Irak: Dur dur pour nos médias! (But what are our media going to do without their quagmire?)

31 octobre, 2007

Valor blind media (Iraq)Dur-dur pour nos médias et idiots utiles, comme le rappellent Murawiec et Guy Millière, plus d’attentats irakiens à se mettre sous la dent!

Et pour, même si l’essentiel des victimes proviennent des affrontements intercommunautaires, étayer leur inlassable mantra, pendant toutes ces années et depuis le début de l’opération « Iraqi Freedom », du « bourbier » américain!

JihadTV elle-même (alias Al Jazira) n’y retrouve plus ses petits!

Sans parler des barbus terrés dans leurs montagnes afghanes, des croquemorts irakiens et même… de nos dessinateurs préférés Cox & Forkum!

Heureusement qu’il y a les Taliban en Afghanistan qui se dévouent un peu et le bouffon des mollahs pour amuser la galerie avec son négationnisme et ses imprécations d’opérette, sans parler de son bluff nucléaire ….

Extrait :

Quant à l’Irak, le changement y est encore plus sensible : la stratégie lancée par le général Petraeus est un succès franc et massif, et représente une formidable défaite pour al Qaëda. Souvenons-nous, en effet, des oiseaux de mauvais augure, qui croassaient naguère que la guerre d’Irak avait pour effet d’attirer et de concentrer les terroristes internationaux. Or non seulement les forces américaines et coalisées en ont-elles tué plusieurs dizaines de milliers, mais, plus encore, elles ont rallié les tribus sunnites et leurs chefs, révoltés par la sauvagerie dictatoriale des Islamistes. Les benladénistes, en s’aliénant ceux qui semblaient être leurs alliés naturels, ont non seulement perdu la bataille d’Irak, mais une bataille de première importance dans le monde sunnite.

Et tout cela a été rendu possible par la stratégie contre-insurrectionnelle de Petraeus, qui a ouvert les espaces où ont pu s’engouffrer les tribus et leurs chefs. On est loin de la désespérance qui réjouissait tant les ennemis démocrates, multilatéralistes et pacifistes de Bush. Comme le disaient, avec courage, au début de l’été, les analystes démocrates Michael O’Hanlon (Brookings Institution, un think-tank du centre-gauche) et Kenneth Pollack (ancien directeur du Moyen Orient au Conseil national de sécurité de Clinton), il s’agit d’un conflit « que nous pourrions gagner. ».

Cela ne fera pas de l’Irak une décalcomanie de la Confédération helvétique, mais, en créant des conditions de coexistence et de stabilisation, une défaite qui blessera gravement al Qaëda. Comme l’avait dit Ben Laden lui-même il y a une dizaine d’années : « Les gens choisissent le cheval le plus puissant et non le plus faible. ». L’ennui, pour l’émir suprême, c’est que son « Etat islamique d’Irak » bat de l’aile, que ses lieutenants locaux paniquent, qu’il confesse même son abattement : rien ne va plus en Irak pour les Islamistes sunnites ; plus les Sunnites irakiens se rapprochent des Américains, et plus baisse la cote du nervi chiite Muqtada al-Sadr, soutien branlant de l’Iran en Irak. Les poseurs de bombes chiites sont d’ailleurs en train de se recycler en hommes d’affaires et en députés, ce qui ne manquera pas de causer d’autres problèmes plus tard, mais qui affaiblit d’autant les actions insurrectionnelles aujourd’hui.

Moyen Orient en flux
Laurent Murawiec
Metula News Agency
31/10/07

Truisme peut-être, important quand même : qui veut comprendre les évolutions internationales doit se souvenir en permanence que chacun des acteurs et des paramètres qui, ensemble, constituent la situation qu’il étudie est en mue ininterrompue, quoique souvent imperceptible, ou invisible à l’œil nu. Incorporer à l’analyse un facteur obsolète l’invalide gravement. Plus ça change, moins c’est pareil.

La Turquie n’est plus un allié fiable pour les Etats-Unis ni pour l’Occident. L’ère kémaliste est terminée. La démographie est un destin : le paysan arriéré a repris l’ascendant sur les classes éduquées et occidentalistes de la capitale. L’Anatolie musulmane a pris sa revanche sur la Turquie stambouliote, laïque et… le premier ministre Erdogan arabise la Turquie à grande allure. Certes, il ne renonce pas à la modernité économique, mais il en sape les fondements, en faisant retour, subrepticement ou pas, aux principes directeurs islamo-ottomans. La banqueroute intellectuelle des politiciens héritiers du kémalisme aggrave leur paralysie. Certes, la Turquie ne se mue pas du jour au lendemain en république islamique, loin de là. Habile, Erdogan négocie avec art et opportunisme chaque tournant. Il fait payer à l’Occident chaque geste de bonne volonté. L’alliance militaire avec Israël, fruit de la stratégie à long terme des militaires républicains, n’est pas entravée.

Il n’empêche qu’il interdit l’invasion de l’Irak par le nord en 2003, ce qui compliqua gravement la situation, et qu’il vient de resserrer des liens, y compris militaires, avec l’Iran. Bien sûr, et on ne saurait l’en blâmer, il s’agit de faire pièce à la racaille assassine du PKK, la guérilla kurde, semi-KGB, semi-brigande. L’attitude passive du gouvernement irakien n’a pas amélioré les choses. Les Kurdes démocrates et pro-occidentaux s’y essaient. Mais reste un rapprochement certain entre les Islamistes « modérés » d’Ankara et les Islamistes immodérés de Téhéran, au moment où ces derniers défient le monde et tentent d’échapper à un isolement sensible. L’ère kémaliste est entrée dans les livres d’histoire. La Turquie bascule lentement dans le cul de basse-fosse duquel l’avait hissée Atatürk. L’impact sur la balance générale des forces dans la région moyen-orientale est énorme.

En Iran, la « ligne de l’Ayatollah », extrémiste et apocalyptique, tient le haut du pavé. Dans les faits, Téhéran continue et accélère ses efforts nucléaires et, à grand prix, y compris celui de l’énorme mécontentement populaire, de l’autosuffisance de sa consommation énergétique, tente de renforcer ses liens tant avec l’Etat du voyou Poutine qu’avec la Chine, dont la politique internationale est d’ordre mercenaire, comme j’y reviendrai de suite. La politique ni chèvre ni chou, suivie par Washington, resserre ce qui n’est ni un étau ni un cordon sanitaire, mais une série d’initiatives visant à réduire les marges de manoeuvre du régime iranien : on contraint les banques et les institutions financières à choisir entre le marché américain et le marché iranien – le choix est peut-être pénible mais il n’est pas douteux. Pas d’embargo sur les exportations pétrolières iraniennes, ni sur ses importations de carburant, qui mettrait le pays à genoux, mais conduirait droit à l’ouverture d’hostilités militaires. Téhéran pratique, en attendant, la politique dilatoire qui plaît tant à la couardise diplomatique, avec le soutien d’un El Baradai (l’Egyptien qui dirige l’Association internationale de l’énergie atomique, et opère à la manière d’un agent islamo-arabe chargé de « couvrir » ses congénères), sans parler des entichés de la parlotte, qui batifolent dans l’immeuble des Nations Unies à Manhattan.

Notons cependant que le raid israélien sur la centrale nucléaire syro-nord-coréenne en construction en Syrie n’a pas représenté un cinglant fiasco que pour le seul Assad : l’Iran a également perdu au jeu, perte de face de l’allié syrien, et catastrophe pour la menace stratégique qu’il représentait envers Israël ; constat de l’inanité du super-système de défense aérienne russe Pantsyr, acquis par l’Iran comme par la Syrie (et dont se méfiaient depuis longtemps les stratèges israéliens et américains). L’Iran se sait aujourd’hui bien moins protégé contre un assaut aérien en règle qu’il ne se l’imaginait. C’est donc l’action, et non la parole, qui a changé un paramètre crucial : les ayatollahs n’agissent qu’assurés de l’impunité. Il faut se souvenir que l’Ayatollah Khomeiny fit libérer les otages américains retenus et torturés depuis 444 jours dès que le président Reagan prit ses fonctions en 1981 ! Il fallut la très grave erreur stratégique de l’Administration Reagan – de ne pas riposter aux attentats qui détruisirent l’Ambassade des Etats-Unis à Beyrouth, puis y assassinèrent plus de deux cents Marines – pour « libérer », à l’encontre des Etats-Unis, la furie assassine des Islamistes iraniens, aidés en cela par leurs acolytes palestiniens.

Le régime iranien slalome entre les obstacles, à la voile et à la vapeur, en quelque sorte : la désinformation par-dessus, la mobilisation guerrière par en dessous. Il forme des cadres du Hamas à un niveau de compétence militaire supérieur, tout en exportant (par l’Egypte consentante et complice, laquelle vient d’ailleurs d’annoncer une relance de son programme nucléaire « civil ») des quantités importantes d’explosifs et d’armements à Gaza ; il continue de réarmer sa succursale libanaise du Hezbollah. Il renforce ses liens militaro-guerrilléros avec le voyou Hugo Chavez, dans le cadre de l’internationale islamo-castro-fasciste. Et il profite de la lâcheté de mercanti du gouvernement allemand, qui protège les juteuses exportations de ses industriels, plutôt que de s’associer aux efforts, pourtant timides, de brider le régime terroriste des ayatollahs. Cela contrebalance, dans le mauvais sens, le considérable changement opéré à Paris par Sarkozy et Kouchner, qui ont mis au pas le Quai d’Orsay et ses fantasmes islamophiles, et la France sur le droit chemin d’une opposition résolue au danger iranien.

Au nord, Vladimir Poutine est en plein dans son « grand jeu » : quoique conscient du danger représenté à terme pour la Russie riveraine par l’armement nucléaire et balistique de Téhéran, il joue au comptant, à balancer ses livraisons (y compris militaires et de technologie nucléaire) à l’Iran et à la Syrie (notamment avec la signature d’un contrat récent d’une valeur totale de dix milliards de dollars !), tout en mimant la valse-hésitation sur d’autres tableaux. On visite Ahmadinejad, on lui met des carottes sous le nez, on l’incite à faire des gestes envers Moscou – mais le Kremlin compte bien que les Etats-Unis ou Israël règlent leur compte au régime. Dans un mois ou dans un an, Moscou sera l’ami qui proteste, et qui aura gagné sur tous les tableaux.

Moscou espère préserver son « grand retour » stratégique au Moyen Orient sans heurt frontal avec les Etats-Unis, et en faisant payer au prix fort à Washington et Jérusalem une « neutralité » factice envers l’Iran. « Nous sommes la puissance musulmanophile », s’écriera alors, avec la sincérité du crocodile affamé, le maître guébiste du Kremlin, qui s’enivre de volutes impériales. L’instabilité au Moyen Orient est la stratégie fondamentale poursuivie par l’URSS et la Russie depuis 1945 : faute de pouvoir s’en emparer, empêcher les autres (Anglais et Américains) d’y réussir, leur causer d’incessants problèmes, les clouer dans des inerties et les y épuiser, en un mot, pêcher en eau trouble. Plus s’aggrave la situation régionale, autour de l’Iran en particulier, plus s’élèvera le prix du pétrole, ce qui augmentera d’autant la rente pétrolière qui seule fait vivre l’économie russe (avec les ventes d’armes), et les rêves de grandeur du rentier rancunier du Kremlin.

La Chine, où le président-secrétaire Hu Jintao a consolidé sa position à l’issue du congrès quinquennal du PC chinois, s’affaire à assurer à tout prix ses approvisionnements pétroliers et gaziers ; elle ne néglige aucune offre potentielle, de la Birmanie, que les tueurs au pouvoir ont rebaptisée Myanmar, au Venezuela et à l’Iran, au Soudan et à la Syrie ; ah ! la bonne odeur de pétrole ! L’arôme subtil du gaz naturel ! La « respectabilité » internationale à laquelle aspire Pékin en est affaiblie, mais, comme on dit dans les avenues commerçantes de Washington, où tous les trafics sont bons à prendre, business is business, d’autant que le risque de désastre financier guette le régime chinois avec une acuité croissante, et le pousse à agir le plus vite possible, tous azimuts, en quelque sorte.

D’autres paramètres sont en cours de changement, l’accord nucléaire indo-américain, l’un des grands acquêts de l’administration Bush, est dans la balance : le parti du Congrès au pouvoir le sacrifiera-t-il aux exigences des gauchistes et des communistes qui font partie de sa majorité ? Voilà qui ralentirait sérieusement la grande inflexion de la politique étrangère indienne, qui pèse d’un poids croissant dans les affaires internationales. Benazir Bhutto et Pervez Musharraf trouveront-ils entre eux un modus vivendi ? L’enjeu est de taille quant à l’avenir des mouvements terroristes, qui tiennent les zones tribales du Pakistan et la frontière avec l’Afghanistan. N’oublions pas que l’Afghanistan voisine l’Iran, et qu’il représente traditionnellement pour le Pakistan la chasse gardée qui lui donne, au moins fantasmatiquement, la « profondeur stratégique » dont ses élites pensent avoir besoin face à l’Inde.

Quant à l’Irak, le changement y est encore plus sensible : la stratégie lancée par le général Petraeus est un succès franc et massif, et représente une formidable défaite pour al Qaëda. Souvenons-nous, en effet, des oiseaux de mauvais augure, qui croassaient naguère que la guerre d’Irak avait pour effet d’attirer et de concentrer les terroristes internationaux. Or non seulement les forces américaines et coalisées en ont-elles tué plusieurs dizaines de milliers, mais, plus encore, elles ont rallié les tribus sunnites et leurs chefs, révoltés par la sauvagerie dictatoriale des Islamistes. Les benladénistes, en s’aliénant ceux qui semblaient être leurs alliés naturels, ont non seulement perdu la bataille d’Irak, mais une bataille de première importance dans le monde sunnite.

Et tout cela a été rendu possible par la stratégie contre-insurrectionnelle de Petraeus, qui a ouvert les espaces où ont pu s’engouffrer les tribus et leurs chefs. On est loin de la désespérance qui réjouissait tant les ennemis démocrates, multilatéralistes et pacifistes de Bush. Comme le disaient, avec courage, au début de l’été, les analystes démocrates Michael O’Hanlon (Brookings Institution, un think-tank du centre-gauche) et Kenneth Pollack (ancien directeur du Moyen Orient au Conseil national de sécurité de Clinton), il s’agit d’un conflit « que nous pourrions gagner. ».

Cela ne fera pas de l’Irak une décalcomanie de la Confédération helvétique, mais, en créant des conditions de coexistence et de stabilisation, une défaite qui blessera gravement al Qaëda. Comme l’avait dit Ben Laden lui-même il y a une dizaine d’années : « Les gens choisissent le cheval le plus puissant et non le plus faible. ». L’ennui, pour l’émir suprême, c’est que son « Etat islamique d’Irak » bat de l’aile, que ses lieutenants locaux paniquent, qu’il confesse même son abattement : rien ne va plus en Irak pour les Islamistes sunnites ; plus les Sunnites irakiens se rapprochent des Américains, et plus baisse la cote du nervi chiite Muqtada al-Sadr, soutien branlant de l’Iran en Irak. Les poseurs de bombes chiites sont d’ailleurs en train de se recycler en hommes d’affaires et en députés, ce qui ne manquera pas de causer d’autres problèmes plus tard, mais qui affaiblit d’autant les actions insurrectionnelles aujourd’hui.

De Washington, Bush et Cheney répètent à l’envi qu’ils ne laisseront pas l’Iran en possession d’armes nucléaires. On est cependant loin de traverser le Rubicon : pour l’heure, on suit ses méandres. Comme on a suivi avec la plus grande attention le raid aérien de l’IAF en Syrie, ayant été associé à sa préparation : stratégiquement, Israël a récupéré, dans l’estime américaine, le poids militaire perdu avec l’inepte guerre, si mal menée, contre le Hezbollah l’an dernier. Ce n’est pas rien. Le paradoxal gouvernement Olmert-Barak-Livni, qui boîte des deux jambes, pour ainsi dire, a ainsi pris sa première initiative importante, tout en servant Israël en offrande à la furie islamo-arabe dans le cadre des discussions avec l’ « Autorité » palestinienne.

L’incohérence est parfaite. Israël n’en a pas le monopole, mais s’y essaie avec succès. A preuve, le pénible crétinisme de Condoleezza Rice, qui s’essaie à amidonner, une fois de plus, le scénario fané des « négociations de paix » entre Israël et ses ennemis jurés (voir à ce propos l’excellent article du Prof. Barry Rubin The Attempt to Kill Olmert (L’attentat préparé pour tuer Olmert). Comme d’habitude coexistent au sein de l’administration, et, on le craint, des lobes frontaux du président Bush, deux directions résolument contradictoires, ce, quelles que soient les configurations du moment.

La situation politique américaine, qui ne manque pas d’incertitudes, est mouvante : les succès remportés sur le terrain par la stratégie Petraeus ont, dans une certaine mesure, requinqué l’Administration, dont la popularité ne remonte cependant pas vraiment, rançon d’années de piétinement et d’aphasie, mais dont la marge de manoeuvre a été élargie. Echec cinglant : le dessein démocrate d’imposer des délais impératifs à un retrait des troupes américaines est passé à la trappe, ce qui enrage l’extrême-gauche, poussée par George Soros et d’autres gauchiste d’extrême-luxe ; Hillary Clinton se refuse à exclure une intervention militaire contre l’Iran. La quasi totalité des candidats républicains à l’investiture présidentielle fait preuve d’un robuste état d’esprit militant à l’égard de la République Islamique. Les données politiques intérieures, qui semblaient déterminées, il n’y a que quelques mois, à Washington, ont largement évolué.

Le grand Moyen Orient est en état de flux, de même que les intervenants extérieurs. Les surprises n’ont pas terminé leur défilé.

Irak la guerre oubliée, parce que gagnée
Guy Milliere

mardi 23 octobre 2007

Voici peu, un éditorialiste conservateur américain s’étonnait de voir à quel point l’Irak avait disparu soudain des gros titres des journaux. Sa déduction était que les journalistes américains ayant été plutôt de gauche et nettement défaitistes ces dernières années, présenter une situation où tout va mieux relèverait, pour eux, presque de l’insupportable.

Ce que cet éditorialiste relevait concernant les journalistes américains, il aurait pu le relever avec plus de netteté encore en observant les médias français. On ne parle plus de l’Irak. Il n’y a plus guère d’attentats suicides. Le calme règne. Les éléments permettant de parler de « bourbier » se font de plus en plus minces et se rapprochent de l’inexistant.

La visite du président irakien Jalal Talabani à Paris voici quelques jours a été passée sous silence : nous n’en avons eu qu’une image fugace dans un reportage consacré à un sujet bien plus important : le divorce entre Cécilia et Nicolas. Nul reporter n’a eu l’idée d’interviewer un homme élu démocratiquement par son peuple : tout le monde n’a pas la chance d’être un dictateur sanguinaire.

J’ai dit en ces colonnes que la guerre de libération de l’Irak était gagnée depuis le printemps 2003. C’est un fait. Le rétablissement de l’ordre à l’intérieur du pays a pris, lui, bien davantage de temps que prévu. Des erreurs ont été incontestablement commises. Les décisions initiales de l’armée et de Donald Rumsfeld d’envoyer peu de soldats se sont révélées malencontreuses.
Des terroristes venus d’Iran et de Syrie ont tenté de fomenter une guerre civile. La population irakienne, qui n’avait pas besoin de cela après des années de dictature, a souffert de la violence islamiste. C’est, pour l’essentiel, fini. La stratégie de « surge » (montée en puissance) élaborée par le général Petraeus a porté ses fruits. Tout ou presque montre que l’armée américaine va pouvoir graduellement se retirer. Les démocrates américains qui avaient misé très gros sur la défaite tentent encore des opérations de diversion, mais ils discernent que, pour l’emporter en 2008, il leur faudra d’autres thèmes de campagne. Les médias américains vont devoir s’adapter. La France, grâce à Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, a retrouvé son honneur un temps perdu. Je ne sais combien de temps les médias français mettront pour s’adapter à la réalité eux aussi. Peut-être vont-ils garder le silence, travestir les faits.

Laisser dans les têtes l’idée que la guerre d’Irak a été inutile et s’est soldée par un échec, ce serait contribuer à répandre l’idée que le monde occidental et la civilisation sont impuissants face à la barbarie et doivent se résigner au mieux au statu quo, au pire à la soumission. Ce serait dire aux islamistes qu’ils ont raison et continuer à diffuser auprès des musulmans des banlieues l’idée que l’Amérique et l’Occident n’incarnent pas les valeurs de liberté qu’ils prétendent incarner. Ce serait dire aux dictateurs du monde arabe, à al-Qaida, à Ahmadinejad qu’ils peuvent compter indéfectiblement et quoi qu’il arrive sur les idiots utiles des salles de rédaction pour se conduire de la manière la plus servile et la plus obséquieuse au service du pire.

Nous sommes dans une époque dangereuse. La guerre d’Irak n’a été qu’une étape dans la guerre planétaire en cours, et qui oppose la civilisation au totalitarisme islamiste. Le politiquement correct aux États-Unis implique de réprouver le recours à la guerre, et donc de ne pas dire que celle-ci peut se révéler parfois efficace. Le politiquement correct en France et en Europe est bien pire encore : il implique le souhait de la victoire de l’ennemi. Et il implique aussi que, même lorsque l’ennemi est vaincu, comme en Irak, on persiste à faire comme s’il avait gagné. Bat Ye’or a écrit d’excellents livres sur la condition de dhimmi, citoyen de seconde zone en terre d’islam. Les adeptes du politiquement correct en France et en Europe n’ont, je le crains, même pas conscience du fait qu’ils se comportent de manière plus lamentable encore que des dhimmis.

Ils n’ont pas conscience qu’en se prosternant aux pieds des adeptes du totalitarisme islamique et en faisant preuve de mépris envers leur propre civilisation, ils se placent du côté de la pire barbarie : trahissant ainsi les millions d’hommes et de femmes, en Irak et ailleurs en terre d’islam, qui aspirent, non pas à la barbarie, mais à une vie libre.


Anti-christianisme: Le dernier chic des boucs émissaires (The Dawkins obsession: Where are some fresh lions when you need them?)

31 octobre, 2007
Lennon meets Darwin
Debout, les damnés de la terre (…) Du passé faisons table rase (…) Il n’est pas de sauveurs suprêmes Ni Dieu, ni César, ni Tribun,Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes Décrétons le salut commun. Eugène Pottier
Nombre d’entre nous ne voyions en la religion qu’une inoffensive ineptie. Ses croyances pouvaient bien n’être étayées par aucune preuve sérieuse – mais, pensions-nous, si les gens avaient besoin de béquilles et de réconfort moral, où était le mal ? Mais le 11 septembre a changé tout ça. La foi révélée n’a rien d’une inoffensive ineptie, elle peut devenir une ineptie mortellement dangereuse. Dangereuse parce qu’elle donne aux gens la confiance inébranlable en leur propre droiture. Dangereuse parce qu’elle leur donne le faux courage de se tuer, qui lève automatiquement les barrières normales contre le massacre des autres. Dangereuse parce qu’elle enseigne l’hostilité envers les autres au seul motif d’une différence de tradition héritée. Et dangereuse parce qu’on s’est tous laissé prendre à ce bizarre respect qui protège le seul domaine religieux contre la critique normale. Faut arrêter maintenant d’être si sacrément respectueux! Richard Dawkins
Peut-on imaginer personnage littéraire plus désagréable que le Dieu de l’Ancien Testament? Jaloux et en étant fier; obsédé de l’autorité, mesquin, injuste et impitoyable; vengeur et sanguinaire tenant de l’épuration ethnique; tyrannique, misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocidaire, fillicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste et capricieusement diabolique. Richard Dawkins (« Pour en finir avec Dieu »)

Après l’union sacrée de John Lennon et de Neville Chamberlain, celle de John Lennon et … Darwin?

Ultime réaction au traumatisme du 11/9 et à la polarisation des positions politiques et religieuses qui l’ont suivi, ce sommet de l’équivalence morale et de la dhimmitude, l’anti-christianisme, maquillé, pour sauver les formes, en mouvement anti-religion ou athée.

Du moins si l’on en croit les médias, toujours à l’affut et friands de ces nouveaux mouvements, surtout quand (comme chez nous avec des Onfray) ils ont à leur tête des universitaires aussi brillants et photogéniques que le célèbre biologiste néo-darwinien Richard Dawkins.

Et célébrissime auteur des concepts de gène égoïste (sélection naturelle à l’échelle du gène et non de l’individu ou de l’espèce) et de mème (équivalent culturel du gène issu d’une mise en parallèle de l’évolution biologique et de l’évolution des idées) ainsi qu’un des principaux critiques du « Dessein Intelligent » (néo-créationnisme).

Pour ceux bien sûr qui sont capables de saisir toute la subtilité d’une thèse qui considère la religion comme… « la source de tout mal »!

Extraits:

« Where religion is weak, people don’t feel a need to organize against it. Any time we see an outspoken movement against religion, it tells us that religion has power there. » Phil Zuckerman,

Many Europeans are angry at demands to use taxpayer money to accommodate Islam, Europe’s fastest-growing religion, which now has as many as 20 million followers on the continent. Along with calls for prayer rooms in police stations, foot baths in public places and funding for Islamic schools and mosques, expensive legal battles have broken out over the niqab, the Muslim veil that covers all but the eyes, which some devout women seek to wear in classrooms and court.

they could, for instance, lobby for all religious rooms in public hospitals to be closed, as a response to Muslims demanding prayer rooms because Christians have chapels.

Associations of nonbelievers are also moving to address the growing demand in Britain, Spain, Italy and other European countries for nonreligious weddings, funerals and celebrations for new babies. They are helping arrange ceremonies that steer clear of talk of God, heaven and miracles and celebrate, as they say, « this one life we know. »

Many analysts trace the rise of what some are calling the « nonreligious movement » to the Sept. 11, 2001, terrorist attacks. The sight of religious fanatics killing 3,000 people caused many to begin questioning — and rejecting — all religion.

« This is overwhelmingly the topic of the moment, » « Religion in this country was very quiet until September 11, and now it is at the center of everything. » Terry Sanderson, president of the National Secular Society of Britain.

While the faithful have traditionally met like-minded people at the local church, mosque or synagogue, it has long been difficult for those without religion to find each other. The expansion of the Internet has made it a vital way for nonbelievers to connect.

In retirement centers, restaurants, homes and public lectures and debates, nonbelievers are convening to talk about how to push back what they see as increasingly intrusive religion.

« Born Again Atheist, » « Happy Heathen » and other anti-religious T-shirts and bumper stickers are increasingly seen on the streets. Groups such as the Skeptics in the Pub in London, which recently met to discuss this topic, « God: The Failed Hypothesis, » are now finding that they need bigger rooms to accommodate those who find them online.

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Terrorisme islamique: L’enlèvement de missionnaires comme continuation du jihad par d’autres moyens (Korean martyrs: If they keep quiet, the stones will cry out)

29 octobre, 2007
Today's new martyrsJe vous le dis, si mes disciples se taisent, les pierres crieront! Jésus (Luc 19:40)
Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. (…) je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. Jésus (Matthieu 10:8-16)
Le travail missionnaire de la Corée du Sud est poussé par un sens de dette morale envers les missionnaires étrangers qui construisirent des écoles, des hôpitaux et des orphelinats après la guerre.
Ce n’était pas une erreur que d’aider les Afghans dans le besoin, mais c’était un erreur que de ne pas prendre en compte la sécurité. Les responsables évangélistes sont en train de reconsidérer notre travail missionnaire. Sung-Deuk Oak (UCLA)

3e pays chrétien d’Asie (près de 30% de la population), 16 000 missionnaires dans 170 pays, 2e pays missionnaire au monde après les Etats-Unis pour une population six fois moindre (49 contre 300 millions d’habitants) …

L’odieuse prise d’otages de 23 jeunes missionnaires et l’ignoble assassinat, après un en Irak il y a trois ans, de deux d’entre eux par les tortionnaires taliban l’été dernier ont révélé au monde l’incroyable ferveur missionnaire de cette population elle-même martyrisée il y a 50 ans par les taliban communistes de Kim Il Sung et ses maitres chinois et soviétiques.

Mais aussi hélas suscité l’incompréhension et la condamnation, en Corée même notamment à la sortie du film « Secret sunshine » mais aussi parmi les enfants gâtés de la démocratie que nous sommes devenus, pour une œuvre humanitaire et sociale mais aussi inséparablement politique (le christianisme étant, on l’oublie trop souvent, le vecteur historique, y compris en Corée même, des droits de la personne et de la liberté) aussi massive qu’indispensable.

Et surtout, comme le rappelle le responsable de l’Alliance Evangélique Allemande Albrecht Hauser sur le blogdei, risque non seulement de priver les populations déshéritées et martyrisées de la planète et notamment dans les pays musulmans d’une aide irremplaçable (qui n’exclut bien sûr pas la prudence) mais d’encourager les jihadistes à étendre à d’autres endroits leur œuvre de terreur et de mort

L’enlèvement de missionnaires bientôt nouvelle parade des islamistes dans le monde? Retour sur la situation de L’Afghanistan
Nicolas
Blogdei
6 sep 2007

Les organisations chrétiennes devraient-elles se retirer d’Afghanistan ? Un expert chrétien évangélique explique qu’un retrait serait une véritable tragédie pour les Afghans.

Ce serait effectivement une tragédie pour le peuple Afghan de voir les organisations chrétiennes se retirer d’Afghanistan à la suite des récents enlèvements. Un retrait ne serait pas seulement tragique pour les centaines de travailleurs et familles employés par les organisations chrétiennes, mais, plus important encore, pour les milliers de citoyens qui bénéficient des structures mises en place en matière d’éducation, de santé et d’économie.

Albrecht Hauser, président du Comité Islamique auprès de l’Alliance Evangélique Allemande, s’exprime dans une interview avec l’Agence évangélique Idea. Hauser était lui-même très actif dans le développement de projets en Afghanistan il y a 30 ans.

Malgré le risque d’enlèvements ultérieurs et l’accord conclu suite aux négociations entre des officiels Sud-Coréens et les Talibans – qui ont accepté de libérer les 19 otages sud-coréens détenus en Afghanistan – Hauser pense que la plupart des organisations chrétiennes resteront en place.

Elles ont déjà travaillé en Afghanistan sous le régime Taliban. Ce qui inquiète Hauser, c’est que l’accord conclu par les négociateurs Sud-Coréens – le rappel des soldats et des missionnaires chrétiens avant la fin de l’année – pourrait inciter certains Islamistes à des exigences similaires dans d’autres endroits ciblés. Des manuels encourageant l’enlèvement sont déjà publiés sur Internet.

Hauser exprime toute sa joie concernant la libération le 30 août des derniers otages Coréens. 23 membres de l’Eglise Presbytérienne de Bandung avaient été enlevés le 19 juillet sur le chemin de leurs institutions sociales, où ils travaillaient aux projets d’aide et d’assistance dans la province afghane de Ghazni

Les Talibans ont tué deux hommes et relâché deux femmes. Après les pourparlers avec les officiels sud-Coréens, les autres otages ont été libérés par petits groupes, cependant que le gouvernement Afghan n’a pas encore satisfait à la demande de libération des prisonniers Talibans.

La Corée du Sud a été critiquée pour avoir négocié avec des terroristes, ce qui peut avoir pour résultat d’augmenter l’influence politique des Talibans. L’accord conclu peut inciter à d’autres enlèvements de Chrétiens.

L’Organisation Chrétienne humanitaire Ora International n’envisage pas de quitter l’Afghanistan. La directrice administrative à Kabul, Christina Meier, a été enlevée récemment et libérée 36 heures plus tard. Elle est depuis lors retournée en Allemagne, son pays d’origine.

Au cours d’un programme télévisé, produit par Idea Television, le porte-parole de l’organisation, Ulf Bauman, interviewé sur le sujet, a fait savoir qu’il n’avait aucune intention de rapatrier les travailleurs de son Organisation. Il s’agit de 20 personnes réparties dans le monde entier avec leurs familles, travaillant à des projets humanitaires. Leur sécurité a été cependant resserrée.

Bauman met l’accent sur le côté entièrement humanitaire des projets de développement dans lesquels l’Organisation Ora s’est engagée en Afghanistan qui comprennent entre autres deux cliniques, l’information et la prévention VIH-Sida, des programmes d’éducation et des projets de microéconomie pour les femmes (à l’échelle individuelle).

Voir aussi:

A Séoul, la Fédération coréenne des musulmans a lancé des appels à ses « frères d’Afghanistan » pour que, « au nom de l’islam », la vie des évangélistes soit épargnée. Mais le drame suscite aussi des polémiques. Des intellectuels, des diplomates et de nombreux éditorialistes sud-coréens doutent de « l’influence spirituelle » d’un certain nombre d’églises évangéliques sud-coréennes, fer de lance du combat pour la démocratie durant les années de dictature …

« On constate un mouvement de l’islam, très dynamique, en direction de pays d’ancienne tradition chrétienne comme la Côté d’Ivoire, le Bénin ou la Togo. Des méthodes parfois radicales sont employées dans ces contrées par des groupes liés aux wahhabites, aux salafistes ou aux Frères musulmans. » Mais les « mouvements du réveil » protestants, ne sont pas en reste, qui évangélisent aussi bien les catholiques que les musulmans. « Beaucoup d’entités ecclésiales viennent des États-Unis comme la Foursquare Church, très décentralisée », note Jean-Pierre Dozon. « Mais on note aussi le développement d’Églises d’origine africaine qui exportent leurs propres missionnaires sur le continent, depuis le Ghana ou le Nigeria. »

Les missionnaires protestants venus d’Amérique du Sud ne sont pas en reste. « L’Église universelle du Royaume de Dieu », d’origine brésilienne, s’est ainsi d’abord développée dans les pays lusophones comme l’Angola ou le Mozambique, puis dans des contrées anglophones. Depuis peu, certaines de ces Églises chrétiennes sont parvenues à s’implanter dans des pays à majorité musulmane comme le Niger, le Mali ou le Sénégal. Jean-Pierre Dozon (Directeur d’étude à l’École des hautes études en science sociale)

L’Eglise Coréenne envoie 16 000 Missionnaires dans 170 pays

Nouvelobs.com
12 août 2007

Ils avaient été prévenus. Sinon eux-mêmes personnellement, du moins les responsables de ces Églises protestantes coréennes qui se sont spécialisées dans l’évangélisation des terres à majorité musulmanes, qu’elles soient en Asie ou au Proche-Orient. Depuis la décapitation du traducteur coréen Kim Sun-il en juin 2004, en Irak – où il souhaitait transmettre la Bonne Nouvelle – le gouvernement de Séoul n’a cessé de mettre en garde ses ressortissants. Encore en février dernier le ministère des Affaires étrangères sud-coréen avait averti ses citoyens voyageant en Afghanistan pour des missions chrétiennes ou humanitaires, des risques qu’ils encouraient d’être enlevés.

Mais les croyants coréens n’ont cure du danger. L’été dernier, ils avaient souhaité organiser une sorte de « festival de la paix » du côté de Kaboul en présence de plus d’un millier de missionnaires. Ce n’est que devant l’ampleur des menaces qu’ils avaient finalement renoncé à leur folle entreprise.

Aussi déterminés que ces protestants presbytériens qui sillonnaient les terres les plus hostiles au XIXe siècle, les Coréens considèrent fièrement leur communauté presbytérienne comme la plus importante au monde. On estime à plus de 15 000 le nombre de missionnaires chrétiens coréens qui évangélisent hors de leurs frontières, majoritairement en Asie, et plus particulièrement en Asie centrale et en Russie. Leur présence est également notoire en Chine.

Si, en 1784, les catholiques arrivent les premiers en Asie, où ils s’apprêtent à subir près d’un siècle de persécutions, la première église protestante a, elle, été bâtie en 1884 par des missionnaires américains. Depuis le début de l’occupation japonaise de la Corée en 1910, le protestantisme a doublé tous les dix ans. Il est aujourd’hui bien placé sur la liste des confessions nationales. Les chrétiens, intégrant les croyances religieuses locales, ont apporté avec eux les valeurs des droits de l’homme et de la démocratie. Ils ont souvent été aux avant-postes des luttes pour l’indépendance.

Les missionnaires coréens sont désormais les plus nombreux, après leurs homologues américains. Les uns et les autres partagent nombre d’attitudes et de desseins.

Ces évangélistes sud-coréens missionnés en terre d’islam

D’aucuns parmi les Coréens évoquent déjà un véritable chemin de croix. La tragédie des 23 otages sud-coréens enlevés par les talibans, en Afghanistan, constitue une des plus graves crises à laquelle ait été confrontée l’Eglise protestante sud-coréenne. Ce sont des humanitaires mais, avant tout, des fidèles. Tous appartiennent à l’Eglise Saemmul (littéralement « source ») de Pundang, ville nouvelle apparue dans la grande banlieue de Séoul dans les années 90. L’émoi est d’autant plus grand que la Corée du Sud est le troisième pays chrétien d’Asie – continent qui abrite des dizaines de millions de protestants. Un tiers de la population est aujourd’hui chrétienne et affiliée principalement à des Eglises protestantes.

A Séoul, de nombreuses Eglises s’activent à aider des transfuges nord-coréens à s’intégrer au Sud ou à tenter une vie nouvelle ailleurs. Parfois même en. Corée du Nord. Car, après les avoir convertis à l’Evangile, certaines Eglises sud-coréennes parviendraient à renvoyer au Nord des réfugiés chargés à leur tour d’aller évangéliser, une bible sous le bras, les âmes du régime de Pyongyang.

Relais

On estime que, à l’heure actuelle, 16 000 protestants sud-coréens accompliraient des œuvres humanitaires dans près de 170 pays. Durant l’été 2006, bravant tous les risques, les Eglises protestantes sud-coréennes ont réussi à envoyer quelque 2 000 évangélistes à Kaboul, chacun muni d’un visa de touriste, invités par un « Institut pour la culture et le développement asiatique », d’obédience protestante. L’information a été confirmée depuis par un responsable du ministère des Affaires étrangères afghan. Les riches Eglises sud-coréennes ne sont pas qu’influentes en leur pays. Elles disposent d’efficaces relais dans le monde entier.

Guidés par Bae Hyung-kyu, un pasteur expérimenté de 42 ans, les 23 volontaires sud-coréens envoyés cet été en Afghanistan ont entre vingt et trente ans. La mission a viré au drame sur la route entre Kaboul et Kandahar. Leur chef a été exécuté le premier et, avant-hier, les talibans ont tué un deuxième otage. Depuis, les Sud-Coréens retiennent leur souffle.

Intellectuels.

Tout le pays prie pour que les autres membres du groupe, parmi lesquels 16 femmes, aient la vie sauve. A Séoul, la Fédération coréenne des musulmans a lancé des appels à ses « frères d’Afghanistan » pour que, « au nom de l’islam », la vie des évangélistes soit épargnée. Mais le drame suscite aussi des polémiques. Des intellectuels, des diplomates et de nombreux éditorialistes sud-coréens doutent de « l’influence spirituelle » d’un certain nombre d’églises évangéliques sud-coréennes, fer de lance du combat pour la démocratie durant les années de dictature, et aujourd’hui apôtres d’idéologies conservatrices. Bien qu’à but humanitaire le prosélytisme protestant dans des pays islamiques tels que l’Afghanistan a-t-il un sens alors que les groupes radicaux, mais aussi une partie importante de la population, y sont hostiles ?

Dogmes.

De nombreux médias sud-coréens rappellent que les 23 volontaires ont bravé les mises en garde répétées des autorités de Séoul sur les risques de telles évangélisations. Sans remettre en cause leurs dogmes et pratiques, des Eglises évangéliques commencent ces derniers jours à s’interroger sur les périls de telles missions. Le pasteur de l’Eglise Saemmul a présenté lundi ses excuses au pays pour les « soucis » causés par l’envoi de son groupe de fidèles.

L’Afrique, l’autre continent

Pour ces églises évangélistes, c’est le musulman qu’il s’agit le plus souvent de convertir. Et en dehors de l’Asie, c’est l’Afrique – l’autre continent où le christianisme est en hausse – qu’il convient d’évangéliser.

Le pays a récemment embrassé le christianisme, qui représentait autrefois une petite minorité mais qui a entraîné l’une des transformations religieuses nationales les plus importantes du siècle dernier. Le christianisme revêt désormais la même importance que le bouddhisme en Corée, en comptant 26% des 49 millions de Coréens, selon les estimations des conservateurs. Le pourcentage restant déclare ne pas avoir d’affiliation religieuse particulière.

Les Américains ont introduit le christianisme en Corée avec succès il y a 120 ans. Mais il a vraiment gagné en importance depuis les années 60, après les 35 ans d’occupation japonaise et la guerre de Corée de 1950-1953 qui tua 2 millions de Coréens.

Le travail missionnaire de la Corée du Sud est poussé par un sens de dette morale envers les missionnaires étrangers qui construisirent des écoles, des hôpitaux et des orphelinats après la guerre. Leur soutien de la démocratie en Corée du Sud dans les années 80 joua aussi en faveur des protestants.

Les groupes chrétiens fournissent de l’aide humanitaire à la Corée du Nord et à ses citoyens qui ont fui vers la Chine pour échapper à la dictature de Kom Jong-il.

Directeur d’étude à l’École des hautes études en science sociale (EHESS), Jean-Pierre Dozon observe ce phénomène africain depuis de longues années. « On constate, dit-il, un mouvement de l’islam, très dynamique, en direction de pays d’ancienne tradition chrétienne comme la Côté d’Ivoire, le Bénin ou la Togo. Des méthodes parfois radicales sont employées dans ces contrées par des groupes liés aux wahhabites, aux salafistes ou aux Frères musulmans. » Mais les « mouvements du réveil » protestants, ne sont pas en reste, qui évangélisent aussi bien les catholiques que les musulmans. « Beaucoup d’entités ecclésiales viennent des États-Unis comme la Foursquare Church, très décentralisée », note Jean-Pierre Dozon. « Mais on note aussi le développement d’Églises d’origine africaine qui exportent leurs propres missionnaires sur le continent, depuis le Ghana ou le Nigeria. »

Les missionnaires protestants venus d’Amérique du Sud ne sont pas en reste. « L’Église universelle du Royaume de Dieu », d’origine brésilienne, s’est ainsi d’abord développée dans les pays lusophones comme l’Angola ou le Mozambique, puis dans des contrées anglophones. Depuis peu, certaines de ces Églises chrétiennes sont parvenues à s’implanter dans des pays à majorité musulmane comme le Niger, le Mali ou le Sénégal. « Les musulmans ou les chrétiens protestants qui emploient tous le même vocabulaire tiré du registre des croisades, ajoute Jean-Pierre Dozon, se développent par leur prise en charge des secteurs de l’éducation et de la santé, laissés à l’abandon par les gouvernements. »

Voir également:

Le pays a récemment embrassé le christianisme, qui représentait autrefois une petite minorité mais qui a entraîné l’une des transformations religieuses nationales les plus importantes du siècle dernier. Le christianisme revêt désormais la même importance que le bouddhisme en Corée, en comptant 26% des 49 millions de Coréens, selon les estimations des conservateurs. Le pourcentage restant déclare ne pas avoir d’affiliation religieuse particulière.

Les Américains ont introduit le christianisme en Corée avec succès il y a 120 ans. Mais il a vraiment gagné en importance depuis les années 60, après les 35 ans d’occupation japonaise et la guerre de Corée de 1950-1953 qui tua 2 millions de Coréens.

Le travail missionnaire de la Corée du Sud est poussé par un sens de dette morale envers les missionnaires étrangers qui construisirent des écoles, des hôpitaux et des orphelinats après la guerre. Leur soutien de la démocratie en Corée du Sud dans les années 80 joua aussi en faveur des protestants.

Les groupes chrétiens fournissent de l’aide humanitaire à la Corée du Nord et à ses citoyens qui ont fui vers la Chine pour échapper à la dictature de Kom Jong-il.

La crise des otages afghans force les évangélistes coréens à repenser leur envoi de missionnaires à l’étranger

Les bancs de l’auditorium de 12.000 places sont remplis pour les offices dominicaux et la ligne d’horizon de la capitale est embrasée par des néons rouges en forme de croix.

Ceux qui ne sont pas dans la Yoido Full Gospel Church – la plus grande communauté protestante du monde – peuvent suivre les sermons en ligne traduits dans 16 langues.

La Corée du Sud est marquée par une ancienne tradition bouddhiste. Mais les évangélistes sont en train de faire du christianisme la religion dominante de la nation.

Le travail missionnaire coréen, seulement deuxième en importance après les Eats-Unis, fait en effet de nombreux convertis.

Mais l’enlèvement de 23 volontaires chrétiens coréens en Afghanistan le 19 juillet dernier, force les communautés chrétiennes à repenser leur politique.

Ces dernières années, des centaines de volontaires ont en effet été renvoyés d’Afghanistan, d’Egypte et de Chine, tandis que d’autres ont été emprisonnés ou même tués en Irak. Certains poursuivent leur oeuvre en Somalie, même si l’accès de ce pays est interdit par le gouvernement coréen.

Deux des otages en Afghanistan – un ecclésiastique et un autre homme – ont été tués et abandonnés sur le bord de la route. Le destin des cinq hommes restants et des 16 femmes, demeure incertain.

Les évangélistes coréens et les proches des otages affirment que les volontaires travaillaient à des projets humanitaires et n’évangélisaient pas.

Ils ont principalement entre vingt et quarante ans, et étaient membres de la communauté Presbyterian Saemmul Community Church, qui compte près de 3.800 fidèles dans la ville de Bundang, située au sud de Séoul.

Beaucoup suivaient ensemble des cours d’école biblique et travaillaient comme infirmières, professeurs, musiciens, ingénieurs et coiffeur avant de partir pour l’Afghanistan à l’occasion d’un voyage organisé par la fondation coréenne Korean foundation for World Aid, une agence non-gouvernementale suivant des principes chrétiens, et dirigé par un pasteur.

Ils étaient ainsi 16.616 Coréens du Sud dans 173 pays en janvier dernier, selon l’Association Korea World Missions Association.

Le pays a récemment embrassé le christianisme, qui représentait autrefois une petite minorité mais qui a entraîné l’une des transformations religieuses nationales les plus importantes du siècle dernier. Le christianisme revêt désormais la même importance que le bouddhisme en Corée, en comptant 26% des 49 millions de Coréens, selon les estimations des conservateurs. Le pourcentage restant déclare ne pas avoir d’affiliation religieuse particulière.

Les Américains ont introduit le christianisme en Corée avec succès il y a 120 ans. Mais il a vraiment gagné en importance depuis les années 60, après les 35 ans d’occupation japonaise et la guerre de Corée de 1950-1953 qui tua 2 millions de Coréens.

Le travail missionnaire de la Corée du Sud est poussé par un sens de dette morale envers les missionnaires étrangers qui construisirent des écoles, des hôpitaux et des orphelinats après la guerre. Leur soutien de la démocratie en Corée du Sud dans les années 80 joua aussi en faveur des protestants.

Les groupes chrétiens fournissent de l’aide humanitaire à la Corée du Nord et à ses citoyens qui ont fui vers la Chine pour échapper à la dictature de Kom Jong-il.

Les missionnaires coréens sont formés auprès de centres de théologie aux Etats-Unis, qui les forment à travailler dans des environnements potentiellement hostiles en enseignant la culture et la religion plus qu’en prêchant.

« Beaucoup de pasteurs, théologiens et professeurs de séminaires ont été formés aux Etats-Unis », déclare Sung-Deuk Oak, un professeur adjoint de christianisme coréen à l’Université UCLA.

« Ce n’était pas une erreur que d’aider les Afghans dans le besoin, mais c’était un erreur que de ne pas prendre en compte la sécurité », estime-t-il. « Les responsables évangélistes sont en train de reconsidérer notre travail missionnaire ».

Séoul accueille onze des douze plus grandes communautés chrétiennes, Yoido incluse, qui commença les cours bibliques dans une tente en 1958 et compte maintenant 800.000 membres et dont l’objectif est d’obtenir 5.000 églises dans le monde d’ici 2010.

Voir aussi:

Tout le monde ne pleure pas sur le sort des otages
Chon Kyong-ung
Freezonenews
Traduit par Courrier international
2 août 2007

Les 23 Sud-Coréens retenus par les talibans étaient venus en Afghanistan comme missionnaires évangéliques. A Séoul, cette affaire ravive la lutte sourde qui oppose les Eglises protestantes et une part de l’opinion publique.

L’Afghanistan n’a plus connu le calme depuis 1979. Après que les Soviétiques l’ont entraîné dans une guerre qui a duré dix ans, une lutte armée fratricide s’est engagée entre les différentes factions. Après les attentats du 11 septembre 2001, les Américains et leurs alliés ont envahi le pays, évinçant du pouvoir les talibans, qui, mieux organisés depuis quelque temps, continuent à résister. Cette situation ne dissuade pas des milliers de voyageurs, journalistes, missionnaires et humanitaires de s’y aventurer. D’après le ministère des Affaires étrangères sud-coréen, avant l’enlèvement de ses 23 ressortissants le 19 juillet dernier, 200 Sud-Coréens allaient tous les mois en Afghanistan sans être inquiétés. [Le 25 juillet, un des otages – un pasteur – a été exécuté par balles. Après l’ultimatum du 30 juillet, les négociations se poursuivaient.]

Il est d’usage partout dans le monde qu’avant de se rendre dans une région afghane, on se renseigne pour savoir quels sont les dangers auxquels on peut être exposé. Quand le déplacement est jugé indispensable, on informe son gouvernement ou les autorités locales de son emploi du temps. De telles précautions n’étaient visiblement pas dans les habitudes des organisations sud-coréennes. Quant au ministère des Affaires étrangères, craignant d’être accusé d’entrave à la liberté, il n’aurait guère cherché à dissuader ou à mettre en garde ses ressortissants. Le sud de l’Afghanistan, où les talibans livrent des combats contre la Force internationale d’assistance à la sécurité, est particulièrement redouté et le district de Qarabagh, dans la province de Ghazni [au sud-ouest de Kaboul], où les Sud-Coréens ont été enlevés, en fait partie. Il semble qu’ils n’aient pas pris, avant de quitter Séoul, suffisamment de renseignements sur les risques courus dans cette région.

Quant à la presse coréenne, elle n’est pas innocente non plus dans cette affaire. Elle faisait volontiers la publicité des humanitaires, qui, de retour au pays, racontaient fièrement leurs hauts faits d’armes. Les vingt-trois malheureux évangéliques se sont probablement rendus à Kaboul en se disant que d’autres en étaient revenus sains et saufs. Peu au fait en matière de politique internationale, ils pensaient sûrement que l’Afghanistan était comme la Corée du Sud, en plus pauvre. La Fondation coréenne pour l’aide internationale [organisme protestant], qui a organisé ce voyage, gère depuis cinq ans des écoles maternelles et des hôpitaux à Kaboul, mais elle a omis de prévenir les missionnaires des divers incidents survenus dans le passé. L’Eglise Saemmul, à laquelle les otages appartiennent, est restée tout aussi discrète sur les questions de sécurité. Personne dans ce pays n’a prêté attention à ce voyage.

Inculquer une conception simpliste du christianisme

Que pense aujourd’hui la population coréenne ? L’opinion publique semble avant tout remontée contre les évangéliques. Alors que la presse a déclaré qu’il ne s’agissait pas de missionnaires, mais de simples humanitaires, les internautes s’en sont pris à l’Eglise et aux victimes, aveuglées selon eux par le désir d’évangéliser, au point que la Maison bleue [présidence de la République] a dû intervenir pour calmer le jeu. Pourquoi tant de reproches à l’adresse de ces malheureux compatriotes ? Introduit en Corée après le traité de 1882 avec les Etats-Unis, le protestantisme a connu une expansion fulgurante aux alentours de la guerre de Corée [1950-1953]. Le puritanisme et le messianisme ont accompagné la modernisation du pays et contribué à maintenir de bonnes relations avec le monde occidental, représenté par les Etats-Unis. Or, depuis quelque temps, les Eglises protestantes font l’objet de critiques dans le pays. Les temples sont accusés de se livrer à une concurrence exacerbée pour attirer toujours plus d’adeptes au lieu de venir au secours des plus pauvres. Les plus extrémistes de ces protestants détruisent les statues de Tangun [fondateur légendaire de la Corée] et du Bouddha, diabolisent les autres religions et arrêtent les passants dans les rues pour leur inculquer une conception simpliste du christianisme : “Si tu crois en Jésus, tu vas au paradis, sinon en enfer.”

La répulsion vis-à-vis des non-croyants s’est accrue avec la multiplication des affaires de corruption et des délits impliquant des personnes appartenant à ces Eglises. Trop de temples, des pasteurs obsédés par le pouvoir, le sentiment de supériorité des fidèles, leur ignorance et leur mépris à l’égard des autres religions et une évangélisation digne d’une croisade : les antiprotestants sud-coréens ne semblent pas manquer d’arguments. Mais leurs attaques verbales sont d’une extrême virulence et ignorent la modération. Heureusement, ils ne semblent pas être aussi violents dans la vie que sur la Toile.

Statistiques
Selon le recensement de 2005, 18,3 % des Coréens se déclarent protestants et 10,9 % catholiques. Les différents courants protestants sud-coréens sont aujourd’hui présents dans 173 pays, grâce à 16 600 missionnaires, ce qui fait de la Corée du Sud le deuxième pays “exportateur” de militants évangéliques [ ?].

Voir enfin:

L’Eglise protestante en état de crise
Kwon Hyok-ryul
Hankyoreh
Traduit par Courrier international
24 août 2006

Jadis fer de lance du combat pour la démocratie, aujourd’hui proche des évangéliques américains, elle joue désormais la carte d’un conservatisme dur. Et perd peu à peu ses fidèles.

Pendant la dictature, l’Eglise protestante fut en Corée du Sud l’un des porte-drapeaux de la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme. Or, depuis quelques années, elle apparaît sous un tout autre jour. En 2002, alors que les rassemblements aux bougies se multipliaient pour rendre hommage aux deux jeunes filles victimes d’un accident provoqué par un char piloté par des soldats américains stationnés dans le pays, certains pasteurs avaient réuni des fidèles devant l’hôtel de ville de Séoul pour protester contre l’antiaméricanisme et s’opposer au retrait des troupes des Etats-Unis du territoire national. Que s’est-il passé en vingt ans pour que cette Eglise devienne un soutien de la droite conservatrice ? D’après les résultats du recensement de la population réalisé en 2005, récemment publiés, le pays compterait désormais 8,62 millions de protestants, soit 1,6 % de moins qu’il y a dix ans, alors que le nombre des bouddhistes aurait augmenté de 3,9 % [10,73 millions de personnes] et celui des catholiques de 74,4 % [5,15 millions].

Les dirigeants s’accrochent à une doctrine désuète

Ce recul a été diversement commenté par les intéressés. Pour Pak Kyong-jo, président de l’Association des temples protestants de Corée, “c’est l’occasion pour nous de réfléchir”, tandis que O Tok-gyo, le doyen de la faculté de la théologie Hapdong, déclare ne pas comprendre et se demande “si le recensement n’a pas été truqué, compte tenu du fait que les autorités actuelles n’ont pas de sympathie pour notre Eglise”. Pour l’expliquer, les avis sont partagés. Les plus radicaux estiment que l’évangélisation et le salut de l’âme ont été sacrifiés à l’engagement social et à la théologie libérale ; les progressistes ou modérés pensent au contraire que l’Eglise protestante a perdu la confiance des gens, à force de négliger ses responsabilités sociales. “Pourquoi y a-t-il de moins en moins de fidèles, alors que l’Eglise protestante dispose de beaucoup plus de prédicateurs passionnés que les autres religions ?” se demande Ryu Sang-tae, ancien pasteur du lycée Taekwang, avant de répondre que “ses dirigeants continuent à s’accrocher à des croyances primaires du genre ‘Jésus et le paradis, sinon l’enfer’ et à une doctrine désuète”.

Il semble certain que cette institution subit une crise, du fait de la baisse non seulement du nombre des fidèles, mais aussi de son influence au sein de la société au moment où l’on assiste à une montée d’un sentiment antiprotestant. L’Association des chrétiens pour la réforme de l’Eglise montre du doigt une certaine dégradation morale au sein de cette dernière, qui l’aurait discréditée. En effet, plusieurs scandales de succession de pastorat et d’abus de biens sociaux ont éclaté ces dernières années, et des affaires d’abus sexuels commis par des religieux sur des fidèles éclaboussent régulièrement l’Eglise protestante.

L’échec d’un parti créé sur le modèle américain

Ce qui n’a pas empêché l’Eglise protestante sud-coréenne, toujours sûre d’elle-même grâce au nombre encore très élevé de ses adeptes, de créer, en 2004, un parti politique sur le modèle américain de la Christian Coalition fondée par Pat Robertson [télévangéliste proche de la famille Bush], qui s’est beaucoup impliquée dans la politique en s’efforçant d’imposer des valeurs chrétiennes en collaboration avec le Parti républicain et en s’opposant à l’avortement, au mariage homosexuel et à l’islam. La tentative en Corée du Sud s’est soldée par un échec retentissant, ce parti n’ayant obtenu que 1,1 % lors des législatives de 2004. Au lieu de chercher les raisons de cette défaite en son sein, l’Eglise protestante s’est mise à critiquer l’atmosphère régnant dans la société sud-coréenne, qu’elle juge trop favorable à la Corée du Nord antiaméricaine et antiprotestante. Elle a donc poursuivi son action sans se remettre en question.

Les spécialistes des religions expliquent cette tendance conservatrice par le sentiment de crise provoqué par la défection des fidèles. Estimant que la tendance progressiste au sein de la société sud-coréenne, accélérée par les mouvements de citoyens depuis la démocratisation entamée en juin 1987, secoue sa base sociale, cette Eglise se montrerait encore moins tolérante et plus agressive. Où est donc passée l’Eglise protestante d’autrefois, celle qui était à la tête des revendications pour la démocratisation et les droits de l’homme ? Après la chute de la dictature militaire, alors que les militants protestants qui avaient perdu leur ennemi commun se sont rapidement dispersés pour s’adonner à diverses activités, les extrémistes, qui avaient été plutôt discrets jusque-là, ont fait leur apparition pour former un groupe conservateur hostile aux changements de la société. De plus, les évangélistes remettent depuis quelque temps au goût du jour leur vieille hantise de voir la société basculer à gauche.


Secret sunshine: Si ce n’est Lui, qui donc alors? (A mysterious Job-like story of faith from a Korean Kieslowski)

28 octobre, 2007
Job, après avoir touché le sommet du drame, remue le fond de la philosophie ; il montre, le premier, cette sublime démence de la sagesse qui, deux mille ans plus tard, de résignation se faisant sacrifice, sera la folie de la croix. Stultitiam crucis. Le fumier de Job, transfiguré, deviendra le calvaire de Jésus. Victor Hugo
Il est un athéisme qui est purification de l’idée de Dieu. Simone Weil
Nos modes intellectuelles ne veulent voir de la violence que dans les textes, mais d’où vient réellement la menace ? Aujourd’hui, nous vivons dans un monde dangereux où tous les mouvements de foule sont violents. Cette foule était déjà violente dans les Psaumes. Elle l’est dans le récit de Job. Elle demande à Job de se reconnaître coupable : c’est un vrai procès de Moscou qu’on lui fait. Procès prophétique. N’est-ce pas celui du Christ adulé par les foules, puis rejeté au moment de la Passion ? Ces récits annoncent la croix, la mort de la victime innocente, la victoire sur tous les mythes sacrificiels de l’Antiquité. René Girard
Comment un homme aurait-il raison contre Dieu? (…) Si, devant lui, la lune même perd son éclat, si les étoiles ne sont pas sans tache à ses yeux, que dire alors de l’homme qui n’est qu’un vermisseau? « Ami » de Job (Job 25: 4-6 – reprise de Job 4: 18-19)
Suis-je vraiment intègre? Je ne saurais le dire (…) Que m’importe, après tout! C’est pourquoi j’ose dire: «Dieu détruit aussi bien l’innocent que l’impie.» Quand survient un fléau qui tue soudainement, Dieu se rit des épreuves qui atteignent les justes. (…) Et si ce n’est pas lui, alors, qui est-ce donc? Job (Job 9: 20-24)
Il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: l’Éternel n’était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: l’Éternel n’était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre, un feu: l’Éternel n’était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. Elie (I Rois 19 : 11-12)
Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons. Jesus (Mathieu 5: 45)
Des gens lui rapportèrent l’affaire des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs sacrifices. Il leur répondit : Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pêcheurs ? (…) Et ces dix-huit personnes sur lesquelles est tombée la tour à Siloé ? (…) Non … Jésus (Luc 13: 1-5)
Qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle? Jésus répondit: Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché … Jésus (Jean 9: 2-3)
Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands? Jésus (Luc 10: 36)
Je pense que nous continuons à vivre avec la foi parce que nous en avons besoin. Même les athées croient en quelque chose – dans quelque chose d’autre. Cependant, je n’ai pas vraiment voulu faire un film sur la foi, mais une réflexion sur ce qui passe à l’intérieur de nous. Le cinéma est un grand outil, une manière de parler de l’invisible à travers le visible. Chang-dong Lee

Qui l’eût cru?

Un film, de surcroit encensé et primé à Cannes, qui ose parler de foi et de conversion et, tabou des tabous, de notre propre christianisme?

Il n’y a plus que des derniers venus comme la Corée ou autrefois la Pologne (avec cet autre rafraichissant mais fugitif OVNI qu’avait pu être, dans les années 80, un Krzysztof Kieslowski et sa série du « Décalogue ») pour oser une telle audace!

En tout cas, c’est tout le mérite du dernier film de Chang-dong Lee (« Myriang », « Secret sunshine » en anglais) que d’aborder cette question dans le pays du Nord-est asiatique certes le plus christianisé (26% contre 0,7 au Japon par exemple).

Et de plus au moment même où celui-ci était déchiré par la polémique (jusqu’à, selon le désormais très classique syndrome de Stockholm, la condamnation du christianisme lui-même!) suscitée par la prise en otages d’un groupe de 23 jeunes missionnaires évangéliques par les Taliban l’été dernier qui, au-delà de la forte rançon payée, a obligé la Corée à retirer toute assistance à un peuple afghan qui en a tant besoin …

Surtout que, loin de l’anti-christianisme auquel tant de nos critiques français le réduisent, son film fait preuve d’une remarquable subtilité, ne chargeant jamais aucun des protagonistes.

Certes, comme le célèbre roman du non moins célèbre écrivain et scénariste Chong-jin Yi dont il est tiré (”Polle Yiagi”: “Une histoire de vers” – “Story of insects” en anglais, d’où par parenthèses le regard, Cinémascope aidant, d’entomologiste du cinéaste), les chrétiens évangéliques ne sont pas ménagés dans ce véritable chemin de croix d’une jeune femme sur laquelle s’acharne le sort.

Et ils apparaissent en effet le plus souvent comme de faux “consolateurs” qui vont tenter, comme pour le Job de la Bible, de lui faire renoncer à sa révolte contre un Dieu dont la volonté (étrange consensus entre tant de croyants et non-croyants) serait la mort et la souffrance de ses créatures.

Mais ils n’en constituent pas nécessairement une critique définitive du christianisme puisque la principale figure positive du film (ce grand balourd de garagiste) a elle tout d’un chrétien naturel qui, à l’instar d’un monsieur Jourdain du christianisme, va se révéler le véritable chrétien de l’histoire.

Ainsi, à la manière du bon samaritain de la parabole qui aurait seul compris (certes confusément) ce que c’est de se montrer le prochain de ceux qui souffrent, il finit par sauver la vie à la jeune femme en empêchant, dirait René Girard, le « cercle de l’unanimité violente » de se refermer totalement sur elle.

Cercle d’unanimité violente constitué d’ailleurs autant du Dieu tout puissant et désincarné du groupe d’évangélistes que des ragots et de l’hypocrisie des voisins ou de la froide indifférence de son frère ou des invectives de sa propre famille (l’accusant notamment, pendant la scène de funérailles, de « porter la mort »).

Mais aussi, comme pour le Job antique, des propres moments de défaillance de la victime elle-même (jusqu’aux portes, après le mensonge sur ses capacités financières qui déclenchera la tragédie, de la folie et du suicide) où elle en vient à douter de sa propre innocence.

Avant, on l’espère, qu’elle finisse par retrouver (avec l’aide nul doute de son « ange gardien » de garagiste) les paroles de vie et d’espoir de Job (« Je sais, moi, que mon Défenseur est vivant » Job 19: 25) comme du Christ.

A travers le si discret rayon de soleil que, dans son plutôt désespérant plan final, le réalisateur se résoud néanmoins à laisser filtrer sur les vermisseaux du petit coin maculé de terre de la cour de son héroïne …

« Miryang » ou la lumière du salut?
Kim Chi-mi
Hankyoreh
Traduit par Courrier international
16 mai 2007

[Myriang, le film du réalisateur sud-coréen Lee Chang-dong, en compétition au festival de Cannes, aborde des thématiques austères. Le quotidien Hankyoreh s’enthousiasme pour la qualité de la réalisation et le jeu des acteurs.]

Le salut, le pardon et la réconciliation sont aujourd’hui en Corée du Sud des thèmes prisés par le cinéma de qualité. L’approche diffère néanmoins suivant les cinéastes. Les personnages de Park Chan-wook [Grand Prix du jury à Cannes en 2004 pour Old Boy] vont jusqu’au bout de leur vengeance avant de comprendre les choses, quand Kim Ki-duk [réalisateur de Locataires] parle d’un salut transcendant pour des âmes incapables de communiquer entre elles.

Pour Im Kwon-taek [Prix de la mise en scène à Cannes en 2002 pour son film Ivre de femmes et de peinture], de retour sur les écrans avec son centième film, Chonnyonhak (Beyond the years), c’est dans l’art que chacun démêle ses nœuds intérieurs. Dans son nouveau film, Miryang [présenté à Cannes sous le titre Secret Sunshine], Lee Chang-dong semble donner au sujet une dimension plus quotidienne.

Au début du film, il est question de trouver la « lumière » cachée dans le nom d’une petite ville, Miryang [ce qui peut se traduire littéralement par « ensoleillement secret »] ; par la suite, la « lumière » prend un caractère plus spirituel, le personnage central, perdu dans ses ténèbres, lançant vers elle un cri de désespoir.

Miryang constitue le décor du film, mais renvoie aussi par son sens au message qu’il véhicule. Cette ville provinciale existe réellement; c’est, dans le film, le pays natal du mari de l’héroïne Shin-ae, interprétée par Jeon Do-yeon. Après sa disparition, la jeune femme décide de s’y installer avec son jeune fils. Avant même qu’elle n’ait pu résoudre la question de ses sentiments ambigus à l’égard du défunt, son fils est kidnappé et assassiné. Le choc plonge Shin-ae dans un état confus où alternent le chagrin et la rage. Jong-chan, joué par Song Kang-ho, un homme simple que le hasard a introduit dans sa vie dès son premier jour à Miryang, tourne autour d’elle avec affection, cherchant par tous les moyens à lui venir en aide.

Le sens du salut chrétien et les limites psychologiques de l’être humain qui l’empêchent d’y parvenir apparaissaient déjà dans Polle iyagi (Une histoire d’insectes), la nouvelle de Yi Chongjun dont s’est inspiré Lee Chang-dong. Le film constitue une exception dans le climat cinématographique coréen, qui rechigne à mettre en avant le christianisme. Mais, sans s’y confiner, il mène une réflexion plus générale sur les religions en mettant en scène la crise existentielle de son héroïne tombée dans un gouffre et sa tentative d’autopersuasion pour accéder à un salut et un pardon mensongers.

Lee Chang-dong ajoute par ailleurs une tonalité mélodramatique à l’histoire en remplaçant par Jong-chan le personnage du mari dans la nouvelle, qui était lui un narrateur cérébral tentant d’analyser les faits. Mais le film maintient une distanciation par rapport aux événements qu’on trouve déjà dans le texte. La tragédie ne vire pas à la bluette. Au lieu de prendre parti pour ou contre la religion, le film se focalise sur la question de savoir quelles sont les parts respectives de l’humain et du divin dans le pardon et le salut. Contrairement à l’écrit, il laisse entrevoir la possibilité d’une issue positive.

Le magnifique équilibre de Miryang doit également beaucoup au jeu stupéfiant des acteurs. Jeon Do-yeon et Song Kang-ho, dont on croyait tout savoir quant à leur talent, réussissent encore à nous surprendre. Elle rend si crédible le personnage de Shin-ae qui, submergée par une douleur suffocante, se ferme au monde extérieur, lui incarne si bien Jong-chan que tout spectateur a l’impression d’avoir rencontré quelque part ces personnages. La chute de Shin-ae, entraînée par son désespoir, est en quelque sorte amortie par l’humour et le réalisme de Jong-chan, et la tension dramatique ne faiblit jamais pendant toute la durée du film, plus de deux heures. Les autres acteurs et les figurants apportent aussi de la chair à ce sujet philosophique et permettent à Miryang d’être un espace vivant.

Voir aussi, sur le contexte de la sortie du film, cette intéressante tribune d’une étudiante de Séoul dans un journal coréen en anglais :

A travers la vie tragique d’une femme, Secret sunshine pose la question de l’origine du salut de l’humanité. (…) Dieu existe-t-il ? S’il existe, pourquoi toutes ces tragédies m’arrivent-elles à moi et pourquoi ce monde dur et laid reste-t-il le même ? Pourquoi le vrai salut ne vient-il jamais ? Ce sont là les questions qui conduisent Shin-ae près de la folie et sont exactement les mêmes arguments que le mouvement anti-chrétien emploie pour attaquer le christianisme (…) Bien qu’il y ait le soleil – Dieu ou la grace de Dieu – nous devons vivre sur cette terre toute sale et nous confronter aux fragments de douloureux souvenirs et à l’injustice quotidienne.

Anti-Christianity and Secret Sunshine
Lee Yoo-eun
Korea Times
10-03-2007

While 23 captives were shivering with growing fear in the hands of Taliban, a Korean site intentionally distributed images mocking a famous Islam prophet and posted the fact that no one was in fact a real doctor or nurse among the Saemmul church medical service volunteers.

The Internet post spread to world media, including Aljazeera, and led them to report on it. Many supposed that this could have effectively aroused the Taliban militants’ anger toward the hostages.

It has been over two months since the hostages returned home safely, but the anti-Christian torrent in South Korea is far from fading away. Everywhere from news coverage, newspaper editorials, to the Internet, are angry debates on the Saemmul church’s mission work in the government-forbidden region and ferocious protests about Korean churches – some of them even verging on terrorism against Christianity itself.

Some extremist groups advocate reducing the number of churches in half or putting an age limit on those who can read the Bible. With almost 40 percent of its citizens becoming Christians over the past 30 years, Korean Christianity has made unprecedented progress in size, many critics point out.

Despite the comment of Lee Myung-bak, former Seoul city mayor, on his dedication of the country’s capital to the « Lord,’’ church related fraud covered by the local media, the aggressive and pharisaical behavior of some Christians, and the methodical and conservative orthodoxy of churches has provoked worry, disappointment and anger.

Lee Chang-dong’s latest movie « Secret Sunshine’’ or « Mil-yang,’’ which won an award at the Cannes International Film Festival this year, leaves us an elusive answer to the problem with Korean Christianity. The uncomfortably realistic portrayal of Korean churches in Secret Sunshine, at first drew criticism from these churches.

Scenes showing over-emotional and shallow church group meetings, the « Christian’s’’ mean and aggressive ways of preaching and the adultery of a devoted church member were painfully realistic.

Secret Sunshine, by showing one woman’s tragic life, questions where humanity’s salvation comes from. The main character, Lee Shin-ae, moves with her only son to her husband’s hometown, Mil-yang, after he is killed in a car accident. But her son is also killed after being kidnapped and Lee, who is on the verge of losing herself, goes to church where she gets a moment of comfort. But after she met the person who killed her son, she hits the dead-end of human kinds’ unresolved questions.

Does God exist? If He is here, why do all these tragedies happen to me and why does this harsh and ugly world remain the same? Why does true salvation never comes? These are the questions that drive Shin-ae almost into madness and are the very same arguments that the anti-Christian movement uses when attacking Christianity.

Secret Sunshine ends by showing Shin-ae cutting her hair in her dirty yard. Dust and dirt, small gravel and scattered fragments of something can be seen in the swath of the earth. When the camera slowly moves to the corner of the yard, a bright side appears. However, the area, which warm sunrays landed on, is not different land. This sun shining area also has a pile of shaggy used bottles thrown on and this area, together with the shadowy part of the land, comprises of Shin-ae’s yard.

Though there is the sun – God or God’s grace – we still have to live on this dirt-covered earth and deal with the fragments of painful memories and daily injustice. And it is natural for people to stare only at one’s own shadow or linger on the dark side of the land and complain about the sun, while the sun is always there shining above everyone.

It is time to stop blaming the sun for everything while sitting in the shadow. Rather, it is just the right moment to get ourselves out of the shadow. We can save ourselves by stopping arguing over time consuming matters like some dirty spots left on our yard or the sun’s existence and try to understand the real side of the sun. The moment when saving oneself finally replaces blaming God or religion itself, is when the true reformation of Christianity can begin in South Korea.

Lee Yoo-eun is a senior student double majoring in journalism and English literature at Ewha Womans University.

Voir enfin de notre Victor Hugo national:

L’autre, Job, commence le drame. Cet embryon est un colosse. Job commence le drame, et il y a quarante siècles de cela, par la mise en présence de Jéhovah et de Satan ; le mal défie le bien, et voilà l’action engagée. La terre est le lieu de la scène, et l’homme est le champ de bataille ; les fléaux sont les personnages. Une des plus sauvages grandeurs de ce poëme, c’est que le soleil y est sinistre. Le soleil est dans Job comme dans Homère, mais ce n’est plus l’aube, c’est le midi. Le lugubre accablement du rayon d’airain tombant à pic sur le désert emplit ce poëme chauffé à blanc. Job est en sueur sur son fumier. L’ombre de Job est petite et noire et cachée sous lui comme la vipère sous le rocher. Les mouches tropicales bourdonnent sur ses plaies. Job a au-dessus de sa tête cet affreux soleil arabe, éleveur de monstres, exagérateur de fléaux, qui change le chat en tigre, le lézard en crocodile, le pourceau en rhinocéros, l’anguille en boa, l’ortie en cactus, le vent en simoun, le miasme en peste. Job est antérieur à Moïse. Loin dans les siècles, à côté d’Abraham, le patriarche hébreu, il y a Job, le patriarche arabe. Avant d’être éprouvé, il avait été heureux : l’homme le plus haut de tout l’Orient, dit son poëme. C’était le laboureur roi. Il exerçait l’immense prêtrise de la solitude. Il sacrifiait et sanctifiait. Le soir, il donnait à la terre la bénédiction, le « barac ». Il était lettré. Il connaissait le rhythme. Son poëme, dont le texte arabe est perdu, était écrit en vers ; cela du moins est certain à partir du verset 3 du chapitre ni jusqu’à la fin. Il était bon. Il ne rencontrait pas un enfant pauvre sans lui jeter la petite monnaie kesitha ; il était « le pied du boiteux et l’œil de l’aveugle. » C’est de cela qu’il a été précipité. Tombé, il devient gigantesque. Tout le poëme de Job est le développement de cette idée : la grandeur qu’on trouve au fond de l’abîme. Job est plus majestueux misérable que prospère. Sa lèpre est une pourpre. Son accablement terrifie ceux qui sont là. On ne lui parle qu’après un silence de sept jours et de sept nuits. Sa lamentation est empreinte d’on ne sait quel magisme tranquille et lugubre. Tout en écrasant les vermines sur ses ulcères, il interpelle les astres. Il s’adresse à Orion, aux Hyades qu’il nomme la Poussinière, et « aux signes qui sont au midi. » Il dit : « Dieu a mis un bout aux ténèbres. » Il nomme le diamant qui se cache : « la pierre de l’obscurité. » Il mêle à sa détresse l’infortune des autres, et il a des mots tragiques qui glacent : la veuve est vide. Il sourit aussi, plus effrayant alors. Il a autour de lui Éliphas, Bildad, Tsophar, trois implacables types de l’ami curieux, il leur dit : « Vous jouez de moi comme d’un tambourin. » Son langage, soumis du côté de Dieu, est amer du côté des rois, « les rois de la terre qui se bâtissent des solitudes », laissant notre esprit chercher s’il parle là de leur sépulcre ou de leur royaume. Tacite dit : solitudinem faciunt. Quant à Jéhovah, il l’adore, et, sous la flagellation furieuse des fléaux, toute sa résistance est de demander à Dieu : « Ne me permettras-tu pas d’avaler ma salive ? » Ceci date de quatre mille ans. A l’heure même peut-être où l’énigmatique astronome de Denderah sculpte dans le granit son zodiaque mystérieux, Job grave le sien dans la pensée humaine, et son zodiaque à lui n’est pas fait d’étoiles, mais de misères. Ce zodiaque tourne encore au-dessus de nos têtes. Nous n’avons de Job que la version hébraïque, attribuée à Moïse. Un tel poëte fait rêver, suivi d’un tel traducteur ! L’homme du fumier est traduit par l’homme du Sinaï. C’est qu’en effet Job est un officiant et un voyant. Job extrait de son drame un dogme ; Job souffre et conclut. Or souffrir et conclure, c’est enseigner. La douleur, logique, mène à Dieu. Job enseigne. Job, après avoir touché le sommet du drame, remue le fond de la philosophie ; il montre, le premier, cette sublime démence de la sagesse qui, deux mille ans plus tard, de résignation se faisant sacrifice, sera la folie de la croix. Stultitiam crucis. Le fumier de Job, transfiguré, deviendra le calvaire de Jésus.

Victor Hugo (Les génies)

Voir par ailleurs:

« Marduk, les cieux ne peuvent porter le poids de ses mains,
mais sa main légère retient (l’homme) voué à la mort.
Par sa colère, les tombes s’ouvrent,
par sa miséricorde, il relève de la catastrophe l’homme tombé.

Quand il s’irrite, déesse et dieu reculent ;
il vient en aide à celui que (même) son dieu repousse.
Si dure que soit la punition, tout à coup il la supprime ;
il pardonne et, sur le champ, les douleurs saisissent l’accouchée ;
il accourt et lui soigne le ventre,
puis il l’entoure d’attentions comme une vache son veau.

Ses coups pénètrent, ils transpercent le corps ;
mais doux sont ses bandages, ils sauvent de la mort.
Il parle et fait tomber dans le crime ;
au jour de son euphorie, faute et pêché sont enlevés. (…)

Marduk pénètre ce que disent les dieux dans (leur) cœur,
(mais) aucun dieu n’a vent de son décret.
Si lourd que (pèse) sa main, son cœur est miséricordieux ;
si terribles que soient ses armes, sa volonté opère guérison.
Sans son bon plaisir, qui pourrait atténuer son coup ? »
— Extrait du Ludlul bel nemeqi.

Ludlul bēl nēmeqi est un texte de la littérature sapientiale mésopotamienne. Son nom antique, signifiant en akkadien « Je loue le seigneur très sage », est en fait son incipit (la première ligne du texte) comme cela est l’habitude en Mésopotamie antique. Il est couramment appelé « Poème du juste souffrant » ou « Monologue du juste souffrant ». Il a été rédigé durant la seconde moitié du IIe millénaire av. J.-C.). Il s’agit d’une complainte adressée par un homme nommé Shubshi-meshre-Shakkan à son dieu, en l’occurrence Marduk, le grand dieu de Babylone, accompagnée de descriptions de symptômes et remèdes exorcistiques et médicaux. Ce texte (ou du moins sa première partie) est couramment comparé au livre de Job dans l’Ancien Testament, qui fait à peu près les mêmes conclusions à partir d’une situation ressemblant à celle-ci, même si les conceptions théologiques sur la nature de la faute sont différentes. Un homme qui dit avoir un comportement pieux, issu d’une famille noble, est tombé en disgrâce auprès de son roi, et subit les calomnies de ses rivaux, et les critiques de sa famille. Une grande partie du texte concerne la description de maladies touchant le narrateur, et de ses tentatives de guérison avec l’aide de différents exorcistes. Il ne comprend pas pourquoi cela lui arrive, car il a été toujours respectueux de son dieu, et que sa piété est irréprochable. L’idéal mésopotamien veut en effet que les dieux punissent les impies, et récompensent ceux qui sont pieux. Le plaignant ne comprend donc pas ce qui lui arrive, puisqu’il ne voit pas où il a manqué à ses devoirs. Il finit par aboutir à la conclusion que les voies des dieux sont impénétrables, et même si l’attitude de son dieu est pour lui un mystère, il continue de lui faire confiance, et sa ferveur ne diminue pas. À la fin, Marduk finit par s’apitoyer sur le sort de son fidèle, et lui vient en aide. L’histoire se termine donc bien, et l’homme retrouve son rang passé. Ce récit reste très fidèle à la morale mésopotamienne : on ne peut certes pas comprendre l’attitude des dieux, mais même si on trouve la situation qui apparaît comme injuste, il ne faut pas leur en vouloir, et il faut rester pieux. L’expression de « juste souffrant » pour le narrateur de ce texte est contestable dans la mesure où il met surtout en avant sa piété et le fait qu’il ignore ses fautes, et non sur sa vertu et son innocence. Le propos final reste optimiste, puisque s’il est fait confiance aux dieux et au fait qu’ils connaissent la vérité même si les hommes l’ignorent, ils finissent par venir en aide à ceux qui sont vraiment pieux. Wikipedia

The Ludlul-Bel-Nimeqi – Not Merely a Babylonian Job
Joshua J. Mark
Ancient history

06 March 2011

The Ludlul-Bel-Nimeqi is a Babylonian poem which chronicles the lament of a good man suffering undeservedly. Also known as `The Poem of the Righteous Sufferer’, the title translates as « I will praise the Lord of Wisdom ».  In the poem, Tabu-utul-Bel, age 52, an official of the city of Nippur, cries out that he has been afflicted with various pains and injustices and, asserting his own righteous behavior, asks why the gods should allow him to suffer so. In this, the poem treats the age old question of `why do bad things happen to good people’ and the poem has thus been linked to the later Hebrew composition The Book of Job. No scholarly consensus exists on a date for the writing of Job (nor, for that matter, when the story related is supposed to have taken place) but many point to the 7th, 6th, or 4th centuries BCE as probable while Ludlul-Bel-Nimeqi dates to c. 1700 BCE. The Babylonian poem was probably inspired by the earlier Sumerian work, Man and His God (composed c. 2000 BCE) which, according to Samuel Noah Kramer, was written « for the purpose of prescribing the proper attitude and conduct for a victim of cruel and seemingly undeserved misfortune » (589). In this, the poem follows a paradigm of Babylonian writers borrowing from earlier Sumerian pieces as exemplified in The Epic of Gilgamesh where the Babylonian scribe Shin-Leqi-Unninni (c. 1300-1000 BCE) drew on separate Sumerian tales of the King of Uruk and formed them into the now famous epic.

There is no question that a number of biblical narratives of the Old Testament have their origins in Sumerian works. The Fall of Man and Noah’s Flood in Genesis, for example, can be traced back to the Sumerian works Adapa and Atrahasis. Because of the similarity of the themes addressed in Ludlul-Bel-Nimeqi and Job, so many have compared the two works that there exists today the claim that The Book of Job was derived from the earlier work in the same way as the Flood story. While there is, obviously, some merit to this claim and a comparison is profitable, it seems a disservice to both works to only read them for what they offer regarding literary borrowing. The Ludlul-Bel-Nimeqi could as easily be compared to other books in the Bible such as Ecclesiastes or the third chapter of The Lamentations of Jeremiah. The speaker in Ecclesiastes asks the same questions as Tabu-utul-Bel and Lamentations chapter three has very similar imagery to Ludlul-Bel-Nimeqi. While it is certainly possible that the later work drew on the earlier (as the Ludlul-Bel-Nimeqi most likely drew on the earlier Man and His God) it is just as probable that the two works simply treat of the same theme. People in the modern day are still wrestling with the question of why good people suffer. When modern readers insist that The Book of Job derives from Ludlul-Bel-Nimeqi it seems they relegate the earlier poem to mere source material instead of appreciating the work for what it has to say about the human condition.

There are more significant differences between The Book of Job and the Babylonian work than there are similarities and, while it may be that the earlier work was drawn on as source material for the later, to read Ludlul-Bel-Nimeqi as simply a `rough draft’ of biblical narrative (or to dismiss Job as `derivative’) is to demean the works as well as miss the point of the pieces. The question `why do bad things happen to good people’ is as old as human beings themselves. Tabu-utul-Bel, like Job, endures terrible suffering even though he has been very religious, observed all the rites and prayers. He says, « But I myself thought of prayers and supplications – Prayer was my wisdom, sacrifice my dignity » and yet still he suffers. Job says likewise, « My foot hath held his steps, his way have I kept, and not declined. Neither have I gone back from the commandment of his lips; I have esteemed the words of his mouth more than my necessary food » (Job 22:11-12). Both works ask how a human being is supposed to understand the will of God and, in the end, both protagonists are healed of their afflictions through divine intervention.

The differences, however, are in the details of the two works and the culture from which they spring. The most obvious difference in the two is that the Babylonian work is a monologue while the Hebrew composition is a drama. That aside, however, and also granting the obvious difference of Job’s deliverance by God himself and Tabu-utul-Bel’s salvation through a necromancer, the most significant difference is in what the suffering consists of and the depiction of the deities.

Tabu-utul-Bel suffers in his person and extrapolates from this suffering to consider the sufferings of others and the futility of existence (« Where may human beings learn the ways of God? He who lives at evening is dead in the morning…At one moment he sings and plays; In the twinkiling of an eye he howls like a funeral-mourner »). Job suffers in his person but also must endure the deaths of his children and the loss of all he has worked for in his life. He, also, considers others’ suffering and wonders how one may learn the reason for it (« Oh, that one might plead for a man with God, as a man pleadeth for his neighbor »(Job 16:21). The deities themselves, however, reveal the greatest difference in the two works.

In ancient Mesopotamian religion there were between 300 – 1000 deities at work at any given time and, this being so, the good which a god such as Marduk might wish for an individual could be thwarted by another such as Erra. Tabu-utul-Bel’s complaint is that he should not suffer because he has done right by his god and, while no one would fault him for complaining about the many afflictions he lists, he would have had to know that it was not Marduk’s fault he was suffering so, nor his own fault; suffering could come from any one of many deities and for any reason. The Penitential Prayer to Every God tablet (dating from mid-seventh century Sumer) makes this clear in that the penitent in that prayer begs for mercy and forgiveness from whichever god he has offended unknowingly.

Tabu-utul-Bel is cured at the end of the piece by a necromancer (conjurer) whom Marduk sends to him and the title of the poem praises Marduk for the healing. In the Babylonian piece, then, the problem of suffering is dealt with through one god (of many) working through an intermediary to deliver justice. An ancient audience to the poem’s recitation would have understood that, however undeserved they felt their own suffering to be, the gods would deal justly with them in the same way. As human beings were created to be co-laborers with the gods, the god who wished them well would, in time, redress their wrongs and cure their afflictions.

In The Book of Job, however, the one supreme deity handles the situation differently. God appears himself toward the conclusion, speaking out of a whirlwind, and asks, « Where wast thou when I laid the foundations of the earth? Declare, if thou hast understanding. Who hath laid the measures thereof, if thou knowest? Or who hath stretched the line upon it? » (Job 38:4-5) asking, in other words, `Who are you to question my ways?’ Even though there is a `happy ending’ to The Book of Job in which this righteous sufferer is rewarded with new children and a new life, the question of why bad things happen to good people is never answered. A reader of The Book of Job understands that Job’s suffering is the direct result of a wager God has made with Satan regarding Job’s faithfulness. No reasonable reader or listener would draw much comfort from the idea that they had lost those whom they loved, as well as their health and wealth, just so their god could gratify his ego in winning a bet.

Instead of giving Job a direct answer to the question of his suffering, God extols his own greatness and silences Job’s complaints. This is quite a significant difference from the Sumerian gods’ response to Tabu-utul-Bel. Yet, in God’s response, is one of the greatest strengths of the work: there is no satisfactory answer to the question of why good people suffer and the writer of Job was wise enough to recognize that fact. The deity’s response in The Book of Job is in keeping with the culture which produced it in that one did not question the ways of God but, rather, trusted that this all mighty, all loving and all benevolent deity had one’s best interests at heart – even if those interests were expressed through something as seemingly whimsical as making a wager.

While these two compositions are certainly thematically linked, to read Mesopotamian literature only for what it contributes to biblical narrative diminishes the very real importance of the earlier works. Rather than read these two stories in an attempt to find correlations between them, it would perhaps be more profitable to read them for what they have to say about the human condition. As George A. Barton wrote, « The chasm which often yawns between experience and moral deserts was as keenly felt by the Babylonian as by the Hebrew » and is just as keenly felt by anyone living in the world today. The greatest comfort both these ancient works offers to a modern reader is the understanding that what one is presently suffering has been suffered by others and that, like them, one may prevail.

The Book of Job may be found in any translation of the Bible, usually located between the Book of Esther and the Book of Psalms. The following translation of the Ludlul Bel Nimeqi  comes from Sir Henry Rawlinson’s A Commentary on the Cuneiform Inscriptions of Babylon and Assyria, Volume IV, 60 (1850) as printed in George A. Barton’s Archaeology and The Bible.

The Ludlul-Bel-Nimeqi

1. I advanced in life, I attained to the allotted span
Wherever I turned there was evil, evil—
Oppression is increased, uprightness I see not.
I cried unto god, but he showed not his face.

5. I prayed to my goddess, but she raised not her head.
The seer by his oracle did not discern the future
Nor did the enchanter with a libation illuminate my case
I consulted the necromancer, but he opened not my understanding.
The conjurer with his charms did not remove my ban.

10. How deeds are reversed in the world!
I look behind, oppression encloses me
Like one who the sacrifice to god did not bring
And at meal-time did not invoke the goddess
Did not bow down his face, his offering was not seen;

15. (Like one) in whose mouth prayers and supplications were locked
(For whom) god’s day had ceased, a feast day become rare,
(One who) has thrown down his fire-pan, gone away from their images
God’s fear and veneration has not taught his people
Who invoked not his god when he ate god’s food;

20. (Who) abandoned his goddess, and brought not what is prescribed
(Who) oppresses the weak, forgets his god
Who takes in vain the mighty name of his god, he says, I am like him.
But I myself thought of prayers and supplications—
Prayer was my wisdom, sacrifice, my dignity;

25. The day of honoring the gods was the joy of my heart
The day of following the goddess was my acquisition of wealth
The prayer of the king, that was my delight,
And his music, for my pleasure was its sound.
I gave directions to my land to revere the names of god,

30. To honor the name of the goddess I taught my people.
Reverence for the king I greatly exalted
And respect for the palace I taught the people—
For I knew that with god these things are in favor.
What is innocent of itself, to god is evil!

35. What in one’s heart is contemptible, to one’s god is good!
Who can understand the thoughts of the gods in heaven?
The counsel of god is full of destruction; who can understand?
Where may human beings learn the ways of God?
He who lives at evening is dead in the morning;

40. Quickly he is troubled; all at once he is oppressed;
At one moment he sings and plays;
In the twinkling of an eye he howls like a funeral-mourner.
Like sunshine and clouds their thoughts change;
They are hungry and like a corpse;

45. They are filled and rival their god!
In prosperity they speak of climbing to Heaven
Trouble overtakes them and they speak of going down to Sheol.

[At this point the tablet is broken. The narrative is resumed on the reverse of the tablet.]

46 Into my prison my house is turned.
Into the bonds of my flesh are my hands thrown;
Into the fetters of myself my feet have stumbled.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

47. With a whip he has beaten me; there is no protection;
With a staff he has transfixed me; the stench was terrible!
All day long the pursuer pursues me,
In the night watches he lets me breathe not a moment
Through torture my joints are torn asunder;

48. My limbs are destroyed, loathing covers me;
On my couch I welter like an ox
I am covered, like a sheep, with my excrement.
My sickness baffled the conjurers
And the seer left dark my omens.

49. The diviner has not improved the condition of my sickness-
The duration of my illness the seer could not state;
The god helped me not, my hand he took not;
The goddess pitied me not, she came not to my side
The coffin yawned; they [the heirs] took my possessions;

50. While I was not yet dead, the death wail was ready.
My whole land cried out: « How is he destroyed! »
My enemy heard; his face gladdened
They brought as good news the glad tidings, his heart rejoiced.
But I knew the time of all my family

51. When among the protecting spirits their divinity is exalted.
………………………………….
………………………………….
Let thy hand grasp the javelin
Tabu-utul-Bel, who lives at Nippur,
52. Has sent me to consult thee
Has laid his…………upon me.
In life……..has cast, he has found. [He says]:
« [I lay down] and a dream I beheld;
This is the dream which I saw by night:

53 . [He who made woman] and created man
Marduk, has ordained (?) that he be encompassed with sickness (?). »
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . .

54. And………..in whatever………….
He said: « How long will he be in such great affliction and distress?
What is it that he saw in his vision of the night? »
« In the dream Ur-Bau appeared
A mighty hero wearing his crown

55. A conjurer, too, clad in strength,
Marduk indeed sent me;
Unto Shubshi-meshri-Nergal he brought abundance;
In his pure hands he brought abundance.
By my guardian-spirit (?) he stopped (?) , »

56. By the seer he sent a message:
« A favorable omen I show to my people. »
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
…he quickly finished; the………was broken
……..of my lord, his heart was satisfied;
57. ……………..his spirit was appeased
……my lamentation………………..
…………….good ……….
58. ………………………………….
………………………………..

…………….like………… ……
He approached (?) and the spell which he had pronounced (?),
59. He sent a storm wind to the horizon;
To the breast of the earth it bore a blast
Into the depth of his ocean the disembodied spirit vanished (?);
Unnumbered spirits he sent back to the under-world.
The………..of the hag-demons he sent straight to the mountain.
60. The sea-flood he spread with ice;
The roots of the disease he tore out like a plant.
The horrible slumber that settled on my rest
Like smoke filled the sky……….
With the woe he had brought, unrepulsed and bitter, he filled the earth like a storm.
61. The unrelieved headache which had overwhelmed the heavens
He took away and sent down on me the evening dew.
My eyelids, which he had veiled with the veil of night
He blew upon with a rushing wind and made clear their sight.
My ears, which were stopped, were deaf as a deaf man’s
62. He removed their deafness and restored their hearing.
My nose, whose nostril had been stopped from my mother’s womb—
He eased its defonnity so that I could breathe.
My lips, which were closed he had taken their strength—
He removed their trembling and loosed their bond.
63. My mouth which was closed so that I could not be understood—
He cleansed it like a dish, he healed its disease.
My eyes, which had been attacked so that they rolled together—
He loosed their bond and their balls were set right.
The tongue, which had stiffened so that it could not be raised
64. He relieved its thickness, so its words could be understood.
The gullet which was compressed, stopped as with a plug—
He healed its contraction, it worked like a flute.
My spittle which was stopped so that it was not secreted—
He removed its fetter, he opened its lock.
………………………………….

Voir aussi:

Putting God on Trial:
Review
On November 9, 2004 ⋅

Robert Sutherland

Alice M Sinnott, Auckland University

Review of Biblical Literature

October 30, 2004,

In this first volume of a promised trilogy [Putting God on Trial-The Biblical Book of Job], Sutherland proposes that the primary task for the reader of the book of Job is to interpret the existing text and integrate seemingly disparate elements rather than abandon the literary challenge and blame the difficulty on a clumsy redaction of preexisting texts. He is more concerned about what has been said than with how it came to be said and reads the received text as a unity, seeing it as a classic text in its present form. Sutherland bases his thesis on the notion that a lawsuit metaphor is central to the book and claims that Job offers a nontraditional answer to the question of why there is evil in the world. This answer is posited on four pivotal claims about God: God created a world of unremitting and undeserved suffering in order to make the highest form of love possible; God cannot reveal this explanation for evil; God expects human beings to challenge the creation of such a world; God will reveal the answer on the day of the final judgment.

Asserting that Job is ‘one of the greatest books ever written’, Sutherland reads it as a provocative theodicy, an attempt to justify the ways of God to human beings. It is, he claims, the story of the most righteous human being on earth putting God on trial for crimes against humanity and refusing to acquit God. Yet its startling resolution preserves the moral integrity of God and of Job and suggests an even fuller resolution beyond its pages. He concludes that traditional attempts to justify the ways of God have proven inadequate because of their inability to deal with the dilemma of gratuitous evil and the problem of God’s nonintervention.

Sutherland outlines what he sees as a lawsuit drama, a philosophical answer in poetry and prose put into words through the vehicle of a legal drama. He proposes that the moral issues of theodicy are easily translated into a legal framework of duties and rights. Thus, Job portrays a series of overlapping and interlocking trials: God puts Job on trial, Satan puts God on trial, God puts Job on trial a second time, Job’s friends put Job on trial, and Job puts the friends on trial. Finally, everything builds to the climactic moment when Job puts God on trial and refuses to acquit God.

In a series of five speeches, all of which Sutherland claims are delivered on the Day of Atonement, Job demands to know why there is evil in the world. Though an oath of innocence, Job embarks on formal legal proceedings against God in order to provoke an answer. To his friends the oath of innocence is blasphemy, but in the eyes of God this oath is the pinnacle of righteousness. Finally, to the surprise of all, God appears to Job but does not give him any direct answers. God places before Job and all humanity a single question: Will they condemn God so that they themselves may be justified? Job chooses not to condemn God but does not retract his lawsuit. Sutherland claims that Job is .the perfect embodiment of the selfless love and moral integrity for which the world was created.. He argues forcefully and coherently against those he calls liberal and conservative scholars who find the legal metaphor of an oath of innocence inappropriate. He opts for a new middle course in which he seeks to present a single comprehensive and coherent interpretation that preserves the moral integrity of both God and Job. Sutherland alleges that interpretations calling Job’s integrity into question, or those questioning the propriety of Job’s question, must be ruled out as illegitimate. Within his own parameters of interpretation, he elects to address four issues: Satan’s speech; Job’s oath of innocence; God’s two speeches to Job; Job’s two responses to God. A proper handling of these, he maintains, will unlock the treasures Job.

Chapter 2, ‘A New Look at Genesis’ is an argument from a canonical perspective that the author of Job reworks Genesis with Job as a new Adam. In a series of dramatic scenes, Sutherland outlines the drama that moves from earth to heaven, back to earth, and back to heaven, where God confesses to causal responsibility for the evil Satan inflicted on Job and then back to earth for Job’s response.

Chapter 3 introduces what Sutherland proposes is the second act of the drama, which addresses ‘The Truth about God that No One Wanted to Hear’, that is, that God is the author of evil in the world. Here we enter a wasteland to hear Job’s three friends and a discussion of the three cycles of speeches. Central to this chapter is the presentation of Job’s oath of innocence involving the statement, proof, and enforcement of his claim. Elihu, who is perceived as speaking for God, receives brief mention toward the end of the chapter.

Chapter 4 presents the third act in the Joban drama, which involves ‘Putting God on Trial’. Arguing from a canonical perspective, Sutherland claims that this section of Job is a reworking of the Revelation story when the oath of innocence trumpets a final judgment on God just before God appears in the whirlwind. Proposing the Babylonian myth of creation as the mythological background for this scene, the whirlwind as the powerful mythological symbol for the divine control of evil, Sutherland claims that the author of Job is rewriting the Babylonian myth and Genesis on two points. God creates evil. Evil is in the world before the fall of humanity.

Chapter 5, ‘A Philosophical Analysis’, argues that Job is a myth in which the characters of God, Satan, and Job dramatize aspects of the final cause of evil in the world. Job, Sutherland suggests, exemplifies the potential for moral integrity that all human beings possess. He advances this analysis by proposing, developing, and examining ten ‘truth claims’ that describe the human condition particularly as represented in Job. Sutherland concludes his book with a reflection on Job as an attempt by the author to address the problem of evil and its role in the world. Moving into theological mode, he advocates being as patient as Job by enduring suffering that is not understood; being as honest as Job by refusing pat answers; being as devout as Job by exercising faith in the midst of pain. He concludes this advice with the assurance that God will answer all questions in eternity. This assurance appears to be at odds with the text of Job, which never speaks of an afterlife for human beings.

This volume contains two very helpful appendices: ‘Appendix A: The Babylonian Myth of Creation’, and ‘Appendix B: The Canaanite Myth of Re-creation’. The selected bibliography reveals what is evident throughout the book: that Sutherland is familiar and conversant with research on Job. The endnotes are detailed and unobtrusive. An index would have been very helpful in this volume.

Many scholars have examined issues of law and trial in Job, but few bring to it the perspective provided by Sutherland with his legal training and expertise. Regardless of whether one is in agreement with his argument as a whole or in part, his perspectives and analyses must be taken into consideration in any study of the book of Job. Sutherland’s work is unusual, self-assured, and a noteworthy treatment of a biblical text that continues to puzzle and intrigue. His work on Near Eastern sources is significant, and his attention to studies on Job by biblical scholars and others is admirable. This book is a thorough and rigorous presentation of the legal arguments of Job, to which the author has added a breadth of information set in the contexts of Canaanite and Egyptian legal frameworks, with Job’s oath of innocence as the pivot. Sutherland explains clearly the philosophical basis for his argument and articulates his case carefully. His commentary and conclusions make eminent sense if one accepts his starting points.

The proofreader failed to notice several printing or typographical errors, such as, page 99, ‘in’. for ‘its’; ‘whether’ for ‘where’; page 105, ‘shutter’ for ‘shudder’; page 106, ‘pseudi-epigraphical’ for ‘pseudepigrapha’. The consistent use of ‘he’ throughout for God and the use of ‘man’ throughout this text may be perceived as offensive and exclusive by many readers in a time when inclusive language is generally expected. A number of headings are separated from the text to which they relate, as in page 31, .Trial By Ordeal.; page 40, .A Whirlwind Of Righteous Indignation.; pp 44, .Job’s Road to an Oath of Innocence.; page 88, .God’s Second Speech.; page 90, .The Mythological Worlds.

Although some of his assertions and conclusions may need to be tempered, Sutherland’s main thesis is arresting and challenging. In this clearly written, thought-provoking text, Sutherland successfully defends his proposal that the court metaphor is central to the book of Job. His portrayal of God as the source of evil will shock some readers, but his persuasive concentration on and development of his theory of the oath of innocence is impressive. Through sustained legal reasoning, Sutherland effectively proves that at the end Job does not sin, confess sin, or repent of sin, and in the same way he persuades the reader that God never really answers the charge of unwarranted suffering. By following this line of reasoning, he demonstrates that Job is innocent and implies that God is the cause of Job’s suffering. Reading Putting God on Trial may demand reconsideration of beliefs and understandings of God and the text of Job.


Internet: Assouline-Bové, même combat! (French critics denounce Wikipedia’s McDonaldsization of culture)

26 octobre, 2007
Charlie dénonce la fast scienceIl vaut mieux un mauvais texte signé qu’un texte moyen non signé. Guillaume Lecointre (Charlie hebdo)
C’est le principe de Wikipédia qui demeure toujours aussi discutable, cette idée bien dans l’air du temps que, au fond, tout le monde est encyclopédiste puisque tout le monde est déjà journaliste, cinéaste, critique d’art, critique littéraire, critique de cinéma, critique gastronomique, photographe etc. Voudrait-on nous faire croire que Wikipédia est à l’Universalis ou la Britannica ce que la démocratie d’opinion est à la démocratie représentative que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Pierre Assouline
Wikipédia est à l’Encyclopédie de Diderot ce que le kiwi est à la truffe. (…) Pauvrette ! Elle ignore donc que dans deux ans Wikipédia aura laissé une trace aussi indélébile que le hula hoop, le Teppaz et la Juvaquatre? Francis Marmande (Madame Wikiwiki, Le Monde, 1/2/07)
L’actualité de ces dernières années ne manque d’ailleurs pas d’exemples, s’agissant d’erreurs commises dans des ouvrages de référence insoupçonnables a priori: le Quid pointé pour ses articles révisionnistes; Encarta et ses perles historiques; les erreurs relevées dans le Dictionary of National Biography et celles de l’encyclopédie Britannica corrigées dans Wikipedia par exemple. Laure Endrizzi (INRP)
Introduire des erreurs sciemment, c’est pour nous du vandalisme. (…) Cette encyclopédie sert plus à orienter le lecteur dans ses recherches, plutôt que de lui livrer une information fiable et directement utilisable. C’est aux internautes d’aller vérifier à la source, et de ne pas se contenter de ce qui est écrit dans les articles. David Monniaux (membre du conseil d’administration de l’association Wikimedia France)

Wikpedia aurait-il trouvé, en Pierre Assouline, son Jose Bové de la malculture?

8 millions de visiteurs uniques par mois, entre 500 et 600 nouveaux articles et plus de 40.000 modifications par jour, 7,5 millions d’articles (contre 27 000 pour Universalis), plus de 250 langues utilisées, multiplication de versions annexes (Wikitionnaire, Wikiquotes, Wikilivres, Wikispecies, Wikinews, Wikicommons et Wikisource), mais aussi critiques (Disinfopedia/Sourcewatch, Wikipedia Watch, Wikipedia Review, Wikiscanner) ou plus ou moins parodiques (Wikinfo, Uncyclopedia), et même ses propres… bistro, fontaine du village ou guerres d’édition!

Logique des logiciels libres, gauche d’auteur (opposé à droit d’auteur de copyleft/copyleft), millions d’articles sur les sujets les plus pointus comme les plus futiles, wikilove, wikipetiquette, bribes de pidgin hawaïen (« wikiwiki », signifiant, on le sait, « rapide ») …

« Anti-élitisme », « anarcho-libéralisme », « fascisme de la connaissance », foi si naïvement « américaine » en le progrès illimité (eg. la fameuse loi du Suédois Linus de la révision par les pairs: « étant donné suffisamment d’yeux (de développeurs), toutes les erreurs de programmation deviennent évidentes et soient rapidement corrigées »), « non-reconnaissance des traditionnels producteurs et prescripteurs du savoir » (« le bazar de l’approche apparemment désorganisée mais hautement flexible contre l’approche hiérarchique de la cathédrale« ) …

Le fastfood ou le grand bazar de la « fast culture » que représente la célèbre encyclopédie participative en ligne gratuite (c’est-à-dire aussi libre de droits et réutilisable) Wikipedia, fondée en 2001 (à partir de la Nupedia de Jimmy Wales), avait en effet tout pour horripiler nos fins lettrés.

D’où la multiplication des critiques de son manque de fiabilité (notoire pour certains domaines particulièrement polémiques) et des vandales (dont des élèves de Sciences-Po de l’écrivain-journaliste et blogueur Pierre Assouline en mai dernier, pendant que d’autres pédagogues font apparemment le choix de contributions autrement constructives) …

Et même la défection de l’un de ses fondateurs pour monter un concurrent (d’abord Digital universe puis Citizendium) à deux vitesses (avec portail réservé aux spécialistes) …

Mais aussi la contre-attaque des wikipédiens (eux-mêmes divisés entre effacistes, inclusionistes et mergistes) avec notamment ce 1er colloque francophone qu’ils viennent d’organiser le weekend dernier à la Villette.

Avec en vue la création d’un comité d’experts de relecture et d’évaluation et une plus grande sensibilisation des usagers à l’utilisation du service pour distinguer l’ivraie du bon grain, notamment à partir des critères de citation des sources et du nombre de contributeurs.

Tout en tentant de plus en plus difficilement de préserver, victime de la croissance exponentielle de son succès mais aussi de la « fragilité de son modèle économique » (comme le rappelle Laure Endrizzi, « des sites commerciaux tels Answers redistribuent déjà ses contenus avec des annonces publicitaires ») la philosophie et l’esprit Wikipedia du libre accès et de l’égalité entre experts et amateurs.

D’où naturellement de la part des démonteurs de mac Dos et arracheurs d’OGM de la malculture, « l’hostilité, comme disait Bourdieu, des héritiers de la culture envers les parvenus qui, par leur manque de ‘naturel’, vendent la mèche en rappelant l’acquisition en des matières où, plus que partout ailleurs, il s’agit d’avoir sans avoir jamais acquis ».

Trois trucs pour distinguer contributions périlleuses des articles sûrs: d’abord, vérifier que les références et les sources sont citées (en bas de l’article), ensuite jeter un œil à l’historique: «Si l’article a été modifié très souvent, il faut le lire avec précaution», précise-t-il. Enfin, troisième astuce: voir si l’article a été rédigé par un ou plusieurs contributeurs. «Dans le domaine des maths, ce n’est pas problématique qu’une seule personne l’ait écrit. Mais sur un article qui concerne la religion ou la politique ou tout autre thème polémique, on peut craindre que cela ne soit pas subjectif. Privilégiez alors les contributions multiples.

Wikipédia sort de son premier colloque francophone avec des nouvelles règles en tête
Alice Antheaume
20 minutes
le 25.10.07

«Tout le monde connaît Wikipédia mais très peu de gens savent comment fonctionne cette encyclopédie en ligne». Partie de ce constat, l’association Wikimédia France a organisé ce week-end à Paris le premier colloque sur Wikipédia. Environ 300 personnes se sont déplacées pour y assister, un bon score «malgré la grève des transports», note Pierre Beaudoin, co-organisateur de l’événement.

Effervescence

Wikipédia, c’est une bombe sur le Net: rien que pour la version francophone, on dénombre environ 8 millions de visiteurs uniques par mois (chiffres Médiamétrie), entre 500 et 600 nouveaux articles créés chaque jour et plus de 40.000 modifications quotidiennes.

Mais l’encyclopédie doit lutter contre l’un des effets de son effervescence: quelle version est exacte quand un article est modifié plusieurs dizaines de fois en une demi-heure, comme ce fut le cas de l’article sur les réacteurs nucléaires pendant le débat présidentiel entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ou comme cette autre fois où des ordinateurs du Vatican ou de la CIA avaient servi à rectifier des articles?

«On ne peut éviter les cafouillages a priori mais on surveille particulièrement les articles sur les sujets d’actualité – y compris la coupe du monde de rugby, explique Pierre Beaudoin. On sait par expérience que certains articles sont souvent vandalisés comme ceux sur Adolf Hitler, sur Nicolas Sarkozy, sur les sectes, ou sur le socialisme ou libéralisme. On les modère a posteriori.»

Quelle fiabilité accorder aux informations wikipédiennes est une autre source de crainte des utilisateurs. «On réfléchit à la création d’un comité de relecture constitué d’experts (documentalistes, spécialistes, enseignants, chercheurs) qui pourrait donner son avis sur les articles en les évaluant selon une échelle et un système de labels», lance Pierre Beaudoin. Une piste qui rappelle le projet Citizendium, un site collaboratif fait par des experts né de l’imagination de l’un des cofondateurs de Wikipedia, Larry Sanger. Celui-ci voulait créer sur Citizendium une communauté plus responsable, loin du foisonnement parfois imprécis des Wikipédiens.

L’égalité entre experts et amateurs, la philosophie de Wikipédia
Problème: le succès de Wikipédia vient justement du fait que n’importe quel internaute – spécialiste en puissance – peut apporter ses lumières sur un sujet précis.

«Un amateur aura toujours les mêmes droits qu’un expert, rassure Pierre Beaudoin. N’importe qui peut créer ou modifier un article à sa guise. Quant aux règles, on les propose aux contributeurs mais ce sont eux qui décident s’ils veulent les appliquer ou non.»

Education
Autre problème mentionné au cours du colloque: les élèves qui recopient Wikipédia dans leurs dissertations. Pour l’association Wikimédia, il faut donc travailler de concert avec l’Education Nationale pour «éduquer les internautes sur la toile, leur apprendre à croiser leurs sources et à détecter quels sont les articles à prendre avec des pincettes sur Wikipédia.» Pierre Beaudoin énumère trois trucs pour distinguer contributions périlleuses des articles sûrs: d’abord, vérifier que les références et les sources sont citées (en bas de l’article), ensuite jeter un œil à l’historique: «Si l’article a été modifié très souvent, il faut le lire avec précaution», précise-t-il. Enfin, troisième astuce: voir si l’article a été rédigé par un ou plusieurs contributeurs. «Dans le domaine des maths, ce n’est pas problématique qu’une seule personne l’est écrit. Mais sur un article qui concerne la religion ou la politique ou tout autre thème polémique, on peut craindre que cela ne soit pas subjectif. Privilégiez alors les contributions multiples.»

Tandis que, à la veille des élections municipales 2008, les personnalités politiques et leurs partis jouent un bout de leur campagne sur le Net, l’enjeu est de taille sur Wikipédia. «Les prochains mois seront déterminants si les règles doivent changer en ligne», conclut Pierre Beaudoin.

– Voir aussi l’article de Libération:

un article de la revue Nature de décembre 2005, qui comparait 42 articles scientifiques de Wikipédia et de l’encyclopédie Britannica. Celui-ci montrait que la première était largement aussi bien faite que la seconde. «Cette enquête est citée en référence dans les médias pour preuve de la fiabilité de Wikipédia, alors qu’elle ne peut pas être représentative», explique Béatrice Roman-Amat, l’une des auteurs de La révolution Wikipédia. Nature n’a en effet choisi que des articles scientifiques pointus, le domaine où Wikipédia est la meilleure. La cyber-encyclopédie demeure plus discutable dans d’autres sphères susceptibles de manipulation ou de vandalisme : «Dans des domaines sensibles comme l’histoire ou la politique, on assiste souvent à des guerres idéologiques ».

Ils laissent plus de place à la culture populaire, sur toute une série de sujets, et ça peut aller des ours en peluche aux émissions de téléréalité. Des sujets absents des encyclopédies traditionnelles.

Wikipédia se trompe à tous vents
Web. Des étudiants de Sciences-Po ont réalisé une enquête minutieuse sur l’encyclopédie en ligne.
Par Frédérique Roussel
Libération
Le 9 juillet 2007

«En 2001, Pierre Assouline a remporté le championnat de France de jeu de paume.» Voilà un trophée qui détonne dans le pedigree de l’écrivain et ancien rédacteur en chef du magazine Lire. Mais la phrase, piochée sur Wikipédia, est en réalité l’œuvre de cinq étudiants du master de journalisme de Sciences-Po (1), qui souhaitaient voir à quel point il était possible de vandaliser les notices de l’encyclopédie en ligne, et combien de temps le détournement pouvait perdurer. Trop longtemps à leur goût. Ainsi, la «confession catholique», malicieusement accolée par leurs soins à l’Anglican Tony Blair le 2 mai 2007 à 10h14, est restée en ligne plusieurs semaines.

Cheval de Troie.

Ce jeu du cheval de Troie fait partie d’une longue enquête que ces étudiants ont réalisée sur Wikipédia, et qui alimente les controverses sur sa fiabilité. Comment ont-ils eu l’idée de s’attaquer à cette pieuvre qui grossit depuis sa naissance, en janvier 2001 ? C’est leur professeur lui-même qui leur a suggéré cette piste. Egalement blogueur émérite ( La République des livres), Pierre Assouline a déjà eu maille à partir avec les «Wikipédiens». Dans un post intitulé L’affaire Wikipédia, daté du 9 janvier 2007, il avait critiqué le manque d’objectivité de l’article sur l’affaire Dreyfus. Depuis, il y a eu de sévères passes d’armes entre «Wikipédiens» et Assouline. «En début d’année, j’ai eu des échanges assez vifs avec des étudiants qui n’étaient pas du tout d’accord avec plusieurs de mes billets sur le sujet, explique Pierre Assouline. J’ai pensé que cela valait le coup de faire ce qu’aucun journal n’a fait jusqu’à présent : plusieurs mois d’enquête à plusieurs pour démonter le mécanisme.»

L’enquête de 67 pages, intitulée La révolution Wikipédia, les encyclopédies vont-elles mourir?, enfonce le clou sur l’utilisation croissante par les jeunes générations de ce site, qui compte plus de sept millions d’articles : «Ce sont bien les systèmes de tous les pays occidentaux qui sont affectés par le développement et la généralisation de Wikipédia auprès des élèves.» L’enquête met les points sur les «i». Notamment à propos d’un article de la revue Nature de décembre 2005, qui comparait 42 articles scientifiques de Wikipédia et de l’encyclopédie Britannica. Celui-ci montrait que la première était largement aussi bien faite que la seconde. «Cette enquête est citée en référence dans les médias pour preuve de la fiabilité de Wikipédia, alors qu’elle ne peut pas être représentative», explique Béatrice Roman-Amat, l’une des auteurs de La révolution Wikipédia. Nature n’a en effet choisi que des articles scientifiques pointus, le domaine où Wikipédia est la meilleure. La cyber-encyclopédie demeure plus discutable dans d’autres sphères susceptibles de manipulation ou de vandalisme : «Dans des domaines sensibles comme l’histoire ou la politique, on assiste souvent à des guerres idéologiques [.].» Nature, désireuse de comparer des articles de même taille, en a même coupé certains, originaires de Britannica ! L’enquête de Nature «souffre d’un manque de rigueur à de multiples niveaux». Et pan pour Nature !

Affabulateurs.

Les principaux poisons de l’encyclopédie en ligne sont les affabulateurs, ceux qui s’amusent à insérer des erreurs. Cas exemplaire, cité par le travail des étudiants de Sciences-Po, celui de John Seigenthaler, journaliste américain à la retraite. Il a découvert un jour sur Wikipédia qu’il avait été suspecté d’avoir pris part à l’élaboration des attentats contre les Kennedy, et qu’il aurait vécu treize ans en Union soviétique ! L’énormité est restée en ligne durant cent trente-deux jours. Certaines notices ressortent plus joliment du registre poétique, comme celle sur l’imaginaire île de Porchesia, supprimée le 30 septembre 2006. «Car Wikipédia [.], c’est aussi un immense espace de création, où la supercherie devient parfois poésie», notent les auteurs.

Les étudiants sont allés interroger les homologues papier, qu’on imagine terrorisés. Chez Larousse et Quid, le malaise est perceptible, mais on s’affirme confiant. «Ils laissent plus de place à la culture populaire, sur toute une série de sujets, et ça peut aller des ours en peluche aux émissions de téléréalité. Des sujets absents des encyclopédies traditionnelles», décrypte ainsi Yves Garnier de Larousse. Avec sa croissance démesurée, Wikipédia ne sera bientôt plus contrôlable, taclent les encyclopédies papier, qui disent peaufiner leur contre-attaque. Pas grand-chose ne filtre, sinon que Larousse prépare un projet sur Internet pour la rentrée.

«Work in progress».

L’historien Raymond Trousson, biographe de Diderot, établit une nette distinction entre encyclopédie collaborative et encyclopédie tout court : «Wikipédia, c’est du work in progress , en construction permanente, ce qui est la meilleure et la pire des choses, tandis que la base même de l’Encyclopédie de Diderot, c’est l’organisation du savoir.» C’est donc son absence de principe organisateur clair qui est également reprochée à Wikipédia, comme sa manie d’accumuler sur des sujets moins importants que d’autres (50 % de plus sur Nouvelle star que sur Jacques Delors), et sa propension à héberger de la propagande.
Conclusion, cet outil incontournable qu’est devenue Wikipédia nécessite de «former les jeunes à un usage raisonné et raisonnable». Jean-Noël Lafargue, professeur d’arts plastiques à l’université Paris-VIII de Saint-Denis et administrateur de Wikipédia France, est un modèle du genre. Depuis trois ans, il note ses étudiants sur leurs contributions à la cyber-encyclopédie dans le domaine de l’art contemporain. Son séminaire s’appelle «enrichissement de l’encyclopédie Wikipédia».

(1) Pierre Gourdain, Florence O’Kelly, Béatrice Roman-Amat, Delphine Soulas, Tassilo von Droste zu Hülshoff.

– Voir également le 1er texte d’Assouline:

Litterature : L’affaire Wikipédia
Pierre Assouline
La République des livres
Le 9/1/07

Décidément, Wikipédia est-elle fiable? Tant pis si la question ressemble déjà à un serpent de mer. Le fait est que les dénégations des dirigeants de l’encyclopédie participative en ligne ont curieusement pour effet de renforcer la suspicion.

Et ce ne sont pas les études comparatives avec les mastodontes encylopédiques sur papier qui dissiperont les doutes car le plus souvent, ces études prêtent elles-mêmes à controverse.

Passons sur la “faveur” (euphémisme, bien sûr) dont jouit Wikipédia dans le référencement des moteurs de recherche (Google, Yahoo…). Toujours en première page, presque toujours dans le peloton de tête, et l’on sait qu’une majorité de lecteurs ne va pas au-delà. Reconnaissons de bonne foi que le contenu est riche, dense, séduisant et parfois surprenant. Pourtant, il n’est pas antidérapant.

C’est le principe de Wikipédia qui demeure toujours aussi discutable, cette idée bien dans l’air du temps que, au fond, tout le monde est encyclopédiste puisque tout le monde est déjà journaliste, cinéaste, critique d’art, critique littéraire, critique de cinéma, critique gastronomique, photographe etc.

Voudrait-on nous faire croire que Wikipédia est à l’Universalis ou la Britannica ce que la démocratie d’opinion est à la démocratie représentative que l’on ne s’y prendrait pas autrement. On ne nous a pas encore fait le coup de “l’encyclopédie citoyenne” mais, au train où va la démagogie qui sous-tend cet état d’esprit, ça ne devrait pas tarder.

Sur ce site donc, n’importe qui peut intervenir dès lors qu’il se sent expert en quelque chose, qualité qu’il se délivre de sa propre autorité. Sur Wikipédia, les spécialistes ne s’autorisent que d’eux-mêmes. Un comité de “vrais” experts est bien sûr là qui veille “là-haut” (on n’a pas totalement renoncé à la verticalité de la décision) afin d’éviter dommage collatéral.

N’empêche qu’il y en a régulièrement.

Aux Etats-Unis, un homme public a vu ainsi sa biographie agrémenté d’un long passage à la CIA ce qui l’a fait plutôt réagir. En France même, certains spécialistes de l’autopromotion (artistes ou autres) ont l’habileté de se consacrer ou de se faire consacrer une notice longue et avantageuse hors de proportion avec leur importance.

Mais c’est à la rubrique “Histoire” que le phénomène est le plus sensible.

Un exemple récent parmi d’autres : l’article consacré à l’affaire Dreyfus.

Il y a quelques mois, l’ayant pianoté sur son clavier, François Gèze, le patron des éditions La Découverte, a eu la surprise de découvrir dans la bibliographie une liste d’une vingtaine de livres dont le premier était celui d’Henri Dutrait-Crozon Préçis de l’Affaire Dreyfus, édition de 1938 ; de surcroit, il était assorti du commentaire “Ouvrage fondamental à consulter en priorité”.

Or dans son dictionnaire de référence sur l’affaire Dreyfus (Flammarion 1994, nouvelle édition 2006), Michel Drouin nous rappelle que sous ce pseudonyme écrivaient deux officiers du nom de Frédéric Delebecque et Georges Larpent. Il précise :”L’ouvrage accumule citations et références, et offre l’apparence de toutes les garanties scientifiques, à l’exception de la vérité. La culpabilité de Dreyfus est un dogme (”On ne nous a opposés que des cris”) et la version de l’école nationaliste doit être transmise de génération en génération.”

La page de garde dit bien l’ambition du duo : “Scribantur haec in generatione altera” autrement dit “On écrira ceci pour l’âge à venir”.

Pour Michel Drouin, il ne fait guère de doute que ce livre, publié pour la première fois en 1909 et maintes fois réédité depuis, fut considéré comme un évangile par une génération de nationalistes.

Charles Maurras et Léon Daudet notamment y firent abondamment référence. C’est donc ce Préçis de l’Affaire Dreyfus, évidemment étranger à toutes les recherches menées par les historiens entre temps, qui reste la bible de l’affaire un siècle après sa parution, du moins aux yeux des wikipédiens.

Si encore il s’agissait d’un témoignage d’époque, cité comme tel avec les précautions d’usage et relégué en fin de bibliographie, on pourrait comprendre ; or c’est tout le contraire.

Alerté, Daniel Garcia y fit écho sur son blog de LivresHebdo. Ce qui n’échappa point à la vigilance de Wikipédia.

En toute logique, on aurait pu penser qu’ils en tiendraient compte en supprimant une telle référence. Or, non seulement elle figure toujours dans leur bibliographie, mais elle y est toujours en tête, donc bien avant les travaux récents d’historiens incontestables.

Seule la mention entre parenthèses a été modifié. On lit désormais :”Ouvrage controversé”. De la litote comme l’un des beaux-arts…

Si une telle bibliographie “participative” de l’encyclopédie dite libre prétend ouvrir le compas de la tolérance, que ne cite-t-elle également les ouvrages d’André Figueras, d’Henry Coston et d’autres encore, pas moins doués de la plume que Dutrait-Crozon, tous également convaincus de la culpabilité d’Alfred Dreyfus ?

Voilà qui promettrait de beaux jours à nos étudiants en histoire adeptes du copier-coller, et des séances de corrections édifiantes à leurs professeurs.

A quoi bon un comité de professionnels de la profession chargé de superviser les amateurs, si les experts des experts ne sont pas plus capables de hiérarchiser l’information ?

Pierre Assouline

– Voir de même l’article de RFI:

Internet
Wikipédia, libre mais peu fiable

Wikipédia n’est pas parole d’évangile. C’est ce que révèle l’enquête menée par cinq étudiants de l’école de journalisme de Sciences-po Paris. Sous la direction de leur professeur, l’écrivain Pierre Assouline, ils ont réalisé une étude minutieuse de la cyber-encyclopédie. Quatre mois d’enquête et un rapport de 67 pages intitulé La révolution Wikipédia, les encyclopédies vont-elles mourir ? Bilan ? Pas fameux.

C’est en voyant ses étudiants faire des copier-coller des articles sur Wikipédia, sans prendre la peine de les vérifier, que Pierre Assouline, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris et ancien rédacteur en chef de Lire, a eu envie d’évaluer la véracité des informations sur l’encyclopédie libre. Wikipédia, est ce qu’on appelle une encyclopédie participative. Ce sont les internautes eux-mêmes qui alimentent les articles, et d’autres internautes qui les contrôlent et les modifient en cas d’erreur.

Les cinq étudiants chargés de l’enquête ont donc voulu tester l’efficacité de ces modérateurs, et pour cela, ils ont introduit des « coquilles » dans plusieurs articles. Pour voir ensuite combien de temps elles allaient survivre. La première surprise, pour Pierre, un des étudiants auteurs du rapport, fut la facilité avec laquelle on peut modifier Wikipédia : « Pas besoin de donner d’adresse internet, ou de s’identifier, il suffit d’aller sur un article, de cliquer sur le bouton modifier, et ensuite c’est comme une page Word. On enregistre et les modifications apparaissent en ligne ». Et c’est aussi simplement que cela qu’ils ont modifié la notice de Tony Blair, rajoutant qu’il était de confession catholique (et non anglicane comme c’est toujours le cas).

Idem, dans la biographie de Pierre Assouline, qui d’un clic, s’est vu hisser au rang de champion de France de jeu de Paume. Et chaque fois, les erreurs sont restées en ligne une dizaine de jours. « Et pendant tout ce temps, des centaines de lycéens, d’étudiants, ont repris cette informations, déplore Pierre Assouline, puisque chez les jeunes surtout, Wikipédia est parole d’évangile ». En plus d’être parfois fautif, l’enquête pointe des problèmes d’objectivité dans certains articles. « Surtout les sujets historiques, politiques, philosophiques, où il y a matière à polémique. Par contre, pour les sujets scientifiques, les articles sont souvent écrits par des experts, et les informations sont donc plus fiables en général ».

Vérifier deux fois, plutôt qu’une

Chez Wikipédia, les responsables dénoncent les méthodes de cette enquêtes, « introduire des erreurs sciemment, c’est pour nous du vandalisme, dénonce David Monniaux, membre du conseil d’administration de l’association WIKIMEDIA France. . Leur enquête est à charge et ils ne nous l’ont même pas communiquée. Quand nous les avons contactés, ils nous ont répondu qu’elle n’était toujours pas finalisée ». De quoi jeter le doute sur le sérieux de cette enquête selon lui. Quant aux erreurs de fond, il existe des garde-fous. Il est par exemple demandé aux wikipédiens de préciser la source de leurs informations. Quand un article paraît trop approximatif, il est retiré immédiatement, et un message est envoyé à l’internaute en question pour lui expliquer.

Malgré ces précautions, David Monniaux reconnaît lui-même qu’il faut toujours vérifier les informations trouvées sur Wikipédia « Cette encyclopédie sert plus à orienter le lecteur dans ses recherches, plutôt que de lui livrer une information fiable et directement utilisable. C’est aux internautes d’aller vérifier à la source, et de ne pas se contenter de ce qui est écrit dans les articles ».

avec Lucie Lourdelle

– Voir aussi, pour ses chiffres, le petit dossier à charge d’un démonteur de mythes:

ce que révèlent les statistiques de wikipedia

Qu’est-ce que wikipedia ? Des éléments à partir des statistiques ici disponibles sur wk, et ici, plus quelques appréciations de wikipediens

Tout ce qui suit est extrait des données statistiques analysées

1) Qui sont les wikipediens ?

Les wikipediens sont pour l’essentiel des hommes, jeunes. Leur âge moyen est 25 ans. Ils viennent majoritairement d’Île-de-France. Leur formation est de manière largement prédominante l’informatique, sinon ils témoignent d’autres formations techniques ou d’ingénieur. Quelques scientifiques également, mathématiciens pour la plupart, mais ignorants de l’histoire et de la philosophie des sciences, ils ont un esprit très « techniciste ». Les étudiants en histoire se comptent sur les doigts d’une main, et pour les Lettres et sciences humaines, c’est le vide sidéral. Ce sont donc de très jeunes gens, très « branchés » informatique et techniques modernes de communication, mais dont la culture s’arrête là. Leur profil est tout à fait aux antipodes d’esprits encyclopédiques et de celui de rédacteurs d’encyclopédie. Indice : vous ne verrez jamais France-culture citée sur wk. L’article consacré à cette chaîne en dit long du reste.

Ils n’ont, pour les plus diplômés, qu’une expérience d’étudiants, c’est à dire de personnes qui sont encore loin d’avoir assimilé leur discipline, et qui n’ont aucune expérience de la recherche. Quant aux autres disciplines, qui ne sont pas leur domaine d’études propres, elles sont complètement ignorées : ce sont des esprits spécialistes. Cela signifie que ce sont des informaticiens qui s’improvisent historiens, politologues, critiques d’art, juristes, médecins, psychologues, sociologues, philosophes, théologiens etc. et commentateurs de tous les sujets, qui décident de ce qui doit, ou non, s’écrire dans tous les domaines où ils n’ont pas de compétences particulières (ils le proclament ouvertement).

Ils ignorent ce qu’est une encyclopédie, sa définition même (illustration en a été donnée sur le blog par « Pabix », un des porte-paroles éminent de wk, ainsi que par tous ces wikipediens qui non seulement osent se comparer à Diderot, mais prétendent avoir fait mieux que lui, grâce à internet et au système wiki, qui à lui seul ferait des miracles). voir les précédents articles à ce sujet.

A fortiori ignorent-ils quelles sont les qualités requises, pour organiser une encyclopédie. Ils ne croient qu’en la technique.

Le plus haut niveau de qualification à wikipedia est l’étudiant : il n’y a ni professeurs, ni chercheurs (à part quelques exceptions qui se comptent sur les doigts d’une main et qui sont, bien entendu, informaticiens, voire mathématiciens mais s’étant depuis spécialisés en informatique).

Ce qui signifie que les rédacteurs n’ont aucune expérience en matière d’enseignement et de vulgarisation des connaissances et des savoirs.
La qualité de rédaction des articles en témoigne. Le manque de qualités pédagogiques de ceux-ci, également, outre la médiocrité générale et les imprécisions qui sont la règle.

* L’épreuve du colloque et la preuve par le colloque :

Un colloque wikipedia est en préparation avec pour visée de donner une image de respectabilité de cette publication aux instances de l’Ecole auprès desquelles elle a très mauvaise presse. Pour cela elle essaye de mettre en avant que des professeurs, universitaires, chercheurs, y collaborent.

Wikipedia a toujours essayé de faire croire que « de nombreux universitaires et chercheurs participaient à la rédaction de wikipedia ». Ses porte-paroles et responsables de l’association wikimedia l’affirment régulièrement.

Périodiquement elle lance des appels aux universitaires pour rejoindre son projet et les wikipediens étudiants sont chargés de convaincre leurs professeurs d’y participer. Echec total. Il n’y a pas d’universitaires et chercheurs à wikipedia.

Donc le colloque, pour lequel wikipedia essaye de mettre en avant ses membres les plus qualifiés ou les plus diplômés, montre qu’il n’y a pas un seul universitaire ou chercheur -autre qu’en informatique ou travaillant sur les nouvelles technologies, mais francs admirateurs et francs partisans de wk

La liste des intervenants annoncés au colloque, montre que les « autorités intellectuelles » dont peut se prévaloir wikipedia sont uniquement des informaticiens ou personnes ayant une formation en mathématiques ou parfois autres (telle « sciences de l’éducation ») mais s’étant spécialisés en informatique et/ou/ diffusion des techniques informatiques dans divers secteurs.

Où l’on voit que wikipedia est une publication d’informaticiens, optimistes et naïfs, complètement fascinés par la technique.

Pas un seul universitaire ou chercheur, hormis des informaticiens, qui détestent cordialement les intellectuels non-informaticiens. Et quand on voit comment wikipedia traite les universitaires, après Sciences-Po bloquée, ça ne donne pas très envie de s’y précipiter. Sans parler du reste, les querelles menées par des incompétents, la censure de l’esprit, le contenu atrocement partisan, et les méthodes d’écriture, telles que le plagiat gigantesque, la vérité mise au vote etc.

2) données quantitatives

* Combien sont les wikipediens ?

Le nombre de nouveaux inscrits est d’environ 700 par mois depuis 1 an. Un nombre à la baisse. Le nombre de wikipédiens actifs, -càd. ayant à leur activité plus de cent interventions par mois- stagne malgré l’arrivée de nouveaux, qui donc s’inscrivent sans contribuer, ou compensent tout juste les départs.

En 2006 le nombre de ces wikipediens vraiment actifs est de 670 environ. En 2007 on note une baisse de 8% ; il tend aujourd’hui vers les 600 ; voir les statistiques (on remarquera que depuis juin 2007 faisant apparaître une baisse, les statistiques ne sont plus publiées pour la wikipedia française)

Les administrateurs : Il y a 158 administrateurs. Leur nombre n’augmente pas. Il est même en baisse en 2007 par rapport à 2006.

* déclin amorcé ?

voir ce document qui est le résultat d’une étude fait par un wikipedien qui s’est aperçu que wikipedia.en semblait chercher à cacher quelque chose car elle ne publiait plus les statistiques de participation depuis plus d’un an, comme on peut le voir ici ainsi que sur les autres pages de statistiques, telle celle-ci encore : les statistiques cessent en septembre 2006 pour la version anglaise.

Since early this year, and for the first extended period in Wikipedia’s history, the activity rate of the Wikipedia community has been declining. This can be seen in the rate of editing articles (-17%), the rate of new account

registration (-25%), blocks (-30%), protections (-30%), uploads (-10%),
article deletions (-25%), etc.

Some exceptions are the article creation rate (+25%) and image deletions (+80%), but overall the community appears to be doing less now than it was 6 months ago. »

Soit : pour la 1° fois l’activité de wk (d’après l’étude de la version en anglais) est en déclin :

– 17% d’édition d’articles, – 25% de nouvelles inscriptions, – 30% de blocages et protections etc.

L’auteur attribue cette baisse, parmi d’autres raisons, à la découverte du scandale « Essjay » un jeune homme non diplômé, qui s’était fait passer pour docteur en théologie et copiait une encyclopédie pour faire de nombreuses modifications grâce auxquelles il s’est élevé jusqu’aux plus hauts échelons de la hiérarchie wk, et fut même salarié par Wales à la fondation. La baisse d’activité est concomitante de la découverte de cette tricherie.

3) Contenu de wikipedia

* le contenu d’un point de vue quantitatif :

Wikipédia est constituée à ce jour de 570 671 articles, soit une création de 214 articles par jour en moyenne depuis sa création. Aujourd’hui, il s’en créé environ 600 par jour. [le nombre est également à la baisse depuis juin 2007]

Wikipédia a connu 21 076 645 modifications depuis 6 ans, soit 8000 modifications par jour, en moyenne depuis sa création. Aujourd’hui ce sont plus de 600 000 modifications par mois qui sont effectuées.

On peut se demander par conséquent si 158 administrateurs, (dont certains travaillent peut-être en dehors de leur activité à wikipedia) et qui sont pour l’essentiel des informaticiens, techniciens, ou éventuellement mathématiciens, peuvent raisonnablement prétendre surveiller et vérifier, chaque mois, plus de 1 800 nouveaux articles et 600 000 modifications qui sont effectuées dans tous les domaines ?

* le contenu d’un point de vue qualitatif

– de prétendus articles :

La taille des articles : sur 570 671 articles (le 16 octobre à 24h), seuls 31 % ont un volume de + de 2 ko. Il y a donc plus de 395 000 articles qui ne dépassent pas quelques lignes, et qui ressemblent à peu près à cela : ou encore à cela [j’ai fait un article sur ce thème]. Si l’on prend en compte le seul volume, cela fait déjà beaucoup d’ « articles » qui n’en sont pas.

– Mieux vaut abandonner 560 000 articles à leur destin et se consacrer à en faire 1000 dont la qualité soit bonne. Certains wikipediens considèrent du reste que si wk pouvait parvenir à avoir 1000 ou 2000 articles corrects, ce serait déjà bien. Comme expliqué sur le Bistro.

– Les articles dits « de qualité ».
Il y a actuellement environ 370 articles de qualité, soit 0,05% de l’ensemble. Ce qui est peu. De plus, je dis environ, car ce statut est lui aussi instable. Une partie de ceux-ci est régulièrement contestée et déchue de son statut. (oui, c’est pas facile le consensus, même pour une minuscule poignée de gens : les votes se font la majeure partie du temps à une vingtaine ou une trentaine ; quand ils réunissent 40 ou 50 votants, c’est l’exception).

Quant aux wikipediens, ils sont nombreux à penser que ce label « de qualité » ne recouvre pas des articles dignes de ce nom (voir + bas).

Donc au total combien d’article « de qualité » ? ma lecture, intense mais non exhaustive, par définition, a permis d’en citer une vingtaine. [quelques (rares) bons articles sur wikipedia]. Je ne doute pas qu’en cherchant bien on puisse multiplier ce chiffre par deux ou trois. Je n’ai pas cité d’articles sur la musique et les musiciens, où je sais pouvoir trouver quelques bons articles (et ici plus qu’ailleurs). Mais que valent 50/60 articles ou à peine plus, pour une supposée « encyclopédie » et rapportés à un support qui affiche bientôt 600 000 articles ?

– indices de consultation

ceux-ci tendent à montrer quel usage est fait de wikipedia par les nombreux consultants : l ‘information facile et rapide (wiki) pas la découverte de connaissances et encore moins la culture

Les statistiques des articles les plus consultés montrent une prédominance écrasante, des consultations wiki, vite- faites : le sexe, le sport, le people, les loisirs , au milieu desquels parfois surgit un sujet qui rappelle une question scolaire

– importance relative accordée à différents domaines :

Il y a 2 871 articles sous le {{Portail basket-ball}} et 105 sous le {{Portail sciences}}.

Il y a 791 articles sous le {{Portail baseball}} et 22 sous le {{Portail sciences humaines}}.

17 560 articles sous le {{Portail football}} et 491 sous le {{Portail Biochimie}}.

3 477 sous le {{Portail sports d’hiver}} et 810 sous le {{Portail botanique}}

1 413 sous le {{Portail Disney}}, et 586 sous le {{Portail biologie}}

tandis que nous avons tout de même 543 articles sous le bandeau {{Portail Punk}} 517 sous le {{Portail cryptologie}} cette soi-disant « science du secret »

1 200 articles sous le bandeau {{Portail arts martiaux}} et 868 sous le {{Portail art contemporain}}.

1 958 articles sous le {{Portail Science-fiction}} et 698 sous le {{Portail sciences de la Terre et de l’Univers}} etc.

– indices d’appréciations par les wikipediens eux-mêmes :

A quoi on peut ajouter ces indices d’appréciations de la qualité et la proportion de ce que wk contient d’articles admissibles par les wikipediens :

« ce n’est pas parce que 95% de l’encyclopédie relève de l’ébauche non sourcée qu’on encourage la création d’ébauche non sourcée. » (sic) Cordialement, DocteurCosmos – 22 août 2007 à 14:50
Vous pouvez vérifier , c’est sur le bistro

Un administrateur, qui semble être un peu plus qualifié, estime, lui à +/- 99% le taux d’ébauches parmi les articles, qu’il estime, de plus, destinés passer du stade d’ébauche celui de super-ébauche, au mieux, ou billet d’humeur, et s’il n’est pas dégradé en galimatias ;

« Ce bon mythe sur lequel repose l’effort d’administration […] est un échec […] qui n’est bon qu’à permettre l’envolée de la courbe du nombre d’articles, au prix d’une dilution toujours plus importante de leur qualité. En effet, la poignée d’articles qui émergent du lot sur WP sont l’œuvre d’un et d’un seul contributeur (au mieux groupe de contributeurs connivents, ce qui ne change rien au principe) qui en maîtrise l’architecture et la rédaction avec un regard de spécialiste. Inversement,tout article non pris en main par un spécialiste est voué à une dégradation patiente et tenace sous le coup d’ajouts faits plus ou moins à la sauvette.

Dans les deux cas, le processus incrémental [ je traduis : logique d’accroissement] est un échec : pour les articles d’excellence parce qu’il n’est appliqué que marginalement et qu’il représente plus un risque de dégradation qu’un espoir d’amélioration ; et pour le reste (soit plus de 99 % du bataillon encyclopédique) parce qu’il ne fait que transformer une ébauche en super-ébauche, sous-article, bloc-notes, billet d’humeur ou galimatias — le plus souvent tout cela en même temps. »

Résultat de l’écriture collective quant à la qualité des articles, du fait que tout un chacun peut y mettre son grain de sel et que la version retenue est le résultat d’un consensus, il faut bien admettre que cette qualité est plutôt lamentable ; voir ces témoignages :

* pour les sciences :

« J’aimerais savoir ce qui me retient de ne plus participer à Wikipédia. La plupart des articles contiennent des informations fausses. Je n’ai jamais lu autant d’idioties que sur Wikipédia. Wikipédia traitant de tous les sujets, alors évidemment, il faut mettre tous les mensonges qu’on lit un peu partout, tous les on-dit-que, toutes les discussions rapportées, toutes les vérités préfabriquées de toute pièce. L’argument c’est bien connu est toujours valable. Autre argument de force : c’est exactement ce que veulent lire les gens.

Impossible de modifier même après des discussions… », ce qui se voit ici qu’est-ce qui me retient ?

Et encore :

« Statistiquement, deux articles sur trois sur les mathématiques serait à rerédiger entièrement. Si ce n’est pas fait, c’est par manque de contributeurs, et par désespoir de cause. Lorsqu’on voit ce qui est écrit sur Wikipédia, on se dit souvent :mais c’est quoi ces conneries ?.Les premiers jours où j’avais participé à Wikipédia, j’ai rapidement compris : une désorganisation complète des catégories, une accumulation d’erreurs, un manque de confiance, … Rapidement, on fuit les thèmes sur lesquels on pourrait contribuer par désespoir et par dégoût. Pour ma part, géométrie différentielle, systèmes dynamiques, analyse, … Je jette un coup d’oeil sur les articles des catégories correspondantes, ça me tape sur le système. L’article système dynamique (à ne surtout pas lire!) renvoie à l’article soit-disant principal théorie du chaos. Comme si les systèmes dynamiques se résumaient à la théorie du chaos (pour comparaison, imaginez que l’article démocratie renvoyait à l’article principal Sadam Hussein.) Qu’est-ce que vous voulez que je fasse avec l’article système dynamique ? Ce n’est juste qu’un exemple.

[…]

Cette encyclopédie est incapable de maintenir une information vraie et fige durablement une information fausse, du fait que le plus grand nombre décide de ce qui est valable et de ce qui ne l’est pas… »

d’autres confirment :

« * « C’est marrant, je suis d’accord sur le fait que les deux-tiers (seulement ?) des articles de maths sont à réécrire de bout en bout. Mais bon, moi, c’était sur les méthodes employées que je tiquais, et ça ne concernait que peu les maths, en fait. » — Poulpy 24 janvier 2007 à 11:40 (CET)

* « Ektoplastor, j’ai eu exactement le même problème en économie: les pages les plus générales sont habitées de critiques de l’économie faite par des personnes qui n’en comprennent pas le premier mot, et qui équivalent à équations=libéralisme=MAL. Plutôt que de me battre contre des moulins à vent qui n’ont rien d’autre à faire, j’ai pris le parti de ne contribuer qu’à des articles portant sur des points très précis (Rationalisabilité par exemple, ou Économie de la culture). »–Bokken | 24 janvier2007 à 12:45 (CET) » ce qui se voit ici : ras le bol

* pour l’histoire à propos des articles dits « de qualité » :

A propos de l’article Arménie, proposé comme article de qualité :

« cela m’attriste que la communauté puisse estimer de qualité un article d’histoire générale qui n’apporte pas le moindre élément d’histoire des idées, des arts, d’histoire économique ou démographique ou social. L’avantage de l’histoire au collège, c’est que les dates sont peu nombreuses, on peut donc faire ressortir les dates clés. Mais quand on applique cette technique de façon exhaustive, on obtient une vaste chronologie événementielle sans cohérence dont on ne retient rien. » –Aliesin 10 juin 2007 à 01:07 (CEST)

Et en écho :

« Rien de nouveau, depuis que je connais Wikipédia, les AdQ sont plus souvent une honte pour l’encyclopédie qu’autre chose. Marc Mongenet 10 juin 2007 à 02:35 (CEST) » (sic) vu sur le Bistro juin 07

∑ pour la philo et les sciences humaines :
∑ « J’étudie la philosophie et les sciences humaines, et je constate la médiocrité générale des articles de Wikipédia dans ces domaines. Beaucoup d’approximations, parfois des erreurs qui relèvent l’ignorance des rédacteurs ; je ne vois pas d’amélioration systématique, mais parfois des dégradations significatives, comme de remplacer un paragraphe bien écrit par un qui est considéré comme plus accessible, mais qui se révèle du niveau philosophie de lycée. L’ensemble est superficiel, médiocre et trompeur. »

Rédigé par: Philo | le 09 juin 2007 à 13:49

vu sur le blog Pisani. Le Monde

– Voir également un très intéressant mémoire de sociologie:

Qui écrit Wikipedia?

– Voir surtout l’excellent dossier de Laure Endrizzi (INRP), qui nous a largement guidé ici:

Echantillons :

En résumé, les principales critiques à l’égard d’un tel outil de publication sont focalisées sur les points suivants :

* les contributeurs sont au mieux des amateurs, au pire des perturbateurs, des vandales ou des fanatiques ;
* quand ils ne se dissimulent pas derrière un ou plusieurs pseudonymes, les contributeurs sont des anonymes ;
* les contributeurs sincères sont découragés par la nécessité de défendre leurs textes contre d’autres participants ignorants ou malveillants
* les contributeurs, non experts, sont illégitimes ;
* les contributeurs ne sont juridiquement pas responsables de leurs contributions ;
* hormis ceux traitant d’informatique, les articles sont au mieux de qualité médiocre, au pire de simples ébauches ;
* certains thèmes ou sujets controversés sont décrédibilisés par des prises de positions partisanes (biographies, événements historiques, mouvements politiques, religion, etc.) ;
* les sujets d’actualité sont sur-représentés au détriment d’un savoir établi ;
* les sources sont rarement indiquées, le contenu n’est pas vérifiable ;
* le non respect du copyright (plagiat) et le non respect de la vie privée sont des pratiques courantes ;
* les articles ne sont pas stables et peuvent être supprimés ou vandalisés à tout moment ;
* les articles ne sont pas relus ni validés ;
* le manque de fiabilité et de stabilité des articles les rend inexploitables ;
* le qualificatif « encyclopédie » est scientifiquement inapproprié ;
* la régulation collective est absurde et illusoire ;
* l’activité éditoriale et plus généralement la structuration des contenus manquent de transparence ;
* la croissance exponentielle des articles et des participants rend illusoire toute tentative d’homogénéisation et de stabilisation ;
* le principe de la neutralité de point de vue est en fait éminemment politique ;
* la vérité encyclopédique est « votée » ; quelle représentativité pour les votants ? ;
* le fondateur de Wikipedia est un personnage immoral qui exerce une influence dictatoriale ;
* la représentativité des univers culturels des locuteurs d’une même langue est biaisée ;
* etc.

Portrait robot des Wikipediens :

* ce sont majoritairement des hommes, âgés de 25 à 49 ans, avec un niveau d’études moyen qui oscille entre bac +2 et bac +4 ;
* tous ont des expériences et pratiques très diverses de l’informatique, mais l’utilisent au quotidien soit dans leur vie professionnelle, soit dans leur vie privée, soit l’une et l’autre ; tous disposent d’un ordinateur personnel et d’une connexion Internet ;
* les sympathisants à la cause du logiciel libre sont par ailleurs fortement représentés, notamment les programmeurs
* étudiants et professionnels adoptent généralement une démarche pragmatique visant à réinvestir dans le projet des connaissances et des compétences qu’ils ont acquises ou qu’ils mettent en oeuvre ;
* la majorité des Wikipédiens sont localisés sur le territoire français mais les rencontres physiques restent très exceptionnelles (signature des statuts pour l’association française par exemple) ;
* une forte majorité de contributeurs réguliers ont une expérience communautaire antérieure malgré des parcours hétérogènes (logiciel libre, jeux en ligne, newsgroups, forums de discussion, chat, etc.) ; cette pratique tend à se recentrer sur Wikipedia au détriment des autres communautés ;
* la captation de l’individu repose prioritairement sur des éléments biographiques personnels : la nature du projet et les types d’échanges répondent à des attentes individuelles ;
* corollairement la phase d’apprentissage et la routinisation des procédures de coopération sont plus importantes que l’expertise académique pour légitimer sa carrière au sein du collectif ;
* la plupart pratiquent plusieurs activités dans leur temps libre, les loisirs contribuant de manière ludique à la construction identitaire des participants et répondant à une démarche de mise en cohérence des pratiques et des idéaux ;
* l’idéologie militante des participants évolue avec le renforcement de leur engagement dans le projet : la contestation initiale cristallisée sur l’Internet marchand et la propriété intellectuelle se base progressivement sur l’ensemble des dispositifs de production et de diffusion des savoirs et prend la forme d’une pratique ludique et utilitaire plus pragmatique que contestataire, qui fait davantage écho à l’environnement immédiat du contributeur et qui n’est jamais exempte de réflexivité;
* la spécialisation des contributions est à mettre en relation avec les loisirs et passions des contributeurs, notamment pour ce qui concerne les domaines édités, parfois déjà médiatisés dans un site personnel ; le spécialiste tend donc à se confondre avec le passionné, ce qui peut s’avérer problématique si les contributeurs se soumettent difficilement aux règles du collectif ; la dynamique des échanges conduit parfois le porteur d’un projet personnel à s’investir dans d’autres espaces wiki pour approfondir son approche (voir Jean-Jacques Milan et son wikilivre sur la tribologie);
* les pratiques gestionnaires liées au suivi des modifications récentes et à la correction orthographique par exemple ne relèvent pas à proprement parler d’une passion mais correspondent davantage à une démarche personnelle d’apprentissage par l’exploration de nouveaux sujets;
* les contributions des informaticiens ne concernent que très exceptionnellement les contenus informatiques, déjà fortement structurés; ils investissent plus volontiers les tâches de développement, considérées plus valorisantes au sein du collectif.


Histoire: Pourquoi Guy Môquet n’a pu être le “résistant” qu’on célèbre (II)

24 octobre, 2007
Affiche PCFPour quelle raison Guy Môquet a-t-il été arrêté puis fusillé? Arrêté par la police française parce qu’il distribuait de la propagande communiste, doit-on considérer cette action comme un acte de résistance? Les tracts communistes de l’automne 1940 appellent-ils à la résistance contre l’occupant? La réponse est négative. François Marcot
Nous ne voulons pas que des soldats français se fassent tuer, ni pour de Gaulle, ni pour Doriot et Déat, car ce n’est pas en associant son destin à un des groupes impérialistes en guerre que la France pourra se sauver; elle ne le fera qu’en se débarrassant de l’odieux régime capitaliste. L’Humanité du 31 octobre 1940

Je suis militant de la Jeunesse communiste avec laquelle je lutte en collant des affiches et distribuant des tracts contre l’occupant nazi, ce qui est passible de mort. Je suis arrêté le 13 octobre1940 (…) Acquitté le 23 janvier, je suis pourtant gardé en prison (…) et déplacé (…) pour finir à Chateaubriant.

Comment expliquer cette phrase attribuée à Guy Môquet et aperçue sur les panneaux d’une exposition itinérante du musée des fusillés de Chateaubriant où celui-ci se présente, au moment de son arrestation, comme en lutte « contre l’occupant nazi »?

Alors que, comme le confirment le site de la Fondation de la Résistance et l’historien François Marcot, le fils du député détenu pour soutien au Pacte germano-soviétique (soit pendant près de deux ans l’approvisionnemnt soviétique de la machine de guerre nazie) ne pouvait être qualifié de « résistant » au moment où il est arrêté (sur dénonciation) en octobre 1940 (puis « maintenu en détention dans le cadre de la politique des otages » allemande).

Tout simplement, on le sait maintenant, parce qu’à l’époque le PCF, dont il était un zélé militant, était toujours, pacte Molotov-Ribbentrop oblige, sur une ligne de neutralité par rapport à une nouvelle « guerre capitaliste ».

Mais une neutralité qui pouvait aller jusqu’au « défaitisme révolutionnaire » (sabotage et espionnage dans les usines d’armement au profit de Moscou) et surtout doublement motivée par des négociations secrètes avec les autorités occupantes pour tenter d’obtenir la reparution de sa presse.

Du moins jusqu’à l’invasion de la patrie du socialisme par les troupes allemandes en juin 41, qui libère ainsi le Parti (et ses militants) pour l’action résistante, comme ces attentats contre des officiers allemands de Nantes ou Bordeaux (d’ailleurs non immédiatement revendiqués par la hiérarchie communiste) qui provoqueront justement par représailles l’exécution du jeune Guy Môquet et des autres otages.

D’où… la logique reconstruction rétrospective, par celui-ci, de ses activités d’avant incarcération comme d’un combat « contre l’occupant ».

Lire le reste de cette entrée »


Livres: Harry Potter confirme Girard (Dumbledore’s outing confirms Girard’s theory of homosexuality as the escalation of rivalry)

22 octobre, 2007
Dumbledore falls for Grindwalddumbledore
Il n’y aura aucune prostituée parmi les filles d’Israël, et il n’y aura aucun prostitué parmi les fils d’Israël. Tu n’apporteras point dans la maison de l’Éternel, ton Dieu, le salaire d’une prostituée ni le prix d’un chien, pour l’accomplissement d’un voeu quelconque; car l’un et l’autre sont en abomination à l’Éternel, ton Dieu. Deutéronome 23: 17-18
D’autant plus que Lisa est très désireuse de vous voir. Je lui ai promis…
— Lisa ? répéta Pavel Pavlovitch, Lisa ? Savez-vous ce qu’elle a été pour moi, Lisa, ce qu’elle a été et ce qu’elle est ? (Et il criait, comme transporté.) Mais tout cela… tout cela, c’est pour plus tard… Pour le moment, ce n’est pas assez que vous ayez bu avec moi, Alexis Ivanovitch, me faut absolument une autre satisfaction…
Il posa son chapeau sur une chaise, et de nouveau, comme tout à l’heure, un peu haletant, il regarda Veltchaninov bien en face.
— Embrassez-moi, Alexis Ivanovitch, dit-il brusquement.
— Vous êtes ivre ! cria l’autre qui recula.
— Ivre ! mon Dieu oui, mais ce n’est pas la question : embrassez-moi, Alexis Ivanovitch… Ah ! il faut que vous m’embrassiez ! je vous ai bien baisé la main, moi, à l’instant !
Veltchaninov resta un moment silencieux, comme s’il eût reçu un coup de trique sur la tête. Puis, d’un geste brusque, il se pencha vers Pavel Pavlovitch, qui était là, tout contre lui, et l’embrassa sur les lèvres, qui sentaient horriblement le vin. Tout cela fut si rapide, si étrange, qu’il ne sut jamais si vraiment il l’avait embrassé.
— Ah ! maintenant… maintenant !… —s’écria Pavel Pavlovitch dans un transport d’ivrogne, les yeux brillants ; — ah ! voyez-vous, c’est que je me disais : « Comment ! alors lui aussi ? Mais alors, si c’est vrai, à qui donc croire ? »
Et il fondit en larmes.
— Alors, vous comprenez quel ami vous êtes à présent pour moi !…
Fédor Dostoïevski (L’Eternel mari, le mari et l’amant s’embrassent)
Vous nous avez fait faire tout ce chemin pour nous montrer quoi: un triangle à la française ? Eglinton (Ulysse, James Joyce)
Il nous arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer (…) ce contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goùt pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il faut la protéger chaque jour. Proust (La Prisonnière)
On peut alors se demander si la dynamique girardienne du désir imitatif, qui a été notamment pensée à partir de l’univers proustien, ne fonctionnerait pas aussi pour le duo Charlus/Saint-Loup. Saint-Loup imiterait son oncle — mieux, il imiterait ce qu’il croit être la pratique de son oncle : il est l’amant passionné de Rachel (et ne se pose pas trop de questions sur son intérêt pour les hommes) tant qu’il croit que son oncle est un grand séducteur ; quand il découvre l’amour de son oncle pour Morel, c’est alors qu’il se tourne plus décidément vers les hommes. Saint-Loup hérite de son père tout ce qui concerne la sphère des devoirs sociaux (ses manières Jockey Club, ses aptitudes sociales au sein du milieu militaire de Doncières), tandis qu’il hérite de son oncle tout ce qui concerne la sphère des plaisirs : ses amours, sa passion pour la littérature et l’intellectualité. La mort de Saint-Loup symbolise la fusion parfaite entre l’héritage paternel et l’héritage avunculaire : il meurt en héros pendant la Première Guerre mondiale comme son père l’avait fait lors de la guerre de 1870, mais il le fait dans l’espoir d’inspirer un amour fou à ses camarades. Siri Nicole
And what can I tell you my brother, my killer What can I possibly say? I guess that I miss you, I guess I forgive you I’m glad you stood in my way.If you ever come by here, for Jane or for me Well your enemy is sleeping, and his woman is free.  Yes, and thanks, for the trouble you took from her eyes I thought it was there for good so I never tried. Leonard Cohen
The problem with that song is that I’ve forgotten the actual triangle. Whether it was my own – of course, I always felt that there was an invisible male seducing the woman I was with, now whether this one was incarnate or merely imaginary I don’t remember, I’ve always had the sense that either I’ve been that figure in relation to another couple or there’d been a figure like that in relation to my marriage. I don’t quite remember but I did have this feeling that there was always a third party, sometimes me, sometimes another man, sometimes another woman. It was a song I’ve never been satisfied with. It’s not that I’ve resisted an impressionistic approach to songwriting, but I’ve never felt that this one, that I really nailed the lyric. I’m ready to concede something to the mystery, but secretly I’ve always felt that there was something about the song that was unclear. So I’ve been very happy with some of the imagery, but a lot of the imagery. Leonard Cohen
C’est déjà ou presque de l’homosexualité, en vérité, que nous parlons puisque le modèle-rival se trouve normalement un individu du même sexe, du fait même que l’objet est hétérosexuel. Toute rivalité sexuelle est donc structurellement homosexuelle. Ce que nous appelons homosexualité, c’est la subordination complète, cette fois, de l’appétit sexuel aux effets du jeu mimétique qui concentre toutes les puissances d’attention et d’absorption du sujet sur l’individu responsable du double bind, le modèle en tant que rival, le rival en tant que modèle. Pour rendre cette genèse plus évidente, il faut évoquer ici un fait curieux observé par l’éthologie. Chez certains singes, quand un mâle se reconnaît battu par un rival et renonce à la femelle qu’il lui disputait, il se met, vis à vis de ce vainqueur, en position, nous dit-on, d’ ‘offre homosexuelle’. (…) S’il n’y a pas d’homosexualité ‘véritable’ chez les animaux, c’est parce que le mimétisme, chez eux, n’est pas assez intense pour infléchir durablement l’appétit sexuel vers le rival. Il est déjà assez intense, pourtant, au paroxysme des rivalités mimétiques, pour ébaucher cet infléchissement. Si j’ai raison, on devrait trouver dans les formes rituelles, le chaînon manquant entre la vague ébauche animale et l’homosexualité proprement dite. Et effectivement, l’homosexualité rituelle est un phénomène assez fréquent; elle se situe au paroxysme de la crise et on la trouve dans des cultures qui ne font aucune place, semble-t-il, à l’homosexualité, en dehors des rites religieux. Une fois de plus, en somme, c’est dans un contexte de rivalité aigüe qu’apparait l’homosexualité. Une comparaison du phénomène animal, de l’homosexualité rituelle, et de l’homosexualité moderne ne peut manquer de signaler que c’est le mimétisme qui entraine la sexualité et non l’inverse. De cette l’homosexualité rituelle, il faut rapprocher, je pense, un certain cannibalisme rituel qui se pratique dans des cultures , également, où le cannibalisme n’existe pas en temps ordinaire. Dans ce cas comme dans l’autre, il me semble, l’appétit instinctuel, alimentaire ou sexuel, se détache de l’objet que les hommes se disputent pour se fixer sur celui ou ceux qui nous le disputent. (…) Un des avantages de la genèse par la rivalité, c’est qu’elle se présente de façon absolument symétrique chez les deux sexes. Autrement dit, toute rivalité sexuelle est de structure homosexuelle chez la femme comme chez l’homme, aussi longtemps toutefois que l’objet reste hétérosexuel, c’est-à-dire qu’il reste l’objet prescrit par le montage instinctuel hérité de la vie animale. (…) C’est sur ce parallélisme que se base Proust pour affirmer qu’on peut transcrire une expérience homosexuelle en termes hétérosexuels sans jamais trahir la vérité de l’un ou l’autre désir. René Girard
Dans le cas d’une rivalité sexuelle, le déplacement du désir de l’objet (qui est de l’autre sexe) vers le modèle (qui est du même sexe) produit une homosexualité latente : la rivalité est structurellement homosexuelle, et elle reste latente tant que l’objet hétérosexuel du désir reste présent. Christine Orsini
On est tous des enfants: il n’y a que les prix des jouets qui changent. Anonyme
Vous ne pouvez pas imaginer combien cette idée m’a étreint, m’a enflammé, Harry. Dumbledore
Ni Dumbledore ni Grindelwald semblent jamais n’avoir évoqué cette amitié de jeunesse dans leur vie ultérieure. N’importe comment, il n’y a pas de doute que par émoi, fatalisme et ses disparitions occasionnelles, Dumbledore a retardé de cinq années son offensive contre Gellert Grindelwald. Est-ce un reste d’affection pour l’homme ou la crainte que soit révélé que celui-ci a été son meilleur ami qui l’a fait hésiter ? (…) Tomber amoureux peut nous aveugler. Rowling
La désignation d’un personnage d’Harry Potter comme homosexuel devrait beaucoup faire en faveur de la tolérance envers l’homosexualité. En présentant quelqu’un d’aussi respecté, talentueux et humain comme quelqu’un qui se trouve être gay par ailleurs, elle accrédite l’idée que l’homosexualité d’une personne n’est pas quelque chose dont il faut avoir honte. Melissa Anelli (webmaster du site de fans « the leaky cauldron »)
« Dumbledore est gay » est un peu le genre de gros titre qui vous chamboule un vendredi soir, et ce n’est certainement pas ce à quoi je m’attendais. [Mais] un personnage gay dans la série la plus populaire au monde est un grand pas en avant pour Jo Rowling et pour les droits des gays. Patrick Ross (fan de Harry Potter, Rutherford, New Jersey)
La multiplication de personnages homosexuels dans des oeuvres grand public est un élément fondamental dans la banalisation de l’homosexualité et la lutte contre l’homophobie, ce que les homophobes ont bien compris au demeurant. Je pense aussi que si les homos font partie du paysage pour les enfants, l’école ne sera plus, à terme, ce lieu d’ostracisme et de mise au placard pour les garçons et les filles qui se découvrent éprouvant ce genre de sentiments. Quand à douze, quatorze ou dix ans, on dispose de modèles positifs dans la vie comme dans la fiction, ça aide à se construire… Joannic Arnoi

Un célèbre acteur qui déclare: “Un tableau, c’est comme une femme. Il me plaît, je le veux” …

Un certain ex-maire de Neuilly qui tombe amoureux de la 3e femme d’un célébrissime animateur de télé qu’il est en train de marier …

Et à présent un maitre sorcier (certes de fiction) dont on apprend la passion cachée pour son ancien maitre et futur rival …

Comment ne pas reconnaitre tant de nos propres fonctionnements dans les comportements de nos “happy few” (la différence, c’est qu’avec eux les “jouets” coûtent plus cher)?

Et, dans le dernier cas, la confirmation par l’auteure de la série Harry Potter, à New York vendredi dernier, de l’hypothèse de René Girard du caractère structurellement homosexuel de toute rivalité sexuelle?

Et partant de la genèse de l’homosexualité par la rivalité, c’est-à-dire du détachement, par surenchère de rivalité mimétique, de l’objet que l’on se dispute pour se fixer sur le rival qui nous le dispute?

Ainsi, ce serait à l’occasion d’une bataille entre bons et mauvais sorciers qu’Albus Dumbledore, grand sorcier et directeur de l’école de sorcellerie Hogwarts (Poudlard en français), tombe amoureux de son rival malheureux Gellert Grindelwald …

Harry Potter: J.K. Rowling révèle l’homosexualité de Dumbledore

NEW YORK – Avis aux fans d’Harry Potter: les rumeurs étaient fondées. Albus Dumbledore, grand sorcier et directeur de l’école de sorcellerie Poudlard, est homosexuel.

J.K. Rowling, auteur de la saga dont le 7ème et dernier tome est paru cet été, a fait cette révélation vendredi alors qu’elle se trouvait au Carnegie Hall à New York. Après avoir fait une brève lecture publique de passages de son dernier livre, « Harry Potter et les reliques de la mort », elle a répondu aux questions.

Un jeune fan lui a demandé si Dumbledore avait trouvé l’amour. « Dumbledore est homosexuel », a répondu l’auteur, provoquant des applaudissements et des réactions d’étonnement.

Elle a ensuite expliqué que Dumbledore était tombé amoureux de Gellert Grindelwald, qu’il avait battu lors d’une bataille entre bons et mauvais sorciers. « L’amour peut rendre aveugle », a-t-elle expliqué au sujet des sentiments de Dumbledore, ajoutant que ce dernier avait été « horriblement, terriblement déçu ». L’amour de Dumbledore, a-t-elle observé, c’était sa « grande tragédie ».

Voir aussi :

In the last novel, Dumbledore’s embittered brother Aberforth reveals how the young Dumbledore was drawn to the charismatic and mysterious Grindelwald. Dumbledore is convinced he has finally found his intellectual equal and the pair plot to set up a benign dictatorship for the benefit of muggles.

However, Dumbledore ends up killing the object of his affection when he realises he has been a secret practitioner of the dark arts.

Harry Potter and the secret of Albus
The Telegraph
21/10/2007

JK Rowling has shocked fans by outing the Hogwarts headmaster, reports Chris Hastings, Arts and Media Editor

It was the secret he took to the grave: Albus Dumbledore, the benign and beloved headmaster of Hogwarts school of wizardry, was gay.

JK Rowling revealed that the object of Dumbledore’s affections was Grindelwald, a fellow wizard

JK Rowling, the author of the Harry Potter books, has revealed that the boy wizard’s mentor and substitute father had a grand passion for another man in his youth.
The outing of the elderly Dumbledore, who is Potter’s confidant and moral compass, must count as the most unlikely in literary history.

Within minutes of Rowling’s announcement in front of a group of young fans in New York on Friday the internet with awash with the news.

Rowling, 42, made her revelation after a 19-year-old fan asked her if the Dumbledore, the most important adult in Potter’s life, had ever enjoyed a real passion in his life.

She replied: « My truthful answer to you is that I have always thought of Dumbledore as gay. »

The author revealed that the object of Dumbledore’s affections was Gellert Grindelwald, a fellow wizard who is briefly mentioned in the books.

In the last novel, Dumbledore’s embittered brother Aberforth reveals how the young Dumbledore was drawn to the charismatic and mysterious Grindelwald. Dumbledore is convinced he has finally found his intellectual equal and the pair plot to set up a benign dictatorship for the benefit of muggles.

However, Dumbledore ends up killing the object of his affection when he realises he has been a secret practitioner of the dark arts.

Rowling said: « Dumbledore fell in love with Grindelwald, and that added to his horror when Grindelwald showed himself to be what he was.

« To an extent, do we say it excused Dumbledore a little more because falling in love can blind us to an extent… he was very drawn to this brilliant person, and horribly, terribly let down by him. »

Rowling said she recently had to share the secret of Dumbledore’s sexuality with scriptwriters working on the sixth Harry Potter film. « I was in a script read-through for the sixth film, and they had Dumbledore saying ‘I knew a girl once, whose hair…’ I had to write a little note in the margin and slide it along to the scriptwriter: ‘Dumbledore’s gay!’? »

Rowling told her cheering audience of fans: « If I’d known it would make you so happy, I would have announced it years ago. »

Some fans, however, have attacked the decision on religious grounds and have posted passages from scripture on Potter fan internet sites.

Melissa Anelli, the webmaster of the Leaky Cauldron, one of the most respected sites, said: « I would say about 70 per cent of the people contacting us are delighted. I think it is great that she has just presented it as a matter of fact. She is not saying it’s a reason to level judgment against him. It’s just something else about the character, like the fact that he is a teacher. »

Peter Tatchell, the gay rights campaigner, welcomed the « outing » as a victory for « tolerance and understanding ». He said: « My only disappointment is that the author didn’t make Dumbledore’s homosexuality more explicit in the books. It would have been a much more powerful message. »

Mary Bousted, the general secretary of the Association of Teachers and Lecturers, who has read all the books, disagreed. She said: « I find it unsurprising. I always had my suspicions. I am also glad that she didn’t write his sexuality into the stories. Dumbledore’s sexuality has absolutely nothing to do with the fact that he is a headmaster at Hogwarts.

Voir également:

J’ai acheté mes premiers dessins dans les années 1960. Je passais mon temps avec deux amis, qui m’ont beaucoup appris. L’un était un galeriste, qui maintenant a pris sa retraite, Claude Aubry. L’autre, c’est Pierre Cornette de Saint-Cyr. C’est ainsi que j’ai acheté un Dürer, Le Scarabée ! Un des derniers dessins existants sur le marché. Au nez et à la barbe de Malle. Pas Louis, son frère, le banquier.

Alain Delon : « Un tableau, c’est comme une femme. Il me plaît, je le veux »
Le Monde
Le 03.10.07

Alain Delon va vendre aux enchères une partie de sa collection, dont beaucoup de tableaux des années 1950, qui sera dispersée à Drouot-Montaigne le 15 octobre. Rencontre avec l’acteur, 71 ans, dans son appartement parisien, aux murs désormais presque vides.

Quand avez-vous commencé à collectionner ?

J’ai acheté mes premiers dessins dans les années 1960. Je passais mon temps avec deux amis, qui m’ont beaucoup appris. L’un était un galeriste, qui maintenant a pris sa retraite, Claude Aubry. L’autre, c’est Pierre Cornette de Saint-Cyr. C’est ainsi que j’ai acheté un Dürer, Le Scarabée ! Un des derniers dessins existants sur le marché. Au nez et à la barbe de Malle. Pas Louis, son frère, le banquier. C’était un peu comme dans L’Homme pressé : la différence entre les professionnels et moi, c’est qu’eux ont une limite. Moi, je n’en ai pas. Ils ont plus d’argent que moi, mais au-delà d’une certaine estimation, ils s’arrêtent.

Moi, j’étais tellement fou à l’époque que j’ai eu le dernier dessin de Dürer passé en vente publique… Cela devait être en 1969. Souvent je me retrouvais sans un rond. Mais comme je travaillais beaucoup, tout mon argent passait dans les dessins anciens. Il y en a qui s’achètent des voitures, d’autres qui vont aux putes, moi je préfère les tableaux.

Pourquoi le dessin ?

Parce que le dessin, c’est le premier jet, la première pensée de l’artiste. Quelque temps après, j’ai pu acquérir des tableaux, dont j’avais eu auparavant les dessins préparatoires. Mais j’étais vraiment amoureux des dessins du XVIe, du XVIIe, pas du XVIIIe et du XIXe siècle.

Pas le XVIIIe ?

Pas assez fort. Pas assez incisif ou intensif. Avant oui. Après aussi. Mes premiers dessins ont été des Lagneau . Mais ma passion, c’est Millet, mon dieu dans le dessin. Quelque chose m’attire, me fascine, alors je le veux. J’ai acheté par passion, jamais par investissement. D’abord parce que j’ai toujours trop – tout – surpayé.

Pourquoi ?

Ça n’a rien à voir, mais c’est comme une femme. Je la vois, elle me plaît, je la veux. J’achète ces dessins sur coup de cœur.

Vous avez le temps de courir les salles des ventes ?

Je n’achète pratiquement plus. Je me passionne pour les bronzes animaliers. Pour Guyot, que les gens ne connaissent pas très bien, dont j’ai sûrement la plus belle collection. J’espère bien un jour le faire connaître. Aujourd’hui, le moindre Bugatti vaut 300 000 euros. Avant, on les achetait pour rien, 1 million – je parle en anciens francs…

Je me souviens d’être allé chez Alain Lesieutre, qui faisait une partie de poker avec des copains dans sa galerie. Il y avait une panthère de Bugatti – je l’ai toujours – et je lui dis : « Dis donc ta panthère… Je passe, deux cartes… Ta panthère, tu en veux quoi? Trois millions, elle est à toi . »

Je suis parti avec. Il n’a pas arrêté de jouer pour autant. Il y avait peut-être une autre ambiance, plus de passionnés, moins d’investisseurs, plus de puristes, d’amoureux de l’art.

Vous avez collectionné avec Visconti ?

Non. Visconti n’était pas ce qu’on appelle un collectionneur. Il était amoureux de Bronzino, il avait quelques œuvres, quelques tableaux, mais pas une collection. Dans le cinéma, je ne connais pas de collectionneur. Il y a Claude Berri, qui a une très, très belle collection. Je ne vois personne d’autre. Je n’ai jamais vu chez les metteurs en scène, et encore moins chez des partenaires acteurs ou actrices, des gens qui s’intéressaient à l’art. J’ai l’impression que pour eux, il y avait autre chose à faire de son argent.

A part le dessin ?

Après le dessin, je suis venu à la peinture. Le XIXe. Avec mes maîtres : Géricault, Delacroix, Millet et Corot. Longtemps après, je suis arrivé aux fauves. En 1989-1990, j’avais vendu quarante bronzes de Bugatti pour acheter des fauves. Et c’est seulement après que je suis tombé sur l’abstraction des années 1950. Riopelle, Nicolas de Staël, Manessier ou d’autres.

Pourquoi vous en séparez-vous ?

Des raisons personnelles. Je pense plus à l’avenir de mes enfants qu’au mien. Et j’exècre ce qu’on appelle la vente dite « de succession ». Je ne peux pas envisager une vente de succession, « la vente Alain Delon »… Je ne peux pas. Pas plus que je ne pourrais penser que mes enfants se déchirent pour des choses qui leur passent au-dessus de la tête. Je préfère régler ça maintenant, c’est plus net, plus propre. Mais surtout je déteste les ventes posthumes. J’ai vu tant d’exemples… J’ai moi-même racheté des choses à des amis morts.

Pierre Cornette espère vous intéresser à l’art contemporain…

Non. Je ne crois pas. D’abord parce que ce n’est pas dans mes entrailles, mais surtout parce que je n’ai plus le temps. Et je n’en éprouve pas le besoin ni la raison. Je ne vois pas pourquoi aujourd’hui, à mon âge – même si je ne le parais pas! –, je vais me mettre à faire une collection d’un art que je n’aime pas vraiment. Quand je vois Rauschenberg ou tous ces trucs-là, ça m’emmerde.

Que vous prépariez votre succession, certes, mais imaginez qu’après la vente, on vous propose un beau Géricault ?

Je me connais. J’ai peur de craquer. Géricault, avant toutes choses, par sa peinture, qui me correspond, par sa vie, par sa mort aussi. Le dernier que j’ai acheté c’était un Cuirassier à cheval. J’ai aussi un tableau unique, un couple uni dans la mort. Peint à la morgue, sur la planche de bois qu’on tire, le buste d’un homme et une femme. Sublime. C’est à crever. Alors c’est vrai, si demain on m’amène un truc comme ça…

Propos recueillis par Harry Bellet

COMPLEMENT:

« Dumbledore est gay » (une traduction maison)

Traduction d’une dépêche parue ce soir dans The Advocate. Le commentaire est ici.

 23 octobre 2007

« Après que l’auteur J.K. Rowling a révélé que le maître sorcier Albus Dumbledore était gay, certains aspects de la relation entre celui-ci et son rival Gellert Grindelwald apparaissent sous un jour nouveau.

L’auteur britannique a stupéfié ses fans au Carnegie Hall de New-York, lorsqu’à la question d’un jeune lecteur sur les amours de Dumbledore elle a répondu qu’il était gay et qu’il était amoureux de Grindlewald, qu’il avait vaincu des années auparavant lors d’un amer combat.

« Vous ne pouvez pas imaginer combien cette idée m’a étreint, m’a enflammé, Harry » dit Dumbledore dans Harry Potter et les reliques de la mort, le septième et dernier volume de la série fantastique au succès sans précédent.

La nouvelle a suscité un choc puis des applaudissements dans le Carnegie Hall, dernière étape de la brève tournée de Rowlings aux Etats-Unis, avant de générer des millers d’e-mails sur les sites de fans d’Harry Potter à travers le monde. Quelques uns manifestaient de la déception ou de l’indifférence, mais la majorité étaient favorables.

Melissa Anelli, webmaster du site de fans « the leaky cauldron » a émis auprès d’Associated Press l’opinion que « la désignation d’un personnage d’Harry Potter comme homosexuel devrait beaucoup faire en faveur de la tolérance envers l’homosexualité ». Et d’ajouter : « En présentant quelqu’un d’aussi respecté, talentueux et humain comme quelqu’un [sic] qui se trouve être gay par ailleurs, elle accrédite l’idée que l’homosexualité d’une personne n’est pas quelque chose dont il faut avoir honte »

« « Dumbledore est gay » est un peu le genre de gros titre qui vous chamboule un vendredi soir, et ce n’est certainement pas ce à quoi je m’attendais » a renchéri Patrick Ross, un fan de Harry Potter basé à Rutherford (New Jersey), avant d’ajouter « [Mais] un personnage gay dans la série la plus populaire au monde est un grand pas en avant pour Jo Rowling et pour les droits des gays. »

Dumbledore pourrait devenir le plus célèbre personnage homosexuel de la littérature pour enfant, mais il n’est certainement pas le premier. And Tango Makes Three de Justin Richardson et Peter Parnell, qui raconte comment deux pingouins mâles élèvent un bébé pingouin, a décroché un record de plaintes de parents et d’éducateurs auprès de l’Association des bibliothèques américaines.

En 2005, la chaîne PBS avait décidé de ne pas diffuser un épisode de Postcards From Buster (Cartes-postales de mon pote) qui avait été critiqué par la secrétaire d’Etat à l’éducation Margaret Spellings parce qu’il présentait un personnage de lesbienne. Les livres de la série Harry Potter ont eux aussi subi des retraits des rayonnages des écoles et des bibliothèques, car des groupes chrétiens affirmaient qu’ils faisaient la promotion de la sorcellerie.

Dans la série de Joan Rowling, Gellert Grindelwald est un mauvais sorcier qui a terrorisé les gens une génération avant Lord Voldemort. Les lecteurs avaient entendu parler de lui dans le premier ouvrage, Harry Potter à l’école des sorciers, comme ayant été vaincu par Dumbledore. Dans Harry Potter et les reliques de la mort, les lecteurs apprennent qu’ils ont été auparavant amis.

« Ni Dumbledore ni Grindelwald semblent jamais n’avoir évoqué cette amitié de jeunesse dans leur vie ultérieure. » écrit Rowling « N’importe comment, il n’y a pas de doute que par émoi, fatalisme et ses disparitions occasionnelles, Dumbledore a retardé de cinq années son offensive contre Gellert Grindelwald. Est-ce un reste d’affection pour l’homme ou la crainte que soit révélé que celui-ci a été son meilleur ami qui l’a fait hésiter ? »

Jeune homme, le brillant et puissant Dumbledore a été contraint de retourner au domicile familial pour veiller sur sa petite soeur malade mentale et sur son jeune frère. Comme il le reconnaît auprès d’Harry, c’est un fardeau qui l’a contrarié, parce qu’il a entravé le brillant avenir auquel il se destinait.

Ultérieurement, Grindelwald, décrit par Rowling comme « aux cheveux blonds dorés, au visage enjoué », apparaît après avoir été renvoyé de sa propre école. Sa tante, Bathilda Bagshot, évoque leur rencontre : « Les garçons se sont trouvés d’emblée. » Dans une lettre à Grindelwald, Dumbledore évoque leurs plans pour prendre l’ascendant sur le monde des sorciers : « Si tu n’avais pas été renvoyé, nous ne nous serions jamais rencontrés. » Les lecteurs de la série avaient déjà spéculé à propos de Dumbledore, ayant remarqué qu’il n’avait aucune relation étroite avec des femmes et un passé trouble et mystérieux.

« Tomber amoureux peut nous aveugler » a dit Rowling vendredi à propos des sentiments de Dumbledore pour Grindelwald, ajoutant que Dumbledore avait été « horriblement, terriblement déçu. »

« Son amour, a-t-elle fait observer, a été une grande tragédie »

Hillel Italie, Associated Press

Outing Gives New Meaning to Passages About Harry Potter Wizard Dumbledore

 The Advocate

October 23, 2007

With author J.K. Rowling’s revelation that master wizard Albus Dumbledore is gay, some passages about the Hogwarts headmaster and rival wizard Gellert Grindelwald have taken on a new and clearer meaning. The British author stunned her fans at Carnegie Hall on Friday night when she answered one young reader’s question about Dumbledore by saying that he was gay and had been in love with Grindelwald, whom he had defeated years ago in a bitter fight.  »You cannot imagine how his ideas caught me, Harry, inflamed me, » Dumbledore says in Harry Potter and the Deathly Hallows, the seventh and final book in Rowling’s record-breaking fantasy series.

With author J.K. Rowling’s revelation that master wizard Albus Dumbledore is gay, some passages about the Hogwarts headmaster and rival wizard Gellert Grindelwald have taken on a new and clearer meaning.

The British author stunned her fans at Carnegie Hall in New York City on Friday night when she answered one young reader’s question about Dumbledore by saying that he was gay and had been in love with Grindelwald, whom he had defeated years ago in a bitter fight.

 »You cannot imagine how his ideas caught me, Harry, inflamed me, » Dumbledore says in Harry Potter and the Deathly Hallows, the seventh and final book in Rowling’s record-breaking fantasy series.

The news brought gasps, then applause at Carnegie Hall, the last stop on Rowling’s brief U.S. tour, and set off thousands of e-mails on Potter fan Web sites around the world. Some were dismayed, others indifferent, but most were supportive.

 »Jo Rowling calling any Harry Potter character gay would make wonderful strides in tolerance toward homosexuality, » Melissa Anelli, Webmaster of the fan site http://www.the-leaky-cauldron.org, told the Associated Press.  »By dubbing someone so respected, so talented, and so kind as someone who just happens to be also homosexual, she’s reinforcing the idea that a person’s gayness is not something of which they should be ashamed. »

 »’Dumbledore Is Gay’ is quite a headline to stumble upon on a Friday evening, and it’s certainly not what I expected, » added Potter fan Patrick Ross of Rutherford, N.J.  »[But] a gay character in the most popular series in the world is a big step for Jo Rowling and for gay rights. »

Dumbledore may now be the world’s most famous gay children’s character, but he’s hardly the first. And Tango Makes Three, a story by Justin Richardson and Peter Parnell that features two male penguins raising a baby penguin, topped the American Library Association’s latest list of books attracting the most complaints from parents and educators.

In 2005, PBS decided not to distribute an episode of Postcards From Buster that had been criticized by Secretary of Education Margaret Spellings for including lesbian characters. The Potter books themselves have long been threatened with removal from school and library shelves, with some Christians alleging that the series promotes witchcraft.

In Rowling’s fantasy series Gellert Grindelwald was a dark wizard of great power who terrorized people much in the same way Harry’s nemesis, Lord Voldemort, was to do a generation later. Readers hear of him in the first book, Harry Potter and the Sorcerer’s Stone, in a reference to how Dumbledore defeated him. In Deathly Hallows, readers learn they once had been best friends.

 »Neither Dumbledore nor Grindelwald ever seems to have referred to this brief boyhood friendship in later life, » Rowling writes.  »However, there can be no doubt that Dumbledore delayed, for some five years of turmoil, fatalities, and disappearances, his attack upon Gellert Grindelwald. Was it lingering affection for the man or fear of exposure as his once best friend that caused Dumbledore to hesitate? »

As a young man, Dumbledore, brilliant and powerful, had been forced to return home to look after his mentally ill younger sister and younger brother. It was a task he admits to Harry that he resented, because it derailed the bright future he had been looking forward to.

Then Grindelwald, described by Rowling as  »golden-haired, merry-faced, » arrived after having been expelled from his own school. Grindelwald’s aunt, Bathilda Bagshot, says of their meeting:  »The boys took to each other at once. » In a letter to Grindelwald, Dumbledore discusses their plans for gaining wizard dominance:  »If you had not been expelled we would never have met. »

Potter readers had speculated about Dumbledore, noting that he has no close relationship with women and a mysterious, troubled past.

 »Falling in love can blind us to an extent, » Rowling said Friday of Dumbledore’s feelings about Grindelwald, adding that Dumbledore was  »horribly, terribly let down. »

Dumbledore’s love, she observed, was his  »great tragedy. » (Hillel Italie, AP)


Guy Môquet: Attention une lettre peut en cacher bien d’autres (Quel texte faire lire à nos enfants demain?)

21 octobre, 2007
affiche_chateaubriantUne circulaire a été publiée fin août qui organise cette journée de commémoration. La lettre de Guy Môquet sera lue à tous les lycéens de France au côté d’autres textes de jeunes résistants français» (…) «un exercice pédagogique très important. (…) C’est un choix fondamental, il s’agit d’histoire de notre pays et même au-delà, il s’agit d’histoire universelle. David Martinon (porte-parole de l’Elysée)
Le rôle de l’école n’est pas d’inculquer l’amour de la patrie. Marie (professeur de lettres)
Nicolas Sarkozy ne nous rend pas sa mémoire en taisant son engagement politique. Olivier Dartigolles (porte-parole du PCF)

Quel texte faire lire à nos enfants demain?

Ces agents du capitalisme nous les chasserons d’ici
Pour instaurer le socialisme
Main dans la main révolution
Pour que vainque le communisme

Guy Môquet (extrait d’un poème de sa main retrouvé le jour de son arrestation)?

Ou:

Des magnats d’industrie (Schneider, de Wendel, Michelin, Mercier […]), tous, qu’ils soient juifs, catholiques, protestants ou francs-maçons, par esprit de lucre, par haine de la classe ouvrière, ont trahi notre pays et l’ont contraint à subir l’occupation étrangère.

Echantillon, cité par Le Canard enchainé de la semaine dernière, des tracts distribués par Guy Moquet durant l’été avant son arrestation, dénonçant le régime parlementaire d’avant-guerre ?

Ou alors, comme le demande notre bien-intentionné mais un peu impulsif président, sa si gentille lettre à sa mère qui sera plus tard si utile au PCF pour « faire oublier son retard à s’engager dans le combat contre l’occupant »?

Et qui, comme le faisaient remarquer des historiens, ne mentionne hélas ni la Résistance ni même la France … ?

Sans compter que, s’il part de la louable intention de rappeler à nos jeunes l’importance du sacrifice de soi contre la barbarie (et accessoirement fait rager le PCF en lui volant son martyr), il risque aussi malheureusement de faire oublier, au profit d’un membre d’un parti jusque là plutôt défaitiste, d’authentiques résistants, ceux-là.

Comme un certain André Le Moal (n° 10 sur la liste), également âgé de 17 ans, mais arrêté lui près de Nantes par les Allemands pour avoir crié: « Vive de Gaulle ! ».

Ou d’autres gaullistes de vingt ans ou moins (Jean-Pierre Glou, Frédéric Creusé, Jean Grolleau, Jean Platiau, Maurice Allano).

Ou les 51 bordelais fusillés les 23 et 24 octobre …

Voir un extrait du Bulletin officiel:

Extrait du bulletin officiel (qui mentionne 11 autres textes, dont le poème de commande « La Rose et le réséda » du stalinolâtre Aragon):

« La commémoration de la mort de Guy Môquet, de ses 26 compagnons d’infortune et de tous les autres fusillés est en effet l’occasion de rappeler aux élèves des lycées l’engagement des jeunes gens et jeunes filles de toutes régions et de tous milieux qui firent le choix de la résistance, souvent au prix de leur vie. Tous méritent que l’on se souvienne : ainsi Gilbert Dru, cet étudiant de lettres engagé très jeune dans le combat contre l’occupant nazi assassiné le 27 juillet 1944 par la Gestapo ; ou encore Jacques Baudry, Jean-Marie Arthus, Pierre Benoît, Pierre Grelot et Lucien Legros, élèves de première au lycée Buffon à Paris, qui furent fusillés par les allemands le 8 février 1943 pour faits de résistance accomplis depuis l’âge de 15 ans.

Tous ces jeunes français d’alors, passionnément attachés à la liberté au point de sacrifier leur propre vie pour défendre celle des autres, constituent un formidable exemple pour les jeunes d’aujourd’hui. Leur mémoire évoque les valeurs de liberté d’égalité et de fraternité qui font la force et la grandeur de notre pays et qui appellent le sens du devoir, le dévouement et le don de soi. Ce sont ces valeurs que le chef de l’État a souhaité honorer le jour de son investiture, lors d’une cérémonie au Monument de la Cascade du Bois de Boulogne en évoquant le souvenir de Guy Môquet : « Soyez fiers de vos aînés qui vous ont tant donné ; aimez la France car c’est votre pays et que vous n’en avez pas d’autre ».
Voir aussi l’article du Figaro sur la polémique:

Polémique autour de la lettre de Guy Môquet
Anne-Noémie Dorion et Marie-Estelle Pech.
Le Figaro
Le 15 octobre 2007

Certains enseignants se refusent à lire les derniers mots du jeune communiste fusillé le 22 octobre 1941. L’Élysée a rappelé lundi que la lecture de cette lettre était obligatoire, mais que les professeurs récalcitrants ne seraient pas sanctionnés.

C’est le dernier sujet dont l’on cause en salle des profs. Faut-il oui ou non lire, le 22 octobre, la lettre de Guy Môquet, ce jeune homme fusillé à 17 ans par les Allemands ? Les enseignants concernés, ceux d’histoire-géographie, de lettres et de philosophie, ne sont guère enthousiastes face à cet exercice imposé par bulletin officiel sur injonction du président de la République. Certains dénoncent une « ingérence politique intolérable » ou « une instrumentalisation de l’histoire au profit du politique ». « Le rôle de l’école n’est pas d’inculquer l’amour de la patrie, s’agace Marie, professeur de lettres. Un prof doit apprendre à analyser, pas séduire les esprits avec du pathétique ». À écouter les profs, les principales réticences sont pédagogiques. Qu’on impose « une date sans cohérence avec les programmes » fait bondir Sylvain, professeur d’histoire-géographie. « Parler de Guy Môquet avec mes secondes, qui étudient actuellement la Grèce antique, est aberrant. Les élèves, qui ont tendance à manquer de repères temporels, vont tout confondre. » Autre critique : la « vacuité » du texte, jugé « historiquement pauvre ». « C’est une lettre émouvante mais d’ordre privé », estime Pascal, professeur de philosophie à Tours. L’ambiguïté du message délivré est décriée. « On met en avant un simple otage transformé sur le tard en résistant par le PC », critique Henri, enseignant dans les Hauts-de-Seine. « Je doute que cette idée de sacrifice pour la patrie soit un exemple pour la jeunesse en ces temps d’actualité terroriste », note Stéphane, prof à Clichy-sous-Bois.

L’opposition à une « cérémonie commandée »

Les syndicats enseignants ne sont pas en reste. Le Snes, (principal syndicat classé à gauche) appelle ses troupes à « refuser » cette « cérémonie commandée » par Nicolas Sarkozy. Pragmatique, le SE-Unsa (classé à gauche), s’interroge sur l’efficacité « d’une lecture annuelle, surtout solennisée à outrance ». Le Snalc (classé à droite) n’appelle pas au boycott mais n’a entendu « que des critiques négatives » de ses adhérents, nombreux à refuser la lecture. L’organisation de plusieurs commémorations un brin grandiloquentes accroît l’agacement. Un lycée de Saint-Denis de la Réunion prévoit une cérémonie avec lever du drapeau, minute de silence, sonnerie aux morts et chant des partisans. Dans un lycée de Melun, l’idée d’une plaque commémorative, fabriquée par les élèves et contenant des extraits de la lettre, a agité les passions. « Vous imaginez les élèves tomber sur un sinistre »je vais mourir* chaque matin au lycée ? » se désole Martin, prof d’histoire-géographie.

Si aucune sanction n’est prévue pour les récalcitrants, beaucoup de profs « liront le texte à reculons ». Chez les autres, une autre forme de résistance s’organise. Certains ne liront pas la lettre ou se contenteront de la distribuer. D’autres piocheront dans le corpus de textes proposé par Xavier Darcos : à l’intérieur, quatre missives de résistants français et allemands, des poèmes et un texte de René Char. Serge Tisseron, président de l’association des professeurs d’histoire-géographie, juge le procédé habile : « Le corpus qui comporte des textes de résistants gaullistes, chrétiens et communistes pourrait mettre tout le monde d’accord. » Parmi les frondeurs, la principale tactique reste le contournement de l’ordre. Stéphane abordera la lettre dans le chapitre « construction des mémoires nationales après la Seconde Guerre mondiale ». Martin, lui, prépare déjà un cours sur « les mythes du héros résistant ».


Irak: C’est les Français qui avaient raison (The French were right on Iraq)

21 octobre, 2007
Images de TENES :: La BATAILLE d'ALGER :: la_bataille_d_alger_2
La Bataille d'Alger (Pontecorvo, 1957)
Amazon.fr - Contre-insurrection : Théorie et pratique - Galula ...
La vérité est que c’est les Sunnis qui ont lancé cette guerre il y a quatre ans et qu’ils l’ont perdue. Les tribus ne gagnent jamais les guerres, elles ne font que rejoindre le camp des vainqueurs. Un Irakien
L’Irak n’appartient pas seulement aux  Sunnites ou aux Chiites, ni aux Arabes ou aux Kurdes et aux Turkmènes. Aujourd’hui, nous devons relever la tête et déclarer que l’Irak est à tous les Irakiens. Ammar al-Hakim
Les insurrections sont des guerres révolutionnaires dont les résultats sont déterminés par le contrôle et l’appui de la population. La meilleure manière de penser à de telles guerres est d’imaginer le jeu de go. Chaque côté commence avec des capitaux limités, chacun a l’appui d’une minorité du territoire et de la population. Chacun a un certain nombre de capitaux dans la sphère d’influence de l’ennemi. Le jeu finit quand un côté prend le contrôle de la majorité de la population, et ainsi du territoire. Celui qui gagne le soutien populaire gagne la guerre. David Galula
Galula s’est rendu compte que bien que l’idéologie révolutionnaire soit centrale pour la création d’une insurrection, elle a très peu à voir avec les résultats sur le terrain. Ceux-ci sont déterminés par la politique et comme dans une élection, c’est la population qui choisit le gagnant. Dans les premières phases du conflit, la population reste aussi neutre que possible, essayant simplement de survivre. Puis avec l’escalade de la guerre, elle est forcée de prendre position, de miser sur l’un des belligérants et ce pari devient prophétie auto-réalisante. Car la population a une pièce maitresse sur l’échiquier: le renseignement. Une fois que les Irakiens ont décidé que nous allions gagner, ils nous ont fourni des informations sur les terroristes: qui ils étaient, où ils étaient, ce qu’ils projetaient, où leurs armes étaient cachées, et ainsi de suite. Car, pour reprendre la formule si élégante de Galula, le critère décisif pour la population est: « quel est le côté qui offre la meilleure protection, présente la plus grande menace ou est susceptible de gagner? ». Et c’est encore mieux naturellement si popularité et efficacité se combinent. » Michael Leeden

Et si c’était les Français qui avaient eu raison en Irak ?

Coalition anti-Al Qaeda des chefs de tribus sunnites de la province d’Anbar pour aider à l’expulsion du groupe terroriste de leur ancien repaire …

Rencontre il y a quelques jours du fils et successeur présumé du plus important chef politique chiite du pays Abdul Aziz al-Hakim avec les chefs de tribus sunnites d’Anbar et appel à l’unité nationale …

Pèlerinage le mois dernier au centre du chiisme irakien de Najaf du vice-président sunnite Tariq par Al-Hashemi et rencontre avec la plus haute autorité religieuse du pays, le grand Ajatollah Ali Sistani …

Réunions de réconciliation entre ecclésiastiques chrétiens, sunnites et chiites à Bagdad sous l’égide de l’Anglican Andrew White …

Autant de mauvaises nouvelles, malgré les incessants efforts des semeurs de chaos iraniens, pour les hérauts du bourbier irakien.

Mais surtout…

Ultime consécration pour les pacificateurs français de l’Algérie …

Notamment l’ex-St Cyrien David Galula et auteur du manuel de référence de la contre-insurrection (« Guerre de contre-insurrection: Théorie et pratique », 1964) !

Victory Is Within Reach in Iraq
Michael A. Ledeen
WSJ
October 20, 2007

Should we declare victory over al Qaeda in the battle of Iraq?

The very question would have seemed proof of dementia only a few months ago, yet now some highly respected military officers, including the commander of Special Forces in Iraq, Gen. Stanley McCrystal, reportedly feel it is justified by the facts on the ground.

These people are not suggesting that the battle is over. They all insist that there is a lot of fighting ahead, and even those who believe that al Qaeda is crashing and burning in a death spiral on the Iraqi battlefields say that the surviving terrorists will still be able to kill coalition forces and Iraqis. But there is relative tranquility across vast areas of Iraq, even in places that had been all but given up for lost barely more than a year ago. It may well be that those who confidently declared the war definitively lost will have to reconsider.

Almost exactly 13 months ago, the top Marine intelligence officer in Iraq wrote that the grim situation in Anbar province would continue to deteriorate unless an additional division was sent in, along with substantial economic aid. Today, Marine leaders are musing openly about clearing out of Anbar, not because it is a lost cause, but because we have defeated al Qaeda there.

In Fallujah, enlisted marines have complained to an officer of my acquaintance: « There’s nobody to shoot here, sir. If it’s just going to be building schools and hospitals, that’s what the Army is for, isn’t it? » Throughout the area, Sunni sheikhs have joined the Marines to drive out al Qaeda, and this template has spread to Diyala Province, and even to many neighborhoods in Baghdad itself, where Shiites are fighting their erstwhile heroes in the Mahdi Army.

British troops are on their way out of Basra, and it was widely expected that Iranian-backed Shiite militias would impose a brutal domination of the city, That hasn’t happened. Lt. Col. Patrick Sanders, stationed near Basra, confirmed that violence in Basra has dropped precipitously in recent weeks. He gives most of the credit to the work of Iraqi soldiers and police.

As evidence of success mounts, skeptics often say that while military operations have gone well, there is still no sign of political movement to bind up the bloody wounds in the Iraqi body politic. Recent events suggest otherwise. Just a few days ago, Ammar al-Hakim, the son of and presumed successor to the country’s most important Shiite political leader, Abdul Aziz al-Hakim, went to Anbar’s capital, Ramadi, to meet with Sunni sheikhs. The act, and his words, were amazing. « Iraq does not belong to the Sunnis or the Shiites alone; nor does it belong to the Arabs or the Kurds and Turkomen, » he said. « Today, we must stand up and declare that Iraq is for all Iraqis. »

Mr. Hakim’s call for national unity mirrors last month’s pilgrimage to Najaf, the epicenter of Iraqi Shiism, by Vice President Tariq al-Hashemi, a Sunni. There he visited Grand Ayatollah Ali al-Sistani, the top Shiite cleric. The visit symbolically endorsed Mr. Sistani’s role as the most authoritative religious figure in Iraq. Mr. Hashemi has also been working closely with Mr. Hakim’s people, as well as with the Kurds. Elsewhere, similar efforts at ecumenical healing proceed rapidly. As Robert McFarlane reported in these pages, Baghdad’s Anglican Canon, Andrew White, has organized meetings of leading Iraqi Christian, Sunni and Shiite clerics, all of whom called for nation-wide reconciliation.

The Iraqi people seem to be turning against the terrorists, even against those who have been in cahoots with the terror masters in Tehran. As Col. Sanders puts it, « while we were down in Basra, an awful lot of the violence against us was enabled, sponsored and equipped by. . . Iran. [But] what has united a lot of the militias was a sense of Iraqi nationalism, and they resent interference by Iran. »

How is one to explain this turn of events? While our canny military leaders have been careful to give the lion’s share of the credit to terrorist excesses and locals’ courage, the most logical explanation comes from the late David Galula, the French colonel who fought in Algeria and then wrote « Counterinsurgency Warfare: Theory and Practice » in the 1960s. He argued that insurgencies are revolutionary wars whose outcome is determined by control of, and support from, the population. The best way to think about such wars is to imagine the board game of Go. Each side starts with limited assets, each has the support of a minority of the territory and the population. Each has some assets within the enemy’s sphere of influence. The game ends when one side takes control of the majority of the population, and thus the territory.

Whoever gains popular support wins the war. Galula realized that while revolutionary ideology is central to the creation of an insurgency, it has very little to do with the outcome. That is determined by politics, and, just as in an election, the people choose the winner.

In the early phases of the conflict, the people remain as neutral as they can, simply trying to stay alive. As the war escalates, they are eventually forced to make a choice, to place a bet, and that bet becomes a self-fulfilling prophecy. The people have the winning piece on the board: intelligence. Once the Iraqis decided that we were going to win, they provided us with information about the terrorists: who they were, where they were, what they were planning, where their weapons were stashed, and so forth.

It’s easy to say, but quite beside the point, that any smart Iraqi would prefer us to the terrorists. We’re short-termers, while the terrorists promise to stay forever and make Iraq part of an oppressive caliphate. We’re going to leave in a few years, and put the country in Iraqi hands, while the terrorists — many of whom are the cat’s-paws of foreign powers — intend to turn the place into an alien domain. We promise freedom, while the jihadis impose clerical fascism and slaughter their fellow Arab Muslims.

But that preference isn’t enough to explain the dramatic turnaround — the nature of the terrorists was luminously clear a year ago, when the battle for Iraq was going badly. As Galula elegantly observed, « which side gives the best protection, which one threatens the most, which one is likely to win, these are the criteria governing the population’s stand. So much the better, of course, if popularity and effectiveness are combined. »

The turnaround took place because we started to defeat the terrorists, at a time that roughly coincides with the surge. There is a tendency to treat the surge as a mere increase in numbers, but its most important component was the change in doctrine. Instead of keeping too many of our soldiers off the battlefield in remote and heavily fortified mega-bases, we put them into the field. Instead of reacting to the terrorists’ initiatives, we went after them. No longer were we going to maintain the polite fiction that we were in Iraq to train the locals so that they could fight the war. Instead, we aggressively engaged our enemies. It was at that point that the Iraqi people placed their decisive bet.

Herschel Smith, of the blog Captain’s Journal, puts it neatly in describing the events in Anbar: « There is no point in fighting forces (U.S. Marines) who will not be beaten and who will not go away. » We were the stronger horse, and the Iraqis recognized it.

No doubt Gen. David Petraeus and Lt. Gen. Raymond Odierno know all this. It is, after all, their strategy that has produced the good news. Their reluctance to take credit for the defeat of al Qaeda and other terrorists in Iraq is due to the uncertain outcome of the big battle now being waged here at home. They, and our soldiers, fear that the political class in Washington may yet snatch defeat from the jaws of victory. They know that Iran and Syria still have a free shot at us across long borders, and Gen. Petraeus told Congress last month that it would not be possible to win in Iraq if our mission were restricted to that country.

Not a day goes by without one of our commanders shouting to the four winds that the Iranians are operating all over Iraq, and that virtually all the suicide terrorists are foreigners, sent in from Syria. We have done great damage to their forces on the battlefield, but they can always escalate, and we still have no policy to direct against the terror masters in Damascus and Tehran. That problem is not going to be resolved by sound counterinsurgency strategy alone, no matter how brilliantly executed.

Mr. Ledeen is resident scholar at the American Enterprise Institute. His book, « The Iranian Time Bomb, » was recently published by St. Martin’s Press


Russie: Au secours, le camp de la paix revient! (Who’ll stop Putin?)

17 octobre, 2007
J’ai l’impression que nos positions se sont très fortement rapprochées. J’ai senti une convergence. (…) J’ai trouvé un homme qui réfléchit, qui pèse le pour et le contre. un homme direct, courageux, déterminé. Le portrait qu’on a fait de Poutine me semble réducteur par rapport à la personnalité que j’avais devant moi … Nicolas Sarkozy
Nous n’avons pas d’informations selon lesquelles l’Iran aspire à produire des armes nucléaires. Nous n’avons pas de telles données objectives, c’est pourquoi nous partons du principe que l’Iran n’a pas de tels plans. Poutine

Poutine plus fort que le Terminator!

Emprisonnement ou empoisonnement d’opposants, assassinats de journalistes, nomination de son futur successeur, annonce de son éventuel retour, à quelques mois de son dernier mandat légal, comme (!) Premier ministre

Camouflet public au président Sarkozy sur le nucléaire iranien la semaine dernière, première visite hier au premier régime terroriste de la planète (excellent pour faire monter le prix du pétrole… russe!) d’un dirigeant russe depuis la révolution islamique de 78 pour consolider son contrôle du marché du transit du gaz de l’Asie Centrale vers l’Europe .…

Et maintenant (Schwartzenegger peut bien aller se rhabiller avec sa misérable loi contre les investissements des retraités californiens en Iran!), après le débauchage il y a deux ans de l’ancien chancelier Schoeder et 3e larron de l’axe anti-guerre d’Irak (pardon: « camp de la paix »),… embauche du Tyrannophilus rex en personne!

A l’heure où le Parisien annonce l’invitation de l’ancien squatter (légal) de l’Elysée à Moscou pour fêter, après sa légion d’honneur de l’an dernier, les 55 ans de l’homme fort du Kremlin, lui-même en fin de CDD mais en recherche fébrile de CDI

Rue 89 rappelle opportunément que l’ancien président français revient tout juste d’une première invitation le mois dernier dans une station balnéaire de la Mer noire au moment même où l’ancien chancelier allemand réunissait dans la ville… ses actionnaires du consortium pétrolier germano-russe!

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