moins de 10 % des entreprises envisagent d’investir davantage malgré les réductions d’impôt.

Quant aux ménages, ils pourraient perdre en impôts locaux (ceux des États) ce qu’ils ont gagné sur les impôts fédéraux. Même si le programme des grands travaux reste encore dans le flou, les dépenses votées par le Congrès devraient cependant soutenir l’activité de 0,3 % de PIB supplémentaire, concède Florence Pisani.

Un surcroît de dépenses qui pourrait léguer au successeur de Trump «un déficit budgétaire de plus de 5 % du PIB et une dette alourdie», avertit Steven Friedman. Il faudra attendre la fin de l’année pour mieux mesurer l’impact des mesures de Trump. Surtout, il ne faut jamais oublier qu’aux États-Unis, en matière de politique intérieure, rien ou presque ne se décide sans le Congrès. «Il y a comme un pacte de Faust entre Trump et les parlementaires républicains, explique Christian Leuz. En échange d’avancées sur des sujets qui leur sont chers, ils sont obligés d’accepter le style Trump.» Jusqu’à ce que les divergences sur l’immigration et le libre-échange, ou les élections de novembre, ne fassent voler ce pacte en éclats.

(*) «L’Économie américaine», avec Anton Brender, éditions La Découverte.

Voir de plus:

Politiquement incorrectes, les réformes de Trump sont un succès pour l’économie américaine

FIGAROVOX/TRIBUNE – Un an après l’arrivée fracassante du nouvel occupant de la Maison-Blanche, l’économie américaine est au beau fixe. Nicolas Lecaussin décrypte les réussites de la politique fiscale de Trump.


Nicolas Lecaussin est directeur de l’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales, Paris).


Dans un éditorial publié en 2016, avant le changement à la Maison Blanche, l’économiste Paul Krugman, titulaire du prix Nobel, écrivait: «Si Trump est élu, l’économie américaine va s’écrouler et les marchés financiers ne vont jamais s’en remettre». Un an après sa prise de fonction, le président Trump est à la tête d’un pays en plein boom économique, et dont l’indice boursier a battu tous les records.

On m’objectera que Trump est provocateur, imprévisible, irascible. Qu’il ne peut pas s’empêcher de tweeter tout (et surtout n’importe quoi). Mais si l’on regarde les faits, et uniquement les faits, un constat s’impose: on ne peut pas trouver dans l’histoire récente des Etats-Unis un président ayant mené à bien autant de réformes en un laps de temps si court. Même Reagan a mis trois ans à réformer la fiscalité américaine! Trump, lui, l’a fait en quelques mois.

Alors certes, «The Donald» n’a pas réussi à démanteler complètement l’Obamacare, suite aux oppositions rencontrées dans son propre parti ; mais sa réforme fiscale inclut la fin du «mandat individuel», cette fameuse obligation de souscrire à une assurance santé. Plus exactement, l’amende pour le non-respect de cette obligation est supprimée par la réforme.

Cette mesure était nécessaire. En 2009, les conséquences de cette mesure coercitive, emblématique de la présidence d’Obama, ne s’étaient pas fait attendre. Il y avait eu d’énormes bugs informatiques qui ont découragé des millions de personnes de souscrire en ligne. Puis des millions d’Américains ont été contraints de résilier leur assurance privée, alors que nombre d’entre eux n’en ressentaient nullement l’envie. Depuis 2009, plus de 2 400 pages de réglementations se sont accumulées pour réguler le fonctionnement du système. Le président Obama avait promis de baisser les franchises de santé grâce à ce programme, mais ce fut tout le contraire: elles ont augmenté de 60 % en moyenne. Les primes d’assurance ont bondi dans l’ensemble de 25 % (et même jusqu’à 119 % dans l’état d’Arizona).

Les assureurs ne s’en sortaient plus à cause des réglementations très strictes qui leur ont été imposées. Obama avait aussi promis de baisser le prix de l’assurance santé d’environ 2 500 dollars par famille et par an ; en réalité, le prix a augmenté de 2 100 dollars! Trump met fin à cette dérive en ouvrant le système un peu plus à la concurrence et en donnant aux Américains la liberté de choisir.

Ce n’est pas tout. La réforme fiscale adoptée par le Congrès des États-Unis contient de nombreuses mesures audacieuses, que les Américains attendaient. Par exemple la baisse de la taxe sur les bénéfices des entreprises (de 35 % à 21 %), qui s’accompagne d’une déduction fiscale généreuse pour les entreprises dont les profits ne sont déclarés qu’au travers des revenus de leurs propriétaires. Plusieurs taxes ont par ailleurs été supprimées, comme la taxe minimum de 20 % sur les bénéfices effectifs.

Surtout, le président Trump a entamé une vaste opération visant à rapatrier entre 2 000 et 4 000 milliards de dollars de profits placés à l’étranger, en diminuant la taxe sur ces profits de 35 % à moins de 15 %.

Autre mesure symbolique: la suppression de la taxe sur les héritages au-dessous de 10 millions de dollars satisfait une large partie de l’électorat républicain.

Certains Etats dont la fiscalité est particulièrement élevée, comme la Californie, seront également obligés de se réformer pour faire face à la suppression de certaines déductions fiscales. Leurs habitants ne pourront plus en effet déduire l’impôt sur le revenu local de leurs impôts fédéraux.

Plusieurs mesures abolissent l’interdiction des forages de pétrole en Alaska. À l’heure actuelle, Trump a ouvert toutes les possibilités d’exploitation sur le continent américain, ce qui fera du pays l’un des principaux exportateurs de matières premières. Trump se positionne ainsi en ennemi du politiquement correct et reste méfiant à l’égard des gourous du réchauffement climatique. Il a été le seul à avoir le courage de se retirer de la COP 21, cette mascarade coûteuse qui consiste à organiser de gigantesques réunions de chefs d’État aux frais des contribuables. Il a supprimé la prime à la voiture électrique (pour une économie de 7 milliards de dollars) ainsi que les subventions aux parcs d’éoliennes.

Enfin, Trump s’est attaqué aux réglementations. Entre janvier et décembre 2017, il a supprimé la moitié (45 000) des pages que contient le Code des réglementations. Plus de 1 500 réglementations importantes ont été abolies, dont beaucoup dans le domaine de l’environnement. Les économies obtenues sont estimées à plus de 9 milliards de dollars. Faisant fi des protestations, il a libéré le secteur d’internet de plusieurs contraintes anachroniques.

Au plan international, Trump s’oppose à la Chine dont les pratiques commerciales douteuses ont fait l’objet d’enquêtes de la part de Washington. Mais cette position juste face aux Chinois ne devrait pas conduire la Maison Blanche à cautionner des mesures restrictives de la liberté du commerce et des échanges, qui risqueraient de peser sur la croissance américaine et même mondiale. On songe ici à la proposition faite par la Chambre des Représentants de faire payer aux multinationales une taxe de 20 % sur les achats faits à des filiales étrangères de leur groupe. Ou encore, celle du Sénat de réimposer les sociétés américaines au taux de 13 % sur les services facturés de l’étranger par les sociétés du groupe.

En tout état de cause, en ce début janvier 2018, l’économie américaine semble partir sur des bases solides. Le troisième trimestre de croissance s’est élevé à plus de 3 %, et le taux de chômage est au plus bas, à seulement 4.1 % (2.1 millions d’emplois créés en une année, du jamais vu depuis 1990), et même à 6.8 % pour la population noire, un taux qui n’a jamais été si faible depuis 1973.

Les effets des baisses d’impôt se font d’ores et déjà sentir: des entreprises comme AT&T, Comcast, Wells Fargo, Boeing, Nexus Services ont annoncé des primes et des hausses de salaires.

Le pire ennemi de Trump est certainement lui-même. Cet homme d’affaires n’est pas un politicien professionnel. Saura-t-il alors se contrôler, pour continuer à remettre l’Amérique sur les rails et mépriser l’idéologiquement correct, sans se laisser aller à des provocations futiles?

Voir encore:

Donald Trump has a big promise for the U.S. economy: 4% growth.

No chance, say 11 economists surveyed by CNNMoney. And a paper published Tuesday by the Federal Reserve Bank of San Francisco backs them up.
« No, pigs do not fly, » says Robert Brusca, senior economist at FAO Economics, a research firm. « Donald Trump is dreaming. »
The Republican presidential nominee made the promise in a speech in New York in September. « I believe it’s time to establish a national goal of reaching 4% economic growth, » he said.
Since the Great Recession, growth has averaged 2%. Brusca and the other economists surveyed say that 4% growth is impossible, or at least highly unlikely. The reasons: Unemployment is already really low, lots of Baby Boomers are retiring, and there are far fewer manufacturing jobs today than in past decades.

Trump’s team says it will get to 4% growth with tax cuts, better trade deals and more manufacturing jobs.

One reason for slower growth is lower productivity — for example, how many widgets an assembly line worker can produce in an hour.

Another problem is that the example of the assembly line worker is increasingly outdated: America has shed about 5.6 million manufacturing jobs since 2000, mostly because of innovation and partly because of trade, studies show.

Manufacturing jobs tend to have higher productivity — and wages — than jobs in other service industries like retail, education and health care, which have added lots of low-productivity jobs while manufacturing jobs have disappeared.

Interestingly, American manufacturers are producing more than ever before — in dollar terms. But as technology replaces jobs on the assembly line, more goods can be produced with fewer workers.

On top of that, the economy is already near what economists consider full employment, meaning the unemployment rate can’t go much lower.

The unemployment rate is 5% and was as low as 4.7% earlier this year. It can’t go much lower because there will always be people leaving jobs or searching for them.

If the job market is already near capacity, the economy can’t expand much more, economists say.

Unemployment did go really low in 2000 — as low as 3.8% — and the economy was growing above a 4% pace. But the San Francisco Fed attributes those good times to the late 1990s internet revolution.

There are solutions to boost growth, the Fed notes.

Many economists call for more spending on building new roads, bridges and highways, as do both Trump and Hillary Clinton.

After World War II, the creation of the Interstate Highway System was a major boost to productivity and growth. You could go much faster from point A to point B.

Other solutions are a little more dreamy.

Many experts say comprehensive immigration reform — a path to citizenship — would create more documented workers. Historically, documented workers tend to have higher productivity than undocumented workers because they generally have higher job skills and can take on jobs that produce more valuable goods. Productivity has nothing to do with work ethic.

Outside of immigration reform and infrastructure spending, the Federal Reserve says America needs a game-changing invention, such as the IT innovation in the 1990s. New technology from fast-growing countries like China and India may also help too.

« Another wave of the IT revolution from machine learning and robots could boost productivity growth, » says Federal Reserve senior research adviser John Fernald.

Voir aussi:

American prosperity of Trump era marks real turning point in history
Arthur Laffer
The Hill
07/28/18

Gross domestic product, or GDP, is the measure of choice when assessing the health of any economy, especially in the United States. GDP, which is measured at annual rates, includes the value of production of all goods and services produced in a country. In the one year since President Trump took office, the first quarter of 2017 through the first quarter of 2018, real GDP grew at a 2.55 percent annual rate. This is higher than the growth for six of the eight years former President Obama was in office, or even five of the eight years when former President George W. Bush was in office.

Moreover, the economic growth rate in the first year of Trump in office is higher than the average annual growth rate for the entire presidencies of both Obama at 2.05 percent and Bush at 1.71 percent. For the full 65 years from the first quarter of 1953 through the first quarter of 2018, annual real GDP growth in the United States averaged 2.95 percent, which is still substantially higher than the first year under Trump.

The growth rate for the second quarter of 2018 is 4.1 percent. This is a nice sign of American prosperity and is the strongest quarter of economic growth since the third quarter of 2014. Net exports contributed about 1 percent, while the change in private inventories subtracted 1 percent. Lots of changes like this happen on a quarter by quarter basis and should not be taken too seriously.

The Commerce Department releases its quarterly estimates, but it has also revised a lot of historical numbers, although usually by only very small amounts. Perhaps its biggest revision was for the first four quarters of the Trump presidency. What had been an estimated annual growth of 2.82 percent was revised down to 2.55 percent, even though the first quarter of 2018 itself was revised up from 2 percent to 2.2 percent. This example is only meant to show the fragility of these numbers.

While the GDP growth of any one quarter can be offset, revised or magnified in subsequent quarters, a pattern appears to be emerging under the stewardship of the Trump administration, which makes a lot of sense, at least to me. I believe that people individually, and the economy collectively, respond strongly to economic incentives.

Other economists do not concur on this point. Jason Furman, the top economist for Obama, disagrees with me on the effects that Trump policies have on real GDP growth. In fact, using the ploy of damning with faint praise, he said of the 2017 tax cuts in a recent debate, “I think policy can make a difference. The tax cuts will make a very, very small positive difference, probably about half of one-tenth of 1 percent.”

History tells us a very different story than the naysayers. Lowering taxes and decreasing regulation has had powerful effects on growth over long periods of time. Taxes have a very important impact on employment, jobs, output and growth. An economy quite simply cannot be taxed into prosperity. The tax cuts signed by Trump stand in stark contrast to the tax increases under Obama. Corporate and personal tax rates were way too high. The Republican bill reduced those tax rates a lot. It included 100 percent expensing of capital expenditures, territorial taxation, and the elimination of state and local tax deductions to promote growth.

Trump has also waged war on debilitating regulations, including eliminating the Affordable Care Act individual mandate, along with reducing other health care and energy regulations as well. Monetary policy is now refocusing on market forces rather than zero interest rates, which means that money will flow to where it is needed, not to where some university professors believe it should go.

When it comes to trade, there are problems and risks in the vision Trump is carrying out. Trade should be free and with minimum barriers placed on American exports to other countries and foreign exports to the United States. We should, as a world, move to zero tariffs everywhere. We should eliminate other barriers and trade subsidies. Obviously, such an ideal world is not plausible, but there is no reason we cannot try.

Foreigners produce some things better than we do, and we produce some things better than they do. Both Americans and foreigners alike would be foolish in the extreme if Americans did not sell foreigners those products Americans make better than foreigners in exchange for those products foreigners make better than Americans do. It is a winning strategy for everyone and makes for great prosperity around the world.

Finally, we have had a serious government spending problem in the United States for years. The economist Milton Friedman was famous for saying “government spending is taxation.” He is completely correct. If a country taxes people who work and pays people when they do not work, then it is unsurprising if a lot more people choose not to work.

The latest GDP figure is a great number that aids our recovery from the awful 16 years under Bush and Obama. It will also reduce deficits in the long term if such robust economic growth continues. But the challenge is far from over. We have a lot of work to do to fan the flames of prosperity and to hold at bay the prosperity killers. But one step forward is still one step forward, and it is a heck of a lot better than one step backward.

Arthur B. Laffer is chairman of Laffer Associates. He was an economic adviser to the 2016 presidential campaign of Donald Trump and served as an economic adviser to the White House during the Reagan administration.

Voir également:

The Return of 3% Growth
Tax reform and deregulation have lifted the economy out of the Obama doldrums.
The Wall Street Journal
July 28, 2018

So much for “secular stagnation.” You remember that notion, made fashionable by economist Larry Summers and picked up by the press corps to explain why the U.S. economy couldn’t rise above the 2.2% doldrums of the Obama years. Well, with Friday’s report of 4.1% growth in the second quarter, the U.S. economy has now averaged 3.1% growth for the last six months and 2.8% for the last 12.

The lesson is that policies matter and so does the tone set by political leaders. For eight years Barack Obama told Americans that inequality was a bigger problem than slow economic growth, that stagnant wages were the fault of the rich, and that government through regulation and politically directed credit could create prosperity. The result was slow growth, and secular stagnation was the intellectual attempt to explain that policy failure.

The policy mix changed with Donald Trump’s election and a Republican Congress to turn it into law. Deregulation and tax reform were the first-year priorities that have liberated risk-taking and investment, spurring a revival in business confidence and growth to give the long expansion a second wind.

The nearby chart shows GDP growth by quarter over the last four years. The numbers show that the long, weak expansion that began in mid-2009 had flagged to below 2% growth in the last half of 2015 and in 2016. Nonresidential fixed investment in particular had slumped to an average quarterly increase of merely 0.6% in those final two years of the Obama Presidency. An economic expansion that was already long in the tooth began to fade and could have slid into recession with a negative shock.

The Paul Ryan-Donald Trump growth agenda was targeted to revive that investment weakness. Deregulation signaled to business that arbitrary enforcement and compliance costs wouldn’t be imposed on ideological whim. Tax reform broke the bottleneck on capital mobility and investment from the highest corporate tax rate in the developed world. Above all, the political message from Washington after eight years is that faster growth is possible and investment to turn a profit is encouraged.

The chart and the second-quarter GDP report show that this policy mix is working. Growth popped to a higher plane of nearly 3% in the middle of 2017 as business and consumer confidence increased with the Trump Administration’s policies taking center stage. A growth dip in the last quarter of 2017 on tax-reform uncertainties carried over to the start of the first quarter, but growth has since accelerated.

The acceleration has been driven by business investment, which increased 6.3% in 2017 and has averaged 9.4% in the first half of 2018. This investment surge has come in productive areas like equipment and commercial construction. It has not come from padding inventories that have to be sold down, or in a housing mania like the one that drove growth in the mid-2000s. Both housing and inventories subtracted from growth in the second quarter.

It would be nice to think that all Americans would take satisfaction in this growth. But in the polarized politics of 2018, the same people who said this growth revival could never happen are now saying that it can’t last. It’s a “sugar high,” as Mr. Summers has put it, due to one-time boosts like government spending and consumption.

But there are reasons to think that a 3% growth pace can continue with the right policies. The investment boom will drive productivity gains and job creation that will flow to higher wages and lift consumer spending. Inventories will have to be replenished and new household formation is increasing again, which should help housing demand.

Most intriguing is that the government’s annual revisions to long-term GDP on Friday showed a sharp increase in the personal savings rate. The increase was due to an upward revision in wages and salaries and jumped to 6.7% from 3.4% for 2017 and averaged 7% in the first half of this year. That’s about $500 billion more in the pockets of Americans than previously estimated and helps to explain why consumer spending has remained strong. With tight labor markets, consumer spending should keep contributing to growth.

There are risks to this outlook, not least from Mr. Trump’s tariff policies. This is the President’s version of Mr. Obama’s regulatory assault, with arbitrary victims, uncertainty that limits business investment, and the risks of escalation. Mr. Trump crowed at the White House on Friday that his trade policies are helping the economy, but the second-quarter lift from net exports isn’t likely to last amid foreign retaliation for his steel and aluminum tariffs.

The way to help the economy is for Mr. Trump to build on this week’s trade truce with the European Union, withdraw the tariffs on both sides, and work toward a “zero tariff” deal. Meantime, wrap up the Nafta revision with Mexico and Canada within weeks so Congress can approve it this year. Mr. Trump could claim he had honored another campaign promise while removing a pall on investment.

The other major risk is the Federal Reserve’s attempt to unwind the extraordinary monetary policies of the last decade. If near-zero rates and trillions in bond-buying lifted asset prices artificially, as some of our friends think, then reversing those policies could cause those prices to fall with uncertain results.
All of which is another reason to thank tax reform and deregulation for unleashing animal spirits and giving the expansion renewed life. It’s worth recalling that not a single Democrat in Congress voted for tax reform and nearly all of them opposed every vote to repeal the Obama Administration’s onerous rules. Had they prevailed, we’d still be experiencing secular stagnation instead of arguing if 4.1% growth is too much of a good thing.

Voir par ailleurs:

Putin Is Weak. Europe Doesn’t Have to Be
Moscow is a sideshow. The real dangers come from within the Continent.
Walter Russell Mead
WSJ
July 23, 2018

We hear too much about Vladimir Putin these days and not nearly enough about the actual forces reshaping the world. Yes, the Russian president has proved a brilliant tactician. And, President Trump’s fantasies aside, he is a ruthless enemy of American power and European coherence. Yet Russia remains a byword for backwardness and corruption. Its gross domestic product is less than 10% that of the U.S. or the European Union. With a declining population and a fundamentally adverse geopolitical situation, the Russian Federation remains a shadow of its Soviet predecessor. Add up the consequences of Mr. Putin’s troops, nukes, disinformation campaigns, financial aid to populist parties—and throw in the power of his authoritarian example. Russia still does not have the ability to roll back the post-1990 democratic revolution, overpower the North Atlantic Treaty Organization, or dissolve the EU.

The West is in crisis because of European weakness, not Russian strength. Some of the Continent’s difficulties are well known. France foolishly imagined the euro would contain the rise of a newly united Germany after the Cold War. In fact it has propelled Germany’s unprecedented economic rise while driving a wedge between Europe’s indebted South and creditor North. The Continent’s so-called migration policy is a humanitarian and a political disaster. Berlin’s feckless approach to security has left Europe’s most important power a geopolitical midget, lecturing sanctimoniously while others shape the world. Meanwhile the EU’s Byzantine government machinery grinds at an ever slower pace, creating openings for Mr. Putin and Turkish President Recep Tayyip Erdogan. Europe’s weakness invites authoritarian assertion in the borderlands.

Another failure of equal consequence still is not widely understood: the failure to integrate the countries of Central and Eastern Europe into Western prosperity and institutional life. The world’s 10 fastest-shrinking countries are all in Eastern Europe: Bulgaria, Croatia, Hungary, Latvia, Lithuania, Moldova, Poland, Romania, Serbia and Ukraine. All expect to see their populations shrink at least 15% by 2050. For the enterprising and mobile, there is good news; between three million and five million Romanians live and work in other EU countries, enjoying opportunities they could not find at home. But for those who cannot or do not wish to move on, life can be hard. Almost 30 full years after the fall of communism, more than one-fourth of Romanians live on less than $5.50 a day. Across Romania, less than half of households have an internet connection, and only 52% have a computer. Romania and Bulgaria—where living standards are lower than in Turkey—are exceptionally poor. Conditions are better elsewhere, but the gap between prosperous European countries like Germany and postcommunist states like Poland remains immense. Poles on average earn only a third as much as Germans. The rural, eastern parts of Poland are poorer still. Conditions in ex-Soviet countries like Armenia, Belarus, Georgia and Ukraine are even worse. Corruption is rampant, with weak institutions unable to stop it.

The hubris that led so many in the West to believe that Europe had entered a posthistorical paradise is fading. A clearer if darker picture has emerged. Swaths of Central and Eastern Europe will not smoothly and painlessly assimilate into the West. If voters in these countries lose faith that Western ideas and institutions can improve their lives, the political gap between East and West will widen. When the EU is more preoccupied with internal divisions, it is less able to respond effectively to Russian moves.

Europe’s weakness has provided Mr. Putin with opportunities to promote Russian power by supporting populist parties across the EU and deepening his relationship with leaders like Hungary’s Viktor Orbán. Yet even in the age of Trump, Moscow is too weak, too poor, too regressive and too remote to shape European politics. The days when Russian rulers like Catherine the Great and Alexander I could direct events across the Continent are gone for good. The collapse of the Soviet Union and the unification of Germany mean the most important relationship in the trans-Atlantic world is between Washington and Berlin.

President Trump is right that much of the trans-Atlantic relationship needs to be rethought. He is right that Germany asks too much and offers too little for the current relationship to be sustainable. He is right that the European Union has worked itself into a political crisis, and that the Continent’s errors and illusions strengthen Mr. Putin’s hand. But if the president thinks Mr. Putin’s Russia can serve as the linchpin of a new American security strategy, he is overestimating Russia’s capacity, misreading Mr. Putin’s goals, and underestimating the importance of the trans-Atlantic alliance. Moscow is a sideshow. To protect American prosperity and security, Mr. Trump most needs to strike a deal with Berlin.

Voir également:

Televison: From Burkina Faso with rockets to Upper Volta without
Steve Crashaw
The Independent
15 November 1998

The Soviet Union was famously described as « Upper Volta with rockets », a catchphrase that was updated by the geographically precise to become « Burkina Faso with rockets ». It was a powerfully succinct description. The United States was rich and space-age powerful; the Soviet Union was poor and space-age powerful. The contradictions and paradoxes that stemmed from that could never fully be resolved – least of all by the citizens of the Soviet Union themselves.

During the 1930s, Stalin turned Russia into an industrially powerful nation, and made his Soviet compatriots feel proud of what they had achieved. The defeat of Hitler’s might, at the cost of millions of lives, was also seen as proof of Soviet greatness.

The idea that Soviet was best took deep root. It convinced some Western visitors, and millions of Russians. Even now, many Russians find it hard to believe that there was anything wrong with the model itself. In last night’s episode of the Cold War series, interviewees visibly hankered after a time when Khrushchev was in his Kremlin, and all was right with the Soviet world.

« Sputnik », the title of last night’s episode, is the Russian word for a fellow-traveller: the spaceship was seen as a travelling companion for the planet earth. Here it was that we found true Soviet heroes, including Yuri Gagarin, the first man in space. As a Moscow baker declared – still misty-eyed, after all these years: « Gagarin, he was everybody’s love. He and his smile. I still keep his photograph. »

Television news may sometimes seem deeply superficial – never mind the reality, listen to that fabulous soundbite. But television history, with the participation of those who were in the front row of the stalls or even centre-stage at the events described, can, at its best, be more enlightening than anything that you could have read in the newspapers at the time. Series like the Cold War put things neatly into perspective, with descriptions of historic events coming directly from witnesses and participants – last night included a Soviet rocket designer, an aide to Khrushchev, and Gagarin’s running-mate. The heroism and the lies are equally visible.

The Cold War series gives a small example of why it must sometimes be quite fun to be a media billionaire. You flick your fingers, and unbelievable projects just happen. A few years ago, Ted Turner, creator of CNN, mused that he would like to do a definitive history of the Cold War. And thus it came to pass, without all the doggedly begging memos to potential backers which are usually par for the course. Turner was put in touch with Jeremy Isaacs, who had produced the landmark World at War series. Isaacs, in turn, gathered a team of experienced producers and writers, including highly respected figures like the journalist Neal Ascherson and (for last night’s programme on the space race) defence specialist Lawrence Freedman. Unsurprisingly, the result is much more than just televisual flam.

Last night’s programme included some dramatic eyewitness accounts of events – like a Soviet space disaster, where one woman remembered how « people fell like burning torches from the top of the rocket ». Her words were accompanied by dramatic pictures from the heart of the conflagration – pictures that you can be sure never appeared on the Soviet Nine O’Clock News. At that time, Soviet disasters were strictly not for public consumption.

At the same time, Sputnik exposed the absurdity that accompanied the whole notion of the space race. Shamed by the early Soviet lead, America had to prove that anything Russia could do, America could do better; Russia responded in kind. America became so fixated with the idea of the « missile gap » – that is, let’s spend more billions of dollars on defence – that they found one even when it did not exist. Almost forty years on, President Kennedy’s defence secretary, Robert McNamara, cheerfully acknowledged: « A major charge was that there was a missile gap. It took us about three weeks to determine: yes, there is a gap – but the gap is in our favour. » Was that what Time or Newsweek were writing at the time? Unlikely.

While Cold War stripped some of the humbug from old-fashioned propaganda, Tim Whewell’s Correspondent special, « Two Weddings and the Rouble », was a bleak illustration of life in Russia today, seven years after the final collapse of the superpower and the propaganda machine. The Cold War has vanished; and with it, the heart of Russia’s pride. Whewell’s film focused on two newly-marrieds. On the one hand, there was Yuri, the self-confident young entrepreneur who was about to take his new wife Yulia on a honeymoon to Thailand (they had already been to Cyprus; but there were too many Russians, so they wanted something more exotic). On the other, there was Katya, the 18-year-old accounts clerk who trudged round looking for jobs that might, if she was lucky, pay her one or two dollars a day.

Hauntingly photographed by Ian Perry (lots of wistfully Russian townscapes at dawn), « Two Weddings », a depiction of life in the provincial town of Yaroslavl, painted a simple portrait of Russia’s sadness. We saw the queues of blood donors, who come back day after day in the hope that they can thus earn a few more kopecks. We met the father who boasted of a good day in the potato fields by telling us of what he had managed to steal: « Today I took three buckets out. » And, above all, we are confronted with the despair. Vodka was described as the only way of blotting everything else out, if only for a short while. As one character said: « A swamp doesn’t go anywhere. It silts up – that’s what’s happening to our state. »

The film resolutely avoided politics, though the story of the collapsing rouble – six to the dollar one day, 20 to the dollar a few days later – always lurked in the background. But the underlying theme was best expressed by the father who angrily complained that « this once-great country has been robbed and humiliated ». Humiliated: certainly. Russia these days is now Upper Volta without the rockets (all its best scientists have gone abroad; those who remain are usually unpaid). But robbed? Who did the robbing, and why? The comment reflected the still-deep Russian fatalism which enables millions to believe that somebody else is always responsible, and that Russians can change nothing themselves. It is not true – but many Russians believe it to be true, which comes to almost the same thing.

As Whewell noted, this is a country which has worshipped « one false prophet too many ». Gagarin and the sputnik era are still glowingly remembered as the time when the Soviet Union truly seemed great. As for the future: it sometimes seems difficult to find a Russian who has room for any optimism at all. Katya’s parents, it seems fair to guess, will never believe in anything again. As for Katya herself – maybe. If not, Russia is truly lost.

Voir de plus:

The Chinese are wary of Donald Trump’s creative destruction

Mark Leonard

The Financial Times

July 24, 2018

Donald Trump is leading a double life. In the west, most foreign policy experts see him as reckless, unpredictable and self-defeating. But though many in Asia dislike him as much as the Europeans do, they see him as a more substantial figure. I have just spent a week in Beijing talking to officials and intellectuals, many of whom are awed by his skill as a strategist and tactician.

One of the people I met was the former vice-foreign minister He Yafei. He shot to global prominence in 2009 when he delivered a finger-wagging lecture to President Barack Obama at the Copenhagen climate conference before blowing up hopes of a deal. He is somewhat less belligerent where Mr Trump is concerned. He worries that strategic competition has become the new normal and says that “trade wars are just the tip of the iceberg”.

Few Chinese think that Mr Trump’s primary concern is to rebalance the bilateral trade deficit. If it were, they say, he would have aligned with the EU, Japan and Canada against China rather than scooping up America’s allies in his tariff dragnet. They think the US president’s goal is nothing less than remaking the global order.

They think Mr Trump feels he is presiding over the relative decline of his great nation. It is not that the current order does not benefit the US. The problem is that it benefits others more in relative terms. To make things worse the US is investing billions of dollars and a fair amount of blood in supporting the very alliances and international institutions that are constraining America and facilitating China’s rise.

In Chinese eyes, Mr Trump’s response is a form of “creative destruction”. He is systematically destroying the existing institutions — from the World Trade Organization and the North American Free Trade Agreement to Nato and the Iran nuclear deal — as a first step towards renegotiating the world order on terms more favourable to Washington.

Once the order is destroyed, the Chinese elite believes, Mr Trump will move to stage two: renegotiating America’s relationship with other powers. Because the US is still the most powerful country in the world, it will be able to negotiate with other countries from a position of strength if it deals with them one at a time rather than through multilateral institutions that empower the weak at the expense of the strong.

My interlocutors say that Mr Trump is the US first president for more than 40 years to bash China on three fronts simultaneously: trade, military and ideology. They describe him as a master tactician, focusing on one issue at a time, and extracting as many concessions as he can. They speak of the skilful way Mr Trump has treated President Xi Jinping. “Look at how he handled North Korea,” one says. “He got Xi Jinping to agree to UN sanctions [half a dozen] times, creating an economic stranglehold on the country. China almost turned North Korea into a sworn enemy of the country.” But they also see him as a strategist, willing to declare a truce in each area when there are no more concessions to be had, and then start again with a new front.

For the Chinese, even Mr Trump’s sycophantic press conference with Vladimir Putin, the Russian president, in Helsinki had a strategic purpose. They see it as Henry Kissinger in reverse. In 1972, the US nudged China off the Soviet axis in order to put pressure on its real rival, the Soviet Union. Today Mr Trump is reaching out to Russia in order to isolate China.

In the short term, China is talking tough in response to Mr Trump’s trade assault. At the same time they are trying to develop a multiplayer front against him by reaching out to the EU, Japan and South Korea. But many Chinese experts are quietly calling for a rethink of the longer-term strategy. They want to prepare the ground for a new grand bargain with the US based on Chinese retrenchment. Many feel that Mr Xi has over-reached and worry that it was a mistake simultaneously to antagonise the US economically and militarily in the South China Sea.

Instead, they advocate economic concessions and a pullback from the aggressive tactics that have characterised China’s recent foreign policy. They call for a Chinese variant of “splendid isolationism”, relying on growing the domestic market rather than disrupting other countries’ economies by exporting industrial surpluses.

So which is the real Mr Trump? The reckless reactionary destroying critical alliances, or the “stable genius” who is pressuring China? The answer seems to depend on where you ask the question. Things look different from Beijing than from Brussels.

The writer is director of the European Council on Foreign Relations

Voir encore:

China Is Losing the Trade War With Trump
It’s like a drinking contest: You harm yourself and hope your opponent isn’t able to withstand as much.
Donald L. Luskin
WSJ
July 27, 2018

One thing came through loud and clear in President Trump’s press conference Wednesday with European Commission President Jean-Claude Juncker. When they announced an alliance against third parties’ “unfair trading practices,” they didn’t even have to mention China by name for listeners to know who their target was. Cooperation between the U.S. and EU will squeeze China’s protectionist model, and even before this agreement, there’s been evidence that China is already running up the white flag.

Yes, China is acting tough in one sense, quickly imposing tariffs in retaliation for those enacted by the Trump administration. But while U.S. stocks approach all-time highs and the dollar grows stronger, Chinese stocks are in a bear market, down 25% since January. The yuan had its worst single month ever in June, and is well on its way to a repeat this month. Chinese corporate bonds have defaulted at a record rate in the past six months, yet this week China unveiled a new stimulus program designed to encourage even more corporate borrowing.

That’s probably why Yi Gang, a governor of the People’s Bank of China, took the extraordinary step of channeling Herbert Hoover, saying in a statement this month that “the fundamentals of China’s economy are sound.” And it’s why Sun Guofeng, head of the PBOC’s financial research institute, said, China “will not make the yuan’s exchange rate a tool to cope with trade conflicts.”

Weakening one’s currency is a standard weapon in trade wars, and one that China has often been accused of using—including in a tweet by Mr. Trump last week. Devaluation would be even more dangerous in this case because of China’s power to dump the $1.4 trillion in U.S. Treasury securities it holds. But by denying its intention to plunge the yuan, China has disarmed itself voluntarily. This was no act of noble pacifism; it had to be done. Devaluing the currency would risk scaring investors away, an existential threat to an emerging economy. For China, whose state-capitalism model has so far never produced a recession, such capital flight might expose previously hidden economic weaknesses.

These weaknesses accumulate without the market discipline that occasional recessions impose. The fragility of China’s economy can be seen in its growth rate, which is slowing despite rising financial leverage, and in its overinvestment in commodities and real estate. The escalating trade war with the U.S. could tip China into the unknown territory of recession—and then capital flight could push it into a financial crash and depression. That would create mass joblessness in an economy that has never recorded unemployment higher than 4.3%. With that scenario in mind, the Chinese government must be wondering whether it has enough riot police.
The risk of capital flight is real. The last time China let the yuan weaken—a slide that began in early 2014 and was punctuated in mid-2015 by the abandonment of the dollar peg in favor of a basket of currencies—the Chinese ended up losing almost $1 trillion in foreign reserves, which they have yet to recover. Now the sharp weakening of the yuan shows some degree of capital flight again is under way.
No wonder that, despite tough talk from some quarters, the PBOC disarmed itself voluntarily to avoid further capital flight. The bank also is already offering to reimburse local firms for tariffs on imported U.S. goods. What’s more, China has put out a yard sign for international investors by announcing unilateral easing of foreign-ownership restrictions in some industries.
China is beginning to realize that trade war isn’t really war. It’s more like a drinking contest at a fraternity: the game is less inflicting harm on your opponent than inflicting it on yourself, turn by turn. In trade wars, nations impose burdensome import tariffs on themselves in the hope that they’ll be able to stomach the pain longer than their competitor.
Why play such a game? Because a carefully chosen act of self-harm can be an investment toward a worthy goal. For example, President Reagan’s arms race against the Soviet Union in the 1980s was in some sense a costly self-imposed tax. But it turned out the U.S. could bear the burden better than the Soviets could—Uncle Sam eventually out-drank the Russian bear and won the Cold War.
The U.S. will win the trade war with China in the same way. The PBOC’s statements show that the Chinese understand they are too vulnerable to take very many more drinks. The only question is what they will be willing to offer Mr. Trump to get him to take yes for an answer. No wonder Beijing has ordered its state-influenced media to stop demonizing Mr. Trump—officials are desperate to minimize the pain when President Xi Jinping has to cut the inevitable deal.
The drinking-contest metaphor takes us only so far. The wonderful thing about reciprocal trade is that it is a positive-sum game in which all contestants are made better off. If the conflict forces China to accept more foreign investors and goods, comply with World Trade Organization rules, and respect foreign intellectual property, it may feel it has lost but will in fact be better off. With this openness, both economic and political, China could spur a decadeslong second wave of growth that would bring hundreds of millions still living in rural poverty into glittering new cities.
It took Nixon to go to China and show it the way to the 20th century. Now, through the unlikely method of trade war, Donald Trump is ushering China into the 21st century.
 
Mr. Luskin is chief investment officer at Trend Macrolytics LLC.

Voir enfin:

Pourquoi citent-ils tous Gramsci?

Le nom de Gramsci revient sans cesse depuis plusieurs mois, dans les médias, sur les réseaux sociaux, il est cité en permanence. Qui est-il et quelle est sa pensée?

Gaël Brustier
Slate
24 janvier 2017

Le 9 novembre 2016, au lendemain de l’élection de Donald Trump, sur les réseaux sociaux circulait cette phrase d’Antonio Gramsci:

«Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres».

Lundi 23 janvier, au lendemain du premier tour de la primaire de gauche, Benoît Hamon citait le philosophe à son tour :

«Je pense à cette définition de la crise d’Antonio Gramsci qui dit que la crise c’est quand le vieux est mort et que le neuf ne peut pas naître et nous sommes dans un moment comme celui-là, et il a rajouté que de ce clair-obscur peut naître un monstre.»

Il est devenu fréquent d’entendre des hommes politiques ou des commentateurs invoquer Gramsci, souvent pour dire que les victoires des idées précèdent les victoires politiques ou électorales. Mais cet intellectuel italien est un penseur trop important pour en rester là et ne pas le découvrir un peu davantage. S’il est autant cité en ce début de XXIe c’est qu’il a forgé des outils intellectuels essentiels aujourd’hui…

L’unité obsessionnelle

Homme politique, journaliste et penseur italien né en 1891, Gramsci est d’abord sarde, c’est-à-dire d’une île de Méditerranée périphérique par rapport au reste du Royaume d’Italie tout juste unifié. Issu d’un milieu pauvre, élève particulièrement brillant, enfant très tôt atteint de tuberculose osseuse qui le maintient à une taille de 1m50, il sera préoccupé par la question de cette unité du pays.

Son parcours le mène à Turin dans le Piémont, au Nord, où il fera ses études. C’est là qu’il s’établit et vit, en tant que journaliste et intellectuel, parmi les ouvriers de la capitale du Piémont. Il participe notamment à l’aventure du Biennio Rosso, «deux années rouges», faites de mobilisations paysannes et de manifestations ouvrières qui descendent jusqu’aux zones rurales du Pô.

Du Piémont, Gramsci est bien placé pour analyser ces fractures du pays. Le Nord industriel et le Sud paysan ne sont un que formellement par la couronne royale, et maintenus d’un bloc seulement par un système politique à la fois libéral et autoritaire qui parvient, notamment, à susciter le consentement des masses paysannes du Sud, au sein d’un «bloc méridional».

Sa vie intellectuelle le mène alors d’abord vers le socialisme car pour Gramsci, c’est l’avènement d’une société socialiste qui peut permettre d’achever l’unité italienne, et accomplira un saut civilisationnel de l’ampleur de la Renaissance.

Ouvrir le front culturel

En 1917, contre les thèses de Marx, c’est en Russie, à Saint Pétersbourg, qu’éclate la Révolution. Enjeu intellectuel et enjeu politique, il va s’efforcer de comprendre pourquoi la Révolution a eu lieu en Russie et non en Allemagne, en France ou dans le Nord de l’Italie. Autour de la Révolution de 1917, s’ordonnent aussi une série de questionnements fondamentaux pour comprendre la pensée de Gramsci: hégémonie, crises, guerres de mouvements ou de positions, blocs historiques…

Il distingue deux types de sociétés. Pour faire simple, celles où il suffit, comme en Russie, de prendre le central téléphonique et le palais présidentiel pour prendre le pouvoir. La bataille pour «l’hégémonie» vient après, ce sont les sociétés «orientales» qui fonctionnent ainsi… Et celles, plus complexes, où le pouvoir est protégé par des tranchées et des casemates, qui représentent des institutions culturelles ou des lieux de productions intellectuelles, de sens, qui favorisent le consentement. Dans ce cas, avant d’atteindre le central téléphonique, il faut prendre ces lieux de pouvoir. C’est ce que l’on appelle le front culturel, c’est le cas des sociétés occidentales comme la société française, italienne ou allemande d’alors.

Au contraire de François Hollande et de François Lenglet, Antonio Gramsci ne croit pas à l’économicisme, c’est-à-dire à la réduction de l’histoire à l’économique. Il perçoit la force des représentations individuelles et collectives, la force de l’idéologie… Ce refus de l’économicisme mène à ouvrir le «front culturel», c’est-à-dire à développer une bataille qui porter sur la représentation du monde tel qu’on le souhaite, sur la vision du monde…

Le front culturel consiste à écrire des articles au sein d’un journal, voire à créer un journal, à produire des biens culturels (pièces de théâtre, chansons, films etc…) qui contribuent à convaincre les gens qu’il y a d’autres évidences que celles produites jusque-là par la société capitaliste.

L’hégémonie, c’est l’addition de la capacité à convaincre et à contraindre

La classe ouvrière doit produire, selon Gramsci, ses propres références. Ses intellectuels, doivent être des «intellectuels organiques», doivent faire de la classe ouvrière la «classe politique» chargée d’accomplir la vraie révolution: c’est-à-dire une réforme éthique et morale complète. L’hégémonie, c’est l’addition de la capacité à convaincre et à contraindre.

Convaincre c’est faire entrer des idées dans le sens commun, qui est l’ensemble des évidences que l’on ne questionne pas.

La crise (organique), c’est le moment où le système économique et les évidences qui peuplent l’univers mental de chacun «divorcent». Et l’on voit deux choses: le consentement à accepter les effets matériels du système économique s’affaiblit (on voit alors des grèves, des mouvements d’occupation des places comme Occupy Wall Street, Indignados, etc); et la coercition augmente: on assiste alots à la répression de grèves, aux arrestations de syndicalistes etc…

Au contraire, un «bloc historique» voit le jour lorsqu’un mode de production et un système idéologique s’imbriquent parfaitement, se recoupent: le bloc historique néolibéral des années 1980 à la fin des années 2000 par exemple. Car le néolibéralisme n’est pas qu’une affaire économique, il est aussi une affaire éthique et morale.

Le communisme

C’est en France, à Lyon, en janvier 1926, qu’Antonio Gramsci prend la tête du Parti communiste italien, issu d’une scission de l’aile gauche du Parti socialiste italien au congrès de Livourne, cinq ans plus tôt. Faisant le choix des communistes contre les socialistes «maintenus», il est donc chargé de forger le noyau dirigeant du parti qui deviendra après 1945 le plus puissant et le plus brillant d’Occident. Son portrait orne encore les permanences du parti centriste, très lointain héritier (!) du PCI.

En 1922, son ancien collègue à Avanti!, un journal socialiste, Benito Mussolini (1883-1945), socialiste renégat qui a fondé le mouvement fasciste, a pris le pouvoir. Il fait voter en 1926 des lois qui lui donnent de larges pouvoirs. Gramsci, pourtant député de Venise, est arrêté en novembre de cette même année.

En 1927, Mussolini le fait emprisonner pour vingt ans, «pour empêcher son cerveau de fonctionner», dixit le procureur fasciste de l’époque. Il ne tiendra que 10 ans, avant de mourir des conséquences d’une tuberculose osseuse mal soignée, dans les geôles, puis les cliniques du régime. Mais il aura auparavant réussi à écrire une œuvre politique majeure: les Cahiers de prison.

Car dans sa cellule, il obtient progressivement le droit de disposer de quatre livres en même temps, et de quoi écrire. Naît alors progressivement une somme dans laquelle il utilise des «codes» pour tromper la censure..

A travers ces écrits, il devient le grand penseur des crises, casquette qui lui donne tant de pertinence aujourd’hui, et surtout depuis 2007 et 2008 que la crise financière propage ses effets. Dans ces Cahiers, il apporte à l’œuvre de Marx l’une des révisions ou l’un des compléments les plus riches de l’histoire du marxisme. Pour beaucoup de socialistes, il faut attendre que les lois de Marx sur les contradictions du capitalisme se concrétisent pour que la Révolution advienne. La Révolution d’Octobre, selon Gramsci, invalide cette thèse. Elle se fait «contre le Capital», du nom du grand livre de Karl Marx.

Au-delà de la gauche

Antonio Gramsci fascine au-delà de la gauche… Ainsi en France, en Italie ou en Autriche, des courants d’extrême droite se sont réclamés d’une version tronquée et biaisée du gramscisme. Ce «gramscisme de droite» faisait l’impasse sur l’aspect «économique» du gramscisme et le caractère émancipateur pour n’en retenir que la méthode le «combat culturel».

A gauche, en France, il a souvent été caricaturé ou dédaigné. On parle souvent de «combat culturel contre le FN» alors que le changement éthique et moral concerne, si l’on suit Gramsci, tous les aspects de la vie sociale et englobe donc, logiquement, le combat contre l’extrême droite, qui ne peut pas être «détaché».

On retrouve Gramsci dans les combats du Tiers Monde, on le retrouve dans les travaux d’Edward Said ou de Joseph Massad, dans les Subaltern Studies en Inde notamment…

En France, le philosophe André Tosel se réclame de Gramsci, auteur cette année d’un Étudier Gramsci paru aux Editions Kimé, ouvrage majeur pour comprendre l’auteur des Cahiers de Prison. Les économiste et sociologue Cédric Durand et Razmig Keucheyan, appliquent les outils de Gramsci notamment à l’analyse et la critique du processus d’intégration européenne. Il font le lien avec les thèses de Nicos Poulantzas qui prolongea, comme Stuart Hall, ainsi qu’Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, les thèses et travaux de Gramsci. Appartenant au courant post-marxiste, Chantal Mouffe, qui intervient de plus en plus en France, est l’inspiratrice de PODEMOS, le nouveau parti de la gauche radicale espagnole. Deux de ses fondateurs et principaux animateurs –Pablos Iglesias et Inigo Errejon– se réclament de l’héritage de Gramsci.

Le penseur italien fait partie du patrimoine intellectuel de l’Europe. Il a forgé des outils qui sont utiles aujourd’hui pour analyser le monde, comprendre comment les gens le voient et participent à la vie sociale, comment individus et médias interagissent, comment les représentations et les identités se forment continuellement et magmatiquement. Il a donné naissance à des écoles de pensée foisonnantes et utiles pour qui veut agir sur le monde.

Voir par ailleurs:

The Trump Rationale

 

 

 

His voters knew what they were getting, and most support him still.Why exactly did nearly half the country vote for Donald Trump?

Why also did the arguments of Never Trump Republicans and conservatives have marginal effect on voters? Despite vehement denunciations of the Trump candidacy from many pundits on the right and in the media, Trump nonetheless got about the same percentage of Republican voters (88–90 percent) as did McCain in 2008 and Romney in 2012, who both were handily defeated in the Electoral College.

Here are some of reasons voters knew what they were getting with Trump and yet nevertheless assumed he was preferable to a Clinton presidency.

1) Was Trump disqualified by his occasional but demonstrable character flaws and often rank vulgarity? To believe that plaint, voters would have needed a standard by which both past media of coverage of the White House and the prior behavior of presidents offered some useful benchmarks. Unfortunately, the sorts of disturbing things we know about Trump we often did not know in the past about other presidents. By any fair measure, the sexual gymnastics in the White House and West Wing of JFK and Bill Clinton, both successful presidents, were likely well beyond President Trump’s randy habits. Harry Truman’s prior Tom Pendergast machine connections make Trump steaks and Trump university seem minor. By any classical definition, Lyndon Johnson could have been characterized as both a crook and a pervert. In sum, the public is still not convinced that Trump’s crudities are necessarily different from what they imagine of some past presidents. But it does seem convinced, in our age of a 24/7 globalized Internet, that 90 percent negative media coverage of the Trump tenure is quite novel.

2) Personal morality and public governance are related, but we are not always quite sure how. Jimmy Carter was both a more moral person and a worse president than Bill Clinton. Jerry Ford was a more ethical leader than Donald Trump — and had a far worse first 16 months. FDR was a superb wartime leader — and carried on an affair in the White House, tried to pack and hijack the Supreme Court, sent U.S. citizens into internment camps, and abused his presidential powers in ways that might get a president impeached today. In the 1944 election, the Republican nominee Tom Dewey was the more ethical — and stuffy — man. In matters of spiritual leadership and moral role models, we wish that profane, philandering (including an affair with his step-niece), and unsteady General George S. Patton had just conducted himself in private and public as did the upright General Omar Bradley. But then we would have wished even more that Bradley had just half the strategic and tactical skill of Patton. If he had, thousands of lives might have been spared in the advance to the Rhine.

Trump is currently not carrying on an affair with his limousine driver, as Ike probably was with Kay Summersby while commanding all Allied forces in Europe following D-Day. Rarely are both qualities, brilliance and personal morality, found in a leader — even among our greatest, such as the alcoholic Grant or the foul-mouthed and occasionally crude Truman. Richard Feynman in some ways may have been the most important — or at least the most interesting — physicist of our age, but his tawdry and sometimes callous private life would have made Feynman Target No. 1 of the MeToo movement.

3) Trump did not run in a vacuum. A presidential vote is not a one-person race for sainthood but, like it or not, often a choice between a bad and worse option. Hillary Clinton would have likely ensured a 16-year progressive regnum. As far as counterfactual “what ifs” go, by 2024, at the end of Clinton’s second term, a conservative might not have recognized the federal judiciary, given the nature of lifetime appointees. The lives of millions of Americans would have been radically changed in an Obama-Clinton economy that probably would not have seen GDP or unemployment levels that Americans are now enjoying. Fracking, coal production, and new oil exploration would have been vastly curtailed. The out-of-control EPA would have become even more powerful. Half the country simply did not see the democratic socialist European Union, and its foreign and domestic agendas, as the model for 21st-century America.

What John Brennan, James Clapper, James Comey, Loretta Lynch, Andrew McCabe, Lisa Page, Samantha Power, Susan Rice, Peter Strzok, Sally Yates, and others did in 2016 would never have been known — given that their likely obstruction, lying, and lawbreaking were predicated on being unspoken recommendations for praise and advancement in a sure-thing Clinton administration. Christopher Steele might have either been unknown — or lionized.

Open borders, Chinese trade aggression, the antics of the Clinton Foundation, the Uranium One deal, the Iran deal, estrangement from Israel and the Gulf states, a permanently nuclear North Korea, leading from behind — all that and far more would be the continued norm into the 2020s. Ben Rhodes, architect of the Iran deal and the media echo chamber, might have been the national-security adviser. The red-state losers would be institutionalized as clingers, crazies, wackos, deplorables, and irredeemables in a Clinton administration. A Supreme Court with justices such as Loretta Lynch, Elizabeth Warren, and Eric Holder would have made the court little different in its agendas from those of the ACLU, Planned Parenthood, and Harvard Law School.

4) Something had gone haywire with the Republican party at the national level. Since 1988, it had failed to achieve 51 percent of the popular presidential vote, losing the popular vote in five out of the past six elections, writing off as permanently lost the purple states of the Midwest. Most Republicans privately had all but given up on cracking the Electoral College matrix, given the lost-for-good big blue states such as California, Illinois, Massachusetts, and New York, changing demography in the Southwest, and the supposedly permanently forfeited Florida, Michigan, Ohio, Pennsylvania, and Wisconsin.

The proverbial Republican elite had become convinced that globalization, open borders, and free but unfair trade were either unstoppable or the fated future or simply irrelevant. Someone or something — even if painfully and crudely delivered — was bound to arise to remind the conservative Washington–New York punditocracy, the party elite, and Republican opinion makers that a third of the country had all but tuned them out. It was no longer sustainable to expect the conservative base to vote for more versions of sober establishmentarians like McCain and Romney just because they were Republicans, well-connected, well-résuméd, well-known, well-behaved, and played by the gloves-on Marquess of Queensberry political rules. Instead, such men and much of orthodox Republican ideology were suspect.

Amnestied illegal aliens would not in our lifetimes become conservative family-values voters. Vast trade deficits with China and ongoing chronic commercial cheating would not inevitably lead to the prosperity that would guarantee Chinese democracy. Asymmetrical trade deals were not sacrosanct under the canons of free trade. Unfettered globalization, outsourcing, and offshoring were not both inevitable and always positive. The losers of globalization did not bring their misery on themselves. The Iran deal was not better than nothing. North Korea would not inevitably remain nuclear. Middle East peace did not hinge of constant outreach to and subsidy of the corrupt and autocratic Palestinian Authority and Hamas cliques.

5) Lots of deep-state rust needed scraping. Yet it is hard to believe that either a Republican or Democratic traditionalist would have seen unemployment go below 4 percent, or the GDP rate exceed 3 percent, or would have ensured the current level of deregulation and energy production. A President Mitt Romney might not have rammed through a tax-reform policy like that of the 2017 reform bill. I cannot think of a single Republican 2016 candidate who either could or would have in succession withdrawn from the Paris Climate Accord, moved the U.S. embassy to Jerusalem, demanded China recalibrate its asymmetrical and often unfair mercantile trade policies, sought to secure the border, renounced the Iran deal, moved to denuclearize North Korea, and hectored front-line NATO allies that their budgets do not reflect their promises or the dangers on their borders.

The fact that Trump never served in the military or held a political office before 2016 may explain his blunders and coarseness. But such lacunae in his résumé also may account for why he is not constrained by New York–Washington conventional wisdom. His background makes elites grimace, though their expertise had increasingly calcified and been proved wrong and incapable of innovative approaches to foreign and domestic crises.

Something or someone was needed to remind the country that there is no longer a Democratic party as we once knew it. It is now a progressive and identity-politics religious movement. Trump took on his left-wing critics as few had before, did not back down, and did not offer apologies. He traded blow for blow with them. The result was not just media and cultural hysteria but also a catharsis that revealed what Americans knew but had not seen so overtly demonstrated by the new Left: the unapologetic media bias; chic assassination talk; the politicization of sports, Hollywood, and entertainment in slavish service to progressivism; the Internet virtue-signaling lynch mob; the out-of-control progressive deep state; and the new tribalism that envisions permanent ethnic and racial blocs while resenting assimilation and integration into the melting pot. For good or evil, the trash-talking and candid Trump challenged progressives. They took up the offer in spades and melted down — and America is getting a good look at where each side really sits.

In the end, only the people will vote on Trumpism. His supporters knew full well after July 2016 that his possible victory would come with a price — one they deemed more than worth paying given the past and present alternatives. Most also no longer trust polls or the media. To calibrate the national mood, they simply ask Trump voters whether they regret their 2016 votes (few do) and whether any Never Trump voters might reconsider (some are), and then they’re usually reassured that what is happening is what they thought would happen: a 3 percent GDP economy, low unemployment, record energy production, pushbacks on illegal immigration, no Iran deal, no to North Korean missiles pointed at the U.S., renewed friendship with Israel and the Gulf states, a deterrent foreign policy, stellar judicial appointments — along with Robert Mueller, Stormy Daniels, Michael Cohen, and lots more, no doubt, to come.