Guerre et religion: Attention, un prix Nobel peut en cacher un autre ! (Think not that I am come to send peace on earth)

30 décembre, 2015

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Dieu ne recevra jamais le prix Nobel de la paix. José Artur
Dieu, prix Nobel de la guerre. Cabu (2002, couverture de Charlie hebdo et inscription sur la statue de la République de Paris)
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Jésus (Jean 14: 27)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, vous dis-je, mais la division. Car désormais cinq dans une maison seront divisés, trois contre deux, et deux contre trois; le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. Jésus (Luc 12: 51-53)
L’heure vient même où qui vous tuera estimera rendre un culte à Dieu. Jean 16: 2
Nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens. Paul (I Corinthiens 1: 23)
« Dionysos contre le ‘crucifié’  » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Peut-on imaginer personnage littéraire plus désagréable que le Dieu de l’Ancien Testament? Jaloux et en étant fier; obsédé de l’autorité, mesquin, injuste et impitoyable; vengeur et sanguinaire tenant de l’épuration ethnique; tyrannique, misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocidaire, fillicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste et capricieusement diabolique. Richard Dawkins (2006)
Pour l’islam (…) j’aime bien leur symbole, le croissant de lune, je le trouve beaucoup plus beau que la croix, peut-être parce qu’il n’a pas quelqu’un de cloué dessus. Pat Condell
Je voulais que le choc provoqué nous fasse reprendre conscience du scandale de quelqu’un cloué sur une croix. Par habitude on n’éprouve plus de réelles émotions face à quelque chose de véritablement scandaleux, la crucifixion. Mgr Jean-Michel di Falco (évêque de Gap)
Si le film [de Mel Gibson] avait été projeté avant-guerre en Pologne, il aurait déclenché des pogroms. Meïr Weintrater (directeur de L’Arche)
Il y a une forme de guerre qui est épuisée aujourd’hui, en Europe du moins. Ce que la France a vécu pendant les deux conflits mondiaux, l’Allemagne l’a subi aussi : nous en sommes au même point. Une des sources de l’antiaméricanisme, c’est le fait que les Etats-Unis sont encore capables d’une montée aux extrêmes. En les critiquant pour cette faculté d’accepter le défi de la violence, c’est notre passé que nous condamnons rétrospectivement. Mais si certains sont rassurés parce que la guerre semblée écartée, la guerre au sens européen, le terrorisme forme une métastase qui envahit tout, et qui représente une menace universelle. Par conséquent, nous sommes en train de franchir une étape dans la montée de la violence. (…) Parler de choc des civilisations, c’est dire que c’est la différence qui l’emporte. Alors que je crois, moi, que c’est l’identité des adversaires qui sous-tend leur affrontement. (…) Nolte montre que l’URSS et le IIIe Reich ont été l’un pour l’autre un « modèle repoussoir ». Ce qui illustre la loi selon laquelle ce à quoi nous nous heurtons, c’est ce que nous imitons. Il est frappant qu’un historien pense les rapports d’inimitié en terme d’identité, en terme de copie. Ce que Nolte appelle le modèle repoussoir, c’est ce que la théorie mimétique appelle le modèle obstacle : dans la rivalité, celui qu’on prend pour modèle, on désire ce qu’il désire et par conséquent il devient obstacle. Le rapport mimétique conduit à imiter ses adversaires, tantôt dans les compliments, tantôt dans le conflit. (…) Les islamistes tentent de rallier tout un peuple de victimes et de frustrés dans un rapport mimétique à l’Occident. Les terroristes utilisent d’ailleurs à leurs fins la technologie occidentale : encore du mimétisme. Il y a du ressentiment là-dedans, au sens nietzschéen, réaction que l’Occident a favorisée par ses privilèges. (…) Il ne faut pas faire semblant de croire que, dans leur conception de la violence, le christianisme et l’islam sont sur le même plan. (…) La Croix, c’est le retournement qui dévoile la vérité des religions révélées. Les religions archaïques, c’est le bouc émissaire vrai, c’est-à-dire le bouc émissaire caché. Et la religion chrétienne, c’est le bouc émissaire révélé. Une fois que le bouc émissaire a été révélé, il ne peut plus y en avoir, et donc nous sommes privés de violence. Ceux qui attaquent le christianisme ont raison de dire qu’il est indirectement responsable de la violence, mais ils n’oseraient pas dire pourquoi : c’est parce qu’il la rend inefficace et qu’il fait honte à ceux qui l’utilisent et se réconcilient contre une victime commune. René Girard
Pour restituer à la crucifixion sa puissance de scandale, il suffit de la filmer telle quelle, sans rien y ajouter, sans rien en retrancher. Mel Gibson a-t-il réalisé ce programme jusqu’au bout ? Pas complètement sans doute, mais il en a fait suffisamment pour épouvanter tous les conformismes. René Girard
Le christianisme est la seule religion qui aura prévu son propre échec. Cette prescience s’appelle l’apocalypse. René Girard
Il convient de voir dans les Ecritures judéo-chrétiennes la première révélation complète du pouvoir structurant de la victimisation dans les religions païennes ; quant au problème de la valeur anthropologique de ces Ecritures, il peut et doit être étudié comme un problème purement scientifique, la question étant de savoir si, oui ou non, les mythes deviennent intelligibles, comme je le crois, dès lors qu’on les interprète comme les traces plus ou moins lointaines d’épisodes de persécution mal compris. (…) Ma conclusion est que, dans notre monde, la démythification tire sa force de la Bible. Réponse inacceptable pour ceux qui pensent que tout ce qui risque de placer la Bible sous un jour favorable ne saurait être pris au sérieux par les vrais chercheurs, car il ne peut s’agir que d’une approche religieuse – et donc irrationnelle – qui n’a strictement aucune valeur du point de vue de l’anthropologie. (…) Et pourtant, y a-t-il quelque chose qui soit plus naturel aux chercheurs que de traiter des textes similaires de façon similaire, ne serait-ce que pour voir ce que cela donne ? Un tabou inaperçu pèse sur ce type d’étude comparative. Les tabous les plus forts sont toujours invisibles. Comme tous les tabous puissants, celui-ci est antireligieux, c’est-à-dire, au fond, de nature religieuse. A partir de la Renaissance, les intellectuels modernes ont remplacé les Ecritures judéo-chrétiennes par les cultures anciennes. Puis, l’humanisme de Rousseau et de ses successeurs a glorifié à l’excès les cultures primitives et s’est également détourné de la Bible. Si la lecture que je propose est acceptée, notre vieux système de valeurs universitaires, fondé sur l’élévation des cultures non bibliques aux dépens de la Bible, va devenir indéfendable. Il deviendra clair que le véritable travail de démythification marche avec la mythologie, mais pas avec la Bible, car la Bible elle-même fait déjà ce travail. La Bible en est même l’inventeur : elle a été la première à remplacer la structure victimaire de la mythologie par un thème de victimisation qui révèle le mensonge de la mythologie. René Girard
La nature d’une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion. Notre civilisation est incapable de construire un temple ou un tombeau. Elle sera contrainte de trouver sa valeur fondamentale, ou elle se décomposera. C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l’islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine. Les conséquences de ce phénomène sont encore imprévisibles. A l’origine de la révolution marxiste, on croyait pouvoir endiguer le courant par des solutions partielles. Ni le christianisme, ni les organisations patronales ou ouvrières n’ont trouvé la réponse. De même aujourd’hui, le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l’islam. En théorie, la solution paraît d’ailleurs extrêmement difficile. Peut-être serait-elle possible en pratique si, pour nous borner à l’aspect français de la question, celle-ci était pensée et appliquée par un véritable homme d’Etat. Les données actuelles du problème portent à croire que des formes variées de dictature musulmane vont s’établir successivement à travers le monde arabe. Quand je dis «musulmane» je pense moins aux structures religieuses qu’aux structures temporelles découlant de la doctrine de Mahomet. Dès maintenant, le sultan du Maroc est dépassé et Bourguiba ne conservera le pouvoir qu’en devenant une sorte de dictateur. Peut-être des solutions partielles auraient-elles suffi à endiguer le courant de l’islam, si elles avaient été appliquées à temps. Actuellement, il est trop tard ! Les «misérables» ont d’ailleurs peu à perdre. Ils préféreront conserver leur misère à l’intérieur d’une communauté musulmane. Leur sort sans doute restera inchangé. Nous avons d’eux une conception trop occidentale. Aux bienfaits que nous prétendons pouvoir leur apporter, ils préféreront l’avenir de leur race. L’Afrique noire ne restera pas longtemps insensible à ce processus. Tout ce que nous pouvons faire, c’est prendre conscience de la gravité du phénomène et tenter d’en retarder l’évolution. André Malraux (1956)
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ceux qui considèrent l’hébraïsme et le christianisme comme des religions du bouc émissaire parce qu’elles le rendent visible font comme s’ils punissaient l’ambassadeur en raison du message qu’il apporte. René Girard
Il y a deux grandes attitudes à mon avis dans l’histoire humaine, il y a celle de la mythologie qui s’efforce de dissimuler la violence, car, en dernière analyse, c’est sur la violence injuste que les communautés humaines reposent. (…) Cette attitude est trop universelle pour être condamnée. C’est l’attitude d’ailleurs des plus grands philosophes grecs et en particulier de Platon, qui condamne Homère et tous les poètes parce qu’ils se permettent de décrire dans leurs oeuvres les violences attribuées par les mythes aux dieux de la cité. Le grand philosophe voit dans cette audacieuse révélation une source de désordre, un péril majeur pour toute la société. Cette attitude est certainement l’attitude religieuse la plus répandue, la plus normale, la plus naturelle à l’homme et, de nos jours, elle est plus universelle que jamais, car les croyants modernisés, aussi bien les chrétiens que les juifs, l’ont au moins partiellement adoptée. L’autre attitude est beaucoup plus rare et elle est même unique au monde. Elle est réservée tout entière aux grands moments de l’inspiration biblique et chrétienne. Elle consiste non pas à pudiquement dissimuler mais, au contraire, à révéler la violence dans toute son injustice et son mensonge, partout où il est possible de la repérer. C’est l’attitude du Livre de Job et c’est l’attitude des Evangiles. C’est la plus audacieuse des deux et, à mon avis, c’est la plus grande. C’est l’attitude qui nous a permis de découvrir l’innocence de la plupart des victimes que même les hommes les plus religieux, au cours de leur histoire, n’ont jamais cessé de massacrer et de persécuter. C’est là qu’est l’inspiration commune au judaïsme et au christianisme, et c’est la clef, il faut l’espérer, de leur réconciliation future. C’est la tendance héroïque à mettre la vérité au-dessus même de l’ordre social. René Girard
Nous montons sur nos grands chevaux mais souvenons-nous que pendant les croisades et l’inquisition, des actes terribles ont été commis au nom du Christ. Dans notre pays, nous avons eu l’esclavage, trop souvent justifié par le Christ. Barack Hussein Obama
J’ai un appart tout meublé avec cuisine équipée, deux salles de bains toilettes, et trois chambres, et je paye pas de loyer, ni l’électricité et l’eau. La belle vie quoi !!! […] Et toutes les villes que j’ai faites, en Syrie et maintenant en Irak, je n’ai pas vu un seul mendiant ! […] Tu sais pourquoi ? Parce que les biens sont tellement bien distribués équitablement que tout le monde vit bien. Kahina (épouse d’un des terroristes-suicide du Bataclan)
Le terrorisme a frappé la France, pas pour ce qu’elle fait en Irak, en Syrie ou au Sahel, mais pour ce qu’elle est. Manuel Valls
L’Etat islamique exploite toutes les failles possibles dans un contexte post-colonial fragile, c’est pourquoi il parle aussi des lois de 2004 sur l’interdiction du voile à l’école et de 2010 sur l’interdiction du port du voile intégral. (…) La communication de Daech est stratégiquement mortifère. Tout élément susceptible d’avaliser l’idéologie qui est la sienne est réutilisé. Au final, on ne sait plus trop pourquoi ils nous en veulent. Est-ce une question ontologique ou politique? Le brouillage est volontairement entretenu. Haoues Seniguer (IEP de Lyon)
Pourquoi la France? Pour de nombreuses raisons sans doute. Mais je crois qu’ils considèrent mon pays comme le maillon faible de l’Europe, comme un pays où il serait facile de semer la division. Nicolas Hénin (journaliste, ex-otage de l’EI en Syrie)
La France, c’est une ex-puissance coloniale, notamment au Maghreb et les maghrébins sont parmi les plus nombreux aujourd’hui au sein de l’Etat islamique, or les jihadistes ont la mémoire longue. David Thomson (France Inter)
L’absence d’une communication audible du gouvernement sur les tenants et les aboutissants des attentats du mois de janvier 2015, qui avaient pourtant été les plus meurtriers sur le sol français depuis la guerre d’Algérie, n’a pas été, et continue de ne pas être de nature à renforcer la confiance sur la qualité du système français de lutte contre le terrorisme. Cette erreur ne doit pas être répétée et aggravée : le « vendredi noir » doit être suivi par ce que les spécialistes appellent un « retour d’expérience » (abrégé en RETEX) digne de ce nom, en partie couvert par le secret nécessaire aux opérations de renseignement, mais en partie aussi livré au public. La même observation vaut pour la limitation des effets des attentats. Au sommet de l’Etat, la prise de décision et la communication politique ont été assurées avec efficacité par le président Hollande. Il en allait de même pour la communication sur l’état de l’enquête, gérée avec doigté par le procureur François Molins. Au plan opérationnel, forces de l’ordre, sapeurs-pompiers, services médicaux ont de toute évidence agi avec courage et humanité. Mais que de questions pendantes… Où était la communication opérationnelle, donnant des consignes de comportement aux populations dans et autour des zones menacées ? Le chef de la Metropolitan Police assurait la communication opérationnelle pendant les attentats multiples du 7 juillet 2005 à Londres, dont le nombre et la synchronicité étaient semblables à ceux de Paris. Où était son homologue parisien, le préfet de police Michel Cadot, le soir du 13 novembre ? Où était la plate-forme en ligne permettant à chacun de recevoir des réponses autorisées pendant la crise ? Même la Belgique, dont les Français se sont trop volontiers moqués ces dernières semaines, s’en était dotée pendant le « lockdown » de Bruxelles. Il ne s’agit pas là d’éléments secondaires de gestion d’une crise terroriste. Le terrorisme est un acte de violence qui vise à communiquer la terreur aux populations visées : la contre-communication est essentielle pour inspirer la confiance. Ces interrogations sur le lien entre les autorités et la population, et d’autres du même type, ne devraient même pas surgir, puisque traitées dans le Livre blanc gouvernemental sur le terrorisme, publié il y a dix ans déjà. Ajoutons que ce document public rédigé dans la foulée des attentats de Madrid (191 morts) et de Londres (55 morts) contenait des scénarios de violence terroriste très voisins du « vendredi noir ». (…) les citoyens sont en droit de savoir ce qui s’est passé tout le temps qu’ont duré les attentats, et spécialement pendant les deux heures séparant l’arrivée des forces de l’ordre au Bataclan et le moment de l’assaut. En l’absence d’un récit officiel circonstancié des événements, trop de bruits, pas tous issus d’esprits négatifs, pas tous le produit des rivalités d’un autre âge entre policiers et gendarmes, courent désormais pour pouvoir se contenter d’un « circulez, il n’y a rien à voir ». Peut-être les conditions de l’intervention ont-elles été aussi bonnes que possible, et peut-être en allait-il de même concernant la prise en charge dans l’urgence absolue des blessés innombrables, souvent à l’article de la mort, gisant dans un Bataclan devenu terrain de massacre. Un rapport officiel permettrait d’en apporter la démonstration ou, à défaut, de tirer les leçons d’éventuels dysfonctionnements. Vu l’importance des enjeux, il est dans l’intérêt de tous que le gouvernement et le Parlement prennent ensemble la décision de mettre sur pied une commission nationale d’enquête sur les récents actes terroristes en France, proche du modèle de la commission américaine sur les attentats du 11-Septembre : celle-ci comprenait dix personnes, désignées par l’exécutif et le Congrès et issues à parts égales de la majorité et de l’opposition. Elle œuvra pendant plus de deux ans en ayant un accès pratiquement illimité aux personnes et aux données, ouvertes ou secrètes, utiles à la compréhension des origines et au déroulement du drame. Ce qui est décrit dans le rapport (11-Septembre – Rapport de la commission d’enquête, éditions de l’Equateur, 2004) est rarement agréable à lire mais c’est son caractère détaillé, direct et, en majeure partie, public, qui a permis au contre-terrorisme américain d’éviter un nouveau « 11-Septembre » outre-Atlantique, indépendamment de dérapages (Guantanamo, la torture, l’invasion de l’Irak…) qui n’étaient pas du ressort de cette commission nationale. Certes, une telle initiative transcendant la séparation des pouvoirs serait sans précédent dans notre pays, mais elle ne contreviendrait pas aux principes de l’Etat de droit. Surtout, les attaques du 13 novembre 2015 en France ont été, elles aussi, sans précédent ; ce premier acte de terrorisme de masse sur notre territoire doit aussi être le dernier de son espèce. François Heisbourg
Il est temps ici de rappeler un fait statistique essentiel qui va à l’encontre des idées reçues : les conflits proprement religieux (Kerbela, Saint-Barthélemy, guerre de Trente Ans, hindous contre musulmans…) tuent beaucoup moins de gens que les guerres d’État à État, les guerres civiles et les dictatures ! La religion n’a pas de responsabilité directe dans la plupart des tragédies qui ont ensanglanté la planète jusqu’à l’aube du IIIe millénaire. Ainsi, elle a été totalement absente des grands drames du XXe siècle (plus de 100 millions de victimes), exception faite de la scission Inde-Pakistan: guerres mondiales, répressions nazies et communistes, génocides (les Juifs, comme les Arméniens et les Tutsis, n’ont pas été exterminés en raison de leur religion mais de leur prétendue « race »). D’une exceptionnelle ampleur ont été les méfaits commis par les régimes athées à l’oeuvre en Allemagne mais aussi en URSS et au Mexique des années 1910 aux années 1940, plus tard en Chine et au Cambodge. Guidés par le désir de faire table rase du passé et en particulier du fait religieux, Lénine, Hitler, Staline, Mao, Pol Pot… ont massacré des dizaines de millions d’innocents, soit beaucoup plus que tous les souverains européens depuis l’An Mil. (…) Au Moyen Âge, notons que les croisades apparaissent comme des guerres défensives bien plus que des guerres de religion ou des guerres saintes. Leur objectif premier était de restaurer la sécurité des pèlerinages en Terre sainte, mise à mal par l’irruption des nomades turcs. Si les croisés ont combattu avec la brutalité habituelle de l’époque, ils ne se sont pas pour autant souciés de convertir les infidèles musulmans, encore moins de les exterminer.
Après la Seconde Guerre mondiale, les États arabes du Moyen-Orient apparaissent plus divisés que jamais mais refont leur unité dans la guerre contre Israël. (…) Les nouveaux-venus se font forts de conduire leurs peuples vers des lendemains meilleurs par l’imitation du modèle occidental. Mais leur « modernisation » débouche sur une exaspération des inégalités et, plus insupportable que tout, une défaite humiliante face à Israël en 1967… (…) En 1973, le premier choc pétrolier accroît considérablement les redevances versées à l’Arabie séoudite et aux émirats du Golfe comme le Qatar, également wahhabite. (…) Ces monarchies vont dès lors financer sans limites la construction de mosquées et réislamiser les populations arabes et musulmanes, partout dans le monde, y compris en Europe occidentale.De ce qui précède, l’on voit que derrière les références à la « jihad » se cache un drame simplement humain: la difficulté des pays arabes du Moyen-Orient à accéder à la maturité politique après un millénaire de soumission aux Turcs et un siècle d’échecs successifs. (…)  L’instabilité de la région les empêche d’assimiler comme les Japonais, les Turcs ou les Iraniens la modernité occidentale et technologique. Par dépit, les islamistes ont fait en conséquence le choix de la rejeter et s’en justifient en recourant à une interprétation très personnelle du Coran. On retrouve le même dilemme chez les islamistes du Sahel, qui se sont significativement dénommés Boko Haram (« les livres sont illicites »). C’est aussi pour des motifs similaires que de jeunes Occidentaux, musulmans issus de l’immigration ou fraîchement convertis, rejoignent les rangs de Daech … Victimes d’une immigration débridée qui fabrique à n’en plus finir des « colonies » musulmanes ou africaines à l’écart du reste du pays, les premiers, issus de l’immigration, sont empêchés de s’assimiler à la culture occidentale par la scolarité et la découverte des autres jeunes ; ils sont aussi mal à l’aise dans le pays natif de leurs parents dont ils ne comprennent plus la culture profonde. Quant aux jeunes Français convertis, ils sont tout autant victimes de déculturation dans la « France périphérique » que délaisse la faction dirigeante. Comment répondre dans ces conditions au défi lancé par Daech ? On peut bombarder sa capitale Racca au risque de disperser les métastases islamistes tout autour de la Méditerranée. On peut également, à l’intérieur, prolonger l’état d’urgence au risque de paralyser complètement une économie atone qui n’en demandait pas tant (transports désorganisés, magasins en berne, productivité en baisse…). Mais on peut aussi choisir de s’attaquer à la source de l’islamisme radical qui se situe à Riyad en renonçant s’il le faut au pétrole séoudien. L’occasion n’a jamais été aussi favorable avec un prix très (trop) bas du baril qui menace l’économie des autres pays exportateurs (et contribue à accélérer le réchauffement climatique). On peut également à l’intérieur prendre des mesures drastiques contre les mosquées et les imams financés par des États étrangers, en violation de la loi sur la séparation des Églises et de l’État, agir contre les abus du regroupement familial (mariages forcés d’adolescentes), encourager les personnes qui jouent le jeu de l’assimilation et, plus que tout, valoriser la culture et l’Histoire nationales qui le méritent ô combien … Hérodote
C’est précisément en raison de la mort de l’impérialisme que nous voyons l’apparition du monde pré-moderne. Aujourd’hui, il n’y a aucune puissance coloniale qui accepte de s’atteler à cette tâche, cependant les occasions, peut-être même le besoin de colonisation, sont aussi grands qu’ils ne l’ont jamais été au XIXe siècle. Robert Cooper

Dieu n’est décidément pas près, comme l’avait fameusement annoncé José Artur, de recevoir le prix Nobel de la paix.

A l’heure où avec la furie et la barbarie retrouvées de l’islam suite au retrait du gendarme du monde américain, la religion dont un Occident postmoderne se croyait enfin débarrassé fait un retour fracassant dans l’histoire …

Poursuivant, en ces jours et lieux mêmes où le monde civilisé fête ses racines et sans compter ses luttes internes sunnites-chiites, son épuration multiséculaire des derniers représentants et lieux saints du judaïsme comme du christianisme …

Et où face à une bande d’illuminés tous frais payés profitant lâchement de toutes les facilités de nos sociétés ouvertes comme  des évidentes défaillances de nos gouvernants et services de sécurité – sur lesquelles plus d’un mois après les faits on attend toujours des éclaircissements – pour maximiser les dégâts en tirant littéralement dans le tas de civils désarmés partout où ils peuvent les trouver rassemblés et vulnérables …

Nos beaux esprits et nos belles âmes qui ont tant fait pour déconstruire nos valeurs nous refont le coup du  »ils nous tuent pas pour ce que nous faisons mais pour ce que nous sommes » …

Ou se remettent à accuser une Bible et un judéochristianisme aux effets à la fois effectivement libérateurs et déstabilisateurs voire à chanter le « génie du paganisme » …

Qui prend la peine de rappeler, avec le site Hérodote (qui manque curieusement par ailleurs la dimension évidemment religieuse du génocide turc des chrétiens arméniens et grecs ou ne manque pas par ailleurs de voir du colonialisme partout comme en Palestine), l’évidence statistique qu’avec plus de 100 millions de victimes, les régimes athées et notamment communistes ont fait bien plus de dégâts que toutes les guerres de religion de l’Histoire ?

Et que face à la destruction de ses lieux saints et la mise en péril de ses pèlerinages pacifiques sur des territoires jusque là judaïsés ou christianisés, les croisades que l’on n’arrête pas de nous ressortir étaient en fait des guerres défensives face à des hordes de musulmans fanatisés ?

Mais qui ne voit devant le véritable accident industriel que se révèle être la présidence du plus rapide prix Nobel de la paix de l’histoire et la vacance du pouvoir à la tête du Monde libre dont avait si longtemps rêvé une Europe qui avait pourtant construit sa richesse à l’abri du parapluie nucléaire américain …

A l’heure où avec la division par deux du prix du pétrole entre Ryad et Doha les véritables fourriers du djihad pourraient enfin se voir rappeler à leurs chères études…

La nécessité, comme l’avait si brillamment analysé l’ancien conseiller de Tony Blair Robert Cooper il y a quelques années et au nom du principe biblique de la défense du prochain, d’un nouvel imperium voire d’une nouvelle croisade et d’une recolonisation des états faillis qui prolifèrent ?

Religions

Dieu aime-t-il la guerre ?
C’est au nom de Dieu que les tueurs de l’État islamique sèment la terreur et la guerre de Mossoul à Paris en passant par Bagdad, Beyrouth et Bamako. Faut-il y voir pour autant un retour des guerres de religion ? Si évidente qu’elle paraisse, la référence ne suffit pas à comprendre ce qui motive al-Qaida, Daech et leurs successeurs à venir. Un survol attentif de l’Histoire donne un sens tout autre à ces organisations qualifiées faute de mieux de « terroristes ».
Joseph Savès
Hérodote
13 décembre 2015
Les hommes n’ont pas besoin de Dieu pour s’entretuer
Les atrocités mises en scène par Daech rappellent d’autres mises en scène du temps des guerres de religion, il y a cinq cents ans, des guerres de Vendée, il y a deux cents ans, ou plus près de nous des guerres de Yougoslavie. Les décapitations et la réduction de jeunes filles en esclavage rivalisent dans l’horreur avec les éviscérations, empalements, bûchers, viols collectifs et scènes de cannibalisme d’autrefois.
Les guerres de religion et les guerres civiles dressent en effet les uns contre les autres des gens ordinairement très proches, citoyens du même pays et parfois du même village. D’où le besoin pour chaque camp de se justifier de ses crimes en déshumanisant l’adversaire et en niant sa qualité d’alter ego. C’est hélas ce qui fait toute la différence avec les guerres conventionnelles qui voient des armées régulières s’affronter sur un champ de bataille.
Il est temps ici de rappeler un fait statistique essentiel qui va à l’encontre des idées reçues : les conflits proprement religieux (Kerbela, Saint-Barthélemy, guerre de Trente Ans, hindous contre musulmans…) tuent beaucoup moins de gens que les guerres d’État à État, les guerres civiles et les dictatures !
La religion n’a pas de responsabilité directe dans la plupart des tragédies qui ont ensanglanté la planète jusqu’à l’aube du IIIe millénaire. Ainsi, elle a été totalement absente des grands drames du XXe siècle (plus de 100 millions de victimes), exception faite de la scission Inde-Pakistan: guerres mondiales, répressions nazies et communistes, génocides (les Juifs, comme les Arméniens et les Tutsis, n’ont pas été exterminés en raison de leur religion mais de leur prétendue « race »).
D’une exceptionnelle ampleur ont été les méfaits commis par les régimes athées à l’oeuvre en Allemagne mais aussi en URSS et au Mexique des années 1910 aux années 1940, plus tard en Chine et au Cambodge.
Guidés par le désir de faire table rase du passé et en particulier du fait religieux, Lénine, Hitler, Staline, Mao, Pol Pot… ont massacré des dizaines de millions d’innocents, soit beaucoup plus que tous les souverains européens depuis l’An Mil.
Si nous remontons dans le temps, les préoccupations religieuses sont absentes des guerres de l’Antiquité, tant dans la sphère méditerranéenne que dans le reste du monde. Les cités grecques vénéraient les mêmes divinités mais s’affrontaient avec une grande sauvagerie et n’hésitaient jamais à passer par le fil de l’épée les populations vaincues. Même chose en Afrique jusqu’à l’aube des temps modernes : Chaka a pu fonder l’État zoulou au début du XIXe siècle par des méthodes qui n’ont rien à envier à Staline et Pol Pot.
Au Moyen Âge, notons que les croisades apparaissent comme des guerres défensives bien plus que des guerres de religion ou des guerres saintes. Leur objectif premier était de restaurer la sécurité des pèlerinages en Terre sainte, mise à mal par l’irruption des nomades turcs. Si les croisés ont combattu avec la brutalité habituelle de l’époque, ils ne se sont pas pour autant souciés de convertir les infidèles musulmans, encore moins de les exterminer.
Plus près de nous, la guerre d’Irlande, le conflit israélo-palestinien (?) et également la guerre d’Algérie sont assimilables à des conflits coloniaux entre occupants plus ou moins anciens d’une même terre. Les guerres plus récentes, avant l’éruption islamiste, ont opposé des gens de même religion (Darfour, Congo, Irak-Iran…) au nom de préjugés raciaux ou nationaux.
Cela signifierait-il que Dieu n’a rien à voir avec les guerres ? Que nenni…
Dieu rapproche !
Rappelons pour la forme le sens originel du mot religion, dérivé du latin relegere, « relier ». La religion est ce qui lie normalement les hommes et les rapproche, comme un pont rapproche les deux rives d’un fleuve.
C’est si vrai que, chez les Romains, l’organisation des fêtes religieuses était confiée au magistrat également en charge de l’entretien des ponts, le pontife. Son lointain héritier est le Souverain Pontife, le pape François.
Les Égyptiens, à l’abri du monde extérieur et pénétrés d’un amour profond de la vie, ont pu pendant près de 3 000 ans
cultiver une religion souriante destinée à apprivoiser la mort.
Beaucoup plus impliqués dans les conflits guerriers, les Romains ont développé une religion civile qui avait l’avantage de souder le corps social autour de rituels publics et privés soigneusement codifiés. Ses précoccupations étaient essentiellement utilitaires : prendre de bonnes décisions grâce à la divination et aux aruspices (devins) ; obtenir des dieux la guérison en cas de maladie… Rien de mystique là-dedans et les poètes et penseurs latins se souciaient d’ailleurs très peu de religion. Aucun Romain n’aurait eu non plus l’idée de mourir en martyr au nom de Zeus ou Héra.
On retrouve une religion civile de cette sorte en Chine, autour du confucianisme, et plus près de nous aux États-Unis, où les nombreuses confessions chrétiennes qui se sont développées depuis le XVIIIe siècle privilégient les vertus civiques plutôt que l’introspection spirituelle (mais cela est peut-être en train de changer avec la progression des Églises évangéliques issues du Deep South métissé).
Cette religiosité tranquille convient aux empires qui ne souffrent d’aucune menace. Quel peuple fut moins mystique que les Britanniques au temps de leur splendeur, au XIXe siècle ?… (*).
C’est aussi une forme d’islam tranquille que l’on observe dans l’empire arabo-persan de Bagdad et l’empire ottoman de Constantinople à leur apogée.
Cette histoire-là a commencé au VIIe siècle, quand les cavaliers arabes ont quitté leur péninsule désertique. C’était en vue de s’emparer des richesses de leurs voisins plus que de convertir les âmes. Ils y ont réussi sans trop de difficultés du fait de l’état de décomposition avancée des grands empires antiques.
Après avoir soumis le monde de l’Atlantique à l’Indus, ils se sont vus au siècle suivant ravalés au rang de sous-fifres par les Persans.
C’est ainsi qu’à Bagdad s’épanouit une culture éclectique fécondée par l’Inde, la Perse et la Grèce. À la cour du calife de Bagdad, le poète Abou Nouwas (757-809) chante mieux que quiconque l’amour de la vie et des femmes, des garçons et du vin: « Le vin m’est présenté par un jeune échanson de sexe féminin, mais vêtu en garçon … »
Il serait intéressant d’interpeller l’actuel « calife » de Racca et ses piteux disciples sur ces musulmans qui ont porté l’islam plus haut qu’ils ne le porteront jamais…
Dieu protège !
Cette joie de vivre s’effondre aux alentours de l’An Mil. À Jérusalem, le calife fatimide du Caire détruit le Saint Sépulcre en 1009 dans un accès de fanatisme.
Les nomades turcs installent le chaos au Moyen-Orient et vont jusqu’à menacer l’empire byzantin. Ils interrompent également les pacifiques pèlerinages des chrétiens d’Occident, ce qui provoque l’intervention des croisés comme on l’a vu plus haut.
Dans le même temps, faut-il s’en étonner ? la religion devient le refuge des âmes inquiètes.
En l’an 1019, le calife de Bagdad Al Qadir fait lire au palais et dans les mosquées une épître dite « épître de Qadir » par
laquelle il interdit toute exégèse nouvelle et ferme la porte à l’effort de recherche personnel des musulmans (l’ijithad).
Cette décision va tuer l’esprit critique et favoriser l’imitation servile (le taqlid).
Après le passage des Turcs puis des Mongols, les sociétés islamiques vont retrouver un développement autonome plus ou moins paisible et créatif.
Ainsi en Andalousie et au Maroc, qui a fièrement conservé son indépendance des origines à nos jours (exception faite du bref épisode du protectorat) ; ainsi en Iran (Perse) et dans le sultanat de Delhi. Toutes ces sociétés incluent au Moyen Âge
d’importantes communautés non-musulmanes, parfois ultra-majoritaires comme aux Indes. Les gouvernants ne cherchent pas à les convertir. Ils préfèrent les pressurer d’impôts.
À la fin du Moyen Âge, les Ottomans vont plonger l’islam méditerranéen et proche-oriental dans une longue torpeur dont il ne sortira qu’au XIXe siècle, sous les coups des Occidentaux et en premier lieu de Bonaparte.
Remontons le temps. Nous observons la même quête d’un dieu protecteur chez les peuples souffrants, à commencer par le peuple hébreu.
Les douze tribus d’Abraham établies sur la Terre promise connaissent une succession d’épreuves au 1er millénaire avant notre ère, de l’invasion des Assyriens en 721 av. J.
C. à l’exil de Babylone en 597 av. J.
C.
Ils sont libérés en 539 par les bonnes grâces du Grand Roi des Perses Cyrus II mais c’est pour passer plus tard sous la tutelle d’Alexandre le Grand et de ses successeurs (en grec « diadoques »).
Ces Hébreux, qui vivent alors sur l’une des terres les plus riches du monde, connaissent une démographie très dynamique. Ils sont sans doute plus d’un million rien qu’en Palestine et leur diaspora autour de la Méditerranée est sans doute aussi nombreuse. C’est au total un dixième peut-être de la population de la région.
Leurs épreuves les conduisent à renforcer leur identité à travers le lien ancestral qui les rattache à leur dieu. C’est ainsi qu’entre l’an 500 et l’an 150 av. J.
C., des scribes ou des érudits juifs compilent les archives et les textes anciens de leur communauté au sein de ce qui sera la Bible. À travers cette compilation, ils s’appliquent à témoigner de leur alliance avec un Dieu unique qui s’est manifesté en leur faveur à travers toutes sortes de signes et d’événements.
De fait, les communautés israélites, même dispersées sur toute la surface de la planète, vont résister jusqu’à nos jours à toutes les persécutions, y compris les pires qui soient, sans jamais perdre la foi.
C’est aussi le malheur des temps, la défection des élites et les incursions barbares qui vont aux IIIe et IVe siècles pousser les habitants de l’empire romain vers le dieu protecteur des juifs.
Ils vont l’adopter dans sa version chrétienne, un Messie envoyé pour sauver les hommes et les conduire à la vie éternelle.
Ce Dieu va se montrer d’abord consolateur pendant le long et pénible épisode des invasions barbares. Puis il va devenir très protecteur puisque, à partir de l’An Mil, la chrétienté occidentale ne va plus connaître d’invasions d’aucune sorte jusqu’à nos jours… Une exception dans l’Histoire universelle !
Durablement stabilisées du fait de l’absence de menace extérieure, les sociétés européennes vont peu à peu se pacifier
sous l’impulsion du clergé et donner naissance à des États de droit, fondement indispensable du progrès.
Ces sociétés, soudées par la foi en un même Dieu et la soumission à une même autorité ecclésiastique, vont aussi se montrer impitoyables envers les ferments de division. Ainsi les Cathares sont-ils combattus par les armes et par l’Inquisition, plus brutalement que les musulmans du Proche-Orient.
Au XVIe siècle, les États européens et leurs habitants sont suffisamment assurés de leur force pour n’avoir plus besoin de la protection quelque peu envahissante de l’Église de Rome. Voici la Réforme de Luther et bientôt les guerres de religion.
À l’issue de celles-ci, les Européens vont avancer à tâtons vers un compromis qui concilierait l’athéisme militant, l’indifférence agnostique et une religiosité tranquille « à l’américaine ». Ils s’attirent en 2000 cette remarque désabusée du pape Jean-Paul II: « Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, il y a un homme qui vit comme si Dieu n’existait pas, c’est l’homme européen».
Dieu libère !
Justement, en 1978, quelle n’a pas été la surprise des Européens devant la ferveur religieuse qu’a suscitée l’élection de ce même pape dans son pays natal, la Pologne communiste !
Les Polonais ont pu résister à quarante années d’oppressions nazies et soviétiques grâce à leur foi catholique et au dévouement de leur clergé.
L’élection de l’archevêque de Cracovie Karol Wojtyla à la tête de l’Église catholique va relancer leur ardeur comme jamais et, le 31 août 1980, à l’issue des accords de Gdansk qui consacrent le triomphe du syndicat libre Solidarnosc, le très catholique leader syndicaliste Lech Walesa brandit devant ses camarades le stylo avec lequel il a signé les accords. C’est un gadget comme on en voit dans les boutiques de souvenirs du Vatican, avec le portrait du pape polonais. Lech Walesa veut par là signifier que le Souverain Pontife a guidé son bras et inspiré les accords !
Ainsi la foi en Dieu a-t-elle contribué à libérer les Polonais et autres Européens de l’oppression communiste… La suite est plus amère. Sitôt qu’ils ont rejoint l’Occident démocratique, les Polonais ou du moins la plupart d’entre eux se sont abandonnés aux délices païens du consumérisme, avec en prime une natalité en berne.
Même phénomène de l’autre côté de l’Atlantique, où les Français de la Nouvelle-France (Québec) ont pu conserver pendant deux siècles leur identité sous tutelle anglaise grâce à leur foi catholique et à leur clergé. Mais à la fin du XXe siècle, les désillusions indépendantistes et l’humeur fôlatre ont eu raison de leur résistance. Aujourd’hui, le Québec se distingue en Amérique du Nord par son indifférence religieuse et sa très faible natalité tandis que l’identité francophone ne mobilise plus les foules même si elle demeure heureusement très vivante.
Retour en Europe : c’est en invoquant Dieu que le peuple espagnol s’est dressé contre l’occupant français, il y a deux siècles. Pendant que les paysans et les moines se livraient à une guerilla sans merci contre les troupes athées ou anticléricales de Napoléon, la bourgeoisie madrilène, sensible aux « Lumières» venues de France, se complaisait dans la collaboration avec l’occupant.
Le peintre Goya est l’un de ces «afrancesados». Il a pu se racheter une conscience après la libération de son pays en livrant ses sublimes dessins et peintures évoquant les heures héroïques. Il n’a pas manqué de montrer le supplicié du Tres de Mayo dans une attitude christique, les bras en croix, dans une référence évidente à la dimension religieuse du combat.
C’est aussi à des résistants mûs par leur foi chrétienne que se sont heurtés en Russie les soldats de Napoléon. Bien plus tard, en 1941, Staline s’est souvenu de la force mobilisatrice de la foi religieuse. Face à l’invasion allemande, il a promptement oublié ses diatribes athéistes, remisé son projet de société sans Dieu et appelé son peuple à défendre la Sainte Russie.
Dans le monde musulman, c’est au nom d’Allah que l’émir Abd el-Kader se soulève en 1839 contre les Français qui ont occupé Alger et le littoral de son pays. Il est défait huit ans plus tard et honorablement traité par ses vainqueurs. Napoléon III envisagera même de le restaurer comme vice-roi de l’Algérie mais sera renversé parles républicains avant d’avoir pu mener son projet à terme.
Abd el-Kader va faire un émule, un demi-siècle plus tard, en la personne du Mahdi (le «Guide » en arabe).
Ce Soudanais proclame la jihad (« guerre juste ») contre les Anglais et leurs alliés égyptiens. Il s’empare de Khartoum, défendue par le général Gordon, mais ses troupes, après sa mort, finiront par être écrasées sous la puissance de feu des mitrailleuses Maxim de l’armée anglaise.
Néanmoins, quand survient la Première Guerre mondiale, les appels du sultan de Constantinople à la guerre sainte contre les Anglais et les Français tombent à plat dans le monde musulman. Il est vrai que les Turcs sont alliés aux Allemands et aux Austro-Hongrois, eux-mêmes chrétiens…
Jusqu’au milieu du XXe siècle, personne ne parie plus sur les vertus émancipatrices de la religion musulmane. La confrérie des Frères musulmans, fondée en 1928, désespère elle-même d’instaurer en Égypte et dans les autres États arabes des régimes théocratiques fondés sur le Coran et la shari’a (la loi islamique), avec le mot d’ordre: « Le Coran est notre Constitution ; l’islam comme mode de vie » !
Le réveil manqué de l’islam
Après la Seconde Guerre mondiale, les États arabes du Moyen-Orient apparaissent plus divisés que jamais mais refont leur unité dans la guerre contre Israël. Et très tôt les élites s’interrogent sur le modèle de société qui leur permettra de se moderniser enfin.
L’exemple éclatant du Japon et celui, plus mitigé, de la Turquie, les amènent à opter pour une modernisation à marches forcées, sur des bases laïques. De jeunes officiers guidés par Nasser renversent la monarchie en Égypte (1952). Un parti moderniste, laïque et socialiste, le Baas, prend le pouvoir en Syrie (1963) et en Irak (1963).
Les nouveaux-venus se font forts de conduire leurs peuples vers des lendemains meilleurs par l’imitation du modèle occidental. Mais leur « modernisation » débouche sur une exaspération des inégalités et, plus insupportable que tout, une
défaite humiliante face à Israël en 1967…
Voilà qu’un nouvel acteur entre en scène, l’Arabie séoudite.
Cette monarchie familiale née en 1932 applique avec zèle un islam encore plus archaïque et improbable que celui des Frères musulmans, le wahhabisme, d’après un prédicateur du XVIIIe siècle dont descend la famille royale. Mais l’administration des villes saintes de La Mecque et Médine lui vaut d’être ménagée par l’ensemble des musulmans. D’autre part, la sécurité de la famille royale est garantie depuis 1945 par une alliance contre nature avec la première démocratie du monde, les États-Unis !
En 1973, le premier choc pétrolier accroît considérablement les redevances versées à l’Arabie séoudite et aux émirats du Golfe comme le Qatar, également wahhabite.
Ces monarchies vont dès lors financer sans limites la construction de mosquées et réislamiser les populations arabes et musulmanes, partout dans le monde, y compris en Europe occidentale.
Cette réislamisation prend une forme inédite encore jamais vue dans le monde musulman sauf en quelques endroits reculés (Afghanistan, Hedjaz…), avec la promotion du voile intégral, la séparation stricte des  sexes etc.
Les héritiers de l’idéal moderniste et laïc de la Nahda ne vont dès lors cesser de perdre du terrain, y compris dans leurs terres d’élection, le Liban, la Tunisie et, hors du monde arabe, la Turquie…
En 1978, l’URSS ayant envahi l’Afghanistan, les États-Unis, qui n’en sont pas à une aberration près (?), s’associent aux Séoudiens pour financer et armer les brigades islamistes qui vont combattre l’occupant impie. Dans ces brigades figure un jeune Séoudien du nom d’Oussama ben Laden qui fondera plus tard al-Qaida.
La même année, un autre protégé des Américains, le chah d’Iran, ébloui par le mirage pétrolier, est chassé du pouvoir par une première révolution islamique.
Les États-Unis, humiliés par la prise en otages de leur personnel d’ambassade à Téhéran, encouragent le dictateur baasiste
Saddam Hussein à attaquer l’Iran et donner le coup de grâce à la révolution de l’imam Khomeiny.
Colossale erreur qui a pour effet de ressouder les Iraniens autour de l’imam Khomeiny et de fragiliser l’Irak, où la majorité chiite et les Kurdes sont tenus en sujétion par la minorité arabo-sunnite.
L’Iran khomeiniste va résister pendant huit ans avec le seul soutien de l’État d’Israël, selon l’éternel principe géostratégique: « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ».
Le chaos de ce début du XXIe siècle s’ébauche donc dans ces années 1980, qui voient d’une part sombrer le monde sunnite sous l’emprise du salafisme (versions wahhabite ou Frères musulmans), d’autre part rebondir le conflit millénaire entre les Arabes et les Persans et entre les musulmans sunnites et chiites !
Il en découle qu’ on ne saurait assimiler les violences des islamistes actuels aux anciennes guerres entre catholiques et protestants. Ces dernières opposaient des compatriotes au nom de pures divergences théologiques tandis que Daech et
al-Qaida revendiquent leur allégeance à l’islam orthodoxe et mènent un combat contre l’Occident dépravé et les Iraniens mécréants.
Les leçons d’un fiasco
De ce qui précède, l’on voit que derrière les références à la « jihad » se cache un drame simplement humain: la difficulté des pays arabes du Moyen-Orient à accéder à la maturité politique après un millénaire de soumission aux Turcs et un siècle d’échecs successifs.
L’instabilité de la région les empêche d’assimiler comme les Japonais, les Turcs ou les Iraniens la modernité occidentale et technologique. Par dépit, les islamistes ont fait en conséquence le choix de la rejeter et s’en justifient en recourant à une
interprétation très personnelle du Coran. On retrouve le même dilemme chez les islamistes du Sahel, qui se sont significativement dénommés Boko Haram (« les livres sont illicites »).
C’est aussi pour des motifs similaires que de jeunes Occidentaux, musulmans issus de l’immigration ou fraîchement convertis, rejoignent les rangs de Daech
… Victimes d’une immigration débridée qui fabrique à n’en plus finir des « colonies » musulmanes ou africaines à l’écart du reste du pays, les premiers, issus de l’immigration, sont empêchés de s’assimiler à la culture occidentale par la scolarité
et la découverte des autres jeunes ; ils sont aussi mal à l’aise dans le pays natif de leurs parents dont ils ne comprennent plus la culture profonde.
Quant aux jeunes Français convertis, ils sont tout autant victimes de déculturation dans la « France périphérique » que délaisse la faction dirigeante.
Comment répondre dans ces conditions au défi lancé par Daech ?
On peut bombarder sa capitale Racca au risque de disperser les métastases islamistes tout autour de la Méditerranée. On
peut également, à l’intérieur, prolonger l’état d’urgence au risque de paralyser complètement une économie atone qui n’en
demandait pas tant (transports désorganisés, magasins en berne, productivité en baisse…).
Mais on peut aussi choisir de s’attaquer à la source de l’islamisme radical qui se situe à Riyad en renonçant s’il le faut au pétrole séoudien. L’occasion n’a jamais été aussi favorable avec un prix très (trop) bas du baril qui menace l’économie des autres pays exportateurs (et contribue à accélérer le réchauffement climatique).
On peut également à l’intérieur prendre des mesures drastiques contre les mosquées et les imams financés par des États étrangers, en violation de la loi sur la séparation des Églises et de l’État, agir contre les abus du regroupement familial (mariages forcés d’adolescentes), encourager les personnes qui jouent le jeu de l’assimilation et, plus que tout, valoriser la culture et l’Histoire nationales qui le méritent ô combien …

2 Autant dire que les actuelles diatribes du Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou contre le Guide de la Révolution iranienne Ali Khamenei sont pure rhétorique (ou totale ânerie); l’un et l’autre n’ont aucune envie d’en découdre, même par l’intermédiaire du Hezbollah chiite libanais, car ce serait faire un trop beau cadeau à leur ennemi commun, les Arabes sunnites du Moyen-Orient.

Voir aussi:

Une violence divine ?
Nicolas Weill et Nicolas Truong
Le Monde
27.12.2015

Les dieux semblaient s’être retirés de notre Occident désenchanté. Les divinités, s’être sagement éclipsées de notre planète mondialisée. Or voici qu’en 2015 le meurtre de masse au nom de Dieu vient frapper au cœur l’Europe. Les attentats de janvier puis les tueries du 13 novembre en plein Paris, le déchaînement spectaculaire des affrontements sanglants au Proche-Orient ont remis la question du lien entre terreur et croyance au cœur de l’actualité. « Toute religion est fondée sur un bouc émissaire », écrivait le philosophe René Girard (1923-2015) récemment disparu, qui avait mis la question de la violence et du sacré au cœur de sa pensée (Le Monde du 5 novembre 2015).Les grandes religions monothéistes, celles qui adhèrent à un Dieu unique et universel, se retrouvent désormais sur le banc des accusés. Au-delà des configurations historiques et politiques du moment, ne serait-il pas envisageable que l’idée même d’une puissance supérieure « une » soit à la source des atrocités qui jalonnent souvent l’histoire de la foi. Conquête de Canaan par Josué guidé par le « Dieu des armées », croisades et inquisitions, djihad et terrorisme sont-ils autant de maladies génétiques des confessions révélées ou bien des déviances par rapport à une doctrine monothéiste qui serait en son foyer pacifique et désarmée ?Pour réfléchir à cette question, en cette période de fêtes endeuillée par l’après-Bataclan, nous nous sommes tournés, non vers les représentants officiels des religions, mais vers des experts, des critiques littéraires, des ethnologues et des sociologues qui scrutent les textes, et notamment les textes sacrés, afin qu’ils nous disent ce qui est fauteur de violence dans le monothéisme.

Vraie et fausse religion

Est-ce la distinction entre vraie et fausse religion que Moïse établit dans le Pentateuque sur le mont Sinaï qui a introduit l’intolérance dans un monde jusque-là foisonnant de divinités non exclusives les unes des autres, s’interroge l’égyptologue allemand Jan Assmann ? Le bibliste Thomas Römer estime plutôt qu’une tradition oubliée de monothéisme ouvert à la pluralité et pacifique est bien présente dans la Bible, parallèlement à une version « ségrégationniste ».

Les écrits sont une chose, leur lecture une autre chose. Ainsi la sociologue Mahnaz Shirali insiste-t-elle sur les dangers d’un « savoir canonisé » qui menace l’islam contemporain, alors que le critique William Marx s’agace de son côté de voir les musulmans « stigmatisés » et enfermés dans une « essence fondamentaliste ». Face à cette guerre des dieux, ne faudrait-il pas, à l’instar de l’ethnologue Marc Augé, chanter le « génie du paganisme », réfractaire au prosélytisme ?

Bible, Coran ou Torah : aucun texte sacré des grandes religions monothéistes n’est exempt de violence. C’est pourquoi le risque réside aujourd’hui dans « la tentation de la lettre brute », insiste l’historien du judaïsme Jean-Christophe Attias, qui en appelle à une « démilitarisation » de l’exégèse. L’adversaire, ce n’est pas le monothéisme, mais le fondamentalisme sous toutes ses formes, résume Jan Assmann. Autant d’invitations à vivre des croyances ouvertes à la pluralité des mondes.

A lire sur le sujet:

– Entretien avec Jan Assmann : « La non-violence absolue est la seule possibilité pour la religion dans notre monde moderne », propos recueillis par Nicolas Weill. Il ne faut pas renoncer aux religions monothéistes sous prétexte qu’elles engendrent du fanatisme mais plutôt les relativiser et les subordonner à un vivre-ensemble civique, selon l’égyptologue allemand. Les travaux de Jan Assmann portent non seulement sur l’Antiquité, mais aussi sur la mémoire de l’Egypte, sur l’invention du monothéisme et les rapports de celui-ci avec la violence. Il s’interroge sur les relations entre l’une et l’autre.

Retrouvons la variante pacifique de la foi, par Thomas Römer, philosophe et bibliste allemand, professeur au Collège de France. La Bible contient deux versions du monothéisme, l’une ségrégationniste et guerrière l’autre inclusive. A nous de choisir.

Contre le dogmatisme, faisons l’éloge de la résistance païenne, par Marc Augé, ethnologue, président de l’Ecole des hautes études en sciences sociales de 1985 à 1995. Le monothéisme a une logique de conquête. Le paganisme, lui, ne connaît pas l’idée d’hérésie. S’il peut être violent, il ne guerroie jamais au nom du prosélytisme.

Démilitarisons notre lecture des textes sacrés, par Jean-Christophe Attias, historien. La Bible est violente, mais ce sont à ses lecteurs de l’humaniser, comme le montre l’exemple des divers usages que les juifs en ont fait à travers leur histoire.

Les fondamentalistes ne sont pas les vrais détenteurs du message coranique, par Mahnaz Shirali, sociologue à Sciences Po. Il faudrait que le Coran fasse enfin l’objet de la critique historique.

L’islam n’est pas terroriste par essence, par William Marx, essayiste, critique et professeur de littératures comparées. Les textes sont une chose, la religion une autre. Le Coran n’a pas le privilège des pages assassines ou sanglantes par rapport à la Bible ou au Nouveau Testament.

Voir également:

Daech nous attaque-t-il vraiment «pour ce que nous sommes»?

La France est, selon certains observateurs, la cible privilégiée de l’organisation Etat islamique. Mais les djihadistes nous visent-ils pour nos valeurs et notre modèle culturel ou pour notre politique étrangère?

«L’Etat islamique ne rêve que d’une chose c’est d’attaquer la France, et ils mettront les moyens nécessaires», expliquait l’ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic sur France 2, au lendemain des attentats du vendredi 13 novembre qui ont coûté la vie à 129 personnes dans l’est parisien et à Saint-Denis. Il ajoutait: «Si l’émir de l’Etat islamique demande à mains levées à ses recrues: « qui veut aller faire un attentat en France? », vous allez avoir 200 bras levés en une demi-seconde».

Pourquoi la France? Nombre de spécialistes qui se sont exprimés depuis les attaques assurent que c’est moins ce que la France aurait fait (notamment intervenir en Syrie) que ce qu’elle est qui la rend une cible prioritaire.

Le 14 novembre, dans un entretien à Mediapart, Trévidic soulignait ainsi: «les terroristes détestent notre façon de vivre, notre mixité et notre rapport à la laïcité».

Dans l’avant-propos du dernier numéro de Dabiq, le magazine de propagande de Daech, publié après les attentats de Paris on lit d’ailleurs:

«Les huit chevaliers ont mis Paris à genoux, après des années d’arrogance de la France devant l’islam.»

La même analyse était portée au micro de France Inter par l’historien spécialiste du Moyen-Orient Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po:

«Une fois pour toutes, ils faut les poser pour ce qu’ils sont, c’est à dire des barbares, extérieurs à nous, et qui ne se définissent pas par rapport à nous pour ce que nous faisons mais pour ce que nous sommes».

Sous-entendu: nos valeurs, nos mœurs libérales, la laïcité si particulière à la Franceou la liberté d’expression, comme lors des attentats de Charlie Hebdo, il y a à peine plus de dix mois.

Dans son discours à l’Assemblée nationale jeudi 19 novembre pour l’examen du projet de loi sur l’état d’urgence, le Premier ministre Manuel Valls allait encore dans ce sens:

«Le terrorisme a frappé la France, pas pour ce qu’elle fait en Irak, en Syrie ou au Sahel, mais pour ce qu’elle est».

La viralité d’un commentaire sous un article du New York Times qui célébrait le mode de vie français («La France incarne tout ce que les fanatiques religieux haïssent: la jouissance de la vie ici, sur terre, d’une multitude de manières (…) Aucun pays ne profite aussi bien de la vie sur terre que la France»), suggère que beaucoup d’entre nous souscrivons à cette explication. Ou avons envie d’y souscrire. De l’appel à boire et à manger en terrasse, «Tous au bistrot», aux plaidoiries pour la liberté comme la «lettre à Daech» d’un des cousins d’une victime des attentats «Oui, je suis pervers et idolâtre», les très nombreuses réactions traduisent ce sentiment d’avoir été attaqués par haine pour nos valeurs occidentales et leurs symboles, comme la musique.

«Mitrailler une terrasse de café, c’est tuer un mode de vie fondé sur le plaisir et les valeurs intellectuelles –la pensée française est largement redevable aux établissements de boisson– et le terrorisme ne hait rien tant que l’union du plaisir et de la pensée»clamait dans Le Monde l’écrivain Thomas Clerc, auteur de Paris, musée du XXIème siècle. Le dixième arrondissement quelques jours après les attentats.

Attaquer nos valeurs: une explication pratique

Cette lecture d’une haine viscérale des valeurs libérales qui pousserait les partisans/combattants de l’organisation Etat islamique (OEI) à la radicalisation n’est pas partagée par tous les spécialistes du djihadisme et du terrorisme. «Il n’y a pas de haine idéologique du modèle culturel et de l’identité française, c’est une vision un peu romantique pour nous permettre de résister à l’émotion», commente Amel Boubekeur, sociologue de l’université Pierre-Mendès-France de Grenoble et spécialiste des questions d’islam en Europe.

«Premièrement, Daech n’est pas obnubilé par la France, c’est d’abord tout le voisinage immédiat dans le monde arabe qui est concerné», explique la chercheuse associée au Centre Jacques-Berque, à Rabat, au Maroc. La veille des attentats, le 12 novembre, une bombe a tué 43 personnes à Beyrouth, au Liban; le lendemain, une autre à Bagdad, en Irak faisait 18 morts.

Dire que Deach s’en prend à «notre amour des libertés» est une explication «trop simpliste» pour François Burgat, directeur de recherches à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (Iremam) à Aix-en-Provence, qui préfère une lecture beaucoup plus «réaliste» et politique pour ne pas tomber dans le même «aveuglement sectaire [que] nos adversaires]».

L’engagement de la France dans différentes opérations militaires extérieures depuis plusieurs années contre des groupes djihadistes ou en terre d’islam joue dans les décisions de Daech. Depuis janvier 2013, la France est notamment engagée –seule– au Mali, dans le cadre de l’opération «Serval» pour stopper la progression des islamistes et notamment d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Opération «Serval» remplacée en juillet 2014 par l’opération «Barkhane» aux côtés des forces mauritaniennes, maliennes, burkinabé ou tchadiennes pour poursuivre la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

Et puis, la France, après être intervenue en 2011 en Libye –désormais effondrée et facteur de déstabilisation régionale– sous l’égide de l’Organisation des Nations-unies (Onu), est aujourd’hui impliquée dans la guerre contre Daech en Irak et en Syrie –depuis septembre 2015–, au sein de la coalition internationale menée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Une participation pour l’instant modeste, de l’ordre de 5% des frappes aériennes, mais où elle fait entendre sa voix. «La France est, après les Etats-Unis, en parole sinon en puissance effective, en pointe dans l’engagement militaire contre Daech», explique également François Burgat, auteur de L’islamisme à l’heure d’Al-Qaïda, (La Découverte, 2010) joint par Slate.fr.

Cela va dans le sens de ce que les teroristes ont déclaré devant les otages terrorisés au Bataclan, vendredi 13 novembre, d’après un témoin de la scène qui s’est exprimé auprès de l’Humanité.

«Vous pouvez remercier le président Hollande, parce que c’est grâce à lui que vous subissez ça. Nous, on a laissé nos femmes et nos enfants en Syrie, sous les bombes. On fait partie de ‘l’Etat islamique’ et on est là pour venger nos familles et nos proches de l’intervention française en Syrie.»

David Thomson, qui a publié Les Français jihadistes (Les Arènes, 2015), explique:

«C’est le changement de stratégie de la France, qui a décidé en août 2014 de rejoindre la coalition internationale, qui explique le changement de stratégie de l’EI, qui est passé depuis plus d’un an à une stratégie de djihad global, comparable à ce que faisait Al-Qaïda, et non plus à une stratégie de gain territorial et militaireEn septembre 2014, pour la première fois, le porte-parole officiel de l’EI, Abou Mohammed al-Adnani, enjoint les membres de l’EI à tuer, par tous les moyens et partout, les ressortissants des pays membres de la coalition».

Mais la stratégie militaire de la France ne suffit pas à expliquer qu’elle soit une telle cible. David Thomson nuance d’ailleurs:

«La stratégie de djihad global faisait partie de la génétique de tous les combattants de l’EI avec lesquels je me suis entretenu depuis des années. Tous rêvaient de faire des attentats en France (…). Il ne faut donc pas tout lier aux opérations extérieures de la France».

Deach exploite nos failles

Ni les éléments conjoncturels comme les opérations militaires françaises au Moyen-Orient, ni les éléments plus structurels comme nos valeurs et notre mixité entre musulmans et non-musulmansciblés abondement dans la «littérature» de l’OEI ne suffisent seuls à expliquer pourquoi Daech et ses combattants s’en prennent aujourd’hui aussi violemment à la France.

«Dans les écrits de Daech, on peut lire une détestation séculaire d’un occident qui mépriserait le monde musulman, mais ce n’est pas une idéologie très cohérente», observe Haoues Seniguer, maître de conférences en  sciences politiques à l’IEP de Lyon.

Il appelle à dépasser «cette dialectique ‘ce que nous sommes’/’ce que nous faisons’. L’Etat islamique exploite toutes les failles possibles dans un contexte post-colonial fragile, c’est pourquoi il parle aussi des lois de 2004 sur l’interdiction du voile à l’école et de 2010 sur l’interdiction du port du voile intégral».

«La communication de Daech est stratégiquement mortifère. Tout élément susceptible d’avaliser l’idéologie qui est la sienne est réutilisé. Au final, on ne sait plus trop pourquoi ils nous en veulent. Est-ce une question ontologique ou politique? Le brouillage est volontairement entretenu», conclut Haoues Seniguer, reconnaissant la stratégie opportuniste de l’OEI.

Cela confirme ce qu’explique dans un article publié en français dans le Guardian, le jeudi 19 novembre, le journaliste Nicolas Hénin qui a été otage de l’EI pendant dix mois, en Syrie:

«Pourquoi la France? Pour de nombreuses raisons sans doute. Mais je crois qu’ils considèrent mon pays comme le maillon faible de l’Europe, comme un pays où il serait facile de semer la division.»

Parmi ces failles, ces divisions, comptent celles surgies du passé colonial de la France. «La France, c’est une ex-puissance coloniale, notamment au Maghreb et les maghrébins sont parmi les plus nombreux aujourd’hui au sein de l’Etat islamique, or les jihadistes ont la mémoire longue», soulignait encore David Thomson, sur France Inter.

Le contingent des ressortissants français partis combattre aux côtés de l’organisation Etat islamique est d’ailleurs le plus important pour un pays occidental estimé à au moins «500 sur place dont un quart de femmes», rappellait le journaliste de RFI.

Les dirigeants de Daech en Syrie et en Irak, héritiers de l’idéologie djihadiste à la Al-Qaïda, que Raphaël Liogier, sociologue et philosophe, auteur du tout récent Le complexe de Suez. Le vrai déclin français (et du continent européen) qualifie «d’entrepreneurs de terreur» ont eux «bien compris que le monde avait changé» depuis 2001 et instrumentalisent nos propres failles pour attirer des coreligionnaires.

Dans un article publié mercredi 18 novembre sur The Washington Post, Graig Klein, spécialiste du terrorisme à l’université de Binghamton, à New York, défend par exemple que l’OEI a grandement besoin de nouvelles recrues, et la réponse militaire française aux attentats du 13 novembre pourrait largement contribuer à renforcer le contingent des djihadistes français.

«Plus la France ripostera, plus ce sera facile pour l’Etat islamique de recruter de nouvelles recrues, écrit Graig Klein. Un contreterrorisme violent radicalise les modérés et produit des appels à la vengeance que l’Etat islamique exploite pour recruter de nouveaux soutiens».

Quelle sortie de crise ?

Face à cette stratégie purement opportuniste teintée de nihilisme –«leur but était de faire le maximum de morts», rappelait Jean-Pierre Filiu sur France inter–, notre politique extérieure est-elle remise en question et doit-elle changer pour s’adapter aux fondements de la menace? Plusieurs voix à l’image de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin en septembre 2014 récusent l’idée de faire la «guerre au terrorisme» car «elle ne peut pas être gagnée».

Pour le politologue François Burgat, la sortie de crise doit avant tout être diplomatique, à côté de l’amélioration de la représentation des musulmans en France. «Il faut ainsi travailler réalistement à une sortie de la crise syrienne. Et une telle sortie, qui implique de repenser des pans entiers de notre diplomatie au Proche Orient, ne peut en aucune manière se construire autour du raccourci dangereux du seul affrontement armé avec Daech, qui n’aurait jamais du être notre priorité». Et son collègue, Olivier Roy, professeur à l’Institut universitaire européen de Florence, en Italie, ne dit pas autre chose dans une tribune en français au New York Times:

«Une opération occidentale terrestre massive comme celle conduite en Afghanistan en 2001 est sans doute à exclure; toute intervention de ce type s’enliserait dans d’interminables conflits locaux. Une offensive terrestre coordonnée des acteurs locaux reste improbable tant sont diverses leurs motivations et leurs arrière-pensées. Pour cela il faudrait d’abord trouver un accord politique entre les acteurs régionaux, à commencer par l’Arabie saoudite et l’Iran», écrit-il tout en soulignant que Daech s’est aussi peut-être tiré une balle dans le pied vendredi 13 novembre, en s’isolant encore plus.

«Regardons ce que font les Etats-Unis: la doctrine de Barack Obama est en rupture avec la doctrine des administrations précédentes, l’action multilatérale est valorisée dans l’esprit du discours du Caire de 2009, ils ne se mettent pas en avant et mènent des actions en Syrie très ciblées», propose de son côté Haoues Seniguer de Sciences Po Lyon.

Reste aussi le «problème Bachar al Assad». Pour certains spécialistes comme François Liogier, l’équation ne sera résolue qu’à partir du moment où le dictateur syrien, de la dynastie alaouite, sera parti. Car, Barchar al Assad en massacrant les populations sunnites qui voient dans Daech un moindre mal fait le jeu de l’Etat islamique. Et c’est une des raisons pour lesquelles la France est aussi dans le viseur de l’OEI. Jean-Pierre Filiu:

«La France est le seul pays du monde qui dit que Bachar et Daech, c’est la même chose. Daech adore les gens qui veulent traiter avec Bachar, il ne les menace pas, ne les frappe pas. Par contre, un pays qui met exactement le doigt sur la plaîe comme le notre le gêne infiniment».

Voir encore:

Démilitarisons notre lecture des textes sacrés
Jean-Christophe Attias,

Le Monde

26.12.2015

Belles âmes laïques, pieux « a-théologiens », vous pouvez toujours ­rêver. Ce n’est pas demain que l’on expurgera la Bible ni qu’on la mettra au ­pilon. Il va falloir faire avec elle et avec ceux qui croient que Dieu y parle. Or la ­Bible, oui, est le grand livre des massacres. La ­Bible est violente. Ni plus ni moins que la vie. Bien sûr, décrire la violence est une chose. La prescrire et l’exalter en est une autre. C’est précisément là que le bât blesse. Le Dieu de la Bible est une brute. Il aime le sang des batailles. Il aime le sang des sacrifices  : celui des animaux, celui d’Isaac aussi (épargné quand même in ­extremis).

Le Dieu de la Bible est un Dieu obscur. Il n’a pas de pitié pour les rebelles. Pour les justes non plus, d’ailleurs. Songez à Job. Et il exhorte joyeusement à l’extermination des idolâtres. Mais surtout pas de mauvais exemples, on les élimine. C’est plus sûr. La Bible, c’est cela, et tout le contraire. Car le Dieu de la Bible est aussi celui qui protège la veuve et l’orphelin, a le souci du pauvre et de l’étranger, appelle à aimer son prochain, sait se montrer lent à la colère, pardonne, console et sauve. La Bible, surtout, n’est pas la parole de Dieu, mais la trace du dialogue difficile, contradictoire, entre ce Dieu et les hommes qui ont affaire à lui. Et dans ce dialogue, au fil du temps, Dieu a heureusement perdu un peu de terrain.

Lorsque Dieu décrète le Déluge parce que ses créatures l’ont déçu, Noé ne dit mot. Lorsque Dieu décide de détruire ­Sodome, Abraham, lui, renâcle et négocie : et s’il s’y trouvait trente, vingt ou même dix justes, la ville pécheresse ne mériterait donc pas d’être sauvée ? Abraham n’est pas allé plus loin. Un seul juste n’aurait donc pas suffi ? Et les enfants, il n’y a pas songé ? Dommage. Moïse, plus tard, osera parfois davantage. Il résistera, usera du chantage à la démission, s’offrira même en sacrifice, pour arracher à ce Dieu impatient sinon l’annulation de la peine prononcée contre son peuple, au moins sa réduction ou son étalement.

Un Dieu qui se repent
Ce n’est pas Dieu qui change l’homme. Mais l’homme qui change Dieu, l’humanise, le moralise, et le pousse obstinément sur le chemin du repentir, car Dieu, oui, se repent. Le « premier-né » de Dieu, Israël, lui fait la leçon, et le contraint, s’il est possible, à la clémence. Et ce que certains prophètes ont commencé, dans la Bible elle-même, les sages du judaïsme le poursuivent. Dieu a parlé ? Oui. Eh bien, c’est nous qui allons lui expliquer ce qu’il a voulu dire. Le judaïsme que nous connaissons est né d’une défaite mythifiée : destruction du Temple (et donc disparition de tout culte sacrificiel), exil, dispersion. Cela change tout, évidemment. Défaite du judaïsme rendue plus éclatante, si j’ose dire, par le triomphe insolent du christianisme d’abord, de l’islam plus tard.

Le Tout-Puissant ne l’est donc pas tant que ça. Et le Dieu un est un Dieu divisé : il châtie, oui, mais pleure aussi sur le malheur qu’il provoque, et suit en exil ceux-là mêmes qu’il a exilés. Ce Dieu-là est fragile, faible même, comme ceux qui le vénèrent. Deux ou trois mesures sont alors prises. La première  : ce Dieu-là, le faire taire. Déclarer que le temps de la prophétie est clos. Rappeler que la Loi, la ­Torah, tout entière, a bel et bien été révélée, qu’elle n’est plus dans le Ciel pour qu’on aille l’y chercher, que Dieu lui-même n’a plus à se mêler de son interprétation, et que toute question peut fort bien être tranchée ici-bas, à la majorité. Dieu défait, donc, et d’abord par ses fidèles. Selon une ancienne tradition rabbinique, il n’aurait pas trop mal pris la chose, et se serait écrié, riant : « Mes enfants m’ont vaincu ! »

Seconde mesure  : rappeler que la Bible – la Torah écrite – n’est pas toute la Loi, juste l’une de ses deux faces, que son sens ne se dévoile qu’à ceux qui se munissent des clés aptes à le déverrouiller, et que ces clés, c’est la Torah orale qui les donne  : cet enseignement vivant, sans cesse renouvelé, et en constant débat, de ces générations de sages censées s’être succédé sans interruption de Moïse jusqu’à nous. Ce qui semblait inaltérable et résistant au compromis se révèle soudain étonnamment souple.

Troisième mesure  : confirmer que les portes de l’allégorie sont ouvertes, et que ce qui, dans la Bible, paraît avoir une odeur de cadavre exhale en fait un parfum moins sinistre.

Accès de fièvre messianique
Plus d’un médiéval trouvera, derrière les flots de sang répandus dans l’Ecriture, autre chose qu’un appel à verser à nouveau le sang. Pour Rashi de Troyes (1040-1105), le « glaive » qui, en Psaumes 45,4, fait la « parure » et l’« honneur » du « héros », n’était bien sûr pas un glaive de métal, mais la Torah elle-même, justement. Quant aux chrétiens et aux musulmans, loin d’être de vulgaires idolâtres, n’étaient-ils pas, à leur façon, certes imparfaite, sur le chemin de la vérité et de la connaissance du vrai seul Dieu ? Allait-on leur faire la guerre ? En avait-on d’ailleurs les moyens ?… Démilitarisation du judaïsme ? En un sens.

Celle-ci ne fut jamais absolue. Des juifs surent prendre les armes pour défendre leurs vies. D’autres eurent aussi le goût du martyre, se sacrifiant et sacrifiant les leurs pour échapper au baptême que des croisés en furie voulaient leur imposer, dans l’idée que tout ce sang juif versé obligerait peut-être Dieu à agir enfin. Les accès de fièvre messianique ne manquèrent pas. Les espoirs de revanche ne furent jamais éteints. Mais au fond, cela pouvait attendre un peu.

Le sionisme a rompu avec ces siècles de relatif quiétisme. On peut y voir un juste retour à la normale ou une trahison. Peu importe. Reste qu’assumer la force, la vraie, et ceindre le glaive, le vrai, a ouvert une brèche dans la muraille de l’antique sagesse. La tentation de la lettre brute, à nouveau, menace. Josué, le sanguinaire conquérant de la terre, peut redevenir une référence. Et Pinhas, ce prêtre qui d’un seul coup de lance transperça le couple scandaleux d’un Hébreu et de sa maîtresse idolâtre (Nombres 25), peut redevenir un modèle. La Bible n’est rien. Ses lecteurs – et désormais ses lectrices – sont tout. A nous de tuer la lettre, avant qu’elle ne nous tue.

Jean-Christophe Attias, historien, est titulaire de la chaire de pensée juive médiévale à l’École pratique des hautes études (Sorbonne). Il a récemment publié Moïse fragile, Alma, 276 p., 22 € et dirigé, avec Esther Benbassa, Juifs et musulmans. Retissons les liens !, CNRS Editions, 80 p., 4 €.

Voir de plus:

Retrouvons la variante pacifique de la foi

Thomas Römer
Le Monde

26.12.2015

Les religions monothéistes ont plutôt mauvaise presse. On leur reproche d’engendrer l’intolérance, la violence et les fanatismes. L’actualité semble confirmer une telle appréciation. De nombreux conflits du monde actuel et les attentats terroristes à Paris et ailleurs ont des composantes idéologiques. Au nom du Dieu unique, on tue, on exclut, on prêche la haine et l’intolérance.

Pendant plusieurs siècles, l’avènement du monothéisme a pourtant été considéré comme un progrès intellectuel et philosophique dans l’histoire de l’humanité. Grâce au monothéisme mosaïque, à l’origine du judaïsme et sans lequel ni le christianisme ni l’islam n’auraient vu le jour, l’humanité aurait abandonné la divinisation de la nature et se serait libérée d’une soumission superstitieuse aux éléments cosmiques. Le monothéisme aurait ainsi favorisé l’autonomie de l’homme et sa capacité à contrôler les forces naturelles et cosmiques.

Ce n’est pas un hasard si le premier chapitre de la Bible affirme que l’homme (en tant que mâle et femelle) est créé à l’image de Dieu et qu’il lui incombe de dominer le monde et ce qu’il contient. Le monothéisme serait-il alors le premier pas vers la sortie de la pensée religieuse, comme l’affirment certains philosophes, Marcel Gauchet et d’autres, ou serait-il responsable des catastrophes écologiques que l’humanité n’a cessé de commettre depuis le début de la révolution industrielle et des « guerres de religion » qui perdurent jusqu’à aujourd’hui ?

Un terme tardif
Rappelons d’abord que le mot « monothéisme » n’est entré dans nos langues que tardivement. La Bible ne connaît pas ce terme ni son opposé « polythéisme ». Cette dernière expression semble être attestée pour la première fois chez Philon d’Alexandrie, philosophe juif du premier siècle de l’ère chrétienne, qui oppose le message biblique à la doxa polutheia [l’opinion selon laquelle il y aurait plusieurs dieux] des Grecs. Quant au concept de monothéisme, il semble être un néologisme du XVIIe siècle et aurait été inventé par les platoniciens de Cambridge [un groupe de philosophes anglais] qui voulaient lier rationalité et approche mystique du divin.

Henry More (1614-1687) utilise le terme « monothéisme » pour caractériser et défendre le christianisme contre le déisme [l’idée philosophique d’un Dieu sans lien avec les textes sacrés] mais aussi contre l’accusation juive selon laquelle la doctrine de la Trinité mettrait en question l’idée de l’unité et de l’unicité de Dieu. Le vocable comporte ici un caractère d’exclusion, car il affirme que seul le christianisme rend témoignage au seul vrai Dieu.

Le mot « monothéisme » n’est entré dans nos langues que tardivement. La Bible ne connaît pas ce terme ni son opposé « polythéisme »
A l’opposé, on trouve Henry Bolingbroke (1678-1751) pour qui le monothéisme est l’expérience originelle de toute l’humanité. Pour ce dernier, le monothéisme ne serait pas une spécificité du judaïsme ou du christianisme ; tous les systèmes religieux et philosophiques trouveraient leurs origines dans une idée monothéiste. Il s’agit donc d’une position inclusive. Ainsi l’idée monothéiste peut-elle se comprendre de deux manières opposées : d’une manière inclusive et d’une manière exclusive.

Or ces deux conceptions du monothéisme se trouvent également dans les textes bibliques. Il suffit de penser à la figure centrale du Pentateuque, Moïse, auquel le Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris, consacre actuellement une exposition remarquable qui retrace surtout la réception du personnage dans l’art.

Un être violent
Sigmund Freud, dans L’Homme Moïse et la religion monothéiste (Gallimard, Folio, 1993) son « roman historique » consacré à Moïse, avait imaginé un Moïse égyptien, universaliste et empreint de sagesse, assassiné par les Hébreux qui lui auraient substitué un « faux Moïse », violent et ségrégationniste. Bien que cette théorie, qui se fondait d’ailleurs sur les travaux d’un bibliste du nom d’Ernst Sellin [1867-1946, Moïse et son importance dans l’histoire de la religion israélo-juive, Félin, 432 p., 25 €], ne soit pas tenable et que Freud ne l’ait probablement pas considérée comme une hypothèse historique, cette théorie est néanmoins le reflet d’une tension évidente dans les textes qui, dans la Torah, sont liés à Moïse.

Dans de nombreux récits, Moïse apparaît comme un être violent. Dans l’histoire du veau d’or, il est iconoclaste, détruit l’œuvre de son frère Aaron, laquelle représentait Yhwh (Yahvé, Dieu) sous forme bovine, et annonce ainsi le culte aniconique (sans image) du temple de Jérusalem reconstruit à l’époque perse, à la fin du VIe siècle avant l’ère chrétienne. Mais il fait aussi massacrer une grande partie du peuple qui avait vénéré cette statue de Yhwh.

Moïse devient ainsi le champion d’une religion « yahviste » intransigeante. Dans le Deutéronome, qui est conçu comme son testament théologique, il exhorte ses destinataires qui sont, sur le plan de la narration, la deuxième génération du désert, à se séparer strictement d’autres peuples, à ne pas se marier avec eux, à détruire leurs lieux et objets de culte, voire à les exterminer.

Dans certains passages ajoutés au Deutéronome par des scribes de l’époque perse, comme les chapitres 4 et 7, Moïse présente Yhwh certes comme le Dieu unique qui a créé les cieux et la terre, mais qui a, cependant, une relation spécifique avec Israël, puisqu’il l’a « élu » comme sa propriété privée. Pour cette raison, Israël doit se séparer des autres nations. Ce discours deutéronomique, mis dans la bouche de Moïse, correspond alors à un monothéisme exclusif. En revanche, contrairement au christianisme et à l’islam qui ont hérité de ce concept et l’ont « universalisé », le judaïsme n’a pas développé une stratégie missionnaire pour convaincre ou forcer d’autres à adhérer à ce Dieu.

Cohabitation religieuse
A côté du discours ségrégationniste, on trouve également, dans le Pentateuque, des textes qui reflètent une position de cohabitation religieuse. Ainsi, Moïse qui s’était enfui dans le pays de Madian, épouse d’abord Séphora, une madianite, une étrangère donc, de surcroît fille d’un prêtre. Dans le livre des Nombres, il est question d’un (autre ?) mariage de Moïse avec une femme koushite [éthiopienne]. Et Miriam, la sœur de Moïse qui critique cette union avec une femme noire, est frappée par une maladie de peau qui rend celle-ci « blanche comme la neige ». Dans le même contexte, Moïse est d’ailleurs décrit comme étant « l’homme le plus humble sur toute la terre », comme si l’on voulait corriger son caractère colérique présent dans d’autres textes.

La tendance inclusive du monothéisme se présente d’une manière encore plus marquée dans le récit de la vocation de Moïse qui a été rédigée par un groupe de prêtres. Ils développent dans ce récit (au chapitre 6 du livre de l’Exode) l’idée d’une révélation divine en trois étapes.

L’humanité entière connaît Dieu sous le nom d’Elohim, un nom qui en hébreu est à la fois un pluriel et un singulier ; à Abraham et à sa descendance qui inclut les tribus arabes, les Edomites et d’autres peuples à l’est du Jourdain, Dieu s’est fait connaître sous le nom d’El Shaddaï (« dieu des champs »), et c’est seulement à Israël, par l’intermédiaire de Moïse, qu’il révèle son « vrai » nom, Yhwh, nom qui très vite devient, dans le judaïsme, tabou. Selon cette logique, tous les peuples vénèrent le même dieu, même ceux qui ont des panthéons divins, et il n’y a donc aucune raison de s’affronter au nom de Dieu.

Ainsi cohabitent dans la Torah, attachés à la figure de Moïse, deux monothéismes différents et se crée-t-il une tension entre inclusion et ségrégation, entre cohabitation et confrontation. Sur le plan psychologique, on peut faire remarquer que toute identité se construit entre ces pôles mais, sur le plan historique et politique, il faut noter que les religions monothéistes ont souvent favorisé la version exclusive et souvent guerrière du monothéisme. Il est temps de se rappeler la variante pacifique et d’en explorer les voies dans le contexte actuel qui, de nouveau, est dominé par une rhétorique guerrière, fût-elle religieuse ou laïque.

Thomas Römer, philosophe et bibliste, est né à Mannheim (Allemagne) en 1955. Il est professeur au Collège de France depuis 2007 où il occupe la chaire « Milieux bibliques ». Il est l’auteur de Moïse en version originale. Enquête sur le récit de la sortie d’Egypte (Bayard/Labor et Fides, 277 pages, 19,90 €).

Voir de même:

« La non-violence absolue est la seule possibilité pour la religion dans notre monde moderne »
Nicolas Weill (Propos recueillis par)

Le Monde

26.12.2015
Les travaux de l’égyptologue allemand Jan Assmann portent non seulement sur l’Antiquité, mais aussi sur la mémoire de l’Egypte, sur l’invention du monothéisme et les rapports de celui-ci avec la violence. Il s’interroge sur les relations entre l’une et l’autre.

Vous avez dit que nous vivions à une époque où la violence du religieux atteignait des proportions extrêmes. Pensez-vous que celle-ci est intrinsèque au monothéisme ?

Jan Assmann.- La violence religieuse est une violence au nom de Dieu. Toutefois, au moins sur le plan théorique, il faut ici distinguer entre motivation et légitimation, même si elles se confondent souvent dans la pratique. Les atrocités de l’organisation Etat islamique (EI), par exemple, sont-elles motivées par la religion, ou obéissent-elles à des motivations tout autres – cupidité, pulsions sanguinaires, soif de vengeance ou de pouvoir –, le prétexte religieux d’un combat pour la foi n’étant invoqué que pour gagner de nouveaux adeptes, ou pour d’autres raisons encore ?

La violence religieuse n’est pas inhérente au monothéisme au sens où elle découlerait nécessairement de la croyance en un Dieu ou en une vérité uniques, mais elle est inscrite en tant que possibilité dans des religions qui – monothéistes ou pas – se réclament de vérités absolues, révélées, pour nier, voir souvent détruire des traditions plus anciennes et bien établies.

Dans le judaïsme, cela ne concernerait que la période où le peuple élu dut s’imposer contre les Cananéens qui habitaient la Terre promise, en recourant à l’expulsion et à l’extermination ; encore ne s’agit-il pas là de faits réels, mais d’une reconstruction mythique bien plus tardive. La guerre des Maccabées [contre la domination hellénistique de la Judée au IIe siècle av. J.-C.] et la révolte des zélotes [révoltés radicaux contre les Romains au Ier siècle de notre ère] pourraient à la rigueur évoquer une violence à motivation religieuse, mais le judaïsme rabbinique [celui du Talmud élaboré du IIe av. J.-C. au VIe siècle après] a délégitimé la violence et marginalisé les textes qui s’y rapportaient.

Dans l’histoire du christianisme et de l’islam, la violence à motivation religieuse contre les « incroyants » et les « hérétiques » joue un grand rôle. Une importance particulière échoit ici à l’idée apocalyptique de la fin des temps et du jugement dernier, qui repose sur la distinction entre ami et ennemi, entre salut et damnation.

La violence ne naît-elle pas du mélange entre monothéisme et nationalisme ?

Le nationalisme, dès ses débuts, a fait bon ménage avec la violence religieuse. On l’observe depuis les guerres de libération contre Napoléon jusqu’aux deux guerres mondiales et, aujourd’hui, cela reste un élément clé dans les conflits entre hindous et musulmans en Asie du Sud. Les débordements violents commis par des hindous à l’encontre de musulmans (?) me sont toujours opposés comme une preuve du fait que le polythéisme, lui aussi, est violent. Mais l’enjeu est ici nationaliste, et la religion ne joue qu’un rôle légitimateur.

C’est vrai aussi des politiques droitières en Israël. Même si les troupes de l’organisation Etat islamique se composent d’anciens soldats de Saddam Hussein, dans ce cas-ci nous n’avons certainement pas affaire à une violence nationaliste : c’est une soldatesque en maraude qui n’agit pas au nom d’une « patrie » mais pour sa propre cause, et fait passer celle-ci pour la cause d’Allah.

Vous dites qu’il y a un monothéisme intrinsèquement révolutionnaire. Serait-ce la source de sa violence ?

Oui, dans la mesure où celui-ci se réclame d’une révélation appelant à l’inversion voire au bouleversement des ordres existants. Il est vrai que la religion amarnienne [culte solaire institué par le pharaon égyptien Akhenaton entre 1355 et 1337 av. J.-C.] ne se réclame pas d’une révélation comparable à celle du Sinaï, de Jésus, à la révélation du Coran à Mahomet ni à la doctrine du Bouddha. Ici une connaissance cosmologique (tout provient du soleil) a manifestement été transposée en réalité cultuelle et culturelle.

Il serait erroné de jeter le discrédit sur « le monothéisme » dans son ensemble. Seul est en cause le fondamentalisme, sous toutes ses facettes que sont le fanatisme, le zélotisme, le salafisme, voire le terrorisme
Mais peut-être cette connaissance même doit-elle être considérée comme une révélation, lorsqu’on lit par exemple dans le « Grand Hymne » d’Akhenaton : « Tu [Aton] informes [le roi] de tes desseins et de ta puissance. » Aton – « le disque solaire » – est pourtant un dieu qui, dans les textes et les représentations, n’est jamais montré en train de parler, contrairement à Yahvé et à Allah. Reste qu’avec l’introduction de la religion amarnienne, nous avons affaire à une révolution par en haut.

Au fond, ne peut-on pas dire du monothéisme qu’il est par définition politique ?

Oui, du moins on peut l’affirmer sans réserve du premier vrai monothéisme tel que l’illustre la Torah. La théologie de l’alliance, dans la Bible hébraïque, est une idée non moins politique que religieuse. Mais à mon sens il serait tout à fait erroné de jeter le discrédit sur « le monothéisme » dans son ensemble. Seul est en cause le fondamentalisme, sous toutes ses facettes que sont le fanatisme, le zélotisme, le salafisme, voire le terrorisme.

Vous montrez dans vos œuvres que c’est moins l’histoire du monothéisme que la façon dont il a été remémoré qui véhicule en lui sa violence. Pouvez-vous préciser ce point ?

Le monothéisme biblique n’est pas un phénomène du XIVe ou du XIIIe siècle, mais du VIe siècle av. J.-C. Il apparaît sous deux formes : d’abord comme un monothéisme de la fidélité, fondé sur le mythe de la sortie d’Egypte et exigeant de ceux qui ont été alors libérés une fidélité absolue au Dieu libérateur. Ensuite comme un monothéisme de la vérité qui ne reconnaît qu’un Dieu, créateur du ciel et de la terre. Cette dernière orientation nie l’existence d’autres dieux, tandis que le monothéisme de la fidélité la présuppose au contraire.

Notons que seule cette forme originelle du monothéisme, centrale dans la Bible, remémore l’histoire de sa naissance et de ses triomphes par des scènes de violence : les plaies d’Egypte, le massacre qui suit l’épisode du Veau d’or et autres châtiments cruels pendant les quarante années au désert, de même qu’ensuite la tradition évoquant le sort violent réservé aux prophètes, tradition qui s’incarne en premier lieu dans le livre d’Esaïe II (chants du serviteur de l’Eternel) et chez Néhémie : Israël s’est détourné de l’alliance et de la Loi, a tué ceux que Dieu avait envoyés pour le ramener dans le droit chemin.

Les hommes n’ont jamais cessé de se référer à des textes sacrés, notamment à l’Ancien Testament, pour légitimer leurs violences
Sur cette tradition se fonde le Nouveau Testament, et le Coran, lui aussi, vibre de colère contre les ennemis du Prophète. Sigmund Freud voulait ramener cette haine meurtrière à l’ambivalence de la relation au père. Mais elle réside plutôt dans l’ambivalence de la pensée de l’alliance, avec sa dialectique de la fidélité et de la trahison, de la bénédiction et de la malédiction ou – dans une optique chrétienne – du salut et de la damnation.

Le christianisme actuel s’affirme comme une religion pacifique. Mais il n’en a pas été toujours ainsi. Un monothéisme désarmé est-il pensable ?

La non-violence absolue m’apparaît comme la seule possibilité pour la religion – quelle qu’elle soit – de conserver un pouvoir dans notre monde moderne, globalisé. Pouvoir et non-violence ne sont pas contradictoires, Gandhi l’a montré et, à en croire beaucoup de passages du Nouveau Testament (pas tous, loin de là), telle pourrait aussi avoir été la cause défendue par Jésus de Nazareth. Quoi qu’il en soit, la dépolitisation par le christianisme du messianisme juif et le transfert du royaume de Dieu hors de ce monde, où il aurait fait concurrence à l’Empire romain et signifié son renversement, vers un au-delà purement spirituel, est une étape décisive de la pacification du monde.

Dans Moïse et Aaron de Schoenberg, récemment monté à l’Opéra de Paris, on voit dans l’acte II la violence du peuple qui exige la fabrication d’une idole contre l’abstraction du Dieu de Moïse. Une lecture qui vient à l’inverse de l’idée qui veut que le monothéisme biblique soit à l’origine de la violence. Qu’en pensez-vous ?

Malgré tout le bien que je pense du livret de Schoenberg, les scènes où l’on danse autour du Veau d’or représentent pour moi des fantasmes d’atrocités dépassant de très loin celles que l’Ancien Testament attribue aux Cananéens. En revanche, la musique dans ces passages est particulièrement impressionnante. Il est légitime qu’une religion dont la foi est axée sur la révélation d’une vérité absolue développe une notion claire de ce qui est incompatible avec la vérité en question.

Toutefois, si cette incompatibilité supposée repose non sur une expérience historique, mais sur des stéréotypes manichéens et sans fondement concernant l’autre et l’étranger, c’en est fini de cette légitimité. Le polythéisme n’était pas plus évolutif, plus tolérant que le monothéisme, car pour lui le problème de la tolérance ne se posait absolument pas. Il ne connaissait ni l’idée d’une révélation advenue une fois pour toutes et à laquelle tout se ramenait, ni par conséquent la structure même de l’incompatibilité.

Vous affirmez que le monothéisme est l’héritier, moins de la religion antique que des Etats forts voire totalitaires de l’Antiquité, égyptien ou assyrien. D’où le lien indéfectible entre le culte de la loi et la violence. Ce paradigme explicatif s’applique-t-il encore au monothéisme actuel ?

On ne peut sans doute pas l’affirmer de façon aussi générale. Ici encore, je distinguerais entre monothéisme et fondamentalisme. Les fondamentalismes modernes – et le fondamentalisme est un phénomène de la modernité – comportent tous, à un degré quelconque, des traits totalitaires empruntant aux idéologies fascistes, nationalistes et communistes de notre temps.

Le philosophe français René Girard (1923-2015) a tenté d’expliquer la violence religieuse par la théorie du bouc émissaire. Qu’en pensez-vous ?

René Girard était un grand généralisateur qui croyait pouvoir partout retrouver les structures mises en évidence par lui – « bouc émissaire », « désir mimétique » – et les élever au rang d’universaux anthropologiques. Il ne saurait en être question. De plus, il faut soigneusement distinguer entre la violence rituelle (notamment initiatique), la violence sacrificielle et la violence religieuse (au nom de Dieu).

Il va de soi que toutes les religions, y compris polythéistes, sont pétries de violence. Avec l’abolition du sacrifice humain, de la torture initiatique et d’autres rites cruels, on peut même dire que le monothéisme a mis fin à bon nombre de ces violences. En revanche, il en a créé d’autres. Cela vaut d’abord pour les phénomènes du fanatisme et du zélotisme, liés au monothéisme de la fidélité, mais aussi pour ceux d’une orthodoxie répressive née du « monothéisme de la vérité ».

Dans quelle mesure les textes sacrés engendrent-ils de la violence (Bible, Coran), et faut-il les expurger ?

Les hommes n’ont jamais cessé de se référer à des textes sacrés, notamment à l’Ancien Testament, pour légitimer leurs violences. Pendant la première guerre mondiale encore, les Allemands ont justifié leur agression de la Belgique neutre – un crime de guerre caractérisé – en invoquant le Deutéronome (2, 26 et suivants), l’histoire de Sihon roi de Hesbon qui, ayant refusé de laisser les Israélites traverser son territoire, fut réduit à néant ainsi que son pays. Je verrais d’ailleurs dans de tels procédés une violation du troisième commandement, « Tu n’invoqueras pas en vain le nom de l’Eternel » ou, en termes contemporains : « Tu n’invoqueras pas en vain la religion (quelle qu’elle soit) pour un usage politique de la violence » – ce qui se produit en permanence aujourd’hui.

La non-violence absolue m’apparaît comme la seule possibilité pour la religion – quelle qu’elle soit – de conserver un pouvoir dans notre monde moderne
A cette utilisation de certains textes sacrés, il convient de faire obstacle en les replaçant dans leur contexte historique et en les marginalisant. Les textes appelant à la violence doivent être expliqués en relation avec le contexte de leur époque. Il y a là une grande responsabilité pour les prédicateurs et les exégètes.

Vous avez défendu la pertinence des théories de Freud sur Moïse ou sur la religion en général. Croyez-vous qu’elles sont toujours utiles à penser, sinon à guérir, les traumatismes que provoque la violence religieuse actuelle ?

Pour moi les théories de Freud sont erronées, mais intéressantes. Elles nous ont ouvert les yeux sur la dimension psycho-historique du monothéisme, en particulier du monothéisme de la fidélité, réclamant des croyants un examen de soi permanent et un effort intérieur incessant pour retrouver les conditions nécessaires à la proximité avec Dieu, qu’il promet. Ce qui, dans les religions et confessions concernées, a indubitablement fait naître une nouvelle nature de l’âme, c’est-à-dire de nouvelles dispositions psychiques.

On a parfois prétendu que vous prôniez une sorte de retour au paganisme. Comment pourrait évoluer le monothéisme pour en extirper la violence, que celle-ci soit interne (tournée contre ses adeptes) ou externe (guerres saintes, djihad, etc.) ?

Je n’ai jamais prôné de retour au paganisme. Nous ne reviendrons pas au polythéisme ni au cosmothéisme [où Dieu et le monde sont confondus], nous les avons irrévocablement dépassés. Dans mon livre Religio Duplex (Flammarion, 2013), en revanche, j’ai émis l’hypothèse selon laquelle, depuis les philosophes des Lumières comme Locke, Hume, Voltaire, Rousseau, Mendelssohn, Lessing, etc., nous avons également dépassé les conceptions de Dieu qui sont à l’œuvre dans les religions positives ou révélées.

A mon sens, cela ne signifie pourtant pas que nous devions renoncer à celles-ci, mais seulement les relativiser encore un peu plus en les subordonnant aux règles générales d’un vivre-ensemble civique. Cultures et religions n’existeront jamais qu’au pluriel. Jamais le monde globalisé ne pourra s’accorder sur une religion universelle de l’humanité.

La religion universelle qu’avaient en tête les philosophes des Lumières se présente à nous aujourd’hui sous la forme séculière des droits de l’homme. Voilà ce qu’il s’agit de faire prévaloir, non pas aux dépens des religions traditionnelles, mais en alliance avec elles (Traduit de l’allemand par Diane Meur).

Jan Assmann est égyptologue, né en à Langelsheim (Allemagne) en 1938. Il est membre de l’Académie de Heidelberg, de l’Institut allemand d’archéologie et de la Société française d’égyptologie. Outre le monothéisme, ses travaux portent aussi sur la mémoire de l’Egypte à travers les siècles. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Moïse l’Egyptien. Un essai d’histoire de la mémoire (Aubier, 2001), Violence et Monothéisme (Bayard, 2009) et Religio Duplex : Comment les Lumières ont réinventé la religion des Egyptiens (Flammarion, 2013). Exodus. Die Revolution der Alten Welt, [« Exode, la révolution du monde antique », C.H. Beck, 2015) reste à paraître en français

Voir enfin:

Il faut une commission d’enquête sur les attentats du 13 novembre

Le Monde

06.12.2015

Nos services de renseignement sont certes excellents : la quasi-totalité des auteurs des actes de terrorisme des dernières années avait été fichée en avance. Mais il reste que les attentats de janvier 2015 et le « vendredi noir » du 13 novembre n’ont pu être déjoués. Aussi, l’anticipation a été clairement défaillante. Affirmer qu’il n’y a pas de risque zéro face au terrorisme, ce qui est au demeurant exact, n’excuse pas l’échec. Force est de noter le succès continu de nos services entre 1996 et 2011, avec aucun mort en France, et les échecs successifs subis depuis lors. Le contraste entre les deux parcours n’est pas seulement le produit de la bonne ou de la mauvaise chance.

Certes, nos services de sécurité sont insuffisamment nombreux pour gérer une menace croissante en nombre et en dangerosité : cela aussi est exact, mais ne dispense pas d’examiner d’autres facteurs, telle la mise en cause de la police de proximité et des renseignements généraux pendant le quinquennat précédent. L’on pourra aussi pointer un recrutement encore très policier, fût-ce au meilleur sens du terme, des agents du contre-terrorisme face à Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] dont le spectre de compétences s’est élargi à des domaines (communication, cyberopérations) appelant de nouveaux savoir-faire.

Le gouvernement peut à bon droit faire valoir qu’il a mis en place des réformes essentielles qui n’avaient que trop tardé, avec notamment la création en 2014 de la DGSI [Direction générale de la sécurité intérieure], dotée d’une autonomie budgétaire et de recrutement, et un plan vigoureux d’accroissement des moyens budgétaires et humains d’ici à 2017. S’y ajoutent la mise à jour de la législation et le renforcement ô combien nécessaire de la coopération entre Etats européens… Mais tout cela suffit-il face à la montée des périls ?

L’absence d’une communication audible du gouvernement sur les tenants et les aboutissants des attentats du mois de janvier 2015, qui avaient pourtant été les plus meurtriers sur le sol français depuis la guerre d’Algérie, n’a pas été, et continue de ne pas être de nature à renforcer la confiance sur la qualité du système français de lutte contre le terrorisme. Cette erreur ne doit pas être répétée et aggravée : le « vendredi noir » doit être suivi par ce que les spécialistes appellent un « retour d’expérience » (abrégé en RETEX) digne de ce nom, en partie couvert par le secret nécessaire aux opérations de renseignement, mais en partie aussi livré au public.

Apprendre des dysfonctionnements

La même observation vaut pour la limitation des effets des attentats. Au sommet de l’Etat, la prise de décision et la communication politique ont été assurées avec efficacité par le président Hollande. Il en allait de même pour la communication sur l’état de l’enquête, gérée avec doigté par le procureur François Molins. Au plan opérationnel, forces de l’ordre, sapeurs-pompiers, services médicaux ont de toute évidence agi avec courage et humanité. Mais que de questions pendantes…

Où était la communication opérationnelle, donnant des consignes de comportement aux populations dans et autour des zones menacées ? Le chef de la Metropolitan Police assurait la communication opérationnelle pendant les attentats multiples du 7 juillet 2005 à Londres, dont le nombre et la synchronicité étaient semblables à ceux de Paris. Où était son homologue parisien, le préfet de police Michel Cadot, le soir du 13 novembre ? Où était la plate-forme en ligne permettant à chacun de recevoir des réponses autorisées pendant la crise ? Même la Belgique, dont les Français se sont trop volontiers moqués ces dernières semaines, s’en était dotée pendant le « lockdown » de Bruxelles. Il ne s’agit pas là d’éléments secondaires de gestion d’une crise terroriste.

Le terrorisme est un acte de violence qui vise à communiquer la terreur aux populations visées : la contre-communication est essentielle pour inspirer la confiance. Ces interrogations sur le lien entre les autorités et la population, et d’autres du même type, ne devraient même pas surgir, puisque traitées dans le Livre blanc gouvernemental sur le terrorisme, publié il y a dix ans déjà. Ajoutons que ce document public rédigé dans la foulée des attentats de Madrid (191 morts) et de Londres (55 morts) contenait des scénarios de violence terroriste très voisins du « vendredi noir ».

Il n’y a que des compliments à faire à ceux qui, du président de la République à l’agent de sécurité lambda, ont empêché un carnage au Stade de France. Cependant, les citoyens sont en droit de savoir ce qui s’est passé tout le temps qu’ont duré les attentats, et spécialement pendant les deux heures séparant l’arrivée des forces de l’ordre au Bataclan et le moment de l’assaut. En l’absence d’un récit officiel circonstancié des événements, trop de bruits, pas tous issus d’esprits négatifs, pas tous le produit des rivalités d’un autre âge entre policiers et gendarmes, courent désormais pour pouvoir se contenter d’un « circulez, il n’y a rien à voir ».

Peut-être les conditions de l’intervention ont-elles été aussi bonnes que possible, et peut-être en allait-il de même concernant la prise en charge dans l’urgence absolue des blessés innombrables, souvent à l’article de la mort, gisant dans un Bataclan devenu terrain de massacre. Un rapport officiel permettrait d’en apporter la démonstration ou, à défaut, de tirer les leçons d’éventuels dysfonctionnements.

Vu l’importance des enjeux, il est dans l’intérêt de tous que le gouvernement et le Parlement prennent ensemble la décision de mettre sur pied une commission nationale d’enquête sur les récents actes terroristes en France, proche du modèle de la commission américaine sur les attentats du 11-Septembre : celle-ci comprenait dix personnes, désignées par l’exécutif et le Congrès et issues à parts égales de la majorité et de l’opposition. Elle œuvra pendant plus de deux ans en ayant un accès pratiquement illimité aux personnes et aux données, ouvertes ou secrètes, utiles à la compréhension des origines et au déroulement du drame.

Ce qui est décrit dans le rapport (11-Septembre – Rapport de la commission d’enquête, éditions de l’Equateur, 2004) est rarement agréable à lire mais c’est son caractère détaillé, direct et, en majeure partie, public, qui a permis au contre-terrorisme américain d’éviter un nouveau « 11-Septembre » outre-Atlantique, indépendamment de dérapages (Guantanamo, la torture, l’invasion de l’Irak…) qui n’étaient pas du ressort de cette commission nationale. Certes, une telle initiative transcendant la séparation des pouvoirs serait sans précédent dans notre pays, mais elle ne contreviendrait pas aux principes de l’Etat de droit. Surtout, les attaques du 13 novembre 2015 en France ont été, elles aussi, sans précédent ; ce premier acte de terrorisme de masse sur notre territoire doit aussi être le dernier de son espèce.

François Heisbourg est conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, membre du comité de pilotage du Livre blanc gouvernemental « La France face au terrorisme » (2005).


Attentats de Paris: Cachez ce drapeau que je ne saurai voir (With their national flag reduced to fancy dress accessory, far-right symbol or tourist souvenir, French left with nothing but their own resourcefulness and creativity)

28 novembre, 2015

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ZwastiskaRepubliquele président du Front national, candidat pour le deuxième tour de l'élection présidentielle, Jean-Marie Le Pen, salue des militants, le 01 mai 2002 place de l'Opéra à Paris, lors de son discours à l'occasion du défilé du FN. AFP PHOTO MAXIMILIEN LAMYSarkohommage-attentats-paris-13-novembre-2015-couleur-drapeau-français-monument-mondeparis-attacksBluewhiterednecessity2necessity3necessity4necessity5necessity6necessity7necessity8
Je vous apporte, Messieurs, une cocarde qui fera le tour du monde et une institution civique et militaire qui doit triompher des vieilles tactiques de l’Europe et qui réduira les gouvernements arbitraires à l’alternative d’être battus s’ils ne l’imitent pas et renversés s’ils osent l’imiter. Lafayette
Le drapeau rouge que vous rapportez n’a jamais fait que le tour du Champs-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. Lamartine (1848)
La Révolution n’a fait que catalyser un tricolore qui était déjà dans l’air du temps, porté depuis plusieurs années par ceux qui se revendiquaient de la révolution américaine. Michel Pastoureau
En fait, la Révolution française n’est qu’un aspect d’une révolution occidentale, ou plus exactement atlantique, qui a commencé dans les colonies anglaises d’Amérique peu après 1763, s’est prolongée par les révolutions de Suisse, des Pays-Bas, d’Irlande avant d’atteindre la France en 1787 et 1789. Jacques Godechot
Si la gauche progressiste a toujours opté pour le drapeau lorsque la patrie était en danger, elle a compris qu’il renvoyait aussi à des réalités d’oppression (…) La gauche, qui s’est largement fabriquée par des engagements intellectuels, se méfie de ces symboles englobants et fortement attachés à l’autorité de l’Etat. La politique des symboles est dangereuse car elle appelle à l’émotion et non à la critique. Le symbole, ça tue l’histoire. (…) La France a travaillé à laïciser l’espace public et politique. Mais avec cette invocation des symboles, on remet du religieux dans la République. C’est dangereux. Vincent Duclert (Ecole des hautes études en sciences sociales)
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (avril 2003)
On est en guerre contre ce pays (…) Ce pays, on le quittera quand il nous rendra ce qu’on nous doit. (…) On n’est pas là parce qu’on aime la Tour Eiffel. Tribu Ka
 Il y a trente ans, quand je jouais avec l’équipe de France, la Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. Mais à l’époque, les politiques ne s’intéressaient pas au football et ça ne choquait personne. Aujourd’hui, c’est devenu une obligation pour un homme politique, en fonction de son étiquette, de se positionner. Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n’a rien à voir avec le sport. […] Je ne vois pas dans les sifflets qu’on a entendus au Stade de France un manque de respect ou une insulte à la France mais simplement des manifestations contre un adversaire d’un soir, en l’occurrence l’équipe de France, que l’on veut battre.  Michel Platini (Le Monde, 2008)
Tout le monde a en mémoire les sifflets qui ont ponctué le match France-Algérie […] Que pensent-ils de la France ? On a l’impression que l’identité imaginaire est algérienne et que la France c’est au mieux une compagnie d’assurance, au pire un objet d’exécration. Et c’est la raison pour laquelle […] la campagne pour l’identité française a un succès en France. Certains nous disent qu’une telle affirmation identitaire est excluante. Non ! On invite tous les citoyens français à partager cette identité et il y en a un certain nombre qui refusent fermement et agressivement. Alain Finkielkraut
Le football était une composante essentielle de ce qu’un sociologue, Nobert Elias, a appelé le ’’processus de civilisation’’. […] Là, nous le voyons depuis un certain temps, un processus de décivilisation est à l’œuvre, et le football, le sport, est l’un de ses théâtres, comme aussi l’école. Et il y a dans tous ces événements une sorte de grand dévoilement qui se produit. On ne peut plus se mentir : on voit l’esprit de la Cité se laisser dévorer par l’esprit des cités. Alain Finkielkraut
L’appropriation à gauche du drapeau tricolore ou de l’hymne national a toujours fait débat. Cela vient du fait que pour une partie de la gauche française, les emblèmes de la révolution ne sont pas nationaux mais internationaux, il s’agit du drapeau rouge et de l’Internationale. Le rapport à la Nation est une question qui divise la gauche historiquement. On peut rappeler les mots de Lamartine dans son discours du 25 février 1848 à l’Hotel de Ville de Paris lorsqu’il défend le drapeau tricolore comme emblème de la nouvelle République face aux partisans du drapeau rouge (…) Cette division qui parcourt historiquement la gauche vient du fait que pour certains le peuple souverain recoupe le peuple national alors que pour d’autres c’est le peuple social qui est à la fois l’instrument et le but (son émancipation…) de toute action politique. Or ces peuples n’ont ni le même drapeau ni le même hymne. (…) Ce sont les symboles de la Nation, celle qui s’est détachée de son incarnation dans le roi au moment de la Révolution, dès le serment du Jeu de Paume en 1789 puis définitivement en 1792 après Valmy avec la proclamation de la République. Cette Nation est ainsi devenue souveraine et s’est battue les armes à la main pour défendre cette liberté toute nouvelle. C’est donc un héritage commun des Français même si une partie d’entre eux ne l’ont pas immédiatement accepté ou compris, soit parce qu’ils se battaient pour le drapeau blanc, celui de la monarchie, soit parce qu’ils se sont battus pour le drapeau rouge, celui de la révolution sociale. Ce sont ensuite ajoutés à ce moment fondateur des usages nationalistes ou impérialistes du drapeau tricolore, en France, en Europe et dans le monde. Le drapeau tricolore a en effet aussi été celui de l’épopée napoléonienne, celui de la colonisation tout au long du XIXème et du XXème siècles comme il a été celui de l’Etat français à Vichy. Pas seulement celui des soldats de l’An II, des révolutionnaires de 1830 ou de la France Libre. C’est notamment pourquoi, aujourd’hui encore, on trouve des Français qui ont du mal à «pavoiser» ou à reconnaître l’emblème national comme le leur, sans réserve. On peut le comprendre, et il n’y a bien évidemment pas d’obligation à l’amour inconditionnel du drapeau ou au chant à haute voix de la Marseillaise. La fierté nationale peut prendre d’autres formes et ne suppose pas d’abdiquer son esprit critique. Pourtant, dans des circonstances comme celles que traverse le pays aujourd’hui, ce genre de considérations paraissent très secondaires voire futiles. La politique est aussi affaire de priorités, et l’unité nationale face à la menace terroriste supporte mal les ratiocinations et les coquetteries que l’on peut se permettre, à gauche notamment, en temps normal. (…) Sur le fond, on peut considérer que le retour du sentiment national dans les esprits et les coeurs français est une bonne chose pour au moins deux raisons. La première, c’est que face à l’impuissance et même la dislocation de l’Europe, il peut être utile voire nécessaire de retrouver un espace de solidarité, de reconnaissance mutuelle – je n’ose dire d’identité collective – et de délibération qui soit à la fois légitime (car démocratique) et efficace. Tant du point de vue de la sécurité que de celui de la prospérité ou de la mobilité sociale par exemple. La seconde raison pour laquelle une telle réappropriation peut être positive, c’est au regard de la captation voire de la confiscation par le Front national des symboles et emblèmes nationaux. Si bien d’ailleurs que depuis des années, le drapeau voire l’hymne national ont pu passer aux yeux de certains pour des signes de nationalisme et donc de… lepénisme! Il en va de même d’ailleurs pour la laïcité désormais. C’est intéressant, car une telle réappropriation pourrait aider voire contraindre la gauche en particulier à s’interroger sur son rapport à la Nation, celui dont on parlait plus haut. Car c’est en partie en raison de ce débat interne à la gauche, que l’on évoquait, sur le «sens du peuple», que le FN a pu si facilement s’emparer des symboles nationaux pour en revendiquer l’exclusivité. La question des frontières est une question politique essentielle. C’est celle qui lie étroitement identité et souveraineté, qui permet de relier les trois dimensions du peuple au sens moderne, celui qui est acteur de son destin depuis la Révolution française: la démocratie, la nation et le social. Ainsi, seul un peuple libre, indépendant et souverain peut créer les conditions d’une réelle solidarité entre ses membres. C’est un tout indissociable. L’erreur de la construction européenne telle qu’elle s’est déroulée jusqu’à maintenant a été de croire le contraire. Ce tout indissociable n’est possible qu’à l’intérieur d’un espace délimité par des frontières, c’est-à-dire d’un lieu qui marque la différence entre l’extérieur et l’intérieur, en termes de droits, de devoirs, etc. Ce qui fait d’ailleurs qu’une frontière ne peut être ni un mur ni un non-lieu. Une frontière a une épaisseur, une consistance, il s’y passe des choses, on ne doit pas la franchir de manière anodine comme on va au marché par exemple. Mais une frontière doit aussi rester un espace que l’on peut franchir dans un sens comme dans l’autre. C’est une question que non seulement les Français mais encore tous les Européens feraient bien de se poser sérieusement. Pas seulement dans l’urgence face à la crise des migrants mais de manière politique, principielle. Cela nous aiderait sans doute à sortir des errements de ces dernières décennies et à retrouver une «doctrine» en la matière qui fait cruellement défaut aujourd’hui. La frontière considérée à nouveau comme objet politique et non comme simple obstacle économique, comme l’un des lieux de notre «commun», à la fois en termes d’identité, de souveraineté et de solidarité, voilà ce qui pourrait bien être un effet positif inattendu de la crise générale que nous traversons. Laurent Bouvet (Observatoire de la vie politique à la Fondation Jean-Jaurès)
C’est quoi tous ces ­­drapeaux français ? Les morts n’ont d’importance que parce qu’elles se déroulent sur “votre territoire”…? J’ai peur de ces “bleu-blanc-rouge” trop marine à mon goût… Eloïse
Dans l’esprit de beaucoup de gens, le drapeau reste associé à la figure du maréchal Pétain, qui l’a conservé durant cette période trouble, à l’Etat-nation, protégé par une armée puissante, et bien sûr à notre héritage colonial. L’appropriation du bleu, blanc, rouge dès 1972 par le Front national n’a évidemment pas aidé à “oublier”, surtout à gauche.  (…) On avait certes assisté à un frémissement avec la Coupe du monde de football en 1998, mais l’agitation des drapeaux tricolores était jusqu’alors restée cantonnée aux stades. Une fois n’est pas coutume, elle s’affiche sur la Toile. Olivier Dard (La Sorbonne)
Nous connaissons l’ennemi, c’est la haine ; celle qui tue à Bamako, à Tunis, à Palmyre, à Copenhague, à Paris et qui a tué naguère à Londres ou à Madrid. L’ennemi, c’est le fanatisme qui veut soumettre l’homme à un ordre inhumain, c’est l’obscurantisme, c’est-à-dire un islam dévoyé qui renie le message de son livre sacré. François Hollande
 Non, merci Monsieur le Président, Messieurs les politiciens, mais votre main tendue, votre hommage, nous n’en voulons pas et vous portons comme partie responsable de ce qui nous arrive (…) parce qu’en France, il soit possible d’être en lien avec un réseau terroriste, de voyager en Syrie, et de revenir, librement » avant de déplorer que  « des personnes fichées S circulent librement, empruntent n’importe quel moyen de locomotion ou louent des voitures (…) pour perpétrer les fusillades dans les rues (…) rien n’a été fait (…) et 10 mois plus tard, les mêmes hommes, sont en mesure de recommencer et faire cette fois-ci, 10 fois plus de morts. Emma Prevost (soeur d’une victime du Bataclan)
[L’Idéologie française,de Bernard-Henri Lévy], qui décrivait la France comme un pays fascisant, a forgé les représentations de nombreuses classes intellectuelles françaises de gauche. Celles-ci n’ont dès lors eu de cesse de faire repentance avec ce passé. Nicolas Lebourg (université de Perpignan)
les Français entretiennent un rapport schizophrène avec leur étendard (…) Contrairement aux Anglo-Saxons, totalement décomplexés à l’idée de se draper dans l’Union Jack (on se souvient du succès de la robe de la Spice Girl Geri Halliwell), de porter un pull en laine arborant la bannière étoilée… Et au reste du monde, exhibant fièrement son soutien à la France en illuminant en tricolore l’Opéra de Sydney, le One World Trade Center à New York, le London Bridge, la porte de Brandebourg, à Berlin, ou le Corcovado à Rio de Janeiro. Autant de gestes d’affection qui ont sans doute facilité, ici, l’envie de se réapproprier sans arrière-pensée ces couleurs si populaires ailleurs. Le Monde
Les étudiants ont chanté La Marseillaise avec cœur et entrain. Pas du bout des lèvres comme c’est souvent le cas, notamment après les attentats contre Charlie Hebdo. Sandra Laugier (Paris-I-Panthéon Sorbonne)

Quand poussés par la nécessité, les Français redécouvrent l’invention …

A l’heure où après avoir tant craché sur les couleurs nationales rapportées d’Amérique par Lafayette …

Parce qu’associées aux seuls partis (FN) ou responsables politiques (Sarkozy) qui y étaient restés attachés …

Ou les avoir laissé siffler ou remplacer par les drapeaux rouges de Moscou ou du Maghreb ou par les bannières noires de l’anarchie ou de l’Etat islamique

Nos gouvernants s’avisent soudainement, après le miroir aux alouettes de la France black blanc beur et avec les récents hommages planétaires, à « remettre du religieux dans la République »

Et qu’après dix mois de seules bonnes paroles, un président qui a laissé revenir avec le bilan tragique que l’on sait les tueurs sur les lieux de leur crime …

Fait étrangement l’impasse, dans son appel à la compassion pour les capitales du monde meurtries par le terrorisme …

Sur tant le New York du 11 septembre que le Jérusalem des actuelles attaques au couteau de boucher …

Comment ne pas compatir avec une population contrainte pour retrouver son propre drapeau national …

De courir les farces et attrapes, souvenirs pour touristes ou brocanteurs ….

Quand ce n’est pas, entre lingerie fine, baudruches ou pièces de mobilier, à s’en fabriquer un de bric et de broc ?

Comment le drapeau français a repris des couleurs
Sandra Franrenet

Le Monde

19.11.2015

Apposer un filtre bleu-blanc-rouge à sa photo : l’initiative de Facebook ne fait pas l’unanimité. Notamment parce que les Français entretiennent un rapport schizophrène à leur drapeau.

« C’est quoi tous ces ­­drapeaux français ? Les morts n’ont d’importance que parce qu’elles se déroulent sur “votre territoire”…? J’ai peur de ces “bleu-blanc-rouge” trop marine à mon goût… », poste Eloïse sur le mur de son compte Facebook au lendemain des attentats à Paris et à Saint-Denis. S’ensuit une salve de commentaires outrés. « Désolé, le drapeau français n’appartient pas au FN… et il ne lui appartiendra pas ! », lui rétorque froidement Christophe.

Depuis quelques jours, la communauté sur Facebook s’enflamme autour du filtre tricolore concocté par l’équipe de Mark Zuckerberg. Saluée par les uns, conspuée par les autres, cette initiative censée rendre hommage aux victimes n’a laissé personne indifférent, tant les Français entretiennent un rapport schizophrène avec leur étendard.

Contrairement aux Anglo-Saxons, totalement décomplexés à l’idée de se draper dans l’Union Jack (on se souvient du succès de la robe de la Spice Girl Geri Halliwell), de porter un pull en laine arborant la bannière étoilée… Et au reste du monde, exhibant fièrement son soutien à la France en illuminant en tricolore l’Opéra de Sydney, le One World Trade Center à New York, le London Bridge, la porte de Brandebourg, à Berlin, ou le Corcovado à Rio de Janeiro. Autant de gestes d’affection qui ont sans doute facilité, ici, l’envie de se réapproprier sans arrière-pensée ces couleurs si populaires ailleurs.

Le blason tricolore n’a pourtant pas toujours été un objet de discorde en France. « Né sous la Révolution, il représentait des idéaux de progrès social, de laïcité et de liberté », rappelle Régis Meyran, anthropologue et chercheur associé à l’université de Nice. Une traduction symbolique de la devise « liberté, égalité, fraternité » dont le peuple de France est pourtant si fier.

Une défiance historique
Pour comprendre la défiance des Français à l’égard de leur drapeau, il suffit de plonger dans un passé récent, en particulier Vichy et la fin de la guerre d’Algérie. « Dans l’esprit de beaucoup de gens, le drapeau reste associé à la figure du maréchal Pétain, qui l’a conservé durant cette période trouble, à l’Etat-nation, protégé par une armée puissante, et bien sûr à notre héritage colonial. L’appropriation du bleu, blanc, rouge dès 1972 par le Front national n’a évidemment pas aidé à “oublier”, surtout à gauche », illustre Olivier Dard, professeur d’histoire contemporaine à La Sorbonne.

Nicolas Lebourg, historien-chercheur à l’université de Perpignan, va plus loin et pointe le rôle d’un ouvrage publié en 1981 : L’Idéologie française, de Bernard-Henri Lévy, un pamphlet ambitionnant de dénoncer « le fascisme aux couleurs de la France ». « Ce livre, qui décrivait la France comme un pays fascisant, a forgé les représentations de nombreuses classes intellectuelles françaises de gauche. Celles-ci n’ont dès lors eu de cesse de faire repentance avec ce passé. » Et de bannir dans le même temps leur drapeau.

Depuis, chacun colle sur l’étendard ce qu’il veut ou ce qu’il s’autorise à y mettre. « Un drapeau est un symbole, autrement dit un signifiant au contenu variable dans lequel on projette nos émotions et notre histoire », précise Régis Meyran.

“Cette fois, ils s’en sont pris à notre identité de Français « Black, Blanc, Beur ». Et donc à notre drapeau.” Sandra Laugier, professeur de philosophie
Faut-il voir derrière le déferlement de banderoles tricolores sur Facebook le signe que son contenu est en train de changer ? « Peut-être », répondent en chœur les trois universitaires avant de reconnaître qu’il est prématuré de parler de réconciliation.

Tous s’accordent en revanche à dire que la situation est suffisamment inédite pour être soulignée. « On avait certes assisté à un frémissement avec la Coupe du monde de football en 1998, mais l’agitation des drapeaux tricolores était jusqu’alors restée cantonnée aux stades. Une fois n’est pas coutume, elle s’affiche sur la Toile », constate Olivier Dard.

Professeur de philosophie à Paris-I-Panthéon Sorbonne, Sandra Laugier refuse d’assimiler les filtres tricolores de Facebook à de simples artifices dénués de sens. La jeune femme en veut pour preuve la scène à laquelle elle a assisté, le 16 novembre, lors de la minute de silence en présence de François Hollande. « Les étudiants ont chanté La Marseillaise avec cœur et entrain. Pas du bout des lèvres comme c’est souvent le cas, notamment après les attentats contre Charlie Hebdo », raconte-t-elle.

Loin de s’en étonner, elle explique cette différence de situation par la nature même des actes terroristes. « En janvier, les djihadistes ont attaqué la liberté d’expression. Cette fois, ils s’en sont pris à notre mode de vie, notre culture, autrement dit à notre identité de Français “Black, Blanc, Beur”. Et donc à notre drapeau. »

Voir aussi:

Merci de l’avoir posée
Où acheter un drapeau tricolore ?
Virginie Ballet
Libération
26 novembre 2015

Un drapeau tricolore à Avelin, dans le nord de la France, le 13 novembre. Photo Denis Charlet. AFP
Le gouvernement a invité les Français à pavoiser leur domicile du drapeau français vendredi, à l’occasion de l’hommage national rendu aux Invalides aux 130 victimes des attentats du 13 Novembre.

Où acheter un drapeau tricolore ?
Que chacun puisse participer à sa manière de chez soi : c’est le sens de l’invitation du gouvernement lancée aux Français à faire flotter des drapeaux tricolores à leur domicile vendredi, à l’occasion de l’hommage national rendu aux Invalides aux 130 victimes des attentats du 13 novembre. «Tout le monde ne pourra pas venir aux Invalides», a ainsi observé le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll. Ceux qui ne le peuvent pas mais souhaitent rendre hommage aux victimes peuvent donc faire «pavoiser» des drapeaux chez eux, a-t-il dit. Mais où s’en procurer ? Quelques pistes.

Vous êtes à Paris
Dans la capitale, aucun souci pour dégoter ce symbole de l’unité nationale, officialisé par le marquis de La Fayette en 1789. Première option : les boutiques de souvenirs (1), qui font florès dans les lieux touristiques de Paris (près de Notre-Dame de Paris, du côté de Montmartre, ou aux abords du Louvre). Idem dans les magasins de farces et attrapes (2). Plusieurs de ces boutiques ont néanmoins expliqué à Libération être assaillies de demandes en ce sens et devoir procéder à des réassorts d’urgence. La boutique officielle de la Fédération française de football (3) propose elle aussi des drapeaux. Comptez entre six et douze euros.

Vous êtes ailleurs
Dans les grandes villes ou les secteurs touristiques, tentez votre chance dans les boutiques de souvenirs ou de farces et attrapes. Mais pour gagner du temps, il n’est pas trop tard pour trouver l’objet convoité sur internet : plusieurs annonces proposent des modèles sur le site de vente entre particuliers Leboncoin, dans le Lot, les Hauts-de-Seine, ou encore le Rhône, pour des prix compris entre six euros pour un modèle basique et cent pour un modèle de collection. La Montagne a compilé quelques adresses du côté de Clermont-Ferrand, France 3 a fait de même du côté de Grenoble. Selon le Télégramme, les bretons ont leur chance de trouver des drapeaux dans les boutiques de bateaux, tandis que L’Est Republicain donne quelques pistes aux habitants du Territoire de Belfort, et la Nouvelle République à ceux du secteur de Tours.

Vous êtes bricoleur
Plusieurs tutoriels sont disponibles sur internet pour faire soi-même son drapeau, comme ici, en papier crépon, ou ici, en tissu, ou ci-après, en perles.

Ou, pour les plus méticuleux, en origami :

(1) Par exemple sous les arcades de la rue de Rivoli, face au musée du Louvre

(2) Par exemple au Clown de la République, 11 boulevard Saint-Martin, dans le IIIe arrondissement

(3) 85 rue de Grenelle, dans le XVe arrondissement

Voir aussi:

Les fabricants de drapeaux « débordés » par la demande
Nicole Vulser

Le Monde

26.11.2015

François Hollande, en invitant les Français à pavoiser leur domicile vendredi 27 novembre, lors de l’hommage rendu aux Invalides aux victimes des attentats, a donné un coup de pouce aux fabricants de drapeaux tricolores.

Depuis le 13 novembre, les commandes étaient déjà montées en flèche. La suggestion du président de la République, en marge du conseil des ministres de mercredi, d’arborer des drapeaux bleu-blanc-rouge sur les balcons a fait exploser les ventes. Les sites Maison des drapeaux, Drapeau France ou encore Amazon sont assaillis. Ce dernier prévient qu’il ne pourra pas livrer avant le 30 novembre.

Hormis quelques boutiques de farces et attrapes, ou des brocantes, les magasins qui commercialisent les étendards restent très rares. La quasi-totalité des ventes s’effectue aujourd’hui sur Internet.

Dans l’Hexagone, les fabricants ne sont pas légion non plus. L’usine Faber France, à Wavrin (Nord), arrive à faire face à « une très grosse demande », selon son codirigeant Georges Charlet, qui a repris l’entreprise voici huit mois. « Nous avons vendu des milliers de drapeaux tricolores depuis le 13 novembre », dit-il. « En quinze jours, c’est exceptionnel. La prise de conscience nationale passe, après ces événements, par la volonté d’arborer un drapeau français, ce qui n’avait pas été le cas après les attentats de Charlie Hebdo, où tout le monde avait exhibé “Je suis Charlie” », explique-t-il.

« Toute l’équipe donne un coup de main »

« Nous réalisons directement les drapeaux ici, à Wavrin, en cousant des bandes de couleur. On en fabrique en permanence pour faire face à la demande et, aujourd’hui, toute l’équipe donne un coup de main à la confection et au service des expéditions, les plus débordés », ajoute M. Charlet. Depuis jeudi matin, une petite boutique éphémère a également été ouverte dans l’usine pour permettre au public de venir directement s’approvisionner. Plusieurs centaines de drapeaux ont déjà trouvé preneurs.

Même fébrilité au sein de l’entreprise Doublet, installée à Avelin, près de Lille. Là aussi, une petite boutique a été inaugurée jeudi matin pour faire face à la demande. « Nous ne sommes pas en rupture de stock, mais tous les modèles ne sont plus disponibles, explique Agathe Doublet, chargée du développement international. Nous avons pris les commandes jusqu’à jeudi 15 heures pour les acheminer les drapeaux avant vendredi matin dans l’Hexagone », dit-elle.

Comme chez Faber France, le site d’Avelin fabrique les drapeaux assemblés par bandes. L’usine allemande de Doublet, elle, met les bouchées doubles pour les drapeaux réalisés par impression. La PME familiale a rarement vu une telle demande. « Il faut remonter aux très grands matchs de l’équipe de France de football, se souvient Agathe Doublet. Au cours d’un mois de novembre classique, on vend environ 5 000 drapeaux. Cette année, on devrait atteindre 10 000 à la fin du mois », explique-t-elle.

Selon son père, Luc Doublet, président du conseil de surveillance, « la sociologie des clients a changé : au début de la semaine, les commandes venaient de particuliers mais, depuis peu, ce sont des collèges et des institutions qui achètent ces drapeaux français ». Le patron de cette PME familiale, qui réalise la moitié de son chiffre d’affaires à l’international, ne peut s’empêcher de soupirer : « J’aurais vraiment préféré ne pas en vendre autant. »

Voir encore:

Laurent Bouvet : petite histoire du drapeau français

Alexandre Devecchio
Le Figaro
27/11/2015

FIGAROVOX/ENTRETIEN – François Hollande a invité les Français à pavoiser en hommage aux victimes du vendredi 13 novembre. Laurent Bouvet retrace l’histoire du drapeau tricolore de Valmy à aujourd’hui.

Laurent Bouvet est directeur de l’Observatoire de la vie politique (Ovipol) à la Fondation Jean-Jaurès. Son dernier ouvrage, L’insécurité culturelle, est paru chez Fayard.

Vendredi, en hommage aux victimes, Hollande invite les Français à «pavoiser» leur domicile. Que cela vous inspire-t-il?

C’est une initiative du président de la République qui s’inscrit pleinement dans le sens de la réaction de l’ensemble du pays – et du chef de l’Etat lui-même – depuis le 13 novembre. Le choc a été tel qu’une telle demande ne paraît pas incongrue alors que le lien habituel des Français à l’affichage des symboles nationaux a toujours été plus problématique qu’il ne l’est dans d’autres pays, comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni par exemple.

Cela fait suite aux trois jours de deuil national et va dans le sens d’un hommage national aux victimes mais aussi dans celui de cet immense élan de solidarité avec la France qu’on a pu voir s’afficher partout dans le monde à travers les trois couleurs nationales projetées sur de multiples bâtiments: de l’Opéra de Sidney à la Tour One du World Trade Center de New York entre mille autres.

Ségolène Royal en 2007 et Chevènement avant avaient été critiqués par la majorité de la gauche pour avoir tenté de se réapproprier ce symbole ainsi que celui de la Marseillaise …

Oui, l’appropriation à gauche du drapeau tricolore ou de l’hymne national a toujours fait débat. Cela vient du fait que pour une partie de la gauche française, les emblèmes de la révolution ne sont pas nationaux mais internationaux, il s’agit du drapeau rouge et de l’Internationale. Le rapport à la Nation est une question qui divise la gauche historiquement.

Ce sont ensuite ajoutés à ce moment fondateur des usages nationalistes ou impérialistes du drapeau tricolore, en France, en Europe et dans le monde. Le drapeau tricolore a en effet aussi été celui de l’épopée napoléonienne, celui de la colonisation tout au long du XIXème et du XXème siècles comme il a été celui de l’Etat français à Vichy. Pas seulement celui des soldats de l’An II, des révolutionnaires de 1830 ou de la France Libre. C’est notamment pourquoi, aujourd’hui encore, on trouve des Français qui ont du mal à «pavoiser» ou à reconnaître l’emblème national comme le leur, sans réserve.

On peut le comprendre, et il n’y a bien évidemment pas d’obligation à l’amour inconditionnel du drapeau ou au chant à haute voix de la Marseillaise. La fierté nationale peut prendre d’autres formes et ne suppose pas d’abdiquer son esprit critique. Pourtant, dans des circonstances comme celles que traverse le pays aujourd’hui, ce genre de considérations paraissent très secondaires voire futiles. La politique est aussi affaire de priorités, et l’unité nationale face à la menace terroriste supporte mal les ratiocinations et les coquetteries que l’on peut se permettre, à gauche notamment, en temps normal.

Les Français ont montré ces derniers jours leur attachement à différents symboles. Peut-on y voir un retour du sentiment national? Cela est-il rassurant ou inquiétant?

Avant même de savoir si c’est rassurant ou inquiétant, il faudra voir si cet attachement est… durable. Le choc est tel que les comportements peuvent être aussi exceptionnels que les circonstances. Nul ne peut aujourd’hui le dire.

Sur le fond, on peut considérer que le retour du sentiment national dans les esprits et les coeurs français est une bonne chose pour au moins deux raisons.

La question des frontières est une question politique essentielle. C’est celle qui lie étroitement identité et souveraineté, qui permet de relier les trois dimensions du peuple au sens moderne, celui qui est acteur de son destin depuis la Révolution française : la démocratie, la nation et le social.

La première, c’est que face à l’impuissance et même la dislocation de l’Europe, il peut être utile voire nécessaire de retrouver un espace de solidarité, de reconnaissance mutuelle – je n’ose dire d’identité collective – et de délibération qui soit à la fois légitime (car démocratique) et efficace. Tant du point de vue de la sécurité que de celui de la prospérité ou de la mobilité sociale par exemple.

La seconde raison pour laquelle une telle réappropriation peut être positive, c’est au regard de la captation voire de la confiscation par le Front national des symboles et emblèmes nationaux. Si bien d’ailleurs que depuis des années, le drapeau voire l’hymne national ont pu passer aux yeux de certains pour des signes de nationalisme et donc de… lepénisme! Il en va de même d’ailleurs pour la laïcité désormais. C’est intéressant, car une telle réappropriation pourrait aider voire contraindre la gauche en particulier à s’interroger sur son rapport à la Nation, celui dont on parlait plus haut. Car c’est en partie en raison de ce débat interne à la gauche, que l’on évoquait, sur le «sens du peuple», que le FN a pu si facilement s’emparer des symboles nationaux pour en revendiquer l’exclusivité.

ga première décision de François Hollande au soir des attentats a été de rétablir les frontières. Est-ce également le retour de l’État-nation et de son corolaire la souveraineté populaire?

La question des frontières est une question politique essentielle. C’est celle qui lie étroitement identité et souveraineté, qui permet de relier les trois dimensions du peuple au sens moderne, celui qui est acteur de son destin depuis la Révolution française: la démocratie, la nation et le social. Ainsi, seul un peuple libre, indépendant et souverain peut créer les conditions d’une réelle solidarité entre ses membres. C’est un tout indissociable. L’erreur de la construction européenne telle qu’elle s’est déroulée jusqu’à maintenant a été de croire le contraire.

Ce tout indissociable n’est possible qu’à l’intérieur d’un espace délimité par des frontières, c’est-à-dire d’un lieu qui marque la différence entre l’extérieur et l’intérieur, en termes de droits, de devoirs, etc. Ce qui fait d’ailleurs qu’une frontière ne peut être ni un mur ni un non-lieu. Une frontière a une épaisseur, une consistance, il s’y passe des choses, on ne doit pas la franchir de manière anodine comme on va au marché par exemple. Mais une frontière doit aussi rester un espace que l’on peut franchir dans un sens comme dans l’autre.

C’est une question que non seulement les Français mais encore tous les Européens feraient bien de se poser sérieusement. Pas seulement dans l’urgence face à la crise des migrants mais de manière politique, principielle. Cela nous aiderait sans doute à sortir des errements de ces dernières décennies et à retrouver une «doctrine» en la matière qui fait cruellement défaut aujourd’hui.

La frontière considérée à nouveau comme objet politique et non comme simple obstacle économique, comme l’un des lieux de notre «commun», à la fois en termes d’identité, de souveraineté et de solidarité, voilà ce qui pourrait bien être un effet positif inattendu de la crise générale que nous traversons.

Voir enfin:

Attentats de Paris : la famille d’une victime appelle au boycott de l’hommage national

Valeurs actuellles
25 Novembre 2015

Attentats. La sœur d’un jeune homme ayant trouvé la mort au Bataclan appelle, sur les réseaux sociaux, au boycott de l’hommage national.

« Non, merci Monsieur le Président, Messieurs les politiciens, mais votre main tendue, votre hommage, nous n’en voulons pas et vous portons comme partie responsable de ce qui nous arrive ». Dans un message posté sur Facebook, Emma Prevost, dont le frère François Xavier est tombé sous les balles des terroristes du bataclan, explique pourquoi elle et sa famille rejettent en bloc l’hommage national aux victimes des attentats, prévu vendredi prochain par l’Elysée.

« Rien n’a été fait »

Les pouvoir publics sont explicitement dénoncés comme les responsables des attentats notamment en raison notamment du manque de suivi des djihadistes. La jeune femme s’indigne « qu’en France, il soit possible d’être en lien avec un réseau terroriste, de voyager en Syrie, et de revenir, librement » avant de déplorer que  « des personnes fichées S circulent librement, empruntent n’importe quel moyen de locomotion ou louent des voitures (…) pour perpétrer les fusillades dans les rues »,

Selon elle, le manque de réactivité du gouvernement après les attentats de Charlie Hebdo est manifeste car « rien n’a été fait (…) et 10 mois plus tard, les mêmes hommes, sont en mesure de recommencer et faire cette fois-ci, 10 fois plus de morts ».

Soutenue par son député 

« J’appelle au boycott de l’hommage national rendu aux victimes » conclue la jeune femme qui a notamment reçu le soutien du député-maire de Lambersart, commune d’origine de la famille. « On ne peut s’empêcher de se demander combien de vies auraient pu être sauvées si les pouvoirs publics avaient agi plus tôt » a commenté Marc-Philippe Daubresse (LR).

Posté lundi, le message avait déjà été partagé près de 3 500 fois mardi matin.


Médias: Quand le chien est mordu par l’homme (Disinformation 101: Dog bites dog)

12 novembre, 2015
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palestinian woman shot deadriotingmigrantsArtificiaIislandSpratly_IslandsChinataiwanBurmademo BuddhistBinladen

La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Si un homme est mordu par un chien, ce n’est pas une nouvelle intéressante, mais si un chien est mordu par un homme, ça, c’est une nouvelle. Alfred Harmsworth
L’expression anglaise « dog bites dog » (« chien mordu par un homme » en français) est une version raccourcie d’un aphorisme de journalisme qui décrit comment un événement inhabituel, peu fréquent (par exemple, un chien mordu par un homme) est plus susceptible d’être considéré comme nouvelle qu’un événement ordinaire ayant des conséquences similaires, tel qu’un chien qui a mordu un homme. Un événement est généralement considéré comme plus médiatique s’il a quelque chose d’inhabituel; un événement banal est moins susceptible d’être considéré comme digne d’intérêt, même si les conséquences des deux événements ont des résultats objectivement semblables. Il en résulte que les événements plus rares apparaissent plus souvent sous forme de nouvelles  alors que les événements plus courants apparaissent moins souvent, ce qui fausse la perception des consommateurs de nouvelles de ce qui constitue un taux ‘normal » d’occurrence. On retrouve le même phénomène dans une autre aphorisme journalistique selon lequel ‘pn ne parle pas des avions qui ne s’écrasent pas » (« on ne parle jamais des trains qui arrivent à l’heure » en français). Wikipedia
L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
You can be full of kindness and love, but you cannot sleep next to a mad dog. I call them troublemakers, because they are troublemakers. Buddhist leader Ashin Wirathu
Ashin Wirathu (..) est un moine bouddhiste birman, un des leaders spirituels du mouvement s’attaquant à la minorité birmane Rohingya de confession musulmane. Il est le leader du mouvement 969 et un membre influent de l’association Ma Ba Tha (မဘသ) qui prône notamment le boycott des commerces musulmans et l’interdiction des mariages interreligieux. Il attise la haine, crime pour lequel il a d’ailleurs été condamné en 2003 à 25 ans de prison. Il a été libéré en 2010 lors d’une amnistie nationale. Le magazine Time du 20 juin 2013 qui le met à la une comme étant le « Hitler de Birmanie » a été interdit de diffusion en Birmanie. Le magazine The Economist du 27 juillet 2013 le décrit comme un « chauviniste notoire », pour qui « le bouddhisme est l’équivalent d’un nationalisme étroit ». Son mouvement fait un large usage des réseaux sociaux pour diffuser des propos islamophobes qui se sont faits de plus en plus violents dans la période préelectorale des élections législatives de novembre 2015, favorisant la volonté du gouvernement d’exclure de ces élections les candidats musulmans et les électeurs Rohingyas. Wikipedia
Jewish man dies as rocks pelt his car in West Bank NYT headline
Les Américains défient Pékin en mer de Chine Le Monde
Aux fins de la délimitation de la mer territoriale, les installations permanentes faisant partie intégrante d’un système portuaire qui s’avancent le plus vers le large sont considérées comme faisant partie de la côte. Les installations situées au large des côtes et les îles artificielles ne sont pas considérées comme des installations portuaires permanentes. article 11
Sous réserve de la Convention, les navires de tous les Etats, côtiers ou sans littoral, jouissent du droit de passage inoffensif dans la mer territoriale. Article 17
1. L’Etat côtier ne doit pas entraver le passage inoffensif des navires étrangers dans la mer territoriale, en dehors des cas prévus par la Convention. En particulier, lorsqu’il applique la Convention ou toute loi ou tout règlement adopté conformément à la Convention, l’Etat côtier ne doit pas : a) Imposer aux navires étrangers des obligations ayant pour effet d’empêcher ou de restreindre l’exercice du droit de passage inoffensif de ces navires ; b) Exercer de discrimination de droit ou de fait contre les navires d’un Etat déterminé ou les navires transportant des marchandises en provenance ou à destination d’un Etat déterminé ou pour le compte d’un Etat déterminé. Article 24
Ainsi, les Chinois en plusieurs endroits procèdent à une interprétation abusive du droit de la mer pour potentiellement faire valoir une souveraineté non fondée sur la mer de Chine du Sud au détriment des autres états riverains. Si ces états sont en premier chef concernés par les conséquences des méthodes que la Chine utilise progressivement pour faire valoir des droits qui ne sont pas encore reconnus comme fondés, la communauté internationale peut à tout instant en subir les contre coups, parce qu’il peut y avoir menace sur la liberté de la navigation tant maritime qu’aérienne, tant civile que militaire. En ce sens les compagnies maritimes et aériennes européennes sont elles aussi concernées et leurs états d’appartenance ne peuvent accepter de se contenter de belles promesses chinoises quant à une quelconque garantie pérenne de la liberté de la navigation en mer de Chine du Sud. Et cela tant que la Chine persistera à vouloir faire de cette mer une mer chinoise. La mer de Chine du Sud est une mer internationale et il ne peut en être autrement. S’il est indéniable que derrière les prétentions chinoises se cache un souci de sécurité nationale avant même de quelconques appétits économiques liés à l’exploitation des richesses de la mer, il ne peut en aucun cas être reconnu à la Chine de s’emparer d’une mer internationale pour construire une partie de sa stratégie de défense. Daniel Schaeffer
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, vous ne vous êtes pas demandé depuis combien de temps cette occupation israélienne s’est prolongée sur notre terre : 67 ans (soit, depuis la création d’Israël), combien de temps pensez-vous que cela peut encore durer. Mahmoud Abbas
L’Etat actuel d’Israël n’est pas légitime. C’est pourquoi nous n’avons pas de relations avec eux car nous ne considérons pas cet Etat comme légitime. Nous pensons que toutes les personnes qui étaient d’origine palestinienne et qui sont en errance à l’étranger doivent pouvoir tous revenir sur leurs terres. Il faut qu’il y ait des élections publiques sous la supervision des Nations unies et quels qu’en soient les résultats, nous les accepterons. (…) nous parlons d’un Etat. Que tout le monde se réunisse et vote. Avant 1948, il y avait un seul pays. Nous voulons retourner à cette situation. (…) Nous parlons du vote du peuple. Une fois réunis, tous les juifs, tous les musulmans, tous les chrétiens, tous ceux qui appartiennent à cette terre et sont aujourd’hui réfugiés doivent revenir dans leur pays et voter. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas de relation avec cet Etat. La seule solution, c’est une élection libre. (…) De grandes compagnies, notamment Airbus, sont présentes en Iran. Nous achèterons, c’est vrai, à ces grandes compagnies, et notamment Airbus.  (…) L’Iran, à aucun moment, n’a souhaité fabriquer une bombe atomique, ni hier, ni aujourd’hui. Hassan Rohani
These findings show the degree to which the recent Palestinian perpetrators of violence reflect and are acting on the basis of views widely held in their society. Though they may be lone wolves in the technical sense of not belonging to an organizational command structure, they are anything but alone within their communities. To the contrary, they are surrounded by people who share many of their core beliefs, who justify the attacks they are carrying out, who see their actions as potentially valuable in furthering Palestinian goals, and who can be counted on to venerate them and their families. (…) 79 percent of Palestinians believed Hamas had won the war and only 3 percent saw Israel as the victor (…) 64 percent declared their support for “armed attacks against Israeli civilians inside Israel” (meaning, among other things, suicide bombings in Israeli population centers), and 54 percent applauded the event that in large measure had precipitated the 50-day war: the abduction and murder by Hamas operatives of three Israeli teenage boys hitchhiking home from school. (…) the view commanding an absolute majority in all 25 polls, at an average of 59 percent, is that Israel’s aspirations are “Extending the borders of the state of Israel to cover all the area between the Jordan River and the Mediterranean Sea and expelling its Arab citizens.” (…) A majority of Palestinians, 51 percent, assert that Israel will “destroy al-Aqsa and Dome of the Rock mosques and build a synagogue in their place.” (…) On average, only 11 percent believe Israel will maintain the status quo; 16 percent hold that it will allow Jews to visit any time or to pray there; one-fifth claim that it will “divide the al-Haram area between Muslims and Jews, allowing Jews to establish a synagogue next to al-Aqsa mosque”; while the majority, 51 percent, assert that Israel will “destroy al-Aqsa and Dome of the Rock mosques and build a synagogue in their place.” Again, a position with no basis in the policies of any of the parties in Israel’s governing coalition or opposition is assumed by an absolutely majority of Palestinians to reflect the true intentions of its government. (…) Regarding the first characteristic, “violent,” 76 percent gave Israelis the highest rankings, a 4 or 5. On the second trait, “honest,” 67 percent scored Israel a 1 or 2. The third trait was “intelligent,” and here Palestinians gave Israelis credit, with 61 percent rating them a 4 or 5. Two years later, with the second intifada well under way, JMCC did a similar poll showing even more pronounced results. The proportion of Palestinians scoring Israelis at 5 for violence went up to 88 percent, with another 7 percent giving them a 4. More than four-fifths saw Israelis as dishonest. In place of “intelligent,” JMCC pollsters asked to what extent Israelis were “strong,” and here 58 percent of Palestinians gave them high marks. (…) Regarding Jews, 94 percent of Palestinians reported a “very unfavorable” opinion. (Only 23 percent reported a very unfavorable opinion of Christians.) In this respect, Palestinian views are par for the course in the Arab world: between 92 and 95 percent of Lebanese, Egyptians, and Jordanians also expressed very unfavorable opinions of Jews. Two years later, Pew repeated the questions and achieved comparable results. In the latter survey, Pew also asked whether some religions were more prone than others to violence. More than half of Palestinians averred that this is the case, and of these, 88 percent fingered Judaism as the most violent. (The other choices were Islam, Christianity, and Hinduism.) (…) When presented with several statements describing actions that could be viewed as morally right or wrong, 72 percent declared it morally right to deny that “Jews have a long history in Jerusalem going back thousands of years,” while 90 percent declared “Denying that Palestinians have a long history in Jerusalem going back thousands of years” to be morally wrong. (…)  In 1995, when JMCC asked whether Israel had a right to exist, 65 percent responded negatively. Similarly, in a 2015 poll commissioned for the Washington Institute for Near East Policy by David Pollock, who has conducted surveys of the Arab world for more than two decades, fieldworkers from the Palestinian Center for Public Opinion asked residents of the West Bank and Gaza: “Do you think that Jews have some rights to the land along with Palestinians?” Only 12 percent agreed that “Both Jews and Palestinians have rights to the land,” while more than 80 percent asserted that “This is Palestinian land and Jews have no rights to it.” (…) In 2011, the Greenberg poll asked Palestinians to choose which statement is more accurate: “I am certain Israel will exist 25 years from now as a Jewish state with a Jewish majority” or “I am not so certain . . . .” Over 60 percent doubted Israel would continue to exist as a Jewish state. In the 2015 Washington Institute poll, a similar question was asked, with different wording and a lengthened time horizon. In response, only a quarter of Palestinians believed Israel would continue to exist as a Jewish state “in another 30 or 40 years.” A comparable number thought it would exist as a bi-national state of Jews and Palestinians, while close to half said Israel would no longer exist either “because Arab or Muslim resistance will destroy it” or “because it will collapse from internal contradictions. » In (…)  a PSR poll in December 2001, one of whose questions was: “In your opinion, are there any circumstances under which you would justify the use of terrorism to achieve political goals?” Fifty-four percent responded that there were no such circumstances; 37 percent said there were. At first glance, this would indicate the majority’s rejection of terrorism on moral grounds, a particularly significant finding since the poll was conducted at the height of the second intifada. (…)  In that same poll, 98 percent said the 1994 killing of 29 Palestinians in Hebron by Baruch Goldstein was terrorism, but only 15 percent were willing to label as terrorism a 2001 attack by Palestinian suicide bombers that killed 21 Israelis at the Dolphinarium night club in Tel Aviv. Likewise, 93 percent described as terrorism Israel’s August 2001 assassination of the head of the PFLP, a PLO wing that repudiated the Oslo accords and carried out numerous attacks against Israelis, but only 10 percent countenanced the term to describe the PFLP’s assassination of the right-wing Israeli government minister Rehavam Ze’evi two months later. When asked hypothetically if Israel’s use of chemical or biological weapons against Palestinians would constitute terror, 93 percent said yes, but when the identical question was posed regarding the use of such weapons of mass destruction by Palestinians against Israelis, only 25 percent responded affirmatively. 98 percent of Palestinians said the killing of 29 Palestinians in Hebron by Baruch Goldstein was terrorism, but only 15 percent were willing to say the same for an attack by suicide bombers that killed 21 Israelis in Tel Aviv. Also in the same survey, Palestinians were asked whether “The destruction of the Twin Towers in New York City by people suspected to be members of Bin Laden’s organization” was terrorism. Only 41 percent were willing to say yes; 53 percent rejected the term. The same pattern crops up in surveys conducted between 2006 and 2009 by the Arab Barometer project, in which Palestinians consistently distinguished themselves from other Arabs in rejecting the term terrorism for such jihadist operations as the “Madrid train explosions” (March 2004, 191 killed) and the “London underground explosions” (July 2005, 52 dead). In both cases, a majority of Palestinians averred these were not acts of terror, whereas comparable figures in the other Arab publics ranged from 17 percent down to 2 percent. (…) one constant is that the Palestinians were always the leaders in seeing suicide bombings and similar attacks as justified. On average, 59 percent saw them as being justified often or sometimes; no other Arab or Muslim public came close. When pollsters specified a nationality for the attacks’ targets, the Palestinians were again ahead of any other people in the Arab world in seeing the attacks as legitimate. In surveys conducted by the Arab Barometer in 2006, 2010, and 2012, a higher percentage of Palestinians—on average, three in five—than of any other Arab public consistently agreed with the following statement: “U.S. involvement in the region justifies armed operations against the U.S. everywhere.” (…) In December 2000, a few months into the second intifada, 69 percent told JMCC that the violence had rendered Israelis more willing to make concessions. A couple of years later, with the conflict having become more violent, similarly high proportions said the intifada had helped Israelis “understand the Palestinians’ demands in order to reach a peace agreement.” These findings were replicated and extended by PSR in 21 polls between December 2001 and September 2006, in which majorities of two to one consistently backed the view that “armed confrontations so far have helped achieve Palestinian rights in a way that negotiations could not. » (…) regarding the decision by the government of Prime Minister Ariel Sharon to leave the Gaza Strip. When asked by PSR in September 2005, a month after the pullout, what was “the single most important factor” in the Israeli decision, 57 percent chose “attacks by Palestinian resistance.” Time and again in polls before and after the pullout, three-quarters on average would tell PSR they saw “Sharon’s plan to evacuate the Israeli settlements from Gaza as a victory for the Palestinian armed resistance against Israel.”  The same pattern is discernible in opinions about the three Gaza wars. In December 2012, after the second war, 84 percent responded affirmatively to AWRAD pollsters asking whether “the results of the Gaza conflict will lead to tangible progress toward Palestinian independence,” and despite a slight decline the figure remained robust for months afterward. Following the 2014 war, as I noted earlier, PSR reported that 79 percent saw Hamas as the winner. In fact, after each of the three wars, overwhelming majorities asserted to pollsters from each of the Palestinian institutes that their side was the victor. The same view, moreover, informs the response to questions regarding the future. When asked a few months before the outbreak of the second intifada whether “a return to armed confrontations will achieve Palestinian rights in a way that the negotiations cannot,” those banking on violence outnumbered those betting against by nearly 20 percentage points. After the intifada broke out, the gap between the two rose to nearly 50 points. This point was made more explicit in a 2002 survey carried out by JMCC on behalf of the polling expert Steven Kull of the Program on International Policy Attitudes at the University of Maryland. West Bank and Gaza residents were asked: “Do you think that when Palestinians use violence that injures and kills Israeli civilians this makes the Israelis more willing or less willing to make compromises?” Sixty-four percent opted for “more willing,”and only 17 percent for “less willing.” (…)  a substantial majority, 61 percent, thought it morally “right” to “nam[e] streets after Palestinian suicide bombers like Dalal al-Maghrabi who killed Israeli civilians within Israel.” 61 percent thought it morally “right” to “name streets after Palestinian suicide bombers like Dalal al-Maghrabi who killed Israeli civilians within Israel.” (…) , from the Oslo accords in September 1993 until spring 2000, a plurality of Palestinians were against most kinds of armed attacks. According to a question posed by CPRS sixteen times during this period, 49 percent opposed “armed attacks against Israelis” and 42 percent favored them. A handful of JMCC polls confirmed this reading of public sentiment. But a caution is in order. When large numbers are supportive of armed attacks—and 42 percent is a large number—it does not much matter if they are slightly outnumbered by those opposed to such actions. Anyone contemplating an attack can still expect to benefit from a substantial network of backers, and if successful to bring great honor upon himself and his family. Needless to say, though, actual majority support will provide all the more fertile ground for attacks—and since the eve of the second intifada in September 2000 until today, there has been, during most periods, majority support among Palestinians for violence of almost every kind against Israelis. (…) Whereas an October 2003 poll by PSR reported 54-percent support for attacks on Israeli civilians in general, when asked about “the bombing operation in the Maxim restaurant in Haifa, which led to the death of 20 Israelis,” the proportion of support reached 74 percent. Parallel leaps from in-principle backing for future actions to after-the-fact support for concrete attacks are reported in polls from September 2004 (after a bomber in Tel Aviv killed 11 Israelis), June 2006 (lethal attack on a shopping center in Dimona), and March 2008—when respondents were asked about “the bombing attack in the religious school in Jerusalem inside Israel . . . in which eight Israeli students were killed in addition to the Palestinian attacker.” For that event, support swelled to 84 percent.An even larger consensus has favored violence against Israeli settlers, reaching 87 percent on average in polls by CPRS and PSR during the decade ending in 2004. Indeed, since that year, PSR ceased asking about attacks on settlers, perhaps because the answers were already so consistent. But the phenomenon bears relevance to the current round of violence, a substantial part of which has been aimed at Israelis living or traveling in the West Bank. Moreover, in the eyes of the Palestinian mainstream, Jews living in Jerusalem’s Old City or in the neighborhoods that Israel captured in 1967, such as Pisgat Ze’ev and Armon Hanetziv, are also considered settlers. Palestinian news reports about the latter, for example, routinely refer to “the Israeli settlement of Armon Hanetziv built on the lands of Jabal al-Muqaber.” These areas have been targeted in part because of the relative ease with which the perpetrators (most of whom have hailed from eastern Jerusalem or Hebron) can reach them, but an additional factor may have been the higher level of support for attacking Israelis in such places. (…)  Even more formidable is the societal consensus behind attacks on Israeli soldiers. In a dozen polls between 2001 and 2004, PSR found such support averaging 90 percent, with strong backers outnumbering strong opponents by a lopsided fifty to one. This particular feature of Palestinian opinion, about which pollsters stopped asking questions a decade ago, could help explain why so many recent attacks have been aimed at soldiers and policemen. (…) In a December 2014 poll, PSR posed the question: “Recently there has been an increase in Jerusalem and the rest of the West Bank in attempts to stab or run over Israelis. Do you support or oppose these attempts?” Seventy-eight percent were supportive, only 20 percent opposed. Though the question has not been repeated since then, there is no reason to believe the response today would be substantially different. (…) Palestinian support for violence, and the attitudes underlying that support, have developed and become entrenched over a period of decades. Altering those attitudes can only begin once the attitudes are recognized for what they are, without blinking and without excuses. Daniel Polisar
Every day brings new knife attacks by Palestinians. And if you search the Internet, you can find the most horrifying videos and photos that depict actual death in war, on roads, in stores, and in homes. The images have lost their power to shock. However, there’s a very efficient way to show the murderously violent that what they plan on carrying out isn’t a computer game. Our movies now contain violence that’s indistinguishable from the real thing. There are videos from Syria that show everything you see above, including one notorious clip of a rebel losing his entire face. The man was hit by a fragment from an exploding tank shell. It struck with such speed that he didn’t even react. He simply stood there, with nothing but empty space from chin to forehead. It’s a profile shot, surreal in the extreme. His head looks like a crescent moon. People have used that clip as the avatar for their social media accounts. That’s how little impact video and photos of actual death have in our present-day world. Some cultures use film of murder as religious icons, while others use it as entertainment. Neither side cares that actual human beings were killed in front of the camera. Movies like Saving Private Ryan desensitize people to graphic violence. The alleged reason for showing such gore is to drive home what the soldiers experienced, but that’s bunk. And this is how to deter the murderously violent. It does no good to show the aftermath of their crimes. Muslim suicide bombers have been told that they’ll feel no pain but will simply pop softly, like soap bubbles. However, a hospital emergency-room doctor once said to me that every single street thug brought in with a gunshot wound was shocked at how painful it was. These criminals screamed and cried, wondering why it hurt so much. They’d grown up watching films in which people take a bullet to the arm and simply shrug it off. Well, in real life, there’s no such thing as a “flesh wound.” When a bullet goes through your arm, it destroys muscle, tendons, and nerves. It hurts like hell. Thomas Wictor
One of my main concerns is what happens after year 15, when they basically can have as large a program as they want, and the gap between threshold status and weapon status becomes very small.(…) The more you make it clear that for any misbehavior they pay a price, and it’s the kind of price that matters to them, the more likely they are to realize the firewall is real, and the less likely they are to ever test it.” [But] We’re already seeing them ratchet it up in Syria. Everyone is focusing on what the Russians are doing, but Iran is adding significant numbers of Revolutionary Guard forces to the ground, it’s not just Hezbollah forces. I think this is a harbinger of things to come. (…) It tends to look at Israel through a lens that is more competitive, more combative, that sees Israel more in problematic terms (…) [since Obama] looks at the Palestinians as being weak, there is this reluctance to criticize them. ‘They’re too weak to criticize’ is what I say in the Obama chapter. And if they are too weak to criticize, they are too weak to be held accountable, too weak to be responsible. They’re too weak to have a state. Well, if you want the Palestinians to have the responsibility of a state, you have to hold them responsible. (…) When the president comes in, he thinks we have a major problem with Arabs and Muslims. And he sees that as a function of the Bush administration — an image, fairly or not, that Bush was at war with Islam. So one of the ways that he wants to show that he’s going to have an outreach to the Muslim world is that he’s going to give this speech in Cairo. So he wants to reach out and show that the US is not so close to the Israelis, which he thinks also feeds this perception. That’s why there’s an impulse to do some distancing from Israel, and that’s why the settlement issue is seized in a way. » Dennis Ross (former senior adviser to President Obama)

Quand le chien est mordu par l’homme, ça, c’est une nouvelle !

Pierres qui attaquent des voitures ou des personnes …

Palestiniens abreuvés de haine tués par des forces de sécurité qui, prétendent-elles, voulaient les poignarder …

Européens qui n’en finissent pas de s’auto-fustiger face à des centaines de milliers et bientôt millions de faux réfugiés leur imposant leur Allah Akbar et leurs dégradations …

Américains qui défient une Chine qui viole sciemment le droit de la mer …

Avancée historique d’une démocratie birmane où l’armée se réserve un quart des sièges et les postes les plus importants tout en ayant pris soin de faire voter une loi interdisant l’accès à la fonction suprême à leur principale opposante …

En ces temps étranges de tueurs devenus victimes et de victimes dénoncées comme tueurs

A l’heure où en ce 40e anniversaire de la tristement célèbre résolution onusienne dite « sionisme = racisme » (révoquée 16 ans plus tard) …

Et ignorant tant d’autres cas, de la Turquie à Chypre à la Chine au Tibet, de territoires disputés (plus de 200) ou occupés (pas moins d’une douzaine) …

Une Union européenne qui non contente d’importer des crieurs d’Allah akbar bientôt par millions, annonce un marquage (à l’étoile jaune ?) des seuls produits israéliens …

Pendant qu’après le révisionnisme d’un Abbas faisant remonter l’occupation à 1948 et sous le vieux prétexte de la défense d’Al aqsa appelant au djihad …

Le représentant d’un régime qui appelle ouvertement à l’annihilation d’un de ses voisins se voit inviter en grande pompe à Paris pour fêter le droit à l’arme nucléaire qui vient de lui être accordé et  les contrats juteux qui vont avec …

Se voit offrir les ondes de la télé d’Etat pour entre deux mensonges renouveler ledit appel …

Et que du côté de l’Asie, on nous bassine avec une prétendue rencontre historique du président sortant taiwanais avec des bouchers de Tienanmen …

Que les Etats-Unis auraient défié pour s’être construit au mépris de toute loi internationale des iles artificielles pour imposer leur loi dans la Mer de Chine …..

Ou avec la non-élection tout autant prétendument historique et démocratique d’une Birmanie où …

Comme en Iran ou dans bien des pays africains, on ne vote que pour amuser la galerie et reprendre au plus tôt les juteux échanges …

Pendant que, mimétisme oblige, même les maitres du zen se comportent comme de véritables Hitler ou Ben Laden du bouddhisme ..

Comment ne pas repenser à la fameuse boutade au  début du siècle dernier du patron de presse britannique Alfred Harmsworth …

Qui avec la métaphore du chien mordu par un homme sert depuis outre-Manche et outre-Atlantique de définition à ce qui est digne de figurer dans les journaux ?

Mais aussi à ce fameux faux documentaire belge à qui elle a servi de titre anglais …

Et qui tout en jouant lui-même il y a déjà 23 ans, dénonçait le voyeurisme, la manipulation des images et la complaisance de tant de nos médias ?


Wave of Palestinian Violence Accompanied by Spate of Bad Writing
CAMERA
Some correspondents and headline writers are doing a fine job reporting on the outbreak of terror in Israel, but all too many others are failing at this task. Journalists in the latter category have relied on the passive voice, euphemism, and imprecision — reportorial smoke and mirrors — to obscure Palestinian terror attacks and even recast terrorists as victims of arbitrary Israeli violence. Below are a few examples. (This piece will be continuously updated.)

Haaretz Headline: « Palestinian woman shot dead »

« Palestinian woman shot dead » is the Haaretz print edition headline for a story about a Palestinian woman who attempted to carry out a stabbing attack. The accompanying article reported: « A Palestinian woman was shot to death yesterday at a checkpoint in the West Bank after she drew a knife and advanced toward soldiers. . . She ignored several demands from Israeli security forces to stop, and when warning shots were fired into the air she drew a knife from her bag. »

CNN Headline: « Israel’s New Terror »

The many visitors to CNN’s Web site who only glance at the headline and don’t read the article would reasonably understand that Israel is the perpetrator of terror. In fact, Oren Leibermann’s accompanying article describes Palestinian terror: the series of recent Palestinian attacks, « unplanned, uncoordinated and largely unpredictable, using knives or other sharp objects, making them difficult to prevent. » He also describes the Palestinian terror that preceded this new wave: the suicide bombings, rocket attacks and tunnel attacks.

New York Times: Assailant’s butterfly knife is a « Boy Scout » knife

new york times rudoren boy scout knife
Where to begin? First: the reporter, Jodi Rudoren, quotes a witness claiming a knife was planted, but doesn’t point out that MSNBC showed video footage of the man holding a knife as he raced toward Israelis. Second: although some reports say the « teenager » was 19, Palestinian media and monitoring sources state that he was 20. And finally, the photo shared by the Israeli police is of a butterfly knife — which is definitely not the a pocketknife of the type « Boy Scouts use »:

Reuters Captions: Palestinians « confront » Israelis

Reuters photo captions refer to Palestinian stabbing, shooting and ramming attacks against Israelis as « Palestinians confronting Israelis. » The above caption, for instance, states: « A Palestinian woman supporting the Islamic Jihad movement holds a copy of the Koran as another holds a knife during a rally in Gaza City to show solidarity with Palestinians confronting Israelis in the West Bank and Jerusalem. »  If the recent spate of stabbings, shootings and rammings are Palestinians « confronting » Israelis, how exactly would Palestinians attack Israelis?

Reuters Graphic: Palestinians, Israelis die in « street violence »

Following earlier photo captions which whitewashed Palestinian attacks against Israelis as « Palestinians confronting Israelis, » Reuters’ graphics department has come up with new terminology for Palestinian stabbings, shootings and ramming attacks against Israeli civilians and security forces: « street violence. » Were Israeli and Palestinian gangs of errant teenagers duking it out in « street violence » in Raanana, Petah Tikvah, Tel Aviv, Beit Shemesh, Beersheba, and more?

CNN: « Palestinians shot boarding kids’ bus. » But not really.

cnn palestinian shot boarding bus.jpg
CNN, with its latest creative phrasing, may be entrenching itself at the top of this ignominious list. A Palestinian was shot while boarding a kids’ bus, the network’s ticker informed viewers watching news of Hillary Clinton’s congressional testimony.

Not quite. What actually happened? Two Palestinians attempted to board a school bus carrying a group of children. The driver didn’t allow them to board. So instead they, and the knives they were armed with, went down the street, found a Haredi Jew, and stabbed him several times. Police arrived on the scene and shot the pair.

CNN: Joseph’s Tomb site spontaneously combusts.

« Fire broke out overnight at the compound housing Joseph’s Tomb, a religious site venerated by Jews, the Israel Defense Forces said Friday, » CNN’s story begins. And it’s true. The holy site did catch fire. Right around the time Palestinian arsonists set it on fire.

CNN’s headline is one of the worst examples yet of obscuring violence and concealing the identity of the perpetrators. And as one observer on Twitter noted, such opaque writing seems reserved for Palestinian attacks. When the roles were reversed early last year, a CNN headline clearly noted, « West Bank mosque attack blamed on Israeli settlers. »

(Update: After CAMERA pressed editors, CNN amended its headline to « Joseph’s Tomb site set ablaze amid wave of Palestinian-Israeli violence. » It’s a step in the right direction, but still fails to note the identity of the arsonists.)

BBC Headline: « Palestinian shot dead after Jerusalem attack kills two. »

Could you tell from that headline that the Palestinian who was shot dead is the very same Palestinian who killed two? (Killed two Jews, we should add, since the headline only noted the ethnicity of the Palestinian victim, also known as the attacker.)
It took much outcry and three BBC revisions before the headline finally relayed the news in a straightforward way: « Jerusalem: Palestinian kills two Israelis in Old City. (See details here.)

Wall Street Journal Facebook post: Palestinian teens shot. Separately, a « knife-wielding assailant » is on the loose.

Also relevant, but inexplicably unmentioned in the post: The Palestinian teenagers shot by the police are actually the very same knife-wielding attackers described in the vague Facebook blurb. One of those attackers had just stabbed a 13-year-old Jewish boy on a bike. The newspaper eventually revised its headline to « Israeli Police Fatally Shoot Two Palestinian Teen Attackers, Injure Two Others. » See? That wasn’t too hard.

MSNBC: He was in a rush.

« Man shot after rushing past police in Jerusalem, » is the way MSNBC headlined its report about a Palestinian who was shot. While wearing army fatigues. While brandishing a butterfly knife and, yes, « rushing » toward Israeli security guards with that knife.
Although MSNBC headlines continue to cast this as the shooting of a rushed man, the heading on subsequent television broadcasts improved: « Israeli police kill man after attempted stabbing. »

Reuters: « Israelis kill Jerusalem knife man. »

Who is this Knife Man, and why did Israeli kill him? Is he a knife salesman? A juggler? A superhero? You need to look for the fine print to learn that he’s actually « a Palestinian man who tried to stab a trooper who tried to search him in Jerusalem. »

Los Angeles Times: « Israeli violence » strikes down Palestinians.

Yes, there’s a pattern here. Headline writers seem to have an aversion to mentioning « Palestinian violence, » even though that is the main story coming out of Israel this week. CAMERA contacted the newspaper, and to its credit, it revised the headline to explain that violence (not « Israeli violence ») left six dead, « including stabbing suspects. » (Two were killed after stabbing attempts; two were involved in violent rioting; and two were civilians that tragically died when their house, next to a Hamas training facility, collapsed after an Israeli air strike on that facility.)

New York Times: The asphalt is under attack.

« Pelted the road« ? The newspaper couldn’t bring itself to admit, either in the headline or the lede, that Palestinian attackers stoned Israeli cars, not Israeli « roads. » The identity of the « attackers, » moreover, was not specified anywhere in the article.

Al Jazeera: Knife-wielding injured woman is an unarmed dead woman.

This report claims a Palestinian woman was killed and casts doubt on « claims » she was holding a knife. Unfortunately for Al Jazeera, there is video of the incident and numerous other media reports got the story right, including, one from … Al Jazeera:
See more details here.

Independent: So many words, so little information.

The Independent is based out of England, which is the birthplace of English — but you might not know it judging by the clunky wording of the headline above. How about this: « Anti-Israel terrorism continues: a Palestinian attacker killed after stabbing two Jews. » A subsequent change to the headline reduced the number of words, but not the opacity. Even with the new headline, « Israeli security forces kill boy, 16, after stabbing in Jerusalem as violence continues, » it remained unclear that the 16-year-old boy teen was the stabber. (When Israeli 16-year-olds were murdered by Palestinians, the Independent described them as teens, not as « boys. »)

New York Times: Israel going around accusing people of things.

Palestinian leader Mahmoud Abbas announced on television that Israel had « executed in cold blood » a Palestinian. In fact the teen, Ahmad Manasra, who had just gone on a stabbing spree, is very much alive, convalescing in an Israeli hospital from where he has reportedly confessed to his attacks.
In other words, Abbas simply did not tell the truth in the broadcast, which appeared meant to incite hate against Israel. Yet the headline found a way to make Israel appear to be the unpleasant actor. There are countless possibilities of better headlines. Here’s one: « In inflammatory speech, Abbas accuses Israel of ‘executing’ Palestinian attacker who is in fact alive. »

USA Today Headline: Israel Knocks Off 4 Palestinians, Just Because

Following four Palestinian stabbing attacks against Israelis Saturday, Oct. 17, a USA Today headline falsely depicts the Palestinian attackers as victims. The article’s first paragraph is equally derelict as it fails to clearly report that the four Palestinians were killed had carried out, or attempted to carry out, stabbing attacks yesterday — three in Hebron, one in Jerusalem. It obscures: « Four Palestinians were shot and killed by Israelis Saturday in separate stabbing incidents in Jerusalem and the West Bank in the latest in a month-long upsurge in violent confrontations. »

Voir aussi:

Israelis kill 4 Palestinians they say were trying to stab them

At least 40 Palestinians and 8 Israelis have been killed in the past month

The Associated Press
CBC news

Oct 17, 2015

Palestinian assailants carried out five stabbing attacks in Jerusalem and the West Bank on Saturday, authorities said, as a month-long outburst of violence showed no signs of abating. The unrest came despite new security measures that have placed troops and checkpoints around Palestinian neighbourhoods in east Jerusalem.In Jerusalem, where most of the violence has taken place, police spokeswoman Luba Samri said a 16-year-old Palestinian drew a knife on officers early Saturday when they asked for identification after a bystander said he was behaving suspiciously. She said the officers shot and killed the teenager after he tried to stab them.The incident took place near where two Palestinian men boarded a bus earlier in the week and began shooting and stabbing passengers, killing two.Later, another assailant stabbed a policeman on the outskirts of Jerusalem, lightly wounding a member of the paramilitary border police. The assailant was shot and killed.The other three stabbing attacks Saturday took place in the West Bank city of Hebron, a frequent flashpoint where a few hundred Jewish settlers live in close proximity with tens of thousands of Palestinians..

A relative kisses the body of Iyad Awawdeh, 26, during his funeral in the West Bank village of Dora, near Hebron on Saturday. Awawdeh was killed after he stabbed an Israeli soldier during clashes Friday. (Nasser Shiyoukhi/Associated Press)

Israel’s military said an Israeli pedestrian shot and killed a Palestinian who tried to stab him in the West Bank city of Hebron, a frequent flashpoint where a few hundred Jewish settlers live in close proximity to tens of thousands of Palestinians. The military said the Palestinian was shot dead before he could harm the man.Later, police said a Palestinian woman stabbed a female officer at a border police base in Hebron before the officer shot her dead. The officer’s hand was lightly wounded.Over the past month, eight Israelis have been killed in Palestinian attacks, most of them stabbings. In that time, 40 Palestinians were killed by Israeli fire, including 19 labelled by Israel as attackers, and the rest in clashes with Israeli troops.Attacks add to fear across IsraelPalestinians say the violence is the result of nearly 50 years of Israeli occupation, 20 years of failed peace efforts and a lack of hope for gaining independence anytime soon. Most of the attacks on Israelis have been carried out by Palestinians with no known ties to militant groups.Israel has taken unprecedented steps in response to the attacks. It has deployed soldiers in Israeli cities and erected concrete barriers outside some Arab neighbourhoods of east Jerusalem, where most of the attackers came from. Ordinary citizens have also increasingly taken up arms to protect themselves.On Saturday, roadblocks on the outskirts of Arab neighbourhoods caused massive traffic jams, with some frustrated motorists saying they had been waiting for several hours. On the edge of the Issawiyeh neighbourhood, drivers honked their horns at a group of Israeli police and paramilitary border police who were taking their time checking each car and asking some of the younger Palestinians to lift up their shirts to show they were not armed.Palestinians said the roadblocks are collective punishment and ineffective in deterring attackers since those with bad intentions would try to reach Jewish neighbourhoods through dirt roads anyway. »People are very upset, » said Emad Obeid, a 30-year-old taxi driver. « This will just cause new attacks. »The daily attacks have caused a sense of panic across Israel and raised fears that the region is on the cusp of a new round of heavy violence.The violence erupted a month ago over the Jewish New Year, fuelled by rumours that Israel was plotting to take over Jerusalem’s most sensitive holy site, a hilltop compound revered by Jews as the Temple Mount and home to the al-Aqsa Mosque, Islam’s third-holiest shrine and a key national symbol for the Palestinians.Israel has adamantly denied the allegations, saying it has no plans to change the status quo at the site, where Jews are allowed to visit but not pray. The Palestinian fears have been fueled by a growing number of Jews visiting the compound in recent months, especially during holidays, with the encouragement of Jewish activists groups and senior government officials.Palestinian President Mahmoud Abbas has at times tried to calm the situation by saying violence is not in the Palestinians’ interest and behind the scenes has ordered his security forces to reduce frictions.But Israel accuses him of incitement, saying he has not condemned attacks on Israelis and falsely accused Israel of having « summarily executed » a Palestinian boy who stabbed an Israeli boy. The Palestinian teen is recovering in an Israeli hospital.More citizens arming themselvesIsrael has taken unprecedented steps in response to the attacks. It has deployed soldiers in Israeli cities and erected concrete barriers outside some Arab neighbourhoods of east Jerusalem, where most of the attackers came from. Ordinary citizens have also increasingly taken up arms to protect themselves.On Saturday, the roadblocks on the outskirts of Arab neighbourhoods caused massive traffic jams, with some frustrated motorists saying they had been waiting for several hours. On the edge of the Issawiyeh neighbourhood, drivers honked their horns at a group of Israeli police and paramilitary border police who were taking their time checking each car and asking some of the younger Palestinians to lift up their shirts to show they were not armed.At one point, tensions rose palpably and the officers, in riot gear, moved a few metres into the crowd. One of the officers threw a stun grenade into the line of waiting cars.’« People are very upset. This will just cause new attacks. » – Taxi driver Emad Obeid

Palestinians said they felt the roadblocks were intended as collective punishment and would be ineffective in deterring attackers. Anyone with bad intentions would not pass through a checkpoint and instead try to reach Jewish neighbourhoods through dirt roads, they said.Taxi driver Emad Obeid, 30, said he and his passenger had been waiting for close to four hours, and the line had barely moved. »People are very upset, » he said. « This will just cause new attacks. »In one of the attacks Saturday, Uri Nuriel, 31, said he was riding his bike in Jerusalem when he noticed a Palestinian smiling oddly. « He was holding his bag suspiciously, I thought it was an explosive, » he said. He informed police officers stationed nearby, who then confronted the youth. Police said they shot him dead after he tried to stab them.Call to restrain Palestinian youthMany of the attackers have been Palestinian youth, and a local police commander at the scene of Saturday’s incident pleaded for their parents to restrain them. »I call on the parents to show responsibility for their children and tell us, the police, about any unusual behaviour, » said Haim Shmueli. « Inform us so that we can deal with these kids and won’t have to get to a place where we have to track them down here on the streets and neutralize them. »On Friday, Palestinian assailants firebombed a West Bank site revered by Jews as the tomb of the biblical figure Joseph. United Nations Secretary-General Ban Ki-moon condemned the attack, saying extremists were trying to make the current conflict a religious one.

Voir également:

Un sommet Chine-Taïwan pour freiner les ardeurs des indépendantistes taïwanais

INFOGRAPHIE – Lors d’une rencontre historique, les deux présidents Ma Ying-jeou et Xi Jinping ont réaffirmé samedi leur attachement au principe d’«une seule Chine, mais avec des interprétations différentes». Un avertissement à peine voilé adressé à Tsai Ing-wen, la candidate du parti pro-indépendance, donnée gagnante à la présidentielle de janvier à Taïwan.

La poignée de main entre Ma Ying-jeou et Xi Jinping était historique. En terrain neutre, samedi à Singapour, les présidents de deux pays aux systèmes politiques antagonistes, Taïwan et la République populaire de Chine, se sont rencontrés pour la première fois depuis 1949. Séparés depuis la fin de la guerre civile, qui a abouti à l’avènement du Parti communiste chinois (PCC) sur le continent après la fuite des troupes nationalistes du Kuomintang (KMT) sur l’île de Taïwan, les deux États ont toujours refusé de reconnaître leur légitimité réciproque. La Chine communiste considère Taïwan comme une partie de son territoire qui doit être amenée dans son giron, par la force si nécessaire, tandis que Taïwan s’est forgé une identité propre, depuis l’époque du protectorat japonais, de 1895 à 1945, jusqu’à la démocratisation des années 1990 après plusieurs décennies de dictature. Dans son histoire récente, hormis une parenthèse forcée de 1945 à 1949 (la Chine était alors dirigée par le Kuomintang), l’île n’a jamais été rattachée au continent et est, depuis 66 ans, indépendante de facto.
La rencontre de samedi a donc été le rapprochement le plus important opéré entre les deux rivaux. Pourtant, difficile de ne pas voir derrière ce sommet des manœuvres politiciennes. Jusqu’ici, la position de la Chine était inflexible. Des contacts au plus haut niveau avec Taïwan étaient exclus, et ce, malgré le réchauffement continu des relations sino-taïwanaises depuis l’arrivée en 2008 de Ma Ying-jeou au pouvoir sur l’île. Pourtant, en acceptant aujourd’hui une rencontre qui offre à Taïwan une tribune internationale et à Ma Ying-jeou de rentrer dans l’histoire, Xi Jinping a fait un pari peu risqué.
Ma Ying-jeou, faire-valoir de Pékin?Cravate bleue pour le Taïwanais, cravate rouge pour le Chinois, debouts devant une toile de fond jaune – la couleur de l’empereur en Chine – comme pour unifier le tableau, chaque détail de la poignée de main a été savamment millimétré. «Nous sommes une famille, a déclaré Xi Jinping. Même cassés, nos os restent liés par des tendons», ajoutant que la Chine et Taïwan ne devaient pas se laisser diviser par les partisans de l’indépendance. C’était bien là tout l’enjeu du sommet.

Favorable à un resserrement des liens avec Pékin, l’impopulaire président Ma Ying-jeou (moins de 10% dans les enquêtes d’opinion) achèvera en mai 2016 son second et dernier mandat. Après la débâcle de 2014 aux municipales, la formation politique du président taïwanais, le Kuomintang, est donnée perdante aux élections présidentielle et législatives de janvier prochain. Au plus haut dans les sondages, Tsai Ing-wen, issue du Parti démocrate progressiste (DPP), devrait accéder aux plus hautes fonctions de l’État. Cette autre grande formation politique taïwanaise est honnie par Pékin pour ses visées indépendantistes. Face au spectre d’une nouvelle approche conflictuelle des relations sino-taïwanaises, tout porte à croire que Xi Jinping s’est servi de Ma Ying-jeou comme faire-valoir tant sur le plan intérieur que sur la scène internationale.
Car, si le sommet de Singapour a peu de chance d’influencer le résultat du scrutin de janvier, il aura surtout servi à mettre des bornes à la relation sino-taïwanaise. Les deux leaders ont réaffirmé leur attachement au consensus de 1992, selon lequel il n’y aurait qu’«une seule Chine, mais avec des interprétations différentes». Autrement dit, les échanges entre les deux rives du détroit de Formose ne pourront être abordés que dans ce cadre restreint. Une façon de mettre en garde le parti de Tsai Ing-wen et une frange toujours plus large de la population taïwanaise opposée à toute mise sous tutelle de Pékin.

Quatre Taïwanais sur cinq favorables à l’indépendance formelle

Attachés à leurs libertés et à leur démocratie, les Taïwanais nés à partir des années 1980 sont une écrasante majorité à vouloir en finir avec l’encombrant héritage chinois et pouvoir, enfin, déterminer eux-mêmes leur avenir. Depuis sa découverte par les Portugais au XVIe siècle, l’île de Taïwan a été façonnée dans son histoire par une succession d’annexions de puissances étrangères – la dernière en date étant celle du Kuomintang de Tchang Kaï-chek au sortir de la deuxième guerre mondiale. Une enquête réalisée annuellement depuis 2003 par l’université nationale Chengchi à Taïwan montre que, de manière assez constante, 80% des Taïwanais se déclarent favorables à une indépendance formelle à la condition que cette déclaration ne déclenche pas une attaque militaire chinoise. Le statu quo actuel – ni unification, ni indépendance, ni recours à la force – est donc un choix par défaut. Quand Ma Ying-jeou évoque, lors du sommet, les quelque 1500 missiles dirigés en permanence vers l’île, Xi Jinping botte d’ailleurs en touche.

À Taïwan, le déplacement du président taïwanais à Singapour continue de susciter la controverse. «La rencontre Ma-Xi, en s’inscrivant dans le cadre d’une seule Chine, a définitivement nui au droit des Taïwanais de rejeter certains futurs possibles», s’est inquiété dimanche un député de l’opposition, en marge d’une manifestation de protestation devant le palais présidentiel, à Taipei. D’autres opposants estiment que Ma Ying-jeou ne représente plus la volonté du peuple depuis sa tentative de passage en force d’un traité de libre-échange avec la Chine, qui avait abouti à l’occupation du parlement et au mouvement citoyen des Tournesols au printemps 2014.

De son côté, Tsai Ing-wen a regretté que le président n’ait pas abordé la question de la préservation des libertés démocratiques à Taïwan. «Ce qui est plus important encore, c’est que le peuple taïwanais a le droit de choisir librement. Mais il n’en a pas dit un mot», a déclaré la candidate du DPP à la présidence. «Seul le peuple de Taïwan peut décider de son avenir et il le fera lors d’élections prévues en janvier», a-t-elle poursuivi. Bien qu’elle ne reconnaisse pas le consensus de 1992, Tsai Ing-wen a maintes fois répété qu’en cas de victoire, elle travaillerait au maintien du statu quo à travers le détroit de Formose. Après l’alliance de circonstance entre le KMT et le PCC à Singapour, il lui faudra aussi travailler avec le peuple taïwanais pour effacer toute conséquence dommageable de ce sommet historique.

 

Birmanie : Wirathu, le « Ben Laden bouddhiste » antimusulmans

Enfants palestiniens terroristes au couteau : justification erronée d’un New York Times qui devrait revoir sa copie
Hélène Keller-Lind
Desinfos
11 novembre 2015

On voit de plus en plus d’enfants palestiniens s’attaquer à des Israéliens, le couteau brandi pour tuer ou blesser. Les raisons de leur passage à l’acte sont multiples : endoctrinement multiforme, ambiance familiale, incitation à la haine et la violence systématiques de la part des “responsables”, glorification du terrorisme, société violente. Or, le très réputé New York Times, évoquant un cas précis, y voit une cause unique : l’action forcément rude menée par les forces de l’ordre israéliennes lorsqu’elles sont confrontées à ce phénomène. Ces journalistes ignorent sans doute aussi que les enfants palestiniens sont habitués aux violences. Familiales ou à l’école, cette fois.Enquête du New York Times et “justification” : article intitulé “Une boucle de violence engloutit les jeunes à Jérusalem”Le jeune âge de certains terroristes “au couteau” qui s’attaquent à des Israéliens, parfois du même âge, interpelle, bien évidemment. Le New York Times – NYT – a mené enquête à propos de Ali Alqam, douze ans, et son cousin, Muawiya Alqam, quatorze ans, qui ont été arrêtés après avoir attaqué un garde dans le tramway de Jérusalem. [Dans leur article du 10 novembre 2015 les journalistes Isabel Kershner et Rami Nazza rapportent les propos de la famille des enfants expliquant que “la veille de l’attaque, les cousins ont regardé des clips vidéo de l’interrogatoire d’Ahmad Manasra, un garçon palestinien de treize ans qui va être jugé. Il est accusé d’avoir participé à l’attaque au couteau d’un garçon juif de treize ans et d’un autre civil israélien dans le même quartier de Jérusalem Est le mois dernier”. Vidéo diffusée entre autres par la télévision officielle palestinienne cherchant à inciter à la vengeance. Ce que ne précise pas le NYT.Rappel : dans leur équipée meurtrière Ahmad Manasra et son cousin, à peine plus âgé, ont blessé grièvement leurs jeunes victimes israéliennes, ce qui n’est pas rappelé dans cet article du NYT. Blessé lors de son arrestation Ahmad Manasra a été soigné à l’hôpital Hadassah de Jérusalem où il s’est rapidement rétabli, bien plus que ses victimes, avant d’être arrêté. Mahmoud Abbas avait tenté d’instrumentaliser l’incident, prétendant que Ahmad avait été abattu de sang froid, sans bien entendu, condamner ni même évoquer son attaque terroriste…. Un site palestinien tentait d’utiliser cette mort qui n’en était pas une, en comparant Ahmad Manasra à Mohamed al-Dura, autre mort contestée– “L’enfant, la Mort et la Vérité” remarquable analyse complète de l’affaire vient de sortir en français.Le NYT nous livre une analyse-justification d’Isabel Kershner et Rami Nazzal qui écrivent : “L’attaque de mardi semble refléter une dynamique en boucle de la violence israélo-palestinienne : des attaques d’Israéliens au couteau suivies de réponses immédiates, souvent mortelles, des forces de sécurité israéliennes et des séquences vidéo crues qui inspirent des attaques palestiniennes contre des Israéliens en réplique ». Les journalistes du NYT appuient alors leur “analyse” en citant un oncle du jeune terroriste qui justifie ainsi son acte : “ Quiconque voit ce clip voudra aller chercher à se venger ou à combattre l’ennemi”. Il annonce que d’autres agressions seront donc commises par de très jeunes Palestiniens…A contrario on n’a guère vu d’enfants ou d’adolescents israéliens aller attaquer des Arabes, ni au couteau, ni au Cocktail Molotov… pourtant des scènes de violences antisémites, autrement plus graves que des cris ont été fréquentes ces dernières semaines.Impasse sur les déclencheurs réels de ces attaques terroristesQuant aux causes bien plus réelles de ce type d’agression, le NYT les évacue en deux lignes se bornant à dire que Benyamin Netanyahou a qualifié le mensonge de Mahmoud Abbas concernant Ahmad Manasara “d’illustration de qu’il a décrit comme une incitation et un faux narratif palestiniens”. Exit toute réflexion sérieuse qui s’imposerait pourtant sur cette incitation systématique, omniprésente, sur la glorification du terrorisme, sur ce qui est présenté comme une obligation nationaliste et religieuse qui façonnent les Palestiniens depuis leur plus jeune âge et en font de pitoyables terroristes, eux-mêmes victimes de “responsables” ou “pro-Palestiniens” qui les instrumentalisent sans scrupule…Quant à l’interrogatoire d’Ahmad Manasra dans lequel on voit les policiers crier, le très respecté NYT qui semble penser que cela suffit à pousser de jeunes Palestiniens au meurtre, occulte tout simplement le fait que la société palestinienne est violente, que les violences domestiques y sont très répandues, et les enfants en étant victimes dans une proportion très élevée.Fort pourcentage d’enfants palestiniens victimes de violences à la maison et à l’école, y compris de la part d’enseignants…Concernant les enfants palestiniens un rapport de l’UNICEF est tristement instructif. Citant en préambule le Bureau Central des Statistiques Palestinien, il dresse ce constat effarant “ en Cisjordanie 53% des mères rapportent qu’un de leurs enfants entre 5 et 17 ans a été exposé à la violence en 2005, surtout à la maison (93%) et à l’école (45%). De plus, un sondage pour une Initiative pour l’Éducation des Filles des Nations Unies a montré que plus de 50% des élèves sont soumis à des violences physiques et verbales de la part d’enseignants et parfois d’élèves eux-mêmes…un rapport dans des écoles de l’UNRWA montre que la violence à l’école a augmenté des dernières années. Des discussions de groupes menées pour cette étude ont montré que les participants ont identifié discrimination (« pauvres » contre « riches ») et jalousie entre les étudiants comme principales causes de violences à l’école. Certains participants ont dit que les parents n’étaient pas au courant, sont restés passifs ou permettaient à leurs enfants d’adopter des comportements agressifs.Les participants ont également dit que le stress causé par la pauvreté, les problèmes familiaux, la densité à la maison, les disputes parentales, des problèmes psychologiques, la situation politique, et la violence et les abus à la maison étaient d’autres causes de la violence à l’école.L’étude de Birzeit – Université palestinienne – a révélé une situation de violence persistante vécue dans les écoles. Les chiffres rapportés incluent ceux de la violence pratiquée par les enseignants contre les élèves, révélant que 41% des élèves à l’école ont été battus par leurs enseignants au moins une fois dans l’année qui a précédé la date de l’étude, avec 48% des sondés déclarant avoir été insultés par des enseignants au cours de la même période.L’étude a également montré que 20% des étudiants ont reconnu avoir utilisé de la violence (coups) contre leurs enseignants au moins une fois. Plus de 27% des étudiants ont reconnu avoir insulté verbalement leurs enseignants, tandis que 20% des enseignants ont déclaré avoir été en butte à de la violence à l’intérieur des écoles de la part d’élèves et 30% avaient subi des violences de la part des parents.Il y a eu aussi de la violence entre élèves, avec 21% des élèves ayant subi de graves passages à tabac par leurs pairs et 61% des élèves victimes de violences verbales d’autres élèves. Alors que les agressions verbales et psychologiques sont perpétrées contre des élèves filles aussi bien que garçons, presque à égalité, l’étude a révélé que les formes de violence physique étaient pour la plupart dirigées contre les garçons.Une autre conclusion de l’étude est que les enseignants considèrent le recours à la violence un moyen « socialement acceptable » de punir les enfants.Dans l’ensemble, 44% des enseignants interrogés ont dit qu’ils avaient battu des élèves pour les punir au cours de la dernière année, 51% pensent que frapper les élèves est un moyen acceptable de les punir et d’améliorer les résultats éducatifs tandis que 70% des enseignants interviewés ont dit qu’ils avaient avec eux des bâtons et des tuyaux à l’école.

L’étude a révélé que la surveillance des violences et les systèmes pour le suivi de cette question dans les écoles étaient médiocres. Il y avait un manque de communication et de dialogue entre les enseignants ;Les parents trouvent acceptable que les enseignants battent leurs enfants ; et les élèves n’ont pas connaissance de règlements devant être appliqués dans les écoles pour les protéger. Plus significatif encore, l’étude a révélé que la réussite scolaire a un lien clair avec le niveau d’exposition à la violence par le personnel de l’école : plus le niveau de réussite des élèves est bas, plus sont élevés les niveaux de différentes formes de violence perpétrées contre eux ». Alors, des policiers qui crient…On pourrait sans doute ajouter que plus les enfants palestiniens sont soumis à des violences chez eux et à l’école, plus ils sont malléables et faciles à transformer en chair à canon… Isabel Kershner et Rami Nazzal devraient revoir leur copie s’ils entendent faire un vrai travail de journaliste…


11 nov 2015

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Les Américains défient Pékin en mer de Chine

Harold Thibault (Pékin, correspondance) et Gilles Paris (Washington, correspondant)

Le Monde

28.10.2015

Après avoir tergiversé puis longuement préparé le terrain en annonçant leurs intentions par fuites de presse et autres voies de communication, les Etats-Unis ont finalement pénétré lundi 26 octobre dans la zone des douze milles marins entourant certains des îlots que Pékin a fait émerger ces derniers mois en mer de Chine méridionale. Un destroyer américain, le Lassen, s’est approché de Subi et a également patrouillé autour de Mischief, des bancs de sable que la Chine a transformé en îles.

La marine américaine n’était pas entrée depuis 2012 dans cette zone de l’archipel des Spratleys revendiqué par la Chine, mais aussi par les Philippines, la Malaise, le Vietnam et Brunei. Depuis, la situation a grandement évolué, les îles artificielles apparaissant à partir de 2014, construites à l’aide de navires de pompage des sédiments. Sur les photos satellite de think tanks américains, déjà deux pistes d’atterrissage semblent en construction avancée, à Fiery Cross et Subi, tandis qu’un plateau rectangulaire s’étendant sur 3 000 mètres de longueur à Mischief laisse penser qu’une troisième pourrait voir le jour.

Militarisation de territoires contestés

L’administration américaine, qui prône un règlement pacifique de ce contentieux territorial, s’est contentée d’arguer de la liberté de navigation pour justifier cette mission annoncée dès le 8 octobre par des sources anonymes de l’administration américaine citées par le Financial Times, et a tenté de banaliser l’envoi du bâtiment de guerre. Recevant le 25 septembre, à Washington, son homologue chinois Xi Jinping, le président Barack Obama avait annoncé que les Etats-Unis continueront de « naviguer, de voler et d’opérer partout où les conventions internationales le permettent », ajoutant que les travaux de construction et de militarisation de territoires contestés compliquent un règlement entre les différentes parties prenantes. Trois mois plus tôt, le 1er juin, M. Obama avait déjà critiqué la politique chinoise du fait accompli en mer de Chine méridionale, estimant que Pékin « joue des coudes pour chasser les autres ».

Le porte-parole du département d’Etat, John Kirby, ancien officier de marine, a ainsi estimé que la patrouille du Lassen relevait de la « routine » puisque en l’absence d’eaux territoriales, la marine américaine n’est pas tenue, selon lui, d’en informer Pékin. Devant le Sénat, un adjoint du secrétaire à la défense, David Sear, avait jugé le 13 mai que, les îlots concernés étant érigés sur des récifs immergés, la règle des 12 milles nautiques pour les eaux territoriales ne s’applique pas selon le droit de la mer, ce que conteste Pékin.

Dès mardi, l’ambassadeur américain à Pékin, Max Baucus, a été convoqué par le vice-ministre chinois des affaires étrangères, Zhang Yesui, lui-même ancien ambassadeur aux Etats-Unis, qui a fait part du « fort mécontentement » chinois. L’agence de presse officielle, Chine Nouvelle, se faisant l’écho de cet échange, a cité M. Zhang employant les termes de « souveraineté » et de « droits juridiques maritimes », précisément les notions contestées, et déclarant : « La Chine fera tout ce qui est nécessaire pour s’opposer à la provocation délibérée de n’importe quel pays. »

Opinion publique nationaliste

Deux navires chinois, le destroyer Lanzhou et le patrouilleur Taizhou, ont suivi le bâtiment américain et se sont contentés d’une mise en garde, restant toutefois à distance. Sur les réseaux sociaux, une partie de l’opinion chinoise demande pourquoi l’Armée populaire de libération n’a pas réagi davantage. Quelques jours plus tôt, la Chine avait protesté contre les vols répétés d’un avion de surveillance américain au-dessus de la zone concernée par ces travaux.

La Chine, qui considère avoir déjà engrangé un gain en parvenant à construire ces îles sans opposition plus forte, joue désormais la modération par rapport à une opinion gonflée au nationalisme. La Chine a proposé, le 16 octobre, à ses voisins d’Asie du Sud-Est anxieux d’organiser des exercices militaires ensemble. Le 25 septembre à Washington, Xi Jinping en personne s’engageait à ne pas « militariser » les nouvelles îles, laissant analystes américains et chinois perplexes. « On ne sait pas trop ce que Xi Jinping entend par là car s’il y a des applications civiles, les îles peuvent évidemment être employées à des fins militaires, mais la Chine ne veut pas paraître trop agressive », estime Shi Yinhong, directeur du centre d’études américaines à l’université du Peuple à Pékin

Dès juin 2015, un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Lu Kang, précisait en effet que les travaux de construction des îles à proprement parler seraient achevés « dans les prochains jours », après quoi suivraient les infrastructures. Si la Chine soutient que les îles ont également une utilité civile, pour des missions de sauvetage par exemple, M. Lu ne cachait absolument pas alors qu’elles serviront également à « répondre à un besoin nécessaire de défense militaire ».

La patrouille américaine intervient à quelques semaines seulement des sommets de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) en Malaisie et du forum annuel de la Coopération économique en Asie-Pacifique (APEC), qui se tiendront dans la deuxième partie du mois de novembre et auxquels Barack Obama a confirmé lundi sa présence. Les Etats-Unis doivent rassurer leurs alliés dans la région, car l’administration Obama a tardé à réagir sur la question de ces îlots dans l’archipel que les Chinois nomment Nansha, « les sables du Sud ».

Les nouveaux totalitaires et leurs idiots utiles se focalisent sur Israël

Lucien SA Oulahbib12/11/2015

Tout d’abord, lorsque l’on possède encore la patience de lire leur prose, les bras hélas en tombent toujours tant leur justification aurait pu être être signée paraphée par Mr Jourdain dans une pétition écrite à sa gloire. Ainsi, clament dans Libération (29.10.2015) Sandra Laugier, « Professeure de philosophie à l’université Paris-I Panthéon Sorbonne et Albert Ogien, Sociologue, directeur de recherche au CNRS » :

C’est bien parce qu’ils se sont opposés à l’exploitation, à la subordination et à l’aliénation des dominés que les intellectuels se sont rangés «à gauche».

Mais qui donc pourrait être pour « l’exploitation, la subordination, et l’aliénation des dominés » ? Qui ? À part quelques adeptes du sang bleu ou de la supériorité en soi de la race, de la religion ? Où l’on voit bien que ces doctes universitaires et scientifiques du haut de leur chaire et laboratoire voguent dans des généralités qu’ils pensent encore être sous-tendues par des analyses solides telles que « le capitalisme repose sur l’exploitation », la « société de classe » sur la « subordination » et « l’ordre social » sur « l’aliénation des dominés » ; sauf que ces analyses sont fausses dans leur globalité, mais peuvent localement toujours trouver des exemples qui semblent les corroborer puisqu’ils se trouvent que depuis que le monde est monde il a existé, il existe, il existera, des tricheurs des menteurs, des voleurs, les dix commandements viennent de cet état de fait d’ailleurs.

Mais revenons à leur incipit. C’est la seule substance en réalité de leurs propos étayés il est vrai par une vague analyse sur un « capitalisme exténué » à force de « financiarisation » (ce que dénoncent par ailleurs certains au sein de  cette « pensée réactionnaire » qu’ils font voeu de pourfendre au début de leur « tribune »…) alors que cet aspect n’en est pas la quintessence ou le substrat mais toujours l’excès vieux encore une fois comme Mathusalem, même si la numérisation de la spéculation peut nuire et mérite certes une solution à hauteur de jeu ; mais elle ne mérite pas de jeter le bébé avec l’eau du bain ce qui ne veut pas dire qu’il faille se satisfaire de changer son eau pour apprendre à ce bébé que la seule conservation de puissance ne suffit pas pour atteindre la réelle magnificence… Sauf que nos pourfendeurs n’iront pas jusqu’à ces hauteurs. Aussi leur faut-il plutôt un bouc émissaire, une « victime sacrificielle », devinez qui…

Ainsi, la fureur de ces nouveaux totalitaires ira jusqu’à émettre l’idée que par exemple l’avion russe aurait été abattu par un drone…israélien, ce n’est pas dit tel que, mais comme ceci :

 » Pour la BBC et les médias contrôlés par les sionistes, omettre la possibilité que l’avion ait été détourné à distance grâce à la technologie du drone, révèle le rôle clé joué par les médias dans la tromperie sioniste-bankster imposée aux Étasunien et au monde. L’omission par les médias contrôlés de la théorie du détournement à distance est destinée à cacher cette possibilité au public. Et cela suggère qu’ils peuvent très bien savoir comment l’avion a été abattu » (1)
Ensuite, mais à un niveau plus décent, seyant, surtout lorsque l’on est « académicien », ou éminent professeur au Collège de France, leurs franges les plus « modérées » en viendront à stipuler que le conflit israélo-arabe serait le coeur même du brasier moyen-oriental, ce qui justifierait ce boycott encore partiel d’Israël (mais guère de la Chine à cause de sa politique au Tibet ou de l’Arabie Saoudite du fait de ses massacres opérés au Yémen) telle est l’idée, défendue par l’académicien Alain Duhamel (sur RTL le 11 novembre au soir) sans pour autant spécifier, d’une part, que la principale cause de ce supposé « coeur » vient plutôt et pour une grande part de la partie arabe refusant de faire les compromis nécessaires s’agissant des réfugiés de 48 et de Jérusalem ; d’autre part, le coeur supposé de ce brasier préexistait bien avant l’émergence d’Israël car l’impossibilité arabe et musulmane depuis la fin du Califat turc en 1923 ne vient pas de causes extérieures, mais profondément internes issues du refus de penser l’insoumission, celle d’Eve, de Prométhée, Spartacus, Jésus…ou la liberté humaine.
Aujourd’hui, les nouveaux totalitaires et leurs idiots utiles mettent à l’Index tous ceux qui refusent de croire que les problèmes internes à la nation française viendraient d’Israël, du capitalisme, des USA, du réchauffement climatique, et non de ces causes externes bien connues depuis des lustres qui ont pour nom le clientélisme, l’affairisme (le colbertisme ou comment faire affaire avec les puissants du moment) le jacobinisme, le robespierrisme, le communisme, le national socialisme, le sans frontières, toutes ces doctrines totalisantes qui ont le mot « réactionnaire » à la bouche pour mieux faire peur si l’on ne pense pas comme eux…alors qu’elles sont les plus nihilistes, les plus dangereuses pour la démocratie et les libertés.

(1)  http://www.alterinfo.net/Crash-de-l-avion-russe-L-hypothese-sciemment-oubliee-par-la-presse_a118605.html#wv3SL0RUqy7iV67X.99

What Do Palestinians Want?

It’s time to take a close look at an often ignored subject: what ordinary Palestinians think about Israel, Jews, and terrorist attacks on civilians.

Daniel Polisar

Mosaic
Nov. 2 2015
About the author
Daniel Polisar, a political scientist, is the provost and executive vice-president of Shalem College in Jerusalem. His research has focused on democratization, Israel’s constitutional development, and the challenges of liberalization in the Palestinian Authority.

The most recent wave of Palestinian terror attacks, now entering its second month, has been mainly the work of “lone wolf” operators running over Israeli civilians, soldiers, and policemen with cars or stabbing them with knives. The perpetrators, many in or just beyond their teenage years, are not, for the most part, activists in the leading militant organizations. They have been setting forth to find targets with the expectation, generally fulfilled, that after scoring a casualty or two they will be killed or badly wounded. What drives these young Palestinians, experts say, is a viral social-media campaign centered on claims that the Jews are endangering the al-Aqsa mosque in Jerusalem and that Israel is executing Palestinian children.Pundits and analysts in Israel and the West, struck by the elements that make this round of violence different from its predecessors over the past decade-and-a-half—which typically featured well-orchestrated shootings, suicide bombings, or rocket fire—have focused on the motivations of individual attackers, on how and why the Palestinian political and religious leadership has been engaging in incitement, and on what Israeli officials or American mediators might do to quell the violence.Absent almost entirely from this discussion has been any attempt to understand the perspective of everyday Palestinians. Yet it is precisely the climate of public opinion that shapes and in turn is shaped by the declarations of Palestinian leaders, and that creates the atmosphere in which young people choose whether to wake up in the morning, pull a knife from the family kitchen, and go out in search of martyrdom. Whether commentators are ignoring the views of mainstream Palestinians out of a mistaken belief that public opinion does not matter in dictatorships, or out of a dismissive sense that they are powerless pawns whose fate is decided by their leaders, Israel, or regional and world powers, the omission is both patronizing and likely to lead to significant misunderstandings of what is happening. In this essay I aim to fill the lacuna by addressing what Palestinians think both about violence against Israelis and about the core issues that supply its context and justification.My interest in Arab public opinion in the West Bank and Gaza is longstanding, dating back to the time regular surveying began there shortly before the 1993 Oslo accords between Israel and the PLO. In 1996, I appeared on a panel with Khalil Shikaki, the pioneering director of the Palestinian Center for Policy and Survey Research (PSR); since then, I have been increasingly impressed with his insights and his institute’s professionalism. I therefore took particular notice of a PSR survey that appeared after the August 2014 ceasefire ending the latest war between Israel and Hamas. It reported, among other findings, that fully 79 percent of Palestinians believed Hamas had won the war and only 3 percent saw Israel as the victor. So convinced were respondents of their side’s strength that nine in ten favored continued rocket fire at Israel’s cities unless the blockade of Gaza were lifted, 64 percent declared their support for “armed attacks against Israeli civilians inside Israel” (meaning, among other things, suicide bombings in Israeli population centers), and 54 percent applauded the event that in large measure had precipitated the 50-day war: the abduction and murder by Hamas operatives of three Israeli teenage boys hitchhiking home from school.In the ensuing months, I read further polls from PSR and other research institutes to see whether support for violence would drop appreciably once the emotions fired by war had cooled. Yet despite a modest decline over time in most indicators, a majority continued to support virtually every kind of attack against Israelis about which they were asked—including rocket fire, suicide bombings, and stabbings. These and other findings led me back to the polls conducted in earlier years, and eventually to embarking on a comprehensive analysis of all reliable and publicly available surveys in the West Bank and Gaza over the past two decades.For this project, I examined over 330 surveys carried out by the four major Palestinian research institutes, each of which has been conducting regular polls for a decade or more: the PSR headed by Shikaki and its predecessor, CPRS; the Jerusalem Media and Communications Center (JMCC); the Birzeit Center for Development Studies (CDS), whose work was later continued under the same director by the Arab World for Research & Development (AWRAD); and the Opinion Polls and Survey Research Unit of An-Najah National University. Each of the four has conducted between 50 and 120 polls and has made the results available online in English (and generally in Arabic).Although commentators typically describe the four as having differing perspectives, all are independent of any government, party, or other institutional framework that might introduce systematic bias into their work. All conduct face-to-face interviews; customarily include more than 1,000 people in each survey; use variants of “area-probability” sampling; and train fieldworkers extensively—which means that the margin of error for their polls is typically 3 to 5 percent, with a confidence level of 95 percent. Moreover, many of their questions are asked repeatedly over time, making it possible to adjust for momentary swings of opinion. And since the questions asked by the four institutes are themselves often similar, it is possible to compare responses, thus testing the degree to which the findings are or are not affected by the specific perspective or methodology of a given institute.Tellingly, poll respondents in the West Bank regularly voice strong criticism of President Mahmoud Abbas and the Palestinian Authority (PA) government that rules there, while those in Gaza often speak negatively about the Hamas leadership, so it appears that Palestinians are not cowed from giving their honest opinions. The consensus among informed scholars is therefore that the surveys are reliable, valid, and genuinely reflective of what Arab residents of the West Bank and Gaza think.I also examined data from two international institutes that have conducted parallel surveys among residents in the West Bank/Gaza and in Arab and Muslim countries: the Pew Research Center, which since 2002 has included countries in the Middle East in its annual global surveys, and the Arab Barometer initiative, a consortium founded by Princeton University and the University of Michigan that since 2006 has overseen three waves of polling in the Middle East. To round out the picture, I incorporated a handful of surveys carried out by Palestinian polling firms on behalf of well-known international experts.In what follows, I focus on three related questions: What do Palestinians think of Israel and of Jews? How do they view the Jewish claim to at least a part of the land of Israel, and especially Jerusalem? And what do they believe about the legitimacy, efficacy, and desirability of carrying out terrorist attacks against Israelis? My hope is that, on the basis of these findings, I can provide a better sense of what lies behind the current wave of violence and perhaps stimulate discussion about how it might be curbed.I. What Palestinians Think of Israel Since the establishment of the PA in 1994, the Palestinians have been beset by problems. The government has increasingly been viewed as corrupt, undemocratic, and unable to enforce law and order or to reform itself. The economy has generally been weak, infrastructure sub-par, and the PA unable at times to pay salaries. Since Hamas took over Gaza in 2007, the Palestinian state-in-the-making has been divided, with Fatah continuing to rule the West Bank and all efforts at reconciliation a failure. The peace process with Israel has been stalled much of the time, in part because of periodic outbreaks of violence, and the handover of territory and authority to the PA has been far slower than envisioned in the Oslo accords.Who is responsible for the problems plaguing the Palestinians? During the last two decades, the four institutes whose surveys I examined have asked numerous questions on this subject, and on 53 occasions have offered Israel as one of the possible answers. In all but one case, Israel was the answer most widely chosen, usually by a statistically significant margin—including when it came to problems that at least at first glance seemed largely internal. Among these were clashes between PA police and Hamas that left thirteen dead (1994), Palestinian economic problems (2000), the hindering of political reform in the PA (2001), Mahmoud Abbas’s decision to resign as prime minister (2003), lack of law and order in PA-held territories (2004), the blocking of reform in the PA (2004), the Hamas coup that wrested control of Gaza from Fatah (2007), a water crisis in the West Bank and Gaza (2010), a fuel shortage in Gaza (2012), the inability of the PA to pay its employees (2013), and the ongoing inability of Hamas and Fatah to reconcile (2015).

A large majority of Palestinians were convinced that Israel sought deliberately to target civilians, and held Hamas blameless for positioning its leadership, fighters, and weapons in populated areas.

In matters that necessarily involved both Israel and the Palestinians, massive majorities blamed Israel and denied any responsibility on their side. Cases in point include the suspension of negotiations between Israel and the PLO (1997), the failure of talks at Camp David (2000), the breakdown of a ceasefire during the second intifada (2003), the collapse of the peace process (2004), the outbreak of the first Gaza war (2008), the non-implementation of the Oslo accords (2012), the outbreak of the second Gaza war (2012), and the breakdown of negotiations between the sides and the third Gaza war (2014).

So convinced were Palestinians that Israel was responsible for the Gaza wars, for example, that after each conflict, when asked by JMCC pollsters whether they believed it was “possible for the Palestinian side to avoid it, or was Israel planning to launch the war in all cases,” overwhelming majorities averred that Israel was intending to go to war regardless of Palestinian actions. Likewise, a large majority of Palestinians were convinced that Israel sought deliberately to target civilians, and held Hamas blameless for positioning its leadership, fighters, and weapons in populated areas.

Over the years, there were also many questions posed about problems for which Israel wasn’t listed as a possible culprit; on these, respondents assigned blame to their government, to leading figures and parties, or to society as a whole. But when Israel was offered as an option, both where its culpability could plausibly be claimed and where doing so was farfetched in the extreme, more Palestinians passed responsibility to Israel than opted for any other answer. Whatever else this might say, it indicates a tendency to ascribe to Israel greater power than it actually wields—along with intentions so diabolical as to lead it to act in ways detrimental to the Jewish state’s own interests, so long as this will cause suffering to Palestinians.

The perception of Israel as implacably hostile and even demonic affects responses to questions not only about the past and present but also about what Israelis and their government are likely to do vis-à-vis the Palestinians in the future. For instance: as anyone observing Israeli politics over the last decade is aware, the most widely held position within Israel favors the establishment of a Palestinian state in most or all of the West Bank and Gaza; a minority prefer to increase Palestinian autonomy but with Israel remaining in charge overall. Palestinian polls, however, tell a very different story.

On over two dozen occasions since 2009, PSR fieldworkers asked West Bank and Gaza residents, “What do you think are the aspirations of Israel for the long run?” With clock-like consistency, the options espoused by most of the parties represented in the Israeli Knesset and by consistent majorities of Israelis—namely, that Israel is seeking “withdrawal from all [or part] of the territories it occupied in 1967”—are chosen least often. More popular is the belief, held by one-fifth of Palestinians, that Israel’s goal is “Annexation of the West Bank while denying political rights of Palestinian citizens.” But the view commanding an absolute majority in all 25 polls, at an average of 59 percent, is that Israel’s aspirations are “Extending the borders of the state of Israel to cover all the area between the Jordan River and the Mediterranean Sea and expelling its Arab citizens.”

Assuming one takes respondents at their word, three of every five Palestinians living next door to Israel believe its aspirations are to reconquer the Gaza Strip and the Arab-populated areas of the West Bank, annex them, and expel the more than four million Arab residents currently living there plus the 1.7 million Arab citizens of Israel. And this, despite the fact that in the past quarter-century, not a single Israeli Knesset member, respected public figure, or major media personality has advocated such a view in public or is reliably claimed to have expressed it in private.

A majority of Palestinians, 51 percent, assert that Israel will “destroy al-Aqsa and Dome of the Rock mosques and build a synagogue in their place.”

It is in this context that one must consider Palestinian public opinion about the area of Jerusalem known by Jews as the Temple Mount and by Muslims as Haram al-Sharif (the Noble Sanctuary). Here stood the ancient Israelites’ First and Second Temples until the latter was destroyed by the Romans nearly 2,000 years ago, and here for thirteen centuries have been situated the al-Aqsa mosque and the Dome of the Rock. The area, captured by Israel from Jordan during the Six-Day War in 1967, has been administered by Jordanian (and, to a lesser extent, Palestinian) religious officials representing the Islamic Waqf. The status quo, unchanged for a half-century except at the margins, is that Muslims can visit the Temple Mount at all hours and pray at its mosques, while Jews are restricted in their visiting hours, have no structure for worship, and are forbidden from praying even as individuals. In 2014, a few right-wing Israeli politicians did propose modifications that would augment the hours for Jewish visits and enable Jews to pray; since then, however, Prime Minister Benjamin Netanyahu and other senior officials have reiterated dozens of times that the status quo will not be changed.

Against that background, on four occasions in the last year PSR asked residents of the West Bank and Gaza for their views on Israel’s plans for the Mount. On average, only 11 percent believe Israel will maintain the status quo; 16 percent hold that it will allow Jews to visit any time or to pray there; one-fifth claim that it will “divide the al-Haram area between Muslims and Jews, allowing Jews to establish a synagogue next to al-Aqsa mosque”; while the majority, 51 percent, assert that Israel will “destroy al-Aqsa and Dome of the Rock mosques and build a synagogue in their place.” Again, a position with no basis in the policies of any of the parties in Israel’s governing coalition or opposition is assumed by an absolutely majority of Palestinians to reflect the true intentions of its government.

II. What Palestinians Think of Israelis and Jews

The specific findings noted above fit with a more broadly negative view of Israelis and Jews that Palestinians espouse on the rare occasions when pollsters have given them the opportunity to generalize. In February 1999, JMCC offered survey participants “a list of characteristics that could be used to describe the Israelis” and asked for a score on a scale of 1 to 5. Regarding the first characteristic, “violent,” 76 percent gave Israelis the highest rankings, a 4 or 5. On the second trait, “honest,” 67 percent scored Israel a 1 or 2. The third trait was “intelligent,” and here Palestinians gave Israelis credit, with 61 percent rating them a 4 or 5.

Two years later, with the second intifada well under way, JMCC did a similar poll showing even more pronounced results. The proportion of Palestinians scoring Israelis at 5 for violence went up to 88 percent, with another 7 percent giving them a 4. More than four-fifths saw Israelis as dishonest. In place of “intelligent,” JMCC pollsters asked to what extent Israelis were “strong,” and here 58 percent of Palestinians gave them high marks.

What emerges, then, is a picture of Israelis as violent and untrustworthy, but clever and strong—which matches up with Palestinian assessments of Israel’s outsized power and diabolical nature in its past behavior and future intentions.

In 2009, the Pew Research Center asked publics in two dozen countries how they viewed Muslims, Christians, and Jews. Regarding Jews, 94 percent of Palestinians reported a “very unfavorable” opinion. (Only 23 percent reported a very unfavorable opinion of Christians.) In this respect, Palestinian views are par for the course in the Arab world: between 92 and 95 percent of Lebanese, Egyptians, and Jordanians also expressed very unfavorable opinions of Jews. Two years later, Pew repeated the questions and achieved comparable results. In the latter survey, Pew also asked whether some religions were more prone than others to violence. More than half of Palestinians averred that this is the case, and of these, 88 percent fingered Judaism as the most violent. (The other choices were Islam, Christianity, and Hinduism.)

On the rare occasions when they have been given the opportunity to generalize, Palestinians characterize Israelis as belligerent and untrustworthy but clever and strong, and finger Judaism as the most violent of all religions.

Palestinians also see Jews as lacking a historical tie to the land of Israel or to Jerusalem. In 2011, the American political consultant Stanley Greenberg commissioned a survey of Palestinians on behalf of The Israel Project. When presented with several statements describing actions that could be viewed as morally right or wrong, 72 percent declared it morally right to deny that “Jews have a long history in Jerusalem going back thousands of years,” while 90 percent declared “Denying that Palestinians have a long history in Jerusalem going back thousands of years” to be morally wrong.

A majority of Palestinians appear to have translated this historical understanding into political conclusions. On fifteen occasions between 2003 and 2014, pollsters from PSR asked whether it would be acceptable, in the framework of a comprehensive agreement for a two-state solution, to divide Jerusalem so the Palestinians would have their capital in eastern Jerusalem and exercise sovereignty over the Arab neighborhoods and the Old City, including Haram al-Sharif, while Israel would be sovereign over Jewish neighborhoods, the Jewish quarter of the Old City, and the Western Wall. On every occasion, respondents soundly rejected the proposal, with opposition almost always exceeding three-fifths. These findings match those of a poll by Bir Zeit’s CDS. No reliable survey to date has shown that a majority of Palestinians are willing to accept such a division of the city.

Given such a negative view of Israelis and of Jews, and of the Jewish link to the land, it is hardly surprising that most ordinary Palestinians do not believe Jews have a right to a state there. In 1995, when JMCC asked whether Israel had a right to exist, 65 percent responded negatively. Similarly, in a 2015 poll commissioned for the Washington Institute for Near East Policy by David Pollock, who has conducted surveys of the Arab world for more than two decades, fieldworkers from the Palestinian Center for Public Opinion asked residents of the West Bank and Gaza: “Do you think that Jews have some rights to the land along with Palestinians?” Only 12 percent agreed that “Both Jews and Palestinians have rights to the land,” while more than 80 percent asserted that “This is Palestinian land and Jews have no rights to it.”

This denial of Jewish roots and rights might help explain why Palestinians are skeptical that Israel, not yet three-quarters of a century old, will continue to exist as a Jewish state, or perhaps at all, in another generation. In 2011, the Greenberg poll asked Palestinians to choose which statement is more accurate: “I am certain Israel will exist 25 years from now as a Jewish state with a Jewish majority” or “I am not so certain . . . .” Over 60 percent doubted Israel would continue to exist as a Jewish state. In the 2015 Washington Institute poll, a similar question was asked, with different wording and a lengthened time horizon. In response, only a quarter of Palestinians believed Israel would continue to exist as a Jewish state “in another 30 or 40 years.” A comparable number thought it would exist as a bi-national state of Jews and Palestinians, while close to half said Israel would no longer exist either “because Arab or Muslim resistance will destroy it” or “because it will collapse from internal contradictions.”

In sum, when the Palestinians look at Israel, they see a country of enormous power and influence that has done great harm to them, that seeks to displace them entirely from historical Palestine, and whose people are deficient as individuals and also lacking any collective rights to the land in general or to Jerusalem in particular.

III. How Palestinians See Violence against Israelis

Palestinian views of Israel hardly provide the fertile ground of trust, respect, or shared assumptions that would facilitate reaching a long-term accommodation or bringing about co-existence. But must they lead to support for violence against Israelis? To back such violence, after all, Palestinians must hold a set of views that prejudice them in favor of carrying out actual attacks. To those views we now turn.

On the surface, the decision of ordinary Palestinians to support or not to support the initiative of young people who take knives and go out to attack Jews in Jerusalem’s Old City, or run over Israelis on the roads of the West Bank, seems straightforward enough. Yet views on the use of violence in these and other cases are based on a host of assumptions and attitudes, most of which are probably not considered consciously. In light of the salience of Palestinian violence, and in an effort to understand its contours and origins, pollsters have asked a large variety of questions and compiled a rich body of data. Before examining levels of support for specific kinds of actions, it is valuable to consider the attitudinal evidence,  grouped here under three headings.

1. Is Violence against Israelis and Westerners Legitimate?

To what extent do Palestinians see it as morally right and appropriate to use violence against Israelis, or against Westerners more generally? A good place to begin this inquiry is a PSR poll in December 2001, one of whose questions was: “In your opinion, are there any circumstances under which you would justify the use of terrorism to achieve political goals?” Fifty-four percent responded that there were no such circumstances; 37 percent said there were. At first glance, this would indicate the majority’s rejection of terrorism on moral grounds, a particularly significant finding since the poll was conducted at the height of the second intifada.

To understand what this finding means in practice, however, we must take into account how Palestinians interpret the word “terrorism.” In that same poll, 98 percent said the 1994 killing of 29 Palestinians in Hebron by Baruch Goldstein was terrorism, but only 15 percent were willing to label as terrorism a 2001 attack by Palestinian suicide bombers that killed 21 Israelis at the Dolphinarium night club in Tel Aviv. Likewise, 93 percent described as terrorism Israel’s August 2001 assassination of the head of the PFLP, a PLO wing that repudiated the Oslo accords and carried out numerous attacks against Israelis, but only 10 percent countenanced the term to describe the PFLP’s assassination of the right-wing Israeli government minister Rehavam Ze’evi two months later. When asked hypothetically if Israel’s use of chemical or biological weapons against Palestinians would constitute terror, 93 percent said yes, but when the identical question was posed regarding the use of such weapons of mass destruction by Palestinians against Israelis, only 25 percent responded affirmatively.

98 percent of Palestinians said the killing of 29 Palestinians in Hebron by Baruch Goldstein was terrorism, but only 15 percent were willing to say the same for an attack by suicide bombers that killed 21 Israelis in Tel Aviv.

Also in the same survey, Palestinians were asked whether “The destruction of the Twin Towers in New York City by people suspected to be members of Bin Laden’s organization” was terrorism. Only 41 percent were willing to say yes; 53 percent rejected the term. The same pattern crops up in surveys conducted between 2006 and 2009 by the Arab Barometer project, in which Palestinians consistently distinguished themselves from other Arabs in rejecting the term terrorism for such jihadist operations as the “Madrid train explosions” (March 2004, 191 killed) and the “London underground explosions” (July 2005, 52 dead). In both cases, a majority of Palestinians averred these were not acts of terror, whereas comparable figures in the other Arab publics ranged from 17 percent down to 2 percent.

This highly differentiated usage of “terrorism” affects the wording of all surveys conducted among Palestinians. In describing attacks by Arabs on Westerners or Israelis, pollsters therefore resort to more acceptable formulations like “resistance operations,” “military operations,” “armed attacks against Israeli civilians in Israel,” and the like.

Palestinian attitudes toward the legitimacy of violence can be further understood from a second set of international polls by Pew. On six occasions in the last decade, Pew asked the following question in the West Bank and Gaza, as well as in Muslim and Arab countries: “Some people think that suicide bombing and other forms of violence against civilian targets are justified in order to defend Islam from its enemies. Other people believe that, no matter what the reason, this kind of violence is never justified. Do you personally feel that this kind of violence is often justified, sometimes justified, rarely justified, or never justified?” Though the level of support varied widely among countries and across time, one constant is that the Palestinians were always the leaders in seeing suicide bombings and similar attacks as justified. On average, 59 percent saw them as being justified often or sometimes; no other Arab or Muslim public came close.

When pollsters specified a nationality for the attacks’ targets, the Palestinians were again ahead of any other people in the Arab world in seeing the attacks as legitimate. In surveys conducted by the Arab Barometer in 2006, 2010, and 2012, a higher percentage of Palestinians—on average, three in five—than of any other Arab public consistently agreed with the following statement: “U.S. involvement in the region justifies armed operations against the U.S. everywhere.”

Though I am unaware of any polls asking Palestinians whether it is legitimate to attack Israelis with the aim of securing political or other gains, it is hard to imagine that such attacks would command less support than the three-fifths justifying such actions to defend Islam in general, or to strike at American targets in particular.

2. Does Violence Work?

For a majority of Palestinians, the use of violence against Westerners is seen as a legitimate means of defending Islam or securing political or other gains; but, with respect to Israel, is it also an effective means of achieving their goals? On this subject, numerous questions have been asked over the last two decades, both retrospectively about past events and prospectively about the future.

Regarding the past, the picture is fairly clear.

In December 2000, a few months into the second intifada, 69 percent told JMCC that the violence had rendered Israelis more willing to make concessions. A couple of years later, with the conflict having become more violent, similarly high proportions said the intifada had helped Israelis “understand the Palestinians’ demands in order to reach a peace agreement.” These findings were replicated and extended by PSR in 21 polls between December 2001 and September 2006, in which majorities of two to one consistently backed the view that “armed confrontations so far have helped achieve Palestinian rights in a way that negotiations could not.”

Similarly, Israeli decisions to pull out of previously held territory have been seen by Palestinians as a consequence of their “armed resistance” and not as a function of Israeli strategic interests, international pressure, or other factors. This was pointedly true regarding the decision by the government of Prime Minister Ariel Sharon to leave the Gaza Strip. When asked by PSR in September 2005, a month after the pullout, what was “the single most important factor” in the Israeli decision, 57 percent chose “attacks by Palestinian resistance.” Time and again in polls before and after the pullout, three-quarters on average would tell PSR they saw “Sharon’s plan to evacuate the Israeli settlements from Gaza as a victory for the Palestinian armed resistance against Israel.”  

The same pattern is discernible in opinions about the three Gaza wars. In December 2012, after the second war, 84 percent responded affirmatively to AWRAD pollsters asking whether “the results of the Gaza conflict will lead to tangible progress toward Palestinian independence,” and despite a slight decline the figure remained robust for months afterward. Following the 2014 war, as I noted earlier, PSR reported that 79 percent saw Hamas as the winner. In fact, after each of the three wars, overwhelming majorities asserted to pollsters from each of the Palestinian institutes that their side was the victor.

The same view, moreover, informs the response to questions regarding the future. When asked a few months before the outbreak of the second intifada whether “a return to armed confrontations will achieve Palestinian rights in a way that the negotiations cannot,” those banking on violence outnumbered those betting against by nearly 20 percentage points. After the intifada broke out, the gap between the two rose to nearly 50 points. This point was made more explicit in a 2002 survey carried out by JMCC on behalf of the polling expert Steven Kull of the Program on International Policy Attitudes at the University of Maryland. West Bank and Gaza residents were asked: “Do you think that when Palestinians use violence that injures and kills Israeli civilians this makes the Israelis more willing or less willing to make compromises?” Sixty-four percent opted for “more willing,”and only 17 percent for “less willing.”

When Palestinians look back at sustained campaigns of violence, whether in the second intifada or in the three wars with Hamas, they see them as victories, and they tend to believe that armed campaigns are also likely to be effective in the future.

To be sure, there have been occasions when the majority of Palestinians have looked back at particular attacks and concluded they did more harm than good. In 2010, for example, members of Hamas’s military wing shot and killed four Israelis near Hebron, including a pregnant woman and the father and mother of a family of six children. The attack, which came a couple of days before Israeli and Palestinian officials were slated to launch a new round of negotiations in Washington, shattered a period of relative calm. When asked about it shortly afterward, twice as many respondents predicted it would hurt rather than advance Palestinian interests. Likewise, in polls on a number of occasions between September 2010 and December 2011, a small majority expressed the view that, should armed clashes erupt, they would not have a better chance to bring about gains than would negotiations.

Under certain circumstances, then, a majority of Palestinians conclude that the timing for an outbreak of violence is wrong. But these are exceptions: when Palestinians look back at sustained campaigns of violence, whether in the second intifada or in the three wars with Hamas, they see them as victories, and they tend to believe that armed campaigns are also likely to be effective in the future.

3. Is Violence Praiseworthy?

If violence against Israelis is seen as both legitimate and effective, it stands to reason that those responsible for it will be celebrated and admired—and so they are. A case in point comes from the 2011 Greenberg poll, in which respondents were asked to characterize a series of actions as “right” or “wrong.” One such action was the 1978 hijacking of two Israeli buses and a taxi; in the ensuing firefight, the PLO hijackers, among them a young woman named Dalal al-Maghrabi, were killed along with 38 Israeli civilian victims. In the poll, a substantial majority, 61 percent, thought it morally “right” to “nam[e] streets after Palestinian suicide bombers like Dalal al-Maghrabi who killed Israeli civilians within Israel.”

61 percent thought it morally “right” to “name streets after Palestinian suicide bombers like Dalal al-Maghrabi who killed Israeli civilians within Israel.”

Similar questions have been asked about leading figures known for threatening or using violence against Israel or the West. In Pew studies conducted in dozens of countries and in the Palestinian territories, Palestinians have been the most fervent admirers of, for instance, Hassan Nasrallah, who led the Hizballah terrorist organization against Israel in the 2006 Lebanon war and since then has repeatedly threatened to attack the Jewish state and its citizens. Though absolute levels of support for Nasrallah have varied over the years, the Palestinians outstripped every other people in expressing their confidence in him on the three occasions the question came up.

Although the Palestinian population is overwhelmingly Sunni, Palestinians consistently led others in their admiration not just for Nasrallah but for Shiite Hizballah itself. Within the Middle East, they expressed the highest levels of confidence in Iranian president Mahmoud Ahmadinejad, another prominent Shiite Muslim known for his repeated threats to annihilate Israel. Moreover, they led the world over the course of a decade in believing that Osama bin Laden, the mastermind behind the 9/11 attacks and a vociferous foe of Israel, could be counted on to “do the right thing in world affairs.” In 2011, the last time Pew asked about bin Laden before his death at the hands of American commandos, the Palestinians once again outdid all others in their admiration, just as they did on various occasions in their favorable assessments of al-Qaeda—and (the one time they were asked in a Pew survey) of the Taliban.

 IV. Palestinian Support for Armed Attacks

So much for Palestinian views on the foundational issues of the legitimacy, effectiveness, and praiseworthiness of violence. When it comes to the actual question of whether to support particular types of violence in advance, or to express backing for concrete attacks after they happen, what views do ordinary Palestinians hold?

Broadly speaking, from the Oslo accords in September 1993 until spring 2000, a plurality of Palestinians were against most kinds of armed attacks. According to a question posed by CPRS sixteen times during this period, 49 percent opposed “armed attacks against Israelis” and 42 percent favored them. A handful of JMCC polls confirmed this reading of public sentiment.

But a caution is in order. When large numbers are supportive of armed attacks—and 42 percent is a large number—it does not much matter if they are slightly outnumbered by those opposed to such actions. Anyone contemplating an attack can still expect to benefit from a substantial network of backers, and if successful to bring great honor upon himself and his family. Needless to say, though, actual majority support will provide all the more fertile ground for attacks—and since the eve of the second intifada in September 2000 until today, there has been, during most periods, majority support among Palestinians for violence of almost every kind against Israelis.

Anyone contemplating an armed attack can expect to benefit from a substantial network of backers, and if successful to bring great honor upon himself and his family.

For most of the last decade-and-a-half, suicide bombings, which have generally been aimed at civilians and have been the most lethal in their impact, have enjoyed the support of solid Palestinian majorities. On 17 occasions between April 2001 and March 2013, JMCC asked, “How do you feel toward suicide-bombing operations against Israeli civilians?” Supporters outnumbered opponents all but four times, and on average the level of support exceeded opposition by a full twenty points. Breaking down the data further, we see that strong supporters constitute the single largest group, followed by moderate supporters, then moderate opponents and, smallest of all, those strongly opposed.

Although PSR, for its part, did not ask specifically about suicide bombings, on 48 occasions between 2000 and 2015 it did inquire about views on “armed attacks against Israeli civilians inside Israel”; in most cases, supporters outnumbered opponents, with those expressing strong support almost always outpacing, often by as much as six to one, those voicing strong opposition. On the half-dozen occasions this question was asked in the last twelve months, supporters outnumbered opponents every time.

Even higher levels of support have been registered after attacks that succeed in killing Israelis. Whereas an October 2003 poll by PSR reported 54-percent support for attacks on Israeli civilians in general, when asked about “the bombing operation in the Maxim restaurant in Haifa, which led to the death of 20 Israelis,” the proportion of support reached 74 percent. Parallel leaps from in-principle backing for future actions to after-the-fact support for concrete attacks are reported in polls from September 2004 (after a bomber in Tel Aviv killed 11 Israelis), June 2006 (lethal attack on a shopping center in Dimona), and March 2008—when respondents were asked about “the bombing attack in the religious school in Jerusalem inside Israel . . . in which eight Israeli students were killed in addition to the Palestinian attacker.” For that event, support swelled to 84 percent.

One may speculate about the reasons behind heightened support for specifically named attacks. It may be a consequence of the society-wide adulation of shahids (those who die carrying out attacks) during the weeks after they attain bloody martyrdom, of the higher regard for suicide bombings than for other kinds of actions, and/or of enthusiasm for striking Israelis in places of special significance—like Tel Aviv, the symbol of Jewish economic power, or Jerusalem, the focal point of religious contention, or Dimona, the epicenter of Israel’s military might. Whatever the reason, individuals considering such an attack can expect the prospect of even greater honor and celebration than might otherwise be anticipated—for themselves, their families, and any militant organization with which they are connected.

An even larger consensus has favored violence against Israeli settlers, reaching 87 percent on average in polls by CPRS and PSR during the decade ending in 2004. Indeed, since that year, PSR ceased asking about attacks on settlers, perhaps because the answers were already so consistent. But the phenomenon bears relevance to the current round of violence, a substantial part of which has been aimed at Israelis living or traveling in the West Bank. Moreover, in the eyes of the Palestinian mainstream, Jews living in Jerusalem’s Old City or in the neighborhoods that Israel captured in 1967, such as Pisgat Ze’ev and Armon Hanetziv, are also considered settlers. Palestinian news reports about the latter, for example, routinely refer to “the Israeli settlement of Armon Hanetziv built on the lands of Jabal al-Muqaber.” These areas have been targeted in part because of the relative ease with which the perpetrators (most of whom have hailed from eastern Jerusalem or Hebron) can reach them, but an additional factor may have been the higher level of support for attacking Israelis in such places.

Even more formidable is the societal consensus behind attacks on Israeli soldiers. In a dozen polls between 2001 and 2004, PSR found such support averaging 90 percent, with strong backers outnumbering strong opponents by a lopsided fifty to one. This particular feature of Palestinian opinion, about which pollsters stopped asking questions a decade ago, could help explain why so many recent attacks have been aimed at soldiers and policemen.

During the recent wave, moreover, Palestinian support for the favored modes of attack has in all likelihood been high as well. In a December 2014 poll, PSR posed the question: “Recently there has been an increase in Jerusalem and the rest of the West Bank in attempts to stab or run over Israelis. Do you support or oppose these attempts?” Seventy-eight percent were supportive, only 20 percent opposed. Though the question has not been repeated since then, there is no reason to believe the response today would be substantially different.

V. What Is to Be Done

To sum up: these findings show the degree to which the recent Palestinian perpetrators of violence reflect and are acting on the basis of views widely held in their society. Though they may be lone wolves in the technical sense of not belonging to an organizational command structure, they are anything but alone within their communities. To the contrary, they are surrounded by people who share many of their core beliefs, who justify the attacks they are carrying out, who see their actions as potentially valuable in furthering Palestinian goals, and who can be counted on to venerate them and their families.

These popularly held attitudes also make it difficult for Palestinian officials to limit their own incitement of violence or to deploy security forces vigorously to curb the attacks. So long as Palestinian popular opinion remains where it is, eruptions of violence will always be possible, and once begun can easily and quickly escalate.

Could anything change this state of affairs? It seems highly improbable that the Palestinian masses, whose views have been relatively stable for so long, will spontaneously shift gears in the foreseeable future. Nor are there any signs that Palestinian media or religious leaders are rethinking their own, often incendiary role in shaping public opinion. Moreover, the populations of the neighboring Arab states and the media that cater to them—a main reference point for Palestinians—are hardly poised to help bring about positive change. Not only is public opinion in these countries unrelentingly hostile to Jews and Israel, but the Arab world as a whole is suffering a wave of internecine violence, which hardly makes it a model to be emulated.

It’s unlikely that a change in Israeli actions will help dampen the situation. A half-century of Israeli restraint at the Temple Mount, for example, hasn’t convinced Palestinians that there is no plan to replace the mosques with a Third Temple.

Similarly farfetched, but for other reasons, is the idea that Israeli leaders, by modifying their rhetoric or restraining the reactions of the security forces, can appreciably dampen Palestinian support for violence. Doves might argue that Israel could transform Palestinian opinion in the long term with an offer of a two-state solution more generous than those advanced by former prime ministers Ehud Barak and Ehud Olmert (and rejected by the Palestinian leadership). Hawks might contend that change can be brought about by exacting a price for violence and ensuring that it never serves to advance Palestinian interests. But in the short and medium term, neither of these approaches is likely to be effective.

Palestinians view Israeli words and deeds through a powerfully distorting lens. A half-century of Israeli restraint at the Temple Mount has failed to convince most Palestinians that there is no plan to replace the mosques on Haram al-Sharif with a Jewish house of worship. A decade-and-a-half marked by prolonged and intense bouts of violence has persuaded Palestinians that the use of force generally helps them, and many have formed these views based on earlier rounds of attacks against Israelis and Westerners dating back a number of decades. Additionally, a series of confrontations between the West and the Arab/Islamic world has ingrained in most Palestinians a belief that attacking Western or Israeli targets, far from constituting terrorism, is legitimate resistance. Hence, Israel is an unlikely candidate to mitigate Palestinian support for violence.

The onus is therefore on the Palestinian leadership to recognize the dangers posed to its own self-interest by the current volatile circumstances and to take a firm and consistent stance against violence. Of course, there is no expecting Hamas to adopt such a position, which would contravene its organizational ethos and traditions ingrained over two-and-a-half decades. But is it utterly inconceivable that a successor to the eighty-year-old Abbas might do so? Whatever his weaknesses may be—and they have been abundantly on display in recent weeks—Abbas has preached for a decade that violence is not beneficial to the Palestinian cause and has consistently ordered his security forces to cooperate with Israel in quelling armed attacks. This is at least a precedent on which a stronger and more courageous leader might build.

In any such effort, the Arab countries with the greatest stake in preserving stability and preventing the further ascendancy of radical Islamic forces in their neighborhood might have a refreshingly constructive role to play (especially Jordan, Egypt, and Saudi Arabia). So might the United States and Europe, which have both an interest in cooling fevers and various diplomatic, political, and financial levers at their disposal. Though Palestinians possess a remarkable capacity to form their own, independent perception of the world around them, they are not immune to the consequences of their actions or to the changing incentives they face. If the U.S. and other Western powers were to begin vociferously condemning violence initiated by Palestinians, to penalize the PA and Hamas until attacks stop, and to ensure that under no circumstances will gains, diplomatic or otherwise, accrue from them, this, too, might exercise a meliorating effect over time.

Palestinian support for violence, and the attitudes underlying that support, have developed and become entrenched over a period of decades. Altering those attitudes can only begin once the attitudes are recognized for what they are, without blinking and without excuses. Toward that end, I hope this essay, along with the broader research project of which it is a part, can serve as a catalyst.

How do we deter the murderously violent?

Every day brings new knife attacks by Palestinians. And if you search the Internet, you can find the most horrifying videos and photos that depict actual death in war, on roads, in stores, and in homes. The images have lost their power to shock. However, there’s a very efficient way to show the murderously violent that what they plan on carrying out isn’t a computer game. I’ll get to that in a moment.

But first, let me give you my take on how violence is presented in art. I hated the film Saving Private Ryan. It’s childish, anti-American, histrionic, confusing, and full of continuity errors.

What made the film famous was its graphic depictions of violence, such as this scene. Keep in mind that nobody got hurt in what you’re about to watch.

First, an American soldier tries to blow up a German tank with a “sticky bomb.” They used a robotic mannequin and computer-graphic imagery (CGI) to depict the catastrophic failure of this attempt.

After blowing off the tank tread with sticky bombs, the Americans swarm the vehicle, trying to get at the crew. A German 20mm autocannon is brought up and opens fire at close range, exploding several of the Americans into pieces. Again, a combination of mannequins and CGI is used.

Our movies now contain violence that’s indistinguishable from the real thing. There are videos from Syria that show everything you see above, including one notorious clip of a rebel losing his entire face. The man was hit by a fragment from an exploding tank shell. It struck with such speed that he didn’t even react. He simply stood there, with nothing but empty space from chin to forehead. It’s a profile shot, surreal in the extreme. His head looks like a crescent moon.

People have used that clip as the avatar for their social media accounts. That’s how little impact video and photos of actual death have in our present-day world. Some cultures use film of murder as religious icons, while others use it as entertainment. Neither side cares that actual human beings were killed in front of the camera.

Movies like Saving Private Ryan desensitize people to graphic violence. The alleged reason for showing such gore is to drive home what the soldiers experienced, but that’s bunk. One of the greatest war movies of all time is Battleground (1949), about American airborne troops in the Battle of the Bulge.

It has two utterly chilling combat scenes in it. One takes place in heavy fog, and in the other, all the action is obscured by trees, vehicles, or hummocks. The only thing that indicates violence is the sound. Believe me, you’ll never forget these scenes. They’ll stay with you forever.

And this is how to deter the murderously violent. It does no good to show the aftermath of their crimes. Muslim suicide bombers have been told that they’ll feel no pain but will simply pop softly, like soap bubbles.

However, a hospital emergency-room doctor once said to me that every single street thug brought in with a gunshot wound was shocked at how painful it was. These criminals screamed and cried, wondering why it hurt so much. They’d grown up watching films in which people take a bullet to the arm and simply shrug it off. Well, in real life, there’s no such thing as a “flesh wound.” When a bullet goes through your arm, it destroys muscle, tendons, and nerves. It hurts like hell.

Here’s a video of a home invader shot after he kicked down the door in Pocatello, Idaho. The criminal was armed with a machete and knew his intended victims. He was shot three times in the chest. You’ll see nothing gruesome in the video, but I want you to listen closely to the criminal after he was shot.

He was quite the brave man when he thought that his victims wouldn’t fight back.

“Oh, it hurts, it hurts, it hurts! You killed me!” the criminal whines. He spent nine months in the hospital before being tried for and convicted of attempted murder and aggravated assault.

This was the second time he’d broken down the neighbor’s door, the first assault having prompted the victim to buy the gun. Though the criminal was given a maximum of twenty years in prison by the kindhearted judge—who said there was hope for him—it’s likely that being shot three times made more of an impression than anything he’d ever experienced.

Israelis need to release audio recordings of terrorists after they’re shot while trying to stab people to death. Photos won’t do it. Palestinians tell me that this shows a great victory.

It doesn’t matter that the terrorist was shot dead, or that all normal human beings run for their lives, or that anybody can ambush anybody else. No, the terrorist completely overcame the armed might of the entire Israeli Defense Forces, which surrendered out of fear and has now been defeated.

This is what many Palestinians believe. They can’t be reached, since they’re not rational. The knife-intifada is based on a stupid social-media lie, that Israel plans to demolish the al-Aqsa Mosque. Palestinians who attack Israelis are insane time travelers from the Dark Ages. Since they revel in butchery, showing their bullet-riddled bodies will do nothing except turn them on.

The only solution is to record the writhing, moaning, screeching primitives after they’ve been shot, and then release the tapes.

Here’s an Islamic State position in Syria hit by artillery. Again, there’s no gore; just listen. The rounds are fired at 0:04, but the idiots don’t know enough to take cover.

They used proximity fuses that exploded the rounds above the men’s heads.

Those thousands of razor-sharp fragments are what’s known as “steel rain.” The propagandist and camera crew were shredded alive, which is why they’re making those unearthly noises.

Still want to go to Syria, boys?

Although I study war, I hate it. The reason I’ve immersed myself in military issues for over forty years is that I accept that some people must be removed from this plane of reality. They can’t be saved. My study of war is a quest for a better world.

Israel needs to entirely change the way it thinks about Palestinian terrorists. Deterrence is the only effective means of protecting Israelis from deluded, infantile maniacs who haven’t had to face reality. I hope that Israeli authorities will begin to show the same ruthlessness as the owners of a mall in Australia. Teenagers were loitering there all day, making messes and intimidating the customers. After much thought, the mall owners installed special lights that made acne look far worse than it was, and they began playing nothing but Frank Sinatra music. Within days, the teenagers had fled. And they never returned.

Mer de Chine : la tension monte entre Washington et Pékin

  • Patrick Saint-Paul
  • Le Figaro
  •  22/05/2015

Le survol de l’archipel des Spratleys par un avion espion américain mercredi dernier a déclenché la colère de la Chine, qui l’a fait savoir vendredi. Des avertissements qui n’ont pas empêché les États-Unis d’affirmer leur intention de poursuivre les patrouilles dans cette zone revendiquée par la République populaire.

De notre correspondant à Pékin

La tension ne cesse de monter en Mer de Chine méridionale. Le survol, mercredi, par un avion de surveillance américain de l’archipel des Spratleys, revendiqué par la République populaire, a provoqué une nouvelle passe d’armes diplomatique entre Pékin et Washington. Dénonçant des «actions irresponsables» après que l’appareil de l’US Army eut ignoré huit avertissements de la marine chinoise, le gouvernement chinois s’est dit «très mécontent», vendredi. De son côté, l’administration Obama s’est engagée à poursuivre ses patrouilles.

Les pilotes du PS-8 Posseidon, l’appareil de surveillance le plus sophistiqué de l’armée américaine, ont répondu à huit reprises, qu’ils traversaient l’espace aérien international. «Ceci est la marine chinoise. Vous partez», a répondu un opérateur radio chinois sur un ton exaspéré. Visiblement, l’équipage américain ne s’est pas laissé impressionner. Une équipe de la chaine d’information CNN avait été embarquée pour immortaliser le survol, aggravant l’affront fait à Pékin.

Visiblement, l’équipage américain ne s’est pas laissé impressionner

Les images prises par PS-8 Posseidon montrent les activités de construction chinoises sur des polders érigés dans les Spratleys et consolidés grâce au remblaiement mené par des bateaux chinois. Notamment sur le récif de Mischief. «Je suis certain que cela vient de la rive, de cette facilité-là», dit le capitaine américain, Mike Parker, en référence à l’interpellation de la marine chinoise, tout en désignant des installations sur le récif de Fiery Cross. Un système de radar avancé serait posté sur l’îlot, selon l’officier américain.

Les ouvrages chinois, parfois qualifiés de «grande muraille de sable», sont situés dans l’archipel des Spratleys, revendiqué pour tout ou partie à la fois par la Chine, le Vietnam, les Philippines, Brunei, Taïwan et la Malaisie. Des voies de commerce maritime stratégiques traversent ces eaux troublées riches en poisson et potentiellement en hydrocarbures. Des photos satellites montrent que la Chine s’emploie à remblayer des récifs coralliens qu’elle transforme en ports et autres installations, dont une longue piste d’atterrissage. Grâce à ces conquêtes sur la mer, les surfaces utilisables chinoises sont passées en un an de 200 à 800 hectares, selon le Pentagone.

Des récifs coralliens transformés

Des photos satellites montrent que la Chine s’emploie à remblayer des récifs coralliens qu’elle transforme en ports et autres installations, dont une longue piste d’atterrissage.

Washington avait affirmé, la semaine passée, sa volonté de faire respecter la liberté de circulation dans les eaux internationales en envoyant dans la zone des navires américains et des avions militaires. Les voisins de la Chine redoutent que l’Armée populaire de libération (APL) utilise ces îlots semi-artificiels pour imposer une zone de

défense et d’identification aérienne (ADIZ) dans la région. «Personne n’empêchera l’US Navy d’opérer, ça ne serait pas un bon pari, a prévenu Daniel Russel, secrétaire d’Etat adjoint pour l’Asie. Cela ne suffit pas qu’un avion militaire américain puisse survoler les eaux internationales, même s’il est intercepté… Nous croyons que chaque pays, chaque acteur civil doit avoir un accès illimité aux eaux internationales et à l’espace aérien international». Le secrétaire d’Etat adjoint américain, Anthony Blinken, a enfoncé le clou, jeudi, en jugeant que les revendications territoriales de Pékin de plus en plus assertives sur la Mer de Chine méridionale sont une menace pour la liberté et la stabilité et risquent de provoquer des tensions, qui pourraient aboutir à un conflit.

Pékin a riposté vendredi en tirant la sonnette d’alarme. «Les troupes chinoises stationnées dans la région ont éloigné l’appareil américain par radio, conformément aux règlements chinois, a confirmé Hong Lei, porte-parole de la diplomatie chinoise. Les actions américaines constituent une menace pour les territoires maritimes chinois. Il y a une forte probabilité que cela déclenche des incidents, c’est hautement irresponsable et dangereux. La Chine prendra les mesures adéquates et nécessaires pour se prémunir contre tout préjudice infligé à ses possessions maritimes. La Chine défend la liberté de navigation et de survol, mais cela ne signifie pas qu’un pays puisse délibérément pénétrer à sa guise dans les eaux territoriales ou l’espace aérien d’un autre pays».

Prétentions chinoises en Mer de Chine du sud et routes commerciales européennes

Daniel Schaeffer

Diploweb

20 septembre 2014

Général (2s) Daniel Schaeffer. Membre du groupe de réflexion Asie21 (asie21.com)

Par le biais d’interprétations erronées de la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer (CNUDM) la Chine procède à une succession d’actes offensifs dont l’objectif vise, à terme, de faire de la mer de Chine du Sud une mer territoriale.

Dans la mesure où la communauté internationale accepterait tacitement que cette mer internationale se transforme en mer nationale chinoise et par conséquent que puissent s’y appliquer la réglementation chinoise de police maritime, apparaît d’ores et déjà une menace potentielle sur la liberté de navigation qui s’attache depuis toujours à la haute mer. Ce risque futur est donc à prendre en considération par les compagnies maritimes européennes. Cet article est illustré par 6 cartes.

DEPUIS 2006, la Chine se montre de plus en plus agressive dans ce qu’elle estime être ses droits souverains, si ce n’est sa souveraineté, en mer de Chine du Sud. Elle fonde ses prétentions sur des revendications territoriales qui la mettent en opposition à plusieurs pays de la région, Vietnam, Philippines, Malaisie et Brunei. Contrairement à ce que laisse souvent croire la presse mondiale, Taiwan n’est pas concernée. En effet les revendications communiste et nationaliste chinoises sur la mer de Chine du Sud se rejoignent complètement, au nom de la grande Chine, au nom de l’héritage d’une prétention initiée par le gouvernement nationaliste de Tchang Kaishek en 1947, encore au pouvoir en Chine à cette date-là [1].Sur le plan universel, de telles prétentions constituent une violation de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM). Par ce biais là la Chine prétend vouloir s’arroger 80% à 90% d’une mer internationale dont la superficie est pratiquement équivalente à celle de la Méditerranée. Par voie de conséquence, si une telle prétention venait à être tacitement reconnue par un silence complice de la communauté internationale, elle ne pourrait manquer de provoquer de très graves répercussions sur la liberté de la navigation en cette mer.

Une voie de passage vitale

Or la mer de Chine du Sud constitue une voie de passage vitale pour les pays de la région : Asie du Sud-est mais aussi et surtout Chine, Japon et Corée du Sud. Par conséquent, la liberté d’y circuler constitue un intérêt économique majeur pour toutes les compagnies maritimes qui desservent la région, et parmi elles les compagnies européennes notamment. Il en ressort ainsi que la perspective d’une mise en coupe réglée de la mer de Chine du Sud par Pékin contre l’intérêt international ne peut laisser indifférente.

Pour disposer d’une image de l’importance que représente la mer de Chine du Sud en tant que voie navigable, ce sont en moyenne 60 000 navires qui la traversent annuellement. Cela représente approximativement trois fois le trafic du canal de Suez, six fois celui de Panama. En termes de fret, celui-ci équivaut au quart du commerce mondial, à la moitié des volumes commerciaux de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud, à 50% des transports mondiaux hydrocarbures, à 85% des pétroliers en provenance du Moyen Orient ; à 80% des approvisionnements chinois en hydrocarbures. La voie d’eau de la mer de Chine du Sud constitue donc pour Pékin une énorme fenêtre de vulnérabilité.

Une mer qui fait l’objet de contentieux

Or cette mer fait l’objet de contentieux territoriaux majeurs entre la Chine et les autres pays riverains de l’Asie du Sud-est : Vietnam, Philippines, Malaisie, Brunei, ou de contentieux à droits souverains entre la Chine et l’Indonésie [2]. Les tensions qui s’animent autour de cela sont ainsi susceptibles d’engendrer à tout instant des répercussions négatives graves sur la navigation internationale, et par conséquent sur les intérêts des compagnies commerciales européennes.Pour le comprendre, cela conduit d’abord à examiner comment s’organisent les contentieux entre pays intéressés. Ces contentieux portent aussi bien sur des îles, des récifs, des hauts fonds tant découvrants que non-découvrants (« submarine elevations » en anglais) [3]. Il s’agit de l’archipel des Paracels, situé sur le 16ème parallèle, au sud-est de l’île chinoise de Hainan et à l’est de la côte vietnamienne ; de l’archipel situé à l’ouest des côtes philippines, soit celui des Spratleys, un agrégat insulaire qui présente près de 250 émergences dont quelque dix à quinze à peine peuvent prétendre au statut d’île au sens de la définition qu’en donne le droit de la mer [4] ; des récifs de Scarborough, un atoll effondré situé à quelque 120 milles marins [5] de l’île philippine de Luzon. En ce qui concerne les hauts fonds, tous non-découvrants, il s’agit : du banc Macclesfield morphologique, précision qui a son importance comme cela est démontré par la suite, qui prolonge les îles Paracels ; le haut-fond de Truro (Truro shoal en anglais), à mi-distance entre le banc Macclesfield et l’île philippine de Luzon ; le haut-fond de Reed (Reed bank) situé au Nord-est de l’archipel des Spratleys, les hauts-fonds de Luconia (Luconia shoal en anglais) et James (James shoal), situés à quelque 100 milles marins [6] au nord de l’état malaisien de Sarawak, au nord de l’île de Bornéo.

A ce stade, il est important de préciser la nature d’un haut-fond au sens strict du terme. Ce n’est pas un haut-fond découvrant. L’article 131.1 de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM) précise que « Par « hauts-fonds découvrants », on entend les élévations naturelles de terrain qui sont entourées par la mer, découvertes à marée basse et recouvertes à marée haute ».

Le haut-fond est encore moins une île puisqu’il est en permanence recouvert par les eaux. Il ne peut donc être présenté que soit comme un ressaut du plateau continental, soit comme un pinacle, reste d’un ancien atoll complètement dégradé et enseveli sous les eaux. En tout état de cause, qu’il s’agisse d’un ressaut ou d’un pinacle, il ne peut en aucun cas faire l’objet d’une quelconque revendication territoriale sauf s’il se situe dans les eaux territoriales de l’état voisin puisqu’il entre dans la constitution normale des dites eaux. En revanche, lorsqu’il se situe dans la zone économique exclusive (ZEE) de ce même état, s’il ne peut pas non plus être l’objet d’une revendication territoriale de la part du dit état, ce dernier y jouit toutefois d’avantages souverains liés au droit à l’exploitation de sa ZEE. De telles précisions sont nécessaires pour comprendre les enjeux qui se jouent dans tous les secteurs ainsi définis de la mer de Chine du Sud.

Ces bases étant posées, comme s’organisent les contentieux territoriaux en mer de Chine du Sud ? [7]

Les Paracels et leurs deux groupes d’îles, Amphitrite au nord-est et Croissant au sud-ouest, font l’objet d’une confrontation bilatérale entre le Vietnam et la Chine, tous deux faisant valoir un héritage des époques impériales. Après le départ complet d’Indochine des Français en 1956 à la suite des accords de Genève (1954) et de la scission du Vietnam en deux entités à hauteur du 17ème parallèle, le Vietnam du Sud ne réussit pas à conserver l’archipel que les Chinois, par approches successives, finissent par conquérir complètement en 1974.

La première tentative chinoise se situe en 1947, à la faveur des décisions prises lors de la commission de Potsdam, en 1945, par lesquelles il est dévolu à la Chine de désarmer les Japonais au nord de l’Indochine. C’est la raison pour laquelle Tchang Kaishek installe des troupes sur l’île Boisée, la plus importante des îles de l’archipel et du groupe Amphitrite, et entend les y laisser. En réplique, au nom de l’état protégé d’Annam, les Français installent un élément militaire sur l’île Pattle, dans le groupe du Croissant. Cela aboutit à une confrontation entre la France et la Chine qui depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale oppose d’énormes difficultés aux Français dans leur ambition de reconquérir leur place perdue en Indochine. Pour mettre fin au différend naissant, la France propose à la Chine de recourir à un arbitrage international, ce que Tchang Kaishek, guère loin de sa défaite contre les communistes, refuse. En 1950, peu après l’arrivée de Mao Zedong au pouvoir (1er octobre 1949) celui-ci retire toute présence militaire sur les Paracels. Le contrôle de l’archipel revient alors en totalité au Sud Vietnam, retour logique dès lors que les Paracels se situent sur le 16ème parallèle, soit au Sud de la ligne de démarcation établie sur le 17ème parallèle en vertu des accords de Genève (1954). Mais en 1956, à la faveur du départ définitif des Français tel que planifié dans le cadre des accords, les Chinois profitent de la situation pour revenir s’installer sur le groupe Amphitrite, et ce malgré les protestations du Sud Vietnam qui par ailleurs a repris la place des Français sur le groupe du Croissant. Et en 1974, la Chine parachève violemment sa conquête commencée quelques années auparavant. Depuis les Chinois sont installés dans les Paracels où ils renforcent leur présence avec méthode, constance et détermination en vue d’y créer manifestement une situation de « fait accompli » irréversible, se dotant de ce fait de la capacité de démontrer, dans l’hypothèse d’un recours contentieux contre eux, qu’ils exercent sur ces îles une administration continue depuis près de soixante ans.

Dans les Spratleys la situation est plus complexe. Les Vietnamiens revendiquent la totalité de l’archipel au nom de la succession à la France qui avait officiellement établi sa souveraineté sur lui en 1930, puis l’avait confirmé en 1933. A la suite des accords de Genève, la République du Vietnam, plus communément connue sous l’appellation de Sud Vietnam, avait pris possession de ces îles en y installant quelques troupes. Après la réunification du pays, en 1975, ce sont des unités communistes vietnamiennes qui viennent y remplacer celles de l’ex Sud Vietnam. Le même archipel est aussi revendiqué dans son entièreté par la Chine qui en commence la conquête partielle en mars 1988, en lançant un assaut amphibie surprise ciblé contre 11 émergences tenues par les Vietnamiens. Elle y installe des fusiliers marins qui depuis ont quitté les abris précaires des premières heures de leur occupation pour des constructions en dur sans cesse améliorées, équipées et armées. Lorsque l’opportunité se présente, les Chinois s’installent sans coup férir sur d’autres sites tel que le récif Mischief (Mischief reef), ce qu’ils réalisent en 1995 contre des Philippines et un Vietnam qui ne peuvent rien faire d’autres que de se livrer à d’inefficaces protestations. Les mêmes Spratleys sont aussi revendiquées dans leur quasi-totalité par les Philippines, soit grossièrement les quatre cinquièmes en leur partie nord [8]. Le dernier cinquième, au sud, n’est en effet pas inclus dans le territoire insulaire que celles-ci se sont ainsi taillé en 1956 sur l’initiative privée d’un amiral en retraite, Thomas Cloma. Dénommé par ce dernier Kalayaan, ou « territoire de la liberté », mais parce que la prise de possession revêtait un caractère privé, l’espace ainsi aliéné ne pouvait recevoir le statut officiel de territoire souverain des Philippines. Il faut attendre 1976 pour que Manille, sous le gouvernement Marcos, déclare les Kalayaan terre philippine, ce qui ne manque pas de déchaîner les colères chinoise et vietnamienne.

A la faveur de l’adoption de la Convention des Nations Unies sur le droit de mer (CNUDM) le 10 décembre 1982 la Malaisie et Brunei voient leur ZEE respective atteindre le sud des Spratleys, ce qui les amènent à avancer des prétentions sur les émergences touchées. Le résultat est qu’un tel fait nouveau place d’une part la Malaisie en conflit avec les Philippines, le Vietnam et la Chine et d’autre part Brunei avec le Vietnam et la Chine. Sur le plan du droit international, les prétentions malaisiennes et brunéiennes devraient normalement être aisées à débouter. Dans ce cadre en effet, ce ne sont pas les eaux qui génèrent des droits à souveraineté territoriale mais la terre qui génère des droits à souveraineté maritime. Or avant 1982, aucun de ces deux pays n’était partie aux contentieux. Ils ne peuvent donc se prévaloir d’un droit à souveraineté sur les îles et récifs qu’ils revendiquent. Seul le pays, Chine ou Vietnam, qui serait finalement reconnu souverain sur ces méridionales émergences insulaires et rocheuses, pourra déterminer des eaux territoriales autour et le cas échéant, des ZEE. Par voie de conséquence, une telle issue ne devrait pas manquer de provoquer de nouveaux conflits de partage des eaux entre les différentes parties intéressées à ce secteur : Chine ou Vietnam contre Malaisie et Brunei.

Enfin, les récifs de Scarborough sont revendiqués par la Chine contre les Philippines.

Dans ce cadre-là, il faut aussi prendre en considération le fait que des hauts-fonds, au sens strict du terme, font l’objet des revendications chinoises contre les autres pays riverains sauf exception. Ces exceptions sont : le banc Macclesfield morphologique qui, à l’est des îles Paracels, pourrait constituer le ressaut de leur plateau continental ; à mi-parcours entre le banc Macclesfield et les récifs de Scarborough, le haut-fond de Truro (Truro shoal). Sinon les revendications chinoises s’opposent aux droits des autres riverains : le banc Reed contre les Philippines, les hauts-fonds de Luconia et James contre la Malaisie.

Des prétentions territoriales dissymétriques

Or il s’avère que dans l’affichage des prétentions territoriales, il n’y a pas similitude entre celles de la Chine et celles des pays concernés d’Asie du Sud-est. Elles donnent l’impression d’être les mêmes. Mais ce n’est qu’une impression. Elles sont dissymétriques [9] car, si la Chine revendique les mêmes territoires, elle le fait en s’appuyant sur une interprétation abusive de la partie IV (Etats archipels) de la CNUDM. Par là les dits territoires qu’elle revendique servent de support à une prétention globale qui ne porte plus seulement sur les espaces insulaires et les espaces maritimes que ces émergences peuvent générer autour, mais sur un espace maritime beaucoup plus large. C’est la raison pour laquelle il y a dissymétrie entre les revendications chinoises et celles des autres riverains.

Pour en arriver là les Chinois appliquent aux archipels qu’ils revendiquent le principe de délimitation territoriale réservé aux « états archipels », ce qui constitue un dévoiement des articles 46.a de la CNUDM, article qui définit l’état archipel [10], et 47.1, qui spécifie comment un état archipel peut déterminer les limites de son territoire national : « Un Etat archipel peut tracer des lignes de base archipélagiques droites reliant les points extrêmes des îles les plus éloignées et des récifs découvrants de l’archipel à condition que le tracé de ces lignes de base englobe les îles principales et définisse une zone où le rapport de la superficie des eaux à celle des terres, atolls inclus, soit compris entre 1 à 1 et 9 à 1 ». La CNUDM ne donne par ailleurs aucune précision sur la façon dont doivent être délimités les archipels qui ne sont pas des états. En toute rigueur, ce devrait donc être le régime des îles, prises une à une, qui devrait s’appliquer aux archipels de la mer de Chine du Sud. Ce qui change tout, compte tenu de ce que, si dans les Paracels plusieurs îles peuvent être considérées comme telles, il n’en est pas de même dans les Spratleys. Là, seules quelque dix à quinze peuvent se prêter « à l’habitation humaine ou à une vie économique propre », tel que cela se déduit du troisième paragraphe de l’article 121, « régime des îles », de la CNUDM : « Les rochers qui ne se prêtent pas à l’habitation humaine ou à une vie économique propre, n’ont pas de zone économique exclusive ni de plateau continental ». Dès lors, la façon dont les eaux territoriales pourraient se déterminer à partir des élévations pouvant être considérées comme des îles authentiques dans les Paracels et dans les Spratleys ne permettraient certainement pas de couvrir 80% de la superficie de la mer de Chine du Sud comme prétendent le faire les Chinois.

L’application du principe de délimitation des archipels que ceux-ci revendiquent selon le régime réservé aux « états archipels », les Chinois la pratiquent depuis 1995. C’est en effet le 15 mai 1995 qu’ils déclarent des lignes de base archipélagiques droites autour des îles Paracels. Pour l’heure, ils ne l’ont pas encore fait autour des îles Spratleys, ni de Zhongsha qundao, archipel constitué d’un assemblage tout à fait artificiel des récifs de Scarborough, du haut-fond de Truro et du banc Macclesfield. Mais délimiter ces deux derniers archipels selon le principe des lignes de base archipélagiques droites, ce qui n’est que virtuel pour l’heure, reste bien une réelle intention chinoise. Pour les Spratleys cela se décline de la note verbale N° CML/08/2011 adressée par le gouvernement chinois à l’ONU le 14 avril 2011, selon laquelle l’archipel des « Nansha [11] a pleinement droit à une mer territoriale, une zone économique exclusive et un plateau continental » [12]. Quant à Zhongsha qundao, si l’intention n’apparaît pas aussi évidente, elle apparaît clairement au travers d’un écrit du professeur Zou Keyuan publié à l’été 1999 dans Boundary and Security Bulletin7 [13]. Notons enfin que lorsque les Chinois parlent de Zhongsha qundao, la presse internationale traduit le terme par banc Macclesfield, ce qui est réducteur par rapport au concept chinois, et par voie de conséquence trompeur à l’égard d’un regard international loin d’être avisé de l’ambition chinoise sur ce secteur. Si l’opinion publique internationale entend parfois parler des démêlés vigoureux entre la Chine et les Philippines à propos de Scarborough, cette même opinion ne fait jamais le lien avec le banc Macclesfield et encore moins avec Truro. Enfin ce qui ajoute au caractère factice de Zhongsha qundao est qu’il ne présente aucune unité morphologique puisque le haut-fond de Truro et le banc Macclesfield sont séparés par un abysse de 4 000 mètres.

C’est ainsi que, en opérant une telle délimitation inappropriée des archipels qu’elles revendiquent, la Chine détermine autour de ces derniers des eaux territoriales qui couvrent un espace nettement supérieur à celui qui pourrait exister si c’était le régime des îles qui était appliqué. C’est la raison pour laquelle, et pour simplifier, elle engerbe les trois archipels revendiqués à l’intérieur d’un vague tracé en neuf traits qui en fin de compte couvre quasiment toute la mer de Chine du sud, ne laissant à peine aux autres riverains que leurs seules eaux territoriales [14].

Ce tracé en neuf traits est alors défini comme la ligne médiane qui partage équitablement la mer entre les territoires insulaires et maritimes chinois et les autres états côtiers [15].

Les prétentions chinoises à mer territoriale en mer de Chine du Sud

Si les Chinois ont laissé longtemps planer le doute sur ce que représentait l’espace inclus dans le tracé en neuf traits, espace que par dérision les autres états riverains appellent la « langue de buffle » , le choix de la dénomination se situe aujourd’hui entre mer historique et mer territoriale. Mer historique : la prétention n’est en aucun cas recevable sur le plan du droit maritime international. Seules certaines baies peuvent être considérées comme historiques. Encore faut-il qu’il y ait acquiescement de la part des états voisins, voire de la communauté internationale, pour que le caractère « historique » soit reconnu au profit du pays qui sollicite une telle reconnaissance pour la baie qui baigne sa côte.

Quant à en faire une mer territoriale, nous ne sommes plus très loin du compte. En effet, le 11 janvier 2013, sinomap press, organe officiel de presse chinoise, a publié une carte sur laquelle le tracé en neuf traits est complété par un dixième trait [16]. Lorsque six mois après le Japon et les Philippines protestent contre cette publication, Manille, qui a décrypté les textes qui accompagnent la carte, appelle l’attention sur le fait que ce tracé en dix traits est présenté comme représentant les
« frontières nationales  » chinoises. Bien que ce nouveau tracé n’ait pour l’heure aucune valeur de revendication officielle parce que la carte n’a pas encore été présentée en accompagnement d’un document officiel établissant la prétention, il aggrave manifestement la revendication globale. En effet, à supposer que par un silence tacite la communauté internationale en vienne à accepter un tel état de fait indirectement imposé par les Chinois, Pékin pourrait non plus seulement prétendre à des droits souverains sur la « langue de buffle » mais à souveraineté pleine et entière. Il en résulte que tous les usagers non chinois de la mer de Chine du Sud, que ce soit dans l’espace maritime ou dans l’espace aérien, se trouvent dès aujourd’hui placés face à un risque potentiel de violation du droit international sur la liberté de la navigation en mer et dans l’air.

Et cela parce que vient s’ajouter une seconde interprétation abusive du droit de la mer par la Chine en ce sens que, pour traverser sa mer territoriale, Pékin n’accorde le droit de passage inoffensif à tout navire, de commerce comme de guerre, que si les armateurs ou les états concernés en présentent auparavant la demande d’autorisation. Or en agissant ainsi, de même que d’autres pays d’ailleurs le font, tels que le Vietnam, la Malaisie ou l’Indonésie, la Chine contrevient aux articles 17 et suivants de la CNUDM, par lesquels est instauré le droit de passage inoffensif dans les eaux territoriales d’autres états [17], soit dans l’espace des douze milles marins qui s’étendent au-delà des lignes de base droites qui dessinent les côtes.

Or si l’on en revient au tracé en neuf/dix traits et au fait que ce tracé entend représenter les frontières nationales chinoises, l’on s’aperçoit que la Chine met tout en œuvre pour faire admettre que la « langue de buffle » est sa mer territoriale. A cette fin la voici qui, par touches successives, fait progresser le statut de l’entité administrative des trois bancs (Sansha en chinois). Cette entité rassemble les trois archipels revendiqués : Paracels (Xisha ou banc de l’ouest), Spratleys (Nansha ou banc du sud) et Zhongsha (banc du milieu). L’idée est ancienne puisque l’équipe de Mao Zedong l’avait déjà envisagée en son temps. Mais depuis 2007 la Chine tend de plus en plus à donner un tour concret à l’idée. C’est ainsi que le 19 novembre 2007, elle crée le district des Sansha et en fait une subdivision de la province de Hainan, la grande île au sud de la Chine. Le 21 juin 2012 les Sansha sont élevées à un rang équivalent à celui de sous-préfecture, et leur chef-lieu est implanté dans les Paracels, sur l’île Boisée (Woody island en anglais, Yongxing en chinois). Enfin le 29 novembre 2012, elle annonce que des patrouilles maritimes pourront inspecter tout navire étranger pénétrant illégalement dans les eaux territoriales de la province de Hainan et que la décision entrera en vigueur le 1er janvier 2013.

Par cette annonce la Chine joue une nouvelle fois sur une ambiguïté qui ne peut manquer de tromper une observation internationale superficielle. La communauté jugera en effet que puisqu’il s’agit des eaux territoriales de l’île de Hainan, elle risque de comprendre qu’il ne s’agit que des eaux autour de l’île. Dans ce cas cela donnerait effectivement toute légitimité à la décision chinoise. Or il ne s’agit pas de cela. En effet, puisque la sous-préfecture des Sansha est une subdivision de la province de Hainan, les eaux territoriales de la province de Hainan ne peuvent être autres que celles de la « langue de buffle ». Cette interprétation conforte indéniablement la prétention affichée par le biais de la publication du tracé en dix traits. Si la presse internationale ne parle plus de ce tracé en dix traits, en revanche il est très bien pris en compte par les autorités chinoises. Il suffit pour s’en rendre compte de visiter le site internet de l’Administration de la sécurité maritime chinoise [18].

Les compagnies maritimes européennes concernées

Il résulte de tout ce qui précède que tout navire étranger, commercial comme militaire, qui traversera la « langue de buffle » sans autorisation préalable pourra être considéré comme entrant illégalement dans les eaux territoriales de la Chine et sera susceptible d’être soumis au contrôle de sa police maritime. Ce que d’ailleurs, avant même la nouveauté du tracé en dix traits, Pékin avait, authentique acte d’usurpation de droits souverains, déjà commencé à entreprendre. Pour ce faire, les modes opératoires se situent entre souplesse et manifestation de puissance selon les besoins : souplesse avec les secours en mer, manifestation de puissance par un déploiement massif de forces de police maritime dont il faut relever qu’il s’agit de moyens civils et non pas militaires. En n’engageant pas sa marine militaire sur zone, la Chine se réserve ainsi la faculté de mettre en tort une partie adverse qui, pour protéger ses droits, pourrait utiliser des moyens militaires contre des moyens civils chinois de police. Bien qu’au plan du droit à souveraineté sur le site de l’incident ce serait la Chine qui serait en tort, la faute en incomberait toutefois à l’état défenseur du simple fait qu’il aurait utilisé un moyen militaire contre un moyen civil.

En 2012, Pékin a en ce sens accentué son action, de manière tout à fait bénigne, ses unités de police maritime venant à la rencontre des bâtiments de commerce en traversée pour les saluer et leur poser de banales questions sur leur provenance, leur destination, mais sans tenter de procéder à des inspections de bord. En agissant ainsi, la Chine entendait manifestement marquer ce qu’elle considère être son territoire. Au passage du détroit de Malacca les commandants de navires étaient avisés de ce risque par les autorités du Centre international de renseignement maritime (Information Fusion Centre/IFC) implanté à Singapour. Il leur était en outre recommandé de ne pas opposer de difficultés mais plutôt d’obtempérer afin de ne pas générer de stériles disputes de principe. Mais ce type d’action visait manifestement à forcer une reconnaissance implicite internationale de la souveraineté chinoise sur la mer de Chine du Sud. Depuis 2013 la Chine a cessé ce genre d’opération mais maintient une très force présence étatique dans toute la « langue de buffle ».

A cette fin, Pékin met à la mer une multitude de moyens de police maritime dont les commandements sont en partie en cours de regroupement. Il s’agit des garde-côtes, de l’Agence de surveillance maritime, de l’Administration de sécurité maritime, du Commandement de la surveillance des pêches et de l’Administration générale des douanes. Les capacités opérationnelles mises en œuvre font en outre l’objet d’un très important programme, tant de modernisation des unités en service que d’accroissement du parc.

Ces opérations d’un exercice usurpé de l’action de l’état en mer [19] représentent ainsi pour la Chine un moyen de renforcer ses prétentions sur le bassin contre les intérêts des autres riverains. C’est aussi un moyen biaisé de tenter de faire reconnaître implicitement sa souveraineté par la communauté internationale en vertu, sur le plan du droit, de la règle du consentement par le silence.

En raison de tout cela les compagnies maritimes européennes sont concernées. Pour l’heure, sauf exception, elles n’ont, à notre connaissance, pas encore connu de difficultés avec les autorités de police maritime chinoise. CMA-CGM, Maersk, Euronav, Socatra, Bourbon, Louis Dreyfus armateurs, BW GDF Suez, Gazocéan naviguent toujours sans encombre actuellement en mer de Chine du Sud. En revanche, dans le cadre de sa coopération avec Petrovietnam, le Viking II, bâtiment de recherche sismique de CGG Véritas, a vu, le 9 juin 2011, les câbles de ses antennes acoustiques linéaires volontairement tranchés par un navire chinois alors que les recherches s’effectuaient en zone économique exclusive vietnamienne, sur le block 136/03. Mais le block se situe, selon les prétentions chinoises à l’intérieur du tracé en neuf/dix traits, à l’intérieur de la « langue de buffle ».

La menace potentielle chinoise de créer une zone d’identification de défense aérienne (air defense identification zone / ADIZ) au-dessus de la mer de Chine du Sud

A cela s’ajoute la menace chinoise de créer une ADIZ au-dessus de la mer de Chine du Sud, à l’instar de celle installée en mer de Chine de l’Est le 23 novembre 2013 [20].

L’objectif serait de réaliser au-dessus de l’espace maritime qu’elle revendique un espace aérien national dès lors qu’elle considère la « langue de buffle » comme constituant ses eaux territoriales. En effet la règlementation internationale veut qu’un espace aérien national corresponde à la colonne d’air qui s’élève au-dessus du territoire de l’état concerné à partir de ses eaux territoriales. Or à l’heure actuelle, en mer de Chine du Sud et hors des eaux territoriales continentales des états côtiers, la colonne d’air au-dessus de la mer est partagée sans tenir compte des contentieux maritimes. La responsabilité de la gestion du ciel est ainsi répartie entre les régions d’information en vol (Flight information regions / FIR) de Singapour, de Manille pour les Philippines, d’Ho Chi Minh Ville et de Hanoï pour le Vietnam, de Canton et de Hong Kong pour la Chine, le tout sous le très haut arbitrage et l’entérinement définitif par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Pour souligner la haute importance de cette question rappelons que l’ADIZ décrétée en mer de Chine de l’Est vise à établir un système d’observation lointaine pour permettre à la Chine de détecter au plus loin tout intrus potentiel dans son espace aérien national. En ce sens la mesure est légitime. De leur côté, le Japon, la Corée du Sud, Taiwan, ont déjà procédé à la mise en place d’une ADIZ destinée à répondre à leurs besoins respectifs de sécurité aérienne. La différence est que dans l’ADIZ ainsi établie, la Chine entend imposer aux aéronefs en transit au-dessus de la mer de Chine de l’Est des procédures de contrôle identiques à celles qu’elle applique aux aéronefs qui pénètrent dans son espace aérien. A ces procédures arbitraires de contrôle sont adjoints des avertissements à l’attention des éventuels contrevenants. En tout état de cause une telle mesure n’est en aucun cas conforme tant au droit aérien international qu’à la liberté de la navigation aérienne internationale. Elle est illégale.

Cela dit, au travers de la création d’une telle ADIZ, qui couvre grossièrement les trois quarts de la mer de Chine de l’Est, l’objectif de la Chine n’est pas tant d’assurer un contrôle aérien serré sur ce qui survole cette mer que d’essayer de renforcer ses prétentions territoriales maritimes face au Japon. En effet lorsque l’on considère la configuration de l’ADIZ dessinée l’on s’aperçoit, à quelques légères différences près, que sa forme polygonale coïncide très bien avec les revendications de Pékin sur la mer de Chine de l’Est, celles-ci incluant bien évidemment, les îles Senkaku, objets aujourd’hui de forts tiraillements entre les deux parties. L’éventuelle perspective de la transposition du schéma de l’ADIZ en mer de Chine de l’Est vers la mer de Chine du Sud est de ce fait tout à fait envisageable.

Les Etats-Unis ont cependant déjà averti fermement la Chine qu’ils n’accepteraient pas de modification du système actuel de partage de l’espace aérien en mer de Chine du Sud comme elle a osé le faire en mer de Chine de l’Est où, par ailleurs, une telle manière de procéder est aussi un moyen d’amener la communauté internationale à accepter implicitement la souveraineté chinoise. En effet, compte tenu des menaces que contiennent les procédures chinoises imposées pour le franchissement de l’ADIZ, les compagnies aériennes internationales, par mesure de sécurité pour leurs passagers, ont décidé de se plier aux exigences de Pékin. Le résultat s’apparente bien à une prise en otage camouflée des lignes aériennes internationales par la Chine. Ce qui conforte l’idée que le schéma est tout à fait transposable en mer de Chine du Sud. Les compagnies aériennes européennes, dont Air France, sont donc concernées par cette problématique et par ce risque d’atteinte à leur liberté de navigation.

Conclusion

Ainsi, les Chinois en plusieurs endroits procèdent à une interprétation abusive du droit de la mer pour potentiellement faire valoir une souveraineté non fondée sur la mer de Chine du Sud au détriment des autres états riverains. Si ces états sont en premier chef concernés par les conséquences des méthodes que la Chine utilise progressivement pour faire valoir des droits qui ne sont pas encore reconnus comme fondés, la communauté internationale peut à tout instant en subir les contre coups, parce qu’il peut y avoir menace sur la liberté de la navigation tant maritime qu’aérienne, tant civile que militaire. En ce sens les compagnies maritimes et aériennes européennes sont elles aussi concernées et leurs états d’appartenance ne peuvent accepter de se contenter de belles promesses chinoises quant à une quelconque garantie pérenne de la liberté de la navigation en mer de Chine du Sud. Et cela tant que la Chine persistera à vouloir faire de cette mer une mer chinoise. La mer de Chine du Sud est une mer internationale et il ne peut en être autrement. S’il est indéniable que derrière les prétentions chinoises se cache un souci de sécurité nationale avant même de quelconques appétits économiques liés à l’exploitation des richesses de la mer, il ne peut en aucun cas être reconnu à la Chine de s’emparer d’une mer internationale pour construire une partie de sa stratégie de défense. Mais là est une autre question.

Manuscrit clos en juin 2014

Copyright Septembre 2014-Schaeffer/Diploweb.com


[1] A titre de rappel, les communistes chinois n’ont pris définitivement le pouvoir en Chine que le 1er octobre 1949, date de la création de la République populaire de Chine

[2] Pour toute la suite du présent article, il est important de conserver à l’esprit la différence entre souveraineté et droits souverains. Dans le premier cas, un état a complète juridiction sur les territoires sur lesquels il est souverain. Dans le second cas, il ne dispose que d’une juridiction limitée sur un territoire donné. C’est le cas lorsque les états opèrent en mer dans leur zone économique exclusive (ZEE) : ils n’y disposent de droits souverains que pour l’exploitation économique de la dite du zone et des opérations de police liée aux activités économiques uniquement.

[3] Voir carte 1

[4] Cf ci-après p.4

[5] Approximativement 220 kilomètres

[6] Approximativement 180 kilomètres

[7] Voir carte 2

[9] Cf carte 2 : commentaires

[10] CNUDM, Art 46.a : « Etat archipel » : un Etat constitué entièrement par un ou plusieurs archipels et éventuellement d’autres îles ; »

[11] Spratleys en chinois

[12] un.org/depts/los/clcs_new/submissions_files/mysvnm33_09/chn_2011_re_phl_e.pdf

[13] Zou Keyuan, « Scarborough reef : a new flashpoint in sino-philippine relations ? », International Boundaries Research Unit, Boundary and Security Bulletin7, no 2, (Summer 1999) : 71-81

[14] Voir carte 3

[15] XU Sen’an, “The Connotation of the 9-Dotted Line on the Chinese Map of the South China Sea” in ZHONG Tianxiang, ed., Paper Selections of the Seminar on “The South China Sea in the 21st Century : Problems and Perspective”, Hainan Research Center of the South China Sea, 2000.

[16] Voir carte 4

[17] Article 17 de la CNUDM : « Sous réserve de la Convention, les navires de tous les Etats, côtiers ou sans littoral, jouissent du droit de passage inoffensif dans la mer territoriale » sachant que les autres articles modulent ces dispositions en prenant en considération les événements qui peuvent soit renforcer, soit restreindre ce droit.

[18] en.msa.gov.cn/index.php ?m=chart&c=reporting&a=get_map ; consulté le 22 juin 2014

[19] Police maritime

[20] Cf carte 5

Voir par ailleurs:

Rohani aux Français : « Israël n’est pas un État légitime »

Le président iranien, Hassan Rohani, qui doit effectuer lundi une visite d’État en France, a appelé au retour de l’ensemble des réfugiés palestiniens en Palestine et a qualifié l’État d’Israël d’illégitime, dans un entretien à des médias français. Monde juif
12 novembre 2015

« L’Etat actuel d’Israël n’est pas légitime. C’est pourquoi nous n’avons pas de relations avec eux car nous ne considérons pas cet Etat comme légitime », a déclaré M. Rohani dans un entretien accordé à France 2 et Europe 1.« Nous pensons que toutes les personnes qui étaient d’origine palestinienne et qui sont en errance à l’étranger doivent pouvoir tous revenir sur leurs terres. Il faut qu’il y ait des élections publiques sous la supervision des Nations unies et quels qu’en soient les résultats, nous les accepterons », a-t-il ajouté.Le dirigeant iranien a rejeté l’idée de l’existence de deux pays, la Palestine et Israël. « Non, nous parlons d’un Etat. Que tout le monde se réunisse et vote. Avant 1948, il y avait un seul pays. Nous voulons retourner à cette situation », a-t-il affirmé.« Ce qui voudrait donc dire qu’il n’y aurait plus d’Etat d’Israël ? », lui ont demandé les journalistes. « Nous ne parlons pas de cela ! Nous parlons du vote du peuple. Une fois réunis, tous les juifs, tous les musulmans, tous les chrétiens, tous ceux qui appartiennent à cette terre et sont aujourd’hui réfugiés doivent revenir dans leur pays et voter », a-t-il expliqué.

« C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas de relation avec cet Etat. La seule solution, c’est une élection libre », a-t-il conclu.

Interrogé par Le Monde Juif .info, le président du CRIF, Roger Cukierman, avait affirmé début octobre que « voir la France renouer avec l’Iran, un pays ennemis des Juifs, est inquiétant ».

Plusieurs organisations juives de France ont appelé à manifester le 15 novembre à Paris contre la visite officielle du président iranien Hassan Rohani.

Hassan Rohani : « L’État actuel d’Israël n’est pas légitime »
Le Figaro
11/11/2015

A quelques jours de sa visite officielle en France, le président iranien s’est exprimé sur France 2. Il a également évoqué l’accord nucléaire et réaffirmé son soutien à Bachar el-Assad.

Interviewé sur France 2, le président iranien Hassan Rohani a déclaré que «l’État actuel d’Israël (n’était) pas légitime» et qu’un vote sur le rétablissement du territoire d’avant 1948 devait être organisé parmi les réfugiés d’origine palestinienne, dans un entretien à des médias français. «L’État actuel d’Israël n’est pas légitime. C’est pourquoi nous n’avons pas de relations avec eux car nous ne considérons pas cet État comme légitime», a déclaré M. Rohani selon la traduction de ses propos par France 2.

«Nous pensons que toutes les personnes qui étaient d’origine palestinienne et qui sont en errance à l’étranger doivent pouvoir tous revenir sur leurs terres. Il faut qu’il y ait des élections publiques sous la supervision des Nations unies et, quels qu’en soient les résultats, nous les accepterons», a-t-il ajouté. Invité à préciser sa pensée, M. Rohani a déclaré qu’il ne parlait pas de deux États (un israélien et un palestinien vivant côte à côte), mais «d’un seul».

«Nous disons que tout le monde doit se réunir pour voter sur l’ensemble du territoire palestinien tel qu’il était dans ses frontières d’avant 1948 (date de la création d’Israël ndlr) (…) Nous disons que tous les juifs, tous les musulmans, tous les chrétiens et toutes les personnes qui sont originaires de la Palestine et qui sont en errance doivent pouvoir revenir en Palestine», a-t-il poursuivi.

«C’est au peuple syrien de décider»

L’Iran, longtemps au ban des nations, a entamé sa réintégration sur la scène internationale après la signature de l’accord historique sur le nucléaire entre Téhéran et les grandes puissances, le 14 juillet dernier à Vienne. Israël, qui considère l’Iran comme une menace existentielle, n’a eu de cesse de dénoncer cet accord et la légitimation de la République islamique.

«L’Iran tiendra ses engagements», a martelé Rohani. «L’Iran a accepté l’accord de non-prolifération, notre pays a toujours collaboré avec l’ AIE, notre pays est prêt à tenir tous ses engagements, à la conditions que nos partenaires tiennent aussi les leurs.» «L’Iran, à aucun moment, n’a souhaité fabriquer la bombe atomique, ni hier ni aujourd’hui, nous n’avons poursuivi nos recherches que dans le nucléaire civil.»

Le président Rohani, considéré comme modéré par rapport à son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, est attendu lundi et mardi en France pour sa première visite. Il devrait négocier des accords économiques, et a évoqué d’éventuels achats d’Airbus. «Nous utilisons déjà des Airbus ou des Boeing, ces deux-là sont les principaux, si les conditions sont bonnes, nos acheteurs se fourniront chez l’un des deux, et ce sera probablement Airbus» a affirmé le président.

Enfin, interrogé à propos de Bachar el-Assad, il a réaffirmé son soutien inconditionnel du président syrien: «Je pense que nous devons changer la manière de poser la question, ce n’est pas une question de personnes mais du peuple syrien, il est question de stabilité et de sécurité.»

«Certaines personnes essaient de détourner le débat, nous devons éradiquer le terrorisme en Syrie» «Pensez-vous qu’on puisse lutter contre le terrorisme sans un état légitime à Damas? Quel pays peut lutter contre le terrorisme sans un état fort?» a-t-il demandé.

«On n’a pas le droit de décider pour un pays qui doit être candidat et qui ne doit pas l’être, c’est au peuple syrien de décider», a-t-il dit, en réaction à la proposition de François Hollande d’éliminer Assad d’éventuelles élections syriennes.

Voir enfin:

There’s news in planes that don’t crash
Ruth Ann Dailey
Pittsburgh Post-Gazette
September 14, 2006It’s a cliche of journalism that you never read about a plane that did not crash. We report on routine success far less often than we examine the things that go wrong, the accidents and law-breaking and crime.But the things people don’t hear can distort public opinion, sometimes to detrimental effect.Four planes crashed five years ago this week. Many heart-warming « then and now » stories on 9/11’s survivors appeared to commemorate the anniversary, but the analytical articles on the war on terror focused on failure. Our front page, for example, carried a Washington Post article headlined « Hunt for bin Laden goes cold » and an in-depth look at Vice President Dick Cheney’s waning power.There was no article on planes that have not crashed. Why not « No attack on U.S. soil since 9/11 » or « Five-year war on terror breaks al-Qaida’s back »? Those observations are part of The Atlantic Monthly’s thoughtful September cover story titled, simply, « We Win. »The article’s author is James Fallows, who was Jimmy Carter’s chief speech-writer and editor of the left-leaning Washington Monthly before becoming national correspondent for The Atlantic, a publication known for its in-depth reporting and intellectual vigor. (The entire September issue is so excellent, in fact, that you should do whatever you can to get your hands on a copy.)After interviewing 60 experts on terrorism, the military and business, Mr. Fallows comes to an upbeat conclusion that surprised him and will surprise most news consumers: America has largely achieved all reasonable objectives in the war on terror and could help itself tremendously by saying so.Why would « Declaring Victory, » as the inside title reads, be such a boost? Because it’s a valid conclusion that would lessen our anxiety and thus lessen our inclination to over-react to terrorist provocation, the most threatening weapon in al-Qaida or any terrorist’s arsenal.Most of Mr. Fallows’ broad array of experts supported the war in Iraq and agreed that the subsequent occupation has been « disastrously mismanaged. » But if their well-researched assessment of the war on terror has the power, if widely accepted, to change America’s actions and, thus, the world’s destiny, wouldn’t the same approach similarly affect other areas of conflict?How much of this country’s dispirited view of our military’s efforts in Iraq, for instance, is due to too little information about the good they’re accomplishing?Story after story since late 2003 has focused on the failure of American troops to restore basic necessities such as « full » electrical power. But it matters very much whether those complaining about power shortages are Sunnis or Shiites.Before Saddam was toppled, his 30 years of tyranny had devastated the country’s infrastructure, according to Gen. Martin Dempsey of the 1st Armored Division, and Saddam distributed whatever supply was available primarily to members of his Baath Party (Sunni Muslims). Thus, people in the (Sunni) Mansour district had electricity round the clock, Gen. Dempsey said, while those in the Shiias’ Sadr City had it perhaps three hours a day.Because America’s rebuilding effort has distributed utilities in an egalitarian manner, the Sunnis have experienced a dramatic loss. I have yet to find a news story that reports the religious affiliation of any now-under-supplied Iraqi it profiles.A Christian Science Monitor article from February is typical, focusing on a Baghdad carpenter who might have to sell his shop because he doesn’t get enough electricity to work or enough business to pay the rent.You have to read far into the article to learn that Iraq was generating 4,500 megawatts before the US invasion and 3,995 megawatts in November, despite regular sabotage by insurgents. Supply wasn’t meeting demand before the invasion. Demand has now risen to 7,000 megawatts because, as job opportunities and salaries increase, Iraqis are buying more electricity-using consumer goods. Is this primarily good news or bad?I found Gen. Dempsey’s information on Saddam’s unequal allocation of utilities in the May 9 issue of National Review, in a cover story titled « We’re Winning. » The terrorists’ insurgency has gained much strength in the year since its publication. If, as Mr. Fallows’ more recently interviewed experts hope, the United States is not destined to leave Iraq in defeat, the public’s patience with the occupation will have to be bolstered.It would be nice to find reason for optimism, not through a political PR campaign, but via the responsible news coverage of the planes that didn’t crash. We trust the military to report American deaths in Iraq. Why not trust it to report America’s victories?The truth is in the details that we’re not hearing. Maybe that’s where hope is, too.

Why We Shouldn’t Expect Too Much From Burma’s Election
Burma’s opposition may score gains in the upcoming elections — but the military will still be in charge.
Richard Cockett
Foreign Policy

November 3, 2015On November 8, the people of Burma (also known as Myanmar) will head to the polls for a general election. Rather than provoking cynicism and eye-rolling, as such an exercise would have done in the past, this election demands to be taken seriously as a genuine test of popular will.Indeed, it is just one example of how far the Southeast Asian nation of about 50 million people has come in the four short years since the quasi-military government led by a new president, Thein Sein, started its vaunted reform program. Burma released most political prisoners (though there have been new arrests), lifted strict censorship and travel bans, and more. In 2012, the country held free and fair by-elections which saw opposition leader Aung San Suu Kyi elected to parliament.The forthcoming election might well be the most competitive of its kind for over fifty years, certainly since the military took over in a coup in 1962, just fourteen years after Burma won independence from the British. The National League for Democracy (NLD), led by Aung San Suu Kyi, might well win the most seats, having boycotted the last (rigged) general election in 2010. Many hope that Burma, once the most prosperous country in the region, might regain some of its former eminence, and even become a reliable Western ally, detached from its previous paymaster, China.Yet it is far too early to declare victory.However well-conducted these elections are, they won’t mark the sort of transformational moment many expect.

However well-conducted these elections are, they won’t mark the sort of transformational moment many expect. For they will be conducted entirely on terms set by the quasi-military government, ensuring that however much the votes stack up against it, it will still retain a lock on power.Most obviously, under the constitution introduced by former dictator Than Shwe in 2008, a quarter of the members of the lower house of parliament (166 of them) are appointed directly by the head of the armed forces, rather than being elected. As the votes of more than three-quarters of legislators are needed to change the constitution, the military-designed constitution will likely remain in place for some time, no matter how well the NLD and other smaller opposition parties perform.Among other things, this constitution guarantees the army a paramount role within the state, allowing it to wage war against internal enemies, especially the ethnic minority militias, with virtual impunity. Furthermore, and more controversially, the constitution specifically prevents Aung San Suu Kyi from standing for president, since it bars anyone from that office whose spouse or children are foreign citizens. Suu Kyi’s late husband, Michael Aris, was a British academic, while her two sons were born in Britain and hold UK passports.The NLD gathered millions of signatures in support of changing these clauses, but all attempts to amend the constitution over the last two years have failed — and this has probably been the most significant setback for Burma’s reforms. Indeed, having awakened so many hopes when it began in 2011, the entire reform process now appears stalled. In sum, the deeply unpopular military, faced with likely electoral humiliation at the hands of the NLD and the dozens of other ethnic-minority opposition parties at this election, has stubbornly clung on to all the constitutional safeguards that will protect its power. As a result, even though the NLD and other opposition parties should win the most seats on November 8, their subsequent power to change the country for the better will be severely constrained.Some have argued that the anti-democratic nature of the constitution is what has given the military the confidence to concede some power and pass reforms. That may be true. In reality, though, the constitution has come to look like more a comfort blanket for the large cohort of officers who have become fearful of any further liberalization. Due to the West’s hasty lifting of almost all economic sanctions quickly after the reforms started in 2011, these officers have already got most of what they wanted from the West: renewed economic engagement with the IMF, the World Bank, a big boost in aid money, and a flood of foreign capital. These men clearly don’t feel under any great pressure to take reforms any further, despite the Obama administration’s increasingly desperate attempts to prod them into doing so.Moreover, just as Burma’s rulers have prejudged the outcome of these elections, so they have also handpicked the electorate. This offers more disturbing pointers to Burma’s future. Whereas, for instance, during the last election in 2010 the 800,000 or so Muslim Rohingya in western Rakhine state were mostly allowed to vote, this time they have lost even that basic right. Notoriously, they have never been granted Burmese citizenship, so they have no redress against their disenfranchisement.The Rohingya, of course, were stateless five years ago. What has changed, however, is that whereas in 2010 the military’s ruling party, the widely loathed Union Solidarity and Development Party (USDP), needed the Rohingya to vote for them against the local Rakhine nationalist party in Rakhine state, this time round their disenfranchisement serves another purpose — to exploit anti-Muslim sentiment in the country, also for political gain.For the USDP has resorted to stoking the fires of sectarian distrust as virtually its sole electoral strategy to avoid a stunning political defeat. The party has raised the fear of the Muslimization of the country in order to pose as the only genuine defenders of the Burman Buddhist majority. Protecting the precarious interests of the majority, apparently, means not only banning the Rohingya from voting, but also passing extremely discriminatory anti-Muslim laws.These laws were largely produced by a murky pressure group called the Association for the Protection of Race and Religion, or “Ma Ba Tha” in Burmese. The Ma Ba Tha has been inspired and supported by many among the sangha, Burma’s revered community of monks, and the government, in turn, has eagerly embraced their “race and religion” agenda. With well over 100 ethnic groups, Burma is divided enough as it is without the military exacerbating the problem — but division will probably be one of the uglier consequences of this election.Even Aung San Suu Kyi has been intimidated into silence by the feverish anti-Muslim atmosphere that prevails in Burma. This champion of human rights has notoriously failed to offer any direct support to the Rohingya. Indeed, she cannot even bring herself to mention them by name.So although these elections are a step forward, a significant improvement on the manifestly rigged affair in 2010, they should be seen for what they really are: a flawed, partial exercise in democracy that won’t lead to the profound changes that people would almost certainly vote for if only they were given the opportunity. The polls should be supported. But the international community — and especially those countries, such as Britain and America, that have invested heavily, politically and financially, in the reform program — should be pressing for the constitutional and institutional changes that will, eventually, make the real difference. It is clear from the experience of the last two years that, elections or not, the military is not going to give up power lightly in Burma, and will probably have to be bullied into doing so. In this context, these elections are just one more battle in a very long war.

Voir enfin:

Meet the Cry-Bully: a hideous hybrid of victim and victor

In the 1970s, there was a big difference between bullies and cry-babies. Your mum would have preferred you to hang around with the latter, but sometimes the former had a twisted charisma so strong that you found yourself joining in the taunts of ‘Onion Head! ’ at some poor unfortunate creature sporting a cranium of a somewhat allium caste. After a bit, of course, if you had anything about you, you realized what a knob you were being and went off to sample the more solitary, civilized pleasures of shoplifting and reading Oscar Wilde with the bedroom curtains closed. But you could be certain, as you festered in your pilfered Chelsea Girl vest, that bullies were bullies and cry-babies were cry-babies and never the twain would meet.

Fast forward some four decades and things are not so simple. This is the age of the Cry-Bully, a hideous hybrid of victim and victor, weeper and walloper. They are everywhere, these duplicit Pushmi-Pullyus of the personal and the political, from Celebrity Big Brother to the frontline of Islamism. Jeremy Clarkson is a prime cry bully, punching a producer and then whining in The Sunday Times about ‘losing my baby’ (The baby being Top Gear). Perez Hilton, recently of the CBB house, is a good example too, screaming abuse at his wretched room-mates until they snapped and hit back, at which point he would dissolve in floods of tears and flee to the Diary Room to claim that he felt ‘unsafe’. Stephen Fry is one, forever banging on about his own mental fragility yet mocking Stephen Hawking’s voice at a recent awards ceremony.

Esther Rantzen — an anti-bullying campaigner — strikes me as another. An otherwise anodyne interviewer recently felt moved to ask her if she was a bully, due to her reputation as an over-bossy boss during her That ’s Life heyday and the rather vile reports of her yelling out ‘My husband’s ex-wife ’ during a trivia quiz at a TV bash – the question being ‘What burnt in Richmond?’, the locality in which the woman whose husband she took had recently been cremated. Rantzen has re-created herself as a pathetic widow, complaining about having no one to go on holiday with, so desperately lonely for human companionship that she once rang her daughter to say that the Almighty would want them to live together. (Not as much as He’d want people not to gloat over the deaths of people whose lives they had ruined, surely.)

Even social media – the source of so much fun and friendship for most of us – becomes a double-edged sword in the hands of the Cry-Bully. They will threaten women with rape on Twitter then boo-hoo about the invasion of their privacy when called to account. It’ s a sort of Munchausen’s syndrome – causing one’s own misery then complaining about it – seen most sadly in the case of Hannah Smith, the 14-year-old girl who took her own life in 2013 after allegedly being cyber-bullied on the teen website Ask.fm. It turned out that some 98 per cent of the abusive messages came from poor Hannah herself, with only four posts being contributed by actual trolls.

Cry-Bullies do end up isolated, as their determination to be victim and victor eventually wears out the patience of the most forebearing friend. But they can also be found hanging around in gangs; then, Cry-Bullies really come into their own and are not just irritating but dangerous. Islamism is the ultimate Cry-Bully cause; on one hand stamping around murdering anyone who doesn’ t agree with you, on the other hand yelling ‘ISLAMOPHOBIA’ in lieu of having a real adult debate about the merits of your case. Their ‘helpline’ is even called Tell Mama – bless. The British-born Islamist recently sentenced to twelve years had no problem posing with severed heads (‘Heads, kaffirs, disgusting’) and asking friends back home to send him condoms which he planned to use raping women captured as ‘war booty’ but then claimed to be having nightmares and suffering from depression in order to escape jail.

The transexual and pimp-lobbies bring classic Cry-Bully tactics into play whenever they come across someone who doesn’t – shock, horror! – think the same as them, as unashamed feminists from the activist Julie Bindel to the comedian Kate Smurthwaite have discovered. In these cases, the claim that ‘safe spaces’ might be violated by the presence of someone who thinks differently to them; but born women, mysteriously, are expected to surrender the ultimate Safe Space – the female toilets – to pre-op chicks with dicks if they are not to be accused of violent bigotry.

I don’t like much about monarchy, but the old saw they are said to live by – ‘Never complain, never explain’ (if only Prince Charles could do this!) – is a good one. The Cry-Bully always explains to the point of demanding that one agrees with them and always complains to the point of insisting that one is persecuting them. They really are the very worst sort of modern moaner.


Antiracisme: Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, ce sont des terroristes (Dying of encouragement: From Palestine to US and French ghettos, the same culture of excuses produces the same results)

2 novembre, 2015
Obama & friendsAbbasi want to stab jewTarantinoDemo
harper-flanaganCoulibaly

djihadistes-francaisLe quartier parisien de Barbès, lorsque la manifestation interdite de juillet 2014 - Crédits photo: JACQUES DEMARTHON/AFPhttp://www.youtube.com/watch?v=TYqrXVNfYUI

Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain. Exode 20: 16

Le faux témoin ne restera pas impuni, Et celui qui dit des mensonges périra. Proverbes 19: 9
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
When it came to treating her citizens of African decent fairly, America failed. She put them in chains. The government put them in slave quarters, put them on auction blocks, put them in cotton fields, put them in inferior schools, put them in substandard housing, put them in scientific experiments, put them in the lowest paying jobs, put them outside the equal protection of the law, kept them out of their racist bastions of higher education and locked them into position of hopelessness and helplessness. The government gives them the drugs, builds bigger prisons, passes a three-strike law, and then wants us to sing “God Bless America.” No, no, no. Not “God Bless America”; God Damn America! That’s in the Bible, for killing innocent people. God Damn America for treating her citizen as less than human. God Damn America as long as she keeps trying to act like she is God and she is supreme! Jeremiah Wright
America’s chickens are coming home, to roost.  Violence begets violence.  Hatred begets hatred, and terrorism begets terrorism. Jeremiah Wright
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. (…) Mais où Obama a-t-il donc appris ces inepties ? D’où vient cet amoncellement de mécomptes du monde, d’idées fausses et difformes? D’où provient ce prurit du je-vous-demande pardon ? On est habitué au Jimmycartérisme, qui se mettait à quatre pattes devant Khomeiny (« un saint »), l’URSS, Cuba, le tiers monde, le terrorisme musulman. D’où vient qu’Obama ait – dirigeant d’une république – courbé la tête devant le roi d’Arabie ? C’est là qu’il convient de se souvenir de l’homme qui fut son pasteur pendant vingt ans, ce qui est très long quand on n’en a pas encore cinquante : le pasteur Jeremy Wright, de l’Eglise de la Trinité à Chicago, dont Obama ne se sépara que contraint et forcé, pour cause de déclarations insupportablement anti-américaines et antioccidentales, délirantes et conspirationnistes, et qui « passaient mal» dans la campagne.(…) C’est Wright qui fait du diplômé de Harvard qui est maintenant un agitateur local (community organizer), un politicien en vue à Chicago. N’oublions pas que la carrière politique locale d’Obama est lancée par les fanatiques de la haine de l’Amérique, les ultragauchistes terroristes des Weathermen, à Chicago, qui répètent et confirment la même antienne idéologique. Tous les aquariums où a nagé le têtard avaient la même eau. Obama est la version manucurée de Wright : il est allé à Harvard. Il n’éructe pas, il ne bave pas, il ne montre pas le poing. Il n’émet pas de gros mots à jet continu comme le fait son gourou. Elégant, Il est tout miel – mais les dragées, même recouvertes de sucre, n’en sont pas moins au poivre. Le fond est identique. Wright insulte l’Amérique, Obama demande pardon : dans les deux cas, elle est coupable. Wright est pasteur, Obama est président. Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. Quelle honte ! Il faut réparer les torts commis. L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition. (…) Il faut, à tout prix, trouver des terrains d’entente avec tous. Il faut aller loin, très loin, dans les concessions : l’autre côté finira bien par comprendre. Kim Jong-Il, Hugo Chavez, l’ayatollah Khamenei, Assad, le Hamas, on trouvera les compromis nécessaires à un deal avec les avocats des partie adverses. Sans entente, on retombe dans les errements de l’Amérique honnie. L’Amérique, quelle horreur, se laisse aller à défendre ses alliés contre ses ennemis. On se bat au Vietnam et en Corée contre le communisme agresseur. On se bat contre le Communisme soviétique. Que croyez-vous que l’Obama de la campagne électorale ait signifié à Berlin, en disant, non sans délire, que le monde avait gagné la Guerre froide « en s’unissant » comme s’il n’y avait un qu’un seul camp dans cette guerre ! L’Amérique doit être réduite dans ses prétentions et dans sa puissance. Le monde doit être réduit à un seul camp, celui des faiseurs de paix, avec lesquels l’entente est toujours trouvable. Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. (…) Notons à propos que la mêlée des «réalistes»de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s´arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en oeuvre de l´obamisterie. Ah! finalement, on ne s´embarrasse plus d´autre chose que la «stabilité» à court terme. (…) Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l´ami de l´ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la «relation spéciale». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n´a pas eu un mot pour l´allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l´affaire de la défense anti- missiles, qu´il ne faut pas compter sur Washington et qu´ils seront sacrifiés sur l´autel du «nouveau départ» avec Moscou. Pour tous, la leçon est brutale: à l´ère d´Obama, mieux vaut être un ennemi qu´un ami: ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire. Laurent Murawiec
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
Only Malcolm X’s autobiography seemed to offer something different. His repeated acts of self-creation spoke to me; the blunt poetry of his words, his unadorned insistence on respect, promised a new and uncompromising order, martial in its discipline, forged through sheer force of will. All the other stuff, the talk of blue-eyed devils and apocalypse, was incidental to that program, I deceided, religious baggage that Malcolm himself seemed to have safely abandoned toward the end of his life. And yet, even as I imagined myself following Malcolm’s call, one line in the book stayed me. He spoke of a wish he’d once had, the wish that the white blood that tan through him, there by an act of violence, might somehow be expunged. I knew that, for Malcolm, that wish would never be incidental. I knew as well that traveling down the road to self-respect my own white blood would never recede into mere abstraction. I was left to wonder what else I would be severing if and when I left my mother and my grandparents at some uncharted border. Barack Hussein Obama (Dreams of my father)
La fusillade dans l’église a été le point de basculement… mais ma colère s’est construite sur la durée. Je suis une poudrière humaine depuis un bon moment. Juste en attente d’un BOUM. Bryce Williams (Vester Lee Flanagan)
En abattant froidement deux de ses confrères journalistes en plein direct avant de se donner la mort, Vester Lee Flanagan, décrit comme violent, n’a négligé aucun détail. S’il a filmé son crime et diffusé lui-même la vidéo en ligne, l’homme, qui s’est suicidé après son acte, a également pris le temps de rédiger un long manifeste décousu faxé mercredi à la chaîne ABC News pour justifier son passage à l’acte. ABC News, qui explique avoir reçu le Fax « près de deux heures » après les coups de feu ayant coûté la vie à deux journalistes de la chaîne de télévision locale WDBJ7, a publié de très brefs extraits et résumé le contenu du manifeste sur son site internet. « Il dit qu’il a souffert de discrimination, de harcèlement sexuel et de bizutage au travail. Il dit avoir été attaqué par des hommes noirs et par des femmes blanches et raconte avoir été attaqué pour le fait qu’il est un homme noir et homosexuel ». Le manifeste, dont l’auteur dit « être Bryce Williams », nom sous lequel travaillait le tueur, affirme que son sentiment d’ostracisation était doublé d’une vive colère après la tuerie de Charleston en juin. Ce massacre, commis par un jeune Blanc de 21 ans partisan de la « suprématie blanche » dans une église fréquentée par la communauté noire, avait fait neuf morts parmi les fidèles. (…) Né en 1973 et diplômé de l’université d’Etat de San Francisco en 1995 après une enfance passée à Oakland, en Californie, Vester Lee Flanagan dit avoir subi toute sa vie des discriminations. Il avait d’ailleurs poursuivi la chaîne en justice pour discriminations raciale et sexuelle, des accusations qui ont abouti à un non-lieu, et sont balayées par Jeffrey Marks, directeur général de WDBJ7. Ce dernier, qui qualifie M. Williams d’« homme malheureux », affirme l’avoir licencié « après de nombreux incidents liés à sa violence ». Le Monde
As I’m sure you all know, a few days ago there was a shooting in Virginia. A man named Vester Flanagan opened fire on two former colleagues on live tv. He also recorded his own footage of the event. While reading about the event, I read some excerpts of his manifesto the media was releasing. And I have to say, anyone who knew him could have seen this coming. People like him have nothing left to live for, and the only thing left to do is lash out at a society that has abandoned them. His family described him as alone, no partner/lover. A victim not only of his own perception but also of our social media soaked enviroment. He posted the footage on facebook and twitter as well tweeting while he was running from the cops because he wanted the world to see his actions, much like many others post menial and trivial details of their life online and expect us to see it. Only his was at least a bit more interesting. On an interesting note, I have noticed that so many people like him are all alone and unknown, yet when they spill a little blood, the whole world knows who they are. A man who was known by no one, is now known by everyone. His face splashed across every screen, his name across the lips of every person on the planet, all in the course of one day. Seems the more people you kill, the more your’re in the limelight. Sorry if this seems a bit disjointed, but these are just my thoughts on the matter. I thought I’d post this seeing as how my last blog post generated some good comments. Also, if anyone gets the chance, go on youtube and see the footage of him shooting those people. It’s a short video but good nonetheless. Will post more later. Chris Harper
« J’ai pris contact avec des directeurs de Caf [Caisse d’allocations familiales]qui m’ont confirmé qu’en effet certaines personnes continuaient à recevoir des allocations alors qu’elles étaient parties pour la Syrie. Ainsi un couple recevait 2200 euros par mois pour partir faire le djihad aux frais de la République!», assure le député UMP. Selon lui, les personnes concernées établissent des procurations à des tiers qui touchent l’argent en numéraire puis les renvoient aux personnes dans les pays d’accueil. Mais, comme les conseils généraux, la CAF n’a pas connaissance des noms des personnes parties pour le djihad. Alain Marsaud demande donc qu’«il soit possible de croiser des fichiers des caisses d’allocations avec ceux des services de sécurité». Pour l’instant ce n’est pas possible, «sous prétexte d’attaque aux libertés individuelles», déplore-t-il. Il propose également d’allouer «davantage de moyens aux Caisses d’allocations familiales afin que les versements d’indemnités de toutes sortes à ces individus puissent être rapidement stoppés». D’après M. Marsaud, plusieurs centaines de personnes seraient concernées «Tous les gens qui sont partis là-bas sont plus ou moins allocataires, le temps qu’on s’en aperçoive, ils ont déjà touché plusieurs mois, c’est de l’argent qui va directement dans la poche de terroristes! Je dis donc bravo à M. Ciotti et j’invite tous les présidents de conseils généraux soucieux du bien public à suivre son exemple». Il s’étonne d’ailleurs que son projet de résolution «n’ait pour l’instant reçu aucun soutien ni encouragement du groupe UMP à l’Assemblée». Le Figaro
Amedi, 27 ans, rencontre Sarkozy cet après-midi Il a passé toute sa vie dans le quartier de la Grande-Borne à Grigny et il rencontrera aujourd’hui Nicolas Sarkozy. Amedi Coulibaly, 27 ans, travaille en contrat de professionnalisation à l’usine Coca-Cola de sa ville natale. Accompagné de neuf autres personnes, comme lui en formation en alternance, il va rendre visite au président de la République, qui souhaite rencontrer des entreprises engagées en faveur de l’emploi des jeunes. « A la limite, si le président peut aider à me faire embaucher » « Cela me fait plaisir, souriait hier Amedi. Je ne sais pas ce que je vais lui dire. Déjà, je vais commencer par Bonjour ! » Il lui racontera surtout son parcours professionnel, son poste actuel, qui se termine le 30 septembre. « A la limite, si le président peut aider à me faire embaucher… », souffle-t-il. Mais la mission d’Amedi ne s’arrêtera pas à un simple salut et à raconter son histoire. Unique garçon entouré de neuf soeurs, il est chargé de rapporter de nombreux « autographes et photos pour la famille ! ». Il risque d’être intimidé par le protocole. « A Grigny, nous n’avons pas l’habitude d’aller souvent à l’Elysée. Les réceptions, je ne connais pas, déclare-t-il. En plus, dans les cités, auprès des jeunes, Sarkozy n’est pas vraiment très populaire. Mais cela n’a rien de personnel. En fait, c’est le cas de la majorité des politiques. » Mais pas question pour lui de revendiquer quoi que ce soit une fois en face de Nicolas Sarkozy : « Le rencontrer en vrai, c’est impressionnant. Qu’on l’aime ou pas, c’est quand même le président. »Le Parisien (15 Juil. 2009)
The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by. Shelby Steele
Before the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steele
Tout le monde se demande ce que nous devrions faire. Nous frapperons à toutes les portes possibles, afin de faire entendre la voix de Jérusalem. Nous avançons, avec l’aide d’Allah. Nous vous saluons, ainsi que tous les hommes et femmes au ribat [sur la ligne de front]. Nous saluons chaque goutte de sang versé pour la cause de Jérusalem. Ce sang est du sang propre et pur, versé au nom d’Allah, avec l’aide d’Allah. Chaque martyr aura sa place au Paradis, et tous les blessés seront récompensés par Allah. Chers frères, nous sommes tous ici au nom de Jérusalem. Je vous le dis en toute honnêteté, un Etat palestinien sans Jérusalem n’existera jamais. L’Etat palestinien doit inclure sa capitale, la noble Jérusalem – avec sa capitale, Jérusalem-Est, qui a été occupée en 1967. Nous n’autorisons aucune de leurs mesures. Toutes ces divisions… La mosquée Al-Aqsa et l’église du Saint-Sépulcre sont nôtres. Elles sont entièrement nôtres, et ils n’ont pas le droit de les souiller de leurs pieds sales. Nous ne leur permettrons pas de le faire, et nous ferons tout en notre pouvoir pour protéger Jérusalem. Mahmoud Abbas
Je m’adresse au Conseil de sécurité, en lui demandant plus urgemment que jamais de mettre en place un régime de protection internationale du peuple palestinien immédiatement. La situation des droits humains dans le territoire palestinien, y compris à Jérusalem-Est, est la plus critique et la pire depuis. Cela requiert une intervention forte et décisive, avant qu’il ne soit trop tard, de l’ONU et de ses Etats membres. Nous avons besoin de votre protection. Protégez-nous, protégez-nous. Nous avons besoin de vous. Le désespoir profond, les pressions, le sentiment d’insécurité dans lesquels vit la population palestinienne depuis longtemps sont des facteurs qui exacerbent la frustration de la jeunesse et la poussent à se révolter. Il ne sert plus à rien de perdre du temps dans des négociations stériles. Il faut mettre fin à l’occupation. Mahmoud Abbas (Conseil des droits de l’homme de l’ONU)
C’est extrêmement important d’accélérer ce processus (…) si Israël pense bénéficier d’impunité, qu’est-ce qui l’empêchera de multiplier les victimes ? (…) Nous espérons que la Cour conclura bientôt … qu’elle a une base solide et assez de preuves pour prouver qu’Israël a commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité (…) Le nouveau document remis à Mme Bensouda « fait référence aux exécutions extra-judiciaires, aux destructions de maisons et punitions collectives, montrant des exemples de cas d’agressions par Israël sur ces 40 derniers jours … Riyad al-Maliki (ministre palestinien des Affaires étrangères)
Même si les deux situations n’ont rien à voir, la préfiguration de ce musée m’a rappelé celle du Musée de la résistance Salvador Allende au Chili. (…) Lorsque l’on mène un combat, tout est important. Aujourd’hui la situation est très difficile. Elle n’a même jamais été aussi désespérante. Le gouvernement israélien est totalement hostile à une Palestine libre. Les Palestiniens sont pour leur part divisés, ce qui les pousse à commettre des actes de désespoir d’une extrême violence. Vus de Loin, ils apparaissent comme un pauvre peuple abandonné, alors que c’est un peuple combattant, combattif, créatif, qui regorge de talents, et qui prend son destin en main. Mettre en place un musée national d’art moderne et contemporain est un signe de combat. D’autres s’engagent également sur la voie de la culture. Tel l’homme d’affaires palestinien Omar Qattan, avec qui l’IMA a noué des liens, et qui inaugurera en mai prochain à Rammallah un musée destiné à rayonner sur toute la Palestine, dédié à sa culture, à son histoire. Il est important de montrer cela. De donner une image positive du pays. A l’Institut, nous mettons beaucoup l’accent sur la Palestine. Nous y avons par exemple organisé une conférence de la coopération décentralisée, réunissant maires et élus français et palestiniens pour qu’ils travaillent sur des sujets concrets. Nous réfléchissons aussi à un grand événement qui donnerait à voir cette richesse culturelle. Car c’est par le biais de la culture que nous parviendrons à faire comprendre au monde que ce peuple ne demande qu’à vivre et à éduquer ses enfants. Jack Lang
Je ne peux qu’imaginer ce qu’endurent ses parents. Et quand je pense à ce garçon, je pense à mes propres enfants. Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon. Obama
There is nothing more painful to me at this stage in my life than to walk down the street and hear footsteps and start thinking about robbery. Then look around and see somebody white and feel relieved. . . . After all we have been through. Just to think we can’t walk down our own streets, how humiliating. Jesse Jackson
How do we turn pain into power? How do we go from a moment to a movement that curries favor? (…) The blood of the innocent has power.  Jesse Jackson
Hollywood: the only town where you can die of encouragement. Pauline Kael
Before Reservoir Dogs, everything was constantly a big build up to a huge let down. Pauline Kael used to say that Hollywood is the only town where people ‘can die of encouragement’ and that kind of was my situation. Quentin Tarentino
Quand je vois des meurtres, je ne reste pas là sans rien faire… Il faut appeler les meurtriers des meurtriers. Quentin Tarantino
Je suis un être humain doué de conscience. Si vous estimez que des meurtres sont commis, alors vous devez vous insurger contre cet état de fait. Je suis ici pour dire que je suis du côté de ceux qui ont été assassinés. Quentin Tarantino
Ce n’est pas étonnant que quelqu’un qui gagne sa vie en glorifiant le crime et la violence déteste les policiers. Les officiers de police que Tarantino appelle des meurtriers ne vivent pas dans une de ses fictions dépravées sur grand écran. Ils prennent des risques et doivent parfois même sacrifier leur vie afin de protéger les communautés des vrais crimes. (…) Il est temps de boycotter les films de Quentin Tarantino. Patrick Lynch (président d’une association d’agents des forces de l’ordre de New York)
When I read what my son said, it upset me. [We] have three cousins from the NYPD. I’ve seen and heard the things they go through, and to see them so discredited like this is really sad. The police getting such a bad rap, especially coming from my own son, is really sickening to me. It would really be great if he issued a public apology for the statements he made. I’m just disappointed in [Quentin] and anyone who comes down against any police department anywhere. If anyone breaks the law, they should be tried and prosecuted. But don’t go out in public and call them murderers and killers. Yes, there have been police officers guilty of crimes, but you can’t condemn a whole department just because of a few bad apples. Tony Tarantino
I love my son and have great respect for him as an artist but he is dead wrong in calling police officers, particularly in New York City where I grew up, murderers, He is a passionate man and that comes out in his art but sometimes he lets his passion blind him to the facts and to reality. I believe that is what happened when he joined in those anti-cop protests. I wish he would take a hard, dispassionate look at the facts before jumping to conclusions and making these kinds of hurtful mistakes that dishonor an honorable profession. We have many friends and relatives who have served honorably in the NYPD and the LAPD and clearly, they risk their lives to keep the rest of us safe. Cops are not murderers, they are heroes. Tony Tarantino
I totally disagree with everything he said. And I thought the timing of the whole thing was horrible. The men and women of the NYPD do a phenomenal job and don’t get enough credit. Whenever someone says something like [what Quentin said], it makes police officers’ jobs a lot harder. It’s much more dangerous today than in my time. You hear about shootings constantly. It’s gotten very bad for police officers to do their job. And my heart goes out to them. Anthony Massaro (cousin de Tony Tarentino)
The chickens have come home to roost for director Quentin Tarantino, a thousand of them in fact, as the National Association of Police Organizations announces that it, and the 1,000 police units and associations it represents, will join the boycott against “The Hateful Eight.”Add to that number nearly a quarter of a million law enforcement officers represented by this group. In a cynical attempt to boost his standing with the left-wing black media, the sheltered, out-of-touch Tarantino joined a Black Lives Matter-affiliated anti-cop hate rally and called police officers “murderers.” Harvey Weinstein, producer of “The Hateful Eight,” is reportedly “furious” at Tarantino and “desperate” to see the director apologize for his objectively appalling comments. Weinstein has somewhere around $80 million invested in the three-hour Western, and after a lousy year, desperately needs a box office hit and an Oscar contender. You can’t succeed in Hollywood at the level Tarantino has without being smart. His problem is that he’s bubble-dumb, so shielded and removed from real life that he thought spewing anti-police hate at a hate rally was good public relations. Breitbart
Le président américain Barack Obama a condamné ce dimanche «inconditionnellement» l’assassinat à New York de deux policiers abattus de sang froid par un homme seul, à un moment où la mort de Noirs non armés entre les mains de la police a exacerbé les tensions. (…) Les deux policiers -Wenjian Liu, marié depuis deux mois et Rafael Ramos- ont été tués par balles samedi après-midi à Brooklyn dans leur voiture, «assassinés» par un homme noir de 28 ans qui s’est ensuite suicidé, a annoncé la police de New York. Le double meurtre, commis en plein jour dans la plus grande ville des Etats-Unis absorbée par les préparatrifs de Noël, a choqué la population. L’attaque a eu lieu à Brooklyn, dans le quartier de Bedford Stuyvesant à 14h50 locales (20h50 à Paris), dans un contexte tendu du fait de manifestations à répétition à New York, après la récente décision d’un grand jury de ne pas poursuivre un policier impliqué dans la mort d’Eric Garner, père de six enfants soupçonné de vente illégale de cigarettes mort en juillet dernier lors d’une interpellation musclée à Staten Island, et après la mort d’un autre Noir non armé, tué dans la cage d’escalier obscure d’une HLM de Brooklyn le 20 novembre par un policier débutant. Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, a tiré à plusieurs reprises à travers la fenêtre du passager sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture de patrouille et n’ont pas eu le temps de sortir leur arme, les atteignant à la tête. «Ils ont été tués par balle, sans avertissement. Ils ont été purement et simplement assassinés», a déclaré, très ému, le chef de la police Bill Bratton, lors d’une conférence de presse. Le meurtrier, qui n’aurait pas de lien terroriste, était venu de Baltimore, à 300 km au sud de New York. Pourchassé par d’autres policiers alors qu’il s’enfuyait à pied, il a mis fin à ses jours sur un quai de métro à proximité, a ajouté le chef de la police. Selon Bill Bratton, il avait auparavant posté sur les réseaux sociaux des commentaires très hostiles à la police. Il y mentionnait Eric Garner et Michael Brown, un jeune noir tué par la police à Ferguson (Missouri) en août, selon les médias locaux. Le double meurtre a profondément traumatisé la plus importante force de police des Etats-Unis, dont deux membres avaient déjà été attaqués le 24 octobre par un homme armé d’une hachette. Le maire de New York Bill de Blasio, démocrate dont les relations sont difficiles avec sa police, a dénoncé samedi soir un «assassinat ressemblant à une exécution». 20 minutes
Je condamne inconditionnellement le meurtre aujourd’hui de deux policiers à New York. Deux hommes courageux ne rentreront pas chez eux ce soir retrouver leurs proches, et pour cela il n’y a aucune justification. Aujourd’hui, je demande aux gens de rejeter la violence et les mots qui blessent et de préférer les mots qui guérissent. Barack Hussein Obama
Let me say something at the outset. The questions that have been asked so far in this debate illustrate why the American people don’t trust the media. This is not a cage match. And, you look at the questions – Donald Trump, are you a comic book villain? Ben Carson, can you do math? John Kasich, will you insult two people over here? Marco Rubio, why don’t you resign? Jeb Bush, why have your numbers fallen? How about talking about the substantive issues people care about? The contrast with the Democratic debate where every fawning question from the media was – ‘Which of you is more handsome and wise?’ And let me be clear. The men and women on this stage have more ideas, more experience, more commonsense, than every participant in the Democratic debate. That debate reflected a debate between the Bolsheviks and the Mensheviks. And nobody watching at home believes that any of the moderators has any intention of voting in a Republican primary. The questions that are being asked shouldn’t be trying to get people to tear into each other. It should be ‘What are your substantive solutions to people that are hurting?’  Ted Cruz
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, février 2008)
Ils croient qu’ils sont opprimés en raison de leur foi islamique, mais en réalité c’est l’État-providence lui-même qui a créé cette classe de perdants. Gunnar Heinsohn
Another source of Palestinian suffering: the “support” the Palestinian leadership gets from outsiders, particularly 1) the Europeans, 2) the UN, 3) the “progressive left,” and 4) the media. For the last three decades, since the mid-1970s, these parties have become increasingly anti-Israel and, supposedly, pro-Palestinian. (…) Yassir Arafat’s feckless leadership has done immense damage to the Palestinians, from his financial corruption, to his addiction to honor and violence, to his systematic mendacity and incapacity to make the shift from “guerrilla” to statesmen. And yet European leaders have lionized him, even at the height of his terrorist activities in the 1970s. (…) The UN has spent up to 40% of its time condemning Israel, illustrating the dangers of anti-Zionism as a Weapon of Mass Distraction. By giving the irredentist Palestinian cause international support, they have strengthened precisely the forces most dedicated to victimizing Palestinians. And of course, Palestinians, not understanding who was benefited from such one-sided condemnations, cheered on the process. (…) Chirac’s whole foreign policy, and specifically his role in the failure to staunch the violence in early October 2000 that led to the disastrous “Second Intifada,” was itself only a continuation of so much of French foreign policy in the Middle East. They, like so many “pro-Palestinian” diplomats, have betrayed everyone but the warmongers. (…) Rather than urging the Palestinians to develop the kind of qualities necessary for a progressive state that takes care of its citizens and encourages freedom of thought and expression (e.g., public self-criticism, protection of dissidents), the Left has systematically “explained” Palestinian violence as the result of Israeli (and American) policies. As a result, the Left reinforces the most regressive and fascist elements in Palestinian culture, even as they claim to work for peace and civil society. (…) The contribution of the Media to Palestinian suffering may be the most subtle, but also the most pervasive. The nature of media coverage – if it bleeds it leads – has always favored violence, and in particular fed the need of terrorists for attention. Its superficial and dramatic news has encouraged the systematic victimization of Arabs for the purposes of international sympathy. By ignoring or playing down the Palestinian calls for genocide against Israel and hatred of the West, while at the same time portraying Israel as the cause of war and of whatever damage Palestinians do to themselves, the media have contributed to a profound misunderstanding of the sources of – and therefore the solutions to – the conflict. (…) But the principle “if it bleeds it leads” actually takes second seat in the MSM coverage of the Arab-Israeli conflict to who commits the violence. When Israeli kills a Palestinian child, it receives a good deal of coverage; when the Palestinians kill Palestinian children, newsreports are laconic at best. (Google Palestinians kill Palestinian child and you get only entries on Israelis killing Palestinian children.) (…) Given the extraordinary sensitivity of Arab honor-shame culture to public disapproval, one might even argue that the sympathy and understanding that the media grant to the most depraved of Palestinian terrorists, represents an enormous opportunity cost. When 500 Palestinian intellectuals denounced suicide terrorism, they did so because it did not serve the Palestinian cause — indeed it lost them international sympathy. Were the international community to have condemned it with even greater insistence, these voices would have had even greater strength. When the media mis-reported the outbreak of Oslo War in late 2000, arousing world-wide support for the Palestinians in their struggle for “freedom”, they encouraged Arafat to believe that “the whole world is behind him” so that he had no need to work to lessen the violence. By promoting and diffusing stories of alleged atrocities committed by Israel without a solid background check, the media reinforce the hate-mongering propaganda of the Palestinian leadership. “Balancing” negative coverage of the Arabs with unfounded accusations of the Israelis, for example, balancing stories of “honor killings” with accusations of rape of Palestinian women by Israelis and seizing on Palestinian accusation of “massacres.” Richard Landes
Mahmoud Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens afin qu’ils puissent continuer à assassiner les civils israéliens avec des couteaux, des pierres, des voitures-béliers, toutes sortes d’ustensiles. On doit protéger les assassins, non les victimes. Il a été entendu et applaudi.C’est une nouvelle mode adoptée par les tueurs de s’en prendre dans le dos aux passants, aux femmes, aux enfants, aux civils désarmés, dans les autobus, les foules, les rues, n’importe où. Pour tuer. Nulle doute que cette mode fera certainement beaucoup d’adeptes, comme celles des détournements d’avions, des massacres, des prises d’otages, du terrorisme international, modes initiées aussi par les Palestiniens et que l’Europe appelle « résistance » quand ses victimes sont israéliennes ou juives, et partout ailleurs « terrorisme ». Aujourd’hui ce modèle breveté palestinien s’est répandu sur toute la planète. (…) Que la démarche d’Abbas rejoigne celle de la France, ne doit pas surprendre. Arafat, la créature de la France, lui permit de maintenir le conflit ouvert, de s’opposer à toute paix séparée, à toute solution qui aurait compromis l’élimination d’Israël par sa réduction à une exiguïté territoriale indéfendable. Acharnée à lui arracher lambeaux par lambeaux des pans de son histoire, de ses monuments, de ses terres, la France tente d’écraser enfin sous l’infamie le peuple à la nuque raide, sorti vainqueur de la Shoah et de la dhimmitude. Même les chrétiens du Liban furent sacrifiés à ce dessein. Jamais il n’y eut de temple juif à Jérusalem, rien que des mosquées, Jésus allait prier à la mosquée. Les juifs sont des pilleurs d’histoire – de l’histoire musulmane. L’Europe en est aussi convaincue et a voté pour l’islamisation des lieux saints juifs, débaptisant le Mont du Temple en esplanade des mosquées. (…) Grâce aux révélations de NGO Monitor, on connait les montants fabuleux versés par chaque Etat, les Eglises, les fondations et l’Union européenne ainsi que les ONGs récipiendaires. Il faut en finir avec Israël, car les centaines de milliers d’immigrants musulmans qui accourent en Europe et qu’elle accueille à bras ouverts avec une sollicitude attendrissante auront besoin de ces fonds pour leur nouvelle installation… Bat Ye’or
La situation a évolué dans le mauvais sens. Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. Il n’y a pas d’efficacité car il y a une mécompréhension du problème. Au-delà des clivages, la question des banlieues a toujours été vécue comme: ‘Ce sont des quartiers pauvres et modestes, quand l’économie ira mieux, ça ira mieux dans les quartiers’. Or, l’aspect économique n’est pas le coeur du problème, qui est beaucoup plus vaste. Malek Boutih (député socialiste des Essones, ancien président de SOS-Racisme)
Le secrétaire d’État britannique de l’Enseignement supérieur envisage une discrimination positive en faveur des jeunes garçons blancs issus des classes populaires à l’université, alors que le nombre d’inscrits a fortement chuté. (…) Les déclarations du secrétaire d’Etat à l’enseignement britanniques interviennent alors que les inscriptions à l’université chutent au Royaume-Uni, avec une baisse de 6,3 % en 2012 ,les jeunes hommes étant particulièrement touchés. Ils étaient 54.000 de moins en 2012 qu’en 2011, ce qui représente une diminution de 13%, quatre fois plus que les filles. (…) Seuls 66% des enfants bénéficiant de la gratuité dans les cantines avaient acquis le niveau attendu en maths et en anglais à ces examens, contre 82% des autres enfants. Les «petits blancs» sont particulièrement touchés, puisqu’ils n’étaient que 60% à y parvenir, contre 68% de noirs. (…) Les enseignants sont d’ailleurs nombreux à mettre en cause les frais de scolarité, qui ont bondi, l’année dernière, de 4000€ à plus de 10.000€ dans la plupart des universités, afin de compenser la baisse de la contribution du gouvernement, qui passera en 2014 de 4,6 milliards à 2 milliards de livres sterling. Sur BBC Radio 4, David Willets s’est défendu de vouloir laisser des jeunes sur le côté: «Quand les droits d’inscription à l’université ont augmenté, l’une des choses que nous avons fait avec l’argent supplémentaire était de dire aux universités: vous devez investir un tiers de cet argent pour tendre la main aux plus défavorisés et améliorer leur accès au supérieur. Cet argent représente des centaines de millions de livres qui sont aujourd’hui disponibles pour remplir cet objectif. Nous voulons les voir utilisés aussi efficacement que possible». Le Figaro
Nous avons collectivement abdiqué. Au nom du communautarisme, nous avons abandonné le modèle républicain. Au nom du différentialisme, l’école a arrêté de jouer son rôle d’assimilation. Pour le dire de manière un peu caricaturale, on a préféré construire des salles de sport en banlieue plutôt que des bibliothèques. Le Comte de Bouderbala, d’origine kabyle, résume ça très bien à travers un sketch où il explique qu’à chaque émeute en Seine-Saint-Denis, on organise un concert de rap. Et d’ironiser sur les fautes de grammaire et de syntaxe des rappeurs. Sous couvert d’antiracisme, on a enfermé ces populations dans leur milieu social et culturel. Une partie des enfants d’immigrés aspire à l’excellence alors que les élites, en particulier de gauche, consciemment ou inconsciemment les tirent vers le bas. Jeannette Bougrab
Le catalogue de mesures présenté par le gouvernement à l’occasion du comité interministériel qui s’est tenu aux Mureaux est à la fois touffu, car il reprend nombre de mesures déjà en vigueur, en durcit d’autres, en généralise également, et assez pauvre car il ne comporte que des mesures techniques à la fois disparates et, surtout, insuffisantes au regard des défis. Le plus frappant est tout de même la poursuite d’une politique qui a déjà trente ans, sans vision ni idée neuve. Cette politique a consisté à faire de la banlieue une entité à part, en y menant des interventions publiques spécifiques, à l’aide de moyens financiers massifs, notamment en matière de rénovation urbaine – on a favorisé les lieux plutôt que les personnes selon le vieil adage de la sociologie urbaine. Ce qui a contribué à renforcer la «ghettoïsation» que les mêmes responsables publics, nationaux et locaux, de gauche comme de droite, qui l’ont mise en oeuvre ne cessent par ailleurs de dénoncer. Chacun peut aujourd’hui constater que la situation des «banlieues» – en fait de ces quartiers urbains qui cumulent les difficultés de tous ordres – ne s’est pas améliorée. Qu’il s’agisse du chômage, notamment des jeunes, de la réussite scolaire, de la délinquance ou du «vivre ensemble» dont la place dans le discours semble inversement proportionnelle à la réalité vécue ou ressentie par nos concitoyens. (…) C’est symboliquement le plus terrible car c’est la représentation la plus criante de cette politique qui exclut au lieu d’inclure. A gauche comme à droite d’ailleurs, même si la gauche semble s’être fait une spécialité depuis les années 1980 de cette manière de considérer nos concitoyens vivant dans ces quartiers difficiles, les plus jeunes en particulier, comme des artistes ou des sportifs avant tout! Comme s’il n’y avait que l’art (et un art spécifique bien évidemment que l’on retrouve inscrit dans ces prescriptions de politiques publiques culturelles sorties tout droit des années 1980) ou le sport comme horizon, et donc comme si les quelques artistes ou sportifs connus issus de ces quartiers résumaient à eux seuls le modèle d’intégration que la République a à proposer à une partie de ses enfants. On est au coeur du sujet. Ce dont nous avons tous besoin, que l’on vive dans un de ces quartiers ou dans une zone périurbaine lointaine, en centre-ville ou à la campagne, c’est de commun. C’est de pouvoir nous projeter ensemble dans des représentations et des réalisations communes, certainement pas d’être sans cesse renvoyé par les médias et, a fortiori, par les responsables politiques à des marqueurs identitaires de toutes natures qui apparaissent comme indélébiles, surtout s’ils sont inscrits et renforcés dans les politiques publiques. (…) Ce parti comme l’essentiel de la gauche ne conçoit plus désormais la République que comme une incantation en forme d’exorcisme contre le Front national. Mais c’est une République sans contenu ni substance puisque tout ce qui fait la spécificité républicaine à la française a été délaissé ou même tout simplement abandonné: le lien indispensable entre souveraineté nationale et souveraineté populaire ; la laïcité comme ferment de notre contrat social ; l’idée de solidarité liée à celle d’identité collective… Cet abandon de la République, auquel on a assisté aussi à droite sous d’autres formes – le fait que le principal parti de la droite s’approprie le label «Les Républicains» en dit long à ce sujet -, est aujourd’hui une des causes fondamentales de la progression du FN. Les républicains de tous bords ont laissé à ce parti – issu de la tradition antirépublicaine d’extrême-droite! – tout un champ de manoeuvre politique autour de la solidarité, de la nation ou de la laïcité. Le PS porte, à gauche, en tant que parti dominant depuis 30 ans, une part de responsabilité majeure dans cette évolution. Laurent Bouvet
Dans ce paysage brouillé et opaque, une illumination: le 26 octobre, aux Mureaux, le ministère de la Culture et de la Communication instaure un diplôme national supérieur professionnel de la danse hip-hop. Il va également encourager, de manière sonnante et trébuchante, la réalisation d’œuvres de street art dans le cadre de la commande publique. Il va enfin soutenir le développement de toutes les créativités grâce au Buzz Booster. Quand Fleur Pellerin entend le mot «culture urbaine», elle sort, sous les bravos, son carnet de chèques. (…) Tout se passe comme si, désormais, le moindre cri contestataire, qu’il soit graphique, sonore ou audiovisuel, doit être dans tous les sens du terme, «assisté» par l’Etat providence. André Bercoff
La focalisation sur le « problème des banlieues » fait oublier un fait majeur : 61 % de la population française vit aujourd’hui hors des grandes agglomérations. Les classes populaires se concentrent dorénavant dans les espaces périphériques : villes petites et moyennes, certains espaces périurbains et la France rurale. En outre, les banlieues sensibles ne sont nullement « abandonnées » par l’État. Comme l’a établi le sociologue Dominique Lorrain, les investissements publics dans le quartier des Hautes Noues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) sont mille fois supérieurs à ceux consentis en faveur d’un quartier modeste de la périphérie de Verdun (Meuse), qui n’a jamais attiré l’attention des médias. Pourtant, le revenu moyen par habitant de ce quartier de Villiers-sur-Marne est de 20 % supérieur à celui de Verdun. Bien sûr, c’est un exemple extrême. Il reste que, à l’échelle de la France, 85 % des ménages pauvres (qui gagnent moins de 993 € par mois, soit moins de 60 % du salaire médian, NDLR) ne vivent pas dans les quartiers « sensibles ». Si l’on retient le critère du PIB, la Seine-Saint-Denis est plus aisée que la Meuse ou l’Ariège. Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne. (…)  En se désindustrialisant, les grandes villes ont besoin de beaucoup moins d’employés et d’ouvriers mais de davantage de cadres. C’est ce qu’on appelle la gentrification des grandes villes, symbolisée par la figure du fameux « bobo », partisan de l’ouverture dans tous les domaines. Confrontées à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires, pour leur part, cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. En outre, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de ces métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales pour accéder à la propriété et acquérir un pavillon. On assiste ainsi à l’émergence de « villes monde » très inégalitaires où se concentrent à la fois cadres et catégories populaires issues de l’immigration récente. Ce phénomène n’est pas limité à Paris. Il se constate dans toutes les agglomérations de France (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Grenoble), hormis Marseille. (…) On a du mal à formuler certains faits en France. Dans le vocabulaire de la politique de la ville, « classes moyennes » signifie en réalité « population d’origine européenne ». Or les HLM ne font plus coexister ces deux populations. L’immigration récente, pour l’essentiel familiale, s’est concentrée dans les quartiers de logements sociaux des grandes agglomérations, notamment les moins valorisés. Les derniers rapports de l’observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) montrent qu’aujourd’hui 52 % des habitants des ZUS sont immigrés, chiffre qui atteint 64 % en Île-de-France. Cette spécialisation tend à se renforcer. La fin de la mixité dans les HLM n’est pas imputable aux bailleurs sociaux, qui font souvent beaucoup d’efforts. Mais on ne peut pas forcer des personnes qui ne le souhaitent pas à vivre ensemble. L’étalement urbain se poursuit parce que les habitants veulent se séparer, même si ça les fragilise économiquement. Par ailleurs, dans les territoires où se côtoient populations d’origine européenne et populations d’immigration extra-européenne, la fin du modèle assimilationniste suscite beaucoup d’inquiétudes. L’autre ne devient plus soi. Une société multiculturelle émerge. Minorités et majorités sont désormais relatives. (…)  ces personnes habitent là où on produit les deux tiers du PIB du pays et où se crée l’essentiel des emplois, c’est-à-dire dans les métropoles. Une petite bourgeoisie issue de l’immigration maghrébine et africaine est ainsi apparue. Dans les ZUS, il existe une vraie mobilité géographique et sociale : les gens arrivent et partent. Ces quartiers servent de sas entre le Nord et le Sud. Ce constat ruine l’image misérabiliste d’une banlieue ghetto où seraient parqués des habitants condamnés à la pauvreté. À bien des égards, la politique de la ville est donc un grand succès. Les seuls phénomènes actuels d’ascension sociale dans les milieux populaires se constatent dans les catégories immigrées des métropoles. Cadres ou immigrés, tous les habitants des grandes agglomérations tirent bénéfice d’y vivre – chacun à leur échelle. En Grande-Bretagne, en 2013, le secrétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts, s’est même déclaré favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’est effondré et est inférieur à celui des enfants d’immigrés. (…) Le problème social et politique majeur de la France, c’est que, pour la première fois depuis la révolution industrielle, la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Au XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, on a fait venir les paysans dans les grandes villes pour travailler en usine. Aujourd’hui, on les fait repartir à la « campagne ». C’est un retour en arrière de deux siècles. Le projet économique du pays, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. (…) L’absence d’intégration économique des catégories modestes explique le paradoxe français : un pays qui redistribue beaucoup de ses richesses mais dont une majorité d’habitants considèrent à juste titre qu’ils sont de plus en plus fragiles et déclassés. (…) Les catégories populaires qui vivent dans ces territoires sont d’autant plus attachées à leur environnement local qu’elles sont, en quelque sorte, assignées à résidence. Elles réagissent en portant une grande attention à ce que j’appelle le «village» : sa maison, son quartier, son territoire, son identité culturelle, qui représentent un capital social. La contre-société s’affirme aussi dans le domaine des valeurs. La France périphérique est attachée à l’ordre républicain, réservée envers les réformes de société et critique sur l’assistanat. L’accusation de «populisme» ne l’émeut guère. Elle ne supporte plus aucune forme de tutorat – ni politique, ni intellectuel – de la part de ceux qui se croient «éclairés». (…) Il devient très difficile de fédérer et de satisfaire tous les électorats à la fois. Dans un monde parfait, il faudrait pouvoir combiner le libéralisme économique et culturel dans les agglomérations et le protectionnisme, le refus du multiculturalisme et l’attachement aux valeurs traditionnelles dans la France périphérique. Mais c’est utopique. C’est pourquoi ces deux France décrivent les nouvelles fractures politiques, présentes et à venir. Christophe Guilluy

Attention: une victimisation peut en cacher une autre !

A l’heure où, perversion des perversions et cynisme des cynismes, le président non élu de l’Autorité palestinienne en appelle à la « protection » de ceux qui depuis un mois multiplient les assassinats à l’aveugle au couteau de boucher ou à la voiture-bélier dans les rues israéliennes …

Et où, après les pétages de plomb de Virginie ou d’Orégon et une série de meurtres de policiers, l’un des plus violents cinéastes de l’histoire (une NRA à lui tout seul !) se permet de traiter les policiers de meurtriers …

Pendant que dix ans après les émeutes qui ont détruit en France quelque 300 bâtiments publics et 10 000 voitures mais aussi tué deux hommes qui avaient le malheur d’être un peu trop blancs, nos gouvernants rachètent à nouveau la paix sociale à coups de  stèle, noms de rue et autres  BEP de hip hop ou de street art …

Comment ne pas voir …

Les mêmes causes produisant les mêmes effets …

Des ghettos américains aux ghettos français …

Et de Gaza à Ramallah ou Jérusalem-est ou en Syrie-Irak …

Les tristes fruits de la même culture de l’excuse et, jusqu’aux allocations pour djiahdistes, de la même politique des bons sentiments

A savoir  éclipsant les pourtant réels progrès derrière les milliards et les bonnes paroles

Et se retournant contre ceux là mêmes qu’elles étaient censées servir …

Les émeutiers devenus meurtriers ou terroristes ?

Les banlieues : des sas, non des ghettos

Brice Couturier

France Culture

30.10.2015

Carlo Rosselli, intellectuel et politique italien, assassiné en France en 1937 sur ordre de Mussolini, écrivait dans son livre Socialisme libéral : le socialisme, c’est « quand la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres ». Lui fait écho, quelques décennies plus tard, le concept de capability, forgé par Amartya Sen, qui le définit comme « liberty to achieve », liberté d’accomplir quelque chose, qu’on rend aussi par « liberté substantielle ».

C’est de cette liberté-là que parlait Manuel Valls lorsqu’il a déploré que les habitants de certaines banlieues soient « assignés à leur lieu de résidence », s’y « sentent bloqués, entravés dans leurs projets ». Sans doute a-t-il eu tort de parler « d’apartheid ». La République française ne pratique par la discrimination raciale géographique sur une base légale. Et si certains quartiers sont perçus comme des lieux de relégation, des enclaves, mal desservies par les transports publics, leur population n’y est aucunement fixée.

C’est ce que démontre le géographe Christophe Guilluy, qui propose de remplacer le mot de ghetto, inadéquat, par celui de sas. « On y entre beaucoup et on les quitte beaucoup », dit-il, des fameux « quartiers sensibles ». A la différence des ghettos américains, où des populations noires et pauvres sont confinées de manière définitive, nos banlieues « créent de la classe moyenne ». Les jeunes, aussitôt diplômés, les quittent pour accéder à des zones d’habitat plus sûres.

L’impression de pauvreté que provoquent les zones urbaines sensibles est partiellement fondée – le chômage y est deux fois plus élevé que dans la France entière -, mais elle est surtout relative : fixées à la périphérie des grandes métropoles mondialisées et gentryfiées, elles accueillent surtout des primo-arrivants. Aux uns, très qualifiés, les professions bien rémunérées, aux autres, la précarité ou l’économie informelle. Le contraste entre ces deux mondes, géographiquement voisins, mais culturellement et financièrement aux antipodes, accentue le sentiment de décrochage. Il y a aussi beaucoup de pauvreté dans les petites villes et les villages, mais elle est moins visible.

Beaucoup d’argent a été consacré à la politique de la ville. Le Programme national de rénovation urbaine a utilisé 43 milliards d’euros d’argent public. La Cour des comptes critique ce qu’elle appelle « une politique de moyens et non de résultats ». Mais enfin, de nombreuses « barres », construites dans les années 1960, ont été remplacées par des habitations modernes et dotées d’équipements collectifs de qualité.

Pour quels résultats ? Sur les banlieues, vous rencontrez deux sons de cloche. Les uns, comme Malek Boutih, député socialiste des Essones, jugent que la situation s’est dégradée depuis les émeutes de 2005. « La situation a évolué dans le mauvais sens », disait-il récemment sur une radio. « Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. » Pour l’ancien président de SOS-Racisme, les banlieues, les quartiers sont le miroir grossissant de la société tout entière et celle-ci est en crise grave, en proie au chômage et au communautarisme.

Pour d’autres, les choses s’arrangent. Le comte de Bouderbala dit dans un sketch qu’à chaque émeute en Seine-Saint-Denis, les pouvoirs publics ont réagi en organisant un concert de rap… La ministre de la culture a récemment annoncé la création d’un Diplôme national supérieur de danse hip-hop. Elle a promis de consacrer un budget au financement d’œuvres de street-art. Comme dit Jeannette Bougrab, maître des requêtes au Conseil d’Etat, elle dont les parents, arrivés d’Algérie, ne savaient ni lire, ni écrire, « sous couvert d’antiracisme, on a enfermé ces populations dans leur milieu social et culturel. » Alors que les familles attendent du système éducatif qu’il tire leurs enfants vers les qualifications. De son côté, le politologue Laurent Bouvet, estime qu’il y a quelque condescendance à ne vouloir reconnaître comme talents, chez les jeunes des quartiers que les performances sportives et les cultures urbaines.

Quelque chose, pourtant, se passe dans les quartiers : c’est là que s’inventent de nouvelles façons de travailler, souvent en phase avec la révolution numérique. Saviez-vous que c’est en Seine-saint-Denis que se créent le plus d’entreprises en France ? Les associations, les fondations, les entreprises y poussent comme des champignons, en phase avec la jeunesse et le dynamisme de leurs habitants. Pour se développer, elles ont besoin de deux choses : de la sécurité et un accès au financement. Bref, de la capability, comme dirait Amartya Sen….

Voir aussi:

Christophe Guilluy : «Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne»
Guillaume Perrault

Le Figaro

11/09/2014

Christophe Guilluy est géographe et consultant auprès de collectivités locales et d’organismes publics. En 2010, son livre connaissent un réel succès critique et plusieurs hommes (sic) politiques de droite comme de gauche affirment s’inspirer des analyses de ce dernier essai. Un documentaire intitulé La France en face, réalisé par Jean-Robert Viallet et Hugues Nancy, diffusé sur France 3 le 27 octobre 2013, est également très fortement inspiré de ce livre.

Notre pays connaît une crise économique et politique de grande ampleur. Les travaux du géographe Christophe Guilluy permettent de dépasser la conjoncture et d’éclairer les causes profondes du mal français. Dans son nouvel ouvrage, La France périphérique – Comment on a sacrifié les classes populaires (Flammarion), en librairie le 17 septembre, l’auteur démontre comment la mondialisation a entraîné une recomposition des catégories sociales et a bouleversé l’organisation de l’espace français.

LE FIGARO. – Vous critiquez un amalgame entre milieux populaires et banlieues. Pourquoi ?

Christophe GUILLUY. – La focalisation sur le « problème des banlieues » fait oublier un fait majeur : 61 % de la population française vit aujourd’hui hors des grandes agglomérations. Les classes populaires se concentrent dorénavant dans les espaces périphériques : villes petites et moyennes, certains espaces périurbains et la France rurale. En outre, les banlieues sensibles ne sont nullement « abandonnées » par l’État. Comme l’a établi le sociologue Dominique Lorrain, les investissements publics dans le quartier des Hautes Noues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) sont mille fois supérieurs à ceux consentis en faveur d’un quartier modeste de la périphérie de Verdun (Meuse), qui n’a jamais attiré l’attention des médias. Pourtant, le revenu moyen par habitant de ce quartier de Villiers-sur-Marne est de 20 % supérieur à celui de Verdun. Bien sûr, c’est un exemple extrême. Il reste que, à l’échelle de la France, 85 % des ménages pauvres (qui gagnent moins de 993 € par mois, soit moins de 60 % du salaire médian, NDLR) ne vivent pas dans les quartiers « sensibles ». Si l’on retient le critère du PIB, la Seine-Saint-Denis est plus aisée que la Meuse ou l’Ariège. Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne. L’État prend conscience – avec retard – de cette réalité. Début 2014, le gouvernement a réorienté la politique de la ville pour prendre également en compte la France des sous-préfectures.

Comment expliquer que les catégories populaires (ouvriers, employés) et les classes moyennes inférieures (artisans et une partie des commerçants) aient déserté les métropoles ?
Le marché foncier crée les conditions d’accueil des populations dont la ville a besoin. En se désindustrialisant, les grandes villes ont besoin de beaucoup moins d’employés et d’ouvriers mais de davantage de cadres. C’est ce qu’on appelle la gentrification des grandes villes, symbolisée par la figure du fameux « bobo », partisan de l’ouverture dans tous les domaines. Confrontées à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires, pour leur part, cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. En outre, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de ces métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales pour accéder à la propriété et acquérir un pavillon. On assiste ainsi à l’émergence de « villes monde » très inégalitaires où se concentrent à la fois cadres et catégories populaires issues de l’immigration récente. Ce phénomène n’est pas limité à Paris. Il se constate dans toutes les agglomérations de France (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Grenoble), hormis Marseille.

La mixité sociale des HLM dans les grandes villes est donc un vœu pieux ?

On a du mal à formuler certains faits en France. Dans le vocabulaire de la politique de la ville, « classes moyennes » signifie en réalité « population d’origine européenne ». Or les HLM ne font plus coexister ces deux populations. L’immigration récente, pour l’essentiel familiale, s’est concentrée dans les quartiers de logements sociaux des grandes agglomérations, notamment les moins valorisés. Les derniers rapports de l’observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) montrent qu’aujourd’hui 52 % des habitants des ZUS sont immigrés, chiffre qui atteint 64 % en Île-de-France. Cette spécialisation tend à se renforcer. La fin de la mixité dans les HLM n’est pas imputable aux bailleurs sociaux, qui font souvent beaucoup d’efforts. Mais on ne peut pas forcer des personnes qui ne le souhaitent pas à vivre ensemble. L’étalement urbain se poursuit parce que les habitants veulent se séparer, même si ça les fragilise économiquement. Par ailleurs, dans les territoires où se côtoient populations d’origine européenne et populations d’immigration extra-européenne, la fin du modèle assimilationniste suscite beaucoup d’inquiétudes. L’autre ne devient plus soi. Une société multiculturelle émerge. Minorités et majorités sont désormais relatives.

Observe-t-on une ascension sociale dans une partie de la population d’origine étrangère ?

Oui, car ces personnes habitent là où on produit les deux tiers du PIB du pays et où se crée l’essentiel des emplois, c’est-à-dire dans les métropoles. Une petite bourgeoisie issue de l’immigration maghrébine et africaine est ainsi apparue. Dans les ZUS, il existe une vraie mobilité géographique et sociale : les gens arrivent et partent. Ces quartiers servent de sas entre le Nord et le Sud. Ce constat ruine l’image misérabiliste d’une banlieue ghetto où seraient parqués des habitants condamnés à la pauvreté. À bien des égards, la politique de la ville est donc un grand succès. Les seuls phénomènes actuels d’ascension sociale dans les milieux populaires se constatent dans les catégories immigrées des métropoles. Cadres ou immigrés, tous les habitants des grandes agglomérations tirent bénéfice d’y vivre – chacun à leur échelle. En Grande-Bretagne, en 2013, le secrétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts, s’est même déclaré favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’est effondré et est inférieur à celui des enfants d’immigrés.

En France, ouvriers et employés sont-ils moins nombreux en 2014 qu’en 1980 ?

La baisse de la proportion d’ouvriers est réelle, mais elle s’est accompagnée d’une augmentation de la proportion d’employés. Les catégories populaires – qui comprennent aussi les petits agriculteurs – n’ont donc nullement disparu. Elles sont désormais moins visibles, puisqu’elles vivent loin des grands centres urbains où se concentrent décideurs publics et privés. Si l’on considère l’ensemble du territoire national, la part des catégories populaires dans la population française est restée à peu près stable depuis un demi-siècle. Le problème social et politique majeur de la France, c’est que, pour la première fois depuis la révolution industrielle, la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Au XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, on a fait venir les paysans dans les grandes villes pour travailler en usine. Aujourd’hui, on les fait repartir à la « campagne ». C’est un retour en arrière de deux siècles. Le projet économique du pays, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte.

En définitive, « le peuple », aujourd’hui, qui est-ce ?

Actuellement, 50 % des salariés gagnent moins de 1 650 euros net par mois. Par ailleurs, les frontières sociales entre classes populaires et classes moyennes inférieures – artisans et commerçants, patrons de TPE – ont disparu. Ceux-ci ont conscience d’un vécu commun qui bouleverse les définitions classiques du «peuple». La fronde des «bonnets rouges» illustre ce phénomène. La révolte n’est pas partie des grandes métropoles de l’Ouest, mais des petites villes qui en étaient le plus éloignées. La contestation n’était pas seulement sociale, mais aussi identitaire. Des ouvriers, des employés, des agriculteurs, des chauffeurs routiers et des chefs de petites entreprises ont défilé ensemble, ce qui a beaucoup déconcerté Jean-Luc Mélenchon.

Vu l’ampleur colossale des dépenses publiques et sociales, n’est-il pas injuste de prétendre qu’on a «sacrifié» les classes populaires ?
Certes, il y a beaucoup de redistribution des métropoles vers la France périphérique. Le revenu n’est pas en chute libre. La présence d’une part importante d’emplois publics et parapublics et le développement des services à la personne ont aussi permis de limiter les effets de la désindustrialisation. Mais la France des catégories populaires ne se résume pas à la question des bas revenus ou de la pauvreté. Considérées dans leur ensemble, depuis le début des années 2000, les catégories populaires n’ont plus de perspectives d’ascension sociale. En dépit de certaines réussites individuelles brillantes, ce qui se joue, c’est le sentiment de ne plus être intégré au projet économique, de ne pas vivre sur les territoires qui comptent et qui créent de l’emploi. C’est l’immense différence avec la « classe moyenne » des Trente Glorieuses dont les revenus relatifs n’étaient pas plus élevés mais dont l’intégration économique et une forme d’ascension sociale étaient assurées. C’est dans ce contexte qu’il faut poser la question des revenus et de l’impôt. L’absence d’intégration économique des catégories modestes explique le paradoxe français : un pays qui redistribue beaucoup de ses richesses mais dont une majorité d’habitants considèrent à juste titre qu’ils sont de plus en plus fragiles et déclassés.

Qu’appelez-vous la «contre-société» qui, selon vous, apparaît dans la France des fragilités sociales ?

Dans la France périphérique, le champ des possibles est beaucoup plus restreint en raison d’une mobilité sociale et géographique très faible. Un déplacement régulier vers le travail en voiture à 20 kilomètres de chez soi coûte environ 250 euros par mois, soit le quart du smic. Surtout, quand on perd son travail dans une ville de taille moyenne, on sait qu’on éprouvera beaucoup de difficultés à vendre son logement pour se rapprocher d’un bassin d’emplois dynamique. Les catégories populaires qui vivent dans ces territoires sont d’autant plus attachées à leur environnement local qu’elles sont, en quelque sorte, assignées à résidence. Elles réagissent en portant une grande attention à ce que j’appelle le «village» : sa maison, son quartier, son territoire, son identité culturelle, qui représentent un capital social. La contre-société s’affirme aussi dans le domaine des valeurs. La France périphérique est attachée à l’ordre républicain, réservée envers les réformes de société et critique sur l’assistanat. L’accusation de «populisme» ne l’émeut guère. Elle ne supporte plus aucune forme de tutorat – ni politique, ni intellectuel – de la part de ceux qui se croient «éclairés».

On assiste donc à une guerre culturelle des deux France ?

Sans aucun doute. Il devient très difficile de fédérer et de satisfaire tous les électorats à la fois. Dans un monde parfait, il faudrait pouvoir combiner le libéralisme économique et culturel dans les agglomérations et le protectionnisme, le refus du multiculturalisme et l’attachement aux valeurs traditionnelles dans la France périphérique. Mais c’est utopique. C’est pourquoi ces deux France décrivent les nouvelles fractures politiques, présentes et à venir.

Voir également:

Laurent Bouvet : l’égalité selon le PS, faire de la banlieue une entité à part
Alexandre Devecchio
Le Figaro
27/10/2015
FIGAROVOX/ENTRETIEN – Après la visite de Manuel Valls aux Mureaux, Laurent Bouvet juge inefficace et «ghettoïsante» la politique que mènent les socialistes en direction des banlieues.

Laurent Bouvet est directeur de l’Observatoire de la vie politique (Ovipol) à la Fondation Jean-Jaurès. Son dernier ouvrage, L’insécurité culturelle, est paru chez Fayard.

LE FIGARO. – Dix ans après les émeutes nées à Clichy-sous-Bois, le président et le Premier ministre ont annoncé une batterie de mesures. Ces dernières vous semblent-elles à la hauteur de l’enjeu?

Laurent BOUVET. – Le catalogue de mesures présenté par le gouvernement à l’occasion du comité interministériel qui s’est tenu aux Mureaux est à la fois touffu, car il reprend nombre de mesures déjà en vigueur, en durcit d’autres, en généralise également, et assez pauvre car il ne comporte que des mesures techniques à la fois disparates et, surtout, insuffisantes au regard des défis.

Le plus frappant est tout de même la poursuite d’une politique qui a déjà trente ans, sans vision ni idée neuve. Cette politique a consisté à faire de la banlieue une entité à part.
Le plus frappant est tout de même la poursuite d’une politique qui a déjà trente ans, sans vision ni idée neuve. Cette politique a consisté à faire de la banlieue une entité à part, en y menant des interventions publiques spécifiques, à l’aide de moyens financiers massifs, notamment en matière de rénovation urbaine – on a favorisé les lieux plutôt que les personnes selon le vieil adage de la sociologie urbaine. Ce qui a contribué à renforcer la «ghettoïsation» que les mêmes responsables publics, nationaux et locaux, de gauche comme de droite, qui l’ont mise en oeuvre ne cessent par ailleurs de dénoncer.

Chacun peut aujourd’hui constater que la situation des «banlieues» – en fait de ces quartiers urbains qui cumulent les difficultés de tous ordres – ne s’est pas améliorée. Qu’il s’agisse du chômage, notamment des jeunes, de la réussite scolaire, de la délinquance ou du «vivre ensemble» dont la place dans le discours semble inversement proportionnelle à la réalité vécue ou ressentie par nos concitoyens.

Certaines peuvent prêter à sourire: la création d’un diplôme national supérieur professionnel (DNSP) de danse hip-hop qui doit permettre la professionnalisation des danseurs dans ce domaine ; le soutien à la réalisation d’oeuvres réalisées par des artistes de street-art dans le cadre de la commande publique en 2015 et 2016 ; le soutien au développement du «Buzz Booster», dispositif dédié au repérage de jeunes talents du rap… Cela traduit-il finalement une forme de condescendance d’une certaine gauche à l’égard des habitants des banlieues?

C’est symboliquement le plus terrible car c’est la représentation la plus criante de cette politique qui exclut au lieu d’inclure. A gauche comme à droite d’ailleurs, même si la gauche semble s’être fait une spécialité depuis les années 1980 de cette manière de considérer nos concitoyens vivant dans ces quartiers difficiles, les plus jeunes en particulier, comme des artistes ou des sportifs avant tout! Comme s’il n’y avait que l’art (et un art spécifique bien évidemment que l’on retrouve inscrit dans ces prescriptions de politiques publiques culturelles sorties tout droit des années 1980) ou le sport comme horizon, et donc comme si les quelques artistes ou sportifs connus issus de ces quartiers résumaient à eux seuls le modèle d’intégration que la République a à proposer à une partie de ses enfants.

On est au coeur du sujet. Ce dont nous avons tous besoin, que l’on vive dans un de ces quartiers ou dans une zone périurbaine lointaine, en centre-ville ou à la campagne, c’est de commun. C’est de pouvoir nous projeter ensemble dans des représentations et des réalisations communes, certainement pas d’être sans cesse renvoyé par les médias et, a fortiori, par les responsables politiques à des marqueurs identitaires de toutes natures qui apparaissent comme indélébiles, surtout s’ils sont inscrits et renforcés dans les politiques publiques.

Plus largement, qu’est-ce que cela dit du rapport actuel du PS à la République?

On remarquera d’abord que le PS est resté, pour des raisons idéologiques (le tournant européen et libéral) et sociologiques (le faible renouvellement de son personnel politique et les voies très étroites de renouvellement quand il existe), un parti des années 1980. C’est dans ces années-là que le PS s’est détaché de l’idée républicaine.

Ce parti comme l’essentiel de la gauche ne conçoit plus désormais la République que comme une incantation en forme d’exorcisme contre le Front national. Mais c’est une République sans contenu ni substance puisque tout ce qui fait la spécificité républicaine à la française a été délaissé ou même tout simplement abandonné: le lien indispensable entre souveraineté nationale et souveraineté populaire ; la laïcité comme ferment de notre contrat social ; l’idée de solidarité liée à celle d’identité collective…

Cet abandon de la République, auquel on a assisté aussi à droite sous d’autres formes – le fait que le principal parti de la droite s’approprie le label «Les Républicains» en dit long à ce sujet -, est aujourd’hui une des causes fondamentales de la progression du FN. Les républicains de tous bords ont laissé à ce parti – issu de la tradition antirépublicaine d’extrême-droite! – tout un champ de manoeuvre politique autour de la solidarité, de la nation ou de la laïcité. Le PS porte, à gauche, en tant que parti dominant depuis 30 ans, une part de responsabilité majeure dans cette évolution.

Voir encore:

Angleterre : le ministre veut plus de blancs à l’université
Quentin Blanc
Le Figaro étudiant

07/01/2013

Le secrétaire d’État britannique de l’Enseignement supérieur envisage une discrimination positive en faveur des jeunes garçons blancs issus des classes populaires à l’université, alors que le nombre d’inscrits a fortement chuté.

David Willets, secrétaire d’État britannique de l’Enseignement supérieur ,a déclaré en ce début d’année qu’il aimerait voir les jeunes blancs issus des classes populaires être considérés comme un groupe prioritaire pour le recrutement dans les universités anglaises, aux côtés des autres catégories défavorisées. «Il y a un impressionnant gâchis de talents de certains jeunes gens qui pourraient vraiment bénéficier d’un passage à l’université mais qui n’y vont pas».

Le bureau pour un accès équitable (OFFA), chargé de s’assurer que les universités anglaises favorisent les inscriptions de personnes défavorisées, «prend en compte de nombreux critères, comme la classe sociale ou l’origine ethnique, lorsqu’ils mettent en place des critères d’accès. Je ne vois donc pas pourquoi ils ne pourraient pas cibler les garçons blancs issus des classes populaires», a expliqué David Willets à The Independent .

À l’heure actuelle, les établissements possèdent des informations sur l’origine sociale et les résultats scolaires des candidats, et peuvent savoir si le candidat était le premier de sa famille à aller à l’université. En revanche, si l’origine ethnique figure sur les formulaires d’inscription, elle n’est pas communiquée aux services d’admission.

Les filles plus nombreuses que les garçons à l’université
Les déclarations du secrétaire d’Etat à l’enseignement britanniques interviennent alors que les inscriptions à l’université chutent au Royaume-Uni, avec une baisse de 6,3 % en 2012 ,les jeunes hommes étant particulièrement touchés. Ils étaient 54.000 de moins en 2012 qu’en 2011, ce qui représente une diminution de 13%, quatre fois plus que les filles.

Les difficultés des enfants issus des classes populaires anglaises ne sont pas nouvelles. Elles sont manifestes dès la sixième. Seuls 66% des enfants bénéficiant de la gratuité dans les cantines avaient acquis le niveau attendu en maths et en anglais à ces examens, contre 82% des autres enfants. Les «petits blancs» sont particulièrement touchés, puisqu’ils n’étaient que 60% à y parvenir, contre 68% de noirs.

Il faut se mobiliser pour «convaincre certains groupes de gens que l’université est aussi pour eux», estime Sally Hunt, secrétaire générale de l’University and College Union, un syndicat de professeurs. Mais l’augmentation des droits d’inscription constitue de fait une barrière importante, selon elle. «Nous avons besoin que nos plus brillants élèves puissent poursuivre leurs rêves. Cependant, la politique du gouvernement actuel a fait de l’université une option bien plus coûteuse qu’auparavant, ce qui est confirmé par la chute des inscriptions enregistrées».

La hausse des droits d’inscription pointée du doigt
Les enseignants sont d’ailleurs nombreux à mettre en cause les frais de scolarité, qui ont bondi, l’année dernière, de 4000€ à plus de 10.000€ dans la plupart des universités, afin de compenser la baisse de la contribution du gouvernement, qui passera en 2014 de 4,6 milliards à 2 milliards de livres sterling .

Sur BBC Radio 4, David Willets s’est défendu de vouloir laisser des jeunes sur le côté: «Quand les droits d’inscription à l’université ont augmenté, l’une des choses que nous avons fait avec l’argent supplémentaire était de dire aux universités: vous devez investir un tiers de cet argent pour tendre la main aux plus défavorisés et améliorer leur accès au supérieur. Cet argent représente des centaines de millions de livres qui sont aujourd’hui disponibles pour remplir cet objectif. Nous voulons les voir utilisés aussi efficacement que possible».

Voir de plus:

Protéger les Palestiniens pour les laisser poignarder les Israéliens

Mahmoud Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens afin qu’ils puissent continuer à assassiner les civils israéliens avec des couteaux, des pierres, des voitures-béliers, toutes sortes d’ustensiles.
On doit protéger les assassins, non les victimes. Il a été entendu et applaudi.

Bat Ye’or

Dreuz

31 octobre 2015

C’est une nouvelle mode adoptée par les tueurs de s’en prendre dans le dos aux passants, aux femmes, aux enfants, aux civils désarmés, dans les autobus, les foules, les rues, n’importe où. Pour tuer. Nulle doute que cette mode fera certainement beaucoup d’adeptes, comme celles des détournements d’avions, des massacres, des prises d’otages, du terrorisme international, modes initiées aussi par les Palestiniens et que l’Europe appelle « résistance » quand ses victimes sont israéliennes ou juives, et partout ailleurs « terrorisme ».

Aujourd’hui ce modèle breveté palestinien s’est répandu sur toute la planète.

Moi je l’appelle jihadisme, car les tueries et la terreur constituent depuis treize siècles les stratégies du jihad. L’Europe devrait le savoir, elle qui n’a cessé d’en subir les attaques par terre et par mer. Mais il est vrai qu’elle a décrété qu’Israël était le danger – un peu comme les nazis qui déclaraient que les juifs les menaçaient pour se donner le prétexte de les exterminer – et qu’elle a choisi de se complaire dans une amnésie d’amoureuse béatitude palestinophile arrosée de pétrodollars.

Que la démarche d’Abbas rejoigne celle de la France, ne doit pas surprendre.

Arafat, la créature de la France, lui permit de maintenir le conflit ouvert, de s’opposer à toute paix séparée, à toute solution qui aurait compromis l’élimination d’Israël par sa réduction à une exiguïté territoriale indéfendable. Acharnée à lui arracher lambeaux par lambeaux des pans de son histoire, de ses monuments, de ses terres, la France tente d’écraser enfin sous l’infamie le peuple à la nuque raide, sorti vainqueur de la Shoah et de la dhimmitude. Même les chrétiens du Liban furent sacrifiés à ce dessein.

Mahmoud Abbas évoque 70 ans de souffrance, d’injustice et d’occupation…

On le comprend, son peuple est si frustré de voir des Israéliens libres ! C’est qu’il pense avec nostalgie aux treize siècles de dhimmitude des indigènes juifs et chrétiens victimes du jihad, des expropriations par les envahisseurs arabes, des femmes et des enfants violés et enlevés au cours des siècles, comme Boko Haram le fait maintenant, des esclaves sexuelles dhimmis, des rançons et de l’extorsion fiscale, de l’esclavage, des massacres et pillages périodiques, des lois discriminatoires, des expulsions des villes et des villages, des vêtements spécifiques pour les dhimmis, de leurs lieux de culte islamisés, pillés, détruits, de la destruction de leur culture (comme le fait l’Etat islamique maintenant), faits divers quotidiens de la dhimmitude en Terre sainte islamisée.

Jamais il n’y eut de temple juif à Jérusalem, rien que des mosquées, Jésus allait prier à la mosquée. Les juifs sont des pilleurs d’histoire – de l’histoire musulmane. L’Europe en est aussi convaincue et a voté pour l’islamisation des lieux saints juifs, débaptisant le Mont du Temple en esplanade des mosquées.

Le bon vieux temps, quand juifs et chrétiens rasaient les murs
Abbas plaide pour un retour aux temps de la dhimmitude dont la Syrie, la Libye, l’Afghanistan, le Yémen sont les prototypes. Ça c’était le bon vieux temps, quand juifs et chrétiens rasaient les murs, les yeux baissés, cédant le chemin aux musulmans, désarmés car ils n’avaient pas le droit de se défendre… le temps de la tolérance sous la charia, du vivre-ensemble harmonieux et dans la paix de l’islam.

Abbas demande à l’ONU de lui restituer ces privilèges.

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Qu’il se rassure, il aura derrière lui toute l’Europe qui respecte les droits de l’homme – sauf ceux des Israéliens. Mais sont-ils des hommes ? L’Europe hésite entre colons et singes, colons en tous cas !

D’ailleurs c’est peut-être elle qui a suggéré à Abbas cette démarche ? Sans doute en a-t-elle assez de payer des milliards à ses ONGs pour diffuser au plan planétaire la haine d’Israël.

D’autant plus que tout le monde le sait maintenant. Grâce aux révélations de NGO Monitor, on connait les montants fabuleux versés par chaque Etat, les Eglises, les fondations et l’Union européenne ainsi que les ONGs récipiendaires.

Il faut en finir avec Israël, car les centaines de milliers d’immigrants musulmans qui accourent en Europe et qu’elle accueille à bras ouverts avec une sollicitude attendrissante auront besoin de ces fonds pour leur nouvelle installation…

Voir de même:

A Genève, Mahmoud Abbas demande une protection internationale «urgente»
Lors d’une réunion spéciale du Conseil des droits de l’homme, durant laquelle Israël ne pouvait pas répliquer, le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé l’ONU à créer de toute urgence «un régime de protection internationale du peuple palestinien»

Le Temps

28 octobre 2015

Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé mercredi à Genève l’ONU à créer de toute urgence «un régime de protection internationale du peuple palestinien». La situation dans les territoires est la pire depuis 1948, a-t-il dit.

«Je m’adresse au Conseil de sécurité, en lui demandant plus urgemment que jamais de mettre en place un régime de protection internationale du peuple palestinien immédiatement», a déclaré Mahmoud Abbas lors d’une réunion spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU convoquée à sa demande.

«La situation des droits humains dans le territoire palestinien, y compris à Jérusalem-Est, est la plus critique et la pire depuis», s’est exclamé Mahmoud Abbas. «Cela requiert une intervention forte et décisive, avant qu’il ne soit trop tard, de l’ONU et de ses Etats membres», a déclaré le président palestinien.

Espoirs «annihilés»
«Nous avons besoin de votre protection. Protégez-nous, protégez-nous. Nous avons besoin de vous», a-t-il lancé. Pour Mahmoud Abbas, «il est inacceptable d’imaginer que la situation actuelle persiste car cela annihilera tous les espoirs d’une paix fondée sur une solution de deux Etats».

Mahmoud Abbas a accusé les «forces d’occupation» israéliennes d’avoir «récemment intensifié leurs pratiques criminelles au point de mener des exécutions extrajudiciaires contre des civils palestiniens sans défense». Depuis le 1er octobre, les territoires palestiniens, Jérusalem et Israël sont le théâtre d’une spirale de violences dans le cadre de la «guerre des couteaux» qui fait craindre une troisième Intifada.

«Le désespoir profond, les pressions, le sentiment d’insécurité dans lesquels vit la population palestinienne depuis longtemps sont des facteurs qui exacerbent la frustration de la jeunesse et la poussent à se révolter», a averti le président palestinien.

Des ovations, et pas de réponse
La communauté internationale se doit d’agir pour veiller au respect du droit international, a encore dit le président palestinien, en demandant que la déclaration adoptée l’an dernier à Genève par les Etats parties aux Conventions de Genève sur le respect de ces Conventions dans les territoires occupés soit pleinement appliquée.

«Il ne sert plus à rien de perdre du temps dans des négociations stériles. Il faut mettre fin à l’occupation», a lancé Mahmoud Abbas, dans un discours ovationné debout par la plupart des Etats présents. Les membres du Conseil des droits de l’homme, dont Israël, ne pouvaient pas répondre au discours du président palestinien, dans le cadre de cette réunion spéciale dite «de courtoisie» – ce n’est donc pas une session extraordinaire.

Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme évoque une «catastrophe»
S’exprimant avant Mahmoud Abbas, le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a pour sa part estimé que la crise entre Israël et les Palestiniens était «extrêmement dangereuse» et allait mener à une «catastrophe» si rien n’est fait pour que cessent immédiatement les violences.

Il a dénoncé la montée de la peur qui peut mener à «une confrontation plus large et plus terrible». «Il faut cesser les attaques terroristes, que les gens ne soient plus poignardés. Les actions des colons à Jérusalem-Est doivent cesser, l’emploi excessif de la police israélienne doit cesser, les démolitions de maison doivent cesser, et le blocus de Gaza aussi», a dit le haut-commissaire.

Il a par ailleurs dénoncé un «recours disproportionné à la force» par les forces de sécurité israéliennes «qui nous amènent à soupçonner fortement des exécutions extrajudiciaires».

Voir de plus:

Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens
Conseil des droits de l’hommeLe chef de l’Autorité palestinienne poursuit sa bataille diplomatique devant le Conseil des Droits de l’homme.
Mahmoud Abbas, le chef de l’Autorité palestinienne Image: EPA
Alain Jourdan

28.10.2015

Mahmoud Abbas, continue sa tournée en Europe et poursuit son offensive diplomatique pour tenter de gagner des soutiens et affaiblir Israël. Ce mercredi, c’est à la tribune du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève que le président de l’Autorité palestinienne a lancé de nouveau un appel à la communauté internationale. «Chacun doit assumer ses responsabilités avant qu’il ne soit trop tard», a-t-il prévenu avant de réclamer «la mise en place d’urgence d’un régime spécial de protection international pour les Palestiniens».

Mahmoud Abbas a rejeté la responsabilité des événements qui agitent Jérusalem et les territoires occupés sur Israël, son armée et ses colons. «C’est la conséquence de l’étau mis sur la population: le doublement des colonies, les constructions illicites sous la mosquée Al-Aqsa, l’édification d’un mur pour aliéner les quartiers palestiniens, les exécutions extrajudiciaires…», a expliqué le président de l’Autorité palestinienne. Il a affirmé qu’Israël avait protégé «les forces extrémistes qui s’en prennent aux sites religieux chrétiens et musulmans».

«Toute tentative de remise en cause du statu quo de 1967 pourrait avoir de très graves conséquences. Cela risquerait de transformer ce conflit politique en un conflit religieux», a mis en garde Mahmoud Abbas avant d’exhorter l’ONU à faire respecter toutes les résolutions adoptées ces dernières années. «Le temps n’est-il pas venu pour la communauté internationale de cesser de parler de la cause palestinienne, de prendre enfin des mesures pratiques et de lancer des procédures qui iraient dans le sens de la justice?», a-t-il lancé. Et d’ajouter un peu plus tard: «Nous avons vécu 70 ans de souffrance, d’injustice et de perpétuation (…) de la plus longue occupation de l‘histoire moderne, c’est assez!»

Pour le président de l’Autorité palestinienne, «la paix est encore à portée de main» mais plus pour longtemps. «La formule à appliquer est simple. Israël doit mettre un terme à l’occupation de nos terres, stopper l’oppression et empêcher les colons de commettre des actes criminels», a-t-il expliqué. Et d’ajouter: «Nous réclamons l’unité de notre terre et de notre peuple, nous refusons toute solution autre intérimaire ou partielle».

Pendant près de quarante minutes, devant un parterre de diplomates très attentifs, Mahmoud Abbas a étiré son argumentaire, assurant que le futur Etat palestinien veillerait à respecter tous les plus hauts standards du droit international.

Comme à New York, le 30 septembre dernier, le chef de l’Autorité palestinienne a répété qu’un accord était sans valeur dès lors que l’une des deux parties ne le respectait pas. «Nous n’aurons pas la sécurité et la stabilité tant que l’occupation israélienne continuera et tant que la Palestine n’aura pas son indépendance avec Jérusalem Est pour capitale, dans le respect des frontières de 1967», a martelé Mahmoud Abbas.

Voir enfin:

Palestine : nouvelles données transmises à la CPI
Le Monde.fr avec AFP et Reuters

31.10.2015

C’est le troisième dossier déposé depuis le début de l’année. L’Autorité palestinienne a transmis vendredi 30 octobre à la Cour pénale internationale (CPI) de nouveaux éléments pour tenter d’obtenir l’adjonction des dernières violences dans les territoires palestiniens à l’enquête liée au conflit de l’été 2014 dans la bande de Gaza.

Après une réunion avec la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, le ministre palestinien des affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a déclaré que le nouveau dossier contenait des preuves d’« exécutions extrajudiciaires, de démolition d’habitations, de sanctions collectives », y compris des faits remontants aux quarante derniers jours.

Depuis le 1er octobre, une vague de heurts, d’agressions et d’attentats anti-israéliens a fait 63 morts (dont un Arabe israélien), côté palestinien, et neuf, côté israélien, dans les territoires à Jérusalem et en Israël. La moitié des Palestiniens tués ont été abattus en commettant des attentats.

Un rapport d’Amnesty international, publié le 27 octobre, recense quatre cas avérés où des Palestiniens « ont été délibérément abattus par les forces israéliennes alors qu’ils ne posaient pas de danger immédiat à leur vie, dans ce qui apparaît comme des exécutions extrajudiciaires. »

Visite à Gaza impossible
L’Autorité palestinienne a adhéré à la CPI au début de l’année, suscitant des protestations de la part d’Israël, des Etats-Unis et de plusieurs pays européens. Dès janvier, la CPI a ouvert une enquête préliminaire sur la guerre de cinquante jours qui a fait 2 100 morts, côté palestinien, pour la plupart des civils, et plus de 70 morts côté israélien, presque exclusivement des soldats, à l’été 2014 dans la bande de Gaza.

Mais les responsables de La Haye n’ont pas encore pu se rendre sur place, les Israéliens leur défendant d’accéder à l’enclave palestinienne. Le ministre palestinien rapporte qu’ils « ont promis qu’ils poursuivraient leurs efforts pour obtenir les autorisations (…) d’une visite ».

Centaines de logements dans des colonies, « légalisés » par Israël
Dans le climat de tension exacerbée entre Israéliens et Palestiniens, le gouvernement a légalisé rétroactivement vendredi près de 800 logements dans des colonies de Cisjordanie occupée. Les habitations se trouvent dans les colonies de Yakir (377 logements), Itamar (187) et Shiloh (94), dans le nord de la Cisjordanie, et de Sansana (97) dans le sud du territoire palestinien, selon des informations publiées sur le site du ministère de l’intérieur israélien.

La décision date d’il y a deux semaines mais vient juste d’être rapportée dans la presse israélienne. Pour la communauté internationale, toutes les colonies israéliennes en Cisjordanie sont illégales, mais Israël fait la distinction entre colonies « légales » et sauvages.

« Même si cela n’a pas l’impact de l’annonce de nouvelles constructions, il s’agit indéniablement d’un gage accordé aux colons par (Benjamin) Nétanyahou », le premier ministre israélien, a déclaré à l’AFP Hagit Ofran, une des responsables de l’organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

Voir par ailleurs:

Londres a sous-estimé l’islamisme au nom du politiquement correct
Fayez Nureldine
Sputnik

01.11.2015

Le ministre des Affaires étrangères britannique a avoué que le gouvernement britannique fermait les yeux sur la propagation de l’activité extrémiste dans le pays au nom de « multiculturalisme ».

La Grande-Bretagne a réalisé trop tard le danger lié à l’extrémisme islamiste, a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond lors d’une visite au Bahreïn.

Selon lui, la montée en puissance des tendances extrémistes est le « défi principal » du monde contemporain.

« En Grande-Bretagne, nous l’avons réalisé un peu trop tard, mais nous devons résister à toutes les formes d’extrémisme, et pas uniquement celles qui impliquent de la violence », a-t-il déclaré.

« Nous avons reconnu à contrecœur le lien entre une forme agressive d’extrémisme et toutes les autres formes d’extrémisme. Pendant des décennies, nous avons à tort fait une différence entre ces deux formes. Au nom de multiculturalisme, nous avons toléré et même salué des idées, un modèle de comportement et l’activité d’organisations qui semaient la division et l’intolérance », a souligné le chef de la diplomatie britannique.

Philip Hammond a expliqué que la stratégie de lutte antiterroriste du gouvernement comprendra entre autre l’examen des raisons de ce qui pousse « des jeunes hommes et femmes à refuser un bon travail et des perspectives afin de mourir sous le drapeau noir de l’Etat islamique ».

« Personne ne devient terroriste en une nuit. C’est tout un processus de radicalisation, c’est une voie qui commence par des expériences naïves avec un système des valeurs simplifié et qui finit par l’autodestruction », a-t-il ajouté.

Il est à noter qu’un département spécial d’analyse de l’extrémisme a été créé au sein du ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni afin de détecter les terroristes potentiels.

Au Royaume-Uni, les terroristes potentiels se comptent par milliers
Auparavant, les médias britanniques ont rapporté, en se référant à des sources au sein des services de renseignement, que près de 3.000 islamistes prêts à perpétrer des attentats à tout moment se trouvent sur le territoire du Royaume-Uni. La moitié des suspects habite à Londres, mais d’autres régions sont qualifiées de « problématiques », notamment le comté des Midlands de l’Ouest et la ville de Manchester (nord-ouest).

Selon les dernières informations, plus de 28.000 ressortissants d’Europe, d’Asie et d’Amérique ont rejoint les rangs des organisations djihadistes Al-Qaïda et Etat islamique, des hommes âgés de 15 à 35 ans pour la plupart, principalement motivés par l’idéologie extrémiste. Les autres raisons qui les poussent à se joindre aux djihadistes sont la rémunération ainsi que la lassitude liée à la vie quotidienne dans leurs pays d’origine.

Début 2014, le groupe djihadiste Etat islamique cherche à créer un califat sur les territoires irakiens et syriens tombés sous son contrôle. Il est à noter que les terroristes visent également les pays occidentaux. Ainsi, le nombre d’attentats dans les pays européens s’est considérablement accru en 2015.

Voir encore:

Was Chris Mercer Harper Inspired by Vester Flanagan?
Sam Prince

October 1, 2015

A blog post allegedly written by reported Umpqua Community College gunman Chris Mercer Harper seems to idolize Vester Flanagan, the man who killed two WDBJ7 TV reporters on-camera last month. A post written on August 31, in a blog allegedly operated by Harper, states:

A transcript reads:

As I’m sure you all know, a few days ago there was a shooting in Virginia. A man named Vester Flanagan opened fire on two former colleagues on live tv. He also recorded his own footage of the event. While reading about the event, I read some excerpts of his manifesto the media was releasing. And I have to say, anyone who knew him could have seen this coming. People like him have nothing left to live for, and the only thing left to do is lash out at a society that has abandoned them.

His family described him as alone, no partner/lover. A victim not only of his own perception but also of our social media soaked enviroment. He posted the footage on facebook and twitter as well tweeting while he was running from the cops because he wanted the world to see his actions, much like many others post menial and trivial details of their life online and expect us to see it. Only his was at least a bit more interesting.

On an interesting note, I have noticed that so many people like him are all alone and unknown, yet when they spill a little blood, the whole world knows who they are. A man who was known by no one, is now known by everyone. His face splashed across every screen, his name across the lips of every person on the planet, all in the course of one day. Seems the more people you kill, the more your’re in the limelight.

Sorry if this seems a bit disjointed, but these are just my thoughts on the matter. I thought I’d post this seeing as how my last blog post generated some good comments.

Also, if anyone gets the chance, go on youtube and see the footage of him shooting those people. It’s a short video but good nonetheless. Will post more later
Flanagan opened fire during a live interview with a member of the local Chamber of Commerce. Cameraman Adam Ward, 27, and reporter Alison Parker, 23, of WDBJ 7 TV, were killed. The woman being interviewed, Vicki Gardner, was also shot and wounded, the Roanoke Times reports, but recovered. Gardner is the executive director at the Smith Mountain Lake Regional Chamber of Commerce.

Most notably, Flanagan posted video of the shooting on his Facebook and Twitter pages. The video shows him approaching the victims, and pointing a gun at them. He is behind them for several moments as Parker interviews Gardner. He holds the gun out until Ward turns the camera back toward Parker and Gardner, and then begins firing. The camera then shakes and drops as he opens fire. The camera continues recording, with a black screen, as screams and several more gunshots are heard. Flanagan fired 15 times, emptying the entire magazine of the Glock handgun he was carrying. He purchased the gun legally two weeks before the shooting.

Flanagan was later confronted by police in Fauquier County, about three hours away from where the shooting occurred.

Voir enfin:

Monde
VIDEO. Etats-Unis: Un policier a été abattu d’une balle dans la tête à New York
FAITS DIVERS Il était âgé de 33 ans…

20 Minutes avec AFP

21.10.2015

La balle l’a frappé en pleine tête. Et il n’a pas survécu. Un policier new-yorkais âgé de 33 ans est mort dans la nuit de mardi à mercredi. Originaire du Guyana en Amérique du Sud, Randolph Holder travaillait dans la police de New York depuis cinq ans.

Son père et son grand-père étaient également policiers au Guyana, a précisé le chef de la police Bill Bratton lors d’une conférence de presse. Randolph Holder s’était rendu à Harlem avec plusieurs collègues après des coups de feu dans un parc près d’un quartier HLM.

Le suspect a été arrêté
Une victime sur place a affirmé qu’un homme armé venait de lui voler son vélo. Le suspect à vélo a été localisé, et un échange de coups de feu a suivi, durant lequel le policier, qui était en civil, a été atteint d’une balle en pleine tête. Il est décédé peu après, a raconté le chef de la police.

Un suspect a été arrêté. Il a été blessé à la jambe lors d’un échange de coups de feu, a précisé Bratton. Trois autres hommes ont également été interpellés, soupçonnés d’avoir participé aux événements de la nuit.

Bratton a rendu hommage à Randolph Holder, soulignant qu’après avoir «reçu un appel, il avait couru vers le danger. C’est la dernière fois qu’il répondra à cet appel», a-t-il ajouté. Randolph Holder est le quatrième policier new-yorkais tué depuis décembre 2014.

Quatrième policier tué
Deux agents des forces de l’ordre, Wenjian Liu, 32 ans, et Rafael Ramos, 40 ans, avaient été tués par balle le 20 décembre 2014 alors qu’ils étaient assis dans leur voiture à Brooklyn. Leur meurtrier, qui semblait vouloir venger ainsi la mort de deux noirs tués par la police aux Etats-Unis, s’était ensuite suicidé.

En mai dernier, un autre policier de 25 ans, Brian Moore, avait été tué par balle dans sa voiture dans le quartier du Queens. Un suspect a été arrêté et inculpé.

Voir de même:

New York: Deux policiers abattus dans leur voiture, Obama condamne
ENQUETE Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, 28 ans, a tiré à plusieurs reprises sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture, à travers la fenêtre du passager, les atteignant à la tête…

20.12.2014

Le président américain Barack Obama a condamné ce dimanche «inconditionnellement» l’assassinat à New York de deux policiers abattus de sang froid par un homme seul, à un moment où la mort de Noirs non armés entre les mains de la police a exacerbé les tensions.

«Je condamne inconditionnellement le meurtre aujourd’hui de deux policiers à New York. Deux hommes courageux ne rentreront pas chez eux ce soir retrouver leurs proches, et pour cela il n’y a aucune justification», a déclaré le président Obama dans un communiqué. «Aujourd’hui, je demande aux gens de rejeter la violence et les mots qui blessent et de préférer les mots qui guérissent», a ajouté le président.

Contexte tendu
Les deux policiers -Wenjian Liu, marié depuis deux mois et Rafael Ramos- ont été tués par balles samedi après-midi à Brooklyn dans leur voiture, «assassinés» par un homme noir de 28 ans qui s’est ensuite suicidé, a annoncé la police de New York. Le double meurtre, commis en plein jour dans la plus grande ville des Etats-Unis absorbée par les préparatrifs de Noël, a choqué la population.

L’attaque a eu lieu à Brooklyn, dans le quartier de Bedford Stuyvesant à 14h50 locales (20h50 à Paris), dans un contexte tendu du fait de manifestations à répétition à New York, après la récente décision d’un grand jury de ne pas poursuivre un policier impliqué dans la mort d’Eric Garner, père de six enfants soupçonné de vente illégale de cigarettes mort en juillet dernier lors d’une interpellation musclée à Staten Island, et après la mort d’un autre Noir non armé, tué dans la cage d’escalier obscure d’une HLM de Brooklyn le 20 novembre par un policier débutant.

«Purement et simplement assassinés»
Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, a tiré à plusieurs reprises à travers la fenêtre du passager sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture de patrouille et n’ont pas eu le temps de sortir leur arme, les atteignant à la tête. «Ils ont été tués par balle, sans avertissement. Ils ont été purement et simplement assassinés», a déclaré, très ému, le chef de la police Bill Bratton, lors d’une conférence de presse.

Le meurtrier, qui n’aurait pas de lien terroriste, était venu de Baltimore, à 300 km au sud de New York. Pourchassé par d’autres policiers alors qu’il s’enfuyait à pied, il a mis fin à ses jours sur un quai de métro à proximité, a ajouté le chef de la police. Selon Bill Bratton, il avait auparavant posté sur les réseaux sociaux des commentaires très hostiles à la police.

Police traumatisée
Il y mentionnait Eric Garner et Michael Brown, un jeune noir tué par la police à Ferguson (Missouri) en août, selon les médias locaux. Le double meurtre a profondément traumatisé la plus importante force de police des Etats-Unis, dont deux membres avaient déjà été attaqués le 24 octobre par un homme armé d’une hachette. Le maire de New York Bill de Blasio, démocrate dont les relations sont difficiles avec sa police, a dénoncé samedi soir un «assassinat ressemblant à une exécution».

Le procureur de l’Etat de New York Eric Schneiderman a évoqué un «acte affreux de violence» et de nombreux policiers des différents commissariats de New York ont exprimé leur choc sur Twitter, envoyant condoléances et prières aux familles des victimes. C’est la septième fois depuis 1972 que des policiers travaillant à deux sont ainsi tués à New York, selon Bill Bratton.

Le meurtrier avait aussi blessé par balle samedi matin son ex-petite amie à Baltimore, avant de partir pour New York, a indiqué Bill Bratton. Il a expliqué que Brinsley utilisait apparemment le compte instagram de la jeune femme pour ses commentaires anti-police.

Voir par ailleurs:

Report: ‘Desperate’ Harvey Weinstein ‘Wants Tarantino to Apologize’ For Cop Hate

John Nolte

31 Oct 2015

Page Six reports that no less than Harvey Weinstein, producer of “The Hateful Eight,” has joined much of the rest of the world in expressing his anger at director Quentin Tarantino’s anti-cop hate rhetoric. According to the report, Weinstein, who probably has close to $80 million invested in the three-hour Western, is “desperate” for “Tarantino to apologize, or at least walk back his comments.”

Apparently, Weinstein is said to be considering “conciliatory moves, such as special screenings of “The Hateful Eight” for police officers and their families.”

But it is hard to imagine Tarantino being okay with that.

Why would the director want “murderers” and their families to enjoy a free screening of one of his movies?

Last weekend, at an anti-cop hate rally in New York, that’s what Tarantino repeatedly called police officers: “murderers.” And now the roof is caving in as one powerful, big city police union after another joins a boycott against “The Hateful Eight,” which hits theaters this Christmas.

It is no secret that Weinstein has had one of his worst years ever at the box office. After publicity costs, “Paddington” probably didn’t break even. Same with “Woman In Gold.” The Weinstein Company desperately needs “Hateful Eight” to not just refill the company coffers but to be in Oscar contention.

Weinstein is no stranger to controversy. Like his director, Weinstein has been afflicted with the bubble-dumbness that comes with years of living in the provincial world of left-wing Hollywood. In 2009, Weinstein led the charge in one of Hollywood’s worst public relations debacles ever — in defense of Roman Polanski, a man who fled justice and has never paid a price for drugging, raping, and sodomizing a 13 year-old girl.

As the American population has increased over the last 15 years, ticket sales have flat-lined.  Hollywood is the only business in the world that regularly insults half its customers and then deludes themselves into believing it doesn’t matter.

It does. And in the age of New Media, where the corrupt legacy media can no longer bottleneck or manipulate information inconvenient to Hollywood’s bottom line, the problem is only going to get worse.

Voir aussi:

Roof Caves In On Cop-Hater Tarantino: 1,000 Police Organizations Join ‘Hateful Eight’ Boycott

John Nolte

31 Oct 2015

The chickens have come home to roost for director Quentin Tarantino, a thousand of them in fact, as the National Association of Police Organizations announces that it, and the 1,000 police units and associations it represents, will join the boycott against “The Hateful Eight.”

Add to that number nearly a quarter of a million law enforcement officers represented by this group.

In a cynical attempt to boost his standing with the left-wing black media, the sheltered, out-of-touch Tarantino joined a Black Lives Matter-affiliated anti-cop hate rally and called police officers “murderers.”

Harvey Weinstein, producer of “The Hateful Eight,” is reportedly “furious” at Tarantino and “desperate” to see the director apologize for his objectively appalling comments. Weinstein has somewhere around $80 million invested in the three-hour Western, and after a lousy year, desperately needs a box office hit and an Oscar contender.

You can’t succeed in Hollywood at the level Tarantino has without being smart. His problem is that he’s bubble-dumb, so shielded and removed from real life that he thought spewing anti-police hate at a hate rally was good public relations.

Mr. Tarantino needs to turn off CNN, grow a beard, and move to Wyoming for a year.

Provincialism does not become him personally, nor does it become his art.

Voir enfin:

Palestinian Suffering

Richard Landes

The Augean stables

PALESTINIAN SUFFERING

Few people have suffered more constant misery and daily oppression in the last 50 years than the Palestinians. The key issue, however, concerns not the amount — although it has obviously been grossly exaggerated — but the source of that suffering. There are wildly varying accounts of who is to blame. Our purpose here is not to assess how much blame to assign – that everyone must do on their own – but to list the major contributors to Palestinian suffering, and what is the nature of that contribution. We welcome comment, further examples, suggestions, links, reflections, additions.

ISRAEL:

The most obvious source of Palestinian suffering is the Israelis. According to the dominant Palestinian “victim” narrative, the Zionists came into the region, took their land, and, when war broke out in 1948, drove almost a million of them from their homes and relegated those who remained to second-class citizenship. The dominant Israeli narrative has argued that they came as civilians, purchasing property, developing the economy, clearing malaria-infested swamps. Israelis claim that most of the refugees were created by the Arab armies that sought to destroy Israel and urged the Arab inhabitants to leave. Arabs, whose own leaders openly declared their intention to massacre Israelis, naturally believed that the Israelis would do the same to them.

Recently Israeli “new” or “post-Zionist” historians have questioned the Israeli version, arguing that there were concerted efforts to drive out Arab populations, as well as some actual massacres of Arab civilians. This revisionist work has received sharp criticism from historians who argue that these writers have misrepresented, even distorted the contents of the archives on which they base their work. (That Israeli historians would distort history to criticize their own country may strike some as bizarre if not inexplicable, but such a move combines both hyper-self-criticism with therapeutic history: If we apologize, maybe they’ll stop hating us.) Not surprisingly, the Palestinian reaction to Israeli post-Zionism has been more favorable: they think it confirms their narrative, and affirms their grievances.

Since the conquest of the West Bank and Gaza Strip in the 1967 war, over 2 million Palestinians have come under the military rule of Israel; and since the two uprisings of 1987-92 and 2000-?, the hostilities have produced a particularly onerous situation, in which Palestinian suffering most obviously derives from Israeli actions – curfews, check-points and shut-downs. To those who do not know the history of the conflict, the image of the Palestinian David throwing rocks and the Israeli Goliath in his tanks and planes seems not only accurate but poetically ironic.

the new intifada
Book cover for The New Intifada: Resisting Israel’s Apartheid

Most observers who, consciously or unconsciously accept the way that Arab and Palestinian leadership have framed the struggle in terms of zero-sum outcomes, stop here. This is the foundation of both the Politically-Correct and the Post-Colonial Paradigms (PCP1 & 2). For the politically correct, who would not dream of challenging the Arab mind-set, there is no need to go further. Indeed some, exceptionally self-critical Israelis go still farther in the same direction: It is the Arabs who have sought peace and the Israelis who have rebuffed them. Obviously, Israeli victories mean Palestinian defeats; obviously Israeli presence means Palestinian displacements; obviously Israeli independence is a Palestinian Naqba. Obviously Israel and its ally America are the greatest contributors to Palestinian suffering. And were this the only way to conceive of the conflict, such a narrative might well be true.

But from the perspective of progressive, positive-sum interactions and the civil society such interactions foster, this can hardly be the whole story. On the contrary, when Zionists first came to Palestine the population was under a million. Today it pushes 10 million. Modern civil society and the culture of abundance that it produces can create many new opportunities for all involved. This need not have been a zero-sum conflict, and while some Zionists, observing the growing dominion of al Husseini, argued for kicking Arabs out, many more continued to argue for a productive collaboration. So we now turn to the other sources of Palestinian suffering, those who have either forced or encouraged the Palestinians to see it only as a zero-sum game, and to see the Israelis only through the lens of their own political rules: Dominate or be dominated.

ARAB POLITICAL CULTURE:

The contribution of Arab political culture to the suffering of Palestinians is less evident to those who do not know the history of the conflict. Arab political culture before Zionism was among the most autocratic and exploitative of the many “traditional” political cultures: With Turkish administrators, wealthy Arab landlords living in Egypt, and Bedouin tribes raiding whenever they could, the plight of the Palestinian peasant had involved plenty of suffering. That kind of suffering continues endemically throughout the Arab world today, regardless of whether the populace lives in an oil-rich state or not.

It is characteristic of prime-divider societies run by adherents of the dominating imperative.

But the Arab-Israeli conflict has increased the role of Arab political culture in the specific suffering of the Palestinians as a people. Fundamentally committed to zero-sum outcomes in this conflict – Israel should not exist, and nothing short of the elimination of the “Zionist entity” could resolve the conflict – Arab political culture has consistently chosen wars they lose to resolution in this conflict. In the inability to succeed in this goal, Arab political culture has largely preferred negative-sum solutions than exploring mutually beneficial solutions.

In 1958, Ralph Galloway, former UNWRA director wrote:

“The Arab states do not want to solve the refugee problem. They want to keep it as an open sore, as an affront to the United Nations, and as a weapon against Israel. Arab leaders do not give a damn whether Arab refugees live or die.”

One might even make a more damning assertion: they do care; they want and need them to suffer.

ARAB LEAGUE:

Thus when the UN resolution of 1947 created two states, with the Palestinian one significantly greater than the Israeli, which consisted of three scarcely contiguous units, the largest of which was desert wilderness, the Arab League, without consultation with the Palestinian people (just coordination with the Nazi ally al-Husseini, rejected the partition and prepared for a war of annihilation.

The ensuing disaster (al-Naqba) produced a much larger and contiguous Israel with a substantial minority of Arab residents, and a widely dispersed population of Arab war refugees. At this point, rather than negotiate the best possible situation for the refugees, the Arab League unanimously chose to continue the war and confine the Palestinian refugees to camps, as a weapon against Israel. The Palestinians became the sacrificial pawn of Arab politics, forced to live in squalor, indoctrinated with Nazi-inspired propaganda in their schools, and held up to the world as an example of Israeli crimes against humanity. And of course, the worse they suffer, the worse the crime.

But whose crime?

This state of affairs beggars the liberal imagination. Indeed many observers just assume that it was the Israelis who put the refugees in camps and kept them there. Michael Moore speaks about a visit to the refugee camps in 1988:

Although in my life I had already traveled through Central America, China, Southeast Asia, and other parts of the Middle East. I wasn’t ready for what I saw in the refugee camps in the Occupied Territories. I had never encountered such squalor, debasement, and utter misery. To force human beings to live in these conditions – and deo so at the barrel of a gun, for more than forty years — just made no sense. Stupid White Men, p. 178.

Now Moore seems to presume that it’s the Israelis who have done this to the Palestinians. (His next paragraph goes into how badly the Jews have been treated in the past and how sad that they should turn around and do it to someone else — the favorite formula of those attracted to moral Schadenfreude.) He seems to have no awareness that for the first (and critical) half of the Palestinian experience of refugee confinement, it was Arab rulers and Arab guns who kept them in misery, and that once Israel took over they tried to move these unfortunate victims out into decent housing, and it was the Arabs who pushed UN Resolutions insisting that they be returned to the squalor of the camps.

How much more nonsensical is that — it’s the Arabs who want their misery, not the Israelis?

Unless one thinks in terms of Domineering Cognitive Egocentrism, and the Honor-Jihad Paradigm.

After the second Naqba of 1967, with the Israelis offering to return most of the conquered territories in exchange for peace, the Arab League met at Khartoum and issued the “Three No’s” – “No negotiations, no recognition, no peace!” In the context of contributing to Palestinian suffering, this decision of the Arab League — with Arafat, al-Husseini’s nephew, representing the Palestinian people’s “interests” — reveals perhaps more than anything, the “incomprehensible” skew of this conflict. To save the “honor” of the Arab nation and not have to recognize or make peace with this rebellious, tiny, Dhimmi people, these Arab leaders preferred to leave over two million Arabs under Israeli rule. And given how for an Arab Muslim, it is a stain to one’s honor to live under the rule of another people — above all, a people who should be subject — they knew that this “occupation” they were sanctioning, would poison the Israeli’s world no matter how beneficent or economically advantageous Israeli rule might prove.

And when the Palestinians threatened the stability of the Hashemite kingdom in Jordan – the only Arab country to offer them citizenship – King Hussein’s troops massacred as many as 10,000 Palestinian men, women and children in one month, remembered in Palestinian lore as Black September. PLO troops fled to Israel rather than fall into Jordanian hands. Many Palestinians and other Arabs acknowledge their victimization by their “fellow” Arabs. Current Palestinian Authority Prime-Minister Mahumud Abbas said in 1976 that,

…the Arab armies entered Palestine to protect the Palestinians from Zionist tyranny but, instead, they abandoned them, forced them to emigrate, and to leave their homeland, and threw them into prisons similar to the ghettos in which the Jews used to live.” (Falastin a-Thaura, March 1976).

However, such honest remarks by Palestinians are tempered partly by their desire to enlist support from the very Arabs who victimized them, partly by their fear of reprisal, partly by their honor-bound need to believe that the Israelis are their greatest enemies.

PALESTINIAN LEADERSHIP: Palestinian political culture, from the earliest period of Zionist settlement, has fostered the zero-sum mentality whenever possible. The uprising of 1936-9, supposedly fighting the British and the Zionists, ended up killing far more Arabs (vendettas, looting) than either English or Jews. The Peel Commission (1939) asked Arab rioters why, despite the increased levels of prosperity brought to Palestine by their arrival, they attacked the Jews, one Arab responded:

You say we are better off: you say my house has been enriched by the strangers who have entered it. But it is my house, and I did not invite the strangers in, or ask them to enrich it, and I do not care how poor it is if I am only master of it.” (Weathered by Miracles, p. 207)

The pattern whereby the Palestinians suffered more from the militant policies of their leadership than Israelis became a standard feature of all the “uprisings,” from the “nationalist uprising” of 1936-39, to the “intifada” of the late 1980s and the “second intifada” of 2000. In general, terrorists almost never limit their aggression to the “enemy”, and since their own populations do not have the protection that enemies can mobilize, they tend to suffer the daily impositions of their “militants” far more. And until it becomes completely unbearable, most people in such terror-dominated societies stay silent.

“SECULAR” PALESTINIAN LEADERSHIP: The degree to which Palestinian leadership has followed the lead of Arab League politics in victimizing its own people can best be seen in the formation of the PLO in 1964. Rather than demand the West Bank and the Gaza Strip, governed by Jordan, as a sovereign nation in which they might begin the long-overdue process of getting people out of the refugee camps and into decent housing and work situations, they ignored the plight of their brethren, and focused on the elimination of the Zionist entity. National Liberation consistently took second place to the annihilation of another nation.

The widespread practice of executing “collaborators” without trial, even women, has throttled any “moderate” Palestinian leadership from emerging. Rape and sexual assault of women is a common form of intimidating other Palestinians into cooperation and as a way of rewarding one’s “soldiers” for their efforts. Palestinians themselves often acknowledge how much of their suffering derives from the corruption of their own leaders, but rarely do they take it the further step to wonder whether this is not merely corruption or violence, but also an endemic problem of their political culture.

ISLAMIC POLITICAL CULTURE: The emergence of a powerful culture of Jihad in Palestinian circles (Islamic Jihad and Hamas) have intensified the dynamic of self-inflicted suffering. Promoting a culture of death that encourages youth to die trying to kill Israelis has contributed immeasurably to the casualties among Palestinian youth, whether intentionally or unintentionally. The notion that suffering in this world wins rewards in the world to come gives a particularly powerful motivation to self-destruction. Indeed, Islamic Jihad gives a new meaning to positive-sum outcomes within the framework of negative-sum behavior: if a Muslim dies in battle with the infidel, he goes to heaven; if he succeeds in winning the Jihad, his reward is in this world as well. The war begun in October 2000, in which Islamic Jihad has played a particularly prominent role, has inflicted immense suffering on the Palestinians, perhaps more than almost any earlier catastrophic rush to violence.

INTERNATIONAL FOREIGN POLICY

Once one factors in the ways in which Arab political culture thrives on victimizing the Palestinians, one becomes aware of another source of Palestinian suffering: the “support” the Palestinian leadership gets from outsiders, particularly 1) the Europeans, 2) the UN, 3) the “progressive left,” and 4) the media. For the last three decades, since the mid-1970s, these parties have become increasingly anti-Israel and, supposedly, pro-Palestinian.

The mistake appears in the very formulation. By falling into the zero-sum formulations of the Arab and Palestinian leadership, these major world forces reinforce the very figures who have most to win from victimizing the Palestinians.

LEFT:

The role of the Left may be the single most striking illustration of the ironic reversals in this conflict. One might argue in the last decade that the Palestinians have become the “chosen people” of the Left, in that anyone who is more critical of them than of the Israelis is considered a right-wing neo-conservative (at best). And yet, the Palestinians have hardly flourished under this “progressive” solicitude. Rather than urging the Palestinians to develop the kind of qualities necessary for a progressive state that takes care of its citizens and encourages freedom of thought and expression (e.g., public self-criticism, protection of dissidents), the Left has systematically “explained” Palestinian violence as the result of Israeli (and American) policies. As a result, the Left reinforces the most regressive and fascist elements in Palestinian culture, even as they claim to work for peace and civil society.

MEDIA:

The contribution of the Media to Palestinian suffering may be the most subtle, but also the most pervasive. The nature of media coverage – if it bleeds it leads – has always favored violence, and in particular fed the need of terrorists for attention. Its superficial and dramatic news has encouraged the systematic victimization of Arabs for the purposes of international sympathy. By ignoring or playing down the Palestinian calls for genocide against Israel and hatred of the West, while at the same time portraying Israel as the cause of war and of whatever damage Palestinians do to themselves, the media have contributed to a profound misunderstanding of the sources of – and therefore the solutions to – the conflict.

But the principle “if it bleeds it leads” actually takes second seat in the MSM coverage of the Arab-Israeli conflict to who commits the violence. When Israeli kills a Palestinian child, it receives a good deal of coverage; when the Palestinians kill Palestinian children, newsreports are laconic at best. (Google Palestinians kill Palestinian child and you get only entries on Israelis killing Palestinian children.)

Given the extraordinary sensitivity of Arab honor-shame culture to public disapproval, one might even argue that the sympathy and understanding that the media grant to the most depraved of Palestinian terrorists, represents an enormous opportunity cost. When 500 Palestinian intellectuals denounced suicide terrorism, they did so because it did not serve the Palestinian cause — indeed it lost them international sympathy. Were the international community to have condemned it with even greater insistence, these voices would have had even greater strength. When the media mis-reported the outbreak of Oslo War in late 2000, arousing world-wide support for the Palestinians in their struggle for “freedom”, they encouraged Arafat to believe that “the whole world is behind him” so that he had no need to work to lessen the violence. By promoting and diffusing stories of alleged atrocities committed by Israel without a solid background check, the media reinforce the hate-mongering propaganda of the Palestinian leadership. “Balancing” negative coverage of the Arabs with unfounded accusations of the Israelis, for example, balancing stories of “honor killings” with accusations of rape of Palestinian women by Israelis and seizing on Palestinian accusation of “massacres.”

There is no question how much Palestinians have suffered and continued to suffer, but there are many sources to this suffering. To truly sympathize and help improve the wretched condition of Palestinians, one must understand the wide range the factors that cause their suffering. One way to conceive of this problem is to ask, what if the Palestinians had their own state? Would their conditions improve? To judge by their conditions under Jordanian rule (1948-67), or their conditions in Lebanon when the PLO had power (1970-82), or Gaza after withdrawal (2005-), or by the fate of other Arab peoples ruled over by their own elites… no. If the state and its governors are committed to ruling for the people, if they pursue positive-sum strategies both domestically and with the Israeli neighbors, then we can hope for a dramatic improvement in their condition. But for that to happen, we progressives would need to put our shoulders behind a very different wheel.

Can we do it? What’s preventing us?

Voir par ailleurs:

En Syrie, un djihadiste occidental sur trois serait français
Edouard de Mareschal
Le Figaro
05/09/2014

INFOGRAPHIE – Plus de 3000 Occidentaux seraient partis combattre aux côtés des djihadistes en Syrie. Parmi eux, entre 700 et 900 sont français.

Le djihad attire de plus en plus d’Occidentaux. Fin mai, ils étaient au moins 3000 à avoir rejoint les rangs des islamistes radicaux qui combattent en Syrie, selon le Soufan Group, un organisme de renseignement basé à New York. La France est la plus «représentée» en nombre de tous les pays occidentaux. Elle compte 700 ressortissants sur place, selon des données compilées par The Economist. Une estimation plus basse que celle des services du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, selon lesquels 900 Français étaient concernés à la mi-août. Vient ensuite la Grande-Bretagne, avec 400 ressortissants actuellement en Syrie. Puis l’Allemagne (270 ressortissants), talonnée par les Belges, avec 250 ressortissants.

10 à 15% de femmes
Mais lorsqu’on regarde la proportion de combattants par rapport à la population de leurs pays d’origine, le classement est sensiblement différent. La Belgique arrive largement en tête, avec 22 ressortissants partis au djihad pour un million d’habitants. Le Danemark arrive en deuxième position, avec 17 ressortissants pour un million d’habitants. La France arrive en troisième position: on compte 11 Français partis en Syrie pour un million d’habitants. Il est important pour l’État islamique de compter des Occidentaux dans ses rangs. Le choc provoqué par l’accent londonien de(s) assassin(s) de James Foley et Steven Sotloff en est la meilleure illustration. «Des otages libérés des griffes de l’État islamique ont dit qu’ils avaient été gardés par trois anglophones. Les djihadistes étrangers peuvent également contacter par e-mail les familles d’otages dans leurs propres langues pour demander des rançons», explique l’hebdomadaire.

Le Soufan Group estime que jusqu’en mai, quelque 12.000 combattants issus de 81 pays différents avaient rejoint le djihad en Syrie. Mais ce chiffre doit être bien plus important aujourd’hui. Car depuis que l’État islamique a fondé le «califat» le 29 juin, «le recrutement a explosé», assure le journal. «La Syrie a attiré des combattants plus vite que n’importe quel autre conflit dans le passé, que ce soit la guerre d’Afghanistan dans les années 1980 ou celle d’Irak après l’invasion américaine de 2003.» La guerre sainte prônée par l’État islamique fait venir essentiellement des hommes en dessous de 40 ans. Mais elle séduit de plus en plus de femmes. Elles représentent environ 10 à 15% de ceux qui voyagent en Syrie, estime-t-on au Centre international d’étude sur la radicalisation, un groupe de réflexion basé à Londres.

Mais les plus gros pourvoyeurs de combattants étrangers pour l’État islamique restent les pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Parmi les plus notables, on trouve la Tunisie, qui dénombre pas moins de 3000 ressortissants actuellement en Syrie. L’Arabie saoudite en compte 2500, la Jordanie 2089… La présence de ces étrangers dans les rangs des radicaux islamistes laisse leurs gouvernements respectifs dans l’embarras. Car ils sont difficiles à tracer à leur retour, à l’image de Mehdi Nemmouche, qui aurait passé un an à combattre en Syrie avant de commettre la tuerie du Musée juif de Bruxelles en mai dernier.

Voir enfin:

Le casse-tête juridique de la suppression des allocations aux djihadistes partis en Syrie
Eugénie Bastié
Le Figaro
05/11/2014

Eric Ciotti a annoncé lundi sa volonté de radier du RSA une personne partie faire le djihad en Syrie. Une décision qui semble légale mais qui sera difficile à généraliser, les conseils généraux et les CAF ne disposant pas de l’identité des personnes concernées.

Coup de com’ ou vraie décision politique? Lundi, le président du Conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a annoncé une mesure inédite en France: «j’ai décidé de procéder à la radiation d’un allocataire du RSA identifié comme étant parti en Syrie pour combattre dans les rangs de l’Etat islamique».

Pour mettre en œuvre sa décision, il s’appuie sur un cadre juridique bien précis. En effet, une des conditions essentielles pour pouvoir toucher le RSA est de «résider en France de manière stable et effective». L’article R.262-5 du Code d’action sociale et des familles précise ce critère: une résidence stable et effective signifie une résidence permanente. La personne qui touche le RSA peut accomplir hors de France un ou plusieurs séjours «dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n’excède pas trois mois». Normalement, le département aurait donc dû attendre trois mois après le départ de la personne pour la Syrie avant de la suspendre ou la radier. Mais pour Eric Ciotti, il était hors de question de donner un centime de plus à des «terroristes». «Les personnes parties à l’étranger dans la perspective de mener une guerre aux côtés d’un état terroriste n’ont pas vocation à continuer à bénéficier de la solidarité nationale» a-t-il argumenté.

Il a donc mis en avant un récent avis du Conseil d’Etat pour élargir les critères d’appréciation de la condition de résidence stable ou effective. Celui-ci précise en effet qu’«il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités ainsi que de toutes circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d’éventuels séjours à l’étranger et ses liens personnels et familiaux».

«La décision de M. Ciotti paraît à la fois légitime et légale»
Pour Virginie Ribeiro, avocate spécialiste du RSA, la décision du député parait tout à fait fondée juridiquement. «Dans le cadre du contexte actuel, et étant donné la gravité d’un départ pour la Syrie, la décision de M. Ciotti paraît à la fois légitime et légale car elle a pour objectif le maintien de l’ordre public».

Faut-il, dans ce cas, faire une loi pour généraliser la suppression des allocations aux djihadistes partis en Syrie? «Ce n’est pas nécessaire. Je pense que la décision de M. Ciotti sera suivie», estime Virginie Ribeiro. «L’article du CASF, combiné à la jurisprudence du Conseil d’Etat, me paraissent suffisants. On peut bien sûr envisager que la personne en question intente un recours devant le tribunal administratif à son retour de Syrie, mais étant donné les circonstances, il y a peu de chances que sa plainte soit entendue».

Théoriquement, la décision d’Eric Ciotti pourrait donc être appliquée dans tous les départements. Mais pratiquement, une difficulté subsiste: les noms des personnes parties en Syrie ne sont ni forcément connus, ni, quand c’est le cas, communiqués aux conseils généraux.

Le député Alain Marsaud (UMP) a déposé le 10 octobre dernier avec Thierry Mariani une résolution à l’Assemblée nationale pour la «création d’une commission d’enquête aux abus de versements des prestations sociales aux Français ayant quitté le territoire dans le but de participer au djihad». Selon lui, il avait déjà prévenu le ministre de l’Intérieur Manuel Valls au mois de juin qui «ignorait totalement le sujet».

Croiser les fichiers de la CAF avec ceux des renseignements
«J’ai pris contact avec des directeurs de Caf [Caisse d’allocations familiales]qui m’ont confirmé qu’en effet certaines personnes continuaient à recevoir des allocations alors qu’elles étaient parties pour la Syrie. Ainsi un couple recevait 2200 euros par mois pour partir faire le djihad aux frais de la République!», assure le député UMP. Selon lui, les personnes concernées établissent des procurations à des tiers qui touchent l’argent en numéraire puis les renvoient aux personnes dans les pays d’accueil.

Mais, comme les conseils généraux, la CAF n’a pas connaissance des noms des personnes parties pour le djihad. Alain Marsaud demande donc qu’«il soit possible de croiser des fichiers des caisses d’allocations avec ceux des services de sécurité». Pour l’instant ce n’est pas possible, «sous prétexte d’attaque aux libertés individuelles», déplore-t-il. Il propose également d’allouer «davantage de moyens aux Caisses d’allocations familiales afin que les versements d’indemnités de toutes sortes à ces individus puissent être rapidement stoppés».

D’après M. Marsaud, plusieurs centaines de personnes seraient concernées «Tous les gens qui sont partis là-bas sont plus ou moins allocataires, le temps qu’on s’en aperçoive, ils ont déjà touché plusieurs mois, c’est de l’argent qui va directement dans la poche de terroristes! Je dis donc bravo à M. Ciotti et j’invite tous les présidents de conseils généraux soucieux du bien public à suivre son exemple». Il s’étonne d’ailleurs que son projet de résolution «n’ait pour l’instant reçu aucun soutien ni encouragement du groupe UMP à l’Assemblée».

Voir par ailleurs:

Moyen-Orient
Jack Lang : “Un musée destiné à une Palestine libre et souveraine”
Yasmine Youssi
Télérama
29/10/2015

L’Institut du monde arabe va participer à la création du Musée national d’art moderne et contemporain de Palestine. Il propose son hospitalité aux collections, en attendant qu’elles puissent être exposées. Jack Lang nous en dit plus.

Le 16 octobre dernier, l’Institut du monde arabe, présidé par Jack Lang, signait avec l’intellectuel Elias Sanbar, actuel ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco, un partenariat en vue de la création du Musée national d’art moderne et contemporain de Palestine. Jack Lang revient pour nous sur la genèse et la nécessité d’une telle institution.

Comment est née l’idée de ce musée?

C’est le poète palestinien Elias Sanbar qui a imaginé la préfiguration de ce Musée national d’art moderne et contemporain. Nous nous connaissons depuis de longues années et j’ai énormément de respect pour lui. Elias est un homme de paix. Avec l’aide de Gérard Voisin et d’Ernest Pignon-Ernest, il a réuni une centaine d’œuvres remarquables données par d’autres artistes, essentiellement français. Il y a là des tableaux d’Henri Cueco, de Gérard Fromanger, des œuvres de Tardi ou de Barthélémy Toguo, des photos d’Henri Cartier-Bresson ou de Robert Doisneau. Restait à stocker ces œuvres avant l’édification et l’ouverture du musée dans une Palestine que nous espérons libre et souveraine. Je me suis alors dit que l’Institut du monde arabe pouvait offrir l’hospitalité à cette collection en attendant qu’elle puisse être exposée.

Faudra-t-il attendre la création d’un Etat Palestinien pour découvrir cette collection?

Pas forcément. Il existe plusieurs hypothèses et la décision finale revient bien sûr aux Palestiniens. Ça serait une bonne chose que ces œuvres soient présentées au public à l’IMA ou ailleurs. Il n’est pas exclu qu’elles le soient à Ramallah, avant la création d’un Etat palestinien auquel je crois. Même si les deux situations n’ont rien à voir, la préfiguration de ce musée m’a rappelé celle du Musée de la résistance Salvador Allende au Chili.

En 1975, deux ans après le coup d’Etat de Pinochet, de grands artistes latino-américains avaient eu la même idée et avaient ainsi constitué une collection. Le peintre surréaliste Roberto Matta avait donné des œuvres, tout comme le peintre et sculpteur d’origine argentine Julio Le Parc, et bien d’autres encore. Comme je présidais le Festival de théâtre universitaire de Nancy, je leur avais proposé d’y organiser la première exposition de la collection en 1977. Une fois nommé ministre de la Culture, j’ai souhaité que le Centre Pompidou présente la collection. Et lorsque Pinochet a été vaincu, la France a financé le transfert des œuvres à Santiago du Chili. Le musée est désormais installé au sein du bâtiment jadis occupé par la police politique du dictateur.

N’y a-t-il pas d’autres priorités que la construction d’un musée en Palestine?

Lorsque l’on mène un combat, tout est important. Aujourd’hui la situation est très difficile. Elle n’a même jamais été aussi désespérante. Le gouvernement israélien est totalement hostile à une Palestine libre. Les Palestiniens sont pour leur part divisés, ce qui les pousse à commettre des actes de désespoir d’une extrême violence. Vus de Loin, ils apparaissent comme un pauvre peuple abandonné, alors que c’est un peuple combattant, combattif, créatif, qui regorge de talents, et qui prend son destin en main.

Mettre en place un musée national d’art moderne et contemporain est un signe de combat. D’autres s’engagent également sur la voie de la culture. Tel l’homme d’affaires palestinien Omar Qattan, avec qui l’IMA a noué des liens, et qui inaugurera en mai prochain à Rammallah un musée destiné à rayonner sur toute la Palestine, dédié à sa culture, à son histoire. Il est important de montrer cela. De donner une image positive du pays.

A l’Institut, nous mettons beaucoup l’accent sur la Palestine. Nous y avons par exemple organisé une conférence de la coopération décentralisée, réunissant maires et élus français et palestiniens pour qu’ils travaillent sur des sujets concrets. Nous réfléchissons aussi à un grand événement qui donnerait à voir cette richesse culturelle. Car c’est par le biais de la culture que nous parviendrons à faire comprendre au monde que ce peuple ne demande qu’à vivre et à éduquer ses enfants.

Vous dites que le partenariat de l’IMA avec le Musée national d’art moderne et contemporain est un geste de soutien à la création d’un Etat palestinien. S’agit-il du soutien de la France, de l’IMA ou de Jack Lang ?

Des trois à la fois.

Voir par ailleurs:

Des territoires perdus de la République aux territoires perdus de la nation (1/2)
Alexandre Devecchio

  • Le Figaro
  • 14/08/2015

 

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – En 2002, Georges Bensoussan a dirigé Les territoires perdus de la République. A l’occasion de la republication de ce livre controversé, il analyse le phénomène de déliquescence de la nation que des politiques, conscients mais impuissants, ne réussisent pas à endiguer.

Georges Bensoussan est historien, spécialiste d’histoire culturelle de l’Europe des XIXe et XXe siècles, et en particulier des mondes juifs. Il a dirigé l’ouvrage Les Territoires perdus de la République (Mille et une nuits, 2002) rassemblant les témoignages d’enseignants et chefs d’établissements scolaires.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE DEVECCHIO @AlexDevecchio

A lire aussi: Georges Bensoussan: «Nous assistons à l’émergence de deux peuples» (2/2)

FIGARO. – La première édition des Territoires perdus de la République date de septembre 2002. Vous y dénonciez les maux qui rongent l’école, mais aussi la société française: la violence, l’islamisme, l’antisémitisme. A l’époque, le livre avait été accueilli par un long silence médiatique. Rétrospectivement, comment expliquez-vous cette omerta?

Georges BENSOUSSAN. – L’omerta fait partie des problèmes dénoncés dans le livre. Il y a peur de dire ce que l’on voit comme si dire le réel, c’était le faire exister. A l’époque, nous constations que l’intégration d’une partie des populations de banlieues, progressivement reléguée dans des cités et frappée par le chômage de masse, était en panne. Après avoir fonctionné jusque dans les années 80, l’intégration s’est bloquée à la fin des années 90, ce que l’on constate aujourd’hui avec la hausse des unions endogames. Or, il semblait difficile en France de faire ce simple constat car on risquait d’être accusé de racisme, de stigmatiser et d’amalgamer des populations. C’est d’ailleurs l’accusation qui nous fut d’emblée imputée. Une culture d’une partie de la gauche dominante (à distinguer de la gauche antitotalitaire dans la lignée d’Orwell) nous a enfermés dans la frilosité. Il est devenu presque impossible de dénoncer certains périls sans être accusé d’appartenir au camp du mal. Pourtant, les sept auteurs de la première édition, tout comme les treize de la seconde, venaient tous, quasiment sans exception, des rangs de la gauche. Le silence médiatique autour de ce livre, puis sa stigmatisation, était révélateur d’un climat de terrorisme intellectuel qui n’a d’ailleurs rien de nouveau. Les réactions qui ont entouré Les territoires perdus de la République sont de même nature que celles qui ont entourées les débats politiques français des années 50-60, quand une pensée antitotalitaire était accusée de faire le jeu de la bourgeoisie. Pour s’en convaincre, il faut relire les joutes qui opposèrent Albert Camus, Raymond Aron ou Arthur Koestler à toute une partie de la gauche. Une gauche qui était à l’époque dominée culturellement par le Parti communiste. Nombre d’intellectuels se posaient moins la question de la vérité que celle de savoir de qui «on faisait le jeu». Aujourd’hui, certains intellectuels de gauche n’entendent pas, disent-ils, pas faire le jeu du FN, comme leurs aïeux autrefois, communistes ou proches du PC (les «compagnons de route»), ne voulaient pas faire le jeu du grand capital. Pour un intellectuel, une seule question devrait se poser: les faits sont-ils avérés ou non? Dans les années 1940 en Angleterre, Orwell avait été confronté au même problème. Bien que venant des rangs de la gauche travailliste, il se voyait reprocher de faire le jeu des conservateurs anglais. Les blocages auxquels nous nous sommes heurtés avec ce livre sont les mêmes que ceux qui ont marqué le XXe siècle, c’est le débat entre totalitarisme et antitotalitarisme.

Vous écrivez que nous sommes passés des territoires perdus de la République aux territoires perdus de la nation … De septembre 2002 aux attentats de janvier 2015, avons-nous perdu une décennie?

En 2002, nous étions encore habités par le mot «République», agité comme un talisman, comme un sésame salvateur. Or, la République est d’abord une forme de régime. Elle ne désigne pas un ancrage culturel ou historique. La nation, elle, est l’adhésion à un ensemble de valeurs et rien d’autre. Ce n’est pas le sang, pas le sol, pas la race. Peut être Français, quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion, celui qui adhère au roman national selon la définition bien connue d’Ernest Renan: «Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.» Nous avions un peu délaissé cette définition pour mettre en avant les valeurs de la République. Nous avons fait une erreur de diagnostic. Nous n’avions pas vu que la nation, et non seulement la République, était en train de se déliter. Une partie de la population française, née en France, souvent de parents eux-mêmes nés en France, a le sentiment de ne pas appartenir à celle-ci. Alors qu’ils sont français depuis deux générations pour beaucoup, certains adolescents dans les collèges et lycées, comme aussi certains adultes, n’hésitent plus à affirmer que la France n’est pas leur pays. Ajoutant: «Mon pays c’est l’Algérie…» (ou la Tunisie, etc…). Les incidents lors de la minute de silence pour les assassinés de Merah comme pour ceux de janvier 2015 furent extrêmement nombreux. On a cherché comme toujours à masquer, à minimiser, à ne pas nommer. Dans la longue histoire de l’immigration en France, cet échec à la 3° génération est un fait historique inédit. Certains historiens de l’immigration font remarquer, à juste titre, qu’il y eut toujours des problèmes d’intégration, même avec l’immigration européenne. Mais pour la première fois dans l’Histoire nous assistons à un phénomène de désintégration, voire de désassimilation. C’est pourquoi, ce n’est pas la République seule qui est en cause, mais bien la nation française: notre ancrage historique, nos valeurs, notre langue, notre littérature et notre Histoire. Toute une partie de la jeunesse de notre pays se reconnaît de moins en moins dans notre culture. Elle lui devient un code culturel étranger, une langue morte et pas seulement pour des raisons sociales. Nous sommes en train d’assister en France à l’émergence de deux peuples au point que certains évoquent des germes de guerre civile. Dans le cadre de la préparation d’un nouvel ouvrage, j’ai été frappé en écoutant plusieurs de mes interlocuteurs de voir que l’expression «guerre civile», qui aurait fait ricaner il y a dix ans ou surpris il y a cinq ans, est aujourd’hui dans les bouches d’un grand nombre, tant d’élus de terrain, de policiers, de médecins hospitaliers (service des urgences par exemple) ou de banlieue. Le sentiment que deux peuples sont en train de se former, côte à côte, et qui se regardent souvent avec hostilité, ce sentiment-là est aujourd’hui partagé par beaucoup.

Pourquoi, selon vous, personne n’est descendu dans la rue au moment de l’affaire Merah?

En mai 1990, après la profanation du cimetière juif de Carpentras, des centaines de milliers de Français étaient descendus dans la rue, y compris le président de la République. En 2012, une génération plus tard, pour Ilan Halimi en 2006, en mémoire aux victimes de Merah en 2012, de Nemmouche en 2014, il n’y avait plus personne, sauf des juifs. La montée du communautarisme, du repli sur soi et de l’indifférence sont patents, signe d’un morcellement de la société française, d’un repli sur soi moins hédoniste que désespéré est en train de l’emporter qui multiplie les gestes et les mots du découragement: «on ne peut rien y faire», «ça ne changera jamais», «c’est trop tard», etc…. Mais aussi, hélas, et le fait n’est pas nouveau, le massif «ce n’est pas notre affaire». Cela posé, la raison essentielle de cette désaffection est peut être ailleurs: l’affaire Merah témoignait d’un antisémitisme qui ne venait pas d’où on l’attendait, l’extrême droite. De là un malaise général. Souvenons-nous de la période qui sépare les meurtres de la mort de Merah sous les balles du GIGN. Il s’est écoulé une semaine durant laquelle un grand nombre des bien-pensants de ce pays, et en particulier les spécialistes du déni de réalité, étaient convaincus que l’assassin était un néo-nazi, un Breivik à la française. Le fait que Mohammed Merah fût musulman en a gêné plus d’un. Ainsi, l’ennemi n’était pas le bon. Pour descendre dans la rue, il fallait qu’il soit conforme, breveté d’extrême droite et blanc. Une certaine instrumentalisation de l’histoire, mais pas cette histoire elle-même évidemment, a paralysé la réflexion politique. On n’a cessé de rejouer les années noires en télescopant les situations jusqu’à voir dans tout immigré clandestin un Juif du Vel d’Hiv en 1942, comme s’il fallait racheter la mollesse et l’indifférence des aïeux. De surcroît, troublant était le fait que Merah était français, né en France… et qu’il était au collège au moment de la première édition des Territoires perdus de la République. Je veux dire par là que cela interroge l’Education nationale, et notamment cette idée un peu simple selon laquelle un bon enseignement de la Shoah ( ce qui est le cas en France) suffirait à endiguer racisme et antisémitisme.

Aujourd’hui, les politiques et les médias ont-ils suffisamment ouvert les yeux?

Les élus de terrain, tant de droite que de gauche, sont conscients des réalités. Mais beaucoup ont peur de parler. A fortiori du coté des hommes politiques dont le courage n’est pas la qualité première à l’exception de quelques-uns. Comme s’ils craignaient, en parlant, de faire sauter un baril de poudre tant la situation leur parait (et ici ils ont raison) dangereuse. La France est en effet l’un des pays d’Europe parmi les plus exposés au risque de conflits internes.

La peur d’être taxé de racisme joue son rôle dans la paralysie française. Et la désespérance du plus grand nombre dont la parole est d’emblée invalidée au nom d’un antiracisme dévoyé. Cette crainte va jusqu’à reprendre un discours concocté par l’adversaire sans s’interroger sur la pertinence des «mots». Ainsi du mot «islamophobie», un terme particulièrement inepte en effet qui réintroduit en France la notion de blasphème. On peut s’opposer à la religion, qu’elle soit juive, catholique ou musulmane, sans être raciste. Le combat laïque c’est le refus qu’une religion quelle qu’elle soit prévale sur la loi civile. Ce combat difficile a finalement été gagné en France entre 1880 et 1905. Céder sur ce plan c’est détricoter deux siècles de Révolution française pour parler comme François Furet et plus d’un siècle d’une histoire de France qui a fait de la République non seulement un régime mais une culture. Il nous faut comprendre que le mot islamophobie, forgé par des associations musulmanes, crée à dessein de la confusion pour culpabiliser les tenants du combat républicain. Pour faire entendre, en bref, que ce seraient des racistes à peine dissimulés. En invoquant à contre-emploi le racisme et en usant d’un antiracisme défiguré ( celui-là même qu’on a vu à Durban en 2001 où l’on entendait le cri de «One Jew, one bullett»), il s’agit de faire taire toute voix dissidente. En instrumentalisant l’histoire au passage, c’est ce que Leo Strauss appelait la Reductio ad Hitlerum.

L’un des premiers soucis de la classe médiatique et politique après les crimes de Merah et les attentats de janvier 2015 fut d’éviter les «amalgames». Comme si les premières victimes des violences étaient les Français d’origine maghrébine ou les musulmans. Près de soixante-dix ans plus tôt, en novembre 1945, après les terribles pogroms qui venaient d’ensanglanter la communauté juive de Tripoli en Libye (plus de quarante assassinats dans des conditions atroces), les dignitaires musulmans de la ville estimaient que les premières victimes étaient moins les juifs qu’eux-mêmes, car disaient-ils, ils risquaient d’être désormais «montrés du doigt». En revanche, il n’y eut pas condamnation publique de ces actes. Comme aujourd’hui. Quand en avril 2012 l’imam Chalghoumi organisa une manifestation de protestation contre les agissements de Merah, il ne réunit qu’une cinquantaine de personnes.

Vous faites référence au monde imaginé par Orwell dans son roman d’anticipation 1984. Notre système peut-il vraiment être qualifié de totalitaire?

Nous ne sommes pas dans un système totalitaire, mais dans un système d’avachissement de la démocratie que Tocqueville avait annoncé. Cet avachissement est marqué par le triomphe de l’intérêt individuel et le désintérêt pour la chose publique. Dans le contexte historique particulier qui est celui de la France, cela se traduit par une pensée a-critique et frileuse, même si cette frilosité, voire cette lâcheté ne sont pas chose nouvelle. On n’en finirait pas de faire la généalogie du déclin de ce qui fut jadis la «Grande Nation». Nul doute qu’à cet égard le XX° siècle français, jusqu’à nos jours même, paie l’énorme saignée de la Grande Guerre. De ce désastre-là, la France ne s’est jamais remise. Elle avait gagné la guerre mais perdu ses hommes et à long terme son vouloir vivre national. Toutes les campagnes françaises se font l’écho d’une tragédie qui naturellement appelait dans son sillage une immigration de peuplement qui, chaque jour plus nombreuse, a atteint un seuil tel que la machine à intégrer s’est finalement enrayée. Un pays est capable d’intégrer des minorités par capillarité. C’est moins vrai quand il s’agit depuis 40 ans de flux démographiques de masse.

Vous reprochez à l’Etat et notamment à l’école d’avoir fait trop de concession aux revendications communautaires. Que pensez-vous du débat actuel sur les menus de substitution?

Il est posé de manière caricaturale car on voit bien la volonté de certains politiques de surfer sur la polémique. Il pose cependant une question de fond comme il est symptomatique aussi d’un danger qui guette la société française. Il faut rappeler d’abord que la cantine n’est pas obligatoire. Introduire les menus de substitution dans les écoles, c’est donner prise à des pratiques communautaires qui n’auront dès lors aucune raison de s’arrêter. Là est le risque, c’est ce premier pas qui permettra tous les autres et qui conduira à détricoter le tissu laïque et à nous engager sur un chemin contraire à celui qui depuis deux siècles a fait la nation française.

Le terreau des réalités que vous décrivez est-il social ou culturel?

Les deux. Les causes sociales sont une évidence. Mais celui qui y réduirait son analyse se condamnerait à ne rien entendre à la complexité de la situation comme l’a bien montré Hugues Lagrange. En banlieue, le taux de chômage des moins de 25 ans avoisine parfois les 40- 50%. L’arrivée d’une immigration de masse à partir de 1975, au moment où les Trente Glorieuses s’achevaient, est un premier jalon dans cette histoire. On peut d’ailleurs se demander pourquoi, sept ans seulement après Mai 1968, la bourgeoisie française a favorisé cette immigration de masse à laquelle le PCF s’opposait dès 1980, ce qu’on a souvent oublié. Pourquoi est-ce sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, l’homme du retour au pouvoir de la droite libérale non gaulliste, qu’a été mis en place le regroupement familial alors que les emplois se faisaient de plus en plus rares? Dès lors qu’il ne s’agissait plus d’une immigration de travail, mais d’immigration familiale progressivement reléguée dans des cités, l’intégration était compromise. Conjugué au chômage, à la pauvreté, au confinement géographique des mêmes cultures et des mêmes nationalités, le facteur culturel, dégradé en repli identitaire, ne pouvait que jouer sur fond de frustration et de ressentiment.

Un repli identitaire qui a d’abord concerné des populations jeunes et nombreuses, venues d’un monde musulman en expansion et qui, au même moment, trouvait son expression politique dans l’islamisme et non plus dans le nationalisme arabe qui avait échoué. Ajoutez à cela l’environnement médiatique, la télévision par câble, satellite et internet qui a favorisé la diffusion des thèses islamistes et d’un antisémitisme virulent qui viennent du Moyen-Orient. La conjonction de ces facteurs, démographiques, sociaux, culturels et médiatiques a divisé le pays. La réaction aux attentats de janvier 2015, loin de montrer une nation unie, a mis en lumière deux pays cote a cote mais qui ne font plus nation. Ce phénomène, je le redis, est nouveau dans la longue histoire de l’immigration en France. Pour certains, ce fossé pourra se combler demain. J’en suis moins convaincu, il semble que la situation ait atteint un seuil d’irréversibilité.

Le risque n’est-il pas de sombrer dans une forme d’essentialisation?

C’est effectivement le principal reproche qui nous est fait. Cependant, la culture est tout sauf une essence. Ce qui est essence s’appelle «la race». Lorsqu’on est né dans un groupe ethnique, on n’en sort pas. On restera toujours ethniquement parlant Juif du Maroc ou Sénégalais peul. En revanche, la culture s’acquiert. Elle est dynamique. On peut être Juif du Maroc ou Sénégalais peul, lorsqu’on vit en France et qu’on finit par aimer ce pays, on devient français. La culture est le contraire absolu de l’essence. L’histoire culturelle, c’est l’histoire des mentalités, des croyances, de la mythologie, des valeurs d’une société qui permet de comprendre l’imaginaire des hommes d’un temps donné. Cette histoire n’est pas fixe. Il suffit pour s’en convaincre de réfléchir à la conception de l’enfant dans la culture occidentale, à l’image qu’on s’en faisait au Moyen-Age, au XVIIIe siècle, au XXe siècle. Il s’agit là d’un processus dynamique, rien d’un fixisme.

Mais si la culture est le contraire de la race, pourquoi une telle frilosité à faire de l’histoire culturelle, une telle peur de nommer les problèmes culturels par leurs noms? Dans un domaine moins polémique, pourquoi certains ont-ils encore peur de dire que le nazisme est un enfant de l’Allemagne et pas seulement de l’Europe? Qu’il y a dans le nazisme des éléments qui n’appartiennent qu’à la culture allemande traditionnelle depuis Luther et même bien avant. Les grands germanistes français du XX° siècle le savaient, depuis Edmond Vermeil jusqu’à Rita Thalmann et plus près de nous Edouard Husson. Est-ce faire du racisme anti-allemand que le dire? Est-ce faire du racisme que constater dans la culture musulmane, le Coran et les hadiths sont présents des éléments qui rendent impossible la coexistence sur un pied d’égalité avec les non musulmans. Je ne parle pas de la tolérance du dhimmi. Je parle d’égalité et de culture du compromis et de la négociation. Travaillant plusieurs années sur l’histoire des juifs dans le monde arabe aux XIXe et au XXe siècle (pour juifs en pays arabes. Le grand déracinement, 1850-1975, Tallandier, 2012), j’avais constaté l’existence d’une culture arabo-musulmane, du Maroc à l’Irak, entachée d’un puissant antijudaïsme, et ce bien avant le sionisme et la question d’Israël et de la Palestine. Il existe en effet, et de longue date, une culture arabo-musulmane anti-juive, souvent exacerbée par la colonisation ( mais qui n’en fut toutefois jamais à l’origine). Il fallait faire de l’histoire culturelle pour comprendre comment, pourquoi et quand la minorité juive qui s’était progressivement émancipée grâce à l’école, s’était heurtée à une majorité arabo-musulmane aux yeux de laquelle l’émancipation des juifs était inconcevable et irrecevable. Il n’était question alors ni de sionisme, ni d’Israël ni de Gaza. Et encore moins de «territoires occupés» qui, pour les ignorants et les naïfs, constituent le cœur du problème actuel. Ce conflit entre une majorité qui ne supporte pas que le dominé de toujours s’émancipe, et le dominé de toujours qui ne supporte plus la domination d’autrefois, se traduit par un divorce, et donc un départ. Il s’agit là d’histoire culturelle. Où est le racisme?

Voir enfin:

Georges Bensoussan : «Nous assistons à l’émergence de deux peuples» (2/2)

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Georges Bensoussan évoque la montée en puissance de l’antisémitisme et du racisme anti-blanc dans les banlieues. L’auteur des Territoires perdus de la République analyse les nouvelles fractures françaises.

Georges Bensoussan est historien, spécialiste d’histoire culturelle de l’Europe des XIXe et XXe siècles, et en particulier des mondes juifs. Il a dirigé l’ouvrage Les Territoires perdus de la République (Mille et une nuits, 2002) rassemblant les témoignages d’enseignants et chefs d’établissements scolaires.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE DEVECCHIO

A lire aussi: Des territoires perdus de la République aux territoires perdus de la nation (1/2)

Dans Les territoires perdus de la République, vous évoquiez pour la première fois l’antisémitisme des banlieues. En quoi se distingue-t-il de l’antisémitisme traditionnel?

L’antisémitisme traditionnel en France est originellement marqué par l’Eglise, l’extrême droite et le nationalisme: c’est l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus qui connaît son acmé sous Vichy. L’antisémitisme nouveau est un antisémitisme d’importation. Il est lié à la fois à la culture traditionnelle des pays magrébins, à l’islam et au contexte colonial. En Algérie, le décret Crémieux qui permit aux juifs de devenir Français dès 1870 attise la jalousie des musulmans. En Tunisie et au Maroc, les juifs n’étaient pas français mais leur émancipation par le biais de l’école leur a donné une large avance sur le plan scolaire et social sur la majorité musulmane. Cela s’est terminé par le départ de la minorité juive. Cet antisémitisme-là s’est transposé sur notre territoire par le truchement de l’immigration familiale ( c’est cela qui a été importé et pas le conflit israélo-palestinien comme le répètent les médias). Un antisémitisme qui préexistait toutefois auparavant (mais en mode mineur) comme le rappellent les affrontements survenus à Belleville en juin 1967 ou le Mouvement des Travailleurs arabes au début des années 1970.

Paradoxalement, cet antisémitisme ne s’est pas dilué, mais enkysté. C’est dans les familles qu’il se transmet et s’apprend. Arrivé à l’école, l’affaire est déjà jouée. Nouveau par les formes et l’origine, il épouse parfois le vocabulaire de l’antisémitisme traditionnel. Par exemple, le mot «youpin», qui avait tendance à disparaître en France, est réutilisé dans des milieux de banlieues qui ne le connaissaient pas. Bref, les différentes branches de l’antisémitisme sont en train de se conjuguer. L’extrême droite traditionnelle qui connait un renouveau, une certaine ultra gauche qui par le biais de l’antisionisme a parfois du mal à maquiller son antisémitisme (l’enquête Fondapol d’octobre 2014 menée par Dominique Reynié était édifiante à cet égard). On a oublié que l’antisémitisme plongeait de longues racines à gauche, depuis Proudhon jusqu’aux propos de Benoît Frachon en juin 1967, secrétaire général de la CGT. Mais la branche la plus massive, et de loin, est la branche arabo-islamiste. Celle-là seule passe aux actes, elle insulte, frappe et tue. Elle n’est d’ailleurs pas seulement arabo-islamiste car elle déborde aujourd’hui dans les banlieues. Nombre de jeunes qui ne sont pas issus de l’immigration arabo-musulmane adoptent pourtant le code culturel de l’antisémitisme, lequel est devenu un code d’intégration dans les cités. Ainsi, ici, l’intégration à la France se fait-elle à rebours, en chassant la part juive de la société française. Adopter ces clichés et ce langage c’est se donner plus de chances d’être intégré dans l’économie sociale des banlieues. Et pour parler comme la banlieue, il faut parler «anti-feuj».

Certains vont jusqu’à comparer les sort des musulmans aujourd’hui à celui des juifs hier. La sacralisation de la Shoah nous empêche-t-elle de comprendre le présent?

En tant qu’historien, je suis frappé par la stupidité d’une telle comparaison. Je n’ai pas souvenir dans l’histoire des années 30 d’avoir entendu parler de l’équivalent juif de Mohammed Merah, de Mehdi Nemmouche ou des frères Kouachi se mettant à attaquer des écoles françaises, des boutiques ou des Eglises. Assistait-on dans les années 1930 à un repli communautaire des juifs? Tout au contraire, s’agissait-il d’une course éperdue vers l’intégration et l’assimilation. Les juifs cherchaient à se faire le plus petit possible. Ils étaient 330 000, dont 150 000 juifs étrangers qui vivaient dans la crainte d’être expulsés. Beaucoup étaient des réfugiés de la misère, d’autres fuyaient le nazisme et les violences antisémites d’Europe orientale. Aujourd’hui, place Beauvau, on estime la minorité musulmane entre six et dix millions de personnes. Ils n’ont pas été chassés par un régime qui veut les exterminer mais sont venus ici, dans l’immense majorité des cas, pour trouver des conditions de vie meilleures. Les situations sont incomparables, ne serait-ce qu’au regard des effectifs concernés: en Europe, aujourd’hui, un musulman sur quatre vit en France.

Cette question est toutefois intéressante à un autre titre: pourquoi une partie de la population française d’origine maghrébine est-elle habitée par un mimétisme juif, une obsession juive, voire une jalousie sociale comme si l’histoire du Maghreb colonial se perpétuait ici? L’histoire de la Shoah est-elle en cause? Elle n’a pas été surestimée, il s’agit bien de la plus profonde coupure anthropologique du siècle passé, et elle dépasse de loin la seule question antisémite. En réalité, c’est la trivialisation de cette tragédie historique qui a produit des effets pervers. Car la Shoah, elle, au-delà de toutes les instrumentalisations, reste une question d’histoire cardinale qui interroge politiquement toutes les sociétés. Qu’est-ce qu’un génocide? Comment en est-on arrivé-là? Pourquoi l’Allemagne? Pourquoi l’Europe? Pourquoi les juifs? Comment une idéologie meurtrière se met-elle en place? Comment des hommes ordinaires, bons pères de famille, deviennent-ils parfois des assassins en groupe? Cette césure historique, matrice d’un questionnement sans fin, a été rabaissée à un catéchisme moralisateur («Plus jamais ça!») et à une avalanche assez niaiseuse de bons sentiments qui, pédagogiquement, ne sont d’aucune utilité. Et qui fait que nous passons parfois à côté des mécanismes politiques qui régulent des sociétés de masse d’autant plus dangereuses qu’anomiées. Le discours de la repentance a pu stériliser la pensée et frapper de silence des questions jugées iconoclastes. Comme les questions d’histoire culturelle évoquées tout à l’heure. Comme si invoquer le facteur culturel à propos de minorités dont l’intégration est en panne serait emprunter le «chemin d’Auschwitz». Cet affadissement a paralysé la réflexion politique, enté sur la conviction erronée que les situations se reproduisent à l’identique. Or, si les mécanismes sont les mêmes, les situations ne le sont jamais. Le travail de l’historien illustre sans fin le mot d’Héraclite: «On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve…»

De même, les lois mémorielles ont-elles entraîné la concurrence victimaire?

Sur le plan juridique, la loi Gayssot n’est pas une mauvaise réponse car il n’y pas débat en effet sur le fait que Auschwitz ait existé, de même qu’il n’y a pas débat sur le fait que la bataille de Verdun ait eu lieu. La loi mémorielle désencombre les prétoires. Elle permet d’éviter des procès de plusieurs années mobilisant inutilement les historiens. Et de voir aussi plus clairement que le négationnisme est une variante de l’antisémitisme.

Mais ces lois ont des effets pervers. Dans des sociétés de masse animées par la passion de l’égalité, toute différence, est perçue comme une injustice. La Shoah étant perçue comme le summum de la souffrance, le peuple juif aux yeux de certains est devenu le «peuple élu de la souffrance». De là une concurrence des mémoires alimentée plus encore par un cadre de références où la victime prend le pas sur le citoyen. Comme s’il fallait avoir été victime d’une tragédie historique pour être reconnu. Second élément de la dérive, la transgression qui permet d’échapper à l’anonymat. Et dans une société qui a fait de la Shoah (contre les historiens) une «religion civile», la meilleure façon de transgresser est de s’en prendre à cette mémoire soit dans le franc négationnisme hier, soit dans la bêtise de masse (qui se veut dérision) type Dieudonné aujourd’hui. Sur ce plan , tous les éléments sont réunis pour favoriser la transgression qui canalise les frustrations innombrables d’un temps marqué au sceau du «désenchantement du monde». C’est d’ailleurs pourquoi on a tort de réagir à chacune des provocations relatives à la Shoah. C’est précisément ce qu’attend le provocateur, notre indignation est sa jouissance.

Que vous inspire la polémique autour de la plage de Tel-Aviv sur Seine?

Cela met en lumière les fractures que nous évoquions. Pour une journée de jumelage avec Tel-Aviv, il a fallu déployer 500 CRS. L’ampleur de la polémique me parait disproportionnée. Israël n’est pas un Etat fasciste et le conflit avec les Palestiniens est de basse intensité. Il y a pratiquement tous les jours entre cinquante et cent morts par attentats dans le monde arabo-musulman dans l’indifférence générale. La guerre civile en Syrie a fait à ce jour, et en quatre ans, 240 000 morts. Le conflit israélo-palestinien en aurait fait 90 000 depuis 1948. La disproportion est frappante. Peu importe que des Arabes tuent d’autres Arabes. Tout le monde s’en moque. Les juifs seuls donnent du prix à ces morts. Dès qu’ils sont de la partie, on descend dans la rue. Cette passion débordante, disproportionnée, n’interroge pas le conflit. Elle interroge ce que devient la société française. Les menaces sur Tel Aviv sur scène sont venues des mêmes milieux qui ont laissé faire les violences de Barbès en juillet 2014, la tentative d’assaut contre la la synagogue de la rue de la Roquette à Paris et une semaine plus tard contre celle de Sarcelles. Bref, je le redis, ce n’est pas le conflit qui a été importé, c’est l’antisémitisme du Maghreb. Les cris de haine d’aujourd’hui sont l’habillage nouveau d’une animosité ancienne.

A la sortie du livre, vous aviez beaucoup insisté sur cet antisémitisme des banlieues. Avec le recul, regrettez-vous de ne pas avoir davantage évoqué le sort des classes populaires, victimes du racisme anti-blanc?

Absolument. Nous n’avions pas vu alors cette réalité émerger. Un certain nombre d’études sociologiques comme celle de Christophe Guilluy sur les fractures françaises, celle de Laurent Bouvet sur l’insécurité culturelle ou celle d’Hugues Lagrange sur le déni des cultures n’étaient pas parus. Les territoires perdus de la République ne sont pas un livre de sociologie, juste le fruit d’un travail de terrain empirique. Nous n’avons jamais prétendu faire un panorama. De surcroit, en 2002, le phénomène ne faisait que débuter. Et nombre de professeurs qui avaient participé à la rédaction étaient eux-mêmes tétanisés à l’idée d’évoquer un racisme anti-blanc ou anti-Français. Cette réalité est aujourd’hui bien connue. A la lecture de Christophe Guilluy, on comprend d’ailleurs qu’il n’y a pas deux France, mais trois. La France périphérique méprisée par les élites, qui souffre et est tenue de se taire. Elle constitue le gros du vivier FN. La France des biens nés, intégrée socialement, plus aisée et qui regarde avec condescendance la France populaire qui «pense mal». Enfin, une troisième France, tout aussi en souffrance que la première, en voie de désintégration sous l’effet de la relégation géographique, sociale, scolaire, et dont une frange se radicalise. Mais l’erreur, ici, serait de lier la poussée islamiste à la seule déshérence sociale: dès lors que des jeunes intégrés, et diplômés basculent vers la radicalité islamiste, on comprend que le facteur culturel a été longtemps sous-estimé.

Dans ces conditions, doit-on continuer à mettre sur le même plan la menace FN et celle de l’islamisme et de l’antisémitisme des banlieues?

A force de nier le réel, on a fait le lit du FN. Les millions de Français qui sont aujourd’hui sympathisants du Front national n’ont pas le profil de fascistes. Beaucoup d’entre eux votaient jadis à gauche, et le FN authentiquement parti d’extrême droite, est aussi aujourd’hui le premier parti ouvrier de France. Comment en est-on arrivé-là? Quelle responsabilité ont les classes dominantes dans ce naufrage et, notamment la classe intellectuelle? Voilà les questions qui importent vraiment. En revanche, la question rhétorique du «plus grand danger», FN ou islamisme, vise à nous faire taire. Avec à la clé ce chantage: «A dénoncer la poussée de l’islamisme, du communautarisme, la désintégration d’une partie de l’immigration de masse, vous faites le jeu du Front national!». Tenter de répondre à la question ainsi formulée, c’est tomber dans ce piège rhétorique. Il faudrait, au contraire, retourner cette question à ceux qui la posent: n’avez-vous pas fait le jeu du FN en invalidant la parole d’une partie du peuple français, en le qualifiant de «franchouillard», de raciste, de fasciste? Et en sous estimant le sentiment d’abandon et de mépris vécu par ces dominés de toujours?


Primaires américaines: Entre peloton d’exécution circulaire et demolition derby, les primaires républicaines préparent-elles le terrain pour Hillary Clinton ? (Will the GOP demolition derby put a sandersized Clinton back in the White House while the world spins to pieces ?)

16 octobre, 2015
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flowers-datalab-troop-withdrawalThe U.S. wants to dominate the world, China only wants to keep America from dominating its neighborhood.  America is punching above its weight. So for every $100 the U.S. spends, China may only need to spend $1 to make it even. China’s ambitions are much more modest compared with its national strength, so China is punching below its weight—and could punch higher given the right circumstances.  Although America is much more powerful than China, it costs much more to build aircraft carrier groups and operate them than [for us] to make deterrent [weapons] to keep them away. -*Eric Li (Chinese Stanford- and Berkeley-educated political scientist and venture capitalist)
It is one thing for the experts to be aware that Russia supposedly has these weapons, and another thing for them to see for the first time that they do really exist, that our defense industry is making them, that they are of high quality and that we have well-trained people who can put them to effective use. They have seen, too, now that Russia is ready to use them if this is in the interests of our country and our people. Vladimir Poutine
The operation in Syria — still relatively limited — has become, in effect, a testing ground for an increasingly confrontational and defiant Russia under Mr. Putin. In fact, as Mr. Putin himself suggested on Sunday, the operation could be intended to send a message to the United States and the West about the restoration of the country’s military prowess and global reach after decades of post-Soviet decay. Russia’s swift and largely bloodless takeover of Crimea in 2014 was effectively a stealth operation, while its involvement in eastern Ukraine, though substantial, was conducted in secrecy and obfuscated by official denials of direct Russian involvement. The bombings in Syria, by contrast, are being conducted openly and are being documented with great fanfare by the Ministry of Defense in Moscow, which distributes targeting video in the way the Pentagon did during the Persian Gulf war in 1991. Russia is not only bringing some of its most advanced hardware to the fight, it has also deployed large field kitchens and even dancers and singers to entertain the troops — all signs that Moscow is settling in for the long haul, American analysts said. (…) Russia’s state television network boasted on Monday that from the Caspian, they could reach the Persian Gulf, the Arabian Peninsula and the “entire Mediterranean Sea.” It went on to note that trials of the missiles were underway aboard two ships in the Black Sea, which is bordered by three NATO allies: Turkey, Bulgaria and Romania. American officials say Russia has closely coordinated with its allies to plan its current fight. Maj. Gen. Qassim Suleimani, the head of Iran’s paramilitary Quds Force, went to Moscow in late July in an apparent effort to coordinate on the Russian offensive in Syria, and he is also spearheading the Iranian effort to assist Iraqi militias. “The broad outlines were decided months ago,” said Lt. Gen. Richard P. Zahner, formerly the Army’s top intelligence officer in Europe and in Iraq. NYT
There are 209 land features still unoccupied in the South China Sea and we could seize them all. And we could build on them in 18 months. Senior Chinese military official
Xi Jinping “will keep pushing” in the South China Sea. They think Obama is distracted and doesn’t want another crisis. Bishop
For the past 175 years, China was weak and couldn’t do much about foreign invasions and encroachments. But now it can. Beijing’s new anti-ship missiles alone, boldly rolled out in last month’s Tiananmen Square military parade marking the 1945 defeat of Japan (for which the U.S. got but slight credit), are testament to that. But in the Chinese view, Beijing has already practically won the battle for the South China Sea without firing a shot. Its swift moves to swallow up islands and reefs over the past year looked like an exercise right out of Sun Tzu’s The Art of War, which has been closely studied by Chinese emperors and communist leaders alike, for centuries. “Ultimate excellence lies not in winning every battle,”  the legendary strategist is credited with saying, “but in defeating the enemy without ever fighting.” People shouldn’t underestimate the risks. It’s not just the government making it up. The South China Sea is an intractable issue. It’s not just the party line.” Another factor in Beijing’s military buildup is the immense profits being earned by China’s state-run arms industries, he says, most with incestuous connections to the Communist Party and People’s Liberation Army elite. NYT
Quand bien même le coupable serait Daesh, la porosité entre les services turcs et les islamo-nazis est telle qu’on est en droit de penser qu’Erdogan, s’il ne les a pas instrumentalisés, a au mieux fermé les yeux. Dans cette affaire, le président turc a un mobile : son régime est aux abois. Il a beau museler la presse et monter des opérations de police contre ses opposants, rien n’y fait, le pouvoir se délite, attaqué de toutes parts. Un déclin confirmé par la percée électorale récente du HDP, parti pro-kurde. Plus Erdogan s’enferre, plus il persiste. N’ayant pas obtenu la majorité absolue aux élections générales du mois de juin, il a refusé de former un gouvernement de coalition, préférant organiser un nouveau scrutin qui, selon les derniers sondages, s’annonçait très mal pour lui. L’attentat est tombé à pic pour hystériser les nationalistes de tous bords et, si besoin, annuler les élections. Il y aura toujours assez de gobe-mouches. Les Occidentaux, par exemple. Quand Vladimir Poutine fait assassiner, selon toutes probabilités, son principal opposant Boris Nemtsov à deux pas du Kremlin, nous ne sommes pas coupables : rien ne nous lie à la Russie. Mais, quand Erdogan organise un carnage tout près de son palais présidentiel, nous sommes complices, puisque nous soutenons son régime répressif et vermoulu : c’est même notre allié ! Il y a quelque chose de comique à voir nos gouvernants, Fabius en tête, prendre des airs dégoûtés devant Poutine alors que nous avons, avec Erdogan, un homme de la même engeance, en plus fourbe, dans notre propre camp. Le 28 juillet, un communiqué hallucinant de l’Otan apportait le soutien de ses pays membres au pouvoir turc pour son prétendu juste combat contre les rebelles kurdes. À croire que la menace de Daesh est d’une même nature que le danger que font peser les Kurdes sur la Turquie, où ils représentent entre 16 et 20 % de la population. Fort de ce blanc-seing, le régime islamo-conservateur d’Erdogan en a profité pour s’attaquer aux positions des rebelles kurdes en Syrie ou dans le nord de l’Irak plutôt qu’à celles de ses frères sunnites de Daesh, dont il est, depuis le début du conflit, l’allié objectif et sournois. Si nous ne disons rien, c’est qu’il a acheté notre silence : en échange de notre assentiment, il « fixe » au moins 2 millions de réfugiés qui ont fui les barbares de l’État islamique. Nous autres, Occidentaux, ne sommes pas seulement lâches, ridicules et pathétiques. Pris en otages par le pouvoir turc, nous atteignons aussi le comble de l’abjection en soutenant activement la politique génocidaire d’Erdogan, qui entend bien réserver aux Kurdes le traitement que ses sinistres prédécesseurs du parti des Jeunes Turcs firent subir aux Arméniens en 1915 : l’éradication quasi totale. Pour commettre son crime contre l’humanité, Erdogan bénéficie du soutien sans faille du Prix Nobel de la paix Barack Obama, son « idiot utile », et des pays membres de l’Otan. Sans parler de ses supplétifs que sont les hordes de Daech, devenues des as du meurtre de masse de Kurdes. Franz-Olivier Giesbert
The Democratic presidential nomination … ended late on Oct. 13 with Bernie Sanders’s incredible dismissal of Hillary Clinton’s email quagmire. (…) In normal political competition, you don’t blow off your opponent’s main vulnerability, in Hillary’s case, her credibility.(…) On foreign policy, it is now the party of U.S. isolationism. (…) That this is true was made clear two days before the debate in Barack Obama’s “60 Minutes” interview Sunday. Pressed by Steve Kroft on whether he would intervene as U.S. influence in the Middle East was being displaced by Russia and Iran, Mr. Obama repeatedly demurred. (…) When Mr. Kroft asked if the world was a safer place, Mr. Obama answered: “America is a safer place.” The idea that the world can spin to pieces if the American landmass remains nominally safe was the view of the isolationist wing of the Republicans in 1940. Now the Democrats own it. (…) Most evident from Mr. Sanders and the leftward-running Mrs. Clinton in this debate is how completely the Democratic Party’s politics have devolved into nonstop moralistic ranting about the domestic economy. It is bleeding into demagoguery. (…) Barack Obama, Elizabeth Warren, Bernie Sanders and of course Hillary Clinton have committed the party to a course of individual legal retribution long demanded by the party’s left. Mrs. Clinton: “My plan would have the potential of actually sending the executives to jail.” (…) These candidates’ nonstop holier-than-thou-ism is in fact a feint. Its purpose is to conceal the reality of seven years of economic under-performance during the Obama presidency. The labor-force participation rate, at 62.4, is where it was in 1977. The Bureau of Labor Statistics’ own vocabulary describes the real world out there: discouraged workers, employed part time, not currently looking for work. (…) With chutzpah one has to admire, the party that in two terms weakened, if not wrecked, the economy, now presents itself as its savior. (…) But can Hillary win? Of course. See, “Republicans, circular firing squad, 2015-16.” Daniel Henninger
In the past, the GOP establishment wing always handsomely funded their candidate. It was always the conservatives who were underfunded. (…) in the 2016 election cycle (…) we are about to witness something we have never before seen: A full-on, well-funded-on-both-sides, nuclear war inside the GOP pitting the establishment (mostly former Florida Gov. Jeb Bush) versus the Tea Party (Cruz, Ben Carson and others) versus the neo-cons (Florida Sen. Marco Rubio) versus the libertarians (Kentucky Sen. Rand Paul) versus the hybrid (Wisconsin Gov. Scott Walker, who has both establishment and Tea Party support). And all of them are going to have millions and millions of super-PAC dollars to spend. (…) It means that campaign consultants will have plenty of money to do what they do best: going negative! (…) Without serious primary opposition and as long as she doesn’t self-implode, she ought to be the Democratic nominee in 2016. If the GOP destroys itself in this circular firing squad analogy, she is going to profit. The Republican nominee will be carrying huge negatives out of the primaries. He will be exhausted, overexposed and perhaps broke for a while. Clinton will be sitting there with that Cheshire cat smile — and $2.5 billion in the bank. (…) The shame of this all is that a Republican can win in 2016. But the path to victory is not through negativity. It is through a breakthrough, inspirational, frankly revolutionary message. So far, no candidate is trying this approach. The Hill

Russie qui a transformé la Syrie en terrain d’expérimentation pour ses nouvelles armes, Chine qui se construit un véritable réseau d’ilôts fortifiés dans une mer revendiquée par pas moins de six Etats différents, Turquie qui pour des raisons électoralistes ferme les yeux sur le massacre de sa minorité kurde et fait chanter l’Europe sur les centaines de milliers de migrants qu’elle déverse sur elle, Iran récompensé à coups de milliards de dollars pour mettre le Moyen-Orient à feu et à sang et menacer de l’arme nucléaire qu’il construit la région et le monde, président américain de plus en plus affaibli et irresponsable passant son temps à trouvr des excuses aux violations de plus en nombreuses d’Etats-voyous comme l’Iran, candidats démocrates de plus en plus démagogiques et isolationnistes, candidats républicains aussi pléthoriques qu’acharnés à l’autodestruction …

Attention: un accident industriel peut en préparer un autre !

A l’heure où, de l’Iran à l’Etat islamique et à la Turquie et de la Russie à la Chine et à la Corée du nord, tout ce que la planète compte d’Etats voyous ou faillis multiplient les menaces dans les 15 mois qui leur restent …

Et où,  après avoir abandonné l’Irak tant aux djihadistes qu’à l’Iran et avec les conséquences catastrophiques que l’on sait sur la Libye et la Syrie et à présent l’Europe et Israël, le prétendu chef du Monde libre s’inquiète enfin de l’Afghanistan

Pendant qu’aux Etats-Unis mêmes, le premier débat des primaires démocrates voit la victoire facile d’une Hillary Clinton de plus en plus déportée vers une démagogie de gauche toujours plus radicale et isolationniste …

Retour avec une tribune libre du printemps dernier de l’ancien membre du Congrès républicain John LeBoutillier …

Sur le croisement entre un peloton d’exécution circulaire (digne de la fin du fameux premier film de Quentin Tarantino) et un demolition derby …

Qu’est effectivement devenue, emportée par des possibilités de financement complètement folles, la primaire républicaine …

Où le candidat qui survivrait à un tel traitement …

Pourrait être tellement affaibli que la candidate démocrate …

Avec les conséquences que l’on imagine pour le reste du monde …

N’en ferait alors plus qu’une bouchée ?

The coming GOP demolition-derby circular firing squad

Former Rep. John LeBoutillier (R-N.Y.), contributor
The Hll

The Coming GOP demolition-derby circular firing squad:

1. With the announcement two weeks ago that four super-PACS — headed by the mysterious Robert Mercer from Long Island, N.Y. — had donated a stunning $31 million to Sen. Ted Cruz’s (R-Texas) presidential campaign, a new era of GOP primary battles was launched.

2. In the past, the GOP establishment wing always handsomely funded their candidate.

3. It was always the conservatives who were underfunded.4. And thus the primary outcome was preordained: After the initial dustup-up in Iowa and perhaps South Carolina, the establishment money wore the conservative(s) down and ultimately prevailed in a war of attrition.

5. That is not going to happen in the 2016 election cycle.

6. No, we are about to witness something we have never before seen: A full-on, well-funded-on-both-sides, nuclear war inside the GOP pitting the establishment (mostly former Florida Gov. Jeb Bush) versus the Tea Party (Cruz, Ben Carson and others) versus the neo-cons (Florida Sen. Marco Rubio) versus the libertarians (Kentucky Sen. Rand Paul) versus the hybrid (Wisconsin Gov. Scott Walker, who has both establishment and Tea Party support).

7. And all of them are going to have millions and millions of super-PAC dollars to spend.

8. Do you know what that means?

9. It means that campaign consultants will have plenty of money to do what they do best: going negative!

10. And that means by late this summer — when the televised GOP debates begin — the negative ads are also going to commence. The targets are predictable.

11. Walker is today the unquestioned leader in the race. He is ahead in both Iowa and New Hampshire. He draws support from both the establishment and the Tea Party. So he is going to be in the cross hairs of both the Bush team and the Tea Party group of Cruz, Carson, former Sen. Rick Santorum (Pa.) and anyone else who lays claim to that vote.

12. Expect both sides to go after Walker — big time — and try to reduce his support.

13. By the way, watching that carefully will be Ohio Gov. Jon Kasich, who is poised to join the race but knows that Walker has to deteriorate in order for there to be room for another Midwestern GOP governor in this crowded field.

14. Walker is being backed by the Koch brothers and their network of supporters and donors — a very, very considerable asset for the Wisconsin governor.

15. Rubio, who did very well in his announcement speech and subsequent TV appearances, has yet to score with GOP primary voters in polls in Iowa or New Hampshire — or nationally, for that matter. Could it be that a very young-looking Latino pol who talks about his immigrant heritage and was in favor of a pathway to citizenship (i.e., « amnesty » as the GOP base refers to it) before doing a 180 degree switcheroo is the wrong fit for the GOP primary voter (older, overwhelmingly white, against amnesty and not particularly sympathetic to the classic immigrant success story)? Time will indeed tell.

16. So each faction — armed to the teeth with millions of dollars — will go on the attack in hopes of reducing their opponents and thus capturing those precious voters in a multi-candidate field.

17. Bush and Cruz go after Walker; Paul goes after Sen. Lindsey Graham (S.C.); everybody goes after Bush; Santorum, Carson and Cruz go after each other; Rubio goes after Bush.

18. The problem is the dirty little secret of negative campaigning: Yes, those negative ads do work. But they also redound to the detriment of the candidate doing the negative attacking. In other words, when you go negative, your own negative ratings go up.

19. That is the price you pay for trying to destroy your opponent, instead of focusing on a positive, uplifting, inspirational message.

20. This thing is going to be a total mess.

21. Two other things to consider:

The late entrant. Could there be a candidate who we are not yet talking about who could wait a bit and watch this circular firing squad destroy itself, and then come into the race unbloodied and clean and « above the fray »?

Hillary Clinton. Without serious primary opposition and as long as she doesn’t self-implode, she ought to be the Democratic nominee in 2016. If the GOP destroys itself in this circular firing squad analogy, she is going to profit. The Republican nominee will be carrying huge negatives out of the primaries. He will be exhausted, overexposed and perhaps broke for a while. Clinton will be sitting there with that Cheshire cat smile — and $2.5 billion in the bank.

22. The shame of this all is that a Republican can win in 2016. But the path to victory is not through negativity. It is through a breakthrough, inspirational, frankly revolutionary message. So far, no candidate is trying this approach.

LeBoutillier is a former Republican congressman from New York and is the co-host of « Political Insiders » on Fox News Channel, Sunday nights at 7:30 p.m. Eastern. He will be writing weekly pieces in the Contributors section on the « State of the 2016 Race. »

Voir aussi:

GOP circular firing squad to put Hillary in the Oval Office

Daniel Henninger
The Australian
October 16, 2015

Democratic presidential candidates from left, former Virginia Sen. Jim Webb, Sen. Bernie Sanders, of Vermont, Hillary Rodham Clinton, former Maryland Gov. Martin O’Malley, and former Rhode Island Gov. Lincoln Chafee for the Democratic presidential debate. Source: AP

The Democratic presidential nomination was fun while it lasted.

It ended late on October 13 with Bernie Sanders’s incredible dismissal of Hillary Clinton’s email quagmire.

The smile that illuminated Hillary’s face as Bernie folded actually looked genuine. She accepted Bernie’s political pardon with a handshake and an effusive, “Thank you, Bernie, thank you”.

In normal political competition, you don’t blow off your opponent’s main vulnerability, in Hillary’s case, her credibility.

Notwithstanding an official FBI investigation, that problem looks to be behind her now, at least with unsettled Democrats.

From wherever Joe Biden was sitting on Wednesday, the hill to the presidency just got steeper, because Democratic donors from New York to Hollywood were concluding that she’s going to be all right.

A residual minority of progressives will stick with Sanders through the primaries, but an American politician preaching “revolution” won’t win a presidential nomination.

These staged debates do poorly at revealing who could be a competent US president. See “Debates, 2007-08”. But they are useful at surfacing the ideas that define either party. Here is what we learned about the Democrats.

On foreign policy, it is now the party of US isolationism.

That this is true was made clear two days before the debate in Barack Obama’s 60 Minutes interview on Sunday.

Pressed by Steve Kroft on whether he would intervene as US influence in the Middle East was being displaced by Russia and Iran, Obama repeatedly demurred.

When Kroft asked if the world was a safer place, Obama answered: “America is a safer place.”

The idea that the world can spin to pieces if the American landmass remains nominally safe was the view of the isolationist wing of the Republicans in 1940. Now the Democrats own it. Or as Sanders made clear in the debate: Hell no, he won’t go in a world of “quagmires”.

Martin O’Malley and Lincoln Chafee mainly outbid each other’s commitments to going nowhere. Chafee did mention Vietnam, which Sanders knows is the origin of Obama’s withdrawal of his party from a lead role in the world’s affairs.

The essential statement came from Clinton, on Libya in 2011: “Our response, which I think was smart power at its best, is that the United States will not lead this”.

Former senator Jim Webb stood on the stage as the unwelcome ghost of Democrats past — senators like Patrick Moynihan, Joe Lieberman, Sam Nunn, John Glenn, David Boren, Henry Jackson and Mike Mansfield. That’s all gone.

The price for making isolation America’s foreign policy again may be paid in the next 15 months.

By the way, with the explicit opposition to the Trans-Pacific Partnership by Clinton and Sanders, the party is abandoning a free-trade commitment dating back to Franklin Delano Roosevelt and the Reciprocal Tariff Act of 1934. This is not your father’s Democratic Party.

Most evident from Sanders and the leftward-running Clinton in this debate is how completely the Democratic Party’s politics have devolved into non-stop moralistic ranting about the domestic economy. It is bleeding into demagoguery.

Obama, Elizabeth Warren, Sanders and of course Clinton have committed the party to a course of individual legal retribution long demanded by the party’s Left. Clinton: “My plan would have the potential of actually sending the executives to jail”.

These candidates’ non-stop holier-than-thou-ism is in fact a feint. Its purpose is to conceal the reality of seven years of economic underperformance during the Obama presidency.

The labour force participation rate, at 62.4 per cent, is where it was in 1977. The Bureau of Labour Statistics’ own vocabulary describes the real world out there: discouraged workers, employed part time, not currently looking for work.

With chutzpah one has to admire, the party that in two terms weakened, if not wrecked, the economy, now presents itself as its saviour.

What is striking about the candidates’ economic proposals is how disconnected they are from a private sector economy.

The Democrats have disappeared into a sealed world of public sector economics, running the spectrum from prescriptive mandates, like the $US15 ($20) minimum hourly wage (a $US10 minimum-wage commitment destroyed Wal-Mart’s earnings this week), to wishful thinking, like Sanders’s “tuition-free” public-college education. In Clinton’s version, college would be “debt-free”.

CNN’s uncurious Anderson Cooper didn’t ask the senator how it could be “free”, But Sanders answered it himself: “I pay for my program, by the way, through a tax on Wall Street speculation”.

It is so fantastic.

The Democrats, not least Obama and Clinton, seem to have discovered El Dorado itself in “Wall Street”, a city of infinite gold dust to finance their economic pyramids in perpetuity.

Sanders may not become the nominee, but the Vermont socialist represents the logical ending point of the modern Democratic Party’s belief system: It’s all free!

But can Hillary win? Of course.

See, “Republicans, circular firing squad, 2015-16.”

THE WALL STREET JOURNAL

Voir également:

Why Beijing Isn’t Backing Down on South China Sea
Jeff Stein

Newsweek

10/10/15

Late last month in Shanghai, a top Chinese businessman gave me and three other visiting journalists as clear a distillation as any of Beijing’s attitude toward the United States. “The U.S. wants to dominate the world, China only wants to keep America from dominating its neighborhood,” said Eric Li, a prominent Stanford- and Berkeley-educated political scientist and venture capitalist.

Li’s comment was offered less as an argument than a statement of fact, one we heard again and again, in various forms, from a wide variety of Chinese sources—ranging from senior military, foreign affairs and business officials down to provincial bosses and journalism students—during our 10-day visit. All of which would have been merely an interesting, if worrisome, collection of anecdotes to bring home had not both Beijing and Washington ratcheted up their bellicose statements in the past few days over who has rights to what in the South China Sea.

The most recent rhetorical artillery exchanges began in September when Admiral Harry Harris, head of the U.S. Pacific Command, told the Senate Armed Services Committee he favored sending U.S. warships and aircraft to the South China Sea in a challenge to Beijing’s territorial claims to artificial islands in the region. Then this week, anonymous “defense officials” doubled down on U.S. intentions, saying the Obama administration was considering “freedom of navigation operations,” which, according to Reuters, would “have American ships and aircraft venture within 12 nautical miles of at least some artificial islands built by Beijing.” And the Navy “will do so,“ said a spokesman, Commander William Marks, “at a time of our choosing.”

Such swagger drew a heated rebuke from China, further raising the potential of a Sino-American military clash in the South China Sea, swatches of which are also claimed by the Philippines, Vietnam, Taiwan, Brunei and Malaysia. Beijing and Tokyo are also butting heads over competing territorial claims in the East China Sea. « We will never allow any country to violate China’s territorial waters and airspace in the Spratly Islands, in the name of protecting freedom of navigation and overflight, » Foreign Ministry spokeswoman Hua Chunying said in response to a question about possible U.S. patrols. « We urge the related parties not to take any provocative actions, and genuinely take a responsible stance on regional peace and stability.”

Such exchanges appear to be moving China and the U.S. toward a much feared, yet long expected, military confrontation. Just as unsettling, both sides seem confident they can prevail. The conversations we had in Beijing and Shanghai late last month suggested that China is confident, perhaps overly so, that it can triumph in a standoff with the world’s leading, nuclear-armed superpower, at least as long as it’s confined to its own neighborhood.

“There are 209 land features still unoccupied in the South China Sea and we could seize them all,” a senior Chinese military official said bluntly, on a not-for-attribution basis so that she could “speak frankly.” “And we could build on them in 18 months.”

To her and other Chinese officials, Washington’s deployment of F-22 stealth fighters and the nuclear supercarrier USS Ronald Reagan to Japan over the summer revealed aggressive American designs on the region—but nothing China couldn’t handle.

“America is punching above its weight,” offered Li, the venture capitalist, referring to the financial strains of maintaining and deploying U.S. forces around the globe while its national debt and domestic entitlements soar. “So for every $100 the U.S. spends, China may only need to spend $1 to make it even.

“China’s ambitions are much more modest compared with its national strength,” he continued, “so China is punching below its weight”—and could punch higher given the right circumstances. “Although America is much more powerful than China, it costs much more to build aircraft carrier groups and operate them than [for us] to make deterrent [weapons] to keep them away.”

When Chinese officials look at the map, they smile. They see American forces deployed far beyond their own shores—a geopolitical weakness. “The South China Sea has been Chinese for 900 years, since ancient times,” a senior official at China’s oldest foreign policy think tank said during a background briefing in Shanghai. It’s a sentiment shared from the top of the government down to ordinary citizens, it seems, stoked relentlessly by President Xi Jinping and China’s state-controlled media.

For the past 175 years, China was weak and couldn’t do much about foreign invasions and encroachments. But now it can. Beijing’s new anti-ship missiles alone, boldly rolled out in last month’s Tiananmen Square military parade marking the 1945 defeat of Japan (for which the U.S. got but slight credit), are testament to that.

But in the Chinese view, Beijing has already practically won the battle for the South China Sea without firing a shot. Its swift moves to swallow up islands and reefs over the past year looked like an exercise right out of Sun Tzu’s The Art of War, which has been closely studied by Chinese emperors and communist leaders alike, for centuries. “Ultimate excellence lies not in winning every battle,”  the legendary strategist is credited with saying, “but in defeating the enemy without ever fighting.”

Bill Bishop, a leading China expert and publisher of the influential Sinocism newsletter, who recently left Beijing after several years there, is deeply worried about China’s rising nationalism and muscle-flexing. « People shouldn’t underestimate the risks, » he said in a Newsweek interview. « It’s not just the government making it up. The South China Sea is an intractable issue. It’s not just the party line.” Another factor in Beijing’s military buildup is the immense profits being earned by China’s state-run arms industries, he says, most with incestuous connections to the Communist Party and People’s Liberation Army elite.

Fluent in Chinese and a former CEO of Red Mushroom Studios, a Beijing-based developer and operator of online games, Bishop predicts Xi Jinping “will keep pushing” in the South China Sea. “They think Obama is distracted and doesn’t want another crisis, » he said. If Obama does propel the Navy into harm’s way, as he seemed on the verge of doing this week, « It’s going to be interesting. »

Or hair-raising. Such was the case in 2010, when a Chinese fishing trawler intentionally rammed two Japan Coast Guard vessels in disputed territories in the East China Sea. On the brink of a wider conflict, both sides calmed down and negotiated protocols to avoid further clashes. Likewise, Xi and Obama worked out arrangements at their Washington summit to avoid clashes between U.S. and Chinese military aircraft over the South China Sea. But that may have just been a delaying tactic. Back in the East China Sea, China is worrying Japan again with the creation of a Coast Guard fleet, construction of big new surveillance ships and reported plans to build two bases close to the disputed Senkaku Islands.

« Nobody wants a conflict,” Bishop said, “but it doesn’t seem like this is going to be a happy place for a long time.”

A rare note of caution on the Chinese side was sounded by the Shanghai think tank official, who is the author of several books on modern Sino-U.S. relations. « My advice to the Chinese government is not to make it worse,” he told the visiting reporters. “Wait for time for it to be solved.”

A short-term triumph over the United States (or Japan, or Vietnam or the Philippines), he suggested, could turn into a long-term setback for China.

« Some would say,” he said, leaning forward with a slight smile, “we picked up the seeds but lost the watermelon. »

Voir encore:

Middle East
Russian Military Uses Syria as Proving Ground, and West Takes Notice
Steven Lee Myers and Eric Scmitt
NYT
Oct. 14, 2015

Russian soldiers with their plane, a Sukhoi Su-34 strike fighter, which NATO calls a Fullback, this month in Latakia, Syria. Credit Russian Defence Ministry Press Service, via European Pressphoto Agency

WASHINGTON — Two weeks of air and missile strikes in Syria have given Western intelligence and military officials a deeper appreciation of the transformation that Russia’s military has undergone under President Vladimir V. Putin, showcasing its ability to conduct operations beyond its borders and providing a public demonstration of new weaponry, tactics and strategy.

The strikes have involved aircraft never before tested in combat, including the Sukhoi Su-34 strike fighter, which NATO calls the Fullback, and a ship-based cruise missile fired more than 900 miles from the Caspian Sea, which, according to some analysts, surpasses the American equivalent in technological capability.

Russia’s jets have struck in support of Syrian ground troops advancing from areas under the control of the Syrian government, and might soon back an Iranian-led offensive that appeared to be forming in the northern province of Aleppo on Wednesday. That coordination reflects what American officials described as months of meticulous planning behind Russia’s first military campaign outside former Soviet borders since the dissolution of the Soviet Union.

Taken together, the operations reflect what officials and analysts described as a little-noticed — and still incomplete — modernization that has been underway in Russia for several years, despite strains on the country’s budget. And that, as with Russia’s intervention in neighboring Ukraine, has raised alarms in the West.

In a report this month for the European Council on Foreign Relations, Gustav Gressel argued that Mr. Putin had overseen the most rapid transformation of the country’s armed forces since the 1930s. “Russia is now a military power that could overwhelm any of its neighbors, if they were isolated from Western support,” wrote Mr. Gressel, a former officer of the Austrian military.

Russia’s fighter jets are, for now at least, conducting nearly as many strikes in a typical day against rebel troops opposing the government of President Bashar al-Assad as the American-led coalition targeting the Islamic State has been carrying out each month this year.

The operation in Syria — still relatively limited — has become, in effect, a testing ground for an increasingly confrontational and defiant Russia under Mr. Putin. In fact, as Mr. Putin himself suggested on Sunday, the operation could be intended to send a message to the United States and the West about the restoration of the country’s military prowess and global reach after decades of post-Soviet decay.

“It is one thing for the experts to be aware that Russia supposedly has these weapons, and another thing for them to see for the first time that they do really exist, that our defense industry is making them, that they are of high quality and that we have well-trained people who can put them to effective use,” Mr. Putin said in an interview broadcast on state television. “They have seen, too, now that Russia is ready to use them if this is in the interests of our country and our people.”

Russia’s swift and largely bloodless takeover of Crimea in 2014 was effectively a stealth operation, while its involvement in eastern Ukraine, though substantial, was conducted in secrecy and obfuscated by official denials of direct Russian involvement. The bombings in Syria, by contrast, are being conducted openly and are being documented with great fanfare by the Ministry of Defense in Moscow, which distributes targeting video in the way the Pentagon did during the Persian Gulf war in 1991.

That has also given officials and analysts far greater insight into a military that for nearly a quarter-century after the collapse of the Soviet Union was seen as a decaying, insignificant force, one so hobbled by aging systems and so consumed by corruption that it posed little real threat beyond its borders.

“We’re learning more than we have in the last 10 years,” said Micah Zenko, a senior fellow at the Council on Foreign Relations, noting the use of the new strike fighters and the new cruise missile, known as the Kalibr. “As it was described to me, we are going to school on what the Russian military is capable of today.”

The capabilities on display in Syria — and before that in Ukraine — are the fruits of Russia’s short, victorious war in Georgia in 2008. Although Russia crushed the American-trained forces of Georgia’s government, driving them from areas surrounding the breakaway region of South Ossetia, Russia’s ground and air forces performed poorly.

The Russians lost three fighter jets and a bomber on the first day of the war that August, and seven over all, according to an analysis conducted after the conflict. Russian ground forces suffered from poor coordination and communication, as well as episodes of so-called friendly fire.

In the war’s aftermath, Mr. Putin, then serving as prime minister, began a military modernization program that focused not only on high-profile procurement of new weapons — new aircraft, warships and missiles — but also on a less-noticed overhaul of training and organization that included a reduction in the bloated officer corps and the development of a professional corps of noncommissioned officers.

Russian military spending bottomed out in the mid-1990s but has risen steadily under Mr. Putin and, despite the falling price of oil and international sanctions imposed after the annexation of Crimea, it has surged to its highest level in a quarter-century, reaching $81 billion, or 4.2 percent of the country’s gross domestic product, a common measure of military expenditure.

The Russian advancements go beyond new weaponry, reflecting an increase in professionalism and readiness. Russia set up its main operations at an air base near Latakia in northwestern Syria in a matter of three weeks, dispatching more than four dozen combat planes and helicopters, scores of tanks and armored vehicles, rocket and artillery systems, air defenses and portable housing for as many as 2,000 troops. It was Moscow’s largest deployment to the Middle East since the Soviet Union deployed in Egypt in the 1970s.

“What continues to impress me is their ability to move a lot of stuff real far, real fast,” Lt. Gen. Ben Hodges, the commander of United States Army forces in Europe, said in an interview.

Since its air campaign started on Sept. 30, Russia has quickly ramped up its airstrikes from a handful each day to nearly 90 on some days, using more than a half-dozen types of guided and unguided munitions, including fragmentary bombs and bunker busters for hardened targets, American analysts said.

Russia is not only bringing some of its most advanced hardware to the fight, it has also deployed large field kitchens and even dancers and singers to entertain the troops — all signs that Moscow is settling in for the long haul, American analysts said.

“They brought the whole package,” said Jeffrey White, a former Middle East analyst with the Defense Intelligence Agency now at the Washington Institute for Near East Policy. “It showed me they could deploy a decent-sized expeditionary force.”

For now, Russia’s focus in Syria is mainly an air campaign with some 600 marines on the ground to protect the air base in Latakia. Mr. Putin has excluded the idea of sending in a larger ground force to assist the Syrians.

Michael Kofman, an analyst with the CNA Corporation, a nonprofit research institute, and a fellow at the Kennan Institute in Washington who studies the Russian military, said that the operations over Syria showed that Russia has caught up to the capabilities the United States has used in combat since the 1990s. That nonetheless represented significant progress given how far behind the Russians had fallen.

“Conducting night strikes, with damage assessments by drones, is a tangible leap for Russia into a mix of 1990s and even current Western combat ability,” he said.

The Russian Air Force suffered a series of training accidents over the spring and summer — losing at least five aircraft in a matter of months — which Mr. Kofman described as “teething pains” as pilots increased operating tempo under Mr. Putin’s orders. Even so, Russia’s aviation is “often painted in the West as some sort of Potemkin village, which is not the case.”

He and others said that the biggest surprise so far has been the missile technology on display. The cruise missiles fired from Russian frigates and destroyers in the Caspian Sea were first tested only in 2012. With a range said to reach 900 miles, they had not been used in combat before, and despite the loss of four cruise missiles that crashed in Iran in one salvo, they represent a technological leap that could prove worrisome for military commanders in NATO. He noted that the advances in missile technologies improved the precision and firepower even of aging Soviet-era ships or aircraft.

“This is an amazingly capable new weapon,” he added.

Russia’s state television network boasted on Monday that from the Caspian, they could reach the Persian Gulf, the Arabian Peninsula and the “entire Mediterranean Sea.” It went on to note that trials of the missiles were underway aboard two ships in the Black Sea, which is bordered by three NATO allies: Turkey, Bulgaria and Romania.

The Moskva, a guided-missile cruiser that is the flagship of Russia’s Black Sea Fleet, based in the newly annexed Crimea, has also deployed with other ships off the coast of Syria, providing air defenses for the aircraft and troops Russia has deployed. Those missiles effectively protect the skies over Syrian territory under control of the government from aerial incursions, and all but block the establishment of a no-fly zone in Syria, as many have called for.

American officials say Russia has closely coordinated with its allies to plan its current fight. Maj. Gen. Qassim Suleimani, the head of Iran’s paramilitary Quds Force, went to Moscow in late July in an apparent effort to coordinate on the Russian offensive in Syria, and he is also spearheading the Iranian effort to assist Iraqi militias. “The broad outlines were decided months ago,” said Lt. Gen. Richard P. Zahner, formerly the Army’s top intelligence officer in Europe and in Iraq.

American officials, while impressed with how quickly Russia dispatched its combat planes and helicopters to Syria, said air power had been used to only a fraction of its potential, with indiscriminate fire common and precision-guided munitions used sparingly. It is clear the Russians are already harvesting lessons from the campaign to apply to their other military operations, said David A. Deptula, a retired three-star Air Force general who planned the American air campaigns in 2001 in Afghanistan and in the gulf war.

“Essentially,” he said, “Russia is using their incursion into Syria as an operational proving ground.”

Voir de plus:

Iranian Ballistic Missile Tests Could Violate Nuke Deal
Experts: ‘Clear violation’ of international agreements
Adam Kredo
Free Beacon
October 12, 2015

Iran’s recent test firing of a ballistic missile does not violate the recent nuclear deal, Obama administration officials said on Monday. However, nuclear experts disagree and are calling on the administration to hold Iran accountable for violating international agreements barring such action.

Iran announced over the weekend that it had successfully test-fired a domestically produced long-range surface-to-surface ballistic missile.

Iran maintained that the test does not violate the nuclear deal, though U.S. experts quibbled with this analysis.

Asked to address the reports on Monday, John Kirby, a spokesman for the State Department, said that the administration is “aware of reports that Iran is conducting a new round of missile tests.”

“We will take appropriate actions at the United Nations if these tests violate any existing UN Security Council resolutions,” Kirby said in the statement. “Separately, we remain confident in our ability to defend ourselves and our allies in the region. And we will continue to work closely with our regional partners to boost their capabilities to defend themselves against any threats by Iran.”

However, Secretary of State John Kerry has stated in the past that such tests would not violate the accord. The State Department maintains that this is still its position.

Kerry informed Sen. Marco Rubio (R., Fla.) in recent correspondence obtained by the Free Beacon that a ballistic missile test would not violate the accord.

“It would not be a violation of the JCPOA [Joint Comprehensive Plan of Action] if Iran tested a conventional ballistic missile,” Kerry wrote to Rubio.

Ballistic missile testing is not addressed in the nuclear accord, but rather by newly implemented U.N. Security Council resolutions.

“Since the Security Council has called upon Iran not to undertake any activity related to ballistic missiles designed to be capable of delivering nuclear weapons, including launches using such ballistic missile technology, any such activity would be inconsistent with the UNSCR and a serious matter for the Security Council to review,” Kerry wrote to Rubio.

Iran has also maintained that its ongoing ballistic missile work does not violate the JCPOA. Iranian official have said that it will continue to violate U.N. resolutions barring such work.

“To follow our defense programs, we don’t seek permission from anyone,” the Iranian diplomat Abbas Araqchi was quoted as saying over the weekend by Iran’s IRNA news agency.

U.S. nuclear experts took issue with Iran’s interpretation and said that the recent missile test is an opportunity for the Obama administration to put its foot down.

Mark Dubowitz, executive director of the Foundation for Defense of Democracies, described the situation as a “test case” for the Obama administration.

“This is a clear violation of Annex B paragraph 3 of UNSCR 2231 (2015) and a test case for the Obama administration to make it clear to Iran that a violation of UNSCR 2231 will be considered a violation of the JCPOA despite Iranian regime protestations to the contrary,” Dubowitz said.

Iran is prohibited under this resolution from testing missiles and “any activity related to ballistic missiles designed to be capable of delivering nuclear weapons.”

The test came several days after Iran’s parliament issued a report declaring that Tehran would violate the JCPOA’s restrictions on weapons. A translation of the report performed by the Foundation for Defense of Democracies noted that the parliament was rejecting U.N. resolutions that are “apparently the JCPOA’s only legal backing.”

Other experts said the test marks a clear violation of the deal, one that the administration should immediately address.

“If the missile launch is not a violation of the Iran deal, then it shows just how comically bad the Iran deal actually was: it’d be a nuclear deal that doesn’t stop Iran from developing missiles to deliver nuclear weapons,” said Omri Ceren, managing director at the Israel Project, an organization opposed to the terms of the final deal.

“But even if the launch doesn’t violate the agreement, it’s a blatant violation of the United Nations Security Council resolution that gave the agreement force under international law,” Ceren explained. “So either it violates the deal, or it violates the resolution that gives the deal force, and either way the Iranians are playing the Obama administration for chumps.”

Voir enfin:

 Honte à nous, complices d’Erdogan !
L’État turc profite d’un attentat commis avec la complicité ou non de ses services secrets pour l’attribuer aussitôt à ses adversaires.
Franz-Olivier Giesbert
15/10/2015

Désolé d’interrompre le débat-fleuve à propos de la France pays de « race blanche » qui passionne nos chers confrères, mais il se passe, en dehors de nos frontières, des infamies que nous ne pouvons plus continuer à recouvrir d’un mouchoir blanc.

L’incendie du Reichstag est devenu une spécialité turque : l’État profite d’un attentat commis ou non avec la complicité de ses services secrets pour l’attribuer aussitôt à ses adversaires, qu’il peut alors réprimer sans pitié. Adolf Hitler avait ouvert la voie en 1933. Recep Tayyip Erdogan, le président turc, la suit sans vergogne.

Le pouvoir turc a apparemment signé son crime en accusant tout de suite le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d’être à l’origine de l’attentat le plus meurtrier de l’histoire du pays, perpétré à Ankara samedi dernier. Que ce soit le mouvement kurde de résistance armée qui ait décidé de tuer des manifestants pacifistes et pro-kurdes est totalement invraisemblable. Mais Erdogan, père Ubu affairiste, rongé par ses obsessions comme par des poux, n’a jamais été à une carabistouille près.

Quand bien même le coupable serait Daesh, la porosité entre les services turcs et les islamo-nazis est telle qu’on est en droit de penser qu’Erdogan, s’il ne les a pas instrumentalisés, a au mieux fermé les yeux. Dans cette affaire, le président turc a un mobile : son régime est aux abois. Il a beau museler la presse et monter des opérations de police contre ses opposants, rien n’y fait, le pouvoir se délite, attaqué de toutes parts. Un déclin confirmé par la percée électorale récente du HDP, parti pro-kurde.

Plus Erdogan s’enferre, plus il persiste. N’ayant pas obtenu la majorité absolue aux élections générales du mois de juin, il a refusé de former un gouvernement de coalition, préférant organiser un nouveau scrutin qui, selon les derniers sondages, s’annonçait très mal pour lui. L’attentat est tombé à pic pour hystériser les nationalistes de tous bords et, si besoin, annuler les élections.

Il y aura toujours assez de gobe-mouches. Les Occidentaux, par exemple. Quand Vladimir Poutine fait assassiner, selon toutes probabilités, son principal opposant Boris Nemtsov à deux pas du Kremlin, nous ne sommes pas coupables : rien ne nous lie à la Russie. Mais, quand Erdogan organise un carnage tout près de son palais présidentiel, nous sommes complices, puisque nous soutenons son régime répressif et vermoulu : c’est même notre allié !

Il y a quelque chose de comique à voir nos gouvernants, Fabius en tête, prendre des airs dégoûtés devant Poutine alors que nous avons, avec Erdogan, un homme de la même engeance, en plus fourbe, dans notre propre camp. Le 28 juillet, un communiqué hallucinant de l’Otan apportait le soutien de ses pays membres au pouvoir turc pour son prétendu juste combat contre les rebelles kurdes. À croire que la menace de Daesh est d’une même nature que le danger que font peser les Kurdes sur la Turquie, où ils représentent entre 16 et 20 % de la population.

Fort de ce blanc-seing, le régime islamo-conservateur d’Erdogan en a profité pour s’attaquer aux positions des rebelles kurdes en Syrie ou dans le nord de l’Irak plutôt qu’à celles de ses frères sunnites de Daesh, dont il est, depuis le début du conflit, l’allié objectif et sournois. Si nous ne disons rien, c’est qu’il a acheté notre silence : en échange de notre assentiment, il « fixe » au moins 2 millions de réfugiés qui ont fui les barbares de l’État islamique.

Nous autres, Occidentaux, ne sommes pas seulement lâches, ridicules et pathétiques. Pris en otages par le pouvoir turc, nous atteignons aussi le comble de l’abjection en soutenant activement la politique génocidaire d’Erdogan, qui entend bien réserver aux Kurdes le traitement que ses sinistres prédécesseurs du parti des Jeunes Turcs firent subir aux Arméniens en 1915 : l’éradication quasi totale.

Pour commettre son crime contre l’humanité, Erdogan bénéficie du soutien sans faille du Prix Nobel de la paix Barack Obama, son « idiot utile », et des pays membres de l’Otan. Sans parler de ses supplétifs que sont les hordes de Daech, devenues des as du meurtre de masse de Kurdes.

Ce qu’on appelait depuis le XIIe siècle le Kurdistan est aujourd’hui partagé entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie, ou ce qu’il en reste. Un peuple d’à peu près 35 millions de personnes, avec sa propre langue et une forte identité culturelle qui transcende les religions, musulmane, chrétienne ou yézidie, cohabitant pour l’heure face aux deux ennemis communs : l’État islamique et le pouvoir turc.

Ce peuple joue sa vie. Plus nous nous en lavons les mains, plus elles deviennent sales..


Corée du nord: Pourquoi vous ne connaissez pas la Division 39 (As China-supported North Korean butcher and starver of his own people puts on his yearly show for the West’s complicit media, who bothers to investigate the world’s largest state criminal organization ?)

10 octobre, 2015
office38KimLe jour où la Corée du nord s’effondrera, on découvrira un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire, avec des survivants dont les récits feront honte au monde libre. Et l’on s’interrogera alors sur les raisons pour lesquelles les informations n’ont pas conduit à rompre les relations diplomatiques et à demander des comptes à Pyong Yang. Thérèse Delpech
En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique. L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord. Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir: «Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé», «La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu?», «Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle «insolite». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International. La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche-à-oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme à nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues. Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas «Le monde est dangereux» comme souvent les articles des pages International, mais plutôt «Le monde est fou». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du «royaume de l’absurde». (…) L’info buzz jubile de ce moment où la réalité dépasse la fiction, où une news sur Kim Jong-un devient plus drôle que The Interview, le film de Seth Rogen sur la Corée du Nord, où LeMonde.fr peut rivaliser avec le Gorafi. La Corée du Nord est reléguée au rayon buzz car les images qui nous arrivent du pays, via la propagande nord-coréenne, sont celle d’un grand Disneyland, un décor de carton-pâte dans lequel évolue le poupin Kim Jong-un. C’est une leçon pour les communicants de toute la planète: pour que les médias reprennent un message, il suffit de les penser comme une scène de mauvais téléfilm, organisé autour d’une figure reconnue de la culture pop, comme l’est Kim-Jong-un. Il faut être le moins crédible, le plus proche de la fiction, pour que l’info buzz s’en empare. Vincent Glad
Located in a heavily guarded concrete building in downtown Pyongyang, Bureau No. 39 is the nerve center of North Korea’s state-run network of international crime. Its official name is Central Committee Bureau 39 of the Korean Workers’ Party. The authors refer to it by what Bechtol says is the more accurately nuanced translation of “Office No. 39.” The mission of Office No. 39 is to generate torrents of cash for North Korean ruler Kim Jong Il, by way of illicit activities abroad. Favorite rackets include international trafficking of drugs produced under state supervision in North Korea, and state production and laundering into world markets of counterfeit U.S. currency, and cigarettes. Such activities are tied directly to the survival of Kim’s regime. The authors report “the crimes organized by Office No. 39 are committed beyond the borders of North Korea by the regime itself, not solely for the personal enrichment of the leadership, but to prop up its armed forces and to fund its military programs.” What sets Office No. 39 apart from more pedestrian political corruption or organized crime is that this operation is not some wayward private gang or unauthorized appendage of government. It is an integral and institutionalized part of the North Korean regime. As such, it enjoys the perquisites and protective trappings of the modern nation-state, including the use of North Korean embassies and state-run businesses abroad, and the reluctance of other nations to intervene in the sovereign affairs of North Korea. Office No. 39 is directly tied to Kim himself, who set it up way back in 1974, when his father, Kim Il Sung, was still in power. The authors explain: “This office was established for the explicit purpose of running illegal activities to generate currency for the North Korean government.” Since the 1991 Soviet collapse, which ended subsidies from Moscow, Office No. 39 has become ever more important, and especially over the past 10 years, its activities have become more prolific. Office No. 39 continues to report directly to Kim, who took charge of the regime when his father died in 1994. According to a North Korean defector interviewed by the authors, Kim Kwang-Jin, who has firsthand knowledge of North Korean financial practices, Office No. 39 is also known to North Korean insiders as “the keeper of Kim’s cashbox.” Organized into 10 departments, specializing in various illicit activities, Office No. 39 serves as a slush fund through which billions of dollars have flowed over the years. In a bizarre personal touch, these funds are collected and presented periodically to Kim in aggregate amounts, labeled “revolutionary funds,” on such special occasions as his official birthday, Feb. 12, or the birthday of his late father, Kim Il Sung, April 15th. This money is not spent on easing the miseries of millions of repressed and famished North Koreans. That effort–from which Kim also has a record of appropriating resources to sustain his regime–is left to the likes of international donors, contributing via outfits such as the United Nations. The authors explain that the profits of Bureau 39 help swell the offshore bank accounts of Kim’s regime, used not only to pay for his luxurious lifestyle, but to buy the loyalties and materials that underpin his totalitarian, nuclear-entwined military state … Claudia Rosett
En dépit de leur rhétorique sur le besoin pressant de développer un arsenal nucléaire, la plus grande priorité des dirigeants nord-coréens est de faire entrer des devises étrangères. Sans elles, estiment les experts, le régime risquerait de s’effondrer sous le poids des sanctions internationales. Les courses de taxis ne peuvent bien entendu à elles seules combler cette lacune. Mais les taxis KKG ne sont que l’arbre qui cache la forêt. La flotte de taxis de KKG est l’un des produits issus d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs basés à Hong Kong et une antenne occulte de l’Etat nord-coréen qui, comme le montre notre enquête, a pour vocation première de négocier des contrats à l’international. L’alliance de Pyongyang avec le groupe Queensway [basé à Hong Kong], un groupement d’hommes d’affaires connus pour avoir des liens avec des régimes parias, est opaque. Mais il semble évident que cette alliance permet au régime le plus isolé du monde de garder la tête hors de l’eau. (…) “La plupart des sociétés nord-coréennes sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis, de l’UE ou des Nations unies. Elles changent régulièrement de raison sociale, tout comme leurs navires changent de pavillons. Mais la plupart appartiennent à des officiers supérieurs de l’armée ou au Parti du travail de Corée, au pouvoir. Comme elles sont inscrites sur la liste des sanctions, elles ont besoin d’une société étrangère susceptible de les aider à commercer avec des pays étrangers.” (…) Selon plusieurs hauts responsables asiatiques et américains, la branche nord-coréenne du réseau KKG conduit à une organisation clandestine nommée la Division 39 du Parti du travail. Les Etats-Unis qualifient la Division 39 de “branche clandestine du gouvernement (…) qui assure un soutien essentiel au pouvoir nord-coréen, en partie en menant des activités économiques illicites et en gérant des caisses noires, et en générant des revenus pour les instances dirigeantes.” Les dirigeants nord-coréens ont dû recourir à cette stratégie après des années de sanctions internationales. Imposées en réaction aux essais nucléaires de 2006, 2009 et 2013 ces dernières prévoient notamment un embargo sur les armes visant à empêcher la Corée du Nord de se livrer au commerce de matériel militaire et de se procurer des pièces pour son programme atomique ; un gel des avoirs destiné à exercer une pression financière sur le pouvoir ; et un embargo sur l’exportation de produits de luxe, conçu pour priver les hauts dirigeants des attributs du pouvoir – des homards jusqu’aux cigarillos, en passant par les fourrures et les yachts. Les Nations unies ont fixé le cadre général des sanctions, les Etats décidant par eux-mêmes ce qu’ils interdisent. Les rapports annuels d’une commission onusienne qui surveille les sanctions parlent cependant d’un jeu du chat et de la souris, car les dirigeants nord-coréens usent d’une panoplie de subterfuges en constante évolution pour déguiser leurs activités commerciales à l’étranger. Le dernier rapport en date de l’ONU, remis au Conseil de sécurité en février, fait ainsi état de ventes d’armes en Afrique et de l’utilisation de “pavillons de complaisance” pour échapper aux contrôles sur le transport maritime nord-coréen. Il indique également que “des structures commerciales légales ont été utilisées pour des activités illégales”. (…) Au cours des dix dernières années, le groupe Queensway a bâti un empire commercial contrôlant un portefeuille de plusieurs milliards de dollars, dont les tentacules s’étirent du Zimbabwe jusqu’à Manhattan. La nature précise de l’association avec KKG n’est pas très claire – on ignore s’il s’agit d’une joint-venture officielle ou d’un arrangement plus informel. Les liens entre les financiers de KKG se sont noués vers 2006. Selon le récit du haut fonctionnaire asiatique – dont des détails ont été corroborés par d’autres témoignage –, la percée de Queensway en Corée du Nord a été initiée par le représentant du groupe qui a promu ses intérêts en Afrique et ailleurs. Il utilise au moins sept identités différentes, la plus connue étant Sam Pa. L’année dernière, une enquête du Financial Times a établi que M. Pa et les autres fondateurs du groupe Queensway entretenaient des liens étroits avec de puissants intérêts à Pékin, y compris le service de renseignements chinois et plusieurs entreprises d’Etat. Ils ont également des relations avec de grands groupes occidentaux : des sociétés du groupe Queensway sont en affaires avec BP [compagnie pétrolière britannique] en Angola, Gl encore [entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières] en Guinée, et d’autres. (…) “Les taxis KKG peuvent rapporter au régime quelques devises, grâce aux touristes de passage à Pyongyang, mais tout indique que les véritables cibles du groupe Queensway sont les secteurs minier et pétrolier”, souligne le chercheur américain J. R. Mailey, l’un des auteurs d’un rapport de 2009 du Congrès américain qui a récemment publié une deuxième étude détaillée sur le groupe. Le think tank britannique Chatham House signalait dans un rapport datant de 2009 qu’une filiale chinoise de Queensway, avait proposé en 2007 une entreprise publique chinoise pour réaliser des explorations sismiques sur deux sites de prospection pétrolière en Corée du Nord. Financial Times

Attention: une désinformation peu en cacher une autre !

A l’heure où « l’un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire » dont l’effondrement, comme le rappelait Thérèse Delpech, fera un jour la honte d’un monde libre indifférent qui, via ses satellites et les abondants témoignages des transfuges, en connait pourtant tous les détails …

Fête ignomineusement, avec la Chine sans laquelle il  ne tiendrait pas une semaine,  70 ans d’oppression et de famine systématique de sa population …

Pendant qu’avec les 16 mois restants, à la tête du monde libre, de l’incroyable vacance du pouvoir introduite par l’Administration Obama …

Toutes sortes d’Etats voyous ou faillis, et leurs affidés, de l’Iran à la Russie et l’Etat islamique aux Palestiniens, mettent le Moyen-Orient à feu et à sang et menacent d’invasion l’Europe et le reste du monde …

Combien, parmi nos journalistes qui, tout en diffusant sans la moindre vérification « buzz » oblige les rumeurs les plus folles, accourent régulièrement dans ses hôtels cinq étoiles pour l’occasion …

Prennent la peine de rappeler la vérité d’un régime proprement criminel …

Et notamment de la tristement célèbre Division 39 ..

Cette véritable organisation criminelle qui entre vente d’armes, contrefaçon monétaire et trafic de drogue …

Permet au régime le plus isolé au monde, dans la plus grande opacité et avec le soutien de tout ce que la planète compte de pays et d’individus peu recommandables comme le rapportait cet été le Financial Times, de se raccorder à l’économie mondiale pour ses besoins en devises et marchandises ?

Mais aussi fournit à l’ensemble des autres régimes-voyous de la planète comme l’Iran non seulement les moyens de construire leurs armes de destruction massive …

Mais sert d’inspiration et de modèle pour tous dans l’art, pour se maintenir au pouvoir, de déjouer tant les sanctions que les aides d’un système international bien peu regardant ?

Enquête. Division 39 : la botte secrète de la Corée du Nord pour déjouer les sanctions
Tom Burgis (avec Tan-jun Kang à Séoul)

Financial Times
traduit par Courrier international
06/08/2015

A l’été dernier, les habitants de Pyongyang ont commencé à remarquer une nouvelle flotte de taxis dans la capitale nord-coréenne. Avec leur carrosserie brun et or, les rutilantes berlines ne passaient pas inaperçues dans les rues pratiquement désertes de la ville. Les voitures étaient estampillées du logo de la compagnie de taxi : KKG. La compagnie KKG a si rapidement évincé ses concurrents que l’on ne pouvait manquer de se demander qui se cachait derrière cette nouvelle entreprise. Le même logo a été repéré sur des 4×4, sur un panneau publicitaire vantant un projet résidentiel en bordure du fleuve et des autobus à l’aéroport de Pyongyang. Comme d’autres chauffeurs de taxi nord-coréens, ceux de KKG faisaient payer leurs courses en devises – essentiellement en renminbis chinois, mais aussi en euros ou en dollars. De quoi mettre la puce à l’oreille.

En dépit de leur rhétorique sur le besoin pressant de développer un arsenal nucléaire, la plus grande priorité des dirigeants nord-coréens est de faire entrer des devises étrangères. Sans elles, estiment les experts, le régime risquerait de s’effondrer sous le poids des sanctions internationales. Les courses de taxis ne peuvent bien entendu à elles seules combler cette lacune. Mais les taxis KKG ne sont que l’arbre qui cache la forêt. La flotte de taxis de KKG est l’un des produits issus d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs basés à Hong Kong et une antenne occulte de l’Etat nord-coréen qui, comme le montre notre enquête, a pour vocation première de négocier des contrats à l’international.

Un royaume plus isolé que jamais

L’alliance de Pyongyang avec le groupe Queensway [basé à Hong Kong], un groupement d’hommes d’affaires connus pour avoir des liens avec des régimes parias, est opaque. Mais il semble évident que cette alliance permet au régime le plus isolé du monde de garder la tête hors de l’eau. “KKG est l’une des plus grandes joint-ventures établies en Corée du Nord”, confie un haut fonctionnaire asiatique qui, pour commenter cette affaire sensible, a souhaité conserver l’anonymat [ancienne colonie britannique, Hong Kong a conservé un système économique particulier : les sociétés étrangères qui y sont enregistrées ne versent pas de taxes, l’identité des actionnaires peut rester cachée, et les transferts de fonds avec l’étranger ne sont soumis à aucune restriction].

“La plupart des sociétés nord-coréennes sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis, de l’UE ou des Nations unies. Elles changent régulièrement de raison sociale, tout comme leurs navires changent de pavillons. Mais la plupart appartiennent à des officiers supérieurs de l’armée ou au Parti du travail de Corée, au pouvoir. Comme elles sont inscrites sur la liste des sanctions, elles ont besoin d’une société étrangère susceptible de les aider à commercer avec des pays étrangers.”

A l’heure où les relations des puissances occidentales avec l’Iran et Cuba semblent se réchauffer, le royaume est politiquement plus isolé que jamais. Même la Chine, qui a longtemps été une alliée, prend depuis quelques années ses distances avec Pyongyang. L’année dernière, un rapport des Nations unies décrivait“d’innommables atrocités” perpétrées à l’encontre des détenus des camps de prisonniers nord-coréens. Les démonstrations de force orchestrées par le régime de Kim Jong-un – dont une cyber-attaque contre Sony que Washington a attribuée à Pyongyang, et le tir d’essai d’un missile balistique depuis un sous-marin [en mai dernier] – ont relancé les efforts visant à comprendre comment le régime parvient à se raccorder à l’économie internationale.

Selon des estimations du gouvernement de Séoul fondées sur des données limitées, ces dernières années, l’économie intérieure nord-coréenne aurait soit ralenti, soit enregistré une croissance de 1 %. Toujours est-il que le volume annuel d’exportations, d’environ 3 milliards de dollars, est loin de compenser la facture des importations. Avec la baisse du cours du charbon et d’autres matières premières que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) exporte vers la Chine, les réseaux d’entreprises comme celui qui est derrière KKG risquent de devenir de plus en plus vitaux pour apporter au régime des devises indispensables au fonctionnement de l’économie.

Selon plusieurs hauts responsables asiatiques et américains, la branche nord-coréenne du réseau KKG conduit à une organisation clandestine nommée la Division 39 du Parti du travail. Les Etats-Unis qualifient la Division 39 de “branche clandestine du gouvernement (…) qui assure un soutien essentiel au pouvoir nord-coréen, en partie en menant des activités économiques illicites et en gérant des caisses noires, et en générant des revenus pour les instances dirigeantes.” Les dirigeants nord-coréens ont dû recourir à cette stratégie après des années de sanctions internationales. Imposées en réaction aux essais nucléaires de 2006, 2009 et 2013 ces dernières prévoient notamment un embargo sur les armes visant à empêcher la Corée du Nord de se livrer au commerce de matériel militaire et de se procurer des pièces pour son programme atomique ; un gel des avoirs destiné à exercer une pression financière sur le pouvoir ; et un embargo sur l’exportation de produits de luxe, conçu pour priver les hauts dirigeants des attributs du pouvoir – des homards jusqu’aux cigarillos, en passant par les fourrures et les yachts. Les Nations unies ont fixé le cadre général des sanctions, les Etats décidant par eux-mêmes ce qu’ils interdisent.

La “caisse noire” du régime

Les rapports annuels d’une commission onusienne qui surveille les sanctions parlent cependant d’un jeu du chat et de la souris, car les dirigeants nord-coréens usent d’une panoplie de subterfuges en constante évolution pour déguiser leurs activités commerciales à l’étranger. Le dernier rapport en date de l’ONU, remis au Conseil de sécurité en février, fait ainsi état de ventes d’armes en Afrique et de l’utilisation de “pavillons de complaisance” pour échapper aux contrôles sur le transport maritime nord-coréen. Il indique également que “des structures commerciales légales ont été utilisées pour des activités illégales”.

En 2010, les Etats-Unis ont ajouté la Division 39 à leur liste d’entités soumises aux sanctions. L’Union européenne a suivi. Entre temps, la Corée du Nord a engrangé des devises étrangères en exportant des armes, des méthamphétamines, de champignons et de la main-d’œuvre à bas coût. Ses ventes de textiles, de charbon et de minéraux à la Chine lui rapportent peut-être davantage.

Le Conseil de l’Union européenne affirme que la Division 39 était placée sous l’autorité directe de Kim Jong-il, président de Corée du Nord de 1994 à sa mort en 2011, date à laquelle son fils Kim Jong-un lui a succédé. La Division 39 “figure parmi les plus importantes organisations chargées de l’achat de devises et de marchandises”, précise-t-il. Les Etats-Unis et l’UE ont également imposé des sanctions à ce qu’ils considèrent comme des sociétés écrans agissant en faveur de la Division 39. L’une de ces entités, la Korea Daesong General Trading Corporation, également connue sous plusieurs autres noms comparables, “est utilisée pour faciliter les transactions étrangères pour le compte de la Division 39”, a déclaré le Trésor américain. L’entreprise n’a pas souhaité commenter cette information. L’UE la décrit comme une filiale du groupe Daesong, “le plus grand groupe d’entreprises du pays”.

Le rôle du groupe Queensway

Au cours des dix dernières années, le groupe Queensway a bâti un empire commercial contrôlant un portefeuille de plusieurs milliards de dollars, dont les tentacules s’étirent du Zimbabwe jusqu’à Manhattan. La nature précise de l’association avec KKG n’est pas très claire – on ignore s’il s’agit d’une joint-venture officielle ou d’un arrangement plus informel. Les liens entre les financiers de KKG se sont noués vers 2006. Selon le récit du haut fonctionnaire asiatique – dont des détails ont été corroborés par d’autres témoignage –, la percée de Queensway en Corée du Nord a été initiée par le représentant du groupe qui a promu ses intérêts en Afrique et ailleurs. Il utilise au moins sept identités différentes, la plus connue étant Sam Pa.

L’année dernière, une enquête du Financial Times a établi que M. Pa et les autres fondateurs du groupe Queensway entretenaient des liens étroits avec de puissants intérêts à Pékin, y compris le service de renseignements chinois et plusieurs entreprises d’Etat. Ils ont également des relations avec de grands groupes occidentaux : des sociétés du groupe Queensway sont en affaires avec BP [compagnie pétrolière britannique] en Angola, Gl encore [entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières] en Guinée, et d’autres.

M. Pa s’est refusé à tout commentaire. De tous les dirigeants des diverses sociétés du groupe Queensway, un seul a accepté de répondre à nos questions. Jee Kin-wee, directeur du service juridique du groupe à la succursale singapourienne de China Sonagol, assure que son entreprise et KKG “sont des entités distinctes qui n’ont aucun rapport entre elles”. Il n’a toutefois pas précisé la nature des relations unissant son entreprise de Singapour et sa société-sœur, China Sonangol International Holding, enregistrée à l’adresse de Queensway à Hong Kong. Cette entité est détenue conjointement par les associés de M. Pa et le groupe pétrolier national d’Angola. Elle est citée dans des procès-verbaux des tribunaux de Hong Kong pour avoir effectué des versements destinés à des projets de KKG.

Jee Kin-wee n’a pas voulu s’exprimer au sujet des activités commerciales du groupe Queensway en Corée du Nord, se bornant à rappeler que “la Chine entretient des relations diplomatiques et économiques normales avec la Corée du Nord et que […] des dizaines de pays dans le monde, dont plusieurs pays de l’UE, ont des relations diplomatiques bilatérales avec la RPDC”. M. Pa a conclu un contrat avec Daesong pour toute une série de projets en Corée du Nord, concernant aussi bien des centrales électriques que l’extraction minière et la pêche, affirme toutefois le haut fonctionnaire asiatique.
L’argent a commencé à affluer – mais on ne sait pas exactement quelles sommes ont atterri directement dans les caisses de Corée du Nord. Un livret de comptes publié dans une décision de 2013 de la Cour suprême de Hong Kong dans le cadre d’un différend opposant des associés de M. Pa comporte plusieurs références à des versements du groupe Queensway : “réseau d’autobus urbains de Pyongyang”, “Aéroport de Pyongyang”, “Corée : 5 000 tonnes d’huile de soja” et “exposition sponsorisée par le consul coréen”, lit-on dans ce document, sans plus de détails. Mais la liste des paiements comporte également des références à KKG.

Les habitants de Pyongyang ont commencé à entendre parler de KKG, dès 2008. Cette année-là, des photographies en ligne montraient un immense panneau publicitaire représentant la maquette d’un projet spectaculaire de constructions résidentielles à Pyongyang. Dans une présentation PowerPoint de 2014, le groupe Hawtai Motor, constructeur automobile privé chinois basé à Tianjin, décrivait KKG comme l’une “des plus grandes entreprises publiques de Corée du Nord”. Les dirigeants de Hawtai ont refusé de commenter cette déclaration. Certains observateurs qui ont assisté à la percée de Queensway en Corée du Nord estiment que le groupe cherche à reproduire un modèle qu’il a déjà expérimenté en Afrique : le groupe y a conclu des contrats “infrastructures contre ressources naturelles” avec des régimes répressifs comme ceux de l’Angola, du Zimbabwe et une junte militaire qui a brièvement dirigé la Guinée. Pour la Corée du Nord, le groupe semble avoir jeté son dévolu sur le potentiel pétrolier inexploité du pays.
“Les taxis KKG peuvent rapporter au régime quelques devises, grâce aux touristes de passage à Pyongyang, mais tout indique que les véritables cibles du groupe Queensway sont les secteurs minier et pétrolier”, souligne le chercheur américain J. R. Mailey, l’un des auteurs d’un rapport de 2009 du Congrès américain qui a récemment publié une deuxième étude détaillée sur le groupe. Le think tank britannique Chatham House signalait dans un rapport datant de 2009 qu’une filiale chinoise de Queensway, avait proposé en 2007 une entreprise publique chinoise pour réaliser des explorations sismiques sur deux sites de prospection pétrolière en Corée du Nord. Comme l’entreprise de taxis et le projet immobilier de Pyongyang, il semblerait que la prospection pétrolière se fasse au moins en partie par l’intermédiaire de KKG, qui fait office de maillon entre Queensway et la Division 39. Selon le haut fonctionnaire asiatique et un intervenant du secteur pétrolier connaissant bien la Corée du Nord, KKG a recherché du pétrole dans plusieurs régions du pays, sans succès pour l’instant.

Le désir de faire des affaires

En novembre 2013, la télévision d’Etat nord-coréenne a diffusé un reportage surune cérémonie organisée dans la ville de Kaesong, non loin de la zone démilitarisée séparant les deux Corées depuis 1953 (DMZ). Des dignitaires saluaient l’inauguration du chantier d’un “parc industriel high-tech”. Selon les médias officiels, le parc devait accueillir un centre de technologies de l’information, un hôtel, des résidences, une école et une centrale électrique. L’un des orateurs était un homme en costume sombre et aux cheveux coupés court, identifié par les médias locaux sous le nom de Jang Su-nam. Il est présenté comme le représentant du “Groupe pour la paix et le développement économique.” Or, d’après M. Mailey, M. Jang a autrefois travaillé pour Daesong. M. Jang n’a pu être contacté pour répondre à nos questions.

La caméra du reportage balayait les autres personnalités invitées : des ambassadeurs de pays africains dans lesquels le groupe Queensway a des intérêts. A côté d’eux, se tenait Nik Zuks, le fondateur australien de la société minière Bellzone, cotée sur le marché alternatif de Londres et opérant en Afrique orientale, et qui a cédé une part majoritaire de son capital à la Chine. M. Zuks n’a pas voulu répondre à nos demandes de commentaires. Selon un haut fonctionnaire asiatique, M. Pa se trouvait à Pyongyang en décembre dernier et a envoyé une carte d’anniversaire personnelle à Kim Jong-un en janvier. Les deux hommes ont en commun autre chose que leur désir de faire des affaires : M. Pa est tombé sous le coup des sanctions américaines l’année dernière pour ses transactions au Zimbabwe, où il a été accusé de financer la police secrète de Robert Mugabe en échange de concessions dans les mines de diamants. Des allégations “infondées” selon M. Pa. “Le rôle de Sam Pa est d’être une vitrine pour le régime de Pyongyang sur les marchés capitalistes, résume un haut fonctionnaire asiatique. Je pense qu’à ce titre, il a un bel avenir devant lui.”

North Korea: The secrets of Office 39

Shadowy organisation’s alliance with Queensway Group helps Pyongyang bring in cash
Tom Burgis
The Financial Times

June 24, 2015

The businessman Sam Pa in front of the Pyongyang skyline. His Queensway Group is linked with KKG, a North Korean enterprise

in the middle of last year, the residents of Pyongyang began to notice a new fleet of taxis operating in the North Korean capital. With their maroon and gold bodywork, the gleaming sedans were easy to spot as they cruised the city’s orderly streets. The cars bore the taxi company’s logo: KKG.

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The swiftness with which KKG edged out rival taxi operators — one of which was rumoured to be linked to the security services — piqued curiosity about who was behind the new outfit. The same logo has been spotted on 4x4s, on a billboard displaying a planned riverside property development and on buses at Pyongyang airport. Like other North Korean cabbies, the drivers of the KKG taxis asked their fares to pay in foreign currency: mainly Chinese renminbi, but also euros or dollars. And therein lay a clue.

For all their rhetoric about the paramount need to develop a nuclear arsenal, North Korea’s rulers have no more pressing task than bringing in foreign exchange. Without it, experts say, the regime would be at risk of crumbling under international sanctions. Taxi fares alone could hardly fill the gap. But the KKG cabs are just a small part of a much larger endeavour.

The KKG taxi fleet is one product of a partnership between a group of Hong Kong-based investors and a secretive arm of the North Korean state that seeks to cut international business deals, a Financial Times investigation has found.

The North Korean government’s alliance with the so-called Queensway Group, a syndicate of businesspeople with a record of forging ties with pariah states, is opaque. But it seems clear that it is one of a handful of crucial business ventures that allow the world’s most isolated regime to sustain itself.

“KKG is one of several joint ventures in North Korea and it’s one of the biggest ones,” says an Asian official who asked not to be named because of the sensitivity of the matter. “Most North Korean companies are under US or EU or UN sanctions. They always change names, like their ships change flags. But most of the companies belong to military leaders or the ruling Workers’ party of Korea. And they are on the sanctions list. So they need any foreign company that could give them an opportunity to trade with foreign countries.”

While western powers’ relations with Iran and Cuba appear to be thawing, the hermit kingdom’s political isolation is as deep as ever. Even China, long an ally, has grown frostier with Pyongyang in recent years. A UN investigation last year described “unspeakable atrocities” perpetrated against the inmates of its prison camps. The sabre-rattling under Kim Jong Un — including a cyber attack against Sony that Washington blamed on Pyongyang and last month’s test-firing of a ballistic missile from a submarine — has added fresh impetus to efforts to understand how the regime plugs itself into the world economy.

The domestic economy has either contracted or grown at 1 per cent in recent years, according to South Korean government estimates based on limited data, with annual exports of about $3bn falling well short of the import bill. As prices for the coal and other commodities that North Korea exports to China fall, business networks such as the one behind KKG are likely to become increasingly vital in garnering crucial foreign exchange for the regime.

The North Korean end of the KKG network leads to a shadowy organisation called Office 39 of the Workers’ party, according to Asian and US officials. The US has described Office 39 as “a secretive branch of the government . . . that provides critical support to [the] North Korean leadership in part through engaging in illicit economic activities and managing slush funds, and generating revenues for the leadership”.

North Korea’s rulers have had to resort to such tactics after years of international sanctions. Imposed in response to nuclear tests in 2006, 2009 and 2013, the sanctions comprise an arms embargo designed to stop North Korea trading weapons and sourcing parts for its atomic programme; an asset freeze to apply financial pressure to the leadership; and a ban on luxury goods that is meant to deprive senior figures of the trappings of power, from lobster and cigarillos to furs and yachts. The UN sets the overall structure of sanctions; states decide what to prohibit.

But annual reports by a UN panel that monitors the sanctions describe a game of cat-and-mouse, as North Korea’s rulers use an ever-shifting web of subterfuge to disguise commercial activities abroad. The most recent UN report, sent to the Security Council in February, documents arms sales in Africa and the use of “flags of convenience” to conceal North Korean control of shipping. The UN report also suggests that “legitimate business structures have been used for illegitimate activities”. In 2010, the US added Office 39 to its sanctions list. The EU followed suit.

North Korea has brought in foreign exchange by exporting guns, methamphetamines, mushrooms and indentured labourers. Perhaps most lucratively, it also sends textiles, coal and minerals across its border with China. Andrea Berger, a North Korea expert at the UK’s Royal United Services Institute, a think-tank, says: “Office 39 is extremely important. It’s generally regarded as the regime slush fund.”

The EU says Office 39 reported directly to Kim Jong Il, North Korea’s ruler from 1994 until his death in 2011, when his son, Kim Jong Un, took over. Office 39 is “among the most important organisations assigned with currency and merchandise acquisition”, the EU says. The US and the EU also imposed sanctions on what they said were Office 39 front companies. One, which is known as Korea Daesong General Trading Corporation and several similar names, “is used to facilitate foreign transactions on behalf of Office 39”, the US Treasury said. The company did not respond to a request for comment. The EU describes it as part of the broader Daesong group, “the largest company group of the country”.

According to the Asian official and JR Mailey, a researcher at the Pentagon’s Africa Center for Strategic Studies, Daesong is one of the backers behind KKG. Another, according to these people and court documents from Hong Kong, is the business network known informally to those who have studied it as Queensway Group, after the address of its headquarters at 88 Queensway in Hong Kong’s financial district.

Global footprint

Over the past decade, the Queensway Group has built a multi-billion-dollar corporate empire that stretches from Zimbabwe to Manhattan.

Tom Burgis looks at North Korea’s alliance with the Queensway Group, a syndicate of Hong Kong based investors. Such ventures as a taxi fleet with the KKG brand are part of a much larger endeavour by Pyongyang to cut international business deals.

The precise nature of the KKG partnership is unclear — whether it is an incorporated joint venture or a more informal arrangement. Searches by the FT yielded no records for a company called KKG that matched the profile of the one active in North Korea. Nor did searches in English and Korean for Kumgang Economic Development Corporation, KKG’s name when written in Korean characters. That suggests that KKG is either simply a brand, or, if it is a company, it is registered within North Korea, which does not keep company records online. The FT was unable to find contact details for KKG.

The relationship between KKG’s backers was formed around the end of 2006. According to the Asian official, details of whose account were corroborated by others, the Queensway Group’s foray into North Korea was spearheaded by the frontman who has advanced its interests in Africa and elsewhere. He goes by at least seven names — but is best known as Sam Pa.

An FT investigation last year found that Mr Pa and his fellow founders of the Queensway Group have connections to powerful interests in Beijing, including Chinese intelligence and state-owned companies. They also have ties to big western groups: Queensway Group companies are in business with BP in Angola, Glencore in Guinea and others.

Mr Pa did not respond to requests for comment. Only one of the Queensway Group figures and companies contacted for comment replied. Jee Kin Wee, group head of legal at China Sonangol’s arm in Singapore, says his company and KKG “are separate and unrelated companies”. He did not clarify the link between his company in Singapore and its sister company, China Sonangol International Holding, registered at the Queensway address in Hong Kong. That company is jointly owned by Mr Pa’s business associates and Angola’s state oil group. It is named in Hong Kong court documents as having made payments related to KKG projects.

Mr Wee did not answer specific questions about the Queensway Group’s dealings in North Korea. But he stressed that “China enjoys full diplomatic and economic relations with North Korea and . . . scores of countries around the world, including EU countries, have bilateral diplomatic relations with North Korea”.

Mr Pa is said to have met senior North Korean officials as he began his courtship of the regime in 2006. At the time, Pyongyang needed new partners. It had found itself increasingly locked out of the global financial system. A year earlier, the US had accused Macau-based Banco Delta Asia of laundering money for the regime, causing the near-collapse of that bank and prompting others to avoid North Korea.

Mr Pa struck a deal with Daesong for an eclectic range of North Korean projects, the Asian official says, ranging from power plants to mining to fisheries. Money started to flow — although it is unclear how much flowed directly into North Korea. A ledger published in a 2013 Hong Kong high court ruling in a dispute between some of Mr Pa’s business associates refers to Queensway Group payments including “Pyongyang city bus system”, “Korea airport”, “Korea: 5,000 tons of soyabean oil” and “exhibition sponsored by the Korean consul”. There are no further details. But the list of payments also contains references to KKG.

Corporate presence

KKG first came to the attention of Pyongyang’s residents around 2008. That year, photographs posted online showed a billboard displaying a spectacular image of a planned property development close to the Pyongyang Mullet Soup Restaurant. Located by a bend in the Taedong River, the planned properties included a pair of shimmering skyscrapers that would not have looked out of place in London’s riverside Canary Wharf business district. The new development was to be called KKG Avenue and bore the same KKG logo that would appear on Pyongyang taxis.

KKG Avenue made little headway beyond some rickety hoardings and preliminary work on foundations, according to foreign officials, visitors to Pyongyang, photos and satellite images.

Despite such setbacks, KKG has been described at least once as a major North Korean company. A 2014 presentation by Hawtai Motor Group, a privately owned Chinese carmaker based in Tianjin, indicates that the company supplied the vehicles for the KKG taxi fleet. The presentation describes KKG as one of “North Korea’s largest state-owned enterprises”. Hawtai declined to comment.

Some who have observed Queensway’s thrust into North Korea say it is seeking to replicate a model it pioneered in Africa: striking infrastructure-for-natural resources deals with oppressive governments such as Angola’s, Zimbabwe’s and a military junta that briefly ruled Guinea. The group appears to have set its sights on North Korea’s untapped potential for oil.

Mr Mailey, who was one of the authors of a 2009 US congressional report who recently published a second detailed study of the group, says: “The KKG taxis might earn the regime some foreign currency from tourists visiting Pyongyang, but most signs point to the oil and mining sectors as the Queensway Group’s true target.”

Voir aussi:

Pourquoi les informations sur la Corée du Nord sont-elles traitées avec tant de légèreté ?
Vincent Glad

L’an 2000

20 mai 2015

L’actualité du pays est souvent couverte en page « info buzz » plutôt que dans la rubrique International.
Le 13 mai tombait sur les smartphones cette alerte info du Point.fr :

Twitter s’est indigné, Twitter a ironisé, mais Twitter s’est peut-être un peu emballé: le «stagiaire» du Point (nom usuel de celui qui doit assumer seul une erreur collective) n’a fait qu’appliquer avec un peu trop de zèle les préceptes du traitement de l’information sur la Corée du Nord. (le titre de l’article a depuis été changé)

Ce pays est une no-go zone de la déontologie journalistique. Les infos sur la Corée du Nord sont reprises dans la presse mondiale le plus souvent sans aucune vérification. C’est pourtant le pays dont les nouvelles sont le plus sujet à caution, les sources les plus partiales: avec la propagande nord-coréenne d’un côté, les services secrets sud-coréens et les réfugiés au Sud de l’autre.

Le ministre exécuté au canon antiaérien

Le 13 mai, donc, on apprenait que Hyon Yong-chol, le ministre de la Défense nord-coréen, avait été exécuté au canon antiaérien, notamment parce qu’il s’était endormi pendant des célébrations militaires. L’info donnée par les services secrets sud-coréens a fait le tour du monde et occasionné ce superbe push du Point.fr. Avant de passer rapidement au conditionnel, les services secrets sud-coréens n’étant plus si sûrs de leur renseignement.

Evidemment, personne n’avait vérifié l’info, et il sera bien difficile d’avoir le fin mot de l’histoire. La Corée du Nord est un pays totalement fermé, comme le notait le correspondant de l’AFP à Séoul: «Différencier les faits de la fiction est quasi-impossible à propos de la Corée du Nord, dont le régime verrouille tous les canaux d’information et de communication, rendant difficile la vérification des rumeurs. Parallèlement, l’intérêt de la presse internationale est énorme. Surtout lorsqu’il s’agit d’histoires à sensations qui confortent le public dans sa perception de la Corée du Nord comme un pays étrange, brutal et arriéré.»

«Une règle journalistique tacite»

Il y a comme un malaise : derrière l’insolite, le lol et le pittoresque, il y a un régime totalement fermé sur l’extérieur, qui torture ses opposants, détient l’arme nucléaire et reste en guerre latente avec la Corée du Sud. Le démenti des services secrets sud-coréens, obligeant à corriger l’info sur l’exécution du ministre de la Défense, semble avoir été un petit électrochoc dans la presse. France24 a publié un mea cupla sur son site: «C’est une sorte une règle journalistique tacite qui ne s’applique qu’à la Corée du Nord. Presque tous les médias occidentaux – et France24 ne fait pas exception – la respectent scrupuleusement : ignorer l’un des fondamentaux de la profession, la vérification de l’information. Ainsi se retrouvent-ils à relayer les rumeurs (exotiques, cruelles ou insolites) concernant la dictature du leader nord-coréen Kim Jong-un.»

Mais d’où vient cette «règle journalistique tacite», comme l’écrit France 24 ? Sans doute de la rubrique dans laquelle est reléguée l’information sur la Corée du Nord : l’info buzz.

Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed

En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique.

L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord.

Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir: «Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé», «La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu?», «Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle «insolite». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International.

Une info qui confirme nos fantasmes

La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche-à-oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme à nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues.

Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas «Le monde est dangereux» comme souvent les articles des pages International, mais plutôt «Le monde est fou». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du «royaume de l’absurde».

Ce moment où la réalité dépasse la fiction

Dans L’Esprit du Temps en 1962, Edgar Morin donnait une définition parfaite de l’info buzz. Il parlait alors des faits divers dans la presse: «Tout ce qui dans la vie réelle ressemble au roman ou au rêve est privilégié.» C’est exactement ce qui se passe dans le champ de l’info buzz, dans lequel les médias cherchent dans l’actualité, la vie réelle, des récits qui ont des apparences de fiction.

L’info buzz jubile de ce moment où la réalité dépasse la fiction, où une news sur Kim Jong-un devient plus drôle que The Interview, le film de Seth Rogen sur la Corée du Nord, où LeMonde.fr peut rivaliser avec le Gorafi. La Corée du Nord est reléguée au rayon buzz car les images qui nous arrivent du pays, via la propagande nord-coréenne, sont celle d’un grand Disneyland, un décor de carton-pâte dans lequel évolue le poupin Kim Jong-un.

Kim Jong-un au milieu des tortues

C’est une leçon pour les communicants de toute la planète: pour que les médias reprennent un message, il suffit de les penser comme une scène de mauvais téléfilm, organisé autour d’une figure reconnue de la culture pop, comme l’est Kim-Jong-un. Il faut être le moins crédible, le plus proche de la fiction, pour que l’info buzz s’en empare.

Ainsi, pour faire passer l’austère information que le dirigeant nord-coréen s’active pour améliorer l’élevage dans son pays, le Parti du travail a diffusé dans son journal une photo de Kim Jong-un hurlant sur des dignitaires du régime, au milieu d’un élevage de tortues. Mission accomplie.

Voir également:

Kim Jong Il’s ‘Cashbox’

Claudia Rosett

Forbes

4/15/2010

Despite all the pomp and nuclear summitry, North Korea keeps sliding down President Barack Obama’s to-do list. Yet something must be done. The threat here is not solely North Korea’s own arsenal, or its role, despite U.S. and United Nations sanctions, as a 24/7 convenience store for rogue regimes interested in weapons of mass destruction plus delivery systems. The further problem is that North Korea provides perverse inspiration for other despotisms.

While Obama talks about a world without nuclear weapons, Kim Jong Il sets tyrants everywhere a swaggering example of how to build the bomb and get away with it. Indeed, if recluse weirdo Kim can have the bomb, how on earth could Iran’s ayatollahs face themselves in the mirror every morning if they don’t have one too?

In the new millennium, Pyongyang has been blazing a proliferation trail that includes illicit nuclear tests in 2006 and 2009; illicit tests of ballistic missiles; and such extravagant stuff as help for Syria in building a secret nuclear reactor (which might even now be cranking out plutonium for bombs, had the Israelis not destroyed it with an air strike in 2007). Coupled with such North Korean habits as vending missiles and munitions to the likes of Syria, Iran and Iran’s Lebanon-based terrorist clients, Hezbollah, all this is a wildly dangerous mix.

So what to do about North Korea? Over the past 16 years, nuclear talks and freeze deals have repeatedly failed, under both presidents George W. Bush and Bill Clinton. Asked about North Korea in a press conference at the close of this week’s nuclear summit in Washington, Obama gave the vague reply that he hoped economic pressure would lead to a resumption of the six-party talks. But he ducked the question of why sanctions have failed to halt North Korea’s nuclear program, saying “I’m not going to give you a full dissertation on North Korean behavior.”

OK, it’s not Obama’s job to deliver dissertations on North Korea. But he missed a fat opportunity to say something genuinely informed and useful. The president–and his entire foreign policy team–ought to be reading and talking (loudly) about the material contained in a highly readable 36-page monograph published just last month by the Strategic Studies Institute of the Army War College: “Criminal Sovereignty: Understanding North Korea’s Illicit International Activities.”

This study is co-authored by three men who share an unusually clear-eyed interest in exploring the nitty-gritty of North Korea’s inner workings, Paul Rexton Kan, Bruce E. Bechtol Jr. and Robert Collins. Among them, going back more than three decades, they have more experience observing North Korea than some of the high-profile diplomats who have parleyed with Pyongyang in recent years from the five-star hotels of Beijing and Berlin. For this publication the three analysts draw on congressional testimony, press reports from around Asia and interviews with North Korean defectors (a resource too often ignored or underutilized by Washington officialdom).

“Criminal Sovereignty” focuses not on proliferation per se, but on a curious institution within North Korea’s government, usually referred to as Bureau No, 39. And what, exactly, is Bureau No. 39?

Located in a heavily guarded concrete building in downtown Pyongyang, Bureau No. 39 is the nerve center of North Korea’s state-run network of international crime. Its official name is Central Committee Bureau 39 of the Korean Workers’ Party. The authors refer to it by what Bechtol says is the more accurately nuanced translation of “Office No. 39.”

The mission of Office No. 39 is to generate torrents of cash for North Korean ruler Kim Jong Il, by way of illicit activities abroad. Favorite rackets include international trafficking of drugs produced under state supervision in North Korea, and state production and laundering into world markets of counterfeit U.S. currency, and cigarettes. Such activities are tied directly to the survival of Kim’s regime. The authors report “the crimes organized by Office No. 39 are committed beyond the borders of North Korea by the regime itself, not solely for the personal enrichment of the leadership, but to prop up its armed forces and to fund its military programs.”

What sets Office No. 39 apart from more pedestrian political corruption or organized crime is that this operation is not some wayward private gang or unauthorized appendage of government. It is an integral and institutionalized part of the North Korean regime. As such, it enjoys the perquisites and protective trappings of the modern nation-state, including the use of North Korean embassies and state-run businesses abroad, and the reluctance of other nations to intervene in the sovereign affairs of North Korea.

Office No. 39 is directly tied to Kim himself, who set it up way back in 1974, when his father, Kim Il Sung, was still in power. The authors explain: “This office was established for the explicit purpose of running illegal activities to generate currency for the North Korean government.” Since the 1991 Soviet collapse, which ended subsidies from Moscow, Office No. 39 has become ever more important, and especially over the past 10 years, its activities have become more prolific.

Office No. 39 continues to report directly to Kim, who took charge of the regime when his father died in 1994. According to a North Korean defector interviewed by the authors, Kim Kwang-Jin, who has firsthand knowledge of North Korean financial practices, Office No. 39 is also known to North Korean insiders as “the keeper of Kim’s cashbox.” Organized into 10 departments, specializing in various illicit activities, Office No. 39 serves as a slush fund through which billions of dollars have flowed over the years. In a bizarre personal touch, these funds are collected and presented periodically to Kim in aggregate amounts, labeled “revolutionary funds,” on such special occasions as his official birthday, Feb. 12, or the birthday of his late father, Kim Il Sung, April 15th.

This money is not spent on easing the miseries of millions of repressed and famished North Koreans. That effort–from which Kim also has a record of appropriating resources to sustain his regime–is left to the likes of international donors, contributing via outfits such as the United Nations. The authors explain that the profits of Bureau 39 help swell the offshore bank accounts of Kim’s regime, used not only to pay for his luxurious lifestyle, but to buy the loyalties and materials that underpin his totalitarian, nuclear-entwined military state.

If Office No. 39 enjoys the amenities of operating as part of the North Korean state, it is by the same token an avenue of vulnerability leading straight to Kim Jong Il. That was evident back in 2005, when the U.S. Treasury caused clear pain for Kim by targeting a major hub of Office No. 39 financial activities in Macau–only to be yanked off the case by a State Department desperate to coddle Kim into a nuclear freeze deal, which then flopped.

These days U.S. and U.N. efforts to corral North Korea seem focused narrowly on activities tied directly to nuclear proliferation. It’s been a while since Washington complained loudly about the rest of Kim’s rackets. Obama needs to think bigger, speak up and solicit the world’s help in cracking down much harder on the all the networks of Office No. 39. Emptying Kim’s cashbox could go farther toward ending the North Korean nuclear threat than any amount of six-party talks or summits.

Claudia Rosett, a journalist in residence with the Foundation for Defense of Democracies, writes a weekly column on foreign affairs for Forbes.

Voir encore:

Report: NKorea fires director of Kim’s finances
South Korean Foreign Minister Yu Myung-hwan, right, escorts Kurt Campbell, U.S. assistant secretary of state for East Asian and Pacific Affairs, during a photo call before their meeting at Yu’s office in Seoul, South Korea, Thursday, Feb. 4, 2010. (AP Photo/Lee Jae-won, Pool)
Kwang-Tae Kim
Associated Press

February 4, 2010

SEOUL, South Korea—The director of North Korean leader Kim Jong Il’s secret moneymaking « Room 39 » bureau has been fired, a news report said Thursday. Analysts said the move may be a way to get around international sanctions.

Kim Dong Un, head of the infamous « Room 39 » department said to control Kim’s family enterprises, was replaced by his deputy, Jon Il Chun, South Korea’s Yonhap news agency reported, citing an unidentified source familiar with North Korean affairs.
The National Intelligence Service, Seoul’s top spy agency, said it could not confirm the report. North Korean state media did not mention the personnel change.

Room 39 is described as the lynchpin of the North’s so-called « court economy » centered on the dynastic Kim family. The department is believed to finance his family and top party officials with business ventures — some legitimate and some not — that include counterfeiting and drug-smuggling.
The bureau oversees some 120 trading companies and mines, accounting for some 25 percent of North Korea’s total trade and employing up to 50,000 North Koreans, said Lim Soo-ho, a research fellow at the Samsung Economic Research Institute think tank.
He said the reported move to fire the Room 39 chief may be part of attempts to get around stringent international sanctions imposed on North Korea.
It was unclear which Room 39 companies or officials might be under U.N. sanctions, but North Korean firms frequently change names to evade scrutiny. And Kim, the Room 39 chief who was reportedly fired, had been blacklisted by the European Union in December, making his movements in Europe difficult and prompting the change in personnel, Yonhap said.

U.N. Security Council sanctions were tightened against North Korea after a May 2009 nuclear test. The order bans North Korea from exporting arms, calls for freezing assets, and forbids travel abroad for certain companies and individuals involved in the country’s nuclear and weapons programs.
The report came as the United States renewed its call for North Korea to return to talks aimed at ending the country’s nuclear weapons programs.
Assistant U.S. Secretary of State Kurt Campbell made the comments Thursday during a meeting with South Korean Unification Minister Hyun In-taek in Seoul, according to Hyun’s office.

The North wants a peace treaty with the U.S. formally ending the 1950-53 Korean War as well as the lifting of sanctions before returning to the disarmament negotiations it abandoned last year. Campbell said no discussion about easing sanctions, a peace treaty or diplomatic relations can take place before the disarmament talks are back on track, according to Yonhap.
A military fracas off the west coast last week emphasized the precarious security situation in the region.
The North fired rounds of artillery toward its disputed western sea border with South Korea, prompting the South to fire warning shots. No injuries or damage were reported.

North Korea has designated five new « naval firing zones » — four off the west coast and one off the east coast — effective from Feb. 6-8, Yonhap reported later Thursday citing an unidentified intelligence source.

Seoul’s Joint Chiefs of Staff said it could not confirm the report. It said Wednesday that the North had issued two separate « naval firing zones » off the west coast, effective from Feb. 5-8. Two other no-sail zones, also off the west coast, remain in place through March 29.

Voir enfin:

Trois idées reçues sur la Corée du nord
Claude Fouquet

Les Echos

10/10/15

 Pays peu ouvert en dépit de l’avalanche d’images diffusées depuis quelques jours par les télévisions invitées à venir couvrir l’anniversaire du parti unique, la Corée du nord est l’objet de nombreuses idées reçues.
Pays fermé à toute influence extérieure. Régime particulièrement violent qui exécute à tour de bras. Classe dirigeante qui vit à l’occidentale … les idées toutes faîtes circulent régulièrement sur la Corée du nord qui fête ce weekend les 70 ans de sa création. S’ils ne sont pas infondés, les clichés sur ce pays singulier cachent une réalité souvent plus complexe.

1) La Corée du nord est le pays le plus fermé du monde

C’est sans doute l’une des expressions qui, avec celle de « dictature communiste », revient le plus souvent. Pourtant s’il est de fait toujours difficile de s’y rendre et d’y voyager à son aise, force est de constater la multiplication depuis plusieurs années des sites et blogs photographiques consacrés à la Corée du nord. Et ces derniers ne publient pas que des photos volées et passées sous le manteau.

Afin de paraître moins hostile à l’extérieur, Pyongyang ouvre régulièrement la porte à certains médias. Mi-septembre par exemple, la chaîne américaine CNN a été autorisée à filmer l’un des centres spatiaux du pays. Bien sûr pas question de laisser les caméras pénétrer à l’intérieur. Les officiels, sagement assis sur des chaises à l’extérieur d’un bâtiment dont l’architecture rappelle le vaisseau spatial « Enterprise » dans la série de science-fiction Startrek, y regrettent même de ne pouvoir y guider les journalistes.

Plus anecdotique mais révélateur, le traditionnel marathon de Pyongyang qui était réservé aux coureurs professionnels (nord-coréens et étrangers) jusqu’en 2013 est désormais ouvert à tous. Et, comme ce qui se passe en Corée du nord n’est pas à un paradoxe près, sur les deux principales agences qui font la promotion de cet événement, l’une est anglaise et a ses bureaux à Pékin, et l’autre est américaine et située dans l’Etat du New Jersey.

2) Les exécutions sont plus nombreuses que par le passé

Début juillet, le chiffre a commencé à circuler sur Internet. Kim Jong-un aurait, depuis la fin 2011 et son arrivée au pouvoir, exécuté environ 70 personnes. Bien plus que son père, Kim Jong Il qui n’aurait exécuté par exemple « que 10 personnes » lors de sa première année au pouvoir. Mais cette affirmation, qui ne concerne que les personnalités importantes et les dirigeants, est difficile à vérifier.

Tout d’abord, Pyongyang reconnaît rarement les condamnations et, de ce fait, les exécutions : celle de l’oncle de Kim Jong-un, le vice-président de la Commission de défense nationale, est en effet l’une des rares a avoir été officiellement reconnue. Ensuite, même les sources extérieures réputées les mieux informées reconnaissent parfois des imprécisions. Ainsi, les renseignements sud-coréens (NIS), qui affirmaient le 13 mai dernier que le ministre nord-coréen de la Défense avait été exécuté (au canon anti-aérien ou au missile selon les interprétations qui ont circulé), expliquaient le lendemain ne pas pouvoir vérifier s’il avait bien été passé par les armes.

De même, Ma Won-chun, le directeur du bureau de planification de la Commission de défense nationale, que l’on croyait avoir été purgé, est réapparu en public cette semaine. Presque 11 mois après sa dernière apparition publique.

3) Seule la classe dirigeante profite d’un certain confort économique

Pyongyang n’est pas avare en images montrant ses avancées et son développement (comme par exemple le nouvel aéroport international de Pyongyang) et le sentiment général, y compris en Corée du sud, est que les choses semblent bouger un peu, principalement dans la capitale où la population paraît pouvoir goûter aux délices d’une certaine forme de société de consommation.

En témoignent les images ramenées de la 11ème Foire commerciale de Pyongyang par un photographe de Singapour qui anime le site « DPKR 360 ». L’occasion de constater que certains prix sont libellés en dollars américains (2 dollars pour une paire de lunettes de soleil), qu’un stand d’équipement de cuisine est tenu par une co-entreprise germano-nord coréenne tandis qu’un autre propose des ordinateurs de marque sud-coréenne Asus. Et bien sûr de nombreuses marques locales.

Et plus récemment, une délégation nord-coréenne s’est rendue à Singapour pour comprendre notamment comment aider le développement de start-up.

Mais la photo publiée le 26 septembre dernier sur Twitter par l’astronaute Scott Kelly parle d’elle-même et relativise ces avancées. On y voit en effet la péninsule coréenne de nuit et vue de l’espace. Et la zone sombre de la Corée du nord où le seul point lumineux correspond à la capitale contraste avec la situation des voisins chinois et sud-coréens largement illuminés.

Un signe que la politique d’autosuffisance et d’indépendance nationale, maîtres-mots jusqu’à ces dernières années du développement du pays, ne porte sans doute pas ses fruits.

 


Pape François: Qu’ils mangent de la pauvreté ! (Why is the Pope so ignorant about capitalism: It’s his Argentine origins, stupid !)

8 octobre, 2015
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table (3)

table (6)

Le vrai miracle aujourd’hui, c‘est pas la croissance économique, c’est la pauvreté. Leon Louw (Free Market Foundation of Southern Africa)
Aimez la pauvreté comme une mère. Pape François
L’Église qui vit à Cuba est une Église pauvre, et le témoignage de pauvreté de nos prêtres diocésains et religieux, des diacres et des personnes consacrées, est admirable. Peut-être que c’est justement la pauvreté qui contribue de façon singulière à la solidarité et la fraternité entre tous. Nous espérons que votre témoignage personnel nous stimulera tous à aimer cette pauvreté belle et fructueuse de l’Eglise dans notre terre (…)  La pauvreté est le mur et la mère de la vie consacrée, car elle la protège de toute vie mondaine. Combien de vie qui commencent bien, d’âmes généreuses, se perdent dans l’amour pour cette vie mondaine, riche, et qui se terminent mal, sans amour. (…) La richesse appauvrit. (…) Quand une communauté religieuse commence à compter l’argent à épargner, Dieu est bon de lui donner un économe désastreux pour la mener à la ruine, pour la rendre pauvre ! Dieu veut notre Église pauvre ! Comment est mon esprit de pauvreté ? Pape François
I recognize that globalization has helped many people to lift themselves out of poverty, but it has condemned many other people to starve. It is true that in absolute terms the world’s wealth has grown, but inequality and poverty have arisen.  Pape François
Mais à quoi joue le pape François ? L’annonce dans la presse américaine, mercredi 30 septembre, de sa rencontre secrète avec l’égérie des opposants les plus radicaux au mariage homosexuel aux Etats-Unis a brouillé le message qu’il semblait avoir délivré tout au long de son séjour sur place. Les quelques minutes qu’il a passées jeudi 24 septembre à Washington, avec Kim Davis, une greffière du Kentucky, brièvement emprisonnée au début du mois pour avoir obstinément refusé de délivrer des certificats de mariage aux couples homosexuels, n’ont été ni démenties ni commentées par le Vatican. Mais ce soutien de poids à la frange la plus ultra des chrétiens conservateurs américains, donne en tout cas une dimension politique à un séjour aux Etats-Unis que le pape avait qualifié de purement « pastoral ».Si l’opposition du pape au mariage gay ne fait aucun doute, son choix de conforter une fonctionnaire controversée et désavouée même par une partie du camp conservateur, ne semble pas cadrer avec ses propos d’ouverture, appelant à une Eglise catholique plus inclusive, engagée « dans la construction d’une société tolérante », ainsi qu’il l’a déclaré à la Maison Blanche. Une position qu’il a réitérée tout au long de son voyage aux Etats-Unis, où il a paru éviter avec soin de prendre partie dans « la guerre culturelle » que la hiérarchie catholique sur place, et plus largement les mouvements chrétiens évangéliques – Mme Davis est elle-même chrétienne apostolique –, alimentent au nom de la liberté religieuse. Particulièrement attendu à ce propos, François s’était appliqué à une défense large et globale de ce principe, sans citer d’exemples précis. Il avait notamment dénoncé « un monde où diverses formes de tyrannie moderne cherchent à supprimer la liberté religieuse, ou bien cherchent à la réduire à une sous-culture sans droit d’expression dans la sphère publique, ou encore cherchent à utiliser la religion comme prétexte à la haine et à la brutalité ». Il avait certes rendu une visite surprise à des religieuses, au centre d’une bataille juridique contre le système de santé américain, dit Obamacare, qui oblige les employeurs – y compris leur congrégation – à participer au financement des moyens de contraception de leurs salariés. Mais, parallèlement, il avait aussi loué le travail d’autres congrégations religieuses américaines, réputées elles bien plus libérales sur ces sujets. C’est dans l’avion qui le ramenait à Rome qu’il a été le plus explicite sur le fond, tout en restant ambigu sur la réalité de sa rencontre avec Kim Davis. « L’objection de conscience est un droit », a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait de réagir expressément au cas d’un(e) fonctionnaire qui refuserait de délivrer des certificats de mariage à des couples homosexuels. « Je n’ai pas en mémoire tous les cas d’objection de conscience », a étonnamment éludé le pape, qui a tout de même insisté sur le fait que « dans chaque institution judiciaire, doit exister un droit de conscience ». Le Monde
La brève entrevue entre Madame Kim Davis et le pape François à la nonciature apostolique de Washington D.C., continue à susciter des commentaires et des débats. Afin de contribuer à une compréhension objective de ce qui a été révélé, je suis en mesure d’éclaircir les points suivants : Le pape François a rencontré plusieurs dizaines de personnes qui avaient été invitées à la nonciature afin de le saluer alors qu’il s’apprêtait à quitter Washington pour la ville de New York. De telles salutations brèves se passent lors de chaque visite du pape et sont dues à la gentillesse et la disponibilité caractéristiques du pape. La seule véritable audience que le pape a accordé à la nonciature, le fut pour un des ses anciens étudiants et sa famille. Le Pape n’est pas entré dans les détails de la situation de Madame Davis et sa rencontre avec elle ne doit pas être considérée comme un appui à sa position dans tous ses aspects particuliers et complexes. Père Federico Lombardi (service de presse du Vatican)
L’extrême pauvreté devrait reculer cette année à un niveau sans précédent et frapper moins de 10% de la population mondiale en dépit d’une situation encore « très inquiétante » en Afrique, selon un rapport de la Banque mondiale (BM) publié dimanche. « Nous pourrions être la première génération dans l’histoire qui pourrait mettre un terme à l’extrême pauvreté », s’est félicité Jim Yong Kim, le président de l’institution qui tient la semaine prochaine son assemblée générale à Lima, au Pérou, avec le FMI. Selon les projections de la BM, quelque 702 millions de personnes, soit 9,6% de la population mondiale, vivent sous le seuil de pauvreté, que l’institution a d’ailleurs relevé de 1,25 à 1,90 dollar par jour pour tenir notamment compte de l’inflation. En 2012, date des données disponibles les plus récentes, les plus défavorisés de la planète étaient 902 millions, soit près de 13% de la population mondiale, une proportion qui atteignait encore 29% en 1999. (…) Si la tendance est à une nette baisse en Asie orientale — et spécialement en Inde — ou en Amérique du Sud, l’extrême pauvreté s’enracine en Afrique subsaharienne où elle frappe encore cette année 35,2% de la population. Selon la Banque, la région abrite ainsi, à elle seule, la moitié des plus défavorisés du globe. (…) La situation est particulièrement préoccupante dans les deux pays les plus touchés sur le globe, Madagascar et la République démocratique du Congo, dont quelque 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté, d’après le rapport. L’institution reconnaît par ailleurs qu’elle ne dispose pas de données fiables sur la pauvreté au Moyen-Orient et au Maghreb en raison des « conflits » et de « la fragilité » dans les principaux pays de la région. AFP
Les derniers chiffres de la Banque mondiale communiqués à la presse ce 4 octobre sont explicites et encourageants : le nombre de personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté a été largement diminué, passant de 37 % de la population mondiale en 1990 à moins de 10 % aujourd’hui, alors que, dans le même temps, cette dernière a augmenté de 2 milliards d’habitants. Le phénomène s’est accéléré pendant ces quatre dernières années : ces personnes totalement démunies, sujettes aux famines ou aux épidémies, qui étaient encore 902 millions en 2012 (12,8 % de la population), ne sont plus que 702 millions en 2015, soit 9,6 % de la population mondiale. On apprend également que ce seuil de l’extrême pauvreté a été relevé par la Banque mondiale de 1,25 dollar à 1,90 dollar par jour dès 2011, en raison, selon le président de la Banque, Jim Yong Kim, « de l’évolution de l’inflation, du prix des matières premières et des taux de change » constatée entre 2005 et 2011 dans les quinze pays les plus pauvres de la planète. Ce seuil n’est donc plus de 1 dollar par jour comme on nous le serine parfois, mais de près du double. Le Point
The thing that always strikes me when we get into these discussions is the United States takes in more people every year legally than the rest of the world combined. You start from that premise — it was 1.7 million last year, you want to add another 400,000 to 600,000 that came in without the benefit of doing it the right way. What is the right number? If over 2 million is not enough, would someone please tell me what that right number is, and would other countries act accordingly. Rep. Michael Burgess (Texas)
The Vatican, for its part, welcomes millions of visitors a year — but allows only a very select few, who meet strict criteria, to be admitted as residents or citizens. Only about 450 of its 800 or so residents actually hold citizenship, according to a 2012 study by the Library of Congress. That study said citizens are either church cardinals who reside in the Vatican, the Holy See’s diplomats around the world, and those who have to reside in the city because of their jobs, such as the Swiss Guard. Spouses and children who live in the city because of their relationship with citizens — including the Swiss Guard and workers such as the gardener — have also been granted citizenship. But that means few of the Vatican’s citizens are women. The Washington Times
A fair-minded person might infer from his advice that capitalism is more prone to impoverish than to create enough wealth to bring the underclass out of poverty. Yet the poor in the free-market United States are mostly better off than the middle classes in Pope Francis’ homeland. Argentina’s statism has transformed one of the most resource-rich countries in the world into an impoverished nation. Are the wages of socialism therefore less than Christian? Authoritarian regimes such as the Castro dynasty in Cuba or Iran’s theocracy do not receive much criticism from the pope for their administration of state justice. Yet Francis blasted capital punishment, which in America is mostly reserved for first-degree murderers, not the perpetrators of thought crimes as in Cuba and Iran. (…) Hundreds of thousands of migrants are now swarming illegally into the West, whether into Europe mostly from the Middle East, or into America from Latin America. They arrive in numbers that make them difficult to assimilate and integrate, with radical repercussions on the host country’s ability to serve the social needs of its own poorer citizens. Yet Francis reserves most of his advice for host countries to ensure that they treat the often-impoverished and mostly young male newcomers with Christian humanity. That advice is admirable. But the pope might have likewise lectured the leaders of countries such as Syria and Mexico to stop whatever they are doing to heartlessly drive out millions of their own citizens from their homes. Or he might have suggested that migrants seek lawful immigration and thereby more charitably not harm the interests of immigrants who wait patiently until they can resettle lawfully. Or he might have praised the West for uniquely creating conditions that draw in, rather than repel, the world’s migrants. (…) If a Christian truly believes that capitalism is the world’s only hope, that illegal immigration is detrimental to all involved, or that the Iranian nuke deal is a prelude to either war or nuclear proliferation, is he thereby somewhat less Christian or Catholic? (…) Would an American president dare to visit the Vatican to lecture the leaders of the Roman Catholic Church about their blatant sex and age discrimination, and to advise Francis that his successor should be female or under 50? (…) In this new freewheeling climate of frank exchange, should Protestant friends now advise Catholic dioceses to open their aggregate 200 million acres of global church lands to help house current migrants? Or should Francis first deplore the capitalist business practices in the administration of the so-called Vatican Bank? Should the Church turn over to prosecuting attorneys all the names of past and present clergy accused of criminal sexual abuse, and cede all investigation and punishment entirely to the state? (…) But do we really want a priest in the role of Bernie Sanders or Ted Cruz, dressed in ancient Roman miter and vestments, addressing hot-button issues with divine sanction? Victor Davis Hanson
Pope Francis has created political controversy…by blaming capitalism for many of the problems of the poor. …putting aside religious or philosophical questions, we have more than two centuries of historical evidence… Any serious look at the history of human beings over the millennia shows that the species began in poverty. It is not poverty, but prosperity, that needs explaining. …which has a better track record of helping the less fortunate — fighting for a bigger slice of the economic pie, or producing a bigger pie? …the official poverty level in the U.S. is the upper middle class in Mexico. The much criticized market economy of the U.S. has done far more for the poor than the ideology of the left. Pope Francis’ own native Argentina was once among the leading economies of the world, before it was ruined by the kind of ideological notions he is now promoting around the world. Thomas Sowell
He has been called the « slum pope » and « a pope for the poor. » And indeed, it’s true that Pope Francis, leader to 1.3 billion Roman Catholics, speaks often of those in need. He’s described the amount of poverty and inequality in the world as « a scandal » and implored the Church to fight what he sees as a « culture of exclusion. » Yet even as he calls for greater concern for the marginalized, he broadly and cavalierly condemns the market-driven economic development that has lifted a billion people out of extreme poverty within the lifetime of the typical millennial. A lack of understanding of even basic economic concepts has led one of the most influential and beloved human beings on the planet to decry free enterprise, opine that private property rights must not be treated as « inviolable, » hold up as the ideal « cooperatives of small producers » over « economies of scale, » accuse the Western world of « scandalous level[s] of consumption, » and assert that we need « to think of containing growth by setting some reasonable limits. » Given his vast influence, which extends far beyond practicing Catholics, this type of rhetoric is deeply troubling. It’s impossible to know how much of an impact his words are having on concrete policy decisions—but it’s implausible to deny that when he calls for regulating and constraining the free markets and economic growth that alleviate truly crushing poverty, the world is listening. A man Politico described as insisting « reality comes before theory » could not be more mistaken about the empirical truth of capitalism’s role in our world. While income inequality within developed countries may be growing, the income gap between the First World and the rest of the world is decreasing fast. As the World Bank’s Branko Milanovic has documented, we are in the midst of « the first decline in global inequality between world citizens since the Industrial Revolution. » In 1960, notes the Cato Institute’s Marian Tupy, the average America earned 11 times more than the average resident of Asia. Today, Americans make 4.8 times as much. « The narrowing of the income gap, » Tupy found, « is a result of growing incomes in the rest of the world, » not a decline in incomes in developed nations. (…) In just two decades, extreme poverty has been reduced by more than 50 percent. « In 1990, almost half of the population in developing regions lived on less than $1.25 a day, » reads a 2014 report from the United Nations. « This rate dropped to 22 per cent by 2010, reducing the number of people living in extreme poverty by 700 million. » How was this secular miracle achieved? The bulk of the answer is through economic development, as nascent markets began to take hold in large swaths of the world that were until recently desperately poor. (…) There are moments when Pope Francis seems to comprehend all this. In his encyclical, he quotes the now-sainted Pope John Paul II that « science and technology are wonderful products of a God-given human creativity, » and asks, « How can we not feel gratitude and appreciation for this progress? » But a few short pages later he suggests that « a decrease in the pace of production and consumption » would yet be for the best. The lasting impression is not of a staunch anti-capitalist tirelessly advocating for a well-thought-out alternative to the present system, but of a man confused about how to achieve the things he wants. Nowhere is that confusion clearer than when Pope Francis discusses the environment, the overarching topic of Laudato Si. To preserve the earth he wants us to live simpler lives, as by the example he’s set by eschewing the lavish trappings of the papacy. But he goes further than that, not just calling for individual restraint but also for government enforcement of what amounts to a reduction in overall economic activity. It does not seem to occur to him that this prescription might have adverse effects for the people still struggling to pull themselves out of desperate conditions and into the type of comfortable life he’s asking the rest of us to forgo. For the poor, the problem isn’t too much consumption, but too little wealth to afford the basic things the First World takes for granted. (…) Over and over throughout Laudato Si, he writes about the importance of protecting « God’s handiwork, » of providing access to green spaces, of « learning to see and appreciate beauty, » and of living in « harmony with creation. » But over and over we’ve seen that the type of concern for the environment he’s describing is a luxury good—that is, a thing people consume more of as they become richer. This should be surprising to no one. It’s been more than 70 years since Abraham Maslow introduced the idea that human needs can be organized into a hierarchy—and that until a person has satisfied her basic requirements for food, shelter, safety, and the like, she won’t be motivated to pursue higher-level needs, like friendship and « self-actualization. » While Pope Francis is not wrong to suggest that clean air and beautiful vistas matter, he seems to overlook how much less they matter to the mother in Burundi who cannot feed her children than they do to the white-collar professional in the U.S. or his native Argentina. (…) The World Health Organization (WHO) released data last year showing that the most air-polluted cities on the planet are all in India, Pakistan, and Iran. The lowest concentrations of particulate matter are meanwhile found in Iceland, Australia, and Canada. Both the economics and the history are clear: The more prosperous the developing world becomes, the more it too will be able to demand and achieve livable conditions. If your goal is to move the world to concern for the preservation of biodiversity, the answer is economic growth. If you want to increase access to clean water, the solution is to increase global wealth, and the consumer power that comes with it. Stephanie Slade
Il y a un siècle, l’Argentine et les États-Unis étaient à peu près aussi riches (ce qui veut dire, à bien des égards, qu’ils étaient tout aussi pauvres). Au cours des 115 dernières années, l’écart est frappant. Et il est pas accidentel. Comme Ronald Bailey l’a expliqué dans sa critique du livre de 2002 d’Hernando de Soto, Mystères de la capitale, Dans les années 1920, l’Argentine était l’une des plus grandes économies du monde, avec un revenu moyen à peu près équivalent à celui de la France. Riche comme un Argentin était un slogan souvent utilisé dans les cafés parisiens pour qualifier une personne particulièrement riche. (…) Depuis les années 1940, l’Argentine s’est engagée dans une série de politiques – nationalisation des industries, expansion des services de l’Etat et emprunts massifs à l’étranger – qui l’a fait rétrograder dans le monde. Au cours des dernières années, le revenu par habitant argentin s’est effondré, passant de 8 909 dollars – le double de celui du Mexique et trois fois celui de la Pologne – en 1999 à 2500 dollars aujourd’hui, à peu près à égalité avec la Jamaïque et la Biélorussie … Nick Gillespie
Argentina actually was slightly richer than the U.S. back in 1896. But that nation’s shift to statism, particularly after World War II, hindered Argentina’s growth rates. And seemingly modest differences in growth, compounded over decades, have a huge impact on living standards for ordinary people (i.e., inflation-adjusted GDP per person climbing nearly $27,000 in the U.S. vs an increase of less than $6,700 in Argentina). (…) To help make the bigger point about the importance of economic liberty, let’s now compare the United States with a jurisdiction that consistently has been ranked as the world’s freest economy. Look at changes in economic output in America and Hong Kong from 1950 to the present. As you can see, Hong Kong started the period as a very poor jurisdiction, with per-capita output only about one-fourth of American levels. But thanks to better policy, which led to faster growth compounding over several decades, Hong Kong has now caught up to the United States. What’s most remarkable, if you look at the table, is that per-capita output over the past 65 years has soared by more than 1,275 percent in Hong Kong. (…) In 1900, only 3% of American homes had electric lights but more than 99% had them before the end of the century. Infant mortality rates were 165 per thousand in 1900 and 7 per thousand by 1997. By 2001, most Americans living below the official poverty line had central air conditioning, a motor vehicle, cable television with multiple TV sets, and other amenities. A scholar specializing in the study of Latin America said that the official poverty level in the U.S. is the upper middle class in Mexico. The much criticized market economy of the U.S. has done far more for the poor than the ideology of the left. Pope Francis’ own native Argentina was once among the leading economies of the world, before it was ruined by the kind of ideological notions he is now promoting around the world. Ronald Bailey

Attention: un miracle peut en cacher un autre !

Au lendemain de la tournée « Danse avec les tyrans » d »un prétendu chef de la chrétienté …

Qui avait non seulement refusé de rencontrer les dissidents cubains mais nie à présent tout soutien à une greffière anti-« mariage pour tous » rencontrée secrètement juste avant son départ des Etats-Unis …

Et qui oubliant, à la tête d’une église possédant l’un des plus riches patrimoines de la planète (combien de divisions de réfugiés accueillis ?), les persécutions ou même le véritable génocide que subissent actuellement les chrétiens à travers le monde du Moyen-Orient à la Chine

N’avait pas de mots assez durs pour fustiger la richesse et le seul capitalisme qui semblent attirer tant de ses chers réfugiés y compris cubains …

Et de mots assez doux pour louer le miracle de la pauvreté dont les même réfugiés semblent si pressés de séparer …

Comment ne pas voir, avec la revue américaine Reason, le miracle encore plus extraordinaire …

De la pauvreté continuée ou même retrouvée, en ces temps qui ont vu l’extrême pauvreté diminuer de moité en à peine deux décennies, de tout un ensemble de pays…

Dont, suite au même malencontreux choix de l’étatisme que propose aujourd’hui la gauche britannique,… l’Argentine natale dudit pape ?

Poor Planning
How to achieve the miracle of poverty
Ronald Bailey
Reason
September 18, 2002

In his wonderful bookThe Mystery of Capital: Why Capitalism Triumphs in the West and Fails Everywhere Else, the Peruvian economist Hernando De Soto notes: « The cities of the Third World and the former communist countries are teeming with entrepreneurs. You cannot walk through a Middle Eastern market, hike up to a Latin American village, or climb into a taxicab in Moscow without someone trying to make a deal with you. The inhabitants of these countries possess talent, enthusiasm, and an astonishing ability to wring profit out of practically nothing. » It’s possible to keep such people down only if governments dedicate themselves to the pursuit of really bad policies for decades at a time.

Most notorious, of course, was the grinding poverty sustained for seven decades in the communist bloc. The phrase rich communist country has always been an oxymoron. We still have illustrations of communism’s brilliance at sustaining poverty in Cuba and North Korea. Today, even though Cuba has opened a bunch of swank hard currency beach resorts, its GDP per capita is still only $1,700 at purchasing power parity. Per capita GDP in North Korea, which is asking again this year for food aid, is only $1,000.

But policies don’t have to be as bad as totalitarian communism to make people poor. Consider the case of Argentina. In the 1920s Argentina’s was one of the largest economies in the world, with an average income about the same as France’s. Rich as an Argentine was a catch phrase often used in Paris cafés to describe an especially wealthy person.

Since the 1940s Argentina has embarked on a series of policies—nationalization of industries, expansion of state services, and vast overseas borrowing—that has eroded its rank in the world. In recent years, Argentina’s per capita income has collapsed, falling from $8,909—double Mexico’s and three times Poland’s—in 1999 to $2,500 today, roughly on par with Jamaica and Belarus.

Or take Sweden. Long gone are the arguments about the success of that kingdom’s alleged « middle way » between capitalism and communism. In 1970 Sweden was ranked third in per capita income among industrialized nations; today it ranks 17th. The country’s welfare state is strangling its economy. Taxes consume 55 percent of Sweden’s GDP, while public spending equals 65 percent of GDP.

 Just as bad policies can ensure poverty, good policies spark wealth creation. As De Soto points out, in the late 19th century tens of thousands of Japanese emigrated from their impoverished country to Peru in search of a better life. In the 1950s South Korean politicians said they hoped their country’s citizens would some day be as rich as Jamaicans. Clearly Japan (per capita GDP: $24,900) and South Korea (per capita GDP: $16,100) have done something right, while Peru (per capita GDP: $4,550) and Jamaica (per capita GDP: $3,700) have not. Just for comparison, U.S. GDP per capita is $36,200.

Finally, there is the heartbreak of Africa, where average per capita incomes have been falling for three decades. African politicians have embraced at one time or another all of the policy prescriptions for poverty listed below. In between, they have fought numerous civil wars and engaged in various bloody tribal pogroms.

Some recipes guaranteed to get lean results

Here, then, is a short guide for kleptocrats and egalitarians who want to keep their countries poor. All of these policies have stood the test of time as techniques for creating and maintaining poverty. The list is by no means exhaustive, but it will give would-be political leaders a good idea of how to start their countries on the road to ruin.

First, make sure that your country’s money is no good. Print money like there’s no tomorrow. Hyperinflation is one of the easiest and most popular ways to dismantle an economy. Another popular monetary gambit is to make sure your currency is not convertible. This guarantees that no one will ever want to invest in your country.

To further discourage investment, be sure to nationalize all major Industries. Nationalization has additional poverty-enhancing benefits. For example, it will ensure that the nationalized industries never improve technologically or become more efficient, and it makes workers pathetically dependent on their political masters, namely you.

Of course, you may find it too tiresome to nationalize everything, in which case it is very important that you establish high tariffs that insulate your country’s remaining private industries (usually owned by your cronies anyway) from competition.

In addition, your legal system should make it nearly impossible for anyone to license a new business, however small. This will offer opportunities for your bureaucrats to make a living through corruption and will protect your cronies from domestic competition. An added advantage is that most commerce will be made illegal and subject to arbitrary enforcement.

This leads to the point that property is critical. Once people start to own something, they invest in it and improve it, leading inexorably to the creation of wealth. Again, the legal system can help to make it impossible to issue clear titles so that your citizens can’t buy, sell, or borrow against their « property. » Also, force your farmers to sell their crops to government commodity boards at below-market rates. This will discourage them from investing in anything more advanced than subsistence agriculture, and you will be able to sell whatever crops you do seize at low prices to keep the urban populations quiet.

Some Last Advice

Another popular policy is confiscatory taxes. This strategy, which allows you to claim that you are soaking the rich in the name of equity, has long been fashionable among the genteelly stagnating economies of Europe.

Finally, you may have missed the golden age of international graft, when the World Bank and even commercial banks showered the governments of poor countries with loans. But if the opportunity arises, you should follow in the footsteps of two deceased leaders whose fortunes are now being divvied up in « Please Help » spams: Zairean dictator Mobutu Sese Seko and Nigerian General Sani Abacha. Take a page from their book by redirecting international loans directly to your Swiss bank accounts, sticking your citizens with the bill.

Unlike Mobutu, however, make sure to give up the pleasures of arbitrary power before you’re old (or overthrown in a coup), and move to Provence to enjoy your ill-gotten gains. Of course, be sure to invest your purloined riches only in countries with stable money, strong property rights, and honest bureaucracies.

Keeping people poor is hard work, but following the above policies will achieve that goal. Modern poverty is a miracle that only you can make happen.

Voir aussi:

If Pope Francis Wants to Help the Poor, He Should Embrace Capitalism

Markets and globalization have lifted billions out of poverty and lessened global inequality. So what’s behind the pope’s agenda?

Yet even as he calls for greater concern for the marginalized, he broadly and cavalierly condemns the market-driven economic development that has lifted a billion people out of extreme poverty within the lifetime of the typical millennial. A lack of understanding of even basic economic concepts has led one of the most influential and beloved human beings on the planet to decry free enterprise, opine that private property rights must not be treated as « inviolable, » hold up as the ideal « cooperatives of small producers » over « economies of scale, » accuse the Western world of « scandalous level[s] of consumption, » and assert that we need « to think of containing growth by setting some reasonable limits. »

Given his vast influence, which extends far beyond practicing Catholics, this type of rhetoric is deeply troubling. It’s impossible to know how much of an impact his words are having on concrete policy decisions—but it’s implausible to deny that when he calls for regulating and constraining the free markets and economic growth that alleviate truly crushing poverty, the world is listening. As a libertarian who is also a devout Roman Catholic, I’m afraid as well that statements like these from Pope Francis reinforce the mistaken notion that libertarianism and religion are fundamentally incompatible.

There’s no question that the pope at times seems downright hostile to much of what market-loving Catholics believe. In this summer’s lauded-by-the-press environmental encyclical Laudato Si (from which the quotes in the second paragraph were drawn), Pope Francis wrote that people who trust the invisible hand suffer from the same mindset that leads to slavery and « the sexual exploitation of children. » In Evangelii Gaudium, his 2013 apostolic exhortation, he chastised those who « continue to defend trickle-down theories which assume that economic growth, encouraged by a free market, will inevitably succeed in bringing about greater justice and inclusiveness in the world. »

Even more frustratingly, he asserted that such a belief in free markets « has never been confirmed by the facts. » Worse still, this year he stated in an interview: « I recognize that globalization has helped many people to lift themselves out of poverty, but it has condemned many other people to starve. It is true that in absolute terms the world’s wealth has grown, but inequality and poverty have arisen. » Globalization has caused poverty to « arise » and « condemned…many people to starve »?

A man Politico described as insisting « reality comes before theory » could not be more mistaken about the empirical truth of capitalism’s role in our world. While income inequality within developed countries may be growing, the income gap between the First World and the rest of the world is decreasing fast. As the World Bank’s Branko Milanovic has documented, we are in the midst of « the first decline in global inequality between world citizens since the Industrial Revolution. » In 1960, notes the Cato Institute’s Marian Tupy, the average America earned 11 times more than the average resident of Asia. Today, Americans make 4.8 times as much. « The narrowing of the income gap, » Tupy found, « is a result of growing incomes in the rest of the world, » not a decline in incomes in developed nations.

Markets: The Greatest Anti-Poverty Tool

« Entrepreneurial capitalism takes more people out of poverty than aid. » With those 10 words, spoken to an audience at Georgetown University in 2013, philanthropist rock star Bono demonstrated a keener understanding of economic reality than the leader of global Catholicism.

The U2 frontman clearly has it right—and Pope Francis is wrong to suggest that poverty is growing, or that capitalism, free markets, and globalization are fueling the (non-existent) problem. In just two decades, extreme poverty has been reduced by more than 50 percent. « In 1990, almost half of the population in developing regions lived on less than $1.25 a day, » reads a 2014 report from the United Nations. « This rate dropped to 22 per cent by 2010, reducing the number of people living in extreme poverty by 700 million. »

How was this secular miracle achieved? The bulk of the answer is through economic development, as nascent markets began to take hold in large swaths of the world that were until recently desperately poor. A 2013 editorial from The Economist noted that the Millennium Development Goals « may have helped marginally, by creating a yardstick for measuring progress, and by focusing minds on the evil of poverty. Most of the credit, however, must go to capitalism and free trade, for they enable economies to grow—and it was growth, principally, that has eased destitution. »

The image of economic growth as an « engine » that drives progress and lifts people up is nothing novel, of course. In his book The Road to Freedom, American Enterprise Institute president Arthur Brooks discussed the transformation the U.S. underwent in the 1800s as a result of the Industrial Revolution:

Average prosperity in the 19th century began to rocket upwards…In 1850, life expectancy at birth in the United States was 38.3. By 2010, it was 78. The literacy rate in the United States rose from 80 percent in 1870 to 99 percent today. And real per capita GDP increased twenty-two-fold from 1820 to 1998.

Poverty may never be fully a thing of the past. But if you’re looking to increase global prosperity and decrease global hardship—something Christians as a rule are pretty concerned with and Pope Francis has expressed a particular interest in—history has shown us the way to do it: through industrialization and mass production, trade liberalization that lets goods and people flow across borders to serve each other better, and property rights that give everyone the ability to put their wealth to work for them.

Ultimately, hindering the free market system is the surest way we know of to slow the pace of growth. And it’s growth that leads to quality-of-life improvements not just here in America but also—especially—in the developing world. Pope Francis thinks free marketeers have been deluded by a « myth of unlimited material progress. » If we have, it’s because we’ve seen for ourselves the wonders that economic development and technological advancement can bring—from modern medicine stopping diseases that were the scourge of civilizations for centuries, to buildings more able to withstand natural disasters than at any time before, to ever-widening access to the air conditioning he wishes us to use less of.

The pope is enamored of the idea of « small-scale food production systems … using a modest amount of land and producing less waste, be it in small agricultural parcels, in orchards and gardens, hunting and wild harvesting or local fishing. » He does not seem to understand that it is mass-market production—including often-vilfiied biotech crops—that has freed millions of people from hunger by allowing us to reap far more food from far fewer resources.

Productivity gains have been so great that humanity is on the brink of being able to release enormous tracts of farmland back to nature while feeding more people than ever before, according to researchers at the Program for the Human Environment at Rockefeller University. But resisting such advances out of skepticism or nostalgia can have devastating consequences. Take for example the story of Golden Rice, a genetically modified crop fortified with Vitamin A, whose introduction has been delayed since 2000 by government regulations. The grain has the potential to save up to 3 million poor people a year from going blind, and to alleviate Vitamin A deficiency—which compromises the immune system—in a quarter of a billion people a year. But unwarranted fears of « frankenfoods » have kept Golden Rice from widespread use in the developing world. In a study published last year in the journal Environment and Development Economics, scholars at Technische Universität München and the University of California, Berkeley estimated those delays resulted in the loss of 1.4 million life years over the past decade—and that was just in India.

There are moments when Pope Francis seems to comprehend all this. In his encyclical, he quotes the now-sainted Pope John Paul II that « science and technology are wonderful products of a God-given human creativity, » and asks, « How can we not feel gratitude and appreciation for this progress? » But a few short pages later he suggests that « a decrease in the pace of production and consumption » would yet be for the best. The lasting impression is not of a staunch anti-capitalist tirelessly advocating for a well-thought-out alternative to the present system, but of a man confused about how to achieve the things he wants.

Nowhere is that confusion clearer than when Pope Francis discusses the environment, the overarching topic of Laudato Si. To preserve the earth he wants us to live simpler lives, as by the example he’s set by eschewing the lavish trappings of the papacy. But he goes further than that, not just calling for individual restraint but also for government enforcement of what amounts to a reduction in overall economic activity. It does not seem to occur to him that this prescription might have adverse effects for the people still struggling to pull themselves out of desperate conditions and into the type of comfortable life he’s asking the rest of us to forgo. For the poor, the problem isn’t too much consumption, but too little wealth to afford the basic things the First World takes for granted.

To Save the Planet, Empower More Consumers

But perhaps, as the pope suggests, slower economic growth really is required if we are to save the planet?

Here, too, Pope Francis suffers from a blindness to empirical reality. Over and over throughout Laudato Si, he writes about the importance of protecting « God’s handiwork, » of providing access to green spaces, of « learning to see and appreciate beauty, » and of living in « harmony with creation. » But over and over we’ve seen that the type of concern for the environment he’s describing is a luxury good—that is, a thing people consume more of as they become richer.

This should be surprising to no one. It’s been more than 70 years since Abraham Maslow introduced the idea that human needs can be organized into a hierarchy—and that until a person has satisfied her basic requirements for food, shelter, safety, and the like, she won’t be motivated to pursue higher-level needs, like friendship and « self-actualization. » While Pope Francis is not wrong to suggest that clean air and beautiful vistas matter, he seems to overlook how much less they matter to the mother in Burundi who cannot feed her children than they do to the white-collar professional in the U.S. or his native Argentina.

Again, Pope Francis comes maddeningly close to acknowledging this in his encyclical. « In some countries, » he writes, « there are positive examples of environmental improvement: rivers, polluted for decades, have been cleaned up; native woodlands have been restored; landscapes have been beautified thanks to environmental renewal projects; beautiful buildings have been erected; advances have been made in the production of non-polluting energy… » But he ignores that it’s in the most developed parts of the world where the push for sustainability and green energy, for living slow and eating local, for highway beautification and Earth Day and nearly every other conservation effort originate.

The pope decries « the unruly growth of many cities, which have become unhealthy to live in. » He does not seem to recognize that the cities that are true horrors to live in are the very places that would benefit most from robust economic activity. He condemns « the pollution produced by the companies which operate in less developed countries in ways they never could do at home. » He does not consider that rich Americans and Europeans can afford to care about such things because we’re not malnourished or dying of malaria.

The World Health Organization (WHO) released data last year showing that the most air-polluted cities on the planet are all in India, Pakistan, and Iran. The lowest concentrations of particulate matter are meanwhile found in Iceland, Australia, and Canada.

Both the economics and the history are clear: The more prosperous the developing world becomes, the more it too will be able to demand and achieve livable conditions. If your goal is to move the world to concern for the preservation of biodiversity, the answer is economic growth. If you want to increase access to clean water, the solution is to increase global wealth, and the consumer power that comes with it. Studies have shown that deforestation reverses when a country’s annual GDP reaches about $3,000 per capita. While some environmental indicators do get worse during the early stages of industrialization, the widely accepted Environmental Kuznets Curve hypothesis convincingly argues that they quickly reverse themselves when national income grows beyond a certain threshold. If the pope wants a cleaner world, the best way to get there is by creating a richer world—something Pope Francis’ own policy recommendations will make more difficult.

Why This Matters to Me

Watching someone a billion people look to for moral guidance—and who’s been known to broker political agreements between world leaders—assume a critical posture toward capitalism is troubling to me as a believer in free markets. But it’s not just that I fear the pope is weakening public support for the economic freedom that increases standards of living while minimizing poverty. It’s also that when Pope Francis slanders the « magical » thinking of people who trust markets more than government, he’s reinforcing the already widespread idea that libertarianism and religion aren’t compatible.

As a churchgoing, Christ-loving Catholic, I feel duty-bound to push back against that notion. It’s not the case that Rome demands fidelity on matters of economic policy—or that everything a pope teaches must be accepted by the faithful as correct. Actually, the ability to make unerring declarations is narrowly circumscribed according to Church teachings. To quote directly from the Second Vatican Council’s Lumen Gentium (emphasis mine), « The Roman Pontiff, head of the college of bishops, enjoys this infallibility in virtue of his office, when, as supreme pastor and teacher of all the faithful…he proclaims by a definitive act a doctrine pertaining to faith or morals. »

In practice, such « definitive acts, » in which a pope makes clear he’s teaching « from the chair » of Jesus, are almost vanishingly rare.

« Catholic social teaching is not a detailed policy platform that all Catholics are obliged to sign on to, » says Catholic University’s Jay W. Richards. « It’s an articulation of what I’d refer to as ‘perennial principles.’…The encyclicals themselves frequently recognize that it falls to Catholic laymen and laywomen, in their respective roles, to take the principles and apply them in concrete situations. »

Even Pope Francis himself has noted that « neither the Pope nor the Church have a monopoly on the interpretation of social realities or the proposal of solutions to contemporary problems. » The passage, from Evangelii Gaudium, continues:

Here I can repeat the insightful observation of Pope Paul VI: « In the face of such widely varying situations, it is difficult for us to utter a unified message and to put forward a solution which has universal validity. This is not our ambition, nor is it our mission. It is up to the Christian communities to analyze with objectivity the situation which is proper to their own country.

In other words, a faithful Catholic need not always agree with a sitting pope. The New York Times columnist Ross Douthat has repeatedly encouraged the faithful to consider that we might actually have a responsibility to resist the pope so as to help preserve the Church from error. The Catechism of the Catholic Church says that « in all he says and does, man is obliged to follow faithfully what he knows to be just and right »—that is, to listen to his « moral conscience. » And so, although I respect Pope Francis’ office, I feel no compunction in saying I think he needs to reassess his beliefs about the power of free markets to make the world a better place. 

The Freedom to Be Better Christians

Responding to the pope’s statements and writings on these topics is made harder by the fact that, like many non-libertarians, he often blurs the line between private vs. public action. Is he simply encouraging people to resist avarice and demonstrate more Christian charity at an individual level? Or is he condemning the capitalist system and suggesting it be replaced at a government level? We know the pope distrusts « the unregulated market. » But does he think extensive laws are needed to constrict people’s choices and redistribute their property? Or can moral actors, making ethical consumption decisions and voluntarily sharing what they have with the less fortunate, provide regulation enough?

Much of what the pope writes seems to be concerned with micro-level, personal behavior. Consider this passage from Laudato Si: « We are speaking of an attitude of the heart…which accepts each moment as a gift from God to be lived to the full. Jesus taught us this attitude when he invited us to contemplate the lilies of the field and the birds of the air…and in this way he showed us the way to overcome that unhealthy anxiety which makes us superficial, aggressive and compulsive consumers. »

To the extent he’s simply urging his followers to better live out our Christian vocations, I find little on which to disagree. A pastor’s job is to be concerned with the eternal souls of his flock. It’s true that « an appreciation of the immense dignity of the poor » is « one of our deepest convictions as believers, » and the Church has always encouraged its members to be good stewards of natural creation. Moreover, the Holy Father is right to warn that « the mere amassing of things and pleasures are not enough to give meaning and joy to the human heart. » Economists describe people as utility, not profit, maximizers. Even the most rigid libertarian knows the pursuit of happiness is more than the pursuit of material wealth.

But Pope Francis often goes beyond just reminding Christians of our « call to sainthood. » In a speech at the World Meeting of Popular Movements this summer in Bolivia he said: « Let us say no to an economy of exclusion and inequality, where money rules, rather than service. That economy kills. That economy excludes. That economy destroys Mother Earth. » Note that here it isn’t just « compulsive consumerism » and « unfettered greed » in his crosshairs—it’s the economy itself. This gives credence to the idea that he thinks the very structures of the market system need to be upended.

« The problem is [Pope Francis] doesn’t clearly make distinctions between capitalism and trade and greed and corporatism, » like the kind he would have seen in Argentina, Catholic University’s Richards says. « My sense is he’s skeptical of what he thinks capitalism is, but also that he hasn’t made a careful study of these things. »

Evidence that the pope is working with an inaccurate picture of what capitalists really believe comes from Evangelii Gaudium, wherein he wrote that we exhibit « a crude and naïve trust in the goodness of those wielding economic power. » Richards thinks Pope Francis fundamentally misunderstands Adam Smith’s key insight: that even if the people who « wield economic power » are narrowly self-interested, the market will orient their behavior in a way that benefits others.

« Now as a matter of fact we live in a fallen world, and so the question is: What is the best economic arrangement to either mitigate human selfishness or even to channel it into something socially beneficial? » Richards asks. « Precisely the reason I believe in limited government and a free economy is because it’s the best of the live alternatives at channeling both people’s creativity and ingenuity, but also their greed. »

The pope doesn’t see it that way. From his perspective, either you support unfettered capitalism or you care about poverty. Among free marketeers, he says dismissively, the problems of the poor « are brought up as an afterthought, a question which gets added almost out of duty or in a tangential way, if not treated merely as collateral damage. » But that is a deeply uncharitable characterization of those who see things differently than he does. The people I know who invest their time and talent into defending economic freedom do so not in spite of the effect we think a capitalist system has on the least among us, but because of it. As John Mackey, the co-founder of Whole Foods (a company that’s a leader in philanthropic giving), argues in a recent interview with Reason, one of the strongest moral arguments for capitalism is that it alleviates poverty.

That’s not to say we shouldn’t still be working to transcend our fallen nature. Within a free society there’s plenty of space, for those who are so inclined, to heed Pope Francis’ appeal—to be less materialistic, more selfless, truer disciples of Christ. In fact, I’ve argued that only a liberalized economic order grants people the autonomy to choose for themselves to be generous. If you don’t have the freedom to accumulate treasure, how can you possibly share it with the world?

Stephanie Slade is deputy managing editor at Reason magazine.

Voir également:

Maybe Pope Francis Doesn’t Understand Capitalism Because He Confuses It with Argentine Corporatism
100 years ago, « rich as an Argentine » was a catchphrase. That hasn’t been true for a long time.
Nick Gillespie
Reason
Sep. 24, 2015

As my colleague—and devout Roman Catholic—Stephanie Slade has argued, Pope Francis doesn’t really understand capitalism, especially its role in lifting up the poor from poverty and deprivation.

The folks at Human Progress, a site operated by the Cato Institute’s Marian Tupy, suggest that the pope’s Argentine origins might be one source of confusion. Argentina is not a capitalist state but a corporatist one. If you mistake corporatism for capitalism, you would surely have a bad view of the latter. A century ago, Argentina and the United States were about equally wealthy (which is to say, in many ways, that they were equally poor).

Over the past 115 years, the divergence is striking. And it’s not accidental. As Ronald Bailey explained in a review of Hernando de Soto’s 2002 book, Mysteries of Capital,

In the 1920s Argentina’s was one of the largest economies in the world, with an average income about the same as France’s. Rich as an Argentine was a catch phrase often used in Paris cafés to describe an especially wealthy person.

Since the 1940s Argentina has embarked on a series of policies—nationalization of industries, expansion of state services, and vast overseas borrowing—that has eroded its rank in the world. In recent years, Argentina’s per capita income has collapsed, falling from $8,909—double Mexico’s and three times Poland’s—in 1999 to $2,500 today, roughly on par with Jamaica and Belarus.

No one is using « rich as an Argentine » these days, that’s for sure. The country’s economy lurches from one crisis to another, so much so that residents now are turning to Bitcoin as a way to escape Argentina’s constantly inflating and deflating currency.

Voir encore:

Pope Wrongly Blames Capitalism For Ills Of Poor

Thomas Sowell

Investor’s Business daily

09/21/2015

Pope Francis has created political controversy, both inside and outside the Catholic Church, by blaming capitalism for many of the problems of the poor. We can no doubt expect more of the same during his visit to the United States.

Pope Francis is part of a larger trend of the rise of the political left among Catholic intellectuals. He is, in a sense, the culmination of that trend.

There has long been a political left among Catholics, as among other Americans. Often they were part of the pragmatic left, as in the many old Irish-run, big-city political machines that dispensed benefits to the poor in exchange for their votes, as somewhat romantically depicted in the movie classic, « The Last Hurrah. »

But there also has been a more ideological left. Where the Communists had their official newspaper, « The Daily Worker, » there was also « The Catholic Worker » published by Dorothy Day.

A landmark in the evolution of the ideological left among Catholics was a publication in the 1980s, by the National Conference of Catholic Bishops, titled « Pastoral Letter on Catholic Social Teaching and the U.S. Economy. »

Although this publication was said to be based on Catholic teachings, one of its principal contributors, Archbishop Rembert Weakland, said: « I think we should be upfront and say that really we took this from the Enlightenment era. »

The specifics of the bishops’ « Pastoral Letter » reflect far more of the secular Enlightenment of the 18th century than of Catholic traditions. Archbishop Weakland admitted that such an Enlightenment figure as Thomas Paine « is now coming back through a strange channel. »

Strange indeed. Paine rejected the teachings of « any church that I know of, » including « the Roman church. » He said: « My own mind is my own church. » Nor was Paine unusual among the leading figures of the 18th-century Enlightenment.

To base social or moral principles on the philosophy of the 18th-century Enlightenment and then call the result « Catholic teachings » suggests something like bait-and-switch advertising.

But, putting aside religious or philosophical questions, we have more than two centuries of historical evidence of what has actually happened as the ideas of people like those Enlightenment figures were put into practice in the real world — beginning with the French Revolution and its disastrous aftermath.

The authors of the « Pastoral Letter » in the 1980s and Pope Francis today blithely throw around the phrase « the poor, » blaming poverty on what other people are doing to or for the poor.

Any serious look at the history of human beings over the millennia shows that the species began in poverty. It is not poverty, but prosperity, that needs explaining. Poverty is automatic, but prosperity requires many things — none of which is equally distributed around the world or even within a given society.

Geographic settings are radically different, both among nations and within nations. So are demographic differences, with some nations and groups having a median age over 40 and others having a median age under 20. This means that some groups have several times as much adult work experience as others. Cultures are also radically different in many ways.

As distinguished economic historian David S. Landes put it, « The world has never been a level playing field. » But which has a better track record of helping the less fortunate — fighting for a bigger slice of the economic pie, or producing a bigger pie?

In 1900, only 3% of American homes had electric lights but more than 99% had them before the end of the century. Infant mortality rates were 165 per thousand in 1900 and 7 per thousand by 1997. By 2001, most Americans living below the official poverty line had central air conditioning, a motor vehicle, cable television with multiple TV sets, and other amenities.

A scholar specializing in the study of Latin America said that the official poverty level in the U.S. is the upper middle class in Mexico. The much criticized market economy of the U.S. has done far more for the poor than the ideology of the left.

Pope Francis’ own native Argentina was once among the leading economies of the world, before it was ruined by the kind of ideological notions he is now promoting around the world.

Voir de plus:

Pope Francis’s Hypocritical Politicking
Victor Davis Hanson
National Review Online
October 2, 2015

Unpopular though it may be to say so, I, for one, grew exhausted by the non-stop pronouncements /commentaries of Pope Francis. The spiritual leader of 1 billion Catholics — roughly half of the world’s Christians — Francis just completed a high-profile, endlessly publicized visit to the United States.

But unlike past visiting pontiffs, the Argentine-born Francis weighed in on a number of hot-button U.S. social, domestic, and foreign-policy issues during a heated presidential-election cycle.

Francis, in characteristic cryptic language, pontificated about climate change. He lectured on illegal immigration. He harped on the harshness of capitalism, as well as abortion and capital punishment.

A fair-minded person might infer from his advice that capitalism is more prone to impoverish than to create enough wealth to bring the underclass out of poverty. Yet the poor in the free-market United States are mostly better off than the middle classes in Pope Francis’ homeland. Argentina’s statism has transformed one of the most resource-rich countries in the world into an impoverished nation. Are the wages of socialism therefore less than Christian?

Authoritarian regimes such as the Castro dynasty in Cuba or Iran’s theocracy do not receive much criticism from the pope for their administration of state justice. Yet Francis blasted capital punishment, which in America is mostly reserved for first-degree murderers, not the perpetrators of thought crimes as in Cuba and Iran.

Francis believes — and ipso facto puts the church behind the creed — that global warming is man-caused. It is supposedly ongoing and can be addressed only though radical state intervention.

Francis, who arrived in the U.S. in a carbon-spewing jet, seems to leave no room for other views. If the climate really is becoming warmer, it cannot be because of naturally occurring cycles of long duration.

Hundreds of thousands of migrants are now swarming illegally into the West, whether into Europe mostly from the Middle East, or into America from Latin America. They arrive in numbers that make them difficult to assimilate and integrate, with radical repercussions on the host country’s ability to serve the social needs of its own poorer citizens.

Yet Francis reserves most of his advice for host countries to ensure that they treat the often-impoverished and mostly young male newcomers with Christian humanity. That advice is admirable. But the pope might have likewise lectured the leaders of countries such as Syria and Mexico to stop whatever they are doing to heartlessly drive out millions of their own citizens from their homes.

Or he might have suggested that migrants seek lawful immigration and thereby more charitably not harm the interests of immigrants who wait patiently until they can resettle lawfully.

Or he might have praised the West for uniquely creating conditions that draw in, rather than repel, the world’s migrants.

In sum, Francis did not fully understand a country founded on the principle of separation of church and state. And he has tragically harmed that delicate American equilibrium.

If a Christian truly believes that capitalism is the world’s only hope, that illegal immigration is detrimental to all involved, or that the Iranian nuke deal is a prelude to either war or nuclear proliferation, is he thereby somewhat less Christian or Catholic?

Is Francis aware of age-old hospitality adages about guests and hosts, or warnings about those who live in glass houses?

Would an American president dare to visit the Vatican to lecture the leaders of the Roman Catholic Church about their blatant sex and age discrimination, and to advise Francis that his successor should be female or under 50?

Should Americans urge the pope to adopt the supposedly enlightened Western doctrine of disparate impact, which might fault senior Vatican clergymen for failing to promote diversity in matters of sex, race, or age?

In this new freewheeling climate of frank exchange, should Protestant friends now advise Catholic dioceses to open their aggregate 200 million acres of global church lands to help house current migrants? Or should Francis first deplore the capitalist business practices in the administration of the so-called Vatican Bank?

Should the Church turn over to prosecuting attorneys all the names of past and present clergy accused of criminal sexual abuse, and cede all investigation and punishment entirely to the state?

Lots of hypocrisy inevitably follows when churches and their leaders politick.

Conservatives who object to Francis’s sermonizing often enjoy it when the moral majority and born-again Evangelicals stamp their own social agendas with Protestant piety.

Liberals might applaud the pope when he weighs in on global warming and cutthroat capitalism but perhaps want him to stick to religion when he frowns on abortions or female priests.

Because Pope Francis has shed the Catholic Church’s historic immunity from American politics, for good or bad, he and the church are fair game for political pushback.

But do we really want a priest in the role of Bernie Sanders or Ted Cruz, dressed in ancient Roman miter and vestments, addressing hot-button issues with divine sanction?

Voir de même:

Pope Francis is just another liberal political pundit
John Podhoretz
The New York Post
September 25, 2015

Pope Francis is unquestionably a man of ­uncommon personal grace, the possessor of a genuinely beautiful soul. “On Heaven and Earth,” his book-length exchange with Rabbi Abraham Skorka first published in 2010, is a remarkable testament to the breadth of his perspective.

But that’s not exactly the guy who showed up Friday at the United Nations. That pope endorsed the Iran deal, the UN’s environmentalist goals and what amounts to a worldwide open-borders policy on refugees — and ­offered a very specific view of how to promote development in the Third World that’s straight out of a left-wing textbook.

“The International Financial Agencies,” the pope said, “should care for the sustainable development of countries and should ensure that they are not subjected to oppressive lending systems which, far from promoting progress, subject people to mechanisms which generate greater poverty, exclusion and dependence.”

We’re told we must not view the pope’s expression of views on contemporary subjects through the lens of day-to-day issues — that we belittle him and ourselves by examining his words through an ideological filter.

Because of the awesome position he holds, and by dint of his own teachings and his life and teachings before he rose to service as the Vicar of Christ, Francis is said to be deeper and loftier than mere politics.

Sorry: When the pontiff sounds less like a theological leader and more like the 8 p.m. host on MSNBC or the editor of Mother Jones, what’s a guy to do?

Pope Francis is entirely within his rights to become the world’s foremost liberal. But, since that’s what he is, it can’t be wrong to say so.

It is undoubtedly the role of theological leaders to speak to our highest selves, to remind us of eternal moral teachings, to remove us from the everyday and put us in touch with the divine. We look to leaders to tell us what our faith traditions expect of us — what we should do and what we must do.

And, of course, it is impossible to do so without touching on the behavior of people and nations in the present. A leader whose role it is to save the souls of his flock must take account of the particular temptations that beset them and the particular challenges they face.

But that’s wildly different from specifically embracing a UN document, or endorsing a specific agreement ­between nations. And this is what Francis told us:

“The adoption of the 2030 Agenda for Sustainable ­Development at the World Summit, which opens today, is an important sign of hope. I am similarly confident that the Paris Conference on Climatic Change will secure fundamental and effective agreements.”

When a leader speaks in these sorts of bureaucratic specifics, he is descending from the highest heavens into ordinary, even trivial,  reality. He’s using his ­authority in the realm of the spiritual to influence the ­political behavior of others.

He becomes just another pundit. And who needs another one of those?

Voir aussi:
Recul historique de la pauvreté dans le monde malgré l’Afrique
AFP

04 Oct 2015
L’extrême pauvreté devrait reculer cette année à un niveau sans précédent et frapper moins de 10% de la population mondiale en dépit d’une situation encore « très inquiétante » en Afrique, selon un rapport de la Banque mondiale (BM) publié dimanche.

« Nous pourrions être la première génération dans l’histoire qui pourrait mettre un terme à l’extrême pauvreté », s’est félicité Jim Yong Kim, le président de l’institution qui tient la semaine prochaine son assemblée générale à Lima, au Pérou, avec le FMI.

Selon les projections de la BM, quelque 702 millions de personnes, soit 9,6% de la population mondiale, vivent sous le seuil de pauvreté, que l’institution a d’ailleurs relevé de 1,25 à 1,90 dollar par jour pour tenir notamment compte de l’inflation.

En 2012, date des données disponibles les plus récentes, les plus défavorisés de la planète étaient 902 millions, soit près de 13% de la population mondiale, une proportion qui atteignait encore 29% en 1999.

Un jeune mineur sort de la galerie d’une mine d’or clandestine au Burkina-Faso, le 20 février 2014, dans le village de Nobsin
Selon M. Kim, ce recul est le fruit d’une croissance économique dynamique, d’investissements dans la santé, l’éducation et dans les mécanismes de protection sociale qui ont permis d’éviter à des millions de personnes « de retomber dans la pauvreté ».

Cette embellie, espère le dirigeant, pourrait donner un « nouvel élan » à la communauté internationale après la récente adoption par les Nations unies de nouveaux objectifs de développement durable, dont l’éradication de l’extrême pauvreté.

– Obstacles –

La Banque mondiale note toutefois que « de nombreux obstacles » demeurent, notamment en raison de fortes disparités géographiques.

Si la tendance est à une nette baisse en Asie orientale — et spécialement en Inde — ou en Amérique du Sud, l’extrême pauvreté s’enracine en Afrique subsaharienne où elle frappe encore cette année 35,2% de la population.

Selon la Banque, la région abrite ainsi, à elle seule, la moitié des plus défavorisés du globe.

« La concentration croissante de la pauvreté dans le monde en Afrique subsaharienne est extrêmement inquiétante (…). La région dans son ensemble n’arrive pas à suivre le rythme de réduction de la pauvreté du reste du monde », souligne la Banque mondiale.

La situation est particulièrement préoccupante dans les deux pays les plus touchés sur le globe, Madagascar et la République démocratique du Congo, dont quelque 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté, d’après le rapport.

L’institution reconnaît par ailleurs qu’elle ne dispose pas de données fiables sur la pauvreté au Moyen-Orient et au Maghreb en raison des « conflits » et de « la fragilité » dans les principaux pays de la région.

La Banque mondiale met surtout en garde contre tout retournement de la croissance dans les pays émergents, qui montre des signes d’essoufflement après avoir porté l’économie mondiale pendant la crise financière de 2008-2009.

« Le développement a été robuste au cours des deux dernières années mais le long ralentissement mondial depuis la crise financière de 2008 commence à produire ses effets sur les pays émergents », a estimé l’économiste en chef de la BM, Kaushik Basu.

La Banque s’inquiète spécifiquement de l’impact du prochain resserrement de la politique monétaire américaine, qui pourrait conduire les investisseurs à quitter en masse les pays à faible revenu au risque de les priver de ressources vitales.

« Il y a des turbulences à venir (…) qui créeront de nouveaux défis dans le combat pour mettre fin à la pauvreté », a estimé l’économiste en chef de la BM.

Tout en saluant la tendance à un recul de la pauvreté, l’organisation Oxfam a estimé que le chiffre global « restait intolérablement élevé ». « Beaucoup reste à faire », a déclaré Nicolas Mombrial, le directeur de l’organisation à Washington.

« La mobilisation de nouvelles ressources et un changement politique radical sont nécessaires », a-t-il ajouté.

Voir également:

Le Point
08/10/2015
Les derniers chiffres de la Banque mondiale communiqués à la presse ce 4 octobre sont explicites et encourageants : le nombre de personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté a été largement diminué, passant de 37 % de la population mondiale en 1990 à moins de 10 % aujourd’hui, alors que, dans le même temps, cette dernière a augmenté de 2 milliards d’habitants. Le phénomène s’est accéléré pendant ces quatre dernières années : ces personnes totalement démunies, sujettes aux famines ou aux épidémies, qui étaient encore 902 millions en 2012 (12,8 % de la population), ne sont plus que 702 millions en 2015, soit 9,6 % de la population mondiale.On apprend également que ce seuil de l’extrême pauvreté a été relevé par la Banque mondiale de 1,25 dollar à 1,90 dollar par jour dès 2011, en raison, selon le président de la Banque, Jim Yong Kim, « de l’évolution de l’inflation, du prix des matières premières et des taux de change » constatée entre 2005 et 2011 dans les quinze pays les plus pauvres de la planète. Ce seuil n’est donc plus de 1 dollar par jour comme on nous le serine parfois, mais de près du double.Toujours trop !Si l’on s’éloigne un peu de la froideur des chiffres pour avoir un autre regard sur ce problème tragique, on ne peut en aucun cas se contenter de ces nouvelles positives, alors que des centaines de millions d’êtres humains risquent encore à tout moment de mourir de faim. Ce sera toujours trop et on ne se satisfera jamais de ces statistiques, même si elles sont en amélioration constante. En revanche, on peut observer et particulièrement en France un étrange phénomène : au lieu de se réjouir de ces avancées, de se féliciter de ces progrès significatifs, nos bobos professionnels et nos donneurs de leçons habituels ne sont plus disponibles pour en parler et préfèrent garder le silence.Ceux qui défilaient contre la faim dans le monde il n’y a pas si longtemps, derrière des drapeaux rouges et des pancartes agressives, ont disparu de la circulation. Quant à ceux d’entre eux qui travaillent dans les médias, en particulier audiovisuels, apparemment ils n’ont plus aucune envie d’en faire état et d’ouvrir de nouveaux débats sur la question : cela les obligerait à admettre que c’est grâce à l’économie de marché que la pauvreté diminue dans le monde, grâce à la baisse des prix des produits de première nécessité et des médicaments, obtenue par la liberté du commerce dans un système concurrentiel, et enfin grâce aux dizaines de milliards de dollars déversés chaque année sur les pays les plus pauvres par les pays capitalistes les plus riches.

Sans compter les milliards des immenses fondations de donateurs follement généreux tels que Bill Gates ou Warren Buffett. Chez les anticapitalistes et les antilibéraux qui peuplent nos ministères, nos administrations, nos partis politiques et nos médias, étatisés ou non, ce serait se trahir que d’admettre simplement cette évidence : depuis l’effondrement du communisme à l’est de l’Europe et l’adoption de l’économie de marché par la Chine, la planète se porte beaucoup mieux grâce au capitalisme.

Voir de même:

Royaume-Uni. Jeremy Corbyn, un perturbateur qui doit faire ses preuves
Europe
Judith Sinnige

Courrier international – Paris
14/09/2015

Jeremy Corbyn après son élection à la tête du parti travailliste, le 12 septembre 2015. PHOTO AFP / BEN STANSALL
Avec l’élection de M. Corbyn, le Parti travailliste a amorcé un virage à gauche qui répond aux demandes de l’électorat – las de l’austérité et des inégalités. Mais, face aux problèmes du pays, le nouveau leader ne propose pas forcément des solutions viables, s’inquiète la presse britannique.

“Un glissement de terrain” (The Independent), “une catastrophe” (Financial Times) plongeant le Parti travailliste dans “une guerre civile” ( The Sunday Times)… La presse britannique fait surenchère de métaphores pour décrire la victoire de Jeremy Corbyn, le radical de gauche qui a été élu président des travaillistes le 12 septembre avec près de 60 % des voix.

Avec l’élection de Jeremy Corbyn, nous avons “un non-conformiste d’extrême gauche à la tête d’un grand parti politique. C’est quelque chose de grave, non seulement pour le Parti travailliste mais pour la politique britannique tout entière”, estime le Financial Times. Le quotidien financier comprend “la colère populaire concernant l’austérité et les inégalités sociales” et “l’image d’authenticité [de M. Corbyn]” qui ont contribué à sa victoire, mais regrette que Corbyn soit “vigoureusement antiaméricain”, qu’il se dise “ami” du Hamas et du Hezbollah, et qu’il “envisagerait de retirer le Royaume-Uni de l’Otan et d’abandonner l’arsenal nucléaire britannique”.

“Hommage à Trotski”
Quant à sa politique économique, elle risque de devenir “un hommage à Trotski digne des années 1980”, poursuit le journal. Il rappelle que M. Corbyn propose de nationaliser les chemins de fer et qu’il “flirte avec l’idée de forcer la Banque d’Angleterre à financer le déficit [en ayant recours à la planche à billets], sans prendre en considération le risque d’inflation”. Comme ces idées sont “à contre-courant et très éloignées de celles de son groupe parlementaire” – en effet six ministres du cabinet travailliste fantôme ont quitté leur poste après l’élection de M. Corbyn –, elles ne permettent pas “une opposition crédible”. C’est donc “mauvais pour le Parti travailliste et encore pire pour notre pays”.

“Ses idées sont simplement dangereuses”
Son élection est “un bond en arrière”, surenchérit The Daily Telegraph. Le journal conservateur estime que le nouveau dirigeant a tort sur toute la ligne et que “sa forme de socialisme est tellement extrême qu’il représente même une rupture avec les courants plus radicaux au sein de son propre parti”. En l’élisant, le parti a “propulsé au milieu de la scène publique un homme dont les idées sont tout simplement dangereuses”.

The Observer est plus indulgent et rappelle que

Corbyn a réussi à faire quelque chose d’extraordinaire : il a mobilisé des centaines de milliers de personnes, y compris des jeunes, à devenir membres d’un parti. Aucun dirigeant politique ni de gauche ni de droite ne l’a fait.”
Néanmoins, le journal de gauche note que “les idées [de Corbyn] ne sont guère nouvelles” et apportent “peu de solutions concrètes aux problèmes auxquels le pays est confronté”. De plus, il appelle Corbyn à faire en sorte que le Parti travailliste cesse d’être “un parti obsédé par les très riches et les très pauvres, qui ne propose rien à ceux au milieu”.

“Adversaire redoutable pour David Cameron”
“Jeremy Corbyn pourrait faire beaucoup mieux qu’on ne croit”, prévoit le journaliste Ian Dunt. Dans Politics, il conseille aux Britanniques de ne pas croire les prévisions apocalyptiques au sujet de Corbyn : “Si vous lisez la presse, vous allez croire que [l’élection de Corbyn] est le début de l’annihilation du Parti travailliste, que l’opposition à Corbyn de la part de ses députés va déchirer le parti. Ou qu’il sera détruit dans les urnes si jamais il arrive à tenir bon jusqu’aux élections [en 2019] malgré son programme d’extrême gauche. Or, les choses ne sont pas si simples.” Car Corbyn a de nombreux atouts, le premier étant son “langage normal”:

Le public déteste les politiciens, il est avide de voir des personnes normales pour s’opposer à l’élite de Westminster. Or Corbyn est l’homme qu’il faut pour s’en prendre à l’establishment.
Deuxièmement, le gouvernement conservateur trouvera dans Corbyn “un adversaire beaucoup plus redoutable que l’on ne pense. Son style dépouillé et son franc-parler pourraient être très appréciés face à David Cameron”, prévoit le journaliste.

Voir par ailleurs:
Le Monde|
01.10.2015
Mais à quoi joue le pape François ? L’annonce dans la presse américaine, mercredi 30 septembre, de sa rencontre secrète avec l’égérie des opposants les plus radicaux au mariage homosexuel aux Etats-Unis a brouillé le message qu’il semblait avoir délivré tout au long de son séjour sur place. Les quelques minutes qu’il a passées jeudi 24 septembre à Washington, avec Kim Davis, une greffière du Kentucky, brièvement emprisonnée au début du mois pour avoir obstinément refusé de délivrer des certificats de mariage aux couples homosexuels, n’ont été ni démenties ni commentées par le Vatican. Mais ce soutien de poids à la frange la plus ultra des chrétiens conservateurs américains, donne en tout cas une dimension politique à un séjour aux Etats-Unis que le pape avait qualifié de purement « pastoral ».Si l’opposition du pape au mariage gay ne fait aucun doute, son choix de conforter une fonctionnaire controversée et désavouée même par une partie du camp conservateur, ne semble pas cadrer avec ses propos d’ouverture, appelant à une Eglise catholique plus inclusive, engagée « dans la construction d’une société tolérante », ainsi qu’il l’a déclaré à la Maison Blanche. Une position qu’il a réitérée tout au long de son voyage aux Etats-Unis, où il a paru éviter avec soin de prendre partie dans « la guerre culturelle » que la hiérarchie catholique sur place, et plus largement les mouvements chrétiens évangéliques – Mme Davis est elle-même chrétienne apostolique –, alimentent au nom de la liberté religieuse.
Position ambiguë
Particulièrement attendu à ce propos, François s’était appliqué à une défense large et globale de ce principe, sans citer d’exemples précis. Il avait notamment dénoncé « un monde où diverses formes de tyrannie moderne cherchent à supprimer la liberté religieuse, ou bien cherchent à la réduire à une sous-culture sans droit d’expression dans la sphère publique, ou encore cherchent à utiliser la religion comme prétexte à la haine et à la brutalité ». Il avait certes rendu une visite surprise à des religieuses, au centre d’une bataille juridique contre le système de santé américain, dit Obamacare, qui oblige les employeurs – y compris leur congrégation – à participer au financement des moyens de contraception de leurs salariés. Mais, parallèlement, il avait aussi loué le travail d’autres congrégations religieuses américaines, réputées elles bien plus libérales sur ces sujets.C’est dans l’avion qui le ramenait à Rome qu’il a été le plus explicite sur le fond, tout en restant ambigu sur la réalité de sa rencontre avec Kim Davis. « L’objection de conscience est un droit », a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait de réagir expressément au cas d’un(e) fonctionnaire qui refuserait de délivrer des certificats de mariage à des couples homosexuels. « Je n’ai pas en mémoire tous les cas d’objection de conscience », a étonnamment éludé le pape, qui a tout de même insisté sur le fait que « dans chaque institution judiciaire, doit exister un droit de conscience ».Prisée par les conservateurs, cette initiative du pape a déstabilisé le camp progressiste. Et il n’est pas sûr que ce genre de non-dits contribue à pacifier les débats lors du synode sur la famille, qui s’ouvre lundi 5 octobre à Rome et qui s’annonce tendu.
Voir encore:
3 octobre 2015
Le site officiel News.va du Saint-Siège a publié un article reprenant des précisions données par le Père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Vatican, hier matin 2 octobre, au sujet de la rencontre de Kim Davis avec le pape François à la nonciature de Washington D.C. En voici la traduction intégrale faite depuis la version anglaise (la version française de cette déclaration, qu’on pourra lire ici, est beaucoup plus brève et “arrangée”…) :« Le brève entrevue entre Madame Kim Davis et le pape François à la nonciature apostolique de Washington D.C., continue à susciter des commentaires et des débats. Afin de contribuer à une compréhension objective de ce qui a été révélé, je suis en mesure d’éclaircir les points suivants :Le pape François a rencontré plusieurs dizaines de personnes qui avaient été invitées à la nonciature afin de le saluer alors qu’il s’apprêtait à quitter Washington pour la ville de New York. De telles salutations brèves se passent lors de chaque visite du pape et sont dues à la gentillesse et la disponibilité caractéristiques du pape. La seule véritable audience que le pape a accordé à la nonciature, le fut pour un des ses anciens étudiants et sa famille. Le Pape n’est pas entré dans les détails de la situation de Madame Davis et sa rencontre avec elle ne doit pas être considérée comme un appui à sa position dans tous ses aspects particuliers et complexes ».
C’est un de ces rétropédalages auxquels le Père Lombardi nous a habitué depuis longtemps. Toutefois, du côté de l’intéressée, le son de cloche est assez différent (voir, notamment ici).Liberty Counsel, organisme fondé et dirigé dans le Kentucky par Mat Staver, et qui est le conseil juridique de Kim Davis, a publié également hier un communiqué intitulé « Les faits sur la rencontre de Kim Davis et du pape ». En voici la traduction.

« Les faits concernant la rencontre avec Kim Davis ont été déjà racontés, mais nous allons de nouveau énoncer les détails de cette rencontre en y ajoutant un nouvel élément.

La rencontre avec Kim Davis a été initiée le 14 septembre. Bien que nous ne connaissons pas toutes les personnes qui ont pris part à cette invitation, nous savons tout à fait que le nonce apostolique du Saint-Siège, l’archevêque Carlo Maria Vigano, s’est personnellement entretenu avec Kim Davis sur cette invitation. Cette invitation portait sur une rencontre privée avec le pape François à l’ambassade du Vatican à Washington D.C. le jeudi 24 septembre dans l’après-midi. Il s’agissait une rencontre privée. Aucun autre membre du public [invité] n’y était présent.

Dans la soirée du 23 septembre, Kim Davis a reçu un nouvel appel téléphonique au sujet de la rencontre du lendemain. On lui demanda de se coiffer en ramenant ses cheveux sur le haut de la tête car elle était trop reconnaissable. Vers 8 h du matin, samedi 24, Kim a reçu un autre appel téléphonique lui confirmant qu’on viendrait la chercher à 13 h 15.

À 13 h 15, Staver a accompagné Kim et Joe Davis pour leur faire rencontrer deux hommes du service de sécurité vêtus de costumes et dotés d’oreillettes. Staver a confirmé qu’ils venaient chercher Kim Davis. Ils s’exprimaient avec un très fort accent italien. Staver a accompagné Kim et Joe vers une fourgonnette qui les attendait et est resté à l’hôtel tout en se tenant en contact permanent avec Kim.

Kim et Joe ont été introduits dans une pièce [un salon de la nonciature] dans laquelle il n’y avait aucune autre personne présente. Plus tard, le pape y est entré : il n’était accompagné que d’une seule personne de la sécurité du Vatican ou de l’ambassade. [Le pape] lui a tendu les mains. Kim les lui a saisies et il lui a demandé de prier pour lui. Elle lui a répondu qu’elle le ferait puis a demandé au Pontife de prier pour elle ce à quoi le pape a répondu qu’il le ferait. Le pape François a alors remercié Kim pour “son courage”. Ils se sont étreints. Le pape a déclaré : “Restez forte”. Puis il a offert à Kim et à Joe deux chapelets.

Il n’y avait pas de gens faisant la queue ou d’autres personnes du public visibles quelque part. Kim étant si reconnaissable, il aurait été impossible de garder secrète cette rencontre si d’autres personnes invitées s’étaient trouvées quelque part à proximité du pape ou de Kim Davis.

L’encouragement donné par le pape à Kim et son avertissement à “rester forte” souligne le fait que le pape et d’autres responsables du Vatican connaissaient sa défense de la liberté religieuse. La réponse du pape faite à la question d’un journaliste [à bord de l’avion qui le ramenait à Rome] pour savoir si un fonctionnaire gouvernemental avait le droit à l’objection de conscience pour la délivrance de certificats de mariage, correspond bien à la connaissance [qu’en avait le pape] ».

Liberty Council a maintenu le silence sur cette rencontre jusqu’à ce qu’on lui en autorise la divulgation le mardi 29 septembre. D’où le communiqué du même jour de Liberty Council que nous avons signalé ici le lendemain, mais, avec le décalage horaire, Robert Moynihan, directeur à Rome de Inside the Vatican, en avait largement parlé dans sa Lettre n° 29 sur Internet, dès le 29 au soir…

À chacun désormais de juger au vu des pièces que nous mettons à votre disposition…

Voir enfin:

Chine : la chasse aux chrétiens
En ligne le 7 octobre 2015

Le Parti communiste chinois a pratiquement toujours combattu toutes les religions, dénoncées toutes comme opium du peuple. S’agissant du christianisme, il déclare le suspecter de surcroît de fonctionner comme « agent de l’étranger » entreprenant de saper sa mainmise idéologique.Dans Le Figaro du 5 octobre Sébastien Falletti publie un reportage sur la ville de Wenzhou, 9 millions d’habitants dont 11 % de chrétiens, épicentre de la persécution.Depuis 2013, souligne-t-il, les autorités ont abattu 1 200 croix et détruit plusieurs églises :La cathédrale de Fuyin Jang est une citadelle assiégée, agrippée à la campagne moite du Zhejiang. « Nous ne savons pas combien de temps nous pourrons résister. La croix est le symbole de Jésus-Christ. Sans elle, nous ne pouvons vivre notre foi », explique M. Lin, à l’intérieur de l’église transformée en camp retranché. Sous les ventilateurs, un paroissien en pantalon de flanelle et chemise de ville ronfle sur un matelas de fortune, avec en fond de la musique évangélique. « À l’arrière, nous sommes protégés par la rivière. Ils ont installé des caméras de surveillance pour attendre le moment propice. Chaque nuit, nous nous relayons pour dormir ici et empêcher toute intrusion », explique ce fidèle de cette communauté protestante de 500 âmes, installée depuis plus d’un siècle dans ce bastion chinois de la foi chrétienne. Un bras de fer lancinant de vingt mois, déclenché en mai 2014, lorsque les autorités ont tenté de décapiter l’église de son immense croix, à l’aide d’une grue. La communauté est entrée en résistance, comme la plupart des églises du comté de Pingyang, à 40 minutes à l’ouest de Wenzhou. Ce port surnommé la « Jérusalem chinoise », est la cible d’une campagne antichrétienne sans précédent depuis la Révolution culturelle, lorsque les églises furent saccagées par les gardes rouges maoïstes.Depuis 2013, les autorités ont arraché 1 200 croix et détruit plusieurs églises, dont la plus grande de la ville, selon l’Association des chrétiens du Zhejiang. Cette province côtière du sud-est de la Chine compte plus de 300 000 catholiques et 1 million de protestants, enracinés depuis l’arrivée de missionnaires anglais dès 1860 dans ce port commerçant ouvert aux vents du large. Depuis l’accession au pouvoir du président Xi Jinping, l’un de ses fidèles lieutenants, Xia Baolong, devenu le secrétaire du Parti de la province, fait la chasse aux « constructions illégales », interdisant les croix sur les toits des églises, exigeant qu’elles ne dépassent pas un dixième de la taille de l’édifice sur les murs, selon de nouvelles règles édictées en mai. Ces croix ostentatoires suscitent « l’inconfort » des non-croyants, affirme le quotidien Global Times, contrôlé par le Parti communiste.Mais le pouvoir fait face à une résistance pugnace de nombreuses communautés, formant des boucliers humains autour de leur paroisse. Comme au village crotté de Wuxi, en bout de piste de l’aéroport, où les paysans protestants ont réinstallé leur croix rouge en fer, ce 20 août, dix jours après sa « décapitation » et veillent chaque nuit contre les descentes de sécurité. Depuis l’été, le régime a changé de tactique en procédant à des arrestations aussi brutales que discrètes des leaders de la cause. Au moins dix-neuf chrétiens ont « disparu » sans laisser de trace depuis juillet, selon les témoignages recueillis sur place par Le Figaro.. Comme le pasteur Huang Yizi, cueilli chez lui dans sa petite ville de Shitau, début septembre. « Des hommes ont frappé à sa porte, se faisant passer pour des réparateurs, et ils l’ont embarqué. Depuis, sa famille n’a aucune nouvelle », confie un paroissien sous le choc. Un autre prêtre de la ville de Mapou, Zhang Chongzhu, a lui disparu au volant de sa voiture alors qu’il rentrait de Shanghaï, suivi par un mystérieux véhicule.À Xian Quiao, à quelques kilomètres de là, le silence règne sur la maison ocre de quatre étages posée au bord des rizières, accolée à l’église élancée. À ses pieds, une imposante croix rouge en béton, comme tombée piteusement du clocher. Elle est la cause des malheurs de Zhang Zhi, père d’un bambin de 2 mois et missionnaire ardent. Le 4 septembre, ce trentenaire avait défié le pouvoir en remontant le symbole de sa foi sur le toit de l’église, déposé l’an dernier. Trois jours plus tard, à l’aube, cinq hommes en civil débarquent chez lui pendant qu’il fait sa toilette et l’emportent de force sans explication. « Ses pieds ne touchaient même pas terre, ils ont dû le porter car il refusait de bouger », raconte un voisin témoin de la scène, sous le couvert de l’anonymat. Une descente orchestrée par les services de sécurité publique du comté, qui interdisent à sa femme tout contact avec des médias étrangers. Depuis, la jeune maman se claquemure avec son nourrisson et n’a aucune nouvelle de son mari, incarcéré dans un lieu secret à Wenzhou.L’arrestation la plus spectaculaire a eu lieu, au cœur de la ville, dans la nuit du 26 août. Peu avant minuit, une dizaine d’hommes en civil enjambent le mur protégeant l’arrière de l’église Xia Ling et s’infiltrent dans la pénombre jusqu’au quatrième étage. Quelques minutes plus tard, ils ressortent en encadrant l’avocat Zhang Kai, sous les ordres d’un homme coiffé d’une casquette de police, montrent les images de caméra de surveillance. « Je n’ai rien entendu », se désole le veilleur de la communauté de 400 fidèles, abasourdi. Zhang était le champion de la cause chrétienne défiant devant la justice les ordres de destruction. « Le tribunal nous a dit que nous n’avions pas droit à un avocat », explique un fidèle de la communauté qui s’est opposée par la force à la démolition de « sa » croix. L’escalier défoncé menant au parvis témoigne de l’affrontement. Le juriste chrétien, basé à Pékin, venait régulièrement à Wenzhou mener la bataille, jusqu’à cette nuit fatale. Depuis, même son père n’a pu obtenir de nouvelles. Zhang est accusé d’avoir « perturbé l’ordre public » et « livré des secrets d’État », selon les services de sécurité. Des accusations graves qui autorisent les autorités à le garder au secret pendant six mois. »Le gouvernement a peur, car la population chrétienne est énorme à Wenzhou et risque d’échapper à son emprise. Mais nous ne sommes pas contre le Parti. Le royaume de Jésus est au Ciel, il n’est pas de ce monde » Ces méthodes rappellent celles infligées à un autre avocat chrétien, nommé pour le prix Nobel de la paix. Gao Zhisheng vient de raconter ses tortures à coups de décharges électriques au visage subies pendant une incarcération de trois ans dans une prison du Xinjiang. Il avait lui aussi « disparu » en 2009, embarqué par les services de sécurité à la suite de ses activités de défense des églises chrétiennes et de la secte Falun Gong.Cette vague de « kidnappings » sème l’inquiétude car elle signale une détermination nouvelle du régime à contrôler les religions, depuis l’arrivée au pouvoir de Xi. « Nous avons déjà fait face à des arrestations de quelques jours par le passé, mais c’est la première fois que nous voyons des disparitions ici », explique le dirigeant d’une communauté du district de Pingyang. Pour certains, la campagne est le fruit des ambitions politiques du secrétaire Xia et de sa femme, dévote bouddhiste, visant à plaire au président Xi, pour lequel il a travaillé lorsque ce dernier était gouverneur de la province voisine du Fujian. Pour beaucoup d’autres, il s’agit d’une campagne orchestrée par Xi lui-même, dont l’éventuel succès risque d’être appliqué ensuite dans le reste du pays. « Officiellement, le secrétaire du Parti mène cette campagne, mais il a l’appui du pouvoir central et cela s’inscrit dans une campagne de grande ampleur. Leur objectif réel n’est pas de détruire des croix, mais de siniser le christianisme, à la sauce maoïste », explique M. Lin.Depuis son arrivée à la tête de « l’empire rouge », Xi impose une reprise en main idéologique, bâillonnant toutes les voix discordantes qui menacent la mainmise du Parti, de la presse à l’université en passant par l’art. « Nous devons activement incorporer les religions dans le cadre de la société socialiste », a déclaré le président en mai, devant les représentants des religions, toutes étroitement surveillées par le Parti, athée.Une campagne qui n’ose dire son nom dans le Zhejiang, où les autorités ont recours à des hommes de main et des flics en civil. « Ils n’ont aucun ordre officiel écrit!», s’insurge M. Lin. Une ambiguïté d’ordre tactique. « Ils savent que s’il y a des ordres du pouvoir central, cela entraînera des réactions internationales », analyse un leader de communauté à Pingyang.

Car le Parti a toujours suspecté le christianisme d’être « agent de l’étranger », visant à saper sa mainmise. Une menace agitée par Xi Jinping, dont le « rêve chinois » orchestre un retour au confucianisme et sonne l’alarme contre « les forces occidentales hostiles qui infiltrent constamment la sphère idéologique », selon un document interne distribué aux hauts cadres en 2013.

La popularité du christianisme à Wenzhou, où de nombreux fonctionnaires et cadres sont membres d’Églises richement dotées par leurs prospères fidèles, semble donner corps au spectre de l’infiltration. Mais ces soupçons sont de l’ordre de la paranoïa aux yeux des fidèles de la plupart des Églises « officielles », pourtant sous la coupe du Parti. « Le gouvernement a peur, car la population chrétienne est énorme à Wenzhou et risque d’échapper à son emprise. Mais nous ne sommes pas contre le Parti. Le royaume de Jésus est au Ciel, il n’est pas de ce monde », explique un paroissien, se préparant à une nouvelle nuit de veille incertaine.


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