Cyberattaques: Le pire est devant nous (Behind the world’s largest state criminal organization, an open-air gulag and a largely indifferent free world)

22 mai, 2017
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Le jour où la Corée du nord s’effondrera, on découvrira un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire, avec des survivants dont les récits feront honte au monde libre. Et l’on s’interrogera alors sur les raisons pour lesquelles les informations n’ont pas conduit à rompre les relations diplomatiques et à demander des comptes à Pyong Yang. Thérèse Delpech
En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique. L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord. Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir: «Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé», «La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu?», «Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle «insolite». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International. La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche-à-oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme à nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues. Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas «Le monde est dangereux» comme souvent les articles des pages International, mais plutôt «Le monde est fou». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du «royaume de l’absurde». (…) L’info buzz jubile de ce moment où la réalité dépasse la fiction, où une news sur Kim Jong-un devient plus drôle que The Interview, le film de Seth Rogen sur la Corée du Nord, où LeMonde.fr peut rivaliser avec le Gorafi. La Corée du Nord est reléguée au rayon buzz car les images qui nous arrivent du pays, via la propagande nord-coréenne, sont celle d’un grand Disneyland, un décor de carton-pâte dans lequel évolue le poupin Kim Jong-un. C’est une leçon pour les communicants de toute la planète: pour que les médias reprennent un message, il suffit de les penser comme une scène de mauvais téléfilm, organisé autour d’une figure reconnue de la culture pop, comme l’est Kim-Jong-un. Il faut être le moins crédible, le plus proche de la fiction, pour que l’info buzz s’en empare. Vincent Glad
Located in a heavily guarded concrete building in downtown Pyongyang, Bureau No. 39 is the nerve center of North Korea’s state-run network of international crime. Its official name is Central Committee Bureau 39 of the Korean Workers’ Party. The authors refer to it by what Bechtol says is the more accurately nuanced translation of “Office No. 39.” The mission of Office No. 39 is to generate torrents of cash for North Korean ruler Kim Jong Il, by way of illicit activities abroad. Favorite rackets include international trafficking of drugs produced under state supervision in North Korea, and state production and laundering into world markets of counterfeit U.S. currency, and cigarettes. Such activities are tied directly to the survival of Kim’s regime. The authors report “the crimes organized by Office No. 39 are committed beyond the borders of North Korea by the regime itself, not solely for the personal enrichment of the leadership, but to prop up its armed forces and to fund its military programs.” What sets Office No. 39 apart from more pedestrian political corruption or organized crime is that this operation is not some wayward private gang or unauthorized appendage of government. It is an integral and institutionalized part of the North Korean regime. As such, it enjoys the perquisites and protective trappings of the modern nation-state, including the use of North Korean embassies and state-run businesses abroad, and the reluctance of other nations to intervene in the sovereign affairs of North Korea. Office No. 39 is directly tied to Kim himself, who set it up way back in 1974, when his father, Kim Il Sung, was still in power. The authors explain: “This office was established for the explicit purpose of running illegal activities to generate currency for the North Korean government.” Since the 1991 Soviet collapse, which ended subsidies from Moscow, Office No. 39 has become ever more important, and especially over the past 10 years, its activities have become more prolific. Office No. 39 continues to report directly to Kim, who took charge of the regime when his father died in 1994. According to a North Korean defector interviewed by the authors, Kim Kwang-Jin, who has firsthand knowledge of North Korean financial practices, Office No. 39 is also known to North Korean insiders as “the keeper of Kim’s cashbox.” Organized into 10 departments, specializing in various illicit activities, Office No. 39 serves as a slush fund through which billions of dollars have flowed over the years. In a bizarre personal touch, these funds are collected and presented periodically to Kim in aggregate amounts, labeled “revolutionary funds,” on such special occasions as his official birthday, Feb. 12, or the birthday of his late father, Kim Il Sung, April 15th. This money is not spent on easing the miseries of millions of repressed and famished North Koreans. That effort–from which Kim also has a record of appropriating resources to sustain his regime–is left to the likes of international donors, contributing via outfits such as the United Nations. The authors explain that the profits of Bureau 39 help swell the offshore bank accounts of Kim’s regime, used not only to pay for his luxurious lifestyle, but to buy the loyalties and materials that underpin his totalitarian, nuclear-entwined military state … Claudia Rosett
En dépit de leur rhétorique sur le besoin pressant de développer un arsenal nucléaire, la plus grande priorité des dirigeants nord-coréens est de faire entrer des devises étrangères. Sans elles, estiment les experts, le régime risquerait de s’effondrer sous le poids des sanctions internationales. Les courses de taxis ne peuvent bien entendu à elles seules combler cette lacune. Mais les taxis KKG ne sont que l’arbre qui cache la forêt. La flotte de taxis de KKG est l’un des produits issus d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs basés à Hong Kong et une antenne occulte de l’Etat nord-coréen qui, comme le montre notre enquête, a pour vocation première de négocier des contrats à l’international. L’alliance de Pyongyang avec le groupe Queensway [basé à Hong Kong], un groupement d’hommes d’affaires connus pour avoir des liens avec des régimes parias, est opaque. Mais il semble évident que cette alliance permet au régime le plus isolé du monde de garder la tête hors de l’eau. (…) “La plupart des sociétés nord-coréennes sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis, de l’UE ou des Nations unies. Elles changent régulièrement de raison sociale, tout comme leurs navires changent de pavillons. Mais la plupart appartiennent à des officiers supérieurs de l’armée ou au Parti du travail de Corée, au pouvoir. Comme elles sont inscrites sur la liste des sanctions, elles ont besoin d’une société étrangère susceptible de les aider à commercer avec des pays étrangers.” (…) Selon plusieurs hauts responsables asiatiques et américains, la branche nord-coréenne du réseau KKG conduit à une organisation clandestine nommée la Division 39 du Parti du travail. Les Etats-Unis qualifient la Division 39 de “branche clandestine du gouvernement (…) qui assure un soutien essentiel au pouvoir nord-coréen, en partie en menant des activités économiques illicites et en gérant des caisses noires, et en générant des revenus pour les instances dirigeantes.” Les dirigeants nord-coréens ont dû recourir à cette stratégie après des années de sanctions internationales. Imposées en réaction aux essais nucléaires de 2006, 2009 et 2013 ces dernières prévoient notamment un embargo sur les armes visant à empêcher la Corée du Nord de se livrer au commerce de matériel militaire et de se procurer des pièces pour son programme atomique ; un gel des avoirs destiné à exercer une pression financière sur le pouvoir ; et un embargo sur l’exportation de produits de luxe, conçu pour priver les hauts dirigeants des attributs du pouvoir – des homards jusqu’aux cigarillos, en passant par les fourrures et les yachts. Les Nations unies ont fixé le cadre général des sanctions, les Etats décidant par eux-mêmes ce qu’ils interdisent. Les rapports annuels d’une commission onusienne qui surveille les sanctions parlent cependant d’un jeu du chat et de la souris, car les dirigeants nord-coréens usent d’une panoplie de subterfuges en constante évolution pour déguiser leurs activités commerciales à l’étranger. Le dernier rapport en date de l’ONU, remis au Conseil de sécurité en février, fait ainsi état de ventes d’armes en Afrique et de l’utilisation de “pavillons de complaisance” pour échapper aux contrôles sur le transport maritime nord-coréen. Il indique également que “des structures commerciales légales ont été utilisées pour des activités illégales”. (…) Au cours des dix dernières années, le groupe Queensway a bâti un empire commercial contrôlant un portefeuille de plusieurs milliards de dollars, dont les tentacules s’étirent du Zimbabwe jusqu’à Manhattan. La nature précise de l’association avec KKG n’est pas très claire – on ignore s’il s’agit d’une joint-venture officielle ou d’un arrangement plus informel. Les liens entre les financiers de KKG se sont noués vers 2006. Selon le récit du haut fonctionnaire asiatique – dont des détails ont été corroborés par d’autres témoignage –, la percée de Queensway en Corée du Nord a été initiée par le représentant du groupe qui a promu ses intérêts en Afrique et ailleurs. Il utilise au moins sept identités différentes, la plus connue étant Sam Pa. L’année dernière, une enquête du Financial Times a établi que M. Pa et les autres fondateurs du groupe Queensway entretenaient des liens étroits avec de puissants intérêts à Pékin, y compris le service de renseignements chinois et plusieurs entreprises d’Etat. Ils ont également des relations avec de grands groupes occidentaux : des sociétés du groupe Queensway sont en affaires avec BP [compagnie pétrolière britannique] en Angola, Gl encore [entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières] en Guinée, et d’autres. (…) “Les taxis KKG peuvent rapporter au régime quelques devises, grâce aux touristes de passage à Pyongyang, mais tout indique que les véritables cibles du groupe Queensway sont les secteurs minier et pétrolier”, souligne le chercheur américain J. R. Mailey, l’un des auteurs d’un rapport de 2009 du Congrès américain qui a récemment publié une deuxième étude détaillée sur le groupe. Le think tank britannique Chatham House signalait dans un rapport datant de 2009 qu’une filiale chinoise de Queensway, avait proposé en 2007 une entreprise publique chinoise pour réaliser des explorations sismiques sur deux sites de prospection pétrolière en Corée du Nord. Financial Times
From the final weeks of 2010 through the end of 2012, according to former American officials, the Chinese killed at least a dozen of the C.I.A.’s sources. According to three of the officials, one was shot in front of his colleagues in the courtyard of a government building — a message to others who might have been working for the C.I.A. Still others were put in jail. All told, the Chinese killed or imprisoned 18 to 20 of the C.I.A.’s sources in China, according to two former senior American officials, effectively unraveling a network that had taken years to build. Assessing the fallout from an exposed spy operation can be difficult, but the episode was considered particularly damaging. The number of American assets lost in China, officials said, rivaled those lost in the Soviet Union and Russia during the betrayals of both Aldrich Ames and Robert Hanssen, formerly of the C.I.A. and the F.B.I., who divulged intelligence operations to Moscow for years. The previously unreported episode shows how successful the Chinese were in disrupting American spying efforts and stealing secrets years before a well-publicized breach in 2015 gave Beijing access to thousands of government personnel records, including intelligence contractors. The C.I.A. considers spying in China one of its top priorities, but the country’s extensive security apparatus makes it exceptionally hard for Western spy services to develop sources there. At a time when the C.I.A. is trying to figure out how some of its most sensitive documents wereleaked onto the internet two months ago by WikiLeaks, and the F.B.I. investigates possible ties between President Trump’s campaign and Russia, the unsettled nature of the China investigation demonstrates the difficulty of conducting counterespionage investigations into sophisticated spy services like those in Russia and China. (…) Last year, an F.B.I. employee pleaded guilty to acting as a Chinese agent for years, passing sensitive technology information to Beijing in exchange for cash, lavish hotel rooms during foreign travel and prostitutes. In March, prosecutors announced the arrest of a longtime State Department employee, Candace Marie Claiborne, accused of lying to investigators about her contacts with Chinese officials. According to the criminal complaint against Ms. Claiborne, who pleaded not guilty, Chinese agents wired cash into her bank account and showered her with gifts that included an iPhone, a laptop and tuition at a Chinese fashion school. In addition, according to the complaint, she received a fully furnished apartment and a stipend. The NYT
« Désormais, je peux ajouter “a stoppé accidentellement une cyberattaque internationale » sur mon CV ». Dans un tweet humoristique publié samedi 13 mai, @malwaretechblog résume à merveille la situation. Cet Anglais de 22 ans a réussi, presque par hasard, à entraver la propagation du logiciel de racket qui s’est diffusé vendredi à grande vitesse, faisant plus de 200 000 victimes réparties dans 150 pays, selon les données d’Europol. Ce logiciel, appelé, WanaCrypt0r 2.0 chiffre les données présentes sur l’ordinateur infecté et exige, pour que le propriétaire puisse récupérer son contenu, une rançon d’un montant de 300 dollars. La rapidité inédite de sa diffusion, ainsi que l’importance de certaines organisations touchées – le système de santé britannique NHS, le constructeur automobile Renault ou encore l’opérateur espagnol Telefonica – ont généré une vive inquiétude vendredi. Jusqu’à ce que sa propagation soit brutalement freinée par @malwaretechblog, depuis hissé au rang de « héros accidentel » par la presse britannique. Le jeune homme, qui travaille pour l’entreprise de sécurité informatique Kryptos Logic, refuse de dévoiler son identité. « Ça n’a pas de sens de rendre publiques des informations personnelles sur moi », explique-t-il au Guardian. « Il est évident que nous luttons contre des types mal intentionnés, et qu’ils ne vont pas être contents. » S’il tient à protéger son identité, il a toutefois détaillé, sur son blog, la façon dont il avait vécu la folle journée de vendredi et découvert qu’il avait, avec un simple achat de nom de domaine, endigué la propagation du « ransomware » (rançongiciel). En fin de matinée, il se connecte machinalement à une plateforme d’information en temps réel sur les menaces informatiques. Il y est bien fait état de quelques victimes d’un rançongiciel, « mais rien de significatif », estime alors le chercheur en sécurité informatique, qui part déjeuner. A son retour, c’est l’affolement : en quelques heures, le logiciel s’est propagé à des milliers de machines, le fonctionnement des hôpitaux britanniques est perturbé et de nouvelles victimes se font connaître les unes après les autres. Rapidement, il réussit à obtenir une copie du ransomware, dont il examine le code source. Il y remarque la présence d’un nom de domaine en « .com » composé d’une quarantaine de caractères sans aucun sens. Celui-ci n’appartient à personne ; il décide de l’acheter pour 10,69 dollars (9,78 euros). Un réflexe, pour ce chercheur en sécurité informatique spécialisé dans les « malwares », les logiciels malveillants. « J’ai enregistré plusieurs milliers de noms de domaines de ce type l’an passé », explique-t-il. Il ne comprend pas immédiatement quel rôle joue ce nom de domaine dans le fonctionnement du logiciel, il remarque simplement que chaque machine infectée tente automatiquement de s’y connecter. Une aubaine pour @malwaretechblog : désormais propriétaire du nom de domaine, il reçoit ainsi des informations sur le nombre et la provenance géographique de ces connexions, ce qui lui permet de suivre en direct la propagation de ransomware. Des milliers de connexions sont effectuées chaque seconde, mais le rythme finit étrangement par ralentir. Parallèlement, un autre chercheur à qui il fournit une copie du ransomware s’étonne de ne pas réussir à le faire fonctionner. « A ce moment là, nous avions tué le malware sans le savoir, explique@malwaretechblog sur son blog. Nous ne comprenions donc pas pourquoi il n’arrivait pas à le faire fonctionner. » La confusion règne alors, et va être amplifiée par un employé de son entreprise, qui, après avoir examiné le code, croit comprendre, à tort, que l’achat du nom de domaine a en fait empiré la situation en déclenchant le chiffrement des fichiers à grande échelle. « Ça a causé une sacrée panique. » Heureusement, de l’autre côté de l’Atlantique, un autre spécialiste en sécurité informatique, Darien Huss, s’est entre-temps rendu compte que l’enregistrement du nom de domaine avait, bien au contraire, entravé la propagation du virus. Incrédule, @malwaretechblog lance quelques tests et parvient à confirmer les affirmations de Darien Huss : le logiciel ne fonctionne plus chez lui, mais se remet à marcher correctement quand il fait en sorte que la connexion au nom de domaine échoue. « Je pense que vous aurez du mal à visualiser un adulte sautillant d’excitation après avoir été victime d’un ransomware, mais c’était moi », écrit-il sur son blog. Le logiciel est en fait conçu de façon à se connecter automatiquement à ce nom de domaine. Si ce dernier ne répond pas, alors l’opération peut se dérouler comme prévu : bloquer la machine, chiffrer les données et exiger une rançon. En revanche, s’il répond, alors le logiciel devient inactif. C’est ce qui s’est passé quand le nom de domaine a été enregistré. Ce système est considéré par certains spécialistes comme une sorte de procédure d’urgence conçue par les créateurs du logiciel pour stopper sa propagation si besoin. @Malwaretechblog pense plutôt, de son côté, qu’il s’agit d’une maladresse dans la conception du programme. Sur le moment, « nous n’avons pas tellement pensé “oui, nous l’avons fait !” mais plutôt “oh mon dieu, on n’a pas foutu le monde en l’air, c’est super” », raconte-t-il au DailyMail. Le Monde
The United States may have escaped most digital damage from this month’s unleashing of a global “ransomware” virus, though cyber-experts fear more attacks. One possible explanation is that the malicious software (“malware”) harms older versions of Microsoft’s Windows operating system, which most Americans have replaced. Perhaps many users in other countries haven’t. Whatever the explanation, this is not the end of Internet threats. The unmistakable lesson of recent years is that the Internet is a double-edged sword. Despite enormous benefits — instant access to huge quantities of information, the proliferation of new forms of businesses, communications and entertainment — it also encourages crime, global conflict and economic disruption. The drift seems ominous. The Russians, it is widely agreed, hacked into the computers of the Democratic National Committee, raising fears that the U.S. presidential election was compromised. In Dallas, hackers turned on the city’s emergency sirens for more than an hour. Cyberthieves stole $81 million from Bangladesh’s central bank, though some of the money has apparently been recovered. We are dangerously dependent on Internet-based systems. All these incidents threatened the social fabric of the victimized societies. If the Russians hacked the Democrats, who might be next? Could whoever triggered Dallas’s sirens turn off the traffic lights or the local power grid? How safe are electronic financial transfers? Ransomware validates these fears. What was stunning is how quickly the recent outbreak spread. One estimate had it quickly migrating to 150 countries and affecting 200,000 computers. Despite the rapid response — the discovery of a so-called “kill switch” in the malware that deactivated the virus — the basic message remains: Much health care, transportation and ordinary business might close if deprived of Internet access, whether by hostile governments (North Korea?) or cybercriminals. This makes the Internet a weapon that can be used against us — or by us. (…) We are addicted to the Internet and refuse to recognize how our addiction subtracts from our security. The more we connect our devices and instruments to the Internet, the more we create paths for others to use against us, either by shutting down websites or by controlling what they do. Put differently, we are — incredibly — inviting trouble. Our commercial interests and our national security diverge. The latest example of this tension is the “Internet of things” or the “smart home.” It involves connecting various devices and gadgets (thermostats, lights, cameras, locks, ovens) to the Internet so they can be operated or monitored remotely. This would be a major Internet expansion and moneymaker. (…) we compartmentalize. We lavish praise on our cybercapitalists — Mark Zuckerberg, Jeff Bezos and others — for their accomplishments while conveniently forgetting that the same technologies also make us less safe. (…) we are in denial. Robert J. Samuelson
Ce n’est qu’une question de temps avant que les gens voient un message sur l’écran de leur voiture leur indiquant que le moteur a été désactivé et qu’il leur coûtera l’équivalent de 200 dollars, en bitcoins, pour le refaire fonctionner. Ou un message similaire sur leur téléphone pour déverrouiller la porte de leur maison contrôlée par Internet: payez 100 dollars si vous voulez rentrer chez vous ce soir. Ou beaucoup plus si vous voulez que votre défibrillateur cardiaque continue à fonctionner. Bruce Schneier
Bruce Schneier (…) rappelle que l’agence américaine de renseignement électronique NSA sait déjà comment infiltrer des téléviseurs Samsung et que le piratage de thermostats a déjà été prouvé. L’Internet des objets, ajoute le spécialiste, ce sont des appareils produits avec peu de soin par des sociétés qui n’ont souvent pas d’équipes d’ingénieurs en sécurité – au contraire de Microsoft, qui a pu réparer la faille au sein de Windows XP, exploitée par WannaCry. Mais même Microsoft est visé: selon le Financial Times de jeudi, la société a doublé en 2014 le prix de la mise à jour des anciennes versions de Windows, obligeant des institutions, dont le service de santé britannique NHS, à renoncer à des mises à jour faute d’argent. Et ainsi à se retrouver à la merci des pirates. Le Temps
[Cette cellule] est dédiée au piratage d’établissements financiers par l’intrusion et le retrait d’argent sur des comptes bancairesLes hackers se rendent à l’étranger pour trouver des lieux dotés d’une meilleure connectivité à Internet qu’en Corée du Nord et pour ne pas laisser de trace.  Kim Heung-kwang (transfuge nord-coréen)
 Depuis [le piratage de] Sony, ils se livrent à du hacking en soutien d’activités criminelles pour faire gagner de l’argent au régime. Jusqu’ici, ça fonctionne aussi bien — si ce n’est mieux — que la drogue, la contrefaçon ou la contrebande, leurs recettes habituelles. James Lewis (Centre des études internationales et stratégiques de Washington)
La Corée du Nord compte, au sein de son service de renseignement extérieur, une cellule dédiée aux cyberattaques. Connue sous le nom d’Unité 180, elle serait à l’origine des récentes demandes de rançon les plus remarquées, antérieures à WannaCry, dont le gouvernement nord-coréen a nié la responsabilité. Dès qu’une cyberattaque de grande portée frappe une entreprise ou une institution, la Corée du Nord compte parmi les premiers suspects. La propagation du ransomware WannaCry, qui a touché plus de 200 000 ordinateurs dans 150 pays, n’a pas échappé à la règle : une partie du code retrouvée dans une première version du logiciel était en effet semblable à celle d’un backdoor utilisé par les hackers nord-coréens du Lazarus Group en 2015. La Corée du Nord a depuis démenti ces accusations par l’intermédiaire de son représentant aux Nations unies (…) Pourtant, comme le révèle Reuters, le pays compte bien, au sein de son agence de renseignement extérieure, une cellule spéciale dédiée aux cyberattaques. Nommée Unité 180, elle serait à l’origine des récentes cyberattaques visant à récolter des fonds par le biais d’un chantage, selon les témoignages de plusieurs experts en cybersécurité comme d’anciens citoyens du régime de Pyongyang qui ont fui la dictature actuellement dirigée par Kim Jong-un. (…) Son analyse concorde avec celle que livrait la défense américaine dans un rapport rendu l’an dernier : « [Le gouvernement] considère [les cyberattaques] comme un outil rentable, asymétrique et réfutable auquel il peut recourir avec très peu de risques de représailles, notamment parce que […] [La Corée du Nord] recourt probablement à l’Internet des nations tierces ». Parmi les principales bases d’opération extérieure de l’Unité 180, on trouve ainsi la Malaisie et la Chine, deux pays d’Asie qui offrent une couverture idéale aux hackers gouvernementaux, intégrés dans des sociétés informatiques ou des filiales d’entreprises nord-coréennes. Selon James Lewis, spécialiste de la Corée du Nord au sein du Centre des études internationales et stratégiques de Washington, la stratégie du pays en matière de piratage a évolué au fil des années. D’abord destinée à l’espionnage et au harcèlement de cibles sud-coréennes et américaines, elle a selon lui connu un changement récent grâce à l’opération réussie contre le géant du cinéma (…) Les attaques menées contre son voisin sudiste sont aussi réalisées depuis l’étranger pour brouiller les pistes, à l’instar du piratage de 140 000 ordinateurs de Corée du Sud en juin 2016. Simon Choi, expert en sécurité au sein de l’entreprise d’antivirus Hauri, affirme ainsi : « Ils agissent de [Chine] de façon à ce qu'[…] on retrouve des adresses IP chinoises. » Selon Reuters, deux entreprises tech de Malaisie auraient ainsi un lien avec l’agence de renseignement extérieure (et l’Unité 180). La Corée du Nord, qui dément systématiquement les accusations dont elle fait l’objet, est toutefois loin de s’appuyer sur cette seule cellule, comme l’explique Michael Madden, un expert américain : « Ils recrutent leur personnel au collège. Celui-ci reçoit ensuite une formation avancée dans les meilleurs établissements [du pays]. » Si le flou persiste autour de l’identité des hackers de l’Unité 180, Dmtri Alperovitch, cofondateur de l’entreprise en sécurité informatique CrowdStrike, estime que l’essentiel réside plutôt dans leur potentiel de nuisance : « Leurs capacités se sont améliorées au fil du temps et nous les percevons comme une menace capable de causer des dommages importants sur les réseaux privés et gouvernementaux américains ». Numerama

Attention: une responsabilité peut en cacher une autre !

A l’heure où des médias qui n’ont pas de mots assez durs pour les prétendus manquements, dans le domaine du renseignement, de l’actuel président américain …

Se décident à ressortir l’un des plus grands fiascos, sous la précédente administration, de l’espionnage américain face aux services de renseignement chinois …

Et où derrière la récente et massive vague de cyberattaques certains spécialistes pointent la possible main de l’Etat-voyou nord-coréen

Alors que l’on découvre comment une Chine volontiers donneuse de leçons se trouverait abriter lesdits pirates nord-coréens …

Et que par l’augmentation massive des prix de leurs mises à jour, des entreprises américaines peuvent livrer à la merci des pirates des services de santé de pays entiers …

Comment ne pas voir …

Que le pire, arrêté cette fois presque accidentellement, est probablement devant nous …

Mais aussi ne pas repenser comme nous le rappelions il y a deux ans

A la tristement célèbre Division 39

Cette véritable organisation criminelle qui entre vente d’armes, contrefaçon monétaire et trafic de drogue permet au régime le plus isolé au monde de se raccorder à l’économie mondiale pour ses besoins en devises et marchandises …

Et fournit aussi à l’ensemble des autres régimes-voyous de la planète comme l’Iran les moyens de construire leurs armes de destruction massive et de déjouer tant les sanctions que les aides d’un système international bien peu regardant ?

Mais surtout ne pas se rappeler …

L’avertissement de la regrettée polémologue française Thérèse Delpech …

Sur la responsabilité non seulement d’une Chine sans laquelle il ne tiendrait pas une semaine …

Mais d’un monde libre indifférent qui, via ses satellites et les abondants témoignages des transfuges, en connait pourtant tous les détails …

Face à l’un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire »?

Vers des cyberattaques plus nocives encore
Anouch Seydtaghia
Le Temps
19 mai 2017

En parallèle à l’attaque par extorsion débutée vendredi passé, des millions d’internautes se sont fait voler leurs données ces derniers jours via plusieurs assauts menés au niveau mondial. Les spécialistes avertissent: des attaques de grande ampleur causeront des dégâts encore plus importants

WannaCry n’est pas mort. Une semaine après sa découverte et son expansion mondiale, le logiciel d’extorsion continue à faire des dégâts sur la planète. «Aujourd’hui, le rythme moyen est d’une tentative toutes les trois secondes, ce qui montre un léger recul depuis le rythme enregistré d’un essai par seconde il y a de cela deux jours», notait, vendredi après-midi, le spécialiste en sécurité informatique israélien Check Point. Mais WannyCry, qui a infecté plus de 300 000 ordinateurs sur la planète, n’est que la pointe de l’iceberg. En parallèle, deux attaques massives ont eu lieu, éclipsées par l’agitation mondiale autour du logiciel d’extorsion.

Dans l’ombre de WannaCry, les attaques ciblées se multiplient. Ainsi, cette semaine, zomato.com, site de conseil pour trouver des restaurants dans 24 pays, s’est fait voler les données de 17 millions de clients, dont 6,6 millions ont été mis en vente. Peu connue en Suisse, Zomato est une multinationale indienne, forte de 120 millions d’utilisateurs. Les pirates ont rapidement retiré leur offre de vente, relatait vendredi le site spécialisé TechCrunch, car ils ont réussi à faire plier la société. Zomato a accepté de lancer un programme pour récompenser financièrement les hackers qui détecteront de futures failles.

«Si vous ne coopérez pas…»

Zomato a beau avoir levé 420 millions de dollars (autant en francs) et valoir près d’un milliard de dollars, elle n’a pas pris de mesures efficaces pour protéger ses clients, selon TechCrunch. Pire: ses responsables affirmaient que les mots de passe, chiffrés, seraient illisibles. Or des experts ont pu facilement les décoder.

En parallèle, toujours cette semaine, 1,9 million de clients de l’opérateur de télécoms canadien Bell ont vu leurs données volées. «Nous publions une petite partie des données de Bell car ils n’ont pas voulu coopérer avec nous», écrivaient lundi les pirates, qui menaçaient: «Cela montre que cette société se fiche de la sécurité de ses clients. […] Bell, si vous ne coopérez pas, il y aura davantage de fuites.» L’opérateur n’a pas dit si une demande de rançon est en cours.

Voiture bloquée

Ces deux exemples montrent que les entreprises sont sans cesse sous la menace de tentatives d’extorsion ciblées, rendant par ricochet vulnérables leurs clients. Des internautes qui risquent, en parallèle, d’être confrontés à de plus en plus de tentatives de chantage. Cette semaine, le spécialiste indépendant en cybersécurité Bruce Schneier publiait une tribune éclairante dans le Washington Post.

«Ce n’est qu’une question de temps avant que les gens voient un message sur l’écran de leur voiture leur indiquant que le moteur a été désactivé et qu’il leur coûtera l’équivalent de 200 dollars, en bitcoins, pour le refaire fonctionner. Ou un message similaire sur leur téléphone pour déverrouiller la porte de leur maison contrôlée par Internet: payez 100 dollars si vous voulez rentrer chez vous ce soir. Ou beaucoup plus si vous voulez que votre défibrillateur cardiaque continue à fonctionner.»

Microsoft accusé

Simple fantasme de chercheur? Non, affirme Bruce Schneier, qui rappelle que l’agence américaine de renseignement électronique NSA sait déjà comment infiltrer des téléviseurs Samsung et que le piratage de thermostats a déjà été prouvé. L’Internet des objets, ajoute le spécialiste, ce sont des appareils produits avec peu de soin par des sociétés qui n’ont souvent pas d’équipes d’ingénieurs en sécurité – au contraire de Microsoft, qui a pu réparer la faille au sein de Windows XP, exploitée par WannaCry.

Mais même Microsoft est visé: selon le Financial Times de jeudi, la société a doublé en 2014 le prix de la mise à jour des anciennes versions de Windows, obligeant des institutions, dont le service de santé britannique NHS, à renoncer à des mises à jour faute d’argent. Et ainsi à se retrouver à la merci des pirates.

Voir aussi:

We’ll need new security standards when hackers go after the Internet of Things.

May 16

Bruce Schneier is a security technologist and a lecturer at the Kennedy School of Government at Harvard University. His latest book is « Data and Goliath: The Hidden Battles to Collect Your Data and Control Your World. »
Ransomware isn’t new, but it’s increasingly popular and profitable.The concept is simple: Your computer gets infected with a virus that encrypts your files until you pay a ransom. It’s extortion taken to its networked extreme. The criminals provide step-by-step instructions on how to pay, sometimes even offering a help line for victims unsure how to buy bitcoin. The price is designed to be cheap enough for people to pay instead of giving up: a few hundred dollars in many cases. Those who design these systems know their market, and it’s a profitable one.The ransomware that has affected systems in more than 150 countries recently, WannaCry, made press headlines last week, but it doesn’t seem to be more virulent or more expensive than other ransomware. This one has a particularly interesting pedigree: It’s based on a vulnerability developed by the National Security Agency that can be used against many versions of the Windows operating system. The NSA’s code was, in turn, stolen by an unknown hacker group called Shadow Brokers — widely believed by the security community to be the Russians — in 2014 and released to the public in April.Microsoft patched the vulnerability a month earlier, presumably after being alerted by the NSA that the leak was imminent. But the vulnerability affected older versions of Windows that Microsoft no longer supports, and there are still many people and organizations that don’t regularly patch their systems. This allowed whoever wrote WannaCry — it could be anyone from a lone individual to an organized crime syndicate — to use it to infect computers and extort users.The lessons for users are obvious: Keep your system patches up to date and regularly backup your data. This isn’t just good advice to defend against ransomware, but good advice in general. But it’s becoming obsolete.

Everything is becoming a computer. Your microwave is a computer that makes things hot. Your refrigerator is a computer that keeps things cold. Your car and television, the traffic lights and signals in your city and our national power grid are all computers. This is the much-hyped Internet of Things (IoT). It’s coming, and it’s coming faster than you might think. And as these devices connect to the Internet, they become vulnerable to ransomware and other computer threats.

It’s only a matter of time before people get messages on their car screens saying that the engine has been disabled and it will cost $200 in bitcoin to turn it back on. Or a similar message on their phones about their Internet-enabled door lock: Pay $100 if you want to get into your house tonight. Or pay far more if they want their embedded heart defibrillator to keep working.

This isn’t just theoretical. Researchers have already demonstrated a ransomware attack against smart thermostats, which may sound like a nuisance at first but can cause serious property damage if it’s cold enough outside. If the device under attack has no screen, you’ll get the message on the smartphone app you control it from.

Hackers don’t even have to come up with these ideas on their own; the government agencies whose code was stolen were already doing it. One of the leaked CIA attack tools targets Internet-enabled Samsung smart televisions.

Even worse, the usual solutions won’t work with these embedded systems. You have no way to back up your refrigerator’s software, and it’s unclear whether that solution would even work if an attack targets the functionality of the device rather than its stored data.

These devices will be around for a long time. Unlike our phones and computers, which we replace every few years, cars are expected to last at least a decade. We want our appliances to run for 20 years or more, our thermostats even longer.

What happens when the company that made our smart washing machine — or just the computer part — goes out of business, or otherwise decides that they can no longer support older models? WannaCry affected Windows versions as far back as XP, a version that Microsoft no longer supports. The company broke with policy and released a patch for those older systems, but it has both the engineering talent and the money to do so.

That won’t happen with low-cost IoT devices.

Those devices are built on the cheap, and the companies that make them don’t have the dedicated teams of security engineers ready to craft and distribute security patches. The economics of the IoT doesn’t allow for it. Even worse, many of these devices aren’t patchable. Remember last fall when the Murai botnet infected hundreds of thousands of Internet-enabled digital video recorders, webcams and other devices and launched a massive denial-of-service attack that resulted in a host of popular websites dropping off the Internet? Most of those devices couldn’t be fixed with new software once they were attacked. The way you update your DVR is to throw it away and buy a new one.

Solutions aren’t easy and they’re not pretty. The market is not going to fix this unaided. Security is a hard-to-evaluate feature against a possible future threat, and consumers have long rewarded companies that provide easy-to-compare features and a quick time-to-market at its expense. We need to assign liabilities to companies that write insecure software that harms people, and possibly even issue and enforce regulations that require companies to maintain software systems throughout their life cycle. We may need minimum security standards for critical IoT devices. And it would help if the NSA got more involved in securing our information infrastructure and less in keeping it vulnerable so the government can eavesdrop.

I know this all sounds politically impossible right now, but we simply cannot live in a future where everything — from the things we own to our nation’s infrastructure — can be held for ransom by criminals again and again.


1917-2017: Au secours, Lénine revient ! (A la veille du premier tour d’une élection présidentielle décisive, un essayiste qui a connu la dictature de Ceausescu met en garde contre les conséquences potentiellement désastreuses de l’étrange obsession antilibérale française)

23 avril, 2017

« Mélenchon, Poutou et Arthaud ne me font pas rire : moi, le communisme, je l'ai vécu ! »

La consternation des Vénézuéliens de Paris face à MélenchonNo automatic alt text available.Image may contain: textFondé sous l’égide de Jean-Paul Sartre, le journal paraît pour la première fois le 18 avril 1973 et reprend le nom d’un titre de presse similaire créé en 1927 par le libertaire Jules Vignes, nom qui sera également celui d’un des journaux de la Résistance dirigé par Emmanuel d’Astier de La Vigerie. Situé à l’extrême gauche à ses débuts, Libération évolue vers la gauche sociale-démocrate à la fin des années 1970 après la démission de Jean-Paul Sartre en 1974. En 1978, le journal n’a déjà plus rien de maoïste : Serge July le décrit alors comme « libéral-libertaire ». Aujourd’hui, sa ligne éditoriale est toujours de centre gauche ou de gauche sociale-démocrate, selon l’échiquier politique français habituellement utilisé, et son lectorat est majoritairement de gauche. Wikipedia
Sale temps pour les sondages. Paniqués à l’idée de « rater » le premier tour de l’élection présidentielle, les voici challengés par de nouveaux venus : les spécialistes du big data, qui utilisent l’analyse des données à grande échelle pour établir une autre cartographie de l’opinion. Première mauvaise nouvelle pour les sondeurs, dont la méthodologie est ouvertement contestée : contrairement à eux, ces concurrents du big data ont su prédire la qualification de François Fillon au premier tour de la primaire à droite. Et aussi l’élection de Donald Trump et, pour Vigiglobe, la victoire du Brexit. Trois échecs cuisants pour les instituts de sondages. Deuxième mauvaise nouvelle : les prédictions de Filteris, de Vigiglobe et de l’algorithme Predict My President ne valident pas celles des sondages. Ceux-ci ne cessent d’annoncer un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au contraire, les trois initiatives misent sur la qualification de François Fillon. Ils diffèrent par contre sur le ou la candidate qui l’accompagnera au second tour. Une question de méthodologie qui révèle aussi les limites de l’exercice. [Filteris] Dans sa dernière mesure du vendredi 21 avril, François Fillon arrive en tête avec 22,09%. Il est suivi par Marine Le Pen, avec 21,75%, puis Jean-Luc Mélenchon (21,11%) et enfin Emmanuel Macron (19,92%). Les quatre candidats se tiennent à un peu plus de deux points. Autrement dit, dans un mouchoir de poche. C’est la 16è mesure d’opinion de Filteris depuis le 3 avril. Les 14 premières indiquaient que François Fillon et Marine Le Pen figureraient au second tour. Seule la 15è, du jeudi 20 avril, anticipait un second tour Fillon-Mélenchon. (…) Filteris a correctement prédit la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. L’entreprise n’a pas travaillé sur le Brexit. Contrairement aux sondages, Filteris a su prédire la première place de François Fillon à la primaire de la droite. Mais l’entreprise attendait Nicolas Sarkozy en deuxième position, alors que c’est Alain Juppé qui s’est qualifié. Elle s’est en outre trompée sur le premier tour de la primaire de la gauche : Benoît Hamon, qui est arrivé en première position, était donné troisième, derrière Manuel Valls et Arnaud Montebourg. (…) Contrairement à ses concurrents, Vigiglobe ne se risque pas au jeu des prédictions. En revanche, la startup estimait, jeudi 20 avril, que François Fillon a « de grandes chances de se qualifier pour le second tour ». Ses algorithmes d’analyse du sentiment voient se dégager un trio de tête dans un mouchoir de poche : François Fillon (qui dispose en plus du plus grand nombre de messages positifs), Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Contrairement aux sondages et aux autres spécialistes du big data, Vigiglobe estime que Marine Le Pen est en sérieuse perte de vitesse, et qu’elle pourrait, par conséquent, ne pas se qualifier pour le second tour. Leendert de Voogd, le Pdg, précise toutefois que l’attaque des Champs-Elysées profitait vendredi 21 avril à François Fillon et à Marine Le Pen, en nette hausse par rapport aux jours précédents. (…) Vigiglobe a correctement identifié les dynamiques portant à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, à la victoire du Brexit au Royaume-Uni, de François Fillon à la primaire de la droite, et de Benoît Hamon à celle de la gauche. (…) Predict My President est un programme mené depuis plusieurs mois par cinq étudiants de l’école Télécom Paris tech pour l’hebdomadaire Le Point. L’objectif est de pallier les « failles » des sondages en remplaçant les enquêtes d’opinion par une analyse socio-économique des électeurs, couplée à une analyse de la popularité des candidats sur la Toile. (…) Le 19 avril, Predict My President voyait se profiler un duel entre Marine Le Pen (24,13%) et François Fillon (21,77%). Emmanuel Macron arriverait troisième avec 20,32%, suivi par Jean-Luc Mélenchon avec 18,66%. (…) les sondages (…) Dans la dernière ligne droite, tous notent une progression de François Fillon, confirmant ainsi la dynamique relevée par les spécialistes du big data, mais pas suffisamment pour atteindre le second tour. Tous les instituts le donnent troisième derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen. La Tribune
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (2001)
La droite républicaine a besoin d’une colonne vertébrale. Villepin (2017)
Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres. Jean-Luc Mélenchon
Le Venezuela avait une politique sociale-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a jamais eu de nationalisation non plus. J’ai soutenu Chavez contre l’agression des Américains. Et aujourd’hui le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien! Jean-Luc Mélenchon
[Chávez et Castro] sont morts tous les deux. Je les ai défendus dans des circonstances où ils étaient attaqués. Cuba a défendu tous les mouvements de libération nationale d’Amérique latine et dû subir l’embargo des États-Unis, pourtant condamné par l’Onu. Mais je n’ai jamais approuvé la façon dont était organisée politiquement Cuba. Je n’ai pas l’intention de faire Cuba en France. (…) Le Venezuela avait une politique de social-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a pas eu de nationalisations non plus. J’ai soutenu Chávez contre l’agression des Américains. Aujourd’hui, le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien. Je trouve que c’est un signe d’extrême désarroi intellectuel de m’affronter sur un terrain pareil avec une telle caricature. Jean-Luc Mélenchon
Il s’est passé à l’époque quelque chose qui m’intéressait beaucoup, qui était un gouvernement qui partageait la rente pétrolière avec le peuple et avec les pauvres, si bien que des millions de gens ont été sortis de la pauvreté. Mais je ne suis pas gouvernant du Venezuela. Je voyais un partage extrêmement intéressant et fécond entre le partage de la rente pétrolière au Venezuela, et l’accaparation de cette même richesse au Qatar ou en Arabie Saoudite où les pauvres gens n’ont accès à rien. (…) Et bien oui ce sont des manifestations d’opposition (…) Vous ne m’interrogez pas sur Bahreïn, sur le Yémen Monsieur Bourdin, vous avez vos prédilections… Vous avez vos massacres préférés. (…) Vous passez votre temps, vous et quelques autres, à essayer d’effrayer à mon sujet (…) Je ne fais pas campagne au Venezuela, je suis en train de faire campagne en France. Jean-Luc Mélenchon
Je n’ai pas regardé précisément ce point 62. (…) Ecoutez, je vais regarder dans le détail ce point-là. (…) Je ne sais pas exactement ce qui a conduit à ce point 62. (…) Ce qui compte, c’est la logique générale. Clémentine Autain
Monsieur Villepin ne déçoit jamais dans sa capacité à marquer des buts contre son camp. C’est l’homme de la dissolution qui a amené Lionel Jospin au pouvoir, c’est l’homme des coups bas contre Nicolas Sarkozy. Il poursuit aujourd’hui dans la collaboration avec Emmanuel Macron. Eric Ciotti
Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus. (…) Il ne s’agit pas de transposer les lois de l’atome à l’humain, mais plutôt d’aborder des questions sociales et politiques comme un physicien face à un problème complexe. Par exemple, comment des personnages aux convictions inflexibles peuvent influencer le comportement d’électeurs plus ouverts et donc changer le résultat d’une élection. (…) Exactement. Dans le cas de la peine de mort, par exemple, une majorité d’individus pense qu’il faut maintenir son abolition. Mais si on faisait un référendum, il y aurait de forts risques que par le débat les gens changent d’opinion. Alors qu’on aurait enrichi notre vision du problème, on aboutirait à une rationalité manipulée qui suivrait nos préjugés communs les plus archaïques. L’impact des préjugés est l’un des composants de mon modèle. L’impact des gens inflexibles en est un autre. (…) Les inflexibles sont ceux qui sont sûrs de leur vote. Par exemple, Marine Le Pen bénéficie d’un fort électorat d’inflexibles. Coûte que coûte, ils voteront pour elle. Mais il existe aussi une catégorie d’inflexibles anti-FN qui ne voteront jamais pour elle. Eux non plus ne changeront pas d’avis. Et ils sont plus de la moitié. Ce qui fait que, pour l’instant, elle ne peut pas gagner au second tour. [Mais] pour la première fois, des électeurs anti-FN ne sont pas prêts à aller voter pour le challenger. La pilule est trop difficile à avaler. La victoire de Le Pen est improbable mais n’est plus impossible. (…) C’est l’intensité de la campagne et des discussions avec les inflexibles qui peuvent faire basculer la distribution de votes. D’après mon modèle, Fillon détient le plus grand nombre d’inflexibles (ceux capables de convaincre les autres). Il suffit que ces influenceurs augmentent de 2-3 points pour que Fillon batte Macron (qui a moins d’inflexibles) au premier tour. Quant à la montée de Mélenchon, si elle se poursuit, elle pourrait contribuer à faire redémarrer Fillon. (…) Aujourd’hui, les discussions peuvent amener les macronistes (refroidis par les affaires de Fillon) à voter Mélenchon. Mais d’après mon modèle, dans un deuxième temps, si Mélenchon devient un candidat sérieux face à Marine Le Pen, ces ex-Macron pourraient, poussés par les inflexibles pro-Fillon, se tourner vers Fillon pour s’opposer à la politique économique de Mélenchon. Serge Galam
Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée. Serge Galam
Vous vous moquiez des codes. Vous étiez peu enclin aux règles du jeu politique traditionnel. Vous disiez que vous n’aimiez pas le microcosme. Vous étiez atypique dans ce milieu ». Vous disiez que vous aviez l’intention d’aller le plus loin possible. Vous vouliez renverser la table, changer la vie, faire la Révolution. Vous savez comment on vous surnomme (…) ? On vous surnomme « Monsieur ‘et en même temps’. Vous vouliez supprimer l’ISF et en même temps vous avez préféré le garder dans une version patrimoniale. Vous vouliez supprimer les 35 heures et en même temps vous vous êtes dit qu’il valait mieux rechercher des accords d’entreprises. Vous disiez vouloir préparer une réforme de la fonction publique et vous attaquer au statut des fonctionnaires et en même temps vous avez décidé de ne pas vous attaquer à ce statut mais de le moderniser ». (…) Sur Notre-Dame-des-Landes, vous avez dit qu’il y avait eu un référendum et qu’il fallait le respecter et en même temps vous avez proposé de nommer un médiateur. Sur la colonisation vous avez parlé de crimes contre l’humanité et en même temps, après avoir réfléchi vous avez déclaré qu’il s’agissait plutôt de crimes contre l’humain. Vous avez jugé que les anti-mariage pour tous ont été humiliés et en même temps vous avez estimé que l’humiliation avait été aussi du côté des pro-mariage. Et sur la peopolisation, vous avez déclaré que vous aviez fait une erreur de vous exposer avec votre épouse et en même temps vous avez continuez à vous prêter au jeu. (…) Sous vos airs polis, vous avez dit beaucoup de choses et leurs contraires. Alba Ventura
Son parti s’est effondré, le candidat PS Benoit Hamon est crédité de moins de 10% dans les sondages, le chômage est toujours au plus haut, les tensions identitaires et religieuses, notamment liées à l’islam politique, sont extrêmement vives. Mais le “Premier secrétaire de la République” se vante. “Je laisserai à mon successeur un pays en bien meilleur état que celui que j’ai trouvé”. Valeurs actuelles
Emmanuel Macron aime à dire qu’il bénéficie de soutiens de gauche, du centre, comme de droite. Ce n’est pas faux, même si ce n’est pas dans la même proportion : la très grande majorité de ses soutiens, comme des électeurs qui se prononceront pour lui dimanche prochain, vient d’un centre-gauche gestionnaire et responsable. Reste que les soutiens à la « macronie » venus de la droite existent bel et bien. Ces soutiens, cependant, sont loin d’être issus uniformément des différentes écoles qui composent la droite française. L’immense majorité d’entre eux vient d’un seul cercle : celui qui entourait l’ancien Président Jacques Chirac, chef de l’Etat entre 1995 et 2007, que l’âge et la maladie empêchent désormais de participer au débat politique. (…) Plus ambiguë est la position de deux anciens Premiers ministres de Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin. Le premier, après avoir perdu contre François Fillon lors des primaires de la droite et du centre, a officiellement annoncé, après s’être fait prier, qu’il soutiendrait le candidat de son propre camp. Mais il multiplie les migraines de diva quand il s’agit de venir prouver ce soutien sur le terrain ou devant les caméras, et les mises en garde ronchonnent quand on lui en parle. Après avoir parlé des militants de son propre parti, soutiens de son propre candidat, comme d’un « noyau radicalisé » de militants (une expression généralement réservée aux soutiens de l’Etat islamique), Juppé, avant-hier, a déclaré qu’il se « retrouverait dans l’opposition » si un Président Fillon faisait entrer au gouvernement des représentants de la droite catholique conservatrice. (…) Quant à Villepin, Premier ministre de Chirac entre 2004 et 2007, sa politique semble être de tout faire pour indiquer son soutien à Macron, sauf de l’annoncer explicitement. Les deux hommes se déclarent réciproquement leur amitié à l’antenne, dans l’intimité de quelques millions d’auditeurs. Lundi dernier, BFM (surnommée « radio Macron » pour son engagement constant et caricatural en faveur du candidat) a suggéré que Villepin ferait un bon Premier ministre pour un Président Macron. Et Macron n’a pas dit le contraire. Ce ralliement massif, qu’il soit explicite ou implicite, de chiraquiens à Macron est-il l’indice d’une orientation idéologique particulière du candidat ? Probablement pas – ne serait-ce que parce qu’Emmanuel Macron, tout occupé qu’il est à mettre sa personne au centre de l’image, n’accorde pas la moindre importance à la cohérence idéologique. Il a annoncé successivement que la colonisation avait été un crime contre l’humanité, et qu’il fallait en assumer les aspects positifs. Qu’il n’y a pas de culture française et que la France ne serait jamais, sous son principat, un pays multiculturel. Que les opposants au mariage pour tous ont été injustement humiliés par le Président Hollande, et que l’idée même de donner à l’un d’entre eux un secrétariat d’Etat au Sport est le signe d’une insupportable radicalité. Qu’il renvoyait un de ses correspondants départementaux convaincu de sympathie islamiste, puis qu’il ne le renvoyait pas, puis qu’il l’écartait, ce qui, semble-t-il, est très différent et revient exactement au même, selon la personne à qui on s’adresse. Mais si Macron n’a aucune cohérence idéologique, aucune colonne vertébrale mentale, les chiraquiens, eux, en ont une. Leur entrée en masse dans les équipes Macron, avec la chasse aux postes qui en résulterait nécessairement s’il était élu, fera revenir au pouvoir des réflexes et des raisonnements caractéristiques de toute cette école de la droite française. Tout d’abord, les chiraquiens – à l’exemple de leur maître, lorsqu’il était encore lucide – sont des partisans résolus du multiculturalisme. S’il y a une chose sur laquelle Jacques Chirac n’a jamais varié, c’est sur l’idée que toutes les cultures se valent, que toutes doivent être également respectées, et que seule une arrogance raciste peut conduire les Occidentaux à préférer leur propre culture à celle des autres. Dans une déclaration restée fameuse, parce qu’aussi fausse en fait qu’elle était psychologiquement révélatrice, le président Chirac avait affirmé en 2003 à un homme politique catholique, Philippe de Villiers, que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Au nom de cette vision fantasmatique de l’histoire, la France de Chirac avait bloqué la tentative d’autres pays européens de faire figurer dans le préambule du projet de Constitution européenne une référence à ces « racines chrétiennes », historiquement exactes mais politiquement déplacées. Multiculturalistes de principe, les chiraquiens ont aussi une attitude, disons, sans sévérité excessive en matière de morale financière. Là encore, l’exemple vient du sommet. L’ancien président vit, depuis qu’il a quitté l’Elysée, dans un appartement parisien appartenant à l’actuel Premier ministre libanais Saad Hariri, qui le met gratuitement à sa disposition. De nombreux témoins, à Paris, rapportent en confidence que cette dépendance financière personnelle envers des intérêts étrangers était déjà en place lorsque Jacques Chirac et le père de Saad, Rafic Hariri, étaient tous deux aux affaires. (…) Les bonnes habitudes ne se perdant pas si facilement, Dominique de Villepin, depuis qu’il a pris sa retraite de la politique, vit une existence de millionnaire grâce à des missions d’avocat et de conseil. Parmi ses clients les plus généreux figure, en première place, l’Emirat du Qatar. On ne peut pas exclure que si Villepin, comme la macronie le laisse désormais entendre, devenait le Premier ministre ou le ministre des Affaires Etrangères d’un jeune président sans expérience internationale, les intérêts géopolitiques de ses bienveillants parrains auraient au moins autant d’influence sur son action que ceux de la France. Enfin, le mélange de multiculturalisme de principe et de vénalité à la bonne franquette des chiraquiens les conduit presque tous à ne pas avoir une vision particulièrement favorable de l’Etat d’Israël en particulier et des Juifs en général. Jacques Chirac a une rue à son nom à Ramallah – un hommage généralement réservé aux dictateurs sunnites ou aux auteurs d’attentats suicide. Une de nos sources régulières à Paris, qui travaillait alors à l’Elysée, a personnellement entendu Villepin, pendant la deuxième Intifada, expliquer – tout en regrettant les assassinats suicide – que ceux-ci étaient inévitables car « le Moyen-Orient a toujours rejeté les éléments étrangers ». En parfait accord avec cette vision fantasmagorique de l’histoire, la présidence de Chirac, surtout lorsque Villepin était son Premier ministre, a caractérisé le point le plus bas de toute l’histoire des relations franco-israéliennes. (…) S’il reste aujourd’hui des nostalgiques de cette époque, il y a pour eux une bonne nouvelle : presque tous ceux qui étaient aux commandes, en politique comme dans la presse, sont encore vaillants et prêts à reprendre du service. Et tous, en masse, se sont ralliés à la candidature Macron – un candidat trop profondément ignorant de ces questions pour pouvoir contrer leur influence s’il était élu. Amram Castellion
La France se rend aux urnes pour une élection plus incertaine que jamais, qui pourrait voir la gauche écartée du second tour laissant face à face droite réac et extrême droite. (…) Voter pour qui? Certainement pas pour les diviseurs des Français qui récupèrent le drame pour achalander leur douteuse boutique. Libération
Le monde entier a montré sa solidarité avec l’opposition vénézuélienne et condamné l’attitude du pouvoir chaviste. Et Mélenchon continue à défendre un régime coupable de multiples violations des droits de l’homme. Chaque fois qu’il en parle, Mélenchon décrit Chavez comme un grand humaniste. Tout le monde sait que c’est faux. Il ment quand il dit qu’il n’y a pas eu d’expropriations. Il doit le savoir! Il est venu si souvent dans mon pays. Avec un menteur comme lui, il n’y a pas de discussion possible. Aujourd’hui, au Venezuela, des gens fouillent dans les poubelles pour trouver à manger. Paula Osorio
Mélenchon est comme un mari trompé qui ne veut pas voir que sa femme lui est infidèle. Il nie la réalité alors qu’il la connaît. Il se ment à lui-même car il a trouvé dans son soutien à Chavez une part de romantisme qui le nourrit dans son combat politique. Mélenchon ne peut pas être un bon président s’il continue à vivre dans une utopie. Et pourtant de nombreux points de son programme me plaisent. Mais cet aveuglement sur mon pays est insultant pour tous les Vénézuéliens qui souffrent. Francisco Moreno (ancien cadre de la compagnie nationale pétrolière vénézuélienne PDVSA)
Mélenchon parle d’un Venezuela qui n’existe pas. Il nourrit ses fantasmes de révolution sud-américaine de l’histoire d’un pays où certains habitants n’ont même plus la possibilité de se soigner car il n’y a plus de médicaments dans les pharmacies et les hôpitaux depuis des mois. Manifestant vénézuélien à Paris
Alors que l’opposition vénézuélienne défile en masse dans les rues de Caracas pour demander l’organisation d’élections, de nombreux Vénézuéliens parisiens s’offusquent des déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur leur pays. Ils dénoncent les contre-vérités exprimées par le candidat à la présidentielle. (…) Par ailleurs, à une question sur France Info sur le point 62 du programme de Mélenchon qui prône l’adhésion de la France l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), Clémentine Autain a montré qu’elle ne connaissait pas ce point du programme du candidat dont elle est la porte-parole. L’Alba est une organisation fondée par Hugo Chavez qui visait à créer des solidarités avec les pays latino-américains et caraïbes adhérents aux préceptes du socialisme du XXIe siècle (Cuba, Bolivie, Nicaragua, République dominicaine, Équateur, notamment). Cette alliance est en train de péricliter. La rente pétrolière vénézuélienne ayant fondu, Caracas ne peut plus apporter son aide aux pays membres. La proposition d’adhésion de la France à cette alliance est pour le moins incongrue.  (…) Mercredi 19 avril, dans la cour de la reine dans le 8e arrondissement de Paris, les opposants au régime chaviste se sont réunis au pied de la statue de Simon Bolivar pour montrer leur solidarité avec leurs compatriotes qui défilaient dans les rues de Caracas au même moment. Au milieu des slogans demandant le respect des droits à manifester et de la constitution ainsi que la libération des prisonniers politiques, la colère contre Jean-Luc Mélenchon était présente. La plupart des participants exprimaient spontanément leur consternation face aux «contre-vérités» exprimées par le candidat de la France insoumise sur le Venezuela. Le Figaro
C’était par les yeux de la France que je commençais à voir. Rudyard Kipling
[Le maoïsme], c’était de la poésie. Philippe Solers
Suite à la tribune de 25 prix Nobel d’économie rappelant l’erreur que constituerait une sortie de l’UE, un recours au protectionnisme ou à la dévaluation, une centaine d’économistes a décidé de prendre la plume pour signer, à son tour, une tribune en faveur du programme de Jean-Luc Mélenchon. Sans doute ont-ils ressenti le message des « Nobel » comme une menace pour leur champion. Que nous apprend cette démarche qui interpelle davantage par le nombre de signataires que par le fond de leur analyse ? Il faut d’abord noter le pathétique de cette décision. Lorsque 25 Nobel, ayant des opinions politiques diverses et des méthodologies très différentes, rappellent que certains faits économiques sont indiscutables, ils démontrent qu’il existe un consensus scientifique qui dépasse les croyances individuelles. En s’opposant frontalement à leurs conclusions, pour mieux soutenir leur candidat, ces « économistes » relèguent la science économique au rang de simple débat d’idées. Selon eux, l’économie serait affaire de goûts et relèverait davantage de discussion de cafés du commerce que de science. Cela en dit long sur l’estime qu’ils ont de leur profession. Mais il y a plus grave. Un tel comportement favorise le relativisme ambiant qui, en matière économique, empêche tout consensus et donc toute discussion rationnelle et dépassionnée sur la pertinence des programmes électoraux. Voilà déjà un point choquant. Pourtant, celui-ci n’est rien en regard de ce que cette tribune révèle sur le système universitaire français. Parmi ces signataires, plusieurs appartiennent au mouvement des Economistes Atterrés qui n’a jamais caché son penchant anticapitaliste, anti-marché et révolutionnaire. Ceux-là sont donc dans leur rôle (sic) lorsqu’ils soutiennent le candidat qui pleure Castro et appelle de ses vœux un rapprochement avec l’Alliance Bolivarienne. Ceux qui le sont moins sont les nombreux signataires membres du CNU – Conseil National des Universités. Le CNU est l’institution déterminante pour la carrière des jeunes universitaires. Il délivre les précieuses « qualifications » sans lesquelles un docteur ne peut intégrer l’université au titre de Maître de Conférences. Et depuis peu, il est aussi l’instance qui octroie le prestigieux statut de Professeur. Or, comme en témoigne la liste des signataires soutenant cette tribune, ce Conseil sensé évaluer la recherche scientifique est composé, pour partie, d’idéologues niant les conclusions des Nobels et considérant au moins implicitement, que l’économie serait un art au service d’un idéal politique plus vaste. Voilà pourquoi l’économie est de moins en moins bien enseignée à l’université. Et voilà pourquoi les Français sont si ignorants en matière économique. Ce qui devrait être le temple de l’excellence scientifique est devenu l’arrière-boutique d’une idéologie dépassée, où se décident les carrières des futurs professeurs, non selon la qualité de leurs travaux mais selon leurs opinions politiques. Devenue un instrument politique au sein d’une institution dépossédée de sa nature scientifique, l’économie perd inévitablement son statut et son importance dans le débat politique, interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité. On s’interroge souvent sur les causes du marasme économique français. L’inculture et le relativisme économiques en sont les principales. Pour comprendre l’économie, pour choisir un programme économique plutôt qu’un autre, il faut déjà accepter que l’économie est une science, avec ses règles et ses mécanismes. Or, cela même les membres des plus hautes instances universitaires semblent l’avoir oublié, en faisant passer leur idéologie avant la réalité des faits, telle qu’énoncée par 25 Nobels ! Tant que les gardiens du temple seront des idéologues, favorables à un système qui n’a jamais fonctionné qui plus est, il n’y aura aucun débat rationnel. Et la France ne s’en remettra pas. Pierre Bentata (Université Panthéon Assas)
Quand je suis arrivé en France au début des années 1990, je pensais avoir laissé derrière moi le cauchemar de l’idéologie communiste. Je pensais ne plus revivre l’atmosphère sombre et pesante de l’époque, la tension et la peur permanentes, les files interminables devant les magasins vides et les pénuries – de la boîte d’allumettes jusqu’au papier hygiénique – et cette sensation terrible qu’on ne s’en sortirait jamais. Je croyais que c’en était fini des deux heures de télé par jour sur la seule chaîne, deux heures consacrées en grande partie au «Conducator bien aimé», le dictateur Ceausescu. (…) Plus de 25 ans après la chute du communisme, je suis en train de vivre une expérience que je n’aurais jamais pensé retrouver: la France, mon pays de cœur et d’adoption, manifeste une sympathie incorrigible pour les idées communistes que je n’ai cessé de combattre depuis mon enfance! Quelle ironie du sort: en 2017, sur onze candidats à l’élection présidentielle, neuf affichent clairement leurs penchants léninistes et leurs programmes marxisants. Sommes-nous en 2017 ou en 1917? (…) Quel décalage avec la France d’aujourd’hui! Un pays qui fait la couverture des magazines pour son taux de chômage qui bat des records ou pour sa bureaucratie sans équivalent dans les grands pays riches et démocratiques. Un pays dont l’économie étouffe sous la pression d’un État omniprésent et qui voit ses jeunes partir en masse à l’étranger. Un pays qui a envoyé aux oubliettes les vraies valeurs de l’école et les a remplacées par le pédagogisme et la sociologie égalitariste de Pierre Bourdieu ; une école phagocytée par les syndicats de gauche qui n’acceptent aucune réforme et par des enseignants complètement éloignés du monde de l’entreprise. Un pays qui chasse les jeunes, les chefs d’entreprise, les riches et qui n’attire plus les élites. Un pays dirigé par une classe politique en très grande partie déconsidérée et biberonnée à l’étatisme. Un pays où un parti dit d’extrême droite puise son programme dans les idées marxistes et obtient des scores électoraux impressionnants, un pays où plusieurs autres partis et candidats, enfin, se déclarent ouvertement communistes. Quel est ce pays qui renie ses racines chrétiennes et ses valeurs historiques? Qui a transformé l’antilibéralisme et l’antiaméricanisme en repères moraux? Qui passe son temps à insulter l’Europe et les présidents américains, parfaits boucs émissaires, et dresse des lauriers à des criminels comme Mao, Castro ou Che Guevara? (…) En France, le socialisme a toujours baigné dans la bienveillance, alors que le libéralisme a toujours souffert d’une présomption d’injustice et de culpabilité. L’étatisme marxisant bénéficie de la clause de l’idéologie la plus favorisée et c’est ce qui tue la France encore aujourd’hui. D’autres pays s’en sont sortis, en saisissant toutes les bouées de sauvetage que nous, nous repoussons. Souffririons-nous du syndrome de Stockholm à l’échelle nationale? D’une inconscience infantile qui pourrait se révéler lourde de conséquences? Où est la France de mon enfance? Bogdan Calinescu

Attention: un retour vers le futur peut en cacher un autre !

A l’heure où après des mois d’une véritable machination juridico-médiatique contre le seul candidat de la véritable alternance

Pour avoir, avec une centaine de ses collègues députés, tiré parti d’un système effectivement douteux mais à l’époque légal …

Et profitant de son titre prestigieux (repris d’un journal de résistance certes fondé par des compagnons de route  du PCF et refondés par des maoïstes) …

Le principal journal de gauche français appelle à voter littéralement n’importe quoi

Pour contrer dans le plus éhonté des amalgames « droite réac » et extrême droite …
Pendant qu’au nom du relativisme le plus échevelé et au moment même où à Caracas les manifestants tombent sous les balles du chavisme …
Une centaine d’économistes apportent leur soutien à l’appel, par un candidat ouvertement castriste et chaviste, à un rapprochement de la France avec l’Alliance bolivarienne
Encourageant de fait, comme le rappelle le chercheur en économie  Pierre Bentata, non seulement la notoire inculture des Français en matière économique …
Mais « interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité » …
Et qu’au prétendu centre et sur fond de sondages largement relativisés par une masse inédite d’indécis, un Monsieur Et en même temps nous ressort les restes quasi-momifiés d’une Chiraquie que l’on croyait morte et enterrée …
Comment ne pas voir  …
Avec l’essayiste Nicolas Lecaussin qui a connu, lui, la dictature sous le Ceausescu de sa Roumanie natale …
L’étrange obsession antilibérale d’un pays qui, en ce triste centenaire de l’idéologie la plus meurtrière de l’histoire …
 Aligne à l’élection présidentielle et entre deux attentats ou menaces djihadistes …
Pas moins de neuf candidats sur onze « affichant clairement leurs penchants léninistes et programmes marxisants » ?

« Mélenchon, Poutou et Arthaud ne me font pas rire : moi, le communisme, je l’ai vécu ! »
Nicolas Lecaussin
Le Figaro
21/04/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE- A deux jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’essayiste Nicolas Lecaussin, qui a connu la dictature de Ceausescu en Roumanie, met en garde contre les candidats d’extrême gauche et l’état marxisant qu’ils souhaitent mettre en place.


Bogdan Calinescu publie en France sous le pseudonyme de Nicolas Lecaussin. Il est directeur de l’IREF et a écrit plusieurs essais dont Cet État qui tue la France, L’absolutisme efficace, Au secours, ils veulent la peau du capitalisme, L’obsession antilibérale française, et Échec de l’État (coauteur).


Quand je suis arrivé en France au début des années 1990, je pensais avoir laissé derrière moi le cauchemar de l’idéologie communiste. Je pensais ne plus revivre l’atmosphère sombre et pesante de l’époque, la tension et la peur permanentes, les files interminables devant les magasins vides et les pénuries – de la boîte d’allumettes jusqu’au papier hygiénique – et cette sensation terrible qu’on ne s’en sortirait jamais. Je croyais que c’en était fini des deux heures de télé par jour sur la seule chaîne, deux heures consacrées en grande partie au «Conducator bien aimé», le dictateur Ceausescu.

Enfant, je voyais mon père, intellectuel, enseignant la littérature française, prendre d’énormes risques en critiquant le régime et je me rappelle très bien comment, lors d’une perquisition de la police politique chez nous, à 6 heures du matin, il avait réussi à glisser dans mon cartable, avant que je ne parte à l’école, quelques documents «compromettants» qui auraient pu lui coûter cher… En les déposant chez un ami de la famille qui les a brûlés tout de suite, j’avais – déjà, à 13 ans – la satisfaction d’avoir accompli l’acte d’un véritable résistant au régime. Malgré l’ubuesque et l’impitoyable dictature de Ceausescu, j’ai eu la chance de grandir dans une atmosphère francophile, j’ai eu la chance de pouvoir déchiffrer le monde libre, sa littérature, son actualité.

Plus de 25 ans après la chute du communisme, je suis en train de vivre une expérience que je n’aurais jamais pensé retrouver: la France, mon pays de cœur et d’adoption, manifeste une sympathie incorrigible pour les idées communistes que je n’ai cessé de combattre depuis mon enfance! Quelle ironie du sort: en 2017, sur onze candidats à l’élection présidentielle, neuf affichent clairement leurs penchants léninistes et leurs programmes marxisants. Sommes-nous en 2017 ou en 1917?

Je me souviens très bien du moment où la France est devenue pour moi l’objectif à atteindre, l’endroit où je devais absolument vivre. Adolescent, je suis tombé sur ce texte de Rudyard Kipling qui, en 1878, à l’âge de 12 ans, visite Paris avec son père. Il a l’occasion de grimper dans la statue de la Liberté qui n’avait pas encore été envoyée à New York. En regardant de l’intérieur à travers ses yeux, il comprend: «C’était par les yeux de la France que je commençais à voir»… Des années plus tard, en 1922, lors d’un discours à la Royal Society of St. George, ce grand amoureux de la France affirmait: «Les Français représentent le seul autre (avec les Anglais) peuple dans le monde qui compte.» Néanmoins, l’Angleterre devrait suivre l’exemple de la France… Et Kipling d’énumérer les atouts de notre pays: l’éthique du travail, son économie, la simplicité, l’autodiscipline et la discipline extérieure ainsi que «la vie rude qui fortifie l’être moral». «La France est un exemple pour le monde entier»!

Quel décalage avec la France d’aujourd’hui! Un pays qui fait la couverture des magazines pour son taux de chômage qui bat des records ou pour sa bureaucratie sans équivalent dans les grands pays riches et démocratiques. Un pays dont l’économie étouffe sous la pression d’un État omniprésent et qui voit ses jeunes partir en masse à l’étranger. Un pays qui a envoyé aux oubliettes les vraies valeurs de l’école et les a remplacées par le pédagogisme et la sociologie égalitariste de Pierre Bourdieu ; une école phagocytée par les syndicats de gauche qui n’acceptent aucune réforme et par des enseignants complètement éloignés du monde de l’entreprise. Un pays qui chasse les jeunes, les chefs d’entreprise, les riches et qui n’attire plus les élites. Un pays dirigé par une classe politique en très grande partie déconsidérée et biberonnée à l’étatisme. Un pays où un parti dit d’extrême droite puise son programme dans les idées marxistes et obtient des scores électoraux impressionnants, un pays où plusieurs autres partis et candidats, enfin, se déclarent ouvertement communistes.

Quel est ce pays qui renie ses racines chrétiennes et ses valeurs historiques? Qui a transformé l’antilibéralisme et l’antiaméricanisme en repères moraux? Qui passe son temps à insulter l’Europe et les présidents américains, parfaits boucs émissaires, et dresse des lauriers à des criminels comme Mao, Castro ou Che Guevara? Je me souviendrai toujours de ce que m’avait dit l’intellectuel Philippe Sollers lorsque je lui avais demandé pourquoi il avait été maoïste: «C’était de la poésie», m’avait-il répondu en balayant d’un revers de main sa sympathie pour le plus grand criminel de l’Histoire. Alors, les admirateurs d’Hitler, c’était aussi de la poésie? En France, le socialisme a toujours baigné dans la bienveillance, alors que le libéralisme a toujours souffert d’une présomption d’injustice et de culpabilité.

L’étatisme marxisant bénéficie de la clause de l’idéologie la plus favorisée et c’est ce qui tue la France encore aujourd’hui. D’autres pays s’en sont sortis, en saisissant toutes les bouées de sauvetage que nous, nous repoussons. Souffririons-nous du syndrome de Stockholm à l’échelle nationale? D’une inconscience infantile qui pourrait se révéler lourde de conséquences? Où est la France de mon enfance?

Voir aussi:

MÉDIAS
« Tout sauf eux »: La Une engagée de Libération à la veille du premier tour de la présidentielle
Dans le viseur du quotidien, François Fillon et Marine Le Pen, « droite réac » et « extrême droite ».
Jade Toussay
Huffington post.fr
22/04/2017

PRÉSIDENTIELLE 2017 – « Tout sauf eux ». Eux, c’est-à-dire Marine Le Pen et François Fillon, qui s’affichent ce samedi 22 avril à la Une de l’édition week-end de Libération, dominée par le scrutin du premier tour de dimanche.

« La France se rend aux urnes pour une élection plus incertaine que jamais, qui pourrait voir la gauche écartée du second tour laissant face à face droite réac et extrême droite. » A la veille d’un scrutin décisif pour la France, le quotidien renoue avec l’une de ses grandes traditions éditorialistes et prend clairement position dans la campagne.

Sur la Une et dans l’éditorial « Voter c’est se battre » de Laurent Joffrin, le journal d’opinion appelle les électeurs français à voter. « Voter pour qui? Certainement pas pour les diviseurs des Français qui récupèrent le drame pour achalander leur douteuse boutique », assène le directeur de la rédaction, en faisant allusion aux réactions politiques qui ont suivi l’attentat sur les Champs-Elysées jeudi 20 avril.

Un avertissement, un cri du cœur, qui n’est sans rappeler la prise de position de certains autres quotidiens nationaux, qui ont, au cours de la campagne, pris plusieurs fois position contre la candidate frontiste et le candidat de la droite.

« Voilà deux possibles futurs présidents de la République »

Le 18 avril, Le Monde publiait un éditorial cinglant contre Marine Le Pen, accusée d’avoir franchi « la frontière de l’indécence ». En ligne de mire la déclaration polémique de la présidente du FN sur la sécurité nationale et le terrorisme: « Avec moi, il n’y aurait pas eu de Mohamed Merah, Français grâce au droit du sol, il n’y aurait pas eu les attentats du Bataclan et Stade de France. »

Sauf qu' »on ne récolte pas de voix sur le dos des morts », comme le martèle le texte publié le lendemain sur le site du Monde. « C’est une sorte de ligne rouge d’ordre moral – et qui préserve l’avenir. Cette ligne rouge, la chef du Front national, Marine Le Pen, vient de la franchir. »

Le quotidien n’épargne pas non plus François Fillon, englué dans des scandales politique, financier et surtout moral. « François Fillon, Marine Le Pen: même au mépris de la loi », s’intitule ainsi un autre éditorial, paru cette fois le 15 mars, au lendemain de la mise en examen du candidat de la droite, et alors que la candidate frontiste est elle aussi visée par des soupçons d’emplois fictifs au Parlement Européen.

« Voilà deux possibles futurs présidents de la République –et, à ce titre, gardiens des institutions– qui invoquent sans vergogne le verdict des électeurs pour mieux écarter le jugement des magistrats. Voilà une campagne définitivement empoisonnée et le débat présidentiel torpillé par ces affaires. Voilà enfin, c’est inévitable, les Français confortés dans leur défiance à l’égard de la parole publique et dans leur rejet, voire leur dégoût, des responsables politiques. De cela, en tout cas, François Fillon et Marine Le Pen sont dès à présent coupables », tranche ainsi le journal.

Voir également:

Un rappel aux économistes qui soutiennent Mélenchon
Pierre Bentata
La Tribune
20/04/2017

Les 100 économistes signataires de la tribune pro-Mélenchon sont le révélateur d’un malaise dans l’enseignement de l’économie en France. Par Pierre Bentata, chercheur en économie à l’Université Panthéon Assas

Suite à la tribune de 25 prix Nobel d’économie rappelant l’erreur que constituerait une sortie de l’UE, un recours au protectionnisme ou à la dévaluation, une centaine d’économistes a décidé de prendre la plume pour signer, à son tour, une tribune en faveur du programme de Jean-Luc Mélenchon. Sans doute ont-ils ressenti le message des « Nobel » comme une menace pour leur champion.

Que nous apprend cette démarche qui interpelle davantage par le nombre de signataires que par le fond de leur analyse ?

Consensus scientifique

Il faut d’abord noter le pathétique de cette décision. Lorsque 25 Nobel, ayant des opinions politiques diverses et des méthodologies très différentes, rappellent que certains faits économiques sont indiscutables, ils démontrent qu’il existe un consensus scientifique qui dépasse les croyances individuelles. En s’opposant frontalement à leurs conclusions, pour mieux soutenir leur candidat, ces « économistes » relèguent la science économique au rang de simple débat d’idées. Selon eux, l’économie serait affaire de goûts et relèverait davantage de discussion de cafés du commerce que de science. Cela en dit long sur l’estime qu’ils ont de leur profession.

Mais il y a plus grave. Un tel comportement favorise le relativisme ambiant qui, en matière économique, empêche tout consensus et donc toute discussion rationnelle et dépassionnée sur la pertinence des programmes électoraux. Voilà déjà un point choquant. Pourtant, celui-ci n’est rien en regard de ce que cette tribune révèle sur le système universitaire français.

Parmi ces signataires, plusieurs appartiennent au mouvement des Economistes Atterrés qui n’a jamais caché son penchant anticapitaliste, anti-marché et révolutionnaire. Ceux-là sont donc dans leur rôle (sic) lorsqu’ils soutiennent le candidat qui pleure Castro et appelle de ses vœux un rapprochement avec l’Alliance Bolivarienne. Ceux qui le sont moins sont les nombreux signataires membres du CNU – Conseil National des Universités. Le CNU est l’institution déterminante pour la carrière des jeunes universitaires. Il délivre les précieuses « qualifications » sans lesquelles un docteur ne peut intégrer l’université au titre de Maître de Conférences. Et depuis peu, il est aussi l’instance qui octroie le prestigieux statut de Professeur. Or, comme en témoigne la liste des signataires soutenant cette tribune, ce Conseil sensé évaluer la recherche scientifique est composé, pour partie, d’idéologues niant les conclusions des Nobels et considérant au moins implicitement, que l’économie serait un art au service d’un idéal politique plus vaste.

L’arrière-boutique d’une idéologie dépassée

Voilà pourquoi l’économie est de moins en moins bien enseignée à l’université. Et voilà pourquoi les Français sont si ignorants en matière économique. Ce qui devrait être le temple de l’excellence scientifique est devenu l’arrière-boutique d’une idéologie dépassée, où se décident les carrières des futurs professeurs, non selon la qualité de leurs travaux mais selon leurs opinions politiques. Devenue un instrument politique au sein d’une institution dépossédée de sa nature scientifique, l’économie perd inévitablement son statut et son importance dans le débat politique, interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité.

On s’interroge souvent sur les causes du marasme économique français. L’inculture et le relativisme économiques en sont les principales. Pour comprendre l’économie, pour choisir un programme économique plutôt qu’un autre, il faut déjà accepter que l’économie est une science, avec ses règles et ses mécanismes. Or, cela même les membres des plus hautes instances universitaires semblent l’avoir oublié, en faisant passer leur idéologie avant la réalité des faits, telle qu’énoncée par 25 Nobels !

Tant que les gardiens du temple seront des idéologues, favorables à un système qui n’a jamais fonctionné qui plus est, il n’y aura aucun débat rationnel. Et la France ne s’en remettra pas.

Voir encore:

La consternation des Vénézuéliens de Paris face à Mélenchon
Le candidat de la France insoumise érige le régime chaviste en modèle et a inscrit l’adhésion de la France à l’Alliance bolivarienne pour les Amériques dans son programme.
Patrick Bèle
Le Figaro
20/04/2017

Alors que l’opposition vénézuélienne défile en masse dans les rues de Caracas pour demander l’organisation d’élections, de nombreux Vénézuéliens parisiens s’offusquent des déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur leur pays. Ils dénoncent les contre-vérités exprimées par le candidat à la présidentielle. Dans un entretien accordé à Ouest France la semaine dernière, il déclarait: «Le Venezuela avait une politique sociale-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a jamais eu de nationalisation non plus. J’ai soutenu Chavez contre l’agression des Américains. Et aujourd’hui le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien!» «Six affirmations et quatre purs mensonges», déplore Jose Ocariz, qui vit en France depuis une quinzaine d’années.

Une alliance en train de péricliter

Par ailleurs, à une question sur France Info sur le point 62 du programme de Mélenchon qui prône l’adhésion de la France l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), Clémentine Autain a montré qu’elle ne connaissait pas ce point du programme du candidat dont elle est la porte-parole. L’Alba est une organisation fondée par Hugo Chavez qui visait à créer des solidarités avec les pays latino-américains et caraïbes adhérents aux préceptes du socialisme du XXIe siècle (Cuba, Bolivie, Nicaragua, République dominicaine, Équateur, notamment).

Cette alliance est en train de péricliter. La rente pétrolière vénézuélienne ayant fondu, Caracas ne peut plus apporter son aide aux pays membres. La proposition d’adhésion de la France à cette alliance est pour le moins incongrue. «Le monde entier a montré sa solidarité avec l’opposition vénézuélienne et condamné l’attitude du pouvoir chaviste, explique Paula Osorio, en France depuis dix ans. Et Mélenchon continue à défendre un régime coupable de multiples violations des droits de l’homme. Chaque fois qu’il en parle, Mélenchon décrit Chavez comme un grand humaniste. Tout le monde sait que c’est faux. Il ment quand il dit qu’il n’y a pas eu d’expropriations. Il doit le savoir! Il est venu si souvent dans mon pays. Avec un menteur comme lui, il n’y a pas de discussion possible. Aujourd’hui, au Venezuela, des gens fouillent dans les poubelles pour trouver à manger.»

Consternation face aux «contre-vérités»

Pour Francisco Moreno, ancien cadre de PDVSA, le géant pétrolier appartenant à l’État vénézuélien, qui a quitté le pays au moment de la grande purge de la compagnie au début des années 2000, Mélenchon est «comme un mari trompé qui ne veut pas voir que sa femme lui est infidèle. Il nie la réalité alors qu’il la connaît. Il se ment à lui-même car il a trouvé dans son soutien à Chavez une part de romantisme qui le nourrit dans son combat politique. Mélenchon ne peut pas être un bon président s’il continue à vivre dans une utopie. Et pourtant de nombreux points de son programme me plaisent. Mais cet aveuglement sur mon pays est insultant pour tous les Vénézuéliens qui souffrent».

Jose Ocariz, qui se place plutôt à gauche, s’étonne lui aussi des «mensonges» de Jean-Luc Mélenchon. «Personne n’a été exproprié? Il suffit de taper «Expropiese» sur un moteur de recherche pour trouver de nombreux extraits des shows de télé réalité du colonel Chavez. Il s’agit d’humiliation publique, montrant des personnes réduites au silence à l’annonce en live de leur ruine car expropriés, suivie d’une salve d’applaudissements serviles.»

Mercredi 19 avril, dans la cour de la reine dans le 8e arrondissement de Paris, les opposants au régime chaviste se sont réunis au pied de la statue de Simon Bolivar pour montrer leur solidarité avec leurs compatriotes qui défilaient dans les rues de Caracas au même moment. Au milieu des slogans demandant le respect des droits à manifester et de la constitution ainsi que la libération des prisonniers politiques, la colère contre Jean-Luc Mélenchon était présente.

La plupart des participants exprimaient spontanément leur consternation face aux «contre-vérités» exprimées par le candidat de la France insoumise sur le Venezuela. «Mélenchon parle d’un Venezuela qui n’existe pas, s’insurgeait un participant qui préfère rester anonyme. Il nourrit ses fantasmes de révolution sud-américaine de l’histoire d’un pays où certains habitants n’ont même plus la possibilité de se soigner car il n’y a plus de médicaments dans les pharmacies et les hôpitaux depuis des mois.»

Voir par ailleurs:

Présidentielle 2017 : le big data donne Fillon au second tour, pas les sondages. Qui aura raison ?

Sylvain Rolland
La Tribune
21/04/2017
Filteris, Vigiglobe et Predict My President, trois initiatives différentes dans leur méthodologie de big data électoral, prédisent la qualification de François Fillon au second tour de l’élection présidentielle. Les derniers sondages, eux, continuent d’anticiper un duel Macron-Le Pen. Explications.

Sale temps pour les sondages. Paniqués à l’idée de « rater » le premier tour de l’élection présidentielle, les voici challengés par de nouveaux venus : les spécialistes du big data, qui utilisent l’analyse des données à grande échelle pour établir une autre cartographie de l’opinion.

Première mauvaise nouvelle pour les sondeurs, dont la méthodologie est ouvertement contestée : contrairement à eux, ces concurrents du big data ont su prédire la qualification de François Fillon au premier tour de la primaire à droite. Et aussi l’élection de Donald Trump et, pour Vigiglobe, la victoire du Brexit. Trois échecs cuisants pour les instituts de sondages.

Deuxième mauvaise nouvelle : les prédictions de Filteris, de Vigiglobe et de l’algorithme Predict My President ne valident pas celles des sondages. Ceux-ci ne cessent d’annoncer un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au contraire, les trois initiatives misent sur la qualification de François Fillon. Ils diffèrent par contre sur le ou la candidate qui l’accompagnera au second tour. Une question de méthodologie qui révèle aussi les limites de l’exercice.

Retour sur ces trois trublions de la campagne, leur méthodologie, leur crédibilité, leurs prédictions. Puis celles, très différentes, des tout derniers sondages.

Filteris : un second tour Fillon / Le Pen

Qu’est-ce que c’est ? Filteris est une société canadienne créée en 2002 par Jérôme Coutard et Isabelle Dornic, tous deux docteurs en sciences sociales. L’entreprise est spécialisée dans l’analyse d’image, la gestion et la sécurisation de l’identité numérique des entreprises, institutions et personnalités. Depuis 2007, Filteris a développé une expertise dans l’analyse du buzz généré sur le web et les réseaux sociaux dans des contextes électoraux, baptisée BuzzPol.

Quelle méthodologie ?  BuzzPol réalise, comme les sondages, des mesures régulières de l’opinion. Mais contrairement aux sondeurs, BuzzPol ne se base pas sur le recueil d’intentions de vote auprès d’un public représentatif, mais sur l’analyse à grande échelle des perceptions, avis et opinions exprimés sur le web et les réseaux sociaux. Son algorithme permet d’analyser ces points de vue de manière quantitative et qualitative, puis de générer un score sur 100, réparti entre les candidats.

Quel est son pronostic ? Dans sa dernière mesure du vendredi 21 avril, François Fillon arrive en tête avec 22,09%. Il est suivi par Marine Le Pen, avec 21,75%, puis Jean-Luc Mélenchon (21,11%) et enfin Emmanuel Macron (19,92%). Les quatre candidats se tiennent à un peu plus de deux points. Autrement dit, dans un mouchoir de poche.

C’est la 16è mesure d’opinion de Filteris depuis le 3 avril. Les 14 premières indiquaient que François Fillon et Marine Le Pen figureraient au second tour. Seule la 15è, du jeudi 20 avril, anticipait un second tour Fillon-Mélenchon.

Quelle crédibilité ? Filteris a correctement prédit la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. L’entreprise n’a pas travaillé sur le Brexit. Contrairement aux sondages, Filteris a su prédire la première place de François Fillon à la primaire de la droite. Mais l’entreprise attendait Nicolas Sarkozy en deuxième position, alors que c’est Alain Juppé qui s’est qualifié. Elle s’est en outre trompée sur le premier tour de la primaire de la gauche : Benoît Hamon, qui est arrivé en première position, était donné troisième, derrière Manuel Valls et Arnaud Montebourg.

Vigiblobe : Fillon probablement qualifié, Macron et Mélenchon en embuscade, Le Pen hors de l’équation

Qu’est-ce que c’est ? Vigiglobe est une startup française dirigée par Leendert de Voogd, un ancien directeur mondial de l’institut de sondage TNS. Son credo : l’analyse des réseaux sociaux Twitter et Facebook pour repérer les tendances émergentes afin d’orienter la communication de ses clients, les marques. La startup a aussi développé des outils d’analyse spécialement conçus pour les élections, afin de repérer les signaux faibles qui traduisent des dynamiques qui échappent aux sondeurs – ou que ces derniers perçoivent trop tard.

Quelle méthodologie ? Vigiglobe utilise des algorithmes, développés en interne, de machine learning (apprentissage par la machine à base d’intelligence artificielle), capables d’analyser à la fois quantitativement (qui suscite le plus de réactions ?) et qualitativement (quelle tonalité ?) les messages postés sur les réseaux sociaux. Grâce à des partenariats exclusifs avec Facebook et Twitter, la startup a accès à l’ensemble des contenus publiés. La moitié des Français est sur Facebook, et Twitter revendique 15 millions de comptes en France.

Quel est son pronostic ? Contrairement à ses concurrents, Vigiglobe ne se risque pas au jeu des prédictions. En revanche, la startup estimait, jeudi 20 avril, que François Fillon a « de grandes chances de se qualifier pour le second tour ». Ses algorithmes d’analyse du sentiment voient se dégager un trio de tête dans un mouchoir de poche : François Fillon (qui dispose en plus du plus grand nombre de messages positifs), Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

Contrairement aux sondages et aux autres spécialistes du big data, Vigiglobe estime que Marine Le Pen est en sérieuse perte de vitesse, et qu’elle pourrait, par conséquent, ne pas se qualifier pour le second tour. Leendert de Voogd, le Pdg, précise toutefois que l’attaque des Champs-Elysées profitait vendredi 21 avril à François Fillon et à Marine Le Pen, en nette hausse par rapport aux jours précédents.

Quelle crédibilité ? Vigiglobe a correctement identifié les dynamiques portant à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, à la victoire du Brexit au Royaume-Uni, de François Fillon à la primaire de la droite, et de Benoît Hamon à celle de la gauche.

Predict My President : Le Pen et Fillon au second tour

Qu’est-ce que c’est ? Predict My President est un programme mené depuis plusieurs mois par cinq étudiants de l’école Télécom Paris tech pour l’hebdomadaire Le Point. L’objectif est de pallier les « failles » des sondages en remplaçant les enquêtes d’opinion par une analyse socio-économique des électeurs, couplée à une analyse de la popularité des candidats sur la Toile.

Quelle méthodologie ? Les élèves ont bâti un logiciel nourri à partir des données numériques issues du réseau social Twitter et des recherches des internautes sur Google, pour déceler la popularité des candidats et analyser le contenu des messages les concernant. Ces data sont croisées par des données socio-économiques remontant jusqu’à 1981 (taux de chômage par département, résultats des élections locales, etc.), issues des plateformes gouvernementales d’open data et de l’Insee. Un algorithme pondère les différentes analyses et aboutit à des prédictions de vote. Ou quand le big data et l’analyse socio-économique remplacent les sondages.

Quel est le pronostic ? Le 19 avril, Predict My President voyait se profiler un duel entre Marine Le Pen (24,13%) et François Fillon (21,77%). Emmanuel Macron arriverait troisième avec 20,32%, suivi par Jean-Luc Mélenchon avec 18,66%.

Quelle crédibilité ? Verdict dimanche.

Et les sondages ?

Dans la dernière ligne droite, tous notent une progression de François Fillon, confirmant ainsi la dynamique relevée par les spécialistes du big data, mais pas suffisamment pour atteindre le second tour. Tous les instituts le donnent troisième derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Voici les résultats des derniers sondages publiés le vendredi 21 avril:

  • Odoxa pour Le Point

Emmanuel Macron (24,5%) vs Marine Le Pen (23%). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont tous les deux à 19%.

  • BVA pour La Dépêche du Midi

Emmanuel Macron (24%) vs Marine Le Pen (23%). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont tous les deux à 19%.

  • OpinionWay-ORPI pour Les Echos et Radio Classique

Emmanuel Macron (23%) vs Marine Le Pen (22%). François Fillon est troisième avec 21%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 18%.

  • Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio

Emmanuel Macron (24,5%) vs Marine Le Pen (22,5%). François Fillon est troisième avec 19,5%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 18,5%.

  • Elabe pour BFMTV et L’Express

Emmanuel Macron (24%) vs Marine Le Pen (21,5%). François Fillon est troisième avec 20%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 19,5%.

Voir enfin:

Il avait prédit la victoire de Trump, aujourd’hui il révèle qui pourrait être le président de la République

Serge Galam avait prédit la victoire de Donald Trump, le Brexit ou encore l’élimination d’Alain Juppé à la primaire. Aujourd’hui, il révèle qui pourrait devenir le chef d’État français

Le Soir
23 avril 2017

Serge Galam ne se base pas sur de simples spéculations lorsqu’il prédit des événements politiques. Ce professeur à Science-Po est l’initiateur de la sociophysique. Une science qui tient compte du comportement, du choix des électeurs, des influences auxquelles ils sont confrontés corrélant le tout avec des statistiques souvent récoltées dans des sondages officiels. Serge Galam cherche à mathématiser le cheminement de l’opinion. Mais ces sondages ne peuvent pas être pris en compte seuls. Explications.

Une victoire improbable

«  Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus  » relaye le magazine Grazia. Ainsi, il explique comment Marine LePen pourrait gagner les élections. Une victoire qu’il estime aujourd’hui «  improbable mais n’est plus impossible  ». Car, en effet, l’élection française se montre presque imprévisible et la distribution des votes pourrait encore basculer.

Tout peut basculer

«  Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée  », rapporte RCF Radio.

Ainsi, le rapport minorité-majorité pourrait être inversé par les inflexibles – ceux qui voteront coûte que coûte pour un candidat – capables d’influencer les plus « flexibles ».


FRANCOIS FILLON PRESIDENT ! (Contre le retour de la stasi maintenant, la seule véritable alternance, c’est François Fillon !)

26 mars, 2017
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Il faut dire que la rivale victorieuse de Bartolone a fait de la lutte contre la drogue un de ses thèmes de campagne … Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé
«L’émission de France 2, c’est du jamais vu! Du début à la fin, ce sont des interlocuteurs à charge. On a atteint un sommet de la caricature. » «Ça me profite. Ça provoque chez les Français un réflexe démocratique. Plus on m’attaque, plus je suis en forme! Madame Angot m’a fait du bien. Je vais gagner cette élection en partie grâce à vous. Une partie de la presse a décidé d’une scénarisation et ne veut pas en sortir. Mais une grande partie des Français veut l’alternance, qui ne peut pas être Emmanuel Macron. Je ne crois pas un instant à ces sondages. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas de sens. Mais la situation politique est tellement instable, la campagne est tellement perturbée que vous ne pouvez pas vous fier à un moment donné. J’ai l’expérience des campagnes. Je sais que quand il y a du monde, je sais quand les gens ne viennent pas. Il n’y a jamais eu autant de monde. Il y avait 4000 personnes (vendredi soir à Biarritz), ce sont des signes qui ne trompent pas.»(…) «Qu’est-ce que vous voulez que je leur dise. Ce sont des militants politiques. Pourquoi j’irai leur parler? Ils viennent pour empêcher ma campagne. Vous croyez vraiment que ce sont des gens sincères? La plupart du temps, ce sont des gens d’extrême gauche. Les gens qui tapent dans des casseroles, ce n’est pas de la démocratie.» (…) «Vous avez un candidat à la présidentielle qui a gagné 3,5 millions et qui a déclaré 350.000 euros de patrimoine. Et ça ne vous pose aucun problème. (…) il y a un mouvement de fond pour Emmanuel Macron comme il y avait un mouvement de fond pour Alain Juppé, parce que c’était rassembleur». «Mais la France ne correspond pas à ça et l’élection sera différente. «Son programme se socialise au fur et à mesure que le temps passe! On aurait pu penser qu’Emmanuel Macron avait une vraie politique à proposer, maintenant c’est fini. Sur tous les sujets c’est une stratégie qui consiste à faire plaisir à tout le monde».(…) «Il y a deux ans, Emmanuel Macron était sur les mêmes positions que moi ». «Il nous est même arrivé d’en parler tous les deux. Et à mesure que la campagne avance, il s’adapte aux discours de gauche. Mais le désir d’alternance (des Français) il va le prendre en pleine face!» (…) «Il va finir par être le candidat des socialistes» (…) ‘il y a un certain opportunisme. Les gens pas sélectionnés pour les législatives veulent tenter leur chance chez Macron» (…) «Dutreil, c’était le meilleur ami de Bourgi. C’est lui qui lui a obtenu la légion d’honneur!» (…) «Personne n’a envie de continuer avec François Hollande et ses amis» (…) «La gauche a fait une erreur magistrale en réclamant mon départ! Demander à trente jours de l’élection présidentielle du seul candidat qui représente la droite, c’est un déni de démocratie incroyable».(…) «le président a une responsabilité considérable». «Sa première responsabilité, c’est de faire en sorte que le débat démocratique se déroule dans des conditions normales». «Deuxième chose, des soupçons de plus en plus lourds pèsent sur le rôle de Français Hollande dans cette affaire»(…) ««Nous en sommes en train d’identifier toutes les infractions mentionnées dans le livre Bienvenue Place Beauvau et dans les jours qui viennent un certain nombre de mes amis rendront publiques ces infractions et demanderont qu’une enquête soit ouverte» (…) «On est dans une situation où il est probable que compte tenu des procédures judiciaires je sois sur écoute quand j’apprends que le Président se fait remonter les résultats des écoutes judiciaires à l’Elysée». «Cela veut dire que le président de la République peut potentiellement écouter un candidat à l’élection présidentielle. Mais attendez, on est dans quelle démocratie là?» (…) «Pour la petite histoire je ne reçois pas de SMS pendant le débat. D’ailleurs, je n’en ai pas besoin. Je regardais l’heure parce qu’il y a des moments où c’était un peu long. Et je regardais un compte WhatsApp». (…) «Je regardais les commentaires des députés sur le débat, ça m’amusait de voir comment ils réagissaient».François Fillon

Contre le retour de la stasi maintenant, la seule véritable alternance, c’est François Fillon !

Les confidences de François Fillon sur la campagne : «Je vais gagner»
Le candidat Les Républicains juge «probable» d’être sur écoute puisque dit-il, «le Président se fait remonter les résultats des écoutes judiciaires à l’Elysée».
Marion Mourgue
Le Figaro
25/03/2017

De notre envoyée spéciale à Biarritz

Alors qu’il finissait un déjeuner avec des agriculteurs et des élus locaux dans une cidrerie près de Biarritz, François Fillon est venu voir la presse un petit moment pour le café. Au milieu des assiettes non desservies, le candidat voit un reporter essayer de faire un peu de ménage. «Ce n’est pas la peine, je suis un homme du peuple», démarre-t-il dès le départ comme une réponse à la question jeudi soir de David Pujadas, «M. Fillon, êtes-vous un homme d’argent?»

De cette soirée, il en a été beaucoup question. Si le candidat à la présidentielle a expliqué qu’elle lui avait «consommé beaucoup d’énergie», il s’est surtout insurgé contre le traitement qu’il avait eu. «L’émission de France 2, c’est du jamais vu! Du début à la fin, ce sont des interlocuteurs à charge. On a atteint un sommet de la caricature», indique-t-il, convaincu qu’in fine ce sera bénéfice pour lui. «Ça me profite. Ça provoque chez les Français un réflexe démocratique. Plus on m’attaque, plus je suis en forme! Madame Angot m’a fait du bien», sourit-il.

Devant les journalistes qui l’entourent, François Fillon se dit convaincu d’être déjà «qualifié» pour le second tour et persuadé de l’emporter. «Je vais gagner cette élection en partie grâce à vous. Une partie de la presse a décidé d’une scénarisation et ne veut pas en sortir. Mais une grande partie des Français veut l’alternance, qui ne peut pas être Emmanuel Macron.»

Comme pendant la primaire, l’ancien premier ministre est persuadé que les enquêtes d’opinion ne veulent rien dire. «Je ne crois pas un instant à ces sondages. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas de sens. Mais la situation politique est tellement instable, la campagne est tellement perturbée que vous ne pouvez pas vous fier à un moment donné», déclare-t-il. A ses yeux, le seul vrai indicateur reste le terrain et surtout les réunions publiques qu’il enchaîne désormais à un rythme plus soutenu. «J’ai l’expérience des campagnes. Je sais que quand il y a du monde, je sais quand les gens ne viennent pas. Il n’y a jamais eu autant de monde. Il y avait 4000 personnes (vendredi soir à Biarritz), ce sont des signes qui ne trompent pas.»

Et si désormais à chaque déplacement il est accueilli par un concert de casseroles, voire d’œufs comme samedi matin à Cambon-les-Bains, le candidat LR n’a pas l’intention d’y répondre. «Qu’est-ce que vous voulez que je leur dise, lâche-t-il. Ce sont des militants politiques. Pourquoi j’irai leur parler? Ils viennent pour empêcher ma campagne. Vous croyez vraiment que ce sont des gens sincères? La plupart du temps, ce sont des gens d’extrême gauche», juge-t-il. «Les gens qui tapent dans des casseroles, ce n’est pas de la démocratie.»

En pleine face

Si François Fillon se montre très critique à l’égard de la presse, il l’est encore plus à propos d’Emmanuel Macron dont il estime que les médias sont trop cléments avec lui. «Vous avez un candidat à la présidentielle qui a gagné 3,5 millions et qui a déclaré 350.000 euros de patrimoine. Et ça ne vous pose aucun problème», entame-t-il. Constatant que l’ancien ministre semble bénéficier d’une dynamique, il reconnaît «un mouvement de fond pour Emmanuel Macron comme il y avait un mouvement de fond pour Alain Juppé, parce que c’était rassembleur», expose-t-il sans laisser apparaître une quelconque inquiétude. «Mais la France ne correspond pas à ça et l’élection sera différente.»

A ses yeux, le candidat d’En Marche! se serait même affadi. «Son programme se socialise au fur et à mesure que le temps passe! On aurait pu penser qu’Emmanuel Macron avait une vraie politique à proposer, maintenant c’est fini. Sur tous les sujets c’est une stratégie qui consiste à faire plaisir à tout le monde». De plus en plus sévère à l’égard de l’ancien conseiller de François Hollande, François Fillon poursuit: «Il y a deux ans, Emmanuel Macron était sur les mêmes positions que moi», en détaillant plus particulièrement les 35 heures et l’ISF. «Il nous est même arrivé d’en parler tous les deux. Et à mesure que la campagne avance, il s’adapte aux discours de gauche. Mais le désir d’alternance (des Français) il va le prendre en pleine face!»

François Fillon dit ne pas s’inquiéter des ralliements qui se multiplient en faveur du candidat d’En Marche! «Il va finir par être le candidat des socialistes», s’amuse-t-il en rappelant les ralliements des ex-ministres. Et quand on lui rappelle le soutien d’élus de droite, il explique qu’il«y un certain opportunisme. Les gens pas sélectionnés pour les législatives veulent tenter leur chance chez Macron», souffle-t-il. Fillon s’arrête sur le nom de l’ancien ministre Renaud Duteil, ex-chiraquien rallié à Emmanuel Macron. «Dutreil, c’était le meilleur ami de Bourgi. C’est lui qui lui a obtenu la légion d’honneur!», lance-t-il en renvoyant la balle dans l’autre camp.

Car si François Fillon reconnaît que «l’avalanche de polémiques et d’affaires» le «fragilise» et que le «FN profite de tout ça» – bien qu’il ne voit pas Marine Le Pen «en mesure de gagner l’élection présidentielle» -, il parie sur «le besoin d’alternance dans le pays». «Personne n’a envie de continuer avec François Hollande et ses amis», martèle-t-il.

Justement, François Fillon en vient à parler de «l’acharnement contre» lui «fait pour (l’)éliminer» et du communiqué du PS de mercredi réclamant son retrait de la campagne. «La gauche a fait une erreur magistrale en réclamant mon départ!», s’indigne-t-il. «Demander à trente jours de l’élection présidentielle du seul candidat qui représente la droite, c’est un déni de démocratie incroyable».

Le candidat LR cite nommément François Hollande: «le président a une responsabilité considérable». «Sa première responsabilité, c’est de faire en sorte que le débat démocratique se déroule dans des conditions normales», insiste le candidat. «Deuxième chose, des soupçons de plus en plus lourds pèsent sur le rôle de Français Hollande dans cette affaire», affirme-t-il en reprenant les accusations qu’il avait portées jeudi soir contre le chef de l’Etat et l’existence d’un «cabinet noir» à l’Elysée. ««Nous en sommes en train d’identifier toutes les infractions mentionnées dans le livre Bienvenue Place Beauvau et dans les jours qui viennent un certain nombre de mes amis rendront publiques ces infractions et demanderont qu’une enquête soit ouverte», détaille-t-il.

Mais François Fillon va plus loin. «On est dans une situation où il est probable que compte tenu des procédures judiciaires je sois sur écoute quand j’apprends que le Président se fait remonter les résultats des écoutes judiciaires à l’Elysée», déclare Fillon. «Cela veut dire que le président de la République peut potentiellement écouter un candidat à l’élection présidentielle. Mais attendez, on est dans quelle démocratie là?», s’insurge-t-il.

Et parce qu’il avait son téléphone dans la main, François Fillon en profite pour faire passer un message. «Pour la petite histoire je ne reçois pas de SMS pendant le débat. D’ailleurs, je n’en ai pas besoin. Je regardais l’heure parce qu’il y a des moments où c’était un peu long. Et je regardais un compte WhatsApp», affirme-t-il. Le député LR Lionel Tardy qui l’accompagnait ce matin a créé un groupe de discussion pour les élus qui soutiennent François Fillon. «Je regardais les commentaires des députés sur le débat, ça m’amusait de voir comment ils réagissaient», glisse Fillon.

A trente jours du premier tour, François Fillon se veut plus «en forme» que jamais. «Je ne redoute rien du tout», conclut-il.


Ecoutes de l’Elysée: Hollande m’a mis sur écoute (Fillon, quoting new book, says Hollande had him tapped)

24 mars, 2017
L’Élysée n’écoute rien. Il n’y a pas de système d’écoutes ici (…). Moi, personnellement, je n’en ai jamais lu une seule. François Mitterrand (02.04. 1993)
Il n’y a pas de cabinet noir à l’Elysée. Il y a un cabinet qui travaille mais nous n’avons pas à nous mêler des affaires et ma position a toujours été l’indépendance de la justice, le respect de la présomption d’innocence, et ne jamais interférer. C’est très différent de mes prédécesseurs. François Hollande (24/03/2017)
Le président Obama est tombé bien bas pour mettre mes téléphones sur écoute durant une période d’élections sacrée. C’est Nixon/Watergate. Une personne malfaisante (ou malade)! Donald Trump
N’oubliez pas : quand je dis écoutes téléphoniques, ces mots étaient entre guillemets […] parce que les écoutes téléphoniques, c’est quelque chose de plutôt vieux jeu. Mais cela recouvre vraiment la surveillance et beaucoup d’autres choses. Donald Trump
Vous savez pourquoi ils m’ont invitée ? Parce que, ce que je viens de vous dire, eux [les journalistes] ne peuvent pas le dire. Christine Angot
Je vais mettre en cause le président de la République. Il y a un livre sur le ministère de l’Intérieur et la place Beauvau dont j’ai pu lire les bonnes feuilles et qui explique comment Hollande fait remonter les écoutes judiciaires à son bureau, comment il est au courant des moindres faits et des filatures. On cherchait un cabinet noir, on l’a trouvé. Je demande qu’une enquête soit ouverte sur les allégations qui sont portées dans ce livre, parce que c’est un scandale d’Etat. Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l’histoire récente de la Ve République, un chef d’Etat n’est jamais allé aussi loin dans l’illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité. François Fillon
J’ai simplement dit qu’il y a un livre qui sort, dont j’ai découvert le contenu ces derniers jours. Il décrit un mécanisme incroyable d’intervention du pouvoir dans les affaires judiciaires. J’ai simplement dit que ce livre fait des révélations qui, si elles s’avèrent exactes, sont un scandale d’État. Il dit que les écoutes remontent directement à l’Elysée, que le président de la République a connaissance de toutes les procédures, etc. Je ne sais pas si c’est vrai ! Donc, il doit y avoir une enquête. François Fillon
Le retour aux affaires des chiraquiens nourrit bien évidemment le soupçon d’un cabinet noir.  Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire!  Mais l’addition d’indices troubles et de témoignages étonnants interroge. Plusieurs observateurs bien placés dans l’appareil ploicier nous ont ainsi décrit par le menu l’existence d’une structure clandestine, aux ramifications complexes et dont le rayon d’action ne serait pas cantonné au seul renseignement territorial.  (…) Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit. D’abord il y a Tracfin, le service de renseignement de Bercy, le ministère piloté durant tout le quinquennat par Michel Sapin, un ami de quarante ans du Président. La plupart des affaires judiciaires qui ont empoisonné Sarko et les siens ont trouvé leurs racines ici, dans cet immeuble ultra-sécurisé du 9e arrondissement de Paris, entièrement classé secret-défense. Là, cent vingt fonctionnaires sont habilités à fourrer leur nez dans les comptes en banque de n’importe qui.  Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé
Quelquefois ce n’est pas l’information elle-même qui est révélatrice de l’époque dans laquelle nous vivons, mais plutôt les réactions qu’elle suscite, et la manière dont elle nous est présentée. Ou occultée. (…) Hier, au cours d’une conférence de presse, Devin Nunes, actuel président de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants a confirmé que des agences de renseignement américaines avaient collecté des informations concernant des citoyens américains participant au processus de transition de l’administration suite à l’élection de Donald Trump. Il a précisé que ces collectes, très probablement légales, avaient été réalisées entre novembre 2016 et janvier de cette année et ne concernaient en aucune manière la Russie.   Le problème, selon lui, est qu’un certain nombre de ces documents laissaient clairement deviner l’identité réelle des citoyens américains concernés, et que ces documents avaient largement circulé parmi des responsables (autorisés) de l’administration Obama  (…) Il a ajouté que la Commission du renseignement allait procéder à une enquête approfondie concernant ces opérations de surveillance et la dissémination des informations (confidentielles, ndlr) qui en résultèrent. Soulignant que ces écoutes avaient probablement été récoltées de manière fortuite, c’est-à-dire que les personnes concernées n’étaient pas directement visées par la surveillance, Devin Nunes a jugé troublant que leurs identités aient été «dévoilées» et s’est interrogé sur les raisons de ce choix. Mais le fait que l’élu républicain aille directement voir le locataire de la Maison Blanche sans informer au préalable les autres membres de la Commission du renseignement a provoqué le colère des démocrates qui ont dénoncé un coup politique. Lors d’une audition parlementaire lundi, le directeur du FBI avait affirmé ne disposer d’aucune information permettant d’accréditer la thèse d’écoutes de la Trump Tower mise en avant par Donald Trump. (…) C’est étrange, à l’époque où nous vivons, plus connectée que jamais, les nouvelles ont toujours du mal à franchir l’Atlantique, et quand elles le font, quelquefois, le contenu fait penser à ce qui reste d’un message après avoir été transmis par « téléphone arabe ». Alors précisons tout de suite que cette news avait fait l’objet d’une dépêche AFP dont le contenu reste encore accessible aujourd’hui dans le cache de Google.  Bon alors évidemment, c’est l’AFP, c’est l’aspect « téléphone arabe » de la chose.  Soit ils sont sourds, soit ils sont moins-comprenants, soit [mettez ici ce que vous voulez]. Parce qu’en effet le contenu (…) Ne semble pas refléter (c’est un euphémisme) les propos de l’intéressé, dont la vidéo est disponible un peu partout. Et dans la presse française ça devient… Apparemment, quelques idées se seraient encore perdues en cours de route, d’autres auraient été ajoutées, bref, c’est plus de l’intox, ça confine à l’art abstrait (France24) : Le président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants a affirmé mercredi que des communications de l’équipe Trump, voire de Donald Trump lui-même, avaient été interceptées pendant la période de transition. Donald Trump, dans la tourmente pour avoir accusé sur Twitter, sans éléments de preuve, Barack Obama de l’avoir placé sur écoute, s’est dit, mercredi 22 mars, conforté par les déclarations d’un élu républicain sur de possibles opérations de surveillance qui n’avaient pas été révélées à ce jour. Devin Nunes, président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, a affirmé, tout en restant avare en détails, que les agences de renseignement américaines avaient intercepté des communications des membres de l’équipe Trump, voire de Donald Trump lui-même, durant la période de transition. «Il y a beaucoup d’informations dans les rapports que j’ai vus qui m’amènent à penser que l’administration précédente et nombre d’agences avaient une très bonne idée de ce que le président élu Trump faisait», a déclaré l’élu républicain, après avoir rencontré le chef de l’État à la Maison Blanche. «J’ai pensé qu’il était important que le président le sache», a-t-il ajouté. Donald Trump, qui s’exprimait au même moment lors d’une table ronde avec des élus afro-américains, a fait part de sa satisfaction. « Êtes-vous conforté par ces déclarations ? », lui a demandé un journaliste.  « Oui, d’une certaine manière. Je suis content qu’ils aient trouvé ce qu’ils ont trouvé », a-t-il répondu, sans autres précisions. Soulignant que ces écoutes avaient probablement été récoltées de manière fortuite, c’est-à-dire que les personnes concernées n’étaient pas directement visées par la surveillance, Devin Nunes a jugé troublant que leurs identités aient été «dévoilées» et s’est interrogé sur les raisons de ce choix. Mais le fait que l’élu républicain aille directement voir le locataire de la Maison Blanche sans informer au préalable les autres membres de la Commission du renseignement a provoqué le colère des démocrates qui ont dénoncé un coup politique. Lors d’une audition parlementaire lundi, le directeur du FBI avait affirmé ne disposer d’aucune information permettant d’accréditer la thèse d’écoutes de la Trump Tower mise en avant par Donald Trump. Source France24 avec AFP (…)  Exit donc le principal sujet de la conférence, à savoir que le nom des personnes sous écoutes étaient facilement reconnaissables (quand ils n’étaient pas en clair), et bonjour un tout nouveau grief, qui ne figure absolument pas dans la déclaration de l’intéressé : « voire de Donald Trump lui-même ».  Or Devin Nunes a déclaré, au contraire, que ces écoutes concernaient des personnes liées à la transition présidentielle, et non le président lui-même ou des membres de l’équipe de campagne (cela se passe après l’élection, ndlr). Une accusation pareille serait gravissime, surtout venant du président de la Commission du Renseignement, et à ce titre, l’invention pure et simple d’un pareil argument devrait valoir au journal qui l’aurait publié un joli macaron DecodexTM rouge, et la qualification de « fake news » sans parler du joli petit article dans Crosscheck qui va bien avec. Le Vilain petit canard
Les écoutes de l’Élysée, c’est l’un des premiers scandales de la présidence Mitterrand. En 1982, le chef de l’État souhaite la création d’une cellule antiterroriste à l’Élysée. Plusieurs gendarmes, dont Christian Prouteau, la composent. Il s’agit alors d’assurer la protection du président, ébranlée après l’attentat de la rue des Rosiers, et pour les gendarmes de dénicher de vraies informations afin de gommer l’affaire des Irlandais de Vincennes. Mais l’objet de la cellule déborde vite de ce cadre, qu’on pourrait qualifier d’intérêt général. Les gendarmes ouvrent de plus en plus grandes leurs oreilles. Les vingt lignes téléphoniques mises à leur disposition tournent à plein régime, hors des circuits officiels, au service quasi personnel de François Mitterrand. Avec des mobiles souvent fallacieux, on épie Jean-Edern Hallier – décidé à révéler l’existence de Mazarine Pingeot -, Carole Bouquet – peut-être parce que son mari d’alors était proche de la présidence algérienne -, Charles Pasqua, l’académicien Michel Droit… Et, dans cette liste assez extravagante, le journaliste du Monde Edwy Plenel, dont la mise sur écoute fut demandée expressément par François Mitterrand. L’affaire est jugée en 2004. Sur le banc des accusés, douze prévenus, douze maillons de la chaîne, du supergendarme Christian Prouteau à l’ancien directeur de cabinet de François Mitterrand, Gilles Ménage, en passant par celui du Premier ministre Laurent Fabius, Louis Schweitzer. François Mitterrand, décédé huit ans plus tôt, n’en est pas moins au coeur des débats. C’est le tribunal qui l’affirme : « Un grand nombre des écoutes reprochées aux différents prévenus ont pour origine une décision ou un choix émis par la plus haute autorité de l’État, à savoir le président de la République. » Sept des onze prévenus, dont Prouteau et Ménage, sont condamnés, ce que confirmera la Cour de cassation. Au tribunal, il manque un prévenu : le capitaine Guézou, le gendarme qui transcrivait les conversations et les apportait à l’Élysée. Le 12 décembre 1994, quelques jours après sa mise en examen, il s’est pendu. Le Point
Très clairement, un système a été mis en place, des hommes de confiance ont été placés à des postes stratégiques de façon à faire remonter les informations utiles. Ce qu’on appelle informations utiles, évidemment à l’Elysée, ce sont les informations qui concernent les affaires judiciaires qui visent Nicolas Sarkozy. (…) C’est simplement une organisation en fait. On appelle ça un cabinet noir mais c’est la mise en place d’une organisation, c’est-à-dire d’un système de relais au Ministère de la Justice, donc au cabinet du ministre, de la ministre à l’époque où on écrivait encore. Et puis aussi au Ministère de l’Intérieur et en tout cas, dans tous les endroits où des informations susceptibles d’être utilisées peuvent remonter. Stéphanie Marteau (20/04/2016)
Pour nous, l’affaire la plus symptomatique, c’est celle des écoutes contre Nicolas Sarkozy dans l’affaire incidente Bettencourt lorsque le parquet national financier lance une enquête sur le financement de la campagne électorale de 2007 de Nicolas Sarkozy. (…) En fait, on choisit en général les gens qui sont amenés à enquêter sur ces affaires. (…) Très concrètement, les policiers sont choisis en fonction de leurs états de service en général proches du pouvoir. Et notamment, l’enquête qui a été menée sur cette affaire par l’Office anticorruption de la Direction centrale de la Police judiciaire était dirigée et l’équipe d’enquête est clairement proche du pouvoir et proche du parti socialiste. (….) On choisit les gens mais ce ne sont pas que des magistrats. (…) Vous avez aussi des magistrats qui résistent. Par exemple, le procureur-général François Faletti (…) qu’on a mis à la retraite d’office, qui est quelqu’un qui a longtemps résisté à cette tendance à divulguer des informations sorties du dossier d’instruction afin qu’elles soient médiatisées et portent préjudice évidemment à Nicolas Sarkozy. Aziz Zemouri  (20/04/2016)
Les auteurs ne valident pas à proprement parler cette thèse du cabinet noir. « Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire! » Mais ils pointent tout de même « l’addition d’indices troubles et de témoignages étonnants. (…) Plusieurs observateurs bien placés dans l’appareil policier nous ont ainsi décrit par le menu l’existence d’une structure clandestine, aux ramifications complexes ». En fait, sans apporter la démonstration d’une orchestration des affaires judiciaires, ils éreintent la thèse selon laquelle l’Elysée aurait découvert la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy dans la presse. Et les auteurs d’affirmer que François Hollande, comme d’autres avant lui, a utilisé les administrations régaliennes pour recueillir des informations sur ses adversaires politiques. « L’impréparation, la méconnaissance de l’appareil policier et judiciaire ainsi que les circonstances ont très vite amené François Hollande à renier ses principes et adopter des méthodes qui n’ont rien à envier à celles de ses prédécesseurs ». Le livre décrit surtout comment l’Elysée a tenté de faire pièce aux réseaux sarkozystes, qui avaient noyauté l’appareil policier et judiciaire depuis une décennie. François Hollande a ainsi placé soit des proches soit des anciens chiraquiens à la plupart des postes clefs: à Tracfin, la cellule de renseignement de Bercy, à la Direction des affaires criminelles et des grâces, place Vendôme, et bien sûr au sein des renseignements et de la police.  Un chapitre est notamment consacré à Bernard Bajolet, patron de la DGSE, le service extérieur. Surnommé « l’autre espion du président », il reste tout de même relativement épargné par les auteurs. « Il est à Hollande ce que Squarcini était à Sarkozy, la faconde en moins, la rigueur et le courage en plus. L’un était flic de renseignement, amateur de coups tordus. L’autre est un diplomate, expert en rapport de force ». Le livre s’attarde aussi longuement sur l’affrontement, plus surprenant, entre François Hollande et Manuel Valls pour le contrôle de l’appareil d’Etat. Car il n’y a pas que les sarkozystes qui accusent l’Elysée d’avoir fomenté des coups bas contre leur champion, les vallsistes aussi. L’enquête sur le financement de l’orchestre de son épouse Anne Gravoin, qui a fuité dans l’Obs, aurait ainsi été conduite par « une société d’intelligence économique proche de l’Élysée, qui travaille en sous-main avec la DGSE… » Ils notent aussi qu’un proche de Hollande, Pierre-René Lemas, à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), est à l’origine de l’enquête judiciaire sur les contrats noués entre la CDC et le criminologue Alain Bauer, ami intime de Valls. Challenges
«La seule personne qui croit qu’il y a un cabinet noir à l’Élysée, c’est François Fillon », s’aventure même notre volatile, très vite devenu bien tatillon. Comparons. «Derrière ces ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande», écrit celui qui dénonce (dénonçait ?) dans son livre « les secrets inavouables d’un quinquennat ». On pourrait s’arrêter là. Mais, bon public, continuons. « Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit. D’abord il y a Tracfin, le service de renseignement de Bercy, le ministère piloté durant tout le quinquennat par Michel Sapin, un ami de quarante ans du Président[sic]. La plupart des affaires judiciaires qui ont empoisonné Sarko et les siens ont trouvé leurs racines ici, dans cet immeuble ultra-sécurisé du 9e arrondissement de Paris, entièrement classé secret-défense. Là, cent vingt fonctionnaires sont habilités à fourrer leur nez dans les comptes en banque de n’importe qui. » Encore ? « Depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, c’est comme si une malédiction judicaire s’était abattue sur son prédécesseur. » Une dernière : un « cabinet noir » ? « Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire ! » Mais il existe une « addition d’indices troubles et de témoignages étonnants » En effet, Didier Hassoux « n’a pas dit ça ».  Mieux, on déduit de la lecture de son enquête que François Hollande serait à l’origine de toutes les affaires qui ont touché le camp adverse pendant son mandat, sauf de celle-là. C’est vrai quoi, François Fillon on n’y touche pas. La preuve, le président l’a (re)dit lui-même ce matin: « il n’y a pas de cabinet noir à l’Elysée » (il n’a pas parlé de Bercy). C’est clair ? « Macron c’est moi » mais François Fillon c’est pas moi ! Si le malheur de l’un fait le bonheur de mon poulain c’est totalement fortuit. « Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire. […] Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante. […]Moi président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur. » J’utiliserai seulement comme tel celui de mon prédécesseur pour mieux faire en sorte de choisir mon successeur. Ah non pardon, ça non plus il ne l’a pas dit… Causeur
Les bonnes feuilles de Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat, que nous publions, éclaboussent comme jamais auparavant la présidence de François Hollande. L’affaire est grave. Elle met en lumière les dérives de la présidence de la République, qui a cherché à s’informer et à déstabiliser, par (presque) tous les moyens, ses opposants. Trois journalistes d’investigation lèvent ainsi le voile sur la manière dont François Hollande a tenté d’utiliser le ministère de l’Intérieur et ses outils de surveillance et de collecte d’informations pour servir sans succès un intérêt politique : sa réélection. Mais aussi la presse, en n’hésitant pas à faire fuiter opportunément des informations compromettantes sur ses opposants, jusque dans son propre camp, comme ce fut le cas manifestement contre Manuel Valls et son équipe rapprochée — son chef de cabinet sera photographié au téléobjectif. L’espionnage politique au sommet de l’État semble être devenu une manie, tout comme les nominations au sein de l’appareil judiciaire, pour pouvoir “être branché” en permanence avec les affaires politico-financières du moment. À lire les trois auteurs, les écoutes téléphoniques et la diffusion de leurs transcriptions sur des “blancs” se sont presque généralisées. Plus accablant : la production de ces notes blanches sur la vie privée de concurrents et sur les affaires judiciaires touchant à la politique a même explosé depuis 2012. Méthodiquement, chaque adversaire politique fait l’objet d’un traitement individuel avec une utilisation systématique de leviers variés : campagnes de presse, divulgations de procédures judiciaires, révélations et menaces sur la vie privée de candidats potentiels à la présidentielle. Les auteurs du livre ne l’affirment-ils pas ? « Derrière ces ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande. » Pas vraiment classés à droite, Didier Hassoux, journaliste au Canard enchaîné, Christophe Labbé, qui a rejoint le “palmipède” il y a quelques mois après avoir été au Point pendant de longues années, tout comme Olivia Recasens, qui a quitté l’hebdomadaire il y a quelques semaines, publient cette enquête implacable nourrie aux meilleures sources. S’ils révèlent que le chef de l’État ne s’était pas préparé à prendre en main l’appareil policier, ils racontent comment toutefois il se serait servi d’un cabinet noir pour discréditer ses concurrents à la présidentielle de 2017. Élection à laquelle il s’était préparé à concourir en duel face à Nicolas Sarkozy, avant de se prendre les pieds dans le tapis et de finalement disparaître du jeu. En octobre 2013, lorsque Valeurs actuelles révèle l’existence d’un cabinet noir à l’Élysée, personne n’imagine ce qui va être écrit moins de quatre ans plus tard dans ce livre, qui prouve et même aggrave — si les informations sont confirmées — les charges pesant contre l’Élysée. Une cellule aux ramifications profondes, dans les plus hautes sphères de l’appareil de l’État, a été mise en place par François Hollande. Objectif : empêcher par tous les moyens que Nicolas Sarkozy puisse se présenter à l’élection présidentielle. Écoutes abusives, fuites de dossiers judiciaires (en théorie protégés par le secret de l’instruction), publication des comptes rendus de ses auditions devant les juges et de ses conversations téléphoniques. Les policiers et les magistrats qui nourrissent la presse, en violation de la loi, ne seront jamais inquiétés. Sous la pression, Nicolas Sarkozy sera même obligé d’ouvrir une ligne sous un faux nom — Paul Bismuth — afin d’échanger avec son avocat — un comble ! — pour échapper aux écoutes. Même ce téléphone finira par être identifié par la justice et finalement placé, lui aussi, sur écoute. Le système médiatique, aidé par une partie de l’appareil judiciaire et de certains fonctionnaires de police, participe ainsi au petit jeu de massacre. Alors qu’arrive la fin du quinquennat, les langues se délient. Et les acteurs de la présidence Hollande livrent les secrets les plus inavouables. Déjà, dans l’Élysée off , Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri, en 2016, confirmaient : « Oui, il y a bien un cabinet noir à l’Élysée. » Selon eux, les informations collectées transitent par Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Élysée, qui les « distille ensuite au président de la République ». Sans surprise, François Fillon est depuis le début de sa campagne sous le feu nourri du même système qui ne veut pas de candidat de droite à la présidentielle. Qu’il s’appelle Sarkozy ou Fillon. Le candidat aura mis du temps à établir les liens. Il a affaire aux mêmes juges que Nicolas Sarkozy : Serge Tournaire, Aude Buresi ; au même service d’enquête, l’OCLCIFF ; au même parquet, le PNF ; les journalistes qui bénéficient de la violation du secret de l’instruction pour publier leurs scoops sont aussi précisément les mêmes. La technique des “poupées russes” ou des “filets dérivants” se révèle d’une efficacité redoutable : une affaire permet d’en ouvrir une autre, et ainsi de suite. Diaboliquement efficace pour convaincre l’opinion publique de la culpabilité d’un homme politique. Mais aussi, de moins en moins discrète, c’est l’objet de cette enquête : montrer comment, depuis le sommet de l’État, sont orchestrées les cabales politiques, judiciaires et médiatiques. Valeurs actuelles

Surveillance, écoutes abusives, diffusion de leurs transcriptions sur des “blancs”, collecte d’informations,  fuites opportunes d’informations compromettantes et de dossiers judiciaires (en théorie protégés par le secret de l’instruction), publication dans la presse des comptes rendus des auditions devant les juges et des conversations téléphoniques, nominations au sein de l’appareil judiciaire pour pouvoir “être branché” en permanence avec les affaires politico-financières du moment, campagnes de presse, divulgations de procédures judiciaires, révélations et menaces sur la vie privée de candidats potentiels à la présidentielle, cabinet noir pour discréditer ses concurrents, technique des “poupées russes” ou des “filets dérivants” (une affaire permet d’en ouvrir une autre, et ainsi de suite) …

Nous avions un Obama Big brother à l’Elysée et nous ne le savions pas !

A l’heure où commencent à se confirmer aux Etats-Unis les rumeurs d’écoutes de l’Administration Obama …

Pour tenter d’empêcher l’élection puis de discréditer l’élu du peuple américain …

Au lendemain d’une invitation du candidat de la droite sur la télévision d’Etat …

Qui, commissaire politique déguisée en « invitée surprise » comprise, avait tout d’un traquenard

Devinez qui de ce côté-ci de l’Atlantique …

Et 30 ans après les tristement célèbres écoutes du président Mitterrand

Semble se profiler derrière l’évidente machination

Qui entre campagnes de presse et divulgations de procédures judiciaires …

Et en dépit des étranges dénégations de dernière minute de ceux par qui le scandale est arrivé …

Vise à éliminer le seul candidat crédible de l’alternance ?

Les dossiers noirs de l’Élysée (écoutes, filatures, surveillance…)
Louis de Raguenel
Valeurs actuelles

23 mars 2017

En couverture. Écoutes, filatures, surveillance : un livre révèle les manoeuvres de François Hollande pour combattre ses adversaires politiques. Une enquête accablante qui achève le président sortant.

Les bonnes feuilles de Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat, que nous publions, éclaboussent comme jamais auparavant la présidence de François Hollande. L’affaire est grave. Elle met en lumière les dérives de la présidence de la République, qui a cherché à s’informer et à déstabiliser, par (presque) tous les moyens, ses opposants. Trois journalistes d’investigation lèvent ainsi le voile sur la manière dont François Hollande a tenté d’utiliser le ministère de l’Intérieur et ses outils de surveillance et de collecte d’informations pour servir sans succès un intérêt politique : sa réélection. Mais aussi la presse, en n’hésitant pas à faire fuiter opportunément des informations compromettantes sur ses opposants, jusque dans son propre camp, comme ce fut le cas manifestement contre Manuel Valls et son équipe rapprochée — son chef de cabinet sera photographié au téléobjectif.

« Difficile de ne pas voir la patte de Hollande »

L’espionnage politique au sommet de l’État semble être devenu une manie, tout comme les nominations au sein de l’appareil judiciaire, pour pouvoir “être branché” en permanence avec les affaires politico-financières du moment. À lire les trois auteurs, les écoutes téléphoniques et la diffusion de leurs transcriptions sur des “blancs” se sont presque généralisées. Plus accablant : la production de ces notes blanches sur la vie privée de concurrents et sur les affaires judiciaires touchant à la politique a même explosé depuis 2012. Méthodiquement, chaque adversaire politique fait l’objet d’un traitement individuel avec une utilisation systématique de leviers variés : campagnes de presse, divulgations de procédures judiciaires, révélations et menaces sur la vie privée de candidats potentiels à la présidentielle. Les auteurs du livre ne l’affirment-ils pas ? « Derrière ces ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande. »

Pas vraiment classés à droite, Didier Hassoux, journaliste au Canard enchaîné, Christophe Labbé, qui a rejoint le “palmipède” il y a quelques mois après avoir été au Point pendant de longues années, tout comme Olivia Recasens, qui a quitté l’hebdomadaire il y a quelques semaines, publient cette enquête implacable nourrie aux meilleures sources. S’ils révèlent que le chef de l’État ne s’était pas préparé à prendre en main l’appareil policier, ils racontent comment toutefois il se serait servi d’un cabinet noir pour discréditer ses concurrents à la présidentielle de 2017. Élection à laquelle il s’était préparé à concourir en duel face à Nicolas Sarkozy, avant de se prendre les pieds dans le tapis et de finalement disparaître du jeu.

La technique des “poupées russes” ou des “filets dérivants” se révèle d’une efficacité redoutable

En octobre 2013, lorsque Valeurs actuelles révèle l’existence d’un cabinet noir à l’Élysée, personne n’imagine ce qui va être écrit moins de quatre ans plus tard dans ce livre, qui prouve et même aggrave — si les informations sont confirmées — les charges pesant contre l’Élysée. Une cellule aux ramifications profondes, dans les plus hautes sphères de l’appareil de l’État, a été mise en place par François Hollande. Objectif : empêcher par tous les moyens que Nicolas Sarkozy puisse se présenter à l’élection présidentielle. Écoutes abusives, fuites de dossiers judiciaires (en théorie protégés par le secret de l’instruction), publication des comptes rendus de ses auditions devant les juges et de ses conversations téléphoniques. Les policiers et les magistrats qui nourrissent la presse, en violation de la loi, ne seront jamais inquiétés. Sous la pression, Nicolas Sarkozy sera même obligé d’ouvrir une ligne sous un faux nom — Paul Bismuth — afin d’échanger avec son avocat — un comble ! — pour échapper aux écoutes. Même ce téléphone finira par être identifié par la justice et finalement placé, lui aussi, sur écoute. Le système médiatique, aidé par une partie de l’appareil judiciaire et de certains fonctionnaires de police, participe ainsi au petit jeu de massacre.

Alors qu’arrive la fin du quinquennat, les langues se délient. Et les acteurs de la présidence Hollande livrent les secrets les plus inavouables. Déjà, dans l’Élysée off , Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri, en 2016, confirmaient : « Oui, il y a bien un cabinet noir à l’Élysée. » Selon eux, les informations collectées transitent par Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Élysée, qui les « distille ensuite au président de la République ».

Sans surprise, François Fillon est depuis le début de sa campagne sous le feu nourri du même système qui ne veut pas de candidat de droite à la présidentielle. Qu’il s’appelle Sarkozy ou Fillon. Le candidat aura mis du temps à établir les liens. Il a affaire aux mêmes juges que Nicolas Sarkozy : Serge Tournaire, Aude Buresi ; au même service d’enquête, l’OCLCIFF ; au même parquet, le PNF ; les journalistes qui bénéficient de la violation du secret de l’instruction pour publier leurs scoops sont aussi précisément les mêmes. La technique des “poupées russes” ou des “filets dérivants” se révèle d’une efficacité redoutable : une affaire permet d’en ouvrir une autre, et ainsi de suite. Diaboliquement efficace pour convaincre l’opinion publique de la culpabilité d’un homme politique. Mais aussi, de moins en moins discrète, c’est l’objet de cette enquête : montrer comment, depuis le sommet de l’État, sont orchestrées les cabales politiques, judiciaires et médiatiques. Extraits.

Seize mois après avoir quitté l’Élysée, Nicolas Sarkozy a été placé sur écoute. Pendant près d’un an, la police judiciaire a espionné ses conversations. Une première dans les annales de la Ve République. Depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, c’est comme si une malédiction judiciaire s’était abattue sur son prédécesseur. En 2017, cinq ans après sa défaite électorale, ce sont pas moins de treize affaires judiciaires qui empoisonnent Nicolas Sarkozy ou son entourage. Au point que les sarkozystes, prompts à s’afficher en victimes, y voient la main d’un cabinet noir.

Comment Hollande utilise la chancellerie et Tracfin

Plusieurs observateurs bien placés dans l’appareil policier nous ont ainsi décrit par le menu l’existence d’une structure clandestine, aux ramifications complexes, et dont le rayon d’action ne se serait pas cantonné au seul renseignement territorial. […]

Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit. D’abord il y a Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy, le ministère piloté durant tout le quinquennat par Michel Sapin, un ami de quarante ans du président. La plupart des affaires judiciaires qui ont empoisonné Sarko et les siens ont trouvé leurs racines ici, dans cet immeuble ultra-sécurisé du IXe arrondissement de Paris, entièrement classé secret-défense. Là, cent vingt fonctionnaires sont habilités à fourrer leur nez dans les comptes en banque de n’importe qui. Chaque semaine, le patron de Tracfin prend le chemin de l’Élysée pour assister, avec les directeurs des six autres services secrets, à la réunion organisée par le coordinateur du renseignement. […] Afin d’allumer la mèche d’une affaire politico-financière, il suffit que Tracfin pêche au bon endroit, remonte dans ses filets une infraction et la transmette officiellement à la justice. Ou officieusement à un service enquêteur qui se chargera de mener “une enquête d’initiative” avant qu’un magistrat ne la reprenne à son compte.

Une fois la machine lancée, le dossier emprunte un alambic judiciaire, sous le regard d’un autre ami du président, le directeur des affaires criminelles et des grâces, Robert Gelli, qui a partagé la même chambrée que François Hollande et Michel Sapin lors de leur service militaire. […] Lorsqu’il dirigeait l’association des procureurs, Gelli en avait fait l’arme de guerre des “petits pois” (expression péjorative de Nicolas Sarkozy pour désigner les juges, qui « se ressemblaient tous ») contre Sarkozy, déclenchant même une pétition chez les parquetiers — une jacquerie sans précédent. Il avait à cette époque comme adjoint au sein de l’association Bruno Dalles, l’actuel patron de Tracfin.

Depuis la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG), véritable tour de contrôle de la Place Vendôme, Gelli peut suivre en temps réel l’avancement de tous les dossiers politico-financiers. « La DACG n’est pas seulement l’oeil de la chancellerie, c’est aussi un moyen de piloter discrètement les dossiers politiquement sensibles », allègue un parquetier. Une pratique assumée par la chancellerie. Sur le papier, pourtant, c’en est fini de l’ère Sarkozy : il n’y a plus d’“affaires signalées”, ces dossiers que le pouvoir exécutif surveille de près et sur lesquels il intervient autant que de besoin, par le biais d’“instructions individuelles” adressées aux magistrats. « En fait, les choses se font plus subtilement, par exemple, sur l’opportunité d’ouvrir une information judiciaire, des consignes sont données… mais oralement », nous précise un magistrat. Chaque fois, ce sont les mêmes juges d’instruction qui sont désignés pour les affaires qui intéressent le Château. Ils sont moins de cinq, dont on retrouve le nom dans tous les dossiers qui concernent Sarkozy. Des habitués de la méthode des poupées russes.

Hollande informé par des “blancs” : Sarkozy dans le viseur

Un dérapage verbal incontrôlé : « Sarkozy, je le surveille, je sais tout ce qu’il fait », fanfaronne le président devant dix-neuf députés socialistes qu’il reçoit, le 17 février 2014, à l’Élysée. « Hollande a toujours voulu garder un oeil sur ses ennemis et même sur ses alliés de circonstance qui pourraient devenir ses adversaires », prévient en écho un éléphant socialiste qui a pratiqué à ses dépens l’ancien premier secrétaire du PS. Un “allié de circonstance” comme Alain Juppé, fidèle de Chirac s’il en est ? François Hollande n’a-t-il d’ailleurs pas nommé Augustin de Romanet, un des soldats du maire de Bordeaux, à la tête de l’un des plus gros fromages de la République : Paris Aéroport. Est-ce pour garder un oeil sur lui que Hollande y a également placé l’ex-préfet de Corrèze Alain Zabulon [celui-ci a régulièrement été cité dans les enquêtes de Valeurs actuelles comme une pièce maîtresse du cabinet noir, NDLR], ancien coordinateur national du renseignement ? Un homme en qui le président a toute confiance et qu’il a suggéré à Augustin de Romanet comme directeur de la sûreté.

Les propos imprudents de Hollande sur la surveillance de Sarkozy, Bruno Le Roux, le patron du groupe PS à l’Assemblée nationale, s’est aussitôt empressé de les démentir : « Le président de la République n’écoute ni ne surveille personne ! » Celui qui n’était pas encore ministre de l’Intérieur avait sans doute encore à apprendre, du moins si l’on en croit un vieux routard de la PJ : « Quand on branche une personnalité, on sait que les infos récoltées ne partent pas toujours uniquement au bureau du juge. Elles peuvent aussi nourrir des “blancs”. On sait que notre hiérarchie va faire remonter ces informations en haut lieu. C’est une pratique qui a toujours existé… » Lui comme ses collègues, manifestement rompus à ces méthodes, ne croient pas une seconde au scénario servi par l’Élysée, selon lequel François Hollande aurait découvert la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy en lisant le journal le Monde. Pas plus qu’ils n’imaginent un Manuel Valls laissé dans l’ignorance.

[…] Quant à la Place Beauvau, elle est nécessairement dans la boucle dès le départ, puisque ce sont les fameux policiers de la Division nationale de l’investigation financière et fiscale, devenue l’Office central de lutte contre la corruption, les infractions financières et fiscales, qui ont branché les téléphones de l’ancien président, puis retranscrit ses conversations, tout en le géolocalisant en temps réel.

La police judiciaire de la préfecture de police de Paris pilotée depuis l’Élysée

Le patron de la PJ parisienne [Bernard Petit, NDLR] règne sur deux mille deux cents policiers et voit passer des dossiers politiquement très sensibles. En lien direct avec l’Élysée, véritable contre-pouvoir au ministère de l’Intérieur, la PJPP est aussi un sacré panier de crabes où les carrières se font et se défont, et les rivalités s’exacerbent.

L’étonnante demande de Bernard Petit

À peine arrivé, [le vallsiste Bernard Petit, patron de la PJ parisienne de décembre 2013 à février 2015, au moment des révélations contre Nicolas Sarkozy, NDLR] aurait demandé au chef de la Crim’ s’il avait quelqu’un pour faire des fadettes en toute discrétion. Une demande aussitôt ébruitée.

Une cellule de renseignement occulte d’une dizaine de personnes

Afin de prendre le contrôle de la boutique, Jack Bauer [surnom de Bernard Petit, NDLR] se donne six à huit mois. Et il a un plan. Dupliquer le service de renseignement criminel dont il avait fait une arme de guerre lorsqu’il était à Nanterre. […] Pour monter au 36 cette cellule rens’ d’une dizaine de personnes, Petit recrute même à la DGSE. Avec, en appui opérationnel, des hommes fiables qu’il dissémine dans différents services de la PJ sous la casquette de “documentaliste”.

Des “Imsi-catchers” utilisés contre Nicolas Sarkozy ?

Comment le portable caché de Sarkozy, le “toc”, comme on dit dans un jargon commun aux flics et aux voyous, a-t-il été repéré ? Quand Thierry Herzog achète dans une boutique SFR, à Nice, deux puces téléphoniques prépayées, avec la carte d’identité de l’un de ses anciens copains de lycée, Paul Bismuth, les deux hommes sont persuadés d’avoir parfaitement sécurisé leurs communications secrètes d’autant qu’ils n’utilisent ces lignes que pour échanger entre eux. D’où la sidération de l’avocat, lorsque des policiers se présentent à son domicile à la recherche du toc en question. « Les collègues lui ont ordonné de présenter ses téléphones. Il leur en a donné deux ou trois. Ils ont demandé s’il en avait un autre. Herzog a répondu “non”. Ils ont alors composé le numéro du téléphone de Bismuth, qui s’est mis à sonner dans la poche de son peignoir. L’avocat était livide… », raconte avec gourmandise un officier de la PJ de Nanterre. […]

« Savoir que la personne “branchée” utilise aussi un toc est une chose, identifier le numéro caché en est une autre, ajoute notre OPJ. […] le plus simple est d’utiliser un Imsi-catcher. » Des appareils [utilisés dans les affaires de terrorisme, NDLR] dissimulables dans un sac à dos ou une valise qui, en imitant le fonctionnement d’une antenne relais de téléphonie mobile, avalent à distance les communications de tous les portables qu’ils identifient y compris en mode veille. La plupart des Imsi-catchers sont en dotation à la DGSI et à la DGSE : les espions des deux services secrets en possèdent au moins une douzaine.

Une cellule chargée des surveillances discrètes dans les domaines sensibles

Pour placer des hommes fiables à des postes clefs dans l’appareil sécuritaire, des “flics” chiraquiens sont appelés à la rescousse. Le plus marqué est sans conteste Philippe Klayman. […] [Il] a tout de suite dit “oui” lorsque, quatre mois après l’élection de Hollande, le nouveau pouvoir lui a proposé de devenir patron des CRS. Un poste ultra-sensible parce que le maintien de l’ordre est une matière politiquement explosive, encore plus sous la gauche. Et puis les CRS ont une autre mission, plus confidentielle, celle de protéger en deuxième rideau l’intimité du président et des membres du gouvernement.

C’est cette même proximité avec la Chiraquie qui conduit la gauche à nommer directeur du renseignement territorial Jérôme Léonnet. À cette place stratégique, cet ancien conseiller sécurité de Dominique de Villepin […] a pour mission de redéployer une force susceptible de collecter autant d’infos que les ex-Renseignements généraux. […] Il dote ce nouveau service d’un bras armé, la Division nationale de la recherche et de l’appui (DNRA). Forte d’une soixantaine de personnes, la DNRA, ou “D7” pour les intimes, est officiellement chargée des surveillances discrètes dans les domaines sensibles. […] Léonnet nourrit la curiosité du Château avec des notes “qui n’ont jamais existé” sur des sujets politico-financiers.

Le chef de cabinet de Valls photographié soudainement par la police

À l’époque où François Hollande n’a pas encore renoncé à être candidat à sa propre succession, un autre rival potentiel que Sarkozy est dans son collimateur : Manuel Valls. Le chef de l’État ne va pas se priver de brider les ambitions de son Premier ministre.

Le 5 septembre 2014, Sébastien Gros et Serge Kasparian, attablés au Caméléon, un bistrot chic de la rive gauche parisienne, ne se doutent pas un seul instant qu’ils sont photographiés au téléobjectif. Les policiers des Courses et Jeux qui immortalisent la scène savent que leurs clichés vont faire date. Le chef de cabinet du Premier ministre Manuel Valls est surpris en grande conversation avec le patron de l’un des cercles de jeux parisiens visés par une opération mains propres. Sébastien Gros, trente-cinq ans, est l’homme de confiance de Valls. […] Ce jour-là, il rencontre un drôle de zigoto. Serge Kasparian, la cinquantaine, silhouette massive et visage buriné, dirige le Cercle Cadet, un établissement de jeux du nord parisien où l’argent coule à flots. En toute logique, le parquet de Paris [a ouvert] une enquête préliminaire le 28 décembre 2012 [concernant le Cercle Cadet]. Six mois plus tard, l’embryon de dossier [était] transmis à Serge Tournaire. Ce juge d’instruction est apprécié à l’Élysée pour son opiniâtreté dans les affaires mettant en cause Sarkozy. Star du pôle financier, il est l’un des premiers à découvrir les surprenantes photos de Sébastien Gros mais aussi à entendre ce qui se dit au cours du déjeuner. […] À la Direction des affaires criminelles et des grâces, Robert Gelli, proche de Hollande, suit avec attention le déroulé des événements.

Si la volonté de l’Intérieur est de nettoyer les cercles de jeux, considérés à juste titre comme des lessiveuses à argent sale, l’Élysée y voit sûrement un autre avantage. […] avec cette opération main propres, qui touche un proche conseiller de Manuel Valls, l’Élysée double la mise.

L’entourage de Manuel Valls en est pour sa part totalement persuadé : le Château fomente des coups bas. Comme cette fâcheuse rumeur d’une liaison entre le chef du gouvernement et sa ministre de l’Éducation qui alimente les conversations dans les salles de rédaction. L’ami Stéphane Fouks est illico appelé à la rescousse pour éteindre l’incendie médiatique. Le pape de la communication de crise, patron de Havas Worldwide, ex-Euro RSCG, est un copain de fac du Premier ministre. C’est le même qui joue le pompier volant, lorsque l’épouse de Manuel Valls, Anne Gravoin, est épinglée dans l’Obs. Un article décrit les conditions de financement de l’orchestre de la jeune femme par un curieux attelage : un mystérieux homme d’affaires algérien représentant en France un conglomérat koweitien, un marchand d’armes sud-africain, qui préside le plus grand groupe d’armement du continent, et l’homme de confiance du président congolais Denis Sassou Nguesso, un ancien de la Françafrique décoré en catimini de la Légion d’honneur par Manuel Valls. Dans les couloirs de Matignon, on fait remarquer aux curieux que cette enquête à charge a été conduite par une société d’intelligence économique proche de l’Élysée, qui travaille en sous-main avec la DGSE…

Valls à son tour victime de Hollande ?

En octobre 2016, alors que Manuel Valls caresse l’idée de se présenter à la présidentielle, sort un livre qui déstabilise un de ses amis. Dans Nos très chers émirs, consacré aux liens entre la France et les monarchies du Golfe, le secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen est accusé d’avoir reçu des pots-de-vin de l’ambassade du Qatar. Le jour même de la publication, le chef du gouvernement dénonce sur les ondes de France Inter une « campagne de déstabilisation » à son encontre. Dans sa tête, les munitions contre Le Guen ont été, en partie, fournies par le Château avec l’aide d’un dévoué artificier, Bernard Bajolet, le directeur de la DGSE.

La cible était d’autant plus idéale que Le Guen, censé consacrer tout son temps aux députés et aux sénateurs, accompagne Valls dans nombre de ses déplacements à l’étranger. Avec une prédilection pour les destinations africaines. Parce qu’il se croyait intouchable, le Premier ministre n’a pas vu venir le coup…

“Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat”, d’O. Recasens, D. Hassoux et C. Labbé, Robert Laffont, 264 pages, 19,50 €.

Voir aussi:

Valeurs actuelles

23 mars 2017

Débat. Invité sur le plateau de L’Emission politique sur France 2, François Fillon a dû faire face de nombreuses accusations et a eu même un clash avec l’écrivain Christine Angot. Il a aussi violemment chargé François Hollande et a dénoncé un « scandale d’Etat »…

Invité sur le plateau de L’Emission politique sur France 2, François Fillon a dû faire face de nombreuses accusations portant sur ses problèmes judiciaires et a eu même un clash avec l’écrivain Christine Angot. Il a aussi violemment chargé François Hollande et a dénoncé un “scandale d’Etat”

“Je vais mettre en cause le président de la République”

Au début de l’émission, en faisant un rapprochement avec ses mésaventures judiciaires du moment, François Fillon a frappé fort en évoquant l’existence d’un “cabinet noir” à l’Élysée. Il s’est ensuite attaqué frontalement à François Hollande.

“Je vais mettre en cause le président de la République”, a annoncé François Fillon. “Il y a un livre sur le ministère de l’Intérieur et la place Beauvau dont j’ai pu lire les bonnes feuilles et qui explique comment Hollande fait remonter les écoutes judiciaires à son bureau, comment il est au courant des moindres faits et des filatures. On cherchait un cabinet noir, on l’a trouvé. Je demande qu’une enquête soit ouverte sur les allégations qui sont portées dans ce livre, parce que c’est un scandale d’Etat. Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l’histoire récente de la Ve République, un chef d’Etat n’est jamais allé aussi loin dans l’illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité.”, a-t-il fustigé, en faisant référence à un ouvrage de révélations qui sort ces jours-ci en librairie, intitulé “Bienvenue Place Beauveau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat” (Robert Laffont).

Une déclaration qui a fortement déplu à l’intéressé. En effet, dans un communiqué, François Hollande a condamné “avec la plus grande fermeté les allégations mensongères de François Fillon”. Les propos du candidat des Républicains apportent “un trouble insupportable” à la campagne présidentielle, ajoute le président de la République. “L’exécutif n’est jamais intervenu dans aucune procédure judiciaire”, a ajouté l’Elysée, assurant que “sur les affaires particulièrement graves concernant M. Fillon, (…) le président de la République n’en a été informé que par la presse”.

Le programme économique

Entre les accusations et questions, parfois déplacées, sur l’emploi fictif de sa femme, ses costumes, son rapport à l’argent, François Fillon a tout de même parlé de son programme.

En abordant son programme économique, il a déclaré vouloir “relancer la dynamique de compétitivité”. “Depuis 20 ou 30 ans on a essayé de faire une politique qu’on jugeait la plus juste dans l’immédiat, la plus susceptible de donner des voix. Je veux mettre fin à cette situation qui a conduit à 6 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres en relançant la dynamique de compétitivité (…) Chez nos voisins, la fiscalité du capital est à peu près à 30%. Chez nous elle est environ à 60-70%. On doit baisser la fiscalité du capital, et on le fait en baissant la fiscalité sur ceux qui ont du capital”, a-t-il expliqué.

En outre, il a exposé son projet pour les dotations allouées aux collectivités locales. “Je n’ai pas dit qu’on baissera les dotations aux collectivités locales, j’ai juste dit que la sphère des collectivités territoriales devait baisser leurs dépenses de 20 milliards d’euros (…) On s’est accordé sur une baisse d’un milliard et demi d’euros par an de baisse des dotations. Soit 7,5 milliards d’euros sur le quinquennat. On va passer un contrat ensemble. Ils auront une visibilité sur la baisse des dotations pour cinq ans, mais en échange on, va mettre en place des simplifications de normes, on va supprimer la réforme sur les rythmes scolaires”. “Mon programme (…) peut permettre de créer le plus d’emplois dans le pays, plus d’1,5 million”, argue l’ancien Premier ministre, notamment dans les services à la personne. François Fillon souhaite aussi réformer le statut d’auto-entrepreneur.

« Invitée surprise » de l’émission, l’écrivain Christine Angot

Dès son arrivée sur le plateau, Christine Angot a employé un ton particulièrement sec et accusateur face à François Fillon. Elle a affirmé que ce n’était pas un “dialogue” et ne voulait pas réellement écouter le candidat. Ce dernier ne s’est pas laissé marcher dessus. “Si vous êtes élu, on aura un président en qui une large partie population n’aura pas confiance (…) Si vous vous étiez retiré, dans le cas d’un second tour entre Les Républicains et le Front national, on aurait voté Les Républicains. Là Monsieur, le front républicain est mis en danger”, a-t-elle lancé. “Est-ce que vous nous faites un chantage au suicide?”, a poursuivi Christine Angot, évoquant la référence de François Fillon au suicide de Bérégovoy en 1993.

“De quel droit vous me condamnez ? Ce n’est pas parce qu’un journal a décidé de m’accuser que je suis coupable”, a rétorqué le candidat. “Vous savez pourquoi ils m’ont invitée ?”, a lancé l’écrivaine à François Fillon. “Parce que, ce que je viens de vous dire, eux [les journalistes] ne peuvent pas le dire”, a ajouté Christine Angot en quittant le plateau.

Un débat avec trois citoyens invités

François Fillon a d’abord été interrogé par une enseignante au sujet des programmes scolaires, et notamment sur les programmes d’histoire. “Quand on regarde les difficultés qu’on a à créer une cohésion de la nation française, on se dit que l’école a aussi une vocation d’éducation civique. Je demande donc qu’on fasse des corrections des programmes d’Histoire”, a expliqué l’ancien Premier ministre, ajoutant que “ce sont des enseignants qui doivent rédiger les programmes”. “Il ne s’agit pas d’enjoliver l’Histoire, mais de permettre aux enfants de mieux l’appréhender dans son ensemble. Que cela leur permette d’aimer notre pays car, vous le voyez bien, il y a de vraies fractures aujourd’hui”, a-t-il précisé. Puis, c’est Mireille Robin qui a interpellé le candidat de la droite au sujet du chômage. “Mon programme est destiné à donner du travail à tout le monde, car si on n’avait pas aujourd’hui 10 % de chômage, le débat qu’on a là aujourd’hui serait plus facile. Or on a ce chiffre très élevé, ça fait vingt-cinq ans qu’on n’arrive pas à résoudre le chômage, tout a échoué. La première chose que je propose c’est une vraie politique de relance de l’économie”, a déclaré François Fillon.

In fine, Steeve Briois, maire (FN) d’Hénin-Beaumont a débattu avec l’ancien maire de Sarthe  de la question de l’immigration. Un échange tendu, puisque Steeve Briois ne croit pas aux promesses de François Fillon, qui souhaite réduire drastiquement l’immigration légale, et promet de combattre durement l’immigration clandestine. “Tout ça, c’est du blabla”, lance l’élu FN. “Marine Le Pen fait des discours, mais il n’y a pas de mesures”. François Fillon lui répond alors : “Quand je regarde le programme de Mme Le Pen, elle dit ‘je ne veux aucune immigration’, ce qui n’a aucun sens. La France est un pays qui accueille des personnes étrangères. Cette histoire de zéro immigration est absurde.”

Voir également:

Christine Angot face à François Fillon : « Le coup de Bérégovoy, ça ne passe pas »

Pour son Emission politique, France 2 choisit un invité surprise de marque : l’écrivaine Christine Angot. L’échange fut très houleux avec le candidat de la droite décomplexée.

L’Obs
23 mars 2017

C’est un moment de télévision. Où il est en passe de le devenir. Pour son Emission politique, ce jeudi 23 mars, France 2 choisit un invité surprise de marque : l’écrivaine Christine Angot. Elle avait publié dans le « Journal du dimanche » une lettre ouverte, demandant à François Hollande de revenir sur sa décision de ne pas se représenter. L’échange fut très houleux entre l’écrivaine et François Fillon. Jusqu’au malaise, presque.

Christine Angot attaque d’emblée le candidat de la droite décomplexée : « Vous savez que si vous êtes élu, on aura un président en qui une large partie de la population n’aura pas confiance ? ». L’écrivaine raconte une histoire personnelle sur un bracelet qu’une amie lui aurait offert avant que cette dernière lui demande un papier sur son dernier livre. Et d’asséner :

« On ne comprend pas pourquoi vous ne vous êtes pas retiré. »

Le présentateur de l’Emission politique, David Pujudas, tente un moment d’organiser le débat et la discussion. « Non », répond Christine Angot.

« Moi j’ai rendu les costumes »

Réplique de François Fillon : « De quel droit vous me condamnez ? De quel droit vous estimez que l’emploi de mon épouse était illégal ? » Et d’enchaîner :

« On est dans un pays de droit, ce n’est pas parce qu’un journal a décidé de m’accuser que je suis coupable, et je ne le suis pas. Vous parliez de votre bracelet, moi j’ai rendu les costumes. « 

Pendant tout l’échange, les soutiens de François Fillon ont applaudi, puis hué ou même sifflé Christine Angot, qui accuse François Fillon, en faisant « le coup de Bérégovoy », de « faire du chantage au suicide ». « Ça ne passe pas. »

« Le pompon de toute cette histoire, c’est le coup de Bérégovoy. »

L’écrivaine quitte précipitamment le plateau de France 2. Un malaise est perceptible. « Vous savez pourquoi ils m’ont invitée ? », lance l’écrivaine à François Fillon.

« Parce que ce que je viens de vous dire, eux [les journalistes, NDLR] ne peuvent pas le dire ».

Voir encore:

Affaire Fillon: Canard qui s’en dédit…

Quand un journaliste de l’hebdo satirique se dément lui-même

Kevin Erkeletyan
Journaliste

24 mars 2017

Il est des oies dont on bourre le foie et des canards dont on bourre le mou. Mais quelle torture a-t-on bien pu faire subir à Didier Hassoux, le journaliste du Canard enchaîné, pour lui faire ainsi changer de ton ? Gêné aux entournures par « l’instrumentalisation politique » de son bouquin par la cible privilégiée de son employeur, le co-auteur de Bienvenue Place Beauvau n’a pas attendu plus tard qu’hier soir pour en faire l’autodafé. « On n’a pas écrit ça », a éructé le journaliste. Ecrit quoi ? Qu’il existe un « cabinet noir » à la main de François Hollande susceptible d’être à l’origine de l’interminable affaire Fillon. Accusation portée par ce dernier, sur la base de l’enquête du journaliste, sur le plateau de « L’Emission politique » hier soir.

«La seule personne qui croit qu’il y a un cabinet noir à l’Élysée, c’est François Fillon », s’aventure même notre volatile, très vite devenu bien tatillon. Comparons.

«Derrière ces ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande», écrit celui qui dénonce (dénonçait ?) dans son livre « les secrets inavouables d’un quinquennat ». On pourrait s’arrêter là. Mais, bon public, continuons. « Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit. D’abord il y a Tracfin, le service de renseignement de Bercy, le ministère piloté durant tout le quinquennat par Michel Sapin, un ami de quarante ans du Président[sic]. La plupart des affaires judiciaires qui ont empoisonné Sarko et les siens ont trouvé leurs racines ici, dans cet immeuble ultra-sécurisé du 9e arrondissement de Paris, entièrement classé secret-défense. Là, cent vingt fonctionnaires sont habilités à fourrer leur nez dans les comptes en banque de n’importe qui. » Encore ? « Depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, c’est comme si une malédiction judicaire s’était abattue sur son prédécesseur. » Une dernière : un « cabinet noir » ? « Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire ! » Mais il existe une « addition d’indices troubles et de témoignages étonnants »

En effet, Didier Hassoux « n’a pas dit ça ».  Mieux, on déduit de la lecture de son enquête que François Hollande serait à l’origine de toutes les affaires qui ont touché le camp adverse pendant son mandat, sauf de celle-là. C’est vrai quoi, François Fillon on n’y touche pas. La preuve, le président l’a (re)dit lui-même ce matin: « il n’y a pas de cabinet noir à l’Elysée » (il n’a pas parlé de Bercy). C’est clair ? « Macron c’est moi » mais François Fillon c’est pas moi ! Si le malheur de l’un fait le bonheur de mon poulain c’est totalement fortuit. « Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire. […] Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante. […]Moi président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur. » J’utiliserai seulement comme tel celui de mon prédécesseur pour mieux faire en sorte de choisir mon successeur. Ah non pardon, ça non plus il ne l’a pas dit…

Voir de plus:

RMC/BMFTV
20/04/2016

« Cabinet noir »: ce qu’il y a vraiment dans le livre brandi par Fillon

Dans le livre « Bienvenue place Beauvau », trois journalistes évoquent une possible instrumentalisation de l’appareil policier et judiciaire par l’Elysée. Mais ils se refusent à voir un « cabinet noir » derrière le Penelopegate.

« On cherchait un cabinet noir, on l’a trouvé le cabinet noir ». Invité sur France 2 hier soir, François Fillon a  de nouveau dénoncé le complot politique qui serait ourdi contre lui à travers le Penelopegate et ses conséquences judiciaires. Pour étayer ses propos, il s’appuie, cette fois assez habilement, sur un nouveau livre: Bienvenue place Beauvau. Police: les secrets inavouables d’un quinquennat (éditions Robert Laffont).

Il est écrit par trois journalistes qu’on ne peut accuser de connivence avec la droite et son candidat. Ils ont réalisé, en 2012, un livre-enquête fouillé et à charge sur l’ex-patron du renseignement intérieur Bernard Squarcini: L’espion du président, au cœur de la police politique de Sarkozy (éditions Robert Laffont). Deux d’entre eux, Christophe Labbé et Didier Hassoux travaillent au Canard Enchaîné, tandis que la troisième,

La thèse d’un cabinet noir anti-Sarkozy

Quid alors de ce fameux cabinet noir? Au risque de décevoir le candidat LR,  le livre précise bien au sujet du Penelopegate: « le supposé cabinet noir de l’Élysée n’y est pour rien. » Ce sont, en fait, des proches de Nicolas Sarkozy qui alimentent la thèse d’une officine anti-Sarkozy au cœur du pouvoir. Ils dénoncent notamment les treize procédures diligentées contre l’ex-président, placé sur écoutes pendant près d’un an par des juges.

Les auteurs ne valident pas à proprement parler cette thèse du cabinet noir. « Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire! » Mais ils pointent tout de même « l’addition d’indices troubles et de témoignages étonnants. (…) Plusieurs observateurs bien placés dans l’appareil policier nous ont ainsi décrit par le menu l’existence d’une structure clandestine, aux ramifications complexes ».

En fait, sans apporter la démonstration d’une orchestration des affaires judiciaires, ils éreintent la thèse selon laquelle l’Elysée aurait découvert la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy dans la presse. Et les auteurs d’affirmer que François Hollande, comme d’autres avant lui, a utilisé les administrations régaliennes pour recueillir des informations sur ses adversaires politiques. « L’impréparation, la méconnaissance de l’appareil policier et judiciaire ainsi que les circonstances ont très vite amené François Hollande à renier ses principes et adopter des méthodes qui n’ont rien à envier à celles de ses prédécesseurs ».

Bataille de réseaux au sein de l’appareil policier

Le livre décrit surtout comment l’Elysée a tenté de faire pièce aux réseaux sarkozystes, qui avaient noyauté l’appareil policier et judiciaire depuis une décennie. François Hollande a ainsi placé soit des proches soit des anciens chiraquiens à la plupart des postes clefs: à Tracfin, la cellule de renseignement de Bercy, à la Direction des affaires criminelles et des grâces, place Vendôme, et bien sûr au sein des renseignements et de la police.

Un chapitre est notamment consacré à Bernard Bajolet, patron de la DGSE, le service extérieur. Surnommé « l’autre espion du président », il reste tout de même relativement épargné par les auteurs. « Il est à Hollande ce que Squarcini était à Sarkozy, la faconde en moins, la rigueur et le courage en plus. L’un était flic de renseignement, amateur de coups tordus. L’autre est un diplomate, expert en rapport de force ».

Le livre s’attarde aussi longuement sur l’affrontement, plus surprenant, entre François Hollande et Manuel Valls pour le contrôle de l’appareil d’Etat. Car il n’y a pas que les sarkozystes qui accusent l’Elysée d’avoir fomenté des coups bas contre leur champion, les vallsistes aussi. L’enquête sur le financement de l’orchestre de son épouse Anne Gravoin, qui a fuité dans l’Obs, aurait ainsi été conduite par « une société d’intelligence économique proche de l’Élysée, qui travaille en sous-main avec la DGSE… » Ils notent aussi qu’un proche de Hollande, Pierre-René Lemas, à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), est à l’origine de l’enquête judiciaire sur les contrats noués entre la CDC et le criminologue Alain Bauer, ami intime de Valls.

Voir par ailleurs:

Potential ‘smoking gun’ showing Obama administration spied on Trump team, source says

Republican congressional investigators expect a potential “smoking gun” establishing that the Obama administration spied on the Trump transition team, and possibly the president-elect himself, will be produced to the House Intelligence Committee this week, a source told Fox News.

Classified intelligence showing incidental collection of Trump team communications, purportedly seen by committee Chairman Devin Nunes, R-Calif., and described by him in vague terms at a bombshell Wednesday afternoon news conference, came from multiple sources, Capitol Hill sources told Fox News. The intelligence corroborated information about surveillance of the Trump team that was known to Nunes, sources said, even before President Trump accused his predecessor of having wiretappedhim in a series of now-infamous tweets posted on March 4.

The intelligence is said to leave no doubt the Obama administration, in its closing days, was using the cover of legitimate surveillance on foreign targets to spy on President-elect Trump, according to sources.

The key to that conclusion is the unmasking of selected U.S. persons whose names appeared in the intelligence, the sources said, adding that the paper trail leaves no other plausible purpose for the unmasking other than to damage the incoming Trump administration.

The FBI hasn’t been responsive to the House Intelligence Committee’s request for documents, but the National Security Agency is expected to produce documents to the committee by Friday. The NSA document production is expected to produce more intelligence than Nunes has so far seen or described – including what one source described as a potential “smoking gun” establishing the spying.

Some time will be needed to properly assess the materials, with the likely result being that congressional investigators and attorneys won’t have a solid handle on the contents of the documents – and their implications – until next week.

Because Nunes’s intelligence came from multiple sources during a span of several weeks, and he has not shared the actual materials with his committee colleagues, he will be the only member of the panel in a position to know whether the NSA has turned over some or all of the intelligence he is citing. However, Fox News was told Intelligence Committee Ranking Member Rep. Adam Schiff, D-Calif., had been briefed on the basic contents of the intelligence described by Nunes.

CIA Director Mike Pompeo is also sympathetic to the effort to determine, with documentary evidence, the extent of any alleged Obama administration spying on the Trump team, sources said.

At a dramatic Wednesday news conference, Nunes claimed to have seen evidence that members of the Trump transition team, possibly including the president-elect, were subjected to “incidental surveillance” collection that Nunes characterized as legal but troubling.

“What I’ve read bothers me,” he told reporters, “and I think it should bother the president himself, and his team because I think some of it seems to be inappropriate.”

Schiff blasted Nunes for not coming first to the Intelligence Committee with the information.

« If accurate, this information should have been shared with members of the committee, but it has not been, » Schiff said in a Wednesday statement.

James Rosen joined Fox News Channel (FNC) in 1999. He currently serves as the chief Washington correspondent and hosts the online show « The Foxhole. » His latest book is « A Torch Kept Lit: Great Lives of the Twentieth Century » (Crown Forum, October 4, 2016).

Voir aussi:

Fake News – Affaire des écoutes de Washington

Ph. Huysmans
Le vilain petit canard
23 March 2017

Quelquefois ce n’est pas l’information elle-même qui est révélatrice de l’époque dans laquelle nous vivons, mais plutôt les réactions qu’elle suscite, et la manière dont elle nous est présentée. Ou occultée.

Vous vous souvenez sans doute du tollé qu’avait provoqué, en pleine campagne présidentielle américaine, la publication de plusieurs dizaines de milliers d’e-mails de John Podesta, l’un des directeurs de campagne de la candidate démocrate, Hillary Clinton.

Cette affaire, révélée par Wikileaks et son dirigeant charismatique, Julian Assange, avait fortement ébranlé le camp démocrate par le caractère compromettant de certaines révélations.  Ainsi nous apprenions par Hillary Clinton elle-même qu’elle était parfaitement au courant du soutien des monarchies du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar) à l’État Islamique, en Syrie.

Le camp démocrate avait rapidement réagi en rejetant la responsabilité sur les Russes TM, et en insinuant une possible collusion entre le candidat des républicains, Donald Trump et les services secrets de Vladimir Poutine, le nouvel épouvantail de service.  Vous aurez noté qu’à aucun moment les démocrates n’ont songé à nier les allégations de Wikileaks, ce qui aurait, en tout état de cause amené logiquement à démontrer que ces e-mails étaient authentiques.

Foin de tout cela, l’establishment américain, furieux de la victoire de Donald Trump et de la défaite de sa « pouliche » n’en démord pas : ce sont les Russes TM !  Même si entretemps Wikileaks a révélé un autre scandale plus inquiétant encore : Vault 7.  Il s’agit d’un ensemble de 8.761 documents de la CIA en provenance d’un réseau hautement sécurisé au sein du Centre de Cyber-renseignement à Langley (Virginie).   Ces documents comprennent des informations confidentielles relatives à la plupart des outils faisant partie de l’arsenal électronique de l’agence.  Malwares, virus, chevaux de Troie, exploits de failles dites « zero day », utilitaires de prise de contrôle distant, ainsi que leur documentation.  Cette collection extraordinaire, qui compte plusieurs centaines de millions de lignes de code conférerait à son propriétaire la même capacité de piratage que la CIA elle-même.

Parmi ces outils, certains portent la marque de hackers russes, ce qui rend possible, pour la CIA, de pirater un système tout en laissant des traces (fingerprints) laissant penser que la source du piratage était russe.

Les faits

Hier, au cours d’une conférence de presse, Devin Nunes, actuel président de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants a confirmé que des agences de renseignement américaines avaient collecté des informations concernant des citoyens américains participant au processus de transition de l’administration suite à l’élection de Donald Trump.

Il a précisé que ces collectes, très probablement légales, avaient été réalisées entre novembre 2016 et janvier de cette année et ne concernaient en aucune manière la Russie.   Le problème, selon lui, est qu’un certain nombre de ces documents laissaient clairement deviner l’identité réelle des citoyens américains concernés, et que ces documents avaient largement circulé parmi des responsables (autorisés) de l’administration Obama :

« The real issue, Mr. Nunes told reporters, was that he could figure out the identities of Trump associates from reading reports about intercepted communications that were shared among Obama administration officials with top security clearances. He said some Trump associates were also identified by name in the reports. Normally, intelligence agencies mask the identities of American citizens who are incidentally present in intercepted communications. » Source : NYTimes

Il a ajouté que la Commission du renseignement allait procéder à une enquête approfondie concernant ces opérations de surveillance et la dissémination des informations (confidentielles, ndlr) qui en résultèrent.

Il s’est par ailleurs entretenu avec le président Trump pour lui faire part de ces découvertes, jugeant « important » que le président soit informé.  Celui-ci s’est dit satisfait.

Pendant de temps, dans la presse des bisounours

C’est étrange, à l’époque où nous vivons, plus connectée que jamais, les nouvelles ont toujours du mal à franchir l’Atlantique, et quand elles le font, quelquefois, le contenu fait penser à ce qui reste d’un message après avoir été transmis par « téléphone arabe ».

Alors précisons tout de suite que cette news avait fait l’objet d’une dépêche AFP dont le contenu reste encore accessible aujourd’hui dans le cache de Google.  Bon alors évidemment, c’est l’AFP, c’est l’aspect « téléphone arabe » de la chose.  Soit ils sont sourds, soit ils sont moins-comprenants, soit [mettez ici ce que vous voulez].

Parce qu’en effet le contenu :

Donald Trump’s communications may have been swept up in intelligence gathering on suspected foreign agents, according to explosive allegations made by the Republican head of the House intelligence committee.

Devin Nunes — who worked on Trump’s transition team and is now leading an investigation into possible links between that campaign team and Russia — said Trump’s communications may have been intercepted late last year.

Nunes however said there was no evidence that then-president Barack Obama ordered the surveillance — as Trump has claimed — or that the Republican billionaire was the target.

Rather, Nunes suggested, Trump’s communications were picked up during court-approved targeting of suspected foreign intelligence operatives.

The communications were not linked to Russia, he said, adding that they appeared to have «little or no intelligence value.»

«The president himself and others in the Trump transition team were clearly put into intelligence reports,» Nunes told reporters in front of the White House after briefing the president on the situation.

The information collected — spanning the November-January period between Trump’s election victory and his inauguration — was «widely disseminated» in US intelligence circles, he said.

US intelligence community rules dictate that information on Americans picked up incidentally in surveillance must be scrubbed or masked in intelligence reports.

Nunes suggested those involved in the surveillance had violated those rules.

As for Trump, he indicated he felt vindicated by the revelation.

«I somewhat do. I must tell you I somewhat do,» he said during a separate White House meeting. AFP/File / Nicholas Kamm

Ne semble pas refléter (c’est un euphémisme) les propos de l’intéressé, dont la vidéo est disponible un peu partout.

Et dans la presse française ça devient…

Apparemment, quelques idées se seraient encore perdues en cours de route, d’autres auraient été ajoutées, bref, c’est plus de l’intox, ça confine à l’art abstrait (France24) :

Le président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants a affirmé mercredi que des communications de l’équipe Trump, voire de Donald Trump lui-même, avaient été interceptées pendant la période de transition.

Donald Trump, dans la tourmente pour avoir accusé sur Twitter, sans éléments de preuve, Barack Obama de l’avoir placé sur écoute, s’est dit, mercredi 22 mars, conforté par les déclarations d’un élu républicain sur de possibles opérations de surveillance qui n’avaient pas été révélées à ce jour.

Devin Nunes, président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, a affirmé, tout en restant avare en détails, que les agences de renseignement américaines avaient intercepté des communications des membres de l’équipe Trump, voire de Donald Trump lui-même, durant la période de transition.

«Il y a beaucoup d’informations dans les rapports que j’ai vus qui m’amènent à penser que l’administration précédente et nombre d’agences avaient une très bonne idée de ce que le président élu Trump faisait», a déclaré l’élu républicain, après avoir rencontré le chef de l’État à la Maison Blanche. «J’ai pensé qu’il était important que le président le sache», a-t-il ajouté.

Des écoutes récoltées de manière fortuite

Donald Trump, qui s’exprimait au même moment lors d’une table ronde avec des élus afro-américains, a fait part de sa satisfaction. « Êtes-vous conforté par ces déclarations ? », lui a demandé un journaliste.  « Oui, d’une certaine manière. Je suis content qu’ils aient trouvé ce qu’ils ont trouvé », a-t-il répondu, sans autres précisions.

Soulignant que ces écoutes avaient probablement été récoltées de manière fortuite, c’est-à-dire que les personnes concernées n’étaient pas directement visées par la surveillance, Devin Nunes a jugé troublant que leurs identités aient été «dévoilées» et s’est interrogé sur les raisons de ce choix.

Mais le fait que l’élu républicain aille directement voir le locataire de la Maison Blanche sans informer au préalable les autres membres de la Commission du renseignement a provoqué le colère des démocrates qui ont dénoncé un coup politique.

Lors d’une audition parlementaire lundi, le directeur du FBI avait affirmé ne disposer d’aucune information permettant d’accréditer la thèse d’écoutes de la Trump Tower mise en avant par Donald Trump. Source France24 avec AFP

Exit donc le principal sujet de la conférence, à savoir que le nom des personnes sous écoutes étaient facilement reconnaissables (quand ils n’étaient pas en clair), et bonjour un tout nouveau grief, qui ne figure absolument pas dans la déclaration de l’intéressé : « voire de Donald Trump lui-même ».  Or Devin Nunes a déclaré, au contraire, que ces écoutes concernaient des personnes liées à la transition présidentielle, et non le président lui-même ou des membres de l’équipe de campagne (cela se passe après l’élection, ndlr)[1].

Une accusation pareille serait gravissime, surtout venant du président de la Commission du Renseignement, et à ce titre, l’invention pure et simple d’un pareil argument devrait valoir au journal qui l’aurait publié un joli macaron DecodexTM rouge, et la qualification de « fake news » sans parler du joli petit article dans Crosscheck qui va bien avec.

Mais vous n’en verrez rien, il n’y aura pas d’erratum, et encore moins de macaron.  Ceci n’est pas une fausse news.  C’est de la réalité augmentée.  D’ailleurs on ne peut pas coller un macaron rouge à un journal mainstream, il n’y a rien pour l’accrocher, du coup, ça ne tient pas.

Note

[1] Representative Devin Nunes of California, the Republican chairman of the House Intelligence Committee, introduced the new claim into the deepening controversy over Russian meddling in the 2016 election. Yet Mr. Nunes also told reporters on Wednesday that he had no evidence to support Mr. Trump’s claim that he was directly or personally wiretapped.  Source : NYTimes

Voir enfin:

Mitterrand, le maître des écoutes

La gauche crie au scandale après les révélations sur Buisson. Aurait-elle oublié l’affaire bien plus grave des écoutes de l’Élysée de 1983 à 1986 ?

Michel Revol

Le Point
12/03/2014

Médias: Le Monde ressuscite l’Index (Who will fact-check the fact-checkers ?)

12 février, 2017
decodex
Exemple de fiabilité pour le site de «Valeurs actuelles» et le blog «les Crises»le-monde-decodexNous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor (février 2007)
Nous avons recensés 600 sites, majoritairement français mais aussi anglais et américains et quelques allemands, avec cinq niveaux de fiabilité, repérés par cinq couleurs. Nous distinguons en gris les sites collectifs, donc non classés, comme Wikipedia, en bleu les sites parodiques, comme Le Gorafi ou NordPresse, en rouge les sites pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs, comme le portail IVG.net qui, sous couvert d’informations, veut manipuler les femmes pour les décourager d’avorter, en orange les sites peu fiables ou très orientés, type FdeSouche, ou les attrape-clics qui republient des informations non recoupées, et enfin en vert les sites très fiables. C’est n’est pas un jugement sur leur opinion, mais sur leur démarche journalistique. L’idée n’est pas de faire du clic ni de l’argent, c’est une démarche citoyenne. Samuel Laurent
L’Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits) est un catalogue instauré par le pape Paul IV en 1559 durant le Concile de Trente (1545-1563). Il s’agit d’une liste d’ouvrages que les catholiques romains n’étaient pas autorisés à lire. Le but de cette liste était d’empêcher la lecture de « livres pernicieux » jugés immoraux ou contraires à la foi. La Congrégation de l’Index fut instituée en 1571. L’Index fut régulièrement mis à jour jusqu’en 1961, par ajout de la Congrégation de l’Inquisition ou du pape. La liste n’était pas un simple travail de réaction ; les auteurs étaient invités à défendre leurs travaux, qu’ils pouvaient corriger et rééditer s’ils désiraient éviter l’interdiction, et une censure avant publication était encouragée. (…) Depuis la « Notification de la suppression de l’index des livres interdits », émise par le Vatican en 1966, cet index perd son caractère obligatoire et n’a plus valeur de censure, même s’il reste un guide moral. C’est de cet Index qu’est venue l’expression “Être mis à l’Index“. Ainsi, cette censure a gravement attenté à la Liberté d’expression, et a pourri le débat public pendant plus de 400 ans. Nous en étions débarrassés depuis plus de 50 ans, croyant être enfin entrés définitivement dans une période de liberté de pensée et d’expression. Et puis Le Monde a ressuscité l’Index… Les Crises
En proposant à ses lecteurs un moteur de recherche permettant de vérifier la fiabilité des sites d’information, «le Monde» se met dans une situation où il est à la fois juge et partie. (…) Jusqu’à présent, les fact-checkeurs se contentaient de fact-checker au détail, article par article, rumeur par rumeur, photo par photo, assertion par assertion, chiffre faux par chiffre faux. C’était (quasi) irréprochable déontologiquement, même si ce travail indispensable n’a pas empêché, aux Etats-Unis, l’élection de l’affabulateur complotiste Trump. Mais sans doute rien ne pouvait-il empêcher l’élection de Donald Trump, face à l’impopularité de Hillary Clinton. Désormais, donc, le Monde décode en gros. Tant de savoir accumulé devait trouver un débouché. Sur le papier, le saut est défendable. Dans la pratique, le diable est dans les détails. Depuis que l’extension est entrée en service, les critiques ont été nombreuses, essentiellement de la part des classés rouges. On pouvait s’y attendre. Encore faut-il distinguer les grandes objections qu’on peut faire au projet. (…) Plus sérieuse est une troisième critique : le Monde a catégorisé à la hache. A ma droite, en vert, tous les médias «professionnels», avec journalistes encartés. A ma gauche, en rouge, tous les autres. Hors carte de presse, point de salut. D’un coup d’un seul, l’apport historique d’Internet à l’enrichissement de l’info traditionnelle est jeté avec l’eau du bain Trump-Brexit. Ainsi, Valeurs actuelles, et sa condamnation à la haine raciale, est en vert, alors que Fakir, le site de François Ruffin, auteur de Merci patron !, est en rouge. Sur le point particulier de Valeurs actuelles, on sent d’ailleurs bien l’embarras de Decodex, qui assure dans le même mouvement que «le site est en principe plutôt fiable», tout en nuançant que «certaines enquêtes sont à prendre avec précaution». Décode qui pourra. Mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est que ce partage lui-même ne vaut que pour la presse française. Si le Monde n’a pas voulu se fâcher avec les chers confrères (et concurrents) français en les badigeonnant tous de vert, il n’a pas les mêmes scrupules s’agissant de la presse étrangère. Prenons la Grande-Bretagne. Le Daily Mail, pro-Brexit, qui a repris les mensonges du camp du «Leave», est catalogué orange («présente souvent les faits de manière racoleuse et exagérée»). Pourquoi pas ? Mais le Guardian, média phare du Remain anti-Brexit, qui a multiplié les prédictions apocalyptiques pour l’instant nullement confirmées dans les faits, est catalogué fiable. Pourquoi l’un et pas l’autre ? Plus sérieux : de quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non ? Quelle est sa fiabilité ? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool. Journal favorable à la mondialisation, le Monde classe en vert les journaux pro-mondialisation et les autres en rouge. Le Monde est purement et simplement en conflit d’intérêts. Juge et partie. Mort (provisoire ?) d’une belle idée. Daniel Schneidermann
Verificator arrive. Les menteurs n’ont qu’à bien se tenir. Orwell aurait pu l’inventer : un outil qui prétend distinguer le vrai du faux, ça aurait fait rêver Big Brother. C’est Le Monde qui l’offre aujourd’hui au lecteur-citoyen supposé égaré dans le maquis de l’information. Grâce à une panoplie informatique appelée Decodex (dont fait partie Verificator), il pourra se repérer et distinguer le bon grain journalistique de l’ivraie propagandiste. Dès ce matin, 600 sites, français en majorité, seront notés par un moteur de recherches à l’aide d’un système de pastilles de couleurs notant leur fiabilité: gris pour les sites collectifs, comme Wikipedia, bleu pour les sites parodiques, comme Le Gorafi, rouge pour les sites « pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs », orange pour les sites « peu fiables ou très orientés », vert pour les sites « très fiables ». Ce système rappelle furieusement celui qui classe les voitures en fonction de leur nocivité pour l’environnement. Faut-il comprendre que Le Monde fait la chasse aux pollueurs du web ? (…) C’est tout de même curieux. En général, les journalistes du Monde n’aiment pas du tout qu’on les accuse d’être des donneurs de leçon. Or, voilà qu’ils se proclament eux-mêmes arbitres des élégances morales de la profession. Au nom de quoi le service « Décodeurs » du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité ? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC ? Bien sûr, Jérôme Fenoglio, interrogé sur France Inter par une Sonia Devillers en pamoison devant tant de génie, se défend de toute volonté de censure idéologique : il s’agit simplement d’offrir à ceux qui le veulent (il insiste sur le fait qu’on n’est pas obligés, ouf) un moyen de savoir s’ils sont chez des charlatans ou chez des gens sérieux, si ce qu’ils consomment est de l’information ou une contrefaçon. Intention fort louable bien sûr. Reste à savoir comment on distingue les uns des autres. Et, à entendre les rares exemples donnés par les initiateurs de cette usine à gaz, on peut déjà redouter un filtre idéologique. Ainsi sait-on déjà que FDesouche sera classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté ». Comme FDesouche ne publie que des informations puisées ailleurs, dans des médias certainement labellisés « verts » par Decodex, cela signifie qu’une information cachère dans Le Parisien devient immangeable chez FDesouche. En réalité, FDesouche publie des informations avérées et orientées. Tout comme Le Monde qui a, des années durant, dénoncé à grand bruit la menace populiste, et informé à très bas bruit sur la menace islamiste. La conclusion, c’est qu’une sélection particulière d’informations parfaitement exactes peut se révéler « très orientée ». En attendant, on aimerait savoir si l’Humanité et les Inrocks auront droit à leur pastille orange. Mais peut-être Verificator considèrera-t-il que ces titres, certes « très orientés », le sont aussi très bien. Qu’on ne se méprenne pas, quand Jérôme Fenoglio affirme qu’on peut être en désaccord à condition d’être d’accord sur les faits, il soulève un problème grave. Les complotistes de tout poil, qui pullulent sur internet, menacent le monde commun. Mais ce n’est pas un label décerné par Le Monde qui y changera quelque chose. Nos vaillants décodeurs oublient que ne s’informent sur les sites complotistes que ceux qui veulent croire aux complots. Et pour ceux-là, la pastille orange décernée par Le Monde fonctionnera comme un signe de ralliement plutôt que comme une marque d’infamie. En réalité, Decodex repose sur une définition pour le moins problématique de l’information. Celle-ci serait faite de faits dont le journaliste, nous disent Fenoglio et ses camarades, n’est que l’humble interprète. Interprète est le mot juste. Car si on a besoin d’interpréter les faits c’est qu’il n’est pas si facile de les définir. On peut sans doute savoir assez facilement combien de gens ont assisté à l’intronisation de Donald Trump (ou en tout cas avoir la certitude que le président américain ment). Mais la plupart des faits sont étroitement dépendants de celui qui les observe : s’il existait des faits autonomes, il serait facile de savoir si, oui ou non, le niveau baisse à l’école (sujet sur lequel les journalistes de Causeur et ceux du Monde n’ont pas la même vérité). Ou si l’intégration progresse. Ou si les Français sont de plus en plus racistes. Et il ne suffit pas de brandir des chiffres. Le problème, presque insoluble, c’est que, souvent, les mots n’ont pas le même sens pour tout le monde. On peut dire, chiffres à l’appui, que les capacités de lecture des élèves s’améliorent. Mais le mot « lecture » ne désigne plus la même réalité. Croire qu’on réinventera le monde commun à coups d’algorithme relève au mieux de la naïveté technologique, au pire de l’arrogance politique. Aucun robot ne résoudra pour nous la difficile question de la vérité. Alors chers confrères, arrêtez de décoder ! Elisabeth Lévy

Vous en aviez rêvé, Le Monde l’a fait !

Au lendemain d’une revanche des bouseux

Qui a décidément, du côté des mauvais perdants, beaucoup de mal à passer …

Et ce, malgré l’accumulation, entre accusation de piratage russe ou du système électoral, des excuses et des coups bas …

Devinez ce que viennent de nous sortir les décodeurs du Monde ?

Non content de s’écrire désormais avec l’histoire et la sociologie dans les prétoires …

Le journalisme va enfin pouvoir disposer, digne de la Sorbonne ecclésiastique des plus beaux jours, de son propre Index à lui tout seul  !

I. Quand le Monde ressuscite l’Index librorum prohibitorum

L’Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits) est un catalogue instauré par le pape Paul IV en 1559 durant le Concile de Trente (1545-1563).

Il s’agit d’une liste d’ouvrages que les catholiques romains n’étaient pas autorisés à lire. Le but de cette liste était d’empêcher la lecture de « livres pernicieux » jugés immoraux ou contraires à la foi.

La Congrégation de l’Index fut instituée en 1571. L’Index fut régulièrement mis à jour jusqu’en 1961, par ajout de la Congrégation de l’Inquisition ou du pape. La liste n’était pas un simple travail de réaction ; les auteurs étaient invités à défendre leurs travaux, qu’ils pouvaient corriger et rééditer s’ils désiraient éviter l’interdiction, et une censure avant publication était encouragée.

On a ainsi pu trouver parmi les centaines d’auteurs dans l’Index : René Descartes, Daniel Defoe, Blaise Pascal, Pierre-Joseph Proudhon, Jean de La Fontaine, Johannes Kepler, Alexandre Dumas, Érasme, Honoré de Balzac, Charles Baudelaire, François Rabelais, Jean-Jacques Rousseau, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Pierre Larousse, Fénelon, Gustave Flaubert, Fontenelle, John Locke, Martin Luther, Jean Calvin, Anatole France, Baruch Spinoza, Nicolas Machiavel, Frédéric II de Prusse, André Gide, Auguste Comte, Condorcet, Nicolas Copernic, Thomas Hobbes, David Hume, Emmanuel Kant, Montaigne, Montesquieu, Voltaire, Victor Hugo, Émile Zola…

J’ai une pensée émue pour toutes ces personnes, qui, un jour, ont découvert qu’elles étaient mises à l’Index et que c’était diabolique de les lire – vous comprenez pourquoi.

Depuis la « Notification de la suppression de l’index des livres interdits », émise par le Vatican en 1966, cet index perd son caractère obligatoire et n’a plus valeur de censure, même s’il reste un guide moral.

C’est de cet Index qu’est venue l’expression “Être mis à l’Index“.

Ainsi, cette censure a gravement attenté à la Liberté d’expression, et a pourri le débat public pendant plus de 400 ans.

Nous en étions débarrassés depuis plus de 50 ans, croyant être enfin entrés définitivement dans une période de liberté de pensée et d’expression.

Et puis Le Monde a ressuscité l’Index…

Voir aussi:

Au Monde, on décode à pleins tubes!

Decodex est en ligne

Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

Causeur

02 février 2017

Verificator arrive. Les menteurs n’ont qu’à bien se tenir. Orwell aurait pu l’inventer : un outil qui prétend distinguer le vrai du faux, ça aurait fait rêver Big Brother. C’est Le Monde qui l’offre aujourd’hui au lecteur-citoyen supposé égaré dans le maquis de l’information. Grâce à une panoplie informatique appelée Decodex (dont fait partie Verificator), il pourra se repérer et distinguer le bon grain journalistique de l’ivraie propagandiste. Dès ce matin, 600 sites, français en majorité, seront notés par un moteur de recherches à l’aide d’un système de pastilles de couleurs notant leur fiabilité: gris pour les sites collectifs, comme Wikipedia, bleu pour les sites parodiques, comme Le Gorafi, rouge pour les sites « pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs », orange pour les sites « peu fiables ou très orientés », vert pour les sites « très fiables ». Ce système rappelle furieusement celui qui classe les voitures en fonction de leur nocivité pour l’environnement. Faut-il comprendre que Le Monde fait la chasse aux pollueurs du web ? En tout cas, pour Causeur, les paris sont ouverts. J’avoue qu’une pastille verte me vexerait presque.

Un léger conflit d’intérêt

C’est tout de même curieux. En général, les journalistes du Monde n’aiment pas du tout qu’on les accuse d’être des donneurs de leçon. Or, voilà qu’ils se proclament eux-mêmes arbitres des élégances morales de la profession. Au nom de quoi le service « Décodeurs » du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité ? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC ? Bien sûr, Jérôme Fenoglio, interrogé sur France Inter par une Sonia Devillers en pamoison devant tant de génie, se défend de toute volonté de censure idéologique : il s’agit simplement d’offrir à ceux qui le veulent (il insiste sur le fait qu’on n’est pas obligés, ouf) un moyen de savoir s’ils sont chez des charlatans ou chez des gens sérieux, si ce qu’ils consomment est de l’information ou une contrefaçon. Intention fort louable bien sûr. Reste à savoir comment on distingue les uns des autres. Et, à entendre les rares exemples donnés par les initiateurs de cette usine à gaz, on peut déjà redouter un filtre idéologique.

FDesouche classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté »

Ainsi sait-on déjà que FDesouche sera classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté ». Comme FDesouche ne publie que des informations puisées ailleurs, dans des médias certainement labellisés « verts » par Decodex, cela signifie qu’une information cachère dans Le Parisien devient immangeable chez FDesouche. En réalité, FDesouche publie des informations avérées et orientées. Tout comme Le Monde qui a, des années durant, dénoncé à grand bruit la menace populiste, et informé à très bas bruit sur la menace islamiste. La conclusion, c’est qu’une sélection particulière d’informations parfaitement exactes peut se révéler « très orientée ». En attendant, on aimerait savoir si l’Humanité et les Inrocks auront droit à leur pastille orange. Mais peut-être Verificator considèrera-t-il que ces titres, certes « très orientés », le sont aussi très bien.

Pas de problème pour Les Inrocks ou l’Humanité

Problème de référence?

Qu’on ne se méprenne pas, quand Jérôme Fenoglio affirme qu’on peut être en désaccord à condition d’être d’accord sur les faits, il soulève un problème grave. Les complotistes de tout poil, qui pullulent sur internet, menacent le monde commun. Mais ce n’est pas un label décerné par Le Monde qui y changera quelque chose. Nos vaillants décodeurs oublient que ne s’informent sur les sites complotistes que ceux qui veulent croire aux complots. Et pour ceux-là, la pastille orange décernée par Le Monde fonctionnera comme un signe de ralliement plutôt que comme une marque d’infamie.

En réalité, Decodex repose sur une définition pour le moins problématique de l’information. Celle-ci serait faite de faits dont le journaliste, nous disent Fenoglio et ses camarades, n’est que l’humble interprète. Interprète est le mot juste. Car si on a besoin d’interpréter les faits c’est qu’il n’est pas si facile de les définir. On peut sans doute savoir assez facilement combien de gens ont assisté à l’intronisation de Donald Trump (ou en tout cas avoir la certitude que le président américain ment). Mais la plupart des faits sont étroitement dépendants de celui qui les observe : s’il existait des faits autonomes, il serait facile de savoir si, oui ou non, le niveau baisse à l’école (sujet sur lequel les journalistes de Causeur et ceux du Monde n’ont pas la même vérité). Ou si l’intégration progresse. Ou si les Français sont de plus en plus racistes. Et il ne suffit pas de brandir des chiffres. Le problème, presque insoluble, c’est que, souvent, les mots n’ont pas le même sens pour tout le monde. On peut dire, chiffres à l’appui, que les capacités de lecture des élèves s’améliorent. Mais le mot « lecture » ne désigne plus la même réalité.

Croire qu’on réinventera le monde commun à coups d’algorithme relève au mieux de la naïveté technologique, au pire de l’arrogance politique. Aucun robot ne résoudra pour nous la difficile question de la vérité. Alors chers confrères, arrêtez de décoder !

Voir aussi:

Chronique «Médiatiques»
Decodex décodé
En proposant à ses lecteurs un moteur de recherche permettant de vérifier la fiabilité des sites d’information, «le Monde» se met dans une situation où il est à la fois juge et partie.

Daniel Schneidermann

Libération

5 février 2017

Dans le monde merveilleux des surveillants surveillés et des fact-checkeurs fact-checkés, amusons-nous aujourd’hui à décoder Decodex. Decodex, c’est le nouveau joujou mis en ligne la semaine dernière par le Monde, et qui partage les médias en ligne entre plutôt fiables et pas fiables du tout. Vous arrivez sur pipeule.com ou sur bidon.fr, et le joujou, pardon l’extension, vous le classe en vert ou en rouge, avec quelques lignes d’explication de vote.

C’est un pari audacieux. Jusqu’à présent, les fact-checkeurs se contentaient de fact-checker au détail, article par article, rumeur par rumeur, photo par photo, assertion par assertion, chiffre faux par chiffre faux. C’était (quasi) irréprochable déontologiquement, même si ce travail indispensable n’a pas empêché, aux Etats-Unis, l’élection de l’affabulateur complotiste Trump. Mais sans doute rien ne pouvait-il empêcher l’élection de Donald Trump, face à l’impopularité de Hillary Clinton.

Désormais, donc, le Monde décode en gros. Tant de savoir accumulé devait trouver un débouché. Sur le papier, le saut est défendable. Dans la pratique, le diable est dans les détails. Depuis que l’extension est entrée en service, les critiques ont été nombreuses, essentiellement de la part des classés rouges. On pouvait s’y attendre. Encore faut-il distinguer les grandes objections qu’on peut faire au projet.

Première objection : Decodex ne convaincra que les convaincus. Seuls la téléchargeront ceux qui font a priori confiance au Monde, pour discerner la bonne de la mauvaise info. Objection rejetée : entre les convaincus de la fiabilité, par nature, de la presse traditionnelle, et les convaincus de sa congénitale propension au mensonge et à la manip, reste heureusement le grand marais de tous ceux qui doutent, cherchent, tâtonnent, hésitent, recoupent. Et donc, oui, il existe pour une initiative de ce genre un public intéressé.

Objection de rechange : auprès de la seconde catégorie, l’anathème jeté par Decodex sur les sites «douteux» n’aura aucun effet. Il ne fera que les conforter dans leur certitude que l’objet de cet anathème est digne de confiance, du fait même de l’anathème d’un «média du système». Objection retenue cette fois, mais c’est un risque à courir.

Plus sérieuse est une troisième critique : le Monde a catégorisé à la hache. A ma droite, en vert, tous les médias «professionnels», avec journalistes encartés. A ma gauche, en rouge, tous les autres. Hors carte de presse, point de salut. D’un coup d’un seul, l’apport historique d’Internet à l’enrichissement de l’info traditionnelle est jeté avec l’eau du bain Trump-Brexit. Ainsi, Valeurs actuelles, et sa condamnation à la haine raciale, est en vert, alors que Fakir, le site de François Ruffin, auteur de Merci patron !, est en rouge. Sur le point particulier de Valeurs actuelles, on sent d’ailleurs bien l’embarras de Decodex, qui assure dans le même mouvement que «le site est en principe plutôt fiable», tout en nuançant que «certaines enquêtes sont à prendre avec précaution». Décode qui pourra.

Mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est que ce partage lui-même ne vaut que pour la presse française. Si le Monde n’a pas voulu se fâcher avec les chers confrères (et concurrents) français en les badigeonnant tous de vert, il n’a pas les mêmes scrupules s’agissant de la presse étrangère. Prenons la Grande-Bretagne. Le Daily Mail, pro-Brexit, qui a repris les mensonges du camp du «Leave», est catalogué orange («présente souvent les faits de manière racoleuse et exagérée»). Pourquoi pas ? Mais le Guardian, média phare du Remain anti-Brexit, qui a multiplié les prédictions apocalyptiques pour l’instant nullement confirmées dans les faits, est catalogué fiable. Pourquoi l’un et pas l’autre ?

Plus sérieux : de quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non ? Quelle est sa fiabilité ? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool. Journal favorable à la mondialisation, le Monde classe en vert les journaux pro-mondialisation et les autres en rouge. Le Monde est purement et simplement en conflit d’intérêts. Juge et partie. Mort (provisoire ?) d’une belle idée.

Voir également:

«Qui fact-checkera les fact-checkeurs ?» : le Decodex du Monde suscite des critiques

Des journalistes ont exprimé leur scepticisme envers la démarche du Monde qui consiste à établir le degré de fiabilité des sites d’information sur internet. Certains acteurs mis à l’index se demandent ce qui fonde la légitimité du Monde à distribuer les bons points.

«Un premier pas vers la vérification de masse de l’information». C’est ainsi que se définit «Decodex» le nouvel outil du Monde pour décrypter la fiabilité de l’information sur internet et lutter contre les intox qui pullulent sur le web. La démarche, qui se veut pédagogique, prend notamment la forme d’un moteur de recherche, le logiciel classe les sites soumis en plusieurs couleurs: vert pour «plutôt fiable», jaune pour «peu fiable» rouge pour «très peu fiable» ou bleu pour «parodique». Ainsi le site Gorafi reçoit une pastille bleue, tandis que «Fdesouche», la revue de presse identitaire, reçoit une gommette jaune, et le site ivg.net, dans le viseur du gouvernement parce qu’il culpabiliserait les femmes désirant avorter, une pastille rouge. La liste de tous les sites classés par Decodex assortis des commentaires a par ailleurs été publiée par un blog.

Labellisation du bon journalisme

A première vue, l’idée de séparer le bon grain de l’ivraie journalistique peut paraître louable. Mais très vite, des voix se sont élevées pour dénoncer un monopole de la labellisation du «bon journalisme» assez contestable. Où est la part de la ligne éditoriale dans le jugement de ce qu’est un site fiable? Par exemple le site «Valeurs

actuelles» d’abord classé en vert, s’est vu attribuer la gommette orange «peu fiable» quelques jours plus tard. En cause, la condamnation de l’hebdo pour «provocation à la haine raciale» pour sa Une sur les Roms en 2015. «Certaines enquêtes ou reprises d’autres médias sont à prendre avec précaution.» indique le «Decodex».

Du côté de l’hebdo droitier, on préfère rire de cette mise à l’index. «Au début nous étions très inquiets d’être en vert, mais on s’est très vite rassurés en voyant qu’on était passé au orange», se gausse Geoffroy Lejeune, le directeur de la rédaction. «Nous songeons d’ailleurs à Valeurs Actuelles à mettre en œuvre notre propre Decodex. Les Décodeurs du Monde y seraient en violet ou en marron», lâche-t-il.

Autre mécontent: Olivier Berruyer, blogueur et fondateur du site Les Crises, qui s’est vu lui carrément décerner l’infamante étiquette rouge «très peu fiable» en raison de la diffusion de «théories conspirationnistes, notamment sur la crise ukrainienne.». Il se retrouve dans le même sac qu’Égalité et réconciliation, le site d’Alain Soral, ou le site complotiste antisémite Panamza. Pour justifier son choix, Le Monde s’appuie sur une source unique: un article issu d’un blog hébergé par…. le Monde. Dans un article documenté, Olivier Berruyer, développe un long argumentaire contre ce qu’il appelle une «liste maccarthyste» et compare le Decodex à l‘Index librorum prohibitorum, la liste établie par l’Eglise des ouvrages que les catholiques n’avaient pas le droit de lire. «Je n’ai pas créé un site d’information, mais un simple blog personnel pour échanger avec les lecteurs ; et le Monde n’a pas à utiliser l’immense poids de son image pour tenter de me discréditer – sans fondement en plus.», se plaint le blogueur. La journaliste Aude Lancelin, auteur du Monde libre, un brûlot remarqué sur les dérives du journalisme, l’a soutenu.

Juge et partie

Outre les plaintes de réprouvés, Decodex suscite des doutes chez d’autres journalistes. «Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Qui veut discréditer un site trouvera toujours une fausse information quelque part.» remarque Vincent Glad qui tient un blog sur le site de Libération. Le journaliste fait remarquer que si le blog de l’économiste souverainiste Jacques Sapir est classé «orange» parce qu’il «il relaie parfois de fausses informations, niant la présence de soldats russes en Ukraine en 2014, pourtant établie», «il serait facile de rétorquer que Le Monde publie aussi à l’occasion de fausses informations, comme récemment le faux piratage par les Russes d’une centrale américaine.» On peut aussi noter que le magazine people France dimanche reçoit une pastille verte «plutôt fiable», alors que le journal avait annoncé en Une le divorce d’Emmanuel Macron, ce qui avait suscité une plainte de ce dernier.

«Au nom de quoi le service «Décodeurs» du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC?» se demande Élisabeth Lévy dans Causeur. Pour Daniel Schneiderman, fondateur du site de critique des médias Arrêts sur image, il y a également une difficulté à ce que Le Monde soit à la fois juge et partie. «De quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non? Quelle est sa fiabilité? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool», écrit-il dans Libération.

Derrière cette polémique, c’est toutes les mutations du journalisme contemporain qui sont en question. A l’ère des populismes, des réseaux sociaux, et de la «post-vérité», les médias traditionnels peuvent-ils garder le monopole de l’information? Y-a-t’il une définition «légale» du journalisme? Certains ont eu beau jeu de rappeler que Le Monde et Libération avaient applaudi en une l’entrée des Khmers rouges dans Phnom Penh en 1975, et qu’il n’y a pas d’objectivité journalistique pure, définissable a priori.

D’aucuns soulignent qu’en plus d’être contestable, cette démarche pourrait bien être inefficace et ne prêcher que les convertis, à l’heure où la confiance des Français dans leurs médias n’a jamais été aussi faible. Ainsi, pour Jean-François Kahn, une telle opération ne peut être crédible que si les médias font leur mea-culpa. «Cette démarche pourrait être positive et courageuse si elle était précédée d’un examen de conscience», explique au Figaro l’ancien directeur de Marianne.

«Il y a une telle suspicion envers les médias qui se sont trompés qu’il faut reconquérir la confiance des gens. Il faudrait faire un grand examen de conscience médiatique sur le traitement de l’Irak, la Libye, la Syrie par exemple.» Il s’interroge aussi sur les modalités que pourrait prendre une éventuelle labellisation des sources: «Il faudrait que ce soit une institution, un genre de Conseil constitutionnel de journalistes, qui puisse élaborer cette classification.»

Voir encore:

Who will check Facebook’s ‘fact checkers?’

In response to recent concerns about “fake news” and opinion-swaying hoaxes, Facebook has unveiled new measures to address the issue. But unless done right, these steps may create more problems than they solve — and boost claims that the “fake news crisis” is an attempt to impose political controls on the media.

One Facebook measure gives power to consumers themselves: Anyone will be able to report a hoax by clicking the upper right hand corner of a post.

This may accomplish some good, but the potential for abuse is immediately obvious. People can flood the system with fake reports of fake news, either to punish websites and news organizations they dislike or to subvert the fake-news-flagging process itself

More than a few people on the right and the “anti-establishment” left will get a huge kick out of slapping the “fake news” label on The New York Times, The Washington Post or CNN.

However, Facebook’s main mechanism for “fake news” oversight will be a program involving third-party fact-checkers. These organizations will check stories submitted as “fake” by readers. If they are, in fact, determined to be fake, they will be flagged as “disputed by third parties.”

People will see the “disputed” warning when they are about to share a link to such a story and will be encouraged to read the fact-checking report. Opportunities for advertising revenue from “disputed” news items will be severely limited as well.

Of course, that brings us to the great question first posed by the Roman satirical poet Juvenal some 2000 years ago: Who will watch the watchmen?

The announcement that established fact-checking organizations will be in charge of classifying some stories as fake was quickly met with derision on the right.

Indeed, conservatives have long claimed that fact-checking was riddled with anti-conservative bias and even conflicts of interest (as when PolitiFact, one of Facebook’s six United States-based fact-checkers, shot down a critique of a Clinton Foundation initiative without disclosing that one of that program’s principal funders was a major donor to PolitiFact’s parent organization, the Poynter Institute).

Conservatives argue that most fact-checking is opinion dressed up in the mantle of “Just the facts” — a blatant liberal attempt to control the discourse.

Are those charges fair? Depends on how you look at it.

For instance, in 2013 the Center for Media and Public Affairs found that over a four-month period, PolitiFact had rated 32 percent of Republicans’ claims as totally false (“pants on fire”) compared to just 11 percent of claims by Democrats, while rating 22 percent of Democratic claims and just 11 percent of Republican claims as “entirely true.”

The CMPA did not evaluate these ratings but merely tabulated them. Does this mean that PolitiFact was biased, or that Democrats were actually more truthful? The only thing we know for sure is that the fact-checking is, to use Facebook’s terms, “disputed.”

A look at fact-checkers’ explanations of their ratings will show that truth and falsehood are rarely black and white, at least in the mouths of politicians. More often than not, the devil is in the details — or in the context.

In at least some cases, accusations of dishonest fact-checking have been based on highly tendentious interpretation.

For instance, fact-checkers from several organizations took a lot of flak for branding then-Republican presidential candidate Carly Fiorina a liar after she talked about watching a pro-life group’s video exposé of Planned Parenthood, supposedly showing:

“a fully formed fetus on the table, its heart beating, its legs kicking while someone says we have to keep it alive to harvest its brain.”

In fact, one of the videos showed a former Planned Parenthood technician, now a pro-life activist, claiming that she had witnessed such a scene; her account was illustrated by footage of an aborted fetus with its leg twitching.

Conservative critics argued that since the fetus in the clip was “the same gestational age” as in the former technician’s account, Fiorina’s assertion was fundamentally accurate. But an uncorroborated allegation illustrated by unrelated footage is not even close to a video record of an actual incident — which is what Fiorina claimed.

Those who side with Fiorina over the fact-checkers should try turning the political tables.

Suppose a Democratic candidate had described watching video footage of a white police officer hurling racial slurs while repeatedly firing his gun into an unarmed, helpless black man. Suppose the actual video showed an ex-cop turned Black Lives Matter activist asserting that he had witnessed such an incident, with his story accompanied by footage of a dead body from a different police shooting.

Would any conservatives rise to defend the Democrat’s truthfulness?

In other instances, the fact-checkers fully deserved the backlash.

Last year, PolitiFact gave Donald Trump a “pants on fire” rating for his claim that “crime is rising,” based on government crime data from 1993 to 2014 (which show a steady drop in both violent crime and property crimes).

In response, the American Enterprise Institute, a conservative think tank, pointed to preliminary data from 2015 which do, in fact, show an upward trend in crime statistics.

But PolitiFact stood by its rating, arguing that Trump’s claim was false since it was made in the context of “sweeping rhetoric about a nation in decline” and did not include such qualifiers as “recently” or “in the past year.”

That’s not fact-checking, it’s nit-picking.

You don’t have to like or support Trump to conclude that on this matter, PolitiFact was being more political than factual.

What lessons does this offer for fake news-checking?

Unlike claims by politicians, many “fake news” stories that have made the rounds in the past year have involved outright fabrications, not just skewed reporting.

Pope Francis endorsing Donald Trump, Hillary Clinton selling weapons to ISIS, or Trump rally-goers shouting anti-black slogans is not a matter of context or interpretation; these stories were simply made up.

If Facebook’s third-party fact-checkers limit themselves to flagging stories that are straightforward hoaxes, that will go a long way toward making them credible. Tendentious reporting is not “fake news;” it happens all the time, across the political spectrum, and the only answer to it is more critical thinking on the part of readers and viewers, not more social-media controls.

Adding more conservatives to fact-checking operations would also help.

A fact-checking panel made up of journalists and experts from news organizations and think tanks across the political spectrum would be an excellent addition to the media landscape. It would promote cooperation across ideological lines, something that is becoming regrettably rare.

Most importantly, it would allay fears that the pushback against “fake news” is a vehicle for censoring real news and opinion.

Cathy Young is a contributing editor for Reason magazine and a columnist for Newsday. Follow her on Twitter at @CathyYoung63.


Piratage russe: A qui profite le crime ? (Cui bono: Warning, a Manchurian candidate can hide another)

11 janvier, 2017

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I don’t think people want a lot of talk about change; I think they want someone with a real record, a doer not a talker. For legislators who don’t want to take a stand, there’s a third way to vote. Not yes, not no, but present, which is kind of like voting maybe. (…) A president can’t vote present; a president can’t pick or choose which challenges he or she will face. Hillary Clinton (Dec. 2007)
Ma propre ville de Chicago a compté parmi les villes à la politique locale la plus corrompue de l’histoire américaine, du népotisme institutionnalisé aux élections douteuses. Barack Obama (Nairobi, Kenya, août 2006)
C’est bon d’être à la maison. (…) Je suis arrivé à Chicago pour la première fois à l’âge de 20 ans, essayant toujours de comprendre qui j’étais; toujours à la recherche d’un but à ma vie. C’est dans les quartiers non loin d’ici que j’ai commencé à travailler avec des groupes religieux dans l’ombre des aciéries fermées. C’est dans ces rues où j’ai été témoin du pouvoir de la foi et de la dignité tranquille des travailleurs face à la lutte et à la perte. C’est là que j’ai appris que le changement ne se produit que lorsque des gens ordinaires s’impliquent, s’engagent et se rassemblent pour le demander.  (…) Si je vous avais dit il y a huit ans que l’Amérique inverserait une grande récession, redémarrerait notre industrie automobile et libérerait la plus longue période de création d’emplois de notre histoire … Si je vous avais dit que nous ouvririons un nouveau chapitre avec le peuple cubain, stopperions le programme nucléaire iranien sans tirer un coup de feu et que nous nous débarrasserions du cerveau du 11 septembre … Si je vous avais dit que nous aurions obtenu l’égalité du mariage et garanti le droit à l’assurance maladie pour 20 millions de nos concitoyens. Vous auriez pensé qu’on visait un peu trop haut. Mais c’est ce que nous avons fait. (…) par presque toutes les mesures, l’Amérique va mieux et est plus forte qu’avant. Dans dix jours, le monde sera témoin d’une caractéristique de notre démocratie: le transfert pacifique du pouvoir d’un président élu librement à un autre. J’ai confié au président élu Trump que mon administration assurerait la transition la plus harmonieuse possible, tout comme le président Bush l’avait fait pour moi. Parce que c’est à nous tous de nous assurer que notre gouvernement peut nous aider à relever les nombreux défis auxquels nous sommes encore confrontés. (…) Oui, nous pouvons le faire. Oui, nous l’avons fait. Barack Hussein Obama (Chicago, 10.01.2017)
As his second marriage to Sexton collapsed in 1998, Sexton filed an order of protection against him, public records show. Hull won’t talk about the divorce in detail, saying only that it was « contentious » and that he and Sexton are friends. The Chicago Tribune (15.02.04)
Though Obama, the son of a Kenyan immigrant, lagged in polls as late as mid-February, he surged to the front of the pack in recent weeks after he began airing television commercials and the black community rallied behind him. He also was the beneficiary of the most inglorious campaign implosion in Illinois political history, when multimillionaire Blair Hull plummeted from front-runner status amid revelations that an ex-wife had alleged in divorce papers that he had physically and verbally abused her. After spending more than $29 million of his own money, Hull, a former securities trader, finished third, garnering about 10 percent of the vote. (…) Obama ascended to front-runner status in early March as Hull’s candidacy went up in flames amid the divorce revelations, as well as Hull’s acknowledgment that he had used cocaine in the 1980s and had been evaluated for alcohol abuse. The Chicago Tribune (17.03.04)
Axelrod is known for operating in this gray area, part idealist, part hired muscle. It is difficult to discuss Axelrod in certain circles in Chicago without the matter of the Blair Hull divorce papers coming up. As the 2004 Senate primary neared, it was clear that it was a contest between two people: the millionaire liberal, Hull, who was leading in the polls, and Obama, who had built an impressive grass-roots campaign. About a month before the vote, The Chicago Tribune revealed, near the bottom of a long profile of Hull, that during a divorce proceeding, Hull’s second wife filed for an order of protection. In the following few days, the matter erupted into a full-fledged scandal that ended up destroying the Hull campaign and handing Obama an easy primary victory. The Tribune reporter who wrote the original piece later acknowledged in print that the Obama camp had  »worked aggressively behind the scenes » to push the story. But there are those in Chicago who believe that Axelrod had an even more significant role — that he leaked the initial story. They note that before signing on with Obama, Axelrod interviewed with Hull. They also point out that Obama’s TV ad campaign started at almost the same time. The NYT (01.04.07)
After an unsuccessful campaign for Congress in 2000, Illinois state Sen. Barack Obama faced serious financial pressure: numerous debts, limited cash and a law practice he had neglected for a year. Help arrived in early 2001 from a significant new legal client — a longtime political supporter. Chicago entrepreneur Robert Blackwell Jr. paid Obama an $8,000-a-month retainer to give legal advice to his growing technology firm, Electronic Knowledge Interchange. It allowed Obama to supplement his $58,000 part-time state Senate salary for over a year with regular payments from Blackwell’s firm that eventually totaled $112,000. A few months after receiving his final payment from EKI, Obama sent a request on state Senate letterhead urging Illinois officials to provide a $50,000 tourism promotion grant to another Blackwell company, Killerspin. Killerspin specializes in table tennis, running tournaments nationwide and selling its own line of equipment and apparel and DVD recordings of the competitions. With support from Obama, other state officials and an Obama aide who went to work part time for Killerspin, the company eventually obtained $320,000 in state grants between 2002 and 2004 to subsidize its tournaments. Obama’s staff said the senator advocated only for the first year’s grant — which ended up being $20,000, not $50,000. The day after Obama wrote his letter urging the awarding of the state funds, Obama’s U.S. Senate campaign received a $1,000 donation from Blackwell. (…) Business relationships between lawmakers and people with government interests are not illegal or uncommon in Illinois or other states with a part-time Legislature, where lawmakers supplement their state salaries with income from the private sector. But Obama portrays himself as a lawmaker dedicated to transparency and sensitive to even the appearance of a conflict of interest. (…) In his book « The Audacity of Hope, » Obama tells how his finances had deteriorated to such a point that his credit card was initially rejected when he tried to rent a car at the 2000 Democratic convention in Los Angeles. He said he had originally planned to dedicate that summer « to catching up on work at the law practice that I’d left unattended during the campaign (a neglect that had left me more or less broke). » Six months later Blackwell hired Obama to serve as general counsel for his tech company, EKI, which had been launched a few years earlier. The monthly retainer paid by EKI was sent to the law firm that Obama was affiliated with at the time, currently known as Miner, Barnhill & Galland, where he worked part time when he wasn’t tending to legislative duties. The business arrived at an especially fortuitous time because, as the law firm’s senior partner, Judson Miner, put it, « it was a very dry period here, » meaning that the ebb and flow of cases left little work for Obama and cash was tight. The entire EKI retainer went to Obama, who was considered « of counsel » to the firm, according to details provided to The Times by the Obama campaign and confirmed by Miner. Blackwell said he had no knowledge of Obama’s finances and hired Obama solely based on his abilities. « His personal financial situation was not and is not my concern, » Blackwell said. « I hired Barack because he is a brilliant person and a lawyer with great insight and judgment. » Obama’s tax returns show that he made no money from his law practice in 2000, the year of his unsuccessful run for a congressional seat. But that changed in 2001, when Obama reported $98,158 income for providing legal services. Of that, $80,000 was from Blackwell’s company. In 2002, the state senator reported $34,491 from legal services and speeches. Of that, $32,000 came from the EKI legal assignment, which ended in April 2002 by mutual agreement, as Obama ceased the practice of law and looked ahead to the possibility of running for the U.S. Senate. (…) Illinois ethics disclosure forms are designed to reveal possible financial conflicts by lawmakers. On disclosure forms for 2001 and 2002, Obama did not specify that EKI provided him with the bulk of the private-sector compensation he received. As was his custom, he attached a multi-page list of all the law firm’s clients, which included EKI among hundreds. Illinois law does not require more specific disclosure. Stanley Brand, a Washington lawyer who counsels members of Congress and others on ethics rules, said he would have advised a lawmaker in Obama’s circumstances to separately disclose such a singularly important client and not simply include it on a list of hundreds of firm clients, even if the law does not explicitly require it. « I would say you should disclose that to protect and insulate yourself against the charge that you are concealing it, » Brand said. LA Times
One lesson, however, has not fully sunk in and awaits final elucidation in the 2012 election: that of the Chicago style of Barack Obama’s politicking. In 2008 few of the true believers accepted that, in his first political race, in 1996, Barack Obama sued successfully to remove his opponents from the ballot. Or that in his race for the US Senate eight years later, sealed divorced records for both his primary- and general-election opponents were mysteriously leaked by unnamed Chicagoans, leading to the implosions of both candidates’ campaigns. Or that Obama was the first presidential candidate in the history of public campaign financing to reject it, or that he was also the largest recipient of cash from Wall Street in general, and from BP and Goldman Sachs in particular. Or that Obama was the first presidential candidate in recent memory not to disclose either undergraduate records or even partial medical. Or that remarks like “typical white person,” the clingers speech, and the spread-the-wealth quip would soon prove to be characteristic rather than anomalous. Few American presidents have dashed so many popular, deeply embedded illusions as has Barack Obama. And for that, we owe him a strange sort of thanks. Victor Davis Hanson
Selon le professeur Dick Simpson, chef du département de science politique de l’université d’Illinois, «c’est à la fin du XIXe siècle et au début du XXe que le système prend racine». L’arrivée de larges populations immigrées peinant à faire leur chemin à Chicago pousse les politiciens à «mobiliser le vote des communautés en échange d’avantages substantiels». Dans les années 1930, le Parti démocrate assoit peu à peu sa domination grâce à cette politique «raciale». Le système va se solidifier sous le règne de Richard J. Daley, grande figure qui régnera sur la ville pendant 21 ans. Aujourd’hui, c’est son fils Richard M. Daley qui est aux affaires depuis 18 ans et qui «perpétue le pouvoir du Parti démocrate à Chicago, en accordant emplois d’État, faveurs et contrats, en échange de soutiens politiques et financiers», raconte John McCormick. «Si on vous donne un permis de construction, vous êtes censés “payer en retour”», explique-t-il. «Cela s’appelle payer pour jouer», résume John Kass, un autre éditorialiste. Les initiés affirment que Rod Blagojevich ne serait jamais devenu gouverneur s’il n’avait croisé le chemin de sa future femme, Patricia Mell, fille de Dick Mell, un conseiller municipal très influent, considéré comme un rouage essentiel de la machine. (…) Dans ce contexte local plus que trouble, Peraica affirme que la montée au firmament d’Obama n’a pu se faire «par miracle».«Il a été aidé par la machine qui l’a adoubé, il est cerné par cette machine qui produit de la corruption et le risque existe qu’elle monte de Chicago vers Washington», va-t-il même jusqu’à prédire. Le conseiller régional républicain cite notamment le nom d’Emil Jones, l’un des piliers du Parti démocrate de l’Illinois, qui a apporté son soutien à Obama lors de son élection au Sénat en 2004. Il évoque aussi les connexions du président élu avec Anthony Rezko, cet homme d’affaires véreux, proche de Blagojevich et condamné pour corruption, qui fut aussi le principal responsable de la levée de fonds privés pour le compte d’Obama pendant sa course au siège de sénateur et qui l’aida à acheter sa maison à Chicago. «La presse a protégé Barack Obama comme un petit bébé. Elle n’a pas sorti les histoires liées à ses liens avec Rezko», s’indigne Peraica, qui cite toutefois un article du Los Angeles Times faisant état d’une affaire de financement d’un tournoi international de ping-pong qui aurait éclaboussé le président élu. (…) Pour la plupart des commentateurs, Barack Obama a su naviguer à travers la politique locale «sans se compromettre. Le Figaro
La condamnation de M. Blagojevich met une fois de plus la lumière sur la scène politique corrompue de l’Etat dont la plus grande ville est Chicago. Cinq des neuf gouverneurs précédents de l’Illinois ont été accusés ou arrêtés pour fraude ou corruption. Le prédécesseur de M. Blagojevich, le républicain George Ryan, purge actuellement une peine de six ans et demi de prison pour fraude et racket. M. Blagojevich, qui devra se présenter à la prison le 16 février et verser des amendes de près de 22 000 dollars, détient le triste record de la peine la plus lourde jamais infligée à un ex-gouverneur de l’Illinois. Ses avocats ont imploré le juge de ne pas chercher à faire un exemple avec leur client, notant que ce dernier n’avait pas amassé d’enrichissement personnel et avait seulement tenté d’obtenir des fonds de campagne ainsi que des postes bien rémunérés. En plein scandale, M. Blagojevich était passé outre aux appels à la démission venus de son propre parti et avait nommé procédé à la nomination d’un sénateur avant d’être destitué. Mais le scandale a porté un coup à la réputation des démocrates dans l’Illinois et c’est un républicain qui a été élu l’an dernier pour occuper l’ancien siège de M. Obama. AFP (08.12.11)
Dès qu’un organisateur entre dans une communauté, il ne vit, rêve, mange, respire et dort qu’une chose, et c’est d’établir la base politique de masse de ce qu’il appelle l’armée. Saul Alinsky (mentor politique d’Obama)
On se retrouve avec deux conclusions: 1) un président très inexpérimenté a découvert que toute la rhétorique de campagne facile et manichéenne de 2008 n’est pas facilement traduisible en gouvernance réelle. 2) Obama est engagé dans une course contre la montre pour imposer de force un ordre du jour plutôt radical et diviseur à un pays de centre-droit avant que celui-ci ne se réveille et que ses sondages atteignent le seuil fatidique des 40%. Autrement dit, il y a deux options possibles: Ou bien le pays bascule plus à gauche en quatre ans qu’il ne l’a fait en cinquante ou Obama entraine dans sa chute le Congrès démocrate et la notion même de gouvernance de gauche responsable, laissant ainsi derrière lui un bilan à la Carter. Victor Davis Hanson
Bientôt, M. Obama aura ses propres La Mecque et Téhéran à traiter, peut-être à Jérusalem et au Caire. Il ferait bien de jeter un œil au bilan de son co-lauréat au prix Nobel de la paix, comme démonstration de la manière dont les motifs les plus purs peuvent entrainer les résultats les plus désastreux. Bret Stephens
C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité. Obama (à Medvedev, 27.03.12)
Dans le milieu du renseignement, nous dirions que M. Trump a été recruté comme un agent russe qui s’ignore. Michael Morell (ancien directeur de la CIA)
Republicans, independents, swing voters and GOP members of the House and Senate who are staking their reelection campaigns on their support for Trump to be president and commander in chief should thoughtfully reflect on the recent op-ed in The New York Times by former acting CIA Director Michael Morell. The op-ed is titled “I ran the CIA. Now I’m endorsing Hillary Clinton.” Morell, who has spent decades protecting our security in the intelligence business, offered high praise for the Democratic nominee and former secretary of State based on his years of working closely with her in the high councils of government. But Morell went even further than praising and endorsing Clinton. In one of the most extraordinary and unprecedented statements in the history of presidential politics, which powerfully supports the case that every Republican running for office should unequivocally state that they will refuse to vote for Trump or face potentially catastrophic consequences at the polls, Morell wrote: “In the intelligence business, we would say that Mr. Putin had recruited Mr. Trump as an unwitting agent of the Russian Federation.” This brings to mind the novel and motion picture “The Manchurian Candidate,” which about an American who was captured during the Korean War and brainwashed to unwittingly carry out orders to advance the interests of communists against America. I offer no suggestion about Trump’s motives in repeatedly saying things, and advocating positions, that are so destructive to American national security interests, though Trump owes the American people full and immediate disclosure of his tax returns for them to determine what, if any, business interests or debt may exist with Russian or other hostile foreign sources. Whatever Trump’s motivation, Morell is right in suggesting the billionaire nominee is at the least acting as an “unwitting agent” who often advances the interests of foreign actors hostile to America. Most intelligence experts believe the email leaks attacking Hillary Clinton at the time of the Democratic National Convention were originally obtained through espionage by Russian intelligence services engaging in cyberwar against America, and then shared with WikiLeaks by Russian sources engaged in an infowar against America. Do Republicans running for the House and Senate in 2016 want to be aligned with a Russian strongman and his intelligence services engaging in covert action against America for the presumed purpose of electing Putin’s preferred candidate? Do they believe Trump when he says he was only kidding when he publicly supported these espionage practices and called for them to be escalated? Do Republicans running in 2016 believe that America should have a commander in chief who has harshly criticized NATO and stated that if Russia invades the Baltic states, Eastern Europe states such as Poland, or Western Europe he is not committed to defending our allies against this aggression? Do Republicans running in 2016 support a commander in chief who has endorsed Britain’s vote to leave the European Union, appeared to endorse Russia’s annexation of Crimea, and falsely stated that Russia “is not in Ukraine”? (…) I do not question Donald Trump’s patriotism. But for whatever reason Trump advocates policies, again and again, that would help America’s adversaries like Russia and enemies like ISIS and make him, in Morell’s powerful words, “an unwitting agent of the Russian Federation.” In “The Manchurian Candidate,” our enemies sought to influence our politics at the highest level. What troubles a growing number of Republicans in Congress, and so many Republican and Democratic national security leaders, is that in 2016 life imitates art, aided and abetted by what appears to be a Russian covert action designed to elect the next American president. Brent Budowsky
A former senior intelligence officer for a Western country who specialized in Russian counterintelligence tells Mother Jones that in recent months he provided the bureau with memos, based on his recent interactions with Russian sources, contending the Russian government has for years tried to co-opt and assist Trump—and that the FBI requested more information from him. « This is something of huge significance, way above party politics, » the former intelligence officer says. « I think [Trump’s] own party should be aware of this stuff as well. » Does this mean the FBI is investigating whether Russian intelligence has attempted to develop a secret relationship with Trump or cultivate him as an asset? Was the former intelligence officer and his material deemed credible or not? An FBI spokeswoman says, « Normally, we don’t talk about whether we are investigating anything. » But a senior US government official not involved in this case but familiar with the former spy tells Mother Jones that he has been a credible source with a proven record of providing reliable, sensitive, and important information to the US government. In June, the former Western intelligence officer—who spent almost two decades on Russian intelligence matters and who now works with a US firm that gathers information on Russia for corporate clients—was assigned the task of researching Trump’s dealings in Russia and elsewhere, according to the former spy and his associates in this American firm. This was for an opposition research project originally financed by a Republican client critical of the celebrity mogul. (Before the former spy was retained, the project’s financing switched to a client allied with Democrats.) « It started off as a fairly general inquiry, » says the former spook, who asks not to be identified. But when he dug into Trump, he notes, he came across troubling information indicating connections between Trump and the Russian government. According to his sources, he says, « there was an established exchange of information between the Trump campaign and the Kremlin of mutual benefit. » This was, the former spy remarks, « an extraordinary situation. » He regularly consults with US government agencies on Russian matters, and near the start of July on his own initiative—without the permission of the US company that hired him—he sent a report he had written for that firm to a contact at the FBI, according to the former intelligence officer and his American associates, who asked not to be identified. (He declines to identify the FBI contact.) The former spy says he concluded that the information he had collected on Trump was « sufficiently serious » to share with the FBI. Mother Jones has reviewed that report and other memos this former spy wrote. The first memo, based on the former intelligence officer’s conversations with Russian sources, noted, « Russian regime has been cultivating, supporting and assisting TRUMP for at least 5 years. Aim, endorsed by PUTIN, has been to encourage splits and divisions in western alliance. » It maintained that Trump « and his inner circle have accepted a regular flow of intelligence from the Kremlin, including on his Democratic and other political rivals. » It claimed that Russian intelligence had « compromised » Trump during his visits to Moscow and could « blackmail him. » It also reported that Russian intelligence had compiled a dossier on Hillary Clinton based on « bugged conversations she had on various visits to Russia and intercepted phone calls. » The former intelligence officer says the response from the FBI was « shock and horror. » The FBI, after receiving the first memo, did not immediately request additional material, according to the former intelligence officer and his American associates. Yet in August, they say, the FBI asked him for all information in his possession and for him to explain how the material had been gathered and to identify his sources. The former spy forwarded to the bureau several memos—some of which referred to members of Trump’s inner circle. After that point, he continued to share information with the FBI. « It’s quite clear there was or is a pretty substantial inquiry going on, » he says. « This is something of huge significance, way above party politics, » the former intelligence officer comments. « I think [Trump’s] own party should be aware of this stuff as well. » Mother Jones (Oct 31, 2016)
A quelques jours de l’intronisation d’un multimilliardaire de l’immobilier qui a gagné seul contre tous, Hollywood entre en Résistance. Le scud lancé par Meryl Streep en direction de Donald Trump à la soirée des Golden Globes, traduit fidèlement la posture de la grande majorité des stars américaines, depuis le début de la campagne présidentielle. Il suffit d’évoquer notamment les insultes de Robert de Niro, traitant carrément le futur leader des USA de chien et de porc, entre autres amabilités. L’immense interprète qu’est Meryl Streep a dénoncé, sans jamais le nommer, la violence de celui qui se serait moqué d’un journaliste handicapé, version qui, depuis longtemps, a été catégoriquement contestée par Trump, que l’on sait pourtant capable d’excès en tout genre. Mais c’est ici le mot «violence» qui interpelle. Aux Oscars comme au Grammy Awards, dans toutes ces cérémonies où les millionnaires du grand et du petit écran se coagulent et se congratulent dans une autosatisfaction permanente, on n’a jamais entendu une seule vedette dénoncer – à l’exception, évidemment, de l’après 11 septembre 2001 – les attentats de Paris et de Bruxelles, du Texas et de Floride, de Madrid et de Londres, de Jérusalem et d’Ankara, les ethnocides de communautés entières et les mille et une manières de se débarrasser des homosexuels, des femmes et des apostats, dans un certain nombre de pays de l’hémisphère Sud. Pour les étoiles filantes du Camp du Bien, les évidentes vulgarités de Trump sont beaucoup plus insupportables que la manière dont on assaisonne féministes et gays, athées et libres penseurs, à quelques milliers de kilomètres de leurs somptueuses villas super-protégées de Beverly Hills. Cependant, imperceptiblement mais sûrement, quelque chose est en train de changer. Face à la bonne conscience des privilégiés portant leur humanité en sautoir, le plouc chef de chantier Trump, à coups de tweets et de rendez-vous pris à toute vitesse, modifie d’ores et déjà le paysage. Il ne se passe pas de jour sans que telle compagnie automobile annonce qu’elle crée une usine dans le Michigan ; tel fabricant d’ordinateurs relocalise ses ateliers dans le Middle West, et l’un de nos multimilliardaires, Bernard Arnault, vient de s’engager, dans le hall de la Trump Tower, à créer des milliers d’emplois supplémentaires aux Etats-Unis. Et cela, avant même l’investiture officielle du candidat Républicain, sur la victoire duquel, rappelons-le quand même, personne ne pariait un centime il y a moins d’un an. Tout se passe comme si nous assistons à la fin du «soft power» pratiqué, avec l’insuccès que l’on sait, par Barack Obama. La difficulté du temps présent appelle, qu’on le déplore ou que l’on s’en réjouisse, à un volontarisme vigilant et à un réarmement lucide que les princes qui nous gouvernent avaient totalement oubliés, de part et d’autre de l’Atlantique. Si Hollywood pourra continuer à être «peace and love» en toute tranquillité, elle le devra à des hommes et à des femmes qui sauront faire comprendre aux totalitaires et aux intégristes de tous bords, qu’au-delà de telle limite, leur ticket ne sera jamais plus valable. Ironie du sort: ce sera peut-être grâce à Trump que Meryl Streep et les autres pourront pratiquer, en toute sécurité, leur non-violence considérée comme un des beaux-arts. André Bercoff
Our primary targets are those highly oppressive regimes in China, Russia and Central Eurasia, but we also expect to be of assistance to those in the West who wish to reveal illegal or immoral behavior in their own governments and corporations. Julian Assange (2006)
In Russia, there are many vibrant publications, online blogs, and Kremlin critics such as [Alexey] Navalny are part of that spectrum. There are also newspapers like « Novaya Gazeta », in which different parts of society in Moscow are permitted to critique each other and it is tolerated, generally, because it isn’t a big TV channel that might have a mass popular effect, its audience is educated people in Moscow. So my interpretation is that in Russia there are competitors to WikiLeaks, and no WikiLeaks staff speak Russian, so for a strong culture which has its own language, you have to be seen as a local player. WikiLeaks is a predominantly English-speaking organisation with a website predominantly in English. We have published more than 800,000 documents about or referencing Russia and president Putin, so we do have quite a bit of coverage, but the majority of our publications come from Western sources, though not always. For example, we have published more than 2 million documents from Syria, including Bashar al-Assad personally. Sometimes we make a publication about a country and they will see WikiLeaks as a player within that country, like with Timor East and Kenya. The real determinant is how distant that culture is from English. Chinese culture is quite far away ». (…) “Our primary targets are those highly oppressive regimes in China, Russia and Central Eurasia, but we also expect to be of assistance to those in the West who wish to reveal illegal or immoral behavior in their own governments and corporations.(…) We have published some things in Chinese. It is necessary to be seen as a local player and to adapt the language to the local culture« . Julian Assange (2016)
It was not the quantity of Mr. Snowden’s theft but the quality that was most telling. Mr. Snowden’s theft put documents at risk that could reveal the NSA’s Level 3 tool kit—a reference to documents containing the NSA’s most-important sources and methods. Since the agency was created in 1952, Russia and other adversary nations had been trying to penetrate its Level-3 secrets without great success. Yet it was precisely these secrets that Mr. Snowden changed jobs to steal. In an interview in Hong Kong’s South China Morning Post on June 15, 2013, he said he sought to work on a Booz Allen contract at the CIA, even at a cut in pay, because it gave him access to secret lists of computers that the NSA was tapping into around the world. He evidently succeeded. In a 2014 interview with Vanity Fair, Richard Ledgett, the NSA executive who headed the damage-assessment team, described one lengthy document taken by Mr. Snowden that, if it fell into the wrong hands, would provide a “road map” to what targets abroad the NSA was, and was not, covering. It contained the requests made by the 17 U.S. services in the so-called Intelligence Community for NSA interceptions abroad. On June 23, less than two weeks after Mr. Snowden released the video that helped present his narrative, he left Hong Kong and flew to Moscow, where he received protection by the Russian government. In much of the media coverage that followed, the ultimate destination of these stolen secrets was fogged over—if not totally obscured from the public—by the unverified claims that Mr. Snowden was spoon feeding to handpicked journalists. In his narrative, Mr. Snowden always claims that he was a conscientious “whistleblower” who turned over all the stolen NSA material to journalists in Hong Kong. He has insisted he had no intention of defecting to Russia but was on his way to Latin America when he was trapped in Russia by the U.S. government in an attempt to demonize him. The transfer of state secrets from Mr. Snowden to Russia did not occur in a vacuum. The intelligence war did not end with the termination of the Cold War; it shifted to cyberspace. Even if Russia could not match the NSA’s state-of-the-art sensors, computers and productive partnerships with the cipher services of Britain, Israel, Germany and other allies, it could nullify the U.S. agency’s edge by obtaining its sources and methods from even a single contractor with access to Level 3 documents. Russian intelligence uses a single umbrella term to cover anyone who delivers it secret intelligence. Whether a person acted out of idealistic motives, sold information for money or remained clueless of the role he or she played in the transfer of secrets—the provider of secret data is considered an “espionage source.” By any measure, it is a job description that fits Mr. Snowden. Wall Street Journal
Une enquête choc sur l’ancien employé de la NSA soutient qu’Edward Snowden a volé surtout des documents portant sur des secrets militaires et qu’il a collaboré avec le renseignement russe. (…) il prétend que Snowden se serait fait embaucher intentionnellement par la société Booz Allen Hamilton, afin de se retrouver au contact de documents secrets de la NSA. Sous-entendu: il avait l’intention dès le départ d’intercepter des informations critiques. (…) II trouve également louche que l’informaticien se soit enfui avec son larcin seulement six semaines après avoir pris ses fonctions. Par ailleurs, Epstein souligne que la majeure partie des 1,5 million de documents subtilisés ne concernaient pas les pratiques abusives des services de renseignements américains. (…) Mais Snowden aurait en fait surtout récupéré des détails précieux sur l’organisation et les méthodes de la NSA mettant en péril les intérêts et la défense du pays contre le terrorisme et des Etats rivaux. Des informations de niveau 3 encore jamais dérobées par des espions étrangers depuis la guerre froide. C’est en tous cas ce qu’en disent les militaires qui ont examiné le vol de Snowden à la demande du Pentagone. La démonstration est encore plus troublante concernant la façon dont Snowden a trouvé refuge en Russie, même si elle repose souvent sur des sources de seconde main comme des articles de presse et des reportages. Le jeune homme prétend avoir fui Hong-Kong pour rejoindre l’Amérique latine. Mais les Etats-Unis auraient révoqué son passeport, alors qu’il était en plein vol, le contraignant à trouver refuge en Russie. Faux rétorque le journaliste, les Etats-Unis auraient annulé ses papiers alors qu’il se trouvait encore à Hong-Kong. Snowden aurait donc su dès le départ qu’il se rendait en Russie. Etant donné que le jeune homme se retrouvait sans passeport valide, ni visa russe, la compagnie Aeroflot, à bord de laquelle il a voyagé, était forcément complice de sa fuite, avance l’enquêteur. Cette main tendue d’Aeroflot aurait été confirmée par l’avocat de Snowden dès 2013. Mais Epstein va plus loin en affirmant que toute l’opération d’exfiltration a été pilotée par le gouvernement russe avec l’accord de Poutine en personne. Une équipe des opérations spéciales l’aurait même accueilli à l’arrivée de l’avion, tandis que Sarah Harrison, la porte-parole de Wikileaks – site qu’on dit proche des intérêts russes depuis la publication des documents de la Convention démocrate américaine – aurait été dépêchée pour escorter l’analyste jusqu’en Russie et lui acheter de faux billets d’avion pour brouiller les pistes. Enfin, Edward Snowden avait affirmé avoir détruit ses documents en arrivant à Moscou et être resté à distance des services de renseignements russes. Là encore, Epstein prétend le contraire en s’appuyant sur le témoignage direct d’un parlementaire et d’un avocat russe, tous deux proches du Kremlin. Ils affirment que Snowden avait encore en sa possession des données secrètes et qu’elles lui ont servi de monnaie d’échange avec la Russie. Ce qui expliquerait pourquoi des informations ont continué à fuiter après l’arrivée de Snowden à Moscou comme la révélation embarrassante sur le téléphone de la chancelière allemande Angela Merkel qui était surveillé par la NSA. Epstein semble enfin convaincu que Snowden continue de partager ses informations avec la Russie. BFMTV
As a political leader, Obama has been a disaster for his party. Since his inauguration in 2009, roughly 1,100 elected Democrats nationwide have been ousted by Republicans. Democrats lost their majorities in the US House and Senate. They now hold just 18 of the 50 governorships, and only 31 of the nation’s 99 state legislative chambers. After eight years under Obama, the GOP is stronger than at any time since the 1920s, and the outgoing president’s party is in tatters. In almost every respect, Obama leaves behind a trail of failure and disappointment In his rush to pull US troops out of Iraq and Afghanistan, he created a power vacuum into which terror networks expanded and the Taliban revived. Islamic State’s jihadist savagery not only plunged a stabilized Iraq back into shuddering violence, but also inspired scores of lethal terrorist attacks in the West. For months, Obama and his lieutenants insisted that Syrian dictator Bashar al-Assad could be induced to « reform, » and pointedly refused to intervene as an uprising against him metastasized into genocidal slaughter. At last Obama vowed to take action if Assad crossed a « red line » by deploying chemical weapons — but when those weapons were used, Obama blinked. The death toll in Syria climbed into the hundreds of thousands, triggering a flood of refugees greater than any the world had seen since the 1940s. (…) Determined to conciliate America’s adversaries, the president indulged dictatorial regimes in Iran, Russia, and Cuba. They in turn exploited his passivity with multiple treacheries — seizing Crimea and destroying Aleppo (Russia), abducting American hostages for ransom and illicitly testing long-range missiles (Iran), and cracking down mercilessly on democratic dissidents (Cuba). For eight years the nation has been led by a president intent on lowering America’s global profile, not projecting military power, and “leading from behind.” The consequences have been stark: a Middle East awash in blood and bombs, US troops re-embroiled in Iraq and Afghanistan, aggressive dictators ascendant, human rights and democracy in retreat, rivers of refugees destabilizing nations across three continents, the rise of neo-fascism in Europe, and the erosion of US credibility to its lowest level since the Carter years. According to Gallup, Obama became the most polarizing president in modern history. Like all presidents, he faced partisan opposition, but Obama worsened things by regularly taking the low road and disparaging his critics’ motives. In his own words, his political strategy was one of ruthless escalation: “If they bring a knife to the fight, we bring a gun.” During his 2012 reelection campaign, Politico reported that “Obama and his top campaign aides have engaged far more frequently in character attacks and personal insults than the Romney campaign.” And when a Republican-led Congress wouldn’t enact legislation he sought, Obama turned to his “pen and phone” strategy of governing by diktat that polarized politics even more. To his credit, Obama acknowledges that he didn’t live up to his promise to reduce the angry rancor of Washington politics. Had he made an effort to do so, perhaps the campaign to succeed him would not have been so mean. And perhaps 60 percent of voters would not feel that their country, after two terms of Obama’s administration, is “on the wrong track”. Jeff Jacoby
Après son départ de la Maison-Blanche, George W. Bush a mis un point d’honneur à ne pas intervenir dans les débats politiques de son pays. Il s’est notamment gardé de critiquer son successeur, se contentant de défendre sa présidence dans des mémoires ou des conférences et de peindre des tableaux naïfs. Barack Obama ne semble pas vouloir suivre cet exemple après le 20 janvier. Il faut dire qu’il n’est pas aussi impopulaire que son prédécesseur au moment de quitter le 1600 Pennsylvania Avenue. Bush récoltait alors 24% d’opinions favorables. À 58%, Obama se situe, à la fin de sa présidence, dans une zone de popularité supérieure, en compagnie des Bill Clinton (61%) et Ronald Reagan (63%), selon les données du Pew Research Center. Mais le 44e président doit s’acquitter d’une lourde dette politique. Une dette envers son propre parti. Les démocrates peuvent se targuer d’avoir remporté le vote populaire dans six des sept dernières élections présidentielles. Mais ils ont été décimés au cours de l’ère Obama dans les deux chambres du Congrès et dans les législatures des États américains. On peut parler d’hécatombe : de 2009 à 2016, le Parti démocrate a perdu 1042 sièges de parlementaire ou postes de gouverneur, à Washington et dans les législatures d’État. Après les élections du 8 novembre, les républicains ont désormais la mainmise complète non seulement sur les branches exécutive et législative à Washington, mais également dans la moitié des États américains. Il s’agit d’un des aspects les plus frappants – et douloureux pour les démocrates – de l’héritage d’Obama, qui doit en porter une part de responsabilité importante.Barack Obama pourrait s’écarter d’une autre façon de l’exemple établi par George W. Bush après son départ de la Maison-Blanche. Il pourrait se permettre de critiquer son successeur. Peut-être pas au cours de la première année de Donald Trump à la Maison-Blanche, mais assurément dans les moments où «certaines questions fondamentales de [la] démocratie [américaine]» seront mises en cause, a-t-il précisé lors d’une baladodiffusion récente animée par son ancien conseiller David Axelrod. Richard Hétu
Attention: un candidat mandchourien peut en cacher un autre !

Invalidations systématiques, dès son premier casse électoral de Chicago de 1996  pour les sénatoriales d’état, des candidatures de ses rivaux sur les plus subtils points de procédure (la qualité des signatures) jusqu’à se retrouver seul en lice, déballages forcés,  quatre ans plus tard aux élections sénatoriales fédérales de 2004, des problèmes de couple (un cas apparemment de violence domestique) ou frasques supposées (des soirées dans des club échangistes) de ses adversaires, que ce soit son propre collègue Blair Hull aux primaires ou le Républicain Jack Ryan à la générale de manière à se retrouver sans opposition devant les électeurs, tentative de rebelote, lors des primaires de 2008, contre sa rivale démocrate malheureuse Hillary Clinton, abandon précipité d’un Irak pacifié puis d’une Syrie fragile à l’avatar survitaminé d’Al Qaeda, extension exponentielle à l’échelle de la planète des éliminations ciblées à coup discrets de drones, abandon à l’ennemi d’un transfuge détenteur de la boite à outil même de ses services de renseignement, lâchage dans la nature des terroristes les plus dangereux de Guantanamo, attribution du droit et des moyens d’accès à l’arme nucléaire d’un pays ayant explicitement appelé à l’effacement de la carte d’un de ses voisins, offre de « flexibilité » post-électorale au principal adversaire strratégique de son propre pays, mise au pilori universel et vote d’une résolution délégitimant la présence même de son principal allié au Moyen-Orient sur ses lieux les plus sacrés …

Alors qu’à moins de dix jours de son investiture à la Maison Blanche …

Et que sur fond, après le retrait américain précipité de la région que l’on sait,  d’un Moyen-Orient à feu et à sang …

Et,  entre arrivée massive de prétendus réfugiés et retour annoncé de milliers de terroristes aguerris, d’une Europe plus que jamais fragilisée …

S’accumulent, entre mise au pilori d’Israël et appui explicite de l’hégémonisme iranien, les dossiers et les menaces potentiellement encore plus explosifs …

Et qu’entre accusations de « candidat mandchourien » et avant les révélations annoncées sans la moindre preuve les plus compromettantes

Via nul doute les canaux habituels de celui qui explique tranquillement l’étrange exclusivité américaine de ses révélations par la trop grand liberté de Moscou et la trop grande distance de Pékin …

Se multiplient, entre Maison Blanche, Hollywood et leur claques médiatiques respectives, les doutes sur la légitimité de l’élection …

Du nouveau président que, contre tous les pronostics et les imprécations de leurs élites, se sont choisis les Américains …

Devinez qui du haut d’une des cotes les plus élevées pour un président américain sortant …

Mais du véritable champ de ruines – du jamais-vu depuis la Seconde Guerre mondiale: quelque 1042 sièges de parlementaire ou postes de gouverneur perdus – qu’il laisse à son propre parti …

Est sur le point d’ajouter entre blâme de son prédécesseur au début et de son successeur à la fin …

Un énième hold up parfait à la longue liste de ceux qui l’ont amené là où il est  ?

Les Russes détiendraient des informations compromettantes sur Trump
Philippe Gélie
Le Figaro
11/01/2017

Selon CNN, les responsables du renseignement américain auraient informé Donald Trump dans un rapport confidentiel que les agents du Kremlin sont en possession d’informations personnelles et financières à son sujet susceptibles de le discréditer.

De notre correspondant à Washington,

Lorsqu’ils lui ont présenté vendredi dernier leur rapport confidentiel sur les interférences russes dans la campagne présidentielle, les responsables du renseignement américain auraient informé Donald Trump que les agents du Kremlin possédaient des «informations compromettantes, personnelles et financières» à son sujet, affirme CNN. L’assertion figurerait dans un addendum de deux pages remis parallèlement à Barack Obama.

Cette allégation proviendrait d’un ancien agent du MI6 britannique, jugé crédible en raison de ses «vastes réseaux» de contacts à travers l’Europe. Celui-ci s’en serait ouvert auprès du FBI dès l’été. La police fédérale aurait attendu de vérifier la fiabilité de ses sources pour inclure l’information dans le rapport sur les piratages russes. Les agences américaines n’auraient pas, à ce stade, vérifié la substance de l’addendum de manière indépendante.

Un ex-ambassadeur britannique aurait cependant eu lui aussi accès aux mêmes informations, par d’autres voies. Il les aurait transmises directement au sénateur John McCain, président de la Commission de la défense du Sénat, qui s’en serait ouvert auprès du directeur du FBI, James Comey, cosignataire du rapport.

Une activité informatique suspecte identifiée

CNN affirme également que, selon l’addendum secret, des personnes liées à Donald Trump auraient communiqué régulièrement avec des proches du Kremlin durant la campagne. Des experts du piratage informatique avaient déjà identifié une activité suspecte entre un serveur du groupe Trump et une adresse e-mail russe fonctionnant en circuit fermé.

Pour les responsables du renseignement, le fait que les Russes n’aient pas diffusé les éléments «compromettants» en leur possession confirmerait leur analyse selon laquelle le Kremlin a tenté de favoriser l’élection de Donald Trump au détriment de Hillary Clinton.

Le président élu ne manquera pas d’être interrogé sur ces nouveaux éléments lors de la conférence de presse qu’il doit tenir ce mercredi, la première du genre depuis juillet. Il a jusqu’ici mis en doute ou minimisé la responsabilité de la Russie dans les piratages, soucieux que rien ne puisse entamer la légitimité de sa victoire.

Si elles sont avérées, ces révélations ne manqueront pas de relancer les soupçons sur les raisons du penchant prorusse de Trump. De nombreux démocrates, mais aussi d’importants élus républicains comme John McCain, le soupçonnent à mots couverts d’être une «marionnette» de Moscou. À l’été, Michael Morell, ancien directeur de la CIA, l’avait quasiment accusé dans le New York Times d’être un «candidat mandchourien»: «Dans le milieu du renseignement, nous dirions que M. Trump a été recruté comme un agent russe qui s’ignore».

Voir aussi:

Brent Budowsky: Donald Trump, a real-life Manchurian candidate
Brent Budowsky
The Hill
08/09/16

With Republicans facing the growing prospect of a landslide defeat that could return control of the Senate and potentially the House to Democrats, 50 leading GOP national security figures announced on Monday that they refuse to vote for Donald Trump because they consider him a danger to American national security.

For many months I have written in The Hill that Trump, now the GOP nominee, has a strange and disquieting habit of offering sympathy and praise to foreign dictators who wish America ill. He has favorably tweeted the words of Benito Mussolini, the Italian fascist from darker days. He has had kind words for Kim Jong Il, the mass murdering dictator of North Korea. And the words of mutual praise exchanged between Trump and former KGB officer and Russian strongman Vladimir Putin will someday be legendary in the history of presidential politics.

Republicans, independents, swing voters and GOP members of the House and Senate who are staking their reelection campaigns on their support for Trump to be president and commander in chief should thoughtfully reflect on the recent op-ed in The New York Times by former acting CIA Director Michael Morell. The op-ed is titled “I ran the CIA. Now I’m endorsing Hillary Clinton.” Morell, who has spent decades protecting our security in the intelligence business, offered high praise for the Democratic nominee and former secretary of State based on his years of working closely with her in the high councils of government. But Morell went even further than praising and endorsing Clinton.

In one of the most extraordinary and unprecedented statements in the history of presidential politics, which powerfully supports the case that every Republican running for office should unequivocally state that they will refuse to vote for Trump or face potentially catastrophic consequences at the polls, Morell wrote: “In the intelligence business, we would say that Mr. Putin had recruited Mr. Trump as an unwitting agent of the Russian Federation.”

This brings to mind the novel and motion picture “The Manchurian Candidate,” which about an American who was captured during the Korean War and brainwashed to unwittingly carry out orders to advance the interests of communists against America.

I offer no suggestion about Trump’s motives in repeatedly saying things, and advocating positions, that are so destructive to American national security interests, though Trump owes the American people full and immediate disclosure of his tax returns for them to determine what, if any, business interests or debt may exist with Russian or other hostile foreign sources.

Whatever Trump’s motivation, Morell is right in suggesting the billionaire nominee is at the least acting as an “unwitting agent” who often advances the interests of foreign actors hostile to America.

Most intelligence experts believe the email leaks attacking Hillary Clinton at the time of the Democratic National Convention were originally obtained through espionage by Russian intelligence services engaging in cyberwar against America, and then shared with WikiLeaks by Russian sources engaged in an infowar against America.

Do Republicans running for the House and Senate in 2016 want to be aligned with a Russian strongman and his intelligence services engaging in covert action against America for the presumed purpose of electing Putin’s preferred candidate? Do they believe Trump when he says he was only kidding when he publicly supported these espionage practices and called for them to be escalated?

Do Republicans running in 2016 believe that America should have a commander in chief who has harshly criticized NATO and stated that if Russia invades the Baltic states, Eastern Europe states such as Poland, or Western Europe he is not committed to defending our allies against this aggression?

Do Republicans running in 2016 support a commander in chief who has endorsed Britain’s vote to leave the European Union, appeared to endorse Russia’s annexation of Crimea, and falsely stated that Russia “is not in Ukraine”?

Do Republicans running in 2016 favor a commander in chief who disdains heroic American POWs by saying he prefers troops who were never captured, and says he would order American troops to commit torture in violation of the Geneva Conventions and international law?

Do Republicans running in 2016 favor a president who campaigns for a ban on immigration of Muslims so extreme that a long list of experts, including retired Gen. and former CIA Director David Petraeus, correctly argue it would help ISIS and other terror groups that seek to kill us?

Do Republicans running in 2016 realize that Trump’s proposal to build a wall on our borders similar to the Berlin Wall erected by the Soviets, coupled with his defamation of immigrants as rapists and murderers, would not only alienate Hispanic voters for a generation but provide a major boost to anti-American extremists across Latin America more successfully than any words Fidel Castro could say today?

I do not question Donald Trump’s patriotism. But for whatever reason Trump advocates policies, again and again, that would help America’s adversaries like Russia and enemies like ISIS and make him, in Morell’s powerful words, “an unwitting agent of the Russian Federation.”

In “The Manchurian Candidate,” our enemies sought to influence our politics at the highest level. What troubles a growing number of Republicans in Congress, and so many Republican and Democratic national security leaders, is that in 2016 life imitates art, aided and abetted by what appears to be a Russian covert action designed to elect the next American president.

Budowsky was an aide to former Sen. Lloyd Bentsen (D-Texas) and Rep. Bill Alexander (D-Ark.), then chief deputy majority whip of the House. He holds an LL.M. in international financial law from the London School of Economics

Voir également:

I Ran the C.I.A. Now I’m Endorsing Hillary Clinton

02/01/2017

Une enquête choc sur l’ancien employé de la NSA soutient qu’Edward Snowden a volé surtout des documents portant sur des secrets militaires et qu’il a collaboré avec le renseignement russe.

Voir de même:

La dette d’Obama

Richard Hétu
La Presse
09 janvier 2017

(New York) Après son départ de la Maison-Blanche, George W. Bush a mis un point d’honneur à ne pas intervenir dans les débats politiques de son pays. Il s’est notamment gardé de critiquer son successeur, se contentant de défendre sa présidence dans des mémoires ou des conférences et de peindre des tableaux naïfs.

Barack Obama ne semble pas vouloir suivre cet exemple après le 20 janvier. Il faut dire qu’il n’est pas aussi impopulaire que son prédécesseur au moment de quitter le 1600 Pennsylvania Avenue. Bush récoltait alors 24% d’opinions favorables. À 58%, Obama se situe, à la fin de sa présidence, dans une zone de popularité supérieure, en compagnie des Bill Clinton (61%) et Ronald Reagan (63%), selon les données du Pew Research Center.

Mais le 44e président doit s’acquitter d’une lourde dette politique. Une dette envers son propre parti. Les démocrates peuvent se targuer d’avoir remporté le vote populaire dans six des sept dernières élections présidentielles. Mais ils ont été décimés au cours de l’ère Obama dans les deux chambres du Congrès et dans les législatures des États américains.

On peut parler d’hécatombe : de 2009 à 2016, le Parti démocrate a perdu 1042 sièges de parlementaire ou postes de gouverneur, à Washington et dans les législatures d’État. Après les élections du 8 novembre, les républicains ont désormais la mainmise complète non seulement sur les branches exécutive et législative à Washington, mais également dans la moitié des États américains.

Il s’agit d’un des aspects les plus frappants – et douloureux pour les démocrates – de l’héritage d’Obama, qui doit en porter une part de responsabilité importante.

Dès les élections de mi-mandat de 2010

L’hécatombe démocrate a commencé de façon spectaculaire lors des élections de mi-mandat de 2010. Porté par la colère du Tea Party à l’égard de l’Obamacare et des plans de sauvetage des secteurs financier et automobile, le Parti républicain a notamment reconquis la majorité à la Chambre des représentants en réalisant un gain net de 63 sièges, du jamais-vu depuis la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd’hui, Obama se reproche de ne pas avoir consacré assez de temps à la promotion de ses politiques. Il pourrait évidemment se demander si ses politiques répondaient vraiment à l’insatisfaction économique de bon nombre d’Américains, qui ont préféré le message de Donald Trump à celui d’Hillary Clinton dans certains États-clés, dont l’Ohio, la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin.

D’autres facteurs

Mais l’hécatombe démocrate tient à d’autres facteurs pour lesquels Obama ne peut être blâmé. L’un d’eux résulte de la plus faible participation de l’électorat démocrate – les jeunes et les minorités en particulier – aux élections de mi-mandat. Un autre découle du découpage des circonscriptions électorales qui favorise les républicains. Lors des élections de mi-mandat de 2014, par exemple, ils ont remporté 57% des sièges du Congrès avec 52% des voix.

Et c’est en contribuant à corriger cette situation que Barack Obama veut acquitter une partie de sa dette envers les démocrates. Avant même la victoire de Donald Trump, il avait annoncé son soutien à un nouveau groupe, le National Democratic Redistricting Committee, dont la mission consistera à renverser les gains républicains dans les législatures d’État et à la Chambre des représentants. Le 44e président s’est engagé à participer à des activités de collecte de fonds pour ce groupe et à faire campagne pour des candidats à des postes de gouverneur et de parlementaire à la Chambre des représentants et dans les législatures d’État.

Une priorité

Les élections de 2017 et de 2018 représentent une priorité pour Obama et le nouveau groupe démocrate, qui sera présidé par l’ancien ministre de la Justice Eric Holder. Ces élections éliront les gouverneurs et parlementaires qui approuveront dans chaque État les nouvelles circonscriptions électorales qui seront créées après le recensement américain de 2020. Or, si les démocrates ne parviennent pas à réaliser des gains dans les législatures d’État, ils risquent de continuer à être désavantagés pendant une autre décennie par un redécoupage partisan des circonscriptions électorales.

Barack Obama pourrait s’écarter d’une autre façon de l’exemple établi par George W. Bush après son départ de la Maison-Blanche. Il pourrait se permettre de critiquer son successeur. Peut-être pas au cours de la première année de Donald Trump à la Maison-Blanche, mais assurément dans les moments où «certaines questions fondamentales de [la] démocratie [américaine]» seront mises en cause, a-t-il précisé lors d’une baladodiffusion récente animée par son ancien conseiller David Axelrod.

«Vous savez, a-t-il ajouté, je suis encore un citoyen, et cela comporte des devoirs et des obligations.»

Mais l’acquittement de sa dette envers le Parti démocrate restera sans doute la plus importante de ses obligations au cours des prochaines années.

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A Veteran Spy Has Given the FBI Information Alleging a Russian Operation to Cultivate Donald Trump

Has the bureau investigated this material?

On Friday, FBI Director James Comey set off a political blast when he informed congressional leaders that the bureau had stumbled across emails that might be pertinent to its completed inquiry into Hillary Clinton’s handling of emails when she was secretary of state. The Clinton campaign and others criticized Comey for intervening in a presidential campaign by breaking with Justice Department tradition and revealing information about an investigation—information that was vague and perhaps ultimately irrelevant—so close to Election Day. On Sunday, Senate Minority Leader Harry Reid upped the ante. He sent Comey a fiery letter saying the FBI chief may have broken the law and pointed to a potentially greater controversy: « In my communications with you and other top officials in the national security community, it has become clear that you possess explosive information about close ties and coordination between Donald Trump, his top advisors, and the Russian government…The public has a right to know this information. »

Reid’s missive set off a burst of speculation on Twitter and elsewhere. What was he referring to regarding the Republican presidential nominee? At the end of August, Reid had written to Comey and demanded an investigation of the « connections between the Russian government and Donald Trump’s presidential campaign, » and in that letter he indirectly referred to Carter Page, an American businessman cited by Trump as one of his foreign policy advisers, who had financial ties to Russia and had recently visited Moscow. Last month, Yahoo News reported that US intelligence officials were probing the links between Page and senior Russian officials. (Page has called accusations against him « garbage. ») On Monday, NBC News reported that the FBI has mounted a preliminary inquiry into the foreign business ties of Paul Manafort, Trump’s former campaign chief. But Reid’s recent note hinted at more than the Page or Manafort affairs. And a former senior intelligence officer for a Western country who specialized in Russian counterintelligence tells Mother Jones that in recent months he provided the bureau with memos, based on his recent interactions with Russian sources, contending the Russian government has for years tried to co-opt and assist Trump—and that the FBI requested more information from him.

« This is something of huge significance, way above party politics, » the former intelligence officer says. « I think [Trump’s] own party should be aware of this stuff as well. »

Does this mean the FBI is investigating whether Russian intelligence has attempted to develop a secret relationship with Trump or cultivate him as an asset? Was the former intelligence officer and his material deemed credible or not? An FBI spokeswoman says, « Normally, we don’t talk about whether we are investigating anything. » But a senior US government official not involved in this case but familiar with the former spy tells Mother Jones that he has been a credible source with a proven record of providing reliable, sensitive, and important information to the US government.

In June, the former Western intelligence officer—who spent almost two decades on Russian intelligence matters and who now works with a US firm that gathers information on Russia for corporate clients—was assigned the task of researching Trump’s dealings in Russia and elsewhere, according to the former spy and his associates in this American firm. This was for an opposition research project originally financed by a Republican client critical of the celebrity mogul. (Before the former spy was retained, the project’s financing switched to a client allied with Democrats.) « It started off as a fairly general inquiry, » says the former spook, who asks not to be identified. But when he dug into Trump, he notes, he came across troubling information indicating connections between Trump and the Russian government. According to his sources, he says, « there was an established exchange of information between the Trump campaign and the Kremlin of mutual benefit. »

This was, the former spy remarks, « an extraordinary situation. » He regularly consults with US government agencies on Russian matters, and near the start of July on his own initiative—without the permission of the US company that hired him—he sent a report he had written for that firm to a contact at the FBI, according to the former intelligence officer and his American associates, who asked not to be identified. (He declines to identify the FBI contact.) The former spy says he concluded that the information he had collected on Trump was « sufficiently serious » to share with the FBI.

Mother Jones has reviewed that report and other memos this former spy wrote. The first memo, based on the former intelligence officer’s conversations with Russian sources, noted, « Russian regime has been cultivating, supporting and assisting TRUMP for at least 5 years. Aim, endorsed by PUTIN, has been to encourage splits and divisions in western alliance. » It maintained that Trump « and his inner circle have accepted a regular flow of intelligence from the Kremlin, including on his Democratic and other political rivals. » It claimed that Russian intelligence had « compromised » Trump during his visits to Moscow and could « blackmail him. » It also reported that Russian intelligence had compiled a dossier on Hillary Clinton based on « bugged conversations she had on various visits to Russia and intercepted phone calls. »

The former intelligence officer says the response from the FBI was « shock and horror. » The FBI, after receiving the first memo, did not immediately request additional material, according to the former intelligence officer and his American associates. Yet in August, they say, the FBI asked him for all information in his possession and for him to explain how the material had been gathered and to identify his sources. The former spy forwarded to the bureau several memos—some of which referred to members of Trump’s inner circle. After that point, he continued to share information with the FBI. « It’s quite clear there was or is a pretty substantial inquiry going on, » he says.

« This is something of huge significance, way above party politics, » the former intelligence officer comments. « I think [Trump’s] own party should be aware of this stuff as well. »

The Trump campaign did not respond to a request for comment regarding the memos. In the past, Trump has declared, « I have nothing to do with Russia. »

The FBI is certainly investigating the hacks attributed to Russia that have hit American political targets, including the Democratic National Committee and John Podesta, the chairman of Clinton’s presidential campaign. But there have been few public signs of whether that probe extends to examining possible contacts between the Russian government and Trump. (In recent weeks, reporters in Washington have pursued anonymous online reports that a computer server related to the Trump Organization engaged in a high level of activity with servers connected to Alfa Bank, the largest private bank in Russia. On Monday, a Slate investigation detailed the pattern of unusual server activity but concluded, « We don’t yet know what this [Trump] server was for, but it deserves further explanation. » In an email to Mother Jones, Hope Hicks, a Trump campaign spokeswoman, maintains, « The Trump Organization is not sending or receiving any communications from this email server. The Trump Organization has no communication or relationship with this entity or any Russian entity. »)

According to several national security experts, there is widespread concern in the US intelligence community that Russian intelligence, via hacks, is aiming to undermine the presidential election—to embarrass the United States and delegitimize its democratic elections. And the hacks appear to have been designed to benefit Trump. In August, Democratic members of the House committee on oversight wrote Comey to ask the FBI to investigate « whether connections between Trump campaign officials and Russian interests may have contributed to these [cyber] attacks in order to interfere with the US. presidential election. » In September, Sen. Dianne Feinstein and Rep. Adam Schiff, the senior Democrats on, respectively, the Senate and House intelligence committees, issued a joint statement accusing Russia of underhanded meddling: « Based on briefings we have received, we have concluded that the Russian intelligence agencies are making a serious and concerted effort to influence the U.S. election. At the least, this effort is intended to sow doubt about the security of our election and may well be intended to influence the outcomes of the election. » The Obama White House has declared Russia the culprit in the hacking capers, expressed outrage, and promised a « proportional » response.

There’s no way to tell whether the FBI has confirmed or debunked any of the allegations contained in the former spy’s memos. But a Russian intelligence attempt to co-opt or cultivate a presidential candidate would mark an even more serious operation than the hacking.

In the letter Reid sent to Comey on Sunday, he pointed out that months ago he had asked the FBI director to release information on Trump’s possible Russia ties. Since then, according to a Reid spokesman, Reid has been briefed several times. The spokesman adds, « He is confident that he knows enough to be extremely alarmed. »

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Barack Obama’s legacy of failure
Jeff Jacoby
The Boston Globe
January 8, 2017

AS HE PREPARES to move out of the White House, Barack Obama is understandably focused on his legacy and reputation. The president will deliver a farewell address in Chicago on Tuesday; he told his supporters in an e-mail that the speech would « celebrate the ways you’ve changed this country for the better these past eight years, » and previewed his closing argument in a series of tweets hailing « the remarkable progress » for which he hopes to be remembered.

Certainly Obama has his admirers. For years he has enjoyed doting coverage in the mainstream media. Those press ovations will continue, if a spate of new or forthcoming books by journalists is any indication. Moreover, Obama is going out with better-than-average approval ratings for a departing president. So his push to depict his presidency as years of « remarkable progress » is likely to resonate with his true believers.

But there are considerably fewer of those true believers than there used to be. Most Americans long ago got over their crush on Obama , as they repeatedly demonstrated at the polls.

In 2010, two years after electing him president, voters trounced Obama’s party, handing Democrats the biggest midterm losses in 72 years. Obama was reelected in 2012, but by nearly 4 million fewer votes than in his first election, making him the only president ever to win a second term with shrunken margins in both the popular and electoral vote. Two years later, with Obama imploring voters , « [My] policies are on the ballot — every single one of them, » Democrats were clobbered again. And in 2016, as he campaigned hard for Hillary Clinton, Obama was increasingly adamant that his legacy was at stake. « I’m not on this ballot, » he told campaign rallies in a frequent refrain, « but everything we’ve done these last eight years is on the ballot. » The voters heard him out, and once more turned him down.

As a political leader, Obama has been a disaster for his party. Since his inauguration in 2009, roughly 1,100 elected Democrats nationwide have been ousted by Republicans. Democrats lost their majorities in the US House and Senate. They now hold just 18 of the 50 governorships, and only 31 of the nation’s 99 state legislative chambers. After eight years under Obama, the GOP is stronger than at any time since the 1920s, and the outgoing president’s party is in tatters.

When Obama touts the way he « changed this country for the better these past eight years, » the wreckage of the Democratic Party — to say nothing of the election of Donald Trump — presumably isn’t what he has in mind. Yet the Democrats’ repudiation can’t be divorced from the president and policies he embraced. Obama urged Americans to cast their vote as a thumbs-up or thumbs-down on his legacy. That’s what they did.

In almost every respect, Obama leaves behind a trail of failure and disappointment. Consider just some of his works:

The economy . Obama took office during a painful recession and (with Congress’s help) made it even worse. Historically, the deeper a recession, the more robust the recovery that follows, but the economy’s rebound under Obama was the worst in seven decades. Annual GDP growth since the recession ended has averaged a feeble 2.1 percent, by far the puniest economic performance of any president since World War II. Obama spent more public funds on « stimulus » than all previous stimulus programs combined, with wretched, counterproductive results. On his watch, millions of additional Americans fell below the poverty line. The number of food stamp recipients soared. The national debt doubled to an incredible $20 trillion. According to the Pew Research Center, the share of young adults (18- to 34-year-olds) living in their parents’ homes is the highest it has been since the Great Depression — particularly young men , whose employment and earning levels are far lower than they were a generation ago.

In 2008, when Obama was first elected president, 63 percent of Americans considered themselves middle class. Seven years later, only 51 percent still felt the same way. Obama argues energetically that his economic policies have delivered prosperity and employment. Countless Americans disagree — including many who aren’t Republican. « Millions and millions and millions and millions of people look at that pretty picture of America he painted, » said Bill Clinton after Obama extolled the recovery in his last State of the Union speech, « and they cannot find themselves in it to save their lives. »

The president’s endlessly-repeated vow that Obamacare would not force anyone to give up a health plan they liked was PolitiFact’s 2013 « Lie of the Year. »

Health care . The Affordable Care Act should never have been enacted. Survey after survey confirmed that it lacked majority support, and only through hard-knuckled, party-line maneuvering was the wrenching health-care overhaul rammed through Congress. But Obama was certain the measure would win public support, because of three promises he made over and over: that the law would extend health insurance to the 47 million uninsured, that it would significantly reduce health-insurance costs, and that Americans who had health plans or doctors they liked could keep them.

But Obamacare has been a fiasco. At least 27 million Americans are still without health insurance , and many of those who are newly insured have simply been added to the Medicaid rolls. Far from reducing costs, Obamacare sent premiums and deductibles skyrocketing. Insurance companies, having suffered billions of dollars in losses on the Obamacare exchanges, have pulled out from many of them, leaving consumers in much of the country with few or no options. And the administration, it transpired, knew all along that millions of Americans would lose their medical plans once the law took effect. The deception was so egregious that in December 2013, PolitiFact dubbed « If you like your health plan, you can keep it » as its  » Lie of the Year . »

Foreign policy. The 44th president came to office vowing not to repeat the foreign-policy mistakes of his predecessor. His own were exponentially worse.

In his rush to pull US troops out of Iraq and Afghanistan, he created a power vacuum into which terror networks expanded and the Taliban revived . Islamic State’s jihadist savagery not only plunged a stabilized Iraq back into shuddering violence, but also inspired scores of lethal terrorist attacks in the West . For months, Obama and his lieutenants insisted that Syrian dictator Bashar al-Assad could be induced to « reform, » and pointedly refused to intervene as an uprising against him metastasized into genocidal slaughter. At last Obama vowed to take action if Assad crossed a « red line » by deploying chemical weapons — but when those weapons were used, Obama blinked. The death toll in Syria climbed into the hundreds of thousands, triggering a flood of refugees greater than any the world had seen since the 1940s.

Determined to conciliate America’s adversaries, the president indulged dictatorial regimes in Iran, Russia, and Cuba. They in turn exploited his passivity with multiple treacheries — seizing Crimea and destroying Aleppo (Russia), abducting American hostages for ransom and illicitly testing long-range missiles (Iran), and cracking down mercilessly on democratic dissidents (Cuba). Meanwhile, American friends and allies — Israel, Ukraine, Poland and the Czech Republic — Obama undermined or betrayed.

Syria’s dictator slaughtered innocent civilians with chemical weapons, crossing a « red line » that President Obama warned he would not tolerate. But he did tolerate it, with devastating results.

For eight years the nation has been led by a president intent on lowering America’s global profile, not projecting military power, and « leading from behind. » The consequences have been stark: a Middle East awash in blood and bombs, US troops re-embroiled in Iraq and Afghanistan, aggressive dictators ascendant, human rights and democracy in retreat, rivers of refugees destabilizing nations across three continents, the rise of neo-fascism in Europe, and the erosion of US credibility to its lowest level since the Carter years.

National unity . As a candidate for president, Obama promised to soothe America’s bitter and divisive politics, and to replace Red State/Blue State animosity with cooperation and bipartisanship. But the healer-in-chief millions of Americans voted for never showed up.

According to Gallup, Obama became the most polarizing president in modern history. Like all presidents, he faced partisan opposition, but Obama worsened things by regularly taking the low road and disparaging his critics’ motives. In his own words, his political strategy was one of ruthless escalation : « If they bring a knife to the fight, we bring a gun. » During his 2012 reelection campaign, Politico reported that « Obama and his top campaign aides have engaged far more frequently in character attacks and personal insults than the Romney campaign. » And when a Republican-led Congress wouldn’t enact legislation he sought, Obama turned to his « pen and phone » strategy of governing by diktat that polarized politics even more.

To his credit, Obama acknowledges that he didn’t live up to his promise to reduce the angry rancor of Washington politics. Had he made an effort to do so, perhaps the campaign to succeed him would not have been so mean. And perhaps 60 percent of voters would not feel that their country, after two terms of Obama’s administration, is  » on the wrong track . »

Obama’s accession in 2008 as the nation’s first elected black president was an achievement that even Republicans and conservatives could cheer . It marked a moment of hope and transformation; it genuinely did change America for the better.

It was also the high point of Obama’s presidency. What followed, alas, was eight long years of disenchantment and incompetence. Our world today is more dangerous, our country more divided, our national mood more toxic. In a few days, Donald Trump will become the 45th president of the United States. Behold the legacy of the 44th.

( Jeff Jacoby is a columnist for The Boston Globe )

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Transition 2016

About that Explosive Trump Story: Take a Deep Breath

Benjamin Wittes, Susan Hennessey, Quinta Jurecic

Lawfare

January 10, 2017

This afternoon, CNN reported that President Barack Obama and President-Elect Donald Trump had been briefed by the intelligence community on the existence of a cache of memos alleging communication between the Trump campaign and Russian officials and the possession by the Russian government of highly compromising material against Trump. The memos were compiled by a former British intelligence officer on behalf of anti-Trump Republicans and, later, Democrats working against Trump in the general election. According to CNN, the intelligence officer’s previous work is credible, but the veracity of the specific allegations set forth in the document have not yet been confirmed. Notably, Mother Jones journalist David Corn reported the week before the election on similar allegations that Trump had been “cultivated” by Russian intelligence, on the basis of a memos produced by “a former senior intelligence officer for a Western country.” A similar report also appeared in Newsweek.

This cache of memos has been kicking around official Washington for several weeks now. A great many journalists have been feverishly working to document the allegations within it, which are both explosive and quite various: some of them relate to alleged collusion between Trump campaign officials and Russian intelligence, while others relate to personal sexual conduct by Trump himself that supposedly constitutes a rip-roaring KOMPROMAT file.

If you are finding Lawfare useful in these times, please consider making a contribution to support what we do.We have had the document for a couple of weeks and have chosen, as have lots of other publications, not to publish it while the allegations within it remain unproven. In response to CNN’s report, however, Buzzfeed has now released the underlying document itself, which is available here.

Whether or not its release is defensible in light of the CNN story, it is now important to emphasize several points.

First, we have no idea if any of these allegations are true. Yes, they are explosive; they are also entirely unsubstantiated, at least to our knowledge, at this stage. For this reason, even now, we are not going to discuss the specific allegations within the document.

Second, while unproven, the allegations are being taken quite seriously. The President and President-elect do not get briefed on material that the intelligence community does not believe to be at least of some credibility. The individual who generated them is apparently a person whose work intelligence professionals take seriously. And at a personal level, we can attest that we have had a lot of conversations with a lot of different people about the material in this document. While nobody has confirmed any of the allegations, both inside government and in the press, it is clear to us that they are the subject of serious attention.

Third, precisely because it is being taken seriously, it is—despite being unproven and, in public anyway, undiscussed—pervasively affecting the broader discussion of Russian hacking of the election. CNN reported that Senator John McCain personally delivered a copy of the document to FBI Director James Comey on December 9th. Consider McCain’s comments about the gravity of the Russian hacking episode at last week’s Armed Services Committee hearing in light of that fact. Likewise, consider Senator Ron Wyden’s questioning of Comey at today’s Senate Intelligence Committee hearing, in which Wyden pushed the FBI Director to release a declassified assessment before January 20th regarding contact between the Trump campaign and the Russian government. (Comey refused to comment on an ongoing investigation.)

So while people are being delicate about discussing wholly unproven allegations, the document is at the front of everyone’s minds as they ponder the question: Why is Trump so insistent about vindicating Russia from the hacking charges that everyone else seems to accept?

Fourth, it is significant that the document contains highly specific allegations, many of which are the kind of facts it should be possible to prove or disprove. This is a document about meetings that either took place or did not take place, stays in hotels that either happened or didn’t, travel that either happened or did not happen. It should be possible to know whether at least some of these allegations are true or false.

Finally, fifth, it is important to emphasize that this is not a case of the intelligence community leaking sensitive information about an investigative subject out of revenge or any other improper motive. This type of information, referencing sensitive sources and methods and the identities of U.S. persons, is typically treated by the intelligence community with the utmost care. And this material, in fact, does not come from the intelligence community; it comes, rather, from private intelligence documents put together by a company. It is actually not even classified.

All of which is to say to everyone: slow down, and take a deep breath. We shouldn’t assume either that this is simply a “fake news” episode directed at discrediting Trump or that the dam has now broken and the truth is coming out at last. We don’t know what the reality is here, and the better part of valor is not to get ahead ahead of the facts—a matter on which, incidentally, the press deserves a lot of credit.

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Conférence du 15 janvier 2017: l’esprit de Munich s’invite à Paris !

Dora Marrache
Europe Israël
Déc 28, 2016

« Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre ». (Winston Churchill)

Le 23 décembre, le vote de la Résolution 2334, a permis aux Juifs de découvrir le vrai Obama, celui qui se cache sous des dehors affables. Bien sûr,  on se console en se disant que Donald Trump fera révoquer cette « honteuse » résolution. Mais là rien n’est moins sûr, car il est à craindre qu’il ne réussisse pas à obtenir les 9 voix qui le soutiendront.

Hélas, Obama n’a pas encore assouvi pleinement son désir de vengeance. La Conférence de Paris permettra au gouvernement israélien de découvrir sans doute l’aspect maléfique du premier président noir des États-Unis, mais aussi  celui du président français qui proclame  son amour des Juifs de France, mais enfonce un couteau dans le dos de leurs frères israéliens.

Prévue initialement en mai 2016, cette conférence a été reportée à plusieurs reprises mais,  à moins d’un report fort improbable (après le 20 janvier, Obama n’aura plus aucun pouvoir),  elle aura lieu le 15 janvier 2017, à Paris.

« La ConférenceBottom of Form sur la paix de Paris : une feuille de route cauchemardesque? » écrivait en juin Shimon Samuels, le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, et il  en parlait comme d’un autre Munich. En effet, difficile de ne pas penser à la conférence de Munich quand on parle de la conférence de Paris. Les ressemblances sont frappantes, on pourrait même envisager des Accords calqués sur ceux de Munich.

En revanche, si nombreux étaient ceux qui, au lendemain des Accords de Munich,  ont parlé de « la lâcheté de Munich », il est, hélas fort peu probable qu’ils le soient pour parler de « la lâcheté de Paris ».

Aujourd’hui, le dictateur c’est Abbas qui promet la paix et la fin du terrorisme si on lui donne les territoires qu’il convoite afin de pouvoir ensuite s’accaparer tout Israël.  On va donc tenter de les lui livrer sur un plateau d’argent.

But de la conférence de Paris-  La résolution du conflit israélo-palestinien par la création de l’État palestinien.

Un peu comme la conférence de Munich qui fut organisée à la demande de Paris les 29 et 30 septembre 1938 pour régler le problème germano-tchèque, celle de Paris, organisée également à la demande du gouvernement français, a pour objectif de résoudre le conflit israélo-palestinien. Paris, l’allié inconditionnel des « Palestiniens » feint de vouloir instaurer la paix dans cette région du monde,  alors qu’il ne fait qu’obéir aux ordres de Ramallah.

À cette conférence à laquelle 70 pays sont conviés – plus on est de fous, plus on s’amuse- Israël a choisi,  depuis longtemps d’ailleurs,  de ne pas participer.  L’État juif veut des négociations bilatérales, mais Abbas évidemment préfère obtenir ce qu’il désire sans devoir faire la moindre concession. La conférence aura donc lieu en l’absence du principal intéressé, tout comme celle de Munich organisée en l’absence de la Tchécoslovaquie. Mais tandis que la Russie, allié de la Tchécoslovaquie n’avait pas été invitée à Munich,  l’Amérique, allié-traitre de l’État juif, sera à Paris car le gouvernement est assuré de son soutien depuis mai 2016 et le vote du 23 décembre le lui a confirmé.

On peut donc dire d’ores et déjà que, à l’instar de la Tchécoslovaquie qui fut trahie par la France qui lui avait pourtant garanti ses frontières, Israël sera trahi encore une fois par l’Amérique.

Abbas / Hitler  Abbas se frotte déjà les mains : tout comme Hitler a pu obtenir la Tchécoslovaquie sans rien donner en retour, Abbas espère bien obtenir que l’État juif se retire aux lignes du cessez-le-feu de la guerre de 48.

« La feuille de route, nous explique Shimon Samuels, consiste alors en une résolution préparée par la conférence internationale organisée à Paris, qui doit être votée par les quinze États membres du Conseil de sécurité dans les cinquante jours qui précèdent l’intronisation du président Trump, le 20 janvier prochain ». Et il ajoutait : « Si elle n’est pas rejetée par l’habituel veto américain, qui s’applique à chaque fois que les intérêts vitaux d’Israël sont en jeu, cette résolution fera d’Israël un État paria, passible de sanctions ».

On peut maintenant, à la lumière du vote du 23 décembre, assurer qu’elle ne le sera pas. La France peut dormir tranquille, Obama la suivra fidèlement et sera même disposé à aller encore plus loin.  Comme l’État juif ne se soumettra pas au diktat de Abbas, contrairement aux autres pays, l’ONU votera une résolution pour isoler complètement l’État juif en élargissant le boycott à tous les produits israéliens, puis une autre pour  la proclamation unilatérale de l’État « palestinien » (ce qu’avait suggéré Fabius).

Les Accords de Paris

Pourquoi ne pas les imaginer calqués sur les « Accords de Munich »? Ils se liraient alors ainsi :

(LE 15 JANVIER 2016 LES puissances  (à définir) réunies sont convenues des dispositions et conditions suivantes règlementant ladite cession, et des mesures qu’elle comporte. Chacune d’elles, par cet accord, s’engage à accomplir les démarches nécessaires pour en assurer l’exécution :

  1. L’évacuation des territoires occupés commencera le ….
  2. Ils conviennent que l’évacuation des territoires en question devra être achevée le … sans qu’aucune des installations existantes ait été détruite. Le gouvernement d’Israël, la Puissance occupante, aura la responsabilité d’effectuer cette évacuation sans qu’il en résulte aucun dommage aux dites installations.
  3. Les conditions de cette évacuation seront déterminées dans le détail par une commission internationale, composée de représentants de la France, des États-Unis, … de la Palestine et d’Israël, la Puissance occupante.
  4. L’occupation progressive par l’armée de l’Autorité Palestinienne commencera le … Les zones indiquées sur la carte ci-jointe seront occupées par les soldats palestiniens à des dates fixées ultérieurement et dans l’ordre suivant :
  • la zone 1, les …
  • la zone 2, les …
  • la zone 3, les …
  • la zone 4, les  …
  1. La commission internationale mentionnée au paragraphe 3 déterminera les territoires où doit être effectué un plébiscite. (Ce paragraphe n’apparaitra pas puisque de la Cisjordanie rien ne sera laissé aux Juifs)
  2. La fixation finale des frontières sera établie par la commission internationale.
  3. Il existera un droit d’option permettant d’être inclus dans les territoires transférés ou d’en être exclu. (Ce droit n’existera même pas, Abbas exige un territoire judenrein)
  4. Le gouvernement d’Israël, la Puissance occupante,  libèrera, dans un délai de quatre semaines à partir de la conclusion du présent accord, tous les prisonniers palestiniens retenus dans les prisons d’Israël, et ce quels que soient les délits dont ils se sont rendus coupables

Paris, le 15 janvier 2017

Le président de l’Autorité palestinienne
Abou MAZEN

Le président français
François Hollande

Le président des États-Unis
Barak Hussein Obama

Tout cela est bien beau et c’est le rêve de Abbas. Il caresse l’espoir insensé que la communauté internationale réussira à mettre Israël au pied du mur et qu’il réalisera la première étape de son plan diabolique, à savoir obtenir la totalité de l’État juif. Car il faut être lucide: toutes les guerres qui ont été déclenchées contre l’État juif l’ont été dans ce but et, aujourd’hui, près de 70 ans plus tard,  les Arabes n’ont nullement renoncé à l’objectif qu’ils se sont fixé.

Conclusion  Seulement voilà : Israël n’est pas la Tchécoslovaquie, Israël ne capitulera pas comme l’avait fait le gouvernement tchécoslovaque.

Si Abbas et tous ses acolytes s’imaginent qu’Israël se soumettra aux résolutions de l’ONU -ce qui n’est nullement dans ses habitudes- et qu’il va assister au démantèlement de Jérusalem et de la Judée-Samarie en restant les bras croisés, ce qu’ils se gourent! Ce qu’ils se gourent! Après Munich, conscient que le pire était à venir, Daladier en faisant allusion au peuple français qui croyait avoir obtenu la paix, avait murmuré : « Ah les cons s’ils savaient ! ». Après Paris, y aura-t-il au moins quelques chefs d’État qui se feront la même réflexion? J’en doute fort!

Tous sont tellement aveuglés par la haine qu’ils nourrissent à l’égard de l’État juif qu’ils ne sont pas même capables de réaliser qu’ils ont à faire à un adversaire de taille qui se battra avec le même acharnement qu’au cours des guerres que ses ennemis lui ont déclarées. Les Juifs auxquels ils se heurtent n’ont plus rien en commun avec le Juif honteux, celui qui a servi de bouc émissaire pendant les 2000 ans d’exil.  Les Israéliens sont prêts à la guerre pour défendre leur territoire lilliputien. Les « Palestiniens » le sont-ils?

Si à l’issue de cette conférence, la France passe pour l’artisan incontestable de la « paix », si on joue à Paris l’hymne national « palestinien », ne sommes-nous pas en droit de nous demander si la France ne se prépare pas à devenir le plus grand fossoyeur de l’humanité? Il semble bien, hélas,  que tous les pays invités à Paris ont oublié que le passé est garant de l’avenir.

Voir par ailleurs:

Qui a fait élire Trump ? Pas les algorithmes, mais des millions de “tâcherons du clic” sous-payés

Le débat sur les responsabilités médiatiques (et technologiques) de la victoire de Trump ne semble pas épuisé. Moi par contre je m’épuise à expliquer que le problème, ce ne sont pas les algorithmes. D’ailleurs, la candidate “algorithmique” c’était Clinton : elle avait hérité de l’approche big data au ciblage des électeurs qui avait fait gagner Obama en 2012, et sa campagne était apparemment régie par un système de traitement de données personnelles surnommé Ada.

Au contraire, le secret de la victoire du Toupet Parlant (s’il y en a un) a été d’avoir tout misé sur l’exploitation de masses de travailleurs du clic, situés pour la plupart à l’autre bout du monde. Si Hillary Clinton a dépensé 450 millions de dollars, Trump a investi un budget relativement plus modeste (la moitié en fait), en sous-payant des sous-traitants recrutés sur des plateformes d’intermédiation de micro-travail.

Une armée de micro-tâcherons dans des pays en voie de développement

Vous avez peut-être lu la news douce-amère d’une ado de Singapour qui a fini par produire les slides des présentation de Trump. Elle a été recrutée via Fiverr, une plateforme où l’on peut acheter des services de secrétariat, graphisme ou informatique, pour quelques dollars. Ses micro-travailleurs résident en plus de 200 pays, mais les tâches les moins bien rémunérées reviennent principalement à de ressortissants de pays de l’Asie du Sud-Est. L’histoire édifiante de cette jeune singapourienne ne doit pas nous distraire de la vraie nouvelle : Trump a externalisé la préparation de plusieurs supports de campagne à des tacherons numériques recrutés via des plateformes de digital labor, et cela de façon récurrente. L’arme secrète de la victoire de ce candidat raciste, misogyne et connu pour mal payer ses salariés s’avère être l’exploitation de travailleuses mineures asiatiques. Surprenant, non ?

Hrithie, la “tâcheronne numérique” qui a produit les slides de Donal Trump…

Mais certains témoignages de ces micro-travailleurs offshore sont moins édifiants. Vous avez certainement lu l’histoire des “spammeurs de Macédoine”. Trump aurait profité de l’aide opportuniste d’étudiants de milieux modestes d’une petite ville post-industrielle d’un pays ex-socialiste de l’Europe centrale devenus des producteurs de likes et de posts, qui ont généré et partagé les pires messages de haine et de désinformation pour pouvoir profiter d’un vaste marché des clics.

How Teens In The Balkans Are Duping Trump Supporters With Fake News

A qui la faute ? Au modèle d’affaires de Facebook

A qui la faute ? Aux méchants spammeurs ou bien à leur mandataires ? Selon Business Insider, les responsables de la com’ de Trump ont directement acheté presque 60% des followers de sa page Facebook. Ces fans et la vaste majorité de ses likes proviennent de fermes à clic situées aux Philippines, en Malaysie, en Inde, en Afrique du Sud, en Indonesie, en Colombie… et au Mexique. (Avant de vous insurger, sachez que ceci est un classique du fonctionnement actuel de Facebook. Si vous n’êtes pas au fait de la façon dont la plateforme de Zuckerberg limite la circulation de vos posts pour ensuite vous pousser à acheter des likes, cette petite vidéo vous l’explique. Prenez 5 minutes pour finaliser votre instruction.)

Bien sûr, le travail dissimulé du clic concerne tout le monde. Facebook, présenté comme un service gratuit, se révèle aussi être un énorme marché de nos contacts et de notre engagement actif dans la vie de notre réseau. Aujourd’hui, Facebook opère une restriction artificielle de la portée organique des posts partagés par les utilisateurs : vous avez 1000 « amis », par exemple, mais moins de 10% lit vos messages hilarants ou regarde vos photos de chatons. Officiellement, Facebook prétend qu’il s’agit ainsi de limiter les spams. Mais en fait, la plateforme invente un nouveau modèle économique visant à faire payer pour une visibilité plus vaste ce que l’usager partage aujourd’hui via le sponsoring. Ce modèle concerne moins les particuliers que les entreprises ou les hommes politiques à la chevelure improbable qui fondent leur stratégies marketing sur ce réseau social : ces derniers ont en effet intérêt à ce que des centaines de milliers de personnes lisent leurs messages, et ils paieront pour obtenir plus de clics. Or ce système repose sur des « fermes à clics », qui exploitent des travailleurs installés dans des pays émergents ou en voie de développement. Cet énorme marché dévoile l’illusion d’une participation volontaire de l’usager, qui est aujourd’hui écrasée par un système de production de clics fondé sur du travail caché—parce que, littéralement, délocalisé à l’autre bout du monde.

Flux de digital labor entre pays du Sud et pays du Nord

Une étude récente de l’Oxford Internet Institute montre l’existence de flux de travail importants entre le sud et le nord de la planète : les pays du Sud deviennent les producteurs de micro-tâches pour les pays du Nord. Aujourd’hui, les plus grands réalisateurs de micro-taches se trouvent aux Philippines, au Pakistan, en Inde, au Népal, à Hong-Kong, en Ukraine et en Russie, et les plus grands acheteurs de leurs clics se situent aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et au Royaume-Uni. Les inégalités classiques Nord/Sud se reproduisent à une échelle planétaire. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un phénomène résiduel mais d’un véritable marché du travail : UpWork compte 10 millions d’utilisateurs, Freelancers.com, 18 millions, etc.

Micro-travailleurs d’Asie, et recruteurs en Europe, Australie et Amérique du Nord sur une plateforme de digital labor.

Nouvel “i-sclavagisme” ? Nouvel impérialisme numérique ? Je me suis efforcé d’expliquer que les nouvelles inégalités planétaires relèvent d’une marginalisation des travailleurs qui les expose à devoir accepter les tâches les plus affreuses et les plus moralement indéfendables (comme par exemple aider un candidat à l’idéologie clairement fasciste à remporter les élections). Je l’explique dans une contribution récente sur la structuration du digital labor en tant que phénomène global (attention : le document est en anglais et fait 42 pages).  Que se serait-il passé si les droits de ces travailleurs du clic avaient été protégés, s’ils avaient eu la possibilité de résister au chantage au micro-travail, s’il avaient eu une voix pour protester contre et pour refuser de contribuer aux rêves impériaux d’un homme politique clairement dérangé, suivi par une cour de parasites corrompus ? Reconnaître ce travail invisible du clic, et le doter de méthodes de se protéger, est aussi – et avant tout – un enjeux de citoyenneté globale. Voilà quelques extraits de mon texte

Extrait de “Is There a Global Digital Labor Culture?” (Antonio Casilli, 2016)

Conclusions:
Pour être plus clair : ce ne sont pas ‘les algorithmes’ ni les ‘fake news’, mais la structure actuelle de l’économie du clic et du digital labor global qui ont aidé la victoire de Trump.
Pour être ENCORE plus clair : la montée des fascismes et l’exploitation du digital labor s’entendent comme larrons en foire. Comme je le rappelais dans un billet récent de ce même blog :

L’oppression des citoyens des démocraties occidentales, écrasés par une offre politique constamment revue à la baisse depuis vingt ans, qui in fine a atteint l’alignement à l’extrême droite de tous les partis dans l’éventail constitutionnel, qui ne propose qu’un seul fascisme mais disponible en différents coloris, va de pair avec l’oppression des usagers de technologies numériques, marginalisés, forcés d’accepter une seule offre de sociabilité, centralisée, normalisée, policée, exploitée par le capitalisme des plateformes qui ne proposent qu’une seule modalité de gouvernance opaque et asymétrique, mais disponible via différents applications.

Voir aussi:

Facebook accusé d’avoir fait le jeu de Donald Trump
Le réseau social a réagi aux critiques en annonçant que les sites publiant de fausses informations ne pourront plus monétiser leur audience sur la plate-forme.
Michaël Szadkowski, Damien Leloup et William Audureau
Le Monde
16.11.2016

Moins d’une semaine après l’élection de Donald Trump, Facebook est pris dans ses contradictions. Accusé d’avoir influencé le dénouement du scrutin en laissant des articles mensongers remonter dans les fils d’actualité de ses utilisateurs, le réseau social est en pleine remise en question. Une première mesure a été annoncée dans la nuit de lundi 14 à mardi 15 novembre : les sites publiant de fausses informations ne pourront plus utiliser Facebook Audience Network, l’outil de monétisation publicitaire de la plate-forme, rapporte le Wall Street Journal citant un porte-parole de Facebook. Il s’agit d’une première disposition face à un phénomène d’une ampleur nouvelle.

Google a pris le même jour une mesure similaire. « Nous allons commencer à interdire les publicités sur les contenus trompeurs, de la même manière que nous interdisons les publicités mensongères », a déclaré le groupe à l’AFP.

Selon le PewResearch Center, 44 % des Américains s’informent directement sur le réseau social. Le site BuzzFeed a calculé que 20 % des articles de médias partisans des démocrates étaient mensongers, et 38 % côté républicain. Une fausse information publiée en juillet annonçant le soutien du pape François à Donald Trump a notamment été partagée près d’un million de fois, relate le New York Times. Une situation déplorée par Bobby Goodlatte, ancien ingénieur de Facebook : « Malheureusement, le News Feed [le fil d’actualité de Facebook] est optimisé pour intéresser et générer des réactions. Comme nous l’avons appris avec cette…

Voir également:

Trump team outsourced making presentation slides to S’porean teen via freelancer site Fiverr

The East View Secondary School student, Hrithie Menon, helped create a Prezi presentation targeted at youths that was used as part of Trump’s presidential campaign after his team approached her for her services via Fiverr, a site that aggregates vendors for digital services.

Prezi is an alternative slide-making programme to PowerPoint.

The teen said she didn’t know who Trump was last year as she did not follow US politics.

She was unable to provide more details about the work done as she is bound by a non-disclosure agreement.

She began doing such work when she was in Primary 4. She has been doing freelance work for clients for the past two years.

She charges US$100 a project and has made about US$2,000 in total so far.

The money help pay for her dental braces.

Hrithie said she completed the Trump campaign slides within two hours in one day.

Ironically, during Trump’s campaigning period at a rally in Florida on Sunday, Nov. 6, the then presidential hopeful told his supporters that they are “living through the greatest jobs theft in the history of the world” and in the process, naming Singapore as one of the culprits of stealing American jobs.

He said then that the United States has lost about 70,000 factories since China joined the World Trade Organisation.

He said: “Goodrich Lighting Systems laid off 255 workers and moved their jobs to India. Baxter Health Care laid off 199 workers and moved their jobs to Singapore. It’s getting worse and worse and worse.”

Yes, 320 million people in the United States and no one can make slides.

Voir de même:

Tech-savvy S’porean teen played part in Trump campaign
Toh Ee Ming
November 17, 2016

SINGAPORE — When the request came from American billionaire Donald Trump’s campaign team to help create a Prezi presentation for youth as part of his presidential campaign last August, East View Secondary School student Hrithie Menon treated it as “just another project” to pay for her own dental braces.

Prezi is a presentation tool used as an alternative to traditional slide-making programmes such as PowerPoint. Hrithie, 15, told TODAY that it was one of the “easiest” projects she has had to do, because it was fairly straightforward and she completed it within two hours.

“At that time, I didn’t really know who he was, so I didn’t (think) it was such a big deal,” the Singaporean student said. It was only when she heard news of the United States presidential election that she realised she did “play a part” in the event, even though she admitted that she does not follow US politics.

While she is unable to share too many details because she is bound to a non-disclosure agreement, she said that the slides were shared across various colleges and university campuses in the US aimed at capturing young people’s votes.

Her parents consider Mr Trump, now the US President-elect, Hrithie’s “biggest client” so far.

Her mother, Madam Shenthil Ranie, 44, who works in the media entertainment industry, said: “(I remember) my husband texting me to say, ‘You’ll never know who this new client is’ … It was so hilarious … That was a big moment for us, to think that my daughter’s freelance work could actually get her such a big gig.”

Hrithie, who learnt the skills herself, has done projects for 20 clients in the last two years, such as creating a Prezi on safety guidelines for the United States Polo Association and working with various brands in Spain and Vietnam.

Clients approach her on the website Fiverr — a marketplace for digital services — where they provide her with the content that she turns into a Prezi video. She charges about US$100 (S$140) a project and has earned close to US$2,000 to date.

The digital native uses with ease various software and tools such as Prezi, Adobe After Effects and VideoScribe, and completes these projects typically within a day.

Her interest in such work was sparked when her father first tasked her to create some videos during her school holidays, when she was in Primary 4. She went on to develop some 15 to 20 android apps, including a celebrity-inspired news app about artistes such as One Direction and Selena Gomez. She also used to buy in bulk various accessories or monopods for taking selfies from e-commerce site AliExpress, to sell through her own Instagram account.

Her father, Mr Haridas Menon, 49, founder of the Singapore Internet Marketing Academy, said: “She somehow has the knack of picking up trends, she has her ears to the ground.”

While she excels in the technical area, Hrithie sometimes has to turn to her parents for help when clients are not as clear in their briefs or when she encounters language difficulties. Even so, her parents are amazed at her abilities and resourceful nature.

“When I see her on this path and what she has achieved, it is mind-blowing for me, to think that she’s so young,” her mother said, hoping that schools may nurture students with similar talents to do more digital work or for them to build new products online.

In her spare time, Hrithie is keen on learning how to help businesses tighten their cyber security on WordPress. Cyber security is an area she is looking to study in a polytechnic in future to enhance her skills.

On how others may pick up skills like hers, Hrithie said: “You just have to have the initiative to go and search for (them) on YouTube. Everything is on the Internet.”

Inside Hillary Clinton’s campaign, she was known as Ada. Like the candidate herself, she had a penchant for secrecy and a private server. As blame gets parceled out Wednesday for the Democrat’s stunning loss to Republican President-elect Donald Trump, Ada is likely to get a lot of second-guessing.

Ada is a complex computer algorithm that the campaign was prepared to publicly unveil after the election as its invisible guiding hand. Named for a female 19th-century mathematician — Ada, Countess of Lovelace — the algorithm was said to play a role in virtually every strategic decision Clinton aides made, including where and when to deploy the candidate and her battalion of surrogates and where to air television ads — as well as when it was safe to stay dark.

The campaign’s deployment of other resources — including  county-level campaign offices and the staging of high-profile concerts with stars like Jay Z and Beyoncé — was largely dependent on Ada’s work, as well.

While the Clinton campaign’s reliance on analytics became well known, the particulars of Ada’s work were kept under tight wraps, according to aides. The algorithm operated on a separate computer server than the rest of the Clinton operation as a security precaution, and only a few senior aides were able to access it.

According to aides, a raft of polling numbers, public and private, were fed into the algorithm, as well as ground-level voter data meticulously collected by the campaign. Once early voting began, those numbers were factored in, too.

What Ada did, based on all that data, aides said, was run 400,000 simulations a day of what the race against Trump might look like. A report that was spit out would give campaign manager Robby Mook and others a detailed picture of which battleground states were most likely to tip the race in one direction or another — and guide decisions about where to spend time and deploy resources.

The use of analytics by campaigns was hardly unprecedented. But Clinton aides were convinced their work, which was far more sophisticated than anything employed by President Obama or GOP nominee Mitt Romney in 2012, gave them a big strategic advantage over Trump.

So where did Ada go wrong?

About some things, she was apparently right. Aides say Pennsylvania was pegged as an extremely important state early on, which explains why Clinton was such a frequent visitor and chose to hold her penultimate rally in Philadelphia on Monday night.

But it appears that the importance of other states Clinton would lose — including Michigan and Wisconsin — never became fully apparent or that it was too late once it did.

Clinton made several visits to Michigan during the general election, but it wasn’t until the final days that she, Obama and her husband made such a concerted effort.

As for Wisconsin: Clinton didn’t make any appearances there at all.

Like much of the political establishment Ada appeared to underestimate the power of rural voters in Rust Belt states.

Clearly, there were things neither she nor a human could foresee — like a pair of bombshell letters sent by the FBI about Clinton’s email server. But in coming days and weeks, expect a debate on how heavily campaigns should rely on data, particularly in a year like this one in which so many conventional rules of politics were cast aside.

Voir encore:

Trump spent about half of what Clinton did on his way to the presidency

Jacob Pramuk
9 Nov 2016

Donald Trump threw out campaign spending conventions as he stormed his way to the American presidency.

The businessman racked up 278 electoral votes as of Wednesday morning, versus 228 for Clinton, with three states still not called by NBC News.

Trump did so with thin traditional campaign spending. His chaotic and often divisive campaign drew constant eyeballs, earning him billions of dollars in free media and allowing him to spend comparatively little on television ads and ground operations.

His campaign committee spent about $238.9 million through mid-October, compared with $450.6 million by Clinton’s. That equals about $859,538 spent per Trump electoral vote, versus about $1.97 million spent per Clinton electoral vote.

Those numbers do not include spending from Oct. 20 to Election Day.

While Trump’s campaign increased its spending on television ads in its final election push, it still used the traditional outreach tool much less than Clinton’s did. As of late October, Clinton spent’s campaign spent about $141.7 million on ads, compared with $58.8 million for Trump’s campaign, according to NBC News.

That disparity extended to campaign payrolls. For example, Clinton’s campaign had about 800 people on payroll at the end of August, versus about 130 for Trump’s. Democrats often have larger ground operations than Republicans.

Still, it wasn’t just Clinton who heavily outspent Trump. He shelled out much less money than other recent nominees, as well.

Through mid-October 2012, the campaigns of President Barack Obama and Mitt Romney spent $630.8 million and $360.7 million, respectively.

Obama’s campaign also spent about $593.9 million through mid-October 2008. Sen. John McCain’s 2008 campaign actually spent less than Trump, about $216.8 million through mid-October.

Voir encore:

But the disclosure of the still-classified findings prompted a blistering attack against the intelligence agencies by Mr. Trump, whose transition office said in a statement on Friday night that “these are the same people that said Saddam Hussein had weapons of mass destruction,” adding that the election was over and that it was time to “move on.”

Mr. Trump has split on the issue with many Republicans on the congressional intelligence committees, who have said they were presented with significant evidence, in closed briefings, of a Russian campaign to meddle in the election.

The rift also raises questions about how Mr. Trump will deal with the intelligence agencies he will have to rely on for analysis of China, Russia and the Middle East, as well as for covert drone and cyberactivities.

At this point in a transition, a president-elect is usually delving into intelligence he has never before seen, and learning about C.I.A. and National Security Agency abilities. But Mr. Trump, who has taken intelligence briefings only sporadically, is questioning not only analytic conclusions, but also their underlying facts.

“To have the president-elect of the United States simply reject the fact-based narrative that the intelligence community puts together because it conflicts with his a priori assumptions — wow,” said Michael V. Hayden, who was the director of the N.S.A. and later the C.I.A. under President George W. Bush.

With the partisan emotions on both sides — Mr. Trump’s supporters see a plot to undermine his presidency, and Mrs. Clinton’s supporters see a conspiracy to keep her from the presidency — the result is an environment in which even those basic facts become the basis for dispute.

Mr. Trump’s team lashed out at the agencies after The Washington Post reported that the C.I.A. believed that Russia had intervened to undercut Mrs. Clinton and lift Mr. Trump, and The New York Times reported that Russia had broken into Republican National Committee computer networks just as they had broken into Democratic ones, but had released documents only on the Democrats.

For months, the president-elect has strenuously rejected all assertions that Russia was working to help him, though he did at one point invite Russia to find thousands of Mrs. Clinton’s emails. There is no evidence that the Russian meddling affected the outcome of the election or the legitimacy of the vote, but Mr. Trump and his aides want to shut the door on any such notion, including the idea that Mr. Putin schemed to put him in office.

Instead, Mr. Trump casts the issue as an unknowable mystery. “It could be Russia,” he recently told Time magazine. “And it could be China. And it could be some guy in his home in New Jersey.”

The Republicans who lead the congressional committees overseeing intelligence, the Pentagon and the Department of Homeland Security take the opposite view. They say that Russia was behind the election meddling, but that the scope and intent of the operation need deep investigation, hearings and public reports.

One question they may want to explore is why the intelligence agencies believe that the Republican networks were compromised while the F.B.I., which leads domestic cyberinvestigations, has apparently told Republicans that it has not seen evidence of that breach. Senior officials say the intelligence agencies’ conclusions are not being widely shared, even with law enforcement.

“We cannot allow foreign governments to interfere in our democracy,” Representative Michael McCaul, a Texas Republican who is the chairman of the Homeland Security Committee and was considered by Mr. Trump for secretary of Homeland Security, said at the conservative Heritage Foundation. “When they do, we must respond forcefully, publicly and decisively.”

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He has promised hearings, saying the Russian activity was “a call to action,” as has Senator John McCain of Arizona, one of the few senators left from the Cold War era, when the Republican Party made opposition to the Soviet Union — and later deep suspicion of Russia — the centerpiece of its foreign policy.

Representative Peter T. King, Republican of New York and a member of the House Intelligence Committee, said there was little doubt that the Russian government was involved in hacking the Democratic National Committee. “All of the intelligence analysts who looked at it came to the conclusion that the tradecraft was very similar to the Russians,” he said.

Even one of Mr. Trump’s most enthusiastic supporters, Representative Devin Nunes, Republican of California, said on Friday that he had no doubt about Russia’s culpability. His complaint was with the intelligence agencies, which he said had “repeatedly” failed “to anticipate Putin’s hostile actions,” and with the Obama administration’s lack of a punitive response.

Mr. Nunes, the chairman of the House Intelligence Committee, said that the intelligence agencies had “ignored pleas by numerous Intelligence Committee members to take more forceful action against the Kremlin’s aggression.” He added that the Obama administration had “suddenly awoken to the threat.”

Like many Republicans, Mr. Nunes is threading a needle. His statement puts him in opposition to the position taken by Mr. Trump and his incoming national security adviser, Michael Flynn, who has traveled to Russia as a private citizen for RT, the state-controlled news operation, and attended a dinner with Mr. Putin.

Mr. Nunes’s contention that Mr. Obama was captivated by a desire to “reset” relations with Russia is also notable, because Mr. Trump has said he is trying to do the same — though he is avoiding that term, which was made popular by Mrs. Clinton in her failed effort as secretary of state in 2009.

There are splits both within the intelligence agencies and the congressional committees that oversee them. Officials say the C.I.A. and the N.S.A. have not always shared their findings with the F.B.I., which they often distrust. The question of how vigorously to investigate also has a political tinge: Democrats on the Senate Intelligence Committee, for example, are pushing hard for a broad investigation, while some Republicans are resisting.

Intelligence can also get politicized, of course, and one of the running debates about the disastrously mistaken assessments of Iraq that Mr. Trump often cites is whether the intelligence itself was tainted or whether the Bush White House read it selectively to support its march to war in 2003.

But what is unfolding in the argument over the Russian hacking is more complex, because tracking the origin of cyberattacks is complicated. It is made all the harder by the fact that the C.I.A. and the N.S.A. do not want to reveal human sources or technical abilities, including American software implants in Russian computer networks.

This much is known: In mid-2015, a hacking group long associated with the F.S.B. — the successor to the old Soviet K.G.B. — got inside the Democratic National Committee’s computer systems. The intelligence gathering appeared to be fairly routine, and it was unsurprising: The Chinese, for instance, penetrated Mr. Obama’s and Mr. McCain’s presidential campaign communications in 2008.

In the spring of 2016, a second group of Russian hackers, long associated with the G.R.U., a military intelligence agency, attacked the D.N.C. again, along with the private email accounts of prominent Washington figures like John D. Podesta, the chairman of Mrs. Clinton’s campaign. Those emails were ultimately published — a step the Russians had never taken before in the United States, though the tactic has been used often in former Soviet states and elsewhere in Europe. That moved the issue from espionage to an “information operation” with a political motive.

One person who attended a classified briefing on the intelligence said that the investigators had explained that the malware used in the cyberattack on the D.N.C. matched tools previously used by hackers with proven ties to the Russian government. That sort of “pattern analysis” is common in cyberinvestigations, though it is not conclusive.

But the intelligence agencies had more: They had managed to identify the individuals from the G.R.U. who oversaw the hacking efforts. That may have come from intercepted conversations, spying efforts, or implants in computer systems that allow the tracking of emails and text messages.

In briefings to Mr. Obama and on Capitol Hill, intelligence agencies have said they now believe that what began as an effort to undermine the credibility of American elections morphed over time into a much more targeted effort to harm Mrs. Clinton, whom Mr. Putin has long accused of interfering in Russian parliamentary elections in 2011.

But to hedge their bets before the election, according to the briefings, the Russians also targeted the Republican National Committee, Republican operatives and prominent members of the Republican establishment, like former Secretary of State Colin L. Powell. However, few of those emails have ever surfaced, save for Mr. Powell’s, which were critical of Mrs. Clinton’s campaign for trying to draw him into a defense of her use of a private computer server.

A spokesman for the Republican National Committee, Sean Spicer, disputed the report in The Times that the intelligence community had concluded that the R.N.C. had been hacked.

“The RNC was not ‘hacked,’” he said on Twitter. “The @nytimes was told and chose to ignore.” On Friday night, before The Times published its report, the committee had refused to comment.

Voir de plus:

Piratage imputé à la Russie : Poutine mis en cause, Trump minimise

Le rapport des agences de renseignement affirme que le président russe a influencé la campagne américaine.

Gilles Paris (Washington, correspondant)

 Le Monde

07.01.2017 

Il n’est plus vraiment question d’« un type de 180 kg » vautré sur son lit ni d’« un adolescent de 14 ans », prodiges du piratage informatique. A l’issue d’un briefing avec les responsables de la Direction nationale du renseignement (DNI), du FBI, de la CIA et de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine, à New York, vendredi 6 janvier, le président élu Donald Trump a semblé faire légèrement machine arrière à propos du vol de données confidentielles du Parti démocrate. Ces données avaient été diffusées pendant la campagne présidentielle, manifestement pour nuire à sa candidate, Hillary Clinton. Le nom du président russe, Vladimir Poutine, figure en bonne place dans le rapport des agences de renseignement rendu public vendredi 6 janvier.

Pendant des semaines, M. Trump a pourtant jeté la suspicion sur les accusations du renseignement américain dirigées vers Moscou dès le 7 octobre, c’est-à-dire un mois avant sa victoire. Séchant ostensiblement les réunions quotidiennes sur la sécurité prévues pour que la future administration soit capable d’assurer ses fonctions dans les meilleures conditions dès son arrivée à la Maison Blanche, M. Trump a multiplié en outre les propos désobligeants vis-à-vis du renseignement, parfois mentionné sur son compte Twitter affublé de guillemets.

Mercredi, au lendemain d’un entretien sur Fox News de Julian Assange, fondateur du site WikiLeaks à l’origine de la publication de ces données, M. Trump avait relayé sans la moindre distance les affirmations selon lesquelles n’importe qui aurait pu accéder aux données du Parti démocrate et qu’elles n’avaient pas été fournies au site par les autorités russes. Le lendemain, au cours d’une audition par la commission des forces armées du Sénat, le directeur du renseignement national, James Clapper, avait jugé que M. Assange n’était pas une source crédible.

Lire aussi :   La transition entre Obama et Trump tourne à la guerre froide

Les républicains également visés

Dans le communiqué publié aussitôt après la fin du briefing de vendredi, M. Trump s’est félicité de sa teneur et a assuré avoir « le plus grand respect » pour les agences de renseignement. Il s’est cependant gardé d’opérer un revirement complet sur la responsabilité de la Russie, mentionnée au même titre que « la Chine, d’autres pays, des groupes extérieurs et des individus » jugés « constamment » à la manœuvre pour « s’introduire » dans les sites « d’institutions gouvernementales, d’entreprises et d’organisations dont le Comité national démocrate », la plus haute instance de ce parti.

A part la volonté de renforcer les moyens de défense américains, M. Trump a surtout voulu retenir du rapport qui lui a été présenté un élément jugé primordial. Il a estimé qu’il prouvait que les piratages n’avaient eu « absolument aucun effet sur l’issue de l’élection ». Renvoyant le Parti démocrate à ses responsabilités, il a ajouté que sa formation avait également été visée mais qu’elle avait bénéficié de meilleures protections.

Cette présentation des faits diffère pourtant de ce qui a été publié, quelques heures après le briefing de M. Trump, par la Direction nationale du renseignement. Le rapport public, qui ne comprend donc pas les éléments restés classifiés, affirme qu’il y a eu des tentatives d’intrusion par « des acteurs russes » dans les données électorales de certains Etats, parallèlement au piratage du Parti démocrate, même s’il reconnaît que ces tentatives « ne concernaient pas le comptage des votes ».

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Le rapport indique également que des données appartenant au Parti républicain ont également été dérobées par le biais de piratages similaires, mais qu’elles n’ont pas été rendues publiques.

Ces deux points mis à part, le rapport de vingt-cinq pages destiné au public (celui resté classifié en comporte vingt-cinq de plus, selon la presse américaine) est très économe en révélations. Il ne permet pas d’aller beaucoup plus loin, dans le détail, que les informations publiées jusqu’à présent. La mise en cause de la Russie et de l’implication des plus hautes autorités est devenue la position officielle de l’administration dès le 7 octobre. L’information restée confidentielle, évoquée par le Washington Post jeudi, selon laquelle les services de renseignement américains auraient intercepté une conversation de responsables russes analysant la victoire de M. Trump comme « un succès géopolitique » pour la Russie, n’est pas beaucoup plus convaincante.

La différence principale réside dans la mention explicite du président Poutine, comme le véritable architecte de ce projet : « Nous pouvons affirmer que le président russe, Vladimir Poutine, a ordonné une campagne visant à influencer la campagne électorale de 2016. » La motivation de ces interférences, à savoir favoriser la candidature de Donald Trump en visant son adversaire démocrate, avait déjà été évoquée en décembre par le Washington Post, sur la foi de sources anonymes du renseignement. Le rapport est plus explicite : « Poutine a eu de nombreuses expériences positives en travaillant avec des responsables politiques occidentaux dont les intérêts commerciaux les rendaient plus disposés à discuter avec la Russie, comme l’ancien premier ministre italien Silvio Berlusconi et l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. »

Mise en garde

Comme l’avait précisé M. Clapper au Sénat, le rapport inscrit le piratage du Parti démocrate dans une stratégie plus générale visant « à affaiblir la foi du public dans le processus démocratique américain », « à dénigrer Mme Clinton, et à nuire à sa capacité à être élue et à sa présidence éventuelle ». Ce projet, met en garde le rapport, pourrait être dupliqué pour viser d’autres pays, notamment des alliés des Etats-Unis. L’Allemagne a publiquement mis en cause sur les risques d’interférences russes dans les élections législatives prévues à l’automne.

Moscou a mobilisé, selon le rapport, « les agences gouvernementales » chargées du renseignement. Le principal service russe pour les opérations extérieures, le GRU, est cité comme source indirecte crédible des documents publiés par WikiLeaks. Mais cet effort ne s’est pas limité aux services. Il a également impliqué « des médias officiels russes, des intermédiaires et des usagers rémunérés des réseaux sociaux, des trolls ».

Le rapport met ainsi en cause la couverture de la chaîne officielle Russia Today, au-delà même de la présidentielle. Il pointe notamment la campagne qui lui est prêtée sur les risques pour l’environnement provoqués par le développement de l’extraction du gaz de schiste américain, que le renseignement analyse comme un élément perturbateur pour les intérêts énergétiques russes. Il évoque également la préparation d’un mouvement de contestation sur les réseaux sociaux des résultats de l’élection, alors que la victoire de Mme Clinton était redoutée (#DemocracyRIP). Ce mouvement est resté dans les cartons après sa défaite.

Il est plausible que ce rapport soit enterré dès l’arrivée à la Maison Blanche de M. Trump, qui s’accompagnera en outre d’un renouvellement d’une partie des responsables des services, dont ceux de la CIA et la DNI. Si la partie classifiée est plus convaincante, elle pourrait cependant entretenir l’hostilité traditionnelle d’une partie significative du Parti républicain envers la Russie. Et contrarier une éventuelle tentative de rapprochement de la future administration américaine avec Moscou.

Voir enfin:

National Security

The Unraveling of Julian Assange

Jan 6, 2017

You almost have to feel sorry for Julian Assange. Shut in at the Ecuadorean Embassy in London without access to sunlight, the founder of WikiLeaks is reduced to self-parody these days.

Here is a man dedicated to radical transparency, yet he refuses to go to Sweden despite an arrest warrant in connection with allegations of sexual assault. His organization retweets the president-elect who once called for him to be put to death. He spreads the innuendo that Seth Rich, a Democratic National Committee staffer, was murdered this summer because he was the real source of the e-mails WikiLeaks published in the run-up to November’s election. And now he tells Fox News’s Sean Hannity that it’s the U.S. media that is deeply dishonest.

This is the proper context to evaluate Assange’s claim, repeated by Donald Trump and his supporters, that Russia was not the source for the e-mails of leading Democrats distributed by WikiLeaks.

We all know that the U.S. intelligence community is standing by its judgment that Russia hacked the Democrats’ e-mails and distributed them to influence the election. And while it’s worrisome that Trump would dismiss this judgment out of hand, this also misses the main point. Sometimes the spies get it wrong, like the “slam-dunk” conclusion that Saddam Hussein was concealing Iraqi weapons of mass destruction.

The real issue is Assange. The founder of WikiLeaks has a history of saying paranoid nonsense. This is particularly true of Assange’s view of Hillary Clinton. His delusions have led him to justify the interference in our elections as an act of holding his nemesis accountable to the public.

Bill Keller, the former New York Times executive editor, captured Assange’s penchant for dark fantasy in a 2011 essay that described him casually telling a group of journalists from the Guardian that former Stasi agents were destroying East German archives of the secret police. A German reporter from Der Spiegel, John Goetz, was incredulous. “That’s utter nonsense, he said. Some former Stasi personnel were hired as security guards in the office, but the records were well protected,” Keller recounts him as saying.

In this sense, WikiLeaks’s promotion of the John Grishamesque yarn that Seth Rich was murdered on orders from Hillary Clinton’s network is in keeping with a pattern. Both Rich’s family and the Washington police have dismissed this as a conspiracy theory. That, however, did not stop WikiLeaks from raising a $20,000 reward to find his “real” killers.

Add to this Assange’s approach to Russia. It’s well known that his short-lived talk show, which once aired a respectful interview with the leader of the Lebanese terrorist group Hezbollah, was distributed by Russian state television. WikiLeaks has also never published sensitive documents from Russian government sources comparable to the State Department cables it began publishing in 2010, or the e-mails of leading Democrats last year.

When an Italian journalist asked him last month why WikiLeaks hasn’t published the Kremlin’s secrets, Assange’s answer was telling. “In Russia, there are many vibrant publications, online blogs, and Kremlin critics such as [Alexey] Navalny are part of that spectrum,” he said. “There are also newspapers like Novaya Gazeta, in which different parts of society in Moscow are permitted to critique each other and it is tolerated, generally, because it isn’t a big TV channel that might have a mass popular effect, its audience is educated people in Moscow. So my interpretation is that in Russia there are competitors to WikiLeaks, and no WikiLeaks staff speak Russian, so for a strong culture which has its own language, you have to be seen as a local player.”

This is bizarre for a few reasons. To start, Assange’s description of the press environment in Russia has a curious omission. Why no mention of the journalists and opposition figures who have been killed or forced into exile? Assange gives the impression that the Russian government is just as vulnerable to mass disclosures of its secrets as the U.S. government has been. That’s absurd, even if it’s also true that some oppositional press is tolerated there.

Also WikiLeaks once did have a Russian-speaking associate. His name is Yisrael Shamir, and according to former WikiLeaks staffer James Ball, he worked closely with the organization when it began distributing the State Department cables. Shamir is a supporter of Vladimir Putin.

This is all a pity. A decade ago, when Assange founded WikiLeaks, it was a very different organization. As Raffi Khatchadourian reported in a 2010 New Yorker profile, Assange told potential collaborators in 2006, “Our primary targets are those highly oppressive regimes in China, Russia and Central Eurasia, but we also expect to be of assistance to those in the West who wish to reveal illegal or immoral behavior in their own governments and corporations.”

For a while, WikiLeaks followed this creed. The first document published, but not verified, was an internal memo purporting to show how Somalia’s Islamic Courts Union intended to murder members of the transitional government there. It published the e-mails of University of East Anglia climate scientists discussing manipulation of climate change data. In its early years, WikiLeaks published information damaging to the U.S. as well. But no government or entity or political side appeared to be immune from the organization’s anonymous whistle-blowers.

Today, WikiLeaks’s actions discredit its original mission. Does anyone believe Assange when he darkly implies that he received the DNC e-mails from a whistleblower? Even if you aren’t persuaded that Russia was behind it, there is a preponderance of public evidence that the e-mail account of Hillary Clinton’s campaign chairman John Podesta was hacked, such as the e-mail that asked him to give his password in a phishing scam. Assange himself is not even sticking to his old story: He told Hannity that a 14-year-old could have hacked Podesta’s emails. Good to know.

In short, the founder of a site meant to expose the falsehoods of governments and large institutions has been gaslighting us. Just look at the WikiLeaks statement on the e-mails right before the election. “To withhold the publication of such information until after the election would have been to favour one of the candidates above the public’s right to know,” it said.

That’s precious. WikiLeaks did favor a candidate in the election simply by publishing the e-mails. And the candidate it aided, Donald Trump, is so hostile to the public’s right know that he won’t even release his tax returns. In two weeks, he will be in charge of an intelligence community that asserts with high confidence the e-mails WikiLeaks made public were stolen by Russian government hackers. Assange, of course, denies it, and Trump seems to believe him. Sad!

Voir de plus:

Julian Assange: « Donald? It’s a change anyway »

The interview. The Wikileaks cofounder: « Our source Chelsea Manning tortured in Usa »

Stefania Maurizi

Reppublica

23 decembri 2016

LONDON – When they appeared on the scene for the first time in 2006, few noticed them. And when four years later they hit worldwide media headlines with their publication of over 700,000 secret US government documents, many assumed that Julian Assange and his organisation, WikiLeaks, would be annihilated very shortly.

Since 2010 Assange has lived first under house arrest and then confined to the Ecuadorian embassy in London, where he has been granted asylum by Ecuador. The country’s officials judged  his concerns of being extradited to Sweden and then to the US to be put on trial for the WikiLeaks’ revelations well-grounded.

Repubblica met Julian Assange in the embassy, nicely decorated for the Christmas season. These last ten years have been intense ones for his organisation, but the last two months have been truly hectic: WikiLeaks’ publication of Hillary Clinton’s and US Democrats’ emails hit headlines around the world. The US government hit back, accusing WikiLeaks of having received these materials from Russian cybercriminals with the political agenda of influencing the US elections, a claim some experts question. In the midst of these publications, Ecuador even cut off Julian Assange’s internet connection. Finally, in November, Swedish prosecutors travelled to London to question the WikiLeaks’ founder after six years of judicial paralysis. In a matter of a few weeks, they will be deciding whether to charge or absolve him once and for all. Next February, Ecuador will be holding political elections. If Julian Assange loses asylum, will he be extradited to Sweden and then to the US?

How did it all start? Back in 2006, why did you think a new media organisation was necessary?
« I had watched the Iraq War closely, and in the aftermath of the Iraq War a number of individuals from the security services, including the Australian [ones], came out saying how they had attempted to reveal information before the war began and had been thwarted. People who wanted to be whistleblowers before the Iraq war had not found a channel to get the information out. I felt that this was a general problem and set about to construct the system which could solve this problem in general ».

In a famous interview, you declared that at the beginning you thought that your biggest role would be in China and in some of the former Soviet states and North Africa. Quite the opposite, most of WikiLeaks’ biggest revelations concern the US military-industrial complex, its wars in Afghanistan and in Iraq and its serious human rights violations in the war on terror. These abuses have had a heavy impact in an open and democratic society like the United States and produced ‘dissidents’ like Chelsea Manning willing to expose them. Why aren’t human rights abuses producing the same effects in regimes like China or Russia, and what can be done to democratise information in those countries?

« In Russia, there are many vibrant publications, online blogs, and Kremlin critics such as [Alexey] Navalny are part of that spectrum. There are also newspapers like « Novaya Gazeta », in which different parts of society in Moscow are permitted to critique each other and it is tolerated, generally, because it isn’t a big TV channel that might have a mass popular effect, its audience is educated people in Moscow. So my interpretation is that in Russia there are competitors to WikiLeaks, and no WikiLeaks staff speak Russian, so for a strong culture which has its own language, you have to be seen as a local player. WikiLeaks is a predominantly English-speaking organisation with a website predominantly in English. We have published more than 800,000 documents about or referencing Russia and president Putin, so we do have quite a bit of coverage, but the majority of our publications come from Western sources, though not always. For example, we have published more than 2 million documents from Syria, including Bashar al-Assad personally. Sometimes we make a publication about a country and they will see WikiLeaks as a player within that country, like with Timor East and Kenya. The real determinant is how distant that culture is from English. Chinese culture is quite far away ».

What can be done there?
« We have published some things in Chinese. It is necessary to be seen as a local player and to adapt the language to the local culture ».

There is strict control of the web in China…
« China banned us in 2007, we have worked around that censorship at various times, publishers there were too scared to publish [our documents]. The feeling is mixed within China: they of course like to see the Western critique that a number of our publications enable. China is not a militaristic society, they don’t see they have a comparative advantage in making warfare, so they presumably like general critiques of war, but it is a society that is authority-structured, which is terrified of dissidents, whereas if you compare it to Russia, it too is an increasingly authoritarian society, but one that has a cultural tradition of lionising dissidents ».

Why aren’t the US and UK intelligence agencies leaking to WikiLeaks about their enemies, like Russia or China? They could do it using NGOs or even activists as a cover and they could expose WikiLeaks, if your organisation didn’t publish their documents…
« We publish full information, pristine archives, verifiable. That often makes it inconvenient for propaganda purposes, because for many organisations you see the good and the bad, and that makes the facts revealed harder to spin. If we go back to the Iraq War in 2003, let’s imagine US intelligence tried to leak us some of their internal reports on Iraq. Now we know from US intelligence reports that subsequently came out that there was internal doubt and scepticism about the claim that there were weapons of mass destruction in Iraq. Even though there was intense pressure on the intelligence services at the political level to create reports that supported the rush towards the war, internally their analysts were hedging. The White House, Downing Street, the New York Times, the Washington Post and CNN stripped off those doubts. If WikiLeaks had published those reports, these doubts would have been expressed and the war possibly adverted ».

WikiLeaks published documents on Hillary Clinton and the US Democrats. How do you reply to those who accuse you of having helped to elect Mr. Trump?
« What is the allegation here exactly? We published what the Democratic National Committee, John Podesta, Hillary Clinton’s campaign manager, and Hillary Clinton herself were saying about their own campaign, which the American people read and were very interested to read, and assessed the elements and characters, and then they made a decision. That decision was based on Hillary Clinton’s own words, her campaign manager’s own words. That’s democracy ».

Do you agree with those who say that it was a hit job, because you hit Hillary Clinton when she was most vulnerable, during the final weeks of her campaign?
« No, we have been publishing about Hillary Clinton for many years, because of her position as Secretary of State. We have been publishing her cables since 2010 and her emails also. We are domain experts on Clinton and her post 2008 role in government. This is why it is natural for sources who have information on Hillary Clinton to come to us. They know we will understand its significance ».

So Clinton is gone, has WikiLeaks won?
« We were pleased to see how much of the American public interacted with the material we published. That interaction was on both sides of politics, including those to the left of Hillary Clinton those who supported Bernie Sanders, who were able to see the structure of power within the Democratic National Committee (DNC) and how the Clintons had placed Debbie Wasserman Schultz to head up the DNC and as a result the DNC had tilted the scales of the process against Bernie Sanders ».

What about Donald Trump? What is going to happen?
« If the question is how I personally feel about the situation, I am mixed: Hillary Clinton and the network around her imprisoned one of our alleged sources for 35 years, Chelsea Manning, tortured her according to the United Nations, in order to implicate me personally. According to our publications Hillary Clinton was the chief proponent and the architect of the war against Libya. It is clear that she pursued this war as a staging effort for her Presidential bid. It wasn’t even a war for an ideological purpose. This war ended up producing the refugee crisis in Europe, changing the political colour of Europe, killing more than 40,000 people within a year in Libya, while the arms from Libya went to Mali and other places, boosting or causing civil wars, including the Syrian catastrophe. If someone and their network behave like that, then there are consequences. Internal and external opponents are generated. Now there is a separate question on what Donald Trump means ».

What do you think he means?
« Hillary Clinton’s election would have been a consolidation of power in the existing ruling class of the United States. Donald Trump is not a DC insider, he is part of the wealthy ruling elite of the United States, and he is gathering around him a spectrum of other rich people and several idiosyncratic personalities. They do not by themselves form an existing structure, so it is a weak structure which is displacing and destabilising the pre-existing central power network within DC. It is a new patronage structure which will evolve rapidly, but at the moment its looseness means there are opportunities for change in the United States: change for the worse and change for the better ».

In these ten years of WikiLeaks, you and your organisation have experienced all sorts of attacks. What have you learned from this warfare?
« Power is mostly the illusion of power. The Pentagon demanded we destroy our publications. We kept publishing. Clinton denounced us and said we were an attack on the entire « international community ». We kept publishing. I was put in prison and under house arrest. We kept publishing. We went head to head with the NSA getting Edward Snowden out of Hong Kong, we won and got him asylum. Clinton tried to destroy us and was herself destroyed. Elephants, it seems, can be brought down with string. Perhaps there are no elephants ».

You have spent six years under arrest and confinement, the UN established that you are arbitrarily detained, the UK appealed against the UN decision and lost, so this decision is now final. What is going to happen now?
« That’s all politics, that’s something that people cannot properly understand, unless they been through the legal system themselves in high-profile cases. This decision by the UN in my case is really an historical decision. What is someone to do when they are in a multi-jurisdictional conflict, that is politicised and involves big powers? There is too much pressure for domestic courts to resist, so you need an international court with representation from different countries which are not allied to each other to be able to come to a fair decision. That is what happened in my situation. Sweden and the United Kingdom have refused to implement this decision so far, of course it costs both Sweden and the UK on a diplomatic level and the question is how long they are willing to pay that cost ».

After six years, the Swedish prosecutors questioned you in London, as you had requested from the beginning. What happens if you get charged, extradited to Sweden and then to the United States? Will WikiLeaks survive?
« Yes, we have contingency plans that you have seen in action when my Internet was cut off and while I was in prison before. An organisation like WikiLeaks cannot be structured such that a single person can be a point of failure in the organisation, it makes him or her a target ».

Is the internet still cut off?
« The internet has been returned ».

You’ve declared on more than one occasion that what you really miss after 6 years of arrest and confinement is your family. Your children gave you a present to make you to feel less alone: a kitten. Have you ever reconsidered your choices?
« Yes, of course. Fortunately I’m too busy to think about these things all the time. I know that my family and my children are proud of me, that they benefit in some ways from having a father who knows some parts of the world and has become very good in a fight, but in other ways they suffer ».

One of the first times we met I noticed a book on your table: « The Prince » by Machiavelli. What have you learned about power in 10 years of WikiLeaks?
« My conclusion is that most power structures are deeply incompetent, staffed by people who don’t really believe in their institutions and that most power is the projection of the perception of power. And the more secretively it works, the more incompetent it is, because secrecy breeds incompetence, while openness breeds competence, because one can see and can compare actions and see which one is more competent. To keep up these appearances, institutional heads or political heads such as presidents spend most of the time trying to walk in front of the train and pretending that it is following them, but the direction is set by the tracks and by the engine of the train. Understanding that means that small and committed organisations can outmanoeuvre these institutional dinosaurs, like the State Department, the NSA or the CIA ».

Voir également:

The United States has complained to Russia’s Foreign Ministry over what it says is a bid to smear a diplomat with a fabricated sex tape, the U.S. ambassador in Moscow told ABC television.

Ambassador John Beyrle said a video apparently featuring the diplomat and prostitutes that appeared in the Russian media was « clearly fabricated, » according to a transcript of an interview broadcast late on Wednesday on ABC.

Ties with Moscow sank to a post-Cold War low under the last U.S. administration but President Barack Obama, who met Russian President Dmitry Medvedev in New York on Wednesday, has said he wants to press the « reset » button on the relationship.

« I think there are people here who don’t want the U.S.-Russian relationship to get better. That’s unfortunate, » Beyrle said.

Russia’s Foreign Ministry said it would issue a statement on the case later on Thursday. A spokesman for the U.S. embassy in Moscow said it had nothing to add to Beyrle’s comments on ABC.

Beyrle said that the video, posted last month on the web site of the Komsomolskaya Pravda newspaper, http://www.kp.ru, spliced genuine footage of diplomat Kyle Hatcher in a Moscow hotel room with staged footage of a couple having sex.

« Kyle Hatcher has done nothing wrong, » Beyrle said. « Clearly the video we saw was a montage of lot of different clips, some of which are clearly fabricated, » he told ABC News.

Hatcher works in the embassy’s political section and is responsible for outreach to religious, civil society and human rights organizations.

« There may be some people here who don’t like that job description and would like to discredit him in the eyes of his contacts, » Beyrle said.

« I have full confidence in him and he is going to continue his work here at the embassy. » (Writing by Conor Humphries; Editing by Jon Boyle)

Voir enfin:

Read the full transcript of President Obama’s farewell speech

 LA Times
January 10, 2017

Here is an unedited transcript of President Obama’s prepared remarks during his farewell address in Chicago, as provided by the White House.

It’s good to be home.  My fellow Americans, Michelle and I have been so touched by all the well-wishes we’ve received over the past few weeks.  But tonight it’s my turn to say thanks.  Whether we’ve seen eye-to-eye or rarely agreed at all, my conversations with you, the American people – in living rooms and schools; at farms and on factory floors; at diners and on distant outposts – are what have kept me honest, kept me inspired, and kept me going.  Every day, I learned from you.  You made me a better president, and you made me a better man.

I first came to Chicago when I was in my early 20s, still trying to figure out who I was; still searching for a purpose to my life.  It was in neighborhoods not far from here where I began working with church groups in the shadows of closed steel mills.  It was on these streets where I witnessed the power of faith, and the quiet dignity of working people in the face of struggle and loss.  This is where I learned that change only happens when ordinary people get involved, get engaged, and come together to demand it.

After eight years as your president, I still believe that.  And it’s not just my belief.  It’s the beating heart of our American idea – our bold experiment in self-government.

It’s the conviction that we are all created equal, endowed by our creator with certain unalienable rights, among them life, liberty, and the pursuit of happiness.

It’s the insistence that these rights, while self-evident, have never been self-executing; that we, the people, through the instrument of our democracy, can form a more perfect union.

This is the great gift our Founders gave us.  The freedom to chase our individual dreams through our sweat, toil, and imagination – and the imperative to strive together as well, to achieve a greater good.

For 240 years, our nation’s call to citizenship has given work and purpose to each new generation.  It’s what led patriots to choose republic over tyranny, pioneers to trek west, slaves to brave that makeshift railroad to freedom.  It’s what pulled immigrants and refugees across oceans and the Rio Grande, pushed women to reach for the ballot, powered workers to organize.  It’s why GIs gave their lives at Omaha Beach and Iwo Jima; Iraq and Afghanistan – and why men and women from Selma to Stonewall were prepared to give theirs as well.

So that’s what we mean when we say America is exceptional.  Not that our nation has been flawless from the start, but that we have shown the capacity to change, and make life better for those who follow.

Yes, our progress has been uneven.  The work of democracy has always been hard, contentious and sometimes bloody.  For every two steps forward, it often feels we take one step back.  But the long sweep of America has been defined by forward motion, a constant widening of our founding creed to embrace all, and not just some.

If I had told you eight years ago that America would reverse a great recession, reboot our auto industry, and unleash the longest stretch of job creation in our history…if I had told you that we would open up a new chapter with the Cuban people, shut down Iran’s nuclear weapons program without firing a shot, and take out the mastermind of 9/11…if I had told you that we would win marriage equality, and secure the right to health insurance for another 20 million of our fellow citizens – you might have said our sights were set a little too high.

But that’s what we did.  That’s what you did.  You were the change.  You answered people’s hopes, and because of you, by almost every measure, America is a better, stronger place than it was when we started.

In 10 days, the world will witness a hallmark of our democracy:  the peaceful transfer of power from one freely elected president to the next.  I committed to President-elect Trump that my administration would ensure the smoothest possible transition, just as President Bush did for me.  Because it’s up to all of us to make sure our government can help us meet the many challenges we still face.

We have what we need to do so.  After all, we remain the wealthiest, most powerful, and most respected nation on Earth.  Our youth and drive, our diversity and openness, our boundless capacity for risk and reinvention mean that the future should be ours.

But that potential will be realized only if our democracy works.  Only if our politics reflects the decency of the our people.  Only if all of us, regardless of our party affiliation or particular interest, help restore the sense of common purpose that we so badly need right now.

That’s what I want to focus on tonight – the state of our democracy.

Understand, democracy does not require uniformity.  Our founders quarreled and compromised, and expected us to do the same. But they knew that democracy does require a basic sense of solidarity – the idea that for all our outward differences, we are all in this together; that we rise or fall as one.

There have been moments throughout our history that threatened to rupture that solidarity.  The beginning of this century has been one of those times.  A shrinking world, growing inequality; demographic change and the specter of terrorism – these forces haven’t just tested our security and prosperity, but our democracy as well.  And how we meet these challenges to our democracy will determine our ability to educate our kids, and create good jobs, and protect our homeland.

In other words, it will determine our future.

Our democracy won’t work without a sense that everyone has economic opportunity.  Today, the economy is growing again; wages, incomes, home values, and retirement accounts are rising again; poverty is falling again.  The wealthy are paying a fairer share of taxes even as the stock market shatters records.  The unemployment rate is near a 10-year low.  The uninsured rate has never, ever been lower.  Healthcare costs are rising at the slowest rate in 50 years.  And if anyone can put together a plan that is demonstrably better than the improvements we’ve made to our healthcare system – that covers as many people at less cost – I will publicly support it.

That, after all, is why we serve – to make people’s lives better, not worse.

But for all the real progress we’ve made, we know it’s not enough.  Our economy doesn’t work as well or grow as fast when a few prosper at the expense of a growing middle class.  But stark inequality is also corrosive to our democratic principles.  While the top 1% has amassed a bigger share of wealth and income, too many families, in inner cities and rural counties, have been left behind – the laid-off factory worker; the waitress and healthcare worker who struggle to pay the bills – convinced that the game is fixed against them, that their government only serves the interests of the powerful – a recipe for more cynicism and polarization in our politics.

There are no quick fixes to this long-term trend.  I agree that our trade should be fair and not just free.  But the next wave of economic dislocation won’t come from overseas.  It will come from the relentless pace of automation that makes many good, middle-class jobs obsolete.

And so we must forge a new social compact – to guarantee all our kids the education they need; to give workers the power to unionize for better wages; to update the social safety net to reflect the way we live now and make more reforms to the tax code so corporations and individuals who reap the most from the new economy don’t avoid their obligations to the country that’s made their success possible.  We can argue about how to best achieve these goals.  But we can’t be complacent about the goals themselves.  For if we don’t create opportunity for all people, the disaffection and division that has stalled our progress will only sharpen in years to come.

There’s a second threat to our democracy – one as old as our nation itself.  After my election, there was talk of a post-racial America.  Such a vision, however well-intended, was never realistic.  For race remains a potent and often divisive force in our society.  I’ve lived long enough to know that race relations are better than they were 10, or 20, or 30 years ago – you can see it not just in statistics, but in the attitudes of young Americans across the political spectrum.

But we’re not where we need to be.  All of us have more work to do.  After all, if every economic issue is framed as a struggle between a hard-working white middle class and undeserving minorities, then workers of all shades will be left fighting for scraps while the wealthy withdraw further into their private enclaves.  If we decline to invest in the children of immigrants, just because they don’t look like us, we diminish the prospects of our own children – because those brown kids will represent a larger share of America’s workforce.  And our economy doesn’t have to be a zero-sum game.  Last year, incomes rose for all races, all age groups, for men and for women.

Going forward, we must uphold laws against discrimination – in hiring, in housing, in education and the criminal justice system.  That’s what our Constitution and highest ideals require.  But laws alone won’t be enough.  Hearts must change.  If our democracy is to work in this increasingly diverse nation, each one of us must try to heed the advice of one of the great characters in American fiction, Atticus Finch, who said, “You never really understand a person until you consider things from his point of view…until you climb into his skin and walk around in it.”

For blacks and other minorities, it means tying our own struggles for justice to the challenges that a lot of people in this country face – the refugee, the immigrant, the rural poor, the transgender American, and also the middle-aged white man who from the outside may seem like he’s got all the advantages, but who’s seen his world upended by economic, cultural, and technological change.

For white Americans, it means acknowledging that the effects of slavery and Jim Crow didn’t suddenly vanish in the ‘60s; that when minority groups voice discontent, they’re not just engaging in reverse racism or practicing political correctness; that when they wage peaceful protest, they’re not demanding special treatment, but the equal treatment our Founders promised.

For native-born Americans, it means reminding ourselves that the stereotypes about immigrants today were said, almost word for word, about the Irish, Italians, and Poles.  America wasn’t weakened by the presence of these newcomers; they embraced this nation’s creed, and it was strengthened.

So regardless of the station we occupy; we have to try harder; to start with the premise that each of our fellow citizens loves this country just as much as we do; that they value hard work and family like we do; that their children are just as curious and hopeful and worthy of love as our own.

None of this is easy.  For too many of us, it’s become safer to retreat into our own bubbles, whether in our neighborhoods or college campuses or places of worship or our social media feeds, surrounded by people who look like us and share the same political outlook and never challenge our assumptions.  The rise of naked partisanship, increasing economic and regional stratification, the splintering of our media into a channel for every taste – all this makes this great sorting seem natural, even inevitable.  And increasingly, we become so secure in our bubbles that we accept only information, whether true or not, that fits our opinions, instead of basing our opinions on the evidence that’s out there.

This trend represents a third threat to our democracy.  Politics is a battle of ideas; in the course of a healthy debate, we’ll prioritize different goals, and the different means of reaching them.  But without some common baseline of facts; without a willingness to admit new information, and concede that your opponent is making a fair point, and that science and reason matter, we’ll keep talking past each other, making common ground and compromise impossible.

Isn’t that part of what makes politics so dispiriting?  How can elected officials rage about deficits when we propose to spend money on preschool for kids, but not when we’re cutting taxes for corporations?  How do we excuse ethical lapses in our own party, but pounce when the other party does the same thing?  It’s not just dishonest, this selective sorting of the facts; it’s self-defeating.  Because as my mother used to tell me, reality has a way of catching up with you.

Take the challenge of climate change.  In just eight years, we’ve halved our dependence on foreign oil, doubled our renewable energy, and led the world to an agreement that has the promise to save this planet.  But without bolder action, our children won’t have time to debate the existence of climate change; they’ll be busy dealing with its effects: environmental disasters, economic disruptions, and waves of climate refugees seeking sanctuary.

Now, we can and should argue about the best approach to the problem.  But to simply deny the problem not only betrays future generations; it betrays the essential spirit of innovation and practical problem-solving that guided our Founders.

It’s that spirit, born of the Enlightenment, that made us an economic powerhouse – the spirit that took flight at Kitty Hawk and Cape Canaveral; the spirit that that cures disease and put a computer in every pocket.

It’s that spirit – a faith in reason, and enterprise, and the primacy of right over might, that allowed us to resist the lure of fascism and tyranny during the Great Depression, and build a post-World War II order with other democracies, an order based not just on military power or national affiliations but on principles – the rule of law, human rights, freedoms of religion, speech, assembly, and an independent press.

That order is now being challenged – first by violent fanatics who claim to speak for Islam; more recently by autocrats in foreign capitals who see free markets, open democracies, and civil society itself as a threat to their power.  The peril each poses to our democracy is more far-reaching than a car bomb or a missile.  It represents the fear of change; the fear of people who look or speak or pray differently; a contempt for the rule of law that holds leaders accountable; an intolerance of dissent and free thought; a belief that the sword or the gun or the bomb or propaganda machine is the ultimate arbiter of what’s true and what’s right.

Because of the extraordinary courage of our men and women in uniform, and the intelligence officers, law enforcement, and diplomats who support them, no foreign terrorist organization has successfully planned and executed an attack on our homeland these past eight years; and although Boston and Orlando remind us of how dangerous radicalization can be, our law enforcement agencies are more effective and vigilant than ever.  We’ve taken out tens of thousands of terrorists – including Osama bin Laden.  The global coalition we’re leading against ISIL has taken out their leaders, and taken away about half their territory.  ISIL will be destroyed, and no one who threatens America will ever be safe.  To all who serve, it has been the honor of my lifetime to be your Commander-in-Chief.

But protecting our way of life requires more than our military.  Democracy can buckle when we give in to fear.  So just as we, as citizens, must remain vigilant against external aggression, we must guard against a weakening of the values that make us who we are.  That’s why, for the past eight years, I’ve worked to put the fight against terrorism on a firm legal footing.  That’s why we’ve ended torture, worked to close Gitmo, and reform our laws governing surveillance to protect privacy and civil liberties.  That’s why I reject discrimination against Muslim Americans.  That’s why we cannot withdraw from global fights – to expand democracy, and human rights, women’s rights, and LGBT rights – no matter how imperfect our efforts, no matter how expedient ignoring such values may seem.  For the fight against extremism and intolerance and sectarianism are of a piece with the fight against authoritarianism and nationalist aggression.  If the scope of freedom and respect for the rule of law shrinks around the world, the likelihood of war within and between nations increases, and our own freedoms will eventually be threatened.

So let’s be vigilant, but not afraid.  ISIL will try to kill innocent people.  But they cannot defeat America unless we betray our Constitution and our principles in the fight.  Rivals like Russia or China cannot match our influence around the world – unless we give up what we stand for, and turn ourselves into just another big country that bullies smaller neighbors.

Which brings me to my final point – our democracy is threatened whenever we take it for granted.  All of us, regardless of party, should throw ourselves into the task of rebuilding our democratic institutions.  When voting rates are some of the lowest among advanced democracies, we should make it easier, not harder, to vote.  When trust in our institutions is low, we should reduce the corrosive influence of money in our politics, and insist on the principles of transparency and ethics in public service.  When Congress is dysfunctional, we should draw our districts to encourage politicians to cater to common sense and not rigid extremes.

And all of this depends on our participation; on each of us accepting the responsibility of citizenship, regardless of which way the pendulum of power swings.

Our Constitution is a remarkable, beautiful gift.  But it’s really just a piece of parchment.  It has no power on its own.  We, the people, give it power – with our participation, and the choices we make.  Whether or not we stand up for our freedoms.  Whether or not we respect and enforce the rule of law.  America is no fragile thing.  But the gains of our long journey to freedom are not assured.

In his own farewell address, George Washington wrote that self-government is the underpinning of our safety, prosperity, and liberty, but “from different causes and from different quarters much pains will be taken…to weaken in your minds the conviction of this truth;” that we should preserve it with “jealous anxiety;” that we should reject “the first dawning of every attempt to alienate any portion of our country from the rest or to enfeeble the sacred ties” that make us one.

We weaken those ties when we allow our political dialogue to become so corrosive that people of good character are turned off from public service; so coarse with rancor that Americans with whom we disagree are not just misguided, but somehow malevolent.  We weaken those ties when we define some of us as more American than others; when we write off the whole system as inevitably corrupt, and blame the leaders we elect without examining our own role in electing them.

It falls to each of us to be those anxious, jealous guardians of our democracy; to embrace the joyous task we’ve been given to continually try to improve this great nation of ours.  Because for all our outward differences, we all share the same proud title:  Citizen.

Ultimately, that’s what our democracy demands.  It needs you.  Not just when there’s an election, not just when your own narrow interest is at stake, but over the full span of a lifetime.  If you’re tired of arguing with strangers on the Internet, try to talk with one in real life.  If something needs fixing, lace up your shoes and do some organizing.  If you’re disappointed by your elected officials, grab a clipboard, get some signatures, and run for office yourself.  Show up.  Dive in.  Persevere.  Sometimes you’ll win.  Sometimes you’ll lose.  Presuming a reservoir of goodness in others can be a risk, and there will be times when the process disappoints you.  But for those of us fortunate enough to have been a part of this work, to see it up close, let me tell you, it can energize and inspire.  And more often than not, your faith in America – and in Americans – will be confirmed.

Mine sure has been.  Over the course of these eight years, I’ve seen the hopeful faces of young graduates and our newest military officers.  I’ve mourned with grieving families searching for answers, and found grace in a Charleston church.  I’ve seen our scientists help a paralyzed man regain his sense of touch, and our wounded warriors walk again.  I’ve seen our doctors and volunteers rebuild after earthquakes and stop pandemics in their tracks.  I’ve seen the youngest of children remind us of our obligations to care for refugees, to work in peace, and above all to look out for each other.

That faith I placed all those years ago, not far from here, in the power of ordinary Americans to bring about change – that faith has been rewarded in ways I couldn’t possibly have imagined.  I hope yours has, too.  Some of you here tonight or watching at home were there with us in 2004, in 2008, in 2012 – and maybe you still can’t believe we pulled this whole thing off.

You’re not the only ones.  Michelle – for the past 25 years, you’ve been not only my wife and mother of my children, but my best friend.  You took on a role you didn’t ask for and made it your own with grace and grit and style and good humor.  You made the White House a place that belongs to everybody.  And a new generation sets its sights higher because it has you as a role model.  You’ve made me proud.  You’ve made the country proud.

Malia and Sasha, under the strangest of circumstances, you have become two amazing young women, smart and beautiful, but more importantly, kind and thoughtful and full of passion.  You wore the burden of years in the spotlight so easily.  Of all that I’ve done in my life, I’m most proud to be your dad.

To Joe Biden, the scrappy kid from Scranton who became Delaware’s favorite son:  You were the first choice I made as a nominee, and the best.  Not just because you have been a great vice president, but because in the bargain, I gained a brother.  We love you and Jill like family, and your friendship has been one of the great joys of our life.

To my remarkable staff:  For eight years – and for some of you, a whole lot more – I’ve drawn from your energy, and tried to reflect back what you displayed every day: heart, and character, and idealism.  I’ve watched you grow up, get married, have kids, and start incredible new journeys of your own.  Even when times got tough and frustrating, you never let Washington get the better of you.  The only thing that makes me prouder than all the good we’ve done is the thought of all the remarkable things you’ll achieve from here.

And to all of you out there – every organizer who moved to an unfamiliar town and kind family who welcomed them in, every volunteer who knocked on doors, every young person who cast a ballot for the first time, every American who lived and breathed the hard work of change – you are the best supporters and organizers anyone could hope for, and I will forever be grateful.  Because, yes, you changed the world.

That’s why I leave this stage tonight even more optimistic about this country than I was when we started.  Because I know our work has not only helped so many Americans; it has inspired so many Americans – especially so many young people out there – to believe you can make a difference; to hitch your wagon to something bigger than yourselves.  This generation coming up – unselfish, altruistic, creative, patriotic – I’ve seen you in every corner of the country.  You believe in a fair, just, inclusive America; you know that constant change has been America’s hallmark, something not to fear but to embrace, and you are willing to carry this hard work of democracy forward.  You’ll soon outnumber any of us, and I believe as a result that the future is in good hands.

My fellow Americans, it has been the honor of my life to serve you.  I won’t stop; in fact, I will be right there with you, as a citizen, for all my days that remain.  For now, whether you’re young or young at heart, I do have one final ask of you as your president – the same thing I asked when you took a chance on me eight years ago.

I am asking you to believe.  Not in my ability to bring about change – but in yours.

I am asking you to hold fast to that faith written into our founding documents; that idea whispered by slaves and abolitionists; that spirit sung by immigrants and homesteaders and those who marched for justice; that creed reaffirmed by those who planted flags from foreign battlefields to the surface of the moon; a creed at the core of every American whose story is not yet written:

Yes We Can.

Yes We Did.

Yes We Can.

Thank you.  God bless you.  And may God continue to bless the United States of America.


Syrie: Attention, une vassalisation peut en cacher une autre (From lead-from-behind to retroactive retaliation threats: Putin has merely stepped into the vacuum left by the collapse of western power and resolve in the world)

18 décembre, 2016
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pallywoodeurope

La démocratie incline à méconnaître, voire à nier les menaces dont elle est l’objet, tant elle répugne à prendre les mesures propres à y répliquer. Elle ne se réveille que lorsque le danger devient mortel, imminent, évident. Mais alors soit le temps lui manque pour qu’elle puisse le conjurer, soit le prix à payer pour survivre devient accablant. (…) La civilisation démocratique est la première dans l’histoire qui se donne tort, face à la puissance qui travaille à la détruire. Jean-François Revel,  Comment les démocraties finissent, 1983)
C’est toujours la même chose. (…) La Russie se présente comme faible: il faut l’aider, se garder de l’humilier, consolider ses progrès. Elle se présente en même temps comme redoutable par son immensité, son armée, son arsenal atomique, son pétrole. Elle fait planer une vague menace. Elle pourrait être encore pire. Apaisons-la. Alain Besançon
Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech
La destruction de l’URSS fut la plus grande catastrophe géopolitique du siècle. Poutine (2005)
I don’t think people want a lot of talk about change; I think they want someone with a real record, a doer not a talker. For legislators who don’t want to take a stand, there’s a third way to vote. Not yes, not no, but present, which is kind of like voting maybe. (…) A president can’t vote present; a president can’t pick or choose which challenges he or she will face. Hillary Clinton (Dec. 2007)
Sur la Russie, (…) il sera plus intelligent. Hubert Védrine
J’ai l’impression que nos positions se sont très fortement rapprochées. j’ai senti une convergence. (…) J’ai trouvé un homme qui réfléchit, qui pèse le pour et le contre. un homme direct, courageux, déterminé. Le portrait qu’on a fait de Poutine me semble réducteur par rapport à la personnalité que j’avais devant moi … Sarkozy (2007)
On a eu un bon échange avec les Russes. J’ai dit qu’il nous fallait relancer nos relations. Obama (2009)
C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité. Obama (à Medvedev, 2012)
J’ai donc dit à la Russie d’arrêter et indiqué qu’autrement il y aurait des conséquences. Notre objectif reste d’envoyer un message clair à la Russie et aux autres, de ne pas nous faire ça car nous pouvons aussi vous faire des choses. (…) La responsabilité de cette brutalité repose en un seul endroit: le régime d’Assad et ses alliés, la Russie et l’Iran. Et le sang versé est sur leurs mains et ils sont responsables des atrocités commises. (…) Je ne peux pas affirmer qu’on a réussi en Syrie et c’est une chose, qui est également vraie avec d’autres problèmes de par le monde, avec laquelle je dois aller me coucher chaque soir. Mais je continue à croire que c’était la bonne approche étant donné ce qu’on pouvait faire de manière réaliste. Barack Hussein Obama
Ce soir, à 20h, la @LaTourEiffel s’éteindra pour rappeler symboliquement le soutien de la Ville de @Paris à #Alep et à tous ses habitants. Anne Hidalgo
Monsieur le président, vous êtes le premier dirigeant de l’histoire russe qui ait accumulé cette puissance et en même temps ait été désireux de la partager avec d’autres… Ceci prouve que vous êtes un démocrate… Thierry de Montbrial (à Poutine, Valdaï, 2007)
Il y a deux options possibles: ou bien on veut à tout prix recréer la guerre froide, on montre du doigt la Russie, on l’isole, on continue à la piétiner comme ça a été le cas depuis une dizaine d’années – ce n’est pas la voie qu’a choisie la France, ce n’est pas la voie qu’a choisie l’Europe –, ou on choisit l’option du dialogue. François Fillon (2008)
The president (…) has an overarching moral theory about American power, expressed in his 2009 contention in Prague that “moral leadership is more powerful than any weapon.” At the time, Mr. Obama was speaking about the end of the Cold War—which, he claimed, came about as a result of “peaceful protest”—and of his desire to see a world without nuclear weapons. It didn’t seem to occur to him that the possession of such weapons by the U.S. also had a hand in winning the Cold War. Nor did he seem to contemplate the idea that moral leadership can never safely be a substitute for weapons unless those leaders are willing to throw themselves at the mercy of their enemies’ capacity for shame. In late-era South Africa and the Soviet Union, where men like F.W. de Klerk and Mikhail Gorbachev had a sense of shame, the Obama theory had a chance to work. In Iran in 2009, or in Syria today, it doesn’t. (…) Mr. Obama believes history is going his way. “What? Me worry?” says the immortal Alfred E. Neuman, and that seems to be the president’s attitude toward Mr. Putin’s interventions in Syria (“doomed to fail”) and Ukraine (“not so smart”), to say nothing of his sang-froid when it comes to the rest of his foreign-policy debacles. In this cheapened Hegelian world view, the U.S. can relax because History is on our side, and the arc of history bends toward justice. Why waste your energies to fulfill a destiny that is already inevitable? And why get in the way of your adversary’s certain doom? It’s easy to accept this view of life if you owe your accelerated good fortune to a superficial charm and understanding of the way the world works. It’s also easier to lecture than to learn, to preach than to act. History will remember Barack Obama as the president who conducted foreign policy less as a principled exercise in the application of American power than as an extended attempt to justify the evasion of it. From Aleppo to Donetsk to Kunduz, people are living with the consequences of that evasion. Bret Stephens
Les dirigeants européens et américains espèrent que les tyrans et les autocrates du monde vont disparaître tout seuls. Mais les dinosaures comme Vladimir Poutine, Hugo Chávez et les ayatollahs iraniens ne vont pas s’effacer comme cela. Ils ne doivent leur survie qu’au manque de courage des chefs du Monde libre. Garry Kasparov
Si le retrait des troupes américaines d’Irak a été à la fois bien intentionné et populaire, et si la Maison Blanche a su présenter à son avantage les concessions octroyées à M. Assad en 2013, les résultats n’en ont pas moins été désastreux. Un simple regard sur la carte de l’Irak et de la Syrie montre que l’essor de l’Etat islamique était une réponse logique à l’abandon américain des Sunnites de la région. Un groupe comme l’Etat islamique ne peut se développer sans le soutien des populations locales, dans ce cas précis les Sunnites qui ne voient d’autre façon de se défendre contre les forces chiites de l’Iran et de la Syrie qui les massacrent par centaines de milliers. En géopolitique comme aux échecs, il faut jouer à partir de la position qui est la vôtre sur l’échiquier au moment où vous commencez à jouer. Reprocher à George W. Bush d’avoir lancé la guerre d’Irak en 2003 ne change rien au fait qu’en 2008 il n’y avait ni crise massive de réfugiés ni armée de l’Etat islamique en ordre de bataille. Les négociations avec les groupes sunnites de la province d’Anbar avaient sapé le soutien à Al Qaeda, une politique qui avait complètement changé la donne et autant contribué à la réduction de la violence que le renforcement des forces américaines. Le départ des troupes américaines et le refus de M. Obama de dissuader M. Assad ont mis fin à toute possibilité de sécurité. La population n’avait d’autre choix que de lutter, fuir ou mourir,  alors elle l’a fait, massivement, comme le confirment des chiffres horribles. (…) Aucun accord ne va changer cela. L’Iran et la Russie ont leurs propres ordres du jour dans la région et ceux-ci n’ont rien de pacifique ni pour l’un ni pour l’autre. L’Iran est le principal soutien mondial du terrorisme. La méthode Poutine pour mener la guerre contre le terrorisme en Tchétchénie était le tapis de bombes. Quand cela n’a pas réussi, il a « acheté » le seigneur de la guerre le plus brutal de la région, Ramzan Kadyrov. La poursuite du massacre de Sunnites dans la région y attirera un afflux sans cesse accru d’aides des Saoudiens et de combattants étrangers du Pakistan, d’Afghanistan et de Russie. La situation va se métastaser, ce qui convient parfaitement à M. Poutine. La guerre et le chaos lui fournissent toujours plus d’ennemis et ainsi plus d’occasions de jouer au dur à la télévison publique russe. Le régime iranien a besoin du conflit pour des raisons semblables et ne peut donc jamais renoncer à ses “Mort à l’Amérique ». Une aggravation du conflit fera aussi monter le prix du pétrole, un avantage qui n’échappe ni à Téhéran ni à Moscou. Ces conséquences peuvent être acceptables pour M. Obama, mais il ne peut faire semblant d’en ignorer sa part de responsabilité. Moi aussi, je voudrais vivre dans le monde de diplomatie et de droit où M. Obama pense vivre. Mais hélas ce n’est pas le cas. Le pouvoir et l’action comptent toujours et dans des endroits comme la Syrie et l’Irak, vous ne pouvez pas avoir le pouvoir sans l’action. M. Poutine n’a rien dit de nouveau à l’ONU, parce qu’il n’en avait pas besoin. Il sait qu’il a des atouts concrets autrement plus efficaces que de simples paroles. Il a des chars en Ukraine, des avions de chasse en Syrie et Barack Obama à la Maison Blanche. Garry Kasparov
Les opérations conjointes militaires et policières particulièrement meurtrières menées, depuis deux mois, contre les rebelles kurdes dans le bastion kurde de Cizre, au sud-est de la Turquie, ont pris fin, a annoncé hier le ministre turc de l’Intérieur, Efkan Ala. (…) Cizre, proche de la frontière syrienne et irakienne, qui a été vidée de la quasi-totalité de ses 120 000 habitants, poussés à l’exode, a été un emblème de la reprise des combats l’été dernier entre Ankara et le mouvement kurde armé, après une accalmie de deux ans. La ville a été bouclée et aucun journaliste ni observateur indépendant n’a été autorisé à y pénétrer. Selahattin Demirtas, le chef du parti prokurde HDP (Parti de la démocratie des peuples), troisième force politique au Parlement, a accusé en début de semaine le pouvoir turc d’avoir commis un « massacre » à Cizre, ce qui a été catégoriquement démenti par les autorités. Les combats dans la zone kurde ont fait de nombreux morts de part et d’autre (250 militaires et policiers et plus de 750 rebelles, selon l’armée), et quelque 200 civils auraient perdu la vie depuis l’instauration du couvre-feu, selon les ONG. L’Orient le jour
Même si la chute d’Alep-Est a été préparée par le lourd bombardement de l’aviation russe, ce sont bien les milices iraniennes et chiites qui ont fourni le gros des troupes sur le terrain ces dernières semaines. Impuissants face à ce déferlement de force, les rebelles ont d’ailleurs envoyé mercredi des salves de roquettes sur Foua et Kefraya, comme pour mieux enterrer tout espoir de résolution rapide. Le Temps
Découvrant, mais un peu tard, que la guerre tue, qu’elle est laide, injuste et sans pitié, et surtout que l’on pourrait un jour peut-être, au tribunal de l’Histoire, venir demander à Paris des comptes sur son inaction face au drame – à moins que ce ne soit sur ses actions et ses options politiques-, la France a pris les devants. Accusant avec l’ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant l’arrêt des combats et des bombardements sur l’est de la ville (dont elle feint de croire qu’il n’est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l’acheminement de l’aide humanitaire et la reprise du processus de négociation. (…) Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l’indignation internationale contre Moscou à défaut de mettre en cohérence leurs objectifs politiques et militaires avec leur prétendue volonté de paix. Mais prendre la tête du chœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L’évidence crève l’écran. «L’Occident» ne mène pas la guerre contre l’islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l’entraine. DAECH, dont la barbarie spectaculaire des modes d’action sert d’épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste «respectable» l’avalanche de djihadistes sunnites d’obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d’ailleurs pas plus que nous l’Etat islamique mais s’acharnent sur le régime syrien. Et l’Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d’être intronisés comme «légitimes» et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l’Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré. Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, cruels tyrans sans doute, n’ont pu y résister et croyaient encore pouvoir argumenter avec leurs adversaires occidentaux (longtemps leurs alliés) quand leur sort était en fait scellé depuis longtemps. Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l’Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter «à la source» le terrorisme qui menace son territoire et ses marges d’Asie centrale et du Caucase. Et l’a saisie. Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l’équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France, je le crains, s’est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l’ennemi – qui observe notre incohérence diplomatique et politique-, qu’elle pratique admirablement le grand écart stratégique… aux dépens toutefois, de nos concitoyens. Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad…tout en prétendant profiter du marché iranien entre ouvert ….et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? (…) L’impensé du discours français n’en reste pas moins le suivant: si Assad, «bourreau de son propre peuple» selon l’expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer? A qui sera livrée la Syrie, «utile» ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement «exfiltré» vers d’autres macabres «territoires de jeu», en Libye par exemple? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d’Etat? Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l’œil de Genève? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom – Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n’attendent qu’un «go» pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, «par erreur» naturellement? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de «l’Armée de la Conquête» qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles – apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps? Croit-on sérieusement que l’on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l’agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? Ne comprend-on pas qu’ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu’entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel? (…) Nous avons depuis 5 ans une politique étrangère à contre-emploi et à contre temps, réduite à deux volets: action humanitaire et diplomatie économique. En gros vendre des armes à tout prix aux pays sunnites, les aider à faire la guerre et à s’emparer du pouvoir à Damas… et porter des couvertures aux victimes de cet activisme économico-militaire: les Syriens. (…) La confusion permanente entre l’Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C’est l’Etat qu’il faut aider à survivre à l’offensive islamiste au lieu d’encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l’Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d’Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir? Caroline Galactéros
Très pudiquement, alors même que l’OSDH le mentionnait, les médias occidentaux se sont bien gardés de mentionner que l’immense majorité des civils qui ont fui (sans doute déjà plus de 500 00) l’ont fait vers les zones loyalistes de l’Ouest d’Alep ou vers le quartier kurde de Sheikh Maqsoud. Pour les milliers de civils encore bloqués à l’Est, les conditions sont en train de se dégrader, si bien qu’on peut penser qu’il y aura des flux massifs dans les jours qui viennent. De ce point de vue, la stratégie des rebelles qui ont tout fait pour empêcher la fuite des civils semble être un échec. Et c’est bien évidemment le calcul du gouvernement syrien qui fait tout pour leur rendre la vie impossible. (…) Alep aurait pu devenir dès 2012 la capitale de l’opposition islamiste à Bachar al-Assad. Mais la sociologie de la ville a empêché que l’assaut depuis l’extérieur mené par les rebelles puisse déboucher sur un contrôle total de la ville. L’immense majorité des Alépins a continué de vivre sous le contrôle de l’administration de Damas. Avec la reprise d’Alep Est, Damas montrerait sa capacité à tenir un territoire qui est viable économiquement et surtout sans problème de continuité territoriale le long d’un axe longitudinal qui va du Sud de la province de Sweida jusqu’à Alep. Un territoire où vivraient encore plus de 60% de la population totale de la Syrie. Politiquement, Moscou se pose en acteur incontournable de la crise syrienne, sur lequel d’ailleurs Damas s’appuie bien plus que sur Téhéran. Désormais, c’est par Moscou que devront passer les initiatives politiques, tout le monde s’y résout: même les opposants en exil n’écartent pas une triangulation russe pour négocier l’avenir politique de la Syrie. (…) La situation est confuse à Idleb car les groupes djihadistes présents ont la fâcheuse tendance à se déchirer ces dernières semaines. Sans soutien turc, la province d’Idleb n’est absolument pas viable. Lorsque les dernières ressources auront été prélevées par les seigneurs de la guerre, cela va tourner à l’anarchie. Mais ce qui est inquiétant, c’est que ce djihadistan est un problème pour nombre de pays, y compris le nôtre. Pour ne citer que la Chine, Pékin, à la suite de l’attentat qui a frappé son ambassade à Bichkek l’été dernier, a commencé à s’intéresser de plus près à ce territoire où se trouvent près de 2000 combattants du Parti Islamique du Turkestan, des Ouïghours, dotés d’armes performantes et qui tenteront à nouveau de frapper les Chinois depuis ce réduit. La Chine envisagerait ainsi de doter l’armée syrienne de drones armés, comme elle l’a déjà fait auprès de l’armée irakienne. Il faut noter que les Etats-Unis ont effectué plusieurs frappes dans cette province ces dernières semaines pour éliminer les cadres de Jabhat Fatah al Sham, ex Al Nosra. Avec l’aval bien évidemment de la chasse russe. Je crois que notre focalisation sur l’Etat Islamique nous fait perdre un peu de vue cette poche lourde de menaces. (…) La Turquie porte une responsabilité immense dans le chaos qui règne au Nord de la Syrie. Elle a aidé et encouragé les pires éléments islamistes depuis son territoire à seule fin d’empêcher la constitution d’une zone kurde à ses portes. L’objectif de renverser le «tyran Assad» apparaît de moins en moins sérieux avec le recul quand on constate les dérives mégalomaniaques du Président Erdogan. A présent, elle semble avoir reçu un message clair de Moscou et agit dans un cadre apparemment négocié par Poutine. On ne sait toujours pas quels sont les objectifs de la Turquie: constituer une zone tampon pour empêcher la constitution d’un Rojava (Kurdistan syrien autonome, ndlr.) auquels aspirent les Kurdes de Syrie? Eradiquer l’Etat Islamique (c’est plus douteux)? Dernièrement Erdogan a affirmé avoir comme objectif de renverser Assad. Ce n’est pas sérieux tant que les Russes seront là… Frédéric Pichon
Interventionists (…) should not learn the wrong lesson from Aleppo’s fall. There was never a good plan from the West. The Spectator’s Freddy Gray described the interventionists’ 2013 thinking, and it is not flattering: « Bomb first, think later seemed to be the strategy, just as it was in Libya — and look how well that turned out. » Intervention in Syria was fantastically unpopular in Britain and America. That’s why the House of Commons, and later the U.S. Congress, ended up voting against it. The Obama administration, although it backed away from its half-hearted push for larger intervention, still carried on covert support of the rebels. The CIA and Defense Department armed different groups (who sometimes shot at each other). The Free Syrian Army, the so-called « moderate » rebels on whom so many hopes were pinned, kept disintegrating. Even as the U.S. tried to rebrand it as the « New Syrian Force, » its fighters often defected to al Qaeda, or even ISIS. If they didn’t defect, they would sometimes just lose their new weapons to these more established radical Sunni brands. The United States was allied with the allies of al Qaeda in Syria, and carried out its covert missions under the 2001 AUMF that authorized the U.S. to fight al Qaeda. It’s dizzying. Along the way, the U.S.’s half-hearted intervention possibly created the worst of all worlds. It encouraged people to invest themselves in a doomed fight much longer than was necessary. It caused rebels to place their hopes in a more broad intervention that was never coming. And it lengthened one of the most disastrous civil wars of the modern era, one whose aftershocks and refugee flows have brought terror to Europe and helped empower a resurgent nationalism that is shaking the political and economic foundations of the European Union. Lastly, the U.S. having involved itself just enough to look like a loser, ceded initiative to its chief geopolitical rival, Russia. Not only did Obama help make Syria one of his own « losses, » he paved the way to make it look like a Russian win over the United States and radical Sunni Islam. It’s a disaster. But if the U.S. really wanted to overthrow Assad, the likeliest outcome was the disaster that has afflicted Syria and, to a lesser degree, Iraq: multiple groups claiming the right to govern, and the flourishing of ISIS in the midst of the disorder. That’s the choice Obama backed into, either giving Russia a geopolitical boost, or becoming an agent of chaos again. On top of the horrors in Aleppo’s fall is the dreadful reality that even this may not bring about the end of the war. Positions in Syria that had been recaptured by the government forces and Russia have been abandoned to the control of ISIS. That ISIS recaptured Palmyra was a particularly significant propaganda coup as the Russians had flown in a symphony orchestra to play in its picaresque ruins in celebration of its liberation last year. But taking Aleppo means that the Assad regime has control of the major cities of his nation again, if not the periphery. The horrors in Aleppo are all too real. Honoring the memory of the dead in Syria will require much more serious reflection by our leadership class than what we’ve seen this week. Turning the Eiffel Tower into a memorial for al Qaeda’s dead, and mourning our lost chance at a wider war that had no plausible happy ending, is just another grotesquerie in a long parade of disasters in this region. Michael Brendan Dougherty
The hand-wringing by western politicians and commentators over the appalling humanitarian catastrophe in Aleppo reveals something far worse even than the nauseating virtue-signalling of pointlessly blaming themselves for having decided not to bomb Syrian President Assad’s forces. It reveals they still don’t understand just how morally culpable they actually are. The current breast-beating is all about how the US and Britain made a terrible mistake in not bombing Assad’s forces years ago in this dreadful war. But the issue that made them back away was valid then and remains valid now: that those who might come to power if Assad were removed would be as bad, if not worse, for both the Syrian people and the rest of the world. People were, however, totally missing the point then just as they are doing now. Assad is the puppet of the Iranian regime whose infernal purposes, in gaining regional power in order to perpetrate genocide against Israel and jihadi terrorism against the west, he dutifully serves. Iran needs Assad in power. Without Iran, Assad would not be committing these atrocities. To stop him, the west needs to stop Iran. (…) The hand-wringing over the involvement by Russia’s President Putin, who is providing Assad with the military might to crush the Syrian people, also totally misses the point. Putin has merely stepped into the vacuum left by the collapse of western power and resolve in the world. The Obama administration ended America’s historic role in defending western interests in the developing world. Instead it empowered the west’s enemies, principally Iran, and infamously promoted a supposed “reset” with Russia – which Putin unsurprisingly took as a green light to stomp all over any territory useful to his imperial ambitions. It was the US, UK and EU which between them empowered Iran and turned Russia into the most powerful kid on the block. The slaughter in Syria is the result. Melanie Philips
En octobre de cette année, des manifestants en Europe ont facilement recréé virtuellement chaque scène de “sauvetage” montrée par les “casques blancs” simplement en se barbouillant de farine et de colorant rouge et en s’allongeant sur le sol de villes européennes. Partie prenante de la campagne “Sauver Alep”, les manifestants cherchèrent à amener la “réalité” du “travail” des “casques blancs” à une audience européenne. Mais ils l’ont peut-être fait de manière trop littérale, révélant par là-même que de nombreuses scènes filmées par les “casques blancs” en Syrie sont en fait arrangées et truquées et font partie d’un théâtre de propagande urbaine. Dans une vraie situation de guerre, des bombardements laissent derrière eux un carnage indescriptible, avec des corps calcinés au delà de toute possibilité de reconnaissance, des membres arrachés, pantelants, des plaies ouvertes et des tas de chair sanguinolente. Les vidéos de ces “casques blancs” (NdT: rappelons-le financés à hauteur de millions d’euros par les Etats-Unis et l’UE…) ne représentent bizarrement aucune de ces dures réalités et au lieu de cela mettent le plus souvent en scène de la farine et des colorants sur des figurants, comme vus dans les scènes de manifestations en Europe le mois dernier. Il est à noter que la seule chose qui manquait des manifestations inspirées des “casques blancs” en Europe, fut un décor de fond de ville en ruines et les piles de gravas pour y “enfouir” les acteurs. Réseau international
 Nous sommes bouleversés par cet acte et nous constatons que nos avertissements concernant la venue incontrôlée de centaines de milliers de jeunes hommes issus de cultures islamo-patriarcales sont qualifiés de populistes.  Jörg Meuthen (Alternative pour l’Allemagne)
 Cette victime et beaucoup d’autres auraient pu être évitées, si [leur] pays avait été préparé aux dangers qui vont de pair avec une immigration massive. Rainer Wendt (syndicat policier DPolG)
Nous devons éviter que ces faits épouvantables alimentent la haine. (…) De tels meurtres odieux existaient bien avant que le premier réfugié venu d’Afghanistan ou de Syrie n’arrive » en Allemagne. Sigmar Gabriel (ministre de l’économie, vice-chancelier et président du Parti social-démocrate)
De tels délits sont évidemment dramatiques et doivent faire l’objet de poursuites. (…) Mais, pour autant, il ne faut pas tirer des conclusions sur l’ensemble d’un groupe. Angela Merkel
The White House response to the Syrian crisis has been worse than inaction. With the nuclear deal—the altar on which Mr. Obama sacrificed Syria and America’s traditional Middle East alliances—Washington is actively lending power and prestige to the butchers of Aleppo. Take the Boeing sale. Under Mr. Obama’s nuclear deal, the U.S. authorized the “transfer to Iran of commercial passenger aircraft for exclusively civil aviation end-use.” Some Iranian airlines, such as Mahan Air, remain sanctioned by the U.S. Treasury even after the deal. But Iran Air was de-sanctioned, notwithstanding Treasury’s determination in 2011 that it provides “material support and services” to the Islamic Revolutionary Guards Corps, or IRGC. Boeing’s deal with the mullahs is perfectly legal, in other words, even though the line between civil aviation and military activity in Iran is blurry. Passenger airlines have for years played a central role in Tehran’s efforts to supply the embattled Assad regime and other terrorist proxies with men and materiel—what Foundation for Defense of Democracies expert Emanuele Ottolenghi calls the regime’s “Syrian airlift.” The typical route runs from various Iranian cities to a suspected IRGC hub in Abadan, Iran, and from there to Damascus. Usually, it has been Mahan that flies this route. But publicly available tracking information suggests that Iran Air aircraft have flown it as recently as October. In many of these cases, the actual routes Iran Air flies differ from those associated with the listed flight numbers. Even if Iran Air never uses its jets for the Syrian airlift, the fresh supply of planes would benefit the Assad regime and other Iranian proxies. New parts, services and seats would reduce the pressure on Iranian aviation and improve overall efficiency. (…) The nuclear deal does bar Iran Air from using the jets for noncivil aviation purposes or transferring them to Treasury-sanctioned entities such as Mahan. Under the relevant provision, Washington can withdraw or deny export licenses down the road if it concludes that the aircraft “have been used for purposes other than exclusively civil aviation end-use.” Text is one thing and real-world enforcement another. The U.S. Treasury last May sanctioned nine aircraft associated with Mahan Air, on the grounds that the airline helps the IRGC “ferry operatives, weapons, and funds in support of the Asad regime.” (…) Many of the jets are still airborne today. (…) Once Boeing transfers the purchased aircraft to Iran Air, there is very little the U.S. government can do to control the end-use. The incoming Trump administration has so far kept mum. In the coming weeks Boeing will appeal to Donald Trump’s commitment to boosting manufacturing employment to win support for the sale, pressure the president-elect will have to weigh against his oft-stated opposition to the nuclear deal. Sohari Ahmari
Obama will go down as the only president in history to spend eight years vociferously criticizing both his predecessor and his successor. According to Obama, nearly every problem facing the nation, even in the eighth year of his presidency, can be ascribed to George W. Bush. The remainder can be blamed on Donald Trump. That is quite the legacy… Liz Peek
La politique de « redémarrage » des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. (…) Aujourd’hui, Moscou (…) se pose en rempart de la civilisation « du Nord », ce qui ne manque pas de sel quand on se souvient avec quelle persévérance Moscou a défendu le programme nucléaire iranien, contribuant grandement à l’émergence de cette « menace » du Sud, et avec quel enthousiasme elle célébrait, il y a un an encore, le naufrage de la civilisation occidentale. (…) On l’a vu dans les années 1930, la présence d’un Etat revanchard sur le continent européen peut réduire à néant toutes les tentatives de fonder un ordre international sur le droit et l’arbitrage. Françoise Thom
L’une des causes de ce désarroi doit être cherchée dans la guerre psychologique que Moscou mène contre les Occidentaux depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. La Russie a su nous instiller une culpabilité corrosive pour avoir gagné la guerre froide. Elle s’est constamment posée en victime, au point que le refrain de la diplomatie française a été pendant des années qu’ »il ne fallait pas humilier la Russie ». Au nom de ce principe, cette dernière a bénéficié d’une indulgence exceptionnelle, dont elle a usé et abusé. Quel autre pays au monde peut en effet se permettre de raser des villes, de spolier les étrangers, d’assassiner les opposants hors de ses frontières, de harceler les diplomates étrangers, de menacer ses voisins, sans provoquer autre chose que de faibles protestations ? La raison en est que la Russie se pose constamment en victime, et elle a réussi à persuader les Occidentaux qu’ils étaient responsables de la débâcle des premières années de l’après-communisme, alors que la cause de ce fiasco tenait à l’héritage du communisme et aux caractéristiques de la nouvelle élite qui a émergé sur les ruines de l’Etat soviétique. De même que Hitler jouait à fond sur la culpabilité suscitée en Europe par le traité de Versailles, de même les Russes paralysent notre volonté en nous faisant endosser la faute de leurs déboires pendant les années Eltsine. (…) Les propagandistes du Kremlin ont parfaitement assimilé la phraséologie occidentale et ils la manipulent en maîtres. Encore une fois, le précédent de Hitler, qui sut jusqu’en 1938 dissimuler ses projets de conquêtes sous le slogan du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » et du « droit du peuple allemand à l’autodétermination », est particulièrement instructif : les régimes autoritaires savent concentrer le mensonge en un rayon laser dévastateur qu’ils braquent sur les centres nerveux des démocraties pétrifiées. Aussi devons-nous avant tout nous débarrasser de cette culpabilité débilitante, à tous les sens du terme. Nous devons nous rappeler comment Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir, par la provocation et une guerre menée contre des citoyens russes. Nous devons nous rappeler ce qu’il a réalisé en quelques années : la mise au pas totale du pays, la redistribution de la propriété au profit de son clan, l’organisation d’une propagande systématique de haine contre les Occidentaux, l’occultation des crimes du communisme, la réhabilitation de Staline, un lavage de cerveau quotidien des citoyens russes visant à leur inculquer la paranoïa, le culte de la force et l’esprit de revanche. (…) Ce qu’elle hait et redoute, c’est la liberté. Elle guette avidement chez nous les signes de faiblesse, d’aveuglement, de corruption et de capitulation préventive – et elle n’a que trop d’occasions de se réjouir. Or chaque démission en appellera d’autres plus grandes. Tant que demeurera une Europe indépendante alliée aux Etats-Unis, la Russie se sentira encerclée. La réalisation des prétendus intérêts de sécurité russes passe par l’asservissement par cercles successifs de tous ses voisins occidentaux et méridionaux. Le plus tôt nous verrons clair dans cette logique paranoïaque de Moscou, le plus tôt nous pourrons imaginer des remèdes. Mais encourager le malade dans sa folie ne sert à rien. Et croire qu’il guérira sans une épreuve de réalité est illusoire. Françoise Thom
Ces derniers mois, les dominos tombent les uns après les autres : presque tous les scrutins tenus dans le monde occidental et l’espace postsoviétique donnent le résultat voulu par le Kremlin. Référendum néerlandais sur l’accord d’association avec l’Ukraine, Brexit, élection de Trump, victoire du parti du Centre prorusse en Estonie, élection du prorusse Dodon en Moldavie, du prorusse Rumen Radev en Bulgarie, victoire de Fillon au premier tour de la primaire de la droite : la liste s’allonge quotidiennement. La patiente stratégie de prise de contrôle des élites et des opinions étrangères par le Kremlin, lancée depuis l’arrivée aux commandes en 2000 de l’équipe du KGB autour de Poutine, commence à porter ses fruits. Les méthodes sont simples et calquées sur celles qui ont fait leurs preuves en Russie pour obtenir la mise au pas du pays : compilation de dossiers compromettants sur les personnalités qui comptent, corruption, chantage, promesses d’avancement voire de propulsion au pouvoir, contrôle des médias (par les mêmes procédés), contrôle des thèmes de propagande. Les méthodes de mise sous influence de l’opinion ont été affinées à partir de 2014 avec une utilisation massive des réseaux sociaux, et là encore l’application des techniques éprouvées qui permettent au régime poutinien de manipuler l’opinion russe : excitation constante des émotions, à commencer par la haine et la peur ; bombardement radioactif de faits divers, souvent falsifiés ; développement de ce qu’on peut appeler une « conscience apocalyptique » autour du mythe de la « fin de l’Occident », qui conditionne les populations à consentir à l’abandon des libertés et leur fait souhaiter l’avènement d’une forte poigne. Tout cela débranche l’esprit critique et engendre l’indifférence à la vérité. La France est travaillée en profondeur par la propagande du Kremlin depuis des années. Au point que le danger que représente la Russie est totalement absent du débat électoral. Surtout pas de retour à la guerre froide, nous dit la Russie, nous faisant oublier que la guerre froide a commencé quand les Occidentaux ont cessé de céder à Staline et que nous lui devons notre liberté. (…) l’Etat russe, tout entier adonné à un projet de puissance (…) consacre l’essentiel de son budget à l’armée et aux services spéciaux, qui teste quotidiennement les défenses des pays de l’Alliance Atlantique (OTAN), qui entretient chez lui une psychose de guerre chronique, qui, à l’étranger, a déployé un prodigieux réseau d’agents, bien supérieur en nombre à celui existant pendant la guerre froide. Un Etat qui a déjà dépecé deux de ses voisins et qui ne dissimule même plus sa prétention à dicter l’issue des scrutins tenus sur le continent européen. Un Etat qui, à l’évidence, nourrit un projet de vassalisation du Vieux Continent : car le déclin continu de l’économie russe rend indispensable à Moscou la mainmise sur les ressources financières et technologiques de l’Europe. Un précédent gouvernement français de droite a déjà donné la preuve de son aveuglement en secondant l’entreprise de modernisation de l’armée russe à partir de 2009, au moment où le démembrement de l’Etat géorgien aurait dû lui ouvrir les yeux sur les ambitions du Kremlin. L’encouragement alors donné à Moscou est la cause directe de la guerre russo-ukrainienne, quand Poutine s’imagine que l’Occident ne réagira pas à l’annexion de la Crimée et des provinces orientales de l’Ukraine. (…) Nos souverainistes, si sourcilleux de notre indépendance quand il s’agit des Etats-Unis, s’alignent sans états d’âme sur les positions du Kremlin, même les plus scandaleuses, comme on l’a vu à droite et à gauche au moment de la guerre hybride contre l’Ukraine. (…) Alors qu’en Europe ils présentent la Russie comme le rempart de la chrétienté contre l’islam, les mêmes hommes tiennent à leurs interlocuteurs musulmans un discours opposé, les exhortant à une solidarité entre traditionalistes contre les « valeurs occidentales ». Si notre droite souhaite réellement revenir aux vertus qui ont fait le rayonnement de l’Occident, elle doit se souvenir que parmi elles on trouve en bonne place le respect de la vérité, la recherche du bien commun, le sentiment du droit et de l’honneur. La Russie poutinienne, avec son culte de la force brutale, sa passion du mensonge, travaille depuis des années à nous faire oublier ces vertus après les avoir effacées chez elle. Françoise Thom
Les dirigeants français, comme ceux de l’URSS brejnévienne, compensent par un ruineux activisme extérieur leur incapacité à lancer des réformes indispensables à l’intérieur, réformes impossibles car elles remettraient en cause les dogmes socialistes qui fondent l’étatisme français. Dans les deux cas, l’activisme extérieur accélère et accuse la crise interne. On a vu ce qu’il est advenu de l’URSS. En France, les indices d’une déliquescence de l’Etat se multiplient depuis deux ans, et l’affaire irakienne a servi de révélateur. Les dirigeants français ont cherché à justifier leur position sur la question irakienne en faisant valoir que la France refusait le « choc des civilisations » et favorisait, par conséquent, l’intégration des musulmans français. Certes, le président Chirac a été acclamé dans les banlieues. Mais l’antiaméricanisme officiel a favorisé la jonction explosive entre une mouvance trotskiste virulente, une mouvance islamiste, une mouvance anti-mondialiste et une mouvance tiers-mondiste. Ce cocktail vénéneux abreuve non seulement les jeunes des banlieues mais les lycéens et les étudiants, expédiés dans les manifestations pour la paix par leurs enseignants gauchistes, au nom de « l’engagement ». Dans ce sens, les orientations de la diplomatie française ne font que refléter la tiers-mondisation galopante de la France, à commencer par la tiers-mondisation des esprits. Le président Chirac défie Bush, mais capitule devant les banlieues. De manière révélatrice, Dominique de Villepin a déclaré devant le parlement que la mission française était de mettre en échec « le libéralisme anglo-saxon ». Comme la plupart de leurs interlocuteurs arabes, les dirigeants français estiment plus urgent de se dresser contre les Etats-Unis, même quand ils ont raison, que de mettre en chantier les réformes qui permettraient de sauver leur Etat de la faillite. (…) Les observateurs étrangers s’interrogent sur les causes de la folie française. Au moment où la fragilité de l’Etat français devient perceptible pour tous, en l’absence de toute défense européenne crédible, est-il vraiment prudent de rompre avec notre allié américain, au point que celui-ci nous considère maintenant comme un ennemi ? (…) La deuxième explication de la politique chiraquienne tient à l’inquiétude de la classe politique devant l’échec de plus en plus patent de l’ »intégration républicaine ». Au lieu de faire face au péril, on se réfugie dans la dénégation. On déclare que la France ne croit pas au « choc des civilisations », comme s’il suffisait de refuser le mot pour effacer la chose. Pour plus de sécurité on abolit jusqu’au concept de civilisation. C’est pourquoi on cherche à refouler à tout prix que la France partage la même civilisation que les Etats-Unis, en cultivant, à grande fanfare, nos relations avec la francophonie. C’est pourquoi aussi la droite française mène une politique de gauche, s’imaginant que le consensus obligatoire la mettra à l’abri du débordement des zones de non-droit. L’antiaméricanisme joue un rôle central dans ce dispositif. Notre politique étrangère exprime donc une sorte de capitulation préventive. La France prend l’initiative de rompre avec le camp occidental dans l’espoir d’éviter une épreuve de force avec sa jeunesse ensauvagée et fanatisée, après avoir failli au devoir de la civiliser. Cette couardise profonde est dissimulée derrière le panache brandi du petit pays qui s’oppose au grand. Le mythe d’Astérix camoufle une réalité nettement plus sordide. L’anti-américanisme rend possible cette imposture, et la continuation d’une politique qui risque de rendre notre mal sans remède, et d’y faire sombrer toute l’Europe. François Thom (2003)
La vérité qui dérange, (…) c’est l’enquête de l’IFOP menée par l’Institut Montaigne sur les musulmans de France. Elle dérange tant que nul n’ose s’indigner. L’enquête est présentée avec une distance embarrassée. Rien à dire a priori sur un sondage réalisé en juin à partir d’un échantillon de 15 459 personnes et qui a isolé 874 personnes de religion musulmane. Et certains résultats laissent pantois. 29 % des musulmans interrogés pensent que la loi islamique (charia) est plus importante que la loi de la République, 40 % que l’employeur doit s’adapter aux obligations religieuses de ses salariés, 60 % que les filles devraient avoir le droit de porter le voile au collège et au lycée. 14 % des femmes musulmanes refusent de se faire soigner par un médecin homme, et 44 % de se baigner dans une piscine mixte. L’Institut Montaigne et leurs rédacteurs Hakim El Karoui et Antoine Jardin ressemblent un peu à Alain Juppé, qui rêve d’une identité heureuse, et affirment qu’« un islam français est possible ». Mais le constat est inquiétant sur la sous-catégorie musulmane la plus « autoritaire » : « 40 % de ses membres sont favorables au port du niqab, à la polygamie, contestent la laïcité et considèrent que la loi religieuse passe avant la loi de la République », écrit l’Institut Montaigne. Cette sous-catégorie représenterait 13 % de l’ensemble des musulmans. L’IFOP chiffrant les musulmans à 5,6 % de la population de plus de 15 ans, nous en déduisons que l’effectif concerné atteint plusieurs centaines de milliers de personnes. Le chiffre qui dérange. L’intégration correcte de la très grande majorité des musulmans ne doit pas non plus conduire à nier une réalité qui, si elle est minoritaire, ne semble pas marginale. (…) Les populations sont sages lorsqu’elles sont traitées en adultes. Les Britanniques multiplient à outrance les comptages ethniques. Le gouvernement allemand publie chaque année les statistiques de criminalité par nationalité. On y constate une surcriminalité des étrangers, mais dont les causes sont expliquées, et les Allemands se concentrent sur leur évolution. En France, on est livrés aux diatribes d’un Eric Zemmour, qui séduira tant qu’on sera incapable d’objectiver sereinement les faits. (…) Les élites ont perdu de leur crédibilité, en minimisant les inégalités délirantes aux Etats-Unis, tardivement mises en évidence par Thomas Piketty, et en ne prêtant pas attention aux perdants de la mondialisation. L’essentiel est de prendre à bras-le-corps les batailles de demain, pour que les populistes ne puissent pas dire « Je vous l’avais bien dit ». Ainsi, ne sous-estimons pas Nicolas Sarkozy, qui cherche pour des raisons électoralistes à évacuer le réchauffement climatique par une autre vérité qui dérange, l’explosion démographique de l’Afrique. Ne pas traiter ce sujet sérieusement, c’est redonner la main aux populistes. Arnaud Leparmentier (Le Monde)
L’étude de l’islam en France conduite par l’Institut Montaigne (…) devrait aussi conduire à une révision considérable des politiques publiques. Son résultat fracassant est que l’islam est utilisé pour une large fraction de la population musulmane jeune, 28% ou 12% selon ce qu’on compte, «comme l’outil de rébellion contre la société française et l’occident en général», conclut l’auteur Hakim El Karoui. Je souligne que 28% ou 12% ce n’est pas du tout pareil, il faudrait savoir! Mais dans les deux cas, c’est très grave pour les responsables de l’islam de voir leur religion utilisée comme un outil de révolte. C’est très grave pour les dirigeants politiques de voir que cette rébellion ne régresse pas, tout à l’inverse. Elle s’étend pour beaucoup de raisons fondamentales, économiques et géopolitiques (les conflits du Moyen-Orient), qui dépassent la France de loin. (…) Aujourd’hui, explique l’étude, «environ 60% des 1029 enquêtés considèrent que les jeunes filles devraient pouvoir porter le voile au collège et au lycée». On a lu: 60%. Et il y a pire pour les tolérants: «Contrairement à l’opinion dominante qui voudrait que les hommes soient plus conservateurs que les femmes, le port du voile est rejeté par 26% des hommes mais seulement par 18% des femmes (…) Ces résultats témoignent d’une adhésion idéologique d’une part importante de la population féminine musulmane au port du voile, allant jusqu’à l’acceptation du voile intégral (pour 28 % des femmes)». Le voile est un outil de révolte ou, plus pacifiquement, l’affichage d’une «fierté islamiste». Dans ce cadre, on comprend pourquoi l’interdire renforce la volonté de le porter. (…) Nous allons vers de plus en plus de difficultés d’intégration pas vers de moins en moins. «On peut le déplorer, s’en féliciter, vouloir le combattre ou le respecter, ce fait social est bien réel. Il faut le traiter, dans le contexte qui est le nôtre -celui d’une violence terroriste et sans limite perpétrée au nom de l’islam, qui rend angoissant pour une majorité de Français le mouvement d’affirmation identitaro-religieux voire théologico- politique qui est à l’œuvre». Eric Le Boucher
Alain Finkielkraut a défini un jour le politiquement correct comme le fait de ne pas voir ce qu’on montre. Le traitement de l’étude sur les musulmans de France réalisée par l’Institut Montaigne sous la direction de Hakim El Karoui et publiée hier par le JDD nous en a fourni un exemple éclatant. On dirait que les médias se sont concertés pour tenter de planquer la réalité sous des titres lénifiants. « Musulmans de France, l’enquête qui surprend », annonçait le JDD à sa « une ». « L’enquête qui terrifie » aurait été un titre plus adapté. C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un travail aussi sérieux tente d’établir un portrait idéologique et culturel des musulmans de France (trois quarts de Français, un quart d’étrangers). On se disait bien qu’une partie d’entre eux avait quitté le monde commun – ou n’y avait jamais résidé – mais on pouvait encore espérer qu’il s’agissait d’une infime minorité. Or, on apprend que 28 % des musulmans de France estiment que la charia prévaut sur la loi de la République. Oui, vous avez bien lu : près d’un tiers des musulmans vivant dans notre pays vivent mentalement dans une tout autre contrée. Un tiers sur une population estimée (à la baisse) entre 3 et 4 millions, ça fait un million de personnes, souvent jeunes. Combien seront-ils, dans dix ans, à être passés de la charia au djihad ? Seulement 1 %, soit “seulement” 10 000 ? Voilà qui rassurera certainement les 70 à 80 % de Français que l’islam inquiète. (…) douze ans après le vote de la loi interdisant les signes religieux à l’école, 60 % des personnes interrogées estiment que les filles devraient pouvoir porter le voile à l’école ; 48 % pensent qu’on doit pouvoir affirmer son identité religieuse au travail ; 58 % des hommes et 70 % des femmes sont favorables au port du voile – hijab. Autrement dit, même au sein de la majorité que l’on dit intégrée, on n’entend pas renoncer à ce signe de rupture avec le modèle français qu’est la dissimulation du corps féminin. Les promoteurs de l’étude espéraient sans doute que la réalité scientifiquement établie permettrait de trancher le cou des fantasmes sur l’islam. Or, la réalité se révèle pire que les fantasmes. Comment « déradicalisera-t-on » les 20 % de musulmans et 28 % de musulmanes qui, dans notre pays,  approuvent le port de la burqa ? Combien de générations faudra-t-il pour les convaincre qu’une femme libre n’est pas souillée par le regard d’un homme ? Ces questions ne seront évidemment pas posées, comme le montre le titre hilarant du Monde sur le sujet : « Les musulmans de France, une population jeune et diverse ». Les perroquets du tout-info et tous les autres fossoyeurs du réel s’emploient déjà à expliquer qu’on a mal compris : l’intégration progresse. Quant à ceux pour qui elle ne progresse pas, ils sont révoltés plus que musulmans. Fort bien. Et qu’est-ce qu’on fait, avec tous ces révoltés ? Elisabeth Lévy

Après le leadership par l’arrière, les menaces de représailles rétroactives !

« Référendum néerlandais sur l’accord d’association avec l’Ukraine, Brexit, élection de Trump, victoire du parti du Centre prorusse en Estonie, élection du prorusse Dodon en Moldavie, du prorusse Rumen Radev en Bulgarie, victoire de Fillon au premier tour de la primaire de la droite » …

A l’heure où après huit années de reculades, le plus rapide prix Nobel de l’histoire et prétendu leader du Monde libre nous fait le coup des menaces de représailles rétroactives …

Pendant qu’après lui avoir concédé contre l’avis de son propre Congrès le droit à l’arme nucléaire, ses entreprises comme les nôtres s’apprêtent à fournir à l’Etat voyou et terroriste isranien les avions pour soutenir ses divers affidés de par le monde Syrie comprise …

Qui écoute les avertissements depuis des années de l’historienne Françoise Thom …

Sur la véritable entreprise de vassalisation que mène contre l’Europe l’ex-kégébiste de Moscou depuis son arrivée au pouvoir il y a une quinzaine d’années ?

Mais aussi qui rappelle avec l’essayiste britannique Melanie Philips

Tant la passivité d’Obama qui, sans parler de la militarisation par la Chine d’ilôts entiers au large de ses côtes, a rendu possible la mise à feu et à sang du Moyen-Orient par Poutine et ses alliés iraniens et turcs

Qu’entre théâtre de propagande urbaine et appels au califat dans nos rues ou celles d’Alep …

Ou de déni de l’évidence ou désilluminations de Tour Eiffel

La chariarisation, qui avance, de nos esprits ?

« La France subit la propagande du Kremlin depuis des années »

La vassalisation de l’Europe est en cours, d’après la spécialiste de la Russie, Françoise Thom. Une entreprise menée de longue date depuis Moscou et qui commence à porter ses fruits scrutin après scrutin.

Françoise Thom (Historienne, maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne)

Le Monde

23.11.2016 

Ces derniers mois, les dominos tombent les uns après les autres : presque tous les scrutins tenus dans le monde occidental et l’espace postsoviétique donnent le résultat voulu par le Kremlin. Référendum néerlandais sur l’accord d’association avec l’Ukraine, Brexit, élection de Trump, victoire du parti du Centre prorusse en Estonie, élection du prorusse Dodon en Moldavie, du prorusse Rumen Radev en Bulgarie, victoire de Fillon au premier tour de la primaire de la droite : la liste s’allonge quotidiennement.

La patiente stratégie de prise de contrôle des élites et des opinions étrangères par le Kremlin, lancée depuis l’arrivée aux commandes en 2000 de l’équipe du KGB autour de Poutine, commence à porter ses fruits.

Les méthodes sont simples et calquées sur celles qui ont fait leurs preuves en Russie pour obtenir la mise au pas du pays : compilation de dossiers compromettants sur les personnalités qui comptent, corruption, chantage, promesses d’avancement voire de propulsion au pouvoir, contrôle des médias (par les mêmes procédés), contrôle des thèmes de propagande.

Les méthodes de mise sous influence de l’opinion ont été affinées à partir de 2014 avec une utilisation massive des réseaux sociaux, et là encore l’application des techniques éprouvées qui permettent au régime poutinien de manipuler l’opinion russe : excitation constante des émotions, à commencer par la haine et la peur ; bombardement radioactif de faits divers, souvent falsifiés ; développement de ce qu’on peut appeler une « conscience apocalyptique » autour du mythe de la « fin de l’Occident », qui conditionne les populations à consentir à l’abandon des libertés et leur fait souhaiter l’avènement d’une forte poigne. Tout cela débranche l’esprit critique et engendre l’indifférence à la vérité.

La dangerosité de la Russie, absente du débat électoral

La France est travaillée en profondeur par la propagande du Kremlin depuis des années. Au point que le danger que représente la Russie est totalement absent du débat électoral. Surtout pas de retour à la guerre froide, nous dit la Russie, nous faisant oublier que la guerre froide a commencé quand les Occidentaux ont cessé de céder à Staline et que nous lui devons notre liberté.

Le pouvoir de Poutine a considérablement appauvri la majorité des Russes, forcé des millions d’entre eux à choisir l’exil, imposé au reste une propagande abrutissante charriant la haine et le mensonge

Or qu’avons-nous aujourd’hui ? Une Europe désarmée, divisée et démoralisée. Une Amérique tentée par l’égoïsme national et l’isolationnisme. En face, l’Etat russe, tout entier adonné à un projet de puissance, qui consacre l’essentiel de son budget à l’armée et aux services spéciaux, qui teste quotidiennement les défenses des pays de l’Alliance Atlantique (OTAN), qui entretient chez lui une psychose de guerre chronique, qui, à l’étranger, a déployé un prodigieux réseau d’agents, bien supérieur en nombre à celui existant pendant la guerre froide.

Un Etat qui a déjà dépecé deux de ses voisins et qui ne dissimule même plus sa prétention à dicter l’issue des scrutins tenus sur le continent européen. Un Etat qui, à l’évidence, nourrit un projet de vassalisation du Vieux Continent : car le déclin continu de l’économie russe rend indispensable à Moscou la mainmise sur les ressources financières et technologiques de l’Europe.

Aveuglement

Un précédent gouvernement français de droite a déjà donné la preuve de son aveuglement en secondant l’entreprise de modernisation de l’armée russe à partir de 2009, au moment où le démembrement de l’Etat géorgien aurait dû lui ouvrir les yeux sur les ambitions du Kremlin.

L’encouragement alors donné à Moscou est la cause directe de la guerre russo-ukrainienne, quand Poutine s’imagine que l’Occident ne réagira pas à l’annexion de la Crimée et des provinces orientales de l’Ukraine. Une France gouvernée par le « parti russe » devra s’associer aux aventures militaires du Kremlin, devenir son instrument dans l’achèvement de la désagrégation de l’Europe et de l’OTAN.

Après la victoire de Fillon au premier tour de la primaire de la droite, une publication russe titrait « Le Trump français fera éclater l’Europe ». Est-ce vraiment un ordre international où règne la loi du plus fort que nous souhaitons ? La Russie n’en reconnaît pas d’autre.

Nos souverainistes, si sourcilleux de notre indépendance quand il s’agit des Etats-Unis, s’alignent sans états d’âme sur les positions du Kremlin, même les plus scandaleuses, comme on l’a vu à droite et à gauche au moment de la guerre hybride contre l’Ukraine.

Culte de la force brutale

Et qu’obtiendrons-nous en échange de notre entrée dans l’orbite russe ? Le pouvoir de Poutine a considérablement appauvri la majorité des Russes, forcé des millions d’entre eux à choisir l’exil, imposé au reste une propagande abrutissante charriant la haine et le mensonge. Et c’est dans ce pays que notre droite cherche son inspiration ?

Aujourd’hui, elle croit se ressourcer dans les « valeurs traditionnelles » brandies par Moscou. Elle ne comprend pas le fondement de la propagande russe : les idées ne sont mises en avant que de manière instrumentale par les hommes du Kremlin, pour favoriser la réalisation de leurs objectifs de puissance.

Alors qu’en Europe ils présentent la Russie comme le rempart de la chrétienté contre l’islam, les mêmes hommes tiennent à leurs interlocuteurs musulmans un discours opposé, les exhortant à une solidarité entre traditionalistes contre les « valeurs occidentales ». Si notre droite souhaite réellement revenir aux vertus qui ont fait le rayonnement de l’Occident, elle doit se souvenir que parmi elles on trouve en bonne place le respect de la vérité, la recherche du bien commun, le sentiment du droit et de l’honneur.

La Russie poutinienne, avec son culte de la force brutale, sa passion du mensonge, travaille depuis des années à nous faire oublier ces vertus après les avoir effacées chez elle. Car, tant qu’elles subsistent, la fusion de l’Europe avec l’Union eurasienne de Poutine ne pourra s’accomplir.

Françoise Thom

Historienne, maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne

Voir aussi:

Aleppo, virtue-signalling and myopia

The hand-wringing by western politicians and commentators over the appalling humanitarian catastrophe in Aleppo reveals something far worse even than the nauseating virtue-signalling of pointlessly blaming themselves for having decided not to bomb Syrian President Assad’s forces. It reveals they still don’t understand just how morally culpable they actually are.

The current breast-beating is all about how the US and Britain made a terrible mistake in not bombing Assad’s forces years ago in this dreadful war.

But the issue that made them back away was valid then and remains valid now: that those who might come to power if Assad were removed would be as bad, if not worse, for both the Syrian people and the rest of the world.

People were, however, totally missing the point then just as they are doing now. Assad is the puppet of the Iranian regime whose infernal purposes, in gaining regional power in order to perpetrate genocide against Israel and jihadi terrorism against the west, he dutifully serves. Iran needs Assad in power. Without Iran, Assad would not be committing these atrocities. To stop him, the west needs to stop Iran.

In July 2013, I said on BBC TV’s Question Time that to deal with Assad Iran needed to be neutralised. I didn’t specify the means; had I been given the opportunity, I would have said that whether by diplomatic isolation, effective sanctions, support for Iranian dissidents or in the last resort military force the threat from the Iranian regime had to be stopped. Look here, though, at the reaction I received from both the studio audience and one Boris Johnson, then Mayor of London and now Britain’s Foreign Secretary:

The hand-wringing over the involvement by Russia’s President Putin, who is providing Assad with the military might to crush the Syrian people, also totally misses the point. Putin has merely stepped into the vacuum left by the collapse of western power and resolve in the world. The Obama administration ended America’s historic role in defending western interests in the developing world. Instead it empowered the west’s enemies, principally Iran, and infamously promoted a supposed “reset” with Russia – which Putin unsurprisingly took as a green light to stomp all over any territory useful to his imperial ambitions.

It was the US, UK and EU which between them empowered Iran and turned Russia into the most powerful kid on the block. The slaughter in Syria is the result.

Voir également:

Musulmans de France, l’enquête qui fait peur
28% des sondés pour la charia
Elisabeth Lévy
Causeur.
19 septembre 2016

Alain Finkielkraut a défini un jour le politiquement correct comme le fait de ne pas voir ce qu’on montre. Le traitement de l’étude sur les musulmans de France réalisée par l’Institut Montaigne sous la direction de Hakim El Karoui et publiée hier par le JDD nous en a fourni un exemple éclatant. On dirait que les médias se sont concertés pour tenter de planquer la réalité sous des titres lénifiants. « Musulmans de France, l’enquête qui surprend », annonçait le JDD à sa « une ». « L’enquête qui terrifie » aurait été un titre plus adapté.

28% de fans de la charia
C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un travail aussi sérieux tente d’établir un portrait idéologique et culturel des musulmans de France (trois quarts de Français, un quart d’étrangers). On se disait bien qu’une partie d’entre eux avait quitté le monde commun – ou n’y avait jamais résidé – mais on pouvait encore espérer qu’il s’agissait d’une infime minorité. Or, on apprend que 28 % des musulmans de France estiment que la charia prévaut sur la loi de la République. Oui, vous avez bien lu : près d’un tiers des musulmans vivant dans notre pays vivent mentalement dans une tout autre contrée. Un tiers sur une population estimée (à la baisse) entre 3 et 4 millions, ça fait un million de personnes, souvent jeunes. Combien seront-ils, dans dix ans, à être passés de la charia au djihad ? Seulement 1 %, soit “seulement” 10000 ? Voilà qui rassurera certainement les 70 à 80 % de Français que l’islam inquiète.

La réalité se révèle pire que les fantasmes
On pourrait se réjouir de ce que 70 % des musulmans vivant dans notre pays soient devenus des laïques comme les autres. « Deux tiers des musulmans pensent que la laïcité permet de vivre librement sa religion », affirme Hakim El Karoui. Alors, il doit y avoir maldonne sur le sens du mot laïcité.  En effet, douze ans après le vote de la loi interdisant les signes religieux à l’école, 60 % des personnes interrogées estiment que les filles devraient pouvoir porter le voile à l’école ; 48 % pensent qu’on doit pouvoir affirmer son identité religieuse au travail ; 58 % des hommes et 70 % des femmes sont favorables au port du voile – hijab. Autrement dit, même au sein de la majorité que l’on dit intégrée, on n’entend pas renoncer à ce signe de rupture avec le modèle français qu’est la dissimulation du corps féminin.

Les promoteurs de l’étude espéraient sans doute que la réalité scientifiquement établie permettrait de trancher le cou des fantasmes sur l’islam. Or, la réalité se révèle pire que les fantasmes. Comment « déradicalisera-t-on » les 20 % de musulmans et 28 % de musulmanes qui, dans notre pays,  approuvent le port de la burqa ? Combien de générations faudra-t-il pour les convaincre qu’une femme libre n’est pas souillée par le regard d’un homme ?

Ces questions ne seront évidemment pas posées, comme le montre le titre hilarant du Monde sur le sujet : « Les musulmans de France, une population jeune et diverse ». Les perroquets du tout-info et tous les autres fossoyeurs du réel s’emploient déjà à expliquer qu’on a mal compris : l’intégration progresse. Quant à ceux pour qui elle ne progresse pas, ils sont révoltés plus que musulmans. Fort bien. Et qu’est-ce qu’on fait, avec tous ces révoltés ?

Alain Finkielkraut a défini un jour le politiquement correct comme le fait de ne pas voir ce qu’on montre. Le traitement de l’étude sur les musulmans de France réalisée par l’Institut Montaigne sous la direction de Hakim El Karoui et publiée hier par le JDD nous en a fourni un exemple éclatant. On dirait que les médias se sont concertés pour tenter de planquer la réalité sous des titres lénifiants. « Musulmans de France, l’enquête qui surprend », annonçait le JDD à sa « une ». « L’enquête qui terrifie » aurait été un titre plus adapté.

28% de fans de la charia

C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un travail aussi sérieux tente d’établir un portrait idéologique et culturel des musulmans de France (trois quarts de Français, un quart d’étrangers). On se disait bien qu’une partie d’entre eux avait quitté le monde commun – ou n’y avait jamais résidé – mais on pouvait encore espérer qu’il s’agissait d’une infime minorité. Or, on apprend que 28 % des musulmans de France estiment que la charia prévaut sur la loi de la République. Oui, vous avez bien lu : près d’un tiers des musulmans vivant dans notre pays vivent mentalement dans une tout autre contrée. Un tiers sur une population estimée (à la baisse) entre 3 et 4 millions, ça fait un million de personnes, souvent jeunes. Combien seront-ils, dans dix ans, à être passés de la charia au djihad ? Seulement 1 %, soit “seulement” 10000 ? Voilà qui rassurera certainement les 70 à 80 % de Français que l’islam inquiète.

La réalité se révèle pire que les fantasmes

On pourrait se réjouir de ce que 70 % des musulmans vivant dans notre pays soient devenus des laïques comme les autres. « Deux tiers des musulmans pensent que la laïcité permet de vivre librement sa religion », affirme Hakim El Karoui. Alors, il doit y avoir maldonne sur le sens du mot laïcité.  En effet, douze ans après le vote de la loi interdisant les signes religieux à l’école, 60 % des personnes interrogées estiment que les filles devraient pouvoir porter le voile à l’école ; 48 % pensent qu’on doit pouvoir affirmer son identité religieuse au travail ; 58 % des hommes et 70 % des femmes sont favorables au port du voile – hijab. Autrement dit, même au sein de la majorité que l’on dit intégrée, on n’entend pas renoncer à ce signe de rupture avec le modèle français qu’est la dissimulation du corps féminin.

Les promoteurs de l’étude espéraient sans doute que la réalité scientifiquement établie permettrait de trancher le cou des fantasmes sur l’islam. Or, la réalité se révèle pire que les fantasmes. Comment « déradicalisera-t-on » les 20 % de musulmans et 28 % de musulmanes qui, dans notre pays,  approuvent le port de la burqa ? Combien de générations faudra-t-il pour les convaincre qu’une femme libre n’est pas souillée par le regard d’un homme ?

Ces questions ne seront évidemment pas posées, comme le montre le titre hilarant du Monde sur le sujet : « Les musulmans de France, une population jeune et diverse ». Les perroquets du tout-info et tous les autres fossoyeurs du réel s’emploient déjà à expliquer qu’on a mal compris : l’intégration progresse. Quant à ceux pour qui elle ne progresse pas, ils sont révoltés plus que musulmans. Fort bien. Et qu’est-ce qu’on fait, avec tous ces révoltés ?

Voir de plus:

Frédéric Pichon : «Notre focalisation sur Daech nous fait oublier les autres djihadistes en Syrie»

  • Alexis Feertchak
  • Le Figaro
  • 30/11/2016

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Alors que le régime de Bachar al-Assad semble gagner la bataille d’Alep et se renforcer politiquement, le spécialiste du Moyen-Orient met en garde contre la constitution en Syrie du «djihadistan» d’Idleb certes anarchique mais dominé par l’ex-Front al-Nosra.

Frédéric Pichon est un géopolitologue, spécialiste du Moyen-Orient. Auteur d’une thèse de doctorat sur la Syrie et chercheur associé à l’Université de Tours, il a publié Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (co-aut., éd. PUF, 2012) et Syrie: Pourquoi l’Occident s’est trompé (éd. Éditions du Rocher, 2014).


FIGAROVOX. – La poche des rebelles à l’Est d’Alep se réduit chaque jour davantage face aux assauts de l’Armée syrienne appuyée notamment par l’aviation russe. Le sort de la bataille d’Alep est-il scellé?

Frédéric PICHON. – Pour le moment, l’assaut des forces loyalistes est parvenu à couper en deux la zone rebelle d’Alep, grâce essentiellement aux troupes d’élite de l’armée syrienne. Symboliquement c’est très important pour Damas, car cela atténue l’implication des alliés étrangers dans la bataille d’Alep, exception faite des Russes dont l’aviation a été décisive. Il reste plus au sud une zone étendue dans laquelle sont encore piégés des milliers de civils et les éléments armés qui contrôlent cet espace. Est ce la fin? L’offensive loyaliste à eu un impact majeur sur le moral des combattants. De plus en raison de l’encerclement complet des poches restantes et de la fin du soutien turc en armes et combattants, il est probable que le sort de la bataille d’Alep soit scellé, comme je l’avais annoncé il y a un mois. Les Russes se tiennent d’ailleurs en embuscade et sont en train de négocier des trêves avec les chefs rebelles. Selon un scenario déjà éprouvé à Homs, ils vont probablement leur proposer une sortie honorable en direction d’Idleb.

De nombreux civils d’Alep Est se sont réfugiés dans la zone de la ville contrôlée par le régime de Bachar al-Assad. Que dire de la situation humanitaire dans l’ancienne capitale économique de la Syrie?

Oui, très pudiquement, alors même que l’OSDH le mentionnait, les médias occidentaux se sont bien gardés de mentionner que l’immense majorité des civils qui ont fui (sans doute déjà plus de 50000) l’ont fait vers les zones loyalistes de l’Ouest d’Alep ou vers le quartier kurde de Sheikh Maqsoud. Pour les milliers de civils encore bloqués à l’Est, les conditions sont en train de se dégrader, si bien qu’on peut penser qu’il y aura des flux massifs dans les jours qui viennent. De ce point de vue, la stratégie des rebelles qui ont tout fait pour empêcher la fuite des civils semble être un échec. Et c’est bien évidemment le calcul du gouvernement syrien qui fait tout pour leur rendre la vie impossible. C’est le scenario prévisible que va connaître Mossoul dans les semaines à venir. La guerre urbaine est la pire des guerres, l’ «ultime champ de bataille» pour reprendre le titre d’un ouvrage récent.

Quelles conséquences politiques pour Damas, Moscou et Téhéran auraient une reprise d’Alep?

Alep aurait pu devenir dès 2012 la capitale de l’opposition islamiste à Bachar al-Assad. Mais la sociologie de la ville a empêché que l’assaut depuis l’extérieur mené par les rebelles puisse déboucher sur un contrôle total de la ville. L’immense majorité des Alépins a continué de vivre sous le contrôle de l’administration de Damas. Avec la reprise d’Alep Est, Damas montrerait sa capacité à tenir un territoire qui est viable économiquement et surtout sans problème de continuité territoriale le long d’un axe longitudinal qui va du Sud de la province de Sweida jusqu’à Alep. Un territoire où vivraient encore plus de 60% de la population totale de la Syrie. Politiquement, Moscou se pose en acteur incontournable de la crise syrienne, sur lequel d’ailleurs Damas s’appuie bien plus que sur Téhéran. Désormais, c’est par Moscou que devront passer les initiatives politiques, tout le monde s’y résout: même les opposants en exil n’écartent pas une triangulation russe pour négocier l’avenir politique de la Syrie.

Quel est l’avenir des rebelles d’Idleb, à l’Ouest d’Alep? Assiste-t-on dans ce territoire à l’éclosion d’un djihadistan sous l’influence de l’ex-Front al-Nosra donc d’al-Qaïda?

La situation est confuse à Idleb car les groupes djihadistes présents ont la fâcheuse tendance à se déchirer ces dernières semaines. Sans soutien turc, la province d’Idleb n’est absolument pas viable. Lorsque les dernières ressources auront été prélevées par les seigneurs de la guerre, cela va tourner à l’anarchie. Mais ce qui est inquiétant, c’est que ce djihadistan est un problème pour nombre de pays, y compris le nôtre. Pour ne citer que la Chine, Pékin, à la suite de l’attentat qui a frappé son ambassade à Bichkek l’été dernier, a commencé à s’intéresser de plus près à ce territoire où se trouvent près de 2000 combattants du Parti Islamique du Turkestan, des Ouïghours, dotés d’armes performantes et qui tenteront à nouveau de frapper les Chinois depuis ce réduit. La Chine envisagerait ainsi de doter l’armée syrienne de drones armés, comme elle l’a déjà fait auprès de l’armée irakienne. Il faut noter que les Etats-Unis ont effectué plusieurs frappes dans cette province ces dernières semaines pour éliminer les cadres de Jabhat Fatah al Sham, ex Al Nosra. Avec l’aval bien évidemment de la chasse russe. Je crois que notre focalisation sur l’Etat Islamique nous fait perdre un peu de vue cette poche lourde de menaces.

L’opération turque au Nord de la Syrie se poursuit, notamment pour reprendre la ville d’Al-Bab aux mains de l’Etat islamique. Dans cette région, la rivalité est forte avec les Kurdes et l’armée syrienne. Quel est le jeu d’Ankara? Dans quelle mesure est-il libre vis-à-vis de Moscou?

La Turquie porte une responsabilité immense dans le chaos qui règne au Nord de la Syrie. Elle a aidé et encouragé les pires éléments islamistes depuis son territoire à seule fin d’empêcher la constitution d’une zone kurde à ses portes. L’objectif de renverser le «tyran Assad» apparaît de moins en moins sérieux avec le recul quand on constate les dérives mégalomaniaques du Président Erdogan. A présent, elle semble avoir reçu un message clair de Moscou et agit dans un cadre apparemment négocié par Poutine. On ne sait toujours pas quels sont les objectifs de la Turquie: constituer une zone tampon pour empêcher la constitution d’un Rojava (Kurdistan syrien autonome, ndlr.) auquels aspirent les Kurdes de Syrie? Eradiquer l’Etat Islamique (c’est plus douteux)? Dernièrement Erdogan a affirmé avoir comme objectif de renverser Assad. Ce n’est pas sérieux tant que les Russes seront là…

L’Etat islamique est sur la défensive en Irak, mais aussi en Syrie. Pourrait-on envisager une reprise rapide de leur capitale régionale, Raqqa?

Le problème de Raqqa, pour toutes les raisons évoquées plus haut est très compliqué à résoudre. Non pas tant tactiquement mais politiquement: il faudra attendre encore plusieurs semaines avant qu’un consensus international se dégage, issu de la fin de la bataille d’Alep ou même de Mossoul. Après, ce sera la course. En attendant, tout le monde avance ses pions: forces spéciales françaises, troupes turques, kurdes syriens, milices irakiennes venues de l’est. Quant aux avions de la Coalition, ils devront aussi se coordonner avec les Russes ou les Syriens. Mais c’est encore trop tôt.

Voir de plus:

En Syrie les “casques blancs” pris la main dans le sac de la mise en scène

La “Défense Civile Syrienne” financée par les Etats-Unis et l’Europe plus connue sous le vocable des “Casques Blancs”, est de plus en plus démontrée être un des plus gros et des plus élaborés mensonges et tromperies de la propagande de guerre moderne occidentale. Se présentant comme à la fois “sauveteurs” de civils coincés dans de soi-disant bombardements russes en Syrie et “observateurs” des soi-disant “atrocités” commises contre les militants combattant le gouvernement syrien, les preuves se sont accumulées pour démontrer que cette entité est en fait complice des groupes militants islamistes incluant des groupes terroristes reconnus et aussi une agence de propagande occidentale.

En octobre de cette année, des manifestants en Europe ont facilement recréé virtuellement chaque scène de “sauvetage” montrée par les “casques blancs” simplement en se barbouillant de farine et de colorant rouge et en s’allongeant sur le sol de villes européennes. Partie prenante de la campagne “Sauver Alep”, les manifestants cherchèrent à amener la “réalité” du “travail” des “casques blancs” à une audience européenne. Mais ils l’ont peut-être fait de manière trop littérale, révélant par là-même que de nombreuses scènes filmées par les “casques blancs” en Syrie sont en fait arrangées et truquées et font partie d’un théâtre de propagande urbaine.

Dans une vraie situation de guerre, des bombardements laissent derrière eux un carnage indescriptible, avec des corps calcinés au delà de toute possibilité de reconnaissance, des membres arrachés, pantelants, des plaies ouvertes et des tas de chair sanguinolente. Les vidéos de ces “casques blancs” (NdT: rappelons-le financés à hauteur de millions d’euros par les Etats-Unis et l’UE…) ne représentent bizarrement aucune de ces dures réalités et au lieu de cela mettent le plus souvent en scène de la farine et des colorants sur des figurants, comme vus dans les scènes de manifestations en Europe le mois dernier.

Il est à noter que la seule chose qui manquait des manifestations inspirées des “casques blancs” en Europe, fut un décor de fond de ville en ruines et les piles de gravas pour y “enfouir” les acteurs.

Une vidéo récente partagée sur facebook par l’activiste syrienne Mimi Al Laham expose grandement cette farce avec l’inclusion de cette dernière caractéristique.

Ce qui apparaît être une vidéo des “casques blancs” est filmé dans un style technique connu sous le nom de “mannequin challenge”. Sur ce type de plan, les acteurs sont figés tandis que la caméra bouge autour d’eux pour un effet similaire d’une technique employée à Hollywood pour augmenter l’effet dramatique. Ceci a fait surface sur Youtube.

La vidéo commence avec trois hommes tentant de demeurer parfaitement immobiles alors que la caméra bouge autour d’eux. Les hommes posent dans des gravas d’un bâtiment effondré. Deux des hommes sont habillés en “casques blancs” et le 3ème homme est allongé au sol avec ses jambes partiellement ensevelies sous les gravas. Un effet son est ajouté à la bande son de manière évidente, son similaire de celui que nous pouvons entendre dans les films de guerre lorsqu’un personnage est choqué et ses oreilles sifflent et bourdonnent, juste avant que les personnages ne commencent à bouger et à crier, les volontaires commencent alors à “dégager” l’homme coincé qui feint des cris de douleurs.

A part le style du “mannequin challenge”, la vidéo n’est pas différente de toute celles inclues dans la “filmographie” des “casques blancs”. Comme toutes les “victimes” que les “casques blancs” ont “sauvées”, l’homme dans cette vidéo n’est manifestement pas blessé et est simplement couvert de poussière tout comme les manifestants en Europe étaient couverts de farine et juste comme toutes les “victimes” que les “casques blancs” ont “sauvé” en Syrie, le furent après les soi-disant bombardements.

De sérieuses questions éthiques se posent

Dans cette vidéo, les trois hommes sont indubitablement des acteurs. La “victime” a été manifestement et sans aucun doute intentionnellement et précautionneusement enfouie dans les gravas et non pas coincée en résultat d’un bombardement. Le fait que les deux autres acteurs soient complètement habillés des uniformes des “casques blancs”, acquis par les dizaines de millions d’euros fournis à l’organisation par les gouvernements occidentaux, révèle une violation potentiellement sérieuse de l’éthique, similaire aux violations du code d’éthique commises par des sauveteurs et médecins, réels eux, et qui utilisent leurs ressources et leur statut protégé à des fins politiques et militaires plutôt que pour leurs missions humanitaires réelles. (NdT: suivez notre regard….)

Les “casques blancs” sont peut-être la parfaite personnalisation de cette “opposition” syrienne. Une façade, une supercherie totalement créée par des intérêts étrangers pour diviser et détruire une nation entière, voire une région entière, tout en posant comme des héros de la “liberté”, de la “démocratie” et de la “cause humanitaire”. Pour toutes les autres ONG du monde recevant le financement des Etats-Unis et de l’UE (NdT: directement ou par procuration… USAID, NED etc…), elles devraient sérieusement considérer en quelle compagnie elles se retrouvent: celles de menteurs et de terroristes, d’acteurs qui se repaissent des bonnes intentions des gens à faire le bien tout en exploitant la misère dont ils sont eux-mêmes le plus souvent directement impliqués à créer.

Voir également:

The Mullahs’ Syrian Airlift Gets a Boost

Boeing sells 80 aircraft to an Iranian regime that uses passenger jets to supply Bashar Assad. Thank Obama’s nuclear deal.

News of the sale came as the Syrian regime closed in on the last rebel positions in Aleppo. The United Nations reports that Bashar Assad’s forces are executing civilians in their homes and on the streets. At the Security Council on Tuesday, Samantha Power, America’s U.N. ambassador, raged at Syria and its Russian and Iranian patrons. “Are you truly incapable of shame?” she asked. She went on to compare the killing fields of Aleppo with ethnic cleansing in Rwanda and Srebrenica.

Moving stuff. But since Ayatollah Khamenei and Vladimir Putin don’t bend to stirring American oratory, the speech only served to highlight the Obama administration’s capacity for self-serving moralism. Ms. Power, for one, apparently can’t see how she now resembles the diplomats she pilloried in her book “A Problem From Hell: America and the Age of Genocide.” She is still playing the idealist in the age of the disappearing red line.

The White House response to the Syrian crisis has been worse than inaction. With the nuclear deal—the altar on which Mr. Obama sacrificed Syria and America’s traditional Middle East alliances—Washington is actively lending power and prestige to the butchers of Aleppo.

Take the Boeing sale. Under Mr. Obama’s nuclear deal, the U.S. authorized the “transfer to Iran of commercial passenger aircraft for exclusively civil aviation end-use.” Some Iranian airlines, such as Mahan Air, remain sanctioned by the U.S. Treasury even after the deal. But Iran Air was de-sanctioned, notwithstanding Treasury’s determination in 2011 that it provides “material support and services” to the Islamic Revolutionary Guards Corps, or IRGC.

Boeing’s deal with the mullahs is perfectly legal, in other words, even though the line between civil aviation and military activity in Iran is blurry. Passenger airlines have for years played a central role in Tehran’s efforts to supply the embattled Assad regime and other terrorist proxies with men and materiel—what Foundation for Defense of Democracies expert Emanuele Ottolenghi calls the regime’s “Syrian airlift.”

The typical route runs from various Iranian cities to a suspected IRGC hub in Abadan, Iran, and from there to Damascus. Usually, it has been Mahan that flies this route. But publicly available tracking information suggests that Iran Air aircraft have flown it as recently as October. In many of these cases, the actual routes Iran Air flies differ from those associated with the listed flight numbers.

Even if Iran Air never uses its jets for the Syrian airlift, the fresh supply of planes would benefit the Assad regime and other Iranian proxies. New parts, services and seats would reduce the pressure on Iranian aviation and improve overall efficiency. “You can’t insulate the activities of civil aviation from the nefarious ones,” says Mr. Ottolenghi. Boeing didn’t respond to multiple requests for comment.

The nuclear deal does bar Iran Air from using the jets for noncivil aviation purposes or transferring them to Treasury-sanctioned entities such as Mahan. Under the relevant provision, Washington can withdraw or deny export licenses down the road if it concludes that the aircraft “have been used for purposes other than exclusively civil aviation end-use.”

Text is one thing and real-world enforcement another. The U.S. Treasury last May sanctioned nine aircraft associated with Mahan Air, on the grounds that the airline helps the IRGC “ferry operatives, weapons, and funds in support of the Asad regime.” Mahan had a “blockable” interest in the nine aircraft, Treasury said, and identifying them would make it “more difficult for Iran to use deceptive practices to try to evade sanctions.”

Many of the jets are still airborne today. At least one of them flew to such destinations as Paris, Kuala Lumpur and Milan as recently as this week, according to publicly available flight-tracking information. Once Boeing transfers the purchased aircraft to Iran Air, there is very little the U.S. government can do to control the end-use.

The incoming Trump administration has so far kept mum. In the coming weeks Boeing will appeal to Donald Trump’s commitment to boosting manufacturing employment to win support for the sale, pressure the president-elect will have to weigh against his oft-stated opposition to the nuclear deal.

U.S. Rep. Peter Roskam (R., Ill.), who spearheads congressional opposition to the Boeing sale, tells me in a phone interview: “Boeing has never answered this question: How are you going to prevent the Iranian regime from using these [aircraft] to support the Assad regime?” Then again, aircraft manufacturers exist to sell aircraft. It is Obama-administration alumni who will live with the consequences.

Mr. Ahmari is a Journal editorial writer based in London.

Voir de même:

Gros contrat entre l’Iran et Boeing, Airbus devrait suivre

La compagnie aérienne IranAir a annoncé dimanche l’achat de 80 avions commerciaux Boeing – cinquante 737 et trente 777 -, un contrat sans précédent entre les Etats-Unis et l’Iran depuis la révolution de 1979.

Un accord entre l’Iran et le rival européen de Boeing, Airbus, portant sur l’achat de plus d’une cinquantaine d’appareils devrait suivre dans les prochains jours, a déclaré parallèlement un responsable iranien à Reuters.

L’accord avec Boeing, annoncé d’abord par l’agence de presse Irna et confirmé par l’avionneur américain, représente un investissement de 16,6 milliards de dollars (15,7 milliards d’euros) étalé sur dix ans, précise Irna qui ajoute qu’il a été validé par les autorités fédérales américaines.

Le directeur régional de Boeing, Fletcher Barkdull, se trouve à Téhéran pour la signature de ce contrat, précise Irna.

L’accord annoncé dimanche fait suite à un accord préliminaire conclu en juin et portant sur plus de 100 appareils, a précisé Boeing.

Les appareils restants devraient faire l’objet d’une location longue durée, a ajouté l’avionneur, qui dit avoir travaillé en étroite coordination avec les autorités américaines pendant les négociations.

Les Etats-Unis ont recommencé à émettre des licences autorisant la vente d’avions de ligne à l’Iran suite à la levée des sanctions internationales imposées contre le régime de Téhéran pour son programme nucléaire.

Boeing et Airbus ont ainsi reçu le feu vert des autorités américaines pour vendre à l’Iran plus de 100 avions chacun.

AIRBUS DEVRAIT LIVRER LE PREMIER

Même si Airbus est un groupe européen, l’aval de Washington est indispensable pour vendre des avions à l’Iran car au moins 10% des composants des appareils concernés proviennent des Etats-Unis.

L’accord avec Airbus, qui porte dans un premier temps sur environ la moitié des 118 avions ayant fait l’objet d’une commande provisoire en janvier, devrait être finalisé dans les deux prochains jours, a précisé le responsable iranien.

Les premiers avions à arriver en Iran devraient être européens. Les Airbus et les appareils turbopropulsés fabriqués par ATR, dont Airbus détient la moitié du capital, devraient être livrés en 2017, les livraisons d’Airbus ne commençant qu’en 2018, selon le même responsable.

« Airbus en est à un stade plus avancé en ce qui concerne les livraisons », a-t-il dit, ajoutant que l’accord signé dimanche avec Boeing devait encore faire l’objet de discussions sur son financement.

(Bureau de Dubai, avec Tim Hepher à Paris; Henri-Pierre André et Patrick Vignal pour le service français)

Voir de plus:

Les représentants US votent contre les ventes d’avions à l’Iran

L’Orient le jour
19/11/2016
La Chambre américaine des représentants a adopté jeudi un projet de loi visant à interdire les ventes d’avions de ligne à l’Iran, cherchant ainsi à empêcher que soient honorés des contrats conclus par Boeing et Airbus, qui ont d’ores et déjà été approuvés par l’administration Obama.

Le texte a été adopté par 243 voix contre 174. La mesure interdirait au département du Trésor d’accorder les licences dont les banques américaines ont besoin pour financer la vente d’avions commerciaux. C’est là la dernière tentative en date des élus républicains du Congrès pour contrer l’accord international conclu entre l’Iran, les États-Unis et les autres grandes puissances sur son programme nucléaire, qui a eu pour conséquence la levée des sanctions internationales.
Les contrats conclus par Airbus et Boeing sur la vente ou la location de plus de 200 appareils à IranAir doivent aider l’Iran à moderniser et agrandir sa flotte d’avions vieillissante, entretenue bon an mal an grâce à des pièces obtenues en contrebande ou fabriquées de façon artisanale.
Le projet de loi a toutefois peu de chances d’être adopté sous la mandature actuelle. Il lui faudra encore faire l’objet d’un vote au Sénat, où il se heurtera à une vive opposition des démocrates. Et s’il venait à franchir cet obstacle, la Maison-Blanche a laissé entendre que Barack Obama opposerait son veto.
(Source : AFP)

Voir encore:

How Obama made Syria’s civil war much, much worse
Michael Brendan Dougherty
The Week
December 15, 2016

Aleppo has fallen. And much of the West is awash in a considerable amount of guilt over the Syrian city’s fate.

The Eiffel Tower was dark yesterday in honor of the victims of Bashar al-Assad’s regime in Aleppo. In Britain’s House of Commons, ministers grandly accused themselves of their own inaction. George Osborne, a conservative MP, said that there was « some hope for what might come out from this terrible tragedy in Syria, which is that we are beginning to learn the price of not intervening. »

The horror in Aleppo is easy to mourn, because the West is now so thoroughly not in a position to do anything to halt it, or to end the regime that inflicts it. Watchers in the West no longer have to consider the fact that preventing the horrifying situation in Aleppo would have meant creating many more horrifying scenes in Damascus with our own bombs and artillery, as the West fought a hugely costly war with the Syrian regime.

Decrying Aleppo’s fall is a freebie. We don’t have to consider who would have inherited a Western victory over Assad. As of two weeks ago, perhaps 8,000 to 10,000 rebel fighters were holed up under the constant weeks-long shelling of Aleppo. The majority of them were affiliated with al Qaeda’s Syria branches. Aleppo has its share of civilians who are sympathetic to the rebels and mortally terrified and imperiled by Assad’s regime. But those who escaped Aleppo earlier this year say that many other civilians are kept there as human shields and propaganda for the al Qaeda fighters who held the city.

The final siege of Aleppo is almost a shocking replay of the 1982 Hama massacre, committed by Hafez al-Assad, in which the Syrian militarily routed the opposition led by the Syrian branch of the Muslim Brotherhood. Now, as then, Sunni Islamist forces were crushed to secure the long term survival of the Assad dynasty.

Osborne and interventionists in the U.S. should not learn the wrong lesson from Aleppo’s fall. There was never a good plan from the West. The Spectator’s Freddy Gray described the interventionists’ 2013 thinking, and it is not flattering: « Bomb first, think later seemed to be the strategy, just as it was in Libya — and look how well that turned out. » Intervention in Syria was fantastically unpopular in Britain and America. That’s why the House of Commons, and later the U.S. Congress, ended up voting against it.

The Obama administration, although it backed away from its half-hearted push for larger intervention, still carried on covert support of the rebels. The CIA and Defense Department armed different groups (who sometimes shot at each other). The Free Syrian Army, the so-called « moderate » rebels on whom so many hopes were pinned, kept disintegrating. Even as the U.S. tried to rebrand it as the « New Syrian Force, » its fighters often defected to al Qaeda, or even ISIS. If they didn’t defect, they would sometimes just lose their new weapons to these more established radical Sunni brands. The United States was allied with the allies of al Qaeda in Syria, and carried out its covert missions under the 2001 AUMF that authorized the U.S. to fight al Qaeda. It’s dizzying.

Along the way, the U.S.’s half-hearted intervention possibly created the worst of all worlds. It encouraged people to invest themselves in a doomed fight much longer than was necessary. It caused rebels to place their hopes in a more broad intervention that was never coming. And it lengthened one of the most disastrous civil wars of the modern era, one whose aftershocks and refugee flows have brought terror to Europe and helped empower a resurgent nationalism that is shaking the political and economic foundations of the European Union.

Lastly, the U.S. having involved itself just enough to look like a loser, ceded initiative to its chief geopolitical rival, Russia. Not only did Obama help make Syria one of his own « losses, » he paved the way to make it look like a Russian win over the United States and radical Sunni Islam. It’s a disaster.

But if the U.S. really wanted to overthrow Assad, the likeliest outcome was the disaster that has afflicted Syria and, to a lesser degree, Iraq: multiple groups claiming the right to govern, and the flourishing of ISIS in the midst of the disorder. That’s the choice Obama backed into, either giving Russia a geopolitical boost, or becoming an agent of chaos again.

On top of the horrors in Aleppo’s fall is the dreadful reality that even this may not bring about the end of the war. Positions in Syria that had been recaptured by the government forces and Russia have been abandoned to the control of ISIS. That ISIS recaptured Palmyra was a particularly significant propaganda coup as the Russians had flown in a symphony orchestra to play in its picaresque ruins in celebration of its liberation last year. But taking Aleppo means that the Assad regime has control of the major cities of his nation again, if not the periphery.

The horrors in Aleppo are all too real. Honoring the memory of the dead in Syria will require much more serious reflection by our leadership class than what we’ve seen this week. Turning the Eiffel Tower into a memorial for al Qaeda’s dead, and mourning our lost chance at a wider war that had no plausible happy ending, is just another grotesquerie in a long parade of disasters in this region.

Voir aussi:

L’Iran a fait capoter l’accord sur la reddition d’Alep

Même alliés, l’Iran et la Russie ne poursuivent pas les mêmes objectifs en Syrie. Et ce sont les habitants d’Alep-Est qui en font les frais

Luis Lema
Le Temps

14 décembre 2016

Le calvaire se poursuit. Toute la journée de mercredi, les bombes ont continué de s’abattre sur les derniers kilomètres carrés d’Alep-Est qui échappent encore au contrôle de l’armée syrienne. Quelque 50 000 personnes restent donc à la merci des canons. L’annonce, mardi soir, d’un accord de reddition des forces rebelles n’y a rien pu. Bien au contraire: alors que des centaines d’habitants de l’enclave bombardée se pressaient dans les rues dans l’espoir d’embarquer dans des autobus censés les sortir de l’enfer, les bus sont repartis vides. Les bombardements ne tardaient pas à redoubler, amenant les habitants à courir en tous sens pour essayer de sauver leur vie.

La Turquie médiatrice

Cette manière de susciter les espoirs de la population avant de les enterrer tout aussitôt a été qualifiée mercredi à Genève d’«outrageusement cruelle» par le commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Zeid Ra’ad al-Hussein.

L’ONU, en réalité, a été tenue à l’écart de cette tentative d’accord d’évacuation, tout comme les Etats-Unis. Malgré les dizaines d’heures passées à cela par l’émissaire de l’ONU Staffan de Mistura, malgré les rencontres en série tenues par le chef de la diplomatie américaine John Kerry, c’est la Turquie qui avait négocié cette capitulation d’Alep, en se posant en médiateur entre les rebelles syriens et Moscou.

Ce rôle joué par la Turquie est le reflet de la marginalisation de l’actuelle administration américaine ainsi que d’une «communauté internationale» réduite à étaler son impuissance en poussant des hauts cris. Mais ces circonstances semblent aussi expliquer l’échec de l’application de la trêve. A la dernière minute, aussi bien Damas que l’Iran semblent en effet avoir ajouté de nouvelles conditions à l’accord russo-turc, faisant voler en éclats un dénouement conclu sans leur assentiment.

Deux villages alaouites assiégés

Selon des informations reprises au conditionnel par le Haut-commissariat aux droits de l’homme, ce sont en effet des milices iraniennes pro-Assad qui auraient arrêté le premier convoi d’autobus, alors même qu’il s’était déjà mis en route pour quitter la ville. A Genève, une source diplomatique qui suit de près le dossier se montre plus claire: «L’Iran veut exploiter au maximum la situation. Il veut qu’on reconnaisse le rôle central qu’il a joué dans la bataille d’Alep, quitte à froisser quelque peu son allié russe.»

Loin de se ranger derrière l’accord conclu par Moscou, Téhéran exigerait en effet que l’évacuation des milliers de personnes qui restent à Alep-Est soit conditionnée au départ d’une partie des habitants de Foua et de Kefraya. Ces deux villages chiites sont assiégés depuis des mois par les rebelles syriens. Distantes de quelques dizaines de kilomètres à peine d’Alep, les deux enclaves se trouvent dans la province voisine d’Idlib, encore aux mains de la rébellion syrienne. Encerclés de toute part, les habitants chiites ne doivent leur survie qu’aux forces du Hezbollah, le mouvement chiite libanais pro-iranien, qui assure leur défense. Bien plus: c’est précisément en mettant en avant le sort de cette population chiite que le Hezbollah avait notamment justifié son intervention en Syrie aux côtés du régime de Bachar el-Assad.

«En soulageant les conditions de vie de cette population chiite, Téhéran et le Hezbollah donneraient encore plus d’ampleur à leur «victoire» à Alep, note la même source. Aujourd’hui, ce sont eux qui tiennent le couteau par le manche, puisqu’ils ont le droit de vie ou de mort sur les habitants d’Alep-Est. Selon leur logique, il faudrait être fou pour se priver de ce moyen de pression.»
Même si la chute d’Alep-Est a été préparée par le lourd bombardement de l’aviation russe, ce sont bien les milices iraniennes et chiites qui ont fourni le gros des troupes sur le terrain ces dernières semaines. Impuissants face à ce déferlement de force, les rebelles ont d’ailleurs envoyé mercredi des salves de roquettes sur Foua et Kefraya, comme pour mieux enterrer tout espoir de résolution rapide.

Mercredi, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’est entretenu au téléphone avec son collègue iranien Javad Zarif sur la «nécessité de venir en aide à la population d’Alep». Les termes exacts de la capitulation d’Alep-Est dépendaient sans doute de cette conversation entre les deux alliés un peu en froid. Mais en attendant, les dizaines de milliers de civils piégés à Alep-Est s’apprêtaient à vivre une nouvelle nuit de cauchemar.

Voir de plus:

Liz Peek
The Fiscal Times
 November 23, 2016

Finally, we know President Obama’s true legacy – a sore loser who wants to prolong his successful eight-year run of dividing Americans.

Notwithstanding that voters just handed the president a convincing rebuke, The New York Times reports that Obama wants to join the many leftist organizations organizing to fight Donald Trump. He told a group of activists with Organizing for Action that he would join their efforts quite soon — once he again becomes a private citizen. In a recent interview with The New Yorker, he said he felt “some responsibility to at least offer my counsel” to Democrats working to resist Trump.

Do Democrats want Obama’s counsel? Given that he has presided over a disastrous eight years, it seems unlikely. But then the party of Hillary and Obama is not burdened with introspection. They have looked far and wide for the reasons that a political neophyte interrupted the coronation of Hillary Clinton and have settled on sexism, racism, “fake” news stories and the conservative media. It is the rare voice that timorously points out that maybe voters didn’t want any more of what Democrats had to offer.

To be fair, and despite the popular impression to the contrary, it is not unprecedented for a former president to criticize his successor. Carter lambasted Bush2, Eisenhower complained about JFK’s domestic policies and Teddy Roosevelt called Taft a “puzzlewit” and “fathead”, laying to rest the notion that name-calling, too, is new to our age.

But Obama will go down as the only president in history to spend eight years vociferously criticizing both his predecessor and his successor. According to Obama, nearly every problem facing the nation, even in the eighth year of his presidency, can be ascribed to George W. Bush. The remainder can be blamed on Donald Trump. That is quite the legacy.

You have to wonder: has Obama ever considered that his party’s resounding defeat in the 2016 election was a referendum on his policies? That, just as in 2010 and 2014, voters decided they didn’t like Obamacare, the Iran deal, the sluggish economy, the liberal social agenda, the sluggish response to ISIS, the IRS scandal and his Justice Department’s slip-shod investigation into Hillary Clinton’s use of a private server? That maybe he was wrong on some issues?

Whereas other presidents who have received a “shellacking” in midterm elections make adjustments or shake up their cabinets, Obama has never veered from the north star of his liberal righteousness. He never faltered in lauding Obamacare, skirting Congress, pushing amnesty for people who entered the country illegally, favoring Black Lives Matter, unilaterally imposing crushing environmental regulations and the numerous other unpopular policies that absorbed his attention.

When the people smacked him hard in the off-year elections, he and his acolytes attributed his shortcomings on a failure of messaging; if only people understood Obamacare better, the White House argued, they would come around to its wondrousness. As premiums rose and doctor choices shrank, he still did not admit its imperfections. When it turned out the Iran deal was foisted on a suspicious public through a series of lies, Obama maintained its virtues, even as many Americans knew better.

Obama has surrounded himself for eight years with people who tell him what he wants to hear – that his every idea is excellent. People who deviate from the script, like former Lt. General Michael Flynn who sounded unpleasant alarms about the threat of ISIS, find themselves out the door in quick order. Military leaders, in particular, have been culled by this president who, according to former Defense Secretaries Robert Gates and Leon Panetta, did not respect his armed forces’ chiefs and in fact rarely met with them.

Donald Trump has been criticized for saying he knows more than the Pentagon brass, and rightly so. But whereas that comment is typical Trump bravado, Obama apparently actually thinks he knows more than his generals and is not above telling them so. As Gates wrote in his memoir Duty, “The controlling nature of the Obama White House and the staff took micromanagement and operational meddling to a new level.”

Not only did Obama not take the advice of his military chiefs, he never even met with them. At a recent Congressional hearing, four top military figures testifying on national security were asked whether they had voiced concerns to Obama. Each one said no, they had never met the man. Flynn, recently appointed incoming National Security Advisor head by Trump, was fired in 2012 when he dared to disagree with Obama. Even though he headed the Defense Intelligence Agency, he never had an interview with the president.

The president is apparently unmoved by the gracious behavior of his predecessor George W. Bush, who rarely criticized President Obama despite the constant drubbing he received from his inexperienced successor. It is traditional that an outgoing president allows his successor some space; that apparently will not be Obama. He is so convinced that he is right, and that Trump is wrong – even before the latter gets rolling – that he will not disengage.

Shame on Obama. This country needs to heal after one of the most vicious elections in our history. Obama should take some responsibility for the divisions that have opened under his leadership. He should call off the demonstrators, and especially those breaking windows and torching cars, and explain how a democracy works. The country did not get to this place by itself; it is Obama’s policies that have angered voters and that lofted Trump to the Oval Office. It is time for Obama to leave the scene.

Voir encore:

Fin des opérations contre le PKK à Cizre

L’Orient le jour
12/02/2016

Les opérations conjointes militaires et policières particulièrement meurtrières menées, depuis deux mois, contre les rebelles kurdes dans le bastion kurde de Cizre, au sud-est de la Turquie, ont pris fin, a annoncé hier le ministre turc de l’Intérieur, Efkan Ala.

« Les opérations contre l’organisation terroriste (Parti des travailleurs du Kurdistan, PKK) ont pris fin ce jour avec grand succès », a-t-il dit, cité par la presse, indiquant cependant que le couvre-feu imposé depuis le début de l’offensive sera maintenu afin, selon lui, d’assurer le retour des habitants qui ont fui les combats. Le ministre a souligné que les forces de l’ordre avaient « entièrement pris le contrôle » de la ville où, comme dans d’autres localités du Sud-Est anatolien à majorité kurde, les rebelles kurdes avaient lancé une « insurrection », la guérilla urbaine armée ayant creusé des tranchées et érigé des barricades sur ces sites.

Cizre, proche de la frontière syrienne et irakienne, qui a été vidée de la quasi-totalité de ses 120 000 habitants, poussés à l’exode, a été un emblème de la reprise des combats l’été dernier entre Ankara et le mouvement kurde armé, après une accalmie de deux ans. La ville a été bouclée et aucun journaliste ni observateur indépendant n’a été autorisé à y pénétrer.
Selahattin Demirtas, le chef du parti prokurde HDP (Parti de la démocratie des peuples), troisième force politique au Parlement, a accusé en début de semaine le pouvoir turc d’avoir commis un « massacre » à Cizre, ce qui a été catégoriquement démenti par les autorités. Les combats dans la zone kurde ont fait de nombreux morts de part et d’autre (250 militaires et policiers et plus de 750 rebelles, selon l’armée), et quelque 200 civils auraient perdu la vie depuis l’instauration du couvre-feu, selon les ONG.

Parallèlement, tôt hier matin, les sièges de deux quotidiens proches du gouvernement ont été visés, à Istanbul, par des attaques attribuées par les autorités aux rebelles kurdes. Les deux attaques n’ont fait aucun blessé, uniquement des dégâts matériels mineurs.
(Source : AFP)

Voir également:

L’étude de l’islam de l’institut Montaigne est fracassante
Eric Le Boucher

Slate

20.09.2016

Ne va-t-on rien en tirer?

L’étude de l’islam en France conduite par l’Institut Montaigne n’aura-t-elle aucune suite? Les réactions ont été convenues, business as usual, les rassurés sont rassurés et les alarmés alarmés. Point final. Fermer ce rapport, classez-le dans un tiroir.

Cette étude inédite mérite beaucoup mieux. Ses résultats sont fracassants. Elle perce pour la première fois le brouillard. Comme les statistiques «ethniques» sont interdites en France, nous ne disposions d’aucune cartographie des musulmans. La science est évacuée, la connaissance nulle, on s’en remet à l’intuition et à l’idéologie. Ici, comme très souvent dans ces sujets polémiques, les carottes de la pensée sont précuites. Les optimistes pensent que l’intégration des musulmans est lente, certains admettent qu’elle est difficile, mais elle est en cours, soyez patients et tolérants. Les pessimistes pensent que c’est impossible, que le modèle français qui a intégré Bretons, Italiens et juifs, bute sur l’islam, une religion particulière. Soyez impatients et «identitaires».

Cette étude devrait au minimum conduire au lancement d’autres enquêtes du même type pour l’infirmer, la conforter, la préciser. Elle devrait aussi conduire à une révision considérable des politiques publiques.

Outil de rébellion
Son résultat fracassant est que l’islam est utilisé pour une large fraction de la population musulmane jeune, 28% ou 12% selon ce qu’on compte, «comme l’outil de rébellion contre la société française et l’occident en général», conclut l’auteur Hakim El Karoui.

Je souligne que 28% ou 12% ce n’est pas du tout pareil, il faudrait savoir! Mais dans les deux cas, c’est très grave pour les responsables de l’islam de voir leur religion utilisée comme un outil de révolte. C’est très grave pour les dirigeants politiques de voir que cette rébellion ne régresse pas, tout à l’inverse. Elle s’étend pour beaucoup de raisons fondamentales, économiques et géopolitiques (les conflits du Moyen-Orient), qui dépassent la France de loin.

Dire cela, est admettre la petitesse de la dispute des partis politiques français sur le nombre de flics, ou l’enfermement des fichés S. Est démontré que la seule réponse sécuritaire ne suffira pas et qu’elle est même peut être contre-productive puisque la répression provoque la radicalisation. L’interdiction du voile à l’école qui date d’il y a douze ans le montre. Aujourd’hui, explique l’étude, «environ 60% des 1029 enquêtés considèrent que les jeunes filles devraient pouvoir porter le voile au collège et au lycée». On a lu: 60%. Et il y a pire pour les tolérants: «Contrairement à l’opinion dominante qui voudrait que les hommes soient plus conservateurs que les femmes, le port du voile est rejeté par 26% des hommes mais seulement par 18% des femmes (…) Ces résultats témoignent d’une adhésion idéologique d’une part importante de la population féminine musulmane au port du voile, allant jusqu’à l’acceptation du voile intégral (pour 28 % des femmes)». Le voile est un outil de révolte ou, plus pacifiquement, l’affichage d’une «fierté islamiste». Dans ce cadre, on comprend pourquoi l’interdire renforce la volonté de le porter.

On va se rassurer. L’islam en France c’est, dit l’institut Montaigne «une majorité silencieuse, très souvent pratiquante mais sans conflit majeur avec les normes de la société française, d’une part; une minorité, attirée par le fondamentalisme, qui utilise l’islam pour dire sa révolte, d’autre part». La majorité des musulmans s’intègrent et respectent les valeurs de la République. Les jeunes des banlieues se révoltent? Mais ne le sait-on pas depuis le film La Haine de Kassovitz en 1995? Rien de neuf. Sauf que les comportements de radicalisation de ces jeunes musulmans démontrent que «ça ne va pas mieux» avec le temps. Les raisons extérieures, les pays arabes broyés par le jeu des grandes puissances occidentales, le conflit israélo-palestinien, comme les motifs intérieurs, les échecs scolaires, la faible qualification, les discriminations à l’embauche notamment, le chômage massif: tout agit dans le sens d’une aggravation.

Nous allons vers de plus en plus de difficultés d’intégration pas vers de moins en moins
L’étude ne dit que cela, mais c’est cela qui est fracassant. Nous allons vers de plus en plus de difficultés d’intégration pas vers de moins en moins. «On peut le déplorer, s’en féliciter, vouloir le combattre ou le respecter, ce fait social est bien réel. Il faut le traiter, dans le contexte qui est le nôtre -celui d’une violence terroriste et sans limite perpétrée au nom de l’islam, qui rend angoissant pour une majorité de Français le mouvement d’affirmation identitaro-religieux voire théologico- politique qui est à l’œuvre».

Que faire? D’abord prendre connaissance de ces comportements et de leurs explications. Il n’est que temps de rompre l’interdiction des statistiques ethniques. Ensuite, l’institut Montaigne fait des propositions pour que l’Etat aide les musulmans à se saisir enfin eux-mêmes de la lutte contre le fondamentalisme. Lever les ambiguïtés, assurer le financement, mettre fin à la tutelle des Etats étrangers, etc. Le gouvernement français a fait beaucoup de tentatives d’organisation de l’islam de France, aucune n’a réussi. Jean-Pierre Chevènement en est désormais la nouvelle cheville ouvrière. C’est, plus que la répression, le travail clé. Il en est un autre, autour des volets formation, travail, politique de la ville. L’échec est là plus que patent. Toutes les autorités, l’Ecole, le Medef, les ministères du travail, ont en vérité baissé les bras. L’institut Montaigne sonne l’urgence d’un réveil. Et on attend les propositions des candidats à la présidentielle.

Voir encore:

En Allemagne, un meurtre alimente le débat sur l’accueil des réfugiés

Le gouvernement dénonce les « amalgames » faits par le parti d’extrême droite AfD.

Thomas Wieder (Berlin, correspondant)

Le Monde

08.12.2016

Quand un fait divers a droit, le même jour, à la « une » de Bild, le plus célèbre tabloïd allemand, et à la page trois de la Süddeutsche Zeitung, un quotidien qui s’intéresse généralement assez peu à ce type d’événement, c’est qu’il est justement un peu plus qu’un simple fait divers. Il en est ainsi du meurtre de Maria L.

Mercredi 7 décembre, les deux journaux ont consacré une large place au destin tragique de cette étudiante en médecine de 19 ans, dont le cadavre a été repêché dans une rivière, le 16 octobre, à Fribourg-en-Brisgau (Bade-Wurtemberg), et dont le meurtrier présumé, un réfugié afghan de 17 ans, a été arrêté, vendredi 2 décembre, après que les enquêteurs ont retrouvé des traces de son ADN sur le corps de la victime, qui a été violée avant sa mort.

C’est au lendemain de l’arrestation du jeune homme, un demandeur d’asile arrivé en 2015, que l’affaire a pris un retentissement national. En cause : le choix de la télévision publique ARD de ne pas en parler, samedi, dans son journal de 20 heures. Une décision justifiée, selon les responsables de la chaîne, par la portée seulement « régionale » de l’événement. Un silence interprété par d’autres, au contraire, comme une volonté de la « presse mensongère » d’étouffer un crime qui, à leurs yeux, illustre le danger que représente l’arrivée massive de réfugiés en Allemagne au cours des derniers mois.

« Beaucoup de victimes auraient pu être évitées »

« Nous sommes bouleversés par cet acte et nous constatons que nos avertissements concernant la venue incontrôlée de centaines de milliers de jeunes hommes issus de cultures islamo-patriarcales sont qualifiés de populistes », a ainsi commenté Jörg Meuthen, l’un des dirigeants du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Il n’est pas le seul à avoir réagi dans ce sens. Rainer Wendt, patron du syndicat policier DPolG, a estimé, quant à lui, que « cette victime et beaucoup d’autres auraient pu être évitées, si [leur] pays avait été préparé aux dangers qui vont de pair avec une immigration massive ».

Contre ce qu’ils considèrent comme un « amalgame », les principaux responsables politiques du pays se sont exprimés sur l’affaire. « Nous devons éviter que ces faits épouvantables alimentent la haine. (…) De tels meurtres odieux existaient bien avant que le premier réfugié venu d’Afghanistan ou de Syrie n’arrive » en Allemagne, a déclaré Sigmar Gabriel, ministre de l’économie, vice-chancelier et président du Parti social-démocrate (SPD).

« De tels délits sont évidemment dramatiques et doivent faire l’objet de poursuites. (…) Mais, pour autant, il ne faut pas tirer des conclusions sur l’ensemble d’un groupe », a affirmé, quant à elle, la chancelière, Angela Merkel, lundi soir.

Crainte d’un basculement

Il est rare que M. Gabriel et Mme Merkel commentent ainsi un fait divers. De ce point de vue, leur choix d’intervenir en dit long sur leur crainte de voir l’opinion publique basculer dans le sens d’un rejet des immigrés. La chancelière a pu s’en rendre compte, mardi, lors du congrès de son parti, l’Union chrétienne démocrate (CDU), à Essen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie).

Lors de son discours, ce sont en effet les passages les plus durs sur les questions identitaires et migratoires qui ont été le plus applaudis. Quand elle a, par exemple, expliqué que « le droit allemand prévaut sur la charia » et affirmé vouloir « interdire » le voile intégral. Ou encore quand elle a assuré que le gouvernement était déterminé à expulser tous les demandeurs d’asile déboutés.

Il n’est pas certain, cependant, que de telles déclarations suffisent à apaiser le débat. En témoigne, justement, la question posée mercredi à la « une » de Bild : « Les réfugiés ont-ils un problème avec les femmes ? » Une question qui a suscité, sur les réseaux sociaux, des réponses d’une grande violence raciste. Avec, bien souvent, un lien établi entre le cas de Maria L. et les agressions commises contre plus de 500 femmes à Cologne, le 31 décembre 2015.

Presque un an plus tard jour pour jour, le gouvernement allemand sait qu’il a tout intérêt à empêcher qu’un tel lien se fasse dans les esprits. A dix mois des prochaines élections législatives, lors desquelles elle briguera un quatrième mandat de chancelière, c’est la seule chose que peut attendre Mme Merkel : que ce fait divers reste un simple fait divers.

Voir par ailleurs:

En mer de Chine, le tournant de la militarisation

Des îles dont la souveraineté est contestée ont été équipées de missiles et de radars par Pékin, marquant une escalade des tensions dans la région

Frédéric Lelièvre, Hongkong
25 février 2016

Des missiles, des radars et des avions de chasse sur une poignée d’îlots stratégiques. En quelques jours, Pékin a montré que les tensions diplomatiques en mer de Chine méridionale devenaient également militaires. Des tensions qui concernent des territoires à la souveraineté contestée au large du Vietnam, des Philippines et de la Malaisie. Selon certains calculs, Pékin revendique 90% des 3,5 millions de km2 de cette mer.

Mercredi matin, les Etats-Unis ont fait savoir que des chasseurs de l’armée chinoise avaient été envoyés sur une île, Woody (Yongxing en chinois), de l’archipel des Paracels. Or c’est sur ce même îlot que la semaine passée la présence d’une batterie de missiles sol-air a été révélée par des photographies. Mardi soir, des radars sur un autre archipel, plus au sud, celui des Spratleys, ont en outre été mis à jour. Mercredi, l’amiral américain en charge du Commandement pacifique a jugé que la Chine était «clairement en train de militariser» les îlots qu’elle a artificiellement développés ces dernières années.

«Une militarisation inévitable»

Pour John Kerry, cette militarisation est «regrettable» et source de «grande inquiétude pour qui navigue» dans ces eaux, par lesquelles transite un tiers du commerce mondial. Le secrétaire d’Etat américain recevait mardi son homologue chinois. Wang Yi a répliqué que ces installations sont «cohérentes avec le droit qu’a la Chine d’assurer sa protection» et a pointé les actions ou manœuvres militaires des autres pays de la région, et celles des Etats-Unis.

«Les constructions réalisées par la Chine laissaient penser qu’elles finiraient par servir des buts militaires, mais nous assistons à un tournant car la militarisation entre dans une phase concrète», réagit Sébastien Colin. Chercheur au Centre d’études français sur la Chine contemporaine, il organisait ces jours avec l’Université baptiste de Hongkong une série de séminaires consacrée à ce dossier. Il est en particulier question de la maîtrise des mers dont les Etats-Unis jouissent depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

«La militarisation était inévitable, confirme Li Mingjiang, professeur à l’Université Nanyang de Singapour, et invité à Hongkong. La Chine ne fait que rattraper son retard concernant des espaces qu’elle considère sous sa souveraineté. D’autant qu’elle a investi des milliards pour développer ces îlots.»

En septembre dernier, lors de sa visite aux Etats-Unis, le président chinois Xi Jinping avait pourtant annoncé qu’il n’armerait pas ces îles. «Il y a un décalage entre la parole et les actes. Cela fait désordre», poursuit Sébastien Colin.

Des inquiétudes autour «de nouveaux incidents» entre la Chine et les Etats-Unis

A l’avenir, Li Mingjiang redoute des accrochages entre les deux grandes puissances rivales. Des bateaux de pêche chinois pourraient, imagine-t-il, être envoyés pour stopper la progression d’un croiseur américain patrouillant dans la région. «La Chine a jusqu’ici fait preuve de retenue, or la colère monte à Pékin.»

Tran Truong Thuy, de l’Académie diplomatique du Vietnam, un des pays qui revendique certains îlots, redoute lui aussi «de nouveaux incidents» entre Chinois et Américains. Hanoï a certes qualifié les installations de missiles sur l’île Woody de «grave violation» de sa souveraineté, mais reste proche de Pékin. «Les grands pays de la région ne souhaitent pas prendre parti entre les Etats-Unis et la Chine», observe Tran Truong Thuy, parce que les enjeux économiques avec leur grand voisin sont trop importants. Même si elle tourne au ralenti, l’économie chinoise joue un rôle majeur. Sans oublier que Pékin leur fait miroiter des milliards d’investissements en infrastructure grâce à la construction de la Nouvelle route de la soie.

Ces enjeux expliquent pourquoi nombre de spécialistes locaux minimisent l’importance de la militarisation. C’est le cas de Chin Yoon Chin, amiral à la retraite, et directeur de l’Institut maritime de Malaisie. «N’exagérons pas, assure-t-il. Jusqu’ici, aucun bâtiment n’a été empêché d’effectuer ses manœuvres. Il n’y a donc pas de conflit. En outre, il pourrait se passer encore cinq ans avant que les installations militaires chinoises soient réellement opérationnelles. Les médias, américains en tête, sous-estiment les difficultés techniques pour les mettre en service.»

Une décision de justice pourrait cependant «changer la donne», soutient Li Mingjiang. Il s’agit de l’arbitrage de la Cour permanente de la Haye entre les Philippines et la Chine au sujet de plusieurs territoires. La décision, qui ferait jurisprudence, est attendue d’ici l’été.

Voir enfin:

Mer de Chine: la Cour d’arbitrage de La Haye donne tort à Pékin

Le Temps

12 juillet 2016

Dans le conflit opposant la Chine aux Philippines, la Cour permanente d’arbitrage de La Haye juge que Pékin a occupé des territoires sans base juridique (avec une carte)

La Cour permanente d’arbitrage de La Haye juge que Pékin occupe des territoires sans base juridique en mer de Chine méridionale. Elle a publié ce mardi un arrêt à ce sujet, très attendu, et rendu dans un climat international particulièrement tendu.

Selon l’arrêt, la prétention chinoise à contrôler une large portion de la mer de Chine méridionale, le long de la «ligne des neufs traits» (nine-dash line) n’a pas de validité juridique. Les îlots occupés aujourd’hui par la Chine n’ont jamais connu d’occupation humaine permanente et ne peuvent donner lieu à des revendications de souveraineté.

La Chine ne peut pas non plus réclamer une zone économique exclusive autour des îlots puisque ceux-ci ont été rehaussés artificiellement, mais ne sont pas des terres émergées à proprement parler.Très dur pour Pékin, l’arrêt estime enfin que ses revendications à l’encontre des Philippines en mer de Chine du Sud sont illégales et que la Chine a sévèrement endommagé l’écosystème marin par ses actions, violant ainsi ses obligations internationales.

Un dossier sous tension

En 2013, le gouvernement philippin avait appelé la Cour permanente d’arbitrage à juger illégale la souveraineté revendiquée par Pékin sur une série d’îlots situés sur une des voies maritimes les plus fréquentées. Le cas du récif de Scarborough est un des points de tension. Il est situé à 220 kilomètres des côtes philippines, mais à plus de 1000 kilomètres de la Chine.

Pour asseoir ses revendications, la Chine a agrandi des îlots ou récifs ailleurs en Mer de Chine et y a implanté pistes d’atterrissage, ports et autres installations dont, récemment, quatre phares sur des récifs, et un cinquième en cours de construction, a précisé lundi Chine nouvelle.

Pékin réagit en refusant l’arbitrage

Les autorités chinoises ont d’ores et déjà décidé de ne pas tenir compte de cet arrêt. La Chine «n’accepte ni ne reconnaît» l’arbitrage, ont-elles réagi mardi. Le verdict de La Haye n’est qu’un «bout de papier», tonnait ce lundi le Global Times, tandis que le Quotidien du Peuple, un autre média au service du pouvoir chinois, jugeait que la Chine était «victime» d’une cour acquise aux intérêts des Etats-Unis.

De leur côté, les Philippines saluent la décision, a déclaré mardi le ministre philippin des Affaires étrangères, tout appelant à la retenue. «Nos experts étudient (la décision) avec le soin et l’exhaustivité que cette décision arbitrale significative mérite. En attendant, j’appelle toutes les parties concernées à faire preuve de retenue et de sobriété», a ajouté le chef de la diplomatie de Manille Perfecto Yasay.

Les Etats-Unis aussi sont satisfaits. Le rejet par une Cour d’arbitrage de La Haye des prétentions territoriales de Pékin sur la mer de Chine méridionale est «une importante contribution à une solution» concernant les disputes de souveraineté dans la région, a estimé mardi le Département d’Etat américain.


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