Guerre des mémoires: Du passé faisons table rase (Airbrushing history: It’s social racism, stupid !)

13 septembre, 2017

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Etats-Unis : et maintenant, les statues de Christophe Colomb sèment la discordeInline image 7Inline image 4Inline image 9Inline image 14Inline image 6Inline image 3https://i2.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3b/Penny_Lane_road_sign,_Liverpool_-_geograph.org.uk_-_1772560.jpg
"Le Drapeau rouge sur le Reichstag", une photo-symbole savamment fabriquéeeglisesaIllustration by Ellie Foreman-Peck
Debout ! les damnés de la terre ! Debout ! les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère, C’est l’éruption de la fin. Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! C’est la lutte finale Groupons-nous, et demain, L’Internationale, Sera le genre humain. Eugène Pottier (1871)
And the Lord said unto Moses, Write this for a memorial in a book, and rehearse it in the ears of Joshua: for I will utterly put out the remembrance of Amalek from under heaven. Exodus 17: 14
To this day, The Bible is the only ancient source that attests the existence of the Amalekites, and no other archaeological or epigraphic evidence of their existence has been found. Wikipedia
Do not look upon him. He is a traitor to the Pharaoh. Let the name of Moses be stricken from every book and tablet… stricken from all pylons and obelisks, stricken from every monument of Egypt. Let the name of… Moses be unheard and unspoken, erased from the memory of men. King Seti (The ten commandments, Cecil B. De Mille, 1956)
Te rends-tu compte que le passé a été aboli jusqu’à hier ? S’il survit quelque part, c’est dans quelques objets auxquels n’est attaché aucun mot, comme ce bloc de verre sur la table. Déjà, nous ne savons littéralement presque rien de la Révolution et des années qui la précédèrent. Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. Je sais naturellement que le passé est falsifié, mais il me serait impossible de le prouver, alors même que j’ai personnellement procédé à la falsification. La chose faite, aucune preuve ne subsiste. La seule preuve est à l’intérieur de mon cerveau et je n’ai aucune certitude qu’un autre être humain quelconque partage mes souvenirs. De toute ma vie, il ne m’est arrivé qu’une seule fois de tenir la preuve réelle et concrète. Des années après. Winston (1984, George Orwell)
Penny Lane is in my ears and in my eyes There beneath the blue suburban skies… Paul McCartney (1967)
The night they drove old Dixie down And all the bells were ringin’ (…) Back with my wife in Tennessee And one day she said to me, « Virgil, quick! Come see! There goes Robert E. Lee. » Now I don’t mind, I’m chopping wood And I don’t care if the money’s no good Just take what you need and leave the rest But they should never have taken the very best. Robbie Robertson (reprise par Joan Baez)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie. G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Si on change les noms, c’est comme si il ne s’était rien passé: il n’y a plus de preuves alors les gens oublient. Eric Lynch (spécialiste de la traite de Liverpool)
Christiane Taubira déclare sans ambages qu’il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les « jeunes Arabes » « ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes. Ces logiques communautaires influent aussi sur le projet mémoriel La Route de l’esclave, décidé en 1993 par l’Unesco: Roger Botte, chercheur au Centre d’études africaines du CNRS, constate qu’il privilégie également la traite transatlantique du fait de «la pression des représentants du monde arabe et des Etats africains». Eric Conan (L’Express, 2006)
Je rêve de voir les Blancs, les Arabes et les Asiatiques s’organiser pour défendre leur identité propre. Nous combattons tous ces macaques qui trahissent leurs origines, de Stéphane Pocrain à Christiane Taubira en passant par Mouloud Aounit. […] Les nationalistes sont les seuls Blancs que j’aime. Ils ne veulent pas de nous et nous ne voulons pas d’eux. […] Parce qu’il y aurait eu la Shoah, je n’ai rien le droit de dire sur mon oppresseur sioniste ? Stellio Capochichi (alias Kemi Seba)
 Les sionistes sont les nazis du XXIe siècle. […] Ce qui se passe aujourd’hui en Palestine est mille fois pire que la Shoah. […] Nous abattrons les sionistes, nous abattrons l’impérialisme. […] Que tous les sionistes sur Paris sachent qu’ils ne dormiront plus tranquilles. À mort Israël ! À mort les sionistes ! Stellio Capochichi (alias Kemi Seba)
Les institutions internationales comme la Banque Mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) ou l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sont « tenus par les sionistes qui imposent à l’Afrique et à sa diaspora des conditions de vie tellement excrémentielles que le camp de concentration d’Auschwitz peut paraître comme un paradis sur terre ». Stellio Capochichi (alias Kemi Seba)
Incontestablement, Donald Trump n’a pas su élever son discours et s’adresser à toute l’Amérique. Parce qu’il n’est pas un politicien orthodoxe, il n’a pas perçu la dimension symbolique de ces événements et ce qu’elle exigeait de lui. En revanche, quand il pointe des violences du côté de l’extrême droite mais aussi de l’ alt-left, cela me semble un constat difficilement récusable. Il y a bien une alt-left, violente ou agressive, et en tout cas très intolérante. Cela va des Antifa à Black Lives Matter et d’autres groupuscules qui occupent, notamment dans la rue, le vide laissé par un Parti démocrate en pleine crise depuis la défaite de Hillary Clinton. Ceux-là tirent tous les débats qui agitent une société américaine très divisée vers un affrontement entre pro- et anti-Trump. Jean-Eric Branaa (Paris-II)
Le bon sens a été emporté par le vent dans ma ville natale de Memphis. Todd Starnes
Notre intention n’a jamais été de choquer. Nous évitons l’utilisation de symboles religieux sur nos emballages pour maintenir la neutralité dans toutes les religions. Si cela a été perçu différemment, nous présentons nos excuses aux personnes qui ont pu être choquées. Groupe Lidl
Des avocats de l’ACLU, l’union américaine pour les libertés civiles (..) ont aidé le suprémaciste blanc Jason Kessler à organiser une manifestation dans le centre de Charlottesville.(…) A la fin des années 1970, l’ACLU avait en effet pris la décision controversée de défendre un groupe néonazi qui voulait défiler à Skokie, une banlieue de Chicago où vivaient de nombreux rescapés des camps de concentration. (…) Dans le cas de Charlottesville, afin de limiter les violences potentielles, les autorités municipales voulaient que la marche pour le maintien de la statue du général sudiste Robert E. Lee ait lieu dans un grand parc un peu à l’écart. Le nationaliste blanc Jason Kessler a fait un procès à la ville et ce sont des avocats de l’ACLU qui l’ont gratuitement aidé à obtenir le droit de faire venir les manifestants – avec leurs torches, drapeaux confédérés, armes, croix grammées et slogans nazis – dans le centre ville. Du point de vue de l’ACLU, le gouvernement utilisait le prétexte de la menace de violence pour marginaliser des opinions peu populaires. En accord avec l’ACLU, le juge a statué qu’il n’était pas constitutionnel pour la ville de limiter le permis de manifester des nationalistes blancs juste parce que les autorités étaient en désaccord avec leurs idées. (…) Cette position demeure pourtant controversée. Après le meurtre de la manifestante Heather Heyer le 12 août, tuée par un sympathisant néonazi qui lui a foncé dessus en voiture, plusieurs membres de l’organisation ont démissionné (…) et des branches locales de l’ACLU ont critiqué la position de la direction. (…) Des porte-paroles de l’ACLU ont commencé par défendre leurs actions dans ce dossier, expliquant que la police n’avait pas bien fait son travail, et que l’ACLU n’était pas responsable du fait qu’en Virginie, il est légal de porter une arme visible. Mais quelques jours après dans une interview pour le Wall Street Journal, le directeur Anthony Romero a changé de cap (…) Pour le politologue Erik Bleich, il s’agit d’une décision importante dans la mesure où l’organisation accepte de prendre en compte le contexte actuel – le fait que les manifestants néonazis puissent être légalement armés dans certains Etats, ce qui n’était pas le cas dans les années 1970  – pour nuancer leur défense absolutiste de la liberté d’expression. (…) Dans Politico, deux défenseurs du premier amendement écrivent que le meilleur moyen de lutter contre les racistes n’est pas la censure et les lois qui pénalisent les discours de haine, comme en Europe, mais la confrontation d’idées dans le débat public. Ils notent que l’antisémitisme est plus prégnant en Europe  qu’aux Etats-Unis, malgré les lois européennes contre l’antisémitisme et le négationnisme.  Slate
George Washington possédait des esclaves (…). Est-ce qu’on va enlever ses statues? Et Thomas Jefferson? Est-ce qu’on va enlever ses statues? Il possédait beaucoup d’esclaves. Donald Trump
Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, ils peuvent apprendre à aimer car l’amour jaillit plus naturellement du cœur humain que son opposé. Nelson Mandela (retweeté par Barack Hussein Obama, 13.08. 2017)
J’ai regardé de très près, de beaucoup plus près que la plupart des gens. Vous aviez un groupe d’un côté qui était agressif. Et vous aviez un groupe de l’autre côté qui était aussi très violent. Personne ne veut le dire. Que dire de l’“alt-left” qui a attaqué l’“alt-right” comme vous dites ? N’ont-ils pas une part de responsabilité ? Ont-ils un problème ? Je pense que oui. J’ai condamné les néonazis. Mais tous les gens qui étaient là-bas n’étaient pas des néonazis ou des suprémacistes blancs, tant s’en faut. Il y avait des gens très bien des deux côtés. Donald Trump (16.08.2017)
Alors que nos prières vont à Charlottesville, nous nous remémorons ces vérités fondamentales couchées dans la Déclaration d’indépendance par le plus éminent des citoyens de cette ville : ‘tous les hommes sont créés égaux; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables. » Nous savons que ces vérités sont éternelles parce que nous sommes les témoins de la décence et de la grandeur de notre pays. George H. Bush et George W. Bush (16.08.2017)
Aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie. Notre combat commun, hier comme aujourd’hui. #Charlottesville. Emmanuel Macron (17.08.2017)
Je pense que le problème des suprématistes blancs… il était évident qu’il s’agissait d’une attaque terroriste, a déclaré Morgana Wood. Et je pense que le président Donald Trump aurait dû faire une déclaration plus tôt reconnaissant ce fait, et faire en sorte que tous les Américains se sentent en sécurité dans leur pays, ce qui est le problème numéro un à l’heure actuelle. Margana Wood (Miss Texas, 11.09.2017)
Nelson (…) was what you would now call, without hesitation, a white supremacist. While many around him were denouncing slavery, Nelson was vigorously defending it. Britain’s best known naval hero – so idealised that after his death in 1805 he was compared to no less than “the God who made him” – used his seat in the House of Lords and his position of huge influence to perpetuate the tyranny, serial rape and exploitation organised by West Indian planters, some of whom he counted among his closest friends. It is figures like Nelson who immediately spring to mind when I hear the latest news of confederate statues being pulled down in the US. These memorials – more than 700 of which still stand in states including Virginia, Georgia and Texas – have always been the subject of offence and trauma for many African Americans, who rightly see them as glorifying the slavery and then segregation of their not so distant past. But when these statues begin to fulfil their intended purpose of energising white supremacist groups, the issue periodically attracts more mainstream interest. The reaction in Britain has been, as in the rest of the world, almost entirely condemnatory of neo-Nazis in the US and of its president for failing to denounce them. But when it comes to our own statues, things get a little awkward. The colonial and pro-slavery titans of British history are still memorialised: despite student protests, Oxford University’s statue of imperialist Cecil Rhodes has not been taken down; and Bristol still celebrates its notorious slaver Edward Colston. (…)  Britain has committed unquantifiable acts of cultural terrorism – tearing down statues and palaces, and erasing the historical memory of other great civilisations during an imperial era whose supposed greatness we are now, so ironically, very precious about preserving intact. And we knew what we were doing at the time. One detail that has always struck me is how, when the British destroyed the centuries-old Summer Palace in Beijing in 1860 and gave a little dog they’d stolen as a gift to Queen Victoria, she humorously named it “Looty”. This is one of the long list of things we are content to forget while sucking on the opium of “historical integrity” we claim our colonial statues represent. We have “moved on” from this era no more than the US has from its slavery and segregationist past. The difference is that America is now in the midst of frenzied debate on what to do about it, whereas Britain – in our inertia, arrogance and intellectual laziness – is not. The statues that remain are not being “put in their historical context”, as is often claimed. Take Nelson’s column. Yes, it does include the figure of a black sailor, cast in bronze in the bas-relief. He was probably one of the thousands of slaves promised freedom if they fought for the British military, only to be later left destitute, begging and homeless, on London’s streets when the war was over. But nothing about this “context” is accessible to the people who crane their necks in awe of Nelson. The black slaves whose brutalisation made Britain the global power it then was remain invisible, erased and unseen. Afua Hirsch
Avant que Libération ne publie son dossier du 23 août, la plupart des commentateurs français se sont contentés de dénoncer, à juste titre, l’attentat à Charlottesville, la statue du général Lee, les adeptes de la white supremacy, l’attitude du président Trump et le racisme américain en général (qui se maintient à un niveau très élevé, il est vrai), sans jamais voir la poutre dans l’œil de la France. Que dire de toutes ces rues qui portent des noms de négriers comme Balguerie et Gradis à Bordeaux (ville d’Alain Juppé), Grou et Leroy à Nantes (ville de Jean-Marc Ayrault), Masurier et Lecouvreur au Havre (ville d’Edouard Philippe) ? La plupart des maires des villes concernées affirment qu’il ne faut pas changer ces noms, car il convient, paraît-il, de conserver la trace des crimes commis. Mais les noms de rue ne servent pas à garder la mémoire des criminels, ils servent en général à garder la mémoire des héros et à les célébrer. C’est pour cela qu’il n’y a pas de rue Pétain en France. D’autres proposent que l’on conserve ces noms de rues, avec une petite explication. Mais même avec une mention expliquant sa vie, son œuvre, une «rue Pierre Laval, collabo» ne serait guère plus acceptable. C’est pour cela qu’il n’y en a pas non plus. Ce n’est donc pas une solution. Et si l’on veut vraiment transmettre la mémoire, pourquoi ne pas proposer plutôt des rues au nom de Toussaint Louverture, le héros haïtien, ou au nom de Champagney, ce village français dont les habitants prirent fait et cause pour les victimes de l’esclavage, pendant la Révolution ? Il faudrait donc se poser cette question : lequel des deux pays est le plus problématique, celui où il y a un conflit autour de la statue d’un général esclavagiste, ou celui où il y a à l’Assemblée nationale une statue de Colbert, une salle Colbert, une aile Colbert au ministère de l’Economie, des lycées Colbert (qui prétendent enseigner les valeurs républicaines), des dizaines de rues ou d’avenues Colbert, sans qu’il y ait le moindre conflit, la moindre gêne, le moindre embarras ? Et pourtant, Colbert est l’auteur du Code noir, celui qui a organisé en France ce crime contre l’humanité, et aussi le fondateur de la Compagnie des Indes occidentales, de sinistre mémoire. N’est-il pas choquant que personne (ou presque) ne soit choqué ? (…) Nous nous adressons ici aux Français qui, par des contorsions indignes, cherchent encore à justifier l’injustifiable : vos héros sont nos bourreaux. Dès lors, comment pourrons-nous vivre ensemble ? Il y a de nombreux Français, blancs ou noirs, qui ont lutté contre l’esclavage : pourquoi ne pas privilégier ceux-là ? N’y a-t-il pas un lien entre le piédestal où l’on met les esclavagistes et le mépris social que subissent les descendants d’esclaves ? Est-il normal que les territoires d’outre-mer, où l’esclavage a été perpétré, soient encore en 2017 les plus pauvres du pays tout entier ? Est-il normal qu’ils soient dominés, encore aujourd’hui, par les descendants des esclavagistes, qui ont été indemnisés en outre par la République après l’abolition ? Peut-on être à la fois la patrie des droits de l’homme, et la patrie des droits des esclavagistes ? Il y a quelques jours, Emmanuel Macron a affirmé qu’il était «aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie» à Charlottesville. Nous demandons à Emmanuel Macron d’être aussi aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie en France et de lancer une réflexion nationale sur la nécessité de remplacer ces noms et statues de la honte par des figures de personnalités noires, blanches ou autres ayant lutté contre l’esclavage et contre le racisme. (…) On ne peut pas être dans l’indignation face à Charlottesville et dans l’indifférence par rapport à la France par rapport à toutes statues, toutes ces rues, qui défigurent nos villes. Il faut décoloniser l’espace, il faut décoloniser les esprits, c’est aussi cela la réparation à laquelle nous appelons le Président. Louis-Georges Tin (Conseil représentatif des associations noires)
Washington possédait des esclaves, et ce dès l’âge de 11 ans, lorsqu’il hérita de son père. (…) A titre personnel, Washington acheta régulièrement des esclaves et en comptait 123 à la fin de son existence à Mount Vernon sur un total de 317, les autres étant propriété de sa femme Martha. Les témoignages divergent sur sa façon de les traiter. De même, sa volonté de les émanciper est très discutée. D’une part, Washington demanda dans son testament que ses esclaves soient libérés après la mort de Martha. D’autre part, il contournait la loi de Pennsylvanie qui déclarait les esclaves libres s’ils passaient plus de six mois avec leur propriétaire : le «grand George» leur fit régulièrement traverser les frontières de cet état afin de remettre les compteurs à zéro… De même, il rechercha un de ses anciens esclaves pour le rendre à son épouse, laquelle voulait l’offrir comme cadeau de mariage. Dans ses fonctions de président, George Washington ne fit rien pour rompre avec le système négrier. En 1793, il signa le Fugitive Act Slave qui autorisait la capture dans n’importe quel état d’un esclave en fuite. A la même époque, il apporta un soutien militaire à la France qui luttait à Saint-Domingue (actuelle Haïti) contre une révolte d’esclaves. Washington ne condamnait l’esclavage qu’en privé, comme auprès du marquis de La Fayette qui l’avait aidé pendant la guerre d’indépendance. (…) Après lui, plusieurs présidents américains furent propriétaires d’esclaves, jusqu’à Ulysses Grant (à la Maison Blanche de 1869 à 1877), dont Thomas Jefferson (1801-1809), qui totalisait 600 sujets et dénonça le «trafic international» sans interdire cette institution aux Etats-Unis. En outre, il fut établi en 1998 que Jefferson était le père de plusieurs enfants de l’une de ses esclaves, Sally Hemings. Lui qui n’hésitait pas à faire fouetter ses esclaves se plaignait de leur «puanteur» et refusait de les émanciper, par crainte d’un «métissage qui ouvrirait la voie à la dégénérescence» (…). Sur les dix-huit premiers présidents de l’histoire de ce pays, treize furent patrons d’esclaves dont huit pendant l’exercice de leurs fonctions. Libération
Débaptiser l’un des rares noms de lieu dédiés à la mémoire de Robespierre dans les grandes villes françaises serait, à notre sens, un signal politique et mémoriel antirépublicain. Quoi qu’on puisse penser de l’action politique de Robespierre (et les interprétations divergentes sont nombreuses, comme nous avons montré dans notre ouvrage (1)), il n’en reste pas moins qu’il a été l’inventeur de la devise « Liberté Égalité Fraternité » qui figure au fronton des édifices publics, qu’il a été (avec bien d’autres évidemment) un combattant infatigable de la démocratie, qu’il a défendu la citoyenneté des pauvres, des juifs, des « hommes de couleur » (comme on disait alors) dans les colonies et qu’il n’a cessé d’être la cible des attaques des royalistes, des anti-républicains et des réactionnaires de toutes sortes depuis deux siècles. Les accusations de « dictature » ou de responsabilité personnelle dans ce que l’on a appelé après sa mort la « Terreur » ont été — depuis fort longtemps — ruinées par la critique historique. Robespierre n’a jamais été le dictateur sanglant et paranoïaque de l’imagerie contre-révolutionnaire, il a été, en revanche, l’un des partisans les plus résolus de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et de la Première république, y compris dans le contexte difficile d’une guerre civile et extérieure. Ajoutons qu’il a été, dès 1790-1791, le porte-parole des patriotes marseillais en butte aux attaques des autorités aristocratiques locales (…) Et vous voudriez que ce défenseur de la Révolution des droits de l’homme et du citoyen, mais aussi de la ville de Marseille, disparaisse des noms de lieux et de places de la ville qui lui a décerné les plus grands éloges ? (…) La Révolution française ne doit pas disparaître de la mémoire marseillaise, nationale et universelle. Tribune d’historiens (2014)
La dénomination attribuée à une voie ou un édifice public doit être conforme à l’intérêt public local. À ce titre, l’attribution d’un nom à un espace public ne doit être ni de nature à provoquer des troubles à l’ordre public, ni à heurter la sensibilité des personnes, ni à porter atteinte à l’image de la ville ou du quartier concerné. Ministère de l’Intérieur français (août 2016)
Plutôt me couper le bras droit que de travailler ou exiger jamais le scrutin pour le nègre et non la femme. Susan B. Anthony
Knowledge of birth control is essentially moral. Its general, though prudent, practice must lead to a higher individuality and ultimately to a cleaner race. Birth control is nothing more or less than the facilitation of the process of weeding out the unfit, of preventing the birth of defectives or of those who will become defective. Margaret Sanger
Toutes les misères de ce monde sont imputables au fait que l’on permet aux irresponsables ignorants, illettrés et pauvres de se reproduire sans que nous ayons la moindre maîtrise sur leur fécondité. Margaret Sanger
Margaret Higgins Sanger (14 septembre 1879 – 6 septembre 1966) est une militante anarchiste américaine qui lutta pour la contraception et la liberté d’expression, ce qui l’amena à fonder l’American Birth Control League (ligue pour le contrôle des naissances), qui devient le planning familial américain sous le nom de Planned Parenthood. Initialement reçues avec beaucoup de résistances, ses idées qu’une femme puisse décider de quand et comment elle serait enceinte, gagnèrent peu à peu de l’audience, tant dans le public qu’auprès des tribunaux. Margaret Sanger a été un élément fondateur dans l’accès à la contraception et au contrôle des naissances. Sa défense de l’eugénisme négatif en fait une personnalité controversée. (…) Après un an d’exil en Europe pour échapper aux poursuites judiciaires, elle fonde en 1921 l’American Birth Control League (ligue américaine pour le contrôle des naissances), qui deviendra en 1942 le planning familial. Cependant les bases idéologiques de Margaret Sanger ont souvent été sévèrement critiquées. Elle défend une forme d’eugénisme, qui selon elle « améliorerait l’humanité » en évitant la reproduction des êtres « indésirables ». Dans cette optique elle projette d’améliorer les conditions de vie des Afro-Américains en favorisant leur contraception, ce qui n’a pas été accepté par tous les noirs américains. Certains militants noirs, particulièrement pendant les années 1970, ont considéré le planning familial comme une tentative de génocide à leur encontre. Cependant Martin Luther King a salué la forme de son action car elle avait établi une tradition de lutte politique non-violente, qu’il utilisera à son tour. En 1925, lors du VIe congrès du « birth control », elle invite l’anthropologue eugéniste français Georges Vacher de Lapouge. En 1926, l’une de ses nombreuses conférences sur le contrôle des naissances s’adresse aux membres de l’association Women of the Ku Klux Klan à Silver Lake, dans le New Jersey. Elle propose la stérilisation ou l’internement des groupes « dysgéniques » et reçoit à son domicile en septembre 1930 le conseiller d’Adolf Hitler en matière raciale, Eugen Fischer. Pourtant elle déclarera en 1940 « donner [s]on argent, [s]on nom et [s]on influence auprès d’écrivains ou d’autres pour combattre la montée au pouvoir d’Hitler en Allemagne» car elle condamne la politique antisémite de l’Allemagne Nazie et écrit en 1933 : « Toutes les nouvelles d’Allemagne sont tristes et horribles, et pour moi plus dangereuses qu’aucune guerre ayant lieu où que ce soit, car il y a tant de gens bons qui applaudissent ces atrocités et disent que c’est bien. L’antagonisme soudain en Allemagne contre les juifs et la haine profonde contre eux se répand de manière cachée ici et est plus dangereuse que la politique agressive du Japon en Mandchourie… ». Hitler de son côté fait brûler les livres de Margaret Sanger au côté de ceux de Freud. Wikipedia
Votre problème n’est pas du tout un cas rare. Toutefois, il nécessite une attention particulière. Le type de sentiment que vous avez envers les garçons n’est probablement pas une tendance innée, mais quelque chose qui a été acquis culturellement. Pour ce faire, je suggère que vous voyez un bon psychiatre qui peut vous aider à mettre en éveil votre conscience devant toutes ces expériences et les circonstances qui conduisent à cette attitude. Martin Luther King (réponse à un jeune homosexuel, Ebony, 1958)
In the olden days, demonstrators decked out in black, with masks and clubs, would have been deemed sinister by liberals. Now are they the necessary shock troops whose staged violence brings political dividends? Antifa’s dilemma is that its so-called good people wearing black masks can find almost no bad people in white masks to club, so they smash reporters, the disabled, and onlookers alike for sport — revealing that, at base, they perversely enjoy violence for violence’s sake. As the cowardly Klan taught us in the 1920s and 1960s: Put on a mask with a hundred like others, and even the most craven wimp believes he’s now a psychopathic thug. Victor Davis Hanson
How about progressive icon Joan Baez? Should the Sixties folksinger seek forgiveness from us for reviving her career in the early 1970s with the big money-making hit “The Night They Drove Old Dixie Down”— her version of The Band’s sympathetic ode to the tragedy of a defeated Confederacy, written over a century after the Civil War. (“Back with my wife in Tennessee / When one day she called to me / Said, “Virgil, quick, come see / There goes the Robert E. Lee!”) If a monument is to be wiped away, then surely a popular song must go, too Are there gradations of moral ambiguity? Or do Middlebury and Berkeley students or antifa rioters in their infinite wisdom have a monopoly on calibrating virtue and defining it as 100 percent bad or good? Who of the present gets to decide whom of the past we must erase — and where does the cleansing of memory stop? Defacing Mt. Rushmore of its slave owners? Renaming the double-whammy Washington and Lee University? Are we to erase mention of the heavens for their August 21 eclipse that unfairly bypassed most of the nation’s black population — as the recent issue of Atlantic magazine is now lamenting? Revolutions are not always sober and judicious. We might agree that the public sphere is no place for honorific commemoration of Roger B. Taney, the author of the Dred Scott decision. But statue removal will not be limited to the likes of Roger B. Taneys when empowered activists can cite chapter and verse the racist things once uttered by Abraham Lincoln, whose bust was just disfigured in Chicago — and when the statue-destroyers feel that they gain power daily because they are morally superior. The logical trajectory of tearing down the statue of a Confederate soldier will soon lead to the renaming of Yale, the erasing of Washington and Jefferson from our currency, and the de-Trotskyization of every mention of Planned Parenthood’s iconic Margaret Singer, the eugenicist whose racist views on abortion anticipated those of current liberal Supreme Court justice Ruth Bader Ginsburg. (Ginsburg said, “Frankly I had thought that at the time Roe was decided, there was concern about population growth and particularly growth in populations that we don’t want to have too many of.”) In my own town, there used to be a small classical fountain dedicated by the Woman’s Christian Temperance Union. It was long ago torn down. (Who wishes to recall the forces that led to Prohibition?) In its place now sits an honorific statue to the clawed, half-human Aztec deity Coatlicue, the hungry earth-mother goddess. Coatlicue was quite a bloodthirsty creation, to whom thousands of living captives were sacrificed. The goddess was often portrayed wrapped in a cloak of skin and wearing a neckless of human hearts, hands, and skulls. Our town’s new epigraph atop Coatlicue is Viva la Raza — “Long live the Race.” Should there be demonstrations to yank down such a racialist and Franco-ist hurrah? Or are the supposed victims of white privilege themselves exempt from the very chauvinism that they sometimes allege in others? Is there a progressive rationale that exempts Coatlicue and its racist plaque, whose sloganeering channels the raza/razza mantras of Fascist Spain and Mussolini’s Italy? Are we to have a perpetual war of the statues ? There is a need for an abolition of memory in the case of Hitler or Stalin, or here in America perhaps even of a Nathan Bedford Forrest. But when we wipe away history at a whim (why in 2017 and not, say, in 2015 or 2008?), we’d better make sure that our targets are uniquely and melodramatically evil rather than tragically misguided. And before we get out our ropes and sandblasters, we should be certain that we are clearly the moral superiors of those we condemn to oblivion. Be careful, 21st-century man. Far more hypercritical generations to come may find our own present moral certitude — late-term and genetically driven abortion, the rise of artificial intelligence in place of human decision-making, the harvesting and selling of aborted fetal organs, ethnic and tribal chauvinism, euthanasia, racially segregated dorms and “safe spaces” — as immoral as we find the sins of our own predecessors. Victor Davis Hanson
What are the proper rules of exemption for progressives when waging war against the dead? Do they tally up the dead’s good and bad behaviors to see if someone makes the 51 percent “good progressive” cutoff that exempts him? Or do some reactionary sins cancel out all the progressive good — at least in the eyes of self-styled moral superiors to those hapless Neanderthals who came before us? Are the supposedly oppressed exempt from charges of oppression? (…) And will toppling statues and erasing names only cease when modern progressives are forced to blot out the memories of racist progressive heroes ? Victor Davis Hanson
Cette polémique est l’illustration de la vague d’ignorance qui submerge notre société au nom de la repentance et du politiquement correct.  (…) l’histoire de Colbert et du Code noir doit avant tout être replacée dans le contexte de l’époque, le XVIIe siècle. (…) Si on ne comprend pas l’histoire dans sa globalité et sa complexité, on ne comprend rien à rien. (…) Il faudra alors effacer toute trace de Jules Ferry à cause de son éloge de la mission civilisatrice de la colonisation, et faire de même pour Gambetta, Jean Jaurès, et même Léon Blum. (…) Plutôt que de débaptiser, il faut instruire et éduquer. Dimitri Casali (historien et essayiste)
Les noms de rue ne sont pas de l’histoire mais de la mémoire. On dénomme une rue pour honorer quelqu’un, pas simplement pour rappeler qu’il a existé.Quand Ian Kershaw écrit une biographie de Hitler, tout le monde applaudit. Mais personne n’accepterait qu’on baptise une voie publique ‘rue Adolf Hitler’ ! (…) Quand une dénomination apparaît comme une agression contre une population, il paraît justifié de changer le nom. Gardons à l’esprit que la mémoire honore, quand l’histoire analyse. Philippe Darriulat (historien spécialiste du sentiment national)
Il faut cesser avec cet héritage d’instrumentalisation politique des lieux, cette façon de réécrire l’histoire n’enseigne absolument rien. Nous héritons d’une période où la traite des Noirs était légale, or les consciences ont évolué aujourd’hui. Il s’agit de nous interroger à partir des lieux qui ont été à l’origine de l’esclavage : les ports. Karfa Diallo (Mémoire & Partages)
Le débat né aux Etats-Unis s’est importé en France : des associations de mémoire réclament que l’on retire les statues et débaptise les rues honorant des personnages historiques controversés, notamment ceux qui ont été impliqués dans l’esclavage. Mais où arrêter le tri dans l’histoire ? (…)  dans une tribune pour Libération, le président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), Louis-Georges Tin, s’insurge contre d’autres statues. Dans sa ligne de mire, l’ancien ministre de Louis XIV, Colbert (…) Car Colbert est aussi l’auteur du Code noir qui a, souligne l’universitaire, « organisé en France ce crime contre l’humanité » qu’était l’esclavage. Le président du Cran réclame donc qu’on déboulonne immédiatement la statue de Colbert et qu’on débaptise les rues à son nom, en vertu d’une « décolonisation de l’espace et des esprits ». Et de s’interroger : « N’y a-t-il pas un lien entre le piédestal où l’on met les esclavagistes et le mépris social que subissent les descendants d’esclaves ? ». (…) Ce débat force pourtant à une observation : les noms donnés aux lieux publics sont chargés de connotations politiques. Qui se promène dans les villes de la « banlieue rouge », en bordure de Paris, se verra rapidement rappeler leur histoire communiste : on peut mentionner l’avenue Lénine de Saint-Denis ou la place Maurice-Thorez de Villejuif, honorant le très stalinien secrétaire général historique du PCF. A l’autre extrémité de l’échiquier politique, on envoie aussi des messages : le toujours provocateur maire de Béziers Robert Ménard a débaptisé il y a deux ans la rue du 19-Mars-1962. Ce nom avait pour lui le tort de célébrer les accords d’Evian ayant mis fin à la guerre d’Algérie. A la place, Robert Ménard a renommé la rue… Hélie Denoix de Saint-Marc, un ancien parachutiste, farouche partisan de l’Algérie française. L’odonymie – l’art de nommer des voies de communication – reflète donc bien les luttes pour réécrire l’histoire… généralement au profit des vainqueurs. Ainsi, les figures de la IIIe République, Jules Ferry, Léon Gambetta, Jean Jaurès ou Georges Clemenceau sont dans tous les index de plans de villes. Et comme le souligne Jean-Paul Brighelli dans Causeur, « il y a très, très peu de rues ou places Robespierre en France, alors que des rues Danton, l’organisateur des massacres de septembre, on ne sait plus qu’en faire ». (…) le petit parc situé au pied du Sacré-Cœur. En 1927, (…) avait initialement été nommé « square Willette », en l’honneur du dessinateur de presse polémiste Adolphe Willette. A l’époque, cette dénomination était déjà un acte politique : il s’agissait de se « venger » de l’édification de la basilique du Sacré-Cœur, considérée comme un symbole réactionnaire, en baptisant le square du nom d’un artiste provocateur et anticlérical. En 2004, la mairie du 18e est revenue sur le square Adolphe Willette, pour d’autres raisons… Une affiche de candidature d’Adolphe Willette aux législatives de 1889 venait d’être exhumée : il s’y proclamait « candidat antisémite ». « Quand le caractère violemment antisémite de l’affiche a été mis en évidence, il a été décidé de changer le nom du square »(…) . L’espace s’appelle aujourd’hui « square Louise-Michel ». Le problème est que dans certaines villes, des pans entiers de l’architecture urbaine sont susceptibles d’être considérés comme une « agression contre une population ». Les villes de Nantes et Bordeaux, par exemple, sont d’anciens ports qui furent les foyers de la traite des esclaves. Et portent à chaque coin de rue la marque de ce passé négrier. Dans la cité des Ducs, les rues Montauduine, Kervégan et Guillaume Grou, entre autres, rendent « hommage » à des armateurs, négociants, politiques, pleinement investis dans la traite des esclaves noirs. A Bordeaux, plusieurs dizaines de voies publiques sont dans le même cas. Que faire ? Tout effacer, tout rebaptiser ? (…) Mémoire & Partages, une association bordelaise qui milite pour une « éducation populaire » autour du passé colonial de la ville (…) préconise d’installer des plaques pédagogiques en-dessous des noms de chaque rue, afin de retracer en quelques phrases les principaux hauts (et bas) faits des personnages ayant donné leur nom aux lieux publics. Marianne
Dans la suite des événements de Charlottesville, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu’elle serait offensante pour les Amérindiens. A l’en croire, cette statue serait susceptible de susciter la haine, comme la plupart des symboles associés à l’expansion européenne et à la colonisation des Amériques, apparemment. (…) En Grande-Bretagne, on en a trouvé pour proposer d’abattre la statue de Nelson, à qui on reproche d’avoir défendu l’esclavage. (…) Certains n’y verront qu’une nouvelle manifestation du péché d’anachronisme, qui pousse à abolir l’histoire dans un présentisme un peu sot, comme si les époques antérieures devaient être condamnées et leurs traces effacées de l’espace public. Mais il y a manifestement autre chose qu’une autre manifestation d’inculture dans cette furie épuratrice qui excite les foules, comme si elles étaient appelées à une mission vengeresse. Comment expliquer cette soudaine rage qui pousse une certaine gauche, au nom de la décolonisation intérieure des États occidentaux, à vouloir éradiquer la mémoire, comme si du passé, il fallait enfin faire table rase? Nous sommes devant une poussée de fièvre épuratrice particulièrement violente, qui témoigne de la puissance du réflexe pénitentiel inscrit dans la culture politique occidentale contemporaine. On peut comprendre que dans un élan révolutionnaire, quand d’un régime, on passe à un autre, une foule enragée s’en prenne au statuaire du pouvoir. Il arrive qu’on fracasse des idoles pour marquer la déchéance d’un demi-dieu auquel on ne croit plus. Lors de la chute du communisme, l’euphorie des foules les poussa à jeter par terre les statues et autres monuments qui représentaient une tyrannie dont elles se délivraient. Il fallait faire tomber les monuments à la gloire de Lénine pour marquer la chute du communisme. (…) Mais sommes-nous dans une situation semblable? Le cas du sud des États-Unis, à l’origine de la présente tornade idéologique, est assumérment singulier. La mémoire qui y est associée ne s’est pas toujours définie exclusivement à partir de la question raciale, ce qui ne veut pas dire que celle-ci ne soit pas centrale et que la mouvance suprémaciste blanche ne cherche pas à exercer sur cet héritage un monopole. On ne saurait toutefois l’y réduire. Surtout, des Américains raisonnables et nullement racistes sont choqués que des militants d’extrême-gauche détruisent des statues en dehors de toute légalité. Ils acceptent difficilement que toute mention de l’héritage du sud soit assimilé au racisme. Comment ces Américains toléreraient-ils, par exemple, qu’on censure un film comme «Autant en emporte le vent», comme cela vient d’arriver dans un cinéma de Memphis, qui l’a déprogrammé pour des raisons idéologiques? (…) la manie pénitentielle frappe partout en Occident. Elle pousse à démanteler des statues, à réécrire les manuels scolaires, à prescrire certaines commémorations pénitentielles, à multiplier les excuses envers telle communauté, à pendre symboliquement certains héros des temps jadis désormais présentés à la manière d’abominables salauds et à censurer les représentations du passé qui n’entrent pas dans la représentation caricaturale qu’on s’en fait aujourd’hui. (…) Tôt ou tard, on s’en prendra aux statues du général de Gaulle, de Churchill, de Roosevelt et de bien d’autres: d’une certaine manière, Napoléon a déjà été victime d’une telle entreprise lorsqu’on a refusé en 2005 de commémorer la victoire d’Austerlitz. Il ne s’agira plus seulement de réduire en miettes la statue de tel ou tel général qui a servi la cause de l’esclavagisme: tous finiront par y passer d’une manière ou d’une autre, comme si nous assistions à une nazification rétrospective du passé occidental, désormais personnifié par un homme blanc hétérosexuel auquel il faudrait arracher tous ses privilèges. À son endroit, il est permis, et même encouragé, d’être haineux. L’Europe ne sait plus quoi faire de son passé colonial, que plusieurs sont tentés d’assimiler à un crime contre l’humanité. Ses procureurs croient n’accuser que leurs pères, alors qu’ils excitent la tentation victimaire de certaines populations immigrées qui n’hésitent pas ensuite à expliquer leur difficile intégration dans la civilisation européenne par le système postcolonial qui y prédominerait. L’histoire de l’Europe serait carcérale et mènerait directement au système concentrationnaire. Dans le cadre américain, c’est l’arrivée même des Européens qu’il faudrait désormais réduire à une invasion brutale, que certains n’hésitent pas à qualifier d’entreprise génocidaire. On invite les jeunes Américains, les jeunes Canadiens et les jeunes Québécois à se croire héritiers d’une histoire odieuse qu’ils doivent répudier de manière ostentatoire. On les éduque à la haine de leur propre civilisation. Nous sommes devant une manifestation de fanatisme idéologique s’alimentant à l’imaginaire du multiculturalisme le plus radical, qui prétend démystifier la société occidentale et révéler les nombreuses oppressions sur lesquelles elle se serait construite. (…) On y verra une illustration de la racialisation des rapports sociaux dans une société qui se tribalise au rythme où elle se dénationalise. Chacun s’enferme dans une histoire faite de griefs, puis demande un monopole sur le récit collectif, sans quoi on multipliera à son endroit les accusations de racisme. Il faudra alors proposer une représentation du passé conforme au nouveau régime de la «diversité». Ce qui est frappant, dans ce contexte, c’est la faiblesse des élites politiques et intellectuelles, qui ne se croient plus en droit de défendre le monde dont elles avaient pourtant la responsabilité. (…) Très souvent, les administrations universitaires cèdent aux moindres caprices d’associations étudiantes fanatisées, pour peu que celles-ci fassent preuve d’agressivité militante. En juillet, le King’s College de Londres a décidé de retirer les bustes de ses fondateurs «blancs» parce qu’ils intimideraient les «minorités ethniques». (…) ces statues (…) témoignent de la complexité irréductible de l’histoire, qui ne se laisse jamais définir par une seule légende, et ressaisir par une seule tradition. C’est pour cela qu’on trouve souvent des statues et autres monuments commémoratifs contradictoires au sein d’une ville ou d’un pays. Ils nous rappellent que dans les grandes querelles qui nous semblent aujourd’hui dénuées d’ambiguïté, des hommes de valeur ont pu s’engager dans des camps contraires. (…)  L’histoire des peuples ne saurait s’écrire en faisant un usage rageur de la gomme à effacer et du marteau-piqueur. Mathieu Bock-Côté
La décision prise par la municipalité de Charlottesville, dans l’État américain de Virginie, de déboulonner la statue de Robert E. Lee est à l’origine du terrifiant spectacle de néonazis défilant le mois dernier dans les rues de la ville avec des torches, scandant des slogans antisémites et exaltant la suprématie de la race blanche. La statue du général Lee sur son cheval, le chef de l’armée confédérée et un partisan du maintien de l’esclavage dans les États sudistes lors de la guerre de Sécession, était en place depuis 1924, époque à laquelle le lynchage de citoyens noirs était fréquent. Inspirés par les événements de Charlottesville, de nombreux Britanniques se demandent aujourd’hui si la statue de l’amiral Nelson en haut de la fameuse colonne de Trafalgar Square à Londres ne devrait pas également être retirée en raison des positions clairement pro-esclavagiste du héros de la bataille navale de Trafalgar. (…) Cette forme d’iconoclasme, qui repose sur l’idée que détruire une image permet de résoudre les polémiques qui lui sont associées, a toujours revêtu une dimension quasi magique. Lorsque les protestants anglais ont défié la puissance de l’Église catholique romaine au XVIe siècle, des foules déchainées ont détruit les statues de saints et d’autres objets de culte à coups de pioche et de masse. Au XVIIIe siècle, les révolutionnaires ont fait subir le même sort aux églises en France. Et l’une des manifestations la plus radicale de ces saccages s’est produite il y a un peu plus de 50 ans en Chine, lorsque les Gardes rouges ont détruit les temples bouddhistes et brûlé les livres de la doctrine confucéenne – en fait tout ce qui était ancien et traditionnel – au nom de la Révolution culturelle. (…) pourtant (…) qui pourrait défendre l’idée que les rues et les places des villes allemandes continuent à être nommées en l’honneur d’Adolf Hitler après 1945 ? Déboulonner les statues du Führer, ou des dirigeants soviétiques en Europe centrale et de l’Est après 1989 n’était sûrement pas une erreur puérile. La question est de savoir où fixer les limites. (…) Il est très peu probable que de nombreux Britanniques soient incités à défendre l’esclavage ou le rétablissement d’un empire colonial en Afrique en contemplant la statue de Nelson à Trafalgar ou celle de Rhodes à Oxford. (…) Il n’existe pas de solution parfaite à ce problème, précisément parce qu’il ne s’agit pas seulement d’images taillées dans la pierre. Le ressentiment dans les États du Sud est d’ordre politique. Les blessures de la guerre civile américaine ne sont pas cicatrisées. Une grande partie des habitants des zones rurales de ces États est plus pauvre et moins éduquée que ceux d’autres régions des États-Unis. Ils se sentent ignorés et méprisés par les élites urbaines des côtes Est et Ouest, raison pour laquelle tant d’entre eux ont voté pour Trump. Déboulonner quelques statues ne résoudra pas ce problème et risque même d’exacerber les tensions.

Attention: un racisme peut en cacher un autre !  (Après Penny Lane, The Night they drove old Dixie down ?)

En ces temps étranges …

Où, politiquement correct oblige, l’on élimine les croix chrétiennes des photos de produits alimentaires …

Ou déprogramme conférenciers ou classiques du cinéma (et occasion accessoirement du premier oscar noir)

Et où, entre déboulonnages et débaptêmes, l’on propose de dynamiter le Mont Rushmore ou la colonne Nelson

Pendant qu’entre Antifas et Black lives matter, les casseurs quasi-professionnels et leurs nombreux amis progressistes arborent fièrement des photos du notoire démocrate Che Guevara sur leurs tee-shirts, affiches ou murs …

Et que, des deux côtés de l’Atlantique, les suprémacistes et antisémites noirs ont quasiment pignon sur rue …

Alors qu’un président américain rappelant la violence des deux côtés et le simple fait que, arrêt de Skokie et assistance des avocats de l’ACLU obligent, la manifestation néo-nazie de Charlottesville,  torches, drapeaux confédérés, armes, croix grammées et slogans nazis compris – était parfaitement légale, se voit mis au pilori par quasiment l’ensemble des commentateurs …

Comment ne pas repenser …

Au-delà des cas évidents du nazisme ou du stalinisme …

Et des premiers chrétiens aux premiers protestants et des révolutionnaires français aux maoïstes chinois …

A toutes ces vagues – musulmans bien sûr compris – d’iconoclasme qui ont traversé l’histoire humaine …

Et notamment à la longue et tristement célèbre tradition précisément staliniste

D’élimination y compris photographique des membres du parti à mesure qu’ils tombaient en disgrâce et devenaient infréquentables …

Et comment ne pas voir derrière ce retour tardif à la damnatio memoriae de nos ancêtres grecs ou latins ou même égyptiens …

Qui comme toute révolution qui se respecte …

De la suffragette raciste Susan Anthony à la fondatrice du Planning familial eugéniste Margaret Sanger

Sans compter, outre le vainqueur de Verdun, Colomb ou les pères fondateurs Washington et Jefferson tous deux notoires propriétaires d’esclaves …

Voire outre la passionaria du folk Joan Baez reprenant une lamente de Dixie

Le saint laïc Martin Luther King lui-même …

Devrait logiquement s’apprêter à dévorer, outre les traces mêmes de leurs méfaits, ses propres enfants …

Le véritable racisme social et ressentiment…

D’une élite urbaine surdiplômée furieuse après l’élection d’un président prétendument aussi inepte que Trump …

D’avoir perdu un pouvoir politique dont elle s’estimait seule digne ?

Le Pouvoir des mots
Ian Buruma
Project syndicate
Sep 5, 2017
NEW YORK – La décision prise par la municipalité de Charlottesville, dans l’État américain de Virginie, de déboulonner la statue de Robert E. Lee est à l’origine du terrifiant spectacle de néonazis défilant le mois dernier dans les rues de la ville avec des torches, scandant des slogans antisémites et exaltant la suprématie de la race blanche. La statue du général Lee sur son cheval, le chef de l’armée confédérée et un partisan du maintien de l’esclavage dans les États sudistes lors de la guerre de Sécession, était en place depuis 1924, époque à laquelle le lynchage de citoyens noirs était fréquent.
Inspirés par les événements de Charlottesville, de nombreux Britanniques se demandent aujourd’hui si la statue de l’amiral Nelson en haut de la fameuse colonne de Trafalgar Square à Londres ne devrait pas également être retirée en raison des positions clairement pro-esclavagiste du héros de la bataille navale de Trafalgar. Et il y a deux ans, des étudiants de l’université d’Oxford ont demandé le retrait de la statue du colonialiste Cecil Rhodes installée sur la façade d’un bâtiment de Oriel College, où il avait été étudiant, parce que son point de vue sur les races et le rôle de l’empire britannique est aujourd’hui jugé odieux.Cette forme d’iconoclasme, qui repose sur l’idée que détruire une image permet de résoudre les polémiques qui lui sont associées, a toujours revêtu une dimension quasi magique. Lorsque les protestants anglais ont défié la puissance de l’Église catholique romaine au XVIe siècle, des foules déchainées ont détruit les statues de saints et d’autres objets de culte à coups de pioche et de masse. Au XVIIIe siècle, les révolutionnaires ont fait subir le même sort aux églises en France. Et l’une des manifestations la plus radicale de ces saccages s’est produite il y a un peu plus de 50 ans en Chine, lorsque les Gardes rouges ont détruit les temples bouddhistes et brûlé les livres de la doctrine confucéenne – en fait tout ce qui était ancien et traditionnel – au nom de la Révolution culturelle.Il est facile de déplorer ce genre de destruction. Des bâtiments séculaires sont réduits à néant et de grandes œuvres d’art sont perdues. L’on est tenté de croire que seules les personnes qui croient au pouvoir magique des images pourraient vouloir les anéantir.
La seule façon raisonnable de traiter les monuments du passé serait de les considérer simplement comme un legs de l’histoire. Ce n’est pourtant pas si simple. Qui pourrait défendre l’idée que les rues et les places des villes allemandes continuent à être nommées en l’honneur d’Adolf Hitler après 1945 ? Déboulonner les statues du Führer, ou des dirigeants soviétiques en Europe centrale et de l’Est après 1989 n’était sûrement pas une erreur puérile. On pourrait également affirmer que les représentations de ces dirigeants et de leurs affidés n’ont pas la même qualité artistique que les églises médiévales anglaises ou les sculptures de la dynastie Tang en Chine. Les statues du général Lee n’ont pas vraiment plus de raisons d’être conservées pour leur valeur artistique.La question est de savoir où fixer les limites. Les personnalités historiques doivent-elles jugées en fonction de la quantité de sang qu’elles ont sur les mains ? Ou faudrait-il définir un laps de temps adéquat ?L’on pourrait par exemple dire que les monuments honorant les criminels ayant vécu dans un passé assez récent, des monuments qui seraient encore source de souffrances pour les survivants, devraient être enlevés. Mais cette approche ne suffit pas en elle-même. L’argument en faveur du maintien d’une statue de Hitler dans un lieu public, si tant est qu’il en existe encore, ne se renforce pas au fil du temps.De nombreux citoyens du Sud des États-Unis estiment que les monuments confédérés doivent être préservés en tant que rappels du passé, comme éléments d’un « héritage » commun. Le problème est que l’histoire n’est pas neutre. Elle peut continuer à avoir des effets délétères. La manière dont nous représentons les histoires du passé et entretenons la mémoire au travers d’objets culturels est une composante essentielle de la façon dont nous nous percevons collectivement. Cette démarche nécessite un certain niveau de consensus, qui n’existe pas toujours, en particulier dans le cas de guerres civiles.Le cas de l’Allemagne d’après-guerre est sans équivoque. L’Allemagne de l’Ouest  comme l’Allemagne de l’Est ont décidé de façonner leur avenir commun en opposition directe au passé nazi. Seule une frange rancunière s’accroche encore avec nostalgie à des souvenirs du Troisième Reich.Les autorités allemandes continuent toutefois à interdire toute exposition de symboles nazis, de crainte qu’ils puissent encourager certains à répéter les heures les plus sombres de l’histoire du pays. Cette crainte est compréhensible et ne paraît pas sans fondement. Cette tentation pourrait même se renforcer à mesure que l’époque du nazisme s’efface des mémoires.
L’histoire récente de la Grande-Bretagne est moins traumatisante. Les opinions de Cecil Rhodes ou de l’amiral Nelson, bien qu’assez conventionnelles à leur époque, ne sont certainement plus admissibles aujourd’hui. Il est très peu probable que de nombreux Britanniques soient incités à défendre l’esclavage ou le rétablissement d’un empire colonial en Afrique en contemplant la statue de Nelson à Trafalgar ou celle de Rhodes à Oxford.La conjoncture dans les États du Sud des États-Unis reste par contre problématique. Les perdants de la guerre de Sécession n’ont jamais vraiment accepté leur défaite. Pour de nombreux habitants des États du Sud, même si ce n’est de loin pas une majorité, la cause confédérée et ses monuments font toujours partie de leur identité collective. Si aucune personne saine d’esprit ne songerait à défendre le rétablissement de l’esclavage, la nostalgie pour le mode vie traditionnel sudiste reste entaché de racisme. C’est pour cette raison que les statues du général Lee situées devant les palais de justice et autres bâtiments publics sont préjudiciables et que de nombreux citoyens, notamment les progressistes de ces États, souhaitent les voir enlevées. Il n’existe pas de solution parfaite à ce problème, précisément parce qu’il ne s’agit pas seulement d’images taillées dans la pierre. Le ressentiment dans les États du Sud est d’ordre politique. Les blessures de la guerre civile américaine ne sont pas cicatrisées. Une grande partie des habitants des zones rurales de ces États est plus pauvre et moins éduquée que ceux d’autres régions des États-Unis. Ils se sentent ignorés et méprisés par les élites urbaines des côtes Est et Ouest, raison pour laquelle tant d’entre eux ont voté pour Trump. Déboulonner quelques statues ne résoudra pas ce problème et risque même d’exacerber les tensions.

Ian Buruma, Editor of The New York Review of Books, is Professor of Democracy, Human Rights, and Journalism at Bard College. He is the author of numerous books, including Murder in Amsterdam: The Death of Theo Van Gogh and the Limits of Tolerance and Year Zero: A History of 1945.

Voir aussi:

Mathieu Bock-Côté
Le Figaro
9 septembre 2017

FIGAROVOX/TRIBUNE – À la suite des événements de Charlottesville, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu’elle serait offensante pour les Amérindiens. Mathieu Bock-Côté décrypte cette nouvelle guerre contre le passé.

Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l’auteur d’ Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007), et de Le multiculturalisme comme religion politique (éd. du Cerf, 2016).

Dans la suite des événements de Charlottesville, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu’elle serait offensante pour les Amérindiens. A l’en croire, cette statue serait susceptible de susciter la haine, comme la plupart des symboles associés à l’expansion européenne et à la colonisation des Amériques, apparemment. Au Canada, un syndicat d’enseignants ontarien proposait de rebaptiser les écoles portant le nom de John A. MacDonald, un des pères fondateurs du pays. En Grande-Bretagne, on en a trouvé pour proposer d’abattre la statue de Nelson, à qui on reproche d’avoir défendu l’esclavage. On trouvera bien d’autres exemples de cette chasse aux statues dans l’actualité des dernières semaines.

Certains n’y verront qu’une nouvelle manifestation du péché d’anachronisme, qui pousse à abolir l’histoire dans un présentisme un peu sot, comme si les époques antérieures devaient être condamnées et leurs traces effacées de l’espace public. Mais il y a manifestement autre chose qu’une autre manifestation d’inculture dans cette furie épuratrice qui excite les foules, comme si elles étaient appelées à une mission vengeresse. Comment expliquer cette soudaine rage qui pousse une certaine gauche, au nom de la décolonisation intérieure des États occidentaux, à vouloir éradiquer la mémoire, comme si du passé, il fallait enfin faire table rase? Nous sommes devant une poussée de fièvre épuratrice particulièrement violente, qui témoigne de la puissance du réflexe pénitentiel inscrit dans la culture politique occidentale contemporaine.

On peut comprendre que dans un élan révolutionnaire, quand d’un régime, on passe à un autre, une foule enragée s’en prenne au statuaire du pouvoir. Il arrive qu’on fracasse des idoles pour marquer la déchéance d’un demi-dieu auquel on ne croit plus. Lors de la chute du communisme, l’euphorie des foules les poussa à jeter par terre les statues et autres monuments qui représentaient une tyrannie dont elles se délivraient. Il fallait faire tomber les monuments à la gloire de Lénine pour marquer la chute du communisme. Rien là de vraiment surprenant. Quelquefois, il faut détruire pour créer.

Mais sommes-nous dans une situation semblable? Le cas du sud des États-Unis, à l’origine de la présente tornade idéologique, est assumérent singulier. La mémoire qui y est associée ne s’est pas toujours définie exclusivement à partir de la question raciale, ce qui ne veut pas dire que celle-ci ne soit pas centrale et que la mouvance suprémaciste blanche ne cherche pas à exercer sur cet héritage un monopole. On ne saurait toutefois l’y réduire. Surtout, des Américains raisonnables et nullement racistes sont choqués que des militants d’extrême-gauche détruisent des statues en dehors de toute légalité. Ils acceptent difficilement que toute mention de l’héritage du sud soit assimilé au racisme. Comment ces Américains toléreraient-ils, par exemple, qu’on censure un film comme «Autant en emporte le vent», comme cela vient d’arriver dans un cinéma de Memphis, qui l’a déprogrammé pour des raisons idéologiques?

La question des statues qui perpétuent le souvenir des généraux ou des soldats confédérés aux Etats- Unis est complexe. Mais la manie pénitentielle frappe partout en Occident. Elle pousse à démanteler des statues, à réécrire les manuels scolaires, à prescrire certaines commémorations pénitentielles, à multiplier les excuses envers telle communauté, à pendre symboliquement certains héros des temps jadis désormais présentés à la manière d’abominables salauds et à censurer les représentations du passé qui n’entrent pas dans la représentation caricaturale qu’on s’en fait aujourd’hui.

Cette vision de l’histoire, terriblement simplificatrice, prend la forme d’un procès qui vise d’abord les héros longtemps admirés. Des grands personnages, on ne retient que les idées qui heurtent les valeurs d’aujourd’hui. L’Occident en vient à se voir avec les yeux de ceux qui le maudissent. Tôt ou tard, on s’en prendra aux statues du général de Gaulle, de Churchill, de Roosevelt et de bien d’autres: d’une certaine manière, Napoléon a déjà été victime d’une telle entreprise lorsqu’on a refusé en 2005 de commémorer la victoire d’Austerlitz. Il ne s’agira plus seulement de réduire en miettes la statue de tel ou tel général qui a servi la cause de l’esclavagisme: tous finiront par y passer d’une manière ou d’une autre, comme si nous assistions à une nazification rétrospective du passé occidental, désormais personnifié par un homme blanc hétérosexuel auquel il faudrait arracher tous ses privilèges. À son endroit, il est permis, et même encouragé, d’être haineux.

L’Europe ne sait plus quoi faire de son passé colonial, que plusieurs sont tentés d’assimiler à un crime contre l’humanité. Ses procureurs croient n’accuser que leurs pères, alors qu’ils excitent la tentation victimaire de certaines populations immigrées qui n’hésitent pas ensuite à expliquer leur difficile intégration dans la civilisation européenne par le système postcolonial qui y prédominerait. L’histoire de l’Europe serait carcérale et mènerait directement au système concentrationnaire. Dans le cadre américain, c’est l’arrivée même des Européens qu’il faudrait désormais réduire à une invasion brutale, que certains n’hésitent pas à qualifier d’entreprise génocidaire. On invite les jeunes Américains, les jeunes Canadiens et les jeunes Québécois à se croire héritiers d’une histoire odieuse qu’ils doivent répudier de manière ostentatoire. On les éduque à la haine de leur propre civilisation.

Nous sommes devant une manifestation de fanatisme idéologique s’alimentant à l’imaginaire du multiculturalisme le plus radical, qui prétend démystifier la société occidentale et révéler les nombreuses oppressions sur lesquelles elle se serait construite. Chaque représentation publique du passé est soumise aux nouveaux censeurs qui font de leur sensibilité exacerbée le critère à partir duquel ils accordent ou non à une idée le droit de s’exprimer. Comment ne pas y voir une forme de contrôle idéologique marquée par une intolérance idéologique décomplexée? On y verra une illustration de la racialisation des rapports sociaux dans une société qui se tribalise au rythme où elle se dénationalise. Chacun s’enferme dans une histoire faite de griefs, puis demande un monopole sur le récit collectif, sans quoi on multipliera à son endroit les accusations de racisme. Il faudra alors proposer une représentation du passé conforme au nouveau régime de la «diversité».

Ce qui est frappant, dans ce contexte, c’est la faiblesse des élites politiques et intellectuelles, qui ne se croient plus en droit de défendre le monde dont elles avaient pourtant la responsabilité. On le constate dans le monde académique. Très souvent, les administrations universitaires cèdent aux moindres caprices d’associations étudiantes fanatisées, pour peu que celles-ci fassent preuve d’agressivité militante. En juillet, le King’s College de Londres a décidé de retirer les bustes de ses fondateurs «blancs» parce qu’ils intimideraient les «minorités ethniques». Encore une fois, l’antiracisme racialise les rapports sociaux. C’est un nouveau dispositif idéologique qui se met en place et qui contribue à redéfinir les contours de la respectabilité politique. Ceux qui s’opposent au déboulonnage des statues controversées sont accusés d’être complices des crimes auxquels elles sont désormais associées.

Nos sociétés n’ont pas à se reconnaître dans le portrait avilissant qu’on fait d’elles. Elles doivent raison garder. Il faudrait voir dans ces statues tout autant de couches de sens à la fois superposées et entremêlées: elles témoignent de la complexité irréductible de l’histoire, qui ne se laisse jamais définir par une seule légende, et ressaisir par une seule tradition. C’est pour cela qu’on trouve souvent des statues et autres monuments commémoratifs contradictoires au sein d’une ville ou d’un pays. Ils nous rappellent que dans les grandes querelles qui nous semblent aujourd’hui dénuées d’ambiguïté, des hommes de valeur ont pu s’engager dans des camps contraires. Ils illustrent des valeurs et des engagements qui ne se laissent pas réduire aux idéologies auxquelles ils se sont associés. L’histoire des peuples ne saurait s’écrire en faisant un usage rageur de la gomme à effacer et du marteau-piqueur.

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De Charlottesville à Colbert : faut-il déboulonner tous les personnages historiques qui dérangent ?
Le débat né aux Etats-Unis s’est importé en France : des associations de mémoire réclament que l’on retire les statues et débaptise les rues honorant des personnages historiques controversés, notamment ceux qui ont été impliqués dans l’esclavage. Mais où arrêter le tri dans l’histoire ?
Hadrien Mathoux
Marianne
04/09/2017

Les polémiques naissent des statues, ces temps-ci. A Charlottesville, dans le sud des Etats-Unis, c’est la décision de retirer l’édifice rendant hommage au général Lee qui a été à l’origine du défilé des suprémacistes blancs et autres néo-nazis au mois d’août. Une controverse qui a traversé l’Atlantique : dans une tribune pour Libération, le président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), Louis-Georges Tin, s’insurge contre d’autres statues. Dans sa ligne de mire, l’ancien ministre de Louis XIV, Colbert : « Il y a à l’Assemblée nationale une statue de Colbert, une salle Colbert, une aile Colbert au ministère de l’Economie, des lycées Colbert, des dizaines de rues ou d’avenues Colbert, sans qu’il y ait le moindre conflit, la moindre gêne, le moindre embarras ». Car Colbert est aussi l’auteur du Code noir qui a, souligne l’universitaire, « organisé en France ce crime contre l’humanité » qu’était l’esclavage. Le président du Cran réclame donc qu’on déboulonne immédiatement la statue de Colbert et qu’on débaptise les rues à son nom, en vertu d’une « décolonisation de l’espace et des esprits ». Et de s’interroger : « N’y a-t-il pas un lien entre le piédestal où l’on met les esclavagistes et le mépris social que subissent les descendants d’esclaves ? ».

Alors, faut-il se lancer dans ce tri entre les bonnes et les mauvaises figures historiques ? Une telle demande fait bondir Dimitri Casali, historien et essayiste, qui défend une vision radicalement différente de la mémoire. « Cette polémique est l’illustration de la vague d’ignorance qui submerge notre société au nom de la repentance et du politiquement correct », fulmine-t-il auprès de Marianne, regrettant le « bannissement de toute complexité historique ». Pour lui, « l’histoire de Colbert et du Code noir doit avant tout être replacée dans le contexte de l’époque, le XVIIe siècle ». Et selon lui, il serait tout aussi absurde de démonter la statue de Colbert au nom de la lutte contre l’esclavage, que de détruire le château de Versailles pour tourner la page de la monarchie absolue. « Si on ne comprend pas l’histoire dans sa globalité et sa complexité, on ne comprend rien à rien », insiste l’essayiste.

Des rues en l’honneur de communistes… ou de défenseurs de l’Algérie française

Ce débat force pourtant à une observation : les noms donnés aux lieux publics sont chargés de connotations politiques. Qui se promène dans les villes de la « banlieue rouge », en bordure de Paris, se verra rapidement rappeler leur histoire communiste : on peut mentionner l’avenue Lénine de Saint-Denis ou la place Maurice-Thorez de Villejuif, honorant le très stalinien secrétaire général historique du PCF. A l’autre extrémité de l’échiquier politique, on envoie aussi des messages : le toujours provocateur maire de Béziers Robert Ménard a débaptisé il y a deux ans la rue du 19-Mars-1962. Ce nom avait pour lui le tort de célébrer les accords d’Evian ayant mis fin à la guerre d’Algérie. A la place, Robert Ménard a renommé la rue… Hélie Denoix de Saint-Marc, un ancien parachutiste, farouche partisan de l’Algérie française. L’odonymie – l’art de nommer des voies de communication – reflète donc bien les luttes pour réécrire l’histoire… généralement au profit des vainqueurs. Ainsi, les figures de la IIIe République, Jules Ferry, Léon Gambetta, Jean Jaurès ou Georges Clemenceau sont dans tous les index de plans de villes. Et comme le souligne Jean-Paul Brighelli dans Causeur, « il y a très, très peu de rues ou places Robespierre en France, alors que des rues Danton, l’organisateur des massacres de septembre, on ne sait plus qu’en faire ».

Trêve d’hypocrisie, « les noms de rue ne sont pas de l’histoiremais de la mémoire, explique Philippe Darriulat, historien spécialiste du sentiment national et adjoint au maire (PS) du 18e arrondissement de Paris. On dénomme une rue pour honorer quelqu’un, pas simplement pour rappeler qu’il a existé. » Impossible donc de prétendre que les noms de lieux ne servent qu’à perpétuer le souvenir du passé : ils l’honorent. « Quand Ian Kershaw écrit une biographie de Hitler, tout le monde applaudit, développe Philippe Darriulat. Mais personne n’accepterait qu’on baptise une voie publique ‘rue Adolf Hitler’ ! ». Mais alors, comment statuer sur les noms déjà donnés ? L’exploration, à la lumière d’aujourd’hui, du passé déplaisant de tous les personnages historiques emblématiques, conduirait en effet à remettre en question beaucoup de dénominations… « Il faudra alors effacer toute trace de Jules Ferry à cause de son éloge de la mission civilisatrice de la colonisation, et faire de même pour Gambetta, Jean Jaurès, et même Léon Blum », énumère Dimitri Casali.

Philippe Darriulat propose un compromis : « Quand une dénomination apparaît comme une agression contre une population, il paraît justifié de changer le nom. Gardons à l’esprit que la mémoire honore, quand l’histoire analyse ». L’adjoint au maire du 18e donne un exemple issu de son arrondissement : le petit parc situé au pied du Sacré-Cœur. En 1927, il avait initialement été nommé « square Willette », en l’honneur du dessinateur de presse polémiste Adolphe Willette. A l’époque, cette dénomination était déjà un acte politique : il s’agissait de se « venger » de l’édification de la basilique du Sacré-Cœur, considérée comme un symbole réactionnaire, en baptisant le square du nom d’un artiste provocateur et anticlérical. En 2004, la mairie du 18e est revenue sur le square Adolphe Willette, pour d’autres raisons… Une affiche de candidature d’Adolphe Willette aux législatives de 1889 venait d’être exhumée : il s’y proclamait « candidat antisémite ». « Quand le caractère violemment antisémite de l’affiche a été mis en évidence, il a été décidé de changer le nom du square », raconte Philippe Darriulat. L’espace s’appelle aujourd’hui « square Louise-Michel ».

A Nantes et Bordeaux, l’esclavage à chaque coin de rue

Le problème est que dans certaines villes, des pans entiers de l’architecture urbaine sont susceptibles d’être considérés comme une « agression contre une population ». Les villes de Nantes et Bordeaux, par exemple, sont d’anciens ports qui furent les foyers de la traite des esclaves. Et portent à chaque coin de rue la marque de ce passé négrier. Dans la cité des Ducs, les rues Montauduine, Kervégan et Guillaume Grou, entre autres, rendent « hommage » à des armateurs, négociants, politiques, pleinement investis dans la traite des esclaves noirs. A Bordeaux, plusieurs dizaines de voies publiques sont dans le même cas. Que faire ? Tout effacer, tout rebaptiser ?

« Il faut cesser avec cet héritage d’instrumentalisation politique des lieux, cette façon de réécrire l’histoire n’enseigne absolument rien », argue Karfa Diallo d’une voix calme. Il est le président de Mémoire & Partages, une association bordelaise qui milite pour une « éducation populaire » autour du passé colonial de la ville. « Nous héritons d’une période où la traite des Noirs était légale, or les consciences ont évolué aujourd’hui. Il s’agit de nous interroger à partir des lieux qui ont été à l’origine de l’esclavage : les ports. » Mémoire & Partages préconise d’installer des plaques pédagogiques en-dessous des noms de chaque rue, afin de retracer en quelques phrases les principaux hauts (et bas) faits des personnages ayant donné leur nom aux lieux publics. Pour Karfa Diallo, l’exhortation à déboulonner des statues relève en revanche d’un « tropisme anglo-saxon qui paraît inapproprié ». Dimitri Casali salue l’initiative des plaques pédagogiques : « Plutôt que de débaptiser, il faut instruire et éduquer ».

Reste qu’il est parfois difficile d’observer des personnages historiques sans anachronisme avec notre regard de 2017. Dimitri Casali déplore ainsi une « tendance à plaquer nos représentations mentales actuelles sur celles de la période évoquée ». Ce sont les conseils municipaux qui ont le pouvoir de baptiser les rues, places et autres avenues. Et pour éviter des luttes sans fin, leurs choix se font de moins en moins polémiques. Dans sa réponse à une question écrite posée par une sénatrice LR, le ministère de l’Intérieur a rappelé en août 2016 que « l’attribution d’un nom à un espace public ne doit être ni de nature à provoquer des troubles à l’ordre public, ni à heurter la sensibilité des personnes, ni à porter atteinte à l’image de la ville ou du quartier concerné. » Philippe Darriulat confirme : « La majorité des municipalités essaient de faire passer des choix consensuels ». En tous cas, en 2017, mais peut-être seront-ils contestés dans 100 ans…

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Charlottesville : Trump et la guerre des mémoires

Le drame de Charlottesville illustre la renaissance de l’affrontement qui oppose les communautés autour de l’histoire de l’esclavage aux Etats-Unis. Un siècle et demi après la fn des combats, la guerre de Sécession n’est, dans les esprits, toujours pas terminée.
Alain Léauthier
Marianne
27/08/2017

Pendant quelques jours, sur tous les médias américains, on n’a vu qu’eux : quelques milliers de suprémacistes blancs paradant en force dans les rues d’une ville réputée jusque-là plutôt paisible, costauds barbus du Ku Klux Klan (KKK) portant nonchalamment le M16 en bandoulière ou militants néonazis casqués derrière des boucliers frappés de la croix gammée et brandissant une profusion de Stainless Banner, l’étendard des Etats confédérés sécessionnistes. Les images de leurs accrochages violents avec les « antiracistes » ont fait le tour de la planète, tout comme celles montrant la voiture de James Alex Fields Jr, un garçon de 20 ans originaire de l’Ohio, fonçant dans la foule. Trente-cinq personnes ont été blessées, Heather Heyer, une jeune femme de 32 ans, a perdu la vie. S’il est jugé un jour en Virginie, Etat qui l’applique assidûment, James Alex Fields Jr encourt la peine capitale. Pour nombre de commentateurs, la tragédie de Charlottesville illustrerait avant tout le vent mauvais que l’élection de Donald Trump fait souffler sur une partie de l’Amérique blanche et raciste, désormais affranchie de toute retenue et convaincue que c’est un des siens qui occupe le Bureau ovale de la Maison-Blanche. Les mêmes ont vu dans les tergiversations du président à condamner clairement, et unilatéralement, les suprémacistes, au mieux l’expression d’un cynisme détestable, et plus certainement la preuve d’une indulgence coupable pour cause d’affinités. Même les Bush père et fils y sont allés de leur communiqué indigné, aussitôt interprété comme une prise de distance avec l’attitude jugée plus qu’ambiguë du milliardaire.

Pourtant, quelques voix dissonantes ne partagent pas exactement cette analyse de l’affaire de Charlottesville. Factuellement d’abord, et c’est le cas de Jean-Eric Branaa, maître de conférences à Paris-II et spécialiste des Etats-Unis. « Incontestablement, Donald Trump n’a pas su élever son discours et s’adresser à toute l’Amérique. Parce qu’il n’est pas un politicien orthodoxe, il n’a pas perçu la dimension symbolique de ces événements et ce qu’elle exigeait de lui. En revanche, quand il pointe des violences du côté de l’extrême droite mais aussi de l’ alt-left, cela me semble un constat difficilement récusable. Il y a bien une alt-left, violente ou agressive, et en tout cas très intolérante. Cela va des Antifa à Black Lives Matter et d’autres groupuscules qui occupent, notamment dans la rue, le vide laissé par un Parti démocrate en pleine crise depuis la défaite de Hillary Clinton. Ceux-là tirent tous les débats qui agitent une société américaine très divisée vers un affrontement entre pro- et anti-Trump.»

Lee, la fin d’un consensus

A Charlottesville, la division en question s’est focalisée sur un monument dressé dans un parc du centre-ville depuis 1924, la statue équestre de Robert E. Lee, le légendaire général sudiste qui commandait l’armée de Virginie du Nord, avant de devenir le général en chef des armées sudistes lors de la guerre de Sécession de 1862 à 1865. En avril dernier, le conseil municipal à majorité démocrate décide de la transférer dans un musée, suscitant aussitôt la colère d’une myriade d’associations, à l’image des Sons Of Confederate Veterans, dont les membres sont des descendants directs de soldats sudistes. Le choix du maire, Michael Signer, ne constitue pourtant pas une première. Voilà déjà quelques années que la présence des monuments érigés en hommage aux grandes figures confédérées – près de 1 500 au total, disséminés essentiellement dans les anciens Etats sécessionnistes – ne semble plus aller de soi. Du moins pour certains militants des droits civiques et surtout des activistes de la nouvelle gauche américaine. Leurs arguments ? Jim Gray, maire démocrate de Lexington, dans le Kentucky, les résumait il y a peu : « Nous ne pouvons pas continuer à rendre hommage à ces hommes qui se sont battus pour préserver l’esclavage sur un sol où des hommes, des femmes et des enfants ont été eux-mêmes vendus comme esclaves. » Etait-ce le cas de Robert E. Lee ? Héritier d’une riche famille de Virginie et marié à une descendante de George Washington, le premier président des Etats-Unis, ce brillant militaire de carrière, diplômé de West Point, fut aussi un grand propriétaire terrien, en l’occurrence une plantation sur laquelle trône désormais le cimetière national d’Arlington. Comme la plupart de ses pairs, Lee possédait son lot d’esclaves. Notablement enrichi à la mort de son beau-père, il se conforma à son souhait en acceptant de les affranchir, mais après un délai de cinq années au cours desquelles quelques réfractaires furent dûment fouettés pour avoir tenté de s’enfuir. Une fois la guerre terminée, Lee prit la tête de la future Washington And Lee University à Lexington (Virginie) et plaida inlassablement pour la réconciliation nationale et la reconstruction du pays. Icône absolue des sudistes, le général a bénéficié au fl du temps d’une sorte de consensus national au point qu’en 1975 le président Gerald Ford décida de lui rendre symboliquement ses droits civiques pleins et entiers. Longtemps, les disputes autour de Lee ou d’autres « héros » sudistes, tels le général Stonewall Jackson, son bras droit, et le président confédéré Jefferson Davis – réhabilité lui par Jimmy Carter – ont rarement franchi le cercle restreint des experts. Humaniste attentif au sort des Noirs, en particulier dans le domaine de l’éducation, pour les uns, esclavagiste pur et dur pour les autres, jusqu’alors, comme l’écrit le journaliste et historien Sylvain Ferreira (lire l’interview ci-contre), Robert E. Lee « reposait dans une petite chapelle de son université sans que cela pose de problème à personne ». En juillet 2014, première alerte pourtant : un groupe d’étudiants noirs exige que soient retirés les drapeaux confédérés placés devant l’édifice religieux et, un mois plus tard, la direction de l’établissement leur donne raison.

Sur place, l’affaire fait grand bruit, mais il faudra attendre le drame de Charleston, en Caroline du Sud, pour qu’elle prenne une dimension nationale. Dans la nuit du 17 au 18 juin 2015, un jeune suprémaciste blanc, Dylann Roof, pénètre dans un temple méthodiste noir de la ville et abat froidement neuf personnes. Le choc est considérable dans tout le pays, et c’est Barack Obama en personne qui préside la cérémonie funèbre. Peu avant le massacre, le tueur est apparu sur les réseaux sociaux avec un drapeau sudiste. Dans tout le Sud, la chasse au Stainless Banner, et plus largement aux monuments sudistes, est ouverte et ne s’arrêtera plus. Elle prend un caractère particulièrement aigu à La Nouvelle-Orléans où, en décembre 2015, le maire démocrate Mitch Landrieu ordonne le déplacement des statues de Lee, de Jefferson Davis et du général Pierre de Beauregard, un militaire confédéré d’origine créole, engagé à la fn de la guerre dans la défense des esclaves afranchis pour lesquels il réclamait, entre autres, le droit de vote.

Débat impossible ?

Mais les démocrates ne sont pas les seuls à s’impliquer dans la polémique. Quelques mois avant Landrieu, Nikki Haley, star montante des républicains, et à l’époque gouverneur de Caroline du Sud, demande, elle aussi, le retrait des drapeaux confédérés qui flottent devant le capitole de l’Etat. « Ils n’auraient jamais dû être là », tranche celle qui est devenue l’ambassadrice de l’administration Trump à l’ONU. Débat impossible ? Quelques-uns s’y sont essayés à l’image de Condoleezza Rice, l’ancienne secrétaire d’Etat de George W. Bush de 2005 à 2009. Interrogée en mai dernier sur le mouvement d’éradication en cours, elle se prononce résolument contre la tentation de « désinfecter l’histoire ». « Je veux que nous ayons à regarder ces noms [ceux des planteurs propriétaires d’esclaves], à reconnaître ce qu’ils ont fait et à pouvoir dire à leurs enfants ce qu’ils ont fait. » Pour Emily Jashinsky du Washington Exminer, le pendant conservateur du Washington Post, « l’argument de Rice va exactement à l’encontre des raisons qui poussent les nationalistes blancs à s’approprier la figure de Lee. Eux pensent qu’ils défendent la persistance d’une histoire positive alors que pour Rice la préservation de monuments témoignant des heures les plus sombres de notre passé garantit aux générations futures la connaissance de notre histoire ». Apparemment très affaibli au lendemain des événements de Charlottesville, Donald Trump a depuis repris à son compte la rhétorique de Rice, regrettant de voir « l’ histoire et la culture de [son] grand pays mises en pièces ». Sur ce point au moins, un récent sondage indique qu’une majorité d’Américains le suit, confirmant ainsi, comme le souligne Jean- Eric Branaa, « qu’à défaut d’être un grand président il peut encore à tout moment renverser la table ».

Voir de plus:
Tribune

Vos héros sont parfois nos bourreaux
Des lycées, des rues portent son nom mais qui se souvient que Colbert était l’auteur du Code noir et le fondateur de la Compagnie des Indes occidentales ?
Louis-Georges Tin, Président du Conseil représentatif des associations noires (Cran)
Libération
28 août 2017

Avant que Libération ne publie son dossier du 23 août, la plupart des commentateurs français se sont contentés de dénoncer, à juste titre, l’attentat à Charlottesville, la statue du général Lee, les adeptes de la white supremacy, l’attitude du président Trump et le racisme américain en général (qui se maintient à un niveau très élevé, il est vrai), sans jamais voir la poutre dans l’œil de la France. Que dire de toutes ces rues qui portent des noms de négriers comme Balguerie et Gradis à Bordeaux (ville d’Alain Juppé), Grou et Leroy à Nantes (ville de Jean-Marc Ayrault), Masurier et Lecouvreur au Havre (ville d’Edouard Philippe) ?

La plupart des maires des villes concernées affirment qu’il ne faut pas changer ces noms, car il convient, paraît-il, de conserver la trace des crimes commis. Mais les noms de rue ne servent pas à garder la mémoire des criminels, ils servent en général à garder la mémoire des héros et à les célébrer. C’est pour cela qu’il n’y a pas de rue Pétain en France. D’autres proposent que l’on conserve ces noms de rues, avec une petite explication. Mais même avec une mention expliquant sa vie, son œuvre, une «rue Pierre Laval, collabo» ne serait guère plus acceptable. C’est pour cela qu’il n’y en a pas non plus. Ce n’est donc pas une solution. Et si l’on veut vraiment transmettre la mémoire, pourquoi ne pas proposer plutôt des rues au nom de Toussaint Louverture, le héros haïtien, ou au nom de Champagney, ce village français dont les habitants prirent fait et cause pour les victimes de l’esclavage, pendant la Révolution ? Il faudrait donc se poser cette question : lequel des deux pays est le plus problématique, celui où il y a un conflit autour de la statue d’un général esclavagiste, ou celui où il y a à l’Assemblée nationale une statue de Colbert, une salle Colbert, une aile Colbert au ministère de l’Economie, des lycées Colbert (qui prétendent enseigner les valeurs républicaines), des dizaines de rues ou d’avenues Colbert, sans qu’il y ait le moindre conflit, la moindre gêne, le moindre embarras ? Et pourtant, Colbert est l’auteur du Code noir, celui qui a organisé en France ce crime contre l’humanité, et aussi le fondateur de la Compagnie des Indes occidentales, de sinistre mémoire. N’est-il pas choquant que personne (ou presque) ne soit choqué ?

En 2013, Arnaud Montebourg, qui ne cessait de faire l’éloge de Colbert, avait même lancé un logiciel destiné à favoriser la relocalisation des entreprises en France. Le nom de ce dispositif ? «Colbert 2.0». Malgré les protestations du Cran, le ministre a continué à faire l’apologie d’un homme coupable de crime contre l’humanité. Son conseiller expliquait que M. Montebourg célébrait en Colbert non pas l’esclavagiste, mais celui qui avait développé l’économie française. Un peu comme ces gens d’extrême droite qui affirment qu’ils célèbrent en Hitler non pas l’auteur de la Shoah, mais celui qui a redressé l’économie allemande. L’explication donnée par ce conseiller n’est-elle pas scandaleuse ? Par ailleurs, comment Colbert a-t-il développé l’économie française au XVIIe siècle, si ce n’est sur la base de l’esclavage colonial, justement ?

Nous nous adressons ici aux Français qui, par des contorsions indignes, cherchent encore à justifier l’injustifiable : vos héros sont nos bourreaux. Dès lors, comment pourrons-nous vivre ensemble ? Il y a de nombreux Français, blancs ou noirs, qui ont lutté contre l’esclavage : pourquoi ne pas privilégier ceux-là ? N’y a-t-il pas un lien entre le piédestal où l’on met les esclavagistes et le mépris social que subissent les descendants d’esclaves ? Est-il normal que les territoires d’outre-mer, où l’esclavage a été perpétré, soient encore en 2017 les plus pauvres du pays tout entier ? Est-il normal qu’ils soient dominés, encore aujourd’hui, par les descendants des esclavagistes, qui ont été indemnisés en outre par la République après l’abolition ? Peut-on être à la fois la patrie des droits de l’homme, et la patrie des droits des esclavagistes ?

Il y a quelques jours, Emmanuel Macron a affirmé qu’il était «aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie» à Charlottesville. Nous demandons à Emmanuel Macron d’être aussi aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie en France et de lancer une réflexion nationale sur la nécessité de remplacer ces noms et statues de la honte par des figures de personnalités noires, blanches ou autres ayant lutté contre l’esclavage et contre le racisme. Bien sûr, cette décision relève de l’autorité des élus locaux, mais un débat national et collectif doit être engagé. On ne peut pas être dans l’indignation face à Charlottesville et dans l’indifférence par rapport à la France par rapport à toutes statues, toutes ces rues, qui défigurent nos villes. Il faut décoloniser l’espace, il faut décoloniser les esprits, c’est aussi cela la réparation à laquelle nous appelons le Président.

Louis-Georges Tin Président du Conseil représentatif des associations noires (Cran)

Voir de même:

Tribune d’historiens pour défendre la place Robespierre à Marseille

Lettre ouverte au maire de Marseille et au maire du 9e arrondissement
L’Humanité
21 Mai, 2014

Plusieurs historiens spécialistes reconnus de la Révolution française ont adressé une lettre ouverte au maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, afin que ne soit pas débaptisée la place Robespierre se situant dans le 9e arrondissement de la ville.

Monsieur le maire,

Nous avons appris par la presse que vous envisagiez de débaptiser la Place Robespierre dans le 9e arrondissement de Marseille. Nous entendons réagir à cette nouvelle en vous faisant part de notre désapprobation et de notre volonté de faire largement savoir auprès de l’opinion les raisons de notre opposition à ce projet.
Débaptiser l’un des rares noms de lieu dédiés à la mémoire de Robespierre dans les grandes villes françaises serait, à notre sens, un signal politique et mémoriel antirépublicain. Quoi qu’on puisse penser de l’action politique de Robespierre (et les interprétations divergentes sont nombreuses, comme nous avons montré dans notre ouvrage (1)), il n’en reste pas moins qu’il a été l’inventeur de la devise « Liberté Égalité Fraternité » qui figure au fronton des édifices publics, qu’il a été (avec bien d’autres évidemment) un combattant infatigable de la démocratie, qu’il a défendu la citoyenneté des pauvres, des juifs, des « hommes de couleur » (comme on disait alors) dans les colonies et qu’il n’a cessé d’être la cible des attaques des royalistes, des anti-républicains et des réactionnaires de toutes sortes depuis deux siècles. Les accusations de « dictature » ou de responsabilité personnelle dans ce que l’on a appelé après sa mort la « Terreur » ont été — depuis fort longtemps — ruinées par la critique historique. Robespierre n’a jamais été le dictateur sanglant et paranoïaque de l’imagerie contre-révolutionnaire, il a été, en revanche, l’un des partisans les plus résolus de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et de la Première république, y compris dans le contexte difficile d’une guerre civile et extérieure.

Ajoutons qu’il a été, dès 1790-1791, le porte-parole des patriotes marseillais en butte aux attaques des autorités aristocratiques locales, qu’il a entretenu une correspondance politique suivie avec les révolutionnaires phocéens qui l’ont remercié à plusieurs reprises en lui demandant d’être leur défenseur(2) . Notre « cause est digne de vous, lui écrivent les officiers municipaux marseillais le 18 avril 1791, c’est celle du patriotisme luttant contre la calomnie ». Robespierre est celui qui écrivait au maire de Marseille le 27 juillet 1790 : « ne doutez pas que je ne sois dévoué jusqu’à la mort à la cause de Marseille et à celle de la Constitution, à laquelle elle est liée ». Il est celui qui dédia aux Marseillais son Adresse aux Français après la fuite du roi en juin 1791. Et vous voudriez que ce défenseur de la Révolution des droits de l’homme et du citoyen, mais aussi de la ville de Marseille, disparaisse des noms de lieux et de places de la ville qui lui a décerné les plus grands éloges ?

En Provence, au-delà de la municipalité marseillaise, ce sont celles d’Avignon ou de Toulon — dont il devient citoyen d’honneur — qui lui ont rendu hommage. Le premier député des Bouches-du-Rhône, Charles-François Bouche, le considérait comme l’un des Constituants les plus patriotes. Il a, écrivait le député provençal, « l’âme grande, élevée, courageuse et patriote » et il désolera « ses ennemis, s’il en a », car sa conduite politique est sans tache. Celui qui a reçu de son vivant le surnom « d’Incorruptible » doit-il disparaître de la vue des Marseillais ? Ce serait un comble en ces temps de crise de la démocratie et de méfiance à l’égard de la vertu publique des élus de la République.
La place Robespierre ne doit pas être débaptisée.

La Révolution française ne doit pas disparaître de la mémoire marseillaise, nationale et universelle.
Nous faisons connaître cette lettre à nos collègues historiens et nous leur demandons de s’associer à notre démarche qui concerne aussi tout ceux qui ont à coeur de défendre la mémoire de la révolution.

  • Marc Belissa, maître de conférences en histoire (Université Paris Ouest Nanterre).
  • Yannick Bosc, maître de conférences en histoire (Université de Rouen).

(1) Robespierre. La fabrication d’un mythe, Paris, Ellipses, 2013. Lire la conclusion
(2) Voir l’article de Jacques Guilhaumou, « Robespierre, défenseur de Marseille en 1791 », Révolution Française.net, juin 2006.

Premiers signataires :
Serge Bianchi (Professeur émérite, Université de Rennes II), Deborah Cohen (MCF histoire, Université d’Aix-Marseille), Alexis Corbière (professeur d’histoire, auteur de Robespierre Reviens !), Marc Deleplace (MCF histoire, Paris IV Sorbonne), Jean-Numa Ducange (MCF histoire, Université de Rouen), Florence Gauthier (MCF Histoire, Université Paris VII Denis Diderot), Jacques Guilhaumou (directeur de recherche émérite, CNRS-ENS Lyon), Anne Jollet (MCF histoire, Université de Poitiers), Mathilde Larrère (MCF histoire, Université de Marne-la-Vallée), Claude Mazauric (Professeur émérite, Université de Rouen), Guillaume Mazeau (MCF histoire, Université Paris I Panthéon Sorbonne), Christine Peyrard (Professeur, Université d’Aix-Marseille), Michel Vovelle (Professeur émérite, Aix-Marseille, Paris I, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française)

Voir encore:

Hollande, Hamon et Robespierre

Le tout nouveau président UMP de la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole, Guy Teissier, vient d’avoir une idée : il veut débaptiser la Place Robespierre, sise dans le IXème arrondissement de Marseille (à Mazargues, pour ceux qui connaissent) et lui donner le nom des Nazet, amis du félibrige et de la culture provençale. C’est la seconde fois qu’on nous fait le coup — déjà, en 1999…

J’aime bien le félibrige, même si le mouvement a fini par rassembler un grand nombre d’imbéciles heureux. Mais j’aime encore plus Robespierre, sans lequel nous serions retombés dans une monarchie glauque (sans lequel il n’y aurait pas eu Bonaparte ni de Code civil : c’est au passage le frère dudit Robespierre qui a distingué à Toulon le jeune officier d’artillerie).
Horreur et putréfaction ! Signez vite la pétition mise en place par les amis de Robespierre, de la Convention et de la République. Il y a très très peu de rues ou places Robespierre, en France, alors que des rues Danton, l’organisateur des massacres de septembre, on ne sait plus qu’en faire.
Les informations sur l’œuvre exact de Maximilien ne vous sont pas nécessaires, ô mes féaux, mais cela va mieux en le disant :

C’est Robespierre qui pour la première fois, à la mi-décembre 1790, employa la formule « Liberté, Egalité, Fraternité ».
C’est lui qui a donné et proposé la citoyenneté pour les Juifs, qui a proposé l’abolition de l’esclavage, qui a fait voter la reconnaissance des enfants naturels, le premier à défendre le suffrage universel, le premier à aborder le non cumul des mandats, le premier à proposer le contrôle des prix de première nécessité…
Quant à la Terreur qu’on lui attribue…
C’est entendu, la guillotine fut la raison suffisante, comme disait Voltaire, de la mort de 15 000 personnes — plus ou moins. C’est entendu, il y eut quelques excès à Lyon ou Nantes. Mais cette violence est peu, comparée à celle exercée pendant des siècles par les Rois de France, qui cautionnaient les pires massacres et les tortures. Et tout adversaire que je sois aujourd’hui de la peine de mort, je recontextualise — en 1793, un certain 21 janvier, qu’en aurais-je pensé ?
D’autant que si l’on cherchait les vrais responsables de la Terreur, il faudrait bien davantage lorgner vers Fouquier-Tinville, Hébert, Vadier ou Barère — l’un des principaux responsables, aussi, de la répression vendéenne, et non Robespierre qui rappela Carrier dès qu’il fut mis au courant des fantaisies de ce dernier, qui faisait violenter les jeunes aristocrates du beau sexe par ses volontaires antillais, au cours d’orgies mémorables — avant de les expédier dans la Loire pour les fameux « mariages républicains ». Bouh le vilain. Même que Robespierre l’a fait guillotiner.
Le plus beau, c’est que la désinformation la plus abjecte règne chez les historiens. Mais les historiens, hein…
Alors, signez et faites signer la pétition !

Tout cela pour dire…
Au même moment, Hollande nous recompose la France du XVIIIème siècle et ses provinces. Sous prétexte que 22 régions, c’est 11 de trop. Efficacité, économies, etc. Faire des régions à échelle européenne, bla-bla-bla. Le modèle allemand, quoi.
Et Benoît Hamon s’est empressé de faire chorus, et s’apprête à territorialiser l’Education Nationale — quand vous serez sous la tutelle exclusive des potentats locaux à la Guy Teissier, vous ne viendrez pas me reprocher de ne pas vous avoir prévenus. Les profs sous la férule des grandes intelligences régionales, recrutement et sélection compris, ce sera intéressant.
C’est pour le coup que l’on multipliera les options régionales au Bac — notez qu’il y a déjà l’option Pétanque en Provence et l’option surf à Biarritz. Des points en plus pour compenser les faiblesses en maths.
Tout cela sent mauvais. Très mauvais. Moi, j’aurais la tête de Louis XVI — ah bon, vous n’aviez pas remarqué ? —, j’y regarderais à deux fois avant de rétablir l’Ancien Régime. Qui sait si un nouveau Robespierre ne traîne pas par là, à Arras ou ailleurs…

Voir par ailleurs:

Etats-Unis : et maintenant, les statues de Christophe Colomb sèment la discorde

Des voix s’élèvent pour demander le déboulonnage des statues de l’explorateur, considéré par certains comme responsable du génocide amérindien.

Paul Véronique

1 septembre 2017

Le débat qui a enflammé les Etats-Unis autour du déboulonnage de la statue du général confédéré Robert Lee à Charlottesville s’étend à d’autres figures historiques. A New York, la cible se nomme désormais Christophe Colomb. L’explorateur qui a posé le pied en Amérique en 1492, est accusé par certains d’être à l’origine de l’extermination des peuples amérindiens.

Les voyages de Christophe Colomb en Amérique ont aidé les populations européennes à coloniser le continent. Mais certains historiens attaquent également le navigateur sur son traitement des peuples autochtones, et sa participation à la traite des esclaves.

Après les événements de Charlottesville, le maire de New York, Bill de Blasio, s’est saisi de la question. « New York effectuera une revue de 90 jours de tous les symboles de haine dans le domaine public », a-t-il expliqué sur Twitter le 16 août.

L’opération doit permettre d’identifier les monuments à l’honneur de personnages potentiellement offensants, afin le cas échéant de s’en débarrasser. A ce titre, il a annoncé le même jour qu’une plaque commémorative en l’honneur du maréchal Pétain allait être retirée.

« La plaque commémorative en l’honneur du maréchal Pétain, collaborateur nazi, située sur la promenade du ‘Canyon of Heroes’, sera la première à être retirée. »

Plusieurs statues vandalisées

Ces derniers jours, deux monuments dédiés à l’explorateur ont été vandalisés. Samedi dernier, une sculpture à son effigie a été décapitée au parc mémoriel de Christophe Colomb de Yonkers. Jeudi, une autre statue a été vandalisée dans le Queens. « N’honorez pas le génocide, enlevez-le », a-t-il été inscrit par des activistes sur l’édifice.

Mais c’est la statue de Christophe Colomb perchée à 21 mètres de hauteur, trônant au milieu de Columbus Circle qui cristallise les tensions. Situé en plein cœur de Manhattan, c’est l’une des places les plus célèbres de New York, consacrée à la mémoire de l’explorateur. Mais chaque année, à la veille du Columbus Day, un jour férié aux Etats-Unis, des opposants à Christophe Colomb s’y rassemblent pour dénoncer le génocide des populations amérindiennes.

Une mise en cause de l’explorateur italien qui génère des tensions avec la communauté d’origine italienne, très présente à New York. De leur côté ils entendent défendre leur patrimoine, alors que c’est leurs ancêtres qui avaient financé la statue de Columbus Circle en 1892.

Mise en difficulté du maire de New York

Une situation inconfortable pour Bill de Blasio, pris en étau entre les antis et les pros Christophe Colomb, alors qu’il concourt à sa réélection en novembre. Jusqu’à présent, le maire de New York a pris soin de ne pas remettre en cause nommément l’explorateur, se contentant de dénoncer les « symboles de haine ». Lors des primaires démocrates pour les élections municipales, mercredi 23 août, il a esquivé :

« Je ne vais pas me lancer dans le jeu des noms. »

Une polémique de mauvais augure dont n’a pas hésité à se servir son rival démocrate Sal Albanese :

« Il a déclaré que les statues confédérées qui rappelaient l’esclavage et le racisme méritaient d’être interdites, mais retirerons-nous également les statues de George Washington et Thomas Jefferson ? »

Voir aussi:

Accusé de racisme, Autant en emporte le vent dans la tourmente aux États-Unis
Deux semaines après la tragédie de Charlottesville, un cinéma de Memphis a suspendu sa projection annuelle du film de Victor Fleming sorti en salles en 1939, estimant que cette œuvre aux dix Oscars, qui plonge dans la Guerre de Sécession, était insensible au public afro-américain.
Alexis Feertchak
Le Figaro
30/08/2017

Scarlett O’Hara n’est plus la bienvenue dans la salle Orpheum de Memphis. Autant en emporte le vent était projeté chaque année depuis 34 ans dans ce cinéma du Tennessee, au sud des États-Unis, qui a décidé de suspendre cette tradition, un peu plus de deux semaines après l’attaque de Charlottesville, dans laquelle une militante antiraciste a été tué par un suprémaciste blanc.

Le soir précédent, le 11 août, le film de 1939 aux dix Oscars avait été projeté sur l’écran de Memphis. Le cinéma a alors reçu des plaintes, motivées par le portrait discriminant des noirs américains et la vision idéalisée des Sudistes que ce film, qui plonge au cœur de la Guerre de Sécession, véhiculerait. La direction de l’Orpheum a réagi en annonçant que les aventures de Scarlett et Rhett ne seraient plus au programme l’année prochaine, déclenchant un tollé sur la toile.

«La récente projection d’Autant en emporte le vent (…) a généré un nombre important de commentaires. L’Orpheum les a soigneusement étudiés», s’est justifié Brett Batterson, le président de l’Orpheum Theatre Group, précisant au New York Times qu’«en tant qu’organisation dont la mission est de divertir, d’éduquer et d’éclairer les communautés qu’elle sert, l’Orpheum ne pouvait montrer un film insensible à un grand pan de sa population locale».

Souhaitant désamorcer la polémique, Brett Batterson a expliqué au Commercial Appeal, un quotidien de Memphis, que les préoccupations à propos de ce film ne dataient pas de la tragédie de Charlottesville et des débats qui en ont suivi, mais que la question se posait chaque année depuis longtemps.

Les réseaux sociaux n’ont pas tardé à s’emparer de l’affaire, entraînant une vive polémique. «La tolérance vire à la censure. Encore une fois», a déclaré le philosophe québécois Mathieu Bock-Côté sur Twitter.

D’autres ont créé des variations autour du titre: «À ce rythme-là, ce sont bientôt nos libertés, notre identité et notre culture qui seront ‘gone with the wind’» [le titre anglais du film, NDLR]. «Le bon sens a été emporté par le vent dans ma ville natale de Memphis», s’est écrié le journaliste et écrivain américain Todd Starnes.

D’autres encore de rappeler que l’actrice Hattie McDaniel, qui y joue une esclave du nom de Mamma, a été la première Afro-américaine à recevoir un Oscar en remportant celui de la meilleure actrice dans un rôle de soutien.

Un été de polémiques

L’annulation du film de Victor Fleming, tiré du roman éponyme de Margaret Mitchell, s’inscrit dans le contexte de vives polémiques qui se sont succédé tout l’été à propos des statues et monuments de personnages historiques controversés. C’est le cas déjà depuis plusieurs années des centaines de monuments d’hommage aux figures sudistes. En août, ce fut le cas à Durham en Caroline du Nord où la statue d’un soldat confédéré érigée en 1924 a été abattue par des manifestants.

La même scène fut observée à Gainesville en Floride. Dans le Tennessee, à Nashville, une manifestation a été organisée pour exiger le retrait du Capitole d’un buste de Nathan Badford Forrest, général confédéré et fondateur du Ku Klux Klan. Le rassemblement de la droite radicale à Charlottesville, le 12 août dernier, qui a tourné à la tragédie, était motivé par le refus du retrait annoncé d’une statue de Robert Lee, général en chef des armées des États confédérés pendant la Guerre de Sécession.

Répondant à ces polémiques, Donald Trump a pris le parti de s’opposer à la démolition de ces monuments confédérés déclarant que leur retrait était «une mise en mise en pièces» de l’histoire américaine. «George Washington possédait des esclaves (…). Est-ce qu’on va enlever ses statues? Et Thomas Jefferson? Est-ce qu’on va enlever ses statues? Il possédait beaucoup d’esclaves», a-t-il également lancé à propos des premier et troisième présidents des États-Unis, tous deux morts avant la Guerre de Sécession. À l’inverse, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu’elle serait offensante pour les Amérindiens. De l’autre côté de l’Atlantique, en Grande-Bretagne, le quotidien The Guardian a proposé dans un article d’abattre la statue de Nelson, accusé d’avoir défendu l’esclavage.

Voir également:

Toppling statues? Here’s why Nelson’s column should be next
While the US argues about whether to tear down monuments to the supporters of slavery, Britain still celebrates the shameful era
Afua Hirsch
The Guardian
August 2017

The area I grew up in, leafy Wimbledon in south-west London, is bordered by memorials to two towering historical figures. One side dedicates its streets and walls to the legacy of the abolitionist William Wilberforce: the remnants of a house where he lounged with his friends, and the mounting block he used to get on his horse to ride to the Houses of Parliament, still stand.

The other side is devoted to Admiral Horatio Nelson, who having defeated the French navy bought a romantic estate where he stayed with his lover, Emma Hamilton. So many streets, pubs, shops and other local businesses recall this history that local estate agents refer to the area as The Battles.

These two contemporaneous, though contrasting, histories are symbolic of the problems Britain faces in confronting its past. Wilberforce, unquestionably a force for good, helped end, in 1807, Britain’s official involvement in the transatlantic slave trade. But he was not alone. The enormous contribution of black people in Britain at the time – especially activists and writers who were slaves themselves – has no equivalent site of glory, in London or anywhere in the country.

One of the obstacles all these abolitionists had to overcome was the influence of Nelson, who was what you would now call, without hesitation, a white supremacist. While many around him were denouncing slavery, Nelson was vigorously defending it. Britain’s best known naval hero – so idealised that after his death in 1805 he was compared to no less than “the God who made him” – used his seat in the House of Lords and his position of huge influence to perpetuate the tyranny, serial rape and exploitation organised by West Indian planters, some of whom he counted among his closest friends.

It is figures like Nelson who immediately spring to mind when I hear the latest news of confederate statues being pulled down in the US. These memorials – more than 700 of which still stand in states including Virginia, Georgia and Texas – have always been the subject of offence and trauma for many African Americans, who rightly see them as glorifying the slavery and then segregation of their not so distant past. But when these statues begin to fulfil their intended purpose of energising white supremacist groups, the issue periodically attracts more mainstream interest.

The reaction in Britain has been, as in the rest of the world, almost entirely condemnatory of neo-Nazis in the US and of its president for failing to denounce them. But when it comes to our own statues, things get a little awkward. The colonial and pro-slavery titans of British history are still memorialised: despite student protests, Oxford University’s statue of imperialist Cecil Rhodes has not been taken down; and Bristol still celebrates its notorious slaver Edward Colston. When I tweeted this weekend that it’s time we in Britain look again at our own landscape, the reaction was hostile.

“I don’t want that nonsense spreading here from America. Past is past, we have moved on,” one person said. Another accused me of being a “#ClosetRacist” for even raising the question. But the most common sentiment was summed up in this tweet: “Its History – we cant & shouldn’t re-write it – we learn from it. Removing statues would make us no different to terrorists at Palmyra.” Therein lies the point. Britain has committed unquantifiable acts of cultural terrorism – tearing down statues and palaces, and erasing the historical memory of other great civilisations during an imperial era whose supposed greatness we are now, so ironically, very precious about preserving intact.

And we knew what we were doing at the time. One detail that has always struck me is how, when the British destroyed the centuries-old Summer Palace in Beijing in 1860 and gave a little dog they’d stolen as a gift to Queen Victoria, she humorously named it “Looty”. This is one of the long list of things we are content to forget while sucking on the opium of “historical integrity” we claim our colonial statues represent.

We have “moved on” from this era no more than the US has from its slavery and segregationist past. The difference is that America is now in the midst of frenzied debate on what to do about it, whereas Britain – in our inertia, arrogance and intellectual laziness – is not.

The statues that remain are not being “put in their historical context”, as is often claimed. Take Nelson’s column. Yes, it does include the figure of a black sailor, cast in bronze in the bas-relief. He was probably one of the thousands of slaves promised freedom if they fought for the British military, only to be later left destitute, begging and homeless, on London’s streets when the war was over.

But nothing about this “context” is accessible to the people who crane their necks in awe of Nelson. The black slaves whose brutalisation made Britain the global power it then was remain invisible, erased and unseen.

The people so energetically defending statues of Britain’s white supremacists remain entirely unconcerned about righting this persistent wrong. They are content to leave the other side of the story where it is now – in Nelson’s case, among the dust and the pigeons, 52 metres below the admiral’s feet. The message seems to be that is the only place where the memory of the black contribution to Britain’s past belongs.

Afua Hirsch is a writer and broadcaster

Voir de plus:

Our War against Memory
Victor Davis Hanson
National Review
August 22, 2017

The new abolitio memoriae

Back to the Future

Romans emperors were often a bad lot — but usually confirmed as such only in retrospect. Monsters such as Nero, of the first-century A.D. Julio-Claudian dynasty, or the later psychopaths Commodus and Caracalla, were flattered by toadies when alive — only to be despised the moment they dropped.

After unhinged emperors were finally killed off, the sycophantic Senate often proclaimed a damnatio memoriae (a “damnation of memory”). Prior commemoration was wiped away, thereby robbing the posthumous ogre of any legacy and hence any existence for eternity.

In more practical matters, there followed a concurrent abolitio memoriae (an “erasing of memory”). Specifically, moralists either destroyed or rounded up and put away all statuary and inscriptions concerning the bad, dead emperor. In the case of particularly striking or expensive artistic pieces, they erased the emperor’s name (abolitio nominis) or his face and some physical characteristics from the artwork.

Impressive marble torsos were sometimes recut to accommodate a more acceptable (or powerful) successor. (Think of something like the heads only of the generals on Stone Mountain blasted off and replaced by new carved profiles of John Brown and Nat Turner).

A Scary History

Without Leon Trotsky’s organizational and tactical genius, Vladimir Lenin might never have consolidated power among squabbling anti-czarist factions. Yet after the triumph of Stalin, “de-Trotskyization” demanded that every word, every photo, and every memory of an ostracized Trotsky was to be obliterated. That nightmarish process fueled allegorical themes in George Orwell’s fictional Animal Farm and 1984.

How many times has St. Petersburg changed its name, reflecting each generation’s love or hate or indifference to czarist Russia or neighboring Germany? Is the city always to remain St. Petersburg, or will it once again be anti-German Petrograd as it was after the horrific First World War? Or perhaps it will again be Communist Leningrad during the giddy age of the new man — as dictated by the morality and the politics of each new generation resenting its past? Is a society that damns its past every 50 years one to be emulated?

Abolition of memory is easy when the revisionists enjoy the high moral ground and the damned are evil incarnate. But more often, killing the dead is not an easy a matter of dragon slaying, as with Hitler or Stalin. Confederate General Joe Johnston was not General Stonewall Jackson and after the war General John Mosby was not General Wade Hampton, just as Ludwig Beck was not Joachim Peiper.

Stone Throwers and Their Targets

What about the morally ambiguous persecution of sinners such as the current effort in California to damn the memory of Father Junipero Serra and erase his eponymous boulevards, to punish his supposedly illiberal treatment of Native Americans in the early missions some 250 years ago?

California Bay Area zealots are careful to target Serra but not Leland Stanford, who left a more detailed record of his own 19th-century anti-non-white prejudices, but whose university brand no progressive student of Stanford would dare to erase, because doing so would endanger his own studied trajectory to the good life. We forget that there are other catalysts than moral outrage that calibrate the targets of abolitio memoriae.

Again, in the case of the current abolition of Confederate icons — reenergized by the Black Lives Matter movement and the general repulsion over the vile murders by cowardly racist Dylan Roof — are all Confederate statues equally deserving of damnation?

Does the statue of Confederate General James Longstreet deserve defacing? He was a conflicted officer of the Confederacy, a critic of Robert E. Lee’s, later a Unionist friend of Ulysses S. Grant, an enemy of the Lost Causers, and a leader of African-American militias in enforcing reconstruction edicts against white nationalists. Is Longstreet the moral equivalent of General Nathan Bedford Forrest (“get there firstest with the mostest”), who was the psychopathic villain of Fort Pillow, a near illiterate ante-bellum slave-trading millionaire, and the first head of the original Ku Klux Klan?

Were the 60–70 percent of the Confederate population in most secessionist states who did not own slaves complicit in the economics of slavery? Did they have good options to leave their ancestral homes when the war started to escape the stain of perpetuating slavery? Do such questions even matter to the new arbiters of ethics, who recently defiled the so-called peace monument in an Atlanta park — a depiction of a fallen Confederate everyman, his trigger hand stilled by an angel? How did those obsessed with the past know so little of history?

Key to General William Tecumseh Sherman’s devastating strategy of marching through Georgia and the Carolinas was his decision to deliberately target the plantations and the homes of the wealthy, along with Confederate public buildings. Apparently Sherman believed that the plantation owners of the South were far more culpable than the poor non-slave-holding majority in most secessionist states. Sherman generally spared the property of non-slave owners, though they collectively suffered nonetheless through the general impoverishment left in Sherman’s wake.

In our race to rectify the past in the present, could Ken Burns in 2017 still make his stellar Civil War documentary, with a folksy and drawly Shelby Foote animating the tragedies of the Confederacy’s gifted soldiers sacrificing their all for a bad cause? Should progressives ask Burns to reissue an updated Civil War version in which Foote and southern “contextualizers” are left on the cutting room floor?

How about progressive icon Joan Baez? Should the Sixties folksinger seek forgiveness from us for reviving her career in the early 1970s with the big money-making hit “The Night They Drove Old Dixie Down”— her version of The Band’s sympathetic ode to the tragedy of a defeated Confederacy, written over a century after the Civil War. (“Back with my wife in Tennessee / When one day she called to me / Said, “Virgil, quick, come see / There goes the Robert E. Lee!”) If a monument is to be wiped away, then surely a popular song must go, too.

Are there gradations of moral ambiguity? Or do Middlebury and Berkeley students or antifa rioters in their infinite wisdom have a monopoly on calibrating virtue and defining it as 100 percent bad or good?

Who of the present gets to decide whom of the past we must erase — and where does the cleansing of memory stop? Defacing Mt. Rushmore of its slave owners? Renaming the double-whammy Washington and Lee University? Are we to erase mention of the heavens for their August 21 eclipse that unfairly bypassed most of the nation’s black population — as the recent issue of Atlantic magazine is now lamenting?

Revolutions are not always sober and judicious. We might agree that the public sphere is no place for honorific commemoration of Roger B. Taney, the author of the Dred Scott decision. But statue removal will not be limited to the likes of Roger B. Taneys when empowered activists can cite chapter and verse the racist things once uttered by Abraham Lincoln, whose bust was just disfigured in Chicago — and when the statue-destroyers feel that they gain power daily because they are morally superior.

Correct and Incorrect Racists?

The logical trajectory of tearing down the statue of a Confederate soldier will soon lead to the renaming of Yale, the erasing of Washington and Jefferson from our currency, and the de-Trotskyization of every mention of Planned Parenthood’s iconic Margaret Singer, the eugenicist whose racist views on abortion anticipated those of current liberal Supreme Court justice Ruth Bader Ginsburg. (Ginsburg said, “Frankly I had thought that at the time Roe was decided, there was concern about population growth and particularly growth in populations that we don’t want to have too many of.”)

At what point will those who went ballistic over President Trump’s clumsy “on the one hand, on the other hand” criticism of both the abhorrent racists who marched in Charlottesville (parading around in the very Nazi garb that their grandparents had fought to vanquish) and the unhinged anarchists who sought to violently stop them demand that Princeton University erase all mention of their beloved Woodrow Wilson, the unapologetic racist? Wilson, as an emblematic and typical early progressive, thought human nature could “progress” by scientific devotion to eugenics, and he believed that blacks were innately inferior. Wilson, also remember, was in a position of power — and, owing to his obdurate racism, he ensured that integration of the U.S. Army would needlessly have to wait three decades. Do any of the protestors realize that a chief tenet of early progressivism was eugenics, the politically correct, liberal orthodoxy of its time?

Just as in Roman times, chipping away the face of Nero or Commodus did not ensure a new emperor’s good behavior, so tearing down a statue of a Confederate soldier is not going to restore vitality to the inner city, whose tragedies are not due to inanimate bronze.

When Minnesota Black Lives Matter marchers chanted of police, “Pigs in a blanket, fry ’em like bacon,” was that a call for violence that was not long after realized by a spate of racist murders of policemen in Dallas? Are such advocates of torching police officers morally equipped to adjudicate which Confederate statue must come down?

And did President Obama swiftly condemn the forces that led the shooter to select his victims for execution? After Major Nidal Malik Hasan murdered 13 fellow soldiers in cold blood, screaming out “Allah Akbar” as he shot, did “both sides” Obama really have to warn America that “we don’t know all the answers yet, and I would caution against jumping to conclusions until we have all the facts”? And did it take him six years before he discovered the catalysts when finally calling the murders a terrorist attack? Did Obama have to dismiss the Islamist anti-Semitic terrorist slaughter of targeted Jews in a kosher market in Paris with the callous and flippant quip that the murderers had killed “a bunch of folks in a deli in Paris”? Were there demonstrations over that moral equivalence?

And was it inevitable that the anti-Semite, homophobe, and provocateur with past blood on his hands for inciting riot and arson, the Reverend Al Sharpton, would advocate yanking public sponsorship of the Jefferson memorial? He who is with sin now casts the first stone?

We are in an age of melodrama, not tragedy, in which we who are living in a leisured and affluent age (in part due to the accumulated learning and moral wisdom gained and handed down by former generations of the poor and less aware) pass judgement on prior ages because they lacked our own enlightened and sophisticated views of humanity — as if we lucky few were born fully ethically developed from the head of Zeus.

In my own town, there used to be a small classical fountain dedicated by the Woman’s Christian Temperance Union. It was long ago torn down. (Who wishes to recall the forces that led to Prohibition?) In its place now sits an honorific statue to the clawed, half-human Aztec deity Coatlicue, the hungry earth-mother goddess. Coatlicue was quite a bloodthirsty creation, to whom thousands of living captives were sacrificed. The goddess was often portrayed wrapped in a cloak of skin and wearing a neckless of human hearts, hands, and skulls. Our town’s new epigraph atop Coatlicue is Viva la Raza — “Long live the Race.” Should there be demonstrations to yank down such a racialist and Franco-ist hurrah? Or are the supposed victims of white privilege themselves exempt from the very chauvinism that they sometimes allege in others? Is there a progressive rationale that exempts Coatlicue and its racist plaque, whose sloganeering channels the raza/razza mantras of Fascist Spain and Mussolini’s Italy? Are we to have a perpetual war of the statues?

The Arc of History More Often Bends Backward

There is a need for an abolition of memory in the case of Hitler or Stalin, or here in America perhaps even of a Nathan Bedford Forrest. But when we wipe away history at a whim (why in 2017 and not, say, in 2015 or 2008?), we’d better make sure that our targets are uniquely and melodramatically evil rather than tragically misguided. And before we get out our ropes and sandblasters, we should be certain that we are clearly the moral superiors of those we condemn to oblivion.

Be careful, 21st-century man. Far more hypercritical generations to come may find our own present moral certitude — late-term and genetically driven abortion, the rise of artificial intelligence in place of human decision-making, the harvesting and selling of aborted fetal organs, ethnic and tribal chauvinism, euthanasia, racially segregated dorms and “safe spaces” — as immoral as we find the sins of our own predecessors.

For the last decade, we were lectured that the arc of history always bends toward our own perceptions of moral justice. More likely, human advancement tends to be circular and should not to be confused with technological progress.

Just as often, history is ethically circular. No Roman province produced anyone quite like a modern Hitler; Attila’s body count could not match Stalin’s.

In the classical Athens of 420 B.C., a far greater percentage of the population could read than in Ottoman Athens of A.D. 1600. The average undergraduate of 1950 probably left college knowing a lot more than his 2017 counterpart does. The monopolies of Google, Facebook, and Amazon are far more insidious than that of Standard Oil, even if our masters of the universe seem more hip in their black turtlenecks than John D. Rockefeller did in his starched collars.

Moneywise, Bernie Madoff outdid James Fisk and Jay Gould.

The strangest paradox in the current epidemic of abolitio memoriae is that our moral censors believe in ethical absolutism and claim enough superior virtue to apply it clumsily across the ages — without a clue that they fall short of their own moral pretensions, and that one day their own icons are as likely be stoned as the icons of others are now apt to be torn down by black-mask-wearing avengers.

A final paradox about killing the dead: Two millennia after Roman autocrats’ destruction of statues, and armed with the creepy 20th-century model of Fascists and Communists destroying the past, we, of a supposedly enlightened democracy, cannot even rewrite history by democratic means — local, state, and federal commission recommendations, referenda, or majority votes of elected representatives. More often, as moral cowards, we either rely on the mob or some sort of executive order enforced only in the dead of night.

Voir de même:

The Double Standard in the Progressive War against the Dead
Victor Davis Hanson
August 24, 2017

Will Progressives erase the history of their racist heroes, or only their racist enemies? Much of the country has demanded the elimination of references to, and images of, people of the past — from Christopher Columbus to Robert E. Lee — who do not meet our evolving standards of probity.

In some cases, such damnation may be understandable if done calmly and peacefully — and democratically, by a majority vote of elected representatives. Few probably wish to see a statue in a public park honoring Confederate general Nathan Bedford Forrest, one of the founding members of the Ku Klux Klan, or Supreme Court Justice Roger B. Taney, who wrote the majority opinion in the racist Dred Scott decision that set the stage for the Civil War four years later.

But cleansing the past is a dangerous business. The wide liberal search for more enemies of the past may soon take progressives down hypocritical pathways they would prefer not to walk. Powered by In the present climate of auditing the past, it is inevitable that Margaret Sanger’s Planned Parenthood will have to be disassociated from its founder. Sanger was an unapologetic racist and eugenicist who pushed abortion to reduce the nonwhite population. Should we ask that Ruth Bader Ginsburg resign from the Supreme Court? Even with the benefit of 21st-century moral sensitivity, Ginsburg still managed to echo Sanger in a racist reference to abortion (“growth in populations that we don’t want to have too many of”). Why did we ever mint a Susan B. Anthony dollar? The progressive suffragist once said, “I will cut off this right arm of mine before I will ever work or demand the ballot for the Negro and not the woman.” Liberal icon and Supreme Court Justice Earl Warren pushed for the internment of Japanese Americans during World War II while he was California’s attorney general. President Woodrow Wilson ensured that the Armed Forces were not integrated. He also segregated civil-service agencies. Why, then, does Princeton University still cling to its Woodrow Wilson School of Public and International Affairs? To honor a progressive who did a great deal of harm to African-American causes? Wilson’s progressive racism, dressed up in pseudoscientific theories, was perhaps more pernicious than that of the old tribal racists of the South, given that it was not regionally centered and was professed to be fact-based and ecumenical, with the power of the presidency behind it. In the current logic, Klan membership certainly should be a disqualifier of public commemoration.

Why are there public buildings and roads still dedicated to the late Democratic senator Robert Byrd, former “exalted cyclops” of his local Klan affiliate, who reportedly never shook his disgusting lifelong habit of using the N-word? Why is Supreme Court Justice Hugo Black, once a Klansman, in the 20th century, still honored as a progressive hero? So, what are the proper rules of exemption for progressives when waging war against the dead? Do they tally up the dead’s good and bad behaviors to see if someone makes the 51 percent “good progressive” cutoff that exempts him? Or do some reactionary sins cancel out all the progressive good — at least in the eyes of self-styled moral superiors to those hapless Neanderthals who came before us? Are the supposedly oppressed exempt from charges of oppression? Farm-labor icon Cesar Chavez once sent union thugs to the border to physically bar U.S. entry to undocumented Mexican immigrants, whom he derided as “wetbacks” in a fashion that would today surely earn Chavez ostracism by progressives as a xenophobe.

Kendrick Lamar, one of the favorite rappers of former president Barack Obama, had an album cover featuring a presumably dead white judge with both of his eyes X’d out, surrounded by black men celebrating on the White House lawn. Should such a divisive racialist have been honored with a White House invitation? What is the ultimate purpose of progressives condemning the past? Does toppling the statue of a Confederate general — without a referendum or a majority vote of an elected council — improve racial relations? Does renaming a bridge or building reduce unemployment in the inner city? Do progressives have their own logical set of selective rules and extenuating circumstances that damn or exempt particular historical figures? If so, what are they? Does selectively warring against the illiberal past make us feel better about doing something symbolic when we cannot do something substantive? Or is it a sign of raw power and ego when activists force authorities to cave to their threats and remove images and names in the dead of night? Does damning the dead send a flashy signal of our superior virtue? And will toppling statues and erasing names only cease when modern progressives are forced to blot out the memories of racist progressive heroes?

Voir encore:

L’ACLU, cette association américaine qui défend les droits des réfugiés et des néonazis

Claire Levenson

Slate

L’Union américaine pour les libertés civiles a aidé des suprémacistes blancs à obtenir le droit de manifester à Charlottesville. Après la mort d’une contre-manifestante, l’organisation repense sa position sur la liberté d’expression des groupes armés.

En janvier 2017, des avocats de l’ACLU, l’union américaine pour les libertés civiles, ont remporté la première victoire juridique contre le décret anti-réfugiés de Donald Trump. Ils ont obtenu qu’une juge bloque temporairement les expulsions d’immigrés venant de sept pays à majorité musulmane. Un traducteur irakien qui était détenu à l’aéroport de New York a été aussitôt libéré, et les avocats de l’ACLU sont devenus de véritables héros de la résistance anti-Trump.

Six mois plus tard, des avocats de cette même organisation ont aidé le suprémaciste blanc Jason Kessler à organiser une manifestation dans le centre de Charlottesville. Pour l’ACLU, connue pour son engagement à gauche, ces deux combats ne sont pas contradictoires:

«Il ne s’agit pas d’un tournant pour l’ACLU, a déclaré Anthony Romero, le directeur de l’organisation. Cela fait très longtemps que nous défendons les droits de groupes que nous détestons et avec lesquels nous sommes fondamentalement en désaccord».

A la fin des années 1970, l’ACLU avait en effet pris la décision controversée de défendre un groupe néonazi qui voulait défiler à Skokie, une banlieue de Chicago où vivaient de nombreux rescapés des camps de concentration. Plus récemment, ils ont défendu l’agitateur d’extrême-droite Milo Yiannopoulous, car le métro de Washington avait interdit une publicité pour son livre.

De leur point de vue, une véritable défense de la liberté d’expression implique de se battre pour tous, sans juger le contenu, suivant le principe expliqué par le juge de la Cour Suprême Oliver Wendell Holmes en 1929:

«S’il y a un principe de la Constitution qui exige plus d’attachement qu’un autre, c’est celui de la liberté d’opinion: non pas la liberté pour ceux qui pensent comme nous, mais la liberté pour la pensée que nous détestons.»

Dans le cas de Charlottesville, afin de limiter les violences potentielles, les autorités municipales voulaient que la marche pour le maintien de la statue du général sudiste Robert E. Lee ait lieu dans un grand parc un peu à l’écart. Le nationaliste blanc Jason Kessler a fait un procès à la ville et ce sont des avocats de l’ACLU qui l’ont gratuitement aidé à obtenir le droit de faire venir les manifestants – avec leurs torches, drapeaux confédérés, armes, croix grammées et slogans nazis – dans le centre ville. Du point de vue de l’ACLU, le gouvernement utilisait le prétexte de la menace de violence pour marginaliser des opinions peu populaires.

En accord avec l’ACLU, le juge a statué qu’il n’était pas constitutionnel pour la ville de limiter le permis de manifester des nationalistes blancs juste parce que les autorités étaient en désaccord avec leurs idées. Le premier amendement de la Constitution américaine protège en effet tous les discours, quel que soit leur contenu, sauf s’ils constituent une incitation à la violence imminente.

Si dans ce cas, le droit était du côté de groupes racistes, le contexte était très différent lorsque l’ACLU s’est fait une réputation en tant que gardienne de la liberté d’expression:

«Dans les années 1960 et 1970 pendant le mouvement de défense des droits civiques et le mouvement anti-guerre du Vietnam, les gens qui avaient le plus besoin d’être défendus en termes de liberté d’expression étaient les militants noirs et anti-guerre, explique le politologue Erik Bleich, auteur d’un ouvrage sur les discours de haine. Or c’est à ce moment que l’ACLU s’est distinguée par sa protection absolutiste de tous les discours. Ils ont défendu vigoureusement le droit à l’expression de groupes marginalisés, comme les activistes anti-guerre. Mais pour être cohérents intellectuellement, ils ont défendu la liberté d’expression de tous, y compris celle de néonazis».

Cette position demeure pourtant controversée. Après le meurtre de la manifestante Heather Heyer le 12 août, tuée par un sympathisant néonazi qui lui a foncé dessus en voiture, plusieurs membres de l’organisation ont démissionné (l’un d’entre eux a écrit sur Twitter: «Ce qui est légal ne correspond pas toujours à ce qui est juste. Je ne veux pas être une caution pour les nazis») et des branches locales de l’ACLU ont critiqué la position de la direction:

«Si des suprémacistes blancs défilent dans nos villes armés jusqu’aux dents et avec l’intention de blesser, il ne s’agit pas d’une activité protégée par la Constitution des Etats-Unis.»

Des porte-paroles de l’ACLU ont commencé par défendre leurs actions dans ce dossier, expliquant que la police n’avait pas bien fait son travail, et que l’ACLU n’était pas responsable du fait qu’en Virginie, il est légal de porter une arme visible. Mais quelques jours après dans une interview pour le Wall Street Journal, le directeur Anthony Romero a changé de cap:

«Les événements de Charlottesville forcent les juges, les officiers de police et les groupes de défense des droits à examiner les manifestations de suprémacistes blancs de beaucoup plus près. Si un groupe de manifestants insiste: « Non, nous voulons pouvoir porter des armes chargées », alors nous ne sommes pas obligés de les aider. Ils peuvent trouver quelqu’un d’autre.»

Pour le politologue Erik Bleich, il s’agit d’une décision importante dans la mesure où l’organisation accepte de prendre en compte le contexte actuel – le fait que les manifestants néonazis puissent être légalement armés dans certains Etats, ce qui n’était pas le cas dans les années 1970  – pour nuancer leur défense absolutiste de la liberté d’expression.

«Le contexte a changé parce que d’une part Trump est president et les néonazis ont le sentiment d’avoir plus de pouvoir, et d’autre part, nous vivons une époque où la loi est interprétée de telle façon que de plus en plus de gens sont autorisés à porter des armes de façon visible».

Dans les années 1970, lorsque l’ACLU avait défendu les néonazis de Skokie, ces groupes étaient beaucoup plus marginaux, et sous la présidence du démocrate Jimmy Carter, ils n’avaient aucun soutien au sein du gouvernement. Même à l’époque, leur décision avait rendu leur organisation impopulaire:

«Ils se sont probablement rappelés qu’à la fin des années 1970, ils ont perdu environ 30.000 membres lorsqu’ils ont défendu le défilé néonazi à Skokie. Or il s’agit d’une organisation qui dépend du soutien de l’opinion publique et de dons du public. Je pense qu’il y a un élément important de protection de leur image publique qui est entré en jeu dans la déclaration sur les groupes armés».

Après Charlottesville, la ville de Berkeley en Californie a modifié ses lois pour pouvoir interdire certaines manifestations qui n’ont pas obtenu de permis, et a priori, l’ACLU n’essaiera pas de contester cette décision. Pour certains puristes, il s’agit d’un tournant décevant. A propos de la décision de l’ACLU de ne plus défendre des groupes armés, le journal conservateur Daily Caller a titré: «L’ACLU trahit l’Amérique».

Dans Politico, deux défenseurs du premier amendement écrivent que le meilleur moyen de lutter contre les racistes n’est pas la censure et les lois qui pénalisent les discours de haine, comme en Europe, mais la confrontation d’idées dans le débat public. Ils notent que l’antisémitisme est plus prégnant en Europe  qu’aux Etats-Unis, malgré les lois européennes contre l’antisémitisme et le négationnisme.

Après les violences de Charlottesville, c’était cette même idée que défendait le directeur de l’ACLU dans un communiqué:

«Nous pensons que notre démocratie est meilleure et plus forte quand elle permet la confrontation de points de vue divergents. Le racisme et l’intolérance ne seront pas éradiqués simplement en les forçant à entrer dans la clandestinité».

Du point de vue des critiques de gauche de l’ACLU, la présence des armes et l’influence croissante de l’extrême-droite ont changé l’équation. Et avec la nouvelle position de la direction sur la défense de groupes armés, l’organisation semble avoir écouté ces voix.

Voir de plus:

Retrait des croix du paysage grec sur ses emballages: Lidl présente ses excuses aux personnes qui ont pu être choquées

« Je suis scandalisé par les magasins Lidl qui pour vendre des produits grecs efface sur des photos de la Grèce, une partie de son paysage et de sa culture », nous a écrit Antoine, mardi soir, via notre bouton orange Alertez-nous. « Je vous laisse voir les photos », ajoute-t-il. La première photo montre un des plus beaux paysages de la Grèce, quasi emblématique. Ce n’est pas l’Acropole d’Athènes mais bien une petite église orthodoxe aux coupoles d’un bleu intense qui contraste avec le blanc de ses murs et qui se dresse à flanc de falaise sur l’île de Santorin, véritable petit joyau de la Méditerranée.

C’est ce paysage qui a été choisi pour illustrer les emballages de la gamme de produits grecs ERIDANOUS « Original Greek Product » (« Produit grec original »). Moussaka, yaourt, pistaches ou encore feta sont vendus chez Lidl sous cette marque et la photo de la belle église orthodoxe et ses coupoles au bleu intense. Mais un petit détail a indigné Antoine. Sur tous ces emballages, comme il le montre par une seconde image où il a entouré tous les toits, les croix ont disparu. Elles ont été gommées.

Nous avons demandé au porte-parole de Lidl le motif de ce retrait. « Nous évitons l’utilisation de symboles religieux car nous ne souhaitons exclure aucune croyance religieuse », a répondu le représentant du géant allemand de la grande distribution. « Nous sommes une entreprise qui respecte la diversité et c’est ce qui explique la conception de cet emballage », a-t-il encore ajouté. On peut légitimement se demander alors pourquoi les services marketing du groupe n’ont pas directement opté pour un paysage sans monument religieux.

Suite à la vague d’indignations provoquée par cet article, le groupe Lidl a présenté ses excuses. « Notre intention n’a jamais été de choquer. Nous évitons l’utilisation de symboles religieux sur nos emballages pour maintenir la neutralité dans toutes les religions. Si cela a été perçu différemment, nous présentons nos excuses aux personnes qui ont pu être choquées », a déclaré le porte-parole jeudi après-midi.

« Toute la communauté grecque est scandalisée et appelle au boycott de Lidl, c’est intolérable ! », estime en tout cas Antoine. Et vous, qu’en pensez-vous?

Voir aussi:

Des internautes en croisade contre les emballages des yaourts à la grecque

LAITAGE: Des marques comme Lidl subissent une campagne de dénigrement sur le Web pour avoir gommé les croix chrétiennes des églises de l’île de Santorin…

Olivier Philippe-Viela

Mais où sont donc passées les petites croix orthodoxes qui coiffent les églises de l’île grecque de Santorin ? Sur l’archipel, elles n’ont pas bougé et les touristes peuvent toujours les apercevoir, mais sur la représentation qu’en font plusieurs marques d’agroalimentaire, les célèbres édifices ont perdu leurs croix. Un vrai problème pour toute une partie du Web, en campagne depuis plusieurs jours pour rétablir le symbole chrétien.

Lidl, Nestlé, Carrefour et Danone ont fait disparaître les croix sur l’emballage de leurs gammes respectives de yaourts à la grecque. C’est la première de ces marques qui s’est pris les critiques de plein fouet. Alpaguée par de nombreux internautes – souvent issus de la «  fachosphère » mais pas seulement -, l’enseigne a assuré ne vouloir « exclure aucune croyance religieuse » au nom du respect de « la diversité et c’est ce qui explique la conception de cet emballage », rapporte RTL Belgique, après un signalement de l’un de ses lecteurs.

Lidl va rétablir les croix sur les emballages

Depuis, c’est un festival sur la page Facebook de la marque, prise d’assaut dans les commentaires par des internautes indignés, parfois à l’excès (« Vous supprimez les croix sur les églises, comme le fait Daesh », « Quand vous remettrez les croix à leur place je reverrai ma position, redevenir votre cliente »).

Voir de plus:

« Le Drapeau rouge sur le Reichstag », une photo-symbole savamment fabriquée

Ces photos mythiques qui ont marqué l’histoire – Aujourd’hui, « Le Drapeau rouge sur le Reichstag », la photo iconique de la victoire sur le nazisme.

Renaud Février

Cet été, « l’Obs » revient sur les photos qui ont marqué l’histoire. A la une des journaux, dans les pages de nos livres d’école, voire arborées fièrement sur nos t-shirts, elles ont fait le tour du monde. Mais connaissez-vous l’histoire secrète de ces clichés mythiques ? 

Une photo symbolique de la victoire sur l’Allemagne nazie

Que montre la photo ? Nous sommes le 2 mai 1945. Un drapeau soviétique flotte sur le toit du Reichstag, qui abritait le pseudo-Parlement du IIIe Reich. Les troupes de l’Armée rouge viennent de prendre la capitale allemande.

Quelques jours plus tôt, en avril 1945, alors que les combats faisaient encore rage à Berlin, Staline avait chargé les photographes de l’armée soviétique d’immortaliser la victoire sur l’Allemagne nazie. « Tout le monde voulait aller au Reichstag », se souvient l’auteur de la photo, Evgueni Khaldei, cité par Arte. A l’époque, Evgueni est un jeune photographe de guerre de 28 ans, qui travaille pour l’agence russe Tass, la principale agence de presse de l’URSS, qui publie les photos officielles du régime stalinien.

Sur la scène saisie par le photographe, deux ou trois soldats soviétiques, selon la prise de vue. Officiellement, selon le régime stalinien, ces soldats sont le Géorgien Meliton Kantaria, chargé par Staline lui-même d’aller placer un drapeau soviétique sur le Reichstag,et des Russes Mikhaïl Egorov et Alekseï Bérest.

Evgueni Khaldeï avoue avoir beaucoup tâtonné avant de réaliser LA photo qui restera dans l’histoire.

J’ai longtemps cherché le meilleur angle. Je voulais que la photographie montre quelque chose de Berlin. J’ai utilisé une pellicule entière, 36 clichés. »

Une photo d’Evgueni Khaldei est publiée pour la première fois le 13 mai 1945, dans le magazine soviétique « Ogoniok » (« La Petite Flamme »).

Ce n’est pas le cadrage le plus connu de la scène, qui fera ensuite le tour du monde et deviendra, pour les Européens, la photo symbolique de la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie. D’où sa présence quasi-systématique dans les livres d’histoire abordant la Seconde guerre mondiale.

Une véritable photo de propagande

Quelle est l’histoire secrète du cliché ? Cette photo a tout d’une image de propagande. Elle transpire la fierté nationale et démontre aux yeux du monde la domination de l’URSS sur l’Allemagne nazie, mais également sur les autres grandes puissances : les Soviétiques ne sont-ils pas, en effet, les premiers arrivés à Berlin ?

Mais au-delà des symboles, c’est le processus de fabrication de ce cliché qui est très contestable. La photo d’Evgueni Khaldeï a en effet été préparée en amont, mise en scène, retouchée et… légendée à des fins politiques.

  • Une photo préparée

Lorsqu’il entre à Berlin en mai 1945, Evgueni Khaldeï entend, de son propre aveu, transposer la photo prise par l’Américain Joe Rosenthal à Iwo Jima.

Avec ce cliché de six GI en train de planter le drapeau américain sur le mont Suribachi de l’île d’Iwo Jima, tout juste arrachée aux Japonais, le photographe américain a en effet réussi la photo qui symbolise la victoire des Etats-Unis sur le Japon, dans cette « autre guerre », de l’autre côté du globe. Sa photo lui permettra même de décrocher le prix Pulitzer.

Evgueni Khaldeï, qui a eu l’occasion de voir « Raising the flag on Iwo Jima » dans les journaux, espère donc pouvoir réaliser la réplique soviétique.

Comme les drapeaux sont plutôt rares, « il a demandé, quelques jours plus tôt, à Grisha Lioubinsky, l’économe de l’agence Tass, de lui offrir quelques-unes des belles nappes rouges qu’il utilise lors des réunions du Parti », expliquent Pierre Bellemare et Jérôme Equer dans « Histoire secrète des 44 photos qui ont bouleversé le monde ».

Chargé de son butin, Khaldeï est rentré chez lui. Puis, à l’aide de son ami le tailleur Israël Kichitser, il a fabriqué dans la nuit trois drapeaux soviétiques, la confection des emblèmes du marteau et de la faucille ayant été les tâches les plus délicates. »

Voilà le photographe fin prêt, non pas à saisir une scène symbolisant la victoire de l’Armée rouge, mais bien à créer cet événement, qui, sans ses propres drapeaux, n’aurait peut-être pas eu lieu…

  • Une photo mise en scène

Le premier de ses drapeaux fut planté à l’aéroport de Tempelhof où se dresse un aigle gigantesque, symbole du Reich hitlérien. Le deuxième sera érigé au sommet de la porte de Brandebourg, devant le quadrige de Johann Gottfried Schadow, sur lequel trône la déesse de la Victoire. Mais à chaque fois le photographe manque de recul. Impossible de montrer Berlin.

Il ne lui reste plus qu’un drapeau, ce sera pour le toit du Reichstag. Un drapeau soviétique y avait déjà été planté le 30 avril, à 22h40, alors que Berlin était encore en proie aux combats. D’où l’absence de photographe sur place… De toute façon, la nuit n’aurait pas permis de prendre le moindre cliché valable. Et, le lendemain, les Allemands avaient réussi à le décrocher. La photo d’Evgueni Khaldeï ne sera donc prise que deux jours plus tard, le 2 mai, quand les photographes pourront enfin entrer dans la capitale allemande dévastée.

« Devant le Reichstag, j’en ai sorti un et les soldats se sont écriés : ‘Donnez-nous ce drapeau, on va le planter sur le toit' », racontera le photographe à « Libération », 50 ans plus tard.

J’ai demandé à un jeune soldat de le tenir le plus haut possible. Il avait 20 ans, il s’appelait Alexis Kovalev [un nom qui ne correspond pas aux trois précités, mais nous y reviendrons, NDLR]. Je cherchais le bon angle, je lui ai demandé de grimper encore plus haut. Il a répondu ‘d’accord, mais que quelqu’un me tienne les pieds’. Ce qui a été fait. La photo est partie, a plu, etc. »
  • Une photo retouchée

Certes, lorsque Evgueni Khaldeï l’envoie à Moscou, sa photo plait beaucoup. Mais il ne suffit que « d’un rapide coup d’œil à Palgounov, le rédacteur en chef de l’agence Tass, pour constater que la photo de Khaldei est impubliable en l’état », assurent néanmoins Pierre Bellemare et Jérôme Equer.

A « Libération », le photographe confirme : « J’ai reçu un coup de téléphone du rédacteur en chef de l’agence Tass : ‘Ça ne va pas. Le soldat d’en bas, qui tient les pieds de l’autre, a deux montres, une à chaque poignet ! Il faut arranger ça !' »

« Révéler qu’un héros de l’Union soviétique, libérateur de la capitale du Reich, est un détrousseur de cadavre est évidemment inconcevable », expliquent, cinglants, Pierre Bellemare et Jérôme Equer. Surtout qu’il existait un dicton disant « le soldat rouge n’a que deux faiblesses : les bottes et les montres »…

Pour que la photo puisse être publiée malgré tout, Evgueni Khaldei « gratte délicatement un contretype du négatif avec la pointe d’une aiguille et fait disparaître du poignet droit la montre surnuméraire. Ce n’est qu’après la chute du communisme et la dislocation de l’empire soviétique que Khaldei révèle la vérité en exposant un tirage réalisé à partir de son négatif original, c’est-à-dire montrant que l’officier figurant sur sa photo portait une montre à chaque poignet. »

Après avoir supprimé cette montre, Evgueni Khaldeï a également renforcé l’aspect dramatique de son cliché en renforçant les noirs. Les nuages de fumée sont ainsi beaucoup plus menaçants et donnent l’impression que Berlin est toujours déchirée par les combats.

  • Une photo légendée à des fins politiques

Pendant 50 ans, les trois soldats sur la photo étaient officiellement le Géorgien Meliton Kantaria, et les Russes Mikhaïl Egorov et Alekseï Bérest.

En réalité, ce serait Staline lui-même qui aurait désigné au hasard ces trois soldats, pour incarner la victoire sur l’Allemagne nazie, même si ces trois hommes n’ont jamais hissé le moindre drapeau, ni le 30 avril, ni le 2 mai 1945.

La supercherie durera jusqu’en 1995, quand, lors des commémorations du cinquantenaire de la victoire de 1945, un soldat ukrainien, Alexis Kovalev, se reconnut sur la photo :

Oui, c’est moi. Et à côté de moi il y a Leon Gorychev de Minsk et Abdulhakim Ismailov du Dagestan. »

Un trio plus hétéroclite et moins sympathique aux yeux du Géorgien Staline… Comme nous l’avons vu plus tôt, Evgueni Khaldeï confirma l’information dans les colonnes de son interview à « Libération », quelques mois plus tard.

Evgueni Khaldeï, juif soviétique

Que dire du photographe ? Evgueni Khaldeï est né de parents juifs dans le sud de l’Ukraine en 1917, l’année de la révolution russe. Il est touché dès son plus jeune âge par l’antisémitisme : au cours d’un pogrom, alors qu’il est à peine âgé d’un an, une balle lui transperce un poumon et tue sa mère qui le portait dans ses bras… Adolescent, il lit avec passion les grands reportages publiés dans le magazine russe Ogoniok, qui, des années plus tard, publiera en Une sa photo iconique.

Dès 13 ans, j’étais passionné de photographie. Je me suis bricolé mon premier appareil photo avec du carton et les verres de lunettes de ma grand-mère », racontera-t-il, en 1995, à « Libération ».

A 19 ans, il est engagé à Moscou par l’agence Tass, où il est formé. Puis, il effectue son service militaire en 1937, avant d’être remobilisé lorsque la guerre éclate, en 1941, avec le grade de lieutenant. Il est envoyé à Mourmansk en qualité de correspondant spécial de l’agence Tass.

J’étais soldat, enrôlé dans l’armée comme combattant. Mais, comme j’étais correspondant spécial de l’agence Tass, les autres soldats, mes camarades, me disaient souvent : vas-y, prends des photos, nous nous occupons du reste… »

A nouveau victime de l’antisémitisme, nazi cette fois, il perd son père et ses sœurs, fusillés par les Allemands et jetés dans un puits. Lui sera le témoin effaré des massacres de juifs en Ukraine, dès le début du conflit.

Pendant la guerre, « comme tout photojournaliste soviétique, Khaldeï ne s’encombre pas d’une éthique superfétatoire », jugent sans concession Pierre Bellemare et Jérôme Equer : « Mettre en scène des personnages, retravailler ses tirages au laboratoire, galvaniser le patriotisme par tous les moyens sont des pratiques courantes à l’époque, l’essentiel étant d’obtenir des images fortes et directes, capables d’informer et d’émouvoir les lecteurs. » Mais le photographe assume : « Bien sûr, parfois, j’ai eu des photos rejetées parce qu’on y voyait trop de morts soviétiques, par exemple. »

Son cliché à Berlin est une offrande à la gloire du stalinisme. Pourtant, très vite, il est victime des purges successives du petit père du peuple et de ses successeurs contre le « cosmopolitisme » et les juifs.

J’étais juif, j’avais voyagé à travers l’Europe, approché Tito et j’aimais les photographes américains. Autant dire que j’étais aussi ‘cosmopolite’. »

En 1948, Evgueni Khaldeï perd son travail au sein de l’agence Tass. « Par précaution, il détruit toutes ses photographies de célébrités juives », précise même le site Photosapiens.com, à l’occasion d’une rétrospective en l’honneur du photographe. Onze ans plus tard, en 1959, il est engagé par la Pravda. Mais il est de nouveau renvoyé en 1970. Il survit alors tant bien que mal, grâce à l’aide de ses proches. Il devra attendre la chute du communisme pour enfin recevoir une reconnaissance internationale.

Il est ainsi l’invité d’honneur, en 1995, de Visa pour l’image, le festival international du photojournalisme de Perpignan, où sera exposé une sélection de ses travaux. Le fondateur et directeur du festival, Jean-François Leroy, réussit même le tour de force de réunir le photographe ukrainien et… Joe Rosenthal, l’auteur du « Drapeau flottant sur Iwo Jima ».

« Les habitués du festival se souviennent toujours avec émotion des deux hommes âgés tombant dans les bras l’un de l’autre sous les ovations de 2.000 personnes », écrivent Pierre Bellemare et Jérôme Equer.

Evgueni Khaldeï meurt deux ans plus tard, en 1997, à l’âge de 80 ans. Sa photo lui survit puisqu’elle sera de nouveau publiée en Une d’un journal, « L’Humanité », en 2015. Une version colorisée et avec… une seule montre !

Voir encore:

Qui est le « Farrakhan français » ?

Jean-Baptiste

Jeune Afrique

« La République ne peut tolérer de tels agissements. » C’est par ces mots que Nicolas Sarkozy, le ministre français de l’Intérieur, a justifié la dissolution de la Tribu KA décidée le 26 juillet par le Conseil des ministres. Une décision accueillie avec satisfaction par les associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui avaient dénoncé la récente « descente » organisée à Paris par cette organisation noire extrémiste accusant les juifs d’être à l’origine de l’esclavage et de la colonisation. Le 28 mai, une trentaine de ses membres avaient arpenté la rue des Rosiers, au cur du principal quartier juif de la capitale, à la recherche des leaders de la Ligue de défense juive (LDJ) et du Bétar, deux mouvements sionistes radicaux, insultants au passage passants et commerçants.
Le seul bémol est venu du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), qui estime que le gouvernement français « n’a fait le travail qu’à moitié ». Selon lui, la LDJ, « considérée comme un mouvement terroriste aux États-Unis » et « interdite en Israël », aurait dû être dissoute également.
En interdisant la Tribu KA, le gouvernement cherche surtout à neutraliser son leader, le « fara » Kémi Séba – Stellia Capo Chichi de son vrai nom. Âgé de 25 ans, ce Français né de parents ivoirien et haïtien multiplie depuis quelques mois les déclarations provocatrices. Au cur de son discours : la volonté de « rendre au peuple kémite [noir] sa place de chef de famille » de l’humanité. Séba s’est notamment « distingué », au mois de février, en prenant la défense de Youssouf Fofana, le chef du « gang des barbares » qui avait torturé à mort un jeune juif, Ilan Halimi.
Avant de fonder la Tribu KA, en décembre 2004, il fut membre de la section française de Nation of Islam, le mouvement extrémiste africain-américain de Louis Farrakhan, avant de devenir le porte-parole du Parti kémite.

Voir enfin:

Nouvelle condamnation pour Kemi Seba
Le fondateur de Tribu Ka, groupuscule noir radical et antisémite, condamné pour des propos racistes, écope à nouveau de deux mois de prison ferme.
Le Figaro.fr avec AFP
01/04/2008

La justice française a condamné mardi le fondateur d’un groupuscule noir radical et antisémite, Kemi Seba, à six mois de prison dont quatre avec sursis pour avoir reconstitué son organisation, Tribu K, dissoute en 2006 par décision de justice.

Le tribunal correctionnel de Paris a assorti cette condamnation d’une privation pour un an des droits civiques, civils et familiaux.

Pour l’accusation, la Tribu Ka s’était rebaptisé «Génération Kemi Seba» et avait poursuivi ses activités jusqu’en mars 2007 en appelant ses adhérents à des rassemblements ou en conviant la presse à des réunions.
Propos antisémites
Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Capochichi, a déjà été condamné en novembre 2007 à un mois de prison ferme et deux ans d’inéligibilité pour avoir diffusé en août 2006 sur son site internet des propos antisémites.

Sur ce site, Kemi Seba estimait que les institutions internationales comme la Banque Mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) ou l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) étaient «tenus par les sionistes qui imposent à l’Afrique et à sa diaspora des conditions de vie tellement excrémentielles que le camp de concentration d’Auschwitz peut paraître comme un paradis sur terre».

En juillet 2006, le Conseil des ministres avait dissous Tribu Ka à la suite d’incidents à caractère antisémite qui avaient éclaté deux mois plus tôt à Paris lors d’une manifestation du groupuscule au coeur du quartier juif, rue des Rosiers, dans le centre de la capitale.

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Agression de NKM: Attention, une violence peut en cacher une autre ! (At last, extremism experts start to worry about the democratization of radicalism on the left)

18 juin, 2017
L'humoriste Kathy Griffin a choqué en postant cette photo sur les réseaux sociaux
https://media.townhall.com/townhall/reu/ha/2017/165/8a9a8a20-2069-4188-ba91-b4ef3c4c93d6.jpg
https://i2.wp.com/cdn.timesofisrael.com/uploads/2017/06/Screen-Shot-2017-06-17-at-5.17.11-PM-e1497709084178-635x357.png
https://cdn.jihadwatch.org/wp-content/uploads/2017/06/Three-Palestinians-killed-BBC.pngL’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Cette violence irrépressible il le montre parfaitement, n’est pas une absurde tempête ni la résurrection d’instincts sauvages ni même un effet du ressentiment : c’est l’homme lui-même se recomposant. Cette vérité, nous l’avons sue, je crois, et nous l’avons oubliée : les marques de la violence, nulle douceur ne les effacera : c’est la violence qui peut seule les détruire. Et le colonisé se guérit de la névrose coloniale en chassant le colon par les armes. Quand sa rage éclate, il retrouve sa transparence perdue, il se connaît dans la mesure même où il se fait ; de loin nous tenons sa guerre comme le triomphe de la barbarie ; mais elle procède par elle-même à l’émancipation progressive du combattant, elle liquide en lui et hors de lui, progressivement, les ténèbres coloniales. Dès qu’elle commence, elle est sans merci. Il faut rester terrifié ou devenir terrible ; cela veut dire : s’abandonner aux dissociations d’une vie truquée ou conquérir l’unité natale. Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l’arme d’un combattant, c’est son humanité. Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux damnés de la terre, 1961)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse.( …) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (« Minimanuel de guerilla urbaine », 1969)
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les mots sont responsables: il leur est répondu. Les paroles de haine des avant-gardes ont préparé la mort des individus. (…) Pourquoi l’avant-garde a-t-elle été fascinée par le meurtre et a fait des criminels ses héros, de Sade aux sœurs Papin, et de l’horreur ses délices, du supplice des Cent morceaux en Chine à l’apologie du crime rituel chez Bataille, alors que dans l’Ancien Monde, ces choses là étaient tenues en horreur? (…) Il en résulte que la fascination des surréalistes ne s’est jamais éteinte dans le petit milieu de l’ intelligentsia parisienne de mai 1968 au maoïsme des années 1970. De l’admiration de Michel Foucault pour ‘l’ermite de Neauphle-le-Château’ et pour la ‘révolution’ iranienne à… Jean Baudrillard et à son trouble devant les talibans, trois générations d’intellectuels ont été élevées au lait surréaliste. De là notre silence et notre embarras. Jean Clair
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Un des jeunes tueurs de Littleton, Eric Harris, avait passé une centaine d’heures à reprogrammer le jeu vidéo Doom pour que tout corresponde plus ou moins à son école (…) [jusqu’à] « incorporer le plan du rez-de-chaussée du lycée Columbine dans son jeu. En outre, il l’avait reprogrammé pour fonctionner « en mode Dieu », où le joueur est invincible. (…) Le 1er décembre 1997, à Paducah (Kentucky), Michael Carneal, alors âgé de 14 ans et armé de six pistolets, avait attendu la fin de la session quotidienne de prière à l’école pour tuer trois fillettes (…) et d’en blesser cinq autres. Lorsque la police a saisi son ordinateur, on a découvert qu’il en était un usager assidu, recherchant souvent sur Internet les films obscènes et violents. Parmi ses favoris, Basketball Diaries et Tueurs nés, film qui a influencé aussi les tueurs de Littleton. (…) En examinant l’ordinateur de Michael Carneal, la police a également découvert qu’il était un passionné de Doom, le fameux jeu qui consiste pour l’essentiel à passer rapidement d’une cible à l’autre et à tirer sur ses « ennemis » en visant surtout la tête. Le jeune Carneal, qui n’avait jamais utilisé d’arme auparavant, a réussi à toucher huit personnes, cinq à la tête, trois à la poitrine, avec seulement huit balles – un exploit considérable même pour un tireur bien entraîné. (…) Le colonel David Grossman, psychologue militaire, qui donne des cours sur la psychologie du meurtre à des Bérets verts et des agents fédéraux, est un témoin-expert dans ce procès. Il fait remarquer que les jeux vidéos consistant à viser et à tirer ont le même effet que les techniques d’entraînement militaire utilisées pour amener le soldat à surmonter son aversion à tuer. Selon lui, ces jeux sont encore plus efficaces que les exercices d’entraînement militaire, si bien que les Marines se sont procurés une version de « Doom » pour entraîner leurs soldats.  Helga Zepp-LaRouche
La tuerie de la Columbine High School a mis en lumière une double forme de criminalité qui ne retient pas habituellement l’attention du public. Il s’agit pourtant d’un acte sur lequel la police intervient à intervalles réguliers.  Le Violence Policy Center estime que près de 1 500 « meurtres-suicides » (murder suicides) ont lieu chaque année. L’acte en question consiste à tuer un parent, un proche ou un étranger avant de se faire justice. Dans les vingt dernières années, quelques cas ont frappé par leur aspect aussi horrible que gratuit. Ils ont tous été ponctués par le suicide du meurtrier. En 1986, le postier Patrick Sherrill qui est menacé de licenciement abat dans l’Oklahoma 14 collègues et en blesse six autres.  En 1991, George Hennard, un routier texan, lance son camion dans un restaurant. 23 clients sont tués et 20 autres blessés. En 1999, à Atlanta, Géorgie, Mark Barton tue sa femme et ses enfants avec un marteau et se rend ensuite chez un courtier où il abat neuf personnes et en blesse 13 autres. Au Texas en 1999, Larry Ashbrook pénètre dans une église baptiste avant un concert, tue sept spectateurs et lance des explosifs sans faire de victimes. En 2001, un employé de la firme Navistar en Illinois est armé jusqu’aux dents quand il tue quatre collègues et en blesse quatre autres. (…) La majorité des meurtres-suicides révèle que l’acte prétendument vengeur précède immédiatement l’autodestruction. Daniel Royot
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
L’effet cliquet, ou effet de cliquet, est un phénomène ou procédé énoncé par Thomas M. Brown, qui empêche le retour en arrière d’un processus une fois un certain stade dépassé.Il est parfois lié à un « effet mémoire » : « une consommation atteinte est difficilement réduite du fait des habitudes et des engagements qui ont été pris ». L’« effet cliquet » fait analogiquement et métaphoriquement référence au cliquet d’horlogerie (mécanisme d’échappement à ancre interdisant tout retour en arrière d’une roue dentée). Cette métaphore est utilisée dans de nombreux domaines, de la politique au management et à la théorie de l’évolution. (…) Il est parfois lié à la théorie de l’effet de démonstration ou d’imitation développée par James Stemble Duesenberry en 1949. La consommation peut dépendre de la consommation de la classe sociale ou du groupe social de référence. Selon lui, c’est un effet de « démonstration » : il y a une démonstration des classes aisées sur les classes inférieures qui les imitent. De par ce fait, la classe immédiatement inférieure consomme alors de la même manière. Pour Duesenberry, la consommation, à une période donnée dépend non seulement du revenu de cette période, mais aussi des habitudes de consommation acquises antérieurement. Si la consommation dépend du revenu courant mais aussi de la consommation passée (…) Duesenberry évoque également l’effet d’imitation — « tout citoyen d’une classe sociale donnée tend à acquérir le comportement de la classe immédiatement au-dessus. ». De ce point de vue, le club des « privilégiés » servirait de modèle de référence aux autres catégories sociales qui tentent de suivre ses dépenses lorsque leurs revenus augmentent ou lorsque la production de masse banalise les objets. Pour Duesenberry, il s’agit donc d’une course poursuite au modèle supérieur. (…) L’hypothèse faite par Duesenberry est que la consommation dépend du plus haut niveau de consommation durant la période précédente. (…) Dans ce domaine, ce terme permet de décrire l’incapacité d’un gouvernement à réduire les énormes bureaucraties, une fois que celles-ci ont été mises en place, comme par exemple en temps de guerre pour couvrir l’ensemble des besoins des troupes. On peut retrouver ce phénomène dans la réforme des organisations internationales due aux nombreuses couches de bureaucratie créées précédemment. L’économiste Robert Higgs de l’école autrichienne a lui aussi utilisé le terme pour décrire l’apparente expansion irréversible du gouvernement en temps de crise dans son livre Crise et Leviathan. Le phénomène de cliquet a également été théorisé par Yves-Marie Adeline dans son ouvrage La Droite impossible paru en 2012 (édition modifiée de La Droite piégée datant de 1996) : il y démontre comment, dans un système démocratique dont les fondements sont de gauche, les lois sociétales de la gauche sont irréversibles, car la droite, quand elle revient au pouvoir, ne se sent pas libre de les abroger. Cela ne vaut pas pour l’économie (comme le montre le Thatcherisme qui a pu défaire l’Etat-providence issu de la guerre ), mais cela vaut pour les évolutions sociétales. (…) L’effet cliquet désigne « l’irréversibilité du progrès technique ». Wikipedia
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste.D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, une, la philo, les philosophies. Et puis c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Car la consigne (« Qu’ils s’en aillent tous ») ne visera pas seulement ce président, roi des accointances, et ses ministres, ce conseil d’administration gouvernemental de la clique du Fouquet’s ! Elle concernera toute l’oligarchie bénéficiaire du gâchis actuel. « Qu’ils s’en aillent tous ! » : les patrons hors de prix, les sorciers du fric qui transforment tout ce qui est humain en marchandise, les émigrés fiscaux, les financiers dont les exigences cancérisent les entreprises. Qu’ils s’en aillent aussi, les griots du prétendu « déclin de la France » avec leurs salles refrains qui injectent le poison de la résignation. Et pendant que j’y suis, « Qu’ils s’en aillent tous » aussi ces antihéros du sport, gorgés d’argent, planqués du fisc, blindés d’ingratitude. Du balai ! Ouste ! De l’air ! Jean-Luc Mélenchon (extrait du livre)
Quand Mélenchon titre son livre Chassez-les tous (sic), c’est d’une violence extraordinaire. Mais lui est invité partout.  Jean-Marie Aphatie
C’est une chose complètement acceptée. Certains antifa ne partagent pas ces codes-là, mais dans le noyau dur du mouvement, ils s’habillent de la même façon et avec les mêmes marques que le camp d’en face. Parce que les racines de leurs mouvements sont les mêmes: les skinheads. Les deux ont divergé entre redskins et skins d’extrême-droite, mais l’origine est la même. (…) depuis que les antifa se revendiquent plus ouvertement skinheads, et se rasent même la tête, ce sont les mêmes au niveau du look. Avec les mêmes bombers, les mêmes Dr Martens, les mêmes origines culturelles, et la même fascination pour la baston. Ce sont les frères ouverts contre les frères fermés, en somme. (…) c’est un grand classique. Les boutiques qui vendent des fringues «rock» au sens très large du terme sont peu nombreuses, donc c’est un lieu de croisement. Dans le XVe arrondissement parisien, une boutique qui distribue ces marques est surtout visitée par les skinheads d’extrême droite, mais peut l’être par l’autre bord aussi. Il y a déjà eu plusieurs bastons autour de la boutique, surtout entre 1990 et 1995. (…) pratiquement tous les skins et les antifafs qui portent ces marques s’habillent là-bas. Ils ont généralement peu de moyens, et comme les prix de ces marques sont élevés, ils attendent ces réductions pour se fournir. Depuis deux, trois ans, il y a des tensions lors de ces ventes, des individus des deux bords s’y croisent, il y a des regards. On peut presque dire que ce drame était inéluctable. Marc-Aurèle Vecchione
La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique. (…) Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille. (…) Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable. Emmanuel Macron
Monsieur le Premier Ministre, vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ».(…) Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires. L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athées vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. (…) L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine (…) A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président. Marlène Schiappa (22.07.2014)
 Je n’en peux plus, d’entendre ce discours ultra-sécuritaire, qui n’a rien donné depuis dix ans. Je n’en peux plus d’entendre dire que dans nos quartiers, c’est la radicalisation. Caroline Reverso-Meinietti (candidate macroniste à Nice)
Nous vivons dans un temps bizarre. Une dénonciation anonyme se multiplie et à partir de là, on peut avoir des vagues extrêmement déstabilisantes. (…) On en jugera une fois que les faits seront établis. Je ne sais pas si ça a un lien avec la moralisation de la vie publique, mais en tout cas je (la) porterai. François Bayrou
Ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ». Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe. Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche (…) [le 7 janvier] du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ». (…) Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau. Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes. (…) Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l’ »islamophobie » son principal slogan. Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar. Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire. (…) [Marwan Muhammad] est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix. (…) Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental. Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite. (…) Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité. A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues. (…) En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement. La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme. (…) Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront. (…) Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays. Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène. (…) Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément. Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde. (…) Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites. Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d’ »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent… L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans… Gilles Kepel
C’est à ces occasions que saute aux yeux le système, dont d’ailleurs les défenseurs du festival n’ont pas dit un mot, celui de ces habitants des grandes métropoles connectées qui élisent scrupuleusement Anne Hidalgo et Sadiq Khan, en profitant grassement de la mondialisation et acclamant Emmanuel Macron. Qui sont généreux, humanistes, pas racistes pour deux sous, mais trouvent parfaitement normal que leurs domestiques, les nounous, les femmes de ménage, les plongeurs, les chauffeurs, les caissières soient parqués dans des banlieues pourries, et viennent les servir dans les centres-villes, en circulant de préférence sous la terre. Tôt le matin pour les femmes de ménage, et tard le soir pour les plongeurs, quand les « insiders » repus sortent des restaurants branchés où ils ont passé la soirée. Et surtout pas en voiture. En auraient-il qui n’ont pas été brûlées par les racailles dans leur quartier, la circulation est volontairement rendue insupportable, et les voies rapides confisquées pour la promenade de quelques-uns, et la valorisation du patrimoine immobilier de tous les autres. Une photo significative a été publiée dans la presse, et a circulé sur les réseaux. On y voyait un groupe de femmes noires manifestant devant l’Hôtel de Ville de Paris. Bel atelier non mixte, puisqu’il s’agissait des femmes de ménage de la Ville qui, soutenues par la CGT, exprimaient leur volonté de voir améliorer leurs conditions de travail dont on imagine facilement qu’elles ne doivent pas être folichonnes. Une autre photo lui succède ce matin, celle du « dîner en blanc », qui a eu lieu cette année sur… le même esplanade de l’Hôtel de Ville. Le « dîner en blanc » est ce «flash-mob» inventé il y a une trentaine d’années, c’est-à-dire bien avant Facebook, au cours duquel les grands, moyens, et petits-bourgeois de Paris, se rassemblent par centaines, voire par milliers, à un endroit connu au dernier moment pour y dîner, de pied en cap habillés de blanc. Investissant sans autorisation préfectorale, en plein état d’urgence, et avec une arrogance ingénue, l’espace public, ces gens-là festoient sans mesurer l’indécence de cette prétention à signifier que la règle commune ne leur est pas applicable. Autre façon de dire qu’ils sont les maîtres puisque les autorités laissent faire. Cette année, c’était sous les fenêtres d’Anne Hidalgo. Rapprochement absolument meurtrier, que de voir cet autre atelier non-mixte, où cette multitude de personnes blanches de peau et de tenue occupent illégalement l’espace commun. On imagine en plus que beaucoup d’entre eux protestent hautement (à juste titre et comme moi) contre les prières de rue. Sans mesurer qu’il y a quand même un petit problème et qu’ils ne sont pas idéalement placés. Les organisateurs, sûrs d’eux, nous annoncent encore plus grand pour le 30e anniversaire l’année prochaine. Rappelez-moi le score d’Emmanuel Macron à Paris le 7 mai. 89,69 % ? La « start-up nation », je crois que je vais avoir du mal. Causeur
Les paiements versés par l’Autorité palestinienne aux terroristes et à leurs familles encouragent les attaques haineuses, comme celle que nous avons vue aujourd’hui. Les dirigeants palestiniens continuent à jurer qu’ils soutiennent la paix tout en versant de l’argent tous les mois aux terroristes et en éduquant leurs enfants à la haine. La communauté internationale doit demander que les Palestiniens mettent un terme à ces actes de violence intolérables. J’appelle le Conseil de sécurité à condamner immédiatement cet attentat terroriste. Danny Danon (ambassadeur israélien à l’ONU)
Les cambriolages se multiplient dans le secteur et rien n’est fait. Les gendarmes n’ont plus aucun moyen actuellement. Je suis hors de moi et j’invite le nouveau ministre de l’intérieur qui ne cesse de parler de sécurité à tout va à se rendre dans la France profonde. Vincent Debraize
Si la rencontre ne se fait pas avec les Français, si les électeurs préfèrent Nathalie Kosciusko-Morizet ou la ligne politique d’Edouard Philippe, j’en tirerai les conséquences. Jamais personne ne me fera voter pour Emmanuel Macron. Je veux défendre mes convictions. C’est une question de bon sens, de morale. J’assume totalement mes positions. Si en politique on n’assume pas ses positions aussi mûrement réfléchies auxquelles l’histoire a donné raison, ce n’est pas la peine de faire de la politique. Henri Guaino
L’électorat qui a voté dans la 2e circonscription de Paris est à mes yeux à vomir. D’un côté les bobos qui sont dans l’entre soi de leur égoïsme, de l’autre cette espèce de bourgeoisie traditionnelle de droite qui va à la messe, envoie ses enfants au catéchisme et après vote pour un candidat qui pendant 30 ans a triché par tous les moyens. Des gens un peu pétainistes. (…) Aujourd’hui je suis libre, donc je peux dire ce que je pense. Henri Guaino
Je n’ai pas parlé de toute la France. je ne visais  que « les bobos qui vivent dans l’entre-soi » et « cette droite traditionnelle tellement hypocrite, au fond un peu pétainiste, qui n’est pas capable de se comporter conformément aux valeurs qu’elle proclame. Je n’ai pas insulté, j’ai dit ma vérité. A partir de dimanche soir je n’étais plus un homme politique, j’étais un citoyen. Henri Guaino
We accept that our original headline did not appropriately reflect the nature of the events and subsequently changed it. Whilst there was no intention to mislead our audiences, we regret any offence caused. BBC
I think we’re in a time when we can’t ignore the extremism from the Left. When we have anti-fascist counterprotests — not that they are the same as white supremacists — that can ratchet up the violence at these events, and it means we can see people who are violent on their own be attracted to that. I hate to say it, but it feels inevitable. Oren Segal (Center on Extremism, Anti-Defamation League)
 If you think about it, leftists never joined the National Rifle Association — unless they were radicals, they never thought about stockpiling weapons. Ok. Well, maybe we’re entering a period where leftists will start thinking about things in that way, like the eco-radicals did in the ’70s. These days, that kind of sentiment is popping up in the middle and on the left; it’s not just in the sovereign citizen movement. I’m really worried about rising civil strife in the U.S. Chris Hamilton (Washburn University, Topeka, Kansas)
 I’ve been going up and down the state of California meeting with law enforcement officials about this. I’m very concerned about it. What we’re seeing is the democratization of extremism and the tactics of radicalism. I’ve been warning about this, and nobody gave a shit. Brian Levin (Center for the Study of Hate and Extremism, California State University)
Left-wing extremism, of course, is nothing new. Groups like the Weather Underground and the Black Panthers have deep roots, and in the years after 9/11, Segal says, the largest source of extremist violence was from the Left: eco-terrorists and animal rights activists. But those later organizations mostly targeted institutions; in the modern era, politically motivated violence perpetrated by angry lone-wolf attackers bearing automatic rifles, of the sort carried out in Wednesday’s attack, has until now largely been a modus operandi of the far right. (…) Redneck Revolt doesn’t self-identify as “left,” but its ideals tend to fall along the liberal side of the spectrum: pro-Muslim, pro-immigrant, pro-LGBT, anti–economic inequality. But Mitch said that as the group has reached out to other organizations, like the local Three Percenter Militia, a largely right-wing, anti-Obama group, they found unlikely sources of commonality, particularly in their focus on local sovereignty, and general concerns about the direction of the country. Some former members of Three Percenters have even become involved in their activities — after “extensive vetting,” Mitch said. Vice

Attention: une violence peut en cacher une autre !

En ces temps décidément étranges et inquiétants …

Où contaminé par la fureur djihadiste …

Le premier suicidé ou déséquilibré venu se sent désormais obligé d’emporter avec lui qui une rue entière qui la totalité des 150 passagers d’un avion de ligne

Ou alors encore hier la jeune et courageuse vie d’une policière dont, pour cause de nationalité israélienne, aucune Tour Eiffel ne s’éteindra jamais …

Et au lendemain …

Coup sur coup, des deux côtés de l’Atlantique et en ce premier anniversaire du meurtre d’une jeune député travailliste

De l’agression sur un marché de la  « parachutée » de l’ancienne et si convoitée circonscription parisienne de François Fillon de Paris (5e, 6e et 7e arrondissements) …

Par le maire d’une petite commune normande et soutien d’un des adversaires de NKM au premier tour de la législative lui aussi malheureux, l’ancienne plume de Nicolas Sarkozy Henri Guaino …

Qui venait justement d’agresser verbalement les électeurs qu’il disait « vomir » de ne pas avoir voté pour lui …

Comment ne pas voir …

Au-delà de la colère qui monte de toute une partie de l’électorat se sentant non seulement délaissée mais méprisée par une nouvelle caste prétendument « progressiste » …

Dont tout drapé d’une fausse geste gaullienne après le véritable hold up électoral que l’on sait, l’actuel maitre du déni du réel de l’Elysée est devenu en France le nouveau chef de file …

L’irresponsabilité de ceux qui à droite font fi de la violence incitatrice et contagieuse,   complicité  des médias aidant, des mots comme des images

Mais aussi de l’autre bord dit « progressiste » la longue et tout aussi irresponsable complicité …

D’Hollywood à Saint Germain et entre appels à l’assassinat pour rire et têtes ensanglantées

Non seulement une violence verbale de nos belles âmes et beaux esprits des beaux quartiers …

Contre certes des responsables politiques qui de Marine Le Pen à Donald Trump manient et abusent eux aussi de l’agressivité verbale …

Mais aussi toute une violence de rue prétendument « antifachiste » ou « antisoniste » longtemps tolérée voire encouragée …

Dont les militants comme l’a montré la fusillade par un ancien fidèle de Bert Saunders contre des parlementaires républicains américains la semaine dernière …

Pourraient, selon certaines informations, désormais commencer à s’armer ?

Extremism experts are starting to worry about the left

WASHINGTON — In the spring of 2016, Brian Levin found himself in an uncomfortable position: trying to save the life of a Ku Klux Klan member.

Levin, a former New York City cop who studies domestic extremism as the director of the Center for the Study of Hate and Extremism at California State University, was documenting a Klan rally in Anaheim, California, when a counterprotest suddenly took a violent swing — forcing Levin to physically place himself between a Klansman and a furious, anti-fascist mob that seemed ready to kill.

It made Levin wonder if in his focus on the obvious subject — the white supremacists — he’d overlooked a growing source of extremism: the far left. “At that point, I said we have something coalescing on the hard left,” Levin told VICE News.

Wednesday morning’s shooting of Republican lawmakers at a baseball practice in Virginia seemed to raise the question again. The shooter, James T. Hodgkinson, was a Bernie Sanders-supporting man from Illinois with a record of anti-Trump rantings on social media. His politics have quickly become a talking point among some conservative pundits seeking a quick political score: proof of a looming leftist campaign against the government.

Experts in homegrown extremism say it’s not so simple — Hodgkinson had no known association to any left-wing extremist group. But they also say that the past few months have seen enough of a rise in politically motivated violence from the far left that monitors of right-wing extremism have begun shifting their focus, and sounding the alarm. They see indications that the uptick in extremist rhetoric and anti-government activism that characterized the early years of the Obama presidency are beginning to manifest on the far left in the early days of Trump’s, and that the two sides are increasingly headed for confrontation.

“I think we’re in a time when we can’t ignore the extremism from the Left,” said Oren Segal, the director of the Center on Extremism, an arm of the Anti-Defamation League. Over the past few months, the ADL, which hosts regular seminars on homegrown extremism for law enforcement officials, has begun warning of the rising threat posed by far-left groups, most recently at a seminar just this past Sunday. “When we have anti-fascist counterprotests — not that they are the same as white supremacists — that can ratchet up the violence at these events, and it means we can see people who are violent on their own be attracted to that,” Segal said. “I hate to say it, but it feels inevitable.”

The evidence is so far largely anecdotal. Levin says that since December 2015, he’s documented nearly two-dozen episodes in California where political events turned violent because of agitation on both sides, something he says he hardly ever saw before. Now, there are violent clashes on college campuses involving groups like Antifa, the anti-fascist group, taking on the alt-right; and aggressive anti-Trump rallies attended by members of the Redneck Revolt, a new pro-minority, anti-supremacist group that encourages its members to train with rifles. Online, hard leftists increasingly discuss politics in dire terms, and rationalize violence as a necessity— even the true inheritor of traditional progressive activism. (Or, in the case of the “Punch a Nazi” meme, a fun game.)

Left-wing extremism, of course, is nothing new. Groups like the Weather Underground and the Black Panthers have deep roots, and in the years after 9/11, Segal says, the largest source of extremist violence was from the Left: eco-terrorists and animal rights activists. But those later organizations mostly targeted institutions; in the modern era, politically motivated violence perpetrated by angry lone-wolf attackers bearing automatic rifles, of the sort carried out in Wednesday’s attack, has until now largely been a modus operandi of the far right.

In a recent interview with VICE News Tonight, a chapter leader of one newly formed anti-fascist group called Redneck Revolt said the group has taken up guns only in self-defense. “We are a response to a rise in politically motivated violence and intimidation against vulnerable communities,” said the chapter leader, who asked to be identified only by a first name, Mitch. “That doesn’t mean that we’re, like, looking for a fight. We’re just trying to defend ourselves.”

Redneck Revolt doesn’t self-identify as “left,” but its ideals tend to fall along the liberal side of the spectrum: pro-Muslim, pro-immigrant, pro-LGBT, anti–economic inequality. But Mitch said that as the group has reached out to other organizations, like the local Three Percenter Militia, a largely right-wing, anti-Obama group, they found unlikely sources of commonality, particularly in their focus on local sovereignty, and general concerns about the direction of the country. Some former members of Three Percenters have even become involved in their activities — after “extensive vetting,” Mitch said.

Chris Hamilton, an expert on American extremist movements at Washburn University in Topeka, Kansas, says anti-authoritarian sentiment may be blurring what once seemed to be clear ideological lines. “If you think about it, leftists never joined the National Rifle Association — unless they were radicals, they never thought about stockpiling weapons,” he said. “Ok. Well, maybe we’re entering a period where leftists will start thinking about things in that way, like the eco-radicals did in the ’70s.”

Hamilton says that as he browses far-left websites and listens to left-wing talk radio, he hears some of the same sentiments he’s been hearing for years on the right. “These days, that kind of sentiment is popping up in the middle and on the left; it’s not just in the sovereign citizen movement,” he said. “I’m really worried about rising civil strife in the U.S.”

Levin is worried about it too: The embrace by the far left of tactics that were previously the purview of the far right means the level of political tension in the country can only go up. “I’ve been going up and down the state of California meeting with law enforcement officials about this. I’m very concerned about it,” he said. “What we’re seeing is the democratization of extremism and the tactics of radicalism. I’ve been warning about this, and nobody gave a shit.”

Voir aussi:

The slow-burning hatred that led Thomas Mair to murder Jo Cox
25 years before he killed the MP, Mair told a far-right magazine that the ‘white race’ faced a long and very bloody struggle
Ian Cobain, Nazia Parveen and Matthew Taylor
The Guardian
23 November 2016

Reclusive, nervous and by his own account gripped by feelings of worthlessness, Thomas Mair struck his neighbours and many of his relatives as odd but quite harmless. “Tommy’s nowt to worry about,” they used to say on the Fieldhead estate in Birstall, West Yorkshire. “He wouldn’t hurt a fly.”

In truth, Mair was racist and a terrorist in the making, his home stuffed with far-right books and Nazi memorabilia and his mind brimming with a belief that white people were facing an existential threat. “The white race,” Mair once wrote, was about to be plunged into “a very bloody struggle”. His greatest obsession, however, and his deepest bitterness was over those white people whom he condemned in his writings as “the collaborators”: the liberals, the left and the media.

The seeds of the hatred that drove him to murder his MP, Jo Cox, appear to have been sown years earlier, when he began to acquire the means to kill. They germinated during the febrile countdown to the EU referendum.

Brexit campaigners were claiming that a remain vote would result in “swarms” of immigrants entering the UK, that it could trigger mass sexual attacks. Just hours before the murder, Ukip unveiled its infamous “breaking point” anti-immigration poster. Mair came to regard Cox as one of “the collaborators”, a traitor to his race. The passionate defender of immigration and the remain campaign was a legitimate target in his eyes.

Mair was an extremely slow burner. He appears to have fantasised about killing a “collaborator” for more than 17 years, drawing inspiration from another rightwing terrorist, David Copeland.

Over 13 days in April 1999, Copeland planted three nail bombs in London, targeting first black people, then Asians and finally gay people. Three died and more than 140 were injured, some losing limbs.

Copeland was a former member of the British National party (BNP) and an admirer of the late William Pierce, once the leader of a US neo-Nazi organisation, the National Alliance. Pierce’s novel The Turner Diaries, which depicts an apocalyptic race war, had been particularly influential.

Copeland was arrested on 30 April that year, shortly after planting his third and final bomb at the Admiral Duncan, a gay pub in the Soho area of the capital. He appeared in court four days later. The bombings were front-page news and dominated the airwaves. It is fair to assume that Mair would have been following events.

On 13 May 1999, 10 days after Copeland’s first court appearance, staff at the National Alliance offices near the small town of Hillsboro, West Virginia, were packing a consignment of goods to be sent to Mair’s home on the Fieldhead estate.

A packing slip subsequently obtained by the Southern Poverty Law Center (SPLC), a US civil rights body, showed Mair had bought a range of items from the organisation. They included manuals on the construction of bombs and the assembly of homemade pistols, six back issues of the Alliance journal called Free Speech, and a copy of Ich Kämpfe, a tract handed out to Nazi party members in 1943, the year that Germany’s wartime fortunes began to wane.

Having been galvanised by Copeland’s attacks, Mair took his first steps on the long road that would lead to his own hate crime.

Other records the SPLC obtained show this was one of a series of purchases that Mair made from the National Alliance over a four-year period. He began to subscribe to Free Speech, and other publications with titles such as Secret of the Runes and We Get Confessions were packed up in Hillsboro and sent to the semi-detached council house where Mair had been living alone since the death of his grandmother three years earlier. In total, he spent more than $620 (£500) on Alliance purchases.

Mair amassed a small library about the Nazis, German military history and white supremacy, which he kept in a bedroom at his home on a bookshelf topped by a gold-coloured Third Reich eagle with a swastika. SS Race Theory and Mate Selection Guidelines was the title of one, fairly typical text. Uniforms and Traditions of the Luftwaffe Volume Two was another.

He also subscribed to a rightwing magazine called SA Patriot, which was initially published in South Africa by the Springbok Club, but moved to the UK and became SA Patriot in Exile in 1991. That year, Mair had written a letter to the magazine in which he railed against the killing of loyalist paramilitaries in Northern Ireland and attacked the UK media’s coverage of South African affairs “which … never fails to present whites in the worst possible light”.

He tried to end his letter on a positive note: “Despite everything, I still have faith that the white race will prevail, both in Britain and in South Africa.” But then his pessimism got the better of him: “I fear that it’s going to be a very long and very bloody struggle.”

Eight years later, around the time Mair purchased the bomb-making manual from the US, the magazine ran another of his letters. He praised the publishers for “carrying on the struggle”, before returning to his ultimate obsession. “I was glad you strongly condemned collaborators in the white South African population. In my opinion the greatest enemy of the old apartheid system was not the ANC and the black masses but white liberals and traitors.”

The Springbok Club still runs a blog, which just two weeks before Cox’s murder urged UK readers to vote to leave the EU in order to renew links with their “ethnic brothers and sisters” elsewhere in the world.

The magazine’s editor, Alan Harvey, told the Guardian: “He sent us a fiver, which would have been enough for about five issues, but I’ve never met him. I know nothing at all about him.”

Because Mair was so reclusive, few people do.

Far-right links

Thomas Alexander Mair was born in the Scottish town of Kilmarnock in August 1963, the son of James, a machine operator in the lace industry, and Mary, a factory worker. He was named after his grandfathers. The Mairs had a second son, Scott, but the marriage did not last long, and Mary and the boys moved to Birstall, a mill town eight miles south-west of Leeds. Mary remarried, and Mair has a half brother, Duane St Louis.

Mair’s links with far-right groups in the US and South Africa are well documented, but his associations with similar organisations closer to home appear more tenuous. He told the SA Patriot in Exile that he had had some contact with the National Front in the early 1990s, he was seen at an English Defence League rally and attended a meeting of nationalists in London.

Supporters of various far-right organisations in West Yorkshire deny, however, that Mair was ever part of the local scene, and anti-fascist campaign groups say he had not crossed their radar. “He’s not on any of our lists,” a spokesman for one such group said, before adding quickly: “Not that we keep any lists, you understand.”

Nor had he ever come to the attention of the police. He had no previous convictions.

Speaking after the verdict Det Sup Nick Wallen, from West Yorkshire Police, said Mair had never had so much as a conversation with the police.

He described him as a “loner in the truest sense of the word.”

“This is a man who never held down a job never had a girlfriend never any friends to speak of.” Wallen said Mair had had never had “so much as a conversation” with the police.

There would have been no shortage of opportunities for Mair to make common cause with rightwing extremists in his area. The demographic changes in the towns and villages around Birstall and nearby Batley happened a generation or more ago, but it has remained fertile ground for the far right, for whom the many Muslims in the area represent a highly visible enemy.

In the mid-90s, one local man formed an offshoot of the National Alliance, which he called the National Socialist Alliance. In 2006, after a jury at Leeds crown court cleared Nick Griffin, the then BNP leader, and another party member of inciting racial hatred, Griffin hailed West Yorkshire as “an unusually radicalised” part of the UK; meaning, apparently, that he believed a considerable proportion of people there shared his views.

Three years later, when a list of BNP members was leaked, significant numbers were found to live in the towns and villages west of Leeds, with a couple of dozen near Birstall.

A year after that, police discovered 54 homemade bombs and a dozen firearms at a house in Batley. The occupant, Terence Gavan, a BNP member, was jailed for 11 years after admitting a series of offences under the Terrorism Act 2000. The court heard that Gavan showed “strong hostility” towards immigrants.

Since then, a number of smaller fringe groups – the British Movement, National Action, the National Front, the Yorkshire Infidels and Liberty GB – have recruited members in the area. The NF, the BNP and Liberty GB fielded candidates in the byelection triggered by the Labour MP’s murder. The Conservatives, Liberal Democrats and Ukip all declined to stand.

Members of the far right have staged several marches in the area over the past two years. Such was the level of concern this year at the local authority, Kirklees council, that it asked Tell Mama, an organisation that monitors anti-Muslim incidents, if it could help devise a strategy to ease community tensions that were being caused or exacerbated, in part, by the far right.

It appears that Mair, however, had little to do with such groups, perhaps because he was so reclusive. He preferred his relationships with the far right to be long-distance affairs.

He was a frequent visitor to Birstall’s public library, where he used the computers. One of the librarians, Beverley Fletcher, recalled how he would walk in and simply utter the word “computer”. “Thomas Mair doesn’t engage in conversation and he doesn’t give much eye contact,” she told police. “And I don’t remember him ever getting a book out of the library.”

Earlier this year he was using the library’s computers to research such matters as the BNP, white supremacists, Nazis and public shootings.

In the days before the murder he sought out information about the Ku Klux Klan, the Waffen SS, Israel, serial killers and matricide. He read up on the death of Ian Gow, the last MP to have been murdered, killed by an IRA car bomb in 1990. He accessed the Wikipedia page of the former foreign secretary William Hague, a Yorkshire politician who, like Cox, supported the campaign to remain in the UK.

Mair had acquired a firearm, a German made Weihrauch .22 bolt-action rifle, from which the stock and most of the barrel had been removed.

It was stolen from the boot of a sports utility vehicle in nearby Keighley in August 2015. But detectives admit they still do not know how “true loner” Mair, who had no social network, got hold of it.

“How he came to be in possession of that gun is an active line of inquiry for us,” said DS Wallen after verdict.

Mair had carried out online research into .22 ammunition, reading one page that offered an answer to the question: “Is a .22 round deadly enough to kill with one shot to a human’s head?” He also bought a replica British army second world war dagger.

Mair was particularly fascinated by the Norwegian Anders Breivik, who murdered 77 people in gun and bomb attacks in 2011, and kept newspaper clippings about the case. Despite his identification with violent figures of the far right, however, he made little effort to make any real contact with others of a like mind.

Mental health

In the immediate aftermath of the murder, there were suggestions among some neighbours that Mair had a history of mental illness.

According to members of his family, he had been treated for obsessive compulsive disorder, and it is said that he was so anxious about cleanliness that he had been known to scrub himself with pan scourers.

Police discovered evidence of behaviour associated with OCD when they searched his home. It was sparse and obsessively orderly, and inside his kitchen cupboards, tinned food was carefully arranged in precise rows, with each label pointing in exactly the same direction.

Mair himself claimed to be in need of treatment for mental health problems. In 2010, while volunteering at a country park near his home, he suggested to an interviewer from the Huddersfield Examiner that he had previously received such treatment. “Many people who suffer from mental illness are socially isolated and disconnected from society,” he said. “Feelings of worthlessness are also common, mainly caused by long-term unemployment.”

After his arrest, he was examined by a psychiatrist who could find no evidence that his mental health was so poor that he was not responsible for his actions. He was essentially a sane man.

Mair is clearly an extraordinarily troubled individual. Some psychologists who have studied people responsible for acts of “lone-wolf terrorism” have concluded that they frequently identify strongly with one group so strongly that they are prepared to make considerable sacrifices for what they see as the good of the group.

The authors of one study wrote that “positive identification with a group, combined with the perception that this group is being victimised, produces negative identification with the group perpetrating the injustice”. This appears to chime with Mair’s belief that “collaborators” were operating to the detriment of white people.

The authors also found that individuals who are radicalised by a sense of grievance “can be steady, planful and workmanlike – as indeed many lone-wolf attackers seem to have been”.

Those in Birstall who believed Mair to have been odd but harmless say he was devoted to his mother, who lived nearby, and many commented on the way he tended elderly neighbours’ gardens. Neighbours, who knew nothing of his links with white supremacists, said they had no reason to believe he was racist. His half-brother, Duane, whose late father, Reginald, was originally from Grenada, said he had never heard him express racist sentiments.

Others in the town tell a different story. A number of Asian taxi drivers say Mair would utter insulting comments to them. “He’d been reported by a few taxi drivers for making racist remarks,” said Zein Ali, a controller at Oakwell and Rex taxis. “When they dropped him off and he was paying them, he’d say racist things. We always thought he was a racist.”

The books and magazines that police recovered from his home and the examination of library computers on which he had browsed the internet left no room for doubt.

Turning to murder

The question remains as to why Mair turned to murder in June, 25 years after he first made contact with the Springbok Club and 17 years after he purchased a manual describing the assembly of a homemade pistol.

Copeland was also a slow burner, taking a number of years to convince himself that he should turn to terrorism. At his trial, the prosecuting counsel said he had told police that the seed had been planted in July 1996, when the Olympic Games in Atlanta were bombed. The following month, during the Notting Hill carnival in west London, Copeland found himself fantasising about a bomb exploding among the crowds.

“To start with he treated the thought as a joke, but he could not get it out of his head,” said Nigel Sweeney QC. “The thought became stronger. He woke up one day and decided he was going to do it.”

It appears that Mair also woke up one day and decided he was going to do it.

Cox was a vocal supporter of the remain campaign. Her constituency is a place where anti-European feelings run high, and each day during the referendum campaign, Mair was surrounded by red and orange Vote Leave notices. St George’s cross flags fluttered from windows. His “death to traitors” outburst during his first court appearance shows he regarded Cox as one of “the collaborators”, the white people who had betrayed their race.

Perhaps he was provoked by the far-right literature he devoured. It is possible that, like Copeland, he hoped to become the spark that would ignite a racial war. One of the last searches he conducted on Birstall library computers was into people who had been executed as traitors.

On 16 June, on a warm and sunny afternoon, Mair stepped out of a shadow as Cox walked towards the library where she was due to hold a surgery for constituents. He raised his sawn-off rifle and shot her. Then he pulled her to the ground, dragged her between two parked cars, and stabbed her repeatedly with his dagger. When Bernard Carter-Kenny, a 77-year-old passerby, tried to intervene, Mair stabbed him too. He then stepped back a little, as if he had finished. But when he heard Cox warn her two assistants to flee – shouting “get away, let him hurt me, don’t let him hurt you!” – he stood over her and shot her twice more, and stabbed her again.

Cox was shot twice in the head and once in the chest. Rounds passed through both hands as she tried to protect herself. Some of the eyewitnesses gave evidence at Mair’s trial, but one became so unwell as a consequence of what she saw that she could not attend. Mair was said to have appeared calm throughout. “Cold” was the word one witness used to describe him. They saw Mair swing the knife again and again as he stabbed Cox 15 times in her heart, lungs and abdomen. One blow pierced her chest after passing through her right arm.

He did so, according to the eyewitness, while saying: “Britain first, keep Britain independent, Britain will always come first.”

Finally, he yelled: “This is for Britain.”

Voir encore:

Solange Bied-Charreton
Valeurs actuelles

18 juin 2017

Polémique. Festivals interdits aux Blancs, communautarisme ethnique, instrumentalisation de la discrimination… La nouvelle nébuleuse antiraciste, rarement inquiétée par la justice, n’en finit pas d’attiser la haine.

Anne Hidalgo a trouvé « un accord ». Virulente tout d’abord, elle avait lâché, fin mai, le mot d’“interdiction”. Mais la maire de Paris a finalement opté pour un accommodement raisonnable permettant au festival afroféministe Nyansapo — dont 80 % des activités proposées sont réservées aux femmes noires — d’avoir lieu, fin juillet. La Générale, local initialement mis à disposition par la municipalité, accueillera l’espace ouvert à tous et la majeure partie du festival se tiendra quant à elle autre part. Racisme et discrimination sexuelle sont donc légitimés, permis, pourvu que leur scénario se déroule dans un cadre privé. Le collectif Mwasi, organisateur du festival, le précise tout de même : il n’est « ni contre les hommes ni contre les autres groupes ethno-raciaux ». Ceux-ci pourraient même se voir considérer comme alliés, « après concertation des membres du collectif ». Nous voilà rassurés.

Le rétropédalage de l’édile parisienne, qui avait d’abord demandé au préfet une interdiction du festival, en dit long sur l’impuissance politique face à la banalisation d’un phénomène qui a pris de l’ampleur depuis quelques années. En 2010 déjà, Lilian Thuram, les historiens Pascal Blanchard et François Durpaire, l’activiste Rokhaya Diallo et Marc Cheb Sun, alors directeur de la rédaction de Respect Mag, lançaient un appel, relayé par le Monde, pour « une République multiculturelle et post raciale ». Le gros du programme ayant été axé sur la culpabilité postcoloniale et la lutte contre les discriminations subies par les minorités visibles, il faisait présager pourtant exactement le contraire de cette France unie et réconciliée qu’il annonçait. De fait, il ouvrait la boîte de Pandore et une série de prises de parole et d’initiatives déroulent aujourd’hui la feuille de route du Parti des indigènes de la République (PIR), fondé cette même année 2010, sur la base du Mouvement du même nom, qui avait éclos cinq ans auparavant.

Si, pour Sadri Khiari, l’un de ses fondateurs, « le Blanc est un rapport social et non un fait naturel. Il n’existe en tant que tel que comme moment d’un rapport social d’oppression et de lutte contre cette oppression », c’est qu’il est coupable par principe. « Le Blanc est une forteresse inexpugnable », écrit encore Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des indigènes de la République, dans les Blancs, les juifs et nous (La Fabrique Éditions). Un discours qui instrumentalise les notions d’exclusion et de discrimination pour faire valoir une prétendue égalité. Au coeur des idées indigénistes, la dénonciation d’un racisme d’État, mais surtout d’une oppression de fait des “racisés” par les “non-racisés”, logorrhée venant à l’appui d’une idéologie que l’espace médiatique, politique et public dans son ensemble tend de plus en plus à accepter et à banaliser. « Comme à l’extrême droite, il s’agit, explique Fatiha Boudjahlat, candidate MRC aux législatives dans la 4e circonscription de Haute-Garonne, cofondatrice, avec Céline Pina, de Viv(r)e la République, d’appliquer une stratégie de “retraditionnalisation” visant à coaliser une communauté, mise à mal dans une société ouverte comme la société occidentale. Avec, selon cette logique, l’idée raciste qu’on n’atteint l’authenticité qu’en restant entre soi, sans mélange. »

Le burkini, offensive islamiste, défendu au nom de la lutte contre l’islamophobie

La reconstruction de l’identité raciale a ses mentors et ses militants qu’ils forment, comme en août dernier, au “camp d’été décolonial” de Reims interdit aux Blancs, lequel n’avait rien provoqué de plus que de l’indignation et un débat dans la presse… Au même moment déferlait sur la France la polémique du burkini, offensive islamiste défendue par une partie des féministes, comme la journaliste militante Sihame Assbague, sur le principe de la lutte contre les discriminations envers les musulmans. On retrouvait également dans ces rangs l’historienne activiste Laurence De Cock, pour laquelle, par ailleurs, la question des femmes poussées hors de l’espace public dans le secteur la Chapelle-Pajol, à Paris, n’est qu’une expression parmi d’autres de la “panique identitaire” (du nom d’un ouvrage qu’elle a coécrit) de l’Occident face aux cultures venues d’ailleurs et se règle, comme le suggérait aussi Caroline De Haas, par des mesures d’aménagement urbain.

Dévoiement de l’antiracisme, dévoiement du féminisme

Omerta sur la violence d’un racisme excusé, accompagné le plus souvent d’un antisémitisme virulent, au prétexte de défendre de la cause palestinienne. Mépris du corps de la femme, de sa personne. Ce sont également les ingrédients du scandale qui, l’hiver dernier, émailla la bien-pensance en mal de figures victimaires autour de Mehdi Meklat, chroniqueur, écrivain et documentariste issu des banlieues qui crachait à longueur de tweets, depuis de nombreuses années, son admiration pour le djihadiste Mohammed Merah, sa haine des Français de France, des juifs, des homosexuels ou des femmes. Couvert par la presse de gauche, qui connaissait son pseudonyme et passait tout au jeune homme, au motif qu’il faisait partie de la caste des opprimés, sa success story était pourtant impeccable. Si l’emballement médiatique a eu raison de Meklat, une seule opération de com d’Anne Hidalgo a suffi au collectif Mwasi pour gagner la bataille du festival Nyansapo.

Dévoiement de l’antiracisme, dévoiement du féminisme, matérialisés par les ateliers “non mixtes” du festival, qui se tiendront comme prévu, fin juillet, malgré la condamnation de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), assimilée pour l’occasion par les organisateurs à l’extrême droite. « Une vraie régression ethnique », selon Fatiha Boudjahlat, qui rappelle que le développement séparé (femmes séparées des hommes, Noirs séparés des Blancs) est la définition même de l’apartheid. « La victoire politique d’Anne Hidalgo consiste à faire croire qu’elle s’est mobilisée contre le festival alors qu’elle n’a rien obtenu. Elle capitalise sur une absence de résultat. » Les enjeux sont pourtant d’importance si, à en croire les tweets de la maire de la capitale, « Paris est une ville mixte ». Les séminaires de réflexion réservés aux femmes ne datent pas d’hier, le féminisme des années 1970 en faisait son ordinaire, en France ou aux États-Unis. Ils auraient pour vocation d’amener les femmes à parler sans pression et sans jugement. Pourtant, pour ce qui concerne le festival Nyansapo, les intentions sont claires : il s’agit de former des militantes, non seulement en clivant les genres, mais surtout en séparant les ethnies. Ainsi, la présence des hommes, comme la présence des Blancs, est vécue comme une violence en elle-même.

« S’appuyant assez malhonnêtement sur le modèle de la ségrégation raciale aux États-Unis jusqu’aux années 1960, ils sont encore dans la phase de mobilisation et de militantisme, affirme Fatiha Boudjahlat, mais il existe bel et bien un agenda politique, avec des étapes, dont le but est la fragmentation de la société. » Elle oppose cet antiracisme — qui n’est qu’un ethno-différencialisme — au chemin d’émancipation de l’individu proposé par l’antiracisme initial, républicain, fondé sur l’universalisme, pour lequel ce n’est pas la commu nauté (raciale ou religieuse) qui constitue le projet politique commun, mais bien la nation.

Sans toutefois que le lieu en soit connu, un second camp d’été décolonial est déjà prévu, pour août prochain, « réservé uniquement aux personnes subissant à titre personnel le racisme d’État ». Fatiha Boudjahlat ne se fait aucune illusion. Le Grand Détournement, son livre, qui portera la réflexion sur ces questions, paraîtra aux Éditions du Cerf en septembre prochain.

Voir par ailleurs:

Netanyahu demande que l’AP condamne l’attentat de Jérusalem
Le Fatah a accusé Israël de “crime de guerre” pour la mort des terroristes ; Liberman et Rivlin ont rendu hommage à Hadas Malka, “une inspiration pour nous tous”
Times of Israel
18 juin 2017

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé samedi que l’Autorité palestinienne (AP) condamne l’attentat terroriste de Jérusalem commis par trois Palestiniens, qui ont poignardé à mort Hadas Malka, garde-frontière de 23 ans.

« Le Premier ministre demande que l’Autorité palestinienne condamne l’attentat, et attend que la communauté internationale le fasse aussi », a indiqué un communiqué de son bureau.

Vendredi soir, le Fatah a déclaré dans un communiqué que la mort des trois terroristes, qui ont attaqué en deux emplacements de la Vieille Ville de Jérusalem, était un « crime de guerre ».

Avigdor Liberman, le ministre de la Défense, a sèchement répondu à la déclaration du Fatah, affirmant qu’elle « montre qu’il n’y a pas de partenaire [pour la paix] de l’autre côté. »

Liberman a rendu hommage à Malka, 23 ans, qui a tenté de prendre son arme et a combattu contre son attaquant pendant qu’il la poignardait, pour la « détermination et le courage » avec lesquels elle a agi. Elle était « une inspiration pour nous tous », a-t-il dit.

Le président Reuven Rivlin a lui aussi rendu hommage à Malka samedi.

« Mon cœur est avec la famille de Hadas, la gardienne de nos murs, pendant ces moments difficiles de profond chagrin, a dit Rivlin. Que sa mémoire soit bénie. »

« J’envoie de la consolation et de l’aide à sa famille, et je remercie profondément tous ceux qui combattent héroïquement et résolument pour la paix de nos citoyens », a dit Rivlin.

Malka a été enterrée à minuit et demi samedi soir, à Ashdod. Elle laisse derrière elle ses parents, ses trois sœurs et ses deux frères.

« Nos pensées vont avec cette combattante courageuse, qui, d’après ses photographies, semblaient pleine de joie de vivre, et d’un amour pour le service important auquel elle a voulu participer », a dit Rivlin.

Il a également rendu hommage aux forces de sécurité israéliennes.

« La réactivité de nos forces [de sécurité] nous permet de continuer à vivre ici, à Jérusalem, et dans tout le pays, une vie de sécurité et de routine face aux forces assassines des organisations terroristes », a ajouté Rivlin, promettant qu’Israël « poursuivra tous ceux qui aident le terrorisme, où qu’ils soient. »

Voir de plus:

France Soir
17 Juin 2017
INFO FRANCE SOIR – Un homme, maire de la petite commune de Champignolles (Eure, Haute-Normandie), est en garde à vue depuis 8h30 ce samedi dans l’affaire de l’agression de Nathalie Kosciusko-Morizet. Il est le principal suspect de cette enquête ouverte pour violences volontaires sur personne chargée d’une mission de service public (Article mis à jour).
L’agresseur avait pris la fuite et était parti vers la bouche de métro la plus proche.

INFO FRANCE SOIR – L’enquête progresse. Un homme a été interpellé ce samedi 17 au matin, soupçonné d’avoir agressé jeudi 15 Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate Les Républicains aux élections législatives, a-t-on appris de source proche du dossier.

Le suspect a été placé en garde à vue à 8h30 « pour des faits de violences volontaires sur personne chargée d’une mission de service public » après cette agression contre l’ancienne ministre sur un marché du Ve arrondissement, a indiqué cette source. Selon les informations de France Soir, il s’agirait de Vincent Debraize, 54 ans (4 septembre 1962), ex-UDI et maire de la petite commune de Champignolles dans l’Eure. L’homme avait donné son parrainage à Henri Guaino pour l’élection présidentielle 2017, le même Guaino qui a été éliminé au premier tour des législatives, dimanche 11, par NKM et Gilles Legendre (LREM), et s’est illustré le soir-même en dérapant en direct sur BFMTV. Il avait dit que les électeurs étaient « à vomir ».

De cet homme, FranceSoir a découvert qu’outre son mandat d’élu local il est gérant de la société Alkade (présentée comme une agence de publicité) domiciliée à Paris, dans le IXe arrondissement, après la liquidation d’une précédente société en 2016 (Qui est Vincent Debraize? Son portrait détaillé à lire ici). Son placement en garde à vue l’empêchera de tenir la présidence de l’unique bureau de vote de sa commune dimanche 18 pour le second tour des élections législatives comme il était prévu.

Après cette altercation en présences de journalistes, l’agresseur avait pris la fuite et était parti vers la bouche de métro la plus proche. Un bénévole de l’équipe de NKM, Jean-Baptiste Goulard, a poursuivi dans le métro l’homme, qui est sorti à la station suivante, Cluny-La Sorbonne (ligne 10). Il a affirmé à avoir alors reçu des coups de sa part. L’homme a, là encore, pris la fuite. Son signalement a été donné à la police.

L’ancienne ministre avait été admise à l’hôpital Cochin à Paris dans la foulée de l’agression dont elle a été victime. Elle avait quitté l’établissement le lendemain après des examens. « Je voudrais profiter de votre présence pour remercier tout le personnel de l’hôpital Cochin qui a été absolument formidable, ceux qui m’ont témoigné leur sympathie et leur soutien, en particulier le Premier ministre qui s’est déplacé hier, et le président de la République qui m’a envoyé un message« , avait-elle expliqué à la presse à sa sortie de l’hôpital.

[MAJ à 15h55]: Afin que l’agresseur soit formellement identifié, NKM sera confrontée ce samedi en fin d’après-midi à Vincent Debraize selon les informations de BFMTV.

Voir également:

Qui est Vincent Debraize, maire dans l’Eure, en garde à vue après l’agression de NKM sur un marché

L’homme de 55 ans s’est présenté à la police après une convocation.

POLITIQUE – Il a été placé en garde-à-vue ce samedi 17 juin. Deux jours après l’agression de Nathalie Kosciusko-Morizet, Vincent Debraize s’est présenté à la police parisienne pour répondre à une convocation, selon RTL. Suspecté d’être l’homme qui a mis à terre la candidate LR, il est entendu pour des faits de « violences volontaires sur personne chargée d’une mission de service public ».

Âgé de 55 ans, cet homme est le maire sans-étiquette d’un petit village de l’Eure. Champignolles, situé à 35 km à l’ouest d’Evreux, ne compte en effet qu’une quarantaine d’habitants. Vincent Debraize, cadre dans le secteur privé a été élu en 2008 et réélu en 2014.

« Il a passé toute la journée de vendredi à Champignolles. Le soir, il a dit à des collègues qu’il devait remonter sur Paris parce qu’il était convoqué à la police. Et il leur a expliqué pourquoi », a raconté au Parisien un colistier de l’intéressé.

Quelques semaines après sa réélection, il avait lancé une pétition pour dénoncer « l’insécurité intolérable » rencontrée dans son canton. Dans un article publié par Le Réveil Normand à propos d’un cambriolage sanglant dans sa commune en 2014, le maire invitait « le nouveau ministre de l’intérieur [Bernard Cazeneuve, ndlr] qui ne cesse de parler de sécurité à tout va à se rendre dans la France profonde ».

À l’occasion de la dernière présidentielle, il faisait partie des 33 élus qui avaient parrainé la candidature de Henri Guaino; ce dernier a affronté NKM lors des législatives dans la 2e circonscription de Paris.

Vincent Debraize devait tenir le bureau de vote de sa commune dimanche matin pour le second tour des élections législatives, précise RTL. Des proches du maire ont confirmé au Parisien qu’il sera bien présent pour assurer cette permanence.

Voir enfin:

BBC News changes headline, deletes Tweet after anger at portrayal of terror attack in Jerusalem

On the evening of June 16th three Palestinian terrorists from a village near Ramallah carried out a combined attack in Jerusalem. Border Police officer Hadas Malka was critically wounded while responding to the incident and doctors were unable to save her life. In addition, four more people were wounded. While ISIS claimed responsibility for the attack, Hamas rejected that claim:

“Early on Saturday morning, Hamas rejected IS’s claim of responsibility, saying the three belonged to Palestinian terrorist organizations.

“The claim by the Islamic State group is an attempt to muddy the waters,” said Sami Abou Zouhri, spokesman for the terrorist group which runs the Gaza strip.

The attack was carried out by “two Palestinians from the Popular Front for the Liberation of Palestine and a third from Hamas,” he said.”

The BBC’s report on the attack currently appears on the BBC News website under the headline “Israeli policewoman stabbed to death in Jerusalem“. However, the article was originally titled “Three Palestinians killed after deadly stabbing in Jerusalem” and that was also how the BBC portrayed the incident on social media – much to the ire of many Twitter users.

 

As we see, that headline and sub-heading both fail to inform BBC audiences that the “Palestinians killed” were the terrorists who carried out the “deadly stabbing”.

As a result of public pressure, the BBC deleted that Tweet and posted a replacement some 24 hours after the attack took place. Readers may recall that this is by no means the first time that a BBC headline concerning a terror attack in Israel has prompted public outrage.

As is inevitably the case in BBC coverage of Palestinian terror attacks in Israel – and in stark contrast to BBC portrayal of similar attacks in Europe – the article does not describe the incident as a terror attack.

Moreover, in the later version of the report readers found the following representation of a statement from Israeli officials saying that there was no indication that the terrorists were connected to ISIS:

“Police said there was “no indication” of a link between the suspects and a terror group.”

In fact – as the Times of Israel reported:

“All three of the assailants were members of Palestinian terrorist organizations, according to… Israel’s Shin Bet…

The attackers were identified by the Shin Bet internal security agency as Bra’a Salah and Asama Atta, both born in 1998, and Adel Ankush, born the following year. They were shot dead by security forces as they carried out their attacks.

The three were from Deir Abu-Mashal, a village near Ramallah. All had previously been arrested for or involved in terrorist activity, a Shin Bet statement said.”

Erasing the foreign nationals (including one Palestinian) murdered by Palestinian terrorists over the last 21 months, the report tells readers that:

“Forty-two Israelis have been killed in knife, gun and car-ramming attacks by Palestinians or Israeli Arabs since October 2015.

In late 2015 and 2016, such attacks happened with near-daily frequency but the rate has declined in recent months.”

That latter inaccurate claim is recycled from a previous BBC report. In fact, while in late 2015 the frequency of attacks was far beyond “near-daily”, around a hundred attacks still take place every month meaning that they remain on average a daily occurrence on average, notwithstanding the BBC’s failure to cover the vast majority of attacks.

As readers then see, the BBC continues to employ the “Israel says” formula in its portrayal of Palestinian terrorists killed while carrying out attacks.

“More than 240 Palestinians – most of them attackers, Israel says – have also been killed in that period. Others have been killed in clashes with Israeli troops.” [emphasis added]

The article closes with a mantra that the BBC has been promoting for many months:

“Israel says Palestinian incitement has fuelled the attacks. The Palestinian leadership has blamed frustration rooted in decades of Israeli occupation.”

Once again, it is worth remembering that since the surge in terror attacks began in late 2015, the BBC has consistently failed to provide its audiences with any serious reporting on the topic of incitement and glorification of terrorism by Palestinian officials. Readers are hence unable to judge for themselves whether or not what ‘Israel says’ is accurate.

Likewise, it is noteworthy that the portrayal of terrorism as being attributable to “frustration rooted in decades of occupation” conforms to a guidance document for members of the international media put out by the PLO in November 2015.

Update:

According to Ynet, the BBC has released the following statement:

“We accept that our original headline did not appropriately reflect the nature of the events and subsequently changed it. Whilst there was no intention to mislead our audiences, we regret any offence caused.”


Accord de Paris: Attention, un autoritarisme peut en cacher un autre ! (Pittsburgh finally gets its say on Paris climate accord)

4 juin, 2017
Poignée de main musclée entre Donald Trump et Emmanuel Macron, le 25 mai 2017, en marge du sommet de l'Otan, à Bruxelles. L'humoriste Kathy Griffin a choqué en postant cette photo sur les réseaux sociaux
https://i2.wp.com/a57.foxnews.com/media2.foxnews.com/BrightCove/694940094001/2017/05/25/780/438/694940094001_5448810511001_Obama-takes-shot-at-Trump-with-wall-comment.jpg
La démocratie, c’est aussi la grande question par rapport à la tentation autoritaire que l’on voit surgir et notamment aux Etats-Unis. François Hollande
J’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburgh, pas ceux de Paris. Donald Trump
Ma poignée de main avec lui, ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique mais un moment de vérité. Il faut montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques, mais ne rien surmédiatiser non plus. Donald Trump, le président turc ou le président russe sont dans une logique de rapport de forces, ce qui ne me dérange pas. Je ne crois pas à la diplomatie de l’invective publique mais dans mes dialogues bilatéraux, je ne laisse rien passer, c’est comme cela qu’on se fait respecter. Emmanuel Macron
Il est difficile de taxer Emmanuel Macron de racisme ou de légèreté. Il a eu l’occasion de s’exprimer sur ces sujets, notamment au cours de la campagne lors de son déplacement à Mayotte. C’est une polémique qui n’a pas lieu d’être. Quant à l’idée qu’il y aurait deux poids deux mesures : la différence c’est que contrairement à certaines autres personnes, Emmanuel Macron a une ligne claire vis-à-vis de l’immigration clandestine et des migrants. Il a par exemple été l’un des premiers à saluer la politique migratoire d’Angela Merkel. Cellule de communication de l’Élysée
Tout ce que j’ai fait dans ma vie professionnelle est légal, public, transparent. Je ne suis pas inquiété par la justice, j’ai ma conscience pour moi. Richard Ferrand
Ce n’est jamais arrivé dans l’histoire. Un président en fonction, la première dame et sa famille tentent de ruiner ma vie. Vous le connaissez, il n’arrêtera pas. C’est l’Amérique, nous ne sommes pas censés mourir pour ça. Aujourd’hui, c’est moi, et demain, ça pourrait être vous. Je fais de l’humour provocateur, je vais continuer de me moquer de Trump. Je l’ai fait sous Bush et Clinton, et personne n’a essayé de me tuer. Kathy Griffin
Les médias sont unanimes : Emmanuel Macron est sorti vainqueur de sa poignée de main avec Donald Trump. La scène, filmée jeudi dernier à Bruxelles lors du sommet de l’OTAN, est passée en boucle sur les télévisions, avec arrêts sur image et gros plans sur les doigts du président américain : ils lâchent prise mais restent enserrés encore une seconde. Interrogé sur cette insignifiance par le JDD, le président français a déclaré : « Ma poignée de main avec lui ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique, mais un moment de vérité (…) Il faut montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques ». Dans cet univers artificiel, fait de signes prémédités, Macron confirme ses dons d’acteur et de communicant. « Un sans-faute », ont dit les choeurs. Reste que ce recours au théâtre muet, intrusion du mime Marceau en politique, infantilise un peu plus la chose publique. Macron n’a évidemment pas vaincu Trump ce jour-là. Mais le président a décidé d’écrire son épopée. Le pire est que ce narcissisme fait mouche. La presse est majoritairement conquise par le personnage. Est-elle encore un contre-pouvoir? Pour l’instant, elle est tout contre. « Nous n’avons jamais eu ce climat de béatitude », grinçait, lundi, Bernard Cazeneuve, l’ancien premier ministre. Mais les limites de l’euphorie sont visibles. L’envoûtement que Macron croyait avoir eu sur l’Américain n’empêchera pas Trump de garder sa liberté sur l’accord sur le climat. Il aura également incité l’Otan à se concentrer sur la lutte contre l’immigration et le terrorisme djihadiste, ces sujets délaissés par l’Union européenne, obnubilée par le danger russe. Ivan Rioufol
Imagine you have a seventy-something-year-old very strong personality in the family. And he’s got his golfing buddy who is his best friend. And they go off golfing and drinking and smoking cigars. What he really wants to do is smoke cigars. But the family is telling him, ‘Smoking cigars is really bad for you and the doctor told you not to do it.’ He’s, like, ‘I know, I know.’ So when he’s around his family, he’s, like, ‘Look, I’m not smoking cigars!’ And then he goes off with his golf buddy. And guess what they do? They fucking light up cigars, because that’s actually who he is and what he thinks. And Bannon is like his golfing buddy that he goes and smokes cigars with. That’s actually who he is. Republican White House insider
I think Jared and Ivanka are concerned with being accepted in the right places, they care about what the beautiful people think,” he said. “They care about being well received in the Upper West Side cocktail parties. They view Steve as a man with dirty fingernails, with some weird, crazy, extremist philosophy they don’t think is in the best interest of the President. With all respect to them, they don’t understand how Trump got elected. They don’t understand the forces behind it, they don’t understand the dynamics of the situation, and they certainly don’t understand his appeal and the people who voted for him—they can’t understand it.  They would like the President to be more like George Bush: one-dimensional, predictable, neocon, mainstream. Trump adviser
Jared believes that it’s a bad deal and that the standards were too high and could hurt the economy. But his preference would have been to stay in. Ivanka’s preference was to stay in, but she saw her role as setting up a process inside and outside the government to get information to her father from all sides of the issue. White House official
The early few months of the Trump presidency are, in many ways, Claudian. Trump is likewise an outsider who, in the view of the Washington aristocracy, should never have been president. The thrice-married Trump was supposedly too old, too crude, too coarse, and too reckless in his past private life. His critics now allege that the blunt-talking Trump suffers from some sort of psychological or physical ailment, given that his accent, diction, grammar, and general manner of speaking, as well as his comportment, just don’t seem presidential. If Claudius constantly scribbled down observations on imperial life (unfortunately now mostly lost), Trump is an incessant tweeter, who daily issues forth a litany of impromptu impressions, half-baked thoughts, and assertions—that are likewise the stuff of ridicule by journalists. The media and the Washington establishment—like Claudius’s elite critics, Seneca, Suetonius, and Tacitus—focus mostly on the psychodramas of the president. But while they obsess over the frequent absence of First Lady Melania, Trump’s two-scoop ice cream deserts, the supposed undue and sinister influence of Trump’s daughter Ivanka and son-in-law Jared Kushner, the insider spats between the New York moderates and the Steve Bannon true-blue populists, the assorted firings of former Obama appointees, and investigations of Trump associates—the American government, like Rome under Claudius, goes on. Critics also miss the fact that Trump is not a catalyst but a reflection of contemporary culture, in the way that the world portrayed in Petronius’s Satyricon both pre- and postdated Claudius. The Neroian crudity, obscenity, and vulgarity of a Madonna, Bill Maher, or Steven Colbert—or DNC head Tom Perez or California Senator Kamala Harris—had nothing to do with Donald Trump. The real story of the Trump administration is not the messy firing of James Comey or the hysterical attacks on Trump by the media, or even his own shoot-from-the-hip excesses. Rather Trump, also like Claudius, has assembled a first-rate team of advisors and cabinet officials. Secretary of State Rex Tillerson, Defense Secretary James Mattis, National Security Advisor H.R. McMaster, and Homeland Security Director John Kelly—and the dozens of professionals who work for them—comprise the most astute and experienced group of strategists, diplomats, world travelers, and foreign policy thinkers since the Truman and Eisenhower administrations. Never have so many cabinet officers been given such responsibility and autonomy. It is unlikely that a Mattis or McMaster—outsiders who lack bureaucratic portfolios—would have ever held such office under either a progressive Democratic president or an establishment Republican one. A mercurial and unpredictable president gives a Secretary of Defense or State more leverage abroad than does an apologetic sounding and predictably complacent Commander in Chief. The result is a recovering military and a slow restoration of American deterrence abroad that will ultimately make the world safer and the need for America to intervene less likely. Trump’s Justice Department under former Senator Jeff Sessions and his Deputy Rod Rosenstein is likewise a vast improvement over the one headed by Eric Holder and Loretta Lynch, which politicized and even nullified federal law. So far, any diagnosis of what our contemporary Claudius has done in his first three months rather than what he has said—or what the media says he has said or done—suggests national improvement. The stock market is up over the last four months. Unemployment is down. Labor participation is inching up. Business confidence polls stronger. Illegal immigration has dropped by 70 percent. Federal revenues are increasing while federal spending is declining. Neil Gorsuch and other federal judicial appointees are being roundly praised. Local police and federal law enforcement officials are re-enthused after years of demoralization. Trump’s executive orders on the Keystone and Dakota pipelines, and the reenergized support for the coal industry, will bring more jobs and lower energy costs. Industries like steel, aluminum, and beef are talking about exporting and hiring in a way that they have not in years. While the media caricatures Trump’s propensity to jawbone companies about outsourcing jobs abroad, corporations themselves see executive orders on deregulation, promises of tax reform, and a new attitude of “America first” as incentives to stay home and hire Americans. (…) In the end, Claudius was likely murdered by dynastic rivals and relatives who thought that a young, glib, handsome, intellectual, and artistic Nero would be a pleasant relief from the awkwardness, bluntness, and weirdness of Claudius. What followed was the triumph of artists, intellectuals, stylish aristocrats, obsequious dynastic insiders, and flatterers—many of them eventually to be consumed by the reign of terror they so eagerly helped to usher in. Victor Davis Hanson
Bannonism always thrives in the Trump White House when it can serve as a political accelerant for Trump, who, at the time of his decision on Thursday, was confronting a continued erosion of support from his own base, a widening Russia probe, and a stalled agenda in Congress. On the climate accord, Kushner and Ivanka hardly had a chance. Bannon’s nationalism, especially when it comes to trade and immigration, is still not widely supported in the Republican establishment and conservative donor class. But when Bannon’s views line up with those of Republican leaders and donors—not to mention those of Trump—he almost always prevails. If Trump had taken the less extreme course on climate advised by his daughter and son-in-law, he would have been breaking a campaign promise and going against the wishes of the entire G.O.P. leadership. In addition, Trump, who knows little about policy, is famously narcissistic, and, easily influenced by personal slights, reportedly was perturbed by a remark from Emmanuel Macron, the French President, who said he intentionally made a show of forcefully shaking Trump’s hand at the recent G7 summit. Trump also reportedly believed that angering Europe was a “secondary benefit” of pulling out of the accord. Given these circumstances, Bannon could not have had a stronger hand to play in this fight. Still, the climate decision is ultimately the responsibility of Trump himself, not of any single adviser. Trump generally makes decisions that align with Bannon’s views not because he is being manipulated by him but because he agrees with him. Ryan Lizza
On April 29th Donald Trump rang Rodrigo Duterte, the president of the Philippines. According to a leaked transcript, he said: “I just want to congratulate you because I am hearing of the unbelievable job on the drug problem.” Since Mr Duterte was elected in June last year, his anti-drugs campaign has led to the killing of around 9,000 people, mainly petty dealers and users. A couple of weeks earlier, Mr Trump had called the Turkish president, Recep Tayyip Erdogan, to congratulate him on winning a referendum granting him sweeping new powers. Since an attempted coup last year, more than 100,000 Turks have been arrested or detained: the judiciary has been shredded, journalists jailed and media outlets shut down Last week, in Saudi Arabia on the first leg of a nine-day foreign trip, Mr Trump praised Egypt’s president, Abdel Fattah al-Sisi (pictured). “Safety seems to be very strong” in Egypt, he gushed. Mr Sisi’s regime has locked up tens of thousands of dissidents. Not once in Saudi Arabia did Mr Trump raise the kingdom’s habit of flogging, torturing and not letting people choose their government, preferring to trumpet a $110bn arms deal: “Hundreds of billions of dollars of investments into the United States and jobs, jobs, jobs.” Mr Trump’s meetings later in his trip with NATO and G7 heads of government were, by contrast, sour affairs. The pattern is clear: this is a president who gets on better with authoritarian regimes than America’s traditional democratic partners. (…) This represents a rupture with at least four decades of bipartisan consensus in favour of liberal internationalism. Far from conflicting with America’s interests, argues Ted Piccone, a former foreign policy adviser in the Clinton administration now at the Brookings Institution, advancing normative values is essential to those interests, and is the basis for America’s national prestige and international legitimacy. (…) Barack Obama did not resile from the human-rights agenda. But he became increasingly doubtful about using military force to buttress it. Ms Green, who served in the American agency for international development under Mr Obama, says he set great store by “civic-society engagement” to push authoritarian regimes towards international norms. He also believed that speaking out on human rights when meeting autocrats boosted campaigners, even when his lecturing grated. Mr Obama was more of a Wilsonian than a neo-Wilsonian; his idealism tempered by a cool realism that verged on cynicism. For him the Middle East, exemplified by Libya, was a “shit show” that America could do little to change. But critics saw his reluctance to intervene in Syria as an abdication of American responsibility. Mr Obama reflected a loss of confidence in the certainties of the neolibs and neocons. He may have allowed the pendulum to swing back too far, but he reflected the mood of war-weary voters. Mr Trump stands for something different and darker: a contemptuous repudiation of the use of American strength in the service of anything other than self-interest. His enthusiasm for a brute like Mr Duterte gives heart to brutes everywhere. The consequences for America’s power and influence are likely to be grave. The Economist
On est assez gênés par les gesticulations pitoyables de la classe politique française après le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Il s’agit d’un non événement, mais nos politiciens doivent jouer le jeu de la dramatisation climatique pour mettre en évidence la colossale réussite française que représente ce fameux accord. Comme chacun le sait, cet « accord historique » n’est qu’une déclaration d’intentions ne comportant aucun engagement juridique effectif. Selon l’article 2, le réchauffement climatique devra être contenu « bien en deçà de 2°C » par rapport à l’ère préindustrielle. Pour atteindre cet objectif, les émissions de gaz à effet de serre devront atteindre « un pic aussi rapidement que possible ». Tous les cinq ans, un bilan sera effectué. Les pays pauvres redoutant de retarder leur développement économique, il a été convenu qu’il serait tenu compte des « circonstances nationales différentes » pour apprécier les progrès. Les 100 milliards de dollars promis aux pays pauvres ne figurent pas dans l’accord proprement dit mais dans une annexe. Autrement dit, il s’agit d’un engagement moral de mieux faire, rien de plus. Dans ce contexte, le retrait des États-Unis représente l’honnêteté et les hauts cris des politiciens français, de droite comme de gauche, un exemple historique d’hypocrisie. Trump avait en effet annoncé la couleur au cours de sa campagne électorale. Il était opposé à tout ce galimatias de bonnes intentions. Il a eu le courage de mettre fin au mensonge que constituent des promesses qui, de toute évidence, ne seront pas tenues. Et il fallait un certain courage pour affronter les gourous de l’écologisme mondial qui ont fait beaucoup d’émules parmi les politiciens. Évidemment le retrait américain gêne tous les adeptes de la nouvelle religion. Les adorateurs de Gaïa n’ont que le levier politico-éthique pour agir. Ils ont réussi à circonvenir un certain nombre de scientifiques et font désormais étalage des « conclusions scientifiques » sur le réchauffement climatique dans tous les médias. Ils sont également parvenus à imposer de multiples normes concernant les produits industriels (automobiles, appareils de chauffage, appareils électroménagers, etc.) par une propagande moralisatrice à laquelle l’opinion publique occidentale a été sensible. Les politiciens ont donc suivi par électoralisme. Mais la réalité économique leur résiste. Lorsqu’il s’agit de fabriquer, de créer une entreprise, d’innover, de trouver des salariés compétents, de se déplacer sur notre petite planète, les contraintes du réel l’emportent sur les bonnes résolutions idéologiques. (…) Cette méthode éprouvée a déjà été utilisée récemment avec les constructeurs automobiles. Des normes très ambitieuses ayant été adoptées au niveau européen pour les rejets de particules des moteurs diesels, il était impossible pour les constructeurs de maintenir les performances des véhicules tout en respectant la norme. Ils ont donc utilisé des subterfuges techniques pour contourner le problème. Après des contrôles, Volkswagen (et d’autres) ont pu être dénoncés comme fraudeurs et stigmatisés sur tous les médias planétaires. Ceux qui savent construire des voitures confortables et rapides appartiennent ainsi au camp du mal. Ceux qui se contentent de rédiger quelques pages de normes techniques et de les faire avaliser par le conseil européen siègent dans le camp du bien. Patrick Aulnas
President Obama signed the agreement last September, albeit by ducking the two-thirds majority vote in the Senate required under the Constitution for such national commitments. The pact includes a three-year process for withdrawal, which Mr. Trump could short-circuit by also pulling out of the United Nations Framework Convention on Climate Change. Paris was supposed to address the failures of the 1997 Kyoto protocol, which Bill Clinton signed but George W. Bush refused to implement amid similar outrage. The Kyoto episode is instructive because the U.S. has since reduced emissions faster than much of Europe thanks to business innovation—namely, hydraulic fracturing that is replacing coal with natural gas. While legally binding, Kyoto’s CO 2 emissions targets weren’t strictly enforced. European countries that pursued aggressive reductions were engaging in economic masochism. According to a 2014 Manhattan Institute study, the average cost of residential electricity in 2012 was 12 cents per kilowatt hour in the U.S. but an average 26 cents in the European Union and 35 cents in Germany. The average price of electricity in the EU soared 55% from 2005 to 2013. Yet Germany’s emissions have increased in the last two years as more coal is burned to compensate for reduced nuclear energy and unreliable solar and wind power. Last year coal made up 40% of Germany’s power generation compared to 30% for renewables, while state subsidies to stabilize the electric grid have grown five-fold since 2012. But the climate believers tried again in Paris, this time with goals that are supposedly voluntary. China and India offered benchmarks pegged to GDP growth, which means they can continue their current energy plans. China won’t even begin reducing emissions until 2030 and in the next five years it will use more coal. President Obama, meanwhile, committed the U.S. to reducing emissions by between 26% and 28% below 2005 levels by 2025. This would require extreme changes in energy use. Even Mr. Obama’s bevy of anti-carbon regulations would get the U.S. to a mere 45% of its target. Meeting the goals would require the Environmental Protection Agency to impose stringent emissions controls on vast stretches of the economy including steel production, farm soil management and enteric fermentation (i.e., cow flatulence). Don’t laugh—California’s Air Resources Board is issuing regulations to curb bovine burping to meet its climate g oal. (…) The Big Con at the heart of Paris is that even its supporters concede that meeting all of its commitments won’t prevent more than a 0.17 degree Celsius increase in global temperatures by 2100, far less than the two degrees that is supposedly needed to avert climate doom. It’s also rich for Europeans to complain about the U.S. abdicating climate leadership after their regulators looked the other way as auto makers, notably Volkswagen , cheated on emissions tests. This allowed Europeans to claim they were meeting their green goals without harming the competitiveness of their auto makers. The EPA had to shame the EU into investigating the subterfuge. Ruth King
Sometimes — maybe almost always — the world seems to run on Freudian projection. One of the salient recent examples is Barack Obama’s supporters — and Obama himself, literally and by implication — calling Donald Trump « authoritarian. » But in non-projected reality, during his administration, Obama is the one who imposed what we might deem — in appropriately Maoist parlance — the « Three Authoritarianisms. » They were the Paris climate accord, the Iran deal, and US intelligence agencies being used to surveil American citizens. All three of these « authoritarianisms » were entirely ex-Constitutional.  The first two were in essence treaties on which Congress (and by extension the American people) never got to vote or, for that matter, discuss in any serious way.  The Paris accord probably would have failed. As for the Iran deal, we still don’t know the full contents and therefore debating it is somewhat moot. We have, however, seen its consequences — corpses littered all across Syria, not to mention untold millions of refugees. Admittedly, too, the third of « Three Authoritarianisms » is still, shall we say, occluded.  We don’t know the extent of this surveillance and may never. But this too is typical authoritarian behavior. Even a cursory look at history reveals that totalitarianism does not always come with the obvious iron fist of a Comrade Stalin.  Sometimes it arrives in a subtler manner, as it did in the Obama administration when the then president’s amanuensis/lackey Ben Rhodes was so naive or arrogant (or both) as to brag to a New York Times writer how he duped young and uneducated reporters into parroting what the administration wanted them to say about the Iran deal.  The KGB couldn’t have done it better. In the cases of Paris and Iran, it’s clear the (totalitarian) decision to avoid Congress was deliberate.  But now Trump has put a crimp in the former by pulling out of the Paris climate (né global warming) accord. The international chorus of hissy fits was so instantaneous and predictable — no more eminent scientist than actor Mark Ruffalo has declared « Trump will have the death of whole nations on his hands » — one must ask the obligatory question: Was it ever really about climate or was it, in the immortal words of  H. L. Mencken, « about the money »? I learned firsthand just how much it was the latter when covering COP15 — the UN climate conference in Copenhagen at the tail end of 2009. (…) So I (…) asked why he had come all the way from the South Pacific to Denmark and he looked at me in astonishment. « For the money, » he said, continuing to stare at me as if I were some kind of cretin who had wangled a press pass. Roger L Simon
Yes, there’s a threat to civilization and it’s not global warming, manmade or otherwise.  And anyone who isn’t comatose should know what it is. Islam, like cancer, needs a cure. And we all  have to participate in the search for one before it’s too late. Yes, this is about Islam, not « radical » Islam or some other off-shoot, real or imagined, because the tenets that have inspired the non-stop spate of terrorism across the world in recent years are spelled out clearly in sections of the Koran and the Hadith and other holy works of Islam. They provide justification for ISIS and a hundred other groups that may or may not replace them, now and in the future. This cannot continue — unless we really do want to destroy ourselves. To be clear, this is not about bad people (many Muslims are fine human beings), but about a malignant ideology from the seventh century that must be expunged for the survival of all. But the majority of Western leaders don’t want to know that.  In fact, I’d wager that most have not even bothered to educate themselves in any serious way about Islam nearly sixteen years after 9/11 and with all the constant carnage that has gone on since and has been increasing significantly, not just in London and Manchester but virtually everywhere. These Westerners are not only willfully blind, they are suicidal.  But we cannot let them commit suicide for the rest of us.  They have to go. Similarly, the recent Paris climate accord is not only based on bad or « cooked » Climategate science, it is a deliberate conscious/unconscious deflection from the genuine « present danger » in front of us.  It is no more than obfuscation allowing moral narcissists to feel good about themselves, virtue signaling about an environmental armageddon that hasn’t happened and may never happen while, in real life, people are actually murdered on London bridges and in Cairo churches. What we need now is an international terrorism accord — and, unlike the climate accord, a binding one — that would commit the world, including the Muslim nations themselves, to the complete reformation of Islam that is the necessary basis for an end to this terrorism. President Trump made a good start in Riyadh in his address to the Sunni leaders, but we must go much further.  It is correct that the Islamic world should be the ones to change their religion, but the rest of us on the planet are too affected by the results to stand by and wait.  From the horrifying (London this weekend) to the daily (the constant of indignity of being scanned at airports, concerts, museums, etc.), we are all victims of Islamic ideology.  We have a right, indeed an obligation, to participate in and demand its change. Otherwise, it will only get worse. Since Trump had the courage to open the discussion in Saudi Arabia, he should attempt to expand the dialogue and create this global accord. Egypt’s el-Sisi would be a good partner because he already had the guts to criticize his own religion.  All should be invited, even those who would never come (like the mullahs).  All must confront the question of why Islam, unique among the world’s religions today, has so much violence committed in its name. What is it about Islam that attracts this?  What therefore has to be changed, both in behavior and ideology ? (…) The time for diplomatic politesse is long over. Islam must be forced to join modernity. Reactionary multiculturalists among us must be ignored, along with their hypocritical (and nonsensical) belief that all religions are equal.  To do otherwise would be to treat Muslim people like children.  And that is what the West has been doing for some time — with atrocious results for all. Roger L Simon

Attention, un autoritarisme peut en cacher un autre !

Alors qu’avec un troisième attentat en moins de trois mois en Grande-Bretagne, l’actualité se charge de rappeler …

Contre l’angélisme d’une Merkel qui avait engagé tout un continent sans consulter personne dans la folie migratoire que l’on sait …

La justesse de la volonté du président Trump de reprendre le contrôle de nos flux migratoires …

Et que pour protéger leur propre camp après le déni de justice et de démocratie que nous venons de vivre en France, l’on voit nos nouveaux Fouquier-Tinville reprendre les mêmes arguments que leur ancienne victime …

Qui prend la peine, avec Roger L Simon, de rappeler …

Entre photos délirantes de tête ensanglantée et duels dérisoires de poignées de main

Qu’à l’instar de l’accord nucléaire avec l’Iran comme de la mise sur mise sur écoutes massive et secrète d’une bonne partie de ses compatriotes

Et sans parler de l’Obamacare qui n’avait obtenu aucune voix de l’opposition …

Son refus de punir Pittsburgh pour ne pas désespérer Paris

Se trouve être l’un trois domaines où son prédécesseur avait justement choisi de court-circuiter l’aval du Congrès ?

Paris: Trump Blocks First of Obama’s ‘Three Authoritarianisms’

Roger L Simon
PJ media
June 1, 2017

Sometimes — maybe almost always — the world seems to run on Freudian projection. One of the salient recent examples is Barack Obama’s supporters — and Obama himself, literally and by implication — calling Donald Trump « authoritarian. »

But in non-projected reality, during his administration, Obama is the one who imposed what we might deem — in appropriately Maoist parlance — the « Three Authoritarianisms. » They were the Paris climate accord, the Iran deal, and US intelligence agencies being used to surveil American citizens.

All three of these « authoritarianisms » were entirely ex-Constitutional.  The first two were in essence treaties on which Congress (and by extension the American people) never got to vote or, for that matter, discuss in any serious way.  The Paris accord probably would have failed. As for the Iran deal, we still don’t know the full contents and therefore debating it is somewhat moot. We have, however, seen its consequences — corpses littered all across Syria, not to mention untold millions of refugees.

Admittedly, too, the third of « Three Authoritarianisms » is still, shall we say, occluded.  We don’t know the extent of this surveillance and may never. But this too is typical authoritarian behavior.

Even a cursory look at history reveals that totalitarianism does not always come with the obvious iron fist of a Comrade Stalin.  Sometimes it arrives in a subtler manner, as it did in the Obama administration when the then president’s amanuensis/lackey Ben Rhodes was so naive or arrogant (or both) as to brag to a New York Times writer how he duped young and uneducated reporters into parroting what the administration wanted them to say about the Iran deal.  The KGB couldn’t have done it better.

In the cases of Paris and Iran, it’s clear the (totalitarian) decision to avoid Congress was deliberate.  But now Trump has put a crimp in the former by pulling out of the Paris climate ( global warming) accord. The international chorus of hissy fits was so instantaneous and predictable — no more eminent scientist than actor Mark Ruffalo has declared « Trump will have the death of whole nations on his hands » — one must ask the obligatory question: Was it ever really about climate or was it, in the immortal words of  H. L. Mencken, « about the money« ?

I learned firsthand just how much it was the latter when covering COP15 — the UN climate conference in Copenhagen at the tail end of 2009.  That the event occurred in near-blizzard conditions with temperatures hovering close to single digits was the least of it.  As we all know, that’s weather, not climate. Right?

Naturally, most of the conference was deadly dull — except for watching junketing U.S. politicians scarfing down modernist Danish jewelry in the Marriott gift shop. But during one of the tedious panel discussions, I found myself sitting next to the representative of one of the Pacific islands said to be on the edge of being submerged.  A pleasant fellow, I engaged him in conversation, attempting to commiserate with him about the fate of his homeland. The diplomat started laughing. « Don’t you believe in global warming? » I asked.  « It’s nonsense, » he said.  He went to explain that his island was just fine.  They had some bad weather and had put up sandbags, but now they were gone.  So I then asked why he had come all the way from the South Pacific to Denmark and he looked at me in astonishment. « For the money, » he said, continuing to stare at me as if I were some kind of cretin who had wangled a press pass. (Okay, I wouldn’t have been the first.)

Voir aussi:

Accord sur le climat : Trump face à l’hypocrisie

Le Président Donald Trump a annoncé que les États-Unis se retiraient de l’Accord de Paris. Le tollé qu’il suscite est-il vraiment justifié ?

Patrick Aulnas

Contrepoints

4 juin 2017

On est assez gênés par les gesticulations pitoyables de la classe politique française après le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Il s’agit d’un non événement, mais nos politiciens doivent jouer le jeu de la dramatisation climatique pour mettre en évidence la colossale réussite française que représente ce fameux accord.

L’accord de Paris, un engagement purement moral

Comme chacun le sait, cet « accord historique » n’est qu’une déclaration d’intentions ne comportant aucun engagement juridique effectif. Selon l’article 2, le réchauffement climatique devra être contenu « bien en deçà de 2°C » par rapport à l’ère préindustrielle. Pour atteindre cet objectif, les émissions de gaz à effet de serre devront atteindre « un pic aussi rapidement que possible ». Tous les cinq ans, un bilan sera effectué.

Les pays pauvres redoutant de retarder leur développement économique, il a été convenu qu’il serait tenu compte des « circonstances nationales différentes » pour apprécier les progrès. Les 100 milliards de dollars promis aux pays pauvres ne figurent pas dans l’accord proprement dit mais dans une annexe.

Autrement dit, il s’agit d’un engagement moral de mieux faire, rien de plus.

L’honnêteté de Trump

Dans ce contexte, le retrait des États-Unis représente l’honnêteté et les hauts cris des politiciens français, de droite comme de gauche, un exemple historique d’hypocrisie. Trump avait en effet annoncé la couleur au cours de sa campagne électorale. Il était opposé à tout ce galimatias de bonnes intentions. Il a eu le courage de mettre fin au mensonge que constituent des promesses qui, de toute évidence, ne seront pas tenues. Et il fallait un certain courage pour affronter les gourous de l’écologisme mondial qui ont fait beaucoup d’émules parmi les politiciens.

La réalité économique résiste

Évidemment le retrait américain gêne tous les adeptes de la nouvelle religion. Les adorateurs de Gaïa n’ont que le levier politico-éthique pour agir. Ils ont réussi à circonvenir un certain nombre de scientifiques et font désormais étalage des « conclusions scientifiques » sur le réchauffement climatique dans tous les médias.

Ils sont également parvenus à imposer de multiples normes concernant les produits industriels (automobiles, appareils de chauffage, appareils électroménagers, etc.) par une propagande moralisatrice à laquelle l’opinion publique occidentale a été sensible. Les politiciens ont donc suivi par électoralisme. Mais la réalité économique leur résiste. Lorsqu’il s’agit de fabriquer, de créer une entreprise, d’innover, de trouver des salariés compétents, de se déplacer sur notre petite planète, les contraintes du réel l’emportent sur les bonnes résolutions idéologiques.

Les bons et les méchants

Il en résulte qu’obliger les États à s’engager moralement a une grande importance pour les idéologues de l’écologisme militant. Même si les engagements de l’accord de Paris restent flous, il sera possible à l’avenir de stigmatiser publiquement les pécheurs.

Par exemple, dans cinq ans, un premier bilan permettra de trier le bon grain de l’ivraie : les bons seront les pays ayant progressé (réduit leurs émissions) et les mauvais tous les autres. La propagande pourra ainsi se poursuivre sur les bases statistiques donnant un semblant de scientificité aux idéologues.

Une méthode éprouvée

Cette méthode éprouvée a déjà été utilisée récemment avec les constructeurs automobiles. Des normes très ambitieuses ayant été adoptées au niveau européen pour les rejets de particules des moteurs diesels, il était impossible pour les constructeurs de maintenir les performances des véhicules tout en respectant la norme. Ils ont donc utilisé des subterfuges techniques pour contourner le problème.

Après des contrôles, Volkswagen (et d’autres) ont pu être dénoncés comme fraudeurs et stigmatisés sur tous les médias planétaires. Ceux qui savent construire des voitures confortables et rapides appartiennent ainsi au camp du mal. Ceux qui se contentent de rédiger quelques pages de normes techniques et de les faire avaliser par le conseil européen siègent dans le camp du bien.

Avec l’accord de Paris, l’enjeu était beaucoup plus important. Il s’agissait de permettre au clergé écologiste de classer les États eux-mêmes du côté du diable ou du côté du bon Dieu. On comprend la déception des dévots qui n’auront plus la suprême jouissance de faire des États-Unis le grand Satan.

Puissance idéologique de l’écologisme

La puissance de l’écologisme résulte ainsi de sa capacité à synthétiser une dimension religieuse, une dimension idéologique et une dimension scientifique. L’aspect religieux réside dans le manichéisme : le bien écologique s’oppose au mal industriel. L’aspect idéologique consiste à théoriser la société future puis à chercher à la construire par l’influence politique.

Cette société aura une caractéristique dominante : la science, la technique et l’économie seront entièrement déterminées par le politique (lois, normes, fiscalité, etc.). En général, les individus n’ayant pas perdu toute capacité de réflexion qualifient de dictature un tel régime politique. Mais la capacité de réflexion recule…

La science elle-même vient au secours de l’écologisme car elle lui fournit de multiples observations dans de très nombreux domaines. Il suffit de choisir les observations les plus significatives et de les compiler conformément à un résultat imposé idéologiquement pour obtenir les rapports du GIEC.

Relativiser le dogme écologiste

Trump, le rustre bien connu, n’a pas respecté le subtil agencement juridico-politico-éthique de l’écologisme militant. S’il ne s’agissait que de Trump, nos idéologues ne s’alarmeraient pas. Mais il s’agit de la première puissance économique mondiale. L’économie aurait-elle l’audace de relativiser le dogme écologiste ?

Voir également:

How Climate Change Saved Steve Bannon’s Job
Ryan Lizza
The New Yorker
June 2, 2017

Trump makes decisions that align with Steve Bannon’s views not because he is being manipulated by him but because he agrees with him.

Reports of Steve Bannon’s death were greatly exaggerated. Just a few weeks ago, President Trump’s chief political adviser and the most controversial figure in the West Wing was considered a spent force. Some reports said he was going to resign. Others predicted Trump was about to fire him. “Bannon is on his way out,” a person close to Bannon, who worked on the Trump campaign, predicted to me last month. “He’ll probably go back to Breitbart or do something with the Mercers”—the billionaire political donors who have funded Breitbart and several of Bannon’s other political projects—“but I think it’s sort of a fait accompli at this point, because of the infighting.”

Trump himself strongly suggested, in mid-April, that Bannon’s White House service was approaching its end. He told the Wall Street Journal that Bannon was simply “a guy who works for me.” When the New York Post asked Trump if he “still has confidence in Bannon,” Trump declined to say yes. “I like Steve, but you have to remember he was not involved in my campaign until very late,” the President told the newspaper. “I had already beaten all the senators and all the governors, and I didn’t know Steve. I’m my own strategist, and it wasn’t like I was going to change strategies because I was facing crooked Hillary.”

The roots of Bannon’s alleged demise were the long-running battle he was waging with the so-called “globalist” faction in the White House, led by Trump’s son-in-law, Jared Kusher. For the past two years, one rule has defined Trumpland: if you cross Kushner or his wife, Ivanka Trump, you get fired. That’s how Bannon got his job in the first place. Kushner ousted Trump’s first campaign manager, Corey Lewandowski, who was replaced by Paul Manafort. Eventually, Manafort lost Kushner’s confidence and was replaced by the team of Bannon and Kellyanne Conway, who were strongly backed by the Mercers. “When Corey was leaking bad stuff about Jared: bye, bye, Corey Lewandowski,” the Trump adviser said. “So Steve is leaking bad stuff about Jared: bye, bye, Steve Bannon.”

Earlier this spring, when the press was filled with accounts of Bannon’s looming dismissal, other Trump advisers noted that the stories were overblown. “Everyone is saying, ‘Oh, there’s been a shift, Bannon is on his way out,’ ” a Republican close to the White House told me at the time, referring sarcastically to the rumors. “No, he’s not. Bannon is still there. And he’s still the main adviser to the President of the United States. And I believe that there’s always going to be this fight between these different wings of really different philosophies for him. And that’s how the President wants it.”

More recently, there have been nearly weekly reports of a dramatic White House shakeup. Trump’s senior advisers—people like Sean Spicer, Reince Priebus, Conway, and Bannon—are routinely described as being on their way out. Much of this information comes from Trump advisers in competing factions, inside and outside the White House, who are trying to push rivals to the exits. Reporting on Trump’s inner circle is akin to writing dispatches from inside a hall of mirrors. Aides regularly lie, distort, and feed journalists misinformation. “It’s easier to understand the papal elections than to understand these fucking nut cases,” the Trump adviser who believed Bannon would soon be fired said.

Two important things changed since the “Bannon is dead” narrative took hold, in April. The first is the Russia investigation. So far, Bannon has not been connected to the investigation. He joined the campaign after Carter Page and Roger Stone, two early Trump campaign advisers caught up in the probe, left, and right before Manafort, who is a major focus of the F.B.I. investigation, resigned. Bannon is close to Michael Flynn—Trump’s former national-security adviser and the person who so far seems to be in the most legal jeopardy—but no reports have emerged that he was involved in Flynn’s meetings with the Russians.

That’s not the case for Kushner. Just as Bannon seemed to reach a low point in his relationship with Trump, Kushner’s role in the Russia probe emerged as the most important piece of White House intrigue. Kushner, though he didn’t have the title, was the Trump campaign’s de-facto campaign manager. He was at Trump’s side through the eras of Stone, Page, and Manafort. And more important, as we learned last Friday, Kushner was working closely with Flynn, during the transition, on his dealings with the Russians, and he has attracted a similar level of interest from the F.B.I.

The second change since Bannon’s low point was that a decision on whether to withdraw from the Paris climate accord finally needed to be made. It was the most important fight pitting Bannon against Jared and Ivanka yet. And it played to all of Bannon’s strengths. The first Trump adviser described Kushner and Ivanka as “more or less Trump’s conscience,” and as “more pragmatic, a little less ideological,” or perhaps “multi-ideological.” Bannon, he said, “speaks to Trump’s id.”

A third Trump adviser, more closely aligned with the Bannon faction, was less charitable. “I think Jared and Ivanka are concerned with being accepted in the right places, they care about what the beautiful people think,” he said. “They care about being well received in the Upper West Side cocktail parties. They view Steve as a man with dirty fingernails, with some weird, crazy, extremist philosophy they don’t think is in the best interest of the President. With all respect to them, they don’t understand how Trump got elected. They don’t understand the forces behind it, they don’t understand the dynamics of the situation, and they certainly don’t understand his appeal and the people who voted for him—they can’t understand it.” He added, “They would like the President to be more like George Bush: one-dimensional, predictable, neocon, mainstream.”

A White House official insisted that Jared and Ivanka’s role in the climate debate has been misunderstood and exaggerated. “Jared believes that it’s a bad deal and that the standards were too high and could hurt the economy. But his preference would have been to stay in,” the White House official said. “Ivanka’s preference was to stay in, but she saw her role as setting up a process inside and outside the government to get information to her father from all sides of the issue.”

Bannonism always thrives in the Trump White House when it can serve as a political accelerant for Trump, who, at the time of his decision on Thursday, was confronting a continued erosion of support from his own base, a widening Russia probe, and a stalled agenda in Congress.

On the climate accord, Kushner and Ivanka hardly had a chance. Bannon’s nationalism, especially when it comes to trade and immigration, is still not widely supported in the Republican establishment and conservative donor class. But when Bannon’s views line up with those of Republican leaders and donors—not to mention those of Trump—he almost always prevails. If Trump had taken the less extreme course on climate advised by his daughter and son-in-law, he would have been breaking a campaign promise and going against the wishes of the entire G.O.P. leadership. In addition, Trump, who knows little about policy, is famously narcissistic, and, easily influenced by personal slights, reportedly was perturbed by a remark from Emmanuel Macron, the French President, who said he intentionally made a show of forcefully shaking Trump’s hand at the recent G7 summit. Trump also reportedly believed that angering Europe was a “secondary benefit” of pulling out of the accord.

Given these circumstances, Bannon could not have had a stronger hand to play in this fight. Still, the climate decision is ultimately the responsibility of Trump himself, not of any single adviser. Trump generally makes decisions that align with Bannon’s views not because he is being manipulated by him but because he agrees with him.

The Republican close to the White House described Bannon and Trump’s relationship metaphorically: “Imagine you have a seventy-something-year-old very strong personality in the family,” the Republican said. “And he’s got his golfing buddy who is his best friend. And they go off golfing and drinking and smoking cigars. What he really wants to do is smoke cigars. But the family is telling him, ‘Smoking cigars is really bad for you and the doctor told you not to do it.’ He’s, like, ‘I know, I know.’ ”

“So when he’s around his family, he’s, like, ‘Look, I’m not smoking cigars!’ And then he goes off with his golf buddy. And guess what they do? They fucking light up cigars, because that’s actually who he is and what he thinks. And Bannon is like his golfing buddy that he goes and smokes cigars with. That’s actually who he is.”


Cyberattaques: Le pire est devant nous (Behind the world’s largest state criminal organization, an open-air gulag and a largely indifferent free world)

22 mai, 2017
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Le jour où la Corée du nord s’effondrera, on découvrira un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire, avec des survivants dont les récits feront honte au monde libre. Et l’on s’interrogera alors sur les raisons pour lesquelles les informations n’ont pas conduit à rompre les relations diplomatiques et à demander des comptes à Pyong Yang. Thérèse Delpech
En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique. L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord. Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir: «Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé», «La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu?», «Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle «insolite». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International. La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche-à-oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme à nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues. Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas «Le monde est dangereux» comme souvent les articles des pages International, mais plutôt «Le monde est fou». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du «royaume de l’absurde». (…) L’info buzz jubile de ce moment où la réalité dépasse la fiction, où une news sur Kim Jong-un devient plus drôle que The Interview, le film de Seth Rogen sur la Corée du Nord, où LeMonde.fr peut rivaliser avec le Gorafi. La Corée du Nord est reléguée au rayon buzz car les images qui nous arrivent du pays, via la propagande nord-coréenne, sont celle d’un grand Disneyland, un décor de carton-pâte dans lequel évolue le poupin Kim Jong-un. C’est une leçon pour les communicants de toute la planète: pour que les médias reprennent un message, il suffit de les penser comme une scène de mauvais téléfilm, organisé autour d’une figure reconnue de la culture pop, comme l’est Kim-Jong-un. Il faut être le moins crédible, le plus proche de la fiction, pour que l’info buzz s’en empare. Vincent Glad
Located in a heavily guarded concrete building in downtown Pyongyang, Bureau No. 39 is the nerve center of North Korea’s state-run network of international crime. Its official name is Central Committee Bureau 39 of the Korean Workers’ Party. The authors refer to it by what Bechtol says is the more accurately nuanced translation of “Office No. 39.” The mission of Office No. 39 is to generate torrents of cash for North Korean ruler Kim Jong Il, by way of illicit activities abroad. Favorite rackets include international trafficking of drugs produced under state supervision in North Korea, and state production and laundering into world markets of counterfeit U.S. currency, and cigarettes. Such activities are tied directly to the survival of Kim’s regime. The authors report “the crimes organized by Office No. 39 are committed beyond the borders of North Korea by the regime itself, not solely for the personal enrichment of the leadership, but to prop up its armed forces and to fund its military programs.” What sets Office No. 39 apart from more pedestrian political corruption or organized crime is that this operation is not some wayward private gang or unauthorized appendage of government. It is an integral and institutionalized part of the North Korean regime. As such, it enjoys the perquisites and protective trappings of the modern nation-state, including the use of North Korean embassies and state-run businesses abroad, and the reluctance of other nations to intervene in the sovereign affairs of North Korea. Office No. 39 is directly tied to Kim himself, who set it up way back in 1974, when his father, Kim Il Sung, was still in power. The authors explain: “This office was established for the explicit purpose of running illegal activities to generate currency for the North Korean government.” Since the 1991 Soviet collapse, which ended subsidies from Moscow, Office No. 39 has become ever more important, and especially over the past 10 years, its activities have become more prolific. Office No. 39 continues to report directly to Kim, who took charge of the regime when his father died in 1994. According to a North Korean defector interviewed by the authors, Kim Kwang-Jin, who has firsthand knowledge of North Korean financial practices, Office No. 39 is also known to North Korean insiders as “the keeper of Kim’s cashbox.” Organized into 10 departments, specializing in various illicit activities, Office No. 39 serves as a slush fund through which billions of dollars have flowed over the years. In a bizarre personal touch, these funds are collected and presented periodically to Kim in aggregate amounts, labeled “revolutionary funds,” on such special occasions as his official birthday, Feb. 12, or the birthday of his late father, Kim Il Sung, April 15th. This money is not spent on easing the miseries of millions of repressed and famished North Koreans. That effort–from which Kim also has a record of appropriating resources to sustain his regime–is left to the likes of international donors, contributing via outfits such as the United Nations. The authors explain that the profits of Bureau 39 help swell the offshore bank accounts of Kim’s regime, used not only to pay for his luxurious lifestyle, but to buy the loyalties and materials that underpin his totalitarian, nuclear-entwined military state … Claudia Rosett
En dépit de leur rhétorique sur le besoin pressant de développer un arsenal nucléaire, la plus grande priorité des dirigeants nord-coréens est de faire entrer des devises étrangères. Sans elles, estiment les experts, le régime risquerait de s’effondrer sous le poids des sanctions internationales. Les courses de taxis ne peuvent bien entendu à elles seules combler cette lacune. Mais les taxis KKG ne sont que l’arbre qui cache la forêt. La flotte de taxis de KKG est l’un des produits issus d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs basés à Hong Kong et une antenne occulte de l’Etat nord-coréen qui, comme le montre notre enquête, a pour vocation première de négocier des contrats à l’international. L’alliance de Pyongyang avec le groupe Queensway [basé à Hong Kong], un groupement d’hommes d’affaires connus pour avoir des liens avec des régimes parias, est opaque. Mais il semble évident que cette alliance permet au régime le plus isolé du monde de garder la tête hors de l’eau. (…) “La plupart des sociétés nord-coréennes sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis, de l’UE ou des Nations unies. Elles changent régulièrement de raison sociale, tout comme leurs navires changent de pavillons. Mais la plupart appartiennent à des officiers supérieurs de l’armée ou au Parti du travail de Corée, au pouvoir. Comme elles sont inscrites sur la liste des sanctions, elles ont besoin d’une société étrangère susceptible de les aider à commercer avec des pays étrangers.” (…) Selon plusieurs hauts responsables asiatiques et américains, la branche nord-coréenne du réseau KKG conduit à une organisation clandestine nommée la Division 39 du Parti du travail. Les Etats-Unis qualifient la Division 39 de “branche clandestine du gouvernement (…) qui assure un soutien essentiel au pouvoir nord-coréen, en partie en menant des activités économiques illicites et en gérant des caisses noires, et en générant des revenus pour les instances dirigeantes.” Les dirigeants nord-coréens ont dû recourir à cette stratégie après des années de sanctions internationales. Imposées en réaction aux essais nucléaires de 2006, 2009 et 2013 ces dernières prévoient notamment un embargo sur les armes visant à empêcher la Corée du Nord de se livrer au commerce de matériel militaire et de se procurer des pièces pour son programme atomique ; un gel des avoirs destiné à exercer une pression financière sur le pouvoir ; et un embargo sur l’exportation de produits de luxe, conçu pour priver les hauts dirigeants des attributs du pouvoir – des homards jusqu’aux cigarillos, en passant par les fourrures et les yachts. Les Nations unies ont fixé le cadre général des sanctions, les Etats décidant par eux-mêmes ce qu’ils interdisent. Les rapports annuels d’une commission onusienne qui surveille les sanctions parlent cependant d’un jeu du chat et de la souris, car les dirigeants nord-coréens usent d’une panoplie de subterfuges en constante évolution pour déguiser leurs activités commerciales à l’étranger. Le dernier rapport en date de l’ONU, remis au Conseil de sécurité en février, fait ainsi état de ventes d’armes en Afrique et de l’utilisation de “pavillons de complaisance” pour échapper aux contrôles sur le transport maritime nord-coréen. Il indique également que “des structures commerciales légales ont été utilisées pour des activités illégales”. (…) Au cours des dix dernières années, le groupe Queensway a bâti un empire commercial contrôlant un portefeuille de plusieurs milliards de dollars, dont les tentacules s’étirent du Zimbabwe jusqu’à Manhattan. La nature précise de l’association avec KKG n’est pas très claire – on ignore s’il s’agit d’une joint-venture officielle ou d’un arrangement plus informel. Les liens entre les financiers de KKG se sont noués vers 2006. Selon le récit du haut fonctionnaire asiatique – dont des détails ont été corroborés par d’autres témoignage –, la percée de Queensway en Corée du Nord a été initiée par le représentant du groupe qui a promu ses intérêts en Afrique et ailleurs. Il utilise au moins sept identités différentes, la plus connue étant Sam Pa. L’année dernière, une enquête du Financial Times a établi que M. Pa et les autres fondateurs du groupe Queensway entretenaient des liens étroits avec de puissants intérêts à Pékin, y compris le service de renseignements chinois et plusieurs entreprises d’Etat. Ils ont également des relations avec de grands groupes occidentaux : des sociétés du groupe Queensway sont en affaires avec BP [compagnie pétrolière britannique] en Angola, Gl encore [entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières] en Guinée, et d’autres. (…) “Les taxis KKG peuvent rapporter au régime quelques devises, grâce aux touristes de passage à Pyongyang, mais tout indique que les véritables cibles du groupe Queensway sont les secteurs minier et pétrolier”, souligne le chercheur américain J. R. Mailey, l’un des auteurs d’un rapport de 2009 du Congrès américain qui a récemment publié une deuxième étude détaillée sur le groupe. Le think tank britannique Chatham House signalait dans un rapport datant de 2009 qu’une filiale chinoise de Queensway, avait proposé en 2007 une entreprise publique chinoise pour réaliser des explorations sismiques sur deux sites de prospection pétrolière en Corée du Nord. Financial Times
From the final weeks of 2010 through the end of 2012, according to former American officials, the Chinese killed at least a dozen of the C.I.A.’s sources. According to three of the officials, one was shot in front of his colleagues in the courtyard of a government building — a message to others who might have been working for the C.I.A. Still others were put in jail. All told, the Chinese killed or imprisoned 18 to 20 of the C.I.A.’s sources in China, according to two former senior American officials, effectively unraveling a network that had taken years to build. Assessing the fallout from an exposed spy operation can be difficult, but the episode was considered particularly damaging. The number of American assets lost in China, officials said, rivaled those lost in the Soviet Union and Russia during the betrayals of both Aldrich Ames and Robert Hanssen, formerly of the C.I.A. and the F.B.I., who divulged intelligence operations to Moscow for years. The previously unreported episode shows how successful the Chinese were in disrupting American spying efforts and stealing secrets years before a well-publicized breach in 2015 gave Beijing access to thousands of government personnel records, including intelligence contractors. The C.I.A. considers spying in China one of its top priorities, but the country’s extensive security apparatus makes it exceptionally hard for Western spy services to develop sources there. At a time when the C.I.A. is trying to figure out how some of its most sensitive documents wereleaked onto the internet two months ago by WikiLeaks, and the F.B.I. investigates possible ties between President Trump’s campaign and Russia, the unsettled nature of the China investigation demonstrates the difficulty of conducting counterespionage investigations into sophisticated spy services like those in Russia and China. (…) Last year, an F.B.I. employee pleaded guilty to acting as a Chinese agent for years, passing sensitive technology information to Beijing in exchange for cash, lavish hotel rooms during foreign travel and prostitutes. In March, prosecutors announced the arrest of a longtime State Department employee, Candace Marie Claiborne, accused of lying to investigators about her contacts with Chinese officials. According to the criminal complaint against Ms. Claiborne, who pleaded not guilty, Chinese agents wired cash into her bank account and showered her with gifts that included an iPhone, a laptop and tuition at a Chinese fashion school. In addition, according to the complaint, she received a fully furnished apartment and a stipend. The NYT
« Désormais, je peux ajouter “a stoppé accidentellement une cyberattaque internationale » sur mon CV ». Dans un tweet humoristique publié samedi 13 mai, @malwaretechblog résume à merveille la situation. Cet Anglais de 22 ans a réussi, presque par hasard, à entraver la propagation du logiciel de racket qui s’est diffusé vendredi à grande vitesse, faisant plus de 200 000 victimes réparties dans 150 pays, selon les données d’Europol. Ce logiciel, appelé, WanaCrypt0r 2.0 chiffre les données présentes sur l’ordinateur infecté et exige, pour que le propriétaire puisse récupérer son contenu, une rançon d’un montant de 300 dollars. La rapidité inédite de sa diffusion, ainsi que l’importance de certaines organisations touchées – le système de santé britannique NHS, le constructeur automobile Renault ou encore l’opérateur espagnol Telefonica – ont généré une vive inquiétude vendredi. Jusqu’à ce que sa propagation soit brutalement freinée par @malwaretechblog, depuis hissé au rang de « héros accidentel » par la presse britannique. Le jeune homme, qui travaille pour l’entreprise de sécurité informatique Kryptos Logic, refuse de dévoiler son identité. « Ça n’a pas de sens de rendre publiques des informations personnelles sur moi », explique-t-il au Guardian. « Il est évident que nous luttons contre des types mal intentionnés, et qu’ils ne vont pas être contents. » S’il tient à protéger son identité, il a toutefois détaillé, sur son blog, la façon dont il avait vécu la folle journée de vendredi et découvert qu’il avait, avec un simple achat de nom de domaine, endigué la propagation du « ransomware » (rançongiciel). En fin de matinée, il se connecte machinalement à une plateforme d’information en temps réel sur les menaces informatiques. Il y est bien fait état de quelques victimes d’un rançongiciel, « mais rien de significatif », estime alors le chercheur en sécurité informatique, qui part déjeuner. A son retour, c’est l’affolement : en quelques heures, le logiciel s’est propagé à des milliers de machines, le fonctionnement des hôpitaux britanniques est perturbé et de nouvelles victimes se font connaître les unes après les autres. Rapidement, il réussit à obtenir une copie du ransomware, dont il examine le code source. Il y remarque la présence d’un nom de domaine en « .com » composé d’une quarantaine de caractères sans aucun sens. Celui-ci n’appartient à personne ; il décide de l’acheter pour 10,69 dollars (9,78 euros). Un réflexe, pour ce chercheur en sécurité informatique spécialisé dans les « malwares », les logiciels malveillants. « J’ai enregistré plusieurs milliers de noms de domaines de ce type l’an passé », explique-t-il. Il ne comprend pas immédiatement quel rôle joue ce nom de domaine dans le fonctionnement du logiciel, il remarque simplement que chaque machine infectée tente automatiquement de s’y connecter. Une aubaine pour @malwaretechblog : désormais propriétaire du nom de domaine, il reçoit ainsi des informations sur le nombre et la provenance géographique de ces connexions, ce qui lui permet de suivre en direct la propagation de ransomware. Des milliers de connexions sont effectuées chaque seconde, mais le rythme finit étrangement par ralentir. Parallèlement, un autre chercheur à qui il fournit une copie du ransomware s’étonne de ne pas réussir à le faire fonctionner. « A ce moment là, nous avions tué le malware sans le savoir, explique@malwaretechblog sur son blog. Nous ne comprenions donc pas pourquoi il n’arrivait pas à le faire fonctionner. » La confusion règne alors, et va être amplifiée par un employé de son entreprise, qui, après avoir examiné le code, croit comprendre, à tort, que l’achat du nom de domaine a en fait empiré la situation en déclenchant le chiffrement des fichiers à grande échelle. « Ça a causé une sacrée panique. » Heureusement, de l’autre côté de l’Atlantique, un autre spécialiste en sécurité informatique, Darien Huss, s’est entre-temps rendu compte que l’enregistrement du nom de domaine avait, bien au contraire, entravé la propagation du virus. Incrédule, @malwaretechblog lance quelques tests et parvient à confirmer les affirmations de Darien Huss : le logiciel ne fonctionne plus chez lui, mais se remet à marcher correctement quand il fait en sorte que la connexion au nom de domaine échoue. « Je pense que vous aurez du mal à visualiser un adulte sautillant d’excitation après avoir été victime d’un ransomware, mais c’était moi », écrit-il sur son blog. Le logiciel est en fait conçu de façon à se connecter automatiquement à ce nom de domaine. Si ce dernier ne répond pas, alors l’opération peut se dérouler comme prévu : bloquer la machine, chiffrer les données et exiger une rançon. En revanche, s’il répond, alors le logiciel devient inactif. C’est ce qui s’est passé quand le nom de domaine a été enregistré. Ce système est considéré par certains spécialistes comme une sorte de procédure d’urgence conçue par les créateurs du logiciel pour stopper sa propagation si besoin. @Malwaretechblog pense plutôt, de son côté, qu’il s’agit d’une maladresse dans la conception du programme. Sur le moment, « nous n’avons pas tellement pensé “oui, nous l’avons fait !” mais plutôt “oh mon dieu, on n’a pas foutu le monde en l’air, c’est super” », raconte-t-il au DailyMail. Le Monde
The United States may have escaped most digital damage from this month’s unleashing of a global “ransomware” virus, though cyber-experts fear more attacks. One possible explanation is that the malicious software (“malware”) harms older versions of Microsoft’s Windows operating system, which most Americans have replaced. Perhaps many users in other countries haven’t. Whatever the explanation, this is not the end of Internet threats. The unmistakable lesson of recent years is that the Internet is a double-edged sword. Despite enormous benefits — instant access to huge quantities of information, the proliferation of new forms of businesses, communications and entertainment — it also encourages crime, global conflict and economic disruption. The drift seems ominous. The Russians, it is widely agreed, hacked into the computers of the Democratic National Committee, raising fears that the U.S. presidential election was compromised. In Dallas, hackers turned on the city’s emergency sirens for more than an hour. Cyberthieves stole $81 million from Bangladesh’s central bank, though some of the money has apparently been recovered. We are dangerously dependent on Internet-based systems. All these incidents threatened the social fabric of the victimized societies. If the Russians hacked the Democrats, who might be next? Could whoever triggered Dallas’s sirens turn off the traffic lights or the local power grid? How safe are electronic financial transfers? Ransomware validates these fears. What was stunning is how quickly the recent outbreak spread. One estimate had it quickly migrating to 150 countries and affecting 200,000 computers. Despite the rapid response — the discovery of a so-called “kill switch” in the malware that deactivated the virus — the basic message remains: Much health care, transportation and ordinary business might close if deprived of Internet access, whether by hostile governments (North Korea?) or cybercriminals. This makes the Internet a weapon that can be used against us — or by us. (…) We are addicted to the Internet and refuse to recognize how our addiction subtracts from our security. The more we connect our devices and instruments to the Internet, the more we create paths for others to use against us, either by shutting down websites or by controlling what they do. Put differently, we are — incredibly — inviting trouble. Our commercial interests and our national security diverge. The latest example of this tension is the “Internet of things” or the “smart home.” It involves connecting various devices and gadgets (thermostats, lights, cameras, locks, ovens) to the Internet so they can be operated or monitored remotely. This would be a major Internet expansion and moneymaker. (…) we compartmentalize. We lavish praise on our cybercapitalists — Mark Zuckerberg, Jeff Bezos and others — for their accomplishments while conveniently forgetting that the same technologies also make us less safe. (…) we are in denial. Robert J. Samuelson
Ce n’est qu’une question de temps avant que les gens voient un message sur l’écran de leur voiture leur indiquant que le moteur a été désactivé et qu’il leur coûtera l’équivalent de 200 dollars, en bitcoins, pour le refaire fonctionner. Ou un message similaire sur leur téléphone pour déverrouiller la porte de leur maison contrôlée par Internet: payez 100 dollars si vous voulez rentrer chez vous ce soir. Ou beaucoup plus si vous voulez que votre défibrillateur cardiaque continue à fonctionner. Bruce Schneier
Bruce Schneier (…) rappelle que l’agence américaine de renseignement électronique NSA sait déjà comment infiltrer des téléviseurs Samsung et que le piratage de thermostats a déjà été prouvé. L’Internet des objets, ajoute le spécialiste, ce sont des appareils produits avec peu de soin par des sociétés qui n’ont souvent pas d’équipes d’ingénieurs en sécurité – au contraire de Microsoft, qui a pu réparer la faille au sein de Windows XP, exploitée par WannaCry. Mais même Microsoft est visé: selon le Financial Times de jeudi, la société a doublé en 2014 le prix de la mise à jour des anciennes versions de Windows, obligeant des institutions, dont le service de santé britannique NHS, à renoncer à des mises à jour faute d’argent. Et ainsi à se retrouver à la merci des pirates. Le Temps
[Cette cellule] est dédiée au piratage d’établissements financiers par l’intrusion et le retrait d’argent sur des comptes bancairesLes hackers se rendent à l’étranger pour trouver des lieux dotés d’une meilleure connectivité à Internet qu’en Corée du Nord et pour ne pas laisser de trace.  Kim Heung-kwang (transfuge nord-coréen)
 Depuis [le piratage de] Sony, ils se livrent à du hacking en soutien d’activités criminelles pour faire gagner de l’argent au régime. Jusqu’ici, ça fonctionne aussi bien — si ce n’est mieux — que la drogue, la contrefaçon ou la contrebande, leurs recettes habituelles. James Lewis (Centre des études internationales et stratégiques de Washington)
La Corée du Nord compte, au sein de son service de renseignement extérieur, une cellule dédiée aux cyberattaques. Connue sous le nom d’Unité 180, elle serait à l’origine des récentes demandes de rançon les plus remarquées, antérieures à WannaCry, dont le gouvernement nord-coréen a nié la responsabilité. Dès qu’une cyberattaque de grande portée frappe une entreprise ou une institution, la Corée du Nord compte parmi les premiers suspects. La propagation du ransomware WannaCry, qui a touché plus de 200 000 ordinateurs dans 150 pays, n’a pas échappé à la règle : une partie du code retrouvée dans une première version du logiciel était en effet semblable à celle d’un backdoor utilisé par les hackers nord-coréens du Lazarus Group en 2015. La Corée du Nord a depuis démenti ces accusations par l’intermédiaire de son représentant aux Nations unies (…) Pourtant, comme le révèle Reuters, le pays compte bien, au sein de son agence de renseignement extérieure, une cellule spéciale dédiée aux cyberattaques. Nommée Unité 180, elle serait à l’origine des récentes cyberattaques visant à récolter des fonds par le biais d’un chantage, selon les témoignages de plusieurs experts en cybersécurité comme d’anciens citoyens du régime de Pyongyang qui ont fui la dictature actuellement dirigée par Kim Jong-un. (…) Son analyse concorde avec celle que livrait la défense américaine dans un rapport rendu l’an dernier : « [Le gouvernement] considère [les cyberattaques] comme un outil rentable, asymétrique et réfutable auquel il peut recourir avec très peu de risques de représailles, notamment parce que […] [La Corée du Nord] recourt probablement à l’Internet des nations tierces ». Parmi les principales bases d’opération extérieure de l’Unité 180, on trouve ainsi la Malaisie et la Chine, deux pays d’Asie qui offrent une couverture idéale aux hackers gouvernementaux, intégrés dans des sociétés informatiques ou des filiales d’entreprises nord-coréennes. Selon James Lewis, spécialiste de la Corée du Nord au sein du Centre des études internationales et stratégiques de Washington, la stratégie du pays en matière de piratage a évolué au fil des années. D’abord destinée à l’espionnage et au harcèlement de cibles sud-coréennes et américaines, elle a selon lui connu un changement récent grâce à l’opération réussie contre le géant du cinéma (…) Les attaques menées contre son voisin sudiste sont aussi réalisées depuis l’étranger pour brouiller les pistes, à l’instar du piratage de 140 000 ordinateurs de Corée du Sud en juin 2016. Simon Choi, expert en sécurité au sein de l’entreprise d’antivirus Hauri, affirme ainsi : « Ils agissent de [Chine] de façon à ce qu'[…] on retrouve des adresses IP chinoises. » Selon Reuters, deux entreprises tech de Malaisie auraient ainsi un lien avec l’agence de renseignement extérieure (et l’Unité 180). La Corée du Nord, qui dément systématiquement les accusations dont elle fait l’objet, est toutefois loin de s’appuyer sur cette seule cellule, comme l’explique Michael Madden, un expert américain : « Ils recrutent leur personnel au collège. Celui-ci reçoit ensuite une formation avancée dans les meilleurs établissements [du pays]. » Si le flou persiste autour de l’identité des hackers de l’Unité 180, Dmtri Alperovitch, cofondateur de l’entreprise en sécurité informatique CrowdStrike, estime que l’essentiel réside plutôt dans leur potentiel de nuisance : « Leurs capacités se sont améliorées au fil du temps et nous les percevons comme une menace capable de causer des dommages importants sur les réseaux privés et gouvernementaux américains ». Numerama

Attention: une responsabilité peut en cacher une autre !

A l’heure où des médias qui n’ont pas de mots assez durs pour les prétendus manquements, dans le domaine du renseignement, de l’actuel président américain …

Se décident à ressortir l’un des plus grands fiascos, sous la précédente administration, de l’espionnage américain face aux services de renseignement chinois …

Et où derrière la récente et massive vague de cyberattaques certains spécialistes pointent la possible main de l’Etat-voyou nord-coréen

Alors que l’on découvre comment une Chine volontiers donneuse de leçons se trouverait abriter lesdits pirates nord-coréens …

Et que par l’augmentation massive des prix de leurs mises à jour, des entreprises américaines peuvent livrer à la merci des pirates des services de santé de pays entiers …

Comment ne pas voir …

Que le pire, arrêté cette fois presque accidentellement, est probablement devant nous …

Mais aussi ne pas repenser comme nous le rappelions il y a deux ans

A la tristement célèbre Division 39

Cette véritable organisation criminelle qui entre vente d’armes, contrefaçon monétaire et trafic de drogue permet au régime le plus isolé au monde de se raccorder à l’économie mondiale pour ses besoins en devises et marchandises …

Et fournit aussi à l’ensemble des autres régimes-voyous de la planète comme l’Iran les moyens de construire leurs armes de destruction massive et de déjouer tant les sanctions que les aides d’un système international bien peu regardant ?

Mais surtout ne pas se rappeler …

L’avertissement de la regrettée polémologue française Thérèse Delpech …

Sur la responsabilité non seulement d’une Chine sans laquelle il ne tiendrait pas une semaine …

Mais d’un monde libre indifférent qui, via ses satellites et les abondants témoignages des transfuges, en connait pourtant tous les détails …

Face à l’un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire »?

Vers des cyberattaques plus nocives encore
Anouch Seydtaghia
Le Temps
19 mai 2017

En parallèle à l’attaque par extorsion débutée vendredi passé, des millions d’internautes se sont fait voler leurs données ces derniers jours via plusieurs assauts menés au niveau mondial. Les spécialistes avertissent: des attaques de grande ampleur causeront des dégâts encore plus importants

WannaCry n’est pas mort. Une semaine après sa découverte et son expansion mondiale, le logiciel d’extorsion continue à faire des dégâts sur la planète. «Aujourd’hui, le rythme moyen est d’une tentative toutes les trois secondes, ce qui montre un léger recul depuis le rythme enregistré d’un essai par seconde il y a de cela deux jours», notait, vendredi après-midi, le spécialiste en sécurité informatique israélien Check Point. Mais WannyCry, qui a infecté plus de 300 000 ordinateurs sur la planète, n’est que la pointe de l’iceberg. En parallèle, deux attaques massives ont eu lieu, éclipsées par l’agitation mondiale autour du logiciel d’extorsion.

Dans l’ombre de WannaCry, les attaques ciblées se multiplient. Ainsi, cette semaine, zomato.com, site de conseil pour trouver des restaurants dans 24 pays, s’est fait voler les données de 17 millions de clients, dont 6,6 millions ont été mis en vente. Peu connue en Suisse, Zomato est une multinationale indienne, forte de 120 millions d’utilisateurs. Les pirates ont rapidement retiré leur offre de vente, relatait vendredi le site spécialisé TechCrunch, car ils ont réussi à faire plier la société. Zomato a accepté de lancer un programme pour récompenser financièrement les hackers qui détecteront de futures failles.

«Si vous ne coopérez pas…»

Zomato a beau avoir levé 420 millions de dollars (autant en francs) et valoir près d’un milliard de dollars, elle n’a pas pris de mesures efficaces pour protéger ses clients, selon TechCrunch. Pire: ses responsables affirmaient que les mots de passe, chiffrés, seraient illisibles. Or des experts ont pu facilement les décoder.

En parallèle, toujours cette semaine, 1,9 million de clients de l’opérateur de télécoms canadien Bell ont vu leurs données volées. «Nous publions une petite partie des données de Bell car ils n’ont pas voulu coopérer avec nous», écrivaient lundi les pirates, qui menaçaient: «Cela montre que cette société se fiche de la sécurité de ses clients. […] Bell, si vous ne coopérez pas, il y aura davantage de fuites.» L’opérateur n’a pas dit si une demande de rançon est en cours.

Voiture bloquée

Ces deux exemples montrent que les entreprises sont sans cesse sous la menace de tentatives d’extorsion ciblées, rendant par ricochet vulnérables leurs clients. Des internautes qui risquent, en parallèle, d’être confrontés à de plus en plus de tentatives de chantage. Cette semaine, le spécialiste indépendant en cybersécurité Bruce Schneier publiait une tribune éclairante dans le Washington Post.

«Ce n’est qu’une question de temps avant que les gens voient un message sur l’écran de leur voiture leur indiquant que le moteur a été désactivé et qu’il leur coûtera l’équivalent de 200 dollars, en bitcoins, pour le refaire fonctionner. Ou un message similaire sur leur téléphone pour déverrouiller la porte de leur maison contrôlée par Internet: payez 100 dollars si vous voulez rentrer chez vous ce soir. Ou beaucoup plus si vous voulez que votre défibrillateur cardiaque continue à fonctionner.»

Microsoft accusé

Simple fantasme de chercheur? Non, affirme Bruce Schneier, qui rappelle que l’agence américaine de renseignement électronique NSA sait déjà comment infiltrer des téléviseurs Samsung et que le piratage de thermostats a déjà été prouvé. L’Internet des objets, ajoute le spécialiste, ce sont des appareils produits avec peu de soin par des sociétés qui n’ont souvent pas d’équipes d’ingénieurs en sécurité – au contraire de Microsoft, qui a pu réparer la faille au sein de Windows XP, exploitée par WannaCry.

Mais même Microsoft est visé: selon le Financial Times de jeudi, la société a doublé en 2014 le prix de la mise à jour des anciennes versions de Windows, obligeant des institutions, dont le service de santé britannique NHS, à renoncer à des mises à jour faute d’argent. Et ainsi à se retrouver à la merci des pirates.

Voir aussi:

We’ll need new security standards when hackers go after the Internet of Things.

May 16

Bruce Schneier is a security technologist and a lecturer at the Kennedy School of Government at Harvard University. His latest book is « Data and Goliath: The Hidden Battles to Collect Your Data and Control Your World. »
Ransomware isn’t new, but it’s increasingly popular and profitable.The concept is simple: Your computer gets infected with a virus that encrypts your files until you pay a ransom. It’s extortion taken to its networked extreme. The criminals provide step-by-step instructions on how to pay, sometimes even offering a help line for victims unsure how to buy bitcoin. The price is designed to be cheap enough for people to pay instead of giving up: a few hundred dollars in many cases. Those who design these systems know their market, and it’s a profitable one.The ransomware that has affected systems in more than 150 countries recently, WannaCry, made press headlines last week, but it doesn’t seem to be more virulent or more expensive than other ransomware. This one has a particularly interesting pedigree: It’s based on a vulnerability developed by the National Security Agency that can be used against many versions of the Windows operating system. The NSA’s code was, in turn, stolen by an unknown hacker group called Shadow Brokers — widely believed by the security community to be the Russians — in 2014 and released to the public in April.Microsoft patched the vulnerability a month earlier, presumably after being alerted by the NSA that the leak was imminent. But the vulnerability affected older versions of Windows that Microsoft no longer supports, and there are still many people and organizations that don’t regularly patch their systems. This allowed whoever wrote WannaCry — it could be anyone from a lone individual to an organized crime syndicate — to use it to infect computers and extort users.The lessons for users are obvious: Keep your system patches up to date and regularly backup your data. This isn’t just good advice to defend against ransomware, but good advice in general. But it’s becoming obsolete.

Everything is becoming a computer. Your microwave is a computer that makes things hot. Your refrigerator is a computer that keeps things cold. Your car and television, the traffic lights and signals in your city and our national power grid are all computers. This is the much-hyped Internet of Things (IoT). It’s coming, and it’s coming faster than you might think. And as these devices connect to the Internet, they become vulnerable to ransomware and other computer threats.

It’s only a matter of time before people get messages on their car screens saying that the engine has been disabled and it will cost $200 in bitcoin to turn it back on. Or a similar message on their phones about their Internet-enabled door lock: Pay $100 if you want to get into your house tonight. Or pay far more if they want their embedded heart defibrillator to keep working.

This isn’t just theoretical. Researchers have already demonstrated a ransomware attack against smart thermostats, which may sound like a nuisance at first but can cause serious property damage if it’s cold enough outside. If the device under attack has no screen, you’ll get the message on the smartphone app you control it from.

Hackers don’t even have to come up with these ideas on their own; the government agencies whose code was stolen were already doing it. One of the leaked CIA attack tools targets Internet-enabled Samsung smart televisions.

Even worse, the usual solutions won’t work with these embedded systems. You have no way to back up your refrigerator’s software, and it’s unclear whether that solution would even work if an attack targets the functionality of the device rather than its stored data.

These devices will be around for a long time. Unlike our phones and computers, which we replace every few years, cars are expected to last at least a decade. We want our appliances to run for 20 years or more, our thermostats even longer.

What happens when the company that made our smart washing machine — or just the computer part — goes out of business, or otherwise decides that they can no longer support older models? WannaCry affected Windows versions as far back as XP, a version that Microsoft no longer supports. The company broke with policy and released a patch for those older systems, but it has both the engineering talent and the money to do so.

That won’t happen with low-cost IoT devices.

Those devices are built on the cheap, and the companies that make them don’t have the dedicated teams of security engineers ready to craft and distribute security patches. The economics of the IoT doesn’t allow for it. Even worse, many of these devices aren’t patchable. Remember last fall when the Murai botnet infected hundreds of thousands of Internet-enabled digital video recorders, webcams and other devices and launched a massive denial-of-service attack that resulted in a host of popular websites dropping off the Internet? Most of those devices couldn’t be fixed with new software once they were attacked. The way you update your DVR is to throw it away and buy a new one.

Solutions aren’t easy and they’re not pretty. The market is not going to fix this unaided. Security is a hard-to-evaluate feature against a possible future threat, and consumers have long rewarded companies that provide easy-to-compare features and a quick time-to-market at its expense. We need to assign liabilities to companies that write insecure software that harms people, and possibly even issue and enforce regulations that require companies to maintain software systems throughout their life cycle. We may need minimum security standards for critical IoT devices. And it would help if the NSA got more involved in securing our information infrastructure and less in keeping it vulnerable so the government can eavesdrop.

I know this all sounds politically impossible right now, but we simply cannot live in a future where everything — from the things we own to our nation’s infrastructure — can be held for ransom by criminals again and again.


1917-2017: Au secours, Lénine revient ! (A la veille du premier tour d’une élection présidentielle décisive, un essayiste qui a connu la dictature de Ceausescu met en garde contre les conséquences potentiellement désastreuses de l’étrange obsession antilibérale française)

23 avril, 2017

« Mélenchon, Poutou et Arthaud ne me font pas rire : moi, le communisme, je l'ai vécu ! »

La consternation des Vénézuéliens de Paris face à MélenchonNo automatic alt text available.Image may contain: textIt was probably too much to ask a basically medieval country to become modern in a decade. Instead, Russia reverted to its primal self, to Vladimir Putin, whose compact with the Russian people is a somewhat attenuated version of Josef Stalin’s own. Kennan, it seemed, had figured out the whole game before we even started to play it. One suspects that Donald Trump and his coterie have yet to read the “X” article. If they had, Secretary of State Rex Tillerson wouldn’t have flown to Moscow to discuss U.S.-Russia relations; Trump likely never would have made his now obsolete comment about the obsolescence of NATO; and former national security adviser Michael Flynn never would have discussed lifting sanctions with the seemingly ubiquitous Russian ambassador Sergey Kislyak. (…) Of course, Trump is not our first president to believe mistakenly that America can change Russia. Barack Obama was woefully ignorant of Russia, and it took George W. Bush four years to start putting the pieces together. Clinton seems to have believed his relationship with Yeltsin was more important than it was. Rex Tillerson, the secretary of state, observed earlier this week that the “current state of U.S.-Russia relations is at a low point.” But, really, U.S.-Russia relations have been at a low point since 2003, when Putin signaled, with the arrest of Yukos chief Mikhail Khodorkovsky, that the Yeltsin era, the era of intermittent liberalization, was over. Since then, there have been two periods of faux-warming: the reset, at the outset of the Obama era, and the lead-up to Trump’s inauguration. Both moments of ill-placed optimism had nothing to do with Russia and everything to do with America reaffirming its core belief that, if only it tried a little harder, or set about things a little differently, Russia would come around—which is to say that neither had any basis in reality. It’s heartwarming that the new secretary of state appears not to be under any illusions about the possibility—for now, at least—of a more durable friendship between Moscow and Washington. None of this is to say that Russia and the United States can’t one day be allies. They can. But, as Kennan understood better than any of our recent presidents, getting there will have nothing to do with the United States. It will have everything to do with Russia transcending Russia—embracing the rule of law, imposing checks and balances on the Kremlin, disentangling the innumerable holding companies and government ministries that control not only the Russian state but Russian society. This will almost certainly not happen this decade or even, perhaps, this century. Our faith in technology and progress blinds us to the glacial pace of human evolution, but it is glacial, and this is Russia, and we should stop pretending otherwise, stop being so American about it. Peter Savodnik
Je veux aller porter le témoignage de notre reconnaissance, éternelle, au combat des Russes lors de cette bataille. (…) Je pense que les Russes sont profondément européens. Ils appartiennent pour une très large part à la civilisation européenne, et c’est une raison suffisante pour mettre en œuvre tous les efforts nécessaires afin de faire progresser cette unité du continent européen. L’avenir commun de la Russie et de l’Europe est dans ce partenariat stratégique qui a été proposé. François Fillon
Fondé sous l’égide de Jean-Paul Sartre, le journal paraît pour la première fois le 18 avril 1973 et reprend le nom d’un titre de presse similaire créé en 1927 par le libertaire Jules Vignes, nom qui sera également celui d’un des journaux de la Résistance dirigé par Emmanuel d’Astier de La Vigerie. Situé à l’extrême gauche à ses débuts, Libération évolue vers la gauche sociale-démocrate à la fin des années 1970 après la démission de Jean-Paul Sartre en 1974. En 1978, le journal n’a déjà plus rien de maoïste : Serge July le décrit alors comme « libéral-libertaire ». Aujourd’hui, sa ligne éditoriale est toujours de centre gauche ou de gauche sociale-démocrate, selon l’échiquier politique français habituellement utilisé, et son lectorat est majoritairement de gauche. Wikipedia
Sale temps pour les sondages. Paniqués à l’idée de « rater » le premier tour de l’élection présidentielle, les voici challengés par de nouveaux venus : les spécialistes du big data, qui utilisent l’analyse des données à grande échelle pour établir une autre cartographie de l’opinion. Première mauvaise nouvelle pour les sondeurs, dont la méthodologie est ouvertement contestée : contrairement à eux, ces concurrents du big data ont su prédire la qualification de François Fillon au premier tour de la primaire à droite. Et aussi l’élection de Donald Trump et, pour Vigiglobe, la victoire du Brexit. Trois échecs cuisants pour les instituts de sondages. Deuxième mauvaise nouvelle : les prédictions de Filteris, de Vigiglobe et de l’algorithme Predict My President ne valident pas celles des sondages. Ceux-ci ne cessent d’annoncer un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au contraire, les trois initiatives misent sur la qualification de François Fillon. Ils diffèrent par contre sur le ou la candidate qui l’accompagnera au second tour. Une question de méthodologie qui révèle aussi les limites de l’exercice. [Filteris] Dans sa dernière mesure du vendredi 21 avril, François Fillon arrive en tête avec 22,09%. Il est suivi par Marine Le Pen, avec 21,75%, puis Jean-Luc Mélenchon (21,11%) et enfin Emmanuel Macron (19,92%). Les quatre candidats se tiennent à un peu plus de deux points. Autrement dit, dans un mouchoir de poche. C’est la 16è mesure d’opinion de Filteris depuis le 3 avril. Les 14 premières indiquaient que François Fillon et Marine Le Pen figureraient au second tour. Seule la 15è, du jeudi 20 avril, anticipait un second tour Fillon-Mélenchon. (…) Filteris a correctement prédit la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. L’entreprise n’a pas travaillé sur le Brexit. Contrairement aux sondages, Filteris a su prédire la première place de François Fillon à la primaire de la droite. Mais l’entreprise attendait Nicolas Sarkozy en deuxième position, alors que c’est Alain Juppé qui s’est qualifié. Elle s’est en outre trompée sur le premier tour de la primaire de la gauche : Benoît Hamon, qui est arrivé en première position, était donné troisième, derrière Manuel Valls et Arnaud Montebourg. (…) Contrairement à ses concurrents, Vigiglobe ne se risque pas au jeu des prédictions. En revanche, la startup estimait, jeudi 20 avril, que François Fillon a « de grandes chances de se qualifier pour le second tour ». Ses algorithmes d’analyse du sentiment voient se dégager un trio de tête dans un mouchoir de poche : François Fillon (qui dispose en plus du plus grand nombre de messages positifs), Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Contrairement aux sondages et aux autres spécialistes du big data, Vigiglobe estime que Marine Le Pen est en sérieuse perte de vitesse, et qu’elle pourrait, par conséquent, ne pas se qualifier pour le second tour. Leendert de Voogd, le Pdg, précise toutefois que l’attaque des Champs-Elysées profitait vendredi 21 avril à François Fillon et à Marine Le Pen, en nette hausse par rapport aux jours précédents. (…) Vigiglobe a correctement identifié les dynamiques portant à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, à la victoire du Brexit au Royaume-Uni, de François Fillon à la primaire de la droite, et de Benoît Hamon à celle de la gauche. (…) Predict My President est un programme mené depuis plusieurs mois par cinq étudiants de l’école Télécom Paris tech pour l’hebdomadaire Le Point. L’objectif est de pallier les « failles » des sondages en remplaçant les enquêtes d’opinion par une analyse socio-économique des électeurs, couplée à une analyse de la popularité des candidats sur la Toile. (…) Le 19 avril, Predict My President voyait se profiler un duel entre Marine Le Pen (24,13%) et François Fillon (21,77%). Emmanuel Macron arriverait troisième avec 20,32%, suivi par Jean-Luc Mélenchon avec 18,66%. (…) les sondages (…) Dans la dernière ligne droite, tous notent une progression de François Fillon, confirmant ainsi la dynamique relevée par les spécialistes du big data, mais pas suffisamment pour atteindre le second tour. Tous les instituts le donnent troisième derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen. La Tribune
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (2001)
La droite républicaine a besoin d’une colonne vertébrale. Villepin (2017)
Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres. Jean-Luc Mélenchon
Le Venezuela avait une politique sociale-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a jamais eu de nationalisation non plus. J’ai soutenu Chavez contre l’agression des Américains. Et aujourd’hui le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien! Jean-Luc Mélenchon
[Chávez et Castro] sont morts tous les deux. Je les ai défendus dans des circonstances où ils étaient attaqués. Cuba a défendu tous les mouvements de libération nationale d’Amérique latine et dû subir l’embargo des États-Unis, pourtant condamné par l’Onu. Mais je n’ai jamais approuvé la façon dont était organisée politiquement Cuba. Je n’ai pas l’intention de faire Cuba en France. (…) Le Venezuela avait une politique de social-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a pas eu de nationalisations non plus. J’ai soutenu Chávez contre l’agression des Américains. Aujourd’hui, le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien. Je trouve que c’est un signe d’extrême désarroi intellectuel de m’affronter sur un terrain pareil avec une telle caricature. Jean-Luc Mélenchon
Il s’est passé à l’époque quelque chose qui m’intéressait beaucoup, qui était un gouvernement qui partageait la rente pétrolière avec le peuple et avec les pauvres, si bien que des millions de gens ont été sortis de la pauvreté. Mais je ne suis pas gouvernant du Venezuela. Je voyais un partage extrêmement intéressant et fécond entre le partage de la rente pétrolière au Venezuela, et l’accaparation de cette même richesse au Qatar ou en Arabie Saoudite où les pauvres gens n’ont accès à rien. (…) Et bien oui ce sont des manifestations d’opposition (…) Vous ne m’interrogez pas sur Bahreïn, sur le Yémen Monsieur Bourdin, vous avez vos prédilections… Vous avez vos massacres préférés. (…) Vous passez votre temps, vous et quelques autres, à essayer d’effrayer à mon sujet (…) Je ne fais pas campagne au Venezuela, je suis en train de faire campagne en France. Jean-Luc Mélenchon
Je n’ai pas regardé précisément ce point 62. (…) Ecoutez, je vais regarder dans le détail ce point-là. (…) Je ne sais pas exactement ce qui a conduit à ce point 62. (…) Ce qui compte, c’est la logique générale. Clémentine Autain
Monsieur Villepin ne déçoit jamais dans sa capacité à marquer des buts contre son camp. C’est l’homme de la dissolution qui a amené Lionel Jospin au pouvoir, c’est l’homme des coups bas contre Nicolas Sarkozy. Il poursuit aujourd’hui dans la collaboration avec Emmanuel Macron. Eric Ciotti
Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus. (…) Il ne s’agit pas de transposer les lois de l’atome à l’humain, mais plutôt d’aborder des questions sociales et politiques comme un physicien face à un problème complexe. Par exemple, comment des personnages aux convictions inflexibles peuvent influencer le comportement d’électeurs plus ouverts et donc changer le résultat d’une élection. (…) Exactement. Dans le cas de la peine de mort, par exemple, une majorité d’individus pense qu’il faut maintenir son abolition. Mais si on faisait un référendum, il y aurait de forts risques que par le débat les gens changent d’opinion. Alors qu’on aurait enrichi notre vision du problème, on aboutirait à une rationalité manipulée qui suivrait nos préjugés communs les plus archaïques. L’impact des préjugés est l’un des composants de mon modèle. L’impact des gens inflexibles en est un autre. (…) Les inflexibles sont ceux qui sont sûrs de leur vote. Par exemple, Marine Le Pen bénéficie d’un fort électorat d’inflexibles. Coûte que coûte, ils voteront pour elle. Mais il existe aussi une catégorie d’inflexibles anti-FN qui ne voteront jamais pour elle. Eux non plus ne changeront pas d’avis. Et ils sont plus de la moitié. Ce qui fait que, pour l’instant, elle ne peut pas gagner au second tour. [Mais] pour la première fois, des électeurs anti-FN ne sont pas prêts à aller voter pour le challenger. La pilule est trop difficile à avaler. La victoire de Le Pen est improbable mais n’est plus impossible. (…) C’est l’intensité de la campagne et des discussions avec les inflexibles qui peuvent faire basculer la distribution de votes. D’après mon modèle, Fillon détient le plus grand nombre d’inflexibles (ceux capables de convaincre les autres). Il suffit que ces influenceurs augmentent de 2-3 points pour que Fillon batte Macron (qui a moins d’inflexibles) au premier tour. Quant à la montée de Mélenchon, si elle se poursuit, elle pourrait contribuer à faire redémarrer Fillon. (…) Aujourd’hui, les discussions peuvent amener les macronistes (refroidis par les affaires de Fillon) à voter Mélenchon. Mais d’après mon modèle, dans un deuxième temps, si Mélenchon devient un candidat sérieux face à Marine Le Pen, ces ex-Macron pourraient, poussés par les inflexibles pro-Fillon, se tourner vers Fillon pour s’opposer à la politique économique de Mélenchon. Serge Galam
Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée. Serge Galam
Vous vous moquiez des codes. Vous étiez peu enclin aux règles du jeu politique traditionnel. Vous disiez que vous n’aimiez pas le microcosme. Vous étiez atypique dans ce milieu ». Vous disiez que vous aviez l’intention d’aller le plus loin possible. Vous vouliez renverser la table, changer la vie, faire la Révolution. Vous savez comment on vous surnomme (…) ? On vous surnomme « Monsieur ‘et en même temps’. Vous vouliez supprimer l’ISF et en même temps vous avez préféré le garder dans une version patrimoniale. Vous vouliez supprimer les 35 heures et en même temps vous vous êtes dit qu’il valait mieux rechercher des accords d’entreprises. Vous disiez vouloir préparer une réforme de la fonction publique et vous attaquer au statut des fonctionnaires et en même temps vous avez décidé de ne pas vous attaquer à ce statut mais de le moderniser ». (…) Sur Notre-Dame-des-Landes, vous avez dit qu’il y avait eu un référendum et qu’il fallait le respecter et en même temps vous avez proposé de nommer un médiateur. Sur la colonisation vous avez parlé de crimes contre l’humanité et en même temps, après avoir réfléchi vous avez déclaré qu’il s’agissait plutôt de crimes contre l’humain. Vous avez jugé que les anti-mariage pour tous ont été humiliés et en même temps vous avez estimé que l’humiliation avait été aussi du côté des pro-mariage. Et sur la peopolisation, vous avez déclaré que vous aviez fait une erreur de vous exposer avec votre épouse et en même temps vous avez continuez à vous prêter au jeu. (…) Sous vos airs polis, vous avez dit beaucoup de choses et leurs contraires. Alba Ventura
Son parti s’est effondré, le candidat PS Benoit Hamon est crédité de moins de 10% dans les sondages, le chômage est toujours au plus haut, les tensions identitaires et religieuses, notamment liées à l’islam politique, sont extrêmement vives. Mais le “Premier secrétaire de la République” se vante. “Je laisserai à mon successeur un pays en bien meilleur état que celui que j’ai trouvé”. Valeurs actuelles
Emmanuel Macron aime à dire qu’il bénéficie de soutiens de gauche, du centre, comme de droite. Ce n’est pas faux, même si ce n’est pas dans la même proportion : la très grande majorité de ses soutiens, comme des électeurs qui se prononceront pour lui dimanche prochain, vient d’un centre-gauche gestionnaire et responsable. Reste que les soutiens à la « macronie » venus de la droite existent bel et bien. Ces soutiens, cependant, sont loin d’être issus uniformément des différentes écoles qui composent la droite française. L’immense majorité d’entre eux vient d’un seul cercle : celui qui entourait l’ancien Président Jacques Chirac, chef de l’Etat entre 1995 et 2007, que l’âge et la maladie empêchent désormais de participer au débat politique. (…) Plus ambiguë est la position de deux anciens Premiers ministres de Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin. Le premier, après avoir perdu contre François Fillon lors des primaires de la droite et du centre, a officiellement annoncé, après s’être fait prier, qu’il soutiendrait le candidat de son propre camp. Mais il multiplie les migraines de diva quand il s’agit de venir prouver ce soutien sur le terrain ou devant les caméras, et les mises en garde ronchonnent quand on lui en parle. Après avoir parlé des militants de son propre parti, soutiens de son propre candidat, comme d’un « noyau radicalisé » de militants (une expression généralement réservée aux soutiens de l’Etat islamique), Juppé, avant-hier, a déclaré qu’il se « retrouverait dans l’opposition » si un Président Fillon faisait entrer au gouvernement des représentants de la droite catholique conservatrice. (…) Quant à Villepin, Premier ministre de Chirac entre 2004 et 2007, sa politique semble être de tout faire pour indiquer son soutien à Macron, sauf de l’annoncer explicitement. Les deux hommes se déclarent réciproquement leur amitié à l’antenne, dans l’intimité de quelques millions d’auditeurs. Lundi dernier, BFM (surnommée « radio Macron » pour son engagement constant et caricatural en faveur du candidat) a suggéré que Villepin ferait un bon Premier ministre pour un Président Macron. Et Macron n’a pas dit le contraire. Ce ralliement massif, qu’il soit explicite ou implicite, de chiraquiens à Macron est-il l’indice d’une orientation idéologique particulière du candidat ? Probablement pas – ne serait-ce que parce qu’Emmanuel Macron, tout occupé qu’il est à mettre sa personne au centre de l’image, n’accorde pas la moindre importance à la cohérence idéologique. Il a annoncé successivement que la colonisation avait été un crime contre l’humanité, et qu’il fallait en assumer les aspects positifs. Qu’il n’y a pas de culture française et que la France ne serait jamais, sous son principat, un pays multiculturel. Que les opposants au mariage pour tous ont été injustement humiliés par le Président Hollande, et que l’idée même de donner à l’un d’entre eux un secrétariat d’Etat au Sport est le signe d’une insupportable radicalité. Qu’il renvoyait un de ses correspondants départementaux convaincu de sympathie islamiste, puis qu’il ne le renvoyait pas, puis qu’il l’écartait, ce qui, semble-t-il, est très différent et revient exactement au même, selon la personne à qui on s’adresse. Mais si Macron n’a aucune cohérence idéologique, aucune colonne vertébrale mentale, les chiraquiens, eux, en ont une. Leur entrée en masse dans les équipes Macron, avec la chasse aux postes qui en résulterait nécessairement s’il était élu, fera revenir au pouvoir des réflexes et des raisonnements caractéristiques de toute cette école de la droite française. Tout d’abord, les chiraquiens – à l’exemple de leur maître, lorsqu’il était encore lucide – sont des partisans résolus du multiculturalisme. S’il y a une chose sur laquelle Jacques Chirac n’a jamais varié, c’est sur l’idée que toutes les cultures se valent, que toutes doivent être également respectées, et que seule une arrogance raciste peut conduire les Occidentaux à préférer leur propre culture à celle des autres. Dans une déclaration restée fameuse, parce qu’aussi fausse en fait qu’elle était psychologiquement révélatrice, le président Chirac avait affirmé en 2003 à un homme politique catholique, Philippe de Villiers, que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Au nom de cette vision fantasmatique de l’histoire, la France de Chirac avait bloqué la tentative d’autres pays européens de faire figurer dans le préambule du projet de Constitution européenne une référence à ces « racines chrétiennes », historiquement exactes mais politiquement déplacées. Multiculturalistes de principe, les chiraquiens ont aussi une attitude, disons, sans sévérité excessive en matière de morale financière. Là encore, l’exemple vient du sommet. L’ancien président vit, depuis qu’il a quitté l’Elysée, dans un appartement parisien appartenant à l’actuel Premier ministre libanais Saad Hariri, qui le met gratuitement à sa disposition. De nombreux témoins, à Paris, rapportent en confidence que cette dépendance financière personnelle envers des intérêts étrangers était déjà en place lorsque Jacques Chirac et le père de Saad, Rafic Hariri, étaient tous deux aux affaires. (…) Les bonnes habitudes ne se perdant pas si facilement, Dominique de Villepin, depuis qu’il a pris sa retraite de la politique, vit une existence de millionnaire grâce à des missions d’avocat et de conseil. Parmi ses clients les plus généreux figure, en première place, l’Emirat du Qatar. On ne peut pas exclure que si Villepin, comme la macronie le laisse désormais entendre, devenait le Premier ministre ou le ministre des Affaires Etrangères d’un jeune président sans expérience internationale, les intérêts géopolitiques de ses bienveillants parrains auraient au moins autant d’influence sur son action que ceux de la France. Enfin, le mélange de multiculturalisme de principe et de vénalité à la bonne franquette des chiraquiens les conduit presque tous à ne pas avoir une vision particulièrement favorable de l’Etat d’Israël en particulier et des Juifs en général. Jacques Chirac a une rue à son nom à Ramallah – un hommage généralement réservé aux dictateurs sunnites ou aux auteurs d’attentats suicide. Une de nos sources régulières à Paris, qui travaillait alors à l’Elysée, a personnellement entendu Villepin, pendant la deuxième Intifada, expliquer – tout en regrettant les assassinats suicide – que ceux-ci étaient inévitables car « le Moyen-Orient a toujours rejeté les éléments étrangers ». En parfait accord avec cette vision fantasmagorique de l’histoire, la présidence de Chirac, surtout lorsque Villepin était son Premier ministre, a caractérisé le point le plus bas de toute l’histoire des relations franco-israéliennes. (…) S’il reste aujourd’hui des nostalgiques de cette époque, il y a pour eux une bonne nouvelle : presque tous ceux qui étaient aux commandes, en politique comme dans la presse, sont encore vaillants et prêts à reprendre du service. Et tous, en masse, se sont ralliés à la candidature Macron – un candidat trop profondément ignorant de ces questions pour pouvoir contrer leur influence s’il était élu. Amram Castellion
La France se rend aux urnes pour une élection plus incertaine que jamais, qui pourrait voir la gauche écartée du second tour laissant face à face droite réac et extrême droite. (…) Voter pour qui? Certainement pas pour les diviseurs des Français qui récupèrent le drame pour achalander leur douteuse boutique. Libération
Le monde entier a montré sa solidarité avec l’opposition vénézuélienne et condamné l’attitude du pouvoir chaviste. Et Mélenchon continue à défendre un régime coupable de multiples violations des droits de l’homme. Chaque fois qu’il en parle, Mélenchon décrit Chavez comme un grand humaniste. Tout le monde sait que c’est faux. Il ment quand il dit qu’il n’y a pas eu d’expropriations. Il doit le savoir! Il est venu si souvent dans mon pays. Avec un menteur comme lui, il n’y a pas de discussion possible. Aujourd’hui, au Venezuela, des gens fouillent dans les poubelles pour trouver à manger. Paula Osorio
Mélenchon est comme un mari trompé qui ne veut pas voir que sa femme lui est infidèle. Il nie la réalité alors qu’il la connaît. Il se ment à lui-même car il a trouvé dans son soutien à Chavez une part de romantisme qui le nourrit dans son combat politique. Mélenchon ne peut pas être un bon président s’il continue à vivre dans une utopie. Et pourtant de nombreux points de son programme me plaisent. Mais cet aveuglement sur mon pays est insultant pour tous les Vénézuéliens qui souffrent. Francisco Moreno (ancien cadre de la compagnie nationale pétrolière vénézuélienne PDVSA)
Mélenchon parle d’un Venezuela qui n’existe pas. Il nourrit ses fantasmes de révolution sud-américaine de l’histoire d’un pays où certains habitants n’ont même plus la possibilité de se soigner car il n’y a plus de médicaments dans les pharmacies et les hôpitaux depuis des mois. Manifestant vénézuélien à Paris
Alors que l’opposition vénézuélienne défile en masse dans les rues de Caracas pour demander l’organisation d’élections, de nombreux Vénézuéliens parisiens s’offusquent des déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur leur pays. Ils dénoncent les contre-vérités exprimées par le candidat à la présidentielle. (…) Par ailleurs, à une question sur France Info sur le point 62 du programme de Mélenchon qui prône l’adhésion de la France l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), Clémentine Autain a montré qu’elle ne connaissait pas ce point du programme du candidat dont elle est la porte-parole. L’Alba est une organisation fondée par Hugo Chavez qui visait à créer des solidarités avec les pays latino-américains et caraïbes adhérents aux préceptes du socialisme du XXIe siècle (Cuba, Bolivie, Nicaragua, République dominicaine, Équateur, notamment). Cette alliance est en train de péricliter. La rente pétrolière vénézuélienne ayant fondu, Caracas ne peut plus apporter son aide aux pays membres. La proposition d’adhésion de la France à cette alliance est pour le moins incongrue.  (…) Mercredi 19 avril, dans la cour de la reine dans le 8e arrondissement de Paris, les opposants au régime chaviste se sont réunis au pied de la statue de Simon Bolivar pour montrer leur solidarité avec leurs compatriotes qui défilaient dans les rues de Caracas au même moment. Au milieu des slogans demandant le respect des droits à manifester et de la constitution ainsi que la libération des prisonniers politiques, la colère contre Jean-Luc Mélenchon était présente. La plupart des participants exprimaient spontanément leur consternation face aux «contre-vérités» exprimées par le candidat de la France insoumise sur le Venezuela. Le Figaro
C’était par les yeux de la France que je commençais à voir. Rudyard Kipling
[Le maoïsme], c’était de la poésie. Philippe Solers
Suite à la tribune de 25 prix Nobel d’économie rappelant l’erreur que constituerait une sortie de l’UE, un recours au protectionnisme ou à la dévaluation, une centaine d’économistes a décidé de prendre la plume pour signer, à son tour, une tribune en faveur du programme de Jean-Luc Mélenchon. Sans doute ont-ils ressenti le message des « Nobel » comme une menace pour leur champion. Que nous apprend cette démarche qui interpelle davantage par le nombre de signataires que par le fond de leur analyse ? Il faut d’abord noter le pathétique de cette décision. Lorsque 25 Nobel, ayant des opinions politiques diverses et des méthodologies très différentes, rappellent que certains faits économiques sont indiscutables, ils démontrent qu’il existe un consensus scientifique qui dépasse les croyances individuelles. En s’opposant frontalement à leurs conclusions, pour mieux soutenir leur candidat, ces « économistes » relèguent la science économique au rang de simple débat d’idées. Selon eux, l’économie serait affaire de goûts et relèverait davantage de discussion de cafés du commerce que de science. Cela en dit long sur l’estime qu’ils ont de leur profession. Mais il y a plus grave. Un tel comportement favorise le relativisme ambiant qui, en matière économique, empêche tout consensus et donc toute discussion rationnelle et dépassionnée sur la pertinence des programmes électoraux. Voilà déjà un point choquant. Pourtant, celui-ci n’est rien en regard de ce que cette tribune révèle sur le système universitaire français. Parmi ces signataires, plusieurs appartiennent au mouvement des Economistes Atterrés qui n’a jamais caché son penchant anticapitaliste, anti-marché et révolutionnaire. Ceux-là sont donc dans leur rôle (sic) lorsqu’ils soutiennent le candidat qui pleure Castro et appelle de ses vœux un rapprochement avec l’Alliance Bolivarienne. Ceux qui le sont moins sont les nombreux signataires membres du CNU – Conseil National des Universités. Le CNU est l’institution déterminante pour la carrière des jeunes universitaires. Il délivre les précieuses « qualifications » sans lesquelles un docteur ne peut intégrer l’université au titre de Maître de Conférences. Et depuis peu, il est aussi l’instance qui octroie le prestigieux statut de Professeur. Or, comme en témoigne la liste des signataires soutenant cette tribune, ce Conseil sensé évaluer la recherche scientifique est composé, pour partie, d’idéologues niant les conclusions des Nobels et considérant au moins implicitement, que l’économie serait un art au service d’un idéal politique plus vaste. Voilà pourquoi l’économie est de moins en moins bien enseignée à l’université. Et voilà pourquoi les Français sont si ignorants en matière économique. Ce qui devrait être le temple de l’excellence scientifique est devenu l’arrière-boutique d’une idéologie dépassée, où se décident les carrières des futurs professeurs, non selon la qualité de leurs travaux mais selon leurs opinions politiques. Devenue un instrument politique au sein d’une institution dépossédée de sa nature scientifique, l’économie perd inévitablement son statut et son importance dans le débat politique, interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité. On s’interroge souvent sur les causes du marasme économique français. L’inculture et le relativisme économiques en sont les principales. Pour comprendre l’économie, pour choisir un programme économique plutôt qu’un autre, il faut déjà accepter que l’économie est une science, avec ses règles et ses mécanismes. Or, cela même les membres des plus hautes instances universitaires semblent l’avoir oublié, en faisant passer leur idéologie avant la réalité des faits, telle qu’énoncée par 25 Nobels ! Tant que les gardiens du temple seront des idéologues, favorables à un système qui n’a jamais fonctionné qui plus est, il n’y aura aucun débat rationnel. Et la France ne s’en remettra pas. Pierre Bentata (Université Panthéon Assas)
Quand je suis arrivé en France au début des années 1990, je pensais avoir laissé derrière moi le cauchemar de l’idéologie communiste. Je pensais ne plus revivre l’atmosphère sombre et pesante de l’époque, la tension et la peur permanentes, les files interminables devant les magasins vides et les pénuries – de la boîte d’allumettes jusqu’au papier hygiénique – et cette sensation terrible qu’on ne s’en sortirait jamais. Je croyais que c’en était fini des deux heures de télé par jour sur la seule chaîne, deux heures consacrées en grande partie au «Conducator bien aimé», le dictateur Ceausescu. (…) Plus de 25 ans après la chute du communisme, je suis en train de vivre une expérience que je n’aurais jamais pensé retrouver: la France, mon pays de cœur et d’adoption, manifeste une sympathie incorrigible pour les idées communistes que je n’ai cessé de combattre depuis mon enfance! Quelle ironie du sort: en 2017, sur onze candidats à l’élection présidentielle, neuf affichent clairement leurs penchants léninistes et leurs programmes marxisants. Sommes-nous en 2017 ou en 1917? (…) Quel décalage avec la France d’aujourd’hui! Un pays qui fait la couverture des magazines pour son taux de chômage qui bat des records ou pour sa bureaucratie sans équivalent dans les grands pays riches et démocratiques. Un pays dont l’économie étouffe sous la pression d’un État omniprésent et qui voit ses jeunes partir en masse à l’étranger. Un pays qui a envoyé aux oubliettes les vraies valeurs de l’école et les a remplacées par le pédagogisme et la sociologie égalitariste de Pierre Bourdieu ; une école phagocytée par les syndicats de gauche qui n’acceptent aucune réforme et par des enseignants complètement éloignés du monde de l’entreprise. Un pays qui chasse les jeunes, les chefs d’entreprise, les riches et qui n’attire plus les élites. Un pays dirigé par une classe politique en très grande partie déconsidérée et biberonnée à l’étatisme. Un pays où un parti dit d’extrême droite puise son programme dans les idées marxistes et obtient des scores électoraux impressionnants, un pays où plusieurs autres partis et candidats, enfin, se déclarent ouvertement communistes. Quel est ce pays qui renie ses racines chrétiennes et ses valeurs historiques? Qui a transformé l’antilibéralisme et l’antiaméricanisme en repères moraux? Qui passe son temps à insulter l’Europe et les présidents américains, parfaits boucs émissaires, et dresse des lauriers à des criminels comme Mao, Castro ou Che Guevara? (…) En France, le socialisme a toujours baigné dans la bienveillance, alors que le libéralisme a toujours souffert d’une présomption d’injustice et de culpabilité. L’étatisme marxisant bénéficie de la clause de l’idéologie la plus favorisée et c’est ce qui tue la France encore aujourd’hui. D’autres pays s’en sont sortis, en saisissant toutes les bouées de sauvetage que nous, nous repoussons. Souffririons-nous du syndrome de Stockholm à l’échelle nationale? D’une inconscience infantile qui pourrait se révéler lourde de conséquences? Où est la France de mon enfance? Bogdan Calinescu

Attention: un retour vers le futur peut en cacher un autre !

A l’heure où après des mois d’une véritable machination juridico-médiatique contre le seul candidat de la véritable alternance

Pour avoir, avec une centaine de ses collègues députés, tiré parti d’un système effectivement douteux mais à l’époque légal …

Et profitant de son titre prestigieux (repris d’un journal de résistance certes fondé par des compagnons de route  du PCF et refondés par des maoïstes) …

Le principal journal de gauche français appelle à voter littéralement n’importe quoi

Pour contrer dans le plus éhonté des amalgames « droite réac » et extrême droite …
Pendant qu’au nom du relativisme le plus échevelé et au moment même où à Caracas les manifestants tombent sous les balles du chavisme …
Une centaine d’économistes apportent leur soutien à l’appel, par un candidat ouvertement castriste et chaviste, à un rapprochement de la France avec l’Alliance bolivarienne
Encourageant de fait, comme le rappelle le chercheur en économie  Pierre Bentata, non seulement la notoire inculture des Français en matière économique …
Mais « interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité » …
Et qu’au prétendu centre et sur fond de sondages largement relativisés par une masse inédite d’indécis, un Monsieur Et en même temps nous ressort les restes quasi-momifiés d’une Chiraquie que l’on croyait morte et enterrée …
Comment ne pas voir  …
Avec l’essayiste Nicolas Lecaussin qui a connu, lui, la dictature sous le Ceausescu de sa Roumanie natale …
Et sans compter la naïveté historique occidentale, de Clinton à Obama et Trump ou Fillon, face à une Russie « revenue à sa nature première »
L’étrange obsession antilibérale d’un pays qui, en ce triste centenaire de l’idéologie la plus meurtrière de l’histoire …
 Aligne à l’élection présidentielle et entre deux attentats ou menaces djihadistes …
Pas moins de neuf candidats sur onze « affichant clairement leurs penchants léninistes et programmes marxisants » ?

« Mélenchon, Poutou et Arthaud ne me font pas rire : moi, le communisme, je l’ai vécu ! »
Nicolas Lecaussin
Le Figaro
21/04/2017

FIGAROVOX/TRIBUNE- A deux jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’essayiste Nicolas Lecaussin, qui a connu la dictature de Ceausescu en Roumanie, met en garde contre les candidats d’extrême gauche et l’état marxisant qu’ils souhaitent mettre en place.


Bogdan Calinescu publie en France sous le pseudonyme de Nicolas Lecaussin. Il est directeur de l’IREF et a écrit plusieurs essais dont Cet État qui tue la France, L’absolutisme efficace, Au secours, ils veulent la peau du capitalisme, L’obsession antilibérale française, et Échec de l’État (coauteur).


Quand je suis arrivé en France au début des années 1990, je pensais avoir laissé derrière moi le cauchemar de l’idéologie communiste. Je pensais ne plus revivre l’atmosphère sombre et pesante de l’époque, la tension et la peur permanentes, les files interminables devant les magasins vides et les pénuries – de la boîte d’allumettes jusqu’au papier hygiénique – et cette sensation terrible qu’on ne s’en sortirait jamais. Je croyais que c’en était fini des deux heures de télé par jour sur la seule chaîne, deux heures consacrées en grande partie au «Conducator bien aimé», le dictateur Ceausescu.

Enfant, je voyais mon père, intellectuel, enseignant la littérature française, prendre d’énormes risques en critiquant le régime et je me rappelle très bien comment, lors d’une perquisition de la police politique chez nous, à 6 heures du matin, il avait réussi à glisser dans mon cartable, avant que je ne parte à l’école, quelques documents «compromettants» qui auraient pu lui coûter cher… En les déposant chez un ami de la famille qui les a brûlés tout de suite, j’avais – déjà, à 13 ans – la satisfaction d’avoir accompli l’acte d’un véritable résistant au régime. Malgré l’ubuesque et l’impitoyable dictature de Ceausescu, j’ai eu la chance de grandir dans une atmosphère francophile, j’ai eu la chance de pouvoir déchiffrer le monde libre, sa littérature, son actualité.

Plus de 25 ans après la chute du communisme, je suis en train de vivre une expérience que je n’aurais jamais pensé retrouver: la France, mon pays de cœur et d’adoption, manifeste une sympathie incorrigible pour les idées communistes que je n’ai cessé de combattre depuis mon enfance! Quelle ironie du sort: en 2017, sur onze candidats à l’élection présidentielle, neuf affichent clairement leurs penchants léninistes et leurs programmes marxisants. Sommes-nous en 2017 ou en 1917?

Je me souviens très bien du moment où la France est devenue pour moi l’objectif à atteindre, l’endroit où je devais absolument vivre. Adolescent, je suis tombé sur ce texte de Rudyard Kipling qui, en 1878, à l’âge de 12 ans, visite Paris avec son père. Il a l’occasion de grimper dans la statue de la Liberté qui n’avait pas encore été envoyée à New York. En regardant de l’intérieur à travers ses yeux, il comprend: «C’était par les yeux de la France que je commençais à voir»… Des années plus tard, en 1922, lors d’un discours à la Royal Society of St. George, ce grand amoureux de la France affirmait: «Les Français représentent le seul autre (avec les Anglais) peuple dans le monde qui compte.» Néanmoins, l’Angleterre devrait suivre l’exemple de la France… Et Kipling d’énumérer les atouts de notre pays: l’éthique du travail, son économie, la simplicité, l’autodiscipline et la discipline extérieure ainsi que «la vie rude qui fortifie l’être moral». «La France est un exemple pour le monde entier»!

Quel décalage avec la France d’aujourd’hui! Un pays qui fait la couverture des magazines pour son taux de chômage qui bat des records ou pour sa bureaucratie sans équivalent dans les grands pays riches et démocratiques. Un pays dont l’économie étouffe sous la pression d’un État omniprésent et qui voit ses jeunes partir en masse à l’étranger. Un pays qui a envoyé aux oubliettes les vraies valeurs de l’école et les a remplacées par le pédagogisme et la sociologie égalitariste de Pierre Bourdieu ; une école phagocytée par les syndicats de gauche qui n’acceptent aucune réforme et par des enseignants complètement éloignés du monde de l’entreprise. Un pays qui chasse les jeunes, les chefs d’entreprise, les riches et qui n’attire plus les élites. Un pays dirigé par une classe politique en très grande partie déconsidérée et biberonnée à l’étatisme. Un pays où un parti dit d’extrême droite puise son programme dans les idées marxistes et obtient des scores électoraux impressionnants, un pays où plusieurs autres partis et candidats, enfin, se déclarent ouvertement communistes.

Quel est ce pays qui renie ses racines chrétiennes et ses valeurs historiques? Qui a transformé l’antilibéralisme et l’antiaméricanisme en repères moraux? Qui passe son temps à insulter l’Europe et les présidents américains, parfaits boucs émissaires, et dresse des lauriers à des criminels comme Mao, Castro ou Che Guevara? Je me souviendrai toujours de ce que m’avait dit l’intellectuel Philippe Sollers lorsque je lui avais demandé pourquoi il avait été maoïste: «C’était de la poésie», m’avait-il répondu en balayant d’un revers de main sa sympathie pour le plus grand criminel de l’Histoire. Alors, les admirateurs d’Hitler, c’était aussi de la poésie? En France, le socialisme a toujours baigné dans la bienveillance, alors que le libéralisme a toujours souffert d’une présomption d’injustice et de culpabilité.

L’étatisme marxisant bénéficie de la clause de l’idéologie la plus favorisée et c’est ce qui tue la France encore aujourd’hui. D’autres pays s’en sont sortis, en saisissant toutes les bouées de sauvetage que nous, nous repoussons. Souffririons-nous du syndrome de Stockholm à l’échelle nationale? D’une inconscience infantile qui pourrait se révéler lourde de conséquences? Où est la France de mon enfance?

Voir aussi:

MÉDIAS
« Tout sauf eux »: La Une engagée de Libération à la veille du premier tour de la présidentielle
Dans le viseur du quotidien, François Fillon et Marine Le Pen, « droite réac » et « extrême droite ».
Jade Toussay
Huffington post.fr
22/04/2017

PRÉSIDENTIELLE 2017 – « Tout sauf eux ». Eux, c’est-à-dire Marine Le Pen et François Fillon, qui s’affichent ce samedi 22 avril à la Une de l’édition week-end de Libération, dominée par le scrutin du premier tour de dimanche.

« La France se rend aux urnes pour une élection plus incertaine que jamais, qui pourrait voir la gauche écartée du second tour laissant face à face droite réac et extrême droite. » A la veille d’un scrutin décisif pour la France, le quotidien renoue avec l’une de ses grandes traditions éditorialistes et prend clairement position dans la campagne.

Sur la Une et dans l’éditorial « Voter c’est se battre » de Laurent Joffrin, le journal d’opinion appelle les électeurs français à voter. « Voter pour qui? Certainement pas pour les diviseurs des Français qui récupèrent le drame pour achalander leur douteuse boutique », assène le directeur de la rédaction, en faisant allusion aux réactions politiques qui ont suivi l’attentat sur les Champs-Elysées jeudi 20 avril.

Un avertissement, un cri du cœur, qui n’est sans rappeler la prise de position de certains autres quotidiens nationaux, qui ont, au cours de la campagne, pris plusieurs fois position contre la candidate frontiste et le candidat de la droite.

« Voilà deux possibles futurs présidents de la République »

Le 18 avril, Le Monde publiait un éditorial cinglant contre Marine Le Pen, accusée d’avoir franchi « la frontière de l’indécence ». En ligne de mire la déclaration polémique de la présidente du FN sur la sécurité nationale et le terrorisme: « Avec moi, il n’y aurait pas eu de Mohamed Merah, Français grâce au droit du sol, il n’y aurait pas eu les attentats du Bataclan et Stade de France. »

Sauf qu' »on ne récolte pas de voix sur le dos des morts », comme le martèle le texte publié le lendemain sur le site du Monde. « C’est une sorte de ligne rouge d’ordre moral – et qui préserve l’avenir. Cette ligne rouge, la chef du Front national, Marine Le Pen, vient de la franchir. »

Le quotidien n’épargne pas non plus François Fillon, englué dans des scandales politique, financier et surtout moral. « François Fillon, Marine Le Pen: même au mépris de la loi », s’intitule ainsi un autre éditorial, paru cette fois le 15 mars, au lendemain de la mise en examen du candidat de la droite, et alors que la candidate frontiste est elle aussi visée par des soupçons d’emplois fictifs au Parlement Européen.

« Voilà deux possibles futurs présidents de la République –et, à ce titre, gardiens des institutions– qui invoquent sans vergogne le verdict des électeurs pour mieux écarter le jugement des magistrats. Voilà une campagne définitivement empoisonnée et le débat présidentiel torpillé par ces affaires. Voilà enfin, c’est inévitable, les Français confortés dans leur défiance à l’égard de la parole publique et dans leur rejet, voire leur dégoût, des responsables politiques. De cela, en tout cas, François Fillon et Marine Le Pen sont dès à présent coupables », tranche ainsi le journal.

Voir également:

Un rappel aux économistes qui soutiennent Mélenchon
Pierre Bentata
La Tribune
20/04/2017

Les 100 économistes signataires de la tribune pro-Mélenchon sont le révélateur d’un malaise dans l’enseignement de l’économie en France. Par Pierre Bentata, chercheur en économie à l’Université Panthéon Assas

Suite à la tribune de 25 prix Nobel d’économie rappelant l’erreur que constituerait une sortie de l’UE, un recours au protectionnisme ou à la dévaluation, une centaine d’économistes a décidé de prendre la plume pour signer, à son tour, une tribune en faveur du programme de Jean-Luc Mélenchon. Sans doute ont-ils ressenti le message des « Nobel » comme une menace pour leur champion.

Que nous apprend cette démarche qui interpelle davantage par le nombre de signataires que par le fond de leur analyse ?

Consensus scientifique

Il faut d’abord noter le pathétique de cette décision. Lorsque 25 Nobel, ayant des opinions politiques diverses et des méthodologies très différentes, rappellent que certains faits économiques sont indiscutables, ils démontrent qu’il existe un consensus scientifique qui dépasse les croyances individuelles. En s’opposant frontalement à leurs conclusions, pour mieux soutenir leur candidat, ces « économistes » relèguent la science économique au rang de simple débat d’idées. Selon eux, l’économie serait affaire de goûts et relèverait davantage de discussion de cafés du commerce que de science. Cela en dit long sur l’estime qu’ils ont de leur profession.

Mais il y a plus grave. Un tel comportement favorise le relativisme ambiant qui, en matière économique, empêche tout consensus et donc toute discussion rationnelle et dépassionnée sur la pertinence des programmes électoraux. Voilà déjà un point choquant. Pourtant, celui-ci n’est rien en regard de ce que cette tribune révèle sur le système universitaire français.

Parmi ces signataires, plusieurs appartiennent au mouvement des Economistes Atterrés qui n’a jamais caché son penchant anticapitaliste, anti-marché et révolutionnaire. Ceux-là sont donc dans leur rôle (sic) lorsqu’ils soutiennent le candidat qui pleure Castro et appelle de ses vœux un rapprochement avec l’Alliance Bolivarienne. Ceux qui le sont moins sont les nombreux signataires membres du CNU – Conseil National des Universités. Le CNU est l’institution déterminante pour la carrière des jeunes universitaires. Il délivre les précieuses « qualifications » sans lesquelles un docteur ne peut intégrer l’université au titre de Maître de Conférences. Et depuis peu, il est aussi l’instance qui octroie le prestigieux statut de Professeur. Or, comme en témoigne la liste des signataires soutenant cette tribune, ce Conseil sensé évaluer la recherche scientifique est composé, pour partie, d’idéologues niant les conclusions des Nobels et considérant au moins implicitement, que l’économie serait un art au service d’un idéal politique plus vaste.

L’arrière-boutique d’une idéologie dépassée

Voilà pourquoi l’économie est de moins en moins bien enseignée à l’université. Et voilà pourquoi les Français sont si ignorants en matière économique. Ce qui devrait être le temple de l’excellence scientifique est devenu l’arrière-boutique d’une idéologie dépassée, où se décident les carrières des futurs professeurs, non selon la qualité de leurs travaux mais selon leurs opinions politiques. Devenue un instrument politique au sein d’une institution dépossédée de sa nature scientifique, l’économie perd inévitablement son statut et son importance dans le débat politique, interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité.

On s’interroge souvent sur les causes du marasme économique français. L’inculture et le relativisme économiques en sont les principales. Pour comprendre l’économie, pour choisir un programme économique plutôt qu’un autre, il faut déjà accepter que l’économie est une science, avec ses règles et ses mécanismes. Or, cela même les membres des plus hautes instances universitaires semblent l’avoir oublié, en faisant passer leur idéologie avant la réalité des faits, telle qu’énoncée par 25 Nobels !

Tant que les gardiens du temple seront des idéologues, favorables à un système qui n’a jamais fonctionné qui plus est, il n’y aura aucun débat rationnel. Et la France ne s’en remettra pas.

Voir encore:

La consternation des Vénézuéliens de Paris face à Mélenchon
Le candidat de la France insoumise érige le régime chaviste en modèle et a inscrit l’adhésion de la France à l’Alliance bolivarienne pour les Amériques dans son programme.
Patrick Bèle
Le Figaro
20/04/2017

Alors que l’opposition vénézuélienne défile en masse dans les rues de Caracas pour demander l’organisation d’élections, de nombreux Vénézuéliens parisiens s’offusquent des déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur leur pays. Ils dénoncent les contre-vérités exprimées par le candidat à la présidentielle. Dans un entretien accordé à Ouest France la semaine dernière, il déclarait: «Le Venezuela avait une politique sociale-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a jamais eu de nationalisation non plus. J’ai soutenu Chavez contre l’agression des Américains. Et aujourd’hui le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien!» «Six affirmations et quatre purs mensonges», déplore Jose Ocariz, qui vit en France depuis une quinzaine d’années.

Une alliance en train de péricliter

Par ailleurs, à une question sur France Info sur le point 62 du programme de Mélenchon qui prône l’adhésion de la France l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), Clémentine Autain a montré qu’elle ne connaissait pas ce point du programme du candidat dont elle est la porte-parole. L’Alba est une organisation fondée par Hugo Chavez qui visait à créer des solidarités avec les pays latino-américains et caraïbes adhérents aux préceptes du socialisme du XXIe siècle (Cuba, Bolivie, Nicaragua, République dominicaine, Équateur, notamment).

Cette alliance est en train de péricliter. La rente pétrolière vénézuélienne ayant fondu, Caracas ne peut plus apporter son aide aux pays membres. La proposition d’adhésion de la France à cette alliance est pour le moins incongrue. «Le monde entier a montré sa solidarité avec l’opposition vénézuélienne et condamné l’attitude du pouvoir chaviste, explique Paula Osorio, en France depuis dix ans. Et Mélenchon continue à défendre un régime coupable de multiples violations des droits de l’homme. Chaque fois qu’il en parle, Mélenchon décrit Chavez comme un grand humaniste. Tout le monde sait que c’est faux. Il ment quand il dit qu’il n’y a pas eu d’expropriations. Il doit le savoir! Il est venu si souvent dans mon pays. Avec un menteur comme lui, il n’y a pas de discussion possible. Aujourd’hui, au Venezuela, des gens fouillent dans les poubelles pour trouver à manger.»

Consternation face aux «contre-vérités»

Pour Francisco Moreno, ancien cadre de PDVSA, le géant pétrolier appartenant à l’État vénézuélien, qui a quitté le pays au moment de la grande purge de la compagnie au début des années 2000, Mélenchon est «comme un mari trompé qui ne veut pas voir que sa femme lui est infidèle. Il nie la réalité alors qu’il la connaît. Il se ment à lui-même car il a trouvé dans son soutien à Chavez une part de romantisme qui le nourrit dans son combat politique. Mélenchon ne peut pas être un bon président s’il continue à vivre dans une utopie. Et pourtant de nombreux points de son programme me plaisent. Mais cet aveuglement sur mon pays est insultant pour tous les Vénézuéliens qui souffrent».

Jose Ocariz, qui se place plutôt à gauche, s’étonne lui aussi des «mensonges» de Jean-Luc Mélenchon. «Personne n’a été exproprié? Il suffit de taper «Expropiese» sur un moteur de recherche pour trouver de nombreux extraits des shows de télé réalité du colonel Chavez. Il s’agit d’humiliation publique, montrant des personnes réduites au silence à l’annonce en live de leur ruine car expropriés, suivie d’une salve d’applaudissements serviles.»

Mercredi 19 avril, dans la cour de la reine dans le 8e arrondissement de Paris, les opposants au régime chaviste se sont réunis au pied de la statue de Simon Bolivar pour montrer leur solidarité avec leurs compatriotes qui défilaient dans les rues de Caracas au même moment. Au milieu des slogans demandant le respect des droits à manifester et de la constitution ainsi que la libération des prisonniers politiques, la colère contre Jean-Luc Mélenchon était présente.

La plupart des participants exprimaient spontanément leur consternation face aux «contre-vérités» exprimées par le candidat de la France insoumise sur le Venezuela. «Mélenchon parle d’un Venezuela qui n’existe pas, s’insurgeait un participant qui préfère rester anonyme. Il nourrit ses fantasmes de révolution sud-américaine de l’histoire d’un pays où certains habitants n’ont même plus la possibilité de se soigner car il n’y a plus de médicaments dans les pharmacies et les hôpitaux depuis des mois.»

Voir par ailleurs:

Présidentielle 2017 : le big data donne Fillon au second tour, pas les sondages. Qui aura raison ?

Sylvain Rolland
La Tribune
21/04/2017
Filteris, Vigiglobe et Predict My President, trois initiatives différentes dans leur méthodologie de big data électoral, prédisent la qualification de François Fillon au second tour de l’élection présidentielle. Les derniers sondages, eux, continuent d’anticiper un duel Macron-Le Pen. Explications.

Sale temps pour les sondages. Paniqués à l’idée de « rater » le premier tour de l’élection présidentielle, les voici challengés par de nouveaux venus : les spécialistes du big data, qui utilisent l’analyse des données à grande échelle pour établir une autre cartographie de l’opinion.

Première mauvaise nouvelle pour les sondeurs, dont la méthodologie est ouvertement contestée : contrairement à eux, ces concurrents du big data ont su prédire la qualification de François Fillon au premier tour de la primaire à droite. Et aussi l’élection de Donald Trump et, pour Vigiglobe, la victoire du Brexit. Trois échecs cuisants pour les instituts de sondages.

Deuxième mauvaise nouvelle : les prédictions de Filteris, de Vigiglobe et de l’algorithme Predict My President ne valident pas celles des sondages. Ceux-ci ne cessent d’annoncer un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au contraire, les trois initiatives misent sur la qualification de François Fillon. Ils diffèrent par contre sur le ou la candidate qui l’accompagnera au second tour. Une question de méthodologie qui révèle aussi les limites de l’exercice.

Retour sur ces trois trublions de la campagne, leur méthodologie, leur crédibilité, leurs prédictions. Puis celles, très différentes, des tout derniers sondages.

Filteris : un second tour Fillon / Le Pen

Qu’est-ce que c’est ? Filteris est une société canadienne créée en 2002 par Jérôme Coutard et Isabelle Dornic, tous deux docteurs en sciences sociales. L’entreprise est spécialisée dans l’analyse d’image, la gestion et la sécurisation de l’identité numérique des entreprises, institutions et personnalités. Depuis 2007, Filteris a développé une expertise dans l’analyse du buzz généré sur le web et les réseaux sociaux dans des contextes électoraux, baptisée BuzzPol.

Quelle méthodologie ?  BuzzPol réalise, comme les sondages, des mesures régulières de l’opinion. Mais contrairement aux sondeurs, BuzzPol ne se base pas sur le recueil d’intentions de vote auprès d’un public représentatif, mais sur l’analyse à grande échelle des perceptions, avis et opinions exprimés sur le web et les réseaux sociaux. Son algorithme permet d’analyser ces points de vue de manière quantitative et qualitative, puis de générer un score sur 100, réparti entre les candidats.

Quel est son pronostic ? Dans sa dernière mesure du vendredi 21 avril, François Fillon arrive en tête avec 22,09%. Il est suivi par Marine Le Pen, avec 21,75%, puis Jean-Luc Mélenchon (21,11%) et enfin Emmanuel Macron (19,92%). Les quatre candidats se tiennent à un peu plus de deux points. Autrement dit, dans un mouchoir de poche.

C’est la 16è mesure d’opinion de Filteris depuis le 3 avril. Les 14 premières indiquaient que François Fillon et Marine Le Pen figureraient au second tour. Seule la 15è, du jeudi 20 avril, anticipait un second tour Fillon-Mélenchon.

Quelle crédibilité ? Filteris a correctement prédit la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. L’entreprise n’a pas travaillé sur le Brexit. Contrairement aux sondages, Filteris a su prédire la première place de François Fillon à la primaire de la droite. Mais l’entreprise attendait Nicolas Sarkozy en deuxième position, alors que c’est Alain Juppé qui s’est qualifié. Elle s’est en outre trompée sur le premier tour de la primaire de la gauche : Benoît Hamon, qui est arrivé en première position, était donné troisième, derrière Manuel Valls et Arnaud Montebourg.

Vigiblobe : Fillon probablement qualifié, Macron et Mélenchon en embuscade, Le Pen hors de l’équation

Qu’est-ce que c’est ? Vigiglobe est une startup française dirigée par Leendert de Voogd, un ancien directeur mondial de l’institut de sondage TNS. Son credo : l’analyse des réseaux sociaux Twitter et Facebook pour repérer les tendances émergentes afin d’orienter la communication de ses clients, les marques. La startup a aussi développé des outils d’analyse spécialement conçus pour les élections, afin de repérer les signaux faibles qui traduisent des dynamiques qui échappent aux sondeurs – ou que ces derniers perçoivent trop tard.

Quelle méthodologie ? Vigiglobe utilise des algorithmes, développés en interne, de machine learning (apprentissage par la machine à base d’intelligence artificielle), capables d’analyser à la fois quantitativement (qui suscite le plus de réactions ?) et qualitativement (quelle tonalité ?) les messages postés sur les réseaux sociaux. Grâce à des partenariats exclusifs avec Facebook et Twitter, la startup a accès à l’ensemble des contenus publiés. La moitié des Français est sur Facebook, et Twitter revendique 15 millions de comptes en France.

Quel est son pronostic ? Contrairement à ses concurrents, Vigiglobe ne se risque pas au jeu des prédictions. En revanche, la startup estimait, jeudi 20 avril, que François Fillon a « de grandes chances de se qualifier pour le second tour ». Ses algorithmes d’analyse du sentiment voient se dégager un trio de tête dans un mouchoir de poche : François Fillon (qui dispose en plus du plus grand nombre de messages positifs), Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

Contrairement aux sondages et aux autres spécialistes du big data, Vigiglobe estime que Marine Le Pen est en sérieuse perte de vitesse, et qu’elle pourrait, par conséquent, ne pas se qualifier pour le second tour. Leendert de Voogd, le Pdg, précise toutefois que l’attaque des Champs-Elysées profitait vendredi 21 avril à François Fillon et à Marine Le Pen, en nette hausse par rapport aux jours précédents.

Quelle crédibilité ? Vigiglobe a correctement identifié les dynamiques portant à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, à la victoire du Brexit au Royaume-Uni, de François Fillon à la primaire de la droite, et de Benoît Hamon à celle de la gauche.

Predict My President : Le Pen et Fillon au second tour

Qu’est-ce que c’est ? Predict My President est un programme mené depuis plusieurs mois par cinq étudiants de l’école Télécom Paris tech pour l’hebdomadaire Le Point. L’objectif est de pallier les « failles » des sondages en remplaçant les enquêtes d’opinion par une analyse socio-économique des électeurs, couplée à une analyse de la popularité des candidats sur la Toile.

Quelle méthodologie ? Les élèves ont bâti un logiciel nourri à partir des données numériques issues du réseau social Twitter et des recherches des internautes sur Google, pour déceler la popularité des candidats et analyser le contenu des messages les concernant. Ces data sont croisées par des données socio-économiques remontant jusqu’à 1981 (taux de chômage par département, résultats des élections locales, etc.), issues des plateformes gouvernementales d’open data et de l’Insee. Un algorithme pondère les différentes analyses et aboutit à des prédictions de vote. Ou quand le big data et l’analyse socio-économique remplacent les sondages.

Quel est le pronostic ? Le 19 avril, Predict My President voyait se profiler un duel entre Marine Le Pen (24,13%) et François Fillon (21,77%). Emmanuel Macron arriverait troisième avec 20,32%, suivi par Jean-Luc Mélenchon avec 18,66%.

Quelle crédibilité ? Verdict dimanche.

Et les sondages ?

Dans la dernière ligne droite, tous notent une progression de François Fillon, confirmant ainsi la dynamique relevée par les spécialistes du big data, mais pas suffisamment pour atteindre le second tour. Tous les instituts le donnent troisième derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Voici les résultats des derniers sondages publiés le vendredi 21 avril:

  • Odoxa pour Le Point

Emmanuel Macron (24,5%) vs Marine Le Pen (23%). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont tous les deux à 19%.

  • BVA pour La Dépêche du Midi

Emmanuel Macron (24%) vs Marine Le Pen (23%). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont tous les deux à 19%.

  • OpinionWay-ORPI pour Les Echos et Radio Classique

Emmanuel Macron (23%) vs Marine Le Pen (22%). François Fillon est troisième avec 21%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 18%.

  • Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio

Emmanuel Macron (24,5%) vs Marine Le Pen (22,5%). François Fillon est troisième avec 19,5%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 18,5%.

  • Elabe pour BFMTV et L’Express

Emmanuel Macron (24%) vs Marine Le Pen (21,5%). François Fillon est troisième avec 20%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 19,5%.

Voir enfin:

Il avait prédit la victoire de Trump, aujourd’hui il révèle qui pourrait être le président de la République

Serge Galam avait prédit la victoire de Donald Trump, le Brexit ou encore l’élimination d’Alain Juppé à la primaire. Aujourd’hui, il révèle qui pourrait devenir le chef d’État français

Le Soir
23 avril 2017

Serge Galam ne se base pas sur de simples spéculations lorsqu’il prédit des événements politiques. Ce professeur à Science-Po est l’initiateur de la sociophysique. Une science qui tient compte du comportement, du choix des électeurs, des influences auxquelles ils sont confrontés corrélant le tout avec des statistiques souvent récoltées dans des sondages officiels. Serge Galam cherche à mathématiser le cheminement de l’opinion. Mais ces sondages ne peuvent pas être pris en compte seuls. Explications.

Une victoire improbable

«  Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus  » relaye le magazine Grazia. Ainsi, il explique comment Marine LePen pourrait gagner les élections. Une victoire qu’il estime aujourd’hui «  improbable mais n’est plus impossible  ». Car, en effet, l’élection française se montre presque imprévisible et la distribution des votes pourrait encore basculer.

Tout peut basculer

«  Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée  », rapporte RCF Radio.

Ainsi, le rapport minorité-majorité pourrait être inversé par les inflexibles – ceux qui voteront coûte que coûte pour un candidat – capables d’influencer les plus « flexibles ».

Voir par ailleurs:

Ce que Trump, Mélenchon, Le Pen et Fillon ne comprendront jamais sur Poutine

Slate

17.04.2017

Donald Trump, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et François Fillon ont au moins un point commun. Ils veulent établir de meilleures relations, plus cordiales, plus compréhensives, avec la Russie de Poutine. Ils entendent ainsi «œuvrer pour la paix» et combattre avec l’aide de la Russie le terrorisme islamique.

Le problème, c’est que pour paraphraser François Mitterrand en 1983, les pacifistes sont à l’ouest et les missiles à l’est. C’est exactement ce que montre cette analyse de Vanity Fair. Soit, les Trump, Mélenchon, Le Pen et Fillon n’ont rien compris, soit ils ne veulent rien comprendre à la nature du régime au pouvoir à Moscou et à sa logique. Ils prennent leurs désirs pour la réalité.

Tout ceux qui ont tenté depuis des décennies d’amadouer les autocrates de Moscou, à l’époque de l’URSS ou plus récemment, ont échoué et en général l’ont payé cher.

Le dernier exemple en date est le fameux «reset» de Barack Obama en 2008. L’ancien Président des Etats-Unis tout comme son successeur voulait établir de nouvelles relations, «apaisées», avec la Russie. Son offre a été immédiatement comprise au Kremlin comme de la faiblesse. Cela s’est traduit par l’annexion de la Crimée, une guerre larvée à l’est de l’Ukraine, dont la Russie avait pourtant garanti les frontières en 1994, et une intervention massive de l’armée russe en Syrie pour sauver le tyran Bachar el Assad. Tout cela sous prétexte de combattre l’Etat islamique. Mais les forces russes et leurs affidés du Hezbollah et de l’Iran ont pris et détruit Alep, la base des rebelles, et pas Raqqa, la capitale de l’Etat islamique. Cherchez l’erreur.

La nature du régime russe est remarquablement décrite par Vanity Fair. C’est celle d’un pouvoir autoritaire, paranoïaque qui ne comprend que les rapports de force, ne s’embarrasse pas avec les moyens et n’est pas sensible aux jugements qu’on porte sur lui et aux mouvements d’opinion.

«La Russie est revenue à sa nature première…»

En 1946, George F. Kennan, un diplomate américain en poste à Moscou avait dans un texte devenu célèbre de 8.000 mots décrit le régime soviétique et la façon dont il fallait le traiter. Cette analyse, longtemps resté anonyme, montrait deux éléments essentiels: premièrement que l’Etat soviétique était fondamentalement instable et que la stratégie des Etats-Unis devait être de le contenir («containment») mais qu’il n’y avait pas grand chose d’autre à faire en attendant qu’il s’effondre.

Pour George F. Kennan, les Etats-Unis ne pouvaient et ne devaient rien faire pour améliorer les relations avec Moscou, parce que les crises et les différends n’étaient pas  de son fait mais d’un régime qui avait assassiné des dizaines de millions de ses citoyens, s’était allié à Hitler et avait imposé la dictature communiste à toute l’Europe de l’est en la présentant comme une libération.

Pour Vanity Fair, le diagnostic et les conseils du diplomate sont toujours pertinents 75 ans plus tard. En dépit des intentions louables de Boris Yeltsin et de Bill Clinton, la Russie n’est pas devenue une démocratie et le pouvoir est aux mains d’un homme et d’une clique qui assassinent les opposants, contrôlent les médias et manipulent l’opinion publique. «C’était probablement trop demander à un pays aussi archaïque de devenir moderne en une décennie. De fait, la Russie est revenue à sa nature première».

Evidemment, Vladimir Poutine n’est pas Joseph Staline. Mais son pouvoir repose uniquement sur la force, la crainte, la subversion et la propagande.

«Nous avons imposé des sanctions à Moscou parce que nous considérons que c’est un pays dangereux et anti-démocratique. C’est un pays qui existe ailleurs que dans le paradigme occidental et tant que ce sera le cas, nous devons être sur nos gardes face à lui».

Cela ne veut pas dire que la Russie et les pays occidentaux ne pourront pas un jour être alliés. Mais comme George F. Kennan l’avait exposé en 1946, y arriver n’a rien à voir avec la politique des Etats-Unis et des pays occidentaux. Cela dépend seulement de la capacité de la Russie à devenir un Etat de droit, à imposer des contrôles et des contre-pouvoirs au Kremlin et à démanteler le réseau de grandes sociétés et de ministères qui contrôlent la société russe dans son ensemble. Il est peu vraisemblable que cela se produise demain. Entretemps, montrer de la bonne volonté et de la compréhension pour l’autocrate de Moscou ne conduira qu’à des désillusions et des désastres.

Voir encore:

Trump-Russia Relations
What Trump Could Never Understand About Putin
As their bromance dwindles, history could teach a bewildered president a major lesson about one of America’s most significant adversaries
Peter Savodnik
Vanity Fair
April 13, 2017

In 1946, George F. Kennan, then a 44-year-old American diplomat based at the U.S. embassy in Moscow, wrote an 8,000-word “long telegram” delineating his views on the Soviet Union. The next year, the long telegram famously appeared in Foreign Affairs as “The Sources of Soviet Conduct,” or the “X” article, since it was published anonymously. (Everyone in the know was aware, of course, that Kennan had written the article, but, being a diplomat, he had to be discrete.) The “X” article essentially argued two fundamental points: first, that the Soviet state was inherently unstable; and second, that all the United States had to do to counter and, ultimately, prevail over the U.S.S.R. was to wait it out while simultaneously “containing” the state’s ambitions. The policy of containment guided Washington’s attitude toward Moscow for much of the duration of the Cold War.
Kennan’s argument assumed that there was nothing that the United States could—or should—do to improve relations with the Soviet Union. Any fissures or crises that might arise between the superpowers had little, if anything, to do with the United States; they were instead functions of a criminal regime that had murdered tens of millions of its own citizens, allied itself with Adolf Hitler (before being invaded by him), and imposed a socialist dictatorship that masqueraded as “liberation” on the whole of Eastern Europe. The doctrine required of American presidents and policy makers an intelligence and a fortitude and patience that have been mostly absent in Washington since the end of the Cold War.And yet Kennan’s advice remains virtually as relevant today as it was 75 years ago. Of course, had the Soviet collapse facilitated a truly democratic flowering, this would not be the case. But that didn’t happen. It probably couldn’t have happened, despite the noble intentions of Boris Yeltsin, Bill Clinton, and Jeffrey Sachs. It was probably too much to ask a basically medieval country to become modern in a decade. Instead, Russia reverted to its primal self, to Vladimir Putin, whose compact with the Russian people is a somewhat attenuated version of Josef Stalin’s own. Kennan, it seemed, had figured out the whole game before we even started to play it.

One suspects that Donald Trump and his coterie have yet to read the “X” article. If they had, Secretary of State Rex Tillerson wouldn’t have flown to Moscow to discuss U.S.-Russia relations; Trump likely never would have made his now obsolete comment about the obsolescence of NATO; and former national security adviser Michael Flynn never would have discussed lifting sanctions with the seemingly ubiquitous Russian ambassador Sergey Kislyak. Nor would White House spokesman Sean Spicer—impossibly unsophisticated, devoid of nuance or grammar—have made that asinine remark about Hitler and Bashar al-Assad. Recall that Spicer made his comment while trying to argue that the Kremlin had to decide whether it wanted to be allied with the Syrian regime. Perhaps most galling about Spicer’s suggestion that Hitler was Assad’s better because he hadn’t sunk to using chemical weapons was not its obvious falseness, in fact, but rather its implication that Russia could be appealed to on moral grounds. He was trying to embarrass Russia, which is an embarrassingly ignorant thing for a White House press secretary to do, since nothing embarrasses the Kremlin.Alas, these are things governments do when they are negotiating with governments that can—and, more to the point, ought to—be negotiated with. And not just negotiated with but changed. We belong to NATO and we imposed sanctions on Moscow because we believe Russia is an undemocratic and dangerous country. It is a country that exists outside the Western paradigm, and, so long as that’s the case, we ought to guard against it. Trump probably doesn’t care that Russia is undemocratic. In fact, he probably thinks that’s a good thing. But apparently he does, or did, believe that it can be made into a country that’s not dangerous, that doesn’t threaten elections, energy flows, or the prosecution of wars against terrorists.

It’s unlikely that any of this has anything to do with the president’s understanding of Russia. He probably doesn’t have one. It has much more to do with the hodgepodge, Jackson Pollock nature of his foreign policy, which doesn’t appear to be a foreign policy so much as a series of leaps and lurches, ejaculatory outcries about Chinese currency manipulation and the Syrian gas attack followed by a lie or contradiction or bomb blowing up in eastern Afghanistan—the better to distract everyone’s attention for a few hours.

Of course, Trump is not our first president to believe mistakenly that America can change Russia. Barack Obama was woefully ignorant of Russia, and it took George W. Bush four years to start putting the pieces together. Clinton seems to have believed his relationship with Yeltsin was more important than it was. Rex Tillerson, the secretary of state, observed earlier this week that the “current state of U.S.-Russia relations is at a low point.” But, really, U.S.-Russia relations have been at a low point since 2003, when Putin signaled, with the arrest of Yukos chief Mikhail Khodorkovsky, that the Yeltsin era, the era of intermittent liberalization, was over.

Since then, there have been two periods of faux-warming: the reset, at the outset of the Obama era, and the lead-up to Trump’s inauguration. Both moments of ill-placed optimism had nothing to do with Russia and everything to do with America reaffirming its core belief that, if only it tried a little harder, or set about things a little differently, Russia would come around—which is to say that neither had any basis in reality. It’s heartwarming that the new secretary of state appears not to be under any illusions about the possibility—for now, at least—of a more durable friendship between Moscow and Washington.

None of this is to say that Russia and the United States can’t one day be allies. They can. But, as Kennan understood better than any of our recent presidents, getting there will have nothing to do with the United States. It will have everything to do with Russia transcending Russia—embracing the rule of law, imposing checks and balances on the Kremlin, disentangling the innumerable holding companies and government ministries that control not only the Russian state but Russian society. This will almost certainly not happen this decade or even, perhaps, this century. Our faith in technology and progress blinds us to the glacial pace of human evolution, but it is glacial, and this is Russia, and we should stop pretending otherwise, stop being so American about it.

 Voir enfin:861.00/2 – 2246: TelegramThe Charge in the Soviet Union (Kennan) to the Secretary of StateSECRET

Moscow, February 22, 1946–9 p.m. [Received February 22–3: 52 p.m.]

511. Answer to Dept’s 284, Feb 3 [13] involves questions so intricate, so delicate, so strange to our form of thought, and so important to analysis of our international environment that I cannot compress answers into single brief message without yielding to what I feel would be dangerous degree of over-simplification. I hope, therefore, Dept will bear with me if I submit in answer to this question five parts, subjects of which will be roughly as follows:

(1) Basic features of post-war Soviet outlook.

(2) Background of this outlook

(3) Its projection in practical policy on official level.

(4) Its projection on unofficial level.

(5) Practical deductions from standpoint of US policy.

I apologize in advance for this burdening of telegraphic channel; but questions involved are of such urgent importance, particularly in view of recent events, that our answers to them, if they deserve attention at all, seem to me to deserve it at once. There follows

Part 1: Basic Features of Post War Soviet Outlook, as Put Forward by Official Propaganda Machine

Are as Follows:

(a) USSR still lives in antagonistic « capitalist encirclement » with which in the long run there can be no permanent peaceful coexistence. As stated by Stalin in 1927 to a delegation of American workers:

« In course of further development of international revolution there will emerge two centers of world significance: a socialist center, drawing to itself the countries which tend toward socialism, and a capitalist center, drawing to itself the countries that incline toward capitalism. Battle between these two centers for command of world economy will decide fate of capitalism and of communism in entire world. »

(b) Capitalist world is beset with internal conflicts, inherent in nature of capitalist society. These conflicts are insoluble by means of peaceful compromise. Greatest of them is that between England and US.

(c) Internal conflicts of capitalism inevitably generate wars. Wars thus generated may be of two kinds: intra-capitalist wars between two capitalist states, and wars of intervention against socialist world. Smart capitalists, vainly seeking escape from inner conflicts of capitalism, incline toward latter.

(d) Intervention against USSR, while it would be disastrous to those who undertook it, would cause renewed delay in progress of Soviet socialism and must therefore be forestalled at all costs.

(e) Conflicts between capitalist states, though likewise fraught with danger for USSR, nevertheless hold out great possibilities for advancement of socialist cause, particularly if USSR remains militarily powerful, ideologically monolithic and faithful to its present brilliant leadership.

(f) It must be borne in mind that capitalist world is not all bad. In addition to hopelessly reactionary and bourgeois elements, it includes (1) certain wholly enlightened and positive elements united in acceptable communistic parties and (2) certain other elements (now described for tactical reasons as progressive or democratic) whose reactions, aspirations and activities happen to be « objectively » favorable to interests of USSR These last must be encouraged and utilized for Soviet purposes.

(g) Among negative elements of bourgeois-capitalist society, most dangerous of all are those whom Lenin called false friends of the people, namely moderate-socialist or social-democratic leaders (in other words, non-Communist left-wing). These are more dangerous than out-and-out reactionaries, for latter at least march under their true colors, whereas moderate left-wing leaders confuse people by employing devices of socialism to seine interests of reactionary capital.

So much for premises. To what deductions do they lead from standpoint of Soviet policy? To following:

(a) Everything must be done to advance relative strength of USSR as factor in international society. Conversely, no opportunity most be missed to reduce strength and influence, collectively as well as individually, of capitalist powers.

(b) Soviet efforts, and those of Russia’s friends abroad, must be directed toward deepening and exploiting of differences and conflicts between capitalist powers. If these eventually deepen into an « imperialist » war, this war must be turned into revolutionary upheavals within the various capitalist countries.

(c) « Democratic-progressive » elements abroad are to be utilized to maximum to bring pressure to bear on capitalist governments along lines agreeable to Soviet interests.

(d) Relentless battle must be waged against socialist and social-democratic leaders abroad.

Part 2: Background of Outlook

Before examining ramifications of this party line in practice there are certain aspects of it to which I wish to draw attention.

First, it does not represent natural outlook of Russian people. Latter are, by and large, friendly to outside world, eager for experience of it, eager to measure against it talents they are conscious of possessing, eager above all to live in peace and enjoy fruits of their own labor. Party line only represents thesis which official propaganda machine puts forward with great skill and persistence to a public often remarkably resistant in the stronghold of its innermost thoughts. But party line is binding for outlook and conduct of people who make up apparatus of power–party, secret police and Government–and it is exclusively with these that we have to deal.

Second, please note that premises on which this party line is based are for most part simply not true. Experience has shown that peaceful and mutually profitable coexistence of capitalist and socialist states is entirely possible. Basic internal conflicts in advanced countries are no longer primarily those arising out of capitalist ownership of means of production, but are ones arising from advanced urbanism and industrialism as such, which Russia has thus far been spared not by socialism but only by her own backwardness. Internal rivalries of capitalism do not always generate wars; and not all wars are attributable to this cause. To speak of possibility of intervention against USSR today, after elimination of Germany and Japan and after example of recent war, is sheerest nonsense. If not provoked by forces of intolerance and subversion « capitalist » world of today is quite capable of living at peace with itself and with Russia. Finally, no sane person has reason to doubt sincerity of moderate socialist leaders in Western countries. Nor is it fair to deny success of their efforts to improve conditions for working population whenever, as in Scandinavia, they have been given chance to show what they could do.

Falseness of those premises, every one of which predates recent war, was amply demonstrated by that conflict itself Anglo-American differences did not turn out to be major differences of Western World. Capitalist countries, other than those of Axis, showed no disposition to solve their differences by joining in crusade against USSR. Instead of imperialist war turning into civil wars and revolution, USSR found itself obliged to fight side by side with capitalist powers for an avowed community of aim.

Nevertheless, all these theses, however baseless and disproven, are being boldly put forward again today. What does this indicate? It indicates that Soviet party line is not based on any objective analysis of situation beyond Russia’s borders; that it has, indeed, little to do with conditions outside of Russia; that it arises mainly from basic inner-Russian necessities which existed before recent war and exist today.

At bottom of Kremlin’s neurotic view of world affairs is traditional and instinctive Russian sense of insecurity. Originally, this was insecurity of a peaceful agricultural people trying to live on vast exposed plain in neighborhood of fierce nomadic peoples. To this was added, as Russia came into contact with economically advanced West, fear of more competent, more powerful, more highly organized societies in that area. But this latter type of insecurity was one which afflicted rather Russian rulers than Russian people; for Russian rulers have invariably sensed that their rule was relatively archaic in form fragile and artificial in its psychological foundation, unable to stand comparison or contact with political systems of Western countries. For this reason they have always feared foreign penetration, feared direct contact between Western world and their own, feared what would happen if Russians learned truth about world without or if foreigners learned truth about world within. And they have learned to seek security only in patient but deadly struggle for total destruction of rival power, never in compacts and compromises with it.

It was no coincidence that Marxism, which had smoldered ineffectively for half a century in Western Europe, caught hold and blazed for first time in Russia. Only in this land which had never known a friendly neighbor or indeed any tolerant equilibrium of separate powers, either internal or international, could a doctrine thrive which viewed economic conflicts of society as insoluble by peaceful means. After establishment of Bolshevist regime, Marxist dogma, rendered even more truculent and intolerant by Lenin’s interpretation, became a perfect vehicle for sense of insecurity with which Bolsheviks, even more than previous Russian rulers, were afflicted. In this dogma, with its basic altruism of purpose, they found justification for their instinctive fear of outside world, for the dictatorship without which they did not know how to rule, for cruelties they did not dare not to inflict, for sacrifice they felt bound to demand. In the name of Marxism they sacrificed every single ethical value in their methods and tactics. Today they cannot dispense with it. It is fig leaf of their moral and intellectual respectability. Without it they would stand before history, at best, as only the last of that long succession of cruel and wasteful Russian rulers who have relentlessly forced country on to ever new heights of military power in order to guarantee external security of their internally weak regimes. This is why Soviet purposes most always be solemnly clothed in trappings of Marxism, and why no one should underrate importance of dogma in Soviet affairs. Thus Soviet leaders are driven [by?] necessities of their own past and present position to put forward which [apparent omission] outside world as evil, hostile and menacing, but as bearing within itself germs of creeping disease and destined to be wracked with growing internal convulsions until it is given final Coup de grace by rising power of socialism and yields to new and better world. This thesis provides justification for that increase of military and police power of Russian state, for that isolation of Russian population from outside world, and for that fluid and constant pressure to extend limits of Russian police power which are together the natural and instinctive urges of Russian rulers. Basically this is only the steady advance of uneasy Russian nationalism, a centuries old movement in which conceptions of offense and defense are inextricably confused. But in new guise of international Marxism, with its honeyed promises to a desperate and war torn outside world, it is more dangerous and insidious than ever before.

It should not be thought from above that Soviet party line is necessarily disingenuous and insincere on part of all those who put it forward. Many of them are too ignorant of outside world and mentally too dependent to question [apparent omission] self-hypnotism, and who have no difficulty making themselves believe what they find it comforting and convenient to believe. Finally we have the unsolved mystery as to who, if anyone, in this great land actually receives accurate and unbiased information about outside world. In atmosphere of oriental secretiveness and conspiracy which pervades this Government, possibilities for distorting or poisoning sources and currents of information are infinite. The very disrespect of Russians for objective truth–indeed, their disbelief in its existence–leads them to view all stated facts as instruments for furtherance of one ulterior purpose or another. There is good reason to suspect that this Government is actually a conspiracy within a conspiracy; and I for one am reluctant to believe that Stalin himself receives anything like an objective picture of outside world. Here there is ample scope for the type of subtle intrigue at which Russians are past masters. Inability of foreign governments to place their case squarely before Russian policy makers–extent to which they are delivered up in their relations with Russia to good graces of obscure and unknown advisors whom they never see and cannot influence–this to my mind is most disquieting feature of diplomacy in Moscow, and one which Western statesmen would do well to keep in mind if they would understand nature of difficulties encountered here.

Part 3: Projection of Soviet Outlook in Practical Policy on Official Level

We have now seen nature and background of Soviet program. What may we expect by way of its practical implementation?

Soviet policy, as Department implies in its query under reference, is conducted on two planes: (1) official plane represented by actions undertaken officially in name of Soviet Government; and (2) subterranean plane of actions undertaken by agencies for which Soviet Government does not admit responsibility.

Policy promulgated on both planes will be calculated to serve basic policies (a) to (d) outlined in part 1. Actions taken on different planes will differ considerably, but will dovetail into each other in purpose, timing and effect.

On official plane we must look for following:

(a) Internal policy devoted to increasing in every way strength and prestige of Soviet state: intensive military-industrialization; maximum development of armed forces; great displays to impress outsiders; continued secretiveness about internal matters, designed to conceal weaknesses and to keep opponents in dark.

(b) Wherever it is considered timely and promising, efforts will be made to advance official limits of Soviet power. For the moment, these efforts are restricted to certain neighboring points conceived of here as being of immediate strategic necessity, such as Northern Iran, Turkey, possibly Bornholm However, other points may at any time come into question, if and as concealed Soviet political power is extended to new areas. Thus a « friendly Persian Government might be asked to grant Russia a port on Persian Gulf. Should Spain fall under Communist control, question of Soviet base at Gibraltar Strait might be activated. But such claims will appear on official level only when unofficial preparation is complete.

(c) Russians will participate officially in international organizations where they see opportunity of extending Soviet power or of inhibiting or diluting power of others. Moscow sees in UNO not the mechanism for a permanent and stable world society founded on mutual interest and aims of all nations, but an arena in which aims just mentioned can be favorably pursued. As long as UNO is considered here to serve this purpose, Soviets will remain with it. But if at any time they come to conclusion that it is serving to embarrass or frustrate their aims for power expansion and if they see better prospects for pursuit of these aims along other lines, they will not hesitate to abandon UNO. This would imply, however, that they felt themselves strong enough to split unity of other nations by their withdrawal to render UNO ineffective as a threat to their aims or security, replace it with an international weapon more effective from their viewpoint. Thus Soviet attitude toward UNO will depend largely on loyalty of other nations to it, and on degree of vigor, decisiveness and cohesion with which those nations defend in UNO the peaceful and hopeful concept of international life, which that organization represents to our way of thinking. I reiterate, Moscow has no abstract devotion to UNO ideals. Its attitude to that organization will remain essentially pragmatic and tactical.

(d) Toward colonial areas and backward or dependent peoples, Soviet policy, even on official plane, will be directed toward weakening of power and influence and contacts of advanced Western nations, on theory that in so far as this policy is successful, there will be created a vacuum which will favor Communist-Soviet penetration. Soviet pressure for participation in trusteeship arrangements thus represents, in my opinion, a desire to be in a position to complicate and inhibit exertion of Western influence at such points rather than to provide major channel for exerting of Soviet power. Latter motive is not lacking, but for this Soviets prefer to rely on other channels than official trusteeship arrangements. Thus we may expect to find Soviets asking for admission everywhere to trusteeship or similar arrangements and using levers thus acquired to weaken Western influence among such peoples.

(e) Russians will strive energetically to develop Soviet representation in, and official ties with, countries in which they sense Strong possibilities of opposition to Western centers of power. This applies to such widely separated points as Germany, Argentina, Middle Eastern countries, etc.

(f) In international economic matters, Soviet policy will really be dominated by pursuit of autarchy for Soviet Union and Soviet-dominated adjacent areas taken together. That, however, will be underlying policy. As far as official line is concerned, position is not yet clear. Soviet Government has shown strange reticence since termination hostilities on subject foreign trade. If large scale long term credits should be forthcoming, I believe Soviet Government may eventually again do lip service, as it did in 1930’s to desirability of building up international economic exchanges in general. Otherwise I think it possible Soviet foreign trade may be restricted largely to Soviet’s own security sphere, including occupied areas in Germany, and that a cold official shoulder may be turned to principle of general economic collaboration among nations.

(g) With respect to cultural collaboration, lip service will likewise be rendered to desirability of deepening cultural contacts between peoples, but this will not in practice be interpreted in any way which could weaken security position of Soviet peoples. Actual manifestations of Soviet policy in this respect will be restricted to arid channels of closely shepherded official visits and functions, with superabundance of vodka and speeches and dearth of permanent effects.

(h) Beyond this, Soviet official relations will take what might be called « correct » course with individual foreign governments, with great stress being laid on prestige of Soviet Union and its representatives and with punctilious attention to protocol as distinct from good manners.

Part 4: Following May Be Said as to What We May Expect by Way of Implementation of Basic Soviet Policies on Unofficial, or Subterranean Plane, i.e. on Plane for Which Soviet Government Accepts no Responsibility

Agencies utilized for promulgation of policies on this plane are following:

1. Inner central core of Communist Parties in other countries. While many of persons who compose this category may also appear and act in unrelated public capacities, they are in reality working closely together as an underground operating directorate of world communism, a concealed Comintern tightly coordinated and directed by Moscow. It is important to remember that this inner core is actually working on underground lines, despite legality of parties with which it is associated.

2. Rank and file of Communist Parties. Note distinction is drawn between those and persons defined in paragraph 1. This distinction has become much sharper in recent years. Whereas formerly foreign Communist Parties represented a curious (and from Moscow’s standpoint often inconvenient) mixture of conspiracy and legitimate activity, now the conspiratorial element has been neatly concentrated in inner circle and ordered underground, while rank and file–no longer even taken into confidence about realities of movement–are thrust forward as bona fide internal partisans of certain political tendencies within their respective countries, genuinely innocent of conspiratorial connection with foreign states. Only in certain countries where communists are numerically strong do they now regularly appear and act as a body. As a rule they are used to penetrate, and to influence or dominate, as case may be, other organizations less likely to be suspected of being tools of Soviet Government, with a view to accomplishing their purposes through [apparent omission] organizations, rather than by direct action as a separate political party.

3. A wide variety of national associations or bodies which can be dominated or influenced by such penetration. These include: labor unions, youth leagues, women’s organizations, racial societies, religious societies, social organizations, cultural groups, liberal magazines, publishing houses, etc.

4. International organizations which can be similarly penetrated through influence over various national components. Labor, youth and women’s organizations are prominent among them. Particular, almost vital importance is attached in this connection to international labor movement. In this, Moscow sees possibility of sidetracking western governments in world affairs and building up international lobby capable of compelling governments to take actions favorable to Soviet interests in various countries and of paralyzing actions disagreeable to USSR

5. Russian Orthodox Church, with its foreign branches, and through it the Eastern Orthodox Church in general.

6. Pan-Slav movement and other movements (Azerbaijan, Armenian, Turcoman, etc.) based on racial groups within Soviet Union.

7. Governments or governing groups willing to lend themselves to Soviet purposes in one degree or another, such as present Bulgarian and Yugoslav Governments, North Persian regime, Chinese Communists, etc. Not only propaganda machines but actual policies of these regimes can be placed extensively at disposal of USSR

It may be expected that component parts of this far-flung apparatus will be utilized in accordance with their individual suitability, as follows:

(a) To undermine general political and strategic potential of major western powers. Efforts will be made in such countries to disrupt national self confidence, to hamstring measures of national defense, to increase social and industrial unrest, to stimulate all forms of disunity. All persons with grievances, whether economic or racial, will be urged to spelt redress not in mediation and compromise, but in defiant violent struggle for destruction of other elements of society. Here poor will be set against rich, black against white, young against old, newcomers against established residents, etc.

(b) On unofficial plane particularly violent efforts will be made to weaken power and influence of Western Powers of [on] colonial backward, or dependent peoples. On this level, no holds will be barred. Mistakes and weaknesses of western colonial administration will be mercilessly exposed and exploited. Liberal opinion in Western countries will be mobilized to weaken colonial policies. Resentment among dependent peoples will be stimulated. And while latter are being encouraged to seek independence of Western Powers, Soviet dominated puppet political machines will be undergoing preparation to take over domestic power in respective colonial areas when independence is achieved.

(c) Where individual governments stand in path of Soviet purposes pressure will be brought for their removal from office. This can happen where governments directly oppose Soviet foreign policy aims (Turkey, Iran), where they seal their territories off against Communist penetration (Switzerland, Portugal), or where they compete too strongly, like Labor Government in England, for moral domination among elements which it is important for Communists to dominate. (Sometimes, two of these elements are present in a single case. Then Communist opposition becomes particularly shrill and savage. [)]

(d) In foreign countries Communists will, as a rule, work toward destruction of all forms of personal independence, economic, political or moral. Their system can handle only individuals who have been brought into complete dependence on higher power. Thus, persons who are financially independent–such as individual businessmen, estate owners, successful farmers, artisans and all those who exercise local leadership or have local prestige, such as popular local clergymen or political figures, are anathema. It is not by chance that even in USSR local officials are kept constantly on move from one job to another, to prevent their taking root.

(e) Everything possible will be done to set major Western Powers against each other. Anti-British talk will be plugged among Americans, anti-American talk among British. Continentals, including Germans, will be taught to abhor both Anglo-Saxon powers. Where suspicions exist, they will be fanned; where not, ignited. No effort will be spared to discredit and combat all efforts which threaten to lead to any sort of unity or cohesion among other [apparent omission] from which Russia might be excluded. Thus, all forms of international organization not amenable to Communist penetration and control, whether it be the Catholic [apparent omission] international economic concerns, or the international fraternity of royalty and aristocracy, must expect to find themselves under fire from many, and often [apparent omission].

(f) In general, all Soviet efforts on unofficial international plane will be negative and destructive in character, designed to tear down sources of strength beyond reach of Soviet control. This is only in line with basic Soviet instinct that there can be no compromise with rival power and that constructive work can start only when Communist power is doming But behind all this will be applied insistent, unceasing pressure for penetration and command of key positions in administration and especially in police apparatus of foreign countries. The Soviet regime is a police regime par excellence, reared in the dim half world of Tsarist police intrigue, accustomed to think primarily in terms of police power. This should never be lost sight of in ganging Soviet motives.

Part 5: [Practical Deductions From Standpoint of US Policy]

In summary, we have here a political force committed fanatically to the belief that with US there can be no permanent modus vivendi that it is desirable and necessary that the internal harmony of our society be disrupted, our traditional way of life be destroyed, the international authority of our state be broken, if Soviet power is to be secure. This political force has complete power of disposition over energies of one of world’s greatest peoples and resources of world’s richest national territory, and is borne along by deep and powerful currents of Russian nationalism. In addition, it has an elaborate and far flung apparatus for exertion of its influence in other countries, an apparatus of amazing flexibility and versatility, managed by people whose experience and skill in underground methods are presumably without parallel in history. Finally, it is seemingly inaccessible to considerations of reality in its basic reactions. For it, the vast fund of objective fact about human society is not, as with us, the measure against which outlook is constantly being tested and re-formed, but a grab bag from which individual items are selected arbitrarily and tendenciously to bolster an outlook already preconceived. This is admittedly not a pleasant picture. Problem of how to cope with this force in [is] undoubtedly greatest task our diplomacy has ever faced and probably greatest it will ever have to face. It should be point of departure from which our political general staff work at present juncture should proceed. It should be approached with same thoroughness and care as solution of major strategic problem in war, and if necessary, with no smaller outlay in planning effort. I cannot attempt to suggest all answers here. But I would like to record my conviction that problem is within our power to solve–and that without recourse to any general military conflict.. And in support of this conviction there are certain observations of a more encouraging nature I should like to make:

(1) Soviet power, unlike that of Hitlerite Germany, is neither schematic nor adventunstic. It does not work by fixed plans. It does not take unnecessary risks. Impervious to logic of reason, and it is highly sensitive to logic of force. For this reason it can easily withdraw–and usually does when strong resistance is encountered at any point. Thus, if the adversary has sufficient force and makes clear his readiness to use it, he rarely has to do so. If situations are properly handled there need be no prestige-engaging showdowns.

(2) Gauged against Western World as a whole, Soviets are still by far the weaker force. Thus, their success will really depend on degree of cohesion, firmness and vigor which Western World can muster. And this is factor which it is within our power to influence.

(3) Success of Soviet system, as form of internal power, is not yet finally proven. It has yet to be demonstrated that it can survive supreme test of successive transfer of power from one individual or group to another. Lenin’s death was first such transfer, and its effects wracked Soviet state for 15 years. After Stalin’s death or retirement will be second. But even this will not be final test. Soviet internal system will now be subjected, by virtue of recent territorial expansions, to series of additional strains which once proved severe tax on Tsardom. We here are convinced that never since termination of civil war have mass of Russian people been emotionally farther removed from doctrines of Communist Party than they are today. In Russia, party has now become a great and–for the moment–highly successful apparatus of dictatorial administration, but it has ceased to be a source of emotional inspiration. Thus, internal soundness and permanence of movement need not yet be regarded as assured.

(4) All Soviet propaganda beyond Soviet security sphere is basically negative and destructive. It should therefore be relatively easy to combat it by any intelligent and really constructive program.

For those reasons I think we may approach calmly and with good heart problem of how to deal with Russia. As to how this approach should be made, I only wish to advance, by way of conclusion, following comments:

(1) Our first step must be to apprehend, and recognize for what it is, the nature of the movement with which we are dealing. We must study it with same courage, detachment, objectivity, and same determination not to be emotionally provoked or unseated by it, with which doctor studies unruly and unreasonable individual.

(2) We must see that our public is educated to realities of Russian situation. I cannot over-emphasize importance of this. Press cannot do this alone. It must be done mainly by Government, which is necessarily more experienced and better informed on practical problems involved. In this we need not be deterred by [ugliness?] of picture. I am convinced that there would be far less hysterical anti-Sovietism in our country today if realities of this situation were better understood by our people. There is nothing as dangerous or as terrifying as the unknown. It may also be argued that to reveal more information on our difficulties with Russia would reflect unfavorably on Russian-American relations. I feel that if there is any real risk here involved, it is one which we should have courage to face, and sooner the better. But I cannot see what we would be risking. Our stake in this country, even coming on heels of tremendous demonstrations of our friendship for Russian people, is remarkably small. We have here no investments to guard, no actual trade to lose, virtually no citizens to protect, few cultural contacts to preserve. Our only stake lies in what we hope rather than what we have; and I am convinced we have better chance of realizing those hopes if our public is enlightened and if our dealings with Russians are placed entirely on realistic and matter-of-fact basis.

(3) Much depends on health and vigor of our own society. World communism is like malignant parasite which feeds only on diseased tissue. This is point at which domestic and foreign policies meets Every courageous and incisive measure to solve internal problems of our own society, to improve self-confidence, discipline, morale and community spirit of our own people, is a diplomatic victory over Moscow worth a thousand diplomatic notes and joint communiqués. If we cannot abandon fatalism and indifference in face of deficiencies of our own society, Moscow will profit–Moscow cannot help profiting by them in its foreign policies.

(4) We must formulate and put forward for other nations a much more positive and constructive picture of sort of world we would like to see than we have put forward in past. It is not enough to urge people to develop political processes similar to our own. Many foreign peoples, in Europe at least, are tired and frightened by experiences of past, and are less interested in abstract freedom than in security. They are seeking guidance rather than responsibilities. We should be better able than Russians to give them this. And unless we do, Russians certainly will.

(5) Finally we must have courage and self-confidence to cling to our own methods and conceptions of human society. After Al, the greatest danger that can befall us in coping with this problem of Soviet communism, is that we shall allow ourselves to become like those with whom we are coping.

KENNAN

800.00B International Red Day/2 – 2546: Airgram

Kennan’s argument assumed that there was nothing that the United States could—or should—do to improve relations with the Soviet Union. Any fissures or crises that might arise between the superpowers had little, if anything, to do with the United States; they were instead functions of a criminal regime that had murdered tens of millions of its own citizens, allied itself with Adolf Hitler (before being invaded by him), and imposed a socialist dictatorship that masqueraded as “liberation” on the whole of Eastern Europe. The doctrine required of American presidents and policy makers an intelligence and a fortitude and patience that have been mostly absent in Washington since the end of the Cold War.

And yet Kennan’s advice remains virtually as relevant today as it was 75 years ago. Of course, had the Soviet collapse facilitated a truly democratic flowering, this would not be the case. But that didn’t happen. It probably couldn’t have happened, despite the noble intentions of Boris Yeltsin, Bill Clinton, and Jeffrey Sachs. It was probably too much to ask a basically medieval country to become modern in a decade. Instead, Russia reverted to its primal self, to Vladimir Putin, whose compact with the Russian people is a somewhat attenuated version of Josef Stalin’s own. Kennan, it seemed, had figured out the whole game before we even started to play it.

One suspects that Donald Trump and his coterie have yet to read the “X” article. If they had, Secretary of State Rex Tillerson wouldn’t have flown to Moscow to discuss U.S.-Russia relations; Trump likely never would have made his now obsolete comment about the obsolescence of NATO; and former national security adviser Michael Flynn never would have discussed lifting sanctions with the seemingly ubiquitous Russian ambassador Sergey Kislyak. Nor would White House spokesman Sean Spicer—impossibly unsophisticated, devoid of nuance or grammar—have made that asinine remark about Hitler and Bashar al-Assad. Recall that Spicer made his comment while trying to argue that the Kremlin had to decide whether it wanted to be allied with the Syrian regime. Perhaps most galling about Spicer’s suggestion that Hitler was Assad’s better because he hadn’t sunk to using chemical weapons was not its obvious falseness, in fact, but rather its implication that Russia could be appealed to on moral grounds. He was trying to embarrass Russia, which is an embarrassingly ignorant thing for a White House press secretary to do, since nothing embarrasses the Kremlin.Alas, these are things governments do when they are negotiating with governments that can—and, more to the point, ought to—be negotiated with. And not just negotiated with but changed. We belong to NATO and we imposed sanctions on Moscow because we believe Russia is an undemocratic and dangerous country. It is a country that exists outside the Western paradigm, and, so long as that’s the case, we ought to guard against it. Trump probably doesn’t care that Russia is undemocratic. In fact, he probably thinks that’s a good thing. But apparently he does, or did, believe that it can be made into a country that’s not dangerous, that doesn’t threaten elections, energy flows, or the prosecution of wars against terrorists.It’s unlikely that any of this has anything to do with the president’s understanding of Russia. He probably doesn’t have one. It has much more to do with the hodgepodge, Jackson Pollock nature of his foreign policy, which doesn’t appear to be a foreign policy so much as a series of leaps and lurches, ejaculatory outcries about Chinese currency manipulation and the Syrian gas attack followed by a lie or contradiction or bomb blowing up in eastern Afghanistan—the better to distract everyone’s attention for a few hours.Of course, Trump is not our first president to believe mistakenly that America can change Russia. Barack Obama was woefully ignorant of Russia, and it took George W. Bush four years to start putting the pieces together. Clinton seems to have believed his relationship with Yeltsin was more important than it was. Rex Tillerson, the secretary of state, observed earlier this week that the “current state of U.S.-Russia relations is at a low point.” But, really, U.S.-Russia relations have been at a low point since 2003, when Putin signaled, with the arrest of Yukos chief Mikhail Khodorkovsky, that the Yeltsin era, the era of intermittent liberalization, was over.Since then, there have been two periods of faux-warming: the reset, at the outset of the Obama era, and the lead-up to Trump’s inauguration. Both moments of ill-placed optimism had nothing to do with Russia and everything to do with America reaffirming its core belief that, if only it tried a little harder, or set about things a little differently, Russia would come around—which is to say that neither had any basis in reality. It’s heartwarming that the new secretary of state appears not to be under any illusions about the possibility—for now, at least—of a more durable friendship between Moscow and Washington.

None of this is to say that Russia and the United States can’t one day be allies. They can. But, as Kennan understood better than any of our recent presidents, getting there will have nothing to do with the United States. It will have everything to do with Russia transcending Russia—embracing the rule of law, imposing checks and balances on the Kremlin, disentangling the innumerable holding companies and government ministries that control not only the Russian state but Russian society. This will almost certainly not happen this decade or even, perhaps, this century. Our faith in technology and progress blinds us to the glacial pace of human evolution, but it is glacial, and this is Russia, and we should stop pretending otherwise, stop being so American about it.

Voir enfin:

 


FRANCOIS FILLON PRESIDENT ! (Contre le retour de la stasi maintenant, la seule véritable alternance, c’est François Fillon !)

26 mars, 2017
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Il faut dire que la rivale victorieuse de Bartolone a fait de la lutte contre la drogue un de ses thèmes de campagne … Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé
«L’émission de France 2, c’est du jamais vu! Du début à la fin, ce sont des interlocuteurs à charge. On a atteint un sommet de la caricature. » «Ça me profite. Ça provoque chez les Français un réflexe démocratique. Plus on m’attaque, plus je suis en forme! Madame Angot m’a fait du bien. Je vais gagner cette élection en partie grâce à vous. Une partie de la presse a décidé d’une scénarisation et ne veut pas en sortir. Mais une grande partie des Français veut l’alternance, qui ne peut pas être Emmanuel Macron. Je ne crois pas un instant à ces sondages. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas de sens. Mais la situation politique est tellement instable, la campagne est tellement perturbée que vous ne pouvez pas vous fier à un moment donné. J’ai l’expérience des campagnes. Je sais que quand il y a du monde, je sais quand les gens ne viennent pas. Il n’y a jamais eu autant de monde. Il y avait 4000 personnes (vendredi soir à Biarritz), ce sont des signes qui ne trompent pas.»(…) «Qu’est-ce que vous voulez que je leur dise. Ce sont des militants politiques. Pourquoi j’irai leur parler? Ils viennent pour empêcher ma campagne. Vous croyez vraiment que ce sont des gens sincères? La plupart du temps, ce sont des gens d’extrême gauche. Les gens qui tapent dans des casseroles, ce n’est pas de la démocratie.» (…) «Vous avez un candidat à la présidentielle qui a gagné 3,5 millions et qui a déclaré 350.000 euros de patrimoine. Et ça ne vous pose aucun problème. (…) il y a un mouvement de fond pour Emmanuel Macron comme il y avait un mouvement de fond pour Alain Juppé, parce que c’était rassembleur». «Mais la France ne correspond pas à ça et l’élection sera différente. «Son programme se socialise au fur et à mesure que le temps passe! On aurait pu penser qu’Emmanuel Macron avait une vraie politique à proposer, maintenant c’est fini. Sur tous les sujets c’est une stratégie qui consiste à faire plaisir à tout le monde».(…) «Il y a deux ans, Emmanuel Macron était sur les mêmes positions que moi ». «Il nous est même arrivé d’en parler tous les deux. Et à mesure que la campagne avance, il s’adapte aux discours de gauche. Mais le désir d’alternance (des Français) il va le prendre en pleine face!» (…) «Il va finir par être le candidat des socialistes» (…) ‘il y a un certain opportunisme. Les gens pas sélectionnés pour les législatives veulent tenter leur chance chez Macron» (…) «Dutreil, c’était le meilleur ami de Bourgi. C’est lui qui lui a obtenu la légion d’honneur!» (…) «Personne n’a envie de continuer avec François Hollande et ses amis» (…) «La gauche a fait une erreur magistrale en réclamant mon départ! Demander à trente jours de l’élection présidentielle du seul candidat qui représente la droite, c’est un déni de démocratie incroyable».(…) «le président a une responsabilité considérable». «Sa première responsabilité, c’est de faire en sorte que le débat démocratique se déroule dans des conditions normales». «Deuxième chose, des soupçons de plus en plus lourds pèsent sur le rôle de Français Hollande dans cette affaire»(…) ««Nous en sommes en train d’identifier toutes les infractions mentionnées dans le livre Bienvenue Place Beauvau et dans les jours qui viennent un certain nombre de mes amis rendront publiques ces infractions et demanderont qu’une enquête soit ouverte» (…) «On est dans une situation où il est probable que compte tenu des procédures judiciaires je sois sur écoute quand j’apprends que le Président se fait remonter les résultats des écoutes judiciaires à l’Elysée». «Cela veut dire que le président de la République peut potentiellement écouter un candidat à l’élection présidentielle. Mais attendez, on est dans quelle démocratie là?» (…) «Pour la petite histoire je ne reçois pas de SMS pendant le débat. D’ailleurs, je n’en ai pas besoin. Je regardais l’heure parce qu’il y a des moments où c’était un peu long. Et je regardais un compte WhatsApp». (…) «Je regardais les commentaires des députés sur le débat, ça m’amusait de voir comment ils réagissaient».François Fillon

Contre le retour de la stasi maintenant, la seule véritable alternance, c’est François Fillon !

Les confidences de François Fillon sur la campagne : «Je vais gagner»
Le candidat Les Républicains juge «probable» d’être sur écoute puisque dit-il, «le Président se fait remonter les résultats des écoutes judiciaires à l’Elysée».
Marion Mourgue
Le Figaro
25/03/2017

De notre envoyée spéciale à Biarritz

Alors qu’il finissait un déjeuner avec des agriculteurs et des élus locaux dans une cidrerie près de Biarritz, François Fillon est venu voir la presse un petit moment pour le café. Au milieu des assiettes non desservies, le candidat voit un reporter essayer de faire un peu de ménage. «Ce n’est pas la peine, je suis un homme du peuple», démarre-t-il dès le départ comme une réponse à la question jeudi soir de David Pujadas, «M. Fillon, êtes-vous un homme d’argent?»

De cette soirée, il en a été beaucoup question. Si le candidat à la présidentielle a expliqué qu’elle lui avait «consommé beaucoup d’énergie», il s’est surtout insurgé contre le traitement qu’il avait eu. «L’émission de France 2, c’est du jamais vu! Du début à la fin, ce sont des interlocuteurs à charge. On a atteint un sommet de la caricature», indique-t-il, convaincu qu’in fine ce sera bénéfice pour lui. «Ça me profite. Ça provoque chez les Français un réflexe démocratique. Plus on m’attaque, plus je suis en forme! Madame Angot m’a fait du bien», sourit-il.

Devant les journalistes qui l’entourent, François Fillon se dit convaincu d’être déjà «qualifié» pour le second tour et persuadé de l’emporter. «Je vais gagner cette élection en partie grâce à vous. Une partie de la presse a décidé d’une scénarisation et ne veut pas en sortir. Mais une grande partie des Français veut l’alternance, qui ne peut pas être Emmanuel Macron.»

Comme pendant la primaire, l’ancien premier ministre est persuadé que les enquêtes d’opinion ne veulent rien dire. «Je ne crois pas un instant à ces sondages. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas de sens. Mais la situation politique est tellement instable, la campagne est tellement perturbée que vous ne pouvez pas vous fier à un moment donné», déclare-t-il. A ses yeux, le seul vrai indicateur reste le terrain et surtout les réunions publiques qu’il enchaîne désormais à un rythme plus soutenu. «J’ai l’expérience des campagnes. Je sais que quand il y a du monde, je sais quand les gens ne viennent pas. Il n’y a jamais eu autant de monde. Il y avait 4000 personnes (vendredi soir à Biarritz), ce sont des signes qui ne trompent pas.»

Et si désormais à chaque déplacement il est accueilli par un concert de casseroles, voire d’œufs comme samedi matin à Cambon-les-Bains, le candidat LR n’a pas l’intention d’y répondre. «Qu’est-ce que vous voulez que je leur dise, lâche-t-il. Ce sont des militants politiques. Pourquoi j’irai leur parler? Ils viennent pour empêcher ma campagne. Vous croyez vraiment que ce sont des gens sincères? La plupart du temps, ce sont des gens d’extrême gauche», juge-t-il. «Les gens qui tapent dans des casseroles, ce n’est pas de la démocratie.»

En pleine face

Si François Fillon se montre très critique à l’égard de la presse, il l’est encore plus à propos d’Emmanuel Macron dont il estime que les médias sont trop cléments avec lui. «Vous avez un candidat à la présidentielle qui a gagné 3,5 millions et qui a déclaré 350.000 euros de patrimoine. Et ça ne vous pose aucun problème», entame-t-il. Constatant que l’ancien ministre semble bénéficier d’une dynamique, il reconnaît «un mouvement de fond pour Emmanuel Macron comme il y avait un mouvement de fond pour Alain Juppé, parce que c’était rassembleur», expose-t-il sans laisser apparaître une quelconque inquiétude. «Mais la France ne correspond pas à ça et l’élection sera différente.»

A ses yeux, le candidat d’En Marche! se serait même affadi. «Son programme se socialise au fur et à mesure que le temps passe! On aurait pu penser qu’Emmanuel Macron avait une vraie politique à proposer, maintenant c’est fini. Sur tous les sujets c’est une stratégie qui consiste à faire plaisir à tout le monde». De plus en plus sévère à l’égard de l’ancien conseiller de François Hollande, François Fillon poursuit: «Il y a deux ans, Emmanuel Macron était sur les mêmes positions que moi», en détaillant plus particulièrement les 35 heures et l’ISF. «Il nous est même arrivé d’en parler tous les deux. Et à mesure que la campagne avance, il s’adapte aux discours de gauche. Mais le désir d’alternance (des Français) il va le prendre en pleine face!»

François Fillon dit ne pas s’inquiéter des ralliements qui se multiplient en faveur du candidat d’En Marche! «Il va finir par être le candidat des socialistes», s’amuse-t-il en rappelant les ralliements des ex-ministres. Et quand on lui rappelle le soutien d’élus de droite, il explique qu’il«y un certain opportunisme. Les gens pas sélectionnés pour les législatives veulent tenter leur chance chez Macron», souffle-t-il. Fillon s’arrête sur le nom de l’ancien ministre Renaud Duteil, ex-chiraquien rallié à Emmanuel Macron. «Dutreil, c’était le meilleur ami de Bourgi. C’est lui qui lui a obtenu la légion d’honneur!», lance-t-il en renvoyant la balle dans l’autre camp.

Car si François Fillon reconnaît que «l’avalanche de polémiques et d’affaires» le «fragilise» et que le «FN profite de tout ça» – bien qu’il ne voit pas Marine Le Pen «en mesure de gagner l’élection présidentielle» -, il parie sur «le besoin d’alternance dans le pays». «Personne n’a envie de continuer avec François Hollande et ses amis», martèle-t-il.

Justement, François Fillon en vient à parler de «l’acharnement contre» lui «fait pour (l’)éliminer» et du communiqué du PS de mercredi réclamant son retrait de la campagne. «La gauche a fait une erreur magistrale en réclamant mon départ!», s’indigne-t-il. «Demander à trente jours de l’élection présidentielle du seul candidat qui représente la droite, c’est un déni de démocratie incroyable».

Le candidat LR cite nommément François Hollande: «le président a une responsabilité considérable». «Sa première responsabilité, c’est de faire en sorte que le débat démocratique se déroule dans des conditions normales», insiste le candidat. «Deuxième chose, des soupçons de plus en plus lourds pèsent sur le rôle de Français Hollande dans cette affaire», affirme-t-il en reprenant les accusations qu’il avait portées jeudi soir contre le chef de l’Etat et l’existence d’un «cabinet noir» à l’Elysée. ««Nous en sommes en train d’identifier toutes les infractions mentionnées dans le livre Bienvenue Place Beauvau et dans les jours qui viennent un certain nombre de mes amis rendront publiques ces infractions et demanderont qu’une enquête soit ouverte», détaille-t-il.

Mais François Fillon va plus loin. «On est dans une situation où il est probable que compte tenu des procédures judiciaires je sois sur écoute quand j’apprends que le Président se fait remonter les résultats des écoutes judiciaires à l’Elysée», déclare Fillon. «Cela veut dire que le président de la République peut potentiellement écouter un candidat à l’élection présidentielle. Mais attendez, on est dans quelle démocratie là?», s’insurge-t-il.

Et parce qu’il avait son téléphone dans la main, François Fillon en profite pour faire passer un message. «Pour la petite histoire je ne reçois pas de SMS pendant le débat. D’ailleurs, je n’en ai pas besoin. Je regardais l’heure parce qu’il y a des moments où c’était un peu long. Et je regardais un compte WhatsApp», affirme-t-il. Le député LR Lionel Tardy qui l’accompagnait ce matin a créé un groupe de discussion pour les élus qui soutiennent François Fillon. «Je regardais les commentaires des députés sur le débat, ça m’amusait de voir comment ils réagissaient», glisse Fillon.

A trente jours du premier tour, François Fillon se veut plus «en forme» que jamais. «Je ne redoute rien du tout», conclut-il.


Ecoutes de l’Elysée: Hollande m’a mis sur écoute (Fillon, quoting new book, says Hollande had him tapped)

24 mars, 2017
L’Élysée n’écoute rien. Il n’y a pas de système d’écoutes ici (…). Moi, personnellement, je n’en ai jamais lu une seule. François Mitterrand (02.04. 1993)
Il n’y a pas de cabinet noir à l’Elysée. Il y a un cabinet qui travaille mais nous n’avons pas à nous mêler des affaires et ma position a toujours été l’indépendance de la justice, le respect de la présomption d’innocence, et ne jamais interférer. C’est très différent de mes prédécesseurs. François Hollande (24/03/2017)
Le président Obama est tombé bien bas pour mettre mes téléphones sur écoute durant une période d’élections sacrée. C’est Nixon/Watergate. Une personne malfaisante (ou malade)! Donald Trump
N’oubliez pas : quand je dis écoutes téléphoniques, ces mots étaient entre guillemets […] parce que les écoutes téléphoniques, c’est quelque chose de plutôt vieux jeu. Mais cela recouvre vraiment la surveillance et beaucoup d’autres choses. Donald Trump
Vous savez pourquoi ils m’ont invitée ? Parce que, ce que je viens de vous dire, eux [les journalistes] ne peuvent pas le dire. Christine Angot
Je vais mettre en cause le président de la République. Il y a un livre sur le ministère de l’Intérieur et la place Beauvau dont j’ai pu lire les bonnes feuilles et qui explique comment Hollande fait remonter les écoutes judiciaires à son bureau, comment il est au courant des moindres faits et des filatures. On cherchait un cabinet noir, on l’a trouvé. Je demande qu’une enquête soit ouverte sur les allégations qui sont portées dans ce livre, parce que c’est un scandale d’Etat. Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l’histoire récente de la Ve République, un chef d’Etat n’est jamais allé aussi loin dans l’illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité. François Fillon
J’ai simplement dit qu’il y a un livre qui sort, dont j’ai découvert le contenu ces derniers jours. Il décrit un mécanisme incroyable d’intervention du pouvoir dans les affaires judiciaires. J’ai simplement dit que ce livre fait des révélations qui, si elles s’avèrent exactes, sont un scandale d’État. Il dit que les écoutes remontent directement à l’Elysée, que le président de la République a connaissance de toutes les procédures, etc. Je ne sais pas si c’est vrai ! Donc, il doit y avoir une enquête. François Fillon
Le retour aux affaires des chiraquiens nourrit bien évidemment le soupçon d’un cabinet noir.  Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire!  Mais l’addition d’indices troubles et de témoignages étonnants interroge. Plusieurs observateurs bien placés dans l’appareil ploicier nous ont ainsi décrit par le menu l’existence d’une structure clandestine, aux ramifications complexes et dont le rayon d’action ne serait pas cantonné au seul renseignement territorial.  (…) Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit. D’abord il y a Tracfin, le service de renseignement de Bercy, le ministère piloté durant tout le quinquennat par Michel Sapin, un ami de quarante ans du Président. La plupart des affaires judiciaires qui ont empoisonné Sarko et les siens ont trouvé leurs racines ici, dans cet immeuble ultra-sécurisé du 9e arrondissement de Paris, entièrement classé secret-défense. Là, cent vingt fonctionnaires sont habilités à fourrer leur nez dans les comptes en banque de n’importe qui.  Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé
Quelquefois ce n’est pas l’information elle-même qui est révélatrice de l’époque dans laquelle nous vivons, mais plutôt les réactions qu’elle suscite, et la manière dont elle nous est présentée. Ou occultée. (…) Hier, au cours d’une conférence de presse, Devin Nunes, actuel président de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants a confirmé que des agences de renseignement américaines avaient collecté des informations concernant des citoyens américains participant au processus de transition de l’administration suite à l’élection de Donald Trump. Il a précisé que ces collectes, très probablement légales, avaient été réalisées entre novembre 2016 et janvier de cette année et ne concernaient en aucune manière la Russie.   Le problème, selon lui, est qu’un certain nombre de ces documents laissaient clairement deviner l’identité réelle des citoyens américains concernés, et que ces documents avaient largement circulé parmi des responsables (autorisés) de l’administration Obama  (…) Il a ajouté que la Commission du renseignement allait procéder à une enquête approfondie concernant ces opérations de surveillance et la dissémination des informations (confidentielles, ndlr) qui en résultèrent. Soulignant que ces écoutes avaient probablement été récoltées de manière fortuite, c’est-à-dire que les personnes concernées n’étaient pas directement visées par la surveillance, Devin Nunes a jugé troublant que leurs identités aient été «dévoilées» et s’est interrogé sur les raisons de ce choix. Mais le fait que l’élu républicain aille directement voir le locataire de la Maison Blanche sans informer au préalable les autres membres de la Commission du renseignement a provoqué le colère des démocrates qui ont dénoncé un coup politique. Lors d’une audition parlementaire lundi, le directeur du FBI avait affirmé ne disposer d’aucune information permettant d’accréditer la thèse d’écoutes de la Trump Tower mise en avant par Donald Trump. (…) C’est étrange, à l’époque où nous vivons, plus connectée que jamais, les nouvelles ont toujours du mal à franchir l’Atlantique, et quand elles le font, quelquefois, le contenu fait penser à ce qui reste d’un message après avoir été transmis par « téléphone arabe ». Alors précisons tout de suite que cette news avait fait l’objet d’une dépêche AFP dont le contenu reste encore accessible aujourd’hui dans le cache de Google.  Bon alors évidemment, c’est l’AFP, c’est l’aspect « téléphone arabe » de la chose.  Soit ils sont sourds, soit ils sont moins-comprenants, soit [mettez ici ce que vous voulez]. Parce qu’en effet le contenu (…) Ne semble pas refléter (c’est un euphémisme) les propos de l’intéressé, dont la vidéo est disponible un peu partout. Et dans la presse française ça devient… Apparemment, quelques idées se seraient encore perdues en cours de route, d’autres auraient été ajoutées, bref, c’est plus de l’intox, ça confine à l’art abstrait (France24) : Le président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants a affirmé mercredi que des communications de l’équipe Trump, voire de Donald Trump lui-même, avaient été interceptées pendant la période de transition. Donald Trump, dans la tourmente pour avoir accusé sur Twitter, sans éléments de preuve, Barack Obama de l’avoir placé sur écoute, s’est dit, mercredi 22 mars, conforté par les déclarations d’un élu républicain sur de possibles opérations de surveillance qui n’avaient pas été révélées à ce jour. Devin Nunes, président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, a affirmé, tout en restant avare en détails, que les agences de renseignement américaines avaient intercepté des communications des membres de l’équipe Trump, voire de Donald Trump lui-même, durant la période de transition. «Il y a beaucoup d’informations dans les rapports que j’ai vus qui m’amènent à penser que l’administration précédente et nombre d’agences avaient une très bonne idée de ce que le président élu Trump faisait», a déclaré l’élu républicain, après avoir rencontré le chef de l’État à la Maison Blanche. «J’ai pensé qu’il était important que le président le sache», a-t-il ajouté. Donald Trump, qui s’exprimait au même moment lors d’une table ronde avec des élus afro-américains, a fait part de sa satisfaction. « Êtes-vous conforté par ces déclarations ? », lui a demandé un journaliste.  « Oui, d’une certaine manière. Je suis content qu’ils aient trouvé ce qu’ils ont trouvé », a-t-il répondu, sans autres précisions. Soulignant que ces écoutes avaient probablement été récoltées de manière fortuite, c’est-à-dire que les personnes concernées n’étaient pas directement visées par la surveillance, Devin Nunes a jugé troublant que leurs identités aient été «dévoilées» et s’est interrogé sur les raisons de ce choix. Mais le fait que l’élu républicain aille directement voir le locataire de la Maison Blanche sans informer au préalable les autres membres de la Commission du renseignement a provoqué le colère des démocrates qui ont dénoncé un coup politique. Lors d’une audition parlementaire lundi, le directeur du FBI avait affirmé ne disposer d’aucune information permettant d’accréditer la thèse d’écoutes de la Trump Tower mise en avant par Donald Trump. Source France24 avec AFP (…)  Exit donc le principal sujet de la conférence, à savoir que le nom des personnes sous écoutes étaient facilement reconnaissables (quand ils n’étaient pas en clair), et bonjour un tout nouveau grief, qui ne figure absolument pas dans la déclaration de l’intéressé : « voire de Donald Trump lui-même ».  Or Devin Nunes a déclaré, au contraire, que ces écoutes concernaient des personnes liées à la transition présidentielle, et non le président lui-même ou des membres de l’équipe de campagne (cela se passe après l’élection, ndlr). Une accusation pareille serait gravissime, surtout venant du président de la Commission du Renseignement, et à ce titre, l’invention pure et simple d’un pareil argument devrait valoir au journal qui l’aurait publié un joli macaron DecodexTM rouge, et la qualification de « fake news » sans parler du joli petit article dans Crosscheck qui va bien avec. Le Vilain petit canard
Les écoutes de l’Élysée, c’est l’un des premiers scandales de la présidence Mitterrand. En 1982, le chef de l’État souhaite la création d’une cellule antiterroriste à l’Élysée. Plusieurs gendarmes, dont Christian Prouteau, la composent. Il s’agit alors d’assurer la protection du président, ébranlée après l’attentat de la rue des Rosiers, et pour les gendarmes de dénicher de vraies informations afin de gommer l’affaire des Irlandais de Vincennes. Mais l’objet de la cellule déborde vite de ce cadre, qu’on pourrait qualifier d’intérêt général. Les gendarmes ouvrent de plus en plus grandes leurs oreilles. Les vingt lignes téléphoniques mises à leur disposition tournent à plein régime, hors des circuits officiels, au service quasi personnel de François Mitterrand. Avec des mobiles souvent fallacieux, on épie Jean-Edern Hallier – décidé à révéler l’existence de Mazarine Pingeot -, Carole Bouquet – peut-être parce que son mari d’alors était proche de la présidence algérienne -, Charles Pasqua, l’académicien Michel Droit… Et, dans cette liste assez extravagante, le journaliste du Monde Edwy Plenel, dont la mise sur écoute fut demandée expressément par François Mitterrand. L’affaire est jugée en 2004. Sur le banc des accusés, douze prévenus, douze maillons de la chaîne, du supergendarme Christian Prouteau à l’ancien directeur de cabinet de François Mitterrand, Gilles Ménage, en passant par celui du Premier ministre Laurent Fabius, Louis Schweitzer. François Mitterrand, décédé huit ans plus tôt, n’en est pas moins au coeur des débats. C’est le tribunal qui l’affirme : « Un grand nombre des écoutes reprochées aux différents prévenus ont pour origine une décision ou un choix émis par la plus haute autorité de l’État, à savoir le président de la République. » Sept des onze prévenus, dont Prouteau et Ménage, sont condamnés, ce que confirmera la Cour de cassation. Au tribunal, il manque un prévenu : le capitaine Guézou, le gendarme qui transcrivait les conversations et les apportait à l’Élysée. Le 12 décembre 1994, quelques jours après sa mise en examen, il s’est pendu. Le Point
Très clairement, un système a été mis en place, des hommes de confiance ont été placés à des postes stratégiques de façon à faire remonter les informations utiles. Ce qu’on appelle informations utiles, évidemment à l’Elysée, ce sont les informations qui concernent les affaires judiciaires qui visent Nicolas Sarkozy. (…) C’est simplement une organisation en fait. On appelle ça un cabinet noir mais c’est la mise en place d’une organisation, c’est-à-dire d’un système de relais au Ministère de la Justice, donc au cabinet du ministre, de la ministre à l’époque où on écrivait encore. Et puis aussi au Ministère de l’Intérieur et en tout cas, dans tous les endroits où des informations susceptibles d’être utilisées peuvent remonter. Stéphanie Marteau (20/04/2016)
Pour nous, l’affaire la plus symptomatique, c’est celle des écoutes contre Nicolas Sarkozy dans l’affaire incidente Bettencourt lorsque le parquet national financier lance une enquête sur le financement de la campagne électorale de 2007 de Nicolas Sarkozy. (…) En fait, on choisit en général les gens qui sont amenés à enquêter sur ces affaires. (…) Très concrètement, les policiers sont choisis en fonction de leurs états de service en général proches du pouvoir. Et notamment, l’enquête qui a été menée sur cette affaire par l’Office anticorruption de la Direction centrale de la Police judiciaire était dirigée et l’équipe d’enquête est clairement proche du pouvoir et proche du parti socialiste. (….) On choisit les gens mais ce ne sont pas que des magistrats. (…) Vous avez aussi des magistrats qui résistent. Par exemple, le procureur-général François Faletti (…) qu’on a mis à la retraite d’office, qui est quelqu’un qui a longtemps résisté à cette tendance à divulguer des informations sorties du dossier d’instruction afin qu’elles soient médiatisées et portent préjudice évidemment à Nicolas Sarkozy. Aziz Zemouri  (20/04/2016)
Les auteurs ne valident pas à proprement parler cette thèse du cabinet noir. « Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire! » Mais ils pointent tout de même « l’addition d’indices troubles et de témoignages étonnants. (…) Plusieurs observateurs bien placés dans l’appareil policier nous ont ainsi décrit par le menu l’existence d’une structure clandestine, aux ramifications complexes ». En fait, sans apporter la démonstration d’une orchestration des affaires judiciaires, ils éreintent la thèse selon laquelle l’Elysée aurait découvert la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy dans la presse. Et les auteurs d’affirmer que François Hollande, comme d’autres avant lui, a utilisé les administrations régaliennes pour recueillir des informations sur ses adversaires politiques. « L’impréparation, la méconnaissance de l’appareil policier et judiciaire ainsi que les circonstances ont très vite amené François Hollande à renier ses principes et adopter des méthodes qui n’ont rien à envier à celles de ses prédécesseurs ». Le livre décrit surtout comment l’Elysée a tenté de faire pièce aux réseaux sarkozystes, qui avaient noyauté l’appareil policier et judiciaire depuis une décennie. François Hollande a ainsi placé soit des proches soit des anciens chiraquiens à la plupart des postes clefs: à Tracfin, la cellule de renseignement de Bercy, à la Direction des affaires criminelles et des grâces, place Vendôme, et bien sûr au sein des renseignements et de la police.  Un chapitre est notamment consacré à Bernard Bajolet, patron de la DGSE, le service extérieur. Surnommé « l’autre espion du président », il reste tout de même relativement épargné par les auteurs. « Il est à Hollande ce que Squarcini était à Sarkozy, la faconde en moins, la rigueur et le courage en plus. L’un était flic de renseignement, amateur de coups tordus. L’autre est un diplomate, expert en rapport de force ». Le livre s’attarde aussi longuement sur l’affrontement, plus surprenant, entre François Hollande et Manuel Valls pour le contrôle de l’appareil d’Etat. Car il n’y a pas que les sarkozystes qui accusent l’Elysée d’avoir fomenté des coups bas contre leur champion, les vallsistes aussi. L’enquête sur le financement de l’orchestre de son épouse Anne Gravoin, qui a fuité dans l’Obs, aurait ainsi été conduite par « une société d’intelligence économique proche de l’Élysée, qui travaille en sous-main avec la DGSE… » Ils notent aussi qu’un proche de Hollande, Pierre-René Lemas, à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), est à l’origine de l’enquête judiciaire sur les contrats noués entre la CDC et le criminologue Alain Bauer, ami intime de Valls. Challenges
«La seule personne qui croit qu’il y a un cabinet noir à l’Élysée, c’est François Fillon », s’aventure même notre volatile, très vite devenu bien tatillon. Comparons. «Derrière ces ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande», écrit celui qui dénonce (dénonçait ?) dans son livre « les secrets inavouables d’un quinquennat ». On pourrait s’arrêter là. Mais, bon public, continuons. « Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit. D’abord il y a Tracfin, le service de renseignement de Bercy, le ministère piloté durant tout le quinquennat par Michel Sapin, un ami de quarante ans du Président[sic]. La plupart des affaires judiciaires qui ont empoisonné Sarko et les siens ont trouvé leurs racines ici, dans cet immeuble ultra-sécurisé du 9e arrondissement de Paris, entièrement classé secret-défense. Là, cent vingt fonctionnaires sont habilités à fourrer leur nez dans les comptes en banque de n’importe qui. » Encore ? « Depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, c’est comme si une malédiction judicaire s’était abattue sur son prédécesseur. » Une dernière : un « cabinet noir » ? « Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire ! » Mais il existe une « addition d’indices troubles et de témoignages étonnants » En effet, Didier Hassoux « n’a pas dit ça ».  Mieux, on déduit de la lecture de son enquête que François Hollande serait à l’origine de toutes les affaires qui ont touché le camp adverse pendant son mandat, sauf de celle-là. C’est vrai quoi, François Fillon on n’y touche pas. La preuve, le président l’a (re)dit lui-même ce matin: « il n’y a pas de cabinet noir à l’Elysée » (il n’a pas parlé de Bercy). C’est clair ? « Macron c’est moi » mais François Fillon c’est pas moi ! Si le malheur de l’un fait le bonheur de mon poulain c’est totalement fortuit. « Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire. […] Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante. […]Moi président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur. » J’utiliserai seulement comme tel celui de mon prédécesseur pour mieux faire en sorte de choisir mon successeur. Ah non pardon, ça non plus il ne l’a pas dit… Causeur
Les bonnes feuilles de Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat, que nous publions, éclaboussent comme jamais auparavant la présidence de François Hollande. L’affaire est grave. Elle met en lumière les dérives de la présidence de la République, qui a cherché à s’informer et à déstabiliser, par (presque) tous les moyens, ses opposants. Trois journalistes d’investigation lèvent ainsi le voile sur la manière dont François Hollande a tenté d’utiliser le ministère de l’Intérieur et ses outils de surveillance et de collecte d’informations pour servir sans succès un intérêt politique : sa réélection. Mais aussi la presse, en n’hésitant pas à faire fuiter opportunément des informations compromettantes sur ses opposants, jusque dans son propre camp, comme ce fut le cas manifestement contre Manuel Valls et son équipe rapprochée — son chef de cabinet sera photographié au téléobjectif. L’espionnage politique au sommet de l’État semble être devenu une manie, tout comme les nominations au sein de l’appareil judiciaire, pour pouvoir “être branché” en permanence avec les affaires politico-financières du moment. À lire les trois auteurs, les écoutes téléphoniques et la diffusion de leurs transcriptions sur des “blancs” se sont presque généralisées. Plus accablant : la production de ces notes blanches sur la vie privée de concurrents et sur les affaires judiciaires touchant à la politique a même explosé depuis 2012. Méthodiquement, chaque adversaire politique fait l’objet d’un traitement individuel avec une utilisation systématique de leviers variés : campagnes de presse, divulgations de procédures judiciaires, révélations et menaces sur la vie privée de candidats potentiels à la présidentielle. Les auteurs du livre ne l’affirment-ils pas ? « Derrière ces ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande. » Pas vraiment classés à droite, Didier Hassoux, journaliste au Canard enchaîné, Christophe Labbé, qui a rejoint le “palmipède” il y a quelques mois après avoir été au Point pendant de longues années, tout comme Olivia Recasens, qui a quitté l’hebdomadaire il y a quelques semaines, publient cette enquête implacable nourrie aux meilleures sources. S’ils révèlent que le chef de l’État ne s’était pas préparé à prendre en main l’appareil policier, ils racontent comment toutefois il se serait servi d’un cabinet noir pour discréditer ses concurrents à la présidentielle de 2017. Élection à laquelle il s’était préparé à concourir en duel face à Nicolas Sarkozy, avant de se prendre les pieds dans le tapis et de finalement disparaître du jeu. En octobre 2013, lorsque Valeurs actuelles révèle l’existence d’un cabinet noir à l’Élysée, personne n’imagine ce qui va être écrit moins de quatre ans plus tard dans ce livre, qui prouve et même aggrave — si les informations sont confirmées — les charges pesant contre l’Élysée. Une cellule aux ramifications profondes, dans les plus hautes sphères de l’appareil de l’État, a été mise en place par François Hollande. Objectif : empêcher par tous les moyens que Nicolas Sarkozy puisse se présenter à l’élection présidentielle. Écoutes abusives, fuites de dossiers judiciaires (en théorie protégés par le secret de l’instruction), publication des comptes rendus de ses auditions devant les juges et de ses conversations téléphoniques. Les policiers et les magistrats qui nourrissent la presse, en violation de la loi, ne seront jamais inquiétés. Sous la pression, Nicolas Sarkozy sera même obligé d’ouvrir une ligne sous un faux nom — Paul Bismuth — afin d’échanger avec son avocat — un comble ! — pour échapper aux écoutes. Même ce téléphone finira par être identifié par la justice et finalement placé, lui aussi, sur écoute. Le système médiatique, aidé par une partie de l’appareil judiciaire et de certains fonctionnaires de police, participe ainsi au petit jeu de massacre. Alors qu’arrive la fin du quinquennat, les langues se délient. Et les acteurs de la présidence Hollande livrent les secrets les plus inavouables. Déjà, dans l’Élysée off , Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri, en 2016, confirmaient : « Oui, il y a bien un cabinet noir à l’Élysée. » Selon eux, les informations collectées transitent par Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Élysée, qui les « distille ensuite au président de la République ». Sans surprise, François Fillon est depuis le début de sa campagne sous le feu nourri du même système qui ne veut pas de candidat de droite à la présidentielle. Qu’il s’appelle Sarkozy ou Fillon. Le candidat aura mis du temps à établir les liens. Il a affaire aux mêmes juges que Nicolas Sarkozy : Serge Tournaire, Aude Buresi ; au même service d’enquête, l’OCLCIFF ; au même parquet, le PNF ; les journalistes qui bénéficient de la violation du secret de l’instruction pour publier leurs scoops sont aussi précisément les mêmes. La technique des “poupées russes” ou des “filets dérivants” se révèle d’une efficacité redoutable : une affaire permet d’en ouvrir une autre, et ainsi de suite. Diaboliquement efficace pour convaincre l’opinion publique de la culpabilité d’un homme politique. Mais aussi, de moins en moins discrète, c’est l’objet de cette enquête : montrer comment, depuis le sommet de l’État, sont orchestrées les cabales politiques, judiciaires et médiatiques. Valeurs actuelles

Surveillance, écoutes abusives, diffusion de leurs transcriptions sur des “blancs”, collecte d’informations,  fuites opportunes d’informations compromettantes et de dossiers judiciaires (en théorie protégés par le secret de l’instruction), publication dans la presse des comptes rendus des auditions devant les juges et des conversations téléphoniques, nominations au sein de l’appareil judiciaire pour pouvoir “être branché” en permanence avec les affaires politico-financières du moment, campagnes de presse, divulgations de procédures judiciaires, révélations et menaces sur la vie privée de candidats potentiels à la présidentielle, cabinet noir pour discréditer ses concurrents, technique des “poupées russes” ou des “filets dérivants” (une affaire permet d’en ouvrir une autre, et ainsi de suite) …

Nous avions un Obama Big brother à l’Elysée et nous ne le savions pas !

A l’heure où commencent à se confirmer aux Etats-Unis les rumeurs d’écoutes de l’Administration Obama …

Pour tenter d’empêcher l’élection puis de discréditer l’élu du peuple américain …

Au lendemain d’une invitation du candidat de la droite sur la télévision d’Etat …

Qui, commissaire politique déguisée en « invitée surprise » comprise, avait tout d’un traquenard

Devinez qui de ce côté-ci de l’Atlantique …

Et 30 ans après les tristement célèbres écoutes du président Mitterrand

Semble se profiler derrière l’évidente machination

Qui entre campagnes de presse et divulgations de procédures judiciaires …

Et en dépit des étranges dénégations de dernière minute de ceux par qui le scandale est arrivé …

Vise à éliminer le seul candidat crédible de l’alternance ?

Les dossiers noirs de l’Élysée (écoutes, filatures, surveillance…)
Louis de Raguenel
Valeurs actuelles

23 mars 2017

En couverture. Écoutes, filatures, surveillance : un livre révèle les manoeuvres de François Hollande pour combattre ses adversaires politiques. Une enquête accablante qui achève le président sortant.

Les bonnes feuilles de Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat, que nous publions, éclaboussent comme jamais auparavant la présidence de François Hollande. L’affaire est grave. Elle met en lumière les dérives de la présidence de la République, qui a cherché à s’informer et à déstabiliser, par (presque) tous les moyens, ses opposants. Trois journalistes d’investigation lèvent ainsi le voile sur la manière dont François Hollande a tenté d’utiliser le ministère de l’Intérieur et ses outils de surveillance et de collecte d’informations pour servir sans succès un intérêt politique : sa réélection. Mais aussi la presse, en n’hésitant pas à faire fuiter opportunément des informations compromettantes sur ses opposants, jusque dans son propre camp, comme ce fut le cas manifestement contre Manuel Valls et son équipe rapprochée — son chef de cabinet sera photographié au téléobjectif.

« Difficile de ne pas voir la patte de Hollande »

L’espionnage politique au sommet de l’État semble être devenu une manie, tout comme les nominations au sein de l’appareil judiciaire, pour pouvoir “être branché” en permanence avec les affaires politico-financières du moment. À lire les trois auteurs, les écoutes téléphoniques et la diffusion de leurs transcriptions sur des “blancs” se sont presque généralisées. Plus accablant : la production de ces notes blanches sur la vie privée de concurrents et sur les affaires judiciaires touchant à la politique a même explosé depuis 2012. Méthodiquement, chaque adversaire politique fait l’objet d’un traitement individuel avec une utilisation systématique de leviers variés : campagnes de presse, divulgations de procédures judiciaires, révélations et menaces sur la vie privée de candidats potentiels à la présidentielle. Les auteurs du livre ne l’affirment-ils pas ? « Derrière ces ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande. »

Pas vraiment classés à droite, Didier Hassoux, journaliste au Canard enchaîné, Christophe Labbé, qui a rejoint le “palmipède” il y a quelques mois après avoir été au Point pendant de longues années, tout comme Olivia Recasens, qui a quitté l’hebdomadaire il y a quelques semaines, publient cette enquête implacable nourrie aux meilleures sources. S’ils révèlent que le chef de l’État ne s’était pas préparé à prendre en main l’appareil policier, ils racontent comment toutefois il se serait servi d’un cabinet noir pour discréditer ses concurrents à la présidentielle de 2017. Élection à laquelle il s’était préparé à concourir en duel face à Nicolas Sarkozy, avant de se prendre les pieds dans le tapis et de finalement disparaître du jeu.

La technique des “poupées russes” ou des “filets dérivants” se révèle d’une efficacité redoutable

En octobre 2013, lorsque Valeurs actuelles révèle l’existence d’un cabinet noir à l’Élysée, personne n’imagine ce qui va être écrit moins de quatre ans plus tard dans ce livre, qui prouve et même aggrave — si les informations sont confirmées — les charges pesant contre l’Élysée. Une cellule aux ramifications profondes, dans les plus hautes sphères de l’appareil de l’État, a été mise en place par François Hollande. Objectif : empêcher par tous les moyens que Nicolas Sarkozy puisse se présenter à l’élection présidentielle. Écoutes abusives, fuites de dossiers judiciaires (en théorie protégés par le secret de l’instruction), publication des comptes rendus de ses auditions devant les juges et de ses conversations téléphoniques. Les policiers et les magistrats qui nourrissent la presse, en violation de la loi, ne seront jamais inquiétés. Sous la pression, Nicolas Sarkozy sera même obligé d’ouvrir une ligne sous un faux nom — Paul Bismuth — afin d’échanger avec son avocat — un comble ! — pour échapper aux écoutes. Même ce téléphone finira par être identifié par la justice et finalement placé, lui aussi, sur écoute. Le système médiatique, aidé par une partie de l’appareil judiciaire et de certains fonctionnaires de police, participe ainsi au petit jeu de massacre.

Alors qu’arrive la fin du quinquennat, les langues se délient. Et les acteurs de la présidence Hollande livrent les secrets les plus inavouables. Déjà, dans l’Élysée off , Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri, en 2016, confirmaient : « Oui, il y a bien un cabinet noir à l’Élysée. » Selon eux, les informations collectées transitent par Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Élysée, qui les