Mai 68/50e: Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es (1968 all over again or peaking leftism ? – After the silly and shallow “inequality” talk of the Obama years, the signs of progressivism in decadence are everywhere)

29 octobre, 2017
CRSS = SS
 
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
Somebody who speaks to common-sense American values — that is what the Democrats need. A Democratic Party that can’t tell me how many genders there are, that ain’t flying in this country. Chuck Coughlin (Republican political consultant)
Trump had that “kind of bluntness and occasionally even crass language which, if nothing else, at least meant authenticity. The president just hit a lot of nerves that a lot of conventional politicians didn’t even know were there. (…) Many African-Americans are focused on a particular set of facts and circumstances” that “drive that conduct, that protest. But when many other Americans see it, and Americans of all races, they think “gosh, these guys all have it pretty good. You know they make a really good living, playing football. This country’s been really good to them. And so, even if they have an ax to grind, they shouldn’t grind it against the country or its symbol or its anthem. there’s simply no getting around that when you make that choice you’re going to alienate a lot of Americans. Jay Heiler (lawyer)
The Democratic Party has not yet begun a serious reckoning with its defeat last year. It hasn’t grasped the degree to which it lives, still, in a coastal echo chamber of identity politics and Trump-bashing. Just being anti-Trump won’t cut it … Trump winks at white supremacists, thrives on confrontation and debases the Oval Office. But it would be a huge mistake to conclude from this that his defeat is inevitable; or that his supporters do not include millions of decent, smart Americans who just view the world differently. Americans who feel culturally alienated from the globalized metropolis (and sense that their worldview elicits contempt in a Democratic Party that often seems to have lost touch with ordinary Americans). An overriding lesson of 2016 for liberals is that without hard-nosed realism about the state of the country and Trump’s talents, you lose. And that’s the truth. Roger Cohen
 Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. (…) Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech (« L’Ensauvagement: le retour de la barbarie au XXIe siècle », 2005)
L’URSS a connu en 1932-1933 une sérieuse disette conduisant à un strict renforcement du rationnement, pas une famine et en tout cas pas une famine à « six millions de morts… Annie Lacroix-Riz
“In the spring of 1932 desperate officials, anxious for their jobs and even their lives, aware that a new famine might be on its way, began to collect grain wherever and however they could. Mass confiscations occurred all across the U.S.S.R. In Ukraine they took on an almost fanatical intensity. » I am quoting a few lines from “Red Famine,” Anne Applebaum’s brilliant new history of the deliberate policy of mass starvation inflicted on Ukraine by Joseph Stalin in the early 1930s. An estimated five million or more people perished in just a few years. Walter Duranty, The Times’s correspondent in the Soviet Union, insisted the stories of famine were false. He won a Pulitzer Prize in 1932 for reportage the paper later called “completely misleading.” How many readers, I wonder, are familiar with this history of atrocity and denial, except in a vague way? How many know the name of Lazar Kaganovich, one of Stalin’s principal henchmen in the famine? What about other chapters large and small in the history of Communist horror, from the deportation of the Crimean Tatars to the depredations of Peru’s Shining Path to the Brezhnev-era psychiatric wards that were used to torture and imprison political dissidents? Why is it that people who know all about the infamous prison on Robben Island in South Africa have never heard of the prison on Cuba’s Isle of Pines? Why is Marxism still taken seriously on college campuses and in the progressive press? Do the same people who rightly demand the removal of Confederate statues ever feel even a shiver of inner revulsion at hipsters in Lenin or Mao T-shirts? These aren’t original questions. But they’re worth asking because so many of today’s progressives remain in a permanent and dangerous state of semi-denial about the legacy of Communism a century after its birth in Russia. (…) they will insist that there is an essential difference between Nazism and Communism — between race-hatred and class-hatred; Buchenwald and the gulag — that morally favors the latter. They will attempt to dissociate Communist theory from practice in an effort to acquit the former. They will balance acknowledgment of the repression and mass murder of Communism with references to its “real advances and achievements.” They will say that true communism has never been tried. They will write about Stalinist playwright Lillian Hellman in tones of sympathy and understanding they never extend to film director Elia Kazan. (…) intellectuals have a long history of making fools of themselves with their political commitments, and that the phenomenon is fully bipartisan. But the consequences of the left’s fellow-traveling and excuse-making are more dangerous. Venezuela is today in the throes of socialist dictatorship and humanitarian ruin, having been cheered along its predictable and unmerry course by the usual progressive suspects. One of those suspects, Jeremy Corbyn, may be Britain’s next prime minister, in part because a generation of Britons has come of age not knowing that the line running from “progressive social commitments” to catastrophic economic results is short and straight. (…) It’s a bitter fact that the most astonishing strategic victory by the West in the last century turns out to be the one whose lessons we’ve never seriously bothered to teach, much less to learn. An ideology that at one point enslaved and immiserated roughly a third of the world collapsed without a fight and was exposed for all to see. Yet we still have trouble condemning it as we do equivalent evils. And we treat its sympathizers as romantics and idealists, rather than as the fools, fanatics or cynics they really were and are. Winston Churchill wrote that when the Germans allowed the leader of the Bolsheviks to travel from Switzerland to St. Petersburg in 1917, “they turned upon Russia the most grisly of all weapons. They transported Lenin in a sealed truck like a plague bacillus.” A century on, the bacillus isn’t eradicated, and our immunity to it is still in doubt. Bret Stephens
A progressive panic attack begins as the Obama era wanes. If it seems to you that the Left has, collectively, lost its damned mind as the curtain rises on the last act of the Obama administration, you are not imagining things. Barack Obama has been extraordinarily successful in his desire to — what was that phrase? — fundamentally transform the country, but the metamorphosis is nonetheless a good deal less than his congregation wanted and expected. (…) We have seen an extraordinary outburst of genuine extremism — and genuine authoritarianism — in the past several months, and it will no doubt grow more intense as we approach the constitutional dethroning of the mock messiah to whom our progressive friends literally sang hymns of praise and swore oaths of allegiance. (“I pledge to be a servant to our president” — recall all that sieg heil creepiness.) There is an unmistakable stink of desperation about this, as though the Left intuits what the Right dares not hope: that the coming few months may in fact see progressivism’s cultural high-water mark for this generation. If there is desperation, it probably is because the Left is starting to suspect that the permanent Democratic majority it keeps promising itself may yet fail to materialize. (…) With young people trending pro-life, that old black magic ain’t what it used to be. It feels like time is running out. So it isn’t sufficient that same-sex marriages be legalized; bakers and florists must be locked in prison if they decline to participate in a gay couple’s ceremony. It isn’t sufficient that those wishing to undergo sex-change surgery be permitted to go their own way; the public must pay for it, and if Bruce Jenner is still “Bruce” to you, you must be driven from polite society. It isn’t enough that the Left dominate the media and pop culture; any attempt to compete with it must be criminalized in the name of “getting big money out of politics.” Not the New York Times’s money, or Hollywood’s money, or the CEO of Goldman Sachs’s money — just the wrong sort of people’s money. Every major Democratic presidential candidate and every Democratic senator is on record supporting the repeal of the First Amendment’s free-speech protections — i.e., carving the heart out of the Bill of Rights — to clear the way for putting all public debate under political discipline. Like it or not, you will be shackled to hope and change. The hysterical shrieking about the fictitious rape epidemic on college campuses, the attempts to fan the unhappy events in Ferguson and Baltimore into a national racial conflagration, the silly and shallow “inequality” talk — these are signs of progressivism in decadence. So is the brouhaha over the Confederate flag in South Carolina in the wake of the horrific massacre at Emanuel AME Church.  (…) Yet Lost Cause romanticism was very much in fashion for a moment, and not only among Confederate revanchists; Joan Baez, no redneck she, made a great deal of money with her recording of “The Night They Drove Old Dixie Down” in 1971. (…) It is strange and ironic that adherents of the Democratic party — which was, for about 140 years, not only the South’s but the world’s leading white-supremacist organization — should work themselves up over one flag, raised by their fellow partisans, at this late a date; but, well, welcome to the party. Yet Democratic concern about racist totems is selective: The Democrats are not going to change the name of their party, cancel the annual Jefferson-Jackson dinner, or stop naming things after Robert Byrd, senator and Exalted Cyclops of the Ku Klux Klan. Hillary Clinton is not going to be made to answer for her participation in a political campaign that featured Confederate-flag imagery. The Confederate flag, and other rebel iconography, is a marker of Southern distinctiveness, which, like American distinctiveness, is inextricably bound up with the enslavement and oppression of black people. But only the South is irredeemable in the Left’s view, and it has been so only since about 1994, when it went Republican. Which is to say, the Confederate flag is an emblem of regional distinctiveness disapproved of by 21st-century Democrats. Their reinvigorated concern is awfully nice: When the South actually was a segregationist backwater that African-Americans were fleeing by the million — when Democrats were running the show — they were ho-hum. Today the South is an economic powerhouse, dominated by Republicans, and attracting new African-American residents by the thousands. And so the Left and its creature, the Democratic party, insist that Southern identity as such must be anathematized. The horrific crime that shocked the nation notwithstanding, black life in Charleston remains very different, in attractive ways, from black life in such Left-dominated horror shows as Cleveland and Detroit, and the state’s governor is, in the parlance of identity politics, a woman of color — but she is a Republican, too, and therefore there must be shrieking, rending of garments, and gnashing of teeth. (…) What’s going to happen between now and November 8 of next year will be a political campaign on one side of the aisle only. On the other side, it’s going to be something between a temper tantrum and a panic attack. Kevin D. Williamson (24.06. 2015)
The United States and the world appear to be reliving the language, politics, and global instability of 1968 Almost a half-century ago, in 1968, the United States seemed to be falling apart. The Vietnam War, a bitter and close presidential election, antiwar protests, racial riots, political assassinations, terrorism, and a recession looming on the horizon left the country divided between a loud radical minority and a silent conservative majority. The United States avoided a civil war. But America suffered a collective psychological depression, civil unrest, defeat in Vietnam, and assorted disasters for the next decade — until the election of a once-polarizing Ronald Reagan ushered in five consecutive presidential terms of relative bipartisan calm and prosperity from 1981 to 2001. It appears as if 2017 might be another 1968. Recent traumatic hurricanes seem to reflect the country’s human turmoil. After the polarizing Obama presidency and the contested election of Donald Trump, the country is once again split in two. But this time the divide is far deeper, both ideologically and geographically — and more 50/50, with the two liberal coasts pitted against red-state America in between. Century-old mute stone statues are torn down in the dead of night, apparently on the theory that by attacking the Confederate dead, the lives of the living might improve. All the old standbys of American life seem to be eroding. The National Football League is imploding as it devolves into a political circus. Multimillionaire players refuse to stand for the national anthem, turning off millions of fans whose former loyalties paid their salaries. Politics — or rather a progressive hatred of the provocative Donald Trump — permeates almost every nook and cranny of popular culture. The new allegiance of the media, late-night television, stand-up comedy, Hollywood, professional sports, and universities is committed to liberal sermonizing. Politically correct obscenity and vulgarity among celebrities and entertainers are a substitute for talent, even as Hollywood is wracked by sexual-harassment scandals and other perversities. The smears “racist,” “fascist,” “white privilege,” and “Nazi” — like “Commie” of the 1950s — are so overused as to become meaningless. There is now less free speech on campus than during the McCarthy era of the early 1950s. As was the case in 1968, the world abroad is also falling apart. The European Union, model of the future, is unraveling. The EU has been paralyzed by the exit of Great Britain, the divide between Spain and Catalonia, the bankruptcy of Mediterranean nation members, insidious terrorist attacks in major European cities, and the onslaught of millions of immigrants — mostly young, male, and Muslim — from the war-torn Middle East. Germany is once again becoming imperious, but this time insidiously by means other than arms. The failed state of North Korea claims that it has nuclear-tipped missiles capable of reaching America’s West Coast — and apparently wants some sort of bribe not to launch them. Iran is likely to follow the North Korea nuclear trajectory. In the meantime, its new Shiite hegemony in the Middle East is feeding on the carcasses of Syria and Iraq. Is the chaos of 2017 a catharsis — a necessary and long overdue purge of dangerous and neglected pathologies? (…) Is the instability less a symptom that America is falling apart and more a sign that the loud conventional wisdom of the past — about the benefits of a globalized economy, the insignificance of national borders, and the importance of identity politics — is drawing to a close, along with the careers of those who profited from it? Victor Davis Hanson
I had to vote for Obama. I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president. Republican
The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism. All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. (…) America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us. White guilt (…) is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. (…) It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is. (…) Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.” For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist. Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. (…) Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. (…) Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. (…) Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption. Shelby Steele
For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens. But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance. The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice. The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored. First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. (…) in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades. So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline. As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits. Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.” The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. (…) The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons. Bruce Thornton
I think one of the healthy things about the United States is precisely this: there’s very little respect for intellectuals as such. And there shouldn’t be. What’s there to respect? I mean, in France if you’re part of the intellectual elite and you cough, there’s a front-page story in Le Monde. That’s one of the reasons why French intellectual culture is so farcical — it’s like Hollywood. You’re in front of the television cameras all the time, and you’ve got to keep doing something new so they’ll keep focusing on you and not on the guy at the next table, and people don’t have ideas that are that good, so they have to come up with crazy stuff, and the intellectuals get all pompous and self-important. Noam Chomsky
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Éveillées à des ambitions neuves, les générations qui étudient et qui naguère étaient étudiées, n’écoutent pas sans sarcasme ces discours flatteurs où ils croient reconnaître l’accent attendri des riches, quand ils expliquent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur. Roger Caillois
Il ne manque pas, parmi nous, de gens à qui ce Bourdieu-là ne manque pas (…) Des gens qui n’ont pas la mémoire courte – ou l’inculture profonde – au point d’avoir oublié que « la pensée au service de l’espace public », ça a donné, entre autres, l’aveuglement stupide de Sartre et de Beauvoir – parangons de l’« intellectuel engagé » – envers l’horreur des camps, nazis ou soviétiques. (…) De cet esprit-là, auquel le grand sociologue que fut, un temps, Pierre Bourdieu, a malheureusement ouvert un boulevard, nous sommes aujourd’hui saturés. Nathalie Heinich
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. (…) Mais où Obama a-t-il donc appris ces inepties ? D’où vient cet amoncellement de mécomptes du monde, d’idées fausses et difformes? D’où provient ce prurit du je-vous-demande pardon ? On est habitué au Jimmycartérisme, qui se mettait à quatre pattes devant Khomeiny (« un saint »), l’URSS, Cuba, le tiers monde, le terrorisme musulman. D’où vient qu’Obama ait – dirigeant d’une république – courbé la tête devant le roi d’Arabie ? C’est là qu’il convient de se souvenir de l’homme qui fut son pasteur pendant vingt ans, ce qui est très long quand on n’en a pas encore cinquante : le pasteur Jeremy Wright, de l’Eglise de la Trinité à Chicago, dont Obama ne se sépara que contraint et forcé, pour cause de déclarations insupportablement anti-américaines et antioccidentales, délirantes et conspirationnistes, et qui « passaient mal» dans la campagne.(…) C’est Wright qui fait du diplômé de Harvard qui est maintenant un agitateur local (community organizer), un politicien en vue à Chicago. N’oublions pas que la carrière politique locale d’Obama est lancée par les fanatiques de la haine de l’Amérique, les ultragauchistes terroristes des Weathermen, à Chicago, qui répètent et confirment la même antienne idéologique. Tous les aquariums où a nagé le têtard avaient la même eau. Obama est la version manucurée de Wright : il est allé à Harvard. Il n’éructe pas, il ne bave pas, il ne montre pas le poing. Il n’émet pas de gros mots à jet continu comme le fait son gourou. Elégant, Il est tout miel – mais les dragées, même recouvertes de sucre, n’en sont pas moins au poivre. Le fond est identique. Wright insulte l’Amérique, Obama demande pardon : dans les deux cas, elle est coupable. Wright est pasteur, Obama est président. Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. Quelle honte ! Il faut réparer les torts commis. L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition. (…) Il faut, à tout prix, trouver des terrains d’entente avec tous. Il faut aller loin, très loin, dans les concessions : l’autre côté finira bien par comprendre. Kim Jong-Il, Hugo Chavez, l’ayatollah Khamenei, Assad, le Hamas, on trouvera les compromis nécessaires à un deal avec les avocats des partie adverses. Sans entente, on retombe dans les errements de l’Amérique honnie. L’Amérique, quelle horreur, se laisse aller à défendre ses alliés contre ses ennemis. On se bat au Vietnam et en Corée contre le communisme agresseur. On se bat contre le Communisme soviétique. Que croyez-vous que l’Obama de la campagne électorale ait signifié à Berlin, en disant, non sans délire, que le monde avait gagné la Guerre froide « en s’unissant » comme s’il n’y avait un qu’un seul camp dans cette guerre ! L’Amérique doit être réduite dans ses prétentions et dans sa puissance. Le monde doit être réduit à un seul camp, celui des faiseurs de paix, avec lesquels l’entente est toujours trouvable. Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. (…) Notons à propos que la mêlée des «réalistes»de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s´arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en oeuvre de l´obamisterie. Ah! finalement, on ne s´embarrasse plus d´autre chose que la «stabilité» à court terme. (…) Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l´ami de l´ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la «relation spéciale». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n´a pas eu un mot pour l´allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l´affaire de la défense anti- missiles, qu´il ne faut pas compter sur Washington et qu´ils seront sacrifiés sur l´autel du «nouveau départ» avec Moscou. Pour tous, la leçon est brutale: à l´ère d´Obama, mieux vaut être un ennemi qu´un ami: ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire. Laurent Murawiec
L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait, même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allaient pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Et certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, et qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois qu’ils seraient rassemblés dans les sites de son ancienne grandeur, n’en viennent à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis 19 siècles : « l’an prochain à Jérusalem ». En dépit du flot, tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était formé en leur faveur et surtout il faut bien le dire dans la chrétienté. Un capital qui était issu de l’immense souvenir du testament, nourri à toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique valeur et que poétisait chez nous la légende du juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subi pendant la deuxième guerre mondiale et grossi depuis qu’il avait retrouvé une patrie, par les travaux, leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats. C’est pourquoi indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande que les Israéliens recevaient des milieux juifs, d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, que lui avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’ils parviennent en usant d’un peu de modestie à trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet, un état d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir, et ensuite l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi d’ailleurs, la cinquième république s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noué avec cet Etat et la cinquième république s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux et même lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter mais en même temps nous lui prodiguions des avis de modération. Notamment à propos des litiges qui concernait les eaux du Jourdain, des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval, à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv. D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient, la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être aujourd’hui une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux arabes que pour nous l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte que tout compris, on pourrait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement, à ce qu’une paix réelle fut conclue et garantie en Orient pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint à la déchirer. Hélas ! le drame est venu, il avait été préparé par une tension très grave et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Aqaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ce qui rêvait d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait dès le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances, d’interdire conjointement avec elle, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré, qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier, l’action des armes. Et c’est ce qu’il répétait en toute clarté à tous les Etats en cause. C’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai déclaré à Monsieur Ebban, Ministre des affaires étrangères d’Israël que je voyais à Paris. Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les arabes, je ne doute pas que le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires. Mais ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international dans des difficultés grandissantes d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays. Si bien que c’est à vous, devenu des conquérants, qu’on en attribuerait peu à peu les inconvénients. On sait que la voix de la France n’a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combat des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant il organise, sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsion et s’il manifeste contre lui la résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme (…) Pour qu’un règlement quelconque, et notamment celui là, puisse voir le jour, règlement auquel du reste, suivant la France, devrait s’ajouter un statut international pour Jérusalem. Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faut naturellement, il faudrait qu’il eut l’accord des grandes puissances qui entraînerait ipso facto, celui des Nations Unies. Et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître tant que l’un des plus grand des quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. Charles De Gaulle (nov. 67)
La société est devenue d’abord plus tolérante vis-à-vis des déviances mineures. Nous sommes de plus en plus individualistes; le contrôle social s’est affaibli, on ne vit plus sous le regard d’une seule communauté comme autrefois. Et puis, l’opinion des parents sur la conduite de leurs enfants est devenue plus indulgente. Ils sont plus laxistes sur la morale quotidienne, et ce dans tous les milieux. (…) Pour être efficace, la réparation doit être immédiate. Or, dans les lycées, la norme veut que l’on ne répare les casiers abîmés qu’au troisième. Au prétexte que le coût unitaire est trop élevé. De même, tous les offices d’HLM ne sont pas convaincus de l’utilité des poubelles ignifugées ou des produits antitags. Sébastian Roché
N’est-on pas allé jusqu’à interpréter les tags qui maculaient les trains de banlieue comme « une revendication de vie », voire comme « une agression carnavalesque contre l’ordre établi »? Le Point
Avec l’appui de la télévision, les événements ont été instrumentalisés par les ennemis politiques du ministre de l’Intérieur, qui ont ressassé les termes de « racaille » et de « karcher », sans jamais les replacer dans leur contexte (le décès d’un enfant victime d’un règlement de comptes entre bandes à La Courneuve), ni préciser qu’ils ne désignaient qu’une infime minorité de délinquants et non toute une population respectable. Ainsi caricaturés, ces mots sont devenus un cri de ralliement pour des casseurs potentiels déjà fascinés par des images de violences. Le discours de l’excuse s’est alors trouvé survalorisé, les prises de position normatives ont été rejetées comme politiquement incorrectes et les policiers ont fait office de boucs émissaires. Lucienne Bui Trong (mars 2006)
La situation a évolué dans le mauvais sens. Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. Il n’y a pas d’efficacité car il y a une mécompréhension du problème. Au-delà des clivages, la question des banlieues a toujours été vécue comme: ‘Ce sont des quartiers pauvres et modestes, quand l’économie ira mieux, ça ira mieux dans les quartiers’. Or, l’aspect économique n’est pas le coeur du problème, qui est beaucoup plus vaste. Malek Boutih (député socialiste des Essones, ancien président de SOS-Racisme)
Toute notre action est un cri de guerre contre l’impérialisme et un appel vibrant à l’unité des peuples contre le grand ennemi du genre humain : les États-Unis d’Amérique du Nord. Che Guevara
La Corée du Nord est un modèle dont Cuba devrait s’inspirer. Che Guevara (Pyongyang, 1965)
Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort. Che Guevara (ONU, 1964)
Il faut mener la guerre jusqu’où l’ennemi la mène : chez lui, dans ses lieux d’amusement; il faut la faire totalement. (avril 1967) Ernesto Guevara
Phnom Penh libéré par les Khmers Rouges Titre du Monde
Le drapeau de la Résistance flotte sur Phnom Penh Titre de Libération
Enfin le communisme peut être un matériau pour l’art. Antoine Vitez (sur l’opera maoiste de Badiou, Le foulard rouge, ecrit en 1972 et joue en 1984)
Les Khmers rouges s’emparent de Phnom Penh : une séquence historique s’achève parce qu’une contradiction est résolue (…). La résolution d’une contradiction exige que quelque chose disparaisse (…). Il n’est de pensée révolutionnaire véritable que celle qui mène la reconnaissance du nouveau jusqu’à son incontournable envers : de l’ancien doit mourir (…). La dialectique matérialiste affronte la perte et la disparition sans retour. Il y a des nouveautés radicales parce qu’il y a des cadavres qu’aucune trompette du Jugement ne viendra jamais réveiller. Au plus fort de la Révolution culturelle, on disait en Chine : l’essence du révisionnisme, c’est la peur de la mort. Alain Badiou
Kampuchea vaincra! Alain Badiou (Le Monde, 17/1/79)
Du temps de Staline, il faut bien dire que les organisations politiques ouvrières et populaires se portaient infiniment mieux, et que le capitalisme était moins arrogant. Il n’y a même pas de comparaison. Alain Badiou
La réalité (souvent déplorable) de la Terreur révolutionnaire doit-elle nous conduire à rejeter l’idée même de la Terreur? Ou existe-t-il un moyen de la répéter (…), de sauver son contenu virtuel de sa réalisation? Slavoj Zizek
Le communisme est une idée, au sens platonicien, indestructible. Le fait même de renoncer à l’utopie d’une société égalitaire, collective, débarrassée de l’Etat, est impensable, sauf à se faire complice des violences inégalitaires du système capitaliste. Alain Badiou
Faire vivre l’Idée communiste est une tâche de caractère idéologique (donc aussi philosophique), et non pas immédiatement une tâche politique. Il s’agit en effet que les individus puissent être préparés à accepter, si possible dans l’enthousiasme, qu’une autre vision du monde, radicalement opposée au capitalo-parlementarisme actuellement hégémonique (notamment sous le nom falsifié de « démocratie ») est non seulement souhaitable, mais possible. (…) Même des mouvements aussi confus que les immenses manifestations de décembre 1995 contre le plan Juppé, avec comme unique mot d’ordre « ensemble ! », portaient cette compatibilité. Il en va de même pour les actions organisées pour le droit des ouvriers sans-papiers, ou pour les manifestations, dans toute l’Europe, soit contre la guerre en Irak, soit contre la guerre à Gaza. Et bien d’autres choses. Je ne dis pas qu’il s’agit de politiques cohérentes inscrites dans l’horizon de l’Idée. Je dis seulement que l’existence de ces processus, prolongés ou sporadiques, atteste que l’Idée communiste n’est pas coupée de tout réel. Le retour actuel de la violence de classe (séquestrations de patrons, bagarres de rue, émeutes de la jeunesse populaire…) est lui aussi tout à fait confus, et parfois même a-politique. Il n’en est pas moins inscrit sous le signe potentiel de l’Idée, parce qu’il rompt avec le consensus parlementaire, et rend de nouveau acceptable qu’on puisse courir des risques au nom de ses convictions, au lieu de toujours s’en remettre à la médiation de l’Etat, lequel, aujourd’hui, est clairement anti-populaire, voire guerrier, tous partis politiques confondus. Alain Badiou
Le mot « communisme » a été durant environ deux siècles (depuis la « Communauté des Égaux » de Babeuf jusqu’aux années quatrevingt du dernier siècle) le nom le plus important d’une Idée située dans le champ des politiques d’émancipation, ou politiques révolutionnaires.
Il faut d’abord dire que ces leçons sur le siècle sont une réaction contre toute une série d’opinions dominantes et de campagnes menées sur la signification du XXe siècle. En France, cette question a été, dans son bilan officiel, dominée par l’idée du totalitarisme, des grands massacres, du communisme comme crime, du communisme identifié au fascisme. Le siècle a été désigné comme celui de l’horreur et du crime de masse. Ces leçons sur le XXe siècle veulent proposer un autre bilan. Différent, mais pas forcément contraire en ce qui concerne les faits. Il ne s’agit pas d’opposer des faits à d’autres faits. Il s’agit de trouver un chemin de pensée pour aborder le siècle. (…) A mon sens, une grande partie de la violence du siècle – l’extrême cruauté politique qui a dominé ses deux premiers tiers – s’enracine dans la conviction que, somme toute, un commencement absolu n’a pas de prix. Si réellement il s’agit de fonder un nouveau monde, alors le prix payé par l’ancien monde, fût-ce en nombre de morts ou en quantité de souffrance, est une question relativement secondaire. Alain Badiou
Le Nouvel Observateur’ et ‘Le Monde’ exercent une influence considérable sur les intellectuels du tiers monde. En prenant position comme collaborateur du Monde, je ne pense pas avoir poussé beaucoup de paysans cambodgiens à la révolte, mais j’ai pu lancer des intellectuels khmers sur une piste sanglante. Si j’ai écrit ce livre, ce n’est pas pour me faire pardonner mais pour appliquer un contre-poison à ce peuple empoisonné et lui faire prendre une tasse de lait après l’arsenic que j’ai contribué à lui administrer (…). Pour le Vietnam, je plaide coupable. Je m’accuse d’avoir pratiqué une information sélective en dissimulant le caractère stalinien du régime nord-vietnamien (…) Je subissais l’influence écrasante de Sartre qui voyait dans toute critique de fond de la Russie soviétique une arme offerte aux réactionnaires et aux Américains. “Il ne fallait pas désespérer Billancourt”. Pendant vingt ans, j’ai participé à cette scandaleuse timidité à l’égard de la Russie communiste, que je considérais comme la capitale de la gauche et de la révolution mondiale. Jean Lacouture (novembre 1978)
Nous avons en Europe de l’Ouest, et particulièrement en France, une mémoire du communisme qui est souvent glorieuse, incontestable, indiscutable. C’est une légende, un véritable mythe, qui confine parfois à l’invraisemblable… (…) Il existe, en effet, chez nous une espèce de gauchisme culturel, très répandu, très bon chic bon genre. Il n’est pas tant le fait des bobos que des «bobobos» – bourgeois, bohèmes, bolchos – qu’on rencontre un petit peu tous les jours, dans l’Université, dans les médias, dans la politique, etc. On est confronté en permanence à ce politiquement correct. Alors le nazisme, c’est abominable, on est d’accord; Le Pen, c’est horrible, on est d’accord. Mais, dès qu’on parle d’autres problèmes, qui sont tout aussi importants, c’est un tollé! Cela tient au fait que la France a eu des expériences très différentes du communisme et du nazisme. Du nazisme, les Français ont conservé, et à juste titre, la mémoire tragique de la défaite de 40 et de l´occupation (fusillades, pillages, déportations etc.). Par contre, depuis 1936, et surtout depuis 1944-1945, les Français ont assez largement conservé une mémoire glorieuse qui repose sur la participation du PCF au front populaire, sur la participation des communistes à la Résistance et à la Libération du pays, et aussi au rôle de l´URSS dans l´écrasement du nazisme. Cette opposition entre mémoire tragique de l´un et mémoire glorieuse de l´autre explique cette « différence de méfiance ». (…) C´est d´ailleurs un des gros problèmes de la réunification européenne : la France, l´Italie, l´Espagne en particulier où l´on entretient une mémoire glorieuse du communisme, et les ex-démocraties populaires qui entretiennent une mémoire tragique (dont témoignent les remarquables films récents en Allemagne avec La vie des autres, ou en Roumanie avec la dernière palme d´or du festival de Cannes). Cela a mené devant le conseil de l´Europe en janvier 2006 à une véritable scission entre socialistes et communistes d´Europe de l´Ouest alliés aux nostalgiques communistes de l´Est pour s´opposer à l´adoption d´une résolution condamnant les crimes des régimes communistes. Stephane Courtois
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux. Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Nous crions d’un bout à l’autre de l’Afrique : Attention, l’Amérique a la rage. Tranchons tous les liens qui nous rattachent à elle, sinons nous serons à notre tour mordus et enragés. Sartre (1953)
La liberté de critique est totale en URSS et le citoyen soviétique améliore sans cesse sa condition au sein d’une société en progression continuelle. Sartre (1954)
Un anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n’en sortirai plus jamais. Sartre (1961)
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (1961)
Les Vietnamiens se battent pour tous les hommes, et les forces américaines contre tous. Sartre (1971)
On dit souvent que les définitions du gouvernement islamique sont imprécises. Elles m’ont paru au contraire d’une limpidité très familière, mais, je dois dire, assez peu rassurante. « Ce sont les formules de base de la démocratie, bourgeoise ou révolutionnaire, ai-je dit ; nous n’avons pas cessé de les répéter depuis le XVIIIe siècle, et vous savez à quoi elles ont mené. » Mais on m’a répondu aussitôt : « Le Coran les avait énoncées bien avant vos philosophes et si l’Occident chrétien et industriel en a perdu le sens, l’islam, lui, saura en préserver la valeur et l’efficacité ». Michel Foucault (1978)
A l’aurore de l’histoire, la Perse a inventé l’Etat et elle en a confié les recettes à l’Islam : ses administrateurs ont servi de cadres au Calife. Mais de ce même Islam, elle a fait dériver une religion qui a donné à son peuple des ressources indéfinies pour résister au pouvoir de l’Etat. Dans cette volonté d’un gouvernement islamique, faut-il voir une réconciliation, une contradiction, ou le seuil d’une nouveauté ? (…) J’entends déjà les Français qui rient. Mais je sais qu’ils ont tort. Michel Foucault (1978)
Impossible, disent aujourd’hui certains qui estiment en savoir long sur les sociétés islamiques ou sur la nature de toute religion. Je serai beaucoup plus modeste qu’eux, ne voyant pas au nom de quelle universalité on empêcherait les musulmans de chercher leur avenir dans un Islam dont ils auront à former, de leurs mains, le visage nouveau. Dans l’expression ‘gouvernement islamique’, pourquoi jeter d’emblée la suspicion sur l’adjectif ‘islamique’ ? Le mot ‘gouvernement’ suffit, à lui seul, à éveiller la vigilance. Michel Foucault (1978)
Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. Boumediene (mars 1974)
Un jour, des millions d’hommes quitteront le sud pour aller dans le nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. Houari Boumediene (ONU, 10.04.74)
Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union Européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. La Bosnie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. 50% de ses citoyens sont musulmans. L’Europe est dans une fâcheuse posture. Et il en est de même de l’Amérique. Elles [les nations occidentales] devraient accepter de devenir musulmanes avec le temps ou bien de déclarer la guerre aux musulmans. Kadhafi (10.04.06) 
Et si Raspail, avec « Le Camp des Saints », n’était ni un prophète ni un romancier visionnaire, mais simplement un implacable historien de notre futur? Jean Cau
[Et tu penses qu’en France le Mossad pourrait attaquer les synagogues …?] Je ne sais pas si c’est le cas. Simplement, ce que je dis, c’est qu’il faut savoir à qui peut profiter le crime. José Bové à Karl Zéro, Canal plus, avril 2002
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières.Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
A la limite, c’est eux qui l’ont fait, mais c’est nous qui l’avons voulu. Jean Baudrillard
La plus grande oeuvre d’art jamais réalisée … Karlheinz Stockhausen
 J’aurais été bien plus content si, le 11 septembre, le Pentagone avait été mis à terre et s’ils n’avaient pas manqué la Maison Blanche – au lieu de voir s’effondrer les Twin Towers remplies de milliers de travailleurs américains, parmi lesquels, paraît-il, se trouvaient presqu’un millier de clandestins. Toni Negri
Aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone. Thierry Meyssan
[Est-ce que tu penses que Bush peut être à l’origine de ces attentats (les attentats du 11-Septembre) ?] Je pense que c’est possible. Je sais que les sites qui parlent de ce problème sont des sites qui ont les plus gros taux de visites. (…) Et donc je me dis, moi qui suis très sensibilisée au problème des nouvelles techniques de l’information et de la communication, que cette expression de la masse et du peuple ne peut pas être sans aucune vérité. (…) Je ne te dis pas que j’adhère à cette posture, mais disons que je m’interroge quand même un petit peu sur cette question.(…) C’est la responsabilité de chaque blogueur de se faire son idée. Christine Boutin (Entretien avec Karl Zéro, Canal plus, nov. 2006)
« Je suis allée voir l’ambassadeur iranien à l’époque et il a dit que bien sûr c’était vrai. » (…) Elle affirme donc que la CIA et d’autres agences étaient au courant qu’il y aurait quelque chose le 11 septembre? « Absolument ». Doit-on comprendre qu’il s’agit d’un complot interne US ou que al-Qaïda est le responsable? « Tout le monde est responsable. Si seulement vous en saviez plus, c’est encore plus déprimant. » Juliette Binoche (Entretien pour the Telegraph, sept. 2007, après sa fameuse manifestation pro-palestinienne du 23/03/02 contre la « Juiverie internationale »)
Moi j’ai tendance à être plutôt souvent de l’avis de la théorie du complot.(…) Parce que  je pense qu’on nous ment sur énormément de choses: Coluche, le 11-Septembre. (…) c’était bourré d’or les tours du 11-Septembre, et puis c’était un gouffre à thunes parce ce que ça a été terminé, il me semble, en 73 et pour recâbler tout ça, pour mettre à l’heure de toute la technologie et tout, c’était beaucoup plus cher de faire les travaux que de les détruire. Marion Cotillard
We are stardust We are golden And we’ve got to get ourselves Back to the garden Joni Mitchell (Woodstock, 1970)
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre.Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)
It was actually the first time in the history of movies that it wasn’t safe to be in the movie theatre, and when I walked out into Times Square at noon I felt I had been raped. Peter Bogdanovich
Les femmes occupaient le haut de l’affiche au cours des années 1920 et 1930. Cela s’est évaporé au cours des années 1940, ce qui nous a menés aux années 1950 où les femmes étaient reléguées au second plan. Et c’est ce que le cinéma fait, au fond : il tue les femmes. Peter Bogdanovich
Hitchcock s’est battu pour tourner ce meurtre séparément du reste du film, ce qui veut dire d’une certaine manière que dorénavant, le meurtre allait devenir un élément acceptable au sein d’un divertissement. Il y avait déjà de la violence dans le cinéma américain, mais rien ressemblant à Psycho ; rien d’aussi intime, rien d’aussi soigneusement conçu, rien d’aussi sans remords. Bret Easton Ellis
C’est, je crois, la première expression moderne du corps féminin agressé. Et à certains égards c’en est l’expression la plus pure, parce que c’est dévastateur. Karyn Kusama
DSK, dont tous les médias connaissent le goût pour une sexualité débridée, risquait des ennuis dans un pays qui ne plaisante pas avec la morale, en général, et le harcèlement sexuel en particulier. (…) Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). (…) Or, à la différence de ce qui se passe en France, aux Etats-Unis -où se trouve le siège du FMI – le moindre « comportement inapproprié » peut coûter son poste au titulaire d’un mandat public. Les Américains ne plaisantent pas avec ce genre de chose même si cela nous fait ricaner. Si dans six mois, il y a un scandale (selon les normes US), les médias français vont-ils encore écrire: on le redoutait, mais on ne vous a rien dit ? Notre crédibilité n’en sortirait pas renforcée. (…) Pour bien connaître DSK, je sais qu’il est en séduction permanente, même s’il n’a jamais eu de gestes déplacés. Et que cela choque et a choqué, surtout hors des frontières hexagonales. Tous les journalistes qui ont couvert ses activités publiques –y compris à Marianne- le savent et les anecdotes sont nombreuses. Mais être «pressant» n’est pas un délit pénal, que cela soit clair. En revanche, aux Etats-Unis, c’est tout comme. C’est tout ce que je voulais dire : une fois à la tête du FMI, il faudra que DSK ravale son côté « French Lover » lourdingue. Jean Quatremer (correspondant de Libération à Bruxelles, juillet 2007)
On le baptise « cinq minutes douche comprise », parfois trois, parfois dix, l’expression est presque entrée dans le langage courant. « Lorsqu’il avait un rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près. Nous le déposions, il nous donnait un horaire en sortant de la voiture et il revenait à l’horaire exact, il ne fallait surtout pas être en retard », raconte son ancien chauffeur. Des femmes qu’il chevauche, sans plus de préliminaires, parce que le temps presse, parce que la quantité a pris l’ascendant sur la qualité. « Je me souviens d’un voyage à La Réunion, au début de son septennat. Une femme l’aborde et lui demande une dédicace sur l’un de ses livres qu’elle tient à la main. Le président s’approche et lui dit, avec un culot incroyable : “Montez dans ma chambre si vous voulez ?” Et la femme de suivre Jacques Chirac, tout sourire », se souvient l’un de ses gardes du corps à la mairie de Paris. Les anecdotes se succèdent, les témoignages plus ou moins vrais le voient courir, à l’heure du laitier, dans un couloir sombre d’un immeuble du quartier Montparnasse pour rejoindre une femme qui le guette derrière la porte. Un autre jour, on l’aperçoit rue de la Convention dans les bras d’une autre, à qui il rend visite chaque semaine. Il utilise aussi régulièrement une garçonnière dans l’immeuble du 241, boulevard Saint-Germain (dont le premier étage abrite le siège départemental du RPR) pour satisfaire ses plaisirs avec une collaboratrice du RPR ou une jeune ambitieuse qui cherche la chaleur fugace du pouvoir. Il y a les régulières, les coups de cœur, les « amuse-bouches » qui réussissent à franchir les cordons de sécurité pour approcher le président, d’autres qui partagent le même avion que le président et qui attendent, nues, dans son espace privé, brûlantes de désir. Elles sont députées, ministres, conseillères, bourgeoises provinciales, des inconnues qu’on lui apporte sur un plateau, et puis il y a celles avec qui il aura une histoire parallèle, tout cela vécu simultanément, réclamant de grandes qualités d’organisation. […] La nuit où la princesse Diana trouve la mort dans un terrible accident de la circulation sous le pont de l’Alma, le président de la République est introuvable. Nous sommes le 31 août 1997. Toute la République est debout. En désespoir de cause, Jean-Pierre Chevènement, le ministre de l’Intérieur, tente un appel à Bernadette Chirac qui, désappointée, lui répond qu’elle ne sait pas où est son mari. Ce soir-là, on le dit dans les bras d’une autre femme. Jean-Claude Laumond, son inséparable chauffeur, est réveillé alors qu’il dort dans sa voiture au pied de l’immeuble où se trouve le président. Arnaud Ardoin
Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d’Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d’une “aventure”. Eh bien, s’il faut parler d’aventure, ce fut l’une des plus merveilleuses où se soit engagée l’humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l’histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (…) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l’histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. John Reed
2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. (…) Il y a cent ans, la guerre n’en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s’abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d’octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste. Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d’exemplaires, a fait connaître l’épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s’empara des progressistes (…) C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ». Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s’engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal. Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d’octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968. Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos. L’Humanité (19.06.2017)
A cette époque-là, il y avait une conjonction très propice à l’amour libre: une situation économique florissante (en plein milieu des Trente Glorieuses, la France redécouvrait la prospérité), un optimisme délirant (on allait écraser le cancer, liquider l’infarctus du myocarde), une absence de maladies vénériennes… Tout d’un coup, le sujet amoureux pouvait se penser vagabondant à travers ses désirs, sans freins, sans pénalités. La science avait vaincu la vieille idée du péché sexuel. La liberté semblait sans limites. Tel était le climat de l’époque. (…) La contestation était en effet portée depuis un siècle par différentes avant-gardes artistiques et esthétiques, et une envie de plaisir s’était exprimée avec force chez les jeunes de l’après-guerre. A la fin des années 1950, nous sortions d’une société hypocrite où les hommes faisaient la loi dans les familles et les patrons, dans l’entreprise. Nous voulions en finir avec cette France corsetée, rigidifiée, fermée. Tout ce que nous pouvions happer de l’étranger -le rock, le blues, la soul, les hippies, les cheveux longs- était convoqué chez nous avec une avidité sans limite. Les garçons et les filles se regardaient comme deux tribus qui allaient bientôt sauter l’une sur l’autre. Ils restaient encore séparés par quelques vieux tabous: la virginité des femmes avant le mariage (c’était presque une plaisanterie), la non-mixité dans les écoles, un certain ascendant des hommes sur les femmes, une forme de pudeur… (…) C’est parce qu’ils étaient déjà morts, rongés de l’intérieur par toute une mentalité démocratique et égalitaire. On s’était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c’est l’acte d’émancipation de l’individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n’a plus d’ordre à recevoir de personne. Ni de l’Eglise, ni de l’armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti… Et puisque l’individu est libre, il n’a plus d’autre obstacle face à son désir que lui-même. « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »: c’est la merveilleuse promesse d’un nouveau monde. S’est alors manifestée une véritable jubilation à l’idée de terrasser l’ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c’est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d’un coup, l’irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait « je vous aime » pour dire « je vous désire ». Cette fois, on dit « je te désire » au lieu de dire « je t’aime ». (…) C’était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s’arrêtaient au dernier stade (« mes parents ne veulent pas », « je veux rester vierge pour le mariage »). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale… Tout basculait. Le désir ne se résumait pas simplement à la pulsion immonde de l’espèce masculine. On reconnaissait le désir des femmes. Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu’il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles. (…) On lisait Freud, bien sûr, mais surtout Wilhelm Reich, dont les idées épousaient à merveille les lubies de l’époque. Selon lui, l’orgasme permettait d’expliquer le double phénomène du fascisme et du stalinisme: c’est parce que les gens ne jouissaient pas qu’ils se choisissaient un Hitler ou un Staline. L’orgasme avait donc des vertus non seulement hédoniques mais aussi politiques. (…) Dans le mouvement Sexpol, dont on ne relit pas aujourd’hui les publications sans éclater de rire, des trotskistes nous expliquaient comment l’émancipation de l’être humain passait par la grève mais aussi par le lit: la nuit, en copulant, l’ouvrier et l’ouvrière devaient atteindre ensemble l’extase pour hâter le grand soir. « Plus je fais l’amour, disait-on, plus je fais la révolution! » Raoul Vaneigem eut même ce jeu de mots, qui paraît consternant aujourd’hui: « Erection, insurrection! » (…) La révolution prolétarienne battait de l’aile, le tiers-monde était loin. La sexualité, elle, était pleine de promesses. Elle était la prolongation de la religion, la forme la plus immédiate et la plus accessible de la rédemption. Elle portait, croyait-on, un amour universel, une forme de franciscanisme. « Aimez-vous les uns sur les autres »: il y avait de la naïveté et de la bêtise dans tout cela, mais aussi une certaine générosité évangélique. On allait fabriquer un nouvel Adam. Le sexe, c’était le jardin d’Eden! Chesterton a eu cette phrase géniale: « Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. » La révolution sexuelle en était une. (…) Le vent soufflait des Etats-Unis, mais aussi de l’Angleterre, de la Hollande. Le plus riche de 68, ce fut cette révolution désirante, qui sera ensuite théorisée par Foucault, Deleuze, Guattari… On baignait dans une bienveillance généralisée, naïve, mais féconde. (…) Sans s’en apercevoir, on passe d’un dogme à l’autre. Le plaisir était prohibé, il devient obligatoire. L’ambiance est à l’intimidation. Un nouveau tribunal s’installe: non seulement il faut faire l’amour de toutes les façons, avec tout le monde, mais encore faut-il que le plaisir soit conforme. Quiconque s’y soustrait est vu comme une sorte d’épave réactionnaire, un résidu du vieux monde. Quand les filles refusaient de coucher, on avait le moyen de les culpabiliser: « Ben dis donc, tu n’es pas libérée! » Peu à peu s’établit donc ce que nous avions appelé, avec Alain Finkielkraut, la dictature de l’orgasme obligatoire. L’érotisme entre dans le domaine de la prouesse. On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte. (…) Ils ont dit beaucoup de bêtises… Le corps apparaissant comme la métaphore de la subversion, le sentiment est mis sous le boisseau. On se dit que, pendant des siècles, les hommes avaient masqué leur désir derrière le rideau des beaux sentiments. Alors, il faut le déchirer! Le rock’n’roll et la pop poussent des cris d’appétit sexuel sauvage (« I can’t get no satisfaction », « I want you! »). L’inhibition et la frustration sont montrées du doigt; l’amour, avec ses fantômes séculaires (possession, jalousie, secret), devient obscène. D’où le refus de la séduction, considérée comme une survivance du vieux monde: on est supposé aller vers son partenaire en toute franchise, sans recourir aux anciens et misérables stratagèmes. (…) Les gens qui se mariaient nous semblaient pathétiques, on leur faisait honte. La jalousie ne pouvait plus se dire. Si quelqu’un y succombait, le cercle des amis lui exprimait une sorte de compassion: « Pourquoi es-tu jaloux? Analyse bien. » Déjà, la parole thérapeutique se frayait un chemin. Alors, au lieu de creuser sa plaie comme on le fait de nos jours, on se raisonnait: « Après tout, j’ai peut-être tort. Pourquoi m’inquiéter si ma compagne s’envoie en l’air avec le voisin du dessous? Je n’ai qu’à faire les courses pendant ce temps-là. » Le couple était une forme transitoire qu’on empruntait pour aller vers la polygamie ou la polyandrie. A l’époque, il y avait un véritable terrorisme anticonjugal. (…) Les enfants, eux aussi, devaient être élevés dans l’éloge de leur désir. La pédophilie n’était pas admise, mais elle comptait un certain nombre de défenseurs. On se disait que le miracle sexuel était un don qui devait être équitablement distribué entre tous les âges, et toutes les générations. C’était une époque innocente, et naïve… Car le vieux monde restait présent sous les oripeaux du nouveau, comme dans le film Les Bronzés (où ce sont toujours les mêmes qui se tapent les jolies filles). Derrière la parole libératrice et généreuse, il y avait une vraie brutalité, les lois de la sélection amoureuse subsistaient avec force. Petit à petit, on s’est aperçu qu’il y avait des perdants, des victimes, des laissés-pour-compte; on était en train de recréer un univers de mensonge que l’on avait pourtant tant dénoncé chez nos parents. (…) Les femmes se sont senties niées. Tout était calqué sur la mécanique de l’orgasme masculin, sur la satisfaction unique qui balaie la pulsion. Elles ne souhaitaient pas devenir des objets sexuels manipulables à volonté par des hommes en chaleur, mais voulaient la reconnaissance de nouveaux droits: l’avortement, la contraception, le respect de leur propre désir… Et puis, il y avait toujours cette renaissance incessante, à chaque relation, du sentiment, sorte de nostalgie dont on n’osait pas parler. (…) Nous avons voulu faire comprendre que la notion de révolution sexuelle n’avait aucun sens. Que l’amour n’était pas réformable. « Non, l’amour n’est pas honteux! » avance Barthes. Tout à coup, nous revendiquions le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel. Ce qui n’empêchait pas une consommation sexuelle frénétique, notamment dans le monde homosexuel, mais elle n’était plus obligatoire. On s’est mis à redécouvrir Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Le sentiment est revenu par la petite porte. Comme si une deuxième libération avait lieu. (…) Malgré tout, le bilan est positif. La révolution sexuelle que nous avons accomplie reste, pour de nombreux pays au monde, un extraordinaire idéal. Les femmes y ont gagné des droits indéniables… Mais si, depuis le Moyen Age, l’individu s’est lentement affranchi des tutelles féodales, administratives, religieuses, sociales, morales, sexuelles, nous découvrons maintenant en Occident que cette liberté a pour contrepartie la responsabilité et la solitude. Résultat, la sexualité est peut-être libre, mais elle est devenue anxieuse. Sommes-nous de bons amants? De bons époux? De bons parents? La parole est passée du registre du diktat à celui de la plainte. « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus », a dit justement Wolinski. (…) L’erreur que nous avons commise en 68, c’est de penser que l’Histoire est un héritage cumulatif et que, en supprimant les peurs d’antan, la nouvelle génération bénéficierait d’emblée d’une sexualité clefs en main. En réalité, le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Ce qui est mort depuis 68, c’est l’angélisme du désir, l’idée que tout ce qui touche au sexe est merveilleux. On sait aujourd’hui que l’amour n’est pas démocratique, qu’il ne répond pas à la justice ni au mérite, qu’il charrie la dépendance, l’abjection, la servitude aussi bien que le sacrifice et la transfiguration. C’est cette complexité de l’amour que nous devons redécouvrir. Pascal Bruckner
Avec le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et celui de notre constitution, 2018 s’annonce riche en célébrations. Ce n’est manifestement pas encore assez pour le Président de la République, qui souhaiterait engager une intense réflexion historico-politique, en vue de commémorer le 50ème anniversaire de mai 1968. Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es. (…) Qui sont donc les héros de cette période que nous serons amenés à célébrer? Les étudiants gauchistes et leurs théories insensées, qui font aujourd’hui sourire mais qui résonnaient autrement dans le contexte géopolitique et idéologique des années 1960? Ou la foule qui défila le 30 mai derrière Malraux, Debré et Schumann pour défendre avec le général de Gaulle, l’État de droit, l’ordre et la liberté? Au-delà des faits, les événements de 1968 sont bien sûr restés comme le symbole d’une émancipation culturelle, et de l’avènement de l’individu roi. Un mouvement entamé bien avant les barricades et dépassant largement nos frontières, mais qu’importe. Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait «jouir sans entrave»: une société de consommation et de loisir allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail. On pourrait désormais dépenser de plus en plus tout en travaillant de moins en moins, et tout était permis sur le plan politique pour financer la sacro-sainte «consommation des ménages». Le bilan de cette politique est aujourd’hui navrant: une dette gigantesque, qui fait peser sur les générations futures le train de vie de la génération 68. Un modèle économique à bout de souffle, privilégiant la consommation sur l’investissement. Des écosystèmes dévastés, qui nous forcent à imaginer une nouvelle croissance sobre en ressources et circulaire, plus respectueuse de notre santé comme de notre environnement. Sur le plan politique et social, 1968 a bousculé l’ordre ancien d’une société patriarcale et puritaine, et aboutit à de grandes lois mettant l’individu au centre du jeu. La loi Veil, l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, l’abolition de la peine de mort sont sans conteste des lois nées en 1968. Mais cette logique individualiste a déraillé. Puisqu’il était «interdit d’interdire», on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun. Mai 68 c’est la victoire de l’individu contre la famille, contre le collectif, contre l’autorité, contre les règles. On se rend compte aujourd’hui combien notre société souffre de la fragilisation des rapports sociaux, de l’isolement social, de l’absence d’autorité et de règles. Sur le plan culturel, enfin, mai 68 qui voulait abattre le «vieux monde» a enfin sapé au nom de l’émancipation individuelle toute notion de transmission historique et culturelle, d’héritage, de valeurs communes. On en mesure quotidiennement les dégâts dans les nouvelles générations, et le déclin de l’éducation nationale, mesuré chaque année par les enquêtes Pisa, témoigne parmi d’autres des méfaits d’une pensée relativiste, qui nie des valeurs aussi fondamentales que l’autorité ou l’excellence. (…) Marx, dont on célébrera également en 2018 le bicentenaire de la naissance, disait que «tous les grands événements se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Nous avons déjà eu Mai 68, avec ses fractures et ses échecs. Épargnons-nous la comédie d’une réunion de septuagénaires autocélébrant leur place dans l’histoire.

Attention: un cinquantenaire peut en cacher un autre !

A l’heure où entre le Brexit, l’élection de Donald Trump et de ses émules à travers l’Europe …

Mais aussi – énième épisode d’hystérie collective ou grande purge cinquantenaire ? – le dévoilement en cours de l’hypocrisie de nos donneurs de leçons professionnels de l’Obamamanie et d’Hollywood ou de Silicon Valley

Le lourd héritage des années 60 commence, entre perte des repères, déficits abyssaux et menaces terroristes et migratoires, à apparaitre pour ce qu’il est vraiment …

Devinez quelle énième commémoration qui était déjà elle-même cinquantenaire à un an près d’une des pires catastrophes de l’humanité …

Et dont s’apprêtent à fêter le centenaire nos habituels thuriféraires de la Révolution

L’auteur du hold up électoral du siècle veut ajouter …

A une année pourtant déjà bien chargée entre fin de la Première guerre mondiale, Déclaration universelle des droits de l’Homme et constitution de la Ve république …

Mais aussi lâche abandon de tant de peuples, de la Tchécoslovaquie au Vietnam et au Cambodge et avant la Chine, Cuba ou la Pologne  aux griffes de l’idéologie aux 100 millions de victimes

Sans compter, par leurs successeurs islamistes et chocs pétroliers obligent, le début du long processus de nettoyage ethnico-religieux des juifs et des chrétiens dans le Monde dit musulman, Iran compris ?

Commémorer mai 68 ? Épargnons-nous cette comédie

Le Figaro

FIGAROVOX/TRIBUNE – Emmanuel Macron envisage de commémorer les 50 ans de mai 68. Pour le candidat à la présidence des Républicains Maël de Calan la célébration officielle d’un événement aussi controversé serait ridicule et inappropriée.


Maël de Calan est conseiller départemental du Finistère et candidat à la présidence des Républicains.


Avec le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et celui de notre constitution, 2018 s’annonce riche en célébrations. Ce n’est manifestement pas encore assez pour le Président de la République, qui souhaiterait engager une intense réflexion historico-politique, en vue de commémorer le 50ème anniversaire de mai 1968.

Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es. De quoi parlons-nous en l’espèce?

Si l’on s’en tient aux stricts événements, mai 1968 est une contestation étudiante et sociale ayant conduit, comme souvent dans notre histoire, à une paralysie généralisée.

Ce mois fut émaillé de grèves, de manifestations, de barricades et de violences, avant de se conclure par la paix sociale des accords de Grenelle, et le triomphe électoral de la droite aux législatives.

Qui sont donc les héros de cette période que nous serons amenés à célébrer?

Les étudiants gauchistes et leurs théories insensées, qui font aujourd’hui sourire mais qui résonnaient autrement dans le contexte géopolitique et idéologique des années 1960? Ou la foule qui défila le 30 mai derrière Malraux, Debré et Schumann pour défendre avec le général de Gaulle, l’État de droit, l’ordre et la liberté?

Au-delà des faits, les événements de 1968 sont bien sûr restés comme le symbole d’une émancipation culturelle, et de l’avènement de l’individu roi. Un mouvement entamé bien avant les barricades et dépassant largement nos frontières, mais qu’importe.

Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait «jouir sans entrave»: une société de consommation et de loisir allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail.

On pourrait désormais dépenser de plus en plus tout en travaillant de moins en moins, et tout était permis sur le plan politique pour financer la sacro-sainte «consommation des ménages».

Le bilan de cette politique est aujourd’hui navrant: une dette gigantesque, qui fait peser sur les générations futures le train de vie de la génération 68. Un modèle économique à bout de souffle, privilégiant la consommation sur l’investissement. Des écosystèmes dévastés, qui nous forcent à imaginer une nouvelle croissance sobre en ressources et circulaire, plus respectueuse de notre santé comme de notre environnement.

Sur le plan politique et social, 1968 a bousculé l’ordre ancien d’une société patriarcale et puritaine, et aboutit à de grandes lois mettant l’individu au centre du jeu.

La loi Veil, l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, l’abolition de la peine de mort sont sans conteste des lois nées en 1968.

Mais cette logique individualiste a déraillé. Puisqu’il était «interdit d’interdire», on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun.

Mai 68 c’est la victoire de l’individu contre la famille, contre le collectif, contre l’autorité, contre les règles. On se rend compte aujourd’hui combien notre société souffre de la fragilisation des rapports sociaux, de l’isolement social, de l’absence d’autorité et de règles.

Sur le plan culturel, enfin, mai 68 qui voulait abattre le «vieux monde» a enfin sapé au nom de l’émancipation individuelle toute notion de transmission historique et culturelle, d’héritage, de valeurs communes.

On en mesure quotidiennement les dégâts dans les nouvelles générations, et le déclin de l’éducation nationale, mesuré chaque année par les enquêtes Pisa, témoigne parmi d’autres des méfaits d’une pensée relativiste, qui nie des valeurs aussi fondamentales que l’autorité ou l’excellence.

Le moins que l’on puisse dire, donc, c’est que le bilan de Mai 68 est tout sauf consensuel.

Que le Président qui a construit son identité politique sur le renouvellement et le dépassement du clivage gauche / droite, le réactive à travers mai 1968 est une contradiction majeure.

Marx, dont on célébrera également en 2018 le bicentenaire de la naissance, disait que «tous les grands événements se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Nous avons déjà eu Mai 68, avec ses fractures et ses échecs. Épargnons-nous la comédie d’une réunion de septuagénaires autocélébrant leur place dans l’histoire.

Voir aussi:

It’s 1968 All Over Again

Victor Davis Hanson

National Review

October 16, 2017

The United States and the world appear to be reliving the language, politics, and global instability of 1968.

Almost a half-century ago, in 1968, the United States seemed to be falling apart.

The Vietnam War, a bitter and close presidential election, antiwar protests, racial riots, political assassinations, terrorism, and a recession looming on the horizon left the country divided between a loud radical minority and a silent conservative majority.

The United States avoided a civil war. But America suffered a collective psychological depression, civil unrest, defeat in Vietnam, and assorted disasters for the next decade — until the election of a once-polarizing Ronald Reagan ushered in five consecutive presidential terms of relative bipartisan calm and prosperity from 1981 to 2001.

It appears as if 2017 might be another 1968. Recent traumatic hurricanes seem to reflect the country’s human turmoil.

After the polarizing Obama presidency and the contested election of Donald Trump, the country is once again split in two. But this time the divide is far deeper, both ideologically and geographically — and more 50/50, with the two liberal coasts pitted against red-state America in between.

Century-old mute stone statues are torn down in the dead of night, apparently on the theory that by attacking the Confederate dead, the lives of the living might improve.

All the old standbys of American life seem to be eroding. The National Football League is imploding as it devolves into a political circus. Multimillionaire players refuse to stand for the national anthem, turning off millions of fans whose former loyalties paid their salaries.

Politics — or rather a progressive hatred of the provocative Donald Trump — permeates almost every nook and cranny of popular culture.

The new allegiance of the media, late-night television, stand-up comedy, Hollywood, professional sports, and universities is committed to liberal sermonizing. Politically correct obscenity and vulgarity among celebrities and entertainers are a substitute for talent, even as Hollywood is wracked by sexual-harassment scandals and other perversities.

The smears “racist,” “fascist,” “white privilege,” and “Nazi” — like “Commie” of the 1950s — are so overused as to become meaningless. There is now less free speech on campus than during the McCarthy era of the early 1950s.

As was the case in 1968, the world abroad is also falling apart.

The European Union, model of the future, is unraveling. The EU has been paralyzed by the exit of Great Britain, the divide between Spain and Catalonia, the bankruptcy of Mediterranean nation members, insidious terrorist attacks in major European cities, and the onslaught of millions of immigrants — mostly young, male, and Muslim — from the war-torn Middle East. Germany is once again becoming imperious, but this time insidiously by means other than arms.

The failed state of North Korea claims that it has nuclear-tipped missiles capable of reaching America’s West Coast — and apparently wants some sort of bribe not to launch them.

Iran is likely to follow the North Korea nuclear trajectory. In the meantime, its new Shiite hegemony in the Middle East is feeding on the carcasses of Syria and Iraq.

Is the chaos of 2017 a catharsis — a necessary and long overdue purge of dangerous and neglected pathologies? Will the bedlam within the United States descend into more nihilism or offer a remedy to the status quo that had divided and nearly bankrupted the country?

Is the problem too much democracy, as the volatile and fickle mob runs roughshod over establishment experts and experienced bureaucrats? Or is the crisis too little democracy, as populists strive to dethrone a scandal-plagued, anti-democratic, incompetent, and overrated entrenched elite?

Neither traditional political party has any answers. Democrats are being overwhelmed by the identity politics and socialism of progressives. Republicans are torn asunder between upstart populist nationalists and the calcified establishment status quo.

Yet for all the social instability and media hysteria, life in the United States quietly seems to be getting better. The economy is growing. Unemployment and inflation remain low. The stock market and middle-class incomes are up. Business and consumer confidence are high. Corporate profits are up. Energy production has expanded. The border with Mexico is being enforced.

Is the instability less a symptom that America is falling apart and more a sign that the loud conventional wisdom of the past — about the benefits of a globalized economy, the insignificance of national borders, and the importance of identity politics — is drawing to a close, along with the careers of those who profited from it?

In the past, any crisis that did not destroy the United States ended up making it stronger. But for now, the fight grows over which is more toxic — the chronic statist malady that was eating away the country, or the new populist medicine deemed necessary to cure it.

Voir également:

The Exhaustion of American Liberalism
Shelby Steele

The Wall Street Journal

March 5, 2017

The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism.

All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. What is ending?

America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us.

White guilt is not actual guilt. Surely most whites are not assailed in the night by feelings of responsibility for America’s historical mistreatment of minorities. Moreover, all the actual guilt in the world would never be enough to support the hegemonic power that the mere pretense of guilt has exercised in American life for the last half-century.

White guilt is not angst over injustices suffered by others; it is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. White guilt is a mock guilt, a pretense of real guilt, a shallow etiquette of empathy, pity and regret.

It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is.

When America became stigmatized in the ’60s as racist, sexist and militaristic, it wanted moral authority above all else. Subsequently the American left reconstituted itself as the keeper of America’s moral legitimacy. (Conservatism, focused on freedom and wealth, had little moral clout.) From that followed today’s markers of white guilt—political correctness, identity politics, environmental orthodoxy, the diversity cult and so on.

This was the circumstance in which innocence of America’s bigotries and dissociation from the American past became a currency of hardcore political power. Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.”
For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist.

Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. There are so many public moments now in which liberalism’s old weapon of stigmatization shoots blanks—Elizabeth Warren in the Senate reading a 30-year-old letter by Coretta Scott King, hoping to stop Jeff Sessions’s appointment as attorney general. There it was with deadly predictability: a white liberal stealing moral authority from a black heroine in order to stigmatize a white male as racist. When Ms. Warren was finally told to sit, there was real mortification behind her glaring eyes.

This liberalism evolved within a society shamed by its past. But that shame has weakened now. Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. I grew up black in segregated America, where it was hard to find an open door. It’s harder now for young blacks to find a closed one.

This is the reality that made Ms. Warren’s attack on Mr. Sessions so tiresome. And it is what caused so many Democrats at President Trump’s address to Congress to look a little mortified, defiantly proud but dark with doubt. The sight of them was a profound moment in American political history.

Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. It has no grip whatever on what American exceptionalism is and what it means at home and especially abroad. Instead it remains defined by an America of 1965—an America newly opening itself to its sins, an America of genuine goodwill, yet lacking in self-knowledge.

This liberalism came into being not as an ideology but as an identity. It offered Americans moral esteem against the specter of American shame. This made for a liberalism devoted to the idea of American shamefulness. Without an ugly America to loathe, there is no automatic esteem to receive. Thus liberalism’s unrelenting current of anti-Americanism.

Let’s stipulate that, given our history, this liberalism is understandable. But American liberalism never acknowledged that it was about white esteem rather than minority accomplishment. Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption.

Mr. Steele, a senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution, is author of “Shame: How America’s Past Sins Have Polarized Our Country” (Basic Books, 2015).

Voir encore:

The Beginning of the End of Progressive Domination?
The overreach of the Left’s response to Trump’s victory — and its consequences.
Bruce Thornton
October 16, 2017
Bruce Thornton is a Shillman Journalism Fellow at the David Horowitz Freedom Center.

For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens.

But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance.

The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice.

The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored.

First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date

Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. The bathos and ridiculous hyperbole of their whining exposed for all to see their rank egotism and lack of discernment and judgment.

This childish behavior came hard on the whole “snowflake” and “microagression” phenomenon in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades.

So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline.

As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits.

Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.”

The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. Just as ultrasounds, Planned Parenthood’s dismemberment of babies to harvest and sell their organs, and murderous ghouls like Kermit Gosnell have turned people against abortion, perhaps the lies, cover-ups, and rationalizations of Weinstein’s creepy assaults on more than 30 women will discredit Hollywood’s pompous posing and smug virtue-signaling on the part of self-proclaimed champions of women’s rights. The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons.

So do these signs portend at last the end of the leftist “fundamental transformation” of America? Will we begin to see even more pushback, and more reforms of our cultural and social institutions?

Other signs suggest we shouldn’t start celebrating. The lefts’ demolition of the American social and political order has reached deep into our schools, popular culture, and political policies. There are 66 million Millennials, the worst-educated cohort in American history, steeped in the progressive world-view since kindergarten. The shibboleths, clichés, mythemes, and transparent lies of that world view are second nature to them, signs of intellectual sophistication and class superiority. Their favorite oracles, Facebook, Google, Twitter, and YouTube, are morphing into Big Brother censors and manipulators of information on behalf of progressives. And these Millennials are going to be around for a long time, unlike the aging Boomers, among whom are most of the last remnants of the old America.

More ominous, the progressive redistributionist entitlement state and the habits of dependence it fosters are unlikely to be reformed, even as the increasing debt to finance this “kinder, gentler” Leviathan continues to drive us toward bankruptcy. The vast wealth and physical comfort we Americans enjoy fool us into thinking that all these cultural and political pathologies are affordable, nothing to worry about as long as the shelves of Costco are full, the cat videos keep coming on Facebook and YouTube, the new CGI superhero cartoons are showing at the Cineplex, and new Silicon Valley toys continue to be available. We can keep on enjoying our bread and circuses and not think about the Goths and Vandals gathering on the horizon.

So, beginning of the end of the leftist cultural regime, or a transient, doomed resistance? One thing for sure, we have a couple of national elections coming in 2018 and 2020 that will answer that question.

Voir de même:

We Have Officially Reached Peak Leftism

Kevin D. Williamson

The National Review

June 24, 2015

A progressive panic attack begins as the Obama era wanes. If it seems to you that the Left has, collectively, lost its damned mind as the curtain rises on the last act of the Obama administration, you are not imagining things. Barack Obama has been extraordinarily successful in his desire to — what was that phrase? — fundamentally transform the country, but the metamorphosis is nonetheless a good deal less than his congregation wanted and expected. We may have gone from being up to our knees in welfare-statism to being up to our hips in it, and from having a bushel of banana-republic corruption and incompetence to having a bushel and a peck of it, but the United States of America remains, to the Left’s dismay, plainly recognizable as herself beneath the muck.

Ergo, madness and rage.

We have seen an extraordinary outburst of genuine extremism — and genuine authoritarianism — in the past several months, and it will no doubt grow more intense as we approach the constitutional dethroning of the mock messiah to whom our progressive friends literally sang hymns of praise and swore oaths of allegiance. (“I pledge to be a servant to our president” — recall all that sieg heil creepiness.) There is an unmistakable stink of desperation about this, as though the Left intuits what the Right dares not hope: that the coming few months may in fact see progressivism’s cultural high-water mark for this generation.

If there is desperation, it probably is because the Left is starting to suspect that the permanent Democratic majority it keeps promising itself may yet fail to materialize. The Democrats won two resounding White House victories but can hardly win a majority in a state legislature (seven out of ten today are Republican-controlled) or a governorship (the Democrats are down to 18) to save their lives, while Republicans are holding their strongest position in Congress since the days of Herbert Hoover. The Democrats have calculated that their best bet in 2016 is Hillary Rodham Clinton, that tragic bag of appetites who couldn’t close the deal in the primary last time around. “Vote for me, I’m a lady” isn’t what they thought it was: Wendy Davis, running for governor of Texas, made all the proper ceremonial incantations and appeared in heroic postures on all the right magazine covers, but finished in the 30s on Election Day. With young people trending pro-life, that old black magic ain’t what it used to be.

For the Left, it feels like time is running out.

So it isn’t sufficient that same-sex marriages be legalized; bakers and florists must be locked in prison if they decline to participate in a gay couple’s ceremony. It isn’t sufficient that those wishing to undergo sex-change surgery be permitted to go their own way; the public must pay for it, and if Bruce Jenner is still “Bruce” to you, you must be driven from polite society. It isn’t enough that the Left dominate the media and pop culture; any attempt to compete with it must be criminalized in the name of “getting big money out of politics.” Not the New York Times’s money, or Hollywood’s money, or the CEO of Goldman Sachs’s money — just the wrong sort of people’s money. Every major Democratic presidential candidate and every Democratic senator is on record supporting the repeal of the First Amendment’s free-speech protections — i.e., carving the heart out of the Bill of Rights — to clear the way for putting all public debate under political discipline.

Like it or not, you will be shackled to hope and change. The hysterical shrieking about the fictitious rape epidemic on college campuses, the attempts to fan the unhappy events in Ferguson and Baltimore into a national racial conflagration, the silly and shallow “inequality” talk — these are signs of progressivism in decadence.

So is the brouhaha over the Confederate flag in South Carolina in the wake of the horrific massacre at Emanuel AME Church. For about 30 seconds, the political ghouls of the Left were looking to pick another gun-control fight, swooping in, in their habitually indecent fashion, before the bodies had even grown cold. But that turned out to be a dead end, since the killer acquired his gun after passing precisely the sort of background check that the Left generally hawks after a high-profile crime, regardless of whether it is relevant to the crime. We might have spent some time thinking about whether law enforcement was too lax in the matter of the murderer’s earlier encounters with them — the South Carolina killer had a drug arrest on his record but was able to buy a gun because he had been charged only with a misdemeanor. But the Left isn’t in any mood to talk about whether the cops aren’t being hard-assed enough. So, instead, we had a fight over a completely unrelated issue: the Confederate flag flying at the state capitol in Columbia.

You have to credit the Left: Its strategy is deft. If you can make enough noise that sounds approximately like a moral crisis, then you can in effect create a moral crisis. Never mind that the underlying argument — “Something bad has happened to somebody else, and so you must give us something we want!” — is entirely specious; it is effective. In the wake of the financial crisis, we got all manner of “reform,” from student-lending practices to the mandates of Elizabeth Warren’s new pet bureaucracy, involving things that had nothing at all to do with the financial crisis. Democrats argued that decency compelled us to pass a tax increase in the wake of the crisis, though tax rates had nothing to do with it. A crisis is a crisis is a crisis, and if a meteor hits Ypsilanti tomorrow you can be sure that Debbie Stabenow will be calling for a $15 national minimum wage because of the plight of meteor victims. If you can make enough noise that sounds approximately like a moral crisis, then you can in effect create a moral crisis.

I bear no brief for the peckerwood-trash cultural tendencies that led Fritz Hollings, then governor, and the rest of the loyal Democrats who ran segregation-era South Carolina to hoist the Confederate flag in 1962. My sympathies are more with John Brown than with John Calhoun. Yet Lost Cause romanticism was very much in fashion for a moment, and not only among Confederate revanchists; Joan Baez, no redneck she, made a great deal of money with her recording of “The Night They Drove Old Dixie Down” in 1971. About every third Western of the era had as its hero a conflicted Confederate veteran, his wounded honor and stoicism in defeat compelling him to roam westward in search of a new beginning. That story lives on into our own time: Who are Mal Reynolds and the Browncoats if not another remnant of the Lost Cause relocated from Virginia to the frontier in space?

Of course the Confederate flag is a symbol of Southern racism. It is a good many other things, too, none of which was the cause of the massacre at Emanuel AME. It is strange and ironic that adherents of the Democratic party — which was, for about 140 years, not only the South’s but the world’s leading white-supremacist organization — should work themselves up over one flag, raised by their fellow partisans, at this late a date; but, well, welcome to the party. Yet Democratic concern about racist totems is selective: The Democrats are not going to change the name of their party, cancel the annual Jefferson-Jackson dinner, or stop naming things after Robert Byrd, senator and Exalted Cyclops of the Ku Klux Klan. Hillary Clinton is not going to be made to answer for her participation in a political campaign that featured Confederate-flag imagery.

The Confederate flag, and other rebel iconography, is a marker of Southern distinctiveness, which, like American distinctiveness, is inextricably bound up with the enslavement and oppression of black people. But only the South is irredeemable in the Left’s view, and it has been so only since about 1994, when it went Republican. Which is to say, the Confederate flag is an emblem of regional distinctiveness disapproved of by 21st-century Democrats. Their reinvigorated concern is awfully nice: When the South actually was a segregationist backwater that African-Americans were fleeing by the million — when Democrats were running the show — they were ho-hum. Today the South is an economic powerhouse, dominated by Republicans, and attracting new African-American residents by the thousands. And so the Left and its creature, the Democratic party, insist that Southern identity as such must be anathematized. The horrific crime that shocked the nation notwithstanding, black life in Charleston remains very different, in attractive ways, from black life in such Left-dominated horror shows as Cleveland and Detroit, and the state’s governor is, in the parlance of identity politics, a woman of color — but she is a Republican, too, and therefore there must be shrieking, rending of garments, and gnashing of teeth.

This is a fraud, and some scales are starting to fall from some eyes. Americans believe broadly in sexual equality, but only a vanishing minority of us describe ourselves as “feminists.” “Social-justice warrior” is a term of derision. The Bernie Sanders movement, like the draft-Warren movement of which it is an offshoot, is rooted in disgust at the opportunistic politics of the Clinton claque. Young people who have heard all their lives that the Republican party and the conservative movement are for old white men — young people who may be not be quite old enough to remember Democrats’ boasting of their “double-Bubba” ticket in 1992, pairing the protégé of one Southern segregationist with the son of another — see before them Nikki Haley, Bobby Jindal, Susana Martinez, Carly Fiorina, Tim Scott, Mia Love, Marco Rubio, Ben Carson, Elise Stefanik. None of those men and women is bawling about “microaggressions” or dreaming up new sexless pronouns. None belongs to the party that hoisted Dixie over the capitol in South Carolina either. Governor Haley may be sensitive to the history of her state, but she is a member of the party of Lincoln with family roots in Punjab — it isn’t her flag.

What’s going to happen between now and November 8 of next year will be a political campaign on one side of the aisle only. On the other side, it’s going to be something between a temper tantrum and a panic attack. That’s excellent news if you’re Ted Cruz, Scott Walker, Marco Rubio, or Carly Fiorina. It’s less good news if you live in Baltimore or Philadelphia. —

Kevin D. Williamson is roving correspondent at National Review.

Voir encore:

PHOENIX — There are now two definitions of truth in the United States. The first is that a truthful statement is one that conforms to facts or reality. By this standard, President Trump is a serial liar.

The second is that truth is “telling it like it is,” or speaking in a direct, unvarnished way without regard to political correctness or the offense it may give. By this measure, for millions of supporters, Trump is the most honest president ever.

The United States has already become a post-truth society. Telling it like it isn’t has become a form of truth. That’s a nation in which chaos is more plausible because the ability to make rational decisions is diminished. Signal and noise can no longer be distinguished.

The center, where it was long held that elections are won, evaporates. Violence becomes more likely because incomprehension grows across hardening lines of fracture. It may well be that elections, as with the last presidential race, are now won at the extremes.

In Arizona, where Trump’s presidential campaign went from joke to winning proposition in July 2015 with a speech in which Trump said Mexicans were “taking our money” and “killing us,” the honest-man Trump view resonates. Trump was always about language. It didn’t matter that he was a loose cannon. He connected with the widespread disgust at the political class and the media. This was his winning intuition: that he could triumph as the subversive plain-speaking outsider.

Trump had that “kind of bluntness and occasionally even crass language which, if nothing else, at least meant authenticity,” said Jay Heiler, a lawyer considering a run against Senator Jeff Flake of Arizona, a rare Republican critic of Trump. “The president just hit a lot of nerves that a lot of conventional politicians didn’t even know were there.”

Those nerves still tingle. Nine months into the presidency, the support of Trump’s base remains fervid. I am often asked whether I believe that Trump will be impeached. I’ve taken to responding that it’s more likely he’ll be a two-term president. I’d put the chances of impeachment at under 10 percent and of his re-election at about 25 percent.

That’s partly because the Democratic Party has not yet begun a serious reckoning with its defeat last year. It hasn’t grasped the degree to which it lives, still, in a coastal echo chamber of identity politics and Trump-bashing. Just being anti-Trump won’t cut it. As Chuck Coughlin, a Republican political consultant who once worked for Senator John McCain, put it to me, “Somebody who speaks to common-sense American values — that is what the Democrats need.” I’m not sure who that person is, but I am pretty sure she or he does not reside in New York, Massachusetts or California.

Coughlin went on: “A Democratic Party that can’t tell me how many genders there are, that ain’t flying in this country.”

American fracture is the nation’s overriding condition. It keeps widening. Jeff DeWit, the Republican state treasurer of Arizona, picked up Trump at the airport for that 2015 Phoenix rally; he remains an ardent fan of Trump’s “movement of people dying for something different.”

His deputy, Mark Swenson, told me: “America was formed by a bunch of people who just wanted to be left alone.”

For that, guns help. “Bad guys have guns, so good guys should have guns, too,” DeWit said, rejecting my suggestion that the recent American carnage in Las Vegas showed the need for stricter gun laws.

Trump winks at white supremacists, thrives on confrontation and debases the Oval Office. But it would be a huge mistake to conclude from this that his defeat is inevitable; or that his supporters do not include millions of decent, smart Americans who just view the world differently. Americans who feel culturally alienated from the globalized metropolis (and sense that their worldview elicits contempt in a Democratic Party that often seems to have lost touch with ordinary Americans).

Heiler, the pro-Trump lawyer considering a Senate run, turned to the president’s campaign against football players, most of them black, who refuse to stand for the national anthem. “Many African-Americans are focused on a particular set of facts and circumstances” that “drive that conduct, that protest,” Heiler said. “But when many other Americans see it, and Americans of all races,” they think “gosh, these guys all have it pretty good. You know they make a really good living, playing football. This country’s been really good to them. And so, even if they have an ax to grind, they shouldn’t grind it against the country or its symbol or its anthem.”

Heiler said he wouldn’t condemn the protesting players’ choice, even if he disagreed, but “there’s simply no getting around that when you make that choice you’re going to alienate a lot of Americans.”

Now the vague particular “circumstances” alluded to by Heiler includes gross police brutality against black kids and the history of oppression of African-Americans. Players who protest are exercising a fundamental American right. But yes, they are “going to alienate a lot of Americans.” Trump, at some level, is going to win this argument.

An overriding lesson of 2016 for liberals is that without hard-nosed realism about the state of the country and Trump’s talents, you lose. And that’s the truth.

 Voir encore:

Le sexe pendant Mai 68: « On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! »
propos recueillis par Dominique Simonnet
L’Express
28/08/2016 à 11:02

Avec la Révolution sexuelle, la sexualité est portée aux nues. Mais, au-delà de la libération, le sexe est alors, pour le romancier et essayiste Pascal Bruckner, une obligation. « On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte », analyse-t-il. Entretien.

Et soudain, l’explosion! Le lourd couvercle que des siècles de répression avaient posé sur la sexualité éclate sous la pression de Mai 68. Il est interdit d’interdire! Jouissons sans entraves! Du passé puritain faisons table rase! C’est le paradis sur Terre. Voire… La mystique du sexe a son revers. Priorité absolue au plaisir. Orgasme obligatoire. « T’es pas libérée! » oppose- t-on à celles qui se rebellent.

Le sentiment amoureux est nié, le mariage ridiculisé. Osons le dire: certains gentils révolutionnaires étaient de vrais Robespierre. L’écrivain Pascal Bruckner le reconnaît avec une nostalgie émue: de cet épisode angélique et pervers on n’a pas fini de ressentir les effets.
On parle des années 1960 et 1970 comme d’une « parenthèse enchantée » entre la pilule et le sida, un moment de grâce et de liberté sexuelle où tout était possible, tout était permis, comme si l’amour était enfin débarrassé de ses chaînes. La vision est un peu idyllique, non?

Elle est malgré tout assez exacte. A cette époque-là, il y avait une conjonction très propice à l’amour libre: une situation économique florissante (en plein milieu des Trente Glorieuses, la France redécouvrait la prospérité), un optimisme délirant (on allait écraser le cancer, liquider l’infarctus du myocarde), une absence de maladies vénériennes… Tout d’un coup, le sujet amoureux pouvait se penser vagabondant à travers ses désirs, sans freins, sans pénalités. La science avait vaincu la vieille idée du péché sexuel. La liberté semblait sans limites. Tel était le climat de l’époque.

C’était, comme nous le disait Anne-Marie Sohn concernant le sexe à la Belle époque, l’aboutissement d’un mouvement d’émancipation qui avait couvé pendant plusieurs décennies.

La contestation était en effet portée depuis un siècle par différentes avant-gardes artistiques et esthétiques, et une envie de plaisir s’était exprimée avec force chez les jeunes de l’après-guerre. A la fin des années 1950, nous sortions d’une société hypocrite où les hommes faisaient la loi dans les familles et les patrons, dans l’entreprise. Nous voulions en finir avec cette France corsetée, rigidifiée, fermée. Tout ce que nous pouvions happer de l’étranger -le rock, le blues, la soul, les hippies, les cheveux longs- était convoqué chez nous avec une avidité sans limite.

Les garçons et les filles se regardaient comme deux tribus qui allaient bientôt sauter l’une sur l’autre. Ils restaient encore séparés par quelques vieux tabous: la virginité des femmes avant le mariage (c’était presque une plaisanterie), la non-mixité dans les écoles, un certain ascendant des hommes sur les femmes, une forme de pudeur…

Des tabous qui sont tombés en Mai 68.

C’est parce qu’ils étaient déjà morts, rongés de l’intérieur par toute une mentalité démocratique et égalitaire. On s’était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c’est l’acte d’émancipation de l’individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n’a plus d’ordre à recevoir de personne. Ni de l’Eglise, ni de l’armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti…

Et puisque l’individu est libre, il n’a plus d’autre obstacle face à son désir que lui-même. « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »: c’est la merveilleuse promesse d’un nouveau monde. S’est alors manifestée une véritable jubilation à l’idée de terrasser l’ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c’est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d’un coup, l’irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait « je vous aime » pour dire « je vous désire ». Cette fois, on dit « je te désire » au lieu de dire « je t’aime ».

Que recouvrait vraiment ce terme de « révolution sexuelle »?

C’était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s’arrêtaient au dernier stade (« mes parents ne veulent pas », « je veux rester vierge pour le mariage »). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale… Tout basculait.
« On reconnaissait le désir des femmes »

Le désir ne se résumait pas simplement à la pulsion immonde de l’espèce masculine. On reconnaissait le désir des femmes. Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu’il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles.

Tout cela était enveloppé dans un discours intellectuel assez fumeux. On théorisait beaucoup la sexualité.

On lisait Freud, bien sûr, mais surtout Wilhelm Reich, dont les idées épousaient à merveille les lubies de l’époque. Selon lui, l’orgasme permettait d’expliquer le double phénomène du fascisme et du stalinisme: c’est parce que les gens ne jouissaient pas qu’ils se choisissaient un Hitler ou un Staline. L’orgasme avait donc des vertus non seulement hédoniques mais aussi politiques.

Dans le mouvement Sexpol, dont on ne relit pas aujourd’hui les publications sans éclater de rire, des trotskistes nous expliquaient comment l’émancipation de l’être humain passait par la grève mais aussi par le lit: la nuit, en copulant, l’ouvrier et l’ouvrière devaient atteindre ensemble l’extase pour hâter le grand soir. « Plus je fais l’amour, disait-on, plus je fais la révolution! » Raoul Vaneigem eut même ce jeu de mots, qui paraît consternant aujourd’hui: « Erection, insurrection! »

L’amour libre s’est alors constitué en véritable idéologie, et même en mystique. Le Graal du sexe allait apporter le bonheur…

… et la paix sur Terre. La révolution prolétarienne battait de l’aile, le tiers-monde était loin. La sexualité, elle, était pleine de promesses. Elle était la prolongation de la religion, la forme la plus immédiate et la plus accessible de la rédemption. Elle portait, croyait-on, un amour universel, une forme de franciscanisme. « Aimez-vous les uns sur les autres »: il y avait de la naïveté et de la bêtise dans tout cela, mais aussi une certaine générosité évangélique. On allait fabriquer un nouvel Adam. Le sexe, c’était le jardin d’Eden!

Chesterton a eu cette phrase géniale: « Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. » La révolution sexuelle en était une.

Cette folie n’était-elle pas le fait d’une minorité d’intellectuels et de babas cool passablement enfumés?

Il est difficile de le dire aujourd’hui. Le vent soufflait des Etats-Unis, mais aussi de l’Angleterre, de la Hollande. Le plus riche de 68, ce fut cette révolution désirante, qui sera ensuite théorisée par Foucault, Deleuze, Guattari… On baignait dans une bienveillance généralisée, naïve, mais féconde.

Mais cette drôle de révolution avait une face cachée: le discours normatif, la pression du groupe, les culpabilisations perverses… Il fallait adhérer au dogme, donner son corps sans rechigner, ou alors s’analyser, faire son autocritique, s’amender. En fait de libération, c’était aussi un terrorisme.

Absolument. Sans s’en apercevoir, on passe d’un dogme à l’autre. Le plaisir était prohibé, il devient obligatoire. L’ambiance est à l’intimidation. Un nouveau tribunal s’installe: non seulement il faut faire l’amour de toutes les façons, avec tout le monde, mais encore faut-il que le plaisir soit conforme. Quiconque s’y soustrait est vu comme une sorte d’épave réactionnaire, un résidu du vieux monde.

Quand les filles refusaient de coucher, on avait le moyen de les culpabiliser: « Ben dis donc, tu n’es pas libérée! » Peu à peu s’établit donc ce que nous avions appelé, avec Alain Finkielkraut, la dictature de l’orgasme obligatoire. L’érotisme entre dans le domaine de la prouesse. On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte.

Oublié le mariage, méprisé le sentiment! Deleuze et Guattari parlent même de « l’ignoble désir d’être aimé ».

Ils ont dit beaucoup de bêtises… Le corps apparaissant comme la métaphore de la subversion, le sentiment est mis sous le boisseau. On se dit que, pendant des siècles, les hommes avaient masqué leur désir derrière le rideau des beaux sentiments. Alors, il faut le déchirer! Le rock’n’roll et la pop poussent des cris d’appétit sexuel sauvage (« I can’t get no satisfaction », « I want you! »).

« L’amour devient obscène »

L’inhibition et la frustration sont montrées du doigt; l’amour, avec ses fantômes séculaires (possession, jalousie, secret), devient obscène. D’où le refus de la séduction, considérée comme une survivance du vieux monde: on est supposé aller vers son partenaire en toute franchise, sans recourir aux anciens et misérables stratagèmes.

Quant au couple, c’est l’abomination de la désolation.

Les gens qui se mariaient nous semblaient pathétiques, on leur faisait honte. La jalousie ne pouvait plus se dire. Si quelqu’un y succombait, le cercle des amis lui exprimait une sorte de compassion: « Pourquoi es-tu jaloux? Analyse bien. » Déjà, la parole thérapeutique se frayait un chemin. Alors, au lieu de creuser sa plaie comme on le fait de nos jours, on se raisonnait: « Après tout, j’ai peut-être tort. Pourquoi m’inquiéter si ma compagne s’envoie en l’air avec le voisin du dessous? Je n’ai qu’à faire les courses pendant ce temps-là. » Le couple était une forme transitoire qu’on empruntait pour aller vers la polygamie ou la polyandrie. A l’époque, il y avait un véritable terrorisme anticonjugal.

Même la sexualité des enfants est exaltée, jusqu’à, parfois, tolérer la pédophilie.

Les enfants, eux aussi, devaient être élevés dans l’éloge de leur désir. La pédophilie n’était pas admise, mais elle comptait un certain nombre de défenseurs. On se disait que le miracle sexuel était un don qui devait être équitablement distribué entre tous les âges, et toutes les générations. C’était une époque innocente, et naïve… Car le vieux monde restait présent sous les oripeaux du nouveau, comme dans le film Les Bronzés (où ce sont toujours les mêmes qui se tapent les jolies filles).

Derrière la parole libératrice et généreuse, il y avait une vraie brutalité, les lois de la sélection amoureuse subsistaient avec force. Petit à petit, on s’est aperçu qu’il y avait des perdants, des victimes, des laissés-pour-compte; on était en train de recréer un univers de mensonge que l’on avait pourtant tant dénoncé chez nos parents.

Les premières victimes, c’étaient les femmes.

Les femmes se sont senties niées. Tout était calqué sur la mécanique de l’orgasme masculin, sur la satisfaction unique qui balaie la pulsion. Elles ne souhaitaient pas devenir des objets sexuels manipulables à volonté par des hommes en chaleur, mais voulaient la reconnaissance de nouveaux droits: l’avortement, la contraception, le respect de leur propre désir… Et puis, il y avait toujours cette renaissance incessante, à chaque relation, du sentiment, sorte de nostalgie dont on n’osait pas parler.

Et puis, on a osé… Certains, tels Roland Barthes (Fragments d’un discours amoureux), Michel Foucault (Histoire de la sexualité), Alain Finkielkraut et vous-même (Le Nouveau Désordre amoureux), ont commencé à dénoncer cette grande illusion.

Nous avons voulu faire comprendre que la notion de révolution sexuelle n’avait aucun sens. Que l’amour n’était pas réformable. « Non, l’amour n’est pas honteux! » avance Barthes. Tout à coup, nous revendiquions le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel. Ce qui n’empêchait pas une consommation sexuelle frénétique, notamment dans le monde homosexuel, mais elle n’était plus obligatoire. On s’est mis à redécouvrir Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Le sentiment est revenu par la petite porte. Comme si une deuxième libération avait lieu.

Quel bilan tirez-vous de cet épisode pour le moins mouvementé?

Malgré tout, le bilan est positif. La révolution sexuelle que nous avons accomplie reste, pour de nombreux pays au monde, un extraordinaire idéal. Les femmes y ont gagné des droits indéniables… Mais si, depuis le Moyen Age, l’individu s’est lentement affranchi des tutelles féodales, administratives, religieuses, sociales, morales, sexuelles, nous découvrons maintenant en Occident que cette liberté a pour contrepartie la responsabilité et la solitude.

Résultat, la sexualité est peut-être libre, mais elle est devenue anxieuse. Sommes-nous de bons amants? De bons époux? De bons parents? La parole est passée du registre du diktat à celui de la plainte. « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus », a dit justement Wolinski.

L’innocence des années 1970 est perdue?

Elle l’est. L’erreur que nous avons commise en 68, c’est de penser que l’Histoire est un héritage cumulatif et que, en supprimant les peurs d’antan, la nouvelle génération bénéficierait d’emblée d’une sexualité clefs en main. En réalité, le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Ce qui est mort depuis 68, c’est l’angélisme du désir, l’idée que tout ce qui touche au sexe est merveilleux. On sait aujourd’hui que l’amour n’est pas démocratique, qu’il ne répond pas à la justice ni au mérite, qu’il charrie la dépendance, l’abjection, la servitude aussi bien que le sacrifice et la transfiguration. C’est cette complexité de l’amour que nous devons redécouvrir.

Voir de même:

Communism Through Rose-Colored Glasses
Bret Stephens
NYT
Oct. 27, 2017

“In the spring of 1932 desperate officials, anxious for their jobs and even their lives, aware that a new famine might be on its way, began to collect grain wherever and however they could. Mass confiscations occurred all across the U.S.S.R. In Ukraine they took on an almost fanatical intensity.”

I am quoting a few lines from “Red Famine,” Anne Applebaum’s brilliant new history of the deliberate policy of mass starvation inflicted on Ukraine by Joseph Stalin in the early 1930s. An estimated five million or more people perished in just a few years. Walter Duranty, The Times’s correspondent in the Soviet Union, insisted the stories of famine were false. He won a Pulitzer Prize in 1932 for reportage the paper later called “completely misleading.”

How many readers, I wonder, are familiar with this history of atrocity and denial, except in a vague way? How many know the name of Lazar Kaganovich, one of Stalin’s principal henchmen in the famine? What about other chapters large and small in the history of Communist horror, from the deportation of the Crimean Tatars to the depredations of Peru’s Shining Path to the Brezhnev-era psychiatric wards that were used to torture and imprison political dissidents?

Why is it that people who know all about the infamous prison on Robben Island in South Africa have never heard of the prison on Cuba’s Isle of Pines? Why is Marxism still taken seriously on college campuses and in the progressive press? Do the same people who rightly demand the removal of Confederate statues ever feel even a shiver of inner revulsion at hipsters in Lenin or Mao T-shirts?

These aren’t original questions. But they’re worth asking because so many of today’s progressives remain in a permanent and dangerous state of semi-denial about the legacy of Communism a century after its birth in Russia.

No, they are not true-believing Communists. No, they are not unaware of the toll of the Great Leap Forward or the Killing Fields. No, they are not plotting to undermine democracy.

But they will insist that there is an essential difference between Nazism and Communism — between race-hatred and class-hatred; Buchenwald and the gulag — that morally favors the latter. They will attempt to dissociate Communist theory from practice in an effort to acquit the former. They will balance acknowledgment of the repression and mass murder of Communism with references to its “real advances and achievements.” They will say that true communism has never been tried. They will write about Stalinist playwright Lillian Hellman in tones of sympathy and understanding they never extend to film director Elia Kazan.

Progressive intelligentsia “is moralist against one half of the world, but accords to the revolutionary movement an indulgence that is realist in the extreme,” the French scholar Raymond Aron wrote in “The Opium of the Intellectuals” in 1955. “How many intellectuals have come to the revolutionary party via the path of moral indignation, only to connive ultimately at terror and autocracy?”

On Thursday, I noted that intellectuals have a long history of making fools of themselves with their political commitments, and that the phenomenon is fully bipartisan.

But the consequences of the left’s fellow-traveling and excuse-making are more dangerous. Venezuela is today in the throes of socialist dictatorship and humanitarian ruin, having been cheered along its predictable and unmerry course by the usual progressive suspects.

One of those suspects, Jeremy Corbyn, may be Britain’s next prime minister, in part because a generation of Britons has come of age not knowing that the line running from “progressive social commitments” to catastrophic economic results is short and straight.

Bernie Sanders captured the heart, if not yet the brain, of the Democratic Party last year by portraying “democratic socialism” as nothing more than an extension of New Deal liberalism. But the Vermont senator also insists that “the business model of Wall Street is fraud.” Efforts to criminalize capitalism and financial services also have predictable results.

It’s a bitter fact that the most astonishing strategic victory by the West in the last century turns out to be the one whose lessons we’ve never seriously bothered to teach, much less to learn. An ideology that at one point enslaved and immiserated roughly a third of the world collapsed without a fight and was exposed for all to see. Yet we still have trouble condemning it as we do equivalent evils. And we treat its sympathizers as romantics and idealists, rather than as the fools, fanatics or cynics they really were and are.

Winston Churchill wrote that when the Germans allowed the leader of the Bolsheviks to travel from Switzerland to St. Petersburg in 1917, “they turned upon Russia the most grisly of all weapons. They transported Lenin in a sealed truck like a plague bacillus.”

A century on, the bacillus isn’t eradicated, and our immunity to it is still in doubt.

Voir enfin:

Jean-Paul Piérot
19 Juin, 2017
L’Humanité

2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. Cette publication de 108 pages est disponible chez votre marchand de journaux ou sur commande directement à l’Humanité, au prix de 9 euros.

Il y a cent ans, la guerre n’en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s’abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d’octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste.

Interroger le sens des révolutions d’aujourd’hui

Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d’exemplaires, a fait connaître l’épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s’empara des progressistes : « Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d’Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d’une “aventure”. Eh bien, s’il faut parler d’aventure, ce fut l’une des plus merveilleuses où se soit engagée l’humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l’histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (…) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l’histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. »

C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.

« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ».

Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s’engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal.

Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d’octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968.

Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos.

ils Ont contribué à ce numéro exceptionnel

Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences-Po Paris, Alain Badiou, philosophe, Bernard Chambaz, écrivain, Maud Chirio, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Sophie Cœuré, historienne, professeur à l’université Paris-VII Denis-Diderot, Alexandre Courban, historien, Pierre Dardot, philosophe, Jean-Numa Ducange, maître de conférences à l’université de Rouen, Jean-François Fayet, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Fribourg (Suisse), Marc Ferro, historien, spécialiste de la Russie, Frédérick Genevée, historien, responsable des archives du PCF, Andreï Gratchev, écrivain, ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev, Florian Gulli, professeur de philosophie, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Christian Laval, professeur de sociologie, Olga Lipovskaïa, militante féministe russe, Patrick Kamenka, journaliste, spécialiste de la Russie, Naum Kleiman, historien, ancien directeur du musée du Cinéma de Moscou, Marco Di Maggio, historien, professeur à l’université La Sapienza de Rome, Jean-Jacques Marie, historien spécialiste de l’URSS, Roger Martelli, historien, codirecteur du mensuel Regards, Edgar Morin, sociologue et philosophe, Bernard Pudal, professeur de sciences politiques à l’université Paris-VI Nanterre, Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII Saint-Denis, Pierre Serna, historien, Institut d’histoire de la Révolution française, Bernard Stiegler, directeur de l’Institut de recherche et d’innovation, Alexandre Sumpf, maître de conférences à l’université de Strasbourg, Françoise Vergès, politologue et éditrice, Jean Vigreux, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne, Nicolas Werth, historien, directeur de recherche à l’Institut du temps présent, affilié au CNRS, Serge Wolikow, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne.

U FIL DES PAGES…

Nicolas Werth : « Ce coup d’État a pour toile de fond une vaste révolution sociale, multiforme, autonome ; celle-ci s’exprime sous des formes très diverses : une grande jacquerie, une décomposition de l’armée, un mouvement revendicatif ouvrier, une émancipation des nationalités et des peuples allogènes de l’ex-Empire russe. »

Olga Lipovskaïa : « Sous l’influence d’Alexandra Kollontaï et d’Inès Armand, la Russie se dote d’un ensemble de lois qui est le plus avancé en matière de droits de la femme : garantie de conserver son emploi pendant sa grossesse, égalité absolue des conjoints, congés de maternité. En 1920, le droit à l’avortement gratuit est voté. »

Marc Ferro : « Le drame, c’est que les paysans qui avaient des terres se sont vu confisquer leurs récoltes pour nourrir les villes, la classe ouvrière qui était privilégiée car elle devait construire le socialisme. Ce qui a satisfait la classe ouvrière et l’a ralliée au régime, c’est qu’il n’y avait plus de dominants, plus de patrons. »

Alexandre Sumpf : « Opposants politiques, militants révolutionnaires et soldats ont uni leurs forces lors des quelques jours qui ont suffi à faire chuter les Romanov en février. (…) Les grandes crises de 1917 sont toutes liées au conflit mondial. »

Edgar Morin : « La notion de métamorphose est plus riche que celle de révolution. Elle en garde la radicalité novatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, des cultures, des legs de pensées et de sagesse de l’humanité). »

Jean-Numa Ducange : « Les dirigeants bolcheviks sont persuadés que la première révolution socialiste du XXe siècle aura la même portée que la Révolution française au XVIIIe siècle. »

Alain Badiou : « Je voudrais insister sur un point qui aujourd’hui, depuis l’apparent triomphe du capitalisme à l’échelle mondiale, semble oublié : la révolution russe de 1917 est un événement sans précédent dans l’histoire de l’espèce humaine. »

Pierre Laurent : « La nouvelle révolution qui s’avance, ce n’est pas la renaissance d’un héritage glorieux, c’est surtout la conscience que notre monde change ­radicalement sous nos yeux. »

Bernard Pudal : « Ces militants (communistes français) sont profondément internationalistes. Ils le sont en pratique comme en témoignent les mariages blancs contractés avec des militantes immigrées souvent juives afin de les protéger d’une extradition pour cause de militantisme. »

Michèle Riot-Sarcey : « Les échecs révolutionnaires accumulés depuis 1917 ont rendu les militants sceptiques. Le mot même de communisme a perdu sa force émancipatrice telle qu’elle avait été forgée dès 1840. »

Françoise Vergès : « La révolution éclate dans un monde où les puissances européennes se sont enrichies après avoir mené des guerres meurtrières et dévastatrices, mis en place des politiques de dépossession massives, des codes juridiques qui légalisent les discriminations raciales, le travail forcé et la suprématie blanche. »

Roger Martelli : « Ce siècle est clos et, s’il est un modèle dont il faut s’abstraire, peut-être est-ce du bolchevisme, quelle qu’ait été sa grandeur. Non pas se débarrasser du communisme, mais de la forme que le XXe siècle lui donna. »

Andreï Gratchev : « La tentative de Lénine, à la fin de la guerre civile, de réformer le projet initial, à l’aide de la NEP, esquisse de la future perestroïka, a échoué après avoir été sabotée et rejetée par Staline et son entourage. »

 
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Guerre des mémoires: Du passé faisons table rase (Airbrushing history: It’s social racism, stupid !)

13 septembre, 2017

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Etats-Unis : et maintenant, les statues de Christophe Colomb sèment la discordeInline image 7Inline image 4Inline image 9Inline image 14Inline image 6Inline image 3https://i2.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3b/Penny_Lane_road_sign,_Liverpool_-_geograph.org.uk_-_1772560.jpg
"Le Drapeau rouge sur le Reichstag", une photo-symbole savamment fabriquéeeglisesaIllustration by Ellie Foreman-Peck
Debout ! les damnés de la terre ! Debout ! les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère, C’est l’éruption de la fin. Du passé faisons table rase, Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! C’est la lutte finale Groupons-nous, et demain, L’Internationale, Sera le genre humain. Eugène Pottier (1871)
And the Lord said unto Moses, Write this for a memorial in a book, and rehearse it in the ears of Joshua: for I will utterly put out the remembrance of Amalek from under heaven. Exodus 17: 14
To this day, The Bible is the only ancient source that attests the existence of the Amalekites, and no other archaeological or epigraphic evidence of their existence has been found. Wikipedia
Do not look upon him. He is a traitor to the Pharaoh. Let the name of Moses be stricken from every book and tablet… stricken from all pylons and obelisks, stricken from every monument of Egypt. Let the name of… Moses be unheard and unspoken, erased from the memory of men. King Seti (The ten commandments, Cecil B. De Mille, 1956)
Te rends-tu compte que le passé a été aboli jusqu’à hier ? S’il survit quelque part, c’est dans quelques objets auxquels n’est attaché aucun mot, comme ce bloc de verre sur la table. Déjà, nous ne savons littéralement presque rien de la Révolution et des années qui la précédèrent. Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées. Et le processus continue tous les jours, à chaque minute. L’histoire s’est arrêtée. Rien n’existe qu’un présent éternel dans lequel le Parti a toujours raison. Je sais naturellement que le passé est falsifié, mais il me serait impossible de le prouver, alors même que j’ai personnellement procédé à la falsification. La chose faite, aucune preuve ne subsiste. La seule preuve est à l’intérieur de mon cerveau et je n’ai aucune certitude qu’un autre être humain quelconque partage mes souvenirs. De toute ma vie, il ne m’est arrivé qu’une seule fois de tenir la preuve réelle et concrète. Des années après. Winston (1984, George Orwell)
Penny Lane is in my ears and in my eyes There beneath the blue suburban skies… Paul McCartney (1967)
The night they drove old Dixie down And all the bells were ringin’ (…) Back with my wife in Tennessee And one day she said to me, « Virgil, quick! Come see! There goes Robert E. Lee. » Now I don’t mind, I’m chopping wood And I don’t care if the money’s no good Just take what you need and leave the rest But they should never have taken the very best. Robbie Robertson (reprise par Joan Baez)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie. G.K. Chesterton
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Si on change les noms, c’est comme si il ne s’était rien passé: il n’y a plus de preuves alors les gens oublient. Eric Lynch (spécialiste de la traite de Liverpool)
Christiane Taubira déclare sans ambages qu’il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les « jeunes Arabes » « ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes. Ces logiques communautaires influent aussi sur le projet mémoriel La Route de l’esclave, décidé en 1993 par l’Unesco: Roger Botte, chercheur au Centre d’études africaines du CNRS, constate qu’il privilégie également la traite transatlantique du fait de «la pression des représentants du monde arabe et des Etats africains». Eric Conan (L’Express, 2006)
Je rêve de voir les Blancs, les Arabes et les Asiatiques s’organiser pour défendre leur identité propre. Nous combattons tous ces macaques qui trahissent leurs origines, de Stéphane Pocrain à Christiane Taubira en passant par Mouloud Aounit. […] Les nationalistes sont les seuls Blancs que j’aime. Ils ne veulent pas de nous et nous ne voulons pas d’eux. […] Parce qu’il y aurait eu la Shoah, je n’ai rien le droit de dire sur mon oppresseur sioniste ? Stellio Capochichi (alias Kemi Seba)
 Les sionistes sont les nazis du XXIe siècle. […] Ce qui se passe aujourd’hui en Palestine est mille fois pire que la Shoah. […] Nous abattrons les sionistes, nous abattrons l’impérialisme. […] Que tous les sionistes sur Paris sachent qu’ils ne dormiront plus tranquilles. À mort Israël ! À mort les sionistes ! Stellio Capochichi (alias Kemi Seba)
Les institutions internationales comme la Banque Mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) ou l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sont « tenus par les sionistes qui imposent à l’Afrique et à sa diaspora des conditions de vie tellement excrémentielles que le camp de concentration d’Auschwitz peut paraître comme un paradis sur terre ». Stellio Capochichi (alias Kemi Seba)
Incontestablement, Donald Trump n’a pas su élever son discours et s’adresser à toute l’Amérique. Parce qu’il n’est pas un politicien orthodoxe, il n’a pas perçu la dimension symbolique de ces événements et ce qu’elle exigeait de lui. En revanche, quand il pointe des violences du côté de l’extrême droite mais aussi de l’ alt-left, cela me semble un constat difficilement récusable. Il y a bien une alt-left, violente ou agressive, et en tout cas très intolérante. Cela va des Antifa à Black Lives Matter et d’autres groupuscules qui occupent, notamment dans la rue, le vide laissé par un Parti démocrate en pleine crise depuis la défaite de Hillary Clinton. Ceux-là tirent tous les débats qui agitent une société américaine très divisée vers un affrontement entre pro- et anti-Trump. Jean-Eric Branaa (Paris-II)
Le bon sens a été emporté par le vent dans ma ville natale de Memphis. Todd Starnes
Notre intention n’a jamais été de choquer. Nous évitons l’utilisation de symboles religieux sur nos emballages pour maintenir la neutralité dans toutes les religions. Si cela a été perçu différemment, nous présentons nos excuses aux personnes qui ont pu être choquées. Groupe Lidl
Des avocats de l’ACLU, l’union américaine pour les libertés civiles (..) ont aidé le suprémaciste blanc Jason Kessler à organiser une manifestation dans le centre de Charlottesville.(…) A la fin des années 1970, l’ACLU avait en effet pris la décision controversée de défendre un groupe néonazi qui voulait défiler à Skokie, une banlieue de Chicago où vivaient de nombreux rescapés des camps de concentration. (…) Dans le cas de Charlottesville, afin de limiter les violences potentielles, les autorités municipales voulaient que la marche pour le maintien de la statue du général sudiste Robert E. Lee ait lieu dans un grand parc un peu à l’écart. Le nationaliste blanc Jason Kessler a fait un procès à la ville et ce sont des avocats de l’ACLU qui l’ont gratuitement aidé à obtenir le droit de faire venir les manifestants – avec leurs torches, drapeaux confédérés, armes, croix grammées et slogans nazis – dans le centre ville. Du point de vue de l’ACLU, le gouvernement utilisait le prétexte de la menace de violence pour marginaliser des opinions peu populaires. En accord avec l’ACLU, le juge a statué qu’il n’était pas constitutionnel pour la ville de limiter le permis de manifester des nationalistes blancs juste parce que les autorités étaient en désaccord avec leurs idées. (…) Cette position demeure pourtant controversée. Après le meurtre de la manifestante Heather Heyer le 12 août, tuée par un sympathisant néonazi qui lui a foncé dessus en voiture, plusieurs membres de l’organisation ont démissionné (…) et des branches locales de l’ACLU ont critiqué la position de la direction. (…) Des porte-paroles de l’ACLU ont commencé par défendre leurs actions dans ce dossier, expliquant que la police n’avait pas bien fait son travail, et que l’ACLU n’était pas responsable du fait qu’en Virginie, il est légal de porter une arme visible. Mais quelques jours après dans une interview pour le Wall Street Journal, le directeur Anthony Romero a changé de cap (…) Pour le politologue Erik Bleich, il s’agit d’une décision importante dans la mesure où l’organisation accepte de prendre en compte le contexte actuel – le fait que les manifestants néonazis puissent être légalement armés dans certains Etats, ce qui n’était pas le cas dans les années 1970  – pour nuancer leur défense absolutiste de la liberté d’expression. (…) Dans Politico, deux défenseurs du premier amendement écrivent que le meilleur moyen de lutter contre les racistes n’est pas la censure et les lois qui pénalisent les discours de haine, comme en Europe, mais la confrontation d’idées dans le débat public. Ils notent que l’antisémitisme est plus prégnant en Europe  qu’aux Etats-Unis, malgré les lois européennes contre l’antisémitisme et le négationnisme.  Slate
George Washington possédait des esclaves (…). Est-ce qu’on va enlever ses statues? Et Thomas Jefferson? Est-ce qu’on va enlever ses statues? Il possédait beaucoup d’esclaves. Donald Trump
Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de ses origines, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, ils peuvent apprendre à aimer car l’amour jaillit plus naturellement du cœur humain que son opposé. Nelson Mandela (retweeté par Barack Hussein Obama, 13.08. 2017)
J’ai regardé de très près, de beaucoup plus près que la plupart des gens. Vous aviez un groupe d’un côté qui était agressif. Et vous aviez un groupe de l’autre côté qui était aussi très violent. Personne ne veut le dire. Que dire de l’“alt-left” qui a attaqué l’“alt-right” comme vous dites ? N’ont-ils pas une part de responsabilité ? Ont-ils un problème ? Je pense que oui. J’ai condamné les néonazis. Mais tous les gens qui étaient là-bas n’étaient pas des néonazis ou des suprémacistes blancs, tant s’en faut. Il y avait des gens très bien des deux côtés. Donald Trump (16.08.2017)
Alors que nos prières vont à Charlottesville, nous nous remémorons ces vérités fondamentales couchées dans la Déclaration d’indépendance par le plus éminent des citoyens de cette ville : ‘tous les hommes sont créés égaux; ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables. » Nous savons que ces vérités sont éternelles parce que nous sommes les témoins de la décence et de la grandeur de notre pays. George H. Bush et George W. Bush (16.08.2017)
Aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie. Notre combat commun, hier comme aujourd’hui. #Charlottesville. Emmanuel Macron (17.08.2017)
Je pense que le problème des suprématistes blancs… il était évident qu’il s’agissait d’une attaque terroriste, a déclaré Morgana Wood. Et je pense que le président Donald Trump aurait dû faire une déclaration plus tôt reconnaissant ce fait, et faire en sorte que tous les Américains se sentent en sécurité dans leur pays, ce qui est le problème numéro un à l’heure actuelle. Margana Wood (Miss Texas, 11.09.2017)
Nelson (…) was what you would now call, without hesitation, a white supremacist. While many around him were denouncing slavery, Nelson was vigorously defending it. Britain’s best known naval hero – so idealised that after his death in 1805 he was compared to no less than “the God who made him” – used his seat in the House of Lords and his position of huge influence to perpetuate the tyranny, serial rape and exploitation organised by West Indian planters, some of whom he counted among his closest friends. It is figures like Nelson who immediately spring to mind when I hear the latest news of confederate statues being pulled down in the US. These memorials – more than 700 of which still stand in states including Virginia, Georgia and Texas – have always been the subject of offence and trauma for many African Americans, who rightly see them as glorifying the slavery and then segregation of their not so distant past. But when these statues begin to fulfil their intended purpose of energising white supremacist groups, the issue periodically attracts more mainstream interest. The reaction in Britain has been, as in the rest of the world, almost entirely condemnatory of neo-Nazis in the US and of its president for failing to denounce them. But when it comes to our own statues, things get a little awkward. The colonial and pro-slavery titans of British history are still memorialised: despite student protests, Oxford University’s statue of imperialist Cecil Rhodes has not been taken down; and Bristol still celebrates its notorious slaver Edward Colston. (…)  Britain has committed unquantifiable acts of cultural terrorism – tearing down statues and palaces, and erasing the historical memory of other great civilisations during an imperial era whose supposed greatness we are now, so ironically, very precious about preserving intact. And we knew what we were doing at the time. One detail that has always struck me is how, when the British destroyed the centuries-old Summer Palace in Beijing in 1860 and gave a little dog they’d stolen as a gift to Queen Victoria, she humorously named it “Looty”. This is one of the long list of things we are content to forget while sucking on the opium of “historical integrity” we claim our colonial statues represent. We have “moved on” from this era no more than the US has from its slavery and segregationist past. The difference is that America is now in the midst of frenzied debate on what to do about it, whereas Britain – in our inertia, arrogance and intellectual laziness – is not. The statues that remain are not being “put in their historical context”, as is often claimed. Take Nelson’s column. Yes, it does include the figure of a black sailor, cast in bronze in the bas-relief. He was probably one of the thousands of slaves promised freedom if they fought for the British military, only to be later left destitute, begging and homeless, on London’s streets when the war was over. But nothing about this “context” is accessible to the people who crane their necks in awe of Nelson. The black slaves whose brutalisation made Britain the global power it then was remain invisible, erased and unseen. Afua Hirsch
Avant que Libération ne publie son dossier du 23 août, la plupart des commentateurs français se sont contentés de dénoncer, à juste titre, l’attentat à Charlottesville, la statue du général Lee, les adeptes de la white supremacy, l’attitude du président Trump et le racisme américain en général (qui se maintient à un niveau très élevé, il est vrai), sans jamais voir la poutre dans l’œil de la France. Que dire de toutes ces rues qui portent des noms de négriers comme Balguerie et Gradis à Bordeaux (ville d’Alain Juppé), Grou et Leroy à Nantes (ville de Jean-Marc Ayrault), Masurier et Lecouvreur au Havre (ville d’Edouard Philippe) ? La plupart des maires des villes concernées affirment qu’il ne faut pas changer ces noms, car il convient, paraît-il, de conserver la trace des crimes commis. Mais les noms de rue ne servent pas à garder la mémoire des criminels, ils servent en général à garder la mémoire des héros et à les célébrer. C’est pour cela qu’il n’y a pas de rue Pétain en France. D’autres proposent que l’on conserve ces noms de rues, avec une petite explication. Mais même avec une mention expliquant sa vie, son œuvre, une «rue Pierre Laval, collabo» ne serait guère plus acceptable. C’est pour cela qu’il n’y en a pas non plus. Ce n’est donc pas une solution. Et si l’on veut vraiment transmettre la mémoire, pourquoi ne pas proposer plutôt des rues au nom de Toussaint Louverture, le héros haïtien, ou au nom de Champagney, ce village français dont les habitants prirent fait et cause pour les victimes de l’esclavage, pendant la Révolution ? Il faudrait donc se poser cette question : lequel des deux pays est le plus problématique, celui où il y a un conflit autour de la statue d’un général esclavagiste, ou celui où il y a à l’Assemblée nationale une statue de Colbert, une salle Colbert, une aile Colbert au ministère de l’Economie, des lycées Colbert (qui prétendent enseigner les valeurs républicaines), des dizaines de rues ou d’avenues Colbert, sans qu’il y ait le moindre conflit, la moindre gêne, le moindre embarras ? Et pourtant, Colbert est l’auteur du Code noir, celui qui a organisé en France ce crime contre l’humanité, et aussi le fondateur de la Compagnie des Indes occidentales, de sinistre mémoire. N’est-il pas choquant que personne (ou presque) ne soit choqué ? (…) Nous nous adressons ici aux Français qui, par des contorsions indignes, cherchent encore à justifier l’injustifiable : vos héros sont nos bourreaux. Dès lors, comment pourrons-nous vivre ensemble ? Il y a de nombreux Français, blancs ou noirs, qui ont lutté contre l’esclavage : pourquoi ne pas privilégier ceux-là ? N’y a-t-il pas un lien entre le piédestal où l’on met les esclavagistes et le mépris social que subissent les descendants d’esclaves ? Est-il normal que les territoires d’outre-mer, où l’esclavage a été perpétré, soient encore en 2017 les plus pauvres du pays tout entier ? Est-il normal qu’ils soient dominés, encore aujourd’hui, par les descendants des esclavagistes, qui ont été indemnisés en outre par la République après l’abolition ? Peut-on être à la fois la patrie des droits de l’homme, et la patrie des droits des esclavagistes ? Il y a quelques jours, Emmanuel Macron a affirmé qu’il était «aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie» à Charlottesville. Nous demandons à Emmanuel Macron d’être aussi aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie en France et de lancer une réflexion nationale sur la nécessité de remplacer ces noms et statues de la honte par des figures de personnalités noires, blanches ou autres ayant lutté contre l’esclavage et contre le racisme. (…) On ne peut pas être dans l’indignation face à Charlottesville et dans l’indifférence par rapport à la France par rapport à toutes statues, toutes ces rues, qui défigurent nos villes. Il faut décoloniser l’espace, il faut décoloniser les esprits, c’est aussi cela la réparation à laquelle nous appelons le Président. Louis-Georges Tin (Conseil représentatif des associations noires)
Washington possédait des esclaves, et ce dès l’âge de 11 ans, lorsqu’il hérita de son père. (…) A titre personnel, Washington acheta régulièrement des esclaves et en comptait 123 à la fin de son existence à Mount Vernon sur un total de 317, les autres étant propriété de sa femme Martha. Les témoignages divergent sur sa façon de les traiter. De même, sa volonté de les émanciper est très discutée. D’une part, Washington demanda dans son testament que ses esclaves soient libérés après la mort de Martha. D’autre part, il contournait la loi de Pennsylvanie qui déclarait les esclaves libres s’ils passaient plus de six mois avec leur propriétaire : le «grand George» leur fit régulièrement traverser les frontières de cet état afin de remettre les compteurs à zéro… De même, il rechercha un de ses anciens esclaves pour le rendre à son épouse, laquelle voulait l’offrir comme cadeau de mariage. Dans ses fonctions de président, George Washington ne fit rien pour rompre avec le système négrier. En 1793, il signa le Fugitive Act Slave qui autorisait la capture dans n’importe quel état d’un esclave en fuite. A la même époque, il apporta un soutien militaire à la France qui luttait à Saint-Domingue (actuelle Haïti) contre une révolte d’esclaves. Washington ne condamnait l’esclavage qu’en privé, comme auprès du marquis de La Fayette qui l’avait aidé pendant la guerre d’indépendance. (…) Après lui, plusieurs présidents américains furent propriétaires d’esclaves, jusqu’à Ulysses Grant (à la Maison Blanche de 1869 à 1877), dont Thomas Jefferson (1801-1809), qui totalisait 600 sujets et dénonça le «trafic international» sans interdire cette institution aux Etats-Unis. En outre, il fut établi en 1998 que Jefferson était le père de plusieurs enfants de l’une de ses esclaves, Sally Hemings. Lui qui n’hésitait pas à faire fouetter ses esclaves se plaignait de leur «puanteur» et refusait de les émanciper, par crainte d’un «métissage qui ouvrirait la voie à la dégénérescence» (…). Sur les dix-huit premiers présidents de l’histoire de ce pays, treize furent patrons d’esclaves dont huit pendant l’exercice de leurs fonctions. Libération
Débaptiser l’un des rares noms de lieu dédiés à la mémoire de Robespierre dans les grandes villes françaises serait, à notre sens, un signal politique et mémoriel antirépublicain. Quoi qu’on puisse penser de l’action politique de Robespierre (et les interprétations divergentes sont nombreuses, comme nous avons montré dans notre ouvrage (1)), il n’en reste pas moins qu’il a été l’inventeur de la devise « Liberté Égalité Fraternité » qui figure au fronton des édifices publics, qu’il a été (avec bien d’autres évidemment) un combattant infatigable de la démocratie, qu’il a défendu la citoyenneté des pauvres, des juifs, des « hommes de couleur » (comme on disait alors) dans les colonies et qu’il n’a cessé d’être la cible des attaques des royalistes, des anti-républicains et des réactionnaires de toutes sortes depuis deux siècles. Les accusations de « dictature » ou de responsabilité personnelle dans ce que l’on a appelé après sa mort la « Terreur » ont été — depuis fort longtemps — ruinées par la critique historique. Robespierre n’a jamais été le dictateur sanglant et paranoïaque de l’imagerie contre-révolutionnaire, il a été, en revanche, l’un des partisans les plus résolus de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et de la Première république, y compris dans le contexte difficile d’une guerre civile et extérieure. Ajoutons qu’il a été, dès 1790-1791, le porte-parole des patriotes marseillais en butte aux attaques des autorités aristocratiques locales (…) Et vous voudriez que ce défenseur de la Révolution des droits de l’homme et du citoyen, mais aussi de la ville de Marseille, disparaisse des noms de lieux et de places de la ville qui lui a décerné les plus grands éloges ? (…) La Révolution française ne doit pas disparaître de la mémoire marseillaise, nationale et universelle. Tribune d’historiens (2014)
La dénomination attribuée à une voie ou un édifice public doit être conforme à l’intérêt public local. À ce titre, l’attribution d’un nom à un espace public ne doit être ni de nature à provoquer des troubles à l’ordre public, ni à heurter la sensibilité des personnes, ni à porter atteinte à l’image de la ville ou du quartier concerné. Ministère de l’Intérieur français (août 2016)
Plutôt me couper le bras droit que de travailler ou exiger jamais le scrutin pour le nègre et non la femme. Susan B. Anthony
Knowledge of birth control is essentially moral. Its general, though prudent, practice must lead to a higher individuality and ultimately to a cleaner race. Birth control is nothing more or less than the facilitation of the process of weeding out the unfit, of preventing the birth of defectives or of those who will become defective. Margaret Sanger
Toutes les misères de ce monde sont imputables au fait que l’on permet aux irresponsables ignorants, illettrés et pauvres de se reproduire sans que nous ayons la moindre maîtrise sur leur fécondité. Margaret Sanger
Margaret Higgins Sanger (14 septembre 1879 – 6 septembre 1966) est une militante anarchiste américaine qui lutta pour la contraception et la liberté d’expression, ce qui l’amena à fonder l’American Birth Control League (ligue pour le contrôle des naissances), qui devient le planning familial américain sous le nom de Planned Parenthood. Initialement reçues avec beaucoup de résistances, ses idées qu’une femme puisse décider de quand et comment elle serait enceinte, gagnèrent peu à peu de l’audience, tant dans le public qu’auprès des tribunaux. Margaret Sanger a été un élément fondateur dans l’accès à la contraception et au contrôle des naissances. Sa défense de l’eugénisme négatif en fait une personnalité controversée. (…) Après un an d’exil en Europe pour échapper aux poursuites judiciaires, elle fonde en 1921 l’American Birth Control League (ligue américaine pour le contrôle des naissances), qui deviendra en 1942 le planning familial. Cependant les bases idéologiques de Margaret Sanger ont souvent été sévèrement critiquées. Elle défend une forme d’eugénisme, qui selon elle « améliorerait l’humanité » en évitant la reproduction des êtres « indésirables ». Dans cette optique elle projette d’améliorer les conditions de vie des Afro-Américains en favorisant leur contraception, ce qui n’a pas été accepté par tous les noirs américains. Certains militants noirs, particulièrement pendant les années 1970, ont considéré le planning familial comme une tentative de génocide à leur encontre. Cependant Martin Luther King a salué la forme de son action car elle avait établi une tradition de lutte politique non-violente, qu’il utilisera à son tour. En 1925, lors du VIe congrès du « birth control », elle invite l’anthropologue eugéniste français Georges Vacher de Lapouge. En 1926, l’une de ses nombreuses conférences sur le contrôle des naissances s’adresse aux membres de l’association Women of the Ku Klux Klan à Silver Lake, dans le New Jersey. Elle propose la stérilisation ou l’internement des groupes « dysgéniques » et reçoit à son domicile en septembre 1930 le conseiller d’Adolf Hitler en matière raciale, Eugen Fischer. Pourtant elle déclarera en 1940 « donner [s]on argent, [s]on nom et [s]on influence auprès d’écrivains ou d’autres pour combattre la montée au pouvoir d’Hitler en Allemagne» car elle condamne la politique antisémite de l’Allemagne Nazie et écrit en 1933 : « Toutes les nouvelles d’Allemagne sont tristes et horribles, et pour moi plus dangereuses qu’aucune guerre ayant lieu où que ce soit, car il y a tant de gens bons qui applaudissent ces atrocités et disent que c’est bien. L’antagonisme soudain en Allemagne contre les juifs et la haine profonde contre eux se répand de manière cachée ici et est plus dangereuse que la politique agressive du Japon en Mandchourie… ». Hitler de son côté fait brûler les livres de Margaret Sanger au côté de ceux de Freud. Wikipedia
Votre problème n’est pas du tout un cas rare. Toutefois, il nécessite une attention particulière. Le type de sentiment que vous avez envers les garçons n’est probablement pas une tendance innée, mais quelque chose qui a été acquis culturellement. Pour ce faire, je suggère que vous voyez un bon psychiatre qui peut vous aider à mettre en éveil votre conscience devant toutes ces expériences et les circonstances qui conduisent à cette attitude. Martin Luther King (réponse à un jeune homosexuel, Ebony, 1958)
In the olden days, demonstrators decked out in black, with masks and clubs, would have been deemed sinister by liberals. Now are they the necessary shock troops whose staged violence brings political dividends? Antifa’s dilemma is that its so-called good people wearing black masks can find almost no bad people in white masks to club, so they smash reporters, the disabled, and onlookers alike for sport — revealing that, at base, they perversely enjoy violence for violence’s sake. As the cowardly Klan taught us in the 1920s and 1960s: Put on a mask with a hundred like others, and even the most craven wimp believes he’s now a psychopathic thug. Victor Davis Hanson
How about progressive icon Joan Baez? Should the Sixties folksinger seek forgiveness from us for reviving her career in the early 1970s with the big money-making hit “The Night They Drove Old Dixie Down”— her version of The Band’s sympathetic ode to the tragedy of a defeated Confederacy, written over a century after the Civil War. (“Back with my wife in Tennessee / When one day she called to me / Said, “Virgil, quick, come see / There goes the Robert E. Lee!”) If a monument is to be wiped away, then surely a popular song must go, too Are there gradations of moral ambiguity? Or do Middlebury and Berkeley students or antifa rioters in their infinite wisdom have a monopoly on calibrating virtue and defining it as 100 percent bad or good? Who of the present gets to decide whom of the past we must erase — and where does the cleansing of memory stop? Defacing Mt. Rushmore of its slave owners? Renaming the double-whammy Washington and Lee University? Are we to erase mention of the heavens for their August 21 eclipse that unfairly bypassed most of the nation’s black population — as the recent issue of Atlantic magazine is now lamenting? Revolutions are not always sober and judicious. We might agree that the public sphere is no place for honorific commemoration of Roger B. Taney, the author of the Dred Scott decision. But statue removal will not be limited to the likes of Roger B. Taneys when empowered activists can cite chapter and verse the racist things once uttered by Abraham Lincoln, whose bust was just disfigured in Chicago — and when the statue-destroyers feel that they gain power daily because they are morally superior. The logical trajectory of tearing down the statue of a Confederate soldier will soon lead to the renaming of Yale, the erasing of Washington and Jefferson from our currency, and the de-Trotskyization of every mention of Planned Parenthood’s iconic Margaret Singer, the eugenicist whose racist views on abortion anticipated those of current liberal Supreme Court justice Ruth Bader Ginsburg. (Ginsburg said, “Frankly I had thought that at the time Roe was decided, there was concern about population growth and particularly growth in populations that we don’t want to have too many of.”) In my own town, there used to be a small classical fountain dedicated by the Woman’s Christian Temperance Union. It was long ago torn down. (Who wishes to recall the forces that led to Prohibition?) In its place now sits an honorific statue to the clawed, half-human Aztec deity Coatlicue, the hungry earth-mother goddess. Coatlicue was quite a bloodthirsty creation, to whom thousands of living captives were sacrificed. The goddess was often portrayed wrapped in a cloak of skin and wearing a neckless of human hearts, hands, and skulls. Our town’s new epigraph atop Coatlicue is Viva la Raza — “Long live the Race.” Should there be demonstrations to yank down such a racialist and Franco-ist hurrah? Or are the supposed victims of white privilege themselves exempt from the very chauvinism that they sometimes allege in others? Is there a progressive rationale that exempts Coatlicue and its racist plaque, whose sloganeering channels the raza/razza mantras of Fascist Spain and Mussolini’s Italy? Are we to have a perpetual war of the statues ? There is a need for an abolition of memory in the case of Hitler or Stalin, or here in America perhaps even of a Nathan Bedford Forrest. But when we wipe away history at a whim (why in 2017 and not, say, in 2015 or 2008?), we’d better make sure that our targets are uniquely and melodramatically evil rather than tragically misguided. And before we get out our ropes and sandblasters, we should be certain that we are clearly the moral superiors of those we condemn to oblivion. Be careful, 21st-century man. Far more hypercritical generations to come may find our own present moral certitude — late-term and genetically driven abortion, the rise of artificial intelligence in place of human decision-making, the harvesting and selling of aborted fetal organs, ethnic and tribal chauvinism, euthanasia, racially segregated dorms and “safe spaces” — as immoral as we find the sins of our own predecessors. Victor Davis Hanson
What are the proper rules of exemption for progressives when waging war against the dead? Do they tally up the dead’s good and bad behaviors to see if someone makes the 51 percent “good progressive” cutoff that exempts him? Or do some reactionary sins cancel out all the progressive good — at least in the eyes of self-styled moral superiors to those hapless Neanderthals who came before us? Are the supposedly oppressed exempt from charges of oppression? (…) And will toppling statues and erasing names only cease when modern progressives are forced to blot out the memories of racist progressive heroes ? Victor Davis Hanson
Cette polémique est l’illustration de la vague d’ignorance qui submerge notre société au nom de la repentance et du politiquement correct.  (…) l’histoire de Colbert et du Code noir doit avant tout être replacée dans le contexte de l’époque, le XVIIe siècle. (…) Si on ne comprend pas l’histoire dans sa globalité et sa complexité, on ne comprend rien à rien. (…) Il faudra alors effacer toute trace de Jules Ferry à cause de son éloge de la mission civilisatrice de la colonisation, et faire de même pour Gambetta, Jean Jaurès, et même Léon Blum. (…) Plutôt que de débaptiser, il faut instruire et éduquer. Dimitri Casali (historien et essayiste)
Les noms de rue ne sont pas de l’histoire mais de la mémoire. On dénomme une rue pour honorer quelqu’un, pas simplement pour rappeler qu’il a existé.Quand Ian Kershaw écrit une biographie de Hitler, tout le monde applaudit. Mais personne n’accepterait qu’on baptise une voie publique ‘rue Adolf Hitler’ ! (…) Quand une dénomination apparaît comme une agression contre une population, il paraît justifié de changer le nom. Gardons à l’esprit que la mémoire honore, quand l’histoire analyse. Philippe Darriulat (historien spécialiste du sentiment national)
Il faut cesser avec cet héritage d’instrumentalisation politique des lieux, cette façon de réécrire l’histoire n’enseigne absolument rien. Nous héritons d’une période où la traite des Noirs était légale, or les consciences ont évolué aujourd’hui. Il s’agit de nous interroger à partir des lieux qui ont été à l’origine de l’esclavage : les ports. Karfa Diallo (Mémoire & Partages)
Le débat né aux Etats-Unis s’est importé en France : des associations de mémoire réclament que l’on retire les statues et débaptise les rues honorant des personnages historiques controversés, notamment ceux qui ont été impliqués dans l’esclavage. Mais où arrêter le tri dans l’histoire ? (…)  dans une tribune pour Libération, le président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), Louis-Georges Tin, s’insurge contre d’autres statues. Dans sa ligne de mire, l’ancien ministre de Louis XIV, Colbert (…) Car Colbert est aussi l’auteur du Code noir qui a, souligne l’universitaire, « organisé en France ce crime contre l’humanité » qu’était l’esclavage. Le président du Cran réclame donc qu’on déboulonne immédiatement la statue de Colbert et qu’on débaptise les rues à son nom, en vertu d’une « décolonisation de l’espace et des esprits ». Et de s’interroger : « N’y a-t-il pas un lien entre le piédestal où l’on met les esclavagistes et le mépris social que subissent les descendants d’esclaves ? ». (…) Ce débat force pourtant à une observation : les noms donnés aux lieux publics sont chargés de connotations politiques. Qui se promène dans les villes de la « banlieue rouge », en bordure de Paris, se verra rapidement rappeler leur histoire communiste : on peut mentionner l’avenue Lénine de Saint-Denis ou la place Maurice-Thorez de Villejuif, honorant le très stalinien secrétaire général historique du PCF. A l’autre extrémité de l’échiquier politique, on envoie aussi des messages : le toujours provocateur maire de Béziers Robert Ménard a débaptisé il y a deux ans la rue du 19-Mars-1962. Ce nom avait pour lui le tort de célébrer les accords d’Evian ayant mis fin à la guerre d’Algérie. A la place, Robert Ménard a renommé la rue… Hélie Denoix de Saint-Marc, un ancien parachutiste, farouche partisan de l’Algérie française. L’odonymie – l’art de nommer des voies de communication – reflète donc bien les luttes pour réécrire l’histoire… généralement au profit des vainqueurs. Ainsi, les figures de la IIIe République, Jules Ferry, Léon Gambetta, Jean Jaurès ou Georges Clemenceau sont dans tous les index de plans de villes. Et comme le souligne Jean-Paul Brighelli dans Causeur, « il y a très, très peu de rues ou places Robespierre en France, alors que des rues Danton, l’organisateur des massacres de septembre, on ne sait plus qu’en faire ». (…) le petit parc situé au pied du Sacré-Cœur. En 1927, (…) avait initialement été nommé « square Willette », en l’honneur du dessinateur de presse polémiste Adolphe Willette. A l’époque, cette dénomination était déjà un acte politique : il s’agissait de se « venger » de l’édification de la basilique du Sacré-Cœur, considérée comme un symbole réactionnaire, en baptisant le square du nom d’un artiste provocateur et anticlérical. En 2004, la mairie du 18e est revenue sur le square Adolphe Willette, pour d’autres raisons… Une affiche de candidature d’Adolphe Willette aux législatives de 1889 venait d’être exhumée : il s’y proclamait « candidat antisémite ». « Quand le caractère violemment antisémite de l’affiche a été mis en évidence, il a été décidé de changer le nom du square »(…) . L’espace s’appelle aujourd’hui « square Louise-Michel ». Le problème est que dans certaines villes, des pans entiers de l’architecture urbaine sont susceptibles d’être considérés comme une « agression contre une population ». Les villes de Nantes et Bordeaux, par exemple, sont d’anciens ports qui furent les foyers de la traite des esclaves. Et portent à chaque coin de rue la marque de ce passé négrier. Dans la cité des Ducs, les rues Montauduine, Kervégan et Guillaume Grou, entre autres, rendent « hommage » à des armateurs, négociants, politiques, pleinement investis dans la traite des esclaves noirs. A Bordeaux, plusieurs dizaines de voies publiques sont dans le même cas. Que faire ? Tout effacer, tout rebaptiser ? (…) Mémoire & Partages, une association bordelaise qui milite pour une « éducation populaire » autour du passé colonial de la ville (…) préconise d’installer des plaques pédagogiques en-dessous des noms de chaque rue, afin de retracer en quelques phrases les principaux hauts (et bas) faits des personnages ayant donné leur nom aux lieux publics. Marianne
Dans la suite des événements de Charlottesville, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu’elle serait offensante pour les Amérindiens. A l’en croire, cette statue serait susceptible de susciter la haine, comme la plupart des symboles associés à l’expansion européenne et à la colonisation des Amériques, apparemment. (…) En Grande-Bretagne, on en a trouvé pour proposer d’abattre la statue de Nelson, à qui on reproche d’avoir défendu l’esclavage. (…) Certains n’y verront qu’une nouvelle manifestation du péché d’anachronisme, qui pousse à abolir l’histoire dans un présentisme un peu sot, comme si les époques antérieures devaient être condamnées et leurs traces effacées de l’espace public. Mais il y a manifestement autre chose qu’une autre manifestation d’inculture dans cette furie épuratrice qui excite les foules, comme si elles étaient appelées à une mission vengeresse. Comment expliquer cette soudaine rage qui pousse une certaine gauche, au nom de la décolonisation intérieure des États occidentaux, à vouloir éradiquer la mémoire, comme si du passé, il fallait enfin faire table rase? Nous sommes devant une poussée de fièvre épuratrice particulièrement violente, qui témoigne de la puissance du réflexe pénitentiel inscrit dans la culture politique occidentale contemporaine. On peut comprendre que dans un élan révolutionnaire, quand d’un régime, on passe à un autre, une foule enragée s’en prenne au statuaire du pouvoir. Il arrive qu’on fracasse des idoles pour marquer la déchéance d’un demi-dieu auquel on ne croit plus. Lors de la chute du communisme, l’euphorie des foules les poussa à jeter par terre les statues et autres monuments qui représentaient une tyrannie dont elles se délivraient. Il fallait faire tomber les monuments à la gloire de Lénine pour marquer la chute du communisme. (…) Mais sommes-nous dans une situation semblable? Le cas du sud des États-Unis, à l’origine de la présente tornade idéologique, est assumérment singulier. La mémoire qui y est associée ne s’est pas toujours définie exclusivement à partir de la question raciale, ce qui ne veut pas dire que celle-ci ne soit pas centrale et que la mouvance suprémaciste blanche ne cherche pas à exercer sur cet héritage un monopole. On ne saurait toutefois l’y réduire. Surtout, des Américains raisonnables et nullement racistes sont choqués que des militants d’extrême-gauche détruisent des statues en dehors de toute légalité. Ils acceptent difficilement que toute mention de l’héritage du sud soit assimilé au racisme. Comment ces Américains toléreraient-ils, par exemple, qu’on censure un film comme «Autant en emporte le vent», comme cela vient d’arriver dans un cinéma de Memphis, qui l’a déprogrammé pour des raisons idéologiques? (…) la manie pénitentielle frappe partout en Occident. Elle pousse à démanteler des statues, à réécrire les manuels scolaires, à prescrire certaines commémorations pénitentielles, à multiplier les excuses envers telle communauté, à pendre symboliquement certains héros des temps jadis désormais présentés à la manière d’abominables salauds et à censurer les représentations du passé qui n’entrent pas dans la représentation caricaturale qu’on s’en fait aujourd’hui. (…) Tôt ou tard, on s’en prendra aux statues du général de Gaulle, de Churchill, de Roosevelt et de bien d’autres: d’une certaine manière, Napoléon a déjà été victime d’une telle entreprise lorsqu’on a refusé en 2005 de commémorer la victoire d’Austerlitz. Il ne s’agira plus seulement de réduire en miettes la statue de tel ou tel général qui a servi la cause de l’esclavagisme: tous finiront par y passer d’une manière ou d’une autre, comme si nous assistions à une nazification rétrospective du passé occidental, désormais personnifié par un homme blanc hétérosexuel auquel il faudrait arracher tous ses privilèges. À son endroit, il est permis, et même encouragé, d’être haineux. L’Europe ne sait plus quoi faire de son passé colonial, que plusieurs sont tentés d’assimiler à un crime contre l’humanité. Ses procureurs croient n’accuser que leurs pères, alors qu’ils excitent la tentation victimaire de certaines populations immigrées qui n’hésitent pas ensuite à expliquer leur difficile intégration dans la civilisation européenne par le système postcolonial qui y prédominerait. L’histoire de l’Europe serait carcérale et mènerait directement au système concentrationnaire. Dans le cadre américain, c’est l’arrivée même des Européens qu’il faudrait désormais réduire à une invasion brutale, que certains n’hésitent pas à qualifier d’entreprise génocidaire. On invite les jeunes Américains, les jeunes Canadiens et les jeunes Québécois à se croire héritiers d’une histoire odieuse qu’ils doivent répudier de manière ostentatoire. On les éduque à la haine de leur propre civilisation. Nous sommes devant une manifestation de fanatisme idéologique s’alimentant à l’imaginaire du multiculturalisme le plus radical, qui prétend démystifier la société occidentale et révéler les nombreuses oppressions sur lesquelles elle se serait construite. (…) On y verra une illustration de la racialisation des rapports sociaux dans une société qui se tribalise au rythme où elle se dénationalise. Chacun s’enferme dans une histoire faite de griefs, puis demande un monopole sur le récit collectif, sans quoi on multipliera à son endroit les accusations de racisme. Il faudra alors proposer une représentation du passé conforme au nouveau régime de la «diversité». Ce qui est frappant, dans ce contexte, c’est la faiblesse des élites politiques et intellectuelles, qui ne se croient plus en droit de défendre le monde dont elles avaient pourtant la responsabilité. (…) Très souvent, les administrations universitaires cèdent aux moindres caprices d’associations étudiantes fanatisées, pour peu que celles-ci fassent preuve d’agressivité militante. En juillet, le King’s College de Londres a décidé de retirer les bustes de ses fondateurs «blancs» parce qu’ils intimideraient les «minorités ethniques». (…) ces statues (…) témoignent de la complexité irréductible de l’histoire, qui ne se laisse jamais définir par une seule légende, et ressaisir par une seule tradition. C’est pour cela qu’on trouve souvent des statues et autres monuments commémoratifs contradictoires au sein d’une ville ou d’un pays. Ils nous rappellent que dans les grandes querelles qui nous semblent aujourd’hui dénuées d’ambiguïté, des hommes de valeur ont pu s’engager dans des camps contraires. (…)  L’histoire des peuples ne saurait s’écrire en faisant un usage rageur de la gomme à effacer et du marteau-piqueur. Mathieu Bock-Côté
La décision prise par la municipalité de Charlottesville, dans l’État américain de Virginie, de déboulonner la statue de Robert E. Lee est à l’origine du terrifiant spectacle de néonazis défilant le mois dernier dans les rues de la ville avec des torches, scandant des slogans antisémites et exaltant la suprématie de la race blanche. La statue du général Lee sur son cheval, le chef de l’armée confédérée et un partisan du maintien de l’esclavage dans les États sudistes lors de la guerre de Sécession, était en place depuis 1924, époque à laquelle le lynchage de citoyens noirs était fréquent. Inspirés par les événements de Charlottesville, de nombreux Britanniques se demandent aujourd’hui si la statue de l’amiral Nelson en haut de la fameuse colonne de Trafalgar Square à Londres ne devrait pas également être retirée en raison des positions clairement pro-esclavagiste du héros de la bataille navale de Trafalgar. (…) Cette forme d’iconoclasme, qui repose sur l’idée que détruire une image permet de résoudre les polémiques qui lui sont associées, a toujours revêtu une dimension quasi magique. Lorsque les protestants anglais ont défié la puissance de l’Église catholique romaine au XVIe siècle, des foules déchainées ont détruit les statues de saints et d’autres objets de culte à coups de pioche et de masse. Au XVIIIe siècle, les révolutionnaires ont fait subir le même sort aux églises en France. Et l’une des manifestations la plus radicale de ces saccages s’est produite il y a un peu plus de 50 ans en Chine, lorsque les Gardes rouges ont détruit les temples bouddhistes et brûlé les livres de la doctrine confucéenne – en fait tout ce qui était ancien et traditionnel – au nom de la Révolution culturelle. (…) pourtant (…) qui pourrait défendre l’idée que les rues et les places des villes allemandes continuent à être nommées en l’honneur d’Adolf Hitler après 1945 ? Déboulonner les statues du Führer, ou des dirigeants soviétiques en Europe centrale et de l’Est après 1989 n’était sûrement pas une erreur puérile. La question est de savoir où fixer les limites. (…) Il est très peu probable que de nombreux Britanniques soient incités à défendre l’esclavage ou le rétablissement d’un empire colonial en Afrique en contemplant la statue de Nelson à Trafalgar ou celle de Rhodes à Oxford. (…) Il n’existe pas de solution parfaite à ce problème, précisément parce qu’il ne s’agit pas seulement d’images taillées dans la pierre. Le ressentiment dans les États du Sud est d’ordre politique. Les blessures de la guerre civile américaine ne sont pas cicatrisées. Une grande partie des habitants des zones rurales de ces États est plus pauvre et moins éduquée que ceux d’autres régions des États-Unis. Ils se sentent ignorés et méprisés par les élites urbaines des côtes Est et Ouest, raison pour laquelle tant d’entre eux ont voté pour Trump. Déboulonner quelques statues ne résoudra pas ce problème et risque même d’exacerber les tensions.

Attention: un racisme peut en cacher un autre !  (Après Penny Lane, The Night they drove old Dixie down ?)

En ces temps étranges …

Où, politiquement correct oblige, l’on élimine les croix chrétiennes des photos de produits alimentaires …

Ou déprogramme conférenciers ou classiques du cinéma (et occasion accessoirement du premier oscar noir)

Et où, entre déboulonnages et débaptêmes, l’on propose de dynamiter le Mont Rushmore ou la colonne Nelson

Pendant qu’entre Antifas et Black lives matter, les casseurs quasi-professionnels et leurs nombreux amis progressistes arborent fièrement des photos du notoire démocrate Che Guevara sur leurs tee-shirts, affiches ou murs …

Et que, des deux côtés de l’Atlantique, les suprémacistes et antisémites noirs ont quasiment pignon sur rue …

Alors qu’un président américain rappelant la violence des deux côtés et le simple fait que, arrêt de Skokie et assistance des avocats de l’ACLU obligent, la manifestation néo-nazie de Charlottesville,  torches, drapeaux confédérés, armes, croix grammées et slogans nazis compris – était parfaitement légale, se voit mis au pilori par quasiment l’ensemble des commentateurs …

Comment ne pas repenser …

Au-delà des cas évidents du nazisme ou du stalinisme …

Et des premiers chrétiens aux premiers protestants et des révolutionnaires français aux maoïstes chinois …

A toutes ces vagues – musulmans bien sûr compris – d’iconoclasme qui ont traversé l’histoire humaine …

Et notamment à la longue et tristement célèbre tradition précisément staliniste

D’élimination y compris photographique des membres du parti à mesure qu’ils tombaient en disgrâce et devenaient infréquentables …

Et comment ne pas voir derrière ce retour tardif à la damnatio memoriae de nos ancêtres grecs ou latins ou même égyptiens …

Qui comme toute révolution qui se respecte …

De la suffragette raciste Susan Anthony à la fondatrice du Planning familial eugéniste Margaret Sanger

Sans compter, outre le vainqueur de Verdun, Colomb ou les pères fondateurs Washington et Jefferson tous deux notoires propriétaires d’esclaves …

Voire outre la passionaria du folk Joan Baez reprenant une lamente de Dixie

Le saint laïc Martin Luther King lui-même …

Devrait logiquement s’apprêter à dévorer, outre les traces mêmes de leurs méfaits, ses propres enfants …

Le véritable racisme social et ressentiment…

D’une élite urbaine surdiplômée furieuse après l’élection d’un président prétendument aussi inepte que Trump …

D’avoir perdu un pouvoir politique dont elle s’estimait seule digne ?

Le Pouvoir des mots
Ian Buruma
Project syndicate
Sep 5, 2017
NEW YORK – La décision prise par la municipalité de Charlottesville, dans l’État américain de Virginie, de déboulonner la statue de Robert E. Lee est à l’origine du terrifiant spectacle de néonazis défilant le mois dernier dans les rues de la ville avec des torches, scandant des slogans antisémites et exaltant la suprématie de la race blanche. La statue du général Lee sur son cheval, le chef de l’armée confédérée et un partisan du maintien de l’esclavage dans les États sudistes lors de la guerre de Sécession, était en place depuis 1924, époque à laquelle le lynchage de citoyens noirs était fréquent.
Inspirés par les événements de Charlottesville, de nombreux Britanniques se demandent aujourd’hui si la statue de l’amiral Nelson en haut de la fameuse colonne de Trafalgar Square à Londres ne devrait pas également être retirée en raison des positions clairement pro-esclavagiste du héros de la bataille navale de Trafalgar. Et il y a deux ans, des étudiants de l’université d’Oxford ont demandé le retrait de la statue du colonialiste Cecil Rhodes installée sur la façade d’un bâtiment de Oriel College, où il avait été étudiant, parce que son point de vue sur les races et le rôle de l’empire britannique est aujourd’hui jugé odieux.Cette forme d’iconoclasme, qui repose sur l’idée que détruire une image permet de résoudre les polémiques qui lui sont associées, a toujours revêtu une dimension quasi magique. Lorsque les protestants anglais ont défié la puissance de l’Église catholique romaine au XVIe siècle, des foules déchainées ont détruit les statues de saints et d’autres objets de culte à coups de pioche et de masse. Au XVIIIe siècle, les révolutionnaires ont fait subir le même sort aux églises en France. Et l’une des manifestations la plus radicale de ces saccages s’est produite il y a un peu plus de 50 ans en Chine, lorsque les Gardes rouges ont détruit les temples bouddhistes et brûlé les livres de la doctrine confucéenne – en fait tout ce qui était ancien et traditionnel – au nom de la Révolution culturelle.Il est facile de déplorer ce genre de destruction. Des bâtiments séculaires sont réduits à néant et de grandes œuvres d’art sont perdues. L’on est tenté de croire que seules les personnes qui croient au pouvoir magique des images pourraient vouloir les anéantir.
La seule façon raisonnable de traiter les monuments du passé serait de les considérer simplement comme un legs de l’histoire. Ce n’est pourtant pas si simple. Qui pourrait défendre l’idée que les rues et les places des villes allemandes continuent à être nommées en l’honneur d’Adolf Hitler après 1945 ? Déboulonner les statues du Führer, ou des dirigeants soviétiques en Europe centrale et de l’Est après 1989 n’était sûrement pas une erreur puérile. On pourrait également affirmer que les représentations de ces dirigeants et de leurs affidés n’ont pas la même qualité artistique que les églises médiévales anglaises ou les sculptures de la dynastie Tang en Chine. Les statues du général Lee n’ont pas vraiment plus de raisons d’être conservées pour leur valeur artistique.La question est de savoir où fixer les limites. Les personnalités historiques doivent-elles jugées en fonction de la quantité de sang qu’elles ont sur les mains ? Ou faudrait-il définir un laps de temps adéquat ?L’on pourrait par exemple dire que les monuments honorant les criminels ayant vécu dans un passé assez récent, des monuments qui seraient encore source de souffrances pour les survivants, devraient être enlevés. Mais cette approche ne suffit pas en elle-même. L’argument en faveur du maintien d’une statue de Hitler dans un lieu public, si tant est qu’il en existe encore, ne se renforce pas au fil du temps.De nombreux citoyens du Sud des États-Unis estiment que les monuments confédérés doivent être préservés en tant que rappels du passé, comme éléments d’un « héritage » commun. Le problème est que l’histoire n’est pas neutre. Elle peut continuer à avoir des effets délétères. La manière dont nous représentons les histoires du passé et entretenons la mémoire au travers d’objets culturels est une composante essentielle de la façon dont nous nous percevons collectivement. Cette démarche nécessite un certain niveau de consensus, qui n’existe pas toujours, en particulier dans le cas de guerres civiles.Le cas de l’Allemagne d’après-guerre est sans équivoque. L’Allemagne de l’Ouest  comme l’Allemagne de l’Est ont décidé de façonner leur avenir commun en opposition directe au passé nazi. Seule une frange rancunière s’accroche encore avec nostalgie à des souvenirs du Troisième Reich.Les autorités allemandes continuent toutefois à interdire toute exposition de symboles nazis, de crainte qu’ils puissent encourager certains à répéter les heures les plus sombres de l’histoire du pays. Cette crainte est compréhensible et ne paraît pas sans fondement. Cette tentation pourrait même se renforcer à mesure que l’époque du nazisme s’efface des mémoires.
L’histoire récente de la Grande-Bretagne est moins traumatisante. Les opinions de Cecil Rhodes ou de l’amiral Nelson, bien qu’assez conventionnelles à leur époque, ne sont certainement plus admissibles aujourd’hui. Il est très peu probable que de nombreux Britanniques soient incités à défendre l’esclavage ou le rétablissement d’un empire colonial en Afrique en contemplant la statue de Nelson à Trafalgar ou celle de Rhodes à Oxford.La conjoncture dans les États du Sud des États-Unis reste par contre problématique. Les perdants de la guerre de Sécession n’ont jamais vraiment accepté leur défaite. Pour de nombreux habitants des États du Sud, même si ce n’est de loin pas une majorité, la cause confédérée et ses monuments font toujours partie de leur identité collective. Si aucune personne saine d’esprit ne songerait à défendre le rétablissement de l’esclavage, la nostalgie pour le mode vie traditionnel sudiste reste entaché de racisme. C’est pour cette raison que les statues du général Lee situées devant les palais de justice et autres bâtiments publics sont préjudiciables et que de nombreux citoyens, notamment les progressistes de ces États, souhaitent les voir enlevées. Il n’existe pas de solution parfaite à ce problème, précisément parce qu’il ne s’agit pas seulement d’images taillées dans la pierre. Le ressentiment dans les États du Sud est d’ordre politique. Les blessures de la guerre civile américaine ne sont pas cicatrisées. Une grande partie des habitants des zones rurales de ces États est plus pauvre et moins éduquée que ceux d’autres régions des États-Unis. Ils se sentent ignorés et méprisés par les élites urbaines des côtes Est et Ouest, raison pour laquelle tant d’entre eux ont voté pour Trump. Déboulonner quelques statues ne résoudra pas ce problème et risque même d’exacerber les tensions.

Ian Buruma, Editor of The New York Review of Books, is Professor of Democracy, Human Rights, and Journalism at Bard College. He is the author of numerous books, including Murder in Amsterdam: The Death of Theo Van Gogh and the Limits of Tolerance and Year Zero: A History of 1945.

Voir aussi:

Mathieu Bock-Côté
Le Figaro
9 septembre 2017

FIGAROVOX/TRIBUNE – À la suite des événements de Charlottesville, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu’elle serait offensante pour les Amérindiens. Mathieu Bock-Côté décrypte cette nouvelle guerre contre le passé.

Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l’auteur d’ Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007), et de Le multiculturalisme comme religion politique (éd. du Cerf, 2016).

Dans la suite des événements de Charlottesville, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu’elle serait offensante pour les Amérindiens. A l’en croire, cette statue serait susceptible de susciter la haine, comme la plupart des symboles associés à l’expansion européenne et à la colonisation des Amériques, apparemment. Au Canada, un syndicat d’enseignants ontarien proposait de rebaptiser les écoles portant le nom de John A. MacDonald, un des pères fondateurs du pays. En Grande-Bretagne, on en a trouvé pour proposer d’abattre la statue de Nelson, à qui on reproche d’avoir défendu l’esclavage. On trouvera bien d’autres exemples de cette chasse aux statues dans l’actualité des dernières semaines.

Certains n’y verront qu’une nouvelle manifestation du péché d’anachronisme, qui pousse à abolir l’histoire dans un présentisme un peu sot, comme si les époques antérieures devaient être condamnées et leurs traces effacées de l’espace public. Mais il y a manifestement autre chose qu’une autre manifestation d’inculture dans cette furie épuratrice qui excite les foules, comme si elles étaient appelées à une mission vengeresse. Comment expliquer cette soudaine rage qui pousse une certaine gauche, au nom de la décolonisation intérieure des États occidentaux, à vouloir éradiquer la mémoire, comme si du passé, il fallait enfin faire table rase? Nous sommes devant une poussée de fièvre épuratrice particulièrement violente, qui témoigne de la puissance du réflexe pénitentiel inscrit dans la culture politique occidentale contemporaine.

On peut comprendre que dans un élan révolutionnaire, quand d’un régime, on passe à un autre, une foule enragée s’en prenne au statuaire du pouvoir. Il arrive qu’on fracasse des idoles pour marquer la déchéance d’un demi-dieu auquel on ne croit plus. Lors de la chute du communisme, l’euphorie des foules les poussa à jeter par terre les statues et autres monuments qui représentaient une tyrannie dont elles se délivraient. Il fallait faire tomber les monuments à la gloire de Lénine pour marquer la chute du communisme. Rien là de vraiment surprenant. Quelquefois, il faut détruire pour créer.

Mais sommes-nous dans une situation semblable? Le cas du sud des États-Unis, à l’origine de la présente tornade idéologique, est assumérent singulier. La mémoire qui y est associée ne s’est pas toujours définie exclusivement à partir de la question raciale, ce qui ne veut pas dire que celle-ci ne soit pas centrale et que la mouvance suprémaciste blanche ne cherche pas à exercer sur cet héritage un monopole. On ne saurait toutefois l’y réduire. Surtout, des Américains raisonnables et nullement racistes sont choqués que des militants d’extrême-gauche détruisent des statues en dehors de toute légalité. Ils acceptent difficilement que toute mention de l’héritage du sud soit assimilé au racisme. Comment ces Américains toléreraient-ils, par exemple, qu’on censure un film comme «Autant en emporte le vent», comme cela vient d’arriver dans un cinéma de Memphis, qui l’a déprogrammé pour des raisons idéologiques?

La question des statues qui perpétuent le souvenir des généraux ou des soldats confédérés aux Etats- Unis est complexe. Mais la manie pénitentielle frappe partout en Occident. Elle pousse à démanteler des statues, à réécrire les manuels scolaires, à prescrire certaines commémorations pénitentielles, à multiplier les excuses envers telle communauté, à pendre symboliquement certains héros des temps jadis désormais présentés à la manière d’abominables salauds et à censurer les représentations du passé qui n’entrent pas dans la représentation caricaturale qu’on s’en fait aujourd’hui.

Cette vision de l’histoire, terriblement simplificatrice, prend la forme d’un procès qui vise d’abord les héros longtemps admirés. Des grands personnages, on ne retient que les idées qui heurtent les valeurs d’aujourd’hui. L’Occident en vient à se voir avec les yeux de ceux qui le maudissent. Tôt ou tard, on s’en prendra aux statues du général de Gaulle, de Churchill, de Roosevelt et de bien d’autres: d’une certaine manière, Napoléon a déjà été victime d’une telle entreprise lorsqu’on a refusé en 2005 de commémorer la victoire d’Austerlitz. Il ne s’agira plus seulement de réduire en miettes la statue de tel ou tel général qui a servi la cause de l’esclavagisme: tous finiront par y passer d’une manière ou d’une autre, comme si nous assistions à une nazification rétrospective du passé occidental, désormais personnifié par un homme blanc hétérosexuel auquel il faudrait arracher tous ses privilèges. À son endroit, il est permis, et même encouragé, d’être haineux.

L’Europe ne sait plus quoi faire de son passé colonial, que plusieurs sont tentés d’assimiler à un crime contre l’humanité. Ses procureurs croient n’accuser que leurs pères, alors qu’ils excitent la tentation victimaire de certaines populations immigrées qui n’hésitent pas ensuite à expliquer leur difficile intégration dans la civilisation européenne par le système postcolonial qui y prédominerait. L’histoire de l’Europe serait carcérale et mènerait directement au système concentrationnaire. Dans le cadre américain, c’est l’arrivée même des Européens qu’il faudrait désormais réduire à une invasion brutale, que certains n’hésitent pas à qualifier d’entreprise génocidaire. On invite les jeunes Américains, les jeunes Canadiens et les jeunes Québécois à se croire héritiers d’une histoire odieuse qu’ils doivent répudier de manière ostentatoire. On les éduque à la haine de leur propre civilisation.

Nous sommes devant une manifestation de fanatisme idéologique s’alimentant à l’imaginaire du multiculturalisme le plus radical, qui prétend démystifier la société occidentale et révéler les nombreuses oppressions sur lesquelles elle se serait construite. Chaque représentation publique du passé est soumise aux nouveaux censeurs qui font de leur sensibilité exacerbée le critère à partir duquel ils accordent ou non à une idée le droit de s’exprimer. Comment ne pas y voir une forme de contrôle idéologique marquée par une intolérance idéologique décomplexée? On y verra une illustration de la racialisation des rapports sociaux dans une société qui se tribalise au rythme où elle se dénationalise. Chacun s’enferme dans une histoire faite de griefs, puis demande un monopole sur le récit collectif, sans quoi on multipliera à son endroit les accusations de racisme. Il faudra alors proposer une représentation du passé conforme au nouveau régime de la «diversité».

Ce qui est frappant, dans ce contexte, c’est la faiblesse des élites politiques et intellectuelles, qui ne se croient plus en droit de défendre le monde dont elles avaient pourtant la responsabilité. On le constate dans le monde académique. Très souvent, les administrations universitaires cèdent aux moindres caprices d’associations étudiantes fanatisées, pour peu que celles-ci fassent preuve d’agressivité militante. En juillet, le King’s College de Londres a décidé de retirer les bustes de ses fondateurs «blancs» parce qu’ils intimideraient les «minorités ethniques». Encore une fois, l’antiracisme racialise les rapports sociaux. C’est un nouveau dispositif idéologique qui se met en place et qui contribue à redéfinir les contours de la respectabilité politique. Ceux qui s’opposent au déboulonnage des statues controversées sont accusés d’être complices des crimes auxquels elles sont désormais associées.

Nos sociétés n’ont pas à se reconnaître dans le portrait avilissant qu’on fait d’elles. Elles doivent raison garder. Il faudrait voir dans ces statues tout autant de couches de sens à la fois superposées et entremêlées: elles témoignent de la complexité irréductible de l’histoire, qui ne se laisse jamais définir par une seule légende, et ressaisir par une seule tradition. C’est pour cela qu’on trouve souvent des statues et autres monuments commémoratifs contradictoires au sein d’une ville ou d’un pays. Ils nous rappellent que dans les grandes querelles qui nous semblent aujourd’hui dénuées d’ambiguïté, des hommes de valeur ont pu s’engager dans des camps contraires. Ils illustrent des valeurs et des engagements qui ne se laissent pas réduire aux idéologies auxquelles ils se sont associés. L’histoire des peuples ne saurait s’écrire en faisant un usage rageur de la gomme à effacer et du marteau-piqueur.

Voir également:

De Charlottesville à Colbert : faut-il déboulonner tous les personnages historiques qui dérangent ?
Le débat né aux Etats-Unis s’est importé en France : des associations de mémoire réclament que l’on retire les statues et débaptise les rues honorant des personnages historiques controversés, notamment ceux qui ont été impliqués dans l’esclavage. Mais où arrêter le tri dans l’histoire ?
Hadrien Mathoux
Marianne
04/09/2017

Les polémiques naissent des statues, ces temps-ci. A Charlottesville, dans le sud des Etats-Unis, c’est la décision de retirer l’édifice rendant hommage au général Lee qui a été à l’origine du défilé des suprémacistes blancs et autres néo-nazis au mois d’août. Une controverse qui a traversé l’Atlantique : dans une tribune pour Libération, le président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), Louis-Georges Tin, s’insurge contre d’autres statues. Dans sa ligne de mire, l’ancien ministre de Louis XIV, Colbert : « Il y a à l’Assemblée nationale une statue de Colbert, une salle Colbert, une aile Colbert au ministère de l’Economie, des lycées Colbert, des dizaines de rues ou d’avenues Colbert, sans qu’il y ait le moindre conflit, la moindre gêne, le moindre embarras ». Car Colbert est aussi l’auteur du Code noir qui a, souligne l’universitaire, « organisé en France ce crime contre l’humanité » qu’était l’esclavage. Le président du Cran réclame donc qu’on déboulonne immédiatement la statue de Colbert et qu’on débaptise les rues à son nom, en vertu d’une « décolonisation de l’espace et des esprits ». Et de s’interroger : « N’y a-t-il pas un lien entre le piédestal où l’on met les esclavagistes et le mépris social que subissent les descendants d’esclaves ? ».

Alors, faut-il se lancer dans ce tri entre les bonnes et les mauvaises figures historiques ? Une telle demande fait bondir Dimitri Casali, historien et essayiste, qui défend une vision radicalement différente de la mémoire. « Cette polémique est l’illustration de la vague d’ignorance qui submerge notre société au nom de la repentance et du politiquement correct », fulmine-t-il auprès de Marianne, regrettant le « bannissement de toute complexité historique ». Pour lui, « l’histoire de Colbert et du Code noir doit avant tout être replacée dans le contexte de l’époque, le XVIIe siècle ». Et selon lui, il serait tout aussi absurde de démonter la statue de Colbert au nom de la lutte contre l’esclavage, que de détruire le château de Versailles pour tourner la page de la monarchie absolue. « Si on ne comprend pas l’histoire dans sa globalité et sa complexité, on ne comprend rien à rien », insiste l’essayiste.

Des rues en l’honneur de communistes… ou de défenseurs de l’Algérie française

Ce débat force pourtant à une observation : les noms donnés aux lieux publics sont chargés de connotations politiques. Qui se promène dans les villes de la « banlieue rouge », en bordure de Paris, se verra rapidement rappeler leur histoire communiste : on peut mentionner l’avenue Lénine de Saint-Denis ou la place Maurice-Thorez de Villejuif, honorant le très stalinien secrétaire général historique du PCF. A l’autre extrémité de l’échiquier politique, on envoie aussi des messages : le toujours provocateur maire de Béziers Robert Ménard a débaptisé il y a deux ans la rue du 19-Mars-1962. Ce nom avait pour lui le tort de célébrer les accords d’Evian ayant mis fin à la guerre d’Algérie. A la place, Robert Ménard a renommé la rue… Hélie Denoix de Saint-Marc, un ancien parachutiste, farouche partisan de l’Algérie française. L’odonymie – l’art de nommer des voies de communication – reflète donc bien les luttes pour réécrire l’histoire… généralement au profit des vainqueurs. Ainsi, les figures de la IIIe République, Jules Ferry, Léon Gambetta, Jean Jaurès ou Georges Clemenceau sont dans tous les index de plans de villes. Et comme le souligne Jean-Paul Brighelli dans Causeur, « il y a très, très peu de rues ou places Robespierre en France, alors que des rues Danton, l’organisateur des massacres de septembre, on ne sait plus qu’en faire ».

Trêve d’hypocrisie, « les noms de rue ne sont pas de l’histoiremais de la mémoire, explique Philippe Darriulat, historien spécialiste du sentiment national et adjoint au maire (PS) du 18e arrondissement de Paris. On dénomme une rue pour honorer quelqu’un, pas simplement pour rappeler qu’il a existé. » Impossible donc de prétendre que les noms de lieux ne servent qu’à perpétuer le souvenir du passé : ils l’honorent. « Quand Ian Kershaw écrit une biographie de Hitler, tout le monde applaudit, développe Philippe Darriulat. Mais personne n’accepterait qu’on baptise une voie publique ‘rue Adolf Hitler’ ! ». Mais alors, comment statuer sur les noms déjà donnés ? L’exploration, à la lumière d’aujourd’hui, du passé déplaisant de tous les personnages historiques emblématiques, conduirait en effet à remettre en question beaucoup de dénominations… « Il faudra alors effacer toute trace de Jules Ferry à cause de son éloge de la mission civilisatrice de la colonisation, et faire de même pour Gambetta, Jean Jaurès, et même Léon Blum », énumère Dimitri Casali.

Philippe Darriulat propose un compromis : « Quand une dénomination apparaît comme une agression contre une population, il paraît justifié de changer le nom. Gardons à l’esprit que la mémoire honore, quand l’histoire analyse ». L’adjoint au maire du 18e donne un exemple issu de son arrondissement : le petit parc situé au pied du Sacré-Cœur. En 1927, il avait initialement été nommé « square Willette », en l’honneur du dessinateur de presse polémiste Adolphe Willette. A l’époque, cette dénomination était déjà un acte politique : il s’agissait de se « venger » de l’édification de la basilique du Sacré-Cœur, considérée comme un symbole réactionnaire, en baptisant le square du nom d’un artiste provocateur et anticlérical. En 2004, la mairie du 18e est revenue sur le square Adolphe Willette, pour d’autres raisons… Une affiche de candidature d’Adolphe Willette aux législatives de 1889 venait d’être exhumée : il s’y proclamait « candidat antisémite ». « Quand le caractère violemment antisémite de l’affiche a été mis en évidence, il a été décidé de changer le nom du square », raconte Philippe Darriulat. L’espace s’appelle aujourd’hui « square Louise-Michel ».

A Nantes et Bordeaux, l’esclavage à chaque coin de rue

Le problème est que dans certaines villes, des pans entiers de l’architecture urbaine sont susceptibles d’être considérés comme une « agression contre une population ». Les villes de Nantes et Bordeaux, par exemple, sont d’anciens ports qui furent les foyers de la traite des esclaves. Et portent à chaque coin de rue la marque de ce passé négrier. Dans la cité des Ducs, les rues Montauduine, Kervégan et Guillaume Grou, entre autres, rendent « hommage » à des armateurs, négociants, politiques, pleinement investis dans la traite des esclaves noirs. A Bordeaux, plusieurs dizaines de voies publiques sont dans le même cas. Que faire ? Tout effacer, tout rebaptiser ?

« Il faut cesser avec cet héritage d’instrumentalisation politique des lieux, cette façon de réécrire l’histoire n’enseigne absolument rien », argue Karfa Diallo d’une voix calme. Il est le président de Mémoire & Partages, une association bordelaise qui milite pour une « éducation populaire » autour du passé colonial de la ville. « Nous héritons d’une période où la traite des Noirs était légale, or les consciences ont évolué aujourd’hui. Il s’agit de nous interroger à partir des lieux qui ont été à l’origine de l’esclavage : les ports. » Mémoire & Partages préconise d’installer des plaques pédagogiques en-dessous des noms de chaque rue, afin de retracer en quelques phrases les principaux hauts (et bas) faits des personnages ayant donné leur nom aux lieux publics. Pour Karfa Diallo, l’exhortation à déboulonner des statues relève en revanche d’un « tropisme anglo-saxon qui paraît inapproprié ». Dimitri Casali salue l’initiative des plaques pédagogiques : « Plutôt que de débaptiser, il faut instruire et éduquer ».

Reste qu’il est parfois difficile d’observer des personnages historiques sans anachronisme avec notre regard de 2017. Dimitri Casali déplore ainsi une « tendance à plaquer nos représentations mentales actuelles sur celles de la période évoquée ». Ce sont les conseils municipaux qui ont le pouvoir de baptiser les rues, places et autres avenues. Et pour éviter des luttes sans fin, leurs choix se font de moins en moins polémiques. Dans sa réponse à une question écrite posée par une sénatrice LR, le ministère de l’Intérieur a rappelé en août 2016 que « l’attribution d’un nom à un espace public ne doit être ni de nature à provoquer des troubles à l’ordre public, ni à heurter la sensibilité des personnes, ni à porter atteinte à l’image de la ville ou du quartier concerné. » Philippe Darriulat confirme : « La majorité des municipalités essaient de faire passer des choix consensuels ». En tous cas, en 2017, mais peut-être seront-ils contestés dans 100 ans…

Voir également:

Charlottesville : Trump et la guerre des mémoires

Le drame de Charlottesville illustre la renaissance de l’affrontement qui oppose les communautés autour de l’histoire de l’esclavage aux Etats-Unis. Un siècle et demi après la fn des combats, la guerre de Sécession n’est, dans les esprits, toujours pas terminée.
Alain Léauthier
Marianne
27/08/2017

Pendant quelques jours, sur tous les médias américains, on n’a vu qu’eux : quelques milliers de suprémacistes blancs paradant en force dans les rues d’une ville réputée jusque-là plutôt paisible, costauds barbus du Ku Klux Klan (KKK) portant nonchalamment le M16 en bandoulière ou militants néonazis casqués derrière des boucliers frappés de la croix gammée et brandissant une profusion de Stainless Banner, l’étendard des Etats confédérés sécessionnistes. Les images de leurs accrochages violents avec les « antiracistes » ont fait le tour de la planète, tout comme celles montrant la voiture de James Alex Fields Jr, un garçon de 20 ans originaire de l’Ohio, fonçant dans la foule. Trente-cinq personnes ont été blessées, Heather Heyer, une jeune femme de 32 ans, a perdu la vie. S’il est jugé un jour en Virginie, Etat qui l’applique assidûment, James Alex Fields Jr encourt la peine capitale. Pour nombre de commentateurs, la tragédie de Charlottesville illustrerait avant tout le vent mauvais que l’élection de Donald Trump fait souffler sur une partie de l’Amérique blanche et raciste, désormais affranchie de toute retenue et convaincue que c’est un des siens qui occupe le Bureau ovale de la Maison-Blanche. Les mêmes ont vu dans les tergiversations du président à condamner clairement, et unilatéralement, les suprémacistes, au mieux l’expression d’un cynisme détestable, et plus certainement la preuve d’une indulgence coupable pour cause d’affinités. Même les Bush père et fils y sont allés de leur communiqué indigné, aussitôt interprété comme une prise de distance avec l’attitude jugée plus qu’ambiguë du milliardaire.

Pourtant, quelques voix dissonantes ne partagent pas exactement cette analyse de l’affaire de Charlottesville. Factuellement d’abord, et c’est le cas de Jean-Eric Branaa, maître de conférences à Paris-II et spécialiste des Etats-Unis. « Incontestablement, Donald Trump n’a pas su élever son discours et s’adresser à toute l’Amérique. Parce qu’il n’est pas un politicien orthodoxe, il n’a pas perçu la dimension symbolique de ces événements et ce qu’elle exigeait de lui. En revanche, quand il pointe des violences du côté de l’extrême droite mais aussi de l’ alt-left, cela me semble un constat difficilement récusable. Il y a bien une alt-left, violente ou agressive, et en tout cas très intolérante. Cela va des Antifa à Black Lives Matter et d’autres groupuscules qui occupent, notamment dans la rue, le vide laissé par un Parti démocrate en pleine crise depuis la défaite de Hillary Clinton. Ceux-là tirent tous les débats qui agitent une société américaine très divisée vers un affrontement entre pro- et anti-Trump.»

Lee, la fin d’un consensus

A Charlottesville, la division en question s’est focalisée sur un monument dressé dans un parc du centre-ville depuis 1924, la statue équestre de Robert E. Lee, le légendaire général sudiste qui commandait l’armée de Virginie du Nord, avant de devenir le général en chef des armées sudistes lors de la guerre de Sécession de 1862 à 1865. En avril dernier, le conseil municipal à majorité démocrate décide de la transférer dans un musée, suscitant aussitôt la colère d’une myriade d’associations, à l’image des Sons Of Confederate Veterans, dont les membres sont des descendants directs de soldats sudistes. Le choix du maire, Michael Signer, ne constitue pourtant pas une première. Voilà déjà quelques années que la présence des monuments érigés en hommage aux grandes figures confédérées – près de 1 500 au total, disséminés essentiellement dans les anciens Etats sécessionnistes – ne semble plus aller de soi. Du moins pour certains militants des droits civiques et surtout des activistes de la nouvelle gauche américaine. Leurs arguments ? Jim Gray, maire démocrate de Lexington, dans le Kentucky, les résumait il y a peu : « Nous ne pouvons pas continuer à rendre hommage à ces hommes qui se sont battus pour préserver l’esclavage sur un sol où des hommes, des femmes et des enfants ont été eux-mêmes vendus comme esclaves. » Etait-ce le cas de Robert E. Lee ? Héritier d’une riche famille de Virginie et marié à une descendante de George Washington, le premier président des Etats-Unis, ce brillant militaire de carrière, diplômé de West Point, fut aussi un grand propriétaire terrien, en l’occurrence une plantation sur laquelle trône désormais le cimetière national d’Arlington. Comme la plupart de ses pairs, Lee possédait son lot d’esclaves. Notablement enrichi à la mort de son beau-père, il se conforma à son souhait en acceptant de les affranchir, mais après un délai de cinq années au cours desquelles quelques réfractaires furent dûment fouettés pour avoir tenté de s’enfuir. Une fois la guerre terminée, Lee prit la tête de la future Washington And Lee University à Lexington (Virginie) et plaida inlassablement pour la réconciliation nationale et la reconstruction du pays. Icône absolue des sudistes, le général a bénéficié au fl du temps d’une sorte de consensus national au point qu’en 1975 le président Gerald Ford décida de lui rendre symboliquement ses droits civiques pleins et entiers. Longtemps, les disputes autour de Lee ou d’autres « héros » sudistes, tels le général Stonewall Jackson, son bras droit, et le président confédéré Jefferson Davis – réhabilité lui par Jimmy Carter – ont rarement franchi le cercle restreint des experts. Humaniste attentif au sort des Noirs, en particulier dans le domaine de l’éducation, pour les uns, esclavagiste pur et dur pour les autres, jusqu’alors, comme l’écrit le journaliste et historien Sylvain Ferreira (lire l’interview ci-contre), Robert E. Lee « reposait dans une petite chapelle de son université sans que cela pose de problème à personne ». En juillet 2014, première alerte pourtant : un groupe d’étudiants noirs exige que soient retirés les drapeaux confédérés placés devant l’édifice religieux et, un mois plus tard, la direction de l’établissement leur donne raison.

Sur place, l’affaire fait grand bruit, mais il faudra attendre le drame de Charleston, en Caroline du Sud, pour qu’elle prenne une dimension nationale. Dans la nuit du 17 au 18 juin 2015, un jeune suprémaciste blanc, Dylann Roof, pénètre dans un temple méthodiste noir de la ville et abat froidement neuf personnes. Le choc est considérable dans tout le pays, et c’est Barack Obama en personne qui préside la cérémonie funèbre. Peu avant le massacre, le tueur est apparu sur les réseaux sociaux avec un drapeau sudiste. Dans tout le Sud, la chasse au Stainless Banner, et plus largement aux monuments sudistes, est ouverte et ne s’arrêtera plus. Elle prend un caractère particulièrement aigu à La Nouvelle-Orléans où, en décembre 2015, le maire démocrate Mitch Landrieu ordonne le déplacement des statues de Lee, de Jefferson Davis et du général Pierre de Beauregard, un militaire confédéré d’origine créole, engagé à la fn de la guerre dans la défense des esclaves afranchis pour lesquels il réclamait, entre autres, le droit de vote.

Débat impossible ?

Mais les démocrates ne sont pas les seuls à s’impliquer dans la polémique. Quelques mois avant Landrieu, Nikki Haley, star montante des républicains, et à l’époque gouverneur de Caroline du Sud, demande, elle aussi, le retrait des drapeaux confédérés qui flottent devant le capitole de l’Etat. « Ils n’auraient jamais dû être là », tranche celle qui est devenue l’ambassadrice de l’administration Trump à l’ONU. Débat impossible ? Quelques-uns s’y sont essayés à l’image de Condoleezza Rice, l’ancienne secrétaire d’Etat de George W. Bush de 2005 à 2009. Interrogée en mai dernier sur le mouvement d’éradication en cours, elle se prononce résolument contre la tentation de « désinfecter l’histoire ». « Je veux que nous ayons à regarder ces noms [ceux des planteurs propriétaires d’esclaves], à reconnaître ce qu’ils ont fait et à pouvoir dire à leurs enfants ce qu’ils ont fait. » Pour Emily Jashinsky du Washington Exminer, le pendant conservateur du Washington Post, « l’argument de Rice va exactement à l’encontre des raisons qui poussent les nationalistes blancs à s’approprier la figure de Lee. Eux pensent qu’ils défendent la persistance d’une histoire positive alors que pour Rice la préservation de monuments témoignant des heures les plus sombres de notre passé garantit aux générations futures la connaissance de notre histoire ». Apparemment très affaibli au lendemain des événements de Charlottesville, Donald Trump a depuis repris à son compte la rhétorique de Rice, regrettant de voir « l’ histoire et la culture de [son] grand pays mises en pièces ». Sur ce point au moins, un récent sondage indique qu’une majorité d’Américains le suit, confirmant ainsi, comme le souligne Jean- Eric Branaa, « qu’à défaut d’être un grand président il peut encore à tout moment renverser la table ».

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Tribune

Vos héros sont parfois nos bourreaux
Des lycées, des rues portent son nom mais qui se souvient que Colbert était l’auteur du Code noir et le fondateur de la Compagnie des Indes occidentales ?
Louis-Georges Tin, Président du Conseil représentatif des associations noires (Cran)
Libération
28 août 2017

Avant que Libération ne publie son dossier du 23 août, la plupart des commentateurs français se sont contentés de dénoncer, à juste titre, l’attentat à Charlottesville, la statue du général Lee, les adeptes de la white supremacy, l’attitude du président Trump et le racisme américain en général (qui se maintient à un niveau très élevé, il est vrai), sans jamais voir la poutre dans l’œil de la France. Que dire de toutes ces rues qui portent des noms de négriers comme Balguerie et Gradis à Bordeaux (ville d’Alain Juppé), Grou et Leroy à Nantes (ville de Jean-Marc Ayrault), Masurier et Lecouvreur au Havre (ville d’Edouard Philippe) ?

La plupart des maires des villes concernées affirment qu’il ne faut pas changer ces noms, car il convient, paraît-il, de conserver la trace des crimes commis. Mais les noms de rue ne servent pas à garder la mémoire des criminels, ils servent en général à garder la mémoire des héros et à les célébrer. C’est pour cela qu’il n’y a pas de rue Pétain en France. D’autres proposent que l’on conserve ces noms de rues, avec une petite explication. Mais même avec une mention expliquant sa vie, son œuvre, une «rue Pierre Laval, collabo» ne serait guère plus acceptable. C’est pour cela qu’il n’y en a pas non plus. Ce n’est donc pas une solution. Et si l’on veut vraiment transmettre la mémoire, pourquoi ne pas proposer plutôt des rues au nom de Toussaint Louverture, le héros haïtien, ou au nom de Champagney, ce village français dont les habitants prirent fait et cause pour les victimes de l’esclavage, pendant la Révolution ? Il faudrait donc se poser cette question : lequel des deux pays est le plus problématique, celui où il y a un conflit autour de la statue d’un général esclavagiste, ou celui où il y a à l’Assemblée nationale une statue de Colbert, une salle Colbert, une aile Colbert au ministère de l’Economie, des lycées Colbert (qui prétendent enseigner les valeurs républicaines), des dizaines de rues ou d’avenues Colbert, sans qu’il y ait le moindre conflit, la moindre gêne, le moindre embarras ? Et pourtant, Colbert est l’auteur du Code noir, celui qui a organisé en France ce crime contre l’humanité, et aussi le fondateur de la Compagnie des Indes occidentales, de sinistre mémoire. N’est-il pas choquant que personne (ou presque) ne soit choqué ?

En 2013, Arnaud Montebourg, qui ne cessait de faire l’éloge de Colbert, avait même lancé un logiciel destiné à favoriser la relocalisation des entreprises en France. Le nom de ce dispositif ? «Colbert 2.0». Malgré les protestations du Cran, le ministre a continué à faire l’apologie d’un homme coupable de crime contre l’humanité. Son conseiller expliquait que M. Montebourg célébrait en Colbert non pas l’esclavagiste, mais celui qui avait développé l’économie française. Un peu comme ces gens d’extrême droite qui affirment qu’ils célèbrent en Hitler non pas l’auteur de la Shoah, mais celui qui a redressé l’économie allemande. L’explication donnée par ce conseiller n’est-elle pas scandaleuse ? Par ailleurs, comment Colbert a-t-il développé l’économie française au XVIIe siècle, si ce n’est sur la base de l’esclavage colonial, justement ?

Nous nous adressons ici aux Français qui, par des contorsions indignes, cherchent encore à justifier l’injustifiable : vos héros sont nos bourreaux. Dès lors, comment pourrons-nous vivre ensemble ? Il y a de nombreux Français, blancs ou noirs, qui ont lutté contre l’esclavage : pourquoi ne pas privilégier ceux-là ? N’y a-t-il pas un lien entre le piédestal où l’on met les esclavagistes et le mépris social que subissent les descendants d’esclaves ? Est-il normal que les territoires d’outre-mer, où l’esclavage a été perpétré, soient encore en 2017 les plus pauvres du pays tout entier ? Est-il normal qu’ils soient dominés, encore aujourd’hui, par les descendants des esclavagistes, qui ont été indemnisés en outre par la République après l’abolition ? Peut-on être à la fois la patrie des droits de l’homme, et la patrie des droits des esclavagistes ?

Il y a quelques jours, Emmanuel Macron a affirmé qu’il était «aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie» à Charlottesville. Nous demandons à Emmanuel Macron d’être aussi aux côtés de ceux qui combattent le racisme et la xénophobie en France et de lancer une réflexion nationale sur la nécessité de remplacer ces noms et statues de la honte par des figures de personnalités noires, blanches ou autres ayant lutté contre l’esclavage et contre le racisme. Bien sûr, cette décision relève de l’autorité des élus locaux, mais un débat national et collectif doit être engagé. On ne peut pas être dans l’indignation face à Charlottesville et dans l’indifférence par rapport à la France par rapport à toutes statues, toutes ces rues, qui défigurent nos villes. Il faut décoloniser l’espace, il faut décoloniser les esprits, c’est aussi cela la réparation à laquelle nous appelons le Président.

Louis-Georges Tin Président du Conseil représentatif des associations noires (Cran)

Voir de même:

Tribune d’historiens pour défendre la place Robespierre à Marseille

Lettre ouverte au maire de Marseille et au maire du 9e arrondissement
L’Humanité
21 Mai, 2014

Plusieurs historiens spécialistes reconnus de la Révolution française ont adressé une lettre ouverte au maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, afin que ne soit pas débaptisée la place Robespierre se situant dans le 9e arrondissement de la ville.

Monsieur le maire,

Nous avons appris par la presse que vous envisagiez de débaptiser la Place Robespierre dans le 9e arrondissement de Marseille. Nous entendons réagir à cette nouvelle en vous faisant part de notre désapprobation et de notre volonté de faire largement savoir auprès de l’opinion les raisons de notre opposition à ce projet.
Débaptiser l’un des rares noms de lieu dédiés à la mémoire de Robespierre dans les grandes villes françaises serait, à notre sens, un signal politique et mémoriel antirépublicain. Quoi qu’on puisse penser de l’action politique de Robespierre (et les interprétations divergentes sont nombreuses, comme nous avons montré dans notre ouvrage (1)), il n’en reste pas moins qu’il a été l’inventeur de la devise « Liberté Égalité Fraternité » qui figure au fronton des édifices publics, qu’il a été (avec bien d’autres évidemment) un combattant infatigable de la démocratie, qu’il a défendu la citoyenneté des pauvres, des juifs, des « hommes de couleur » (comme on disait alors) dans les colonies et qu’il n’a cessé d’être la cible des attaques des royalistes, des anti-républicains et des réactionnaires de toutes sortes depuis deux siècles. Les accusations de « dictature » ou de responsabilité personnelle dans ce que l’on a appelé après sa mort la « Terreur » ont été — depuis fort longtemps — ruinées par la critique historique. Robespierre n’a jamais été le dictateur sanglant et paranoïaque de l’imagerie contre-révolutionnaire, il a été, en revanche, l’un des partisans les plus résolus de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et de la Première république, y compris dans le contexte difficile d’une guerre civile et extérieure.

Ajoutons qu’il a été, dès 1790-1791, le porte-parole des patriotes marseillais en butte aux attaques des autorités aristocratiques locales, qu’il a entretenu une correspondance politique suivie avec les révolutionnaires phocéens qui l’ont remercié à plusieurs reprises en lui demandant d’être leur défenseur(2) . Notre « cause est digne de vous, lui écrivent les officiers municipaux marseillais le 18 avril 1791, c’est celle du patriotisme luttant contre la calomnie ». Robespierre est celui qui écrivait au maire de Marseille le 27 juillet 1790 : « ne doutez pas que je ne sois dévoué jusqu’à la mort à la cause de Marseille et à celle de la Constitution, à laquelle elle est liée ». Il est celui qui dédia aux Marseillais son Adresse aux Français après la fuite du roi en juin 1791. Et vous voudriez que ce défenseur de la Révolution des droits de l’homme et du citoyen, mais aussi de la ville de Marseille, disparaisse des noms de lieux et de places de la ville qui lui a décerné les plus grands éloges ?

En Provence, au-delà de la municipalité marseillaise, ce sont celles d’Avignon ou de Toulon — dont il devient citoyen d’honneur — qui lui ont rendu hommage. Le premier député des Bouches-du-Rhône, Charles-François Bouche, le considérait comme l’un des Constituants les plus patriotes. Il a, écrivait le député provençal, « l’âme grande, élevée, courageuse et patriote » et il désolera « ses ennemis, s’il en a », car sa conduite politique est sans tache. Celui qui a reçu de son vivant le surnom « d’Incorruptible » doit-il disparaître de la vue des Marseillais ? Ce serait un comble en ces temps de crise de la démocratie et de méfiance à l’égard de la vertu publique des élus de la République.
La place Robespierre ne doit pas être débaptisée.

La Révolution française ne doit pas disparaître de la mémoire marseillaise, nationale et universelle.
Nous faisons connaître cette lettre à nos collègues historiens et nous leur demandons de s’associer à notre démarche qui concerne aussi tout ceux qui ont à coeur de défendre la mémoire de la révolution.

  • Marc Belissa, maître de conférences en histoire (Université Paris Ouest Nanterre).
  • Yannick Bosc, maître de conférences en histoire (Université de Rouen).

(1) Robespierre. La fabrication d’un mythe, Paris, Ellipses, 2013. Lire la conclusion
(2) Voir l’article de Jacques Guilhaumou, « Robespierre, défenseur de Marseille en 1791 », Révolution Française.net, juin 2006.

Premiers signataires :
Serge Bianchi (Professeur émérite, Université de Rennes II), Deborah Cohen (MCF histoire, Université d’Aix-Marseille), Alexis Corbière (professeur d’histoire, auteur de Robespierre Reviens !), Marc Deleplace (MCF histoire, Paris IV Sorbonne), Jean-Numa Ducange (MCF histoire, Université de Rouen), Florence Gauthier (MCF Histoire, Université Paris VII Denis Diderot), Jacques Guilhaumou (directeur de recherche émérite, CNRS-ENS Lyon), Anne Jollet (MCF histoire, Université de Poitiers), Mathilde Larrère (MCF histoire, Université de Marne-la-Vallée), Claude Mazauric (Professeur émérite, Université de Rouen), Guillaume Mazeau (MCF histoire, Université Paris I Panthéon Sorbonne), Christine Peyrard (Professeur, Université d’Aix-Marseille), Michel Vovelle (Professeur émérite, Aix-Marseille, Paris I, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française)

Voir encore:

Hollande, Hamon et Robespierre

Le tout nouveau président UMP de la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole, Guy Teissier, vient d’avoir une idée : il veut débaptiser la Place Robespierre, sise dans le IXème arrondissement de Marseille (à Mazargues, pour ceux qui connaissent) et lui donner le nom des Nazet, amis du félibrige et de la culture provençale. C’est la seconde fois qu’on nous fait le coup — déjà, en 1999…

J’aime bien le félibrige, même si le mouvement a fini par rassembler un grand nombre d’imbéciles heureux. Mais j’aime encore plus Robespierre, sans lequel nous serions retombés dans une monarchie glauque (sans lequel il n’y aurait pas eu Bonaparte ni de Code civil : c’est au passage le frère dudit Robespierre qui a distingué à Toulon le jeune officier d’artillerie).
Horreur et putréfaction ! Signez vite la pétition mise en place par les amis de Robespierre, de la Convention et de la République. Il y a très très peu de rues ou places Robespierre, en France, alors que des rues Danton, l’organisateur des massacres de septembre, on ne sait plus qu’en faire.
Les informations sur l’œuvre exact de Maximilien ne vous sont pas nécessaires, ô mes féaux, mais cela va mieux en le disant :

C’est Robespierre qui pour la première fois, à la mi-décembre 1790, employa la formule « Liberté, Egalité, Fraternité ».
C’est lui qui a donné et proposé la citoyenneté pour les Juifs, qui a proposé l’abolition de l’esclavage, qui a fait voter la reconnaissance des enfants naturels, le premier à défendre le suffrage universel, le premier à aborder le non cumul des mandats, le premier à proposer le contrôle des prix de première nécessité…
Quant à la Terreur qu’on lui attribue…
C’est entendu, la guillotine fut la raison suffisante, comme disait Voltaire, de la mort de 15 000 personnes — plus ou moins. C’est entendu, il y eut quelques excès à Lyon ou Nantes. Mais cette violence est peu, comparée à celle exercée pendant des siècles par les Rois de France, qui cautionnaient les pires massacres et les tortures. Et tout adversaire que je sois aujourd’hui de la peine de mort, je recontextualise — en 1793, un certain 21 janvier, qu’en aurais-je pensé ?
D’autant que si l’on cherchait les vrais responsables de la Terreur, il faudrait bien davantage lorgner vers Fouquier-Tinville, Hébert, Vadier ou Barère — l’un des principaux responsables, aussi, de la répression vendéenne, et non Robespierre qui rappela Carrier dès qu’il fut mis au courant des fantaisies de ce dernier, qui faisait violenter les jeunes aristocrates du beau sexe par ses volontaires antillais, au cours d’orgies mémorables — avant de les expédier dans la Loire pour les fameux « mariages républicains ». Bouh le vilain. Même que Robespierre l’a fait guillotiner.
Le plus beau, c’est que la désinformation la plus abjecte règne chez les historiens. Mais les historiens, hein…
Alors, signez et faites signer la pétition !

Tout cela pour dire…
Au même moment, Hollande nous recompose la France du XVIIIème siècle et ses provinces. Sous prétexte que 22 régions, c’est 11 de trop. Efficacité, économies, etc. Faire des régions à échelle européenne, bla-bla-bla. Le modèle allemand, quoi.
Et Benoît Hamon s’est empressé de faire chorus, et s’apprête à territorialiser l’Education Nationale — quand vous serez sous la tutelle exclusive des potentats locaux à la Guy Teissier, vous ne viendrez pas me reprocher de ne pas vous avoir prévenus. Les profs sous la férule des grandes intelligences régionales, recrutement et sélection compris, ce sera intéressant.
C’est pour le coup que l’on multipliera les options régionales au Bac — notez qu’il y a déjà l’option Pétanque en Provence et l’option surf à Biarritz. Des points en plus pour compenser les faiblesses en maths.
Tout cela sent mauvais. Très mauvais. Moi, j’aurais la tête de Louis XVI — ah bon, vous n’aviez pas remarqué ? —, j’y regarderais à deux fois avant de rétablir l’Ancien Régime. Qui sait si un nouveau Robespierre ne traîne pas par là, à Arras ou ailleurs…

Voir par ailleurs:

Etats-Unis : et maintenant, les statues de Christophe Colomb sèment la discorde

Des voix s’élèvent pour demander le déboulonnage des statues de l’explorateur, considéré par certains comme responsable du génocide amérindien.

Paul Véronique

1 septembre 2017

Le débat qui a enflammé les Etats-Unis autour du déboulonnage de la statue du général confédéré Robert Lee à Charlottesville s’étend à d’autres figures historiques. A New York, la cible se nomme désormais Christophe Colomb. L’explorateur qui a posé le pied en Amérique en 1492, est accusé par certains d’être à l’origine de l’extermination des peuples amérindiens.

Les voyages de Christophe Colomb en Amérique ont aidé les populations européennes à coloniser le continent. Mais certains historiens attaquent également le navigateur sur son traitement des peuples autochtones, et sa participation à la traite des esclaves.

Après les événements de Charlottesville, le maire de New York, Bill de Blasio, s’est saisi de la question. « New York effectuera une revue de 90 jours de tous les symboles de haine dans le domaine public », a-t-il expliqué sur Twitter le 16 août.

L’opération doit permettre d’identifier les monuments à l’honneur de personnages potentiellement offensants, afin le cas échéant de s’en débarrasser. A ce titre, il a annoncé le même jour qu’une plaque commémorative en l’honneur du maréchal Pétain allait être retirée.

« La plaque commémorative en l’honneur du maréchal Pétain, collaborateur nazi, située sur la promenade du ‘Canyon of Heroes’, sera la première à être retirée. »

Plusieurs statues vandalisées

Ces derniers jours, deux monuments dédiés à l’explorateur ont été vandalisés. Samedi dernier, une sculpture à son effigie a été décapitée au parc mémoriel de Christophe Colomb de Yonkers. Jeudi, une autre statue a été vandalisée dans le Queens. « N’honorez pas le génocide, enlevez-le », a-t-il été inscrit par des activistes sur l’édifice.

Mais c’est la statue de Christophe Colomb perchée à 21 mètres de hauteur, trônant au milieu de Columbus Circle qui cristallise les tensions. Situé en plein cœur de Manhattan, c’est l’une des places les plus célèbres de New York, consacrée à la mémoire de l’explorateur. Mais chaque année, à la veille du Columbus Day, un jour férié aux Etats-Unis, des opposants à Christophe Colomb s’y rassemblent pour dénoncer le génocide des populations amérindiennes.

Une mise en cause de l’explorateur italien qui génère des tensions avec la communauté d’origine italienne, très présente à New York. De leur côté ils entendent défendre leur patrimoine, alors que c’est leurs ancêtres qui avaient financé la statue de Columbus Circle en 1892.

Mise en difficulté du maire de New York

Une situation inconfortable pour Bill de Blasio, pris en étau entre les antis et les pros Christophe Colomb, alors qu’il concourt à sa réélection en novembre. Jusqu’à présent, le maire de New York a pris soin de ne pas remettre en cause nommément l’explorateur, se contentant de dénoncer les « symboles de haine ». Lors des primaires démocrates pour les élections municipales, mercredi 23 août, il a esquivé :

« Je ne vais pas me lancer dans le jeu des noms. »

Une polémique de mauvais augure dont n’a pas hésité à se servir son rival démocrate Sal Albanese :

« Il a déclaré que les statues confédérées qui rappelaient l’esclavage et le racisme méritaient d’être interdites, mais retirerons-nous également les statues de George Washington et Thomas Jefferson ? »

Voir aussi:

Accusé de racisme, Autant en emporte le vent dans la tourmente aux États-Unis
Deux semaines après la tragédie de Charlottesville, un cinéma de Memphis a suspendu sa projection annuelle du film de Victor Fleming sorti en salles en 1939, estimant que cette œuvre aux dix Oscars, qui plonge dans la Guerre de Sécession, était insensible au public afro-américain.
Alexis Feertchak
Le Figaro
30/08/2017

Scarlett O’Hara n’est plus la bienvenue dans la salle Orpheum de Memphis. Autant en emporte le vent était projeté chaque année depuis 34 ans dans ce cinéma du Tennessee, au sud des États-Unis, qui a décidé de suspendre cette tradition, un peu plus de deux semaines après l’attaque de Charlottesville, dans laquelle une militante antiraciste a été tué par un suprémaciste blanc.

Le soir précédent, le 11 août, le film de 1939 aux dix Oscars avait été projeté sur l’écran de Memphis. Le cinéma a alors reçu des plaintes, motivées par le portrait discriminant des noirs américains et la vision idéalisée des Sudistes que ce film, qui plonge au cœur de la Guerre de Sécession, véhiculerait. La direction de l’Orpheum a réagi en annonçant que les aventures de Scarlett et Rhett ne seraient plus au programme l’année prochaine, déclenchant un tollé sur la toile.

«La récente projection d’Autant en emporte le vent (…) a généré un nombre important de commentaires. L’Orpheum les a soigneusement étudiés», s’est justifié Brett Batterson, le président de l’Orpheum Theatre Group, précisant au New York Times qu’«en tant qu’organisation dont la mission est de divertir, d’éduquer et d’éclairer les communautés qu’elle sert, l’Orpheum ne pouvait montrer un film insensible à un grand pan de sa population locale».

Souhaitant désamorcer la polémique, Brett Batterson a expliqué au Commercial Appeal, un quotidien de Memphis, que les préoccupations à propos de ce film ne dataient pas de la tragédie de Charlottesville et des débats qui en ont suivi, mais que la question se posait chaque année depuis longtemps.

Les réseaux sociaux n’ont pas tardé à s’emparer de l’affaire, entraînant une vive polémique. «La tolérance vire à la censure. Encore une fois», a déclaré le philosophe québécois Mathieu Bock-Côté sur Twitter.

D’autres ont créé des variations autour du titre: «À ce rythme-là, ce sont bientôt nos libertés, notre identité et notre culture qui seront ‘gone with the wind’» [le titre anglais du film, NDLR]. «Le bon sens a été emporté par le vent dans ma ville natale de Memphis», s’est écrié le journaliste et écrivain américain Todd Starnes.

D’autres encore de rappeler que l’actrice Hattie McDaniel, qui y joue une esclave du nom de Mamma, a été la première Afro-américaine à recevoir un Oscar en remportant celui de la meilleure actrice dans un rôle de soutien.

Un été de polémiques

L’annulation du film de Victor Fleming, tiré du roman éponyme de Margaret Mitchell, s’inscrit dans le contexte de vives polémiques qui se sont succédé tout l’été à propos des statues et monuments de personnages historiques controversés. C’est le cas déjà depuis plusieurs années des centaines de monuments d’hommage aux figures sudistes. En août, ce fut le cas à Durham en Caroline du Nord où la statue d’un soldat confédéré érigée en 1924 a été abattue par des manifestants.

La même scène fut observée à Gainesville en Floride. Dans le Tennessee, à Nashville, une manifestation a été organisée pour exiger le retrait du Capitole d’un buste de Nathan Badford Forrest, général confédéré et fondateur du Ku Klux Klan. Le rassemblement de la droite radicale à Charlottesville, le 12 août dernier, qui a tourné à la tragédie, était motivé par le refus du retrait annoncé d’une statue de Robert Lee, général en chef des armées des États confédérés pendant la Guerre de Sécession.

Répondant à ces polémiques, Donald Trump a pris le parti de s’opposer à la démolition de ces monuments confédérés déclarant que leur retrait était «une mise en mise en pièces» de l’histoire américaine. «George Washington possédait des esclaves (…). Est-ce qu’on va enlever ses statues? Et Thomas Jefferson? Est-ce qu’on va enlever ses statues? Il possédait beaucoup d’esclaves», a-t-il également lancé à propos des premier et troisième présidents des États-Unis, tous deux morts avant la Guerre de Sécession. À l’inverse, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu’elle serait offensante pour les Amérindiens. De l’autre côté de l’Atlantique, en Grande-Bretagne, le quotidien The Guardian a proposé dans un article d’abattre la statue de Nelson, accusé d’avoir défendu l’esclavage.

Voir également:

Toppling statues? Here’s why Nelson’s column should be next
While the US argues about whether to tear down monuments to the supporters of slavery, Britain still celebrates the shameful era
Afua Hirsch
The Guardian
August 2017

The area I grew up in, leafy Wimbledon in south-west London, is bordered by memorials to two towering historical figures. One side dedicates its streets and walls to the legacy of the abolitionist William Wilberforce: the remnants of a house where he lounged with his friends, and the mounting block he used to get on his horse to ride to the Houses of Parliament, still stand.

The other side is devoted to Admiral Horatio Nelson, who having defeated the French navy bought a romantic estate where he stayed with his lover, Emma Hamilton. So many streets, pubs, shops and other local businesses recall this history that local estate agents refer to the area as The Battles.

These two contemporaneous, though contrasting, histories are symbolic of the problems Britain faces in confronting its past. Wilberforce, unquestionably a force for good, helped end, in 1807, Britain’s official involvement in the transatlantic slave trade. But he was not alone. The enormous contribution of black people in Britain at the time – especially activists and writers who were slaves themselves – has no equivalent site of glory, in London or anywhere in the country.

One of the obstacles all these abolitionists had to overcome was the influence of Nelson, who was what you would now call, without hesitation, a white supremacist. While many around him were denouncing slavery, Nelson was vigorously defending it. Britain’s best known naval hero – so idealised that after his death in 1805 he was compared to no less than “the God who made him” – used his seat in the House of Lords and his position of huge influence to perpetuate the tyranny, serial rape and exploitation organised by West Indian planters, some of whom he counted among his closest friends.

It is figures like Nelson who immediately spring to mind when I hear the latest news of confederate statues being pulled down in the US. These memorials – more than 700 of which still stand in states including Virginia, Georgia and Texas – have always been the subject of offence and trauma for many African Americans, who rightly see them as glorifying the slavery and then segregation of their not so distant past. But when these statues begin to fulfil their intended purpose of energising white supremacist groups, the issue periodically attracts more mainstream interest.

The reaction in Britain has been, as in the rest of the world, almost entirely condemnatory of neo-Nazis in the US and of its president for failing to denounce them. But when it comes to our own statues, things get a little awkward. The colonial and pro-slavery titans of British history are still memorialised: despite student protests, Oxford University’s statue of imperialist Cecil Rhodes has not been taken down; and Bristol still celebrates its notorious slaver Edward Colston. When I tweeted this weekend that it’s time we in Britain look again at our own landscape, the reaction was hostile.

“I don’t want that nonsense spreading here from America. Past is past, we have moved on,” one person said. Another accused me of being a “#ClosetRacist” for even raising the question. But the most common sentiment was summed up in this tweet: “Its History – we cant & shouldn’t re-write it – we learn from it. Removing statues would make us no different to terrorists at Palmyra.” Therein lies the point. Britain has committed unquantifiable acts of cultural terrorism – tearing down statues and palaces, and erasing the historical memory of other great civilisations during an imperial era whose supposed greatness we are now, so ironically, very precious about preserving intact.

And we knew what we were doing at the time. One detail that has always struck me is how, when the British destroyed the centuries-old Summer Palace in Beijing in 1860 and gave a little dog they’d stolen as a gift to Queen Victoria, she humorously named it “Looty”. This is one of the long list of things we are content to forget while sucking on the opium of “historical integrity” we claim our colonial statues represent.

We have “moved on” from this era no more than the US has from its slavery and segregationist past. The difference is that America is now in the midst of frenzied debate on what to do about it, whereas Britain – in our inertia, arrogance and intellectual laziness – is not.

The statues that remain are not being “put in their historical context”, as is often claimed. Take Nelson’s column. Yes, it does include the figure of a black sailor, cast in bronze in the bas-relief. He was probably one of the thousands of slaves promised freedom if they fought for the British military, only to be later left destitute, begging and homeless, on London’s streets when the war was over.

But nothing about this “context” is accessible to the people who crane their necks in awe of Nelson. The black slaves whose brutalisation made Britain the global power it then was remain invisible, erased and unseen.

The people so energetically defending statues of Britain’s white supremacists remain entirely unconcerned about righting this persistent wrong. They are content to leave the other side of the story where it is now – in Nelson’s case, among the dust and the pigeons, 52 metres below the admiral’s feet. The message seems to be that is the only place where the memory of the black contribution to Britain’s past belongs.

Afua Hirsch is a writer and broadcaster

Voir de plus:

Our War against Memory
Victor Davis Hanson
National Review
August 22, 2017

The new abolitio memoriae

Back to the Future

Romans emperors were often a bad lot — but usually confirmed as such only in retrospect. Monsters such as Nero, of the first-century A.D. Julio-Claudian dynasty, or the later psychopaths Commodus and Caracalla, were flattered by toadies when alive — only to be despised the moment they dropped.

After unhinged emperors were finally killed off, the sycophantic Senate often proclaimed a damnatio memoriae (a “damnation of memory”). Prior commemoration was wiped away, thereby robbing the posthumous ogre of any legacy and hence any existence for eternity.

In more practical matters, there followed a concurrent abolitio memoriae (an “erasing of memory”). Specifically, moralists either destroyed or rounded up and put away all statuary and inscriptions concerning the bad, dead emperor. In the case of particularly striking or expensive artistic pieces, they erased the emperor’s name (abolitio nominis) or his face and some physical characteristics from the artwork.

Impressive marble torsos were sometimes recut to accommodate a more acceptable (or powerful) successor. (Think of something like the heads only of the generals on Stone Mountain blasted off and replaced by new carved profiles of John Brown and Nat Turner).

A Scary History

Without Leon Trotsky’s organizational and tactical genius, Vladimir Lenin might never have consolidated power among squabbling anti-czarist factions. Yet after the triumph of Stalin, “de-Trotskyization” demanded that every word, every photo, and every memory of an ostracized Trotsky was to be obliterated. That nightmarish process fueled allegorical themes in George Orwell’s fictional Animal Farm and 1984.

How many times has St. Petersburg changed its name, reflecting each generation’s love or hate or indifference to czarist Russia or neighboring Germany? Is the city always to remain St. Petersburg, or will it once again be anti-German Petrograd as it was after the horrific First World War? Or perhaps it will again be Communist Leningrad during the giddy age of the new man — as dictated by the morality and the politics of each new generation resenting its past? Is a society that damns its past every 50 years one to be emulated?

Abolition of memory is easy when the revisionists enjoy the high moral ground and the damned are evil incarnate. But more often, killing the dead is not an easy a matter of dragon slaying, as with Hitler or Stalin. Confederate General Joe Johnston was not General Stonewall Jackson and after the war General John Mosby was not General Wade Hampton, just as Ludwig Beck was not Joachim Peiper.

Stone Throwers and Their Targets

What about the morally ambiguous persecution of sinners such as the current effort in California to damn the memory of Father Junipero Serra and erase his eponymous boulevards, to punish his supposedly illiberal treatment of Native Americans in the early missions some 250 years ago?

California Bay Area zealots are careful to target Serra but not Leland Stanford, who left a more detailed record of his own 19th-century anti-non-white prejudices, but whose university brand no progressive student of Stanford would dare to erase, because doing so would endanger his own studied trajectory to the good life. We forget that there are other catalysts than moral outrage that calibrate the targets of abolitio memoriae.

Again, in the case of the current abolition of Confederate icons — reenergized by the Black Lives Matter movement and the general repulsion over the vile murders by cowardly racist Dylan Roof — are all Confederate statues equally deserving of damnation?

Does the statue of Confederate General James Longstreet deserve defacing? He was a conflicted officer of the Confederacy, a critic of Robert E. Lee’s, later a Unionist friend of Ulysses S. Grant, an enemy of the Lost Causers, and a leader of African-American militias in enforcing reconstruction edicts against white nationalists. Is Longstreet the moral equivalent of General Nathan Bedford Forrest (“get there firstest with the mostest”), who was the psychopathic villain of Fort Pillow, a near illiterate ante-bellum slave-trading millionaire, and the first head of the original Ku Klux Klan?

Were the 60–70 percent of the Confederate population in most secessionist states who did not own slaves complicit in the economics of slavery? Did they have good options to leave their ancestral homes when the war started to escape the stain of perpetuating slavery? Do such questions even matter to the new arbiters of ethics, who recently defiled the so-called peace monument in an Atlanta park — a depiction of a fallen Confederate everyman, his trigger hand stilled by an angel? How did those obsessed with the past know so little of history?

Key to General William Tecumseh Sherman’s devastating strategy of marching through Georgia and the Carolinas was his decision to deliberately target the plantations and the homes of the wealthy, along with Confederate public buildings. Apparently Sherman believed that the plantation owners of the South were far more culpable than the poor non-slave-holding majority in most secessionist states. Sherman generally spared the property of non-slave owners, though they collectively suffered nonetheless through the general impoverishment left in Sherman’s wake.

In our race to rectify the past in the present, could Ken Burns in 2017 still make his stellar Civil War documentary, with a folksy and drawly Shelby Foote animating the tragedies of the Confederacy’s gifted soldiers sacrificing their all for a bad cause? Should progressives ask Burns to reissue an updated Civil War version in which Foote and southern “contextualizers” are left on the cutting room floor?

How about progressive icon Joan Baez? Should the Sixties folksinger seek forgiveness from us for reviving her career in the early 1970s with the big money-making hit “The Night They Drove Old Dixie Down”— her version of The Band’s sympathetic ode to the tragedy of a defeated Confederacy, written over a century after the Civil War. (“Back with my wife in Tennessee / When one day she called to me / Said, “Virgil, quick, come see / There goes the Robert E. Lee!”) If a monument is to be wiped away, then surely a popular song must go, too.

Are there gradations of moral ambiguity? Or do Middlebury and Berkeley students or antifa rioters in their infinite wisdom have a monopoly on calibrating virtue and defining it as 100 percent bad or good?

Who of the present gets to decide whom of the past we must erase — and where does the cleansing of memory stop? Defacing Mt. Rushmore of its slave owners? Renaming the double-whammy Washington and Lee University? Are we to erase mention of the heavens for their August 21 eclipse that unfairly bypassed most of the nation’s black population — as the recent issue of Atlantic magazine is now lamenting?

Revolutions are not always sober and judicious. We might agree that the public sphere is no place for honorific commemoration of Roger B. Taney, the author of the Dred Scott decision. But statue removal will not be limited to the likes of Roger B. Taneys when empowered activists can cite chapter and verse the racist things once uttered by Abraham Lincoln, whose bust was just disfigured in Chicago — and when the statue-destroyers feel that they gain power daily because they are morally superior.

Correct and Incorrect Racists?

The logical trajectory of tearing down the statue of a Confederate soldier will soon lead to the renaming of Yale, the erasing of Washington and Jefferson from our currency, and the de-Trotskyization of every mention of Planned Parenthood’s iconic Margaret Singer, the eugenicist whose racist views on abortion anticipated those of current liberal Supreme Court justice Ruth Bader Ginsburg. (Ginsburg said, “Frankly I had thought that at the time Roe was decided, there was concern about population growth and particularly growth in populations that we don’t want to have too many of.”)

At what point will those who went ballistic over President Trump’s clumsy “on the one hand, on the other hand” criticism of both the abhorrent racists who marched in Charlottesville (parading around in the very Nazi garb that their grandparents had fought to vanquish) and the unhinged anarchists who sought to violently stop them demand that Princeton University erase all mention of their beloved Woodrow Wilson, the unapologetic racist? Wilson, as an emblematic and typical early progressive, thought human nature could “progress” by scientific devotion to eugenics, and he believed that blacks were innately inferior. Wilson, also remember, was in a position of power — and, owing to his obdurate racism, he ensured that integration of the U.S. Army would needlessly have to wait three decades. Do any of the protestors realize that a chief tenet of early progressivism was eugenics, the politically correct, liberal orthodoxy of its time?

Just as in Roman times, chipping away the face of Nero or Commodus did not ensure a new emperor’s good behavior, so tearing down a statue of a Confederate soldier is not going to restore vitality to the inner city, whose tragedies are not due to inanimate bronze.

When Minnesota Black Lives Matter marchers chanted of police, “Pigs in a blanket, fry ’em like bacon,” was that a call for violence that was not long after realized by a spate of racist murders of policemen in Dallas? Are such advocates of torching police officers morally equipped to adjudicate which Confederate statue must come down?

And did President Obama swiftly condemn the forces that led the shooter to select his victims for execution? After Major Nidal Malik Hasan murdered 13 fellow soldiers in cold blood, screaming out “Allah Akbar” as he shot, did “both sides” Obama really have to warn America that “we don’t know all the answers yet, and I would caution against jumping to conclusions until we have all the facts”? And did it take him six years before he discovered the catalysts when finally calling the murders a terrorist attack? Did Obama have to dismiss the Islamist anti-Semitic terrorist slaughter of targeted Jews in a kosher market in Paris with the callous and flippant quip that the murderers had killed “a bunch of folks in a deli in Paris”? Were there demonstrations over that moral equivalence?

And was it inevitable that the anti-Semite, homophobe, and provocateur with past blood on his hands for inciting riot and arson, the Reverend Al Sharpton, would advocate yanking public sponsorship of the Jefferson memorial? He who is with sin now casts the first stone?

We are in an age of melodrama, not tragedy, in which we who are living in a leisured and affluent age (in part due to the accumulated learning and moral wisdom gained and handed down by former generations of the poor and less aware) pass judgement on prior ages because they lacked our own enlightened and sophisticated views of humanity — as if we lucky few were born fully ethically developed from the head of Zeus.

In my own town, there used to be a small classical fountain dedicated by the Woman’s Christian Temperance Union. It was long ago torn down. (Who wishes to recall the forces that led to Prohibition?) In its place now sits an honorific statue to the clawed, half-human Aztec deity Coatlicue, the hungry earth-mother goddess. Coatlicue was quite a bloodthirsty creation, to whom thousands of living captives were sacrificed. The goddess was often portrayed wrapped in a cloak of skin and wearing a neckless of human hearts, hands, and skulls. Our town’s new epigraph atop Coatlicue is Viva la Raza — “Long live the Race.” Should there be demonstrations to yank down such a racialist and Franco-ist hurrah? Or are the supposed victims of white privilege themselves exempt from the very chauvinism that they sometimes allege in others? Is there a progressive rationale that exempts Coatlicue and its racist plaque, whose sloganeering channels the raza/razza mantras of Fascist Spain and Mussolini’s Italy? Are we to have a perpetual war of the statues?

The Arc of History More Often Bends Backward

There is a need for an abolition of memory in the case of Hitler or Stalin, or here in America perhaps even of a Nathan Bedford Forrest. But when we wipe away history at a whim (why in 2017 and not, say, in 2015 or 2008?), we’d better make sure that our targets are uniquely and melodramatically evil rather than tragically misguided. And before we get out our ropes and sandblasters, we should be certain that we are clearly the moral superiors of those we condemn to oblivion.

Be careful, 21st-century man. Far more hypercritical generations to come may find our own present moral certitude — late-term and genetically driven abortion, the rise of artificial intelligence in place of human decision-making, the harvesting and selling of aborted fetal organs, ethnic and tribal chauvinism, euthanasia, racially segregated dorms and “safe spaces” — as immoral as we find the sins of our own predecessors.

For the last decade, we were lectured that the arc of history always bends toward our own perceptions of moral justice. More likely, human advancement tends to be circular and should not to be confused with technological progress.

Just as often, history is ethically circular. No Roman province produced anyone quite like a modern Hitler; Attila’s body count could not match Stalin’s.

In the classical Athens of 420 B.C., a far greater percentage of the population could read than in Ottoman Athens of A.D. 1600. The average undergraduate of 1950 probably left college knowing a lot more than his 2017 counterpart does. The monopolies of Google, Facebook, and Amazon are far more insidious than that of Standard Oil, even if our masters of the universe seem more hip in their black turtlenecks than John D. Rockefeller did in his starched collars.

Moneywise, Bernie Madoff outdid James Fisk and Jay Gould.

The strangest paradox in the current epidemic of abolitio memoriae is that our moral censors believe in ethical absolutism and claim enough superior virtue to apply it clumsily across the ages — without a clue that they fall short of their own moral pretensions, and that one day their own icons are as likely be stoned as the icons of others are now apt to be torn down by black-mask-wearing avengers.

A final paradox about killing the dead: Two millennia after Roman autocrats’ destruction of statues, and armed with the creepy 20th-century model of Fascists and Communists destroying the past, we, of a supposedly enlightened democracy, cannot even rewrite history by democratic means — local, state, and federal commission recommendations, referenda, or majority votes of elected representatives. More often, as moral cowards, we either rely on the mob or some sort of executive order enforced only in the dead of night.

Voir de même:

The Double Standard in the Progressive War against the Dead
Victor Davis Hanson
August 24, 2017

Will Progressives erase the history of their racist heroes, or only their racist enemies? Much of the country has demanded the elimination of references to, and images of, people of the past — from Christopher Columbus to Robert E. Lee — who do not meet our evolving standards of probity.

In some cases, such damnation may be understandable if done calmly and peacefully — and democratically, by a majority vote of elected representatives. Few probably wish to see a statue in a public park honoring Confederate general Nathan Bedford Forrest, one of the founding members of the Ku Klux Klan, or Supreme Court Justice Roger B. Taney, who wrote the majority opinion in the racist Dred Scott decision that set the stage for the Civil War four years later.

But cleansing the past is a dangerous business. The wide liberal search for more enemies of the past may soon take progressives down hypocritical pathways they would prefer not to walk. Powered by In the present climate of auditing the past, it is inevitable that Margaret Sanger’s Planned Parenthood will have to be disassociated from its founder. Sanger was an unapologetic racist and eugenicist who pushed abortion to reduce the nonwhite population. Should we ask that Ruth Bader Ginsburg resign from the Supreme Court? Even with the benefit of 21st-century moral sensitivity, Ginsburg still managed to echo Sanger in a racist reference to abortion (“growth in populations that we don’t want to have too many of”). Why did we ever mint a Susan B. Anthony dollar? The progressive suffragist once said, “I will cut off this right arm of mine before I will ever work or demand the ballot for the Negro and not the woman.” Liberal icon and Supreme Court Justice Earl Warren pushed for the internment of Japanese Americans during World War II while he was California’s attorney general. President Woodrow Wilson ensured that the Armed Forces were not integrated. He also segregated civil-service agencies. Why, then, does Princeton University still cling to its Woodrow Wilson School of Public and International Affairs? To honor a progressive who did a great deal of harm to African-American causes? Wilson’s progressive racism, dressed up in pseudoscientific theories, was perhaps more pernicious than that of the old tribal racists of the South, given that it was not regionally centered and was professed to be fact-based and ecumenical, with the power of the presidency behind it. In the current logic, Klan membership certainly should be a disqualifier of public commemoration.

Why are there public buildings and roads still dedicated to the late Democratic senator Robert Byrd, former “exalted cyclops” of his local Klan affiliate, who reportedly never shook his disgusting lifelong habit of using the N-word? Why is Supreme Court Justice Hugo Black, once a Klansman, in the 20th century, still honored as a progressive hero? So, what are the proper rules of exemption for progressives when waging war against the dead? Do they tally up the dead’s good and bad behaviors to see if someone makes the 51 percent “good progressive” cutoff that exempts him? Or do some reactionary sins cancel out all the progressive good — at least in the eyes of self-styled moral superiors to those hapless Neanderthals who came before us? Are the supposedly oppressed exempt from charges of oppression? Farm-labor icon Cesar Chavez once sent union thugs to the border to physically bar U.S. entry to undocumented Mexican immigrants, whom he derided as “wetbacks” in a fashion that would today surely earn Chavez ostracism by progressives as a xenophobe.

Kendrick Lamar, one of the favorite rappers of former president Barack Obama, had an album cover featuring a presumably dead white judge with both of his eyes X’d out, surrounded by black men celebrating on the White House lawn. Should such a divisive racialist have been honored with a White House invitation? What is the ultimate purpose of progressives condemning the past? Does toppling the statue of a Confederate general — without a referendum or a majority vote of an elected council — improve racial relations? Does renaming a bridge or building reduce unemployment in the inner city? Do progressives have their own logical set of selective rules and extenuating circumstances that damn or exempt particular historical figures? If so, what are they? Does selectively warring against the illiberal past make us feel better about doing something symbolic when we cannot do something substantive? Or is it a sign of raw power and ego when activists force authorities to cave to their threats and remove images and names in the dead of night? Does damning the dead send a flashy signal of our superior virtue? And will toppling statues and erasing names only cease when modern progressives are forced to blot out the memories of racist progressive heroes?

Voir encore:

L’ACLU, cette association américaine qui défend les droits des réfugiés et des néonazis

Claire Levenson

Slate

L’Union américaine pour les libertés civiles a aidé des suprémacistes blancs à obtenir le droit de manifester à Charlottesville. Après la mort d’une contre-manifestante, l’organisation repense sa position sur la liberté d’expression des groupes armés.

En janvier 2017, des avocats de l’ACLU, l’union américaine pour les libertés civiles, ont remporté la première victoire juridique contre le décret anti-réfugiés de Donald Trump. Ils ont obtenu qu’une juge bloque temporairement les expulsions d’immigrés venant de sept pays à majorité musulmane. Un traducteur irakien qui était détenu à l’aéroport de New York a été aussitôt libéré, et les avocats de l’ACLU sont devenus de véritables héros de la résistance anti-Trump.

Six mois plus tard, des avocats de cette même organisation ont aidé le suprémaciste blanc Jason Kessler à organiser une manifestation dans le centre de Charlottesville. Pour l’ACLU, connue pour son engagement à gauche, ces deux combats ne sont pas contradictoires:

«Il ne s’agit pas d’un tournant pour l’ACLU, a déclaré Anthony Romero, le directeur de l’organisation. Cela fait très longtemps que nous défendons les droits de groupes que nous détestons et avec lesquels nous sommes fondamentalement en désaccord».

A la fin des années 1970, l’ACLU avait en effet pris la décision controversée de défendre un groupe néonazi qui voulait défiler à Skokie, une banlieue de Chicago où vivaient de nombreux rescapés des camps de concentration. Plus récemment, ils ont défendu l’agitateur d’extrême-droite Milo Yiannopoulous, car le métro de Washington avait interdit une publicité pour son livre.

De leur point de vue, une véritable défense de la liberté d’expression implique de se battre pour tous, sans juger le contenu, suivant le principe expliqué par le juge de la Cour Suprême Oliver Wendell Holmes en 1929:

«S’il y a un principe de la Constitution qui exige plus d’attachement qu’un autre, c’est celui de la liberté d’opinion: non pas la liberté pour ceux qui pensent comme nous, mais la liberté pour la pensée que nous détestons.»

Dans le cas de Charlottesville, afin de limiter les violences potentielles, les autorités municipales voulaient que la marche pour le maintien de la statue du général sudiste Robert E. Lee ait lieu dans un grand parc un peu à l’écart. Le nationaliste blanc Jason Kessler a fait un procès à la ville et ce sont des avocats de l’ACLU qui l’ont gratuitement aidé à obtenir le droit de faire venir les manifestants – avec leurs torches, drapeaux confédérés, armes, croix grammées et slogans nazis – dans le centre ville. Du point de vue de l’ACLU, le gouvernement utilisait le prétexte de la menace de violence pour marginaliser des opinions peu populaires.

En accord avec l’ACLU, le juge a statué qu’il n’était pas constitutionnel pour la ville de limiter le permis de manifester des nationalistes blancs juste parce que les autorités étaient en désaccord avec leurs idées. Le premier amendement de la Constitution américaine protège en effet tous les discours, quel que soit leur contenu, sauf s’ils constituent une incitation à la violence imminente.

Si dans ce cas, le droit était du côté de groupes racistes, le contexte était très différent lorsque l’ACLU s’est fait une réputation en tant que gardienne de la liberté d’expression:

«Dans les années 1960 et 1970 pendant le mouvement de défense des droits civiques et le mouvement anti-guerre du Vietnam, les gens qui avaient le plus besoin d’être défendus en termes de liberté d’expression étaient les militants noirs et anti-guerre, explique le politologue Erik Bleich, auteur d’un ouvrage sur les discours de haine. Or c’est à ce moment que l’ACLU s’est distinguée par sa protection absolutiste de tous les discours. Ils ont défendu vigoureusement le droit à l’expression de groupes marginalisés, comme les activistes anti-guerre. Mais pour être cohérents intellectuellement, ils ont défendu la liberté d’expression de tous, y compris celle de néonazis».

Cette position demeure pourtant controversée. Après le meurtre de la manifestante Heather Heyer le 12 août, tuée par un sympathisant néonazi qui lui a foncé dessus en voiture, plusieurs membres de l’organisation ont démissionné (l’un d’entre eux a écrit sur Twitter: «Ce qui est légal ne correspond pas toujours à ce qui est juste. Je ne veux pas être une caution pour les nazis») et des branches locales de l’ACLU ont critiqué la position de la direction:

«Si des suprémacistes blancs défilent dans nos villes armés jusqu’aux dents et avec l’intention de blesser, il ne s’agit pas d’une activité protégée par la Constitution des Etats-Unis.»

Des porte-paroles de l’ACLU ont commencé par défendre leurs actions dans ce dossier, expliquant que la police n’avait pas bien fait son travail, et que l’ACLU n’était pas responsable du fait qu’en Virginie, il est légal de porter une arme visible. Mais quelques jours après dans une interview pour le Wall Street Journal, le directeur Anthony Romero a changé de cap:

«Les événements de Charlottesville forcent les juges, les officiers de police et les groupes de défense des droits à examiner les manifestations de suprémacistes blancs de beaucoup plus près. Si un groupe de manifestants insiste: « Non, nous voulons pouvoir porter des armes chargées », alors nous ne sommes pas obligés de les aider. Ils peuvent trouver quelqu’un d’autre.»

Pour le politologue Erik Bleich, il s’agit d’une décision importante dans la mesure où l’organisation accepte de prendre en compte le contexte actuel – le fait que les manifestants néonazis puissent être légalement armés dans certains Etats, ce qui n’était pas le cas dans les années 1970  – pour nuancer leur défense absolutiste de la liberté d’expression.

«Le contexte a changé parce que d’une part Trump est president et les néonazis ont le sentiment d’avoir plus de pouvoir, et d’autre part, nous vivons une époque où la loi est interprétée de telle façon que de plus en plus de gens sont autorisés à porter des armes de façon visible».

Dans les années 1970, lorsque l’ACLU avait défendu les néonazis de Skokie, ces groupes étaient beaucoup plus marginaux, et sous la présidence du démocrate Jimmy Carter, ils n’avaient aucun soutien au sein du gouvernement. Même à l’époque, leur décision avait rendu leur organisation impopulaire:

«Ils se sont probablement rappelés qu’à la fin des années 1970, ils ont perdu environ 30.000 membres lorsqu’ils ont défendu le défilé néonazi à Skokie. Or il s’agit d’une organisation qui dépend du soutien de l’opinion publique et de dons du public. Je pense qu’il y a un élément important de protection de leur image publique qui est entré en jeu dans la déclaration sur les groupes armés».

Après Charlottesville, la ville de Berkeley en Californie a modifié ses lois pour pouvoir interdire certaines manifestations qui n’ont pas obtenu de permis, et a priori, l’ACLU n’essaiera pas de contester cette décision. Pour certains puristes, il s’agit d’un tournant décevant. A propos de la décision de l’ACLU de ne plus défendre des groupes armés, le journal conservateur Daily Caller a titré: «L’ACLU trahit l’Amérique».

Dans Politico, deux défenseurs du premier amendement écrivent que le meilleur moyen de lutter contre les racistes n’est pas la censure et les lois qui pénalisent les discours de haine, comme en Europe, mais la confrontation d’idées dans le débat public. Ils notent que l’antisémitisme est plus prégnant en Europe  qu’aux Etats-Unis, malgré les lois européennes contre l’antisémitisme et le négationnisme.

Après les violences de Charlottesville, c’était cette même idée que défendait le directeur de l’ACLU dans un communiqué:

«Nous pensons que notre démocratie est meilleure et plus forte quand elle permet la confrontation de points de vue divergents. Le racisme et l’intolérance ne seront pas éradiqués simplement en les forçant à entrer dans la clandestinité».

Du point de vue des critiques de gauche de l’ACLU, la présence des armes et l’influence croissante de l’extrême-droite ont changé l’équation. Et avec la nouvelle position de la direction sur la défense de groupes armés, l’organisation semble avoir écouté ces voix.

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Retrait des croix du paysage grec sur ses emballages: Lidl présente ses excuses aux personnes qui ont pu être choquées

« Je suis scandalisé par les magasins Lidl qui pour vendre des produits grecs efface sur des photos de la Grèce, une partie de son paysage et de sa culture », nous a écrit Antoine, mardi soir, via notre bouton orange Alertez-nous. « Je vous laisse voir les photos », ajoute-t-il. La première photo montre un des plus beaux paysages de la Grèce, quasi emblématique. Ce n’est pas l’Acropole d’Athènes mais bien une petite église orthodoxe aux coupoles d’un bleu intense qui contraste avec le blanc de ses murs et qui se dresse à flanc de falaise sur l’île de Santorin, véritable petit joyau de la Méditerranée.

C’est ce paysage qui a été choisi pour illustrer les emballages de la gamme de produits grecs ERIDANOUS « Original Greek Product » (« Produit grec original »). Moussaka, yaourt, pistaches ou encore feta sont vendus chez Lidl sous cette marque et la photo de la belle église orthodoxe et ses coupoles au bleu intense. Mais un petit détail a indigné Antoine. Sur tous ces emballages, comme il le montre par une seconde image où il a entouré tous les toits, les croix ont disparu. Elles ont été gommées.

Nous avons demandé au porte-parole de Lidl le motif de ce retrait. « Nous évitons l’utilisation de symboles religieux car nous ne souhaitons exclure aucune croyance religieuse », a répondu le représentant du géant allemand de la grande distribution. « Nous sommes une entreprise qui respecte la diversité et c’est ce qui explique la conception de cet emballage », a-t-il encore ajouté. On peut légitimement se demander alors pourquoi les services marketing du groupe n’ont pas directement opté pour un paysage sans monument religieux.

Suite à la vague d’indignations provoquée par cet article, le groupe Lidl a présenté ses excuses. « Notre intention n’a jamais été de choquer. Nous évitons l’utilisation de symboles religieux sur nos emballages pour maintenir la neutralité dans toutes les religions. Si cela a été perçu différemment, nous présentons nos excuses aux personnes qui ont pu être choquées », a déclaré le porte-parole jeudi après-midi.

« Toute la communauté grecque est scandalisée et appelle au boycott de Lidl, c’est intolérable ! », estime en tout cas Antoine. Et vous, qu’en pensez-vous?

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Des internautes en croisade contre les emballages des yaourts à la grecque

LAITAGE: Des marques comme Lidl subissent une campagne de dénigrement sur le Web pour avoir gommé les croix chrétiennes des églises de l’île de Santorin…

Olivier Philippe-Viela

Mais où sont donc passées les petites croix orthodoxes qui coiffent les églises de l’île grecque de Santorin ? Sur l’archipel, elles n’ont pas bougé et les touristes peuvent toujours les apercevoir, mais sur la représentation qu’en font plusieurs marques d’agroalimentaire, les célèbres édifices ont perdu leurs croix. Un vrai problème pour toute une partie du Web, en campagne depuis plusieurs jours pour rétablir le symbole chrétien.

Lidl, Nestlé, Carrefour et Danone ont fait disparaître les croix sur l’emballage de leurs gammes respectives de yaourts à la grecque. C’est la première de ces marques qui s’est pris les critiques de plein fouet. Alpaguée par de nombreux internautes – souvent issus de la «  fachosphère » mais pas seulement -, l’enseigne a assuré ne vouloir « exclure aucune croyance religieuse » au nom du respect de « la diversité et c’est ce qui explique la conception de cet emballage », rapporte RTL Belgique, après un signalement de l’un de ses lecteurs.

Lidl va rétablir les croix sur les emballages

Depuis, c’est un festival sur la page Facebook de la marque, prise d’assaut dans les commentaires par des internautes indignés, parfois à l’excès (« Vous supprimez les croix sur les églises, comme le fait Daesh », « Quand vous remettrez les croix à leur place je reverrai ma position, redevenir votre cliente »).

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« Le Drapeau rouge sur le Reichstag », une photo-symbole savamment fabriquée

Ces photos mythiques qui ont marqué l’histoire – Aujourd’hui, « Le Drapeau rouge sur le Reichstag », la photo iconique de la victoire sur le nazisme.

Renaud Février

Cet été, « l’Obs » revient sur les photos qui ont marqué l’histoire. A la une des journaux, dans les pages de nos livres d’école, voire arborées fièrement sur nos t-shirts, elles ont fait le tour du monde. Mais connaissez-vous l’histoire secrète de ces clichés mythiques ? 

Une photo symbolique de la victoire sur l’Allemagne nazie

Que montre la photo ? Nous sommes le 2 mai 1945. Un drapeau soviétique flotte sur le toit du Reichstag, qui abritait le pseudo-Parlement du IIIe Reich. Les troupes de l’Armée rouge viennent de prendre la capitale allemande.

Quelques jours plus tôt, en avril 1945, alors que les combats faisaient encore rage à Berlin, Staline avait chargé les photographes de l’armée soviétique d’immortaliser la victoire sur l’Allemagne nazie. « Tout le monde voulait aller au Reichstag », se souvient l’auteur de la photo, Evgueni Khaldei, cité par Arte. A l’époque, Evgueni est un jeune photographe de guerre de 28 ans, qui travaille pour l’agence russe Tass, la principale agence de presse de l’URSS, qui publie les photos officielles du régime stalinien.

Sur la scène saisie par le photographe, deux ou trois soldats soviétiques, selon la prise de vue. Officiellement, selon le régime stalinien, ces soldats sont le Géorgien Meliton Kantaria, chargé par Staline lui-même d’aller placer un drapeau soviétique sur le Reichstag,et des Russes Mikhaïl Egorov et Alekseï Bérest.

Evgueni Khaldeï avoue avoir beaucoup tâtonné avant de réaliser LA photo qui restera dans l’histoire.

J’ai longtemps cherché le meilleur angle. Je voulais que la photographie montre quelque chose de Berlin. J’ai utilisé une pellicule entière, 36 clichés. »

Une photo d’Evgueni Khaldei est publiée pour la première fois le 13 mai 1945, dans le magazine soviétique « Ogoniok » (« La Petite Flamme »).

Ce n’est pas le cadrage le plus connu de la scène, qui fera ensuite le tour du monde et deviendra, pour les Européens, la photo symbolique de la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie. D’où sa présence quasi-systématique dans les livres d’histoire abordant la Seconde guerre mondiale.

Une véritable photo de propagande

Quelle est l’histoire secrète du cliché ? Cette photo a tout d’une image de propagande. Elle transpire la fierté nationale et démontre aux yeux du monde la domination de l’URSS sur l’Allemagne nazie, mais également sur les autres grandes puissances : les Soviétiques ne sont-ils pas, en effet, les premiers arrivés à Berlin ?

Mais au-delà des symboles, c’est le processus de fabrication de ce cliché qui est très contestable. La photo d’Evgueni Khaldeï a en effet été préparée en amont, mise en scène, retouchée et… légendée à des fins politiques.

  • Une photo préparée

Lorsqu’il entre à Berlin en mai 1945, Evgueni Khaldeï entend, de son propre aveu, transposer la photo prise par l’Américain Joe Rosenthal à Iwo Jima.

Avec ce cliché de six GI en train de planter le drapeau américain sur le mont Suribachi de l’île d’Iwo Jima, tout juste arrachée aux Japonais, le photographe américain a en effet réussi la photo qui symbolise la victoire des Etats-Unis sur le Japon, dans cette « autre guerre », de l’autre côté du globe. Sa photo lui permettra même de décrocher le prix Pulitzer.

Evgueni Khaldeï, qui a eu l’occasion de voir « Raising the flag on Iwo Jima » dans les journaux, espère donc pouvoir réaliser la réplique soviétique.

Comme les drapeaux sont plutôt rares, « il a demandé, quelques jours plus tôt, à Grisha Lioubinsky, l’économe de l’agence Tass, de lui offrir quelques-unes des belles nappes rouges qu’il utilise lors des réunions du Parti », expliquent Pierre Bellemare et Jérôme Equer dans « Histoire secrète des 44 photos qui ont bouleversé le monde ».

Chargé de son butin, Khaldeï est rentré chez lui. Puis, à l’aide de son ami le tailleur Israël Kichitser, il a fabriqué dans la nuit trois drapeaux soviétiques, la confection des emblèmes du marteau et de la faucille ayant été les tâches les plus délicates. »

Voilà le photographe fin prêt, non pas à saisir une scène symbolisant la victoire de l’Armée rouge, mais bien à créer cet événement, qui, sans ses propres drapeaux, n’aurait peut-être pas eu lieu…

  • Une photo mise en scène

Le premier de ses drapeaux fut planté à l’aéroport de Tempelhof où se dresse un aigle gigantesque, symbole du Reich hitlérien. Le deuxième sera érigé au sommet de la porte de Brandebourg, devant le quadrige de Johann Gottfried Schadow, sur lequel trône la déesse de la Victoire. Mais à chaque fois le photographe manque de recul. Impossible de montrer Berlin.

Il ne lui reste plus qu’un drapeau, ce sera pour le toit du Reichstag. Un drapeau soviétique y avait déjà été planté le 30 avril, à 22h40, alors que Berlin était encore en proie aux combats. D’où l’absence de photographe sur place… De toute façon, la nuit n’aurait pas permis de prendre le moindre cliché valable. Et, le lendemain, les Allemands avaient réussi à le décrocher. La photo d’Evgueni Khaldeï ne sera donc prise que deux jours plus tard, le 2 mai, quand les photographes pourront enfin entrer dans la capitale allemande dévastée.

« Devant le Reichstag, j’en ai sorti un et les soldats se sont écriés : ‘Donnez-nous ce drapeau, on va le planter sur le toit' », racontera le photographe à « Libération », 50 ans plus tard.

J’ai demandé à un jeune soldat de le tenir le plus haut possible. Il avait 20 ans, il s’appelait Alexis Kovalev [un nom qui ne correspond pas aux trois précités, mais nous y reviendrons, NDLR]. Je cherchais le bon angle, je lui ai demandé de grimper encore plus haut. Il a répondu ‘d’accord, mais que quelqu’un me tienne les pieds’. Ce qui a été fait. La photo est partie, a plu, etc. »
  • Une photo retouchée

Certes, lorsque Evgueni Khaldeï l’envoie à Moscou, sa photo plait beaucoup. Mais il ne suffit que « d’un rapide coup d’œil à Palgounov, le rédacteur en chef de l’agence Tass, pour constater que la photo de Khaldei est impubliable en l’état », assurent néanmoins Pierre Bellemare et Jérôme Equer.

A « Libération », le photographe confirme : « J’ai reçu un coup de téléphone du rédacteur en chef de l’agence Tass : ‘Ça ne va pas. Le soldat d’en bas, qui tient les pieds de l’autre, a deux montres, une à chaque poignet ! Il faut arranger ça !' »

« Révéler qu’un héros de l’Union soviétique, libérateur de la capitale du Reich, est un détrousseur de cadavre est évidemment inconcevable », expliquent, cinglants, Pierre Bellemare et Jérôme Equer. Surtout qu’il existait un dicton disant « le soldat rouge n’a que deux faiblesses : les bottes et les montres »…

Pour que la photo puisse être publiée malgré tout, Evgueni Khaldei « gratte délicatement un contretype du négatif avec la pointe d’une aiguille et fait disparaître du poignet droit la montre surnuméraire. Ce n’est qu’après la chute du communisme et la dislocation de l’empire soviétique que Khaldei révèle la vérité en exposant un tirage réalisé à partir de son négatif original, c’est-à-dire montrant que l’officier figurant sur sa photo portait une montre à chaque poignet. »

Après avoir supprimé cette montre, Evgueni Khaldeï a également renforcé l’aspect dramatique de son cliché en renforçant les noirs. Les nuages de fumée sont ainsi beaucoup plus menaçants et donnent l’impression que Berlin est toujours déchirée par les combats.

  • Une photo légendée à des fins politiques

Pendant 50 ans, les trois soldats sur la photo étaient officiellement le Géorgien Meliton Kantaria, et les Russes Mikhaïl Egorov et Alekseï Bérest.

En réalité, ce serait Staline lui-même qui aurait désigné au hasard ces trois soldats, pour incarner la victoire sur l’Allemagne nazie, même si ces trois hommes n’ont jamais hissé le moindre drapeau, ni le 30 avril, ni le 2 mai 1945.

La supercherie durera jusqu’en 1995, quand, lors des commémorations du cinquantenaire de la victoire de 1945, un soldat ukrainien, Alexis Kovalev, se reconnut sur la photo :

Oui, c’est moi. Et à côté de moi il y a Leon Gorychev de Minsk et Abdulhakim Ismailov du Dagestan. »

Un trio plus hétéroclite et moins sympathique aux yeux du Géorgien Staline… Comme nous l’avons vu plus tôt, Evgueni Khaldeï confirma l’information dans les colonnes de son interview à « Libération », quelques mois plus tard.

Evgueni Khaldeï, juif soviétique

Que dire du photographe ? Evgueni Khaldeï est né de parents juifs dans le sud de l’Ukraine en 1917, l’année de la révolution russe. Il est touché dès son plus jeune âge par l’antisémitisme : au cours d’un pogrom, alors qu’il est à peine âgé d’un an, une balle lui transperce un poumon et tue sa mère qui le portait dans ses bras… Adolescent, il lit avec passion les grands reportages publiés dans le magazine russe Ogoniok, qui, des années plus tard, publiera en Une sa photo iconique.

Dès 13 ans, j’étais passionné de photographie. Je me suis bricolé mon premier appareil photo avec du carton et les verres de lunettes de ma grand-mère », racontera-t-il, en 1995, à « Libération ».

A 19 ans, il est engagé à Moscou par l’agence Tass, où il est formé. Puis, il effectue son service militaire en 1937, avant d’être remobilisé lorsque la guerre éclate, en 1941, avec le grade de lieutenant. Il est envoyé à Mourmansk en qualité de correspondant spécial de l’agence Tass.

J’étais soldat, enrôlé dans l’armée comme combattant. Mais, comme j’étais correspondant spécial de l’agence Tass, les autres soldats, mes camarades, me disaient souvent : vas-y, prends des photos, nous nous occupons du reste… »

A nouveau victime de l’antisémitisme, nazi cette fois, il perd son père et ses sœurs, fusillés par les Allemands et jetés dans un puits. Lui sera le témoin effaré des massacres de juifs en Ukraine, dès le début du conflit.

Pendant la guerre, « comme tout photojournaliste soviétique, Khaldeï ne s’encombre pas d’une éthique superfétatoire », jugent sans concession Pierre Bellemare et Jérôme Equer : « Mettre en scène des personnages, retravailler ses tirages au laboratoire, galvaniser le patriotisme par tous les moyens sont des pratiques courantes à l’époque, l’essentiel étant d’obtenir des images fortes et directes, capables d’informer et d’émouvoir les lecteurs. » Mais le photographe assume : « Bien sûr, parfois, j’ai eu des photos rejetées parce qu’on y voyait trop de morts soviétiques, par exemple. »

Son cliché à Berlin est une offrande à la gloire du stalinisme. Pourtant, très vite, il est victime des purges successives du petit père du peuple et de ses successeurs contre le « cosmopolitisme » et les juifs.

J’étais juif, j’avais voyagé à travers l’Europe, approché Tito et j’aimais les photographes américains. Autant dire que j’étais aussi ‘cosmopolite’. »

En 1948, Evgueni Khaldeï perd son travail au sein de l’agence Tass. « Par précaution, il détruit toutes ses photographies de célébrités juives », précise même le site Photosapiens.com, à l’occasion d’une rétrospective en l’honneur du photographe. Onze ans plus tard, en 1959, il est engagé par la Pravda. Mais il est de nouveau renvoyé en 1970. Il survit alors tant bien que mal, grâce à l’aide de ses proches. Il devra attendre la chute du communisme pour enfin recevoir une reconnaissance internationale.

Il est ainsi l’invité d’honneur, en 1995, de Visa pour l’image, le festival international du photojournalisme de Perpignan, où sera exposé une sélection de ses travaux. Le fondateur et directeur du festival, Jean-François Leroy, réussit même le tour de force de réunir le photographe ukrainien et… Joe Rosenthal, l’auteur du « Drapeau flottant sur Iwo Jima ».

« Les habitués du festival se souviennent toujours avec émotion des deux hommes âgés tombant dans les bras l’un de l’autre sous les ovations de 2.000 personnes », écrivent Pierre Bellemare et Jérôme Equer.

Evgueni Khaldeï meurt deux ans plus tard, en 1997, à l’âge de 80 ans. Sa photo lui survit puisqu’elle sera de nouveau publiée en Une d’un journal, « L’Humanité », en 2015. Une version colorisée et avec… une seule montre !

Voir encore:

Qui est le « Farrakhan français » ?

Jean-Baptiste

Jeune Afrique

« La République ne peut tolérer de tels agissements. » C’est par ces mots que Nicolas Sarkozy, le ministre français de l’Intérieur, a justifié la dissolution de la Tribu KA décidée le 26 juillet par le Conseil des ministres. Une décision accueillie avec satisfaction par les associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui avaient dénoncé la récente « descente » organisée à Paris par cette organisation noire extrémiste accusant les juifs d’être à l’origine de l’esclavage et de la colonisation. Le 28 mai, une trentaine de ses membres avaient arpenté la rue des Rosiers, au cur du principal quartier juif de la capitale, à la recherche des leaders de la Ligue de défense juive (LDJ) et du Bétar, deux mouvements sionistes radicaux, insultants au passage passants et commerçants.
Le seul bémol est venu du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), qui estime que le gouvernement français « n’a fait le travail qu’à moitié ». Selon lui, la LDJ, « considérée comme un mouvement terroriste aux États-Unis » et « interdite en Israël », aurait dû être dissoute également.
En interdisant la Tribu KA, le gouvernement cherche surtout à neutraliser son leader, le « fara » Kémi Séba – Stellia Capo Chichi de son vrai nom. Âgé de 25 ans, ce Français né de parents ivoirien et haïtien multiplie depuis quelques mois les déclarations provocatrices. Au cur de son discours : la volonté de « rendre au peuple kémite [noir] sa place de chef de famille » de l’humanité. Séba s’est notamment « distingué », au mois de février, en prenant la défense de Youssouf Fofana, le chef du « gang des barbares » qui avait torturé à mort un jeune juif, Ilan Halimi.
Avant de fonder la Tribu KA, en décembre 2004, il fut membre de la section française de Nation of Islam, le mouvement extrémiste africain-américain de Louis Farrakhan, avant de devenir le porte-parole du Parti kémite.

Voir enfin:

Nouvelle condamnation pour Kemi Seba
Le fondateur de Tribu Ka, groupuscule noir radical et antisémite, condamné pour des propos racistes, écope à nouveau de deux mois de prison ferme.
Le Figaro.fr avec AFP
01/04/2008

La justice française a condamné mardi le fondateur d’un groupuscule noir radical et antisémite, Kemi Seba, à six mois de prison dont quatre avec sursis pour avoir reconstitué son organisation, Tribu K, dissoute en 2006 par décision de justice.

Le tribunal correctionnel de Paris a assorti cette condamnation d’une privation pour un an des droits civiques, civils et familiaux.

Pour l’accusation, la Tribu Ka s’était rebaptisé «Génération Kemi Seba» et avait poursuivi ses activités jusqu’en mars 2007 en appelant ses adhérents à des rassemblements ou en conviant la presse à des réunions.
Propos antisémites
Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Capochichi, a déjà été condamné en novembre 2007 à un mois de prison ferme et deux ans d’inéligibilité pour avoir diffusé en août 2006 sur son site internet des propos antisémites.

Sur ce site, Kemi Seba estimait que les institutions internationales comme la Banque Mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) ou l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) étaient «tenus par les sionistes qui imposent à l’Afrique et à sa diaspora des conditions de vie tellement excrémentielles que le camp de concentration d’Auschwitz peut paraître comme un paradis sur terre».

En juillet 2006, le Conseil des ministres avait dissous Tribu Ka à la suite d’incidents à caractère antisémite qui avaient éclaté deux mois plus tôt à Paris lors d’une manifestation du groupuscule au coeur du quartier juif, rue des Rosiers, dans le centre de la capitale.


Agression de NKM: Attention, une violence peut en cacher une autre ! (At last, extremism experts start to worry about the democratization of radicalism on the left)

18 juin, 2017
L'humoriste Kathy Griffin a choqué en postant cette photo sur les réseaux sociaux
https://media.townhall.com/townhall/reu/ha/2017/165/8a9a8a20-2069-4188-ba91-b4ef3c4c93d6.jpg
https://i2.wp.com/cdn.timesofisrael.com/uploads/2017/06/Screen-Shot-2017-06-17-at-5.17.11-PM-e1497709084178-635x357.png
https://cdn.jihadwatch.org/wp-content/uploads/2017/06/Three-Palestinians-killed-BBC.pngL’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Cette violence irrépressible il le montre parfaitement, n’est pas une absurde tempête ni la résurrection d’instincts sauvages ni même un effet du ressentiment : c’est l’homme lui-même se recomposant. Cette vérité, nous l’avons sue, je crois, et nous l’avons oubliée : les marques de la violence, nulle douceur ne les effacera : c’est la violence qui peut seule les détruire. Et le colonisé se guérit de la névrose coloniale en chassant le colon par les armes. Quand sa rage éclate, il retrouve sa transparence perdue, il se connaît dans la mesure même où il se fait ; de loin nous tenons sa guerre comme le triomphe de la barbarie ; mais elle procède par elle-même à l’émancipation progressive du combattant, elle liquide en lui et hors de lui, progressivement, les ténèbres coloniales. Dès qu’elle commence, elle est sans merci. Il faut rester terrifié ou devenir terrible ; cela veut dire : s’abandonner aux dissociations d’une vie truquée ou conquérir l’unité natale. Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l’arme d’un combattant, c’est son humanité. Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. Sartre (préface aux damnés de la terre, 1961)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse.( …) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (« Minimanuel de guerilla urbaine », 1969)
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les mots sont responsables: il leur est répondu. Les paroles de haine des avant-gardes ont préparé la mort des individus. (…) Pourquoi l’avant-garde a-t-elle été fascinée par le meurtre et a fait des criminels ses héros, de Sade aux sœurs Papin, et de l’horreur ses délices, du supplice des Cent morceaux en Chine à l’apologie du crime rituel chez Bataille, alors que dans l’Ancien Monde, ces choses là étaient tenues en horreur? (…) Il en résulte que la fascination des surréalistes ne s’est jamais éteinte dans le petit milieu de l’ intelligentsia parisienne de mai 1968 au maoïsme des années 1970. De l’admiration de Michel Foucault pour ‘l’ermite de Neauphle-le-Château’ et pour la ‘révolution’ iranienne à… Jean Baudrillard et à son trouble devant les talibans, trois générations d’intellectuels ont été élevées au lait surréaliste. De là notre silence et notre embarras. Jean Clair
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Un des jeunes tueurs de Littleton, Eric Harris, avait passé une centaine d’heures à reprogrammer le jeu vidéo Doom pour que tout corresponde plus ou moins à son école (…) [jusqu’à] « incorporer le plan du rez-de-chaussée du lycée Columbine dans son jeu. En outre, il l’avait reprogrammé pour fonctionner « en mode Dieu », où le joueur est invincible. (…) Le 1er décembre 1997, à Paducah (Kentucky), Michael Carneal, alors âgé de 14 ans et armé de six pistolets, avait attendu la fin de la session quotidienne de prière à l’école pour tuer trois fillettes (…) et d’en blesser cinq autres. Lorsque la police a saisi son ordinateur, on a découvert qu’il en était un usager assidu, recherchant souvent sur Internet les films obscènes et violents. Parmi ses favoris, Basketball Diaries et Tueurs nés, film qui a influencé aussi les tueurs de Littleton. (…) En examinant l’ordinateur de Michael Carneal, la police a également découvert qu’il était un passionné de Doom, le fameux jeu qui consiste pour l’essentiel à passer rapidement d’une cible à l’autre et à tirer sur ses « ennemis » en visant surtout la tête. Le jeune Carneal, qui n’avait jamais utilisé d’arme auparavant, a réussi à toucher huit personnes, cinq à la tête, trois à la poitrine, avec seulement huit balles – un exploit considérable même pour un tireur bien entraîné. (…) Le colonel David Grossman, psychologue militaire, qui donne des cours sur la psychologie du meurtre à des Bérets verts et des agents fédéraux, est un témoin-expert dans ce procès. Il fait remarquer que les jeux vidéos consistant à viser et à tirer ont le même effet que les techniques d’entraînement militaire utilisées pour amener le soldat à surmonter son aversion à tuer. Selon lui, ces jeux sont encore plus efficaces que les exercices d’entraînement militaire, si bien que les Marines se sont procurés une version de « Doom » pour entraîner leurs soldats.  Helga Zepp-LaRouche
La tuerie de la Columbine High School a mis en lumière une double forme de criminalité qui ne retient pas habituellement l’attention du public. Il s’agit pourtant d’un acte sur lequel la police intervient à intervalles réguliers.  Le Violence Policy Center estime que près de 1 500 « meurtres-suicides » (murder suicides) ont lieu chaque année. L’acte en question consiste à tuer un parent, un proche ou un étranger avant de se faire justice. Dans les vingt dernières années, quelques cas ont frappé par leur aspect aussi horrible que gratuit. Ils ont tous été ponctués par le suicide du meurtrier. En 1986, le postier Patrick Sherrill qui est menacé de licenciement abat dans l’Oklahoma 14 collègues et en blesse six autres.  En 1991, George Hennard, un routier texan, lance son camion dans un restaurant. 23 clients sont tués et 20 autres blessés. En 1999, à Atlanta, Géorgie, Mark Barton tue sa femme et ses enfants avec un marteau et se rend ensuite chez un courtier où il abat neuf personnes et en blesse 13 autres. Au Texas en 1999, Larry Ashbrook pénètre dans une église baptiste avant un concert, tue sept spectateurs et lance des explosifs sans faire de victimes. En 2001, un employé de la firme Navistar en Illinois est armé jusqu’aux dents quand il tue quatre collègues et en blesse quatre autres. (…) La majorité des meurtres-suicides révèle que l’acte prétendument vengeur précède immédiatement l’autodestruction. Daniel Royot
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
L’effet cliquet, ou effet de cliquet, est un phénomène ou procédé énoncé par Thomas M. Brown, qui empêche le retour en arrière d’un processus une fois un certain stade dépassé.Il est parfois lié à un « effet mémoire » : « une consommation atteinte est difficilement réduite du fait des habitudes et des engagements qui ont été pris ». L’« effet cliquet » fait analogiquement et métaphoriquement référence au cliquet d’horlogerie (mécanisme d’échappement à ancre interdisant tout retour en arrière d’une roue dentée). Cette métaphore est utilisée dans de nombreux domaines, de la politique au management et à la théorie de l’évolution. (…) Il est parfois lié à la théorie de l’effet de démonstration ou d’imitation développée par James Stemble Duesenberry en 1949. La consommation peut dépendre de la consommation de la classe sociale ou du groupe social de référence. Selon lui, c’est un effet de « démonstration » : il y a une démonstration des classes aisées sur les classes inférieures qui les imitent. De par ce fait, la classe immédiatement inférieure consomme alors de la même manière. Pour Duesenberry, la consommation, à une période donnée dépend non seulement du revenu de cette période, mais aussi des habitudes de consommation acquises antérieurement. Si la consommation dépend du revenu courant mais aussi de la consommation passée (…) Duesenberry évoque également l’effet d’imitation — « tout citoyen d’une classe sociale donnée tend à acquérir le comportement de la classe immédiatement au-dessus. ». De ce point de vue, le club des « privilégiés » servirait de modèle de référence aux autres catégories sociales qui tentent de suivre ses dépenses lorsque leurs revenus augmentent ou lorsque la production de masse banalise les objets. Pour Duesenberry, il s’agit donc d’une course poursuite au modèle supérieur. (…) L’hypothèse faite par Duesenberry est que la consommation dépend du plus haut niveau de consommation durant la période précédente. (…) Dans ce domaine, ce terme permet de décrire l’incapacité d’un gouvernement à réduire les énormes bureaucraties, une fois que celles-ci ont été mises en place, comme par exemple en temps de guerre pour couvrir l’ensemble des besoins des troupes. On peut retrouver ce phénomène dans la réforme des organisations internationales due aux nombreuses couches de bureaucratie créées précédemment. L’économiste Robert Higgs de l’école autrichienne a lui aussi utilisé le terme pour décrire l’apparente expansion irréversible du gouvernement en temps de crise dans son livre Crise et Leviathan. Le phénomène de cliquet a également été théorisé par Yves-Marie Adeline dans son ouvrage La Droite impossible paru en 2012 (édition modifiée de La Droite piégée datant de 1996) : il y démontre comment, dans un système démocratique dont les fondements sont de gauche, les lois sociétales de la gauche sont irréversibles, car la droite, quand elle revient au pouvoir, ne se sent pas libre de les abroger. Cela ne vaut pas pour l’économie (comme le montre le Thatcherisme qui a pu défaire l’Etat-providence issu de la guerre ), mais cela vaut pour les évolutions sociétales. (…) L’effet cliquet désigne « l’irréversibilité du progrès technique ». Wikipedia
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste.D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, une, la philo, les philosophies. Et puis c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Car la consigne (« Qu’ils s’en aillent tous ») ne visera pas seulement ce président, roi des accointances, et ses ministres, ce conseil d’administration gouvernemental de la clique du Fouquet’s ! Elle concernera toute l’oligarchie bénéficiaire du gâchis actuel. « Qu’ils s’en aillent tous ! » : les patrons hors de prix, les sorciers du fric qui transforment tout ce qui est humain en marchandise, les émigrés fiscaux, les financiers dont les exigences cancérisent les entreprises. Qu’ils s’en aillent aussi, les griots du prétendu « déclin de la France » avec leurs salles refrains qui injectent le poison de la résignation. Et pendant que j’y suis, « Qu’ils s’en aillent tous » aussi ces antihéros du sport, gorgés d’argent, planqués du fisc, blindés d’ingratitude. Du balai ! Ouste ! De l’air ! Jean-Luc Mélenchon (extrait du livre)
Quand Mélenchon titre son livre Chassez-les tous (sic), c’est d’une violence extraordinaire. Mais lui est invité partout.  Jean-Marie Aphatie
C’est une chose complètement acceptée. Certains antifa ne partagent pas ces codes-là, mais dans le noyau dur du mouvement, ils s’habillent de la même façon et avec les mêmes marques que le camp d’en face. Parce que les racines de leurs mouvements sont les mêmes: les skinheads. Les deux ont divergé entre redskins et skins d’extrême-droite, mais l’origine est la même. (…) depuis que les antifa se revendiquent plus ouvertement skinheads, et se rasent même la tête, ce sont les mêmes au niveau du look. Avec les mêmes bombers, les mêmes Dr Martens, les mêmes origines culturelles, et la même fascination pour la baston. Ce sont les frères ouverts contre les frères fermés, en somme. (…) c’est un grand classique. Les boutiques qui vendent des fringues «rock» au sens très large du terme sont peu nombreuses, donc c’est un lieu de croisement. Dans le XVe arrondissement parisien, une boutique qui distribue ces marques est surtout visitée par les skinheads d’extrême droite, mais peut l’être par l’autre bord aussi. Il y a déjà eu plusieurs bastons autour de la boutique, surtout entre 1990 et 1995. (…) pratiquement tous les skins et les antifafs qui portent ces marques s’habillent là-bas. Ils ont généralement peu de moyens, et comme les prix de ces marques sont élevés, ils attendent ces réductions pour se fournir. Depuis deux, trois ans, il y a des tensions lors de ces ventes, des individus des deux bords s’y croisent, il y a des regards. On peut presque dire que ce drame était inéluctable. Marc-Aurèle Vecchione
La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique. (…) Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille. (…) Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable. Emmanuel Macron
Monsieur le Premier Ministre, vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ».(…) Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires. L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athées vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. (…) L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine (…) A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président. Marlène Schiappa (22.07.2014)
 Je n’en peux plus, d’entendre ce discours ultra-sécuritaire, qui n’a rien donné depuis dix ans. Je n’en peux plus d’entendre dire que dans nos quartiers, c’est la radicalisation. Caroline Reverso-Meinietti (candidate macroniste à Nice)
Nous vivons dans un temps bizarre. Une dénonciation anonyme se multiplie et à partir de là, on peut avoir des vagues extrêmement déstabilisantes. (…) On en jugera une fois que les faits seront établis. Je ne sais pas si ça a un lien avec la moralisation de la vie publique, mais en tout cas je (la) porterai. François Bayrou
Ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ». Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe. Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche (…) [le 7 janvier] du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ». (…) Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau. Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes. (…) Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l’ »islamophobie » son principal slogan. Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar. Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire. (…) [Marwan Muhammad] est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix. (…) Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental. Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite. (…) Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité. A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues. (…) En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement. La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme. (…) Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront. (…) Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays. Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène. (…) Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément. Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde. (…) Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites. Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d’ »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent… L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans… Gilles Kepel
C’est à ces occasions que saute aux yeux le système, dont d’ailleurs les défenseurs du festival n’ont pas dit un mot, celui de ces habitants des grandes métropoles connectées qui élisent scrupuleusement Anne Hidalgo et Sadiq Khan, en profitant grassement de la mondialisation et acclamant Emmanuel Macron. Qui sont généreux, humanistes, pas racistes pour deux sous, mais trouvent parfaitement normal que leurs domestiques, les nounous, les femmes de ménage, les plongeurs, les chauffeurs, les caissières soient parqués dans des banlieues pourries, et viennent les servir dans les centres-villes, en circulant de préférence sous la terre. Tôt le matin pour les femmes de ménage, et tard le soir pour les plongeurs, quand les « insiders » repus sortent des restaurants branchés où ils ont passé la soirée. Et surtout pas en voiture. En auraient-il qui n’ont pas été brûlées par les racailles dans leur quartier, la circulation est volontairement rendue insupportable, et les voies rapides confisquées pour la promenade de quelques-uns, et la valorisation du patrimoine immobilier de tous les autres. Une photo significative a été publiée dans la presse, et a circulé sur les réseaux. On y voyait un groupe de femmes noires manifestant devant l’Hôtel de Ville de Paris. Bel atelier non mixte, puisqu’il s’agissait des femmes de ménage de la Ville qui, soutenues par la CGT, exprimaient leur volonté de voir améliorer leurs conditions de travail dont on imagine facilement qu’elles ne doivent pas être folichonnes. Une autre photo lui succède ce matin, celle du « dîner en blanc », qui a eu lieu cette année sur… le même esplanade de l’Hôtel de Ville. Le « dîner en blanc » est ce «flash-mob» inventé il y a une trentaine d’années, c’est-à-dire bien avant Facebook, au cours duquel les grands, moyens, et petits-bourgeois de Paris, se rassemblent par centaines, voire par milliers, à un endroit connu au dernier moment pour y dîner, de pied en cap habillés de blanc. Investissant sans autorisation préfectorale, en plein état d’urgence, et avec une arrogance ingénue, l’espace public, ces gens-là festoient sans mesurer l’indécence de cette prétention à signifier que la règle commune ne leur est pas applicable. Autre façon de dire qu’ils sont les maîtres puisque les autorités laissent faire. Cette année, c’était sous les fenêtres d’Anne Hidalgo. Rapprochement absolument meurtrier, que de voir cet autre atelier non-mixte, où cette multitude de personnes blanches de peau et de tenue occupent illégalement l’espace commun. On imagine en plus que beaucoup d’entre eux protestent hautement (à juste titre et comme moi) contre les prières de rue. Sans mesurer qu’il y a quand même un petit problème et qu’ils ne sont pas idéalement placés. Les organisateurs, sûrs d’eux, nous annoncent encore plus grand pour le 30e anniversaire l’année prochaine. Rappelez-moi le score d’Emmanuel Macron à Paris le 7 mai. 89,69 % ? La « start-up nation », je crois que je vais avoir du mal. Causeur
Les paiements versés par l’Autorité palestinienne aux terroristes et à leurs familles encouragent les attaques haineuses, comme celle que nous avons vue aujourd’hui. Les dirigeants palestiniens continuent à jurer qu’ils soutiennent la paix tout en versant de l’argent tous les mois aux terroristes et en éduquant leurs enfants à la haine. La communauté internationale doit demander que les Palestiniens mettent un terme à ces actes de violence intolérables. J’appelle le Conseil de sécurité à condamner immédiatement cet attentat terroriste. Danny Danon (ambassadeur israélien à l’ONU)
Les cambriolages se multiplient dans le secteur et rien n’est fait. Les gendarmes n’ont plus aucun moyen actuellement. Je suis hors de moi et j’invite le nouveau ministre de l’intérieur qui ne cesse de parler de sécurité à tout va à se rendre dans la France profonde. Vincent Debraize
Si la rencontre ne se fait pas avec les Français, si les électeurs préfèrent Nathalie Kosciusko-Morizet ou la ligne politique d’Edouard Philippe, j’en tirerai les conséquences. Jamais personne ne me fera voter pour Emmanuel Macron. Je veux défendre mes convictions. C’est une question de bon sens, de morale. J’assume totalement mes positions. Si en politique on n’assume pas ses positions aussi mûrement réfléchies auxquelles l’histoire a donné raison, ce n’est pas la peine de faire de la politique. Henri Guaino
L’électorat qui a voté dans la 2e circonscription de Paris est à mes yeux à vomir. D’un côté les bobos qui sont dans l’entre soi de leur égoïsme, de l’autre cette espèce de bourgeoisie traditionnelle de droite qui va à la messe, envoie ses enfants au catéchisme et après vote pour un candidat qui pendant 30 ans a triché par tous les moyens. Des gens un peu pétainistes. (…) Aujourd’hui je suis libre, donc je peux dire ce que je pense. Henri Guaino
Je n’ai pas parlé de toute la France. je ne visais  que « les bobos qui vivent dans l’entre-soi » et « cette droite traditionnelle tellement hypocrite, au fond un peu pétainiste, qui n’est pas capable de se comporter conformément aux valeurs qu’elle proclame. Je n’ai pas insulté, j’ai dit ma vérité. A partir de dimanche soir je n’étais plus un homme politique, j’étais un citoyen. Henri Guaino
We accept that our original headline did not appropriately reflect the nature of the events and subsequently changed it. Whilst there was no intention to mislead our audiences, we regret any offence caused. BBC
I think we’re in a time when we can’t ignore the extremism from the Left. When we have anti-fascist counterprotests — not that they are the same as white supremacists — that can ratchet up the violence at these events, and it means we can see people who are violent on their own be attracted to that. I hate to say it, but it feels inevitable. Oren Segal (Center on Extremism, Anti-Defamation League)
 If you think about it, leftists never joined the National Rifle Association — unless they were radicals, they never thought about stockpiling weapons. Ok. Well, maybe we’re entering a period where leftists will start thinking about things in that way, like the eco-radicals did in the ’70s. These days, that kind of sentiment is popping up in the middle and on the left; it’s not just in the sovereign citizen movement. I’m really worried about rising civil strife in the U.S. Chris Hamilton (Washburn University, Topeka, Kansas)
 I’ve been going up and down the state of California meeting with law enforcement officials about this. I’m very concerned about it. What we’re seeing is the democratization of extremism and the tactics of radicalism. I’ve been warning about this, and nobody gave a shit. Brian Levin (Center for the Study of Hate and Extremism, California State University)
Left-wing extremism, of course, is nothing new. Groups like the Weather Underground and the Black Panthers have deep roots, and in the years after 9/11, Segal says, the largest source of extremist violence was from the Left: eco-terrorists and animal rights activists. But those later organizations mostly targeted institutions; in the modern era, politically motivated violence perpetrated by angry lone-wolf attackers bearing automatic rifles, of the sort carried out in Wednesday’s attack, has until now largely been a modus operandi of the far right. (…) Redneck Revolt doesn’t self-identify as “left,” but its ideals tend to fall along the liberal side of the spectrum: pro-Muslim, pro-immigrant, pro-LGBT, anti–economic inequality. But Mitch said that as the group has reached out to other organizations, like the local Three Percenter Militia, a largely right-wing, anti-Obama group, they found unlikely sources of commonality, particularly in their focus on local sovereignty, and general concerns about the direction of the country. Some former members of Three Percenters have even become involved in their activities — after “extensive vetting,” Mitch said. Vice

Attention: une violence peut en cacher une autre !

En ces temps décidément étranges et inquiétants …

Où contaminé par la fureur djihadiste …

Le premier suicidé ou déséquilibré venu se sent désormais obligé d’emporter avec lui qui une rue entière qui la totalité des 150 passagers d’un avion de ligne

Ou alors encore hier la jeune et courageuse vie d’une policière dont, pour cause de nationalité israélienne, aucune Tour Eiffel ne s’éteindra jamais …

Et au lendemain …

Coup sur coup, des deux côtés de l’Atlantique et en ce premier anniversaire du meurtre d’une jeune député travailliste

De l’agression sur un marché de la  « parachutée » de l’ancienne et si convoitée circonscription parisienne de François Fillon de Paris (5e, 6e et 7e arrondissements) …

Par le maire d’une petite commune normande et soutien d’un des adversaires de NKM au premier tour de la législative lui aussi malheureux, l’ancienne plume de Nicolas Sarkozy Henri Guaino …

Qui venait justement d’agresser verbalement les électeurs qu’il disait « vomir » de ne pas avoir voté pour lui …

Comment ne pas voir …

Au-delà de la colère qui monte de toute une partie de l’électorat se sentant non seulement délaissée mais méprisée par une nouvelle caste prétendument « progressiste » …

Dont tout drapé d’une fausse geste gaullienne après le véritable hold up électoral que l’on sait, l’actuel maitre du déni du réel de l’Elysée est devenu en France le nouveau chef de file …

L’irresponsabilité de ceux qui à droite font fi de la violence incitatrice et contagieuse,   complicité  des médias aidant, des mots comme des images

Mais aussi de l’autre bord dit « progressiste » la longue et tout aussi irresponsable complicité …

D’Hollywood à Saint Germain et entre appels à l’assassinat pour rire et têtes ensanglantées

Non seulement une violence verbale de nos belles âmes et beaux esprits des beaux quartiers …

Contre certes des responsables politiques qui de Marine Le Pen à Donald Trump manient et abusent eux aussi de l’agressivité verbale …

Mais aussi toute une violence de rue prétendument « antifachiste » ou « antisoniste » longtemps tolérée voire encouragée …

Dont les militants comme l’a montré la fusillade par un ancien fidèle de Bert Saunders contre des parlementaires républicains américains la semaine dernière …

Pourraient, selon certaines informations, désormais commencer à s’armer ?

Extremism experts are starting to worry about the left

WASHINGTON — In the spring of 2016, Brian Levin found himself in an uncomfortable position: trying to save the life of a Ku Klux Klan member.

Levin, a former New York City cop who studies domestic extremism as the director of the Center for the Study of Hate and Extremism at California State University, was documenting a Klan rally in Anaheim, California, when a counterprotest suddenly took a violent swing — forcing Levin to physically place himself between a Klansman and a furious, anti-fascist mob that seemed ready to kill.

It made Levin wonder if in his focus on the obvious subject — the white supremacists — he’d overlooked a growing source of extremism: the far left. “At that point, I said we have something coalescing on the hard left,” Levin told VICE News.

Wednesday morning’s shooting of Republican lawmakers at a baseball practice in Virginia seemed to raise the question again. The shooter, James T. Hodgkinson, was a Bernie Sanders-supporting man from Illinois with a record of anti-Trump rantings on social media. His politics have quickly become a talking point among some conservative pundits seeking a quick political score: proof of a looming leftist campaign against the government.

Experts in homegrown extremism say it’s not so simple — Hodgkinson had no known association to any left-wing extremist group. But they also say that the past few months have seen enough of a rise in politically motivated violence from the far left that monitors of right-wing extremism have begun shifting their focus, and sounding the alarm. They see indications that the uptick in extremist rhetoric and anti-government activism that characterized the early years of the Obama presidency are beginning to manifest on the far left in the early days of Trump’s, and that the two sides are increasingly headed for confrontation.

“I think we’re in a time when we can’t ignore the extremism from the Left,” said Oren Segal, the director of the Center on Extremism, an arm of the Anti-Defamation League. Over the past few months, the ADL, which hosts regular seminars on homegrown extremism for law enforcement officials, has begun warning of the rising threat posed by far-left groups, most recently at a seminar just this past Sunday. “When we have anti-fascist counterprotests — not that they are the same as white supremacists — that can ratchet up the violence at these events, and it means we can see people who are violent on their own be attracted to that,” Segal said. “I hate to say it, but it feels inevitable.”

The evidence is so far largely anecdotal. Levin says that since December 2015, he’s documented nearly two-dozen episodes in California where political events turned violent because of agitation on both sides, something he says he hardly ever saw before. Now, there are violent clashes on college campuses involving groups like Antifa, the anti-fascist group, taking on the alt-right; and aggressive anti-Trump rallies attended by members of the Redneck Revolt, a new pro-minority, anti-supremacist group that encourages its members to train with rifles. Online, hard leftists increasingly discuss politics in dire terms, and rationalize violence as a necessity— even the true inheritor of traditional progressive activism. (Or, in the case of the “Punch a Nazi” meme, a fun game.)

Left-wing extremism, of course, is nothing new. Groups like the Weather Underground and the Black Panthers have deep roots, and in the years after 9/11, Segal says, the largest source of extremist violence was from the Left: eco-terrorists and animal rights activists. But those later organizations mostly targeted institutions; in the modern era, politically motivated violence perpetrated by angry lone-wolf attackers bearing automatic rifles, of the sort carried out in Wednesday’s attack, has until now largely been a modus operandi of the far right.

In a recent interview with VICE News Tonight, a chapter leader of one newly formed anti-fascist group called Redneck Revolt said the group has taken up guns only in self-defense. “We are a response to a rise in politically motivated violence and intimidation against vulnerable communities,” said the chapter leader, who asked to be identified only by a first name, Mitch. “That doesn’t mean that we’re, like, looking for a fight. We’re just trying to defend ourselves.”

Redneck Revolt doesn’t self-identify as “left,” but its ideals tend to fall along the liberal side of the spectrum: pro-Muslim, pro-immigrant, pro-LGBT, anti–economic inequality. But Mitch said that as the group has reached out to other organizations, like the local Three Percenter Militia, a largely right-wing, anti-Obama group, they found unlikely sources of commonality, particularly in their focus on local sovereignty, and general concerns about the direction of the country. Some former members of Three Percenters have even become involved in their activities — after “extensive vetting,” Mitch said.

Chris Hamilton, an expert on American extremist movements at Washburn University in Topeka, Kansas, says anti-authoritarian sentiment may be blurring what once seemed to be clear ideological lines. “If you think about it, leftists never joined the National Rifle Association — unless they were radicals, they never thought about stockpiling weapons,” he said. “Ok. Well, maybe we’re entering a period where leftists will start thinking about things in that way, like the eco-radicals did in the ’70s.”

Hamilton says that as he browses far-left websites and listens to left-wing talk radio, he hears some of the same sentiments he’s been hearing for years on the right. “These days, that kind of sentiment is popping up in the middle and on the left; it’s not just in the sovereign citizen movement,” he said. “I’m really worried about rising civil strife in the U.S.”

Levin is worried about it too: The embrace by the far left of tactics that were previously the purview of the far right means the level of political tension in the country can only go up. “I’ve been going up and down the state of California meeting with law enforcement officials about this. I’m very concerned about it,” he said. “What we’re seeing is the democratization of extremism and the tactics of radicalism. I’ve been warning about this, and nobody gave a shit.”

Voir aussi:

The slow-burning hatred that led Thomas Mair to murder Jo Cox
25 years before he killed the MP, Mair told a far-right magazine that the ‘white race’ faced a long and very bloody struggle
Ian Cobain, Nazia Parveen and Matthew Taylor
The Guardian
23 November 2016

Reclusive, nervous and by his own account gripped by feelings of worthlessness, Thomas Mair struck his neighbours and many of his relatives as odd but quite harmless. “Tommy’s nowt to worry about,” they used to say on the Fieldhead estate in Birstall, West Yorkshire. “He wouldn’t hurt a fly.”

In truth, Mair was racist and a terrorist in the making, his home stuffed with far-right books and Nazi memorabilia and his mind brimming with a belief that white people were facing an existential threat. “The white race,” Mair once wrote, was about to be plunged into “a very bloody struggle”. His greatest obsession, however, and his deepest bitterness was over those white people whom he condemned in his writings as “the collaborators”: the liberals, the left and the media.

The seeds of the hatred that drove him to murder his MP, Jo Cox, appear to have been sown years earlier, when he began to acquire the means to kill. They germinated during the febrile countdown to the EU referendum.

Brexit campaigners were claiming that a remain vote would result in “swarms” of immigrants entering the UK, that it could trigger mass sexual attacks. Just hours before the murder, Ukip unveiled its infamous “breaking point” anti-immigration poster. Mair came to regard Cox as one of “the collaborators”, a traitor to his race. The passionate defender of immigration and the remain campaign was a legitimate target in his eyes.

Mair was an extremely slow burner. He appears to have fantasised about killing a “collaborator” for more than 17 years, drawing inspiration from another rightwing terrorist, David Copeland.

Over 13 days in April 1999, Copeland planted three nail bombs in London, targeting first black people, then Asians and finally gay people. Three died and more than 140 were injured, some losing limbs.

Copeland was a former member of the British National party (BNP) and an admirer of the late William Pierce, once the leader of a US neo-Nazi organisation, the National Alliance. Pierce’s novel The Turner Diaries, which depicts an apocalyptic race war, had been particularly influential.

Copeland was arrested on 30 April that year, shortly after planting his third and final bomb at the Admiral Duncan, a gay pub in the Soho area of the capital. He appeared in court four days later. The bombings were front-page news and dominated the airwaves. It is fair to assume that Mair would have been following events.

On 13 May 1999, 10 days after Copeland’s first court appearance, staff at the National Alliance offices near the small town of Hillsboro, West Virginia, were packing a consignment of goods to be sent to Mair’s home on the Fieldhead estate.

A packing slip subsequently obtained by the Southern Poverty Law Center (SPLC), a US civil rights body, showed Mair had bought a range of items from the organisation. They included manuals on the construction of bombs and the assembly of homemade pistols, six back issues of the Alliance journal called Free Speech, and a copy of Ich Kämpfe, a tract handed out to Nazi party members in 1943, the year that Germany’s wartime fortunes began to wane.

Having been galvanised by Copeland’s attacks, Mair took his first steps on the long road that would lead to his own hate crime.

Other records the SPLC obtained show this was one of a series of purchases that Mair made from the National Alliance over a four-year period. He began to subscribe to Free Speech, and other publications with titles such as Secret of the Runes and We Get Confessions were packed up in Hillsboro and sent to the semi-detached council house where Mair had been living alone since the death of his grandmother three years earlier. In total, he spent more than $620 (£500) on Alliance purchases.

Mair amassed a small library about the Nazis, German military history and white supremacy, which he kept in a bedroom at his home on a bookshelf topped by a gold-coloured Third Reich eagle with a swastika. SS Race Theory and Mate Selection Guidelines was the title of one, fairly typical text. Uniforms and Traditions of the Luftwaffe Volume Two was another.

He also subscribed to a rightwing magazine called SA Patriot, which was initially published in South Africa by the Springbok Club, but moved to the UK and became SA Patriot in Exile in 1991. That year, Mair had written a letter to the magazine in which he railed against the killing of loyalist paramilitaries in Northern Ireland and attacked the UK media’s coverage of South African affairs “which … never fails to present whites in the worst possible light”.

He tried to end his letter on a positive note: “Despite everything, I still have faith that the white race will prevail, both in Britain and in South Africa.” But then his pessimism got the better of him: “I fear that it’s going to be a very long and very bloody struggle.”

Eight years later, around the time Mair purchased the bomb-making manual from the US, the magazine ran another of his letters. He praised the publishers for “carrying on the struggle”, before returning to his ultimate obsession. “I was glad you strongly condemned collaborators in the white South African population. In my opinion the greatest enemy of the old apartheid system was not the ANC and the black masses but white liberals and traitors.”

The Springbok Club still runs a blog, which just two weeks before Cox’s murder urged UK readers to vote to leave the EU in order to renew links with their “ethnic brothers and sisters” elsewhere in the world.

The magazine’s editor, Alan Harvey, told the Guardian: “He sent us a fiver, which would have been enough for about five issues, but I’ve never met him. I know nothing at all about him.”

Because Mair was so reclusive, few people do.

Far-right links

Thomas Alexander Mair was born in the Scottish town of Kilmarnock in August 1963, the son of James, a machine operator in the lace industry, and Mary, a factory worker. He was named after his grandfathers. The Mairs had a second son, Scott, but the marriage did not last long, and Mary and the boys moved to Birstall, a mill town eight miles south-west of Leeds. Mary remarried, and Mair has a half brother, Duane St Louis.

Mair’s links with far-right groups in the US and South Africa are well documented, but his associations with similar organisations closer to home appear more tenuous. He told the SA Patriot in Exile that he had had some contact with the National Front in the early 1990s, he was seen at an English Defence League rally and attended a meeting of nationalists in London.

Supporters of various far-right organisations in West Yorkshire deny, however, that Mair was ever part of the local scene, and anti-fascist campaign groups say he had not crossed their radar. “He’s not on any of our lists,” a spokesman for one such group said, before adding quickly: “Not that we keep any lists, you understand.”

Nor had he ever come to the attention of the police. He had no previous convictions.

Speaking after the verdict Det Sup Nick Wallen, from West Yorkshire Police, said Mair had never had so much as a conversation with the police.

He described him as a “loner in the truest sense of the word.”

“This is a man who never held down a job never had a girlfriend never any friends to speak of.” Wallen said Mair had had never had “so much as a conversation” with the police.

There would have been no shortage of opportunities for Mair to make common cause with rightwing extremists in his area. The demographic changes in the towns and villages around Birstall and nearby Batley happened a generation or more ago, but it has remained fertile ground for the far right, for whom the many Muslims in the area represent a highly visible enemy.

In the mid-90s, one local man formed an offshoot of the National Alliance, which he called the National Socialist Alliance. In 2006, after a jury at Leeds crown court cleared Nick Griffin, the then BNP leader, and another party member of inciting racial hatred, Griffin hailed West Yorkshire as “an unusually radicalised” part of the UK; meaning, apparently, that he believed a considerable proportion of people there shared his views.

Three years later, when a list of BNP members was leaked, significant numbers were found to live in the towns and villages west of Leeds, with a couple of dozen near Birstall.

A year after that, police discovered 54 homemade bombs and a dozen firearms at a house in Batley. The occupant, Terence Gavan, a BNP member, was jailed for 11 years after admitting a series of offences under the Terrorism Act 2000. The court heard that Gavan showed “strong hostility” towards immigrants.

Since then, a number of smaller fringe groups – the British Movement, National Action, the National Front, the Yorkshire Infidels and Liberty GB – have recruited members in the area. The NF, the BNP and Liberty GB fielded candidates in the byelection triggered by the Labour MP’s murder. The Conservatives, Liberal Democrats and Ukip all declined to stand.

Members of the far right have staged several marches in the area over the past two years. Such was the level of concern this year at the local authority, Kirklees council, that it asked Tell Mama, an organisation that monitors anti-Muslim incidents, if it could help devise a strategy to ease community tensions that were being caused or exacerbated, in part, by the far right.

It appears that Mair, however, had little to do with such groups, perhaps because he was so reclusive. He preferred his relationships with the far right to be long-distance affairs.

He was a frequent visitor to Birstall’s public library, where he used the computers. One of the librarians, Beverley Fletcher, recalled how he would walk in and simply utter the word “computer”. “Thomas Mair doesn’t engage in conversation and he doesn’t give much eye contact,” she told police. “And I don’t remember him ever getting a book out of the library.”

Earlier this year he was using the library’s computers to research such matters as the BNP, white supremacists, Nazis and public shootings.

In the days before the murder he sought out information about the Ku Klux Klan, the Waffen SS, Israel, serial killers and matricide. He read up on the death of Ian Gow, the last MP to have been murdered, killed by an IRA car bomb in 1990. He accessed the Wikipedia page of the former foreign secretary William Hague, a Yorkshire politician who, like Cox, supported the campaign to remain in the UK.

Mair had acquired a firearm, a German made Weihrauch .22 bolt-action rifle, from which the stock and most of the barrel had been removed.

It was stolen from the boot of a sports utility vehicle in nearby Keighley in August 2015. But detectives admit they still do not know how “true loner” Mair, who had no social network, got hold of it.

“How he came to be in possession of that gun is an active line of inquiry for us,” said DS Wallen after verdict.

Mair had carried out online research into .22 ammunition, reading one page that offered an answer to the question: “Is a .22 round deadly enough to kill with one shot to a human’s head?” He also bought a replica British army second world war dagger.

Mair was particularly fascinated by the Norwegian Anders Breivik, who murdered 77 people in gun and bomb attacks in 2011, and kept newspaper clippings about the case. Despite his identification with violent figures of the far right, however, he made little effort to make any real contact with others of a like mind.

Mental health

In the immediate aftermath of the murder, there were suggestions among some neighbours that Mair had a history of mental illness.

According to members of his family, he had been treated for obsessive compulsive disorder, and it is said that he was so anxious about cleanliness that he had been known to scrub himself with pan scourers.

Police discovered evidence of behaviour associated with OCD when they searched his home. It was sparse and obsessively orderly, and inside his kitchen cupboards, tinned food was carefully arranged in precise rows, with each label pointing in exactly the same direction.

Mair himself claimed to be in need of treatment for mental health problems. In 2010, while volunteering at a country park near his home, he suggested to an interviewer from the Huddersfield Examiner that he had previously received such treatment. “Many people who suffer from mental illness are socially isolated and disconnected from society,” he said. “Feelings of worthlessness are also common, mainly caused by long-term unemployment.”

After his arrest, he was examined by a psychiatrist who could find no evidence that his mental health was so poor that he was not responsible for his actions. He was essentially a sane man.

Mair is clearly an extraordinarily troubled individual. Some psychologists who have studied people responsible for acts of “lone-wolf terrorism” have concluded that they frequently identify strongly with one group so strongly that they are prepared to make considerable sacrifices for what they see as the good of the group.

The authors of one study wrote that “positive identification with a group, combined with the perception that this group is being victimised, produces negative identification with the group perpetrating the injustice”. This appears to chime with Mair’s belief that “collaborators” were operating to the detriment of white people.

The authors also found that individuals who are radicalised by a sense of grievance “can be steady, planful and workmanlike – as indeed many lone-wolf attackers seem to have been”.

Those in Birstall who believed Mair to have been odd but harmless say he was devoted to his mother, who lived nearby, and many commented on the way he tended elderly neighbours’ gardens. Neighbours, who knew nothing of his links with white supremacists, said they had no reason to believe he was racist. His half-brother, Duane, whose late father, Reginald, was originally from Grenada, said he had never heard him express racist sentiments.

Others in the town tell a different story. A number of Asian taxi drivers say Mair would utter insulting comments to them. “He’d been reported by a few taxi drivers for making racist remarks,” said Zein Ali, a controller at Oakwell and Rex taxis. “When they dropped him off and he was paying them, he’d say racist things. We always thought he was a racist.”

The books and magazines that police recovered from his home and the examination of library computers on which he had browsed the internet left no room for doubt.

Turning to murder

The question remains as to why Mair turned to murder in June, 25 years after he first made contact with the Springbok Club and 17 years after he purchased a manual describing the assembly of a homemade pistol.

Copeland was also a slow burner, taking a number of years to convince himself that he should turn to terrorism. At his trial, the prosecuting counsel said he had told police that the seed had been planted in July 1996, when the Olympic Games in Atlanta were bombed. The following month, during the Notting Hill carnival in west London, Copeland found himself fantasising about a bomb exploding among the crowds.

“To start with he treated the thought as a joke, but he could not get it out of his head,” said Nigel Sweeney QC. “The thought became stronger. He woke up one day and decided he was going to do it.”

It appears that Mair also woke up one day and decided he was going to do it.

Cox was a vocal supporter of the remain campaign. Her constituency is a place where anti-European feelings run high, and each day during the referendum campaign, Mair was surrounded by red and orange Vote Leave notices. St George’s cross flags fluttered from windows. His “death to traitors” outburst during his first court appearance shows he regarded Cox as one of “the collaborators”, the white people who had betrayed their race.

Perhaps he was provoked by the far-right literature he devoured. It is possible that, like Copeland, he hoped to become the spark that would ignite a racial war. One of the last searches he conducted on Birstall library computers was into people who had been executed as traitors.

On 16 June, on a warm and sunny afternoon, Mair stepped out of a shadow as Cox walked towards the library where she was due to hold a surgery for constituents. He raised his sawn-off rifle and shot her. Then he pulled her to the ground, dragged her between two parked cars, and stabbed her repeatedly with his dagger. When Bernard Carter-Kenny, a 77-year-old passerby, tried to intervene, Mair stabbed him too. He then stepped back a little, as if he had finished. But when he heard Cox warn her two assistants to flee – shouting “get away, let him hurt me, don’t let him hurt you!” – he stood over her and shot her twice more, and stabbed her again.

Cox was shot twice in the head and once in the chest. Rounds passed through both hands as she tried to protect herself. Some of the eyewitnesses gave evidence at Mair’s trial, but one became so unwell as a consequence of what she saw that she could not attend. Mair was said to have appeared calm throughout. “Cold” was the word one witness used to describe him. They saw Mair swing the knife again and again as he stabbed Cox 15 times in her heart, lungs and abdomen. One blow pierced her chest after passing through her right arm.

He did so, according to the eyewitness, while saying: “Britain first, keep Britain independent, Britain will always come first.”

Finally, he yelled: “This is for Britain.”

Voir encore:

Solange Bied-Charreton
Valeurs actuelles

18 juin 2017

Polémique. Festivals interdits aux Blancs, communautarisme ethnique, instrumentalisation de la discrimination… La nouvelle nébuleuse antiraciste, rarement inquiétée par la justice, n’en finit pas d’attiser la haine.

Anne Hidalgo a trouvé « un accord ». Virulente tout d’abord, elle avait lâché, fin mai, le mot d’“interdiction”. Mais la maire de Paris a finalement opté pour un accommodement raisonnable permettant au festival afroféministe Nyansapo — dont 80 % des activités proposées sont réservées aux femmes noires — d’avoir lieu, fin juillet. La Générale, local initialement mis à disposition par la municipalité, accueillera l’espace ouvert à tous et la majeure partie du festival se tiendra quant à elle autre part. Racisme et discrimination sexuelle sont donc légitimés, permis, pourvu que leur scénario se déroule dans un cadre privé. Le collectif Mwasi, organisateur du festival, le précise tout de même : il n’est « ni contre les hommes ni contre les autres groupes ethno-raciaux ». Ceux-ci pourraient même se voir considérer comme alliés, « après concertation des membres du collectif ». Nous voilà rassurés.

Le rétropédalage de l’édile parisienne, qui avait d’abord demandé au préfet une interdiction du festival, en dit long sur l’impuissance politique face à la banalisation d’un phénomène qui a pris de l’ampleur depuis quelques années. En 2010 déjà, Lilian Thuram, les historiens Pascal Blanchard et François Durpaire, l’activiste Rokhaya Diallo et Marc Cheb Sun, alors directeur de la rédaction de Respect Mag, lançaient un appel, relayé par le Monde, pour « une République multiculturelle et post raciale ». Le gros du programme ayant été axé sur la culpabilité postcoloniale et la lutte contre les discriminations subies par les minorités visibles, il faisait présager pourtant exactement le contraire de cette France unie et réconciliée qu’il annonçait. De fait, il ouvrait la boîte de Pandore et une série de prises de parole et d’initiatives déroulent aujourd’hui la feuille de route du Parti des indigènes de la République (PIR), fondé cette même année 2010, sur la base du Mouvement du même nom, qui avait éclos cinq ans auparavant.

Si, pour Sadri Khiari, l’un de ses fondateurs, « le Blanc est un rapport social et non un fait naturel. Il n’existe en tant que tel que comme moment d’un rapport social d’oppression et de lutte contre cette oppression », c’est qu’il est coupable par principe. « Le Blanc est une forteresse inexpugnable », écrit encore Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des indigènes de la République, dans les Blancs, les juifs et nous (La Fabrique Éditions). Un discours qui instrumentalise les notions d’exclusion et de discrimination pour faire valoir une prétendue égalité. Au coeur des idées indigénistes, la dénonciation d’un racisme d’État, mais surtout d’une oppression de fait des “racisés” par les “non-racisés”, logorrhée venant à l’appui d’une idéologie que l’espace médiatique, politique et public dans son ensemble tend de plus en plus à accepter et à banaliser. « Comme à l’extrême droite, il s’agit, explique Fatiha Boudjahlat, candidate MRC aux législatives dans la 4e circonscription de Haute-Garonne, cofondatrice, avec Céline Pina, de Viv(r)e la République, d’appliquer une stratégie de “retraditionnalisation” visant à coaliser une communauté, mise à mal dans une société ouverte comme la société occidentale. Avec, selon cette logique, l’idée raciste qu’on n’atteint l’authenticité qu’en restant entre soi, sans mélange. »

Le burkini, offensive islamiste, défendu au nom de la lutte contre l’islamophobie

La reconstruction de l’identité raciale a ses mentors et ses militants qu’ils forment, comme en août dernier, au “camp d’été décolonial” de Reims interdit aux Blancs, lequel n’avait rien provoqué de plus que de l’indignation et un débat dans la presse… Au même moment déferlait sur la France la polémique du burkini, offensive islamiste défendue par une partie des féministes, comme la journaliste militante Sihame Assbague, sur le principe de la lutte contre les discriminations envers les musulmans. On retrouvait également dans ces rangs l’historienne activiste Laurence De Cock, pour laquelle, par ailleurs, la question des femmes poussées hors de l’espace public dans le secteur la Chapelle-Pajol, à Paris, n’est qu’une expression parmi d’autres de la “panique identitaire” (du nom d’un ouvrage qu’elle a coécrit) de l’Occident face aux cultures venues d’ailleurs et se règle, comme le suggérait aussi Caroline De Haas, par des mesures d’aménagement urbain.

Dévoiement de l’antiracisme, dévoiement du féminisme

Omerta sur la violence d’un racisme excusé, accompagné le plus souvent d’un antisémitisme virulent, au prétexte de défendre de la cause palestinienne. Mépris du corps de la femme, de sa personne. Ce sont également les ingrédients du scandale qui, l’hiver dernier, émailla la bien-pensance en mal de figures victimaires autour de Mehdi Meklat, chroniqueur, écrivain et documentariste issu des banlieues qui crachait à longueur de tweets, depuis de nombreuses années, son admiration pour le djihadiste Mohammed Merah, sa haine des Français de France, des juifs, des homosexuels ou des femmes. Couvert par la presse de gauche, qui connaissait son pseudonyme et passait tout au jeune homme, au motif qu’il faisait partie de la caste des opprimés, sa success story était pourtant impeccable. Si l’emballement médiatique a eu raison de Meklat, une seule opération de com d’Anne Hidalgo a suffi au collectif Mwasi pour gagner la bataille du festival Nyansapo.

Dévoiement de l’antiracisme, dévoiement du féminisme, matérialisés par les ateliers “non mixtes” du festival, qui se tiendront comme prévu, fin juillet, malgré la condamnation de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), assimilée pour l’occasion par les organisateurs à l’extrême droite. « Une vraie régression ethnique », selon Fatiha Boudjahlat, qui rappelle que le développement séparé (femmes séparées des hommes, Noirs séparés des Blancs) est la définition même de l’apartheid. « La victoire politique d’Anne Hidalgo consiste à faire croire qu’elle s’est mobilisée contre le festival alors qu’elle n’a rien obtenu. Elle capitalise sur une absence de résultat. » Les enjeux sont pourtant d’importance si, à en croire les tweets de la maire de la capitale, « Paris est une ville mixte ». Les séminaires de réflexion réservés aux femmes ne datent pas d’hier, le féminisme des années 1970 en faisait son ordinaire, en France ou aux États-Unis. Ils auraient pour vocation d’amener les femmes à parler sans pression et sans jugement. Pourtant, pour ce qui concerne le festival Nyansapo, les intentions sont claires : il s’agit de former des militantes, non seulement en clivant les genres, mais surtout en séparant les ethnies. Ainsi, la présence des hommes, comme la présence des Blancs, est vécue comme une violence en elle-même.

« S’appuyant assez malhonnêtement sur le modèle de la ségrégation raciale aux États-Unis jusqu’aux années 1960, ils sont encore dans la phase de mobilisation et de militantisme, affirme Fatiha Boudjahlat, mais il existe bel et bien un agenda politique, avec des étapes, dont le but est la fragmentation de la société. » Elle oppose cet antiracisme — qui n’est qu’un ethno-différencialisme — au chemin d’émancipation de l’individu proposé par l’antiracisme initial, républicain, fondé sur l’universalisme, pour lequel ce n’est pas la commu nauté (raciale ou religieuse) qui constitue le projet politique commun, mais bien la nation.

Sans toutefois que le lieu en soit connu, un second camp d’été décolonial est déjà prévu, pour août prochain, « réservé uniquement aux personnes subissant à titre personnel le racisme d’État ». Fatiha Boudjahlat ne se fait aucune illusion. Le Grand Détournement, son livre, qui portera la réflexion sur ces questions, paraîtra aux Éditions du Cerf en septembre prochain.

Voir par ailleurs:

Netanyahu demande que l’AP condamne l’attentat de Jérusalem
Le Fatah a accusé Israël de “crime de guerre” pour la mort des terroristes ; Liberman et Rivlin ont rendu hommage à Hadas Malka, “une inspiration pour nous tous”
Times of Israel
18 juin 2017

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé samedi que l’Autorité palestinienne (AP) condamne l’attentat terroriste de Jérusalem commis par trois Palestiniens, qui ont poignardé à mort Hadas Malka, garde-frontière de 23 ans.

« Le Premier ministre demande que l’Autorité palestinienne condamne l’attentat, et attend que la communauté internationale le fasse aussi », a indiqué un communiqué de son bureau.

Vendredi soir, le Fatah a déclaré dans un communiqué que la mort des trois terroristes, qui ont attaqué en deux emplacements de la Vieille Ville de Jérusalem, était un « crime de guerre ».

Avigdor Liberman, le ministre de la Défense, a sèchement répondu à la déclaration du Fatah, affirmant qu’elle « montre qu’il n’y a pas de partenaire [pour la paix] de l’autre côté. »

Liberman a rendu hommage à Malka, 23 ans, qui a tenté de prendre son arme et a combattu contre son attaquant pendant qu’il la poignardait, pour la « détermination et le courage » avec lesquels elle a agi. Elle était « une inspiration pour nous tous », a-t-il dit.

Le président Reuven Rivlin a lui aussi rendu hommage à Malka samedi.

« Mon cœur est avec la famille de Hadas, la gardienne de nos murs, pendant ces moments difficiles de profond chagrin, a dit Rivlin. Que sa mémoire soit bénie. »

« J’envoie de la consolation et de l’aide à sa famille, et je remercie profondément tous ceux qui combattent héroïquement et résolument pour la paix de nos citoyens », a dit Rivlin.

Malka a été enterrée à minuit et demi samedi soir, à Ashdod. Elle laisse derrière elle ses parents, ses trois sœurs et ses deux frères.

« Nos pensées vont avec cette combattante courageuse, qui, d’après ses photographies, semblaient pleine de joie de vivre, et d’un amour pour le service important auquel elle a voulu participer », a dit Rivlin.

Il a également rendu hommage aux forces de sécurité israéliennes.

« La réactivité de nos forces [de sécurité] nous permet de continuer à vivre ici, à Jérusalem, et dans tout le pays, une vie de sécurité et de routine face aux forces assassines des organisations terroristes », a ajouté Rivlin, promettant qu’Israël « poursuivra tous ceux qui aident le terrorisme, où qu’ils soient. »

Voir de plus:

France Soir
17 Juin 2017
INFO FRANCE SOIR – Un homme, maire de la petite commune de Champignolles (Eure, Haute-Normandie), est en garde à vue depuis 8h30 ce samedi dans l’affaire de l’agression de Nathalie Kosciusko-Morizet. Il est le principal suspect de cette enquête ouverte pour violences volontaires sur personne chargée d’une mission de service public (Article mis à jour).
L’agresseur avait pris la fuite et était parti vers la bouche de métro la plus proche.

INFO FRANCE SOIR – L’enquête progresse. Un homme a été interpellé ce samedi 17 au matin, soupçonné d’avoir agressé jeudi 15 Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate Les Républicains aux élections législatives, a-t-on appris de source proche du dossier.

Le suspect a été placé en garde à vue à 8h30 « pour des faits de violences volontaires sur personne chargée d’une mission de service public » après cette agression contre l’ancienne ministre sur un marché du Ve arrondissement, a indiqué cette source. Selon les informations de France Soir, il s’agirait de Vincent Debraize, 54 ans (4 septembre 1962), ex-UDI et maire de la petite commune de Champignolles dans l’Eure. L’homme avait donné son parrainage à Henri Guaino pour l’élection présidentielle 2017, le même Guaino qui a été éliminé au premier tour des législatives, dimanche 11, par NKM et Gilles Legendre (LREM), et s’est illustré le soir-même en dérapant en direct sur BFMTV. Il avait dit que les électeurs étaient « à vomir ».

De cet homme, FranceSoir a découvert qu’outre son mandat d’élu local il est gérant de la société Alkade (présentée comme une agence de publicité) domiciliée à Paris, dans le IXe arrondissement, après la liquidation d’une précédente société en 2016 (Qui est Vincent Debraize? Son portrait détaillé à lire ici). Son placement en garde à vue l’empêchera de tenir la présidence de l’unique bureau de vote de sa commune dimanche 18 pour le second tour des élections législatives comme il était prévu.

Après cette altercation en présences de journalistes, l’agresseur avait pris la fuite et était parti vers la bouche de métro la plus proche. Un bénévole de l’équipe de NKM, Jean-Baptiste Goulard, a poursuivi dans le métro l’homme, qui est sorti à la station suivante, Cluny-La Sorbonne (ligne 10). Il a affirmé à avoir alors reçu des coups de sa part. L’homme a, là encore, pris la fuite. Son signalement a été donné à la police.

L’ancienne ministre avait été admise à l’hôpital Cochin à Paris dans la foulée de l’agression dont elle a été victime. Elle avait quitté l’établissement le lendemain après des examens. « Je voudrais profiter de votre présence pour remercier tout le personnel de l’hôpital Cochin qui a été absolument formidable, ceux qui m’ont témoigné leur sympathie et leur soutien, en particulier le Premier ministre qui s’est déplacé hier, et le président de la République qui m’a envoyé un message« , avait-elle expliqué à la presse à sa sortie de l’hôpital.

[MAJ à 15h55]: Afin que l’agresseur soit formellement identifié, NKM sera confrontée ce samedi en fin d’après-midi à Vincent Debraize selon les informations de BFMTV.

Voir également:

Qui est Vincent Debraize, maire dans l’Eure, en garde à vue après l’agression de NKM sur un marché

L’homme de 55 ans s’est présenté à la police après une convocation.

POLITIQUE – Il a été placé en garde-à-vue ce samedi 17 juin. Deux jours après l’agression de Nathalie Kosciusko-Morizet, Vincent Debraize s’est présenté à la police parisienne pour répondre à une convocation, selon RTL. Suspecté d’être l’homme qui a mis à terre la candidate LR, il est entendu pour des faits de « violences volontaires sur personne chargée d’une mission de service public ».

Âgé de 55 ans, cet homme est le maire sans-étiquette d’un petit village de l’Eure. Champignolles, situé à 35 km à l’ouest d’Evreux, ne compte en effet qu’une quarantaine d’habitants. Vincent Debraize, cadre dans le secteur privé a été élu en 2008 et réélu en 2014.

« Il a passé toute la journée de vendredi à Champignolles. Le soir, il a dit à des collègues qu’il devait remonter sur Paris parce qu’il était convoqué à la police. Et il leur a expliqué pourquoi », a raconté au Parisien un colistier de l’intéressé.

Quelques semaines après sa réélection, il avait lancé une pétition pour dénoncer « l’insécurité intolérable » rencontrée dans son canton. Dans un article publié par Le Réveil Normand à propos d’un cambriolage sanglant dans sa commune en 2014, le maire invitait « le nouveau ministre de l’intérieur [Bernard Cazeneuve, ndlr] qui ne cesse de parler de sécurité à tout va à se rendre dans la France profonde ».

À l’occasion de la dernière présidentielle, il faisait partie des 33 élus qui avaient parrainé la candidature de Henri Guaino; ce dernier a affronté NKM lors des législatives dans la 2e circonscription de Paris.

Vincent Debraize devait tenir le bureau de vote de sa commune dimanche matin pour le second tour des élections législatives, précise RTL. Des proches du maire ont confirmé au Parisien qu’il sera bien présent pour assurer cette permanence.

Voir enfin:

BBC News changes headline, deletes Tweet after anger at portrayal of terror attack in Jerusalem

On the evening of June 16th three Palestinian terrorists from a village near Ramallah carried out a combined attack in Jerusalem. Border Police officer Hadas Malka was critically wounded while responding to the incident and doctors were unable to save her life. In addition, four more people were wounded. While ISIS claimed responsibility for the attack, Hamas rejected that claim:

“Early on Saturday morning, Hamas rejected IS’s claim of responsibility, saying the three belonged to Palestinian terrorist organizations.

“The claim by the Islamic State group is an attempt to muddy the waters,” said Sami Abou Zouhri, spokesman for the terrorist group which runs the Gaza strip.

The attack was carried out by “two Palestinians from the Popular Front for the Liberation of Palestine and a third from Hamas,” he said.”

The BBC’s report on the attack currently appears on the BBC News website under the headline “Israeli policewoman stabbed to death in Jerusalem“. However, the article was originally titled “Three Palestinians killed after deadly stabbing in Jerusalem” and that was also how the BBC portrayed the incident on social media – much to the ire of many Twitter users.

 

As we see, that headline and sub-heading both fail to inform BBC audiences that the “Palestinians killed” were the terrorists who carried out the “deadly stabbing”.

As a result of public pressure, the BBC deleted that Tweet and posted a replacement some 24 hours after the attack took place. Readers may recall that this is by no means the first time that a BBC headline concerning a terror attack in Israel has prompted public outrage.

As is inevitably the case in BBC coverage of Palestinian terror attacks in Israel – and in stark contrast to BBC portrayal of similar attacks in Europe – the article does not describe the incident as a terror attack.

Moreover, in the later version of the report readers found the following representation of a statement from Israeli officials saying that there was no indication that the terrorists were connected to ISIS:

“Police said there was “no indication” of a link between the suspects and a terror group.”

In fact – as the Times of Israel reported:

“All three of the assailants were members of Palestinian terrorist organizations, according to… Israel’s Shin Bet…

The attackers were identified by the Shin Bet internal security agency as Bra’a Salah and Asama Atta, both born in 1998, and Adel Ankush, born the following year. They were shot dead by security forces as they carried out their attacks.

The three were from Deir Abu-Mashal, a village near Ramallah. All had previously been arrested for or involved in terrorist activity, a Shin Bet statement said.”

Erasing the foreign nationals (including one Palestinian) murdered by Palestinian terrorists over the last 21 months, the report tells readers that:

“Forty-two Israelis have been killed in knife, gun and car-ramming attacks by Palestinians or Israeli Arabs since October 2015.

In late 2015 and 2016, such attacks happened with near-daily frequency but the rate has declined in recent months.”

That latter inaccurate claim is recycled from a previous BBC report. In fact, while in late 2015 the frequency of attacks was far beyond “near-daily”, around a hundred attacks still take place every month meaning that they remain on average a daily occurrence on average, notwithstanding the BBC’s failure to cover the vast majority of attacks.

As readers then see, the BBC continues to employ the “Israel says” formula in its portrayal of Palestinian terrorists killed while carrying out attacks.

“More than 240 Palestinians – most of them attackers, Israel says – have also been killed in that period. Others have been killed in clashes with Israeli troops.” [emphasis added]

The article closes with a mantra that the BBC has been promoting for many months:

“Israel says Palestinian incitement has fuelled the attacks. The Palestinian leadership has blamed frustration rooted in decades of Israeli occupation.”

Once again, it is worth remembering that since the surge in terror attacks began in late 2015, the BBC has consistently failed to provide its audiences with any serious reporting on the topic of incitement and glorification of terrorism by Palestinian officials. Readers are hence unable to judge for themselves whether or not what ‘Israel says’ is accurate.

Likewise, it is noteworthy that the portrayal of terrorism as being attributable to “frustration rooted in decades of occupation” conforms to a guidance document for members of the international media put out by the PLO in November 2015.

Update:

According to Ynet, the BBC has released the following statement:

“We accept that our original headline did not appropriately reflect the nature of the events and subsequently changed it. Whilst there was no intention to mislead our audiences, we regret any offence caused.”


Accord de Paris: Attention, un autoritarisme peut en cacher un autre ! (Pittsburgh finally gets its say on Paris climate accord)

4 juin, 2017
Poignée de main musclée entre Donald Trump et Emmanuel Macron, le 25 mai 2017, en marge du sommet de l'Otan, à Bruxelles. L'humoriste Kathy Griffin a choqué en postant cette photo sur les réseaux sociaux
https://i2.wp.com/a57.foxnews.com/media2.foxnews.com/BrightCove/694940094001/2017/05/25/780/438/694940094001_5448810511001_Obama-takes-shot-at-Trump-with-wall-comment.jpg
La démocratie, c’est aussi la grande question par rapport à la tentation autoritaire que l’on voit surgir et notamment aux Etats-Unis. François Hollande
J’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburgh, pas ceux de Paris. Donald Trump
Ma poignée de main avec lui, ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique mais un moment de vérité. Il faut montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques, mais ne rien surmédiatiser non plus. Donald Trump, le président turc ou le président russe sont dans une logique de rapport de forces, ce qui ne me dérange pas. Je ne crois pas à la diplomatie de l’invective publique mais dans mes dialogues bilatéraux, je ne laisse rien passer, c’est comme cela qu’on se fait respecter. Emmanuel Macron
Il est difficile de taxer Emmanuel Macron de racisme ou de légèreté. Il a eu l’occasion de s’exprimer sur ces sujets, notamment au cours de la campagne lors de son déplacement à Mayotte. C’est une polémique qui n’a pas lieu d’être. Quant à l’idée qu’il y aurait deux poids deux mesures : la différence c’est que contrairement à certaines autres personnes, Emmanuel Macron a une ligne claire vis-à-vis de l’immigration clandestine et des migrants. Il a par exemple été l’un des premiers à saluer la politique migratoire d’Angela Merkel. Cellule de communication de l’Élysée
Tout ce que j’ai fait dans ma vie professionnelle est légal, public, transparent. Je ne suis pas inquiété par la justice, j’ai ma conscience pour moi. Richard Ferrand
Ce n’est jamais arrivé dans l’histoire. Un président en fonction, la première dame et sa famille tentent de ruiner ma vie. Vous le connaissez, il n’arrêtera pas. C’est l’Amérique, nous ne sommes pas censés mourir pour ça. Aujourd’hui, c’est moi, et demain, ça pourrait être vous. Je fais de l’humour provocateur, je vais continuer de me moquer de Trump. Je l’ai fait sous Bush et Clinton, et personne n’a essayé de me tuer. Kathy Griffin
Les médias sont unanimes : Emmanuel Macron est sorti vainqueur de sa poignée de main avec Donald Trump. La scène, filmée jeudi dernier à Bruxelles lors du sommet de l’OTAN, est passée en boucle sur les télévisions, avec arrêts sur image et gros plans sur les doigts du président américain : ils lâchent prise mais restent enserrés encore une seconde. Interrogé sur cette insignifiance par le JDD, le président français a déclaré : « Ma poignée de main avec lui ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique, mais un moment de vérité (…) Il faut montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques ». Dans cet univers artificiel, fait de signes prémédités, Macron confirme ses dons d’acteur et de communicant. « Un sans-faute », ont dit les choeurs. Reste que ce recours au théâtre muet, intrusion du mime Marceau en politique, infantilise un peu plus la chose publique. Macron n’a évidemment pas vaincu Trump ce jour-là. Mais le président a décidé d’écrire son épopée. Le pire est que ce narcissisme fait mouche. La presse est majoritairement conquise par le personnage. Est-elle encore un contre-pouvoir? Pour l’instant, elle est tout contre. « Nous n’avons jamais eu ce climat de béatitude », grinçait, lundi, Bernard Cazeneuve, l’ancien premier ministre. Mais les limites de l’euphorie sont visibles. L’envoûtement que Macron croyait avoir eu sur l’Américain n’empêchera pas Trump de garder sa liberté sur l’accord sur le climat. Il aura également incité l’Otan à se concentrer sur la lutte contre l’immigration et le terrorisme djihadiste, ces sujets délaissés par l’Union européenne, obnubilée par le danger russe. Ivan Rioufol
Imagine you have a seventy-something-year-old very strong personality in the family. And he’s got his golfing buddy who is his best friend. And they go off golfing and drinking and smoking cigars. What he really wants to do is smoke cigars. But the family is telling him, ‘Smoking cigars is really bad for you and the doctor told you not to do it.’ He’s, like, ‘I know, I know.’ So when he’s around his family, he’s, like, ‘Look, I’m not smoking cigars!’ And then he goes off with his golf buddy. And guess what they do? They fucking light up cigars, because that’s actually who he is and what he thinks. And Bannon is like his golfing buddy that he goes and smokes cigars with. That’s actually who he is. Republican White House insider
I think Jared and Ivanka are concerned with being accepted in the right places, they care about what the beautiful people think,” he said. “They care about being well received in the Upper West Side cocktail parties. They view Steve as a man with dirty fingernails, with some weird, crazy, extremist philosophy they don’t think is in the best interest of the President. With all respect to them, they don’t understand how Trump got elected. They don’t understand the forces behind it, they don’t understand the dynamics of the situation, and they certainly don’t understand his appeal and the people who voted for him—they can’t understand it.  They would like the President to be more like George Bush: one-dimensional, predictable, neocon, mainstream. Trump adviser
Jared believes that it’s a bad deal and that the standards were too high and could hurt the economy. But his preference would have been to stay in. Ivanka’s preference was to stay in, but she saw her role as setting up a process inside and outside the government to get information to her father from all sides of the issue. White House official
The early few months of the Trump presidency are, in many ways, Claudian. Trump is likewise an outsider who, in the view of the Washington aristocracy, should never have been president. The thrice-married Trump was supposedly too old, too crude, too coarse, and too reckless in his past private life. His critics now allege that the blunt-talking Trump suffers from some sort of psychological or physical ailment, given that his accent, diction, grammar, and general manner of speaking, as well as his comportment, just don’t seem presidential. If Claudius constantly scribbled down observations on imperial life (unfortunately now mostly lost), Trump is an incessant tweeter, who daily issues forth a litany of impromptu impressions, half-baked thoughts, and assertions—that are likewise the stuff of ridicule by journalists. The media and the Washington establishment—like Claudius’s elite critics, Seneca, Suetonius, and Tacitus—focus mostly on the psychodramas of the president. But while they obsess over the frequent absence of First Lady Melania, Trump’s two-scoop ice cream deserts, the supposed undue and sinister influence of Trump’s daughter Ivanka and son-in-law Jared Kushner, the insider spats between the New York moderates and the Steve Bannon true-blue populists, the assorted firings of former Obama appointees, and investigations of Trump associates—the American government, like Rome under Claudius, goes on. Critics also miss the fact that Trump is not a catalyst but a reflection of contemporary culture, in the way that the world portrayed in Petronius’s Satyricon both pre- and postdated Claudius. The Neroian crudity, obscenity, and vulgarity of a Madonna, Bill Maher, or Steven Colbert—or DNC head Tom Perez or California Senator Kamala Harris—had nothing to do with Donald Trump. The real story of the Trump administration is not the messy firing of James Comey or the hysterical attacks on Trump by the media, or even his own shoot-from-the-hip excesses. Rather Trump, also like Claudius, has assembled a first-rate team of advisors and cabinet officials. Secretary of State Rex Tillerson, Defense Secretary James Mattis, National Security Advisor H.R. McMaster, and Homeland Security Director John Kelly—and the dozens of professionals who work for them—comprise the most astute and experienced group of strategists, diplomats, world travelers, and foreign policy thinkers since the Truman and Eisenhower administrations. Never have so many cabinet officers been given such responsibility and autonomy. It is unlikely that a Mattis or McMaster—outsiders who lack bureaucratic portfolios—would have ever held such office under either a progressive Democratic president or an establishment Republican one. A mercurial and unpredictable president gives a Secretary of Defense or State more leverage abroad than does an apologetic sounding and predictably complacent Commander in Chief. The result is a recovering military and a slow restoration of American deterrence abroad that will ultimately make the world safer and the need for America to intervene less likely. Trump’s Justice Department under former Senator Jeff Sessions and his Deputy Rod Rosenstein is likewise a vast improvement over the one headed by Eric Holder and Loretta Lynch, which politicized and even nullified federal law. So far, any diagnosis of what our contemporary Claudius has done in his first three months rather than what he has said—or what the media says he has said or done—suggests national improvement. The stock market is up over the last four months. Unemployment is down. Labor participation is inching up. Business confidence polls stronger. Illegal immigration has dropped by 70 percent. Federal revenues are increasing while federal spending is declining. Neil Gorsuch and other federal judicial appointees are being roundly praised. Local police and federal law enforcement officials are re-enthused after years of demoralization. Trump’s executive orders on the Keystone and Dakota pipelines, and the reenergized support for the coal industry, will bring more jobs and lower energy costs. Industries like steel, aluminum, and beef are talking about exporting and hiring in a way that they have not in years. While the media caricatures Trump’s propensity to jawbone companies about outsourcing jobs abroad, corporations themselves see executive orders on deregulation, promises of tax reform, and a new attitude of “America first” as incentives to stay home and hire Americans. (…) In the end, Claudius was likely murdered by dynastic rivals and relatives who thought that a young, glib, handsome, intellectual, and artistic Nero would be a pleasant relief from the awkwardness, bluntness, and weirdness of Claudius. What followed was the triumph of artists, intellectuals, stylish aristocrats, obsequious dynastic insiders, and flatterers—many of them eventually to be consumed by the reign of terror they so eagerly helped to usher in. Victor Davis Hanson
Bannonism always thrives in the Trump White House when it can serve as a political accelerant for Trump, who, at the time of his decision on Thursday, was confronting a continued erosion of support from his own base, a widening Russia probe, and a stalled agenda in Congress. On the climate accord, Kushner and Ivanka hardly had a chance. Bannon’s nationalism, especially when it comes to trade and immigration, is still not widely supported in the Republican establishment and conservative donor class. But when Bannon’s views line up with those of Republican leaders and donors—not to mention those of Trump—he almost always prevails. If Trump had taken the less extreme course on climate advised by his daughter and son-in-law, he would have been breaking a campaign promise and going against the wishes of the entire G.O.P. leadership. In addition, Trump, who knows little about policy, is famously narcissistic, and, easily influenced by personal slights, reportedly was perturbed by a remark from Emmanuel Macron, the French President, who said he intentionally made a show of forcefully shaking Trump’s hand at the recent G7 summit. Trump also reportedly believed that angering Europe was a “secondary benefit” of pulling out of the accord. Given these circumstances, Bannon could not have had a stronger hand to play in this fight. Still, the climate decision is ultimately the responsibility of Trump himself, not of any single adviser. Trump generally makes decisions that align with Bannon’s views not because he is being manipulated by him but because he agrees with him. Ryan Lizza
On April 29th Donald Trump rang Rodrigo Duterte, the president of the Philippines. According to a leaked transcript, he said: “I just want to congratulate you because I am hearing of the unbelievable job on the drug problem.” Since Mr Duterte was elected in June last year, his anti-drugs campaign has led to the killing of around 9,000 people, mainly petty dealers and users. A couple of weeks earlier, Mr Trump had called the Turkish president, Recep Tayyip Erdogan, to congratulate him on winning a referendum granting him sweeping new powers. Since an attempted coup last year, more than 100,000 Turks have been arrested or detained: the judiciary has been shredded, journalists jailed and media outlets shut down Last week, in Saudi Arabia on the first leg of a nine-day foreign trip, Mr Trump praised Egypt’s president, Abdel Fattah al-Sisi (pictured). “Safety seems to be very strong” in Egypt, he gushed. Mr Sisi’s regime has locked up tens of thousands of dissidents. Not once in Saudi Arabia did Mr Trump raise the kingdom’s habit of flogging, torturing and not letting people choose their government, preferring to trumpet a $110bn arms deal: “Hundreds of billions of dollars of investments into the United States and jobs, jobs, jobs.” Mr Trump’s meetings later in his trip with NATO and G7 heads of government were, by contrast, sour affairs. The pattern is clear: this is a president who gets on better with authoritarian regimes than America’s traditional democratic partners. (…) This represents a rupture with at least four decades of bipartisan consensus in favour of liberal internationalism. Far from conflicting with America’s interests, argues Ted Piccone, a former foreign policy adviser in the Clinton administration now at the Brookings Institution, advancing normative values is essential to those interests, and is the basis for America’s national prestige and international legitimacy. (…) Barack Obama did not resile from the human-rights agenda. But he became increasingly doubtful about using military force to buttress it. Ms Green, who served in the American agency for international development under Mr Obama, says he set great store by “civic-society engagement” to push authoritarian regimes towards international norms. He also believed that speaking out on human rights when meeting autocrats boosted campaigners, even when his lecturing grated. Mr Obama was more of a Wilsonian than a neo-Wilsonian; his idealism tempered by a cool realism that verged on cynicism. For him the Middle East, exemplified by Libya, was a “shit show” that America could do little to change. But critics saw his reluctance to intervene in Syria as an abdication of American responsibility. Mr Obama reflected a loss of confidence in the certainties of the neolibs and neocons. He may have allowed the pendulum to swing back too far, but he reflected the mood of war-weary voters. Mr Trump stands for something different and darker: a contemptuous repudiation of the use of American strength in the service of anything other than self-interest. His enthusiasm for a brute like Mr Duterte gives heart to brutes everywhere. The consequences for America’s power and influence are likely to be grave. The Economist
On est assez gênés par les gesticulations pitoyables de la classe politique française après le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Il s’agit d’un non événement, mais nos politiciens doivent jouer le jeu de la dramatisation climatique pour mettre en évidence la colossale réussite française que représente ce fameux accord. Comme chacun le sait, cet « accord historique » n’est qu’une déclaration d’intentions ne comportant aucun engagement juridique effectif. Selon l’article 2, le réchauffement climatique devra être contenu « bien en deçà de 2°C » par rapport à l’ère préindustrielle. Pour atteindre cet objectif, les émissions de gaz à effet de serre devront atteindre « un pic aussi rapidement que possible ». Tous les cinq ans, un bilan sera effectué. Les pays pauvres redoutant de retarder leur développement économique, il a été convenu qu’il serait tenu compte des « circonstances nationales différentes » pour apprécier les progrès. Les 100 milliards de dollars promis aux pays pauvres ne figurent pas dans l’accord proprement dit mais dans une annexe. Autrement dit, il s’agit d’un engagement moral de mieux faire, rien de plus. Dans ce contexte, le retrait des États-Unis représente l’honnêteté et les hauts cris des politiciens français, de droite comme de gauche, un exemple historique d’hypocrisie. Trump avait en effet annoncé la couleur au cours de sa campagne électorale. Il était opposé à tout ce galimatias de bonnes intentions. Il a eu le courage de mettre fin au mensonge que constituent des promesses qui, de toute évidence, ne seront pas tenues. Et il fallait un certain courage pour affronter les gourous de l’écologisme mondial qui ont fait beaucoup d’émules parmi les politiciens. Évidemment le retrait américain gêne tous les adeptes de la nouvelle religion. Les adorateurs de Gaïa n’ont que le levier politico-éthique pour agir. Ils ont réussi à circonvenir un certain nombre de scientifiques et font désormais étalage des « conclusions scientifiques » sur le réchauffement climatique dans tous les médias. Ils sont également parvenus à imposer de multiples normes concernant les produits industriels (automobiles, appareils de chauffage, appareils électroménagers, etc.) par une propagande moralisatrice à laquelle l’opinion publique occidentale a été sensible. Les politiciens ont donc suivi par électoralisme. Mais la réalité économique leur résiste. Lorsqu’il s’agit de fabriquer, de créer une entreprise, d’innover, de trouver des salariés compétents, de se déplacer sur notre petite planète, les contraintes du réel l’emportent sur les bonnes résolutions idéologiques. (…) Cette méthode éprouvée a déjà été utilisée récemment avec les constructeurs automobiles. Des normes très ambitieuses ayant été adoptées au niveau européen pour les rejets de particules des moteurs diesels, il était impossible pour les constructeurs de maintenir les performances des véhicules tout en respectant la norme. Ils ont donc utilisé des subterfuges techniques pour contourner le problème. Après des contrôles, Volkswagen (et d’autres) ont pu être dénoncés comme fraudeurs et stigmatisés sur tous les médias planétaires. Ceux qui savent construire des voitures confortables et rapides appartiennent ainsi au camp du mal. Ceux qui se contentent de rédiger quelques pages de normes techniques et de les faire avaliser par le conseil européen siègent dans le camp du bien. Patrick Aulnas
President Obama signed the agreement last September, albeit by ducking the two-thirds majority vote in the Senate required under the Constitution for such national commitments. The pact includes a three-year process for withdrawal, which Mr. Trump could short-circuit by also pulling out of the United Nations Framework Convention on Climate Change. Paris was supposed to address the failures of the 1997 Kyoto protocol, which Bill Clinton signed but George W. Bush refused to implement amid similar outrage. The Kyoto episode is instructive because the U.S. has since reduced emissions faster than much of Europe thanks to business innovation—namely, hydraulic fracturing that is replacing coal with natural gas. While legally binding, Kyoto’s CO 2 emissions targets weren’t strictly enforced. European countries that pursued aggressive reductions were engaging in economic masochism. According to a 2014 Manhattan Institute study, the average cost of residential electricity in 2012 was 12 cents per kilowatt hour in the U.S. but an average 26 cents in the European Union and 35 cents in Germany. The average price of electricity in the EU soared 55% from 2005 to 2013. Yet Germany’s emissions have increased in the last two years as more coal is burned to compensate for reduced nuclear energy and unreliable solar and wind power. Last year coal made up 40% of Germany’s power generation compared to 30% for renewables, while state subsidies to stabilize the electric grid have grown five-fold since 2012. But the climate believers tried again in Paris, this time with goals that are supposedly voluntary. China and India offered benchmarks pegged to GDP growth, which means they can continue their current energy plans. China won’t even begin reducing emissions until 2030 and in the next five years it will use more coal. President Obama, meanwhile, committed the U.S. to reducing emissions by between 26% and 28% below 2005 levels by 2025. This would require extreme changes in energy use. Even Mr. Obama’s bevy of anti-carbon regulations would get the U.S. to a mere 45% of its target. Meeting the goals would require the Environmental Protection Agency to impose stringent emissions controls on vast stretches of the economy including steel production, farm soil management and enteric fermentation (i.e., cow flatulence). Don’t laugh—California’s Air Resources Board is issuing regulations to curb bovine burping to meet its climate g oal. (…) The Big Con at the heart of Paris is that even its supporters concede that meeting all of its commitments won’t prevent more than a 0.17 degree Celsius increase in global temperatures by 2100, far less than the two degrees that is supposedly needed to avert climate doom. It’s also rich for Europeans to complain about the U.S. abdicating climate leadership after their regulators looked the other way as auto makers, notably Volkswagen , cheated on emissions tests. This allowed Europeans to claim they were meeting their green goals without harming the competitiveness of their auto makers. The EPA had to shame the EU into investigating the subterfuge. Ruth King
Sometimes — maybe almost always — the world seems to run on Freudian projection. One of the salient recent examples is Barack Obama’s supporters — and Obama himself, literally and by implication — calling Donald Trump « authoritarian. » But in non-projected reality, during his administration, Obama is the one who imposed what we might deem — in appropriately Maoist parlance — the « Three Authoritarianisms. » They were the Paris climate accord, the Iran deal, and US intelligence agencies being used to surveil American citizens. All three of these « authoritarianisms » were entirely ex-Constitutional.  The first two were in essence treaties on which Congress (and by extension the American people) never got to vote or, for that matter, discuss in any serious way.  The Paris accord probably would have failed. As for the Iran deal, we still don’t know the full contents and therefore debating it is somewhat moot. We have, however, seen its consequences — corpses littered all across Syria, not to mention untold millions of refugees. Admittedly, too, the third of « Three Authoritarianisms » is still, shall we say, occluded.  We don’t know the extent of this surveillance and may never. But this too is typical authoritarian behavior. Even a cursory look at history reveals that totalitarianism does not always come with the obvious iron fist of a Comrade Stalin.  Sometimes it arrives in a subtler manner, as it did in the Obama administration when the then president’s amanuensis/lackey Ben Rhodes was so naive or arrogant (or both) as to brag to a New York Times writer how he duped young and uneducated reporters into parroting what the administration wanted them to say about the Iran deal.  The KGB couldn’t have done it better. In the cases of Paris and Iran, it’s clear the (totalitarian) decision to avoid Congress was deliberate.  But now Trump has put a crimp in the former by pulling out of the Paris climate (né global warming) accord. The international chorus of hissy fits was so instantaneous and predictable — no more eminent scientist than actor Mark Ruffalo has declared « Trump will have the death of whole nations on his hands » — one must ask the obligatory question: Was it ever really about climate or was it, in the immortal words of  H. L. Mencken, « about the money »? I learned firsthand just how much it was the latter when covering COP15 — the UN climate conference in Copenhagen at the tail end of 2009. (…) So I (…) asked why he had come all the way from the South Pacific to Denmark and he looked at me in astonishment. « For the money, » he said, continuing to stare at me as if I were some kind of cretin who had wangled a press pass. Roger L Simon
Yes, there’s a threat to civilization and it’s not global warming, manmade or otherwise.  And anyone who isn’t comatose should know what it is. Islam, like cancer, needs a cure. And we all  have to participate in the search for one before it’s too late. Yes, this is about Islam, not « radical » Islam or some other off-shoot, real or imagined, because the tenets that have inspired the non-stop spate of terrorism across the world in recent years are spelled out clearly in sections of the Koran and the Hadith and other holy works of Islam. They provide justification for ISIS and a hundred other groups that may or may not replace them, now and in the future. This cannot continue — unless we really do want to destroy ourselves. To be clear, this is not about bad people (many Muslims are fine human beings), but about a malignant ideology from the seventh century that must be expunged for the survival of all. But the majority of Western leaders don’t want to know that.  In fact, I’d wager that most have not even bothered to educate themselves in any serious way about Islam nearly sixteen years after 9/11 and with all the constant carnage that has gone on since and has been increasing significantly, not just in London and Manchester but virtually everywhere. These Westerners are not only willfully blind, they are suicidal.  But we cannot let them commit suicide for the rest of us.  They have to go. Similarly, the recent Paris climate accord is not only based on bad or « cooked » Climategate science, it is a deliberate conscious/unconscious deflection from the genuine « present danger » in front of us.  It is no more than obfuscation allowing moral narcissists to feel good about themselves, virtue signaling about an environmental armageddon that hasn’t happened and may never happen while, in real life, people are actually murdered on London bridges and in Cairo churches. What we need now is an international terrorism accord — and, unlike the climate accord, a binding one — that would commit the world, including the Muslim nations themselves, to the complete reformation of Islam that is the necessary basis for an end to this terrorism. President Trump made a good start in Riyadh in his address to the Sunni leaders, but we must go much further.  It is correct that the Islamic world should be the ones to change their religion, but the rest of us on the planet are too affected by the results to stand by and wait.  From the horrifying (London this weekend) to the daily (the constant of indignity of being scanned at airports, concerts, museums, etc.), we are all victims of Islamic ideology.  We have a right, indeed an obligation, to participate in and demand its change. Otherwise, it will only get worse. Since Trump had the courage to open the discussion in Saudi Arabia, he should attempt to expand the dialogue and create this global accord. Egypt’s el-Sisi would be a good partner because he already had the guts to criticize his own religion.  All should be invited, even those who would never come (like the mullahs).  All must confront the question of why Islam, unique among the world’s religions today, has so much violence committed in its name. What is it about Islam that attracts this?  What therefore has to be changed, both in behavior and ideology ? (…) The time for diplomatic politesse is long over. Islam must be forced to join modernity. Reactionary multiculturalists among us must be ignored, along with their hypocritical (and nonsensical) belief that all religions are equal.  To do otherwise would be to treat Muslim people like children.  And that is what the West has been doing for some time — with atrocious results for all. Roger L Simon

Attention, un autoritarisme peut en cacher un autre !

Alors qu’avec un troisième attentat en moins de trois mois en Grande-Bretagne, l’actualité se charge de rappeler …

Contre l’angélisme d’une Merkel qui avait engagé tout un continent sans consulter personne dans la folie migratoire que l’on sait …

La justesse de la volonté du président Trump de reprendre le contrôle de nos flux migratoires …

Et que pour protéger leur propre camp après le déni de justice et de démocratie que nous venons de vivre en France, l’on voit nos nouveaux Fouquier-Tinville reprendre les mêmes arguments que leur ancienne victime …

Qui prend la peine, avec Roger L Simon, de rappeler …

Entre photos délirantes de tête ensanglantée et duels dérisoires de poignées de main

Qu’à l’instar de l’accord nucléaire avec l’Iran comme de la mise sur mise sur écoutes massive et secrète d’une bonne partie de ses compatriotes

Et sans parler de l’Obamacare qui n’avait obtenu aucune voix de l’opposition …

Son refus de punir Pittsburgh pour ne pas désespérer Paris

Se trouve être l’un trois domaines où son prédécesseur avait justement choisi de court-circuiter l’aval du Congrès ?

Paris: Trump Blocks First of Obama’s ‘Three Authoritarianisms’

Roger L Simon
PJ media
June 1, 2017

Sometimes — maybe almost always — the world seems to run on Freudian projection. One of the salient recent examples is Barack Obama’s supporters — and Obama himself, literally and by implication — calling Donald Trump « authoritarian. »

But in non-projected reality, during his administration, Obama is the one who imposed what we might deem — in appropriately Maoist parlance — the « Three Authoritarianisms. » They were the Paris climate accord, the Iran deal, and US intelligence agencies being used to surveil American citizens.

All three of these « authoritarianisms » were entirely ex-Constitutional.  The first two were in essence treaties on which Congress (and by extension the American people) never got to vote or, for that matter, discuss in any serious way.  The Paris accord probably would have failed. As for the Iran deal, we still don’t know the full contents and therefore debating it is somewhat moot. We have, however, seen its consequences — corpses littered all across Syria, not to mention untold millions of refugees.

Admittedly, too, the third of « Three Authoritarianisms » is still, shall we say, occluded.  We don’t know the extent of this surveillance and may never. But this too is typical authoritarian behavior.

Even a cursory look at history reveals that totalitarianism does not always come with the obvious iron fist of a Comrade Stalin.  Sometimes it arrives in a subtler manner, as it did in the Obama administration when the then president’s amanuensis/lackey Ben Rhodes was so naive or arrogant (or both) as to brag to a New York Times writer how he duped young and uneducated reporters into parroting what the administration wanted them to say about the Iran deal.  The KGB couldn’t have done it better.

In the cases of Paris and Iran, it’s clear the (totalitarian) decision to avoid Congress was deliberate.  But now Trump has put a crimp in the former by pulling out of the Paris climate ( global warming) accord. The international chorus of hissy fits was so instantaneous and predictable — no more eminent scientist than actor Mark Ruffalo has declared « Trump will have the death of whole nations on his hands » — one must ask the obligatory question: Was it ever really about climate or was it, in the immortal words of  H. L. Mencken, « about the money« ?

I learned firsthand just how much it was the latter when covering COP15 — the UN climate conference in Copenhagen at the tail end of 2009.  That the event occurred in near-blizzard conditions with temperatures hovering close to single digits was the least of it.  As we all know, that’s weather, not climate. Right?

Naturally, most of the conference was deadly dull — except for watching junketing U.S. politicians scarfing down modernist Danish jewelry in the Marriott gift shop. But during one of the tedious panel discussions, I found myself sitting next to the representative of one of the Pacific islands said to be on the edge of being submerged.  A pleasant fellow, I engaged him in conversation, attempting to commiserate with him about the fate of his homeland. The diplomat started laughing. « Don’t you believe in global warming? » I asked.  « It’s nonsense, » he said.  He went to explain that his island was just fine.  They had some bad weather and had put up sandbags, but now they were gone.  So I then asked why he had come all the way from the South Pacific to Denmark and he looked at me in astonishment. « For the money, » he said, continuing to stare at me as if I were some kind of cretin who had wangled a press pass. (Okay, I wouldn’t have been the first.)

Voir aussi:

Accord sur le climat : Trump face à l’hypocrisie

Le Président Donald Trump a annoncé que les États-Unis se retiraient de l’Accord de Paris. Le tollé qu’il suscite est-il vraiment justifié ?

Patrick Aulnas

Contrepoints

4 juin 2017

On est assez gênés par les gesticulations pitoyables de la classe politique française après le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Il s’agit d’un non événement, mais nos politiciens doivent jouer le jeu de la dramatisation climatique pour mettre en évidence la colossale réussite française que représente ce fameux accord.

L’accord de Paris, un engagement purement moral

Comme chacun le sait, cet « accord historique » n’est qu’une déclaration d’intentions ne comportant aucun engagement juridique effectif. Selon l’article 2, le réchauffement climatique devra être contenu « bien en deçà de 2°C » par rapport à l’ère préindustrielle. Pour atteindre cet objectif, les émissions de gaz à effet de serre devront atteindre « un pic aussi rapidement que possible ». Tous les cinq ans, un bilan sera effectué.

Les pays pauvres redoutant de retarder leur développement économique, il a été convenu qu’il serait tenu compte des « circonstances nationales différentes » pour apprécier les progrès. Les 100 milliards de dollars promis aux pays pauvres ne figurent pas dans l’accord proprement dit mais dans une annexe.

Autrement dit, il s’agit d’un engagement moral de mieux faire, rien de plus.

L’honnêteté de Trump

Dans ce contexte, le retrait des États-Unis représente l’honnêteté et les hauts cris des politiciens français, de droite comme de gauche, un exemple historique d’hypocrisie. Trump avait en effet annoncé la couleur au cours de sa campagne électorale. Il était opposé à tout ce galimatias de bonnes intentions. Il a eu le courage de mettre fin au mensonge que constituent des promesses qui, de toute évidence, ne seront pas tenues. Et il fallait un certain courage pour affronter les gourous de l’écologisme mondial qui ont fait beaucoup d’émules parmi les politiciens.

La réalité économique résiste

Évidemment le retrait américain gêne tous les adeptes de la nouvelle religion. Les adorateurs de Gaïa n’ont que le levier politico-éthique pour agir. Ils ont réussi à circonvenir un certain nombre de scientifiques et font désormais étalage des « conclusions scientifiques » sur le réchauffement climatique dans tous les médias.

Ils sont également parvenus à imposer de multiples normes concernant les produits industriels (automobiles, appareils de chauffage, appareils électroménagers, etc.) par une propagande moralisatrice à laquelle l’opinion publique occidentale a été sensible. Les politiciens ont donc suivi par électoralisme. Mais la réalité économique leur résiste. Lorsqu’il s’agit de fabriquer, de créer une entreprise, d’innover, de trouver des salariés compétents, de se déplacer sur notre petite planète, les contraintes du réel l’emportent sur les bonnes résolutions idéologiques.

Les bons et les méchants

Il en résulte qu’obliger les États à s’engager moralement a une grande importance pour les idéologues de l’écologisme militant. Même si les engagements de l’accord de Paris restent flous, il sera possible à l’avenir de stigmatiser publiquement les pécheurs.

Par exemple, dans cinq ans, un premier bilan permettra de trier le bon grain de l’ivraie : les bons seront les pays ayant progressé (réduit leurs émissions) et les mauvais tous les autres. La propagande pourra ainsi se poursuivre sur les bases statistiques donnant un semblant de scientificité aux idéologues.

Une méthode éprouvée

Cette méthode éprouvée a déjà été utilisée récemment avec les constructeurs automobiles. Des normes très ambitieuses ayant été adoptées au niveau européen pour les rejets de particules des moteurs diesels, il était impossible pour les constructeurs de maintenir les performances des véhicules tout en respectant la norme. Ils ont donc utilisé des subterfuges techniques pour contourner le problème.

Après des contrôles, Volkswagen (et d’autres) ont pu être dénoncés comme fraudeurs et stigmatisés sur tous les médias planétaires. Ceux qui savent construire des voitures confortables et rapides appartiennent ainsi au camp du mal. Ceux qui se contentent de rédiger quelques pages de normes techniques et de les faire avaliser par le conseil européen siègent dans le camp du bien.

Avec l’accord de Paris, l’enjeu était beaucoup plus important. Il s’agissait de permettre au clergé écologiste de classer les États eux-mêmes du côté du diable ou du côté du bon Dieu. On comprend la déception des dévots qui n’auront plus la suprême jouissance de faire des États-Unis le grand Satan.

Puissance idéologique de l’écologisme

La puissance de l’écologisme résulte ainsi de sa capacité à synthétiser une dimension religieuse, une dimension idéologique et une dimension scientifique. L’aspect religieux réside dans le manichéisme : le bien écologique s’oppose au mal industriel. L’aspect idéologique consiste à théoriser la société future puis à chercher à la construire par l’influence politique.

Cette société aura une caractéristique dominante : la science, la technique et l’économie seront entièrement déterminées par le politique (lois, normes, fiscalité, etc.). En général, les individus n’ayant pas perdu toute capacité de réflexion qualifient de dictature un tel régime politique. Mais la capacité de réflexion recule…

La science elle-même vient au secours de l’écologisme car elle lui fournit de multiples observations dans de très nombreux domaines. Il suffit de choisir les observations les plus significatives et de les compiler conformément à un résultat imposé idéologiquement pour obtenir les rapports du GIEC.

Relativiser le dogme écologiste

Trump, le rustre bien connu, n’a pas respecté le subtil agencement juridico-politico-éthique de l’écologisme militant. S’il ne s’agissait que de Trump, nos idéologues ne s’alarmeraient pas. Mais il s’agit de la première puissance économique mondiale. L’économie aurait-elle l’audace de relativiser le dogme écologiste ?

Voir également:

How Climate Change Saved Steve Bannon’s Job
Ryan Lizza
The New Yorker
June 2, 2017

Trump makes decisions that align with Steve Bannon’s views not because he is being manipulated by him but because he agrees with him.

Reports of Steve Bannon’s death were greatly exaggerated. Just a few weeks ago, President Trump’s chief political adviser and the most controversial figure in the West Wing was considered a spent force. Some reports said he was going to resign. Others predicted Trump was about to fire him. “Bannon is on his way out,” a person close to Bannon, who worked on the Trump campaign, predicted to me last month. “He’ll probably go back to Breitbart or do something with the Mercers”—the billionaire political donors who have funded Breitbart and several of Bannon’s other political projects—“but I think it’s sort of a fait accompli at this point, because of the infighting.”

Trump himself strongly suggested, in mid-April, that Bannon’s White House service was approaching its end. He told the Wall Street Journal that Bannon was simply “a guy who works for me.” When the New York Post asked Trump if he “still has confidence in Bannon,” Trump declined to say yes. “I like Steve, but you have to remember he was not involved in my campaign until very late,” the President told the newspaper. “I had already beaten all the senators and all the governors, and I didn’t know Steve. I’m my own strategist, and it wasn’t like I was going to change strategies because I was facing crooked Hillary.”

The roots of Bannon’s alleged demise were the long-running battle he was waging with the so-called “globalist” faction in the White House, led by Trump’s son-in-law, Jared Kusher. For the past two years, one rule has defined Trumpland: if you cross Kushner or his wife, Ivanka Trump, you get fired. That’s how Bannon got his job in the first place. Kushner ousted Trump’s first campaign manager, Corey Lewandowski, who was replaced by Paul Manafort. Eventually, Manafort lost Kushner’s confidence and was replaced by the team of Bannon and Kellyanne Conway, who were strongly backed by the Mercers. “When Corey was leaking bad stuff about Jared: bye, bye, Corey Lewandowski,” the Trump adviser said. “So Steve is leaking bad stuff about Jared: bye, bye, Steve Bannon.”

Earlier this spring, when the press was filled with accounts of Bannon’s looming dismissal, other Trump advisers noted that the stories were overblown. “Everyone is saying, ‘Oh, there’s been a shift, Bannon is on his way out,’ ” a Republican close to the White House told me at the time, referring sarcastically to the rumors. “No, he’s not. Bannon is still there. And he’s still the main adviser to the President of the United States. And I believe that there’s always going to be this fight between these different wings of really different philosophies for him. And that’s how the President wants it.”

More recently, there have been nearly weekly reports of a dramatic White House shakeup. Trump’s senior advisers—people like Sean Spicer, Reince Priebus, Conway, and Bannon—are routinely described as being on their way out. Much of this information comes from Trump advisers in competing factions, inside and outside the White House, who are trying to push rivals to the exits. Reporting on Trump’s inner circle is akin to writing dispatches from inside a hall of mirrors. Aides regularly lie, distort, and feed journalists misinformation. “It’s easier to understand the papal elections than to understand these fucking nut cases,” the Trump adviser who believed Bannon would soon be fired said.

Two important things changed since the “Bannon is dead” narrative took hold, in April. The first is the Russia investigation. So far, Bannon has not been connected to the investigation. He joined the campaign after Carter Page and Roger Stone, two early Trump campaign advisers caught up in the probe, left, and right before Manafort, who is a major focus of the F.B.I. investigation, resigned. Bannon is close to Michael Flynn—Trump’s former national-security adviser and the person who so far seems to be in the most legal jeopardy—but no reports have emerged that he was involved in Flynn’s meetings with the Russians.

That’s not the case for Kushner. Just as Bannon seemed to reach a low point in his relationship with Trump, Kushner’s role in the Russia probe emerged as the most important piece of White House intrigue. Kushner, though he didn’t have the title, was the Trump campaign’s de-facto campaign manager. He was at Trump’s side through the eras of Stone, Page, and Manafort. And more important, as we learned last Friday, Kushner was working closely with Flynn, during the transition, on his dealings with the Russians, and he has attracted a similar level of interest from the F.B.I.

The second change since Bannon’s low point was that a decision on whether to withdraw from the Paris climate accord finally needed to be made. It was the most important fight pitting Bannon against Jared and Ivanka yet. And it played to all of Bannon’s strengths. The first Trump adviser described Kushner and Ivanka as “more or less Trump’s conscience,” and as “more pragmatic, a little less ideological,” or perhaps “multi-ideological.” Bannon, he said, “speaks to Trump’s id.”

A third Trump adviser, more closely aligned with the Bannon faction, was less charitable. “I think Jared and Ivanka are concerned with being accepted in the right places, they care about what the beautiful people think,” he said. “They care about being well received in the Upper West Side cocktail parties. They view Steve as a man with dirty fingernails, with some weird, crazy, extremist philosophy they don’t think is in the best interest of the President. With all respect to them, they don’t understand how Trump got elected. They don’t understand the forces behind it, they don’t understand the dynamics of the situation, and they certainly don’t understand his appeal and the people who voted for him—they can’t understand it.” He added, “They would like the President to be more like George Bush: one-dimensional, predictable, neocon, mainstream.”

A White House official insisted that Jared and Ivanka’s role in the climate debate has been misunderstood and exaggerated. “Jared believes that it’s a bad deal and that the standards were too high and could hurt the economy. But his preference would have been to stay in,” the White House official said. “Ivanka’s preference was to stay in, but she saw her role as setting up a process inside and outside the government to get information to her father from all sides of the issue.”

Bannonism always thrives in the Trump White House when it can serve as a political accelerant for Trump, who, at the time of his decision on Thursday, was confronting a continued erosion of support from his own base, a widening Russia probe, and a stalled agenda in Congress.

On the climate accord, Kushner and Ivanka hardly had a chance. Bannon’s nationalism, especially when it comes to trade and immigration, is still not widely supported in the Republican establishment and conservative donor class. But when Bannon’s views line up with those of Republican leaders and donors—not to mention those of Trump—he almost always prevails. If Trump had taken the less extreme course on climate advised by his daughter and son-in-law, he would have been breaking a campaign promise and going against the wishes of the entire G.O.P. leadership. In addition, Trump, who knows little about policy, is famously narcissistic, and, easily influenced by personal slights, reportedly was perturbed by a remark from Emmanuel Macron, the French President, who said he intentionally made a show of forcefully shaking Trump’s hand at the recent G7 summit. Trump also reportedly believed that angering Europe was a “secondary benefit” of pulling out of the accord.

Given these circumstances, Bannon could not have had a stronger hand to play in this fight. Still, the climate decision is ultimately the responsibility of Trump himself, not of any single adviser. Trump generally makes decisions that align with Bannon’s views not because he is being manipulated by him but because he agrees with him.

The Republican close to the White House described Bannon and Trump’s relationship metaphorically: “Imagine you have a seventy-something-year-old very strong personality in the family,” the Republican said. “And he’s got his golfing buddy who is his best friend. And they go off golfing and drinking and smoking cigars. What he really wants to do is smoke cigars. But the family is telling him, ‘Smoking cigars is really bad for you and the doctor told you not to do it.’ He’s, like, ‘I know, I know.’ ”

“So when he’s around his family, he’s, like, ‘Look, I’m not smoking cigars!’ And then he goes off with his golf buddy. And guess what they do? They fucking light up cigars, because that’s actually who he is and what he thinks. And Bannon is like his golfing buddy that he goes and smokes cigars with. That’s actually who he is.”


Cyberattaques: Le pire est devant nous (Behind the world’s largest state criminal organization, an open-air gulag and a largely indifferent free world)

22 mai, 2017
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Le jour où la Corée du nord s’effondrera, on découvrira un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire, avec des survivants dont les récits feront honte au monde libre. Et l’on s’interrogera alors sur les raisons pour lesquelles les informations n’ont pas conduit à rompre les relations diplomatiques et à demander des comptes à Pyong Yang. Thérèse Delpech
En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique. L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord. Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir: «Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé», «La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu?», «Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle «insolite». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International. La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche-à-oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme à nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues. Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas «Le monde est dangereux» comme souvent les articles des pages International, mais plutôt «Le monde est fou». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du «royaume de l’absurde». (…) L’info buzz jubile de ce moment où la réalité dépasse la fiction, où une news sur Kim Jong-un devient plus drôle que The Interview, le film de Seth Rogen sur la Corée du Nord, où LeMonde.fr peut rivaliser avec le Gorafi. La Corée du Nord est reléguée au rayon buzz car les images qui nous arrivent du pays, via la propagande nord-coréenne, sont celle d’un grand Disneyland, un décor de carton-pâte dans lequel évolue le poupin Kim Jong-un. C’est une leçon pour les communicants de toute la planète: pour que les médias reprennent un message, il suffit de les penser comme une scène de mauvais téléfilm, organisé autour d’une figure reconnue de la culture pop, comme l’est Kim-Jong-un. Il faut être le moins crédible, le plus proche de la fiction, pour que l’info buzz s’en empare. Vincent Glad
Located in a heavily guarded concrete building in downtown Pyongyang, Bureau No. 39 is the nerve center of North Korea’s state-run network of international crime. Its official name is Central Committee Bureau 39 of the Korean Workers’ Party. The authors refer to it by what Bechtol says is the more accurately nuanced translation of “Office No. 39.” The mission of Office No. 39 is to generate torrents of cash for North Korean ruler Kim Jong Il, by way of illicit activities abroad. Favorite rackets include international trafficking of drugs produced under state supervision in North Korea, and state production and laundering into world markets of counterfeit U.S. currency, and cigarettes. Such activities are tied directly to the survival of Kim’s regime. The authors report “the crimes organized by Office No. 39 are committed beyond the borders of North Korea by the regime itself, not solely for the personal enrichment of the leadership, but to prop up its armed forces and to fund its military programs.” What sets Office No. 39 apart from more pedestrian political corruption or organized crime is that this operation is not some wayward private gang or unauthorized appendage of government. It is an integral and institutionalized part of the North Korean regime. As such, it enjoys the perquisites and protective trappings of the modern nation-state, including the use of North Korean embassies and state-run businesses abroad, and the reluctance of other nations to intervene in the sovereign affairs of North Korea. Office No. 39 is directly tied to Kim himself, who set it up way back in 1974, when his father, Kim Il Sung, was still in power. The authors explain: “This office was established for the explicit purpose of running illegal activities to generate currency for the North Korean government.” Since the 1991 Soviet collapse, which ended subsidies from Moscow, Office No. 39 has become ever more important, and especially over the past 10 years, its activities have become more prolific. Office No. 39 continues to report directly to Kim, who took charge of the regime when his father died in 1994. According to a North Korean defector interviewed by the authors, Kim Kwang-Jin, who has firsthand knowledge of North Korean financial practices, Office No. 39 is also known to North Korean insiders as “the keeper of Kim’s cashbox.” Organized into 10 departments, specializing in various illicit activities, Office No. 39 serves as a slush fund through which billions of dollars have flowed over the years. In a bizarre personal touch, these funds are collected and presented periodically to Kim in aggregate amounts, labeled “revolutionary funds,” on such special occasions as his official birthday, Feb. 12, or the birthday of his late father, Kim Il Sung, April 15th. This money is not spent on easing the miseries of millions of repressed and famished North Koreans. That effort–from which Kim also has a record of appropriating resources to sustain his regime–is left to the likes of international donors, contributing via outfits such as the United Nations. The authors explain that the profits of Bureau 39 help swell the offshore bank accounts of Kim’s regime, used not only to pay for his luxurious lifestyle, but to buy the loyalties and materials that underpin his totalitarian, nuclear-entwined military state … Claudia Rosett
En dépit de leur rhétorique sur le besoin pressant de développer un arsenal nucléaire, la plus grande priorité des dirigeants nord-coréens est de faire entrer des devises étrangères. Sans elles, estiment les experts, le régime risquerait de s’effondrer sous le poids des sanctions internationales. Les courses de taxis ne peuvent bien entendu à elles seules combler cette lacune. Mais les taxis KKG ne sont que l’arbre qui cache la forêt. La flotte de taxis de KKG est l’un des produits issus d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs basés à Hong Kong et une antenne occulte de l’Etat nord-coréen qui, comme le montre notre enquête, a pour vocation première de négocier des contrats à l’international. L’alliance de Pyongyang avec le groupe Queensway [basé à Hong Kong], un groupement d’hommes d’affaires connus pour avoir des liens avec des régimes parias, est opaque. Mais il semble évident que cette alliance permet au régime le plus isolé du monde de garder la tête hors de l’eau. (…) “La plupart des sociétés nord-coréennes sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis, de l’UE ou des Nations unies. Elles changent régulièrement de raison sociale, tout comme leurs navires changent de pavillons. Mais la plupart appartiennent à des officiers supérieurs de l’armée ou au Parti du travail de Corée, au pouvoir. Comme elles sont inscrites sur la liste des sanctions, elles ont besoin d’une société étrangère susceptible de les aider à commercer avec des pays étrangers.” (…) Selon plusieurs hauts responsables asiatiques et américains, la branche nord-coréenne du réseau KKG conduit à une organisation clandestine nommée la Division 39 du Parti du travail. Les Etats-Unis qualifient la Division 39 de “branche clandestine du gouvernement (…) qui assure un soutien essentiel au pouvoir nord-coréen, en partie en menant des activités économiques illicites et en gérant des caisses noires, et en générant des revenus pour les instances dirigeantes.” Les dirigeants nord-coréens ont dû recourir à cette stratégie après des années de sanctions internationales. Imposées en réaction aux essais nucléaires de 2006, 2009 et 2013 ces dernières prévoient notamment un embargo sur les armes visant à empêcher la Corée du Nord de se livrer au commerce de matériel militaire et de se procurer des pièces pour son programme atomique ; un gel des avoirs destiné à exercer une pression financière sur le pouvoir ; et un embargo sur l’exportation de produits de luxe, conçu pour priver les hauts dirigeants des attributs du pouvoir – des homards jusqu’aux cigarillos, en passant par les fourrures et les yachts. Les Nations unies ont fixé le cadre général des sanctions, les Etats décidant par eux-mêmes ce qu’ils interdisent. Les rapports annuels d’une commission onusienne qui surveille les sanctions parlent cependant d’un jeu du chat et de la souris, car les dirigeants nord-coréens usent d’une panoplie de subterfuges en constante évolution pour déguiser leurs activités commerciales à l’étranger. Le dernier rapport en date de l’ONU, remis au Conseil de sécurité en février, fait ainsi état de ventes d’armes en Afrique et de l’utilisation de “pavillons de complaisance” pour échapper aux contrôles sur le transport maritime nord-coréen. Il indique également que “des structures commerciales légales ont été utilisées pour des activités illégales”. (…) Au cours des dix dernières années, le groupe Queensway a bâti un empire commercial contrôlant un portefeuille de plusieurs milliards de dollars, dont les tentacules s’étirent du Zimbabwe jusqu’à Manhattan. La nature précise de l’association avec KKG n’est pas très claire – on ignore s’il s’agit d’une joint-venture officielle ou d’un arrangement plus informel. Les liens entre les financiers de KKG se sont noués vers 2006. Selon le récit du haut fonctionnaire asiatique – dont des détails ont été corroborés par d’autres témoignage –, la percée de Queensway en Corée du Nord a été initiée par le représentant du groupe qui a promu ses intérêts en Afrique et ailleurs. Il utilise au moins sept identités différentes, la plus connue étant Sam Pa. L’année dernière, une enquête du Financial Times a établi que M. Pa et les autres fondateurs du groupe Queensway entretenaient des liens étroits avec de puissants intérêts à Pékin, y compris le service de renseignements chinois et plusieurs entreprises d’Etat. Ils ont également des relations avec de grands groupes occidentaux : des sociétés du groupe Queensway sont en affaires avec BP [compagnie pétrolière britannique] en Angola, Gl encore [entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières] en Guinée, et d’autres. (…) “Les taxis KKG peuvent rapporter au régime quelques devises, grâce aux touristes de passage à Pyongyang, mais tout indique que les véritables cibles du groupe Queensway sont les secteurs minier et pétrolier”, souligne le chercheur américain J. R. Mailey, l’un des auteurs d’un rapport de 2009 du Congrès américain qui a récemment publié une deuxième étude détaillée sur le groupe. Le think tank britannique Chatham House signalait dans un rapport datant de 2009 qu’une filiale chinoise de Queensway, avait proposé en 2007 une entreprise publique chinoise pour réaliser des explorations sismiques sur deux sites de prospection pétrolière en Corée du Nord. Financial Times
From the final weeks of 2010 through the end of 2012, according to former American officials, the Chinese killed at least a dozen of the C.I.A.’s sources. According to three of the officials, one was shot in front of his colleagues in the courtyard of a government building — a message to others who might have been working for the C.I.A. Still others were put in jail. All told, the Chinese killed or imprisoned 18 to 20 of the C.I.A.’s sources in China, according to two former senior American officials, effectively unraveling a network that had taken years to build. Assessing the fallout from an exposed spy operation can be difficult, but the episode was considered particularly damaging. The number of American assets lost in China, officials said, rivaled those lost in the Soviet Union and Russia during the betrayals of both Aldrich Ames and Robert Hanssen, formerly of the C.I.A. and the F.B.I., who divulged intelligence operations to Moscow for years. The previously unreported episode shows how successful the Chinese were in disrupting American spying efforts and stealing secrets years before a well-publicized breach in 2015 gave Beijing access to thousands of government personnel records, including intelligence contractors. The C.I.A. considers spying in China one of its top priorities, but the country’s extensive security apparatus makes it exceptionally hard for Western spy services to develop sources there. At a time when the C.I.A. is trying to figure out how some of its most sensitive documents wereleaked onto the internet two months ago by WikiLeaks, and the F.B.I. investigates possible ties between President Trump’s campaign and Russia, the unsettled nature of the China investigation demonstrates the difficulty of conducting counterespionage investigations into sophisticated spy services like those in Russia and China. (…) Last year, an F.B.I. employee pleaded guilty to acting as a Chinese agent for years, passing sensitive technology information to Beijing in exchange for cash, lavish hotel rooms during foreign travel and prostitutes. In March, prosecutors announced the arrest of a longtime State Department employee, Candace Marie Claiborne, accused of lying to investigators about her contacts with Chinese officials. According to the criminal complaint against Ms. Claiborne, who pleaded not guilty, Chinese agents wired cash into her bank account and showered her with gifts that included an iPhone, a laptop and tuition at a Chinese fashion school. In addition, according to the complaint, she received a fully furnished apartment and a stipend. The NYT
« Désormais, je peux ajouter “a stoppé accidentellement une cyberattaque internationale » sur mon CV ». Dans un tweet humoristique publié samedi 13 mai, @malwaretechblog résume à merveille la situation. Cet Anglais de 22 ans a réussi, presque par hasard, à entraver la propagation du logiciel de racket qui s’est diffusé vendredi à grande vitesse, faisant plus de 200 000 victimes réparties dans 150 pays, selon les données d’Europol. Ce logiciel, appelé, WanaCrypt0r 2.0 chiffre les données présentes sur l’ordinateur infecté et exige, pour que le propriétaire puisse récupérer son contenu, une rançon d’un montant de 300 dollars. La rapidité inédite de sa diffusion, ainsi que l’importance de certaines organisations touchées – le système de santé britannique NHS, le constructeur automobile Renault ou encore l’opérateur espagnol Telefonica – ont généré une vive inquiétude vendredi. Jusqu’à ce que sa propagation soit brutalement freinée par @malwaretechblog, depuis hissé au rang de « héros accidentel » par la presse britannique. Le jeune homme, qui travaille pour l’entreprise de sécurité informatique Kryptos Logic, refuse de dévoiler son identité. « Ça n’a pas de sens de rendre publiques des informations personnelles sur moi », explique-t-il au Guardian. « Il est évident que nous luttons contre des types mal intentionnés, et qu’ils ne vont pas être contents. » S’il tient à protéger son identité, il a toutefois détaillé, sur son blog, la façon dont il avait vécu la folle journée de vendredi et découvert qu’il avait, avec un simple achat de nom de domaine, endigué la propagation du « ransomware » (rançongiciel). En fin de matinée, il se connecte machinalement à une plateforme d’information en temps réel sur les menaces informatiques. Il y est bien fait état de quelques victimes d’un rançongiciel, « mais rien de significatif », estime alors le chercheur en sécurité informatique, qui part déjeuner. A son retour, c’est l’affolement : en quelques heures, le logiciel s’est propagé à des milliers de machines, le fonctionnement des hôpitaux britanniques est perturbé et de nouvelles victimes se font connaître les unes après les autres. Rapidement, il réussit à obtenir une copie du ransomware, dont il examine le code source. Il y remarque la présence d’un nom de domaine en « .com » composé d’une quarantaine de caractères sans aucun sens. Celui-ci n’appartient à personne ; il décide de l’acheter pour 10,69 dollars (9,78 euros). Un réflexe, pour ce chercheur en sécurité informatique spécialisé dans les « malwares », les logiciels malveillants. « J’ai enregistré plusieurs milliers de noms de domaines de ce type l’an passé », explique-t-il. Il ne comprend pas immédiatement quel rôle joue ce nom de domaine dans le fonctionnement du logiciel, il remarque simplement que chaque machine infectée tente automatiquement de s’y connecter. Une aubaine pour @malwaretechblog : désormais propriétaire du nom de domaine, il reçoit ainsi des informations sur le nombre et la provenance géographique de ces connexions, ce qui lui permet de suivre en direct la propagation de ransomware. Des milliers de connexions sont effectuées chaque seconde, mais le rythme finit étrangement par ralentir. Parallèlement, un autre chercheur à qui il fournit une copie du ransomware s’étonne de ne pas réussir à le faire fonctionner. « A ce moment là, nous avions tué le malware sans le savoir, explique@malwaretechblog sur son blog. Nous ne comprenions donc pas pourquoi il n’arrivait pas à le faire fonctionner. » La confusion règne alors, et va être amplifiée par un employé de son entreprise, qui, après avoir examiné le code, croit comprendre, à tort, que l’achat du nom de domaine a en fait empiré la situation en déclenchant le chiffrement des fichiers à grande échelle. « Ça a causé une sacrée panique. » Heureusement, de l’autre côté de l’Atlantique, un autre spécialiste en sécurité informatique, Darien Huss, s’est entre-temps rendu compte que l’enregistrement du nom de domaine avait, bien au contraire, entravé la propagation du virus. Incrédule, @malwaretechblog lance quelques tests et parvient à confirmer les affirmations de Darien Huss : le logiciel ne fonctionne plus chez lui, mais se remet à marcher correctement quand il fait en sorte que la connexion au nom de domaine échoue. « Je pense que vous aurez du mal à visualiser un adulte sautillant d’excitation après avoir été victime d’un ransomware, mais c’était moi », écrit-il sur son blog. Le logiciel est en fait conçu de façon à se connecter automatiquement à ce nom de domaine. Si ce dernier ne répond pas, alors l’opération peut se dérouler comme prévu : bloquer la machine, chiffrer les données et exiger une rançon. En revanche, s’il répond, alors le logiciel devient inactif. C’est ce qui s’est passé quand le nom de domaine a été enregistré. Ce système est considéré par certains spécialistes comme une sorte de procédure d’urgence conçue par les créateurs du logiciel pour stopper sa propagation si besoin. @Malwaretechblog pense plutôt, de son côté, qu’il s’agit d’une maladresse dans la conception du programme. Sur le moment, « nous n’avons pas tellement pensé “oui, nous l’avons fait !” mais plutôt “oh mon dieu, on n’a pas foutu le monde en l’air, c’est super” », raconte-t-il au DailyMail. Le Monde
The United States may have escaped most digital damage from this month’s unleashing of a global “ransomware” virus, though cyber-experts fear more attacks. One possible explanation is that the malicious software (“malware”) harms older versions of Microsoft’s Windows operating system, which most Americans have replaced. Perhaps many users in other countries haven’t. Whatever the explanation, this is not the end of Internet threats. The unmistakable lesson of recent years is that the Internet is a double-edged sword. Despite enormous benefits — instant access to huge quantities of information, the proliferation of new forms of businesses, communications and entertainment — it also encourages crime, global conflict and economic disruption. The drift seems ominous. The Russians, it is widely agreed, hacked into the computers of the Democratic National Committee, raising fears that the U.S. presidential election was compromised. In Dallas, hackers turned on the city’s emergency sirens for more than an hour. Cyberthieves stole $81 million from Bangladesh’s central bank, though some of the money has apparently been recovered. We are dangerously dependent on Internet-based systems. All these incidents threatened the social fabric of the victimized societies. If the Russians hacked the Democrats, who might be next? Could whoever triggered Dallas’s sirens turn off the traffic lights or the local power grid? How safe are electronic financial transfers? Ransomware validates these fears. What was stunning is how quickly the recent outbreak spread. One estimate had it quickly migrating to 150 countries and affecting 200,000 computers. Despite the rapid response — the discovery of a so-called “kill switch” in the malware that deactivated the virus — the basic message remains: Much health care, transportation and ordinary business might close if deprived of Internet access, whether by hostile governments (North Korea?) or cybercriminals. This makes the Internet a weapon that can be used against us — or by us. (…) We are addicted to the Internet and refuse to recognize how our addiction subtracts from our security. The more we connect our devices and instruments to the Internet, the more we create paths for others to use against us, either by shutting down websites or by controlling what they do. Put differently, we are — incredibly — inviting trouble. Our commercial interests and our national security diverge. The latest example of this tension is the “Internet of things” or the “smart home.” It involves connecting various devices and gadgets (thermostats, lights, cameras, locks, ovens) to the Internet so they can be operated or monitored remotely. This would be a major Internet expansion and moneymaker. (…) we compartmentalize. We lavish praise on our cybercapitalists — Mark Zuckerberg, Jeff Bezos and others — for their accomplishments while conveniently forgetting that the same technologies also make us less safe. (…) we are in denial. Robert J. Samuelson
Ce n’est qu’une question de temps avant que les gens voient un message sur l’écran de leur voiture leur indiquant que le moteur a été désactivé et qu’il leur coûtera l’équivalent de 200 dollars, en bitcoins, pour le refaire fonctionner. Ou un message similaire sur leur téléphone pour déverrouiller la porte de leur maison contrôlée par Internet: payez 100 dollars si vous voulez rentrer chez vous ce soir. Ou beaucoup plus si vous voulez que votre défibrillateur cardiaque continue à fonctionner. Bruce Schneier
Bruce Schneier (…) rappelle que l’agence américaine de renseignement électronique NSA sait déjà comment infiltrer des téléviseurs Samsung et que le piratage de thermostats a déjà été prouvé. L’Internet des objets, ajoute le spécialiste, ce sont des appareils produits avec peu de soin par des sociétés qui n’ont souvent pas d’équipes d’ingénieurs en sécurité – au contraire de Microsoft, qui a pu réparer la faille au sein de Windows XP, exploitée par WannaCry. Mais même Microsoft est visé: selon le Financial Times de jeudi, la société a doublé en 2014 le prix de la mise à jour des anciennes versions de Windows, obligeant des institutions, dont le service de santé britannique NHS, à renoncer à des mises à jour faute d’argent. Et ainsi à se retrouver à la merci des pirates. Le Temps
[Cette cellule] est dédiée au piratage d’établissements financiers par l’intrusion et le retrait d’argent sur des comptes bancairesLes hackers se rendent à l’étranger pour trouver des lieux dotés d’une meilleure connectivité à Internet qu’en Corée du Nord et pour ne pas laisser de trace.  Kim Heung-kwang (transfuge nord-coréen)
 Depuis [le piratage de] Sony, ils se livrent à du hacking en soutien d’activités criminelles pour faire gagner de l’argent au régime. Jusqu’ici, ça fonctionne aussi bien — si ce n’est mieux — que la drogue, la contrefaçon ou la contrebande, leurs recettes habituelles. James Lewis (Centre des études internationales et stratégiques de Washington)
La Corée du Nord compte, au sein de son service de renseignement extérieur, une cellule dédiée aux cyberattaques. Connue sous le nom d’Unité 180, elle serait à l’origine des récentes demandes de rançon les plus remarquées, antérieures à WannaCry, dont le gouvernement nord-coréen a nié la responsabilité. Dès qu’une cyberattaque de grande portée frappe une entreprise ou une institution, la Corée du Nord compte parmi les premiers suspects. La propagation du ransomware WannaCry, qui a touché plus de 200 000 ordinateurs dans 150 pays, n’a pas échappé à la règle : une partie du code retrouvée dans une première version du logiciel était en effet semblable à celle d’un backdoor utilisé par les hackers nord-coréens du Lazarus Group en 2015. La Corée du Nord a depuis démenti ces accusations par l’intermédiaire de son représentant aux Nations unies (…) Pourtant, comme le révèle Reuters, le pays compte bien, au sein de son agence de renseignement extérieure, une cellule spéciale dédiée aux cyberattaques. Nommée Unité 180, elle serait à l’origine des récentes cyberattaques visant à récolter des fonds par le biais d’un chantage, selon les témoignages de plusieurs experts en cybersécurité comme d’anciens citoyens du régime de Pyongyang qui ont fui la dictature actuellement dirigée par Kim Jong-un. (…) Son analyse concorde avec celle que livrait la défense américaine dans un rapport rendu l’an dernier : « [Le gouvernement] considère [les cyberattaques] comme un outil rentable, asymétrique et réfutable auquel il peut recourir avec très peu de risques de représailles, notamment parce que […] [La Corée du Nord] recourt probablement à l’Internet des nations tierces ». Parmi les principales bases d’opération extérieure de l’Unité 180, on trouve ainsi la Malaisie et la Chine, deux pays d’Asie qui offrent une couverture idéale aux hackers gouvernementaux, intégrés dans des sociétés informatiques ou des filiales d’entreprises nord-coréennes. Selon James Lewis, spécialiste de la Corée du Nord au sein du Centre des études internationales et stratégiques de Washington, la stratégie du pays en matière de piratage a évolué au fil des années. D’abord destinée à l’espionnage et au harcèlement de cibles sud-coréennes et américaines, elle a selon lui connu un changement récent grâce à l’opération réussie contre le géant du cinéma (…) Les attaques menées contre son voisin sudiste sont aussi réalisées depuis l’étranger pour brouiller les pistes, à l’instar du piratage de 140 000 ordinateurs de Corée du Sud en juin 2016. Simon Choi, expert en sécurité au sein de l’entreprise d’antivirus Hauri, affirme ainsi : « Ils agissent de [Chine] de façon à ce qu'[…] on retrouve des adresses IP chinoises. » Selon Reuters, deux entreprises tech de Malaisie auraient ainsi un lien avec l’agence de renseignement extérieure (et l’Unité 180). La Corée du Nord, qui dément systématiquement les accusations dont elle fait l’objet, est toutefois loin de s’appuyer sur cette seule cellule, comme l’explique Michael Madden, un expert américain : « Ils recrutent leur personnel au collège. Celui-ci reçoit ensuite une formation avancée dans les meilleurs établissements [du pays]. » Si le flou persiste autour de l’identité des hackers de l’Unité 180, Dmtri Alperovitch, cofondateur de l’entreprise en sécurité informatique CrowdStrike, estime que l’essentiel réside plutôt dans leur potentiel de nuisance : « Leurs capacités se sont améliorées au fil du temps et nous les percevons comme une menace capable de causer des dommages importants sur les réseaux privés et gouvernementaux américains ». Numerama

Attention: une responsabilité peut en cacher une autre !

A l’heure où des médias qui n’ont pas de mots assez durs pour les prétendus manquements, dans le domaine du renseignement, de l’actuel président américain …

Se décident à ressortir l’un des plus grands fiascos, sous la précédente administration, de l’espionnage américain face aux services de renseignement chinois …

Et où derrière la récente et massive vague de cyberattaques certains spécialistes pointent la possible main de l’Etat-voyou nord-coréen

Alors que l’on découvre comment une Chine volontiers donneuse de leçons se trouverait abriter lesdits pirates nord-coréens …

Et que par l’augmentation massive des prix de leurs mises à jour, des entreprises américaines peuvent livrer à la merci des pirates des services de santé de pays entiers …

Comment ne pas voir …

Que le pire, arrêté cette fois presque accidentellement, est probablement devant nous …

Mais aussi ne pas repenser comme nous le rappelions il y a deux ans

A la tristement célèbre Division 39

Cette véritable organisation criminelle qui entre vente d’armes, contrefaçon monétaire et trafic de drogue permet au régime le plus isolé au monde de se raccorder à l’économie mondiale pour ses besoins en devises et marchandises …

Et fournit aussi à l’ensemble des autres régimes-voyous de la planète comme l’Iran les moyens de construire leurs armes de destruction massive et de déjouer tant les sanctions que les aides d’un système international bien peu regardant ?

Mais surtout ne pas se rappeler …

L’avertissement de la regrettée polémologue française Thérèse Delpech …

Sur la responsabilité non seulement d’une Chine sans laquelle il ne tiendrait pas une semaine …

Mais d’un monde libre indifférent qui, via ses satellites et les abondants témoignages des transfuges, en connait pourtant tous les détails …

Face à l’un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire »?

Vers des cyberattaques plus nocives encore
Anouch Seydtaghia
Le Temps
19 mai 2017

En parallèle à l’attaque par extorsion débutée vendredi passé, des millions d’internautes se sont fait voler leurs données ces derniers jours via plusieurs assauts menés au niveau mondial. Les spécialistes avertissent: des attaques de grande ampleur causeront des dégâts encore plus importants

WannaCry n’est pas mort. Une semaine après sa découverte et son expansion mondiale, le logiciel d’extorsion continue à faire des dégâts sur la planète. «Aujourd’hui, le rythme moyen est d’une tentative toutes les trois secondes, ce qui montre un léger recul depuis le rythme enregistré d’un essai par seconde il y a de cela deux jours», notait, vendredi après-midi, le spécialiste en sécurité informatique israélien Check Point. Mais WannyCry, qui a infecté plus de 300 000 ordinateurs sur la planète, n’est que la pointe de l’iceberg. En parallèle, deux attaques massives ont eu lieu, éclipsées par l’agitation mondiale autour du logiciel d’extorsion.

Dans l’ombre de WannaCry, les attaques ciblées se multiplient. Ainsi, cette semaine, zomato.com, site de conseil pour trouver des restaurants dans 24 pays, s’est fait voler les données de 17 millions de clients, dont 6,6 millions ont été mis en vente. Peu connue en Suisse, Zomato est une multinationale indienne, forte de 120 millions d’utilisateurs. Les pirates ont rapidement retiré leur offre de vente, relatait vendredi le site spécialisé TechCrunch, car ils ont réussi à faire plier la société. Zomato a accepté de lancer un programme pour récompenser financièrement les hackers qui détecteront de futures failles.

«Si vous ne coopérez pas…»

Zomato a beau avoir levé 420 millions de dollars (autant en francs) et valoir près d’un milliard de dollars, elle n’a pas pris de mesures efficaces pour protéger ses clients, selon TechCrunch. Pire: ses responsables affirmaient que les mots de passe, chiffrés, seraient illisibles. Or des experts ont pu facilement les décoder.

En parallèle, toujours cette semaine, 1,9 million de clients de l’opérateur de télécoms canadien Bell ont vu leurs données volées. «Nous publions une petite partie des données de Bell car ils n’ont pas voulu coopérer avec nous», écrivaient lundi les pirates, qui menaçaient: «Cela montre que cette société se fiche de la sécurité de ses clients. […] Bell, si vous ne coopérez pas, il y aura davantage de fuites.» L’opérateur n’a pas dit si une demande de rançon est en cours.

Voiture bloquée

Ces deux exemples montrent que les entreprises sont sans cesse sous la menace de tentatives d’extorsion ciblées, rendant par ricochet vulnérables leurs clients. Des internautes qui risquent, en parallèle, d’être confrontés à de plus en plus de tentatives de chantage. Cette semaine, le spécialiste indépendant en cybersécurité Bruce Schneier publiait une tribune éclairante dans le Washington Post.

«Ce n’est qu’une question de temps avant que les gens voient un message sur l’écran de leur voiture leur indiquant que le moteur a été désactivé et qu’il leur coûtera l’équivalent de 200 dollars, en bitcoins, pour le refaire fonctionner. Ou un message similaire sur leur téléphone pour déverrouiller la porte de leur maison contrôlée par Internet: payez 100 dollars si vous voulez rentrer chez vous ce soir. Ou beaucoup plus si vous voulez que votre défibrillateur cardiaque continue à fonctionner.»

Microsoft accusé

Simple fantasme de chercheur? Non, affirme Bruce Schneier, qui rappelle que l’agence américaine de renseignement électronique NSA sait déjà comment infiltrer des téléviseurs Samsung et que le piratage de thermostats a déjà été prouvé. L’Internet des objets, ajoute le spécialiste, ce sont des appareils produits avec peu de soin par des sociétés qui n’ont souvent pas d’équipes d’ingénieurs en sécurité – au contraire de Microsoft, qui a pu réparer la faille au sein de Windows XP, exploitée par WannaCry.

Mais même Microsoft est visé: selon le Financial Times de jeudi, la société a doublé en 2014 le prix de la mise à jour des anciennes versions de Windows, obligeant des institutions, dont le service de santé britannique NHS, à renoncer à des mises à jour faute d’argent. Et ainsi à se retrouver à la merci des pirates.

Voir aussi:

We’ll need new security standards when hackers go after the Internet of Things.

May 16

Bruce Schneier is a security technologist and a lecturer at the Kennedy School of Government at Harvard University. His latest book is « Data and Goliath: The Hidden Battles to Collect Your Data and Control Your World. »
Ransomware isn’t new, but it’s increasingly popular and profitable.The concept is simple: Your computer gets infected with a virus that encrypts your files until you pay a ransom. It’s extortion taken to its networked extreme. The criminals provide step-by-step instructions on how to pay, sometimes even offering a help line for victims unsure how to buy bitcoin. The price is designed to be cheap enough for people to pay instead of giving up: a few hundred dollars in many cases. Those who design these systems know their market, and it’s a profitable one.The ransomware that has affected systems in more than 150 countries recently, WannaCry, made press headlines last week, but it doesn’t seem to be more virulent or more expensive than other ransomware. This one has a particularly interesting pedigree: It’s based on a vulnerability developed by the National Security Agency that can be used against many versions of the Windows operating system. The NSA’s code was, in turn, stolen by an unknown hacker group called Shadow Brokers — widely believed by the security community to be the Russians — in 2014 and released to the public in April.Microsoft patched the vulnerability a month earlier, presumably after being alerted by the NSA that the leak was imminent. But the vulnerability affected older versions of Windows that Microsoft no longer supports, and there are still many people and organizations that don’t regularly patch their systems. This allowed whoever wrote WannaCry — it could be anyone from a lone individual to an organized crime syndicate — to use it to infect computers and extort users.The lessons for users are obvious: Keep your system patches up to date and regularly backup your data. This isn’t just good advice to defend against ransomware, but good advice in general. But it’s becoming obsolete.

Everything is becoming a computer. Your microwave is a computer that makes things hot. Your refrigerator is a computer that keeps things cold. Your car and television, the traffic lights and signals in your city and our national power grid are all computers. This is the much-hyped Internet of Things (IoT). It’s coming, and it’s coming faster than you might think. And as these devices connect to the Internet, they become vulnerable to ransomware and other computer threats.

It’s only a matter of time before people get messages on their car screens saying that the engine has been disabled and it will cost $200 in bitcoin to turn it back on. Or a similar message on their phones about their Internet-enabled door lock: Pay $100 if you want to get into your house tonight. Or pay far more if they want their embedded heart defibrillator to keep working.

This isn’t just theoretical. Researchers have already demonstrated a ransomware attack against smart thermostats, which may sound like a nuisance at first but can cause serious property damage if it’s cold enough outside. If the device under attack has no screen, you’ll get the message on the smartphone app you control it from.

Hackers don’t even have to come up with these ideas on their own; the government agencies whose code was stolen were already doing it. One of the leaked CIA attack tools targets Internet-enabled Samsung smart televisions.

Even worse, the usual solutions won’t work with these embedded systems. You have no way to back up your refrigerator’s software, and it’s unclear whether that solution would even work if an attack targets the functionality of the device rather than its stored data.

These devices will be around for a long time. Unlike our phones and computers, which we replace every few years, cars are expected to last at least a decade. We want our appliances to run for 20 years or more, our thermostats even longer.

What happens when the company that made our smart washing machine — or just the computer part — goes out of business, or otherwise decides that they can no longer support older models? WannaCry affected Windows versions as far back as XP, a version that Microsoft no longer supports. The company broke with policy and released a patch for those older systems, but it has both the engineering talent and the money to do so.

That won’t happen with low-cost IoT devices.

Those devices are built on the cheap, and the companies that make them don’t have the dedicated teams of security engineers ready to craft and distribute security patches. The economics of the IoT doesn’t allow for it. Even worse, many of these devices aren’t patchable. Remember last fall when the Murai botnet infected hundreds of thousands of Internet-enabled digital video recorders, webcams and other devices and launched a massive denial-of-service attack that resulted in a host of popular websites dropping off the Internet? Most of those devices couldn’t be fixed with new software once they were attacked. The way you update your DVR is to throw it away and buy a new one.

Solutions aren’t easy and they’re not pretty. The market is not going to fix this unaided. Security is a hard-to-evaluate feature against a possible future threat, and consumers have long rewarded companies that provide easy-to-compare features and a quick time-to-market at its expense. We need to assign liabilities to companies that write insecure software that harms people, and possibly even issue and enforce regulations that require companies to maintain software systems throughout their life cycle. We may need minimum security standards for critical IoT devices. And it would help if the NSA got more involved in securing our information infrastructure and less in keeping it vulnerable so the government can eavesdrop.

I know this all sounds politically impossible right now, but we simply cannot live in a future where everything — from the things we own to our nation’s infrastructure — can be held for ransom by criminals again and again.


1917-2017: Au secours, Lénine revient ! (A la veille du premier tour d’une élection présidentielle décisive, un essayiste qui a connu la dictature de Ceausescu met en garde contre les conséquences potentiellement désastreuses de l’étrange obsession antilibérale française)

23 avril, 2017

« Mélenchon, Poutou et Arthaud ne me font pas rire : moi, le communisme, je l'ai vécu ! »

La consternation des Vénézuéliens de Paris face à MélenchonNo automatic alt text available.Image may contain: textIt was probably too much to ask a basically medieval country to become modern in a decade. Instead, Russia reverted to its primal self, to Vladimir Putin, whose compact with the Russian people is a somewhat attenuated version of Josef Stalin’s own. Kennan, it seemed, had figured out the whole game before we even started to play it. One suspects that Donald Trump and his coterie have yet to read the “X” article. If they had, Secretary of State Rex Tillerson wouldn’t have flown to Moscow to discuss U.S.-Russia relations; Trump likely never would have made his now obsolete comment about the obsolescence of NATO; and former national security adviser Michael Flynn never would have discussed lifting sanctions with the seemingly ubiquitous Russian ambassador Sergey Kislyak. (…) Of course, Trump is not our first president to believe mistakenly that America can change Russia. Barack Obama was woefully ignorant of Russia, and it took George W. Bush four years to start putting the pieces together. Clinton seems to have believed his relationship with Yeltsin was more important than it was. Rex Tillerson, the secretary of state, observed earlier this week that the “current state of U.S.-Russia relations is at a low point.” But, really, U.S.-Russia relations have been at a low point since 2003, when Putin signaled, with the arrest of Yukos chief Mikhail Khodorkovsky, that the Yeltsin era, the era of intermittent liberalization, was over. Since then, there have been two periods of faux-warming: the reset, at the outset of the Obama era, and the lead-up to Trump’s inauguration. Both moments of ill-placed optimism had nothing to do with Russia and everything to do with America reaffirming its core belief that, if only it tried a little harder, or set about things a little differently, Russia would come around—which