Education: L’école, c’est la guerre (As victimhood culture spreads from elite colleges to the middle classes, it is not only contaminating conservatives who resent being unfairly targeted as oppressors but could push us all towards a paternalistic, authoritarian state, sociologists warn)

17 septembre, 2018
 "Entre les murs", un film de Laurent Cantet, 2008.
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Te rends-tu compte que le passé a été aboli jusqu’à hier ? S’il survit quelque part, c’est dans quelques objets auxquels n’est attaché aucun mot, comme ce bloc de verre sur la table. Déjà, nous ne savons littéralement presque rien de la Révolution et des années qui la précédèrent. Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. Je sais naturellement que le passé est falsifié, mais il me serait impossible de le prouver, alors même que j’ai personnellement procédé à la falsification. La chose faite, aucune preuve ne subsiste. La seule preuve est à l’intérieur de mon cerveau et je n’ai aucune certitude qu’un autre être humain quelconque partage mes souvenirs. De toute ma vie, il ne m’est arrivé qu’une seule fois de tenir la preuve réelle et concrète. Des années après. Winston (1984, George Orwell)
Debout ! les damnés de la terre ! Debout ! les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère, C’est l’éruption de la fin. Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! C’est la lutte finale Groupons-nous, et demain, L’Internationale, Sera le genre humain. Eugène Pottier (1871)
Jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves et si, malgré la terreur ce peuple a su, sous les formes les plus diverses, montrer sa réprobation de voir la France enchaînée au char de l’impérialisme britannique, il saura signifier aussi à la bande actuellement au pouvoir, SA VOLONTÉ D’ÊTRE LIBRE. Peuple de France (dit « Appel du 10 juillet »)
Cette violence irrépressible il le montre parfaitement, n’est pas une absurde tempête ni la résurrection d’instincts sauvages ni même un effet du ressentiment : c’est l’homme lui-même se recomposant. Cette vérité, nous l’avons sue, je crois, et nous l’avons oubliée : les marques de la violence, nulle douceur ne les effacera : c’est la violence qui peut seule les détruire. Et le colonisé se guérit de la névrose coloniale en chassant le colon par les armes. Quand sa rage éclate, il retrouve sa transparence perdue, il se connaît dans la mesure même où il se fait ; de loin nous tenons sa guerre comme le triomphe de la barbarie ; mais elle procède par elle-même à l’émancipation progressive du combattant, elle liquide en lui et hors de lui, progressivement, les ténèbres coloniales. Dès qu’elle commence, elle est sans merci. Il faut rester terrifié ou devenir terrible ; cela veut dire : s’abandonner aux dissociations d’une vie truquée ou conquérir l’unité natale. Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l’arme d’un combattant, c’est son humanité. Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux « Damnés de la terre », 1961)
Immense et grand plaisir d’avoir pu rencontrer Ahed Tamimi à la fête de l’Huma, figure la résistance palestinienne ! Eric Coquerel (député France insoumise)
Ahed Tamimi, la jeune militante devenue une icône mondiale de la résistance palestinienne, lance un appel aux jeunes de France à la Fête de l’Humanité. L’Humanité
Tant que les noms des écoles sont utilisés pour glorifier le terrorisme, la Belgique ne peut pas coopérer avec le ministère palestinien de l’Education et ne fournira plus d’aide financière pour la construction d’écoles. Ministère de l’Education belge
Fin septembre au Conseil de Paris, le groupe communiste qui y voyait un vestige de l’histoire coloniale avait fait adopter un vœu pour demander qu’elle ne soit pas raccrochée et exposée en pleine rue. Après plusieurs rencontres de concertation, le projet initié par le budget participatif sera finalement respecté. La plaque restaurée sera réinstallée sur la façade d’immeuble avec un texte explicatif. Le Parisien
Don’t Forget July 1, 2018 Starts SPAM… SPAM… Straight Pride American Month! Last Sunday ended LGBTQF-WTF month Yea! (*Don’t get me wrong I support the First Amendment, as much as the next person, and support the rights of grown men to wear skin tight short-shorts and go-go boots and don tinker bell wings with wand and prance down the streets of San Francisco) with tens of thousands of folks dancing and prancing all over American celebrating the fact they are different than most of the rest of us and showing their “pride” in being so. Now before anyone gets their pantyhose in a knot, this is not really legally anti anything; instead it’s pro-family; and proud to be a straight American, and me expressing a private opinion… So there! If you remember last week I proclaimed the Month of July as SPAM …(Straight Pride American Month)…(as Vice Mayor don’t know if I can, but what the heck). Now hundreds of millions of the rest of us can celebrate our month, peaking on July 4th, as healthy, heterosexual, fairly monogamous, keep our kinky stuff to ourselves, Americans… We do it with our parades in every state and county in this country with families celebrating together. We honor our country and our veterans who have made all of this possible (including for the tinker bells) and we can do it with actual real pride, not some put on show just to help our inferior complex “show we are different” type of crap. We ARE different from them…We work, have families, (and babies we make) enjoy and love the company (and marriage) of the opposite sex and don’t flaunt our differences dressing up like faries and prancing by the thousands in a parade in nearby San Francisco to be televised all over the world… Ted  Hickman
My point was, what’s the difference? They have their pride month, why can’t we have ours? … I support the First Amendment. Ted Hickman
Il n’y a pas longtemps, l’apartheid régnait en Afrique du sud. Reposant sur la ségrégation des Noirs, il voulait se disculper en créant des bantoustans où une autonomie factice leur était concédée. Un tel système a heureusement disparu. Et voici qu’aujourd’hui, c’est un apartheid d’un nouveau genre qui est proposé à la France, une ségrégation à l’envers grâce à laquelle les « dominés » préserveraient leur dignité en se mettant à l’abri des « dominants ». Mais alors, cela veut dire qu’une femme qui ôte le voile et sort dans la rue deviendrait une proie normale ? Cela veut dire qu’une « race » qui côtoie les autres serait humiliée ? Cela veut dire qu’une religion qui accepte de n’être qu’une parmi d’autres perdrait la face ? (…) À quoi peut donc servir ce ségrégationnisme nouvelle manière ? Doit-il seulement permettre aux soi-disant « dominés » de sauvegarder leur pureté en vivant entre eux ? N’a-t-il pas surtout pour but d’affirmer la sécession avec la communauté nationale, avec ses lois et ses mœurs ? N’est-il pas l’expression de la haine la plus caractérisée à l’égard de notre pays et de la démocratie ? Que chacun vive dans la loi de sa communauté ou de sa caste et dans le mépris de celle des autres, que chacun ne soit jugé que par les siens, cela est contraire à l’esprit de la République. Celle-ci a été fondée sur le refus de droits privés s’appliquant à des catégories spécifiques et exclusives, autrement dit sur l’abolition des privilèges. Les mêmes lois pour chacun de nous, voilà ce que nous garantit au contraire la République. C’est ce qu’on appelle tout simplement la Justice. Le nouveau séparatisme avance masqué. Il veut paraître bénin, mais il est en réalité l’arme de la conquête politique et culturelle de l’islamisme. L’islamisme veut être à part car il rejette les autres, y compris les musulmans qui ne partagent pas ses vues. L’islamisme déteste la souveraineté démocratique car elle lui refuse toute légitimité. L’islamisme se sent humilié lorsqu’il ne domine pas. Pétition contre le séparatisme islamique
The scholars promoting this concept claim that it is a microaggression even when someone says “I don’t see you as black,” or claims to be colorblind, or purports not to be a sexist, or in general doesn’t “acknowledge” one’s race membership or gender. But let’s face it — it’s considered racist for whites to treat any trait as “black.” If we accept that, then we can’t turn around and say they’re racists to look at black people as just people. That particular aspect of the microaggression notion seems fixed so that whites can’t do anything right. One can’t help sensing a notion that this would be perhaps “payback” for whites and the nasty society they stuck us with. But all it does is create endless conflict, under an idea that basically being white is, in itself, a microaggression. That, however, is neither profound nor complex — it’s just bullying disguised as progressive thought. Let’s call it microaggression when people belittle us on the basis of stereotypes. Creating change requires at least making sense. John McWorther
Je crois que la séparation fondamentale entre peuple et élites – c’est une image, car c’est toujours plus compliqué – a pour point de départ la différenciation éducative produite par le développement du supérieur. Au lendemain de la guerre, dans les démocraties occidentales, tout le monde avait fait l’école primaire – aux États-Unis, ils avaient également fait l’école secondaire –, les sociétés étaient assez homogènes et très peu de gens pouvaient se vanter d’avoir fait des études supérieures. Nous sommes passés, ensuite, à des taux de 40 % de gens qui font des études supérieures par génération. Ils forment une masse sociale qui peut vivre dans un entre-soi. Il y a eu un phénomène d’implosion sur soi de ce groupe qui peut se raconter qu’il est supérieur, tout en prétendant qu’il est en démocratie. C’est un phénomène universel et pour moi, c’est la vraie raison. Il y a des décalages. L’arrivée à maturité de ce groupe social se réalise dès 1965 aux États-Unis. En France, nous avons trente ans de retard et ça s’effectue en 1995. Les gens des diverses strates éducatives ne se connaissent plus. Ceux d’en haut vivent sans le savoir dans un ghetto culturel. Dans le cas d’un pays comme la France, nous avons par exemple l’apparition d’un cinéma intimiste, avec des préoccupations bourgeoises déconnectées des cruautés de la globalisation économique. Il y a des choses très bien dans cette culture d’en haut. L’écologie, les festivals de musique classique ou branchée, les expositions de peinture impressionniste ou expressionniste, le mariage pour tous : toutes ces choses sont bonnes. Mais il y a des personnes avec des préoccupations autres, qui souhaitent juste survivre économiquement et qui n’ont pas fait d’études supérieures. (…) Par contre, je diverge de Lasch et de gens qui dénoncent les élites pour supposer des qualités spéciales au peuple. Je l’ai cru à une époque, mais je n’en suis plus là. Les élites trahissent le peuple, c’est certain. J’estime même de plus en plus qu’il y a au sein des élites des phénomènes de stupidité induits par le conformisme interne du groupe, une autodestruction intellectuelle collective. Mais je ne pense plus que le peuple soit intrinsèquement meilleur. L’idée selon laquelle, parce qu’il est moins éduqué ou moins bien loti, le peuple serait moralement supérieur est idiote, c’est une entorse subtile au principe d’égalité. Adhérer pleinement au principe d’égalité, c’est être capable de critiquer simultanément élites et peuple. Et c’est très important dans le contexte actuel. Cela permet d’échapper au piège d’une opposition facile entre un populo xénophobe qui vote Le Pen et les crétins diplômés qui nous ont fabriqué l’euro. C’est toute la société française qu’on doit condamner dans sa médiocrité intellectuelle et morale. (…) Je crois que c’est le symptôme d’un changement d’humeur de la société américaine dans son cœur, qui est un cœur blanc puisque la démocratie américaine est à l’origine blanche. Depuis longtemps, je suis convaincu que parce que les Anglo-Saxons ne sont au départ pas très à l’aise avec la notion d’égalité, le sentiment démocratique aux États-Unis est très associé à l’exclusion des Indiens et des Noirs. Il y a quand même 72 % du corps électoral qui est blanc. Obama a mené une politique de sauvetage de l’économie américaine tout à fait estimable dans la grande crise de 2007-2008, mais il n’a pas remis en question les fondamentaux du consensus de Washington : le libre-échange, la liberté de circulation du capital et donc les mécanismes qui ont assuré la dégradation des conditions de vie et la sécurité des classes moyennes et des milieux populaires américains. Dans les années 1950, la classe moyenne comprenait la classe ouvrière aux États-Unis. Les ouvriers ont été  “reprolétarisés” par la globalisation et les classes moyennes ont été mises en danger. Il y a eu, en 2016, une sorte de révolte. Le premier élément qui m’a intéressé – et c’était normal puisque dans L’illusion économique (1997) je dénonçais le libre-échange –, c’est la remise en question du libre-échange, qui était commune à Trump et Sanders. C’est parce que le protectionnisme est commun aux deux que nous pouvons affirmer être face à une évolution de fond de la société américaine. C’est vrai que le phénomène Trump est incroyable : le type fout en l’air le Parti républicain pendant la primaire et fout en l’air les Démocrates ensuite. Mais jusqu’au bout, et des vidéos le prouvent, j’ai cru que c’était possible, parce que j’étais tombé sur des études démographiques largement diffusées. Je ne sais plus si je les avais vues mentionnées dans le New York Times, dans le Washington Post, ou dans les deux. Elles révèlent que la mortalité des Blancs de 45-54 ans a augmenté aux États-Unis entre 1999 et 2013. Pour les Américains, le débat sur les merveilles du libre-échange est clos. Ils ont compris. Il faut partir de l’électorat et pas de Trump. L’électorat est en révolte et les États-Unis ont une tradition démocratique plus solide que la nôtre, à la réserve près qu’il s’agit d’une démocratie blanche. (…) Les Républicains ont inventé la technique du dog-whistle, c’est-à-dire du “sifflet à chien”, qui agit sans qu’on l’entende. Un langage codé permet de bien faire comprendre à l’électorat blanc qu’il faut détruire le welfare (les aides sociales), censé n’aller qu’aux Noirs. C’est ce qui a permis au Parti républicain de mener une politique économique absolument défavorable à son propre électorat, c’est-à-dire de diminuer les impôts des riches et de continuer à foutre en l’air la classe ouvrière blanche par le libre-échange. Trump est à l’opposé du dog-whistle. Il avait un double discours : d’un côté, un discours xénophobe tourné contre le Mexique – et pas contre les Noirs, qui sont sur le territoire américain – et de l’autre, des thématiques économiques quasi-marxistes. Pour moi, Trump est le contraire du racialisme républicain traditionnel. Il a mené le débat sur le terrain économique, face à des Démocrates qui activaient inlassablement, sur le mode de la bien-pensance, la question raciale, en se présentant comme les défenseurs des Noirs et en expliquant que si on appartenait à tel groupe, on devait voter de telle manière. Trump a donc foutu en l’air le Parti républicain racial avec ses thématiques économiques, pendant que le Parti démocrate est resté sur ses positions raciales banales. (…) En formalisant, nous pourrions dire qu’il y a deux forces qui s’opposent aux États-Unis : un parti national et un parti globaliste. Nous pourrions dire que le parti national se caractérise par une protection aux frontières – des biens, de la circulation des personnes, le tout avec une bonne base xénophobe – mais qui n’est pas hostile au marché et qui a pour seul but de relancer un capitalisme interne qui fabrique des biens. En gros, il explique que les entreprises peuvent se faire de l’argent autrement. En face, il y a le parti globaliste qui va laisser les frontières ouvertes, en expliquant que cela va fonctionner même si la théorie économique explique que cela va générer des dégâts et des inégalités, le tout devant être compensé par de la redistribution et du welfare. (…) Mais l’important, c’est la protection contre l’arrivée de marchandises fabriquées par des gens sous-payés. (…) La question, c’est de savoir s’il existe une technique qui permet que des gens s’enrichissent et que cela profite à tout le monde dans l’espace national. (…) Jusqu’à présent, j’étais résigné à l’enfermement de “l’anglosphère” dans son néo-libéralisme par son indifférence à l’égalité. Dans l’ensemble, mon modèle anthropologique ne fonctionne pas mal. L’idée d’un communisme fabriqué par une famille communautaire, égalitaire et autoritaire explique très bien l’histoire russe. La famille nucléaire absolue explique très bien le modèle libéral anglo-saxon, ainsi que le développement du capitalisme. Le fait que les gens ne sont pas très sensibles aux États-Unis ou en Angleterre à l’idéal d’égalité explique pourquoi le capitalisme y fonctionne de manière bien huilée et pourquoi les individus ne sont pas choqués quand certains font du profit. Mais entre 2000 et 2015, nous avons atteint la limite du modèle. Et bien sûr, les peuples peuvent transcender leur détermination anthropologique, mais à un certain niveau de souffrance seulement. C’est pour cela que la hausse de la mortalité a été un avertisseur qui m’a permis d’échapper à mon propre modèle. Quand j’ai pensé que Trump pouvait être élu, j’étais au fond en train d’admettre que mon modèle anthropologique était insuffisant. Mais c’est finalement la même chose qui s’est passée avec la chute du communisme. (…) Mon modèle anthropologique dit que les traditions communautaires russes expliquent très bien l’invention du communisme. Mais de même que le libéralisme a emmené la société américaine à un niveau de souffrance exagéré, qui a provoqué la révolte de 2016, le communisme avait atteint vers 1975 un niveau d’absurdité tel, avec une hausse de la mortalité infantile, qu’il s’est effondré en 1990. Par contre, ce que nous dit déjà l’existence ultérieure de la Russie, c’est que l’atteinte de ce point de rupture peut amener une modification du système économique, mais ne fait pas sortir définitivement la population de sa culture. Je pense qu’il y a une démocratie en Russie. Les Russes votent à 80 % pour Poutine. C’est une forme de démocratie autoritaire. Mais le fonctionnement de la société garde beaucoup des traditions communautaires d’autrefois. Le système américain tente de se réformer, mais il va garder ses traits libéraux et non égalitaires fondamentaux. D’ailleurs, quand je décrivais un protectionnisme qui laisse fonctionner le capitalisme en interne, c’est exactement cela que j’évoquais. (…) Les États-Unis ont traversé une phase d’instabilité et de crise culturelle à partir des années 1960 : montée du divorce, enfants hors mariage, etc. Ce sont quand même les Américains qui ont inventé la pilule. Cette phase de crise a entraîné une montée spectaculaire du taux d’homicide. Mais si nous reprenons tous ces paramètres – ce que je ne ferai pas maintenant – depuis 1995, il est clair qu’en termes de mœurs, les États-Unis sont dans une phase de restabilisation. Dans ses tréfonds, la société américaine opère un retour à l’équilibre. (…) C’est un pays en cours de stabilisation morale, malgré sa souffrance économique, qui vient d’élire Trump. (…) en réalité, le retour au national promu par Trump devrait s’accompagner d’une “désuniversalisation” des problèmes. Emmanuel Todd
Avec Trump, tous les coups sont permis. Les médias retrouvent d’instinct le langage orwellien qui inverse la paix en guerre et la liberté en servitude. Avec Trump, le traître devient héros, le président des Etats-Unis devient un tyran et un fou. La démocratie, c’est abattre l’homme élu par le peuple américain. Et cela dure depuis le premier jour de son élection. Une élection qui a pris par surprise toutes les élites de l’est et de l’ouest du pays – élites économiques, financières, médiatiques, judiciaires, administratives. Cet «Etat profond», comme l’appelle Trump, a décidé d’avoir la peau de ce Président et de le conduire vers la procédure d’impeachment, comme Louis XVI fut traîné à la guillotine. Chaque journaliste, chaque bureaucrate, même les plus haut gradés, chaque juge, rêve d’avoir la peau de Trump comme leurs glorieux aînés ont eu celle de Nixon en 1971. «Nixon le tricheur», lui aussi, avait été le candidat des classes populaires contre l’establishment sorti des campus universitaires des années 1960. Entre-temps, ces jeunes gens chevelus ont pris tous les pouvoirs à Washington. Et sont bien décidés à ne pas les perdre. Depuis des mois, ils s’efforcent de faire passer Trump pour un espion à la solde de Poutine. Et, comme cela ne marche pas, ils ajoutent désormais la folie. Cet affrontement, en vérité, dépasse le cas de Trump et même des Etats-Unis. C’est tout l’Occident qui en est le champ de bataille. La guerre inexpiable oppose des élites cosmopolites qui, au nom des valeurs universelles des droits de l’homme, veulent désagréger les peuples et les nations issus d’une histoire séculaire. En face, il y a les peuples occidentaux qui s’efforcent de sauvegarder leur mode de vie, leur identité, leur unité, leur histoire. Des peuples enracinés contre des élites déracinées. La loi de la majorité contre la dictature des minorités. La démocratie contre l’Etat de droit. Des élites qui se parent du titre de «progressistes» et qui, à Paris, Berlin, Bruxelles, Washington ou Los Angeles, traitent avec mépris les «populistes». Des élites qui ont juré d’avoir la peau des antiques nations et des peuples qui ne veulent pas mourir. Eric Zemmour
The University of Maryland (UMD) was forced to take down flyers and change the name of a counseling program that offered “safe space for white students” after sparking outrage on campus. At the beginning of the fall semester, UMD’s Counseling Center posted flyers for a new group called “White Awake,” which prompted the backlash. Early Friday, the university’s website changed the name to “Anti-Racism and Ally Building Group” and scrubbed any references to a “safe space” and “white students.” “This group offers a safe space for white students to explore their experiences, questions, reactions, and feelings,” the initial description read. “Members will support and share feedback with each other as they learn more about themselves and how they fit into a diverse world.” The flyer also asked if white people ever “feel uncomfortable and confused” in their “interactions with racial and ethnic minorities,” and if they “want to become a better ally.” Several students conveyed their outrage on social media and on campus. “The world is a space for white people to talk in,” one student told The Diamondback, a UMD student newspaper, expressing how unnecessary the new initiative is. (…) Noah Collins, who leads the group and specializes in group therapy for the Counseling Center with an interest in “racial and cultural awareness,” issued a statement Thursday night saying UMD will discontinue the flyer and consider changing the name, but that it stands by the group. He added the flyer was “not clear enough” in explaining that the group’s aim is “anti-racism and becoming a better ally.” Fox news
L’école, c’est la guerre. (…) Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires….nos enfants fréquentent des établissements où ils sont stigmatisés et humiliés par certains enseignants, prêts à partir en croisade contre une jupe longue ou un début de barbe suspecte… Nos enfants assistent aux humiliations que nous y subissons, notamment lorsque nous sommes voilées et qu’on nous interdit de les accompagner en sortie… Nos enfants apprennent très tôt la hiérarchisation raciale. Front de mères
The Rise of Victimhood Culture makes the case that incentives at the modern American university have created a new moral culture, one where victimhood is granted a special moral status. Awarding status to victims has in turn led to hoaxes, false accusations, and, in some extreme cases, moral panics. The diagnosis is put forward by sociologists Bradley Campbell and Jason Manning, and they make their case convincingly. The argument is that college campus is ground zero for this new culture, but its rules of conduct are starting to leak into mainstream institutions. (…) On a university campus, for example, victims are not shamed but are instead fiercely protected, and now awarded status. This dynamic could be observed as early as 2015, in the reception to Emma Sulkowicz’s protest against a sexual assault she alleged had taken place. It consisted of her carrying her mattress around the Columbia University campus, including to class, under the condition that her accused rapist needed to be expelled in order for her to stop. For this performance, she was widely criticized, but she was also heralded as a feminist hero. The New York Times art critic Roberta Smith called it “succinct and powerful” and added that Sulkowicz has “set a very high standard for any future work she’ll do as an artist.” Although Columbia University and the New York Police Department failed to establish any wrongdoing on the part of the student Sulkowicz had accused, for art critics such as Smith, the accused student’s guilt was a fait accompli. That such awards and accolades might incentivize vexatious or false complaints in a student body seemed not to matter to adults in charge. (…) Campell and Manning predict that victimhood culture will eventually spread from elite colleges into the mainstream. In making this prediction, they note the significance of the fact that victimhood culture has emerged among the wealthiest schools in America. Oberlin and Brown, for example, have led the microaggression movement, while Claremont has been a pioneer in safe-space demands, microaggression protests, and the banning of speakers. They point out that the median family income at Middlebury College—where Charles Murray was shouted down and where his sponsoring professor, Alison Stranger, was given whiplash injuries in a parking lot—was $240,000 per year. That income level is double that of Saint Louis University, where Murray spoke to an attentive audience. The book thus highlights a peculiar fact: The students most obsessed with their own oppression are some of the most pampered individuals in the world. (…) Campbell and Manning warn, victimhood culture will likely spread downwards from the social elites to the middle classes—as those wishing to be upwardly mobile will try to emulate upper-class moral norms. While the culture is likely to spread downwards, it is also likely to inspire resentment. Campbell and Manning warn that the narratives of privilege deployed by the culture, which target white men in particular, are just as likely to inspire hostility as deference, especially in those who feel that they are unfairly targeted as oppressors (…) Paradoxically, the backlash against political correctness is likely to make the situation worse. Conservatives are quickly learning to ape victimhood, too. The authors note that professional provocateur Milo Yiannopolous “thrives on causing offense and controversy,” neither of which promotes a culture of dignity. (…) The logic of victimhood culture, then, is escalating grievance and retaliatory aggression. When slights cannot be neutralized with a dignified turn of the cheek, the prognosis looks grim. What the purveyors of victimhood culture do not seem to grasp is that in weakening dignity, and in undermining the principles that deem all men and women to be moral equals, they unwittingly destroy the safeguards that prevent bad actors—such as hoaxers and narcissists—from climbing the social hierarchy through dishonesty and manipulation. In incentivizing weakness and reliance on third parties to intervene in disputes, students invite a paternalistic authoritarian apparatus to develop. While they seem comfortable with an authoritarian apparatus on their university campus today, we should not be surprised if they demand an authoritarian state to police the citizenry tomorrow. The logical endpoint of a victimhood culture will not be a progressive utopia. On the contrary: The further this culture radiates outward, the more likely it will make victims of us all. Commentary
We argue that victimhood culture, at least in its more extreme forms, is new. We see it in its purest form on contemporary college and university campuses. Manifestations of victimhood culture include complaining about and punishing microaggressions, demanding and creating safe spaces, requesting and requiring trigger warnings, and banning or disinviting speakers who might offend designated victim groups. (…) Making moral judgments elevates the reputation of some people and lowers the reputation of others, so morality is always a source of a kind of social status that we can think of broadly as respectability. Other kinds of status have other sources, so in any complex society not only are some people more respectable than others, but some are also wealthier, more socially integrated, or more culturally conventional. Your position on these and other social hierarchies affects how people treat you. If you testify in court, for example, people are more likely to believe you if you are wealthy, respectable, and so on. And if you’re the victim of a crime, it’s more likely the offender will be brought to justice. (…) Like honor cultures, victimhood cultures emphasize one set of vices and virtues over others. They are concerned with eradicating oppression and privilege, and this single-minded moral obsession can lead to the similar kinds of perversities that come from neglecting other virtues in honor cultures. But even in an honor culture your moral status usually has to do with your own behavior rather than someone else’s. In a victimhood culture it’s instead your identity as a victim that gives you status. It’s not your own virtue at all, but someone else’s treatment of you, that makes you virtuous. One problem with this is that you end up with a system of morality that doesn’t offer much incentive for good behavior. Honor cultures incentivize bravery while neglecting other virtues. But if you want esteem in a victimhood culture, what can you do? It’s not like you can become a victim. Or actually, you can — you can portray yourself as weak and in need of help, you can portray others’ behavior toward you as harmful and oppressive, and you can even lie about being the victim of violence and other offenses. Victimhood culture incentivizes bad behavior. The extreme form of victimhood culture we see among activists on college campuses leads to another problem in that one’s status as a victim comes not just from individual experiences of victimhood but also from one’s identity as part of a victim group. The idea is that all members of certain groups are victims, but that no one else is. Activists even argue that whites cannot be the victims of racism, or men the victims of sexism. Likewise, whether people can be victims of new offenses like cultural appropriation or microaggression, depends on their identity. A white person wearing a hairstyle associated with African Americans would be cultural appropriation, for instance, but an African American wearing a hairstyle associated with whites would not be. Likewise, those who have pioneered the concept of microaggression have made it clear that not all slights count. A white male elementary school teacher may experience stereotypes and put-downs, for example, but to call those microaggressions would be a “misapplication of the concept.” So the moral hierarchy of victimhood culture places entire groups of people at the top or bottom based on the whole group’s victimhood status. And while it’s not always clear which groups qualify, Jonathan Haidt identifies seven groups that are currently treated as sacred: people of colour, women, LGBTs, Latinos, Native Americans, people with disabilities, and Muslims. Under this schema even many minority groups, such as Evangelical Christians, fail to qualify, and any discrimination against them is ignored or celebrated. We have two problems with this. The first is a fundamental moral objection. We believe in the ideals of dignity culture — that all human beings have an inherent worth and should be treated accordingly — and we object to the new hierarchy of victimhood just as we would any racial and ethnic hierarchy. The second problem is the reactions it may produce. Whites, men, and others who do not have victimhood status are unlikely to accept a new morality and a new moral hierarchy in which they’re at the bottom. And they may end up embracing one in which they’re at the top. We find the recent prominence of alt-right white nationalists alarming, and we worry there will be more of it in reaction to the spread of victimhood culture. It’s a dangerous thing to undermine dignity culture and its ideals of equality. (…) In the book we talk about the movement against campus rape, and we point out that the movement has support from journalists, members of Congress, and others who are not part of the campus victimhood culture. And rape isn’t a new offense like microaggression or cultural appropriation. It’s also not a minor offense. So the movement as such isn’t a pure manifestation of victimhood culture. But what we do see is that an effort to honor victims leads to credulity even in cases like the rape hoaxes at Duke and at the University of Virginia where it should have been clear that the accusers were lying. It also leads to efforts to weaken the due process rights of the accused. And alongside the more mainstream elements of the movement are the campus activists and others enmeshed in victimhood culture who make more radical arguments — that accusers should always be believed, for example. But so far such ideas haven’t been widely adopted. The #MeToo movement may be similar. To some extent it may have facilitated the mainstreaming of victimhood culture, but it’s also a mainstream enough movement that efforts to radicalize it and to use the moral language and logic of campus activists seem mostly to have failed. The movement as a whole appears not to have relied on accusations of new victimhood offenses and has focused instead on things like rape, groping, and other kinds of sexual assault and sexual harassment. The accusations against Harvey Weinstein and against most of the other prominent targets of the #MeToo movement haven’t been about microaggressions and haven’t relied on creative ideological expansions of the concepts of assault and harassment. The accusations against Weinstein, for example, include 19 coerced sexual acts and many more instances of unwanted touching and sexual exhibitionism. Much of the #MeToo movement might be seen as an expression of dignity culture — an appeal to ideals already widely held in the culture but commonly violated in practice. Women demanding that they not be bullied, groped, fondled, demeaned, assaulted, or harassed by men the workplace, and that the men abusing their power in this way face consequences, aren’t relying on radical feminism or its notions of endemic patriarchal oppression — not usually, anyway. They seem to be trying to bring to light behavior that was already considered wrong but that many people weren’t aware was going on. But the #MeToo movement is large and has less mainstream elements as well, so some of the accusations have indeed drawn from victimhood culture in various ways. We might think of the most prominent accusations existing on a continuum from Harvey Weinstein to comedian Aziz Ansari. In January 2018 the online magazine Babe published an article by Katie Way about an anonymous woman’s date with Ansari. The article, “I Went on a Date with Aziz Ansari. It Turned into the Worst Night of My Life,” recounts in detail a date between “Grace” and Ansari. Ansari doesn’t come off as particularly gentlemanly in the account, but it’s clear that the story is not about rape, it’s not about sexual assault, and it’s not even about sexual harassment. After going to dinner, the two went to Ansari’s apartment, engaged in sexual acts with one another, and according to Grace, Ansari then kept wanting to engage in intercourse, she didn’t, and she eventually went home. Later in a text message she told Ansari that he had ignored “clear non-verbal cues” and said that he had to have noticed she was uncomfortable. The accusations against Weinstein, which deal with clear-cut cases of violence, coercion, and harassment, are understandable in terms of mainstream morality, while the accusation against Ansari is understandable only in terms of victimhood culture. The same perspective that leads to the labeling of uncomfortable conversations as a kind of aggression, or conservative political speech as violence, leads here to the labeling of boorish behavior on a date as sexual assault. To the extent that the #MeToo movement accords a special status to victims, to the extent that it establishes victimhood solely based on whether someone is a woman or man, and to the extent that it blurs the distinction between serious offenses like what Weinstein has been accused of and the kind of noncoercive sexual advances on a date that Ansari is accused of, it will indeed lead to the spread of victimhood culture. Another thing the Ansari case illustrates is something we have thought of as moral emaciation. Victimhood culture’s focus on oppression narrows the range of moral discourse, and activists seem to be losing the capacity to make moral judgments based on anything other than victimhood terms. It seems that anything activists find bad they define as harmful and oppressive, whether it’s an ugly statue on campus or a bad date. As Mona Charen points out, isn’t what Grace wanted — affection, kindness, attention — what many people want when they go on a date? “What does it say about dating in our time,” she asks, “that those are unrealistic expectations?” The problem is that Grace has no moral language to communicate this. She can’t describe Ansari’s behavior as caddish, lascivious, or any of the other old-fashioned terms that would more accurately capture her moral reaction. Instead, it has to be oppression, assault. This is probably not good for the #MeToo movement, and it may shift attention away from the kinds of offenses the movement was supposed to call attention to. It also doesn’t help anyone to think better about how people should behave on dates. Moral emaciation leads to moral confusion. (…) Complaints of cultural appropriation illustrate victimhood culture quite well. As with microaggression complaints, it’s a grievance about a nonviolent, probably unintentional slight that many observers wouldn’t even see as offensive. As with microaggressions, the offense is framed as a matter of collective oppression, of one social group harming another. And in practice, it’s usually an offense defined by identity, something only people in designated privileged groups can be guilty of. Victimhood culture’s high sensitivity to slight means it continually coins new types of offense. And this is certainly one of the most baffling of the new offenses. As we’ve discussed elsewhere, one particularly confusing aspect is that many of the things that get called cultural appropriation were, until very recently, virtues — signs that one was cosmopolitan and open-minded. If anything, we might expect social and cultural conservatives to be the ones most upset about Westerners practicing yoga or mindfulness meditation, or white kids adopting black fashions and hairstyles. In many cases they are, but these days so-called progressives are often vocal and visible critics. (…) Though the complaint is framed as a matter of someone dominating or exploiting the vulnerable — in a victimhood culture, virtually all complaints are — it might be more helpful to understand it as a matter of the offenders aping their betters. As sociologist Donald Black discusses in his book Moral Time, various societies throughout history have had rules — sumptuary laws — preventing people from adopting the styles, entertainments, and recreations of their social betters. The Han and Ming dynasties forbade commoners from wearing certain colors of clothing. Premodern Japan had laws forbidding peasants from wearing clothing distinctive of townspeople. In medieval England a law stated that no one under the rank of knight should wear any fur clothing (later amended to allow them to wear distinctive kinds of fur). And no one below the rank of lord was allowed to wear the period’s fashionable pointy shoes. The unwritten norms regarding cultural appropriation seem analogous to these sorts of restrictions. (…) thinking of it as a kind of moral pollution also might help us put it into a larger sociological context. As sociologist Murray Milner argued in his work on the Indian caste system, sacredness is but a special form of status. It corresponds to what we call moral status in our book, though like honor it might be a particular style of moral status. The sacred is that which is treated as special and worthy of reverence. It must be set apart from the profane, protected by rituals associated with cleanliness and purity. One might immediately think of Mosaic Law, but if we understand it abstractly we can see these sorts of purity rules everywhere, including regarding secular things like national flags and anthems. What is going on when a white Westerner practices yoga or paints in an indigenous style or quotes a lyric from a Beyoncé song? Perhaps it’s like having the unclean enter the temple and put on the vestments. The culture of vibrant, good, brave, people is being polluted by those who carry the moral stain of privilege. It also seems like there’s also a theme of moral pollution in some of the discourse surrounding “whiteness.” Sometimes the manner in which it’s discussed makes it seem like a curse, or something that spreads and infects places and things as well as people. Hence we see pieces where people complain about the prevalence of whiteness in LGBT spaces, or Taylor Swift exuding whiteness, or, to give a case we mention in our book, people accusing others of asking white questions and employing white research methods. (…) Victimhood culture is mainly a leftwing phenomenon, but it has a way of spreading. Conservatives and others who find themselves opposed to campus activists might uphold the values of the dignity culture the activists reject, but sometimes they end up departing from it themselves. One way they might do this is by embracing whatever victimhood culture opposes. This can mean being deliberately provocative and offensive in order to get a rise out of the activists, or at the extreme, it can mean embracing alt-right ideologies that reject equality and diversity. But another way conservatives might depart from dignity culture is by embracing the assumptions of victimhood culture and pointing to their own victimhood. In our first article on victimhood culture in 2014, we pointed to the case of Tal Fortgang, a Princeton student who wrote an article about checking his privilege, as campus activists had been urging that he and others do. The idea was that when he checked his privilege he found in his background a long history of hardship and persecution, including family members who had been persecuted and murdered in the Holocaust. Now in one sense, that’s perfectly reasonable. It points to the absurdities of the victimhood framework. The grandson of Holocaust survivors might legitimately wonder why he should have the burden of being labeled privileged while others at his elite university gain sympathy and status by labeling themselves victims. We ourselves sometimes wonder why in an academic environment where people constantly talk about disadvantage, inclusivity, diversity, and the like, our working class, small town, Southern backgrounds gain us no victimhood points. So the idea might be, if you’re going to denigrate the privileged and valorize the victimized, at least be more accurate — don’t base it all on skin color, sex, and a few other such traits. But this easily leads to competitive victimhood, where moral disputes become contests over who can claim the most disadvantage. Conservatives at colleges and universities might be especially prone to embracing victimhood since they can actually make very plausible claims of being one of the most victimized groups on campus. Conservatives are vastly underrepresented among the faculty, especially in the social sciences. Far more sociologists identify as Marxists than as conservatives, for example, and a survey of sociology professors found that nearly 30% of them acknowledged they would be less likely to support a job candidate who was a Republican. Conservatives on campus are also subject to what the activists would call microaggressions or worse if directed toward recognized victim groups. Many of them remain closeted. The claims of victimhood are understandable, then, but if conservatives end up adopting their adversaries’ assumptions about what constitutes victimhood and what the response to victimhood should be, they’ll become just another force undermining dignity culture. (…) We also see claims of victimhood becoming a key part of the campus conservative message. Conservatives should definitely complain about the suppression of free speech on campus. But sometimes this takes the form of engaging in intentionally offensive speech in order to get a reaction from the left that then becomes the basis of further complaints. This actually combines both of the dignity-rejecting strategies — the embrace of offensiveness and the embrace of victimhood. Conservative groups that have brought in the provocateur Milo Yiannopoulos, for example, seem more interested in stirring up controversy and angering the left than in advancing conservative ideas. They should have the right to do so, of course, and even when groups have brought in conservative intellectuals campus activists have sometimes reacted in the same way. Still, bringing in someone like Yiannopoulos hardly advances the ideals of dignity. (…) Another way that conservatives and other opponents of victimhood culture may end up adopting its assumptions, perhaps unwittingly, is by valorizing the victims of victimhood culture.  (…) According to Black’s theory, tolerance of diversity is greater in exactly those places that have more diversity to start with, while concern with cultural purity is greatest where culture is relatively homogeneous. Theoretically, increasing ideological diversity should reduce the degree of ideological intolerance on campus, and so undermine some of the more severe eruptions. It would also provide some more tolerance for those wishing to criticize victimhood culture as such. For many college students, socialization into extreme sensitivity and dependency began before they arrived. There are signs that children and youth — at least from the middle and upper classes — are more sheltered, supervised, and regulated than in decades past, and that they have correspondingly less practice in coping with difficulties and handling conflicts on their own. Supporters of so-called free-range parenting campaign against this, encouraging parents to allow their children unsupervised play and school districts to provide recess grounds with such dangerous equipment as jungle gyms and monkey bars. One might find ways to encourage these kinds of initiatives locally or nationally, such as by raising money for the legal defense of people charged with neglect and abuse for what many of us would consider a reasonable bit of autonomy or schools held responsible for accidental injuries. And finally, it’s important to combat victimhood culture and to deal with the problems it creates in the universities and elsewhere, but it’s also important to create alternatives to the universities and the mainstream media where serious ideas can be discussed and debated. Bradley Campbell and Jason Manning
Portée outre-Atlantique par l’extrême gauche, puis par des groupes et des individus s’estimant les porte-paroles exclusifs de «minorités» de couleurs, de genres, d’obédiences spirituelles, etc., l’idéologie racialiste mère de ce désastre culturel a été largement décrite, et depuis longtemps, par nombre d’intellectuels américains – hélas trop rarement traduits en français – d’Allan Bloom au milieu des années 1980 jusqu’à l’ouvrage récemment publié par deux sociologues, Bradley Campbell & Jason Manning, The Rise of Victimhood culture (Springer, 2018). Aux États-Unis est ainsi née l’inversion des modes ségrégatifs. Dans un pays qui vécut longtemps sur un système de discrimination légale, doit-on s’étonner? Les antiracistes-racistes actuels se prétendent héritiers de la lutte pour les droits civiques des années 1960, qui visait en effet à combattre des situations bien réelles et à abolir les lois de ségrégation raciale. Une fois l’égalité des droits acquise fut mise en œuvre la discrimination positive, source d’effets pervers qui ont justifié sa profonde remise en cause, y compris par le président Obama. Mais ce n’était pas assez: il fallait suivre les traces de Malcom X plutôt que la sagesse d’un Luther-King, il fallait que les WASP payent, et sur plusieurs générations. Seuls des «blancs» adeptes de l’autoflagellation pourraient désormais échapper à l’opprobre du racialement-correct. Ils furent légion, ils se comptèrent par millions, jusqu’au point où cette haine de soi apparut pour ce qu’elle était: une pathologie collective suicidaire Le concept «d’appropriation culturelle» étant une des gouttes qui a fait déborder le vase de la bêtise du «progressisme racialiste». Des Américains de toutes origines commencèrent alors à reprendre leurs esprits, à sortir la tête de l’eau croupie de l’autodénigrement. Ironie du sort, au même moment, en France, nous plongeons à notre tour dans ce marigot, l’adaptant à notre sauce, réécrivant notre histoire commune à partir de récits mêlant histoire, mémoire et mythologie sur des thèmes obsessionnels tels que l’esclavage, le colonialisme, le génocide, l’homophobie, la misogynie, l’immigration. Il en ressort que la société française – traduire par «blanche», «de souche», «gauloise» etc. – serait intrinsèquement raciste. Depuis une dizaine d’années, dans les départements universitaires français de Sciences humaines, nombre de chercheurs – inconnus du public éclairé, voire de leurs collègues universitaires renommés – reprennent les grandes théories des «gender studies» ou des «racial studies» élaborées aux États-Unis reprenant le vocabulaire abscons cher aux héritiers de Deleuze, Lacan, Foucault et Derrida, cette «French theory» influente sur les campus des années 1970-80. Certains sont docteurs en sociologie ou en sciences politiques. Beaucoup plus rares, mais plus inquiétants, d’autres sont normaliens. La plupart des fers de lance de cette idéologie sont des étudiants-doctorants qui voient leurs thèses validées par une poignée de professeurs d’université grenouillant dans la mouvance indigéniste. Tout ce petit monde, très sensible au discours des Indigènes de la République et du CCIF, publie des articles dans des revues secondaires voire anonymes et des livres chez des éditeurs militants plutôt qu’universitaires. Mais ce sont les petites rivières qui forment les grands fleuves. Ils nous expliquent que ce qui compte, ce n’est pas tant le réel que les représentations mentales et sociales, qui à les lire seraient gravées dans le marbre… Commence ainsi la police de la pensée dont toutes les idéologies totalitaires ont porté la marque: on vous assigne à une identité en vous prêtant une pensée (et donc des comportements) induite par votre groupe d’appartenance, supposé ou réel. Vous devenez raciste par vos ascendants, sexiste parce que vous êtes un homme blanc hétérosexuel. Parallèlement, si vos ascendants furent esclaves, colonisés, exterminés ou si vous êtes née femme, vous êtes à jamais victime. Et comme il s’agit de représentations sociales, il convient d’éclairer votre lanterne, car pauvre bougre que vous êtes, vous êtes parfois victime ou bourreau par héritage sans le savoir! Une poignée de maîtres-penseurs, Docteur-es PHD à l’appui, viennent ainsi révéler au grand jour vos tares et vos traumas. Trop d’impensés tueraient-ils la pensée? Par la magie d’un simple logiciel de statistiques, ces soi-disant penseurs «analysent» vos discours et vos textes et produisent un nuage de mots administrant la preuve sémantique de vos obsessions mentales, racistes, sexistes, homophobes, enfin dévoilées. L’avantage du concept d’«inconscient collectif» ou celui de «construction sociale» est qu’il permet d’attribuer toute pensée déviante à un tiers voire à un groupe social dans son entier. Ainsi les indigénistes recourent-ils systématiquement à l’essentialisation pour stigmatiser les «bourreaux». Essentialisation que, ne craignant pas la contradiction, ils dénoncent tout aussi systématiquement dès qu’il s’agit des «victimes». (…) La thèse dite «décoloniale», initiée et défendue par la mouvance indigéniste, postule l’existence d’un «racisme d’État», d’un racisme «systémique» qui maintiendrait délibérément les populations issues de l’immigration africaine dans un statut d’infériorité. Ce «racisme d’État» viserait du même coup spécifiquement l’islam, religion qui de ce fait se retrouve assimilée à une «race», celle des victimes, des humiliés par excellence. Cette «domination» racialiste serait instaurée par l’institution scolaire dès le plus jeune âge et à tous les niveaux ; les élèves, les étudiants seraient ainsi exposés à des enseignements biaisés visant à les rabaisser, les enseignants véhiculant inconsciemment pour la plupart des représentations sociales héritées de l’époque coloniale. Pour la mouvance décoloniale, l’École de la IIIème République est l’objet de toutes les détestations: odieusement raciste et islamophobe puisque laïque, affreusement colonialiste car elle croyait en un idéal universel d’instruction, la fameuse «mission civilisatrice». Il s’agit toujours chez les indigénistes de porter un regard anachronique sur cette époque passée pour mieux la décalquer sur le présent. L’anachronie, c’est leur fonds de commerce. (…) L’offensive universitaire de ces mouvements constitue un danger réel pour l’enseignement supérieur, plus généralement pour la crédibilité des universités françaises déjà mises à mal dans les classements internationaux. L’université française ne peut pas se permettre la gangrène qui a gagné certains campus américains, qui y a décrédibilisé des départements entiers et a conduit des enseignants réputés à quitter leurs postes. Car, ne nous y trompons pas: les indigénistes, comme les islamistes, suivant les théories de Gramsci, veulent précisément faire imploser l’institution scolaire et académique, qui sont les socles de la société à venir. Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret
Selon les postcolonial studies, courant venu du monde anglo-saxon et sud-américain, le « passif colonial » continuerait à structurer toutes nos institutions et représentations. Encore minoritaires dans le champ académique il y a dix ans, ces thèses semblent s’inviter de plus en plus à l’université. C’est d’abord une question de vocabulaire. « Racisme structurel » (de l’Etat français), « domination blanche »,  » féminisme islamique »… Une nuée de concepts qui ne se limitent plus aux cercles d’initiés et aux réunions militantes. Un peu partout, on voit se multiplier les cours, les travaux dirigés, les doctorats, les sujets de thèse, les colloques ayant trait à ces questions. Beaucoup des chercheurs ou enseignants rencontrés au cours de cette enquête témoignent sous couvert d’anonymat. Le sujet, disent-ils, est trop « brûlant », trop « passionnel », « confisqué par les extrêmes ». Pour les esprits « raisonnables », ceux qui voudraient « continuer à travailler », il n’y aurait que des coups à prendre à rester « à l’écart des vieilles ou nouvelles chapelles ». 80 intellectuels, dont Elisabeth Badinter, Mona Ozouf, Pierre Nora, Alain Finkielkraut ou encore Boualem Sansal, dénoncent cependant cette « offensive des ‘décoloniaux' » dans « Le Point » cette semaine. « Tout cela crée un profond clivage entre collègues », souligne Gérard Noiriel, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en Sciences Sociales (EHESS). Benjamin Stora, président du Musée de l’Histoire de l’Immigration et spécialiste de la guerre d’Algérie, est à peine plus disert. Malgré tout, il lâche : « Dans notre pays, nous avons peu de professeurs spécialistes de l’histoire de la décolonisation. Du coup, le sujet est préempté par de jeunes doctorants en sociologie ou en science politique, parfois très dogmatiques. » C’est dans ce vide académique que se sont engouffrés ceux que l’on appelle, et qui s’appellent eux-mêmes, les « décoloniaux », des chercheurs qui assument d’être aussi des militants. Le 6 novembre dernier, Sciences-Po Aix-en-Provence a programmé une conférence sur le thème : « Un féminisme musulman, et pourquoi pas ? » La conférencière s’appelle Malika Hamidi, sociologue, auteur de plusieurs articles et d’un essai, notamment sur la question du foulard. Elle préconise : « La lutte féministe de la musulmane d’Europe sera principalement une lutte contre l’islamophobie et le paternalisme d’un certain féminisme occidental à prétention universaliste. » Habituée des colloques en France (elle a aussi été invitée à l’institut d’études politiques de Lyon et à l’EHESS), Malika Hamidi se targue d’être aussi « une femme de foi et une militante ». A son CV il faut ajouter le titre de directrice générale de l’European Muslim Network, une organisation présidée par Tariq Ramadan. (…) Pour ses partisans, la percée de la mouvance « décoloniale » illustre en effet l’expression du pluralisme à l’université, qui s’ouvrirait enfin aux « problématiques » nouvelles travaillant la société. Pas suffisamment encore aux yeux de certains. C’est le cas du sociologue Eric Fassin, directeur du département d’études de genre à Paris-VIII, qui a importé en France les postcolonial studies. Cette figure médiatique, qui exerce une réelle influence sur une partie du monde universitaire et intellectuel français, a cosigné une tribune collective, publiée dans « Libération » en 2015, condamnant le rôle de l’Etat français, « comme l’acteur principal d’un racisme institutionnel ». Aujourd’hui, il regrette que les universités soient toujours trop frileuses : « Il n’y a pas assez de créations de poste. Nous manquons de professeurs qui travaillent sur les discriminations raciales. » François Burgat, lui, n’a pas attendu ces dernières années pour faire entendre sa voix. Septuagénaire, directeur émérite de recherche au CNRS, il n’a jamais tourné le dos à Tariq Ramadan, y compris après sa mise en examen pour viol. « La vraie question n’est plus de savoir si Tariq Ramadan ‘a violé trois femmes’, expliquait-il le 26 octobre sur Twitter, mais bien ‘avec l’aide de qui ces trois femmes sont-elles parvenues si facilement à rouler trois magistrats dans la farine’ ? » Sur Twitter toujours, après l’émoi suscité par l’assassinat de l’octogénaire juive Mireille Knoll, chez elle à Paris, il n’a pas hésité à écrire : « Oups, ce n’était pas vraiment la Shoah dans un appartement. » Parmi d’autres déclarations publiques, on peut noter ses attaques contre la télévision française qu’il traite de « Télavivision » (en référence à Tel-Aviv) ou ses incitations à « soutenir le CCIF ». Et François Burgat compte toujours autant de disciples au sein de l’Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde arabe et musulman (Iremam) d’Aix-en-Provence, un laboratoire doté de moyens importants et qui accompagne, pour les années 2018-2019, quarante-cinq doctorants dans la rédaction de leurs thèses. Récemment, il a ainsi dirigé les travaux de l’un d’eux sur les rapports entre le Qatar et le prédicateur sunnite Youssef al-Qaradawi. Ce dernier, parfois surnommé « le cheikh de la mort « , est l’auteur de plusieurs fatwas autorisant les attentats-suicides ; il déversait, en 2009, sur la chaîne Al-Jazeera, sa haine des juifs : La thèse consacrée au prédicateur a été soutenue le 20 novembre 2017, devant un jury présidé par François Burgat. Elle n’a pas encore été publiée, mais certains observateurs qui ont assisté à la soutenance ont été interloqués. « Les relations de Qaradawi avec le Qatar y sont qualifiées de simple ‘soft power islamique de complémentarité’ ! » raconte l’un d’entre eux. Son auteur, Nabil Ennasri (formé par Tariq Ramadan, dont il dénonce la « lapidation médiatique »), est aujourd’hui docteur en science politique. Parfois, les initiatives de la faculté sont plus troublantes encore. En octobre 2017, des universitaires de Lyon-II ont convié – dans le cadre d’un colloque intitulé « Lutter contre l’islamophobie, un enjeu d’égalité ? » – Abdelaziz Chaambi, le fondateur de la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), mais aussi… fiché S par les services de renseignement. Suite au tollé de nombreuses associations, la présidence de l’université a fini par annuler la manifestation. (…) Tout cela dessine pour le moins un climat. Et les militants de la laïcité, à l’unisson de certains spécialistes de l’islam, y voient la preuve de la victoire culturelle remportée par les Frères musulmans dans le monde universitaire. Les Frères, expliquent-ils, évitent de mettre en avant leurs propres objectifs. Ils les intègrent dans d’autres combats, comme la lutte contre les discriminations ou pour l’égalité hommes-femmes. Depuis peu, les mêmes s’inquiètent de la percée du Parti des Indigènes de la République, créé en 2005, que sa porte-parole, Houria Bouteldja, défini comme « anti-impérialiste et antisioniste ». Un professeur d’économie, confie, en off : « Aujourd’hui, à l’université, si vous vous opposez à ces réseaux, vous passez vite pour un raciste. » Autre confidence, presque apeurée, d’une chercheuse en poste dans le sud de la France, ayant toujours voté à gauche, défendu les droits de l’homme, combattu toutes les discriminations : « Avant, le pire pour un universitaire, c’était d’être accusé de plagiat ; maintenant, c’est de se voir traiter d’islamophobe sur internet. Cette accusation signe la fin d’une carrière. » Quelques téméraires, pourtant, osent prendre le risque. Par exemple, Isabelle Barbéris, agrégée de lettres modernes, normalienne, chercheuse associée au CNRS et maître de conférences à Paris-VII. « Certains étudiants, dit-elle, ont été littéralement endoctrinés par des professeurs qui sont de purs militants, mais que leurs titres académiques légitiment auprès des jeunes. » Céline Masson, professeur de psychopathologie clinique à l’université de Picardie Jules-Verne, ajoute : « Il existe aujourd’hui une petite cinquantaine d’universitaires très présents sur certains campus qui instrumentalisent la notion de racisme d’Etat. » En juin, Céline Masson a fait paraître avec deux autres professeurs (Isabelle de Mecquenem, professeur de philosophie de l’université de Reims, et Jean Szlamowicz, de l’université de Bourgogne) une tribune titrée : « Un antiracisme sectaire à l’assaut des facs : malaise dans la culture juvénile ». Ils y décryptaient le « discours univoque et véhément », qui, de colloques en conférences sur l' »islamophobie », cherche, « au mépris de la rationalité critique », à « légitimer l’idée d’une racisation de la société et d’un racisme d’Etat ». Ainsi s’impose peu à peu une vision du monde, clivée entre les « indigènes » opprimés et les « Blancs » héritiers de la colonisation. Alors que le mot « race » – jusqu’il y a peu signe de ralliement de l’extrême droite – vient d’être effacé de la Constitution française par un vote à l’unanimité de l’Assemblée nationale, en juillet 2018, le voilà qui fait son entrée en force dans les universités, y compris les plus prestigieuses. En juin 2018, la Sorbonne a lancé une série de conférences autour du thème : « Approches phénoménologiques du genre et de la race. Penser les oppressions et les résistances ». En septembre, Paris-Diderot (Paris-VII) a aussi tenu un ambitieux colloque. Trois jours de réflexion avec au menu : « Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université ». Plusieurs enseignants de Paris-VII disent aujourd’hui à « l’Obs », mais toujours sous le sceau de l’anonymat, combien ils ont été heurtés par ce symposium. Bien sûr, expliquent-ils, la problématique de la race, en tant que construction sociale, mérite l’intérêt. Bien sûr, poursuivent-ils, les facultés ont toujours eu pour mission d’animer le débat et la recherche. Mais le Code de l’Education prévoit aussi que l’enseignement supérieur soit « indépendant de toute emprise politique, religieuse ou idéologique ». Et qu’il tende à l' »objectivité du savoir ». Or, à lire la présentation des travaux de Paris-VII, il semble d’emblée posé que l’école et l’université françaises sont par nature « racistes », et produisent automatiquement des discriminations. « C’est donner raison à Bouteldja [la porte-parole des du PIR, NDLR] », affirme l’un de ces enseignants. (…) Elle bénéficie également du soutien de nombreux intellectuels. En juin 2017, après un article du « Monde » consacré au malaise croissant de la gauche face à l' »usage militant des notions comme la ‘race’ ou l »islamophobie' », une vingtaine de personnalités s’indignent dans une tribune et volent au secours de Bouteldja : « Accusations infondées », « calomnies ». Parmi les signataires : l’historienne Ludivigne de Bantigny, la sociologue Christine Delphy, la philosophe Isabelle Stengers, l’écrivain Annie Ernaux, ou l’éditeur Eric Hazan. Les « thèses » professées par Houria Bouteldja ont depuis longtemps franchi les sphères confinées de la radicalité. En voici un florilège. Sur les Blancs : « J’appartiens à ma race. Au-dessus de moi, il y a les profiteurs blancs. […] Mes oppresseurs. » Sur l’homosexualité : « La tarlouze n’est pas tout à fait un homme. Ainsi, l’Arabe qui perd sa puissance virile n’est plus un homme. » Sur les juifs : « Pour le Sud, la Shoah est – si j’ose dire – moins qu’un détail. […] Cette histoire n’est pas la mienne en vérité […]. C’est pourquoi, je vous le dis en vous regardant droit dans les yeux : je n’irai pas à Auschwitz. » Lors des grèves des facs au printemps, on a pu mesurer l’effet de tels discours sur les étudiants. Les murs de plusieurs universités ont été tagués de slogans racistes (« Mort aux Blancs », « Fuck White People », « Assimilation = ethnicide »,  » Si le racisme antiblanc existait, je serais un gros faf ») ou à connotation islamiste (« Femmes, voilez-vous ! », « Allahou akbar »,  » Califat Queer « ). Pendant le même mouvement de grève, lors d’une conférence à Nanterre, deux militants « décoloniaux » ont été jusqu’à soutenir que « la gauche blanche enjoint aux non-Blancs de s’identifier comme homosexuels ». Pourquoi ? » Parce que la majorité blanche du Nord impose sa vision de la sexualité, qu’elle prétend universelle et émancipatrice, à l’intégralité de la population non-blanche du Sud qui ne lui a rien demandé.  » Sus à l' »homoracialisme français », concluaient les deux  » décoloniaux « . A bas l' »impérialisme gay » (l’une des expressions phares d’Houria Bouteldja). Sous la pseudo-spécialisation du langage, des alliances, en apparence contre-nature, se nouent. Entre les Indigènes de la République, les Frères musulmans (lesquels conceptualisent également une racialisation de l’islam) et certains militants d’extrême gauche. Tous unis pour dénoncer un « racisme d’Etat structurel, pensé, organisé et légalisé par des Blancs » et pour instituer les « indigènes » (noirs, arabes ou asiatiques) en « nouveaux damnés de la terre ». Exemple tout récent : le Collectif Rosa-Parks, qui, en octobre, a appelé à faire la « grève de la France » (« On disparaît de nos lieux de travail, de nos facs, de nos écoles ») pour dénoncer la « gestion raciale » des populations et la « ségrégation » érigée en « système ». Au bas de cet appel, les signatures d’Houria Bouteldja du PIR, de Marwan Muhammad du CCIF et d’une dizaine d’universitaires, parmi lesquels les « indigénistes » assumés Nacira Guénif-Souilamas, professeur de sociologie à Paris-VIII, et Françoise Vergès, politologue. De l’avis de tous ceux que nous avons rencontrés au cours de cette enquête, la mouvance « décoloniale » gagne du terrain à l’université. Certains s’en réjouissent, d’autres s’en inquiètent. Le plus souvent en silence. Un professeur est allé jusqu’à nous avouer sa « terreur » face à d’éventuelles représailles d’étudiants. Un autre craint de ne plus « obtenir de crédits » pour ses recherches s’il critique les orientations de son labo. Discours inutilement alarmistes ? Peut-être est-il simplement temps d’ouvrir le débat sur le sujet, sans anathèmes ni fantasmes, et de faire un état des lieux. » Matthieu Aron

Quand l’école sert aussi à faire la guerre …

A l’heure où la Fête de l’huma et nos députés les plus prétendument progressistes déroulent le tapis rouge pour le jeune produit d’une éducation à la haine palestinienne qu’un certain nombre de pays européens se voient aujourd’hui après les Etats-Unis contraints de désavouer …

Et où notre jeune président apporte son extrême onction à un professeur de mathématique qui dans la longue tradition du défaitisme révolutionnaire du « parti des 75 000 fusillés » avait lui aussi pour nos ennemis d’alors porté les valises …

Quand notre Sartre et compagnon de route national appelait à rien de moins que l’assassinat d’Européens

Comment ne pas s’inquiéter avec les sociologues américains Bradley Campbell et Jason Manning …

De l’émergence, dans le véritable ghetto culturel des campus américains, d’une culture de la victimisation qui voit, derrière la défense des minorités et entre déboulonnages de statues et décrochages d’enseignes, le retour de la censure et des purges idéologiques …

Mais aussi, avec la contamination à la société entière – mâles blancs compris, comme en témoigne en partie l’élection d’un Trump – de cette compétition et hiérarchisation victimaires, de l’escalade vers une société toujours plus conflictuelle et divisée …

Et comment ne pas s’alarmer avec les professeures françaises Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret …

Où à la veille d’un colloque à Paris VII réunissant des « chercheurs en indigénisme » ..

Un racisme tout juste chassé par la porte de la Constitution …

Revient par la fenêtre de l’université ?

Comment le racialisme indigéniste gangrène l’Université
Barbara Lefebvre
Le Figaro
07/09/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Barbara Lefebvre et Anne-Sophie Nogaret s’insurgent contre la tenue d’un colloque à Paris VII réunissant des «chercheurs en indigénisme» et dévoilent la manière avec laquelle le milieu universitaire français est saccagé par l’idéologie antirépublicaine des groupuscules d’extrême-gauche.


Barbara Lefebvre est professeur d’histoire-géographie. Elle est coauteur de Les Territoires perdus de la République (éd. Mille et une nuits, 2002). Anne-Sophie Nogaret est enseignante.


La dévastation intellectuelle conséquente à l’idéologie racialiste est apparue sur les campus américains au tournant des années 1970-1980. Pour notre malheur, elle arrive en Europe toute prête à l’emploi, dans des universités où le vide idéologique et politique a laissé le champ libre au militantisme identitariste des minorités. Un colloque organisé à l’université Paris VII fin septembre viendra encore une fois en administrer la preuve.

Portée outre-Atlantique par l’extrême gauche, puis par des groupes et des individus s’estimant les porte-paroles exclusifs de «minorités» de couleurs, de genres, d’obédiences spirituelles, etc., l’idéologie racialiste mère de ce désastre culturel a été largement décrite, et depuis longtemps, par nombre d’intellectuels américains – hélas trop rarement traduits en français – d’Allan Bloom au milieu des années 1980 jusqu’à l’ouvrage récemment publié par deux sociologues, Bradley Campbell & Jason Manning, The Rise of Victimhood culture (Springer, 2018).

Aux États-Unis est ainsi née l’inversion des modes ségrégatifs. Dans un pays qui vécut longtemps sur un système de discrimination légale, doit-on s’étonner? Les antiracistes-racistes actuels se prétendent héritiers de la lutte pour les droits civiques des années 1960, qui visait en effet à combattre des situations bien réelles et à abolir les lois de ségrégation raciale. Une fois l’égalité des droits acquise fut mise en œuvre la discrimination positive, source d’effets pervers qui ont justifié sa profonde remise en cause, y compris par le président Obama. Mais ce n’était pas assez: il fallait suivre les traces de Malcom X plutôt que la sagesse d’un Luther-King, il fallait que les WASP payent, et sur plusieurs générations. Seuls des «blancs» adeptes de l’autoflagellation pourraient désormais échapper à l’opprobre du racialement-correct. Ils furent légion, ils se comptèrent par millions, jusqu’au point où cette haine de soi apparut pour ce qu’elle était: une pathologie collective suicidaire.

Le concept «d’appropriation culturelle» étant une des gouttes qui a fait déborder le vase de la bêtise du «progressisme racialiste». Des Américains de toutes origines commencèrent alors à reprendre leurs esprits, à sortir la tête de l’eau croupie de l’autodénigrement. Ironie du sort, au même moment, en France, nous plongeons à notre tour dans ce marigot, l’adaptant à notre sauce, réécrivant notre histoire commune à partir de récits mêlant histoire, mémoire et mythologie sur des thèmes obsessionnels tels que l’esclavage, le colonialisme, le génocide, l’homophobie, la misogynie, l’immigration. Il en ressort que la société française – traduire par «blanche», «de souche», «gauloise» etc. – serait intrinsèquement raciste.

Depuis une dizaine d’années, dans les départements universitaires français de Sciences humaines, nombre de chercheurs – inconnus du public éclairé, voire de leurs collègues universitaires renommés – reprennent les grandes théories des «gender studies» ou des «racial studies» élaborées aux États-Unis reprenant le vocabulaire abscons cher aux héritiers de Deleuze, Lacan, Foucault et Derrida, cette «French theory» influente sur les campus des années 1970-80. Certains sont docteurs en sociologie ou en sciences politiques. Beaucoup plus rares, mais plus inquiétants, d’autres sont normaliens. La plupart des fers de lance de cette idéologie sont des étudiants-doctorants qui voient leurs thèses validées par une poignée de professeurs d’université grenouillant dans la mouvance indigéniste. Tout ce petit monde, très sensible au discours des Indigènes de la République et du CCIF, publie des articles dans des revues secondaires voire anonymes et des livres chez des éditeurs militants plutôt qu’universitaires. Mais ce sont les petites rivières qui forment les grands fleuves.

Ils nous expliquent que ce qui compte, ce n’est pas tant le réel que les représentations mentales et sociales, qui à les lire seraient gravées dans le marbre… Commence ainsi la police de la pensée dont toutes les idéologies totalitaires ont porté la marque: on vous assigne à une identité en vous prêtant une pensée (et donc des comportements) induite par votre groupe d’appartenance, supposé ou réel. Vous devenez raciste par vos ascendants, sexiste parce que vous êtes un homme blanc hétérosexuel. Parallèlement, si vos ascendants furent esclaves, colonisés, exterminés ou si vous êtes née femme, vous êtes à jamais victime. Et comme il s’agit de représentations sociales, il convient d’éclairer votre lanterne, car pauvre bougre que vous êtes, vous êtes parfois victime ou bourreau par héritage sans le savoir! Une poignée de maîtres-penseurs, Docteur-es PHD à l’appui, viennent ainsi révéler au grand jour vos tares et vos traumas. Trop d’impensés tueraient-ils la pensée? Par la magie d’un simple logiciel de statistiques, ces soi-disant penseurs «analysent» vos discours et vos textes et produisent un nuage de mots administrant la preuve sémantique de vos obsessions mentales, racistes, sexistes, homophobes, enfin dévoilées.

L’avantage du concept d’«inconscient collectif» ou celui de «construction sociale» est qu’il permet d’attribuer toute pensée déviante à un tiers voire à un groupe social dans son entier. Ainsi les indigénistes recourent-ils systématiquement à l’essentialisation pour stigmatiser les «bourreaux». Essentialisation que, ne craignant pas la contradiction, ils dénoncent tout aussi systématiquement dès qu’il s’agit des «victimes».

Ainsi donc, à l’université Paris 7 aura lieu du 27 au 29 septembre 2018 un colloque intitulé «Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université» et qui rassemblera la crème de ces chercheurs en indigénisme et quelques-uns de leurs serveurs de soupe habituels. L’articulation de la notion de «race», ici subtilement passée par le prisme «discriminatoire», au système scolaire et académique français, de ce fait implicitement défini comme raciste, porte la marque de l’indigénisme.

On l’avait déjà vu clairement exposée lors du stage «Sud Éducation 93» de décembre 2017 intitulé sobrement «Au croisement des oppressions. Où en est-on de l’antiracisme à l’école?». Lequel stage de formation syndicale prévoyait des sessions «décoloniales» interdites aux descendants d’esclavagistes et/ou de colons, autrement dit, interdites aux blancs non musulmans. Certains animateurs de ce stage interviendront au colloque de Paris 7, comme Wiam Berhouma, enseignante d’anglais en collège ou Lissel Quiroz, membre de l’association «le Front de mères».

La thèse dite «décoloniale», initiée et défendue par la mouvance indigéniste, postule l’existence d’un «racisme d’État», d’un racisme «systémique» qui maintiendrait délibérément les populations issues de l’immigration africaine dans un statut d’infériorité. Ce «racisme d’État» viserait du même coup spécifiquement l’islam, religion qui de ce fait se retrouve assimilée à une «race», celle des victimes, des humiliés par excellence. Cette «domination» racialiste serait instaurée par l’institution scolaire dès le plus jeune âge et à tous les niveaux ; les élèves, les étudiants seraient ainsi exposés à des enseignements biaisés visant à les rabaisser, les enseignants véhiculant inconsciemment pour la plupart des représentations sociales héritées de l’époque coloniale. Pour la mouvance décoloniale, l’École de la IIIème République est l’objet de toutes les détestations: odieusement raciste et islamophobe puisque laïque, affreusement colonialiste car elle croyait en un idéal universel d’instruction, la fameuse «mission civilisatrice». Il s’agit toujours chez les indigénistes de porter un regard anachronique sur cette époque passée pour mieux la décalquer sur le présent. L’anachronie, c’est leur fonds de commerce.

En cette fin septembre, trois jours durant, une université parisienne va donc débattre de son propre racisme, confirmant en cela non seulement qu’il existe, mais encore qu’il lui serait quasiment consubstantiel. Au sein même de l’institution académique, distiller la thèse selon laquelle celle-ci serait structurellement raciste constitue une des tactiques répertoriées de l’entrisme indigéniste. Les activistes «décoloniaux», fins stratèges mais peu nombreux en réalité, misent sur le principe d’économie: un investissement minimal (quelques intervenants, dont certains avancent masqués) qui par le truchement des instances universitaires permet de répandre les thèses indigénistes aux jeunes générations, et ce d’autant plus efficacement qu’elles se trouvent estampillées du label universitaire: si l’académie le dit, c’est que c’est vrai… Comme l’écrivait en 1987 Allan Bloom: «les étudiants sont, en général, gentils. C’est à dessein que j’emploie cet adjectif. Ils ne sont pas particulièrement moraux ou nobles. Dans les époques heureuses, la gentillesse est une facette du caractère démocratique».

De la gentillesse à la mollesse jusqu’à l’endoctrinement les yeux grands fermés, il n’y a que quelques degrés que la déculturation de masse produite par notre enseignement secondaire depuis vingt ans aura permis de dépasser. Et parmi ces étudiants seront (sont déjà?) formés nos futurs enseignants, qui à leur tour, apprendront (apprennent?) à leurs élèves à quel point ils sont opprimés par les «blancs», et ainsi de suite.

Un président d’université peut ne pas être au courant du détail des rencontres organisées au sein de la structure qu’il dirige, comme c’était sans doute le cas à Lyon, à Limoges et à Toulouse où de tels colloques ont été annulés ces dernières années après avoir été portés à la connaissance du public par les médias. Tel ne saurait être le cas du colloque «Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université», puisque le 27 septembre prochain Christine Clerici en personne, présidente de l’Université Paris-Diderot, inaugurera les festivités. Seront présents lors de ce discours d’ouverture tous les organisateurs. Parmi ces derniers figurent Fabrice Duhme et Abdellali Hajjat. Sans doute Madame Clerici ignore-t-elle que Fabrice Duhme est sympathisant du Parti des indigènes de la République? Pour mémoire, en 2014, à la date symbolique du 18 juin, il cosignait leur appel à l’abrogation de la circulaire Chatel permettant d’interdire à des parents portant un signe religieux ostentatoire d’accompagner les activités scolaires. Plus récemment, il soutenait le stage organisé par le syndicat Sud-Education 93 précité. Quant à Abdellali Hajjat, maître de conférences à l’Université Paris-Ouest Nanterre, il a co-écrit avec Marouane Mohammed, sociologue s’affichant avec Assa Traoré, un ouvrage intitulé: Islamophobie: Comment les élites françaises fabriquent le «problème musulman».

Madame la présidente de l’université Paris Diderot prononcera-t-elle donc un discours d’ouverture en présence d’organisateurs dont les positions indigénistes et en faveur de l’islam politique ne sont un secret pour personne?

Quant aux intervenants du colloque, on y relève la présence d’un inspecteur général de l’Éducation nationale, Benoit Falaize, qui se garde bien de se présenter sous ce titre dans le programme actuellement disponible, se contentant d’énoncer son statut de «chercheur». L’Inspection Générale Enseignement Primaire est-elle informée de sa participation à ce colloque? De même, Madame Judith Klein de la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire, qui dirige la mission «prévention des discriminations et égalité fille-garçon», est-elle annoncée comme intervenante. La sous-direction de la vie scolaire dont dépend Mme Klein approuve-t-elle sa présence à un tel colloque?

Parmi les intervenants, nombre d’étudiants et de doctorants qui sont autant d’illustres inconnus. Quelques noms pourtant attirent l’attention: Hanane Karimi membre de Lallab ou Wiam Berhouma, professeur d’anglais, figure centrale du stage «décolonial» de Sud Education 93 en 2017, dont le haut fait d’arme est d’avoir interpellé avec aggressivité Alain Finkielkraut dans une émission de France 2 en 2016. Coup d’éclat médiatique qui lui a d’ailleurs réussi puisqu’elle fut reçue en février 2017 avec ses classes par Claude Bartolone, alors président de l’Assemblée Nationale. Ella a, en outre, récolté en 2018 plus de 12 000 euros via la cagnotte Ulélé pour que ses élèves «descendants de l’immigration et qui ne se sentent pas ou seulement très peu citoyens» aillent à New York, afin de savoir «comment s’est construite et comment se construit cette citoyenneté aux États-Unis en comparaison avec la France». Il est d’ailleurs courant que les leaders indigénistes mettent de côté leur ressentiment anti blancs et anticapitaliste quand il s’agit de récolter des fonds chez de vieux milliardaires ou de se faire offrir des séminaires de formation aux États-Unis sur la discrimination positive et les class actions… La caution de l’académie via le discours d’ouverture de Madame Clerici ne manquera pas de légitimer de telles ascensions!

Plus parlante encore, la présence parmi les intervenants d’un membre de l’association «le Front de mères», Lissel Quiroz. Association fondée en 2017 par Fatima Ouassak, proche du PIR et passée par Sciences-po Lille, qui entend en faire à terme un syndicat de parents d’élèves. On peut s’interroger sur le profil de ces futurs représentants puisque l’appel du Front de mères commence par une déclaration sans ambiguïté: «L’école, c’est la guerre», avant d’aligner unilatéralement le discours de l’humiliation cher aux indigénistes et aux islamistes: «Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires….nos enfants fréquentent des établissements où ils sont stigmatisés et humiliés par certains enseignants, prêts à partir en croisade contre une jupe longue ou un début de barbe suspecte… Nos enfants assistent aux humiliations que nous y subissons, notamment lorsque nous sommes voilées et qu’on nous interdit de les accompagner en sortie… Nos enfants apprennent très tôt la hiérarchisation raciale».

Sans porter atteinte à la liberté d’expression, Christine Clerici, présidente de l’université Paris Diderot, mais aussi Jacques Toubon, le défenseur des droits, doivent-ils accorder par leur présence la caution institutionnelle que cherche la mouvance indigéniste? L’offensive universitaire de ces mouvements constitue un danger réel pour l’enseignement supérieur, plus généralement pour la crédibilité des universités françaises déjà mises à mal dans les classements internationaux. L’université française ne peut pas se permettre la gangrène qui a gagné certains campus américains, qui y a décrédibilisé des départements entiers et a conduit des enseignants réputés à quitter leurs postes. Car, ne nous y trompons pas: les indigénistes, comme les islamistes, suivant les théories de Gramsci, veulent précisément faire imploser l’institution scolaire et académique, qui sont les socles de la société à venir.

Voir aussi:

Appel du « Front de mères » : luttons pour nos enfants !

Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires, êtes-vous sereins quand vous confiez vos enfants à l’école le matin ? Êtes-vous rassurés à l’idée qu’ils y passent l’essentiel de leur vie ?

Nous sommes, pour beaucoup d’entre nous, inquiets voire angoissés dès qu’on évoque l’école. Et pour cause !

Nos enfants fréquentent des établissements qui n’ont pas les moyens de fonctionner, avec des taux records de professeurs absents et non remplacés, des taux records de professeurs mal-formés.

Nos enfants fréquentent des établissements où ils sont stigmatisés et humiliés par certains enseignants, prêts à partir en croisade contre une jupe longue ou un début de barbe suspecte.

Nos enfants sont traumatisés par des conflits d’autorité entre leurs parents et l’école, lorsque par exemple leurs parents leur demandent de ne pas manger la viande imposée dans leur assiette, alors que l’institution les incite, voire les oblige à la manger.

Nos enfants apprennent à l’école à ne pas respecter les valeurs que nous essayons de leur transmettre.

Nos enfants nous regardent quand nous sommes sermonnés et infantilisés par les enseignants.

Nos enfants assistent aux humiliations que nous y subissons, notamment lorsque nous sommes voilées et qu’on nous interdit de les accompagner en sortie.

Nos enfants apprennent à l’école à avoir honte de leurs mamans. Nos enfants apprennent très tôt la hiérarchisation raciale.

Nos enfants comprennent très tôt que l’école a un problème avec leurs cheveux quand ils sont crépus, avec leur langue maternelle si elle est africaine, avec leur religion quand c’est l’Islam.

Nos enfants subissent des programmes scolaires où les peuples dont ils sont issus, sont infantilisés, diabolisés ou invisibilisés.

Nos enfants apprennent à l’école à avoir honte de ce qu’ils sont.

Cette manière dont l’école traite nos enfants n’est pas accidentelle. Les discriminations qu’ils subissent ont une fonction : les résigner à occuper les postes les plus précaires, les plus mal payés, aux conditions de travail les plus difficiles.

Si notre enfant rêve d’avoir un jour un « beau métier », valorisé socialement, tout un système d’orientation se met en place, de la maternelle au collège, à travers les appréciations, le système de notations et les préjugés, pour l’en dissuader, et l’amener, étape par étape, vers des filières conduisant à des métiers à très faible valeur sociale.

Nos enfants sont éduqués à l’école de manière à ce qu’ils deviennent plus tard une main d’oeuvre malléable et bon marché, sans se plaindre. Mais ils sont aussi éduqués de manière à ce que même lorsque, exceptionnellement, ils font de brillantes études, et qu’ils occupent des postes à responsabilité, ils restent à leur place, ils font allégeance, et ils courbent l’échine.

La manière dont l’école nous traite, nous parents, n’est pas accidentelle non plus.

Nos familles, le lien que nous avons à nos enfants, la transmission que nous leur devons, nos racines, nos langues, et nos religions, sont des ressources pour nos enfants. Tout est fait pour casser cette famille-ressource qui permettrait à nos enfants de mieux résister. Isoler pour mieux écraser.

Comment empêcher que nos enfants soient ainsi brisés par l’école?

Pour sauver nos enfants, nous ne pouvons pas nous contenter de stratégies individuelles !

Car avec ces stratégies individuelles, notre enfant sera amené à courber l’échine toute sa vie durant, et ce ne sera jamais suffisant.

Qu’elle soit caissière ou ministre, téléconseillère ou avocate, notre fille subira le racisme.

Qu’il soit chômeur ou chirurgien, livreur ou ingénieur, notre fils subira le racisme.

A quoi sert d’élever notre fille comme une reine, si la société dans laquelle elle grandit considère les personnes qui lui ressemblent comme des êtres inférieurs?

En réalité, soit nous, parents noirs, arabes et musulmans gagnons ensemble. Soit nous perdons ensemble, et aucun de nos enfants ne sera épargné, y compris les quelques-uns qui auront atteint les classes moyennes et supérieures, car qui peut prétendre qu’on peut être heureux en étant honteux et aliéné?

Évidemment, nous voulons que nos enfants réussissent à l’école, y aient de bons résultats et s’y épanouissent.

Mais nous devons refuser de choisir entre réussite scolaire et dignité.

Nous devons le refuser pour nos enfants, parce que nous les aimons et que nous voulons ce qu’il y a de mieux pour eux, réussir et s’aimer soi-même, réussir et aimer les siens, réussir et avoir confiance en soi, réussir et rester digne.

Parce que nous aimons nos enfants,

Parce que nous voulons mettre hors d’état de nuire le système raciste qui les détruit,

Parce que nous voulons leur transmettre tout ce qui pourra les rendre plus forts, à commencer par notre dignité,

Parce que nous voulons les éduquer à travers des valeurs d’égalité, de justice et de bienveillance,

Parce que nous savons que sans lutte politique et collective, ce combat-là est vain,

Nous avons créé le Front de Mères. Et nous lançons les Etats Généraux des Familles qui auront lieu fin mai 2017, à Paris, pour réfléchir et travailler ensemble à un plan d’actions concrètes. Collectifs locaux de parents, rejoignez-nous pour organiser ces Etats Généraux, contactez-nous.

LE FRONT DE MÈRES
Coordinatrices : Fatima Ouassak (Politologue, auteur du livre « Discriminations Classe/Genre/Race », Ifar, 2015) et Diariatou Kebe (Blogueuse et auteure du livre « Maman noire et invisible », aux éditions La Boîte à Pandore (2015). Contact : front2meres gmail.com

Agenda : « Les États Généraux des Familles : l’urgence de construire des stratégies collectives en matière d’éducation et de transmission », le 24 mai 2017 (Horaires : 9h – 18h) – Lieu : La Parole Errante 9, rue François Debergue – 93100 Montreuil

Voir également:

The War on Dignity

Claire Lehmann reviews Bradley Campbell’s and Jason Manning’s « The Rise of Victimhood Culture »

In 2011, a group of University of Wyoming students created a Facebook group called “UW Crushes,” where they shared anonymous declarations of attraction to one another. The police were called to investigate when one anonymous poster wrote: “I want to hatef–k Meg Lanker Simons so hard That chick runs her liberal mouth all the time and doesn’t care who knows it. I think its [sic] hot and it makes me angry. One night with me and shes [sic] gonna be a good Republican bitch.” Students who were members of the group asked the group’s administrators to remove the post. But Lanker Simons objected: “Actually, I want this to stay up. This is disgusting, misogynistic, and apparently something the admins of this page think is a perfectly acceptable sentiment.” She continued: “Even if it is taken down, I’m left to wonder if there’s someone out there with a violent fantasy about me—and likely other women.” Police later determined that the post was a hoax and that the threat had been written by Meg Lanker Simons herself. Before the police arrived at this conclusion, a rally against “rape culture” had been held at the university.

The Rise of Victimhood Culture makes the case that incentives at the modern American university have created a new moral culture, one where victimhood is granted a special moral status. Awarding status to victims has in turn led to hoaxes, false accusations, and, in some extreme cases, moral panics. The diagnosis is put forward by sociologists Bradley Campbell and Jason Manning, and they make their case convincingly. The argument is that college campus is ground zero for this new culture, but its rules of conduct are starting to leak into mainstream institutions.

Campbell and Manning did not start their careers investigating microaggressions and trigger warnings. Campbell had been studying the sociology of genocide at California State University, and Manning had been studying suicide at West Virginia University. They came together to consider the questions of how groups manage conflict and how grievances are handled in different cultural contexts. In The Rise of Victimhood Culture, Campbell and Manning describe the three main moral cultures that exist today: “dignity,” “honor,” and “victimhood,” and the various behaviors associated with each.

A dignity culture, they explain, has a set of moral values and behavioral norms designed to promote the idea that each human life possesses immutable worth. If an individual has been brutalized or exists at the bottom of a social pecking order, she still has human worth. In a dignity culture, children are encouraged to try their best and are taught aphorisms such as “sticks and stones make break my bones, but words will never hurt me.”

By contrast, in an honor culture, being on the bottom of a social pecking order is associated with great shame. Victims are tainted and often punished for bringing dishonor to their families. In some extreme circumstances, they may even be killed.

A victimhood culture departs from both by inverting their norms. On a university campus, for example, victims are not shamed but are instead fiercely protected, and now awarded status. This dynamic could be observed as early as 2015, in the reception to Emma Sulkowicz’s protest against a sexual assault she alleged had taken place. It consisted of her carrying her mattress around the Columbia University campus, including to class, under the condition that her accused rapist needed to be expelled in order for her to stop. For this performance, she was widely criticized, but she was also heralded as a feminist hero. The New York Times art critic Roberta Smith called it “succinct and powerful” and added that Sulkowicz has “set a very high standard for any future work she’ll do as an artist.” Although Columbia University and the New York Police Department failed to establish any wrongdoing on the part of the student Sulkowicz had accused, for art critics such as Smith, the accused student’s guilt was a fait accompli. That such awards and accolades might incentivize vexatious or false complaints in a student body seemed not to matter to adults in charge.

In the most disquieting chapter, Campell and Manning predict that victimhood culture will eventually spread from elite colleges into the mainstream. In making this prediction, they note the significance of the fact that victimhood culture has emerged among the wealthiest schools in America. Oberlin and Brown, for example, have led the microaggression movement, while Claremont has been a pioneer in safe-space demands, microaggression protests, and the banning of speakers. They point out that the median family income at Middlebury College—where Charles Murray was shouted down and where his sponsoring professor, Alison Stranger, was given whiplash injuries in a parking lot—was $240,000 per year. That income level is double that of Saint Louis University, where Murray spoke to an attentive audience. The book thus highlights a peculiar fact: The students most obsessed with their own oppression are some of the most pampered individuals in the world.

Unlike victimhood culture, dignity culture did not arise from pampered pupils at American schools and universities. It did not even originate with the upper classes. Campbell and Manning explain that it was first established in the class of yeoman farmers, master craftsmen, and artisans of Northern Europe. Since its members had goods to sell, they had a lot to gain from general tolerance of the foibles of others and a lot to lose from engaging in reckless violence. While the nobility continued to duel with swords, Europe’s growing middle classes developed cultures of commercial interdependence. When institutions such as courts matured and the authority of nobles was weakened, the upper classes adopted dignity culture as well. So while dignity spread upwards from the middle classes to the social elite, Campbell and Manning warn, victimhood culture will likely spread downwards from the social elites to the middle classes—as those wishing to be upwardly mobile will try to emulate upper-class moral norms.

While the culture is likely to spread downwards, it is also likely to inspire resentment. Campbell and Manning warn that the narratives of privilege deployed by the culture, which target white men in particular, are just as likely to inspire hostility as deference, especially in those who feel that they are unfairly targeted as oppressors:

If whites and males increasingly face a moral world divided between those who vilify them and those who glorify them, we should not be surprised if many find the latter more appealing than the former.… Here again, the backlash against victimhood may not necessarily advance the ideals of dignity, such as the moral equality of all people. Victimhood culture deviates from this moral equality by producing a moral hierarchy with white males at the bottom; the reaction it provokes may be the resurgence of a moral hierarchy that places them at the top.

Paradoxically, the backlash against political correctness is likely to make the situation worse. Conservatives are quickly learning to ape victimhood, too. The authors note that professional provocateur Milo Yiannopolous “thrives on causing offense and controversy,” neither of which promotes a culture of dignity.

When Kevin Williamson was fired from the Atlantic, Erick Erickson tweeted, “Kevin Williamson’s firing is a reminder that there are two Americas and one side will stop at nothing to silence the other.” Kurt Schlichter took it up another notch:

Never Trump, the public humiliation of Kevin Williamson demonstrates the indisputable fact…

You can side with the left and hope to be allowed to exist like a domesticates [sic] lap dog like David Brooks or Bret Stephens…

Or you can accept this is an existential fight and join us.

The logic of victimhood culture, then, is escalating grievance and retaliatory aggression. When slights cannot be neutralized with a dignified turn of the cheek, the prognosis looks grim.

What the purveyors of victimhood culture do not seem to grasp is that in weakening dignity, and in undermining the principles that deem all men and women to be moral equals, they unwittingly destroy the safeguards that prevent bad actors—such as hoaxers and narcissists—from climbing the social hierarchy through dishonesty and manipulation. In incentivizing weakness and reliance on third parties to intervene in disputes, students invite a paternalistic authoritarian apparatus to develop. While they seem comfortable with an authoritarian apparatus on their university campus today, we should not be surprised if they demand an authoritarian state to police the citizenry tomorrow. The logical endpoint of a victimhood culture will not be a progressive utopia. On the contrary: The further this culture radiates outward, the more likely it will make victims of us all.

Understanding Victimhood Culture: An Interview with Bradley Campbell and Jason Manning

Quillette
May 17, 2018

Bradley Campbell, Associate Professor of Sociology at California State University, and Jason Manning, Associate Professor of Sociology at West Virginia University, have been described as “prophets of the academic world” by psychologist Jonathan Haidt, and their new collaborative work The Rise of Victimhood Culture: Microaggressions, Safe Spaces, and the New Culture Wars, “a book of revelations,” by the sociologist Donald Black. The two sociologists have aimed to supply us with an empirical sociological analysis of the recent moral conflicts that have erupted on U.S. college campuses—and the extent to which these conflicts are spreading outwards into mainstream society.

After reading the book, I reached out to the American sociologists to interview them about some of the key themes of their book, and also to gain insight into some recent cultural trends that were not covered.  What follows is a transcript of our interview conducted via email.

I. Three Moral Cultures

Claire Lehmann: Just briefly for our readers who have not read your book, can you explain the main differences between the dignity, honor and victimhood cultures which you outline in your thesis?

Bradley Campbell and Jason Manning: The three moral cultures are different clusters of traits having to do with what people find offensive and how they handle their grievances.

In dignity cultures, there is a low sensitivity to slight. People are more tolerant of insult and disagreement. Children might be taught some variant of “Sticks and stones can break my bones, but words can never hurt me.” It’s good to have “thick skin,” and people might be criticized for being too touchy and overreacting to slights. If the issue in the conflict is something more than a slight or insult — say, a violent assault — you’re to handle the matter through appeal to authorities such as the legal system. Taking the law into your own hands with violent vengeance is itself a serious crime and generally looked down upon.

In honor cultures, there’s a much greater sensitivity to slight. Insults demand a serious response, and even accidental slights might provoke severe conflict. Having a low tolerance for offense is more likely to be seen as a virtue than a vice. Letting yourself be slighted without seeking justice is shameful. And seeking justice is more likely to take the form of violent vengeance. Appealing to authorities is more stigmatized than taking matters into your own hands.

These two kinds of cultures emphasize different sources of moral status or worth. Honor is one’s status in the eyes of other people. It depends on reputation. And while a lot of things might go into making this reputation, the core of classical honor is physical bravery. Tolerating slights is shameful because you let someone put you down without defending your reputation by force. It suggests cowardice. Appealing to the authorities is shameful for the same reason. Virtue means being bold and forceful, aggressively defending your reputation against any challenges, and being vigilant for signs that someone else is probing you for weakness.

Dignity is a kind of inherent and inalienable moral worth. It doesn’t depend on your standing in the eyes of other people. A dignity culture emphasizes that all people have this sort of worth, which can’t be taken away. It’s why an insult can’t devalue you. If anything, overreacting to an offense is unseemly because it suggests you’re not confident in your worth and need to take other people’s opinions so seriously. Virtue isn’t being bold, touchy, and aggressive, but restrained, prudent, and quietly self-assured.

What we call victimhood culture combines some aspects of honor and dignity. People in a victimhood culture are like the honorable in having a high sensitivity to slight. They’re quite touchy, and always vigilant for offenses. Insults are serious business, and even unintentional slights might provoke a severe conflict. But, as in a dignity culture, people generally eschew violent vengeance in favor of relying on some authority figure or other third party. They complain to the law, to the human resources department at their corporation, to the administration at their university, or — possibly as a strategy of getting attention from one of the former — to the public at large.

The combination of high sensitivity with dependence on others encourages people to emphasize or exaggerate the severity of offenses. There’s a corresponding tendency to emphasize one’s degree of victimization, one’s vulnerability to harm, and one’s need for assistance and protection. People who air grievances are likely to appeal to such concepts as disadvantage, marginality, or trauma, while casting the conflict as a matter of oppression.

The result is that this culture also emphasizes a particular source of moral worth: victimhood. Victim identities are deserving of special care and deference. Contrariwise, the privileged are morally suspect if not deserving of outright contempt. Privilege is to victimhood as cowardice is to honor.

We can see examples of honor cultures around the world and throughout history. They tend to have relatively high rates of violence, including such distinctive forms as dueling and feuding. Much of the premodern West can be understood as an honor culture. European elites used to preserve their honor by fighting duels to the death; in the US South, fatal duels continued up until the American Civil War.

By the 20th century, though, dignity culture had largely supplanted honor culture in the West. Writing in 1970, sociologist Peter Berger called the concept of honor obsolete, saying it had little resonance with modern people. People no longer lived in mortal fear of having their honor damaged. Questioning someone’s honor would result in a quizzical look rather than outrage. And duels to the death were a strange curiosity of the past.

We argue that victimhood culture, at least in its more extreme forms, is new. We see it in its purest form on contemporary college and university campuses. Manifestations of victimhood culture include complaining about and punishing microaggressions, demanding and creating safe spaces, requesting and requiring trigger warnings, and banning or disinviting speakers who might offend designated victim groups.

II. Moral Hierarchy 

CL: In The Rise of Victimhood Culture, you mention that this new morality imposes a moral hierarchy, with white people being at the bottom and oppressed or marginalised people (victims) being at the top. Can you elaborate on what you mean by a ‘moral hierarchy’?

BC & JM: Making moral judgments elevates the reputation of some people and lowers the reputation of others, so morality is always a source of a kind of social status that we can think of broadly as respectability. Other kinds of status have other sources, so in any complex society not only are some people more respectable than others, but some are also wealthier, more socially integrated, or more culturally conventional. Your position on these and other social hierarchies affects how people treat you. If you testify in court, for example, people are more likely to believe you if you are wealthy, respectable, and so on. And if you’re the victim of a crime, it’s more likely the offender will be brought to justice.

So respectability — moral status — acts like other kinds of status. And since moral judgments give rise to it, it takes different forms depending on the moral culture. Whether it’s important to have a reputation for kindness, chastity, obedience, courage, wisdom, generosity, self-control, or anything else depends on what people value. One culture might see obedience and self-control as key virtues, while another might see them as vices if they mean less individuality and authenticity. Even when different cultures agree on what’s virtuous they might emphasize some virtues over others. This is what happens in an honor culture. Courage, and one aspect of it in particular — physical bravery — is elevated over other virtues. It’s not that people in other cultures don’t value bravery, or that people in honor cultures don’t value anything else, but the emphasis on bravery and toughness in honor cultures leads to a morality that outsiders often find bewildering and immoral.

It also leads to a moral hierarchy with brave, strong, and violent men at the top and the cowardly and the weak at the bottom. Honor is one type of moral status, one revolving around a particular virtue. It arises under particular social conditions such as the absence of a government monopoly on violence, so we certainly understand why honor cultures exist and the logic of their moral system. But we agree with the critics of honor cultures throughout history who have objected to the conflict and violence those cultures produce. We also object to the moral hierarchy of those cultures. Emphasizing one virtue over many others leads to perversities: Cruel men and hotheads can end up being esteemed while peacemakers are denigrated.

The moral hierarchy of victimhood culture has some of the same problems, and it introduces others. Like honor cultures, victimhood cultures emphasize one set of vices and virtues over others. They are concerned with eradicating oppression and privilege, and this single-minded moral obsession can lead to the similar kinds of perversities that come from neglecting other virtues in honor cultures. But even in an honor culture your moral status usually has to do with your own behavior rather than someone else’s. In a victimhood culture it’s instead your identity as a victim that gives you status. It’s not your own virtue at all, but someone else’s treatment of you, that makes you virtuous.

One problem with this is that you end up with a system of morality that doesn’t offer much incentive for good behavior. Honor cultures incentivize bravery while neglecting other virtues. But if you want esteem in a victimhood culture, what can you do? It’s not like you can become a victim. Or actually, you can — you can portray yourself as weak and in need of help, you can portray others’ behavior toward you as harmful and oppressive, and you can even lie about being the victim of violence and other offenses. Victimhood culture incentivizes bad behavior.

The extreme form of victimhood culture we see among activists on college campuses leads to another problem in that one’s status as a victim comes not just from individual experiences of victimhood but also from one’s identity as part of a victim group. The idea is that all members of certain groups are victims, but that no one else is. Activists even argue that whites cannot be the victims of racism, or men the victims of sexism. Likewise, whether people can be victims of new offenses like cultural appropriation or microaggression, depends on their identity. A white person wearing a hairstyle associated with African Americans would be cultural appropriation, for instance, but an African American wearing a hairstyle associated with whites would not be. Likewise, those who have pioneered the concept of microaggression have made it clear that not all slights count. A white male elementary school teacher may experience stereotypes and put-downs, for example, but to call those microaggressions would be a “misapplication of the concept.”

So the moral hierarchy of victimhood culture places entire groups of people at the top or bottom based on the whole group’s victimhood status. And while it’s not always clear which groups qualify, Jonathan Haidt identifies seven groups that are currently treated as sacred: people of colour, women, LGBTs, Latinos, Native Americans, people with disabilities, and Muslims. Under this schema even many minority groups, such as Evangelical Christians, fail to qualify, and any discrimination against them is ignored or celebrated.

We have two problems with this. The first is a fundamental moral objection. We believe in the ideals of dignity culture — that all human beings have an inherent worth and should be treated accordingly — and we object to the new hierarchy of victimhood just as we would any racial and ethnic hierarchy. The second problem is the reactions it may produce. Whites, men, and others who do not have victimhood status are unlikely to accept a new morality and a new moral hierarchy in which they’re at the bottom. And they may end up embracing one in which they’re at the top. We find the recent prominence of alt-right white nationalists alarming, and we worry there will be more of it in reaction to the spread of victimhood culture. It’s a dangerous thing to undermine dignity culture and its ideals of equality.

III. #MeToo Movement

CL: You wrote your book before the explosion of the #MeToo movement. From your perspective, and your knowledge about the spread of moral cultures, do you believe that the #MeToo movement represents a significant shift in victimhood culture into the mainstream?

When we look at the full-blown victimhood culture among campus activists, the moral logic at work is starkly different than what we see in other contexts. But the lines between different moral cultures aren’t always so clear. The degree to which victimhood is a kind of status is variable, so even where dignity culture is still dominant, we might see some tendencies toward victimhood culture.

In the book we talk about the movement against campus rape, and we point out that the movement has support from journalists, members of Congress, and others who are not part of the campus victimhood culture. And rape isn’t a new offense like microaggression or cultural appropriation. It’s also not a minor offense. So the movement as such isn’t a pure manifestation of victimhood culture. But what we do see is that an effort to honor victims leads to credulity even in cases like the rape hoaxes at Duke and at the University of Virginia where it should have been clear that the accusers were lying. It also leads to efforts to weaken the due process rights of the accused. And alongside the more mainstream elements of the movement are the campus activists and others enmeshed in victimhood culture who make more radical arguments — that accusers should always be believed, for example. But so far such ideas haven’t been widely adopted.

The #MeToo movement may be similar. To some extent it may have facilitated the mainstreaming of victimhood culture, but it’s also a mainstream enough movement that efforts to radicalize it and to use the moral language and logic of campus activists seem mostly to have failed. The movement as a whole appears not to have relied on accusations of new victimhood offenses and has focused instead on things like rape, groping, and other kinds of sexual assault and sexual harassment. The accusations against Harvey Weinstein and against most of the other prominent targets of the #MeToo movement haven’t been about microaggressions and haven’t relied on creative ideological expansions of the concepts of assault and harassment. The accusations against Weinstein, for example, include 19 coerced sexual acts and many more instances of unwanted touching and sexual exhibitionism.

Much of the #MeToo movement might be seen as an expression of dignity culture — an appeal to ideals already widely held in the culture but commonly violated in practice. Women demanding that they not be bullied, groped, fondled, demeaned, assaulted, or harassed by men the workplace, and that the men abusing their power in this way face consequences, aren’t relying on radical feminism or its notions of endemic patriarchal oppression — not usually, anyway. They seem to be trying to bring to light behavior that was already considered wrong but that many people weren’t aware was going on.

But the #MeToo movement is large and has less mainstream elements as well, so some of the accusations have indeed drawn from victimhood culture in various ways. We might think of the most prominent accusations existing on a continuum from Harvey Weinstein to comedian Aziz Ansari. In January 2018 the online magazine Babe published an article by Katie Way about an anonymous woman’s date with Ansari. The article, “I Went on a Date with Aziz Ansari. It Turned into the Worst Night of My Life,” recounts in detail a date between “Grace” and Ansari. Ansari doesn’t come off as particularly gentlemanly in the account, but it’s clear that the story is not about rape, it’s not about sexual assault, and it’s not even about sexual harassment. After going to dinner, the two went to Ansari’s apartment, engaged in sexual acts with one another, and according to Grace, Ansari then kept wanting to engage in intercourse, she didn’t, and she eventually went home. Later in a text message she told Ansari that he had ignored “clear non-verbal cues” and said that he had to have noticed she was uncomfortable.

The accusations against Weinstein, which deal with clear-cut cases of violence, coercion, and harassment, are understandable in terms of mainstream morality, while the accusation against Ansari is understandable only in terms of victimhood culture.

The same perspective that leads to the labeling of uncomfortable conversations as a kind of aggression, or conservative political speech as violence, leads here to the labeling of boorish behavior on a date as sexual assault. To the extent that the #MeToo movement accords a special status to victims, to the extent that it establishes victimhood solely based on whether someone is a woman or man, and to the extent that it blurs the distinction between serious offenses like what Weinstein has been accused of and the kind of noncoercive sexual advances on a date that Ansari is accused of, it will indeed lead to the spread of victimhood culture.

Another thing the Ansari case illustrates is something we have thought of as moral emaciation. Victimhood culture’s focus on oppression narrows the range of moral discourse, and activists seem to be losing the capacity to make moral judgments based on anything other than victimhood terms. It seems that anything activists find bad they define as harmful and oppressive, whether it’s an ugly statue on campus or a bad date. As Mona Charen points out, isn’t what Grace wanted — affection, kindness, attention — what many people want when they go on a date? “What does it say about dating in our time,” she asks, “that those are unrealistic expectations?”

The problem is that Grace has no moral language to communicate this. She can’t describe Ansari’s behavior as caddish, lascivious, or any of the other old-fashioned terms that would more accurately capture her moral reaction. Instead, it has to be oppression, assault. This is probably not good for the #MeToo movement, and it may shift attention away from the kinds of offenses the movement was supposed to call attention to. It also doesn’t help anyone to think better about how people should behave on dates. Moral emaciation leads to moral confusion.

IV. Cultural Appropriation

CL: Do you see the many complaints made today about ‘cultural appropriation’ as being a part of victimhood culture? Cultural appropriation seems to be one aspect of the new morality that most people find baffling. But can it be understood as a culture imbuing certain cultural objects or practices with moral status, that cannot (or should not) be accessed by people who are lower down in the moral hierarchy? Is cultural appropriation in some way similar to a form of moral pollution?

BC & JM: Complaints of cultural appropriation illustrate victimhood culture quite well. As with microaggression complaints, it’s a grievance about a nonviolent, probably unintentional slight that many observers wouldn’t even see as offensive. As with microaggressions, the offense is framed as a matter of collective oppression, of one social group harming another. And in practice, it’s usually an offense defined by identity, something only people in designated privileged groups can be guilty of.

Victimhood culture’s high sensitivity to slight means it continually coins new types of offense. And this is certainly one of the most baffling of the new offenses. As we’ve discussed elsewhere, one particularly confusing aspect is that many of the things that get called cultural appropriation were, until very recently, virtues — signs that one was cosmopolitan and open-minded. If anything, we might expect social and cultural conservatives to be the ones most upset about Westerners practicing yoga or mindfulness meditation, or white kids adopting black fashions and hairstyles. In many cases they are, but these days so-called progressives are often vocal and visible critics.

Your suggestion about moral hierarchy is on point. Though the complaint is framed as a matter of someone dominating or exploiting the vulnerable — in a victimhood culture, virtually all complaints are — it might be more helpful to understand it as a matter of the offenders aping their betters. As sociologist Donald Black discusses in his book Moral Time, various societies throughout history have had rules — sumptuary laws — preventing people from adopting the styles, entertainments, and recreations of their social betters. The Han and Ming dynasties forbade commoners from wearing certain colors of clothing. Premodern Japan had laws forbidding peasants from wearing clothing distinctive of townspeople. In medieval England a law stated that no one under the rank of knight should wear any fur clothing (later amended to allow them to wear distinctive kinds of fur). And no one below the rank of lord was allowed to wear the period’s fashionable pointy shoes. The unwritten norms regarding cultural appropriation seem analogous to these sorts of restrictions.

As you suggest, thinking of it as a kind of moral pollution also might help us put it into a larger sociological context. As sociologist Murray Milner argued in his work on the Indian caste system, sacredness is but a special form of status. It corresponds to what we call moral status in our book, though like honor it might be a particular style of moral status. The sacred is that which is treated as special and worthy of reverence. It must be set apart from the profane, protected by rituals associated with cleanliness and purity. One might immediately think of Mosaic Law, but if we understand it abstractly we can see these sorts of purity rules everywhere, including regarding secular things like national flags and anthems. What is going on when a white Westerner practices yoga or paints in an indigenous style or quotes a lyric from a Beyoncé song? Perhaps it’s like having the unclean enter the temple and put on the vestments. The culture of vibrant, good, brave, people is being polluted by those who carry the moral stain of privilege.

It also seems like there’s also a theme of moral pollution in some of the discourse surrounding “whiteness.” Sometimes the manner in which it’s discussed makes it seem like a curse, or something that spreads and infects places and things as well as people. Hence we see pieces where people complain about the prevalence of whiteness in LGBT spaces, or Taylor Swift exuding whiteness, or, to give a case we mention in our book, people accusing others of asking white questions and employing white research methods.

Conservatives and Victimhood Culture

CL: It was really interesting to read about how conservatives (particularly those who are very flamboyant or attention seeking) have learned to use victimhood culture, or exploit victimhood culture for their own selfish benefit. You argued that this might, in fact, lead to an increased uptake of victimhood culture morality in the mainstream culture. Would you be able to elaborate on this point for our readers?

BC & JM: Victimhood culture is mainly a leftwing phenomenon, but it has a way of spreading. Conservatives and others who find themselves opposed to campus activists might uphold the values of the dignity culture the activists reject, but sometimes they end up departing from it themselves. One way they might do this is by embracing whatever victimhood culture opposes. This can mean being deliberately provocative and offensive in order to get a rise out of the activists, or at the extreme, it can mean embracing alt-right ideologies that reject equality and diversity. But another way conservatives might depart from dignity culture is by embracing the assumptions of victimhood culture and pointing to their own victimhood.

In our first article on victimhood culture in 2014, we pointed to the case of Tal Fortgang, a Princeton student who wrote an article about checking his privilege, as campus activists had been urging that he and others do. The idea was that when he checked his privilege he found in his background a long history of hardship and persecution, including family members who had been persecuted and murdered in the Holocaust.

Now in one sense, that’s perfectly reasonable. It points to the absurdities of the victimhood framework. The grandson of Holocaust survivors might legitimately wonder why he should have the burden of being labeled privileged while others at his elite university gain sympathy and status by labeling themselves victims. We ourselves sometimes wonder why in an academic environment where people constantly talk about disadvantage, inclusivity, diversity, and the like, our working class, small town, Southern backgrounds gain us no victimhood points. So the idea might be, if you’re going to denigrate the privileged and valorize the victimized, at least be more accurate — don’t base it all on skin color, sex, and a few other such traits.

But this easily leads to competitive victimhood, where moral disputes become contests over who can claim the most disadvantage. Conservatives at colleges and universities might be especially prone to embracing victimhood since they can actually make very plausible claims of being one of the most victimized groups on campus. Conservatives are vastly underrepresented among the faculty, especially in the social sciences. Far more sociologists identify as Marxists than as conservatives, for example, and a survey of sociology professors found that nearly 30% of them acknowledged they would be less likely to support a job candidate who was a Republican. Conservatives on campus are also subject to what the activists would call microaggressions or worse if directed toward recognized victim groups. Many of them remain closeted.

The claims of victimhood are understandable, then, but if conservatives end up adopting their adversaries’ assumptions about what constitutes victimhood and what the response to victimhood should be, they’ll become just another force undermining dignity culture. And we’re seeing some of that. For example, National Review published an article by Frederick Hess with the title “When College Presidents Mistake Lib-splaining for Conservative Outreach.” Lib-splaining is presumably like mansplaining, whitesplaining, and other new victimhood culture offenses, and here it refers to a college president encouraging a group of campus conservatives to read more serious conservative works and meeting with them to discuss one of them. As with the other “splaining” offenses, the notion seems to be that any attempt to discuss or explain something coming from an outsider can be offensive.

We also see claims of victimhood becoming a key part of the campus conservative message. Conservatives should definitely complain about the suppression of free speech on campus. But sometimes this takes the form of engaging in intentionally offensive speech in order to get a reaction from the left that then becomes the basis of further complaints. This actually combines both of the dignity-rejecting strategies — the embrace of offensiveness and the embrace of victimhood. Conservative groups that have brought in the provocateur Milo Yiannopoulos, for example, seem more interested in stirring up controversy and angering the left than in advancing conservative ideas.

They should have the right to do so, of course, and even when groups have brought in conservative intellectuals campus activists have sometimes reacted in the same way. Still, bringing in someone like Yiannopoulos hardly advances the ideals of dignity. As conservative UCLA professor Gabriel Rossman wrote to the Bruin Republicans recently after they scheduled a talk by Yiannopoulos on “10 Things I Hate about Mexico,” “if your mission is to spread conservative ideas, you should recognize that hosting Yiannopoulos will only render your organization and our ideas toxic.” In that case the group ended up canceling the talk, but the temptation to court controversy through popular, attention-grabbing speakers can be powerful.

Another way that conservatives and other opponents of victimhood culture may end up adopting its assumptions, perhaps unwittingly, is by valorizing the victims of victimhood culture.  Consider the recent case of Lindsay Shepherd, a graduate student and teaching assistant at Wilfred Laurier University who was certainly treated badly by the faculty and administration there. In a communications class, Shepherd showed a short clip of a debate on the use of gender pronouns and was called to a meeting with two professors and an administrator, who berated her and told her that showing the debate was transphobic and possibly a violation of Canada’s anti-bias laws. When Shepherd released a recording of the meeting, there was an outpouring of support for her from those concerned about free speech and academic freedom, and the university ended up apologizing.

In the aftermath of all of that, though, Shepherd has become a kind of celebrity among opponents of victimhood culture, with regular speaking engagements and honors, including the Outstanding Student Award from Heterodox Academy and a prominent speaking spot at their upcoming meeting. While Shepherd behaved well in the initial conflict with her superiors, her prominence seems to come almost entirely from her status as a victim-of-victimhood culture rather than from any insights of her own. Her views have been consistently supportive of free speech but otherwise mostly inchoate and rapidly shifting. Initially describing herself as on the left, for example, she released a video recently announcing that she no longer identified this way, citing the left’s blurring of the distinction between white nationalists and white supremacists as one of the main reasons for the change. As Genevieve Weynerowski commented, “This granular sidebar made her centrist bona fides a little hard to swallow.” Shepherd also cited the reaction to her campus group hosting a talk on campus by Faith Goldy, an alt-right activist who once gleefully recited a white nationalist slogan and was fired by the right-wing Rebel Media after appearing on a neo-Nazi podcast. Shepherd is both an opponent and victim of campus victimhood culture, but she isn’t necessarily an advocate of dignity culture and seems increasingly to be employing the strategies of deliberate offense and an embrace of victimhood herself. For many opponents of victimhood culture, though, her status as a victim gives her a kind of moral authority and perhaps even immunity from criticism.

Preserving Dignity Culture

CL: I really liked the way you offered insight and not just condemnation of victimhood culture. How do you remain so detached from your subject without becoming judgemental? 

And finally, what are some simple ways (for those who don’t want to live in a victimhood culture) to preserve dignity culture?  

We both have somewhat analytical thinking styles. And from our early training, we’ve both approached sociology out of scientific interest in patterns of behavior. We each got into studying conflict and social control because that seemed where the action was, scientifically speaking. We were drawn to Donald Black’s theoretical work, which used simple principles to describe and explain social behavior.

In our book we talk about the politicization of sociology. The field has long tended to attract people with axes to grind — mostly liberal or progressive ones, occasionally conservative ones. Even if they take scientific methodology seriously — and many still do — their topics and questions are driven by what they feel passionate about for practical or political reasons. Hence the common pattern of people studying their own gender, race, ethnicity, or else writing about the topic they were doing activism on before deciding to go to graduate school.

That’s not been our bag. Our previous research topics — genocide and suicide — weren’t chosen because we were particularly involved with them outside of sociology. They just seemed like strange phenomena, and topics we could tackle given using the approach we’d learned from Black.

Victimhood culture does hit closer to home for us. Its epicenter is the university, and it has a lot of traction in the social sciences. As academic sociologists, we definitely have practical worries about what the future holds. Even with this topic, though, our initial forays into it were more of a “Hey, this is weird” than “Man the barricades!

Throughout the process of writing the book we were simply more interested in describing and analyzing than merely complaining. Complaint is boring. Analysis is interesting, especially if one is making cross-cultural comparisons and searching for the general principles behind it all. There’s a reason so many of our chapters start with examples from the days of dueling aristocrats. In comparative context, all human behavior is bizarre and fascinating.

We are social scientists, but of course, we are not only social scientists. We have political views and strong moral commitments. Our book considers several consequences of victimhood culture that we, and probably most of our readers, think are bad. Outside of the book, including in The Chronicle of Higher Education, we’ve stated our support for free speech and academic freedom and our belief that victimhood culture isn’t conducive to these things.

How, then, would people who agree with us go about preserving dignity culture?

Jordan Peterson’s rule #6 isn’t bad practical advice: “Set your house in perfect order before you criticize the world.” So we might start with ourselves. Can we make ourselves less sensitive to slight? Studying ancient wisdom, learning the lessons of cognitive behavioral therapy, or even absorbing some folk knowledge might be helpful. So might searching for sources of involvement and meaning that don’t revolve around a moral hierarchy of identity groups. Can we find better ways of handling our grievances other than venting online or complaining to a bureaucracy? Talking things out is hard. It requires confrontations that many of us would rather avoid. But like anything, if you can force yourself to start doing it, it might get easier with practice.

We might also focus on the epicenter of victimhood culture — our colleges and universities. Do we know how much of state universities’ funds go to administration as opposed to instruction? Do we know how much of that is for the policing of offensive speech and propagating microaggression theory and implicit bias training? Do our legislators know? Maybe we should call and ask — or better yet, get together a group of a half-dozen friends to call and ask. If it were possible to shrink the university bureaucracy — particularly the bureaucracy charged with handling offensive words and images — it would reduce the moral dependency of victimhood culture. It would reduce the incentives to jockey for victim status and increase the incentives for alternative ways of dealing with problems. It might even make people more prone to talk to talk to one another and speak their minds without fear of reprimand.

Along those lines, another strategy would be to try to reduce the ideological homogeneity of the academy, where a mainstream conservative is a rarer thing than a radical leftist. There’s no guarantee this would increase dignity culture as such — as we’ve seen, conservatives can join in the victim game too. But since victimhood culture is currently most concentrated on the radical left, some of its most severe manifestations involve demonizing those on the right. According to Black’s theory, tolerance of diversity is greater in exactly those places that have more diversity to start with, while concern with cultural purity is greatest where culture is relatively homogeneous. Theoretically, increasing ideological diversity should reduce the degree of ideological intolerance on campus, and so undermine some of the more severe eruptions. It would also provide some more tolerance for those wishing to criticize victimhood culture as such.

For many college students, socialization into extreme sensitivity and dependency began before they arrived. There are signs that children and youth — at least from the middle and upper classes — are more sheltered, supervised, and regulated than in decades past, and that they have correspondingly less practice in coping with difficulties and handling conflicts on their own. Supporters of so-called free-range parenting campaign against this, encouraging parents to allow their children unsupervised play and school districts to provide recess grounds with such dangerous equipment as jungle gyms and monkey bars. One might find ways to encourage these kinds of initiatives locally or nationally, such as by raising money for the legal defense of people charged with neglect and abuse for what many of us would consider a reasonable bit of autonomy or schools held responsible for accidental injuries.

And finally, it’s important to combat victimhood culture and to deal with the problems it creates in the universities and elsewhere, but it’s also important to create alternatives to the universities and the mainstream media where serious ideas can be discussed and debated.

Bradley Campbell, Associate Professor of Sociology at California State University, and Jason Manning, Associate Professor of Sociology at West Virginia University.  The Rise of Victimhood Culture: Microaggressions, Safe Spaces, and the New Culture Wars, is on sale now via Amazon. 

Claire Lehmann is the founder and editor-in-chief of Quillette.

Voir encore:

«Ces peuples qui ne veulent pas mourir»
Eric Zemmour
Le Figaro
14/09/2018

CHRONIQUE – La lutte à mort engagée contre Donald Trump par les médias et la justice de son pays traduit le refus des élites de se ranger derrière la volonté du peuple américain.

C’est un «résistant». Un héros. Un bienfaiteur de l’Amérique et de l’humanité. Le «haut responsable à la Maison-Blanche» qui, dans les colonnes du New York Times , a déversé sa bile sur Donald Trump, est encensé par les médias américains et occidentaux. Non seulement il dénonce dans le président américain un psychopathe à enfermer d’urgence, mais il conserve l’anonymat pour, dit-il, rester en place afin de limiter les dégâts pour les Etats-Unis et le monde. Un héros, nous dit-on, qui, dans «l’ancien monde», aurait été appelé un «traître», une «taupe», et même un putschiste, puisqu’il ne respecte pas la légitimité d’un président élu par le peuple.

Mais c’est ainsi: avec Trump, tous les coups sont permis. Les médias retrouvent d’instinct le langage orwellien qui inverse la paix en guerre et la liberté en servitude. Avec Trump, le traître devient héros, le président des Etats-Unis devient un tyran et un fou. La démocratie, c’est abattre l’homme élu par le peuple américain.

Et cela dure depuis le premier jour de son élection. Une élection qui a pris par surprise toutes les élites de l’est et de l’ouest du pays – élites économiques, financières, médiatiques, judiciaires, administratives.

Cet «Etat profond», comme l’appelle Trump, a décidé d’avoir la peau de ce Président et de le conduire vers la procédure d’impeachment, comme Louis XVI fut traîné à la guillotine. Chaque journaliste, chaque bureaucrate, même les plus haut gradés, chaque juge, rêve d’avoir la peau de Trump comme leurs glorieux aînés ont eu celle de Nixon en 1971. «Nixon le tricheur», lui aussi, avait été le candidat des classes populaires contre l’establishment sorti des campus universitaires des années 1960.

Entre-temps, ces jeunes gens chevelus ont pris tous les pouvoirs à Washington. Et sont bien décidés à ne pas les perdre. Depuis des mois, ils s’efforcent de faire passer Trump pour un espion à la solde de Poutine. Et, comme cela ne marche pas, ils ajoutent désormais la folie.

Cet affrontement, en vérité, dépasse le cas de Trump et même des Etats-Unis. C’est tout l’Occident qui en est le champ de bataille. La guerre inexpiable oppose des élites cosmopolites qui, au nom des valeurs universelles des droits de l’homme, veulent désagréger les peuples et les nations issus d’une histoire séculaire. En face, il y a les peuples occidentaux qui s’efforcent de sauvegarder leur mode de vie, leur identité, leur unité, leur histoire. Des peuples enracinés contre des élites déracinées. La loi de la majorité contre la dictature des minorités. La démocratie contre l’Etat de droit. Des élites qui se parent du titre de «progressistes» et qui, à Paris, Berlin, Bruxelles, Washington ou Los Angeles, traitent avec mépris les «populistes». Des élites qui ont juré d’avoir la peau des antiques nations et des peuples qui ne veulent pas mourir.

Voir enfin:

University under fire for creating a safe space for white students called ‘White Awake

The University of Maryland (UMD) was forced to take down flyers and change the name of a counseling program that offered “safe space for white students” after sparking outrage on campus.

At the beginning of the fall semester, UMD’s Counseling Center posted flyers for a new group called “White Awake,” which prompted the backlash.

Early Friday, the university’s website changed the name to “Anti-Racism and Ally Building Group” and scrubbed any references to a “safe space” and “white students.”

The University of Maryland’s Counseling Center faced student backlash after it started a group called “White Awake” a “safe space for white students” to discuss race on campus.  (Google maps)

“This group offers a safe space for white students to explore their experiences, questions, reactions, and feelings,” the initial description read. “Members will support and share feedback with each other as they learn more about themselves and how they fit into a diverse world.”

The flyer also asked if white people ever “feel uncomfortable and confused” in their “interactions with racial and ethnic minorities,” and if they “want to become a better ally.”

Several students conveyed their outrage on social media and on campus.

“The world is a space for white people to talk in,” one student told The Diamondback, a UMD student newspaper, expressing how unnecessary the new initiative is.

Another student tweeted she was “ashamed over the execution of white awake,” writing, “Why do they need to attend therapy sessions on how to be a decent human being in society…to coexist?”

Noah Collins, who leads the group and specializes in group therapy for the Counseling Center with an interest in “racial and cultural awareness,” issued a statement Thursday night saying UMD will discontinue the flyer and consider changing the name, but that it stands by the group.

He added the flyer was “not clear enough” in explaining that the group’s aim is “anti-racism and becoming a better ally.”

TEXAS BIOLOGY TEACHER ON LEAVE FOR ALLEGEDLY BULLYING PRO-TRUMP STUDENT

The university told Fox News in a statement that UMD’s Counseling Center acknowledges it “did not choose the right words in raising awareness about this research-based initiative, and how this group has been perceived is counter to the values of inclusiveness and diversity that we embody.”

“This is an incredibly difficult, nuanced issue, and that’s the reason we need to discuss it,” Collins wrote. “The aim of this group is to help white students become more culturally competent, so they can better participate in creating a more inclusive environment at the University of Maryland.”

COMPLEMENT:

Les « décoloniaux » à l’assaut des universités
Matthieu Aron
L’OBS
30 novembre 2018

«  »Racialisé », « racisation », « islamophobie »… Ce vocabulaire, qui s’est installé dans le débat public, est issu d’une mouvance de pensée qui gagne du terrain à l’université. Certains s’en félicitent, d’autres dénoncent l’intolérance de ses partisans.

« Le féminisme islamique ». Sans point d’interrogation. Comme si les expressions « féminisme » et « islamique » pouvaient être accolées sans susciter la moindre controverse. Voilà sur quoi doivent plancher, à partir de cette semaine, les étudiants en sociologie et science politique de l’université Lyon-II dans le cadre d’un cours consacré aux « mouvements sociaux dans les Etats postcoloniaux ».

A l’honneur lors de ces travaux dirigés, le livre de Zahra Ali « Féminismes islamiques » (éd. La Fabrique). Cette chercheuse à l’EHESS et à l’Institut français du Proche-Orient milite en faveur du port du foulard. Selon elle, le féminisme « bourgeois de Simone de Beauvoir » a été utilisé à « des fins coloniales, donc aujourd’hui postcoloniales et racistes ». Elle en prône donc un nouveau, « attaché au texte sacré et à la tradition prophétique » et propose:
« une libération qui pose un tout autre rapport au corps […] marqué par des normes et par une défense du cadre familial hétérosexuel ».

Un vide académique
Cet enseignement délivré à Lyon constitue-t-il une exception ? Ou bien traduit-il l’influence grandissante des tenants de la pensée dite « décoloniale » au sein des facultés françaises ? Selon les postcolonial studies, courant venu du monde anglo-saxon et sud-américain, le « passif colonial » continuerait à structurer toutes nos institutions et représentations. Encore minoritaires dans le champ académique il y a dix ans, ces thèses semblent s’inviter de plus en plus à l’université.
C’est d’abord une question de vocabulaire. « Racisme structurel » (de l’Etat français), « domination blanche »,  » féminisme islamique »… Une nuée de concepts qui ne se limitent plus aux cercles d’initiés et aux réunions militantes. Un peu partout, on voit se multiplier les cours, les travaux dirigés, les doctorats, les sujets de thèse, les colloques ayant trait à ces questions.

Beaucoup des chercheurs ou enseignants rencontrés au cours de cette enquête témoignent sous couvert d’anonymat. Le sujet, disent-ils, est trop « brûlant », trop « passionnel », « confisqué par les extrêmes ». Pour les esprits « raisonnables », ceux qui voudraient « continuer à travailler », il n’y aurait que des coups à prendre à rester « à l’écart des vieilles ou nouvelles chapelles ». 80 intellectuels, dont Elisabeth Badinter, Mona Ozouf, Pierre Nora, Alain Finkielkraut ou encore Boualem Sansal, dénoncent cependant cette « offensive des ‘décoloniaux' » dans « Le Point » cette semaine.
« Tout cela crée un profond clivage entre collègues », souligne Gérard Noiriel, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en Sciences Sociales (EHESS). Benjamin Stora, président du Musée de l’Histoire de l’Immigration et spécialiste de la guerre d’Algérie, est à peine plus disert. Malgré tout, il lâche :
« Dans notre pays, nous avons peu de professeurs spécialistes de l’histoire de la décolonisation. Du coup, le sujet est préempté par de jeunes doctorants en sociologie ou en science politique, parfois très dogmatiques. »
C’est dans ce vide académique que se sont engouffrés ceux que l’on appelle, et qui s’appellent eux-mêmes, les « décoloniaux », des chercheurs qui assument d’être aussi des militants.

Le 6 novembre dernier, Sciences-Po Aix-en-Provence a programmé une conférence sur le thème : « Un féminisme musulman, et pourquoi pas ? » La conférencière s’appelle Malika Hamidi, sociologue, auteur de plusieurs articles et d’un essai, notamment sur la question du foulard. Elle préconise :
« La lutte féministe de la musulmane d’Europe sera principalement une lutte contre l’islamophobie et le paternalisme d’un certain féminisme occidental à prétention universaliste. »
Habituée des colloques en France (elle a aussi été invitée à l’institut d’études politiques de Lyon et à l’EHESS), Malika Hamidi se targue d’être aussi « une femme de foi et une militante ». A son CV il faut ajouter le titre de directrice générale de l’European Muslim Network, une organisation présidée par Tariq Ramadan.

Tariq Ramadan, la chute d’un gourou
« Interdit aux Blancs »
A Strasbourg, au printemps, la faculté des sciences sociales a fait intervenir dans son master « religions, sociétés, espace public » (préparant aux métiers de médiateur socioculturel et de « référent laïcité ») Hanane Karimi, jeune doctorante en sociologie. Militante de longue date de l’abrogation de la loi interdisant le port du voile à l’école, animatrice en août 2016 d’un séminaire au « camp d’été décolonial » réservé aux « victimes du racisme d’Etat » (et donc « interdit aux Blancs »), Hanane Karimi est, elle aussi, une proche de Tariq Ramadan, même si elle semble avoir pris ses distances depuis qu’il est accusé de viols.
A l’université de Strasbourg, encore, la parole a été donnée à Valérie Amiraux, titulaire de la chaire de recherche du Canada en étude du pluralisme religieux. La sociologue, qui participe à de nombreux débats en France, fait aussi partie du « comité scientifique » pour la grande consultation des musulmans de France, réuni par Marwan Muhammad, ancien directeur exécutif du Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), réputé proche des Frères Musulmans et de Tariq Ramadan. Le choix des deux conférencières est totalement assumé par la direction de la faculté des sciences sociales. Il s’agit de deux « universitaires reconnues », précise son doyen, Jean-Daniel Boyer, qui ajoute que ces deux collègues se sont exprimées dans un cadre « soumis à la critique ».
Pour ses partisans, la percée de la mouvance « décoloniale » illustre en effet l’expression du pluralisme à l’université, qui s’ouvrirait enfin aux « problématiques » nouvelles travaillant la société. Pas suffisamment encore aux yeux de certains. C’est le cas du sociologue Eric Fassin, directeur du département d’études de genre à Paris-VIII, qui a importé en France les postcolonial studies. Cette figure médiatique, qui exerce une réelle influence sur une partie du monde universitaire et intellectuel français, a cosigné une tribune collective, publiée dans « Libération » en 2015, condamnant le rôle de l’Etat français, « comme l’acteur principal d’un racisme institutionnel ». Aujourd’hui, il regrette que les universités soient toujours trop frileuses :
« Il n’y a pas assez de créations de poste. Nous manquons de professeurs qui travaillent sur les discriminations raciales. »
« Pas vraiment la Shoah »

François Burgat, lui, n’a pas attendu ces dernières années pour faire entendre sa voix. Septuagénaire, directeur émérite de recherche au CNRS, il n’a jamais tourné le dos à Tariq Ramadan, y compris après sa mise en examen pour viol. « La vraie question n’est plus de savoir si Tariq Ramadan ‘a violé trois femmes’, expliquait-il le 26 octobre sur Twitter, mais bien ‘avec l’aide de qui ces trois femmes sont-elles parvenues si facilement à rouler trois magistrats dans la farine’ ? »
‘La vraie question n’est plus de savoir si Tariq Ramadan « a violé 3 femmes » mais bien « avec l’aide de qui ces trois femmes sont elles parvenues si facilement à rouler trois magistrats dans la farine » ? »
Sur Twitter toujours, après l’émoi suscité par l’assassinat de l’octogénaire juive Mireille Knoll, chez elle à Paris, il n’a pas hésité à écrire : « Oups, ce n’était pas vraiment la Shoah dans un appartement. » Parmi d’autres déclarations publiques, on peut noter ses attaques contre la télévision française qu’il traite de « Télavivision » (en référence à Tel-Aviv) ou ses incitations à « soutenir le CCIF ». Et François Burgat compte toujours autant de disciples au sein de l’Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde arabe et musulman (Iremam) d’Aix-en-Provence, un laboratoire doté de moyens importants et qui accompagne, pour les années 2018-2019, quarante-cinq doctorants dans la rédaction de leurs thèses.
Récemment, il a ainsi dirigé les travaux de l’un d’eux sur les rapports entre le Qatar et le prédicateur sunnite Youssef al-Qaradawi. Ce dernier, parfois surnommé « le cheikh de la mort « , est l’auteur de plusieurs fatwas autorisant les attentats-suicides ; il déversait, en 2009, sur la chaîne Al-Jazeera, sa haine des juifs :
« Le dernier châtiment a été administré par Hitler. »

La thèse consacrée au prédicateur a été soutenue le 20 novembre 2017, devant un jury présidé par François Burgat. Elle n’a pas encore été publiée, mais certains observateurs qui ont assisté à la soutenance ont été interloqués. « Les relations de Qaradawi avec le Qatar y sont qualifiées de simple ‘soft power islamique de complémentarité’ ! » raconte l’un d’entre eux. Son auteur, Nabil Ennasri (formé par Tariq Ramadan, dont il dénonce la « lapidation médiatique »), est aujourd’hui docteur en science politique.
Des initiatives troublantes
Parfois, les initiatives de la faculté sont plus troublantes encore. En octobre 2017, des universitaires de Lyon-II ont convié – dans le cadre d’un colloque intitulé « Lutter contre l’islamophobie, un enjeu d’égalité ? » – Abdelaziz Chaambi, le fondateur de la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), mais aussi… fiché S par les services de renseignement. Suite au tollé de nombreuses associations, la présidence de l’université a fini par annuler la manifestation. Cas isolé ? Poursuivons le tour de France.
En janvier 2018, le syndicat Solidaires Etudiant-e-s de l’université Paris-VII a essayé d’empêcher une représentation de la pièce « Lettre aux escrocs de l’Islamophobie qui font le jeu des racistes », tirée du livre de Charb, l’ancien rédacteur en chef de « Charlie Hebdo », mort sous les balles des frères Kouachi. Motifs invoqués par les étudiants :
« En organisant cet événement, Paris-Diderot participe à ce mouvement de construction raciste d’un ‘ennemi de l’intérieur’, d’une catégorie racialisée dangereuse : le/la musulman-e. »
Et que penser des réactions épidermiques de certains enseignants quand, il y a trois ans, la secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes dans le gouvernement de Manuel Valls, Pascale Boistard, a déclaré dans « le Figaro » ne pas être « sûre que le voile fasse partie de l’enseignement supérieur » ? Une vingtaine de professeurs et de maîtres assistants se sont aussitôt violemment insurgés. La prise de position de la secrétaire d’Etat pouvait bien évidemment être contestée ou critiquée, mais pourquoi une partie de l’élite universitaire française est-elle allée jusqu’à lui reprocher d’instrumentaliser le « droit des femmes au profit de politiques racistes et colonialistes », à la stigmatiser en « islamophobe » et, pis encore, en « porte-parole des pourvoyeurs de haine » ?

La victoire des Frères musulmans
Tout cela dessine pour le moins un climat. Et les militants de la laïcité, à l’unisson de certains spécialistes de l’islam, y voient la preuve de la victoire culturelle remportée par les Frères musulmans dans le monde universitaire. Les Frères, expliquent-ils, évitent de mettre en avant leurs propres objectifs. Ils les intègrent dans d’autres combats, comme la lutte contre les discriminations ou pour l’égalité hommes-femmes. Depuis peu, les mêmes s’inquiètent de la percée du Parti des Indigènes de la République, créé en 2005, que sa porte-parole, Houria Bouteldja, défini comme « anti-impérialiste et antisioniste ». Un professeur d’économie, confie, en off :
« Aujourd’hui, à l’université, si vous vous opposez à ces réseaux, vous passez vite pour un raciste. »
Autre confidence, presque apeurée, d’une chercheuse en poste dans le sud de la France, ayant toujours voté à gauche, défendu les droits de l’homme, combattu toutes les discriminations :
« Avant, le pire pour un universitaire, c’était d’être accusé de plagiat ; maintenant, c’est de se voir traiter d’islamophobe sur internet. Cette accusation signe la fin d’une carrière. »
Quelques téméraires, pourtant, osent prendre le risque. Par exemple, Isabelle Barbéris, agrégée de lettres modernes, normalienne, chercheuse associée au CNRS et maître de conférences à Paris-VII. « Certains étudiants, dit-elle, ont été littéralement endoctrinés par des professeurs qui sont de purs militants, mais que leurs titres académiques légitiment auprès des jeunes. » Céline Masson, professeur de psychopathologie clinique à l’université de Picardie Jules-Verne, ajoute :
« Il existe aujourd’hui une petite cinquantaine d’universitaires très présents sur certains campus qui instrumentalisent la notion de racisme d’Etat. »

En juin, Céline Masson a fait paraître avec deux autres professeurs (Isabelle de Mecquenem, professeur de philosophie de l’université de Reims, et Jean Szlamowicz, de l’université de Bourgogne) une tribune titrée : « Un antiracisme sectaire à l’assaut des facs : malaise dans la culture juvénile ». Ils y décryptaient le « discours univoque et véhément », qui, de colloques en conférences sur l' »islamophobie », cherche, « au mépris de la rationalité critique », à « légitimer l’idée d’une racisation de la société et d’un racisme d’Etat ». Ainsi s’impose peu à peu une vision du monde, clivée entre les « indigènes » opprimés et les « Blancs » héritiers de la colonisation.
Alors que le mot « race » – jusqu’il y a peu signe de ralliement de l’extrême droite – vient d’être effacé de la Constitution française par un vote à l’unanimité de l’Assemblée nationale, en juillet 2018, le voilà qui fait son entrée en force dans les universités, y compris les plus prestigieuses. En juin 2018, la Sorbonne a lancé une série de conférences autour du thème : « Approches phénoménologiques du genre et de la race. Penser les oppressions et les résistances ».

L' »objectivité du savoir »
En septembre, Paris-Diderot (Paris-VII) a aussi tenu un ambitieux colloque. Trois jours de réflexion avec au menu : « Racisme et discrimination raciale, de l’école à l’université ». Plusieurs enseignants de Paris-VII disent aujourd’hui à « l’Obs », mais toujours sous le sceau de l’anonymat, combien ils ont été heurtés par ce symposium. Bien sûr, expliquent-ils, la problématique de la race, en tant que construction sociale, mérite l’intérêt. Bien sûr, poursuivent-ils, les facultés ont toujours eu pour mission d’animer le débat et la recherche. Mais le Code de l’Education prévoit aussi que l’enseignement supérieur soit « indépendant de toute emprise politique, religieuse ou idéologique ». Et qu’il tende à l' »objectivité du savoir ». Or, à lire la présentation des travaux de Paris-VII, il semble d’emblée posé que l’école et l’université françaises sont par nature « racistes », et produisent automatiquement des discriminations. « C’est donner raison à Bouteldja [la porte-parole des du PIR, NDLR] », affirme l’un de ces enseignants.
Si des associations de défense des droits de l’Homme parviennent parfois à lui fermer la porte des facultés – comme à Limoges il y a un an -, à Toulouse, en revanche, elle a été reçue par deux fois en 2016. Elle bénéficie également du soutien de nombreux intellectuels. En juin 2017, après un article du « Monde » consacré au malaise croissant de la gauche face à l' »usage militant des notions comme la ‘race’ ou l »islamophobie' », une vingtaine de personnalités s’indignent dans une tribune et volent au secours de Bouteldja : « Accusations infondées », « calomnies ». Parmi les signataires : l’historienne Ludivigne de Bantigny, la sociologue Christine Delphy, la philosophe Isabelle Stengers, l’écrivain Annie Ernaux, ou l’éditeur Eric Hazan.

Les « thèses » professées par Houria Bouteldja ont depuis longtemps franchi les sphères confinées de la radicalité. En voici un florilège. Sur les Blancs : « J’appartiens à ma race. Au-dessus de moi, il y a les profiteurs blancs. […] Mes oppresseurs. » Sur l’homosexualité : « La tarlouze n’est pas tout à fait un homme. Ainsi, l’Arabe qui perd sa puissance virile n’est plus un homme. » Sur les juifs : « Pour le Sud, la Shoah est – si j’ose dire – moins qu’un détail. […] Cette histoire n’est pas la mienne en vérité […]. C’est pourquoi, je vous le dis en vous regardant droit dans les yeux : je n’irai pas à Auschwitz. »
Le collectif Lallab des femmes musulmanes lors d’un rassemblement féministe des quartiers populaires devant la Basilique Saint-Denis, le 11 mars 2017. (Anita Pouchard Serra / Hans Lucas)

« Femmes, voilez-vous ! »
Lors des grèves des facs au printemps, on a pu mesurer l’effet de tels discours sur les étudiants. Les murs de plusieurs universités ont été tagués de slogans racistes (« Mort aux Blancs », « Fuck White People », « Assimilation = ethnicide »,  » Si le racisme antiblanc existait, je serais un gros faf ») ou à connotation islamiste (« Femmes, voilez-vous ! », « Allahou akbar »,  » Califat Queer « ). Pendant le même mouvement de grève, lors d’une conférence à Nanterre, deux militants « décoloniaux » ont été jusqu’à soutenir que « la gauche blanche enjoint aux non-Blancs de s’identifier comme homosexuels ». Pourquoi ? » Parce que la majorité blanche du Nord impose sa vision de la sexualité, qu’elle prétend universelle et émancipatrice, à l’intégralité de la population non-blanche du Sud qui ne lui a rien demandé.  » Sus à l' »homoracialisme français », concluaient les deux  » décoloniaux « . A bas l' »impérialisme gay » (l’une des expressions phares d’Houria Bouteldja).

Sous la pseudo-spécialisation du langage, des alliances, en apparence contre-nature, se nouent. Entre les Indigènes de la République, les Frères musulmans (lesquels conceptualisent également une racialisation de l’islam) et certains militants d’extrême gauche. Tous unis pour dénoncer un « racisme d’Etat structurel, pensé, organisé et légalisé par des Blancs » et pour instituer les « indigènes » (noirs, arabes ou asiatiques) en « nouveaux damnés de la terre ».
Exemple tout récent : le Collectif Rosa-Parks, qui, en octobre, a appelé à faire la « grève de la France » (« On disparaît de nos lieux de travail, de nos facs, de nos écoles ») pour dénoncer la « gestion raciale » des populations et la « ségrégation » érigée en « système ». Au bas de cet appel, les signatures d’Houria Bouteldja du PIR, de Marwan Muhammad du CCIF et d’une dizaine d’universitaires, parmi lesquels les « indigénistes » assumés Nacira Guénif-Souilamas, professeur de sociologie à Paris-VIII, et Françoise Vergès, politologue.
De l’avis de tous ceux que nous avons rencontrés au cours de cette enquête, la mouvance « décoloniale » gagne du terrain à l’université. Certains s’en réjouissent, d’autres s’en inquiètent. Le plus souvent en silence. Un professeur est allé jusqu’à nous avouer sa « terreur » face à d’éventuelles représailles d’étudiants. Un autre craint de ne plus « obtenir de crédits » pour ses recherches s’il critique les orientations de son labo. Discours inutilement alarmistes ? Peut-être est-il simplement temps d’ouvrir le débat sur le sujet, sans anathèmes ni fantasmes, et de faire un état des lieux. »


US Open/50e: Reviens, Arthur, ils sont devenus fous ! (Contrary to Ali or Kaepernick, the Jackie Robinson of tennis stayed committed to respectful dialogue knowing real change came from rational advocacy and hard work not emotional self-indulgence)

9 septembre, 2018

Arthur Ashe participates in a hearing on apartheid, at the United Nations in New York.

Segregation and racism had made me loathe aspects of the white South, but had scarcely left me less of a patriot. In fact, to me and my family, winning a place on our national team would mark my ultimate triumph over all those people who had opposed my career in the South in the name of segregation. (…) Despite segregation, I loved the United States. It thrilled me beyond measure to hear the umpire announce not my name but that of my country: ‘Game, United States,’ ‘Set, United States,’ ‘Game, Set, and Match, United States.’ (…) There were times when I felt a burning sense of shame that I was not with blacks—and whites—standing up to the fire hoses and police dogs. (…) I never went along with the pronouncements of Elijah Muhammad that the white man was the devil and that blacks should be striving for separate development—a sort of American apartheid. That never made sense to me. (…) Jesse, I’m just not arrogant, and I ain’t never going to be arrogant. I’m just going to do it my way. Arthur Ashe
I’ve always believed that every man is my brother. Clay will earn the public’s hatred because of his connections with the Black Muslims. Joe Louis
I’ve been told that Clay has every right to follow any religion he chooses and I agree. But, by the same token, I have every right to call the Black Muslims a menace to the United States and a menace to the Negro race. I do not believe God put us here to hate one another. Cassius Clay is disgracing himself and the Negro race. Floyd Patterson
Clay is so young and has been misled by the wrong people. He might as well have joined the Ku Klux Klan. Floyd Patterson
Bluebirds with bluebirds, red birds with red birds, pigeons with pigeons, eagles with eagles. God didn’t make no mistake! (…) I don’t hate rattlesnakes, I don’t hate tigers — I just know I can’t get along with them. I don’t want to try to eat with them or sleep with them. (…)  I know whites and blacks cannot get along; this is nature. (…) I like what he [George Wallace] says. He says Negroes shouldn’t force themselves in white neighborhoods, and white people shouldn’t have to move out of the neighborhood just because one Negro comes. Now that makes sense. Muhammed Ali
A black man should be killed if he’s messing with a white woman. (…) We’ll kill anybody who tries to mess around with our women. Muhammed Ali
Long before he died, Muhammad Ali had been extolled by many as the greatest boxer in history. Some called him the greatest athlete of the 20th century. Still others, like George W. Bush, when he bestowed the Presidential Medal of Freedom in 2005, endorsed Ali’s description of himself as “the greatest of all time.” Ali’s death Friday night sent the paeans and panegyrics to even more exalted heights. Fox Sports went so far as to proclaim Muhammad Ali nothing less than “the greatest athlete the world will ever see.” As a champion in the ring, Ali may have been without equal. But when his idolizers go beyond boxing and sports, exalting him as a champion of civil rights and tolerance, they spout pernicious nonsense. There have been spouters aplenty in the last few days — everyone from the NBA commissioner (“Ali transcended sports with his outsized personality and dedication to civil rights”) to the British prime minister (“a champion of civil rights”) to the junior senator from Massachusetts (“Muhammad Ali fought for civil rights . . . for human rights . . . for peace”). Time for a reality check. It is true that in his later years, Ali lent his name and prestige to altruistic activities and worthy public appeals. By then he was suffering from Parkinson’s disease, a cruel affliction that robbed him of his mental and physical keenness and increasingly forced him to rely on aides to make decisions on his behalf. But when Ali was in his prime, the uninhibited “king of the world,” he was no expounder of brotherhood and racial broad-mindedness. On the contrary, he was an unabashed bigot and racial separatist and wasn’t shy about saying so. In a wide-ranging 1968 interview with Bud Collins, the storied Boston Globe sports reporter, Ali insisted that it was as unnatural to expect blacks and whites to live together as it would be to expect humans to live with wild animals. “I don’t hate rattlesnakes, I don’t hate tigers — I just know I can’t get along with them,” he said. “I don’t want to try to eat with them or sleep with them.” Collins asked: “You don’t think that we can ever get along?” “I know whites and blacks cannot get along; this is nature,” Ali replied. That was why he liked George Wallace, the segregationist Alabama governor who was then running for president. Collins wasn’t sure he’d heard right. “You like George Wallace?” “Yes, sir,” said Ali. “I like what he says. He says Negroes shouldn’t force themselves in white neighborhoods, and white people shouldn’t have to move out of the neighborhood just because one Negro comes. Now that makes sense.” This was not some inexplicable aberration. It reflected a hateful worldview that Ali, as a devotee of Elijah Muhammad and the segregationist Nation of Islam, espoused for years. At one point, he even appeared before a Ku Klux Klan rally. It was “a hell of a scene,” he later boasted — Klansmen with hoods, a burning cross, “and me on the platform,” preaching strict racial separation. “Black people should marry their own women,” Ali declaimed. “Bluebirds with bluebirds, red birds with red birds, pigeons with pigeons, eagles with eagles. God didn’t make no mistake!” In 1975, amid the frenzy over the impending “Thrilla in Manila,” his third title fight with Joe Frazier, Ali argued vehemently in a Playboy interview that interracial couples ought to be lynched. “A black man should be killed if he’s messing with a white woman,” he said. And it was the same for a white man making a pass at a black woman. “We’ll kill anybody who tries to mess around with our women.” But suppose the black woman wanted to be with the white man, the interviewer asked. “Then she dies,” Ali answered. “Kill her too.” Jeff Jacoby
Muhammad Ali was the most controversial boxer in the history of the sport, arguably the most gifted and certainly the best known. His ring glories and his life on the political and racial frontline combine to make him one of the most famous, infamous and discussed figures in modern history. During his life he stood next to Malcolm X at a fiery pulpit, dined with tyrants, kings, crooks, vagabonds, billionaires and from the shell of his awful stumbling silence during the last decade his deification was complete as he struggled with his troubled smile at each rich compliment. (…) He was a one-man revolution and that means he made enemies faster than any boy-fighter – which is what he was when he first became world heavyweight champion – could handle. (…) but (…) His best years as a prize-fighter were denied him and denied us by his refusal to be drafted into the American military system in 1967. At that time he was boxing’s finest fighter, a man so gifted with skills that he knew very little about what his body did in the ring; his instincts, his speed and his developing power at that point of his exile would have ended all arguments over his greatness forever had he been allowed to continue fighting. Ali was out of the ring for three years and seven months and the forced exile took away enough of his skills to deny us the Greatest at his greatest, but it made him the icon he became. “We never saw the best of my guy,” Angelo Dundee told me in Mexico City in 1993. Dundee should know. He had been collecting the fighter’s sweat as the chief trainer from 1960 and would until the ring end in 1981. (…) He had gained universal respect during the break because of his refusal to endorse the bloody conflict in Vietnam, but he often walked a thin line in the 70s with the very people that had been happy to back his cause. He was not as loved then as he is now, and there are some obvious reasons for that. In 1970 there were still papers in Britain that called him Cassius Clay, the birth name he had started to shred the day after beating Sonny Liston for the world title in 1964. In America he still divided the boxing press and the people. In the 70s he attended a Ku Klux Klan meeting, accepted their awards and talked openly and disturbingly about mixed race marriages and a stance he shared with the extremists. His harshest opinions are always overlooked, discarded like his excessive cruelty in the ring, and explained by a misguided concept that everything he said and did, that was either uncomfortable or just wrong, was justifiable under some type of Ali law that insisted there was a twinkle in his eye. There probably was a twinkle in his eye but he had some misguided racist ideas back then and celebrated them. In the ring he had hurt and made people suffer during one-sided fights and spat at the feet of one opponent. He was mean and there is nothing wrong with that in boxing, but he was also cruel to honest fighters, men that had very little of his talent and certainly none of his wealth. The way he treated Joe Frazier before and after their three fights remains a shameful blot on Ali’s legacy. I sat once in dwindling light with Frazier in Philadelphia at the end of three days of talking and listened to his words and watched his tears of hate and utter frustration as he outlined the harm Ali’s words had caused him and his family. Big soft Joe had no problem with the damage Ali’s fists had caused him, that was a fair fight but the verbal slaughter had been a mismatch and recordings of that still make me feel sick. I don’t laugh at that type of abuse. (…) Away from the ring excellence he went to cities in the Middle East to negotiate for the release of hostages and smiled easily when men in masks, carrying AK47s, put blindfolds on him and drove like the lunatics they were through bombed streets. “Hey man, you sure you know where you’re going?” he asked one driver. “I hope you do, coz I can’t see a thing.” He went on too many missions to too many countries for too long, his drive draining his life as he handed out Islamic leaflets. He was often exploited on his many trips, pulled every way and never refusing a request. On a trip to Britain in 2009 he was bussed all over the country for a series of bad-taste dinners that ended with people squatting down next to his wheelchair; Ali’s gaze was off in another realm, but the punters, who had paid hundreds for the sickening pleasure, stuck up their thumbs or made fists for the picture. The great twist in the abhorrent venture was that Ali’s face looked so bad that his head was photo-shopped for a more acceptable Ali face. Who could have possibly sanctioned that atrocity? During his fighting days he had men to protect him, men like Gene Kilroy, the man with the perm, that loved him and helped form a protective guard at his feet to keep the jackals from the meat. When he left the sport and was alone for the first time in the real world, there were people that fought each other to get close, close enough to insert their invisible transfusion tubes deep into his open heart. His daughters started to resurrect their own wall of protection the older they got, switching duties from sitting on Daddy’s lap to watching his back like the devoted sentinels they became. In the end it felt like the whole world was watching his back, watching the last moments under the neon of the King of the World. Steve Bunce
I think Ali is being done a disservice by the way in which he’s these days cast as benign. He was always a lot more complicated than that. (…) Ali has been post-rationalised as a champion of the civil rights movement. But far from promoting the idea of black and white together, his was a much more tricky, divisive politics. John Dower
Far from being embarrassed about sharing jaw-time with the Grand Chief Bigot or whatever the loon in the sheet called himself, Ali boasted about it. The revelation of his cosy chats with white supremacists comes in a television documentary screened on More4. As Ali finds himself overtaken as the most celebrated black American in history, True Stories: Thrilla In Manila provides a timely re-assessment of his politics. (…) Before his third fight with Frazier, Ali was at his most elevated, symbolically as well as in the ring. Hard to imagine when these days he elicits universal reverence, back then he was a figure who divided America, as loathed as he was admired. At the time he was taking his lead from the Nation of Islam, which, in its espousal of a black separatism, found its politics dovetailing with the cross-burning lynch mob out on the political boondocks. Ali was by far the organisation’s most prominent cipher. The film reminds us why. Back then, black sporting prowess reinforced many a prejudiced theory about the black man being good for nothing beyond physical activity. But here was Ali, as quick with his mind as with his fists. When he held court the world listened. Intriguingly, the film reveals, many of his better lines were scripted for him by his Nation of Islam minders. Ferdie Pacheco, the man who converted Ali to the bizarre cause which insisted that a spaceship would imminently arrive in the United States to take the black man to a better place, tells Dower’s cameras that it was he who came up with the line, « No Viet Cong ever called me nigger ». There was never a more succinct summary of America’s hypocrisy in forcing its beleaguered black citizenry to fight in Vietnam. (…) The film suggests it was his opponent who got the blunt end of Ali’s political bludgeon. The pair were once friends and Frazier had supported Ali’s stance on refusing the draft. But leading up to the fight Ali turned on his old mate with a ferocity which makes uncomfortable viewing even 30 years on. Viciously disparaging of Frazier, he calls him an Uncle Tom, a white man’s puppet. Ali riled Frazier to the point where he entered the ring so infuriated that he abandoned his game plan and blindly struck out. So distracted was he by Ali’s politically motivated jibes, he lost. Indeed, what we might be watching in Dower’s film is not so much the apex of Ali’s political potency as the birth of sporting mind games. Jim White
In 1974, in the middle of a Michael Parkinson interview, Muhammad Ali decided to dispense with all the safe conventions of chat show etiquette. “You say I got white friends,” he declared, “I say they are associates.” When his host dared to suggest that the boxer’s trainer of 14 years standing, Angelo Dundee, might be a friend, Ali insisted, gruffly: “He is an associate.” Within seconds, with Parkinson failing to get a word in edgeways, Ali had provided a detailed account of his reasoning. “Elijah Muhammad,” he told the TV viewers of 1970s Middle England, “Is the one who preached that the white man of America, number one, is the Devil!” The whites of America, said Ali, had “lynched us, raped us, castrated us, tarred and feathered us … Elijah Muhammad has been preaching that the white man of America – God taught him – is the blue-eyed, blond-headed Devil!  No good in him, no justice, he’s gonna be destroyed! “The white man is the Devil.  We do believe that.  We know it!” In one explosive, virtuoso performance, Ali had turned “this little TV show” into an exposition of his beliefs, and the beliefs of “two million five hundred” other followers of the radically – to some white minds, dangerously – black separatist religious movement, the Nation of Islam. At the height of his tirade, Ali drew slightly nervous laughter from the studio when he told Parkinson “You are too small mentally to tackle me on anything I represent.” (…) By the time he met Ali in 1962, Malcolm X was Elijah Muhammad’s chief spokesman and most prominent apostle. His belief that violence was sometimes necessary, and the Nation of Islam’s insistence that followers remain separate from and avoid participation in American politics meant that not every civil rights leader welcomed Muhammad Ali joining the movement. “When Cassius Clay joined the Black Muslims [The Nation of Islam],” said Martin Luther King, “he became a champion of racial segregation, and that is what we are fighting against.” The bitter irony is that soon after providing the Nation of Islam with its most famous convert, Malcolm X became disillusioned with the movement.  A trip to Mecca exposed him to white Muslims, shattering his belief that whites were inherently evil.  He broke from the Nation of Islam and toned down his speeches. Ali, though, remained faithful to Elijah Muhammad.  “Turning my back on Malcolm,” he admitted years later, “Was one of the mistakes that I regret most in my life.” (…) By then, though, Ali’s own attitudes to the « blue-eyed devils” had long since mellowed.  In 1975 he converted to the far more conventional Sunni Islam – possibly prompted by the fact that Elijah Muhammad had died of congestive heart failure in the same year, and his son Warith Deen Mohammad had moved the Nation of Islam towards inclusion in the mainstream Islamic community. He rebranded the movement the “World Community of Islam in the West”, only for Farrakhan to break away in 1978 and create a new Nation of Islam, which he claimed remained true to the teachings of “the Master” [Fard]. “The Nation of Islam taught that white people were devils,” he wrote in 2004.  “I don’t believe that now; in fact, I never really believed that. But when I was young, I had seen and heard so many horrible stories about the white man that this made me stop and listen. » The attentive listener to the 1974 interview, might, in fact, have sensed that even then Ali wasn’t entirely convinced about white men being blue-eyed devils. He had, after all, set the bar pretty high for “associates” like Angelo Dundee to become friends. “I don’t have one black friend hardly,” he had said.  “A friend is one who will not even consider [before] giving his life for you.” And, despite calling Parky “the biggest hypocrite in the world” and “a joke”, he could also get a laugh by reassuring the chat show host: “I know you [are] all right.” Adam Lusher
[want police to back off] No. That represented our progressive, our activists, our liberal journalists, our politicians. But it did not represent the overall community because we know for a fact that around the time that Freddie Gray was killed, we start to see homicides increase. We had five homicides in that neighborhood while we were protesting. What I wanted to see happen was that people would build a trust relationship with our police department so that they would feel more comfortable with having conversations with the police about crime in their neighborhood because they would feel safer. So we wanted the police there. We wanted them engaging the community. We didn’t want them there beating the hell out of us. We didn’t want that. (…) We’ve not seen any changes in those relationships. What we have seen was that the police has distanced themselves, and the community has distanced themselves even further. So there is – the divide has really intensified. It hasn’t decreased. And of course, we want to delineate the whole concept of the culture of bad policing that exists. Nobody denies that. But as a result of this, we don’t see the policing – the level of policing we need in our community to keep the crime down in these cities that we’re seeing bleed to death. Reverend Kinji Scott (Baltimore)
The crime victories of the last two decades, and the moral support on which law and order depends, are now in jeopardy thanks to the falsehoods of the Black Lives Matter movement. Police operating in inner-city neighborhoods now find themselves routinely surrounded by cursing, jeering crowds when they make a pedestrian stop or try to arrest a suspect. Sometimes bottles and rocks are thrown. Bystanders stick cell phones in the officers’ faces, daring them to proceed with their duties. Officers are worried about becoming the next racist cop of the week and possibly losing their livelihood thanks to an incomplete cell phone video that inevitably fails to show the antecedents to their use of force.  (…) As a result of the anti-cop campaign of the last two years and the resulting push-back in the streets, officers in urban areas are cutting back on precisely the kind of policing that led to the crime decline of the 1990s and 2000s. (…) On the other hand, the people demanding that the police back off are by no means representative of the entire black community. Go to any police-neighborhood meeting in Harlem, the South Bronx, or South Central Los Angeles, and you will invariably hear variants of the following: “We want the dealers off the corner.” “You arrest them and they’re back the next day.” “There are kids hanging out on my stoop. Why can’t you arrest them for loitering?” “I smell weed in my hallway. Can’t you do something?” I met an elderly cancer amputee in the Mount Hope section of the Bronx who was terrified to go to her lobby mailbox because of the young men trespassing there and selling drugs. The only time she felt safe was when the police were there. “Please, Jesus,” she said to me, “send more police!” The irony is that the police cannot respond to these heartfelt requests for order without generating the racially disproportionate statistics that will be used against them in an ACLU or Justice Department lawsuit. Unfortunately, when officers back off in high crime neighborhoods, crime shoots through the roof. Our country is in the midst of the first sustained violent crime spike in two decades. Murders rose nearly 17 percent in the nation’s 50 largest cities in 2015, and it was in cities with large black populations where the violence increased the most. (…) I first identified the increase in violent crime in May 2015 and dubbed it “the Ferguson effect.” (…) The number of police officers killed in shootings more than doubled during the first three months of 2016. In fact, officers are at much greater risk from blacks than unarmed blacks are from the police. Over the last decade, an officer’s chance of getting killed by a black has been 18.5 times higher than the chance of an unarmed black getting killed by a cop. (…) We have been here before. In the 1960s and early 1970s, black and white radicals directed hatred and occasional violence against the police. The difference today is that anti-cop ideology is embraced at the highest reaches of the establishment: by the President, by his Attorney General, by college presidents, by foundation heads, and by the press. The presidential candidates of one party are competing to see who can out-demagogue President Obama’s persistent race-based calumnies against the criminal justice system, while those of the other party have not emphasized the issue as they might have. I don’t know what will end the current frenzy against the police. What I do know is that we are playing with fire, and if it keeps spreading, it will be hard to put out. Heather Mac Donald
It’s ironic that Jerry’s longest-lasting legacy is that the big shoe company co-opted his slogan. Nike has Just Do It in all of their ad campaigns.
Sam Leff (Yippie, close friend of Hoffman’s)
Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs. Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés. Colin Kaepernick
Je pense que tous les athlètes, tous les humains et tous les Afro-Américains devraient être totalement reconnaissants et honorés [par les manifestations lancées par les anciens joueurs de la NFL Colin Kaepernick et Eric Reid]. Serena Williams
Je ne suis pas une tricheuse! Vous me devez des excuses! (…) Je ne suis pas une tricheuse! Je suis mère de famille, je n’ai jamais triché de ma vie ! Serena Williams
For her country, Osaka has already succeeded in a major milestone: She is the first Japanese woman to reach the final of any Grand Slam. And she’s currently her country’s top-ranked player. Yet in Japan, where racial homogeneity is prized and ethnic background comprises a big part of cultural belonging, Osaka is considered hafu or half Japanese. Born to a Japanese mother and a Haitian father, Osaka grew up in New York. She holds dual American and Japanese passports, but plays under Japan’s flag. Some hafu, like Miss Universe Japan Ariana Miyamoto, have spoken publicly about the discrimination the term can confer. “I wonder how a hafu can represent Japan,” one Facebook user wrote of Miyamoto, according to Al Jazeera America’s translation. For her part, Osaka has spoken repeatedly about being proud to represent Japan, as well as Haiti. But in a 2016 USA Today interview she also noted, “When I go to Japan people are confused. From my name, they don’t expect to see a black girl.” On the court, Osaka has largely been embraced as one of her country’s rising stars. Off court, she says she’s still trying to learn the language. “I can understand way more Japanese than I can speak,” she said. (…) Earlier this year, Osaka reveled a four-word mantra keeps her steady through tough matches: “What would Serena do?” Her idolization of the 23 Grand Slam-winning titan is well-known. “She’s the main reason why I started playing tennis,” Osaka told the New York Times. Time
Des sportifs semblent désormais plus facilement se mettre en avant pour évoquer leurs convictions, que ce soient des championnes de tennis ou des footballeurs. Mais ces athlètes activistes restent encore minoritaires. Peu ont suivi Kaepernick lorsqu’il s’est agenouillé pendant l’hymne national. La plupart se focalisent sur leur sport, ils ne sont pas vraiment désireux de jouer les trouble-fête. Dans notre culture, ces sportifs sont des dieux, qui peuvent exercer une influence positive. Ils peuvent être un bon exemple d’engagement civique pour des jeunes. Et puis une bonne controverse comme l’affaire Kaepernick permet de pimenter un peu le sport et d’élargir le débat au-delà du jeu. Orin Starn (anthropologue)
Son genou droit posé à terre le 1er septembre 2016 a fait de lui un paria. Ce jour-là, Colin Kaepernick, quarterback des San Francisco 49ers, avait une nouvelle fois décidé de ne pas se lever pour l’hymne national. Coupe afro et regard grave, il était resté dans cette position pour protester contre les violences raciales et les bavures policières qui embrasaient les Etats-Unis. Plus d’un an après, la polémique reste vive. Son boycott lui vaut toujours d’être marginalisé et tenu à l’écart par la Ligue nationale de football américain (NFL). L’affaire rebondit ces jours, à l’occasion des débuts de la saison de la NFL. Sans contrat depuis mars, Colin Kaepernick est de facto un joueur sans équipe, à la recherche d’un nouvel employeur. (…) Plus surprenant, une centaine de policiers new-yorkais ont manifesté ensemble fin août à Brooklyn, tous affublés d’un t-shirt noir avec le hashtag #imwithkap. Le célèbre policier Frank Serpico, 81 ans, qui a dénoncé la corruption généralisée de la police dans les années 1960 et inspiré Al Pacino pour le film Serpico (1973), en faisait partie. Les sportifs américains sont nombreux à afficher leur soutien à Colin Kaepernick. C’est le cas notamment des basketteurs Kevin Durant ou Stephen Curry, des Golden State Warriors. (…) La légende du baseball Hank Aaron fait également partie des soutiens inconditionnels de Colin Kaepernick. Sans oublier Tommie Smith, qui lors des Jeux olympiques de Mexico en 1968 avait, sur le podium du 200 mètres, levé son poing ganté de noir contre la ségrégation raciale, avec son comparse John Carlos. Le geste militant à répétition de Colin Kaepernick, d’abord assis puis agenouillé, a eu un effet domino. Son coéquipier Eric Reid l’avait immédiatement imité la première fois qu’il a mis le genou à terre. Une partie des joueurs des Cleveland Browns continuent, en guise de solidarité, de boycotter l’hymne des Etats-Unis, joué avant chaque rencontre sportive professionnelle. La footballeuse homosexuelle Megan Rapinoe, championne olympique en 2012 et championne du monde en 2015, avait elle aussi suivi la voie de Colin Kaepernick et posé son genou à terre. Mais depuis que la Fédération américaine de football (US Soccer) a édicté un nouveau règlement, en mars 2017, qui oblige les internationaux à se tenir debout pendant l’hymne, elle est rentrée dans le rang. Colin Kaepernick lui-même s’était engagé à se lever pour l’hymne pour la saison 2017. Une promesse qui n’a pas pour autant convaincu la NFL de le réintégrer. Barack Obama avait pris sa défense; Donald Trump l’a enfoncé. En pleine campagne, le milliardaire new-yorkais avait qualifié son geste d’«exécrable», l’hymne et le drapeau étant sacro-saints aux Etats-Unis. Il a été jusqu’à lui conseiller de «chercher un pays mieux adapté». Les chaussettes à motifs de cochons habillés en policiers que Colin Kaepernick a portées pendant plusieurs entraînements – elles ont été très remarquées – n’ont visiblement pas contribué à le rendre plus sympathique à ses yeux. Mais ni les menaces de mort ni ses maillots brûlés n’ont calmé le militantisme de Colin Kaepernick. Un militantisme d’ailleurs un peu surprenant et parfois taxé d’opportunisme: métis, de mère blanche et élevé par des parents adoptifs blancs, Colin Kaepernick n’a rallié la cause noire, et le mouvement Black Lives Matter, que relativement tardivement. Avant Kaepernick, la star de la NBA LeBron James avait défrayé la chronique en portant un t-shirt noir avec en lettres blanches «Je ne peux pas respirer». Ce sont les derniers mots d’un jeune Noir américain asthmatique tué par un policier blanc. Par ailleurs, il avait ouvertement soutenu Hillary Clinton dans sa course à l’élection présidentielle. Timidement, d’autres ont affiché leurs convictions politiques sur des t-shirts, mais sans aller jusqu’au boycott de l’hymne national, un geste très contesté. L’élection de Donald Trump et le drame de Charlottesville provoqué par des suprémacistes blancs ont contribué à favoriser l’émergence de ce genre de protestations. Ces comportements signent un retour du sportif engagé, une espèce presque en voie de disparition depuis les années 1960-1970, où de grands noms comme Mohamed Ali, Billie Jean King ou John Carlos ont porté leur militantisme à bras-le-corps. Au cours des dernières décennies, l’heure n’était pas vraiment à la revendication politique, confirme Orin Starn, professeur d’anthropologie culturelle à l’Université Duke en Caroline du Nord. A partir des années 1980, c’est plutôt l’image du sportif businessman qui a primé, celui qui s’intéresse à ses sponsors, à devenir le meilleur possible, soucieux de ne déclencher aucune polémique. Un sportif lisse avant tout motivé par ses performances et sa carrière. Comme le basketteur Michael Jordan ou le golfeur Tiger Woods. Le Temps
It was an incredible match. I mean, Arthur was an innovator. It was the first time he sort of sat down at the side of the court in between — they didn’t have chairs at the side of the court for a long time; we sort of had to towel off and go on — but he would sit and cover his head with the towel and just think. It was the first time you were conscious of the mental side of tennis. Arthur was instrumental in that. . . . Arthur was a thinker. Virginia Wade
Arthur didn’t need Vietnam. Arthur had his own Vietnam right there in the United States in those days, and some of the things that I saw while I was there — he didn’t need that. The thing that I always think about, and this was always the most important thing in my mind, was that Arthur represented so many possibilities. Arthur was the first to do so much so often that those of us who knew him would say: ‘What’s next? What mountain was he going to climb next?’ Arthur was always different. (…) Growing up, Arthur was a sponge. . . . That was just his nature. He was a voracious reader, and he had to satisfy his intellect. I tell people if Arthur had concentrated on just tennis, he would have been the best in the world. But tennis was a vehicle. . . . He wanted to be able to take kids outside of their environs, outside of their element for a little while and expose them to what they can be. . . . And, let’s face it, most parents don’t have the wherewithal to do that. It’s not easy. What happens is you get somebody like Arthur — and following Arthur, LeBron James is starting to do things — to expose kids. It’s so important that that happens. (…) “Until Arthur came along and Althea came along, tennis was a sport of the elites. Then you get two playground children — one from Harlem, one from Richmond — to break into the bigs. People had to stop and think about that. It opened the doors for other people, and that’s what it was all about. That’s what it was all about for him. Johnnie Ashe
The Apollo program was a national effort that depended on American derring-do and sacrifice. History is usually airbrushed to remove a figure who has fallen out of favor with a dictatorship, or to hide away an episode of national shame. Leave it to Hollywood to erase from a national triumph its most iconic moment. The new movie First Man, a biopic about the Apollo 11 astronaut Neil Armstrong, omits the planting of the American flag during his historic walk on the surface of the moon. Ryan Gosling, who plays Armstrong in the film, tried to explain the strange editing of his moonwalk: “This was widely regarded in the end as a human achievement. I don’t think that Neil viewed himself as an American hero.” Armstrong was a reticent man, but he surely considered himself an American, and everyone else considered him a hero. (“You’re a hero whether you like it or not,” one newspaper admonished him on the 10th anniversary of the landing.) Gosling added that Armstrong’s walk “transcended countries and borders,” which is literally true, since it occurred roughly 238,900 miles from Earth, although Armstrong got there on an American rocket, walked in an American spacesuit, and returned home to America. (…) It was a chapter in a space race between the United States and the Soviet Union that involved national prestige and the perceived worth of our respective economic and political systems. The Apollo program wasn’t about the brotherhood of man, but rather about achieving a national objective before a hated and feared adversary did. The mission of Apollo 11 was, appropriately, soaked in American symbolism. The lunar module was called Eagle, and the command module Columbia. There had been some consideration to putting up a U.N. flag, but it was scotched — it would be an American flag and only an American flag. (…) There may be a crass commercial motive in the omission — the Chinese, whose market is so important to big films, might not like overt American patriotic fanfare. Neither does much of our cultural elite. They may prefer not to plant the flag — but the heroes of Apollo 11 had no such compunction. National Review
Billed as being based on “a crazy, outrageous incredible true story” about how a black cop infiltrated the KKK, Spike Lee’s BlacKkKlansman would be more accurately described as the story of how a black cop in 1970s Colorado Springs spoke to the Klan on the phone. He pretended to be a white supremacist . . . on the phone. That isn’t infiltration, that’s prank-calling. A poster for the movie shows a black guy wearing a Klan hood. Great starting point for a comedy, but it didn’t happen. The cop who actually attended KKK meetings undercover was a white guy (played by Adam Driver). These led . . . well, nowhere in particular. No plot was foiled. Those meetups mainly revealed that Klansmen behave exactly how you’d expect Klansmen to behave. The movie is a typical Spike Lee joint: A thin story is told in painfully didactic style and runs on far too long. (…)  Washington (son of Denzel) has an easygoing charisma as the unflappable Ron Stallworth, a rookie cop in Colorado Springs who volunteers to go undercover as a detective in 1972, near the height of the Black Power movement and a moment when law enforcement was closely tracking the activities of radicals such as Stokely Carmichael, a.k.a. Kwame Ture, a speech of whose Stallworth says he attended while posing as an ordinary citizen. In the movie, Stallworth experiences an awakening of black pride and falls for a student leader, Patrice (a luminous Laura Harrier, who also played Peter Parker’s girlfriend in Spider-Man: Homecoming), inspiring in him the need to do something for his people. (…) The Klan also turn out to be grandstanders and blowhards given to Carmichael-style paranoid prophecies and seem to hope to troll their enemies into attacking them. When Lee realizes he needs something to actually happen besides racist talk, he turns to a subplot featuring a white-supremacist lady running around with a purse full of C-4 explosive with which she intends to blow up the black radicals. It’s so unconvincing that you watch it thinking, “I really doubt this happened.” It didn’t. The only other tense moment in the film, in which Driver’s undercover cop (who is Jewish) is nearly subjected to a lie-detector test about his religion by a suspicious Klansman, is also fabricated. Lee frames his two camps as opposites, but whether we’re with the black-power types or the white-power yokels, they’re equally wrong about the race war they seem to yearn for. The two sides are equally far from the stable center, the color-blind institution holding society together, which turns out to be . . . the police! After some talk from the radical Patrice (whose character is also a fabrication) about how the whole system is corrupt and she could never date a “pig,” and a scene in which Stallworth implies the police’s code of covering for one another reminds him of the Klan, Lee winds up having the police unite to fight racism, with one bad apple expunged and everybody else on the otherwise all-white force supporting Ron. That Spike Lee has turned in a pro-cop film has to be counted one of the stranger cultural developments of 2018, but Lee seems to have accidentally aligned with cops in the course of issuing an anti-Trump broadside. (…) (See also: an introduction in which Alec Baldwin plays a Southern cracker called Dr. Kennebrew Beauregard who rants about desegregation for several minutes, then is never seen again.) Lee’s other major goal is to link Stallworth’s story to Trumpism using David Duke. Duke, like Trump, said awful things at the time of the Charlottesville murder and played a part in the Stallworth story when the cop was assigned to protect the Klan leader (played by Topher Grace) on a visit to Colorado Springs and later threw his arm around him while posing for a picture. Saying Duke presaged Trump seems like a stretch, though. After all the nudge-nudge MAGA lines uttered by the Klansmen throughout the film, the let-me-spell-it-out-for-you finale, with footage from the Charlottesville white-supremacist rally, seems de trop. BlacKkKlansman was timed to hit theaters one year after the anniversary of the horror in Virginia. That Charlottesville II attracted only two dozen pathetic dorks to the cause of white supremacy would seem to undermine the coda. The Klan’s would-be successors, far from being more emboldened than they have been since Stallworth’s time, appear to be nearly extinct. National review
The all-seeing social-justice eye penetrates every aspect of our lives: sports, movies, public monuments, social media, funerals . . .A definition of totalitarianism might be the saturation of every facet of daily life by political agendas and social-justice messaging. At the present rate, America will soon resemble the dystopias of novels such as 1984 and Brave New World in which all aspects of life are warped by an all-encompassing ideology of coerced sameness. Or rather, the prevailing orthodoxy in America is the omnipresent attempt of an elite — exempt from the consequences of its own ideology thanks to its supposed superior virtue and intelligence — to mandate an equality of result. We expect their 24/7 political messaging on cable-channel news networks, talk radio, or print and online media. And we concede that long ago an NPR, CNN, MSNBC, or New York Times ceased being journalistic entities as much as obsequious megaphones of the progressive itinerary. But increasingly we cannot escape anywhere the lidless gaze of our progressive lords, all-seeing, all-knowing from high up in their dark towers. (…) Americans have long accepted that Hollywood movies no longer seek just to entertain or inform, but to indoctrinate audiences by pushing progressive agendas. That commandment also demands that America be portrayed negatively — or better yet simply written out of history. Take the new film First Man, about the first moon landing. Apollo 11 astronaut Neil Armstrong became famous when he emerged from The Eagle, the two-man lunar module, and planted an American flag on the moon’s surface. Yet that iconic act disappears from the movie version. (At least Ryan Gosling, who plays Armstrong, does not walk out of the space capsule to string up a U.N. banner.) Gosling claimed that the moon landing should not be seen as an American effort. Instead, he advised, it should be “widely regarded as a human achievement” — as if any nation’s efforts or the work of the United Nations in 1969 could have pulled off such an astounding and dangerous enterprise. I suppose we are to believe that Gosling’s Canada might just as well have built a Saturn V rocket. (…) Sports offers no relief. It is now no more a refuge from political indoctrination than is Hollywood. Yet it is about as difficult to find a jock who can pontificate about politics as it is to encounter a Ph.D. or politico who can pass or pitch. The National Football League, the National Basketball Association, and sports channels are now politicalized in a variety of ways, from not standing up or saluting the flag during the National Anthem to pushing social-justice issues as part of televised sports analysis. What a strange sight to see tough sportsmen of our Roman-style gladiatorial arenas become delicate souls who wilt on seeing a dreaded hand across the heart during the playing of the National Anthem. Even when we die, we do not escape politicization. At a recent eight-hour, televised funeral service for singer Aretha Franklin, politicos such as Jesse Jackson and Al Sharpton went well beyond their homages into political harangues. Pericles or Lincoln they were not. (…) Politics likewise absorbed Senator John McCain’s funeral the next day. (…) Even the long-ago dead are fair game. Dark Age iconoclasm has returned to us with a fury. Any statue at any time might be toppled — if it is deemed to represent an idea or belief from the distant past now considered racist, sexist, or somehow illiberal. Representations of Columbus, the Founding Fathers, and Confederate soldiers have all been defaced, knocked down, or removed. The images of mass murderers on the left are exempt, on the theory that good ends always allow a few excessive means. So are the images and names of robber barons and old bad white guys, whose venerable eponymous institutions offer valuable brands that can be monetized. At least so far, we are not rebranding Stanford and Yale with indigenous names. Victor Davis Hanson
Johnnie Ashe, like Wade, remembers his brother as an intellectual and an innovator, as someone who was meant to change the world. That’s why, when Johnnie came to understand that the military wouldn’t send two brothers into active duty in a war zone at the same time, he volunteered for a second tour in Vietnam. He was three months away from coming home.Since Johnnie stayed on active duty, Arthur could compete for both the U.S. amateur and U.S. Open championships in 1968. He is the only person to have won both. Ashe had many projects that helped extend his legacy beyond that of a pioneering tennis player who won 33 career singles championships; ever the thinker, bringing tennis and educational opportunities to youths was Ashe’s passion. He helped found the National Junior Tennis & Learning network in 1968, a grass-roots organization designed to make tennis more accessible. Today, the NJTL receives significant funding from the USTA. The Washington Post
Arthur Ashe always had an exquisite sense of timing, whether he was striking a topspin backhand or choosing when to speak out for liberty and justice for all. So we shouldn’t be surprised that the 50th anniversary of his victory at the first U.S. Open — a milestone to be celebrated on Saturday at the grand stadium bearing his name — coincides with a national conversation on the First Amendment rights and responsibilities of professional athletes. Mr. Ashe has been gone for 25 years, struck down at the age of 49 by AIDS, inflicted by an H.I.V.-tainted blood transfusion. But the example he set as a champion on and off the court has never been more relevant. As Colin Kaepernick, LeBron James and others strive to use their athletic stardom as a platform for social justice activism, they might want to look back at what this soft-spoken African-American tennis star accomplished during the age of Jim Crow and apartheid. (…) He began his career as the Jackie Robinson of men’s tennis — a vulnerable and insecure racial pioneer instructed by his coaches to hold his tongue during a period when the success of desegregation was still in doubt. At the same time, Mr. Ashe’s natural shyness and deferential attitude toward his elders and other authority figures all but precluded involvement in the civil rights struggle and other political activities during his high school and college years. The calculus of risk and responsibility soon changed, however, as Mr. Ashe reinvented himself as a 25-year-old activist-in-training during the tumultuous year of 1968. With his stunning victory in September at the U.S. Open, where he overcame the best pros in the world as a fifth-seeded amateur, he gained a new confidence that affected all aspects of his life. Mr. Ashe’s political transformation had begun six months earlier when he gave his first public speech, a discourse on the potential importance of black athletes as community leaders, delivered at a Washington forum hosted by the Rev. Jefferson Rogers, a prominent black civil rights leader Mr. Ashe had known since childhood. Mr. Rogers had been urging Mr. Ashe to speak out on civil rights issues for some time, and when he finally did so, it released a spirit of civic engagement that enveloped his life. “This is the new Arthur Ashe,” the reporter Neil Amdur observed in this paper, “articulate, mature, no longer content to sit back and let his tennis racket do the talking.” In part, Mr. Ashe’s new attitude reflected a determination to make amends for his earlier inaction. “There were times, in fact,” he recalled years later, “when I felt a burning sense of shame that I was not with other blacks — and whites — standing up to the fire hoses and the police dogs, the truncheons, bullets and bombs.” He added: “As my fame increased, so did my anguish.” During the violent spring of 1968, the assassinations of the Rev. Dr. Martin Luther King Jr., whom Mr. Ashe had come to admire above all other black leaders, and Senator Robert F. Kennedy, whom he had supported as a presidential candidate, shook Mr. Ashe’s faith in America. But he refused to surrender to disillusionment. Instead he dedicated himself to active citizenship on a level rarely seen in the world of sports. His activism began with an effort to expand economic and educational opportunities for young urban blacks, but his primary focus soon turned to the liberation of black South Africans suffering under apartheid. Later he supported a wide variety of causes, playing an active role in campaigns for black political power, high educational standards for college athletes, criminal justice reform, equality of the sexes and AIDS awareness. He also became involved in numerous philanthropic enterprises. By the end of his life, Mr. Ashe’s success on the court was no longer the primary source of his celebrity. He had become, along with Muhammad Ali, a prime example of an athlete who transcended the world of sports. In 2016, President Barack Obama identified Mr. Ali and Mr. Ashe as the sports figures he admired above all others. While noting the sharp contrast in their personalities, he argued that both men were “transformational” activists who pushed the nation down the same path to freedom and democracy. Mr. Ashe practiced his own distinctive brand of activism, one based on unemotional appeals to common sense and enlightened philosophical principles as simple as the Golden Rule. He had no facility for, and little interest in, using agitation and drama to draw attention to causes, no matter how worthy they might be. A champion of civility, he always kept his cool and never raised his voice in anger or frustration. Viewing emotional appeals as self-defeating and even dangerous, he relied on reasoned persuasion derived from careful preparation and research. Mr. Ashe preferred to make a case in written form, or as a speaker on the college lecture circuit or as a witness before the United Nations. His periodic opinion pieces in The Washington Post and other newspapers tackled a number of thorny issues related to sports and the broader society, including upholding high academic standards for college athletic eligibility and the expulsion of South Africa from international athletic competition. In the 1980s, he devoted several years to researching and writing “A Hard Road to Glory,” a groundbreaking three-volume history of African-American athletes. In retirement Mr. Ashe became a popular tennis broadcaster known for his clever quips, yet as an activist he never resorted to sound bites that excited audiences with reductionist slogans. Often working behind the scenes, he engaged in high-profile public debate only when he felt there was no other way to advance his point of view. Suspicious of quick fixes, he advocated incremental and gradual change as the best guarantor of true progress. Yet he did not let this commitment to long-term solutions interfere with his determination to give voice to the voiceless. Known as a risk taker on the court, he was no less bold off the court, where he never shied away from speaking truth to power. He was arrested twice, in 1985 while participating in an anti-apartheid demonstration in front of the South African Embassy and in 1992 while picketing the White House in protest of the George H.W. Bush administration’s discriminatory policies toward Haitian refugees. The first arrest embarrassed the American tennis establishment, which soon removed him from his position as captain of the U.S. Davis Cup team, and the second occurred during the final months of his life as he struggled with the ravages of AIDS. In both cases he accepted the consequences of his principled activism with dignity. Mr. Ashe was a class act in every way, a man who practiced what he preached without being diverted by the temptations of power, fame or fortune. When we place his approach to dissent and public debate in a contemporary frame, it becomes obvious that his legacy is the antithesis of the scorched-earth politics of Trumpism. If Mr. Ashe were alive today, he would no doubt be appalled by the bullying tactics and insulting rhetoric of a president determined to punish athletes who have the courage and audacity to speak out against police brutality toward African-Americans. And yet we can be equally sure that Mr. Ashe would honor his commitment to respectful dialogue, refusing to lower himself to the president’s level of unrestrained invective. (…) Mr. Ashe would surely be gratified that to date, this high road has led to more protest, not less, confirming his belief that real change comes from rational advocacy and hard work, not emotional self-indulgence. As we celebrate his remarkable life and legacy a quarter-century after his death, we can be confident that Mr. Ashe would rush to join today’s activists in spirit and solidarity, solemnly but firmly taking a knee for social justice. Raymond Arsenault

Reviens, Arthur, Ils sont devenus fous !

En ces temps devenus fous …

Où après les médias et, enterrements compris, la haute fonction publique

Et, entre le négationnisme (pas de drapeau américain sur la lune) et la réécriture de l’histoire (les quelques mois d’infiltration du KKK par une équipe de policiers noir et blanc dans une petite ville du Colrado au début des années 70 transformés en film blaxploitation avec toute l’explosive subtilité d’un Spike Lee), Hollywood …

Comme au niveau des grosses multinationales du matériel de sport à l’occasion du 30e anniversaire d’un slogan de toute évidence fauché au yippie Jerry Rubin

Mais faussement attribué (droits obligent ?) aux dernière paroles du tristement célèbre premier exécuté (volontaire et déjà gratifié par Norman Mailer de son panégyrique littéraire) du retour de la peine de mort aux Etats-Unis …

La marchandisation d’un joueur (métis multimillionnaire abandonné par son père noir et adopté par des parents blancs) dont le seul titre de gloire est, outre ses chaussettes anti-policiers et ses tee-shirts à la gloire de Castro, son refus d’honorer le drapeau de son pays pour prétendument dénoncer les brutalités policières contre les noirs …

Tout semble dorénavant permis pour dénigrer l’actuel président américain et les forces de police …

Comment ne pas repenser …

En ce 50e anniversaire …

De la première victoire, dès la création du premier tournoi professionnel, d’un joueur de tennis noir à une épreuve de Grand chelem …

A la figure hélas oubliée d’un Arthur Ashe

Qui, de l’apartheid sud-africain à la défense des réfugiés haïtiens ou des enfants atteints du SIDA jusqu’à l’ONU …

Et loin des outrances racistes à l’époque d’un Mohamed Ali …

Ou de la violence actuelle (et surtout de ses conséquences sur les plus démunis quoi qu’en dise son biographe) du collectif Black lives matter que prétend défendre un Colin Kaeperinck …

Et sans parler du lamentable scandale, au nom d’un prétendu sexisme et face à une improbable nippo-haïtienne élevée aux Etats-Unis mais ne parlant pas japonais, de Serena Williams en finale du même US Open hier …

Avait toujours su joindre l’intelligence et le respect des autres comme de son propre pays à la plus redoutable des efficacités ?

What Arthur Ashe Knew About Protest

The tennis great was committed to respectful dialogue, refusing to lower himself to the level of invective

Raymond Arsenault
Mr. Arsenault is a biographer of Arthur Ashe.
The New York Times
Sept. 8, 2018

Arthur Ashe always had an exquisite sense of timing, whether he was striking a topspin backhand or choosing when to speak out for liberty and justice for all. So we shouldn’t be surprised that the 50th anniversary of his victory at the first U.S. Open — a milestone to be celebrated on Saturday at the grand stadium bearing his name — coincides with a national conversation on the First Amendment rights and responsibilities of professional athletes.

Mr. Ashe has been gone for 25 years, struck down at the age of 49 by AIDS, inflicted by an H.I.V.-tainted blood transfusion. But the example he set as a champion on and off the court has never been more relevant. As Colin Kaepernick, LeBron James and others strive to use their athletic stardom as a platform for social justice activism, they might want to look back at what this soft-spoken African-American tennis star accomplished during the age of Jim Crow and apartheid.

The first thing they will discover is that, like most politically motivated athletes, Mr. Ashe turned to activism only after his formative years as an emerging sports celebrity. He began his career as the Jackie Robinson of men’s tennis — a vulnerable and insecure racial pioneer instructed by his coaches to hold his tongue during a period when the success of desegregation was still in doubt. At the same time, Mr. Ashe’s natural shyness and deferential attitude toward his elders and other authority figures all but precluded involvement in the civil rights struggle and other political activities during his high school and college years.

The calculus of risk and responsibility soon changed, however, as Mr. Ashe reinvented himself as a 25-year-old activist-in-training during the tumultuous year of 1968. With his stunning victory in September at the U.S. Open, where he overcame the best pros in the world as a fifth-seeded amateur, he gained a new confidence that affected all aspects of his life.

Mr. Ashe’s political transformation had begun six months earlier when he gave his first public speech, a discourse on the potential importance of black athletes as community leaders, delivered at a Washington forum hosted by the Rev. Jefferson Rogers, a prominent black civil rights leader Mr. Ashe had known since childhood. Mr. Rogers had been urging Mr. Ashe to speak out on civil rights issues for some time, and when he finally did so, it released a spirit of civic engagement that enveloped his life. “This is the new Arthur Ashe,” the reporter Neil Amdur observed in this paper, “articulate, mature, no longer content to sit back and let his tennis racket do the talking.”

In part, Mr. Ashe’s new attitude reflected a determination to make amends for his earlier inaction. “There were times, in fact,” he recalled years later, “when I felt a burning sense of shame that I was not with other blacks — and whites — standing up to the fire hoses and the police dogs, the truncheons, bullets and bombs.” He added: “As my fame increased, so did my anguish.”

During the violent spring of 1968, the assassinations of the Rev. Dr. Martin Luther King Jr., whom Mr. Ashe had come to admire above all other black leaders, and Senator Robert F. Kennedy, whom he had supported as a presidential candidate, shook Mr. Ashe’s faith in America. But he refused to surrender to disillusionment. Instead he dedicated himself to active citizenship on a level rarely seen in the world of sports.

His activism began with an effort to expand economic and educational opportunities for young urban blacks, but his primary focus soon turned to the liberation of black South Africans suffering under apartheid. Later he supported a wide variety of causes, playing an active role in campaigns for black political power, high educational standards for college athletes, criminal justice reform, equality of the sexes and AIDS awareness. He also became involved in numerous philanthropic enterprises.

By the end of his life, Mr. Ashe’s success on the court was no longer the primary source of his celebrity. He had become, along with Muhammad Ali, a prime example of an athlete who transcended the world of sports. In 2016, President Barack Obama identified Mr. Ali and Mr. Ashe as the sports figures he admired above all others. While noting the sharp contrast in their personalities, he argued that both men were “transformational” activists who pushed the nation down the same path to freedom and democracy.

Mr. Ashe practiced his own distinctive brand of activism, one based on unemotional appeals to common sense and enlightened philosophical principles as simple as the Golden Rule. He had no facility for, and little interest in, using agitation and drama to draw attention to causes, no matter how worthy they might be. A champion of civility, he always kept his cool and never raised his voice in anger or frustration. Viewing emotional appeals as self-defeating and even dangerous, he relied on reasoned persuasion derived from careful preparation and research.

Mr. Ashe preferred to make a case in written form, or as a speaker on the college lecture circuit or as a witness before the United Nations. His periodic opinion pieces in The Washington Post and other newspapers tackled a number of thorny issues related to sports and the broader society, including upholding high academic standards for college athletic eligibility and the expulsion of South Africa from international athletic competition. In the 1980s, he devoted several years to researching and writing “A Hard Road to Glory,” a groundbreaking three-volume history of African-American athletes.

In retirement Mr. Ashe became a popular tennis broadcaster known for his clever quips, yet as an activist he never resorted to sound bites that excited audiences with reductionist slogans. Often working behind the scenes, he engaged in high-profile public debate only when he felt there was no other way to advance his point of view. Suspicious of quick fixes, he advocated incremental and gradual change as the best guarantor of true progress.

Yet he did not let this commitment to long-term solutions interfere with his determination to give voice to the voiceless. Known as a risk taker on the court, he was no less bold off the court, where he never shied away from speaking truth to power.

He was arrested twice, in 1985 while participating in an anti-apartheid demonstration in front of the South African Embassy and in 1992 while picketing the White House in protest of the George H.W. Bush administration’s discriminatory policies toward Haitian refugees. The first arrest embarrassed the American tennis establishment, which soon removed him from his position as captain of the U.S. Davis Cup team, and the second occurred during the final months of his life as he struggled with the ravages of AIDS. In both cases he accepted the consequences of his principled activism with dignity.

Mr. Ashe was a class act in every way, a man who practiced what he preached without being diverted by the temptations of power, fame or fortune. When we place his approach to dissent and public debate in a contemporary frame, it becomes obvious that his legacy is the antithesis of the scorched-earth politics of Trumpism. If Mr. Ashe were alive today, he would no doubt be appalled by the bullying tactics and insulting rhetoric of a president determined to punish athletes who have the courage and audacity to speak out against police brutality toward African-Americans. And yet we can be equally sure that Mr. Ashe would honor his commitment to respectful dialogue, refusing to lower himself to the president’s level of unrestrained invective.

Not all of the activist athletes involved in public protests during the past two years have followed Mr. Ashe’s model of restraint and civility. But many have made a good-faith effort to do so, resisting the temptation to respond in kind to Mr. Trump’s intemperate attacks on their personal integrity and patriotism. In particular, several of the most visible activists — including Mr. Kaepernick, Stephen Curry and Mr. James — have kept their composure and dignity even as they have borne the brunt of Mr. Trump’s racially charged Twitter storms and stump speeches. By and large, they have wisely taken the same high road that Mr. Ashe took two generations ago, eschewing the politics of character assassination while keeping their eyes on the prize.

Mr. Ashe would surely be gratified that to date, this high road has led to more protest, not less, confirming his belief that real change comes from rational advocacy and hard work, not emotional self-indulgence. As we celebrate his remarkable life and legacy a quarter-century after his death, we can be confident that Mr. Ashe would rush to join today’s activists in spirit and solidarity, solemnly but firmly taking a knee for social justice.

Raymond Arsenault is the author of “Arthur Ashe: A Life.”

Voir aussi:

Arthur Ashe’s real legacy was his activism, not his tennis
We remember Ashe for his electrifying talent. But he had a social conscience that was way ahead of its time
Raymond Arsenault
The Guardian
9 Sep 2018

No one had expected a fifth-seeded, 25-year-old amateur on temporary leave from the army to come out on top in a field that included the world’s best pro players. The era of Open tennis, in which both amateurs and professionals competed, was only four months old. Many feared that mixing the two groups was a mistake. Yet Ashe, with help from a string of upsets that eliminated the top four seeds, defeated the Dutchman Tom Okker in the championship match – in the process becoming the first black man to reach the highest echelon of amateur tennis.

As an amateur, Ashe could not accept the champion’s prize money of $14,000. But the lost income proved inconsequential in light of the other benefits that came in the wake of his historic performance. He became not only as a bona fide sports star but also a citizen activist with important things to contribute to society and a platform to do so. Ashe began to speak out on questions of social and economic justice.

Earlier in the year, the assassinations of Martin Luther King and Robert Kennedy had shocked Ashe out of his youthful reticence to become involved in the struggle for civil rights. Over the next 25 years, he worked tirelessly as an advocate for civil and human rights, a role model for athletes interested in more than fame and fortune.

“From what we get, we can make a living,” he counseled. “What we give, however, makes a life.”

Ashe’s 1968 win was truly impressive but his finest moment at the Open came, arguably, in 1992, four and a half months after the public disclosure that he had Aids and nearly a decade after he contracted HIV during a blood transfusion. If we apply Ashe’s professed standard of success, which placed social and political reform well above athletic achievement, the 25th US Open, not the first, is the tournament most deserving of commemoration. Without picking up a racket, he managed to demonstrate a moral leadership that far transcended the world of sports.

On 30 August, on the eve of the first round, a substantial portion of the professional tennis community rallied behind the stricken champion’s effort to raise funds for the new Arthur Ashe Foundation for the Defeat of Aids (AAFDA). The celebrity-studded event, the Arthur Ashe Aids Tennis Challenge, drew a huge crowd and nine of the game’s biggest stars. The support was unprecedented, leading one reporter to marvel: “The tennis world is known by and large as a selfish, privileged world, one crammed with factions and egos. So what is happening at the Open is unthinkable: gender and nationality and politics will take a back seat to a full-fledged effort to support Ashe.”

Participants included CBS correspondent Mike Wallace, then New York City mayor David Dinkins and two of tennis’s biggest celebrities, the up-and-coming star Andre Agassi and the four-time Open champion John McEnroe, who entertained the crowd by clowning their way through a long set. To Ashe’s delight, McEnroe, once known as the “Superbrat” of tennis, even put on a joke tantrum against the umpire.

Several days earlier, on a more serious note, McEnroe had spoken for many of his peers in explaining why he felt passionate about Ashe’s cause.

“It’s not something you can even think twice about when you’re asked to help,” he insisted. “The fact that the disease has happened to a tennis player certainly strikes home with all of us. I’m just glad someone finally organized the tennis community like this, and obviously it took someone like Arthur to do it.”

Ashe was thrilled with the response to the Aids Challenge, which raised $114,000 for the AAFDA. One man walked up and casually handed him a personal check for $25,000. Later in the week the foundation received $30,000 from an anonymous donor in North Carolina. Such generosity was what Ashe had hoped to inspire, and when virtually all of the US Open players complied with the foundation’s request to attach a special patch – “a red ribbon centered by a tiny yellow tennis ball” – to their outfits as a symbolic show of support for Aids victims, he knew he had started something important.

This awakening of social responsibility – among a group of athletes not typically known for political courage – was deeply gratifying to a man whose previous calls to action had been largely ignored. Seven years earlier he was fired as captain of the US Davis Cup team in part because leaders were uncomfortable with his growing political activism, especially his arrest during an anti-apartheid demonstration outside a South African embassy. This rebuke did not shake his belief in active citizenship as a bedrock principle, however, and as the 1992 Open drew to a close he demonstrated just how seriously he regarded personal commitment to social justice.

When his lifelong friend and anti-apartheid ally Randall Robinson asked Ashe to come to Washington for a protest march he immediately said yes, even though the march was scheduled four days before the end of the Open. The march concerned an issue that had become deeply important to Ashe: the Bush administration’s discriminatory treatment of Haitian refugees seeking asylum in the US. With more than 2,000 other protesters, Ashe gathered in front of the White House to seek justice for the growing mass of Haitian “boat people” being forcibly repatriated without a hearing.

In stark contrast to the warm reception accorded Cuban refugees fleeing Castro’s communist regime, the dark-skinned boat people were denied refuge due to a blanket ruling that Haitians, unlike Cubans, were economic migrants undeserving of political asylum. To Ashe and the organizers of the White House protest, this double standard – which flew in the face of the political realities of both islands – smacked of racism.

“The argument incensed me,” Ashe wrote. “Undoubtedly, many of the people picked up were economic refugees, but many were not.”

Ashe knew a great deal about Haiti: he had read widely and deeply about the island’s troubled past; he had visited on several occasions; he and his wife had even honeymooned there in 1977. More recently, he had monitored the truncated career of President Jean-Bertrand Aristide, a self-styled champion of the poor whose regime was toppled by a military coup with the tacit support of the Bush administration. Ashe felt compelled to speak out.

“I was prepared to be arrested to protest this injustice,” he said.

Considering his medical condition, he had no business being at a protest; certainly no one would have blamed him if he had begged off. No one, that is, but himself. At the appointed hour, he arrived at the protest site in jeans, T-shirt and straw hat, a human scarecrow reduced to 128lbs on his 6ft 1in frame, but resolute as ever. Big, bold letters on his shirt read: “Haitians Locked Out Because They’re Black.”

The throng included a handful of celebrities, but Ashe alone represented the sports world. He didn’t want to be treated as a celebrity, of course; he simply wanted to make a statement about the responsibilities of democratic citizenship. While he knew his presence was largely symbolic, he hoped to set an example.

Putting oneself at risk for a good cause, he assured one reporter, “does wonders for your outlook … Marching in a protest is a liberating experience. It’s cathartic. It’s one of the great moments you can have in your life.”

Since federal law prohibited large demonstrations close to the White House, the organizers expected arrests. The police did not disappoint: nearly 100 demonstrators, including Ashe, were arrested, handcuffed and carted away. Ashe, despite his physical condition, asked for and received no favors. After paying his fine and calling his wife Jeanne to assure her he was all right, he took the late afternoon train back to New York.

The next night, while sitting on his couch watching the nightly news, he felt a sharp pain in his sternum. Tests revealed he had suffered a mild heart attack, the second of his life. Prior to the trip to Washington, Jeanne had worried something like this might happen. But she knew her husband was never one to play it safe when something important was on the line.

On the tennis court, he had always been prone to fits of reckless play, going for broke with shots that defied logic or sense. Off the court, particularly in his later years, Arthur Ashe almost always went full-out. He did so not because he craved activity for its own sake but rather because he wanted to live a virtuous and productive life. Even near the end, weakened by disease, he still wanted to make a difference. And he did, as he always did.

      • Raymond Arsenault, the John Hope Franklin professor of southern history at the University of South Florida, St Petersburg, is the author of Arthur Ashe: A Life, recently published by Simon & Schuster

    Voir également:

    ‘Arthur was always different’: Reflecting on Ashe’s legacy, 50 years after U.S. Open win
    Ava Wallace
    The Washington Post
    September 3, 2018

    Virginia Wade has many memories of Arthur Ashe, but the one that sticks in her mind isn’t from 50 years ago in New York, when in 1968 they won the first U.S. Open singles titles and Ashe became the first African American man to win a Grand Slam championship. Her favorite memory is from seven years later at Wimbledon.

    Ashe claimed the last of his three major titles in England in 1975 in a match against heavy favorite Jimmy Connors. Wade remembers cool, unruffled Ashe’s daring tennis against the 22-year-old Connors, who hollered back at the crowd when it shouted encouragement. She also remembers the changeovers.

    “It was an incredible match. I mean, Arthur was an innovator,” Wade, 73, said last week. “It was the first time he sort of sat down at the side of the court in between — they didn’t have chairs at the side of the court for a long time; we sort of had to towel off and go on — but he would sit and cover his head with the towel and just think. It was the first time you were conscious of the mental side of tennis. Arthur was instrumental in that. . . . Arthur was a thinker.”

    As the U.S. Open celebrates its 50th anniversary, the U.S. Tennis Association is also honoring Ashe for all that he was: thinker, pioneer, activist, champion.

    The 1968 winner already has a significant presence at Billie Jean King National Tennis Center — the facility’s biggest and most prestigious stage is named for him — but this fortnight, his visage is inescapable. There is a special photo exhibit on the walkway between Court 17 and the Grandstand, and a special “Arthur Ashe legacy booth” decked out in the colors of UCLA, his alma mater. Fans can be seen walking around sporting white T-shirts featuring a picture of Ashe wearing sunglasses, cool as can be.

    At the start of Monday’s evening session, Lt. Gen. Darryl Williams gave Ashe’s younger brother Johnnie a folded American flag in honor of his brother, who died in 1993 from AIDS-related pneumonia after contracting the disease from a tainted blood transfusion. Ashe was an Army lieutenant when he won the U.S. Open as an amateur in 1968; Johnnie, 70, was in the Marine Corps for 20 years.

    Johnnie Ashe, like Wade, remembers his brother as an intellectual and an innovator, as someone who was meant to change the world. That’s why, when Johnnie came to understand that the military wouldn’t send two brothers into active duty in a war zone at the same time, he volunteered for a second tour in Vietnam. He was three months away from coming home.

    “Arthur didn’t need Vietnam. Arthur had his own Vietnam right there in the United States in those days, and some of the things that I saw while I was there — he didn’t need that,” Johnnie said Monday night. “The thing that I always think about, and this was always the most important thing in my mind, was that Arthur represented so many possibilities. Arthur was the first to do so much so often that those of us who knew him would say: ‘What’s next? What mountain was he going to climb next?’ Arthur was always different.”

    Since Johnnie stayed on active duty, Arthur could compete for both the U.S. amateur and U.S. Open championships in 1968. He is the only person to have won both.

    Ashe had many projects that helped extend his legacy beyond that of a pioneering tennis player who won 33 career singles championships; ever the thinker, bringing tennis and educational opportunities to youths was Ashe’s passion. He helped found the National Junior Tennis & Learning network in 1968, a grass-roots organization designed to make tennis more accessible. Today, the NJTL receives significant funding from the USTA.

    “Growing up, Arthur was a sponge. . . . That was just his nature,” Johnnie Ashe said. “He was a voracious reader, and he had to satisfy his intellect. I tell people if Arthur had concentrated on just tennis, he would have been the best in the world. But tennis was a vehicle. . . . He wanted to be able to take kids outside of their environs, outside of their element for a little while and expose them to what they can be. . . . And, let’s face it, most parents don’t have the wherewithal to do that. It’s not easy. What happens is you get somebody like Arthur — and following Arthur, LeBron James is starting to do things — to expose kids. It’s so important that that happens.”

    Billie Jean King called the NJTL one of the best things that ever happened to the sport.

    “Arthur and I had many conversations over the years about how to we make tennis better — for the players, the fans and the sport,” King said in an email Monday. “We both thought tennis needed to be more hospitable, and for Arthur a big part of that was improving access and opportunity to our sport for everyone. Arthur, and Althea Gibson before him, opened doors for people of color in our sport. And, from Venus and Serena [Williams] to Naomi Osaka and Frances Tiafoe, we are seeing the results of his efforts today.”

    Ashe’s efforts as a humanitarian inspired James Blake, who now chairs the USTA Foundation. Blake was growing up when Ashe’s humanitarian career was front and center, both as the leader of the group Artists and Athletes Against Apartheid and as a figure who spoke out to educate the nation about AIDS.

    “He never looked for sympathy,” Blake said. “Instead, he looked for a way to make life better for others that were struggling.”

    Blake counts himself as one who benefited from Ashe’s barrier-breaking career. It’s a legacy not lost on the USTA; Katrina Adams, its president and chief executive, is a black woman.

    But before Maria Sharapova lost in the fourth round to Carla Suarez Navarro and the riveted crowd turned its attention to Roger Federer’s match, Monday night was about Arthur Ashe. Johnnie’s flag came wrapped in a wooden display case.

    “I was thinking what I was going to design to keep it in, but I don’t have to. This is nice,” Johnnie said.

    “Until Arthur came along and Althea came along, tennis was a sport of the elites. Then you get two playground children — one from Harlem, one from Richmond — to break into the bigs. People had to stop and think about that. It opened the doors for other people, and that’s what it was all about. That’s what it was all about for him.”

    Voir de même:

    Waiting for the Next Arthur Ashe
    Harvey Araton
    NYT
    Sept. 7, 2018

    On the second of two occasions when he had the privilege of a conversation with Arthur Ashe, MaliVai Washington, having just become the country’s No. 1 college player as a Michigan sophomore in 1989, happened to mention that he was thinking of turning pro.

    Ashe did not exactly tell him what he wanted to hear.

    “I don’t think he thought it was a very good idea,” Washington said.

    Ashe won the first United States Open at the West Side Tennis Club in Forest Hills 50 years ago to the day of Sunday’s men’s final, to be played in a stadium named for him. He also won the 1970 Australian Open and a third and final major in 1975 at Wimbledon.

    After all these years there are the formidable but not mutually exclusive legacies of Ashe: as the only African-American man to win a Grand Slam tournament and as a venerated humanitarian. Washington came tantalizingly close to living up to the former and has found a contextual purpose in the latter.

    Washington, who made it to the Wimbledon final in 1996, can recall some self-imposed pressure to hoist the trophy Ashe had claimed there 21 years earlier because “when you’re the No. 1 black player, you feel a sense of responsibility.”

    That said, Washington was admittedly more focused on the biggest payday of his career, potential lifetime membership in the All England Club and a permanent engraving on its champions wall.

    “I’m honestly not thinking then that much about history and social issues, about how this is going to impact on America, what impact is it going to have on kids,” he said of the final, which he lost to Richard Krajicek of the Netherlands in straight sets. “But at 35, 45, O.K., I can think more intelligently about it and understand the impact.”

    Washington is now 49, the age at which Ashe died in 1993 of AIDS after getting H.I.V. through a blood transfusion. Family life in northern Florida is good for Washington, with a wife, two teenage children, a real estate business and an eponymous foundation in an impoverished area of Jacksonville that for 22 years has provided a tennis introduction for children unlikely to find a private pathway into the sport.

    Washington’s program is affiliated with the National Junior Tennis League, which Ashe co-founded in 1969 to promote discipline and character through tennis among under-resourced youth. If, in the process, another Ashe happened to emerge, so much the better. But that was not the primary function, or point.

    “We’re not a pathway to pro tennis by any stretch of the imagination,” Washington said. “At my foundation, we don’t have that ability, that capacity, never had an interest in going in that direction. We highly encourage kids to play on their high school team, go on to play or try out for their college team.

    “But our biggest bang for our buck is teaching life skills. Stay in our program, and you’ll have a focus on high school education, be on a good track when you leave high school. You’re not going to leave high school with a criminal record, or with a son or daughter.”

    Why there was no African-American male Grand Slam champion successor to Ashe in the years soon after his trailblazing is no great mystery, Washington said.

    Fifty years ago, tennis was largely the province of the wealthy and white, lacking a foundational structure to facilitate such an occurrence. Which doesn’t mean that Ashe didn’t influence the rise of a Yannick Noah, the French Grand Slam champion whom Ashe himself discovered in Cameroon. Or the likes of Richard Williams and Oracene Price, whose parental vision birthed the careers of Venus and Serena Williams. They in turn have been followed by a raft of African-American female players, including the 2017 U.S. Open women’s champion, Sloane Stephens, and the runner-up, Madison Keys.

    This year’s women’s final, on Saturday afternoon, will feature Serena Williams and Naomi Osaka, a half-Japanese, half-Haitian player whose father used the Williams family as a model for his own daughters’ tennis ambitions.

    Looming over the lack of an African-American Grand Slam successor to Ashe is the vexing question of why the United States hasn’t produced a male champion since Andy Roddick won his only major title in New York in 2003. That most of the men’s titles have been claimed by a small handful of European players might be more of a tribute to them than a defining failure of the United States Tennis Association’s development capabilities.

    But on the home front, the issue is a pressing one, especially during America’s Grand Slam tournament, year after year.

    Washington retired in 1999 with four tour victories and a 1994 quarterfinal Australian Open result in addition to his Wimbledon run. He was followed by James Blake, who rose to No. 4 in the world during a 14-year career that included 10 tour titles and three Grand Slam quarterfinals, including two at the U.S. Open.

    Martin Blackman, the U.S.T.A.’s general manager for player development, agreed that a breakthrough by one or two young Americans — white or black — in the foreseeable future could help trigger a wave of next-generation stars from an expanding landscape of prospects at a time when African-American participation has significantly declined in baseball, and football is confronted with health concerns.

    “With tennis starting to be recognized as a really athletic sport, I think we do have a unique opportunity to pull some better athletes into the game,” said Blackman, an African-American man who played briefly on tour and once partnered with Washington to make the junior doubles semifinals of the 1986 Open. “So now it comes down to what can we do at the base to recruit and retain as many great young players as possible, make the game accessible and then get them into the system to stay.”

    Even with better intentions, and greater investment, it still took a set of circumstances worthy of a Disney script to land Frances Tiafoe, one of the more promising young American players, on tour.

    The son of immigrants from Sierra Leone, Tiafoe, 20, was introduced to the sport at a club in College Park, Md., where his father, Frances Sr., had found custodial work. Talent and a noticeable work ethic attracted well-heeled benefactors and helped Tiafoe climb to his current ranking of No. 44.

    He gained his first victory at the U.S. Open over France’s Adrian Mannarino, the 29th seed, in the first round before losing next time out. His father watched from the player’s box on the Grandstand court, high-fiving Frances’ coaches and trainer when the Mannarino match ended, and soon after contended that his son wasn’t all that unique.

    “There have to be thousands of kids like Frances out there, thousands who don’t have the same opportunities,” Frances Sr. said. “I’m not just talking about going to college, but going to the pro level, or just to have that chance, see if it’s possible.”

    This is where Washington holds up a metaphorical sign for caution, if not for an outright stop. Most people, he said, have little understanding of just how forbidding the odds are of becoming a pro, much less a champion.

    Like the Williams sisters, Washington — who was born in Glen Cove, N.Y., but grew up in Michigan — had the benefit of a tennis-driven father, William, who saw four of his five children play professionally. MaliVai, who typically goes by Mal, had by far the most success.

    “When I was a junior player, I was playing seven days a week and there were times when I was in high school where I was playing before school and after school,” he said. “It is so very difficult to win a major. I tried to win one, came close.”

    Then, speaking of Roger Federer and Rafael Nadal, he added: “Federer and Nadal, they’ve won 20 and 17. What makes them so great is hard to understand. You just can’t throw money at kids and think it’s going to happen.”

    So how is it done? Where does one start?

    With smaller social achievements, Washington said. With helping young people love the game recreationally, while pursuing a better life than those in less affluent African-American communities have been dealt.

    He talked of a young female graduate of his program who recently finished college without any debt, thanks to a tennis scholarship. And for the foundation’s head tennis pro, he hired Marc Atkinson, who began playing at Washington’s facility in sixth grade and walked onto the Florida A&M tennis team.

    “He’s married with three kids, and at some point, I imagine he’s going to introduce the sport to his kids,” Washington said. “You know, I often think back to my ancestors and the challenges they had, whether it’s my parents growing up in the Deep South in the 1940s and 1950s, or my great-great-grandpa who was born a slave. I can trace my lineage back to people who were getting up and getting after it, who were trying to make a better life for themselves and their kids.

    “So with the thousands of kids that we’re helping, that tennis champion may be part of that next generation, or the one after that. You don’t know, but maybe 20 years from now, or 50 years from now, you’ll be able to look at a kid and track back a lineage to my youth foundation and that would be really cool.”

    Told that he sounded more like Ashe the humanitarian than Ashe the Grand Slam champion, Washington nodded with approval. His two meetings with Ashe produced “no deep conversations,” he said, and he did not heed Ashe’s advice on staying in school, though he eventually earned a degree in finance from the University of North Florida.

    A voice was nonetheless heard, and still resounds.

    Voir encore:

    Etats-Unis
    Frédéric Potet

La Croix
28/04/1997

A trois reprises, et par la plus pure des coïncidences, la question du sportif noir dans la société américaine s’est retrouvée sur le devant de l’actualité, ces trois dernières semaines. Il y eut d’abord, le 25 mars à Hollywood, l’attribution de l’Oscar du meilleur documentaire à When we were kings, le film de Leon Gast, sorti en France depuis mercredi, et dont le personnage central est le boxeur Mohammed Ali. Vint ensuite, le 13 avril, la victoire au Master d’Augusta (Géorgie, Etats-Unis) de la nouvelle étoile du golf mondial, le jeune Tiger Woods. Deux jours plus tard, enfin, l’Amérique célébrait le 50e anniversaire de l’intégration du premier joueur noir dans une équipe de base-ball professionnel, Jackie Robinson.

Robinson-Ali-Woods. Ces trois noms résumeraient presque la longue marche de l’émancipation du sportif noir aux Etats-Unis. Chacun d’entre eux représente une période, elle-même synonyme d’idéaux et de quête vers la reconnaissance. Si le film de Leon Gast nous montre bien quel incomparable combattant de la cause black fut Mohammed Ali, gageons qu’Ali ne serait pas devenu Ali à l’époque de Woods et que Robinson serait resté un modeste anonyme s’il avait joué dans les années 60.

Nul ne l’ignore plus aujourd’hui : si Jackie Robinson a pu trouver place au sein des Brooklyn Dodgers en cette année 1947, ce fut principalement pour des raisons extrasportives. Ce petit-fils d’esclave était en effet d’un tempérament suffisamment doux et détaché pour ne pas répondre aux concerts d’insultes dont il allait être la cible durant toute sa carrière. A l’instar de son aîné Jesse Owens, sprinter quatre fois médaillé d’or à qui Hitler refusa de serrer la main aux Jeux Olympiques de 1936 à Berlin, Jackie Robinson ne devait jamais rejoindre d’organisation militante. Sa présence au sein d’une équipe de la Major League (première division) allait pouvoir permettre, sans heurt, l’arrivée d’une nouvelle population dans les stades : le public noir.

Le roi dollar fait taire les langues

Autre contexte et autre façon de voir les choses, vingt ans plus tard. En 1964, quelques jours après son premier titre mondial, Cassius Clay intègre le mouvement politico-religieux des Blacks Muslims et devient Mohammed Ali. Trois ans plus tard, il refuse de partir au Vietnam, arguant qu’aucun Vietcong ne l’a « jamais traité de négro ». Rien d’étonnant lorsqu’en 1974, sur une idée du promoteur Don King, il part affronter George Foreman au Zaïre. L’africanisme possède son meilleur apôtre. Dans le film de Leon Gast, le boxeur incarne une sorte de roi-sorcier revenant au pays après plusieurs siècles d’exil. Ali ne fait alors rien d’autre que de la politique. Comme en ont fait les sprinteurs Tommie Smith, John Carlos et Lee Evans (qui deviendra entraîneur en Afrique) le jour où ils brandirent leur poing sur le podium des Jeux de Mexico de 1968.

De cette corporation de champions engagés, Arthur Ashe, décédé en 1993 après une vie passée à lutter contre diverses injustices (apartheid, sida, sort des réfugiés haïtiens), sera le dernier. Les années 80 et 90 sont un tournant. Le basketteur Michael Jordan devient le sportif le mieux payé au monde. Le sprinteur Carl Lewis, le boxeur Mike Tyson et aujourd’hui le très politiquement correct Tiger Woods vont répéter tour à tour qu’« on ne mélange pas sport et politique ». Le roi dollar fait taire les langues alors que, curieusement, le militantisme noir connaît un regain d’intérêt aux Etats-Unis.

Le paradoxe est même total le 16 octobre 1995 quand Louis Farrakhan, leader de la Nation of Islam, réunit un million de personnes à Washington. Ce jour-là, des slogans proclamant l’innocence d’O.J. Simpson reviennent souvent dans la foule. L’ancienne vedette de football américain est suspecté d’avoir tué sa femme. L’affaire a rendu l’Amérique totalement zinzin. A telle enseigne qu’O.J. est devenu une icône pour la population noire. Plus personne, alors, ne se rappelle que du temps de sa splendeur au coeur de la jet-set de Los Angeles, Simpson s’était appliqué à faire oublier aux Blancs qu’il était noir, allant jusqu’à prendre des cours de diction pour changer son accent. La politique, lui aussi, O.J. le disait déjà : ce n’était pas son job.

Voir par ailleurs:

Neil Armstrong Didn’t Forget the Flag
Rich Lowry
National review
September 5, 2018

The Apollo program was a national effort that depended on American derring-do and sacrifice. History is usually airbrushed to remove a figure who has fallen out of favor with a dictatorship, or to hide away an episode of national shame. Leave it to Hollywood to erase from a national triumph its most iconic moment.

The new movie First Man, a biopic about the Apollo 11 astronaut Neil Armstrong, omits the planting of the American flag during his historic walk on the surface of the moon.

Ryan Gosling, who plays Armstrong in the film, tried to explain the strange editing of his moonwalk: “This was widely regarded in the end as a human achievement. I don’t think that Neil viewed himself as an American hero.” Armstrong was a reticent man, but he surely considered himself an American, and everyone else considered him a hero. (“You’re a hero whether you like it or not,” one newspaper admonished him on the 10th anniversary of the landing.)

Gosling added that Armstrong’s walk “transcended countries and borders,” which is literally true, since it occurred roughly 238,900 miles from Earth, although Armstrong got there on an American rocket, walked in an American spacesuit, and returned home to America.

Apollo 11 was, without doubt, an extraordinary human achievement. Armstrong’s famous words upon descending the ladder to the moon were apt: “One small step for man, one giant leap for mankind.” A plaque left behind read: “HERE MEN FROM THE PLANET EARTH FIRST SET FOOT UPON THE MOON, JULY 1969 A.D. WE CAME IN PEACE FOR ALL MANKIND.”

But this was a national effort that depended on American derring-do, sacrifice, and treasure. It was a chapter in a space race between the United States and the Soviet Union that involved national prestige and the perceived worth of our respective economic and political systems. The Apollo program wasn’t about the brotherhood of man, but rather about achieving a national objective before a hated and feared adversary did.

The Soviets’ putting a satellite, Sputnik, into orbit first was a profound political and psychological shock. The historian Walter A. McDougall writes in his book on the space race, . . . The Heavens and the Earth:

In the weeks and months to come, Khrushchev and lesser spokesmen would point to the first Sputnik, “companion” or “fellow traveller,” as proof of the Soviet ability to deliver hydrogen bombs at will, proof of the inevitability of Soviet scientific and technological leadership, proof of the superiority of communism as a model for backwards nations, proof of the dynamic leadership of the Soviet premier.

The U.S. felt it had to rise to the challenge. As Vice President Lyndon Johnson put it, “Failure to master space means being second best in every aspect, in the crucial arena of our Cold War world. In the eyes of the world first in space means first, period; second in space is second in everything.”

VIEW SLIDESHOW: Apollo 11

The mission of Apollo 11 was, appropriately, soaked in American symbolism. The lunar module was called Eagle, and the command module Columbia. There had been some consideration to putting up a U.N. flag, but it was scotched — it would be an American flag and only an American flag.

The video of Armstrong and his partner Buzz Aldrin carefully working to set up the flag — fully extend it and sink the pole firmly enough in the lunar surface to stand — after their awe-inspiring journey hasn’t lost any of its power.

The director of First Man, Damien Chazelle, argues that the flag planting isn’t part of the movie because he wanted to focus on the inner Armstrong. But, surely, Armstrong, a former Eagle Scout, had feelings about putting the flag someplace it had never gone before?

There may be a crass commercial motive in the omission — the Chinese, whose market is so important to big films, might not like overt American patriotic fanfare. Neither does much of our cultural elite. They may prefer not to plant the flag — but the heroes of Apollo 11 had no such compunction.

Voir de plus:

What BlacKkKlansman Gets Wrong

It’s a slow, didactic film about a minor episode.

Kyle Smith
National Review
August 28, 2018

Billed as being based on “a crazy, outrageous incredible true story” about how a black cop infiltrated the KKK, Spike Lee’s BlacKkKlansman would be more accurately described as the story of how a black cop in 1970s Colorado Springs spoke to the Klan on the phone. He pretended to be a white supremacist . . . on the phone. That isn’t infiltration, that’s prank-calling. A poster for the movie shows a black guy wearing a Klan hood. Great starting point for a comedy, but it didn’t happen. The cop who actually attended KKK meetings undercover was a white guy (played by Adam Driver). These led . . . well, nowhere in particular. No plot was foiled. Those meetups mainly revealed that Klansmen behave exactly how you’d expect Klansmen to behave.The movie is a typical Spike Lee joint: A thin story is told in painfully didactic style and runs on far too long. Screenwriters ordinarily try to start every scene as late as possible and end it as early as possible; Lee just lets things roll. If the point is made, he keeps making it. If the plot tends toward inertia, that’s just Lee saying, “Don’t get distracted by the story, pay attention to the message I’m sending.” He’s a rule-breaker all right. The rules he breaks are “Don’t be boring,” “Don’t be obvious,” and “Don’t ramble.”

But! BlacKkKlansman keeps getting called spot-on, and (as Quentin Tarantino showed in Django Unchained) the moronic nature of the Klan and its beliefs makes it an excellent target for comedy. Lee doesn’t exactly wield an épée as a satirist, though: His idea of a top joke is having the redneck Klansman think “gooder” is a word. Most of the movie isn’t even attempted comedy.

Lee’s principal achievement here is in showcasing the talents of John David Washington, in the first of what promise to be many starring roles in movies. Washington (son of Denzel) has an easygoing charisma as the unflappable Ron Stallworth, a rookie cop in Colorado Springs who volunteers to go undercover as a detective in 1972, near the height of the Black Power movement and a moment when law enforcement was closely tracking the activities of radicals such as Stokely Carmichael, a.k.a. Kwame Ture, a speech of whose Stallworth says he attended while posing as an ordinary citizen. In the movie, Stallworth experiences an awakening of black pride and falls for a student leader, Patrice (a luminous Laura Harrier, who also played Peter Parker’s girlfriend in Spider-Man: Homecoming), inspiring in him the need to do something for his people. He dismisses Carmichael’s call for armed revolution as mere grandstanding, really just a means for drawing black people together. After the speech, the audience goes to a party instead of a riot.

The Klan also turn out to be grandstanders and blowhards given to Carmichael-style paranoid prophecies and seem to hope to troll their enemies into attacking them. When Lee realizes he needs something to actually happen besides racist talk, he turns to a subplot featuring a white-supremacist lady running around with a purse full of C-4 explosive with which she intends to blow up the black radicals. It’s so unconvincing that you watch it thinking, “I really doubt this happened.” It didn’t. The only other tense moment in the film, in which Driver’s undercover cop (who is Jewish) is nearly subjected to a lie-detector test about his religion by a suspicious Klansman, is also fabricated.

Lee frames his two camps as opposites, but whether we’re with the black-power types or the white-power yokels, they’re equally wrong about the race war they seem to yearn for. The two sides are equally far from the stable center, the color-blind institution holding society together, which turns out to be . . . the police! After some talk from the radical Patrice (whose character is also a fabrication) about how the whole system is corrupt and she could never date a “pig,” and a scene in which Stallworth implies the police’s code of covering for one another reminds him of the Klan, Lee winds up having the police unite to fight racism, with one bad apple expunged and everybody else on the otherwise all-white force supporting Ron.

That Spike Lee has turned in a pro-cop film has to be counted one of the stranger cultural developments of 2018, but Lee seems to have accidentally aligned with cops in the course of issuing an anti-Trump broadside. He has one cop tell us that anti-immigration rhetoric, opposition to affirmative action, “and tax reform” are the kinds of issues that white supremacists will use to snake their way into high office. Tax reform! If there has ever been a president, or indeed a politician, who failed to advocate “tax reform,” I guess I missed it. What candidate has ever said on the stump, “My fellow Americans, I propose no change to tax policy whatsoever!” If Lee grabbed us by the lapels just once per movie, it might be forgivable, but he does it all the time. (See also: an introduction in which Alec Baldwin plays a Southern cracker called Dr. Kennebrew Beauregard who rants about desegregation for several minutes, then is never seen again.)

Lee’s other major goal is to link Stallworth’s story to Trumpism using David Duke. Duke, like Trump, said awful things at the time of the Charlottesville murder and played a part in the Stallworth story when the cop was assigned to protect the Klan leader (played by Topher Grace) on a visit to Colorado Springs and later threw his arm around him while posing for a picture. Saying Duke presaged Trump seems like a stretch, though.

After all the nudge-nudge MAGA lines uttered by the Klansmen throughout the film, the let-me-spell-it-out-for-you finale, with footage from the Charlottesville white-supremacist rally, seems de trop. BlacKkKlansman was timed to hit theaters one year after the anniversary of the horror in Virginia. That Charlottesville II attracted only two dozen pathetic dorks to the cause of white supremacy would seem to undermine the coda. The Klan’s would-be successors, far from being more emboldened than they have been since Stallworth’s time, appear to be nearly extinct.

Voir encore:

US Open: furieuse, Serena Williams crie au scandale et se dit volée par l’arbitre

Cette finale en forme de choc des générations face à la Japonaise Naomi Osaka s’est transformée en véritable psychodrame ce samedi à l’US Open. Jamais entrée dans ce match qui était pour elle une vraie page d’histoire, Serena Williams a sombré dans la chasse à l’arbitre, s’estimant volée.
RMC
09/09/2018

« Je ne suis pas une tricheuse! Vous me devez des excuses! »: des phrases répétées à plusieurs reprises par Serena Williams à l’arbitre, soudainement propulsé en pleine lumière. C’est bien ce qui restera dans les livres d’histoire à propos de cette finale de l’US Open. Tant pis pour Naomi Osaka, impeccable pour remporter, en deux sets, ce choc face à son idole et le premier Grand Chelem de sa carrière (6-2, 6-4).

En cas de victoire ce samedi, l’Américaine pouvait entrer définitivement dans l’histoire en égalant le record de Margaret Court, détentrice de 24 Majeurs, record absolu. La géante de 36 ans a toujours eu du mal avec les moments d’histoire… Pour égaler Steffi Graf et ses 22 sacres en Grand Chelem, Serena Williams en était déjà passée par une demi-finale perdue à Flushing Meadows, deux finales perdues à Melbourne puis Roland-Garros avant le soulagement de Wimbledon 2016. Désillusion encore en demie de l’US Open la même année pour repousser d’un Majeur ce record de l’ère Open qu’elle détient désormais seule.

Williams et l’US Open, c’est compliqué…

Idole de tout un pays, l’Américaine aura également toujours eu du mal à jouer sur son sol. Pour des raisons diverses. Son boycott du tournoi d’Indian Wells durant 14 ans était dû à ces insultes racistes dont elle avait été victime. A l’US Open, où elle a conquis six trophées, la joueuse de 36 ans a connu des émotions contraires, entre ses sacres et ses désillusions. En 2011, face à Samantha Stosur, elle avait écopé d’une amende pour avoir explosé de colère contre l’arbitre, qui lui avait annulé un point pour cause de « come on » lâché avant la fin de l’échange.

Tiens, tiens, des problèmes avec l’arbitre… comme ce samedi. Rattrapée par la pression, Serena Williams a fini par exploser. La faute à son tennis, pas en place, malmené par une Naomi Osaka sans complexe et remarquable, qu’elle a d’ailleurs chaudement félicité à l’issue du match. La faute aussi à ce que l’Américaine a ressenti comme une injustice.

Après un premier set à sens unique, la joueuse de 36 ans a écopé d’un avertissement de la part de l’arbitre. Motif? Coaching. « Je ne suis pas une tricheuse! Je suis mère de famille, je n’ai jamais triché de ma vie », a-t-elle lancé, pleine de colère. Est-ce un quiproquo? Si son entraîneur a bien semblé lui faire un signe, la cadette des soeurs Williams assure ne pas avoir reçu de coaching. Difficile de trancher.

« Ai-je coaché? Oui, je l’ai coachée avec des gestes, a expliqué Patrick Mouratoglou sur Eurosport après la rencontre. Elle ne m’a pas vu. J’ajoute que dans 100% des cas, les joueuses bénéficient de coaching et normalement, surtout en finale d’un Grand Chelem, l’arbitre prévient la joueuse avant un éventuel avertissement. »

Raquette cassée et point perdu

La situation s’est envenimée tandis que la recordwoman de titre en Grand Chelem dans l’ère Open venait de se faire débreaker alors qu’elle semblait pourtant reprendre l’ascendant. Serena Williams en a fracassé sa raquette de rage – chose d’une extrême rareté pour elle – et a donc pris… un nouvel avertissement et un point de pénalité. Fureur.

Au changement de côté, l’arbitre en a fait les frais. « Vous m’avez volé un point! Je ne suis pas une tricheuse », a répété l’Américaine. Estimant que la joueuse était allée trop loin, l’arbitre a donc enchaîné avec un troisième avertissement, synonyme de jeu de pénalité. Derrière, après un jeu de service façon parpaings de Williams, Naomi Osaka a servi pour le match. Pour s’imposer.

Son coach crie au scandale

Pas de poignée de main à l’arbitre pour Serena Williams, qui avait bien tenté d’invoquer le superviseur pour faire annuler son jeu de pénalité… sans succès. « Une fois de plus, la star du show a été l’arbitre de chaise. Pour la deuxième fois dans cet US Open et la troisième fois pour Serena Williams en finale de l’US Open, s’est insurgé son coach Patrick Mouratoglou sur Twitter. Devraient-ils être autorisés à avoir une influence sur le résultat d’un match? Quand déciderons-nous que cela ne doit plus jamais arriver? » Une allusion à ce « coaching par l’arbitre » dont avait bénéficié Nick Kyrgios contre Pierre-Hugues Herbert au deuxième tour.

Une accolade chaleureuse avec son adversaire, des appels à la foule pour applaudir la Japonaise… Serena Williams, en larmes, aura tenté de faire bonne figure sur le podium, avant de s’éclipser. Dur pour son adversaire, presque honteuse d’avoir battu son idole dans de telles conditions. Avec le superviseur, l’Américaine estimait que les hommes n’étaient pas traités de la même manière qu’elle le fut ce samedi. Le débat est ouvert. Sans doute à raison.

Voir enfin:

Serena has mother of all meltdowns in US Open final loss
Brian Lewis
New York Post
September 8, 2018

What was supposed to be history descended into histrionics.

Serena Williams came into Saturday’s U.S. Open final looking for a record-setting title. What she got was a game penalty and an emotional meltdown.

It overshadowed Naomi Osaka’s 6-2, 6-4 win over her idol for her first Grand Slam title, and put a mark on the Open’s golden anniversary.

Though Williams repeatedly demanded an apology from chair umpire Carlos Ramos and got a game penalty after calling him a “liar” and a “thief,” she ended the match in tears. And Osaka — who sat in the stands at Arthur Ashe Stadium when she was 5, watching Williams play — was in tears herself as the pro-Williams crowd rained boos upon the victor’s stand, which included USTA officials.

All in all it was a pitiful scene, Williams actually getting her apology from Osaka instead of Ramos.

“I know everyone was cheering for her. I’m sorry it had to end like this,” said a tearful Osaka, 20, so shaken she nearly dropped her trophy. Meanwhile, Williams — who’d regained her composure — put her arm around her young foe and implored the crowd to stop booing.

“I felt bad because I’m crying and she’s crying,” said Williams. “She just won. I’m not sure if they were happy tears or they were sad tears because of the moment. I felt like, wow, this isn’t how I felt when I won my first Grand Slam. I was like, wow, I definitely don’t want her to feel like that. Maybe it was the mom in me that was like, ‘Listen, we got to pull ourselves together here.’ ”

Williams had come in seeking a milestone win, one that would’ve tied Margaret Court’s all-time record for Grand Slams (24). But Osaka — and Williams’ own temper tantrum — scuttled those plans.

In the second game of the second set, Ramos hit Williams with a code violation for receiving coaching from Patrick Mouratoglou from her player’s box.

“You owe me an apology,” Williams said. “I’ve never cheated in my life. I have a daughter and stand for what’s right for her.”

Still, Mouratoglou admitted he’d given her advice, though threw in the disclaimer she may not have seen it from the other end of the court.

“I just texted Patrick, like, what is he talking about? Because we don’t have signals, we’ve never discussed signals. I don’t even call for on-court coaching,” Williams said. “I’m trying to figure out why he would say that. I don’t understand. Maybe he said, ‘You can do it.’ I was on the far other end, so I’m not sure. I want to clarify myself what he’s talking about.”

Williams got a second code violation four games later, up 3-2. After Osaka broke her serve, Williams broke her racket in frustration and was assessed a point penalty.

“You will never, ever be on another court of mine as long as you live. You’re the liar. When are you going to give me my apology? Say it! Say you’re sorry!” Williams ranted, before ending with, “You’re a thief, too.”

That was the last straw, and Ramos hit her with a third code violation for verbal abuse, which cost Williams a game to put Osaka up 5-3. An irate Williams argued in vain to tournament referee Brian Earley and got closed out two games later.

The U.S. Open released a statement saying “the chair umpire’s decision was final and not reviewable by the Tournament Referee or the Grand Slam Supervisor who were called to the court at that time.” Williams contends that letter of the law wouldn’t have been followed if she’d been male.

“I’ve seen other men call other umpires several things. I’m here fighting for women’s rights and for women’s equality. For me to say ‘thief’ and for him to take a game, it made me feel like it was sexist,” Williams said. “He’s never taken a game from a man because they said ‘thief’. For me it blows my mind.”

Voir de plus:

Colin Kaepernick, ou le difficile retour du sportif engagé

L’ancien quarterback des San Francisco 49ers est toujours sans équipe, ostracisé pour avoir osé boycotter l’hymne national des Etats-Unis. D’autres sportifs le soutiennent dans son activisme politique

Valérie de Graffenried
Le Temps
15 septembre 2017

Son genou droit posé à terre le 1er septembre 2016 a fait de lui un paria. Ce jour-là, Colin Kaepernick, quarterback des San Francisco 49ers, avait une nouvelle fois décidé de ne pas se lever pour l’hymne national. Coupe afro et regard grave, il était resté dans cette position pour protester contre les violences raciales et les bavures policières qui embrasaient les Etats-Unis. «Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs. Il y a des cadavres dans les rues et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés», avait-il déclaré.

Plus d’un an après, la polémique reste vive. Son boycott lui vaut toujours d’être marginalisé et tenu à l’écart par la Ligue nationale de football américain (NFL).

Des manifestations en sa faveur

L’affaire rebondit ces jours, à l’occasion des débuts de la saison de la NFL. Sans contrat depuis mars, Colin Kaepernick est de facto un joueur sans équipe, à la recherche d’un nouvel employeur. Un agent libre. Plusieurs manifestations de soutien ont eu lieu ces dernières semaines. Le 24 août dernier, c’est devant le siège de la NFL, à New York, que plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre son ostracisme. La NAACP, une organisation de défense des Noirs américains, en était à l’origine. Le 10 septembre, une mobilisation similaire a eu lieu du côté de Chicago.

Plus surprenant, une centaine de policiers new-yorkais ont manifesté ensemble fin août à Brooklyn, tous affublés d’un t-shirt noir avec le hashtag #imwithkap. Le célèbre policier Frank Serpico, 81 ans, qui a dénoncé la corruption généralisée de la police dans les années 1960 et inspiré Al Pacino pour le film Serpico (1973), en faisait partie.

Le soutien de Tommie SmithLes sportifs américains sont nombreux à afficher leur soutien à Colin Kaepernick. C’est le cas notamment des basketteurs Kevin Durant ou Stephen Curry, des Golden State Warriors. «Sa posture et sa protestation ont secoué le pays dans le bon sens du terme. J’espère qu’il reviendra en NFL parce qu’il mérite d’y jouer. Il est au sommet de sa forme et peut rendre une équipe meilleure», vient de souligner Stephen Curry au Charlotte Observer.

La légende du baseball Hank Aaron fait également partie des soutiens inconditionnels de Colin Kaepernick. Sans oublier Tommie Smith, qui lors des Jeux olympiques de Mexico en 1968 avait, sur le podium du 200 mètres, levé son poing ganté de noir contre la ségrégation raciale, avec son comparse John Carlos.

Effet domino

Le geste militant à répétition de Colin Kaepernick, d’abord assis puis agenouillé, a eu un effet domino. Son coéquipier Eric Reid l’avait immédiatement imité la première fois qu’il a mis le genou à terre. Une partie des joueurs des Cleveland Browns continuent, en guise de solidarité, de boycotter l’hymne des Etats-Unis, joué avant chaque rencontre sportive professionnelle.

La footballeuse homosexuelle Megan Rapinoe, championne olympique en 2012 et championne du monde en 2015, avait elle aussi suivi la voie de Colin Kaepernick et posé son genou à terre. Mais depuis que la Fédération américaine de football (US Soccer) a édicté un nouveau règlement, en mars 2017, qui oblige les internationaux à se tenir debout pendant l’hymne, elle est rentrée dans le rang.

Colin Kaepernick lui-même s’était engagé à se lever pour l’hymne pour la saison 2017. Une promesse qui n’a pas pour autant convaincu la NFL de le réintégrer.

Des cochons habillés en policiers

Barack Obama avait pris sa défense; Donald Trump l’a enfoncé. En pleine campagne, le milliardaire new-yorkais avait qualifié son geste d’«exécrable», l’hymne et le drapeau étant sacro-saints aux Etats-Unis. Il a été jusqu’à lui conseiller de «chercher un pays mieux adapté». Les chaussettes à motifs de cochons habillés en policiers que Colin Kaepernick a portées pendant plusieurs entraînements – elles ont été très remarquées – n’ont visiblement pas contribué à le rendre plus sympathique à ses yeux.

Mais ni les menaces de mort ni ses maillots brûlés n’ont calmé le militantisme de Colin Kaepernick. Un militantisme d’ailleurs un peu surprenant et parfois taxé d’opportunisme: métis, de mère blanche et élevé par des parents adoptifs blancs, Colin Kaepernick n’a rallié la cause noire, et le mouvement Black Lives Matter, que relativement tardivement.

Avant Kaepernick, la star de la NBA LeBron James avait défrayé la chronique en portant un t-shirt noir avec en lettres blanches «Je ne peux pas respirer». Ce sont les derniers mots d’un jeune Noir américain asthmatique tué par un policier blanc. Par ailleurs, il avait ouvertement soutenu Hillary Clinton dans sa course à l’élection présidentielle. Timidement, d’autres ont affiché leurs convictions politiques sur des t-shirts, mais sans aller jusqu’au boycott de l’hymne national, un geste très contesté. L’élection de Donald Trump et le drame de Charlottesville provoqué par des suprémacistes blancs ont contribué à favoriser l’émergence de ce genre de protestations.

Le retour des athlètes activistes

Ces comportements signent un retour du sportif engagé, une espèce presque en voie de disparition depuis les années 1960-1970, où de grands noms comme Mohamed Ali, Billie Jean King ou John Carlos ont porté leur militantisme à bras-le-corps.

Au cours des dernières décennies, l’heure n’était pas vraiment à la revendication politique, confirme Orin Starn, professeur d’anthropologie culturelle à l’Université Duke en Caroline du Nord. A partir des années 1980, c’est plutôt l’image du sportif businessman qui a primé, celui qui s’intéresse à ses sponsors, à devenir le meilleur possible, soucieux de ne déclencher aucune polémique. Un sportif lisse avant tout motivé par ses performances et sa carrière. Comme le basketteur Michael Jordan ou le golfeur Tiger Woods.

Élargir le débat au-delà du jeu

«Des sportifs semblent désormais plus facilement se mettre en avant pour évoquer leurs convictions, que ce soient des championnes de tennis ou des footballeurs. Mais ces athlètes activistes restent encore minoritaires. Peu ont suivi Kaepernick lorsqu’il s’est agenouillé pendant l’hymne national. La plupart se focalisent sur leur sport, ils ne sont pas vraiment désireux de jouer les trouble-fête», précise l’anthropologue. Pour lui, ce nouvel activisme reste néanmoins réjouissant.

«Dans notre culture, ces sportifs sont des dieux, qui peuvent exercer une influence positive. Ils peuvent être un bon exemple d’engagement civique pour des jeunes.» Et puis, ajoute Orin Starn, une bonne controverse comme l’affaire Kaepernick permet de pimenter un peu le sport et d’élargir le débat au-delà du jeu. Colin Kaepernick ne commentera pas: il refuse les interviews. Mais il continue, sur Twitter, de faire vivre son militantisme et ses convictions. Egal à lui-même.

Voir de même:

Colin Kaepernick, le footballeur américain militant contre les violences policières, devient l’un des visages de Nike

En choisissant le joueur pour sa campagne publicitaire, l’équipementier prend parti dans la mobilisation contre les violences policières infligées aux Noirs américains, qui irrite au plus haut point Donald Trump.

Le Monde

Le joueur de football américain Colin Kaepernick, à l’origine en 2016 du mouvement de boycott de l’hymne américain, est devenu l’un des visages de la dernière campagne de publicité de l’équipementier sportif Nike. Il apparaît aux côtés de la reine du tennis féminin Serena Williams et de la mégastar de la NBA LeBron James dans cette campagne, qui coïncide avec le 30e anniversaire du célèbre slogan « Just do it » de la marque à la virgule.

Sur son compte Twitter, Colin Kaepernick a publié lundi 3 septembre le visuel montrant en gros plan son visage en noir et blanc avec le message « Croyez en quelque chose. Même si cela signifie tout sacrifier ».

Depuis qu’il a lancé son mouvement pour protester contre les violences policières exercées à l’encontre des Noirs américains en posant un genou à terre lors de l’hymne américain, Colin Kaepernick est devenu une personnalité controversée aux Etats-Unis, célébrée par les uns et détestée par les autres, notamment par le président américain Donald Trump, entré en guerre ouverte à l’automne dernier contre les joueurs protestataires.

Lire aussi :   La révolution Kaepernick, ou comment Black Lives Matter a fait école dans les stades américains

Entrée sur le terrain politique pour Nike

Colin Kaepernick n’a pas retrouvé d’équipe depuis l’expiration de son contrat avec San Francisco au début de 2017 et a attaqué en justice la Ligue nationale de football américain (NFL), qu’il accuse de collusion pour l’empêcher de poursuivre sa carrière.

Il est sous contrat depuis 2011 avec Nike qui, à la différence de la plupart de ses autres partenaires, n’a pas résilié son contrat de sponsoring. A trois jours du coup d’envoi de la saison 2018 de NFL, Nike frappe fort en termes de marketing. L’équipementier prend surtout clairement parti – et c’est une première pour une entreprise de cette taille – sur une question qui divise le pays depuis près de deux ans et qui irrite au plus haut point Donald Trump.

Sur le site Internet de la chaîne ESPN, Gino Fisanotti, dirigeant de Nike, a lancé :

« Nous croyons que Colin est l’un des sportifs les plus charismatiques de sa génération, qui utilise la puissance du sport pour faire bouger le monde. »

Le grand groupe américain qui fournit les équipements et les tenues des 32 équipes engagées en NFL et a renouvelé au mois de mars son partenariat pour huit ans avec l’association d’équipes professionnelles de football américain va encore plus loin. Il a prolongé son contrat de partenariat avec Colin Kaepernick et s’est engagé à créer une basket à son nom, honneur suprême pour un sportif professionnel, tout en finançant sa fondation d’aide à l’enfance.

Trump face à la fronde des sportifs

La marque connue pour ses campagnes de publicité novatrices s’expose aussi au courroux de Donald Trump. S’il n’a pas encore envoyé l’un de ses tweets assassins, le président américain mène depuis l’automne dernier une bataille personnelle contre ces joueurs de football américain qui, inspirés par Colin Kaepernick, posent un genou à terre ou lèvent un poing, tête baissée, durant l’hymne américain joué avant chaque match.

Pour Donald Trump et une partie de l’opinion publique américaine, ces gestes sont antipatriotiques, une insulte aux militaires qui ont servi et trouvé la mort sous le drapeau américain. Le président avait demandé aux propriétaires d’équipes de les sanctionner, voire de les licencier.

Lire aussi :   Après le boycott de l’hymne américain, la NFL décide d’obliger les joueurs à rester debout

La NFL pensait avoir désamorcé une réédition de la crise de 2017, qui a pénalisé ses recettes publicitaires et les audiences TV, en édictant au printemps dernier une réglementation autorisant les joueurs à protester à condition qu’ils restent dans les vestiaires pendant l’hymne. Mais cette réglementation a depuis été suspendue pour éviter les recours en justice. C’était avant que Nike ne fasse resurgir Kaepernick et son combat sur le devant de la scène et ne relance de plus belle la polémique.

« Je pense que tous les athlètes, tous les humains et tous les Afro-Américains devraient être totalement reconnaissants et honorés » par les manifestations lancées par les anciens joueurs de la NFL Colin Kaepernick et Eric Reid, a déclaré Serena Williams.

Lire aussi :   Donald Trump ouvre un nouveau front intérieur, cette fois-ci contre le monde du sport

Réplique sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux n’ont pas tardé à réagir, les partisans de Donald Trump lançant une campagne appelant au boycottage ou à la destruction des produits de l’équipementier, avec l’apparition des hashtags #BoycottNike #JustBurnIt. L’ingénieur du son de John Rich, du duo de musique country Big and Rich, aurait ainsi découpé ses chaussettes Nike, alors qu’un certain Sean Clancy postait sur Twitter la vidéo de l’immolation par le feu d’une paire de chaussures de sport. « D’abord la NFL me force à choisir entre mon sport préféré et mon pays. J’ai choisi mon pays. Puis Nike me force à choisir entre mes chaussures préférées et mon pays », a-t-il écrit. Lydia Rodarte-Quayle invite, elle, à mettre à la poubelle les vêtements de la marque.

Des prises de position aussitôt tournées en ridicule par d’autres internautes, qui se moquent notamment du fait que les partisans du président détruisent des équipements qu’ils ont payés – souvent au prix fort. Ainsi Adolph Joseph DeLaGarza, joueur de football (soccer) du Dynamo de Houston, relève le manque de logique de la démarche : « Donc, en ne voulant pas soutenir ou promouvoir @Nike, vous découpez des chaussettes déjà payées et PUIS vous tweetez @Nike. Logique ! »

Voir enfin:

Nike’s « Just do it » slogan is based on a murderer’s last words, says Dan Wieden

Marcus Fairs
Deezen|
Design Indaba 2015: the advertising executive behind Nike‘s « Just do it » slogan has told Dezeen how he based one of the world’s most recognisable taglines on the words of a convict facing a firing squad (+ interview).Dan Wieden, co-founder of advertising agency Wieden+Kennedy, described the surprising genesis of the slogan in an interview at the Design Indaba conference in Cape Town last month. »I was recalling a man in Portland, » Wieden told Dezeen, remembering how in 1988 he was struggling to come up with a line that would tie together a number of different TV commercials the fledgling agency had created for the sportswear brand. »He grew up in Portland, and ran around doing criminal acts in the country, and was in Utah where he murdered a man and a woman, and was sent to jail and put before a firing squad. »Wieden continued: « They asked him if he had any final thoughts and he said: ‘Let’s do it’. I didn’t like ‘Let’s do it’ so I just changed it to ‘Just do it’. »The murderer was Gary Gilmore, who had grown up in Portland, Oregan – the city that is home to both Nike and Wieden+Kennedy. In 1976 Gilmore robbed and murdered two men in Utah and was executed by firing squad the following year (by some accounts Gilmore actually said « Let’s do this » just before he was shot).

Nike’s first commercial featuring the « Just do it » slogan

Nike co-founder Phil Knight, who was sceptical about the need for advertising, initially rejected the idea. « Phil Knight said, ‘We don’t need that shit’, » Wieden said. « I said ‘Just trust me on this one.’ So they trusted me and it went big pretty quickly. »

The slogan, together with Nike’s « Swoosh » logo, helped propel the sportswear brand into a global giant, overtaking then-rival Reebok, and is still in use almost three decades after it was coined.

Campaign magazine described it as « arguably the best tagline of the 20th century, » saying it « cut across age and class barriers, linked Nike with success – and made consumers believe they could be successful too just by wearing its products. »

The magazine continued: « Like all great taglines, it was both simple and memorable. It also suggested something more than its literal meaning, allowing people to interpret it as they wished and, in doing so, establish a personal connection with the brand. »

Dan Wieden

Born in 1945, Wieden formed Wieden+Kennedy in Portaland with co-founder David Kennedy in 1982. The company now has offices around the world and has « billings in excess of $3 billion, » Wieden said.

Wieden revealed in his lecture at Design Indaba that shares in the privately owned agency had recently been put into a trust, making it « impossible » for the firm to be sold.

« I’ve sworn in private and in public that we will never, ever sell the agency, » Wieden said. « It just isn’t fair that once sold, a handful of people will walk off with great gobs of money and those left behind will face salary cuts or be fired, and the culture will be destroyed. »

He added: « The partners and I got together a couple of years ago and put our shares in a trust, whose only obligation is to never ever, under no circumstances, sell the agency.”

Here is an edited transcript of our interview with Dan Wieden:


Marcus Fairs: You’re probably bored to death of this question but tell me how the Nike slogan came about.

Dan Wieden: So, it was the first television campaign we’d done with some money behind, so we actually came up with five different 30 second spots. The night before I got a little concerned because there were five different teams working, so there wasn’t an overlying sensibility to them all. Some were funny, some were solemn. So I thought you know, we need a tagline to pull this stuff together, which we didn’t really believe in at the time but I just felt it was going to be too fragmented.

So I stayed up that night before and I think I wrote about four or five ideas. I narrowed it down to the last one, which was « Just do it ». The reason I did that one was funny because I was recalling a man in Portland.

He grew up in Portland, and ran around doing criminal acts in the country, and was in Utah where he murdered a man and a woman, and was sent to jail and put before a firing squad. And they asked him if he had any final thoughts and he said: « Let’s do it ».

And for some reason I went: « Now damn. How do you do that? How do you ask for an ultimate challenge that you are probably going to lose, but you call it in? » So I thought, well, I didn’t like « Let’s do it » so I just changed it to « Just do it ».

I showed it to some of the folks in the agency before we went to present to Nike and they said « We don’t need that shit ». I went to Nike and [Nike co-founder] Phil Knight said, « We don’t need that shit ». I said « Just trust me on this one. » So they trusted me and it went big pretty quickly.

Marcus Fairs: Most of Dezeen’s audience is involved in making products, whether it’s trainers or cars or whatever. What is the relationship between what you do and the product?

Dan Wieden: Well if you notice in all the Nike work – I mean there is work that shows individual shoes, but a lot of the work that we do is more talking about the role of sports or athletics. And Nike became strong because it wasn’t just trying to peddle products; it was trying to peddle ideas and the mental and physical options you can take. So it was really unusual and it worked very well.

Marcus Fairs: And what about other clients? What do you do if the client just wants you to show the product?

Dan Wieden: Well, it depends on the client as well. But you have to be adding something to a product that is beyond just taste, or fit, or any of that kind of stuff. You have to have a sensibility about the product, a sort of spirit of the product almost.

Marcus Fairs: And do you turn down brands that have product which you don’t think is good enough?

Dan Wieden: Oh sure. And we fire clients!

Voir enfin:

September 7, 2018

Last year, Naomi Osaka commanded the world’s attention when she bested the U.S. Open’s defending champion Angelique Kerber in a stunning upset in the very first round. This year, the 20-year-old upstart has a shot at claiming the title herself as she challenges six-time champion Serena Williams in a historic final on Saturday.

In what Osaka termed her “dream match” against her idol, Saturday’s game pits tennis’ rising star against one of the game’s ultimate greats — if Williams wins she would tie Margaret Court for the overall record of 24 Grand Slam singles titles.

The two have competed only once before, and it’s the newcomer who holds the upper hand. As Serena herself put it, Osaka is “a really good, talented player. Very dangerous.”

Ahead of Saturday’s face off, here’s what to know about the new kid on the block.

A first for Japan

For her country, Osaka has already succeeded in a major milestone: She is the first Japanese woman to reach the final of any Grand Slam. And she’s currently her country’s top-ranked player.

Yet in Japan, where racial homogeneity is prized and ethnic background comprises a big part of cultural belonging, Osaka is considered hafu or half Japanese. Born to a Japanese mother and a Haitian father, Osaka grew up in New York. She holds dual American and Japanese passports, but plays under Japan’s flag.

Some hafu, like Miss Universe Japan Ariana Miyamoto, have spoken publicly about the discrimination the term can confer. “I wonder how a hafu can represent Japan,” one Facebook user wrote of Miyamoto, according to Al Jazeera America’s translation.

For her part, Osaka has spoken repeatedly about being proud to represent Japan, as well as Haiti. But in a 2016 USA Today interview she also noted, “When I go to Japan people are confused. From my name, they don’t expect to see a black girl.”

On the court, Osaka has largely been embraced as one of her country’s rising stars. Off court, she says she’s still trying to learn the language.

“I can understand way more Japanese than I can speak,” she said.

‘Like no one ever was’

In her press conferences, which for now are English only, Osaka has earned a reputation for her youthful candor and nerdy sense of humor.

In response to a reporter asking about her ambitions, she said, “to be the very best, like no one ever was.” After an awkward pause, she clarified, “I’m sorry; that’s the Pokémon theme song. But, yeah, to be the very best, and go as far as I can go.”

At Indian Wells this year, where Osaka stunned her higher-ranked opponents and claimed victory after searing past the world’s number one Simona Halep in the semis and besting Daria Kasatkina in the finals, she proved herself no longer just the underdog. She then proceeded to give what she described as “the worst acceptance speech of all time.”

“Hello, hi, I am—okay never mind,” it began, before a litany of thank you’s petered out into giggles.

But don’t let her soft-spoken persona or goofy interviews fool you. On court, Osaka brings the heat, uncorking both ferocious power and an aggressive baseline game.

W.W.S.D.

Earlier this year, Osaka reveled a four-word mantra keeps her steady through tough matches: “What would Serena do?”

Her idolization of the 23 Grand Slam-winning titan is well-known.

“She’s the main reason why I started playing tennis,” Osaka told the New York Times.

When the two played in Miami in March, six months after Serena nearly died giving birth, Osaka won. Then she Instagrammed a photo of her shaking hands with her idol, captioned only, “Omg.”

After Osaka cleared the U.S. Open semis on Thursday and it became clear she was not only headed to her first Grand Slam final but was also about to face her hero once more, she was asked if she had anything to say to Serena. Her message? “I love you.”

Voir par ailleurs:

Baltimore Residents Blame Record-High Murder Rate On Lower Police Presence
NPR
December 31, 2017

LAUREN FRAYER, HOST:

This year, Baltimore has had well over 300 murders for the third year in a row. Some activists say the high murder rate is because police have backed off and relaxed patrols in neighborhoods like the one where Freddie Gray was arrested. Gray was a black man who died while he was in the back of a Baltimore police van in 2015. Reverend Kenji Scott lives in Baltimore. He’s held positions in local city government and is a pastor and community activist.

KINJI SCOTT: When you think about young people who are out here facing these economic challenges and are homeless and live in places that are uncertain and you’re a parent, you’re scared, not just for yourself really but for your children. I mean, the average age of a homicide victim in Baltimore City right now is 31 years old. We had a young man who attended one of the prime high schools, Poly. His name was Jonathan Tobash, and he was 19 years old, was a Morgan student. And he was killed on his way to the store. That’s the state of Baltimore right now.

FRAYER: What do you see? Is this something that happens in the middle of the night, or is this something that when you live there you see this?

SCOTT: You see this all the time. You’re talking about homicides in the middle of the night. No. The average homicide in Baltimore happens during the day. We have broad daylight shootings all over the city. You’ve had shootings and people have been shot, gunned down and killed in front of the police station.

FRAYER: After the death of Freddie Gray, yourself, families of victims, didn’t you want police to back off?

SCOTT: No. That represented our progressive, our activists, our liberal journalists, our politicians. But it did not represent the overall community because we know for a fact that around the time that Freddie Gray was killed, we start to see homicides increase. We had five homicides in that neighborhood while we were protesting. What I wanted to see happen was that people would build a trust relationship with our police department so that they would feel more comfortable with having conversations with the police about crime in their neighborhood because they would feel safer. So we wanted the police there. We wanted them engaging the community. We didn’t want them there beating the hell out of us. We didn’t want that.

FRAYER: Do you think your experience with high murder rate in Baltimore is unique?

SCOTT: No, it’s not. It’s not. I lost my brother in St. Louis in 2004. I just lost my cousin in Chicago. No, it’s not unique, and that’s the horrible thing.

FRAYER: It’s been three and a half years since Ferguson, Mo., since the killing of Michael Brown, since the Black Lives Matter movement was born to demand reforms to policing. What did they put on the table, and has it worked?

SCOTT: The primary thrust nationwide is what President Obama wanted to do – focus on building relationships with police departments in major cities where there has been a history of conflict. That hasn’t happened. We don’t see that. I don’t know a city that I’ve heard of – Baltimore for certain. We’ve not seen any changes in those relationships. What we have seen was that the police has distanced themselves, and the community has distanced themselves even further. So there is – the divide has really intensified. It hasn’t decreased. And of course, we want to delineate the whole concept of the culture of bad policing that exists. Nobody denies that. But as a result of this, we don’t see the policing – the level of policing we need in our community to keep the crime down in these cities that we’re seeing bleed to death.

FRAYER: Are you optimistic for 2018?

SCOTT: I’m not because as I look at the conclusion of 2017, these same cities – St. Louis, Baltimore, New Orleans and Chicago – these same chocolate (ph), these same black cities are still bleeding to death, and we’re still burying young men in these cities. I want to be hopeful. I’m a preacher. I want to be hopeful. But as it stands, no, not until we really have a real conversation with our frontline officers in the heart of our black communities that does not involve people who are, quote, unquote, « leaders. » We need the frontline police officers, and we need the heart of the black community to step to the forefront of this discussion. That’s what’s important. And that’s when we’re going to see a decrease in crime.

FRAYER: Reverend Kinji Scott in Baltimore, thank you very much.

SCOTT: Thank you.


Présidence Trump: Vous avez dit accident de l’histoire ? (As Trump keeps defying economic and diplomatic logic, even critics wonder if pigs can fly after all)

29 juillet, 2018
Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. Antonio Gramsci
Si Trump est élu, l’économie américaine va s’écrouler et les marchés financiers ne vont jamais s’en remettre. Paul Krugman (2016)
No, pigs do not fly. Donald Trump is dreaming. Robert Brusca (FAO Economics, 12.10.2016)
Au moins, Donald Trump a eu le mérite d’encourager le débat sur l’impact de la mondialisation sur l’économie, c’est sain. Steven Friedman
Donald Trump has a big promise for the U.S. economy: 4% growth. No chance, say 11 economists surveyed by CNNMoney. And a paper published Tuesday by the Federal Reserve Bank of San Francisco backs them up. (…) The Republican presidential nominee made the promise in a speech in New York in September. « I believe it’s time to establish a national goal of reaching 4% economic growth, » he said. Since the Great Recession, growth has averaged 2%. Brusca and the other economists surveyed say that 4% growth is impossible, or at least highly unlikely. The reasons: Unemployment is already really low, lots of Baby Boomers are retiring, and there are far fewer manufacturing jobs today than in past decades. Trump’s team says it will get to 4% growth with tax cuts, better trade deals and more manufacturing jobs. One reason for slower growth is lower productivity — for example, how many widgets an assembly line worker can produce in an hour. Another problem is that the example of the assembly line worker is increasingly outdated: America has shed about 5.6 million manufacturing jobs since 2000, mostly because of innovation and partly because of trade, studies show. Manufacturing jobs tend to have higher productivity — and wages — than jobs in other service industries like retail, education and health care, which have added lots of low-productivity jobs while manufacturing jobs have disappeared. Interestingly, American manufacturers are producing more than ever before — in dollar terms. But as technology replaces jobs on the assembly line, more goods can be produced with fewer workers. On top of that, the economy is already near what economists consider full employment, meaning the unemployment rate can’t go much lower. The unemployment rate is 5% and was as low as 4.7% earlier this year. It can’t go much lower because there will always be people leaving jobs or searching for them. If the job market is already near capacity, the economy can’t expand much more, economists say. Unemployment did go really low in 2000 — as low as 3.8% — and the economy was growing above a 4% pace. But the San Francisco Fed attributes those good times to the late 1990s internet revolution. (…) Many economists call for more spending on building new roads, bridges and highways, as do both Trump and Hillary Clinton. (…) Many experts say comprehensive immigration reform — a path to citizenship — would create more documented workers. Historically, documented workers tend to have higher productivity than undocumented workers because they generally have higher job skills and can take on jobs that produce more valuable goods. Productivity has nothing to do with work ethic. CNN (12.10.2018)
The Soviet Union was famously described as « Upper Volta with rockets », a catchphrase that was updated by the geographically precise to become « Burkina Faso with rockets ». It was a powerfully succinct description. The United States was rich and space-age powerful; the Soviet Union was poor and space-age powerful. The contradictions and paradoxes that stemmed from that could never fully be resolved – least of all by the citizens of the Soviet Union themselves. During the 1930s, Stalin turned Russia into an industrially powerful nation, and made his Soviet compatriots feel proud of what they had achieved. The defeat of Hitler’s might, at the cost of millions of lives, was also seen as proof of Soviet greatness. The idea that Soviet was best took deep root. It convinced some Western visitors, and millions of Russians. Even now, many Russians find it hard to believe that there was anything wrong with the model itself. In last night’s episode of the Cold War series, interviewees visibly hankered after a time when Khrushchev was in his Kremlin, and all was right with the Soviet world. (…) While Cold War stripped some of the humbug from old-fashioned propaganda, Tim Whewell’s Correspondent special, « Two Weddings and the Rouble », was a bleak illustration of life in Russia today, seven years after the final collapse of the superpower and the propaganda machine. The Cold War has vanished; and with it, the heart of Russia’s pride. (…) The film resolutely avoided politics, though the story of the collapsing rouble – six to the dollar one day, 20 to the dollar a few days later – always lurked in the background. But the underlying theme was best expressed by the father who angrily complained that « this once-great country has been robbed and humiliated ». Humiliated: certainly. Russia these days is now Upper Volta without the rockets (all its best scientists have gone abroad; those who remain are usually unpaid). But robbed? Who did the robbing, and why? The comment reflected the still-deep Russian fatalism which enables millions to believe that somebody else is always responsible, and that Russians can change nothing themselves. It is not true – but many Russians believe it to be true, which comes to almost the same thing. (…) As Whewell noted, this is a country which has worshipped « one false prophet too many ». Gagarin and the sputnik era are still glowingly remembered as the time when the Soviet Union truly seemed great. As for the future: it sometimes seems difficult to find a Russian who has room for any optimism at all. Katya’s parents, it seems fair to guess, will never believe in anything again. As for Katya herself – maybe. If not, Russia is truly lost. The Independent
We hear too much about Vladimir Putin these days and not nearly enough about the actual forces reshaping the world. Yes, the Russian president has proved a brilliant tactician. And, President Trump’s fantasies aside, he is a ruthless enemy of American power and European coherence. Yet Russia remains a byword for backwardness and corruption. Its gross domestic product is less than 10% that of the U.S. or the European Union. With a declining population and a fundamentally adverse geopolitical situation, the Russian Federation remains a shadow of its Soviet predecessor. Add up the consequences of Mr. Putin’s troops, nukes, disinformation campaigns, financial aid to populist parties—and throw in the power of his authoritarian example. Russia still does not have the ability to roll back the post-1990 democratic revolution, overpower the North Atlantic Treaty Organization, or dissolve the EU. The West is in crisis because of European weakness, not Russian strength. Some of the Continent’s difficulties are well known. France foolishly imagined the euro would contain the rise of a newly united Germany after the Cold War. In fact it has propelled Germany’s unprecedented economic rise while driving a wedge between Europe’s indebted South and creditor North. The Continent’s so-called migration policy is a humanitarian and a political disaster. Berlin’s feckless approach to security has left Europe’s most important power a geopolitical midget, lecturing sanctimoniously while others shape the world. Meanwhile the EU’s Byzantine government machinery grinds at an ever slower pace, creating openings for Mr. Putin and Turkish President Recep Tayyip Erdogan. Europe’s weakness invites authoritarian assertion in the borderlands. Walter Russell Mead
My [Chinese] interlocutors say that Mr Trump is the US first president for more than 40 years to bash China on three fronts simultaneously: trade, military and ideology. They describe him as a master tactician, focusing on one issue at a time, and extracting as many concessions as he can. They speak of the skilful way Mr Trump has treated President Xi Jinping. “Look at how he handled North Korea,” one says. “He got Xi Jinping to agree to UN sanctions [half a dozen] times, creating an economic stranglehold on the country. China almost turned North Korea into a sworn enemy of the country.” But they also see him as a strategist, willing to declare a truce in each area when there are no more concessions to be had, and then start again with a new front. For the Chinese, even Mr Trump’s sycophantic press conference with Vladimir Putin, the Russian president, in Helsinki had a strategic purpose. They see it as Henry Kissinger in reverse. In 1972, the US nudged China off the Soviet axis in order to put pressure on its real rival, the Soviet Union. Today Mr Trump is reaching out to Russia in order to isolate China. In the short term, China is talking tough in response to Mr Trump’s trade assault. At the same time they are trying to develop a multiplayer front against him by reaching out to the EU, Japan and South Korea. But many Chinese experts are quietly calling for a rethink of the longer-term strategy. They want to prepare the ground for a new grand bargain with the US based on Chinese retrenchment. Many feel that Mr Xi has over-reached and worry that it was a mistake simultaneously to antagonise the US economically and militarily in the South China Sea. Instead, they advocate economic concessions and a pullback from the aggressive tactics that have characterised China’s recent foreign policy. Mark Leonard
In the one year since President Trump took office, the first quarter of 2017 through the first quarter of 2018, real GDP grew at a 2.55 percent annual rate. This is higher than the growth for six of the eight years former President Obama was in office, or even five of the eight years when former President George W. Bush was in office. Moreover, the economic growth rate in the first year of Trump in office is higher than the average annual growth rate for the entire presidencies of both Obama at 2.05 percent and Bush at 1.71 percent. For the full 65 years from the first quarter of 1953 through the first quarter of 2018, annual real GDP growth in the United States averaged 2.95 percent, which is still substantially higher than the first year under Trump. The growth rate for the second quarter of 2018 is 4.1 percent. This is a nice sign of American prosperity and is the strongest quarter of economic growth since the third quarter of 2014. Net exports contributed about 1 percent, while the change in private inventories subtracted 1 percent. Lots of changes like this happen on a quarter by quarter basis and should not be taken too seriously. (…) While the GDP growth of any one quarter can be offset, revised or magnified in subsequent quarters, a pattern appears to be emerging under the stewardship of the Trump administration, which makes a lot of sense, at least to me. (…) When it comes to trade, there are problems and risks in the vision Trump is carrying out. Trade should be free and with minimum barriers placed on American exports to other countries and foreign exports to the United States. (…) Finally, we have had a serious government spending problem in the United States for years. The economist Milton Friedman was famous for saying “government spending is taxation.” (…) The latest GDP figure is a great number that aids our recovery from the awful 16 years under Bush and Obama. It will also reduce deficits in the long term if such robust economic growth continues. But the challenge is far from over. We have a lot of work to do to fan the flames of prosperity and to hold at bay the prosperity killers. But one step forward is still one step forward, and it is a heck of a lot better than one step backward. Arthur B. Laffer
So much for “secular stagnation.” You remember that notion, made fashionable by economist Larry Summers and picked up by the press corps to explain why the U.S. economy couldn’t rise above the 2.2% doldrums of the Obama years. Well, with Friday’s report of 4.1% growth in the second quarter, the U.S. economy has now averaged 3.1% growth for the last six months and 2.8% for the last 12. The lesson is that policies matter and so does the tone set by political leaders. For eight years Barack Obama told Americans that inequality was a bigger problem than slow economic growth, that stagnant wages were the fault of the rich, and that government through regulation and politically directed credit could create prosperity. The result was slow growth, and secular stagnation was the intellectual attempt to explain that policy failure. The policy mix changed with Donald Trump’s election and a Republican Congress to turn it into law. Deregulation and tax reform were the first-year priorities that have liberated risk-taking and investment, spurring a revival in business confidence and growth to give the long expansion a second wind. (…) Deregulation signaled to business that arbitrary enforcement and compliance costs wouldn’t be imposed on ideological whim. Tax reform broke the bottleneck on capital mobility and investment from the highest corporate tax rate in the developed world. Above all, the political message from Washington after eight years is that faster growth is possible and investment to turn a profit is encouraged. (…) It would be nice to think that all Americans would take satisfaction in this growth. But in the polarized politics of 2018, the same people who said this growth revival could never happen are now saying that it can’t last. It’s a “sugar high,” as Mr. Summers has put it, due to one-time boosts like government spending and consumption. (…) There are risks to this outlook, not least from Mr. Trump’s tariff policies.. (…) The way to help the economy is for Mr. Trump to build on this week’s trade truce with the European Union, withdraw the tariffs on both sides, and work toward a “zero tariff” deal. Meantime, wrap up the Nafta revision with Mexico and Canada within weeks so Congress can approve it this year. Mr. Trump could claim he had honored another campaign promise while removing a pall on investmentWSJ
One thing came through loud and clear in President Trump’s press conference Wednesday with European Commission President Jean-Claude Juncker. When they announced an alliance against third parties’ “unfair trading practices,” they didn’t even have to mention China by name for listeners to know who their target was. Cooperation between the U.S. and EU will squeeze China’s protectionist model, and even before this agreement, there’s been evidence that China is already running up the white flag. Yes, China is acting tough in one sense, quickly imposing tariffs in retaliation for those enacted by the Trump administration. But while U.S. stocks approach all-time highs and the dollar grows stronger, Chinese stocks are in a bear market, down 25% since January. The yuan had its worst single month ever in June, and is well on its way to a repeat this month. Chinese corporate bonds have defaulted at a record rate in the past six months, yet this week China unveiled a new stimulus program designed to encourage even more corporate borrowing. (…) Weakening one’s currency is a standard weapon in trade wars, and one that China has often been accused of using—including in a tweet by Mr. Trump last week. Devaluation would be even more dangerous in this case because of China’s power to dump the $1.4 trillion in U.S. Treasury securities it holds. But by denying its intention to plunge the yuan, China has disarmed itself voluntarily. This was no act of noble pacifism; it had to be done. Devaluing the currency would risk scaring investors away, an existential threat to an emerging economy. For China, whose state-capitalism model has so far never produced a recession, such capital flight might expose previously hidden economic weaknesses. These weaknesses accumulate without the market discipline that occasional recessions impose. The fragility of China’s economy can be seen in its growth rate, which is slowing despite rising financial leverage, and in its overinvestment in commodities and real estate. The escalating trade war with the U.S. could tip China into the unknown territory of recession—and then capital flight could push it into a financial crash and depression. That would create mass joblessness in an economy that has never recorded unemployment higher than 4.3%. With that scenario in mind, the Chinese government must be wondering whether it has enough riot police. The risk of capital flight is real. The last time China let the yuan weaken—a slide that began in early 2014 and was punctuated in mid-2015 by the abandonment of the dollar peg in favor of a basket of currencies—the Chinese ended up losing almost $1 trillion in foreign reserves, which they have yet to recover. Now the sharp weakening of the yuan shows some degree of capital flight again is under way. No wonder that, despite tough talk from some quarters, the PBOC disarmed itself voluntarily to avoid further capital flight. The bank also is already offering to reimburse local firms for tariffs on imported U.S. goods. What’s more, China has put out a yard sign for international investors by announcing unilateral easing of foreign-ownership restrictions in some industries. China is beginning to realize that trade war isn’t really war. It’s more like a drinking contest at a fraternity: the game is less inflicting harm on your opponent than inflicting it on yourself, turn by turn. In trade wars, nations impose burdensome import tariffs on themselves in the hope that they’ll be able to stomach the pain longer than their competitor. Why play such a game? Because a carefully chosen act of self-harm can be an investment toward a worthy goal. For example, President Reagan’s arms race against the Soviet Union in the 1980s was in some sense a costly self-imposed tax. But it turned out the U.S. could bear the burden better than the Soviets could—Uncle Sam eventually out-drank the Russian bear and won the Cold War. The U.S. will win the trade war with China in the same way. The PBOC’s statements show that the Chinese understand they are too vulnerable to take very many more drinks. The only question is what they will be willing to offer Mr. Trump to get him to take yes for an answer. No wonder Beijing has ordered its state-influenced media to stop demonizing Mr. Trump—officials are desperate to minimize the pain when President Xi Jinping has to cut the inevitable deal. The drinking-contest metaphor takes us only so far. The wonderful thing about reciprocal trade is that it is a positive-sum game in which all contestants are made better off. If the conflict forces China to accept more foreign investors and goods, comply with World Trade Organization rules, and respect foreign intellectual property, it may feel it has lost but will in fact be better off. With this openness, both economic and political, China could spur a decadeslong second wave of growth that would bring hundreds of millions still living in rural poverty into glittering new cities. It took Nixon to go to China and show it the way to the 20th century. Now, through the unlikely method of trade war, Donald Trump is ushering China into the 21st century. Donald Luskin
Si l’on regarde les faits, et uniquement les faits, un constat s’impose: on ne peut pas trouver dans l’histoire récente des Etats-Unis un président ayant mené à bien autant de réformes en un laps de temps si court. Même Reagan a mis trois ans à réformer la fiscalité américaine! Trump, lui, l’a fait en quelques mois. Alors certes, «The Donald» n’a pas réussi à démanteler complètement l’Obamacare, suite aux oppositions rencontrées dans son propre parti ; mais sa réforme fiscale inclut la fin du «mandat individuel», cette fameuse obligation de souscrire à une assurance santé. Plus exactement, l’amende pour le non-respect de cette obligation est supprimée par la réforme. Cette mesure était nécessaire. En 2009, les conséquences de cette mesure coercitive, emblématique de la présidence d’Obama, ne s’étaient pas fait attendre. Il y avait eu d’énormes bugs informatiques qui ont découragé des millions de personnes de souscrire en ligne. Puis des millions d’Américains ont été contraints de résilier leur assurance privée, alors que nombre d’entre eux n’en ressentaient nullement l’envie. Depuis 2009, plus de 2 400 pages de réglementations se sont accumulées pour réguler le fonctionnement du système. Le président Obama avait promis de baisser les franchises de santé grâce à ce programme, mais ce fut tout le contraire: elles ont augmenté de 60 % en moyenne. Les primes d’assurance ont bondi dans l’ensemble de 25 % (et même jusqu’à 119 % dans l’état d’Arizona). Les assureurs ne s’en sortaient plus à cause des réglementations très strictes qui leur ont été imposées. Obama avait aussi promis de baisser le prix de l’assurance santé d’environ 2 500 dollars par famille et par an ; en réalité, le prix a augmenté de 2 100 dollars! Trump met fin à cette dérive en ouvrant le système un peu plus à la concurrence et en donnant aux Américains la liberté de choisir. (…) La réforme fiscale adoptée par le Congrès des États-Unis contient de nombreuses mesures audacieuses, que les Américains attendaient. Par exemple la baisse de la taxe sur les bénéfices des entreprises (de 35 % à 21 %), qui s’accompagne d’une déduction fiscale généreuse pour les entreprises dont les profits ne sont déclarés qu’au travers des revenus de leurs propriétaires. Plusieurs taxes ont par ailleurs été supprimées, comme la taxe minimum de 20 % sur les bénéfices effectifs. Surtout, le président Trump a entamé une vaste opération visant à rapatrier entre 2 000 et 4 000 milliards de dollars de profits placés à l’étranger, en diminuant la taxe sur ces profits de 35 % à moins de 15 %. Autre mesure symbolique: la suppression de la taxe sur les héritages au-dessous de 10 millions de dollars satisfait une large partie de l’électorat républicain. Certains Etats dont la fiscalité est particulièrement élevée, comme la Californie, seront également obligés de se réformer pour faire face à la suppression de certaines déductions fiscales. Leurs habitants ne pourront plus en effet déduire l’impôt sur le revenu local de leurs impôts fédéraux. Plusieurs mesures abolissent l’interdiction des forages de pétrole en Alaska. À l’heure actuelle, Trump a ouvert toutes les possibilités d’exploitation sur le continent américain, ce qui fera du pays l’un des principaux exportateurs de matières premières. Trump se positionne ainsi en ennemi du politiquement correct et reste méfiant à l’égard des gourous du réchauffement climatique. Il a été le seul à avoir le courage de se retirer de la COP 21, cette mascarade coûteuse qui consiste à organiser de gigantesques réunions de chefs d’État aux frais des contribuables. Il a supprimé la prime à la voiture électrique (pour une économie de 7 milliards de dollars) ainsi que les subventions aux parcs d’éoliennes. Enfin, Trump s’est attaqué aux réglementations. Entre janvier et décembre 2017, il a supprimé la moitié (45 000) des pages que contient le Code des réglementations. Plus de 1 500 réglementations importantes ont été abolies, dont beaucoup dans le domaine de l’environnement. Les économies obtenues sont estimées à plus de 9 milliards de dollars. Faisant fi des protestations, il a libéré le secteur d’internet de plusieurs contraintes anachroniques. Au plan international, Trump s’oppose à la Chine dont les pratiques commerciales douteuses ont fait l’objet d’enquêtes de la part de Washington. Mais cette position juste face aux Chinois ne devrait pas conduire la Maison Blanche à cautionner des mesures restrictives de la liberté du commerce et des échanges, qui risqueraient de peser sur la croissance américaine et même mondiale. (…) En tout état de cause, en ce début janvier 2018, l’économie américaine semble partir sur des bases solides. Le troisième trimestre de croissance s’est élevé à plus de 3 %, et le taux de chômage est au plus bas, à seulement 4.1 % (2.1 millions d’emplois créés en une année, du jamais vu depuis 1990), et même à 6.8 % pour la population noire, un taux qui n’a jamais été si faible depuis 1973. Les effets des baisses d’impôt se font d’ores et déjà sentir: des entreprises comme AT&T, Comcast, Wells Fargo, Boeing, Nexus Services ont annoncé des primes et des hausses de salaires. Nicolas Lecaussin
Volontarisme fiscal, brutalité commerciale : les critiques pleuvent sur la méthode du président américain, mais les États-Unis affichent d’excellentes performances économiques. Sur le climat, l’Iran, Israël, il s’est mis au ban de la communauté internationale. Ses tweets rageurs matinaux, son imprévisibilité, sa brutalité, laissent pantois. Ses démêlés avec le FBI et la justice interrogent sur sa capacité à mener son mandat jusqu’à son terme. Et pourtant. La méthode de Donald Trump, exposée il y a trente ans déjà, dans son best-seller l’Art du deal, du temps où le futur président de la première puissance mondiale n’était qu’un loup new-yorkais de l’immobilier, semble faire mouche. Depuis qu’il est installé à la Maison-Blanche, Donald Trump l’a éprouvée à plusieurs reprises, notamment avec la Corée du Nord. Il profère les pires menaces, exerce une pression maximale sur l’adversaire ou le partenaire, puis se dit prêt à discuter. Sur le front commercial, le président américain a marqué des points. Il a arraché des concessions au Brésil, son deuxième fournisseur d’acier ainsi qu’à la Corée du Sud. Évidemment, disposer du plus gros budget militaire de la planète (610 milliards de dollars, davantage que les sept pays suivants réunis) et diriger la première économie (un PIB de 19.000 milliards de dollars, une fois et demie celui de la Chine) offre quelques arguments. (…) L’issue est encore très incertaine, mais Trump a réussi à amener les Chinois à la table pour discuter d’une réduction du déficit commercial américain. Washington n’a pas non plus gagné son bras de fer contre l’Europe. (…) «Sa tactique de négociation est de taper fort et de se faire mousser auprès de son électorat, ajoute Florence Pisani, économiste chez Candriam et coauteur d’un livre sur l’économie américaine. C’est un jeu assez dangereux, car cela crée de l’incertitude et reporte les projets d’investissement.» Les bons indicateurs qui se succèdent semblent pourtant démentir cette vision pessimiste. À 3,9 %, le chômage est au plus bas depuis près de vingt ans, l’industrie crée des emplois, les ménages ont davantage confiance qu’au début du mandat. (…) « Il n’y a pas eu de changement majeur de tendance depuis l’arrivée de Trump, nuance Christian Leuz, économiste allemand installé depuis quinze ans aux États-Unis, à l’University of Chicago Booth School of Business. Obama a laissé une économie en bonne santé, il est encore trop tôt pour attribuer les bons résultats à Trump. » Ce leg solide est aussi largement imputable à dix ans de politique monétaire généreuse de la Fed, rappellent de nombreux économistes. Sa réforme fiscale, arrachée de haute lutte au Congrès, devrait tout de même avoir un impact positif sur l’économie. Elle a gonflé le profit des entreprises et permis à certaines comme Apple de rapatrier des milliards mis à l’abri à l’étranger. Florence Pisani pondère encore: une enquête récente de la réserve fédérale d’Atlanta indique que moins de 10 % des entreprises envisagent d’investir davantage malgré les réductions d’impôt. Quant aux ménages, ils pourraient perdre en impôts locaux (ceux des États) ce qu’ils ont gagné sur les impôts fédéraux. Même si le programme des grands travaux reste encore dans le flou, les dépenses votées par le Congrès devraient cependant soutenir l’activité de 0,3 % de PIB supplémentaire, concède Florence Pisani. Un surcroît de dépenses qui pourrait léguer au successeur de Trump «un déficit budgétaire de plus de 5 % du PIB et une dette alourdie», avertit Steven Friedman. Fabrice Nodé-Langlois
Selon la première estimation du Département du commerce, la croissance au second trimestre atteint 4,1% en rythme annuel. On n’a pas vu de conjoncture aussi favorable aux États-Unis depuis 2014. Donald Trump qualifie ces chiffres de «fascinants» et de «tout à fait tenables». Il y voit la preuve que sa politique de déréglementation et de baisses d’impôts porte ses fruits. D’autant que l’estimation de l’expansion de janvier à mars est révisée à la hausse de 2 à 2, 2% en rythme annuel. (…) Voilà déjà plus d’un an qu’il tourne en dérision les experts qui affirment qu’il ne sera pas possible de dépasser durablement 3% de croissance. Leurs arguments sont toujours que l’Amérique approche de la fin d’un très long cycle d’expansion engagé depuis l’été 2009, que la croissance démographique est désormais modeste et surtout que les hausses de productivité ne sont pas suffisantes pour renouer avec des taux de croissance dignes des années Reagan. Au cours du premier semestre l’expansion atteint néanmoins 3,1%. Si la montée des barrières douanières, les relèvements de taux directeurs par la Réserve fédérale et la hausse des coûts des matières premières ne font pas dérailler la conjoncture, le pari de Donald Trump peut être gagné, au moins en 2018. (…) Avec un taux de chômage au plus bas depuis la fin du siècle dernier, des créations d’emplois encore très fortes en moyenne de 215.000 postes par mois depuis janvier et une inflation de l’ordre de 2%, il pense présenter à l’opinion un premier bilan positif. Surtout s’il arrive à passer sous silence que, contrairement à l’orthodoxie fiscale prônée jadis par le Parti républicain, le déficit budgétaire en forte hausse est en partie responsable de l’accélération actuelle de la croissance. Signe de la confiance et du moral élevé des Américains, la consommation, qui représente plus des deux tiers du Produit intérieur brut (PIB) aux États-Unis, bondit au rythme de 4% au second trimestre, après une maigre progression de 0,5% de janvier à mars. Paradoxalement, les fortes tensions commerciales entre Washington et ses partenaires ont stimulé la croissance au cours du printemps. Dans l’anticipation de droits de douane chinois sur les denrées agricoles, les producteurs américains de soja ont par exemple tout fait pour avancer leurs livraisons avant le mois de juillet, date d’entrée en vigueur des mesures de rétorsion décidées par Pékin. Près d’un quart de la croissance a été donc généré par le commerce extérieur. Pierre-Yves Dugua
En 1917, contre les thèses de Marx, c’est en Russie, à Saint Pétersbourg, qu’éclate la Révolution. Enjeu intellectuel et enjeu politique, [Gramsci] va s’efforcer de comprendre pourquoi la Révolution a eu lieu en Russie et non en Allemagne, en France ou dans le Nord de l’Italie. Autour de la Révolution de 1917, s’ordonnent aussi une série de questionnements fondamentaux pour comprendre la pensée de Gramsci: hégémonie, crises, guerres de mouvements ou de positions, blocs historiques… Il distingue deux types de sociétés. Pour faire simple, celles où il suffit, comme en Russie, de prendre le central téléphonique et le palais présidentiel pour prendre le pouvoir. La bataille pour «l’hégémonie» vient après, ce sont les sociétés «orientales» qui fonctionnent ainsi… Et celles, plus complexes, où le pouvoir est protégé par des tranchées et des casemates, qui représentent des institutions culturelles ou des lieux de productions intellectuelles, de sens, qui favorisent le consentement. Dans ce cas, avant d’atteindre le central téléphonique, il faut prendre ces lieux de pouvoir. C’est ce que l’on appelle le front culturel, c’est le cas des sociétés occidentales comme la société française, italienne ou allemande d’alors. Au contraire de François Hollande et de François Lenglet, Antonio Gramsci ne croit pas à l’économicisme, c’est-à-dire à la réduction de l’histoire à l’économique. Il perçoit la force des représentations individuelles et collectives, la force de l’idéologie… Ce refus de l’économicisme mène à ouvrir le «front culturel», c’est-à-dire à développer une bataille qui porte sur la représentation du monde tel qu’on le souhaite, sur la vision du monde… Le front culturel consiste à écrire des articles au sein d’un journal, voire à créer un journal, à produire des biens culturels (pièces de théâtre, chansons, films etc…) qui contribuent à convaincre les gens qu’il y a d’autres évidences que celles produites jusque-là par la société capitaliste. La classe ouvrière doit produire, selon Gramsci, ses propres références. Ses intellectuels, doivent être des «intellectuels organiques», doivent faire de la classe ouvrière la «classe politique» chargée d’accomplir la vraie révolution: c’est-à-dire une réforme éthique et morale complète. L’hégémonie, c’est l’addition de la capacité à convaincre et à contraindre. Convaincre c’est faire entrer des idées dans le sens commun, qui est l’ensemble des évidences que l’on ne questionne pas. La crise (organique), c’est le moment où le système économique et les évidences qui peuplent l’univers mental de chacun «divorcent». Et l’on voit deux choses: le consentement à accepter les effets matériels du système économique s’affaiblit (on voit alors des grèves, des mouvements d’occupation des places comme Occupy Wall Street, Indignados, etc); et la coercition augmente: on assiste alots à la répression de grèves, aux arrestations de syndicalistes etc… Au contraire, un «bloc historique» voit le jour lorsqu’un mode de production et un système idéologique s’imbriquent parfaitement, se recoupent: le bloc historique néolibéral des années 1980 à la fin des années 2000 par exemple. Car le néolibéralisme n’est pas qu’une affaire économique, il est aussi une affaire éthique et morale. (…) il apporte à l’œuvre de Marx l’une des révisions ou l’un des compléments les plus riches de l’histoire du marxisme. Pour beaucoup de socialistes, il faut attendre que les lois de Marx sur les contradictions du capitalisme se concrétisent pour que la Révolution advienne. La Révolution d’Octobre, selon Gramsci, invalide cette thèse. Elle se fait «contre le Capital», du nom du grand livre de Karl Marx. Antonio Gramsci fascine au-delà de la gauche… Ainsi en France, en Italie ou en Autriche, des courants d’extrême droite se sont réclamés d’une version tronquée et biaisée du gramscisme. Ce «gramscisme de droite» faisait l’impasse sur l’aspect «économique» du gramscisme et le caractère émancipateur pour n’en retenir que la méthode le «combat culturel». Gaël Brustier
Les prédécesseurs de Trump, depuis la seconde guerre mondiale, voyaient dans la promotion d’un ordre libéral international, appuyé sur un tissu d’alliances, de forums multilatéraux et d’interdépendances économiques, la source de projection de la puissance américaine. Trump renverse la table. Ces règles restreignent l’Amérique: elles lui imposent des tabous et des normes bridant sa puissance, ne lui permettant pas de défendre au mieux ses intérêts. L’Amérique se laisse berner par ses partenaires commerciaux ; ses alliés profitent de sa générosité pour se comporter en passagers clandestins et financer leurs systèmes sociaux sous couvert de parapluie militaire américain. Dans un monde de jeu à somme nulle, le rapport de force brut favorisera le plus fort, donc l’Amérique. Ces thèmes ne sont pas nouveaux pour Trump qui répète ces antiennes depuis les années 1980. Sur le plan intérieur comme international, la question se pose: Donald Trump est-il un accident de l’histoire, élu sur un concours de circonstances, ou la manifestation de forces plus profondes traversant l’Amérique? Certes les idiosyncrasies du président sont incontestables. Sa vulgarité et sa personnalité brutale, son parcours d’homme d’affaires passé par la télé réalité ainsi que son inexpérience gouvernementale en font à coup sûr un animal politique sans précédent dans l’histoire américaine. De plus, son impopularité (à relativiser par le soutien fidèle de sa base) et les incertitudes pesant autour de l’enquête du Procureur Muller laissent certains espérer que la parenthèse sera de courte durée, qu’il suffit de s’armer de patience. Il faut doucher cet optimisme: le parti démocrate est profondément divisé et peine à faire émerger de nouvelles personnalités. L’économie américaine se porte bien, malgré des réalités souvent plus dures masquées par les statistiques, des inégalités aux addictions aux drogues. La réélection de Trump en 2020 n’est pas du tout à exclure ; mais l’enjeu va bien au-delà. Traiter Donald Trump comme une aberration historique qui sera suivie par un retour à «la normale» représenterait une erreur majeure de la part des Européens, pour trois raisons principales. Tout d’abord, l’Amérique traverse une période de questionnement profond sur son leadership international et les objectifs de sa politique étrangère, conséquence tardive de la fin de la Guerre Froide qui l’a privée d’adversaire clair et donc de continuité stratégique. Tous les présidents élus depuis la fin de la guerre froide, l’ont été sur une plateforme plaçant la priorité sur le plan intérieur: Bill Clinton insistant sur l’économie, George W. Bush comme Barack Obama contre l’interventionnisme de leur prédécesseur. Les divisions profondes qui affectent les États-Unis et l’absence de priorité internationale qui fasse consensus, Chine, terrorisme, immigration, commerce international, doivent nous préparer à une politique américaine plus erratique et déterminée par des considérations intérieures et électorales. Deuxièmement, le désastre irakien et la crise financière ont encouragé une tendance au repli et nourri le scepticisme d’une partie non négligeable de l’électorat quant à l’engagement international des États-Unis. L’observateur de Washington ne peut à cet égard que constater le décalage profond entre les experts de politique étrangère peuplant les think tanks et revues du reste de la population américaine. Durant la campagne présidentielle, Hillary Clinton avait ainsi dû changer de position sur le traité de libre-échange transpacifique pour suivre l’électorat, tandis que Trump pouvait brandir avec fierté la longue liste des experts de sécurité nationale «Never Trump» qui s’opposait à lui. Le fameux volte-face d’Obama sur la ligne rouge en Syrie a été largement critiqué à Washington comme à Paris, y compris par des membres de son entourage, mais soutenu par une large majorité de la population. À cet égard, Trump s’inscrit dans une forme de continuité avec son prédécesseur, Barack Obama, tout aussi prompt à dénoncer les experts interventionnistes de Washington. Les deux présidents partagent un scepticisme face à la notion «d’exceptionnalisme» américain. Obama comme Trump se gardent bien de voir une quelconque mission civilisatrice dans la politique étrangère américaine, promouvant le «nation building at home». Les conséquences étaient différentes: le scepticisme d’Obama sur les limites de puissance américaine l’entraînait à favoriser les accords multilatéraux comme le JCPOA ou l’accord de Paris sur le climat. À l’inverse, Trump prône l’unilatéralisme botté, dans la tradition du nationalisme martial d’un Andrew Jackson, président entre 1829 et 1837. Mais les deux approches sont deux pôles d’un même mouvement de retrait et de normalisation de la puissance américaine. Enfin, repli ou non, l’Europe perd sa centralité stratégique pour les États-Unis. Obama dénonçait déjà dans un entretien au journaliste Jeffrey Goldberg les alliés européens «passagers clandestins». Plutôt que de regretter sa non-intervention en Syrie, c’est l’intervention en Libye qu’Obama désigne comme son principal échec de politique étrangère, pointant du doigt la France et la Grande Bretagne responsables de ne pas avoir assuré la reconstruction post-conflit. L’une des principales annonces de politique étrangère fut le «pivot» vers l’Asie. Le réengagement américain en Europe fut tardif et réticent, provoqué par l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Mais ici aussi Obama a laissé Angela Merkel et François Hollande en première ligne pour négocier les accords de Minsk avec Vladimir Poutine. Les années 1990, caractérisées par l’attention portée à l’expansion de l’OTAN et les interventions américaines (tardives) dans les Balkans seront probablement une exception, reliquat de la guerre froide et d’un bref moment unipolaire triomphant. (…) Cela implique un investissement considérable dans notre défense et sécurité: l’Europe est-elle prête à affronter seule une crise comparable aux Balkans dans sa périphérie demain? La crise syrienne, avec ses conséquences sur l’Union Européenne en matière de réfugiés et l’émergence de Daesh, devrait servir de réveil stratégique. Or, la posture européenne s’est essentiellement limitée à espérer un engagement américain. Au-delà de l’investissement dans le militaire, les Européens doivent prendre les mesures pour se préserver des conséquences des décisions américaines, en particulier des sanctions extraterritoriales. Aujourd’hui Trump exploite la faiblesse des Européens. Peut-être cette séquence n’est elle qu’un cycle de plus dans le balancier permanent entre repli égoïste et aventurisme messianique qu’Henry Kissinger a souvent déploré dans l’histoire diplomatique américaine. Après les années de doute de la présidence Carter, post Watergate et Vietnam ont suivi l’optimisme triomphant des années Reagan. Mais l’Europe ne peut fonder sa stratégie sur cet espoir. De plus, même si le successeur de Trump renoue avec l’internationalisme, l’Europe n’en sera pas moins vue comme un partenaire secondaire, grevée par ses divisions et sa faiblesse militaire. Benjamin Haddad
Donald Trump est un cauchemar pour ses angéliques adversaires. Ils voudraient voir en lui un plouc en sursis. Mais les faits leur donnent tort. Certes, l’acteur Robert De Niro a reçu, dimanche, les vivats du public new-yorkais pour avoir crié sur scène, les poings levés : « Fuck Trump  !  » (« J’emmerde Trump  !  »). Après la décision du président américain de suspendre un temps, le 24 mai, les discussions avec la Corée du Nord, Le Monde avait titré, avec d’autres : « La méthode Trump en échec ». Or l’Histoire se montre aimable avec le proscrit du show-biz, des médias et autres enfants de chœur. L’accord conclu, mardi à Singapour, entre Trump et Kim Jong-un est un coup de maître. Il se mesure à l’aigreur des dépités. Alors que les « experts » prédisaient le clash et la duperie, tous deux ont signé un document dans lequel le Coréen réaffirme « son engagement ferme et inébranlable en faveur d’une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ». Les pinailleurs pinaillent. Le jeune tyran n’est pas devenu pour autant fréquentable, après s’être ainsi habilement hissé au niveau de la première démocratie du monde. Sa dictature communiste demeure encore ce qui se fait de pire. Toutefois, ce qui restait d’anachronique dans ce reliquat de guerre froide prend théoriquement fin. Il est à espérer que Trump et les dirigeants de la Corée du Sud sauront inciter le despote à ouvrir rapidement son pays-prison au monde qu’il a choisi d’approcher et de visiter. La poignée de main de mardi est déjà de celles qui resteront dans les livres. À ce rituel, le Coréen n’a pas eu à malaxer les doigts de l’Américain, à la manière d’Emmanuel Macron, pour mimer sa domination. Vendredi, des médias ont désigné le président français vainqueur de Trump, au G7 (Québec), au prétexte qu’il avait laissé la trace « féroce » de son pouce sur la peau de son rival. « Ma poignée de main, ce n’est pas innocent  », avait théorisé le chef de l’État il y a un an. En dépit de ses pénibles défauts, Trump se grandit de l’infantilisme de ses adversaires. Ceux qui reprochent au milliardaire hâbleur ses foucades et son narcissisme se comportent en prêcheurs apeurés et plaintifs, dépassés par les événements. Ivan Rioufol
Emmanuel Macron ne voit pas que l’histoire s’écrit sans lui. Les « populistes » qu’il méprise sont ceux qui, forts du soutien de leurs électeurs, remportent les victoires. Donald Trump vient de signer avec la Corée du Nord, mardi, un accord capital sur la dénucléarisation progressive de la péninsule coréenne. Le texte, à compléter, éloigne la perspective d’un conflit nucléaire. En s’opposant à l’arrivée en Italie d’un bateau transportant des clandestins, Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien, a également démontré que la détermination d’un homme à appliquer son programme était plus efficace qu’un bavardage multilatéral, incapable de produire une ligne claire. Face à Trump et à Salvini, Macron ne cache plus son aversion. Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a qualifié le rapprochement historique entre les Etats-Unis et la Corée du nord de simple « événement significatif », alors même que Trump et Kim Jong Un ont confirmé, ce mercredi, des invitations dans leur pays respectif. Hier, le chef de l’Etat a dénoncé, parlant du refus italien d’accueillir l’Aquarius et ses 629 clandestins, « la part de cynisme et d’irresponsabilité » du nouveau gouvernement. La France s’est pourtant gardée d’ouvrir, même en Corse, un de ses ports au navire indésirable. L’Aquarius a finalement trouvé à accoster à Valence (Espagne). Les donneurs de leçons feraient mieux de s’abstenir quand eux-mêmes se révèlent incapables d’appliquer ce qu’ils exigent des autres… Le président français a eu les honneurs de la presse américaine pour sa « féroce » poignée de main avec Trump, lors du G7 : elle a laissé la trace de son pouce sur la peau du président américain. Cette vacuité dans l’évaluation des rapports de force résume la détresse du camp du Bien, confronté à sa marginalisation. Car un basculement idéologique est en cours, sous la pression des nations excédées. Trump est plus populaire aux Etats-Unis que Macron ne l’est en France. Les sondages soutiennent Salvini. Le chef de l’Etat se trompe d’adversaires quand il réserve ses attaques à ces fortes têtes, tout en ménageant ceux qui insultent la France. Ivan Rioufol
Selon moi, Macron n’a pas apporté une révolution telle qu’il le prétend. Au contraire, il nous fait vivre un grand bond en arrière. Il fait revivre ce que les Français croyaient pouvoir rejeter. Les Français pensaient avoir compris que Macron avait analysé la fracture entre les élites et le peuple. Malheureusement, on se rend compte, au contraire, que Macron a redynamisé le pouvoir des élites en canalisant la société civile qu’il avait appelée à la rescousse pour en faire un parti godillot. (…) Macron achève le système. C’est un accident de l’Histoire dans la mesure où sa venue a surpris tout le monde. Il y a encore un an, personne ne le voyait arriver à ce point de son parcours politique. Il a bénéficié d’un effondrement des partis qui étaient des partis vermoulus. Il n’a suffi qu’à donner un coup d’épaule pour qu’ils s’effondrent. Il a également bénéficié de cette coalition des affaires contre François Fillon dans la dernière ligne droite. Il est le produit d’un monde finissant. Il est un des rares, en Europe, à défendre une vision postnationale, une Europe souveraine, et à ne pas comprendre que tout ne se résume pas à l’économie. (…) Il ne veut expliquer les grandes questions sociétales qu’à travers l’économie et, donc, avec une vue beaucoup trop restreinte pour répondre aux questions liées à l’immigration, au communautarisme et à la montée de l’islam radical. Ce sont des sujets qui, pour lui, sont des impensés politiques. (…) Je pense qu’il y a beaucoup d’impostures dans ses postures. Il fait croire qu’il est ce Nouveau Monde. Pour l’instant, tout démontre qu’il n’a fait que reproduire la vieille technocratie, le monde des experts, le monde des financiers, le monde de Bercy. Tout ce monde-là a repris les commandes. Au contraire, François Fillon avait demandé le courage de la vérité. On peut donc se demander si son éviction n’était pas due au fait qu’il se soit peut-être approché de trop près du sujet brûlant de la dénonciation de cette mascarade et ces grands mensonges qui font croire qu’on peut faire une démocratie sans le peuple. Macron a théorisé lui-même son rôle de Président Jupiter, c’est-à-dire de Dieu coupé du peuple. (…)  je pense qu’il n’a fait que reprendre ce que les Américains ont précisément rejeté. Je vois notre Président comme étant un Barack Obama blanc ou un Justin Trudeau intellectuel. On voit bien que la politique de Barack Obama a conduit à l’éviction de Hillary Clinton et à l’élection de son exact contraire Donald Trump. Je fais le pari que si Macron poursuit dans cette voie du politiquement correct qu’il a réhabilité à l’image de ce qu’était Barack Obama, il va accélérer les processus de rejet de ce monde faux et de cet establishment que Donald Trump a réussi à pulvériser malgré tous ses défauts. (…) Si on trace ces lignes tel que je vous les décris, je pense que son essoufflement est programmé. Il a fait l’impasse sur de grandes questions qui se posent dès à présent. Comment répondre à une immigration de peuplement ? Comment répondre à un islam radical et colonisateur ? Comment répondre à une fracturation de la société ? Comment répondre au terrorisme ? Nous ne pouvons pas répondre à toutes ces questions simplement par l’économie. Toute sa campagne a été construite sur le rejet des populismes et sur le rejet d’un discours qui, précisément, alerte sur ces grandes questions sociétales. Or, nous voyons bien que, partout en Europe, l’opinion se raidit. Par conséquent, soit Macron est obligé de se dédire, et dans ce cas il va falloir qu’il fasse un grand travail de retour sur lui-même, soit il continue dans un aveuglement et dans une sorte d’idéologie « béni-oui-ouiste » qui l’empêchera d’apporter les réponses qu’attendent les Français. Nous le voyons en Allemagne, avec le discrédit de la chancelière après sa politique qui avait été soutenue par Emmanuel Macron. Nous le voyons aussi en Autriche, en Catalogne et même chez nous, en Corse, avec ce réveil identitaire. Toutes ces réactions sont le produit d’un impensé d’une partie de la politique qui se berce de politiquement correct, qui pense que l’immigration n’est pas un problème et que les peuples peuvent indifféremment se remplacer. Ivan Rioufol

Attention: un accident historique peut en cacher un autre !

Croissance à plus de 4%, taux de chômage au plus bas (4.1 % , 2.1 millions d’emplois créés en une année, du jamais vu depuis 1990), y compris pour les minorités (6.8 % pour la population noire, du jamais vu depuis 45 ans !), renégociation d’accords ou de traités commerciaux (Brésil, Corée du sud, Europe, Chine) …

A l’heure où après avoir prédit l’apocalypse …

Suite à l’élection du président Trump …

Nos beaux et bons esprits ont de plus en plus de mal à expliquer …

Sans compter, avec peut-être 10 points d’écart, l‘inversion des courbes de popularité entre les deux côtés de l’Atlantique …

La désormais indéniable embellie de l’économie américaine …

Comme, à l’instar d’une « Haute Volta » réduite outre « ses fusées » à sa capacité de nuisance et de l’Iran à la Corée du nord ou aux territoires dit palestiniens, le début de reflux et de marginalisation des forces du mal les plus radicales …

Comment ne pas voir …

L’obstination économiciste comme l’aveuglement post-nationaliste et immigrationniste des conséquences sociales et culturelles de la mondialisation ….

De la part de ses homologues français ou allemand  pour ce qu’elle est vraiment ….

A savoir de plus en plus décalée par rapport aux aspirations des peuples

Comme à la réalité gramcscienne de l’histoire elle-même ?

« Emmanuel Macron est un accident de l’Histoire. Il a bénéficié de l’effondrement des partis vermoulus »

Ivan Rioufol publie, aux Éditions de L’Artilleur, un livre intitulé Macron, la grande mascarade. Sa thèse est limpide : Macron n’a pas apporté la révolution, comme il veut le faire croire, mais il fait vivre au contraire un grand bond en arrière. Il a redynamisé le pouvoir des élites en canalisant la société civile qu’il avait appelée à la rescousse pour n’en faire qu’un parti godillot.
Boulevard Voltaire
21 décembre 2017

Ivan Rioufol, vous publiez aux Éditions de L’Artilleur un livre intitulé Macron, la grande mascarade. Pourquoi ce titre ?

J’ai appelé ce livre ainsi en hommage à Nicolás Gómez Dávila. Il explique, dans l’un de ses aphorismes, que toute époque finit en mascarade.
La thèse que je défends est le fruit de mes observations quasi quotidiennes. Selon moi, Macron n’a pas apporté une révolution telle qu’il le prétend. Au contraire, il nous fait vivre un grand bond en arrière. Il fait revivre ce que les Français croyaient pouvoir rejeter. Les Français pensaient avoir compris que Macron avait analysé la fracture entre les élites et le peuple. Malheureusement, on se rend compte, au contraire, que Macron a redynamisé le pouvoir des élites en canalisant la société civile qu’il avait appelée à la rescousse pour en faire un parti godillot.

Vous affirmez que Macron n’est qu’un accident de l’Histoire. Ne serait-il pas davantage une conséquence de notre époque ?

Macron achève le système. C’est un accident de l’Histoire dans la mesure où sa venue a surpris tout le monde. Il y a encore un an, personne ne le voyait arriver à ce point de son parcours politique. Il a bénéficié d’un effondrement des partis qui étaient des partis vermoulus. Il n’a suffi qu’à donner un coup d’épaule pour qu’ils s’effondrent. Il a également bénéficié de cette coalition des affaires contre François Fillon dans la dernière ligne droite. Il est le produit d’un monde finissant. Il est un des rares, en Europe, à défendre une vision postnationale, une Europe souveraine, et à ne pas comprendre que tout ne se résume pas à l’économie. Je lui fais le procès de ne voir que d’un œil. Il ne veut expliquer les grandes questions sociétales qu’à travers l’économie et, donc, avec une vue beaucoup trop restreinte pour répondre aux questions liées à l’immigration, au communautarisme et à la montée de l’islam radical. Ce sont des sujets qui, pour lui, sont des impensés politiques.

Pour reprendre Gramsci, Macron serait-il le vieux monde qui tarde à disparaître ?

En effet, c’est un peu cela. Je pense qu’il y a beaucoup d’impostures dans ses postures. Il fait croire qu’il est ce Nouveau Monde. Pour l’instant, tout démontre qu’il n’a fait que reproduire la vieille technocratie, le monde des experts, le monde des financiers, le monde de Bercy. Tout ce monde-là a repris les commandes. Au contraire, François Fillon avait demandé le courage de la vérité. On peut donc se demander si son éviction n’était pas due au fait qu’il se soit peut-être approché de trop près du sujet brûlant de la dénonciation de cette mascarade et ces grands mensonges qui font croire qu’on peut faire une démocratie sans le peuple. Macron a théorisé lui-même son rôle de Président Jupiter, c’est-à-dire de Dieu coupé du peuple.

Tsípras, Renzi, Trudeau… Le monde occidental semble céder à la mode du Young Leaders. Cela expliquerait-il l’élection de Macron ?

Non, je pense que le jeunisme est accessoire, dans cette affaire-là. Naturellement, sa jeunesse, son intelligence tactique incontestable, sa dextérité et ses qualités lui ont facilité la tâche. Je ne dis pas qu’il en soit dépourvu, mais je pense qu’il n’a fait que reprendre ce que les Américains ont précisément rejeté. Je vois notre Président comme étant un Barack Obama blanc ou un Justin Trudeau intellectuel. On voit bien que la politique de Barack Obama a conduit à l’éviction de Hillary Clinton et à l’élection de son exact contraire Donald Trump. Je fais le pari que si Macron poursuit dans cette voie du politiquement correct qu’il a réhabilité à l’image de ce qu’était Barack Obama, il va accélérer les processus de rejet de ce monde faux et de cet establishment que Donald Trump a réussi à pulvériser malgré tous ses défauts.

Selon vous, la mascarade cessera d’ici 2022, ou est-il parti pour rester un 2e mandat ? La bulle Macron pourrait-elle éclater ?

Si on trace ces lignes tel que je vous les décris, je pense que son essoufflement est programmé. Il a fait l’impasse sur de grandes questions qui se posent dès à présent. Comment répondre à une immigration de peuplement ? Comment répondre à un islam radical et colonisateur ? Comment répondre à une fracturation de la société ? Comment répondre au terrorisme ? Nous ne pouvons pas répondre à toutes ces questions simplement par l’économie.
Toute sa campagne a été construite sur le rejet des populismes et sur le rejet d’un discours qui, précisément, alerte sur ces grandes questions sociétales. Or, nous voyons bien que, partout en Europe, l’opinion se raidit. Par conséquent, soit Macron est obligé de se dédire, et dans ce cas il va falloir qu’il fasse un grand travail de retour sur lui-même, soit il continue dans un aveuglement et dans une sorte d’idéologie « béni-oui-ouiste » qui l’empêchera d’apporter les réponses qu’attendent les Français. Nous le voyons en Allemagne, avec le discrédit de la chancelière après sa politique qui avait été soutenue par Emmanuel Macron. Nous le voyons aussi en Autriche, en Catalogne et même chez nous, en Corse, avec ce réveil identitaire. Toutes ces réactions sont le produit d’un impensé d’une partie de la politique qui se berce de politiquement correct, qui pense que l’immigration n’est pas un problème et que les peuples peuvent indifféremment se remplacer.

Macron serait-il capable d’éviter, pour reprendre le titre d’un de vos livres, « cette guerre civile qui vient » ?

Je ne dis pas que Macron va accélérer ce processus. Mais je crains que, par la paresse intellectuelle de son idéologie et le confort intellectuel qui consiste à ne pas vouloir s’arrêter sur les grandes questions existentielles, il aggrave cette lente dissolution de la France. Cela pourrait aussi désemparer davantage cette société oubliée, cette France périphérique qui ne se reconnaît ni en lui ni en d’autres. En général, elle s’abstient ou vote pour le Front national.

Voir aussi:

Et si Donald Trump n’était pas qu’un accident historique ?

FIGAROVOX/ANALYSE – Benjamin Haddad pense que les Européens auraient tort de croire que Donald Trump est une parenthèse historique.


Benjamin Haddad est chercheur au Hudson Institute, un think tank spécialisé dans les relations internationales à Washington.


Le sommet du G7 au Canada, quelques jours après l’imposition de tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium sur les partenaires commerciaux des États-Unis, a illustré une fois de plus les différends entre les Européens et le président Donald Trump. On a finalement surestimé, peut-être par vœu pieux, l’imprévisibilité de Trump. Sur les tarifs douaniers, l’accord nucléaire iranien, Jérusalem ou encore le climat, le président américain, inspiré de son slogan America First, finit par mettre en œuvre ses promesses de campagnes de façon unilatérale et péremptoire, au détriment de la relation transatlantique.

Les prédécesseurs de Trump, depuis la seconde guerre mondiale, voyaient dans la promotion d’un ordre libéral international, appuyé sur un tissu d’alliances, de forums multilatéraux et d’interdépendances économiques, la source de projection de la puissance américaine. Trump renverse la table. Ces règles restreignent l’Amérique: elles lui imposent des tabous et des normes bridant sa puissance, ne lui permettant pas de défendre au mieux ses intérêts. L’Amérique se laisse berner par ses partenaires commerciaux ; ses alliés profitent de sa générosité pour se comporter en passagers clandestins et financer leurs systèmes sociaux sous couvert de parapluie militaire américain. Dans un monde de jeu à somme nulle, le rapport de force brut favorisera le plus fort, donc l’Amérique. Ces thèmes ne sont pas nouveaux pour Trump qui répète ces antiennes depuis les années 1980.

Sur le plan intérieur comme international, la question se pose: Donald Trump est-il un accident de l’histoire, élu sur un concours de circonstances, ou la manifestation de forces plus profondes traversant l’Amérique? Certes les idiosyncrasies du président sont incontestables. Sa vulgarité et sa personnalité brutale, son parcours d’homme d’affaires passé par la télé réalité ainsi que son inexpérience gouvernementale en font à coup sûr un animal politique sans précédent dans l’histoire américaine. De plus, son impopularité (à relativiser par le soutien fidèle de sa base) et les incertitudes pesant autour de l’enquête du Procureur Muller laissent certains espérer que la parenthèse sera de courte durée, qu’il suffit de s’armer de patience.

Il faut doucher cet optimisme: le parti démocrate est profondément divisé et peine à faire émerger de nouvelles personnalités. L’économie américaine se porte bien, malgré des réalités souvent plus dures masquées par les statistiques, des inégalités aux addictions aux drogues. La réélection de Trump en 2020 n’est pas du tout à exclure ; mais l’enjeu va bien au-delà.

Traiter Donald Trump comme une aberration historique qui sera suivie par un retour à «la normale» représenterait une erreur majeure de la part des Européens, pour trois raisons principales.

Tout d’abord, l’Amérique traverse une période de questionnement profond sur son leadership international et les objectifs de sa politique étrangère, conséquence tardive de la fin de la Guerre Froide qui l’a privée d’adversaire clair et donc de continuité stratégique. Tous les présidents élus depuis la fin de la guerre froide, l’ont été sur une plateforme plaçant la priorité sur le plan intérieur: Bill Clinton insistant sur l’économie, George W. Bush comme Barack Obama contre l’interventionnisme de leur prédécesseur. Les divisions profondes qui affectent les États-Unis et l’absence de priorité internationale qui fasse consensus, Chine, terrorisme, immigration, commerce international, doivent nous préparer à une politique américaine plus erratique et déterminée par des considérations intérieures et électorales.

Deuxièmement, le désastre irakien et la crise financière ont encouragé une tendance au repli et nourri le scepticisme d’une partie non négligeable de l’électorat quant à l’engagement international des États-Unis. L’observateur de Washington ne peut à cet égard que constater le décalage profond entre les experts de politique étrangère peuplant les think tanks et revues du reste de la population américaine. Durant la campagne présidentielle, Hillary Clinton avait ainsi dû changer de position sur le traité de libre-échange transpacifique pour suivre l’électorat, tandis que Trump pouvait brandir avec fierté la longue liste des experts de sécurité nationale «Never Trump» qui s’opposait à lui. Le fameux volte-face d’Obama sur la ligne rouge en Syrie a été largement critiqué à Washington comme à Paris, y compris par des membres de son entourage, mais soutenu par une large majorité de la population.

À cet égard, Trump s’inscrit dans une forme de continuité avec son prédécesseur, Barack Obama, tout aussi prompt à dénoncer les experts interventionnistes de Washington. Les deux présidents partagent un scepticisme face à la notion «d’exceptionnalisme» américain. Obama comme Trump se gardent bien de voir une quelconque mission civilisatrice dans la politique étrangère américaine, promouvant le «nation building at home». Les conséquences étaient différentes: le scepticisme d’Obama sur les limites de puissance américaine l’entraînait à favoriser les accords multilatéraux comme le JCPOA ou l’accord de Paris sur le climat. À l’inverse, Trump prône l’unilatéralisme botté, dans la tradition du nationalisme martial d’un Andrew Jackson, président entre 1829 et 1837.

Mais les deux approches sont deux pôles d’un même mouvement de retrait et de normalisation de la puissance américaine.

Enfin, repli ou non, l’Europe perd sa centralité stratégique pour les États-Unis. Obama dénonçait déjà dans un entretien au journaliste Jeffrey Goldberg les alliés européens «passagers clandestins». Plutôt que de regretter sa non-intervention en Syrie, c’est l’intervention en Libye qu’Obama désigne comme son principal échec de politique étrangère, pointant du doigt la France et la Grande Bretagne responsables de ne pas avoir assuré la reconstruction post-conflit. L’une des principales annonces de politique étrangère fut le «pivot» vers l’Asie. Le réengagement américain en Europe fut tardif et réticent, provoqué par l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Mais ici aussi Obama a laissé Angela Merkel et François Hollande en première ligne pour négocier les accords de Minsk avec Vladimir Poutine. Les années 1990, caractérisées par l’attention portée à l’expansion de l’OTAN et les interventions américaines (tardives) dans les Balkans seront probablement une exception, reliquat de la guerre froide et d’un bref moment unipolaire triomphant.

Que peuvent les Européens face à cette puissance plus erratique, plus repliée, moins européenne? À court terme, rester unis et fermes sur leurs positions tout en essayant de maintenir le lien avec le président pour assurer le damage control: l’approche privilégiée par Emmanuel Macron est la seule réaliste. À cet égard, il est le pendant international du Congrès, de la justice américaine, voire de certains conseillers du président Trump qui ont, tant bien que mal, réussi à maîtriser certains des instincts présidentiels. Le Pentagone, dirigé par le général James Mattis, assure la continuité de la fermeté vis-à-vis de Moscou: les sanctions contre la Russie n’ont pas été levées par exemple, et l’administration a renforcé la présence militaire en Europe de l’Est dans le cadre de l’opération de réassurance de l’OTAN.

Les décrets exécutifs sur l’immigration ont été fortement retoqués par la justice, tandis que les principales dispositions d’Obamacare n’ont pu être annulées, faute de majorité au Sénat.

Mais à long terme, les Européens doivent se préparer à une Amérique distante voire hostile. L’Europe ne doit pas abandonner la promotion de son modèle de multilatéralisme et de coopération mais sa défense passe par la prise en compte du fait qu’il est l’exception, plutôt que la norme aujourd’hui. Cela implique un investissement considérable dans notre défense et sécurité: l’Europe est-elle prête à affronter seule une crise comparable aux Balkans dans sa périphérie demain? La crise syrienne, avec ses conséquences sur l’Union Européenne en matière de réfugiés et l’émergence de Daesh, devrait servir de réveil stratégique. Or, la posture européenne s’est essentiellement limitée à espérer un engagement américain. Au-delà de l’investissement dans le militaire, les Européens doivent prendre les mesures pour se préserver des conséquences des décisions américaines, en particulier des sanctions extraterritoriales. Aujourd’hui Trump exploite la faiblesse des Européens.

Peut-être cette séquence n’est elle qu’un cycle de plus dans le balancier permanent entre repli égoïste et aventurisme messianique qu’Henry Kissinger a souvent déploré dans l’histoire diplomatique américaine. Après les années de doute de la présidence Carter, post Watergate et Vietnam ont suivi l’optimisme triomphant des années Reagan. Mais l’Europe ne peut fonder sa stratégie sur cet espoir. De plus, même si le successeur de Trump renoue avec l’internationalisme, l’Europe n’en sera pas moins vue comme un partenaire secondaire, grevée par ses divisions et sa faiblesse militaire. L’incertitude durable autour de la posture américaine doit entraîner l’Europe à s’engager dans la voie de l’autonomie stratégique.

Voir également:

Croissance : la conjoncture sourit à Donald Trump
Les États-Unis enregistrent au second trimestre la plus forte croissance depuis 2014, à 4,1% en rythme annuel, selon une première estimation. De quoi renforcer le président dans sa certitude que sa politique de déréglementation et de baisses d’impôts est la bonne.
Pierre-Yves Dugua
Le Figaro
27/07/2018

De notre correspondant à Washington

L’économie américaine se porte aussi bien que prévu. Selon la première estimation du Département du commerce, la croissance au second trimestre atteint 4,1% en rythme annuel. On n’a pas vu de conjoncture aussi favorable aux États-Unis depuis 2014.

Donald Trump qualifie ces chiffres de «fascinants» et de «tout à fait tenables». Il y voit la preuve que sa politique de déréglementation et de baisses d’impôts porte ses fruits. D’autant que l’estimation de l’expansion de janvier à mars est révisée à la hausse de 2 à 2, 2% en rythme annuel.

«Le monde entier nous envie», selon Trump

«Depuis notre arrivée nous constatons la création de 400.000 emplois dans le secteur manufacturier… des milliards de dollars reviennent vers les États-Unis… des usines rouvrent… les demandes d’indemnisation chômage sont au plus bas depuis près de 50 ans… Le monde entier nous envie» proclame le président, convaincu que la presse américaine refuse d’admettre le succès de sa politique.

Voilà déjà plus d’un an qu’il tourne en dérision les experts qui affirment qu’il ne sera pas possible de dépasser durablement 3% de croissance. Leurs arguments sont toujours que l’Amérique approche de la fin d’un très long cycle d’expansion engagé depuis l’été 2009, que la croissance démographique est désormais modeste et surtout que les hausses de productivité ne sont pas suffisantes pour renouer avec des taux de croissance dignes des années Reagan.

Au cours du premier semestre l’expansion atteint néanmoins 3,1%. Si la montée des barrières douanières, les relèvements de taux directeurs par la Réserve fédérale et la hausse des coûts des matières premières ne font pas dérailler la conjoncture, le pari de Donald Trump peut être gagné, au moins en 2018.

Les élections législatives en ligne de mire

En fait, il ne faut à Donald Trump que cinq mois de conjoncture aussi porteuse. C’est l’horizon économique très court qui suffit à ce président politiquement incorrect pour aborder avec sérénité les élections législatives de novembre prochain. Avec un taux de chômage au plus bas depuis la fin du siècle dernier, des créations d’emplois encore très fortes en moyenne de 215.000 postes par mois depuis janvier et une inflation de l’ordre de 2%, il pense présenter à l’opinion un premier bilan positif. Surtout s’il arrive à passer sous silence que, contrairement à l’orthodoxie fiscale prônée jadis par le Parti républicain, le déficit budgétaire en forte hausse est en partie responsable de l’accélération actuelle de la croissance.

Signe de la confiance et du moral élevé des Américains, la consommation, qui représente plus des deux tiers du Produit intérieur brut (PIB) aux États-Unis, bondit au rythme de 4% au second trimestre, après une maigre progression de 0,5% de janvier à mars.

Paradoxalement, les fortes tensions commerciales entre Washington et ses partenaires ont stimulé la croissance au cours du printemps. Dans l’anticipation de droits de douane chinois sur les denrées agricoles, les producteurs américains de soja ont par exemple tout fait pour avancer leurs livraisons avant le mois de juillet, date d’entrée en vigueur des mesures de rétorsion décidées par Pékin. Près d’un quart de la croissance a été donc généré par le commerce extérieur.

Voir de même:

Économie américaine: et si Trump réussissait?

Fabrice Nodé-Langlois

Le Figaro

18/05/2018

DÉCRYPTAGE – Volontarisme fiscal, brutalité commerciale : les critiques pleuvent sur la méthode du président américain, mais les États-Unis affichent d’excellentes performances économiques.

Sur le climat, l’Iran, Israël, il s’est mis au ban de la communauté internationale. Ses tweets rageurs matinaux, son imprévisibilité, sa brutalité, laissent pantois. Ses démêlés avec le FBI et la justice interrogent sur sa capacité à mener son mandat jusqu’à son terme.

Et pourtant. La méthode de Donald Trump, exposée il y a trente ans déjà, dans son best-seller l’Art du deal, du temps où le futur président de la première puissance mondiale n’était qu’un loup new-yorkais de l’immobilier, semble faire mouche. Depuis qu’il est installé à la Maison-Blanche, Donald Trump l’a éprouvée à plusieurs reprises, notamment avec la Corée du Nord. Il profère les pires menaces, exerce une pression maximale sur l’adversaire ou le partenaire, puis se dit prêt à discuter.

Sur le front commercial, le président américain a marqué des points. Il a arraché des concessions au Brésil, son deuxième fournisseur d’acier ainsi qu’à la Corée du Sud. Évidemment, disposer du plus gros budget militaire de la planète (610 milliards de dollars, davantage que les sept pays suivants réunis) et diriger la première économie (un PIB de 19.000 milliards de dollars, une fois et demie celui de la Chine) offre quelques arguments. «Face à des “petits” pays, les États-Unis ont des leviers de négociations, commente Steven Friedman, économiste américain chez BNP Paribas AM. Mais avec des grands pays comme la Chine, il faudra sûrement de longues négociations pour trouver un compromis.»

De fait, Washington et Pékin ont repris leurs négociations vendredi. L’Administration Trump a fixé un ultimatum à mardi prochain, 22 mai: faute d’accord, les États-Unis imposeront des droits de douane sur des produits chinois importés représentant une valeur de 50 milliards de dollars. L’issue est encore très incertaine, mais Trump a réussi à amener les Chinois à la table pour discuter d’une réduction du déficit commercial américain.

L’Europe prévient l’OMC qu’elle est prête à riposter

Washington n’a pas non plus gagné son bras de fer contre l’Europe. L’Union européenne affiche au moins une unité de façade. Elle a même notifié, vendredi, à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) qu’elle est prête à prendre des contre-mesures tarifaires. Au sommet de Sofia, jeudi, les chefs d’État européens ont répété qu’ils voulaient d’abord une exemption définitive des surtaxes sur l’acier et l’aluminium avant de négocier une plus grande ouverture de leur marché.

«Au moins, Donald Trump a eu le mérite d’encourager le débat sur l’impact de la mondialisation sur l’économie, c’est sain», remarque Steven Friedman, pourtant critique du président. «Sa tactique de négociation est de taper fort et de se faire mousser auprès de son électorat, ajoute Florence Pisani, économiste chez Candriam et coauteur d’un livre sur l’économie américaine (*). C’est un jeu assez dangereux, car cela crée de l’incertitude et reporte les projets d’investissement.» Les bons indicateurs qui se succèdent semblent pourtant démentir cette vision pessimiste. À 3,9 %, le chômage est au plus bas depuis près de vingt ans, l’industrie crée des emplois, les ménages ont davantage confiance qu’au début du mandat. Résumé en langage Trump, cela donne ce tweet, publié jeudi: «Malgré la chasse aux sorcières dégoûtante, illégale et injustifiée, nous avons accompli les meilleurs 17 premiers mois d’une Administration dans l’histoire américaine».

Un leg solide

«Il n’y a pas eu de changement majeur de tendance depuis l’arrivée de Trump, nuance Christian Leuz, économiste allemand installé depuis quinze ans aux États-Unis, à l’University of Chicago Booth School of Business. Obama a laissé une économie en bonne santé, il est encore trop tôt pour attribuer les bons résultats à Trump.»

Ce leg solide est aussi largement imputable à dix ans de politique monétaire généreuse de la Fed, rappellent de nombreux économistes. Sa réforme fiscale, arrachée de haute lutte au Congrès, devrait tout de même avoir un impact positif sur l’économie. Elle a gonflé le profit des entreprises et permis à certaines comme Apple de rapatrier des milliards mis à l’abri à l’étranger. Florence Pisani pondère encore: une enquête récente de la réserve fédérale d’Atlanta indique que moins de 10 % des entreprises envisagent d’investir davantage malgré les réductions d’impôt.

Quant aux ménages, ils pourraient perdre en impôts locaux (ceux des États) ce qu’ils ont gagné sur les impôts fédéraux. Même si le programme des grands travaux reste encore dans le flou, les dépenses votées par le Congrès devraient cependant soutenir l’activité de 0,3 % de PIB supplémentaire, concède Florence Pisani.

Un surcroît de dépenses qui pourrait léguer au successeur de Trump «un déficit budgétaire de plus de 5 % du PIB et une dette alourdie», avertit Steven Friedman. Il faudra attendre la fin de l’année pour mieux mesurer l’impact des mesures de Trump. Surtout, il ne faut jamais oublier qu’aux États-Unis, en matière de politique intérieure, rien ou presque ne se décide sans le Congrès. «Il y a comme un pacte de Faust entre Trump et les parlementaires républicains, explique Christian Leuz. En échange d’avancées sur des sujets qui leur sont chers, ils sont obligés d’accepter le style Trump.» Jusqu’à ce que les divergences sur l’immigration et le libre-échange, ou les élections de novembre, ne fassent voler ce pacte en éclats.

(*) «L’Économie américaine», avec Anton Brender, éditions La Découverte.

Voir de plus:

Politiquement incorrectes, les réformes de Trump sont un succès pour l’économie américaine

FIGAROVOX/TRIBUNE – Un an après l’arrivée fracassante du nouvel occupant de la Maison-Blanche, l’économie américaine est au beau fixe. Nicolas Lecaussin décrypte les réussites de la politique fiscale de Trump.


Nicolas Lecaussin est directeur de l’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales, Paris).


Dans un éditorial publié en 2016, avant le changement à la Maison Blanche, l’économiste Paul Krugman, titulaire du prix Nobel, écrivait: «Si Trump est élu, l’économie américaine va s’écrouler et les marchés financiers ne vont jamais s’en remettre». Un an après sa prise de fonction, le président Trump est à la tête d’un pays en plein boom économique, et dont l’indice boursier a battu tous les records.

On m’objectera que Trump est provocateur, imprévisible, irascible. Qu’il ne peut pas s’empêcher de tweeter tout (et surtout n’importe quoi). Mais si l’on regarde les faits, et uniquement les faits, un constat s’impose: on ne peut pas trouver dans l’histoire récente des Etats-Unis un président ayant mené à bien autant de réformes en un laps de temps si court. Même Reagan a mis trois ans à réformer la fiscalité américaine! Trump, lui, l’a fait en quelques mois.

Alors certes, «The Donald» n’a pas réussi à démanteler complètement l’Obamacare, suite aux oppositions rencontrées dans son propre parti ; mais sa réforme fiscale inclut la fin du «mandat individuel», cette fameuse obligation de souscrire à une assurance santé. Plus exactement, l’amende pour le non-respect de cette obligation est supprimée par la réforme.

Cette mesure était nécessaire. En 2009, les conséquences de cette mesure coercitive, emblématique de la présidence d’Obama, ne s’étaient pas fait attendre. Il y avait eu d’énormes bugs informatiques qui ont découragé des millions de personnes de souscrire en ligne. Puis des millions d’Américains ont été contraints de résilier leur assurance privée, alors que nombre d’entre eux n’en ressentaient nullement l’envie. Depuis 2009, plus de 2 400 pages de réglementations se sont accumulées pour réguler le fonctionnement du système. Le président Obama avait promis de baisser les franchises de santé grâce à ce programme, mais ce fut tout le contraire: elles ont augmenté de 60 % en moyenne. Les primes d’assurance ont bondi dans l’ensemble de 25 % (et même jusqu’à 119 % dans l’état d’Arizona).

Les assureurs ne s’en sortaient plus à cause des réglementations très strictes qui leur ont été imposées. Obama avait aussi promis de baisser le prix de l’assurance santé d’environ 2 500 dollars par famille et par an ; en réalité, le prix a augmenté de 2 100 dollars! Trump met fin à cette dérive en ouvrant le système un peu plus à la concurrence et en donnant aux Américains la liberté de choisir.

Ce n’est pas tout. La réforme fiscale adoptée par le Congrès des États-Unis contient de nombreuses mesures audacieuses, que les Américains attendaient. Par exemple la baisse de la taxe sur les bénéfices des entreprises (de 35 % à 21 %), qui s’accompagne d’une déduction fiscale généreuse pour les entreprises dont les profits ne sont déclarés qu’au travers des revenus de leurs propriétaires. Plusieurs taxes ont par ailleurs été supprimées, comme la taxe minimum de 20 % sur les bénéfices effectifs.

Surtout, le président Trump a entamé une vaste opération visant à rapatrier entre 2 000 et 4 000 milliards de dollars de profits placés à l’étranger, en diminuant la taxe sur ces profits de 35 % à moins de 15 %.

Autre mesure symbolique: la suppression de la taxe sur les héritages au-dessous de 10 millions de dollars satisfait une large partie de l’électorat républicain.

Certains Etats dont la fiscalité est particulièrement élevée, comme la Californie, seront également obligés de se réformer pour faire face à la suppression de certaines déductions fiscales. Leurs habitants ne pourront plus en effet déduire l’impôt sur le revenu local de leurs impôts fédéraux.

Plusieurs mesures abolissent l’interdiction des forages de pétrole en Alaska. À l’heure actuelle, Trump a ouvert toutes les possibilités d’exploitation sur le continent américain, ce qui fera du pays l’un des principaux exportateurs de matières premières. Trump se positionne ainsi en ennemi du politiquement correct et reste méfiant à l’égard des gourous du réchauffement climatique. Il a été le seul à avoir le courage de se retirer de la COP 21, cette mascarade coûteuse qui consiste à organiser de gigantesques réunions de chefs d’État aux frais des contribuables. Il a supprimé la prime à la voiture électrique (pour une économie de 7 milliards de dollars) ainsi que les subventions aux parcs d’éoliennes.

Enfin, Trump s’est attaqué aux réglementations. Entre janvier et décembre 2017, il a supprimé la moitié (45 000) des pages que contient le Code des réglementations. Plus de 1 500 réglementations importantes ont été abolies, dont beaucoup dans le domaine de l’environnement. Les économies obtenues sont estimées à plus de 9 milliards de dollars. Faisant fi des protestations, il a libéré le secteur d’internet de plusieurs contraintes anachroniques.

Au plan international, Trump s’oppose à la Chine dont les pratiques commerciales douteuses ont fait l’objet d’enquêtes de la part de Washington. Mais cette position juste face aux Chinois ne devrait pas conduire la Maison Blanche à cautionner des mesures restrictives de la liberté du commerce et des échanges, qui risqueraient de peser sur la croissance américaine et même mondiale. On songe ici à la proposition faite par la Chambre des Représentants de faire payer aux multinationales une taxe de 20 % sur les achats faits à des filiales étrangères de leur groupe. Ou encore, celle du Sénat de réimposer les sociétés américaines au taux de 13 % sur les services facturés de l’étranger par les sociétés du groupe.

En tout état de cause, en ce début janvier 2018, l’économie américaine semble partir sur des bases solides. Le troisième trimestre de croissance s’est élevé à plus de 3 %, et le taux de chômage est au plus bas, à seulement 4.1 % (2.1 millions d’emplois créés en une année, du jamais vu depuis 1990), et même à 6.8 % pour la population noire, un taux qui n’a jamais été si faible depuis 1973.

Les effets des baisses d’impôt se font d’ores et déjà sentir: des entreprises comme AT&T, Comcast, Wells Fargo, Boeing, Nexus Services ont annoncé des primes et des hausses de salaires.

Le pire ennemi de Trump est certainement lui-même. Cet homme d’affaires n’est pas un politicien professionnel. Saura-t-il alors se contrôler, pour continuer à remettre l’Amérique sur les rails et mépriser l’idéologiquement correct, sans se laisser aller à des provocations futiles?

Voir encore:

Donald Trump has a big promise for the U.S. economy: 4% growth.

No chance, say 11 economists surveyed by CNNMoney. And a paper published Tuesday by the Federal Reserve Bank of San Francisco backs them up.
« No, pigs do not fly, » says Robert Brusca, senior economist at FAO Economics, a research firm. « Donald Trump is dreaming. »
The Republican presidential nominee made the promise in a speech in New York in September. « I believe it’s time to establish a national goal of reaching 4% economic growth, » he said.
Since the Great Recession, growth has averaged 2%. Brusca and the other economists surveyed say that 4% growth is impossible, or at least highly unlikely. The reasons: Unemployment is already really low, lots of Baby Boomers are retiring, and there are far fewer manufacturing jobs today than in past decades.

Trump’s team says it will get to 4% growth with tax cuts, better trade deals and more manufacturing jobs.

One reason for slower growth is lower productivity — for example, how many widgets an assembly line worker can produce in an hour.

Another problem is that the example of the assembly line worker is increasingly outdated: America has shed about 5.6 million manufacturing jobs since 2000, mostly because of innovation and partly because of trade, studies show.

Manufacturing jobs tend to have higher productivity — and wages — than jobs in other service industries like retail, education and health care, which have added lots of low-productivity jobs while manufacturing jobs have disappeared.

Interestingly, American manufacturers are producing more than ever before — in dollar terms. But as technology replaces jobs on the assembly line, more goods can be produced with fewer workers.

On top of that, the economy is already near what economists consider full employment, meaning the unemployment rate can’t go much lower.

The unemployment rate is 5% and was as low as 4.7% earlier this year. It can’t go much lower because there will always be people leaving jobs or searching for them.

If the job market is already near capacity, the economy can’t expand much more, economists say.

Unemployment did go really low in 2000 — as low as 3.8% — and the economy was growing above a 4% pace. But the San Francisco Fed attributes those good times to the late 1990s internet revolution.

There are solutions to boost growth, the Fed notes.

Many economists call for more spending on building new roads, bridges and highways, as do both Trump and Hillary Clinton.

After World War II, the creation of the Interstate Highway System was a major boost to productivity and growth. You could go much faster from point A to point B.

Other solutions are a little more dreamy.

Many experts say comprehensive immigration reform — a path to citizenship — would create more documented workers. Historically, documented workers tend to have higher productivity than undocumented workers because they generally have higher job skills and can take on jobs that produce more valuable goods. Productivity has nothing to do with work ethic.

Outside of immigration reform and infrastructure spending, the Federal Reserve says America needs a game-changing invention, such as the IT innovation in the 1990s. New technology from fast-growing countries like China and India may also help too.

« Another wave of the IT revolution from machine learning and robots could boost productivity growth, » says Federal Reserve senior research adviser John Fernald.

Voir aussi:

American prosperity of Trump era marks real turning point in history
Arthur Laffer
The Hill
07/28/18

Gross domestic product, or GDP, is the measure of choice when assessing the health of any economy, especially in the United States. GDP, which is measured at annual rates, includes the value of production of all goods and services produced in a country. In the one year since President Trump took office, the first quarter of 2017 through the first quarter of 2018, real GDP grew at a 2.55 percent annual rate. This is higher than the growth for six of the eight years former President Obama was in office, or even five of the eight years when former President George W. Bush was in office.

Moreover, the economic growth rate in the first year of Trump in office is higher than the average annual growth rate for the entire presidencies of both Obama at 2.05 percent and Bush at 1.71 percent. For the full 65 years from the first quarter of 1953 through the first quarter of 2018, annual real GDP growth in the United States averaged 2.95 percent, which is still substantially higher than the first year under Trump.

The growth rate for the second quarter of 2018 is 4.1 percent. This is a nice sign of American prosperity and is the strongest quarter of economic growth since the third quarter of 2014. Net exports contributed about 1 percent, while the change in private inventories subtracted 1 percent. Lots of changes like this happen on a quarter by quarter basis and should not be taken too seriously.

The Commerce Department releases its quarterly estimates, but it has also revised a lot of historical numbers, although usually by only very small amounts. Perhaps its biggest revision was for the first four quarters of the Trump presidency. What had been an estimated annual growth of 2.82 percent was revised down to 2.55 percent, even though the first quarter of 2018 itself was revised up from 2 percent to 2.2 percent. This example is only meant to show the fragility of these numbers.

While the GDP growth of any one quarter can be offset, revised or magnified in subsequent quarters, a pattern appears to be emerging under the stewardship of the Trump administration, which makes a lot of sense, at least to me. I believe that people individually, and the economy collectively, respond strongly to economic incentives.

Other economists do not concur on this point. Jason Furman, the top economist for Obama, disagrees with me on the effects that Trump policies have on real GDP growth. In fact, using the ploy of damning with faint praise, he said of the 2017 tax cuts in a recent debate, “I think policy can make a difference. The tax cuts will make a very, very small positive difference, probably about half of one-tenth of 1 percent.”

History tells us a very different story than the naysayers. Lowering taxes and decreasing regulation has had powerful effects on growth over long periods of time. Taxes have a very important impact on employment, jobs, output and growth. An economy quite simply cannot be taxed into prosperity. The tax cuts signed by Trump stand in stark contrast to the tax increases under Obama. Corporate and personal tax rates were way too high. The Republican bill reduced those tax rates a lot. It included 100 percent expensing of capital expenditures, territorial taxation, and the elimination of state and local tax deductions to promote growth.

Trump has also waged war on debilitating regulations, including eliminating the Affordable Care Act individual mandate, along with reducing other health care and energy regulations as well. Monetary policy is now refocusing on market forces rather than zero interest rates, which means that money will flow to where it is needed, not to where some university professors believe it should go.

When it comes to trade, there are problems and risks in the vision Trump is carrying out. Trade should be free and with minimum barriers placed on American exports to other countries and foreign exports to the United States. We should, as a world, move to zero tariffs everywhere. We should eliminate other barriers and trade subsidies. Obviously, such an ideal world is not plausible, but there is no reason we cannot try.

Foreigners produce some things better than we do, and we produce some things better than they do. Both Americans and foreigners alike would be foolish in the extreme if Americans did not sell foreigners those products Americans make better than foreigners in exchange for those products foreigners make better than Americans do. It is a winning strategy for everyone and makes for great prosperity around the world.

Finally, we have had a serious government spending problem in the United States for years. The economist Milton Friedman was famous for saying “government spending is taxation.” He is completely correct. If a country taxes people who work and pays people when they do not work, then it is unsurprising if a lot more people choose not to work.

The latest GDP figure is a great number that aids our recovery from the awful 16 years under Bush and Obama. It will also reduce deficits in the long term if such robust economic growth continues. But the challenge is far from over. We have a lot of work to do to fan the flames of prosperity and to hold at bay the prosperity killers. But one step forward is still one step forward, and it is a heck of a lot better than one step backward.

Arthur B. Laffer is chairman of Laffer Associates. He was an economic adviser to the 2016 presidential campaign of Donald Trump and served as an economic adviser to the White House during the Reagan administration.

Voir également:

The Return of 3% Growth
Tax reform and deregulation have lifted the economy out of the Obama doldrums.
The Wall Street Journal
July 28, 2018

So much for “secular stagnation.” You remember that notion, made fashionable by economist Larry Summers and picked up by the press corps to explain why the U.S. economy couldn’t rise above the 2.2% doldrums of the Obama years. Well, with Friday’s report of 4.1% growth in the second quarter, the U.S. economy has now averaged 3.1% growth for the last six months and 2.8% for the last 12.

The lesson is that policies matter and so does the tone set by political leaders. For eight years Barack Obama told Americans that inequality was a bigger problem than slow economic growth, that stagnant wages were the fault of the rich, and that government through regulation and politically directed credit could create prosperity. The result was slow growth, and secular stagnation was the intellectual attempt to explain that policy failure.

The policy mix changed with Donald Trump’s election and a Republican Congress to turn it into law. Deregulation and tax reform were the first-year priorities that have liberated risk-taking and investment, spurring a revival in business confidence and growth to give the long expansion a second wind.

The nearby chart shows GDP growth by quarter over the last four years. The numbers show that the long, weak expansion that began in mid-2009 had flagged to below 2% growth in the last half of 2015 and in 2016. Nonresidential fixed investment in particular had slumped to an average quarterly increase of merely 0.6% in those final two years of the Obama Presidency. An economic expansion that was already long in the tooth began to fade and could have slid into recession with a negative shock.

The Paul Ryan-Donald Trump growth agenda was targeted to revive that investment weakness. Deregulation signaled to business that arbitrary enforcement and compliance costs wouldn’t be imposed on ideological whim. Tax reform broke the bottleneck on capital mobility and investment from the highest corporate tax rate in the developed world. Above all, the political message from Washington after eight years is that faster growth is possible and investment to turn a profit is encouraged.

The chart and the second-quarter GDP report show that this policy mix is working. Growth popped to a higher plane of nearly 3% in the middle of 2017 as business and consumer confidence increased with the Trump Administration’s policies taking center stage. A growth dip in the last quarter of 2017 on tax-reform uncertainties carried over to the start of the first quarter, but growth has since accelerated.

The acceleration has been driven by business investment, which increased 6.3% in 2017 and has averaged 9.4% in the first half of 2018. This investment surge has come in productive areas like equipment and commercial construction. It has not come from padding inventories that have to be sold down, or in a housing mania like the one that drove growth in the mid-2000s. Both housing and inventories subtracted from growth in the second quarter.

It would be nice to think that all Americans would take satisfaction in this growth. But in the polarized politics of 2018, the same people who said this growth revival could never happen are now saying that it can’t last. It’s a “sugar high,” as Mr. Summers has put it, due to one-time boosts like government spending and consumption.

But there are reasons to think that a 3% growth pace can continue with the right policies. The investment boom will drive productivity gains and job creation that will flow to higher wages and lift consumer spending. Inventories will have to be replenished and new household formation is increasing again, which should help housing demand.

Most intriguing is that the government’s annual revisions to long-term GDP on Friday showed a sharp increase in the personal savings rate. The increase was due to an upward revision in wages and salaries and jumped to 6.7% from 3.4% for 2017 and averaged 7% in the first half of this year. That’s about $500 billion more in the pockets of Americans than previously estimated and helps to explain why consumer spending has remained strong. With tight labor markets, consumer spending should keep contributing to growth.

There are risks to this outlook, not least from Mr. Trump’s tariff policies. This is the President’s version of Mr. Obama’s regulatory assault, with arbitrary victims, uncertainty that limits business investment, and the risks of escalation. Mr. Trump crowed at the White House on Friday that his trade policies are helping the economy, but the second-quarter lift from net exports isn’t likely to last amid foreign retaliation for his steel and aluminum tariffs.

The way to help the economy is for Mr. Trump to build on this week’s trade truce with the European Union, withdraw the tariffs on both sides, and work toward a “zero tariff” deal. Meantime, wrap up the Nafta revision with Mexico and Canada within weeks so Congress can approve it this year. Mr. Trump could claim he had honored another campaign promise while removing a pall on investment.

The other major risk is the Federal Reserve’s attempt to unwind the extraordinary monetary policies of the last decade. If near-zero rates and trillions in bond-buying lifted asset prices artificially, as some of our friends think, then reversing those policies could cause those prices to fall with uncertain results.
All of which is another reason to thank tax reform and deregulation for unleashing animal spirits and giving the expansion renewed life. It’s worth recalling that not a single Democrat in Congress voted for tax reform and nearly all of them opposed every vote to repeal the Obama Administration’s onerous rules. Had they prevailed, we’d still be experiencing secular stagnation instead of arguing if 4.1% growth is too much of a good thing.

Voir par ailleurs:

Putin Is Weak. Europe Doesn’t Have to Be
Moscow is a sideshow. The real dangers come from within the Continent.
Walter Russell Mead
WSJ
July 23, 2018

We hear too much about Vladimir Putin these days and not nearly enough about the actual forces reshaping the world. Yes, the Russian president has proved a brilliant tactician. And, President Trump’s fantasies aside, he is a ruthless enemy of American power and European coherence. Yet Russia remains a byword for backwardness and corruption. Its gross domestic product is less than 10% that of the U.S. or the European Union. With a declining population and a fundamentally adverse geopolitical situation, the Russian Federation remains a shadow of its Soviet predecessor. Add up the consequences of Mr. Putin’s troops, nukes, disinformation campaigns, financial aid to populist parties—and throw in the power of his authoritarian example. Russia still does not have the ability to roll back the post-1990 democratic revolution, overpower the North Atlantic Treaty Organization, or dissolve the EU.

The West is in crisis because of European weakness, not Russian strength. Some of the Continent’s difficulties are well known. France foolishly imagined the euro would contain the rise of a newly united Germany after the Cold War. In fact it has propelled Germany’s unprecedented economic rise while driving a wedge between Europe’s indebted South and creditor North. The Continent’s so-called migration policy is a humanitarian and a political disaster. Berlin’s feckless approach to security has left Europe’s most important power a geopolitical midget, lecturing sanctimoniously while others shape the world. Meanwhile the EU’s Byzantine government machinery grinds at an ever slower pace, creating openings for Mr. Putin and Turkish President Recep Tayyip Erdogan. Europe’s weakness invites authoritarian assertion in the borderlands.

Another failure of equal consequence still is not widely understood: the failure to integrate the countries of Central and Eastern Europe into Western prosperity and institutional life. The world’s 10 fastest-shrinking countries are all in Eastern Europe: Bulgaria, Croatia, Hungary, Latvia, Lithuania, Moldova, Poland, Romania, Serbia and Ukraine. All expect to see their populations shrink at least 15% by 2050. For the enterprising and mobile, there is good news; between three million and five million Romanians live and work in other EU countries, enjoying opportunities they could not find at home. But for those who cannot or do not wish to move on, life can be hard. Almost 30 full years after the fall of communism, more than one-fourth of Romanians live on less than $5.50 a day. Across Romania, less than half of households have an internet connection, and only 52% have a computer. Romania and Bulgaria—where living standards are lower than in Turkey—are exceptionally poor. Conditions are better elsewhere, but the gap between prosperous European countries like Germany and postcommunist states like Poland remains immense. Poles on average earn only a third as much as Germans. The rural, eastern parts of Poland are poorer still. Conditions in ex-Soviet countries like Armenia, Belarus, Georgia and Ukraine are even worse. Corruption is rampant, with weak institutions unable to stop it.

The hubris that led so many in the West to believe that Europe had entered a posthistorical paradise is fading. A clearer if darker picture has emerged. Swaths of Central and Eastern Europe will not smoothly and painlessly assimilate into the West. If voters in these countries lose faith that Western ideas and institutions can improve their lives, the political gap between East and West will widen. When the EU is more preoccupied with internal divisions, it is less able to respond effectively to Russian moves.

Europe’s weakness has provided Mr. Putin with opportunities to promote Russian power by supporting populist parties across the EU and deepening his relationship with leaders like Hungary’s Viktor Orbán. Yet even in the age of Trump, Moscow is too weak, too poor, too regressive and too remote to shape European politics. The days when Russian rulers like Catherine the Great and Alexander I could direct events across the Continent are gone for good. The collapse of the Soviet Union and the unification of Germany mean the most important relationship in the trans-Atlantic world is between Washington and Berlin.

President Trump is right that much of the trans-Atlantic relationship needs to be rethought. He is right that Germany asks too much and offers too little for the current relationship to be sustainable. He is right that the European Union has worked itself into a political crisis, and that the Continent’s errors and illusions strengthen Mr. Putin’s hand. But if the president thinks Mr. Putin’s Russia can serve as the linchpin of a new American security strategy, he is overestimating Russia’s capacity, misreading Mr. Putin’s goals, and underestimating the importance of the trans-Atlantic alliance. Moscow is a sideshow. To protect American prosperity and security, Mr. Trump most needs to strike a deal with Berlin.

Voir également:

Televison: From Burkina Faso with rockets to Upper Volta without
Steve Crashaw
The Independent
15 November 1998

The Soviet Union was famously described as « Upper Volta with rockets », a catchphrase that was updated by the geographically precise to become « Burkina Faso with rockets ». It was a powerfully succinct description. The United States was rich and space-age powerful; the Soviet Union was poor and space-age powerful. The contradictions and paradoxes that stemmed from that could never fully be resolved – least of all by the citizens of the Soviet Union themselves.

During the 1930s, Stalin turned Russia into an industrially powerful nation, and made his Soviet compatriots feel proud of what they had achieved. The defeat of Hitler’s might, at the cost of millions of lives, was also seen as proof of Soviet greatness.

The idea that Soviet was best took deep root. It convinced some Western visitors, and millions of Russians. Even now, many Russians find it hard to believe that there was anything wrong with the model itself. In last night’s episode of the Cold War series, interviewees visibly hankered after a time when Khrushchev was in his Kremlin, and all was right with the Soviet world.

« Sputnik », the title of last night’s episode, is the Russian word for a fellow-traveller: the spaceship was seen as a travelling companion for the planet earth. Here it was that we found true Soviet heroes, including Yuri Gagarin, the first man in space. As a Moscow baker declared – still misty-eyed, after all these years: « Gagarin, he was everybody’s love. He and his smile. I still keep his photograph. »

Television news may sometimes seem deeply superficial – never mind the reality, listen to that fabulous soundbite. But television history, with the participation of those who were in the front row of the stalls or even centre-stage at the events described, can, at its best, be more enlightening than anything that you could have read in the newspapers at the time. Series like the Cold War put things neatly into perspective, with descriptions of historic events coming directly from witnesses and participants – last night included a Soviet rocket designer, an aide to Khrushchev, and Gagarin’s running-mate. The heroism and the lies are equally visible.

The Cold War series gives a small example of why it must sometimes be quite fun to be a media billionaire. You flick your fingers, and unbelievable projects just happen. A few years ago, Ted Turner, creator of CNN, mused that he would like to do a definitive history of the Cold War. And thus it came to pass, without all the doggedly begging memos to potential backers which are usually par for the course. Turner was put in touch with Jeremy Isaacs, who had produced the landmark World at War series. Isaacs, in turn, gathered a team of experienced producers and writers, including highly respected figures like the journalist Neal Ascherson and (for last night’s programme on the space race) defence specialist Lawrence Freedman. Unsurprisingly, the result is much more than just televisual flam.

Last night’s programme included some dramatic eyewitness accounts of events – like a Soviet space disaster, where one woman remembered how « people fell like burning torches from the top of the rocket ». Her words were accompanied by dramatic pictures from the heart of the conflagration – pictures that you can be sure never appeared on the Soviet Nine O’Clock News. At that time, Soviet disasters were strictly not for public consumption.

At the same time, Sputnik exposed the absurdity that accompanied the whole notion of the space race. Shamed by the early Soviet lead, America had to prove that anything Russia could do, America could do better; Russia responded in kind. America became so fixated with the idea of the « missile gap » – that is, let’s spend more billions of dollars on defence – that they found one even when it did not exist. Almost forty years on, President Kennedy’s defence secretary, Robert McNamara, cheerfully acknowledged: « A major charge was that there was a missile gap. It took us about three weeks to determine: yes, there is a gap – but the gap is in our favour. » Was that what Time or Newsweek were writing at the time? Unlikely.

While Cold War stripped some of the humbug from old-fashioned propaganda, Tim Whewell’s Correspondent special, « Two Weddings and the Rouble », was a bleak illustration of life in Russia today, seven years after the final collapse of the superpower and the propaganda machine. The Cold War has vanished; and with it, the heart of Russia’s pride. Whewell’s film focused on two newly-marrieds. On the one hand, there was Yuri, the self-confident young entrepreneur who was about to take his new wife Yulia on a honeymoon to Thailand (they had already been to Cyprus; but there were too many Russians, so they wanted something more exotic). On the other, there was Katya, the 18-year-old accounts clerk who trudged round looking for jobs that might, if she was lucky, pay her one or two dollars a day.

Hauntingly photographed by Ian Perry (lots of wistfully Russian townscapes at dawn), « Two Weddings », a depiction of life in the provincial town of Yaroslavl, painted a simple portrait of Russia’s sadness. We saw the queues of blood donors, who come back day after day in the hope that they can thus earn a few more kopecks. We met the father who boasted of a good day in the potato fields by telling us of what he had managed to steal: « Today I took three buckets out. » And, above all, we are confronted with the despair. Vodka was described as the only way of blotting everything else out, if only for a short while. As one character said: « A swamp doesn’t go anywhere. It silts up – that’s what’s happening to our state. »

The film resolutely avoided politics, though the story of the collapsing rouble – six to the dollar one day, 20 to the dollar a few days later – always lurked in the background. But the underlying theme was best expressed by the father who angrily complained that « this once-great country has been robbed and humiliated ». Humiliated: certainly. Russia these days is now Upper Volta without the rockets (all its best scientists have gone abroad; those who remain are usually unpaid). But robbed? Who did the robbing, and why? The comment reflected the still-deep Russian fatalism which enables millions to believe that somebody else is always responsible, and that Russians can change nothing themselves. It is not true – but many Russians believe it to be true, which comes to almost the same thing.

As Whewell noted, this is a country which has worshipped « one false prophet too many ». Gagarin and the sputnik era are still glowingly remembered as the time when the Soviet Union truly seemed great. As for the future: it sometimes seems difficult to find a Russian who has room for any optimism at all. Katya’s parents, it seems fair to guess, will never believe in anything again. As for Katya herself – maybe. If not, Russia is truly lost.

Voir de plus:

The Chinese are wary of Donald Trump’s creative destruction

Mark Leonard

The Financial Times

July 24, 2018

Donald Trump is leading a double life. In the west, most foreign policy experts see him as reckless, unpredictable and self-defeating. But though many in Asia dislike him as much as the Europeans do, they see him as a more substantial figure. I have just spent a week in Beijing talking to officials and intellectuals, many of whom are awed by his skill as a strategist and tactician.

One of the people I met was the former vice-foreign minister He Yafei. He shot to global prominence in 2009 when he delivered a finger-wagging lecture to President Barack Obama at the Copenhagen climate conference before blowing up hopes of a deal. He is somewhat less belligerent where Mr Trump is concerned. He worries that strategic competition has become the new normal and says that “trade wars are just the tip of the iceberg”.

Few Chinese think that Mr Trump’s primary concern is to rebalance the bilateral trade deficit. If it were, they say, he would have aligned with the EU, Japan and Canada against China rather than scooping up America’s allies in his tariff dragnet. They think the US president’s goal is nothing less than remaking the global order.

They think Mr Trump feels he is presiding over the relative decline of his great nation. It is not that the current order does not benefit the US. The problem is that it benefits others more in relative terms. To make things worse the US is investing billions of dollars and a fair amount of blood in supporting the very alliances and international institutions that are constraining America and facilitating China’s rise.

In Chinese eyes, Mr Trump’s response is a form of “creative destruction”. He is systematically destroying the existing institutions — from the World Trade Organization and the North American Free Trade Agreement to Nato and the Iran nuclear deal — as a first step towards renegotiating the world order on terms more favourable to Washington.

Once the order is destroyed, the Chinese elite believes, Mr Trump will move to stage two: renegotiating America’s relationship with other powers. Because the US is still the most powerful country in the world, it will be able to negotiate with other countries from a position of strength if it deals with them one at a time rather than through multilateral institutions that empower the weak at the expense of the strong.

My interlocutors say that Mr Trump is the US first president for more than 40 years to bash China on three fronts simultaneously: trade, military and ideology. They describe him as a master tactician, focusing on one issue at a time, and extracting as many concessions as he can. They speak of the skilful way Mr Trump has treated President Xi Jinping. “Look at how he handled North Korea,” one says. “He got Xi Jinping to agree to UN sanctions [half a dozen] times, creating an economic stranglehold on the country. China almost turned North Korea into a sworn enemy of the country.” But they also see him as a strategist, willing to declare a truce in each area when there are no more concessions to be had, and then start again with a new front.

For the Chinese, even Mr Trump’s sycophantic press conference with Vladimir Putin, the Russian president, in Helsinki had a strategic purpose. They see it as Henry Kissinger in reverse. In 1972, the US nudged China off the Soviet axis in order to put pressure on its real rival, the Soviet Union. Today Mr Trump is reaching out to Russia in order to isolate China.

In the short term, China is talking tough in response to Mr Trump’s trade assault. At the same time they are trying to develop a multiplayer front against him by reaching out to the EU, Japan and South Korea. But many Chinese experts are quietly calling for a rethink of the longer-term strategy. They want to prepare the ground for a new grand bargain with the US based on Chinese retrenchment. Many feel that Mr Xi has over-reached and worry that it was a mistake simultaneously to antagonise the US economically and militarily in the South China Sea.

Instead, they advocate economic concessions and a pullback from the aggressive tactics that have characterised China’s recent foreign policy. They call for a Chinese variant of “splendid isolationism”, relying on growing the domestic market rather than disrupting other countries’ economies by exporting industrial surpluses.

So which is the real Mr Trump? The reckless reactionary destroying critical alliances, or the “stable genius” who is pressuring China? The answer seems to depend on where you ask the question. Things look different from Beijing than from Brussels.

The writer is director of the European Council on Foreign Relations

Voir encore:

China Is Losing the Trade War With Trump
It’s like a drinking contest: You harm yourself and hope your opponent isn’t able to withstand as much.
Donald L. Luskin
WSJ
July 27, 2018

One thing came through loud and clear in President Trump’s press conference Wednesday with European Commission President Jean-Claude Juncker. When they announced an alliance against third parties’ “unfair trading practices,” they didn’t even have to mention China by name for listeners to know who their target was. Cooperation between the U.S. and EU will squeeze China’s protectionist model, and even before this agreement, there’s been evidence that China is already running up the white flag.

Yes, China is acting tough in one sense, quickly imposing tariffs in retaliation for those enacted by the Trump administration. But while U.S. stocks approach all-time highs and the dollar grows stronger, Chinese stocks are in a bear market, down 25% since January. The yuan had its worst single month ever in June, and is well on its way to a repeat this month. Chinese corporate bonds have defaulted at a record rate in the past six months, yet this week China unveiled a new stimulus program designed to encourage even more corporate borrowing.

That’s probably why Yi Gang, a governor of the People’s Bank of China, took the extraordinary step of channeling Herbert Hoover, saying in a statement this month that “the fundamentals of China’s economy are sound.” And it’s why Sun Guofeng, head of the PBOC’s financial research institute, said, China “will not make the yuan’s exchange rate a tool to cope with trade conflicts.”

Weakening one’s currency is a standard weapon in trade wars, and one that China has often been accused of using—including in a tweet by Mr. Trump last week. Devaluation would be even more dangerous in this case because of China’s power to dump the $1.4 trillion in U.S. Treasury securities it holds. But by denying its intention to plunge the yuan, China has disarmed itself voluntarily. This was no act of noble pacifism; it had to be done. Devaluing the currency would risk scaring investors away, an existential threat to an emerging economy. For China, whose state-capitalism model has so far never produced a recession, such capital flight might expose previously hidden economic weaknesses.

These weaknesses accumulate without the market discipline that occasional recessions impose. The fragility of China’s economy can be seen in its growth rate, which is slowing despite rising financial leverage, and in its overinvestment in commodities and real estate. The escalating trade war with the U.S. could tip China into the unknown territory of recession—and then capital flight could push it into a financial crash and depression. That would create mass joblessness in an economy that has never recorded unemployment higher than 4.3%. With that scenario in mind, the Chinese government must be wondering whether it has enough riot police.
The risk of capital flight is real. The last time China let the yuan weaken—a slide that began in early 2014 and was punctuated in mid-2015 by the abandonment of the dollar peg in favor of a basket of currencies—the Chinese ended up losing almost $1 trillion in foreign reserves, which they have yet to recover. Now the sharp weakening of the yuan shows some degree of capital flight again is under way.
No wonder that, despite tough talk from some quarters, the PBOC disarmed itself voluntarily to avoid further capital flight. The bank also is already offering to reimburse local firms for tariffs on imported U.S. goods. What’s more, China has put out a yard sign for international investors by announcing unilateral easing of foreign-ownership restrictions in some industries.
China is beginning to realize that trade war isn’t really war. It’s more like a drinking contest at a fraternity: the game is less inflicting harm on your opponent than inflicting it on yourself, turn by turn. In trade wars, nations impose burdensome import tariffs on themselves in the hope that they’ll be able to stomach the pain longer than their competitor.
Why play such a game? Because a carefully chosen act of self-harm can be an investment toward a worthy goal. For example, President Reagan’s arms race against the Soviet Union in the 1980s was in some sense a costly self-imposed tax. But it turned out the U.S. could bear the burden better than the Soviets could—Uncle Sam eventually out-drank the Russian bear and won the Cold War.
The U.S. will win the trade war with China in the same way. The PBOC’s statements show that the Chinese understand they are too vulnerable to take very many more drinks. The only question is what they will be willing to offer Mr. Trump to get him to take yes for an answer. No wonder Beijing has ordered its state-influenced media to stop demonizing Mr. Trump—officials are desperate to minimize the pain when President Xi Jinping has to cut the inevitable deal.
The drinking-contest metaphor takes us only so far. The wonderful thing about reciprocal trade is that it is a positive-sum game in which all contestants are made better off. If the conflict forces China to accept more foreign investors and goods, comply with World Trade Organization rules, and respect foreign intellectual property, it may feel it has lost but will in fact be better off. With this openness, both economic and political, China could spur a decadeslong second wave of growth that would bring hundreds of millions still living in rural poverty into glittering new cities.
It took Nixon to go to China and show it the way to the 20th century. Now, through the unlikely method of trade war, Donald Trump is ushering China into the 21st century.
 
Mr. Luskin is chief investment officer at Trend Macrolytics LLC.

Voir enfin:

Pourquoi citent-ils tous Gramsci?

Le nom de Gramsci revient sans cesse depuis plusieurs mois, dans les médias, sur les réseaux sociaux, il est cité en permanence. Qui est-il et quelle est sa pensée?

Gaël Brustier
Slate
24 janvier 2017

Le 9 novembre 2016, au lendemain de l’élection de Donald Trump, sur les réseaux sociaux circulait cette phrase d’Antonio Gramsci:

«Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres».

Lundi 23 janvier, au lendemain du premier tour de la primaire de gauche, Benoît Hamon citait le philosophe à son tour :

«Je pense à cette définition de la crise d’Antonio Gramsci qui dit que la crise c’est quand le vieux est mort et que le neuf ne peut pas naître et nous sommes dans un moment comme celui-là, et il a rajouté que de ce clair-obscur peut naître un monstre.»

Il est devenu fréquent d’entendre des hommes politiques ou des commentateurs invoquer Gramsci, souvent pour dire que les victoires des idées précèdent les victoires politiques ou électorales. Mais cet intellectuel italien est un penseur trop important pour en rester là et ne pas le découvrir un peu davantage. S’il est autant cité en ce début de XXIe c’est qu’il a forgé des outils intellectuels essentiels aujourd’hui…

L’unité obsessionnelle

Homme politique, journaliste et penseur italien né en 1891, Gramsci est d’abord sarde, c’est-à-dire d’une île de Méditerranée périphérique par rapport au reste du Royaume d’Italie tout juste unifié. Issu d’un milieu pauvre, élève particulièrement brillant, enfant très tôt atteint de tuberculose osseuse qui le maintient à une taille de 1m50, il sera préoccupé par la question de cette unité du pays.

Son parcours le mène à Turin dans le Piémont, au Nord, où il fera ses études. C’est là qu’il s’établit et vit, en tant que journaliste et intellectuel, parmi les ouvriers de la capitale du Piémont. Il participe notamment à l’aventure du Biennio Rosso, «deux années rouges», faites de mobilisations paysannes et de manifestations ouvrières qui descendent jusqu’aux zones rurales du Pô.

Du Piémont, Gramsci est bien placé pour analyser ces fractures du pays. Le Nord industriel et le Sud paysan ne sont un que formellement par la couronne royale, et maintenus d’un bloc seulement par un système politique à la fois libéral et autoritaire qui parvient, notamment, à susciter le consentement des masses paysannes du Sud, au sein d’un «bloc méridional».

Sa vie intellectuelle le mène alors d’abord vers le socialisme car pour Gramsci, c’est l’avènement d’une société socialiste qui peut permettre d’achever l’unité italienne, et accomplira un saut civilisationnel de l’ampleur de la Renaissance.

Ouvrir le front culturel

En 1917, contre les thèses de Marx, c’est en Russie, à Saint Pétersbourg, qu’éclate la Révolution. Enjeu intellectuel et enjeu politique, il va s’efforcer de comprendre pourquoi la Révolution a eu lieu en Russie et non en Allemagne, en France ou dans le Nord de l’Italie. Autour de la Révolution de 1917, s’ordonnent aussi une série de questionnements fondamentaux pour comprendre la pensée de Gramsci: hégémonie, crises, guerres de mouvements ou de positions, blocs historiques…

Il distingue deux types de sociétés. Pour faire simple, celles où il suffit, comme en Russie, de prendre le central téléphonique et le palais présidentiel pour prendre le pouvoir. La bataille pour «l’hégémonie» vient après, ce sont les sociétés «orientales» qui fonctionnent ainsi… Et celles, plus complexes, où le pouvoir est protégé par des tranchées et des casemates, qui représentent des institutions culturelles ou des lieux de productions intellectuelles, de sens, qui favorisent le consentement. Dans ce cas, avant d’atteindre le central téléphonique, il faut prendre ces lieux de pouvoir. C’est ce que l’on appelle le front culturel, c’est le cas des sociétés occidentales comme la société française, italienne ou allemande d’alors.

Au contraire de François Hollande et de François Lenglet, Antonio Gramsci ne croit pas à l’économicisme, c’est-à-dire à la réduction de l’histoire à l’économique. Il perçoit la force des représentations individuelles et collectives, la force de l’idéologie… Ce refus de l’économicisme mène à ouvrir le «front culturel», c’est-à-dire à développer une bataille qui porter sur la représentation du monde tel qu’on le souhaite, sur la vision du monde…

Le front culturel consiste à écrire des articles au sein d’un journal, voire à créer un journal, à produire des biens culturels (pièces de théâtre, chansons, films etc…) qui contribuent à convaincre les gens qu’il y a d’autres évidences que celles produites jusque-là par la société capitaliste.

L’hégémonie, c’est l’addition de la capacité à convaincre et à contraindre

La classe ouvrière doit produire, selon Gramsci, ses propres références. Ses intellectuels, doivent être des «intellectuels organiques», doivent faire de la classe ouvrière la «classe politique» chargée d’accomplir la vraie révolution: c’est-à-dire une réforme éthique et morale complète. L’hégémonie, c’est l’addition de la capacité à convaincre et à contraindre.

Convaincre c’est faire entrer des idées dans le sens commun, qui est l’ensemble des évidences que l’on ne questionne pas.

La crise (organique), c’est le moment où le système économique et les évidences qui peuplent l’univers mental de chacun «divorcent». Et l’on voit deux choses: le consentement à accepter les effets matériels du système économique s’affaiblit (on voit alors des grèves, des mouvements d’occupation des places comme Occupy Wall Street, Indignados, etc); et la coercition augmente: on assiste alots à la répression de grèves, aux arrestations de syndicalistes etc…

Au contraire, un «bloc historique» voit le jour lorsqu’un mode de production et un système idéologique s’imbriquent parfaitement, se recoupent: le bloc historique néolibéral des années 1980 à la fin des années 2000 par exemple. Car le néolibéralisme n’est pas qu’une affaire économique, il est aussi une affaire éthique et morale.

Le communisme

C’est en France, à Lyon, en janvier 1926, qu’Antonio Gramsci prend la tête du Parti communiste italien, issu d’une scission de l’aile gauche du Parti socialiste italien au congrès de Livourne, cinq ans plus tôt. Faisant le choix des communistes contre les socialistes «maintenus», il est donc chargé de forger le noyau dirigeant du parti qui deviendra après 1945 le plus puissant et le plus brillant d’Occident. Son portrait orne encore les permanences du parti centriste, très lointain héritier (!) du PCI.

En 1922, son ancien collègue à Avanti!, un journal socialiste, Benito Mussolini (1883-1945), socialiste renégat qui a fondé le mouvement fasciste, a pris le pouvoir. Il fait voter en 1926 des lois qui lui donnent de larges pouvoirs. Gramsci, pourtant député de Venise, est arrêté en novembre de cette même année.

En 1927, Mussolini le fait emprisonner pour vingt ans, «pour empêcher son cerveau de fonctionner», dixit le procureur fasciste de l’époque. Il ne tiendra que 10 ans, avant de mourir des conséquences d’une tuberculose osseuse mal soignée, dans les geôles, puis les cliniques du régime. Mais il aura auparavant réussi à écrire une œuvre politique majeure: les Cahiers de prison.

Car dans sa cellule, il obtient progressivement le droit de disposer de quatre livres en même temps, et de quoi écrire. Naît alors progressivement une somme dans laquelle il utilise des «codes» pour tromper la censure..

A travers ces écrits, il devient le grand penseur des crises, casquette qui lui donne tant de pertinence aujourd’hui, et surtout depuis 2007 et 2008 que la crise financière propage ses effets. Dans ces Cahiers, il apporte à l’œuvre de Marx l’une des révisions ou l’un des compléments les plus riches de l’histoire du marxisme. Pour beaucoup de socialistes, il faut attendre que les lois de Marx sur les contradictions du capitalisme se concrétisent pour que la Révolution advienne. La Révolution d’Octobre, selon Gramsci, invalide cette thèse. Elle se fait «contre le Capital», du nom du grand livre de Karl Marx.

Au-delà de la gauche

Antonio Gramsci fascine au-delà de la gauche… Ainsi en France, en Italie ou en Autriche, des courants d’extrême droite se sont réclamés d’une version tronquée et biaisée du gramscisme. Ce «gramscisme de droite» faisait l’impasse sur l’aspect «économique» du gramscisme et le caractère émancipateur pour n’en retenir que la méthode le «combat culturel».

A gauche, en France, il a souvent été caricaturé ou dédaigné. On parle souvent de «combat culturel contre le FN» alors que le changement éthique et moral concerne, si l’on suit Gramsci, tous les aspects de la vie sociale et englobe donc, logiquement, le combat contre l’extrême droite, qui ne peut pas être «détaché».

On retrouve Gramsci dans les combats du Tiers Monde, on le retrouve dans les travaux d’Edward Said ou de Joseph Massad, dans les Subaltern Studies en Inde notamment…

En France, le philosophe André Tosel se réclame de Gramsci, auteur cette année d’un Étudier Gramsci paru aux Editions Kimé, ouvrage majeur pour comprendre l’auteur des Cahiers de Prison. Les économiste et sociologue Cédric Durand et Razmig Keucheyan, appliquent les outils de Gramsci notamment à l’analyse et la critique du processus d’intégration européenne. Il font le lien avec les thèses de Nicos Poulantzas qui prolongea, comme Stuart Hall, ainsi qu’Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, les thèses et travaux de Gramsci. Appartenant au courant post-marxiste, Chantal Mouffe, qui intervient de plus en plus en France, est l’inspiratrice de PODEMOS, le nouveau parti de la gauche radicale espagnole. Deux de ses fondateurs et principaux animateurs –Pablos Iglesias et Inigo Errejon– se réclament de l’héritage de Gramsci.

Le penseur italien fait partie du patrimoine intellectuel de l’Europe. Il a forgé des outils qui sont utiles aujourd’hui pour analyser le monde, comprendre comment les gens le voient et participent à la vie sociale, comment individus et médias interagissent, comment les représentations et les identités se forment continuellement et magmatiquement. Il a donné naissance à des écoles de pensée foisonnantes et utiles pour qui veut agir sur le monde.


14 juillet/229e: De la Bastille au goulag (Looking back at Charles Krauthammer’s reflections on the revolution in France)

14 juillet, 2018

The Whore of Babylon (Hans Burgkmair the Elder, 1523)The Fireside angel (Max Ernst, 1937)

Liberty leading the people (Yue Minjun, 1996)
Puis je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. La bête que je vis était semblable à un léopard; ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de lion. Le dragon lui donna sa puissance, et son trône, et une grande autorité. Et je vis l’une de ses têtes comme blessée à mort; mais sa blessure mortelle fut guérie. Et toute la terre était dans l’admiration derrière la bête. Et ils adorèrent le dragon, parce qu’il avait donné l’autorité à la bête; ils adorèrent la bête, en disant: Qui est semblable à la bête, et qui peut combattre contre elle? Et il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes et des blasphèmes; et il lui fut donné le pouvoir d’agir pendant quarante-deux mois. Et elle ouvrit sa bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu, pour blasphémer son nom, et son tabernacle, et ceux qui habitent dans le ciel. Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. Et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation. Et tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l’agneau qui a été immolé. Si quelqu’un a des oreilles, qu’il entende! Apocalypse 13: 1-7
Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. Cette femme était vêtue de pourpre et d’écarlate, et parée d’or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d’or, remplie d’abominations et des impuretés de sa prostitution. Sur son front était écrit un nom, un mystère: Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. Et je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. Apocalypse 17: 2-6
Une nation ne se régénère que dans un bain de sang. Saint Just
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Qu’un sang impur abreuve nos sillons … La Marseillaise
La guillotine n’était qu’un épouvantail qui brisait la résistance active. Cela ne nous suffit pas. (…) Nous ne devons pas seulement « épouvanter » les capitalistes, c’est-à-dire leur faire sentir la toute-puissance de l’Etat prolétarien et leur faire oublier l’idée d’une résistance active contre lui. Nous devons briser aussi leur résistance passive, incontestablement plus dangereuse et plus nuisible encore. Nous ne devons pas seulement briser toute résistance, quelle qu’elle soit. Nous devons encore obliger les gens à travailler dans le cadre de la nouvelle organisation de l’Etat. Lénine
La reine appartient à plusieurs catégories victimaires préférentielles; elle n’est pas seulement reine mais étrangère. Son origine autrichienne revient sans cesse dans les accusations populaires. Le tribunal qui la condamne est très fortement influencé par la foule parisienne. Notre premier stéréotype est également présent: on retrouve dans la révolution tous les traits caractéristiques des grandes crises qui favorisent les persécutions collectives. (…) Je ne prétends pas que cette façon de penser doive se substituer partout à nos idées sur la Révolution française. Elle n’en éclaire pas moins d’un jour intéressant une accusation souvent passée sous silence mais qui figure explicitement au procès de la reine, celui d’avoir commis un inceste avec son fils. René Girard
Le communisme, c’est le nazisme, le mensonge en plus. Jean-François Revel
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux. Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
En dépit du fait que tous les historiens sérieux, fussent-ils ardemment républicains, conviennent que la Révolution française pose un problème, l’imagerie officielle, celle des manuels scolaires du primaire et du secondaire, celle de la télévision, montre les événements de 1789 et des années suivantes comme le moment fondateur de notre société, en gommant tout ce qu’on veut cacher : la Terreur, la persécution religieuse, la dictature d’une minorité, le vandalisme artistique, etc. Aujourd’hui, on loue 1789 en reniant 1793. On veut bien de la Déclaration des Droits de l’homme, mais pas de la Loi des suspects. Mais comment démêler 1789 de 1793, quand on sait que le phénomène terroriste commence dès 1789 ? (…) L’idée de base du Livre noir de la Révolution est de montrer cette face de la réalité qui n’est jamais montrée, et rappeler qu’il y a toujours eu une opposition à la Révolution française, mais sans trahir l’Histoire. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’aime ou non, la Révolution, c’est un pan de l’Histoire de la France et des Français. On ne l’effacera pas: au moins faut-il la comprendre. Jean Sévillia
The painting which I did after the defeat of the Republicans was L’ange du foyer (Fireside angel). This is, of course, an ironic title for a clumsy figure devastating everything that gets in its way. At the time, this was my impression of what was happening in the world, and I think I was right. Max Ernst (1948)
The war began in July 1936, when General Francisco- Franco led a revolt against the Spanish Republic. The Spanish Left had won a parliamentary majority but was unable to restrain those among them who were deter-mined that their turn in power should be used to destroy the Right. Franco’s revolt became a civil war, and Franco received the support of Mussolini’s Italy and Hitler’s Germany, which went so far as to send troops — using the Spanish war to try out new weapons and tactics. The Republicans were supported by volunteers from all over the world, as well as by Stalin’s Soviet Union. Horrifying and sadistic atrocities were committed by both sides After Franco’s victory the German painter Max Ernst created his spectral L’ange du foyer (Fireside angel), an apocalyptic monster bursting with destructive energy, a King-Kong-like Angel of Death spreading fear and terror. All art
The people now armed themselves with such weapons as they could find in armourer shops & privated houses, and with bludgeons, & were roaming all night through all parts of the city without any decided & practicable object. The next day the states press on the King to send away the troops, to permit the Bourgeois of Paris to arm for the preservation of order in the city, & offer to send a deputation from their body to tranquilize them. He refuses all their propositions. A committee of magistrates & electors of the city are appointed, by their bodies, to take upon them its government. The mob, now openly joined by the French guards, force the prisons of St. Lazare, release all the prisoners, & take a great store of corn, which they carry to the corn market. Here they get some arms, & the French guards begin to to form & train them. The City committee determine to raise 48,000 Bourgeois, or rather to restrain their numbers to 48,000, On the 16th they send one of their numbers (Monsieur de Corny whom we knew in America) to the Hotel des Invalides to ask arms for their Garde Bourgeoise. He was followed by, or he found there, a great mob. The Governor of the Invalids came out & represented the impossibility of his delivering arms without the orders of those from whom he received them. De Corny advised the people then to retire, retired himself, & the people took possession of the arms. It was remarkable that not only the invalids themselves made no opposition, but that a body of 5000 foreign troops, encamped with 400 yards, never stirred. Monsieur De Corny and five others were then sent to ask arms of Monsieur de Launai, Governor of the Bastille. They found a great collection of people already before the place, & they immediately planted a flag of truce, which was answered by a like flag hoisted on the parapet. The depositition prevailed on the people to fall back a little, advanced themselves to make their demand of the Governor. & in that instant a discharge from the Bastille killed 4 people of those nearest to the deputies. The deputies retired, the people rushed against the place, and almost in an instant were in possession of a fortification, defended by 100 men, of infinite strength, which in other times had stood several regular sieges & had never been taken. How they got in, has as yet been impossible to discover. Those, who pretend to have been of the party tell so many different stories as to destroy the credit of them all. They took all the arms, discharged the prisoners & such of the garrison as were not killed in the first moment of fury, carried the Governor and Lieutenant Governor to the Greve (the place of public execution) cut off their heads, & sent them through the city in triumph to the Palais royal… I have the honor to be with great esteem & respect, Sir, your most obedient and most humble servant. Thomas Jefferson (lettre à John Jay, 19 juillet 1789)
Les journées les plus décisives de la Révolution française sont contenues, sont impliquées dans ce premier fait qui les enveloppe : le 14 juillet 1789. Et voilà pourquoi aussi c’est la vraie date révolutionnaire, celle qui fait tressaillir la France ! On comprend que ce jour-là notre Nouveau Testament nous a été donné et que tout doit en découler. Léon Gambetta (14 juillet 1872)
Les légitimistes s’évertuent alors à démonter le mythe du 14 Juillet, à le réduire à l’expression violente d’une foule (pas du peuple) assoiffée de sang (les meurtres des derniers défenseurs de la Bastille malgré la promesse de protection) allant jusqu’au sacrilège du cadavre (des têtes dont celle du gouverneur Launay parcourant Paris plantée au bout d’une pique) (…) la Bastille n’était pas un bagne, occupée qu’elle était par quelques prisonniers sans envergure, elle n’était pas la forteresse du pouvoir royal absolu tourné contre le peuple à travers l’instrumentalisation des canons, elle n’était pas la forteresse à partir de laquelle la reconquête de la ville pouvait être envisagée puisqu’elle n’était défendue que par quelques soldats qui du reste se sont rendus en fin d’après-midi. Le mythe de la prise de la Bastille tombe de lui-même pour les monarchistes et même plus il est une création politique construisant artificiellement le mythe du peuple s’émancipant, plus encore il apparaît comme annonciateur de la Terreur, justifiant les surnoms de « saturnales républicaines », de « fête de l’assassinat »… Pierrick Hervé
Dans les grandes démocraties du monde, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Etats-unis, le Canada, les fêtes nationales se fêtent sans défilé militaire. Ce sont les dictatures qui font les défilés militaires. C’est l’URSS, c’est la Chine, c’est l’Iran; ce sont des pays non démocratiques. Et la France est l’une des seules démocraties à organiser sa fête nationale autour d’un défilé militaire: ça n’a aucune justification même historique. Sylvain Garel (élu vert de Paris, 02.07.10)
Le défilé du 14 Juillet tel que nous le connaissons aujourd’hui n’a été instauré qu’en 1880, grâce à un vote de l’Assemblée nationale faisant du 14 juillet le jour de la Fête nationale française. La jeune IIIe République cherche à créer un imaginaire républicain commun pour souder le régime, après des décennies d’instabilité (Directoire, Consulat, premier et second Empire, IIe République …). C’est dans la même période que la Marseillaise sera adoptée comme hymne national. La date a pourtant fait polémique au sein de l’hémicycle. Pouvait-on adopter comme acte fondateur de la Nation la sanglante prise de la Bastille? Les conservateurs s’y opposent. Le rapporteur de la loi, Benjamin Raspail, propose alors une autre date : le 14 juillet 1790, jour de la Fête de la Fédération. Le premier anniversaire de la prise de la Bastille avait été célébré à Paris par le défilé sur le Champ-de-Mars de milliers de «fédérés», députés et délégués venus de toute la France. Louis XVI avait prêté serment à la Nation, et avait juré de protéger la Constitution. (…) Convaincue, l’Assemblée nationale a donc adopté le 14 Juillet comme Fête nationale, mais sans préciser si elle se réfèrait à 1789 ou 1790. (…) La IIIe République est née en 1870 après la défaite de l’Empereur Napoléon III à Sedan contre la Prusse. La France y a perdu l’Alsace et la Lorraine, ce qui sera vécu comme un traumatisme national. Dix ans après la défaite, le régime veut montrer que le pays s’est redressé. Jules Ferry, Léon Gambetta et Léon Say remettent aux militaires défilant à Longchamp de nouveaux drapeaux et étendards, remplaçant ceux de 1870. L’armée est valorisée comme protectrice de la Nation et de la République. Hautement symbolique, ce premier défilé du 14 Juillet permet également de montrer à l’opinion nationale et internationale le redressement militaire de la France, qui compte bien reconquérir les territoires perdus. Le caractère militaire du 14 Juillet est définitivement acquis lors du «Défilé de la victoire» de 1919 sur les Champs-Elysées. Le Figaro (16.07.11)
The line from from the Bastille to the gulag is not straight, but the connection is unmistakable. Modern totalitarianism has its roots in 1789. Indeed, the French Revolution was such a model for future revolutions that it redefined the word. That is why 1776 has long been treated as a kind of pseudo-revolution, as Irving Kristol pointed out in a prescient essay written during America’s confused and embarrassed bicentennial celebration of 1776. The American Revolution was utterly lacking in the messianic, bloody-minded idealism of the French. It rearranged the constitutional furniture. Its revolutionary leaders died in their own beds. What kind of a revolution was that?” The French Revolution failed …. because it tried to create the impossible: a regime both of liberty and of “patriotic” state power. The history of the revolution is proof that these goals are incompatible. The American Revolution succeeded because it chose one, liberty. The Russian Revolution became deranged when it chose the other, state power. The French Revolution, to its credit and sorrow, wanted both. (T)heir revolution, with its glamour and influence, did not only popularize, it deified revolution. There are large parts of the world where even today the worst brutality and arbitrariness are justified by the mere invocation of the word revolution – without reference to any other human value. For the Chinese authorities to shoot a dissident in the back of the head, they have only to show that he is a “counterrevolutionary.” The fate then, of all messianic revolution – revolution, that is, on the French model – is that in the end it can justify itself and its crimes only by reference to itself. In Saint-Just’s famous formulation: “The Republic consists in the extermination of everything that opposes it.” This brutal circularity of logic is properly called not revolution but nihilism. Charles Krauthammer (1989)
Attention: une fête peut en cacher une autre !
En ces temps désormais dits post-modernes et post-historiques …
Où sous le poids du progressisme le plus échevelé et d’une réalité migratoire proprement apocalyptique …
Les idées de nation et de patriotisme sont passés de gros mots à fictions objectives …
Et en ce jour où entre défilé militaire soviétique et débauche de drapeaux nationaux en d’autres temps proscrits …
Nous Français ne savons plus très bien ce que nous sommes censés fêter …
Comment ne pas repenser …
A ces fortes paroles du chroniqueur américain qui vient tout juste de disparaitre Charles Krauthammer
Rappelant lors du bicentenaire de la Révolution française …
La longue filiation pressentie dès 1937 par le peintre allemand Marx Ernst
Mais déjà prophétisée 2 000 ans plus tôt par l’Apocalypse …
Et hélas bien confirmée par l’histoire depuis …
Entre la Bastille et le goulag ?

A FAILED REVOLUTION
Charles Krauthammer
The Washington Post
July 14, 1989

Two hundred years ago today a mob stormed the Bastille and freed its seven prisoners: four forgers, two lunatics and an aristocrat imprisoned at his family’s request for « libertinism. » It might have been eight had not the Marquis de Sade — whose cell contained a desk, a wardrobe, a dressing table, tapestries, mattresses, velvet cushions, a collection of hats, three kinds of fragrances, night lamps and 133 books — left a week earlier.

When the battle was lost, the governor of the Bastille, a minor functionary named Bernard-Rene’ de Launay, could have detonated a mountain of gunpowder, destroying himself, the mob, and much of the surrounding faubourg Saint-Antoine. He chose instead to surrender. His reward was to be paraded through the street and cut down with knives and pistol shots. A pastry cook named Desnot, declining a sword, sawed off his head with a pocket knife. For the French Revolution, it was downhill from there on.

Now, after 200 years, the French themselves seem finally to be coming to terms with that reality. There is a tentativeness to this week’s bicentennial celebration that suggests that French enthusiasm for the revolution has tempered. This circumspection stems from two decades of revisionist scholarship that stresses the reformist impulses of the ancien regime and the murderous impulses of the revolutionary regime that followed.

Simon Schama’s « Citizens » is but the culmination of this trend. But the receptivity to such revisionism stems from something deeper: the death of doctrinaire socialism, which in France had long claimed direct descent from the revolution. Disillusion at the savage failure of the revolutions in our time — Russian, Chinese, Cuban, Vietnamese — has allowed reconsideration of the event that was father to them all. One might say that romance with revolution died with Solzhenitsyn.

The line from the Bastille to the gulag is not straight, but the connection is unmistakable. Modern totalitarianism has its roots in 1789. « The spirit of the French Revolution has always been present in the social life of our country, » said Gorbachev during his visit to France last week. Few attempts at ingratiation have been more true or more damning.

Indeed, the French Revolution was such a model for future revolutions that it redefined the word. That is why 1776 has long been treated as a kind of pseudo-revolution, as Irving Kristol pointed out in a prescient essay written during America’s confused and embarrassed bicentennial celebration of 1976. The American Revolution was utterly lacking in the messianic, bloody-minded idealism of the French. It rearranged the constitutional furniture. Its revolutionary leaders died in their own beds. What kind of revolution was that? Thirteen years later, Kristol’s answer has become conventional wisdom: a successful revolution, perhaps the only successful revolution of our time.

The French Revolution failed, argues Schama, because it tried to create the impossible: a regime both of liberty and of « patriotic » state power. The history of the revolution is proof that these goals are incompatible. The American Revolution succeeded because it chose one, liberty. The Russian Revolution became deranged when it chose the other, state power. The French Revolution, to its credit and sorrow, wanted both.

Its great virtue was to have loosed the idea of liberty upon Europe. Its great vice was to have created the model, the monster, of the mobilized militarized state — revolutionary France invented universal conscription, that scourge of the 20th century only now beginning to wither away.

The French cannot be blamed for everything, alas, but their revolution, with its glamour and influence, did not only popularize, it deified revolution. There are large parts of the world where even today the worst brutality and arbitrariness are justified by the mere invocation of the word revolution — without reference to any other human value. For the Chinese authorities to shoot a dissident in the back of the head, they have only to show that he is a « counterrevolutionary. » In Cuba, Gen. Arnaldo Ochoa Sanchez, erstwhile hero of the revolution, is condemned to death in a show trial and upon receiving his sentence confesses his sins and declares that at his execution his « last thought would be of Fidel and of the great revolution. »

The fate, then, of all messianic revolution — revolution, that is, on the French model — is that in the end it can justify itself and its crimes only by reference to itself. In Saint-Just’s famous formulation: « The Republic consists in the extermination of everything that opposes it. » This brutal circularity of logic is properly called not revolution but nihilism.

Voir par ailleurs:

The French Revolution

Quartz

July 14, 2018

Bloody beginnings and a long legacy


July 14 marks the 229th anniversary of the Storming of the Bastille and the symbolic start of the French Revolution. The bloody revolt toppled the 200-year-old Bourbon dynasty, and ushered in a radical new government, reshaping European history forever.

The French Revolution brought the world the terror of the guillotine and the ravages of the Napoleonic Wars. But in its radical reimagining of society, it swept away the conventions and structures that had governed France since the end of the Roman era, and introduced systems based on the enlightenment principles of reason and science.

Some of those ideas persist to this day—like the metric system, which emerged from the National Assembly’s desire to standardize weights and measures. Other, equally ambitious ideas, like the Republican calendar—with 10 months and 10-day weeks—somehow failed to catch on. More enduring were the radical concepts of the innate rights of men and women that run throughout western systems of law, philosophy, and political theory.

So on this Bastille Day, pop open the champagne, spread the brie thick, and run a kilometer or deux to celebrate two centuries of liberté, égalité, and fraternité.

By the digits

693: Deputies, out of the 745 in the National Assembly, who voted to convict King Louis XVI of treason on January 15, 1793. None voted to acquit. He was beheaded six days later.

16,594: Death sentences given to counter-revolutionaries during the Reign of Terror of 1793-94.

300,000: Estimated total number of French aristocrats, or 1% of the population, in 1789.

800: Estimated different standards for weights and measures in France before the introduction of the metric system.

100: Seconds in the metric minute, used for 17 months during the French Revolution.

7: Countries that don’t use the metric system as the official system of weights and measures. (Myanmar, Liberia, Palau, Micronesia, Samoa, the Marshall Islands, and the United States.)

fun fact!

Interstate 19 in Arizona is the only stretch of federal highway in the US to use kilometers exclusively. The signs, initially part of a pilot program by the Carter Administration to introduce the metric system, have been kept in place in part because the local tourism industry wants them to greet visitors from Mexico.

Brief history

The metric system


1215: The Magna Carta declares that there should be national standards for the measurement of wine, beer, and cloth.

1678: Anglican clergyman and philosopher John Wilkins publishes An Essay towards a Real Character, and a Philosophical Language, which proposes a universal language and system of measurement, based on units of 10.

1790: The National Assembly of France drafts a committee to establish a new standard for weights and measures that would be valid “for all people, for all time,” in the words of mathematician (and revolutionary) Marquis de Condorcet.

1799: The distance of the meter—named after metron, the Greek word for measure—is fixed at 1/10,000,000 of the length between the North Pole and the Equator, arrived at after two French surveyors spent six years measuring the distance between Dunkirk and Barcelona, which was used to calculate the longer distance. A platinum bar officially one meter long is cast.

1840: The metric system becomes compulsory in France.

1875: Seventeen nations (including the US) sign the Treaty of the Meter, creating international bodies to standardize weights and measurements worldwide, according to the metric system.

1975: US president Gerald Ford signs the Metric Conversion Act, declaring the metric system the preferred (but voluntary) system and establishing the US Metric Board, to speed America’s conversion.

1982: US president Ronald Reagan dismantles the Metric Board.

1999: Mars Climate Orbiter, a $328 million satellite, disintegrates over Mars because software produced by Lockheed Martin, the contractor, generated numbers in the English system instead of the metric system, as specified by its agreement with NASA.

The rights of women


When the revolutionaries of France wrote about égalité, few, if any, extended that right to women. One observer across the English Channel, however, saw that the principles of the revolution applied to women as well as men.

Mary Wollstonecraft—a British author who established herself when few women earned a living by writing—wrote A Vindication of the Rights of Women in 1791 in response to Edmund Burke’s Reflections on the French Revolution. While Burke argued the revolution would fail because society was inherently traditional and hierarchical, Wollstonecraft made the case not only for the rights of men, but for women as well—a radical position at the end of the 18th century.

In his book Emile, or On Education, Enlightenment philosopher Jean-Jacques Rousseau wrote that women should be educated only to the extent they could serve men. But Wollstonecraft argued that women “ought to cherish a nobler ambition, and by their abilities and virtues exact respect.” Women, she wrote, deserved the same opportunities as men, and should be able to earn a living and support themselves with dignity.

Wollstonecraft, the mother of Frankenstein author Mary Shelley, had a messy personal life, which was used to discredit her ideas in the 19th century. But her ideas inspired writers from Jane Austen to Virginia Woolf, and suffragists like Elizabeth Cady Stanton. By the 20th century, Wollstonecraft was rightly regarded as a pioneering feminist.

Giphy
Pop quiz

Which is not another name for the guillotine?

Scottish MaidenHalifax GibbetNational RazorUrsula’s Cleaver

If your inbox doesn’t support this quiz, find the solution at bottom of email.
save the date!

How to make time


The Republican Calendar was one of the more radical innovations of the revolution. Born out of a desire to wipe the slate of clean of aristocratic and religious references and start history afresh, the new calendar began on the autumn solstice of September 22, 1792, or 1 Vendemiaire I, the day the new Republic was proclaimed.

Instead of the seven-day week of the Bible, the Republican Calendar was based on the 10-day week, with the tenth day, decadi, devoted to rest and play. There were 10 months, each three weeks long, with five special days (or six, in a leap year) devoted to celebrations used to round out the year to 365 days. Those days bore names such as the Fête de la Vertu (Celebration of Virtues) and Fête de l’Opinion (Celebration of Convictions).

The calendar was designed by a committee that included mathematicians, astronomers, and poets, who based the naming of days and months after the agricultural cycle, and borrowed heavily from Latin. The winter months, for example, became Nivôse (snowy), Pluviôse (rainy), and Ventôse (windy). Each day also got a name—360 in all—replacing the Catholic convention of each day bearing the name of a saint. The fifth, 15th, and 25th days of each month were named after farm animals (bull, ram, duck), the 10th and 20th were named after farm implements (rakes, spades), while the rest were named after trees, fruits, vegetables and herbs. According to one modern calculation, today is 25 Messidor CCXXVI, named for the Guinea hen. (There’s a Twitter account that will help you keep up.)

As you might expect, there were problems. Starting each year on the autumnal equinox proved tricky, since the timing of astronomical events can vary and leap days had to be inserted to even things up, confusing everyone. Farm workers, the ostensible heroes the calendar celebrated, hated having a day off every 10 days instead of every seven. So 12 years after its introduction, it was abolished by Napoleon in 1806.

Giphy
Quotable

“Long usage of the Gregorian calendar has filled the people’s memory with a considerable number of images that they have long revered, and which today remain the source of their religious errors. It is therefore necessary to replace these visions of ignorance with the realities of reason, and this sacerdotal prestige with nature’s truth.”

— Committee to draft a new calendar

Watch this!

The French Revolution’s decimal time wasn’t the last attempt to rationalize timekeeping. A more recent effort was Swatch Internet Time in 1998. Part of a (not very successful) marketing campaign for a new line of watches, the system divided the 24-hour day into 1,000 “.beats” (yes, with a period—trés moderne).

The time, which was displayed on Swatches alongside boring old Gregorian time, was given as @416, which would be read as 416 beats after midnight, or 4am. Since it was the same all over the world, it was touted as being a new way of telling time that negated the need for translating pesky time zones.


Edwy Plenel: C’est la logique du bouc émissaire, imbécile ! (It’s scapegoating, stupid !)

16 avril, 2018
Chaillot
 
macron eveques islam laicite
N’allez pas croire que je suis venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais la guerre. Je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et à la bru à sa belle-mère : on aura pour ennemi les gens de sa famille. Jésus (Matthieu 10, 34-36)
Alors le roi dira (…) j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli; j’étais nu, et vous m’avez vêtu; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire? Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli; ou nu, et t’avons-nous vêtu? Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi?Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Matthieu 25: 34-40)
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
A cause de l’influence judaïque et chrétienne, le phénomène ne se produit plus à notre époque que de façon honteuse, furtive, clandestine. (…) Entre les phénomènes d’expulsion atténuée que nous observons tous les jours dans notre monde et le rite antique du bouc émissaire aussi bien que mille autres rites du même genre, les analogies sont trop parfaites pour  ne pas être réelles. Lorsque nous soupçonnons nos voisins de céder à la tentation du bouc émissaire, nous les dénonçons avec indignation. Nous stigmatisons férocement les phénomènes de bouc émissaire dont nos voisins se rendent coupable, sans  parvenir à  nous passer nous-mêmes de victimes de rechange. Nous essayons tous de croire que nous n’avons que des rancunes légitimes et des haines justifiées mais nos certitudes en ce domaine sont plus fragiles que celles de nos ancêtres. Nous pourrions utiliser avec délicatesse la perspicacité dont nous faisons preuve à l’égard de nos voisins, sans trop humilier ceux que nous prenons en flagrant délit de chasse au bouc émissaire mais, le plus souvent, nous faisons de notre savoir une arme, un moyen non seulement de perpétuer les vieux conflits mais de les élever au niveau supérieur de subtilité exigé par l’existence même de ce savoir, et par sa diffusion dans toute la société. Nous intégrons à nos système de défense, en somme, la problématique judéo-chrétienne. Au lieu de nous critiquer nous-mêmes, nous faisons un mauvais usage de notre savoir, nous le retournons contre autrui et nous pratiquons une chasse du bouc émissaire au second degré, une chasse aux chasseurs de bouc émissaire. La compassion obligatoire dans notre société autorise de nouvelles formes de cruauté. (…) La perspicacité au sujet des boucs émissaires est une vraie supériorité de notre société sur toutes les sociétés antérieures, mais, comme tous les progrès du savoir, c’est aussi une occasion de mal aggravé. Moi qui dénonce les boucs émissaires de mes voisins avec une satisfaction mauvaise, je continue à tenir les miens pour objectivement coupables. Mes voisins, bien entendu, ne se font pas faute de dénoncer chez moi la perspicacité sélective que je dénonce chez eux. Les phénomènes de bouc émissaire ne peuvent survivre dans bien des cas qu’en se faisant plus subtils, en égarant dans des méandres toujours plus complexes la réflexion morale qui les suit comme leur ombre. Nous ne pourrions plus recourir à un malheureux bouc pour nous débarrasser de nos ressentiments, nous avons besoin de procédures moins comiquement évidentes. C’est la privation des mécanismes victimaires et à ses conséquences terribles que Jésus fait allusion, je pense, quand il présente l’avenir du monde christianisé en termes de conflits entre les êtres les plus proches. Dans un univers privé de protections sacrificielles, les rivalités mimétiques se font souvent moins violentes mais s’insinuent jusque dans les rapports les plus intimes. (…) Loin de diminuer à mesure que le christianisme s’éloigne, son intensité augmente. (…) Nous avons désormais nos rites victimaires, antisacrificiels, et ils se déroulent dans un ordre aussi immuable que les rites proprement religieux. On se lamente d’abord sur les victimes qu’on s’accuse mutuellement de faire ou de laisser faire. On se lamente ensuite sur l’hypocrisie  de toute lamentation; on se lamente enfin sur le christianisme, indispensable bouc émissaire car il n’est pas de rit sans victime et, de nos jours, la victime, c’est toujours lui: il est the scapegoast of last resort (…) Le souci des victimes est devenu un enjeu paradoxal des rivalités mimétiques, des surenchères concurrentielles. Il y a les victimes en général mais les plus intéressantes sont toujours celles qui nous permettent de condamner nos voisins. (…) Dans notre univers, en somme, tout le monde se jette des victimes à la tête. (…) La surenchère permanente transforme le souci des victimes en une injonction totalitaire, une inquisition permanente. (…)  L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le triomphe du souci des victimes, ce n’est pourtant pas le christianisme qui en profite dans notre monde, c’est ce qu’il faut appeler l’autre totalitarisme, le plus malin des deux, le plus riche d’avenir, de toute évidence, ausi bien que de présent, celui qui, au lieu de s’opposer ouvertement aux aspirations judéo-chrétiennes, les revendique, comme sa chose à lui, et conteste l’authenticité du souci des victimes chez les chrétiens (non sans sans une certaine apparence de raison au niveau de l’action concrète, de l’incarnation historique du christianisme réel au cours de l’histoire). Au lieu de s’opposer franchement au christianisme, l’autre christianisme le déborde sur sa gauche. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Dans le langage symbolique du Nouveau Testament, on peut dire que que, pour essayer de se rétablir et de triompher à nouveau, Satan dans notre monde emprunte le langage des victimes. Satan  imite de mieux en mieux le Christ et prétend le dépasser. (…) C’est le processus que le Nouveau Testament évoque dans le langage de l’Antéchrist. (…) L’Antéchrist se flatte d’apporter  aux hommes la paix et la tolérance que le christianisme leur promet mais ne leur apporte pas. En réalité, ce que le radicalisation de la victimologie contemporaine apporte, c’est un retour très effectif à toutes sortes d’habitudes païennes, l’avortement, l’euthanasie, l’indifférenciation sexuelle, les jeux de cirque à gogo, mais sans victimes réelles, grâce aux simulations electroniques, etc. Le néo-paganisme veut faire du Décalogue et de toute la morale judéo-chrétienne une violence intolérable  et leur abolition complète  est le premier de ses objectifs. L’observance fidèle de la loi morale est perçue comme une complicité avec les forces de persécution qui seraient essentiellement religieuses. Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. Ce néo-paganisme situe le bonheur dans l’assouvissement des désirs et, par conséquent, dans la suppression de tous les interdits. L’idée acquiert un semblant de vraisemblance dans le domaine limité des biens de consommation dont la multiplication prodigieuse, grâce au progrès technique, atténue certaines rivalités mimétiques, conférant une apparence de plausibilité à la thèse qui fait de toute loi morale un pur instrument de répression et de persécution. René Girard (Je vois Satan tomber comme l’éclair, pp. 241-279, 1999)
Depuis deux ans, selon notre sondage, la croyance en Dieu a progressé chez les jeunes Français âgés de 18 à 30 ans. Les croyants sont même devenus légèrement majoritaires, à 52 %, alors qu’ils n’étaient que 46 % en 2016. Et moins d’un jeune sur cinq (19 %) considère l’existence de Dieu comme totalement exclue (contre 23 % en 2016). Cette évolution s’accompagne d’une hausse importante du nombre de jeunes qui jugent importante la dimension spirituelle dans leur vie personnelle (39 %, + 9 % depuis juillet 2016). L’intérêt pour la foi de cette génération contraste aussi avec l’étude européenne réalisée par l’Institut catholique de Paris et l’université londonienne St Mary’s qui faisait apparaître une jeunesse éloignée des appartenances religieuses mais ne posait pas la question du rapport à Dieu. (…) Le sentiment d’appartenance à une religion est lui aussi en hausse : 57 % des Français de 18 à 30 ans déclarent avoir une religion. Ils étaient 53 % en 2016, et seulement 34 % il y a dix ans. Mais, en ce début de XXIe siècle, croire en Dieu ne signifie pas forcément se reconnaître dans une religion… Ainsi, près du quart des sondés se déclarant « sans religion » tiennent l’existence de Dieu pour « certaine ou probable ». (…) La deuxième vague de ce sondage montre également des jeunes très à l’aise avec le pluralisme religieux. En effet 63 % des personnes interrogées jugent « facile » d’échanger avec des personnes d’autres religions, et 56 % d’assumer son statut de croyant dans la société française (ils ne sont toutefois que 9 % à trouver cela « très facile »). Ces résultats en hausse par rapport au sondage de juillet 2016 montrent que, contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, les diverses controverses sur la laïcité qui ont émaillé l’actualité – crèches de Noël dans les mairies, menus sans porc dans les cantines, débat sur le « burkini » ou sur la statue de Jean-Paul II à Ploërmel – n’atteignent pas du tout les jeunes. (…) Le ressenti des jeunes concernant la facilité d’assumer sa croyance en France est toutefois à nuancer selon les religions. En effet, la majorité (57 %) des croyants non chrétiens – c’est-à-dire, pour l’essentiel, des musulmans – trouve difficile d’être croyant en France. Une différence significative apparaît aussi entre hommes et femmes, ces dernières n’étant que 48 % à assumer facilement leur croyance, contre 63 % des hommes. Quant au dialogue avec des personnes d’autres convictions religieuses que les siennes, il faut également noter qu’il apparaît plus difficile aux non-croyants (43 %) qu’aux croyants (29 %). La France, qui fut parmi les premiers pays en matière de sécularisation, connaît-elle désormais avant les autres un retour du religieux ? La Croix
Cette génération est plus pragmatique et moins idéologue que les précédentes. Pour eux, la prière et les rassemblements ont aussi une dimension esthétique. Des non-croyants vont aimer aller à la messe pour vivre une expérience culturelle un peu étrange, le silence par exemple. (…) Ils ne comprennent pas comment on peut avoir ce genre de débats aujourd’hui. Pour eux, ces polémiques sur la laïcité sont d’un autre âge. Ils n’associent pas l’Église au prosélytisme. (…) « Même s’il y a moins de préjugés qu’avant, le fait de n’avoir aucun contact avec les religions peut entretenir une peur, confirme Mgr Bordeyne. Ma génération a grandi avec des professeurs très laïques pour lesquels les religions étaient clivantes. Cette enquête, au contraire, montre que la religion ouvre davantage aux autres que l’absence de foi. C’est cela aussi qui fait que les jeunes s’y intéressent : ils voient bien que l’absence de religion ne favorise pas spécialement le dialogue. Mgr Philippe Bordeyne (Institut catholique de Paris)
Le Nord-Pas-de-Calais, certaines banlieues parisiennes, et les quartiers Nord de Marseille sont les lieux où nous avons mesuré la plus grande radicalité. Dans certains établissements, la proportion «d’absolutistes» monte à plus de 40 %. On note aussi un effet «ségrégation» : quand le taux d’élèves musulmans est très important dans un lycée, ceux-ci sont plus radicaux qu’ailleurs. Mais partout, les élèves musulmans sont plus radicaux religieusement que les autres. (…) L’«effet islam» explique bien mieux la radicalité que des facteurs socio-économiques. C’est un résultat important. Le niveau social de la famille, l’optimisme ou le pessimisme du lycéen face à l’emploi ou à ses résultats scolaires n’ont aucun effet sur le degré d’adhésion à des idées religieuses radicales. (…) le sentiment de discrimination (…) a tendance à augmenter, chez les jeunes musulmans, le niveau de radicalité religieuse et la tolérance à la violence religieuse. Nous avons aussi tenté d’explorer la piste de ce que certains chercheurs nomment «le malaise identitaire» : un groupe minoritaire peut se sentir l’objet de l’hostilité du groupe majoritaire, sans pour autant subir de discrimination. Nous avons ainsi demandé aux jeunes s’ils se sentaient français, s’ils étaient solidaires avec le peuple palestinien, quel était leur regard sur les tensions interreligieuses… Ces variables jouent, preuve qu’il y a donc bien un effet identitaire. Mais celui-ci n’efface pas la question religieuse. In fine, l’effet islam reste très marqué. Il faudrait maintenant mener des recherches complémentaires auprès des jeunes musulmans pour explorer de manière plus approfondie la façon dont ils investissent la religion.(…) Un effet religion existe bien puisque 8 % des chrétiens répondent qu’il est acceptable de combattre les armes à la main pour sa religion, ce n’est pas négligeable. On monte à 20 % des musulmans. Mais le facteur qui détermine le plus fortement le soutien à la violence religieuse est la tolérance à la violence et aux déviances en général : voler un scooter, tricher lors d’un examen, participer à une action violente pour défendre ses idées, affronter la police… C’est un résultat important, qui conduit à constater un indéniable «effet ZUS» [zone urbaine sensible, ndlr]. Dans certaines zones du territoire, on devine qu’une socialisation à la déviance et à la violence explique sans doute la perméabilité à la violence religieuse. On y observe une «culture déviante». (…) en France, les manifestations de radicalité religieuse concernent essentiellement le monde musulman, les autres sont très circonscrites.(…) je pense qu’une partie de la sociologie est aveugle, sous prétexte de ne pas stigmatiser. La discrimination existe, c’est prouvé scientifiquement. Mais il ne faut pas non plus envisager ces jeunes-là uniquement d’un point de vue victimaire. Sinon, on ne peut pas les considérer comme les acteurs sociaux qu’ils sont. Cette sociologie-là est trop idéologique, elle s’est appuyée trop exclusivement sur l’analyse des discriminations. La neutralité axiologique est importante, elle est trop souvent oubliée aujourd’hui. Olivier Galland
The general feeling shared by Jews, as individuals and as a community, is that anti-Semitism has entered a new phase, and is widespread in most parts of the world. In many parts of Europe, Jewish communities and institutions can only operate under strict security measures. Fences, surveillance and police and military protection have become part of our daily lives. In parallel, as our institutions become bunkers, helpless individuals become more vulnerable to isolated attacks. What evil can compel someone to commit some gruesome, despicable crimes? The answer is very clear, anti-Semitism de-humanizes Jews. And when people, Jews, we are de-humanized, anything goes. Dr. Moshe Kantor (European Jewish Congress)
Inciter les membres d’une religion à s’engager politiquement, dans un contexte d’entrisme politique de l’islam radical, est à la fois irresponsable et dangereux : le Président ne pouvait ignorer la résonance particulière de ces mots dans un contexte où l’église catholique est en plein recul sur fond de crise des vocations, quand le prosélytisme islamique, lui, ne cesse de s’étendre. Ce ne sont pas les luthériens ni les bouddhistes qui vont soudain vouloir s’emparer de cet appel à l’engagement politique des religieux, et l’équité entre les cultes que commande justement le principe de laïcité obligera le Président à prononcer les mêmes paroles et accorder les mêmes objectifs aux membres de toutes les religions. Le problème … réside dans la volonté de certains d’imposer leur vision de la spiritualité dans l’espace public : vêtements, comportements, intolérances, interdictions, évictions des femmes de certains espaces, violences contre les membres d’autres religions, mais aussi interventions dans le champ bio-éthique etc. La spiritualité ne dispense jamais mieux ses effets positifs sur la société que lorsqu’elle s’exerce dans le cadre privé. Paradoxalement, après un siècle de relations en effet très douloureuses entre les Eglises et l’Etat, c’est désormais la laïcité qui est le meilleur rempart protecteur pour les chrétiens, tout comme elle l’est également pour les juifs de France mais aussi pour les musulmans modérés : ne pas comprendre cette inversion historique du paradigme laïque engendré par l’entrisme islamiste c’est au mieux faire un contresens majeur sur la situation actuelle, et au pire donner les clés de la maison à la religion qui sera la plus véhémente dans son action politique. Anne-Marie Chazaud
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (préface des « Damnés de la terre » de Franz Fanon, 1961)
L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage. Edwy Plenel (alias Joseph Krasny)
Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël. Edwy Plenel
C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe, comme nous sommes la fille aînée de l’Eglise catholique, le pilier de l’édit de Nantes pour les protestants, comme nous avons la plus importante communauté juive d’Europe rescapée du génocide. La France est la terre de la laïcité républicaine. (…) Réduire plusieurs millions de personnes aux actes odieux d’une minorité est un mécanisme de temps de crise. C’est la ruse des pouvoirs économico-politiques pour échapper à la catastrophe et à l’échec des politiques qu’ils mènent. C’est la logique du bouc émissaire. Cette façon d’agiter la querelle religieuse, de stigmatiser l’islam, de s’en prendre à ses symboles : le vêtement, le voile, le halal, les mosquées, est contraire au véritable esprit de la loi sur la laïcité, qui reconnaît les cultures minoritaires. C’est une façon de dissoudre la question sociale, d’humilier les opprimés. D’obtenir une paix pour les dominants et de faire diversion par rapport aux enjeux essentiels que sont l’emploi et le logement. Aucune famille politique n’est épargnée dans cet aveuglement, pas même la gauche. Ce «laïcisme» est le cheval de Troie de l’islamophobie, il est à la laïcité ce que l’intégrisme est à la religion. Il a une similitude avec l’antisémitisme : sous prétexte de ce sectarisme laïc, on installe l’habitude d’une discrimination et d’une stigmatisation. C’est le point de départ de mon livre dont le titre reprend en écho l’article d’Emile Zola «Pour les juifs», rédigé quelques mois avant son «J’accuse», de l’affaire Dreyfus. Edwy Plenel
Mon livre est provoqué par le fait que dans le système médiatique, dans les milieux intellectuels, chez les académiciens, il est accepté de cibler l’islam et les musulmans en général comme notre problème de civilisation (…) De Claude Guéant à Manuel Valls, sous la dissemblance partisane, d’une droite extrémisée à une gauche droitisée, nous voici donc confrontés à la continuité des obsessions xénophobes et, particulièrement, antimusulmanes (…) Aujourd’hui, et cela a été conquis de haute lutte, nous ne pouvons pas dire sans que cela provoque de réaction – il y a un souci de civilisation qui serait le judaïsme, les Juifs en France – . Eh bien je réclame la même chose pour ces compatriotes qui sont au coeur de ce qu’est notre peuple. (…) Je ne défends pas ceux qui trahissent leur religion en commettant des crimes, je défends nos compatriotes qui n’y sont pour rien et qui sont en même temps stigmatisés ou oubliés. Edwy Plenel
Sur ces questions Mandela a été très ferme (…) En 2001, aux Etats-Unis, lors d’une conversation avec Thomas Friedman, un journaliste américain spécialisé dans le Proche-Orient, il lui dira: « C’est peut-être étrange pour vous d’observer la situation en Palestine ou, plus exactement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d’apartheid » car, dit-il, « les Palestiniens ne luttent pas pour un « Etat » mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud. » En revanche, il soulignait, sur les questions de la justice, de la terre, de l’occupation: « Israël a montré qu’il n’était pas encore prêt à rendre ce qu’il avait occupé en 1967, que les colonies restent, que Jérusalem est toujours sous souveraineté exclusivement israélienne et les Palestiniens n’ont pas d’Etat indépendant mais sont sous domination économique israélienne, avec un contrôle israélien des frontières, de la terre, de l’air, de l’eau, de la mer. (…) Israël, c’était  la conclusion de Mandela, ne pense pas à un « Etat » mais à une « séparation » avec des guillemets qui renvoient à l’apartheid. Je voudrais rappeler cela pour un peu déranger et montrer l’actualité de ces combats. Edwy Plenel
Il ne s’agit pas ici de transformer Mandela en héraut du combat pour les droits nationaux des Palestiniens, même s’il n’a jamais fait mystère de son soutien à la lutte contre l’occupation israélienne. Mandela a toujours été, sur ce terrain, beaucoup plus en retrait que l’archevêque Desmond Tutu, qui depuis de longues années soutient la campagne internationale de boycott de l’État d’Israël, qu’il qualifie, à l’instar d’autres dirigeants sud-africains, d’État d’apartheid. Tel n’est pas le cas de Mandela, contrairement à ce que croient ceux qui ont pris pour argent comptant un “Mémo de Nelson Mandela à Thomas Friedman” dénonçant “l’apartheid israélien”, qui est en réalité un exercice de style rédigé par Arjan el-Fassed. Julien Salingue
The main purpose of the Mandela-memo was to respond in a satirical way to Thomas Friedman using the exact same style and even phrases he uses in his columns. Obviously, the ‘mock memo’ had been forwarded to several e-mail lists containing the memo, which originally included the title “Mandela’s First Memo to Thomas Friedman” and a byline “by Arjan El Fassed”, but eventually was forwarded without my name and sometimes without title. I posted the ‘mock memo’ myself on 30 March on an mailinglist of Al-Awda. Despite this, I’ve seen it several times being posted on the same list, something that gives you an idea of the lack of attention many people give to material they forward. In various posts I read, the subject title was changed for example, “Mandela supports…”, “must read”, etc. Perhaps it was wishful thinking. If Nelson Mandela would seriously have written to the New York Times, wouldn’t the New York Times just publish it? Moreover, I believe Nelson Mandela has better things to do then responding to columns written by Thomas Friedman. Arjan El Fassed
En adoubant Plenel, [Emmanuel Macron] intronise un homme qui, il y  quelques mois, quand les menaces de mort pleuvaient sur le journal de Charb pour cause de lèse-Ramadan (Tariq), a cru bon d’en rajouter en écrivant que Charlie menait « une guerre contre les musulmans ». Le patron de Mediapart ne voulait sans doute pas délivrer un blanc-seing aux assassins. Vexé comme un pou d’avoir été épinglé par Charlie avec l’ex-idole des jeunes musulmans, il avait réagi par un pétage de plomb ridicule et pathétique, invoquant, entre autres balivernes,  l’Affiche rouge des nazis sur le réseau Manouchian. Cet incident aurait dû, au minimum entamer son crédit. Mais, étrangement pour un homme qui a fait du « pas de pardon » le cœur de son éthique journalistique, Plenel survit à tous ses ratages – pour être polie. (…) Au moins sera-t-on d’accord avec lui sur un point, le patron de Mediapart n’est pas n’importe quel journaliste. Il est doublement idéologue, animé par une vision robespierriste du monde et de son métier. On suppose qu’il sera poli et se gardera de rappeler à son partenaire d’un soir, Jean-Jacques Bourdin, sa condition de salarié de Patrick Drahi. Convaincu d’incarner le seul et vrai journalisme, Plenel adore faire la leçon au reste de la profession et citer Mediapart comme l’étalon de la vertu. Mais on dirait que ce qu’il aime par-dessus tout, c’est faire peur. C’est bien sûr un hasard si, sur certaines photos, il présente une ressemblance frappante avec Staline. Reste qu’au nom de l’intérêt supérieur de la démocratie dont il estime avoir la charge, il pratique un journalisme policier et redresseur de torts dont la réussite se mesure au nombre de têtes qu’il fait tomber. Il aimerait bien, en guise d’apothéose, faire rouler celle de Sarkozy, mais en dépit d’un acharnement qui a stimulé le zèle des juges, son affaire de financement libyen ne semble guère inquiéter l’entourage de l’ex-président. Plenel défend en outre une conception particulière de la France et du monde, qu’il a lui-même définie comme une forme de trotskisme culturel et qui est à la croisée du nuitdeboutisme et de l’indigénisme, le tout noyé dans un fond de sauce anticapitaliste et tiers-mondiste. Ainsi, depuis le 7 janvier 2015, s’évertue-t-il à nous expliquer que le principal danger qui menace la France, c’est l’islamophobie, tandis qu’une représentante de sa rédaction affirme candidement sur un plateau de télévision que « l’islam radical n’est pas un gros problème ». Toujours prompt à dénoncer le « racisme d’Etat » et la résurgence d’un pétainisme qu’il ne craint pas de déceler chez Alain Finkielkraut, Edwy Plenel prétend œuvrer « pour les musulmans », titre de l’un de ses ouvrages, mais il a choisi les fondamentalistes contre tous ceux et plus encore toutes celles qui, dans les quartiers islamisés, se battent contre la pesante domination des barbus. J’ignore quels sombres calculs de communicants ont présidé au choix de l’Elysée. On n’ose penser qu’il vise à neutraliser le pouvoir de nuisance plenélien. S’agit-il, pour Emmanuel Macron, d’apparaître comme le porte-parole de la gauche raisonnable ? De montrer qu’il ne craint pas d’affronter un adversaire dont les frisottis de moustache et les plissements d’yeux  en ont terrassé plus d’un ? Alors que la question de la laïcité et de la capacité de l’islam à s’y conformer organise un clivage bien plus existentiel que le clivage droite/gauche, alors que le séparatisme islamiste, et l’antisémitisme qui va avec, continuent à progresser, choisir comme interlocuteur un homme qui refuse de les nommer, c’est adresser un signal déplorable à l’ensemble du camp laïque. Et c’est une insulte à la mémoire de Charb, Cabu et de tous les morts de Charlie Hebdo. Elisabeth Lévy
Hier soir, en direct, nous avons pu tout à loisir observer un trio infernal : le Président aux dents de lait, l’Ami des Frères musulmans et le Défenseur des petites gens. Spectacle hallucinant d’acteurs visiblement satisfaits d’avoir endossé un rôle qu’ils convoitaient depuis longtemps. Persuadés en outre de servir des justes causes, un peu comme chez Nagui le vendredi soir, les chansons en moins. Et sans le moindre humour. Le Défenseur des petites gens cita Ricœur, le Président aux petites dents fit la leçon à l’Ami des Frères Musulmans. Tous donnaient l’impression d’être brouillés avec les chiffres, mais fidèles aux grands principes de la République. Le Président aux dents de lait annonça qu’il se battrait pour une Europe souveraine qui serait à l’opposé de celle de cet abominable Viktor Orban. Le Défenseur des petites gens était obsédé par l’idée que les retraités perdraient de dix à trente euros par mois. Il en faisait une affaire personnelle. Quant à l’Ami des Frères musulmans et de tous les opprimés de la Terre, il fustigea des mesures permettant de renvoyer des enfants – pensez-donc : des enfants ! – dans leur pays d’origine. Un cœur gros comme ça, cet Ami des Frères Musulmans : un exemple pour tous les Français ! Le pompon fut atteint quand le Président aux dents de lait avec une fougue et une détermination sans faille déclara que la Cause des Femmes était pour lui la priorité des priorités : chacun fut soulagé que de si nobles intentions soient portées par un homme décidé à faire de la France un pays de rêve. Seul moment troublant : celui où le Défenseur des petites gens lut un passage du livre de François Hollande accusant le Président aux dents de lait de duplicité. Ce dernier, mal à l’aise, se défendit comme un beau diable. L’Ami des Frères musulmans, expert en la matière, savoura à juste titre ce moment inattendu. Quant au Défenseur des petites gens, il avait jeté un pavé dans la mare aux hypocrisies. Cela lui suffisait. À nous aussi. Roland Jaccard
Le collectif journalistique cède la place à un duo d’hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l’extrême. Alors que faire ? Pour toutes ces raisons, cette invitation ne va pas de soi. Et pour une autre encore : comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la VRépublique, peut-il se plier à cet exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ? Tout le monde a en tête quelques-uns des pires entretiens réalisés depuis soixante ans. Comment subvertir ce dispositif anti-démocratique, et toutes ses contraintes ? En toute transparence, nous partageons avec vous le cheminement qui a conduit l’équipe de Mediapart à accepter la proposition élyséenne. Nous en avons longuement discuté collectivement. Après avoir pesé le pour et le contre, nous avons décidé de faire confiance à notre savoir-faire collectif pour faire surgir du sens par-delà ce cadre. Notre métier est de poser des questions, et si possible de bonnes questions, a fortiori au président de la République en exercice. Après plusieurs échanges préalables, nous avons aussi considéré qu’une association avec Jean-Jacques Bourdin, questionneur offensif et lui aussi déterminé à briser les codes du sacro-saint entretien présidentiel, pouvait autoriser cette tentative de rompre avec six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle. Il ne fait de doute pour personne que les lignes éditoriales et les modèles économiques de Mediapart et du groupe BFM-TV/RMC ne sont pas les mêmes : cette différence, par respect du pluralisme, ne doit pas nous interdire de collaborer avec d’autres. Être ouverts dans le cadre d’une relation loyale et respectueuse est le meilleur moyen d’être nous-mêmes, à l’image de notre fil conducteur, au cœur du Festival de nos dix ans : produire quotidiennement un journalisme sans concession à la rencontre de la société (…). Et puis, comment rester en retrait, alors qu’Emmanuel Macron a des comptes à rendre aux citoyens ? Nous avons mille et une questions à lui poser sur la politique qu’il mène, ses déclarations, ses non-dits. Nous sommes à un moment crucial de ce quinquennat. Après de longs mois sous hypnose, notre société se réveille (voir notre article Le roi Soleil, la France sommeille). Des cheminots aux étudiants en passant par les salariés de Carrefour, le mouvement social prend de l’ampleur. Le projet de loi sur l’asile et l’immigration provoque la colère du monde associatif et de collectifs de citoyens. Les initiatives locales pour éviter la catastrophe environnementale se multiplient. Bref, nous ne pouvons pas laisser passer une occasion de faire tout simplement notre métier. Poser des questions, chercher des réponses, placer l’exécutif face à ses contradictions, le faire réagir aux indignations que suscite sa politique. On ne peut pas se plaindre de se heurter à des silences quand on interroge les cabinets ministériels, et laisser la chaise vide face au chef de l’État. Nous avons posé, en accord avec Jean-Jacques Bourdin, une ligne rouge, et celle-ci sera respectée : refuser que l’entretien se déroule à l’Élysée. On ne se rend pas au palais présidentiel à un moment où les journalistes en sont écartés (…). Le choix définitif du lieu sera connu dans les jours à venir. Nous comptons en premier lieu sur nos questions, qui auront été préparées en amont par la rédaction. Au fil de la semaine précédente, et au cours de celle qui suivra, nous publierons une série d’articles, de reportages et d’analyses dressant un premier bilan de la présidence Macron. Lors de notre émission MediapartLive du mercredi 11 avril, nous reviendrons sur les raisons qui nous ont incités à accepter cet entretien. Puis nous consacrerons notre soirée à la diversité du mouvement social en cours en donnant la parole à celles et ceux qui l’animent. Rendez-vous donc dimanche 15 avril dès 19 heures pour notre émission en direct et en accès libre sur Mediapart. Médiapart
 Attention: un bouc émissaire peut en cacher un autre !
En ces temps étranges où le religieux semble faire son retour …
A Hollywood et dans le cinéma français
Comme, sondages à l’appui mais avec une sur-radicalité du côté musulman, dans la jeunesse française …
Et où après une première allocution où il  avait appelé, ouvrant la voie à d’autres communautés religieuses, à une plus grande mobilisation politique des catholiques …
Le président vient de nous  octroyer un entretien télévisé …
Présenté,  dans toute la simplicité art-déco du théâtre de Chaillot avec vue, s’il vous plait, sur la Tour Eiffel et le Champ de Mars …

Comme en totale rupture avec « six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle »…

Sous le feu roulant notamment des questions d’un journaliste qui il y a 40 ans appelait au soutien inconditionnel des terroristes des Jeux de Münich …
Ou, plus récemment, encensait un théologien islamiste actuellement en prison pour violences sexuelles présumées …
Comment ne pas repenser …
A la relecture de l’interview que ce dernier avait accordé à 20 minutes il y a quatre ans à l’occasion de son
J’accuse pour les musulmans …
Dans laquelle il dénonçait la bouc-émissarisation de ceux-ci par la société française …
A l’avertissement du regretté René Girard …
Sur la double face du savoir tout particulier que les textes judéo-chrétiens ont mis à la disposition de l’Occident et de proche en proche à la planète entière …
A savoir ce souci singulier et cette sensibilité proprement inouïe aux victimes …
Mais aussi la tentation d’utiliser un tel savoir comme arme …
Pour une sorte de « chasse au bouc émissaire au second degré » ?

Edwy Plenel: «C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe»

INTERVIEW Le cofondateur de Mediapart signe un pamphlet contre le silence sur la stigmatisation des musulmans de France…

Propos recueillis par Anissa Boumediene

20 minutes

Il lance un cri d’alarme contre ceux qui voudraient importer en France un choc des civilisations. Dans Pour les musulmans (éd. La Découverte), Edwy Plenel dénonce une «guerre des mondes qui désigne nos compatriotes musulmans comme les responsables indistincts des crimes et violences indûment commis au nom de l’islam» par des fanatiques ultra-minoritaires. Le journaliste revient pour «20 Minutes» sur l’objet de son indignation.

Pourquoi ce livre, et pourquoi maintenant ?

Pour se poser contre la banalisation dans les médias et dans le monde intellectuel d’une forme d’islamophobie bienséante, qui n’hésite pas à stigmatiser nos compatriotes musulmans. Il y a mille façons  d’être musulman, comme il y a mille façons d’être juif, chrétien ou non croyant.

C’est un geste de solidarité. Face à tout ce que l’on connaît, la montée de ces opinions xénophobes, que montre la Commission consultative des droits de l’homme, les agressions qui visent les musulmans de France, j’ai été choqué par le très grand silence et la trop grande indifférence qui fait qu’on les laisse seuls subir tout cela, sans se dresser pour dire que c’est inadmissible de construire « un problème musulman » aujourd’hui en France. C’est comme cela que commencent les pires perditions.

Comment expliquez-vous ce silence autour de l’islamophobie en général et par exemple autour de l’agression cette semaine de Maghrébins?

Je ne l’explique pas, je le constate. Il y a derrière cela un verrou que l’on n’a pas encore fait sauter, cet inconscient colonial qui fait qu’il y a un regard de supériorité posé sur cette partie de notre peuple qui est issue de notre relation à l’Afrique, à la Méditerranée. Une communauté envers laquelle nos dirigeants n’ont pas cette sensibilité spontanée de solidarité et d’égalité. Ils devraient réclamer pour ces compatriotes le droit de pouvoir se dire musulman et Français, l’un en même temps que l’autre, se réclamer d’un imaginaire français qui nous permette de penser dans l’égalité de chacun la richesse de notre diversité. C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe, comme nous sommes la fille aînée de l’Eglise catholique, le pilier de l’édit de Nantes pour les protestants, comme nous avons la plus importante communauté juive d’Europe rescapée du génocide. La France est la terre de la laïcité républicaine.

Pourquoi l’opinion dominante oppose-t-elle l’islam à la laïcité?

C’est un moyen de légitimer cette islamophobie. Réduire plusieurs millions de personnes aux actes odieux d’une minorité est un mécanisme de temps de crise. C’est la ruse des pouvoirs économico-politiques pour échapper à la catastrophe et à l’échec des politiques qu’ils mènent. C’est la logique du bouc émissaire.

Cette façon d’agiter la querelle religieuse, de stigmatiser l’islam, de s’en prendre à ses symboles : le vêtement, le voile, le halal, les mosquées, est contraire au véritable esprit de la loi sur la laïcité, qui reconnaît les cultures minoritaires. C’est une façon de dissoudre la question sociale, d’humilier les opprimés. D’obtenir une paix pour les dominants et de faire diversion par rapport aux enjeux essentiels que sont l’emploi et le logement.  Aucune famille politique n’est épargnée dans cet aveuglement, pas même la gauche. Ce «laïcisme» est le cheval de Troie de l’islamophobie, il est à la laïcité ce que l’intégrisme est à la religion. Il  a une similitude avec l’antisémitisme : sous prétexte de ce sectarisme laïc, on installe l’habitude d’une discrimination et d’une stigmatisation. C’est le point de départ de mon livre dont le titre reprend en écho l’article d’Emile Zola «Pour les juifs», rédigé quelques mois avant son «J’accuse», de l’affaire Dreyfus.

La communauté musulmane peut-elle se sortir de ce malaise malgré ce contexte?

Je l’espère bien ! Elle compte parmi les forces vives de ce pays, crée des richesses et est au cœur de la vitalité populaire de la France. l faut cesser d’être indifférents à sa solitude, c’est un engrenage qui embarquera tout le monde : les Noirs, les juifs, les Roms et les musulmans. Et qui risque d’engendrer le repli. La stigmatisation crée en retour une quête de fierté, en réponse à l’humiliation, et engendre des radicalisations qui peuvent amener à des chemins de perdition. Il faut faire notre chemin ensemble, assumer la réalité de la France de la diversité et libérer la solidarité.

Voir aussi:

Valeurs actuelles

5 avril 2018 

Histoire. CheckNews de Libération revient sur la chronique du co-fondateur de Mediapart publiée dans Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), en 1972. A l’époque, l’organisation palestinienne, Septembre Noir, avait tué 11 athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich.

Cette révélation a été faite en 2008 dans l’ouvrage Enquête sur Edwy Plenel, du journaliste Laurent Huberson. Mais elle refait surface ces derniers jours sur les réseaux sociaux. En 1972, Edwy Plenel, le co-fondateur de Mediapart, était chroniqueur dans Rouge, l’hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il avait alors appelé à « défendre inconditionnellement » les militants de l’organisation palestinienne Septembre Noir, qui avait assassiné 11 membres de l’équipe olympique israélienne lors d’une prise d’otage pendant les Jeux Olympiques de Munich, cette même année.

« Nous devons défendre les militants de cette organisation »

« L’action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l’amiable que les réactionnaires arabes s’apprêtaient à conclure avec Israël […] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation […] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l’assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d’aller au carnage », avait écrit à l’époque Edwy Plenel, sous le pseudonyme de Joseph Krasny.

Contacté par CheckNews de Libération, Edwy Plenel est revenu sur cette chronique. « Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui », a-t-il indiqué dans un mail. « Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël », a-t-il conclu.

Voir également:

Valeurs actuelles

6 novembre 2017

 Complicité. Le patron de Mediapart regrette “la diabolisation” du prédicateur islamiste, accusé de viol et de harcèlement sexuel.

“Je dénonce depuis des années la duplicité de Tariq Ramadan. Il aura fallu du temps, finalement, la triste vérité, celle-là”, a réagi Manuel Valls, invité ce dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1/Les Échos/CNews. “À la justice, maintenant, de l’établir mais enfin, les faits semblent très concordants”, a ajouté l’ancien Premier ministre socialiste, en réaction aux accusations de viol et de harcèlement sexuel portées contre l’islamologue suisse controversé.

“Il faut que la vérité éclate sur ce soi-disant intellectuel, promoteur de la charia, prédicateur islamique, qui a fait un mal terrible dans notre jeunesse avec ses cassettes, ses prêches dans nos mosquées, ses invitations sur tous les plateaux, ses amitiés, ses complicités – je pense à Edwy Plenel. Il y a un moment où il faut dire : ça suffit !”, a encore martelé le député de l’Essonne, également interrogé sur la une de Charlie Hebdo, dont les journalistes sont menacés de mort.

“C’est un intellectuel très respectable”, déclarait ainsi le patron de Mediapart sur le plateau du Petit Journal de Canal Plus (vidéo ci-dessous, à partir de 3:30), en janvier 2015, rappelle Europe 1. “Il y a quelque chose de très détestable à l’égard de Tariq Ramadan. Moi je lis, j’écoute tout ce qu’il a dit. On a parlé pendant trois heures et demi, nous n’avions aucun désaccord sur le fond. Il a été très ferme dans la solidarité, sur la liberté d’expression, dans la condamnation des attentats.”

“Je le lis et je l’écoute et je ne vois pas d’ambiguïté”

Edwy Plenel accusait même les détracteurs du théologien suisse d’user d’islamophobie. “Et qu’est-ce qu’on dit ? ‘Ah, il n’est pas clair. Ah, il a un double langage’. Encore une fois, je le lis et je l’écoute et je ne vois pas d’ambiguïté. Et il a fait plein de livres. Qu’est-ce que ça dit ce truc ‘il est ambigu ? Ah l’arabe, il est un peu fourbe. Ah l’arabe, il a double langage”, poursuivait-il. “Il ne faut pas diaboliser quelqu’un parce que c’est un intellectuel musulman.”

Sur le même sujet

Parmi les “complices” de Tariq Ramadan, Manuel Valls n’a pas oublié dimanche les médias de gauche qui ont promu ses idées radicales ces dernières années. “On est complice quand il y a de la complaisance par rapport à des individus, à des organisations comme les Frères musulmans, comme les Indigènes de la République”, a ajouté l’ancien Premier ministre.

“Quand une partie de la presse progressiste, une presse de qualité, je pense aux Inrockuptibles, au Bondy Blog, quand on reçoit et quand on a reçu Tariq Ramadan, y compris sur Europe 1 et c’est toujours le même journaliste Frédéric Taddeï qui le reçoit depuis des années comme avant il avait reçu des personnalités comme Dieudonné ou Soral, alors on abdique”, a-t-il conclu.

Mediapart et “l’épouvantail” Tariq Ramadan

Sur BFM TV, Edwy Plenel a, de son côté, réagi à l’affaire judiciaire et à la polémique. “Dans le cas de Tariq Ramadan, où il y a des témoignages consistants, où il y a des plaintes, où la justice va enquêter, si les faits sont totalement établis par la justice, (…) c’est très grave pour l’individu qui est Tariq Ramadan et qui devra en rendre compte”, a-t-il déclaré. “Il y a une gravité plus forte encore, et pour le dire tout net, qui ressemble au cas des prêtres pédophiles.”

Le patron de Mediapart s’est par ailleurs défendu d’avoir été au courant de rumeurs sur des agressions sexuelles ou des faits de harcèlement. “Personne d’entre nous à Mediapart ne savait quand nous avons fait cette enquête”, a assuré le cofondateur du média, en référence à une enquête en cinq volets sur “l’épouvantail” Tariq Ramadan, publiée par le site en 2016 et qui revenait notamment sur “les fantasmes qui entourent l’islamologue” (sic).

Plenel regrette la “diabolisation” de Tariq Ramadan

“Je n’ai croisé M. Ramadan dans ma vie que deux fois”, a enfin rétorqué Edwy Plenel, en réaction aux propos de Manuel Valls. “De cela est fait un amalgame qui relève pour moi d’une chasse aux sorcières, comme du temps du McCarthysme ou de l’inquisition”, a-t-il critiqué, regrettant même sa “diabolisation” à la suite des propos de l’ex-Premier ministre. “J’ai toujours été contre sa diabolisation, comme je suis contre, au prétexte du terrorisme, de diaboliser nos compatriotes musulmans quels qu’ils soient”, a-t-il déclaré.

Pour défendre le théologien islamiste, le journaliste militant et ancien trotskiste avait même souligné, en 2015, que le livre “Déviances et incohérences chez les penseurs de la décadence”, qui contredit les thèses de Ramadan, avait été retrouvé chez le terroriste Amedy Coulibaly, un des auteurs des attentats de janvier 2015. Aujourd’hui, l’islamologue est visé par deux plaintes pour viol et accusé par quatre anciennes élèves d’avoir eu des relations sexuelles avec elles alors qu’elles étaient mineures.

Voir de même:

Macron, Bourdin, Plenel: le petit théâtre de bavards

L’interview présidentielle a viré au ridicule

Hier soir, en direct, nous avons pu tout à loisir observer un trio infernal : le Président aux dents de lait, l’Ami des Frères musulmans et le Défenseur des petites gens. Spectacle hallucinant d’acteurs visiblement satisfaits d’avoir endossé un rôle qu’ils convoitaient depuis longtemps. Persuadés en outre de servir des justes causes, un peu comme chez Nagui le vendredi soir, les chansons en moins. Et sans le moindre humour. Le Défenseur des petites gens cita Ricœur, le Président aux petites dents fit la leçon à l’Ami des Frères Musulmans.

Tous donnaient l’impression d’être brouillés avec les chiffres, mais fidèles aux grands principes de la République.

Tout le monde il est beau, tout le monde il est…

Le Président aux dents de lait annonça qu’il se battrait pour une Europe souveraine qui serait à l’opposé de celle de cet abominable Viktor Orban. Le Défenseur des petites gens était obsédé par l’idée que les retraités perdraient de dix à trente euros par mois. Il en faisait une affaire personnelle. Quant à l’Ami des Frères musulmans et de tous les opprimés de la Terre, il fustigea des mesures permettant de renvoyer des enfants – pensez-donc : des enfants ! – dans leur pays d’origine. Un cœur gros comme ça, cet Ami des Frères Musulmans : un exemple pour tous les Français !

A lire aussi: Emmanuel Macron peut remercier Bourdin et Plenel

Le pompon fut atteint quand le Président aux dents de lait avec une fougue et une détermination sans faille déclara que la Cause des Femmes était pour lui la priorité des priorités : chacun fut soulagé que de si nobles intentions soient portées par un homme décidé à faire de la France un pays de rêve. Seul moment troublant : celui où le Défenseur des petites gens lut un passage du livre de François Hollande accusant le Président aux dents de lait de duplicité. Ce dernier, mal à l’aise, se défendit comme un beau diable. L’Ami des Frères musulmans, expert en la matière, savoura à juste titre ce moment inattendu. Quant au Défenseur des petites gens, il avait jeté un pavé dans la mare aux hypocrisies. Cela lui suffisait. À nous aussi.

Voir de plus:

Macron face à Bourdin et Plenel : ce qu’il faut retenir de l’interview

C.Si.
Le Parisien
15 avril 2018

Près de trois heures d’entretien. Un ton parfois virulent, et beaucoup de dossiers traités, dont la Syrie et les multiples conflits sociaux. Notre résumé de l’entretien d’Emmanuel Macron avec Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin.

De la Syrie aux différents mouvements sociaux en passant par le port du voile, Emmanuel Macron a répondu dans une ambiance souvent électrique aux questions de Jean-Jacques Bourdin (BFMTV et RMC) et Edwy Plenel (Mediapart).

LIRE AUSSI >Le fil de l’entretien minute par minute

Voici ce qu’il faut retenir de cette soirée au théâtre de Chaillot, thématique par thématique.

Les frappes sur la Syrie. Emmanuel Macron a défendu la « légitimité » de « l’action multilatérale » des troupes françaises, américaines et britanniques dans la nuit de vendredi à samedi sur trois sites liés au programme d’armement chimique syrien. Alors que certains lui reprochaient d’être intervenu hors du cadre de Nations Unies, « c’est la communauté internationale qui est intervenue », a rétorqué le chef des armées. « La France n’a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad », a-t-il rappelé dans la lignée de ses alliés.

S’il pousse la voie de la « solution politique », il a aussi accusé explicitement Vladimir Poutine et la Russie d’être «complices » des crimes en Syrie. Le président français s’est par ailleurs enorgueilli d’avoir « convaincu » Donald Trump de rester engagé « dans la durée » dans ce conflit, aux airs de bourbier, ayant déjà fait plus de 350 000 morts.

Mécontentements sociaux. C’est durant cette thématique que le ton s’est fait le plus offensif entre Emmanuel Macron comme d’Edwy Plenel. « Je conteste l’orientation de votre question qui viserait à voir une logique ou à vouloir créer une coagulation dans ces mécontentements », a lâché le président français. Pas de convergence des luttes donc. « Le mécontentement des cheminots a peu à voir avec le mal-être profondément légitime à l’hôpital qui dure depuis des années… ».

Comme jeudi midi sur TF1, il a également rappelé qu’il comptait mener à son terme la réforme abrasive de la SNCF, excluant au passage toute privatisation. « C’est une colère que je comprends, que je respecte mais qui est liée à une décision que nous prenons, que j’assume, une réforme que nous mènerons jusqu’au bout », a-t-il développé. « A partir du 1er janvier 2020, l’Etat reprendra une partie de la dette », a également déclaré le chef d’Etat, comme il l’avait laissé entendre sur TF1.

Autre secteur en difficulté, le monde hospitalier ne fera pas l’objet d’économies « durant son quinquennat », a-t-il expliqué, promettant des « décisions précises » fin mai.

Une deuxième journée de solidarité ? « Je ne suis pas contre, je pense que c’est une piste intéressante, il faut le regarder », a assuré Emmanuel Macron. L’idée a déjà été évoquée jeudi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, afin de financer l’accompagnement des personnes âgées et des handicapés. La première journée avait été instaurée après la canicule de 2003.

Le débat « président des riches ». Une nouvelle fois, Emmanuel Macron a dit assumer ses réformes et la théorie des « premiers de cordée ». Sur la réforme de l’ISF : « Les choix qui ont été faits, quels sont leurs objectifs ? Garder les talents et les attirer, et leur permettre de réinvestir dans l’économie. Je veux que les chefs d’entreprise avec leurs salariés soient en position de se décider. Il faut donc des règles qui favorisent les entrepreneurs et les investisseurs ». Sur la CSG : Macron « sait l’effort » qu’il a demandé aux retraités.

Il a également promis que la fiscalité n’augmenterait pas en France durant son quinquennat et qu’aucun nouvel impôt, ni local ni national, ne serait créé.

La colère des zadistes et des étudiants. « L’ordre républicain » et rien d’autre. Il a répété l’expression à l’envi au moment d’évoquer la contestation « illégitime » des zadistes expulsés à Notre-Dame-des-Landes et l’occupation de plusieurs universités françaises. Celles-ci seraient aux mains de « professionnels du désordre », les étudiants étant selon lui « souvent minoritaires ». Quant à Notre-Dame-des-Landes, « tout ce qui doit être évacué, le sera » à l’issue du nouveau délai d’expulsion.

Laïcité. Cette thématique a rapidement débordé sur celle de l’islam. Macron déclarant que le port du voile « n’était pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays ». « Je ne veux pas de loi qui l’interdise dans la rue, ce serait contre-productif, a-t-il poursuivi. La société n’est pas laïque et doit leur permettre de porter leur voile. Ce que je veux c’est qu’aucune femme ne soit obligée de le porter le voile ».

Interrogé sur des propos du ministre de l’Education, qui estime qu’un parent accompagnant ne devrait « normalement » pas porter de signe religieux, par exemple le voile pour une mère, M. Macron a qualifié cette position de « conviction personnelle » de Jean-Michel Blanquer.

Loi Asile et immigration. Comme depuis des semaines, Emmanuel Macron s’est appuyé sur tandem « humanisme » pour les personnes éligibles à l’asile et « efficacité » dans le renvoi des autres. Il a aussi indiqué vouloir « adapter » mais pas « supprimer » le délit de solidarité, distinguant ceux qui « aident consciemment ou inconsciemment les passeurs » des autres « qui sauvent des vies ».

Alors que le projet de loi doit être examinée par les députés à partir de lundi, le chef de file des élus macronistes a eu le droit aux félicitations du président. « Richard Ferrand fait son rôle de chef de groupe et il le fait très bien », a-t-il déclaré. Il y a quelques jours, M. Ferrand a menacé d’exclusion ceux qui voteraient contre ce texte.

L’instant Hollande. Emmanuel Macron a récusé dimanche toute « duplicité » lorsqu’il était conseiller puis ministre de François Hollande. Tout en considérant qu’être membre d’un gouvernement, ce n’est pas « être un obligé ». Il a précisé qu’il lirait « sans doute » le livre polémique de François Hollande. Un livre qui a « sa part de vérité » et un homme pour lequel il a « du respect ».

Voir également:

Macron face à Bourdin et Plenel : un drame en cinq actes

Au Théâtre national de Chaillot ce soir, le président de la République affronte deux journalistes qui ont juré sa perte. Un grand spectacle ?

Sylvain Courage

Trois comédiens, une table et deux heures de spectacle. Ô magie des tréteaux ! Le public du théâtre subventionné, rompu aux mises en scène exigeantes, ne sera pas surpris par l’unique représentation de « l’Interview », ce dimanche, à 20h35, au foyer du Théâtre national de Chaillot. Dans un décor art-déco grandiose avec vue sur la Tour Eiffel et le Champ de Mars, Emmanuel Macron, l’étoile de l’Elysée, tiendra le rôle du jeune prince. Jean-Jacques Bourdin, héraut des matinées de BFMTV, incarnera le  tribun du peuple. Et Edwy Plenel, le tragédien de Mediapart, jouera le grand prêtre moustachu.

Une distribution exceptionnelle ! « On avait fait des propositions à l’Elysée depuis plusieurs mois, à l’occasion du premier anniversaire du quinquennat d’Emmanuel Macron. Et, il y a environ un mois maintenant, l’Elysée est revenu vers nous en nous faisant une proposition d’une émission avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel », a expliqué Hervé Béroud, directeur général de BFMTV et metteur en scène de la soirée événement.

Huit caméras à l’intérieur, deux à l’extérieur permettront de cerner le jeu des acteurs. « Le décor est fort mais l’interview très simple : un homme face à deux intervieweurs pendant deux heures. Il n’y aura ni sujets vidéos, ni interpellation des Français », a précisé Céline Pigalle, directrice de l’information de BFMTV. Des mots, rien que des mots !

Drame hyper-contemporain

Création originale et éphémère, « l’Interview » repose entièrement sur les capacités d’improvisation des acteurs. Pas de texte établi, pas de répétitions mais une série de problématiques dont s’empareront les acteurs et qui formeront la trame d’un drame hyper-contemporain. Mécontentement social, politique économique, laïcité, sécurité, terrorisme, questions migratoires, frappes en Syrie… La scénographie se veut en totale rupture avec « six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle ». « Chacun doit être soi-même », insiste Hervé Béroud :

« On connaît Jean-Jacques Bourdin accrocheur et Edwy Plenel est quelqu’un de très engagé, qui aura envie de demander des comptes au président de la République. »Tandis que Bourdin et Plenel ont travaillé leur questionnement et leur placement en effectuant des exercices de respiration ventrale, Emmanuel Macron a opté pour la « construction du personnage » développée par Constantin Stanislavski. « Peu importe que le jeu soit bon ou mauvais, l’important c’est qu’il soit vrai », disait l’immense dramaturge russe.

Quelle est la routine du président pour puiser dans son subconscient ? « Il s’enferme dans son bureau avec ses fiches et il bachote comme un étudiant », explique son entourage. Le chef de l’Etat a aussi « beaucoup consulté » et « déjeuné avec François Bayrou et Marielle de Sarnez mercredi à l’Elysée pour avoir leurs remontées de terrain ». Ne laissant rien au hasard, l’artiste du Palais s’est aussi « renseigné sur les sujets phares des deux présentateurs, leurs marottes, histoire d’avoir quelques repères d’ici dimanche soir ».

Attelage fragile

Artiste militant, Edwy Plenel a dénoncé, par le passé, cet « exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ». Mais il dit avoir accepté le défi pour ne pas se « dérober » et « relayer le questionnement sans concession de la société » dans la grande tradition du Théâtre national populaire. Pas question d’oublier le peuple ! Dès 19 heures, la rédaction de Mediapart dressera le bilan de cette présidence « et de droite et de droite » en donnant la parole aux mouvements sociaux. Et l’entretien présidentiel sera suivi d’un plateau de commentatrices réservé aux femmes pour compenser le choix de deux intervieweurs « mâles de plus de 60 ans ». Qui dit mieux ?

Jean-Jacques Bourdin, lui, n’a pas ce genre de préventions. Viril et dominant, il a simplement promis de « cogner » le président et croit tenir enfin l’occasion de laver l’affront fait à sa profession par Laurent Delahousse, auteur en décembre dernier d’une interview de Macron qu’il a publiquement critiquée pour sa complaisance… « Michel Drucker l’aurait mieux fait ! », avait alors grincé Bourdin.

« Quand on fait du journalisme, qu’est-ce qu’on fait ? On pose des questions précises. Et celui qui est en face, qu’est-ce qu’il doit faire ? Il doit répondre à des questions précises. C’est comme ça que cela se passe. Sinon c’est pas la peine. » Ce Figaro parle comme la plèbe. Mais il se fait autant la voix des usagers de la SNCF pris en otage que des cheminots en lutte. Son théâtre populaire s’accordera-t-il avec celui de Plenel ? L’alliance des deux bêtes de scène est improbable. S’ils font cause commune, ils surjoueront. S’ils s’écharpent, ils passeront pour des cabots. C’est le dilemme dont Emmanuel Macron compte bien profiter. Les spadassins lancés à sa poursuite pourraient s’entretuer. Au cinquième acte, le jeune prince, qui les a manipulés, espère bien être couronné. Shakespearien !

Voir de même:

Entretien avec Emmanuel Macron, dimanche 15 avril: rendez-vous dès 19h sur Mediapart

Mediapart

6 avr. 2018

Emmanuel Macron répondra aux questions d’Edwy Plenel et de Jean-Jacques Bourdin dimanche soir 15 avril. Un rendez-vous exceptionnel à suivre dès 19h en direct sur Mediapart. Et qui sera précédé, le mercredi 11 avril, d’un MediapartLive entièrement consacré aux mouvements sociaux qui s’opposent à sa politique.

L’heure du premier bilan a sonné. Voilà presque un an qu’Emmanuel Macron a été élu président de la République. À l’avant-veille de sa victoire, celui qui n’était encore que candidat était venu à Mediapart répondre aux questions de la rédaction. Dimanche 15 avril, à 20 h 35, il sera interrogé à Paris pendant deux heures par Edwy Plenel, aux côtés de Jean-Jacques Bourdin. Cet événement sera retransmis en direct sur notre site, BFM-TV et RMC. En amont, mercredi 11 avril, nous recevrons le mouvement social dans sa diversité. Explications à nos lecteurs.

Tout a commencé le 5 mai 2017, à deux jours du second tour de l’élection présidentielle qui l’opposait à Marine Le Pen. Emmanuel Macron répond longuement aux journalistes de Mediapart (à lire ici et à voir ) : il déploie son argumentaire électoral tout en donnant des indications détaillées sur le type de chef de l’État qu’il entend être. Les jalons qu’il pose alors de sa « start-up nation » permettent aujourd’hui à chacun d’évaluer l’écart entre les promesses et les actes. À l’issue de l’entretien, notre hôte s’engage à revenir à Mediapart s’il est élu.

Un an plus tard, nous lui avons rappelé son « chiche ! ». Il ne nous a pas répondu « non », ce « non » qui nous est opposé par la plupart des ministres (à l’exception du premier d’entre eux, c’est à revoir ici), peu soucieux des règles d’une démocratie équilibrée supposant que les interrogations des citoyens, relayées par les journalistes, soient entendues. L’Élysée recourt à son traditionnel « en même temps », se disant prêt à l’exercice, mais dans un tout autre cadre.

Oui à un entretien avec Mediapart mais dans une formule différente, et en association avec un autre média, BFM-TV/RMC. Deux intervieweurs, donc : Edwy Plenel (président et directeur de la publication de Mediapart) et Jean-Jacques Bourdin (rédacteur en chef de RMC et animateur de « Bourdin Direct » sur BFM-TV). Et pas dans nos locaux, mais à l’Élysée ou dans un lieu culturel. Autrement dit, Mediapart n’est plus la puissance invitante, et la rédaction n’est pas conviée à la table de l’entretien. Le collectif journalistique cède la place à un duo d’hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l’extrême.

Alors que faire ? Pour toutes ces raisons, cette invitation ne va pas de soi. Et pour une autre encore : comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la VRépublique, peut-il se plier à cet exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ? Tout le monde a en tête quelques-uns des pires entretiens réalisés depuis soixante ans. Comment subvertir ce dispositif anti-démocratique, et toutes ses contraintes ? En toute transparence, nous partageons avec vous le cheminement qui a conduit l’équipe de Mediapart à accepter la proposition élyséenne.

Nous en avons longuement discuté collectivement. Après avoir pesé le pour et le contre, nous avons décidé de faire confiance à notre savoir-faire collectif pour faire surgir du sens par-delà ce cadre. Notre métier est de poser des questions, et si possible de bonnes questions, a fortiori au président de la République en exercice.

Après plusieurs échanges préalables, nous avons aussi considéré qu’une association avec Jean-Jacques Bourdin, questionneur offensif et lui aussi déterminé à briser les codes du sacro-saint entretien présidentiel, pouvait autoriser cette tentative de rompre avec six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle.

Il ne fait de doute pour personne que les lignes éditoriales et les modèles économiques de Mediapart et du groupe BFM-TV/RMC ne sont pas les mêmes : cette différence, par respect du pluralisme, ne doit pas nous interdire de collaborer avec d’autres. Être ouverts dans le cadre d’une relation loyale et respectueuse est le meilleur moyen d’être nous-mêmes, à l’image de notre fil conducteur, au cœur du Festival de nos dix ans : produire quotidiennement un journalisme sans concession à la rencontre de la société (revoir ici les rencontres de cet anniversaire et  notre colloque sur le droit de savoir).

Et puis, comment rester en retrait, alors qu’Emmanuel Macron a des comptes à rendre aux citoyens ? Nous avons mille et une questions à lui poser sur la politique qu’il mène, ses déclarations, ses non-dits. Nous sommes à un moment crucial de ce quinquennat. Après de longs mois sous hypnose, notre société se réveille (voir notre article Le roi Soleil, la France sommeille). Des cheminots aux étudiants en passant par les salariés de Carrefour, le mouvement social prend de l’ampleur. Le projet de loi sur l’asile et l’immigration provoque la colère du monde associatif et de collectifs de citoyens. Les initiatives locales pour éviter la catastrophe environnementale se multiplient.

Bref, nous ne pouvons pas laisser passer une occasion de faire tout simplement notre métier. Poser des questions, chercher des réponses, placer l’exécutif face à ses contradictions, le faire réagir aux indignations que suscite sa politique. On ne peut pas se plaindre de se heurter à des silences quand on interroge les cabinets ministériels, et laisser la chaise vide face au chef de l’État.

Nous avons posé, en accord avec Jean-Jacques Bourdin, une ligne rouge, et celle-ci sera respectée : refuser que l’entretien se déroule à l’Élysée. On ne se rend pas au palais présidentiel à un moment où les journalistes en sont écartés (lire ici). Le choix définitif du lieu sera connu dans les jours à venir.

Nous comptons en premier lieu sur nos questions, qui auront été préparées en amont par la rédaction. Au fil de la semaine précédente, et au cours de celle qui suivra, nous publierons une série d’articles, de reportages et d’analyses dressant un premier bilan de la présidence Macron. Lors de notre émission MediapartLive du mercredi 11 avril, nous reviendrons sur les raisons qui nous ont incités à accepter cet entretien. Puis nous consacrerons notre soirée à la diversité du mouvement social en cours en donnant la parole à celles et ceux qui l’animent.

Rendez-vous donc dimanche 15 avril dès 19 heures pour notre émission en direct et en accès libre sur Mediapart. Une heure et demie avant la diffusion de l’entretien, l’équipe de Mediapart sera en direct depuis la rédaction pour présenter l’inventaire de la présidence Macron. À l’issue de l’interview du chef de l’État, qui commencera peu après 20 h 30, nous donnerons la parole à des acteurs engagés de la société civile et intellectuelle, qui nous aideront à décrypter ses réponses.

Pendant toute cette période, nous comptons sur nos abonnés : le Club de Mediapart est plus que jamais ouvert à toutes vos idées, remarques et suggestions.

Voir de plus:

Discours de Macron aux Évêques de France: la courte échelle aux islamistes


Guerre froide 2.0: C’est la lutte finale, imbécile ! (Resisting the Antichrist: In Russian eyes, a new theological struggle pits a godless, materialistic and decadent postmodern West against the rest of the world’s defence of traditional religion and values led by a thermonuclear saber-rattling Putin regime)

21 mars, 2018

Russian President Vladimir Putin, accompanied by Patriarch of Russia Kirill and Prime Minister Dmitry Medvedev, visits the New Jerusalem Orthodox Monastery outside Moscow (November 15, 2017)

Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
Tout se disloque. Le centre ne peut tenir. L’anarchie se déchaîne sur le monde Comme une mer noircie de sang : partout On noie les saints élans de l’innocence …Sûrement que quelque révélation, c’est pour bientôt … Sûrement que la Seconde Venue, c’est pour bientôt. La Seconde Venue ! A peine dits ces mots, Une image, immense, du Spiritus Mundi Trouble ma vue : quelque part dans les sables du désert, Une forme avec corps de lion et tête d’homme Et l’oeil nul et impitoyable comme un soleil Se meut, à cuisses lentes, tandis qu’autour Tournoient les ombres d’une colère d’oiseaux… La ténèbre, à nouveau ; mais je sais, maintenant, Que vingt siècles d’un sommeil de pierre, exaspérés Par un bruit de berceau, tournent au cauchemar, – Et quelle bête brute, revenue l’heure, Traîne la patte vers Bethléem, pour naître enfin ? Yeats (1919)
La Raison sera remplacée par la Révélation. À la place de la Loi rationnelle et des vérités objectives perceptibles par quiconque prendra les mesures nécessaires de discipline intellectuelle, et la même pour tous, la Connaissance dégénérera en une pagaille de visions subjectives (…) Des cosmogonies complètes seront créées à partir d’un quelconque ressentiment personnel refoulé, des épopées entières écrites dans des langues privées, les barbouillages d’écoliers placés plus haut que les plus grands chefs-d’œuvre. L’Idéalisme sera remplacé par le Matérialisme. La vie après la mort sera un repas de fête éternelle où tous les invités auront 20 ans … La Justice sera remplacée par la Pitié comme vertu cardinale humaine, et toute crainte de représailles disparaîtra … La Nouvelle Aristocratie sera composée exclusivement d’ermites, clochards et invalides permanents. Le Diamant brut, la Prostituée Phtisique, le bandit qui est bon pour sa mère, la jeune fille épileptique qui a le chic avec les animaux seront les héros et héroïnes du Nouvel Age, quand le général, l’homme d’État, et le philosophe seront devenus la cible de chaque farce et satire. Hérode (Pour le temps présent, oratorio de Noël, W. H. Auden, 1944)
Just over 50 years ago, the poet W.H. Auden achieved what all writers envy: making a prophecy that would come true. It is embedded in a long work called For the Time Being, where Herod muses about the distasteful task of massacring the Innocents. He doesn’t want to, because he is at heart a liberal. But still, he predicts, if that Child is allowed to get away, « Reason will be replaced by Revelation. Instead of Rational Law, objective truths perceptible to any who will undergo the necessary intellectual discipline, Knowledge will degenerate into a riot of subjective visions . . . Whole cosmogonies will be created out of some forgotten personal resentment, complete epics written in private languages, the daubs of schoolchildren ranked above the greatest masterpieces. Idealism will be replaced by Materialism. Life after death will be an eternal dinner party where all the guests are 20 years old . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal human virtue, and all fear of retribution will vanish . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. »What Herod saw was America in the late 1980s and early ’90s, right down to that dire phrase « New Age. »(…) Americans are obsessed with the recognition, praise and, when necessary, the manufacture of victims, whose one common feature is that they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class white male. The range of victims available 10 years ago — blacks, Chicanos, Indians, women, homosexuals — has now expanded to include every permutation of the halt, the blind and the short, or, to put it correctly, the vertically challenged. (…) Since our newfound sensitivity decrees that only the victim shall be the hero, the white American male starts bawling for victim status too. (…) European man, once the hero of the conquest of the Americas, now becomes its demon; and the victims, who cannot be brought back to life, are sanctified. On either side of the divide between Euro and native, historians stand ready with tarbrush and gold leaf, and instead of the wicked old stereotypes, we have a whole outfit of equally misleading new ones. Our predecessors made a hero of Christopher Columbus. To Europeans and white Americans in 1892, he was Manifest Destiny in tights, whereas a current PC book like Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise makes him more like Hitler in a caravel, landing like a virus among the innocent people of the New World. Robert Hughes (24.06.2001)
La vérité biblique sur le penchant universel à la violence a été tenue à l’écart par un puissant processus de refoulement. (…) La vérité fut reportée sur les juifs, sur Adam et la génération de la fin du monde. (…) La représentation théologique de l’adoucissement de la colère de Dieu par l’acte d’expiation du Fils constituait un compromis entre les assertions du Nouveau Testament sur l’amour divin sans limites et celles sur les fantasmes présents en chacun. (…) Même si la vérité biblique a été de nouveau  obscurcie sur de nombreux points, (…) dénaturée en partie, elle n’a jamais été totalement falsifiée par les Églises. Elle a traversé l’histoire et agit comme un levain. Même l’Aufklärung critique contre le christianisme qui a pris ses armes et les prend toujours en grande partie dans le sombre arsenal de l’histoire de l’Eglise, n’a jamais pu se détacher entièrement de l’inspiration chrétienne véritable, et par des détours embrouillés et compliqués, elle a porté la critique originelle des prophètes dans les domaines sans cesse nouveaux de l’existence humaine. Les critiques d’un Kant, d’un Feuerbach, d’un Marx, d’un Nietzsche et d’un Freud – pour ne prendre que quelques uns parmi les plus importants – se situent dans une dépendance non dite par rapport à l’impulsion prophétique. Raymund Schwager
An advertent and sustained foreign policy uses a different part of the brain from the one engaged by horrifying images. If Americans had seen the battles of the Wilderness and Cold Harbor on TV screens in 1864, if they had witnessed the meat-grinding carnage of Ulysses Grant’s warmaking, then public opinion would have demanded an end to the Civil War, and the Union might well have split into two countries, one of them farmed by black slaves. (…) The Americans have ventured into Somalia in a sort of surreal confusion, first impersonating Mother Teresa and now John Wayne. it would help to clarify that self-image, for to do so would clarify the mission, and then to recast the rhetoric of the enterprise. Lance Morrow (1993
In recent years, skewering the politically correct and the political correctness of those mocking political correctness has become a thriving journalistic enterprise. One of the more interesting examples of the genre was a cover-story essay by Robert Hughes, which appeared in the February 3, 1992, edition of Time magazine. The essay was entitled “The Fraying of America.”  In it, Hughes cast a cold eye on the American social landscape, and his assessment was summarized in the article’s subtitle: “When a nation’s diversity breaks into factions, demagogues rush in, false issues cloud debate, and everybody has a grievance.” “Like others, Hughes found himself puzzling over how and why the status of ‘victim’ had become the seal of moral rectitude in American society. He began his essay by quoting a passage from W. H. Auden’s Christmas oratorio, For the Time Being. The lines he quoted were ones in which King Herod ruminates over whether the threat to civilization posed by the birth of Christ is serious enough to warrant murdering all the male children in one region of the empire. (The historical Herod may have been a vulgar and conniving Roman sycophant, but Auden’s Herod, let’s not forget, is watching the rough beast of the twentieth century slouching toward Bethlehem.) Weighing all the factors, Herod decides that the Christ child must be destroyed, even if to do so innocents must be slaughtered. For, he argues in the passage that Hughes quoted, should the Child survive: Reason will be replaced by Revelation . . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal virtue, and all fear of retribution will vanish . . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. “Hughes quoted this passage from Auden in order to point out that Auden’s prophecy had come true. As Auden’s Herod had predicted, American society was awash in what Hughes termed the “all-pervasive claim to victimhood.” He noted that in virtually all the contemporary social, political, or moral debates, both sides were either claiming to be victims or claiming to speak on their behalf. It was clear to Hughes, however, that this was not a symptom of a moral victory over our scapegoating impulses. There can be no victims without victimizers. Even though virtually everyone seemed to be claiming the status of victim, the claims could be sustained only if some of the claims could be denied. (At this point, things become even murkier, for in the topsy-turvy world of victimology, a claimant denied can easily be mistaken for a victim scorned, the result being that denying someone’s claim to victim status can have the same effect as granting it.) Nevertheless, the algebraic equation of victimhood requires victimizers, and so, for purely logical reasons, some claims have to be denied. Some, in Hughes’s words, would have to remain “the butt of every farce and satire.” Hughes argued that all those who claim victim status share one thing in common, “they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class, white male.” “Hughes realized that a hardy strain of envy and resentment toward this one, lone nonvictim continued to play an important role in the squabbles over who would be granted victim status. Those whose status as victim was secure were glaring at this last nonvictim with something of the vigilante’s narrow squint. Understandably, the culprit was anxious to remove his blemish. “Since our new found sensitivity decrees that only the victim shall be the hero,” Hughes wrote, “the white American male starts bawling for victim status too.” Gil Bailie
The gospel revelation gradually destroys the ability to sacralize and valorize violence of any kind, even for Americans in pursuit of the good. (…) At the heart of the cultural world in which we live, and into whose orbit the whole world is being gradually drawn, is a surreal confusion. The impossible Mother Teresa-John Wayne antinomy Times correspondent (Lance) Morrow discerned in America’s humanitarian 1992 Somali operation is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded those cultures under biblical influence. Gil Bailie
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Les événements qui se déroulent sous nos yeux sont à la fois naturels et culturels, c’est-à-dire qu’ils sont apocalyptiques. Jusqu’à présent, les textes de l’Apocalypse faisaient rire. Tout l’effort de la pensée moderne a été de séparer le culturel du naturel. La science consiste à montrer que les phénomènes culturels ne sont pas naturels et qu’on se trompe forcément si on mélange les tremblements de terre et les rumeurs de guerre, comme le fait le texte de l’Apocalypse. Mais, tout à coup, la science prend conscience que les activités de l’homme sont en train de détruire la nature. C’est la science qui revient à l’Apocalypse. René Girard
La religion doit être historicisée : elle fait des hommes des êtres qui restent toujours violents mais qui deviennent plus subtils, moins spectaculaires, moins proches de la bête et des formes sacrificielles comme le sacrifice humain. Il se pourrait qu’il y ait un christianisme historique qui soit une nécessité historique. Après deux mille ans de christianisme historique, il semble que nous soyons aujourd’hui à une période charnière – soit qui ouvre sur l’Apocalypse directement, soit qui nous prépare une période de compréhension plus grande et de trahison plus subtile du christianisme. (…) Oui, pour moi l’Apocalypse c’est la fin de l’histoire. (…) L’Apocalypse, c’est l’arrivée du royaume de Dieu. Mais on peut penser qu’il y a des « petites ou des demi-apocalypses » ou des crises c’est-à-dire des périodes intermédiaires… (…) Il faut prendre très au sérieux les textes apocalyptiques. Nous ne savons pas si nous sommes à la fin du monde, mais nous sommes dans une période-charnière. Je pense que toutes les grandes expériences chrétiennes des époques-charnières sont inévitablement apocalyptiques dans la mesure où elles rencontrent l’incompréhension des hommes et le fait que cette incompréhension d’une certaine manière est toujours fatale. Je dis qu’elle est toujours fatale, mais en même temps elle ne l’est jamais parce que Dieu reprend toujours les choses et toujours pardonne. (…) Je me souviens d’un journal dans lequel il y avait deux articles juxtaposés. Le premier se moquait de l’Apocalypse d’une certaine façon ; le second était aussi apocalyptique que possible. Le contact de ces deux textes qui se faisaient face et qui dans le même temps se donnaient comme n’ayant aucun rapport l’un avec l’autre avait quelque chose de fascinant. (…) Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde : on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème ! (…) L’Amérique connaît bien cela. Il est évident que la non-différence de classe ne tarit pas les rivalités mais les excite à mort avec tout ce qu’il y a de bon et de mortel dans ce phénomène. (…)  il n’y a plus de sacrifice et donc les hommes sont exposés à la violence et il n’y a plus que deux choix : soit on préfère subir la violence soit on cherche à l’infliger à autrui. Le Christ veut nous dire entre autres choses : il vaut mieux subir la violence (c’est le sacrifice de soi) que de l’infliger à autrui. Si Dieu refuse le sacrifice, il est évident qu’il nous demande la non-violence qui empêchera l’Apocalypse. René Girard
L’avenir apocalyptique n’est pas quelque chose d’historique. C’est quelque chose de religieux sans lequel on ne peut pas vivre. C’est ce que les chrétiens actuels ne comprennent pas. Parce que, dans l’avenir apocalyptique, le bien et le mal sont mélangés de telle manière que d’un point de vue chrétien, on ne peut pas parler de pessimisme. Cela est tout simplement contenu dans le christianisme. Pour le comprendre, lisons la Première Lettre aux Corinthiens : si les puissants, c’est-à-dire les puissants de ce monde, avaient su ce qui arriverait, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de la Gloire – car cela aurait signifié leur destruction (cf. 1 Co 2, 8). Car lorsque l’on crucifie le Seigneur de la Gloire, la magie des pouvoirs, qui est le mécanisme du bouc émissaire, est révélée. Montrer la crucifixion comme l’assassinat d’une victime innocente, c’est montrer le meurtre collectif et révéler ce phénomène mimétique. C’est finalement cette vérité qui entraîne les puissants à leur perte. Et toute l’histoire est simplement la réalisation de cette prophétie. Ceux qui prétendent que le christianisme est anarchiste ont un peu raison. Les chrétiens détruisent les pouvoirs de ce monde, car ils détruisent la légitimité de toute violence. Pour l’État, le christianisme est une force anarchique, surtout lorsqu’il retrouve sa puissance spirituelle d’autrefois. Ainsi, le conflit avec les musulmans est bien plus considérable que ce que croient les fondamentalistes. Les fondamentalistes pensent que l’apocalypse est la violence de Dieu. Alors qu’en lisant les chapitres apocalyptiques, on voit que l’apocalypse est la violence de l’homme déchaînée par la destruction des puissants, c’est-à-dire des États, comme nous le voyons en ce moment. Lorsque les puissances seront vaincues, la violence deviendra telle que la fin arrivera. Si l’on suit les chapitres apocalyptiques, c’est bien cela qu’ils annoncent. Il y aura des révolutions et des guerres. Les États s’élèveront contre les États, les nations contre les nations. Cela reflète la violence. Voilà le pouvoir anarchique que nous avons maintenant, avec des forces capables de détruire le monde entier. On peut donc voir l’apparition de l’apocalypse d’une manière qui n’était pas possible auparavant. Au début du christianisme, l’apocalypse semblait magique : le monde va finir ; nous irons tous au paradis, et tout sera sauvé ! L’erreur des premiers chrétiens était de croire que l’apocalypse était toute proche. Les premiers textes chronologiques chrétiens sont les Lettres aux Thessaloniciens qui répondent à la question : pourquoi le monde continue-t-il alors qu’on en a annoncé la fin ? Paul dit qu’il y a quelque chose qui retient les pouvoirs, le katochos (quelque chose qui retient). L’interprétation la plus commune est qu’il s’agit de l’Empire romain. La crucifixion n’a pas encore dissout tout l’ordre. Si l’on consulte les chapitres du christianisme, ils décrivent quelque chose comme le chaos actuel, qui n’était pas présent au début de l’Empire romain. (..) le monde actuel (…) confirme vraiment toutes les prédictions. On voit l’apocalypse s’étendre tous les jours : le pouvoir de détruire le monde, les armes de plus en plus fatales, et autres menaces qui se multiplient sous nos yeux. Nous croyons toujours que tous ces problèmes sont gérables par l’homme mais, dans une vision d’ensemble, c’est impossible. Ils ont une valeur quasi surnaturelle. Comme les fondamentalistes, beaucoup de lecteurs de l’Évangile reconnaissent la situation mondiale dans ces chapitres apocalyptiques. Mais les fondamentalistes croient que la violence ultime vient de Dieu, alors ils ne voient pas vraiment le rapport avec la situation actuelle – le rapport religieux. Cela montre combien ils sont peu chrétiens. La violence humaine, qui menace aujourd’hui le monde, est plus conforme au thème apocalyptique de l’Évangile qu’ils ne le pensent. René Girard
Dans le monde actuel, beaucoup de choses correspondent au climat des grands textes apocalyptiques du Nouveau Testament, en particulier Matthieu et Marc. Il y est fait mention du phénomène principal du mimétisme, qui est la lutte des doubles : ville contre ville, province contre province… Ce sont toujours les doubles qui se battent et leur bagarre n’a aucun sens puisque c’est la même chose des deux côtés. Aujourd’hui, il ne semble rien de plus urgent à la Chine que de rattraper les Etats-Unis sur tous les plans et en particulier sur le nombre d’autoroutes ou la production de véhicules automobiles. Vous imaginez les conséquences ? Il est bien évident que la production économique et les performances des entreprises mettent en jeu la rivalité. Clausewitz le disait déjà en 1820 : il n’y a rien qui ressemble plus à la guerre que le commerce. Souvent les chrétiens s’arrêtent à une interprétation eschatologique des textes de l’Apocalypse. Il s’agirait d’un événement supranaturel… Rien n’est plus faux ! Au chapitre 16 de Matthieu, les juifs demandent à Jésus un signe. « Mais, vous savez les lire, les signes, leur répond-t-il. Vous regardez la couleur du ciel le soir et vous savez deviner le temps qu’il fera demain. » Autrement dit, l’Apocalypse, c’est naturel. L’Apocalypse n’est pas du tout divine. Ce sont les hommes qui font l’Apocalypse. René Girard
Quels sont les grands leaders du monde aujourd’hui ? Le président Xi, le président Poutine – on peut être d’accord ou pas, mais c’est un leader –, le grand prince Mohammed Ben Salman. Et que seraient aujourd’hui les Emirats sans le leadership de MBZ ? (…) Quel est le problème des démocraties ? C’est que les démocraties ont pu devenir des démocraties avec de grands leaders : de Gaulle, Churchill… Mais les démocraties détruisent tous les leaderships. C’est un grand sujet, ce n’est pas un sujet anecdotique ! Comment peut-on avoir une vision à dix, quinze ou vingt ans, et en même temps avoir un rythme électoral aux Etats-Unis tous les quatre ans ? Les démocraties sont devenues un champ de bataille, où chaque heure est utilisée par tout le monde, réseaux sociaux et autres, pour détruire celui qui est en place. Comment voulez-vous avoir une vision de long terme pour un pays ? C’est ce qui fait que, aujourd’hui, les grands leaders du monde sont issus de pays qui ne sont pas de grandes démocraties. (…) C’est une formidable bonne nouvelle que la Chine assume ses responsabilités internationales. On assiste à un changement de la politique chinoise comme jamais on n’en a connu avant. Jamais. La Chine, c’est quand même le pays qui a construit la Grande Muraille pour se protéger des barbares qui étaient de l’autre côté : nous. « One Road, One Belt »,  c’est un changement colossal ! Tout d’un coup, la Chine décomplexée dit : “Je pars à la conquête du monde.” Alors est-ce que c’est pour des raisons éducatives, politiques, économiques : peu importe.  (…) Le président Xi considère que deux mandats de cinq ans, dix ans, c’est pas assez. Il a raison ! Le mandat du président américain, en vérité c’est pas quatre ans, c’est deux ans : un an pour apprendre le job, un an pour préparer la réélection. Donc vous comparez le président chinois qui a une vision pour son pays et qui dit : “Dix ans, c’est pas assez”, au président américain qui a en vérité deux ans. Mais qui parierait beaucoup sur la réélection de Trump ? Ce matin, j’ai rencontré le prince héritier MBZ. Est-ce que vous croyez qu’on construit un pays comme ça, en deux ans ? Ici, en cinquante ans, vous avez construit un des pays les plus modernes qui soient. La question du leadership est centrale. La réussite du modèle émirien est sans doute l’exemple le plus important pour nous, pour l’ensemble du monde. J’ai été le chef de l’Etat qui a signé le contrat du Louvre à Abou Dhabi. J’y ai mis toute mon énergie. MBZ y a mis toute sa vision. On a mis dix ans ! En allant vite ! Sauf que MBZ est toujours là… Et moi ça fait six ans que je suis parti. (…) La question doit être posée comme ça : est-ce qu’on a besoin de la Russie ou pas ? Ma réponse est oui ! La Russie, c’est le pays à la plus grande superficie du monde. Qui peut dire qu’on ne doit pas parler avec eux ? Quelle est cette idée folle ? Je n’avais pas tout à fait compris dans l’administration Obama pourquoi Poutine et la Russie étaient devenus le principal adversaire. Y a-t-il un risque que la Russie envahisse d’autres pays ? Je n’y crois pas. La Russie doit perdre environ un demi-million d’habitants par an, sur le territoire le plus grand du monde. Est-ce que vous avez déjà vu des pays qui n’arrivent pas à occuper toute leur surface aller envahir des pays à côté ? Sur l’Ukraine, je pense que l’affaire n’a pas été bien gérée depuis le début et qu’il y avait moyen de faire mieux. Poutine est un homme prévisible, avec qui on peut parler et qui respecte la force. Nicolas Sarkozy
One must be blind not to see the approach of the terrible moments of history about which the Apostle and Evangelist John the Theologian spoke in his Revelation. Patriarch Kirill
We believe that Putin is the best and the only leader [for Russia]… He is trying to make Russia the state where Christians can live and can save their souls for eternal life. Konstantin Malofeev
Simply said, the Antichrist will not come before there will not be anymore supporters [of Orthodoxy]… What is the coming of Antichrist? It is secularism. It is modernization. Westernization. Materialism. Scientific development. The concept of progress. Putin is exactly the figure who is resisting the Antichrist on earth. Aleksandr Dugin
Thank God we live in a country where political correctness has not reached the point of absurdity. Andrei Konchalovsky
If the world were saved from demonic constructions such as the United States, it would be easier for everyone to live. And one of these days it will happen. n. Russian commander
Putin understands that there is no empire without Ukraine. The first move, I think, is Ukraine. But I don’t exclude a military attack in the Far East. They want to distract American attention, prolong the front of confrontation in order to create a favorable situation for aggression in Europe. If you look at the map, Russia is always helping the enemies of America: deep ties to North Korea, involvement in Afghanistan and Syria, backing Iran, and so on. Antoni Macierewicz (Poland’s defense minister)
Vladimir Putin’s propaganda machine has two overarching goals.  First, the Russian people must believe the Kremlin version of domestic and world events (…) that Russia is a super power in a hostile world (…) Second, Kremlin propaganda must discredit Western democracy as dysfunctional and inferior to Russia’s managed “democracy.” Kremlin propaganda has largely failed in this regard. Russians consider their government corrupt, remote from the people, interested in preserving power rather than performing its duties, and lying about the true state of affairs. Nevertheless, Putin’s approval ratings remain high in the absence of rivals, who have fled the country, been indicted, or murdered. Putin, in fact, bases his legitimacy on high approval ratings. To counter the Russian people’s sense that they have no say in how they are governed, Kremlin propagandists must sell the story that Western democracies have it worse. Downtrodden Americans, they say, face poverty, hunger, racial and ethnic discrimination, unemployment, and they are governed by corrupt, inept, greedy, dysfunctional, and feuding politicians who sell out to the highest bidder on Wall Street or in Silicon Valley. This brings us to how the ballyhooed Russian meddling in the 2016 U.S. election has given Putin a gift that keeps on giving—a paralyzed federal government, incapable of compromise, in which a significant portion of the governing class questions the legitimacy of a new president. Russia routinely meddles in the politics of other countries. Despite denials, the Kremlin contributes to pro-Russian political parties throughout the world, gathers compromising information, hacks into email accounts, offers lucrative contracts to foreign businesses, and circulates false news. Given this history, U.S. authorities should not have been surprised by Russian meddling in the 2016 presidential race. To date, Special Counsel Robert Mueller has indicted thirteen Russian “internet trolls,” who sowed discord on social media by posting inflammatory, distorted, slanted, and false information promoting the Russian narrative of a deeply divided electorate and a discredited American electoral system. Mueller’s indictment identifies the Internet Research Agency (IRA) of St. Petersburg as the nerve center of Russia’s trolling operations. Although putatively owned by a private Russian oligarch close to Putin, there is little doubt that the IRA is a mouthpiece of the Kremlin. The existence and activities of the IRA have been known since 2014. It employs hundreds of hackers and writers divided into geographical sections. It is not the sole source of Russian trolling, but it is the most important. Those American politicians and pundits, like Congressman Jerry Nagler and columnist Thomas Friedman, who label Russian intervention an act of warfare on par with Pearl Harbor or 9/11must attribute supernatural powers to Putin’s trolls. After all, the Mueller investigation revealed that Russia spent no more than a few million dollars on its election-meddling versus the over two billion dollars spent by the presidential candidates alone. The IRA’s St. Petersburg America desk constituted some 90 persons. Their social media posts accounted for an infinitesimal portion of social media political traffic and much of this came after the election. (…) that Western democracies, American democracy especially, are rotten, corrupt, and hapless is a cornerstone of the Kremlin narrative. As the Mueller indictment concludes: The stated goal of the Russian operation was “spreading distrust towards candidates and the political system in general.” The Russian trolls, according to the Mueller indictment, used a number of techniques to achieve this end. They encouraged fringe candidates. They tried to ally with disaffected religious, ethnic, and nationalist groups. They discredited the candidate they thought most likely to win. Once the winner was known, they immediately moved to discredit him. (…) The dozen ill-informed operatives indicted by Mueller held poorly attended rallies, had to be educated about red and blue states, and spent their limited funds in uncontested states. It would be almost crazy to believe that such Russian intervention could have made a difference. Why, then, do so many Americans believe that Russia was instrumental in throwing the election to Donald Trump? It may be that some of the President’s opponents actually believe this narrative. But there’s another explanation, too: Russian intervention provides opportunistic politicians and pundits a useful excuse for paralyzing the incoming government of a gutter-fighter President from a show business and construction background with no political experience. In their view, such a person should not be allowed to govern. Hence the paralysis, dysfunction, and chaos of American democracy—long claimed by Russian propagandists—is on its way to becoming reality. What a windfall for Putin and his oligarchs. Paul R. Gregory
Ivan Ilyin, came to imagine a Russian Christian fascism. Born in 1883, he finished a dissertation on God’s worldly failure just before the Russian Revolution of 1917. Expelled from his homeland in 1922 by the Soviet power he despised, he embraced the cause of Benito Mussolini and completed an apology for political violence in 1925. In German and Swiss exile, he wrote in the 1920s and 1930s for White Russian exiles who had fled after defeat in the Russian civil war, and in the 1940s and 1950s for future Russians who would see the end of the Soviet power. (…) For the young Ilyin, writing before the Revolution, law embodied the hope that Russians would partake in a universal consciousness that would allow Russia to create a modern state. For the mature, counter-revolutionary Ilyin, a particular consciousness (“heart” or “soul,” not “mind”) permitted Russians to experience the arbitrary claims of power as law. Though he died forgotten, in 1954, Ilyin’s work was revived after collapse of the Soviet Union in 1991, and guides the men who rule Russia today. (…) Because Ilyin found ways to present the failure of the rule of law as Russian virtue, Russian kleptocrats use his ideas to portray economic inequality as national innocence. In the last few years, Vladimir Putin has also used some of Ilyin’s more specific ideas about geopolitics in his effort translate the task of Russian politics from the pursuit of reform at home to the export of virtue abroad. By transforming international politics into a discussion of “spiritual threats,” Ilyin’s works have helped Russian elites to portray the Ukraine, Europe, and the United States as existential dangers to Russia. (…) Ilyin used the word Spirit (Dukh) to describe the inspiration of fascists. The fascist seizure of power, he wrote, was an “act of salvation.” The fascist is the true redeemer, since he grasps that it is the enemy who must be sacrificed. Ilyin took from Mussolini the concept of a “chivalrous sacrifice” that fascists make in the blood of others. (Speaking of the Holocaust in 1943, Heinrich Himmler would praise his SS-men in just these terms.) (…) What seemed to trouble Ilyin most was that Italians and not Russians had invented fascism: “Why did the Italians succeed where we failed?” Writing of the future of Russian fascism in 1927, he tried to establish Russian primacy by considering the White resistance to the Bolsheviks as the pre-history of the fascist movement as a whole. The White movement had also been “deeper and broader” than fascism because it had preserved a connection to religion and the need for totality. Ilyin proclaimed to “my White brothers, the fascists” that a minority must seize power in Russia. The time would come. The “White Spirit” was eternal. (…) “The fact of the matter,” wrote Ilyin, “is that fascism is a redemptive excess of patriotic arbitrariness.” Arbitrariness (proizvol), a central concept in all modern Russian political discussions, was the bugbear of all Russian reformers seeking improvement through law. Now proizvol was patriotic. The word for “redemptive” (spasytelnii), is another central Russian concept. It is the adjective Russian Orthodox Christians might apply to the sacrifice of Christ on Calvary, the death of the One for the salvation of the many. Ilyin uses it to mean the murder of outsiders so that the nation could undertake a project of total politics that might later redeem a lost God. In one sentence, two universal concepts, law and Christianity, are undone. A spirit of lawlessness replaces the spirit of the law; a spirit of murder replaces a spirit of mercy. (…) Writing in Russian for Russian émigrés, Ilyin was quick to praise Hitler’s seizure of power in 1933. Hitler did well, in Ilyin’s opinion, to have the rule of law suspended after the Reichstag Fire of February 1933. Ilyin presented Hitler, like Mussolini, as a Leader from beyond history whose mission was entirely defensive. “A reaction to Bolshevism had to come,” wrote Ilyin, “and it came.” European civilization had been sentenced to death, but “so long as Mussolini is leading Italy and Hitler is leading Germany, European culture has a stay of execution.” Nazis embodied a “Spirit” (Dukh) that Russians must share. According to Ilyin, Nazis were right to boycott Jewish businesses and blame Jews as a collectivity for the evils that had befallen Germany. Above all, Ilyin wanted to persuade Russians and other Europeans that Hitler was right to treat Jews as agents of Bolshevism. This “Judeobolshevik” idea, as Ilyin understood, was the ideological connection between the Whites and the Nazis. The claim that Jews were Bolsheviks and Bolsheviks were Jews was White propaganda during the Russian Civil War. Of course, most communists were not Jews, and the overwhelming majority of Jews had nothing to do with communism. The conflation of the two groups was not an error or an exaggeration, but rather a transformation of traditional religious prejudices into instruments of national unity. Judeobolshevism appealed to the superstitious belief of Orthodox Christian peasants that Jews guarded the border between the realms of good and evil. It shifted this conviction to modern politics, portraying revolution as hell and Jews as its gatekeepers. As in Ilyin’s philosophy, God was weak, Satan was dominant, and the weapons of hell were modern ideas in the world. (…) As the 1930s passed, Ilyin began to doubt that Nazi Germany was advancing the cause of Russian fascism. This was natural, since Hitler regarded Russians as subhumans, and Germany supported European fascists only insofar as they were useful to the specific Nazi cause. Ilyin began to caution Russian Whites about Nazis, and came under suspicion from the German government. He lost his job and, in 1938, left Germany for Switzerland. He remained faithful, however, to his conviction that the White movement was anterior to Italian fascism and German National Socialism. In time, Russians would demonstrate a superior fascism. (…) World War II (…) was a confusing moment for both communists and their enemies, since the conflict began after the Soviet Union and Nazi Germany reached an agreement known as the Molotov-Ribbentrop Pact. (…) as the Wehrmacht invaded the Soviet Union (…) Ilyin (…) wrote of the German invasion of the USSR as a “judgment on Bolshevism.” After the Soviet victory at Stalingrad in February 1943, when it became clear that Germany would likely lose the war, Ilyin changed his position again. Then, and in the years to follow, he would present the war as one of a series of Western attacks on Russian virtue. Russian innocence was becoming one of Ilyin’s great themes. As a concept, it completed Ilyin’s fascist theory: the world was corrupt; it needed redemption from a nation capable of total politics; that nation was unsoiled Russia. As he aged, Ilyin dwelled on the Russian past, not as history, but as a cyclical myth of native virtue defended from external penetration. Russia was an immaculate empire, always under attack from all sides. A small territory around Moscow became the Russian Empire, the largest country of all time, without ever attacking anyone. Even as it expanded, Russia was the victim, because Europeans did not understand the profound virtue it was defending by taking more land. In Ilyin’s words, Russia has been subject to unceasing “continental blockade,” and so its entire past was one of “self-defense.” And so, “the Russian nation, since its full conversion to Christianity, can count nearly one thousand years of historical suffering.” (…) Democratic elections institutionalized the evil notion of individuality. “The principle of democracy,” Ilyin wrote, “was the irresponsible human atom.” Counting votes was to falsely accept “the mechanical and arithmetical understanding of politics.” It followed that “we must reject blind faith in the number of votes and its political significance.” Public voting with signed ballots will allow Russians to surrender their individuality. Elections were a ritual of submission of Russians before their Leader. (…) Russia today is a media-heavy authoritarian kleptocracy, not the religious totalitarian entity that Ilyin imagined. And yet, his concepts do help lift the obscurity from some of the more interesting aspects of Russian politics. Vladimir Putin, to take a very important example, is a post-Soviet politician who emerged from the realm of fiction. Since it is he who brought Ilyin’s ideas into high politics, his rise to power is part of Ilyin’s story as well. (…) In the early 2000s, Putin maintained that Russia could become some kind of rule-of-law state. Instead, he succeeded in bringing economic crime within the Russian state, transforming general corruption into official kleptocracy. Once the state became the center of crime, the rule of law became incoherent, inequality entrenched, and reform unthinkable. Another political story was needed. Because Putin’s victory over Russia’s oligarchs also meant control over their television stations, new media instruments were at hand. The Western trend towards infotainment was brought to its logical conclusion in Russia, generating an alternative reality meant to generate faith in Russian virtue but cynicism about facts. This transformation was engineered by Vladislav Surkov, the genius of Russian propaganda. He oversaw a striking move toward the world as Ilyin imagined it, a dark and confusing realm given shape only by Russian innocence. With the financial and media resources under control, Putin needed only, in the nice Russian term, to add the “spiritual resource.” And so, beginning in 2005, Putin began to rehabilitate Ilyin as a Kremlin court philosopher. (…) If Russia could not become a rule-of-law state, it would seek to destroy neighbors that had succeeded in doing so or that aspired to do so. Echoing one of the most notorious proclamations of the Nazi legal thinker Carl Schmitt, Ilyin wrote that politics “is the art of identifying and neutralizing the enemy.” In the second decade of the twenty-first century, Putin’s promises were not about law in Russia, but about the defeat of a hyper-legal neighboring entity. The European Union, the largest economy in the world and Russia’s most important economic partner, is grounded on the assumption that international legal agreements provide the basis for fruitful cooperation among rule-of-law states. (…) Putin predicted that Eurasia would overcome the European Union and bring its members into a larger entity that would extend “from Lisbon to Vladivostok.” (…) Modifying Ilyin’s views about Russian innocence ever so slightly, Russian leaders could see the Soviet Union not as a foreign imposition upon Russia, as Ilyin had, but rather as Russia itself, and so virtuous despite appearances. Any faults of the Soviet system became necessary Russian reactions to the prior hostility of the West. Questions about the influence of ideas in politics are very difficult to answer, and it would be needlessly bold to make of Ilyin’s writings the pillar of the Russian system. For one thing, Ilyin’s vast body of work admits multiple interpretations. (…) And yet, most often in the Russia of the second decade of the twenty-first century, it is Ilyin’s ideas that to seem to satisfy political needs and to fill rhetorical gaps, to provide the “spiritual resource” for the kleptocratic state machine. (…) Russia’s 2012 law on “foreign agents,” passed right after Putin’s return to the office of the presidency, well represents Ilyin’s attitude to civil society. Ilyin believed that Russia’s “White Spirit” should animate the fascists of Europe; since 2013, the Kremlin has provided financial and propaganda support to European parties of the populist and extreme right. The Russian campaign against the “decadence” of the European Union, initiated in 2013, is in accord with Ilyin’s worldview. (…) Putin first submitted to years of shirtless fur-and-feather photoshoots, then divorced his wife, then blamed the European Union for Russian homosexuality. Ilyin sexualized what he experienced as foreign threats. Jazz, for example, was a plot to induce premature ejaculation. When Ukrainians began in late 2013 to assemble in favor of a European future for their country, the Russian media raised the specter of a “homodictatorship.” (…) Putin justified Russia’s attempt to draw Ukraine towards Eurasia by Ilyin’s “organic model” that made of Russia and Ukraine “one people. » Timothy Snyder
The last two weeks have witnessed the upending of the European order and the close of the post-Cold War era. With his invasion of Crimea and the instant absorption of the strategic peninsula, Vladimir Putin has shown that he will not play by the West’s rules. The “end of history” is at an end—we’re now seeing the onset of Cold War 2.0. What’s on the Kremlin’s mind was made clear by Putin’s fire-breathing speech to the Duma announcing the annexation of Crimea, which blended retrograde Russian nationalism with a generous helping of messianism on behalf of his fellow Slavs, alongside the KGB-speak that Putin is so fond of. If you enjoy mystical references to Orthodox saints of two millennia past accompanied by warnings about a Western fifth column and “national traitors,” this was the speech for you. Putin confirmed the worst fears of Ukrainians who think they should have their own country. But his ambitions go well beyond Ukraine: By explicitly linking Russian ethnicity with membership in the Russian Federation, Putin has challenged the post-Soviet order writ large. For years, I studied Russia as a counterintelligence officer for the National Security Agency, and at times I feel like I’m seeing history in reverse. The Kremlin is a fiercely revisionist power, seeking to change the status quo by various forms of force. This will soon involve NATO members in the Baltics directly, as well as Poland and Romania indirectly. Longstanding Russian acumen in what I term Special War, an amalgam of espionage, subversion and terrorism by spies and special operatives, is already known to Russia’s neighbors and can be expected to increase. In truth, Putin set Russia on a course for Cold War 2.0 as far back as 2007, and perhaps earlier; Western counterintelligence noted major upswings in aggressive Russian espionage and subversion against NATO members as far back as 2006.The brief Georgia war of August 2008, which made clear that the Kremlin was perfectly comfortable with using force in the post-Soviet space, ought to have served as a bigger wake-up call for the West. John R. Schindler (2014)
Ever since Moscow’s Little Green Men seized Crimea in early 2014, we’ve been in a new Cold War with Russia. To the consternation of wishful-thinkers, as Vladimir Putin’s confrontation with the West has become transparent, the reality of what I termed Cold War 2.0 almost four years ago has grown difficult to deny. Since the Kremlin’s revanchism is driving this conflict, we’re in it whether we want to be or not. Europe is the central front  in Cold War 2.0, thanks to geography and history. Putin’s war on, and in, Ukraine continues on low boil, while the Russian military regularly delivers provocations—a too-close warship here, an aircraft buzz there—all along NATO’s eastern frontier, sending an aggressive message. Major military exercises like September’s Zapad mega-wargame demonstrate Putin’s seriousness about confronting the Atlantic Alliance. (…)  However, Kremlin provocations extend far beyond the former Soviet Union (…) This assessment sounds alarmist at first, particularly the mention of possible aggression in the Far East, but Western intelligence agencies that track Russian moves have been thinking along similar lines—though they seldom say so in public. Therefore, it’s worth taking a brief look at what Putin’s up to, and where. Russia’s footprint on the North Korean crisis is impossible to miss, and since that’s the world’s most dangerous strategic predicament at present, Moscow’s less-than-helpful role merits attention. Although Beijing is clearly exasperated by the unhinged antics of its semi-client regime in Pyongyang, Moscow seems perfectly pleased with the hazardous games played by North Korea. And why not? Pyongyang creates strategic confusion for the Americans, which the Kremlin always enjoys. Russian military and intelligence support to the increasingly isolated Kim regime is an open secret, while Putin’s sanctions-beating lifelines to Pyongyang are public and deeply annoying for both Beijing and Washington. Although Moscow is no more eager to see all-out war on the Korean peninsula than the Chinese or Americans, keeping the nasty Kim regime in place frustrates and distracts the Pentagon, which is Russia’s real aim here. Not to mention that backing North Korea is viewed in the Kremlin as payback for NATO’s “meddling” in Ukraine. A similar pattern can be detected in Afghanistan, where American-led forces are in their sixteenth year of a seemingly endless counterinsurgency against the Taliban—and it’s not going well. Therefore, Moscow has been giving clandestine support to the Taliban. A few months back, the U.S. military command in Afghanistan admitted that Russian arms were reaching the Taliban. That clandestine Kremlin assistance is costing lives is increasingly obvious. Russian aid has reached Taliban “special” units that launch attacks on Afghan military bases. A recent spate of Taliban assaults on Afghan forces, including nighttime raids, has inflicted unexpected casualties on American allies. Of concern to the Pentagon, Taliban fighters equipped with Russian-made night vision gear have been ambushing Afghan military and police with lethal effects. It seems only a matter of time before American troops are killed by Russian-equipped Taliban special operators. While the Kremlin is in truth no fonder of the Taliban than the West is, this spoiler strategy is inflicting pain on the Americans and our clients in Kabul, which is all the Russians seek here. Not to mention that payback against us in Afghanistan, three decades after U.S. clandestine aid killed and wounded thousands of Soviet troops in that country, must be delicious for Moscow, where revenge has always constituted a rational strategic motivation. However, the real fight is in the heart of the Middle East, where Russia and its Iranian allies are fundamentally transforming the region at high cost in blood. Together, Moscow and Tehran are challenging the American-constructed security system that’s an ailing holdover from the last Cold War. Even recent cooperation between America’s two clients, Israel and Saudi Arabia, appears insufficient to turn back the rising Russian-Iranian tide across the Middle East. We only have ourselves to blame for this. Putin has taken full advantage of the blank check written by Barack Obama in September 2013 when our president backed away from his “red line” in Syria, in effect outsourcing that country and its terrible civil war to the Kremlin. As I predicted at the time, the strategic consequences of Obama’s decision have been grave, making Putin the new Middle East power-broker—a message that was missed only in Washington think-tanks. For his part, Donald Trump has been only too willing to let his Russian counterpart and would-be buddy do whatever he likes in Syria, Iraq, and elsewhere. Moscow’s military intervention in the Middle East, begun under Obama, continues to flourish and shows no signs of abating. The balance of power in this vital region has shifted decisively from Washington to Moscow at appalling cost in human life, though none of that troubled President Obama very much, and it seems to trouble his successor not one bit. It would be naïve to think Putin restricts his poking to the Eastern Hemisphere. Closer to our home, the bear’s paw-prints are easily detectable. Take Venezuela, the Bolivarian dictatorship and economic basket-case that’s barely a viable country at all anymore, between currency collapse and serious food shortages. Russian money is keeping this anti-American regime afloat, and last week Moscow’s refinancing of $3.15 billion it’s owed by Caracas gives the flat-broke country a bit of financial breathing room. Without Russia, Venezuela would likely implode, and it’s worth considering whether the Bolivarian regime is actually Putin’s newest satellite state. Although sanctions and low oil prices have diminished the Kremlin’s largess toward anti-Americans all over the globe, the prospect of having a loyal (because utterly dependent) client so close to the United States seems too good for Putin to pass up. Then there’s Cuba, Moscow’s “fraternal ally” from the last Cold War, and apparently the second one too. Just 90 miles from Key West, Cuba has long served as a reliable base for Russian provocations against us, and nothing’s changed. Russian economic aid to that impoverished island is back, after falling off after 1991, and the Kremlin has begun to reopen its military and spy bases in the country, which were shuttered after the Soviet collapse. Western intelligence has detected a Kremlin hand behind the recent rash of sonic attacks on American and Canadian diplomats in Cuba. While Havana flatly denies that anything untoward has occurred, two dozen U.S. diplomats in the country have suffered serious health problems due to this mysterious problem, which remains officially unexplained. However, it’s known that the KGB experimented with sonic weapons, while an attack of this sophistication is widely considered to be beyond the technical abilities of Cuban intelligence. (….) In all, this amounts to a worldwide Russian effort to push back against what’s left of American hegemony. Since Moscow lacks the ability to directly counter NATO and the U.S. militarily, the Russians are provoking and prodding where they can with the techniques of Special War: it’s what the Kremlin does best. This should be considered a spoiler strategy, a strategy of tension—what left-wing Italians in the 1970s termed la strategia della tensione. Vladimir Putin seeks to expand Russian power on the cheap while causing problems for America and our allies wherever he can—without direct military confrontation. John Schindler
One of the more interesting aspects of Cold War 2.0 is the ideological struggle between the postmodern West and Russia—a struggle that most Westerners deny even exists. there is an undeniable ideological struggle between Vladimir Putin’s neo-traditionalist Russia and the post-modern West—one that prominent Russians talk about all the time. In the Kremlin’s imagination, this fight pits the godless, materialistic, doomed 21st century West, too lazy to even reproduce, against a tough, reborn Russia that was forged in the murderous fire of 74 years of Bolshevism. The yawning gap between Russian and Western values can be partly explained by the fact that Communism shielded the former from the West’s vast cultural shifts since the 1960s. Living under the Old Left provided protection against the New Left. As a result, Russians are living in our past and find current Western ways incomprehensible and even contemptible. Take the reaction to America’s present panic about sexual harassment, which is felling celebrities and politicians left and right. In Moscow, this looks like madness, punishing powerful men for doing what powerful men have always done. Their late-night TV uses our sex panic as a punchline, proof that Americans are weak and feminized, held hostage to radical ideology. There is an undeniable theological aspect to this Russian contempt for post-modern Western values. The Russian Orthodox Church, which isn’t exactly state-controlled but is tightly linked to the Kremlin, regularly denounces the godless West and its sins—homosexuality and feminism especially. Orthodox clerics regularly castigate our “Satanic” ways as an example of what Russia must repel if it wants to survive the 21st century. Denouncing the West as godless and decadent is a venerable tradition in Russian Orthodoxy with deep historical roots, and it’s been reborn after Communism with gusto. Patriarch Kirill, the head of the ROC, frequently breathes fire on post-modern Western ways, and a couple weeks back he shared them with John Huntsman, the newly arrived American ambassador in Moscow, in an awkward meet-and-greet that turned into a theology lecture. Simply put, Kirill explained, America today is doing to itself what the Bolsheviks did to Russia: forcing a godless, secular ideology onto society. “Christian values are being destroyed… The West is abandoning God, but Russia is not abandoning God, like the majority of people in the world. That means the distance between our values is increasing,” he stated bluntly. Kirill’s insistence that America and the West are the outliers here, with Russia and most of the world on the side of traditional religion and values, is an important point that merits pondering. The traditionalist nature of Putinism, always present, has grown more intense in recent years as the Kremlin has sought to enshrine an official ideology as confrontation with the West has grown. Whatever Vladimir Putin may actually believe, he has played the public role of an Orthodox believer quite effectively. He has cultivated senior ROC clerics, who provide regime-endorsing soundbites as needed, and the church gives Putin legitimacy in the eyes of average Russians, who aren’t especially religious in terms of church-going, yet they see an Orthodox identity as reassuring and plausible in Communism’s wake. Putin has returned the church’s affection, stating that Russia’s “spiritual shield”—meaning Orthodoxy—is as important to the country’s security as its nuclear shield. In turn, Orthodox leaders portray Putin’s as a God-given figure, divinely sent to bring the country back to faith and great-power status out of the wreckage of atheistic Bolshevism. (…) Recently, Putin has played up the Orthodox nationalist message in a series of public events. He visited Mount Athos, Greece’s famous Holy Mountain, in May 2016 in a pilgrimage of sorts. It was shown live, with great fanfare, in wall-to-wall coverage on Tsargrad TV, and Putin was treated by the monks there more like a visiting Byzantine emperor than as the Russian president. This month, Putin was present for the grand reopening of the New Jerusalem Monastery outside Moscow, a sprawling 17th century complex that was destroyed by the Nazis in World War II and was rebuilt from the ground up over the past decade at great expense. It did not go unnoticed that the monastery was originally constructed to glorify the Third Rome idea, the centuries-old religious myth that Moscow is the sole successor to Rome and Byzantium, which has long served as a driver of Russian nationalism and imperialism. Then, last week, Patriarch Kirill warned of coming Armageddon. (…) Adding that the world’s end is in the hands of humanity, and something that Russians and all nations must stop, Krill warned of Earth imminently “slipping into the abyss of the end of history.” These are the comments of a top cleric, not the Ministry of Defense, but it should be noted that the Russian military is now practicing for global thermonuclear war in a manner it hasn’t done since the last Cold War. Last month, in an apparent continuation of September’s Zapad mega-wargame, Russia’s strategic nuclear forces conducted a huge exercise that involved Putin himself. This exercise involved all three “legs” of Russia’s nuclear triad: land-based ballistic missiles, long-range bombers, and submarines with ballistic missiles. In all, several cruise missiles were fired while three ballistic missiles were launched—and Putin personally gave the launch orders. This is a rare move, not to mention a violation of our nuclear treaties with the Kremlin, and Moscow was sending a hard-to-miss message. (…) It would be a mistake to directly lump nuclear exercises in with apocalyptic messages from leading Kremlin ideologues. However, it’s hardly encouraging that the Putin regime is pushing propaganda about planetary end-times while indulging in saber-rattling nuclear wargames for the first time in decades. Whatever else this aggressive Moscow messaging means, none of it bodes well for peace. John Schindler

Religions de tous pays, unissez vous !

Au lendemain d’un nouveau triomphe électoral du Chaisier musical en chef  de la sainte Russie …

Dont la participation et le score rien de moins qu’africains ou même soviétiques …

En font rêver plus d’un notre Sarkozy national en tête ….

Dans un Occident ne s’étant toujours pas remis du vide stratégique et des folies migratoires laissés par l’ère Obama-Merkel…

Comment ne pas voir …

Avec l’ex-expert de la NSA John Schindler

La lutte proprement théologique qui se profile …

Derrière la convergence des revanchismes tant russe que chinois ou musulman …

Et sous la menace d’une probablement inévitable invasion démographique africaine de l’Europe …

Entre sous l’étendard d’une Amérique en proie aux pires dérives du politiquement correct …

La décadence postmoderne d’un Occident désormais livré au plus crasse du matérialisme et de la déchristianisation ….

Et sous la houlette d’un régime poutinien multipliant entre inaugurations ou visites de lieux saints orthodoxes les démonstrations de force y compris chimiques ou thermonucléaires

Un reste du monde défendant la religion et les valeurs traditionnelles abandonnées par ledit Occident ?

Russia Conducts Nuclear Exercises Amid Orthodox End-Times Talk

One of the more interesting aspects of Cold War 2.0 is the ideological struggle between the postmodern West and Russia—a struggle that most Westerners deny even exists. President Barack Obama, after Moscow seized Crimea in early 2014, pronounced that there was nothing big afoot: “After all, unlike the Soviet Union, Russia leads no bloc of nations, no global ideology.”

Obama’s statement was wrong then, and it’s even more wrong now. As I’ve explained, there is an undeniable ideological struggle between Vladimir Putin’s neo-traditionalist Russia and the post-modern West—one that prominent Russians talk about all the time. In the Kremlin’s imagination, this fight pits the godless, materialistic, doomed 21st century West, too lazy to even reproduce, against a tough, reborn Russia that was forged in the murderous fire of 74 years of Bolshevism.

The yawning gap between Russian and Western values can be partly explained by the fact that Communism shielded the former from the West’s vast cultural shifts since the 1960s. Living under the Old Left provided protection against the New Left. As a result, Russians are living in our past and find current Western ways incomprehensible and even contemptible.

Take the reaction to America’s present panic about sexual harassment, which is felling celebrities and politicians left and right. In Moscow, this looks like madness, punishing powerful men for doing what powerful men have always done. Their late-night TV uses our sex panic as a punchline, proof that Americans are weak and feminized, held hostage to radical ideology. Andrei Konchalovsky, one of Russia’s top film directors (including some Hollywood hits), expressed his view plainly: “Thank God we live in a country where political correctness has not reached the point of absurdity.”

There is an undeniable theological aspect to this Russian contempt for post-modern Western values. The Russian Orthodox Church, which isn’t exactly state-controlled but is tightly linked to the Kremlin, regularly denounces the godless West and its sins—homosexuality and feminism especially. Orthodox clerics regularly castigate our “Satanic” ways as an example of what Russia must repel if it wants to survive the 21st century.

Denouncing the West as godless and decadent is a venerable tradition in Russian Orthodoxy with deep historical roots, and it’s been reborn after Communism with gusto. Patriarch Kirill, the head of the ROC, frequently breathes fire on post-modern Western ways, and a couple weeks back he shared them with John Huntsman, the newly arrived American ambassador in Moscow, in an awkward meet-and-greet that turned into a theology lecture.

Simply put, Kirill explained, America today is doing to itself what the Bolsheviks did to Russia: forcing a godless, secular ideology onto society. “Christian values are being destroyed… The West is abandoning God, but Russia is not abandoning God, like the majority of people in the world. That means the distance between our values is increasing,” he stated bluntly. Kirill’s insistence that America and the West are the outliers here, with Russia and most of the world on the side of traditional religion and values, is an important point that merits pondering.

The traditionalist nature of Putinism, always present, has grown more intense in recent years as the Kremlin has sought to enshrine an official ideology as confrontation with the West has grown. Whatever Vladimir Putin may actually believe, he has played the public role of an Orthodox believer quite effectively. He has cultivated senior ROC clerics, who provide regime-endorsing soundbites as needed, and the church gives Putin legitimacy in the eyes of average Russians, who aren’t especially religious in terms of church-going, yet they see an Orthodox identity as reassuring and plausible in Communism’s wake.

Putin has returned the church’s affection, stating that Russia’s “spiritual shield”—meaning Orthodoxy—is as important to the country’s security as its nuclear shield. In turn, Orthodox leaders portray Putin’s as a God-given figure, divinely sent to bring the country back to faith and great-power status out of the wreckage of atheistic Bolshevism.

Prominent here is Konstantin Malofeev, a hedge-fund billionaire turned militant Orthodox nationalist, who created Tsargrad TV, a 24-hour cable new network, to push those values to the public. Malofeev, like the Blues Brothers, thinks he’s on a mission from God, and his network is basically the Russian Fox News, if FNC focused on theology and mystical nationalism instead of blonde newsreaders.

Malofeev’s affection for Russia’s president and his system is clear: “We believe that Putin is the best and the only leader [for Russia]… He is trying to make Russia the state where Christians can live and can save their souls for eternal life.” While the deeply Eastern nature of Orthodoxy means it has little appeal for Western Christians, there’s no doubt that Kremlin messaging is reaching some, especially American Evangelicals, whom Moscow sees as potential allies abroad.

The notorious gadfly Aleksandr Dugin goes further: “Simply said, the Antichrist will not come before there will not be anymore supporters [of Orthodoxy]… What is the coming of Antichrist? It is secularism. It is modernization. Westernization. Materialism. Scientific development. The concept of progress.” He added that Putin is “exactly” the figure who is resisting the Antichrist on earth.

Dugin, it should be noted, isn’t some random flake or religious nut, he’s a Big Idea thinker who’s taken somewhat seriously in the Kremlin, although his real role seems to be Moscow’s ambassador-at-large to the Western far-right. He is close to the Russian security services and he runs a website that pushes his hardline Orthodox nationalist message in several languages, including English. Its name comes from the Greek word for “he who resists the Antichrist.”

Recently, Putin has played up the Orthodox nationalist message in a series of public events. He visited Mount Athos, Greece’s famous Holy Mountain, in May 2016 in a pilgrimage of sorts. It was shown live, with great fanfare, in wall-to-wall coverage on Tsargrad TV, and Putin was treated by the monks there more like a visiting Byzantine emperor than as the Russian president.

This month, Putin was present for the grand reopening of the New Jerusalem Monastery outside Moscow, a sprawling 17th century complex that was destroyed by the Nazis in World War II and was rebuilt from the ground up over the past decade at great expense. It did not go unnoticed that the monastery was originally constructed to glorify the Third Rome idea, the centuries-old religious myth that Moscow is the sole successor to Rome and Byzantium, which has long served as a driver of Russian nationalism and imperialism.

Then, last week, Patriarch Kirill warned of coming Armageddon. After a service at Moscow’s Christ the Savior Cathedral, he made a stunning statement: “One must be blind not to see the approach of the terrible moments of history about which the Apostle and Evangelist John the Theologian spoke in his Revelation.” Adding that the world’s end is in the hands of humanity, and something that Russians and all nations must stop, Krill warned of Earth imminently “slipping into the abyss of the end of history.”

These are the comments of a top cleric, not the Ministry of Defense, but it should be noted that the Russian military is now practicing for global thermonuclear war in a manner it hasn’t done since the last Cold War. Last month, in an apparent continuation of September’s Zapad mega-wargame, Russia’s strategic nuclear forces conducted a huge exercise that involved Putin himself. This exercise involved all three “legs” of Russia’s nuclear triad: land-based ballistic missiles, long-range bombers, and submarines with ballistic missiles. In all, several cruise missiles were fired while three ballistic missiles were launched—and Putin personally gave the launch orders.

This is a rare move, not to mention a violation of our nuclear treaties with the Kremlin, and Moscow was sending a hard-to-miss message. As Real Clear Defense reports, “The most striking thing about the exercise was that it was announced at all and that President Putin was characterized as ‘overseeing’ it and ordering the missile launches. This exercise was conducted in a sensitive period in U.S.-Russian relations. Russia did not have to announce the exercise. It has previously staged major strategic nuclear exercises without announcing them.”

It would be a mistake to directly lump nuclear exercises in with apocalyptic messages from leading Kremlin ideologues. However, it’s hardly encouraging that the Putin regime is pushing propaganda about planetary end-times while indulging in saber-rattling nuclear wargames for the first time in decades. Whatever else this aggressive Moscow messaging means, none of it bodes well for peace.

John Schindler is a security expert and former National Security Agency analyst and counterintelligence officer. A specialist in espionage and terrorism, he’s also been a Navy officer and a War College professor. He’s published four books and is on Twitter at @20committee. 

Voir aussi:

Putin’s Strategy of Global Tension

Ever since Moscow’s Little Green Men seized Crimea in early 2014, we’ve been in a new Cold War with Russia. To the consternation of wishful-thinkers, as Vladimir Putin’s confrontation with the West has become transparent, the reality of what I termed Cold War 2.0 almost four years ago has grown difficult to deny. Since the Kremlin’s revanchism is driving this conflict, we’re in it whether we want to be or not.

Europe is the central front in Cold War 2.0, thanks to geography and history. Putin’s war on, and in, Ukraine continues on low boil, while the Russian military regularly delivers provocations—a too-close warship here, an aircraft buzz there—all along NATO’s eastern frontier, sending an aggressive message. Major military exercises like September’s Zapad mega-wargame demonstrate Putin’s seriousness about confronting the Atlantic Alliance.

What Putin wants was the subject of my recent interview with Antoni Macierewicz, Poland’s plain-spoken defense minister. What the Kremlin boss seeks, he explained, is restoration of the Russian empire, to which Ukraine (or at least most of it) belonged for centuries. “Putin understands that there is no empire without Ukraine,” he added.

However, Kremlin provocations extend far beyond the former Soviet Union, as Macierewicz elaborated:

The first move, I think, is Ukraine. But I don’t exclude a military attack in the Far East. They want to distract American attention, prolong the front of confrontation in order to create a favorable situation for aggression in Europe. If you look at the map, Russia is always helping the enemies of America: deep ties to North Korea, involvement in Afghanistan and Syria, backing Iran, and so on.

This assessment sounds alarmist at first, particularly the mention of possible aggression in the Far East, but Western intelligence agencies that track Russian moves have been thinking along similar lines—though they seldom say so in public. Therefore, it’s worth taking a brief look at what Putin’s up to, and where.

Russia’s footprint on the North Korean crisis is impossible to miss, and since that’s the world’s most dangerous strategic predicament at present, Moscow’s less-than-helpful role merits attention. Although Beijing is clearly exasperated by the unhinged antics of its semi-client regime in Pyongyang, Moscow seems perfectly pleased with the hazardous games played by North Korea.

And why not? Pyongyang creates strategic confusion for the Americans, which the Kremlin always enjoys. Russian military and intelligence support to the increasingly isolated Kim regime is an open secret, while Putin’s sanctions-beating lifelines to Pyongyang are public and deeply annoying for both Beijing and Washington. Although Moscow is no more eager to see all-out war on the Korean peninsula than the Chinese or Americans, keeping the nasty Kim regime in place frustrates and distracts the Pentagon, which is Russia’s real aim here. Not to mention that backing North Korea is viewed in the Kremlin as payback for NATO’s “meddling” in Ukraine.

A similar pattern can be detected in Afghanistan, where American-led forces are in their sixteenth year of a seemingly endless counterinsurgency against the Taliban—and it’s not going well. Therefore, Moscow has been giving clandestine support to the Taliban. A few months back, the U.S. military command in Afghanistan admitted that Russian arms were reaching the Taliban. That clandestine Kremlin assistance is costing lives is increasingly obvious. Russian aid has reached Taliban “special” units that launch attacks on Afghan military bases.

A recent spate of Taliban assaults on Afghan forces, including nighttime raids, has inflicted unexpected casualties on American allies. Of concern to the Pentagon, Taliban fighters equipped with Russian-made night vision gear have been ambushing Afghan military and police with lethal effects. It seems only a matter of time before American troops are killed by Russian-equipped Taliban special operators.

While the Kremlin is in truth no fonder of the Taliban than the West is, this spoiler strategy is inflicting pain on the Americans and our clients in Kabul, which is all the Russians seek here. Not to mention that payback against us in Afghanistan, three decades after U.S. clandestine aid killed and wounded thousands of Soviet troops in that country, must be delicious for Moscow, where revenge has always constituted a rational strategic motivation.

However, the real fight is in the heart of the Middle East, where Russia and its Iranian allies are fundamentally transforming the region at high cost in blood. Together, Moscow and Tehran are challenging the American-constructed security system that’s an ailing holdover from the last Cold War. Even recent cooperation between America’s two clients, Israel and Saudi Arabia, appears insufficient to turn back the rising Russian-Iranian tide across the Middle East.

We only have ourselves to blame for this. Putin has taken full advantage of the blank check written by Barack Obama in September 2013 when our president backed away from his “red line” in Syria, in effect outsourcing that country and its terrible civil war to the Kremlin. As I predicted at the time, the strategic consequences of Obama’s decision have been grave, making Putin the new Middle East power-broker—a message that was missed only in Washington think-tanks.

For his part, Donald Trump has been only too willing to let his Russian counterpart and would-be buddy do whatever he likes in Syria, Iraq, and elsewhere. Moscow’s military intervention in the Middle East, begun under Obama, continues to flourish and shows no signs of abating. The balance of power in this vital region has shifted decisively from Washington to Moscow at appalling cost in human life, though none of that troubled President Obama very much, and it seems to trouble his successor not one bit.

It would be naïve to think Putin restricts his poking to the Eastern Hemisphere. Closer to our home, the bear’s paw-prints are easily detectable. Take Venezuela, the Bolivarian dictatorship and economic basket-case that’s barely a viable country at all anymore, between currency collapse and serious food shortages. Russian money is keeping this anti-American regime afloat, and last week Moscow’s refinancing of $3.15 billion it’s owed by Caracas gives the flat-broke country a bit of financial breathing room. Without Russia, Venezuela would likely implode, and it’s worth considering whether the Bolivarian regime is actually Putin’s newest satellite state. Although sanctions and low oil prices have diminished the Kremlin’s largess toward anti-Americans all over the globe, the prospect of having a loyal (because utterly dependent) client so close to the United States seems too good for Putin to pass up.

Then there’s Cuba, Moscow’s “fraternal ally” from the last Cold War, and apparently the second one too. Just 90 miles from Key West, Cuba has long served as a reliable base for Russian provocations against us, and nothing’s changed. Russian economic aid to that impoverished island is back, after falling off after 1991, and the Kremlin has begun to reopen its military and spy bases in the country, which were shuttered after the Soviet collapse.

Western intelligence has detected a Kremlin hand behind the recent rash of sonic attacks on American and Canadian diplomats in Cuba. While Havana flatly denies that anything untoward has occurred, two dozen U.S. diplomats in the country have suffered serious health problems due to this mysterious problem, which remains officially unexplained. However, it’s known that the KGB experimented with sonic weapons, while an attack of this sophistication is widely considered to be beyond the technical abilities of Cuban intelligence. “Of course it was the Russians,” explained a senior NATO security official to me recently about this strange case. “We have no real doubt of that.”

In all, this amounts to a worldwide Russian effort to push back against what’s left of American hegemony. Since Moscow lacks the ability to directly counter NATO and the U.S. militarily, the Russians are provoking and prodding where they can with the techniques of Special War: it’s what the Kremlin does best. This should be considered a spoiler strategy, a strategy of tension—what left-wing Italians in the 1970s termed la strategia della tensione.

Vladimir Putin seeks to expand Russian power on the cheap while causing problems for America and our allies wherever he can—without direct military confrontation. So far, the Kremlin seems to be playing its rather poor hand well at the tables of global power, and Putin’s strategy of tension shows no signs of abating. Although the Trump White House is paying no attention to this new reality, the Pentagon and our Intelligence Community certainly are.

John Schindler is a security expert and former National Security Agency analyst and counterintelligence officer. A specialist in espionage and terrorism, he’s also been a Navy officer and a War College professor. He’s published four books and is on Twitter at @20committee. 

Voir également:

How to Win Cold War 2.0

To beat Vladimir Putin, we’re going to have to be a little more like him.

The last two weeks have witnessed the upending of the European order and the close of the post-Cold War era. With his invasion of Crimea and the instant absorption of the strategic peninsula, Vladimir Putin has shown that he will not play by the West’s rules. The “end of history” is at an end—we’re now seeing the onset of Cold War 2.0.

What’s on the Kremlin’s mind was made clear by Putin’s fire-breathing speech to the Duma announcing the annexation of Crimea, which blended retrograde Russian nationalism with a generous helping of messianism on behalf of his fellow Slavs, alongside the KGB-speak that Putin is so fond of. If you enjoy mystical references to Orthodox saints of two millennia past accompanied by warnings about a Western fifth column and “national traitors,” this was the speech for you.

Putin confirmed the worst fears of Ukrainians who think they should have their own country. But his ambitions go well beyond Ukraine: By explicitly linking Russian ethnicity with membership in the Russian Federation, Putin has challenged the post-Soviet order writ large.

For years, I studied Russia as a counterintelligence officer for the National Security Agency, and at times I feel like I’m seeing history in reverse. The Kremlin is a fiercely revisionist power, seeking to change the status quo by various forms of force. This will soon involve NATO members in the Baltics directly, as well as Poland and Romania indirectly. Longstanding Russian acumen in what I term Special War, an amalgam of espionage, subversion and terrorism by spies and special operatives, is already known to Russia’s neighbors and can be expected to increase.

In truth, Putin set Russia on a course for Cold War 2.0 as far back as 2007, and perhaps earlier; Western counterintelligence noted major upswings in aggressive Russian espionage and subversion against NATO members as far back as 2006.The brief Georgia war of August 2008, which made clear that the Kremlin was perfectly comfortable with using force in the post-Soviet space, ought to have served as a bigger wake-up call for the West.

John R. Schindler is professor of national security affairs at the Naval War College and a former National Security Agency counterintelligence officer. The views expressed here are his own.
Voir de même:

Avec Zapad 2017, la Russie se prépare « pour une grande guerre », dit un responsable militaire de l’Otan

Le général tchèque Petr Pavel, le président du comité militaire de l’Otan, ne passe pour être alarmiste. Ainsi, en juin 2016, lors d’une audition devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères et des Forces armées, il avait estimé que la Russie « ne présentait pas une menace imminente » tout n’écartant pas la volonté de son président, Vladimir Poutine, de défier l’Alliance atlantique.

« Des intérêts communs existent entre l’Alliance, l’Union européenne, nos propres pays et la Russie. Nous devons accepter que la Russie puisse être un concurrent, un compétiteur, un adversaire, un pair ou un partenaire – voire tout cela en même temps. […] Cette complexité est une réalité de notre environnement stratégique contemporain » et cela « demande une approche pratique et sophistiquée qui prend en compte le fait que la Russie veut devenir un partenaire mondial et acquérir un pouvoir mondial », avait ainsi expliqué le général Pavel aux sénateurs français.

Cela étant, l’exercice Zapad 2017 qui, mené conjointement par les forces russes et biélorusses, vient de débuter, préoccupe depuis plusieurs mois les responsables de l’Otan, dans la mesure où ces manoeuvres se déroulent dans l’enclave russe de Kaliningrad et en Biélorussie, à deux pas du passage dit de Suwalki qui est le seul accès terrestre reliant les pays baltes aux autres pays de l’Alliance et de l’Union européenne.

Or, il est reproché à la Russie de manquer de transparence au sujet de cet exercice, qui vise à simuler l’infiltration de « groupes extrémistes » en Biélorussie et à Kaliningrad pour y commettre des actes terroristes à des fins de déstabilisation.

Officiellement, Zapad 2017 mobilise environ 13.000 soldats. Mais selon le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, il y a « toutes les raisons de croire que le nombre de troupes sera substantiellement plus élevé que ce qui a été annoncé ». En outre, certains estiment qu’il servira de prétexte aux forces russes pour laisser des matériels en Biélorussie en vue d’une utilisation future.

Les manoeuvres Zapad-2017 « sont désignées pour nous provoquer, pour tester nos défenses et c’est pour cela que nous devons être forts », a ainsi affirmé, le 10 septembre, Michael Fallon, le ministre britannique de la Défense.

« La Russie est capable de manipuler les chiffres avec une grande aisance, c’est pourquoi elle ne veut pas d’observateurs étrangers. Mais 12.700 soldats annoncés pour des manoeuvres stratégiques, c’est ridicule », a commenté Alexandre Golts, un expert militaire russe indépendant, cité par l’AFP.

Ce manque de transparence de la Russie, qui ne s’inscrit pas dans l’esprit du Document de Vienne de l’OSCE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, ndlr], est un sujet de préoccupation pour le général Pavel, même s’il a rencontré, il y a deux semaines, le chef d’état-major des armées russes, le général Valery Gerasimov, pour évoquer cet exercice.

« Ce que nous voyons est une préparation sérieuse pour une grande guerre », a en effet dit le général tchèque lors d’un entretien donné le 16 septembre à l’Associated Press, en marge d’une réunion du comité militaire de l’Otan en Albanie. « Lorsque nous regardons uniquement l’exercice qui est présenté par la Russie, il ne devrait pas y avoir d’inquiétude. Mais quand on regarde la situation dans son ensemble, nous devons nous inquiéter parce que la Russie n’est pas transparente », a-t-il ajouté.

Le premier sujet de préoccupation du général Pavel porte sur le niveau des effectifs engagés dans l’exercice Zapad 2017. Selon lui, ils pourraient atteindre 70.000 soldats, voire 100.000.

« Nous avons une forte concentration de troupes dans les pays baltes. Nous avons une forte concentration de troupes en mer Noire. E le risque d’un incident peut être assez élevé en raison d’une erreur humaine ou d’une panne technologique », a souligné le général Pavel. « Nous devons être sûrs qu’un tel incident involontaire n’entraînera pas de conflit », a-t-il insisté.

Cela étant, la Biélorussie a annoncé, le 16 septembre, avoir invité des représentants de 7 pays (Lettonie, Lituanie, Estonie, Pologne, Suède, Norvège et d’Ukraine) pour observer les exercices de Zapad 2017 qui auront lieu sur son territoire. Il s’agit ainsi de répondre au « désir de développer la coopération et la bonne entente entre voisins, ainsi que les principes de réciprocité, d’ouverture et de transparence », a fait valoir le ministère biélorusse de la Défense. Jusqu’à présent, Moscou n’avait autorisé la venue que de trois oberservateurs de l’Otan, uniquement lors de la journée organisée pour les « visiteurs ».

Voir de plus:

Paul R. Gregory
Hoover
March 21, 2018

Vladimir Putin’s propaganda machine has two overarching goals.

First, the Russian people must believe the Kremlin version of domestic and world events. In this regard, the agents of Russian “information technology” have succeeded. Polls show that Russians believe that Russia is a super power in a hostile world; that there are no Russian troops in Ukraine; that Crimea voluntarily joined Russia; and that a Ukrainian fighter shot down Malaysian Airlines flight MH17.

Second, Kremlin propaganda must discredit Western democracy as dysfunctional and inferior to Russia’s managed “democracy.” Kremlin propaganda has largely failed in this regard. Russians consider their government corrupt, remote from the people, interested in preserving power rather than performing its duties, and lying about the true state of affairs. Nevertheless, Putin’s approval ratings remain high in the absence of rivals, who have fled the country, been indicted, or murdered.

Putin, in fact, bases his legitimacy on high approval ratings. To counter the Russian people’s sense that they have no say in how they are governed, Kremlin propagandists must sell the story that Western democracies have it worse. Downtrodden Americans, they say, face poverty, hunger, racial and ethnic discrimination, unemployment, and they are governed by corrupt, inept, greedy, dysfunctional, and feuding politicians who sell out to the highest bidder on Wall Street or in Silicon Valley.

This brings us to how the ballyhooed Russian meddling in the 2016 U.S. election has given Putin a gift that keeps on giving—a paralyzed federal government, incapable of compromise, in which a significant portion of the governing class questions the legitimacy of a new president.

Russia routinely meddles in the politics of other countries. Despite denials, the Kremlin contributes to pro-Russian political parties throughout the world, gathers compromising information, hacks into email accounts, offers lucrative contracts to foreign businesses, and circulates false news. Given this history, U.S. authorities should not have been surprised by Russian meddling in the 2016 presidential race.

To date, Special Counsel Robert Mueller has indicted thirteen Russian “internet trolls,” who sowed discord on social media by posting inflammatory, distorted, slanted, and false information promoting the Russian narrative of a deeply divided electorate and a discredited American electoral system. Mueller’s indictment identifies the Internet Research Agency (IRA) of St. Petersburg as the nerve center of Russia’s trolling operations. Although putatively owned by a private Russian oligarch close to Putin, there is little doubt that the IRA is a mouthpiece of the Kremlin. The existence and activities of the IRA have been known since 2014. It employs hundreds of hackers and writers divided into geographical sections. It is not the sole source of Russian trolling, but it is the most important.

Those American politicians and pundits, like Congressman Jerry Nagler and columnist Thomas Friedman, who label Russian intervention an act of warfare on par with Pearl Harbor or 9/11must attribute supernatural powers to Putin’s trolls. After all, the Mueller investigation revealed that Russia spent no more than a few million dollars on its election-meddling versus the over two billion dollars spent by the presidential candidates alone. The IRA’s St. Petersburg America desk constituted some 90 persons. Their social media posts accounted for an infinitesimal portion of social media political traffic and much of this came after the election.

Despite such evidence, Gerald F. Seib, a columnist for the Wall Street Journal, declares himself “frightened” by Russia’s “sophisticated and sustained effort to use technology, social media manipulation, and traditional covert measures to disrupt America’s political system.”

But a closer look at such trolls reveals a different picture. Over the past five years, Russian trolls have regularly attacked my articles at Forbes.com. Given the number of attacks and their organized nature, I suspect most came directly from the IRA.  The Kremlin clearly has not liked my posts on Russian domestic politics, the country’s faltering petro-economy, political assassinations, and foreign military intervention. What I encountered in the comments section of my pieces was an army of scripted trolls engaging in primitive invective and heavy doses of ad hominem blasts. These amateurs did not seem up to the monumental task for which they are now credited—of changing the course of American political history.

My trolls used the same clandestine social media techniques as those identified by Mueller in his indictments. They posted through leased servers with moving IP addresses. They assumed Anglo-Saxon (Jeff, RussM, Dave, John), exotic (Sadr Ewr, Er Ren), and computer generated (Hweits, Aij) monikers. Those with Anglo-Saxon names asserted they were Americans, even ex-Marines. They used provably false identities: One “Stanley Ford,” identifying himself as a graduate student at Stanford, expressed his dismay at my “shallow” Stanford economics seminar. But there is no such graduate student at Stanford and I had given no such seminar.

Other trolls, such as “Andrey,” wrote sometimes incomprehensible English: “Dear PAUL, can we badly know English language, but only one thing I want to say, YOU understand—Fack You.” (Russians have no English “u” sound in their alphabet.) Such “Andreys” were subsequently replaced by experienced trolls, such as “Jeff” and “RussM,” with an occasional guest rant by “Aij,” whose favorite topic was “filthy Jewish bankers.” My most prolific troll, “Jeff,” posted at times almost fifty comments per column. One troll appeared in person to pester me at a panel discussion in the Bay area. One volunteered that I am a fictional person. Another offered to drop by my office for a personal chat. For obvious reasons, I did not accept.

Troll “John’s” tirade is a classic ad hominem smear: “Gregory’s inane, badly written propaganda articles never had one original thought, just parroting what he could grab on the Internet. Gregory is a pitiful Nazi moron.”

My trolls made heavy use of moral equivalence. Did the U.S. not attack Iraq and did its police not gun down black teenagers in Missouri? Yes, Russia may be aiding the rebels in Syria and Ukraine, but are not American troops and CIA operatives swarming all over Ukraine? Yes, the shooting down of MH17 was a tragedy, but did not the United States down an Iranian passenger jet in 1988?

The “denying the obvious” technique is illustrated by three videos circulated by Russian trolls on the Internet and Russian TV. Each featured a wounded man lying in an east Ukrainian hospital bed. In one video, he claimed to be a heroic surgeon. In the second, he was a disillusioned neo-fascist financier. In the third video, the bandaged man declared himself an innocent bystander. The problem, I pointed out, was that each video featured the same Russian actor but in different roles. Unfazed, my trolls “saw no contradictions” until one of Russia’s main TV channels (NTV) declared that the versatile actor was mentally ill. When it comes to Ukraine, the official IRA line has been that the Russian tanks, radar, missile launchers, and the like were purchased at used weapon shops by the “patriots” fighting the neo-Nazis and extremists sent from Kiev. When I pointed out the inanity of this proposition, one troll’s unedited response read: “everything he (Gregory) says at the beginning is nothing BUT LIES! russia did not give the east ANYTHING.”

In a botched false-flag operation, trolls claimed that “Ukrainian” extremists fled in panic after firing on a separatist checkpoint, conveniently leaving behind a vast cache of Nazi regalia (plus “snipers’ diapers”). The video of the Nazi cache, however, is dated to the day before the alleged attack, according to the camera time code. My expose of the snipers’ diapers incident brought forth reinforcement from new trolls, who wanted to debate time zones and now to impute the time of day from the length of shadows.

My clashes with IRA trolls over Ukraine can seem at times comical, but they are dead serious. The trolls are pushing a strictly coordinated narrative both to the Russian people and to foreign audiences that Ukraine is an illegitimate state and that the United States and NATO are the aggressors.

Indeed, that Western democracies, American democracy especially, are rotten, corrupt, and hapless is a cornerstone of the Kremlin narrative. As the Mueller indictment concludes: The stated goal of the Russian operation was “spreading distrust towards candidates and the political system in general.” The Russian trolls, according to the Mueller indictment, used a number of techniques to achieve this end. They encouraged fringe candidates. They tried to ally with disaffected religious, ethnic, and nationalist groups. They discredited the candidate they thought most likely to win. Once the winner was known, they immediately moved to discredit him.

As noted above, the Russian people are largely on board with the IRA’s narrative. Why? The average Russian family gets its news from the major state networks, which offer topflight entertainment before and after news of the day. Russia’s trolls stand ready to swat down any unfavorable social media. Alternative messages have little hope of penetrating the Russian heartland.

Although the trolls are succeeding at home, Russian propaganda has had little effect on foreign audiences. Public opinion worldwide shows a negative opinion of Russia and Putin, according to Pew Research. But if Russian trolls cannot sway Western public opinion, how could they have influenced the outcome of the biggest game of all—a U.S. presidential election? The dozen ill-informed operatives indicted by Mueller held poorly attended rallies, had to be educated about red and blue states, and spent their limited funds in uncontested states. It would be almost crazy to believe that such Russian intervention could have made a difference.

Why, then, do so many Americans believe that Russia was instrumental in throwing the election to Donald Trump? It may be that some of the President’s opponents actually believe this narrative. But there’s another explanation, too: Russian intervention provides opportunistic politicians and pundits a useful excuse for paralyzing the incoming government of a gutter-fighter President from a show business and construction background with no political experience. In their view, such a person should not be allowed to govern. Hence the paralysis, dysfunction, and chaos of American democracy—long claimed by Russian propagandists—is on its way to becoming reality. What a windfall for Putin and his oligarchs.

Voir encore:

A Abou Dhabi, Sarkozy fait l’éloge des hommes forts

L’ancien président français regrette que « les démocraties détruisent tous les leaderships ».

Le Monde

Ces confidences peuvent paraître étonnantes de la part d’un ancien président français. Samedi 3 mars, lors du forum « Ideas Week-end » organisée à Abou Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis, Nicolas Sarkozy a livré ses jugements sur l’état du monde, en maniant la provocation. A l’instar du site d’information Buzzfeed, Le Monde s’est procuré l’enregistrement de son intervention. Morceaux choisis.

  • Leadership et démocratie

« Quels sont les grands leaders du monde aujourd’hui ? Le président Xi, le président Poutine – on peut être d’accord ou pas, mais c’est un leader –, le grand prince Mohammed Ben Salman [d’Arabie saoudite]. Et que seraient aujourd’hui les Emirats sans le leadership de MBZ [Mohammed Ben Zayed] ?

Quel est le problème des démocraties ? C’est que les démocraties ont pu devenir des démocraties avec de grands leaders : de Gaulle, Churchill… Mais les démocraties détruisent tous les leaderships. C’est un grand sujet, ce n’est pas un sujet anecdotique ! Comment peut-on avoir une vision à dix, quinze ou vingt ans, et en même temps avoir un rythme électoral aux Etats-Unis tous les quatre ans ? Les démocraties sont devenues un champ de bataille, où chaque heure est utilisée par tout le monde, réseaux sociaux et autres, pour détruire celui qui est en place. Comment voulez-vous avoir une vision de long terme pour un pays ? C’est ce qui fait que, aujourd’hui, les grands leaders du monde sont issus de pays qui ne sont pas de grandes démocraties. »

  • La Chine

« C’est une formidable bonne nouvelle que la Chine assume ses responsabilités internationales. On assiste à un changement de la politique chinoise comme jamais on n’en a connu avant. Jamais. La Chine, c’est quand même le pays qui a construit la Grande Muraille pour se protéger des barbares qui étaient de l’autre côté : nous. « One Road, One Belt » [le projet de « nouvelles routes de la soie » du pouvoir chinois] : c’est un changement colossal ! Tout d’un coup, la Chine décomplexée dit : “Je pars à la conquête du monde.” Alors est-ce que c’est pour des raisons éducatives, politiques, économiques : peu importe. »

  • Xi président à vie

« Le président Xi considère que deux mandats de cinq ans, dix ans, c’est pas assez. Il a raison ! Le mandat du président américain, en vérité c’est pas quatre ans, c’est deux ans : un an pour apprendre le job, un an pour préparer la réélection. Donc vous comparez le président chinois qui a une vision pour son pays et qui dit : “Dix ans, c’est pas assez”, au président américain qui a en vérité deux ans. Mais qui parierait beaucoup sur la réélection de Trump ? Ce matin, j’ai rencontré le prince héritier MBZ. Est-ce que vous croyez qu’on construit un pays comme ça, en deux ans ? Ici, en cinquante ans, vous avez construit un des pays les plus modernes qui soient. La question du leadership est centrale. La réussite du modèle émirien est sans doute l’exemple le plus important pour nous, pour l’ensemble du monde. J’ai été le chef de l’Etat qui a signé le contrat du Louvre à Abou Dhabi. J’y ai mis toute mon énergie. MBZ y a mis toute sa vision. On a mis dix ans ! En allant vite ! Sauf que MBZ est toujours là… Et moi ça fait six ans que je suis parti. »

  • Comment traiter avec la Russie ?

« La question doit être posée comme ça : est-ce qu’on a besoin de la Russie ou pas ? Ma réponse est oui ! La Russie, c’est le pays à la plus grande superficie du monde. Qui peut dire qu’on ne doit pas parler avec eux ? Quelle est cette idée folle ? Je n’avais pas tout à fait compris dans l’administration Obama pourquoi Poutine et la Russie étaient devenus le principal adversaire. Y a-t-il un risque que la Russie envahisse d’autres pays ? Je n’y crois pas. La Russie doit perdre environ un demi-million d’habitants par an, sur le territoire le plus grand du monde. Est-ce que vous avez déjà vu des pays qui n’arrivent pas à occuper toute leur surface aller envahir des pays à côté ? Sur l’Ukraine, je pense que l’affaire n’a pas été bien gérée depuis le début et qu’il y avait moyen de faire mieux. Poutine est un homme prévisible, avec qui on peut parler et qui respecte la force. »

  • Le défi du populisme

« D’abord pour moi, M. Orban en Hongrie [le premier ministre], c’est pas un populiste. Mais là où il y a un grand leader, il n’y a pas de populisme ! Où est le populisme en Chine ? Où est le populisme ici ? Où est le populisme en Russie ? Où est le populisme en Arabie saoudite ? Si le grand leader quitte la table, les leaders populistes prennent la place. Parce que la polémique ne détruit pas le leader populiste, la polémique détruit le leader démocratique.

La seule solution, ce n’est pas de combattre le populisme, ça n’a pas de sens, c’est d’écouter ce que dit le peuple. Que dit le peuple ? L’Europe est à 12 kilomètres de l’Afrique par le détroit de Gibraltar. En trente ans, l’Afrique va passer d’un milliard d’habitants à 2,3 milliards. Le seul Nigeria, vous m’entendez, le Nigeria, dans trente ans, aura plus d’habitants que les Etats-Unis. Le peuple dit : “On ne peut pas accueillir toute l’immigration qui vient d’Afrique.” Et c’est vrai.

Il ne s’agit pas de supprimer l’immigration. Mais dans trente ans, il y aura 500 millions d’Européens, et 2,3 milliards d’Africains. Si l’Afrique ne se développe pas, l’Europe explosera. Ce n’est pas un sujet populiste, c’est un sujet tout court. »

Voir enfin:
Ivan Ilyin, Putin’s Philosopher of Russian Fascism

Timothy Snyder
The NY Reviw of books
March 16, 2018

This is an expanded version of Timothy Snyder’s essay “God Is a Russian” in the April 5, 2018 issue of The New York Review.


“The fact of the matter is that fascism is a redemptive excess of patriotic arbitrariness.”

—Ivan Ilyin, 1927

“My prayer is like a sword. And my sword is like a prayer.”

—Ivan Ilyin, 1927

“Politics is the art of identifying and neutralizing the enemy.”

—Ivan Ilyin, 1948

The Russian looked Satan in the eye, put God on the psychoanalyst’s couch, and understood that his nation could redeem the world. An agonized God told the Russian a story of failure. In the beginning was the Word, purity and perfection, and the Word was God. But then God made a youthful mistake. He created the world to complete himself, but instead soiled himself, and hid in shame. God’s, not Adam’s, was the original sin, the release of the imperfect. Once people were in the world, they apprehended facts and experienced feelings that could not be reassembled to what had been God’s mind. Each individual thought or passion deepened the hold of Satan on the world.

And so the Russian, a philosopher, understood history as a disgrace. Nothing that had happened since creation was of significance. The world was a meaningless farrago of fragments. The more humans sought to understand it, the more sinful it became. Modern society, with its pluralism and its civil society, deepened the flaws of the world and kept God in his exile. God’s one hope was that a righteous nation would follow a Leader into political totality, and thereby begin a repair of the world that might in turn redeem the divine. Because the unifying principle of the Word was the only good in the universe, any means that might bring about its return were justified.

Thus this Russian philosopher, whose name was Ivan Ilyin, came to imagine a Russian Christian fascism. Born in 1883, he finished a dissertation on God’s worldly failure just before the Russian Revolution of 1917. Expelled from his homeland in 1922 by the Soviet power he despised, he embraced the cause of Benito Mussolini and completed an apology for political violence in 1925. In German and Swiss exile, he wrote in the 1920s and 1930s for White Russian exiles who had fled after defeat in the Russian civil war, and in the 1940s and 1950s for future Russians who would see the end of the Soviet power.

A tireless worker, Ilyin produced about twenty books in Russian, and another twenty in German. Some of his work has a rambling and commonsensical character, and it is easy to find tensions and contradictions. One current of thought that is coherent over the decades, however, is his metaphysical and moral justification for political totalitarianism, which he expressed in practical outlines for a fascist state. A crucial concept was “law” or “legal consciousness” (pravosoznanie). For the young Ilyin, writing before the Revolution, law embodied the hope that Russians would partake in a universal consciousness that would allow Russia to create a modern state. For the mature, counter-revolutionary Ilyin, a particular consciousness (“heart” or “soul,” not “mind”) permitted Russians to experience the arbitrary claims of power as law. Though he died forgotten, in 1954, Ilyin’s work was revived after collapse of the Soviet Union in 1991, and guides the men who rule Russia today.

The Russian Federation of the early twenty-first century is a new country, formed in 1991 from the territory of the Russian republic of the Soviet Union. It is smaller than the old Russian Empire, and separated from it in time by the intervening seven decades of Soviet history. Yet the Russian Federation of today does resemble the Russian Empire of Ilyin’s youth in one crucial respect: it has not established the rule of law as the principle of government. The trajectory in Ilyin’s understanding of law, from hopeful universalism to arbitrary nationalism, was followed in the discourse of Russian politicians, including Vladimir Putin. Because Ilyin found ways to present the failure of the rule of law as Russian virtue, Russian kleptocrats use his ideas to portray economic inequality as national innocence. In the last few years, Vladimir Putin has also used some of Ilyin’s more specific ideas about geopolitics in his effort translate the task of Russian politics from the pursuit of reform at home to the export of virtue abroad. By transforming international politics into a discussion of “spiritual threats,” Ilyin’s works have helped Russian elites to portray the Ukraine, Europe, and the United States as existential dangers to Russia.

*

Ivan Ilyin was a philosopher who confronted Russian problems with German thinkers. This was typical of the time and place. He was child of the Silver Age, the late empire of the Romanov dynasty. His father was a Russian nobleman, his mother a German Protestant who had converted to Orthodoxy. As a student at Moscow between 1901 and 1906, Ilyin’s real subject was philosophy, which meant the ethical thought of Immanuel Kant (1724–1804). For the neo-Kantians, who then held sway in universities across Europe as well as in Russia, humans differed from the rest of creation by a capacity for reason that permitted meaningful choices. Humans could then freely submit to law, since they could grasp and accept its spirit.

Law was then the great object of desire of the Russian thinking classes. Russian students of law, perhaps more than their European colleagues, could see it as a source of political transformation. Law seemed to offer the antidote to the ancient Russian problem of proizvol, of arbitrary rule by autocratic tsars. Even as a hopeful young man, however, Ilyin struggled to see the Russian people as the creatures of reason Kant imagined. He waited expectantly for a grand revolt that would hasten the education of the Russian masses. When the Russo-Japanese War created conditions for a revolution in 1905, Ilyin defended the right to free assembly. With his girlfriend, Natalia Vokach, he translated a German anarchist pamphlet into Russian. The tsar was forced to concede a new constitution in 1906, which created a new Russian parliament. Though chosen in a way that guaranteed the power of the empire’s landed classes, the parliament had the authority to legislate. The tsar dismissed parliament twice, and then illegally changed the electoral system to ensure that it was even more conservative. It was impossible to see the new constitution as having brought the rule of law to Russia.

Employed to teach law by the university in 1909, Ilyin published a beautiful article in both Russian (1910) and German (1912) on the conceptual differences between law and power. Yet how to make law functional in practice and resonant in life? Kant seemed to leave open a gap between the spirit of law and the reality of autocracy. G.W.F. Hegel (1770–1831), however, offered hope by proposing that this and other painful tensions would be resolved by time. History, as a hopeful Ilyin read Hegel, was the gradual penetration of Spirit (Geist) into the world. Each age transcended the previous one and brought a crisis that promised the next one. The beastly masses will come to resemble the enlightened friends, ardors of daily life will yield to political order.

The philosopher who understands this message becomes the vehicle of Spirit, always a tempting prospect. Like other Russian intellectuals of his own and previous generations, the young Ilyin was drawn to Hegel, and in 1912 proclaimed a “Hegelian renaissance.” Yet, just as the immense Russian peasantry had given him second thoughts about the ease of communicating law to Russian society, so his experience of modern urban life left him doubtful that historical change was only a matter of Spirit. He found Russians, even those of his own class and milieu in Moscow, to be disgustingly corporeal. In arguments about philosophy and politics in the 1910s, he accused his opponents of “sexual perversion.”

In 1913, Ilyin worried that perversion was a national Russian syndrome, and proposed Sigmund Freud (1856–1939) as Russia’s savior. In Ilyin’s reading of Freud, civilization arose from a collective agreement to suppress basic drives. The individual paid a psychological price for sacrifice of his nature to culture. Only through long consultations on the couch of the psychoanalyst could unconscious experience surface into awareness. Psychoanalysis therefore offered a very different portrait of thought than did the Hegelian philosophy that Ilyin was then studying. Even as Ilyin was preparing his dissertation on Hegel, he offered himself as the pioneer of Russia’s national psychotherapy, travelling with Natalia to Vienna in May 1914 for sessions with Freud. Thus the outbreak of World War I found Ilyin in Vienna, the capital of the Habsburg monarchy, now one of Russia’s enemies.

“My inner Germans,” Ilyin wrote to a friend in 1915, “trouble me more than the outer Germans,” the German and Habsburg realms making war against the Russian Empire. The “inner German” who helped Ilyin to master the others was the philosopher Edmund Husserl, with whom he had studied in Göttingen in 1911. Husserl (1859–1938), the founder of the school of thought known as phenomenology, tried to describe the method by which the philosopher thinks himself into the world. The philosopher sought to forget his own personality and prior assumptions, and tried to experience a subject on its own terms. As Ilyin put it, the philosopher must mentally possess (perezhit’) the object of inquiry until he attains self-evident and exhaustive clarity (ochevidnost).

Husserl’s method was simplified by Ilyin into a “philosophical act” whereby the philosopher can still the universe and anything in it—other philosophers, the world, God— by stilling his own mind. Like an Orthodox believer contemplating an icon, Ilyin believed (in contrast to Husserl) that he could see a metaphysical reality through a physical one. As he wrote his dissertation about Hegel, he perceived the divine subject in a philosophical text, and fixed it in place. Hegel meant God when he wrote Spirit, concluded Ilyin, and Hegel was wrong to see motion in history. God could not realize himself in the world, since the substance of God was irreconcilably different from the substance of the world. Hegel could not show that every fact was connected to a principle, that every accident was part of a design, that every detail was part of a whole, and so on. God had initiated history and then been blocked from further influence.

Ilyin was quite typical of Russian intellectuals in his rapid and enthusiastic embrace of contradictory German ideas. In his dissertation he was able, thanks to his own very specific understanding of Husserl, to bring some order to his “inner Germans.” Kant had suggested the initial problem for a Russian political thinker: how to establish the rule of law. Hegel had seemed to provide a solution, a Spirit advancing through history. Freud had redefined Russia’s problem as sexual rather than spiritual. Husserl allowed Ilyin to transfer the responsibility for political failure and sexual unease to God. Philosophy meant the contemplation that allowed contact with God and began God’s cure. The philosopher had taken control and all was in view: other philosophers, the world, God. Yet, even after contact was made with the divine, history continued, “the current of events” continued to flow.

Indeed, even as Ilyin contemplated God, men were killing and dying by the millions on battlefields across Europe. Ilyin was writing his dissertation as the Russian Empire gained and then lost territory on the Eastern Front of World War I. In February 1917, the tsarist regime was replaced by a new constitutional order. The new government tottered as it continued a costly war. That April, Germany sent Vladimir Lenin to Russia in a sealed train, and his Bolsheviks carried out a second revolution in November, promising land to peasants and peace to all. Ilyin was meanwhile trying to assemble the committee so he could defend his dissertation. By the time he did so, in 1918, the Bolsheviks were in power, their Red Army was fighting a civil war, and the Cheka was defending revolution through terror.

World War I gave revolutionaries their chance, and so opened the way for counter-revolutionaries as well. Throughout Europe, men of the far right saw the Bolshevik Revolution as a certain kind of opportunity; and the drama of revolution and counter-revolution was played out, with different outcomes, in Germany, Hungary, and Italy. Nowhere was the conflict so long, bloody, and passionate as in the lands of the former Russian Empire, where civil war lasted for years, brought famine and pogroms, and cost about as many lives as World War I itself. In Europe in general, but in Russia in particular, the terrible loss of life, the seemingly endless strife, and the fall of empire brought a certain plausibility to ideas that might otherwise have remained unknown or seemed irrelevant. Without the war, Leninism would likely be a footnote in the history of Marxist thought; without Lenin’s revolution, Ilyin might not have drawn right-wing political conclusions from his dissertation.

Lenin and Ilyin did not know each other, but their encounter in revolution and counter-revolution was nevertheless uncanny. Lenin’s patronymic was “Ilyich” and he wrote under the pseudonym “Ilyin,” and the real Ilyin reviewed some of that pseudonymous work. When Ilyin was arrested by the Cheka as an opponent of the revolution, Lenin intervened on his behalf as a gesture of respect for Ilyin’s philosophical work. The intellectual interaction between the two men, which began in 1917 and continues in Russia today, began from a common appreciation of Hegel’s promise of totality. Both men interpreted Hegel in radical ways, agreeing with one another on important points such as the need to destroy the middle classes, disagreeing about the final form of the classless community.

Lenin accepted with Hegel that history was a story of progress through conflict. As a Marxist, he believed that the conflict was between social classes: the bourgeoisie that owned property and the proletariat that enabled profits. Lenin added to Marxism the proposal that the working class, though formed by capitalism and destined to seize its achievements, needed guidance from a disciplined party that understood the rules of history. In 1917, Lenin went so far as to claim that the people who knew the rules of history also knew when to break them— by beginning a socialist revolution in the Russian Empire, where capitalism was weak and the working class tiny. Yet Lenin never doubted that there was a good human nature, trapped by historical conditions, and therefore subject to release by historical action.

Marxists such as Lenin were atheists. They thought that by Spirit, Hegel meant God or some other theological notion, and replaced Spirit with society. Ilyin was not a typical Christian, but he believed in God. Ilyin agreed with Marxists that Hegel meant God, and argued that Hegel’s God had created a ruined world. For Marxists, private property served the function of an original sin, and its dissolution would release the good in man. For Ilyin, God’s act of creation was itself the original sin. There was never a good moment in history, and no intrinsic good in humans. The Marxists were right to hate the middle classes, and indeed did not hate them enough. Middle-class “civil society” entrenches plural interests that confound hopes for an “overpowering national organization” that God needs. Because the middle classes block God, they must be swept away by a classless national community. But there is no historical tendency, no historical group, that will perform this labor. The grand transformation from Satanic individuality to divine totality must begin somewhere beyond history.

According to Ilyin, liberation would arise not from understanding history, but from eliminating it. Since the earthly was corrupt and the divine unattainable, political rescue would come from the realm of fiction. In 1917, Ilyin was still hopeful that Russia might become a state ruled by law. Lenin’s revolution ensured that Ilyin henceforth regarded his own philosophical ideas as political. Bolshevism had proven that God’s world was as flawed as Ilyin had maintained. What Ilyin would call “the abyss of atheism” of the new regime was the final confirmation of the flaws of world, and of the power of modern ideas to reinforce them.

After he departed Russia, Ilyin would maintain that humanity needed heroes, outsized characters from beyond history, capable of willing themselves to power. In his dissertation, this politics was implicit in the longing for a missing totality and the suggestion that the nation might begin its restoration. It was an ideology awaiting a form and a name.

*

Ilyin left Russia in 1922, the year the Soviet Union was founded. His imagination was soon captured by Benito Mussolini’s March on Rome, the coup d’état that brought the world’s first fascist regime. Ilyin was convinced that bold gestures by bold men could begin to undo the flawed character of existence. He visited Italy and published admiring articles about Il Duce while he was writing his book, On the Use of Violence to Resist Evil (1925). If Ilyin’s dissertation had laid groundwork for a metaphysical defense of fascism, this book was a justification of an emerging system. The dissertation described the lost totality unleashed by an unwitting God; second book explained the limits of the teachings of God’s Son. Having understood the trauma of God, Ilyin now “looked Satan in the eye.”

Thus famous teachings of Jesus, as rendered in the Gospel of Mark, take on unexpected meanings in Ilyin’s interpretations. “Judge not,” says Jesus, “that ye not be judged.” That famous appeal to reflection continues:

For with what judgment ye judge, ye shall be judged: and with what measure ye mete, it shall be measured to you again. And why beholdest thou the mote that is in thy brother’s eye, but considerest not the beam that is in thine own eye? Or how wilt thou say to thy brother, Let me pull out the mote out of thine eye; and, behold, a beam is in thine own eye? Thou hypocrite, first cast out the beam out of thine own eye; and then shalt thou see clearly to cast out the mote out of thy brother’s eye.

For Ilyin, these were the words of a failed God with a doomed Son. In fact, a righteous man did not reflect upon his own deeds or attempt to see the perspective of another; he contemplated, recognized absolute good and evil, and named the enemies to be destroyed. The proper interpretation of the “judge not” passage was that every day was judgment day, and that men would be judged for not killing God’s enemies when they had the chance. In God’s absence, Ilyin determined who those enemies were.

Perhaps Jesus’ most remembered commandment is to love one’s enemy, from the Gospel of Matthew: “Ye have heard that it hath been said, An eye for an eye, and a tooth for a tooth: But I say unto you, That ye resist not evil: but whosoever shall smite thee on thy right cheek, turn to him the other also.” Ilyin maintained that the opposite was meant. Properly understood, love meant totality. It did not matter whether one individual tries to love another individual. The individual only loved if he was totally subsumed in the community. To be immersed in such love was to struggle “against the enemies of the divine order on earth.” Christianity actually meant the call of the right-seeing philosopher to apply decisive violence in the name of love. Anyone who failed to accept this logic was himself an agent of Satan: “He who opposes the chivalrous struggle against the devil is himself the devil.”

Thus theology becomes politics. The democracies did not oppose Bolshevism, but enabled it, and must be destroyed. The only way to prevent the spread of evil was to crush middle classes, eradicate their civil society, and transform their individualist and universalist understanding of law into a consciousness of national submission. Bolshevism was no antidote to the disease of the middle classes, but rather the full irruption of their disease. Soviet and European governments must be swept away by violent coups d’état.

Ilyin used the word Spirit (Dukh) to describe the inspiration of fascists. The fascist seizure of power, he wrote, was an “act of salvation.” The fascist is the true redeemer, since he grasps that it is the enemy who must be sacrificed. Ilyin took from Mussolini the concept of a “chivalrous sacrifice” that fascists make in the blood of others. (Speaking of the Holocaust in 1943, Heinrich Himmler would praise his SS-men in just these terms.)

Ilyin understood his role as a Russian intellectual as the propagation of fascist ideas in a particular Russian idiom. In a poem in the first number of a journal he edited between 1927 and 1930, he provided the appropriate lapidary motto: “My prayer is like a sword. And my sword is like a prayer.” Ilyin dedicated his huge 1925 book On the Use of Violence to Resist Evil to the Whites, the men who had resisted the Bolshevik Revolution. It was meant as a guide to their future.

What seemed to trouble Ilyin most was that Italians and not Russians had invented fascism: “Why did the Italians succeed where we failed?” Writing of the future of Russian fascism in 1927, he tried to establish Russian primacy by considering the White resistance to the Bolsheviks as the pre-history of the fascist movement as a whole. The White movement had also been “deeper and broader” than fascism because it had preserved a connection to religion and the need for totality. Ilyin proclaimed to “my White brothers, the fascists” that a minority must seize power in Russia. The time would come. The “White Spirit” was eternal.

Ilyin’s proclamation of a fascist future for Russia in the 1920s was the absolute negation of his hopes in the 1910s that Russia might become a rule-of-law state. “The fact of the matter,” wrote Ilyin, “is that fascism is a redemptive excess of patriotic arbitrariness.” Arbitrariness (proizvol), a central concept in all modern Russian political discussions, was the bugbear of all Russian reformers seeking improvement through law. Now proizvol was patriotic. The word for “redemptive” (spasytelnii), is another central Russian concept. It is the adjective Russian Orthodox Christians might apply to the sacrifice of Christ on Calvary, the death of the One for the salvation of the many. Ilyin uses it to mean the murder of outsiders so that the nation could undertake a project of total politics that might later redeem a lost God.

In one sentence, two universal concepts, law and Christianity, are undone. A spirit of lawlessness replaces the spirit of the law; a spirit of murder replaces a spirit of mercy.

*

Although Ilyin was inspired by fascist Italy, his home as a political refugee between 1922 and 1938 was Germany. As an employee of the Russian Scholarly Institute (Russisches Wissenschaftliches Institut), he was an academic civil servant. It was from Berlin that he observed the succession struggle after Lenin’s death that brought Joseph Stalin to power. He then followed Stalin’s attempt to transform the political victory of the Bolsheviks into a social revolution. In 1933, Ilyin published a long book, in German, on the famine brought by the collectivization of Soviet agriculture.

Writing in Russian for Russian émigrés, Ilyin was quick to praise Hitler’s seizure of power in 1933. Hitler did well, in Ilyin’s opinion, to have the rule of law suspended after the Reichstag Fire of February 1933. Ilyin presented Hitler, like Mussolini, as a Leader from beyond history whose mission was entirely defensive. “A reaction to Bolshevism had to come,” wrote Ilyin, “and it came.” European civilization had been sentenced to death, but “so long as Mussolini is leading Italy and Hitler is leading Germany, European culture has a stay of execution.” Nazis embodied a “Spirit” (Dukh) that Russians must share.

According to Ilyin, Nazis were right to boycott Jewish businesses and blame Jews as a collectivity for the evils that had befallen Germany. Above all, Ilyin wanted to persuade Russians and other Europeans that Hitler was right to treat Jews as agents of Bolshevism. This “Judeobolshevik” idea, as Ilyin understood, was the ideological connection between the Whites and the Nazis. The claim that Jews were Bolsheviks and Bolsheviks were Jews was White propaganda during the Russian Civil War. Of course, most communists were not Jews, and the overwhelming majority of Jews had nothing to do with communism. The conflation of the two groups was not an error or an exaggeration, but rather a transformation of traditional religious prejudices into instruments of national unity. Judeobolshevism appealed to the superstitious belief of Orthodox Christian peasants that Jews guarded the border between the realms of good and evil. It shifted this conviction to modern politics, portraying revolution as hell and Jews as its gatekeepers. As in Ilyin’s philosophy, God was weak, Satan was dominant, and the weapons of hell were modern ideas in the world.

During and after the Russian Civil War, some of the Whites had fled to Germany as refugees. Some brought with them the foundational text of modern antisemitism, the fictional “Protocols of the Elders of Zion,” and many others the conviction that a global Jewish conspiracy was responsible for their defeat. White Judeobolshevism, arriving in Germany in 1919 and 1920, completed the education of Adolf Hitler as an antisemite. Until that moment, Hitler had presented the enemy of Germany as Jewish capitalism. Once convinced that Jews were responsible for both capitalism and communism, Hitler could take the final step and conclude, as he did in Mein Kampf, that Jews were the source of all ideas that threatened the German people. In this important respect, Hitler was indeed a pupil of the Russian White movement. Ilyin, the main White ideologist, wanted the world to know that Hitler was right.

As the 1930s passed, Ilyin began to doubt that Nazi Germany was advancing the cause of Russian fascism. This was natural, since Hitler regarded Russians as subhumans, and Germany supported European fascists only insofar as they were useful to the specific Nazi cause. Ilyin began to caution Russian Whites about Nazis, and came under suspicion from the German government. He lost his job and, in 1938, left Germany for Switzerland. He remained faithful, however, to his conviction that the White movement was anterior to Italian fascism and German National Socialism. In time, Russians would demonstrate a superior fascism.

*

From a safe Swiss vantage point near Zurich, Ilyin observed the outbreak of World War II. It was a confusing moment for both communists and their enemies, since the conflict began after the Soviet Union and Nazi Germany reached an agreement known as the Molotov-Ribbentrop Pact. Its secret protocol, which divided East European territories between the two powers, was an alliance in all but name. In September 1939, both Nazi Germany and the Soviet Union invaded Poland, their armies meeting in the middle. Ilyin believed that the Nazi-Soviet alliance would not last, since Stalin would betray Hitler. In 1941, the reverse took place, as the Wehrmacht invaded the Soviet Union. Though Ilyin harbored reservations about the Nazis, he wrote of the German invasion of the USSR as a “judgment on Bolshevism.” After the Soviet victory at Stalingrad in February 1943, when it became clear that Germany would likely lose the war, Ilyin changed his position again. Then, and in the years to follow, he would present the war as one of a series of Western attacks on Russian virtue.

Russian innocence was becoming one of Ilyin’s great themes. As a concept, it completed Ilyin’s fascist theory: the world was corrupt; it needed redemption from a nation capable of total politics; that nation was unsoiled Russia. As he aged, Ilyin dwelled on the Russian past, not as history, but as a cyclical myth of native virtue defended from external penetration. Russia was an immaculate empire, always under attack from all sides. A small territory around Moscow became the Russian Empire, the largest country of all time, without ever attacking anyone. Even as it expanded, Russia was the victim, because Europeans did not understand the profound virtue it was defending by taking more land. In Ilyin’s words, Russia has been subject to unceasing “continental blockade,” and so its entire past was one of “self-defense.” And so, “the Russian nation, since its full conversion to Christianity, can count nearly one thousand years of historical suffering.”

Although Ilyin wrote hundreds of tedious pages along these lines, he also made clear that it did not matter what had actually happened or what Russians actually did. That was meaningless history, those were mere facts. The truth about a nation, wrote Ilyin, was “pure and objective” regardless of the evidence, and the Russian truth was invisible and ineffable Godliness. Russia was not a country with individuals and institutions, even should it so appear, but an immortal living creature. “Russia is an organism of nature and the soul,” it was a “living organism,” a “living organic unity,” and so on. Ilyin wrote of “Ukrainians” within quotation marks, since in his view they were a part of the Russian organism. Ilyin was obsessed by the fear that people in the West would not understand this, and saw any mention of Ukraine as an attack on Russia. Because Russia is an organism, it “cannot be divided, only dissected.”

Ilyin’s conception of Russia’s political return to God required the abandonment not only of individuality and plurality, but also of humanity. The fascist language of organic unity, discredited by the war, remained central to Ilyin. In general, his thinking was not really altered by the war. He did not reject fascism, as did most of its prewar advocates, although he now did distinguish between what he regarded as better and worse forms of fascism. He did not partake in the general shift of European politics to the left, nor in the rehabilitation of democracy. Perhaps most importantly, he did not recognize that the age of European colonialism was passing. He saw Franco’s Spain and Salazar’s Portugal, then far-flung empires ruled by right-wing authoritarian regimes, as exemplary.

World War II was not a “judgment on Bolshevism,” as Ilyin had imagined in 1941. Instead, the Red Army had emerged triumphant in 1945, Soviet borders had been extended west, and a new outer empire of replicate regimes had been established in Eastern Europe. The simple passage of time made it impossible to imagine in the 1940s, as Ilyin had in the 1920s, the members of the White emigration might someday return to power in Russia. Now he was writing their eulogies rather than their ideologies. What was needed instead was a blueprint for a post-Soviet Russia that would be legible in the future. Ilyin set about composing a number of constitutional proposals, as well as a shorter set of political essays. These last, published as Our tasks (Nashi zadachi), began his intellectual revival in post-Soviet Russia.

These postwar recommendations bear an unmistakable resemblance to prewar fascist systems, and are consistent with the metaphysical and ethical legitimations of fascism present in Ilyin’s major works. The “national dictator,” predicted Ilyin, would spring from somewhere beyond history, from some fictional realm. This Leader (Gosudar’) must be “sufficiently manly,” like Mussolini. The note of fragile masculinity is hard to overlook. “Power comes all by itself,” declared Ilyin, “to the strong man.” People would bow before “the living organ of Russia.” The Leader “hardens himself in just and manly service.”

In Ilyin’s scheme, this Leader would be personally and totally responsible for every aspect of political life, as chief executive, chief legislator, chief justice, and commander of the military. His executive power is unlimited. Any “political selection” should take place “on a formally undemocratic basis.” Democratic elections institutionalized the evil notion of individuality. “The principle of democracy,” Ilyin wrote, “was the irresponsible human atom.” Counting votes was to falsely accept “the mechanical and arithmetical understanding of politics.” It followed that “we must reject blind faith in the number of votes and its political significance.” Public voting with signed ballots will allow Russians to surrender their individuality. Elections were a ritual of submission of Russians before their Leader.

The problem with prewar fascism, according to Ilyin, had been the one-party state. That was one party too many. Russia should be a zero-party state, in that no party should control the state or exercise any influence on the course of events. A party represents only a segment of society, and segmentation is what is to be avoided. Parties can exist, but only as traps for the ambitious or as elements of the ritual of electoral subservience. (Members of Putin’s party were sent the article that makes this point in 2014.) The same goes for civil society: it should exist as a simulacrum. Russians should be allowed to pursue hobbies and the like, but only within the framework of a total corporate structure that included all social organizations. The middle classes must be at the very bottom of the corporate structure, bearing the weight of the entire system. They are the producers and consumers of facts and feelings in a system where the purpose is to overcome factuality and sensuality.

“Freedom for Russia,” as Ilyin understood it (in a text selectively quoted by Putin in 2014), would not mean freedom for Russians as individuals, but rather freedom for Russians to understand themselves as parts of a whole. The political system must generate, as Ilyin clarified, “the organic-spiritual unity of the government with the people, and the people with the government.” The first step back toward the Word would be “the metaphysical identity of all people of the same nation.” The “the evil nature of the ‘sensual’” could be banished, and “the empirical variety of human beings” itself could be overcome.

*

Russia today is a media-heavy authoritarian kleptocracy, not the religious totalitarian entity that Ilyin imagined. And yet, his concepts do help lift the obscurity from some of the more interesting aspects of Russian politics. Vladimir Putin, to take a very important example, is a post-Soviet politician who emerged from the realm of fiction. Since it is he who brought Ilyin’s ideas into high politics, his rise to power is part of Ilyin’s story as well.

Putin was an unknown when he was selected by post-Soviet Russia’s first president, Boris Yeltsin, to be prime minister in 1999. Putin was chosen by political casting call. Yeltsin’s intimates, carrying out what they called “Operation Successor,” asked themselves who the most popular character in Russian television was. Polling showed that this was the hero of a 1970s program, a Soviet spy who spoke German. This fit Putin, a former KGB officer who had served in East Germany. Right after he was appointed prime minister by Yeltsin in September 1999, Putin gained his reputation through a bloodier fiction. When apartment buildings in Russian cities began to explode, Putin blamed Muslims and began a war in Chechnya. Contemporary evidence suggests that the bombs might have been planted by Russia’s own security organization, the FSB. Putin was elected president in 2000, and served until 2008.

In the early 2000s, Putin maintained that Russia could become some kind of rule-of-law state. Instead, he succeeded in bringing economic crime within the Russian state, transforming general corruption into official kleptocracy. Once the state became the center of crime, the rule of law became incoherent, inequality entrenched, and reform unthinkable. Another political story was needed. Because Putin’s victory over Russia’s oligarchs also meant control over their television stations, new media instruments were at hand. The Western trend towards infotainment was brought to its logical conclusion in Russia, generating an alternative reality meant to generate faith in Russian virtue but cynicism about facts. This transformation was engineered by Vladislav Surkov, the genius of Russian propaganda. He oversaw a striking move toward the world as Ilyin imagined it, a dark and confusing realm given shape only by Russian innocence. With the financial and media resources under control, Putin needed only, in the nice Russian term, to add the “spiritual resource.” And so, beginning in 2005, Putin began to rehabilitate Ilyin as a Kremlin court philosopher.

That year, Putin began to cite Ilyin in his addresses to the Federal Assembly of the Russian Federation, and arranged for the reinterment of Ilyin’s remains in Russia. Then Surkov began to cite Ilyin. The propagandist accepted Ilyin’s idea that “Russian culture is the contemplation of the whole,” and summarizes his own work as the creation of a narrative of an innocent Russia surrounded by permanent hostility. Surkov’s enmity toward factuality is as deep as Ilyin’s, and like Ilyin, he tends to find theological grounds for it. Dmitry Medvedev, the leader of Putin’s political party, recommended Ilyin’s books to Russia’s youth. Ilyin began to figure in the speeches of the leaders of Russia’s tame opposition parties, the communists and the (confusingly-named, extreme-right) Liberal Democrats. These last few years, Ilyin has been cited by the head of the constitutional court, by the foreign minister, and by patriarchs of the Russian Orthodox Church.

After a four-year intermission between 2008 and 2012, during which Putin served as prime minister and allowed Medvedev to be president, Putin returned to the highest office. If Putin came to power in 2000 as hero from the realm of fiction, he returned in 2012 as the destroyer of the rule of law. In a minor key, the Russia of Putin’s time had repeated the drama of the Russia of Ilyin’s time. The hopes of Russian liberals for a rule-of-law state were again disappointed. Ilyin, who had transformed that failure into fascism the first time around, now had his moment. His arguments helped Putin transform the failure of his first period in office, the inability to introduce of the rule of law, into the promise for a second period in office, the confirmation of Russian virtue. If Russia could not become a rule-of-law state, it would seek to destroy neighbors that had succeeded in doing so or that aspired to do so. Echoing one of the most notorious proclamations of the Nazi legal thinker Carl Schmitt, Ilyin wrote that politics “is the art of identifying and neutralizing the enemy.” In the second decade of the twenty-first century, Putin’s promises were not about law in Russia, but about the defeat of a hyper-legal neighboring entity.

The European Union, the largest economy in the world and Russia’s most important economic partner, is grounded on the assumption that international legal agreements provide the basis for fruitful cooperation among rule-of-law states. In late 2011 and early 2012, Putin made public a new ideology, based in Ilyin, defining Russia in opposition to this model of Europe. In an article in Izvestiia on October 3, 2011, Putin announced a rival Eurasian Union that would unite states that had failed to establish the rule of law. In Nezavisimaia Gazeta on January 23, 2012, Putin, citing Ilyin, presented integration among states as a matter of virtue rather than achievement. The rule of law was not a universal aspiration, but part of an alien Western civilization; Russian culture, meanwhile, united Russia with post-Soviet states such as Ukraine. In a third article, in Moskovskie Novosti on February 27, 2012, Putin drew the political conclusions. Ilyin had imagined that “Russia as a spiritual organism served not only all the Orthodox nations and not only all of the nations of the Eurasian landmass, but all the nations of the world.” Putin predicted that Eurasia would overcome the European Union and bring its members into a larger entity that would extend “from Lisbon to Vladivostok.”

Putin’s offensive against the rule of law began with the manner of his reaccession to the office of president of the Russian Federation. The foundation of any rule-of-law state is a principle of succession, the set of rules that allow one person to succeed another in office in a manner that confirms rather than destroys the system. The way that Putin returned to power in 2012 destroyed any possibility that such a principle could function in Russia in any foreseeable future. He assumed the office of president, with a parliamentary majority, thanks to presidential and parliamentary elections that were ostentatiously faked, during protests whose participants he condemned as foreign agents.

In depriving Russia of any accepted means by which he might be succeeded by someone else and the Russian parliament controlled by another party but his, Putin was following Ilyin’s recommendation. Elections had become a ritual, and those who thought otherwise were portrayed by a formidable state media as traitors. Sitting in a radio station with the fascist writer Alexander Prokhanov as Russians protested electoral fraud, Putin mused about what Ivan Ilyin would have to say about the state of Russia. “Can we say,” asked Putin rhetorically, “that our country has fully recovered and healed after the dramatic events that have occurred to us after the Soviet Union collapsed, and that we now have a strong, healthy state? No, of course she is still quite ill; but here we must recall Ivan Ilyin: ‘Yes, our country is still sick, but we did not flee from the bed of our sick mother.’”

The fact that Putin cited Ilyin in this setting is very suggestive, and that he knew this phrase suggests extensive reading. Be that as it may, the way that he cited it seems strange. Ilyin was expelled from the Soviet Union by the Cheka—the institution that was the predecessor of Putin’s employer, the KGB. For Ilyin, it was the foundation of the USSR, not its dissolution, that was the Russian sickness. As Ilyin told his Cheka interrogator at the time: “I consider Soviet power to be an inevitable historical outcome of the great social and spiritual disease which has been growing in Russia for several centuries.” Ilyin thought that KGB officers (of whom Putin was one) should be forbidden from entering politics after the end of the Soviet Union. Ilyin dreamed his whole life of a Soviet collapse.

Putin’s reinterment of Ilyin’s remains was a mystical release from this contradiction. Ilyin had been expelled from Russia by the Soviet security service; his corpse was reburied alongside the remains of its victims. Putin had Ilyin’s corpse interred at a monastery where the NKVD, the heir to the Cheka and the predecessor of the KGB, had interred the ashes of thousands of Soviet citizens executed in the Great Terror. When Putin later visited the site to lay flowers on Ilyin’s grave, he was in the company of an Orthodox monk who saw the NKVD executioners as Russian patriots and therefore good men. At the time of the reburial, the head of the Russian Orthodox Church was a man who had previously served the KGB as an agent. After all, Ilyin’s justification for mass murder was the same as that of the Bolsheviks: the defense of an absolute good. As critics of his second book in the 1920s put it, Ilyin was a “Chekist for God.” He was reburied as such, with all possible honors conferred by the Chekists and by the men of God—and by the men of God who were Chekists, and by the Chekists who were men of God.

Ilyin was returned, body and soul, to the Russia he had been forced to leave. And that very return, in its inattention to contradiction, in its disregard of fact, was the purest expression of respect for his legacy. To be sure, Ilyin opposed the Soviet system. Yet, once the USSR ceased to exist in 1991, it was history—and the past, for Ilyin, was nothing but cognitive raw material for a literature of eternal virtue. Modifying Ilyin’s views about Russian innocence ever so slightly, Russian leaders could see the Soviet Union not as a foreign imposition upon Russia, as Ilyin had, but rather as Russia itself, and so virtuous despite appearances. Any faults of the Soviet system became necessary Russian reactions to the prior hostility of the West.

*

Questions about the influence of ideas in politics are very difficult to answer, and it would be needlessly bold to make of Ilyin’s writings the pillar of the Russian system. For one thing, Ilyin’s vast body of work admits multiple interpretations. As with Martin Heidegger, another student of Husserl who supported Hitler, it is reasonable to ask how closely a man’s political support of fascism relates to a philosopher’s work. Within Russia itself, Ilyin is not the only native source of fascist ideas to be cited with approval by Vladimir Putin; Lev Gumilev is another. Contemporary Russian fascists who now rove through the public space, such as Aleksander Prokhanov and Aleksander Dugin, represent distinct traditions. It is Dugin, for example, who made the idea of “Eurasia” popular in Russia, and his references are German Nazis and postwar West European fascists. And yet, most often in the Russia of the second decade of the twenty-first century, it is Ilyin’s ideas that to seem to satisfy political needs and to fill rhetorical gaps, to provide the “spiritual resource” for the kleptocratic state machine. In 2017, when the Russian state had so much difficulty commemorating the centenary of the Bolshevik Revolution, Ilyin was advanced as its heroic opponent. In a television drama about the revolution, he decried the evil of promising social advancement to Russians.

Russian policies certainly recall Ilyin’s recommendations. Russia’s 2012 law on “foreign agents,” passed right after Putin’s return to the office of the presidency, well represents Ilyin’s attitude to civil society. Ilyin believed that Russia’s “White Spirit” should animate the fascists of Europe; since 2013, the Kremlin has provided financial and propaganda support to European parties of the populist and extreme right. The Russian campaign against the “decadence” of the European Union, initiated in 2013, is in accord with Ilyin’s worldview. Ilyin’s scholarly effort followed his personal projection of sexual anxiety to others. First, Ilyin called Russia homosexual, then underwent therapy with his girlfriend, then blamed God. Putin first submitted to years of shirtless fur-and-feather photoshoots, then divorced his wife, then blamed the European Union for Russian homosexuality. Ilyin sexualized what he experienced as foreign threats. Jazz, for example, was a plot to induce premature ejaculation. When Ukrainians began in late 2013 to assemble in favor of a European future for their country, the Russian media raised the specter of a “homodictatorship.”

The case for Ilyin’s influence is perhaps easiest to make with respect to Russia’s new orientation toward Ukraine. Ukraine, like the Russian Federation, is a new country, formed from the territory of a Soviet republic in 1991. After Russia, it was the second-most populous republic of the Soviet Union, and it has a long border with Russia to the east and north as well as with European Union members to the west. For the first two decades after the dissolution of the Soviet Union, Russian-Ukrainian relations were defined by both sides according to international law, with Russian lawyers always insistent on very traditional concepts such as sovereignty and territorial integrity. When Putin returned to power in 2012, legalism gave way to colonialism. Since 2012, Russian policy toward Ukraine has been made on the basis of first principles, and those principles have been Ilyin’s. Putin’s Eurasian Union, a plan he announced with the help of Ilyin’s ideas, presupposed that Ukraine would join. Putin justified Russia’s attempt to draw Ukraine towards Eurasia by Ilyin’s “organic model” that made of Russia and Ukraine “one people.”

Ilyin’s idea of a Russian organism including Ukraine clashed with the more prosaic Ukrainian notion of reforming the Ukrainian state. In Ukraine in 2013, the European Union was a subject of domestic political debate, and was generally popular. An association agreement between Ukraine and the European Union was seen as a way to address the major local problem, the weakness of the rule of law. Through threats and promises, Putin was able in November 2013 to induce the Ukrainian president, Viktor Yanukovych, not to sign the association agreement, which had already been negotiated. This brought young Ukrainians to the street to demonstrate in favor the agreement. When the Ukrainian government (urged on and assisted by Russia) used violence, hundreds of thousands of Ukrainian citizens assembled in Kyiv’s Independence Square. Their main postulate, as surveys showed at the time, was the rule of law. After a sniper massacre that left more than one hundred Ukrainians dead, Yanukovych fled to Russia. His main adviser, Paul Manafort, was next seen working as Donald Trump’s campaign manager.

By the time Yanukovych fled to Russia, Russian troops had already been mobilized for the invasion of Ukraine. As Russian troops entered Ukraine in February 2014, Russian civilizational rhetoric (of which Ilyin was a major source) captured the imagination of many Western observers. In the first half of 2014, the issues debated were whether or not Ukraine was or was not part of Russian culture, or whether Russian myths about the past were somehow a reason to invade a neighboring sovereign state. In accepting the way that Ilyin put the question, as a matter of civilization rather than law, Western observers missed the stakes of the conflict for Europe and the United States. Considering the Russian invasion of Ukraine as a clash of cultures was to render it distant and colorful and obscure; seeing it as an element of a larger assault on the rule of law would have been to realize that Western institutions were in peril. To accept the civilizational framing was also to overlook the basic issue of inequality. What pro-European Ukrainians wanted was to avoid Russian-style kleptocracy. What Putin needed was to demonstrate that such efforts were fruitless.

Ilyin’s arguments were everywhere as Russian troops entered Ukraine multiple times in 2014. As soldiers received their mobilization orders for the invasion of the Ukraine’s Crimean province in January 2014, all of Russia’s high-ranking bureaucrats and regional governors were sent a copy of Ilyin’s Our Tasks. After Russian troops occupied Crimea and the Russian parliament voted for annexation, Putin cited Ilyin again as justification. The Russian commander sent to oversee the second major movement of Russian troops into Ukraine, to the southeastern provinces of Donetsk and Luhansk in summer 2014, described the war’s final goal in terms that Ilyin would have understood: “If the world were saved from demonic constructions such as the United States, it would be easier for everyone to live. And one of these days it will happen.”

Anyone following Russian politics could see in early 2016 that the Russian elite preferred Donald Trump to become the Republican nominee for president and then to defeat Hillary Clinton in the general election. In the spring of that year, Russian military intelligence was boasting of an effort to help Trump win. In the Russian assault on American democracy that followed, the main weapon was falsehood. Donald Trump is another masculinity-challenged kleptocrat from the realm of fiction, in his case that of reality television. His campaign was helped by the elaborate untruths that Russia distributed about his opponent. In office, Trump imitates Putin in his pursuit of political post-truth: first filling the public sphere with lies, then blaming the institutions whose purpose is to seek facts, and finally rejoicing in the resulting confusion. Russian assistance to Trump weakened American trust in the institutions that Russia has been unable to build. Such trust was already in decline, thanks to America’s own media culture and growing inequality.

Ilyin meant to be the prophet of our age, the post-Soviet age, and perhaps he is. His disbelief in this world allows politics to take place in a fictional one. He made of lawlessness a virtue so pure as to be invisible, and so absolute as to demand the destruction of the West. He shows us how fragile masculinity generates enemies, how perverted Christianity rejects Jesus, how economic inequality imitates innocence, and how fascist ideas flow into the postmodern. This is no longer just Russian philosophy. It is now American life.


Chine: Quel deux poids deux mesures ? (Spot the error: China’s Tiananmen butchers brazenly blow up Christian churches but imagine the uproar if a Christian country or Israel had dared touch a mosque)

26 janvier, 2018
 A cross that had been torn down by Chinese government workers at a Protestant church in the village of Taitou in Zhejiang Province last year.In 2014, a church blocked a gate to protect its cross.A Sunday service at a state-sanctioned church in Wenzhou in 2014. There are an estimated 60 million Christians in China. In an image from video, a Catholic church’s cross was toppled by a government worker in Zhejiang Province last year. Over the past two years, officials and residents said, the authorities have had crosses from 1,200 to 1,700 churches torn down.
S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi. Jésus (Jean 15 :20)
Les révélations relatives à l’ingérence russe dans le processus électoral de plusieurs pays, y compris la France, ont ramené sur le devant de la scène des pratiques et méthodes que l’on croyait croupissantes dans les oubliettes de la guerre froide. L’ingérence a pour but d’orienter le cours de la politique d’un pays donné dans une direction favorable aux intérêts de la puissance étrangère. Elle s’appuie sur une panoplie d’outils subversifs (corruption, coercition, propagande, désinformation) relayés par des médias, des associations, ou des personnalités publiques, dans le but d’influencer l’opinion publique et les élites. La Russie n’est pas la seule puissance à pratiquer l’art de la guerre politique. La Chine mène le même combat, utilisant des armes similaires. Au cours des derniers mois, les exemples d’ingérence chinoise se sont accumulés : pressions financières exercées sur la prestigieuse Cambridge University Press, lui intimant de retirer de ses bases de données des centaines d’articles dont le contenu déplaisait à Pékin ; atteintes répétées à la liberté d’expression dans plusieurs universités australiennes et américaines opérées par des associations d’étudiants chinois rattachées à des organes centraux du Parti communiste chinois (PCC) ; rachat de journaux locaux ou coproduction de programmes médiatiques. Le monde politique n’est pas épargné : des tycoons liés au PCC ont versé plusieurs millions de dollars sous forme de donations aux principaux partis politiques australiens ; le directeur de la CEFC China Energy, une compagnie chinoise aux origines opaques, est depuis deux ans conseiller personnel du président tchèque. Alors que la Nouvelle-Zélande se prépare à tenir ses élections législatives, les services de contre-espionnage néo-zélandais ont déclaré avoir ouvert une enquête sur un ex-professeur de l’université d’Auckland, devenu député du Parti national en 2011. Avant son arrivée en Nouvelle-Zélande, Yang Jian avait enseigné à l’Institut des langues étrangères de Luoyang, une institution formant les officiers de renseignement du 3e département de l’Armée populaire (l’équivalent de la NSA). Il avait «oublié» de le mentionner. Les objectifs de la guerre politique menée par la Chine sont différents de ceux de Moscou, mais leurs tactiques ont un point commun : la manipulation de la liberté et de l’ouverture offertes par les sociétés démocratiques. Là où la Russie veut diviser l’Europe, détourner son attention et la dissuader de réagir à ses agressions répétées, Pékin souhaite établir sa prépondérance sur une région Asie-Pacifique élargie qu’elle souhaite débarrassée de la présence américaine. Afin d’y parvenir sans déclencher de conflit militaire, elle s’attache à décrédibiliser Washington auprès de ses alliés, à diviser les acteurs régionaux et à les dissuader d’intervenir dans l’espace maritime est-asiatique qu’elle souhaite établir comme son pré carré. Au-delà de la rivalité stratégique sino-américaine, c’est aussi un accès à des marchés, des savoir-faire et des technologies, que recherche une Chine qui s’est donnée pour objectif de dépasser la première puissance économique mondiale. Le rêve du «grand marché chinois» ou la promesse d’opportunités lucratives offertes par son programme des «nouvelles routes de la soie» servent d’appâts à des entreprises et gouvernements souvent prompts à coopérer sans se soucier des potentielles conséquences négatives à long terme. Enfin, le contrôle de l’information et l’effort de propagande chinois ne s’arrêtent pas à la frontière virtuelle créée par la «grande muraille digitale» qui scelle le cyberespace de la République populaire. Xi Jinping souhaite que la «voix de la Chine» résonne dans le monde, martelant les succès de la «solution chinoise» présentée comme une alternative à un modèle de globalisation en faillite. Une alternative dans laquelle les «droits au développement» passent avant le respect des valeurs universelles. Nadège Rolland
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
Depuis l’Holocauste, (…) on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. René Girard
Un gouvernement qui n’est pas responsable face à son propre peuple ne peut être responsable face au reste du monde. (…) Ne pas vouloir offenser la Chine signifie qu’ils ne peuvent pas aider la Chine, ne peuvent pas aider le peuple chinois à jouir de ses droits et ne peuvent pas aider la communauté internationale à intégrer un membre fiable, stable et pacifique. Cela n’est pas une bonne chose. Si le monde est indifférent, il porte une grande part de la responsabilité. Bao Tong (ami personnel de Zhao Ziyang)
Tant que le parti ne reverra pas son jugement sur le 4 juin, et ne reconnaîtra pas que c’était un mouvement patriotique et démocratique, la démocratie ne pourra pas avancer ici. Cela veut dire que tout ce qu’ils nous racontent sur la démocratie en marche et les droits de l’Homme ne sont que mensonges. Qi Zhiyong (ancien étudiant ayant perdu une jambe sous les balles le 4 juin)
Jusqu’à présent la communauté internationale (…) a adopté une politique d’apaisement à l’égard du gouvernement chinois. Ding Zilin (Mère d’une des victimes du 4 juin)
Nous les démocrates chinois, nous sommes comme les Juifs dans l’Allemagne Nazie. Pourquoi les Occidentaux ne viennent pas à notre secours est un grand mystère. Lorsque nous aurons tous été exterminés, vous aurez honte de votre passivité. Vous vous demanderez pourquoi vous ne nous aviez pas vu disparaître? Liu Xia (épouse du dissident emprisonné Liu Xiaobo)
Les évangélistes, c’est aussi des fondamentalistes. Et ils nous emmerdent. Gérard Chaliand
A l’exclusive de l’islam radical répond l’exclusive des évangélistes. Et il faut les voir en Irak (…) comment ils travaillent actuellement, à coups d’arguments sonnants et trébuchants, pour essayer de convertir, en Algérie, en Palestine, au Liban, en Syrie. Antoine Sfeir
Entendre tous les jours que l’Islam est une menace, entendre un jour que 42% des Français le pensent, être amené soi-même à prononcer cette phrase magique, tout cela transforme une subjectivité, engendre des comportements (par exemple des réflexes de méfiance ou de défiance face à toute « manifestation ostensible d’islamité ») et bouleverse donc les interactions futures avec des musulman-e-s de chair et d’os. Pour être plus concret : à force d’entendre, puis de dire soi-même, que l’Islam est une menace, on finit qu’on le veuille ou non, qu’on le sente ou non, par adopter vis-à-vis des musulman-e-s qu’on croise une attitude hostile, distante, craintive ou méprisante, que lesdit-e-s musulman-e-s ne peuvent que ressentir, à laquelle ils ou elles ne peuvent que réagir – et à laquelle ils ne peuvent réagir que d’une manière vive qui sera à son tour décryptée par notre bon français comme la preuve que, décidément, « l’Islam est une menace ». Avec en prime, cette fois-ci, une « expérience » à faire valoir si d’aventure on le sonde sur son rapport personnel avec des musulmans réels. Voilà dans quels cercles vicieux nous ont enfermés plusieurs années de journalisme racoleur et tendancieux (sur « la poussée fondamentaliste », « les filières terroristes » et « les reculs de la laïcité »), d’éditorialisme belliqueux (sur « la défense du modèle républicain »), d’opérations idéologiques (sur « l’identité nationale », « les tournantes » et « les cités du mâle ») et de législations d’exception (sur « le voile » en 2004, sur « la burqa » en 2010). (…c’est tout un système qui porte aujourd’hui l’idée que « l’Islam est une menace ». Un système dont les agents – conscients ou pas – sont des ministres, des partis de droite, des partis de gauche, des patrons de presse, des intellectuels, des journalistes… et des sondeurs. Un système qui a ses petites mains mais aussi ses Grands Commis : Yves Calvi, Christophe Barbier, Éric Zemmour, Élisabeth Lévy, Caroline Fourest, Alain Finkielkraut, Élisabeth Badinter, Fadela Amara, Sihem Habchi, Abdennour Bidar, Abdelwahab Meddeb, Michel Onfray, Philippe Val, Robert Redeker, Claude Lanzmann et Bernard-Henri Lévy… Un système qui constitue, pour le coup, une véritable menace – pour la démocratie, pour la paix civile, mais plus directement, plus immédiatement, plus durement, pour les musulmans. (…) une chose est sûre : la propagande islamophobe bat son plein et porte ses fruits, les injures, violences et discriminations sont quotidiennes, et l’histoire nous a appris que tout cela peut, si on laisse faire, aller encore plus loin. Pierre Tévanian
Reprocher aux musulmans de n’être pas, ou pas assez, intégrés n’a qu’un sens : c’est leur reprocher d’être ce qu’ils sont. Et d’être de trop chez nous. Le rejet des musulmans n’est qu’une variante, la variante actuelle, d’une constante nationale : le rejet de l’étranger, que Montaigne, il y a plus de quatre siècles, dénonçait déjà. Maurice T. Maschino
Dans la représentation d’un corps étranger qui ne serait pas intégrable en France, les Musulmans ont tout simplement remplacé les Juifs. Jean-Marie Le Pen était antisémite, Marine est islamophobe, il n’y a pas rupture mais continuum. On ressort aujourd’hui, sur les Musulmans, le même type d’arguments que l’on réservait aux Juifs dans les années 30. Ils ne sont pas comme nous, ils font peser un danger sur la République. Ils ont un plan secret pour imposer leur loi. Leur religion est incompatible avec notre société. Ils ne seront jamais français et resteront étrangers, et ce, quelle que soit la mention figurant sur leurs passeports. Dans les années 30, même s’il en avait la nationalité, un Juif n’était pas considéré comme tout à fait français. Aujourd’hui, cet argument est servi pour les Musulmans. Pascal Boniface
Il y a un effectivement un risque de radicalisation de groupes qui n’arrivent pas à trouver leur place dans la société, et pour qui les symboles religieux traduisent l’expression d’une identité. Il ne faudrait pas que les différences religieuses deviennent un mode de désignation des différences sociales. A la veille de Noël, nous avons retrouvé sur une église parisienne l’inscription « mort au chrétiens », c’est une première. Cardinal André Vingt-Trois (président de la conférence des évêques de France)
Au VIIe siècle, quand l’islam est arrivé, tout l’espace correspondant à l’Orient arabe, à la Turquie et à la péninsule arabique était habité, à l’exception des communautés juives, par des populations chrétiennes. De nos jours, sur 17 pays et 350 millions d’habitants, les chrétiens sont 14 millions. La Turquie, notamment, comptait 20% de chrétiens vers 1900; ils sont moins de 1% aujourd’hui. (…) Les chrétiens sont porteurs de valeurs universelles, comme la gratuité, le don, l’amour et le pardon. Ils le prouvent par leurs œuvres sociales, écoles ou hôpitaux, qui sont ouvertes à tous, sans distinction de religion. (…) C’est bien d’accueillir les blessés irakiens, mais la compassion n’est pas une politique. Notre crédibilité est en jeu: le monde musulman nous respectera si nous prenons la défense des chrétiens d’Orient, qui sont nos coreligionnaires. Annie Laurent
Plus de 200 millions de chrétiens, partout dans le monde, subissent sous une forme ou une autre la haine, la violence, la menace, la confiscation de leurs biens et d’autres abus, en raison de leur religion, faisant d’eux le groupe religieux le plus discriminé. Mgr Toso (Le Vatican)
De ce tour d’horizon, il ressort que 75 % des cas de persécution religieuse concernent les chrétiens, dont la condition se détériore en de nombreux endroits. En tête de liste, outre le Moyen-Orient, l’AED place la Corée du Nord, la Chine, le Vietnam, l’Inde, le Pakistan, le Soudan et Cuba. Si l’on tente de classer ces phénomènes de christianophobie en fonction de leur origine, il ressort que leur premier vecteur, à l’échelle de la planète, est constitué par l’islam politique ou le fondamentalisme musulman. (…) Même s’il est géographiquement limité, l’hindouisme constitue un deuxième facteur de persécution antichrétienne. Si cette idéologie politico-religieuse est rejetée par le gouvernement central de New Delhi, elle inspire des forces actives dans plusieurs États de la fédération indienne, provoquant des violences qui ont culminé en 2009, mais qui n’ont pas cessé depuis. Troisième vecteur antichrétien: le marxisme. En Corée du Nord, toute activité religieuse est qualifiée de révolte contre les principes socialistes, et des milliers de chrétiens sont emprisonnés. En Chine, le Parti communiste fait paradoxalement bon ménage avec le capitalisme, mais les vieux réflexes sont loin d’avoir disparu: l’État tient à contrôler les religions. (…) Le 10 décembre dernier a été publié, à Vienne, un rapport de l’Observatoire sur l’intolérance et les discriminations contre les chrétiens en Europe, concernant les années 2005-2010. Ce document recense les actes de vandalisme contre les églises et les symboles religieux, les manifestations de haine et les brimades contre les chrétiens observées sur le continent européen au cours des dernières années. La liste est impressionnante, mais les faits incriminés ont suscité une émotion bien discrète ici. Aux facteurs aggravants de la situation des chrétiens dans le monde, peut-être faudrait-il ajouter l’indifférentisme religieux en Occident: si les Européens ne respectent pas le christianisme chez eux, comment aideraient-ils les chrétiens persécutés aux quatre points de l’horizon? Jean Sévillia (Le Figaro)
Un récent rapport de MEMRI, paru début 2017, révélait la diffusion de manuels scolaires de l’Etat islamique sur la plateforme de réseaux sociaux basée en Europe Telegram. Il apparaissait que les manuels scolaires sont, sans surprise, remplis d’images et de textes liés au djihad. Cela n’a rien d’étonnant, de la part de l’organisation terroriste la plus connue du monde. Mais le problème des contenus intolérants, suprématistes et violents des manuels scolaires du monde musulman, d’Afrique du Nord au Pakistan, occupe le débat public depuis déjà plusieurs décennies, depuis avant l’émergence de l’Etat islamique. Les campagnes pour modifier le contenu nuisible des manuels scolaires palestiniens et saoudiens ont suscité de l’intérêt au sein des échelons haut-placés du gouvernement américain. Mais le problème est bien plus étendu et existait bien avant l’avènement des réseaux sociaux, qui ont en grande partie facilité la dernière vague de mobilisation djihadiste. (…) En octobre 2013, MEMRI publiait une étude des manuels scolaires utilisés dans les écoles publiques (et non dans les fameuses madrassas islamistes privées) au Penjab, à Sindh, au Baluchistan et à Khyber Pakhtunkhwa, qui montrait comment de jeunes élèves sont abreuvés de concepts de violence et de martyre et de haine pour les non-musulmans. Trois ans plus tard, l’éditorialiste pakistanais Zubeida Mustafa déplorait la profonde intolérance présente dans ces manuels scolaires, suite à la publication d’un rapport cinglant révélant que « ces manuels glorifient la guerre, singularisent les non musulmans, adoptent une vision unidimensionnelle de la réalité, déforment l’histoire et diffusent des stéréotypes sur les femmes ». MEMRI
Je suis très frappée par les limites de cet enseignement. Je vous le dis très directement. Quand on lit les programmes, c’est un enseignement qui ne respecte pas les règles de l’histoire critique. C’est un enseignement dogmatique. On présente le prophète de l’Islam sans mettre en perspective le contexte socio-culturel. C’est un enseignement qui sacralise. C’est un enseignement qui ne me semble pas servir des faims de connaissances. C’est un enseignement qui vise à flatter, à apaiser, à soutenir des choses qui relèvent du vivre ensemble mais qui n’est pas articulé au souci de vérité. Je vois quelques difficultés. Il faut faire un enseignement qui obéit à toutes les règles de l’histoire critique. Souad Ayada
It is like Taliban/ISIS style of persecution against a peaceful church. It was primarily destroyed because it refused to register. Bob Fu (China Aid)
Ces dernières années, une dizaine d’églises ont été détruites dans le pays, et de nombreuses croix ont été démontées. Dans le Jiangxi, dans le sud du pays, les portraits de Jésus ont même dû être remplacés par ceux du président Xi Jinping. RFI.
Les autorités chinoises ont démoli à l’explosif la monumentale église évangélique Jindengtai, située à Linfen, dans la province du Shanxi, « dans le cadre d’une campagne municipale visant à éliminer les constructions illégales », a précisé un responsable de la ville au journal Global Times, cité par l’AFP. « Un chrétien a donné son terrain agricole à une association chrétienne locale, et ils ont construit secrètement une église, prétextant construire un entrepôt », a indiqué la source municipale, qui a ajouté que les autorités avaient fait stopper la construction du lieu de culte en 2009. À l’époque, des fidèles avaient été arrêtés, des Bibles confisquées et des leaders religieux condamnés à de longues peines de prison. « Une nuée de policiers militaires ont été mobilisés et ont réalisé la démolition grâce à une grande quantité d’explosifs placés sous l’église », s’est insurgé de son côté Bob Fu, président de China Aid, un groupe de défense des droits religieux basé aux États-Unis. « Cette persécution est digne de l’État islamique et des talibans », a-t-il même dénoncé. (…) Le pouvoir communiste de Pékin, qui redoute l’influence des organisations religieuses, les surveille de très près. La Chine, qui compterait 60 millions de chrétiens, fait partie des 50 pays qui les persécutent le plus dans le monde, selon l’index 2018 de l’ONG Portes ouvertes. Valeurs actuelles

Cherchez l’erreur !

A l’heure où de Donald Trump à Emmanuel Macron et gros contrats obligent …

Nos dirigeants déroulent le tapis rouge ou se bousculent chez les bouchers de Tiananmen

Et que pendant que, sur fond de génocide silencieux mondial et d’incitation officielle au meurtre des non-musulmans, les dégradations se multiplient contre nos églises chrétiennes ou nos synagogues …

On en est, paix sociale oblige, à « sacraliser l’islam » dans les manuels de nos enfants …

Devinez qui …

Tout en multipliant à la russe  et à coup de corruption, coercition, propagande et désinformation, les actions subversives contre les démocraties occidentales

Et après l’Etat islamique et à la talibane …

Fait tranquillement sauter des églises chrétiennes (merci Roger) …

Et imaginez le tollé si un pays chrétien ou Israël avait osé toucher à une mosquée !

 Chrétiens. “Cette persécution est digne de l’État islamique et des talibans », a déploré le président de China Aid, un groupe de défense des droits religieux basé aux États-Unis.

Valeurs actuelles

15 janvier 2018

Les autorités chinoises ont démoli à l’explosif la monumentale église évangélique Jindengtai, située à Linfen, dans la province du Shanxi, « dans le cadre d’une campagne municipale visant à éliminer les constructions illégales », a précisé un responsable de la ville au journal Global Times, cité par l’AFP.

« Un chrétien a donné son terrain agricole à une association chrétienne locale, et ils ont construit secrètement une église, prétextant construire un entrepôt », a indiqué la source municipale, qui a ajouté que les autorités avaient fait stopper la construction du lieu de culte en 2009. À l’époque, des fidèles avaient été arrêtés, des Bibles confisquées et des leaders religieux condamnés à de longues peines de prison.

« Une nuée de policiers militaires ont été mobilisés et ont réalisé la démolition grâce à une grande quantité d’explosifs placés sous l’église », s’est insurgé de son côté Bob Fu, président de China Aid, un groupe de défense des droits religieux basé aux États-Unis. « Cette persécution est digne de l’État islamique et des talibans », a-t-il même dénoncé.

« Ces dernières années, une dizaine d’églises ont été détruites dans le pays, et de nombreuses croix ont été démontées. Dans le Jiangxi, dans le sud du pays, les portraits de Jésus ont même dû être remplacés par ceux du président Xi Jinping », rappelle aussi RFI.

Le pouvoir communiste de Pékin, qui redoute l’influence des organisations religieuses, les surveille de très près. La Chine, qui compterait 60 millions de chrétiens, fait partie des 50 pays qui les persécutent le plus dans le monde, selon l’index 2018 de l’ONG Portes ouvertes.

Voir aussi:

Chine: les autorités détruisent une monumentale église évangélique

Avec notre correspondante à Shanghai, Angélique Forget

C’était une église monumentale, surmontée de tourelles et d’une grande croix rouge. Il n’en reste aujourd’hui plus qu’un tas de pierre. L’édifice a été complètement détruit à l’explosif. Construite il y a dix ans grâce aux dons de fidèles, cette église revendiquait 50 000 paroissiens.

En 2009, déjà le gouvernement local avait tenté d’empêcher son édification, une centaine de policiers avaient confisqué les Bibles et plusieurs responsables religieux avaient été condamnés à de longues peines de prison.

Jésus remplacé par Xi Jinping

Ces dernières années, une dizaine d’églises ont été détruites dans le pays, et de nombreuses croix ont été démontées. Dans le Jiangxi, dans le sud du pays, les portraits de Jésus ont même dû être remplacés par ceux du président Xi Jinping.

Officiellement, la liberté de religion est garantie en Chine. Mais les groupes religieux doivent faire allégeance à des associations dirigées par le Parti communiste chinois. L’objectif pour le pouvoir est de ne pas perdre son influence, alors que le nombre de chrétiens en Chine ne cesse d’augmenter. ils seraient aujourd’hui environ 60 millions.

Voir également:

China blows up ‘illegal’ mega-church

January 14, 2018

BEIJING: Authorities in northern China have demolished a Christian megachurch in a move denounced by a religious rights group as “Taliban-style persecution”.

China’s officially atheist Communist authorities are wary of any organised movements outside their control, including religious ones.

The huge evangelical Jindengtai (Golden Lampstand) Church, painted grey and surmounted by turrets and a large red cross, was located in Linfen, Shanxi province.

Its demolition began on Tuesday under “a city-wide campaign to remove illegal buildings”, the Global Times newspaper reported, quoting a local government official who wished to remain anonymous.

“A Christian offered his farmland to a local Christian association and they secretly built a church using the cover of building a warehouse,” the official said.

The local housing department had stopped construction of the church in 2009 when it was almost complete, he added. Several members of the Christian group were then jailed, according to the official.

A “multitude of military police were mobilised and engaged (in) the destruction by burying a large amount of explosives under the church,” Bob Fu, president of the US-based religious rights group ChinaAid Association, said on Saturday.

“It is like Taliban/ISIS style of persecution against a peaceful church,” he said, adding that it had around 50,000 members.

The house of worship was “primarily destroyed because it refused to register” with the Communist authorities, Fu said.

Linfen police and city officials did not answer telephone calls.

Demolition of the church comes as authorities prepare to implement new, stricter regulations on religion which come into force on February 1 as part of a broader effort to put religious practice under the direct supervision of the state.

Beijing has stepped up its crackdown on civil society since President Xi Jinping took power in 2012, tightening restrictions on freedom of speech and jailing hundreds of activists and lawyers.

Chinese citizens officially have freedom of belief under the constitution but the authorities tightly control religious groups and churches, which have to swear allegiance to state-controlled “patriotic” associations to avoid any foreign influence through religion.

In an annual report last year, the US State Department said that in 2016, China “physically abused, detained, arrested, tortured, sentenced to prison, or harassed adherents of both registered and unregistered religious groups”.

Voir de même:

Chinese Police Dynamite Christian Megachurch
Russell Goldman
The New York Times
Jan. 12, 2018

HONG KONG — Chinese police officers demolished one of the country’s largest evangelical churches this week, using heavy machinery and dynamite to raze the building where more than 50,000 Christians worshiped.

The Golden Lampstand Church in Shanxi Province was one of at least two Christian churches demolished by the authorities in recent weeks, part of what critics describe as a national effort to regulate spiritual life in China.

Under President Xi Jinping, the government has destroyed churches or removed their steeples and crosses as part of a campaign that reflects the Communist Party’s longstanding fear that Christianity, viewed as a Western philosophy, is a threat to the party’s authority.

Global Times, a state newspaper, described the building’s destruction as part of a “citywide campaign to remove illegal buildings,” and quoted an unidentified official as saying that the church had been “secretly” constructed without proper permits and was initially disguised as a warehouse.

Members of the megachurch, however, have previously clashed with the authorities, including in 2009 when the police confiscated Bibles and imprisoned several of the congregation’s leaders.

On Tuesday, officers of the People’s Armed Police, a state paramilitary organization, detonated explosives in the church’s underground sanctuary and destroyed the rest of the building, according to ChinaAid, an American watchdog group that monitors religious freedom in China.

“The repeated persecution of Golden Lampstand Church demonstrates that the Chinese government has no respect for religious freedom or human rights,” said Bob Fu, the group’s founder.

Chinese police officers demolished one of the country’s largest evangelical churches this week, using heavy machinery and dynamite to raze the building where more than 50,000 Christians worshiped. The Golden Lampstand Church in Shanxi Province was one of at least two Christian churches demolished by the authorities in recent weeks, part of what critics describe as a national effort to regulate spiritual life in China.

Under President Xi Jinping, the government has destroyed churches or removed their steeples and crosses as part of a campaign that reflects the Communist Party’s longstanding fear that Christianity, viewed as a Western philosophy, is a threat to the party’s authority.
Global Times, a state newspaper, described the building’s destruction as part of a “citywide campaign to remove illegal buildings,” and quoted an unidentified official as saying that the church had been “secretly” constructed without proper permits and was initially disguised as a warehouse.
Members of the megachurch, however, have previously clashed with the authorities, including in 2009 when the police confiscated Bibles and imprisoned several of the congregation’s leaders.
On Tuesday, officers of the People’s Armed Police, a state paramilitary organization, detonated explosives in the church’s underground sanctuary and destroyed the rest of the building, according to ChinaAid, an American watchdog group that monitors religious freedom in China.
“The repeated persecution of Golden Lampstand Church demonstrates that the Chinese government has no respect for religious freedom or human rights,” said Bob Fu, the group’s founder.
ChinaAid said that the building was built by the married evangelists Wang Xiaoguang and Yang Rongli with nearly $3 million in contributions from local Christians, but that it had never been registered with the authorities, a legal requirement.
Officially, Chinese citizens are free to practice the religion of their choice, but the government tightly controls spiritual life, and in some cases bans certain groups, like Falun Gong.
On Dec. 27, the authorities also demolished a Catholic church in Shaanxi Province, southwest of Shanxi Province, destroying an altar and confiscating vestments, according to ChinaAid.
More than 60 million Christians live in China, at least half of whom worship in unregistered churches.
Voir encore:

SHUITOU, China — Along the valleys and mountains hugging the East China Sea, a Chinese government campaign to remove crosses from church spires has left the countryside looking as if a typhoon had raged down the coast, decapitating buildings at random.

In the town of Shuitou, workers used blowtorches to cut a 10-foot-high cross off the 120-foot steeple of the Salvation Church. It now lies in the churchyard, wrapped in a red shroud.

About 10 miles to the east, in Mabu township, riot police officers blocked parishioners from entering the grounds of the Dachang Church while workers erected scaffolding and sawed off the cross. In the nearby villages of Ximei, Aojiang, Shanmen and Tengqiao, crosses now lie toppled on rooftops or in yards, or buried like corpses.

On a four-day journey through this lush swath of China’s Zhejiang Province, I spoke with residents who described in new detail the breathtaking scale of an effort to remove Christianity’s most potent symbol from public view. Over the past two years, officials and residents said, the authorities have torn down crosses from 1,200 to 1,700 churches, sometimes after violent clashes with worshipers trying to stop them.

“It’s been very difficult to deal with,” said one church elder in Shuitou, who like others asked for anonymity in fear of retaliation by the authorities. “We can only get on our knees and pray.”

The campaign has been limited to Zhejiang Province, home to one of China’s largest and most vibrant Christian populations. But people familiar with the government’s deliberations say the removal of crosses here has set the stage for a new, nationwide effort to more strictly regulate spiritual life in China, reflecting the tighter control of society favored by President Xi Jinping.

In a major speech on religious policy last month, Mr. Xi urged the ruling Communist Party to “resolutely guard against overseas infiltrations via religious means,” and he warned that religions in China must “Sinicize,” or become Chinese. The instructions reflect the government’s longstanding fear that Christianity could undermine the party’s authority. Many human rights lawyers in China are Christians, and many dissidents have said they are influenced by the idea that rights are God-given.

In recent decades, the party had tolerated a religious renaissance in China, allowing most Chinese to worship as they chose and even encouraging the construction of churches, mosques and temples, despite regular crackdowns on unregistered congregations and banned spiritual groups such as Falun Gong.

Hundreds of millions of people have embraced the nation’s major faiths: Buddhism, Taoism, Islam and Christianity. There are now about 60 million Christians in China. Many attend churches registered with the government, but at least half worship in unregistered churches, often with local authorities looking the other way.

But Mr. Xi’s decision to convene a “religious affairs work conference” last month — the first such leadership meeting in 15 years — suggested that he was unhappy with some of these policies. People familiar with the party’s discussions say it intends to apply some lessons from the campaign in Zhejiang to rein in religious groups across the country.

While the government is unlikely to begin tearing down crosses across China, the sources say, local authorities are expected to begin scrutinizing the finances and foreign ties of churches and other spiritual institutions as part of an effort to limit the influence of religions the party considers a threat, especially Christianity.

“What has been happening in Zhejiang is a test,” said Fan Yafeng, an independent legal scholar in Beijing. “If the government views it as a success, it will be expanded.”

Broadening the campaign to regulate religion could backfire on Mr. Xi, with worshipers abandoning government-run churches in favor of underground congregations, which typically meet unobtrusively in office buildings or homes. It could also antagonize many of the urban, white-collar professionals who have embraced Christianity.

“Treating it as a foreign religion could alienate these people,” said Fredrik Fallman, a scholar who studies Chinese Christianity at the University of Goteborg in Sweden. “But this might also be the purpose — to be a warning.”

Set in a valley 10 miles from the coast, Shuitou is a small market town of streaked-concrete housing blocks and pell-mell streets. Most of its traditional places of worship — Buddhist, Taoist and ancestral shrines for deceased relatives — are small structures, sometimes built on the side of a mountain and usually hidden from view.

But since the 1980s, 14 churches in Shuitou have been financed with donations from local entrepreneurs eager to show off their newfound prosperity and hard-won faith. The naves are several stories tall, and the spires rise more than 100 feet.

Until recently, most were topped with bright red crosses. But crosses have been removed from half the churches in Shuitou, with orders coming every month for more to come down. Many worshipers interviewed said they feared an era was coming to end.

“For years, we had no problems with the authorities,” a local worshiper said. “Our churches were welcomed by the government.”

The campaign began in 2014, when the government abruptly announced plans to demolish a church in the neighboring city of Wenzhou, saying it had not received the proper building permits. Then the government began issuing orders for churches across the province to remove their crosses.

The Salvation Church, a complex with three spires atop a three-story congregation hall, offices and a parking lot, quickly became a center of resistance. Hundreds of parishioners encircled the church to protect the cross, facing off against hundreds of riot police officers.

In one confrontation, about 50 church members were injured. Pictures of bruised and beaten Christians flooded social media and the websites of overseas Christian advocacy groups.

According to parishioners, the government put pressure on the most active members of the congregation. Some businessmen say their partners were pressured into canceling contracts with them. Others were told by their employers that they would lose their jobs if they continued to participate in protests.

After the church in Wenzhou was demolished, the Salvation Church gave in and agreed to take down its cross.

The government said that it was enforcing building codes and that all structures had been affected, not just churches. But documents reviewed by The New York Times show that provincial officials were worried that churches had begun to dominate the region’s skyline.

The crosses have come down in waves, with at least 1,200 removed as of last summer, according to people working for government-run churches. Many local residents estimate the figure is now close to 1,700.

“It was quiet late last year,” one local Christian said, “but the government is now making it clear that all of the crosses will go.”

As the authorities pressed the campaign, prominent Protestant and Catholic leaders across China, including senior figures in the government’s religious affairs bureaucracy, spoke out against it in sermons and on social media.

One of them was Gu Yuese, the pastor of one of the biggest churches in the Chinese-speaking world, the Chongyi Church in the provincial capital of Hangzhou. As one of the best-known Protestant leaders in China, Mr. Gu was influential, and his criticism resonated beyond the region.

“These actions are a flagrant violation of the policy of religious freedom that the party and the government have been implementing and continuously perfecting for more than 60 years,” he wrote in a statement released on official government letterhead.

Then he was silenced. In January, the police detained Mr. Gu and charged him with misusing church funds. A few days later, another pastor in Zhejiang who had also spoken out was detained on similar charges.

“It’s a method to make us pay attention,” said the pastor of a government-run church in Wenzhou. “None of us have financial training, so if you send in an accountant, they will probably find something wrong.”

Several clergy members in the region said they were under pressure to demonstrate their loyalty to the Communist Party. Some churches, for example, have begun extolling Mr. Xi’s campaign to promote “core socialist values” — a slogan meant to offer a secular belief system that bolsters the party’s legitimacy.

Other churches have begun displaying their building permits, implicitly endorsing the government’s authority to approve or reject church construction, including crosses.

“We have to show that we are loyal Christians,” said an employee of the historic Chengxi Church in Wenzhou, “or else we could face trouble.”

In February, a prominent lawyer was shown on state television confessing to having colluded with foreign forces, especially American organizations, to stir up local Christians. The lawyer, Zhang Kai, had been in Zhejiang providing legal advice to churches that opposed the removal of their crosses.

Unregistered churches appear vulnerable, too. In December, the police detained several members of the unregistered Living Stone church in southern China’s Guizhou Province after they refused to join a government-run Protestant church. The pastor was later arrested on charges of “divulging state secrets.”

“It’s easy for them to fabricate a crime and accuse you,” said the pastor of a large unregistered church in Wenzhou. “We have to be very careful.”

Many worshipers in Shuitou are eager to keep their heads low, in hopes that the storm will blow over.

One Sunday last month, about 300 people attended services at the Salvation Church, women sitting on the left side and men on the right — a reflection of traditional views toward worship. In the front of the church, above a big red cross, were six big characters that read: “Holiness to the Lord.”

Most of the people there were in their 50s or 60s, in part because many of the younger worshipers were boycotting Sunday services to protest the church’s decision to comply with the government’s order to remove the cross.

They have begun attending services on Thursdays instead, to mark the day of the week the cross came down. They used to participate in the church’s Bible study groups, but now study independently. Some wonder if they and others may stop worshiping in registered churches entirely and go underground.

A senior church leader, who spoke on the condition of anonymity, said he and others had agreed to take down the cross because they feared the church would be demolished if they did not. People were on the verge of losing their jobs, he added, and church elders felt they had no choice but to call on parishioners to give in.

“More than three decades ago, we didn’t even have a church,” he said. “Persecution in church history has never stopped. All we can do is pray.”