Verdict Chauvin: Merci, George Floyd, d’avoir sacrifié votre vie pour la justice (Homo sapiens is the only species capable of co-operating flexibly in large numbers, but revolutions are rare and can be easily hijacked because it’s not only numbers but flexible organization that counts)

23 avril, 2021

Iran's Leader Future -Nicolae Elena Ceausescu Execution - YouTube

Hold The Front Page: Romania's Ceausescu and Wife Executed (1989)

Il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Lorsqu’un Sanhédrin s’est déclaré unanime pour condamner, l’accusé sera acquitté. Le Talmud
Il arrive que les victimes d’une foule soient tout à fait aléatoires; il arrive aussi qu’elles ne le soient pas. Il arrive même que les crimes dont on les accuse soient réels, mais ce ne sont pas eux, même dans ce cas-là, qui joue le premier rôle dans le choix des persécuteurs, c’est l’appartenance des victimes à certaines catégories particulièrement exposées à la persécution. (…) il existe donc des traits universels de sélection victimaire (…) à côté des critères culturels et religieux, il y en a de purement physiques. La maladie, la folie, les difformités génétiques, les mutilations accidentelles et même les infirmités en général tendent à polariser les persécuteurs. (…) l’infirmité s’inscrit dans un ensemble indissociable du signe victimaire et dans certains groupes — à l’internat scolaire par exemple — tout individu qui éprouve des difficultés d’adaptation, l’étranger, le provincial, l’orphelin, le fils de famille, le fauché, ou, tout simplement, le dernier arrivé, est plus ou moins interchangeables avec l’infirme.(…) lorsqu’un groupe humain l’habitude de choisir ses victimes dans une certaine catégorie sociale, ethnique, religieuse, il tend à lui attribuer les infirmités ou les difformités qui renforceraient la polarisation victimaire si elles étaient réelles. (…) à la marginalité des miséreux, ou marginalité  du dehors, il faut en ajouter une seconde, la marginalité du dedans, celle des riches et du dedans. Le monarque et sa cour font parfois songer à l’oeil d’un ouragan. Cette double marginalité suggère une organisation tourbillonnante. En temps normal, certes, les riches et les puissants jouissent de toutes sortes de protections et de privilèges qui font défaut aux déshérités. Mais ce ne sont pas les circonstances normales qui nous concernent ici, ce sont les périodes de crise. Le moindre regard sur l’histoire universelle révèle que les risques de mort violente aux mains d’une foule déchaînée sont statistiquement plus élevés pour les que pour toute autre catégorie. A la limite ce sont toutes les qualités extrêmes qui attirent, de temps en temps, les foudres collectives, pas seulement les extrêmes de la richesse et de la pauvreté, mais également ceux du succès et de l’échec, de la beauté et de la laideur, du vice de la vertu, du pouvoir de séduire et du pouvoir de déplaire ; c’est la faiblesse des femmes, des enfants et des vieillards, mais c’est aussi la force des plus forts qui devient faiblesse devant le nombre. (…) On retrouve dans la révolution tous les traits caractéristiques des grandes crises qui favorisent les persécutions collectives.René Girard
Louis doit mourir, parce qu’il faut que la patrie vive. Robespierre (3 décembre 1792)
Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres. Saint-Just
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Rouget de Lisle
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Prévoyante, la ville d’Athènes entretenait à ses frais un certain nombre de malheureux […]. En cas de besoin, c’est-à-dire quand une calamité s’abattait ou menaçait de s’abattre sur la ville, épidémie, famine, invasion étrangère, dissensions intérieures, il y avait toujours un pharmakos à la disposition de la collectivité. […] On promenait le pharmakos un peu partout, afin de drainer les impuretés et de les rassembler sur sa tête ; après quoi on chassait ou on tuait le pharmakos dans une cérémonie à laquelle toute la populace prenait part. […] D’une part, on […] [voyait] en lui un personnage lamentable, méprisable et même coupable ; il […] [était] en butte à toutes sortes de moqueries, d’insultes et bien sûr de violences ; on […] [l’entourait], d’autre part, d’une vénération quasi-religieuse ; il […] [jouait] le rôle principal dans une espèce de culte.  René Girard
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
Merci, George Floyd, d’avoir sacrifié votre vie pour la justice. Nancy Pelosi (présidente de la Chambre des Représentants)
Nous devons rester dans la rue et nous devons être plus actifs, nous devons devenir plus conflictuels. Nous devons nous assurer qu’ils savent que nous sommes sérieux. Maxine Waters représentante démocrate de Californie)
Je prie pour que le verdict soit le bon. À mon avis, c’est accablant. Je ne dirais pas cela si le jury ne s’était pas retiré pour délibérer. J’ai appris à connaître la famille de George (…). C’est une famille bien. Joe Biden
Le président Biden a parlé hier (lundi) avec la famille de George Floyd pour prendre de ses nouvelles et lui assurer qu’il priait pour elle. Jen Psaki (porte-parole de l’exécutif américain)
L’heure est venue pour ce pays de se rassembler.  Le verdict de culpabilité ne fera pas revenir George» mais cette décision peut être le moment d’un changement significatif. Joe Biden
Nous sommes tous tellement soulagés – pas seulement pour le verdict, mais parce qu’il a été reconnu coupable des trois chefs d’accusation, pas d’un seul. C’est très important. Nous allons faire beaucoup plus. Nous allons faire beaucoup de choses.C’est peut-être une première étape dans la lutte contre ce qui relève véritablement du racisme systémique. Joe Biden
Nous sommes tous tellement soulagés. J’aurais aimé être là pour vous prendre dans mes bras. Joe Biden
Aujourd’hui, nous poussons un soupir de soulagement. Cela n’enlève toutefois pas la douleur. Une mesure de justice n’est pas la même chose qu’une justice équitable. Ce verdict est un pas dans la bonne direction. Et, le fait est que nous avons encore du travail à faire. Nous devons encore réformer le système. Kamala Harris
Justice est faite. Adam Silver (patron de la NBA)
Je vais vous dire que la membre du Congrès Waters vous a peut-être donné quelque chose en appel qui pourrait entraîner l’annulation de tout ce procès. Juge Peter Cahill
L’avocat de Derek Chauvin a pour sa part demandé l’acquittement de son client. L’accusation «a échoué à apporter la preuve au-delà du doute raisonnable et Derek Chauvin doit par conséquent être déclaré non-coupable», a affirmé l’avocat du policier, Eric Nelson, après près de trois heures de plaidoirie. Le procès se tient dans un climat de fortes tensions, après la mort récente d’un jeune homme noir lors d’un contrôle routier près de Minneapolis. (…) Selon Eric Nelson, George Floyd est mort d’une crise cardiaque due à des problèmes de cœur, aggravés par la consommation de fentanyl, un opiacé, et de méthamphétamine, un stimulant, et par l’inhalation de gaz d’échappement pendant qu’il était allongé au sol. D’après la défense, le policier a utilisé une procédure autorisée pour maîtriser un individu qui se débattait et le maintenir au sol. Elle évoque aussi une «foule hostile» qui représentait une «menace» et aurait détourné l’attention du policier du sort de George Floyd. Le jury, qui s’est retiré lundi pour délibérer, doit rendre un verdict unanime sur chacune des trois charges. «Vous devez être absolument impartiaux», leur a dit le juge Peter Cahill, qui les a invités à «examiner les preuves, de les soupeser et d’appliquer la loi». Cela pourrait prendre des heures, des jours, voire des semaines. Les condamnations de policiers pour meurtre sont très rares, les jurés ayant tendance à leur octroyer le bénéfice du doute. Si le jury ne parvient pas à se mettre d’accord sur l’ensemble des charges, le procès sera déclaré «nul». Tout autre scénario qu’une condamnation inquiète les autorités locales. La tension est très forte à Minneapolis, qui s’était déjà embrasée après la mort de George Floyd. Plus de 400 personnes ont défilé lundi dans les rues de la ville pour demander la condamnation de Derek Chauvin, chantant «le monde observe, nous observons, faites ce qui est juste». Marchant derrière une banderole réclamant «justice pour George Floyd», ils ont croisé sur leur chemin des soldats de la Garde nationale, les observant près de véhicules blindés. Tenue de camouflage, et fusil mitrailleur en bandoulière, ces militaires patrouillent depuis plusieurs semaines dans les rues de la ville. La mort récente de Daunte Wright, un jeune Afro-Américain d’une vingtaine d’années tué par une policière blanche lors d’un banal contrôle routier dans la banlieue de Minneapolis, n’a fait qu’ajouter à la tension qui règne depuis le début du procès. Le Figaro
Cops are forming a conga line down at the pension section and I don’t blame them. NYPD cops are looking for better jobs with other departments or even embarking on new careers. Joseph Giacalone (retired NYPD sergeant and adjunct professor at John Jay College of Criminal Justice)
More than 5,300 NYPD uniformed officers retired or put in their papers to leave in 2020 — a 75 percent spike from the year before, department data show. The exodus — amid the pandemic, anti-cop hostility, riots and a skyrocketing number of NYC shootings — saw 2,600 officers say goodbye to the job and another 2,746 file for retirement, a combined 5,346. In 2019, the NYPD had 1,509 uniformed officers leave and 1,544 file for retirement, for a total of 3,053. The departures and planned departures of 5,300 officers represents about 15 percent of the force. Already, as of April 5, the NYPD headcount of uniformed officers has dropped to 34,974 from 36,900 in 2019. Through April 21 of this year, 831 cops have retired or filed to leave — and many more are expected to follow suit in the current anti-cop climate, according to Joseph Giacalone, a retired NYPD sergeant and adjunct professor at John Jay College of Criminal Justice. NYPost
Nous ne tolérons pas l’usage d’un langage raciste, qu’il soit intentionnel ou non. Le NYT
Qui d’entre nous veut vivre dans un monde, ou travailler dans un domaine, où l’intention est catégoriquement exclue comme circonstance atténuante ? Bret Stephens
I have never taken a salary from the Black Lives Matter Global Network Foundation and that’s important because what the right-wing media is trying to say is the donations that people have made to Black Lives Matter went toward my spending and that is categorically untrue and incredibly dangerous. I’m a college professor first of all, I’m a TV producer and I have had two book deals…. and also have had a YouTube deal. So all of my income comes directly from the work that I do. Organizers should get paid for the work that they do. They should get paid a living wage. And the fact that the right-wing media is trying to create hysteria around my spending is, frankly, racist and sexist and I also want to say that many of us that end up investing in homes in the black community often invest in homes to take care of their family. You can talk to so many black people and black women particularly that take care of their families, take care of their loved ones especially when they’re in a position to. The homes I have bought ‘directly support the people that I love and care about and I’m not ‘renting them out in some Airbnb operation. The way that I live my life is a direct support to black people, including my black family members, first and foremost. For so many black folks who are able to invest in themselves and their communities they choose to invest in their family and that is what I have chosen to do. I have a child, I have a brother who has a severe mental illness that I take care of, I support my mother, I support many other family members of mine and so I see my money as not my own. I see it as my family’s money, as well. The whole point of these articles and these attacks against me are to discredit me, but also to discredit the movement.We have to stay focused on white supremacy and see through the right-wing lies. I have not just been a target of white supremacists and the right in this moment but obviously since the beginning of when I started Black Lives Matter I have been a target and these folks have created a much more dangerous situation for me and my family. It is very serious. The minute we started to receive funding I looked at my team and said we have to get these dollars out the door now. Now that Black Lives Matter has money, we have to be a grantmaking body as well as a think tank, act tank. And so much of the work that BLM specifically has done has been reinvesting into the black community. (…) a quarter of our budget [is] going back into the community and also we have to build an organization,’. It’s the first time we’ve ever had real dollars and we have to build a black institution that can challenge policing, that can take care of the black community. [But] the organization is not a ‘charity'(….) I do understand why people expect that from us. But I think it’s important that people recognize there are other places they can also get grants. There are other places they can also get resources. And, most importantly, our target should be the United States government. Our target should be calling on Congress to pass reparations.’ Patrisse Cullors (BLM cofounder)
Les dirigeants noirs actuels en sont réduits à vivre des dernières bribes d’autorité morale qui leur restent de leurs jours de gloire des années 50 et 60. (…) Ce ne serait pas la première fois qu’un mouvement initié dans une profonde clarté morale, et qui avait atteint la grandeur, finirait par se perdre en une parodie de lui-même – terrassé non par l’échec mais par son succès même. Les dirigeants des droits civiques d’aujourd’hui refusent de voir l’évidence: la réussite de leurs ancêtres dans la réalisation de la transformation de la société américaine leur interdit aujourd’hui l’héroïsme alors inévitable d’un Martin Luther King, d’un James Farmer ou d’un Nelson Mandela. Jesse Jackson et Al Sharpton ne peuvent nous réécrire la lettre mémorable de la prison de Birmingham ou traverser à nouveau, comme John Lewis en 1965, le pont Edmund Pettus à Selma, en Alabama, dans un maelström de chiens policiers et de matraques. Cette Amérique n’est plus (ce qui ne veut pas dire que toute trace d’elle a disparu). Les Revs. Jackson et Sharpton sont voués à un destin difficile: ils ne peuvent plus jamais être que d’inutiles redondances, des échos des grands hommes qu’ils imitent parce que l’Amérique a changé. Difficile d’être un King ou un Mandela aujourd’hui alors que votre monstrueux ennemi n’a plus que le visage poupin d’un George Zimmerman. Le but de l’establishment des droits civiques d’aujourd’hui n’est pas de rechercher la justice, mais de rechercher le pouvoir des Noirs dans la vie américaine sur la base de la présomption qu’ils sont toujours, de mille manières subtiles, victimes du racisme blanc. Shelby Steele
Avant les années 1960, l’identité des noirs-américains (bien que personne n’ait jamais utilisé le mot) était basée sur notre humanité commune, sur l’idée que la race était toujours une division artificielle et abusive entre les gens. Après les années 60, dans une société coupable d’avoir abusé de nous depuis longtemps, nous avons pris notre victimisation historique comme le thème central de notre identité de groupe. Nous n’aurions pu faire de pire erreur. Cela nous a donné une génération de chasseurs d’ambulances et l’illusion que notre plus grand pouvoir réside dans la manipulation de la culpabilité blanche. Shelby Steele
Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Quand Freud est arrivé aux États-Unis, en voyant New York il a dit: « Je leur apporte la peste. » Il avait tort. Les Américains n’ont eu aucun mal à digérer une psychanalyse vite américanisée. Mais en 1966, nous avons vraiment apporté la peste avec Lacan et la déconstruction… du moins dans les universités! Au point que je me suis senti soudain aussi étranger à Johns Hopkins qu’à Avignon au milieu de mes amis post-surréalistes. Un an plus tard, la déconstruction était déjà à la mode. Cela me mettait mal à l’aise. C’est la raison pour laquelle je suis parti pour Buffalo en 1968. René Girard
Ce racisme  antiraciste est le  seul chemin qui puisse  mener à l’abolition  des  différences de race. Jean-Paul Sartre (Orphée noir, 1948)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège: la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
La Wokeité est la nouvelle religion, qui grandit plus vite et plus fort que le christianisme lui-même. Son sacerdoce dépasse le clergé et exerce beaucoup plus de pouvoir. La Silicon Valley est le nouveau Vatican et Amazon, Apple, Facebook, Google et Twitter les nouveaux évangiles. Victor Davis Hanson
Quand j’ai écrit mon livre, je suis retourné à Max Weber et à Alexis de Tocqueville, car tous deux avaient identifié l’importance fondamentale de l’anxiété spirituelle que nous éprouvons tous. Il me semble qu’à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, nous avons oublié la centralité de cette anxiété, de ces démons ou anges spirituels qui nous habitent. Ils nous gouvernent de manière profondément dangereuse. (…) Tocqueville avait saisi l’importance du fait religieux et de la panoplie des Églises protestantes qui ont défini la nation américaine. Il a montré que malgré leur nombre innombrable et leurs querelles, elles étaient parvenues à s’unir pour être ce qu’il appelait joliment «le courant central des manières et de la morale». Quelles que soient les empoignades entre anglicans épiscopaliens et congrégationalistes, entre congrégationalistes et presbytériens, entre presbytériens et baptistes, les protestants se sont combinés pour donner une forme à nos vies: celle des mariages, des baptêmes et des funérailles ; des familles, et même de la politique, en cela même que le protestantisme ne cesse d’affirmer qu’il y a quelque chose de plus important que la politique. Ce modèle a perduré jusqu’au milieu des années 1960. (…) Pour moi, c’est avant tout le mouvement de l’Évangile social qui a gagné les Églises protestantes, qui est à la racine de l’effondrement. (…) Mais ils n’ont pas été remplacés. Le résultat de tout cela, c’est que l’Église protestante américaine a connu un déclin catastrophique. En 1965, 50 % des Américains appartenaient à l’une des 8 Églises protestantes dominantes. Aujourd’hui, ce chiffre s’établit à 4 %!  (…) Une partie de ces protestants ont migré vers les Églises chrétiennes évangéliques, qui dans les années 1970, sous Jimmy Carter, ont émergé comme force politique. On a vu également un nombre surprenant de conversions au catholicisme, surtout chez les intellectuels. Mais la majorité sont devenus ce que j’appelle dans mon livre des «post-protestants», ce qui nous amène au décryptage des événements d’aujourd’hui. Ces post-protestants se sont approprié une série de thèmes empruntés à l’Évangile social de Walter Rauschenbusch. Quand vous reprenez les péchés sociaux qu’il faut selon lui rejeter pour accéder à une forme de rédemption – l’intolérance, le pouvoir, le militarisme, l’oppression de classe… vous retrouvez exactement les thèmes que brandissent les gens qui mettent aujourd’hui le feu à Portland et d’autres villes. Ce sont les post-protestants. Ils se sont juste débarrassés de Dieu! Quand je dis à mes étudiants qu’ils sont les héritiers de leurs grands-parents protestants, ils sont offensés. Mais ils ont exactement la même approche moralisatrice et le même sens exacerbé de leur importance, la même condescendance et le même sentiment de supériorité exaspérante et ridicule, que les protestants exprimaient notamment vis-à-vis des catholiques. (…) Mais ils ne le savent pas. En fait, l’état de l’Amérique a été toujours lié à l’état de la religion protestante. Les catholiques se sont fait une place mais le protestantisme a été le Mississippi qui a arrosé le pays. Et c’est toujours le cas! C’est juste que nous avons maintenant une Église du Christ sans le Christ. Cela veut dire qu’il n’y a pas de pardon possible. Dans la religion chrétienne, le péché originel est l’idée que vous êtes né coupable, que l’humanité hérite d’une tache qui corrompt nos désirs et nos actions. Mais le Christ paie les dettes du péché originel, nous en libérant. Si vous enlevez le Christ du tableau en revanche, vous obtenez… la culpabilité blanche et le racisme systémique. Bien sûr, les jeunes radicaux n’utilisent pas le mot «péché originel». Mais ils utilisent exactement les termes qui s’y appliquent. (…) Ils parlent d’«une tache reçue en héritage» qui «infecte votre esprit». C’est une idée très dangereuse, que les Églises canalisaient autrefois. Mais aujourd’hui que cette idée s’est échappée de l’Église, elle a gagné la rue et vous avez des meutes de post-protestants qui parcourent Washington DC, en s’en prenant à des gens dans des restaurants pour exiger d’eux qu’ils lèvent le poing. Leur conviction que l’Amérique est intrinsèquement corrompue par l’esclavage et n’a réalisé que le Mal, n’est pas enracinée dans des faits que l’on pourrait discuter, elle relève de la croyance religieuse. On exclut ceux qui ne se soumettent pas. On dérive vers une vision apocalyptique du monde qui n’est plus équilibrée par rien d’autre. Cela peut donner la pire forme d’environnementalisme, par exemple, parce que toutes les autres dimensions sont disqualifiées au nom de «la fin du monde». C’est l’idée chrétienne de l’apocalypse, mais dégagée du christianisme. Il y a des douzaines d’exemples de religiosité visibles dans le comportement des protestataires: ils s’allongent par terre face au sol et gémissent, comme des prêtres que l’on consacre dans l’Église catholique. Ils ont organisé une cérémonie à Portland durant laquelle ils ont lavé les pieds de personnes noires pour montrer leur repentir pour la culpabilité blanche. Ils s’agenouillent. Tout cela sans savoir que c’est religieux! C’est religieux parce que l’humanité est religieuse. Il y a une faim spirituelle à l’intérieur de nous, qui se manifeste de différentes manières, y compris la violence! Ces gens veulent un monde qui ait un sens, et ils ne l’ont pas. (…) Le marxisme est une religion par analogie. Certes, il porte cette idée d’une nouvelle naissance. Certaines personnes voulaient des certitudes et ne les trouvant plus dans leurs Églises, ils sont allés vers le marxisme. Mais en Amérique, c’est différent, car tout est centré sur le protestantisme. Dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Max Weber, avec génie et insolence, prend Marx et le met cul par-dessus tête. Marx avait dit que le protestantisme avait émergé à la faveur de changements économiques. Weber dit l’inverse. Ce n’est pas l’économie qui a transformé la religion, c’est la religion qui a transformé l’économie. Le protestantisme nous a donné le capitalisme, pas l’inverse! Parce que les puritains devaient épargner de l’argent pour assurer leur salut. Le ressort principal n’était pas l’économie mais la faim spirituelle, ce sentiment beaucoup plus profond, selon Weber. Une faim spirituelle a mené les gens vers le marxisme, et c’est la même faim spirituelle qui fait qu’ils sont dans les rues d’Amérique aujourd’hui. (…) Ces gens-là veulent être sûrs d’être de «bonnes personnes». Ils savent qu’ils sont de bonnes personnes s’ils sont opposés au racisme. Ils pensent être de bonnes personnes parce qu’ils sont opposés à la destruction de l’environnement. Ils veulent avoir la bonne «attitude», c’est la raison pour laquelle ceux qui n’ont pas la bonne attitude sont expulsés de leurs universités ou de leur travail pour des raisons dérisoires. Avant, on était exclu de l’Église, aujourd’hui, on est exclu de la vie publique… C’est pour cela que les gens qui soutiennent Trump, sont vus comme des «déplorables», comme disait Hillary Clinton, c’est-à-dire des gens qui ne peuvent être rachetés. Ils ont leur bible et leur fusil et ne suivent pas les commandements de la justice sociale. (…) Il faut comprendre que l’idéologie «woke» de la justice sociale a pénétré les institutions américaines à un point incroyable. Je n’imagine pas qu’un professeur ayant une chaire à la Sorbonne soit forcé d’assister à des classes obligatoires organisées pour le corps professoral sur leur «culpabilité blanche», et enseignées par des gens qui viennent à peine de finir le collège. Mais c’est la réalité des universités américaines. Un sondage récent a montré que la majorité des professeurs d’université ne disent rien. Ils abandonnent plutôt toute mention de tout sujet controversé. Pourtant, des études ont montré que la foule des vigies de Twitter qui obtient la tête des professeurs excommuniés, remplirait à peine la moitié d’un terrain de football universitaire! Il y a un manque de courage. (…)  mes étudiants, et tous ces post-protestants dont je vous parle, sont absolument convaincus que tous les gens qui ont précédé, étaient stupides et sans doute maléfiques. Ils ne croient plus au projet historique américain. Ils sont contre les «affinités électives» qui, selon Weber, nous ont donné la modernité: la science, le capitalisme, l’État-nation. Si la théorie de la physique de Newton, Principia, est un manuel de viol, comme l’a dit une universitaire féministe, si sa physique est l’invention d’un moyen de violer le monde, cela veut dire que la science est mauvaise. Si vous êtes soupçonneux de la science, du capitalisme, du protestantisme, si vous rejetez tous les moteurs de la modernité la seule chose qui reste, ce sont les péchés qui nous ont menés là où nous sommes. Pour sûr, nous en avons commis. Mais si on ne voit pas que ça, il n’y a plus d’échappatoire, plus de projet. Ce qui passe aujourd’hui est différent de 1968 en France, quand la remise en cause a finalement été absorbée dans quelque chose de plus large. Le mouvement actuel ne peut être absorbé car il vise à défaire les États-Unis dans ses fondements: l’État-nation, le capitalisme et la religion protestante. Mais comme les États-Unis n’ont pas d’histoire prémoderne, nous ne pouvons absorber un mouvement vraiment antimoderne. (…) Il y a une phrase de Heidegger qui dit que «seulement un Dieu pourrait nous sauver»! On a le sentiment qu’on est aux prémices d’une apocalypse, d’une guerre civile, d’une grande destruction de la modernité. Est-ce à cause de la trahison des clercs? Pour moi, l’incapacité des vieux libéraux à faire rempart contre les jeunes radicaux, est aujourd’hui le grand danger. Quand j’ai vu que de jeunes journalistes du New York Times avaient menacé de partir, parce qu’un responsable éditorial avait publié une tribune d’un sénateur américain qui leur déplaisait, j’ai été stupéfait. Je suis assez vieux pour savoir que dans le passé, la direction aurait immédiatement dit à ces jeunes journalistes de prendre la porte s’ils n’étaient pas contents. Mais ce qui s’est passé, c’est que le rédacteur en chef a été limogé. Joseph Bottum
Le facteur crucial de notre conquête du monde a plutôt été notre capacité de relier de nombreux humains les uns aux autres. Si, de nos jours, les humains dominent sans concurrence la planète, ce n’est pas que l’individu humain soit plus malin et agile de ses dix doigts que le chimpanzé ou le loup, mais parce qu’Homo sapiens est la seule espèce sur terre capable de coopérer en masse et en souplesse. L’intelligence et la fabrication d’outils ont été aussi manifestement très importants. (…) Si la coopération est la clé, pourquoi les fourmis et les abeilles n’ont-elles pas inventé la bombe atomique avant nous, alors même qu’elles ont appris à coopérer toutes ensemble des millions d’années plus tôt ? Parce que leur coopération manque de souplesse. Les abeilles coopèrent avec une grande sophistication, mais sont incapables de réinventer leur système social du jour au lendemain. Si une ruche faisait face à une nouvelle menace ou à une nouvelle opportunité, les abeilles seraient par exemple incapables de guillotiner la reine ou d’instaurer une République. Des mammifères sociaux comme les éléphants et les chimpanzés coopèrent bien plus souplement que les abeilles, mais ils ne le font qu’avec un petit nombre de camarades et de membres de leur famille. Leur coopération repose sur ce lien personnel. (…) Pour autant qu’on le sache, seul Sapiens est en mesure de coopérer très souplement avec d’innombrables inconnus. Yuval Noah Harari
La Roumanie communiste s’effondra quand 80 000 personnes, sur la place centrale de Bucarest, comprirent qu’elles étaient beaucoup plus fortes que le vieil homme à la toque de fourrure sur le balcon. Ce qui est vraiment stupéfiant, cependant, ce n’est pas cet instant où le système s’est effondré, mais qu’il ait réussi à survivre des décennies durant. Pourquoi les révolutions sont-elles si rares ? Pourquoi les masses passent-elles des siècles à applaudir et acclamer, à faire tout ce que leur ordonne l’homme au balcon, alors même qu’elles pourraient en théorie charger à tout moment et le tailler en pièces ? Ceauşescu et les siens dominèrent trois décennies durant vingt millions de Roumains en remplissant trois conditions incontournables. Premièrement, ils placèrent de fidèles apparatchiks communistes à la tête de tous les réseaux de coopération, comme l’armée, les syndicats et même les associations sportives. Deuxièmement, ils empêchèrent la création d’organisations rivales – politiques, économiques et sociales – susceptibles de servir de base à une coopération anticommuniste. Troisièmement, ils comptèrent sur le soutien des partis frères d’Union soviétique et d’Europe de l’Est. (…) Ceauşescu ne perdit le pouvoir que le jour où ces trois conditions cessèrent d’être réunies. À la fin des années 1980, l’Union soviétique retira sa protection, et les régimes communistes commencèrent à tomber comme des dominos. En décembre 1989, Ceauşescu ne pouvait espérer aucune aide extérieure. Bien au contraire, les révolutions des paysans voisins donnèrent du cœur à l’opposition locale. Deuxièmement, le parti communiste lui-même commença à se scinder en camps rivaux, les modérés souhaitant se débarrasser de Ceauşescu et initier des réformes avant qu’il ne fût trop tard. Troisièmement, en organisant la réunion de soutien de Bucarest et en la diffusant à la télévision, Ceauşescu fournit aux révolutionnaires l’occasion idéale de découvrir leur pouvoir et de manifester contre lui. Quel moyen plus rapide de propager la révolution que de la montrer à la télévision ? Pourtant, quand le pouvoir échappa aux mains de l’organisateur maladroit sur son balcon, ce ne sont pas les masses populaires de la place qui le récupérèrent. (…) de même que dans la Russie de 1917, le pouvoir échut à un petit groupe d’acteurs politiques qui avaient pour seul atout d’être organisés. La révolution roumaine fut piratée par le Front de salut national (FSN) autoproclamé, qui n’était en réalité qu’un écran de fumée dissimulant l’aile modérée du parti communiste. (…) formé de cadres moyens du parti et dirigé par Ion Iliescu, ancien membre du Comité central du PC et un temps responsable de la propagande. Iliescu et ses camarades du FSN se métamorphosèrent en démocrates, proclamèrent devant tous les micros qu’ils étaient les chefs de la révolution, puis usèrent de leur longue expérience et de leurs réseaux de copains pour prendre le contrôle du pays et se mettre ses ressources dans la poche. (…) Ion Iliescu fut élu président ; ses collègues devinrent ministres, parlementaires, directeurs de banque et multimillionnaires. La nouvelle élite roumaine qui contrôle aujourd’hui encore le pays se compose essentiellement des anciens communistes et de leurs familles. Yuval Harari

Merci, George Floyd, d’avoir sacrifié votre vie pour la justice !

Au lendemain d’un verdict qui par son unanimité, sa rapidité, sa prédictiblité, son effet cathartique

Comme, sur fond de crise sanitaire en ces temps où la blancheur de peau et la profession de policier sont devenues les pires tares, les traits distinctifs de sa victime …

Au terme de mois d’émeutes et de pillage et d’une campagne médiatico-politique proprement orchestrée jusqu’au plus haut niveau de l’appareil d’Etat

Pour comme souvent, couleur de l’impétrant comprise, un banal refus d’optempérer tournant à la tragédie, suite à la malheureuse combinaison de certaines fragilités latentes et de la suringestion de drogues de celui-ci …

Avec les conséquences, que l’on sait, sur les forces de police et les résidents des quartiers les plus vulnérables

Aura jusqu’au dernier jour, au point même d’en inquiéter le juge et selon les mots mêmes de la présidente de la Chambre des représentants

Pris toutes les caractéristiques d’une expulsion de bouc émissaire réussie …

Comment ne pas voir …

Quelques mois après son accession aux pleins pouvoirs politiques …

Via l’instrumentalisation du virus chinois et de la mort accidentelle de George Floyd …

Et, entre deux mascarades de procédures de destitution, l’élection volée de Joe Biden

L’apothéose de cette  idéologie « woke » du racisme antiraciste et de la censure politiquement correcte …

Qui fonds de commerce d’une véritable « génération de chasseurs d’ambulances » condamnée à rejouer éternellement les luttes du passé

Avait patiemment pendant des décennies conquis l’université et les grands médias, puis ces dernières années les réseaux sociaux ?

Et comment ne pas repenser …

Avec le dernier best-seller de l’historien israélien Yuval Harari (« Homo deus »)…

Même si en bon postmoderne il en évacue totalement la dimension pourtant évidemment sacrificielle et quasi-religieuse …

A cette singulière capacité humaine de coopérer en masse et en souplesse …

Qui permet en certes de rares occasions et via une simple poignée d’hommes …

De produire le meilleur comme avec le processus civilisateur introduit par la révélation judéo-chrétienne …

Mais aussi pour peu que l’organisation soit suffisamment efficace et flexible ….

Comme avec leurs lots d’exécutions et de purges l’a tant de fois montré l’histoire …

De la France de 1789 et la Russie de 1917 …

A la Roumanie de 1989 ou l’Egypte de 2011 …

Etre si facilement détournée ?

VIVE LA REVOLUTION !

Yuval Noah Harari

Homo deus

2015

Pour monter une révolution, le nombre ne suffit jamais. Les révolutions sont généralement l’œuvre de petits réseaux d’agitateurs, non des masses. Si vous voulez lancer une révolution, ne vous demandez pas : « Combien de gens soutiennent mes idées ? », mais plutôt : « Parmi mes partisans, combien sont capables de coopérer efficacement ? » La révolution russe a fini par éclater non pas le jour où 180 millions de paysans se sont soulevés contre le tsar, mais quand une poignée de communistes se sont trouvés au bon endroit au bon moment. Début 1917, alors que l’aristocratie et la bourgeoisie russes comptaient au moins trois millions de personnes, la fraction bolchévique de Lénine (qui deviendrait le parti communiste) ne dépassait pas les 23 000 militants. Les communistes n’en prirent pas moins le contrôle de l’immense Empire russe, parce qu’ils surent s’organiser. Quand l’autorité échappa aux mains décrépites du tsar et à celles tout aussi tremblantes du gouvernement provisoire de Kerenski, les communistes s’en saisirent sans attendre, s’emparant des rênes du pouvoir tel un bulldog qui referme ses crocs sur un os.

Les communistes ne devaient relâcher leur emprise qu’à la fin des années 1980. L’efficacité de leur organisation leur permit de conserver le pouvoir plus de sept longues décennies, et s’ils finirent par tomber, ce fut en raison de leur organisation défaillante. Le 21 décembre 1989, Nicolae Ceauşescu, le dictateur roumain, organisa une grande manifestation de soutien au centre de Bucarest. Au cours des mois précédents, l’Union soviétique avait retiré son soutien aux régimes communistes d’Europe de l’Est, le mur de Berlin était tombé, et des révolutions avaient balayé la Pologne, l’Allemagne de l’Est, la Hongrie, la Bulgarie et la Tchécoslovaquie. Ceauşescu, qui dirigeait son pays depuis 1965, pensait pouvoir résister au tsunami, alors même que des émeutes contre son régime avaient éclaté dans la ville de Timişoara le 17 décembre. Voulant contre-attaquer, Ceauşescu organisa un vaste rassemblement à Bucarest afin de prouver aux Roumains et au reste du monde que la majorité de la population continuait de l’aimer, ou tout au moins de le craindre. L’appareil du parti qui se fissurait mobilisa 80 000 personnes sur la place centrale de la ville ; les citoyens roumains reçurent pour consigne de cesser toute activité et d’allumer leur poste de radio ou de télévision.

Sous les vivats d’une foule apparemment enthousiaste, Ceauşescu se présenta au balcon dominant la place, comme il l’avait fait à maintes reprises au cours des précédentes décennies. Flanqué de son épouse Elena, de dirigeants du parti et d’une bande de gardes du corps, il se mit à prononcer un de ces discours monotones qui étaient sa marque de fabrique, regardant d’un air très satisfait la foule qui applaudissait mécaniquement. Puis quelque chose dérapa. Vous pouvez le voir sur YouTube. Il vous suffit de taper « Ceauşescu, dernier discours », et de regarder l’histoire en action.

La vidéo YouTube montre Ceauşescu qui commence une énième longue phrase : « Je tiens à remercier les initiateurs et organisateurs de ce grand événement à Bucarest, y voyant un… » Puis il se tait, les yeux grands ouverts, et se fige, incrédule. Dans cette fraction de seconde, on assiste à l’effondrement de tout un monde. Dans le public, quelqu’un a hué. On débat encore aujourd’hui de l’identité de celui qui, le premier, a osé huer. Puis une autre personne a fait de même, puis une autre, et encore une autre ; quelques secondes plus tard, la masse se mit à siffler, crier des injures et scander « Ti-mi-şoa-ra ! Ti-mi-şoa-ra ! »

Tout cela se produisit en direct à la télévision roumaine sous les yeux des trois quarts de la population, scotchée au petit écran, le cœur battant la chamade. La Securitate, la sinistre police secrète, ordonna aussitôt l’arrêt de la retransmission, mais les équipes de télévision refusèrent d’obtempérer et l’interruption fut très brève. Le cameraman pointa la caméra vers le ciel, en sorte que les téléspectateurs ne puissent pas voir la panique gagnant les dirigeants du parti sur le balcon, mais le preneur de son continua d’enregistrer, et les techniciens de retransmettre la scène après un arrêt d’à peine plus d’une minute. La foule continuait à huer et Ceauşescu à crier « Hello ! Hello ! Hello ! », comme si le problème venait du micro. Sa femme Elena se mit à réprimander le public :« Taisez-vous ! Taisez-vous ! », jusqu’à ce que Ceauşescu se tourne vers elle et lui crie au vu et au su de tous : « Tais-toi ! » Après quoi il en appela à la foule déchaînée de la place en l’implorant : « Camarades ! Camarades ! Du calme, camarades ! »

Mais les camarades ne voulaient pas se calmer. La Roumanie communiste s’effondra quand 80 000 personnes, sur la place centrale de Bucarest, comprirent qu’elles étaient beaucoup plus fortes que le vieil homme à la toque de fourrure sur le balcon. Ce qui est vraiment stupéfiant, cependant, ce n’est pas cet instant où le système s’est effondré, mais qu’il ait réussi à survivre des décennies durant. Pourquoi les révolutions sont-elles si rares ? Pourquoi les masses passent-elles des siècles à applaudir et acclamer, à faire tout ce que leur ordonne l’homme au balcon, alors même qu’elles pourraient en théorie charger à tout moment et le tailler en pièces ?

Ceauşescu et les siens dominèrent trois décennies durant vingt millions de Roumains en remplissant trois conditions incontournables. Premièrement, ils placèrent de fidèles apparatchiks communistes à la tête de tous les réseaux de coopération, comme l’armée, les syndicats et même les associations sportives. Deuxièmement, ils empêchèrent la création d’organisations rivales – politiques, économiques et sociales – susceptibles de servir de base à une coopération anticommuniste. Troisièmement, ils comptèrent sur le soutien des partis frères d’Union soviétique et d’Europe de l’Est. Malgré des tensions occasionnelles, ces partis s’entraidèrent en cas de besoin ou, tout au moins, veillèrent à ce qu’aucun intrus ne vienne perturber le paradis socialiste. Dans ces conditions, malgré les épreuves et les souffrances que leur infligea l’élite dirigeante, les vingt millions de Roumains ne réussirent à organiser aucune opposition efficace.

Ceauşescu ne perdit le pouvoir que le jour où ces trois conditions cessèrent d’être réunies. À la fin des années 1980, l’Union soviétique retira sa protection, et les régimes communistes commencèrent à tomber comme des dominos. En décembre 1989, Ceauşescu ne pouvait espérer aucune aide extérieure. Bien au contraire, les révolutions des paysans voisins donnèrent du cœur à l’opposition locale. Deuxièmement, le parti communiste lui-même commença à se scinder en camps rivaux, les modérés souhaitant se débarrasser de Ceauşescu et initier des réformes avant qu’il ne fût trop tard. Troisièmement, en organisant la réunion de soutien de Bucarest et en la diffusant à la télévision, Ceauşescu fournit aux révolutionnaires l’occasion idéale de découvrir leur pouvoir et de manifester contre lui. Quel moyen plus rapide de propager la révolution que de la montrer à la télévision ?

Pourtant, quand le pouvoir échappa aux mains de l’organisateur maladroit sur son balcon, ce ne sont pas les masses populaires de la place qui le récupérèrent. Bien que nombreuse et enthousiaste, la foule ne savait pas s’organiser. Dès lors, de même que dans la Russie de 1917, le pouvoir échut à un petit groupe d’acteurs politiques qui avaient pour seul atout d’être organisés. La révolution roumaine fut piratée par le Front de salut national (FSN) autoproclamé, qui n’était en réalité qu’un écran de fumée dissimulant l’aile modérée du parti communiste. Le Front n’avait pas de lien véritable avec la foule des manifestants. Il était formé de cadres moyens du parti et dirigé par Ion Iliescu, ancien membre du Comité central du PC et un temps responsable de la propagande. Iliescu et ses camarades du FSN se métamorphosèrent en démocrates, proclamèrent devant tous les micros qu’ils étaient les chefs de la révolution, puis usèrent de leur longue expérience et de leurs réseaux de copains pour prendre le contrôle du pays et se mettre ses ressources dans la poche.

Dans la Roumanie communiste, l’État possédait presque tout. La Roumanie démocratique s’empressa de privatiser tous ses actifs, les vendant à des prix sacrifiés aux anciens communistes qui furent les seuls à comprendre ce qui se passait et s’aidèrent mutuellement à constituer leur magot. Les entreprises d’État qui contrôlaient l’infrastructure et les ressources naturelles furent bradées à d’anciens cadres communistes, tandis que les fantassins du parti achetaient maisons et appartements pour quelques sous.

Ion Iliescu fut élu président ; ses collègues devinrent ministres, parlementaires, directeurs de banque et multimillionnaires. La nouvelle élite roumaine qui contrôle aujourd’hui encore le pays se compose essentiellement des anciens communistes et de leurs familles. Les masses qui ont risqué leur peau à Timişoara et Bucarest ont dû se contenter des restes parce qu’elles n’ont pas su coopérer ni créer une organisation efficace pour prendre en main leurs intérêts.

La révolution égyptienne de 2011 a connu le même destin. Ce que la télévision avait fait en 1989, Facebook et Twitter l’ont fait en 2011. Les nouveaux médias ont aidé les masses à coordonner leurs activités : des milliers de gens ont inondé les rues et les places au bon moment et renversé le régime de Moubarak. Toutefois, faire descendre 100 000 personnes sur la place Tahrir est une chose ; c’en est une autre de s’emparer de la machine politique, de serrer les bonnes mains dans les bonnes arrière-salles et de diriger efficacement un pays. Dès lors, quand Moubarak est tombé, les manifestants n’ont pas pu combler le vide. L’Égypte n’avait que deux institutions assez organisées pour diriger le pays : l’armée et les Frères musulmans. La révolution a donc été récupérée d’abord par les Frères musulmans, puis par l’armée.

Les ex-communistes roumains et les généraux égyptiens n’étaient pas plus intelligents ou habiles que les anciens dictateurs ou les manifestants de Bucarest ou du Caire. Leur avantage résidait dans une coopération tout en souplesse. Ils coopéraient mieux que les foules et étaient disposés à se montrer bien plus souples que des hommes rigides comme Ceauşescu et Moubarak.

Voir aussi:

Mort de George Floyd : l’avocat de Derek Chauvin demande l’acquittement

Après l’ultime journée du procès, les jurés se sont retirés pour délibérer. Ils devront rendre un verdict unanime pour chacun des trois chefs d’inculpation. Tout autre scénario qu’une condamnation inquiète les autorités locales.

George Floyd «a appelé à l’aide dans son dernier souffle» avant de mourir sous le genou de Derek Chauvin, a affirmé lundi 19 avril le procureur dans son réquisitoire contre le policier accusé d’avoir tué le quadragénaire afro-américain le 25 mai 2020 à Minneapolis. «George Floyd a supplié jusqu’à ce qu’il ne puisse plus parler», a dit Steve Schleicher au jury. «Il fallait juste un peu de compassion, et personne n’en a montré ce jour-là», a ajouté le procureur.

Le policier blanc de 45 ans est jugé pour meurtre, homicide involontaire et violences volontaires ayant entraîné la mort de George Floyd, qui avait été interpellé pour une infraction mineure. Pendant plus de neuf minutes, il avait maintenu un genou sur le cou du quadragénaire qui était allongé sur le ventre, les mains menottées dans le dos. Sa mort a suscité des manifestations antiracistes d’une ampleur historique et une vague d’indignation mondiale contre les brutalités policières.

«Il a appelé à l’aide dans son dernier souffle mais l’agent n’a pas aidé, l’accusé est resté sur lui», a rappelé le procureur, affirmant que le policier avait enfreint le code de la police de Minneapolis en matière d’usage de la force. «George Floyd n’était une menace pour personne, il ne tentait de faire de mal à personne», a-t-il dit. Il a aussi fustigé l’inaction du policier, qui n’a rien fait pour ranimer George Floyd. «En tant que premier secours, vous devez faire un massage cardiaque, il ne l’a pas fait alors qu’il était formé à cela», a lancé le procureur. «L’accusé n’est pas jugé parce qu’il est policier» mais «il est jugé pour ce qu’il a fait», a souligné Steve Schleicher, estimant que Derek Chauvin avait «trahi son insigne».

L’avocat de Derek Chauvin a pour sa part demandé l’acquittement de son client. L’accusation «a échoué à apporter la preuve au-delà du doute raisonnable et Derek Chauvin doit par conséquent être déclaré non-coupable», a affirmé l’avocat du policier, Eric Nelson, après près de trois heures de plaidoirie. Le procès se tient dans un climat de fortes tensions, après la mort récente d’un jeune homme noir lors d’un contrôle routier près de Minneapolis. «C’était un meurtre, l’accusé est coupable des trois chefs d’accusation et il n’y a aucune excuse», a asséné le procureur en conclusion de son réquisitoire, qui a duré plus d’une heure et demie.

Le risque d’un verdict «nul»

Pour l’accusation, qui a appelé à la barre près de 40 témoins, c’est bien le policier qui a tué George Floyd, qui ne «pouvait pas respirer». Il est mort d’un «manque d’oxygène» provoqué par la pression de Derek Chauvin sur son cou et son dos, ont expliqué plusieurs médecins. L’Afro-Américain avait des problèmes cardiaques mais même une personne en bonne santé «serait morte de ce que George Floyd a subi», a affirmé le pneumologue Martin Tobin. Pour David Schultz, professeur de droit à l’université du Minnesota, les procureurs «ont fait du très bon travail» pour démontrer que le policier n’avait pas agi «de manière raisonnable».

Selon Eric Nelson, George Floyd est mort d’une crise cardiaque due à des problèmes de cœur, aggravés par la consommation de fentanyl, un opiacé, et de méthamphétamine, un stimulant, et par l’inhalation de gaz d’échappement pendant qu’il était allongé au sol. D’après la défense, le policier a utilisé une procédure autorisée pour maîtriser un individu qui se débattait et le maintenir au sol. Elle évoque aussi une «foule hostile» qui représentait une «menace» et aurait détourné l’attention du policier du sort de George Floyd. Derek Chauvin, lui, a refusé de s’expliquer, usant du droit de tout accusé aux États-Unis à ne pas apporter de témoignage susceptible de l’incriminer.

Le jury, qui s’est retiré lundi pour délibérer, doit rendre un verdict unanime sur chacune des trois charges. «Vous devez être absolument impartiaux», leur a dit le juge Peter Cahill, qui les a invités à «examiner les preuves, de les soupeser et d’appliquer la loi». Cela pourrait prendre des heures, des jours, voire des semaines. Les condamnations de policiers pour meurtre sont très rares, les jurés ayant tendance à leur octroyer le bénéfice du doute. Si le jury ne parvient pas à se mettre d’accord sur l’ensemble des charges, le procès sera déclaré «nul». Tout autre scénario qu’une condamnation inquiète les autorités locales.

La tension est très forte à Minneapolis, qui s’était déjà embrasée après la mort de George Floyd. Plus de 400 personnes ont défilé lundi dans les rues de la ville pour demander la condamnation de Derek Chauvin, chantant «le monde observe, nous observons, faites ce qui est juste». Marchant derrière une banderole réclamant «justice pour George Floyd», ils ont croisé sur leur chemin des soldats de la Garde nationale, les observant près de véhicules blindés. Tenue de camouflage, et fusil mitrailleur en bandoulière, ces militaires patrouillent depuis plusieurs semaines dans les rues de la ville. La mort récente de Daunte Wright, un jeune Afro-Américain d’une vingtaine d’années tué par une policière blanche lors d’un banal contrôle routier dans la banlieue de Minneapolis, n’a fait qu’ajouter à la tension qui règne depuis le début du procès.

Rodney Floyd, l’un des frères de George, a fait part plus tôt dans la journée, de sa gratitude pour les messages de soutien «venus du monde entier» à sa famille, dont plusieurs membres ont suivi les débats depuis le 29 mars. «J’espère que les jurés vont rendre le bon verdict», déclare Courtenay Carver, un travailleur social afro-américain de 56 ans. «Nous nous préparons au pire», confiait Janay Clanton, une habitante de Minneapolis. «Tout va exploser», a même prédit la sexagénaire, si Derek Chauvin n’est pas reconnu coupable. L’issue du procès aura aussi un impact sur celui de trois autres agents qui doivent être jugés en août pour «complicité de meurtre».


Présidentielle américaine: Quel étrangement interminable assassinat politique ? (Guess why with his final expulsion all but secured, the champions of borderlessness and contactlessness are still having such a hard time reconciling Americans and the world on Trump’s back ?)

19 novembre, 2020

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Jon McNaughton on Twitter: "My New Painting - "The Impeachment Mob" "You made your mark in history With your twisted, sorted lies. Beneath the Halls of Congress You plotted to disguise . . . "All-American US President Donald J. Trump - Painting By Jon McNaughton - YouTubeJon McNaughton donates Trump artwork to help Arizona GOP raise moneyPatriotic - Americana - Legacy of Hope - McNaughton Fine Art

Lorsqu’un Sanhédrin s’est déclaré unanime pour condamner, l’accusé sera acquitté. Le Talmud
Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice. Exode 23: 2
Suis-je vraiment intègre? Je ne saurais le dire (…) Que m’importe, après tout! C’est pourquoi j’ose dire: ‘Dieu détruit aussi bien l’innocent que l’impie.’ Quand survient un fléau qui tue soudainement, Dieu se rit des épreuves qui atteignent les justes. (…) Et si ce n’est pas lui, alors, qui est-ce donc? Job (Job 9: 20-24)
Mon Dieu! mon Dieu! Pourquoi m’as-tu abandonné, et t’éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes? (…) De nombreux taureaux sont autour de moi, des taureaux de Basan m’environnent. Ils ouvrent contre moi leur gueule, semblables au lion qui déchire et rugit. Psaumes 22: 2-13
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Si les princes de ce monde avaient connu [la sagesse de Dieu] ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Paul (première lettre aux Corinthiens 2: 8)
[Le Christ] a effacé, au détriment des commandements, l’accusation qui se retournait contre nous ; il l’a fait disparaître, il l’a clouée à la croix, il a dépouillé les Principautés et les Puissances, il les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal. Paul (lettre aux Colossiens 2: 14-15)
Je peux le dire devant mon Père éternel: je suis innocente et Dieu révèlera mon innocence. Rebecca Nurse
Louis doit mourir pour que la patrie vive. Robespierre
Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres. Saint-Just
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Air connu
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Il y a 82 ans cette semaine avait eu lieu la Nuit de Cristal. Cela avait été le coup de semonce des nazis en direction de notre civilisation humaine, un tir d’avertissement qui avait entraîné le génocide d’une identité toute entière. Ces autodafés avaient entraîné aussi une attaque contre les faits, le savoir, l’histoire et la vérité. Après quatre ans d’attaques actuelles menées par Donald Trump contre ces mêmes valeurs, l’équipe formée par Biden et Harris promet un retour à la normale – et un retour à la vérité. Christiane Amanpour (CNN)
J’ai marqué le 82e anniversaire de la Nuit de Cristal, comme je le fais souvent. C’est l’événement qui a été le point de départ des horreurs de la Shoah. J’ai également noté les attaques du président Trump contre l’histoire, les faits, la connaissance et la vérité. Je n’aurais pas dû juxtaposer ces deux réflexions. Hitler et ses démons sont uniques, bien entendu, dans l’Histoire. Je regrette la douleur que mes mots ont pu causer. Ce que je voulais évoquer, c’est la manière dont la démocratie peut potentiellement disparaître et comment nous devons toujours et avec zèle défendre nos valeurs démocratiques. Christiane Amanpour (CNN)
Avant ce vote historique, une semaine avant Noël, gardez cela en tête: lorsque Jésus a été faussement accusé de trahison, Ponce Pilate a donné à Jésus l’opportunité d’être face à ces accusateurs. Pendant ce simulacre de procès, Ponce Pilate a accordé à Jésus plus de droits que les Démocrates n’en ont donné au président dans cette procédure. Barry Loudermilk
Je veux que les Démocrates qui votent en faveur de la destitution sachent que je prierai pour eux. Dans l’évangile selon Luc, chapitre 23, verset 34, Jésus dit: ‘Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.’ Fred Keller
Je pense qu’il est également essentiel de comprendre que, comme je l’ai dit aux candidats qui sont venus me voir, vous pouvez mener la meilleure campagne, vous pouvez même devenir le candidat et vous pouvez vous faire voler l’élection. Hillary Clinton (6 mai 2019)
Joe Biden ne devrait en aucun cas reconnaitre sa défaite, car je pense que cela va s’éterniser, et finalement je crois qu’il gagnera si nous ne cédons pas un pouce, et si nous sommes aussi concentrés et implacables que l’autre partie. Je pense qu’ils envisagent plusieurs scénarios. Le premier est de gâcher le vote par correspondence. Ils pensent que cela les aide à obtenir un avantage limité au collège électoral le jour du scrutin. Nous devons donc avoir une opération légale massive, et je sais que la campagne Biden y travaille. Hillary Clinton (25 août 2020)
Je suis entouré d’une presse hostile, comme aucun autre président n’en a jamais eu. Celui qui en a été le plus proche, c’est le monsieur juste ici. Ils ont toujours dit que personne n’avait jamais été traité aussi mal que Lincoln. Je pense que je suis plus mal traité encore. Ils viennent vers moi avec des questions honteuses, pour être honnête. Honteuses. Leur façon de présenter les choses et leurs mots – j’ai l’impression que si j’étais gentil avec eux, je me ferai dégager. Président Trump (4 mai, 2020)
Étudiez feu Joseph McCarthy parce que nous sommes en ce moment dans une période avec Mueller et son gang qui fait passer Joseph McCarthy pour un débutant. Chasse aux Sorcières Truquée.  Président Trump
Le procès des sorcières de Salem ne comptait pas tant d’irrégularités. Président Trump
Je vous écris pour protester avec la plus forte et plus vive énergie contre la croisade de destitution partisane déclenchée par les démocrates de la Chambre des Représentants. Cette procédure d’impeachment constitue un abus de pouvoir sans précédent et inconstitutionnel de la part des législateurs démocrates, sans équivalent en près de deux siècles et demi d’histoire législative américaine. (…) En décidant d’aller de l’avant avec votre procédure de destitution invalide, vous violez votre serment, vous rompez avec votre allégeance envers la Constitution, et vous déclarez ouvertement la guerre à la démocratie américaine. Vous osez invoquer les Pères fondateurs au nom de cette combine qui vise à annuler l’élection — et pourtant, vos actions malveillantes font preuve d’un mépris sans borne pour la fondation de l’Amérique et votre conduite scandaleuse menace de détruire ce que nos Fondateurs avaient consacré leurs vies mêmes à bâtir. Pire encore que d’offenser les Pères fondateurs, vous offensez les Américains qui ont la foi en ne cessant de dire “je prie pour le président”, alors que vous savez que cette déclaration est mensongère, à moins qu’elle n’ait une intention négative. (…) Vous transformez un désaccord politique entre deux branches du gouvernement en un crime passible de destitution — ce n’est pas plus légitime que si l’exécutif accusait des membres du Congrès de crimes pour avoir exercé leur pouvoir législatif légal. (…) Tout le monde, vous comprise, sait ce qui est en train de se passer en réalité. Votre candidate a perdu l’élection en 2016, de façon écrasante au Collège électoral (306-227), et vous et votre parti ne vous êtes jamais remis de cette défaite. Vous avez contracté une forme aiguë de ce que beaucoup dans les médias appellent le Syndrome de démence de Trump et malheureusement, vous ne vous en sortirez jamais ! Vous ne voulez pas, vous ne pouvez pas accepter le verdict des urnes lors de la grande Élection de 2016. Donc, vous avez passé trois années d’affilée à tenter de revenir sur la décision du peuple américain et d’annuler son vote. Vous considérez la démocratie comme votre ennemie ! Présidente Pelosi, la semaine dernière encore, lors d’un forum public, vous avez admis que la campagne de destitution de votre parti durait depuis deux ans et demi, longtemps avant d’avoir entendu parler d’un coup de téléphone avec l’Ukraine. Il y avait dix-neuf minutes que j’avais prêté serment quand le Washington Post a publié un article intitulé La campagne de destitution du président Trump a commencé. Moins de trois mois après mon investiture, la députée Maxine Waters a lancé : “Je me battrai tous les jours jusqu’à ce qu’il soit destitué.” Les démocrates de la Chambre ont présenté la première résolution de destitution contre moi quelques mois après mon investiture, pour ce qui sera considéré comme l’une des meilleures décisions de notre pays, le renvoi de [l’ex directeur du FBI] James Comey (voir les rapports de l’Inspecteur général) — qui, le monde le sait aujourd’hui, est un des flics les plus corrompus que notre Nation ait jamais connu. Une députée du Congrès, Rashida Tlaib, a hurlé et déliré quelques heures après avoir pris ses fonctions : “On va y aller, et on va destituer ce fils de p…” En mai, le député Al Green a dit : “Je redoute que si nous ne destituons pas ce président, il va être réélu.” Encore une fois, vous et vos alliés avez fait et dit toutes ces choses longtemps avant d’avoir jamais entendu parler du président Zelensky ou de quoi que ce soit en lien avec l’Ukraine. Comme vous le savez très bien, la campagne de destitution n’a rien à voir avec l’Ukraine, ou avec la conversation tout à fait appropriée que j’ai eue avec son nouveau président. Elle n’a à voir qu’avec votre tentative d’annuler l’élection de 2016 et de voler l’élection de 2020 ! (…) Vous et votre parti cherchez désespérément à détourner l’attention de l’extraordinaire économie, du boom incroyable de l’emploi, des records sur les marchés, de la confiance en hausse et de la prospérité des citoyens en Amérique. Votre parti ne peut tout simplement pas concurrencer notre réussite : 7 millions de nouveaux emplois ; le taux de chômage le plus bas jamais enregistré pour les Africains-Américains, les Hispaniques-Américains, et les Asiatiques-Américains ; une armée reconstruite ; une réforme complète du ministère des Anciens combattants avec Choix et Responsabilité pour nos formidables vétérans ; plus de 170 nouveaux juges fédéraux et deux juges à la Cour suprême ; des réductions historiques d’impôts et de réglementation ; la suppression du mandat individuel [principale disposition de la réforme de l’assurance-maladie d’Obama] ; la première baisse des prix des médicaments sur ordonnance en cinquante ans ; la première nouvelle arme de l’armée de États-Unis depuis 1947 : la Force spatiale ; une vigoureuse protection du Deuxième Amendement [de la Constitution qui garantit le droit au port d’armes] ; la réforme de la justice pénale ; la défaite du califat de l’Etat Islamique et l’élimination du chef terroriste numéro un au monde, Al-Baghdadi ; le remplacement de l’ALENA, cet accord commercial désastreux, par le merveilleux USMCA (Mexique et Canada) ; un accord commercial de Phase Un avec la Chine, ce qui est une percée ; de nouveaux gigantesques accords commerciaux avec le Japon et la Corée du Sud ; le retrait du terrible accord sur le nucléaire avec l’Iran ; l’annulation de l’Accord de Paris sur le climat, injuste et coûteux ; le fait d’être devenu le premier producteur mondial d’énergie ; la reconnaissance de la capitale d’Israël, l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, et la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan ; une réduction colossale des passages illégaux à la frontière, la fin du système de remise en liberté des clandestins arrêtés, et la construction du Mur de la Frontière sud — et ce n’est que le début, il y a tellement d’autres choses. Vous ne pouvez pas défendre votre politique extrémiste — l’ouverture des frontières, les migrations massives, la criminalité élevée, les impôts écrasants, le système de santé socialisé, la destruction de l’énergie américaine, l’avortement tardif aux frais du contribuable, l’élimination du Deuxième Amendement, les théories radicales d’extrême gauche sur la loi et la justice, et l’obstruction partisane constante tant au sens commun qu’au bien de tous. (…) Au bout de trois ans d’enquêtes injustes et injustifiées, 45 millions de dollars dépensés, 18 procureurs démocrates furieux, toute la force du FBI, dirigé par une hiérarchie dont il est aujourd’hui prouvé qu’elle est totalement incompétente et corrompue, vous n’avez RIEN trouvé ! Peu de gens qui occupent de hautes fonctions auraient enduré ou passé ce test. Vous ne savez pas, et vous vous en moquez, quels terribles dommages et quelles souffrances vous avez infligés aux membres merveilleux et aimants de ma famille. Vous avez mené une enquête bidon sur le président démocratiquement élu des États-Unis, et vous êtes en train de recommencer. Il n’y a pas beaucoup de gens qui auraient accepté le châtiment infligé pendant ce laps de temps, et qui auraient pourtant autant fait pour le succès de l’Amérique et de ses citoyens. Mais au lieu de faire passer notre pays en premier, vous avez décidé de déshonorer un peu plus notre pays. Vous avez complètement échoué avec le rapport Mueller parce qu’il n’y avait rien à trouver, donc vous avez décidé de prendre le premier canular qui se présentait, la conversation téléphonique avec l’Ukraine — alors même que c’était un appel parfait. Et d’ailleurs, quand je parle à des pays étrangers, il y a beaucoup de gens, autorisés, qui écoutent l’appel des deux côtés de la conversation. C’est vous qui manipulez les élections des États-Unis. C’est vous qui corrompez la Démocratie américaine. C’est vous qui êtes coupable d’Entrave à la justice. C’est vous qui portez préjudice à notre République dans le but de servir vos égoïstes intérêts individuels, politiques et militants. Avant le Canular de la Destitution, il y a eu la Chasse aux sorcières russe. En dépit du bon sens, au mépris de la vérité, vous et vos collaborateurs avez affirmé que mon équipe de campagne avait comploté avec les Russes – un mensonge calomnieux, malicieux et gravissime, une invention sans pareil. Vous avez contraint notre Nation à subir tracas et tourments à cause d’une histoire montée de toutes pièces, achetée illégalement par Hillary Clinton et le Comité national démocrate à un espion étranger dans le but de porter atteinte à notre démocratie. Et pourtant, quand ce mensonge monstrueux a été mis au jour et que le complot des démocrates a été anéanti, vous n’avez pas présenté d’excuses. Vous ne vous êtes pas rétractée. Vous n’avez pas demandé pardon. Vous n’avez fait preuve d’aucun remords, d’aucune forme d’introspection. Non, vous avez entamé une nouvelle croisade malveillante et diffamatoire – vous avez imaginé une façon de coincer et de calomnier un innocent. Vous avez agi uniquement par calcul politique personnel. Votre présidence de la Chambre des représentants et votre parti sont pris en otage par les éléments les plus dérangés et radicaux de l’extrême gauche. Chacun de vos membres vit dans la crainte qu’un adversaire socialiste ne les défient aux primaires – voilà ce qui motive en vérité la procédure de destitution. (…) Si vous vous souciiez réellement de la liberté au sein de notre Nation, alors vous chercheriez, avec vos considérables moyens d’enquête, à faire toute la lumière sur les abus de pouvoir scandaleux du FBI avant, pendant et après l’élection de 2016 – notamment l’espionnage de mon équipe de campagne, la remise de fausses preuves au Tribunal de surveillance du renseignement étranger, et la dissimulation de preuves à décharge en vue de piéger l’innocent. Le FBI compte dans ses rangs des employés très honorables, mais ses dirigeants sont incompétents et corrompus. Je pensais que vous seriez personnellement scandalisée par ces révélations, car lors de votre conférence de presse, le jour où vous avez ouvert l’enquête pour impeachment, vous avez lié directement cette initiative au Canular Russe qui avait été complètement discrédité. Vous avez par deux fois déclaré que “toutes les routes mènent à Poutine” en sachant pertinemment que c’était un mensonge abject. Je me suis montré bien plus intraitable avec la Russie que ne l’a jamais envisagé le président Obama. Tout parlementaire qui votera en faveur de l’impeachment – au mépris de la vérité, des faits, des preuves et de la règle de droit – révélera son profond dédain pour les électeurs et sa véritable aversion pour l’ordre constitutionnel des États-Unis. Nos fondateurs craignaient le tribalisme provoqué par la politique de parti et vous donnez vie à leurs pires craintes. Pire encore, j’ai été privé d’une Procédure Respectueuse de la Constitution dès le début de cette farce et jusqu’à aujourd’hui. J’ai été privé des droits les plus élémentaires prévus par la Constitution, notamment le droit de présenter des éléments de preuve, d’être représenté par un avocat, de faire face à mes accusateurs, et de convoquer et de contre-interroger des témoins – en particulier le supposé lanceur d’alerte qui a déclenché ce canular par sa fausse déclaration sur une conversation téléphonique sans aucun lien avec la conversation qui a réellement eu lieu. Dès que j’ai présenté la transcription de l’appel, ce qui a surpris et choqué les escrocs (ils n’avaient pas imaginé que ce type de document serait révélé), le soi-disant lanceur d’alerte, et aussi le deuxième lanceur d’alerte, ont disparu car ils s’étaient fait prendre, leur signalement était frauduleux et il n’a plus été possible d’être en contact avec eux. (…) Le procès des sorcières de Salem ne comptait pas tant d’irrégularités. Vous et les membres de vos commissions affirmez depuis longtemps que la procédure de destitution doit avoir le soutien des deux partis – en l’occurrence ce n’est pas le cas. Vous avez déclaré que la procédure était source de divisions – c’est le moins qu’on puisse dire, et ces divisions sont bien plus profondes que vous n’osiez l’imaginer – et ça ne fera qu’empirer ! Tout cela n’est autre qu’une tentative de coup d’État illégale et militante, qui, si l’on en croit l’opinion publique ces derniers temps, se soldera par un échec cuisant dans les urnes. Vous n’en voulez pas qu’à moi, le président, vous en voulez au Parti républicain tout entier. Mais en raison de cette injustice colossale, l’unité de notre parti n’a jamais été si forte. Le jugement de l’Histoire sera impitoyable face à cette comédie que vous jouez. On ne retiendra de vous que la transformation de la Chambre des représentants, vénérable organe législatif, en tribunal arbitraire présidant à des persécutions partiales. (…) Dès l’instant où j’ai été élu, le Parti démocrate a été en proie à la Fièvre de la Destitution. Vous n’affichez aucune réticence. Cette affaire n’a rien de grave. Vous tournez en dérision la procédure d’impeachment et vous masquez à peine la haine que vous inspire ma personne, le Parti républicain et des dizaines de millions d’Américains patriotes. Les électeurs font preuve de sagesse et ils voient clair dans votre jeu creux, stérile et dangereux. Nul doute que les citoyens américains vous mettront, ainsi que le Parti démocrate, face à vos responsabilités lors de l’élection de 2020. Ils ne sont pas près d’oublier la subversion de la justice et les abus de pouvoir dont vous vous rendez coupables. Il y a tant d’autres choses à faire pour améliorer la vie de nos concitoyens. Vous et les démocrates militants qui siègent au Congrès devez sans délai mettre un terme à ce fantasme de destitution ; vous devez vous remettre au service des citoyens américains. Je ne m’attends pas à ce que vous vous exécutiez, mais je vous adresse la présente lettre pour l’histoire et afin de consigner mes pensées de manière immuable et indélébile. Dans un siècle, quand les gens repenseront à cette affaire, je souhaite qu’ils la comprennent et qu’ils en tirent des leçons, afin qu’aucun autre président ne puisse vivre la même chose. Donald Trump (Président des États-Unis d’Amérique)
We’re asking everybody that when you are not able to socially distance, wear a mask, get a mask. Whether you like the mask or not, they have an impact. They’ll have an effect. And we need everything we can get. (…) If you’re close to each other, if you’re in a group, I would put it on. (…) I view it this way: Anything that potentially can help — and that certainly can potentially help — is a good thing. I have no problem. I carry it. I wear it. … I’m getting used to the mask, and the reason is — think about patriotism. Maybe it is. It helps. It helps. Now, we have experts that have said, in the recent past, that masks aren’t necessarily good to wear. You know that. But now they’ve changed their mind. If they change their mind, that’s good enough for me. President Trump
My supporters are very smart and they do, a lot of them wear masks and some don’t, that’s their choice. But they’re, you know, when you’re outside, you have a lot of room, and everything that I’ve read and everything that I’ve seen is outside is better in terms of COVID or as I call it the China virus. President Trump
Now we take Georgia, then we change the world. Now we take Georgia, then we change America. Chuck Schumer (Senate Minority Leader)
Senate Minority Leader Chuck Schumer may have taken the crown with his yelling on the streets of New York that “Now we take Georgia, then we change the world. Now we take Georgia, then we change America.”It is a quote that will live in infamy — and endlessly in Georgia. Now adding to the Democratic problems are liberal figures openly encouraging Democrats to move to Georgia to stack the vote in the runoff elections. So Georgia just started a hand recount in the midst of claims of voting irregularities but figures like New York Times columnist Thomas L. Friedman are calling for liberals to move to Georgia to influence their election. In other words, Friedman and others are sending the self-destructive message is that Jon Ossoff and Raphael G. Warnock might not have enough Georgians to vote for them so they need New Yorkers and Californians to come and vote as Georgians. The New York Times, which has run repeated pieces on alleged vote suppression by the GOP, has had nothing to say about Friedman’s call for vote stacking in Georgia. I recently wrote about the irony of the runoff election starting on the anniversary of Sherman’s March Through Georgia. I did not think it would literally involve Northerners invading the state to carry out the campaign. One of the recurring arguments made by Trump supporters is that Democrats have so demonized Trump and his supporters (including calling them Nazis) that it gives license to supporters to take any measure to ensure a Biden victory. As if on cue, Friedman then took to the airways to reinforce that concern. He told CNN, “I hope everybody moves to Georgia, you know, in the next month or two, registers to vote and votes for these two Democratic senators.”He is not alone. New York Magazine’s Eric Levitz wrote “These run-offs will decide which party controls the Senate, and this, whether we’ll have any hope of a large stimulus/climate bill. If you have the means and fervor to make a temporary move to GA, believe anyone who registers by Dec 7 can vote in these elections.”It appears that people told Levitz that he was saying the quiet part out loud and he deleted his post. Voting stacking with out-of-staters is the type of thing that you are supposed to do quietly, not openly. Georgians might not take too kindly to New Yorkers voting on their representatives. For his part, former presidential candidate Andrew Yang has announced that he is moving his family to Georgia to push for Ossoff and Warnock. Now that will help. A leading California politician is moving to Georgia to push for the runoff. Georgians will be thrilled. What is fascinating is that, even if some people follow these directions, a hundred times that number of actual Georgians will be left irate over these calls. Of course, the New York Times offered not even a hint of concern with one of its writers calling for people to manipulate the voting count in Georgia. It is all too familiar. The Times was fine with forcing out an editor for simply running an opinion piece by a conservative senator on the recent protests while later running a piece by “Hong Kong enforcer” supporting the crushing of freedom protests. It denounces Trump for what it considers suppression tactics while remaining silent as Friedman calls for dilution tactics in the election. It is also a curious call for the media which has been denouncing the effort not to count every vote. It now appears that counting every vote includes counting New Yorkers in Georgia.Under Georgia law, you must be a “legal resident of the county” and meet other requirements to register to vote. Potential voters are required to provide either a Georgia driver’s license or a Social Security number and fill out a form online or in-person to send to the secretary of state by Dec. 7. It is a felony to vote in Georgia if you are not a legal resident or only plan to be in the state temporarily for an election. The Georgia Attorney General is mandated with enforcing these voter fraud rules. Friedman of course has slammed Trump, which is his right and Trump deserved criticism on many of these occasions. However, he has portrayed himself as different from Trump despite calling him names because he is “respectful even with people I disagree with.” Except when he does not trust them to elect their own representatives and seeks to negate their votes in the name of the greater good. Jonathan Turley
It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner. It’s not just that he does things that the common man can kind of appreciate. And it’s not even because he uses kind of simplistic language—he doesn’t use complicated, wonky language, the way a lot of Democrats do. (…) We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. They aren’t thoughtful enough. They aren’t “woke” enough. They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. (…) It’s talking down to people. It’s alienating them. And there’s just certain voters who feel so distant from the political process—it’s not their life, it’s not their world. They hate it. They don’t like all that politics stuff. Trump speaks to them, because he includes them. Elissa Slotkin (Michigan Democratic Rep.)
Il est devenu possible, à partir [des années 60], de disqualifier d’entrée de jeu toute pensée conservatrice, c’est-à-dire la moitié de la population du pays et la majorité du reste du monde! Il m’a fallu du temps pour comprendre «à quel point cet ostracisme était dangereux. S’est mise en place une sorte de forteresse théorique parfaite qui se défend en accusant toute personne qui exprime un désaccord d’être conservatrice. Tant que la proportion des libéraux et des conservateurs était de 3 pour 1, il restait des garde-fous, mais on en est aujourd’hui à quelque 30 pour 1! Les conservateurs ayant peu à peu quitté la place parce qu’ils estimaient que l’université devait rester à l’extérieur de la politique. Une fois l’exclusion pratiquée à l’encontre des conservateurs, il a été facile de l’étendre à d’autres groupes, au fur et à mesure qu’il devenait légitime de disqualifier les hommes, les Blancs, les hétéros…, comme un «trou sans fond engloutissant de plus en plus de monde». Au final, dans cette logique d’exclusion qui s’auto-nourrit, 100 % de la population finira par être excommuniée! On commence à voir des hommes noirs menacés de disqualification parce qu’ils sont hommes. (…) Le fait que Trump ait porté le combat contre l’idéologie woke, dénonçant «un poison toxique» et antipatriotique qui veut jeter l’opprobre sur «tout le projet américain», empêche les démocrates centristes de bouger activement sur cette question. Même si Trump a eu raison sur ces thèmes, son comportement et son style inacceptables sur le reste vont au contraire retarder la mobilisation du centre. Greg Lukianoff
La woke culture est devenue le fléau de la liberté de pensée. Elle pose comme principe la vision du monde identitaire que le libéralisme avait tenté d’éradiquer, l’idée que nous ne sommes pas fondamentalement définis par la communauté dans laquelle nous sommes nés, notre orientation sexuelle, notre couleur de peau. Elle nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité. Seth Greenland
Le wokisme refuse l’idée fondamentale du libéralisme selon laquelle deux valeurs incompatibles peuvent être autorisées à cohabiter. Pour les justiciers sociaux, cette tolérance des désaccords n’est qu’un instrument brandi par l’oppresseur pour soumettre l’opprimé. (…) Les réseaux sociaux ont tout changé, car c’est là que se cristallise le lien entre la meute idéologique, les élites et l’ensemble des institutions. Les réseaux sociaux dictent le ton à tous, y compris aux journaux, pas l’inverse. (…) Ils ont déjà gagné. Toutes les institutions cèdent les unes après les autres. Jacob Siegel
Le wokisme a commencé avec le deuxième mandat de la présidence Obama, au confluent de deux causes: la première, c’est le progressisme technocratique du président lui-même, qui pensait que la bureaucratie de l’État pouvait contribuer à la perfectibilité morale, comme le montre la bataille des discriminations menée sous le Titre IX. L’autre est le courant idéologique identitariste qui souffle sur les universités. Le danger, c’est la fusion des deux en une forme de bureaucratie qui s’autoradicalise sans cesse. Le corps professoral est dans son écrasante majorité libéral et reste attaché à la méthode du débat contradictoire. Mais il a peur de s’interposer. c’est aussi le cas de la majorité des étudiants, qui seraient largement «centristes», selon ses enquêtes d’opinion. On est donc dans le cas d’une sorte de kidnapping du débat par un groupe minoritaire issu de l’administration des campus. Beaucoup de professeurs ont peur d’être mis au ban ou de perdre leur travail, surtout s’ils n’ont pas de chaire. Le fait de vivre à New York, une mégapole, lui permet d’échapper à la pression, mais «c’est beaucoup plus difficile dans les petites villes universitaires de Nouvelle-Angleterre, où les risques de harcèlement sont bien supérieurs. (…) Quand je me promène dans les campus pour des tournées de conférences, les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches. (…) Ça fait tellement de bien de savoir que chez vous les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont un petit garçon ou une petite fille. Chez nous, on dirait: comment osez-vous assigner un genre? Sam Abrams
La prétendue culture woke est cool. C’est à la mode, et, soyons honnêtes, le libéralisme est difficile. Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables. Thomas Chatterton Williams
Je commence à penser que nous avons besoin d’une nouvelle métaphore pour décrire le “Great Awokening”. Ce n’est pas tant un mouvement qui avance qu’une tache qui se répand. Une fois que ce processus a commencé, il est très difficile de l’inverser, tout ce qu’on peut espérer, c’est d’empêcher qu’il ne se propage davantage et de protéger les choses précieuses. Non, il n’y a pas de mouvement d’opposition de quelque importance à ce phénomène, et, s’il y en avait un, il ne réussirait pas. Nous sommes face à des passions morales très puissantes qui inspirent en particulier les jeunes. Nous devrons attendre qu’elles se dissipent avant d’espérer pouvoir réparer une partie des dégâts. Mark Lilla
In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles. (…) Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition. If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure. No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case. To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy. What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.” This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions. Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas. Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it. But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves. No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations. Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice, highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats. After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class. I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority. The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis. Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump. (…) The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause. Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. (…) Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve. Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties: (…) « Trump speaks to them, because he includes them. » Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt. Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street). Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves. That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable. It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence. If Trump still refuses to concede (…) this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place. May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.” Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians. Eric Gans
La liste des personnalités victimes de la censure progressiste ne cesse de s’allonger, surtout en terre anglo-saxonne. Ce processus de désintégration sociale menée au nom du bien porte un nom: la «cancel culture» ou «culture de l’annulation» , qui consiste à appeler explicitement au boycott et à l’effacement de l’espace public de personnes jugées racistes, homophobes ou sexistes. On pourrait croire que cette fièvre dénonciatrice n’est pas nouvelle et considérer avec Philip Roth dans son célèbre incipit de La Tache, que «le vertige de l’indignation hypocrite» est «la plus vieille passion fédératrice de l’Amérique». Cependant, la cancel culture, si elle reprend les codes du «politiquement correct» tel qu’il a émergé sur les campus américains dès les années 1960, modernise l’ostracisme qui s’adosse désormais à la puissance des réseaux sociaux et à une nouvelle mentalité militante. Dans leur livre The Coddling of the American Mind: How Good Intentions and Bad Ideas Are Setting Up a Generation for Failure («Le chouchoutage de l’âme américaine: comment de bonnes intentions et de mauvaises idées préparent une génération à l’échec»), Jonathan Haidt et Gregory Lukianoff qualifient de «culture of safetysm» (que l’on pourrait traduire par «culture de l’obsession d’être protégé») cette mentalité d’une nouvelle génération qui ne supporte plus d’être offensée et pour laquelle le moindre propos caricatural et le scepticisme quant au bienfait illimité du progressisme multiculturaliste sont considérés comme autant de «micro-agressions» exigeant la création d’espaces sécurisés (safe spaces) où aucune parole blessante ne puisse les atteindre. Cette nouvelle censure est différente du vieux sectarisme marxiste en ce qu’elle repose quasi exclusivement sur le «ressenti» victimaire. «Je me sens blessé»: tel est désormais l’argument qui justifie toutes les excommunications. Avoir conscience que l’on est blessé ou que l’on blesse, c’est être «éveillé», «woke». Ce terme d’argot, «woke», s’est généralisé après les premières émeutes de Black Lives Matter («les vies noires comptent») en 2014, et notamment le film Stay Woke: The Black Lives Matter Movement, de l’acteur Jesse Williams. Être «woke», pour un Afro-Américain qui adhère à la cause, c’est être en permanence vigilant quant au racisme et aux discriminations que l’on peut subir. L’être pour un Blanc, c’est avoir conscience de ses privilèges. Ainsi, à l’université d’Evergreen, les professeurs étaient-ils conviés à énumérer leurs «privilèges» (blanc, mâle, «validiste», c’est-à-dire non handicapé, etc.), avec une étiquette collée sur leur torse déclinant les pronoms qu’il fallait utiliser en s’adressant à eux (him/her/she/he), pratique mise en place pour ne pas risquer de «mégenrer» certaines personnes – et que la nouvelle vice-présidente, Kamala Harris, emploie elle-même sur son compte Twitter. Ces séances d’«autocritique», dont le grotesque n’a curieusement pas encore été vraiment exploité par les humoristes («parce qu’ils sont terrifiés», estime le rédacteur en chef de Tablet, Jacob Siegel), sont désormais obligatoires ou fortement recommandées au corps professoral dans un nombre croissant d’universités. «La woke culture est devenue le fléau de la liberté de pensée. Elle pose comme principe la vision du monde identitaire que le libéralisme avait tenté d’éradiquer, l’idée que nous ne sommes pas fondamentalement définis par la communauté dans laquelle nous sommes nés, notre orientation sexuelle, notre couleur de peau. Elle nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité», affirme l’écrivain Seth Greenland, auteur de Mécanique de la chute, un roman où il raconte le lynchage d’un milliardaire accusé de racisme. «Le wokisme refuse l’idée fondamentale du libéralisme selon laquelle deux valeurs incompatibles peuvent être autorisées à cohabiter. Pour les justiciers sociaux, cette tolérance des désaccords n’est qu’un instrument brandi par l’oppresseur pour soumettre l’opprimé!», renchérit Jacob Siegel, auteur d’un article de Tablet sur le sujet qui a fait grand bruit. Parfois, le lynchage psychologique conduit à la mort physique, comme dans le cas de Mike Adams. Ce professeur de l’université de Caroline du Nord très critique du mouvement identitariste, «qui avait eu le malheur de publier un tweet dénonçant les mesures prises par le gouverneur démocrate de son État en matière de Covid, n’a pas résisté à la pression», raconte Greg Lukianoff. «Laissez mon peuple aller», avait-il écrit, parlant «de l’État esclavagiste de Caroline du Nord». Une formule jugée inacceptable par la meute antiraciste. Harcelé et menacé, il a fini par se suicider en juillet. «On lui a dit qu’il était le Mal», note, horrifié, Lukianoff, qui était son ami. Le succès stupéfiant de cette culture de la contestation, fondée sur la revendication d’un sectarisme effréné qui peut aller jusqu’à tuer dans l’indifférence générale, reste en partie une énigme au pays de la libre parole, même si Tocqueville avait averti dans son opus De la démocratie en Amérique sur la propension de l’opinion publique américaine à «tracer un cercle de la pensée» au-delà duquel il est très dangereux de s’aventurer. Lukianoff, un libéral de gauche de 48 ans, qui milita longtemps au sein du bastion progressiste de la puissante Union américaine pour les libertés civiques (Aclu), mais dirige aujourd’hui une fondation qui se bat pour la liberté d’expression sur les campus (Fire), juge indispensable de remonter à l’attitude des écoles de pensée postmodernistes des années 1960 pour comprendre la situation actuelle. «Il est devenu possible, à partir de ces années-là, de disqualifier d’entrée de jeu toute pensée conservatrice, c’est-à-dire la moitié de la population du pays et la majorité du reste du monde!», explique-t-il, reconnaissant qu’il lui a fallu «du temps» pour comprendre «à quel point cet ostracisme était dangereux». «S’est mise en place une sorte de forteresse théorique parfaite qui se défend en accusant toute personne qui exprime un désaccord d’être conservatrice», poursuit-il. «Tant que la proportion des libéraux et des conservateurs était de 3 pour 1, il restait des garde-fous, mais on en est aujourd’hui à quelque 30 pour 1!», note Lukianoff, précisant que les conservateurs ont peu à peu quitté la place «parce qu’ils estimaient que l’université devait rester à l’extérieur de la politique». Une fois l’exclusion pratiquée à l’encontre des conservateurs, il a été facile de l’étendre à d’autres groupes, au fur et à mesure qu’il devenait légitime de disqualifier les hommes, les Blancs, les hétéros…, explique-t-il, parlant d’un «trou sans fond engloutissant de plus en plus de monde». «Au final, dans cette logique d’exclusion qui s’auto-nourrit, 100 % de la population finira par être excommuniée!», dit Lukianoff, soulignant qu’«on commence à voir des hommes noirs menacés de disqualification parce qu’ils sont hommes». Une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants. Sam Abrams, 40 ans, professeur de science politique au collège Sarah Lawrence de New York, un établissement connu pour son progressisme, est devenu l’une des cibles du mouvement woke pour avoir milité pour «la diversité de valeurs» au lieu de réserver ce terme à la diversité ethnique ou raciale. Spécialiste d’enquêtes d’opinion et hostile aux labels politiques, cet amoureux «des faits» est depuis deux ans sur son campus l’objet de campagnes de harcèlement et d’une démarche administrative visant à le priver de sa chaire. «Jamais je n’aurais pu monter au créneau si je n’avais pas eu de chaire», note-t-il, soulignant qu’il avait attendu cette sécurité de l’emploi pour s’engager. Pour lui, si le mouvement woke, né dans les départements d’études critiques énamourés du philosophe Michel Foucault et de la théoricienne du genre Judith Butler, vient de loin, comme le raconte Lukianoff, «les dix dernières années ont été cruciales». (…) Tout a changé pendant la présidence Obama, avec la montée en puissance des efforts de l’administration des universités pour lutter contre les discriminations sexuelles, avec la mise en place du fameux Titre IX (un amendement interdisant toute discrimination sur la base du sexe et obligeant à la création de bureaux de lutte contre le harcèlement sexuel dans chaque université), un processus supervisé par un certain vice-président… Joe Biden. «Parallèlement, une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants», raconte Abrams. Arrivés avec des diplômes en études raciales ou de genre, ils ont instauré un mélange de règles bureaucratiques et d’interdits idéologiques qui représentent «un véritable lavage de cerveau» et leur permettent de faire la pluie et le beau temps sur les campus, en liaison avec certaines associations étudiantes communautaristes ultrapolitisées, dénonce l’enseignant. Le rédacteur en chef de la revue Tablet, Jacob Siegel, souligne lui aussi cette alliance de la bureaucratie d’État et d’une idéologie qui se dit révolutionnaire mais «fait corps avec le pouvoir». «Le wokisme a commencé avec le deuxième mandat de la présidence Obama, au confluent de deux causes: la première, c’est le progressisme technocratique du président lui-même, qui pensait que la bureaucratie de l’État pouvait contribuer à la perfectibilité morale, comme le montre la bataille des discriminations menée sous le Titre IX. L’autre est le courant idéologique identitariste qui souffle sur les universités. Le danger, c’est la fusion des deux en une forme de bureaucratie qui s’autoradicalise sans cesse», explique-t-il. «Le corps professoral est dans son écrasante majorité libéral et reste attaché à la méthode du débat contradictoire. Mais il a peur de s’interposer», ajoute Sam Abrams. Pour lui, c’est aussi le cas de la majorité des étudiants, qui seraient largement «centristes», selon ses enquêtes d’opinion. On est donc dans le cas d’une sorte de kidnapping du débat par un groupe minoritaire issu de l’administration des campus. Beaucoup de professeurs ont peur d’être mis au ban ou de perdre leur travail, surtout s’ils n’ont pas de chaire, affirme Abrams. Le fait de vivre à New York, une mégapole, lui permet d’échapper à la pression, mais «c’est beaucoup plus difficile dans les petites villes universitaires de Nouvelle-Angleterre, où les risques de harcèlement sont bien supérieurs». À ces inquiétudes très concrètes s’ajoute «la peur des anciens de ne pas être aimés des plus jeunes» et d’être moralement condamnés, ajoute Greg Lukianoff. Une volonté d’échapper à la culpabilité occidentale en se mettant du côté des «purs», que le professeur de théorie politique Joshua Mitchell décrit dans son nouveau livre, American Awakening («réveil américain»), consacré à la nature religieuse de cette idéologie des «identités» qui donne des «bons points» aux différents groupes humains en faveur de leur degré d’«innocence» sociale. Les réseaux sociaux, en permettant la mobilisation immédiate d’activistes sur des causes ponctuelles et en facilitant l’organisation communautaire, ont par ailleurs donné une vigueur nouvelle aux revendications identitaires présentes dans la gauche radicale depuis les années 1960. «Ils ont tout changé, car c’est là que se cristallise le lien entre la meute idéologique, les élites et l’ensemble des institutions. Les réseaux sociaux dictent le ton à tous, y compris aux journaux, pas l’inverse», analyse Jacob Siegel. Comme le souligne Lisa Nakamura, professeur à l’université du Michigan, la cancel culture est rendue possible par une nouvelle «économie de l’attention», où «priver quelqu’un d’audience, c’est le priver d’existence». Elle est portée par un repli individualiste sur l’identité plutôt que par l’héritage commun ou l’universalisme. Et également par une culture d’emballement suiviste, qui fait partie de l’essence des réseaux sociaux. «La prétendue culture woke est cool. C’est à la mode, et, soyons honnêtes, le libéralisme est difficile. Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables», explique Thomas Chatterton Williams, auteur d’Autoportrait en noir et blanc, un essai qui sortira en janvier en français, où ce métis afro-américain exprime sa dissidence envers les obsédés de la race. Comme lui, de nombreux intellectuels de la gauche libérale commencent à se rebeller contre cette idéologie étouffante, «qui ressemble à un nouveau bolchevisme ou à une forme de révolution culturelle à la chinoise», guettant tous les «traîtres» potentiels à la cause, nous confie Bret Weinstein. L’université de Chicago a pris la tête de la fronde, mettant noir sur blanc son engagement à défendre la liberté d’expression en 2015, un «serment» repris par plus de 50 autres établissements universitaires. Le très libéral Wellesley College a également réagi avec vigueur en créant un «projet liberté» destiné à encourager un débat d’idées libre et contradictoire. Et l’université de Berkeley, pourtant très progressiste, a créé un Centre pour la liberté d’expression. On voit aussi apparaître de nouveaux îlots de liberté intellectuelle, comme le magazine en ligne Quillette ou la revue Tablet, au fur et à mesure que les journaux mainstream comme le New York Times basculent dans le camp de la «justice sociale». «Le seul fait que nous n’ayons pas peur a fait énormément pour le succès de Tablet», affirme Siegel. Sam Abrams dit recevoir des dizaines de lettres, montrant que «beaucoup de gens en ont assez». «J’aime à penser que nous sommes nombreux», dit aussi Greg Lukianoff. En juillet 2020, un collectif de plus de 150 écrivains, artistes et journalistes, parmi lesquels J.K. Rowling, mais aussi la romancière Margaret Atwood, auteur du best-seller La Servante écarlate, le linguiste et psychologue Steven Pinker, la féministe Gloria Steinem, a signé une tribune dans Harper’s Magazine pour dénoncer «une intolérance à l’égard d’opinions opposées, une vogue pour la dénonciation publique et l’ostracisme, et la tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveugle». En réaction à cette tribune, Alexandria Ocasio-Cortes (AOC) l’égérie woke du Parti démocrate, a aussitôt relativisé sur Twitter: «Ceux qui se plaignent de la cancel culture pensent que tout leur est dû – comme si on avait le droit à un large public captif et que l’on deviendrait victime si les gens choisissaient de nous écarter. Il y a de fortes chances que vous ne soyez pas réellement annulé, que vous soyez simplement mis au défi, tenu pour responsable ou peu apprécié.» Même Obama, qui avait rêvé d’une présidence postraciale avant de participer à la montée woke en installant la question de la moralisation des discriminations au sein du processus bureaucratique, a eu droit à des tirs de barrage intenses de la frange radicale quand il s’est mêlé du débat. «Si tout ce que vous faites, c’est jeter des pierres, vous n’irez pas très loin», avait déclaré l’ex-président en octobre 2019. «Le monde est en désordre, il y a des ambiguïtés. Les gens qui font de bonnes choses ont des défauts. Les gens que vous combattez aiment leurs enfants, ils partagent certaines choses avec vous», a rappelé l’ancien président, blâmant «cette idée de la pureté, de n’être jamais compromis, d’être toujours politiquement “éveillé” (woke)». Tout autre que lui aurait sans doute été agoni d’injures après de tels propos. Le président conserve d’ailleurs une position ambiguë sur tous ces sujets sociétaux et n’a nullement condamné les excès révolutionnaires de Black Lives Matter quand, après la mort de George Floyd, cette organisation a vite abandonné le thème des violences policières pour appeler à mettre à bas le capitalisme et à démanteler tout l’héritage américain, jusqu’à ses Pères fondateurs. En réalité, les voix dissidentes restent très isolées, un peu comme «un samizdat du XXIe siècle», affirme le géographe Joel Kotkin, résumant le point de vue des autres «rebelles». Le fait que la vague woke ait quitté le champ strictement universitaire pour déborder dans les médias grand public, le monde des affaires et les institutions de l’État a laissé les libéraux de la vieille école largement désemparés. «Je commence à penser que nous avons besoin d’une nouvelle métaphore pour décrire le “Great Awokening”. Ce n’est pas tant un mouvement qui avance qu’une tache qui se répand. Une fois que ce processus a commencé, il est très difficile de l’inverser, tout ce qu’on peut espérer, c’est d’empêcher qu’il ne se propage davantage et de protéger les choses précieuses. Non, il n’y a pas de mouvement d’opposition de quelque importance à ce phénomène, et, s’il y en avait un, il ne réussirait pas», s’inquiète Mark Lilla, un libéral de gauche qui a été l’un des premiers à sonner l’alarme. «Nous sommes face à des passions morales très puissantes qui inspirent en particulier les jeunes. Nous devrons attendre qu’elles se dissipent avant d’espérer pouvoir réparer une partie des dégâts», ajoute-t-il. Social-démocrate à l’ancienne et opposé à la vague identitariste montante, Joel Kotkin s’alarme tout particulièrement de l’alliance des campus avec l’industrie de la tech, cette nouvelle oligarchie omniprésente qui prête allégeance au mouvement woke en forçant notamment ses employés à organiser des séminaires d’inclusivité et à signer avec les fameux «pronoms» – «manière pour elle d’éluder les sujets plus embarrassants d’inégalité, de classe et de positions monopolistiques». Pour lui, cette alliance rend quasiment impossible une rébellion des démocrates centristes contre les radicaux. Si certains observateurs continuent d’espérer que les modérés, comme l’élue du Congrès Elissa Slotkin, relèveront la tête, la plupart sont très sceptiques. Le fait que Trump ait porté le combat contre l’idéologie woke, dénonçant «un poison toxique» et antipatriotique qui veut jeter l’opprobre sur «tout le projet américain», empêche les démocrates centristes de bouger activement sur cette question, regrette Greg Lukianoff. «Même si Trump a eu raison sur ces thèmes, son comportement et son style inacceptables sur le reste vont au contraire retarder la mobilisation du centre», pronostique-t-il. Un point de vue que partage le professeur Bret Weinstein, persuadé que l’équipe Biden utilisera «cyniquement l’énergie révolutionnaire née sur les campus», mais finira par perdre le contrôle du «tigre» woke. «Ils ont déjà gagné, pense Jacob Siegel. Toutes les institutions cèdent les unes après les autres.» Dans ce tableau bien sombre, Sam Abrams voit une lueur d’espoir venir potentiellement de la nouvelle «génération Z» (nés entre 1997 et 2000), «beaucoup moins idéologue que les millennials» (nés entre 1980 et 2000), fatiguée de la polarisation et peu convaincue par la racialisation galopante. «Quand je me promène dans les campus pour des tournées de conférences, les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches.» Sam n’en reste pas moins très envieux de «l’approche française»,qui résiste tant bien que mal à la vague woke anglo-saxonne. «Ça fait tellement de bien de savoir que chez vous les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont “un petit garçon ou une petite fille”. Chez nous, on dirait: comment osez-vous assigner un genre?» Mais la différence est-elle si grande que Sam le pense? L’Amérique et la France ont beau plaider pour deux modèles radicalement opposés de république, sur le plan des idées, les chassés-croisés entre nos deux pays sont incessants. Ainsi avons-nous exporté la French Theory sur les campus d’Amérique dans les années 1960, semence qui allait faire fleurir le politiquement correct. Aujourd’hui, celui-ci nous revient en boomerang sous les nouveaux habits de la cancel culture et du wokisme qui s’implantent dans nos universités. Et, là-bas comme ici, l’intelligentsia libérale se réveille face aux excès et au déni d’une révolution qui dévore ses enfants. Aux États-Unis comme en France, cette guerre idéologique ne fait que commencer. Laure Mandeville et Eugénie Bastié
In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles. (…) If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. (…) No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case. To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy. What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.” This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions. Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas. Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it. But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves. No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations. Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice, highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats. After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class. I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority. The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis. Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump. (…) The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause. (…) Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve. (…) Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties: ‘It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner (…) or uses kind of simplistic language (…) We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. (…) They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. It’s talking down to people. (…) Trump speaks to them, because he includes them. Slotkin’s point like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt. (…) As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street). Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves. That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable. It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence. If Trump still refuses to concede—and we need not deny a priori the claims of his lawyer Sidney Powell, whose recent statements (…) at least express confidence—this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place. May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.” Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians. Eric Gans
Nos modes intellectuelles ne veulent voir de la violence que dans les textes, mais d’où vient réellement la menace ? Aujourd’hui, nous vivons dans un monde dangereux où tous les mouvements de foule sont violents. Cette foule était déjà violente dans les Psaumes. Elle l’est dans le récit de Job. Elle demande à Job de se reconnaître coupable : c’est un vrai procès de Moscou qu’on lui fait. Procès prophétique. N’est-ce pas celui du Christ adulé par les foules, puis rejeté au moment de la Passion ? Ces récits annoncent la croix, la mort de la victime innocente, la victoire sur tous les mythes sacrificiels de l’Antiquité. René Girard
Il y avait vraiment des gens qui s’agitaient devant des courts-bouillons de grenouilles et de scorpions, mais nous savons que leurs manigances n’empêcheraient pas les avions de voler (…) C’est bien pourquoi, même lorsqu’elles étaient condamnées, même lorsqu’elles étaient techniquement coupables, les sorcières étaient des boucs émissaires. René Girard
La métaphore principale est celle du triomphe au sens romain, c’est-à-dire la récompense que Rome accordait à ses généraux victorieux. Debout sur son char le triomphateur faisait une entrée solennelle dans la Ville sous les acclamations de la foule. Dans son cortège figuraient les chefs ennemis enchaînés. Avant de faire exécuter ces derniers, on les exhibait, telles des bêtes féroces réduites à l’impuissance. Vercingétorix joua ce rôle dans le triomphe de César. Le général victorieux est ici le Christ et sa victoire, c’est la Croix. Ce dont le christianisme triomphe c’est de l’organisation païenne du monde. Les chefs ennemis enchaînés derrière leur vainqueur sont les principautés et les puissances. L’auteur compare les effets irrésistibles de la Croix à ceux de la force militaire encore toute-puissante au moment où il écrivait, l’armée romaine. (…) Mais il y a dans cette triomphante métaphore un paradoxe trop évident pour ne pas être délibéré, pour ne pas relever d’une intention ironique. La violence militaire est aussi étrangère que possible à ce dont parle réellement l’épître. La victoire du Christ n’a rien à voir avec celle d’un général victorieux : au lieu d’infliger sa violence aux autres, le Christ la subit. Ce qu’il faut retenir ici dans l’idée du triomphe ce n’est pas l’aspect militaire, c’est l’idée d’un spectacle offert à tous les hommes, c’est l’exhibition publique de ce que l’ennemi aurait dû dissimuler afin de se protéger, afin de persévérer dans son être que lui dérobe la Croix. Loin d’être obtenu par la violence, le triomphe de la Croix est le fruit d’un renoncement si total que la violence peut se déchaîner tout son saoul sur le Christ, sans se douter qu’en se déchaînant, elle rend manifeste ce qu’il lui importe de dissimuler, sans soupçonner que ce déchaînement va se retourner contre elle cette fois car il sera enregistré et représenté très exactement dans les récits de la Passion. (…) L’idée du triomphe de la Croix paraît tellement absurde aux yeux des exégètes soi-disant scientifiques qu’ils y voient volontiers une de ces inversions complètes auxquelles les désespérés soumettent le réel lorsque leur univers s’effondre et qu’ils ne peuvent plus affronter la vérité… C’est ce que les psychiatres appellent un phénomène de compensation. Les êtres dévastés par une catastrophe irréparable, privés de tout espoir concret, intervertissent tous les signes qui les renseignent sur le réel : de tous les moins ils font des plus et de tous les plus ils font des moins. C’est ce qui est arrivé aux disciples de Jésus après la crucifixion, c’est ce que les croyants appellent la Résurrection. (…) La plupart des hommes, lorsqu’ils réfléchissent à la Croix, ne voient que l’événement dans sa brutalité, la mort terrible de Jésus qui s’est déroulée, semble-t-il, de façon à infliger au triomphalisme de notre épître le démenti le plus cinglant. (…) En clouant le Christ sur la Croix les puissances croyaient faire ce qu’elles font d’habitude en déclenchant le mécanisme victimaire, elles croyaient écarter une menace de révélation, elles ne se doutaient pas qu’en fin de compte,, elles faisaient tout le contraire, elles travaillaient à leur propre anéantissement, elles se clouaient elles-mêmes sur la Croix en quelque sorte, dont elles ne soupçonnaient pas le pouvoir révélateur. En privant le mécanisme victimaire des ténèbres dont il doit s’entourer pour gouverner toutes choses, la Croix bouleverse le monde. Sa lumière prive Satan de son pouvoir principal, celui d’expulser Satan. (…) La souffrance de la Croix est le prix que Jésus accepte de payer pour offrir à l’humanité cette représentation vraie de l’origine dont elle reste prisonnière, et pour priver à la longue le mécanisme victimaire de son efficacité. Dans le triomphe d’un général victorieux, l’exhibition humiliante du vaincu est seulement une conséquence de la victoire, alors qu’ici c’est cette victoire elle-même, c’est le dévoilement de l’origine violente. Ce n’est pas parce qu’elles sont défaites que les puissances sont données en spectacle, c’est parce qu’elles sont données en spectacle qu’elles sont défaites. Il y a de l’ironie donc dans la métaphore du triomphe militaire et ce qui la rend savoureuse, c’est le fait que Satan et ses cohortes ne respectent que la puissance. Ils ne pensent qu’en termes de triomphe militaire. Ils sont donc battus par une arme dont l’efficacité leur est inconcevable, elle contredit toutes leurs croyances, toutes leurs valeurs. C’est l’impuissance la plus radicale qui triomphe du pouvoir d’auto-expulsion satanique. (…) Pour appréhender le malentendu dans son énormité, il faut le transposer dans une affaire de victime injustement condamnée, une affaire si bien éclaircie désormais qu’elle exclut tout malentendu. À l’époque où le capitaine Dreyfus, condamné pour un crime qu’il n’avait pas commis, purgeait sa peine à l’autre bout du monde, d’un côté il y avait les « antidreyfusards » extrêmement nombreux et parfaitement sereins et satisfaits car ils tenaient leur victime collective et se félicitaient de la voir justement châtiée. De l’autre côté il y avait les défenseurs de Dreyfus, très peu nombreux d’abord et qui passèrent longtemps pour des traîtres patentés ou, au mieux, pour des mécontents professionnels, de véritables obsédés, toujours occupés à remâcher toutes sortes de griefs et de soupçons dont personne autour d’eux ne voyait le bien-fondé. On cherchait dans la morbidité personnelle ou dans les préjugés politiques la raison du comportement dreyfusard. En réalité, l’antidreyfusisme était un véritable mythe, une accusation fausse universellement confondue avec la vérité, entretenue par une contagion mimétique si surexcitée par le préjugé antisémite qu’aucun fait pendant des années ne parvint à l’ébranler. Ceux qui célèbrent l’« innocence » des mythes, leur joie de vivre, leur bonne santé et qui opposent tout cela au soupçon maladif de la Bible et des Évangiles commettent la même erreur, je pense, que ceux qui optaient hier pour l’antidreyfusisme contre le dreyfusisme. C’est bien ce que proclamait à l’époque un écrivain nommé Charles Péguy. Si les dreyfusards n’avaient pas combattu pour imposer leur point de vue, s’ils n’avaient pas souffert, au moins certains d’entre eux, pour la vérité, s’ils avaient admis, comme on le fait de nos jours, que le fait même de croire en une vérité absolue est le vrai péché contre l’esprit, Dreyfus n’aurait jamais été réhabilité, le mensonge aurait triomphé. Si on admire les mythes qui ne voient de victimes nulle part, et si on condamne la Bible et les Évangiles parce qu’au contraire ils en voient partout, on renouvelle l’illusion de ceux qui, à l’époque héroïque de l’Affaire, refusaient d’envisager la possibilité d’une erreur judiciaire. Les dreyfusards ont fait triompher à grand-peine une vérité aussi absolue, intransigeante et dogmatique que celle de Joseph dans son opposition à la violence mythologique. (…) La preuve qu’il est difficile de comprendre ce que je viens de dire ou trop facile peut-être, c’est que Satan lui-même ne l’a pas compris. Ou plutôt, il l’a compris trop tard pour protéger son royaume. Son manque de rapidité a eu, sur l’histoire humaine, des conséquences formidables. Dans sa première épître aux Corinthiens, Paul écrit : « Si les princes de ce monde avaient connu [la sagesse de Dieu] ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire » (1 Co 2, 8). « Les princes de ce monde », qui sont ici la même chose que Satan, ont crucifié le Seigneur de gloire parce qu’ils attendaient de cet événement certains résultats favorables à leurs intérêts. Ils espéraient que le mécanisme fonctionnerait comme d’habitude, à l’abri des regards indiscrets, et qu’ils seraient débarrassés de Jésus et de son message. (…) Les Évangiles eux-mêmes attirent notre attention sur la perte de l’unanimité mythique partout où Jésus intervient. Jean en particulier signale à maintes reprises la division entre les témoins après les paroles et les actes de Jésus. Après chaque intervention de Jésus, les témoins se querellent et, loin d’unifier les hommes, son message suscite le désaccord et la division. C’est dans la crucifixion surtout que cette division joue un rôle capital. Sans elle il n’y aurait pas de révélation évangélique ; le mécanisme victimaire ne serait pas représenté. Comme dans les mythes, il serait transfiguré en action juste et légitime. René Girard
There are a lot of clear emotions that come with this and it caused a big knee jerk reaction. A lot of Americans, when they see his (Trump’s) face will come up with an opinion of liking or disliking him before reading an article or hearing the news. Both the liberal and conservative response to the artist was how sacrilegious the painting came off as. (…) When you hear a democrat calling for the investigation of Trump and a republican calling for the investigation of Pelosi or Biden and neither asks what might be wrong with their own affiliation, just shows how devout that person has become. (…) It is as though they are arguing dogmatic religious doctrine rather than having an honest debate. (…) One side wishes to see violent animosity released on Donald Trump and the other half shows him to be this infallible savior. That won’t get us anywhere but getting people to think outside the box at what they are looking at could potentially begin to turn around how we see and react to the idea of politics in our country. Orvis
Art is a subjective term used to describe the viewer’s thoughts and feelings towards a specific piece of work. However, an artist in Jacksonville only received negative responses to a painting he made but when he examined closer, it was exactly what he expected all along. The artist goes by his initials B.S. and chose to do so after witnessing the backlash and alleged death threats given to local art broker Tristan Orvis when the two placed the painting up for sale on Facebook marketplace. B.S. created controversy and hysteria from his painting titled “An Emotional Mirror” which shows President Donald Trump, as Jesus Christ, being crucified on the cross. He said he was inspired by the events surrounding President Donald Trump’s impeachment trial in January. At first glance, you can see Congresswoman Nancy Pelosi as a Roman Soldier piercing Trump’s right side with a spear, wife Melania praying at his feet like the Virgin Mary, along with members of the media and several foreign presidents and dictator such as Vladimir Putin and Kim Jung-Un looking on. The controversy is obvious as both liberals and conservatives showed their disgust at what they described as an abomination. The artist explained the meaning behind the painting is far more telling of how the viewer is supposed to see it.      B.S. described the painting as his intent to highlight and call into question within the viewer such notions as belief in religion and politics, along with how narrow the bridge is between the two. He also wished to spark the viewers’ thoughts on nationalism and the media influence on the country. Its purpose? To start conversations between both parties while using the “emotional mirror” to look inside one’s self in order to take personal responsibility for how the country looks when discussing politics. What was made to be thought-provoking turned to bashing, according to Orvis. (…) What was seemingly missed by the several thousand people who commented, shared or liked Orvis’s Facebook post, was almost no one responded by questioning themselves or their own party. Instead, they came together to chastise the artist and broker responsible for its content. Things began to reach a boiling point when residents around Onslow began giving out Orvis’s address and kid’s names in an attempt to cause harm. Although he said none of the threats sounded like they held any weight, he will remain cautious until more time has passed. The surprising part is that the two men claim they should have seen it coming, but it proved the point of the painting and that in the current state we live in, seeing is believing and no one is taking the time to actually look and see before believing their own preconceived notions about the political and religious climate.  (…) What Orvis said he learned from this experience is that it reminded him of a time where individuals were labeling themselves as Americans first and not by their race or political affiliations. He also hopes moving forward, people can come together for the betterment of the voters. Newsbreak
Lorsque la rivalité se généralise, que la communauté est en proie à une crise de violence mimétique, elle désigne un individu responsable de la crise. Elle l’accuse puis le tue. Aussitôt la communauté se réconcilie et retrouve la paix en s’unifiant contre ce bouc émissaire. (…) [Mais] la Crucifixion du Christ révèle le mécanisme sacrificiel qui fonde toute société humaine. Désormais, nous savons tous que la victime est innocente. Le texte évangélique au lieu de dénoncer la culpabilité de la victime comme le fait le récit mythique – Œdipe a commis le parricide et l’inceste – nous dévoile l’innocence complète de la victime. Le christianisme dit pour la première fois notre culpabilité, et non celle de la victime aussi divine serait-elle. ‘La Passion a dévoilé une fois pour toute l’origine sacrificielle de l’humanité. Elle a défait le sacré en révélant sa violence’. Désormais, nous devons vivre avec cette impossibilité de désigner des boucs-émissaires la conscience tranquille. Nous sommes privés des processus de différenciation liée à l’émergence d’une culture: ‘il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ’ écrit Saint Paul aux Galates. Désormais on ne sacrifie plus des victimes innocentes pour nous permettre de vivre en paix. Désormais, nous devons nous passer des rites, des interdits et du sacré, qui s’ils conservent une part de violence, sont avant tout des freins à la violence et surtout les fondements de toute culture. Certains ont si parfaitement compris le danger que le christianisme fait courir aux Nations qu’ils s’efforcent de ressusciter le paganisme. Archaïques, sommes-nous, archaïques, voulons-nous rester. Sauf que la désacralisation du monde a ouvert la route à des moyens techniques nous donnant les moyens de destruction inimaginable. Certains s’y sont essayés, ils ont succombé sous le poids de leur propre puissance après avoir fait des millions de victimes. Difficile de jouer à l’homme archaïque lorsque l’on tient en main la bombe atomique. La page blanche est impossible. D’autres rejettent tout ce qui ramène l’humanité à ses origines sacrificielles comme autant de preuve de la culpabilité humaine. Ils réclament toujours moins de rites, moins d’interdits, moins de frontières. Pour eux, les différences culturelles sont autant de traces d’un passé archaïque déshonorant. Ce faisant, ils oublient que ce qui est un remède certes imparfait, est tout de même un remède à une violence pire encore. Quoi qu’on dise, nous sommes toujours aussi mimétiques que nos primitifs ancêtres. Il y a fort à parier que dans ces conditions, nous retournions en deçà de la culture. L’humanité, à l’échelle planétaire, redeviendrait un de ces groupements d’humains indifférenciés soumis à des rivalités internes permanentes. Le pire nous menace encore puisque ces rivalités ne peuvent se résoudre dans un mécanisme sacrificiel désormais interdit. À moins que, comble d’ironie, l’interdit de l’interdit vienne remplacer comme une simagrée de l’Antéchrist l’interdit archaïque et devienne à son tour un argument d’exclusion. D’autres encore, ayant si bien lu René Girard au point de savoir que la violence prolifère parmi les frères, cherchent à mimer la mise à distance archaïque créée par les rites et les interdits, par le truchement de la puissance technologique. Les écrans d’ordinateur ne sont pas des fenêtres sur le monde, contrairement à ce que la publicité nous laisse croire. Ce sont de véritables écrans, nous protégeant de la vraie rencontre, celle qui nous fait prendre le risque de la rivalité lorsque nous appelons notre prochain, frère. Les relations seront régulées par le sans-contact. Les réseaux sociaux seront érigés en temple des nouveaux rites, les centres de big data en tabernacle dont les employés seront les grands prêtres sans visage. Grimace de rite dont le ridicule n’a d’égal que le sacré dont nous entourons nos ordinateurs et les chiffres qu’ils produisent. L’alliance de l’archaïque et de la technique risque fort d’accoucher d’une humanité qui n’aura plus d’humanité que le nom. Marie Girard
Quel étrangement interminable assassinat politique ?
En ce cinquième anniversaire de la disparition de l’anthropologue franco-américain René Girard
Et après une chasse au sorcières et même un quasi-procès de Moscou en direct et en continu de plus de quatre ans …
Sans parler d’une élection où, entre votes sans contact et sans contrôle sous prétexte d’épidémie, tous les coups auront décidément été permis
Qui en une rare unanimité, sur fond d’incessants appels à l’unité, aura réuni élites politiques, économiques, médiatiques, universitaires, artistiques et culturelles …
Accompagnée comme il se doit, entre ultime diabolisation de l’hitlérisation, véritable peste, iconoclasme, autodafés, processions de génuflexants et antisémitisme, de tous les signes et prodiges immémoriaux …
Cette étrangement interminable mise à mort d’un président américain …
Qui y compris contre son propre intérêt ou message, comme la provocation systématique sur les masques et dans le premier débat
Aura décidément jusqu’au bout refusé de jouer le jeu
Comment ne pas voir …
A l’instar de la polémique qui a suivi aux Etats-Unis il y a un an la vente d’un tableau de Trump en Christ
Alors que nous achevons d’éradiquer tous les Christs de nos lieux publics …
Au-delà, en ces temps de victimisation triomphante, de la légendaire propensité de l’impétrant à la chose …
Au moment même où ils semblent enfin avoir obtenu son expulsion définitive …
La proprement extraordinaire difficulté des tenants du sans-frontières et du sans-contact …
Sur fond de révélation aussi paradoxale que potentiellement désastreuse pour les pouvoirs en place …
A réconcilier les Américains et le monde …
Sur le dos du seul Trump honni ?

Il y a cinq ans René Girard, grand penseur de la violence et du sacré, nous quittait…
FIGAROVOX/TRIBUNE – La disparition de René Girard en novembre 2015 fut vite éclipsée, quelques jours plus tard, par les attentats du 13 novembre. Sa petite-nièce Marie Girard, présidente de la Société des amis de Joseph et René Girard, rend hommage à l’incontounable anthropologue qu’il fut et à son oeuvre qu’elle juge essentielle pour comprendre le déchaînement de la violence religieuse aujourd’hui.
Marie Girard
Le Figaro
17 novembre 2020
Marie Girard, petite-nièce de René Girard, est présidente de la Société des amis de Joseph & René Girard.

Le 4 novembre 2015, René Girard était enlevé à l’affection des siens. Dix jours après sa mort, on entendait des tirs de Kalachnikov en plein cœur de Paris. La France vivait en direct la tuerie du Bataclan. Encore quelques jours et des troupes d’élite donnaient l’assaut à deux pas de la basilique Saint Denis. Souvenirs inséparables: René Girard, le penseur de la violence et du sacré, n’a pas connu l’épisode tragique que toute son œuvre permettait de penser.

1947, René Girard, jeune chartiste, quittait sa terre natale et l’Europe ensanglantée. Il est hanté par le déferlement de violence qui a saisi l’humanité durant ces années: les camps de concentrations, les ruines fumantes de Nagasaki et Hiroshima, la pluie des bombes incendiaires qui mit l’Allemagne à genou. Affrontement entre deux blocs tétanisés par leur propre puissance de feu, croissance économique époustouflante anesthésiant les consciences, tels semblent être les nouveaux atours de la paix.

Pourtant René Girard ne s’en laisse pas conter par les chantres du progrès, il pressent que ce n’est pas la fin de l’histoire. Il voit que le monde se défait, que l’Occident se désintègre. Il sait que cela ne se fera pas sans violence. Mais quel sera le visage de cette violence à l’heure où la guerre et ses codes ont disparu? Il sait que ce ne seront pas les sciences politiques qui lui donneront le sens de ce qui nous arrive. Non, il doit aller chercher au plus profond de la nature humaine pour comprendre.

1961, publication de Mensonge romantique et vérité romanesque: ce n’est pas l’érudition «des sages et des savants» que René Girard convoque, mais la lucidité des romanciers. Don Quichotte, Mme Bovary, À la recherche du temps perdu ou Le rouge et le noir lui révèlent que l’Homme est le plus mimétique, le plus imitateur des animaux et donc le plus violent. Si les Hommes s’imitent pour le meilleur rendant possible l’apprentissage c’est-à-dire l’intelligence et le langage, ils imitent aussi leur désir. Ils entrent alors en rivalité autour du même objet désiré.

Lorsque la rivalité se généralise, que la communauté est en proie à une crise de violence mimétique.

1972, publication de La violence et le sacré : après la littérature, René Girard prend les mythes au sérieux et montre que la culture et le religieux sont évitement de la violence. Lorsque la rivalité se généralise, que la communauté est en proie à une crise de violence mimétique, elle désigne un individu responsable de la crise. Elle l’accuse puis le tue. Aussitôt la communauté se réconcilie et retrouve la paix en s’unifiant contre ce bouc émissaire.

Du chaos et du désordre émerge l’ordre: «À travers la violence qui les terrifie c’est la non-violence que vise toujours l’adoration des fidèles. La non-violence apparaît comme un don gratuit de la violence et cette apparence n’est pas sans raison puisque les hommes ne sont jamais capables de se réconcilier qu’aux dépens d’un tiers. Ce que les hommes peuvent faire de mieux dans l’ordre de la non-violence, c’est l’unanimité moins un de la victime émissaire.» Apparaissent alors le sacré et le religieux.

En effet la victime qui, par sa mort, soude la collectivité, est divinisée puisqu’elle sauve la communauté de la destruction. C’est l’émergence du dieu archaïque. Mais la vertu apaisante du meurtre fondateur s’amenuise petit à petit. On replonge alors dans de nouvelles crises. Pour les éviter, on reproduit le meurtre fondateur sous une forme moins violente avec des victimes de substitution que l’on considère comme sacrées. Le sacrifice rituel est une violence cathartique.

René Girard donne, à partir de l’imitation du désir, de la rivalité puis de la violence qu’elle génère, une explication des deux piliers de l’organisation des sociétés archaïques: les interdits qui séparent les rivaux potentiels et les sacrifices qui leur permettent de se réconcilier. Nous apprenons que «l’homme est issu du sacrifice, il est donc fils du religieux» . Le religieux est seul capable de contenir des conflits capables de détruire des groupes humains.

La Crucifixion du Christ révèle le mécanisme sacrificiel qui fonde toute société humaine.

1978, publication de Des choses cachées depuis la fondation du monde : René Girard, à la suite de Simone Weil et au grand dam des universitaires patentés, découvre que la Bible avant d’être une science de Dieu est une anthropologie, une science de l’Homme. Après avoir montré que nous n’étions pas libres face à nos propres désirs, le voilà commentant des fratricides, le meurtre d’Abel par Caïn, le lynchage de Joseph par ses frères, et cela à la lumière de la théorie du bouc émissaire dit-on, mais surtout à la lumière de la Passion du Christ.

La Crucifixion du Christ révèle le mécanisme sacrificiel qui fonde toute société humaine. Désormais, nous savons tous que la victime est innocente. Le texte évangélique au lieu de dénoncer la culpabilité de la victime comme le fait le récit mythique – Œdipe a commis le parricide et l’inceste – nous dévoile l’innocence complète de la victime. Le christianisme dit pour la première fois notre culpabilité, et non celle de la victime aussi divine serait-elle. «La Passion a dévoilé une fois pour toute l’origine sacrificielle de l’humanité. Elle a défait le sacré en révélant sa violence» .

Désormais, nous devons vivre avec cette impossibilité de désigner des boucs-émissaires la conscience tranquille. Nous sommes privés des processus de différenciation liée à l’émergence d’une culture: «il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ» écrit Saint Paul aux Galates. Désormais on ne sacrifie plus des victimes innocentes pour nous permettre de vivre en paix.

Désormais, nous devons nous passer des rites, des interdits et du sacré, qui s’ils conservent une part de violence, sont avant tout des freins à la violence et surtout les fondements de toute culture. Nous pourrions, à première vue, nous en réjouir. Mais René Girard nous prévient. Dans l’introduction d’Achever Clausewitz, il écrit: «le verrou du meurtre fondateur, levé par la Passion, libère aujourd’hui une violence planétaire, sans qu’on puisse refermer ce qui a été ouvert» . Désormais, comment nos crises mimétiques pourront-elles se résoudre? Nous sommes débarrassés des massacres rituels sanglants et nous nous perdons.

Avec René Girard, nous comprenons que l’Occident et le monde cherchent désespérément une issue.

À la barbe des tenants de la laïcité la plus rigide, René Girard est un immense apologète du christianisme, mais d’un christianisme qui est «la seule religion qui aura prévu son propre échec» puisqu’il ne crée plus le sacré qui nous sauverait. Mais surtout, il montre que nous pensons et nous agissons tous, chrétiens ou non, à travers ce qui s’est passé, il y a deux mille ans au Golgotha. Même les pires contempteurs de l’Occident chrétien tiennent un discours chrétien lorsqu’ils viennent demander réparation au nom de l’innocence des victimes. Avec René Girard, nous comprenons que l’Occident et le monde cherchent désespérément une issue.

Certains ont si parfaitement compris le danger que le christianisme fait courir aux Nations qu’ils s’efforcent de ressusciter le paganisme. Archaïques, sommes-nous, archaïques, voulons-nous rester. Sauf que la désacralisation du monde a ouvert la route à des moyens techniques nous donnant les moyens de destruction inimaginable. Certains s’y sont essayés, ils ont succombé sous le poids de leur propre puissance après avoir fait des millions de victimes. Difficile de jouer à l’homme archaïque lorsque l’on tient en main la bombe atomique. La page blanche est impossible.

D’autres rejettent tout ce qui ramène l’humanité à ses origines sacrificielles comme autant de preuve de la culpabilité humaine. Ils réclament toujours moins de rites, moins d’interdits, moins de frontières. Pour eux, les différences culturelles sont autant de traces d’un passé archaïque déshonorant. Ce faisant, ils oublient que ce qui est un remède certes imparfait, est tout de même un remède à une violence pire encore. Quoi qu’on dise, nous sommes toujours aussi mimétiques que nos primitifs ancêtres.

Il y a fort à parier que dans ces conditions, nous retournions en deçà de la culture. L’humanité, à l’échelle planétaire, redeviendrait un de ces groupements d’humains indifférenciés soumis à des rivalités internes permanentes. Le pire nous menace encore puisque ces rivalités ne peuvent se résoudre dans un mécanisme sacrificiel désormais interdit. À moins que, comble d’ironie, l’interdit de l’interdit vienne remplacer comme une simagrée de l’Antéchrist l’interdit archaïque et devienne à son tour un argument d’exclusion.

D’autres encore, ayant si bien lu René Girard au point de savoir que la violence prolifère parmi les frères, cherchent à mimer la mise à distance archaïque créée par les rites et les interdits, par le truchement de la puissance technologique. Les écrans d’ordinateur ne sont pas des fenêtres sur le monde, contrairement à ce que la publicité nous laisse croire. Ce sont de véritables écrans, nous protégeant de la vraie rencontre, celle qui nous fait prendre le risque de la rivalité lorsque nous appelons notre prochain, frère.

Les relations seront régulées par le sans-contact. Les réseaux sociaux seront érigés en temple des nouveaux rites, les centres de big data en tabernacle dont les employés seront les grands prêtres sans visage. Grimace de rite dont le ridicule n’a d’égal que le sacré dont nous entourons nos ordinateurs et les chiffres qu’ils produisent. L’alliance de l’archaïque et de la technique risque fort d’accoucher d’une humanité qui n’aura plus d’humanité que le nom.

En aucun cas, il ne faut chercher dans l’œuvre de René Girard un manifeste politique pour un monde meilleur.

En aucun cas, il ne faut chercher dans l’œuvre de René Girard un manifeste politique pour un monde meilleur. «Je cherche à montrer que le monde actuel est impensable sans le christianisme. Un point, c’est tout» . René Girard est un catholique, il n’attend pas la fin de l’Église comme accomplissement du christianisme: «les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle» (Mt, 16-18).

Il connaît la valeur du rite, mais il le renvoie à une position seconde, comme un outil de l’amour: «Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens d’un grief que ton frère a contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis revient, et alors présente ton offrande» (Mt, 5-23).

René Girard est le disciple d’un Dieu capable de renoncer à sa toute-puissance pour nous laisser libres. Inlassablement, il dira que nous ne sommes pas assez chrétiens. Il sait que «la Passion a libéré la violence autant que la Sainteté». René Girard nous engage sur une voie radicale, celle de l’humilité: «Comprendre les hommes, leur constant paradoxe, leur innocence, leur culpabilité, c’est comprendre que nous sommes tous responsables de cet état de choses puisque, à la différence du Christ, nous n’en mourrons pas» .

Il ne cherche pas à nous rassurer. Il cherche à donner un sens à ce qui nous arrive: «plus que jamais, j’ai la conviction que l’histoire a un sens ; que ce sens est redoutable ; mais qu’ ‘’aux lieux du péril, croît aussi ce qui sauve’’». Sur ces derniers mots d’espérance nous laissant à nos responsabilités d’Hommes libérés, le crayon lui glissa des mains.

Voir aussi:

The Washington Post
December 18, 2019

With hours of debate to fill before President Trump is impeached and only a minute or two for each member to make an impact, there is a premium on getting your point across.

Hence, a series of vivid metaphors.

Republicans, in particular, have set about comparing Trump’s impeachment to all manner of historical atrocities. Trump got the ball rolling Tuesday by comparing his treatment unfavorably to the Salem witch trials. “More due process was afforded to those accused in the Salem Witch Trials,” he wrote.

But his GOP colleagues believed they had some even better comparisons.

Rep. Barry Loudermilk (R-Ga.) decided that Trump was denied even the feeble due process that Pontius Pilate granted Jesus before his crucifixion.

“When Jesus was falsely accused of treason, Pontius Pilate gave Jesus the opportunity to face his accusers,” Loudermilk said. “During that sham trial, Pontius Pilate afforded more rights to Jesus than Democrats have afforded this president in this process.”

Rep. Fred Keller (R-Pa.) invoked Jesus’ crucifixion — specifically when Jesus, on the cross, asked God to forgive those who had wronged him.

“So I want Democrats voting for impeachment today to know that I’ll be praying for them,” Keller said. “From the Gospel of Luke, the 23rd chapter, verse 34: And Jesus said, ‘Father, forgive them, for they know not what they do.’ ”

There are, of course, problems with these comparisons. One is that the accused witches in Salem were systematically violated — including physically — and that, while they were afforded at least some theoretical ability to defend themselves, they were essentially required to prove a negative while the evidence against them was accepted at face value. The argument with Jesus is apparently that Trump hasn’t been able to confront the anonymous whistleblower who first brought the Ukraine scandal to light. But the gospels of Matthew and Mark suggest Jesus was essentially found guilty before the trial began. He was also crucified, while the alleged witches were hanged, so the punishment involved there is on a slightly different level. Trump, by contrast, will have a trial in which the rules will be determined by his allies and he will be allowed to remain as president.

Shortly after Loudermilk spoke, Rep. Mike Kelly (R-Pa.) offered his own comparison, saying Trump’s impeachment was more like Pearl Harbor. Here are his comments:

In addition to Christmas being something we celebrate, the Boston Tea Party took place in December, but also on December 7, 1941, a horrific act happened in the United States. And this one that President Roosevelt said, ‘This is a date that will live in infamy.’ Today, December the 18th, 2019, is another date that will live in infamy — when just because you hate the president of the United States and you can find no other reason other than the fact that you’re so blinded by your hate that you can’t see straight that you’ve decided the only way we can make sure this president doesn’t get elected again is to impeach him.

Rep. Clay Higgins (R-La.) offered his own vivid imagery without going for historical metaphors.

“I have descended into the belly of the beast. I have witnessed a terror within,” he began. “And I was committed to oppose the insidious forces which threaten our republic. America has been severely injured by this betrayal, by this unjust and weaponized impeachment brought upon us by the same socialists who threaten unborn life in the womb, who threaten First Amendment rights of conservatives, who threaten Second Amendment protections of every American patriot, and who have long ago determined that they would organize and conspire to overthrow President Trump.

Democrats certainly spoke in stark terms about the harm Trump has done and about the danger of allowing what he has done to go unpunished. But they were generally focused on appearing solemn.

At one point, though, Rep. Cedric L. Richmond (D-La.) did compare what Trump is doing to shooting the Constitution.

“Donald Trump recently said I can do anything I want. He also bragged that he could shoot someone on Fifth Avenue and get away with it,” Richmond said. “Well, he’s shooting holes in our Constitution on Pennsylvania Avenue.”

Rep. Hakeem Jeffries (D-N.Y.) also responded to GOP arguments that Democrats were unnecessarily dividing the country by comparing this moment in history to abolishing slavery and Jim Crow and to giving women the right to vote.

“There are some who cynically argue that the impeachment of this president will further divide an already-fractured union,” he said. “But there is a difference between division and clarification. Slavery once divided the nation, but emancipation rose up to clarify that all men are created equally. Suffrage once divided the nation, but women rose up to clarify that all voices must be heard in our democracy. Jim Crow once divided the nation, but civil rights champions rose up to clarify that all are entitled to equal protection under the law. There is a difference between division and clarification. »

Voir également:

Le 17 décembre 2019

À l’Honorable Nancy Pelosi

Présidente de la Chambre des Représentants

Washington, D.C. 20515

Chère Madame la Présidente

Je vous écris pour protester avec la plus forte et plus vive énergie contre la croisade de destitution partisane déclenchée par les démocrates de la Chambre des Représentants. Cette procédure d’impeachment constitue un abus de pouvoir sans précédent et inconstitutionnel de la part des législateurs démocrates, sans équivalent en près de deux siècles et demi d’histoire législative américaine.

Les articles de mise en accusation avancés par la Commission aux affaires judiciaires de la Chambre sont inadmissibles au regard de toute jurisprudence, interprétation ou théorie constitutionnelle. Ils n’incluent absolument aucun crime, infraction ou délit. Vous avez dévalorisé l’importance de ce si vilain mot, la destitution !

En décidant d’aller de l’avant avec votre procédure de destitution invalide, vous violez votre serment, vous rompez avec votre allégeance envers la Constitution, et vous déclarez ouvertement la guerre à la démocratie américaine. Vous osez invoquer les Pères fondateurs au nom de cette combine qui vise à annuler l’élection — et pourtant, vos actions malveillantes font preuve d’un mépris sans borne pour la fondation de l’Amérique et votre conduite scandaleuse menace de détruire ce que nos Fondateurs avaient consacré leurs vies mêmes à bâtir. Pire encore que d’offenser les Pères fondateurs, vous offensez les Américains qui ont la foi en ne cessant de dire “je prie pour le président”, alors que vous savez que cette déclaration est mensongère, à moins qu’elle n’ait une intention négative. Ce que vous faites est terrible, mais c’est vous qui allez devoir vivre avec, pas moi !

Votre première affirmation, “Abus de pouvoir”, est une invention complètement hypocrite, sans valeur et infondée de votre imagination. Vous savez que j’ai eu une conversation tout à fait innocente avec le président de l’Ukraine. Puis j’ai eu une deuxième conversation dont les citations ont été détournées, déformées et présentées de manière frauduleuse. Heureusement, une transcription de la conversation a été réalisée, et vous savez, à partir de cette transcription (qui a été immédiatement rendue accessible), que le paragraphe en question était parfait. J’ai dit au président Zelensky : “Mais je voudrais que nous rendiez un service, parce que notre pays a connu beaucoup de difficultés et que l’Ukraine en sait beaucoup là-dessus.” Je lui ai dit de nous rendre service, pas à moi, et à notre pays, pas à une campagne. Puis j’ai mentionné le ministre de la Justice des États-Unis. Chaque fois que je parle avec un dirigeant étranger, je fais passer les intérêts de l’Amérique en premier, exactement comme je l’ai fait avec le président Zelensky.

Vous transformez un désaccord politique entre deux branches du gouvernement en un crime passible de destitution — ce n’est pas plus légitime que si l’exécutif accusait des membres du Congrès de crimes pour avoir exercé leur pouvoir législatif légal.

Vous savez parfaitement que le vice-président Biden a utilisé ses fonctions et 1 milliard de dollars d’aide américaine pour obliger l’Ukraine à limoger le procureur qui enquêtait sur l’entreprise qui versait à son fils des millions de dollars. Vous le savez parce que Biden s’en est vanté en vidéo. Biden a déclaré ouvertement : “J’ai dit : ‘Je vous préviens, vous ne l’aurez pas, le milliard de dollars’… je les ai regardés et j’ai dit : ‘Je pars dans six heures. Si le procureur n’est pas limogé, vous ne toucherez pas l’argent.’ Eh bien, nom de Dieu, il a été viré.” Même Joe Biden a admis il y a quelques jours à peine dans une interview avec [la radio publique] NPR, que ça la “fichait mal”. Et maintenant, vous voulez me destituer en m’accusant à tort de faire ce que Joe Biden admet avoir vraiment fait.

Le président Zelensky a déclaré à plusieurs reprises que je n’avais rien fait de mal, et qu’il n’y avait eu Aucune Pression. En plus, il a souligné que ça avait été une “bonne conversation”, “je ne ressens pas de pression” [a-t-il dit], et il a explicitement insisté sur le fait que “personne ne [l’a] bousculé”. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a clairement déclaré : “Je n’ai jamais vu de lien direct entre les enquêtes et l’aide dans le domaine de la sécurité.” Lui aussi a dit qu’il n’y avait “Aucune Pression”. Le sénateur [républicain] Ron Johnson, du Wisconsin, qui soutient l’Ukraine et a rencontré le président Zelensky en privé, a dit : “À aucun moment pendant cette rencontre […], Zelensky ni aucun autre Ukrainien n’ont mentionné avoir l’impression d’être pressurés afin de faire quelque chose en échange de l’aide militaire.” Il y a eu beaucoup de rencontres entre des représentants de l’Ukraine et notre pays. Pas une fois l’Ukraine ne s’est plainte d’être victime de pressions — pas une fois ! L’ambassadeur Sondland a témoigné que je lui avais dit : “Pas de prêté pour un rendu. Je ne veux rien. Je ne veux rien. Je veux que le président Zelensky fasse ce qu’il faut, ce pour quoi il avait fait campagne.”

La deuxième affirmation, la prétendue “Obstruction au Congrès”, est grotesque et dangereuse. Les démocrates de la Chambre cherchent à destituer le président légitimement élu des États-Unis pour avoir revendiqué des privilèges inscrits dans la Constitution revendiqués sur une base bi-partisane par les gouvernements des deux partis politiques tout au long de l’histoire de notre Nation. Selon ce critère, tous les présidents américains auraient été destitués plusieurs fois. Comme avait prévenu le professeur de droit Jonathan Turley, qui est de gauche, en s’adressant aux démocrates du Congrès : “Je ne saurais trop insister […] si vous destituez un président, si vous commettez le crime grave d’aller devant les tribunaux, c’est un abus de pouvoir. C’est votre abus de pouvoir. Vous faites justement ce que vous reprochez au président de faire.”

Tout le monde, vous comprise, sait ce qui est en train de se passer en réalité. Votre candidat [la démocrate Hillary Clinton] a perdu l’élection en 2016, de façon écrasante au Collège électoral (306-227), et vous et votre parti ne vous êtes jamais remis de cette défaite. Vous avez contracté une forme aiguë de ce que beaucoup dans les médias appellent le Syndrome de démence de Trump et malheureusement, vous ne vous en sortirez jamais ! Vous ne voulez pas, vous ne pouvez pas accepter le verdict des urnes lors de la grande Élection de 2016. Donc, vous avez passé trois années d’affilée à tenter de revenir sur la décision du peuple américain et d’annuler son vote. Vous considérez la démocratie comme votre ennemie !

Présidente Pelosi, la semaine dernière encore, lors d’un forum public, vous avez admis que la campagne de destitution de votre parti durait depuis deux ans et demi, longtemps avant d’avoir entendu parler d’un coup de téléphone avec l’Ukraine. Il y avait dix-neuf minutes que j’avais prêté serment quand le Washington Post a publié un article intitulé La campagne de destitution du président Trump a commencé. Moins de trois mois après mon investiture, la députée [démocrate] Maxine Waters a lancé : “Je me battrai tous les jours jusqu’à ce qu’il soit destitué.”

Les démocrates de la Chambre ont présenté la première résolution de destitution contre moi quelques mois après mon investiture, pour ce qui sera considéré comme l’une des meilleures décisions de notre pays, le renvoi de [l’ex directeur du FBI] James Comey (voir les rapports de l’Inspecteur général) — qui, le monde le sait aujourd’hui, est un des flics les plus corrompus que notre Nation ait jamais connu. Une députée [démocrate] du Congrès, Rashida Tlaib, a hurlé et déliré quelques heures après avoir pris ses fonctions : “On va y aller, et on va destituer ce fils de p…” En mai, le député [démocrate] Al Green a dit : “Je redoute que si nous ne destituons pas ce président, il va être réélu.” Encore une fois, vous et vos alliés avez fait et dit toutes ces choses longtemps avant d’avoir jamais entendu parler du président Zelensky ou de quoi que ce soit en lien avec l’Ukraine. Comme vous le savez très bien, la campagne de destitution n’a rien à voir avec l’Ukraine, ou avec la conversation tout à fait appropriée que j’ai eue avec son nouveau président. Elle n’a à voir qu’avec votre tentative d’annuler l’élection de 2016 et de voler l’élection de 2020 !

Le député [démocrate à la tête de la commission du renseignement de la Chambre des représentants] Adam Schiff n’a cessé de mentir et tricher jusqu’à aujourd’hui, allant même jusqu’à inventer de manière frauduleuse, à partir de rien, ma conversation avec le président Zelensky de l’Ukraine, et de lire cette fantaisie au Congrès comme si c’était moi qui l’avais dit. Ses mensonges et ses tromperies honteuses, qui remontent jusqu’au canular sur [l’ingérence de la] Russie, sont une des principales raisons pour lesquelles nous en sommes là aujourd’hui.

Vous et votre parti cherchez désespérément à détourner l’attention de l’extraordinaire économie, du boom incroyable de l’emploi, des records sur les marchés, de la confiance en hausse et de la prospérité des citoyens en Amérique. Votre parti ne peut tout simplement pas concurrencer notre réussite : 7 millions de nouveaux emplois ; le taux de chômage le plus bas jamais enregistré pour les Africains-Américains, les Hispaniques-Américains, et les Asiatiques-Américains ; une armée reconstruite ; une réforme complète du ministère des Anciens combattants avec Choix et Responsabilité pour nos formidables vétérans ; plus de 170 nouveaux juges fédéraux et deux juges à la Cour suprême ; des réductions historiques d’impôts et de réglementation ; la suppression du mandat individuel [principale disposition de la réforme de l’assurance-maladie d’Obama] ; la première baisse des prix des médicaments sur ordonnance en cinquante ans ; la première nouvelle arme de l’armée de États-Unis depuis 1947 : la Force spatiale ; une vigoureuse protection du Deuxième Amendement [de la Constitution qui garantit le droit au port d’armes] ; la réforme de la justice pénale ; la défaite du califat de l’Etat Islamique et l’élimination du chef terroriste numéro un au monde, Al-Baghdadi ; le remplacement de l’ALENA, cet accord commercial désastreux, par le merveilleux USMCA (Mexique et Canada) ; un accord commercial de Phase Un avec la Chine, ce qui est une percée ; de nouveaux gigantesques accords commerciaux avec le Japon et la Corée du Sud ; le retrait du terrible accord sur le nucléaire avec l’Iran ; l’annulation de l’Accord de Paris sur le climat, injuste et coûteux ; le fait d’être devenu le premier producteur mondial d’énergie ; la reconnaissance de la capitale d’Israël, l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, et la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan ; une réduction colossale des passages illégaux à la frontière, la fin du système de remise en liberté des clandestins arrêtés, et la construction du Mur de la Frontière sud — et ce n’est que le début, il y a tellement d’autres choses. Vous ne pouvez pas défendre votre politique extrémiste — l’ouverture des frontières, les migrations massives, la criminalité élevée, les impôts écrasants, le système de santé socialisé, la destruction de l’énergie américaine, l’avortement tardif aux frais du contribuable, l’élimination du Deuxième Amendement, les théories radicales d’extrême gauche sur la loi et la justice, et l’obstruction partisane constante tant au sens commun qu’au bien de tous.

Je n’aimerais rien tant que cesser d’appeler votre parti “les Démocrates qui ne font rien”. Malheureusement, je ne crois pas que vous m’en donnerez jamais l’occasion.

Au bout de trois ans d’enquêtes injustes et injustifiées, 45 millions de dollars dépensés, 18 procureurs démocrates furieux, toute la force du FBI, dirigé par une hiérarchie dont il est aujourd’hui prouvé qu’elle est totalement incompétente et corrompue, vous n’avez RIEN trouvé ! Peu de gens qui occupent de hautes fonctions auraient enduré ou passé ce test. Vous ne savez pas, et vous vous en moquez, quels terribles dommages et quelles souffrances vous avez infligés aux membres merveilleux et aimants de ma famille. Vous avez mené une enquête bidon sur le président démocratiquement élu des États-Unis, et vous êtes en train de recommencer.

Il n’y a pas beaucoup de gens qui auraient accepté le châtiment infligé pendant ce laps de temps, et qui auraient pourtant autant fait pour le succès de l’Amérique et de ses citoyens. Mais au lieu de faire passer notre pays en premier, vous avez décidé de déshonorer un peu plus notre pays. Vous avez complètement échoué avec le rapport [du procureur spécial chargé de l’enquête sur l’ingérence russe Robert] Mueller parce qu’il n’y avait rien à trouver, donc vous avez décidé de prendre le premier canular qui se présentait, la conversation téléphonique avec l’Ukraine — alors même que c’était un appel parfait. Et d’ailleurs, quand je parle à des pays étrangers, il y a beaucoup de gens, autorisés, qui écoutent l’appel des deux côtés de la conversation.

C’est vous qui manipulez les élections des États-Unis. C’est vous qui corrompez la Démocratie américaine. C’est vous qui êtes coupable d’Entrave à la justice. C’est vous qui portez préjudice à notre République dans le but de servir vos égoïstes intérêts individuels, politiques et militants.

Avant le Canular de la Destitution, il y a eu la Chasse aux sorcières russe. En dépit du bon sens, au mépris de la vérité, vous et vos collaborateurs avez affirmé que mon équipe de campagne avait comploté avec les Russes – un mensonge calomnieux, malicieux et gravissime, une invention sans pareil. Vous avez contraint notre Nation à subir tracas et tourments à cause d’une histoire montée de toutes pièces, achetée illégalement par Hillary Clinton et le Comité national démocrate à un espion étranger dans le but de porter atteinte à notre démocratie. Et pourtant, quand ce mensonge monstrueux a été mis au jour et que le complot des démocrates a été anéanti, vous n’avez pas présenté d’excuses. Vous ne vous êtes pas rétractée. Vous n’avez pas demandé pardon. Vous n’avez fait preuve d’aucun remords, d’aucune forme d’introspection. Non, vous avez entamé une nouvelle croisade malveillante et diffamatoire – vous avez imaginé une façon de coincer et de calomnier un innocent. Vous avez agi uniquement par calcul politique personnel. Votre présidence de la Chambre des représentants et votre parti sont pris en otage par les éléments les plus dérangés et radicaux de l’extrême gauche. Chacun de vos membres vit dans la crainte qu’un adversaire socialiste ne les défient aux primaires – voilà ce qui motive en vérité la procédure de destitution. Regardez celle qui veut prendre la place du député Jerry Nadler. Regardez-vous, regardez votre entourage. N’entraînez pas votre pays dans la chute de votre parti.

Si vous vous souciiez réellement de la liberté au sein de notre Nation, alors vous chercheriez, avec vos considérables moyens d’enquête, à faire toute la lumière sur les abus de pouvoir scandaleux du FBI avant, pendant et après l’élection de 2016 – notamment l’espionnage de mon équipe de campagne, la remise de fausses preuves au Tribunal de surveillance du renseignement étranger, et la dissimulation de preuves à décharge en vue de piéger l’innocent. Le FBI compte dans ses rangs des employés très honorables, mais ses dirigeants sont incompétents et corrompus. Je pensais que vous seriez personnellement scandalisée par ces révélations, car lors de votre conférence de presse, le jour où vous avez ouvert l’enquête pour impeachment, vous avez lié directement cette initiative au Canular Russe qui avait été complètement discrédité. Vous avez par deux fois déclaré que “toutes les routes mènent à Poutine” en sachant pertinemment que c’était un mensonge abject. Je me suis montré bien plus intraitable avec la Russie que ne l’a jamais envisagé le président Obama.

Tout parlementaire qui votera en faveur de l’impeachment – au mépris de la vérité, des faits, des preuves et de la règle de droit – révélera son profond dédain pour les électeurs et sa véritable aversion pour l’ordre constitutionnel des États-Unis. Nos fondateurs craignaient le tribalisme provoqué par la politique de parti et vous donnez vie à leurs pires craintes.

Pire encore, j’ai été privé d’une Procédure Respectueuse de la Constitution dès le début de cette farce et jusqu’à aujourd’hui. J’ai été privé des droits les plus élémentaires prévus par la Constitution, notamment le droit de présenter des éléments de preuve, d’être représenté par un avocat, de faire face à mes accusateurs, et de convoquer et de contre-interroger des témoins – en particulier le supposé lanceur d’alerte qui a déclenché ce canular par sa fausse déclaration sur une conversation téléphonique sans aucun lien avec la conversation qui a réellement eu lieu. Dès que j’ai présenté la transcription de l’appel, ce qui a surpris et choqué les escrocs (ils n’avaient pas imaginé que ce type de document serait révélé), le soi-disant lanceur d’alerte, et aussi le deuxième lanceur d’alerte, ont disparu car ils s’étaient fait prendre, leur signalement était frauduleux et il n’a plus été possible d’être en contact avec eux.

En d’autres termes, dès que la conversation téléphonique a été rendue publique, votre petit complot a volé en éclats, mais ça ne vous a pas empêché de continuer.

Le procès des sorcières de Salem ne comptait pas tant d’irrégularités.

Vous et les membres de vos commissions affirmez depuis longtemps que la procédure de destitution doit avoir le soutien des deux partis – en l’occurrence ce n’est pas le cas. Vous avez déclaré que la procédure était source de divisions – c’est le moins qu’on puisse dire, et ces divisions sont bien plus profondes que vous n’osiez l’imaginer – et ça ne fera qu’empirer !

Tout cela n’est autre qu’une tentative de coup d’État illégale et militante, qui, si l’on en croit l’opinion publique ces derniers temps, se soldera par un échec cuisant dans les urnes. Vous n’en voulez pas qu’à moi, le président, vous en voulez au Parti républicain tout entier. Mais en raison de cette injustice colossale, l’unité de notre parti n’a jamais été si forte. Le jugement de l’Histoire sera impitoyable face à cette comédie que vous jouez. On ne retiendra de vous que la transformation de la Chambre des représentants, vénérable organe législatif, en tribunal arbitraire présidant à des persécutions partiales.

Vous feignez la solennité et c’est sans doute ce qui m’est le plus insultant. Vous avez, semble-t-il, si peu de respect pour les citoyens des États-Unis que vous les croyez dupes de votre démarche soi-disant grave, réservée et réticente. Toute personne dotée d’intelligence n’en croit pas un mot. Dès l’instant où j’ai été élu, le Parti démocrate a été en proie à la Fièvre de la Destitution. Vous n’affichez aucune réticence. Cette affaire n’a rien de grave. Vous tournez en dérision la procédure d’impeachment et vous masquez à peine la haine que vous inspire ma personne, le Parti républicain et des dizaines de millions d’Américains patriotes. Les électeurs font preuve de sagesse et ils voient clair dans votre jeu creux, stérile et dangereux.

Nul doute que les citoyens américains vous mettront, ainsi que le Parti démocrate, face à vos responsabilités lors de l’élection de 2020. Ils ne sont pas près d’oublier la subversion de la justice et les abus de pouvoir dont vous vous rendez coupables.

Il y a tant d’autres choses à faire pour améliorer la vie de nos concitoyens. Vous et les démocrates militants qui siègent au Congrès devez sans délai mettre un terme à ce fantasme de destitution ; vous devez vous remettre au service des citoyens américains. Je ne m’attends pas à ce que vous vous exécutiez, mais je vous adresse la présente lettre pour l’histoire et afin de consigner mes pensées de manière immuable et indélébile.

Dans un siècle, quand les gens repenseront à cette affaire, je souhaite qu’ils la comprennent et qu’ils en tirent des leçons, afin qu’aucun autre président ne puisse vivre la même chose.

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués,

Donald Trump

Président des États-Unis d’Amérique

Voir de même:

Jacksonville artist’s Trump Messiah painting misunderstood by the masses

Art is a subjective term used to describe the viewer’s thoughts and feelings towards a specific piece of work.

However, an artist in Jacksonville only received negative responses to a painting he made but when he examined closer, it was exactly what he expected all along.

The artist goes by his initials B.S. and chose to do so after witnessing the backlash and alleged death threats given to local art broker Tristan Orvis when the two placed the painting up for sale on Facebook marketplace.

B.S. created controversy and hysteria from his painting titled “An Emotional Mirror” which shows President , as Jesus Christ, being crucified on the cross. He said he was inspired by the events surrounding President ’s impeachment trial in January.

At first glance, you can see Congresswoman Nancy Pelosi as a Roman Soldier piercing Trump’s right side with a spear, wife Melania praying at his feet like the Virgin Mary, along with members of the media and several foreign presidents and dictator such as and Kim Jung-Un looking on.

The controversy is obvious as both liberals and conservatives showed their disgust at what they described as an abomination. The artist explained the meaning behind the painting is far more telling of how the viewer is supposed to see it.

B.S. described the painting as his intent to highlight and call into question within the viewer such notions as belief in religion and politics, along with how narrow the bridge is between the two. He also wished to spark the viewers’ thoughts on nationalism and the media influence on the country.

Its purpose? To start conversations between both parties while using the “emotional mirror” to look inside one’s self in order to take personal responsibility for how the country looks when discussing politics. What was made to be thought-provoking turned to bashing, according to Orvis.

“There are a lot of clear emotions that come with this and it caused a big knee jerk reaction. A lot of Americans, when they see his (Trump’s) face will come up with an opinion of liking or disliking him before reading an article or hearing the news,” Orvis said. “Both the liberal and conservative response to the artist was how sacrilegious the painting came off as.”

One man, claiming to be a catholic Christian crusader said the $5,000 price tag would be worth paying if he (Orvis) killed himself along with destroying the painting. Another individual joked that all conservative followers see Trump as a messiah and is the second coming of Jesus.

What was seemingly missed by the several thousand people who commented, shared or liked Orvis’s Facebook post, was almost no one responded by questioning themselves or their own party. Instead, they came together to chastise the artist and broker responsible for its content.

Things began to reach a boiling point when residents around Onslow began giving out Orvis’s address and kid’s names in an attempt to cause harm. Although he said none of the threats sounded like they held any weight, he will remain cautious until more time has passed.

The surprising part is that the two men claim they should have seen it coming, but it proved the point of the painting and that in the current state we live in, seeing is believing and no one is taking the time to actually look and see before believing their own preconceived notions about the political and religious climate.

“When you hear a democrat calling for the investigation of Trump and a republican calling for the investigation of Pelosi or (jJ Biden and neither asks what might be wrong with their own affiliation, just shows how devout that person has become,” explained B.S. “It is as though they are arguing dogmatic religious doctrine rather than having an honest debate.”

Unbelievably enough, the painting sold for $4,200 to a collector in Florida after only being on the market for a day and a half.

What Orvis said he learned from this experience is that it reminded him of a time where individuals were labeling themselves as Americans first and not by their race or political affiliations. He also hopes moving forward, people can come together for the betterment of the voters.

“One side wishes to see violent animosity released on ad the other half shows him to be this infallible savior. That won’t get us anywhere but getting people to think outside the box at what they are looking at could potentially begin to turn around how we see and react to the idea of politics in our county,” Orvis said.

Voir enfin:
The White house

Washington

December 17, 2019

The Honorable Nancy Pelosi
Honorable Nancy Pelosi

Speaker of the House of Representatives

Dear Madam Speaker:

I write to express my strongest and most powerful protest against the partisan impeachment crusade being pursued by the Democrats in the House of Representatives. This impeachment represents an unprecedented and unconstitutional abuse of power by Democrat Lawmakers, unequaled in nearly two and a half centuries of American legislative history.

The Articles of Impeachment introduced by the House Judiciary Committee are not recognizable under any standard of Constitutional theory, interpretation, or jurisprudence. They include no crimes, no misdemeanors, and no offenses whatsoever. You have cheapened the importance of the very ugly word, impeachment!

By proceeding with your invalid impeachment, you are violating your oaths of office, you are breaking your allegiance to the Constitution, and you are declaring open war on American Democracy. You dare to invoke the Founding Fathers in pursuit of this election-nullification scheme — yet your spiteful actions display unfettered contempt for America’s founding and your egregious conduct threatens to destroy that which our Founders pledged their very lives to build. Even worse than offending the Founding Fathers, you are offending Americans of faith by continually saying « I pray for the President, » when you know this statement is not true, unless it is meant in a negative sense. It is a terrible thing you are doing, but you will have to live with it, not I!
Founding Fathers

Your first claim, « Abuse of Power, » is a completely disingenuous, meritless, and baseless invention of your imagination. You know that I had a totally innocent conversation with the President of Ukraine. I then had a second conversation that has been misquoted, mischaracterized, and fraudulently misrepresented. Fortunately, there was a transcript of the conversation taken, and you know from the transcript (which was immediately made available) that the paragraph in question was perfect. I said to President Zelensky: « I would like you to do us a favor, though, because our country has been through a lot and Ukraine knows a lot about it. » I said do us a favor, not me, and our country, not a campaign. I then mentioned the Attorney General of the United States. Every time I talk with a foreign leader, I put America’s interests first, just as I did with President Zelensky.

You are turning a policy disagreement between two branches of government into an impeachable offense — it is no more legitimate than the Executive Branch charging members of Congress with crimes for the lawful exercise of legislative power.
Executive Branch

You know full well that Vice President Biden used his office and $1 billion dollars of U.S. aid money to coerce Ukraine into firing the prosecutor who was digging into the company paying his son millions of dollars. You know this because Biden bragged about it on video. Biden openly stated: « I said, ‘I’m telling you, you’re not getting the billion dollars’… I looked at them and said: ‘I’m leaving in six hours. If the prosecutor is not fired, you’re not getting the money.’ Well, son of a bitch. He got fired. » Even Joe Biden admitted just days ago in an interview with NPR that it « looked bad. » Now you are trying to impeach me by falsely accusing me of doing what Joe Biden has admitted he actually did.

President Zelensky has repeatedly declared that I did nothing wrong, and that there was No Pressure. He further emphasized that it was a « good phone call, » that « I don’t feel pressure, » and explicitly stressed that « nobody pushed me. » The Ukrainian Foreign Minister stated very clearly: « I have never seen a direct link between investigations and security assistance. » He also said there was « No Pressure. » Senator Ron Johnson of Wisconsin, a supporter of Ukraine who met privately with President Zelensky, has said: « At no time during this meeting … was there any mention by Zelensky or any Ukrainian that they were feeling pressure to do anything in return for the military aid. » Many meetings have been held between representatives of Ukraine and our country. Never once did Ukraine complain about pressure being applied — not once! Ambassador Sondland testified that I told him: « No quid pro quo. I want nothing. I want nothing. I want President Zelensky to do the right thing, do what he ran on. »

The second claim, so-called « Obstruction of Congress, » is preposterous and dangerous. House Democrats are trying to impeach the duly elected President of the United States for asserting Constitutionally based privileges that have been asserted on a bipartisan basis by administrations of both political parties throughout our Nation’s history. Under that standard, every American president would have been impeached many times over. As liberal law professor Jonathan Turley warned when addressing Congressional Democrats: « I can’t emphasize this enough … if you impeach a president, if you make a high crime and misdemeanor out of going to the courts, it is an abuse of power. It’s your abuse of power. You’re doing precisely what you’re criticizing the President for doing. »

Everyone, you included, knows what is really happening. Your chosen candidate lost the election in 2016, in an Electoral College landslide (306-227), and you and your party have never recovered from this defeat. You have developed a full-fledged case of what many in the media call Trump Derangement Syndrome and sadly, you will never get over it! You are unwilling and unable to accept the verdict issued at the ballot box during the great Election of 2016. So you have spent three straight years attempting to overturn the will of the American people and nullify their votes. You view democracy as your enemy!
straight years

Speaker Pelosi, you admitted just last week at a public forum that your party’s impeachment effort has been going on for « two and a half years, » long before you ever heard about a phone call with Ukraine. Nineteen minutes after I took the oath of office, the Washington Post published a story headlined, « The Campaign to Impeach President Trump Has Begun. » Less than three months after my inauguration, Representative Maxine Waters stated, « I’m going to fight every day until he’s impeached. » House Democrats introduced the first impeachment resolution against me within months of my inauguration, for what will be regarded as one of our country’s best decisions, the firing of James Comey (see Inspector General Reports) — who the world now knows is one of the dirtiest cops our Nation has ever seen. A ranting and raving Congresswoman, Rashida Tlaib, declared just hours after she was sworn into office, « We’re gonna go in there and we’re gonna impeach the motherf****r. » Representative Al Green said in May, « I’m concerned that if we don’t impeach this president, he will get re-elected. » Again, you and your allies said, and did, all of these things long before you ever heard of President Zelensky or anything related to Ukraine. As you know very well, this impeachment drive has nothing to do with Ukraine, or the totally appropriate conversation I had with its new president. It only has to do with your attempt to undo the election of 2016 and steal the election of 2020!

Congressman Adam Schiff cheated and lied all the way up to the present day, even going so far as to fraudulently make up, out of thin air, my conversation with President Zelensky of Ukraine and read this fantasy language to Congress as though it were said by me. His shameless lies and deceptions, dating all the way back to the Russia Hoax, is one of the main reasons we are here today.
Congressman Adam Schiff

You and your party are desperate to distract from America’s extraordinary economy, incredible jobs boom, record stock market, soaring confidence, and flourishing citizens. Your party simply cannot compete with our record: 7 million new jobs; the lowest-ever unemployment for African Americans, Hispanic Americans, and Asian Americans; a rebuilt military; a completely reformed VA with Choice and Accountability for our great veterans; more than 170 new federal judges and two Supreme Court Justices; historic tax and regulation cuts; the elimination of the individual mandate; the first decline in prescription drug prices in half a century; the first new branch of the United States Military since 1947, the Space Force; strong protection of the Second Amendment; criminal justice reform; a defeated ISIS caliphate and the killing of the world’s number one terrorist leader, al-Baghdadi; the replacement of the disastrous NAFTA trade deal with the wonderful USMCA (Mexico and Canada); a breakthrough Phase One trade deal with China; massive new trade deals with Japan and South Korea; withdrawal from the terrible Iran Nuclear Deal; cancellation of the unfair and costly Paris Climate Accord; becoming the world’s top energy producer; recognition of Israel’s capital, opening the American Embassy in Jerusalem, and recognizing Israeli sovereignty over the Golan Heights; a colossal reduction in illegal border crossings, the ending of Catch-and-Release, and the building of the Southern Border Wall — and that is just the beginning, there is so much more. You cannot defend your extreme policies — open borders, mass migration, high crime, crippling taxes, socialized healthcare, destruction of American energy, late-term taxpayer-funded abortion, elimination of the Second Amendment, radical far-left theories of law and justice, and constant partisan obstruction of both common sense and common good.

There is nothing I would rather do than stop referring to your party as the Do-Nothing Democrats. Unfortunately, I don’t know that you will ever give me a chance to do so. After three years of unfair and unwarranted investigations, 45 million dollars spent, 18 angry Democrat prosecutors, the entire force of the FBI, headed by leadership now proven to be totally incompetent and corrupt, you have found NOTHING! Few people in high position could have endured or passed this test. You do not know, nor do you care, the great damage and hurt you have inflicted upon wonderful and loving members of my family. You conducted a fake investigation upon the democratically elected President of the United States, and you are doing it yet again.

There are not many people who could have taken the punishment inflicted during this period of time, and yet done so much for the success of America and its citizens. But instead of putting our country first, you have decided to disgrace our country still further. You completely failed with the Mueller report because there was nothing to find, so you decided to take the next hoax that came along, the phone call with Ukraine — even though it was a perfect call. And by the way, when I speak to foreign countries, there are many people, with permission, listening to the call on both sides of the conversation.

You are the ones interfering in America’s elections. You are the ones subverting America’s Democracy. You are the ones Obstructing Justice. You are the ones bringing pain and suffering to our Republic for your own selfish personal, political, and partisan gain.

Before the Impeachment Hoax, it was the Russian Witch Hunt. Against all evidence, and regardless of the truth, you and your deputies claimed that my campaign colluded with the Russians — a grave, malicious, and slanderous lie, a falsehood like no other. You forced our Nation through turmoil and torment over a wholly fabricated story, illegally purchased from a foreign spy by Hillary Clinton and the DNC in order to assault our democracy. Yet, when the monstrous lie was debunked and this Democrat conspiracy dissolved into dust, you did not apologize. You did not recant. You did not ask to be forgiven. You showed no remorse, no capacity for self-reflection. Instead, you pursued your next libelous and vicious crusade — you engineered an attempt to frame and defame an innocent person. All of this was motivated by personal political calculation. Your Speakership and your party are held hostage by your most deranged and radical representatives of the far left. Each one of your members lives in fear of a socialist primary challenger — this is what is driving impeachment. Look at Congressman Nadler’s challenger. Look at yourself and others. Do not take our country down with your party.

If you truly cared about freedom and liberty for our Nation, then you would be devoting your vast investigative resources to exposing the full truth concerning the FBI’s horrifying abuses of power before, during, and after the 2016 election — including the use of spies against my campaign, the submission of false evidence to a FISA court, and the concealment of exculpatory evidence in order to frame the innocent. The FBI has great and honorable people, but the leadership was inept and corrupt. I would think that you would personally be appalled by these revelations, because in your press conference the day you announced impeachment, you tied the impeachment effort directly to the completely discredited Russia Hoax, declaring twice that « all roads lead to Putin, » when you know that is an abject lie. I have been far tougher on Russia than President Obama ever even thought to be.

Any member of Congress who votes in support of impeachment — against every shred of truth, fact, evidence, and legal principle — is showing how deeply they revile the voters and how truly they detest America’s Constitutional order. Our Founders feared the tribalization of partisan politics, and you are bringing their worst fears to life.

Worse still, I have been deprived of basic Constitutional Due Process from the beginning of this impeachment scam right up until the present. I have been denied the most fundamental rights afforded by the Constitution, including the right to present evidence, to have my own counsel present, to confront accusers, and to call and cross-examine witnesses, like the so-called whistleblower who started this entire hoax with a false report of the phone call that bears no relationship to the actual phone call that was made. Once I presented the transcribed call, which surprised and shocked the fraudsters (they never thought that such evidence would be presented), the so-called whistleblower, and the second whistleblower, disappeared because they got caught, their report was a fraud, and they were no longer going to be made available to us. In other words, once the phone call was made public, your whole plot blew up, but that didn’t stop you from continuing.

More due process was afforded to those accused in the Salem Witch Trials.

You and others on your committees have long said impeachment must be bipartisan — it is not. You said it was very divisive — it certainly is, even far more than you ever thought possible — and it will only get worse!

This is nothing more than an illegal, partisan attempted coup that will, based on recent sentiment, badly fail at the voting booth. You are not just after me, as President, you are after the entire Republican Party. But because of this colossal injustice, our party is more united than it has ever been before. History will judge you harshly as you proceed with this impeachment charade. Your legacy will be that of turning the House of Representatives from a revered legislative body into a Star Chamber of partisan persecution.

Perhaps most insulting of all is your false display of solemnity. You apparently have so little respect for the American People that you expect them to believe that you are approaching this impeachment somberly, reservedly, and reluctantly. No intelligent person believes what you are saying. Since the moment I won the election, the Democrat Party has been possessed by Impeachment Fever. There is no reticence. This is not a somber affair. You’re making a mockery of impeachment and you are scarcely concealing your hatred of me, of the Republican Party, and tens of millions of patriotic Americans. The voters are wise, and they are seeing straight through this empty, hollow, and dangerous game you are playing.

I have no doubt the American people will hold you and the Democrats fully responsible in the upcoming 2020 election. They will not soon forgive your perversion of justice and abuse of power.
American people

There is far too much that needs to be done to improve the lives of our citizens. It is time for you and the highly partisan Democrats in Congress to immediately cease this impeachment fantasy and get back to work for the American People. While I have no expectation that you will do so, I write this letter to you for the purpose of history and to put my thoughts on a permanent and indelible record.

One hundred years from now, when people look back at this affair, I want them to understand it, and learn from it, so that it can never happen to another President again.

Sincerely yours,

Donald J. Trump

Voir enfin:

The Washington Post
May 15, 2018

AMERICAN FORK, UTAH — Jon McNaughton did not intend to become the country’s most famous pro-Trump, mass-market painter of the 21st century. But then, to achieve such an identity does require a modicum of cultivation; it does not happen overnight.

In 2008, the Utah artist was selling landscapes out of a gallery in a shopping mall. Then the presidential election happened and McNaughton, who didn’t like John McCain or Barack Obama, was struck with inspiration. The result, “One Nation Under God,” was a massive canvas featuring Jesus Christ holding a copy of the Constitution, surrounded by Davy Crockett, Ronald Reagan and 61 other historical figures dismayed by the direction of the country (Satan, also in the painting, was pleased). It wasn’t particularly subtle, but something about the work spoke to people and a new creative doorway was opened.

You might have seen, for example, “The Forgotten Man,” in which Obama ignores a weeping citizen on a park bench while the Founding Fathers implore him to pay attention. Or, “The Demise of America,” in which he fiddles while the U.S. Capitol burns. Or, “One Nation Under Socialism,” in which he has lit the Constitution on fire.

After the 2016 election, McNaughton’s paintings gained a hero in Donald Trump instead of just a villain in Obama: a sequel to “The Forgotten Man,” “You Are Not Forgotten,” features the same weeping citizen, now planting a tree as Trump looks on benevolently.

Yes. McNaughton is that guy.

It’s pure id art. Which means, in the sense that art can reveal truths about the undercarriage of the psyche, McNaughton is one of the most significant painters of the current era. The New Yorker’s art critic analyzed the influence of McNaughton’s work and dubbed 2016 “The year of ‘The Forgotten Man.’ ”

“I’m just honestly a little perplexed,” says McNaughton, 50, a soft-spoken Mormon father. “I have no idea where [buyers] are hanging them; I just know I sell a ton. Sometimes I’m shocked at how many I sell. That one I told you about, Obama burning the Constitution? When I painted it, I worried, this thing is just hideous — why would anybody hang that in their living room?”

It’s not, he says, the kind of “warm, happy” work people typically want in their homes.

But they sell. McNaughton is a repeat guest on “Fox and Friends.” Sean Hannity owns several originals, including “The Forgotten Man.” McNaughton won’t say how much Hannity paid (it’s been reported as $300,000, which the artist says is too high), but the majority of his income comes not from originals but reproductions: $30 for an 11-by-14 lithograph, $700 for something large, framed and signed.

Rob Dickerson, the account manager at the printing outlet that fills McNaughton’s orders, says when customers submit orders, they often include personal notes: Your work has meant so much to me. You are my favorite artist. Sometimes orders come in with a shipping address of Trump Tower. These aren’t Trump employees, Dickerson thinks: just regular citizens spending $250-$300 on a painting they’ll never hold, sent to a man who has more money than they ever will, because the art is doing . . . something . . . for their souls.

The other day, we flew to Utah to watch McNaughton put the finishing touches on his latest work, which he planned to release by the end of the week. Over the phone, he’d said only that the painting would be « Mueller-themed. »

American Fork, a Salt Lake City suburb, is an interesting town, a backdrop of ridiculous beauty and a foreground of bland chain restaurants. The address he’d provided led to Altus Fine Arts, an art consortium specializing in Mormon paintings, where McNaughton rents warehouse space. In the backroom of the nondescript white building, the painter had already set up his easel.

The new painting was “Mueller-themed” in the same way a banana is “fruit-themed”: there might have been a layer to peel back, but for the most part, the thing was just the thing. In the work, which McNaughton had tentatively titled “Exposing the Truth,” Trump grabbed special counsel Robert S. Mueller III by the necktie, roughly pulling him close while Mueller shrank back in fear. In Trump’s other hand was a magnifying glass, which he held inches from Mueller’s face.

“It’s about how it’s all kind of coming to a head,” McNaughton explained. “How Trump is turning the tables on Mueller. It does have a bit of a bully feel — Trump is saying, ‘I’m not going to be the victim here.’ ” McNaughton thinks that the president will end up firing Mueller, and the painting reflects that.

As McNaughton sat at his easel, painting the shadows on Trump’s sleeve, he explained that this wasn’t his regular studio. Normally, he works from his basement, which is also where he stages paintings (a lanky neighbor is the regular stand-in for Obama; McNaughton’s brother is the recurring “Forgotten Man”). But as his fame has grown, his wife’s tolerance for the circus has shrunk; no interviews in the house.

McNaughton talked about his faith: the Mormon mission he did in Japan in his youth. He talked about working as a financial planner for eight years until he’d saved enough money to pursue art full time. He talked about his art training at Brigham Young University, where a frustrated professor chastised him for not taking instruction better.

He talked about how he wakes up every morning and turns on the news, perpetually seeking out angles for future projects.

“I have a great idea for an immigration-themed painting,” he said. “I have a great idea for a foreign-policy-themed painting. I have an idea for a Second Amendment-themed painting, and an idea that involves a lot of past presidents, and a Christmas painting that’s going to be crazy.”

A good bellwether for if a painting would sell well was whether someone like Rachel Maddow, the liberal MSNBC host, was offended by it. Her blog once held a cheeky caption contest for one of his works. “My sales spiked after,” McNaughton said cheerfully.

While watching McNaughton paint, we told him that “Exposing the Truth” seemed tame compared with his earlier works. Nobody was burning or tearing the Constitution. Abraham Lincoln was not weeping in the background. Jesus Christ wasn’t presiding over the halls of Congress.

Several hours later we realized these standards were off. If a painting of the president of the United States physically threatening the special prosecutor didn’t seem downright wacky, then what did that say about what passes for normal in this country?

It’s perhaps not surprising to know that coastal critics don’t believe in McNaughton’s work. New York magazine’s Jerry Saltz has called it « visually dead as a doornail. » Stephen Colbert once did a whole segment lampooning the obvious metaphors in the painting: « Barack Obama represents President Obama, » Colbert deadpanned. « The burning Constitution represents a Constitution that is on fire. »

What isn’t entirely clear is whether McNaughton believed in it himself. The Trump world is populated by disciples — Michael Cohen, Diamond & Silk — whose ideology can seem both deeply felt as well as performative and opportunistic.

McNaughton’s art shapes perceptions of the president. It stokes anger in Trump’s supporters. But had McNaughton himself jumped on the Trump Train, or had he merely set up a lemonade stand at the station?

McNaughton didn’t support Trump at first; he liked Ted Cruz in the primaries. Ask what he thinks about Trump now, and he’s measured: “He gets away with stuff nobody else can get away with,” McNaughton says. “I laugh when I see it. I cringe and laugh at just about anything I see.” He says that his works do come from an emotional place but that he doesn’t view himself as a Trump supporter so much as a Trump observer.

“Take this painting,” he says at his makeshift studio, gesturing to “You Are Not Forgotten,” which hangs on an easel nearby. As a regal Trump gestures toward the Forgotten Man, who is planting a tree, a crowd of mostly veterans and law enforcement look on with approval. McNaughton asks, “Based on this painting, what do you think McNaughton thinks of Trump?”

The symbolism seems pretty bonk-you-on-the-head: tree as hope, Trump as savior, audience as grateful.

McNaughton says, No, that’s wrong. No, that’s not what he intended. “The point of the painting is that here are all the people who got him elected,” McNaughton says. “It’s, ‘Okay Mr. Trump, now you’re here, what are you going to do?’ ” The painting is not an endorsement of Trump, McNaughton says, so much as it’s a snapshot of the country in a moment in time. More than anything, he considers himself a “historical painter.”

“The way I look at it, these paintings will either be swept under the rug, or they’ll represent this era. The same with Trump, really.”

But if that’s true, it’s not really what comes across in his work. When people buy a painting, they don’t also buy McNaughton to come to their house and explain how “You Are Not Forgotten” is merely an observational statement about the demographics who elected Trump. The people who buy the painting are buying it because the message seems to be, “#MAGA #MAGA #MAGA,” in big neon lights.

This prompts a thoughtful interrogation into the meaning and purpose of art: How much ownership does a painter have over his messaging? How much should the artist’s intent inform the works’ perception?

Perhaps McNaughton is trying a little bit to have it both ways — to benefit from the fervor of Trump’s supporters, while leaving himself some plausible deniability about whether he’s a supporter himself. Perhaps it’s just about money?

To spend all day, every day, creating beatific images of Donald Trump would be exhausting, if you didn’t believe in Donald Trump at least a little. So McNaughton must believe in him at least a little.

But it’s complicated. As McNaughton talks, with some thoughtful sadness, about being the “whipping boy” of the art world he spent a lifetime hoping to join, he’s not the person you expect him to be.

Dickerson, the account manager, says that he doesn’t share the political views espoused in McNaughton’s paintings. Dickerson considers himself moderate-to-liberal, at least by Utah standards. “But,” he says, “I do have one of Jon’s paintings. I really like it. It’s in my office — should I go get it?”

He returns a few minutes later carrying a small square artwork, maybe 8 by 8 inches, that doesn’t look like anything else in the studio. It’s of John F. Kennedy. It’s a simple black-and-white sketch, and it’s accompanied by the JFK quote, “Let us not seek the Republican answer or the Democratic answer. Let us not seek to fix the blame for the past. Let us accept our own responsibility for the future.”

On McNaughton’s website, this painting does pop up, but it’s not featured prominently. The Kennedy drawing cost only $10, when it was for sale, but it’s no longer for sale. A note says that only 50 copies were made.

The next day, McNaughton brings a finished canvas of the Mueller painting back into the warehouse. He’d stayed up until 3 a.m. completing it, he says, and it’s changed quite a bit. Now, there are faces watching the Trump-Mueller altercation: James B. Comey, Rod Rosenstein, Jeff Sessions. McNaughton has also changed the name: Instead of « Exposing the Truth, » the painting is now titled « Expose the Truth » — a swap that makes the depiction seem less observational and more directive.

“A little more in-your-face,” McNaughton allows.

Whether he fully believes in what he’s doing or not, he’s chosen to lean into it, without hesi­ta­tion. He spends the afternoon composing the text that will accompany the painting on his website: “Robert Mueller leads a special council of at least 17 partisan Democrat attorneys who have yet to find a single piece of evidence against the President, yet they ignore the mounting verifiable evidence against Russian collusion with the DNC and the Clinton Foundation,” the text says. “There comes a time when you have to take a stand to Expose the Truth!”

McNaughton puts the painting up for sale on his website, and almost immediately people respond on Twitter: “GREAT PAINTING.” “WAKE UP, AMERICA!” “Time to take this country back from the arrogant minions of the LEFT.”

Scrolling through the online response to “Expose the Truth” — the McNaughton fans who can’t wait to order their own copies, and it’s hard not to think back to one of McNaughton’s earlier statements, about how his paintings didn’t provide the “warm, happy” vibe that people typically want out of their living-room artwork.

Maybe his work doesn’t make people feel good in the way we’ve traditionally defined “feeling good.” It doesn’t provide a sense of calmness, peace, and amity toward our fellow man. But his art does make people feel good under the new definitions of feeling good. It provides a self-fulfilling sense of self-righteousness. It assuages people, telling them that they are upset about the right things. It feels good because feeling angry and justified is the new feeling good.

McNaughton used to paint something new every few months. He says that’s changed, recently — now he’s painting something every few weeks, because it seems like that’s how often there is appetite for a new outrage.

Before leaving, we ask McNaughton for a tour of the warehouse, where all of his stock is kept, and he provides a copy of an out-of-date calendar: 12 of his greatest hits, consolidated in one item. It’s too large to fit in a carry-on, and at the airport gate, a few fellow passengers ask to flip through it.

“Oh, that guy,” one says wearily.

“Oh, that guy!” says another. “I think he’ll be famous for a long time. I think he gets America right.”

Voir par ailleurs:

In Calmer Debate, Biden and Trump Offer Sharply Different Visions for Nation
In a more restrained appearance, President Trump depicted Joseph R. Biden Jr. as an ineffectual Washington insider. Mr. Biden accused the president of heartlessness for separating migrant families and inflaming racial tensions.
Alexander Burns and Jonathan Martin
The New York Times
Oct. 22, 2020

President Trump and Joseph R. Biden Jr. delivered starkly divergent closing arguments to the country in the final presidential debate on Thursday, offering opposite prognoses for the coronavirus pandemic and airing irreconcilable differences on subjects from rescuing the economy and bolstering the health care system to fighting climate change and reshaping the immigration policy.

The debate was, on the whole, a more restrained affair than the first encounter between the two candidates last month, when Mr. Trump harangued Mr. Biden for most of an hour and a half and effectively short-circuited any policy debate. But if the tenor of Thursday’s forum was more sedate, the conflict in matters of substance and vision could not have been more dramatic.

From the opening minutes, the two candidates took opposing stances on the pandemic, with Mr. Trump promising, in defiance of evidence, that the disease was “going away” while Mr. Biden called for much more aggressive federal action for the “dark winter” ahead.

Mr. Trump, who badgered Mr. Biden with increasing aggression over the course of the debate, appeared determined to cast his opponent as a career politician who was, as he jabbed toward the end of the debate, “all talk and no action.” And the president used the event as his most prominent platform yet for airing unsubstantiated or baseless attacks about the finances of Mr. Biden and members of his family.

Mr. Trump, however, did little to lay out an affirmative case for his own re-election, or to explain in clear terms what he would hope to do with another four years in the White House. He frequently misrepresented the facts of his own record, and Mr. Biden’s. And on his most important political vulnerability — his mismanagement of the pandemic — Mr. Trump hewed unswervingly to a message that happy days are nearly here again, even as polls show that a majority of voters believe the worst of the coronavirus crisis is still ahead.

Trailing in a series of crucial swing states, and with 48 million Americans having already voted, the president was under more pressure. But while he proved he can engage in a more conventional political jousting, it was less clear whether his performance could prompt people who dislike him to reconsider their well-ingrained perceptions.

Mr. Biden, for his part, stuck to the core of the argument that has propelled his campaign from the start, denouncing Mr. Trump as a divisive and unethical leader who has botched the federal response to a devastating public-health crisis. Though Mr. Trump pushed him onto the defensive repeatedly, the former vice president also laid out a fuller version of his own policy agenda than he managed in the first debate, calling for large-scale economic stimulus spending, new aid to states battling the pandemic and a muscular expansion of health care and worker benefits nationwide.

Significantly, Mr. Biden made no serious error of the sort that could haunt him in the final days of a race in which he’s leading.

Of all the disagreements between the two candidates, none blazed more brightly than their assessments of the American experience battling the coronavirus.

Prompted by the moderator, Kristen Welker of NBC News, to explain his plan for the coming months, Mr. Trump stuck to the sunny message he has delivered at recent campaign rallies, promising a vaccine in short order and citing his own recovery from a bout with the virus as an example of medical progress. The president boasted that he was now “immune” to the disease, and insisted that states like Texas and Florida had seen the virus fade away, even as case counts are on the rise across the country.

“I’ve been congratulated by the heads of many countries on what we’ve been able to do,” Mr. Trump said, without offering any specifics.

Mr. Biden, in response, pressed a focused and familiar line of attack against the president, faulting him for doing “virtually nothing” to head off the pandemic early this year and heading into the coldest part of the year with no defined plan to control the virus. Holding up a face mask, Mr. Biden said he would encourage all Americans to don them and would ramp up rapid testing on a national scale.

“We’re about to go into a dark winter, a dark winter, and he has no clear plan,” Mr. Biden said. Mr. Trump shot back: “I don’t think we’re going to have a dark winter at all — we’re opening up our country.”

But when the president said “we’re learning to live with” the coronavirus, Mr. Biden pounced. “We’re learning to die with it,” he said.

“Anyone who’s responsible for that many deaths should not remain as president of the United States of America,” he said. “I will end this. I will make sure we have a plan.”

The president did, however, say for the first time, “I take full responsibility” for the impact of the virus. Then he quickly sought to skirt blame. “It’s not my fault that it came here — it’s China’s fault,” he said.

The debate on Thursday, at Belmont University in Nashville, represented perhaps the last opportunity for Mr. Trump to shake up the presidential campaign and claw his way into closer contention against Mr. Biden with just 11 days remaining.

Mr. Trump was more coherent than in the first debate, getting off a series of attack lines depicting Mr. Biden as a career politician and avoiding harsh personal critiques of his children.

With the candidates’ microphones turned off at times while the other was speaking, a new rule implemented to avoid a repeat of Mr. Trump’s constant interruptions in the first debate, their facial expressions often did the talking. When Mr. Biden said Rudolph W. Giuliani, Mr. Trump’s lawyer, was being “used as a Russian pawn,” the president gaped and jarred his head to the right. And when Mr. Trump insisted, not for the first time, that he would release his tax returns after an I.R.S. audit, Mr. Biden let out a wide, here-we-go-again grin.

It was in the second segment of the debate that the exchanges turned sharply personal, as the focus shifted to foreign interference in American elections. Mr. Biden spoke first, warning that countries like Russia and Iran would “pay a price” for tampering with the campaign. Alluding to unsubstantiated stories about him that have circulated in conservative media, Mr. Biden chided Mr. Trump for the actions of “his buddy Rudy Giuliani.”

Mr. Trump rapidly escalated matters, brandishing the unproven allegations about Mr. Biden’s son to accuse his rival of personally taking money from foreign interests. “They were paying you a lot of money and they probably still are,” Mr. Trump said, leveling a charge for which no evidence has surfaced. An investigation by Senate Republicans found no evidence that Mr. Biden, the former vice president, engaged in wrongdoing over his son’s business dealings.

Mr. Biden rejected the charge, saying he had “not taken a penny from any foreign source ever in my life.” Pushing back on the president, he cited a New York Times report that Mr. Trump maintained a Chinese bank account and challenged the president to let the American people see his tax returns. “Release your tax returns,” Mr. Biden said, “or stop talking about corruption.”

The extended back-and-forth was the most prominent airing so far of the negative message that Mr. Trump clearly sees as his best chance of undermining Mr. Biden in the final days of the presidential campaign. But the clash did not yield the kind of explosive confrontation that strategists on both sides had anticipated, and in some cases feared.

As Mr. Trump peppered Mr. Biden with exaggerated or baseless charges, Mr. Biden repeatedly countered, “Not true,” sometimes without elaboration, and the segment took on a kind of flat and circular shape.

After the protracted back-and-forth, Mr. Biden sought to pivot with a rehearsed line, saying: “It’s not about his family and my family. It’s about your family.”

Mr. Biden’s strongest moment may have been when he looked into the camera and knowingly addressed voters. “You know who he is,” he said, alluding to Mr. Trump. “You know his character. You know my character. You know our reputations for honor and telling the truth.”

At times, the debate resembled a more conventional political clash between a Democrat and a Republican, albeit with an incumbent president quick to distort his opponent’s positions.

“He wants socialized medicine,” Mr. Trump insisted of Mr. Biden, citing the stances of more liberal Democrats, including Mr. Biden’s running mate, Senator Kamala Harris, and Senator Bernie Sanders, both former primary foes of Mr. Biden.

“He thinks he’s running against somebody else,” Mr. Biden said, adding, “I beat all those other people because I disagreed with them.”

The candidates both expressed support for new federal spending on a large scale to help prop up the economy and aid distressed individuals and households, an initiative still gridlocked on Capitol Hill. Mr. Trump again blamed House Speaker Nancy Pelosi for the holdup, promising that if a deal were arranged, lawmakers from his own party would fall in line.

But he continued to draw a firm line against Democratic-backed plans to help distressed states and cities close immense budget gaps. That aspect of the Democrats’ legislation, the president said, was merely “a big bailout for badly run Democrat cities and states.”

Mr. Biden called state relief an urgent priority and defended his party’s congressional wing, pointing out that it passed new relief legislation months ago that had languished before the Republican Senate. And he put the onus on Mr. Trump to drum up support in that chamber. “Why isn’t he talking to his Republican friends?” Mr. Biden said.

Days after it was reported that the government had failed to locate the parents of more than 500 migrant children separated from them by the Trump administration, the president repeatedly evaded questions about how he intended to reunite those families. “We are trying very hard,” Mr. Trump said, before attempting to pivot into an attack on the Obama administration’s border policies.

But Mr. Biden castigated the president for imposing a family separation policy in the first place. “Those kids are alone — nowhere to go,” Mr. Biden said. “It is criminal. It is criminal.”

And he also suggested he would be more effective at addressing the issue than the president he served — Barack Obama.

“I’ll be president of the United States, not vice president of the United States,” Mr. Biden said, vowing to deliver an immigration overhaul that offers unauthorized migrants a pathway to legal status in the first 100 days of his administration.

After Mr. Biden described climate change as an “existential threat” requiring an all-out government response, Mr. Trump made a counterargument riddled with inaccuracies and some allegations that were simply perplexing. He claimed falsely that the construction of renewable-energy facilities created more emissions than traditional fuels, and accused Mr. Biden of trying to mandate that buildings be constructed with “little, tiny, small windows.” And he again insisted that wind energy is “extremely expensive” and “kills all the birds.”

In a debate that was originally planned as a forum on national security, the two candidates devoted only a few glancing exchanges to the subject. In one, Mr. Trump took credit for averting war on the Korean Peninsula, touting his “good relationship” with the North Korean leader, Kim Jong-un, and faulting the Obama administration for failing to establish such relations. Mr. Kim, he said, “didn’t like Obama.”

Mr. Biden defended the Obama administration’s view of Korean diplomacy, explaining that it had not wanted to “legitimize” Mr. Kim.

At the end of the debate, Mr. Biden said he would push the country to “transition from the oil industry,” adding that “the oil industry pollutes significantly” and that he would end federal subsidies. Sensing an opening, Mr. Trump said “that’s a big statement” and then invoked a series of states with energy-heavy industries. “Will you remember that Texas? Will you remember that Pennsylvania, Oklahoma?”

Voir enfin:

Trump Has Not Been ‘Clear’ in Support of Masks

Health and Human Services Secretary Alex Azar says President Donald Trump has been “clear” in calling for the public to “wear face coverings when you can’t social distance.”

The official messaging from the White House has been, as Azar put it, “clear and unambiguous” since early April. But the president’s statements have been anything but.

In the last two weeks, Trump has offered tepid endorsement for masks, saying: “The mask, perhaps, helps.” He has also raised doubts about the science, noting that health experts who now advocate public mask-wearing were once opposed to it. “I guess I’m somewhere in the middle,” Trump said recently. And: “I understand both sides of the argument.”

“There are a lot of people think that masks are not good,” Trump said at a town hall on Sept. 15. Adding at a press conference the next day, “Masks have problems, too.”

He has repeatedly mocked Democratic presidential nominee Joe Biden’s appearance in a mask and for wearing one in circumstances that Trump doesn’t think is necessary. He also accused one reporter of being “politically correct” for declining to take off his mask to ask a question.

And, of course, the president has continued to hold densely packed rallies where many supporters are not wearing masks. Trump has said little to discourage them. For example, Trump held an indoor rally in Nevada on Sept. 13 in defiance of the governor’s order limiting the size of gatherings. Press reports noted that few in the densely packed crowd wore masks, though Trump made no mention of the subject.

We reviewed all of Trump’s comments going back to April 3 when the Centers for Disease Control and Prevention issued recommendations for public mask-wearing. Announcing the new guidance that day, Trump repeatedly reminded that the recommendation was voluntary and that he personally would not be wearing a mask. In the following months, his position on masks remained lukewarm — saying he had “no problem” with mask-wearing — but refusing to be seen wearing one himself.

His stance evolved some over the summer, as the coronavirus continued to spread around the country. On July 20, he released a photo of himself in a mask. And he repeatedly made unequivocal calls for the public to wear masks, particularly when he appeared to be reading from prepared notes. But his waffling returned late in the summer around the time he began to stage rallies.

Since then, his public comments have been inconsistent, toggling between advocacy and casting doubt, sometimes in the same speech or interview.

Azar’s Spin

In an interview with Azar on Sept. 24, the “Today” show’s Savannah Guthrie said Trump’s statements on masks have been “all over the place,” and she asked Azar if masks are “going to make this pandemic less terrible than it is, basically.” (Starting at the 6:40 mark.)

“Masks are important,” Azar said. “We have been clear since the, the president has been clear since his April guidance on reopening the economy.”

When Guthrie responded that Trump “hasn’t been clear,” Azar referred to the government’s coronavirus.gov website. “It’s right there, coronavirus.gov, the president’s guidance on reopening: wear face coverings when you can’t social distance. Very clear. He says it, I say it, every health leader says it.”

When Guthrie countered, asking if Trump’s voice wasn’t louder than a government website, Azar again said, “Well, he says it. I say it. The FDA, CDC, NIH, that’s all we talk about is ‘Wear face coverings when you cannot social distance.’”

The government’s guidance has been “clear and unambiguous,” Azar said: “Wear your face coverings when you can’t be socially distant.”

The official government messaging may be consistent, but as we said, the president’s rhetoric is not. In an interview just two days prior, Trump said the guidance from health experts was originally for the public not to wear masks. After scientists began to learn more about the asymptomatic spread of the virus, that guidance changed. But Trump often brings up this change in position from the scientific community, as he did in an interview on Sept. 22, to express doubts about mask-wearing.

“Everybody was talking about like masks were a bad thing. Then they come like masks are the greatest thing you can do,” Trump said. “You know, you get all these different messages. And I guess I’m somewhere in the middle, to be honest with you.”

CDC’s April Guidance

As Trump has often pointed out, members of the scientific community — including Dr. Anthony Fauci, director of the National Institute of Allergy and Infectious Diseases, and U.S. Surgeon General Dr. Jerome Adams — were in the early months of 2020 telling the general public not to wear face masks.

However, as health officials learned more about the virus, and how often it was being transmitted by asymptomatic carriers, the CDC reversed course on April 3 and recommended that people begin “wearing cloth face coverings in public settings where other social distancing measures are difficult to maintain.” (Trump on Feb. 7 acknowledged privately in an interview recently made public that he knew the virus is transmitted through the air and it’s much deadlier than the flu.)

In a coronavirus task force briefing in which the new CDC recommendation was announced, Trump repeatedly stressed that the CDC’s recommendation was voluntary, and that he wouldn’t personally be following it.

Trump, April 3: In light of these studies [on asymptomatic spread], the CDC is advising the use of non-medical cloth face covering as an additional voluntary public health measure. So it’s voluntary; you don’t have to do it. They suggested for a period of time. But this is voluntary. I don’t think I’m going to be doing it …

So with the masks, it’s going to be, really, a voluntary thing. You can do it. You don’t have to do it. I’m choosing not to do it, but some people may want to do it, and that’s okay. It may be good. Probably will. They’re making a recommendation. It’s only a recommendation. It’s voluntary.

Adams, the surgeon general, went into detail at the press conference about why the change to recommending public use of masks was made.

“Well, it’s important to know that we now know from recent studies that a significant portion of individuals with coronavirus lack symptoms,” Adams said. “They’re what we call asymptomatic. And that even those who eventually become pre-symptomatic, meaning that they will develop symptoms in the future, can transmit the virus to others before they show symptoms. This means that the virus can spread between people interacting in close proximity: for example, coughing, speaking, or sneezing, even if those people were not exhibiting symptoms. In light of this new evidence, CDC recommends and the task force recommends wearing cloth face coverings in public settings where other social distancing measures are difficult to maintain. These include places like grocery stores and pharmacies. We especially recommend this in areas of significant community-based transmission. It is critical.”

The official White House messaging — aside from Trump — has been consistent since then in advocating for the public to wear masks when social distancing is not possible.

‘No Problem’ with Masks

In the ensuing weeks, Trump repeatedly said he had “no problem with face masks,” but that he would leave it up to states’ governors to decide whether to mandate their use. He also said he, personally, would “have no problem wearing a mask,” if the conditions were appropriate. Trump told reporters he wore a mask briefly while touring Honeywell in early May, though the press did not see it, or photograph it.

On May 11, Trump told reporters that he had begun requiring that White House staffers wear masks. But during the same press conference, Trump said the public had “learned about facemasks — the good and the bad, by the way. It’s not a one-sided thing, believe it or not.”

On June 20, Trump held an indoor rally in Tulsa. Although there was little social distancing and few in the relatively sparse crowd wore masks, Trump made no appeal to the crowd to wear masks. To the contrary, Trump complained only that the media did not highlight when Black Lives Matter protesters were not wearing masks.

In an interview on July 1 on the Fox Business Network, Trump said he’d “absolutely” wear a mask “if I were in a tight situation with people.” And he said he had worn a mask and liked the way it looked on him. “It was a dark black mask, and I thought it looked OK,” Trump said. “Looked like the Lone Ranger.”

Trump again added that he had “no problem” with masks “and if people feel good about it, they should do it.”

Raising Doubts

In a telephone interview with Sean Hannity of Fox News on July 9, Trump again brought up the reversal by the scientific community on masks, and framed it as an ongoing debate (even though by then there was consensus from his health advisers advocating public mask-wearing).

“They have been wrong about a lot of things, including face masks,” Trump said. “Maybe they are wrong, maybe not. But a lot of them said, don’t wear a mask, don’t wear a mask. And now they are saying, wear a mask. So, a lot of mistakes were made, a lot of mistakes.”

Trump added that “it’s fine to wear a mask, if it makes you feel comfortable” and that mask-wearing was appropriate in some situations, like when someone visits a hospital.

During the interview, Trump took the opportunity to ridicule Biden for the way he wears his masks, and for wearing one even when he is socially distanced from others. It became a familiar refrain for Trump in interviews and speeches.

Trump, July 9: I watched Biden walk onto a stage with his — practically — like, today, there was almost nobody in the room. He’s making a speech. And they have these massive circles. And the circles are very far away from each other to start off with. And then they have just a few people in the audience. And he makes a speech. And he walks onto the stage wearing this massive mask. There’s nobody on the stage. And then he takes it off. He likes to have it hang off usually the left ear. I think it makes him feel good, frankly, if you want to know the truth. And I guess that’s OK. But when there’s nobody around, you don’t really have to do that. But he feels it’s good. And I’m OK with it, if he wants to do that. He’s got the largest mask I think I have ever seen. It covers up a big proportion of his face. And I think he feels he looks good that way.

Biden has defended his decision to wear masks in those situations, saying it is part of “setting the example that I’ve tried to set since this began, of being responsible.”

Trump was finally photographed in a mask two days later while visiting Walter Reed National Military Medical Center. In a CBS interview on July 14, Trump said he felt an “obligation” to wear a mask in the hospital, because some patients had just come out of operations, and he wanted to be close to them.

Asked if he would tell the American people to wear a mask, Trump hedged.

Trump, July 14: Well, I’d say listen to that instruction, listen to your governors. But I have to say the same people that say wear a mask are people that said, a long time ago, don’t wear a mask, masks are bad. They said they’re not good. So, you know, like Dr. Fauci, surgeon general, a lot of people — a lot of people — the surgeon general said that also.

And right now that [the CDC guideline] is saying wear a mask, and that’s okay with me. That’s good. Those guidelines are good. I’m not stopping them from saying it. I do say this, originally people were saying don’t wear a mask. People that we all respect were saying don’t wear a mask because, look, you know, it’s got certain drawbacks and they say don’t wear a mask. Now they’re saying wear a mask. I’m okay. And it does evolve. You know, I mean, the thought process evolves. So let’s see what happens.

In an interview with Fox News’ Chris Wallace four days later, Trump offered this mixed message: “I don’t agree with the statement that if everybody wear a mask everything disappears. Hey, Dr. Fauci said don’t wear a mask. Our surgeon general — terrific guy — said don’t wear a mask. Everybody who is saying don’t wear a mask — all of sudden everybody’s got to wear a mask, and as you know masks cause problems, too. With that being said, I’m a believer in masks. I think masks are good. But I leave it up to the governors.”

Wearing Masks ‘Patriotic’

Perhaps Trump’s strongest appeal for mask-wearing came via a tweet on July 20, in which he suggested it was patriotic to don one.

In a press conference the following day, Trump continued his full-throated advocacy for masks.

Trump, July 21: We’re asking everybody that when you are not able to socially distance, wear a mask, get a mask. Whether you like the mask or not, they have an impact. They’ll have an effect. And we need everything we can get. …

If you’re close to each other, if you’re in a group, I would put it on. …

I view it this way: Anything that potentially can help — and that certainly can potentially help — is a good thing. I have no problem. I carry it. I wear it. … I’m getting used to the mask, and the reason is — think about patriotism. Maybe it is. It helps. It helps.

Now, we have experts that have said, in the recent past, that masks aren’t necessarily good to wear. You know that. But now they’ve changed their mind. If they change their mind, that’s good enough for me.

In an interview the following day on Fox News, Trump continued to lobby for mask-use.

“I believe that you should wear it, even if there’s a 1% chance it helps,” Trump said. “You know, when you look at Dr. Fauci and others — and this isn’t a knock, because this is just the way it — if you look, early on, they were all saying, don’t wear a mask. Don’t wear a mask. That didn’t make total sense to me, but don’t wear a mask. Now they’re all saying, wear a mask. My attitude is, it probably helps. Give it a shot, because we have to win this thing. So, it’s not a question of pride. It’s not a question of anything. We have to win this. So, when you’re in a certain situation, I think you should wear a mask.”

In more than a half dozen coronavirus press briefings from late July through mid-August Trump was consistently unequivocal in calling for the public to “wear a mask if you cannot socially distance.

In a TV interview on Aug. 4, Trump said, “People question masks, but there’s no downside in wearing them.”

In a coronavirus briefing on Aug. 13, Trump tried to draw a distinction between his approach and Biden’s on masks, claiming that Biden wanted a federal mask mandate, while he has left it up to states to decide. (Biden in August said, “Every governor should mandate mandatory mask wearing.” He later clarified that “there’s a constitutional issue whether federal government could issue such a mandate. I don’t think constitutionally they could, so I wouldn’t issue a mandate.”)

“My administration has a different approach: We have urged Americans to wear masks,” Trump said. “And I emphasized this is a patriotic thing to do. Maybe they’re great and maybe they’re just good. Maybe they’re not so good. But frankly, what do you have to lose?”

In a campaign speech in Old Forge, Pennsylvania, on Aug. 20, Trump said, “Do the masks. I mean, it’s just not going to hurt. Do them. Do them. If you feel it, do them.”

Back to Waffling

Trump resumed his in-person rallies in September, and with them began his hedging on masks.

In a campaign speech in Latrobe, Pennsylvania, on Sept. 3, Trump was back to mocking Biden for the way he wears his masks, and when.

“I’ve never seen a man that like the mask more,” Trump said of Biden. “Look, I’m all for it … but did you ever see a man that likes a mask as much as him? And then he makes a speech and he always has it, not always but a lot of times he has it hanging down because you know what, it gives him a feeling of security. If I were a psychiatrist — right? No, I would say — I would say this guy has got some big issues.”

And Trump’s waffling on using masks returned in an ABC News town hall on Sept. 15.

“But whether it’s Dr. Fauci or anybody else, a lot of people got it wrong,” Trump said. “They talked about don’t wear masks, and now they say wear masks. Although some people say don’t wear masks. I mean you have a lot of different ideas.”

“Now there are, by the way, a lot of people don’t want to wear masks,” Trump said later. “There are a lot of people think that masks are not good.”

Trump went on to talk about waiters who touch their masks “and then they’re touching the plate. That can’t be good. … The concept of a mask is good, but it also does … you’re constantly touching it, you’re touching your face, you’re touching plates. There are people that don’t think masks are good.”

In a press briefing the next day, Trump continued to express doubt about the efficacy of wearing masks, and then later said he thought they work.

Trump’s comments came in response to a question about Dr. Robert Redfield, the head of the CDC. Redfield testified about masks, saying: “We have clear scientific evidence they work, and they are our best defense. I might even go so far as to say that this face mask is more guaranteed to protect me against Covid than when I take a Covid vaccine.”

Trump challenged that comment, saying, “Number one, it’s not more effective, by any means, than a vaccine.”

“On masks — masks have problems, too,” Trump said. “And I talked about the masks about to be handled very gently, very carefully. I see that, in restaurants, they have people with masks and they’re playing around with their mask, and they have it — their fingers are in their mask and then they’re serving with plates. I mean, I think there’s a lot of problems with masks.”

“The mask, perhaps, helps,” Trump said minutes later. “Don’t forget: A lot of people didn’t like the concept of masks initially. Dr. Fauci didn’t like them, and a lot of people didn’t. And I’m not knocking anybody, because I understand both sides of the argument.”

At a campaign rally in Bedmidji, Minnesota, on Sept. 18, Trump argued that he ought to call his rallies a protest, to get around mask-restrictions.

“You don’t have to wear masks at protests,” Trump claimed. “So I said, ‘You know, we can’t have a rally.’ The most we can have is 10 people, but why don’t we just call it a protest because this is a protest. It’s a protest against stupidity. ”

In an interview with a local Fox station in Detroit on Sept. 22, the reporter noted that at some recent Trump rallies, there appeared to be many people “almost celebrating the fact that they didn’t have to wear a mask.”

Trump said he “didn’t see that.”

“No I think people should wear a mask if they can, if they feel they can, they should,” Trump added. “But I don’t think it should be a mandatory policy.”

“But when you look out into the audience when you’re doing these rallies, and you see the number of people who don’t have masks, does that concern you about the future and this fall?” the reporter asked.

“I must be honest, I see a lot of people with masks,” Trump said. “I also see a little bit of a spreading out. One of the reasons I do the rallies in outside settings is because it’s much better. It’s, you know, recommended. I don’t know if they know what they’re recommending, but they recommend being outside like we’re outside right now.”

In an interview with WGN America at the White House the same day, Trump was again pressed about whether he was concerned about so many maskless people at rallies being exposed to COVID-19.

“No,” Trump said. “Because my supporters are very smart and they do, a lot of them wear masks and some don’t, that’s their choice. But they’re, you know, when you’re outside, you have a lot of room, and everything that I’ve read and everything that I’ve seen is outside is better in terms of COVID or as I call it the China virus.”

Trump accused the CDC of sending mixed messages on masks.

“You know, at one point they were saying, don’t wear a mask,” Trump said. “Dr. Fauci said, don’t wear a mask — everybody was talking about like masks were bad thing. Then they come like masks are the greatest thing you can do. You know, you get all these different messages. And I guess I’m somewhere in the middle, to be honest with you.”

“There is a mixed message there,” Trump said. “But if you remember the original message was don’t wear masks.”

Azar is right that the White House messaging has been “clear and unambiguous” — and consistent since early April — that people should wear a mask when they can’t social distance. But as the many comments above reflect, the president has not always been “clear” in delivering that message.

FactCheck.org fellows Caitlin Quinn and Bala Thenappan contributed to this article.

COMPLEMENT:

The Earth itself is rejoicing at the prospect of Dumping Trump. How could over 70,000,000 people still vote for such ignorant scum after four years of vapid hateful and puerile rhetoric! – A fellow Santa Monica resident on Nextdoor.com


This Chronicle presupposes that Donald Trump’s challenges to the election results, whether or not well founded, will not succeed.

There is something called force majeure that supersedes all rules of procedure. When Kennedy won in 1960, it was known at the time or soon after that the Illinois electoral votes that decided the election were fixed by Chicago’s legendary Mayor Daley—that is, that in objective terms, it was Nixon who won the election. Just as we can be pretty sure that Jeffrey Epstein did not hang himself in his cell; that Harry Reid’s 2015 “accident” was not a fall from his exercise bike; or that Hillary Clinton committed a felony by using a personal mail server that no doubt helped her to conceal, among other things, the conspiracy against Trump. But to these and other “slips” we can only say, c’est la vie. There’s nothing to do about them. Somehow the welfare of the state depends, if not on their consequences, then on the consequences of not raising questions about them in such a way as to produce embarrassing answers.

Assuming this is also the case for the allegations of voter fraud to explain all these states switching from one column to the other after the election-day votes had been counted, I will therefore assume that, whether or not his challenges are legitimate, Donald Trump will not begin a second term in 2021.


In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles.

We are accustomed to seeing tragedy as either a literary form or a vision of the human condition, as in Unamuno’s Tragic Sense of Life. But in such literary and/or anthropological generalizations, the importance of tragedy as a critical interaction between leader and community is lost.

Tragedy is compatible neither with acephalous tribal society, nor with the archaic empires in which the godlike pharaoh cannot be conceived in dialogue with others. It is a product of the post-theocratic society of Athens and other city-states, one in which kings and tyrants interact with their subjects as fellow humans, not as sacred beings.

Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition.


If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure.

No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case.

To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy.

What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.”

This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions.

Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas.

Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it.

But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class (Coming Apart, Crown Forum, 2012; see, e.g., Chronicles 424, 449) to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves.

No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations (see Chronicle 674).

Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice (see Chronicle 493), highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats.


After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class.

I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority.

The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis.

Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump.


What lesson does this teach us about tragedy, not as a “literary form,” but as a category of cultural acts?

What we call the “tragic flaw” (hamartia) should not be understood, as does Aristotle, as a characterological imperfection in one who might otherwise have been perfect. It is the mark of the protagonist’s ineluctable individuality, the non-identity between his own scene of representation and that of his community, whose welfare, in classical tragedy as in the American presidency, he is charged to uphold, yet which could only be grasped in its totality by a mind that transcended the human sphere.

The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause.

Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. Classical tragedy’s dramatis personae, even taking into account the many lost plays, were quite limited; the same figures constantly reappeared. The “serious actions” that tragedies “imitate” are not fictions open to the author’s invention; in principle they must have a basis in their potential spectators’ knowledge prior to the play itself, whether in history (the oldest extant tragedy is Aeschylus’ The Persians) or myth. La tragédie ne s’invente pas.

Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve.


Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties:

It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner. It’s not just that he does things that the common man can kind of appreciate. And it’s not even because he uses kind of simplistic language—he doesn’t use complicated, wonky language, the way a lot of Democrats do. . . .

We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. They aren’t thoughtful enough. They aren’t “woke” enough. They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. . . . It’s talking down to people. It’s alienating them. And there’s just certain voters who feel so distant from the political process—it’s not their life, it’s not their world. They hate it. They don’t like all that politics stuff. Trump speaks to them, because he includes them.

(https://www.foxnews.com/politics/elissa-slotkin-dem-urges-party-act-more-like-trump)

Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt.


Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street).

Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves.

That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable.

It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence.

If Trump still refuses to concede—and we need not deny a priori the claims of his lawyer Sidney Powell, whose recent statements: “We’re getting ready to overturn election results in multiple states,” and “I don’t make comments without having the evidence to back it up” (see https://www.ntd.com/trump-lawyer-sidney-powell-were-getting-ready-to-overturn-election-results-in-multiple-states_528748.html) at least express confidence—this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place.

May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.”

Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians.

COMPLEMENT:

« Cancel culture », « woke »: quand la gauche américaine devient folle

ENQUÊTE – Le mouvement, parti des campus américains, pratique une censure agressive, au nom du droit à ne pas être offensé. Il inquiète une partie de l’intelligentsia libérale qui voudrait défendre la liberté d’expression.

La scène, filmée par un téléphone portable, est surréaliste. Nous sommes au printemps 2017 et, dans les couloirs du collège universitaire Evergreen State, dans l’État de Washington, un professeur est encerclé par une horde hurlante d’étudiants. Tee-shirt noir, barbiche poivre et sel, Bret Weinstein, 48 ans, se démène pour essayer de dialoguer avec la foule déchaînée. Peine perdue.

Alors que l’enseignant tente de s’expliquer, les jeunes gens s’esclaffent et chantent «Hey Hey Ho Ho, Bret Weinstein has to go» (« Bret Weinstein doit démissionner»). Qu’a donc fait ce professeur de biologie pour mériter un tel opprobre? Juif démocrate, supporteur de Bernie Sanders et du mouvement Occupy Wall Street, se définissant comme «profondément progressiste», Bret Weinstein n’est pas conservateur. Il n’a pas manifesté son soutien à Trump ou dérapé sur Twitter. Il n’a même pas, comme son alter ego littéraire Coleman Silk, le héros de La Tache de Philip Roth, utilisé un mot vexant.

Non, le crime de ce professeur est de s’être opposé à l’organisation d’un «Jour d’absence» dans son établissement, où les «Blancs» de l’université étaient invités à rester chez eux pour laisser les «personnes de couleur» seules sur le campus. Ce jour de ségrégation raciale imposé relevait selon lui d’une forme de racisme antiblancs.

Victime d’une campagne virale, Bret Weinstein a fini par démissionner, après que le chef d’établissement, prenant le parti des étudiants, lui eut affirmé qu’il ne pouvait plus assurer sa sécurité. «Ma femme et moi avons vécu une véritable tornade personnelle qui était annonciatrice de la tornade qui a balayé tout le pays. Evergreen est maintenant partout», confie-t-il trois ans plus tard.

Contrairement à une presse généraliste à l’époque très silencieuse sur l’événement, l’éditorialiste du New York Times Bari Weiss avait pressenti l’importance de l’affaire Evergreen. «Quand la gauche se retourne contre les siens», titrait-elle sa tribune pour décrire cette invraisemblable purge, menée par une nouvelle génération progressiste obsédée par la question des discriminations, envers un professeur issu des rangs de la gauche libérale. «Faire taire les conservateurs était devenu une habitude. Mais, maintenant, voilà que les militants anti-liberté d’expression tournent leur colère de plus en plus vers les progressistes libéraux», notait Bari Weiss.

Elle ne croyait pas si bien dire: moins de trois ans plus tard, cette rédactrice en chef adjointe des pages opinion, qui avait été débauchée du Wall Street Journal pour apporter davantage de pluralisme dans le prestigieux quotidien libéral new-yorkais, dut, elle aussi, démissionner dans le sillage de son patron, James Bennett. Ce dernier avait été licencié pour avoir laissé passer une tribune du sénateur républicain Tom Cotton, qui appelait à envoyer l’armée contre les émeutiers après la mort de George Floyd, un point de vue alors partagé par une majorité d’Américains, mais qui avait choqué ses jeunes collègues. Son cas rappelle celui de Ian Buruma, ex-directeur de la prestigieuse New York Review of Books, poussé à la démission à l’automne 2018 parce qu’il avait osé publier la tribune d’un homme accusé d’agressions sexuelles, puis relaxé, qui témoignait de la difficulté à refaire sa vie.

Comme Bari Weiss, une journaliste du quotidien britannique The Guardian, Suzanne Moore, a claqué la porte de son journal, poussée à bout après avoir été harcelée par ses propres collègues pour avoir publié un article supposément «transphobe». La romancière britannique J.K. Rowling a elle aussi été traitée de Terf (trans-exclusionary radical feminist), c’est-à-dire de féministe anti-trans pour avoir affirmé sur Twitter que la différence des sexes était une réalité biologique. La créatrice de Harry Potter, admirée et connue dans le monde entier pour sa saga, fut brutalement jetée à bas de son piédestal par une frange minoritaire d’activistes inondant les réseaux sociaux de messages haineux à son encontre. L’acteur Daniel Radcliffe, qui doit sa carrière au rôle du jeune sorcier qu’il a incarné au cinéma, a cru bon de présenter ses excuses pour «la souffrance que ces commentaires (ceux de J.K. Rowling) [avaient] causée».

Une forme moderne d’ostracisme

La liste des personnalités victimes de la censure progressiste ne cesse de s’allonger, surtout en terre anglo-saxonne. Ce processus de désintégration sociale menée au nom du bien porte un nom: la «cancel culture» ou «culture de l’annulation» , qui consiste à appeler explicitement au boycott et à l’effacement de l’espace public de personnes jugées racistes, homophobes ou sexistes. On pourrait croire que cette fièvre dénonciatrice n’est pas nouvelle et considérer avec Philip Roth dans son célèbre incipit de La Tache, que «le vertige de l’indignation hypocrite» est «la plus vieille passion fédératrice de l’Amérique». Cependant, la cancel culture, si elle reprend les codes du «politiquement correct» tel qu’il a émergé sur les campus américains dès les années 1960, modernise l’ostracisme qui s’adosse désormais à la puissance des réseaux sociaux et à une nouvelle mentalité militante.

Dans leur livre The Coddling of the American Mind: How Good Intentions and Bad Ideas Are Setting Up a Generation for Failure («Le chouchoutage de l’âme américaine: comment de bonnes intentions et de mauvaises idées préparent une génération à l’échec»), Jonathan Haidt et Gregory Lukianoff qualifient de «culture of safetysm» (que l’on pourrait traduire par «culture de l’obsession d’être protégé») cette mentalité d’une nouvelle génération qui ne supporte plus d’être offensée et pour laquelle le moindre propos caricatural et le scepticisme quant au bienfait illimité du progressisme multiculturaliste sont considérés comme autant de «micro-agressions» exigeant la création d’espaces sécurisés (safe spaces) où aucune parole blessante ne puisse les atteindre.

Cette nouvelle censure est différente du vieux sectarisme marxiste en ce qu’elle repose quasi exclusivement sur le «ressenti» victimaire. «Je me sens blessé»: tel est désormais l’argument qui justifie toutes les excommunications. Avoir conscience que l’on est blessé ou que l’on blesse, c’est être «éveillé», «woke». Ce terme d’argot, «woke», s’est généralisé après les premières émeutes de Black Lives Matter («les vies noires comptent») en 2014, et notamment le film Stay Woke: The Black Lives Matter Movement, de l’acteur Jesse Williams.

Être «woke», pour un Afro-Américain qui adhère à la cause, c’est être en permanence vigilant quant au racisme et aux discriminations que l’on peut subir. L’être pour un Blanc, c’est avoir conscience de ses privilèges. Ainsi, à l’université d’Evergreen, les professeurs étaient-ils conviés à énumérer leurs «privilèges» (blanc, mâle, «validiste», c’est-à-dire non handicapé, etc.), avec une étiquette collée sur leur torse déclinant les pronoms qu’il fallait utiliser en s’adressant à eux (him/her/she/he), pratique mise en place pour ne pas risquer de «mégenrer» certaines personnes – et que la nouvelle vice-présidente, Kamala Harris, emploie elle-même sur son compte Twitter.

La woke culture nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité

Seth Greenland, auteur de «Mécanique de la chute»

Ces séances d’«autocritique», dont le grotesque n’a curieusement pas encore été vraiment exploité par les humoristes («parce qu’ils sont terrifiés», estime le rédacteur en chef de Tablet, Jacob Siegel), sont désormais obligatoires ou fortement recommandées au corps professoral dans un nombre croissant d’universités. «La woke culture est devenue le fléau de la liberté de pensée. Elle pose comme principe la vision du monde identitaire que le libéralisme avait tenté d’éradiquer, l’idée que nous ne sommes pas fondamentalement définis par la communauté dans laquelle nous sommes nés, notre orientation sexuelle, notre couleur de peau. Elle nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité», affirme l’écrivain Seth Greenland, auteur de Mécanique de la chute, un roman où il raconte le lynchage d’un milliardaire accusé de racisme. «Le wokisme refuse l’idée fondamentale du libéralisme selon laquelle deux valeurs incompatibles peuvent être autorisées à cohabiter. Pour les justiciers sociaux, cette tolérance des désaccords n’est qu’un instrument brandi par l’oppresseur pour soumettre l’opprimé!», renchérit Jacob Siegel, auteur d’un article de Tablet sur le sujet qui a fait grand bruit.

Parfois, le lynchage psychologique conduit à la mort physique, comme dans le cas de Mike Adams. Ce professeur de l’université de Caroline du Nord très critique du mouvement identitariste, «qui avait eu le malheur de publier un tweet dénonçant les mesures prises par le gouverneur démocrate de son État en matière de Covid, n’a pas résisté à la pression», raconte Greg Lukianoff. «Laissez mon peuple aller», avait-il écrit, parlant «de l’État esclavagiste de Caroline du Nord». Une formule jugée inacceptable par la meute antiraciste. Harcelé et menacé, il a fini par se suicider en juillet. «On lui a dit qu’il était le Mal», note, horrifié, Lukianoff, qui était son ami.

De la French Theory à la bureaucratie d’État

Le succès stupéfiant de cette culture de la contestation, fondée sur la revendication d’un sectarisme effréné qui peut aller jusqu’à tuer dans l’indifférence générale, reste en partie une énigme au pays de la libre parole, même si Tocqueville avait averti dans son opus De la démocratie en Amérique sur la propension de l’opinion publique américaine à «tracer un cercle de la pensée» au-delà duquel il est très dangereux de s’aventurer.

Lukianoff, un libéral de gauche de 48 ans, qui milita longtemps au sein du bastion progressiste de la puissante Union américaine pour les libertés civiques (Aclu), mais dirige aujourd’hui une fondation qui se bat pour la liberté d’expression sur les campus (Fire), juge indispensable de remonter à l’attitude des écoles de pensée postmodernistes des années 1960 pour comprendre la situation actuelle. «Il est devenu possible, à partir de ces années-là, de disqualifier d’entrée de jeu toute pensée conservatrice, c’est-à-dire la moitié de la population du pays et la majorité du reste du monde!», explique-t-il, reconnaissant qu’il lui a fallu «du temps» pour comprendre «à quel point cet ostracisme était dangereux». «S’est mise en place une sorte de forteresse théorique parfaite qui se défend en accusant toute personne qui exprime un désaccord d’être conservatrice», poursuit-il. «Tant que la proportion des libéraux et des conservateurs était de 3 pour 1, il restait des garde-fous, mais on en est aujourd’hui à quelque 30 pour 1!», note Lukianoff, précisant que les conservateurs ont peu à peu quitté la place «parce qu’ils estimaient que l’université devait rester à l’extérieur de la politique».

Une fois l’exclusion pratiquée à l’encontre des conservateurs, il a été facile de l’étendre à d’autres groupes, au fur et à mesure qu’il devenait légitime de disqualifier les hommes, les Blancs, les hétéros…, explique-t-il, parlant d’un «trou sans fond engloutissant de plus en plus de monde». «Au final, dans cette logique d’exclusion qui s’auto-nourrit, 100 % de la population finira par être excommuniée!», dit Lukianoff, soulignant qu’«on commence à voir des hommes noirs menacés de disqualification parce qu’ils sont hommes».

Une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants

Sam Abrams, professeur de science politique au collège ­Sarah Lawrence de New York

Sam Abrams, 40 ans, professeur de science politique au collège Sarah Lawrence de New York, un établissement connu pour son progressisme, est devenu l’une des cibles du mouvement woke pour avoir milité pour «la diversité de valeurs» au lieu de réserver ce terme à la diversité ethnique ou raciale. Spécialiste d’enquêtes d’opinion et hostile aux labels politiques, cet amoureux «des faits» est depuis deux ans sur son campus l’objet de campagnes de harcèlement et d’une démarche administrative visant à le priver de sa chaire. «Jamais je n’aurais pu monter au créneau si je n’avais pas eu de chaire», note-t-il, soulignant qu’il avait attendu cette sécurité de l’emploi pour s’engager. Pour lui, si le mouvement woke, né dans les départements d’études critiques énamourés du philosophe Michel Foucault et de la théoricienne du genre Judith Butler, vient de loin, comme le raconte Lukianoff, «les dix dernières années ont été cruciales».

Sam Abrams se souvient encore de ses propres années d’étudiant, il y a vingt ans, époque «révolue», quand «dans les dortoirs universitaires, on pouvait encore avoir des discussions contradictoires sur tous les sujets sensibles liés à la race, l’identité ou le genre». Tout a changé pendant la présidence Obama, avec la montée en puissance des efforts de l’administration des universités pour lutter contre les discriminations sexuelles, avec la mise en place du fameux Titre IX (un amendement interdisant toute discrimination sur la base du sexe et obligeant à la création de bureaux de lutte contre le harcèlement sexuel dans chaque université), un processus supervisé par un certain vice-président… Joe Biden.

«Parallèlement, une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants», raconte Abrams. Arrivés avec des diplômes en études raciales ou de genre, ils ont instauré un mélange de règles bureaucratiques et d’interdits idéologiques qui représentent «un véritable lavage de cerveau» et leur permettent de faire la pluie et le beau temps sur les campus, en liaison avec certaines associations étudiantes communautaristes ultrapolitisées, dénonce l’enseignant. Le rédacteur en chef de la revue Tablet, Jacob Siegel, souligne lui aussi cette alliance de la bureaucratie d’État et d’une idéologie qui se dit révolutionnaire mais «fait corps avec le pouvoir». «Le wokisme a commencé avec le deuxième mandat de la présidence Obama, au confluent de deux causes: la première, c’est le progressisme technocratique du président lui-même, qui pensait que la bureaucratie de l’État pouvait contribuer à la perfectibilité morale, comme le montre la bataille des discriminations menée sous le Titre IX. L’autre est le courant idéologique identitariste qui souffle sur les universités. Le danger, c’est la fusion des deux en une forme de bureaucratie qui s’autoradicalise sans cesse», explique-t-il.

«Le corps professoral est dans son écrasante majorité libéral et reste attaché à la méthode du débat contradictoire. Mais il a peur de s’interposer», ajoute Sam Abrams. Pour lui, c’est aussi le cas de la majorité des étudiants, qui seraient largement «centristes», selon ses enquêtes d’opinion. On est donc dans le cas d’une sorte de kidnapping du débat par un groupe minoritaire issu de l’administration des campus. Beaucoup de professeurs ont peur d’être mis au ban ou de perdre leur travail, surtout s’ils n’ont pas de chaire, affirme Abrams. Le fait de vivre à New York, une mégapole, lui permet d’échapper à la pression, mais «c’est beaucoup plus difficile dans les petites villes universitaires de Nouvelle-Angleterre, où les risques de harcèlement sont bien supérieurs».

Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables

Thomas Chatterton Williams, auteur d’«Autoportrait en noir et blanc»

À ces inquiétudes très concrètes s’ajoute «la peur des anciens de ne pas être aimés des plus jeunes» et d’être moralement condamnés, ajoute Greg Lukianoff. Une volonté d’échapper à la culpabilité occidentale en se mettant du côté des «purs», que le professeur de théorie politique Joshua Mitchell décrit dans son nouveau livre, American Awakening («réveil américain»), consacré à la nature religieuse de cette idéologie des «identités» qui donne des «bons points» aux différents groupes humains en faveur de leur degré d’«innocence» sociale.

Les réseaux sociaux, en permettant la mobilisation immédiate d’activistes sur des causes ponctuelles et en facilitant l’organisation communautaire, ont par ailleurs donné une vigueur nouvelle aux revendications identitaires présentes dans la gauche radicale depuis les années 1960. «Ils ont tout changé, car c’est là que se cristallise le lien entre la meute idéologique, les élites et l’ensemble des institutions. Les réseaux sociaux dictent le ton à tous, y compris aux journaux, pas l’inverse», analyse Jacob Siegel. Comme le souligne Lisa Nakamura, professeur à l’université du Michigan, la cancel culture est rendue possible par une nouvelle «économie de l’attention», où «priver quelqu’un d’audience, c’est le priver d’existence». Elle est portée par un repli individualiste sur l’identité plutôt que par l’héritage commun ou l’universalisme. Et également par une culture d’emballement suiviste, qui fait partie de l’essence des réseaux sociaux.

«La prétendue culture woke est cool. C’est à la mode, et, soyons honnêtes, le libéralisme est difficile. Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables», explique Thomas Chatterton Williams, auteur d’Autoportrait en noir et blanc, un essai qui sortira en janvier en français, où ce métis afro-américain exprime sa dissidence envers les obsédés de la race.

La gauche libérale se rebiffe

Comme lui, de nombreux intellectuels de la gauche libérale commencent à se rebeller contre cette idéologie étouffante, «qui ressemble à un nouveau bolchevisme ou à une forme de révolution culturelle à la chinoise», guettant tous les «traîtres» potentiels à la cause, nous confie Bret Weinstein. L’université de Chicago a pris la tête de la fronde, mettant noir sur blanc son engagement à défendre la liberté d’expression en 2015, un «serment» repris par plus de 50 autres établissements universitaires. Le très libéral Wellesley College a également réagi avec vigueur en créant un «projet liberté» destiné à encourager un débat d’idées libre et contradictoire. Et l’université de Berkeley, pourtant très progressiste, a créé un Centre pour la liberté d’expression. On voit aussi apparaître de nouveaux îlots de liberté intellectuelle, comme le magazine en ligne Quillette ou la revue Tablet, au fur et à mesure que les journaux mainstream comme le New York Times basculent dans le camp de la «justice sociale».

«Le seul fait que nous n’ayons pas peur a fait énormément pour le succès de Tablet», affirme Siegel. Sam Abrams dit recevoir des dizaines de lettres, montrant que«beaucoup de gens en ont assez». «J’aime à penser que nous sommes nombreux», dit aussi Greg Lukianoff. En juillet 2020, un collectif de plus de 150 écrivains, artistes et journalistes, parmi lesquels J.K. Rowling, mais aussi la romancière Margaret Atwood, auteur du best-seller La Servante écarlate, le linguiste et psychologue Steven Pinker, la féministe Gloria Steinem, a signé une tribune dans Harper’s Magazine pour dénoncer «une intolérance à l’égard d’opinions opposées, une vogue pour la dénonciation publique et l’ostracisme, et la tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveugle».

En réaction à cette tribune, Alexandria Ocasio-Cortes (AOC) l’égérie woke du Parti démocrate, a aussitôt relativisé sur Twitter: «Ceux qui se plaignent de la cancel culture pensent que tout leur est dû – comme si on avait le droit à un large public captif et que l’on deviendrait victime si les gens choisissaient de nous écarter. Il y a de fortes chances que vous ne soyez pas réellement annulé, que vous soyez simplement mis au défi, tenu pour responsable ou peu apprécié.» Même Obama, qui avait rêvé d’une présidence postraciale avant de participer à la montée woke en installant la question de la moralisation des discriminations au sein du processus bureaucratique, a eu droit à des tirs de barrage intenses de la frange radicale quand il s’est mêlé du débat. «Si tout ce que vous faites, c’est jeter des pierres, vous n’irez pas très loin», avait déclaré l’ex-président en octobre 2019. «Le monde est en désordre, il y a des ambiguïtés. Les gens qui font de bonnes choses ont des défauts. Les gens que vous combattez aiment leurs enfants, ils partagent certaines choses avec vous», a rappelé l’ancien président, blâmant «cette idée de la pureté, de n’être jamais compromis, d’être toujours politiquement “éveillé” (woke)».

Tout autre que lui aurait sans doute été agoni d’injures après de tels propos. Le président conserve d’ailleurs une position ambiguë sur tous ces sujets sociétaux et n’a nullement condamné les excès révolutionnaires de Black Lives Matter quand, après la mort de George Floyd, cette organisation a vite abandonné le thème des violences policières pour appeler à mettre à bas le capitalisme et à démanteler tout l’héritage américain, jusqu’à ses Pères fondateurs.

«Une tache qui se répand»

En réalité, les voix dissidentes restent très isolées, un peu comme «un samizdat du XXIe siècle», affirme le géographe Joel Kotkin, résumant le point de vue des autres «rebelles». Le fait que la vague woke ait quitté le champ strictement universitaire pour déborder dans les médias grand public, le monde des affaires et les institutions de l’État a laissé les libéraux de la vieille école largement désemparés. «Je commence à penser que nous avons besoin d’une nouvelle métaphore pour décrire le “Great Awokening”. Ce n’est pas tant un mouvement qui avance qu’une tache qui se répand. Une fois que ce processus a commencé, il est très difficile de l’inverser, tout ce qu’on peut espérer, c’est d’empêcher qu’il ne se propage davantage et de protéger les choses précieuses. Non, il n’y a pas de mouvement d’opposition de quelque importance à ce phénomène, et, s’il y en avait un, il ne réussirait pas», s’inquiète Mark Lilla, un libéral de gauche qui a été l’un des premiers à sonner l’alarme. «Nous sommes face à des passions morales très puissantes qui inspirent en particulier les jeunes. Nous devrons attendre qu’elles se dissipent avant d’espérer pouvoir réparer une partie des dégâts», ajoute-t-il.

Social-démocrate à l’ancienne et opposé à la vague identitariste montante, Joel Kotkin s’alarme tout particulièrement de l’alliance des campus avec l’industrie de la tech, cette nouvelle oligarchie omniprésente qui prête allégeance au mouvement woke en forçant notamment ses employés à organiser des séminaires d’inclusivité et à signer avec les fameux «pronoms» «manière pour elle d’éluder les sujets plus embarrassants d’inégalité, de classe et de positions monopolistiques». Pour lui, cette alliance rend quasiment impossible une rébellion des démocrates centristes contre les radicaux. Si certains observateurs continuent d’espérer que les modérés, comme l’élue du Congrès Elissa Slotkin, relèveront la tête, la plupart sont très sceptiques.

Le fait que Trump ait porté le combat contre l’idéologie woke, dénonçant «un poison toxique» et antipatriotique qui veut jeter l’opprobre sur «tout le projet américain», empêche les démocrates centristes de bouger activement sur cette question, regrette Greg Lukianoff. «Même si Trump a eu raison sur ces thèmes, son comportement et son style inacceptables sur le reste vont au contraire retarder la mobilisation du centre», pronostique-t-il. Un point de vue que partage le professeur Bret Weinstein, persuadé que l’équipe Biden utilisera «cyniquement l’énergie révolutionnaire née sur les campus», mais finira par perdre le contrôle du «tigre» woke. «Ils ont déjà gagné, pense Jacob Siegel. Toutes les institutions cèdent les unes après les autres.»

Les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches

Sam Abrams, professeur de science politique au collège ­Sarah Lawrence de New York

Dans ce tableau bien sombre, Sam Abrams voit une lueur d’espoir venir potentiellement de la nouvelle «génération Z» (nés entre 1997 et 2000), «beaucoup moins idéologue que les millennials» (nés entre 1980 et 2000), fatiguée de la polarisation et peu convaincue par la racialisation galopante. «Quand je me promène dans les campus pour des tournées de conférences, les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches.» Sam n’en reste pas moins très envieux de «l’approche française»,qui résiste tant bien que mal à la vague woke anglo-saxonne. «Ça fait tellement de bien de savoir que chez vous les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont “un petit garçon ou une petite fille”. Chez nous, on dirait: comment osez-vous assigner un genre?»

Mais la différence est-elle si grande que Sam le pense? L’Amérique et la France ont beau plaider pour deux modèles radicalement opposés de république, sur le plan des idées, les chassés-croisés entre nos deux pays sont incessants. Ainsi avons-nous exporté la French Theory sur les campus d’Amérique dans les années 1960, semence qui allait faire fleurir le politiquement correct. Aujourd’hui, celui-ci nous revient en boomerang sous les nouveaux habits de la cancel culture et du wokisme qui s’implantent dans nos universités. Et, là-bas comme ici, l’intelligentsia libérale se réveille face aux excès et au déni d’une révolution qui dévore ses enfants. Aux États-Unis comme en France, cette guerre idéologique ne fait que commencer.

COMPLEMENT:

Sans commentaire:The Earth itself is rejoicing at the prospect of Dumping Trump. How could over 70,000,000 people still vote for such ignorant scum after four years of vapid hateful and puerile rhetoric! – A fellow Santa Monica resident on Nextdoor.com


This Chronicle presupposes that Donald Trump’s challenges to the election results, whether or not well founded, will not succeed.

There is something called force majeure that supersedes all rules of procedure. When Kennedy won in 1960, it was known at the time or soon after that the Illinois electoral votes that decided the election were fixed by Chicago’s legendary Mayor Daley—that is, that in objective terms, it was Nixon who won the election. Just as we can be pretty sure that Jeffrey Epstein did not hang himself in his cell; that Harry Reid’s 2015 “accident” was not a fall from his exercise bike; or that Hillary Clinton committed a felony by using a personal mail server that no doubt helped her to conceal, among other things, the conspiracy against Trump. But to these and other “slips” we can only say, c’est la vie. There’s nothing to do about them. Somehow the welfare of the state depends, if not on their consequences, then on the consequences of not raising questions about them in such a way as to produce embarrassing answers.

Assuming this is also the case for the allegations of voter fraud to explain all these states switching from one column to the other after the election-day votes had been counted, I will therefore assume that, whether or not his challenges are legitimate, Donald Trump will not begin a second term in 2021.


In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles.

We are accustomed to seeing tragedy as either a literary form or a vision of the human condition, as in Unamuno’s Tragic Sense of Life. But in such literary and/or anthropological generalizations, the importance of tragedy as a critical interaction between leader and community is lost.

Tragedy is compatible neither with acephalous tribal society, nor with the archaic empires in which the godlike pharaoh cannot be conceived in dialogue with others. It is a product of the post-theocratic society of Athens and other city-states, one in which kings and tyrants interact with their subjects as fellow humans, not as sacred beings.

Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition.


If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure.

No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case.

To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy.

What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.”

This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions.

Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas.

Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it.

But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class (Coming Apart, Crown Forum, 2012; see, e.g., Chronicles 424, 449) to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves.

No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations (see Chronicle 674).

Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice (see Chronicle 493), highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats.


After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class.

I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority.

The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis.

Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump.


What lesson does this teach us about tragedy, not as a “literary form,” but as a category of cultural acts?

What we call the “tragic flaw” (hamartia) should not be understood, as does Aristotle, as a characterological imperfection in one who might otherwise have been perfect. It is the mark of the protagonist’s ineluctable individuality, the non-identity between his own scene of representation and that of his community, whose welfare, in classical tragedy as in the American presidency, he is charged to uphold, yet which could only be grasped in its totality by a mind that transcended the human sphere.

The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause.

Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. Classical tragedy’s dramatis personae, even taking into account the many lost plays, were quite limited; the same figures constantly reappeared. The “serious actions” that tragedies “imitate” are not fictions open to the author’s invention; in principle they must have a basis in their potential spectators’ knowledge prior to the play itself, whether in history (the oldest extant tragedy is Aeschylus’ The Persians) or myth. La tragédie ne s’invente pas.

Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve.


Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties:

It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner. It’s not just that he does things that the common man can kind of appreciate. And it’s not even because he uses kind of simplistic language—he doesn’t use complicated, wonky language, the way a lot of Democrats do. . . .

We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. They aren’t thoughtful enough. They aren’t “woke” enough. They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. . . . It’s talking down to people. It’s alienating them. And there’s just certain voters who feel so distant from the political process—it’s not their life, it’s not their world. They hate it. They don’t like all that politics stuff. Trump speaks to them, because he includes them.

(https://www.foxnews.com/politics/elissa-slotkin-dem-urges-party-act-more-like-trump)

Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt.


Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street).

Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves.

That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable.

It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence.

If Trump still refuses to concede—and we need not deny a priori the claims of his lawyer Sidney Powell, whose recent statements: “We’re getting ready to overturn election results in multiple states,” and “I don’t make comments without having the evidence to back it up” (see https://www.ntd.com/trump-lawyer-sidney-powell-were-getting-ready-to-overturn-election-results-in-multiple-states_528748.html) at least express confidence—this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place.

May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.”

Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians.


Présidentielle américaine: Attention, une fraude peut en cacher une autre ! (Despite all the money and clout of America’s corrupt Establishment, the people’s rebellion started by Trump will not so easily go away)

7 novembre, 2020

Donald Trump, Counterrevolutionary | AllSidesTJ3 Founder & Writer of the Deloration of Indie. #Jefferson | This or that questions, Lettering, The republicNo, Donald Trump is not Adolf Hitler - New York Daily NewsKing: Donald Trump has gone full blown Nazi on us - New York Daily NewsDonald Trump Has Escalated His Rhetoric. So Has The Press Covering Him : NPR

VoterID | U.S. Embassy in SwedenImage

Nous avons mis en place, je pense, l’organisation d’une fraude électorale la plus vaste et la plus inclusive de l’histoire de la politique américaine. Joe Biden
Lorsqu’un Sanhédrin s’est déclaré unanime pour condamner, l’accusé sera acquitté. Le Talmud
Ce n’est pas en refusant de mentir que nous abolirons le mensonge : c’est en usant de tous les moyens pour supprimer les classes. (…) Tous les moyens sont bons lorsqu’ils sont efficaces. Aujourd´hui, c´est le meilleur moyen. (Un temps.) Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! A qui cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c´est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j´ai les mains sales. Jusqu´aux coudes. je les ai plongées dans la merde et dans le sang. Et puis après ? Est-ce que tu t´imagines qu´on peut gouverner innocemment? Jean-Paul Sartre (Les mains sales, 1948)
That’s our motto. We want freedom by any means necessary. We want justice by any means necessary. We want equality by any means necessary. Malcom Little alias X
The revolution will not be televised, the revolution will be live. Gil Scott-Heron
Vous semblez … considérer les juges comme les arbitres ultimes de toutes les questions constitutionnelles; doctrine très dangereuse en effet, et qui nous placerait sous le despotisme d’une oligarchie. Nos juges sont aussi honnêtes que les autres hommes, et pas plus. Ils ont, avec d’autres, les mêmes passions pour le parti, pour le pouvoir et le privilège de leur corps. Leur maxime est boni judicis est ampliare jurisdictionem [un bon juge élargit sa compétence], et leur pouvoir est d’autant plus dangereux qu’ils détiennent leur fonction à  vie et qu’ils ne sont pas, comme les autres fonctionnaires, responsables devant un corps électoral. La Constitution n’a pas érigé un tribunal unique de ce genre, sachant que, quelles que soient les mains confiées, avec la corruption du temps et du parti, ses membres deviendraient des despotes. Il a plus judicieusement rendu tous les départements co-égaux et co-souverains en eux-mêmes. Thomas Jefferson (lettre à William Charles Jarvis, 28 septembre 1820)
Si le juge avait pu attaquer les lois d’une façon théorique et générale ; s’il avait pu prendre l’initiative et censurer le législateur, il fût entré avec éclat sur la scène politique ; devenu le champion ou l’adversaire d’un parti, il eût appelé toutes les passions qui divisent le pays à prendre part à la lutte. Mais quand le juge attaque une loi dans un débat obscur et sur une application particulière, il dérobe en partie l’importance de l’attaque aux regards du public. Son arrêt n’a pour but que de frapper un intérêt individuel ; la loi ne se trouve blessée que par hasard. Tocqueville
Qu’on y prenne garde, un pouvoir électif qui n’est pas soumis à un pouvoir judiciaire échappe tôt ou tard à tout contrôle ou est détruit. (…) L’extension du pouvoir judiciaire dans le monde politique doit donc être corrélative à l’extension du pouvoir électif. Si ces deux choses ne vont point ensemble, l’État finit par tomber en anarchie ou en servitude. Tocqueville (1835)
Est-ce qu’une erreur humaine, des bugs informatiques, un piratage ou d’autres problèmes ont modifié l’issue du vote ? Même si, à ce stade, il n’existe aucune preuve, les informations sur le hack [de la campagne démocrate] et l’interférence délibérée [de la Russie] font que cela vaut le coup d’enquêter. Ron Rivest et Philip Star (professeurs au MIT et à l’université de Californie, USA Today, 2016)
Voici un scénario possible. D’abord, les instigateurs enquêtent sur les bureaux de vote très en amont pour trouver comment pénétrer dans les ordinateurs. A l’approche de l’élection, quand les sondages montrent dans quels Etats les résultats seront serrés, ils diffusent un logiciel malveillant dans certaines machines de vote pour favoriser un candidat. Ce logiciel est conçu pour rester inactif pendant les tests préélection, fait son sale boulot le jour du scrutin, puis s’autoefface quand le bureau ferme. Les machines à voter américaines ont de sérieux problèmes de sécurité informatique. Cela fait des années que nous soulignons que ces machines sont des ordinateurs, avec des logiciels reprogrammables, et que si des pirates peuvent les modifier en infectant la machine avec un programme malveillant, ils peuvent lui faire dire absolument ce qu’ils veulent. (…) Je crois que l’explication la plus plausible est que les sondages étaient systématiquement erronés, non que le système électoral a été manipulé. John Alex Halderman (2016)
Et si l’élection surprise de Donald Trump s’expliquait par une fraude ciblée à la machine électronique ? C’est l’hypothèse qu’avancent plusieurs experts aux Etats-Unis, dont l’avocat en droit électoral John Bonifaz et le professeur en informatique de l’université du Michigan John Alex Halderman. Selon un article du New York Magazine du 22 novembre, l’entourage de Hillary Clinton a été alerté de possibles manipulations dans les Etats du Wisconsin, du Michigan et de Pennsylvanie, et pressé de déposer un recours pour contester les résultats. Selon leurs analyses, dans le Wisconsin, la candidate démocrate a obtenu en moyenne 7 % de voix de moins dans les bureaux de vote équipés de machines électroniques que dans les bureaux pratiquant le décompte manuel. Un écart équivalent à 30 000 électeurs, dans un Etat où l’ancienne première dame des Etats-Unis n’a été battue que de 27 000 voix. Or, plusieurs observateurs relèvent que quelques centaines de bureaux de vote suffisent à faire changer l’issue d’un scrutin serré. Les machines de vote électronique américaines ne sont pas réputées pour leur niveau de sécurité drastique. Comme le rappelle l’ingénieure et mathématicienne Emily Gorcenski sur Twitter, alors qu’un simple capteur de pouls nécessite pas moins d’une dizaine d’étapes de certification, il n’y a ni évaluation du code informatique, ni recherche de faille, ni suivi des versions du logiciel pour les urnes électroniques. Pirater les systèmes informatiques des machines à voter n’a dès lors rien d’impossible, détaille le spécialiste en sécurité informatique John Alex Halderman dans une tribune sur le réseau social Medium (…) Pour cela, la machine n’a pas besoin d’être connectée à Internet : il suffit que l’ordinateur à partir duquel elle a été configurée pour le scrutin du jour soit infecté pour qu’elle puisse l’être à son tour, par l’actualisation de ses données par carte mémoire ou clé USB. (…) Ces doutes se font jour dans un contexte particulièrement tendu, où non seulement la victoire de Donald Trump a fait beaucoup de mécontents, mais aussi où des soupçons d’interventions russes ont pesé dès la primaire démocrate. Des irrégularités et cyberattaques combinées aux positions prorusses du candidat républicain ont rapidement suscité des suspicions d’une interférence de Moscou en faveur de Donald Trump. John Alex Halderman le reconnaît, ce scénario aurait encore relevé de la science-fiction il y a quelques années. Mais pas en 2016, notamment depuis le piratage du Comité national démocrate et de la messagerie électronique de John Podesta, le responsable de campagne de Hillary Clinton. Donald Trump, lors d’une interview en juillet, a publiquement invité la Russie à « fouiller » les e-mails de Mme Clinton afin de révéler au grand jour ceux qu’elles n’auraient pas transmis au FBI. Washington a affirmé voir la main de la Russie derrière ces intrusions, ce dont Moscou s’est défendu. Par ailleurs, dès octobre, l’administration Obama a accusé Moscou d’avoir piraté le système informatique électoral. « Ces vols et ces piratages ont pour but d’interférer dans le processus électoral américain », ont affirmé le département de la sécurité intérieure (DHS) et la direction du renseignement américain (ODNI) dans un communiqué commun. Lors des élections elles-mêmes, des dysfonctionnements ont rapidement été observés dans plusieurs Etats. Dans certains bureaux de la banlieue de Pittsburgh, en Pennsylvanie, plusieurs machines ont notamment inversé les votes qui leur étaient soumis. Ce dysfonctionnement a toutefois touché indifféremment les deux partis, et la source du problème a rapidement été identifiée, puis corrigée. D’autres alertes concernant des machines en panne ou défectueuses ont également été signalées dans l’Utah et le Colorado. Même si ce ne furent que des événements courts et isolés, ils ont suffi à éveiller la méfiance des républicains, persuadés que le système leur était hostile et essayerait de leur barrer la route. Certains organes de presse d’extrême droite, comme OnlineMagazin, ont pour leur part diffusé des vidéos de dysfonctionnement de machines de vote en Pennsylvanie, et suggéré un complot ourdi par le milliardaire George Soros. Le jour du scrutin, à l’antenne de Fox News, Donald Trump lui-même s’était montré inquiet des vulnérabilités du vote électronique, quelques heures avant d’apprendre qu’il avait remporté l’élection. « Est-ce qu’une erreur humaine, des bugs informatiques, un piratage ou d’autres problèmes ont modifié l’issue du vote ? Même si, à ce stade, il n’existe aucune preuve, les informations sur le hack [de la campagne démocrate] et l’interférence délibérée [de la Russie] font que cela vaut le coup d’enquêter », affirment à leur tour dans une tribune parue sur USA Today Ron Rivest et Philip Star, professeurs au MIT et à l’université de Californie, et membres du comité d’assistance technique aux élections américaines. Alors que Hillary Clinton a jusqu’à vendredi 25 novembre pour déposer un recours, faut-il croire à une cyberattaque ? A priori non, affirme Nate Silver, analyste et prévisionniste électoral réputé, fondateur du site FiveThirtyEight, à partir d’une analyse non pas informatique ou géopolitique du scrutin, mais sociologique et démographique. Pour tenter d’isoler l’éventuelle influence du système de vote, manuel ou électronique, le statisticien a rapporté les différences de vote dans les comtés du Wisconsin à d’autres critères plus classiques : couleur de peau, niveau d’éducation et revenu. Les résultats, observe-t-il, ne sont généralement pas significativement différents lorsque le bureau fonctionne avec des appareils électroniques et lorsque le vote et le dépouillement se font à la main. Mais alors, pourquoi 7 % de différence dans le vote Clinton, d’un type de vote à un autre ? Là encore, pour Nate Silver, ce sont les différences démographiques entre les comtés équipés de systèmes électroniques et les autres qui pourraient expliquer les écarts de résultats. Selon l’analyste américain, un seul cas de figure très précis pourrait expliquer cette absence de corrélation sans invalider l’hypothèse d’un piratage : que les pirates aient anticipé les variables électorales par couleur de peau, par niveau d’éducation et par revenu, et choisi précisément de viser les bureaux de vote où la sociologie des électeurs rende mathématiquement indétectable l’effet d’une intrusion informatique. Par exemple, si la forte proportion d’individus peu diplômés augmente le score républicain, et que seuls les bureaux de vote de ce type sont piratés, l’impact du piratage est indétectable. Le scientifique J. Alex Halderman lui-même reste prudent, en dépit des multiples indices de vulnérabilité des machines à voter. « Je crois que l’explication la plus plausible est que les sondages étaient systématiquement erronés, non que le système électoral a été manipulé », estime-t-il. Il réclame néanmoins une enquête pour en avoir le cœur net et rappelle que seul le vote papier peut prémunir les électeurs contre le risque d’un détournement du système électronique. Le Monde (25.11.2006)
Plusieurs sites d’extrême droite français ont repris une rumeur sur la supposée découverte d’un ancien enquêteur du FBI censée prouver une triche organisée par le candidat démocrate. Un système de fraude massive à l’occasion de l’élection présidentielle américaine aurait-il été découvert par deux enquêteurs, dont un ancien du FBI ? C’est la rumeur reprise, sans le moindre élément de preuve, par plusieurs médias français pro-Trump. Ce que dit la rumeur. Deux enquêteurs américains, dont un ancien employé du Federal Bureau of Investigation (FBI), auraient découvert, avec « des preuves vidéo, des documents et des témoins » pour l’attester, l’existence d’une « opération illégale de récolte de bulletins de vote [qui] pourrait détourner 700 000 bulletins ». Cette affirmation a notamment été popularisée par les sites d’extrême droite Resistances 2020 et Europe Israël. Cette accusation, très populaire dans les cercles trumpistes américains, s’appuie sur une attestation sur l’honneur qui existe bel et bien. Signée par un détective privé républicain, Charles F. Marler, elle date du mois de septembre. Celui-ci y expliquait qu’un système de fraude avait été mis en place par les démocrates dans le comté de Harris, dans le Texas. Problème : le détective privé prétend posséder de nombreuses preuves et témoignages, mais n’en produit aucun. L’attestation, jugée vague et dépourvue de fondements suffisants, a donc été estimée peu crédible par les responsables du comté, relate le site de vérification américain Snopes. Faute d’élément, rien ne permet d’affirmer que des manipulations électorales ont eu lieu au Texas. Du reste, l’issue du vote n’accrédite pas l’idée qu’une triche de grande ampleur aurait profité au Parti démocrate. L’Etat a en effet été remporté par Donald Trump avec 52,8 % des votes. Les décodeurs du Monde (06.11.2020)
Des soutiens de Donald Trump profitent de l’incertitude qui entoure l’issue du scrutin pour accuser Joe Biden et les démocrates de fraude. (…) L’élection présidentielle américaine de 2020, dont le résultat n’était pas encore connu vendredi 6 novembre dans l’après-midi, a apporté son lot de rumeurs et suspicions sur la bonne tenue du scrutin. Celles-ci vont toutes dans le même sens : reprenant un argumentaire lancé très en amont par Donald Trump, elles accusent le camp démocrate de truquer l’élection pour faire perdre l’actuel président. (…) Une rumeur sur Facebook affirme que les listes électorales dans l’Etat du Michigan, remporté mercredi 4 novembre par le candidat démocrate, Joe Biden, sont frauduleuses. Des soutiens de Donald Trump partagent sur les réseaux sociaux une image diffusée à la télévision américaine, pour confirmer les allégations du président sortant qui dénonce un supposé « vol » du scrutin. La capture d’écran, qui provient de la chaîne locale Fox 2 Detroit, indique qu’une action en justice a été ouverte pour enquêter sur les électeurs de la plus grande ville du Michigan. Elle détaille les irrégularités observées sur les listes électorales : « 4 788 inscriptions en double, 32 519 électeurs inscrits de plus que ce que l’Etat en compte, 2 503 personnes décédées inscrites, un électeur né en 1823. » Pourquoi c’est faux. L’image est authentique, et les informations aussi. Sauf que cette action en justice n’a pas été intentée pendant les élections américaines de 2020. Elle a été initiée en 2019 par la Public Interest Legal Foundation, une organisation conservatrice proche de Donald Trump, et hostile au vote par correspondance, qui a intenté des poursuites judiciaires dans le pays pour s’assurer de la mise à jour des listes électorales, comme l’explique le site américain Politifact. En décembre 2019, la Public Interest Legal Foundation a attaqué la ville de Détroit, l’accusant de détenir des listes électorales frauduleuses. Six mois plus tard, en juin 2020, les poursuites judiciaires ont été abandonnées, car l’organisation a estimé que les listes électorales avaient été finalement corrigées. En résumé, l’image date de 2019 et n’a donc pas été diffusée à la télévision pendant l’élection présidentielle actuelle. De plus, les listes électorales à Détroit ont été mises à jour avant l’élection. A l’heure où nous écrivons ces lignes, aucun soupçon de fraude électorale n’a été documenté dans le Michigan en ce qui concerne le scrutin du 4 novembre. (…) Dans un court extrait vidéo d’une vingtaine de secondes, repris notamment en France par le site de « réinformation » Dreuz, Joe Biden en personne déclare face caméra (la traduction est de Dreuz) : « Deuxièmement, nous sommes dans une situation où nous avons mis en place – et vous l’avez fait pour notre administration, celle du président Obama, avant celle-ci – nous avons mis en place, je pense, l’organisation de fraude électorale la plus étendue et la plus inclusive de l’histoire de la politique américaine. » L’extrait provient d’un podcast diffusé fin octobre, dans lequel Joe Biden répond aux questions de Crooked Media, un média de gauche fondé par des proches de Barack Obama. Sorti de son contexte, il ressemble à un aveu. Remis dans son contexte, il est tout le contraire : le candidat démocrate explique comment son équipe compte lutter contre les tentatives du camp républicain pour dissuader les électeurs démocrates. Cette stratégie de « suppression des électeurs », fort bien expliquée par Franceinfo, consiste par exemple à refuser les cartes d’étudiants mais à accepter les permis de port d’arme comme pièce d’identité à l’entrée des bureaux de vote pour favoriser les électeurs républicains. Face à ces techniques, qui visent notamment les électeurs noirs, traditionnellement enclins à voter démocrate, Joe Biden explique que son équipe a mis en place un site pour faciliter les démarches des électeurs concernés, Iwillvote.com (Je vais voter). Ce qu’il décrit [au-delà de son lapsus] n’est donc pas un système de fraude, mais au contraire un système de lutte contre la fraude électorale que l’ancien vice-président attribue à son adversaire. (…) 700 000 bulletins en faveur de Joe Bien « seraient apparus miraculeusement ». Selon cette infox, née en août et ravivée depuis début novembre, respectivement 500 000 et 200 000 bulletins auraient été attribués frauduleusement à des personnes mortes et des animaux de compagnie en Virginie et au Nevada. La rumeur s’est diffusée sur les réseaux sociaux en France, où l’on peut lire, par exemple, que « même les morts ont voté pour Biden ». Faux. Ce qui est vrai, c’est que 700 000 bulletins ont été envoyés de manière incorrecte. D’une part, en Virginie, 500 000 bulletins comportaient l’adresse du mauvais bureau de vote sur l’enveloppe de retour : les électeurs étaient encouragés à envoyer leur courrier à la ville de Fairfax, et non au comté de Fairfax, entité administrative compétente pour l’élection. Le comté de Fairfax s’est excusé pour cette erreur et s’est engagé à prendre à ses frais le transport des bulletins vers le bon bureau de vote. Absolument rien ne permet d’affirmer que les votes en question allaient dans le sens du candidat Joe Biden ou de Donald Trump. La seconde erreur s’est produite au Nevada, où des bulletins avaient été envoyés systématiquement à tous les électeurs en raison de la pandémie. 226 000 enveloppes de vote ont été renvoyées aux autorités en charge du processus électoral, car elles étaient arrivées à des adresses où ne résidaient plus leurs destinataires, pour une raison ou une autre (décès, déménagement, erreur administrative, etc.). Certains, dans le lot, ont donc pu arriver chez des personnes mortes. Deb Wake, présidente de la ligue des électrices de Virginie, interrogée par la radio WTop, explique que quelqu’un lui a rapporté qu’un mort et un animal de compagnie avaient reçu un courrier électoral. Le site de vérification américain Politifact rappelle toutefois qu’il s’agit d’un cas de figure très fréquent dans une élection. « Si on envoie un bulletin de vote aujourd’hui et que l’électeur meurt demain, il recevra quand même le courrier », explique Wayne Torley, secrétaire adjoint aux élections du Nevada. Cela ne constitue pas une fraude, sauf si une personne remplit le bulletin au nom du mort – mais rien ne permet d’affirmer que cela a été le cas. (…) La courbe des votes en faveur du candidat démocrate Joe Biden est caractérisée par des envolées abruptes, à la verticale, signe que le scrutin a été truqué pour le faire remonter d’un coup. C’est du moins ce qu’estiment les relais français du candidat républicain. « Les démocrates, quand vous fraudez soyez discrets svp », interpelle ainsi Damien Rieu, figure de la fachosphère française. Le magistrat Charles Prats, ancien soutien de François Fillon, suggère lui aussi un trucage, « ni vu ni connu », dans un Tweet qui reprend les mêmes graphiques. Trompeur. Ces deux graphiques affichant une remontée spectaculaire sont authentiques. Ils ont été publiés par les journalistes de FiveThirtyEight, un site américain d’analyse politique reconnu, sur leur blog de suivi en direct de l’élection. Cette courbe est due à un biais statistique : au lieu d’égrener progressivement les scrutins au fur et à mesure de la journée, certains Etats publient les résultats par à-coups, en faisant remonter en même temps un très grand nombre de votes dépouillés, d’où ce bond. Mais ces augmentations soudaines ne profitent pas au seul camp démocrate, explique Curt Villarosa, responsable des affaires publiques d’ABC News, le média propriétaire de FiveThirtyEight, au site de vérification américain Politifact : « Tous n’étaient pas 100 % pour Biden. Sous la ligne bleue, il y a aussi une ligne rouge représentant les milliers de votes pour Trump. Il y a par ailleurs des contre-exemples où la courbe de Trump explose soudainement quand un lot de scrutins favorables est pris en compte. » En effet, d’autres graphiques publiés par FiveThirtyEight permettent de retrouver le même phénomène d’envolée soudaine de la courbe. Celui-ci est décorrélé du candidat. Ainsi dans Iowa (IA sur le graphique), Biden comme Trump ont vu leur nombre de votes exploser dans des proportions quasi égales en milieu de journée, et relativement similaires en début de journée dans le Kansas (KS). Dans le Montana (MT), les lots tardifs ont plutôt été en faveur de Trump, se traduisant par des bonds à la verticale dans la courbe du président sortant. (…) Alors que l’issue de l’élection américaine demeure incertaine, rien n’est en mesure de corroborer les accusations de fraude de Donald Trump. Les exemples cités plus haut, relayés en nombre par les supporteurs du président américain sortant, sont faux. Comme la vidéo d’un homme qui brûle fièrement des bulletins de vote pro-Trump. En réalité, ces bulletins sont des échantillons qui ne sont pas utilisés pour le vote. Eric Trump, lui, n’a toujours pas supprimé son Tweet. La rumeur sur les 40 000 bulletins de votes non pris en compte en Géorgie est également une infox. Sur Twitter, le comté de DeKalb a qualifié cette information d’« erronée » et expliqué que seuls 200 bulletins, et non pas 40 000, avaient été mis de côté provisoirement. Chacun des électeurs concernés sera contacté afin de confirmer les votes, a assuré le comté. (…) Un autre élément de discours récurrent consiste à s’étonner que des lots entiers de votes soient intégralement en faveur de l’ancien vice-président, comme dans le Michigan, où Joe Biden s’est vu créditer de plus de 138 339 voix d’un coup. Une anomalie statistique qui prouverait une magouille électorale. (…) Vrai, mais l’erreur a été corrigée. La carte qui circule est celle de Decision Desk HQ, une entreprise d’agrégation de résultats électoraux. Celle-ci a reconnu une erreur de saisie dans les données envoyées par l’Etat du Michigan. L’origine précise de l’erreur a été repérée par un internaute : dans le comté de Shiawassee (68 122 habitants), Joe Biden a été crédité de 153 710 votes (notez le zéro à la fin) au lieu de 15 371. Entre les deux chiffres, un différentiel de 138 339, soit pile le nombre de scrutins erronés attribués au niveau du Michigan à Joe Biden. « Cela arrive les nuits d’élection et nous pensons que d’autres agrégateurs de votes du Michigan ont rencontré la même erreur et l’ont corrigée en temps réel comme nous l’avons fait », s’est justifié un porte-parole à BuzzFeed. Les résultats ont depuis été corrigés. Malgré cela, le candidat démocrate a tout de même remporté d’une courte tête les 16 grands électeurs du Michigan. L’actuel locataire de la Maison Blanche a annoncé qu’il déposerait un recours pour contester le résultat. Les décodeurs du Monde
Ce qui est vraiment stupéfiant, c’est l’hubris qui se reflète dans le Putsch judiciaire d’aujourd’hui. Antonio Scalia
J’ai été commis au juge Scalia il y a plus de 20 ans, mais les leçons que j’ai apprises résonnent toujours. Sa philosophie judiciaire est aussi la mienne: un juge doit appliquer la loi telle qu’elle est écrite. Les juges ne sont pas des décideurs politiques, et ils doivent être résolus à mettre de côté toutes les opinions politiques qu’ils pourraient avoir. Amy Coney Barrett
The Court has needlessly created conditions that could lead to serious post-election problems. The Supreme Court of Pennsylvania has issued a decree that squarely alters an important statutory provision enacted by the Pennsylvania Legislature pursuant to its authority under the Constitution of the United States to make rules governing the conduct of elections for federal office, Act 77, which permitted all voters to cast their ballots by mail but unambiguously required that all mailed ballots be received by 8 p.m. on election day. The law also specified that if this provision was declared invalid, much of the rest of Act 77, including its liberalization of mail-in voting, would be void. Yet in the face of Act 77’s deadline, a divided Pennsylvania court “decreed that mailed ballots need not be received by election day.” Instead, it confected a new rule — that ballots “are to be treated as timely if they are postmarked on or before election day and are received within three days thereafter.” Quaker State sages also ordered that a ballot with no postmark must be accepted if received on time. A month ago, the GOP in Pennsylvania and the Quaker State Senate’s leaders asked the U.S. Supreme Court to stay the Pennsylvania’ Supreme Court’s decision. They argued the state court decision violated the U.S. constitution and “the federal statute setting a uniform date for federal elections.” Yet the our high court denied the stay — “by an equally divided vote. Justice Alito (October 28, 2020)
Quelques semaines avant une élection nationale, un juge de district fédéral a décrété que la loi du Wisconsin enfreignait la Constitution en obligeant les électeurs absents à retourner leur bulletin de vote au plus tard le jour du scrutin. Le tribunal a rendu sa décision même si plus de 30 États appliquent depuis longtemps la même date limite de vote par procuration – et pour des raisons compréhensibles: les élections doivent se terminer à un moment donné, une seule date limite fournit un avis clair et l’exigence que les bulletins de vote aient lieu le jour du scrutin met tous les électeurs sur le même pied. «Le bon sens, ainsi que le droit constitutionnel, obligent à la conclusion ce gouvernement doit jouer un rôle actif dans la structuration des élections », et les États ont toujours exigé des électeurs« qu’ils agissent en temps opportun s’ils souhaitent exprimer leur point de vue dans l’isoloir ». Burdick v. Taku-shi, 504 US 428, 433, 438 (1992). Pourquoi le tribunal de district a-t-il cherché à saborder une tradition si ancienne dans ce domaine? COVID. En raison de la pandémie actuelle, le tribunal a suggéré qu’il était libre de substituer sa propre date limite électorale à celle de l’État. Peu importe qu’en réponse à la pandémie, la Commission électorale du Wisconsin ait décidé d’envoyer par courrier aux électeurs inscrits une demande de vote par correspondance et une enveloppe de retour au cours de l’été, de sorte que personne n’ait eu à en demander une. Qu’importe que les électeurs soient également libres de rechercher et de renvoyer les bulletins de vote par correspondance depuis septembre. Peu importe que les électeurs puissent renvoyer leurs bulletins de vote non seulement par la poste, mais aussi en les apportant au bureau du greffier du comté ou dans diverses boîtes de dépôt «sans contact» organisé localement ou dans certains bureaux de vote le jour du scrutin. N’oubliez pas que ceux qui ne sont pas en mesure de voter le jour du scrutin ont encore d’autres options dans le Wisconsin, comme voter en personne pendant une période de vote de deux semaines avant le jour du scrutin. Et n’oubliez pas que le tribunal lui-même a trouvé que la pandémie constituait une menace insuffisante pour la santé et la sécurité des électeurs pour justifier la refonte des procédures du vote en personne de l’État. Il est donc incontestable que le Wisconsin a fait des efforts considérables pour accueillir le vote anticipé et répondre à la COVID. Le seul grief possible du tribunal de district est que l’État n’a pas fait assez. Mais à quel moment en a-t-on fait assez ? Si le délai légal de vote par procuration du Wisconsin peut être écarté du fait du statut de l’État en tant que «hotspot» COVID, qu’en est-il des délais identiques dans 30 autres États? Dans quelle mesure un État (ou peut-être une partie de celui-ci) doit-il être un «point chaud» avant que les juges décident d’improviser une nouvelle législation ? Ensuite, il y a la question de savoir ce que devraient être ces nouvelles échéances ad hoc. Le juge dans cette affaire a ajouté 6 jours à la date limite des élections de l’État, mais pourquoi pas 3, 7 ou 10, et qu’est-ce qui empêcherait différents juges de choisir (comme ils le feraient sûrement) des délais différents dans différentes juridictions? Une politique étatique largement partagée cherchant à concrétiser le jour des élections céderait la place à une Babel de décrets. Et comment empêcher les tribunaux de modifier également les règles du vote en personne? Ce juge a refusé d’aller aussi loin, mais les plaignants pensaient qu’il aurait dû le faire, et il n’est pas difficile d’imaginer que d’autres juges acceptent des invitations à élargir les cartes de la circonscription et à décider si les États devraient ajouter des bureaux de vote, réviser leurs horaires, réorganiser les isoloirs en leur sein, ou peut-être même compléter les protocoles existants de distanciation sociale, de lavage des mains et de ventilation. La Constitution dicte une approche différente de ces questions d’où on met la barre. La Constitution stipule que les législatures des États – et non ni les juges fédéraux, ni les juges des États, ni les gouverneurs des États, ni les autres représentants de l’État – portent la responsabilité principale de l’établissement des règles électorales. Art. I, §4, cl. 1. Et la Constitution offre également un deuxième niveau de protection. Si les règles de l’État doivent être révisées, le Congrès est libre de les modifier. Ibid. («Les heures, les lieux et les modalités de tenue des élections des sénateurs et des représentants sont prescrits dans chaque État par la législature de celui-ci; mais le Congrès peut à tout moment par la loi établir ou modifier de tels règlements…»). Rien dans notre document fondateur n’envisage le type d’intervention judiciaire qui a eu lieu en l’espèce, et il n’y a pas non plus de précédent en 230 ans de décisions de cette Cour. Et avec raison. Les législateurs peuvent être tenus responsables par les citoyens des règles qu’ils écrivent ou ne parviennent pas à rédiger; mais généralement, pas les juges. Les législatures élaborent des politiques et mettent en œuvre la sagesse collective de tout le peuple lorsqu’elles le font, tandis que les tribunaux ne rendent le jugement que pour une seule personne ou une poignée d’individus. Les législatures disposent de ressources beaucoup plus importantes pour la recherche et l’établissement des faits sur les questions de science et de sécurité que celles qui peuvent habituellement être réunies dans un litige entre des parties distinctes devant un juge unique. En prenant leurs décisions, les législateurs doivent faire des compromis pour parvenir au large consensus social nécessaire pour promulguer de nouvelles lois, ce qui n’est pas facilement reproductible dans les salles d’audience où généralement une partie doit gagner et l’autre perdre. Bien entendu, les processus démocratiques peuvent s’avérer frustrants. Parce qu’ils ne peuvent pas facilement agir sans un large consensus social, les législatures sont souvent lentes à réagir et tièdes quand elles le font. La clameur pour que les juges interviennent et abordent les problèmes émergents, et la tentation pour les juges individuels de combler le vide de l’inaction perçue peut être grande. Mais ce qui semble parfois être une faute dans la conception constitutionnelle était une caractéristique pour les rédacteurs, un moyen de garantir que tout changement du statu quo ne serait pas fait à la hâte, sans délibération minutieuse, consultation approfondie et consensus social. Nous ne pouvons pas non plus annuler cet arrangement simplement parce que nous pourrions être frustrés. Notre serment de respecter la Constitution est mis à l’épreuve par les temps difficiles, pas par les temps faciles. Et céder à la tentation de contourner les règles constitutionnelles habituelles n’est jamais gratuit. Cela porte atteinte à la foi en la Constitution écrite en tant que loi, au pouvoir du peuple de superviser son propre gouvernement et à l’autorité des législatures, car plus nous assumons leurs devoirs, moins ils sont incités à les remplir. Les modifications de dernière minute des règles électorales de longue date risquent également de générer d’autres problèmes, suscitant la confusion et le chaos et érodant la confiance du public dans les résultats électoraux. Personne ne doute que la tenue d’élections nationales en période de pandémie pose de sérieux défis. Mais rien de tout cela ne signifie que les juges individuels peuvent improviser avec leurs propres règles électorales à la place de celles que les représentants du peuple ont adoptées. Justice Neil Gorsuch (October 26, 2020)
U.S. Supreme Court Justice Samuel Alito on Friday night ordered county election boards in Pennsylvania to comply with a state directive to separate mail-in ballots received after 8 p.m. on Election Day from other ballots. The order came in a case pending before the justices to invalidate a September decision by the state’s highest court that allowed election officials to count mail-in ballots postmarked by Tuesday’s Election Day that are delivered through Friday. Alito granted the request by Pennsylvania Republicans to separate the ballots without first referring the request to the other justices. The decision comes as Democrat Joe Biden edged closer to winning the White House on Friday, expanding his narrow leads over President Donald Trump in battleground states including Pennsylvania. The Supreme Court had twice rebuffed Pennsylvania Republicans in the case, rejecting a request in October to block the lower court ruling and later refusing to fast-track their consideration of an appeal. The justices said they might revisit the case after Nov. 3. In its request on Friday, the Republican Party of Pennsylvania said it was unclear whether all 67 county election boards were complying with Secretary of the Commonwealth Kathy Boockvar’s Oct. 28 directive to separate late-arriving ballots. Late-arriving ballots are a tiny proportion of the overall vote in the state, Boockvar has said. Reuters
Tout au long de l’été, plusieurs cours suprêmes étatiques ont en effet pris des mesures autorisant la réception et le comptage des bulletins de vote même arrivés jusqu’à plusieurs jours après le 3 novembre. Au motif que l’extension permettrait une meilleure prise en compte des votes à distance en période de pandémie, la cour de Pennsylvanie a ainsi autorisé les votes arrivant jusqu’au 6 novembre. Dans le Nevada, le délai court jusqu’au 10 novembre. En Caroline du Nord, c’est jusqu’au 12 novembre que les votes envoyés peuvent être réceptionnés. Environ vingt états ont vu cette tolérance mise en place, parfois contre l’avis des parlements. Des décisions qui avaient été très controversées : pour le parti républicain, le contexte sanitaire ne justifiait en rien une extension du délai de vote à distance, de toute façon sans risque. De plus, selon les équipes de campagne du président en exercice, les cours suprêmes locales outrepassaient leurs pouvoirs, car le choix des modalités de vote revient normalement aux assemblées législatives de chaque État. Les possibilités de fraude électorale par ce biais avaient également été soulevées : dans le Minnesota, les avocats du parti républicain, cités par MPRNews, avaient souligné que les modalités locales «[autorisaient] les votes reçus jusqu’à huit jours après le scrutin et sans cachet postal à être pris en compte». En réponse, plusieurs médias soulignaient que, le vote à distance étant traditionnellement plutôt utilisé par les électeurs démocrates aux États-Unis, les Républicains refusaient un mécanisme défavorable pour eux. Consultée sur la mesure de ce type prise en Pennsylvanie, la Cour suprême des États-Unis a botté en touche le 28 octobre, refusant de bloquer la décision, tout en indiquant qu’elle se réservait le droit de revenir sur sa position après l’élection. Dans le détail, quatre juges conservateurs (Clarence Thomas, Samuel Alito Jr, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh) avaient défendu la requête républicaine, tandis que quatre autres juges (les libéraux Stephen H. Breyer, Sonia Sotomayor et Elena Kagan et le président conservateur de la Cour John Roberts) souhaitaient la rejeter. Précision d’importance, la nouvelle juge Amy Coney Barrett, tout juste nommée par Donald Trump, n’avait pas pris part à ce débat, selon CNN. Hier mardi, Donald Trump est revenu sur l’affaire et a déclaré dans un tweet que la décision de la Cour suprême était «TRÈS dangereuse […]. Cela va permettre une triche effrénée et incontrôlée et saper l’ensemble de notre État de droit. (…) Donald Trump et son équipe de campagne avaient déjà prévenu qu’ils pourraient entamer une action juridique pour interdire la prise en compte de ces bulletins postaux en retard, en interrogeant la capacité des cours suprêmes locales à imposer ces mécanismes, au regard de la Constitution américaine. Justin Clark, gestionnaire de campagne de Trump, affirmait dès lundi : «Ne vous y trompez pas, le président et son équipe continueront de se battre pour des élections libres et équitables et des résultats fiables que tous les Américains méritent». Selon The Hill , les actions juridiques de contestation devront commencer au niveau local avant d’atteindre, éventuellement, la Cour suprême. Si les votes pris en compte malgré leur retard s’avèrent déterminants pour l’élection, cela pourrait rallonger d’autant la période d’incertitude commencée cette nuit. Luc Lenoir
Contrairement à certaines observations, les protestations de Donald Trump ne se concentrent pas tant sur l’avantage politique du vote par courrier, que sur les risques de fraude. Et il semble qu’il y ait quelques raisons d’organisation à cela. L’actuel président n’est en effet pas opposé à la procédure à distance, mais pourfend la procédure du « mail-in ballot », qu’on peut traduire par scrutin postal, lui préférant l' »absentee ballot » ou vote par procuration. Les détails peuvent varier en fonction des États, mais généralement, le vote par procuration requiert d’abord une demande de vote à distance, puis un renvoi de son bulletin. Dans le scrutin postal, tous les électeurs reçoivent sans la demander une enveloppe, qu’ils doivent simplement renvoyer avec leur choix électoral. Une procédure qui pourrait selon Donald Trump encourager les fraudes : dans une interview à Fox News, le président citait un problème sur des courriers de vote spontané en Virginie avec «500.000 lettres envoyées à n’importe qui. À des chiens, à des morts… Personne ne sait ce qui est arrivé». Ses opposants ont répondu que les lettres frauduleuses ne l’étaient pas et n’étaient viciées que par des erreurs sur l’adresse de retour en cas de problème, différente de l’adresse du destinataire. Si la plupart des États pratiquent avec plus ou moins de restrictions le vote par procuration, cinq d’entre eux utilisent déjà le scrutin postal, et quatre nouveaux (Californie, Nevada, New-Jersey et Vermont) envisagent de le faire. Inscrit sur les listes électorales en Floride mais ne pouvant se rendre sur place le 3 novembre, Donald Trump a défendu le vote par procuration en août, en insistant sur la distinction avec les scrutins postaux, qui «encouragent la fraude électorale». (…) Une affaire récente pourrait donner un écho aux inquiétudes du camp présidentiel : le New York Post a en effet publié la « confession » d’un fraudeur engagé à gauche, qui affirme avoir truqué de nombreuses élections fédérales. C’est en évoquant le scrutin postal que le témoin du New York Post affirme que la fraude y « est plus une règle qu’une exception ». À l’appui de sa démonstration, un véritable mode d’emploi de la fraude, avec plusieurs procédés possibles. (…) Le doute subsiste en outre sur les listes utilisées dans le cadre d’un scrutin postal, et l’utilisation qui pourrait être faite d’adresses frauduleuses ou inventées. Sur les réseaux sociaux, des partisans de Donald Trump relèvent des différences visibles entre les enveloppes envoyées aux électeurs enregistrés au parti démocrate et celles des républicains, y voyant des « manœuvres », tandis que plusieurs journalistes soulignent que les fraudes au scrutin postal restent statistiquement faibles. L’affaire du vote par courrier semble donc surtout illustrer le fossé politique et la méfiance qui règne désormais entre camps d’opinion aux États-Unis… et qui pourraient amener à des controverses sérieuses en novembre prochain. Luc Lenoir
Le vol de suffrages est en quelque sorte légalisé depuis l’institution du vote par correspondance et les abus commis en son nom. Joseph Tramoni (maire communiste de Sartène, 1975)
C’est un système qui permet totalement la fraude, car vous n’êtes sûr ni de l’émetteur ni du récepteur. Jean-Pierre Camby (université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
Je pense qu’il est également essentiel de comprendre que, comme je l’ai dit aux candidats qui sont venus me voir, vous pouvez mener la meilleure campagne, vous pouvez même devenir le candidat et vous pouvez vous faire voler l’élection. Hillary Clinton (6 mai 2019)
Joe Biden ne devrait en aucun cas reconnaitre sa défaite, car je pense que cela va s’éterniser, et finalement je crois qu’il gagnera si nous ne cédons pas un pouce, et si nous sommes aussi concentrés et implacables que l’autre partie. Je pense qu’ils envisagent plusieurs scénarios. Le premier est de gâcher le vote par correspondence. Ils pensent que cela les aide à obtenir un avantage limité au collège électoral le jour du scrutin. Nous devons donc avoir une opération légale massive, et je sais que la campagne Biden y travaille. Hillary Clinton (25 août 2020)
J’espère que tout le monde va déménage en Géorgie, vous savez, dans un mois ou deux, et s’inscrire pour voter et voter pour ces deux sénateurs démocrates. Thomas Friedman (NYT)
Evelyn et moi déménageons en Géorgie pour aider @ossoff et @ReverendWarnock à gagner ! Andrew Yang
These run-offs will decide which party controls the Senate, and this, whether we’ll have any hope of a large stimulus/climate bill. If you have the means and fervor to make a temporary move to GA, believe anyone who registers by Dec 7 can vote in these elections.Eric Levitz (New York Magazine)
I will go to GA to help win these Senate seats. I will get a Covid test every day. I will live at Tyler Perry’s movie studio. I will get re-bar mitzvah’ed at whichever synagogue Jon Ossoff and his wife attend. We MUST win these Senate seats. I WILL DO WHAT NEEDS TO BE DONE! U in? Billy Eichner (Hollywood actor)
Nous allons continuer ce processus sur tous les plans permis par la loi pour garantir que le peuple américain ait confiance en notre gouvernement. Je ne renoncerai jamais au combat pour vous et pour notre nation. Président Trump
I won the largest share of non-white voters of any Republican in 60 years, including historic numbers of Latino, African American, Asian American, and Native American voters — the largest ever in our history. We grew our party by 4 million voters, the greatest turnout in Republican Party history. Democrats are the party of the big donors, the big media, the big tech, it seems. And Republicans have become the party of the American worker, and that’s what’s happened. And we’re also, I believe, the party of inclusion. (…) Democrat officials never believed they could win this election honestly. I really believe that. That’s why they did the mail-in ballots, where there’s tremendous corruption and fraud going on. That’s why they mailed out tens of millions of unsolicited ballots without any verification measures whatsoever. And I’ve told everybody that these things would happen, because I’ve seen it happen. I watched a lot of different elections before they decided to go with this big, massive election with tens of millions of ballots going out to everybody — in many cases, totally unsolicited. This was unprecedented in American history. This was by design. Despite years of claiming to care about the election security, they refuse to include any requirement to verify signatures, identities, or even determine whether they’re eligible or ineligible to vote. (…) In Pennsylvania, partisan Democrats have allowed ballots in the state to be received three days after the election, and we think much more than that. And they are counting those without even postmarks or any identification whatsoever. So you don’t have postmarks; you don’t have identification. (…) I want every legal vote counted. We want openness and transparency — no secret count rooms, no mystery ballots, no illegal votes being cast after Election Day. You have Election Day, and the laws are very strong on that. You have an Election Day. And they don’t want votes cast after Election Day, and they want the process to be an honest one. It’s so important. We want an honest election, and we want an honest count, and we want honest people working back there because it’s a very important job. (…) I have been talking about this for many months with all of you. And I’ve said very strongly that mail-in ballots are going to end up being a disaster. President Trump
Bon, nous voilà encore dans la position inhabituelle de devoir non seulement interrompre le président des États-Unis, mais aussi de le corriger. Il n’y aucun vote illégal selon nos informations. Il n’y a pas non plus de victoire pour Monsieur Trump. Brian Williams (MSNBC)
Quelle triste nuit pour les États-Unis d’Amérique de voir leur président faussement accuser les gens d’essayer de voler l’élection, d’essayer d’attaquer la démocratie de cette façon avec son tissu de mensonges. Jake Tapper
Notre travail est de diffuser la vérité, pas des théories du complot infondées. Nicole Carrol (USA Today)
Il a fait mieux qu’à mon avis, il aurait dû faire avec les hommes noirs et hispaniques, ce qui signifie qu’il faut que nous réfléchissions vraiment dans la communauté des droits civiques, à la fois du côté latino et afro-américain, à une vraie conversation dans nos communautés sur ce que signifie d’être différent en termes de cette aspiration à l’esprit d’entreprise et à l’équité. Al Sharpton
C’est tellement dévastateur pour moi: le vote des hommes noirs pour Trump est passé de 13% en 2016 à 18% cette année. Le vote des femmes noires pour Trump a doublé, passant de 4% en 2016 à 8% cette année. De plus, une fois de plus, les sondages de sortie des urnes montrent qu’une majorité de femmes blanches votent pour Trump. De plus, le pourcentage de LGBT votant pour Trump a doublé par rapport à 2016. DOUBLÉ !!! C’est pourquoi les personnes LGBT de couleur ne font pas vraiment confiance aux homosexuels blancs. Oui, j’ai dit ce que j’ai dit. Un point, c’est tout. En outre, le pourcentage de Latinos et d’Asiatiques votant pour Trump a augmenté par rapport à 2016, selon les sondages de sortie des urnes. Encore plus de preuves que nous ne pouvons pas compter sur le «brunissement de l’Amérique» pour démanteler la suprémacie blanche et effacer l’anti-noirceur. Charles Blow (NYT)
Depuis 2017, David Faris, politologue à l’Université Roosevelt de Chicago, martèle ce message dans des articles, des entrevues et un livre intitulé It’s Time to Fight Dirty. Au cours des 20 dernières années, fait-il valoir, les républicains ont utilisé tous les moyens nécessaires pour renforcer leur représentation au Congrès et à la Cour suprême. Ils ont adopté des mesures pour réduire la participation électorale des minorités, des pauvres et des étudiants, qui tendent à voter pour les démocrates. Ils ont maximisé leur propre vote en découpant les circonscriptions électorales de certains États de façon hyper partisane. Ils ont privé les démocrates d’un siège à la Cour suprême en refusant d’examiner la nomination du juge Merrick Garland pour remplacer Antonin Scalia en 2016. La liste ne s’arrête pas là. Mais ce siège « volé » à la Cour suprême a convaincu David Faris que les démocrates devaient envisager des mesures de représailles. Dans It’s Time to Fight Dirty, publié en 2018, il leur a proposé une série d’actions pour assurer que le système de gouvernement américain reflète la volonté d’une majorité d’électeurs. Figurent parmi ces actions : l’ajout de sièges à la Cour suprême ; l’attribution du statut d’État à la capitale fédérale (le district de Columbia) et à Porto Rico ; l’abolition du « filibuster », technique d’obstruction parlementaire permettant à une minorité de 40 sénateurs de bloquer l’adoption d’un projet de loi. Les propositions de David Faris ont vite gagné des adeptes au sein de la gauche démocrate. Mais elles semblaient d’emblée trop radicales pour les plus modérés. Deux ans plus tard, ce n’est plus tout à fait le cas. Et la détermination des républicains de confirmer la nomination de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême avant même l’élection présidentielle n’est pas étrangère à ce changement. (…) Mais David Faris se garde aussi de se réjouir trop vite. Pour que l’une ou l’autre de ses idées se concrétisent, Joe Biden doit succéder à Donald Trump en tant que président, Chuck Schumer doit remplacer Mitch McConnell comme chef de la majorité au Sénat et Nancy Pelosi doit rester présidente de la Chambre des représentants. (…) Comment expliquer la différence entre la façon dont les républicains et les démocrates mènent leurs combats ? (…) David Faris évoque d’abord la menace existentielle que font peser sur le Parti républicain les changements démographiques. Il soulève ensuite la question de la polarisation politique, qui a contribué à son avis à une plus grande radicalisation des républicains que des démocrates. (…) De leur côté, a-t-il ajouté, les démocrates ont tendance à croire que « le temps joue en leur faveur » et que « le public punira l’hypocrisie ». (…)  la Chambre des représentants à majorité démocrate a adopté fin juin un projet de loi destiné à donner le statut d’État à la capitale fédérale. Barack Obama s’est pour sa part montré favorable à l’idée d’abolir le « filibuster » pour permettre l’adoption de nouvelles mesures pour protéger le droit de vote. « Si tout cela demande d’éliminer l’obstruction systématique, une autre relique de Jim Crow, afin de garantir les droits de chaque Américain, alors c’est ce que nous devrions faire », a déclaré l’ancien président lors des funérailles de la figure des droits civiques John Lewis, fin juillet. Il n’y a pas longtemps, Joe Biden écartait la plupart de ces idées du revers de la main, disant notamment se méfier des conséquences imprévues. Aujourd’hui, il qualifie de « légitimes » les questions sur le sujet, mais refuse d’y répondre. Richard Hétu
For four years now, Democrats and their media allies have tarred President Trump as a reprehensible white supremacist leading a dying party. The Trumpian, populist GOP, they claimed, was doomed to become a regional rump party, whose electoral prospects were tied to a shrinking share of bitter, downscale whites. That narrative was always bunk. It finally died, once and for all, on Tuesday evening. Team Trump and Republicans nationwide made unprecedented inroads with black and Hispanic voters. Nationally, preliminary numbers indicated that 26 percent of Trump’s voting share came from nonwhite voters — the highest percentage for a GOP presidential candidate since 1960. In Florida’s Miami-Dade County, the heartland of Cuban America, Trump turned a 30-plus-point Hillary Clinton romp in 2016 into a narrow single-digit Joe Biden win. Texas’ Starr County, overwhelmingly Mexican American and positioned in the heart of the Rio Grande Valley, barely delivered for the Democrats. Biden’s Hispanic support in other key swing states, like Ohio and Georgia, tailed off from Clinton’s 2016 benchmarks. Overall, exit polls indicated that 32 to 35 percent of Latinos voted for the president. And young black men are gravitating to the GOP at a remarkable pace (given the baseline). It turns out that minorities aren’t so infatuated with the brand of unrepentant progressive “woke-ism” now peddled by the Alexandria Ocasio-Cortez wing of the Democratic Party. The political, legal, media, corporate and academic establishments have gone all-in on the woke agenda, peddling a toxic brew of intersectionality, socialism lite and Black Lives Matter anarchism. Latinos and many blacks aren’t buying it. (…) The progressive elites are genuinely incapable of understanding why it is that their nostrums have been rejected by a growing share of the populace. They can’t come to grips with the fact that their shambolic policy initiatives — and their unjust and fundamentally anti-American identity politics — are simply not all that popular with the fly-over country rubes, including “country rubes” of color. The 2020 election, in which the GOP defied the odds by maintaining the Senate and actually picking up seats in the House, was an emphatic rejection of the left-wing vision for America. No one wants AOC’s “Squad” — including Hispanic and black voters. (…) The GOP, which already has its strong base of support among non-college-educated white voters, must learn to govern like a working-class, multiethnic, multiracial party. This more populist variety of conservatism will be unabashedly traditionalist, humbler in its approach to America’s role on the world stage and economically attuned to the aspirations and needs of ordinary Americans — not those of Wall Street, Hollywood or Silicon Valley. It is a vision with real crossover appeal — a vision that can, and will, win. Republicans have every reason to be optimistic about the future. The hectoring “demography-is-destiny” dolts have been shot down. A substantial chunk of minority voters rejected the lies that GOP populism is rooted in racism. They rejected the slanders that the president himself is a white supremacist. The media establishment won’t admit it anytime soon, but the GOP’s future is bright — and browner than many may have previously thought possible. Josh Hammer
In an ideal world, political parties would be about different approaches to governing. Yet too often in our nation’s history they’ve been about tribalism along regional, economic and, most divisively, racial lines. Then came 2020: This Election Day, President Trump garnered the highest percentage of non-white votes for a Republican presidential candidate in 60 years. This movement toward balance should be celebrated by all, but not surprisingly, that is not what is happening. Take MSNBC anchor Joy Reid, who claims that the election showed a “great amount of racism, anti-blackness and anti-wokeness.” Or The New York Times’ Charles Blow, who somehow sees this election as confirming the power of the “White Patriarchy.” Writer Bree Newsome Bass conceded that some white voters had chosen Joe Biden but voted Republican down ballot to preserve “white rule. » These people view everything through a racial lens. They’re convinced Trump is a racist and regard his broad support — half the country voted for him — as proof that the nation, as a whole, is likewise hopelessly racist. A kind way to describe such reactions would be “unhinged.” Another way: terrified. Between 2004 and 2016, black men and women gave between 88 percent and 95 percent of their votes to the Democratic candidate for president. This year, Trump won 18 percent of the vote among black men — a staggering number for a Republican. To put that in visceral terms, of every six black men who voted, one voted for Trump. He also made significant gains with Hispanic voters and even Muslim voters. Trump has had significant accomplishments as president — halting the liberal, activist tilt of the courts, standing up to China, striking peace treaties that offer fresh hope in the Middle East peace, firing up the economy — but perhaps none is as important or has more far-reaching implications than his transformation of the GOP into a multiracial party. For all of his high principles and good hair, the last Republican candidate for president, Mitt Romney, could never have dreamed of such success among non-white voters. So why are so many progressive and black intellectual elites so upset about the American political parties achieving so much more racial balance? Some cynics might see it as simply sour grapes over the left’s loss of power and influence. Democrats assumed only they could speak for minorities, who it now turns out have their own ideas. But it also reflects a fundamental difference between how Americans view race and racism. Over the past few decades, progressives have insisted racism is built into the system and the system must change (in progressive ways) to curb it — though it’s never been clear if they think it can ever be satisfactorily defeated. Those on the right, meanwhile, view racism as an issue of individuals holding irrational beliefs regarding minorities, which can be organically overcome. In the 2020 election, we now see that millions of minority voters rejected the idea that their votes should be bound by identity politics, or as Joe Biden put it, that if you don’t vote Democratic, you ain’t black. That remark didn’t come out of nowhere. He was simply saying out loud what many on the left have long believed. Fact is, Trump made the most direct appeal to non-white voters we’ve seen from a Republican in most of our lifetimes. And it worked. This is also good news for America, and especially minorities. We now have a GOP that will be eager to maintain these gains, and a Democratic Party that can no longer take minority votes for granted. And we can now stop believing the color of a person’s skin gives us certainty about their political affiliation — and that in and of itself strikes a blow at racism. It’s exciting: Individuals can be treated as individuals, rather than lumped into political boxes based on their racial group. Some may find it ironic that it was Trump, of all people, who’s most responsible for this. But what matters is that the body politic has landed in a better, more equal and more promising place. David Marcus
Pennsylvania, Michigan and Wisconsin pose particular challenges because of their ballot-counting rules. None have yet begun tallying millions of mail-in ballots, as other states have done, and election officials in these states say they may report results on Wednesday and beyond. Election law experts warn that any period of uncertainty over the election’s winner could spark legal fights. Adding to the focus on Pennsylvania, Wisconsin and Michigan: They are all split between Democratic governors and Republican-run legislatures, teeing up a partisan clash over counting votes. (…) In a year when Covid-19 upended the rules for ballots, partisan disputes over voting rules and deadlines have resulted in lawsuits in at least 44 states, according to the Stanford-MIT Healthy Elections Project. Minnesota has also emerged as a potential postelection field of battle after a federal appeals court suggested Thursday that its extension of a mail-in vote deadline was unconstitutional. But Pennsylvania, Wisconsin and Michigan stand out for their distinct rules for counting mail-in ballots. All three have received a record number of mail-in ballots, but laws in Pennsylvania and Wisconsin prohibit officials from counting them until Election Day. In Michigan, election officials in larger districts can process ballots—meaning opening and sorting them—during a 10-hour window on Nov. 2. Election officials have said the vote-counting rules mean they won’t know who won the state until the next day or later in the event of a close result. Meanwhile, states like Florida have been tabulating absentee ballots for weeks and will disclose those results on Tuesday evening. In recent weeks, a lawsuit filed by Pennsylvania Republicans reached the U.S. Supreme Court. A 4-4 order let stand a state Supreme Court decision allowing officials to count mail-in ballots received up to three days after Election Day. The court on Wednesday refused Republicans’ second request to hear the case before Election Day, but left open the possibility for postelection litigation. Justice Samuel Alito, who backed the Pennsylvania Republicans’ position, suggested in a statement accompanying the order that considering those mail-in votes valid would allow state courts to undercut election rules set by the state’s GOP-controlled Legislature. Newly sworn-in Justice Amy Coney Barrett could be a decisive vote when she begins hearing cases. Pennsylvania’s attorney general, a Democrat, has directed county election boards to separate ballots received after Nov. 3. Meanwhile, the U.S. Supreme Court rejected Democrats’ request to extend Wisconsin’s ballot-receipt deadline past Election Day. In Michigan, a state appeals court ruled in Republicans’ favor earlier this month and blocked a 14-day extension for votes postmarked by Nov. 2. Lawyers are gaming out what happens if prolonged ballot battles cause Pennsylvania, Wisconsin and Michigan to have no clear result before Dec. 8, the deadline for states to appoint presidential electors, and the Electoral College vote on Dec. 14. If vote counting collides with these deadlines, it is possible for a governor and state legislature to send different electors to Congress. “We’re in uncharted legal territory,” said Mark Medish, co-founder of Keep Our Republic, a nonprofit formed this summer to preserve election integrity. Wall Street Journal
In a week of surprises, California’s rejection of a ballot measure that would have allowed the state to resume its affirmative action program was among the most significant. The measure, known as Proposition 16, wasn’t defeated by shy Trump voters. Polling showed Hispanic and other minority voters evenly split on the measure, and on Tuesday it was defeated in California’s most Latino counties. California’s result is just one piece of the mounting evidence that voters on Tuesday threw a wrench in the progressive plan to leverage a « coalition of the ascendant » and an « emerging Democratic majority » to turn the country into a woke utopia. The 2020 election was in large part a referendum on Democrats’ race baiting and pandering, starting with the party’s own elevation of Biden to the top of the ticket. Democrats’ rejection of Sens. Elizabeth Warren, Bernie Sanders, and Kamala Harris was a leading indicator that the media missed. Millions of voters of all races made clear that they instead prefer the old ideals: equality of opportunity, economic freedom, and a society that judges its citizens not by the color of our skin, but the content of our character. Beyond that, the president whom Democrats have lambasted for four years as a racist and a xenophobe turned out more minority voters than any Republican candidate in decades. It’s not just that right-wing Cubans handed Trump a surprise victory in south Florida; he clinched some of the nation’s most Latino counties, improved his margins with black men and women, and even earned commanding majorities in some Native American counties. And that exit poll data does not account for the shy Trump voters, an effect we presume may well be exaggerated among black and Hispanic voters. Senate races yielded more bad news for the progressive left. Even if Joe Biden wins the White House, Sen. Mitch McConnell (R., Ky.), who easily overcame an $80 million challenge, will serve as a check on the ascendance of socialists such as Sens. Bernie Sanders (I., Vt.) and Elizabeth Warren (D., Mass.) to the Biden cabinet. Voters may have wanted Biden, but there’s a whole wing of his party they’d prefer to do without. Some House Democrats can see the writing on the wall. Rep. Abigail Spanberger (D., Va.) reportedly told her caucus that the progressive push to defund the police and embrace « socialism » almost cost them the majority. Rep. Ruben Gallego (D., Ariz.) advised Democrats to drop the woke speak, starting with the bizarre « Latinx. » Tuesday’s results should shatter the Democratic presumption that their party is destined to command the overwhelming and eternal support of minority voters—but it won’t. The politics fueled by racial grievance and personified by the « squad » of Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, and Rashida Tlaib is a cancer on the Democratic Party that it indulges at its own peril. Free Beacon
Until Donald Trump’s arrival, the globalist revolution was almost solidified and institutionalized—with the United States increasingly its greatest and most “woke” advocate. We know its bipartisan establishment contours. China would inherit the world in 20 or 30 years. The self-appointed task of American elites—many of whom had already been enriched and compromised by Chinese partners and joint ventures—was to facilitate this all-in-the-family transition in the manner of the imperial British hand-off of hegemony to the United States in the late 1940s. Our best and brightest like the Biden family, Senator Dianne Feinstein (D-Calif.), Bill Gates, or Mark Zuckerberg would enlighten us about the “real” China, so we yokels would not fall into Neanderthal bitterness as they managed our foreordained decline. We would usher China into “the world community”—grimacing at, but overlooking the destruction it wrought on the global commercial order and the American interior. We would politely forget about Hong Kong, Taiwan, Tibet, and the Uyghurs. Hollywood would nod as it put out more lucrative comic-book and cartoonish films for the Chinese markets, albeit with mandated lighter-skinned actors. The NBA would nod twice and trash a democratic United States, while praising genocidal China—becoming richer and more esteemed abroad to make up for becoming boring and poorer at home. The universities would nod three times, and see a crime not in Chinese espionage and security breaches, but in the reporting of them as crimes. So our revolutionary role would be to play stuffy and snooty Athenian philosophers to the new muscular Roman legions of China. Given our elites’ superior morality, genius, and sense of self, we would gently chide and cajole our Chinese masters into becoming enlightened world overseers and democrats—all the easier, the richer and more affluent Chinese became. For now, Trump has stopped that revolution. Until Trump’s arrival, Big Tech was three-quarters home on the road to Nineteen Eighty-Four. Five or six companies monopolized most American—and indeed the world’s—access and use of the internet. In cynical fashion, Silicon Valley grandees patronized naïve conservatives that they were the supposed embodiment of Milton Friedman libertarianism and 19th century robber baron daring. Yet to their leftist kindred, the moguls of Menlo Park simultaneously whispered, “Don’t worry about such necessary disinformation: we will enrich only your candidates, only your agendas, only your foundations, only your universities—in exchange for your exemptions.” Antitrust legislation was as much an anathema to good liberals as rigging searches, institutionalizing the cancel culture, and censoring thoughts and ideas were welcomed. For now Trump, almost alone, is battling that revolution. Until Trump’s arrival, there was increasingly no border at all. Fifty-million foreign-born resided, both legally and illegally, in the United States. Nearly a million annually walked northward across the border with ease and without legal sanction or invitation. To object to illegal immigration and decry its deleterious effects on the entry-level wages of our working poor, on the social safety net of the American needy, and on the sanctity of the law was to be smeared as racist, xenophobic, and nativist. More than a quarter of California’s current resident population were not born in the United States. That desirous “new demography” since 1988 had flipped California into a caring blue state. Open borders and the end of immigration law enforcement had pushed Nevada, New Mexico, and Colorado into just Democratic societies, and was supposedly soon to transform Texas and Arizona into enlightened states. For now, Trump—with his soon-to-be 400-mile wall, his beefed up ICE, and his war on sanctuary nullification zones—has nearly stopped the revolution to end borders. Until Trump, the American interior was loser country. In-between the two gilded coasts resided the deplorables, irredeemables, clingers, the smelly Walmart patrons decried in the Page-Strzok text echanges, those John McCain called “crazies,” and Joe Biden has variously called the “dregs,” the “chumps” and the “ugly folks.” They were written off as Morlocks, who were occasionally seen poking about the rotting, rusting skeletons of abandoned steel plants, and for some reason never had proper orthodontics as children. (…) on the eve of the Chinese takeover, our clueless deplorables never learned to code, or to borrow $200,000 to get a woke-studies education, and so deserved the opioids they took and the trailers they crashed in. Few apostates said, “Wait a minute! The United States has cheaper energy than anywhere on earth, a skilled workforce, a huge domestic market, and a still-viable infrastructure. There was a reason why Michigan, Ohio, and Pennsylvania once led the world and why they can again.” Through tax reform, deregulation, trade rebooting, a new foreign policy, and loud jawboning, Trump for a while has stopped the revolution that was destroying our once greatest states. Until Trump, the woke cultural wars were just about won by the elites. Seeking unity was dead; chest-pounding diversity, often the spark that had ignited history’s multiracial societies, was ascendent. The melting pot that sought to make race incidental was deemed racist; the salad bowl that made our superficial appearances essential was celebrated. Quite affluent, self-appointed minority leaders, with their quite wealthy white liberal counterparts, established who is, and who “ain’t,” “really” black—the definition resting on whether one was loyally left-wing or disloyally independent-minded. The success of civil rights was not to be calibrated by black unemployment figures, household income, family businesses, dignity in having leverage over employers, access to competitive parochial and charter schools, or descending abortion rates, but in electing more activists as progressive mayors, liberal city councilmembers, and leftist district attorneys to garner more redistributive state money to hire more careerists like themselves. Trump, branded a bigot and racist, for now has sought to end that revolution, and measure race relations not by how many minority elites have choice jobs and high incomes, but by how well the entire minority community reaches income and employment parity with the general population—an idea that will earn the “racist” Trump far greater minority support than was expressed for John McCain and Mitt Romney. We are in the midst of a cultural revolution, for the most part driven by angry middle-and upper-class white youth of Antifa and its sympathizers, wannabes, and enablers. Many are humiliated that they have college pedigrees, lots of multi thousand-dollar debt, plenty of woke-studies classes to their credit, but still have no real jobs, no real knowledge, and no real immediate chances of buying a house, marrying, and raising a family in their 20s. Nothing in history is more dangerous than the underemployed wannabe intellectual or college graduate, whose cultivated sense of superiority is not matched by his income or standard of living, but who blames “them” for his own self-inflicted miseries and unappreciated genius. The revolution toppled statues, renamed what it did not like, Trotskyized the past, photoshopped the present, and used language, government, and cultural intimidation to do its best to make America into Animal Farm. Corporate CEOs in terror washed the feet of the woke. University presidents, fearful for their status and careers, wrote incomprehensible memos admitting their past sins and asking how best to do present penance. Hollywood studio owners promised race and gender quotas, with ample provisions that—in the manner of NBA and NFL owners—adjustments and exceptions could be worked out for themselves. Somewhere, somehow graduations, dorms, and campus spaces, all segregated by race, became “liberal.” Intermarriage, integration, and assimilation were shamefully illiberal. Standing for the National Anthem was unpatriotic; sitting in disdain for it, cool. Donald Trump fought that revolution too. What tools did Donald Trump have to wage these many counterrevolutions? The media? America’s Fortune 400? Academia? The great foundations? The nation’s think tanks? The bipartisan government establishment? The international community? The banks? Wall Street? Corporate CEOs? Silicon Valley? Professional sports? The entertainment industry? Hollywood? The intelligence community? The current and retired top military brass? (…) Against all that money and clout, the counterrevolutionary Trump had only one asset, the proverbial people. He had solely the under-polled and the written-off. They came out to his rallies in the tens of thousands, deluded the pollsters, and told the media less than nothing, but voted and will vote in waves to save America from what it was becoming. Victor Davis Hanson
When a man takes on the role of the gunslinger arriving in the town to clean up the mess, one must expect that his methods and comportment will offend his supporters as much as they terrified his adversaries, all the more so as he succeeds and thus the beneficiaries see an end on the horizon to their embarrassing need to have called in the unorthodox to do what their own polite conventionality should have done, but choose not (or did not have the courage) to do. We can sense the viability of Trumpism by the current lack of coherent attacks on its principles and achievements. (…) Biden most certainly would raise taxes, restore cumbersome regulations, strangle the fossil fuel industry, and return to identity politics pandering. But after the 2017-20 Trump boom, he would do so without any expectation that the economy would grow or the country would heal or the world would suddenly cool down and the seas cease to rise. (…) And what about the NeverTrumper (…) At the end of Trump, whether in 2020 and 2024, (…) Elite Republicanism would fail because the white working classes would return either to political hibernation in the swing states or rejoin the Democratic Party. Growing minority support would vanish because blacks and Latinos would see platitudinous and pandering Republicans as far more injurious to their futures than was a crudely talking, Queens-accented populist Trump. Trumpism did not dismantle Republican conservatism. It simply enhanced conservative appeal by closing the border, confronting China, demanding fair trade, avoiding optional military expeditions, emphasizing the concerns of the working class, and redefining presidential behavior as boisterously honoring promises rather than mellifluously reneging on them. Whatever Trump’s fate, the NeverTrump faction will not succeed in rebuilding a new-old Republican Party under the Bush-McCain-Romney paradigm. Biden and his leftist masters would not be able to lower minority unemployment to Trump levels. Neither would they declare an end to containing China and claim such past confrontation was an unnecessary provocation. Like it or not, Trump hit on a great truth that no leader can write off his country’s vast industrial interior, destroy his nation’s borders, willingly cede global leadership to a Communist dictatorship, manipulate intelligence agencies to destroy political opponents, prefer to manage decline rather than to seek renewal, and meanwhile, as he did all that, call himself moral and presidential. Victor Davis Hanson
Le décalage entre les attentes grandioses d’une vague bleue annoncée par les sondages à grand renfort de médias comme en 2016 et l’incertitude caractérisée qui a régné hier rapporte la preuve éclatante qu’aucune des leçons de l’élection de 2016 n’ont été apprises. Pire, le zèle appliqué à ne pas comprendre ce qui s’est passé il y a quatre ans a conduit tous les leviers d’influence gravitant autour du Parti démocrate à se persuader qu’ils pouvaient propulser au-delà de la ligne d’arrivée un candidat sans programme, sans faire campagne et à la faveur de la seule détestation de Trump. Faut-il le rappeler? Trump a été élu en tant qu’incarnation d’un rejet d’une grande partie d’Américains de la corruption d’une classe dirigeante fondant son titre à gouverner sur une expertise technocratique, et compensant son manque de légitimité par une revendication de plus en plus stridente d’expertise morale. Contrairement aux craintes maintes et maintes fois exprimées, Trump n’a pas troqué sa dépouille d’animateur de téléréalité pour celle de dictateur, pas même de dictateur d’opérette. De dictature nous n’avons point vu venir. En revanche, nous avons vu la classe dirigeante destituée du bien qu’elle croyait lui revenir de droit se comporter comme un «gouvernement impérial en exil» se drapant dans sa supériorité morale pour se lancer dans une inquisition prolongée mêlant espionnage politique, mensonges constants au public sur des complots inexistants, et remise au goût du jour d’expressions maccarthystes comme la «déloyauté au pays». De toutes les institutions abîmées non pas par Trump, mais plutôt par le sentiment de panique collective des élites nommé «Trump Derangement Syndrome», nulle n’en ressort moins affaiblie que les médias d’informations. Pour preuve du caractère endémique et banal du mensonge installé au cœur d’institutions hier saluées comme des modèles d’éthique journalistique, on citera les propos édifiants d’un chroniqueur du Washington Post à propos des révélations du New York Post sur l’affaire Hunter Biden: «Nous devons traiter les fuites sur Hunter Biden comme s’il s’agissait d’une opération menée par des services de renseignement étrangers – même si ça n’est probablement pas le cas.» (…) le rôle de la presse avait été reformulé dès l’entre-deux-guerres sous l’impulsion de l’intellectuel néolibéral Walter Lippmann comme une mission de «manufacture du consentement des masses» à des choix publics décidés de façon de plus en plus technocratique du fait de la complexité croissante de la «grande société» advenue avec l’ère industrielle. A une presse d’opinion très marquée au XIXe siècle et au début du XXe siècle succédait une presse se revendiquant de l’autorité de la science, organisée autour d’une éthique de «neutralité objective» qui a survécu cahin-caha jusqu’en 2016. La victoire de Trump à la primaire républicaine de 2016 a fait voler cet équilibre en éclats pour des raisons autant éthiques que commerciales. Sur le plan éthique, ce changement est méthodiquement explicité dans un article de Jim Rutenberg paru dans le New York Times le 7 août 2016 intitulé «Trump met à l’épreuve les normes d’objectivité dans le journalisme». Selon Rutenberg, la perspective d’une présidence Trump était si dangereuse que le rôle du journaliste n’était plus de présenter les faits de façon neutre, mais «de se conformer aux attentes de vérité de ses lecteurs et spectateurs, et à la vérité factuelle, d’une façon qui tienne face au jugement de l’histoire.» Il s’agissait d’un abandon pur et simple du critère de la neutralité objective au profit de celui de la clarté morale. Ce choix éthique était d’autant plus facile à faire qu’il se justifiait commercialement pour des médias alors menacés existentiellement du fait de l’éclatement du paysage médiatique en bulles cognitives partisanes consécutif à l’apparition de l’information en continu et de l’internet. Traiter copieusement du phénomène Trump tout en dénonçant l’installation de l’Antéchrist à la Maison-Blanche s’est révélé un extraordinaire gisement de contenus et de profits pour les médias mainstream. Un autre article du New York Times daté du 23 juin 2020 signé de Wesley Lowery titré «Une redéfinition de l’objectivité, dirigée par des journalistes noirs», permet d’en comprendre les aboutissants. Son auteur expose que l’objectivité est toujours jugée à l’aune d’un hypothétique lecteur impartial, invariablement assumé comme étant blanc. Appliquant ce traitement à l’Administration Trump, Lowery en déduit que Trump étant ontologiquement un raciste entouré de suprémacistes blancs, la clarté morale impose de traiter toute information concernant la Maison-Blanche, non pas sous l’angle de l’objectivité factuelle ou encore moins du respect d’institutions elles-mêmes souillées par le racisme, mais en prenant en compte à tout moment le racisme indélébile de l’homme occupant la fonction et du parti le soutenant. Complétant les pièces du puzzle, c’est au nom de ce même principe de clarté morale que deux sénateurs démocrates, Mark Warner et Mazie Hirono, ont eu la brillante idée, après les révélations du scandale Cambridge Analytica, de menacer les grandes entreprises de la Silicon Valley de réglementation, à moins qu’elles ne s’engagent à «débusquer» les contenus fomentant la «discorde». Une recommandation que Twitter et Facebook ont appliqué à la lettre en censurant moins de deux semaines avant l’élection les contenus du New York Post rapportant des faits de corruption allégués à l’encontre de Hunter et Joe Biden, alors qu’ils se sont fait depuis quatre ans la chambre d’écho des allégations non vérifiées les plus folles concernant l’influence russe dans la vie politique américaine. Plus que le choix de la personne qui occupera la Maison-Blanche à partir de janvier prochain, c’est cette question du rapport à la vérité que Trump, à la fois le plus grand bonimenteur de l’histoire américaine et la personne sur laquelle on a le plus menti, est parvenu à inviter au cœur des débats de la dernière ligne droite. Quoi qu’il se passe, tous les Américains sont les perdants de cette dialectique tragique. Renaud Beauchard
Alors que la tension monte aux États-Unis autour de l’élection présidentielle, et des risques pesant sur le vote dans le contexte de lutte publique contre le coronavirus, le New York Post a (…) publié la «confession» d’un fraudeur engagé à gauche, qui affirme avoir truqué de nombreuses élections fédérales. Essentiellement dans le New Jersey, où il réside, mais en décrivant un système de manipulation existant dans de nombreux autres États. Le mobile du passage aux aveux ? Le militant serait un soutien acharné de Bernie Sanders et ne se voit pas soutenir la candidature de Joe Biden.Le récit est d’importance car, sous la pression de la lutte contre le coronavirus, de nombreux électeurs annoncent avoir choisi cette année le vote à distance. Celui-ci existe sous deux formes dans les États américains. La première est le vote par procuration, plébiscité par le Président actuel pour sa sécurité, nécessitant une demande de la part du votant. Le second est le scrutin postal, pour lequel il suffit de renvoyer un formulaire dans une enveloppe spécifique prédistribuée. Et c’est dans ce type de votes que le témoin du New York Post affirme que la fraude «est plus une règle qu’une exception». À l’appui de sa démonstration, un véritable mode d’emploi de la fraude, avec plusieurs procédés possibles. La première technique consiste à utiliser l’enveloppe d’un votant, pour y mettre un bulletin obligatoirement démocrate. Il faut au préalable faire le tour des domiciles et convaincre les citoyens de laisser les fraudeurs poster leur courrier de vote à leur place. Une mission «beaucoup plus facile qu’on ne le pense», d’après le fraudeur cité par le journaliste Jonathan Levine, en se faisant passer pour une association de service public. Ensuite, l’enveloppe est ouverte à la vapeur, puis on y glisse un nouveau bulletin en falsifiant la signature. Pour éviter toute suspicion, les enveloppes rouvertes sont ensuite disséminées dans toutes les boîtes postales de la ville. Les employés des postes peuvent également influer facilement sur l’élection, selon le témoin. «Vous avez un facteur qui est un type anti-Trump enragé et travaille à Bedminster ou dans un bastion républicain… Il peut prendre les bulletins de vote [remplis], et sachant que 95% sont en faveur d’un républicain, il peut simplement les jeter à la poubelle», explique-t-il. Un écho à l’histoire de certains lots de courriers électoraux retrouvés après le vote, lors d’élections locales à New York en 2017 ? Autre «mine d’or» de votes à disposition, les lieux de vie accueillant des personnes fragiles. «Il y a des maisons de retraite où l’infirmière est en fait un opérateur rémunéré. Et elle va pièce par pièce voir ces personnes âgées, qui souhaitent voter pour se sentir utiles», déclare ainsi le lanceur d’alerte. Il suffit alors de remplir le bulletin pour eux et de leur faire signer ce que l’on veut… Enfin, le témoin précise que, la plupart du temps, l’historique de participation aux élections est une information publique aux États-Unis. Une dernière technique, encore plus sauvage, consiste donc à aller voter, un jour d’élection, à la place d’un citoyen recensé comme abstentionniste, et qui ne risque pas de venir. Certains États ne demandent en effet pas de pièce d’identité. Une information déconcertante vue de France qui légitime la méfiance de certains observateurs pour ce type de scrutin. Le Figaro
Dans le secret du confessionnal médiatique, un fidèle citoyen américain, démocrate convaincu, est venu avouer au NewYork Post avoir truqué de nombreuses élections fédérales, relate Le Figaro. Le sacripant se prétend soutien inconditionnel de Bernie Sanders, candidat battu aux primaires par Joe Biden. Et plutôt tout révéler que suivre cet oiseau de malheur. Ainsi, coronavirus oblige, le bidouillage aurait sévi au sein du vote par correspondance, particulièrement massif en ces temps de contagion. Selon le faussaire repenti, le camp anti-Trump se serait livré à diverses combines que voici que voilà. La première triche aurait consisté, pour les fraudeurs, à faire la tournée des votants à distance en se faisant passer pour membres d’une association de service public, puis à les convaincre de poster leur enveloppe électorale à leur place. Opération qui serait « beaucoup plus facile qu’on ne le pense », d’après le traître démocrate. Il ne restait plus, à ces gens très serviables, qu’à falsifier la signature et remplacer l’éventuel vote Trump par un bulletin Biden. Et hop ! Pour éviter toute suspicion, les enveloppes trafiquées auraient été disséminées sur l’ensemble des boîtes à lettres des villes concernées. Le souci du détail. L’autre technique, plus directe, concerne les facteurs anti-Trump qui, travaillant dans un secteur républicain, se seraient contentés de jeter à la poubelle les enveloppes contenant, par définition, 95 % de bulletins en faveur du président en place. Pourquoi faire compliqué ? L’histoire ne dit pas si ces éboueurs électoraux de gauche prenaient soin de sauver la planète en déversant leur butin dans la poubelle papier-carton du pléonasmant « tri sélectif ». Par ailleurs, les lieux de vie accueillant des personnes fragiles auraient été particulièrement choyés. « Il y a des maisons de retraite où l’infirmière est en fait un opérateur rémunéré. Et elle va pièce par pièce voir ces personnes âgées, qui souhaitent voter pour se sentir utiles », affirme le délateur anonyme. Tour de passe-passe… Signez ici. Merci et bonjour chez vous. Re-hop ! Pour clore son inventaire des trucages utilisés lors de cette l’élection, le vengeur masqué de Bernie Sanders affirme qu’à partir de l’historique de participation consultable à loisir, de vaillants partisans de Joe Biden auraient usurpé l’identité d’abstentionnistes pour glisser les bulletins ad hoc « into the box ». La présentation d’une pièce d’identité n’étant pas demandée dans de nombreux États, ces ersatz d’électeurs s’en seraient donné à cœur joie. Boulevard Voltaire
Au moment d’écrire ces lignes, les États de la ceinture rouillée des États-Unis, Michigan, Pennsylvanie, Wisconsin, comptabilisaient leurs derniers bulletins pour départager un scrutin nettement plus serré que ne l’avaient prédit experts et sondeurs. Une fois de plus, l’élection sera déterminée par ces électeurs d’une classe ouvrière blanche autrefois acquise au Parti démocrate, victimes de la désindustrialisation, de la concurrence asiatique, qui avaient offert la victoire il y a quatre ans à Donald Trump, sensibles à son discours protectionniste et antiglobalisation, à rebours du consensus libre-échangiste des deux partis. Si Joe Biden est toujours plutôt favori pour remporter l’élection présidentielle américaine, les quatre dernières années et ce scrutin indécis légueront un héritage qui ne devrait pas laisser les Européens indifférents. Vainqueur ou vaincu, Donald Trump aura changé le monde et le rapport des États-Unis à celui-ci. Il aura servi d’accélérateur et de révélateur de tendances profondes. L’Amérique abandonne progressivement son universalisme, se comportant comme une puissance normale défendant ses intérêts sur une scène internationale morcelée, dans un système multilatéral inopérant, actant la fin des espoirs de la mondialisation triomphante et de l’après-guerre froide. Au Moyen-Orient, en Asie, dans la relation transatlantique, il aura fait voler en éclat mythes et antiennes des chancelleries diplomatiques. Dans un entretien au Financial Times, en 2018, Henry Kissinger décrivait Trump comme une de ces figures «qui apparaissent dans l’histoire de temps en temps pour marquer la fin d’une époque et la forcer à abandonner ses vieilles prétentions. Ça ne veut pas dire qu’il s’en rende compte ou qu’il ait envisagé des alternatives.» Sur de nombreux sujets, les années Trump lieront Biden. Joe Biden a fait campagne contre le bilan de politique étrangère de Trump, lui reprochant son hostilité aux alliances traditionnelles et sa proximité avec les adversaires autoritaires de l’Amérique, comme la Russie. À n’en pas douter, les prochaines semaines d’une Administration Biden marquerait une embellie des relations transatlantiques: retour dans l’accord de Paris sur le climat, grands discours sur les valeurs communes, l’Otan, etc. Le candidat Biden a même promis la tenue d’un «sommet des démocraties» dans les premiers mois de son mandat. Son Administration ne montrerait pas l’hostilité idéologique vis-à-vis de l’Union européenne manifestée par le président Trump. Si les différends commerciaux sur des sujets comme les Gafa perdureront, on ne verra probablement pas la même instrumentalisation de l’arme des tarifs douaniers dans la relation transatlantique. Pour autant, la nouvelle carte électorale américaine et le succès des candidats populistes des deux bords, de Trump à Bernie Sanders, ont forcé les élites américaines à prendre conscience des conséquences négatives des accords de libre-échange sur certaines régions. Le mandat de Trump aura mis fin au mythe de la «convergence» de la Chine, l’idée d’une ouverture politique qui aurait suivi la libéralisation économique du pays. C’était l’espoir de ceux qui, comme Joe Biden, avait soutenu l’intégration de la Chine dans l’OMC: faire de Beijing un acteur responsable (responsible stakeholder) des relations internationales. Le durcissement autoritaire du régime sous Xi Jinping, les ambitions géopolitiques annoncées par les «nouvelles routes de la soie», les abus dans le comportement commercial comme les mensonges des premières semaines de la pandémie ont fait voler en éclats ces espoirs. Biden, longtemps favorable à une coopération prudente avec Beijing, comme une grande partie de l’élite américaine, qualifie aujourd’hui le dirigeant chinois de «voyou». La doctrine stratégique de l’Administration Trump, qui assumait la «compétition de grandes puissances» avec Beijing, fait aujourd’hui l’objet d’un consensus bipartisan à Washington. Une Administration Biden placera elle aussi la rivalité stratégique avec la Chine au centre de ses priorités et attendra, à cet égard, un alignement des Européens sur le plan commercial, technologique ou militaire. Au Moyen-Orient, qui peut douter que la politique de Donald Trump a rebattu les cartes régionales? Joe Biden ne redéplacera certainement pas l’ambassade des États-Unis en Israël à Tel-Aviv. De nombreux commentateurs avaient prédit un embrasement régional en cas de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Il n’en a rien été. Au contraire, l’Administration Trump a profité du rapprochement entre puissances arabes sunnites, autour de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, et d’Israël face à la menace commune iranienne pour faire signer des accords de reconnaissance mutuels, là aussi un bilan durable. Les experts avaient prédit l’impossibilité de tels accords sans processus de paix israélo-palestinien. La méthode transactionnelle et le rapport de force établi avec l’Iran (brutalement comme l’a montré la mort du général Soleimani) aura peut-être mieux fonctionné que les politiques de ses prédécesseurs. Au détriment peut-être durable de la cause palestinienne.Enfin, la présidence Trump aura révélé les limites de la relation transatlantique, là aussi un accélérateur du désintérêt marqué par Obama pour l’Europe et ses enjeux de sécurité, en Syrie par exemple. Il aura répété, avec brutalité, les critiques de ses prédécesseurs sur le partage de fardeau et le comportement «passager clandestin» vis-à-vis de la puissance américaine. Les Européens peuvent-ils vraiment laisser la sécurité de leurs citoyens entre les mains de quelques dizaines de milliers d’électeurs de Pennsylvanie tous les quatre ans? En Libye, en Méditerranée orientale face à la Turquie, face au terrorisme, l’Europe a ses propres enjeux de sécurité et doit se donner les moyens d’assumer sa puissance. Trump a changé le monde ; aux Européens de ne pas devenir les derniers gardiens du monde d’hier. Benjamin Haddad
Cela avait commencé comme un mauvais remake pour les démocrates. Celui qui ne pouvait pas être élu allait être réélu. Après une improbable remontée de Biden dans les États clés du Wisconsin et du Michigan, Trump pourrait finalement échouer à prolonger son bail à la Maison-Blanche. Mais, si défaite il y a, elle se sera jouée sur le fil au terme d’une des batailles électorales les plus disputées de ces cinquante dernières années. Et contre tous les pronostics, les Républicains devraient conserver leur majorité au Sénat, notamment grâce à l’élection de proches du président sortant. Une fois encore les sondeurs et les médias se sont donc trompés. Loin d’être rejeté par l’ensemble des Américains, Trump a été porté par une lame de fond qui a toutes les chances de s’avérer durable. D’autant qu’il est permis d’imaginer qu’elle a été atténuée par la crise sanitaire sans laquelle Donald Trump aurait probablement été aisément victorieux. Battu par Biden en termes de vote populaire, le président sortant progresse néanmoins en nombre de voix par rapport à 2016. Fait notable, il améliore ses scores auprès de toutes les «minorités», y compris les hommes et les femmes noirs, ce qui confirme les limites de la politique des identités démocrate et montre que le phénomène Trump n’est pas réductible à un vote de «petits blancs». Son élection de 2016, comme le Brexit en 2015, n’était pas un accident de l’Histoire et sera sans doute bien plus qu’une parenthèse dans la marche que d’aucuns pensent inéluctable vers un monde toujours plus globalisé. L’élection américaine est un nouveau symptôme de la recomposition politique occidentale, qui, depuis la crise financière de 2008 bouleverse les clivages traditionnels au sein des démocraties libérales et dont les mouvements dits «populistes» sont souvent la traduction. Au clivage droite-gauche se substitue l’opposition «Anywhere» – «Somewhere», théorisée par le politologue britannique David Goodhart, c’est-à-dire l’affrontement entre ceux qui sont à l’aise dans «le village global» et adhèrent au multiculturalisme et ceux pour qui la mondialisation est source d’insécurité économique et culturelle. Le fait que les électeurs de Biden aient massivement voté par correspondance tandis que ceux de Trump se déplaçaient physiquement dans les urnes sonne comme un symbole de cette séparation entre «mondialisés» et «enracinés». Dans son nouvel essai, Le Temps des gens ordinaires (Flammarion), Christophe Guilluy montre que les «invisibles» sont en train de devenir «incontournables». Ces derniers forment désormais, selon lui, «un bloc autonome, puissant et sûr de son diagnostic. Un socle solide né de l’implosion de la classe moyenne»… C’est ce dont semble témoigner la spectaculaire résistance du vote Trump. Il serait donc simpliste et illusoire de voir dans une éventuelle victoire de Biden le début de la fin de l’ère populiste et le retour à l’époque antérieure. Bien au contraire, la parenthèse de la mondialisation heureuse est définitivement refermée. D’autant que si la crise sanitaire, peut, à court terme, déstabiliser certains «populistes» au pouvoir, à moyen et long terme, elle débouchera sur une crise économique et sociale qui ne fera qu’exacerber les fractures. L’édito du Time ce jeudi résumait bien la situation: «Même si Joe Biden gagne, il gouvernera dans l’Amérique de Donald Trump ». Alexandre Devecchio
Quand vous avez réussi à corrompre la quasi totalité des grands médias, quand vous avez dans la poche les milliardaires de Wall Street, Hollywood et Silicon Valley, quand vous avez réussi à laver le cerveau des masses en vous faisant passer pour le camp du bien et de la générosité, quand pendant huit ans, sous la direction d’un Islamiste antisémite avoué qui s’est fait passer pour un Chrétien libéral, vous avez installé des agents dans toutes les administrations, créant de la sorte un « Etat Profond » impossible à contourner, il ne vous reste plus qu’à emporter les élections par tous moyens, au détriment du peuple et pour le plus grand profit de vos alliés. Les fascistes corrompus démocrates ont pu bénéficier, comme c’est étrange, d’une épidémie à l’échelle mondiale provoquée par leur allié principal, la Chine, pour infliger une peur panique quotidienne au peuple américain et leur faire croire que leur président légalement élu était responsable des morts qu’ils avaient eux-mêmes provoquées, parfois volontairement (gestion criminelle de la crise par Cuomo et De Blazio à New York par exemple), ou inventées. (Les chiffres officiels des morts dues au COVID19 restent sujets à caution). Ils ont évidemment créé un tel niveau de panique que l’économie américaine, en plein essort grâce au président Trump, s’est brusquement effondrée (avant de se reprendre et de remonter). Cette panique leur a permis de convaincre les Américains de rester chez eux et de voter par correspondance, sans preuve d’identité, ouvrant ainsi la porte à une fraude massive, préparée  et organisée dans les moindres détails. (…) Ce vol de l’élection a ciel ouvert n’a pu être organisé que grâce à la complicité des médias et des GAFA, aux ordres des fascistes corrompus démocrates car c’est l’intérêt de leurs dirigeants de transformer la planète en un camp d’aliénés géant, au sein duquel seul leur groupe de privilégiés pourrait continuer à tirer des profits. Travaillez, rentrez chez vous, regardez les plus absurdes programmes télévisés, gavez vous de fausses nouvelles, payez vos impôts, de plus en plus d’impôts, métissez-vous, oubliez votre genre sexuel, sentez-vous honteux d’aller à l’église, construisez des mosquées, propagez l’antisémitisme dans les universités, acceptez la domination de la Chine, soyez indulgent avec l’Iran, crachez sur Israël, et, surtout, soyez soumis. (…) Si le président Trump ne parvient pas à démontrer l’ampleur de cette tricherie qui a pris la forme d’un coup d’état, les années à venir seront de plus en plus sombres tandis que le bien le plus précieux de chaque être humain sera progressivement confisqué : sa liberté. Pierre Rehov
Attention: une fraude peut en cacher un autre !
A l’heure où au lendemain d’une des élections américaines les plus disputées …
Qui a vu en une rare unanimité digne des expulsions les plus réussies de bouc émissaire …
Y compris de médias français comme le Monde qu’on avait connu en d’autre temps moins catégorique
Celui que pendant quatre ans une presse ayant troqué l’objectivité pour le miltantisme
Mais aussi, malgré les risques de perte du Sénat, des transfuges républicains au sein de son propre camp comme Romney ou Bush …
Ont tenté, entre le faux dossier de collusion russe et l’instrumentalisation de l’épidémie et des émeutes anti-policiers, de diaboliser comme « marionnette de Moscou » et raciste champion du suprémacisme blanc
Tout en « protégeant » le grand public tant de ses points forts que des fragilités de leur propre candidat …
Mobiliser sept millions de nouveaux républicains dans les urnes, conserver le Sénat, renforcer son camp à la Chambre, complètement révolutionner la carte électorale en attirant vers lui 33 % des Latinos et 18 % des Noirs…
Et à la fin, crime ultime de lèse-majesté, leur contester leur victoire dans des machines électorales notoirement corrompues …
Comment ne pas voir …
Au-delà des probables erreurs de lecture et magouilles de bas niveau
Mais à l’image d’un particulièrement révélateur lapsus du candidat démocrate …
Ou même, d’appels explicites à la fausse résidence dans un état-pivot, de la part d’un journaliste réputé ou d’un ancien candidat démocrate
Le véritable casse du siècle et nouveau putsch judiciaire
Consistant à faire sauter, selon la formule de Malcolm X empruntée à Sartre du « tous les moyens sont bons », à quelques mois de l’élection sous couvert de coronavirus …
Entre envois non sollicités et collecte de bulletins, non-contrôle des signatures ou des pièces d’identité
Dans des états-clé au fonctionnement, entre gouverneurs républicains et législatures démocrates ou l’inverse, particulièrement compliqué …
Sans compter les menaces d’abolir le Collège électoral, doubler ou tripler le nombre de juges à la Cour suprême et même, pour avoir plus de sénateurs à leur botte, d’ « étatifier » le District of Columbia et Porto Rico …

Tout un ensemble de règles centenaires protégeant l’intégrité du scrutin

Pour déverser massivement, y compris après le scrutin lui-même, quelque 70 millions de bulletins postaux (d’ailleurs interdits en France depuis 45 ans) sur des centres de votes impréparés …
Sans compter depuis quatre ans, entre médias partisans et sondages idoines …
Un véritable tsunami de propagande et de censure anti-Trump et pro-Biden digne des plus beaux jours des régimes communistes …
Tendant à faire passer pour fascisme contre toute évidence et à leurs risques et périls
Le rappel proprement révolutionnaire qu’aucun pays digne de ce nom …
Ne pourra désormais recommencer à faire passer par pertes et profits son vaste intérieur industriel, détruire ses frontières ou préférer au renouveau la résignation au déclin ?
Anatomie de l’escroquerie du siècle
Pendant 4 ans, les Démocrates ont pu impunément insulter, attaquer, mentir, voler, tout en vous préparant au plus grand vol d’élection de l’histoire du monde libre. Ils ont transformé tranquillement le système électoral américain et organisé, comme Joe le senile l’a annoncé lors d’une de ses fameuses gaffes, « la plus grande machine à tricher de l’histoire »
Pierre Rehov
Dreuz
7 novembre 2020

Quand vous avez réussi à corrompre la quasi totalité des grands médias, quand vous avez dans la poche les milliardaires de Wall Street, Hollywood et Silicone Valley, quand vous avez réussi à laver le cerveau des masses en vous faisant passer pour le camp du bien et de la générosité, quand pendant huit ans, sous la direction d’un Islamiste antisémite avoué qui s’est fait passer pour un Chrétien libéral, vous avez installé des agents dans toutes les administrations, créant de la sorte un « Etat Profond » impossible à contourner, il ne vous reste plus qu’à emporter les élections par tous moyens, au détriment du peuple et pour le plus grand profit de vos alliés.

Les fascistes corrompus Démocrates ont pu bénéficier, comme c’est étrange, d’une épidémie à l’échelle mondiale provoquée par leur allié principal, la Chine, pour infliger une peur panique quotidienne au peuple américain et leur faire croire que leur président légalement élu était responsable des morts qu’ils avaient eux-mêmes provoquées, parfois volontairement (gestion criminelle de la crise par Cuomo et De Blazio à New York par exemple), ou inventées. (Les chiffres officiels des morts dues au COVID19 restent sujets à caution).

Ils ont évidemment créé un tel niveau de panique que l’économie américaine, en plein essort grâce au président Trump, s’est brusquement effondrée (avant de se reprendre et de remonter). Cette panique leur a permis de convaincre les Américains de rester chez eux et de voter par correspondance, sans preuve d’identité, ouvrant ainsi la porte à une fraude massive, préparée  et organisée dans les moindres détails.

Les fascistes corrompus démocrates auraient donc convaincu les Américains de voter pour eux parce qu’ils allaient :

  • Augmenter les impôts
  • Légaliser 11 millions d’immigrés illégaux (autant de votants pour eux)
  • Arrêter l’exploitation des énergies fossiles et rendre de nouveau l’Amérique dépendante du pétrole étranger
  • Reprendre date avec la Chine et laisser les emplois de nouveau s’évader dans les camps de travaux forcés communistes
  • Arrêter le processus de paix au Moyen Orient et recommencer à financer les organisations terroristes dirigées par Mahmud Abbas
  • Revenir à l’accord infernal qui autoriserait l’Iran à obtenir la bombe atomique dans moins d’une décennie tout en poursuivant son hégémonie régionale et en finançant le terrorisme
  • Effacer le second amendement et confisquer les armes individuelles de sorte que plus personne ne puisse se défendre

Et il est vrai que des millions d’idiots utiles, au sens léninien du terme, se sont laissé suffisamment laver le cerveau pour tomber dans le panneau et accepter béatement de devenir un troupeau d’esclaves, avec le sentiment d’appartenir au camp du bien et de la générosité. Un peu comme certains allemands qui, dans les années 30, ont voté pour Hitler de bonne foi, sans comprendre à qui ils avaient affaire ni savoir ce qu’ils faisaient.

Biden n’est pas Hitler, c’est vrai. Ce n’est qu’un pantin corrompu jusqu’à la moëlle et sénile, qui s’est enrichi pendant 47 ans sur le dos des travailleurs américains. Le système qui le protège n’est pas un système nazi, même si le National Socialisme était une idéologie de gauche contrairement aux « libéraux » qui s’acharnent à réécrire l’Histoire à leur profit. Il ressemblerait plutôt aux systèmes qui ont été mis en place dans les républiques bananières d’Afrique ou d’Amérique du Sud avec la bénédiction des grands profiteurs et des partis communistes.

Malheureusement pour les fascistes corrompus démocrates, une fraude à telle échelle ne peut exister sans quelques couacs. Les racailles et les idiots utiles qui ont participé à cette fraude n’ont pas tous le cerveau d’Einstein. Ce n’est qu’un doux euphémisme…  Quand on dit à une racaille qu’il a les mains libres pour tricher ou voler, le ciel est la limite de ce qu’il est capable de faire.

C’est la raison pour laquelle des tonnes d’erreurs ont été commises: de l’apparition magique du nombre exact de bulletins de votes dont les fascistes corrompus démocrates avaient besoin pour voler les élections dans certains états, au blocage d’observateurs républicains ou impartiaux malgré les jugements dans certains centres de tris, en passant par l’envoi massif de bulletins à des fausses adresses, au vote des morts, des plus que centenaires et des immigrés illégaux. Pour ne citer, évidemment, que quelques-unes des manipulations honteuses qui ont été découvertes.

Ce vol de l’élection a ciel ouvert n’a pu être organisé que grâce à la complicité des médias et du GAFA, aux ordres des fascistes corrompus Démocrates car c’est l’intérêt de leurs dirigeants de transformer la planète en un camp d’aliénés géant, au sein duquel seul leur groupe de privilégiés pourrait continuer à tirer des profits.

Travaillez, rentrez chez vous, regardez les plus absurdes programmes télévisés, gavez vous de fausses nouvelles, payez vos impôts, de plus en plus d’impôts, métissez-vous, oubliez votre genre sexuel, sentez-vous honteux d’aller à l’église, construisez des mosquées, propagez l’antisémitisme dans les universités, acceptez la domination de la Chine, soyez indulgent avec l’Iran, crachez sur Israël, et, surtout, soyez soumis.

« BIG BROTHER veille sur votre sécurité et sur bonheur. Nous sommes les Démocrates ! »

Si le président Trump ne parvient pas à démontrer l’ampleur de cette tricherie qui a pris la forme d’un coup d’état, les années à venir seront de plus en plus sombres tandis que le bien le plus précieux de chaque être humain sera progressivement confisqué : sa liberté.

Les multinationales ne veulent pas de la liberté d’entreprendre qui nuit à leurs profits.

Le GAFA ne veut pas de la liberté de s’exprimer qui nuit à leur main prise totale sur chaque humain hypnotisé par son ordinateur et son téléphone portable.

Les médias ne veulent pas de la liberté de penser qui nuit à leur traitement inique de l’information au profit de leurs commanditaires.

Les Démocrates ne veulent pas de la liberté tout court, qui nuit à leurs malversations, à leurs alliances avec les dictatures, à leur programme « social » destiné à provoquer davantage de soumission et de dépendance.

Contre cette « vague bleue » qui ressemble davantage au remugle vomi par l’antre infernal des privilégiés, il n’y a qu’un homme pour se battre envers et contre tous. Cet homme n’était pas un politicien mais un courageux patriote amoureux de son pays et de son peuple. Un homme qui s’était fait élire pour nettoyer le marécage infesté par les bactéries du parti de l’esclavage et qui était bien près d’y arriver.

Il reste encore une chance d’empêcher ce scénario catastrophe de se produire.  Elle passe par un combat juridique avec le soutien de tout le peuple.

  • Contre les médias
  • Contre le GAFA
  • Contre BLM et Antifa
  • Contre le Big Tech
  • Contre Wall Street
  • Contre les Islamistes aux visages d’ange
  • Contre les soit disant « bien-pensants »

Le peuple américain doit se dresser sur ses jambes et crier : LIBERTE

Voir aussi:

Donald Trump, Counterrevolutionary
Against all the money and clout of America’s revolutionary forces, the counterrevolutionary Trump had only one asset, the proverbial people.
Victor Davis Hanson
American greatness
November 1, 2020

Until Donald Trump’s arrival, the globalist revolution was almost solidified and institutionalized—with the United States increasingly its greatest and most “woke” advocate. We know its bipartisan establishment contours.

China would inherit the world in 20 or 30 years. The self-appointed task of American elites—many of whom had already been enriched and compromised by Chinese partners and joint ventures—was to facilitate this all-in-the-family transition in the manner of the imperial British hand-off of hegemony to the United States in the late 1940s.

Our best and brightest like the Biden family, Senator Dianne Feinstein (D-Calif.), Bill Gates, or Mark Zuckerberg would enlighten us about the “real” China, so we yokels would not fall into Neanderthal bitterness as they managed our foreordained decline.

We would usher China into “the world community”—grimacing at, but overlooking the destruction it wrought on the global commercial order and the American interior.

We would politely forget about Hong Kong, Taiwan, Tibet, and the Uyghurs. Hollywood would nod as it put out more lucrative comic-book and cartoonish films for the Chinese markets, albeit with mandated lighter-skinned actors.

The NBA would nod twice and trash a democratic United States, while praising genocidal China—becoming richer and more esteemed abroad to make up for becoming boring and poorer at home. The universities would nod three times, and see a crime not in Chinese espionage and security breaches, but in the reporting of them as crimes.

So our revolutionary role would be to play stuffy and snooty Athenian philosophers to the new muscular Roman legions of China.

Given our elites’ superior morality, genius, and sense of self, we would gently chide and cajole our Chinese masters into becoming enlightened world overseers and democrats—all the easier, the richer and more affluent Chinese became.

For now, Trump has stopped that revolution.

Internal Counterrevolutions
Until Trump’s arrival, Big Tech was three-quarters home on the road to Nineteen Eighty-Four. Five or six companies monopolized most American—and indeed the world’s—access and use of the internet. In cynical fashion, Silicon Valley grandees patronized naïve conservatives that they were the supposed embodiment of Milton Friedman libertarianism and 19th century robber baron daring. Yet to their leftist kindred, the moguls of Menlo Park simultaneously whispered, “Don’t worry about such necessary disinformation: we will enrich only your candidates, only your agendas, only your foundations, only your universities—in exchange for your exemptions.”

Antitrust legislation was as much an anathema to good liberals as rigging searches, institutionalizing the cancel culture, and censoring thoughts and ideas were welcomed. For now Trump, almost alone, is battling that revolution.

Until Trump’s arrival, there was increasingly no border at all. Fifty-million foreign-born resided, both legally and illegally, in the United States. Nearly a million annually walked northward across the border with ease and without legal sanction or invitation. To object to illegal immigration and decry its deleterious effects on the entry-level wages of our working poor, on the social safety net of the American needy, and on the sanctity of the law was to be smeared as racist, xenophobic, and nativist.

More than a quarter of California’s current resident population were not born in the United States. That desirous “new demography” since 1988 had flipped California into a caring blue state. Open borders and the end of immigration law enforcement had pushed Nevada, New Mexico, and Colorado into just Democratic societies, and was supposedly soon to transform Texas and Arizona into enlightened states. For now, Trump—with his soon-to-be 400-mile wall, his beefed up ICE, and his war on sanctuary nullification zones—has nearly stopped the revolution to end borders.

Until Trump, the American interior was loser country. In-between the two gilded coasts resided the deplorables, irredeemables, clingers, the smelly Walmart patrons decried in the Page-Strzok text echanges, those John McCain called “crazies,” and Joe Biden has variously called the “dregs,” the “chumps” and the “ugly folks.” They were written off as Morlocks, who were occasionally seen poking about the rotting, rusting skeletons of abandoned steel plants, and for some reason never had proper orthodontics as children.

Obama laughed about the “magic wand” needed to revive these unrevivable people. Larry Summers reportedly called such an idea a “fantasy.” He was said to have  praised the meritocracy that properly gives to such losers what they justly deserve. Very caring and very humane elites felt very little for supposedly very expendable riffraff.

Translated, that meant on the eve of the Chinese takeover, our clueless deplorables never learned to code, or to borrow $200,000 to get a woke-studies education, and so deserved the opioids they took and the trailers they crashed in.

Few apostates said, “Wait a minute! The United States has cheaper energy than anywhere on earth, a skilled workforce, a huge domestic market, and a still-viable infrastructure. There was a reason why Michigan, Ohio, and Pennsylvania once led the world and why they can again.” Through tax reform, deregulation, trade rebooting, a new foreign policy, and loud jawboning, Trump for a while has stopped the revolution that was destroying our once greatest states.

Until Trump, the woke cultural wars were just about won by the elites. Seeking unity was dead; chest-pounding diversity, often the spark that had ignited history’s multiracial societies, was ascendent.

The melting pot that sought to make race incidental was deemed racist; the salad bowl that made our superficial appearances essential was celebrated. Quite affluent, self-appointed minority leaders, with their quite wealthy white liberal counterparts, established who is, and who “ain’t,” “really” black—the definition resting on whether one was loyally left-wing or disloyally independent-minded.

The success of civil rights was not to be calibrated by black unemployment figures, household income, family businesses, dignity in having leverage over employers, access to competitive parochial and charter schools, or descending abortion rates, but in electing more activists as progressive mayors, liberal city councilmembers, and leftist district attorneys to garner more redistributive state money to hire more careerists like themselves.

Trump, branded a bigot and racist, for now has sought to end that revolution, and measure race relations not by how many minority elites have choice jobs and high incomes, but by how well the entire minority community reaches income and employment parity with the general population—an idea that will earn the “racist” Trump far greater minority support than was expressed for John McCain and Mitt Romney.

Can the Revolution Be Stopped?
We are in the midst of a cultural revolution, for the most part driven by angry middle-and upper-class white youth of Antifa and its sympathizers, wannabes, and enablers. Many are humiliated that they have college pedigrees, lots of multi thousand-dollar debt, plenty of woke-studies classes to their credit, but still have no real jobs, no real knowledge, and no real immediate chances of buying a house, marrying, and raising a family in their 20s.

Nothing in history is more dangerous than the underemployed wannabe intellectual or college graduate, whose cultivated sense of superiority is not matched by his income or standard of living, but who blames “them” for his own self-inflicted miseries and unappreciated genius.

The revolution toppled statues, renamed what it did not like, Trotskyized the past, photoshopped the present, and used language, government, and cultural intimidation to do its best to make America into Animal Farm.

Corporate CEOs in terror washed the feet of the woke. University presidents, fearful for their status and careers, wrote incomprehensible memos admitting their past sins and asking how best to do present penance. Hollywood studio owners promised race and gender quotas, with ample provisions that—in the manner of NBA and NFL owners—adjustments and exceptions could be worked out for themselves.

Somewhere, somehow graduations, dorms, and campus spaces, all segregated by race, became “liberal.” Intermarriage, integration, and assimilation were shamefully illiberal. Standing for the National Anthem was unpatriotic; sitting in disdain for it, cool. Donald Trump fought that revolution too.

What tools did Donald Trump have to wage these many counterrevolutions?

The media? America’s Fortune 400? Academia? The great foundations? The nation’s think tanks? The bipartisan government establishment? The international community? The banks? Wall Street? Corporate CEOs? Silicon Valley? Professional sports? The entertainment industry? Hollywood? The intelligence community? The current and retired top military brass?

In fact, none of them. All had joined or enabled the revolution, on the theory either that their wealth and influence would shield them and their own from its excesses, or like naïve Kerenskyites their status would impress and win over even those who targeted them, or they were inner revolutionaries themselves all along, just waiting to be freed at last by BLM and Antifa.

Against all that money and clout, the counterrevolutionary Trump had only one asset, the proverbial people. He had solely the under-polled and the written-off. They came out to his rallies in the tens of thousands, deluded the pollsters, and told the media less than nothing, but voted and will vote in waves to save America from what it was becoming.

Voir également:

Trumpism: Then, Now—and in the Future?
Victor Davis Hanson

What was, is, and will be the Trump agenda?

Against all odds, what elected Trump in 2016 was a recalibration of American foreign and domestic policy—and the art of politicking itself.

Doctrine and Policy

In foreign affairs, the United States would no longer adhere to every aspect of the 75-year-old postwar order it created—given the world now bore little resemblance to the world of 1945.

Prior bipartisan foreign policy had often ossified to the point of enhancing the power of our enemies, weakening our complacent friends, and terribly damaging our own power. When Trump entered office, ISIS was proving that it was hardly a “JV” organization. North Korea was recklessly testing missiles and bragging of its nuclear-tipped rockets pointed at our West Coast.

Israel and the moderate Arab regimes were ostracized as part of the insane Obama empowerment of theocratic Iran and its quest for a radical crescent encompassing Syria, Lebanon, Hezbollah, and Hamas.

Russian reset was an utter failure. Unhinged, we were hectoring Vladimir Putin on human rights while agreeing to dismantle missile defense in Europe, if he would just please behave for a bit, and give Obama space during his 2012 reelection bid. The Asian pivot was laughable. Our friendly and hostile trading partners praised the Obama Administration in direct proportion to their manipulation of it.

In the 1950s, it was understandable that the United States would spend blood and treasure abroad to resurrect the destroyed economies after World War II and contain Soviet Communism. Its policy of allowing recovering allies to run up huge trade deficits to reenter the world community was seen both as desirable and affordable, as was putting down Communist insurrections the world over to contain the Soviet Union.

Western Europe, Japan, Taiwan, and South Korea became powerhouses, often with wide open, one-sided access to U.S. markets. China would never have achieved its 40-year stunning ascendence had America applied to Chinese trade the same mercantilism that China applied to the United States.

By 2016, it was clear that a host of world and international trade and development organizations took for granted U.S. moral and financial support, while assuming wide open entrance for all into the U.S. market.

The result of the globalist project was the destruction of much of the American interior’s manufacturing and assembly industries. Those whose labor could not be so easily xeroxed—Silicon Valley, Wall Street, banking and insurance, big law, the media, entertainment, professional sports, and large research universities—saw their markets expand to 7 billion consumers. Coastal elites got rich. Interior deplorables and clingers were said to have deserved their fate by not going to college or failing to learn how to code.

They were lectured that not even a magic wand could save their jobs, or, in the words of Lawrence Summers, former Harvard president and the architect of President Obama’s team of economic advisers, they deserved their unfortunate fates, which in our meritocracy matched their meager abilities. “One of the challenges in our society is that the truth is a kind of disequalizer,”  Summers reportedly once said. “One of the reasons that inequality has probably gone up in our society is that people are being treated closer to the way that they’re supposed to be treated.”.

Into that comfortable matrix of easing into decline, Trump stormed in. He damned globalists as elites who cared more about abstractions abroad than unfairness and the poor at home right under their noses.

To restore U.S. primacy, he greenlighted gas and oil production. When the United States became the largest producer of both, much of the world changed. The Middle East no longer had a political stranglehold over U.S. foreign policy. Russia, and illiberal regimes like Iran, lost hundreds of billions in carbon income. American consumers and industry enjoyed the cheapest energy prices in the Westernized world. And the elite dismissed all that as too damaging to the planet.

Tax reform and deregulation lured back to U.S. shores offshored money and opened up trillions of dollars for investment that had been inert—the owners of which had been understandably worried by the redistributionist rhetoric and policies of the increasingly leftwing second-term Obama Administration and its recalibration of the Democratic Party.

Closing the border with Mexico slowly tapered off the once-endless supplies of cheap imported labor. For the first time in a half-century, the American worker was courted by needy employers who paid record entry-level wages, as unemployment fell to near historic peacetime lows.

Minority youth were no longer begging employers for a chance of a job, but rather were being begged by them to come to work. Ancient fights over unions and minimum wages faded as an increasingly wealthy America saw middle-class income soar for the first time in years as employers paid whatever was necessary to land American workers.

Trump stopped most optional military interventions that did not pencil out in a cost-benefit advantage for the United States—or for regional stability. Instead, don’t-tread-on-me realism bombed ISIS out of existence and took out the terrorist Iranian mastermind Qasem Soleimani, or threatened Kim Jong-un with massive retaliation if he dared launch a missile toward the United States.

At no time did Trump think he should remove Bashar al-Assad and try to create a Western democracy in Syria, or invade and overthrow the Iranian regime—as opposed to slowly strangle them with sanctions, new alliances, and military deterrence. There was no desire to return to spend money or lives in Libya or Iraq to establish or reboot democratic institutions.

There were two final pillars of the new Trump foreign policy. One was to talk honestly to allies about investing in their own defense as promised. Most not only counted on U.S. protection but often loudly seemed to resent their ensuing dependence by opportunistically ankle-biting the United States for its global policeman role.

Western Europe and Asia, and especially Germany and Japan, were told that if Russia and China really were existential threats, then such front-line states had to commensurately invest in their own defense first—at least if they to expected 19-year-olds from rural Michigan or northern Florida to fly over to their defense.

Unpredictability was seen as safer deterrence in a dangerous world than predictable and ossified policy.

So, against all advice, Trump called China to account for its commercial cheating and insidious infiltration into Western banking, corporate, media, entertainment, and academic institutions. He cut off aid to Palestinians who refused to recognize Israel, moved the U.S. embassy to Jerusalem, reminded the Assad regime that it would never recover the Golan Heights to launch another war on Israel, encouraged the moderate Arab world to ally with Israel to protect against revolutionary Shiite Iran, and reminded Canada and Mexico that one reason why they had small militaries, and growing economies, was their proximity to the United States—and thus such magnanimity should be reciprocated with symmetry rather than seen as naïveté that explained its continuance.

Class, Not Race

The second pillar of Trumpism was a shift in Republican orthodoxy to reemphasize class differences and in radically different ways.

No longer was there talk of privatizing Social Security, institutionalizing free (but not fair) trade, or following international commercial accords against the interest of an increasingly hollowed out American middle class. Deregulation and cuts in corporate taxes galvanized the economy and indeed profits “trickled down” to the hoi polloi. But such necessary free-market reforms were not the be-all and end-all of Republican orthodoxy, which was now readjusted to be more in the interest of the factory worker, not just the Wall Street investor.

Closing the border cut off the easy supply of cheap labor for corporations. Only that way would wages of entry-level and largely minority workers rise. More radially, Trumpism did not see the middle classes as spent, addicted, eroding and doomed, much less as deplorables, clingers, irredeemables, dregs, and chumps as the coastal elites increasingly liked to smear them. And Trump certainly did not see poor whites, without much influence, as privileged, and thus in need of making atonement for supposed sins of the past or the present.

One reason why Trump is libeled as a racist is that he saw through the white elite con of blaming those without advantage for bias and prejudice, in order to win psychological exemption for the elite’s own near-monopoly on blue-chip university admissions, corporate, media and academic old-boy access and cultural influence.

Bull-in-the-China-Shopism

Aside from fundamental changes in foreign and democratic policy, and renewed emphasis on class instead of race, Trumpism changed the political dialectic.

Of course, Trump could be crude, even at times bullying and profane. But much of his braggadocio and vulgarity were designed as chemotherapy to kill the cancer of the administrative state and the lock-hold on permanent government by the revolving-door, bipartisan coastal elite.

The reasons why Trump just days after his inauguration faced a failed impeachment, or calls for his removal by the 25th Amendment, or even talk of a military coup, or the Steele dossier hoax that led to a $40 million, 22-month effort by progressives to destroy his presidency, his person and his family, were manifold. But one cause surely was that Trump was orphaned from the hard-Left Democratic Party and the Republican establishment and seemed either to welcome the ostracism or not be fully cognizant of the cost that it entailed.

True, Trump may have defined presidential comportment down with his “sleepy,” “crooked,” “lying,” and “low-energy” epithets and with his crowds cheering to “lock her up.” But then again, what was so moral in the past about mellifluously assuring Americans they would lose neither their doctor nor their health plan—to the amusement of the likes of Jonathan Gruber who knew all along that they would? Or ramming through the Iran Deal by bypassing the treaty duties of the U.S. Senate, while deluding the country with a “know-nothing” media echo chamber? If we learned anything from the Obama years, supposedly “scandal-free” presidents might do anything from weaponizing the IRS and siccing the FBI on opponents to dismantling viable allied missile defense to leverage foreign leaders to aid their reelection campaigns—and then call all that moral, with a chorus of media assent.

When a man takes on the role of the gunslinger arriving in the town to clean up the mess, one must expect that his methods and comportment will offend his supporters as much as they terrified his adversaries, all the more so as he succeeds and thus the beneficiaries see an end on the horizon to their embarrassing need to have called in the unorthodox to do what their own polite conventionality should have done, but choose not (or did not have the courage) to do.

The Fate of Trumpism 

We can sense the viability of Trumpism by the current lack of coherent attacks on its principles and achievements. Would a President Mitt Romney demand that the U.S. embassy now leave Jerusalem? Would a President Nikki Haley cease the new containment of China? Would a President Marco Rubio return to the Bush-Obama coaxing of NATO partners to please, pretty please pay up what they had promised?

Or alternatively, would a President Joe Biden warn the Arab countries to cease their “destabilizing” new partnership with Israel?

Would he jawbone them to return the autocratic Palestinians to front and center of the Middle East “peace” plan? Would a President Biden begin dismantling 400 miles of border wall and return to open borders?

At home, Biden most certainly would raise taxes, restore cumbersome regulations, strangle the fossil fuel industry, and return to identity politics pandering. But after the 2017-20 Trump boom, he would do so without any expectation that the economy would grow or the country would heal or the world would suddenly cool down and the seas cease to rise.

Biden knows that under Obama a natural recovery stagnated, a uniter president ignited the country with his team of racial arsonists, and the government wasted billions of dollars in green boondoggles even as a hamstrung private sector did far more than Washington to expand the use of solar energy and electric cars.

And what about the NeverTrumper—always wrong that Trump would not be nominated or not be elected or be destroyed by “Russian collusion”? At the end of Trump, whether in 2020 and 2024, would they resurrect the Weekly Standard or return to the Sunday talk shows? Would the legions of handlers, operatives and advisors return to recalibrate all the party Senate and House races along the lines of a Mitt Romney or John McCain orthodoxy? Would the NeverTrump Phoenix arise to save the Republican Party from the ashes of Trumpism—on the principle that deplorables would always support RINO candidates, but RINOS would bolt the minute a deplorable candidate appeared. Could a Jeff Flake or a Ben Sasse or a John Kasich candidacy shatter the Blue Wall?

Probably not at all. Elite Republicanism would fail because the white working classes would return either to political hibernation in the swing states or rejoin the Democratic Party. Growing minority support would vanish because blacks and Latinos would see platitudinous and pandering Republicans as far more injurious to their futures than was a crudely talking, Queens-accented populist Trump.

Trumpism did not dismantle Republican conservatism. It simply enhanced conservative appeal by closing the border, confronting China, demanding fair trade, avoiding optional military expeditions, emphasizing the concerns of the working class, and redefining presidential behavior as boisterously honoring promises rather than mellifluously reneging on them.

Whatever Trump’s fate, the NeverTrump faction will not succeed in rebuilding a new-old Republican Party under the Bush-McCain-Romney paradigm. Biden and his leftist masters would not be able to lower minority unemployment to Trump levels. Neither would they declare an end to containing China and claim such past confrontation was an unnecessary provocation.

Like it or not, Trump hit on a great truth that no leader can write off his country’s vast industrial interior, destroy his nation’s borders, willingly cede global leadership to a Communist dictatorship, manipulate intelligence agencies to destroy political opponents, prefer to manage decline rather than to seek renewal, and meanwhile, as he did all that, call himself moral and presidential.

Voir de même:

Présidentielle américaine : pourquoi Donald Trump veut-il saisir la Cour suprême ?

DÉCRYPTAGE – Après une journée de vote à l’issue très incertaine, le président américain a annoncé vouloir saisir la Cour suprême, pour que «la loi soit respectée et utilisée de manière appropriée». Explications.

Luc Lenoir
Le Figaro

«C’est une fraude contre le peuple américain» : l’accusation faite par Donald Trump, dans une conférence improvisée à deux heures du matin, est grave. «Franchement, nous avons gagné ces élections. Notre but est d’en assurer l’intégrité, nous allons gagner cela», attaquait le président américain, annonçant dans la foulée saisir la Cour suprême, pour que «la loi soit respectée et utilisée de manière appropriée». Mais de quoi parlait-il?

L’action juridique que s’apprête à entamer le camp républicain est très concrète : l’enjeu est de faire arrêter la réception des bulletins au jour du vote, dans le cadre de la procédure du vote par correspondance. «Nous souhaitons que les votes soient arrêtés, on ne veut pas qu’ils retrouvent des votes à 4 heures du matin», a ainsi détaillé le candidat dans sa prise de parole, évoquant une controverse juridique qui dure depuis plusieurs mois, et qui pourrait faire basculer l’élection.

Plusieurs cours locales ont autorisé la réception de votes en retard

Tout au long de l’été, plusieurs cours suprêmes étatiques ont en effet pris des mesures autorisant la réception et le comptage des bulletins de vote même arrivés jusqu’à plusieurs jours après le 3 novembre. Au motif que l’extension permettrait une meilleure prise en compte des votes à distance en période de pandémie, la cour de Pennsylvanie a ainsi autorisé les votes arrivant jusqu’au 6 novembre. Dans le Nevada, le délai court jusqu’au 10 novembre. En Caroline du Nord, c’est jusqu’au 12 novembre que les votes envoyés peuvent être réceptionnés. Environ vingt états ont vu cette tolérance mise en place, parfois contre l’avis des parlements.

Des décisions qui avaient été très controversées : pour le parti républicain, le contexte sanitaire ne justifiait en rien une extension du délai de vote à distance, de toute façon sans risque. De plus, selon les équipes de campagne du président en exercice, les cours suprêmes locales outrepassaient leurs pouvoirs, car le choix des modalités de vote revient normalement aux assemblées législatives de chaque État. Les possibilités de fraude électorale par ce biais avaient également été soulevées : dans le Minnesota, les avocats du parti républicain, cités par MPRNews, avaient souligné que les modalités locales «[autorisaient] les votes reçus jusqu’à huit jours après le scrutin et sans cachet postal à être pris en compte». En réponse, plusieurs médias soulignaient que, le vote à distance étant traditionnellement plutôt utilisé par les électeurs démocrates aux États-Unis, les Républicains refusaient un mécanisme défavorable pour eux.

Plusieurs actions juridiques à prévoir

Consultée sur la mesure de ce type prise en Pennsylvanie, la Cour suprême des États-Unis a botté en touche le 28 octobre, refusant de bloquer la décision, tout en indiquant qu’elle se réservait le droit de revenir sur sa position après l’élection. Dans le détail, quatre juges conservateurs (Clarence Thomas, Samuel Alito Jr, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh) avaient défendu la requête républicaine, tandis que quatre autres juges (les libéraux Stephen H. Breyer, Sonia Sotomayor et Elena Kagan et le président conservateur de la Cour John Roberts) souhaitaient la rejeter. Précision d’importance, la nouvelle juge Amy Coney Barrett, tout juste nommée par Donald Trump, n’avait pas pris part à ce débat, selon CNN.

Hier mardi, Donald Trump est revenu sur l’affaire et a déclaré dans un tweet que la décision de la Cour suprême était «TRÈS dangereuse […]. Cela va permettre une triche effrénée et incontrôlée et saper l’ensemble de notre État de droit. Cela va également entraîner des violences dans les rues. Quelque chose doit être fait!» ajoutait le président candidat.

Donald Trump et son équipe de campagne avaient déjà prévenu qu’ils pourraient entamer une action juridique pour interdire la prise en compte de ces bulletins postaux en retard, en interrogeant la capacité des cours suprêmes locales à imposer ces mécanismes, au regard de la Constitution américaine. Justin Clark, gestionnaire de campagne de Trump, affirmait dès lundi : «Ne vous y trompez pas, le président et son équipe continueront de se battre pour des élections libres et équitables et des résultats fiables que tous les Américains méritent». Selon The Hill , les actions juridiques de contestation devront commencer au niveau local avant d’atteindre, éventuellement, la Cour suprême. Si les votes pris en compte malgré leur retard s’avèrent déterminants pour l’élection, cela pourrait rallonger d’autant la période d’incertitude commencée cette nuit. Les résultats n’ont en effet pas encore été annoncés dans huit États.

La Cour suprême, déjà arbitre de l’élection en 2000

La situation actuelle rappelle naturellement le bras de fer qui avait suivi l’élection présidentielle de 2000, opposant George W. Bush à son rival démocrate Al Gore. Les résultats de la Floride avaient été contestés car l’écart ne dépassait pas quelques centaines de voix. Le code électoral de l’État avait alors permis de relancer de nouveaux décomptes pour vérification. Pendant 36 jours, plusieurs changements de vainqueur avaient eu lieu en fonction des dépouillements des comtés. La Cour suprême avait finalement, le 12 décembre 2000, rendu une décision donnant la victoire à George W. Bush, après avoir interrompu un énième décompte. Les juges s’étaient profondément divisés sur la question, cinq d’entre eux remportant la majorité, les quatre autres ayant fait état de leur dissidence dans le texte final. Le scénario pourrait-il se rejouer ces prochaines semaines ?

Voir de plus:

Aux États-Unis, les confessions d’un «fraudeur électoral» démocrate alimentent les soupçons

Dans un article du New York Post, un militant détaille ses techniques pour trafiquer le vote par correspondance. Des révélations mises en doute par des partisans démocrates.

Luc Lenoir

La démocratie américaine menacée ? Oui, mais par les démocrates ! Voilà une démonstration qui pourrait surprendre bien des spectateurs, habitués aux analyses sur les risques de confiscation du pouvoir par Donald Trump. Alors que la tension monte aux États-Unis autour de l’élection présidentielle, et des risques pesant sur le vote dans le contexte de lutte publique contre le coronavirus, le New York Post a en effet publié la «confession» d’un fraudeur engagé à gauche, qui affirme avoir truqué de nombreuses élections fédérales. Essentiellement dans le New Jersey, où il réside, mais en décrivant un système de manipulation existant dans de nombreux autres États. Le mobile du passage aux aveux ? Le militant serait un soutien acharné de Bernie Sanders et ne se voit pas soutenir la candidature de Joe Biden.

Le récit est d’importance car, sous la pression de la lutte contre le coronavirus, de nombreux électeurs annoncent avoir choisi cette année le vote à distance. Celui-ci existe sous deux formes dans les États américains. La première est le vote par procuration, plébiscité par le Président actuel pour sa sécurité, nécessitant une demande de la part du votant. Le second est le scrutin postal, pour lequel il suffit de renvoyer un formulaire dans une enveloppe spécifique prédistribuée.

Ouverture d’enveloppes à la vapeur, destruction de votes dans les quartiers républicains…

Et c’est dans ce type de votes que le témoin du New York Post affirme que la fraude «est plus une règle qu’une exception». À l’appui de sa démonstration, un véritable mode d’emploi de la fraude, avec plusieurs procédés possibles. La première technique consiste à utiliser l’enveloppe d’un votant, pour y mettre un bulletin obligatoirement démocrate. Il faut au préalable faire le tour des domiciles et convaincre les citoyens de laisser les fraudeurs poster leur courrier de vote à leur place. Une mission «beaucoup plus facile qu’on ne le pense», d’après le fraudeur cité par le journaliste Jonathan Levine, en se faisant passer pour une association de service public. Ensuite, l’enveloppe est ouverte à la vapeur, puis on y glisse un nouveau bulletin en falsifiant la signature. Pour éviter toute suspicion, les enveloppes rouvertes sont ensuite disséminées dans toutes les boîtes postales de la ville.

Les employés des postes peuvent également influer facilement sur l’élection, selon le témoin. «Vous avez un facteur qui est un type anti-Trump enragé et travaille à Bedminster ou dans un bastion républicain… Il peut prendre les bulletins de vote [remplis], et sachant que 95% sont en faveur d’un républicain, il peut simplement les jeter à la poubelle», explique-t-il. Un écho à l’histoire de certains lots de courriers électoraux retrouvés après le vote, lors d’élections locales à New York en 2017 ?

Autre «mine d’or» de votes à disposition, les lieux de vie accueillant des personnes fragiles. «Il y a des maisons de retraite où l’infirmière est en fait un opérateur rémunéré. Et elle va pièce par pièce voir ces personnes âgées, qui souhaitent voter pour se sentir utiles», déclare ainsi le lanceur d’alerte. Il suffit alors de remplir le bulletin pour eux et de leur faire signer ce que l’on veut…

Enfin, le témoin précise que, la plupart du temps, l’historique de participation aux élections est une information publique aux États-Unis. Une dernière technique, encore plus sauvage, consiste donc à aller voter, un jour d’élection, à la place d’un citoyen recensé comme abstentionniste, et qui ne risque pas de venir. Certains États ne demandent en effet pas de pièce d’identité. Une information déconcertante vue de France qui légitime la méfiance de certains observateurs pour ce type de scrutin.

L’investigation mise en doute par un observatoire progressiste

Interrogé par Fox News, le journaliste est revenu sur l’origine de l’article, soulignant que le fraudeur est venu à sa rencontre et a livré des «détails impressionnants» de crédibilité, requérant l’anonymat au vu des risques encourus. Rapidement, le camp républicain a mis en avant la publication. Les deux fils de Donald Trump ont tweeté un lien vers l’article, Eric Trump qualifiant le travail de «must-read».

Du côté de l’opposition, le témoignage semble plutôt gêner l’establishment démocrate. De même, les reprises de l’information viennent pour l’instant de médias à dominante pro-Trump. Media Matters for America (MMfA), une organisation progressiste spécialisée dans la veille des médias pro-républicains, s’est toutefois penchée sur le travail du New York Post. Elle liste d’abord une série de journalistes, activistes et personnalités républicaines en tout genre qui ont publié l’article sur leur compte twitter, soulignant que «les médias de droite et le GOP [Grand Old Party, parti Républicain] poussent depuis plusieurs années le mythe de la fraude électorale pour affaiblir la participation». Avant de citer une étude du «Brennan Center for Justice», un think-tank progressiste, qui certifiait en avril dernier que la fraude via «scrutin postal» est un «discours trompeur».

L’observatoire va jusqu’à questionner l’anonymat du témoin, un principe pourtant sacro-saint dans le journalisme d’investigation. En filigrane, une dénonciation de l’engagement partisan du New York Post, de ligne conservatrice et de Jonathan Levine, l’auteur de l’article. Sans donner d’éléments de réponse concrets, cette contre-offensive montre surtout la polarisation extrême atteinte par le système médiatique américain… et la méfiance régnant sur le scrutin du 3 novembre prochain.

Voir encore:

Woke Faced the Voters—and Lost

The 2020 election was a referendum on the progressive elite, and they were soundly defeated

In a week of surprises, California’s rejection of a ballot measure that would have allowed the state to resume its affirmative action program was among the most significant.

The measure, known as Proposition 16, wasn’t defeated by shy Trump voters. Polling showed Hispanic and other minority voters evenly split on the measure, and on Tuesday it was defeated in California’s most Latino counties.

California’s result is just one piece of the mounting evidence that voters on Tuesday threw a wrench in the progressive plan to leverage a « coalition of the ascendant » and an « emerging Democratic majority » to turn the country into a woke utopia.

The 2020 election was in large part a referendum on Democrats’ race baiting and pandering, starting with the party’s own elevation of Biden to the top of the ticket. Democrats’ rejection of Sens. Elizabeth Warren, Bernie Sanders, and Kamala Harris was a leading indicator that the media missed.

Millions of voters of all races made clear that they instead prefer the old ideals: equality of opportunity, economic freedom, and a society that judges its citizens not by the color of our skin, but the content of our character.

Beyond that, the president whom Democrats have lambasted for four years as a racist and a xenophobe turned out more minority voters than any Republican candidate in decades. It’s not just that right-wing Cubans handed Trump a surprise victory in south Florida; he clinched some of the nation’s most Latino counties, improved his margins with black men and women, and even earned commanding majorities in some Native American counties. And that exit poll data does not account for the shy Trump voters, an effect we presume may well be exaggerated among black and Hispanic voters.

Senate races yielded more bad news for the progressive left. Even if Joe Biden wins the White House, Sen. Mitch McConnell (R., Ky.), who easily overcame an $80 million challenge, will serve as a check on the ascendance of socialists such as Sens. Bernie Sanders (I., Vt.) and Elizabeth Warren (D., Mass.) to the Biden cabinet. Voters may have wanted Biden, but there’s a whole wing of his party they’d prefer to do without.

Some House Democrats can see the writing on the wall. Rep. Abigail Spanberger (D., Va.) reportedly told her caucus that the progressive push to defund the police and embrace « socialism » almost cost them the majority. Rep. Ruben Gallego (D., Ariz.) advised Democrats to drop the woke speak, starting with the bizarre « Latinx. »

Tuesday’s results should shatter the Democratic presumption that their party is destined to command the overwhelming and eternal support of minority voters—but it won’t. The politics fueled by racial grievance and personified by the « squad » of Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, and Rashida Tlaib is a cancer on the Democratic Party that it indulges at its own peril.

Voir aussi:

Despite ‘racist’ charges, Trump did better with minorities than any GOP candidate in 60 years

That narrative was always bunk. It finally died, once and for all, on Tuesday evening.

Team Trump and Republicans nationwide made unprecedented inroads with black and Hispanic voters. Nationally, preliminary numbers indicated that 26 percent of Trump’s voting share came from nonwhite voters — the highest percentage for a GOP presidential candidate since 1960.

In Florida’s Miami-Dade County, the heartland of Cuban America, Trump turned a 30-plus-point Hillary Clinton romp in 2016 into a narrow single-digit Joe Biden win. Texas’ Starr County, overwhelmingly Mexican American and positioned in the heart of the Rio Grande Valley, barely delivered for the Democrats. Biden’s Hispanic support in other key swing states, like Ohio and Georgia, tailed off from Clinton’s 2016 benchmarks.

Overall, exit polls indicated that 32 to 35 percent of Latinos voted for the president. And young black men are gravitating to the GOP at a remarkable pace (given the baseline).

It turns out that minorities aren’t so infatuated with the brand of unrepentant progressive “woke-ism” now peddled by the Alexandria Ocasio-Cortez wing of the Democratic Party. The political, legal, media, corporate and academic establishments have gone all-in on the woke agenda, peddling a toxic brew of intersectionality, socialism lite and Black Lives Matter anarchism. Latinos and many blacks aren’t buying it. As one Twitter wit quipped, Democrats may have won the “Latinx vote,” but they didn’t fare well with actual Latinos.

The cognitive dissonance on the part of our bicoastal ruling class is, and will be over the ensuing months, astonishing. The ruling elite is incapable of processing the notion that the MAGA hat-clad Bad Orange Man is not, in fact, an avatar for racist whites and a harbinger of impending fascism.

“Racism is Trump’s brand — but he outperformed the polls in large part with Hispanic and some black votes,” noted the New York Times’ Paul Krugman — apparently incapable of processing the possibility that racism isn’t, in fact, Trump’s brand.

Similar lamentations are ubiquitous among the blue-checked Twitterati. Many have taken to ­rationalizing the Latino shift by ­asserting that recent immigrants from Latin America secretly pine for a caudillo-style “strong man” — a laughable and intellectually dishonest exercise in denialism.

The progressive elites are genuinely incapable of understanding why it is that their nostrums have been rejected by a growing share of the populace. They can’t come to grips with the fact that their shambolic policy initiatives — and their unjust and fundamentally anti-American identity politics — are simply not all that popular with the fly-over country rubes, including “country rubes” of color. The 2020 election, in which the GOP defied the odds by maintaining the Senate and actually picking up seats in the House, was an emphatic rejection of the left-wing vision for America. No one wants AOC’s “Squad” — including Hispanic and black voters.

It’s yet unclear whether Team Trump will get a second term. But the path forward for the Republican Party is clear, regardless. The GOP, which already has its strong base of support among non-college-educated white voters, must learn to govern like a working-class, multiethnic, multiracial party.

This more populist variety of conservatism will be unabashedly traditionalist, humbler in its approach to America’s role on the world stage and economically attuned to the aspirations and needs of ordinary Americans — not those of Wall Street, Hollywood or Silicon Valley. It is a vision with real crossover appeal — a vision that can, and will, win.

Republicans have every reason to be optimistic about the future. The hectoring “demography-is-destiny” dolts have been shot down. A substantial chunk of minority voters rejected the lies that GOP populism is rooted in racism. They rejected the slanders that the president himself is a white supremacist. The media establishment won’t admit it anytime soon, but the GOP’s future is bright — and browner than many may have previously thought possible.

Voir encore:

Trump won record minority support — yet the left is calling it ‘racism’

In an ideal world, political parties would be about different approaches to governing. Yet too often in our nation’s history they’ve been about tribalism along regional, economic and, most divisively, racial lines.

Then came 2020: This Election Day, President Trump garnered the highest percentage of non-white votes for a Republican presidential candidate in 60 years. This movement toward balance should be celebrated by all, but not surprisingly, that is not what is happening.

Take MSNBC anchor Joy Reid, who claims that the election showed a “great amount of racism, anti-blackness and anti-wokeness.” Or The New York Times’ Charles Blow, who somehow sees this election as confirming the power of the “White Patriarchy.”

Writer Bree Newsome Bass conceded that some white voters had chosen Joe Biden but voted Republican down ballot to preserve “white rule.”

These people view everything through a racial lens. They’re convinced Trump is a racist and regard his broad support — half the country voted for him — as proof that the nation, as a whole, is likewise hopelessly racist.

A kind way to describe such reactions would be “unhinged.” Another way: terrified.

Between 2004 and 2016, black men and women gave between 88 percent and 95 percent of their votes to the Democratic candidate for president. This year, Trump won 18 percent of the vote among black men — a staggering number for a Republican.

To put that in visceral terms, of every six black men who voted, one voted for Trump.

He also made significant gains with Hispanic voters and even Muslim voters.

Trump has had significant accomplishments as president — halting the liberal, activist tilt of the courts, standing up to China, striking peace treaties that offer fresh hope in the Middle East peace, firing up the economy — but perhaps none is as important or has more far-reaching implications than his transformation of the GOP into a multiracial party. For all of his high principles and good hair, the last Republican candidate for president, Mitt Romney, could never have dreamed of such success among non-white voters.

So why are so many progressive and black intellectual elites so upset about the American political parties achieving so much more racial balance?

Some cynics might see it as simply sour grapes over the left’s loss of power and influence. Democrats assumed only they could speak for minorities, who it now turns out have their own ideas. But it also reflects a fundamental difference between how Americans view race and racism.

Over the past few decades, progressives have insisted racism is built into the system and the system must change (in progressive ways) to curb it — though it’s never been clear if they think it can ever be satisfactorily defeated. Those on the right, meanwhile, view racism as an issue of individuals holding irrational beliefs regarding minorities, which can be organically overcome.

In the 2020 election, we now see that millions of minority voters rejected the idea that their votes should be bound by identity politics, or as Joe Biden put it, that if you don’t vote Democratic, you ain’t black. That remark didn’t come out of nowhere. He was simply saying out loud what many on the left have long believed.

Fact is, Trump made the most direct appeal to non-white voters we’ve seen from a Republican in most of our lifetimes. And it worked.

This is also good news for America, and especially minorities. We now have a GOP that will be eager to maintain these gains, and a Democratic Party that can no longer take minority votes for granted.

And we can now stop believing the color of a person’s skin gives us certainty about their political affiliation — and that in and of itself strikes a blow at racism. It’s exciting: Individuals can be treated as individuals, rather than lumped into political boxes based on their racial group.

Some may find it ironic that it was Trump, of all people, who’s most responsible for this. But what matters is that the body politic has landed in a better, more equal and more promising place.

May our parties now be about politics, not racial division, and may every American feel free, regardless of skin color, to embrace the party of their choice.

Voir de même:

Présidentielle américaine: « Comme en 2016, les médias ont confondu prétention morale et réalité des faits »

TRIBUNE – La vague bleue annoncée par les sondeurs et espérée par des journalistes américains majoritairement anti-Trump n’a pas eu lieu, estime l’essayiste Renaud Beauchard*, qui regrette que la presse ait troqué l’objectivité pour le militantisme.

Renaud Beauchard

Leçons d’une élection américaine chaotique

Au terme d’une élection extraordinairement serrée, deux certitudes se dégagent: Trump n’était pas un accident de l’histoire, et l’intelligentsia prodémocrate qui a fait de sa détestation un programme a sous-estimé sa résilience. Benjamin Haddad dresse le bilan géopolitique du sortant contesté, tandis que Renaud Beauchard souligne que Trump est «à la fois le plus grand bonimenteur de l’histoire américaine et la personne sur laquelle on a le plus menti».


Le décalage entre les attentes grandioses d’une vague bleue annoncée par les sondages à grand renfort de médias comme en 2016 et l’incertitude caractérisée qui a régné hier rapporte la preuve éclatante qu’aucune des leçons de l’élection de 2016 n’ont été apprises. Pire, le zèle appliqué à ne pas comprendre ce qui s’est passé il y a quatre ans a conduit tous les leviers d’influence gravitant autour du Parti démocrate à se persuader qu’ils pouvaient propulser au-delà de la ligne d’arrivée un candidat sans programme, sans faire campagne et à la faveur de la seule détestation de Trump.

Faut-il le rappeler? Trump a été élu en tant qu’incarnation d’un rejet d’une grande partie d’Américains de la corruption d’une classe dirigeante fondant son titre à gouverner sur une expertise technocratique, et compensant son manque de légitimité par une revendication de plus en plus stridente d’expertise morale.

Contrairement aux craintes maintes et maintes fois exprimées, Trump n’a pas troqué sa dépouille d’animateur de téléréalité pour celle de dictateur, pas même de dictateur d’opérette. De dictature nous n’avons point vu venir. En revanche, nous avons vu la classe dirigeante destituée du bien qu’elle croyait lui revenir de droit se comporter comme un «gouvernement impérial en exil» se drapant dans sa supériorité morale pour se lancer dans une inquisition prolongée mêlant espionnage politique, mensonges constants au public sur des complots inexistants, et remise au goût du jour d’expressions maccarthystes comme la «déloyauté au pays».

De toutes les institutions abîmées non pas par Trump, mais plutôt par le sentiment de panique collective des élites nommé «Trump Derangement Syndrome», nulle n’en ressort moins affaiblie que les médias d’informations. Pour preuve du caractère endémique et banal du mensonge installé au cœur d’institutions hier saluées comme des modèles d’éthique journalistique, on citera les propos édifiants d’un chroniqueur du Washington Post à propos des révélations du New York Post sur l’affaire Hunter Biden: «Nous devons traiter les fuites sur Hunter Biden comme s’il s’agissait d’une opération menée par des services de renseignement étrangers – même si ça n’est probablement pas le cas.»

«Consentement des masses»

Quelques éclaircissements sont nécessaires pour montrer comment le journalisme américain a abandonné toute prétention à la vérité pour investir le champ moral et le rôle joué par l’accession de Trump à la présidence dans ce drame. Nous savions que le rôle de la presse avait été reformulé dès l’entre-deux-guerres sous l’impulsion de l’intellectuel néolibéral Walter Lippmann comme une mission de «manufacture du consentement des masses» à des choix publics décidés de façon de plus en plus technocratique du fait de la complexité croissante de la «grande société» advenue avec l’ère industrielle. une presse d’opinion très marquée au XIXe siècle et au début du XXe siècle succédait une presse se revendiquant de l’autorité de la science, organisée autour d’une éthique de «neutralité objective» qui a survécu cahin-caha jusqu’en 2016.

La victoire de Trump à la primaire républicaine de 2016 a fait voler cet équilibre en éclats pour des raisons autant éthiques que commerciales. Sur le plan éthique, ce changement est méthodiquement explicité dans un article de Jim Rutenberg paru dans le New York Times le 7 août 2016 intitulé «Trump met à l’épreuve les normes d’objectivité dans le journalisme». Selon Rutenberg, la perspective d’une présidence Trump était si dangereuse que le rôle du journaliste n’était plus de présenter les faits de façon neutre, mais «de se conformer aux attentes de vérité de ses lecteurs et spectateurs, et à la vérité factuelle, d’une façon qui tienne face au jugement de l’histoire.»

Il s’agissait d’un abandon pur et simple du critère de la neutralité objective au profit de celui de la clarté morale. Ce choix éthique était d’autant plus facile à faire qu’il se justifiait commercialement pour des médias alors menacés existentiellement du fait de l’éclatement du paysage médiatique en bulles cognitives partisanes consécutif à l’apparition de l’information en continu et de l’internet. Traiter copieusement du phénomène Trump tout en dénonçant l’installation de l’Antéchrist à la Maison-Blanche s’est révélé un extraordinaire gisement de contenus et de profits pour les médias mainstream.

Quoi qu’il se passe, tous les Américains sont les perdants de cette dialectique tragique

Un autre article du New York Times daté du 23 juin 2020 signé de Wesley Lowery titré «Une redéfinition de l’objectivité, dirigée par des journalistes noirs», permet d’en comprendre les aboutissants. Son auteur expose que l’objectivité est toujours jugée à l’aune d’un hypothétique lecteur impartial, invariablement assumé comme étant blanc. Appliquant ce traitement à l’Administration Trump, Lowery en déduit que Trump étant ontologiquement un raciste entouré de suprémacistes blancs,la clarté morale impose de traiter toute information concernant la Maison-Blanche, non pas sous l’angle de l’objectivité factuelle ou encore moins du respect d’institutions elles-mêmes souillées par le racisme, mais en prenant en compte à tout moment le racisme indélébile de l’homme occupant la fonction et du parti le soutenant.

Complétant les pièces du puzzle, c’est au nom de ce même principe de clarté morale que deux sénateurs démocrates, Mark Warner et Mazie Hirono, ont eu la brillante idée, après les révélations du scandale Cambridge Analytica, de menacer les grandes entreprises de la Silicon Valley de réglementation, à moins qu’elles ne s’engagent à «débusquer» les contenus fomentant la «discorde». Une recommandation que Twitter et Facebook ont appliqué à la lettre en censurant moins de deux semaines avant l’élection les contenus du New York Post rapportant des faits de corruption allégués à l’encontre de Hunter et Joe Biden, alors qu’ils se sont fait depuis quatre ans la chambre d’écho des allégations non vérifiées les plus folles concernant l’influence russe dans la vie politique américaine.

Plus que le choix de la personne qui occupera la Maison-Blanche à partir de janvier prochain, c’est cette question du rapport à la vérité que Trump, à la fois le plus grand bonimenteur de l’histoire américaine et la personne sur laquelle on a le plus menti, est parvenu à inviter au cœur des débats de la dernière ligne droite. Quoi qu’il se passe, tous les Américains sont les perdants de cette dialectique tragique.

* Professeur associé à l’American University Washington College of Law, à Washington DC, Renaud Beauchard est l’auteur de «Christopher Lasch. Un populisme vertueux» (Michalon, collection «Le bien commun», 2018).

Voir encore:

Lawyers Prepare for Court Battles in Pennsylvania, Michigan and Wisconsin

The Republican and Democratic parties have poured legal resources into three swing states where litigation could slow the tally of millions of mail-in ballots

Democrats, Republicans and voting-rights groups are readying for postelection legal battles in Pennsylvania, Michigan and Wisconsin—closely contested states where the late tallying of absentee ballots could result in litigation.

The Trump and Biden campaigns and the two major parties have poured legal resources into these three states, which President Trump crucially flipped from Democrats in his 2016 victory, and where he is closely trailing former Vice President Joe Biden, according to Real Clear Politics polling averages.

While other swing states are also seeing election litigation, Pennsylvania, Michigan and Wisconsin pose particular challenges because of their ballot-counting rules. None have yet begun tallying millions of mail-in ballots, as other states have done, and election officials in these states say they may report results on Wednesday and beyond.

Election law experts warn that any period of uncertainty over the election’s winner could spark legal fights. Adding to the focus on Pennsylvania, Wisconsin and Michigan: They are all split between Democratic governors and Republican-run legislatures, teeing up a partisan clash over counting votes.

Justin Riemer, the Republican National Committee’s chief counsel, said Pennsylvania is “certainly the epicenter, I think right now, for problems,” and a focus for both parties. The Republican Party has dozens of people deployed to Pennsylvania to monitor the situation and communicate with election officials at the state and county level, Mr. Riemer said.

Pennsylvania voters have requested a record number of more than 3 million absentee ballots this year. The state chapter of Common Cause, a left-leaning voting-rights advocacy group, has assigned 2,000 volunteers to voting sites in 11 counties that the group believes could have election-day problems. This army of poll watchers can funnel complaints to lawyers working with Common Cause, which has been involved in pre-election lawsuits over voting laws this year.

In Michigan, top Democratic attorneys will spend Election Day holed up in a “boiler room” at a hotel in Detroit, watching for problems across the state. Michigan has the country’s most decentralized election system, with different clerks and ballots in 1,600 districts. Each will have one poll watcher from each party, plus more for the absentee-ballot counting room. Republican lawyers said they would raise any issues with state officials, while bracing for possible litigation.

In Wisconsin, Democrats and Republicans have election-day litigation teams on standby. “If we have to document or challenge anything, we’ll do it,” said Wisconsin GOP Chairman Andrew Hitt.

Those efforts track with national moves by the Democratic and Republican parties, which have retained attorneys across the country with experience in election law, both nationally and at home. “We have been planning for any postelection litigation and recounts for well over a year,” said the RNC’s Mr. Riemer.

The Democratic Party began building what it calls voter-protection infrastructure much earlier than in previous election cycles, spreading tens of thousands of lawyers across the country and staffing programs in battlegrounds—like Pennsylvania, Wisconsin and Michigan—in early 2020.

“Our job is to make sure voters know all their options for voting and to protect their vote and make sure it’s counted,” said David Bergstein, director of battleground-state communications for the Democratic National Committee.

In a year when Covid-19 upended the rules for ballots, partisan disputes over voting rules and deadlines have resulted in lawsuits in at least 44 states, according to the Stanford-MIT Healthy Elections Project. Minnesota has also emerged as a potential postelection field of battle after a federal appeals court suggested Thursday that its extension of a mail-in vote deadline was unconstitutional.

But Pennsylvania, Wisconsin and Michigan stand out for their distinct rules for counting mail-in ballots. All three have received a record number of mail-in ballots, but laws in Pennsylvania and Wisconsin prohibit officials from counting them until Election Day. In Michigan, election officials in larger districts can process ballots—meaning opening and sorting them—during a 10-hour window on Nov. 2.

In recent weeks, a lawsuit filed by Pennsylvania Republicans reached the U.S. Supreme Court. A 4-4 order let stand a state Supreme Court decision allowing officials to count mail-in ballots received up to three days after Election Day. The court on Wednesday refused Republicans’ second request to hear the case before Election Day, but left open the possibility for postelection litigation.

Justice Samuel Alito, who backed the Pennsylvania Republicans’ position, suggested in a statement accompanying the order that considering those mail-in votes valid would allow state courts to undercut election rules set by the state’s GOP-controlled Legislature.

Newly sworn-in Justice Amy Coney Barrett could be a decisive vote when she begins hearing cases.

Pennsylvania’s attorney general, a Democrat, has directed county election boards to separate ballots received after Nov. 3.

Meanwhile, the U.S. Supreme Court rejected Democrats’ request to extend Wisconsin’s ballot-receipt deadline past Election Day.

In Michigan, a state appeals court ruled in Republicans’ favor earlier this month and blocked a 14-day extension for votes postmarked by Nov. 2.

Lawyers are gaming out what happens if prolonged ballot battles cause Pennsylvania, Wisconsin and Michigan to have no clear result before Dec. 8, the deadline for states to appoint presidential electors, and the Electoral College vote on Dec. 14. If vote counting collides with these deadlines, it is possible for a governor and state legislature to send different electors to Congress.

“We’re in uncharted legal territory,” said Mark Medish, co-founder of Keep Our Republic, a nonprofit formed this summer to preserve election integrity.

Voir enfin:

Les démocrates en ont-ils ?

(New York) Le temps est venu pour les démocrates de se battre comme des républicains, c’est-à-dire de frapper en dessous de la ceinture.

Depuis 2017, David Faris, politologue à l’Université Roosevelt de Chicago, martèle ce message dans des articles, des entrevues et un livre intitulé It’s Time to Fight Dirty.

Au cours des 20 dernières années, fait-il valoir, les républicains ont utilisé tous les moyens nécessaires pour renforcer leur représentation au Congrès et à la Cour suprême.

Ils ont adopté des mesures pour réduire la participation électorale des minorités, des pauvres et des étudiants, qui tendent à voter pour les démocrates.

Ils ont maximisé leur propre vote en découpant les circonscriptions électorales de certains États de façon hyper partisane.

Ils ont privé les démocrates d’un siège à la Cour suprême en refusant d’examiner la nomination du juge Merrick Garland pour remplacer Antonin Scalia en 2016.

La liste ne s’arrête pas là. Mais ce siège « volé » à la Cour suprême a convaincu David Faris que les démocrates devaient envisager des mesures de représailles. Dans It’s Time to Fight Dirty, publié en 2018, il leur a proposé une série d’actions pour assurer que le système de gouvernement américain reflète la volonté d’une majorité d’électeurs.

Figurent parmi ces actions : l’ajout de sièges à la Cour suprême ; l’attribution du statut d’État à la capitale fédérale (le district de Columbia) et à Porto Rico ; l’abolition du « filibuster », technique d’obstruction parlementaire permettant à une minorité de 40 sénateurs de bloquer l’adoption d’un projet de loi.

Les propositions de David Faris ont vite gagné des adeptes au sein de la gauche démocrate. Mais elles semblaient d’emblée trop radicales pour les plus modérés. Deux ans plus tard, ce n’est plus tout à fait le cas.

Et la détermination des républicains de confirmer la nomination de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême avant même l’élection présidentielle n’est pas étrangère à ce changement.

« Ils sont faibles »

David Faris se garde de se réjouir trop fort de la popularité soudaine de ses idées.

« Dans un sens, c’est décevant et, d’une certaine façon, effrayant que nous ayons atteint le point où nous devons en parler, dit-il en entrevue. Je pense que les républicains auraient pu endiguer ce mouvement en faveur de l’élargissement de la Cour suprême s’ils avaient fait preuve d’un peu plus de retenue dans la façon dont ils ont traité cette instance. »

D’un autre côté, c’est encourageant dans la mesure où, au moment d’écrire mon livre, je pensais moi-même que l’élargissement de la Cour suprême était improbable. Or, le fait de voir que des gens au Congrès comme Chuck Schumer et Jerry Nadler parlent aujourd’hui de ces idées signifie que nous avons parcouru beaucoup de chemin pour qu’elles deviennent réalité.

Mais David Faris se garde aussi de se réjouir trop vite.

Pour que l’une ou l’autre de ses idées se concrétisent, Joe Biden doit succéder à Donald Trump en tant que président, Chuck Schumer doit remplacer Mitch McConnell comme chef de la majorité au Sénat et Nancy Pelosi doit rester présidente de la Chambre des représentants.

Si ce trifecta devient réalité, les démocrates devront en outre prouver qu’ils en ont. Or, certains sont sceptiques à ce sujet.

« Ils sont faibles, ce sont des poules mouillées et ils ont peur », a déclaré l’analyste Jeffrey Toobin sur CNN lundi dernier. « Il y a une différence dans la façon dont les démocrates et les républicains mènent ces combats, et nous verrons si les démocrates apprennent quelque chose des républicains ici. Oui, c’est intéressant que Chuck Schumer ait dit que rien n’est exclu, mais ce n’est pas un engagement à faire quoi que ce soit. »

Comment expliquer la différence entre la façon dont les républicains et les démocrates mènent leurs combats ?

L’avis d’Obama

En répondant à cette question, David Faris évoque d’abord la menace existentielle que font peser sur le Parti républicain les changements démographiques. Il soulève ensuite la question de la polarisation politique, qui a contribué à son avis à une plus grande radicalisation des républicains que des démocrates.

« La droite comprend mieux à l’heure actuelle que certaines des choses qu’elle veut faire ne sont pas très populaires et qu’elle pourrait avoir besoin de violer les normes pour les faire passer au Congrès, ou pour faire en sorte que le pouvoir judiciaire ait l’apparence qu’elle souhaite », a-t-il dit.

De leur côté, a-t-il ajouté, les démocrates ont tendance à croire que « le temps joue en leur faveur » et que « le public punira l’hypocrisie ».

Cette attitude pourrait ne pas survivre à la confirmation de la juge Amy Coney Barrett, dont la philosophie juridique est aux antipodes de celle de Ruth Bader Ginsburg, icône féministe. Il y a même lieu de se demander si elle n’appartient pas déjà au passé, dans une certaine mesure. Après tout, la Chambre des représentants à majorité démocrate a adopté fin juin un projet de loi destiné à donner le statut d’État à la capitale fédérale. Barack Obama s’est pour sa part montré favorable à l’idée d’abolir le « filibuster » pour permettre l’adoption de nouvelles mesures pour protéger le droit de vote.

« Si tout cela demande d’éliminer l’obstruction systématique, une autre relique de Jim Crow, afin de garantir les droits de chaque Américain, alors c’est ce que nous devrions faire », a déclaré l’ancien président lors des funérailles de la figure des droits civiques John Lewis, fin juillet.

Il n’y a pas longtemps, Joe Biden écartait la plupart de ces idées du revers de la main, disant notamment se méfier des conséquences imprévues. Aujourd’hui, il qualifie de « légitimes » les questions sur le sujet, mais refuse d’y répondre. Sa prudence ne permet pas encore de conclure qu’il n’en a pas.

Voir par ailleurs:

Solution miracle ou fausse bonne idée ? Sept questions sur le vote par correspondance, qui fait débat avant le second tour des municipales

Pour l’heure, le gouvernement a rejeté l’idée de rétablir ce système supprimé en 1975 à cause des nombreuses fraudes qu’il générait. Mais plusieurs personnalités appellent à le réactiver pour le 28 juin, en raison des incertitudes autour de l’épidémie de Covid-19.

Ilan Caro
France Télévisions

Permettre au plus grand nombre de voter sans prendre le risque de relancer l’épidémie. Pour éviter l’abstention massive observée le 15 mars lors du premier tour des élections municipales, de plus en plus d’élus ou d’observateurs politiques militent pour la possibilité de voter par correspondance le 28 juin, date choisie par l’exécutif pour le second tour malgré les incertitudes sur l’évolution du Covid-19. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est montré prêt à étudier cette possibilité, mardi 26 mai. Répondant à une question de la députée LR Josiane Corneloup sur le recours au vote par correspondance, Christophe Castaner a affirmé que l’objectif du gouvernement était de faire « en sorte qu’un maximum de Français puissent voter », dans « un cadre légal ou dans un cadre réglementaire qui peut évoluer d’ici au jour de l’élection« .

Si elle s’engageait dans cette voie, la France imiterait ainsi d’autres pays comme l’Allemagne, la Suisse ou les Etats-Unis. Pour l’heure, le gouvernement a rejeté l’idée de rétablir ce système supprimé en 1975 à cause des nombreuses fraudes qu’il générait. Pour ses promoteurs, le temps presse, puisque le scrutin doit se tenir dans seulement un mois.

Pourquoi certains demandent-ils la possibilité de voter à distance ?

« Si chacun d’entre nous peut décider en son âme et conscience de voter ou de ne pas voter, aucun d’entre nous ne saurait être empêché de voter. C’est ce qui s’est passé le 15  mars et c’est une injustice, une rupture du contrat démocratique », estime le maire de Nancy, Laurent Hénart, dans une interview au JDD. Le 15 mars, le premier tour du scrutin a en effet été marqué par une forte abstention (55,34%, contre 36,45% au premier tour des municipales 2014), liée en grande partie aux craintes face à l’épidémie de coronavirus.

Laurent Hénart demande donc, comme d’autres élus, « la possibilité d’expérimenter le vote par correspondance dans les communes volontaires ». Une solution qui permettrait selon lui « à chacun de s’exprimer sans risque ». Et qui éviterait aux communes d’organiser un scrutin physique. « Tous les bureaux de vote ne pourront pas respecter les préconisations du Conseil scientifique », explique-t-il à franceinfo. « A Nancy, j’ai 57 bureaux, 700 à 800 assesseurs dont les trois quarts ont plus de 65 ans. Comment faire fonctionner les bureaux dans ces conditions ? » s’interroge le patron du Mouvement radical.

Le maire de Nancy n’est pas le seul à plaider pour un vote par correspondance le 28 juin. « Je propose que – s’il y a des communes volontaires – l’on puisse expérimenter le vote par correspondance que l’on a utilisé en France pendant longtemps et qui a été abandonné, et le vote numérique, le vote par internet », a plaidé François Bayrou sur BFMTV. « On le fait pour les associations, les organisations syndicales, la totalité des consultations pour désigner des représentants notamment chez les enseignants », rappelle le patron du MoDem. Selon lui, « rien n’est plus facile que de garantir la sincérité du scrutin car toutes les listes électorales sont numérisées ».

Même demande du côté de Rachida Dati. Il faut que tous ceux qui veulent voter puissent voter. « Quel message on enverrait aux Français si on disait aux plus vulnérables qu’on n’a pas besoin d’eux pour la démocratie ? » a lancé l’ancienne garde des Sceaux sur RTL, réclamant entre autres « le rétablissement du vote par correspondance ».

Pour Sylvain Brouard, directeur de recherches à Science Po, « le risque, c’est qu’en faisant coûte que coûte un second tour dans les mêmes conditions et avec l’expérience du premier tour, le taux d’abstention sera encore plus fort ». Interrogé par franceinfo, il estime que le vote postal serait « la seule bonne solution ».

Le vote par correspondance, comment ça marcherait ?

Cette modalité de vote est actuellement possible en France pour l’élection des députés par les Français de l’étranger. Les partisans du vote par correspondance expliquent qu’il pourrait être mis facilement en oeuvre, par exemple via la propagande électorale.

Avant chaque scrutin, les électeurs reçoivent à domicile les professions de foi des candidats. Il suffirait d’y ajouter les bulletins de vote, l’enveloppe bleue que l’on met habituellement dans l’urne, ainsi que l’enveloppe permettant l’envoi postal, comportant le numéro de l’électeur et sa signature. « Ensuite, il y a plusieurs modalités de retour. Soit vous le faites par la poste, soit vous le déposez dans des boîtes dédiées », par exemple en mairie, détaille Sylvain Brouard.

Une fois reçus en mairie, les bulletins seraient alors mis dans des urnes, et le dépouillement serait organisé selon la procédure classique.

Dans quels pays est-il utilisé ?

La crise du Covid-19 a poussé certains pays à faciliter le recours au vote postal, mais la plupart d’entre eux l’utilisaient déjà auparavant. L’exemple le plus cité concerne les élections municipales en Bavière (Allemagne). Le premier tour, organisé le 18 mars en pleine épidémie, a enregistré une hausse de la participation, grâce à un plus fort taux de vote par correspondance. Un succès, à tel point que pour le second tour, le 29 mars, les bureaux de vote sont restés fermés, le vote postal devenant l’unique moyen d’accomplir son devoir de citoyen.

Instauré en 1957 en Allemagne pour faciliter le vote des personnes âgées ou handicapées, il a connu un succès grandissant à chaque élection, jusqu’à atteindre 28,6% des votes aux élections fédérales de 2017, note Le Monde.

En Suisse, chaque électeur est également libre de se rendre aux urnes ou de voter par correspondance, et même par voie électronique dans certains cantons. Aux Etats-Unis, où Donald Trump refuse sa généralisation à l’ensemble du territoire, l’Utah, l’Oregon, le Colorado, Hawaï et l’Etat de Washington sont passés depuis plusieurs années au vote postal à 100%, sans fraudes majeures.

Pourquoi la France l’a banni en 1975 ?

En France, le vote par correspondance a existé de l’après-guerre à 1975, date à laquelle une loi l’a interdit. Principale raison invoquée : les fraudes que ce système permettait. La presse de l’époque regorge d’histoires de scrutins truqués, notamment en Corse. Comme cette élection de 1973, dans une petite commune de l’île, où 200 votes par correspondance avaient été jugés irréguliers. « Trente-cinq d’entre eux avaient pu être décomptés grâce à des certificats médicaux établis par un médecin de Marseille décédé en 1971… deux ans plus tôt », relatait ainsi Le Monde.

Autre cas emblématique : le 2 novembre 1975, lors du premier tour des municipales à Ajaccio, la liste du parti bonapartiste avait recueilli 603 voix sur les 670 votes par correspondance. Mais en englobant le vote physique, ce même parti ne recueillait au total que 3 799 suffrages sur 11 308 suffrages exprimés

Quelques années plus tôt, des élus corses, principalement de gauche, avaient demandé l’abolition de ce système. « Le vol de suffrages est en quelque sorte légalisé depuis l’institution du vote par correspondance et les abus commis en son nom », critiquait ainsi le maire communiste de Sartène, Joseph Tramoni.

Fin 1975, un projet de loi est donc déposé pour mettre fin au vote par correspondance. Le 4 décembre, devant l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Michel Poniatowski, détaillait le type de fraudes relevées aux quatre coins de la France : bourrages d’urnes, « oubli » de bulletins dans le pli envoyé aux électeurs, faux certificats médicaux (à l’époque nécessaire pour voter par correspondance), etc. La loi fut définitivement votée le 19 décembre.

Extrait d'une intervention du ministre de l'Intérieur, Michel Poniatowski, le 4 décembre 1975 devant l'Assemblée nationale. (ASSEMBLEE NATIONALE)

Extrait d’une intervention du ministre de l’Intérieur, Michel Poniatowski, le 4 décembre 1975 devant l’Assemblée nationale. (ASSEMBLEE NATIONALE)

Entre les fraudes potentielles des électeurs eux-mêmes et celles réalisées une fois les bulletins arrivés en mairie, le vote par correspondance est jugé peu sécurisé par les spécialistes du droit électoral. « C’est un sytème qui permet totalement la fraude, car vous n’êtes sûr ni de l’émetteur ni du récepteur », tranche Jean-Pierre Camby, professeur associé à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, ancien haut fonctionnaire à l’Assemblée nationale et auteur de Bureau de vote, mode d’emploi (éditions Dalloz).

Y a-t-il des obstacles juridiques ?

Rétablir la possibilité de voter par correspondance nécessite le vote d’une loi. « Comme cette possibilité a déjà existé en 1975, il suffit d’un article de rétablissement », plaide Laurent Hénart. Début avril, la députée LR Josiane Corneloup a d’ailleurs déposé une proposition de loi en ce sens, proposition qui n’a aucune chance d’aboutir tant que le gouvernement s’y oppose.

Le vote d’une loi en un temps très resserré n’est en réalité pas un véritable obstacle, puisqu’il est toujours possible de légiférer en urgence. Le principal souci est plutôt d’ordre constitutionnel, du fait de la variation des modalités de vote entre le premier et le second tour d’une même élection, souligne Jean-Pierre Camby. Dans une note publiée sur internet, le professeur de droit public Romain Rambaud, met en avant « le principe de stabilité du droit électoral », qui consiste à ne pas changer les règles du scrutin trop peu de temps (par exemple moins d’un an) avant l’échéance.

Un risque d’inconstitutionnalité plus que relatif, selon le chercheur Sylvain Brouard. « Le Conseil constitutionnel a su se montrer assez coulant sur les derniers textes compte tenu de l’urgence sanitaire », remarque-t-il.

Les mairies seraient-elles capables de l’organiser ?

Laurent Hénart l’assure : centraliser les bulletins des 57 bureaux de vote de la ville de Nancy par courrier ne serait pas un problème. Pour Sylvain Brouard, c’est aussi « quelque chose de relativement simple, qui va plus vite que le déroulement d’un scrutin sur une journée dans les bureaux de vote ». D’ailleurs, avance le chercheur, les Etats américains qui l’ont adopté « l’ont fait avant tout pour des questions de coût ».

Si le vote par correspondance venait à être choisi pour le 28 juin, les agents territoriaux se verraient contraints d’appliquer des procédures bien différentes de celles qu’ils ont l’habitude de suivre scrutin après scrutin. « En termes de logistique, ce serait très lourd », estime un fonctionnaire rompu à l’organisation des élections dans sa commune, interrogé par franceinfo. « Il faudrait être sûr que les plis avec les professions de foi et les bulletins arrivent au moins deux semaines en amont afin d’être sûr qu’ils puissent être renvoyés dans les temps. » Le fonctionnaire rappelle en outre qu’une part non négligeable des électeurs n’habitent plus à l’adresse indiquée sur les listes électorales. « Et imaginez une grève de La Poste pile à ce moment-là ! »

Qu’envisage de faire le gouvernement ?

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a évacué la possibilité de rétablir le vote par correspondance. A moins que la pression des élus et de l’opinion ne s’amplifie dans les jours à venir, il ne faudra donc compter que sur un assouplissement des règles de vote existantes.

L’idée d’autoriser un même électeur à disposer de deux procurations (au lieu d’une seule actuellement), donc à voter à la place de deux autres électeurs qui lui ont donné procuration, pourrait recevoir les faveurs du gouvernement. Cette idée est notamment soutenue par la droite sénatoriale. Dans une interview au Parisien, Christophe Castaner propose également « d’élargir le nombre de personnes habilitées à établir des procurations », par exemple les directeurs d’Ehpad.

Voir aussi:

Le vote par correspondance peut-il faire capoter la présidentielle américaine ?

On s’attend à un record de bulletins envoyés par la poste. Des voix qui pourraient être contestées, surtout si le résultat est serré entre Trump et Biden.

Le Point.fr avec AFP


Antifas: Attention, un extrémisme peut en cacher un autre ! (It is time to confront the violent extremism on the left by treating black-clad Antifa protesters as a gang, says Berkeley mayor Jesse Arreguin)

1 octobre, 2020

Antifa face off against white supremacists in Charlottesville, VA

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Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes. Winston Churchill (?)
Police: A toujours tort. Flaubert (Dictionnaire des idées reçues ou catalogue des opinions chics, 1913)
Vous avez des gueules de fils à papa. Je vous haïs, comme je hais vos papas. Bon sang ne saurait mentir. (…) Lorsque hier, à Valle Giulia, vous vous êtes battus avec les policiers, moi, je sympathisais avec les policiers. Car les policiers sont fils de pauvres. Ils viennent de sub-utopies, paysannes ou urbaines. (…) Ils ont vingt ans, le même âge que vous, chers et chères. Evidemment, nous sommes d’accord contre l’institution de la police. Mais prenez-vous-en à la Magistrature, et vous verrez ! Les garçons policiers que vous, par pur vandalisme (attitude dignement héritée du Risorgimento), de fils à papa, avez tabassés, appartiennent à l’autre classe sociale. À Valle Giulia, hier, il y a eu ainsi un fragment de lutte de classe : et vous, très chers (bien que du côté de la raison) vous étiez les riches, tandis que les policiers (qui étaient du côté du tort) étaient les pauvres. Belle victoire, donc, que la vôtre ! Dans ces cas-là, c’est aux policiers qu’on donne des fleurs, très chers. La Stampa et Il Corriere della Sera, NewsWeek et Le Monde vous lèchent le cul. Vous êtes leurs fils, leur espérance, leur futur : s’il vous font des reproches il ne se prépareront pas, c’est sûr, à une lutte de classe contre vous ! Au contraire, il s’agit plutôt d’une lutte intestine. Pour celui qui, intellectuel ou ouvrier, est extérieur à votre lutte, l’idée est très divertissante qu’un jeune bourgeois cogne un vieux bourgeois, et qu’un vieux bourgeois condamne un jeune bourgeois. (…) Allez occuper les universités, chers fils, mais donnez la moitié de vos revenus paternels, aussi maigres soient-ils, à de jeunes ouvriers afin qu’ils puissent occuper, avec vous, leurs usines. Pier Palo Pasolini (1968)
Frapper vite, frapper fort, un bon flic est un flic mort. Pekatralatak (Flics porcs assassins, Pour un Djihad de Classe, 2008)
A riot is the language of the unheard. ​I hope we can avoid riots because riots are self-defeating and socially destructive. Martin Luther King
On se demande souvent quelle idéologie va remplacer le socialisme. Mais elle est déjà là, sous nos yeux : c’est l’antiracisme (…) Comme toutes les idéologies, celle de l’antiracisme se propose non de servir ceux qu’elle prétend délivrer, mais d’asservir ceux qu’elle vise à enrôler (…) Agissant par la terreur et non par la raison, cet antiracisme fabrique plus de racistes qu’il n’en guérit […] L’antiracisme idéologique, qu’il faut soigneusement distinguer de l’antiracisme effectif et sincère, attise les divisions entre les humains au nom de leur fraternité proclamée.  Jean-François Revel (1999)
C’est une sphère très difficile à cerner, qui a parfois des réactions surréalistes et des actions très violentes. On les reconnait à leur «dress code»: «des vêtements noirs, des bottes hautes… Comme les militants de l’extrême droite, à la différence que les gauchistes ont des lacets rouges et les autres, des lacets blancs. Ce sont des militants chevronnés, proches des milieux libertaires et anarchistes, qui viennent des ZAD (Zones à défendre, ndlr) de Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Turin… et que l’on voit aujourd’hui aux avant-postes des manifestations sauvages. (…) Cette ultragauche est à l’affût de toutes les luttes: il y a trente ans, les redskins tapaient contre les fascistes, au début des années 2000 on retrouvait ces groupes sur les manifestations contre les sommets gouvernementaux et aujourd’hui, ils se rassemblent contre la loi travail. Même si ce ne sont pas les mêmes générations militantes qui agissent, il y a eu comme un passage de témoin. (…) beaucoup de slogans, d’affiches de [Mai 8] sont repris aujourd’hui dans les cortèges avec des appels pour les «grèves, blocages et manifestations sauvages. (…) Globalement, les antifascistes d’aujourd’hui sont moins violents, plus politisés et plus composites que dans les années 80. Ils sont souvent surdiplômés, viennent de milieux plus bourgeois mais ne trouvent pas de raison d’être à travers le travail. La société plonge avec eux dans un cycle offensif: une action violente, suivie d’une répression forte. L’ultragauche cherche ainsi à créer plus de solidarité entre groupes, et recruter de nouveaux militants dans les rangs des défenseurs de liberté. Jacques Leclercq (2016)
L’insécurité sociale et culturelle dans laquelle ont été plongées les classes populaires, leur relégation spatiale, débouchent sur une crise politique majeure. L’émergence d’une « France périphérique », la montée des radicalités politiques et sociales sont autant de signes d’une remise en cause du modèle économique et sociétal dominant. Face à ces contestations, la classe dominante n’a plus d’autre choix que de dégainer sa dernière arme, celle de l’antifascisme. Contrairement à l’antifascisme du siècle dernier, il ne s’agit pas de combattre un régime autoritaire ou un parti unique. Comme l’annonçait déjà Pier Paolo Pasolini en 1974, analysant la nouvelle stratégie d’une gauche qui abandonnait la question sociale, il s’agit de mettre en scène « un antifascisme facile qui a pour objet un fascisme archaïque qui n’existe plus et n’existera plus jamais ». C’est d’ailleurs en 1983, au moment où la gauche française initie son virage libéral, abandonne les classes populaires et la question sociale, qu’elle lance son grand mouvement de résistance au fascisme qui vient. Lionel Jospin reconnaîtra plus tard que cette « lutte antifasciste en France n’a été que du théâtre » et même que « le Front national n’a jamais été un parti fasciste ». Ce n’est pas un hasard si les instigateurs et financeurs de l’antiracisme et de l’antifascisme sont aussi des représentants du modèle mondialisé. De Bernard-Henri Lévy à Pierre Bergé, des médias (contrôlés par des multinationales), du Medef aux entreprises du CAC 40, de Hollywood à Canal Plus, l’ensemble de la classe dominante se lance dans la résistance de salon. « No pasaràn » devient le cri de ralliement des classes dominantes, économiques ou intellectuelles, de gauche comme de droite. Il n’est d’ailleurs pas inintéressant de constater, comme le fait le chercheur Jacques Leclerq, que les groupes « antifa » (qui s’étaient notamment fait remarquer pendant les manifestations contre la loi Travail par des violences contre des policiers), recrutent essentiellement des jeunes diplômés de la bourgeoisie. Véritable arme de classe, l’antifascisme présente en effet un intérêt majeur. Il confère une supériorité morale à des élites délégitimées en réduisant toute critique des effets de la mondialisation à une dérive fasciste ou raciste. Mais, pour être durable, cette stratégie nécessite la promotion de l’« ennemi fasciste » et donc la surmédiatisation du Front national… Aujourd’hui, on lutte donc contre le fascisme en faisant sa promotion. Un « combat à mort » où on ne cherche pas à détruire l’adversaire, mais à assurer sa longévité. Il est en effet très étrange que les républicains, qui sauf erreur détiennent le pouvoir, n’interdisent pas un parti identifié comme « fasciste ». À moins que ces nouveaux partisans n’aient pas véritablement en ligne de mire ce petit parti, cette « PME familiale », mais les classes populaires dans leur ensemble. Car le problème est que ce n’est pas le Front national qui influence les classes populaires, mais l’inverse. Le FN n’est qu’un symptôme d’un refus radical des classes populaires du modèle mondialisé. L’antifascisme de salon ne vise pas le FN, mais l’ensemble des classes populaires qu’il convient de fasciser afin de délégitimer leur diagnostic, un « diagnostic d’en bas » qu’on appelle « populisme ». Cette désignation laisse entendre que les plus modestes n’ont pas les capacités d’analyser les effets de la mondialisation sur le quotidien et qu’elles sont aisément manipulables. Expert en « antifascisme », Bernard-Henri Lévy a ainsi ruiné l’argumentaire souverainiste, celui de Chevènement, en l’assimilant à une dérive nationaliste – lire : fasciste. Du refus du référendum européen à la critique des effets de la dérégulation, du dogme du libre-échange, toute critique directe ou indirecte de la mondialisation est désormais fascisée. Le souverainisme, une « saloperie », nous dit Bernard-Henri Lévy. Décrire l’insécurité sociale et culturelle en milieu populaire, c’est « faire le jeu de ». Dessiner les contours d’une France fragilisée, celle de la France périphérique, « c’est aussi faire le jeu de ». Illustration parfaite du « fascisme de l’antifascisme », l’argument selon lequel il ne faudrait pas dire certaines vérités, car cela « ferait le jeu de », est régulièrement utilisé. Il faut dire que les enjeux sont considérables. Si elle perd la guerre des représentations, la classe dominante est nue. Elle devra alors faire face à la question sociale et assumer des choix économiques et sociétaux qui ont précarisé les classes populaires. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la multiplication des procès en sorcellerie et le nouveau maccarthysme des « libéraux-godwiniens ». L’expression du philosophe Jean-Claude Michéa vise à dénoncer l’utilisation systématique par les libéraux de la théorie du juriste Mike Godwin selon laquelle « plus une discussion en ligne dure longtemps (sur Internet), plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1 ». Pour la classe dominante, la défense même de gens ordinaires devient suspecte. (…) On pourrait multiplier les exemples, mais la méthode est toujours la même : fasciser ceux qui donnent à voir la réalité populaire. Face à une guerre des représentations qu’elle est en train de perdre, la classe dominante en arrive même à fasciser les territoires ! La « France périphérique » est ainsi présentée comme une représentation d’une France blanche xénophobe opposée aux quartiers ethnicisés de banlieue. Peu importe que la distinction entre les territoires ruraux, les petites villes et les villes moyennes et les métropoles n’ait jamais reposé sur un clivage ethnique, peu importe que la France périphérique, qui comprend les DOM-TOM, ne soit pas homogène ethniquement et culturellement, l’objectif est avant tout d’ostraciser et de délégitimer les territoires populaires. Et, inversement, de présenter la France des métropoles comme ouverte et cosmopolite. La France du repli d’un côté, des ploucs et des ruraux, la France de l’ouverture et de la tolérance de l’autre. Mais qu’on ne s’y trompe pas, cet « antiracisme de salon » ne vise absolument pas à protéger l’« immigré », le « musulman », les « minorités » face au fascisme qui vient, il s’agit d’abord de défendre des intérêts de classe, ceux de la bourgeoisie. Si l’arme de l’antifascisme permet à moyen terme de décrédibiliser toute proposition économique alternative et de contenir la contestation populaire, elle révèle aussi l’isolement des classes dominantes et supérieures. Cette stratégie de la peur n’a en effet plus aucune influence sur les catégories modestes, ni dans la France périphérique, ni en banlieue. C’est terminé. Les classes populaires ne parlent plus avec les « mots » de l’intelligentsia. Le « théâtre de la lutte antifasciste » se joue devant des salles vides. En ostracisant, et en falsifiant, l’idéologie antifasciste vise à isoler, atomiser les classes populaires et les opposants au modèle dominant en créant un climat de peur. Le problème est que cette stratégie de défense de classe devient inopérante et, pire, est en train de se retourner contre ses promoteurs. La volonté de polariser encore plus le débat public entre « racistes et antiracistes », entre « fascistes et antifascistes » semble aussi indiquer la fuite en avant d’une classe dominante qui n’est pas prête à remettre en question un modèle qui ne fait plus société. Réunie sous la bannière de l’antifascisme, partageant une représentation unique (de la société et des territoires), les bourgeoisies de gauche et de droite sont tentées par le parti unique. Si les « intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires », une tentation totalitaire semble aussi imprégner de plus en plus une classe dominante délégitimée, et ce d’autant plus qu’elle est en train de perdre la bataille des représentations. Ainsi, quand la fascisation ne suffit plus, la classe dominante n’hésite plus à délégitimer les résultats électoraux lorsqu’ils ne lui sont pas favorables. La tentation d’exclure les catégories modestes du champ de la démocratie devient plus précisé. L’argument utilisé, un argument de classe et d’autorité, est celui du niveau d’éducation des classes populaires. Il permet de justifier une reprise en main idéologique. En juin 2016, le vote des classes populaires britanniques pour le Brexit a non seulement révélé un mépris de classe, mais aussi une volonté de restreindre la démocratie. Quand Alain Mine déclare que le Brexit, « c’est la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués » ou lorsque Bernard-Henri Lévy insiste sur la « victoire du petit sur le grand, et de la crétinerie sur l’esprit », la volonté totalitaire des classes dominantes se fait jour. Les mots de l’antifascisme sont ceux de la classe dominante, les catégories modestes l’ont parfaitement compris et refusent désormais les conditions d’un débat tronqué. Christophe Guilluy
Ce qui s’appelle tour à tour Antifa et Black Blocks est une unique nébuleuse d’anarchistes ; d’usage, des gosses de riches en révolte pubertaire. Gauchistes à 20 ans, ils combattent fictivement un fascisme onirique – et à 40 ans, dirigent les boîtes de com’ ou médias du système. Ces casseurs sont connus. A Paris et autour (92, 93, 94) opère la DRPP, Direction du renseignement de la préfecture de police, très affutée sur son territoire. L’auteur est formel : la DRPP connaît un par un les deux ou trois cents pires Black blocks et peut les cueillir au nid avant toute émeute (dans les beaux quartiers ou des squats…) puis les isoler quelques heures ; les codes en vigueur le permettent. En prime, ces milieux anarchistes grouillent d’indicateurs. En Ile-de-France, la PP connaît ainsi les préparatifs d’une émeute. Enfin, l’Europe du renseignement existe : quand trente émeutiers allemands, belges ou italiens, vont à Paris se joindre à la « fête », un signalement est fourni. Ces alertes donnent des itinéraires, l’immatriculation des véhicules, etc. (les « indics », toujours…). Là, un barrage filtrant règle le problème. Ainsi, L’Intérieur peut, sinon neutraliser une émeute – du moins, en limiter à 90% les dégâts. Exemple : avant l’élection présidentielle, les Black blocks veulent attaquer une réunion du Front national au Zénith le 17 avril 2017. Comme d’usage prévenue, la police agit et l’affaire avorte. Cela, elle le peut toujours – même en mars 2019. (…) Ce qui est advenu samedi 16 mars sur les Champs-Elysées n’a rien à voir avec la population française, et fort marginalement, avec les Gilets jaunes eux-mêmes. Bien plutôt, la Mairie de Paris et les gouvernements Hollande-Macron doivent s’en prendre à eux-mêmes. Depuis dix ans, ils considèrent les Antifa comme de preux hérauts de la démocratie – certes un tantinet excités mais n’est-ce pas, il faut que jeunesse se passe. Ici règne la connivence : ces anarchistes sont leurs fils ou les copains de ceux-ci. Certes moins gravement, c’est le cas de figure Maison-Blanche – Moudjahidine afghans. Utiles pour combattre l’Union soviétique en Afghanistan – mais l’URSS disparue, ils ne rentrent pas docilement à la niche – ils suscitent Oussama ben Laden. Ici pareil, les Antifa chouchous-Bobos sont en même temps des Black Block. Là, catastrophe ! On ne sait que dire, on se borne à gémir sur la violence qui doit cesser et à édicter des lois futiles. Car bien sûr, chacun sait qu’au rayon répression ferme, le chien Hollande-Macron n’a pas de crocs. Et comment se montrer féroce envers ses propres enfants ? Il y a des exemples récents de cela ; des noms, des faits. Si un Antifa est par hasard arrêté, il est peu après relâché en douce. (…) L’impéritie de ce gouvernement, son ignorance des élémentaires normes du maintien de l’ordre éclatent au grand jour. Et l’isolement de M. Macron, tout autant. M. Castaner d’abord. Dans le petit milieu politiciens-médias, là où se recrutent confidents, amants et associés, on sait que le ministre de l’Intérieur est un farceur, occupant ce poste car M. Macron n’avait nul candidat fiable à y mettre. Alors que la France vit sa pire crise de violence sociale en un siècle, M. Castaner fait la noce en boîte de nuit, où – je cite la presse people, il « embrasse une inconnue sur la bouche « . Ebahis, toutes les racailles, narcos et Antifa soupirent d’aise. On connaît le proverbe « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ». On a vu le bal samedi 16 mars sur les Champs-Elysées. M. Macron, lui, skie. A mesure où la situation s’aggrave ; à mesure où, certains jours, la France frôle la guerre civile ; M. Macron renforce son contrôle – chaque jour plus tatillon – sur les médias, notamment l’information des radios-télévisions, tenues à la laisse courte. Le président croit ainsi visiblement que l’actuel chaos est affaire de communication. Or bien sûr, c’est tout sauf ça. Une telle erreur de diagnostic n’augure rien de bon pour la suite de son quinquennat. Xavier Raufer
Vous savez, le respect de la loi n’est pas une catégorie pertinente pour moi, ce qui compte c’est la justice et la pureté, ce n’est pas la loi. (…) La personne la plus condamnée de France, c’est le préfet de police de Paris, qui a 135 condamnations au tribunal administratif pour des manœuvres dilatoires sur la question de la demande d’asile, donc je ne crois pas que les gouvernants obéissent beaucoup à la loi. Je ne vois pas pourquoi nous on devrait le faire. (…)  C’est l’analyse sociologique. C’est-à-dire que vous pouvez établir dans le monde social qu’il y a un certain nombre de mécanismes qui produisent de la persécution ou la mise à mort prématurée d’un certain nombre de populations. Si jamais vous produisez une action qui lève ces systèmes de persécution, qui soulagent les corps de la souffrance, vous produisez une action qui est juste et qui est pure. Et si à l’inverse vous prenez des mesures qui renforcent l’exposition des corps à la persécution, alors vous êtes impur et vous êtes injuste. (…) C’est objectif, tout le monde le sait. Tout le monde sait très bien ce que c’est qu’un corps qui souffre, tout le monde sait très bien qu’il y a des clochards dans la rue. Quand Macron dit qu’il n’y a pas de pénibilité du travail, il le sait qu’il y a de la pénibilité. (…) Quand il dit qu’il n’y a pas de violences policières et qu’on voit les vidéos du Burger King pendant les gilets jaunes (…). Il voit très bien qu’en niant ces réalités, il active des systèmes de pouvoir de dénégation qui permettent de perpétuer des systèmes de persécution. (…) Moi je pense que le but de la gauche, c’est de produire des fractures, des gens intolérables et des débats intolérables dans le monde social. Il faut savoir qu’il y a des paradigmes irréconciliables. Moi, je suis contre le paradigme du débat, contre le paradigme de la discussion. Je pense que nous perdons notre temps lorsque nous allons sur des chaînes d’info débattre avec des gens qui sont de toute façon pas convaincables. En fait, nous ratifions la possibilité qu’il fasse partie de l’espace du débat. Je pense que la politique est de l’ordre de l’antagonisme et de la lutte et j’assume totalement le fait qu’il faille reproduire un certain nombre de censures dans l’espace public, pour rétablir un espace où les opinions justes prennent le pouvoir sur les opinions injustes. (…) Plus que la censure – parce que je ne suis pas favorable à l’appareil d’Etat -, je suis favorable à une forme de mépris que la gauche doit avoir pour les opinions de droite. Quand vous avez sur une chaîne d’info en continu des débats d’extrême droite ou semi racistes, tout le monde sait que c’est fait pour ça, et tout le monde va se mettre à réagir ça. (…) On se met à être contaminé dans nos espaces de gauche par ces prises de parole complètement délirantes plutôt que les laisser tranquilles dans leur coin à faire le silence, les renvoyer à leur insignifiance. Geoffroy de Lagasnerie
Beaucoup de gens ici font profil bas. Je connais au moins 25 personnes dans la rue qui sont des partisans de Trump, mais qui sortent pas leurs pancartes. C’est une bataille constante et lorsque vous avez des pancartes, il y a un facteur d’intimidation. Ma femme et ma fille de 3 ans sont sorties et des gars sont passés en voiture et ont baissé leur vitre et leur ont crié des obscénités. C’est dégoûtant mais c’est juste le genre de trucs merdiques qui se passent. Ma fille a été isolée des enfants des voisins. L’été dernier, ils jouaient tous ensemble. Cet été, ils ne vont pas jouer avec elle. C’est méchant. Je ne peux pas l’expliquer mais c’est le comportement que nous constatons. Tom Moran (Scranton, Pennsylvania)
Dans un monde turbulent sous la menace de prédateurs comme le président chinois Xi Jinping, sur qui comptez-vous pour défendre l’Amérique ? Un pitbull agressif prêt à faire n’importe quoi pour gagner, ou un faiblard souriant qui lance des insultes de cour de récréation ? Ce point de vue est probablement derrière le fait que 66% des téléspectateurs hispanophones de Telemundo ont jugé Trump vainqueur du débat, le résultat inverse de sondages similaires sur CNN et CBS News. Après tout, si vous avez vécu sous une dictature socialiste ou la tyrannie de gangs tueurs, vous appréciez un leader costaud pour vous protéger. Les Américains ont voté pour Trump en 2016 précisément parce que c’est un pitbull, un barbare, un franc-tireur qu’ils ont engagé pour combattre la gauche corrompue, drainer le marécage, ramener leurs emplois de Chine et défendre le drapeau, la famille et le bon sens. (…) Ils n’ont que faire de sa « présidentialité » tant qu’il se bat pour eux. Miranda Devine
We’re a drinking club with a patriot problem. As Proud Boys, I think our main objective is to defend the West. Enrique Tarrio
I am not taking this as a direct endorsement from the President. He did an excellent job and was asked a VERY pointed question. The question was in reference to WHITE SUPREMACY…which we are not. Enrique Tarrio
Gotta say: the Proud Boys aren’t white supremacists. Enrique Tarrio, their overall leader, is a Black Cuban dude. The Proud Boys explicitly say they’re not racist. They are an openly right-leaning group and they’ll openly fight you — they don’t deny any of this — but saying they’re white supremacist: If you’re talking about a group of people more than 10% people of color and headed by an Afro-Latino guy, that doesn’t make sense. Wilfred Reilly (Kentucky State University)
Unbelievable. Every person in America knows these riots are being orchestrated by black lives matter and Antifa. Chris Wallace asks the President to condemn white supremacists but did not think to ask Joe Biden to condemn Antifa or BLM. Candice Owens
Good people can go to Charlottesville. Michelle Piercy
We came to Charlottesville, Virginia, to tell both sides, the far right and the far left, listen, whether we agree with what you have to say or not, we agree with your right to say it, without being in fear of being assaulted by the other group. But what happened when we came here? We were the one who were assaulted. Joshua Shoaff (American Warrior Revolution)
You had some very bad people in that group, but you also had people that were very fine people, on both sides. You had people in that group … There were people in that rally — and I looked the night before — if you look, there were people protesting very quietly the taking down of the statue of Robert E. Lee. I’m sure in that group there were some bad ones. The following day it looked like they had some rough, bad people — neo-Nazis, white nationalists, whatever you want to call them. But you had a lot of people in that group that were there to innocently protest, and very legally protest. President Trump, Aug. 15, 2017
I was talking about people that went because they felt very strongly about the monument to Robert E. Lee, a great general. Trump, April 26, 2019
By and large, in my experience militia groups are not any more racist than any other group of middle-aged white men. Militias are not about whiteness, not about racism, but their anti-Islam feelings spring from fear and ignorance of Muslims. Amy Cooter (Vanderbilt University)
Militias started showing up at events where left-wing elements would be, and that includes white-supremacist events. They aren’t white supremacists. They are there opposing the people opposing the white supremacists. Mark Pitcavage (Anti-Defamation League)
Militia leaders … emphasize their defense of free speech and depict themselves as peacekeepers. But they never go out and protect the free speech rights of antifa and left-wing groups. Sam Jackson (University at Albany)
Militia groups purported to be there to protect the First Amendment rights of the protesters. The real goal, the evidence showed, was to provoke violent confrontations with counterprotesters and make a strong physical showing of white supremacy and white nationalism. I certainly think that AWR knew which side it was ‘protecting,’ and made that choice willingly. Mary McCord (Georgetown’s Institute for Constitutional Advocacy and Protection)
The Charlottesville City Council in February 2017 had voted to remove a statue of Confederate Gen. Robert E. Lee that had stood in the city since 1924, but opponents quickly sued in court to block the decision. In June 2017, the City Council voted to give Lee Park, where the statue stood, a new name — Emancipation Park. (In 2018, the park was renamed yet again to Market Street Park.) The city’s actions inspired a group of neo-Nazis, white supremacists and related groups to schedule the “Unite the Right” rally for the weekend of Aug. 12, 2017, in Charlottesville. There is little dispute over the makeup of the groups associated with the rally. A well-known white nationalist, Richard Spencer, was involved; former Ku Klux Klan head David Duke was a scheduled speaker. “Charlottesville prepares for a white nationalist rally on Saturday,” a Washington Post headline read. Counterdemonstrations were planned by people opposed to the alt-right, such as church groups, civil rights leaders and anti-fascist activists known as “antifa,” many of whom arrived with sticks and shields. Suddenly, a militia group associated with the Patriot movement announced it was also going to hold an event called 1Team1Fight Unity in Charlottesville on Saturday, Aug. 12, rescheduling an event that has been planned for Greenville, S.C., 370 miles away. Other militia groups also made plans to attend. On the night of Aug. 11, the neo-Nazi and white-supremacist groups marched on the campus of the University of Virginia, carrying flaming torches and chanting anti-Semitic slogans. This is where Trump got into trouble. While he condemned right-wing hate groups — “those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans” — he appeared to believe there were peaceful protesters there as well. (…) But there were only neo-Nazis and white supremacists in the Friday night rally. Virtually anyone watching cable news coverage or looking at the pictures of the event would know that. It’s possible Trump became confused and was really referring to the Saturday rallies. But he asserted there were people who were not alt-right who were “very quietly” protesting the removal of Lee’s statue. But that’s wrong. There were white supremacists. There were counterprotesters. And there were heavily armed anti-government militias who showed up on Saturday. “Although Virginia is an open-carry state, the presence of the militia was unnerving to law enforcement officials on the scene,” The Post reported. The day after Trump’s Aug. 15 news conference, the New York Times quoted a woman named Michelle Piercy and described her as “a night shift worker at a Wichita, Kan., retirement home, who drove all night with a conservative group that opposed the planned removal of a statue of the Confederate general Robert E. Lee.” She told the Times: “Good people can go to Charlottesville.” Some Trump defenders, such as in a video titled “The Charlottesville Lie,” have prominently featured Piercy’s quote as evidence that Trump was right — there were protesters opposed to the removal of the statue. (…) As far as we can tell, Piercy gave one other interview about Charlottesville, with the pro-Trump website Media Equalizer, which described AWR as “a group that stands up for individual free speech rights and acts as a buffer between competing voices.” Piercy told Media Equalizer: “We were made aware that the situation could be dangerous, and we were prepared.” That is confirmed by Facebook videos, streamed by AWR, that show roughly three dozen militia members marching through the streets of Charlottesville, armed and dressed in military-style clothing, supposedly seeking people whose rights were being infringed. Police encouraged them to leave, according to an independent review of the day’s events commissioned by Charlottesville, but they attracted attention from counterprotesters. One militia member then was hit in the head by a rock, halting their retreat. “The militia members apparently did not realize that they had stopped directly across the street from Friendship Court, a predominantly African-American public housing complex,” the review said. A video posted on YouTube shows Heyer briefly crossing paths with AWR after the militia group was challenged by residents and counterprotesters to leave the area. Two revealing Facebook videos posted by the group have been deleted but were obtained by The Fact Checker. One, titled “The Truth about Charlottesville,” was posted on Aug. 12, immediately after law enforcement shut down the rally. It lasts about 25 minutes, and it is mostly narrated by Joshua Shoaff, also known as Ace Baker, the leader of AWR. Members of other militia groups also speak in the video. There’s no suggestion the militias traveled to Charlottesville because of the Lee statue, though late in the video a couple of militia members make brief references to the Confederate flag and Confederate monuments. (The 207-page independent review commissioned by Charlottesville also makes no mention of peaceful pro-statue demonstrators.) “We came to Charlottesville, Virginia, to tell both sides, the far right and the far left, listen, whether we agree with what you have to say or not, we agree with your right to say it, without being in fear of being assaulted by the other group,” Shoaff says. But he complains, “What happened when we came here? We were the one who were assaulted.” During the video, a militia member who is black appears on screen, and Shoaff sarcastically says, “Hey, look, hey, there’s black guy in here, oh, my God.” At another point, an unidentified militia member says: “We are civil nationalists. We love America. We love the Constitution. We respect any race, any color. We are all about respecting constitutional values.” After the city of Charlottesville sued AWR and other militia groups, Baker on Oct. 12 posted another video obtained by The Fact Checker. “We had long guns. We had pistols. We were pelted with bricks, and could have f—ing used deadly force. But we didn’t,” he declares. “We had the justification to use deadly force that day and mow people f—ing down. But we didn’t.” So what’s going on here? Anti-government militia groups are not racist but tend to be wary of Muslims and immigrants, according to experts who study the Patriot movement. (…) Militias are strongly pro-Trump, but his election posed a conundrum: They had always been deeply suspicious of the federal government, but now it was headed by someone they supported. So they started to build up antifa as an enemy, falsely believing the activists are bankrolled by billionaire investor George Soros, according to Mark Pitcavage, senior research fellow at the Center on Extremism of the Anti-Defamation League. Antifa, short for anti-fascist, sprung up to challenge neo-Nazis. “Militias started showing up at events where left-wing elements would be, and that includes white-supremacist events,” Pitcavage said. “They aren’t white supremacists. They are there opposing the people opposing the white supremacists.” Sam Jackson, a University at Albany professor who studies anti-government extremism, said that militia leaders have “strategic motivations to frame things in certain ways and it may not match real motivations.” That’s why they emphasize their defense of free speech and depict themselves as peacekeepers. But, he noted, “they never go out and protect the free speech rights of antifa and left-wing groups.” Militia groups “purported to be there to protect the First Amendment rights of the protesters,” said Mary McCord, legal director at Georgetown’s Institute for Constitutional Advocacy and Protection and counsel for Charlottesville in a lawsuit. The “real goal, the evidence showed, was to provoke violent confrontations with counterprotesters and make a strong physical showing of white supremacy and white nationalism. I certainly think that AWR knew which side it was ‘protecting,’ and made that choice willingly.” In recent weeks, Trump has echoed the language he used regarding the Charlottesville attendees to encourage protests against social distancing orders. “These are very good people, but they are angry,” Trump tweeted on May 1. In other tweets, he urged governors to “liberate” states. That’s the language of militias, McCord said — code for liberation from a tyrannical government. And who has been showing up at the rallies opposing shutdown orders? Armed militias associated with the Patriot movement. (…) The evidence shows there were no quiet protesters against removing the statue that weekend. That’s just a figment of the president’s imagination. The militia groups were not spurred on by the Confederate statue controversy. They arrived in Charlottesville heavily armed and, by their own account, were prepared to use deadly force (?) — because of a desire to insert themselves in a dangerous situation that, in effect, pitted them against the foes of white supremacists. Trump earns Four Pinocchios. The Washinton Post
Our domestic violent extremists include everything from racially motivated violent extremists, which we’ve talked about here in this Committee before, I think when I testified last year, for example, all the way to antigovernment, anti-authority violent extremists, and that includes people ranging from anarchist violent extremists, people who subscribe to Antifa or other ideologies, as well as militia types, and those kinds. (…) We look at Antifa as more of an ideology or a movement than an organization. To be clear, we do have quite a number of properly predicated domestic terrorism investigations into violent anarchist extremists, any number of whom self identify with the Antifa movement. And that’s part of this broader group of domestic violent extremists that I’m talking about, but it’s just one part of it. We also have the racially motivated violence extremists, the militia types, and others. (…) I think one of the things a lot of people don’t understand about people who subscribe to this Boogaloo thinking is that their main focus is just dismantling, tearing down government. They’re less clear on what it is they think they’re going to replace government with. I’m not even sure they would all agree with each other (…) Antifa is a real thing. It’s not a group or an organization, it’s a movement or an ideology, may be one way of thinking of it. (…) as I think I said in response to an earlier question, Antifa is a real thing. It’s not a fiction, but it’s not an organization, or a structure. We understand it to be more of a movement, or maybe you could call it an ideology. (…) And we have seen individuals, I think I’ve mentioned this in response to one of the earlier questions, identified with the Antifa movement, coalescing regionally into what you might describe as small groups, or nodes. And we are actively investigating the potential violence from those regional nodes, if you will. (…) I think what I would say is that we have seen folks who subscribe to or self identify with the Antifa movement who coalesce regionally into what we refer to or think of as more as small groups or nodes. And they’re certainly organized at that level, those individuals. Chris Wray (FBI, 17.09.2020)
When you look across the country, you have got three broad categories. You have the peaceful protesters, which is maybe the biggest number of people. Then, you have the criminal opportunists who engage in looting, low-level vandalism, etc. Then, you have a third group. While it numerically might be the smallest, it is the most serious and the one we have to go after most aggressively, the ones who are violating federal law. Ied’s, molotov cocktails, arsons of government facilities. Who those people are, that is our priority. That is our focus. However, we have certainly seen a number of violent and anarchist extremists participating in that mix. I have gotten questions about antifa, for example, so let me try to be as clear as I can. Antifa is a real thing, it is not a fiction. We have seen organized, tactical activity at both the local and regional level. We have seen antifa adherents coalescing and working together in what I would describe as small groups. All of this I said last week, but some of it got more clearly conveyed than others. We had a number of predicated investigations into some anarchists, some of whom operate through these nodes and to subscribe to our self identify with anarchists extremism, including antifa, and we will not hesitate, will not hesitate to aggressively investigate that kind of activity. So we are going to be looking at, and will look at, their funding, their tactics, their logistics, their supply chains. We are going to pursue all available charges. There are also what i would describe as the militia types, and we have had plenty of those and we have a number of investigations into those as well. But I have been trying to put a lot of these things into nice, neat, clean buckets. It is a challenge because one of the things we see more and more in the counterterrorism space is people who assemble together in some kind of mishmash, a whole bunch of different ideologies. We sometimes refer to it as a salad bar of ideologies, a little bit of this, a little bit of that, and what they are really about is the violence. Chris Wray (FBI, 24.09.2020)
C’est une idée, pas une organisation. Joe Biden
Presque tout ce que je vois vient de l’aile gauche, pas de l’aile droite. (…) Proud Boys, restez en retrait et à l’écart de tout ça. Mais je vais vous dire (…) quelqu’un doit faire quelque chose contre les antifas et la gauche parce que ce n’est pas un problème de droite. Président Trump
I don’t know who the Proud Boys are. I mean, you’ll have to give me a definition, because I really don’t know who they are. I can only say they have to stand down, let law enforcement do their work. (…) I’ve always denounced any form of that (…) Any form of any of that, you have to denounce. But I also — and Joe Biden has to say something about Antifa. It’s not a philosophy. These are people that hit people over the head with baseball bats. He’s got to come out and he’s got to be strong, and he’s got to condemn Antifa. And it’s very important that he does that. Président Trump
We look at Antifa as more of an ideology or a movement than an organization. To be clear, we do have quite a number of properly predicated domestic terrorism investigations into violent anarchist extremists, any number of whom self-identify with the Antifa movement. And that’s part of this broader group of domestic violent extremists that I’m talking about, but it’s just one part of it. We also have the racially motivated violence extremists, the militia types, and others. (…) Antifa is a real thing. It’s not a group or an organization, it’s a movement or an ideology, maybe one way of thinking of it, and we have quite a number and I’ve said this consistently since my first time appearing before this committee, we have any number of properly predicated investigations into what we would describe as violent anarchist extremists. Some of those individuals self-identify with Antifa (…) we have seen individuals, I think I’ve mentioned this in response to one of the earlier questions, identified with the Antifa movement, coalescing regionally into what you might describe as small groups, or nodes. And we are actively investigating the potential violence from those regional nodes, if you will. (…) I want to be clear that by describing it as an ideology or movement, I by no means mean to minimize the seriousness of the violence and criminality that is going on across the country. Some of which is attributable to that people inspired by, or who self-identify with that ideology and movement. We’re focused on that violence on that criminality. And some of it is extremely serious. Christopher Wray (FBI Director)
The FBI tried to characterize the potential threat from individuals within that group. The bureau doesn’t designate groups but does investigate violent conspiracies. We do not intend and did not intend to designate the group as extremist. I can see where Clark County representatives came to that conclusion. That was not our intention. That’s not what we do. We will not open a case if someone belongs to antifa or even the Proud Boys. There has to be a credible allegation or a threat of violence before someone opens a case. Renn Cannon (Oregon FBI)
As I said on Saturday, we condemn in the strongest possible terms this egregious display of hatred, bigotry, and violence. It has no place in America. And as I have said many times before: No matter the color of our skin, we all live under the same laws, we all salute the same great flag, and we are all made by the same almighty God. We must love each other, show affection for each other, and unite together in condemnation of hatred, bigotry, and violence. We must rediscover the bonds of love and loyalty that bring us together as Americans. Racism is evil. And those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans. We are a nation founded on the truth that all of us are created equal. We are equal in the eyes of our Creator. We are equal under the law. And we are equal under our Constitution. Those who spread violence in the name of bigotry strike at the very core of America.  (…) Racism is evil. And those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans. President Trump (Aug. 14, 2017)
Yes, I think there’s blame on both sides. You look at, you look at both sides. I think there’s blame on both sides, and I have no doubt about it, and you don’t have any doubt about it either. And, and, and, and if you reported it accurately, you would say. (…) Excuse me, ([the neonazis] didn’t put themselves down as neo — and you had some very bad people in that group. But you also had people that were very fine people on both sides. You had people in that group – excuse me, excuse me. I saw the same pictures as you did. You had people in that group that were there to protest the taking down, of to them, a very, very important statue and the renaming of a park from Robert E. Lee to another name. … It’s fine, you’re changing history, you’re changing culture, and you had people – and I’m not talking about the neo-Nazis and the white nationalists, because they should be condemned totally – but you had many people in that group other than neo-Nazis and white nationalists, okay? And the press has treated them absolutely unfairly. Now, in the other group also, you had some fine people, but you also had troublemakers and you see them come with the black outfits and with the helmets and with the baseball bats – you had a lot of bad people in the other group too. (…) There were people in that rally, and I looked the night before. If you look, they were people protesting very quietly, the taking down of the statue of Robert E. Lee. I’m sure in that group there were some bad ones. The following day, it looked like they had some rough, bad people, neo-Nazis, white nationalists, whatever you want to call them. But you had a lot of people in that group that were there to innocently protest and very legally protest, because you know, I don’t know if you know, they had a permit. The other group didn’t have a permit. So I only tell you this: There are two sides to a story. President Trump (Aug. 15, 2017)
The shooter in El Paso posted a manifesto online consumed by racist hate. In one voice, our nation must condemn racism, bigotry, and white supremacy. These sinister ideologies must be defeated. Hate has no place in America. Hatred warps the mind, ravages the heart, and devours the soul. We have asked the FBI to identify all further resources they need to investigate and disrupt hate crimes and domestic terrorism — whatever they need.  President Trump (Aug. 5, 2019)
Only three things happened, for me, tonight: Number one, Donald Trump refused to condemn white supremacy. Number two, the president of the United States refused to condemn white supremacy. Number three, the commander-in-chief refused to condemn white supremacy on the global stage, in front of my children, in front of everybody’s families. And he was given the opportunity multiple times to condemn white supremacy, and he gave a wink and a nod to a racist, Nazi, murderous organization that is now celebrating online, that is now saying “We have a go-ahead.” Look at what they’re saying, look at what the Proud Boys are doing right now online, because the president of the United States refused to condemn white supremacy. Van Jones (CNN)
We are not sure if the socialist, communist, democratic or even anarchist utopia is possible. Rather, some insurrectionary anarchists believe that the meaning of being an anarchist lies in the struggle itself and what that struggle reveals. The Ex-Worker
Black people get shot for doing ordinary law-abiding things. They don’t have the luxury of anarchy. Andrè Taylor
Establishment media still continues to overlook trending Anarchist black bloc tactics especially in DC, Portland & Seattle with satellite activity in Denver, Sacramento and San Diego. (…) But (…) They’re real – but localized without a major event to capitalize on. Insurrectionary Anarchist ideology & rhetoric however has permeated into the social justice movement with blazing efficiency. Jeremy Lee Quinn (Sep 17, 2020)
As for Anarchism, there are several schools of thought in Anarchism. Consider these 3 in the US. Mainstream Anarchism​ (left wing) intersects with music, film, art & comics in pop culture and holds intellectual reverence to its historic ideals aligning on the left with Antifascism. Insurrectionary Anarchism​​ (fringe left)​ maintains a strong presence in the Northwest and via ​ CrimethInc​ holds itself to instigating revolutionary absolutes ie. abolish all police & prisons. Employs black bloc tactics to disrupt the system. National Anarchism​​(fringe right)​ is a racist iteration of the political philosophy that was a minor presence over the last decade in Idaho & the San Francisco Bay Area where “entryism” was espoused, the technique of infiltrating another group to convert its followers. (…) The comfort narrative from the mainstream has been that a right wing iteration has been responsible for provoking chaos. We have found no evidence of this on the ground. The Proud Boys are referenced most often. They are anti – Anarchist (commonly labeled Antifa) but not white supremacists, nor is there evidence that they have worked under the cover of protests. Rather, it is the Anarchist – Antifascists consistently showing up at rightwing rallies which results in confrontations with the Proud Boys. Thus, our current situation appears to involve the first two categories. Media outlets since the end of May have gravitated towards a benign pop culture interpretation of anarchism. Meanwhile in the streets, the more extreme version has been developing with strident fanaticism, especially in the Pacific Northwest. (…) Anarchists at their core seek ultimately to abolish hierarchy and in these last months we have seen them welcome synonymous Antifascist minded groups and autonomous rioters under their umbrella. The most dogmatic Anarchism opposes reform of any kind. It’s the entire system the Anarchist wishes to bring down, whether it is Capitalist or Communist. (…) All of this is irrelevant to the Anarchist. “We don’t care who is fucking shit up, as long as they’re fucking shit up,” a self identifying Anarchist wrote online after following an inquiry about possible right wing infiltrators at BLM protests in Minnesota. Anarchy it would seem is the point, as is the anonymity of all. (…) That fanaticism takes a different form in Portland where kids ages 15-25 have been recruited by the Youth Liberation Front and maintained a pattern of harassment and aggression against both Law enforcement and Nationalist or Patriot identifying citizens. At their most coherent, they are acting in the name of Antifascism against those they believe to be white supremacists. The Northwest YLF brought “Direct Action” to a fever pitch in Portland at the Federal Courthouse. The government responded with an iron first. As in Minneapolis, activists were eager to expose the nation’s militaristic itch. (…) Shellshocked confusion from the DHS is understandable. To those who have not followed the rise of modern Anarchism in street art, films, graphic novels, activism & counter culture – including its online integration with protest culture internationally- these mostly young men dressed in cartoonish masks & ninja outfits must seem alien. It started in Germany during a recession in the late 80s. The black bloc was born, an Anarchic method of anonymizing oneself at protests so acts of dissent might be committed free from criminality. The practice migrated to Seattle at the WTO riots of 1999. By the late 2000s black bloc tactics would be permeating sub culturally across the nation. The Anarchist movement is preached worldwide via ​“Crimethinc. The Ex-Worker”​, a collective formed by 1996. They published a modern Anarchist Cookbook “Recipe for Disasters” and other works by 2003. They joined twitter in 2008. At Occupy Wall Street in 2011, the masks came out. Alan Moore, the English Anarchist and comic book auteur (Watchmen, V for Vendetta) ​was involved with the publication of “Occupy Comics” romanticizing the Anarchist struggle in the wake of the New York action. Then came Ferguson. At the 2014 Ferguson riots, Anarchists took to the streets within the Community. CrimethInc will always have plausible deniability of direct involvement. They are the messengers of an idea they insist, which can never be defeated now that it is out in the ether. In their view they are mere scribes of the struggle which dates back to the 1800s. In agile doublespeak, CrimethInc dispels “outside agitator” myths at riots under the rationale that Anarchists are a part of any community movement fighting oppression rather than outsiders looking in. (…) New alliances were made May 26th 2020, the first day of the George Floyd protests in Minneapolis. What we still see on Twitter is only a snapshot. Direct messaging and private online Discord, Signal or Telegram app chats make it easy these days for like-minded collectives to share techniques, ideas and intentions privately. Purists to the portrayal of a 100% street revolution will argue techniques are applied organically with parallel thinking, rather than widespread coordination. Crimethinc would later post observations in a post mortem Minneapolis including a breakdown of the most effective “ballistics” and use of “peaceful protesters as shields.” CrimethInc often also extols tactics of looting and burning down businesses to divert police resources in ​“The Siege of the Third Precinct in Minneapolis, an Account & Analysis.”​ In this excerpt CrimethInc gives a rare direct address to rebels about using end to end encryption apps like Telegram. (…) It is significant to note that Anarchist methods could not be employed without a population of active participants reaching critical mass. On May 26th, that mass began to form. (…) May 27th Second day of Minneapolis protests: Anarchist website  ​CrimethInc ​begins tweeting blackbloc dress code tips for protesters. Several that day participate in riot actions breaking windows at the 3rd precinct dressed in all black. Several men carry umbrellas, a suggested accessory to shield rioters from overhead cameras. (…) In weeks to come more advanced tactics such as “ballistics” and using “peaceful protesters” as shields are shared via CrimethInc with its following. (…) A riot is the language of the unheard” ​begins to be passed around on social media omitting King’s conclusion in the clip ​“I hope we can avoid riots because riots are self-defeating and socially destructive. Jeremy Lee Quinn
The ability to continue to spread and to eventually bring more violence, including a violent insurgency, relies on the ability to hide in plain sight — to be confused with legitimate protests, and for media and the public to minimize the threat. Pamela Paresky (Rutgers university)
On the last Sunday in May, Jeremy Lee Quinn, a furloughed photographer in Santa Monica, Calif., was snapping photos of suburban moms kneeling at a Black Lives Matter protest when a friend alerted him to a more dramatic subject: looting at a shoe store about a mile away. He arrived to find young people pouring out of the store, shoeboxes under their arms. But there was something odd about the scene. A group of men, dressed entirely in black, milled around nearby, like supervisors. One wore a creepy rubber Halloween mask. The next day, Mr. Quinn took pictures of another store being looted. Again, he noticed something strange. A white man, clad in black, had broken the window with a crowbar, but walked away without taking a thing. Mr. Quinn began studying footage of looting from around the country and saw the same black outfits and, in some cases, the same masks. He decided to go to a protest dressed like that himself, to figure out what was really going on. He expected to find white supremacists who wanted to help re-elect President Trump by stoking fear of Black (sic) people. What he discovered instead were true believers in “insurrectionary anarchism.” (…) Mr. Quinn (…) has spent the past four months marching with “black bloc” anarchists in half a dozen cities across the country, chronicling the experience on his website, Public Report. He says he respects the idealistic goal of a hierarchy-free society that anarchists embrace, but grew increasingly uncomfortable with the tactics used by some anarchists, which he feared would set off a backlash that could help get President Trump re-elected. In Portland, Ore., he marched with people who shot fireworks at the federal court building. In Washington, he marched with protesters who harassed diners. (…) While talking heads on television routinely described it as a spontaneous eruption of anger at racial injustice, it was strategically planned, facilitated and advertised on social media by anarchists who believed that their actions advanced the cause of racial justice. In some cities, they were a fringe element, quickly expelled by peaceful organizers. But in Washington, Portland and Seattle they have attracted a “cultlike energy,” Mr. Quinn told me. Don’t take just Mr. Quinn’s word for it. Take the word of the anarchists themselves, who lay out the strategy in Crimethinc, an anarchist publication: Black-clad figures break windows, set fires, vandalize police cars, then melt back into the crowd of peaceful protesters. When the police respond by brutalizing innocent demonstrators with tear gas, rubber bullets and rough arrests, the public’s disdain for law enforcement grows. It’s Asymmetric Warfare 101. An anarchist podcast called “The Ex-Worker” explains that while some anarchists believe in pacifist civil disobedience inspired by Mohandas Gandhi, others advocate using crimes like arson and shoplifting to wear down the capitalist system. (…) If that is not enough to convince you that there’s a method to the madness, check out the new report by Rutgers researchers that documents the “systematic, online mobilization of violence that was planned, coordinated (in real time) and celebrated by explicitly violent anarcho-socialist networks that rode on the coattails of peaceful protest,” according to its co-author Pamela Paresky. She said some anarchist social media accounts had grown 300-fold since May, to hundreds of thousands of followers. (…) the scale of destruction caught the media’s attention in a way that peaceful protests hadn’t. How many articles would I have written about a peaceful march? How many months would Mr. Quinn have spent investigating suburban moms kneeling? That’s on us. While I feared that the looting and arson would derail the urgent demands for racial justice and bring condemnation, I was wrong, at least in the short term. Support for Black Lives Matter soared. Corporations opened their wallets. (…) But as the protests continue, support has flagged. The percentage of people who say they support the Black Lives Matter movement has dropped from 67 percent in June to 55 percent, according to a recent Pew poll. “Insurrectionary anarchy” brings diminishing returns, especially as anarchists complicate life for those working within the system to halt police violence. (…)That’s the thing about “insurrectionary anarchists.” They make fickle allies. If they help you get into power, they will try to oust you the following day, since power is what they are against. Many of them don’t even vote. They are experts at unraveling an old order but considerably less skilled at building a new one. That’s why, even after more than 100 days of protest in Portland, activists do not agree on a set of common policy goals. Even some anarchists admit as much. “We are not sure if the socialist, communist, democratic or even anarchist utopia is possible,” a voice on “The Ex-Worker” podcast intones. “Rather, some insurrectionary anarchists believe that the meaning of being an anarchist lies in the struggle itself and what that struggle reveals.” In other words, it’s not really about George Floyd or Black lives, but insurrection for insurrection’s sake. Farah Stockman
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste.D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, une, la philo, les philosophies. Et puis c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Car la consigne (« Qu’ils s’en aillent tous ») ne visera pas seulement ce président, roi des accointances, et ses ministres, ce conseil d’administration gouvernemental de la clique du Fouquet’s ! Elle concernera toute l’oligarchie bénéficiaire du gâchis actuel. « Qu’ils s’en aillent tous ! » : les patrons hors de prix, les sorciers du fric qui transforment tout ce qui est humain en marchandise, les émigrés fiscaux, les financiers dont les exigences cancérisent les entreprises. Qu’ils s’en aillent aussi, les griots du prétendu « déclin de la France » avec leurs salles refrains qui injectent le poison de la résignation. Et pendant que j’y suis, « Qu’ils s’en aillent tous » aussi ces antihéros du sport, gorgés d’argent, planqués du fisc, blindés d’ingratitude. Du balai ! Ouste ! De l’air ! Jean-Luc Mélenchon (extrait du livre)
Quand Mélenchon titre son livre Chassez-les tous (sic), c’est d’une violence extraordinaire. Mais lui est invité partout.  Jean-Marie Aphatie
C’est une chose complètement acceptée. Certains antifa ne partagent pas ces codes-là, mais dans le noyau dur du mouvement, ils s’habillent de la même façon et avec les mêmes marques que le camp d’en face. Parce que les racines de leurs mouvements sont les mêmes: les skinheads. Les deux ont divergé entre redskins et skins d’extrême-droite, mais l’origine est la même. (…) depuis que les antifa se revendiquent plus ouvertement skinheads, et se rasent même la tête, ce sont les mêmes au niveau du look. Avec les mêmes bombers, les mêmes Dr Martens, les mêmes origines culturelles, et la même fascination pour la baston. Ce sont les frères ouverts contre les frères fermés, en somme. (…) c’est un grand classique. Les boutiques qui vendent des fringues «rock» au sens très large du terme sont peu nombreuses, donc c’est un lieu de croisement. Dans le XVe arrondissement parisien, une boutique qui distribue ces marques est surtout visitée par les skinheads d’extrême droite, mais peut l’être par l’autre bord aussi. Il y a déjà eu plusieurs bastons autour de la boutique, surtout entre 1990 et 1995. (…) pratiquement tous les skins et les antifas qui portent ces marques s’habillent là-bas. Ils ont généralement peu de moyens, et comme les prix de ces marques sont élevés, ils attendent ces réductions pour se fournir. Depuis deux, trois ans, il y a des tensions lors de ces ventes, des individus des deux bords s’y croisent, il y a des regards. On peut presque dire que ce drame était inéluctable. Marc-Aurèle Vecchione
Dans les années 60, les mods anglais, incarnés par les Kinks ou les Who, s’emparent des vêtements bourgeois destinés aux élites (celles qui jouent au tennis, notamment) : le polo Fred Perry, le blouson Harrington ou les chemises Ben Sherman. Avec la fin des mods à l’aube des années 70, l’image de ces maisons se trouble : les skinheads, nés en réaction au mouvement hippie, se les approprient. Parmi eux, certains sont apolitiques, d’autres d’extrême gauche, beaucoup sont fascistes. Si bien que dans les années 70 et 80, le vestiaire en descendance mods est davantage associé aux militants extrémistes qu’à la musique. La succession d’artistes anglo-saxons s’affichant en Fred Perry (les Pogues, époque punk ; les Specials, version ska ; les Blur et Oasis, à l’ère brit-pop, ou les Strokes et Franz Ferdinand, plus rock), n’a pas suffi à dissiper l’image ambiguë de la marque. Aujourd’hui, Fred Perry ne communique pas sur sa stratégie marketing, mais les activités de ces dix dernières années montrent sa volonté de se distinguer en tant que maison de mode versée dans la créativité, et la musique. (…) Autre signe d’une volonté d’assainissement de son image : Fred Perry inaugure en 2008 sa première boutique française à Paris, dans le quartier du Marais. Une enseigne proprette, à côté de Zadig & Voltaire, Maje et Sandro, où règne une ambiance bien différente des petites boutiques multimarques à l’ambiance un peu tendue, spécialisées dans les griffes qu’aiment certains militants d’extrême droite, comme Ben Sherman ou Lonsdale. Si Fred Perry et Ben Sherman ont pu compenser de troubles associations politiques par une cool attitude, la marque anglaise Lonsdale a été clairement associée aux groupuscules d’extrême droite. Les néonazis l’auraient «récupérée» à cause des lettres «NSDA» au cœur du mot «Lonsdale» (NSDA pour Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, le parti nazi). Au milieu des années 2000, la griffe a ainsi été bannie dans plusieurs établissements scolaires en Allemagne, et surtout aux Pays-Bas, ou l’expression «jeunesse Lonsdale» était apparue pour évoquer la résurgence néonazie dans le pays. Plusieurs points de vente, trop marqués politiquement, ont dû être fermés, et les campagnes de communication de la marque martèlent désormais le slogan «Lonsdale loves all colours». Libération
La tragique mort de Clément Méric réveille une image que la marque anglaise avait réussi à faire un peu oublier. Il faudra qu’elle redouble d’effort pour éloigner ces clients aussi fidèles que gênants. Un peu comme Lacoste avait tenté de le faire en son temps avec les rappeurs des cités. Huffington post
Antifa (…) est le nom collectif utilisé par différents groupes autonomes et souvent informels se réclamant de l’antifascisme. Les groupes Antifa sont connus pour leur recours à l’action directe pour s’opposer à l’extrême droite, pouvant aller jusqu’à la destruction de biens matériels et la violence physique lorsqu’ils le jugent nécessaire. La plupart de ces groupes sont anti-gouvernement et anti-capitalistes, et appartiennent à des mouvances d’extrême gauche anarchistes, communistes ou socialistes. Ils mettent l’accent notamment sur la lutte directe contre l’extrême droite et les mouvements prônant la suprématie de la race blanche. Le terme Antifa tient son origine de l’Action antifasciste, un nom employé par des mouvements politiques européens des années 1920 et 1930 qui ont lutté contre les fascistes en Allemagne, en Italie et en Espagne. En réponse à l’importance du néonazisme après la chute du Mur de Berlin, des manifestants antifascistes ont réapparu en Allemagne. Peter Beinart, un journaliste américain, écrit que « à la fin des années 1980 aux États-Unis, des fans de punk appartenant à des mouvances de gauche leur ont emboîté le pas mais sous le nom d’Anti-Racist Action (« Action antiraciste »), pensant que les Américains seraient plus familiers avec la lutte contre le racisme qu’avec celle contre le fascisme ». Le militantisme antifasciste remonte aux années 1920, années durant lesquelles les anti-fascistes ont été impliqués dans des batailles de rue contre les Chemises noires de Benito Mussolini ou celles brunes d’Adolf Hitler, l’Union britannique des fascistes d’Oswald Mosley et des organisations américaines pro-nazies telles que les Amis de la Nouvelle-Allemagne. Bien qu’il n’existe pas de réelle connexion entre les organisations antifascistes, on peut remonter la généalogie de l’Antifa américaine jusqu’à l’Allemagne de Weimar, où fut créé en 1932 le premier groupe décrit comme « antifa », Antifaschistische Aktion, avec la participation du Parti communiste d’Allemagne. Le logo aux deux drapeaux d’Antifaschistische Aktion est le symbole le plus couramment utilisé par l’Antifa américaine, avec le cercle antifasciste aux trois flèches du mouvement social-démocrate Front de fer (créé en 1931 puis dirigé par les sociaux-démocrates). L’Anti-Racist Action, née des mouvements punk et d’une partie du mouvement skinhead de la fin des années 1980, est le précurseur direct de beaucoup, sinon de la plupart des mouvements antifa américains actuels. D’autres groupes antifa ont cependant d’autres ascendances, comme les Baldies de Minneapolis, dans le Minnesota, un groupe formé en 1987, avec l’intention de combattre le néonazisme. Le mouvement Antifa est constitué de groupes autonomes, et n’a donc pas d’organisation formelle. Ces groupes forment des réseaux de soutien, comme le NYC Antifa, ou fonctionnent de façon indépendante. L’organisation de manifestations se fait généralement via les médias sociaux, des sites web et des listes de diffusion. Bien que le nombre d’affiliés aux mouvements Antifa ne puisse être estimé avec précision, le mouvement a pris plus d’ampleur depuis l’élection de Donald Trump : environ 200 groupes, de taille et niveau d’engagement variables, existent actuellement aux États-Unis. Dans une interview accordée à la chaîne de télévision CNN en août 2017, un membre de Rose City Antifa (un groupe de Portland, dans l’Oregon), explique que « les membres de notre groupe viennent de toute la gauche : nous avons des anarchistes, nous avons des socialistes, nous avons même des libéraux et des sociaux-démocrates ». Bien que les militants Antifa puissent pratiquer l’entraide, comme ils le firent après l’ouragan Harvey, ils ont surtout été associés aux démonstrations de violence à l’encontre de la police et des personnes dont les opinions politiques sont jugées nauséabondes. Ils sont généralement perçus comme n’hésitant pas à recourir à des démonstrations de force. Un manuel publié sur It’s Going Down, un site anarchiste, met pourtant en garde contre « ceux qui ont seulement envie de se battre ». Il note en outre que « se confronter physiquement aux fascistes est un aspect nécessaire de la lutte anti-fasciste, mais ce n’est pas le seul ni même nécessairement le plus important ». Selon Peter Beinart, les militants Antifa « luttent contre le suprémacisme blanc, non en essayant de changer la politique du gouvernement, mais par l’action directe. Ils essaient d’identifier publiquement les suprémacistes pour les faire licencier ou leur faire perdre leur logement », en plus de « perturber leurs rassemblements, y compris par la force ». Les groupes Antifa ont participé activement aux protestations et manifestations contre l’élection de Donald Trump en 2016. Ils ont également participé aux manifestations de février 2017 à Berkeley contre le porte-parole de l’alt-right Milo Yiannopoulos. Ces manifestations ont attiré l’attention du public, les médias ayant rapporté que les Antifa ont « lancé des cocktails Molotov et brisé des fenêtres » et causé 100 000 $ de dommages. Le 15 juin 2017, des membres d’Antifa se sont joints aux manifestants de l’Evergreen State College, qui s’opposaient à un événement organisé par le Patriot Prayer, un mouvement de droite libérale suspecté de liens avec le suprémacisme blanc. Lors des contre-manifestations au rassemblement « Unir la droite » de Charlottesville en août 2017, les Antifa ont « certainement utilisé des battes et des marqueurs à air comprimé contre les manifestants suprémacistes ». Selon un Antifa interrogé par la journaliste Adele Stan, les battes utilisées par les manifestants antifascistes sont justifiées par la présence de « goon squads » (sortes de groupes mercenaires) dans l’autre camp. Lors de cet événement, des Antifa ont protégé Cornel West et divers membres du clergé de l’attaque de suprémacistes. Cornel West a plus tard déclaré qu’il estimait que les Antifa lui avaient « sauvé la vie ». Selon un militant d’extrême droite, les manifestants Antifa n’étaient pas cantonnés au périmètre qui leur avait été alloué par la ville, mais arpentaient les rues et ont bloqué le passage aux manifestants d’extrême-droite avant de lancer une attaque sur eux avec des masses, des sprays au poivre, des briques, des bâtons et du liquide sale. À Berkeley, le 27 août 2017, une centaine de manifestants Antifa auraient rejoint les 2 000 à 4 000 contre-manifestants présents pour s’opposer à ce qui a été décrit comme une « poignée » de manifestants de l’alt-right et de supporters du président Trump, réunis pour un rally « Say No to Marxism » (« Non au marxisme ») qui avait été annulé pour des raisons de sécurité. Il est décrit que certains militants Antifa ont donné des coups de pied à des manifestants non armés et ont menacé de casser les caméras des journalistes. Le maire de Berkeley Jesse Arreguin a suggéré de classer les Antifa de la ville comme « gang ». Lors de nouvelles contre-manifestations en opposition au rassemblement « Unir la droite » à Charlottesville en août 2018, des Antifas ont invectivé et attaqué des journalistes et des policiers, leur lançant notamment des œufs et des bouteilles d’eau, et en tirant des feux d’artifice dans leur direction. Des journalistes rapportent aussi que des Antifa les ont harcelés pour les empêcher de filmer. Selon la National Public Radio, « ceux qui parlent au nom du mouvement Antifa reconnaissent qu’ils ont parfois des battes et des massues » et leur « méthode repose sur la confrontation ». CNN affirme que les Antifa sont « connus pour causer des dégradations matérielles lors des manifestations ». Scott Crow, un membre de longue date d’un groupe Antifa et impliqué dans l’organisation du mouvement selon CNN, fait valoir que la destruction de la propriété n’est pas une forme de violence. Selon Brian Levin, directeur du Centre pour l’Étude de la Haine et de l’Extrémisme à l’Université d’État de Californie de San Bernardino, les Antifa ont recours à la violence car « ils croient que les élites contrôlent le gouvernement et les médias. Ils ont donc besoin de s’opposer frontalement à ceux qu’ils considèrent comme racistes ». Selon Mark Bray, maître de conférences à l’Institut de recherche sur le genre de Dartmouth et auteur d’Antifa: The Anti-Fascist Handbook (Antifa: Le Manuel des antifascistes), les adhérents au mouvement sont pour la plupart socialistes, anarchistes ou communistes et « refusent de faire appel à la police ou à l’État pour freiner l’avancée du suprémacisme blanc. Ils préconisent à la place l’opposition populaire au fascisme telle que nous avons pu le voir à Charlottesville ». En rapport avec cet ouvrage, Carlos Lozada a déclaré que les groupes Antifa ne respectent pas la liberté d’expression. Selon Bray, l’atteinte à la liberté d’expression « est justifiée par son rôle dans la lutte politique contre le fascisme ». Selon Scott Crow, cette justification se fonde sur le principe de l’action directe : « L’incitation à la haine ne relève pas de la liberté d’expression. Si vous mettez en danger des personnes avec ce que vous dites et les actes que vos paroles impliquent, alors vous n’avez pas le droit de le dire. C’est pour cela que nous allons au conflit, pour les faire taire, parce que nous croyons que les nazis et les fascistes de tout poil ne devraient pas avoir droit à la parole ». En juin 2017, la mouvance Antifa a été rattachée à l’anarchisme par le Département de la sécurité intérieure du New Jersey, qui avec le FBI a classé leurs activités comme terrorisme domestique. Le FBI et le DSI ont également reconnu être incapables d’infiltrer « l’organisation diffuse et décentralisée » de ces groupes. À la suite des violences de Berkeley le 27 août 2017, les actions des Antifa ont fait l’objet de critiques de la part de Républicains, de Démocrates et des commentateurs politiques des médias américains: la chef de l’opposition Nancy Pelosi condamne la violence des militants Antifa à Berkeley dans un communiqué de presse, l’animatrice de talk-show conservatrice et contributrice à Fox News Laura Ingraham a proposé de déclarer le mouvement Antifa comme organisation terroriste, Trevor Noah, humoriste et animateur de The Daily Show, a qualifié l’Antifa de « vegan ISIS » (« Daesh végétalien »). En août 2017, une pétition appelant à ce que les Antifa soient classés par le Pentagone comme une organisation terroriste a été lancée via la plate-forme de la Maison-Blanche We The People. Elle a recueilli plus de 100 000 signatures en trois jours, et par conséquent – en vertu de la politique définie par l’administration Obama – aurait dû recevoir un examen officiel et une réponse par la Maison-Blanche. Avec plus de 300 000 signatures à la fin du mois d’août, c’était la troisième pétition la plus signée de la plate-forme. Toutefois, cette politique n’a pas été poursuivie par l’administration Trump, qui n’a répondu à aucune des pétitions de la plate-forme. L’auteur de la pétition, connu sous le pseudonyme de Microchip, a expliqué à Politico que le but de celle-ci n’était pas nécessairement de provoquer une quelconque action concrète de la part du gouvernement, mais simplement de pousser les conservateurs à la partager et à en débattre. En mai 2020, en réaction aux manifestations faisant suite à la mort de George Floyd, Donald Trump annonce sur Twitter que les États-Unis « désigneront Antifa comme une organisation terroriste ». (…) Les anti-antifas sont les opposants à l’Action Antifasciste. Il ne s’agit pas du nom d’une quelconque organisation. Les anti-antifas sont souvent composés de militants d’extrême droite radicaux tels des néofascistes, néonazis, skinhead d’extrême droite, ainsi que de suprémacistes blancs et noirs. Wikipedia
This whole event should be seen through the context of what it is…an information war. A number of people who go to these protests are looking for fights or to document them. they’re all livestreaming. When tensions boil over, it’s meant to be ammunition for a culture war. Charlie Warzel (Jun 30, 2019)
It’s not ‘both sides-ing’ to note that both parties…& many of the ppl who cover them (journalists, provacateurs, activists) know what’s going on. They know the risks & they know how it can be weaponized. Which is why talking about this like it’s a 20th century protest is stupid. Charlie Warzel
But we know, as filmmakers long have, that footage doesn’t convey the objective reality of a situation; it reveals certain things and obscures others. Moreover, the meaning of filmed events is entirely open to contestation. The mere fact that Ngo was assaulted doesn’t say what the meaning of that assault is, or what the broader context is that’s necessary to understand it. The result is a never-ending stream of Rorschach test controversies pushed on social media, in which either the meaning of events on film or even the very facts of what’s being depicted are litigated endlessly and tied to our right-versus-left culture war. All forms of antifa violence are problematic,” the Anti-Defamation League, a Jewish anti-hate group, writes in its primer on the group. “That said, it is important to reject attempts to claim equivalence between the antifa and the white supremacist groups they oppose.” The guide continues: Antifa reject racism but use unacceptable tactics. White supremacists use even more extreme violence to spread their ideologies of hate, to intimidate ethnic minorities, and undermine democratic norms. Right-wing extremists have been one of the largest and most consistent sources of domestic terror incidents in the United States for many years; they have murdered hundreds of people in this country over the last ten years alone. To date, there have not been any known antifa-related murders. Anti-fascism originated in response to early European fascism, and when Mussolini’s Blackshirts and Hitler’s Brownshirts were ascendant in Europe, various socialist, communist, and anarchist parties and groups emerged to confront them. When I talk about anti-fascism in the book and when we talk about it today, it’s really a matter of tracing the sort of historical lineage of revolutionary anti-fascist movements that came from below, from the people, and not from the state. The sort of militant anti-fascism that antifa represents reemerged in postwar Europe in Britain, where fascists had broad rights to organize and demonstrate. You started to see these groups spring up in the 1940s and ’50s and ’60s and ’70s. You saw similar movements in Germany in the ’80s around the time the Berlin Wall falls, when a wave of neo-Nazism rolled across the country targeting immigrants. There, as elsewhere, leftist groups emerged as tools of self-defense. The whole point was to stare down these fascist groups in the street and stop them by force if necessary. These groups in the ’80s adopted the name antifa, and it eventually spread to the United States in the late ’80s and into the ’90s. Originally, it was known as the Anti-Racist Action Network. That kind of faded in the mid-2000s; the recent wave we’re seeing in the US developed out of it, but has taken on more of the name and the kind of aesthetics of the European movement. (…) The basic principle of antifa is “no platform for fascism.” If you ask them, they’ll tell you that they believe you have to deny any and all platforms to fascism, no matter how big or small the threat. The original fascist groups that later seized power in Europe started out very small. You cannot, they argue, treat these groups lightly. You need to take them with the utmost seriousness, and the way to prevent them from growing is to prevent them from having even the first step toward becoming normalized in society. (…) Much of what they do does not involve physical confrontation. They also focus on using public opinion to expose white supremacists and raise the social and professional costs of their participation in these groups. They want to see these people fired from their jobs, denounced by their families, marginalized by their communities. But yes, part of what they do is physical confrontation. They view self-defense as necessary in terms of defending communities against white supremacists. They also see this as a preventative action. They look at the history of fascism in Europe and say, “we have to eradicate this problem before it gets any bigger, before it’s too late.” Sometimes that involves physical confrontation or blocking their marches or whatever the case may be. It’s also important to remember that these are self-described revolutionaries. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum. They’re not interested in and don’t feel constrained by conventional norms. (…) The other thing that’s worth clarifying is that anti-fascist groups don’t only organize against textbook fascists. There is, first of all, a lot of debate about what constitutes fascism. And it’s a legitimate question to ask — where does one draw the line, and how does one see this kind of organizing? Of course, there is no central command for a group like antifa. There is no antifa board of directors telling people where that line is, and so of course different groups will assess different threats as they see fit. But I suppose the question you’re raising has to do with the slippery-slope argument, which is that if you start calling everyone a fascist and depriving them of a platform, where does it end? One of the arguments I make in the book is that while analytically that’s a conversation worth having, I don’t know of any empirical examples of anti-fascists successfully stopping a neo-Nazi group and then moving on to other groups that are not racist but merely to the right. What tends to happen is they disband once they’ve successfully marginalized or eliminated the local right-wing extremist threat, and then return to what they normally do — organizing unions, doing environmental activism, etc. (…) Whenever we look at the question of causation in history, you can never isolate one variable and make grand or definitive conclusions. So I don’t want to overstate any of the causal claims being made here. But Norway is an interesting example. In the ’90s, they had a pretty violent neo-Nazi skinhead movement, and the street-level anti-fascist groups there seemed to play a significant role in marginalizing the threat. By the end of ’90s it was pretty much defunct, and subsequently there hasn’t been a serious fascist [movement] in Norway. Another example you can look at is popular responses to the National Front [a far-right political party formed in Britain in 1967] in the late ’70s in Britain. The National Front was pretty huge, and the Anti-Nazi League, through both a combination of militant anti-fascist tactics and also some more popular organizing and electoral strategies, managed to successfully deflate the National Front momentum. One of the most famous moments of that era was the Battle of Lewisham in 1977 where the members of this largely immigrant community physically blocked a big National Front march and that sort of stopped their aggressive efforts to target that community. (…) First, they argue that in Europe you can see that parliamentary democracy did not always stop the advance of fascism and Nazism — and in the cases of both Germany and Italy, Hitler and Mussolini were appointed and gained their power largely through democratic means. When Hitler took his final control through the [1933] Enabling Act, it was approved by parliament. They also say that rational discourse is insufficient on its own because a lot of good arguments were made and a lot of debates were had but ultimately that was insufficient during that period, and so the view that good ideas always prevail over bad ideas isn’t very convincing. Their other key point, which probably isn’t made enough, is that these are revolutionary leftists. They’re not concerned about the fact that fascism targets liberalism. These are self-described revolutionaries. They have no allegiance to liberal democracy, which they believe has failed the marginalized communities they’re defending. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum. (…) anti-fascists will concede that most of the time nonviolence is certainly the way to go. Most antifa members believe it’s far easier to use nonviolent methods than it is to show up and use direct action methods. But they argue that history shows that it’s dangerous to take violence and self-defense off the table. (…) I think the people who showed up in Charlottesville to square off against self-identified neo-Nazis did the world a service, and I applaud them. But when I see antifa showing up at places like UC Berkeley and setting fire to cars and throwing rocks through windows in order to prevent someone like Milo Yiannopoulos from speaking, I think they’ve gone way too far. Milo isn’t a Nazi, and he isn’t an actual threat. He’s a traveling clown looking to offend social justice warriors. I think that reasonable people can disagree about this. I can’t speak for the individuals who committed these political actions, but the general defense is that the rationale for shutting down someone like Milo has to do with the fact that his kind of commentary emboldens actual fascists. The Berkeley administrators issued a statement in advance that they feared he was going to out undocumented students on campus, and previously he had targeted a transgender student at the University of Milwaukee Wisconsin. Antifa regards this as an instigation to violence, and so they feel justified in shutting it down. Again, though, this is much easier to understand when you remember that antifa isn’t concerned with free speech or other liberal democratic values. (…) For the most part, these are pan-leftist groups composed of leftists of different stripes. They all seem to have different views of what they think the ideal social order looks like. Some of them are Marxists, some are Leninists, some are social democrats or anarchists. But they cohere around a response to what they perceive as a common threat. (…) As I said before, anti-fascists don’t have any allegiance to liberalism, so that’s not the question that they are focused on. The question is also how much of a threat do we think white supremacists or neo-Nazis pose, both in a literal or immediate sense but also in terms of their ability to influence broader discourses or even the Trump administration. I believe that for people who are feeling the worst repercussions of this, they are already experiencing a kind of illiberalism in terms of their lack of access to the kinds of freedoms that liberalism promotes and tries to aspire to; and so for me, that’s more of a focus, in terms of trying to mitigate those kinds of problems, than the fears of people who, prior to Trump, thought that everything was fine in the US. (…) The first thing to point out is that being part of one of these groups is a huge time commitment, and the vetting process that these groups have for bringing in new people is very strenuous. You have to really commit — it’s basically like a second job. This limits the number of people that are going to be willing to put their time into it. I don’t think the antifa movement is going to explode as much as some do. But I do think that antifa can influence where leftist politics in America is going. They are aggressive, loud, and fiercely committed. They’re having a wider influence on the radical left in this country, particularly on campuses and with other groups like Black Lives Matter. But I don’t want to overstate antifa’s role in these shifts. (…) they don’t care about the Democratic Party. (…) Will a lot of people see antifa and their methods as a poor reflection of the left? Absolutely. But I also think that these are not people who were going to vote Democrat anyway. If you read the news or pay attention to what’s happening, you know that Nancy Pelosi has nothing to do with antifa. This group loathes the Democratic Party, and they don’t hide that. So anyone who blames the Democrats for antifa is likely already disposed to vote Republican anyway. Mark Bray
The lack of formal structure and leadership doesn’t mean antifa is unorganized. Individual activists often issue “calls for action” on social media, urging like-minded people to join them in the streets. The rallying cry is boosted by anarchists, socialists, social-justice activists, far-left nonprofits, clergy and others—some of whom call themselves antifa and some not. Turnout at protests or rallies is spontaneous, and to the extent that there are antifa groups, they’re small and intimate. “The phrase that leftists use is ‘affinity groups,’ ” says Mark Bray, author of “Antifa: The Anti-Fascist Handbook” a sympathetic history. “They are basically people who know each other well and can plan to attend actions together and sometimes will have a division of tasks.” It’s no coincidence that many antifa demonstrations occur at police stations and courthouses. Antifa generally “refuses to put faith in the courts or the police to stop the far right,” Mr. Bray says. “Part of the reason for that is a kind of radical critique of the system as being a fertile ground for fascism to grow.” Instead of seeking legal redress, antifa activists embrace what they euphemistically describe as a “diversity of tactics.” (…) Not all antifa adherents engage in violence, but they universally refuse to disavow it. Other antifa tactics include the heckler’s veto and doxxing—publicizing information about opponents’ identity in the hope that they will lose their jobs or suffer other social consequences. Who’s funding antifa? “The question, honestly, is silly, because it’s based on the assumption that there’s a whole lot of expensive things that require funding,” says George Ciccariello-Maher, a self-professed supporter of antifa and author of the forthcoming “A World Without Police.” Instead, “it’s just people showing up” and participating in “a shoestring operation.” It doesn’t cost much to print posters, and activists can rent a U-Haul and drop off a load of protest supplies for a couple of hundred dollars. The little fund-raising that is done is usually crowd-sourced, both Messrs. Bray and Ciccariello-Maher say. Supporters of far-left protests make contributions through GoFundMe to bail-out funds or legal-defense funds for those arrested, and more-established progressive groups sometimes help promote these efforts. In June, Kamala Harris tweeted in support of the Minnesota Freedom Fund, and Reuters reported that at least 13 Biden staffers gave to it. (…) Antifa’s complexity was part of what Federal Bureau of Investigation Director Chris Wray tried to explain during the congressional testimony Mr. Biden cited in the debate. “Antifa is a real thing. It is not a fiction,” Mr. Wray said. “Trying to put a lot of these things into nice, neat, clean buckets” is “a bit of a challenge, because one of the things that we see more and more in the counterterrorism spaces [is] people who assemble together in some kind of mishmash, a bunch of different ideologies. All—we sometimes refer to it as almost like a salad bar of ideologies, a little bit of this, a little bit of that, and what they’re really about is the violence.” Mr. Wray vowed that “we are not going to stand for the violence” and said the FBI is investigating “anarchist violent extremists” and “their funding, their tactics, the logistics, their supply chains.” Antifa’s lack of a central structure is what makes it effective at imposing disorder on American cities. Without leadership, no one can moderate the movement or prevent a protest from becoming a riot. If antifa were a conventional organization, the government could cripple it by bringing criminal charges against its leaders and financial backers. Instead, it can only prosecute low-level activists who commit street crimes. Even that often proves difficult, since antifa has adopted a “black bloc” uniform that makes it difficult to tell rioters apart. Instead of a hierarchy, law enforcement is now contending with a hydra. Jillian Kay Melchior
I think we should classify them as a gang. They come dressed in uniforms. They have weapons, almost like a militia, and I think we need to think about that in terms of our law enforcement approach. I think we are going to have to think ‘big picture’ about what is the strategy for how we are going to deal with these violent elements on the left as well. We also need to hold accountable and encourage people not to associate with these extremists because it empowers them and gives them cover. Berkeley Mayor Jesse Arreguin
Under California law, a gang is defined as an organization of at least three persons, with a common name, or identifying mark or symbol, which engages in criminal activity. Criminals who commit offenses for gangs can face tougher sentences in the state. Newsweek

Attention, un extrémisme peut en cacher un autre !

Alors qu’au lendemain d’un premier débat présidentiel américain …

Nos médias nous bassinent d’articles à charge sur un groupuscule nationaliste américain …

Fondé il y a quatre ans à New York par un hipster canado-britannique et cofondateur du magazine « Vice », un certain Gavin McInnes, mais dirigé aujourd’hui par un Afro-cubain

Auquel aurait prétendument apporté son soutien un président américain …

Qui a par ailleurs maintes fois dénoncé le racisme des néonazis et suprémacistes blancs …

Auxquels nos médias assimilent tous les groupes nationalistes

Tout en célébrant comme « antiracisme » le racisme inversé des Black Lives Matter

Et qu’après des semaines de confinement, de casse et d’émeutes – et de refus de l’aide fédérale dont elle se plaint aujourd’hui de ne pas avoir reçu – la plus grande ville américaine se retrouve au bord du gouffre financier

Pendant que chez nous sur une radio publique, un sociologue appelle ouvertement à la censure des pensées « injustes et impures »

Comment ne pas voir ….

Sans compter l’extrême corruption d’une presse qui depuis quatre ans non seulement instruit et conduit à charge uniquement un véritable procès de Moscou permanent pour délégitimer par tous les moyens, faux dossiers du FBI compris, l’élu des « deplorables …

Mais se prépare avec une élection par correspondance (avec le vote-harvesting) – où certains états ont déjà prévu de comptabiliser les envois jusqu’à deux semaines après le vote officiel ! – à torpiller la prochaine élection et, si le président sortant arrive à passer toutes ces embûches, la totalité de son prochain mandat …

L’incroyable hypocrisie de la gauche et des médias en général là-bas comme ici

Qui font totalement l’impasse sur les violences, nettement plus coûteuses en termes de dégâts matériels, générées par l’extrême gauche des antifas et BLM …

Quand à l’instar d’un Biden, bien loin de la condamnation que le modérateur du débat s’est bien gardé de lui demander, ils ne les réduisent pas à une « idée » …

De la part de groupuscules qui comme le suggérait il y a trois ans le maire de Berkeley …

Ont toutes les caractéristiques de gangs …

D’où aussi le risque comme semblent l’indiquer sa remontée dans les sondages des minorités noires et hispaniques

De renforcer « l‘éléphant nécessaire dans le magasin de porcelaine poussiéreux de la politique » qu’a depuis le début été Trump ?

BERKELEY (CBS SF) — Mayor of Berkeley Jesse Arreguin on Monday said it is time to confront the violent extremism on the left by treating black-clad Antifa protesters as a gang.

A large number of masked Antifa activists were seen jumping the barriers at a largely peaceful demonstration in Berkeley’s Martin Luther King Civic Center Park on Sunday.

Some began attacking Trump supporters at the rally.

“I think we should classify them as a gang,” said Arreguin. “They come dressed in uniforms. They have weapons, almost like a militia and I think we need to think about that in terms of our law enforcement approach.”

Arreguin said that while he does not support the far right, it was time to draw the line on the left as well, especially on the black-clad activists who showed up in force and took over both the protests and the park, and played a part in Sunday’s violent clashes.

“I think we are going to have to think ‘big picture’ about what is the strategy for how we are going to deal with these violent elements on the left as well,” said the mayor.

The mayor said it was also time for the non-violent protesters to take a stand.

“We also need to hold accountable and encourage people not to associate with these extremists because it empowers them and gives them cover,” said Arreguin.

On Monday, protest organizers defended Antifa’s presence.

“White supremacists and fascists are not welcome. And if the state is not going to protect us — and if they do not — then we are going to protect ourselves and welcome those who stand with us,” said Sara Kershner with the National Lawyers Guild.

KPIX 5 news crews observed that most of the conservative demonstrators in the park were Trump supporters who repeatedly denounced Nazis and racists.

And while it didn’t look good, the mayor also praised Berkeley police for holding back and ceding the park to the anarchists when the group jumped the barriers.

“Black Bloc was trying to provoke the police,” said Arreguin. “I think some of the more conservative protesters had already left or had been escorted out.”

When asked what he would say to a Trump supporter who was chased down the street, the mayor replied, “It’s unacceptable. Anyone who was injured… it’s completely unacceptable and we are going to be looking at video and identifying people.”

In the wake of Charlottesville and Sunday’s troubles in Berkeley, the mayor also called on UC Berkeley to call off next month’s Free Speech Week featuring Milo Yiannopoulos.

It was an appearance by Yiannopoulos in February that triggered a riot in Sproul Plaza on campus.

“I believe that is the right thing to do,” said Arreguin. “And if they don’t do that, then they need to work with the city and potentially assist the city through resources to be able to adequately police what we know is going to be a large protest that will spill out onto the city streets.”

Voir aussi:

Biden and Trump Are Both Right on Antifa

It’s an idea, not a group, and its radical leftist adherents refuse to disavow violence.

What is antifa? “An idea, not an organization,” Joe Biden said during Tuesday’s debate. “When a bat hits you over the head, that’s not an idea,” President Trump countered. “Antifa is a dangerous, radical group.” Both men are right—Mr. Biden that antifa is foremost an ideology, and Mr. Trump about its propensity for violence.

Some adherents I’ve interviewed describe antifa as a radical leftist political affiliation or movement. They pride themselves on being leaderless and not hierarchical, and “membership” is more a matter of self-profession than enlistment. The core belief is a duty to oppose “fascists,” “bigots” and the “alt-right,” though these terms are seldom defined. Some adherents fall back on a definist fallacy: Antifa is short for “antifascist,” so anyone who doesn’t support it must be pro-fascist.

The lack of formal structure and leadership doesn’t mean antifa is unorganized. Individual activists often issue “calls for action” on social media, urging like-minded people to join them in the streets. The rallying cry is boosted by anarchists, socialists, social-justice activists, far-left nonprofits, clergy and others—some of whom call themselves antifa and some not. Turnout at protests or rallies is spontaneous, and to the extent that there are antifa groups, they’re small and intimate. “The phrase that leftists use is ‘affinity groups,’ ” says Mark Bray, author of “Antifa: The Anti-Fascist Handbook” a sympathetic history. “They are basically people who know each other well and can plan to attend actions together and sometimes will have a division of tasks.”

It’s no coincidence that many antifa demonstrations occur at police stations and courthouses. Antifa generally “refuses to put faith in the courts or the police to stop the far right,” Mr. Bray says. “Part of the reason for that is a kind of radical critique of the system as being a fertile ground for fascism to grow.” Instead of seeking legal redress, antifa activists embrace what they euphemistically describe as a “diversity of tactics.”

Who’s funding antifa? “The question, honestly, is silly, because it’s based on the assumption that there’s a whole lot of expensive things that require funding,” says George Ciccariello-Maher, a self-professed supporter of antifa and author of the forthcoming “A World Without Police.” Instead, “it’s just people showing up” and participating in “a shoestring operation.” It doesn’t cost much to print posters, and activists can rent a U-Haul and drop off a load of protest supplies for a couple of hundred dollars.

The little fund-raising that is done is usually crowd-sourced, both Messrs. Bray and Ciccariello-Maher say. Supporters of far-left protests make contributions through GoFundMe to bail-out funds or legal-defense funds for those arrested, and more-established progressive groups sometimes help promote these efforts. In June, Kamala Harris tweeted in support of the Minnesota Freedom Fund, and Reuters reported that at least 13 Biden staffers gave to it.

Some conservatives have claimed George Soros funds antifa, a suggestion Mr. Bray finds laughable: “First of all, these are radical anticapitalists who would not accept an offer of funds from a billionaire. And I don’t know of any billionaires who want to fund revolutionary anticapitalists anyway.” Laura Silber, chief communications officer of the Open Society Foundations, says that while Mr. Soros and his group supports the right to peaceful protest, “we abhor violence of any kind” and “we do not now nor have we ever funded ‘antifa.’ ”

Antifa’s complexity was part of what Federal Bureau of Investigation Director Chris Wray tried to explain during the congressional testimony Mr. Biden cited in the debate. “Antifa is a real thing. It is not a fiction,” Mr. Wray said. “Trying to put a lot of these things into nice, neat, clean buckets” is “a bit of a challenge, because one of the things that we see more and more in the counterterrorism spaces [is] people who assemble together in some kind of mishmash, a bunch of different ideologies. All—we sometimes refer to it as almost like a salad bar of ideologies, a little bit of this, a little bit of that, and what they’re really about is the violence.” Mr. Wray vowed that “we are not going to stand for the violence” and said the FBI is investigating “anarchist violent extremists” and “their funding, their tactics, the logistics, their supply chains.”

Antifa’s lack of a central structure is what makes it effective at imposing disorder on American cities. Without leadership, no one can moderate the movement or prevent a protest from becoming a riot. If antifa were a conventional organization, the government could cripple it by bringing criminal charges against its leaders and financial backers. Instead, it can only prosecute low-level activists who commit street crimes. Even that often proves difficult, since antifa has adopted a “black bloc” uniform that makes it difficult to tell rioters apart. Instead of a hierarchy, law enforcement is now contending with a hydra.

Ms. Melchior is an editorial page writer for the Journal.

Voir également:

“Insurrectionary anarchists” have been protesting for racial justice all summer. Some Black leaders wish they would go home.

Ms. Stockman is a member of the editorial board.

The New York Times

On the last Sunday in May, Jeremy Lee Quinn, a furloughed photographer in Santa Monica, Calif., was snapping photos of suburban moms kneeling at a Black Lives Matter protest when a friend alerted him to a more dramatic subject: looting at a shoe store about a mile away.

He arrived to find young people pouring out of the store, shoeboxes under their arms. But there was something odd about the scene. A group of men, dressed entirely in black, milled around nearby, like supervisors. One wore a creepy rubber Halloween mask.

The next day, Mr. Quinn took pictures of another store being looted. Again, he noticed something strange. A white man, clad in black, had broken the window with a crowbar, but walked away without taking a thing.

Mr. Quinn began studying footage of looting from around the country and saw the same black outfits and, in some cases, the same masks. He decided to go to a protest dressed like that himself, to figure out what was really going on. He expected to find white supremacists who wanted to help re-elect President Trump by stoking fear of Black people. What he discovered instead were true believers in “insurrectionary anarchism.”

To better understand them, Mr. Quinn, a 40-something theater student who worked at Univision until the pandemic, has spent the past four months marching with “black bloc” anarchists in half a dozen cities across the country, chronicling the experience on his website, Public Report.

He says he respects the idealistic goal of a hierarchy-free society that anarchists embrace, but grew increasingly uncomfortable with the tactics used by some anarchists, which he feared would set off a backlash that could help get President Trump re-elected. In Portland, Ore., he marched with people who shot fireworks at the federal court building. In Washington, he marched with protesters who harassed diners.

Mr. Quinn discovered a thorny truth about the mayhem that unfolded in the wake of the police killing of George Floyd, an unarmed Black man in Minneapolis. It wasn’t mayhem at all.

While talking heads on television routinely described it as a spontaneous eruption of anger at racial injustice, it was strategically planned, facilitated and advertised on social media by anarchists who believed that their actions advanced the cause of racial justice. In some cities, they were a fringe element, quickly expelled by peaceful organizers. But in Washington, Portland and Seattle they have attracted a “cultlike energy,” Mr. Quinn told me.

Don’t take just Mr. Quinn’s word for it. Take the word of the anarchists themselves, who lay out the strategy in Crimethinc, an anarchist publication: Black-clad figures break windows, set fires, vandalize police cars, then melt back into the crowd of peaceful protesters. When the police respond by brutalizing innocent demonstrators with tear gas, rubber bullets and rough arrests, the public’s disdain for law enforcement grows. It’s Asymmetric Warfare 101.

An anarchist podcast called “The Ex-Worker” explains that while some anarchists believe in pacifist civil disobedience inspired by Mohandas Gandhi, others advocate using crimes like arson and shoplifting to wear down the capitalist system. According to “The Ex-Worker,” the term “insurrectionary anarchist” dates back at least to the Spanish Civil War and its aftermath, when opponents of the fascist leader Francisco Franco took “direct action” against his regime, including assassinating policemen and robbing banks.

If that is not enough to convince you that there’s a method to the madness, check out the new report by Rutgers researchers that documents the “systematic, online mobilization of violence that was planned, coordinated (in real time) and celebrated by explicitly violent anarcho-socialist networks that rode on the coattails of peaceful protest,” according to its co-author Pamela Paresky. She said some anarchist social media accounts had grown 300-fold since May, to hundreds of thousands of followers.

“The ability to continue to spread and to eventually bring more violence, including a violent insurgency, relies on the ability to hide in plain sight — to be confused with legitimate protests, and for media and the public to minimize the threat,” Dr. Paresky told me.

Her report will almost certainly catch the attention of conservative media and William Barr’s Department of Justice, which recently declared New York, Portland and Seattle “anarchist jurisdictions,” a widely mocked designation accompanied by the threat of withholding federal funds.

There’s an even thornier truth that few people seem to want to talk about: Anarchy got results.

Don’t get me wrong. My heart broke for the people in Minneapolis who lost buildings to arson and looting. Migizi, a Native American nonprofit in Minneapolis, raised more than $1 million to buy and renovate a place where Native American teenagers could learn about their culture — only to watch it go up in flames, alongside dozens of others, including a police station. It can take years to build a building — and only one night to burn it down.

And yet, I had to admit that the scale of destruction caught the media’s attention in a way that peaceful protests hadn’t. How many articles would I have written about a peaceful march? How many months would Mr. Quinn have spent investigating suburban moms kneeling? That’s on us.

While I feared that the looting and arson would derail the urgent demands for racial justice and bring condemnation, I was wrong, at least in the short term. Support for Black Lives Matter soared. Corporations opened their wallets. It was as if the nation rallied behind peaceful Black organizers after it saw the alternative, like whites who flocked to the Rev. Dr. Martin Luther King Jr. after they got a glimpse of Malcolm X.

But as the protests continue, support has flagged. The percentage of people who say they support the Black Lives Matter movement has dropped from 67 percent in June to 55 percent, according to a recent Pew poll.

“Insurrectionary anarchy” brings diminishing returns, especially as anarchists complicate life for those working within the system to halt police violence.

In Louisville, Ky., Attica Scott, a Black state representative who sponsored a police reform bill, was arrested last week and charged with felony rioting after someone threw a road flare inside a library.

In Portland, Jo Ann Hardesty, an activist turned city councilor, has pushed for the creation of a pilot program of unarmed street responders to handle mental illness and homelessness, a practical step to help protect populations that experience violence at the hands of police. Yet Ms. Hardesty is shouted down at protests by anarchists who want to abolish the police, not merely reform or defund them.

“As a Black woman who has been working on this for 30 years, to have young white activists who have just discovered that Black lives matter yelling at me that I’m not doing enough for Black people — it’s kind of ironic, is what it is,” Ms. Hardesty told me.

In Seattle, Andrè Taylor, a Black man who lost his brother to police violence in 2016, helped change state law that made it nearly impossible to prosecute officers for killing civilians. But he has been branded a “pig cop” by young anarchists because his nonprofit organization receives funds from the city, and because he cooperates with the police.

“When they say, ‘You are working with the police,’ I say, ‘I have worked with police and I will continue to work for reform,’” Mr. Taylor told me. “Remember, I lost a brother.”

Black people get shot for doing ordinary law-abiding things. They don’t have the luxury of anarchy, he told me.

That’s the thing about “insurrectionary anarchists.” They make fickle allies. If they help you get into power, they will try to oust you the following day, since power is what they are against. Many of them don’t even vote. They are experts at unraveling an old order but considerably less skilled at building a new one. That’s why, even after more than 100 days of protest in Portland, activists do not agree on a set of common policy goals.

Even some anarchists admit as much.

“We are not sure if the socialist, communist, democratic or even anarchist utopia is possible,” a voice on “The Ex-Worker” podcast intones. “Rather, some insurrectionary anarchists believe that the meaning of being an anarchist lies in the struggle itself and what that struggle reveals.”

In other words, it’s not really about George Floyd or Black lives, but insurrection for insurrection’s sake.

Voir de même:

Since 1907, Portland, Oregon, has hosted an annual Rose Festival. Since 2007, the festival had included a parade down 82nd Avenue. Since 2013, the Republican Party of Multnomah County, which includes Portland, had taken part. This April, all of that changed.

In the days leading up to the planned parade, a group called the Direct Action Alliance declared, “Fascists plan to march through the streets,” and warned, “Nazis will not march through Portland unopposed.” The alliance said it didn’t object to the Multnomah GOP itself, but to “fascists” who planned to infiltrate its ranks. Yet it also denounced marchers with “Trump flags” and “red maga hats” who could “normalize support for an orange man who bragged about sexually harassing women and who is waging a war of hate, racism and prejudice.” A second group, Oregon Students Empowered, created a Facebook page called “Shut down fascism! No nazis in Portland!”

Next, the parade’s organizers received an anonymous email warning that if “Trump supporters” and others who promote “hateful rhetoric” marched, “we will have two hundred or more people rush into the parade … and drag and push those people out.” When Portland police said they lacked the resources to provide adequate security, the organizers canceled the parade. It was a sign of things to come.

For progressives, Donald Trump is not just another Republican president. Seventy-six percent of Democrats, according to a Suffolk poll from last September, consider him a racist. Last March, according to a YouGov survey, 71 percent of Democrats agreed that his campaign contained “fascist undertones.” All of which raises a question that is likely to bedevil progressives for years to come: If you believe the president of the United States is leading a racist, fascist movement that threatens the rights, if not the lives, of vulnerable minorities, how far are you willing to go to stop it?In Washington, D.C., the response to that question centers on how members of Congress can oppose Trump’s agenda, on how Democrats can retake the House of Representatives, and on how and when to push for impeachment. But in the country at large, some militant leftists are offering a very different answer. On Inauguration Day, a masked activist punched the white-supremacist leader Richard Spencer. In February, protesters violently disrupted UC Berkeley’s plans to host a speech by Milo Yiannopoulos, a former Breitbart.com editor. In March, protesters pushed and shoved the controversial conservative political scientist Charles Murray when he spoke at Middlebury College, in Vermont.As far-flung as these incidents were, they have something crucial in common. Like the organizations that opposed the Multnomah County Republican Party’s participation in the 82nd Avenue of Roses Parade, these activists appear to be linked to a movement called “antifa,” which is short for antifascist or Anti-Fascist Action. The movement’s secrecy makes definitively cataloging its activities difficult, but this much is certain: Antifa’s power is growing. And how the rest of the activist left responds will help define its moral character in the Trump age.

Antifa traces its roots to the 1920s and ’30s, when militant leftists battled fascists in the streets of Germany, Italy, and Spain. When fascism withered after World War II, antifa did too. But in the ’70s and ’80s, neo-Nazi skinheads began to infiltrate Britain’s punk scene. After the Berlin Wall fell, neo-Nazism also gained prominence in Germany. In response, a cadre of young leftists, including many anarchists and punk fans, revived the tradition of street-level antifascism.

In the late ’80s, left-wing punk fans in the United States began following suit, though they initially called their groups Anti-Racist Action, on the theory that Americans would be more familiar with fighting racism than fascism. According to Mark Bray, the author of the forthcoming Antifa: The Anti-Fascist Handbook, these activists toured with popular alternative bands in the ’90s, trying to ensure that neo-Nazis did not recruit their fans. In 2002, they disrupted a speech by the head of the World Church of the Creator, a white-supremacist group in Pennsylvania; 25 people were arrested in the resulting brawl.

By the 2000s, as the internet facilitated more transatlantic dialogue, some American activists had adopted the name antifa. But even on the militant left, the movement didn’t occupy the spotlight. To most left-wing activists during the Clinton, Bush, and Obama years, deregulated global capitalism seemed like a greater threat than fascism.Trump has changed that. For antifa, the result has been explosive growth. According to NYC Antifa, the group’s Twitter following nearly quadrupled in the first three weeks of January alone. (By summer, it exceeded 15,000.) Trump’s rise has also bred a new sympathy for antifa among some on the mainstream left. “Suddenly,” noted the antifa-aligned journal It’s Going Down, “anarchists and antifa, who have been demonized and sidelined by the wider Left have been hearing from liberals and Leftists, ‘you’ve been right all along.’ ” An article in The Nation argued that “to call Trumpism fascist” is to realize that it is “not well combated or contained by standard liberal appeals to reason.” The radical left, it said, offers “practical and serious responses in this political moment.”Those responses sometimes spill blood. Since antifa is heavily composed of anarchists, its activists place little faith in the state, which they consider complicit in fascism and racism. They prefer direct action: They pressure venues to deny white supremacists space to meet. They pressure employers to fire them and landlords to evict them. And when people they deem racists and fascists manage to assemble, antifa’s partisans try to break up their gatherings, including by force.Such tactics have elicited substantial support from the mainstream left. When the masked antifa activist was filmed assaulting Spencer on Inauguration Day, another piece in The Nation described his punch as an act of “kinetic beauty.” Slate ran an approving article about a humorous piano ballad that glorified the assault. Twitter was inundated with viral versions of the video set to different songs, prompting the former Obama speechwriter Jon Favreau to tweet, “I don’t care how many different songs you set Richard Spencer being punched to, I’ll laugh at every one.”The violence is not directed only at avowed racists like Spencer: In June of last year, demonstrators—at least some of whom were associated with antifa—punched and threw eggs at people exiting a Trump rally in San Jose, California. An article in It’s Going Down celebrated the “righteous beatings.”Antifascists call such actions defensive. Hate speech against vulnerable minorities, they argue, leads to violence against vulnerable minorities. But Trump supporters and white nationalists see antifa’s attacks as an assault on their right to freely assemble, which they in turn seek to reassert. The result is a level of sustained political street warfare not seen in the U.S. since the 1960s. A few weeks after the attacks in San Jose, for instance, a white-supremacist leader announced that he would host a march in Sacramento to protest the attacks at Trump rallies. Anti-Fascist Action Sacramento called for a counterdemonstration; in the end, at least 10 people were stabbed.
A similar cycle has played out at UC Berkeley. In February, masked antifascists broke store windows and hurled Molotov cocktails and rocks at police during a rally against the planned speech by Yiannopoulos. After the university canceled the speech out of what it called “concern for public safety,” white nationalists announced a “March on Berkeley” in support of “free speech.” At that rally, a 41-year-old man named Kyle Chapman, who was wearing a baseball helmet, ski goggles, shin guards, and a mask, smashed an antifa activist over the head with a wooden post. Suddenly, Trump supporters had a viral video of their own. A far-right crowdfunding site soon raised more than $80,000 for Chapman’s legal defense. (In January, the same site had offered a substantial reward for the identity of the antifascist who had punched Spencer.) A politicized fight culture is emerging, fueled by cheerleaders on both sides. As James Anderson, an editor at It’s Going Down, told Vice, “This shit is fun.”

Portland offers perhaps the clearest glimpse of where all of this can lead. The Pacific Northwest has long attracted white supremacists, who have seen it as a haven from America’s multiracial East and South. In 1857, Oregon (then a federal territory) banned African Americans from living there. By the 1920s, it boasted the highest Ku Klux Klan membership rate of any state.

In 1988, neo-Nazis in Portland killed an Ethiopian immigrant with a baseball bat. Shortly thereafter, notes Alex Reid Ross, a lecturer at Portland State University and the author of Against the Fascist Creep, anti-Nazi skinheads formed a chapter of Skinheads Against Racial Prejudice. Before long, the city also had an Anti-Racist Action group.

Now, in the Trump era, Portland has become a bastion of antifascist militancy. Masked protesters smashed store windows during multiday demonstrations following Trump’s election. In early April, antifa activists threw smoke bombs into a “Rally for Trump and Freedom” in the Portland suburb of Vancouver, Washington. A local paper said the ensuing melee resembled a mosh pit.

When antifascists forced the cancellation of the 82nd Avenue of Roses Parade, Trump supporters responded with a “March for Free Speech.” Among those who attended was Jeremy Christian, a burly ex-con draped in an American flag, who uttered racial slurs and made Nazi salutes. A few weeks later, on May 25, a man believed to be Christian was filmed calling antifa “a bunch of punk bitches.”

The next day, Christian boarded a light-rail train and began yelling that “colored people” were ruining the city. He fixed his attention on two teenage girls, one African American and the other wearing a hijab, and told them “to go back to Saudi Arabia” or “kill themselves.” As the girls retreated to the back of the train, three men interposed themselves between Christian and his targets. “Please,” one said, “get off this train.” Christian stabbed all three. One bled to death on the train. One was declared dead at a local hospital. One survived.

The cycle continued. Nine days after the attack, on June 4, Trump supporters hosted another Portland rally, this one featuring Chapman, who had gained fame with his assault on the antifascist in Berkeley. Antifa activists threw bricks until the police dispersed them with stun grenades and tear gas.What’s eroding in Portland is the quality Max Weber considered essential to a functioning state: a monopoly on legitimate violence. As members of a largely anarchist movement, antifascists don’t want the government to stop white supremacists from gathering. They want to do so themselves, rendering the government impotent. With help from other left-wing activists, they’re already having some success at disrupting government. Demonstrators have interrupted so many city-council meetings that in February, the council met behind locked doors. In February and March, activists protesting police violence and the city’s investments in the Dakota Access Pipeline hounded Mayor Ted Wheeler so persistently at his home that he took refuge in a hotel. The fateful email to parade organizers warned, “The police cannot stop us from shutting down roads.”All of this fuels the fears of Trump supporters, who suspect that liberal bastions are refusing to protect their right to free speech. Joey Gibson, a Trump supporter who organized the June 4 Portland rally, told me that his “biggest pet peeve is when mayors have police stand down … They don’t want conservatives to be coming together and speaking.” To provide security at the rally, Gibson brought in a far-right militia called the Oath Keepers. In late June, James Buchal, the chair of the Multnomah County Republican Party, announced that it too would use militia members for security, because “volunteers don’t feel safe on the streets of Portland.”Antifa believes it is pursuing the opposite of authoritarianism. Many of its activists oppose the very notion of a centralized state. But in the name of protecting the vulnerable, antifascists have granted themselves the authority to decide which Americans may publicly assemble and which may not. That authority rests on no democratic foundation. Unlike the politicians they revile, the men and women of antifa cannot be voted out of office. Generally, they don’t even disclose their names.Antifa’s perceived legitimacy is inversely correlated with the government’s. Which is why, in the Trump era, the movement is growing like never before. As the president derides and subverts liberal-democratic norms, progressives face a choice. They can recommit to the rules of fair play, and try to limit the president’s corrosive effect, though they will often fail. Or they can, in revulsion or fear or righteous rage, try to deny racists and Trump supporters their political rights. From Middlebury to Berkeley to Portland, the latter approach is on the rise, especially among young people.Revulsion, fear, and rage are understandable. But one thing is clear. The people preventing Republicans from safely assembling on the streets of Portland may consider themselves fierce opponents of the authoritarianism growing on the American right. In truth, however, they are its unlikeliest allies.
Peter Beinart is a contributing writer at The Atlantic and a professor of journalism and political science at the City University of New York.

Voir de plus:

Black professor insists ‘Proud Boys aren’t white supremacists’ as Trump takes flak
Valerie Richardson
The Washington Times
September 30, 2020

It turns out not everybody believes the Proud Boys are white supremacists, including a prominent Black professor at a historically Black university.

Wilfred Reilly, associate professor of political science at Kentucky State University, said Wednesday that “the Proud Boys aren’t white supremacists,” describing the right-wing group’s beliefs as “Western chauvinist” and noting that their international chairman, Enrique Tarrio, is Black.

“Gotta say: the Proud Boys aren’t white supremacists,” tweeted Mr. Reilly, author of “Hate Crime Hoax.”

Mr. Reilly said that about 10% to 20% of Proud Boys activists are people of color, a diverse racial composition that is “extremely well-known in law enforcement,” based on his research.

Enrique Tarrio, their overall leader, is a Black Cuban dude. The Proud Boys explicitly say they’re not racist,” Mr. Reilly told The Washington Times. “They are an openly right-leaning group and they’ll openly fight you — they don’t deny any of this — but saying they’re White supremacist: If you’re talking about a group of people more than 10% people of color and headed by an Afro-Latino guy, that doesn’t make sense.
Senate Minority Leader Charles E. Schumer accused Mr. Trump of refusing to condemn white supremacy, tweeting, “He told white supremacists to ‘stand back and stand by.’ President Trump is a national disgrace, and Americans will not stand for it.”

Democratic presidential nominee Joseph R. Biden told reporters Wednesday: “My message to the Proud Boys and every other White supremacist group is: cease and desist. That’s not who we are.”

White House spokeswoman Alysa Farah pushed back on the criticism, saying, “I don’t think there’s anything to clarify. He’s told them to stand back.”

Black Trump supporter Melissa Tate also challenged the “white supremacist” label, posting a video in which she and Beverly Beatty said that the Proud Boys helped provide security for them at a Christian prayer event.

“STOP THE LIES,” tweeted Ms. Tate, who has 440,700 followers. “Proud Boys are NOT White Supremacist. They are Christian men many of them hispanic & some black.”

Voir encore:
In his Tuesday press conference, Donald Trump talked at length about what he called “the alt left.” White supremacists, he claimed, weren’t the only people in Charlottesville last weekend that deserved condemnation. “You had a group on the other side that was also very violent,” he declared. “Nobody wants to say that.”I can say with great confidence that Trump’s final sentence is untrue. I can do so because the September issue of The Atlantic contains an essay of mine entitled “The Rise of the Violent Left,” which discusses the very phenomenon that Trump claims “nobody wants” to discuss. Trump is right that, in Charlottesville and beyond, the violence of some leftist activists constitutes a real problem. Where he’s wrong is in suggesting that it’s a problem in any way comparable to white supremacism.What Trump calls “the alt left” (I’ll explain why that’s a bad term later) is actually antifa, which is short for anti-fascist. The movement traces its roots to the militant leftists who in the 1920s and 1930s brawled with fascists on the streets of Germany, Italy, and Spain. It revived in the 1970s, 1980s, and 1990s, when anti-racist punks in Britain and Germany mobilized to defeat neo-Nazi skinheads who were infiltrating the music scene. Via punk, groups calling themselves anti-racist action—and later, anti-fascist action or antifa—sprung up in the United States. They have seen explosive growth in the Trump era for an obvious reason: There’s more open white supremacism to mobilize against.
As members of a largely anarchist movement, antifa activists generally combat white supremacism not by trying to change government policy but through direct action. They try to publicly identify white supremacists and get them fired from their jobs and evicted from their apartments. And they disrupt white-supremacist rallies, including by force.As I argued in my essay, some of their tactics are genuinely troubling. They’re troubling tactically because conservatives use antifa’s violence to justify—or at least distract from—the violence of white supremacists, as Trump did in his press conference. They’re troubling strategically because they allow white supremacists to depict themselves as victims being denied the right to freely assemble. And they’re troubling morally because antifa activists really do infringe upon that right. By using violence, they reject the moral legacy of the civil-rights movement’s fight against white supremacy. And by seeking to deny racists the ability to assemble, they reject the moral legacy of the ACLU, which in 1977 went to the Supreme Court to defend the right of neo-Nazis to march through Skokie, Illinois.Antifa activists are sincere. They genuinely believe that their actions protect vulnerable people from harm. Cornel West claims they did so in Charlottesville. But for all of antifa’s supposed anti-authoritarianism, there’s something fundamentally authoritarian about its claim that its activists—who no one elected—can decide whose views are too odious to be publicly expressed. That kind of undemocratic, illegitimate power corrupts. It leads to what happened this April in Portland, Oregon, where antifa activists threatened to disrupt the city’s Rose Festival parade if people wearing “red maga hats” marched alongside the local Republican Party. Because of antifa, Republican officials in Portland claim they can’t even conduct voter registration in the city without being physically threatened or harassed.So, yes, antifa is not a figment of the conservative imagination. It’s a moral problem that liberals need to confront.But saying it’s a problem is vastly different than implying, as Trump did, that it’s a problem equal to white supremacism. Using the phrase “alt-left” suggests a moral equivalence that simply doesn’t exist.For starters, while antifa perpetrates violence, it doesn’t perpetrate it on anything like the scale that white nationalists do. It’s no coincidence that it was a Nazi sympathizer—and not an antifa activist—who committed murder in Charlottesville. According to the Anti-Defamation League, right-wing extremists committed 74 percent of the 372 politically motivated murders recorded in the United States between 2007 and 2016. Left-wing extremists committed less than 2 percent.Second, antifa activists don’t wield anything like the alt-right’s power. White, Christian supremacy has been government policy in the United States for much of American history. Anarchism has not. That’s why there are no statues of Mikhail Bakunin in America’s parks and government buildings. Antifa boasts no equivalent to Steve Bannon, who called his old publication, Breitbart, “the platform for the alt-right,” and now works in the White House. It boasts no equivalent to Attorney General Jefferson Beauregard Sessions III, who bears the middle name of a Confederate general and the first name of the Confederacy’s president, and who allegedly called the NAACP “un-American.” It boasts no equivalent to Alex Jones, who Donald Trump praised as “amazing.” Even if antifa’s vision of society were as noxious as the “alt-right’s,” it has vastly less power to make that vision a reality.
And antifa’s vision is not as noxious. Antifa activists do not celebrate regimes that committed genocide and enforced slavery. They’re mostly anarchists. Anarchism may not be a particularly practical ideology. But it’s not an ideology that depicts the members of a particular race or religion as subhuman.If Donald Trump really wants to undermine antifa, he should do his best to stamp out the bigotry that antifa—counterproductively—mobilizes against. Taking down Confederate statues in places like Charlottesville would be a good start.

Peter Beinart is a contributing writer at The Atlantic and a professor of journalism and political science at the City University of New York.

“They have no allegiance to liberal democracy”: An expert on antifa explains the group

The left-wing group is back in the news. An expert explains where they come from and what they want.

As protests against the killing of George Floyd rage across the country, the left-wing group “antifa” (short for anti-fascist) is back in the news. Although antifa’s role remains unclear, President Trump (and others) are blaming them for helping to incite violence. Antifa became a national story back in 2017 when it collided with neo-Nazis in Charlottesville. Shortly after that incident, I reached out to Mark Bray, a historian at Dartmouth College and author of Antifa: The Anti-Fascist Handbook. We discussed the group’s origins, aims, and tactics. You can read our full exchange, which feels newly relevant, below.


When Donald Trump used the phrase “alt-left” to describe the anti-neo-Nazi protesters in Charlottesville last year, most people had no idea what he meant. I’m actually not sure he knew what he meant.

“What about the alt-left that came charging at the, as you say, the ‘alt-right’? Do they have any assemblage of guilt?” Trump said during a rambling press conference.

If the alt-left exists, it’s probably best represented by “antifa” (short for “anti-fascist”) — a loose network of left-wing activists who physically resist people they consider fascists. These are often the scruffy, bandana-clad people who show up at alt-right rallies or speaking events in order to shut them down before they happen, and they openly embrace violence as a justifiable means to that end.

Antifa is not a monolithic organization, nor does it have anything like a hierarchical leadership structure. It’s an umbrella group that shares a number of causes, the most important of which is resisting white nationalist movements. Adherents are mostly socialists, anarchists, and communists who, according to Mark Bray, a historian at Dartmouth College and author of Antifa: The Anti-Fascist Handbook, “reject turning to the police or the state to halt the advance of white supremacy. Instead they advocate popular opposition to fascism as we witnessed in Charlottesville.”

I reached out to Bray to discuss the group and its burgeoning impact on American politics. He’s sympathetic to antifa’s cause and makes no effort to hide that. He describes the book as “an unabashedly partisan call to arms that aims to equip a new generation of anti-fascists with the history and theory necessary to defeat the resurgent far right.”

In this interview, we talk about the ethics of “militant anti-fascism,” why groups like antifa don’t care if they hurt the Democratic Party, and why resisting fascism in a liberal democracy poses a unique challenge to conventional political norms.

Our conversation, lightly edited for clarity, follows.

The roots of antifa

Sean Illing

What is “antifa”? Where did it come from?

Mark Bray

Anti-fascism originated in response to early European fascism, and when Mussolini’s Blackshirts and Hitler’s Brownshirts were ascendant in Europe, various socialist, communist, and anarchist parties and groups emerged to confront them. When I talk about anti-fascism in the book and when we talk about it today, it’s really a matter of tracing the sort of historical lineage of revolutionary anti-fascist movements that came from below, from the people, and not from the state.

The sort of militant anti-fascism that antifa represents reemerged in postwar Europe in Britain, where fascists had broad rights to organize and demonstrate. You started to see these groups spring up in the 1940s and ’50s and ’60s and ’70s. You saw similar movements in Germany in the ’80s around the time the Berlin Wall falls, when a wave of neo-Nazism rolled across the country targeting immigrants. There, as elsewhere, leftist groups emerged as tools of self-defense. The whole point was to stare down these fascist groups in the street and stop them by force if necessary.

These groups in the ’80s adopted the name antifa, and it eventually spread to the United States in the late ’80s and into the ’90s. Originally, it was known as the Anti-Racist Action Network. That kind of faded in the mid-2000s; the recent wave we’re seeing in the US developed out of it, but has taken on more of the name and the kind of aesthetics of the European movement.

Sean Illing

And this is largely a response to Trump?

Mark Bray

I think so. The basic principle of antifa is “no platform for fascism.” If you ask them, they’ll tell you that they believe you have to deny any and all platforms to fascism, no matter how big or small the threat. The original fascist groups that later seized power in Europe started out very small. You cannot, they argue, treat these groups lightly. You need to take them with the utmost seriousness, and the way to prevent them from growing is to prevent them from having even the first step toward becoming normalized in society.

Why they embrace violence

Sean Illing

What’s their strategic logic? Why do they think physical violence, as opposed to nonviolent resistance, is both justifiable and effective?

Mark Bray

That’s a very good question. Much of what they do does not involve physical confrontation. They also focus on using public opinion to expose white supremacists and raise the social and professional costs of their participation in these groups. They want to see these people fired from their jobs, denounced by their families, marginalized by their communities.

But yes, part of what they do is physical confrontation. They view self-defense as necessary in terms of defending communities against white supremacists. They also see this as a preventative action. They look at the history of fascism in Europe and say, “we have to eradicate this problem before it gets any bigger, before it’s too late.” Sometimes that involves physical confrontation or blocking their marches or whatever the case may be.

It’s also important to remember that these are self-described revolutionaries. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum. They’re not interested in and don’t feel constrained by conventional norms.

Sean Illing

You say one of the principles of antifa is “no platform for fascism.” How do they define fascism? Where’s the threshold?

Mark Bray

Good question. The other thing that’s worth clarifying is that anti-fascist groups don’t only organize against textbook fascists. There is, first of all, a lot of debate about what constitutes fascism. And it’s a legitimate question to ask — where does one draw the line, and how does one see this kind of organizing?

Of course, there is no central command for a group like antifa. There is no antifa board of directors telling people where that line is, and so of course different groups will assess different threats as they see fit. But I suppose the question you’re raising has to do with the slippery-slope argument, which is that if you start calling everyone a fascist and depriving them of a platform, where does it end?

One of the arguments I make in the book is that while analytically that’s a conversation worth having, I don’t know of any empirical examples of anti-fascists successfully stopping a neo-Nazi group and then moving on to other groups that are not racist but merely to the right. What tends to happen is they disband once they’ve successfully marginalized or eliminated the local right-wing extremist threat, and then return to what they normally do — organizing unions, doing environmental activism, etc.

Do antifa’s tactics actually work?

Sean Illing

You’re a historian. You’ve looked at the data. Is there evidence that the tactics adopted by antifa work? Are there cases of these sorts of groups successfully undercutting fascist movements?

Mark Bray

Another good question. Whenever we look at the question of causation in history, you can never isolate one variable and make grand or definitive conclusions. So I don’t want to overstate any of the causal claims being made here. But Norway is an interesting example. In the ’90s, they had a pretty violent neo-Nazi skinhead movement, and the street-level anti-fascist groups there seemed to play a significant role in marginalizing the threat. By the end of ’90s it was pretty much defunct, and subsequently there hasn’t been a serious fascist [movement] in Norway.

Another example you can look at is popular responses to the National Front [a far-right political party formed in Britain in 1967] in the late ’70s in Britain. The National Front was pretty huge, and the Anti-Nazi League, through both a combination of militant anti-fascist tactics and also some more popular organizing and electoral strategies, managed to successfully deflate the National Front momentum.

One of the most famous moments of that era was the Battle of Lewisham in 1977 where the members of this largely immigrant community physically blocked a big National Front march and that sort of stopped their aggressive efforts to target that community.

They don’t care about liberal democracy

Sean Illing

So antifa’s logic is that fascism is a rejection of liberal democratic norms, and therefore it can’t be defeated with what we’d consider conventional liberal democratic tactics?

Mark Bray

Well, certainly the latter is correct. They argue a couple of things. First, they argue that in Europe you can see that parliamentary democracy did not always stop the advance of fascism and Nazism — and in the cases of both Germany and Italy, Hitler and Mussolini were appointed and gained their power largely through democratic means. When Hitler took his final control through the [1933] Enabling Act, it was approved by parliament.

They also say that rational discourse is insufficient on its own because a lot of good arguments were made and a lot of debates were had but ultimately that was insufficient during that period, and so the view that good ideas always prevail over bad ideas isn’t very convincing.

They other key point, which probably isn’t made enough, is that these are revolutionary leftists. They’re not concerned about the fact that fascism targets liberalism. These are self-described revolutionaries. They have no allegiance to liberal democracy, which they believe has failed the marginalized communities they’re defending. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum.

Sean Illing

Scholars of nonviolence will say the worldwide abolition of slavery was achieved almost entirely with nonviolent means (our Civil War being an obvious exception), that great strides in women’s rights were made, that nonviolent revolutions in Eastern Europe, South Africa, Chile, Egypt, the Philippines, and elsewhere were all accomplished without the use of force. What’s different about antifa’s mission? Why do they believe violence is more effective in this context?

Mark Bray

As I said earlier, no single factor in history can explain an outcome. It’s always more complicated than that. Certainly that’s true in terms of the abolition of slavery. In Latin America, for example, a lot of the abolition of slavery happened through gradual emancipation laws, and a lot of those laws were enacted in explicit response to the Haitian Revolution and out of fear that if they didn’t start to adjust, they’d have an uprising on their hands.

This is also true of the civil rights movement, where the threat of race riots and Black Panthers and so forth made a lot of white America more sympathetic to the kinds of things that Martin Luther King and his allies were saying than they might have otherwise been.

The case of Nazism is obviously one of those intractable historical problems for advocates of pacifism. Even the school of strategic nonviolence that puts aside the ethical questions in favor of the strategic questions still fails, in my view, to show how nonviolence might have worked in that situation.

But look, anti-fascists will concede that most of the time nonviolence is certainly the way to go. Most antifa members believe it’s far easier to use nonviolent methods than it is to show up and use direct action methods. But they argue that history shows that it’s dangerous to take violence and self-defense off the table.

Why shut down speech?

Sean Illing

Here’s my problem. I think the people who showed up in Charlottesville to square off against self-identified neo-Nazis did the world a service, and I applaud them. But when I see antifa showing up at places like UC Berkeley and setting fire to cars and throwing rocks through windows in order to prevent someone like Milo Yiannopoulos from speaking, I think they’ve gone way too far. Milo isn’t a Nazi, and he isn’t an actual threat. He’s a traveling clown looking to offend social justice warriors.

Mark Bray

I think that reasonable people can disagree about this. I can’t speak for the individuals who committed these political actions, but the general defense is that the rationale for shutting down someone like Milo has to do with the fact that his kind of commentary emboldens actual fascists. The Berkeley administrators issued a statement in advance that they feared he was going to out undocumented students on campus, and previously he had targeted a transgender student at the University of Milwaukee Wisconsin. Antifa regards this as an instigation to violence, and so they feel justified in shutting it down.

Again, though, this is much easier to understand when you remember that antifa isn’t concerned with free speech or other liberal democratic values.

What does antifa actually want?

Sean Illing

Antifa defines itself in purely negative terms, in terms of what they’re against. But what do they want? Do they have any concrete political goals?

Mark Bray

That’s a great question, and one that often gets overlooked. For the most part, these are pan-leftist groups composed of leftists of different stripes. They all seem to have different views of what they think the ideal social order looks like. Some of them are Marxists, some are Leninists, some are social democrats or anarchists. But they cohere around a response to what they perceive as a common threat.

Sean Illing

Do you think people are right to be concerned that this type of illiberalism will only occasion more illiberalism in response to it, and that the result will be a spiral of competing illiberalisms?

Mark Bray

As I said before, anti-fascists don’t have any allegiance to liberalism, so that’s not the question that they are focused on. The question is also how much of a threat do we think white supremacists or neo-Nazis pose, both in a literal or immediate sense but also in terms of their ability to influence broader discourses or even the Trump administration.

I believe that for people who are feeling the worst repercussions of this, they are already experiencing a kind of illiberalism in terms of their lack of access to the kinds of freedoms that liberalism promotes and tries to aspire to; and so for me, that’s more of a focus, in terms of trying to mitigate those kinds of problems, than the fears of people who, prior to Trump, thought that everything was fine in the US.

Sean Illing

Do you anticipate antifa becoming larger and more active? And if so, what does that mean for American politics moving forward?

Mark Bray

The first thing to point out is that being part of one of these groups is a huge time commitment, and the vetting process that these groups have for bringing in new people is very strenuous. You have to really commit — it’s basically like a second job. This limits the number of people that are going to be willing to put their time into it. I don’t think the antifa movement is going to explode as much as some do.

But I do think that antifa can influence where leftist politics in America is going. They are aggressive, loud, and fiercely committed. They’re having a wider influence on the radical left in this country, particularly on campuses and with other groups like Black Lives Matter. But I don’t want to overstate antifa’s role in these shifts.

Sean Illing

Well, that dovetails with my final question, which is: Do you think the influence antifa is having on the American left will ultimately hurt the Democratic Party — and by extension help the Republicans?

Mark Bray

Not to be repetitive here, but they don’t care about the Democratic Party. But it’s still an interesting question to consider. Given the disaster that is the Trump presidency, I just think it would be a colossal failure of the Democratic Party not to win the next presidential election and gain a majority in Congress. If they can’t do that given this craziness, then they need to really rethink what they’re doing.

Will a lot of people see antifa and their methods as a poor reflection of the left? Absolutely. But I also think that these are not people who were going to vote Democrat anyway. If you read the news or pay attention to what’s happening, you know that Nancy Pelosi has nothing to do with antifa. This group loathes the Democratic Party, and they don’t hide that.

So anyone who blames the Democrats for antifa is likely already disposed to vote Republican anyway.

Voir encore:

Who are Antifa?

ADL

Antifa: Definition and History:

The anti-fascist protest movement known as antifa gained new prominence in the United States after the white supremacist Unite the Right rally in Charlottesville, VA, in August 2017. In Charlottesville and at many subsequent events held by white supremacists or right-wing extremists, antifa activists have aggressively confronted what they believe to be authoritarian movements and groups. While most counter-protestors tend to be peaceful, there have been several instances where encounters between antifa and the far-right have turned violent.

These violent counter-protesters are often part of “antifa” (short for “antifascist”), a loose collection of groups, networks and individuals who believe in active, aggressive opposition to far right-wing movements. Their ideology is rooted in the assumption that the Nazi party would never have been able to come to power in Germany if people had more aggressively fought them in the streets in the 1920s and 30s. Most antifa come from the anarchist movement or from the far left, though since the 2016 presidential election, some people with more mainstream political backgrounds have also joined their ranks.

These antifa sometimes use a logo with a double flag, usually in black and red. The antifa movement began in the 1960s in Europe, and had reached the US by the end of the 1970s.  Most people who show up to counter or oppose white supremacist public events are peaceful demonstrators, but when antifa show up, as they frequently do, they can increase the chances that an event may turn violent.

Today, antifa activists focus on harassing right wing extremists both online and in real life.  Antifa is not a unified group; it is loose collection of local/regional groups and individuals. Their presence at a protest is intended to intimidate and dissuade racists, but the use of violent measures by some antifa against their adversaries can create a vicious, self-defeating cycle of attacks, counter-attacks and blame. This is why most established civil rights organizations criticize antifa tactics as dangerous and counterproductive.

The current political climate increases the chances of violent confrontations at protests and rallies. Antifa have expanded their definition of fascist/fascism to include not just white supremacists and other extremists, but also many conservatives and supporters of President Trump.  In Berkeley, for example, some antifa were captured on video harassing Trump supporters with no known extremist connections.  Antifa have also falsely characterized some recent right wing rallies as “Nazi” events, even though they were not actually white supremacist in nature.

Another concern is the misapplication of the label “antifa” to include all counter-protesters, rather than limiting it to those who proactively seek physical confrontations with their perceived fascist adversaries.  It is critical to understand how antifa fit within the larger counter-protest efforts. Doing so allows law enforcement to focus their resources on the minority who engage in violence without curtailing the civil rights of the majority of peaceful individuals who just want their voices to be heard.

All forms of antifa violence are problematic. Additionally, violence plays into the “victimhood” narrative of white supremacists and other right-wing extremists and can even be used for recruiting purposes.  Images of these “free speech” protesters being beaten by black-clad and bandana-masked antifa provide right wing extremists with a powerful propaganda tool.

That said, it is important to reject attempts to claim equivalence between the antifa and the white supremacist groups they oppose. Antifa reject racism but use unacceptable tactics. White supremacists use even more extreme violence to spread their ideologies of hate, to intimidate ethnic minorities, and undermine democratic norms. Right-wing extremists have been one of the largest and most consistent sources of domestic terror incidents in the United States for many years; they have murdered hundreds of people in this country over the last ten years alone.  To date, there have not been any known antifa-related murders.

Antifa: Scope and Tactics:

Today’s antifa argue they are the on-the-ground defense against individuals they believe are promoting fascism in the United States.  However, antifa, who have many anti-police anarchists in their ranks, can also target law enforcement with both verbal and physical assaults because they believe the police are providing cover for white supremacists.  They will sometimes chant against fascism and against law enforcement in the same breath.

While some antifa use their fists, other violent tactics include throwing projectiles, including bricks, crowbars, homemade slingshots, metal chains, water bottles, and balloons filled with urine and feces.  They have deployed noxious gases, pushed through police barricades, and attempted to exploit any perceived weakness in law enforcement presence.

Away from rallies, they also engage in “doxxing,” exposing their adversaries’ identities, addresses, jobs and other private information. This can lead to their opponents being harassed or losing their jobs, among other consequences. Members of the alt right and other right wing extremists have responded with their own doxxing campaigns, and by perpetuating hateful and violent narratives using fake “antifa” social media accounts.

Because there is no unifying body for antifa, it is impossible to know how many “members” are currently active.  Different localities have antifa populations of different strengths, but antifa are also sometimes willing to travel hundreds of miles to oppose a white supremacist event.

Voir enfin:

The assault on conservative journalist Andy Ngo, explained

An unjustifiable attack — and a subsequent controversy spotlighting the militant left-wing group antifa.

Last Saturday, the far-right Proud Boys group held a rally in Portland, Oregon. Left-wing groups, including the Portland branch of the militant antifa group, put together a counterprotest — whose attendees clashed with the Proud Boys. But the most notable instance of violence had nothing to do with the Proud Boys: It was an attack by counterprotesters on the conservative journalist Andy Ngo that reportedly sent him to the hospital.

In footage captured by Portland-based reporter Jim Ryan, demonstrators douse Ngo in milkshake, punch him, and yell at him. In short, it looks a lot like an unprovoked, unjustified, reprehensible assault on an observer — a journalist — merely because the protesters don’t like him.

But the aftermath of the attack — the narratives both sides have spun out of the basic facts established by the footage — is much trickier to assess.

In the dominant narrative, pushed by the conservative and mainstream media alike, the attack on Ngo is evidence of a serious left-wing violence problem in America. Antifa, they argue, is a group of street thugs that has repeatedly attacked journalists and poses a genuine threat to public safety. The fact that the left tolerates antifa, or even celebrates them, is proof of a serious rot; Sen. Ted Cruz (R-TX) has called for an investigation into the events in Portland.

“I pray for full and speedy recovery for journalist Andy Ngo,” writes Kevin McCarthy, the House minority leader. “The hate and violence perpetrated by Antifa must be condemned in the strongest possible way by all Americans.”

But according to a second narrative, offered primarily by less well-known left-liberal writers and social media accounts, the mainstream media is getting it all wrong. Ngo is not an innocent victim but a far-right sympathizer who has doxxed antifa members in the past, potentially facilitating their harassment, and provokes them so that he can broadcast the result. The outpouring of sympathy for Ngo, in this account, is actually evidence that the mainstream media is falling for Ngo’s grift — funneling money to his Patreon and legitimizing a right-wing smear campaign against a group that’s working to protect people from the threat of violence from groups like the Proud Boys.

The two main figures in these events are Ngo and antifa.

The publication where Ngo is an editor, Quillette, is widely seen as a major hub of the “intellectual dark web” — a loose collection of anti-political correctness, anti-identity politics, anti-left media figures and reporters. Ngo is the closest thing the intellectual dark web has to a gonzo journalist, someone who goes into allegedly hostile places and documents them for his more than 200,000 Twitter followers to illustrate that the IDW is right about the threat from multiculturalism and the left.

Last year, for example, Ngo went to the UK to chronicle the supposed threat the rising Muslim population posed to British society. The resulting article, “A Visit to Islamic England,” claimed England was being quietly conquered by fundamentalist Islam.

The piece was shredded by actual Brits. Most amusingly, Ngo presented a London sign reading “alcohol restricted zone” as evidence of Islamic dominance in the Whitechapel neighborhood; it was actually a public safety ordinance designed to discourage public acts of drunkenness from patrons of nearby pubs, bars, and strip clubs.

Ngo’s coverage of left-wing protesters is similarly ideological. He views left-wing activists, like Muslim immigrants to the West, as a threat to free and open societies. His reporting plays up acts of vandalism, violence, and hostility to free speech without a comparable focus on the much more frequent and deadly actions of right-wing extremists.

Antifa is a perfect foil for Ngo. The group of typically black-clad activists are radicals who believe the best way to deal with the rise of white supremacy and hate groups in the Trump era is by confronting them on the street. Sometimes, this means organizing demonstrations against them; other times, it means brawling in the streets.

“They view self-defense as necessary in terms of defending communities against white supremacists,” Mark Bray, a Dartmouth historian who studies antifa, told my colleague Sean Illing in a 2017 interview. “They have no allegiance to liberal democracy, which they believe has failed the marginalized communities they’re defending. They’re anarchists and communists who are way outside the traditional conservative-liberal spectrum.”

Antifa does not have a central command structure, and its members are typically anonymous. While not all antifa activities involve physical confrontation, some do have a nasty habit of assaulting people — including journalists, as some reporter friends of mine like Taylor Lorenz, who were attacked while live-streaming in Charlottesville, Virginia, can speak to.

Portland, where Ngo lives, has seen a particularly notable number of brawls between antifa and far-right groups in recent years. Ngo has not only documented antifa activities but published at least one member’s full name alongside a picture — “doxxing” her, in internet parlance, and exposing her to retaliation. Ngo’s work on this front had made him well-known to antifa, and profoundly despised — he claims, for example, that an antifa member assaulted and robbed him at his gym.

In mid-June, he reported advance news of an event on June 29 in Portland by the “Proud Boys” — a far-right group who describe themselves as “Western chauvinists” and are a major antifa nemesis. Portland antifa, who organized a counterprotest, issued a statement warning about the event that criticized Ngo by name.

The stage was set for a major confrontation between Ngo and antifa. And when he showed up at their event over the weekend, that’s exactly what happened.

What the right and left narratives of the attack reveal

The attack on Ngo appeared to be taking place at a left-wing counter-rally to the Proud Boys event. It was a march, and while there was at least one scuffle between left-wingers and Proud Boys at one point, the situation where Ngo was filming with his GoPro did not appear violent prior to the attack on him.

The footage is only 30 seconds long, so it doesn’t show whether Ngo was antagonizing the demonstrators in some other way. But if you watch it, Ngo clearly comes across as the victim of an attack:

Ngo was recognized by the crowd, as people yell things like, “Fuck you, Andy Ngo!” He was punched without any attempt to retaliate, covering his face with his hands in a defensive posture. You can see him being hit with a milkshake (a common tactic used against right-wing figures in the UK), egged, and sprayed with silly string.

Footage from the aftermath, taken by Ngo himself, shows his face battered and bloody. According to a statement by Quillette’s editors, the attack produced “a brain hemorrhage that required Ngo’s overnight hospitalization.”

It’s important to reiterate: Beating people up is reprehensible. Whoever punched Ngo, antifa or otherwise, committed a crime.

The right/center and left narratives go beyond that central point to claim Saturday’s events for their team. In the process, they tend to distort the facts, trying to make it fit their worldview when it doesn’t quite conform.

CNN’s Jake Tapper, for example, argued that this was part of a broader pattern of antifa violence — retweeting an interview with Ngo in which he compares antifa to the neo-Nazi who killed Heather Heyer in Charlottesville in 2017.

But antifa has not committed a single murder, at least that we’re aware of. We don’t yet have proof that the people who assaulted Ngo were antifa members (though it seems likely given their history). And the attack on Ngo seems less like a part of a broader pattern of attacks on journalists than it does part of a specific feud between Portland antifa and Ngo; they didn’t appear to target other journalists at the rally in the same fashion (which doesn’t excuse the attack on Ngo).

The problem with this narrative is not that antifa is blameless. Some of its members clearly have crossed the line. It’s that hyping the threat they pose paints a decentralized group with a broad and simple brush, and contributes to a disproportionate right-wing panic in the process.

Portland police, based on a theory developed by one officer, tweeted that the milkshakes being thrown by protesters may have been mixed with quick-dry cement. There is at best flimsy evidence for this claim, which is hard to believe as a matter of sheer physics (sugar slows the process of concrete setting). There’s also footage of people drinking the milkshakes, which you wouldn’t do if it were a hidden cement vector. But that didn’t stop the quick-dry cement claim from being reported as fact in right-wing outlets, including Fox News.

This is part of a broader narrative, largely sold on the right, designed to paint antifa as an equal-and-opposite number to neo-Nazi groups — Fox’s Laura Ingraham has even proposed labeling antifa as terrorists. The idea is to paint a picture of symmetrical radicalization, one in which both sides have extremist flanks that pose a major threat to civil peace.

But that’s simply inaccurate. As bad as antifa’s transgressions have been, the far right has been worse. There is no antifa equivalent to Heyer’s murder, or the Charleston church shooting, or the attack on a Pittsburgh synagogue. Antifa has no relationship with the Democratic Party nor do its members really support the party; alt-right activists are Trump fans, and at times seem to get tacit support from the White House (again, see Charlottesville). A national focus on antifa can distract from the much greater problem of far-right extremism — as watchdog groups have argued.

“All forms of antifa violence are problematic,” the Anti-Defamation League, a Jewish anti-hate group, writes in its primer on the group. “That said, it is important to reject attempts to claim equivalence between the antifa and the white supremacist groups they oppose.” The guide continues:

Antifa reject racism but use unacceptable tactics. White supremacists use even more extreme violence to spread their ideologies of hate, to intimidate ethnic minorities, and undermine democratic norms. Right-wing extremists have been one of the largest and most consistent sources of domestic terror incidents in the United States for many years; they have murdered hundreds of people in this country over the last ten years alone. To date, there have not been any known antifa-related murders.

But the left-wing narrative of events where Ngo is the real villain has serious problems too. It’s indicative of a hunger on the left, amid administration horrors like child detention camps and the scary rise in far-right non-state violence, to create a “with us or against us” mentality.

It’s fine to dislike Ngo’s journalism (I do), and to argue that he has intentionally antagonized antifa in order to provoke them. But just because Ngo has filmed Portland leftists, or even doxxed them, doesn’t mean they are justified in using physical force against him.

Antifa members aren’t morally inert forces of nature. They have agency, and they don’t need to respond to Ngo’s antagonism with violence. The fact that some in the group seem to have done so exposes that some who identify as antifa aren’t nearly as purely anti-fascist as they want observers to think. Antifa may oppose the alt-right first and foremost, but members direct their clashes at a broader set of targets than anyone who can fairly be called a “fascist.”

There’s also a strange meme emerging in some antifa-sympathetic quarters that Ngo is somehow “not a journalist.”

This is clearly incorrect. Ngo is a writer and photographer who contributes to journalistic outlets. That’s journalism, even if you don’t like the content.

Street confrontations and the culture war

The divergent interpretations of the Ngo situation, based on limited evidence, reminds me of the Covington Catholic controversy in January.

In that incident, a short viral video showed a group of white teens in “Make America Great Again” hats surrounding a small group of Native American demonstrators, including an elder from the Omaha tribe named Nathan Phillips. One of the kids, identified as Covington Catholic High School student Nick Sandmann, stands in Phillips’s face and smirks, unaffected by the drumming. It looks like a straightforward story of privileged racist white kids harassing a peaceful Native protester.

But shortly after the clip went viral, to universal and at times vitriolic condemnation, a pushback began in right-of-center media. Some argued that mainstream media and left-wing activists alike were being unfair to the kids, who were actually defending themselves from insults and harassment from a separate group of protesters, members of the fringe Black Israelite movement.

There was far more footage of this incident than the Ngo one, yet it was difficult to be certain which side had a more accurate read of the situation. It’s clear some of the kids were confused by Phillips; it’s equally clear some of the kids were making racist gestures. We don’t know what was in Sandmann’s head when he was standing in front of Phillips.

But the Covington incident dominated American politics for days because both sides saw what they wanted to in the footage. The left, which sees white supremacy as one of its fundamental enemies, was quick — in some cases, too quick — to identify Sandmann and his classmates as villains.

The right’s reaction, in turn, revealed several of its core assumptions that white Christians are persecuted minorities, that overzealous social justice warriors represent an existential threat to a free society, and that the media is on their enemies’ side.

A related dynamic seems to be shaping up in the Ngo case: The right sees proof that the left is radicalizing, a threat to them and their safety, and hypes up the risk they pose. The left sees a hostile journalist trying to gin up sympathy and dollars via his Patreon account, and warns that he’s trying to trick the public into excusing his anti-left propaganda work.

It’s never been easier to capture footage of a confrontation at a rally or other public event. Social media, particularly Twitter, can amplify an ideologically particular interpretation of events before all the evidence is in — allowing a contradictory narrative to form on the other side in response, highlighting its own selective interpretation of what happened.

This is particularly likely to happen at heated events like protests. As the New York Times’s Charlie Warzel points out, Ngo is not the only person who goes to such events with the intent of filming something notable:

But we know, as filmmakers long have, that footage doesn’t convey the objective reality of a situation; it reveals certain things and obscures others. Moreover, the meaning of filmed events is entirely open to contestation. The mere fact that Ngo was assaulted doesn’t say what the meaning of that assault is, or what the broader context is that’s necessary to understand it.

The result is a never-ending stream of Rorschach test controversies pushed on social media, in which either the meaning of events on film or even the very facts of what’s being depicted are litigated endlessly and tied to our right-versus-left culture war.

The attack on Andy Ngo is not the first situation where political factions have used a high-profile video to claim that the other side is the real threat to the public — nor will it be the last.

Voir par ailleurs:

Trump is a pit bull fighting for America: Devine

The New York Post

Quick! Get out the smelling salts for all the faint hearts hyperventilating about President Trump’s “lack of decorum” at Tuesday night’s debate.

Did they really expect him to play by Marquess of Queensberry rules?

Jake Tapper on CNN lamented that a friend’s sixth-grade daughter “burst into tears, had to run to bed” because she was “so appalled” by Trump’s behavior.

Debate reviews by media bien pensants were summarized in a Joe Biden campaign email Wednesday morning, titled, “Trump Blew it, Bigly.”

It quoted columnists at the Washington Post and the New York Times excoriating Trump’s “nihilism,” “norm-busting” and “nasty, unsettling meanness.”

Never-Trumper Max Boot was typical: “Trump showed no respect for time limits, human decency or the truth.”

Frank Bruni’s take at the Times was: “After that fiasco, Biden should refuse to debate Trump again.”

Entertainer Bette Midler took to Twitter to call Trump “a pig” and demand “a kill switch on the microphone or there’s no reason to do this again.”

Bob Woodward told MSNBC that Trump “is assassinating the presidency.”

Mika Brzezinski was apoplectic: “Why in the hell should [Biden] get back on stage with that fool.”

Sure enough, the Commission on Presidential Debates announced Wednesday that future moderators will be given a kill switch to cut candidates’ microphones.

But if Democrats are so certain their man won, why are they so anxious for him not to participate in more debates, and why do they want a kill switch to control the ­debaters?

As for all the sad sacks in the ­media lamenting Trump’s trampling of “norms,” what have they been doing the past four years but trashing norms by promoting rancid lies about the president, lies pursued by the FBI and CIA to strangle his presidency at birth.

In any case, the Democratic candidate supposedly running a “decorum” ticket let loose a string of Tourette’s-style schoolyard insults, calling the president a “liar,” “fool,” “clown,” “racist” and “stupid.”

“Shut up, man,” said Biden.

Trump’s goading succeeded in ripping off Biden’s “nice guy” mask and forcing him to fight in the ­gutter.

Instinctively, or deliberately, the president engaged in a winning fighting strategy deployed by the best national rugby team in the world, New Zealand’s All Blacks. They come out hard in the first phase of the game, using sheer brute violence to probe their opponents’ weaknesses. It’s not pretty but it’s effective if your goal is to win.

So if Biden gives it his best effort in the next two debates rather than using Trump’s lack of decorum as an excuse not to engage, then you’ll see the president calibrating his ­attacks to zero in on Biden’s vulnerabilities.

Sure, the debate was a chaotic mess. But the emotional takeaway was this: In a turbulent world with circling predators like Chinese President Xi Jinping, whom do you want defending America? An aggressive pit bull who will do anything to win, or a smirking milquetoast hurling schoolyard insults.

This view probably is behind the fact that 66 percent of Spanish-speaking viewers of Telemundo judged Trump the winner of the debate, the opposite result of similar insta-polls on CNN and CBS News.

After all, if you’ve lived through a socialist dictatorship or MS-13 tyranny, you appreciate a tough leader to protect you.

Americans voted for Trump in 2016 precisely because he is a pit bull, a barbarian, a gun-slinger they hired to fight the dirty left, drain the swamp, bring back their jobs from China and stand up for the flag, family and common sense.

They don’t care that he doesn’t act “presidential” as long as he fights for them.

Of course, it would have been better for the president to tone down the interruptions and give Biden enough slack to lose his train of thought and say something ridiculous, as he usually does when talking without a teleprompter.

But we should not be surprised by the rancor of the debate.

It reflects the rancor tearing apart this country, pitting neighbor against neighbor, children against parents, friend against friend.

You can see it in the street in Scranton, Pa., where Biden spent his first 10 years.

At first sight, tree-lined North Washington Avenue is an all-Democrat enclave, with a “Biden 2020” or “Scranton Loves Joe” yard sign in front of about every third house.

But that’s not because Trump supporters don’t live on the street. It’s because their signs get stolen.

“A lot of people here are under the radar,” says financial planner Tom Moran, 61, whose Dutch Tudor home down the road from Biden’s childhood home is adorned with a giant Trump flag.

“I know at least 25 people on the street who are Trump supporters, but they don’t have signs up.”

He has lost three signs and neighbors down the road have lost two. The only other Trump sign on the street is tucked safely behind a window.

“It’s been a constant battle and when you have the signs out, there’s an intimidation factor.”

The animosity between Trump’s and Biden’s supporters is like nothing he’s seen before.

“My wife and my 3-year-old daughter have been outside, and guys have driven by and rolled their window down and yelled obscenities. It’s disgusting but it’s just the kind of crappy stuff that’s happening.

“My daughter’s been isolated from the neighbors’ kids. Last summer they were all playing together. This summer they won’t play with her.

“It is mean. I can’t explain it but this is the behavior we’re seeing.”

As we speak, a neighbor walks by with his dog, raises his fist and yells, “Trump all the way. Biden is a loser.”

It’s not the fault of the president or Biden or moderator Chris Wallace that Tuesday’s debate was an acrimonious shambles.

It’s the way the country is right now.

Voir aussi:

‘Will You Shut Up, Man?’

Amazing that just five words from the debate may tip voters who are undecided between Joe Biden and Donald Trump.

The Wall Street Journal

A reader emailed me before dawn Wednesday to say that in more than 60 years of presidential debates, he had never seen anything like what happened hours earlier. Yes, it’s true, we’re still in Trump Land, Toto.

One can imagine analysis will arrive from Trump Land that blowing up the debate was Mr. Trump’s plan going in. What other than a thought-out strategy, perhaps to capture the so-called secret Trump voters, could explain the president dynamiting it from start to finish?

Conventional wisdom is that because it was a debacle, the debate didn’t change any minds. But the high percentage of committed party-line voters has been a reality for months. Other than driving turnout from a polarized electorate, these presidential debates are about winning at the margin by pulling over undecided or leaning voters.

This especially includes women, with whom Mr. Trump lately has been underwater and sinking in battleground-state polls. Here’s guessing few women migrated to the Trump column Tuesday evening.

The second, policy-based prong is to drive the perception of Mr. Trump that is freshest in the public’s mind—that he mishandled the coronavirus, the biggest public-health threat of our lifetimes. Set aside how little the reality comports with this charge. Reality is irrelevant to an opposition election strategy.

Polls have put public disapproval of Mr. Trump on the virus at nearly 57%, a high number given that most governors have strong approval ratings on the virus. This is almost entirely a function of the early, ill-run coronavirus news conferences, which consisted mainly of Mr. Trump promoting himself and picking fights with reporters, when the country was tuning in daily for straight information about the emerging crisis. If Mr. Trump loses, those press conferences will be the straw that did it.

Central to the Biden team’s strategy is their recognition that Mr. Trump’s Achilles’ heel is personal criticism. He can’t take it. Ever. His instinct to crack back is hair-trigger.

This worked for him in the 2016 GOP primary debates against Low Energy Jeb, Lyin’ Ted, Little Marco and the rest. It sort of worked because the jammed stage minimized his time on target. Though not to everyone’s taste, his primary debate performances established Mr. Trump in many voters’ minds as the Anti-Politician.

The crack-back compulsion continued with the White House press corps, and in time became less amusing. Instead of opportunities to explain his policies, the exchanges turned into tiresome, predictable cat fights. Goading Mr. Trump became a press routine, like working out at the gym.

Mr. Trump has been called, not without justification, a necessary bull in the dusty china shop of politics. But Tuesday night he looked like a bull on the floor of an arena, tiring and turning first to face picador Chris Wallace and then lurching back at Mr. Biden’s toreador. It got hard to watch.

Mr. Biden proved he isn’t Mel Brooks’s 2,000-year-old man, but he is an aging politician, unable to sustain a normal campaign and struggling to reconcile or explain his party’s abrupt drift to the edge of socialism. But with 47 years in the trenches, Mr. Biden is a political pro, which means being case-hardened against personal criticism.

The debate was 90 minutes of maybe the only thing Joe Biden is still good at—parrying attacks, whether from former presidential candidate Kamala Harris or Mr. Trump. When Mr. Trump finally played the Hunter Biden card and “cocaine use,” Mr. Biden said his son, “like a lot of people at home,” was fixing the problem—and millions of moms nodded in sympathy.

Mr. Biden ran through his talking points, however preposterous, such as suggesting cops take along a psychiatrist on 911 calls. The biggest Biden vulnerability came when he asserted, “You can’t fix the economy until you fix the Covid crisis.” Lockdowns to the horizon.

The president’s response—that people want their schools and restaurants open and that he restarted Big Ten football—was OK but not enough on an issue central to his re-election.

Mr. Trump has a good story to tell. The speakers at the impressive GOP convention created a narrative template for the campaign, but that story wasn’t told Tuesday night.

When asked to address race in the U.S., giving Mr. Trump a chance to talk about his prison releases and minority job creation, he segued into a 25-year-old anecdote about Mr. Biden and “superpredators.” Even sympathetic voters have difficulty absorbing a good political record if it’s conveyed to them in random semi-soundbites.

This first presidential debate will be remembered for five words: “Will you shut up, man?” Amazing to think that may be what turns deciding votes in this election.

Voir également:

Trump Has Condemned White Supremacists

Former Vice President Joe Biden wrongly claimed President Donald Trump has “yet once to condemn white supremacy, the neo-Nazis.”

Trump drew criticism for his condemnation of “hatred, bigotry and violence on many sides” after a rally organized by a white nationalist in Charlottesville in 2017, and for saying there were “very fine people on both sides.” But, contrary to Biden’s claim, the president twice specifically condemned white supremacists and neo-Nazis, and he has repeated that condemnation since.

On ABC’s “This Week,” Biden was asked what the consequences would be of a Trump victory in 2020. Biden responded that Trump would “go on dividing us based on race.”

Biden, Feb. 9: George, I, honest to God believe, they’re going to change the nature of who we are for a long, long time. Our children are listening. The idea — the man who can belittle people, go on dividing us based on race, religion, ethnicity, based on all the things that, in fact, make up America is just incredibly divisive. You see these white supremacists coming out from under the rocks. He’s yet once to condemn white supremacy, the neo-Nazis. He hasn’t condemned a darn thing. He has given them oxygen. And that’s what’s going to continue to happen. That’s who this guy is. He has no basic American values — he doesn’t understand the American code.

Biden has said that Trump’s comments in the aftermath of the Charlottesville rally convinced him to run for president. In a video announcing his candidacy, Biden said Trump’s “very fine people on both sides” comment “assigned a moral equivalence between those spreading hate and those with the courage to stand against it” and “shocked the conscience of the nation.”

Trump has said his “very fine people” comment referred not to white supremacists and neo-Nazis but to “people that went because they felt very strongly about the monument to Robert E. Lee — a great general, whether you like it or not.” Some have argued that explanation doesn’t hold up, because Trump referred in that statement to a protest “the night before” when — it was widely reported white nationalists burned tiki torches and chanted anti-Semitic and white nationalist slogans. We’ll leave it to readers to make up their minds on Trump’s remarks, but Biden’s comment that Trump has “yet once to condemn white supremacy” is not accurate.

Let’s revisit Trump’s comments in the days after the Charlottesville rally. That rally turned violent, and one person, Heather Heyer, was killed and many others injured, when a man with a history of making racist comments plowed his car into a group of counterprotesters.

The day of that incident Trump said, “We condemn in the strongest possible terms this egregious display of hatred, bigotry and violence, on many sides. On many sides.” Trump said he had spoken to Virginia Gov. Terry McAuliffe, and “we agreed that the hate and the division must stop, and must stop right now. We have to come together as Americans with love for our nation and true affection — really — and I say this so strongly — true affection for each other.”

Two days later, on Aug. 14, 2017, Trump issued a statement from the White House, and referred to “KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans.”

Trump, Aug. 14, 2017: As I said on Saturday, we condemn in the strongest possible terms this egregious display of hatred, bigotry, and violence. It has no place in America.

And as I have said many times before: No matter the color of our skin, we all live under the same laws, we all salute the same great flag, and we are all made by the same almighty God. We must love each other, show affection for each other, and unite together in condemnation of hatred, bigotry, and violence. We must rediscover the bonds of love and loyalty that bring us together as Americans.

Racism is evil. And those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans.

We are a nation founded on the truth that all of us are created equal. We are equal in the eyes of our Creator. We are equal under the law. And we are equal under our Constitution. Those who spread violence in the name of bigotry strike at the very core of America.

During a press conference the following day, Aug. 15, 2017, Trump explained his initial “many sides” comment.

“You had a group on one side that was bad,” Trump said. “And you had a group on the other side that was also very violent.” He added, “I’ve condemned neo-Nazis. I’ve condemned many different groups, but not all of those people were neo-Nazis, believe me. Not all of those people were white supremacists by any stretch.”

Here’s the relevant portion when the president said some in the group protesting the removal of the Lee statue were “very fine people”:

Reporter, Aug. 15, 2017: You said there was hatred, there was violence on both sides …

Trump: Well, I do think there’s blame – yes, I think there’s blame on both sides. You look at, you look at both sides. I think there’s blame on both sides, and I have no doubt about it, and you don’t have any doubt about it either. And, and, and, and if you reported it accurately, you would say.

Reporter: The neo-Nazis started this thing. They showed up in Charlottesville. …

Trump: Excuse me, they didn’t put themselves down as neo — and you had some very bad people in that group. But you also had people that were very fine people on both sides. You had people in that group – excuse me, excuse me. I saw the same pictures as you did. You had people in that group that were there to protest the taking down, of to them, a very, very important statue and the renaming of a park from Robert E. Lee to another name. …

It’s fine, you’re changing history, you’re changing culture, and you had people – and I’m not talking about the neo-Nazis and the white nationalists, because they should be condemned totally – but you had many people in that group other than neo-Nazis and white nationalists, okay? And the press has treated them absolutely unfairly. Now, in the other group also, you had some fine people, but you also had troublemakers and you see them come with the black outfits and with the helmets and with the baseball bats – you had a lot of bad people in the other group too.

Reporter: I just didn’t understand what you were saying. You were saying the press has treated white nationalists unfairly? …

Trump: No, no. There were people in that rally, and I looked the night before. If you look, they were people protesting very quietly, the taking down of the statue of Robert E. Lee. I’m sure in that group there were some bad ones. The following day, it looked like they had some rough, bad people, neo-Nazis, white nationalists, whatever you want to call them. But you had a lot of people in that group that were there to innocently protest and very legally protest, because you know, I don’t know if you know, they had a permit. The other group didn’t have a permit. So I only tell you this: There are two sides to a story.

So, contrary to Biden’s claim that Trump has “yet once to condemn white supremacy, the neo-Nazis,” in the course of two days, Trump did it twice.

Trump, Aug. 14, 2017: Racism is evil. And those who cause violence in its name are criminals and thugs, including the KKK, neo-Nazis, white supremacists, and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans.

Trump, Aug. 15, 2017: I’m not talking about the neo-Nazis and the white nationalists, because they should be condemned totally.

Nor was that the last time Trump condemned white supremacy by name.

After nearly two dozen people were killed on Aug. 3, 2019, in a shooting at a Wal-Mart in El Paso, Trump said: “The shooter in El Paso posted a manifesto online consumed by racist hate. In one voice, our nation must condemn racism, bigotry, and white supremacy. These sinister ideologies must be defeated. Hate has no place in America. Hatred warps the mind, ravages the heart, and devours the soul. We have asked the FBI to identify all further resources they need to investigate and disrupt hate crimes and domestic terrorism — whatever they need.”

Biden said that since Trump took office, “You see these white supremacists coming out from under the rocks.” Last March, we looked into that issue, and experts told us there are a number of indicators that suggest white nationalism and white supremacy — and violence inspired by them — are on the rise, in the U.S. and around the world.

It’s Biden’s opinion that Trump’s comments have “given them oxygen,” as he said. But Biden went too far when he said Trump has “yet once to condemn white supremacy, the neo-Nazis. He hasn’t condemned a darn thing.” He has, although perhaps not as often or as quickly as Biden would like.

Voir de plus:

The original antifa had a pragmatic streak.

Oct. 31, 2020

Ever since Donald Trump became president, public officials, academics and media columnists have debated the similarities between the right-wing authoritarian turn in the United States and other countries and the history of fascism in Europe in the 1930s. The term antifascism has received comparably less public analysis, even though — in its Twitter-friendly short form “antifa” — the term has come to play a key role in this year’s electoral politics.

For Trump and his supporters on Fox News and conservative talk radio, antifa is the symbol and shorthand for urban violence and rioting, anarchist revolution and left-wing terrorism. Trump has continually relativized right-wing violence and white supremacy by shifting attention to the supposedly far greater menace of antifa. At a rally in Tampa on Thursday, Trump reminded attendees that Joe Biden had called antifa an idea, to which the president responded “No, when you get hit over the head behind your back with a baseball bat, that’s not an idea. That’s not an idea.”

At the same time, the usually loosely organized groups of left-wing protesters in Portland, Ore., and other U.S. cities that have adopted the name antifa — which the FBI indicates is nowhere as great a terrorist threat as right-wing groups — position themselves as outside the moderate liberal mainstream.

For both the right and the left, antifa connotes an uncompromising radicalism. However, a look at the historical roots of the antifa movement reveal much more prevalent strands of pragmatism, compromise and coalition-building. In some cases, the movement also reflected a surprising embrace of moderation and reconciliation. This is especially true for German antifascism between the 1930s and the early Cold War. This is noteworthy especially since Germany often provides the reference point for contemporary discussions of fascism.

Who were the original antifa? The term was used during the last months of World War II as a short form for Antifascist Committees, small resistance groups that took over local administrations in Germany in 1944 and 1945, between the collapse of the Third Reich and the establishment of the Allied occupation zones. In most cases, the core of these antifa committees, such as the National Committee Free Germany (NKFD) in Leipzig, were Communist Party cells that had survived underground in Nazi Germany. However, many antifas were local grass-roots groups that incorporated broad coalitions of social democrats, trade union activists and even conservative Hitler opponents.

The emergence of these antifa groups did not correlate to street violence, despite styling themselves as “fighting groups” and sporting revolutionary rhetoric and symbolism that harked back to the workers councils of the early Weimar Republic.

Local antifas organized rudimentary municipal administration, reconstruction and basic police functions. They provided for law and order in the absence of organized government. The most radical and revolutionary act was often the temporary takeover of factories and the establishment of workers councils — an act that led directly to the concept of Mitbestimmung (co-determination) of workers and trade union representatives in factory management in the decidedly capitalist and non-revolutionary postwar West Germany.

Rather than engaging in street fighting, the antifas distributed leaflets appealing to the unity of workers “of all parties and confessions.” The KGF in Bremen — the German acronym stood for Fighting Association against Fascism — organized neighborhood discussion groups, triggering early discussions about Germans’ complicity in the Nazi regime and its crimes — a debate that prefigured postwar Germany’s practice of Vergangenheitsbewältigung, or “coming to terms with the past.”

The local antifa in the Ruhr city of Duisburg made Nazi party members clean up bomb damage, but unlike in other European countries, there was little violence or ad hoc executions of people suspected of Nazi sympathies. This reflected the still substantial support for the regime among the population as well as the fact that non-Jewish Germans suffered much less from the Nazis than the rest of Europe, but it also testifies to a general attitude of constraint, moderation and acceptance of the rule of law. There was no resistance by any of the armed antifa “fighting groups” against their dissolution by the occupation authorities in East and West Germany in the course of 1945 and 1946.

If the original antifas in Germany were overall moderate organizations, it reminds us that antifascism — as a movement and ideology — was based on a compromise.

At the VII Comintern Congress in Moscow in 1935, Joseph Stalin rescinded his previous policy of forced noncooperation between European communist and democratic parties (a policy that bears significant responsibility for Adolf Hitler’s electoral success in 1933). After years of downplaying the threat of fascism, and of denouncing social democracy as “social fascism,” Stalin’s about-face enabled coalitions between communists, social democrats, liberals and conservatives — even former archconservatives such as the writer Thomas Mann counted themselves part of the movement.

These “popular front” coalitions and alliances helped prevent fascism from coming to power in a number of countries in the second half of the 1930s. German antifascism, in particular, flourished in exile groups that focused less on revolutionary violence than on a “cultural renewal” of humanist values, which included a reevaluation of the country’s history.

After 1945, with the beginning of the Cold War, the term “antifascism” was quickly co-opted and instrumentalized by the Soviet-controlled regimes in Eastern Europe, with many former antifascists falling victim to show trials and purges. The inclusive and nonpartisan antifascism of the prewar and World War II period did not fit into a Stalinist system that was based on the power monopoly of communist parties.

In the German Democratic Republic (East Germany), antifascism became a rhetorical device that legitimized the ruling party’s claim to moral superiority over its Western counterpart — the official GDR term for the Berlin Wall constructed in 1961 was “anti-fascist protection wall.” This affected the memory — or lack of it — of the short-lived antifa groups during the Cold War. Largely ignored or forgotten in the West, they were selectively memorialized and glorified as precursors to communist rule in the East, with their history of diversity and inclusion suppressed.

But this should not let us forget that the original antifa were neither the terrorist arsonists of Trump’s propaganda nor uncompromising, dogmatic revolutionaries rejecting any liberal compromises. The authoritarian sympathies of Trump and the Republican Party fall short of the fascism of the 1930s, but it is safe to say that the success of the Biden and Harris campaign will depend on the kinds of compromise and undogmatic coalition-building that characterized the original antifa of 80 years ago. Trump’s desperate attempts to tie Biden to the term “antifa” thus contains an ironic and unintended grain of truth.

Voir aussi:

Qui sont les «Proud Boys», que Donald Trump appelle à se tenir «prêts»?

Interrogé lors du débat avec Joe Biden sur le nationalisme blanc, le président américain a adressé un message à l’organisation d’extrême droite: «Proud Boys, mettez-vous en retrait, tenez-vous prêts».

Stanislas Poyet

30 septembre 2020

Alors que le présentateur lui demandait s’il condamnait les suprémacistes blancs lors de son premier débat face à Joe Biden, Donald Trump s’est fendu d’une réponse énigmatique. «Proud Boys, mettez-vous en retrait, tenez-vous prêts», a déclaré le président des États-Unis, avant d’accuser les milices antifa d’extrême gauche de l’essentiel des violences observées en manifestation. Il a finalement fait volte-face mercredi appelant les milices d’extrême droite à «laisser la police faire son travail». «Je ne sais pas qui sont les Proud Boys», a-t-il également affirmé.

Alors, qui sont ces «Proud boys» («fiers garçons», en anglais) dont Donald Trump a fait mention? Il s’agit d’une organisation d’extrême droite américaine, qui se décrit comme une fraternité, un «club d’homme», qui assume ses positions pro-Trump. L’organisation a été décrite comme «un groupe de haine» par le Southern Poverty Law Center, une association qui observe les groupes d’extrême droite.

Fin novembre 2018, il a été rapporté, sur la base d’une note interne de la police du comté de Clark, que le FBI avait classé les «Proud Boys» comme «un groupe extrémiste lié au nationalisme blanc». L’information a été plus tard démentie par un responsable du FBI, précisant que la police fédérale américaine surveillait simplement ce groupe.

Violence, misogynie et arme à feu

Les «Proud Boys» cultivent un idéal de force, largement emprunt de misogynie, et de racisme – ce dont ils se défendent. Le groupe s’adresse aux hommes qui «refusent de s’excuser d’avoir créé le monde moderne». Il défend le port d’armes à feu, «l’entreprenariat» et la «femme au foyer», tout en s’opposant au «politiquement correct» et à l’immigration.

Pour défendre les «valeurs occidentales», les «Proud Boys» revendiquent le recours à la violence. «Je veux de la violence, je veux des coups de poing au visage. Je suis déçu que les partisans de Trump n’aient pas suffisamment frappé», déclarait ainsi Gavin McInnes, le fondateur du groupe. Pour Heidi Beirich, directrice du projet de renseignement pour le Southern Poverty Law Center, assumer la violence à ce point n’est pas commun chez les groupes d’extrême droite.

Je veux de la violence, je veux des coups de poing au visage. Je suis déçu que les partisans de Trump n’aient pas suffisamment frappé

Gavin McInnes, fondateur des «Proud Boys»

Selon le rapport interne de la police du comté de Clark se référant au FBI, le groupe «a contribué à l’escalade récente de la violence lors de rassemblements politiques organisés sur les campus universitaires et dans des villes comme Charlottesville, Virginie, Portland, Oregon et Seattle, Washington».

«Hipster raciste»

Le média américain Vox a affublé les «Proud boys» du sobriquet de «hipster racistes». Le mouvement tient en effet fortement à la personnalité charismatique et fantasque de son fondateur, Gavin McInnes, un canado-britannique résidant au États-Unis, considéré comme l’un des initiateurs du mouvement hipster, qui cofonda le magazine Vice en 1994. En 2018, il quitte officiellement la présidence du groupe, mais il y reste fortement impliqué.

S’ils ne portent pas à proprement parler d’uniformes, les «Proud Boys» se reconnaissent à leurs polos de la marque Fred Perry noirs et jaunes. La marque, déjà primée par les groupes skinhead, a plusieurs fois jugé nécessaire de se démarquer du groupe, en demandant à ses membres de cesser de porter leurs polos. En septembre 2020, Fred Perry a annoncé qu’il cessait de vendre ses polos noirs et jaunes en Amérique du Nord et au Canada.

Ce mardi, le noir et le jaune se retrouvaient sur les pages Facebook «Proud Boys». L’adresse de Donald Trump lors du débat a été récupérée pour en faire un logo: «Stand Back, Stand By», «Reculez, tenez-vous prêts».

Voir également:

Aux Etats-Unis, les Proud Boys, miliciens d’extrême droite, fiers d’être cités par le président

Donald Trump leur a enjoint, lors du débat télévisé de mardi soir, de se « mettre en retrait » et de « se tenir prêt ».

Corine Lesnes

Le Monde

30 septembre 2020

Les membres de la milice d’extrême droite des Proud Boys n’ont pas été peu fiers de s’entendre donner des consignes par le président des Etats-Unis. Pendant son débat contre Joe Biden, mardi 29 septembre, Donald Trump a été invité par le modérateur Chris Wallace à répudier solennellement la violence d’extrême droite. « Etes-vous prêt ce soir à condamner les suprémacistes blancs et les milices et à dire qu’ils doivent rentrer dans le rang et ne pas ajouter à la violence ? », a invité le journaliste.

« J’y suis tout à fait disposé », a répondu M. Trump, avant d’ajouter que la violence émanait surtout de l’extrême gauche, « et non de l’aile droite ». Le présentateur ayant insisté, le président a fait mine de s’exécuter et, puisque Joe Biden avait mentionné les Proud Boys, c’est à eux qu’il s’est adressé : « Proud Boys, mettez-vous en retrait et tenez-vous prêts », a-t-il lancé. « Mais il faut que quelqu’un fasse quelque chose au sujet de ces antifas et de la gauche. Ce n’est pas un problème de l’aile droite. C’est la gauche. » La mouvance d’extrême gauche, dite antifa, a été rendue responsable de nombre de violences urbaines, notamment à Portland (Oregon) en marge des manifestations antiracistes de Black Lives Matter.

Le débat présidentiel n’était pas encore terminé que les membres du groupe célébraient, sur les réseaux sociaux, cette légitimation qualifiée d’« historique ». Quelques heures plus tard l’expression de M. Trump – « stand back and stand by » – était ajoutée au logo des « Boys ». « Ce que le président a dit, c’est qu’on pouvait se payer » les antifas, a commenté sur Twitter Joe Biggs, l’une des figures du groupe, en se déclarant « ravi » de poursuivre l’affrontement. « Sir, a-t-il ajouté, emphatique. Nous sommes prêts ! »

« Caravanes pour Trump »

Les Proud Boys, groupuscule qui n’accepte pas de femmes, fondé en 2016 par le cofondateur de Vice Media Gavin McInnes, en même temps que l’apparition de la mouvance identitaire, nationaliste et islamophobe de l’alt-right, pour « alternative right », sont considérés comme un « groupe de haine » (« hate group ») par le SPLC (Southern Poverty Law Center), qui fait autorité dans l’analyse des extrémistes. Jusqu’à la victoire de M. Trump, ils se cantonnaient à une présence sur Internet. Cette année, ils font bruyamment campagne pour la réélection du républicain. Pendant l’été, ils ont organisé des « caravanes pour Trump », cortèges de 4 × 4 qu’ils aiment amener, armés de fusils d’assaut ou de paintballs, au cœur des villes progressistes.

Ce n’est pas la première fois que le président manifeste de l’indulgence pour l’extrême droite. Après les affrontements de Charlottesville, en Virginie, en août 2017 lors d’une manifestation à laquelle avaient participé les mêmes Proud Boys, il avait renvoyé suprémacistes blancs et manifestants antiracistes dos à dos, estimant qu’il y avait « des gens bien des deux côtés ». Alors que la société américaine accepte de plus en plus largement l’idée de racisme structurel, le débat de mardi a montré que Donald Trump n’avait pas évolué.

Voir par ailleurs:

Are Anarchists for Real

Or just a sideshow barometer for social breakage?

Jeremy Lee Quinn

Public report

September 17, 2020

Establishment media still continues to overlook trending Anarchist black bloc tactics especially in DC, Portland & Seattle with satellite activity in Denver, Sacramento and San Diego.

AdBusters – Blackspot, the Vancouver collective that organized Occupy Wall Street, announced over the summer big plans for a DC Occupation.

But aligned groups & Northwest elements of Insurrectionary Anarchism have yet to join in. Do Anarchists have the cohesion and apparatus outside of BLM for anything other than constant agitation from within?

NOTE: We’ve been undercover marching with self described Insurrectionary Anarchists in DC, Seattle, Portland & beyond.

So yes. They’re real – but localized without a major event to capitalize on. Insurrectionary Anarchist ideology & rhetoric however has permeated into the social justice movement with blazing efficiency.

Voir aussi:

Loi travail: les groupes antifascistes de l’ultragauche au devant de la scène

  • AFP/La Croix

«Plus politisés» et «plus composites» qu’autrefois, selon le chercheur Jacques Leclercq, les groupes antifascistes de l’ultragauche, peu nombreux mais parfois très violents, sont revenus au devant de la scène avec la mobilisation contre la loi travail.

Depuis la première manifestation contre le projet de loi El Khomri le 9 mars, ces militants de l’ultragauche n’ont cessé de faire parler d’eux. Ils prennent systématiquement la tête des cortèges parisiens, sous l’oeil parfois agacé des traditionnelles organisations syndicales (CGT, FO, Unef…), et scandent des slogans hostiles aux forces de l’ordre comme: «Tout le monde déteste la police».

«C’est une sphère très difficile à cerner, qui a parfois des réactions surréalistes et des actions très violentes», explique Jacques Leclercq, auteur de l’ouvrage «Ultragauche, autonomes, émeutiers et insurrectionnels», dans un entretien avec l’AFP. On les reconnait à leur «dress code»: «des vêtements noirs, des bottes hautes… Comme les militants de l’extrême droite, à la différence que les gauchistes ont des lacets rouges et les autres, des lacets blancs».

Ils semblent peu nombreux, mais leurs actions (vitrines cassées, murs tagués, pavés arrachés, voitures vandalisées) en marge des manifestations et leurs échauffourées avec les forces de l’ordre viennent régulièrement brouiller le message des syndicats.

Sur leur site, les «antifas» de l’AFPB (Antifascistes Paris Banlieue) se disent «dans le viseur du ministère de l’Intérieur».

Un épisode violent a de fait marqué les esprits. Alors que des policiers manifestent à Paris le 18 mai contre «la haine anti-flics» de plus en plus répandue selon eux lors de la mobilisation contre la loi travail, une poignée d’autonomes s’en prennent à une voiture de police, d’où deux agents sortiront légèrement blessés.

Les vidéos montrent plusieurs personnes cagoulées jetant de lourds projectiles sur le véhicule, cherchant à frapper l’un des deux policiers, puis tirant un fumigène dans l’habitacle avant que le voiture s’embrase. Des suspects mis en examen dans cette affaire sont des membres connus de la mouvance des «antifas».

«Ce sont des militants chevronnés, proches des milieux libertaires et anarchistes, qui viennent des ZAD (Zones à défendre, ndlr) de Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Turin… et que l’on voit aujourd’hui aux avant-postes des manifestations sauvages», explique Jacques Leclercq.

– «Un cycle offensif» –

Sur leur site, ces militants se présentent avant tout comme «une organisation antifasciste et anticapitaliste». Une définition assez large, qui permet d’attirer vers eux «pour la première fois (…) des militants traditionnels, d’associations de gauche, des syndicalistes ou des écologistes mobilisés contre la COP21».

Une alliance entamée avec l’instauration de l’état d’urgence, lors des attentats du 13 novembre, et qui se poursuit à travers la mobilisation sociale. «Cette ultragauche est à l’affût de toutes les luttes: il y a trente ans, les redskins tapaient contre les fascistes, au début des années 2000 on retrouvait ces groupes sur les manifestations contre les sommets gouvernementaux et aujourd’hui, ils se rassemblent contre la loi travail».

C’est aussi le résultat des rassemblements successifs contre le CPE (2006), pour les retraites (2010) ou, plus récemment, pour les migrants. «Même si ce ne sont pas les mêmes générations militantes qui agissent, il y a eu comme un passage de témoin», observe Jacques Leclercq.

A deux ans du premier cinquantenaire de «Mai 68», le chercheur relève que «beaucoup de slogans, d’affiches de cette époque sont repris aujourd’hui dans les cortèges» avec des appels pour les «grèves, blocages et manifestations sauvages».

Alors qu’on croyait le mouvement antifasciste «atone» depuis le décès d’un de ses membres, Clément Méric, il y a trois ans, le 5 juin 2013 au cours d’une bagarre avec des skins d’extrême droite, l’ultragauche reprend des couleurs.

«Globalement, les antifascistes d’aujourd’hui sont moins violents, plus politisés et plus composites que dans les années 80», relève le chercheur. «Ils sont souvent surdiplômés», viennent de «milieux plus bourgeois» mais «ne trouvent pas de raison d’être à travers le travail».

La société plonge avec eux dans «un cycle offensif»: «une action violente, suivie d’une répression forte». L’ultragauche cherche ainsi «à créer plus de solidarité entre groupes, et recruter de nouveaux milit