Crise migratoire: Attention, un déni peut en cacher un autre ! (A long series of denials: Beyond the usual pieties and denunciations, who will talk about the hundreds of thousands of young Muslim males running away from sexual misery, the tens of thousands of ever young African females forced into sex work and in the end the many social and cultural problems of massive immigration imposed on destabilized European populations ?)

3 septembre, 2018
Nigerian women working as prostitutes in Turin, Italy.
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
D’abord, il faut que je vous dise. Il y a des gens en Occident (…) qui ont incité les gens à se rebeller contre leurs propres gouvernements (…) Et quand ces sociétés se sont révoltées et les gouvernements se sont confrontées à ces rebellions, des centaines de milliers sinon des millions de gens ont alors commencé à quitter leurs foyers,  leurs territoires et leurs terres et l’approche la plus humaine était d’accepter ces réfugiés sur votre territoire et les territoires étrangers puisque c’est vous qui êtes responsables de les avoir poussés et incités à se rebeller. Bon, c’est arrivé. Mais maintenant ce que nous essayons de faire, c’est de convaincre les pays arabes et surtout les riches (…)  est  de financer l’accueil de réfugiés syriens et irakiens et d’autres réfugiés. (…) Les pays arabes ne limitent pas l’entrée des réfugiés. Le problème, c’est que les réfugiés arrivent dans des pays qui sont aussi en difficulté mais ils vont plutôt en Turquie et de la Turquie en Grèce et dans l’UE pour trouver du travail et les équipements dont ils ont besoin. Ahmed Aboul Gheit (président de la Ligue arabe)
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées. Ahmed (violeur pakistanais)
L’accueil du réfugié, du demandeur d’asile qui fuit l’organisation Etat islamique ou les guerres récentes pèche en Occident par une surdose de naïveté : on voit, dans le réfugié, son statut, pas sa culture ; il est la victime qui recueille la projection de l’Occidental ou son sentiment de devoir humaniste ou de culpabilité. On voit le survivant et on oublie que le réfugié vient d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme. En Occident, le réfugié ou l’immigré sauvera son corps mais ne va pas négocier sa culture avec autant de facilité, et cela, on l’oublie avec dédain. Sa culture est ce qui lui reste face au déracinement et au choc des nouvelles terres. Le rapport à la femme, fondamental pour la modernité de l’Occident, lui restera parfois incompréhensible pendant longtemps lorsqu’on parle de l’homme lambda. Il va donc en négocier les termes par peur, par compromis ou par volonté de garder « sa culture », mais cela changera très, très lentement. Il suffit de rien, du retour du grégaire ou d’un échec affectif pour que cela revienne avec la douleur. Les adoptions collectives ont ceci de naïf qu’elles se limitent à la bureaucratie et se dédouanent par la charité. Le réfugié est-il donc « sauvage » ? Non. Juste différent, et il ne suffit pas d’accueillir en donnant des papiers et un foyer collectif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer. L’Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le guérir. (…) C’est cette liberté que le réfugié, l’immigré, veut, désire mais n’assume pas. L’Occident est vu à travers le corps de la femme : la liberté de la femme est vue à travers la catégorie religieuse de la licence ou de la « vertu ». Le corps de la femme est vu non comme le lieu même de la liberté essentielle comme valeur en Occident, mais comme une décadence : on veut alors le réduire à la possession, ou au crime à « voiler ». La liberté de la femme en Occident n’est pas vue comme la raison de sa suprématie mais comme un caprice de son culte de la liberté. A Cologne, l’Occident (celui de bonne foi) réagit parce qu’on a touché à « l’essence » de sa modernité, là où l’agresseur n’a vu qu’un divertissement, un excès d’une nuit de fête et d’alcool peut-être. Cologne, lieu des fantasmes donc. Ceux travaillés des extrêmes droites qui crient à l’invasion barbare et ceux des agresseurs qui veulent le corps nu car c’est un corps « public » qui n’est propriété de personne. On n’a pas attendu d’identifier les coupables, parce que cela est à peine important dans les jeux d’images et de clichés. De l’autre côté, on ne comprend pas encore que l’asile n’est pas seulement avoir des « papiers » mais accepter le contrat social d’une modernité. (…) Le sexe est la plus grande misère dans le “monde d’Allah”. A tel point qu’il a donné naissance à ce porno-islamisme dont font discours les prêcheurs islamistes pour recruter leurs “fidèles” : descriptions d’un paradis plus proche du bordel que de la récompense pour gens pieux, fantasme des vierges pour les kamikazes, chasse aux corps dans les espaces publics, puritanisme des dictatures, voile et burqa. (…)  Cologne est-il le signe qu’il faut fermer les portes ou fermer les yeux ? Ni l’une ni l’autre solution. Fermer les portes conduira, un jour ou l’autre, à tirer par les fenêtres, et cela est un crime contre l’humanité. Mais fermer les yeux sur le long travail d’accueil et d’aide, et ce que cela signifie comme travail sur soi et sur les autres, est aussi un angélisme qui va tuer. Les réfugiés et les immigrés ne sont pas réductibles à la minorité d’une délinquance, mais cela pose le problème des « valeurs » à partager, à imposer, à défendre et à faire comprendre. Cela pose le problème de la responsabilité après l’accueil et qu’il faut assumer. Kamel Daoud
Les révolutions arabes de 2011 avaient enthousiasmé les opinions, mais depuis la passion est retombée. On a fini par découvrir à ces mouvements des imperfections, des laideurs. Par exemple, ils auront à peine touché aux idées, à la culture, à la religion ou aux codes sociaux, surtout ceux se rapportant au sexe. Révolution ne veut pas dire modernité. Les attaques contre des femmes occidentales par des migrants arabes à Cologne, en Allemagne, la veille du jour de l’an ont remis en mémoire le harcèlement que d’autres femmes avaient subi à Tahrir durant les beaux jours de la révolution. Un rappel qui a poussé l’Occident à comprendre que l’une des grandes misères d’une bonne partie du monde dit “arabe”, et du monde musulman en général, est son rapport maladif à la femme. Dans certains endroits, on la voile, on la lapide, on la tue ; au minimum, on lui reproche de semer le désordre dans la société idéale. En réponse, certains pays européens en sont venus à produire des guides de bonne conduite pour réfugiés et migrants. (…) Ces contradictions créent des tensions insupportables : le désir n’a pas d’issue ; le couple n’est plus un espace d’intimité, mais une préoccupation du groupe. Il en résulte une misère sexuelle qui mène à l’absurde ou l’hystérique. Ici aussi on espère vivre une histoire d’amour, mais on empêche la mécanique de la rencontre, de la séduction et du flirt en surveillant les femmes, en surinvestissant la question de leur virginité et en donnant des pouvoirs à la police des moeurs. On va même payer des chirurgiens pour réparer les hymens. Dans certaines terres d’Allah, la guerre à la femme et au couple prend des airs d’inquisition. L’été, en Algérie, des brigades de salafistes et de jeunes de quartier, enrôlés grâce au discours d’imams radicaux et de télé-islamistes, surveillent les corps, surtout ceux des baigneuses en maillot. Dans les espaces publics, la police harcèle les couples, y compris les mariés. Les jardins sont interdits aux promenades d’amoureux. Les bancs sont coupés en deux afin d’empêcher qu’on ne s’y assoit côte à côte. Résultat : on fantasme ailleurs, soit sur l’impudeur et la luxure de l’Occident, soit sur le paradis musulman et ses vierges. (…) Sur le plan vestimentaire, cela donne d’autres extrêmes: d’un côté, la burqa, le voile intégral orthodoxe ; de l’autre, le voile moutabaraj (“le voile qui dévoile”), qui assortit un foulard sur la tête d’un jean slim ou d’un pantalon moulant. Sur les plages, le burquini s’oppose au bikini.(…) Certains religieux lancent des fatwas grotesques: il est interdit de faire l’amour nu, les femmes n’ont pas le droit de toucher aux bananes, un homme ne peut rester seul avec une femme collègue que si elle est sa mère de lait et qu’il l’a tétée. (…) L’Occident s’est longtemps conforté dans l’exotisme ; celui-ci disculpe les différences. L’Orientalisme rend un peu normales les variations culturelles et excuse les dérives : Shéhérazade, le harem et la danse du voile ont dispensé certains de s’interroger sur les droits de la femme musulmane. Mais aujourd’hui, avec les derniers flux d’immigrés du Moyen-Orient et d’Afrique, le rapport pathologique que certains pays du monde arabe entretiennent avec la femme fait irruption en Europe. Ce qui avait été le spectacle dépaysant de terres lointaines prend les allures d’une confrontation culturelle sur le sol même de l’Occident. Une différence autrefois désamorcée par la distance et une impression de supériorité est devenue une menace immédiate. Le grand public en Occident découvre, dans la peur et l’agitation, que dans le monde musulman le sexe est malade et que cette maladie est en train de gagner ses propres terres. Kamel Daoud
Dans une tribune publiée par le journal Le Monde le 31 janvier 2016, le journaliste et écrivain Kamel Daoud propose d’analyser « ce qui s’est passé à Cologne la nuit de la Saint-Sylvestre ». Pourtant, en lieu et place d’une analyse, cet humaniste autoproclamé livre une série de lieux communs navrants sur les réfugiés originaires de pays musulmans. (…) Loin d’ouvrir sur le débat apaisé et approfondi que requiert la gravité des faits, l’argumentation de Daoud ne fait qu’alimenter les fantasmes islamophobes d’une partie croissante du public européen, sous le prétexte de refuser tout angélisme. (…) Certainement marqué par son expérience durant la guerre civile algérienne (1992-1999), Daoud ne s’embarrasse pas de nuances et fait des islamistes les promoteurs de cette logique de mort. En miroir de cette vision asociologique qui crée de toutes pièces un espace inexistant, l’Occident apparaît comme le foyer d’une modernité heureuse et émancipatrice. La réalité des multiples formes d’inégalité et de violences faites aux femmes en Europe et en Amérique du Nord n’est bien sûr pas évoquée. Cet essentialisme radical produit une géographie fantasmée qui oppose un monde de la soumission et de l’aliénation au monde de la libération et de l’éducation. (…) Psychologiser de la sorte les violences sexuelles est doublement problématique. D’une part, c’est effacer les conditions sociales, politiques et économiques qui favorisent ces actes (parlons de l’hébergement des réfugiés ou des conditions d’émigration qui encouragent la prédominance des jeunes hommes). D’autre part, cela contribue à produire l’image d’un flot de prédateurs sexuels potentiels, car tous atteints des mêmes maux psychologiques. Pegida n’en demandait pas tant. (…) C’est ainsi bien un projet disciplinaire, aux visées à la fois culturelles et psychologiques, qui se dessine. Des valeurs doivent être « imposées » à cette masse malade, à commencer par le respect des femmes. Ce projet est scandaleux, non pas seulement du fait de l’insupportable routine de la mission civilisatrice et de la supériorité des valeurs occidentales qu’il évoque. Au-delà de ce paternaliste colonial, il revient aussi à affirmer, contre « l’angélisme qui va tuer », que la culture déviante de cette masse de musulmans est un danger pour l’Europe. Il équivaut à conditionner l’accueil de personnes qui fuient la guerre et la dévastation. En cela, c’est un discours proprement anti-humaniste, quoi qu’en dise Daoud. Après d’autres écrivains algériens comme Rachid Boudjedra ou Boualem Sansal, Kamel Daoud intervient en tant qu’intellectuel laïque minoritaire dans son pays, en lutte quotidienne contre un puritanisme parfois violent. Dans le contexte européen, il épouse toutefois une islamophobie devenue majoritaire. Derrière son cas, nous nous alarmons de la tendance généralisée dans les sociétés européennes à racialiser ces violences sexuelles. (…) Face à l’ampleur de violences inédites, il faut sans aucun doute se pencher sur les faits, comme le suggère Kamel Daoud. Encore faudrait-il pouvoir le faire sans réactualiser les mêmes sempiternels clichés islamophobes. Le fond de l’air semble l’interdire. Collectif d’anthropologues, sociologues, journalistes et historiens
Cher Kamel, il y a quelques jours, une amie tunisienne m’a envoyé une tribune parue dans Le Monde. Ce texte portait la signature de plusieurs universitaires que je connais. Des universitaires un peu bien-pensants, c’est vrai, mais, quand même, des gens qui ne sont pas tes adversaires – qui ne devraient pas être tes adversaires. Le ton de la lettre m’a dérangé. Je n’aimais pas le style de dénonciation publique, un style qui me rappelait un peu le style gauche-soviétique-puritain. Et tu dois savoir qu’en tant qu’ami je ne signerai pas de telle lettre contre toi, bien que je ne partage pas du tout les opinions que tu as exprimées dans cet article, et par la suite, même plus férocement encore, me semble-t-il, dans la tribune du New York Times. Pour moi, c’est très difficile d’imaginer que tu pourrais vraiment croire ce que tu as écrit. Ce n’était pas le Kamel Daoud que je connais et dont j’ai fait le portrait dans un long article. Nous avons beaucoup parlé des problèmes de sexe dans le monde arabo-musulman quand j’étais à Oran. Mais nous avons aussi parlé des ambiguïtés de la « culture » (mot que je n’aime pas) ; par exemple, le fait que les femmes voilées sont parfois parmi les plus émancipées sexuellement. Dans tes écrits récents, c’est comme si toute l’ambiguïté dont nous avons tant discuté, et que, plus que personne, tu pourrais analyser dans toute sa nuance, a disparu. Tu l’as fait de plus dans des publications lues par des lecteurs occidentaux qui peuvent trouver dans ce que tu écris la confirmation de préjugés et d’idées fixes. Je ne dis pas que tu l’as fait exprès, ou même que tu joues le jeu des « impérialistes ». Non, je ne t’accuse de rien. Sauf de ne pas y penser, et de tomber dans des pièges étranges et peut-être dangereux. Je pense ici surtout à l’idée selon laquelle il y aurait un rapport direct entre les événements de Cologne et l’islamisme, voire l’« Islam » tout court. Je te rappelle qu’on a vu, il y a quelques années, des événements similaires, certes pas de la même ampleur, mais quand même, lors de la parade du Puerto Rican Day à New York. Les Portoricains qui ont alors molesté des femmes dans la rue n’étaient pas sous l’influence de l’Islam mais de l’alcool… Sans preuve que l’Islam agissait sur les esprits de ces hommes à Cologne, il me semble curieux de faire de telles propositions, et de suggérer que cette « maladie » menace l’Europe… Dans son livre La Maladie comme métaphore (Christian Bourgois, 2005), un ouvrage devenu un classique, Susan Sontag démontre que l’idée de « maladie » a une histoire pas très reluisante, souvent liée au fascisme. Les juifs, comme tu le sais, étaient considérés comme une espèce de maladie ; et les antisémites d’Europe, au XIXsiècle, à l’époque de l’émancipation, se sont montrés très préoccupés des coutumes sexuelles des juifs, et de la domination des hommes juifs sur les femmes… Les échos de cette obsession me mettent mal à l’aise. (…) Kamel, tu es tellement brillant, et tu es tendre, aussi, ça, je le sais. C’est à toi, et à toi seul, de décider comment tu veux t’engager dans la politique, mais je veux que tu saches que je m’inquiète pour toi, et j’espère que tu réfléchiras bien à tes positions… et que tu retourneras au mode d’expression qui, à mon avis, est ton meilleur genre : la littérature. J’espère que tu comprendras que je t’écris avec le sentiment de la plus profonde amitié. Adam Shatz
Nous vivons désormais une époque de sommations. Si on n’est pas d’un côté, on est de l’autre; le texte sur « Cologne », j’en avais écrit une partie, celle sur la femme, il y a des années. A l’époque, cela n’a fait réagir personne ou si peu. Aujourd’hui, l’époque a changé : des crispations poussent à interpréter et l’interprétation pousse au procès. J’avais écrit cet article et celui du New York Times début janvier; leur succession dans le temps est donc un accident et pas un acharnement de ma part. J’avais écrit, poussé par la honte et la colère contre les miens, et parce que je vis dans ce pays, dans cette terre. J’y ai dit ma pensée et mon analyse sur un aspect que l’on ne peut cacher sous prétexte de « charité culturelle ». Je suis écrivain et je n’écris pas des thèses d’universitaires. C’est une émotion aussi. Que des universitaires pétitionnent contre moi aujourd’hui, pour ce texte, je trouve cela immoral parce qu’ils ne vivent pas ma chair, ni ma terre et que je trouve illégitime sinon scandaleux que certains me servent le verdict d’islamophobie à partir de la sécurité et des conforts des capitales de l’Occident et ses terrasses. Le tout servi en forme de procès stalinien et avec le préjugé du spécialiste : je sermonne un indigène parce que je parle mieux des intérêts des autres indigènes et post-décolonisés. Et au nom des deux mais avec mon nom. Et cela m’est intolérable comme posture. Je pense que cela reste immoral de m’offrir en pâture à la haine locale sous le verdict d’islamophobie qui sert aujourd’hui aussi d’inquisition. Je pense que c’est honteux de m’accuser de cela en restant bien loin de mon quotidien et celui des miens. (…) Ces pétitionnaires embusqués ne mesurent pas la conséquence de leurs actes et du tribunal sur la vie d’autrui. (…) Comme autrefois, l’écrivain venu du froid, aujourd’hui, l’écrivain venu du monde dit « arabe » est piégé, sommé, poussé dans le dos et repoussé. La surinterprétation le guette et les médias le harcèlent pour conforter qui une vision, qui un rejet et un déni. Le sort de la femme est lié à mon avenir, à l’avenir des miens. Le désir est malade dans nos terres et le corps est encerclé. Cela, on ne peut pas le nier et je dois le dire et le dénoncer. Mais je me retrouve soudainement responsable de ce qui va être lu selon les terres et les airs. Dénoncer la théocratie ambiante chez nous devient un argument d’islamophobe ailleurs. Est-ce ma faute ? En partie. Mais c’est aussi la faute de notre époque, son mal du siècle. C’est ce qui s’est passé pour la tribune sur « Cologne ». Je l’assume mais je me retrouve désolé pour ce à quoi elle peut servir comme déni et refus d’humanité de l’Autre. L’écrivain venu des terres d’Allah se retrouve aujourd’hui au centre de sollicitations médiatiques intolérables. Je n’y peux rien mais je peux m’en soustraire : par la prudence comme je l’ai cru, mais aussi par le silence comme je le choisis désormais. Je vais donc m’occuper de littérature et en cela tu as raison. J’arrête le journalisme sous peu. Kamel Daoud
Les pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. Jeremy Harding
La guerre, la faim et l’effondrement social n’ont pas causé des migrations massives au-delà de la frontière naturelle que constitue le Sahara. Mais les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Jeremy Harding
Plus de 11 000 femmes nigérianes ont été secourues en Méditerranée l’année dernière, selon l’Office pour les migrations internationales (OMI). 80% d’entre elles faisaient l’objet d’un trafic à des fins d’exploitation sexuelle. “Il y a maintenant des filles qui n’ont que 13, 14 ou 15 ans”, m’a dit un agent anti-trafic de l’OMI. “L’Italie n’est qu’un point d’entrée. De là, elles sont dispatchées et vendues à des mères maquerelles partout en Europe.” Ben Taub
Do you have any idea how much I earn on immigrants? They’re more profitable than drugs. Salvatore Buzzi (Italian mafioso)
More than 80% of women brought to Europe from Nigeria are unknowingly “sponsored” by sex traffickers who have paid for their journey, according to the International Organization for Migration (IOM). The rest will have paid the smugglers to get them to Europe, but once they get there, will be unlikely to escape the sex-trafficking rings. (…) The centre has become a lawless place where people are easy prey for criminal gangs. The state funds these centres by giving them a sum of money for each asylum seeker, but many of them cut corners on food and other amenities, and pocket the profits. Low-level members of Italy’s various mafia organisations and Nigerian gangs come to the centre to recruit drug mules and petty criminals among the bored, idle men who have given up on the life they dreamed of when they crossed the sea. (…) Posing as asylum seekers, traffickers lure women out of the centre on the pretext of shopping trips or other excursions, and deliver them to the Nigerian women who control forced prostitution rings. They are then forced into sex work under the threat of violence, most of them – like Joy – terrorised by a curse that binds them into slavery. Several centres have become the subject of criminal investigations, revealing corruption at local and state level, and infiltration by powerful crime syndicates. Always quick to exploit new opportunities, the mafia is making vast profits off the backs of migrants. (…) Many of the Nigerian women and girls rescued from the smugglers’ boats by charities or coastguard vessels are from small villages around Benin City. Most are single and travelling alone. Many of those trafficked for sex slavery are assured by their “sponsors” that they will take care of getting the necessary documents for them once they leave the centres. Others are provided with false personal details that they are told to use for their applications. Most of the trafficked women end up with fake documents provided by Italian organised-crime groups. The documents are another link in the chain that keeps the women trapped in sexual slavery, because the madams threaten to take them away if they try to escape. In 2012, an investigation was opened into forced prostitution at Cara di Mineo, after doctors at the centre received a series of requests for abortions. In three months, the centre’s doctors performed 32 abortions on migrants – an increase of more than 200% on the year before. The authorities concluded that this was due to an increase in prostitution, along with a lack of birth control options. Because of the church’s influence over migrant care, contraception was not being distributed, and few migrants have the means to source their own. Some aid groups have since tried handing out condoms. In December 2016, four Nigerian asylum seekers were arrested in Cara di Mineo, accused of drugging and raping a female resident. The woman had been told, like Joy, to wait on the street for someone to pick her up. Realising she was being put to work as a prostitute, she had refused to leave the camp. The men raped her as a warning – a typical punishment in sex trafficking. The theory is that if a woman realises that the penalty for refusing to prostitute herself is gang rape, she will likely agree that roadside sex is a better alternative. It is rare to meet a trafficked woman who has not been faced with this choice. After the incident, Francesco Verzera, a prosecutor with jurisdiction over Cara di Mineo, appealed to the authorities to close down the camp, stating that overcrowding and lack of supervision is creating a dangerous criminal environment. (…) Most of the residents are divided by ethnic or religious background, which has done nothing to reduce tensions and fighting. Every year at Cara di Mineo, on average, 10 migrants die while waiting for their asylum requests to be heard, killed in fights or dying from untreated medical conditions, according to Amnesty International and other aid groups that operate in the centre. (…) Verzera’s investigation into criminal activity at the centre turned up inconsistencies in the record-keeping of who was living there. Many of the migrants on the official roster had long since disappeared, even though the centre, under the direction of Maccarrone, was still reimbursed €35 (£31) a day for them. By law, each migrant awaiting asylum is given an electronic card to check in and out of the centre when making outings. If they don’t check back in after three days, they are supposed to be taken off the roster, and that information sent to Rome so the reimbursement will be stopped. But Verzera says he found that migrants who had been gone for months were kept on the list for financial support. The centre was, on paper, far over capacity, and received extra funds to help with the overload when, in reality, they were taking care of far fewer people than the documents stated. In 2016, Maccarrone, who previously ran the migrant reception centre on the island of Lampedusa, came under criminal investigation for corruption at Cara di Mineo. He was accused of collusion with the mafia, and of using funds intended for the care of migrants and refugees for personal gain. Last year, Catania’s chief prosecutor, Carmelo Zuccaro, tried to make it illegal for NGO charity ships to rescue migrants at sea and bring them to Italian shores. In March 2017, in an interview with the rightwing newspaper Il Giornale, he revealed that the state had started investigations into prisons and refugee camps where extremists were recruiting migrants awaiting word on their asylum requests. (…) The alarm about radicalisation overshadowed the fact that criminal groups are recruiting migrants from the camps for forced or low-paid labour. At harvest times, men leave Cara di Mineo in the early morning and gather along a triangle of dirt off the state highway. Local farmers come in pick-up trucks, looking for i neri (“the blacks”), choosing the biggest and strongest for casual labour, harvesting tomatoes and citrus fruits. The farmers call them ragazzo or “boy”, demanding they turn around or show them how straight their backs are. It is a degrading display, made worse by the fact that they are paid a mere fraction of what Italians would be paid for the same work. Their wages are part of the illicit economy that makes up around 20% of Italy’s overall GDP. When asylum requests are rejected, applicants have one chance to appeal. If they fail, they are given a slip of paper that says they have five days to leave the country, but no means to do so. Torn-up shreds of those papers are a common sight in the ditches beside the road near the centre. Those turned down are easy bait for criminal gangs working inside the camps, who get paid for providing mafia groups with illegal cheap labour, running drugs and arms or working in the many industries those groups have infiltrated. In 2014, an investigation known as “Mafia Capitale” found that a criminal group had been running Rome’s municipal government for years. The group, which prosecutors defined as a mafia-style association, had siphoned off millions of euros intended to fund public services. The group had also infiltrated asylum centres across the country, buying and selling names and details of migrants who had long disappeared, in order to keep the per-person state funding coming. (…) Administrators in some centres are accused of taking kickbacks for selling personal details of asylum seekers who have escaped to smaller centres (some of whom don’t exist). Those in charge of the smaller centres then use the names to claim daily allowances. This is one of the reasons trafficked women have been allowed to leave so easily: their names tend to stay on the lists, and the centres continue to receive funding. As they leave, they are quickly replaced. Some centres take on more migrants than they can manage, in order to earn extra revenue, so refugees end up living in dangerously overcrowded conditions. Trafficked women who disappear to work as sex slaves have little chance of being rescued, because their absence causes no concern. Nigerian girls who are trafficked directly to madams in Naples and elsewhere are forced to do sex work to pay off large debts. Before they’ve even started work, they will owe around €60,000 (£53,000). A cut goes to the recruiter in Nigeria, a cut to the traffickers and smugglers who expedited the women’s journey, and a large portion goes to the Nigerian gang members, who must pay the Naples mafia, the Camorra, or other crime syndicates in whose territories the women will be forced to work. There are other incidentals, including room, board, clothing and rent for the space on the pavement from which they solicit sex. If we assume half of the estimated 11,000 Nigerian girls who came to Italy in 2016 generated €60,000 each through debt bondage for the madams’ gangs, the profits off those girls alone would top €300m (£264m), even after their travel costs are deducted. It can take five years or more of sexual slavery to pay the debts. Then, women are free to go, but some end up becoming madams themselves, either convinced there are lucrative profits to be made, or as an act of revenge: to visit on others what they had to endure. This cycle has continued for more than a decade, but in 2016, the number of Nigerian women who arrived by smugglers’ boats was 60% higher than the previous year. Many of the trafficked Nigerian women end up in Castel Volturno, outside Naples, known as the most lawless part of Italy. Murder rates are the highest in the country, and locals call it Beirut, or the Bronx. Sergio Nazzaro, a local journalist, says it is the Camorra’s graveyard. (…) African migrants first started coming to the area in large numbers in the 1980s, to work in the tomato fields for low wages. The Africans were not welcome to integrate with the Italians and instead set up a peripheral society where they lived outside the law, often squatting in illegally built or unfinished buildings. Italian authorities did not pay much attention to them at the time, but they were not ignored by the Camorra. By the 1990s, women started arriving in greater numbers. They were rarely hired for farm work, so many had no choice but to prostitute themselves. Many of those first prostitutes eventually became madams, controlled by Nigerian drug-smuggling gangs, who had to pay protection money to the Camorra to operate on their territory. When the gangs discovered there was a demand, madams recruited more women from Nigeria to the area. They started using traffickers to trick them into coming, eventually expanding the trade further north to Italy’s larger cities and into Europe. The Guardian
En 2015, le risque de mourir en Méditerranée (0, 37%) était inférieur au risque en France d’une personne de plus de 45 ans de subir un AVC (0, 4$%); en 2016, 363 000 migrants ont traversé la Mare nostrum (…) et 4 576 s’y sont noyés ou ont disparu, soit 1, 3% ou le double du risque de décéder apres une intervention chirurgicale – toutes catégories confondues – dans un pays industrialisé, ou encore le double du risque de mourir d’une anesthésie générale au sud du Sahara. En 2017, entre janvier et fin aout, 126 000 migrants ont traversé la Méditerranée et 2 428 ont été portés disparus, soit 1, 92%, ce qui est légèrement inférieur à la mortalité post-opératoire en chirurgie cardiaque en Europe de l’ouest (2%). Même si le risque est heureusement limité, on se demande évidemment pourquoi il ne cesse d’augmenter alors que les yeux du monde sont braqués sur la Méditerranée et que les secours devraient se perfectionner. La réponse: l’humanitaire est trop bon ! En effet, les bateaux de secours se rapprochent de plus en plus des eaux territoriales libyennes et, s’il y a danger de naufrage, n’hésitent plus à y entrer pour sauver les migrants. Si bien que les trafiquants embarquent un nombre croissant de migrants sur des embarcations toujours plus précaires (notamment des canots pneumatiques longs de 9 mètres, fabriqués en Chine, sur lesquels se serrent 130 personnes). (…) Les trafiquants emmènent donc les migrants à la limite des eaux territoriales, avant de repartir avec le moteur hors-bord dans un autre bateau en laissant les leurs clients dériver. A charge pour les humanitaires … Ceux-ci font bien, voire très bien leur travail, au risque de voir les migrants de moins en moins regardants sur la navigabilité des embarcations choisies par les trafiquants. Au cours des premiers six mois de 2017, quelque 93 000 migrants ont été secourus et transportés vers l’Italie, soit presque les trois quarts du total ayant embarqué pour la traversée pendant cette période. Stephen Smith
Je dis ça sans affolement. Quand vous avez un voisin qui en 2050 sera 5 fois plus nombreux que toute l’Europe comprise, il y a une pression migratoire qui est très forte et il faut s’arranger entre voisins (européens), il faut négocier. Il faut prendre la mesure du réel d’abord. Puis il faut des négociations entre l’Europe et l’Afrique pour éviter notamment que ses forces vives quittent le continent. Tant que l’Afrique croit à ce rythme, c’est impossible (de juguler). Tous les progrès sont noyés par la progression démographique. Il faut à un moment maitriser cette croissance démographique. C’est un problème de long terme qui se jouera sur les deux générations à venir, pas avant 2050. Toutes les régions du monde ont migré. En Europe il y avait 300 millions d’habitants et 60 millions en sont partis, dont 40 millions vers les Etats-Unis. L’Afrique ne fait que reproduire des scenarii qui ont eu lieu en Europe et en Amérique latine. Et il est évident que l’Europe va faire face à une migration très forte depuis l’Afrique, c’est inévitable. [l’aide au développement] c’est une imposture. Nous allons développer un continent d’1,3 milliards, soit l’équivalent de la Chine. Et tous ceux qui se sont développés, les millions de personnes qui sont sortis de la pauvreté ces dernières décennies – les Chinois, les Indiens -, n’en sont jamais sortis par l’aide au développement. L’aide au développement va d’abord permettre à une classe moyenne qui émerge de migrer, de partir du continent. Toutes les volontés de fermer les frontières sont inutiles. Avec 6 milliards d’euros, les européens se sont achetés la paix de 2,5 millions de migrants, bloqués en Turquie. Mais c’est cynique de parler comme ça. Les gens passeront, par une porte ou une autre. C’est inévitable. Mettez-vous à la place des Africains qui voient de telles inégalités et qui pensent à leur vie ou à leurs enfants. Nous ferions pareil à leur place. Bien sûr qu’un moment l’Afrique arrivera à retenir ses forces vives. On oublie souvent qu’un tiers des européens partis en Amérique sont revenus en Europe. Ce n’est pas forcément le bonheur d’arriver en Europe, beaucoup de migrants sont déçus, et vous préférez toujours rester parmi les vôtres ». Stephen Smith
Le problème, c’est que quand vous aidez, dans un premier temps, vous créez un horizon qui est plus large: les gens commencent à penser qu’ils peuvent bouger puisqu’ils ont aussi les moyens – il faut plusieurs milliers d’euros pour entreprendre ce voyage – et donc ce ne sont pas les plus pauvres, les plus désespérés qui partent mais ceux qui commencent à sortir la tête de l’eau. Et c’est donc cet effet de seuil qui fait que dans un premier temps l’aide aide les gens à partir. Stephen Smith
Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale. Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen. Stephen Smith
The problem of migration deaths has been created entirely by policy attempts to outlaw migration. (…) There should be no reason for Syrian refugees to be getting on these boats, except that there has been no proper pathway for safe refugee acceptance opened up. (…) It is the border controls that have forced migrants to take more dangerous routes, and that have made them more and more dependent on smugglers to cross borders. Smuggling is a reaction to border controls rather than a cause of migration in itself. Ironically, further toughening of border controls will therefore force migrants and refugees to take more risks and only increase their reliance on smugglers. Hein de Haas (Oxford University’s International Migration Institute)
 Stricter immigration policies might not be effective, because they deter potential legal migrants more than potential illegal migrants. Linguère Mously Mbaye
J’aimerais entendre des critiques contre la politique des réfugiés de Mme Merkel ailleurs qu’à l’AfD. Ahmad Mansour (écrivain allemand)
Si nous ne réduisons pas la taille de nos familles, notre pays continuera à souffrir de la pauvreté parce que les ressources disponibles ne pourront plus couvrir nos besoins. Jonathan Goodluck (ancien président nigérian)
Angela Merkel n’a pas mâché ses mots. Les images des manifestations à Chemnitz de ces deux derniers jours « n’ont pas leur place dans un Etat de droit », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Berlin avec son homologue croate. Évoquant les scènes d’agression d’étrangers par des sympathisants d’extrême droite dimanche à Chemnitz, la chancelière a parlé de « chasses collectives ». Plusieurs vidéos font état de manifestants remontés, pourchassant et s’en prenant physiquement à des étrangers le long du parcours. A l’origine de ce déferlement de haine, la mort d’un Allemand de 35 ans, poignardé dimanche matin en marge d’une fête locale. Les deux suspects de cet homicide, un Syrien de 22 ans et un Irakien de 23 ans, sont soupçonnés d’avoir « sans justification, à plusieurs reprises, porté des coups de couteau à la victime, à la suite d’une altercation », selon le Parquet. Des centaines de personnes s’étaient spontanément rassemblées pour appeler le gouvernement allemand à garantir « la sécurité des Allemands ». Une manifestation marquée par l’agression d’étrangers et de policiers. Lundi, un nouveau rassemblement à l’initiative de Pegida et de l’Alternative pour l’Allemagne (AFD) – deux formations politiques d’extrême droite – a réuni plus de 6000 sympathisants. Outre les violentes attaques dont ils ont fait l’objet, les policiers ont fait état de plusieurs manifestants faisant le salut hitlérien. Pour le parti social-démocrate, membre de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel, ces manifestations s’inscrivent dans un contexte de raidissement idéologique au plan national et international. Pour l’extrême droite allemande, cet événement est l’occasion de mobiliser l’opinion contre l’immigration et la politique du gouvernement d’Angela Merkel, à qui elle reproche d’avoir laissé entrer plus d’un million de demandeurs d’asile venant notamment de Syrie et d’Irak, en 2015 et 2016. L’hebdomadaire allemand Der Spiegel va jusqu’à comparer ces démonstrations de force à « la situation de la République de Weimar ». Une référence au régime politique démocratique né en Allemagne dans le sillage de la Première Guerre mondiale, qui dut affronter régulièrement des tentatives de déstabilisation dans la rue et finit par disparaître lors de la prise du pouvoir d’Adolf Hitler en 1933. Le Figaro
The Mediterranean boat people have been coming for more than a decade, paying small fortunes to enter the continent aboard disturbingly overpacked vessels. They began arriving after Europe’s legal migration routes shut down in the 1990s, but never have their numbers been so large – or the death toll so high. When an estimated 850 people died in a single capsizing incident last weekend, driving this year’s toll to over 1,600 – 30 times higher than the toll for the same period last year – their fate became a continent-wide crisis, provoking an emergency European Union meeting on Thursday and an outraged response from across the political spectrum. (…) An unstoppable flood of desperate poor people fleeing Africa to a new life in Europe – that is the phrase uttered, in one form or another, by headline writers and politicians to summarize the crisis. Yet, every word of that sentence is wrong. And much of the current catastrophe, most of the drowning horrors, have been caused by the failure of policy-makers to understand how wrong those words are. (…) To understand why the crisis has become so acute in 2014 and 2015, it helps to understand why it was bad once before, a decade ago; and why it suddenly stopped, almost completely, for several years, then erupted again in 2011, virtually stopped again, then came back in its most dramatic form. It obviously isn’t unstoppable: It has stopped, several times. (…) There were two reasons: First, Italy struck deals with the Arab dictators of Tunisia and Libya, paying them generously to police their beaches. Second, the post-2008 economic crisis reduced demand sharply: Migrants don’t come when there are no jobs. (In fact, there was a net outflow of migrants from Europe back to Africa at the peak of the crisis.) There was a burst of activity on this route in 2011, when the dictators were overthrown and Arabs (often middle-class and educated) left for Europe. (…) And then it fell again to negligible levels in 2012, until the huge spike of 2014 and 2015. This was hardly a constant increase in people: It has stopped and started many times. Even in its worst years, the Mediterranean boat-people flow is only a small part of the migration picture: tens of thousands of entrants in a continent of half a billion people that receives three million immigrants a year. Most Africans living in Europe are fully legal, visa-carrying immigrants who arrive at airports. Even the majority of illegal African immigrants in Europe aren’t boat people: They’re legal visitors who’ve overstayed their visas. What has compounded the matter during the past 24 months has been the conflict in Syria. While only a fraction of people fleeing that country have attempted to go to Europe – the vast majority are encamped in Turkey, Jordan or Lebanon – that fraction has multiplied the numbers of boat people dramatically in 2014 and 2015. It now accounts for perhaps half of Mediterranean boat migrants (though the boat that was the subject of last weekend’s tragedy carried passengers almost entirely from sub-Saharan Africa). Refugees tend to be temporary (the much larger exodus of asylum seekers that confronted Western Europe during the Balkan wars of the 1990s – a population shift that seemed even more intractable – mostly returned to their countries after the conflicts ended), and are dealt with through different policies than are migrants. The most insidious notion is the one that holds that the Africans on the boats are starving villagers escaping famine and death. In fact, every boat person I’ve met has been ambitious, urban, educated, and, if not middle-class (though a surprising number are, as are an even larger number of Syrian refugees), then far from subsistence peasantry. They are very poor by European standards, but often comfortable by African and Middle Eastern ones. And no wonder: The boats cost upward of $2,000 to board (and you need more money to make a start in Europe). That’s a year’s income in many African countries. (…) Linguère Mously Mbaye, a scholar at the Bonn-based Institute for the Study of Labour, conducted a study of hundreds of people in Dakar, Senegal, who were planning to make the crossing to Europe. The migrants tended not to be very poor. And they tended to be well-connected in Europe: They knew large numbers of people from their home country already living in Europe and working in similar occupations. In other words, they were tied into « migration networks » that communicated information about employment, small-business, housing and migration opportunities. Migrants tend to choose their European destinations not according to culture, language or history, but according to the number of people from their network who are living there – and also according to the economic success of their destination country. The Syrian refugees are less tactical – and not as well linked into existing economies – than the Africans, but they, too, tend to come because they have connections to people or organizations in Europe.(…) Both major studies found that the Africans who get onto the boats are not running from something awful, but running toward a specific, chosen opportunity, in employment or small business. That’s a big reason that the boat-people flows have gone up and down so dramatically: Dr. de Haas’s studies found that the main driver of cross-Mediterranean migration is not any economic or political factor in Africa but « sustained demand [in Europe] for cheap labour in agriculture, services, and other informal sectors. » Even those who are fleeing – the Syrians, some Eritreans – are choosing where they flee based on a sense of opportunity. « You saw a lot more people coming into Europe from Africa in the 1960s and 1970s than you do now, » Dr. de Haas notes. But they didn’t make headlines – or die at sea – because they weren’t illegal. The big labour shortages that required migrants (mainly seasonal) were filled because most countries allowed Africans to come and go. (…) By cracking down on these informal and seasonal movements – something that began in the early 1990s with the formation of the EU – Europe turned migration into an all-or-nothing proposition: Once you were in Europe, legally or otherwise, you stayed, because you might not get in again. As a result, Africans now come in, do some agricultural or service work, and then knock around the continent, without opportunities, once they’re done. That’s the paradox of Europe’s response to the migrant crisis: By making entry tougher, it makes illegal entry more commonplace. (…) By turning migration into an all-or-nothing proposition, there’s a risk that a temporary refuge will become a permanent settlement. The flow of people back and forth between Africa and Europe has been a part of both continents’ economies for decades. Europe’s economies need their African workers, more than ever: Germany alone expects to lose seven million working-age people to demographic change, in a fast-growing economy with virtually no unemployment, in the next 10 years. By stopping that flow through ham-fisted measures, Europe’s governments have turned the legal into the illegal, the temporary into the permanent, the routine into the desperate, and a life-improving act into a death-delivering risk. A set of decisions that were bad for both continents’ economies has left thousands of bodies floating in the sea. The Globe and Mail
To see the crisis as an event that began in 2015 and ended the following year is a mistake, because it obscures the fact that the underlying causes have not changed. (…) The European Union has perhaps the world’s most complex system to deter unwanted migrants. Since the 1990s, as borders have come down within Europe, giving most EU citizens free movement and passport-free travel, its external frontier has become increasingly militarised. Amnesty International estimates that, between 2007-2013, before the crisis, the EU spent almost €2bn on fences, surveillance systems and patrols on land or at sea. (…) in 1990, according to research by the geographer Reece Jones, 15 countries had walls or fences on their border; by the beginning of 2016, that number had risen to almost 70. (…) The UN’s refugee agency, the UNHCR, says there are more people displaced by conflict in the world today than at any point since the second world war. This is true: an estimated 66 million people are currently displaced, either within their home countries or abroad. But 86% of these remain in the developing world, not in wealthy regions such as Europe. And despite recent conflicts, according to De Haas, refugees account for around 0.3% of the world’s population; a small and relatively stable proportion. The problem is one of resources and policy, not overwhelming numbers. (…) It is also important to recognise that the stories we consume are, for the most part, commodities produced by profit-making companies. Like other commodities, their production, value and demand are driven by market forces. This can harm those at the centre of the stories, distort our understanding of a crisis and even contribute to a sense of panic – which, in turn, provokes panicked responses from the authorities. Daniel Trilling
For the past several years, the German Federal Criminal Police Office (BKA) has released an annual situation report on crime across the country, with a special emphasis on criminality among immigrants. The term « immigrants » in this context includes; asylum-seekers; those who have been allowed to stay temporarily despite not having received asylum status; illegal immigrants; and refugees who have been brought into Germany on the basis of quotas. Suspects whose asylum applications have been approved are not included. At least one immigrant was indentified as a suspect in 3,404 of the sexual offenses committed in 2016. That’s more than twice as many cases as in the previous year (see graphic below). The increase proved especially dramatic in cases of sexual assault and the sexual abuse of children. « We, as the Bavarian police, take very seriously the fact that immigration influences people’s feeling of security, » says Harald Pickert, the leader of an expert panel in the state’s Interior Ministry, which has been investigating sex crimes that have taken place in the state over the last five years. The group is seeking to identify what might have changed and what has remained the same. It is looking to answers to questions like: Where are the crimes committed? Who are the perpetrators and who are the victims? Is there something that perpetrators typically have in common? The panel exists because Bavarian Interior Minister Joachim Herrmann announced shortly before the German federal election last September that the number of rapes and serious sexual abuses had risen in Bavaria during the first half of 2017 by 47.9 percent. He said 126 of the 685 crimes could be attributed to immigrants, 91 percent more than in the same period the previous year. The latter statistic roughly reflects the findings of the BKA, but the Bavarian crime statistics additionally count those who have been granted asylum as part of its figures for the category of immigrants. Pickert, 54, a deputy police commissioner in Bavaria, ties the rise in reports of sexual offenses to several factors. One is that many German citizens first learned that groping was a punishable offense following the debate over the Cologne attacks. And a change in the law in 2016 meant that groping is no longer solely punishable as an insult, but is now explicitly considered to be sexual harassment. Previously, groping had been absent from the statistics on sexual offenses maintained by police, but now such incidents are included. « It’s that and not some change in everyday reality that explains the sudden surge in the number of crimes reported, » Pickert explains. What is conspicuous in the statistics, however, is the fact that the number of suspected German sex-crime perpetrators has either stagnated or gone down, while the number of immigrants suspected of committing such crimes has increased significantly. This trend, Pickert claims, has been visible for five years. « It’s no wonder, » he adds, since more immigrants have arrived during that time. Futhermore, he says, when compared to the German population, immigrants are more frequently young and male and are more likely to live in a large city, lack education, be unemployed and have no income. « These can all be factors that promote criminal behavior. » During the first half of 2017, Pickert says, about one-fifth of all sex crimes were committed by immigrants living in refugee housing. About 20 percent of all victims were themselves refugees, he says. This means that, at least proportionally speaking, other refugees are at particular risk of becoming victims of sexual assaults by immigrants. So, what can be done to counter this development? « Just because a certain segment of the population is conspicuous for the number of sex crimes it commits doesn’t mean we need new answers, » argues Martin Rettenberger, the director of the Center for Criminology. He says that some of the immigrants come from societies where sex offenses are more rarely punished, where these kinds of crimes are committed more frequently. « But most people quickly adapt their behaviors to their new social environment, » Rettenberger says. « Social values and norms that were once internalized can still be changed. Arabs or Africans are not intrinsically more likely to commit assaults than Europeans. » In the United States, he notes, five times as many people are victims of intentional homicide than in Germany. « And yet nobody would say Americans are more violent than Germans. » What’s key, he believes, is the background of the individual. He notes that many sex offenders have impaired impulse control, often combined with low self-esteem. In a particularly high number of cases, perpetrators have unstable personalities or have suffered trauma — and many aren’t subject to the natural controls exerted by close social relationships, having fled to Germany on their own. Unsurprisingly, such factors are more present among refugees than among other segments of the population. The « only long-term solution, if we want safety, » Rettenberger argues, is sustainable integration: education, jobs and social assistance. « I can understand any citizen who doesn’t feel like investing more money into potential sexual offenders. But I expect more from the politicians. » Der Spiegel
Si nous regardons la question de l’emploi, nous voyons que, toutes catégories confondues, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi s’élève à 6 255 800 personnes. Une économie en sous-emploi n’est pas en mesure d’absorber des millions de migrants. N’oublions pas que les vagues d’immigration des années 50-60 arrivaient dans une France en plein boom économique et où le chômage n’existait pas. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Mais surtout, l’immigration de masse pose un problème identitaire et culturel. L’Homme n’est pas qu’un homo economicus désincarné, sans histoire ni racines ; il est avant tout un être de culture. La culture européenne -fille de l’Antiquité, du judéo-christianisme et des Lumières- risque d’être submergée par des populations dont le mode de vie est incompatible avec le mode de vie européen et dont la présence massive sur notre sol ne peut aboutir qu’à des tensions. L’immigration de masse sape la cohérence, l’unité et la solidarité des sociétés occidentales. Au lieu d’une société unie, l’immigration fragmente le corps social en une multitude de communautés indifférentes, voire hostiles, les unes aux autres. Certains membres des minorités (pas tous heureusement!) refusent de s’intégrer et basculent dans la délinquance, leur haine de notre pays pouvant aller jusqu’au terrorisme. Cette crise identitaire risque bien de se transformer en crise politique. D’une part, on constate partout en Europe l’inquiétante progression des mouvements extrémistes – en Allemagne, en France, en Italie, en Grèce…. Ce phénomène politique est une conséquence directe de l’immigration. (…) Il y a quelque chose de paradoxal chez les bonnes âmes bien pensantes qui à la fois fustigent les partis extrémistes et soutiennent l’immigration. Cela est incohérent. En effet, c’est l’immigration qui nourrit les partis extrémistes et risque un jour de les amener au pouvoir. D’autre part, la crise migratoire risque de détruire l’Union européenne. 73 % des Européens considèrent que l’UE ne les protège pas. Partout, l’immigration favorise la montée des populismes. Au Royaume-Uni, le vote en faveur du Brexit s’explique en grande partie par le rejet de l’immigration. Les pays d’Europe centrale refusent tout diktat de Berlin leur enjoignant d’accepter des migrants sur son sol. L’Italie n’en peut plus, qui a vu plus de 70 000 migrants illégaux débarquer sur ses côtes depuis 2013. (…) Nous devons réduire massivement l’immigration. Pour atteindre cet objectif, nous devons reprendre le contrôle de nos frontières, suspendre le regroupement familial, lutter drastiquement contre l’immigration clandestine, rétablir la double peine. Toute personne étrangère qui commet un acte de violence ou connaît un début de criminalisation doit être aussitôt expulsée. Pour l’immigration illégale, terrorisons les passeurs en démantelant leurs réseaux, en menant des actions de guerre contre eux et en leur infligeant des peines drastiques lorsque nous les capturons. Montrons bien aux migrants que leur démarche est vaine en leur refusant systématiquement tout titre de séjour et toute aide sociale. Cela nous permettra d’arrêter l’appel d’air européen. Et faisons le savoir dans leurs pays pour décourager les tentatives. À cela doit s’ajouter, dans la plus pure tradition gaulliste, une politique humaniste, solidaire et active de codéveloppement avec les pays pauvres afin de leur permettre un développement économique, respectueux de l’environnement, créateur d’emplois et réducteur d’inégalités, de façon à réduire la tentation du départ. Nous devons aussi cesser les aventures néocoloniales dans les pays du Moyen-Orient. Sans la catastrophique Guerre en Irak en 2003, il n’y aurait pas eu Daech ni les hordes de migrants syriens et irakiens de l’été 2015. En Libye, Kadhafi n’était peut-être pas très sympathique, mais il nous rendait service en servant de verrou face à l’immigration. (…) Les nouvelles priorités sont limpides: reconstruire un État en Libye et aider ses forces armées à combattre les trafiquants d’êtres humains et à sécuriser ses frontières méridionales dans le Fezzan ; déployer, aux côtés de la marine nationale de Libye, et dans ses eaux territoriales, des navires de surveillance européens capables de ramener les naufragés ou les dinghies surchargés d’êtres humains vers leur rivage d’origine. Le littoral libyen était naguère équipé de radars de surveillance que l’Union européenne avait financés. Ils furent détruits par des frappes franco-britanniques durant la guerre de 2011 contre le régime de Kadhafi. La coopération militaire, policière, humanitaire, avec les autres États d’Afrique du nord doit évidemment se poursuivre. En Afrique noire, il faut en même temps accroître l’aide économique de l’Union européenne et la soumettre à condition. Tout d’abord, il faut être sûr que cette aide bénéficie bien aux populations et ne soit pas détournée par des administrations ou des gouvernements corrompus. Ensuite, il faut lier cette aide, c’est-à-dire la conditionner, à la mise en place d’un planning familial efficace. Soixante ans de coopération technique européenne avec l’Afrique n’ont pas réussi à y greffer le concept pourtant élémentaire de planning familial. (…) Le but de cette aide n’est pas d’industrialiser l’Afrique (ce qui ne ferait qu’augmenter les déséquilibres et donc accroître l’immigration) mais de développer des projets locaux, respectueux des sociétés traditionnelles (microcrédit, circuits courts, agriculture vivrière, biologique et équitable…). (…) C’est un jeu auquel tout le monde perd. Le trafic d’êtres humains sur lequel repose aujourd’hui l’immigration africaine est profondément délétère à la fois pour les États africains et pour les États européens. Comme je l’ai dit, l’Europe y perd sur les plans économique, culturel, sécuritaire et identitaire. L’Afrique y perd, car elle se vide de sa sève. L’émigration prive l’Afrique d’une jeunesse intelligente, entreprenante et débrouillarde. Car les 3000 euros qu’il faut payer pour le trajet y représentent une somme considérable à rassembler. Dans les pays du Continent noir, c’est un beau capital de départ pour créer une affaire, pour creuser un puits dans un village, ou pour monter une installation photovoltaïque. Bien souvent, les migrants ne sont pas les plus pauvres mais des membres de la petite classe moyenne. Dans les pays de transition comme le Niger, le trafic attire des jeunes pressés de faire fortune, les éloignant de l’élevage, de l’agriculture, de l’artisanat. Il n’est pas sain que les villages africains vivent dans l’attente des mandats qu’envoient ou qu’enverront les migrants une fois arrivés en Europe, plutôt que de chercher à se développer par eux-mêmes. Il est vital que les aides financières de l’Union européenne pour le Sahel et l’Afrique centrale aillent dans des actions qui combattent l’économie de trafic, mais aussi dans des projets agricoles ou énergétiques capables de fixer les populations sur leurs terres ancestrales. Enfin, les migrants eux-mêmes sont perdants. Ils déboursent de l’argent pour voir leurs rêves déçus. Ils attendaient le Paradis et se retrouvent perdus dans des pays où leur situation est très difficile. Les seuls gagnants, ce sont les passeurs. (…) Les passeurs sont des bandes mafieuses sans scrupule, qui promettent monts et merveilles aux migrants avant de se livrer aux pires exactions sur eux (escroquerie, racket, violences, viols, abandon en pleine mer…). Aujourd’hui, ce sont les mêmes réseaux mafieux qui procèdent indifféremment au trafic d’armes (destinées aux djihadistes), à l’acheminement de la drogue vers l’Europe, au trafic des êtres humains. Les passeurs – ces nouveaux Barbaresques – ont une méthode éprouvée. Ils entassent les candidats aux voyages dans des canots pneumatiques de fortune ; ils les poussent jusqu’aux eaux internationales à 12 nautiques du rivage libyen ; ensuite ils émettent un SOS ou appellent un centre de secours italien pour indiquer qu’un naufrage est imminent ; puis ils s’en retournent dans leurs repaires, abandonnant à leur sort leurs malheureux passagers, souvent sans eau douce ni nourriture. Le reste du voyage ne coûte plus rien aux passeurs, puisqu’il est pris en charge par les navires des marines ou des ONG européennes. Pourquoi ces derniers ne ramènent pas simplement les naufragés vers les ports les plus proches du littoral libyen? Parce qu’ils considèrent qu’il s’agirait d’un refoulement contraire au droit humanitaire international. Les nouveaux Barbaresques le savent bien, qui sont passés maîtres dans l’art d’exploiter le vieux sentiment de charité chrétienne de cette Europe si riche, si bien organisée, si sociale. (…) Sans le vouloir, certaines ONG participent, de manière gratuite, à un immense trafic, qui a dépassé depuis longtemps en chiffre d’affaires le trafic de stupéfiants. Les ONG détournent le droit d’asile. Le meilleur moyen de s’installer en Europe pour un immigré illégal est de se faire passer pour un réfugié politique et d’invoquer le droit d’asile. Celui-ci a été forgé par les Français de 1789 pour accueillir les étrangers persécutés dans leurs pays pour avoir défendu les idéaux de la Révolution française. Le droit d’asile ne peut concerner que des individus, et non pas des groupes. Il ne peut s’appliquer qu’à des gens engagés politiquement et visés personnellement à cause de leur engagement. Il ne saurait valoir pour des gens qui fuient la misère ou même la guerre. Or, on assiste aujourd’hui à un détournement massif du droit d’asile, car l’écrasante majorité des réfugiés sont des réfugiés économiques. Une fois qu’il a mis le pied sur le sol européen, le migrant sait qu’il pourra y rester à loisir, car les reconduites forcées vers l’Afrique sont statistiquement rares. Pour comprendre le problème des ONG, il faut revenir à la distinction du sociologue allemand Max Weber entre éthique de conviction et éthique de responsabilité. Ceux qui agissent selon une éthique de conviction sont certains d’eux-mêmes et agissent doctrinalement. Ils suivent des principes sans regarder les conséquences de leurs actes. Au contraire, l’éthique de responsabilité repose sur le réalisme, le pragmatisme et l’acceptation de répondre aux conséquences de ses actes. Aujourd’hui, les ONG qui viennent au secours des migrants sont dans l’éthique de conviction. Elles déposent les migrants sur les côtes italiennes et s’offrent un frisson narcissique en jouant au sauveteur. Mais après elles n’assurent pas la suite du service: elles ne se demandent pas ce que devient le migrant en question ni quelles sont les conséquences politiques et culturelles de ces migrations sur l’Europe. Pour sortir de la facilité, les membres des ONG devraient héberger eux-mêmes les migrants, les éduquer, leur trouver du travail. Peut-être auraient-ils une autre attitude (…) L’arrivée incontrôlée et en masse de migrants peu au fait de la culture européenne déstabilise profondément les États de l’UE, comme on l’a vu avec le vote référendaire britannique et le vote législatif italien. Dans les années cinquante et soixante, les peuples européens se sont exprimés par les urnes pour accepter les indépendances des ex-colonies. En revanche on ne les a jamais consultés démocratiquement sur l’immigration, qui est le phénomène social le plus important qu’ils aient connu depuis la seconde guerre mondiale. En France, la décision d’État la plus importante du dernier demi-siècle porte aussi sur la question migratoire. C’est le regroupement familial. Il a changé le visage de la société française. Il est fascinant qu’une décision aussi cruciale ait été prise sans le moindre débat démocratique préalable. Il s’agit d’un décret simple d’avril 1976, signé par le Premier ministre Jacques Chirac et contresigné par Paul Dijoud. Ce ne fut donc ni un sujet de débat, ni l’objet d’un référendum, ni une loi discutée par des représentants élus, ni même un décret discuté en Conseil des Ministres, mais un décret simple comme le Premier Ministre en prend chaque jour sur des sujets anodins. Cette mesure provoqua immédiatement un afflux très important de jeunes personnes en provenance de nos anciennes colonies d’Afrique du nord. Consultés par référendum par le général de Gaulle – qui ne voulait pas d’un «Colombey-les-deux-Mosquées» -, les Français ont accepté, en 1962, de se séparer de leurs départements d’Algérie, où une insurrection arabe brandissant le drapeau de l’islam avait surgi huit ans auparavant. Cinquante-six ans plus tard, ils voient les titres inquiets de leurs journaux: «450 islamistes vont être libérés de prison!». Ils s’aperçoivent alors qu’on leur a imposé en France une société multiculturelle, sans qu’ils l’aient réellement choisie. Jamais les Français ne furent interrogés sur l’immigration de masse, le multiculturalisme et le regroupement familial. De même, Angela Merkel (qui avait pourtant reconnu l’échec du multiculturalisme allemand en 2010) n’a pas jugé bon de consulter son peuple lorsqu’elle déclara unilatéralement que l’Allemagne accueillerait 800 000 migrants. Pourtant il s’agit là de choses fondamentales qui concernent à la fois la vie quotidienne des citoyens et l’identité profonde du pays. (…) dans une démocratie qui fonctionne, le minimum est que la population soit consultée sur l’ampleur du multiculturalisme qu’elle aura ensuite à gérer sur le long terme. Renaud Girard

Attention: un déni peut en cacher un autre !

A l’heure où déjà submergée par l’arrivée massive des millions de migrants des années 2015-2016 …

Une Europe de plus en plus divisée voit ses dirigeants dénoncer la haine qu’ils ont eux-mêmes semée chez leurs concitoyens par leur laxisme immigrationniste …

Qui rappelle que des ONG occidentales s’engagent désormais ouvertement pour faciliter – avec les risques de mortalité accrue que l’on sait pour les migrants – la tâche des passeurs et des mafias qui approvisionnent en chair fraiche les rues et les eros centers allemands ou italiens …

Qui s’étonne que fuyant la « misère sexuelle » et attirés par « l’impudeur et la luxure de l’Occident » tant de jeunes « réfugiés » musulmans hésitent à gagner ces pays arabes riches qui pourtant leur tendent les bras …

Qui ose encore dire avec l’éditorialiste du Figaro Renaud Girard

Au-delà de son obsession de la guerre d’Irak dont ce n’est pas tant l’invasion (par Bush) mais son abandon (par Obama) qui a généré l’Etat islamique…

Et contre l’angélisme de nos belles âmes et les intérêts bien compris de nos industriels en manque de main d’oeuvre bon marché pour qui, oubliant commodément – entre deux attaques au couteau ou à la voiture-bélier de « déséquilibrés » – les coûts annexes sociaux et culturels, ce sont les frontières qui créent les problèmes

Non seulement le scénario perdant-perdant qu’est devenue, entre une Afrique incapable de contrôler sa démographie qui se vide de ses forces vives et une Europe déstabilisée sur les plans économique, culturel, sécuritaire et identitaire, l’immigration de masse incontrôlée …

Mais le véritable déni de démocratie que constitue, de la part de nos dirigeants et élites protégés, son imposition à l’ensemble des populations qui doivent désormais en subir les conséquences ?

Renaud Girard : « L’immigration de masse est un scénario perdant-perdant »
Jean-Loup Bonnamy/Renaud Girard
31/08/2018
FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Alors que la question de la crise migratoire occupe l’espace médiatique et le débat public, Renaud Girard analyse les conséquences de l’immigration massive sur les pays d’Europe comme ceux d’Afrique.

Renaud Girard est correspondant de guerre et chroniqueur international du Figaro.
FIGAROVOX.- Aujourd’hui, le continent africain connaît une explosion démographique et l’Europe vieillit. Pourquoi ne pas tout simplement accepter l’immigration?

Renaud GIRARD.- Il est évident que les pays européens n’ont plus les moyens économiques, sociaux et politiques d’accueillir toute la misère du monde.

Prenons le cas de la France. Si nous regardons la question de l’emploi, nous voyons que, toutes catégories confondues, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi s’élève à 6 255 800 personnes. Une économie en sous-emploi n’est pas en mesure d’absorber des millions de migrants. N’oublions pas que les vagues d’immigration des années 50-60 arrivaient dans une France en plein boom économique et où le chômage n’existait pas. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Mais surtout, l’immigration de masse pose un problème identitaire et culturel. L’Homme n’est pas qu’un homo economicus désincarné, sans histoire ni racines ; il est avant tout un être de culture. La culture européenne -fille de l’Antiquité, du judéo-christianisme et des Lumières- risque d’être submergée par des populations dont le mode de vie est incompatible avec le mode de vie européen et dont la présence massive sur notre sol ne peut aboutir qu’à des tensions. L’immigration de masse sape la cohérence, l’unité et la solidarité des sociétés occidentales. Au lieu d’une société unie, l’immigration fragmente le corps social en une multitude de communautés indifférentes, voire hostiles, les unes aux autres. Certains membres des minorités (pas tous heureusement!) refusent de s’intégrer et basculent dans la délinquance, leur haine de notre pays pouvant aller jusqu’au terrorisme.

Cette crise migratoire peut-elle avoir de graves conséquences politiques?

Cette crise identitaire risque bien de se transformer en crise politique.

D’une part, on constate partout en Europe l’inquiètante progression des mouvements extrêmistes – en Allemagne, en France, en Italie, en Grèce…. Ce phénomène politique est une conséquence directe de l’immigration. Dans les années 70, le Front National était un obscur groupuscule de nostalgiques de l’Algérie française. Sa percée électorale à partir du début des années 80 s’explique par l’immigration massive et les craintes qu’elle suscite. Il y a quelque chose de paradoxal chez les bonnes âmes bien pensantes qui à la fois fustigent les partis extrêmistes et soutiennent l’immigration. Cela est incohérent. En effet, c’est l’immigration qui nourrit les partis extrêmistes et risque un jour de les amener au pouvoir.

D’autre part, la crise migratoire risque de détruire l’Union européenne. 73 % des Européens considèrent que l’UE ne les protège pas. Partout, l’immigration favorise la montée des populismes. Au Royaume-Uni, le vote en faveur du Brexit s’explique en grande partie par le rejet de l’immigration. Les pays d’Europe centrale refusent tout diktat de Berlin leur enjoignant d’accepter des migrants sur son sol. L’Italie n’en peut plus, qui a vu plus de 70 000 migrants illégaux débarquer sur ses côtes depuis 2013.

Sa générosité a des limites. Son nouveau ministre de l’Intérieur a prévenu que l’Europe institutionnelle jouait son existence même sur la question migratoire. Venant de la part d’un pays fondateur du Marché commun, c’est un message qu’il faut prendre au sérieux.

Mais alors comment s’y prendre concrètement pour régler le problème migratoire?

Nous devons réduire massivement l’immigration.

Pour atteindre cet objectif, nous devons reprendre le contrôle de nos frontières, suspendre le regroupement familial, lutter drastiquement contre l’immigration clandestine, rétablir la double peine. Toute personne étrangère qui commet un acte de violence ou connaît un début de criminalisation doit être aussitôt expulsée.

Pour l’immigration illégale, terrorisons les passeurs en démantelant leurs réseaux, en menant des actions de guerre contre eux et en leur infligeant des peines drastiques lorsque nous les capturons. Montrons bien aux migrants que leur démarche est vaine en leur refusant systématiquement tout titre de séjour et toute aide sociale. Cela nous permettra d’arrêter l’appel d’air européen. Et faisons le savoir dans leurs pays pour décourager les tentatives.

À cela doit s’ajouter, dans la plus pure tradition gaulliste, une politique humaniste, solidaire et active de codéveloppement avec les pays pauvres afin de leur permettre un développement économique, respectueux de l’environnement, créateur d’emplois et réducteur d’inégalités, de façon à réduire la tentation du départ.

Nous devons aussi cesser les aventures néocoloniales dans les pays du Moyen-Orient. Sans la catastrophique Guerre en Irak en 2003, il n’y aurait pas eu Daech ni les hordes de migrants syriens et irakiens de l’été 2015. En Libye, Kadhafi n’était peut-être pas très sympathique, mais il nous rendait service en servant de verrou face à l’immigration.

De manière plus précise, quelles sont les priorités pour faire face à l’afflux de migrants africains traversant la Méditerranée depuis les côtes libyennes?

Les nouvelles priorités sont limpides: reconstruire un État en Libye et aider ses forces armées à combattre les trafiquants d’êtres humains et à sécuriser ses frontières méridionales dans le Fezzan ; déployer, aux côtés de la marine nationale de Libye, et dans ses eaux territoriales, des navires de surveillance européens capables de ramener les naufragés ou les dinghies surchargés d’êtres humains vers leur rivage d’origine. Le littoral libyen était naguère équipé de radars de surveillance que l’Union européenne avait financés. Ils furent détruits par des frappes franco-britanniques durant la guerre de 2011 contre le régime de Kadhafi. La coopération militaire, policière, humanitaire, avec les autres États d’Afrique du nord doit évidemment se poursuivre.

En Afrique noire, il faut en même temps accroître l’aide économique de l’Union européenne et la soumettre à condition. Tout d’abord, il faut être sûr que cette aide bénéficie bien aux populations et ne soit pas détournée par des administrations ou des gouvernements corrompus. Ensuite, il faut lier cette aide, c’est-à-dire la conditionner, à la mise en place d’un planning familial efficace. Soixante ans de coopération technique européenne avec l’Afrique n’ont pas réussi à y greffer le concept pourtant élémentaire de planning familial.

«Si nous ne réduisons pas la taille de nos familles, notre pays continuera à souffrir de la pauvreté parce que les ressources disponibles ne pourront plus couvrir nos besoins», a reconnu Jonathan Goodluck, ancien président (2010-2015) du Nigeria. C’est de ce pays aux richesses naturelles fabuleuses, mais mal gérées et mal partagées depuis l’indépendance en 1960, que proviennent aujourd’hui le plus grand nombre de ces jeunes immigrants illégaux qui essaient par tous les moyens d’atteindre les rivages du nord de la Méditerranée. Le Nigeria comptait 34 millions d’habitants en 1960. Il en compte aujourd’hui presque 200 millions. Enfin, il faut orienter cette aide vers un développement de projets agricoles et énergétiques concrets, capables de nourrir et retenir chez elles les familles africaines. Le but de cette aide n’est pas d’industrialiser l’Afrique (ce qui ne ferait qu’augmenter les déséquilibres et donc accroître l’immigration) mais de développer des projets locaux, respectueux des sociétés traditionnelles (microcrédit, circuits courts, agriculture vivrière, biologique et équitable…).

Vous dites que l’immigration de masse est un «scénario perdant-perdant». Pouvez-nous nous expliquer ce concept?

C’est un jeu auquel tout le monde perd. Le trafic d’êtres humains sur lequel repose aujourd’hui l’immigration africaine est profondément délétère à la fois pour les États africains et pour les États européens.

Comme je l’ai dit, l’Europe y perd sur les plans économique, culturel, sécuritaire et identitaire.

L’Afrique y perd, car elle se vide de sa sève. L’émigration prive l’Afrique d’une jeunesse intelligente, entreprenante et débrouillarde. Car les 3000 euros qu’il faut payer pour le trajet y représentent une somme considérable à rassembler. Dans les pays du Continent noir, c’est un beau capital de départ pour créer une affaire, pour creuser un puits dans un village, ou pour monter une installation photovoltaïque. Bien souvent, les migrants ne sont pas les plus pauvres mais des membres de la petite classe moyenne. Dans les pays de transition comme le Niger, le trafic attire des jeunes pressés de faire fortune, les éloignant de l’élevage, de l’agriculture, de l’artisanat. Il n’est pas sain que les villages africains vivent dans l’attente des mandats qu’envoient ou qu’enverront les migrants une fois arrivés en Europe, plutôt que de chercher à se développer par eux-mêmes. Il est vital que les aides financières de l’Union européenne pour le Sahel et l’Afrique centrale aillent dans des actions qui combattent l’économie de trafic, mais aussi dans des projets agricoles ou énergétiques capables de fixer les populations sur leurs terres ancestrales.

Enfin, les migrants eux-mêmes sont perdants. Ils déboursent de l’argent pour voir leurs rêves déçus. Ils attendaient le Paradis et se retrouvent perdus dans des pays où leur situation est très difficile.

Les seuls gagnants, ce sont les passeurs.

Justement, parmi les acteurs centraux de cette immigration illégale, il y a les passeurs…

Les passeurs sont des bandes mafieuses sans scrupule, qui promettent monts et merveilles aux migrants avant de se livrer aux pires exactions sur eux (escroquerie, racket, violences, viols, abandon en pleine mer…).

Aujourd’hui, ce sont les mêmes réseaux mafieux qui procèdent indifféremment au trafic d’armes (destinées aux djihadistes), à l’acheminement de la drogue vers l’Europe, au trafic des êtres humains.

Les passeurs – ces nouveaux Barbaresques – ont une méthode éprouvée. Ils entassent les candidats aux voyages dans des canots pneumatiques de fortune ; ils les poussent jusqu’aux eaux internationales à 12 nautiques du rivage libyen ; ensuite ils émettent un SOS ou appellent un centre de secours italien pour indiquer qu’un naufrage est imminent ; puis ils s’en retournent dans leurs repaires, abandonnant à leur sort leurs malheureux passagers, souvent sans eau douce ni nourriture. Le reste du voyage ne coûte plus rien aux passeurs, puisqu’il est pris en charge par les navires des marines ou des ONG européennes. Pourquoi ces derniers ne ramènent pas simplement les naufragés vers les ports les plus proches du littoral libyen? Parce qu’ils considèrent qu’il s’agirait d’un refoulement contraire au droit humanitaire international. Les nouveaux Barbaresques le savent bien, qui sont passés maîtres dans l’art d’exploiter le vieux sentiment de charité chrétienne de cette Europe si riche, si bien organisée, si sociale.

Quel regard portez-vous sur les ONG?

Sans le vouloir, certaines ONG participent, de manière gratuite, à un immense trafic, qui a dépassé depuis longtemps en chiffre d’affaires le trafic de stupéfiants.

Les ONG détournent le droit d’asile. Le meilleur moyen de s’installer en Europe pour un immigré illégal est de se faire passer pour un réfugié politique et d’invoquer le droit d’asile. Celui-ci a été forgé par les Français de 1789 pour accueillir les étrangers persécutés dans leurs pays pour avoir défendu les idéaux de la Révolution française. Le droit d’asile ne peut concerner que des individus, et non pas des groupes. Il ne peut s’appliquer qu’à des gens engagés politiquement et visés personnellement à cause de leur engagement. Il ne saurait valoir pour des gens qui fuient la misère ou même la guerre. Or, on assiste aujourd’hui à un détournement massif du droit d’asile, car l’écrasante majorité des réfugiés sont des réfugiés économiques. Une fois qu’il a mis le pied sur le sol européen, le migrant sait qu’il pourra y rester à loisir, car les reconduites forcées vers l’Afrique sont statistiquement rares.

Pour comprendre le problème des ONG, il faut revenir à la distinction du sociologue allemand Max Weber entre éthique de conviction et éthique de responsabilité. Ceux qui agissent selon une éthique de conviction sont certains d’eux-mêmes et agissent doctrinalement. Ils suivent des principes sans regarder les conséquences de leurs actes. Au contraire, l’éthique de responsabilité repose sur le réalisme, le pragmatisme et l’acceptation de répondre aux conséquences de ses actes.

Aujourd’hui, les ONG qui viennent au secours des migrants sont dans l’éthique de conviction. Elles déposent les migrants sur les côtes italiennes et s’offrent un frisson narcissique en jouant au sauveteur. Mais après elles n’assurent pas la suite du service: elles ne se demandent pas ce que devient le migrant en question ni quelles sont les conséquences politiques et culturelles de ces migrations sur l’Europe. Pour sortir de la facilité, les membres des ONG devraient héberger eux-mêmes les migrants, les éduquer, leur trouver du travail. Peut-être auraient-ils une autre attitude.

Bien sûr, la compassion et la bienveillance sont des valeurs cardinales. Il n’est pas envisageable de laisser des gens se noyer en mer quand un navire les croise. Il faut les sauver. Mais il faut ensuite les redéposer sur les côtes libyennes, leur point de départ. Puisque de toute façon, leur présence en Europe est illégale.

Pourquoi les politiques migratoires européennes sont-elles selon vous un «déni de démocratie»?

L’arrivée incontrôlée et en masse de migrants peu au fait de la culture européenne déstabilise profondément les États de l’UE, comme on l’a vu avec le vote référendaire britannique et le vote législatif italien. Dans les années cinquante et soixante, les peuples européens se sont exprimés par les urnes pour accepter les indépendances des ex-colonies. En revanche on ne les a jamais consultés démocratiquement sur l’immigration, qui est le phénomène social le plus important qu’ils aient connu depuis la seconde guerre mondiale.

En France, la décision d’État la plus importante du dernier demi-siècle porte aussi sur la question migratoire. C’est le regroupement familial. Il a changé le visage de la société française. Il est fascinant qu’une décision aussi cruciale ait été prise sans le moindre débat démocratique préalable. Il s’agit d’un décret simple d’avril 1976, signé par le Premier ministre Jacques Chirac et contresigné par Paul Dijoud. Ce ne fut donc ni un sujet de débat, ni l’objet d’un référendum, ni une loi discutée par des représentants élus, ni même un décret discuté en Conseil des Ministres, mais un décret simple comme le Premier Ministre en prend chaque jour sur des sujets anodins. Cette mesure provoqua immédiatement un afflux très important de jeunes personnes en provenance de nos anciennes colonies d’Afrique du nord.

Consultés par référendum par le général de Gaulle – qui ne voulait pas d’un «Colombey-les-deux-Mosquées» -, les Français ont accepté, en 1962, de se séparer de leurs départements d’Algérie, où une insurrection arabe brandissant le drapeau de l’islam avait surgi huit ans auparavant. Cinquante-six ans plus tard, ils voient les titres inquiets de leurs journaux: «450 islamistes vont être libérés de prison!». Ils s’aperçoivent alors qu’on leur a imposé en France une société multiculturelle, sans qu’ils l’aient réellement choisie. Jamais les Français ne furent interrogés sur l’immigration de masse, le multiculturalisme et le regroupement familial.

De même, Angela Merkel (qui avait pourtant reconnu l’échec du multiculturalisme allemand en 2010) n’a pas jugé bon de consulter son peuple lorsqu’elle déclara unilatéralement que l’Allemagne accueillerait 800 000 migrants. Pourtant il s’agit là de choses fondamentales qui concernent à la fois la vie quotidienne des citoyens et l’identité profonde du pays.

La démocratie ne consiste-t-elle pas à interroger les populations sur les choses les plus importantes? La démocratie ne sert-elle pas à ce que les peuples puissent décider librement de leurs destins? On peut fort bien soutenir que le brassage culturel enrichit les sociétés modernes. Mais, dans une démocratie qui fonctionne, le minimum est que la population soit consultée sur l’ampleur du multiculturalisme qu’elle aura ensuite à gérer sur le long terme.

Voir aussi:

L’identité allemande plus divisée que jamais
L’identité allemande plus divisée que jamais
Madeleine Rouot

Les Echos

30/08/2018

DANS LA PRESSE ETRANGERE: Selon le « Spiegel », l’Allemagne souffre d’une crise identitaire, avec deux courants antagonistes : les « tolérants excessifs » et les « nationalistes alarmistes ».
« Hitler est-il vraiment de retour ? », s’interroge le « Spiegel », préoccupé par l’état de l’identité allemande après les manifestations d’extrême droite anti-immigration en début de semaine. « Pas Hitler lui-même… », répond Timur Vermes, écrivain allemand interrogé par le magazine allemand, « … mais l’AfD [le parti nationaliste Alternative pour l’Allemagne, NDLR] n’a aucun problème avec le fait qu’un grand nombre de ses partisans soient nazis ».

La peur d’un retour en force du national-socialisme est de plus en plus récurrente dans les milieux de gauche dont fait partie l’écrivain. Mais c’est « un milieu qui entretient exactement le genre de polarisation qu’elle accuse la droite de créer », analyse l’article. Elle cultive une forme d’arrogance morale, où tous ceux qui critiquent les réfugiés sont perçus comme « extrémistes » ou « ultranationalistes ». « J’aimerais entendre des critiques contre la politique des réfugiés de Mme Merkel ailleurs qu’à l’AfD », confie Ahmad Mansour, un écrivain allemand. Mais le sujet est devenu tabou et inabordable dans les milieux centristes. La gauche allemande aurait donc, elle aussi, une part de responsabilité dans l’essor des mouvements radicaux.

Le débat sur l’intégration n’implique aujourd’hui plus que deux courants de pensée : d’un côté « les tolérants excessifs », gardant en mémoire les ravages du nazisme, et de l’autre « les alarmistes » nationalistes, qui réagissent violemment à l’impression d’un afflux migratoire. L’Allemagne devient « un pays où la communication politique n’est plus que prise de position idéologique » entre moralisateurs et nationalistes, affirme l’article. Ce qui apporte finalement peu de solutions concrètes pour l’avenir du pays.

Voir également:

Manifestations anti-migrants en Allemagne : Merkel dénonce «la haine de la rue»
International|V.I.A avec AFP

Le Parisien

28 août 2018

La chancelière a réagi aux incidents survenus dimanche et lundi à Chemnitz, lors de manifestations d’extrême droite contre les étrangers.
Angela Merkel n’a pas mâché ses mots. Les images des manifestations à Chemnitz de ces deux derniers jours « n’ont pas leur place dans un Etat de droit », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Berlin avec son homologue croate.

De l’émoi à la haine
Évoquant les scènes d’agression d’étrangers par des sympathisants d’extrême droite dimanche à Chemnitz, la chancelière a parlé de « chasses collectives ». Plusieurs vidéos font état de manifestants remontés, pourchassant et s’en prenant physiquement à des étrangers le long du parcours.

A l’origine de ce déferlement de haine, la mort d’un Allemand de 35 ans, poignardé dimanche matin en marge d’une fête locale. Les deux suspects de cet homicide, un Syrien de 22 ans et un Irakien de 23 ans, sont soupçonnés d’avoir « sans justification, à plusieurs reprises, porté des coups de couteau à la victime, à la suite d’une altercation », selon le Parquet. Des centaines de personnes s’étaient spontanément rassemblées pour appeler le gouvernement allemand à garantir « la sécurité des Allemands ». Une manifestation marquée par l’agression d’étrangers et de policiers.

Lundi, un nouveau rassemblement à l’initiative de Pegida et de l’Alternative pour l’Allemagne (AFD) – deux formations politiques d’extrême droite – a réuni plus de 6000 sympathisants. Outre les violentes attaques dont ils ont fait l’objet, les policiers ont fait état de plusieurs manifestants faisant le salut hitlérien.

Le réveil des radicalités
Pour le parti social-démocrate, membre de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel, ces manifestations s’inscrivent dans un contexte de raidissement idéologique au plan national et international. Pour l’extrême droite allemande, cet événement est l’occasion de mobiliser l’opinion contre l’immigration et la politique du gouvernement d’Angela Merkel, à qui elle reproche d’avoir laissé entrer plus d’un million de demandeurs d’asile venant notamment de Syrie et d’Irak, en 2015 et 2016.

L’hebdomadaire allemand Der Spiegel va jusqu’à comparer ces démonstrations de force à « la situation de la République de Weimar ». Une référence au régime politique démocratique né en Allemagne dans le sillage de la Première Guerre mondiale, qui dut affronter régulièrement des tentatives de déstabilisation dans la rue et finit par disparaître lors de la prise du pouvoir d’Adolf Hitler en 1933.

« Une menace pour la cohésion de nos sociétés »
Pour le chef de la diplomatie, Heiko Maas, ce sursaut d’extrême droite doit être pris au sérieux : « Il représente une menace pour la cohésion de nos sociétés. Nous devons tout faire pour défendre […] la démocratie et la liberté, pas seulement à Chemnitz, mais partout dans le monde ». Josef Schuster, le chef du Comité central des Juifs en Allemagne, a lui aussi exprimé ses inquiétudes, jugeant que « chaque citoyen avait le devoir de s’élever contre les mouvances d’extrême droite ».

Mardi après-midi, une nouvelle manifestation prévue à Dresde, où l’extrême droite est fortement implantée, n’a rencontré que peu d’écho.

Voir encore:

Crime families have cashed in on the ‘refugee industry’.

Barbie Latza Nadeau

Joy, a young Nigerian woman, was standing in the street outside the sprawling, overcrowded Cara di Mineo reception centre for asylum seekers in central Sicily, waiting for someone to pick her up when I met her. It was late summer 2016, and the weather was still hot. She said she was 18, but looked much younger. She was wearing a faded denim jacket over a crisp white T-shirt and tight jeans, and six or seven strings of colourful beads were wrapped around her neck. A gold chain hung from her left wrist, a gift from her mother.

As we spoke, a dark car came into view and she took a couple of steps away from me to make sure whoever was driving saw her, and saw that she was alone. There were a handful of other migrants loitering along the road. The approaching car didn’t slow down, so Joy came back over to me and carried on our conversation.

The oldest of six children, Joy (not her real name) told me she had left her family in a small village in Edo state in Nigeria at the age of 15, and gone to work for a wealthy woman who owned a beauty salon in Benin City. She had since come to suspect that her parents had sold her to raise money for their younger children. “They probably had no choice,” she said as she looked down the road toward the thick citrus groves that hid the coming traffic.

There were six other girls who worked for the woman, whom Joy said they called their maman, meaning “mother”. When Joy turned 16, she went through a ceremony that bound her to the maman by a curse: if she disobeyed the maman, her family would die. A few weeks later, she was told she was moving to Italy, where she would work for her maman’s sister. She believed she would be working in a hair salon. She was given €45 (£40) and a phone number to call once she got to Italy – but no name, no address, and no documents.

Joy’s new life would turn out to be nothing like what she had expected. Instead of working for a hairdresser, she fell into the trap set by traffickers who lure women into slavery and prostitution. More than 80% of women brought to Europe from Nigeria are unknowingly “sponsored” by sex traffickers who have paid for their journey, according to the International Organization for Migration (IOM). The rest will have paid the smugglers to get them to Europe, but once they get there, will be unlikely to escape the sex-trafficking rings.

After an appalling journey, via Tripoli, which took nearly three weeks, Joy arrived at the port of Augusta on Sicily’s east coast. She had no papers or passport. All she had was an Italian phone number, which her maman had stitched into the sleeve of her jacket. When the migrants got off the boat, an armed military policeman in a bulletproof vest stood guard as another patted them down and took knives from some of the men. Those with documents were taken to a large tent lined with army cots. One woman handed out shoes and flip-flops, and another gave them bruised yellow apples from a large metal tub. An officer used a black marker pen to write a number on the migrants’ left hands. Joy was number 323.

The new arrivals were divided into groups and put on buses. Joy’s bus headed to the Cara di Mineo migrant camp, one of the biggest in Europe. In this context, Cara stands for centro di accoglienza per richiedenti asilo, or asylum seekers reception centre; cara also means “dear” in Italian, but Mineo is not a place that makes people who have risked everything for a new chance at life feel cherished. About 70km from the coast in central Sicily, it is a hellish place where the vast majority of African migrants who arrive by sea start their lengthy journey to asylum. But often, before they can obtain legal status, they are claimed by the criminal underworld.

The site was built as luxury housing for US military personnel, but it is ill-equipped to deal with the number of migrants washing up on the shores of Sicily. (At last count, it housed 4,000 people.) Accommodation blocks are often so overcrowded that people have to sleep on the floor or in tents. The buildings are overrun by cockroaches and rats that feed off festering piles of garbage, while mangy, flea-infested dogs duck in and out of holes in the razor-wire fence. Mount Etna, and its steady stream of smoke, is clearly visible in the distance.

The centre has become a lawless place where people are easy prey for criminal gangs. The state funds these centres by giving them a sum of money for each asylum seeker, but many of them cut corners on food and other amenities, and pocket the profits. Low-level members of Italy’s various mafia organisations and Nigerian gangs come to the centre to recruit drug mules and petty criminals among the bored, idle men who have given up on the life they dreamed of when they crossed the sea.

Cara di Mineo, like the Sant’Anna asylum centre in Isola di Capo Rizzuto in Calabria, and others on the mainland, has also become a hunting ground for traffickers. Posing as asylum seekers, traffickers lure women out of the centre on the pretext of shopping trips or other excursions, and deliver them to the Nigerian women who control forced prostitution rings. They are then forced into sex work under the threat of violence, most of them – like Joy – terrorised by a curse that binds them into slavery. Several centres have become the subject of criminal investigations, revealing corruption at local and state level, and infiltration by powerful crime syndicates. Always quick to exploit new opportunities, the mafia is making vast profits off the backs of migrants.


Once Joy was taken off the bus in the reception centre with the other passengers, she was given a bed in a villa with 10 Nigerian women around her age. Most of them had come to Italy to work in hair salons, and all had contact numbers to call. A Catholic charity had given Italian phone cards to all those who had been rescued, which they could use to call home. Joy still had her jacket with the phone number sewn inside. The woman who answered the phone told her to apply for political asylum using a fake name and birthdate, and never to give the phone number she had just called to anyone.

She applied for asylum the morning after she arrived, using her own birth date and the name of her younger sister. Once migrants apply for asylum, they can come and go from the centre at designated times, while they wait for word about their application, which can take months. After three days, a man Joy didn’t recognise came to find her in the camp and told her she was to wait at a roundabout down the road from the entrance every morning, and eventually someone would come for her. Joy asked how she would know who was picking her up.

“You will know,” the man told her. “Just get into the car when it stops.”

It was at that roundabout that I met Joy. When I asked her what she thought would happen when she was picked up, she said she was sure she would be taken to a beauty salon owned by her maman’s sister, where she would be given a job as a hair braider, as she had been in Benin City. She said she might have to start by cleaning floors, but that she would work her way up. I asked her if she knew that a lot of girls like her ended up as sex workers. She said she had heard about Nigerian women who ended up as prostitutes after coming to Italy, and that she would “never do that”, no matter how desperate she got.

Eventually, she had to go back inside the compound, or risk missing her evening meal. Once again, her ride had not come. I wished her good luck and gave her my phone number, which she saved in her phone before walking through the sliding metal gate back inside the centre. Later I would regret not trying to warn her in a more concrete way. At the time, she was just one of so many young women I saw sliding into the abyss.

Many of the Nigerian women and girls rescued from the smugglers’ boats by charities or coastguard vessels are from small villages around Benin City. Most are single and travelling alone. Many of those trafficked for sex slavery are assured by their “sponsors” that they will take care of getting the necessary documents for them once they leave the centres. Others are provided with false personal details that they are told to use for their applications. Most of the trafficked women end up with fake documents provided by Italian organised-crime groups. The documents are another link in the chain that keeps the women trapped in sexual slavery, because the madams threaten to take them away if they try to escape.

In 2012, an investigation was opened into forced prostitution at Cara di Mineo, after doctors at the centre received a series of requests for abortions. In three months, the centre’s doctors performed 32 abortions on migrants – an increase of more than 200% on the year before. The authorities concluded that this was due to an increase in prostitution, along with a lack of birth control options. Because of the church’s influence over migrant care, contraception was not being distributed, and few migrants have the means to source their own. Some aid groups have since tried handing out condoms.

In December 2016, four Nigerian asylum seekers were arrested in Cara di Mineo, accused of drugging and raping a female resident. The woman had been told, like Joy, to wait on the street for someone to pick her up. Realising she was being put to work as a prostitute, she had refused to leave the camp. The men raped her as a warning – a typical punishment in sex trafficking. The theory is that if a woman realises that the penalty for refusing to prostitute herself is gang rape, she will likely agree that roadside sex is a better alternative. It is rare to meet a trafficked woman who has not been faced with this choice.

After the incident, Francesco Verzera, a prosecutor with jurisdiction over Cara di Mineo, appealed to the authorities to close down the camp, stating that overcrowding and lack of supervision is creating a dangerous criminal environment. “This sort of violence will become the norm if you continue to operate a community-based asylum centre with nearly 4,000 people,” he warned. “The crimes continue to get more violent, and the growing disregard for life is a clear sign of a deteriorating situation.”


The complex that houses Cara di Mineo was built in 2005 by the Pizzarotti Company of Parma, which is still the primary contractor for US defence logistics in Italy. It was built for officers stationed at the Sigonella naval air base about 40km away. The boulevards and tree-lined streets of the compound were meant to replicate a US suburb, complete with a recreation centre, supermarket, American-style steakhouse and a coffee and pastry shop. There was a baseball diamond and American football field, along with a non-denominational house of worship that doubled as a cinema. More than 400 villas were built to accommodate the standard family of five.

In 2011, the US navy gave up its $8.5m (£6m) annual lease and returned the property to Pizzarotti. The same year, during the height of the Arab spring, Silvio Berlusconi’s government decided to lease the complex as an asylum “hot spot”, for processing the growing number of asylum seekers coming to Italy. At that time, the complex was completely locked down, and the mostly Tunisian and Moroccan migrants were held until they were repatriated. Now the people inside are called “guests” and are free to come and go once they have applied for asylum.

Ghosts of the centre’s former life remain. The playground equipment scattered throughout the compound is rusty and in disrepair, now mostly used by men in their 20s who sit on the swings and lie on the slides, whiling away the long hours. The bar is now the medical centre, and the restaurant a canteen where migrants pick up rations of rice and bananas. The recreation room is now a makeshift school, and offices have become dormitories.

Inhabitants dry their laundry next to signs protesting against the Italian government, condemning the bad food and the time it takes to process asylum requests. The compound is guarded by military police who check the asylum seekers in and out, and keep out anyone who isn’t registered. The incentive to return each night runs beyond food and shelter. They come back for the promise of documents that will allow free movement through Europe’s passport-free Schengen zone, and the right to work. Still, dozens of people disappear each month, quickly replaced by new arrivals from Sicily’s ports.

The conditions are deplorable. Most of the villas house 15 to 20 people, sleeping in bunk beds or on mattresses on floors. The villas are falling apart, and the migrants are left to do what they can to take care of maintenance with scant tools. The stench of sewage permeates the grounds, attracting rodents and insects. There is no cleaning service other than in the administrative and kitchen areas. Some of the villas are burnt out, and others are missing windows or doors. After the Americans left, Pizzarotti removed many of the amentities – from washing machines and air-conditioning units to ceiling fans and bathtubs – leaving exposed wires and holes in the walls.

Most of the residents are divided by ethnic or religious background, which has done nothing to reduce tensions and fighting. Every year at Cara di Mineo, on average, 10 migrants die while waiting for their asylum requests to be heard, killed in fights or dying from untreated medical conditions, according to Amnesty International and other aid groups that operate in the centre.

The camp’s director, Sebastiano Maccarrone, admitted in a series of media interviews in early 2016 that it was virtually impossible to protect the inhabitants. “It’s like a small city,” he said. “The big crimes get reported, but the smaller ones are usually handled among the residents.”

Verzera’s investigation into criminal activity at the centre turned up inconsistencies in the record-keeping of who was living there. Many of the migrants on the official roster had long since disappeared, even though the centre, under the direction of Maccarrone, was still reimbursed €35 (£31) a day for them. By law, each migrant awaiting asylum is given an electronic card to check in and out of the centre when making outings. If they don’t check back in after three days, they are supposed to be taken off the roster, and that information sent to Rome so the reimbursement will be stopped. But Verzera says he found that migrants who had been gone for months were kept on the list for financial support. The centre was, on paper, far over capacity, and received extra funds to help with the overload when, in reality, they were taking care of far fewer people than the documents stated.

In 2016, Maccarrone, who previously ran the migrant reception centre on the island of Lampedusa, came under criminal investigation for corruption at Cara di Mineo. He was accused of collusion with the mafia, and of using funds intended for the care of migrants and refugees for personal gain. The charges against him have since been reduced to aggravated fraud and corruption. He maintains he is innocent, and is working as a volunteer at one of the smaller migrant centres in Catania while he awaits trial.


Last year, Catania’s chief prosecutor, Carmelo Zuccaro, tried to make it illegal for NGO charity ships to rescue migrants at sea and bring them to Italian shores. In March 2017, in an interview with the rightwing newspaper Il Giornale, he revealed that the state had started investigations into prisons and refugee camps where extremists were recruiting migrants awaiting word on their asylum requests. “We have received very specific reports of recruitment activities and radicalisation,” he told the paper. “There are radicalised individuals who attract foreigners in order to incite them to fundamentalism.”

The alarm about radicalisation overshadowed the fact that criminal groups are recruiting migrants from the camps for forced or low-paid labour. At harvest times, men leave Cara di Mineo in the early morning and gather along a triangle of dirt off the state highway. Local farmers come in pick-up trucks, looking for i neri (“the blacks”), choosing the biggest and strongest for casual labour, harvesting tomatoes and citrus fruits. The farmers call them ragazzo or “boy”, demanding they turn around or show them how straight their backs are. It is a degrading display, made worse by the fact that they are paid a mere fraction of what Italians would be paid for the same work. Their wages are part of the illicit economy that makes up around 20% of Italy’s overall GDP.

When asylum requests are rejected, applicants have one chance to appeal. If they fail, they are given a slip of paper that says they have five days to leave the country, but no means to do so. Torn-up shreds of those papers are a common sight in the ditches beside the road near the centre. Those turned down are easy bait for criminal gangs working inside the camps, who get paid for providing mafia groups with illegal cheap labour, running drugs and arms or working in the many industries those groups have infiltrated.

In 2014, an investigation known as “Mafia Capitale” found that a criminal group had been running Rome’s municipal government for years. The group, which prosecutors defined as a mafia-style association, had siphoned off millions of euros intended to fund public services. The group had also infiltrated asylum centres across the country, buying and selling names and details of migrants who had long disappeared, in order to keep the per-person state funding coming.

During the investigation, one of the alleged bosses of the group, Salvatore Buzzi, was caught on a wiretap bragging about how much money he made off the backs of asylum seekers. “Do you have any idea how much I earn on immigrants?” he was heard telling an associate. “They’re more profitable than drugs.” Buzzi and his associates were sentenced to decades in prison after a trial that ended in 2017, although their sentences were reduced on appeal. Another appeal is under way.

In 2017, anti-mafia police arrested 68 people, including the local parish priest, in the Calabrian town of Isola di Capo Rizzuto, where one of the country’s largest migrant and refugee reception centres has been in operation for more than a decade. Investigators say the criminals stole tens of millions of euros in public funds intended for asylum seekers to live on while their applications were heard. Gen Giuseppe Governale, chief of the anti-mafia forces, said the centre was a lucrative source of funds for the Calabrian mafia, the ‘Ndrangheta. Prosecutor Nicola Gratteri said detectives had filmed appalling conditions inside the centre. “There was never enough food, and we managed to film the food that was on offer,” he said. “It was the kind of food we usually give to pigs.” The local mafia had set up shell companies that were being paid to provide services including feeding the migrants. (The investigation is ongoing, and no trial date has been set. The priest has denied the charges and claims he has always fought against the mafia.)

Administrators in some centres are accused of taking kickbacks for selling personal details of asylum seekers who have escaped to smaller centres (some of whom don’t exist). Those in charge of the smaller centres then use the names to claim daily allowances. This is one of the reasons trafficked women have been allowed to leave so easily: their names tend to stay on the lists, and the centres continue to receive funding. As they leave, they are quickly replaced. Some centres take on more migrants than they can manage, in order to earn extra revenue, so refugees end up living in dangerously overcrowded conditions. Trafficked women who disappear to work as sex slaves have little chance of being rescued, because their absence causes no concern. Nigerian girls who are trafficked directly to madams in Naples and elsewhere are forced to do sex work to pay off large debts. Before they’ve even started work, they will owe around €60,000 (£53,000). A cut goes to the recruiter in Nigeria, a cut to the traffickers and smugglers who expedited the women’s journey, and a large portion goes to the Nigerian gang members, who must pay the Naples mafia, the Camorra, or other crime syndicates in whose territories the women will be forced to work. There are other incidentals, including room, board, clothing and rent for the space on the pavement from which they solicit sex. If we assume half of the estimated 11,000 Nigerian girls who came to Italy in 2016 generated €60,000 each through debt bondage for the madams’ gangs, the profits off those girls alone would top €300m (£264m), even after their travel costs are deducted.

It can take five years or more of sexual slavery to pay the debts. Then, women are free to go, but some end up becoming madams themselves, either convinced there are lucrative profits to be made, or as an act of revenge: to visit on others what they had to endure. This cycle has continued for more than a decade, but in 2016, the number of Nigerian women who arrived by smugglers’ boats was 60% higher than the previous year.

Many of the trafficked Nigerian women end up in Castel Volturno, outside Naples, known as the most lawless part of Italy. Murder rates are the highest in the country, and locals call it Beirut, or the Bronx. Sergio Nazzaro, a local journalist, says it is the Camorra’s graveyard. “You can’t imagine how many bodies are buried in fields and tied to rocks at the bottom of the river.”

Most migrants live in another former military residential development, now dilapidated and controlled by the Camorra, who charge rent to squatters and trafficked women. African migrants first started coming to the area in large numbers in the 1980s, to work in the tomato fields for low wages. The Africans were not welcome to integrate with the Italians and instead set up a peripheral society where they lived outside the law, often squatting in illegally built or unfinished buildings. Italian authorities did not pay much attention to them at the time, but they were not ignored by the Camorra.

By the 1990s, women started arriving in greater numbers. They were rarely hired for farm work, so many had no choice but to prostitute themselves. Many of those first prostitutes eventually became madams, controlled by Nigerian drug-smuggling gangs, who had to pay protection money to the Camorra to operate on their territory. When the gangs discovered there was a demand, madams recruited more women from Nigeria to the area. They started using traffickers to trick them into coming, eventually expanding the trade further north to Italy’s larger cities and into Europe.

In 2016, anti-mafia police conducted an operation named “Skin Trade”, which uncovered one of the networks set up to get women out of the Cara di Mineo camp and on to the streets. Among those arrested were Nigerian women who worked with what were termed “connection men” inside the camp. The women arrested in Castel Volturno included Irene Ebhoadaghe, 44, who called herself Mummy Shade. The investigators say that in 2016 she was waiting for three young women to make their way to Naples from Cara di Mineo. One of those young women was Joy. The car she was waiting for was never going to take her to a hairdressing job. It was going to take her straight to Mummy Shade.

During the investigation, an undercover police officer was tipped off by one of the aid agencies working in Cara di Mineo, and picked Joy up on the road leading through the citrus groves. He convinced her to help them catch the people who had trafficked her, and her evidence became key to the operation’s success. Because Joy was named in the sealed arrest warrant as a victim of trafficking, after cooperating with the police, she was given asylum and moved to northern Europe to join a relative.

I caught up with Joy by email thanks to a local anti-trafficking advocate in Sicily who took an interest in her case and acted as a liaison with the court. She remembered our conversation outside Cara di Mineo.

“I was so stupid,” she wrote. “How could I have been so trusting? How could I have been so dumb?”

I wrote back to console her, telling her not to worry, that many women fell into the same trap.

She wrote again. “You knew about this. Why didn’t you tell me what was going to happen?”

I had tried, I thought, but obviously not hard enough. I admitted that I hadn’t known exactly what to do. I had no idea how to help her. I was also selfishly scared that if I intervened, I might get caught up in some sort of retaliation act, that someone might harm me or my children for taking one of the madam’s precious “assets” off the streets. She wrote back a third and final time.

“You could have saved me.”

Roadmap to Hell: Sex Drugs and Guns on the Mafia Coast by Barbie Latza Nadeau is published by Oneworld.

Voir de même:

I met Marlon, a Sudanese man who had walked across great expanses of desert to Libya, on the edge of Tripoli as he prepared to visit a remote beach at midnight and pay a hard-saved $2,000 to get onto an overcrowded, unseaworthy boat headed to Italy. He knew that the risk of death was high, so was trying to choose his boat carefully, to avoid the sort of fate that has made headlines around the world. He knew the risk too well: « My good friend paid the man and then disappeared, and then I learned that he had drowned when his ship sank, » he told me. « I want to get out of here, but not that badly. »

I met Jacques Kamra, a 27-year-old Liberian, in Madrid’s Plaza Mayor, a few weeks after he got off a similar boat. Like Marlon, he was well educated and articulate, and had made a tough gamble, and a big investment, in his family’s future to get there. « When I arrived here alive, » he told me, « I started praying every day that Spain will win the World Cup, to bring them a miracle like the one that has brought me here. » He knew he would eventually be deported, but, he believed, the earnings would be enough to transform the fate of his family.

And I met Jouhar in an eastern Tunisian beach town shortly after he had been returned by Italian authorities. His packed boat had broken in half at sea, killing his best friend and dozens of others, many of them university graduates with connections in Europe, in the process wasting the almost $1,500 Jouhar had saved to pay the smuggler.

People like these three – and dozens of others I have met in Tunis, Alexandria, Marseilles, Paris, Munich and London – have now become Europe’s biggest concern.

The Mediterranean boat people have been coming for more than a decade, paying small fortunes to enter the continent aboard disturbingly overpacked vessels. They began arriving after Europe’s legal migration routes shut down in the 1990s, but never have their numbers been so large – or the death toll so high. When an estimated 850 people died in a single capsizing incident last weekend, driving this year’s toll to over 1,600 – 30 times higher than the toll for the same period last year – their fate became a continent-wide crisis, provoking an emergency European Union meeting on Thursday and an outraged response from across the political spectrum.

But « How do we stop this from happening? » is not such a simple question. To answer it, you first need to answer another question: « Why are these people taking such risks? » And it’s worth asking a third, often ignored question, as well: Why has illegal-boat migration to Europe peaked during certain years, then virtually vanished for long periods, only to reappear again? What has made it stop before, and what will make it stop again?

We know what doesn’t work. Efforts to end the nautical tragedy by force – by banning migration, or by cracking down on people-smuggling, or, as European governments did last year, by refusing to rescue drowning migrants – have all resulted in driving migration further underground, raising both the cost and demand for passage on illegal boats, and increasing net numbers of undocumented migrants, as well as the danger they face.

« The problem of migration deaths has been created entirely by policy attempts to outlaw migration, » said Hein de Haas, the Dutch scholar who runs Oxford University’s International Migration Institute, in an interview this week. He and his colleagues recently assembled a large-scale database, Determinants of International Migration, which looks at the motivations for migration for tens of thousands of people. What it, and a growing body of other research, shows is that we have framed the European migration problem wrong.

An unstoppable flood of desperate poor people fleeing Africa to a new life in Europe – that is the phrase uttered, in one form or another, by headline writers and politicians to summarize the crisis.

Yet, every word of that sentence is wrong. And much of the current catastrophe, most of the drowning horrors, have been caused by the failure of policy-makers to understand how wrong those words are. It’s worth looking at them one by one.

Unstoppable

To understand why the crisis has become so acute in 2014 and 2015, it helps to understand why it was bad once before, a decade ago; and why it suddenly stopped, almost completely, for several years, then erupted again in 2011, virtually stopped again, then came back in its most dramatic form. It obviously isn’t unstoppable: It has stopped, several times.

I spoke to Marlon, the Sudanese man in Libya who opened this article, in 2004. That was a full year before the boats first erupted into front-page headlines, but after the first really tragic sinking, earlier in 2004, in which a boat headed for Italy had capsized and 64 people drowned. That led to an Italian clampdown, which provoked a huge burst of illegal crossings until 2008.

Most of the boat tragedies a decade ago were in what the EU border service Frontex calls the West African Route, which passes from West Africa into Spanish territory in the Canary Islands; and the Western Mediterranean Route, which crosses the narrow strait between Morocco and Spain. More than 30,000 people a year were crossing each of these routes in 2005, and the tragedies were mounting. I spoke to Jacques in Madrid in 2006, when the smugglers had become more desperate, expensive and dangerous.

Then, Spain took action. Madrid negotiated deals with Morocco, Algeria, Mauritania and West African countries that included not only agreements to take returnees back to their home countries (in exchange for aid money) and to police their borders, but also to open legal migration channels, and pathways to Spanish citizenship. Those changes drew criticism from Spain’s tougher-minded neighbours, but they effectively ended illegal migration in that part of the Mediterranean for many years.

The Central Mediterranean Route, as the pathway of this year’s crisis is known, goes from Tunisia, Libya and Egypt across to Italy, Malta and the region’s islands. It became crisis-prone in the mid-2000s, and then, in 2009 and 2010, its traffic virtually halted. There were two reasons: First, Italy struck deals with the Arab dictators of Tunisia and Libya, paying them generously to police their beaches. Second, the post-2008 economic crisis reduced demand sharply: Migrants don’t come when there are no jobs. (In fact, there was a net outflow of migrants from Europe back to Africa at the peak of the crisis.)

There was a burst of activity on this route in 2011, when the dictators were overthrown and Arabs (often middle-class and educated) left for Europe. That was when I spoke to Jouhar in eastern Tunisia. And then it fell again to negligible levels in 2012, until the huge spike of 2014 and 2015. This was hardly a constant increase in people: It has stopped and started many times.

Flood

Even in its worst years, the Mediterranean boat-people flow is only a small part of the migration picture: tens of thousands of entrants in a continent of half a billion people that receives three million immigrants a year. Most Africans living in Europe are fully legal, visa-carrying immigrants who arrive at airports. Even the majority of illegal African immigrants in Europe aren’t boat people: They’re legal visitors who’ve overstayed their visas.

What has compounded the matter during the past 24 months has been the conflict in Syria. While only a fraction of people fleeing that country have attempted to go to Europe – the vast majority are encamped in Turkey, Jordan or Lebanon – that fraction has multiplied the numbers of boat people dramatically in 2014 and 2015. It now accounts for perhaps half of Mediterranean boat migrants (though the boat that was the subject of last weekend’s tragedy carried passengers almost entirely from sub-Saharan Africa).

Refugees tend to be temporary (the much larger exodus of asylum seekers that confronted Western Europe during the Balkan wars of the 1990s – a population shift that seemed even more intractable – mostly returned to their countries after the conflicts ended), and are dealt with through different policies than are migrants. In Europe, those policies are deeply dysfunctional, with little agreement among the 28 EU countries about how to handle refugee claimants or how to deport illegitimate ones – which has contributed to the death toll.

« There should be no reason for Syrian refugees to be getting on these boats, except that there has been no proper pathway for safe refugee acceptance opened up, » Dr. de Haas says. If Western countries would take their United Nations refugee responsibilities more seriously, Syrians wouldn’t be dying at sea.

Desperate poor people

The most insidious notion is the one that holds that the Africans on the boats are starving villagers escaping famine and death. In fact, every boat person I’ve met has been ambitious, urban, educated, and, if not middle-class (though a surprising number are, as are an even larger number of Syrian refugees), then far from subsistence peasantry. They are very poor by European standards, but often comfortable by African and Middle Eastern ones. And no wonder: The boats cost upward of $2,000 to board (and you need more money to make a start in Europe). That’s a year’s income in many African countries.

Why would somebody risk their life, and their comfort, for a journey that at best would promise a marginal life in the underground economies of Europe?

Linguère Mously Mbaye, a scholar at the Bonn-based Institute for the Study of Labour, conducted a study of hundreds of people in Dakar, Senegal, who were planning to make the crossing to Europe.

The migrants tended not to be very poor. And they tended to be well-connected in Europe: They knew large numbers of people from their home country already living in Europe and working in similar occupations. In other words, they were tied into « migration networks » that communicated information about employment, small-business, housing and migration opportunities. Migrants tend to choose their European destinations not according to culture, language or history, but according to the number of people from their network who are living there – and also according to the economic success of their destination country.

The Syrian refugees are less tactical – and not as well linked into existing economies – than the Africans, but they, too, tend to come because they have connections to people or organizations in Europe. Concludes Dr. Mbaye, « Illegal migration starts first in thoughts, based upon the belief that success is only possible abroad. »

Fleeing

Both major studies found that the Africans who get onto the boats are not running from something awful, but running toward a specific, chosen opportunity, in employment or small business.

That’s a big reason that the boat-people flows have gone up and down so dramatically: Dr. de Haas’s studies found that the main driver of cross-Mediterranean migration is not any economic or political factor in Africa but « sustained demand [in Europe] for cheap labour in agriculture, services, and other informal sectors. » Even those who are fleeing – the Syrians, some Eritreans – are choosing where they flee based on a sense of opportunity.

A new life

« You saw a lot more people coming into Europe from Africa in the 1960s and 1970s than you do now, » Dr. de Haas notes. But they didn’t make headlines – or die at sea – because they weren’t illegal. The big labour shortages that required migrants (mainly seasonal) were filled because most countries allowed Africans to come and go.

And, in the main, they weren’t out to start a new life in Europe. Only a small fraction of Africans who went to Europe for work before the 1990s settled there: Most used their earnings to support families back home, and eventually returned, knowing they could do another stint in Europe in the future.

By cracking down on these informal and seasonal movements – something that began in the early 1990s with the formation of the EU – Europe turned migration into an all-or-nothing proposition: Once you were in Europe, legally or otherwise, you stayed, because you might not get in again. As a result, Africans now come in, do some agricultural or service work, and then knock around the continent, without opportunities, once they’re done.

That’s the paradox of Europe’s response to the migrant crisis: By making entry tougher, it makes illegal entry more commonplace. « Stricter immigration policies, » Dr. Mbaye says, « might not be effective, because they deter potential legal migrants more than potential illegal migrants. »

And a slow-paced and disunited asylum policy, combined with the lack of legal pathways, means that large numbers of refugee claimants, legitimate and otherwise, spend years moving around Europe, neither deported nor accepted, and afraid to leave. In the process, they are tarnishing the image of immigrants and creating an unnecessary social problem.

« It is the border controls that have forced migrants to take more dangerous routes, and that have made them more and more dependent on smugglers to cross borders, » Hein de Haas notes. « Smuggling is a reaction to border controls rather than a cause of migration in itself. Ironically, further toughening of border controls will therefore force migrants and refugees to take more risks and only increase their reliance on smugglers. »

And rigidly closed borders will also make the Syrian refugee problem worse than it needs to be: By turning migration into an all-or-nothing proposition, there’s a risk that a temporary refuge will become a permanent settlement.

The flow of people back and forth between Africa and Europe has been a part of both continents’ economies for decades. Europe’s economies need their African workers, more than ever: Germany alone expects to lose seven million working-age people to demographic change, in a fast-growing economy with virtually no unemployment, in the next 10 years.

By stopping that flow through ham-fisted measures, Europe’s governments have turned the legal into the illegal, the temporary into the permanent, the routine into the desperate, and a life-improving act into a death-delivering risk. A set of decisions that were bad for both continents’ economies has left thousands of bodies floating in the sea.

Doug Saunders is The Globe and Mail’s international-affairs columnist, and was European bureau chief from 2003 to 2012.

Voir également:

Fact-Check Is There Truth To Refugee Rape Reports?
Right-wing websites claim that Germany is facing an alleged epidemic of rape cases committed by refugees, fueling panic about the recent influx of foreigners and the safety of women in the country. We investigated one site’s reports and found many problems with them.
Der Spiegel
January 17, 2018

On April 6, 2016, an unidentified assailant attacked a 20-year-old woman on a playground in the German port city of Rostock and forced her to engage in oral sex before fleeing the scene. The woman reported that the man had been dark-skinned.

On Aug. 6, 2016, an unidentified man attacked a 21-year-old female university student from China near the university of Bochum, choked her with a rope and raped her. The woman said the perpetrator had spoken with a foreign accent. The police conducted a manhunt for a suspect with a « Central Asian/dark skin type. »

The two rapes in Germany were picked up by the national media. But one of them didn’t even happen.

The « university rapist » in Bochum, it turns out, did actually exist — and he would go on to attack another female student from China three months later. Ultimately, police captured a 31-year-old asylum-seeker from Iraq, who had lived with his wife and two children in a refugee camp located near the crime scene. A court sentenced him in the first verdict to 11 years in prison.
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But the alleged Rostock rapist did not exist. Police had expressed some doubt about whether the incident had in fact taken place in their first press release on the case and a forensic investigation indicated that the woman herself had been responsible for her injuries. In June 2016, the public prosecutor in Rostock closed the investigation, but by then the news of a dark-skinned rapist had already been shared thousands of times on the internet. The Schweriner Volkszeitung newspaper in the state capital even reported on its website about the alleged sex crime, citing « internal sources. » The article began with the words: « The Rostock chief of police is keeping silent. »

Baseless Rumors

Meanwhile, in a report on the Facebook page NonStopNews Rostock, the dark-skinned man became a « Südländer, » a term often used to describe those living in some Mediterranean countries. « Sex crime in Warnemünde? Was a young woman raped? Südländer reportedly attacked woman. »

The website Rapefugees.net, meanwhile, was even more precise in its allegations. « Rostock police are hushing up oral rape perpetrated by an Arab. »

The truth behind these baseless rumors is important because such stories influence Germans’ image of refugees. They play into age-old clichés about the threat of foreign rapists. Few other arguments were cited as frequently by people in Germany in recent years for wanting to keep refugee camps from being opened in their immediate proximity. Once « they » are here, the argument went, the streets would no longer be safe for women or children unaccompanied by men.

After the events of new year’s eve in Cologne on Dec. 31, 2015, during which hundreds of women were sexually assaulted, the police held young men, largely of North African extraction, responsible for the attacks. The night brought an end to the sense of euphoria that had accompanied the welcoming of hundreds of thousands of refugees into the country earlier that year. Some Germans now found to their horror that the migrants had also brought problems along with them into the country.

In fall 2016, the body of Maria L., a university student, was found in a river in the city of Freiburg, where she had been drowned after getting raped. The suspect in the killing, an Afghan asylum-seeker, is currently on trial. In spring 2017, an asylum-seeker from Ghana whose application had been rejected raped a woman who was camping with her boyfriend near the city of Bonn. In an initial verdict in the case, a court sentenced the man to 11.5 years in prison.

Is Everyday Life More Dangerous for Women Than Before?

These kinds of reports reaffirm the attitudes of those who have always held the view that refugees are dangerous. But is there any truth to the claim that everyday life has grown more dangerous for women living in Germany as a result of the growing numbers of immigrants? Is life in fact less safe than it was for women three years ago? And how often do refugees commit sex crimes?

To answer these questions, DER SPIEGEL reviewed crime statistics, interviewed police officials, consulted academic experts and analyzed around 450 online news reports about purported sex crimes alleged to have been committed by asylum-seekers and immigrants. Our reporters also visited police stations, public prosecutors and courts to uncover the background behind the news reports and the ultimate outcome of any proceedings. Some cases were revisited up to five different times and in several instances, reporters also met with people involved in the cases for background interviews. The reporters then analyzed the documents and information together with data-journalism specialists and fact-checkers.

Incitement?

As soon as you hit the like button on Facebook pages like Heimatliebe.Deutschland (Love for the German Fatherland), Truth24.net or any local branch page of the right-wing populist Alternative for Germany (AfD) party, you enter a parallel reality. And it is dark. Day after day, your timeline is filled with reports of horrific violent crimes and rapes. The images show men who look Arab or African and women looking into the camera as someone holds a hand over their mouth from behind. Or images of children cowering in the shadows.

One particularly egregious page is Rapefugees.net. The site’s creators claim that the police, politicians and the media are working together to cover up the truth. Using an online map of Germany, they use pins to mark sites of violence or sexual offenses purportedly committed by refugees.

The inflammatory term « rapefugee » has been appearing with increasing frequency on far-right web pages since the events of new year’s eve 2015 in Cologne. « Rapefugees not welcome » T-shirts have also appeared from time to time at demonstrations in Dresden by PEGIDA, the anti-immigration group known in full as Patriotic Europeans Against the Islamization of the West.

Spending a bit of time on the site is enough to leave anyone frightened. It renders Germany, a country generally celebrated for its relative safety, nearly unrecognizable. The entire map is covered with red, yellow and purple flags, squares and pins purportedly marking the locations of incidents of rape, sexual abuse and exhibitionism. There are also a few gravestones marked with « RIP » for alleged murders committed by refugees.

A closer look at the site reveals that other immigrants suspected of committing these types of crimes are also listed, not just refugees. The site’s creators claim their data is based on reputable sources, including police and newspaper reports. It all looks real. Anonymous authors post stories with headlines like, « Gang Rape: Bed-Ridden Grandmother Hospitalized Following Rape by Economic Migrants. » Or: « Gang Rape: How Justice Officials in North Rhine-Westphalia Banned a Local Newspaper from Publishing These Pictures. » Each story is packed with the same narrative — that rapes like the ones in Bochum, Freiburg and Bonn aren’t isolated cases and that refugees, mostly Muslims, represent a real threat to women.

DER SPIEGEL researched the veracity of the supposed incidents on the Rapefugees.net map. To create the most comprehensive overview possible, the reporters chose 10 German states, both large and small: among them the city-states of Berlin, Bremen and Hamburg; the western German states of Bavaria, North Rhine-Westphalia, Rhineland-Palatinate, Saarland and Schleswig-Holstein; and the eastern states of Mecklenburg-Western Pomerania and Saxony Anhalt. In each of these states, reporters looked into all of the alleged incidents reported for 2016. In many cases, results from police and justice investigations were available for that period. There were 445 cases in all.

Some cases appeared multiple times on the map and some of the locations marked had broken links or led to pages that did not contain any information about the alleged crime. In some instances, neither prosecutors nor police had ever heard of the purported crime. All of these pins, roughly a third of the total, were filtered out before the in-depth reporting began.

Strong Exaggeration?

The remaining reports, as is true with most well-constructed lies, contain at least a bit of truth. In about one-third of the cases DER SPIEGEL investigated — around a hundred of them — the suspects or perpetrators are indeed refugees. In a further third of the cases, the assailants remain unidentified. The remaining ones are foreigners with unresolved residency status, European Union citizens or, in 22 cases, German nationals (see graphic below). But the website’s incendiary name creates the impression that 445 sex crimes had all been committed by refugees.

The descriptions of the crimes provided on the website are often erroneous. The website lists 205 of the 291 incidents reviewed as cases of rape. But reporting into the claims found that rape was only suspected in 59 of the cases. Although these should not be downplayed, many of the cases in question were less severe incidences of sexual assault or harassment. In 47 cases, the authorities determined that the incident did not meet the criteria to be considered a criminal act. In other words, the map seems to involve some strong exaggeration, at least when compared to the findings of police and judicial officials.

Twenty-six suspects or perpetrators were refugees in the rapes investigated. Each of the crimes committed is, of course, one too many, but the ultimate figure is low compared to what the map suggests.

Eighteen refugees were convicted on charges of rape, and courts also convicted or upheld rulings against 51 refugees — for sexual abuse or sexual assault in more than half of the cases. An additional 18 foreigners have been convicted who are not refugees but whose residency status remains unresolved, including Turks and Afghans, several Serbians, an Azerbaijani and a Ukrainian tourist who sexually abused an inebriated woman at Oktoberfest in Munich. Six of those convicted are EU citizens and eight are German. They include a 46-year-old man who attacked a blind woman in the Bavarian town of Pfaffenhofen from behind on an open street and sexually assaulted her.

On the Rapefugees.net map, the case is noted as a « cover-up attempt. » But no information is provided about what might have been swept under the rug.

A closer inspection of the crimes for which refugees were convicted showed that many took place in refugee camps. In most cases, the victims were the children of other refugees. In August 2016, for example, a young Eritrean man lured a six-year-old girl, likewise from Eritrea, into his room in a Hamburg camp and abused her. Police arrested the man.

Twenty-four of the reports investigated on Rapefugees.net appear to be false claims. They include the rape in Rostock that was likely fabricated, but nevertheless remains listed on the map. And the case of a 15-year-old school girl from the city of Möchengladbach, who claimed in January 2016 that she had been raped near the city’s central train station. The perpetrator had a « tanned face » she said and spoke with a foreign accent. In response, angry local residents formed their own vigilante group. A week later, the police announced that the crime « had not happened » in the way described by the teen. The alleged perpetrator was an acquaintance who said everything had happened with mutual consent. Public prosecutors opened an investigation into the 15-year-old for making up a crime, but later dropped it.

A Less Dramatic Reality

For most of the news reports on the Rapefugees map, it’s unclear at first glance whether the story is true or false. With most, the only takeaway is that there was some kind of encounter between the perpetrator and victim. Nevertheless, the incidents on the map are often listed as attempted rape, gang rape or, rather inventively: « GANG RAPE Attempt and Beating Attacks by ISIS Sex Jihadists. » The actual incidents as reported by police seem a lot less dramatic.

To cite but a few examples:

May 13, 2016, in Hagen, Germany: At midnight, three young men harassed a 13-year-old girl at the train station and groped her. The 13-year-old boy accompanying her intervened and the three young men then attacked him. Passersby arrived and the three young men fled. The description given of the men: « North African appearance. »
May 21, 2016, Düsseldorf: A couple was walking along the banks of the Rhine River when the young woman was suddenly hugged from behind and fondled. As her boyfriend stepped in, he was hit by several people. The description of all perpetrators: « Mediterranean appearance. »

July 2, 2016, Nuremberg: A young women was walking home at 3 a.m. when someone approached her from behind and touched her sexually. She screamed and he fled. The physical description provided: « Mediterranean appearance. »
Aug. 28, 2016, Türkismühle in rural Saarland: An unidentified man approached a 38-year-old woman at the train station. He pushed her against the wall, grabbed her from behind and attempted to kiss her. As she « energetically spoke to him, » he fled. Description: « Mediterranean appearance. »

There’s no question about the seriousness of the four cases, but contrary to the claims made by Rapefugees.net, they were not rapes. And there was no indication of alleged « ISIS sex jihadists. »

Prosecutors dropped the investigations in all of these cases because they were unable to identify any assailants. The same is true of the investigations into about 29 percent of the incidents listed on the map: The question as to whether the perpetrators were refugees will likely never be resolved. It is certainly possible that it is true in some of the cases. And theoretically, it’s also possible that all of the unidentified assailants were asylum-seekers. But that’s unlikely in the case that unfolded at the train station in Hagen. Witnesses say there was only one perpetrator and that he spoke accent-free German.

Research into this data is highly detailed and complex, but it’s the only way of getting a true grasp on what these kinds of claims really amount to and the way in which right-wing websites operate. It is the convergence of many things that unsettle people in Germany: the refugee crisis, concern about domestic security and the loss of trust in politics and the traditional media. It also demonstrates the growing influence of websites and forums where people can mutually affirm their questionable worldviews.

Spreading Fear

There has been an assumption in Germany — one that goes deep into even the middle class — that the traditional media made a pact with Chancellor Angela Merkel to hide widespread criminal activity in order not to threaten support for her refugee policies.

In the past two years, many readers have written to DER SPIEGEL imploring the newsmagazine to stop hiding the truth and clearly state the danger: that refugees are raping women and children in Germany. One woman wrote that it was imperative « to report about the cover-up of information about rapes committed by migrants. » She also frequently sent links to internet sites collecting alleged rape cases purportedly perpetrated by refugees.

The classical media find themselves in a quandary here. If we don’t write about the issue and about the rumors circulating on the internet, skeptics see that as proof that something is being hidden. Yet if we do write about specific websites like the one covered in this story, we run the risk of enhancing the profile of pages meant to incite hatred online.

The people behind Rapefugees.net, who spend so much time filling the map with content, are apparently equally fastidious in their efforts to conceal their identities. The imprint refers to a person named F. Mueller in Uruguay and the page is hosted on a server based in the United States. Queries made by DER SPIEGEL went unanswered. Facebook deleted the site’s page on the social media platform in May 2016.

The site’s operators exploit the fundamental fear of foreignness — a latent fear that most people can harbor. To make the world simpler, people have a tendency to ascribe certain traits to certain groups of foreigners, meaning that whole groups of people can quickly get lumped into certain problematic stereotypes: Roma steal, Italians like to flirt and refugees, most of whom are Muslims, are dangerous and rape women.

Amplifiers

Why this specific prejudice is attached to refugees is something that Wolfgang Benz is trying to explain. The professor emeritus at the Technical University of Berlin, who researches prejudice, believes that the arrival of the refugees has « reactivated » an image that has long existed in the minds of Germans — one of a country occupied by foreign forces behaving like barbarians.

« Today, the horde that is invading us, is no longer the Russians but the refugees, and the rapes, as in every past war, are part of the conduct of war, » says Benz, describing the most recent iteration of that image. He says the events of new year’s eve 2015 in Cologne and the tone of the reporting on them has exacerbated that prejudice. Every report of a refugee committing sexual assault or harassment, he says, acts as an amplifier, and reports to the contrary are no longer taken seriously.

The public does, in fact, only hear about a small number of the sexual assaults that are committed each year, although this is not because they are covered up. There are so many that you could fill an entire newspaper with reports about them every day. According to police crime statistics, approximately 47,401 alleged criminal offenses against sexual self-determination were recorded in 2016, committed by Germans as well as by non-Germans. That represents about 130 reported crimes per day. The true number is likely much higher than that, but many victims don’t go to the police.

When the term « rape » comes up, many people instinctively think of an unknown assailant pulling women into the bushes at night. But according to calculations by the Center for Criminology, a research institute run by Germany’s federal government in conjunction with state governments, the alleged perpetrator is only a stranger in one-fifth of all reported rapes and serious sexual assaults. Most often, the alleged perpetrator is an acquaintance, friend or relative.

For the past several years, the German Federal Criminal Police Office (BKA) has released an annual situation report on crime across the country, with a special emphasis on criminality among immigrants. The term « immigrants » in this context includes; asylum-seekers; those who have been allowed to stay temporarily despite not having received asylum status; illegal immigrants; and refugees who have been brought into Germany on the basis of quotas. Suspects whose asylum applications have been approved are not included. At least one immigrant was indentified as a suspect in 3,404 of the sexual offenses committed in 2016. That’s more than twice as many cases as in the previous year (see graphic below). The increase proved especially dramatic in cases of sexual assault and the sexual abuse of children.

« We, as the Bavarian police, take very seriously the fact that immigration influences people’s feeling of security, » says Harald Pickert, the leader of an expert panel in the state’s Interior Ministry, which has been investigating sex crimes that have taken place in the state over the last five years.

The group is seeking to identify what might have changed and what has remained the same. It is looking to answers to questions like: Where are the crimes committed? Who are the perpetrators and who are the victims? Is there something that perpetrators typically have in common?

The panel exists because Bavarian Interior Minister Joachim Herrmann announced shortly before the German federal election last September that the number of rapes and serious sexual abuses had risen in Bavaria during the first half of 2017 by 47.9 percent. He said 126 of the 685 crimes could be attributed to immigrants, 91 percent more than in the same period the previous year. The latter statistic roughly reflects the findings of the BKA, but the Bavarian crime statistics additionally count those who have been granted asylum as part of its figures for the category of immigrants.

Did New Groping Offense Shift Statistics?

Pickert, 54, a deputy police commissioner in Bavaria, ties the rise in reports of sexual offenses to several factors. One is that many German citizens first learned that groping was a punishable offense following the debate over the Cologne attacks. And a change in the law in 2016 meant that groping is no longer solely punishable as an insult, but is now explicitly considered to be sexual harassment. Previously, groping had been absent from the statistics on sexual offenses maintained by police, but now such incidents are included. « It’s that and not some change in everyday reality that explains the sudden surge in the number of crimes reported, » Pickert explains.

What is conspicuous in the statistics, however, is the fact that the number of suspected German sex-crime perpetrators has either stagnated or gone down, while the number of immigrants suspected of committing such crimes has increased significantly. This trend, Pickert claims, has been visible for five years. « It’s no wonder, » he adds, since more immigrants have arrived during that time. Futhermore, he says, when compared to the German population, immigrants are more frequently young and male and are more likely to live in a large city, lack education, be unemployed and have no income. « These can all be factors that promote criminal behavior. »

During the first half of 2017, Pickert says, about one-fifth of all sex crimes were committed by immigrants living in refugee housing. About 20 percent of all victims were themselves refugees, he says. This means that, at least proportionally speaking, other refugees are at particular risk of becoming victims of sexual assaults by immigrants.

So, what can be done to counter this development? « Just because a certain segment of the population is conspicuous for the number of sex crimes it commits doesn’t mean we need new answers, » argues Martin Rettenberger, the director of the Center for Criminology.

‘Arabs or Africans Not Intrinsically More Inclined to Assaults’

He says that some of the immigrants come from societies where sex offenses are more rarely punished, where these kinds of crimes are committed more frequently. « But most people quickly adapt their behaviors to their new social environment, » Rettenberger says. « Social values and norms that were once internalized can still be changed. Arabs or Africans are not intrinsically more likely to commit assaults than Europeans. »

In the United States, he notes, five times as many people are victims of intentional homicide than in Germany. « And yet nobody would say Americans are more violent than Germans. » What’s key, he believes, is the background of the individual. He notes that many sex offenders have impaired impulse control, often combined with low self-esteem. In a particularly high number of cases, perpetrators have unstable personalities or have suffered trauma — and many aren’t subject to the natural controls exerted by close social relationships, having fled to Germany on their own. Unsurprisingly, such factors are more present among refugees than among other segments of the population.

The « only long-term solution, if we want safety, » Rettenberger argues, is sustainable integration: education, jobs and social assistance. « I can understand any citizen who doesn’t feel like investing more money into potential sexual offenders. But I expect more from the politicians. »

By Laura Backes, Anna Clauss, Maria-Mercedes Hering, Beate Lakotta, Sandra Öfner, Ansgar Siemens and Achim Tack

Voir enfin:

The cameras have gone – but the suffering endures. deconstructs the beliefs that still shape policy and public opinion

Myth 1: The crisis is over

The refugee crisis that dominated the news in 2015 and 2016 consisted primarily of a sharp rise in the number of people coming to Europe to claim asylum. Arrivals have now dropped, and governments have cracked down on the movement of undocumented migrants within the EU; many thousands are stuck in reception centres or camps in southern Europe, while others try to make new lives in the places they have settled.

But to see the crisis as an event that began in 2015 and ended the following year is a mistake, because it obscures the fact that the underlying causes have not changed. To see it in those terms only gives the impression of a hitherto unsullied Europe, visited by hordes of foreigners it has little to do with. This is misleading. The disaster of recent years has as much to do with immigration policies drawn up in European capitals as it does with events outside the continent, and the crisis also consists of overreaction and panic, fuelled by a series of misconceptions about who the migrants are, why they come, and what it means for Europe.

The European Union has perhaps the world’s most complex system to deter unwanted migrants. Since the 1990s, as borders have come down within Europe, giving most EU citizens free movement and passport-free travel, its external frontier has become increasingly militarised. Amnesty International estimates that, between 2007-2013, before the crisis, the EU spent almost €2bn on fences, surveillance systems and patrols on land or at sea.

In theory, refugees – who have the right to cross borders in search of asylum under international law – should be exempt from these controls. But in reality, the EU has tried to prevent asylum seekers from reaching its territory wherever possible: by closing down legal routes, such as the ability to claim asylum at overseas embassies; by introducing penalties for transport companies that allow people to travel into the EU without the correct documents; and by signing treaties with its neighbours so they control migration on the EU’s behalf. And within the EU, an agreement called the Dublin regulation forces asylum seekers to apply in whatever country they reach first.

After the Arab uprisings of 2011, the number of people coming to Europe to seek asylum – via Turkey, or across the central Mediterranean from north Africa – began to rise. But Europe continued to make security its priority, rather than the protection of vulnerable people. In the same period as it spent €2bn euros on border security, the EU spent only an estimated €700m on reception conditions for refugees. Almost 3 million people claimed asylum in the EU in 2015 and 2016 – still only a small fraction of the EU’s total population of 508 million – but the manner of their arrival was chaotic; thousands died in the attempt. Most of the migrants who arrived tried to continue their journeys to north-west Europe, and enforcement of the Dublin regulation temporarily collapsed.

Border defences often produce or exacerbate the very problems they purport to solve, by forcing irregular migrants to take more dangerous routes, often with increasing reliance on people smugglers, which in turn encourages states to crack down even harder. In November 2017, a coalition of human rights groups published a list of 33,293 people who had died since 1993 as a result of “militarisation, asylum laws, detention policies and deportations” in Europe. But Europe has continued to try and push the thousands of uninvited migrants who try to reach European shores further and further away from the continent. A deal with Turkey, launched in March 2016, has reduced the movement of Syrians towards Europe, even though over 12 million Syrians remain displaced by the war – 5 million of these outside their country – and many are still in need of urgent humanitarian assistance. Even as Afghanistan becomes more dangerous, European governments persist in their attempts to deport many Afghans to Kabul. And to stem unwanted migration from sub-Saharan Africa, Europe has tried to strike deals to stop the people-trafficking routes that run across the desert and through north Africa. Italy has cracked down on NGO sea rescues and paid off militias in Libya, even as evidence of torture and abuse in Libyan detention centres trickles out; the EU has explored deals with Sudan’s repressive dictatorship; in Niger, one of the world’s poorest countries, European money, troops and diplomats have flooded the desert city of Agadez, to try to put a stop to the smuggling trade. Hundreds of thousands of vulnerable individuals will be directly affected by these new policies.

We are often encouraged to think about “solutions” to the crisis, but there is no neat end to it. For as long as wars continue – wars that are sometimes started or joined by European states, or fuelled by their arms sales – people will continue to flee them. And others will continue to try to migrate even when states don’t want them to. But our governments’ efforts to stem unwanted migration can end up creating or exacerbating the very problems they purport to solve. Decisions to ramp up immigration control taken at moments of crisis, or in response to media pressure, can have profound and long-lasting effects – from the treatment of Windrush citizens in the UK to the thousands of refugees languishing in filthy camps on Greece’s Aegean islands.

The crisis is not only the movement of refugees, but the border systems designed to keep them out – and it is still happening.

Myth 2: We can neatly separate ‘refugees’ from ‘economic migrants’

Most of us are economic migrants – even if within our own countries – but the term has taken on a new and pejorative meaning since the refugee crisis. It is often deployed in much the same way that “bogus asylum seeker” was in the past by the British tabloid press – to suggest that people are trying to play the system, that their presence is the cause of problems at the border, and that if we could only filter them out, order would be restored. In fact, the history of migration is a history of controls on the movement of all but a wealthy elite.

In the past, states sought to restrict the movement of their own populations, through slavery or serfdom, or poor laws and vagrancy acts; today the right to move freely within one’s own territory is enshrined in the 1948 Universal Declaration of Human Rights. Most of us take this right for granted, even though it is relatively recent. Now, instead, the movement of people across international borders is tightly controlled and regulated. As a proportion of the world population, the total number of international migrants – of any kind – has stayed relatively steady: roughly 3% since 1960, according to the sociologist Hein de Haas.

This might seem surprising in an age where goods, communication and certain kinds of people can move with greater ease than ever before, but globalisation is a highly unequal process. Although the proportion of migrants has not grown significantly, the origin and direction of migration has changed: research by De Haas and Mathias Czaika suggests that people are leaving a much wider range of countries than ever before, and they are heading to a much narrower range of destinations than ever before. They are going to the places where power and wealth have become concentrated. Europe, and north-west Europe in particular, is one of those places. It is by no means the only destination – most African migration, for instance, occurs within Africa. And most migration to Europe takes place legally: an estimated 90% of migrants who enter Europe do so with permission. But wealthier countries are making increasingly severe efforts to keep out the uninvited: in 1990, according to research by the geographer Reece Jones, 15 countries had walls or fences on their border; by the beginning of 2016, that number had risen to almost 70.

International law aims to protect refugees while allowing states to retain control of their borders – but the definition of “refugee” status is political, and subject to a constant struggle over who is deserving and who is not. The term has both a legal meaning, in that it describes a person who is eligible for asylum under international law, and a colloquial meaning, in that it describes a person who has fled their home.

Under the 1951 refugee convention, a refugee is defined as someone who has left their country due to “a well-founded fear of being persecuted for reasons of race, religion, nationality, membership of a particular social group or political opinion”. At first, the convention only applied to Europeans, and did not cover everyone who fled a war zone; this kind of protection was only created after pressure from newly independent African states in the 1960s and Latin American states in the 1980s. People forced from their homes by economic disaster or catastrophic climate change have never been included. Even today, the convention leaves power mainly in the hands of nation states. It does not oblige its signatories to give anybody asylum, merely to hear their case and not push them back to a country where they might be in danger.

In the 21st century, a border is not just a line on a map; it is a system for filtering people that stretches from the edges of a territory into its heart, affecting those who are already in the country – as we have learned since Theresa May’s “hostile environment” has come to light. Asylum seekers are subject to particularly complex and often violent filtering. Once they cross Europe’s frontiers, their movement is restricted: they are locked up or segregated in accommodation far from city centres. Their right to work or to access social security is denied or severely limited. While their claims are being assessed, often by a process that is opaque, hostile and inconsistent, they live with the threat that the freedoms they do have may be curtailed at any moment. The system tries to place them into categories – refugee or economic migrant, legal or illegal, deserving or undeserving – that do not always fit the reality of their lives. And if the system breaks down, people are cast into a legal and moral grey zone that lasts for many months or even years. As Caesar, a young man from Mali who I met while reporting in Sicily, put it to me: “It’s not as if one person has ‘refugee’ printed on his forehead and another has ‘economic migrant’.”

Myth 3: Telling ‘human stories’ is enough to change people’s minds

Empathy matters, but it always has limits, and it should not be a precondition for people to access their rights. Caesar arrived in Sicily in late 2014, rescued from a drifting smuggler boat in the Mediterranean by the Italian navy. When he arrived, Sicily had the attention of the world’s media: journalists wanted to know the stories of people like Caesar: where they had come from, what kind of journeys they had taken, what the worst things they had experienced were. But by the following summer, attention had drifted elsewhere. In late August 2015, as unprecedented numbers of refugees from Syria and elsewhere in the Middle East made their long walk through the Balkans, I was visiting Caesar at his home in Sicily. As we watched TV, which was showing looped footage of people clamouring to board trains to Germany at Budapest’s Keleti station, Caesar gestured towards the screen. “You see? The cameras don’t come here any more because it’s only blacks arriving in Sicily now.” He felt very strongly that people like him had been abandoned – by the media, and by a system that was taking years to process his asylum claim.

When there is a major disaster, the understandable response of journalists is to rush in and find the most urgent stories as quickly as possible. It serves a necessary purpose: to tell people what the problem is, who is affected and what help is needed. Aid agencies and NGOs often follow a similar logic in their public communications. The idea is that vivid “human stories” that focus on the experiences of vulnerable individuals – very often children – will elicit sympathy from an audience whose attention is fleeting.

But these stories also have the potential to alienate. If I tell you that Caesar spent 18 months being handed from one trafficking gang to another in Algeria and Libya, during which time he was tortured and put to work as a slave, does that help you understand who he is and why he has made the choices he has – particularly if that is all you know about his life? And what if hundreds of people all have similar stories? At some point, we feel overwhelmed and start to switch off. Some of us may even start to feel hostile: why are we constantly being told to feel sorry for these strangers?

What is more, media coverage that jumps from one flashpoint of a crisis to another can neglect to examine underlying causes – Europe’s complex border system, for instance. And a sense of panic can inadvertently be encouraged by well-meaning attempts to produce dramatic statistics and soundbites. The idea of a “global refugee crisis” may provoke sympathy among some, but for others it may increase the sense that we are, in the words of Ukip’s leave campaign, at “breaking point”.

The UN’s refugee agency, the UNHCR, says there are more people displaced by conflict in the world today than at any point since the second world war. This is true: an estimated 66 million people are currently displaced, either within their home countries or abroad. But 86% of these remain in the developing world, not in wealthy regions such as Europe. And despite recent conflicts, according to De Haas, refugees account for around 0.3% of the world’s population; a small and relatively stable proportion. The problem is one of resources and policy, not overwhelming numbers.

If we want to understand why some people will keep moving despite the obstacles put in their way, then we need to see the whole person, rather than only the worst aspects of their situation or their most traumatic experiences. I have met a number of people who had journeys similar to Caesar’s, and each one is trying in very different ways to retain control of their lives and make decisions about the future. Caesar told me he just wants to find a dull job and “forget about the past”. By contrast, Fatima, a woman from Nigeria who also ended up in Sicily, made “a bargain with God” when she stepped on to an inflatable boat on the Libyan coast, and wants to devote the rest of her life to raising the alarm about trafficked women. Azad fled Syria because although he was sympathetic to the uprising against Bashar al-Assad, and proud of his Kurdish identity, he simply didn’t want to kill people.

It is also important to recognise that the stories we consume are, for the most part, commodities produced by profit-making companies. Like other commodities, their production, value and demand are driven by market forces. This can harm those at the centre of the stories, distort our understanding of a crisis and even contribute to a sense of panic – which, in turn, provokes panicked responses from the authorities.

Myth 4: The crisis is a threat to European values

In recent years, “European values” have been invoked both in support of refugees and migrants and to attack them. On the one hand, demagogues such as Hungary’s Viktor Orbán have positioned themselves as defenders of a Christian European civilisation, enacting anti-migrant policies to protect Europe from being overrun by Muslim hordes. On the other, humanitarians have frequently appealed to a vision of Europe like the one set out by José Manuel Barroso, president of the European commission in 2012, when the EU was awarded the Nobel peace prize. “As a community of nations that has overcome war and fought totalitarianism,” Barroso said in his acceptance speech, “we will always stand by those who are in pursuit of peace and human dignity.”

Both visions are wrong. The first tries to erase the fact that Europe is a diverse continent, in which Christian, Muslim, Jewish and secular traditions have been present for centuries. Orbán’s vision also has a liberal companion, especially popular in western Europe, which holds that Muslim immigrants present a threat to “European” traditions of tolerance, freedom and democracy: this, too, ignores the fact that where these principles do exist they have been fought for and won, usually against the violent resistance of European elites. It is no small irony, either, that many of the refugees who arrive on European shores today have been engaged in similar struggles for rights and equality in their home countries.

The second vision presents Europe as a beacon of hope to the rest of the world. Europe certainly has great power to affect the world for better or worse, and pressing our politicians to live up to such an aspiration is worthwhile. But the aspiration will remain unfulfilled if we ignore the fact that while the nations of Europe have overcome war and fought totalitarianism, many of these same nations became rich and powerful by conquering and administering huge empires, which were partially justified by the idea of European racial supremacy. And European unity, in its founding documents, was conceived of as a way of maintaining imperial power, as well as preventing future conflict in Europe.

Rather than seeing European racism as a thing of the past, the recognition of its persistence is essential if we are to understand the refugee crisis and some of the responses to it. Thousands of people from former European colonies, whose grandparents were treated as less than human by their European rulers, have drowned in the Mediterranean in the past two decades, yet this only became a “crisis” when the scale of the disaster was impossible for Europeans to ignore.

In 2015, the UN’s special rapporteur on migration proposed two responses that would have done much to alleviate the crisis: mass international resettlement of refugees from Syria, and a temporary work visa scheme so that economic migrants could come and go, without getting trapped in the deadly clandestine routes. The reason this hasn’t happened is because European governments simply don’t want to do it. There are domestic political pressures within Europe, and a wider crisis of the international system through which conflicts and disagreements between states are supposed to be resolved.

Even now, a hierarchy of suffering pervades much of the debate, in which people’s struggles are ignored or dismissed depending on their background, with little discussion of how Europe might have contributed to the situation of the countries the migrants leave behind – either historically, or through the military and economic policies of current governments. And when local conflicts involving newly arrived refugees break out in European countries, many commentators jump seamlessly from an incident that needs a considered response, to declaration of an existential threat to Europe from its Muslim minority. At its extreme end, this is genocidal logic, of a kind Europe has known in its past.

We do not have to accept this. A more honest conversation about the crisis would involve a reckoning with our own past – and a good starting point would be to recognise that for many of the migrants making perilous journeys to Europe today, Europe is already a part of their lives. “We remember the past, we remember slavery; they started the world wars and we fought for them,” I was once told by a group of men from west Africa marooned in a southern Italian reception centre. This isn’t about apportioning blame or guilt. It is about recognising that the world is not easily divided into “European” and “non-European”. This is as true for Britain as it is for the rest of Europe, even if Britain leaves the political union. “I’m always surprised when people ask, ‘Why are refugees coming to the UK?’” said Zainab, who fled Islamic State in Iraq and brought her three young children to Britain via Calais, hidden in a series of lorries. “I would like to answer back: ‘Hasn’t Iraq been occupied by Britain and America?’ I want people to see the suffering that the populations from these places have gone through. I really wish for people to see the connection.”

Myth 5: History is repeating and there’s nothing we can do about it

The Holocaust is never far from the surface of European consciences. And its presence has been felt in a range of responses to the refugee crisis – from grand political statements about Europe’s duty to act, to the invocation of the Kindertransport in Britain’s debate over child refugees, to stories about elderly Jewish Europeans helping today’s displaced migrants cross borders. But it can lead us to a Schindler’s List interpretation of history – the one dramatic moment of rescue that either averts disaster, or absolves us of a greater crime.

An awareness of this history matters, and can motivate us to act, but there are considerable differences from the past. Our system of refugee protection was set up primarily to deal with the huge population upheavals in Europe that were caused by the two world wars. Now largely in the past, these upheavals are generally seen as having provided a moral lesson – one of several ways in which Europe declared: “Never again”. But although Europe’s crisis of displacement had a beginning and an end, for much of the world, displacement is persistent, its causes apparently more complicated, the people at the centre of it afforded less significance. Often, they are given no story at all, reduced to a shadow that occasionally flits across European vision.

But it is vital that we pay attention, not just for humanitarian reasons but because displacement points to a dangerous weakness in liberal democratic societies. Although we have come to regard certain rights as fundamental and universal, these are often only guaranteed through membership of a nation-state. In her 1951 book The Origins of Totalitarianism, the political theorist Hannah Arendt argued that the inability of states to guarantee rights to displaced people in Europe between the world wars helped create the conditions for dictatorship. Statelessness reduced people to the condition of outlaws: they had to break laws in order to live and they were subject to jail sentences without ever committing a crime. Being a refugee means not doing what you are told – if you did, you would probably have stayed at home to be killed. And you continue bending the rules, telling untruths, concealing yourself, even after you have left immediate danger, because that is the way you negotiate a hostile system.

But the presence of millions of displaced people also became a powerful tool for those regimes that wanted to undermine the idea of universal human rights. “Look,” they could say, “there’s no such thing; you only get rights by being part of the nation”. Instead of resolving this problem, governments cracked down on unwanted migrants, giving police forces extensive powers that were eventually also wielded over their own citizens. This happened in the western European democracies, argued Arendt, and not just in the totalitarian states.

This has a disturbing parallel with the new powers and security infrastructure – from Britain’s “hostile environment” and laws criminalising European citizens who help migrants to the “temporary-stay facilities” that Italy’s new, far-right interior minister has proposed as part of a plan to increase deportations – that European governments are creating. Far from being the barbarians they are often portrayed as – a mass of “illegals” threatening European security and identity – rightless people appear “as the first signs of a possible regression from civilisation”, Arendt warned.

But Arendt points out a threat, not something inevitable – and importantly, governments respond to pressure from the electorate. In the autumn of 2015, for instance, public outcry over the photograph of a drowned toddler, Alan Kurdi, that circulated in international media pressured the British government into expanding a scheme to resettle Syrian refugees.

We must be alert to the ways in which some politicians try to convince people to give up rights and protections that exist for the benefit of everyone. Any authority figure who says: “We should look after our own before we look after refugees,” probably isn’t interested in doing either. And we should recognise the importance of collective action. There will not be “solutions” to this crisis, in the sense of one or more policy decisions that will make refugees vanish.

Wars produce refugees. People will continue to move to improve their quality of life – not only because of extreme poverty, but because they are connected to global culture and global networks of communication. Climate change has the potential to create far greater displacement than we have seen in recent years; as with refugees from war, it is likely to be poorer countries who feel the greatest impact. We cannot control whether these things happen; what matters will be how we respond, and whether we repeat the errors of this crisis.

You do not have to let your thinking be limited by the categories that currently exist. It is possible to defend the protections that the current system of refugee law offers, while recognising their limits. Politicians may try to draw a distinction between “genuine” refugees and other irregular migrants, and our economy may assign relative values to people’s lives based on their use as workers, but that doesn’t mean we should accept that one of those people is any less a person, or that their experiences are any less real. Refugee law provides an essential protection for some kinds of displaced people, but not all of them. Drawn up in a world where power and wealth are unequally distributed, it has always reflected the concerns of the powerful. The more rigidly we enforce distinctions between the deserving and undeserving, the more likely we are to accept the violence done in our name.

Throughout 2015, I kept hearing and reading about refugees having a “dream” of Europe. Perhaps that’s the case; we are all moved at times by an ideal. But it implies a certain naivety on the part of the beholder, that someone is being pulled by an illusion that the rest of us do not share. It belittles them, while at the same time aggrandising us. To the European audience, and by extension audiences in other rich parts of the world, it is reassuring: they are dreaming of having lives like ours – and who can blame them for idealising our existence?

Yet it is striking how often the word “dream” seems to crop up in place of the less comforting words “want” and “need”. This person has arrived in Europe and they want to go to Britain, where their uncle lives. Wouldn’t you? This person needs to get to Europe to work. Why can’t they earn a living at home? Why should anyone have to put up with these conditions? Whose interests does it serve to regulate their movement? And how likely is it that states which treat migrants with such callousness will behave similarly towards their own citizens? These, I think, are the sorts of questions we should be asking.

Daniel Trilling’s Lights in the Distance, based on years of reporting on refugees in Europe, has just been published by Picador and is available from the Guardian Bookshop

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Immigration: Attention, une vérité qui dérange peut en cacher une autre ! (Better green than dead: What other unconvenient truth ?)

10 août, 2018

 
feux Quand les mille ans seront accomplis, Satan (…) sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer. Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Jean (Apocalypse 20: 7-9)
Le titre m’est venu de la lecture de l’Apocalypse, du chapitre 20, qui annonce qu’au terme de mille ans, des nations innombrables venues des quatre coins de la Terre envahiront « le camp des saints et la Ville bien-aimée ». Jean Raspail
Le 17 février 2001, un cargo vétuste s’échouait volontairement sur les rochers côtiers, non loin de Saint-Raphaël. À son bord, un millier d’immigrants kurdes, dont près de la moitié étaient des enfants. Cette pointe rocheuse faisait partie de mon paysage. Certes, ils n’étaient pas un million, ainsi que je les avais imaginés, à bord d’une armada hors d’âge, mais ils n’en avaient pas moins débarqué chez moi, en plein décor du Camp des saints, pour y jouer l’acte I. Le rapport radio de l’hélicoptère de la gendarmerie diffusé par l’AFP semble extrait, mot pour mot, des trois premiers paragraphes du livre. La presse souligna la coïncidence, laquelle apparut, à certains, et à moi, comme ne relevant pas du seul hasard. Jean Raspail
Qu’est-ce que Big Other ? C’est le produit de la mauvaise conscience occidentale soigneusement entretenue, avec piqûres de rappel à la repentance pour nos fautes et nos crimes supposés –  et de l’humanisme de l’altérité, cette sacralisation de l’Autre, particulièrement quand il s’oppose à notre culture et à nos traditions. Perversion de la charité chrétienne, Big Other a le monopole du Vrai et du Bien et ne tolère pas de voix discordante. Jean Raspail
Ce qui m’a frappé, c’est le contraste entre les opinions exprimées à titre privé et celles tenues publiquement. Double langage et double conscience… À mes yeux, il n’y a pire lâcheté que celle devant la faiblesse, que la peur d’opposer la légitimité de la force à l’illégitimité de la violence. Jean Raspail
Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. Boumediene (mars 1974)
Un jour, des millions d’hommes quitteront le sud pour aller dans le nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. Houari Boumediene (ONU, 10.04.74)
Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union Européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. La Bosnie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. 50% de ses citoyens sont musulmans. L’Europe est dans une fâcheuse posture. Et il en est de même de l’Amérique. Elles [les nations occidentales] devraient accepter de devenir musulmanes avec le temps ou bien de déclarer la guerre aux musulmans. Kadhafi (10.04.06) 
Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme. (…) Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident « le monde libre » par rapport au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce « monde libre », fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein. Robert Redeker
Si je regarde vers l’avenir, je suis empli de sombres présages ; tel le poète romain, il me semble voir le Tibre écumer d’un sang abondant. Enoch Powell (20 avril 1968)
La fonction suprême de l’homme d’Etat est de protéger la société de malheurs prévisibles. Il rencontre dans cette tâche des obstacles profondément ancrés dans la nature humaine. L’un d’entre eux est qu’il est d’évidence impossible de démontrer la réalité d’un péril avant qu’il ne survienne : à chaque étape de la progression d’un danger supposé, le doute et le débat sont possibles sur son caractère réel ou imaginaire. Ces dangers sont en outre l’objet de bien peu d’attention en comparaison des problèmes quotidiens, qui sont eux incontestables et pressants : d’où l’irrésistible tentation pour toute politique de se préoccuper du présent immédiat au détriment de l’avenir. Par-dessus tout, nous avons également tendance à confondre la prédiction d’un problème avec son origine, ou même avec le fauteur de trouble. Nous aimons à penser : « Si seulement personne n’en parlait, sans doute rien de tout cela n’arriverait…» Cette habitude remonte peut-être à la croyance primitive que le mot et la chose, le nom et l’objet, sont identiques. Dans tous les cas, l’évocation des périls à venir, graves mais évitables (si l’on s’attache à les résoudre), est la tâche la plus impopulaire de l’homme politique. La plus nécessaire aussi. (…) Sur la lancée actuelle, dans 15 ou 20 ans, il y aura en Grande-Bretagne, en comptant les descendants, 3,5 millions d’immigrés du Commonwealth. Ce chiffre n’est pas de moi : c’est l’évaluation officielle donnée au Parlement par les bureaux de l’état-civil. Il n’y a pas de prévision officielle semblable pour l’an 2000, mais le chiffre avoisinera les 5 à 7 millions, soit environ un dixième de la population, quasiment l’équivalent de l’agglomération londonienne. Cette population ne sera bien sûr pas uniformément répartie du nord au sud et d’est en ouest. Dans toute l’Angleterre, des régions entières, des villes, des quartiers, seront entièrement peuplés par des populations immigrées ou d’origine immigrée. Avec le temps, la proportion des descendants d’immigrés nés en Angleterre, et donc arrivés ici comme nous, augmentera rapidement. Dès 1985, ceux nés en Angleterre [par rapport à ceux nés à l’étranger] seront majoritaires. C’est cette situation qui demande d’agir avec la plus extrême urgence, et de prendre des mesures qui, pour un homme politique, sont parmi les plus difficiles à prendre, car ces décisions délicates sont à considérer dans le présent, alors que les dangers à écarter, ou à minimiser, ne se présenteront qu’aux élus des générations futures. Lorsqu’un pays est confronté à un tel danger, la première question qui se pose est celle-ci : « Comment réduire l’ampleur du phénomène ? » Puisqu’on ne peut entièrement l’éviter, peut-on le limiter, sachant qu’il s’agit essentiellement d’un problème numérique ? Car en effet, l’arrivée d’éléments étrangers dans un pays, ou au sein d’une population, a des conséquences radicalement différentes selon que la proportion est de 1% ou 10%. La réponse à cette simple question est d’une égale simplicité : il faut stopper, totalement ou presque, les flux d’immigration entrants et encourager au maximum les flux sortants. Ces deux propositions font partie de la plate-forme officielle du Parti Conservateur. Il est à peine concevable qu’en ce moment même, rien qu’à Wolverhampton, entre 20 et 30 enfants immigrés supplémentaires arrivent chaque semaine de l’étranger, soit 15 à 20 familles supplémentaires dans 10 ou 20 ans. « Quand les Dieux veulent détruire un peuple, ils commencent par le rendre fou » dit le dicton, et assurément nous devons être fous, littéralement fous à lier, en tant que nation, pour permettre chaque année l’arrivée d’environ 50 000 personnes à charge et qui plus tard accroîtront la population d’origine immigrée. J’ai l’impression de regarder ce pays élever frénétiquement son propre bûcher funéraire. (…) Le troisième volet de la politique du Parti Conservateur est l’égalité de tous devant la loi : l’autorité publique ne pratique aucune discrimination et ne fait aucune différence entre les citoyens. Ainsi que M. Heath [leader du parti conservateur] l’a souligné, nous ne voulons pas de citoyens de première ou de seconde «classe». Mais cela ne doit pas signifier pour autant qu’un immigré ou ses descendants doivent disposer d’un statut privilégié ou spécifique, ou qu’un citoyen ne soit pas en droit de discriminer qui bon lui semble dans ses affaires privées, ou qu’on lui dicte par la loi ses choix ou son comportement. Il n’y a pas plus fausse appréciation de la réalité que celle entretenue par les bruyants défenseurs des lois dites « contre les discriminations ». Que ce soit nos grandes plumes, toutes issues du même moule, parfois des mêmes journaux qui, jour après jour dans les années 30, ont tenté d’aveugler le pays face au péril croissant qu’il nous a fallu affronter par la suite. Ou que ce soit nos évêques calfeutrés dans leurs palais à savourer des mets délicats, la tête dissimulée sous les draps. Ces gens-là sont dans l’erreur, dans l’erreur la plus absolue, la plus complète. Le sentiment de discrimination, de dépossession, de haine et d’inquiétude, ce ne sont pas les immigrés qui le ressentent, mais bien ceux qui les accueillent et doivent continuer à le faire. C’est pourquoi voter une telle loi au Parlement, c’est risquer de mettre le feu aux poudres. Le mieux que l’on puisse dire aux tenants et aux défenseurs de cette loi, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. (…) alors qu’arriver en Grande-Bretagne signifie pour le migrant accéder à des privilèges et à des équipements ardemment recherchés, l’impact sur la population autochtone du pays est bien différent. Pour des raisons qu’ils ne comprennent pas, en application de décisions prises à leur insu, pour lesquelles ils ne furent jamais consultés, les habitants de Grande-Bretagne se retrouvent étrangers dans leur propre pays. Leurs femmes ne trouvent pas de lits d’hôpital pour accoucher, leurs enfants n’obtiennent pas de places à l’école, leurs foyers, leurs voisins, sont devenus méconnaissables, leurs projets et perspectives d’avenir sont défaits. Sur leurs lieux de travail, les employeurs hésitent à appliquer au travailleur immigré les mêmes critères de discipline et de compétence qu’au Britannique de souche. Ils commençent à entendre, au fil du temps, des voix chaque jour plus nombreuses qui leur disent qu’ils sont désormais indésirables. Et ils apprennent aujourd’hui qu’un privilège à sens unique va être voté au Parlement. Qu’une loi qui ne peut, ni n’est destinée à les protéger ni à répondre à leurs doléances, va être promulguée. Une loi qui donnera à l’étranger, au mécontent, à l’agent provocateur, le pouvoir de les clouer au pilori pour des choix d’ordre privé. Parmi les centaines de lettres que j’ai reçues après m’être exprimé sur ce sujet il y a 2 ou 3 mois, j’ai remarqué une nouveauté frappante, et je la trouve de très mauvaise augure. Les députés ont l’habitude de recevoir des lettres anonymes, mais ce qui me surprend et m’inquiète, c’est la forte proportion de gens ordinaires, honnêtes, avisés, qui m’écrivent une lettre souvent sensée, bien écrite, mais qui préfèrent taire leur adresse. Car ils craignent de se compromettre ou d’approuver par écrit les opinions que j’ai exprimées. Ils craignent des poursuites ou des représailles si cela se savait. Ce sentiment d’être une minorité persécutée, sentiment qui progresse parmi la population anglaise dans les régions touchées du pays, est quelque chose d’à peine imaginable pour ceux qui n’en ont pas fait directement l’expérience. (…) L’autre dangereuse chimère de ceux qui sont aveugles aux réalités peut se résumer au mot « intégration ». Être intégré, c’est ne pas se distinguer, à tous points de vue, des autres membres d’une population. Et de tout temps, des différences physiques évidentes, particulièrement la couleur de peau, ont rendu l’intégration difficile, bien que possible avec le temps. Parmi les immigrés du Commonwealth venus s’installer ici depuis 15 ans, il existe des dizaines de milliers de personnes qui souhaitent s’intégrer, et tous leurs efforts tendent vers cet objectif. Mais penser qu’un tel désir est présent chez une vaste majorité d’immigrés ou chez leurs descendants est une idée extravagante, et dangereuse de surcroît. Nous sommes arrivés à un tournant. Jusqu’à présent, la situation et les différences sociales ont rendu l’idée même d’intégration inaccessible : cette intégration, la plupart des immigrés ne l’ont jamais ni conçue ni souhaitée. Leur nombre et leur concentration ont fait que la pression vers l’intégration qui s’applique d’habitude aux petites minorités, n’a pas fonctionné. Nous assistons aujourd’hui au développement de forces qui s’opposent directement à l’intégration, à l’apparition de droits acquis qui maintiennent et accentuent les différences raciales et religieuses, dans le but d’exercer une domination, d’abord sur les autres migrants et ensuite sur le reste de la population. Cette ombre, au départ à peine visible, obscurcit le ciel rapidement. Et on la perçoit désormais à Wolverhampton. Elle donne des signes d’expansion rapide. (…) Le projet de Loi sur les Relations Raciales constitue le terreau idéal pour que ces dangereux éléments de discorde prospèrent. Car voilà bien le moyen de montrer aux communautés d’immigrants comment s’organiser et soutenir leurs membres, comment faire campagne contre leurs concitoyens, comment intimider et dominer les autres grâce aux moyens juridiques que les ignorants et les mal-informés leur ont fournis. Je contemple l’avenir et je suis rempli d’effroi. Comme les Romains, je vois confusément « le Tibre écumant de sang ». Ce phénomène tragique et insoluble, nous l’observons déjà avec horreur outre-Atlantique, mais alors que là-bas il est intimement lié à l’histoire de l’Amérique, il s’installe chez nous par notre propre volonté, par notre négligence. Il est déjà là. Numériquement parlant, il aura atteint les proportions américaines bien avant la fin du siècle. Seule une action résolue et immédiate peut encore l’empêcher. Je ne sais si la volonté populaire exigera ou obtiendra de telles mesures. Mais ce que je sais, c’est que se taire devant cette situation serait une trahison majeure. Enoch Powell (1968)
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
According to the agreement, Kuwait will get 900 million litres of water daily, Shaikh Ahmad said, without providing the financial details of the agreement. Earlier reports have said the project foresees building a pipeline to channel water from the Karun and Karkheh rivers in southwestern Iran to Kuwait at a cost of $2 billion. The Kuwaiti minister said the project is « vital » for Kuwait and is classified as « one of the highly important strategic projects ». Al Jazeera (2003)
Farmers accuse local politicians of allowing water to be diverted from their areas in return for bribes. While the nationwide protests in December and January stemmed from anger over high prices and alleged corruption, in rural areas, lack of access to water was also a major cause, analysts say. In Syria, drought was one of the causes of anti-government protests which broke out in 2011 and led to civil war, making the Iranian drought particularly sensitive. Approximately 97 percent of the country is experiencing drought to some degree, according to the Islamic Republic of Iran Meteorological Organization. Rights groups say it has driven many people from their homes. A United Nations report last year noted, “Water shortages are acute; agricultural livelihoods no longer sufficient. With few other options, many people have left, choosing uncertain futures as migrants in search of work.” In early January, protests in the town of Qahderijan, some 10 km (6 miles) west of Isfahan, quickly turned violent as security forces opened fire on crowds, killing at least five people, according to activists. One of the dead was a farmer, CHRI said, and locals said water rights were the main grievance. Hassan Kamran, a parliamentarian from Isfahan, publicly criticised energy minister Reza Ardakanian this month, accusing him of not properly implementing a water distribution law. “The security and intelligence forces shouldn’t investigate our farmers. The water rights are theirs,” he told a parliamentary session. In early March, Ardakanian set up a working group comprising four ministers and two presidential deputies to deal with the crisis. Since the January protests, Rouhani has repeatedly said the government will do what it can to address grievances. But there is no quick fix for deeply rooted environmental issues like drought, observers say. Reuters
Les médias sont rares à s’intéresser à la question, mais l’Iran fait face à une grande catastrophe, sauf si des mesures techniques sont immédiatement prises: la pénurie d’eau devient dramatique. L’Occident se polarise sur le programme nucléaire ou sur le maintien des sanctions économiques contre l’Iran mais élude le problème de l’eau, qui risque d’entraîner une agitation sociale en Iran avec pour conséquence une migration des populations. Pour camoufler la véritable rupture avec le gouvernement, les contestations sont pour l’instant étouffées dans les grandes villes. (…) Le problème ne date pas d’aujourd’hui puisque des mises en garde ont été publiées dès 2014. (…) En cause: l’absence d’investissements depuis plusieurs années dans les infrastructures des réseaux de distribution d’eau potable alors que la sécheresse sévit dans le pays et que plusieurs rivières iraniennes se sont asséchées. La seule mesure prise par les autorités consiste à rationner l’eau dans la capitale de huit millions d’habitants, avec pour conséquence les nombreuses protestations qui se sont élevées contre les coupures d’eau. (…) Il y a bien sûr des raisons climatiques qui expliquent cette pénurie mais les négligences du pouvoir sont immenses. Par manque d’eau, seules 12% des terres (19 millions d’hectares) sont exploitées pour l’agriculture alors que l’ensemble des terres arables est évalué à 162 millions d’hectares. Or, si des solutions techniques évoluées ne sont pas mises en place, la quantité d’eau n’augmentera pas dans les années à venir alors que le pays connaît une croissance démographique et une urbanisation accélérée. Par ailleurs, l’Iran n’a pas été économe de son eau. À force de pompages désordonnés, son sous-sol s’est vidé et la pluie n’est pas suffisamment abondante pour remplir les nappes souterraines. De nombreux puits ont été creusés illégalement par les Iraniens malgré une eau puisée polluée. L’agriculture iranienne n’est plus suffisante pour permettre une indépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger. À peine 40% des eaux usées sont traitées tandis que le reste est déversé dans les lacs et les rivières, aggravant la pollution. Par ailleurs, les sanctions ont aggravé la disponibilité de produits chimiques pour les installations d’eau. (…) Mais au lieu de prendre des mesures structurelles, le gouvernement a usé de l’arme du rationnement. Eshagh Jahanguiri, le premier vice-président, a prévenu: «Il y aura d’abord des coupures d’eau et, ensuite, des amendes pour les gros consommateurs.» C’est la meilleure manière de se mettre à dos la population qui menace le régime. Jacques Benillouche
Depuis le lancement de la « marche du retour » (tentative d’invasion) par les Palestiniens et les 2 mois d’émeutes et de tentatives d’infiltration terroristes à la frontière de Gaza qui s’en sont suivis, l’attention médiatique a été à juste titre portée sur le bilan humain suite à l’agression du Hamas. Dès le début des violences palestiniennes, Israël est universellement condamné pour le nombre de victimes, la grande majorité des personnes tuées étant pourtant des membres du Hamas. Néanmoins, un autre aspect de l’histoire, qui a été rapporté mais dans une bien moindre mesure, est le phénomène des cerfs-volants incendiaires utilisés par le Hamas et ses membres. Le Hamas a adopté la politique de la terre brûlée, une tactique consistant à pratiquer les destructions les plus importantes possibles, détruire ou à endommager gravement ressources, moyens de production, infrastructures, bâtiments ou nature environnante, de manière à les rendre inutilisables. À maintes et maintes reprises, les terroristes ont attaché des engins incendiaires à des cerfs-volants qui sont normalement des jouets pour enfants. En raison des vents soufflant habituellement d’ouest en est, beaucoup de ces engins ont en fait atterri dans les champs et les forêts israéliennes, les conditions météorologiques extrêmement chaudes et sèches favorisant le départ d’incendies massifs. Les rapports indiquent que des milliers de dounams [1/10e d’hectare] de cultures et de plantes ont été détruits à cause de cette forme de terrorisme – le terrorisme agricole. Bien que le terrorisme agricole ne soit pas une nouvelle tactique, il a pris de l’ampleur, tant dans le sud à la frontière avec Gaza qu’au cours des dernières semaines dans toute la Judée et la Samarie. Le Djihad des forêts : les Arabes palestiniens lancent des incendies de terreur depuis les années 1920. Il n’y a rien de nouveau dans l’utilisation des feux pour la terreur. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les incendies criminels palestiniens représentaient environ le tiers de tous les incendies de forêt en Israël. En 2016, de nombreux incendies se sont déclarés dans le nord d’Israël. Les Arabes célèbrent ces incendies sur les réseaux sociaux. La plupart des incendies criminels à la fin des années 1980 étaient directement liés au soulèvement palestinien (la première Intifada). Dans les années 1920, 1930 et 1940, les Palestiniens ont brûlé des centaines d’hectares (Emek en 1936), des maisons et des juifs. En 1929, sous l’impulsion du Mufti pro nazi Al Husseini de nombreux pogroms anti Juifs eurent lieu et la forêt Balfurya dans le nord fut incendiée. Le New York times rapportait en octobre 1938 que plusieurs Juifs avaient été poignardés puis brûlés par un groupe terroriste arabe à Tibériade – Les victimes du massacre : Jacob Zaltz,  M. Kabin et sa soeur, Joshua Ben Arieh sa femme et son fils, les trois enfants de Shlomo Leimer, âgés de 8, 10 et 12 ans, Shimon Mizrahi, sa femme et ses cinq enfants, âgés de 1 à 12 ans. Lors du massacre d’Hébron de 1929, des Arabes tuèrent environ 67 Juifs, en blessèrent 53 et pillèrent des maisons et des synagogues. Après avoir brûlé des centaines de pneus près de la clôture et tenté de pénétrer les kibboutz avoisinants dans l’unique but de massacrer des civils Israéliens, les terroristes de Gaza ont trouvé une nouvelle arme contre Israël : les cerfs-volants incendiaires et les ballons à l’hélium. Israël Hayom a cité la semaine dernière des personnes impliquées dans le domaine qui ont spéculé que, puisqu’il n’y a pas beaucoup de magasins de jouets à Gaza, la seule source logique pour cette quantité d’hélium seraient les hôpitaux de Gaza qui utilisent normalement l’hélium à des fins médicales. Utiliser les hôpitaux pour promouvoir le terrorisme n’est pas nouveau à Gaza. Durant l’Opération Bordure protectrice de 2014, l’hôpital Al-Shifa dans le quartier de North Rimal à Gaza a été décrit par le Washington Post comme un « quartier général de facto pour les dirigeants du Hamas ». Depuis le début des manifestations dites pacifiques par les médias, Les dégâts causés à la flore, aux cultures et à la faune sont considérables, certaines estimations indiquant que les pertes se chiffrent à plusieurs millions de dollars. Selon un rapport du JNS, « les responsables de l’Autorité israélienne pour la nature et les parcs ont estimé qu’au moins un tiers de la réserve naturelle de Carmia a été détruite, avec des dommages significatifs pour les plantes et la faune locales ». Le passage de Kerem Shalom a même été incendié à trois reprises. Ce passage voit quotidiennement passer plus de 6000 tonnes de marchandises et près de 190 camions chaque jour. Selon un haut responsable local de la sécurité, éteindre les pneus en feu n’est pas si simple car ils sont souvent remplis d’explosifs, dans l’espoir de blesser ou de tuer des pompiers. En conséquence, l’armée doit intervenir pour aider les pompiers, ce qui retarde  les efforts de lutte contre l’incendie. Une autre forme de terrorisme agricole est le vol. Deux semaines à peine avant l’incendie des vergers de cerisiers de Kfar Etzion, les Arabes des villages voisins, au milieu de la nuit, avaient pillé les récoltes près du même endroit, volant des tonnes de fruits. Les estimations indiquent qu’environ 50,000 € de cerises ont été volés. Ces criminels ont envoyé un message clair, ils ont peint une croix gammée nazie sur un rocher dans le verger. Ceci est encore une autre similitude avec les cerfs-volants dans le sud, souvent décorés avec des croix gammées. Aussi horrible que soit le terrorisme agricole, les responsables de la sécurité sont conscients que ce type de terrorisme n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen plus sinistre et abjecte. La crainte est qu’une prochaine fois, l’un de ces incendies puisse se propager dans les communautés elles-mêmes, mettant des maisons et des vies en danger. (…) La nouvelle terreur de Gaza  est le cerf-volant. Les Gazaouis attachent des chiffons enflammés ou une sorte de bombe incendiaire à un cerf-volant ou à un ballon à l’hélium pour les laisser tomber en territoire israélien et brûler les cultures et habitations. On n’est pas dans dans la recherche scientifique ou médicale mais dans la recherche de la terreur. Cela a été extrêmement efficace pour frapper les champs Israéliens dans le Néguev, devenant une arme terroriste dévastatrice. Ce phénomène de terrorisme agricole découle des violences qui ont eu lieu à la frontière de Gaza depuis le début des manifestations du mois de mars. Depuis plusieurs semaines, les Gazaouis lancent régulièrement des cerfs-volants équipés d’objets incendiaires, comprenant souvent du charbon de bois et des sacs de sucre pour assurer une longue et lente brûlure. Plus de 700 cerfs-volants et ballons ont été lancés à partir de Gaza, déclenchant plus de 400 incendies. Les dommages causés par ces incendies à l’agriculture israélienne près de la frontière de Gaza est estimée à 3 millions de dollars. Netanyahu a demandé l’avancement d’un plan pour utiliser les fonds de l’Autorité palestinienne pour payer les dommages causés. L’objectif du Hamas est de détruire complètement Israël, et paralyser l’économie Israélienne en brûlant ses récoltes. (…) Le terrorisme aux cerfs-volants n’est qu’une autre tentative des Palestiniens de détruire Israël avec une arme de choix différente. Les Palestiniens ont utilisé les bombes, les détournements d’avions, les roquettes, les mortiers, les bombes humaines, les armes automatiques, les couteaux, les bulldozers, les voitures béliers, les cocktails molotov, les pierres, les tunnels terroristes, les haches, maintenant ce sont des cerfs-volants et des ballons incendiaires. Les provocations récentes du Hamas où des milliers de Gazaouis tentèrent de démolir la barrière frontalière et d’entrer en Israël avec des cocktails Molotov et d’autres armes improvisées font partie d’une tactique macabre du Hamas appelée « l’enfant mort » pour qu’Israël tue autant de Gazaouis que possible afin que les titres commencent toujours, et souvent se terminent, avec le nombre de Palestiniens tués. Le Hamas envoie délibérément des femmes et des enfants sur la ligne de front comme ce fut le cas avec l’infirmière Razzan Al Najjar (qui dans une vidéo reconnaissait être venu tenir un rôle de bouclier humain), tandis que leurs propres et vaillant combattants se planquent dans leurs bunkers ou derrière ces boucliers humains. Jean Vercors (Dreuz)
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Comme au bon vieux temps de la Terreur, quand les gens venaient assister aux exécutions à la guillotine sur la place publique. Maintenant, c’est par médias interposés que la mort fait vibrer les émotions (…) Les médias filment la mort comme les réalisateurs de X filment les ébats sexuels. Bernard Dugué
Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos. While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch. At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models. Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic. James Alan Fox (Northeastern University)
Voyez comme c’est devenu énorme, en seulement quelques jours… Voyez à quelle vitesse cet incendie du ‘Mendocino Complex’ est monté dans le classement des sinistres. Scott Mclean (Département des forêts et de la protection contre les incendies de Californie)
Holy Fire 2018: Man arrested on suspicion of arson as ‘DOOMSDAY’ fire spreads. California authorities have charged a 51-year-old man with felony arson for allegedly starting the Holy Fire that has been ripping through the Orange and Riverside counties in Southern California as locals describe « doomsday » scenario. » The Express
Deux foyers qui ravagent le nord de la Californie ont formé ensemble, lundi 6 août, le plus grand incendie de l’histoire de cet État de l’ouest des États-Unis, annoncent les autorités. Appelés « incendie du Mendocino Complex », les deux brasiers ont réduit en cendres plus de 114 850 hectares – une superficie proche de la taille de l’immense ville de Los Angeles – et ne sont maîtrisés qu’à 30% environ, a annoncé Calfire, le service californien de lutte contre les incendies. (…) Le « Mendocino Complex » a surpassé en superficie détruite l’incendie Thomas, qui avait détruit 114 078 hectares en décembre 2017. L’incendie Carr, qui sévit également dans le nord de la Californie, a tué sept personnes et détruit plus de 1 600 bâtiments, dont un millier de logements. (…) L’autre grand incendie de la région, surnommé « Ferguson », qui a provoqué la fermeture partielle du parc national de Yosemite, en pleine saison touristique, était contenu à 38%. Plus de 14 000 pompiers combattent les divers incendies en cours dans l’État de Californie. Plusieurs milliers de personnes ont été évacuées depuis le début de cette série de sinistres. Francetv info
A wildland fire is devouring thousands of acres of grass and brush and some rustic cabins as well in Orange and Riverside counties. It’s dubbed the Holy fire, because it started in the Holy Jim Canyon area, near a road with that name. The Orange county register
Unlike hurricanes, wildfires are not named from a predetermined list. They are named by officials, who choose names based on “a geographical location, local landmark, street, lake, mountain, peak, etc.,” the California Department of Forestry and Fire Protection said. Officials said that quickly coming up with a label provides firefighters another way to locate the blaze and allows officials to track and prioritize incidents by name. A Twitter hashtag that identified the devastating fires in San Diego in 2007 — #sandiegofire — proved useful as people used it to organize information about road closures and evacuations, officials said. (…) Even names that would seem to have little to do with geography often tie back to location somehow. The 2007 Witch Fire, which destroyed about 1,650 structures, had nothing to do with sorcery, but it did originate in an area of San Diego County known as Witch Creek. (…) during the summer of 2015, there were so many fires, officials named one in southeast Idaho “Not Creative,” according to reports. A spokeswoman for the Idaho Department of Lands rationalized the choice to NPR, saying the name was selected after a long day of firefighting and after officials realized there were no significant landmarks nearby. Then there is the 416 Fire. The blaze, which has blackened more than 50,000 acres in Colorado since June, was named by the Durango Interagency Dispatch Center after its “system-generated number,” officials explained. The conflagration was the 416th “incident” in the San Juan National Forest — where the dispatch center is — this year, officials said. (…) The process of naming hurricanes is much more complicated. An international panel of meteorologists actually names the storms years in advance. Meteorologists use six lists of alphabetically arranged female and male names, which are used in rotation. (The 2018 list will be used again in 2024.) But if a storm is so destructive that using its name again would seem insensitive, a committee can remove the name from the list and select a replacement. For instance, Katrina will not be used again. The World Meteorological Organization said the names are never in reference to a particular person. Instead, the group said, the names are meant to be “familiar to the people in each region” because, just as with fires, the point is for the public to be able to remember them. NYT
Selon l’Office for national Statistics, l’usage criminel d’arme blanche, ayant ou non provoqué la mort, est à + 22% de septembre 2016 à sept. 2017 ; usage d’arme à feu, + 11%. La criminalité en général, + 14% (au plus haut depuis 15 ans). Pourquoi cette explosion criminelle dans un pays naguère paisible ?  Cause profonde, l’abolition des gouvernements vraiment « libéraux » ou « conservateurs » en Europe, remplacés par de factices-unanimes petits soldats de la mondialisation heureuse façon DGSI (Davos-Goldman-Sachs-Idéologie). Ainsi Theresa May ou François Hollande, David Gauke ministre conservateur de la Justice à Londres aujourd’hui, ou la libertaire Mme Taubira à Paris naguère, mêmes politiques laxistes et effets pervers. Car c’est la conservatrice Mme May qui, ministre de l’Intérieur, massacre dès 2010 la police britannique, amputant d’un coup son budget de – 18%. En 2015, Mme May dédaigne les alertes des syndicats et cadres de la police, les accusant avec mépris de « crier au loup ». Il y avait en 2010 144 353 policiers dans les rues (Angleterre + Galles) ; en 2015, il en restait 122 859,  – 21 494. Or sur 5 ans, cette décimation fait 4,5 millions de jours d’enquête en moins – à l’immense joie de bandits ainsi laissés la bride sur le cou. Résultat, l’effondrement des taux d’élucidation des polices britanniques. En 2015 encore, Scotland Yard faisait inculper 26% des assaillants au poignard, 11% en 2018. Robberies (braquages, agressions) : 6% d’élucidation en 2017, 94% de crimes impunis. A l’origine de l’explosion criminelle, des gangs toujours plus audacieux et structurés. Or paralysée par le « politiquement correct », Mme May interdit pour l’essentiel aux policiers de fouiller ces jeunes gangsters souvent issus de l’immigration africaine ou ouest-asiatique – comme la majorité des victimes d’homicides et 70 à 80% des gangsters en cause. Les bandits ne s’en cachent d’ailleurs pas, le principal gang juvénile de Londres s’étant lui même baptisé Mali Boys. Face à ce réel criminel, Mme May a empilé formalités absurdes et interdits bienséants – conférant aux gangsters une quasi-impunité. Qui dit explosion dit explosif : c’est l’énorme retour de la cocaïne sur la scène branchée britannique, dans une jeunesse dorée post-crise certes vegan, bobo et fan de café équitable – mais carburant à la coke,  d’où, de mortelles guerres de territoires entre gangs. Ultime cause de l’explosion criminelle : une justice laxiste. L’Angleterre ne poursuit désormais plus les vols en boutiques de moins de 250 euros ; déficit pour le commerce, 7 milliards d’euros – bien sûr répercutés sur les prix. Cette hugolienne mesure coûte à chaque ménage 300 euros par an – déjà l’insécurité dans leur cité, là encore, les pauvres trinquent. (…) Ultime folie: à des policiers abasourdis, le (conservateur) secrétaire d’Etat britannique aux prisons annonce une forte diminution des incarcérations de moins d’un an. Or on l’a vu, la peine réelle pour possession/usage d’une arme blanche est de sept mois et demi de prison ferme ; ce pour moins de 50% des condamnés adultes, et moins de 15% des mineurs – les autres échappant déjà à toute incarcération. Cherchez l’erreur… Xavier Raufer
Dans le cadre d’une enquête pour retrouver un père suspecté d’avoir enlevé son enfant, la police du Nouveau-Mexique, aux États-Unis, a (…) découvert un campement dans lequel onze enfants étaient retenus dans de terribles conditions. Au moins l’un d’entre eux y a été entraîné à l’usage des armes à feu dans le but de le préparer à des tueries de masse, bien que l’objectif précis de cette préparation reste à établir. La dépouille d’un enfant de 4 ans a été retrouvée sur place. L’enquête débute en décembre 2017, dans le comté de Jonesboro, en Géorgie, sur la côte est des États-Unis. Siraj Wahhaj, père de 39 ans, est recherché après la disparition de son fils. La mère affirme à la police que l’enfant, âgé de 3 ans, est allé au parc avec lui et n’en est jamais revenu. Le garçon souffre d’épilepsie, ainsi que de problèmes cognitifs et de développement, explique-t-elle. D’après le Telegraph, elle aurait également évoqué ses craintes d’un «exorcisme» que le père voudrait pratiquer sur son fils, avant de finalement revenir sur ces propos en évoquant une mauvaise traduction du terme. Plusieurs proches du garçonnet, dont son grand-père, imam d’une mosquée de Brooklyn, à New York, lancent une campagne via les réseaux sociaux pour le retrouver, raconte le National Post. (…) Jeudi, de nouvelles informations sont venues ajouter au sordide de l’affaire: au moins un des onze enfants retrouvés a été entraîné à l’usage des armes à feu. «Un tuteur temporaire de l’un des enfants a déclaré que l’accusé avait entraîné l’enfant à tirer avec un fusil d’assaut pour se préparer à de futures fusillades en milieu scolaire», précise le bureau du procureur. Selon CNN, ce dernier mentionne par ailleurs, dans les motivations pour le maintien en prison de Siraj Wahhaj, sa «planification et sa préparation de futures tueries dans des écoles».  (…) Mardi, le shérif du comté de Taos a indiqué que le groupe était «considéré comme extrémiste de la foi musulmane», sans toutefois revenir plus en détails sur ce point. L’homme arrêté avec Siraj Wahhaj, identifié comme Lucas Morten et âgé de 40 ans, a d’abord été inculpé pour hébergement de fugitif, avant que des charges liées à la maltraitance des enfants ne soient ajoutées. Les trois femmes ont été libérées en attendant la suite de l’enquête. Leurs liens avec les protagonistes restent imprécis: selon les sources, elles sont présentées comme étant des mères de certains enfants, ou des sœurs de l’un des deux hommes, ou encore une épouse de l’un d’eux. Le Figaro
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Who are the bigots — the rude and unruly protestors who scream and swarm drop-off points and angrily block immigration authority buses to prevent the release of children into their communities, or the shrill counter-protestors who chant back “Viva La Raza” (“Long Live the Race”)? For that matter, how does the racialist term “La Raza” survive as an acceptable title of a national lobby group in this politically correct age of anger at the Washington Redskins football brand? How can American immigration authorities simply send immigrant kids all over the United States and drop them into communities without firm guarantees of waiting sponsors or family? If private charities did that, would the operators be jailed? Would American parents be arrested for putting their unescorted kids on buses headed out of state? Liberal elites talk down to the cash-strapped middle class about their illiberal anger over the current immigration crisis. But most sermonizers are hypocritical. Take Nancy Pelosi, former speaker of the House. She lectures about the need for near-instant amnesty for thousands streaming across the border. But Pelosi is a multimillionaire, and thus rich enough not to worry about the increased costs and higher taxes needed to offer instant social services to the new arrivals. Progressives and ethnic activists see in open borders extralegal ways to gain future constituents dependent on an ever-growing government, with instilled grudges against any who might not welcome their flouting of U.S. laws. How moral is that? Likewise, the CEOs of Silicon Valley and Wall Street who want cheap labor from south of the border assume that their own offspring’s private academies will not be affected by thousands of undocumented immigrants, that their own neighborhoods will remain non-integrated, and that their own medical services and specialists’ waiting rooms will not be made available to the poor arrivals. … What a strange, selfish, and callous alliance of rich corporate grandees, cynical left-wing politicians, and ethnic chauvinists who have conspired to erode U.S. law for their own narrow interests, all the while smearing those who object as xenophobes, racists, and nativists. Victor Davis Hanson
There is a small minority of Pakistani men who believe that white girls are fair game. And we have to be prepared to say that. You can only start solving a problem if you acknowledge it first. This small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens, are to be spoken out against. (…) These were grown men, some of them religious teachers or running businesses, with young families of their own. Whether or not these girls were easy prey, they knew it was wrong. (…) In mosque after mosque, this should be raised as an issue so that anybody remotely involved should start to feel that the community is turning on them. Communities have a responsibility to stand up and say, ‘This is wrong, this will not be tolerated’. (…) Cultural sensitivity should never be a bar to applying the law. (…) Failure to be “open and front-footed” would “create a gap for extremists to fill, a gap where hate can be peddled.  (…) Leadership is about moving people with you, not just pissing them off. Baroness Warsi
The terrible story of the Oxford child sex ring has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community. It is a sense of repulsion and outrage that I feel particularly strongly, working as a Muslim leader and Imam in this neighbourhood and trying  to promote genuine  cultural integration. (…) But apart from its sheer depravity, what also depresses me about this case is the widespread refusal to face up to its hard realities. The fact is that the vicious activities of the Oxford ring are bound up with religion and race: religion, because all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim; and race, because they deliberately targeted vulnerable white girls, whom they appeared to regard as ‘easy meat’, to use one of their revealing, racist phrases. Indeed, one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’. But as so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to this reality. Commentators and politicians tip-toe around it, hiding behind weasel words. We are told that child sex abuse happens ‘in all communities’, that white men are really far more likely to be abusers, as has been shown by the fall-out from the Jimmy Savile case. One particularly misguided commentary argued that the predators’ religion was an irrelevance, for what really mattered was that most of them worked in the night-time economy as taxi drivers, just as in the Rochdale child sex scandal many of the abusers worked in kebab houses, so they had far more opportunities to target vulnerable girls. But all this is deluded nonsense. While it is, of course, true that abuse happens in all communities, no amount of obfuscation can hide the pattern that has been exposed in a series of recent chilling scandals, from Rochdale to Oxford, and Telford to Derby. In all these incidents, the abusers were Muslim men, and their targets were under-age white girls. Moreover, reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims, which is around five times higher than the proportion of Muslims in the adult male population. To pretend that this is not an issue for the Islamic community is to fall into a state of ideological denial. But then part of the reason this scandal happened at all is precisely because of such politically correct thinking. All the agencies of the state, including the police, the social services and the care system, seemed eager to ignore the sickening exploitation that was happening before their eyes. Terrified of accusations of racism, desperate not to undermine the official creed of cultural diversity, they took no action against obvious abuse. (…) Amazingly, the predators seem to have been allowed by local authority managers to come and go from care homes, picking their targets to ply them with drink and drugs before abusing them. You can be sure that if the situation had been reversed, with gangs of tough, young white men preying on vulnerable Muslim girls, the state’s agencies would have acted with greater alacrity. Another sign of the cowardly approach to these horrors is the constant reference to the criminals as ‘Asians’ rather than as ‘Muslims’. In this context, Asian is a completely meaningless term.  The men were not from China, or India or Sri Lanka or even Bangladesh. They were all from either Pakistan or Eritrea, which is, in fact, in East Africa rather than Asia. What united them in their outlook was their twisted, corrupt mindset, which bred their misogyny and racism. (…) In the misguided orthodoxy that now prevails in many mosques, including several of those in Oxford, men are unfortunately taught that women are second-class citizens, little more than chattels or possessions over whom they have absolute authority. That is why we see this growing, reprehensible fashion for segregation at Islamic events on university campuses, with female Muslim students pushed to the back of lecture halls. There was a telling incident in the trial when it was revealed that one of the thugs heated up some metal to brand a girl, as if she were a cow. ‘Now, if you have sex with someone else, he’ll know that you belong to me,’ said this criminal, highlighting an attitude where women are seen as nothing more than personal property. The view of some Islamic preachers towards white women can be appalling. They encourage their followers to believe that these women are habitually promiscuous, decadent and sleazy — sins which are made all the worse by the fact that they are kaffurs or non-believers. Their dress code, from mini-skirts to sleeveless tops, is deemed to reflect their impure and immoral outlook. According to this mentality, these white women deserve to be punished for their behaviour by being exploited and degraded. On one level, most imams in the UK are simply using their puritanical sermons to promote the wearing of the hijab and even the burka among their female adherents. But the dire result can be the brutish misogyny we see in the Oxford sex ring. (…) It is telling, though, that they never dared to target Muslim girls from the Oxford area. They knew that they would be sought out by the girls’ families and ostracised by their community. But preying on vulnerable white girls had no such consequences — once again revealing how intimately race and religion are bound up with this case. (…) Horror over this latest scandal should serve as a catalyst for a new approach, but change can take place only if we abandon the dangerous blinkers of political correctness and antiquated multiculturalism. Dr. Taj Hargey (Imam of the Oxford Islamic Congregation)
Les immigrés sont une excellente affaire pour l’Etat français: ils rapportent une grosse douzaine de milliards d’euros par an et paient nos retraites. Juan Pedro Quiñonero (ABC)
L’entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites. Comité d’orientation des retraites
Il s’agit d’un processus historique lié à la structure de la population immigrée, majoritairement jeune. Comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques. Xavier Chojnicki
Maintenant, je me sens carrément isolée, je suis une toute petite minorité. C’est difficile de devenir une minorité chez soi, vous savez (…). Ce qui est nouveau, c’est que les Français d’origine étrangère se replient sur leur origine, ne se sentent plus français. Et moi, Française, je me sens mal (…) Même mes fils sont d’une autre culture que moi. Pour eux, être français, ça ne veut rien dire. Ils n’ont plus de nationalité, ils s’identifient de manière vague à une religion, celle qui est majoritaire. Ils observent les gestes de l’islam, une façon musulmane d’être et de parler, ils sont fiers d’appartenir à la majorité. Ils ne veulent pas être français, ils ne veulent pas s’intégrer dans la société, ils voudraient être blacks et beurs comme tout le monde, mais ils ne se comportent pas comme des musulmans. Tant de choses incohérentes. Christine C. (47 ans, cinq enfants, 28 ans de Courneuve, Le Monde, 12.11. 05)
L’explosion de l’immigration extra-européenne est venue paradoxalement des restrictions à l’entrée légale de travailleurs dans les années 1970. (…) à la fin des «Trente Glorieuses» (1944-1974), les gouvernements de droite comme de gauche, saisis de peur par la montée du chômage, ont multiplié les obstacles à l’entrée de nouveaux travailleurs au nom d’une certaine forme de «préférence nationale».(…) Depuis cette époque, les lois européennes organisent la prise en charge des étrangers qui se présentent au titre du regroupement familial ou de l’asile politique. Mais elles rejettent ceux qui prétendent travailler, créer des richesses et ne pas rester à la charge du pays d’accueil !… On convient d’appeler «clandestin» (ou plus pudiquement «sans-papier») un jeune Africain qui traverse au péril de sa vie le détroit de Gibraltar pour s’embaucher dans une exploitation agricole ou une entreprise de construction… Mais on considère comme immigrante régulière l’adolescente turque, nord-africaine ou noire qui est vendue par son père à un sien cousin déjà installé en Europe et présentée par ce dernier au consulat de son pays d’adoption comme son «épouse» légitime…(…)De la sorte, le mariage et le «regroupement familial» sont devenus le prétexte à une immigration clandestine déguisée. Cette immigration est de loin la plus importante et la plus pernicieuse car les femmes concernées et leurs enfants sont voués à la relégation dans des logements sociaux avec peu d’espoir d’assimiler un jour les valeurs et le mode de vie du pays d’accueil. L’assimilation est d’autant plus utopique que la majorité des enfants d’immigrants reviennent dans le pays d’origine de leurs parents pour y prendre un conjoint (98% des jeunes Turcs de France seraient dans ce cas). Chaque nouvelle génération effectue ainsi un retour à la case départ, vidant de son sens le concept de «deuxième ou troisième génération». Avec pour conséquence l’émergence de sociétés séparées et d’une ségrégation de fait. (…) La riche culture que les Français ont reçue en héritage est confrontée au développement d’une contre-culture archaïque (rejet de l’école, vocabulaire primaire, violence gratuite). Les chansons des rappeurs de banlieue expriment sans équivoque la montée de la haine. Ces paroles d’un racisme outrancier valent à leurs auteurs la compréhension énamourée de la bourgeoisie, comme si le mal-vivre excusait toutes les violences, y compris l’apologie du racisme et du meurtre ! (…) Ces violences sont attisées par l’attitude de la classe dominante, blanche, bourgeoise et bien-pensante. Celle-ci dénigre sa propre Histoire et jette Napoléon, Corneille et La Fontaine dans les poubelles de l’Histoire. Elle prive les nouveaux-venus d’un modèle dont ils pourraient tirer fierté. Elle «victimise» d’autre part les pauvres diables en peine de s’insérer dans le pays où ils ont cherché refuge. (…) La fracture nationale fait au moins l’affaire des classes supérieures qui tirent parti de leurs atouts (éducation, héritage) pour renforcer leur position sociale comme le démontre le chercheur Éric Maurin. Dans les «ghettos blancs» du VIIe arrondissement, de Neuilly, de Saint-Germain-en-Laye ou Chevreuse… les privilégiés considèrent avec détachement les troubles qui agitent le reste du pays. Qu’ont-ils à craindre ?… De l’École Alsacienne au lycée Henri IV, leurs enfants bénéficient d’un parcours fléché qui leur garantit de conserver leur statut social et les préserve de tout mélange. Les revenus de ces classes supérieures progressent à qui mieux mieux tandis que les classes moyennes voient les leurs stagner ou régresser sous le fardeau d’un État boulimique et impotent. À l’autre extrémité de l’échelle sociale, les enfants des classes populaires et immigrées n’ont plus guère l’espoir d’accéder un jour aux premières places de la fonction publique et des grandes entreprises. Depuis un quart de siècle, l’ascenseur social est en panne et les clivages culturels, religieux et linguistiques qui se mettent en place rendent plus minces encore leurs chances de promotion. (…) La très grande majorité des immigrants qui affluent en Europe par-dessus la Méditerranée ou le Bosphore n’ont pas de qualification professionnelle. Ils sont exclus des emplois légaux et grossissent l’économie souterraine (travail au noir, réseaux esclavagistes…), à moins qu’ils ne se cantonnent dans des emplois précaires (vigiles, nurses, aides-ménagères…). Quant aux diplômés du tiers monde qui quittent leur pays, ils choisissent unanimement les États-Unis et le Canada, assurés de pouvoir y travailler et développer leurs talents dans d’excellentes conditions et sans restrictions administratives (la moitié des 180.000 immigrants qu’a reçus le Canada en 2005 avaient un niveau d’études supérieures. Sans commentaire !). (…) Des démographes mandatés par l’ONU ont publié en 2000 un rapport mi-sérieux, mi-ironique où ils faisaient valoir que la France aurait besoin de 25 millions d’immigrants d’ici 2025 pour combler les postes vacants dans les entreprises… en l’absence de toute réforme d’envergure et à supposer que l’on trouve dans le tiers monde les compétences indispensables aux besoins d’une économie moderne. Il va de soi que l’entrée d’un aussi grand nombre d’immigrants ruinerait les fondations sociales, historiques et culturelles de la France et de l’Europe, et l’on comprend le désarroi des citoyens auxquels leurs leaders présentent cette éventualité comme une chance à saisir ! (…) Il est antinomique de faire venir de l’étranger des laveurs de carreaux, des infirmières ou des bûcherons et de prétendre résorber le chômage massif chez les jeunes Français issus des précédentes vagues de travailleurs immigrés. Les petits (et grands) patrons de la restauration jurent leurs grands dieux qu’ils ne trouvent personne à qui confier leur plonge ou même leur cuisine en-dehors d’Africains de la brousse n’ayant jamais touché la queue d’une poêle. Comment est-il possible dans ces conditions que McDonald’s arrive à recruter des jeunes dans les banlieues ou les milieux estudiantins pour des travaux similaires ? Les petits (et grands) patrons du bâtiment expliquent de la même façon qu’ils ne trouvent personne pour les emplois de manœuvres ou même de maçons et doivent recourir à des travailleurs africains. Mais comment se peut-il que les centres de tri d’ordures ménagères arrivent à recruter du personnel dans les milieux populaires pour des travaux autrement plus pénibles ? (…) Les sociétés de gardiennage recourent désormais de façon presque systématique à des immigrés africains… mais les entreprises de logistique trouvent bien à employer des jeunes Français dans des tâches autrement plus éprouvantes. Et que dire des musées ? La plupart, y compris les plus prestigieux, confient désormais la garde de leurs salles à des personnes étrangères qui souvent maîtrisent à peine la langue française. (…) La France n’échappera sans doute pas au retour des internats surveillés ni à l’apprentissage dès 14 ans (au lieu de 16) pour lutter contre la déscolarisation (pourquoi pas aussi des études surveillées dans les écoles jusqu’en fin de soirée pour dissuader les enfants de traîner dans les rues, selon une suggestion de feu Françoise Dolto ?). Un service civique obligatoire et universel devrait compenser la suppression hâtive du service militaire, qui était le seul lieu où les jeunes déclassés pouvaient rencontrer des Français d’autres milieux que le leur. Ce service civique devrait privilégier les échanges entre jeunes Français(es) de milieux différents, les plus favorisé(e)s instruisant les autres (alphabétisation, instruction civique, tenue d’un ménage, apprentissage de la conduite automobile, formation professionnelle…). André Larané
La version originale de cet article a donné une représentation inexacte de ce qui est arrivé à la petite fille après la photo. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. Time
Sur le plateau de la NBCNews, l’ancien président du Comité national du parti Républicain, Michael Steele, vient de comparer les centres dans lesquels sont accueillis les enfants de clandestins aux Etats-Unis à des camps de concentration. Il s’adresse alors aux Américains : « Demain, ce pourrait être vos enfants ». La scène résume à elle seule la folie qui s’est emparée de la sphère politico-médiatique après que Donald Trump a ordonné aux autorités gardant la frontière mexicaine d’appliquer la loi et de séparer les parents de leurs enfants entrés illégalement aux Etats-Unis. Passons sur la comparaison. Aussi indécente que manipulatrice : ces enfants ne sont pas enfermés en attendant la mort. Quant à la mise en garde, elle est grotesque. Aucun Américain ne se verra subitement séparé de ses enfants. A moins d’avoir commis un crime ou un délit puni de prison. Quand un citoyen lambda est condamné à une peine de prison, personne ne s’offusque jamais de cette séparation … Jusqu’à ce que cela touche des clandestins. Leur particularité étant de n’avoir aucun logement dans le pays dont ils viennent de violer la frontière, leurs enfants sont donc pris en charge dans des camps, en attendant que la situation des adultes soit examinée. Aux frais des Américains. (…) Reste que les parents, prévenus de la loi que nul n’est censé ignorer, sont les premiers responsables du sort qui menace leurs enfants, en choisissant de la violer. Ce sont eux qui font payer leur délit à leur propre progéniture. Les clandestins sont des adultes tout aussi responsables que n’importe quel autre adulte : leur retirer leur capacité de décision, leur liberté et donc leur responsabilité n’est pas exactement les respecter. Mais (…) remontons à 2014, époque bénie du président Barack Obama. Cette année-là, 47.017 mineurs sont appréhendés, alors qu’ils traversent la frontière… seuls. Des enfants, envoyés par leurs parents qui n’ont apparemment pas eu peur de s’en séparer pour leur faire prendre des risques inconsidérés. Comment est-ce possible ? L’administration américaine d’alors avait affirmé que les étrangers envoyaient leurs enfants seuls, persuadés qu’ils seraient ainsi mieux traités que des adultes. Le New York Times avait donné raison à l’administration : « alors que l’administration Obama a évolué vers une attitude plus agressive d’expulsion des adultes, elle a, dans les faits, expulsé beaucoup moins d’enfants que par le passé. » Les clandestins le savent, tout comme ils connaissent aujourd’hui les risques qui pèsent sur leurs propres enfants. On apprend également qu’à l’époque, les enfants mexicains sont directement reconduits de l’autre côté de la frontière et que les autres sont « pris en charge par le département de la Santé et des Services humanitaires qui les place dans des centres temporaires en attendant que leur processus d’expulsion soit lancé. » En 2013, 80 centres accueillaient 25 000 enfants non accompagnés. Et ce, dans les mêmes conditions aujourd’hui dénoncées. Si similaires d’ailleurs que certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014 ! Rien n’a changé. A un détail près. Les enfants dont on parle en ce mois de juin 2018 sont parfois accompagnés d’adultes. Comme sous l’administration Obama, les enfants sont séparés de ces adultes lorsqu’il y a un doute sur le lien réel de parenté, en cas de suspicion de trafic de mineurs ou par manque de place dans les centres de rétention pour les familles. Restent les enfants effectivement accompagnés de leurs parents et malgré tout séparés de ces derniers qui partent en prison. Chaque mois, 50.000 clandestins entrent aux Etats-Unis, parmi lesquels 15% de familles. Une fois arrêtés, les clandestins sont pénalement poursuivis avant toute demande d’asile. (…) Mais il a suffi de quelques images, publiées en même temps que la sortie du très attendu rapport sur la possible partialité du FBI lors des dernières élections présidentielles américaines, pour que l’opinion politico-médiatique hurle au scandale. Jusqu’à la première dame du pays, Mélania Trump, qui a confié « détester » voir les clandestins séparés de leurs enfants. Le Président lui-même a fini par douter publiquement : «Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile.» Donald Trump a subi l’indignation générale (à moins d’en profiter), au point de montrer au monde que même lui avait du cœur en annonçant la signature d’un décret mettant fin à cette séparation forcée. Tout le monde s’est félicité du résultat de la mobilisation : enfin, les enfants vont pouvoir rejoindre leurs parents en prison ! Quelle victoire… Charlotte d’Ornellas
L’humoriste Yassine Belattar (…) est venu à Nantes, pour rencontrer les proches d’Aboubakar Fofana, tué le 3 juillet par un tir policier, parler aux animateurs du quartier du Breil où a eu lieu le drame, aux avocats de la famille… Sans mettre en avant sa nouvelle casquette de membre du Conseil présidentiel des villes. L’humoriste issu des banlieues franciliennes a une voix qui porte, quitte à faire grincer des dents, et il n’est pas du genre à la fermer quand un sujet lui tient à cœur. « Ça sert à quoi, sinon, d’être artiste ? » Jordan, 24 ans, habitant du Breil et  «meilleur ami» d’Aboubakar se tient à ses côtés. Ils partagent la même indignation.  « Pendant 48 heures, notre ami s’est fait traiter de voyou. Il a été insulté sur les réseaux sociaux. Des commentaires racistes se sont réjouis de sa mort ! Une double peine pour sa famille,  se désole le jeune Nantais.  « Tout ça parce que la police – via les médias- a laissé croire qu’il avait été tué dans un acte de légitime défense »,  renchérit Yassine. Ils racontent : «  Ce garçon de 22 ans vivait à Nantes depuis un an et neuf mois. Ok, il avait fait des conneries à Garges-lès-Gonesses, difficile d’y échapper quand on grandit dans l’une des banlieues les plus mal famées de France. Mais, fort d’une famille très unie, aimante, il était parti à Nantes pour se reconstruire, trouver du travail. Et il est victime d’un fait divers affreux. »  Yassine Belattar ajoute : « Je suis tombé de ma chaise quand je me suis rendu compte que le policier avait menti ! » Le drame a provoqué cinq nuits d’émeutes à Nantes : 175 voitures brûlées, une trentaine de bâtiments public et commerces dégradés ou ravagés par des incendies… Un choc pour la ville.  « En banlieue parisienne, ça aurait été bien pire, affirme Belattar.  Ici, les habitants espèrent encore dans la justice, les associations sont présentes dans des quartiers qui ne sont pas éloignés du centre-ville. Mais la violence n’est pas une solution. Ce n’est pas en brûlant une bibliothèque qu’on va faire revivre Aboubakar. Le problème des émeutes, c’est qu’au bout d’un moment, ça devient comme une espèce de jeu pour des très jeunes gens. Et dans cinq ans, à cause de ça, le gamin qui aura marqué Breil sur son CV ne va pas forcément se faire rappeler ». Ils ne veulent pas évoquer les suites judiciaires de cette affaire, pour laisser le champ aux avocats de la famille. Mais l’humoriste, confirmant que le CRS auteur du tir est d’origine maghrébine, balaie l’hypothèse d’un homicide raciste :  « Pour nous, ce n’est pas un Rebeu qui a tué un Noir. C’est un policier qui a tué un jeune. Voilà le problème. »  Jordan et lui espèrent que le « mensonge » initial du policier, provoquera un déclic,  « un renouveau »,  dans les relations devenues détestables entre les forces de l’ordre et les jeunes.  « C’est peut-être l’occasion d’ouvrir une nouvelle page. Il faut qu’ils se parlent. Qu’ils crèvent l’abcès pour de vrai. Oui, des policiers n’en peuvent plus de se faire insulter. Oui, certains peuvent friser le  burn-out . Oui, les gens des quartiers se font maltraiter, insultés eux aussi et ont peur de la police, contrairement aux gens des centres-villes, martèle l’humoriste. Ouest France
Les médias convenus n’aiment guère qu’on les critique : pour un peu, on en deviendrait complotiste. Mais sans voir aucunement de complot, on est bien obligé de trouver la trace de l’idéologie sommaire que l’on ne reconnaît que trop dans l’unanimisme de leurs mensonges et de leurs silences. La première semaine d’août nous en apporte les preuves les plus caricaturales. C’est ainsi que l’ensemble de la presse française aura rapporté uniment qu’une jeune athlète noire nommée Daisy Osakue, née à Turin de parents nigérians et qui avait reçu un jet d’œuf sur la cornée avait été victime « d’un attentat raciste ». La palme académique revenant au journal Le Monde qui, se saisissant de l’événement, y voyait dans un éditorial le signe définitif « d’une inquiétante montée du racisme en Italie » en imputant la responsabilité principale au vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur, le détesté par lui, Matteo Salvini. De là à penser, idéologiquement et politiquement, que l’occasion était trop belle pour la presse convenable de régler son compte au détestable, il n’y a qu’un pas qu’il est difficile de ne pas vouloir franchir. Rien n’explique sinon pourquoi la presse se serait saisie avec un si vorace appétit d’une affaire aussi modeste dans laquelle le procureur de Turin, dès le début avait fait montre d’une bien plus grande prudence en faisant observer que d’autres victimes blanches avaient fait l’objet du même type d’agression dans les mêmes moments. Mais on ne fait pas d’omelettes idéologiques sans casser quelques œufs sur la tête du public. C’est dans ces tristes conditions que le 3 août, les Décodeurs du Monde reconnaissaient que l’hypothèse raciste avait perdu grandement de sa consistance. Simple question, en passant, n’appelle-t-on pas cela un fake, un peu infect ? et celui-ci, une fois encore, n’émane pas d’une télévision russe ou de la fâcheuse sphère, mais de la presse sévère. Après le mensonger tumulte, la discrétion complice : le samedi soir 28 juillet, un jeune homme, Adrien Perez, fêtait son anniversaire dans une discothèque de Meylan près de Grenoble. À la sortie de l’établissement au petit matin celui-ci prêtait secours à un ami agressé par trois voyous dont deux frères, Younes et Yanis El Habib, et mourait sous leurs couteaux. La presse convenue a fait profil bien plus bas que pour un lancer d’œuf à l’étranger, mais le père d’Adrien n’a pu se retenir : « En tuant notre fils, ils ont détruit notre vie, je ne pardonnerai jamais. » Lorsque j’écris que la presse a fait profil bas, je suis trop bon : l’audiovisuel de service public s’est montré comme toujours très idéologique. C’est ainsi que France 3 Rhône-Alpes a voulu retenir que ce père ne voulait pas être catalogué comme « raciste » et ne désirait pas « que les politiques récupèrent cette affaire ». Raciste ? Tiens ! C’est vrai, pourquoi non ? Si on doit questionner continûment la présence du racisme. Mais aucun danger : on aura fait un tintamarre pour rien à Turin, mais la question sera interdite d’être posée dans l’Isère. Quant à la « récupération politique », que France 3 se rassure, aucun danger d’émeute, quand bien même le Juge de la Liberté a refusé de suivre les réquisitions du parquet et a laissé libre le troisième suspect, le peuple restera calme. Il ne bouge pas le peuple. Il regarde la télévision, le peuple. Il n’y a que lorsque ce sont les délinquants qui sont victimes d’accidents du travail, que l’on brûle les édifices, que l’on blesse la police, et que l’on hurle au racisme. Tout de même, entre les marches blanches avec bougies victimaires et les saccages, il devrait désormais exister un juste milieu pour la juste colère. Les marches dignes ne seraient plus forcément silencieuses. Gilles-William Goldnadel
Mais le peuple, c’est pas le peuple qui  gouverne, c’est pas le peuple qui décide de quelle loi on doit faire à un instant T. Si on écoutait le peuple on aurait encore la peine de mort, nous aurions l’alcool au volant et peut-être d’autres excèsC’est pas au peuple de décider si on doit recevoir ou pas ces migrants, c’est au gouvernement pour qui le peuple a voté. (…) Même s’il y a des manifestations contre les migrants, ça ne change rien au fait qu’on doit au moins les accueillir … Jimmy Mohamed (médecin urgentiste, RMC, 14.08.2018)
Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale. Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen. Stephen Smith
Douglas Murray, qui vient de publier un livre remarquable appelé The Strange Death of Europe* (La mort étrange de l’Europe) (…) y décrit le suicide de son propre pays, et écrit que les choses a ses yeux sont devenues irréversibles. Il attribue cela à deux causes: l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et l’imposition des idées politiquement correctes qui a créé une multitude de bombes à retardement en train d’exploser.Il serait très tard pour qu’un gouvernement britannique agisse : il faudrait au minimum enfermer en prison tous les gens qui sont sur les listes de suspects, expulser ceux qui ne sont pas de nationalité britannique, interdire le retour sur le territoire des Musulmans partis se former au djihad à l’étranger, fermer toutes les écoles musulmanes et la plupart des mosquées, armer la police, et ce ne serait qu’un début. Le gouvernement britannique n’agira pas. La situation est à peine meilleure en France (où il faudrait appliquer des mesures identiques), ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas désespérée, et Douglas Murray parle aussi de la France où existent près de six cent zones de non droit et plus de deux mille mosquées où on évoque positivement le djihad. Elle compte une proportion inquiétante de Musulmans antisémites et de Musulmans approuvant les actions de l’Etat Islamique. La situation est pire en Belgique qu’au Royaume Uni, et la situation s’aggrave en Scandinavie.  L’Europe est en guerre parce que l’islam radical lui a déclaré la guerre, et elle opte pour l’aveuglement volontaire, l’apaisement et la défaite préventive.  Dans les journaux de tous les pays d’Europe, on évoque en ce moment le ramadan, et on vante les charmes de celui-ci. Le ramadan est une phase de djihad exacerbé, et on le constatera cette année encore, mais il ne faut pas le dire, bien sûr. Ce qui s’est passé à Londres était une nuit de ramadan. Tuer des infidèles pour plaire à Allah et finir en shahid pour rejoindre le paradis d’Allah peut faire partie des joies du ramadan pour un Musulman. Il existe des Musulmans occidentalisés qui s’éloignent du Coran et qui vivent leur vie paisiblement, mais les Musulmans qui respectent pleinement le Coran peuvent légitimement tuer des infidèles. L’assimilation des Musulmans au monde occidental serait une vaste tâche, presque impossible à accomplir. Pour l’heure, en Europe, c’est l’Occident qui se fait avaler par l’islam. Parmi les aspects les plus abjects des pseudo-debats de ces derniers jours sur le climat, il y avait le fait qu’on mène ces débats comme si une semaine plus tôt des enfants n’avaient pas été assassinés à Manchester. Les gens rassemblés pour une minute de silence à Manchester avaient chanté une chanson appelée Don’t look back in anger (ne regarde pas en arrière avec colère). Ils n’étaient pas en colère et, avec leurs bougies, leurs fleurs et leurs petits cœurs en papier rose, ils faisaient acte de soumission. Ils ne regardaient pas en arrière vers les victimes. Les dirigeants européens réservaient, eux, leur colère à Donald Trump et ne regardaient pas en arrière eux non plus.  Parmi les aspects les plus grotesques des pseudo-débats de ces derniers jours sur le climat, il y avait cette prétention cuistre et arrogante des dirigeants européens de sauver la terre alors qu’ils sont totalement incapables de sauver leur propre civilisation et sont en train de la détruire. La terre, dont ils prétendent se préoccuper n’est pas en danger. La civilisation européenne, elle, est bien davantage qu’en danger : elle est quasiment morte, et les dirigeants européens d’aujourd’hui sont ses fossoyeurs. Guy Millière
Ce n’est pas une si mauvaise affaire : s’il y a un peu plus de décapitations en Europe que de coutume, au moins bénéficierons nous d’un plus grand nombre de cuisines. Douglas Murray
Dans ce livre, Douglas Murray analyse la situation actuelle de l’Europe dont son attitude à l’égard des migrations n’est que l’un des symptômes d’une fatigue d’être et d’un refus de persévérer dans son être. Advienne que pourra ! « Le Monde arrive en Europe précisément au moment où l’Europe a perdu de vue ce qu’elle est ». Ce qui aurait pu réussir dans une Europe sûre et fière d’elle-même, ne le peut pas dans une Europe blasée et finissante. L’Europe exalte aujourd’hui le respect, la tolérance et la diversité. Toutes les cultures sont les bienvenues sauf la sienne. « C’est comme si certains des fondements les plus indiscutables de la civilisation occidentale devenaient négociables… comme si le passé était à prendre », nous dit Douglas Murray. Seuls semblent échapper à celle langueur morbide et masochiste les anciens pays de la sphère soviétique. Peut-être que l’expérience totalitaire si proche les a vaccinés contre l’oubli de soi. Ils ont retrouvé leur identité et ne sont pas prêts à y renoncer. Peut-être gardent-ils le sens d’une cohésion nationale qui leur a permis d’émerger de la tutelle soviétique, dont les Européens de l’Ouest n’ont gardé qu’un vague souvenir. Peut-être ont-ils échappé au complexe de culpabilité dont l’Europe de l’Ouest se délecte et sont-ils trop contents d’avoir survécu au soviétisme pour se voir voler leur destin. Cette attitude classée à droite par l’Europe occidentale est vue, à l’Est, comme une attitude de survie, y compris à gauche comme en témoigne Robert Fico, le Premier ministre de gauche slovaque : «  j’ai le sentiment que, nous, en Europe, sommes en train de commettre un suicide rituel… L’islam n’a pas sa place en Slovaquie. Les migrants changent l’identité de notre pays. Nous ne voulons pas que l’identité de notre pays change. » (2016) Il y a un orgueil à se présenter comme les seuls vraiment méchants de la planète. Tout ce qui arrive, l’Europe en est responsable directement ou indirectement. Comme avant lui Pascal Bruckner, Douglas Murray brocarde l’auto-intoxication des Européens à la repentance. Les gens s’en imbibent, nous dit-il, parce qu’ils aiment ça. Ça leur procure élévation et exaltation. Ça leur donne de l’importance. Supportant tout le mal, la mission de rédemption de l’humanité leur revient. Ils s’autoproclament les représentants des vivants et des morts. Douglas Murray cite le cas d’Andrews Hawkins, un directeur de théâtre britannique qui, en 2006, au mi-temps de sa vie, se découvrit être le descendant d’un marchand d’esclaves du 16ème siècle. Pour se laver de la faute de son aïeul, il participa, avec d’autres dans le même cas originaires de divers pays, à une manifestation organisée dans le stade de Banjul en Gambie. Les participants enchainés, qui portaient des tee-shirts sur lesquels était inscrit « So Sorry », pleurèrent à genoux, s’excusèrent, avant d’être libérés de leurs chaines par  le Vice-Président  gambien. « Happy end », mais cette manie occidentale de l’auto-flagellation, si elle procure un sentiment pervers d’accomplissement, inspire du mépris à ceux qui n’en souffrent pas et les incitent à en jouer et à se dédouaner de leurs mauvaises actions. Pourquoi disputer aux Occidentaux ce mauvais rôle. Douglas Murray raconte une blague de Yasser Arafat qui fit bien rire l’assistance, alors qu’on lui annonçait l’arrivée d’une délégation américaine. Un journaliste présent lui demanda ce que venaient faire les Américains. Arafat lui répondit que la délégation américaine passait par là à l’occasion d’une tournée d’excuses à propos des croisades ! Cette attitude occidentale facilite le report sur les pays occidentaux de la responsabilité de crimes dont ils sont les victimes. Ce fut le cas avec le 11 septembre. Les thèses négationnistes fleurirent, alors qu’on se demandait aux États-Unis qu’est-ce qu’on avait bien pu faire pour mériter cela. Cette exclusivité dans le mal que les Occidentaux s’arrogent ruissèle jusques et y compris au niveau individuel. Après avoir été violé chez lui par un Somalien en avril 2016, un politicien norvégien, Karsten Nordal Hauken, exprima dans la presse la culpabilité qui était la sienne d’avoir privé ce pauvre Somalien, en le dénonçant, de sa vie en Norvège et renvoyé ainsi à un avenir incertain en Somalie. Comme l’explique Douglas Murray, si les masochistes ont toujours existé, célébrer une telle attitude comme une vertu est la recette pour fabriquer « une forte concentration de masochistes ». « Seuls les Européens sont contents de s’auto-dénigrer sur un marché international de sadiques ». Les dirigeants les moins fréquentables sont tellement habitués à notre autodénigrement qu’ils y voient un encouragement. En septembre 2015, le président Rouhani a eu le culot de faire la leçon aux Hongrois sur leur manque de générosité dans la crise des réfugiés. Que dire alors de la richissime Arabie saoudite qui a refusé de prêter les 100 000 tentes climatisées qui servent habituellement lors du pèlerinage et n’a accueilli aucun Syrien, alors qu’elle offrait de construire 200 mosquées en Allemagne ? La posture du salaud éternel, dans laquelle se complait l’Europe, la désarme complètement pour comprendre les assauts de violence dont elle fait l’objet et fonctionne comme une incitation. Beaucoup d’Européens, ce fut le cas d’Angela Merkel, ont cru voir, dans la crise migratoire de 2015, une mise au défi de laver le passé : « Le monde voit dans l’Allemagne une terre d’espoir et d’opportunités. Et ce ne fut pas toujours le cas » (A. Merkel, 31 août 2015). N’était-ce pas là l’occasion d’une rédemption de l’Allemagne qu’il ne fallait pas manquer ?  Douglas Murray décrit ces comités d’accueils enthousiastes qui ressemblaient à ceux que l’on réservait jusque là aux équipes de football victorieuses ou à des combattants rentrant de la guerre. Les analogies avec la période nazie fabriquent à peu de frais des héros. Lorsque la crise migratoire de 2015 survient il n’y a pas de frontière entre le Danemark et la Suède. Il suffisait donc de prendre le train pour passer d’un pays à l’autre. Pourtant, il s’est trouvé une jeune politicienne danoise de 24 ans – Annika Hom Nielsen – pour transporter à bord de son yacht, en écho à l’évacuation des juifs en 1943, des migrants qui préféraient la Suède au Danemark mais qui, pourtant, ne risquaient pas leur vie en restant au Danemark. Si beaucoup de pays expient l’expérience nazie, d’autres expient leur passé colonial. C’est ainsi que l’Australie a instauré le « National Sorry Day » en 1998. En 2008, les excuses du Premier ministre Kevin Rudd aux aborigènes furent suivies de celles du Premier ministre canadien aux peuples indigènes. Aux États-Unis, plusieurs villes américaines ont rebaptisé « Colombus Day » en « Indigenous People Day ». Comme l’écrit Douglas Murray, il n’y a rien de mal à faire des excuses, même si tous ceux à qui elles s’adressent sont morts. Mais, cette célébration de la culpabilité « transforme les sentiments patriotiques en honte ou à tout le moins, en sentiments profondément mitigés ». Si l’Europe doit expier ses crimes passés, pourquoi ne pas exiger de même de la Turquie ? Si la diversité est si extraordinaire, pourquoi la réserver à l’Europe et ne pas l’imposer à, disons, l’Arabie saoudite ? Où sont les démonstrations de culpabilité des Mongols pour la cruauté de leurs ascendants ? (…) Les mesures prises pour sauver les étrangers en mer, au plus près des côtes libyennes ont été vite connues et intégrées par les passeurs, pour accélérer leur business et empiler toujours plus de migrants dans des embarcations dangereuses. L’information circule à grande vitesse, comme ce fut le cas avec les déclarations d’Angela Merkel ne fixant aucune limite au nombre d’étrangers qu’elle était prête à accueillir. (…) La traite est impitoyable. Les passeurs n’hésitent pas à envoyer des vidéos mettant en scène les abus et les tortures de migrants, via leurs smartphones, à destination des familles pour recueillir plus d’argent. L’identification des migrants est très difficile et le rythme des arrivées ne permet pas une vérification approfondie. Beaucoup arrivent sans papiers. Ceux qui débarquaient à Lesbos connaissaient le prix du taxi pour Moria. Et, à Malmö, c’est dans les poubelles en ville que l’on retrouvait nombre de papiers d’identité abandonnés. (…) On a toléré de musulmans « offensés et en colère » beaucoup plus qu’on ne l’aurait fait pour d’autres. C’était déjà le cas en 1989, après la publication des versets sataniques de Salman Rushdie. Ainsi, Cat Stevens, « rebaptisé » Yusuf Islam après sa conversion, déclara lors d’une émission télévisée de la BBC que Salman Rushdie méritait la mort et qu’il regrettait que les portraits en flammes que l’on voyait lors des manifestations ne soient pas « la chose en vrai », autrement dit Salman Rushdie lui-même. Il ne fut pas poursuivi pour ses propos. (…) Partout en Europe, se trouvèrent des « idiots utiles » qui ont non seulement protégé et défendu l’indéfendable mais ont été des activistes de la cause. C’est ce qui causa l’assassinat de Pim Fortuyn par un Végan, défenseur de la cause animale, qui croyait ainsi venir en aide aux musulmans.  La radicalisation des propos à l’égard de Pim Fortuyn de la part de ses opposants, qui franchirent rapidement le point Godwin, l’ont, en quelque sorte, désigné à la vindicte. (…) Mais celle qui symbolise le mieux le malaise européen est sans doute Ayaan Hirsi Ali. Voilà une jeune femme qui incarne la résistance à l’extrémisme religieux, qui aurait dû être la coqueluche des intellectuels européens et qui a été lâchement abandonnée. Somalienne, réfugiée aux Pays-Bas, alors qu’elle fuyait un mariage forcé, Ayaan Hirsi Ali apprit la langue de son nouveau pays tout en travaillant et put ainsi entreprendre des études à l’Université de Leiden. Elle en sortit diplômée et devint chercheur. Sans parler de son engagement politique. Son parcours est d’autant plus remarquable qu’elle était, adolescente, favorable à l’exécution de Salman Rushdie. Le 11 septembre 2001 l’amena à remettre en cause ses convictions religieuses et à les abandonner. Le parcours exemplaire qu’elle avait construit depuis son arrivée en Hollande aurait dû en faire un modèle d’intégration. Menacée, Ayaan Hirsi Ali finit par se voir accorder une protection policière. Alors qu’elle représentait tout ce qu’un pays européen pouvait souhaiter de ses migrants, elle se vit retirer sa nationalité néerlandaise par la ministre de l’immigration et de l’intégration qui appartenait au même parti qu’elle, sous l’allégation de fausse déclaration. Décidément, la Hollande avait fait son choix. Elle refusait d’assurer la protection d’une femme qui défendait tout ce que les Européens avaient si précieusement acquis. Comme l’écrit Douglas Murray : « le pays qui avait laissé entrer des centaines de milliers de musulmans sans espérer d’eux qu’il s’intégrassent et qui abritait en son sein quelques spécimen des prêcheurs les plus radicaux en Europe, privait de sa citoyenneté l’un des seuls immigrants qui avait montré à quoi pourrait ressembler un immigrant pleinement intégré. » Ayaan Hirsi Ali, ne recevant finalement aucune de protection en Europe, finit par s’installer aux Etats-Unis. (…) Les viols collectifs d’enfants à Rotherham et à Oxfordshire ont été passés sous silence par la police par peur des accusations de racisme et par peur de nuire aux relations intercommunautaires. Ces situations de viols passés sous silence ou minimisés se sont multipliées en Europe dans la foulée de la vague migratoire de 2015. Un musulman du nord de l’Angleterre qui s’était insurgé contre  les viols collectifs de filles blanches par des membres de sa communauté a reçu des menaces de mort. (…) Si l’on intensifie l’aide au développement, on tarira à la source les flux migratoires nous dit-on. Qui peut être contre l’aide au développement ? Seulement, on sait aussi que lorsque le niveau de vie s’accroît les ressources pour partir aussi, favorisant ainsi les flux migratoires. Après la tuerie de Nice, les débats en France se sont enflammés sur le burkini. Pour Douglas Murray, c’était une manière de faire diversion, pour parler de la chose, sans toucher à l’essentiel du problème. On avait déjà fait la même chose en d’autres circonstances, avec la loi sur le voile à l’école par exemple. Au lieu de viser le voile, il avait fallu viser les autres religions en même temps, alors que tout le monde savait de quoi il retournait. Si l’on ne peut porter le voile à l’école, on ne peut pas non plus porter une grande croix en bois, dont personne ne se rappelait en avoir jamais vue à l’école ! Lorsque des « innocents » se conduisent mal, comme cela a été le cas par exemple avec les viols collectifs en Suède, en Allemagne ou en Autriche, des politiques et même des policiers, sans parler des médias, cherchent généralement à enterrer l’affaire. L’auto-défiance est telle que l’on craint plus la réaction à la chose que la chose en elle-même. « En Allemagne en 2016, comme en Grande-Bretagne au début des années 2000, la crainte des conséquences que pourrait avoir l’identification des origines raciales des agresseurs l’emporta sur la détermination des policiers de faire leur travail. » On ne peut pas ici ne pas évoquer l’affaire Sarah Halimi battue à mort, torturée et défenestrée le 4 avril 2017. Il a fallu plus de deux mois pour que l’affaire sorte dans la presse… et encore timidement. Il ne fallait pas perturber la période électorale ! Le déni creuse l’écart entre « les gens », comme dirait Jean-Luc Mélenchon, et les élites politiques et médiatiques. Les premiers savent que les élites leur mentent. Ils savent aussi ce qu’elles semblent ignorer : le nombre compte. Pour Douglas Murray, «  La radicalisation trouve ses origines dans une communauté particulière et tant que celle-ci s’accroît, la radicalisation fera de même ». « Les politiques européens ne peuvent admettre ce que chaque migrant traversant la méditerranée sait et que la plupart des Européens ont fini par comprendre : une fois en Europe, vous y restez. » Le déni, le mensonge venant d’en haut encouragent la radicalisation en bas. Il déresponsabilise aussi les migrants et les incite à plus d’audace. En octobre 2016, deux journaux allemands, Le Freitag et le Huffington Post Deutschland publiaient un article d’un jeune Syrien de 18 ans qui disait en avoir marre des Allemands en colère et des chômeurs racistes : « Nous, réfugiés, … ne voulons pas vivre dans le même pays que vous. Vous pouvez, et je pense que vous devriez, quitter l’Allemagne. L’Allemagne n’est pas faite pour vous. Pourquoi vivez-vous ici ?… Allez chercher une autre patrie. » Ce type d’arrogance est encouragé par des attitudes comme celles du président de district de Kassel qui, en octobre 2015, lors d’une réunion publique, déclara à ses concitoyens qui n’étaient pas d’accord avec l’accueil de 800 réfugiés, qu’ils étaient libres de quitter l’Allemagne. L’obsession de la race est partout, chez les politiques, dans le sport, à la télévision. Douglas Murray raconte ce qu’ont donné à Londres, les répercussions du mouvement américain « Black Lives Matter ». Les manifestants chantaient le slogan « Hands Up, Don’t Shoot » lors de manifestations encadrées par des policiers sans arme. Quelques semaines plus tard, on vit dans les rues de Londres un type armé d’une machette juché sur les épaules de trois autres clamant les slogans de « Black Lives Matter ». Dans Hyde Park, la manifestation se termina par un policier poignardé et quatre autres blessés. Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement. Elles savaient bien que ce ne serait possible que si le problème n’était pas résolu. Ce qui a eu pour effet de faire croire que les discriminations s’étaient aggravées – et méritaient d’être plus vivement combattues – alors que les choses s’amélioraient. (..) Douglas Murray se demande combien de temps une société fondée sur ce qui est sorti de la tradition chrétienne peut survivre sans se référer aux croyances qui lui ont donné naissance. Pour les Églises d’Europe, le message de la religion est devenu une forme de politique de gauche, d’action en faveur de la diversité et du bien être social. Ainsi, en Suède, l’archevêque Antje Jeckelen a déclaré que Jésus se serait opposé aux restrictions que la Suède a fini par mettre à l’immigration après la ruée de 2015. Après avoir perdu la croyance religieuse, et même le sens des métaphores bourrées de références à la religion, nous dit Douglas Murray, nous sommes sur le point d’abandonner le rêve d’une extension illimitée de valeurs que nous croyions universelles. Et, le trou creusé par la religion risque de s’agrandir. « Les étrangers qui viennent en Europe apportent leur propre culture au moment précis où notre culture a perdu la confiance qui lui permettrait de plaider sa cause ». Combien de temps cela peut-il durer, se demande Douglas Murray, et qu’est-ce qui se profile après ? Pourquoi les Européens devraient-ils être les seuls à porter les malheurs du monde ? Que deviendra l’Europe si cette fuite en avant continue ? Pourquoi les Européens devraient-ils être les seuls à ne pas pouvoir se préoccuper d’abord de leurs intérêts et de leur avenir, comme le font la plupart des autres peuples du monde ? Il faudrait, nous dit Douglas Murray, que ceux qui gouvernent reconnaissent leurs erreurs, qu’ils cessent de dire qu’ils veulent changer de fond en comble la société, qu’ils reconnaissent enfin les problèmes que la société a perçu bien avant eux, que la diversité c’est bien, mais à dose raisonnable, sans quoi, en plus des problèmes vécus par les autochtones, ce sont les problèmes du monde entier qui se retrouvent en Europe. (…) Ne faudrait-il pas réserver l’ostracisme aux vrais partis fascistes comme Aube dorée et permettre aux autres partis dits d’extrême droite d’évoluer ?  En Hollande et au Danemark, les politiciens hostiles à l’immigration vivent sous protection policière. De quoi dissuader les vocations. C’est tellement plus facile et gratifiant de se montrer compatissant, généreux et ouvert. Les plus menacés sont ceux qui ont cru aux promesses de l’Europe (Hirsi Ali, Maajid Nawaz, Kamel Daoud…). Ceux qui défendent nos valeurs ont été abandonnés à leur sort. Ils paient l’addition du déni. Ce sont eux les premiers sacrifiés. Au lieu de représenter les modèles qu’ils auraient dû être, ils font figure d’anti-modèles. (…) Mais, les Européens risquent de ne pas pardonner un changement complet de notre continent. Michèle Tribalat
Les Européens se complaisent dans la détestation de soi, de leur civilisation, de leurs traditions et de leur Histoire. Celle-ci ne leur inspire que remords et aspiration à la repentance. Ils y trouvent élévation, exaltation et, au bout du compte, jouissance dans l’autoflagellation. C’est particulièrement vrai pour ce qui est de leur passé colonial pourtant glorieux. Ce masochisme se retrouve chez ce politicien norvégien qui, violé chez lui par un Somalien, exprima sa culpabilité d’avoir privé ce malheureux, en le dénonçant, de sa vie en Norvège. Il n’est certainement pas étranger à Angela Merkel qui a vu dans la crise migratoire de 2015 une occasion de laver le passé de l’Allemagne. Il y a cependant un point sur lequel nous souhaitons émettre une réserve. D. Murray parle des Européens. En fait pas tous, seulement certains. Une grande partie de nos populations ne partage pas ces sentiments. Ce sont les « élites », ou plutôt la caste dirigeante, qui frappent nos poitrines comme les deux présidents de la République française qui sont allés s’avilir outre-Méditerranée en dénonçant la colonisation française comme un crime contre l’humanité. L’objectif est l’inclusion forcée de cultures qui ne sont pas celles de l’Europe, l’acceptation imposée de religions et de coutumes qui ne sont pas les nôtres, la soumission empressée à des règles juridiques et sociales qui nous sont étrangères, voire qui nous répugnent. C’est le refus de l’assimilation et une politique d’implantation sur notre territoire de communautés souvent hostiles qui mènera à des partitions. En un mot c’est le multiculturalisme. Pour qu’il aboutisse il est indispensable d’exalter l’autre. C’est particulièrement vrai avec l’islam. Plus la réalité fait douter de la « religion de paix et de tolérance », plus on vante les mérites passés des civilisations islamiques. Comme l’a déclaré l’érudit Chirac à Philippe de Villiers stupéfait : l’Europe doit autant à l’islam qu’au christianisme. La conséquence évidente et tragique est que l’Europe ne peut plus rien opposer à l’immigration massive. En particulier D. Murray se demande combien de temps une société fondée sur la tradition chrétienne peut survivre sans se référer à celle-ci. Or pour les Eglises d’Europe devenues des ONG compassionnelles, le message de religion est celui d’une forme de politique de gauche et d’action en faveur de la diversité et du bien-être social. Murray cite à juste titre des noms de dissidents qui, ayant engagé leur propre vie, peuvent être qualifiés de résistants. C’est le cas de Salman Rushdie, victime d’une fatwa de mort, de Pim Fortuyn, assassiné par un défenseur de la cause animale (sic) et de Ayaan Hirsi Ali, Somalienne réfugiée aux Pays-Bas qui abandonna la religion islamique. Menacée, elle a bénéficié d’une protection policière. Murray aurait également pu citer le cas de Robert Redeker menacé de mort à la suite de l’une de ses tribunes consacrée à l’islam et à la liberté d’expression parue dans Le Figaro en 2006. Il est un peu étonnant que D. Murray n’ait pas cité Enoch Powell, homme politique et écrivain britannique dont le célèbre discours du 20 avril 1958 marqua la fin de sa carrière politique, ainsi que Christopher Caldwell, journaliste américain, auteur de Une révolution sous nos yeux / Comment l’islam va transformer la France et l’Europe. Mais surtout le contenu de l’ouvrage de D. Murray se retrouve depuis plusieurs années dans les nombreuses publications parues en France sur l’invasion migratoire. A tout seigneur tout honneur, Jean Raspail fut et demeure un visionnaire stupéfiant de ce qui arrive à l’Europe, avec son Camp des saints. Renaud Camus, créateur du concept du Grand Remplacement, impose son talent littéraire et son intransigeance. Eric Zemmour ne fut pas pendu mais tout de même condamné pour avoir dit la vérité. J.Y. Le Gallou, auteur de Immigration : la catastrophe. Que faire ?, Gérard Pince dans Le Choc des ethnies, Guillaume Faye dans Comprendre l’islam et Malika Sorel Sutter, auteur de Décomposition française peuvent être considérés comme les dissidents les plus marquants. Mais il existe beaucoup d’autres auteurs qui, en France, ont élevé ou élèvent leur voix sur le thème de l’invasion migratoire et de l’islam, à commencer par Michèle Tribalat elle-même, ce qui, semble-t-il, ne lui vaut pas que des éloges à l’INED. Quant à l’évaluation du coût financier de l’immigration, sans citer Polémia, il faut évoquer les travaux de Pierre Milloz, qui fut un pionnier dans les années 1990, et l’excellent et dense petit ouvrage de G. Pince : Les Français ruinés par l’immigration. Tous ces dissidents se heurtent aux obstacles et aux contraintes qu’élèvent les immigrationnistes et le politiquement correct. (…) L’arrivée de migrants est inévitable, nous ne pouvons rien y faire, il faut se résigner car de toute façon la responsabilité nous incombe. C’est la version migratoire du sens de l’histoire. (…) Sans crier gare et sans consulter les populations des natifs au carré les dirigeants européens les mettent devant le fait accompli. D. Murray cite Tony Blair mais c’est la crise migratoire de 2015 qui vit Merkel appeler sans concertation à l’accueil d’un million de migrants en Europe. On appelle réfugiés syriens des migrants économiques érythréens. Les chiffres de l’immigration illégale sont ignorés. Il est affirmé que la France n’est plus une terre de forte immigration. On prétend, comme Lamassoure le fit dans le Figaro, que les terroristes, citoyens français de papier, sont au fond nos propres enfants. Pratique courante, les informations dérangeantes, même monstrueuses, sont occultées. L’affaire Sarah Halimi, les viols de la Saint-Sylvestre en Allemagne ont été cachés et ne sont apparus au grand jour que grâce à la réinfosphère. L’un des cas les plus graves fut celui de viols collectifs de nombreuses jeunes filles en Angleterre qui furent tus par les autorités britanniques pendant des années. Si des faits graves se produisent, on enflamme les débats sur des sujets secondaires. Après la tuerie de Nice ce fut l’affaire du burkini. Comme après Charlie-Hebdo et le Bataclan, on manipule l’opinion et on dérive les sentiments des parents et des témoins vers les marches blanches, les bougies, les pleurnicheries afin d’éviter le ressentiment et les appels à la résistance et au châtiment. La diversité est représentée comme un bien et indispensable pour combler le déficit démographique européen et permettre le paiement des retraites. Le racisme, quand ce n’est pas le nazisme, est soulevé face à la moindre objection. Et pourtant, comme l’a dit Harouel « Plutôt fasciste que mort ». Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement. Murray cite le cas du journaliste suédois licencié pour avoir évoqué dans un article un sondage largement hostile à l’immigration. En France, sur le fondement des lois mémorielles liberticides, les condamnations pénales pleuvent en contradiction avec la liberté d’expression. (…) D. Murray évoque « l’étrange mort de l’Europe» Non. Si l’Europe et sa civilisation inégalée sont en grand danger elles ne sont pas encore mortes. L’émergence du populisme, l’élection de D. Trump, le Brexit, la détermination de la Russie à défendre des valeurs traditionnelles et la résistance des pays de Visegrad laissent apparaître un réel espoir. Mais le temps presse et la course contre la montre peut être perdue. Polemia
Douglas Murray, qui est journaliste, s’interroge sur les raisons du « suicide » de l’Europe, qui est le seul continent à avoir ouvert ses portes à des populations nouvelles qui n’ont pas été assimilées et qui sont en passe de bouleverser totalement sa vieille « civilisation », plus que la Seconde Guerre mondiale l’a fait. L’auteur explique que, jusqu’en 1945, les migrations étaient soit faibles (comme en Italie), soit facilement absorbées (comme les Irlandais en Angleterre). Mais, ensuite, elles sont devenues massives et ont changé de nature. La Grande-Bretagne, notamment, a vu s’installer chez elle nombre de personnes originaires des Caraïbes et du Pakistan, au point que les « Anglais de souche » sont devenus minoritaires en 2015 à Londres (leur « ethnie « ne représente plus que 44 % des habitants de la capitale). Selon Murray, en Europe occidentale, deux phénomènes se conjuguent. Les « Blancs » ne font plus d’enfants (en moyenne 1,38 par femme alors qu’il en faudrait 2,1 pour que la population « caucasienne » ne diminue pas ), alors que l’immigration s’est accentuée ces dernières années. Il y a, chaque année en Grande-Bretagne, 770.000 naissances par an et 300.000 nouveaux migrants. Un démographe de l’université d’Oxford, cité dans le livre, avance même que si rien ne change, en 2060, les « Blancs » constitueront moins de 50 % de la population britannique. L’auteur rappelle qu’en 1968, le député conservateur Enoch Powell avait prononcé un discours prémonitoire, dans lequel il prévoyait un avenir sombre à son pays si on n’arrêtait pas l’immigration. Mais alors qu’il était soutenu par 75 % des Britanniques, il avait été marginalisé et réduit au silence. Douglas Murray insiste sur ce paradoxe : en Europe occidentale, la majorité des citoyens ne supportent plus les problèmes liés aux migrants (dont les attentats), mais les gouvernements (même de droite !) n’agissent pas, car ceux qui s’opposent à l’immigration sont taxés de racistes et de fascistes et aucun gouvernement de l’Europe occidentale n’ose rejeter ce jugement moral. Douglas Murray démonte les arguments des partisans de l’immigration : elle serait nécessaire, vu le manque d’enfants chez les « Blancs », et elle serait bénéfique sur le plan économique, car les nouveaux venus créeraient de la richesse. Mais M. Murray souligne que, selon les sondages, les « Blancs » feraient sans problème deux ou trois bébés s’ils étaient aidés financièrement. Par ailleurs, en Grande-Bretagne, de 1995 à 2001, lorsqu’on fait les comptes, les immigrants auraient, au final, coûté de 125 à 170 milliards d’euros (pour les soins, la scolarisation des enfants et les aides sociales). Autre argument faux selon l’auteur : il serait impossible d’arrêter l’immigration. La preuve du contraire est donnée par le Japon et les pays de l’Europe de l’Est, qui n’accueillent que très peu de réfugiés et contrôlent leurs frontières. (…) Mais il fustige les pays du Golfe si riches qui n’accueillent aucun réfugié. Pour Douglas Murray, il semble y avoir une prise de conscience des gouvernants et certains faits sont, désormais, mis en avant, alors qu’ils étaient systématiquement étouffés autrefois. Les viols de milliers d’adolescentes non musulmanes par des gangs de Pakistanais sont enfin réprimés et on reconnaît publiquement que 95 % des agressions sexuelles en Suède, en Allemagne ou en Autriche sont commis par des réfugiés. La parole est plus libre et ceux qui rejettent l’immigration ont maintenant le droit de s’exprimer. Mais n’est-il pas déjà trop tard ? Boulevard Voltaire
Somme magistrale (numéro 1 des ventes en Angleterre), ce livre documenté, rigoureux, fait le point sur la descente aux enfers d’une Union européenne qui aspire à faire de son espace civilisationnel, par l’immigration de masse, le bien du monde, la propriété de toutes les ethnies. A lire impérativement pour tous ceux qui veulent comprendre quelque chose à cette mécanique de l’auto-extinction d’une brillante civilisation. Pourquoi les dirigeants, les élites européennes aspirent-elles à dissoudre leur peuple dans le grand brassage des peuples du monde ? Près de 6 millions de juifs ont été méthodiquement exécutés avec la complicité active ou passive de la quasi-totalité des gouvernements européens. Lorsque les horreurs de la Shoah ont été connues de tous, un intense sentiment de culpabilité s’est emparé des élites dirigeantes européennes. Celles-ci ont répandu l’idée que les Etats-nation étaient responsables de ce drame (pas les nazis !) puis que les Européens étaient coupables de tous les malheurs de la planète (l’esclavage, le colonialisme, l’impérialisme…), enfin que l’homme blanc en général était l’ennemi de la nature dont la folie met en péril son existence même. Se concevant comme des êtres foncièrement mauvais, porteurs d’une sorte de péché originel, les dirigeants européens ont mis en place des politiques fondées sur l’obsession de l’auto-flagellation. Tous répètent en boucle : nous sommes coupables et nous devons payer pour tous les crimes commis. Portons sur nos épaules toute la misère du monde. Accueillons tous les migrants victimes, pour l’essentiel, du fanatisme musulman, de la corruption de leurs élites. Par un mécanisme bien connu en psychiatrie, il s’est produit un déplacement dans la représentation collective du vécu des événements passés et présents : à l’analyse, aux explications lucides et rationnelles des événements et des crimes réellement commis (le massacre organisé des populations juives ; les crimes commis ici ou là..), on a substitué une causalité diabolique par laquelle le coupable auto-proclamé est toujours l’Européen et uniquement lui, devenu ainsi l’incarnation universelle du mal. Dans ce scénario délirant, les autres peuples sont par définition et a priori innocents. L’esclavage est attribué aux seuls occidentaux. Oubliés les Africains qui y ont participé activement ; ignorés les Arabes qui ont été de grands esclavagistes… idem pour le colonialisme dépeint uniquement comme un tissu de crimes commis contre les peuples par les seuls européens. Oublié que tous les peuples dominants ont colonisé d’autres peuples ; oublié que les musulmans ont colonisé, envahi, converti par le glaive de très nombreux pays et qu’ils continuent à le faire ; oubliés les innombrables crimes perpétrés au nom de l’Islam et de son prophète. La projection de ce scénario sur la scène mondiale a conduit à désigner les Américains comme coupables a priori (origine colonisation européenne) tout comme Israël dès lors qu’une partie de sa population est d’origine européenne. Europe-Etats-Unis-Israel-Australie-Canada… devaient se prosterner, se mettre à genoux devant tous les autres peuples et demander pardon. Dans ce délire pathologique, on va jusqu’à inculquer l’idée que nous sommes responsables y compris lorsque nous sommes victimes : responsables des crimes terroristes islamiques ; responsables des viols commis par des « migrants »… Ceux, rares, très rares, qui osent mettre en cause ce masochisme politique, sont exclus, marginalisés, traînés devant les tribunaux, persécutés, contraints à se cacher voire sont assassinés. Pour les élites européennes, il n’existe qu’un seul remède, qu’une seule solution pour absoudre ses fautes : la mort, la disparition méthodique des peuples européens, la destruction totale de la civilisation occidentale. Et puis, la chape de plomb du sentiment de culpabilité qui pèse sur la conscience européenne a commencé à se fissurer. En dépit d’une censure étouffante, d’une propagande digne des pays totalitaires, des voix de plus en plus nombreuses s’expriment. Des États refusent le suicide de masse que l’Union européenne a inscrit dans son programme. En Hollande, en Hongrie, en Pologne, en Italie… on refuse d’absorber la pilule de cyanure que représente l’immigration de masse. Aux États-Unis, ex bastion de la culture de la faute ayant atteint son point culminant sous Obama, le Président Trump opère une véritable révolution, libérant la politique du carcan de la culpabilité. En Israël, le gouvernement Netanayou ose l’impensable aux yeux des masochistes professionnels de la faute : il fait inscrire dans le marbre de la loi, le caractère juif de l’Etat d’Israël, mettant fin ainsi à deux mille ans de honte de soi. Pour les spécialistes de la repentance, le scandale est extrême ! Quoi ? Serait-ce possible ? Les Américains n’ont plus honte d’être américains ? Quoi! Les Juifs ne se cachent plus ! Ils n’ont plus honte d’exister ? Ils ont même un État dont ils sont fiers ? Sydney Touati
Si on peut se poser une question ici, ce n’est pas de savoir pourquoi il a fallu plus de vingt-quatre heures au Royaume-Uni pour trouver des lumières aux couleurs de la Belgique mais pourquoi, après soixante-sept années de terrorisme, le Royaume-Uni n’a toujours pas trouvé les simples lumières bleues et blanches qu’il faudrait pour projeter le drapeau d’Israël sur un espace public. Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas eu des tas d’occasions. Les ennemis d’Israël nous ont donné bien plus d’occasions pour des affichages lumineux que ce qui a été offert à ceux qui se sont entichés de lumières par les disciples de l’État Islamique. (…) Quand Israël est attaqué les marches qui mènent aux ambassades d’Israël à Londres ou dans d’autres capitales européennes ne sont pas couvertes de fleurs, d’ours en peluche ou de bougies, ni de messages de condoléances griffonnés. En fait, chaque fois que des Israéliens sont attaqués et assassinés il y a bien des réponses devant les ambassades d’Israël. Elles ont tendance à être moins obsédées par les ours en peluche, elles consistent en foules vociférant leur rage contre Israël et devant être retenues par la police locale pour ne pas faire preuve de plus d’antagonisme encore. Il est possible que certains pensent qu’Israël n’est tout simplement pas sur le même continent que l’Europe et que, bien qu’elle est essentiellement une société occidentale, nous ne nous en sentons pas suffisamment proches. Chaque fois qu’une atrocité terroriste est commise en Europe, il y en a toujours qui demandent pourquoi le deuil, disons pour Paris ou Bruxelles, est plus marqué que pour Ankara ou Beyrouth. Mais la question Paris/Bruxelles est rarement posée, voire jamais, à propos de Jérusalem. On pourrait laisser de côté les grandes considérations et dire que c’est parce qu’en Israël les victimes sont juives. Mais il y a aussi une explication qui est toute aussi exacte. C’est qu’Israël est considéré comme différent parce que lorsqu’Israël est attaqué par des terroristes, pour un grand nombre en Occident, Israël n’est pas considéré comme étant une victime innocente. On le considère comme un pays qui, d’une certaine manière, a pu attirer cette violence sur lui. (…) Eh bien, quel choc devra subir le reste du monde un jour. Parce que si on autorise qu’une « excuse » soit donnée pour une représentation faussée d’extrémistes islamistes, il faudra alors en autoriser pour les autres. On devra, par exemple, accepter la parole de l’État Islamique, pour qui la Belgique est une nation de « croisés », qui mérite d’être attaquée car elle est impliquée dans une « croisade » contre l’État Islamique en Irak et en Syrie (ISIS). On devra accepter que pour avoir résisté aux extrémistes islamiques au Mali et en Syrie, ces extrémistes islamiques ont le droit d’attaquer les gens en Belgique, en France, au Sierra Leone, au Canada, aux États-Unis et en Australie. On devra accepter que des Européens puissent être tués pour avoir publié une caricature, simplement parce que un groupe terroriste étranger le dit et puis accepter que les caricaturistes l’ont bien cherché. (…) Cela peut prendre un certain temps avant que nous en prenions conscience, mais nous sommes tous dans le même bateau. Cela peut prendre aussi un certain temps avant que les villes européennes aillent prendre ces ampoules bleues et blanches, mais si nous commençons à demander où sont passés ces ampoules, nous pourrions non seulement comprendre dans quelle situation difficile se trouve Israël, mais aussi comprendre quelle est la nôtre aujourd’hui. Douglas Murray
We’re used to the idea of slow, incremental cultural and societal change. I use the famous example of the ship of Theseus. As bits fall off, you put bits on, but it remains recognizably the ship of Theseus. That isn’t the case when you have migration at the levels at which Europe has had it in recent decades, particularly not at the level of 2015, when Germany added an extra 2 percent of – to its population in a single year alone. And it’s also very unlikely, it seems to me, that people who come with very different attitudes are not going to change the continent significantly. (…)Take an example like – let’s say 2015 across the continent of Europe. The numbers that came that year from across sub-Saharan Africa, North Africa, the Middle East and the Far East were far in excess of any of the migration that was seen during the Jewish migrations into Europe. And secondly, that the claims that were made about Jews were erroneous claims, whereas the people who did warn that some – obviously not all, but some – of the Muslim immigrants will bring serious security challenges with them has been demonstrated time and again by events. So, you know, you can hear ugly echoes whilst also being able to differentiate the difference between facts and lies. (…) And the people arriving are bringing a very literal faith with them. (…) Let me give you one very quick example. In Britain, we, some decades ago, came to a fairly straightforward accommodation and belief towards tolerance towards people who were of sexual minorities. If you – if you look now at all opinion surveys of the people who’ve come in most recently, they have very, very different views. A poll carried out a couple of years ago found that among U.K. Muslims there was zero – zero – belief that homosexuality was a permissible lifestyle choice. And a poll taken just last year in Britain found that 52 percent of British Muslims wanted being gay in the U.K. to be made illegal now. Now, there are people who won’t bake your wedding cake if you’re gay. There are some ultra-Protestants who won’t marry you in their churches. But these are people who actually want to make it a crime punishable in law in the 21st century in Britain. So I’m afraid that everyone has to concede – liberal or conservative or whatever – that some of the people who the liberals and their attitude towards immigration have brought here have more illiberal attitudes than anyone else in the country. And this is a big problem. (…) I am intolerant – I have to say, I am intolerant of people who want to put me, as a gay man, in prison. Yeah. Yeah, I’m intolerant of that. (…) everyone agrees that the colonial era was wrong. I’m not an apologist for empire. But in that case, how long does the reverse colonialism happen for? And if you see it as some kind of blowback for colonialism, then what is the end point of this anti-colonialism? (…) The problem is that this isn’t borne out by the facts across Europe. For instance, I mean, where was the Swedish empire across Africa or in the Middle East? Where was it? (…) And so why did Sweden take in 2 percent of its population in addition in one year alone, 2015? It makes no sense. We can all find excuses and reasons for why this is happening. I think it’s much better to look at it in the round and see the very complex picture this actually presents and the very complex future it’s setting up for us. (…) The first solution is very straightforward. It is that you slow down the flow. I don’t say no migrants into Europe. I don’t say that at all. But you’ve got to massively slow down the flow because a society doesn’t have a hope of remaining cohesive when you have migration at these levels. The second thing is you work on the people who are already here more. The third thing is that you make it clear that as well as speaking the language of inclusion in our politics, we have to speak the language of exclusion – what it is that we won’t tolerate as well as what it is that we do and what it is we will be tolerant of. There’s a whole set of other things. One of them is a very basic one, which is to try to shrug off what I diagnose as, among other things, the guilt-ridden complex that Europe has. I’m not advocating that we become sort of, you know, patriotic nationalists. You’ve got to find a balance here. And one of the balances has to be arrived at by recognizing a very simple fact, which is that Europe cannot be the home for everybody in the world who wants to move in and call it home. Douglas Murray
Murray begins with some sweeping stuff about European neighbourhoods becoming indistinguishable from their inhabitants’ native Pakistan, before narrowing things down to the fact that London is no longer a majority white British city. Before long, inevitably, we are reminded of the “prophetic foreboding” of Enoch Powell’s “rivers of blood” speech. Murray never quite spells out why it matters so terribly that people should come here from abroad – what is supposedly so awful about black and brown Londoners, including second or third generation immigrants, or indeed white people born overseas. There are token mentions ogayf pressure on public services, and a grand assertion that the evidence suggesting immigration has economic benefits is all either wrong or fiddled by New Labour. (Anyone familiar with recent Labour history will find mildly surreal Murray’s account of how he imagines the party, and the immigration minister Barbara Roche in particular, tackled immigration.) But this fearless scourge of political correctness seems oddly reluctant to pinpoint precisely why people coming from India, the Caribbean or eastern Europe was such a ghastly prospect. He has rather fewer inhibitions, however, regarding more recent immigrants from predominantly Muslim Middle Eastern countries. Chapter after chapter circles around the same repetitive themes: migrants raping and murdering and terrorising; paeans to Christianity; long polemics about how Europe is too “exhausted by history” and colonial guilt to face another battle, and is thus letting itself be rolled over by invaders fiercely confident in their own beliefs. (…) The book regurgitates the same misleading myths as Nigel Farage about immigration turning Sweden into the rape capital of Europe. (The unexciting truth is that Swedish rape laws are among the strictest in the world, and that the numbers soared when these laws were tightened to change the way incidents were counted; the high number of rape allegations is best seen not as proof of Sweden being dragged into the gutter but of its radically feminist approach to prosecuting.) He triumphantly dismisses any polling suggesting immigrants actually want to integrate by suggesting that pubs “very often close” when Muslim migrants move in – presumably in a different way than pubs all over Britain are closing, crippled by everything from cheap supermarket booze and stagnating wages to the smoking ban – and that if they really wanted to be British they would go out and “drink lukewarm beer like everybody else”. Be more Nigel Farage, or else. (…) Yet (…) For a book that argues that Europe is in mortal danger, there are surprisingly few concrete suggestions for averting it. Murray proposes tougher curbs on immigration, suggests refugees should be given only temporary refuge and be sent home when it’s safe (a direction in which the Home Office is already moving) and bangs the drum for stronger Christian faith. But if he really does think Muslims are as inherently dangerous as his book suggests, why not a Trump-style ban? Why not refuse to take refugees at all, or do so only following an intensive programme of cultural re-education along his approved lines? More surprising, however, is the author’s inability to define the culture supposedly in jeopardy. If Europe should more aggressively defend its unique identity, the least one might expect is a clear definition of this precious thing it’s supposed to be defending: the values, experiences and ideas in danger of being lost. But apart from beer and churchgoing, padded out with scorn for anyone trying to distinguish between Islam or Muslims in general and Islamist terrorists in particular, there’s little here to cling to. At one point the author is reduced to suggesting that he thinks the future Europe will stand or fall on its “attitude to church buildings”. The frustrating thing is that Europe isn’t perfect. It has struggled to cope with unprecedented flows of migrants in recent years, and to integrate those already here. It is confused in some ways about what it stands for. It is politically fractured, most recently by Brexit – which this book doesn’t really cover – but before that by the euro crisis, its treatment of Greece and the alienation of many of its citizens from creaking, remote political EU institutions that do not seem up to the huge economic challenges ahead. Europe isn’t dying, but it isn’t ageing well, and all that is ripe for critical analysis. The Guardian
The author does hit on some unfortunate truths. The migrant crisis of 2015 was unexpected, but also badly managed by the European Union. Laws to combat anti-Islamic hate speech tend to clamp down on free expression, and worsen the tensions. The policy of isolating anti-migrant parties tended to make them even more popular: when the Sweden Democrats were first elected into parliament with 5% of the vote in 2010, other politicians “treated the new MPs as pariahs”. The party is now one of the most popular in Sweden, scoring 24% in recent opinion polls. In some places the police or social services have indeed failed to act against pathologies in Muslim communities, fearful of being tarred with racism. (…) But (…) he cites polls showing that voters worry about the number of immigrants, but not those showing that people vastly overestimate those numbers. He is prone to exaggeration: housing shortages in Sweden are “largely caused by immigration”, rather than decades of under-construction; NGO boats rescuing migrants in the Mediterranean do so “minutes” after they leave the north African shore (in reality, it takes hours or even a day for refugee boats to be found, which is why around 5,000 died or went missing on that crossing last year). He puts nearly all of the blame for the migration crisis on the shoulders of Angela Merkel, the German chancellor, who in 2015 “opened a door that was already ajar”. (…) Mrs Merkel was indeed temporarily damaged by the migration crisis, with her poll ratings falling. But her party still looks set to win the elections this autumn, and allies have won local elections, while support for a far-right party has fallen. Mr Murray argues that Marine Le Pen’s National Front, one of a handful of “thoughtful and clearly non-fascist parties” often described as on the “far right”, should be accepted into the mainstream. Yet Ms Le Pen’s bleak vision did not convince France’s voters to make her president, while her party now looks much diminished. Mr Murray is right to point out that many European politicians have not yet come to grips with how to manage migration in the coming decades. But Europe is a long way off from its last gasp. The Economist

Cachez cette invasion que je ne saurai voir  !

A l’heure où de la Californie à Grèce et de la Suède au Portugal …

Oubliant commodément, entre cycles climatiques, sururbanisation et bétonisation, une myriade d’autres facteurs possibles …

Et sans compter, comme en Israël depuis des mois et dans la plus grande indifférence, les pyromanes

Ou en Iran nos amis les mollahs détourneurs et voleurs d’eau

On nous bassine ou nous anathémise avec un changement climatique encore largement hypothétique …

Entre deux égorgements (pardon: agressions au couteau), émeutes ou marches silencieuses

Ou retour aux pissotières comme  il y a 50 ans pendant qu’on exporte des sanisettes futuristes en Amérique …

Sans parler, entre deux « fake news » (pardon: « erreurs de formulation »), de l’effet contaminateur et incitatif comme pour les fusillades de lycées de nos apprentis-sorciers de médias, leurs interviews des suspects et leurs fascinantes listes de records (jusqu’à littéralement jouer avec le feu entre scénarios du jugement dernier et des noms d’incendies comme Holy fire !) …

Pendant qu’aux Etats-Unis, on découvre par hasard un camp d’entrainement d’enfants, fusils d’assaut et champ de tir compris, pour futures fusillades scolaires créé par le fils d’un ancien membre de la Nation of islam de Farrakhan et  imam d’une mosquée de Brooklyn impliqué dans le premier attentat du World Trade Center

Retour avec la récente traduction française du bestseller de l’an dernier du journaliste britannique Douglas Murray …

Qui montre exemple après exemple et après les prophéties de Powell ou de Raspail

Comment à coups de prétendue inéluctabilité, politique du fait accompli, déni, complicité, camouflage des informations dérangeantes, diversion, chantage au racisme, propagande, intimidation ou répression

Et sans compter, derrière les intérêts bien compris de quelques uns, l’effet paradoxal de l’aide

L’Europe contribue à sa propre disparition …

Sidney Touati
Dreuz
4 août 2018
« Là où un musulman a prié, la terre appartient à l’islam »

Cet article est librement inspiré d’un ouvrage dont je recommande la lecture. Il s’agit du livre de Douglas Murray : L’étrange suicide de l’Europe*.

Somme magistrale (numéro 1 des ventes en Angleterre), ce livre documenté, rigoureux, fait le point sur la descente aux enfers d’une Union européenne qui aspire à faire de son espace civilisationnel, par l’immigration de masse, le bien du monde, la propriété de toutes les ethnies.

A lire impérativement pour tous ceux qui veulent comprendre quelque chose à cette mécanique de l’auto-extinction d’une brillante civilisation.

Pourquoi les dirigeants, les élites européennes aspirent-elles à dissoudre leur peuple dans le grand brassage des peuples du monde ?

Près de 6 millions de juifs ont été méthodiquement exécutés avec la complicité active ou passive de la quasi-totalité des gouvernements européens.

Lorsque les horreurs de la Shoah ont été connues de tous, un intense sentiment de culpabilité s’est emparé des élites dirigeantes européennes.

Celles-ci ont répandu l’idée que les Etats-nation étaient responsables de ce drame (pas les nazis !) puis que les Européens étaient coupables de tous les malheurs de la planète (l’esclavage, le colonialisme, l’impérialisme…), enfin que l’homme blanc en général était l’ennemi de la nature dont la folie met en péril son existence même.

Se concevant comme des êtres foncièrement mauvais, porteurs d’une sorte de péché originel, les dirigeants européens ont mis en place des politiques fondées sur l’obsession de l’auto-flagellation.

Tous répètent en boucle : nous sommes coupables et nous devons payer pour tous les crimes commis.

Portons sur nos épaules toute la misère du monde. Accueillons tous les migrants victimes, pour l’essentiel, du fanatisme musulman, de la corruption de leurs élites.

Psychiatrisation de la politique de l’Union européenne.

Par un mécanisme bien connu en psychiatrie, il s’est produit un déplacement dans la représentation collective du vécu des événements passés et présents : à l’analyse, aux explications lucides et rationnelles des événements et des crimes réellement commis (le massacre organisé des populations juives ; les crimes commis ici ou là..), on a substitué une causalité diabolique par laquelle le coupable auto-proclamé est toujours l’Européen et uniquement lui, devenu ainsi l’incarnation universelle du mal.

Dans ce scénario délirant, les autres peuples sont par définition et a priori innocents.

L’esclavage est attribué aux seuls occidentaux. Oubliés les Africains qui y ont participé activement ; ignorés les Arabes qui ont été de grands esclavagistes… idem pour le colonialisme dépeint uniquement comme un tissu de crimes commis contre les peuples par les seuls européens. Oublié que tous les peuples dominants ont colonisé d’autres peuples ; oublié que les musulmans ont colonisé, envahi, converti par le glaive de très nombreux pays et qu’ils continuent à le faire ; oubliés les innombrables crimes perpétrés au nom de l’Islam et de son prophète.

La projection de ce scénario sur la scène mondiale a conduit à désigner les Américains comme coupables a priori (origine colonisation européenne) tout comme Israël dès lors qu’une partie de sa population est d’origine européenne.

Europe-Etats-Unis-Israel-Austalie-Canada… devaient se prosterner, se mettre à genoux devant tous les autres peuples et demander pardon.

Dans ce délire pathologique, on va jusqu’à inculquer l’idée que nous sommes responsables y compris lorsque nous sommes victimes : responsables des crimes terroristes islamiques ; responsables des viols commis par des « migrants »…

Ceux, rares, très rares, qui osent mettre en cause ce masochisme politique, sont exclus, marginalisés, traînés devant les tribunaux, persécutés, contraints à se cacher voire sont assassinés.

Pour les élites européennes, il n’existe qu’un seul remède, qu’une seule solution pour absoudre ses fautes : la mort, la disparition méthodique des peuples européens, la destruction totale de la civilisation occidentale.

La Renaissance

Et puis, la chape de plomb du sentiment de culpabilité qui pèse sur la conscience européenne a commencé à se fissurer.

En dépit d’une censure étouffante, d’une propagande digne des pays totalitaires, des voix de plus en plus nombreuses s’expriment. Des États refusent le suicide de masse que l’Union européenne a inscrit dans son programme.

En Hollande, en Hongrie, en Pologne, en Italie… on refuse d’absorber la pilule de cyanure que représente l’immigration de masse.

Aux États-Unis, ex bastion de la culture de la faute ayant atteint son point culminant sous Obama, le Président Trump opère une véritable révolution, libérant la politique du carcan de la culpabilité.

En Israël, le gouvernement Netanayou ose l’impensable aux yeux des masochistes professionnels de la faute : il fait inscrire dans le marbre de la loi, le caractère juif de l’Etat d’Israël, mettant fin ainsi à deux mille ans de honte de soi.

Pour les spécialistes de la repentance, le scandale est extrême !

Quoi ? Serait-ce possible ?

Les Américains n’ont plus honte d’être américains ?

Quoi! Les Juifs ne se cachent plus !

Ils n’ont plus honte d’exister ? Ils ont même un État dont ils sont fiers ?

Les dirigeants masochistes de France, d’Allemagne, d’Angleterre, de Suède et d’ailleurs continuent à courber l’échine et à demander que leur peuple respectif soit martyrisé jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Puisque les dirigeants de l’Union européenne aspirent à mourir, alors qu’ils appliquent à eux-mêmes la thérapie qu’ils imposent par la contrainte aux autres. Qu’ils laissent enfin la place à ceux qui aiment sans complexe la vieille, la riche, la belle civilisation européenne, c’est-à-dire la grande majorité des citoyens.

Envoyons des fouets à Macron, à Merkel et autres masochistes.

Qu’ils se punissent puisque tel est le fondement de leur politique.

Qu’ils nous laissent vivre dans le cadre de notre culture européenne qui repose sur Jérusalem-Athènes-Rome.

Voir aussi:

DOUGLAS MURRAY

THE STRANGE DEATH OF EUROPE

IMMIGRATION, IDENTITY, ISLAM

Bloomsbury Continuum , 2017, 352 p.

UNE TRADUCTION FRANÇAISE EST SORTIE LE 25 AVRIL CHEZ L’ARTILLEUR

Michèle Tribalat

Dans ce livre, Douglas Murray analyse la situation actuelle de l’Europe dont son attitude à l’égard des migrations n’est que l’un des symptômes d’une fatigue d’être et d’un refus de persévérer dans son être. Advienne que pourra ! « Le Monde arrive en Europe précisément au moment où l’Europe a perdu de vue ce qu’elle est ». Ce qui aurait pu réussir dans une Europe sûre et fière d’elle-même, ne le peut pas dans une Europe blasée et finissante. L’Europe exalte aujourd’hui le respect, la tolérance et la diversité. Toutes les cultures sont les bienvenues sauf la sienne. « C’est comme si certains des fondements les plus indiscutables de la civilisation occidentale devenaient négociables… comme si le passé était à prendre », nous dit Douglas Murray.

Seuls semblent échapper à celle langueur morbide et masochiste les anciens pays de la sphère soviétique. Peut-être que l’expérience totalitaire si proche les a vaccinés contre l’oubli de soi. Ils ont retrouvé leur identité et ne sont pas prêts à y renoncer. Peut-être gardent-ils le sens d’une cohésion nationale qui leur a permis d’émerger de la tutelle soviétique, dont les Européens de l’Ouest n’ont gardé qu’un vague souvenir. Peut-être ont-ils échappé au complexe de culpabilité dont l’Europe de l’Ouest se délecte et sont-ils trop contents d’avoir survécu au soviétisme pour se voir voler leur destin. Cette attitude classée à droite par l’Europe occidentale est vue, à l’Est, comme une attitude de survie, y compris à gauche comme en témoigne Robert Fico, le Premier ministre de gauche slovaque : «  j’ai le sentiment que, nous, en Europe, sommes en train de commettre un suicide rituel… L’islam n’a pas sa place en Slovaquie. Les migrants changent l’identité de notre pays. Nous ne voulons pas que l’identité de notre pays change. » (2016)

LA COMPLAISANCE DES EUROPÉENS DANS LA DÉTESTATION DE SOI

Il y a un orgueil à se présenter comme les seuls vraiment méchants de la planète. Tout ce qui arrive, l’Europe en est responsable directement ou indirectement. Comme avant lui Pascal Bruckner, Douglas Murray brocarde l’auto-intoxication des Européens à la repentance. Les gens s’en imbibent, nous dit-il, parce qu’ils aiment ça. Ça leur procure élévation et exaltation. Ça leur donne de l’importance. Supportant tout le mal, la mission de rédemption de l’humanité leur revient.

Ils s’autoproclament les représentants des vivants et des morts. Douglas Murray cite le cas d’Andrews Hawkins, un directeur de théâtre britannique qui, en 2006, au mi-temps de sa vie, se découvrit être le descendant d’un marchand d’esclaves du 16ème siècle. Pour se laver de la faute de son aïeul, il participa, avec d’autres dans le même cas originaires de divers pays, à une manifestation organisée dans le stade de Banjul en Gambie. Les participants enchainés, qui portaient des tee-shirts sur lesquels était inscrit « So Sorry », pleurèrent à genoux, s’excusèrent, avant d’être libérés de leurs chaines par  le Vice-Président  gambien.

« Happy end », mais cette manie occidentale de l’auto-flagellation, si elle procure un sentiment pervers d’accomplissement, inspire du mépris à ceux qui n’en souffrent pas et les incitent à en jouer et à se dédouaner de leurs mauvaises actions. Pourquoi disputer aux Occidentaux ce mauvais rôle. Douglas Murray raconte une blague de Yasser Arafat qui fit bien rire l’assistance, alors qu’on lui annonçait l’arrivée d’une délégation américaine. Un journaliste présent lui demanda ce que venaient faire les Américains. Arafat lui répondit que la délégation américaine passait par là à l’occasion d’une tournée d’excuses à propos des croisades !

Cette attitude occidentale facilite le report sur les pays occidentaux de la responsabilité de crimes dont ils sont les victimes. Ce fut le cas avec le 11 septembre. Les thèses négationnistes fleurirent, alors qu’on se demandait aux États-Unis qu’est-ce qu’on avait bien pu faire pour mériter cela.

Cette exclusivité dans le mal que les Occidentaux s’arrogent ruissèle jusques et y compris au niveau individuel. Après avoir été violé chez lui par un Somalien en avril 2016, un politicien norvégien, Karsten Nordal Hauken, exprima dans la presse la culpabilité qui était la sienne d’avoir privé ce pauvre Somalien, en le dénonçant, de sa vie en Norvège et renvoyé ainsi à un avenir incertain en Somalie. Comme l’explique Douglas Murray, si les masochistes ont toujours existé, célébrer une telle attitude comme une vertu est la recette pour fabriquer « une forte concentration de masochistes ». « Seuls les Européens sont contents de s’auto-dénigrer sur un marché international de sadiques ».

Les dirigeants les moins fréquentables sont tellement habitués à notre autodénigrement qu’ils y voient un encouragement. En septembre 2015, le président Rouhani a eu le culot de faire la leçon aux Hongrois sur leur manque de générosité dans la crise des réfugiés. Que dire alors de la richissime Arabie saoudite qui a refusé de prêter les 100 000 tentes climatisées qui servent habituellement lors du pèlerinage et n’a accueilli aucun Syrien, alors qu’elle offrait de construire 200 mosquées en Allemagne ?

La posture du salaud éternel, dans laquelle se complait l’Europe, la désarme complètement pour comprendre les assauts de violence dont elle fait l’objet et fonctionne comme une incitation.

LA CULPABILILITÉ OCCIDENTALE

Beaucoup d’Européens, ce fut le cas d’Angela Merkel, ont cru voir, dans la crise migratoire de 2015, une mise au défi de laver le passé : « Le monde voit dans l’Allemagne une terre d’espoir et d’opportunités. Et ce ne fut pas toujours le cas » (A. Merkel, 31 août 2015). N’était-ce pas là l’occasion d’une rédemption de l’Allemagne qu’il ne fallait pas manquer ?  Douglas Murray décrit ces comités d’accueils enthousiastes qui ressemblaient à ceux que l’on réservait jusque là aux équipes de football victorieuses ou à des combattants rentrant de la guerre. Les analogies avec la période nazie fabriquent à peu de frais des héros. Lorsque la crise migratoire de 2015 survient il n’y a pas de frontière entre le Danemark et la Suède. Il suffisait donc de prendre le train pour passer d’un pays à l’autre. Pourtant, il s’est trouvé une jeune politicienne danoise de 24 ans – Annika Hom Nielsen – pour transporter à bord de son yacht, en écho à l’évacuation des juifs en 1943, des migrants qui préféraient la Suède au Danemark mais qui, pourtant, ne risquaient pas leur vie en restant au Danemark.

Si beaucoup de pays expient l’expérience nazie, d’autres expient leur passé colonial. C’est ainsi que l’Australie a instauré le « National Sorry Day » en 1998. En 2008, les excuses du Premier ministre Kevin Rudd aux aborigènes furent suivies de celles du Premier ministre canadien aux peuples indigènes. Aux États-Unis, plusieurs villes américaines ont rebaptisé « Colombus Day » en « Indigenous People Day ». Comme l’écrit Douglas Murray, il n’y a rien de mal à faire des excuses, même si tous ceux à qui elles s’adressent sont morts. Mais, cette célébration de la culpabilité « transforme les sentiments patriotiques en honte ou à tout le moins, en sentiments profondément mitigés ».

GÉNÉRALISATION ET ESSENTIALISATION : DES CRIMES TYPIQUEMENT EUROPÉENS

Si l’Europe doit expier ses crimes passés, pourquoi ne pas exiger de même de la Turquie ? Si la diversité est si extraordinaire, pourquoi la réserver à l’Europe et ne pas l’imposer à, disons, l’Arabie saoudite ? Où sont les démonstrations de culpabilité des Mongols pour la cruauté de leurs ascendants ?

« il y a peu de crimes intellectuels en Europe pires que la généralisation et l’essentialisation d’un autre groupe dans le monde».  Mais le contraire n’est pas vrai. Il n’y a rien de mal à généraliser les pathologies européennes, et les Européens ne s’en privent pas eux-mêmes.

L’EXALTATION DES AUTRES

Le pendant à l’autodénigrement et à la culpabilité européens est l’exaltation de l’Autre, même dans les circonstances les plus invraisemblables. Le multiculturalisme, qui fait une place particulière aux cultures apportées par les migrants, s’il est vu comme LA seule solution au problème posé par l’immigration massive, a l’avantage de tenir à distance les prétentions hégémoniques des cultures européennes, dont il faut toujours se méfier.

Afin de devenir vraiment multiculturels, les pays européens ont insisté sur leurs mauvais côtés, exaltant par ailleurs les apports extérieurs : « Changer le passé pour qu’il s’adapte aux réalités présentes ».

C’est particulièrement vrai avec l’islam. Plus la réalité faisait douter de la « religion de paix et de tolérance », plus on vanta les mérites passés des civilisations islamiques, notamment du temps de l’occupation du sud de l’Espagne présentée comme l’exemple même d’une société multiculturelle harmonieuse et heureuse !  Embellir le passé pour se donner des raisons d’espérer.

En 2010, une exposition londonienne, « 1001 Islamic Inventions », faisait l’inventaire de tout ce que le monde islamique avait apporté à l’Occident, c’est-à-dire à peu près tout.

Quelle chance pour les musulmans d’avoir une civilisation pareille ! Tout plutôt que la civilisation européenne. La Suède, à ce petit jeu, gagne le pompon.

Douglas Murray raconte que la ministre suédoise de l’intégration, Mona Sahlin, déclara en 2004, dans une mosquée kurde, que beaucoup de Suédois étaient jaloux des Kurdes parce qu’ils possèdent une culture riche et unificatrice quand les Suédois n’ont que des choses ridicules telles que le fête de la Nuit de la Saint-Jean.

Quand il fut demandé à Lise Bergh, la secrétaire d’État spécialisée sur les droits de l’homme, l’inclusion…, si cela valait le coup de préserver la culture suédoise, elle répondit : « Bon, qu’est-ce que la culture suédoise ? Et avec ça je pense que j’ai répondu à votre question. » Mais, nous dit Douglas Murray, généralement, ce type de question est soigneusement évité en Europe, en raison des difficultés sous-jacentes : « Quelles parts de leur culture les Européens devraient-ils abandonner volontairement ? Qu’est-ce qu’ils y gagneraient et à quelle échéance ? »

En 2015, Ingrid Lomfors, la patronne de l’équivalent suédois du Mémorial de la Shoa, déclarait lors d’une conférence en faveur de la politique du gouvernement « Sweden together », en présence du roi et de la reine, que l’immigration en Suède n’avait rien de neuf, que tout le monde était un migrant et que la culture suédoise n’existait pas. Le soir du 24 décembre 2014, le tout juste ex-Premier ministre de Suède, Fredrik Reinfeldt, déclarait à la télévision que les Suédois étaient sans intérêt et que les frontières étaient des constructions fictives.

Mais l’Allemagne pratique aussi, à l’excès, ce souci de l’Autre. Après l’attaque du train en Allemagne en juillet 2016, il s’est trouvé une parlementaire allemande du Parti vert pour demander pourquoi la police avait tué l’attaquant au lieu de le blesser.

LA CRISE MIGRATOIRE DE 2015

Douglas Murray, qui s’est rendu dans de nombreux points chauds, revient longuement sur cette crise migratoire. Sans entrer dans le détail, relevons un fait qui m’a frappé moi aussi : le rapport de masculinité élevé. On a su très vite qu’il s’agissait dans une grande majorité de jeunes hommes, y compris parmi les mineurs. Outre que cette arrivée de jeunes hommes et adolescents a modifié de façon visible le sex-ratio en Suède, on aurait pu se demander quel péril guettait les filles restées au pays. Pourquoi les familles étaient-elles si pressées de sauver leurs garçons et pas leurs filles ?

Les mesures prises pour sauver les étrangers en mer, au plus près des côtes libyennes ont été vite connues et intégrées par les passeurs, pour accélérer leur business et empiler toujours plus de migrants dans des embarcations dangereuses. L’information circule à grande vitesse, comme ce fut le cas avec les déclarations d’Angela Merkel ne fixant aucune limite au nombre d’étrangers qu’elle était prête à accueillir.

Le racisme dont les Européens s’enorgueillissent d’être les vrais coupables, n’épargne pas les frêles embarcations sur lesquelles sont entassés les migrants. Ce sont les Subsahariens qui sont mis aux endroits les plus périlleux et sont les premiers à se noyer. Des chrétiens ont été battus et jetés à la mer lorsque les autres passagers ont su qu’ils étaient chrétiens.

La traite est impitoyable. Les passeurs n’hésitent pas à envoyer des vidéos mettant en scène les abus et les tortures de migrants, via leurs smartphones, à destination des familles pour recueillir plus d’argent. L’identification des migrants est très difficile et le rythme des arrivées ne permet pas une vérification approfondie. Beaucoup arrivent sans papiers. Ceux qui débarquaient à Lesbos connaissaient le prix du taxi pour Moria. Et, à Malmö, c’est dans les poubelles en ville que l’on retrouvait nombre de papiers d’identité abandonnés.

L’exaltation suscitée par la crise migratoire de 2015 chez certains gouvernants, et tout particulièrement Mme Merkel, a conduit à certains retournements. En 2010, elle déclarait que le multikluti ne fonctionnait pas, mais en 2015, elle insistait sur le fait que tout allait bien se passer et que ce qui avait échoué par le passé avec des flux moins volumineux, allait réussir cette fois !

DE NOUVEAU UN PROBLÈME AVEC LA RELIGION : LES NOUVEAUX DISSIDENTS

Qui aurait pensé, il y a 20 ou 30 ans que l’Europe serait à nouveau déchirée par des débats sur la place de la religion ?

On a toléré de musulmans « offensés et en colère » beaucoup plus qu’on ne l’aurait fait pour d’autres. C’était déjà le cas en 1989, après la publication des versets sataniques de Salman Rushdie. Ainsi, Cat Stevens, « rebaptisé » Yusuf Islam après sa conversion, déclara lors d’une émission télévisée de la BBC que Salman Rushdie méritait la mort et qu’il regrettait que les portraits en flammes que l’on voyait lors des manifestations ne soient pas « la chose en vrai », autrement dit Salman Rushdie lui-même. Il ne fut pas poursuivi pour ses propos.

Peu de gens ont compris, en 1989, avec l’affaire Rushdie, que nous avions changé d’ère.

Partout en Europe, se trouvèrent des « idiots utiles » qui ont non seulement protégé et défendu l’indéfendable mais ont été des activistes de la cause. C’est ce qui causa l’assassinat de Pim Fortuyn par un Végan, défenseur de la cause animale, qui croyait ainsi venir en aide aux musulmans.  La radicalisation des propos à l’égard de Pim Fortuyn de la part de ses opposants, qui franchirent rapidement le point Godwin, l’ont, en quelque sorte, désigné à la vindicte. « Dans un entretien télévisé, peu de temps avant sa mort,  Fortuyn parla des menaces de mort qu’il recevait et déclara que, si quoi que soit lui arrivait, ses opposants politiques, qui l’avaient tellement démonisé, auraient leur part de responsabilité. »

Mais celle qui symbolise le mieux le malaise européen est sans doute Ayaan Hirsi Ali. Voilà une jeune femme qui incarne la résistance à l’extrémisme religieux, qui aurait dû être la coqueluche des intellectuels européens et qui a été lâchement abandonnée. Somalienne, réfugiée aux Pays-Bas, alors qu’elle fuyait un mariage forcé, Ayaan Hirsi Ali apprit la langue de son nouveau pays tout en travaillant et put ainsi entreprendre des études à l’Université de Leiden. Elle en sortit diplômée et devint chercheur. Sans parler de son engagement politique. Son parcours est d’autant plus remarquable qu’elle était, adolescente, favorable à l’exécution de Salman Rushdie. Le 11 septembre 2001 l’amena à remettre en cause ses convictions religieuses et à les abandonner. Le parcours exemplaire qu’elle avait construit depuis son arrivée en Hollande aurait dû en faire un modèle d’intégration. Menacée, Ayaan Hirsi Ali finit par se voir accorder une protection policière. Alors qu’elle représentait tout ce qu’un pays européen pouvait souhaiter de ses migrants, elle se vit retirer sa nationalité néerlandaise par la ministre de l’immigration et de l’intégration qui appartenait au même parti qu’elle, sous l’allégation de fausse déclaration. Décidément, la Hollande avait fait son choix. Elle refusait d’assurer la protection d’une femme qui défendait tout ce que les Européens avaient si précieusement acquis. Comme l’écrit Douglas Murray : « le pays qui avait laissé entrer des centaines de milliers de musulmans sans espérer d’eux qu’il s’intégrassent et qui abritait en son sein quelques spécimen des prêcheurs les plus radicaux en Europe, privait de sa citoyenneté l’un des seuls immigrants qui avait montré à quoi pourrait ressembler un immigrant pleinement intégré. » Ayaan Hirsi Ali, ne recevant finalement aucune de protection en Europe, finit par s’installer aux Etats-Unis.

Comme dans d’autres pays, c’est celui qui sonnait l’alarme qui fut considéré comme un gêneur. L’Europe semblait alors croire que le problème de l’extrémisme disparaîtrait avec ceux qui le dénonçaient, écrit Douglas Murray.

UN CLIMAT INTIMIDANT

La peur de se voir dénoncé comme raciste ou, pire, de risquer sa vie, conduit à faire silence sur des faits insoutenables.

Les viols collectifs d’enfants à Rotherham et à Oxfordshire ont été passés sous silence par la police par peur des accusations de racisme et par peur de nuire aux relations intercommunautaires. Ces situations de viols passés sous silence ou minimisés se sont multipliées en Europe dans la foulée de la vague migratoire de 2015. Un musulman du nord de l’Angleterre qui s’était insurgé contre  les viols collectifs de filles blanches par des membres de sa communauté a reçu des menaces de mort.

Avoir un avis sur la question peut être dangereux et cela ne concerne pas seulement les politiciens. La violence des réactions conduit à la clôture des débats. Toute vie peut être ruinée par la reconnaissance de ce qui arrive, sans parler de propositions visant à en changer le cours. Il est plus profitable d’ignorer le problème et de mentir. Il y a ce que les gens pensent et ce qu’ils croient qu’ils sont autorisés à penser. Mais, comme le fait remarquer Douglas Murray, il est périlleux d’ignorer ce que ressent la majorité des gens ou d’aller répétant qu’il est impossible d’y remédier.

Les opinions publiques ont bien compris que « ce qui se trouve en-dessous du terrorisme constitue un plus grand problème encore ». Cette prise de conscience effraie les élites pour lesquelles le pire ne peut appartenir qu’aux Européens. D’où la nécessité des les rééduquer. D’abord parce que c’est plus facile et que cela vous signale comme particulièrement vertueux. L’accusation de racisme si aisément dégainée et le parallèle avec le nazisme valorisent celui que s’y adonne et innocentent forcément la partie adverse. On ne peut qu’être innocent face à un nazi. Comme l’écrit Douglas Murray, « traiter quelqu’un de fasciste ou de raciste est un exercice sans risque qui ne peut apporter que des avantages politiques et personnels ».

DÉNI, MENSONGES ET CACHOTTERIES

L’immigration massive, sans toujours avoir été planifiée, est devenue une préoccupation des opinions publiques européennes. Pourtant, au Royaume-Uni, du temps de Tony Blair, il y eut une politique délibérée, du côté du Labour, de transformer la société. On apprit, plus tard, que Tony Blair avait favorisé l’immigration pour forcer les conservateurs à regarder la diversité en face (déclaration d’Andrew Neather, ancien porte-parole du gouvernement, en 2009). Toute idée de restriction de l’immigration était qualifiée de raciste. Au lieu de tenir compte des inquiétudes de l’opinion publique, les politiques ont répliqué en proférant des accusations en direction des inquiets. À des moments différents selon les pays, un éloge de la diversité et du multiculturalisme devint monnaie courante.

Le déni est le refuge de décideurs qui pensent qu’ils ne peuvent rien faire contre les arrivées massives de migrants. Ils cherchent donc à y accoutumer les opinions publiques et à présenter les choses sous un jour positif, tout en minimisant les inconvénients ou en les ignorant. Ce que ne peuvent faire les citoyens qui ont ce qu’ils ont sous les yeux.

Les dirigeants, qui ont pratiqué la politique du fait accompli, ne manquent pas d’arguments pour vanter une situation qu’ils n’ont rien fait pour éviter.

Les arguments bien connus en faveur du statu quo changent avec l’air du temps en fonction de la résistance qu’ils rencontrent. Et l’on passe sans mal d’un argument à l’autre : bénéfice économique, les emplois dont les natifs ne veulent pas, démographie… Et si tout cela ne marche pas vient l’argument de la diversité.

Il faut s’y faire / Rien de nouveau / Nous n’y pouvons rien

L’injonction « Adaptez-vous ! » peut très bien être teintée d’incitations à expier le passé : Tournez-la page, rien de nouveau, vous avez été horribles, maintenant vous n’êtes plus rien.

En Angleterre, la publication des résultats du recensement de 2011, qui montraient que les « White British » étaient désormais minoritaires à Londres, fit les délices « des trois quarts des participants » aux débats de NewsNight sur la BBC. Le maire de Londres Boris Johnson déclara : « Nous devons cesser de nous lamenter sur la digue qui a sauté (dam-burst). C’est arrivé. Il n’y a rien que l’on puisse y faire sauf faire en sorte que l’absorption soit la plus digeste possible. »

La diversité, c’est bon pour vous

Les Européens s’enrichissent en découvrant les cultures du monde. S’il y a une partie de vrai dans ce raisonnement, reste à prouver que tout cela n’est pas une question de dosage. Les Européens voyagent de plus en plus. Ils peuvent aimer découvrir les autres modes de vie sans que ceux-ci finissent par devenir les leurs. Rarement sont évoqués les côtés déplaisants et, lorsqu’ils le sont, ceux qui le font se voient rapidement voués aux gémonies. Douglas Murray résume la situation ainsi : « Ce n’est pas une si mauvaise affaire : s’il y a un peu plus de décapitations en Europe que de coutume, au moins bénéficierons nous d’un plus grand nombre de cuisines ».

L’Europe se dit heureuse de sa diversité et fière d’avoir des villes internationales. Mais qu’arrivera-t-il, se demande Douglas Murray, lorsque ce seront les pays qui seront internationaux ? De quoi le « nous » sera-t-il fait ?

Diversions et illusions

Si l’on intensifie l’aide au développement, on tarira à la source les flux migratoires nous dit-on. Qui peut être contre l’aide au développement ? Seulement, on sait aussi que lorsque le niveau de vie s’accroît les ressources pour partir aussi, favorisant ainsi les flux migratoires.

Après la tuerie de Nice, les débats en France se sont enflammés sur le burkini. Pour Douglas Murray, c’était une manière de faire diversion, pour parler de la chose, sans toucher à l’essentiel du problème.

On avait déjà fait la même chose en d’autres circonstances, avec la loi sur le voile à l’école par exemple. Au lieu de viser le voile, il avait fallu viser les autres religions en même temps, alors que tout le monde savait de quoi il retournait. Si l’on ne peut porter le voile à l’école, on ne peut pas non plus porter une grande croix en bois, dont personne ne se rappelait en avoir jamais vue à l’école !

Déni et camouflage des informations dérangeantes

Lorsque des « innocents » se conduisent mal, comme cela a été le cas par exemple avec les viols collectifs en Suède, en Allemagne ou en Autriche, des politiques et même des policiers, sans parler des médias, cherchent généralement à enterrer l’affaire. L’auto-défiance est telle que l’on craint plus la réaction à la chose que la chose en elle-même. « En Allemagne en 2016, comme en Grande-Bretagne au début des années 2000, la crainte des conséquences que pourrait avoir l’identification des origines raciales des agresseurs l’emporta sur la détermination des policiers de faire leur travail. » On ne peut pas ici ne pas évoquer l’affaire Sarah Halimi battue à mort, torturée et défenestrée le 4 avril 2017. Il a fallu plus de deux mois pour que l’affaire sorte dans la presse… et encore timidement. Il ne fallait pas perturber la période électorale !

La Suède est sans doute la championne du déni et de la politique anesthésiante.  Douglas Murray raconte la mésaventure d’Erik Mansson, rédacteur en chef de l’Expressen, en… 1993. Ce dernier rendit compte d’un sondage réalisé auprès des Suédois qui indiquait que 63 % des Suédois voulaient que les immigrants retournent chez eux. Erik Mansson écrivit que les Suédois avaient une opinion bien arrêtée sur la politique d’immigration et d’asile, différente de l’opinion de ceux qui les gouvernent et qu’il y avait là une bombe à retardement. Le principal résultat de cet article fut son licenciement par le journal.

Douglas Murray raconte sa rencontre avec un parlementaire allemand pour qui l’afflux des réfugiés se limite à une question de gestion bureaucratique. À part cela, accueillir 1 million de gens n’était pas un gros problème. D’ailleurs, d’après ce parlementaire, les réfugiés sont moins criminels que l’Allemand moyen. Lorsque Douglas Murray lui demanda pourquoi cette politique ne s’appliquait qu’aux Syriens et pas au reste du monde, le parlementaire lui dit que les flux avaient baissé et que, de toute façon, il refusait de répondre à une question purement théorique. Comme si ce flux s’était tari spontanément. Passer sous silence la fermeture des frontières et l’accord avec Erdogan permettait, écrit Douglas Murray, au parlementaire de ne pas s’écarter de sa rhétorique humanitaire.

Les méfaits du déni

Le déni creuse l’écart entre « les gens », comme dirait Jean-Luc Mélenchon, et les élites politiques et médiatiques. Les premiers savent que les élites leur mentent. Ils savent aussi ce qu’elles semblent ignorer : le nombre compte. Pour Douglas Murray, «  La radicalisation trouve ses origines dans une communauté particulière et tant que celle-ci s’accroît, la radicalisation fera de même ». « Les politiques européens ne peuvent admettre ce que chaque migrant traversant la méditerranée sait et que la plupart des Européens ont fini par comprendre : une fois en Europe, vous y restez. »

Le déni, le mensonge venant d’en haut encouragent la radicalisation en bas. Il déresponsabilise aussi les migrants et les incite à plus d’audace. En octobre 2016, deux journaux allemands, Le Freitag et le Huffington Post Deutschland publiaient un article d’un jeune Syrien de 18 ans qui disait en avoir marre des Allemands en colère et des chômeurs racistes : « Nous, réfugiés, … ne voulons pas vivre dans le même pays que vous. Vous pouvez, et je pense que vous devriez, quitter l’Allemagne. L’Allemagne n’est pas faite pour vous. Pourquoi vivez-vous ici ?… Allez chercher une autre patrie. » Ce type d’arrogance est encouragé par des attitudes comme celles du président de district de Kassel qui, en octobre 2015, lors d’une réunion publique, déclara à ses concitoyens qui n’étaient pas d’accord avec l’accueil de 800 réfugiés, qu’ils étaient libres de quitter l’Allemagne.

RACE ET ANTIRACISME

L’obsession de la race est partout, chez les politiques, dans le sport, à la télévision. Douglas Murray raconte ce qu’ont donné à Londres, les répercussions du mouvement américain « Black Lives Matter ». Les manifestants chantaient le slogan « Hands Up, Don’t Shoot » lors de manifestations encadrées par des policiers sans arme. Quelques semaines plus tard, on vit dans les rues de Londres un type armé d’une machette juché sur les épaules de trois autres clamant les slogans de « Black Lives Matter ». Dans Hyde Park, la manifestation se termina par un policier poignardé et quatre autres blessés.

Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement. Elles savaient bien que ce ne serait possible que si le problème n’était pas résolu. Ce qui a eu pour effet de faire croire que les discriminations s’étaient aggravées – et méritaient d’être plus vivement combattues – alors que les choses s’amélioraient.

DES SOCIÉTÉS EUROPÉENNES ÉPUISÉES ?

Avec l’effacement des croyances religieuses, les Européens sont livrés à l’incertitude, se posent des questions sans réponses toutes prêtes. Les Européens ont expérimenté la recherche de l’absolu ailleurs (fascisme, nazisme, communisme) et cela n’a donné rien de bon. « La plupart des souffrances de l’Europe pendant le 20ème siècle sont venues d’un effort profane de l’époque d’atteindre un absolu politique ». Le rêve fasciste n’a pas peu fait pour entretenir la ferveur communiste. Si deux idéologies apparemment opposées (comme c’était le cas à l’époque) pouvaient mener là où elles avaient conduit, alors, peut-être que n’importe quoi d’autre peut y conduire aussi. Peut-être que toute idéologie et toute certitude sont le problème.

Les Européens ont tout essayé : « la religion et l’anti-religion, la croyance et la non-croyance, le rationalisme et la foi dans la raison… ces idées ont fait des centaines de millions de morts, pas seulement en Europe, mais partout où ces idées ont été appliquées. » Que peut faire une société après cela ? Douter, se méfier d’elle même, ne pas juger les autres ? Cette attitude si courante en Europe est une solution de facilité qui ne garantit pas sa survie.

La plupart des habitants du reste de la planète ne partagent pas cette attitude. Ils ne craignent pas de poursuivre leur intérêt propre. C’est aussi le cas en Europe de l’Est.

Si penser aux migrants d’aujourd’hui, c’est penser aux juifs d’hier, et réparer à travers les premiers le crime vis-à-vis des seconds, alors l’Europe ne peut rien opposer à l’immigration massive. Même si cette dernière, et plus encore surtout si cette dernière, est vue comme une punition. « Se ranger du côté des migrants, c’est se mettre du côté des anges. Parler en faveur des Européens, c’est se mettre du côté du diable. »

Douglas Murray se demande combien de temps une société fondée sur ce qui est sorti de la tradition chrétienne peut survivre sans se référer aux croyances qui lui ont donné naissance. Pour les Églises d’Europe, le message de la religion est devenu une forme de politique de gauche, d’action en faveur de la diversité et du bien être social. Ainsi, en Suède, l’archevêque Antje Jeckelen a déclaré que Jésus se serait opposé aux restrictions que la Suède a fini par mettre à l’immigration après la ruée de 2015.

Après avoir perdu la croyance religieuse, et même le sens des métaphores bourrées de références à la religion, nous dit Douglas Murray, nous sommes sur le point d’abandonner le rêve d’une extension illimitée de valeurs que nous croyions universelles. Et, le trou creusé par la religion risque de s’agrandir.

« Les étrangers qui viennent en Europe apportent leur propre culture au moment précis où notre culture a perdu la confiance qui lui permettrait de plaider sa cause ». Combien de temps cela peut-il durer, se demande Douglas Murray, et qu’est-ce qui se profile après ?

QUE FAIRE, COMME AURAIT DIT LÉNINE ?

Pourquoi les Européens devraient-ils être les seuls à porter les malheurs du monde ? Que deviendra l’Europe si cette fuite en avant continue ? Pourquoi les Européens devraient-ils être les seuls à ne pas pouvoir se préoccuper d’abord de leurs intérêts et de leur avenir, comme le font la plupart des autres peuples du monde ?

Il faudrait, nous dit Douglas Murray, que ceux qui gouvernent reconnaissent leurs erreurs, qu’ils cessent de dire qu’ils veulent changer de fond en comble la société, qu’ils reconnaissent enfin les problèmes que la société a perçu bien avant eux, que la diversité c’est bien, mais à dose raisonnable, sans quoi, en plus des problèmes vécus par les autochtones, ce sont les problèmes du monde entier qui se retrouvent en Europe.

Les politiciens devraient reconnaître le bien-fondé de certains griefs.

Alors que l’idée de grand remplacement de Renaud Camus est vouée aux gémonies, et quelquefois jugée à la 17ème chambre, le grand remplacement assumé et revendiqué par les Indigènes de la République et d’autres ne suscite pas la même désapprobation. Qu’ont dû penser les Allemands lorsque, lors d’une émission sur la télévision allemande, une jeune syrienne leur a dit qu’à l’avenir les Allemands ne seront plus blonds aux yeux bleus, mais d’origine immigrée ?

Ne faudrait-il pas réserver l’ostracisme aux vrais partis fascistes comme Aube dorée et permettre aux autres partis dits d’extrême droite d’évoluer ? Il serait bon, pour y arriver que le coût social lié à une fausse accusation de racisme, de nazisme… soit équivalent à celui encouru par ceux qui en sont vraiment coupables.

Il faudrait aussi une attitude plus juste à l’égard du passé européen : retenir les bons comme les mauvais moments.

CONCLUSION DE DOUGLAS MURRAY

Mais, ce qu’il faudrait faire ne ressemble guère à ce qui est le plus probable. Les politiciens continueront de préférer les bénéfices à court terme qu’ils tirent à paraître compatissants, généreux et ouverts, même si cela conduit, à long terme, à des problèmes nationaux. Ils continueront à garantir que l’Europe est le seul endroit au monde qui appartient à tout le monde. D’ici la moitié de ce siècle, alors que la Chine ressemblera encore à la Chine, l’Inde à l’Inde… L’Europe ressemblera, au mieux, à une version des Nations unies à grande échelle, écrit Douglas Murray.

En Hollande et au Danemark, les politiciens hostiles à l’immigration vivent sous protection policière. De quoi dissuader les vocations. C’est tellement plus facile et gratifiant de se montrer compatissant, généreux et ouvert. Les plus menacés sont ceux qui ont cru aux promesses de l’Europe (Hirsi Ali, Maajid Nawaz, Kamel Daoud…). Ceux qui défendent nos valeurs ont été abandonnés à leur sort. Ils paient l’addition du déni. Ce sont eux les premiers sacrifiés. Au lieu de représenter les modèles qu’ils auraient dû être, ils font figure d’anti-modèles.

De jour en jour, l’Europe perd toute possibilité d’un atterrissage en douceur en réponse à de tels changements. Une classe politique entière n’a pas réussi à apprécier ce que beaucoup d’Européens aiment dans ce qui a été notre Europe, écrit Douglas Murray. Prisonniers du passé et du présent, il semble que, pour les Européens, il n’y ait pas de réponse décente pour l’avenir. Mais, les Européens risquent de ne pas pardonner un changement complet de notre continent.

Voir de même:

« L’Etrange Mort de l’Europe : immigration, identité et islam » de Douglas Murray présenté par Michèle Tribalat (*)

Polemia

11 septembre 2017

♦ Douglas Murray est un écrivain, journaliste et commentateur politique britannique. Il exprime régulièrement à la télévision, à la radio et dans de nombreux périodiques un point de vue critique envers l’islam.

En 2017, son livre The Strange Death of Europe: immigration, identity and islam, est un grand succès de librairie en Grande-Bretagne.


  • Culpabilisme et exaltation des autres : l’Europe a perdu de vue ce qu’elle était

Culpabilisme et détestation de soi

Les Européens se complaisent dans la détestation de soi, de leur civilisation, de leurs traditions et de leur Histoire. Celle-ci ne leur inspire que remords et aspiration à la repentance. Ils y trouvent élévation, exaltation et, au bout du compte, jouissance dans l’autoflagellation. C’est particulièrement vrai pour ce qui est de leur passé colonial pourtant glorieux.

Ce masochisme se retrouve chez ce politicien norvégien qui, violé chez lui par un Somalien, exprima sa culpabilité d’avoir privé ce malheureux, en le dénonçant, de sa vie en Norvège. Il n’est certainement pas étranger à Angela Merkel qui a vu dans la crise migratoire de 2015 une occasion de laver le passé de l’Allemagne.

Il y a cependant un point sur lequel nous souhaitons émettre une réserve. D. Murray parle des Européens. En fait pas tous, seulement certains. Une grande partie de nos populations ne partage pas ces sentiments. Ce sont les « élites », ou plutôt la caste dirigeante, qui frappent nos poitrines comme les deux présidents de la République française qui sont allés s’avilir outre-Méditerranée en dénonçant la colonisation française comme un crime contre l’humanité.

L’exaltation des autres

L’objectif est l’inclusion forcée de cultures qui ne sont pas celles de l’Europe, l’acceptation imposée de religions et de coutumes qui ne sont pas les nôtres, la soumission empressée à des règles juridiques et sociales qui nous sont étrangères, voire qui nous répugnent. C’est le refus de l’assimilation et une politique d’implantation sur notre territoire de communautés souvent hostiles qui mènera à des partitions. En un mot c’est le multiculturalisme.

Pour qu’il aboutisse il est indispensable d’exalter l’autre. C’est particulièrement vrai avec l’islam. Plus la réalité fait douter de la « religion de paix et de tolérance », plus on vante les mérites passés des civilisations islamiques. Comme l’a déclaré l’érudit Chirac à Philippe de Villiers stupéfait : l’Europe doit autant à l’islam qu’au christianisme.

La conséquence évidente et tragique est que l’Europe ne peut plus rien opposer à l’immigration massive. En particulier D. Murray se demande combien de temps une société fondée sur la tradition chrétienne peut survivre sans se référer à celle-ci. Or pour les Eglises d’Europe devenues des ONG compassionnelles, le message de religion est celui d’une forme de politique de gauche et d’action en faveur de la diversité et du bien-être social.

  • Les nouveaux dissidents

Les dissidents de D. Murray

  1. Murray cite à juste titre des noms de dissidents qui, ayant engagé leur propre vie, peuvent être qualifiés de résistants. C’est le cas de Salman Rushdie, victime d’une fatwa de mort, de Pim Fortuyn, assassiné par un défenseur de la cause animale (sic) et de Ayaan Hirsi Ali, Somalienne réfugiée aux Pays-Bas qui abandonna la religion islamique. Menacée, elle a bénéficié d’une protection policière.
  2. Murray aurait également pu citer le cas de Robert Redeker menacé de mort à la suite de l’une de ses tribunes consacrée à l’islam et à la liberté d’expression parue dans Le Figaro en 2006.

Les dissidents que D. Murray aurait pu citer

Il est un peu étonnant que D. Murray n’ait pas cité Enoch Powell, homme politique et écrivain britannique dont le célèbre discours du 20 avril 1958 marqua la fin de sa carrière politique, ainsi que Christopher Caldwell, journaliste américain, auteur de Une révolution sous nos yeux / Comment l’islam va transformer la France et l’Europe.

Mais surtout le contenu de l’ouvrage de D. Murray se retrouve depuis plusieurs années dans les nombreuses publications parues en France sur l’invasion migratoire.

A tout seigneur tout honneur, Jean Raspail fut et demeure un visionnaire stupéfiant de ce qui arrive à l’Europe, avec son Camp des saints. Renaud Camus, créateur du concept du Grand Remplacement, impose son talent littéraire et son intransigeance. Eric Zemmour ne fut pas pendu mais tout de même condamné pour avoir dit la vérité.

J.Y. Le Gallou, auteur de Immigration : la catastrophe. Que faire ?, Gérard Pince dans Le Choc des ethnies, Guillaume Faye dans Comprendre l’islam et Malika Sorel Sutter, auteur de Décomposition française peuvent être considérés comme les dissidents les plus marquants. Mais il existe beaucoup d’autres auteurs qui, en France, ont élevé ou élèvent leur voix sur le thème de l’invasion migratoire et de l’islam, à commencer par Michèle Tribalat elle-même, ce qui, semble-t-il, ne lui vaut pas que des éloges à l’INED.

Quant à l’évaluation du coût financier de l’immigration, sans citer Polémia, il faut évoquer les travaux de Pierre Milloz, qui fut un pionnier dans les années 1990, et l’excellent et dense petit ouvrage de G. Pince : Les Français ruinés par l’immigration.

Tous ces dissidents se heurtent aux obstacles et aux contraintes qu’élèvent les immigrationnistes et le politiquement correct.

  • La dissidence face aux obstacles et aux contraintes selon D. Murray

L’inéluctabilité

L’arrivée de migrants est inévitable, nous ne pouvons rien y faire, il faut se résigner car de toute façon la responsabilité nous incombe. C’est la version migratoire du sens de l’histoire.

La politique du fait accompli

Sans crier gare et sans consulter les populations des natifs au carré les dirigeants européens les mettent devant le fait accompli. D. Murray cite Tony Blair mais c’est la crise migratoire de 2015 qui vit Merkel appeler sans concertation à l’accueil d’un million de migrants en Europe.

Le déni

On appelle réfugiés syriens des migrants économiques érythréens. Les chiffres de l’immigration illégale sont ignorés. Il est affirmé que la France n’est plus une terre de forte immigration. On prétend, comme Lamassoure le fit dans le Figaro, que les terroristes, citoyens français de papier, sont au fond nos propres enfants.

  • Complicité et camouflage des informations dérangeantes

Pratique courante, les informations dérangeantes, même monstrueuses, sont occultées. L’affaire Sarah Halimi, les viols de la Saint-Sylvestre en Allemagne ont été cachés et ne sont apparus au grand jour que grâce à la réinfosphère. L’un des cas les plus graves fut celui de viols collectifs de nombreuses jeunes filles en Angleterre qui furent tus par les autorités britanniques pendant des années.

La diversion

Si des faits graves se produisent, on enflamme les débats sur des sujets secondaires. Après la tuerie de Nice ce fut l’affaire du burkini.

Vous n’aurez pas ma haine

Comme après Charlie-Hebdo et le Bataclan, on manipule l’opinion et on dérive les sentiments des parents et des témoins vers les marches blanches, les bougies, les pleurnicheries afin d’éviter le ressentiment et les appels à la résistance et au châtiment.

La propagande

La diversité est représentée comme un bien et indispensable pour combler le déficit démographique européen et permettre le paiement des retraites.

L’intimidation

Le racisme, quand ce n’est pas le nazisme, est soulevé face à la moindre objection. Et pourtant, comme l’a dit Harouel « Plutôt fasciste que mort ».

Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement.

La répression

Murray cite le cas du journaliste suédois licencié pour avoir évoqué dans un article un sondage largement hostile à l’immigration.

En France, sur le fondement des lois mémorielles liberticides, les condamnations pénales pleuvent en contradiction avec la liberté d’expression.

Le déni, le mensonge venant d’en haut encouragent la radicalisation des envahisseurs.

  • Le « Que faire ?» de D. Murray

L’auteur ne semble guère proposer de solutions. Tout au plus il ne fait qu’inviter les politiciens à reconnaître le bien-fondé de certains griefs. C’est timide. Qu’il lise les propositions de R. Camus et des Identitaires. En fait il ne va pas au bout de ses constats.

Ces politiciens, en réalité, n’y peuvent pas grand-chose. Soit ils subissent, soit ils exécutent consciemment une politique venue d’ailleurs. Celle-ci, inspirée par l’oligarchie mondialiste, théorisée par l’ONU et toutes les organisations internationales périphériques, relayée par l’Europe de Bruxelles, appliquée délibérément et obstinément par les gouvernements français depuis 40 ans, est déterminée à faire disparaître les verrous des Etats nations et à établir au sein de l’Europe un magma humain de consommateurs sans frontières subventionnés par les autochtones pour le plus grand profit de cette oligarchie.

  • Conclusion.

D. Murray évoque « l’étrange mort de l’Europe»

Non. Si l’Europe et sa civilisation inégalée sont en grand danger elles ne sont pas encore mortes.

L’émergence du populisme, l’élection de D. Trump, le Brexit, la détermination de la Russie à défendre des valeurs traditionnelles et la résistance des pays de Visegrad laissent apparaître un réel espoir.

Mais le temps presse et la course contre la montre peut être perdue.

Douglas Murray, The Strange Death of Europe : Immigration, Identity, Islam, (Anglais)), éditions Bloomsbury Continuum, 4 mai 2017, 352 pages.

(*) Note : Voir le site de Michèle Tribalat : http://www.micheletribalat.fr/435549315

Voir également:

Livre/ L’Étrange Suicide de l’Europe, de Douglas Murray

Ce livre fondamental, passionnant, très bien écrit, qui est (à juste titre !) numéro 1 des ventes en Grande-Bretagne, vient d’être traduit en français. Douglas Murray, qui est journaliste, s’interroge sur les raisons du « suicide » de l’Europe, qui est le seul continent à avoir ouvert ses portes à des populations nouvelles qui n’ont pas été assimilées et qui sont en passe de bouleverser totalement sa vieille « civilisation », plus que la Seconde Guerre mondiale l’a fait.

L’auteur explique que, jusqu’en 1945, les migrations étaient soit faibles (comme en Italie), soit facilement absorbées (comme les Irlandais en Angleterre). Mais, ensuite, elles sont devenues massives et ont changé de nature. La Grande-Bretagne, notamment, a vu s’installer chez elle nombre de personnes originaires des Caraïbes et du Pakistan, au point que les « Anglais de souche » sont devenus minoritaires en 2015 à Londres (leur « ethnie « ne représente plus que 44 % des habitants de la capitale). Selon Murray, en Europe occidentale, deux phénomènes se conjuguent. Les « Blancs » ne font plus d’enfants (en moyenne 1,38 par femme alors qu’il en faudrait 2,1 pour que la population « caucasienne » ne diminue pas ), alors que l’immigration s’est accentuée ces dernières années. Il y a, chaque année en Grande-Bretagne, 770.000 naissances par an et 300.000 nouveaux migrants. Un démographe de l’université d’Oxford, cité dans le livre, avance même que si rien ne change, en 2060, les « Blancs » constitueront moins de 50 % de la population britannique.

L’auteur rappelle qu’en 1968, le député conservateur Enoch Powell avait prononcé un discours prémonitoire, dans lequel il prévoyait un avenir sombre à son pays si on n’arrêtait pas l’immigration. Mais alors qu’il était soutenu par 75 % des Britanniques, il avait été marginalisé et réduit au silence. Douglas Murray insiste sur ce paradoxe : en Europe occidentale, la majorité des citoyens ne supportent plus les problèmes liés aux migrants (dont les attentats), mais les gouvernements (même de droite !) n’agissent pas, car ceux qui s’opposent à l’immigration sont taxés de racistes et de fascistes et aucun gouvernement de l’Europe occidentale n’ose rejeter ce jugement moral.

Douglas Murray démonte les arguments des partisans de l’immigration : elle serait nécessaire, vu le manque d’enfants chez les « Blancs », et elle serait bénéfique sur le plan économique, car les nouveaux venus créeraient de la richesse. Mais M. Murray souligne que, selon les sondages, les « Blancs » feraient sans problème deux ou trois bébés s’ils étaient aidés financièrement. Par ailleurs, en Grande-Bretagne, de 1995 à 2001, lorsqu’on fait les comptes, les immigrants auraient, au final, coûté de 125 à 170 milliards d’euros (pour les soins, la scolarisation des enfants et les aides sociales).

Autre argument faux selon l’auteur : il serait impossible d’arrêter l’immigration. La preuve du contraire est donnée par le Japon et les pays de l’Europe de l’Est, qui n’accueillent que très peu de réfugiés et contrôlent leurs frontières. Néanmoins, l’auteur est allé à la rencontre de migrants et, pour lui, certains d’entre eux ont des raisons valables de venir chez nous. Il comprend la réaction de Mme Merkel qui, en 2015, a fait preuve de générosité en ouvrant toutes grandes les frontières de l’Allemagne. Mais il fustige les pays du Golfe si riches qui n’accueillent aucun réfugié.

Pour Douglas Murray, il semble y avoir une prise de conscience des gouvernants et certains faits sont, désormais, mis en avant, alors qu’ils étaient systématiquement étouffés autrefois. Les viols de milliers d’adolescentes non musulmanes par des gangs de Pakistanais sont enfin réprimés et on reconnaît publiquement que 95 % des agressions sexuelles en Suède, en Allemagne ou en Autriche sont commis par des réfugiés. La parole est plus libre et ceux qui rejettent l’immigration ont maintenant le droit de s’exprimer. Mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Voir de même:

NPR

NPR’s Robert Siegel talks to Douglas Murray about his new book, The Strange Death of Europe: Immigration, Identity, Islam. He argues that European civilization is dying as a result of immigration.

ROBERT SIEGEL, HOST:

The way the British writer Douglas Murray sees it, European civilization is in the process of suicide by immigration. Western Europe in particular, after encouraging immigration to fill low-wage jobs, now finds itself defending traditional values against those of largely Muslim immigrants and their descendants. Mr. Murray’s new book is called « The Strange Death Of Europe, » and he joins us from London. Welcome to the program.

DOUGLAS MURRAY: Very good to be with you.

SIEGEL: First, what does it mean in your view for Europe to die as opposed to change with changing populations?

MURRAY: We’re used to the idea of slow, incremental cultural and societal change. I use the famous example of the ship of Theseus. As bits fall off, you put bits on, but it remains recognizably the ship of Theseus. That isn’t the case when you have migration at the levels at which Europe has had it in recent decades, particularly not at the level of 2015, when Germany added an extra 2 percent of – to its population in a single year alone. And it’s also very unlikely, it seems to me, that people who come with very different attitudes are not going to change the continent significantly.

SIEGEL: Very different attitudes, you believe, being essentially Muslim attitudes, is what you’re – what you’re writing about here?

MURRAY: That is obviously the one that is – that Europe is finding it hardest to digest, yes.

SIEGEL: Let me cut to what, for me, is the chase here. As a Jew, I mean, I have to ask you – what is so different about contemporary opposition to Muslim immigrants from 19th and 20th century European anti-Semitism? Things were said about the Jews – that they wouldn’t fit in or would bring radical ideas from Eastern Europe with them into the West.

MURRAY: Well, the difference is the facts, isn’t it? That’s the first thing – and secondly, of course, the numbers. Take an example like – let’s say 2015 across the continent of Europe. The numbers that came that year from across sub-Saharan Africa, North Africa, the Middle East and the Far East were far in excess of any of the migration that was seen during the Jewish migrations into Europe.

And secondly, that the claims that were made about Jews were erroneous claims, whereas the people who did warn that some – obviously not all, but some – of the Muslim immigrants will bring serious security challenges with them has been demonstrated time and again by events. So, you know, you can hear ugly echoes whilst also being able to differentiate the difference between facts and lies.

SIEGEL: One fundamental difference that you write about is – you write that for, well, going on two centuries, in Britain and other parts of Europe, religious faith has been moving from the literal to the metaphorical.

MURRAY: Yes.

SIEGEL: And the people arriving are bringing a very literal faith with them.

MURRAY: Yes.

SIEGEL: And that seems to be one of the basic dissonances that you’re writing about.

MURRAY: Yes.

SIEGEL: Do you feel that’s what makes you and the people you grew up with fundamentally different from many of the people arriving now?

MURRAY: Let me give you one very quick example. In Britain, we, some decades ago, came to a fairly straightforward accommodation and belief towards tolerance towards people who were of sexual minorities. If you – if you look now at all opinion surveys of the people who’ve come in most recently, they have very, very different views. A poll carried out a couple of years ago found that among U.K. Muslims there was zero – zero – belief that homosexuality was a permissible lifestyle choice. And a poll taken just last year in Britain found that 52 percent of British Muslims wanted being gay in the U.K. to be made illegal now.

Now, there are people who won’t bake your wedding cake if you’re gay. There are some ultra-Protestants who won’t marry you in their churches. But these are people who actually want to make it a crime punishable in law in the 21st century in Britain. So I’m afraid that everyone has to concede – liberal or conservative or whatever – that some of the people who the liberals and their attitude towards immigration have brought here have more illiberal attitudes than anyone else in the country. And this is a big problem.

SIEGEL: Yeah. And you represent the other side of that coin, which is someone taking what would be described as a very – your critics would say a very intolerant attitude of immigrants. But you’re openly gay and…

MURRAY: Well, I am intolerant – I have to say, I am intolerant of people who want to put me, as a gay man, in prison. Yeah. Yeah, I’m intolerant of that.

SIEGEL: Yeah, there’s no – fair enough. But as a gay man, one of the – one of the traditional values that you’re saying is under assault is a degree of tolerance that’s developed in Britain and other European societies.

MURRAY: Of course. We all – we all know – it’s a grade-school question of the level at which you can decide to be tolerant of an intolerant belief.

SIEGEL: Do you accept, though, that there’s something odd and almost comical about a Brit saying, we never asked for Pakistanis to come to our country en masse when, in fact, no one on the Indian subcontinent, to my knowledge, ever asked Britain to come and set up an empire there and decide that it was fit to rule over hundreds of millions of people in that part of the world?

MURRAY: It’s one interpretation and usage of the word comic. Ironic, perhaps, you’d say. But no, if that is the comparison you’d like to make, then I would throw a question back to you.

SIEGEL: Yeah.

MURRAY: Which is everyone agrees that the colonial era was wrong. I’m not an apologist for empire. But in that case, how long does the reverse colonialism happen for? And if you see it as some kind of blowback for colonialism, then what is the end point of this anti-colonialism?

SIEGEL: Well, you’re using the construct of punishment. I was saying it’s a fairly natural consequence, just as the French have a very large population that are – originates in North Africa, where they had decided for some time they should rule.

MURRAY: Yeah, but this doesn’t – this doesn’t work…

SIEGEL: It’s human nature to do that.

MURRAY: The problem is that this isn’t borne out by the facts across Europe. For instance, I mean, where was the Swedish empire across Africa or in the Middle East? Where was it?

SIEGEL: Fair enough. That’s not the same.

MURRAY: And so why did Sweden take in 2 percent of its population in addition in one year alone, 2015? It makes no sense. We can all find excuses and reasons for why this is happening. I think it’s much better to look at it in the round and see the very complex picture this actually presents and the very complex future it’s setting up for us.

SIEGEL: If what you call the strange death of Europe is – if it remains a process rather than a condition, what would be your solution to reverse the process?

MURRAY: The first solution is very straightforward. It is that you slow down the flow. I don’t say no migrants into Europe. I don’t say that at all. But you’ve got to massively slow down the flow because a society doesn’t have a hope of remaining cohesive when you have migration at these levels. The second thing is you work on the people who are already here more. The third thing is that you make it clear that as well as speaking the language of inclusion in our politics, we have to speak the language of exclusion – what it is that we won’t tolerate as well as what it is that we do and what it is we will be tolerant of.

There’s a whole set of other things. One of them is a very basic one, which is to try to shrug off what I diagnose as, among other things, the guilt-ridden complex that Europe has. I’m not advocating that we become sort of, you know, patriotic nationalists. You’ve got to find a balance here. And one of the balances has to be arrived at by recognizing a very simple fact, which is that Europe cannot be the home for everybody in the world who wants to move in and call it home.

SIEGEL: Douglas Murray, author of « The Strange Death Of Europe: Immigration, Identity, Islam. » Thanks for talking with us today.

MURRAY: Great pleasure.

Voir de plus:

Drawbridge up
Fearing the “suicide” of Europe
A polemic on Islam and migration hits on unhappy truths, but paints only a partial picture
The Economist
Jun 17th 2017

The Strange Death of Europe: Immigration, Identity, Islam. By Douglas Murray. Bloomsbury; 343 pages; $26.00 and £18.99.

“EUROPE is committing suicide,” says Douglas Murray in the opening words of his book. The British journalist thinks cities such as London or Malmo in Sweden have been irrevocably changed by migration. European culture has been diminished by a mixture of self-abnegation and political correctness, while declining Christian values have left most western European countries unmoored. Strands of Islam, he feels, are bringing with them the kinds of prejudices any liberal society should abhor. Terrorism, sexual assault and female genital mutilation are, in his telling, all on the rise.

Mr Murray backs up this bleak vision with reporting from squalid refugee camps in Greece; from asylum shelters in Germany; and from a conference held by the Sweden Democrats, a right-wing political party. The central event in the book is the migration crisis of 2015, in which over 1m asylum-seekers from Syria, Afghanistan, Iraq and elsewhere came to Europe (most to Germany and Sweden). But Mr Murray’s views have also been formed by four decades in Britain. The Muslim population of England and Wales increased from 1.5m in 2001 to 2.7m in 2011.

The author does hit on some unfortunate truths. The migrant crisis of 2015 was unexpected, but also badly managed by the European Union. Laws to combat anti-Islamic hate speech tend to clamp down on free expression, and worsen the tensions. The policy of isolating anti-migrant parties tended to make them even more popular: when the Sweden Democrats were first elected into parliament with 5% of the vote in 2010, other politicians “treated the new MPs as pariahs”. The party is now one of the most popular in Sweden, scoring 24% in recent opinion polls. In some places the police or social services have indeed failed to act against pathologies in Muslim communities, fearful of being tarred with racism.

The book would benefit, however, from far more reporting. Meeting an Afghan asylum-seeker who had been tortured and raped by the Taliban, Mr Murray momentarily seems to understand the “generous instinct” that led European politicians to welcome refugees two years ago. But in support of his idea that Islam has no place in Europe, he lets fear trump analysis. He cites polls showing that voters worry about the number of immigrants, but not those showing that people vastly overestimate those numbers. He is prone to exaggeration: housing shortages in Sweden are “largely caused by immigration”, rather than decades of under-construction; NGO boats rescuing migrants in the Mediterranean do so “minutes” after they leave the north African shore (in reality, it takes hours or even a day for refugee boats to be found, which is why around 5,000 died or went missing on that crossing last year). He puts nearly all of the blame for the migration crisis on the shoulders of Angela Merkel, the German chancellor, who in 2015 “opened a door that was already ajar”.

As a result, he shows an incomplete picture of Europe today. Mrs Merkel was indeed temporarily damaged by the migration crisis, with her poll ratings falling. But her party still looks set to win the elections this autumn, and allies have won local elections, while support for a far-right party has fallen. Mr Murray argues that Marine Le Pen’s National Front, one of a handful of “thoughtful and clearly non-fascist parties” often described as on the “far right”, should be accepted into the mainstream. Yet Ms Le Pen’s bleak vision did not convince France’s voters to make her president, while her party now looks much diminished. Mr Murray is right to point out that many European politicians have not yet come to grips with how to manage migration in the coming decades. But Europe is a long way off from its last gasp.

Voir encore:

The Manchester Attack and the Death of Europe

A new book by Douglas Murray sheds light on the passivity and exhaustion that characterized the recent terror attack in the U.K.The terror attack in Manchester had any number of new disturbing elements. The choice of target, a concert full of young girls and their parents was especially heinous. There was the sophistication of the bomb and the subsequent investigation, which suggest an active terror network that may strike again. But what’s most troubling is that the public reaction to the attack was one of such passivity, and resignation. It expressed itself in the thousands of faux-serious commentators who counseled people that there was nothing that could be done to stop soft-target terror attacks. It expressed itself in the way that people reached for dumb clichés about responding with “hope, not hate.” Or in the way the British chattering class redirected their anger at right-wing provocateurs such as Katie Hopkins, who gamely played the role of opportunistic demagogue when her countrymen needed someone safe to hate.

This frighteningly passive, and frightfully boring, set of responses contrasts with the presence of Douglas Murray’s lively new book, The Strange Death of Europe, on the bestseller charts in the U.K. At first blush it looks like the latest in a long series of books with “Islam and immigration” figuring in the subtitle. But Murray’s book is informed by actual reporting across the Continent, and a quality of writing that manages to be spritely and elegiac at the same time. Murray’s is also a truly liberal intellect, in that he is free from the power that taboo exerts over the European problem, but he doesn’t betray the slightest hint of atavism or meanspiritedness.

Yes, Murray is quite good at piling up the numbers that outline the collapse of European populations and the explosion of migration in the past decades and especially over the past two years. He’s also quite good at batting down the facile arguments for allowing migration on this scale. Why must Germany turn to Eritrea for a work force when youth unemployment around the European Mediterranean is between 25 and 30 percent? But he distinguishes his book from others on precisely the deformed spirit and mind of Europe.

In a chapter on “Tiredness,” Murray jumps from different attempts to diagnose European exhaustion. It is partly found in the frenzy of activity urged on us by modern capitalism. “If the burden of working for little reward in an isolating society stripped of any overriding purpose can be recognised to have an effect on individuals, how could it not also be said to have an effect on society as a whole?” Murray asks, “Or to put it the other way around, if enough people in a society are suffering from a form of exhaustion, might it not be that the society they are living in has become exhausted?”

But it is also found in the loss of faith in the Christian religion and the decomposition of all national myths before revisionist scholarship. Europe suffers from “an exhaustion caused by a loss of meaning, an awareness that the civilisation was ‘no longer accumulating’ but living off a dwindling cultural capital.” Substitute faiths, whether in the high cultural visions of Wagner or the political theories of Marx, have also failed and been discarded.

Murray is especially pungent when he looks at the doubt-plagued, death-haunted, and deconstructed edifice of contemporary European philosophy. He recalls a conference in which the “full catastrophe of German thought” dawned on him:

A group of academics and others had gathered to discuss the history of Europe’s relations with the Middle East and North Africa. It soon became clear that nothing would be learned because nothing could be said. A succession of philosophers and historians spent their time studiously attempting to say nothing as successfully as possible. The less that was successfully said, the greater the relief and acclaim. No attempt to address any idea, history or fact was able to pass without first being put through the pit-stop of the modern academy. No generality could be attempted and no specific could be uttered. It was not only history and politics that were under suspicion. Philosophy, ideas and language itself had been cordoned off as though around the scene of a crime.

It may seem like a long way from a conference of German academicians to the morning chat shows on the BBC, but the sentimentality and emptiness of the bubbly TV anchor after the Manchester bombing are directly related to the pseudo-sophisticated nullity of the former. Nothing of substance can be said, because nothing should be known, because to know anything is to become dangerous to oneself and the world. And thus Europe’s story is to enthrone all of its opposite values, where there was national self-assertion, now there is national abasement. Where there were dons who guarded the West’s knowledge, now there are professors who guard against the possibility of knowing anything, where religiosity meant the reign of peace and looking forward to the life to come, now it means a reign of terror and the death of civilization itself. Europe is in a bad way, and I fear that if terror cannot wake it from sleep, neither will elegant books.

Voir aussi:

Yanis Varoufakis and Douglas Murray: why Europe is weary
Juliet Samuel
The Telegraph
6 May 2017

Juliet Samuel reviews The Strange Death of Europe by Douglas Murray (Bloomsbury) and Adults in the Room by Yanis Varoufakis (Bodley Head)

Europe is tired. It’s tired of crisis, tired of sameness and tired of change, tired of its elites and tired of its voters. Even the revolutionaries in the May Day parade last week in London seemed tired, their cheerful banners of Stalin and bobbing rows of hammers and sickles held by grey-bearded men in macs.

It might seem odd for Europe’s exhaustion to be the central argument in a polemic about immigration. But it was when I reached the chapter titled simply “Tiredness” in Douglas Murray’s book, The Strange Death of Europe, that I understood the nature of the “strange death” he describes. European civilisation, Murray argues, has left behind the rock-solid moral certainties of empire, passed through the disillusionment brought by two world wars and totalitarianism, and emerged sad and unsure.

What’s left is just a vague belief in human rights and democracy for all – but since Europe now views its own history as a source of guilt, it has no sense of how it arrived at these praiseworthy values. This, in turn, has led the Continent’s ruling elite into the fatal mistake of believing their values can only be truly enacted by inviting “the world” to participate in them: not abroad in imperial ventures, as before in earlier centuries, but in the form of mass migration into Europe.

The problem, Murray points out, is that much of “the world” neither understands nor particularly wants to embrace these values that Europeans take to be so self-evidently good, and because we are so busy negating and apologising for our history, we have forgotten how to promulgate them. By contrast, he says, the Islamic beliefs that many migrants bring with them are held with conviction and confidence.

The likely outcome, in Murray’s view, is that European civilisation, faced with this influx of energetic religious fervour and startlingly quick demographic change, will keep failing to confront the problems it brings – over women’s rights or anti-Semitism, for example – and will instead accept defeat and wither away. It is a compelling argument and, for any readers inclined to liberal views on immigration, a challenging one.

For those already convinced that Europe is doomed, there is plenty of fodder here; and indeed, the book sometimes strays into alarmism. Murray cites, for example, the astounding rise in the number of rapes in Sweden over the period when its Muslim population increased, from 421 in 1975 to 6,620 in 2014, but he fails to mention that over this period Sweden also enormously broadened its legal definition of rape. The figures do show a steady rise, but perhaps not quite of the magnitude that he suggests.

Despite his critique of European lethargy, Murray himself is not tired. In fact, he’s furious, which seems to be the only available alternative to tiredness. His most blistering rage is reserved for elites in denial. Over decades, he points out, politicians have consistently underestimated the number of immigrants or refugees who will come as a result of their policies; how many will stay; how many of those without a right to stay will actually be deported; and how difficult it will be to integrate those who remain.

Instead, intellectuals and leaders invented the idea of multiculturalism – and clung to it long after it was discredited, shutting down critics with counter-accusations of racism. This way of thinking, in its hideous extreme, contributed to cases such as the Rotherham child abuse ring. Voters witnessing this saga are, Murray suggests, understandably cynical and anxious about the demographic changes taking place around them.

He has a tendency toward fatalism and his argument unfortunately attaches too little importance to the differences between European countries’ experiences and what that might teach us about integration – Britain’s Muslim population, for example, is manifestly more integrated than France’s. But his overall thesis, that a guilt-driven and exhausted Europe is playing fast and loose with its precious modern values by embracing migration on such a scale, is hard to refute.

The sense that a tired Europe has lost its way is also a pervasive theme of Adults in the Room, an account by former Greek finance minister Yanis Varoufakis of his six months in office. Readers might have encountered Varoufakis as the leather-jacket-wearing, motorcycle-riding heart-throb of the Greek Left, who drove Greece to the edge of a tumultuous exit from the euro by trying and failing to stand up to its EU creditors.

Having covered the eurozone crisis as a reporter for some years, I came to the book a sceptic, familiar with Varoufakis’s love of dramatic gestures and ultra-Left-wing economics. Undeniably, Varoufakis has axes to grind, and this book reads at times as though he were imagining himself as a movie hero. Its first 200 pages could be usefully condensed. But at heart, Adults in the Room is a convincing critique of Germany’s brutal ideological domination of Europe through the euro, and its sacrifice of Greece on the altar of “discipline”.

The most jaw-dropping segments are the accounts of phone calls and closed-door meetings – often verbatim, courtesy of his secret recordings – between ministers and technocrats, from IMF chief Christine Lagarde to German finance minister Wolfgang Schäuble. We see duplicity and cynicism ruling supreme, as all of Europe’s power players tiptoe around the iron-fisted Schäuble, feeling forced to defend their own mistakes. Senior figures privately admit to Varoufakis that Greece’s bail-out programme is unrealistic, but they won’t lend their public support to his battle against its creditors.

The institutions governing the EU are portrayed as deformed by the crisis, with those who are formally meant to wield authority, like EU economics commissioner Pierre Moscovici, yielding meekly to German demands.

Whenever Varoufakis tries to present his analysis of Greece’s debt or engage his opponents in substantive argument, he is either sent on bureaucratic wild goose chases or frozen out by blank stares. Simultaneously, a vicious Brussels media campaign paints him as an incompetent narcissist full of half-baked ideas. Our own government, having just received a similar battering, should take note.

Varoufakis is somewhat blind to his own faults, implying incorrectly that Greece, after living well beyond its means for years, could have escaped any austerity if everyone had been clever enough to listen to him. He downplays the way radical Left-wing colleagues’ incompetence undermined any trust Greece’s creditors might have had in him – and he ignores the atmosphere of confusion and panic that informed the choices made by EU leaders early on in the crisis.

By the time he took the reins, however, the bureaucrats and politicians had simply dug in to defend their mistakes. The book’s most revealing moments take place during private exchanges between Varoufakis and Schäuble, or the “big bad Wolf”, as he’s known. Schäuble suggests that Greece take a time out from the euro, only to find himself undermined by his own chancellor, Angela Merkel.

The finance minister, Varoufakis recalls, “looked as if he had had the wind knocked out of him… he has been overcome by a genuine helplessness”.

Exhausted, Schäuble seemed out of ideas, his logic going around in circles. It becomes clear that he, and EU policy, were driven not by a great ideal but by fear, as Schäuble says: “The only way I can hold this thing [the euro] together is by greater discipline.” This German commitment to discipline might have been sorely needed to make the euro work, but it has now taken over totally from the European dream of democracy.

It is no coincidence that both these books, from radically different perspectives, arrive at similar conclusions about Europe’s sickness. The continent is old and out of ideas. Its leaders have conducted huge experiments with their societies – the euro and mass immigration – and are now struggling to deal with the consequences while taking their voters with them. The EU will probably muddle through for now. But “muddling through” is no way to sustain a great civilisation.

Voir également:

The Strange Death of Europe by Douglas Murray review – gentrified xenophobia
The rightwing journalist and commentator cites Enoch Powell and wants to protect white Christian Europe from ‘outsiders’
Gaby Hinsliff
The Guardian
Gaby Hinsliff
6 May 2017

Gentrification comes for everything eventually. Down-at-heel neighbourhoods, peasant cuisines, football: all have been polished up for middle-class consumption. So perhaps it was only a matter of time before someone gave xenophobia the same treatment.

Naked racism may still be unacceptable in polite society. But post-Brexit vote there’s a clear market emerging for a slightly posher, better-read, more respectable way of saying that you’d rather not live next door to Romanians or think Muslims are coming to rape your womenfolk. Think Daily Mail columnist Katie Hopkins, but with longer words, and for people who wouldn’t be seen dead on an English Defence League march – although one of the more ridiculous contentions in this book by the journalist Douglas Murray is that the EDL are actually terribly misunderstood chaps, who have a point, and aren’t really to blame for the way their rallies regularly end in violence.

So here it is; a book for all those who found David Goodhart’s recent arguments about “white self-interest” – or preferring one’s own ethnic grouping, which he says is definitely not the same as racism – just too woolly liberal. A proper book, with footnotes and everything, about how godless Europe is dying in front of our eyes; and all because it’s too knackered and feeble to resist the barbarian hordes, welcomed in by idiots who’d gladly trade a few beheadings for some colourful ethnic restaurants. (I paraphrase, but barely.) And it probably won’t even matter, for true believers, that it is all so badly argued.

Murray begins with some sweeping stuff about European neighbourhoods becoming indistinguishable from their inhabitants’ native Pakistan, before narrowing things down to the fact that London is no longer a majority white British city. Before long, inevitably, we are reminded of the “prophetic foreboding” of Enoch Powell’s “rivers of blood” speech. Murray never quite spells out why it matters so terribly that people should come here from abroad – what is supposedly so awful about black and brown Londoners, including second or third generation immigrants, or indeed white people born overseas. There are token mentions of pressure on public services, and a grand assertion that the evidence suggesting immigration has economic benefits is all either wrong or fiddled by New Labour. (Anyone familiar with recent Labour history will find mildly surreal Murray’s account of how he imagines the party, and the immigration minister Barbara Roche in particular, tackled immigration.)

But this fearless scourge of political correctness seems oddly reluctant to pinpoint precisely why people coming from India, the Caribbean or eastern Europe was such a ghastly prospect. He has rather fewer inhibitions, however, regarding more recent immigrants from predominantly Muslim Middle Eastern countries. Chapter after chapter circles around the same repetitive themes: migrants raping and murdering and terrorising; paeans to Christianity; long polemics about how Europe is too “exhausted by history” and colonial guilt to face another battle, and is thus letting itself be rolled over by invaders fiercely confident in their own beliefs.
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Much of this is familiar Ukip territory, of course. The book regurgitates the same misleading myths as Nigel Farage about immigration turning Sweden into the rape capital of Europe. (The unexciting truth is that Swedish rape laws are among the strictest in the world, and that the numbers soared when these laws were tightened to change the way incidents were counted; the high number of rape allegations is best seen not as proof of Sweden being dragged into the gutter but of its radically feminist approach to prosecuting.)

He triumphantly dismisses any polling suggesting immigrants actually want to integrate by suggesting that pubs “very often close” when Muslim migrants move in – presumably in a different way than pubs all over Britain are closing, crippled by everything from cheap supermarket booze and stagnating wages to the smoking ban – and that if they really wanted to be British they would go out and “drink lukewarm beer like everybody else”. Be more Nigel Farage, or else.

Yet even Murray seems to acknowledge at one point that in recent years Europe has had little choice but to respond to a flow of desperate migrants in its direction. There are two chapters that barely seem to fit with the rest of the book and they are the ones in which he travels to Greece and Sicily to meet the boat people come ashore, interviewing some to hear stories of why they came.

The tone is quiet reportage rather than rage, and all the better for it. At the end, he concedes that German chancellor Angela Merkel did hit on at leastpart of the answer “by recognising that our continent is probably doing the only thing that a civilised people can do in rescuing such people, welcoming them and trying to give them safety”. But before long the book is ripping into Merkel for taking them in. What, exactly, does he want?

For a book that argues that Europe is in mortal danger, there are surprisingly few concrete suggestions for averting it. Murray proposes tougher curbs on immigration, suggests refugees should be given only temporary refuge and be sent home when it’s safe (a direction in which the Home Office is already moving) and bangs the drum for stronger Christian faith. But if he really does think Muslims are as inherently dangerous as his book suggests, why not a Trump-style ban? Why not refuse to take refugees at all, or do so only following an intensive programme of cultural re-education along his approved lines?

More surprising, however, is the author’s inability to define the culture supposedly in jeopardy. If Europe should more aggressively defend its unique identity, the least one might expect is a clear definition of this precious thing it’s supposed to be defending: the values, experiences and ideas in danger of being lost. But apart from beer and churchgoing, padded out with scorn for anyone trying to distinguish between Islam or Muslims in general and Islamist terrorists in particular, there’s little here to cling to. At one point the author is reduced to suggesting that he thinks the future Europe will stand or fall on its “attitude to church buildings”.

The frustrating thing is that Europe isn’t perfect. It has struggled to cope with unprecedented flows of migrants in recent years, and to integrate those already here. It is confused in some ways about what it stands for. It is politically fractured, most recently by Brexit – which this book doesn’t really cover – but before that by the euro crisis, its treatment of Greece and the alienation of many of its citizens from creaking, remote political EU institutions that do not seem up to the huge economic challenges ahead. Europe isn’t dying, but it isn’t ageing well, and all that is ripe for critical analysis. Sooner or later, someone will write a terrific book about that. This isn’t it.

• The Strange Death of Europe is published by Bloomsbury. To order a copy for £14.24 (RRP £18.99) go to bookshop.theguardian.com or call 0330 333 6846. Free UK p&p over £10, online orders only. Phone orders min p&p of £1.99.

Voir par ailleurs:

Explosion des attaques au couteau et de la criminalité au Royaume-Uni : comme un air de déjà vu de ce coté ci de La Manche
La Grande-Bretagne subit une explosion criminelle.
Mêmes causes (taubiresques), mêmes effets
Atlantico
18 Juin 2018

La Grande-Bretagne subit une explosion criminelle. Etablissons-le *:

– du 1e janvier 2018 à fin mai, la métropole de Londres, fief de Scotland Yard (Metropolitan Police) recense 69 homicides, dont 43 à l’arme blanche. + 21 % sur les mêmes mois de 2017. Au même moment, New York enregistre  50 homicides.

– Londres encore : mai 2017 à mai 2018, 22 025 vols violents commis en scooter (moped crimes), 60 par jour, + 50% sur l’année d’avant. Le Far West disent les média

– De mai 2017 à mai 2018 (Pour tout le royaume) quelque 50 000 Robberies (vols à main armée plus vols avec violence), + 33% en un an.

– Selon l’Office for national Statistics, l’usage criminel d’arme blanche, ayant ou non provoqué la mort, est à + 22% de septembre 2016 à sept. 2017 ; usage d’arme à feu, + 11%. La criminalité en général, + 14% (au plus haut depuis 15 ans).

Pourquoi cette explosion criminelle dans un pays naguère paisible ?  Cause profonde, l’abolition des gouvernements vraiment « Libéraux » ou « conservateurs » en Europe, remplacés par de factices-unanimes petits soldats de la mondialisation heureuse façon DGSI (Davos-Goldman-Sachs-Idéologie). Ainsi Theresa May ou François Hollande, David Gauke ministre conservateur de la Justice à Londres aujourd’hui, ou la libertaire Mme Taubira à Paris naguère, mêmes politiques laxistes et effets pervers.

Car c’est la conservatrice Mme May qui, ministre de l’Intérieur, massacre dès 2010 la police britannique, amputant d’un coup son budget de – 18%. En 2015, Mme May dédaigne les alertes des syndicats et cadres de la police, les accusant avec mépris de « crier au loup ». Il y avait en 2010 144 353 policiers dans les rues (Angleterre + Galles) ; en 2015, il en restait 122 859,  – 21 494. Or sur 5 ans, cette décimation fait 4,5 millions de jours d’enquête en moins – à l’immense joie de bandits ainsi laissés la bride sur le cou.

Résultat, l’effondrement des taux d’élucidation des polices britanniques. En 2015 encore, Scotland Yard faisait inculper 26% des assaillants au poignard, 11% en 2018. Robberies (braquages, agressions) : 6% d’élucidation en 2017, 94% de crimes impunis.

A l’origine de l’explosion criminelle, des gangs toujours plus audacieux et structurés. Or paralysée par le « politiquement correct », Mme May interdit pour l’essentiel aux policiers de fouiller ces jeunes gangsters souvent issus de l’immigration africaine ou ouest-asiatique – comme la majorité des victimes d’homicides et 70 à 80% des gangsters en cause. Les bandits ne s’en cachent d’ailleurs pas, le principal gang juvénile de Londres s’étant lui même baptisé Mali Boys. Face à ce réel criminel, Mme May a empilé formalités absurdes et interdits bienséants – conférant aux gangsters une quasi-impunité.

Qui dit explosion dit explosif : c’est l’énorme retour de la cocaïne sur la scène branchée britannique, dans une jeunesse dorée post-crise certes vegan, bobo et fan de café équitable – mais carburant à la coke,  d’où, de mortelles guerres de territoires entre gangs.

Ultime cause de l’explosion criminelle : une justice laxiste. L’Angleterre ne poursuit désormais plus les vols en boutiques de moins de 250 euros ; déficit pour le commerce, 7 milliards d’euros – bien sûr répercutés sur les prix. Cette hugolienne mesure coûte à chaque ménage 300 euros par an – déjà l’insécurité dans leur cité, là encore, les pauvres trinquent.

Angleterre + Galles : 527 000 inculpations en 2016-2017, moins 65 000 sur 2015-2016 – alors que sur 2015-2017, les infractions connues y bondissent de + 750 000.

Et les infractions chaque jour plus nombreuses de possession et usage d’une arme

Voici les derniers chiffres (mars 2018) de l’ONS :

En 2017, la justice britannique a rendu 20 982 sentences pour infraction avec arme blanche (sous le niveau de la blessure physique) :

– 4 067 peines avec sursis,

– 7 628 peines de prison ferme (36% du total ; 43% des adultes et 14% des mineurs). Peine moyenne : 7,5 modestes mois en prison,

– 9 287 simples et platoniques « avertissements ».

Ultime folie: à des policiers abasourdis, le (conservateur) secrétaire d’Etat britannique aux prisons annonce une forte diminution des incarcérations de moins d’un an. Or on l’a vu, la peine réelle pour possession/usage d’une arme blanche est de sept mois et demi de prison ferme ; ce pour moins de 50% des condamnés adultes, et moins de 15% des mineurs – les autres échappant déjà à toute incarcération. Cherchez l’erreur…

________________

* D’usage, les statistiques criminelles de Londres concernent l’Angleterre et le Pays de Galles. Ecosse et Irlande du Nord publient leurs propres données qui aujourd’hui confirment les anglaises. Quand ces données concernent tout le royaume, nous précisons « ONS-Office for National Statistics« .

Voir de plus:

Gilles-William Goldnadel

Valeurs actuelles
6 août 2018

 

Edito. Chaque semaine, l’avocat Gilles-William Goldnadel livre aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l’actualité.

Les médias convenus n’aiment guère qu’on les critique : pour un peu, on en deviendrait complotiste. Mais sans voir aucunement de complot, on est bien obligé de trouver la trace de l’idéologie sommaire que l’on ne reconnaît que trop dans l’unanimisme de leurs mensonges et de leurs silences.

La première semaine d’août nous en apporte les preuves les plus caricaturales.

C’est ainsi que l’ensemble de la presse française aura rapporté uniment qu’une jeune athlète noire nommée Daisy Osakue, née à Turin de parents nigérians et qui avait reçu un jet d’œuf sur la cornée avait été victime « d’un attentat raciste ». La palme académique revenant au journal Le Monde qui, se saisissant de l’événement, y voyait dans un éditorial le signe définitif « d’une inquiétante montée du racisme en Italie » en imputant la responsabilité principale au vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur, le détesté par lui, Matteo Salvini. De là à penser, idéologiquement et politiquement, que l’occasion était trop belle pour la presse convenable de régler son compte au détestable, il n’y a qu’un pas qu’il est difficile de ne pas vouloir franchir. Rien n’explique sinon pourquoi la presse se serait saisie avec un si vorace appétit d’une affaire aussi modeste dans laquelle le procureur de Turin, dès le début avait fait montre d’une bien plus grande prudence en faisant observer que d’autres victimes blanches avaient fait l’objet du même type d’agression dans les mêmes moments. Mais on ne fait pas d’omelettes idéologiques sans casser quelques œufs sur la tête du public. C’est dans ces tristes conditions que le 3 août, les Décodeurs du Monde reconnaissaient que l’hypothèse raciste avait perdu grandement de sa consistance.

Simple question, en passant, n’appelle-t-on pas cela un fake, un peu infect ? et celui-ci, une fois encore, n’émane pas d’une télévision russe ou de la fâcheuse sphère, mais de la presse sévère.

Après le mensonger tumulte, la discrétion complice : le samedi soir 28 juillet, un jeune homme, Adrien Perez, fêtait son anniversaire dans une discothèque de Meylan près de Grenoble. À la sortie de l’établissement au petit matin celui-ci prêtait secours à un ami agressé par trois voyous dont deux frères, Younes et Yanis El Habib, et mourait sous leurs couteaux. La presse convenue a fait profil bien plus bas que pour un lancer d’œuf à l’étranger, mais le père d’Adrien n’a pu se retenir : « En tuant notre fils, ils ont détruit notre vie, je ne pardonnerai jamais. » Lorsque j’écris que la presse a fait profil bas, je suis trop bon : l’audiovisuel de service public s’est montré comme toujours très idéologique. C’est ainsi que France 3 Rhône-Alpes a voulu retenir que ce père ne voulait pas être catalogué comme « raciste » et ne désirait pas « que les politiques récupèrent cette affaire ».

Raciste ? Tiens ! C’est vrai, pourquoi non ? Si on doit questionner continûment la présence du racisme. Mais aucun danger : on aura fait un tintamarre pour rien à Turin, mais la question sera interdite d’être posée dans l’Isère.

Quant à la « récupération politique », que France 3 se rassure, aucun danger d’émeute, quand bien même le Juge de la Liberté a refusé de suivre les réquisitions du parquet et a laissé libre le troisième suspect, le peuple restera calme. Il ne bouge pas le peuple. Il regarde la télévision, le peuple.

Il n’y a que lorsque ce sont les délinquants qui sont victimes d’accidents du travail, que l’on brûle les édifices, que l’on blesse la police, et que l’on hurle au racisme. Tout de même, entre les marches blanches avec bougies victimaires et les saccages, il devrait désormais exister un juste milieu pour la juste colère. Les marches dignes ne seraient plus forcément silencieuses.

En mémoire d’Adrien.

Voir de même:

Plus de 20 incendies ont éclaté aujourd’hui en Israël, provoqués par des cerfs-volants incendiaires et des ballons à l’hélium envoyés par le Hamas depuis la bande de Gaza.
Jean Vercors
Dreuz
20 juin 2018

Depuis le lancement de la « marche du retour » (tentative d’invasion) par les Palestiniens et les 2 mois d’émeutes et de tentatives d’infiltration terroristes à la frontière de Gaza qui s’en sont suivis, l’attention médiatique a été à juste titre portée sur le bilan humain suite à l’agression du Hamas.

Dès le début des violences palestiniennes, Israël est universellement condamné pour le nombre de victimes, la grande majorité des personnes tuées étant pourtant des membres du Hamas.

Néanmoins, un autre aspect de l’histoire, qui a été rapporté mais dans une bien moindre mesure, est le phénomène des cerfs-volants incendiaires utilisés par le Hamas et ses membres. Le Hamas a adopté la politique de la terre brûlée, une tactique consistant à pratiquer les destructions les plus importantes possibles, détruire ou à endommager gravement ressources, moyens de production, infrastructures, bâtiments ou nature environnante, de manière à les rendre inutilisables.

À maintes et maintes reprises, les terroristes ont attaché des engins incendiaires à des cerfs-volants qui sont normalement des jouets pour enfants. En raison des vents soufflant habituellement d’ouest en est, beaucoup de ces engins ont en fait atterri dans les champs et les forêts israéliennes, les conditions météorologiques extrêmement chaudes et sèches favorisant le départ d’incendies massifs.

Les rapports indiquent que des milliers de dounams de cultures et de plantes ont été détruits à cause de cette forme de terrorisme – le terrorisme agricole.

Bien que le terrorisme agricole ne soit pas une nouvelle tactique, il a pris de l’ampleur, tant dans le sud à la frontière avec Gaza qu’au cours des dernières semaines dans toute la Judée et la Samarie.

Le Djihad des forêts : les Arabes palestiniens lancent des incendies de terreur depuis les années 1920. Il n’y a rien de nouveau dans l’utilisation des feux pour la terreur.

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les incendies criminels palestiniens représentaient environ le tiers de tous les incendies de forêt en Israël. En 2016, de nombreux incendies se sont déclarés dans le nord d’Israël. Les Arabes célèbrent ces incendies sur les réseaux sociaux.

La plupart des incendies criminels à la fin des années 1980 étaient directement liés au soulèvement palestinien (la première Intifada). Dans les années 1920, 1930 et 1940, les Palestiniens ont brûlé des centaines d’hectares (Emek en 1936), des maisons et des juifs. En 1929, sous l’impulsion du Mufti pro nazi Al Husseini de nombreux pogroms anti Juifs eurent lieu et la forêt Balfurya dans le nord fut incendiée. Le New York times rapportait en octobre 1938 que plusieurs Juifs avaient été poignardés puis brûlés par un groupe terroriste arabe à Tibériade – Les victimes du massacre : Jacob Zaltz,  M. Kabin et sa soeur, Joshua Ben Arieh sa femme et son fils, les trois enfants de Shlomo Leimer, âgés de 8, 10 et 12 ans, Shimon Mizrahi, sa femme et ses cinq enfants, âgés de 1 à 12 ans. Lors du massacre d’Hébron de 1929, des Arabes tuèrent environ 67 Juifs, en blessèrent 53 et pillèrent des maisons et des synagogues.

Après avoir brûlé des centaines de pneus près de la clôture et tenté de pénétrer les kibboutz avoisinants dans l’unique but de massacrer des civils Israéliens, les terroristes de Gaza ont trouvé une nouvelle arme contre Israël : les cerfs-volants incendiaires et les ballons à l’hélium.

Les hôpitaux de Gaza fournissent de l’hélium médical pour les ballons de terreur équipés de bombes incendiaires.

Israël Hayom a cité la semaine dernière des personnes impliquées dans le domaine qui ont spéculé que, puisqu’il n’y a pas beaucoup de magasins de jouets à Gaza, la seule source logique pour cette quantité d’hélium seraient les hôpitaux de Gaza qui utilisent normalement l’hélium à des fins médicales. Utiliser les hôpitaux pour promouvoir le terrorisme n’est pas nouveau à Gaza. Durant l’Opération Bordure protectrice de 2014, l’hôpital Al-Shifa dans le quartier de North Rimal à Gaza a été décrit par le Washington Post comme un « quartier général de facto pour les dirigeants du Hamas ».

Depuis le début des manifestations dites pacifiques par les médias, Les dégâts causés à la flore, aux cultures et à la faune sont considérables, certaines estimations indiquant que les pertes se chiffrent à plusieurs millions de dollars. Selon un rapport du JNS, « les responsables de l’Autorité israélienne pour la nature et les parcs ont estimé qu’au moins un tiers de la réserve naturelle de Carmia a été détruite, avec des dommages significatifs pour les plantes et la faune locales ».

Le passage de Kerem Shalom a même été incendié à trois reprises. Ce passage voit quotidiennement passer plus de 6000 tonnes de marchandises et près de 190 camions chaque jour.

Selon un haut responsable local de la sécurité, éteindre les pneus en feu n’est pas si simple car ils sont souvent remplis d’explosifs, dans l’espoir de blesser ou de tuer des pompiers. En conséquence, l’armée doit intervenir pour aider les pompiers, ce qui retarde  les efforts de lutte contre l’incendie.

Une autre forme de terrorisme agricole est le vol. Deux semaines à peine avant l’incendie des vergers de cerisiers de Kfar Etzion, les Arabes des villages voisins, au milieu de la nuit, avaient pillé les récoltes près du même endroit, volant des tonnes de fruits.

Les estimations indiquent qu’environ 50,000 € de cerises ont été volés. Ces criminels ont envoyé un message clair, ils ont peint une croix gammée nazie sur un rocher dans le verger.

Ceci est encore une autre similitude avec les cerfs-volants dans le sud, souvent décorés avec des croix gammées.

Aussi horrible que soit le terrorisme agricole, les responsables de la sécurité sont conscients que ce type de terrorisme n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen plus sinistre et abjecte. La crainte est qu’une prochaine fois, l’un de ces incendies puisse se propager dans les communautés elles-mêmes, mettant des maisons et des vies en danger.

Bien que nous soyons extrêmement reconnaissants pour la protection fournie par les forces de défense d’Israël et les équipes d’intervention rapide dans chaque communauté, nous sommes conscients qu’il est impossible que ces héros soient partout à tout moment, couvrant de vastes territoires.

L’armée en particulier reste occupée à déjouer les attaques quotidiennes de jet de pierres et de bombes incendiaires sur nos routes, ce qui d’ailleurs justifie rarement une couverture quelconque dans les médias traditionnels.

Un habitant d’un kibboutz près de Gaza déclarait « Avec l’approche de l’été et les températures toujours plus élevées, nous espérons que nos ennemis n’utiliseront pas le terrorisme agricole pour perturber nos vies, afin de nous nuire et nous infliger la peur, qui est l’objectif du terrorisme dans toutes ses formes ».

Il y a soixante-dix ans, Kfar Etzion et les communautés environnantes du Gush ont été entièrement brûlées par les colons arabes et à l’époque il n’y avait ni peuple palestinien ni de territoires occupés. Nous n’avons pas l’intention de laisser cela se produire aujourd’hui.

Le terrorisme agricole a aussi atteint les champs du kibboutz Mizra dans la vallée de Jezreel le mois dernier, quand des dizaines de palettes de tuyaux d’irrigation qui devaient être répartis sur 300 dunams de champs de tournesols ont été incendiés.

Au 4 juin, entre 9 000 et 17 500 dounams de terre (900 à 1750 hectares) ont été incendiés par la dernière forme de terrorisme sortant de la bande de Gaza.

La nouvelle terreur de Gaza  est le cerf-volant. Les Gazaouis attachent des chiffons enflammés ou une sorte de bombe incendiaire à un cerf-volant ou à un ballon à l’hélium pour les laisser tomber en territoire israélien et brûler les cultures et habitations. On n’est pas dans dans la recherche scientifique ou médicale mais dans la recherche de la terreur.

Cela a été extrêmement efficace pour frapper les champs Israéliens dans le Néguev, devenant une arme terroriste dévastatrice. Ce phénomène de terrorisme agricole découle des violences qui ont eu lieu à la frontière de Gaza depuis le début des manifestations du mois de mars. Depuis plusieurs semaines, les Gazaouis lancent régulièrement des cerfs-volants équipés d’objets incendiaires, comprenant souvent du charbon de bois et des sacs de sucre pour assurer une longue et lente brûlure. Plus de 700 cerfs-volants et ballons ont été lancés à partir de Gaza, déclenchant plus de 400 incendies.

Les dommages causés par ces incendies à l’agriculture israélienne près de la frontière de Gaza est estimée à 3 millions de dollars. Netanyahu a demandé l’avancement d’un plan pour utiliser les fonds de l’Autorité palestinienne pour payer les dommages causés.

L’objectif du Hamas est de détruire complètement Israël, et paralyser l’économie Israélienne en brûlant ses récoltes.

Le gouvernement israélien doit impérativement former une unité spéciale pour lutter contre le terrorisme agricole, ou du moins que le ministère de l’Agriculture finance des patrouilles de la même manière que les agents de sécurité protègent les bus, les centres commerciaux ou les écoles. Le terrorisme aux cerfs-volants n’est qu’une autre tentative des Palestiniens de détruire Israël avec une arme de choix différente. Les Palestiniens ont utilisé les bombes, les détournements d’avions, les roquettes, les mortiers, les bombes humaines, les armes automatiques, les couteaux, les bulldozers, les voitures béliers, les cocktails molotov, les pierres, les tunnels terroristes, les haches, maintenant ce sont des cerfs-volants et des ballons incendiaires.

Les provocations récentes du Hamas où des milliers de Gazaouis tentèrent de démolir la barrière frontalière et d’entrer en Israël avec des cocktails Molotov et d’autres armes improvisées font partie d’une tactique macabre du Hamas appelée « l’enfant mort » pour qu’Israël tue autant de Gazaouis que possible afin que les titres commencent toujours, et souvent se terminent, avec le nombre de Palestiniens tués. Le Hamas envoie délibérément des femmes et des enfants sur la ligne de front comme ce fut le cas avec l’infirmière Razzan Al Najjar (qui dans une vidéo reconnaissait être venu tenir un rôle de bouclier humain), tandis que leurs propres et vaillant combattants se planquent dans leurs bunkers ou derrière ces boucliers humains.

Là où il y a de la fumée, dit le dicton, il y a du feu. Mais si vous êtes Palestiniens et commettez des incendies de masse contre les Israéliens, il n’y aura pas de couverture médiatique. Aucun journaliste français en poste en Israël n’a rapporté le terrorisme agricole des Palestiniens.

La plupart des médias, malgré les dommages stupéfiants à l’économie et à la propriété d’Israël, ont ignoré ce qui devrait être une news de première page.

Les journalistes trop paresseux et surtout malhonnêtes ignorent les histoires qui illustrent la souffrance israélienne, préférant plutôt des reportages narratifs qui dépeignent les Israéliens comme des agresseurs et les Palestiniens comme des victimes éternelles. En effet, la presse semble souvent incapable d’écrire sur les crimes palestiniens lorsqu’Israël ne peut être blâmé.

Dans la même famille, je peux citer sans hésiter une seconde les hypocrites de l’Union Européenne, les diplomates des Nations Unies qui votent régulièrement des résolutions anti israéliennes mais aussi les écologistes fervents défenseurs des terroristes du Hamas et du mouvement d’inspiration nazie BDS qui n’ont toujours pas condamné cette pratique de la terre brûlée.

Avec les incendies qui font rage dans le sud d’Israël, il est devenu évident que de nombreux médias donnent aux lecteurs un bref reportage trop souvent biaisé sur le conflit israélo-palestinien et dansent autour d’histoires qui ne correspondent pas à leur récit préexistant. Ils soufflent de la fumée et ignorent le terrorisme agricole des Palestiniens envers « leur » prétendue terre qu’ils disent aimer.

Pendant qu’Israël investit pour faire fleurir le désert, le Hamas investit pour brûler la terre. C’est toute la différence !

Sources

Voir encore:

Un corps d’enfant retrouvé dans le campement sordide découvert aux États-Unis
Blandine Le Cain
Le Figaro
09/08/2018

Une perquisition de police pour retrouver un garçon disparu avait permis de découvrir un campement dans lequel onze enfants étaient retenus dans des conditions insalubres. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’un des enfants a expliqué avoir été entraîné au maniement des armes à feu.

L’histoire a débuté avec des soupçons d’enlèvement d’enfant par son père, elle s’est transformée en sordide affaire d’entraînement aux armes d’enfants et adolescents séquestrés. Dans le cadre d’une enquête pour retrouver un père suspecté d’avoir enlevé son enfant, la police du Nouveau-Mexique, aux États-Unis, a en effet découvert un campement dans lequel onze enfants étaient retenus dans de terribles conditions. Au moins l’un d’entre eux y a été entraîné à l’usage des armes à feu dans le but de le préparer à des tueries de masse, bien que l’objectif précis de cette préparation reste à établir. La dépouille d’un enfant de 4 ans a été retrouvée sur place.

L’enquête débute en décembre 2017, dans le comté de Jonesboro, en Géorgie, sur la côte est des États-Unis. Siraj Wahhaj, père de 39 ans, est recherché après la disparition de son fils. La mère affirme à la police que l’enfant, âgé de 3 ans, est allé au parc avec lui et n’en est jamais revenu. Le garçon souffre d’épilepsie, ainsi que de problèmes cognitifs et de développement, explique-t-elle. D’après le Telegraph , elle aurait également évoqué ses craintes d’un «exorcisme» que le père voudrait pratiquer sur son fils, avant de finalement revenir sur ces propos en évoquant une mauvaise traduction du terme. Plusieurs proches du garçonnet, dont son grand-père, imam d’une mosquée de Brooklyn, à New York, lancent une campagne via les réseaux sociaux pour le retrouver, raconte le National Post . En vain.

Au fil des mois, les enquêteurs soupçonnent pourtant la présence du père et de son fils dans une propriété située dans un tout autre lieu, au Nouveau-Mexique, un État situé dans le sud du pays. L’endroit, un «campement de fortune entouré de pneus et d’un chemin de terre», est surveillé après un signalement de voisins, précise NBC, mais la police ne détecte pas la présence du duo et ne dispose pas des éléments suffisants pour obtenir un mandat de perquisition. À ce stade, le FBI, le bureau d’enquête fédéral, est impliqué dans les investigations.

Des occupants lourdement armés

La situation change le 2 août, lorsque les enquêteurs reçoivent, par le biais d’un intermédiaire, un message envoyé depuis l’intérieur de la propriété, dont les auteurs disent être affamés et avoir besoin de nourriture et d’eau. Le shérif de Taos, le comté où se trouve la propriété, planifie alors une intervention sur les lieux, tout en sachant que «les occupants étaient probablement armés et considérés comme extrémistes», selon ses propos rapportés par le National Post.

Lors de l’opération de police, le père du garçonnet et un autre homme sont découverts à proximité du lieu, au milieu des buissons du désert, détaille l’AFP. Ils sont munis d’un fusil semi-automatique, de cinq chargeurs de 30 balles pleins et quatre pistolets chargés. Trois femmes sont également arrêtées. Au total, onze enfants seront retrouvés, âgés de 1 à 15 ans. Ils ont été pris en charge par les autorités.

L’enfant de Siraj Wahhaj, en revanche, n’a pas été retrouvé lors de l’opération. Le père a refusé de donner une quelconque information à son sujet, selon le document du tribunal que le Telegraph a pu consulter. À l’issue de l’interrogatoire des suspects, les policiers sont néanmoins retournés sur les lieux. Ils ont alors retrouvé les restes d’un enfant de 4 ans, le jour du quatrième anniversaire de l’enfant recherché. L’identité n’a pas encore été confirmée, mais les enquêteurs pensent qu’il pourrait s’agir de cet enfant.

Restés sans nourriture depuis plusieurs jours

Le campement était confectionné avec des palettes, des bâches en plastique et d’autres déchets, avec très peu de nourriture et d’eau. Les enfants y étaient vêtus de guenilles. Les enquêteurs y ont découvert une caravane à moitié enterrée et un tunnel d’une trentaine de mètres et d’un peu moins d’un mètre de diamètre. Des couchages avaient été installés dans certaines cavités. «Les conditions de vie, de santé et de bien-être des enfants étaient profondément déplorables», a expliqué le shérif, ajoutant qu’ils n’avaient accès ni à l’eau potable, ni à de la nourriture, ni à l’électricité et qu’ils n’avaient probablement pas été nourris depuis plusieurs jours.

Jeudi, de nouvelles informations sont venues ajouter au sordide de l’affaire: au moins un des onze enfants retrouvés a été entraîné à l’usage des armes à feu. «Un tuteur temporaire de l’un des enfants a déclaré que l’accusé avait entraîné l’enfant à tirer avec un fusil d’assaut pour se préparer à de futures fusillades en milieu scolaire», précise le bureau du procureur. Selon CNN, ce dernier mentionne par ailleurs, dans les motivations pour le maintien en prison de Siraj Wahhaj, sa «planification et sa préparation de futures tueries dans des écoles». Aucun autre détail précis n’a été donné sur ce point.

Cinq arrestations, le rôle de chacun en question

Le père, Siraj Wahhaj, a été immédiatement placé en détention en vertu du mandat d’arrêt émis en Géorgie pour enlèvement d’enfant. Il est «un danger pour la communauté», a par la suite indiqué le bureau du procureur dans un document de justice consulté par l’AFP.

Mardi, le shérif du comté de Taos a indiqué que le groupe était «considéré comme extrémiste de la foi musulmane», sans toutefois revenir plus en détails sur ce point.

L’homme arrêté avec Siraj Wahhaj, identifié comme Lucas Morten et âgé de 40 ans, a d’abord été inculpé pour hébergement de fugitif, avant que des charges liées à la maltraitance des enfants ne soient ajoutées.

Les trois femmes ont été libérées en attendant la suite de l’enquête. Leurs liens avec les protagonistes restent imprécis: selon les sources, elles sont présentées comme étant des mères de certains enfants, ou des sœurs de l’un des deux hommes, ou encore une épouse de l’un d’eux. Elles ont comparu devant le tribunal de Taos, tout comme Siraj Wahhaj, mercredi.

Voir enfin:

Danger in overreacting to Santa Fe school shooting
James Alan Fox
USA Today
May 20, 2018

Today’s ghastly shooting at a high school in Santa Fe, Texas, claiming the lives of at least 10 victims, has many Americans, including President Trump, wondering when and how the carnage will cease. Coming on the heels of two other multiple fatality school massacres earlier this year, it is no wonder that many are seeing this type of random gun violence as the “new normal.”

Amidst the national mourning for the many innocent lives lost in these senseless shooting sprees, it is critical not to overreact and overrespond to the menacing acts of a few. It is, of course, of little comfort to those families and communities impacted in Santa Fe as well as Parkland, Florida, and Benton, Kentucky, but this is not routine. Schools are not under siege. Rather, this more likely reflects a short-term contagion effect in which angry dispirited youngsters are inspired by others whose violent outbursts serve as fodder for national attention. That should subside once we stop obsessing over the risk.

History provides an important lesson about how crime contagions arise and eventually play themselves out. Over the five-year time span from 1997 through 2001, America witnessed seven multiple-fatality school rampages with a combined 32 killed and 85 others injured, more such incidents and casualties than during the past five years.

Following the March 2001 massacre at a high school in Santee, California, the venerable Dan Rather declared school shootings an “epidemic.” Then, after the September 11, 2001 terrorist attack on America, the nation turned its attention to a very different kind of threat, and the school shooting “epidemic” disappeared.

More from USA TODAY opinion: Flashback: Here’s what it was like to watch my friends die in Room 1216

School shootings are not the new normal, despite statistics that stretch the truth

After Parkland shooting, reject ‘nothing can be done,’ look for new solutions: John Walsh

Summertime will soon bring a natural break to the heightened concern over school shootings. Hopefully, come September, we can deal with the underlying issues facing alienated adolescents who seek to follow in the bloody footsteps of their undeserving heroes, without inadvertently fueling the contagion of bloodshed.

Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos.

While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch.

At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models.

Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic.

As often said, even one death is one too many, and we need to take the necessary steps to protect children, including expanded funding for school teachers and school psychologists. Still, despite the occasional tragedy, our schools are safe, safer than they have been for decades.

James Alan Fox is the Lipman Professor of Criminology, Law and Public Policy at Northeastern University, a member of USA TODAY’s Board of Contributors and co-author of Extreme Killing: Understanding Serial and Mass Murder.


Présidence Trump: Ils déversent leurs problèmes sur les États-Unis (As with many of his crusades, guess who basic numbers always seem to support in the end ?)

15 juillet, 2018
At that point, you’ve got Europe and a number of Gulf countries who despise Qaddafi, or are concerned on a humanitarian basis, who are calling for action. But what has been a habit over the last several decades in these circumstances is people pushing us to act but then showing an unwillingness to put any skin in the game. (…) Free riders (…) So what I said at that point was, we should act as part of an international coalition. But because this is not at the core of our interests, we need to get a UN mandate; we need Europeans and Gulf countries to be actively involved in the coalition; we will apply the military capabilities that are unique to us, but we expect others to carry their weight. Obama (2016)
Trump’s approval rating trajectory has diverged from past presidents. Trump’s approval rating has actually ticked up as the 2018 midterm elections approach. The Hill
Nous protégeons l’Allemagne, la France et tout le monde et nous payons beaucoup d’argent pour ça… Ça dure depuis des décennies mais je dois m’en occuper parce que c’est très injuste pour notre pays et pour nos contribuables. Nous sommes censés vous défendre contre la Russie alors pourquoi payez-vous des milliards de dollars à la Russie pour l’énergie ! En fait l’Allemagne est captive de la Russie. Donald Trump
Quand le Mexique nous envoie ces gens, ils n’envoient pas les meilleurs d’entre eux. Ils apportent des drogues. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs. Donald Trump
Ce que je dis – et j’ai beaucoup de respect pour les Mexicains. J’aime les Mexicains. J’ai beaucoup de Mexicains qui travaillent pour moi et ils sont géniaux. Mais nous parlons ici d’un gouvernement beaucoup plus intelligent que notre gouvernement. Beaucoup plus malin, plus rusé que notre gouvernement, et ils envoient des gens. Et ils envoient – si vous vous souvenez, il y a des années, quand Castro a ouvert ses prisons et il les a envoyés partout aux États-Unis (…) Et vous savez, ce sont les nombreux repris de justice endurcis qu’il a envoyés. Et, vous savez, c’était il y a longtemps, mais (…)  à titre d’exemple, cet horrible gars qui a tué une belle femme à San Francisco. Le Mexique ne le veut pas. Alors ils l’envoient. Comment pensez-vous qu’il est arrivé ici cinq fois? Ils le chassent. Ils déversent leurs problèmes sur États-Unis et nous n’en parlons pas parce que nos politiciens sont stupides. (…) Et je vais vous dire quelque chose: la jeune femme qui a été tuée – c’était une statistique. Ce n’était même pas une histoire. Ma femme me l’a rapporté. Elle a dit, vous savez, elle a vu ce petit article sur la jeune femme de San Francisco qui a été tuée, et j’ai fait des recherches et j’ai découvert qu’elle a été tuée par cet animal … qui est venu illégalement dans le pays plusieurs fois et qui d’ailleurs a une longue liste de condamnations. Et je l’ai rendu public et maintenant c’est la plus grande histoire du monde en ce moment. … Sa vie sera très importante pour de nombreuses raisons, mais l’une d’entre elles sera de jeter de la lumière et de faire la lumière sur ce qui se passe dans ce pays. Donald Trump
Ou vous avez des frontières ou vous n’avez pas de frontières. Maintenant, cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas permettre à quelqu’un de vraiment bien devenir citoyen. Mais je pense qu’une partie du problème de ce pays est que nous accueillons des gens qui, dans certains cas, sont bons et, dans certains cas, ne sont pas bons et, dans certains cas, sont des criminels. Je me souviens, il y a des années, que Castro envoyait le pire qu’il avait dans ce pays. Il envoyait des criminels dans ce pays, et nous l’avons fait avec d’autres pays où ils nous utilisent comme dépotoir. Et franchement, le fait que nous permettons que cela se produise est ce qui fait vraiment du mal à notre pays. Donald Trump
I was in primary school in my native Colombia when my father was murdered. I was six – just one year older than my daughter is now. My father was an officer in the Colombian army at a time when wearing a uniform made you a target for narcoterrorists, Farc fighters and guerrilla groups. What I remember clearly from those early years is the bombing and the terror. I was so afraid, especially after my dad died. At night, I would curl up in my mother’s bed while she held me close. She could not promise me that everything was going to be all right, because it wasn’t true. I don’t want my daughter to grow up like that. But when I turn on my TV, I see terrorist attacks in San Bernardino and in Orlando. There are dangerous people coming across our borders. Trump was right. Some are rapists and criminals, but some are good people, too. But how do we know who is who, when you come here illegally? I moved to the US in 2006 on a work permit. It took nearly five years and thousands of dollars to become a US citizen. I know the process is not perfect, but it’s the law. Why would I want illegals coming in when I had to go through this? It’s not fair that they’re allowed to jump the line and take advantage of so many benefits, ones that I pay for with my tax dollars. People assume that because I’m a woman, I should vote for the woman; or that because I’m Latina, I should vote for the Democrat. The Democrats have been pandering to minorities and women for the last 50 years. They treat Latinos as if we’re all one big group. I’m Colombian – I don’t like Mariachi music. Donald Trump is not just saying what he thinks people want to hear, he’s saying what they’re afraid to say. I believe that he’s the only candidate who can make America strong and safe again. Ximena Barreto (31, San Diego, California)
This week, as President Trump comes out in support of a bill that seeks to halve legal immigration to the United States, his administration is emphasizing the idea that Americans and their jobs need to be protected from all newcomers—undocumented and documented. To support that idea, his senior policy adviser Stephen Miller has turned to a moment in American history that is often referenced by those who support curbing immigration: the Mariel boatlift of 1980. But, in fact, much of the conventional wisdom about that episode is based on falsehoods rooted in Cold War rhetoric. During a press briefing on Wednesday, journalist Glenn Thrush asked Miller to provide statistics showing the correlation between the presence of low-skill immigrants and decreased wages for U.S.-born and naturalized workers. In response, Miller noted the findings of a recent study by Harvard economist George Borjas on the Mariel boatlift, which contentiously argued that the influx of over 125,000 Cubans who entered the United States from April to October of 1980 decreased wages for southern Florida’s less educated workers. Borjas’ study, which challenged an earlier influential study by Berkeley economist David Card, has received major criticisms. A lively debate persists among economists about the study’s methods, limited sample size and interpretation of the region’s racial categories—but Miller’s conjuring of Mariel is contentious on its own merits. The Mariel boatlift is an outlier in the pages of U.S. immigration history because it was, at its core, a result of Cold War posturing between the United States and Cuba. Fidel Castro found himself in a precarious situation in April 1980 when thousands of Cubans stormed the Peruvian embassy seeking asylum. Castro opened up the port of Mariel and claimed he would let anyone who wanted to leave Cuba to do so. Across the Florida Straits, the United States especially prioritized receiving people who fled communist regimes as a Cold War imperative. Because the newly minted Refugee Act had just been enacted—largely to address the longstanding bias that favored people fleeing communism—the Marielitos were admitted under an ambiguous, emergency-based designation: “Cuban-Haitian entrant (status pending).” (…) In order to save face, Castro put forward the narrative that the Cubans who sought to leave the island were the dregs of society and counter-revolutionaries who needed to be purged because they could never prove productive to the nation. This sentiment, along with reports that he had opened his jails and mental institutes as part of this boatlift, fueled a mythology that the Marielitos were a criminal, violent, sexually deviant and altogether “undesirable” demographic. In reality, more than 80% of the Marielitos had no criminal past, even in a nation where “criminality” could include acts antithetical to the revolutionary government’s ideals. In addition to roughly 1,500 mentally and physically disabled people, this wave of Cubans included a significant number of sex workers and queer and transgender people—some of whom were part of the minority who had criminal-justice involvement, having been formerly incarcerated because of their gender and sexual transgression. Part of what made Castro’s propaganda scheme so successful was that his regime’s repudiation of Marielitos found an eager audience in the United States among those who found it useful to fuel the nativist furnace. U.S. legislators, policymakers and many in the general public accepted Castro’s negative depiction of the Marielitos as truth. By 1983, the film Scarface had even fictionalized a Marielito as a druglord and violent criminal. Then and now, the boatlift proved incredibly unpopular among those living in the United States and is often cited as one of the most vivid examples of the dangers of lax immigration enforcement. In fact, many of President Jimmy Carter’s opponents listed Mariel as one of his and the Democratic Party’s greatest failures, even as his Republican successor, President Ronald Reagan, also embraced the Marielitos as part of an ideological campaign against Cuba. Julio Capó, Jr.
For an economist, there’s a straightforward way to study how low-skill immigration affects native workers: Find a large, sudden wave of low-skill immigrants arriving in one city only. Watch what happens to wages and employment for native workers in that city, and compare that to other cities where the immigrants didn’t go. An ideal “natural experiment” like this actually happened in Miami in 1980. Over just a few months, 125,000 mostly low-skill immigrants arrived from Mariel Bay, Cuba. This vast seaborne exodus — Fidel Castro briefly lifted Cuba’s ban on emigration -— is known as the Mariel boatlift. Over the next few months, the workforce of Miami rose by 8 percent. By comparison, normal immigration to the US increases the nationwide workforce by about 0.3 percent per year. So if immigrants compete with native workers, Miami in the 1980s is exactly where you should see natives’ wages drop. Berkeley’s Card examined the effects of the Cuban immigrants on the labor market in a massively influential study in 1990. In fact, that paper became one of the most cited in immigration economics. The design of the study was elegant and transparent. But even more than that, what made the study memorable was what Card found. In a word: nothing. The Card study found no difference in wage or employment trends between Miami — which had just been flooded with new low-skill workers — and other cities. This was true for workers even at the bottom of the skills ladder. Card concluded that “the Mariel immigration had essentially no effect on the wages or employment outcomes of non-Cuban workers in the Miami labor market. » (…) Economists ever since have tried to explain this remarkable result. Was it that the US workers who might have suffered a wage drop had simply moved away? Had low-skill Cubans made native Miamians more productive by specializing in different tasks, thus stimulating the local economy? Was it that the Cubans’ own demand for goods and services had generated as many jobs in Miami as they filled? Or perhaps was it that Miami employers shifted to production technologies that used more low-skill labor, absorbing the new labor supply? Regardless, there was no dip in wages to explain. The real-life economy was evidently more complex than an “Econ 101” model would predict. Such a model would require wages to fall when the supply of labor, through immigration, goes up. This is where two new studies came in, decades after Card’s — in 2015. One, by Borjas, claims that Card’s analysis had obscured a large fall in the wages of native workers by using too broad a definition of “low-skill worker.” Card’s study had looked at the wages of US workers whose education extended only to high school or less. That was a natural choice, since about half of the newly-arrived Cubans had a high school degree, and half didn’t. Borjas, instead, focuses on workers who did not finish high school — and claimed that the Boatlift caused the wages of those workers, those truly at the bottom of the ladder, to collapse. The other new study (ungated here), by economists Giovanni Peri and Vasil Yasenov, of the UC Davis and UC Berkeley, reconfirms Card’s original result: It cannot detect an effect of the boatlift on Miami wages, even among workers who did not finish high school. (The wages of Miami workers with high school degrees (and no more than that) jump up right after the Mariel boatlift, relative to prior trends. The wages of those with less than a high school education appear to dip slightly, for a couple of years, although this is barely distinguishable amid the statistical noise. And these same inflation-adjusted wages were also falling in many other cities that didn’t receive a wave of immigrants, so it’s not possible to say with statistical confidence whether that brief dip on the right is real. It might have been — but economists can’t be sure. The rise on the left, in contrast, is certainly statistically significant, even relative to corresponding wage trends in other cities. Here is how the Borjas study reaches exactly the opposite conclusion. The Borjas study slices up the data much more finely than even Peri and Yasenov do. It’s not every worker with less than high school that he looks at. Borjas starts with the full sample of workers of high school or less — then removes women, and Hispanics, and workers who aren’t prime age (that is, he tosses out those who are 19 to 24, and 60 to 65). And then he removes workers who have a high school degree. In all, that means throwing out the data for 91 percent of low-skill workers in Miami in the years where Borjas finds the largest wage effect. It leaves a tiny sample, just 17 workers per year. When you do that, the average wages for the remaining workers look like this: (…) For these observations picked out of the broader dataset, average wages collapse by at least 40 percent after the boatlift. Wages fall way below their previous trend, as well as way below similar trends in other cities, and the fall is highly statistically significant. There are two ways to interpret these findings. The first way would be to conclude that the wage trend seen in the subgroup that Borjas focuses on — non-Hispanic prime-age men with less than a high school degree — is the “real” effect of the boatlift. The second way would be to conclude, as Peri and Yasenov do, that slicing up small data samples like this generates a great deal of statistical noise. If you do enough slicing along those lines, you can find groups for which wages rose after the Boatlift, and others for which it fell. In any dataset with a lot of noise, the results for very small groups will vary widely. Researchers can and do disagree about which conclusion to draw. But there are many reasons to favor the view that there is no compelling basis to revise Card’s original finding. There is not sufficient evidence to show that Cuban immigrants reduced any low-skill workers’ wages in Miami, even small minorities of them, and there isn’t much more that can be learned about the Mariel boatlift with the data we have. (…) Around 1980, the same time as the Boatlift, two things happened that would bring a lot more low-wage black men into the survey samples. First, there was a simultaneous arrival of large numbers of very low-income immigrants from Haiti without high school degrees: that is, non-Hispanic black men who earn much less than US black workers but cannot be distinguished from US black workers in the survey data. Nearly all hadn’t finished high school. That meant not just that Miami suddenly had far more black men with less than high school after 1980, but also that those black men had much lower earnings. Second, the Census Bureau, which ran the CPS surveys, improved its survey methods around 1980 to cover more low-skill black men due to political pressure after research revealed that many low-income black men simply weren’t being counted. (…) In sum, the evidence from the Mariel boatlift continues to support the conclusion of David Card’s seminal research: There is no clear evidence that wages fell (or that unemployment rose) among the least-skilled workers in Miami, even after a sudden refugee wave sharply raised the size of that workforce. This does not by any means imply that large waves of low-skill immigration could not displace any native workers, especially in the short term, in other times and places. But politicians’ pronouncements that immigrants necessarily do harm native workers must grapple with the evidence from real-world experiences to the contrary. Michael Clemens (Center for Global Development, Washington, DC)
His name was Luis Felipe. Born in Cuba in 1962, he came to the United States on a fishing boat and ended up in prison for shooting his girlfriend. He founded the New York chapter of the Latin Kings in 1986. Soon he was ordering murders from his prison cell. Esquire
Judge Martin says the extreme conditions are necessary to protect society.  »I do not do it out of my sense of cruelty, » the judge said at the sentencing, after Mr. Felipe had expressed remorse for the killings. But noting that the defendant had been convicted for ordering the murder of three Latin Kings and the attempted murder of four others, the judge said that without such restrictions,  »some of the young men sitting in this court today who are supporters of Mr. Felipe might well be murdered in the future. » (…) That Mr. Felipe, a man of charisma and intelligence, is nonetheless a ruthless criminal is not in dispute. His accounts of his background vary. He has said that his mother was a prostitute and that both parents are now dead. At the age of 9, he was sent to prison for robbery. On his 19th birthday in 1980, he arrived in the United States during the Mariel boatlift. In short order, Mr. Felipe became a street thug, settling in Chicago. There he joined the Latin Kings, a Hispanic organization established in the 1940’s. He moved to the Bronx. One night in 1981, in what has been described as a drunken accident, he shot and killed his girlfriend. He fled to Chicago and was not apprehended until 1984. Sentenced to nine years for second-degree manslaughter, he ended up at Collins Correctional Facility in Helmuth, N.Y. At Collins, he found an inmate system lorded over by black gangs and white guards. In 1986, he started a fledgling New York prison chapter of the Latin Kings. In a manifesto that followers circulated, he laid out elaborate laws and rituals, emphasizing Latin pride, family values, rigorous discipline and swift punishment. He was paroled in 1989 but by 1991 had returned to prison. He was eventually sent to Attica for a three-year sentence for possession of stolen property. His word spread, not least because he wrote thousands of letters, his prose a mix of flamboyant grandiosity and street bluntness. As King Blood, Inka, First Supreme Crown, Mr. Felipe corresponded with Latin Kings in and out of prison. (At its peak, the gang was estimated to have about 2,000 members.) He soared with self-aggrandizement, styling himself as both autocratic patriarch and jailhouse Ann Landers, dispensing advice about romance, family squabbles, schoolyard disputes. But in 1993 and 1994, disciplinary troubles erupted throughout the Latin Kings, with members vying for power, filching gang money, looking sideways at the wrong women. Infuriated, King Blood wrote to his street lieutenants: B.O.S. (beat on sight) and T.O.S. (terminate on sight).  »Even while he was in Attica in segregation, he was able to order the leader of the Latin Kings on Rikers Island to murder someone who ended up being badly slashed in the face, » said Alexandra A. E. Shapiro, a Federal prosecutor. One victim was choked and beheaded. A second was killed accidentally during an attempt on another man. A third was gunned down. Federal authorities, who had been monitoring Mr. Felipe’s mail, arrested 35 Latin Kings. Thirty-four pleaded guilty. Only Mr. Felipe insisted on a trial. The Latin Kings still revere him, said Antonio Fernandez, King Tone, the gang’s new leader, who is trying to reposition it as a mainstream organization.  »He brought a message of hope, » he said. NYT
Luis « King Blood » Felipe, who founded the New York chapter in 1986 (…) ran the gang from prison like a demented puppet-master. He ordered the murders of three Kings and plotted to murder three others. He routinely dispatched « T.O.S. » orders–shorthand for « Terminate on Sight. » In one particularly gory execution, a rival was strangled, decapitated and set afire in a bathtub. His Kings tattoo was peeled off his arm with a knife. Convicted of racketeering in 1996, Felipe was sentenced to life imprisonment in solitary confinement to cut him off from the Kings. LA Times
Julio Gonzalez, a jilted lover whose arson revenge at the unlicensed Happy Land nightclub in the Bronx in 1990 claimed 87 lives, making him the nation’s worst single mass murderer at the time, died on Tuesday at a hospital in Plattsburgh, N.Y., where he had been taken from prison. He was 61 (…) Mr. Gonzalez was born in Holguín, a city in Oriente Province in Cuba, on Oct. 10, 1954. He served three years in prison in the 1970s for deserting the Cuban Army. In 1980, when he was 25, he joined what became known as the Mariel boatlift, an effort organized by Cuban-Americans and agreed to by the Cuban government that brought thousands of Cuban asylum-seekers to the United States. It was later learned that many of the refugees had been released from jails and mental hospitals. Mr. Gonzalez was said to have faked a criminal record as a drug dealer to help him gain passage. (…) Mr. Gonzalez had just lost his job at a Queens lamp warehouse when he showed up at Happy Land. There he argued heatedly with his girlfriend, Lydia Feliciano, about their six-year on-again, off-again relationship and about her quitting as a coat checker at the club. Around 3 a.m., a bouncer ejected him. According to testimony, Mr. Gonzalez walked three blocks to an Amoco service station, where he found an empty one-gallon container and bought $1 worth of gasoline from an attendant he knew there. He returned to the club. (…) Mr. Gonzalez splashed the gasoline at the bottom of a rickety staircase, the club’s only means of exit, and ignited it. Then he went home and fell asleep. (…) Ms. Feliciano was among the six survivors. She recounted her argument with Mr. Gonzalez to the police, who went to his apartment, where he confessed. “I got angry, the devil got to me, and I set the fire,” he told detectives. (…) During a video conference-call interview at the time, he said he had not realized how many people were inside Happy Land that night, that he had nothing against them and that his anger had been directed at the bouncer. NYT
Cet exode des Marielitos a commencé par un coup de force. Le 5 avril 1980, 10 000 Cubains entrent dans l’ambassade du Pérou à La Havane et demandent à ce pays de leur accorder asile. Dix jours plus tard, Castro déclare que ceux qui veulent quitter Cuba peuvent le faire à condition d’abandonner leurs biens et que les Cubains de Floride viennent les chercher au port de Mariel. L’hypothèse est que Castro voit dans cette affaire une double opportunité : Il se débarrasse d’opposants -il en profite également pour vider ses prisons et ses asiles mentaux et sans doute infiltrer, parmi les réfugiés, quelques agents castristes ; Il espère que cet afflux soudain d’exilés va profondément déstabiliser le sud de la Floride et affaiblir plus encore le brave Président Jimmy Carter, préchi-prêcheur démocrate des droits de l’homme, un peu trop à gauche pour endosser l’habit de grand Satan impérialiste que taille à tous les élus de la Maison Blanche le leader cubain. De fait, du 15 avril au 31 octobre 1980, quelque 125 000 Cubains quitteront l’île. 2 746 d’entre eux ont été considérés comme des criminels selon les lois des Etats-Unis et incarcérés. Le Nouvel Obs
Avec l’autorisation du président Fidel Castro, 125 000 Cubains quittent leur île par le port de Mariel pour trouver refuge aux États-Unis. Cet exode massif posera plusieurs problèmes aux Américains qui y mettront un terme après deux mois. Le 3 avril 1980, six Cubains entrent de force à l’ambassade du Pérou à La Havane pour s’y réfugier. Les autorités cubaines demandent leur retour sans succès. Voulant donner une leçon au Pérou, le président Castro fait retirer les gardes protégeant l’ambassade. Celle-ci est submergée par plus de 10 000 personnes qui sont vite aux prises avec des problèmes de salubrité et le manque de nourriture. Pendant que d’autres ambassades sont envahies (Costa Rica, Espagne), la communauté cubano-américaine entreprend une campagne de support. Voulant récupérer le mouvement, Castro annonce le 23 avril une politique de porte ouverte pour ceux qui veulent quitter Cuba. Il invite les Cubains habitant aux États-Unis à venir chercher leurs proches au port de Mariel. Cet exode, qui se fait avec 17 000 navires de toutes sortes, implique environ 125 000 personnes, en grande partie des gens de la classe ouvrière, des Noirs et des jeunes. Son envergure reflète un profond mécontentement face à l’économie cubaine et la baisse de la ferveur révolutionnaire. D’abord favorables à cet exode, les États-Unis sont vite débordés. Le 14 mai, le président Jimmy Carter fait établir un cordon de sécurité pour arrêter les navires. Placés dans des camps militaires et des prisons fédérales, les réfugiés sont interrogés à leur arrivée. Parmi eux, on retrouve des criminels et des malades mentaux qui ont quitté avec le soutien des autorités cubaines, ce qui a un effet négatif sur la population. Carter cherche à remplacer l’exode maritime par un pont aérien avec un quota de 3000 personnes par année. Mais aucun accord n’est conclu avec Cuba. Submergées par un exode en provenance de Haïti, les autorités américaines mettront fin à l’exode cubain le 20 juin 1980. Perspective monde
As BuzzFeed investigative reporter Ken Bensinger chronicles in his new book, Red Card: How the U.S. Blew the Whistle on the World’s Biggest Sports Scandal, the investigation’s origins began before FIFA handed the 2018 World Cup to Russia and the 2022 event to Qatar. The case had actually begun as an FBI probe into an illegal gambling ring the bureau believed was run by people with ties to Russian organized crime outfits. The ring operated out of Trump Tower in New York City. Eventually, the investigation spread to soccer, thanks in part to an Internal Revenue Service agent named Steve Berryman, a central figure in Bensinger’s book who pieced together the financial transactions that formed the backbone of the corruption allegations. But first, it was tips from British journalist Andrew Jennings and Christopher Steele ― the former British spy who is now known to American political observers as the man behind the infamous so-called “pee tape” dossier chronicling now-President Donald Trump’s ties to Russia ― that pointed the Americans’ attention toward the Russian World Cup, and the decades of bribery and corruption that had transformed FIFA from a modest organization with a shoestring budget into a multibillion-dollar enterprise in charge of the world’s most popular sport. Later, the feds arrested and flipped Chuck Blazer, a corrupt American soccer official and member of FIFA’s vaunted Executive Committee. It was Blazer who helped them crack the case wide open, as HuffPost’s Mary Papenfuss and co-author Teri Thompson chronicled in their book American Huckster, based on the 2014 story they broke of Blazer’s role in the scandal. Russia’s efforts to secure hosting rights to the 2018 World Cup never became a central part of the FBI and the U.S. Department of Justice’s case. Thanks to Blazer, it instead focused primarily on CONCACAF, which governs soccer in the Caribbean and North and Central America, and other officials from South America. But as Bensinger explained in an interview with HuffPost this week, the FIFA case gave American law enforcement officials an early glimpse into the “Machiavellian Russia” of Vladimir Putin “that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it.” And it was Steele’s role in the earliest aspects of the FIFA case, coincidentally, that fostered the relationship that led him to hand his Trump dossier to the FBI ― the dossier that has now helped form “a big piece of the investigative blueprint,” as Bensinger said, that former FBI director Robert Mueller is using in his probe of Russian meddling in the election that made Trump president. HuffPost
There are sort of these weird connections to everything going on in the political sphere in our country, which I think is interesting because when I was reporting the book out, it was mostly before the election. It was a time when Christopher Steele’s name didn’t mean anything. But what I figured out over time is that this had nothing to do with sour grapes, and the FBI agents who opened the case didn’t really care about losing the World Cup. The theory was that the U.S. investigation was started because the U.S. lost to Qatar, and Bill Clinton or Eric Holder or Barack Obama or somebody ordered up an investigation. What happened was that the investigation began in July or August 2010, four or five months before the vote happened. It starts because this FBI agent, who’s a long-term Genovese crime squad guy, gets a new squad ― the Eurasian Organized Crime Squad ― which is primarily focused on Russian stuff. It’s a squad that’s squeezed of resources and not doing much because under Robert Mueller, who was the FBI director at the time, the FBI was not interested in traditional crime-fighting. They were interested in what Mueller called transnational crime. So this agent looked for cases that he thought would score points with Mueller. And one of the cases they’re doing involves the Trump Tower. It’s this illegal poker game and sports book that’s partially run out of the Trump Tower. The main guy was a Russian mobster, and the FBI agent had gone to London ― that’s how he met Steele ― to learn about this guy. Steele told him what he knew, and they parted amicably, and the parting shot was, “Listen, if you have any other interesting leads in the future, let me know.” Steele had already been hired by the English bid for the 2018 World Cup at that point. What Chris Steele starts seeing on behalf of the English bid is the Russians doing, as it’s described in the book, sort of strange and questionable stuff. It looks funny, and it’s setting off alarm bells for Steele. So he calls the FBI agent back, and says, “You should look into what’s happening with the World Cup bid. » (…) It’s tempting to look at this as a reflection of the general U.S. writ large obsession with Russia, which certainly exists, but it’s also a different era. This was 2009, 2010. This was during the Russian reset. It was Obama’s first two years in office. He’s hugging Putin and talking about how they’re going to make things work. Russia is playing nice-nice. (…)That’s what I find interesting about this case is that, what we see in Russia’s attempt to win the World Cup by any means is the first sort of sign of the Russia we now understand exists, which is kind of a Machiavellian Russia that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it. It was like a dress rehearsal for that. (…) It’s one of these things that looks like an accident, but so much of world history depends on these accidents. Chris Steele, when he was still at MI-6, investigated the death of Alexander Litvinenko, who was the Russian spy poisoned with polonium. It was Steele who ran that investigation and determined that Putin probably ordered it. And then Steele gets hired because of his expertise in Russia by the English bid, and he becomes the canary in the coal mine saying, “Uh oh, guys, it’s not going to be that easy, and things are looking pretty grim for you.” (…) I don’t know if that would have affected whether or not Chris Steele later gets hired by Fusion GPS to put together the Trump dossier. But it’s certain that the relationship he built because of the FIFA case meant that the FBI took it more seriously.   (…) I think [FIFA vice president Jérôme Valcke] and others were recognizing this increasingly brazen attitude of the criminality within FIFA. They had gone from an organization where people were getting bribes and doing dirty stuff, but doing it very carefully behind closed doors. And it was transitioning to one where the impunity was so rampant that people thought they could do anything. And I think in his mind, awarding the World Cup to Russia under very suspicious circumstances and also awarding it to Qatar, which by any definition has no right to host this tournament, it felt to him and others like a step too far. I don’t think he had any advance knowledge that the U.S. was poking around on it, but he recognized that it was getting out of hand. People were handing out cash bribes in practically broad daylight, and as corrupt as these people were, they didn’t tend to do that. (…) The FIFA culture we know today didn’t start yesterday. It started in 1974 when this guy gets elected, and within a couple years, the corruption starts. And it starts with one bribe to Havelange, or one idea that he should be bribed. And it starts a whole culture, and the people all sort of learn from that same model. The dominoes fell over time. It’s not a new model, and things were getting more and more out of hand over time. FIFA had been able to successfully bat these challenges down over the years. There’s an attempted revolt in FIFA in 2001 or 2002 that Blatter completely shut down. The general secretary of FIFA was accusing Blatter and other people of either being involved in corruption or permitting corruption, and there’s a moment where it seems like the Executive Committee was going to turn against Blatter and vote him out and change everything. But they all blinked, and Blatter dispensed his own justice by getting rid of his No. 2 and putting in people who were going to be loyal to him. The effect of those things was more brazen behavior. (…) It was an open secret. I think it’s because soccer’s just too big and important in all these other countries. I think other countries have just never been able to figure out how to deal with it. The best you’d get was a few members of Parliament in England holding outraged press conferences or a few hearings, but nothing ever came of it. It’s just too much of a political hot potato because soccer elsewhere is so much more important than it is the U.S. People are terrified of offending the FIFA gods There’s a story about how Andrew Jennings, this British journalist, wanted to broadcast a documentary detailing FIFA corruption just a week or so before the 2010 vote, and when the British bid and the British government got a hold of it, they tried really hard to stifle the press. They begged the BBC not to air the documentary until after the vote, because they were terrified of FIFA. That’s reflective of the kind of attitudes that all these countries have. (…) it reminds me of questions about Chuck Blazer. Is he all bad, or all good? He’s a little bit of both. The U.S. women’s national team probably wouldn’t exist without him. The Women’s World Cup probably wouldn’t either. Major League Soccer got its first revenue-positive TV deal because of Chuck Blazer. (…) At the same time, he was a corrupt crook that stole a lot of money that could’ve gone to the game. And so, is he good or bad? Probably more bad than good, but he’s not all bad. That applies to the Gold Cup. The Gold Cup is a totally artificial thing that was made up ultimately as a money-making scheme for Blazer, but in the end, it’s probably benefited soccer in this country. So it’s clearly not all bad. (…) The money stolen from the sport isn’t just the bribes. Let’s say I’m a sports marketing firm, and I bribe you a million dollars to sign over a rights contract to me. The first piece of it is that million dollars that could have gone to the sport. But it’s also the opportunity cost: What would the value of those rights have been if it was taken to the free market instead of a bribe? All that money is taken away from the sport. And the second thing was traveling to South America and seeing the conditions of soccer for fans, for kids and for women. That was really eye-opening. There are stadiums in Argentina and Brazil that are absolutely decrepit. And people would explain, the money that was supposed to come to these clubs never comes. You have kids still playing with the proverbial ball made of rags and duct tape, and little girls who can’t play because there are no facilities or leagues for women at all. When you see that, and then you see dudes making millions in bribes and also marketing guys making far more from paying the bribes, I started to get indignant about it. FIFA always ties itself to children and the good of the game. But it’s absurd when you see how they operate. The money doesn’t go to kids. It goes to making soccer officials rich. (…) When massive amounts of money mixes with a massively popular cultural phenomenon, is it ever going to be clean? I wish it would be different, but it seems kind of hopeless. How do you regulate soccer, and who can oversee this to make sure that people behave in an ethical, clean and fair way that benefits everyone else? It’s not an accident that every single international sports organization is based in Switzerland. The answer is because the Swiss, not only do they offer them a huge tax break, they also basically say, “You can do whatever you want and we’re not going to bother you.” That’s exactly what these groups want. Well, how do you regulate that? I don’t think the U.S. went in saying, “We’re going to regulate soccer.” I think they thought if we can give soccer a huge kick in the ass, if we can create so much public and political pressure on them that sponsors will run away, they’ll feel they have no option but to react and clean up their act. It’s sort of, kick ’em where it hurts. (…) But also, the annoying but true reality of FIFA is that when the World Cup is happening, all the soccer fans around the world forget all their anger and just want to watch the tournament. For three and a half years, everyone bitches about what a mess FIFA is, and then during the World Cup everyone just wants to watch soccer. There could be some reinvigoration in the next few months when the next stupid scandal appears. And I do think Qatar could reinvigorate more of that. There’s a tiny piece of me that thinks we could still see Qatar stripped of the World Cup. That would certainly spur a lot of conversation about this. Ken Bensinger
The United States has the world’s largest trade deficit. It’s been that way since 1975. The deficit in goods and services was $566 billion in 2017. Imports were $2.895 trillion and exports were only $2.329 trillion. The U.S. trade deficit in goods, without services, was $810 billion. The United States exported $1.551 trillion in goods. The biggest categories were commercial aircraft, automobiles, and food. It imported $2.361 trillion. The largest categories were automobiles, petroleum, and cell phones. (…) The Largest U.S. Deficit Is With China More than 65 percent of the U.S. trade deficit in goods was with China. The $375 billion deficit with China was created by $506 billion in imports. The main U.S. imports from China are consumer electronics, clothing, and machinery. Many of these imports are actually made by American companies. They ship raw materials to be assembled in China for a lower cost. They are counted as imports even though they create income and profit for these U.S. companies. Nevertheless, this practice does outsource manufacturing jobs. America only exported $130 billion in goods to China. The top three exports were agricultural products, aircraft, and electrical machinery. The second largest trade deficit is $69 billion with Japan. The world’s fifth largest economy needs the agricultural products, industrial supplies, aircraft, and pharmaceutical products that the United States makes. Exports totaled $68 billion in 2017.Imports were higher, at $137 billion. Much of this was automobiles, with industrial supplies and equipment making up another large portion. Trade has improved since the 2011 earthquake, which slowed the economy and made auto parts difficult to manufacture for several months. The U.S. trade deficit with Germany is $65 billion. The United States exports $53 billion, a large portion of which is automobiles, aircraft, and pharmaceuticals. It imports $118 billion in similar goods: automotive vehicles and parts, industrial machinery, and medicine. (…) The trade deficit with Canada is $18 billion. That’s only 3 percent of the total Canadian trade of $582 billion. The United States exports $282 billion to Canada, more than it does to any other country. It imports $300 billion. The largest export by far is automobiles and parts. Other large categories include petroleum products and industrial machinery and equipment. The largest import is crude oil and gas from Canada’s abundant shale oil fields. The trade deficit with Mexico is $71 billion. Exports are $243 billion, mostly auto parts and petroleum products. Imports are $314 billion, with cars, trucks, and auto parts being the largest components. The Balance
On connaît les photos de ces hommes et de ces femmes débarquant sur des plages européennes, engoncés dans leurs gilets de sauvetage orange, tentant à tout prix de maintenir la tête de leur enfant hors de l’eau. Impossible également d’oublier l’image du corps du petit Aylan Kurdi, devenu en 2016 le symbole planétaire du drame des migrants. Ce que l’on sait moins c’est que le « business » des passeurs rapporte beaucoup d’argent. Selon la première étude du genre de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (l’UNODC), le trafic de migrants a rapporté entre 5,5 et 7 milliards de dollars (entre 4,7 et 6 milliards d’euros) en 2016. C’est l’équivalent de ce que l’Union européenne a dépensé la même année dans l’aide humanitaire, selon le rapport. (…) En 2016, au moins 2,5 millions de migrants sont passés entre les mains de passeurs, estime l’UNODC qui rappelle la difficulté d’évaluer une activité criminelle. De quoi faire fructifier les affaires de ces contrebandiers. Cette somme vient directement des poches des migrants qui paient des criminels pour voyager illégalement. Le tarif varie en fonction de la distance à parcourir, du nombre de frontières, les moyens de transport utilisés, la production de faux papiers… La richesse supposée du client est un facteur qui fait varier les prix. Evidemment, payer plus cher ne rend pas le voyage plus sûr ou plus confortable, souligne l’UNODC. Selon les estimations de cette agence des Nations unies, ce sont les passages vers l’Amérique du Nord qui rapportent le plus. En 2016, jusqu’à 820 000 personnes ont traversé la frontière illégalement, versant entre 3,1 et 3,6 milliards d’euros aux trafiquants. Suivent les trois routes de la Méditerranée vers l’Union européenne. Environ 375 000 personnes ont ainsi entrepris ce voyage en 2016, rapportant entre 274 et 300 millions d’euros aux passeurs. Pour atteindre l’Europe de l’Ouest, un Afghan peut ainsi dépenser entre 8000 € et 12 000 €. Sans surprise, les rédacteurs du rapport repèrent que l’Europe est une des destinations principales des migrants. (…) Les migrants qui arrivent en Italie sont originaires à 89 % d’Afrique, de l’Ouest principalement. 94 % de ceux qui atteignent l’Espagne sont également originaires d’Afrique, de l’Ouest et du Nord. En revanche, la Grèce accueille à 85 % des Afghans, Syriens et des personnes originaires des pays du Moyen-Orient. (…) des milliers de citoyens de pays d’Amérique centrale et de Mexicains traversent chaque année la frontière qui sépare les Etats-Unis du Mexique. Les autorités peinent cependant à quantifier les flux. Ce que l’on sait c’est qu’en 2016, 2 404 personnes ont été condamnées pour avoir fait passer des migrants aux Etats-Unis. 65 d’entre eux ont été condamnés pour avoir fait passer au moins 100 personnes.Toujours en 2016, le Mexique, qui fait office de « pays-étape » pour les voyageurs, a noté que les Guatémaltèques, les Honduriens et les Salvadoriens formaient les plus grosses communautés sur son territoire. En 2016, les migrants caribéens arrivaient principalement d’Haïti, note encore l’UNODC. (…) Sur les 8189 décès de migrants recensés par l’OIM en 2016, 3832 sont morts noyés (46 %) en traversant la Méditerranée. Les passages méditerranéens sont les plus mortels. L’un d’entre eux force notamment les migrants à parcourir 300 kilomètres en haute mer sur des embarcations précaires. C’est aussi la cruauté des passeurs qui est en cause. L’UNODC décrit le sort de certaines personnes poussées à l’eau par les trafiquants qui espèrent ainsi échapper aux gardes-côtes. Le cas de centaines de personnes enfermées dans des remorques sans ventilation, ni eau ou nourriture pendant des jours est également relevé. Meurtre, extorsion, torture, demande de rançon, traite d’être humain, violences sexuelles sont également le lot des migrants, d’où qu’ils viennent. En 2017, 382 migrants sont décédés de la main des hommes, soit 6 % des décès. (…) Le passeur est le plus souvent un homme mais des femmes (des compagnes, des sœurs, des filles ou des mères) sont parfois impliquées dans le trafic, définissent les rédacteurs de l’étude. Certains parviennent à gagner modestement leur vie, d’autres, membres d’organisations et de mafias font d’importants profits. Tous n’exercent pas cette activité criminelle à plein temps. Souvent le passeur est de la même origine que ses victimes. Il parle la même langue et partage avec elles les mêmes repères culturels, ce qui lui permet de gagner leur confiance. Le recrutement des futurs « clients » s’opère souvent dans les camps de réfugiés ou dans les quartiers pauvres. Facebook, Viber, Skype ou WhatsApp sont devenus des indispensables du contrebandier qui veut faire passer des migrants. Arrivé à destination, le voyageur publie un compte rendu sur son passeur. Il décrit s’il a triché, échoué ou s’il traitait mal les migrants. Un peu comme une note de consommateur, rapporte l’UNODC. Mieux encore, les réseaux sociaux sont utilisés par les passeurs pour leur publicité. Sur Facebook, les trafiquants présentent leurs offres, agrémentent leur publication d’une photo, détaillent les prix et les modalités de paiement. L’agence note que, sur Facebook, des passeurs se font passer pour des ONG ou des agences de voyages européennes qui organisent des passages en toute sécurité. D’autres, qui visent particulièrement les Afghans, se posent en juristes spécialistes des demandes d’asile… Le Parisien
Mr. Trump’s anger at America’s allies embodies, however unpleasantly, a not unreasonable point of view, and one that the rest of the world ignores at its peril: The global world order is unbalanced and inequitable. And unless something is done to correct it soon, it will collapse, with or without the president’s tweets. While the West happily built the liberal order over the past 70 years, with Europe at its center, the Americans had the continent’s back. In turn, as it unravels, America feels this loss of balance the hardest — it has always spent the most money and manpower to keep the system working. The Europeans have basically been free riders on the voyage, spending almost nothing on defense, and instead building vast social welfare systems at home and robust, well-protected export industries abroad. Rather than lash back at Mr. Trump, they would do better to ask how we got to this place, and how to get out. The European Union, as an institution, is one of the prime drivers of this inequity. At the Group of 7, for example, the constituent countries are described as all equals. But in reality, the union puts a thumb on the scales in its members’ favor: It is a highly integrated, well-protected free-trade area that gives a huge leg up to, say, German car manufacturers while essentially punishing American companies who want to trade in the region. The eurozone offers a similar unfair advantage. If it were not for the euro, Germany would long ago have had to appreciate its currency in line with its enormous export surplus. (…) how can the very same politicians and journalists who defended the euro bailout payments during the financial crisis, arguing that Germany profited disproportionately from the common currency, now go berserk when Mr. Trump makes exactly this point? German manufacturers also have the advantage of operating in a common market with huge wage gaps. Bulgaria, one of the poorest member states, has a per capita gross domestic product roughly equal to that of Gabon, while even in Slovakia, Poland and Hungary — three relative success stories among the recent entrants to the union — that same measure is still roughly a third of what it is in Germany. Under the European Union, German manufacturers can assemble their cars in low-wage countries and export them without worrying about tariffs or other trade barriers. If your plant sits in Detroit, you might find the president’s anger over this fact persuasive. Mr. Trump is not the first president to complain about the unfair burden sharing within NATO. He’s merely the first president not just to talk tough, but to get tough. (…) All those German politicians who oppose raising military spending from a meager 1.3 percent of gross domestic product should try to explain to American students why their European peers enjoy free universities and health care, while they leave it up to others to cover for the West’s military infrastructure (…) When the door was opened, in 2001, many in the West believed that a growing Chinese middle class, enriched by and engaged with the world economy, would eventually claim voice and suffrage, thereby democratizing China. The opposite has happened. China, which has grown wealthy in part by stealing intellectual property from the West, is turning into an online-era dictatorship, while still denying reciprocity in investment and trade relations. (…) China’s unchecked abuse of the global free-trade regime makes a mockery of the very idea that the world can operate according to a rules-based order. Again, while many in the West have talked the talk about taking on China, only Mr. Trump has actually done something about it. Jochen Bittner (Die Zeit)
Is the Trump administration out to wreck the liberal world order? No, insisted Secretary of State Mike Pompeo in an interview at his office in Foggy Bottom last week: The administration’s aim is to align that world order with 21st-century realities. Many of the economic and diplomatic structures Mr. Trump stands accused of undermining, Mr. Pompeo argues, were developed in the aftermath of World War II. Back then, he tells me, they “made sense for America.” But in the post-Cold War era, amid a resurgence of geopolitical competition, “I think President Trump has properly identified a need for a reset.” Mr. Trump is suspicious of global institutions and alliances, many of which he believes are no longer paying dividends for the U.S. “When I watch President Trump give guidance to our team,” Mr. Pompeo says, “his question is always, ‘How does that structure impact America?’ ” The president isn’t interested in how a given rule “may have impacted America in the ’60s or the ’80s, or even the early 2000s,” but rather how it will enhance American power “in 2018 and beyond.” Mr. Trump’s critics have charged that his “America First” strategy reflects a retreat from global leadership. “I see it fundamentally differently,” Mr. Pompeo says. He believes Mr. Trump “recognizes the importance of American leadership” but also of “American sovereignty.” That means Mr. Trump is “prepared to be disruptive” when the U.S. finds itself constrained by “arrangements that put America, and American workers, at a disadvantage.” Mr. Pompeo sees his task as trying to reform rules “that no longer are fair and equitable” while maintaining “the important historical relationships with Europe and the countries in Asia that are truly our partners.” The U.S. relationship with Germany has come under particular strain. Mr. Pompeo cites two reasons. “It is important that they demonstrate a commitment to securing their own people,” he says, in reference to Germany’s low defense spending. “When they do so, we’re prepared to do the right thing and support them.” And then there’s trade. The Germans, he says, need to “create tariff systems and nontariff-barrier systems that are equitable, reciprocal.” But Mr. Pompeo does not see the U.S.-German rift as a permanent reorientation of U.S. foreign policy. Once the defense and trade issues are addressed, “I’m very confident that the relationship will go from these irritants we see today to being as strong as it ever was.”  (…) In addition to renegotiating relationships with existing allies, the Trump administration is facing newly assertive great-power adversaries. “For a decade plus,” Mr. Pompeo says, U.S. foreign policy was “very focused on counterrorism and much less on big power struggles.” Today, while counterterrorism remains a priority, geopolitics is increasingly defined by conflicts with powerful states like China and Russia. Mr. Pompeo says the U.S. must be assertive but flexible in dealing with both Beijing and Moscow. He wants the U.S. relationship with China to be defined by rule-writing and rule-enforcing, not anarchic struggle. China, he says, hasn’t honored “the normal set of trade understandings . . . where these nation states would trade with each other on fair and reciprocal terms; they just simply haven’t done it. They’ve engaged in intellectual property theft, predatory economic practices.” Avoiding a more serious confrontation with China down the line will require both countries to appreciate one another’s long-term interests. The U.S. can’t simply focus on “a tariff issue today, or a particular island China has decided to militarize” tomorrow. Rather, the objective must be to create a rules-based structure to avoid a situation in which “zero-sum is the endgame for the two countries.” Mr. Pompeo also sees room for limited cooperation with Russia even as the U.S. confronts its revisionism. “There are many things about which we disagree. Our value sets are incredibly different, but there are also pockets where we find overlap,” he says. “That’s the challenge for a secretary of state—to identify those places where you can work together, while protecting America against the worst pieces of those governments’ activities.” (…) And the president’s agenda, as Mr. Pompeo communicates it, is one of extraordinary ambition: to rewrite the rules of world order in America’s favor while working out stable relationships with geopolitical rivals. Those goals may prove elusive. Inertia is a powerful force in international relations, and institutions and pre-existing agreements are often hard to reform. Among other obstacles, the Trump agenda creates the risk of a global coalition forming against American demands. American efforts to negotiate more favorable trading arrangements could lead China, Europe and Japan to work jointly against the U.S. That danger is exacerbated by Mr. Trump’s penchant for dramatic gestures and his volatile personal style. Yet the U.S. remains, by far, the world’s most powerful nation, and many countries will be looking for ways to accommodate the administration at least partially. Mr. Trump is right that the international rules and institutions developed during the Cold War era must be retooled to withstand new political, economic and military pressures. Mr. Pompeo believes that Mr. Trump’s instincts, preferences, and beliefs constitute a coherent worldview. (…) The world will soon see whether the president’s tweets of iron can be smoothly sheathed in a diplomatic glove. Walter Russell Mead
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Much has been written — some of it either inaccurate or designed to obfuscate the issue ahead of the midterms for political purposes — about the border fiasco and the unfortunate separation of children from parents. (…) The media outrage usually does not include examination of why the Trump administration is enforcing existing laws that it inherited from the Bush and Obama administrations that at any time could have been changed by both Democratic and Republican majorities in Congress; of the use of often dubious asylum claims as a way of obtaining entry otherwise denied to those without legal authorization — a gambit that injures or at least hampers thousands with legitimate claims of political persecution; of the seeming unconcern for the safety of children by some would-be asylum seekers who illegally cross the border, rather than first applying legally at a U.S. consulate abroad; of the fact that many children are deliberately sent ahead, unescorted on such dangerous treks to help facilitate their own parents’ later entrance; of the cynicism of the cartels that urge and facilitate such mass rushes to the border to overwhelm general enforcement; and of the selective outrage of the media in 2018 in a fashion not known under similar policies and detentions of the past. In 2014, during a similar rush, both Barack Obama (“Do not send your children to the borders. If they do make it, they’ll get sent back.”) and Hillary Clinton (“We have to send a clear message, just because your child gets across the border, that doesn’t mean the child gets to stay. So, we don’t want to send a message that is contrary to our laws or will encourage more children to make that dangerous journey.”) warned — again to current media silence — would-be asylum seekers not to use children as levers to enter the U.S. (…) Mexico is the recipient of about $30 billion in annual remittances (aside from perhaps more than $20 billion annually sent to Central America) from mostly illegal aliens within the U.S. It is the beneficiary of an annual $71 billion trade surplus with the U.S. And it is mostly culpable for once again using illegal immigration and the lives of its own citizens — and allowing Central Americans unfettered transit through its country — as cynical tools of domestic and foreign policy. Illegal immigration, increasingly of mostly indigenous peoples, ensures an often racist Mexico City a steady stream of remittances (now its greatest source of foreign exchange), without much worry about how its indigent abroad can scrimp to send such massive sums back to Mexico. Facilitating illegal immigration also establishes and fosters a favorable expatriate demographic inside the U.S. that helps to recalibrate U.S. policy favorably toward Mexico. And Mexico City also uses immigration as a policy irritant to the U.S. that can be magnified or lessened, depending on Mexico’s own particular foreign-policy goals and moods at any given time.
All of the above call into question whether Mexico is a NAFTA ally, a neutral, or a belligerent, a status that may become perhaps clearer during its upcoming presidential elections. So far, it assumes that the optics of this human tragedy facilitate its own political agendas, but it may be just as likely that its cynicism could fuel renewed calls for a wall and reexamination of the entire Mexican–U.S. relationship and, indeed, NAFTA.
Victor Davis Hanson
This year there have been none of the usual Iranian provocations — frequent during the Obama administration — of harassing American ships in the Persian Gulf. Apparently, the Iranians now realize that anything they do to an American ship will be replied to with overwhelming force. Ditto North Korea. After lots of threats from Kim Jong-un about using his new ballistic missiles against the United States, Trump warned that he would use America’s far greater arsenal to eliminate North Korea’s arsenal for good. Trump is said to be undermining NATO by questioning its usefulness some 69 years after its founding. Yet this is not 1948, and Germany is no longer down. The United States is always in. And Russia is hardly out but is instead cutting energy deals with the Europeans. More significantly, most NATO countries have failed to keep their promises to spend 2 percent of their GDP on defense. Yet the vast majority of the 29 alliance members are far closer than the U.S. to the dangers of Middle East terrorism and supposed Russian bullying. Why does Germany by design run up a $65 billion annual trade surplus with the United States? Why does such a wealthy country spend only 1.2 percent of its GDP on defense? And if Germany has entered into energy agreements with a supposedly dangerous Vladimir Putin, why does it still need to have its security subsidized by the American military? Trump approaches NAFTA in the same reductionist way. The 24-year-old treaty was supposed to stabilize, if not equalize, all trade, immigration, and commerce between the three supposed North American allies. It never quite happened that way. Unequal tariffs remained. Both Canada and Mexico have substantial trade surpluses with the U.S. In Mexico’s case, it enjoys a $71 billion surplus, the largest of U.S. trading partners with the exception of China. Canada never honored its NATO security commitment. It spends only 1 percent of its GDP on defense, rightly assuming that the U.S. will continue to underwrite its security. During the lifetime of NAFTA, Mexico has encouraged millions of its citizens to enter the U.S. illegally. Mexico’s selfish immigration policy is designed to avoid internal reform, to earn some $30 billion in annual expatriate remittances, and to influence U.S. politics. Yet after more than two decades of NAFTA, Mexico is more unstable than ever. Cartels run entire states. Murders are at a record high. Entire towns in southern Mexico have been denuded of their young males, who crossed the U.S. border illegally. The U.S. runs a huge trade deficit with China. The red ink is predicated on Chinese dumping, patent and copyright infringement, and outright cheating. Beijing illegally occupies neutral islands in the South China Sea, militarizes them, and bullies its neighbors. All of the above has become the “normal” globalized world. But in 2016, red-state America rebelled at the asymmetry. The other half of the country demonized the red-staters as protectionists, nativists, isolationists, populists, and nationalists. However, if China, Europe, and other U.S. trading partners had simply followed global trading rules, there would have been no Trump pushback — and probably no Trump presidency at all. Had NATO members and NAFTA partners just kept their commitments, and had Mexico not encouraged millions of its citizens to crash the U.S. border, there would now be little tension between allies. Instead, what had become abnormal was branded the new normal of the post-war world. Again, a rich and powerful U.S. was supposed to subsidize world trade, take in more immigrants than all the nations of the world combined, protect the West, and ensure safe global communications, travel, and commerce. After 70 years, the effort had hollowed out the interior of America, creating two separate nations of coastal winners and heartland losers. Trump’s entire foreign policy can be summed up as a demand for symmetry from all partners and allies, and tit-for-tat replies to would-be enemies. Did Trump have to be so loud and often crude in his effort to bully America back to reciprocity? Who knows? But it seems impossible to imagine that globalist John McCain, internationalist Barack Obama, or gentlemanly Mitt Romney would ever have called Europe, NATO, Mexico, and Canada to account, or warned Iran or North Korea that tit would be met by tat. Victor Davis Hanson

Attention: un dépotoir peut en cacher un autre !

Au lendemain du Sommet de l’Otan et de la visite au Royaume-Uni

D’un président américain contre lequel se sont à nouveau déchainés nos médias et nos belles âmes …

Et en cette finale de la Coupe du monde en un pays qui, entre dopage et corruption, empoisonne les citoyens de ses partenaires …

A l’heure où des mensonges nucléaires et de l’aventurisme militaire des Iraniens

Aux méga-excédents commerciaux et filouteries sur la propriété intellectuelle des Chinois …

Comme aux super surplus du commerce extérieur, la radinerie défensive et la mise sous tutelle énergétique russe des Allemands

Et sans parler, entre deux attentats terroristes ou émeutes urbaines, du « business » juteux (quelque 7 milliards annuels quand même !) des passeurs de prétendus « réfugiés » …

L’actualité comme les sondages confirment désormais presque quotidiennement les fortes intuitions de l’éléphant dans le magasin de porcelaine …

Comment qualifier un pays qui …

Derrière les « fake news » et images victimaires dont nous bassinent jour après jour nos médias …

Et entre le contrôle d’états entiers par les cartels de la drogue, les taux d’homicides records et les villes entières vidées de leurs forces vives par l’émigration sauvage …

Se permet non seulement, comme le rappelle l’historien militaire américain Victor Davis Hanson, d’intervenir dans la politique américaine …

Mais encourage, à la Castro et repris de justice compris, ses citoyens par millions à pénétrer illégalement aux États-Unis …

Alors qu’il bénéficie par ailleurs, avec plus de 70 milliards de dollars et sans compter les quelque 30 milliards de ses expatriés, du plus important excédent commercial avec les Etats-Unis après la Chine ?

Reciprocity Is the Method to Trump’s Madness
Victor Davis Hanson

National Review

July 12, 2018

The president sends a signal: Treat us the way we treat you, and keep your commitments.Critics of Donald Trump claim that there’s no rhyme or reason to his foreign policy. But if there is a consistency, it might be called reciprocity.

Trump tries to force other countries to treat the U.S. as the U.S. treats them. In “don’t tread on me” style, he also warns enemies that any aggressive act will be replied to in kind.

The underlying principle of Trump commercial reciprocity is that the United States is no longer powerful or wealthy enough to alone underwrite the security of the West. It can no longer assume sole enforcement of the rules and protocols of the post-war global order.

This year there have been none of the usual Iranian provocations — frequent during the Obama administration — of harassing American ships in the Persian Gulf. Apparently, the Iranians now realize that anything they do to an American ship will be replied to with overwhelming force.

Ditto North Korea. After lots of threats from Kim Jong-un about using his new ballistic missiles against the United States, Trump warned that he would use America’s far greater arsenal to eliminate North Korea’s arsenal for good.

Trump is said to be undermining NATO by questioning its usefulness some 69 years after its founding. Yet this is not 1948, and Germany is no longer down. The United States is always in. And Russia is hardly out but is instead cutting energy deals with the Europeans.

More significantly, most NATO countries have failed to keep their promises to spend 2 percent of their GDP on defense.

Yet the vast majority of the 29 alliance members are far closer than the U.S. to the dangers of Middle East terrorism and supposed Russian bullying.

Why does Germany by design run up a $65 billion annual trade surplus with the United States? Why does such a wealthy country spend only 1.2 percent of its GDP on defense? And if Germany has entered into energy agreements with a supposedly dangerous Vladimir Putin, why does it still need to have its security subsidized by the American military?

Canada never honored its NATO security commitment. It spends only 1 percent of its GDP on defense, rightly assuming that the U.S. will continue to underwrite its security.

Trump approaches NAFTA in the same reductionist way. The 24-year-old treaty was supposed to stabilize, if not equalize, all trade, immigration, and commerce between the three supposed North American allies.

It never quite happened that way. Unequal tariffs remained. Both Canada and Mexico have substantial trade surpluses with the U.S. In Mexico’s case, it enjoys a $71 billion surplus, the largest of U.S. trading partners with the exception of China.

Canada never honored its NATO security commitment. It spends only 1 percent of its GDP on defense, rightly assuming that the U.S. will continue to underwrite its security.

During the lifetime of NAFTA, Mexico has encouraged millions of its citizens to enter the U.S. illegally. Mexico’s selfish immigration policy is designed to avoid internal reform, to earn some $30 billion in annual expatriate remittances, and to influence U.S. politics.

Yet after more than two decades of NAFTA, Mexico is more unstable than ever. Cartels run entire states. Murders are at a record high. Entire towns in southern Mexico have been denuded of their young males, who crossed the U.S. border illegally.

The U.S. runs a huge trade deficit with China. The red ink is predicated on Chinese dumping, patent and copyright infringement, and outright cheating. Beijing illegally occupies neutral islands in the South China Sea, militarizes them, and bullies its neighbors.

All of the above has become the “normal” globalized world.

If China, Europe, and other U.S. trading partners had simply followed global trading rules, there would have been no Trump pushback — and probably no Trump presidency at all.
But in 2016, red-state America rebelled at the asymmetry. The other half of the country demonized the red-staters as protectionists, nativists, isolationists, populists, and nationalists.

However, if China, Europe, and other U.S. trading partners had simply followed global trading rules, there would have been no Trump pushback — and probably no Trump presidency at all.

Had NATO members and NAFTA partners just kept their commitments, and had Mexico not encouraged millions of its citizens to crash the U.S. border, there would now be little tension between allies.

Instead, what had become abnormal was branded the new normal of the post-war world.

Again, a rich and powerful U.S. was supposed to subsidize world trade, take in more immigrants than all the nations of the world combined, protect the West, and ensure safe global communications, travel, and commerce.

After 70 years, the effort had hollowed out the interior of America, creating two separate nations of coastal winners and heartland losers.

Trump’s entire foreign policy can be summed up as a demand for symmetry from all partners and allies, and tit-for-tat replies to would-be enemies.

Did Trump have to be so loud and often crude in his effort to bully America back to reciprocity?

Who knows?

But it seems impossible to imagine that globalist John McCain, internationalist Barack Obama, or gentlemanly Mitt Romney would ever have called Europe, NATO, Mexico, and Canada to account, or warned Iran or North Korea that tit would be met by tat.

Voir aussi:

Pompeo on What Trump Wants
An interview with Trump’s top diplomat on America First and ‘the need for a reset.’
Walter Russell Mead
The Wall Street Journal
June 25, 2018

Is the Trump administration out to wreck the liberal world order? No, insisted Secretary of State Mike Pompeo in an interview at his office in Foggy Bottom last week: The administration’s aim is to align that world order with 21st-century realities.
Many of the economic and diplomatic structures Mr. Trump stands accused of undermining, Mr. Pompeo argues, were developed in the aftermath of World War II. Back then, he tells me, they “made sense for America.” But in the post-Cold War era, amid a resurgence of geopolitical competition, “I think President Trump has properly identified a need for a reset.”
Mr. Trump is suspicious of global institutions and alliances, many of which he believes are no longer paying dividends for the U.S. “When I watch President Trump give guidance to our team,” Mr. Pompeo says, “his question is always, ‘How does that structure impact America?’ ” The president isn’t interested in how a given rule “may have impacted America in the ’60s or the ’80s, or even the early 2000s,” but rather how it will enhance American power “in 2018 and beyond.”
Mr. Trump’s critics have charged that his “America First” strategy reflects a retreat from global leadership. “I see it fundamentally differently,” Mr. Pompeo says. He believes Mr. Trump “recognizes the importance of American leadership” but also of “American sovereignty.” That means Mr. Trump is “prepared to be disruptive” when the U.S. finds itself constrained by “arrangements that put America, and American workers, at a disadvantage.” Mr. Pompeo sees his task as trying to reform rules “that no longer are fair and equitable” while maintaining “the important historical relationships with Europe and the countries in Asia that are truly our partners.”
The U.S. relationship with Germany has come under particular strain. Mr. Pompeo cites two reasons. “It is important that they demonstrate a commitment to securing their own people,” he says, in reference to Germany’s low defense spending. “When they do so, we’re prepared to do the right thing and support them.” And then there’s trade. The Germans, he says, need to “create tariff systems and nontariff-barrier systems that are equitable, reciprocal.”
But Mr. Pompeo does not see the U.S.-German rift as a permanent reorientation of U.S. foreign policy. Once the defense and trade issues are addressed, “I’m very confident that the relationship will go from these irritants we see today to being as strong as it ever was.” He adds that he has a “special place in my heart” for Germany, having spent his “first three years as a soldier patrolling . . . the West and East German border.”
In addition to renegotiating relationships with existing allies, the Trump administration is facing newly assertive great-power adversaries. “For a decade plus,” Mr. Pompeo says, U.S. foreign policy was “very focused on counterrorism and much less on big power struggles.” Today, while counterterrorism remains a priority, geopolitics is increasingly defined by conflicts with powerful states like China and Russia.
Mr. Pompeo says the U.S. must be assertive but flexible in dealing with both Beijing and Moscow. He wants the U.S. relationship with China to be defined by rule-writing and rule-enforcing, not anarchic struggle. China, he says, hasn’t honored “the normal set of trade understandings . . . where these nation states would trade with each other on fair and reciprocal terms; they just simply haven’t done it. They’ve engaged in intellectual property theft, predatory economic practices.”
Avoiding a more serious confrontation with China down the line will require both countries to appreciate one another’s long-term interests. The U.S. can’t simply focus on “a tariff issue today, or a particular island China has decided to militarize” tomorrow. Rather, the objective must be to create a rules-based structure to avoid a situation in which “zero-sum is the endgame for the two countries.”
Mr. Pompeo also sees room for limited cooperation with Russia even as the U.S. confronts its revisionism. “There are many things about which we disagree. Our value sets are incredibly different, but there are also pockets where we find overlap,” he says. “That’s the challenge for a secretary of state—to identify those places where you can work together, while protecting America against the worst pieces of those governments’ activities.”
Mr. Pompeo says his most important daily task is to understand what the president is thinking. As he prepared for the job, “I spoke to every living former secretary of state,” Mr. Pompeo says. “They gave me two or three big ideas about things you needed to do to successfully deliver on American foreign policy. Not one of them got out of their top two without saying that a deep understanding and good relationship with the commander in chief—with the person whose foreign policy you’re implementing—is absolutely central.”
He continues: “It needs to be known around the world that when you speak, you’re doing so with a clear understanding of what the president is trying to achieve. So I spend a lot of time thinking about that—trying to make sure that I have my whole workforce, my whole team, understanding the commander’s intent in a deep way.”
And the president’s agenda, as Mr. Pompeo communicates it, is one of extraordinary ambition: to rewrite the rules of world order in America’s favor while working out stable relationships with geopolitical rivals. Those goals may prove elusive. Inertia is a powerful force in international relations, and institutions and pre-existing agreements are often hard to reform.
Among other obstacles, the Trump agenda creates the risk of a global coalition forming against American demands. American efforts to negotiate more favorable trading arrangements could lead China, Europe and Japan to work jointly against the U.S. That danger is exacerbated by Mr. Trump’s penchant for dramatic gestures and his volatile personal style.
Yet the U.S. remains, by far, the world’s most powerful nation, and many countries will be looking for ways to accommodate the administration at least partially. Mr. Trump is right that the international rules and institutions developed during the Cold War era must be retooled to withstand new political, economic and military pressures.
Mr. Pompeo believes that Mr. Trump’s instincts, preferences, and beliefs constitute a coherent worldview. The secretary’s aim is to undertake consistent policy initiatives based on that worldview. This endeavor will strike many of the administration’s critics as quixotic. But Mr. Pompeo is unquestionably right that no secretary of state can succeed without the support of the president, and he is in a better position than most to understand Mr. Trump’s mind.
The world will soon see whether the president’s tweets of iron can be smoothly sheathed in a diplomatic glove.
Voir également:

De Cuba aux Etats-Unis : il y a trente ans, les Marielitos

Michel Faure

C’était il y a trente ans très exactement. Mai 1980. J’étais jeune journaliste, envoyé spécial de Libération à Key West, en Floride. Je restais des heures, fasciné, sur le quai du port où arrivaient, les unes après les autres en un flot continu extraordinaire, des embarcations diverses -bateaux de pêche, petits et gros, vedettes de promenade, yachts chics– chargées de réfugiés cubains.

C’était une noria incessante, menée avec beaucoup d’enthousiasme. Ces bateaux battaient tous pavillon des Etats-Unis et, pour la plupart, étaient la propriété d’exilés cubains vivant en Floride. Ils débarquaient leurs passagers sous les vives lumières des télévisions et les applaudissements d’une foule de badauds émus aux larmes et scrutant chaque visage avec intensité, dans l’espoir d’y retrouver les traits d’un parent, d’un ami ou d’un amour perdu de vue depuis plus de vingt ans.

Puis les bateaux repartaient pour un nouveau voyage à Mariel, le port cubain d’où partaient les exilés et qui leur donnera un surnom, « los Marielitos ».

La Croix Rouge et la logistique gouvernementale américaine ont fait du bon travail. Les arrivants, épuisés, l’air perdu, souvent inquiets, étaient accueillis avec égards, hydratés, nourris et enveloppés de couvertures.

Ils passaient à travers un double contrôle, médical et personnel, avant d’être rassemblés sous un immense hangar, libres de répondre, s’ils le souhaitaient, aux questions des journalistes, avant d’être transportés par avion à Miami.

Quand les Cubains étaient accueillis sous les bravos

Ceux que j’ai rencontrés, dans ces instants encore très incertains pour eux, racontaient plus ou moins la même histoire : la misère de tous les jours sous la surveillance constante des CDR, les Comités de la révolution, les commissaires politiques du quartier qui avaient (et ont toujours) le pouvoir de vous rendre la vie à peu près tolérable ou de vous la pourrir à jamais.

Oser dire qu’on aurait aimé vivre ailleurs n’arrangeait pas votre cas. Un mot du CDR et vous perdiez votre boulot. Le travail privé n’existant pas, le seul fait de survivre était l’indice d’un délit, genre travail au noir. Pour des raisons éminemment politiques, vous vous retrouviez donc en prison, délinquant de droit commun.

Bref, la routine infernale, les engrenages implacables et cruels de la criminalisation de la vie quotidienne pour quiconque ne courbait pas l’échine.

A Miami, dans un stade gigantesque, j’ai assisté quelques jours plus tard à des scènes de tragédies antiques, émouvantes à en pleurer. Les milliers de sièges du stade étaient occupés par des familles cubaines vivant aux Etats-Unis et, de jour comme de nuit, arrivaient de l’aéroport des autobus qui déposaient leurs occupants débarqués de Mariel (en ce seul mois de mai 1980, ils furent 86 000).

Ils étaient accueillis dans le stade sous les bravos. Puis, dans le silence revenu, un speaker énonçait ces noms interminables dont le castillan a le secret, ces Maria de la Luz Martinez de Sanchez, ou ces José-Maria Antonio Perez Rodriguez.

Et soudain, un cri dans un coin du stade, le faisceau lumineux des télés pointé vers un groupe de gens sautant en l’air de joie puis dévalant les escaliers du stade pour tomber dans les bras des cousins ou frères et sœurs retrouvés.

La stratégie de Fidel Castro

Cet exode des Marielitos a commencé par un coup de force. Le 5 avril 1980, 10 000 Cubains entrent dans l’ambassade du Pérou à La Havane et demandent à ce pays de leur accorder asile.

Dix jours plus tard, Castro déclare que ceux qui veulent quitter Cuba peuvent le faire à condition d’abandonner leurs biens et que les Cubains de Floride viennent les chercher au port de Mariel.

L’hypothèse est que Castro voit dans cette affaire une double opportunité :

  • Il se débarrasse d’opposants -il en profite également pour vider ses prisons et ses asiles mentaux et sans doute infiltrer, parmi les réfugiés, quelques agents castristes ;
  • Il espère que cet afflux soudain d’exilés va profondément déstabiliser le sud de la Floride et affaiblir plus encore le brave Président Jimmy Carter, préchi-prêcheur démocrate des droits de l’homme, un peu trop à gauche pour endosser l’habit de grand Satan impérialiste que taille à tous les élus de la Maison Blanche le leader cubain.

De fait, du 15 avril au 31 octobre 1980, quelque 125 000 Cubains quitteront l’île. 2 746 d’entre eux ont été considérés comme des criminels selon les lois des Etats-Unis et incarcérés.

L’économie de la région de Miami a absorbé en deux ou trois ans le choc de cet exode et, depuis, se porte très bien, notamment parce que de nombreux exilés étaient des professionnels diplômés (médecins, professeurs…) qui non seulement se sont facilement intégrés au sein de la société de Miami, mais l’ont aussi dynamisée.

Parmi les Marielitos, un poète : Reinaldo Arenas

En août 1994, 30 000 autres Cubains, « los Balseros » -ainsi nommés parce qu’ils s’enfuyaient par la mer sur des embarcations aussi précaires que des « balsas », des chambres à air de camion- ont rejoint à leur tour les côtes de Floride.

Puis la politique a repris la main. Castro a compris que le spectacle de ces exodes à répétition et le nombre et la qualité des exilés fragilisaient l’image du régime et son avenir. Les Etats-Unis, quant à eux, ont entendu les voix des conservateurs défenseurs des frontières.

Tout cela a abouti à un accord migratoire qui traduit une politique américaine absurde et déshonorante consistant à n’admettre sur le territoire des Etats-Unis que ceux qui l’auront touché du pied, et renvoyer tous les autres en direction de Cuba qu’ils fuyaient.

L’accommodement avec une dictature l’a emporté sur la générosité à l’endroit de ses réfugiés.

Parmi les Marielitos, il faut noter la présence de l’écrivain et poète Reinaldo Arenas, qui mourra quelques années plus tard du sida, à New York. Son véritable crime fut d’être homosexuel et son livre, « Avant la Nuit », a été remarquablement adapté en 2000 par Julian Schnabel avec le film « Before the Night Falls ». Il montre la terrible épreuve que fut pour tous les exilés le passage des contrôles du port de Mariel.

Voir de même:

Trump Was Right: Castro Did Send Criminals to U.S.

The Weekly Standard

If you ever worry about the quality of news on the Internet, consider a recent story at BuzzFeed from reporter Adrian Carrasquillo. The writer notes indignantly that Donald Trump’s infamous campaign comments about Mexican immigrants were not unprecedented: Speaking on a radio talk show, in 2011, Trump had anticipated his claim that « Mexico was sending criminals and rapists » to the United States (in Carrasquillo’s words) by « appear[ing] to suggest Fidel Castro had hatched a similar gambit. »

Here is what Trump said in 2011:

I remember, years ago, where Castro was sending his worst over to this country. He was sending criminals over to this country, and we’ve had that with other countries where they use us as a dumping ground.

Carrasquillo acknowledged that Trump’s facts are not imaginary— »Trump was speaking about the Mariel boatlift in 1980, when more than 125,000 Cubans came to the U.S. because of the island’s floundering economy »—but he seems to have gleaned what knowledge he has about the Mariel boatlift from the Internet, or perhaps a friend or neighbor: « Castro did send prisoners and mentally ill people to the U.S. mixed in with other refugees, » Carrasquillo wrote.

In fact, of course, it was not Cuba’s « floundering economy »—Cuba’s economy, it could reasonably be argued, has always been floundering—that prompted the exodus; it was Fidel Castro’s malice. The Jimmy Carter administration, as Democratic administrations tend to do, had been seeking a rapprochement with the Cuban regime, and in early 1980, Castro—habitually angered by the official American welcome to Cuban refugees—rewarded Carter’s credulity by emptying his nation’s jails, prisons, and mental institutions and sending their occupants, in overcrowded vessels, across the Straits of Florida to Miami.

It was an extraordinarily cruel, and cynical, gesture on Castro’s part; but of course, hardly surprising. And in any case, it swiftly halted Carter’s flirtation with Cuba.

What Adrian Carrasquillo doesn’t appear to know, however, and what gives this episode contemporary resonance, is that the Mariel boatlift, and its attendant migrant crisis, had political repercussions that extend to the present day. One of the repositories for Cuban criminals chosen by the Carter White House was Fort Chaffee, Arkansas, where there were subsequent riots and mass escapes. The governor of Arkansas, one Bill Clinton, was furious that his state had been chosen to pay the price for Carter’s misjudgment—and he complained loudly and publicly about it. So loudly, in fact, that it made Carter’s efforts to settle refugees elsewhere politically toxic.

Jimmy Carter never forgave Bill Clinton for the Mariel/Fort Chaffee debacle. And vice versa, since it was one of the main reasons which led to Clinton’s defeat for re-election in November 1980. It also explains the continued enmity between the senior living Democratic ex-president, Carter, and Clinton—whose wife Hillary is currently running for president.

A handful of lessons may be drawn from all this: The roots of political issues are deep and complicated; the settlement of refugees is a sensitive matter; and it seldom pays presidents to trust the Castro regime. From a journalistic standpoint, however, it raises an urgent question: Does BuzzFeed employ editors with knowledge of events before, say, 2011?

Voir de plus:

Years Before Mexican Comments, Trump Said Castro Was Sending Criminals To U.S.
« I remember, years ago, where Castro was sending his worst over to this country. He was sending criminals over to this country, and we’ve had that with other countries where they use us as a dumping ground. »
Adrian Carrasquillo
BuzzFeed News
October 6, 2016

Four years before Donald Trump roiled the presidential race by announcing that Mexico was sending criminals and rapists — their worst — to the U.S., he appeared to suggest Fidel Castro had hatched a similar gambit.

Speaking on Laura Ingraham’s radio show in 2011, Trump took a rhetorical tact that will be familiar to anyone paying even a passing interest to the 2016 presidential election.

« You either have borders or you don’t have borders. Now, that doesn’t mean you can’t make it possible for somebody that’s really good to become a citizen. But I think part of the problem that this country has is we’re taking in people that are, in some cases, good, and in some cases, are not good and in some cases are criminals, » Trump said.

« I remember, years ago, where Castro was sending his worst over to this country. He was sending criminals over to this country, and we’ve had that with other countries where they use us as a dumping ground, » he continued. « And frankly, the fact that we allow that to happen is what’s really hurting this country very badly. »

Liberal media watchdog Media Matters provided the audio from their archives, after a request by BuzzFeed News.

While Trump does not mention Fidel Castro’s full name, he made similar comments about Cubans on conservative radio last summer, just weeks after his initial remarks about Mexicans during his June announcement.

“And they’re sending — if you remember, years ago, when Castro opened up his jails, his prisons, and he sent them all over to the United States because let the United States have them,” Trump said. “And you know, these were the many hardcore criminals that he sent over. »

Trump was speaking about the Mariel boatlift in 1980, when more than 125,000 Cubans came to the U.S. because of the island’s floundering economy. Castro did send prisoners and mentally ill people to the U.S. mixed in with other refugees.

In a statement, Trump campaign senior advisor and Hispanic outreach director, AJ Delgado, said his remarks in 2011 were absolutely correct and only underscore his « keen awareness » of historical facts.

« The 1980 Mariel boatlift out of Cuba certainly did contain thousands of criminals, including violent criminals, the Castro regime having taken it as an opportunity to empty many of its prisons and send those individuals to the U.S, » she said, stressing that the matter is not in dispute.

« Worth noting, this 2011 audio also proves Mr. Trump’s years-long consistency: even five years ago, he was advocating for the same sound immigration policies he advocates today — one that places Americans’ safety and security first, » she added.

Trump’s relationship with Cuban-American voters is somewhat unusual for a Republican nominee. For years, support for the embargo on Cuba has been a major Republican plank; a recent Newsweek report also alleged that Trump violated the Cuban embargo when he disguised payments from his companies in Cuba in an attempt to make money on the island.

The Republican nominee changed his opinion on immigration multiple times in the past few years, including during the campaign. But he has also struck a nativist and restrictionist tone on the dangers and nefarious intentions of foreigners coming to the country for years. Though Barack Obama’s two campaigns showed the traditionally Republican voting bloc beginning to fray somewhat, that’s put more pressure on those voters, particularly younger ones.

« We know how Donald Trump feels about the Hispanic community, and this is just more of the same, » said Joe Garcia, a Cuban-American Democrat running for congress in Florida where Trump has become a flashpoint in his race against Rep. Carlos Curbelo, who has also denounced Trump. « Whether he makes hateful statements today or five years ago, Trump’s sentiments toward minority groups have been very clear. »

Ana Navarro, a CNN commentator and Republican strategist who has staunchly opposed Trump, noted that being a « marielito » was somewhat taboo for a while, « but it’s important not to forget all the good people who came. Many have gone on to make great contributions to the U.S. »

Jose Parra, a Democratic strategist from Florida who served as a senior adviser to Sen. Harry Reid, argued the comments leave no doubt that Trump doesn’t just have it out for Mexicans.

« Now we know that when he says Mexicans, he means all Hispanics, » Parra said. « He was talking about Cubans in this case… the issue is Hispanics not Mexicans. It’s immigrants period. »

Nathaniel Meyersohn contributed reporting.

Voir encore:

Trump Says Mexican Immigrants Are Just Like « Hardcore Criminals » Castro Sent To U.S.
Trump also took credit for bringing to the public’s attention the death of a San Francisco woman killed by an undocumented immigrant.
Andrew Kaczynski
BuzzFeed News
July 10, 2015

Republican presidential candidate Donald Trump on Wednesday compared undocumented Mexican immigrants to the « hardcore criminals » Fidel Castro sent to the United States in the early 1980s.

Speaking on conservative radio, the real estate mogul addressed the controversy surrounding his characterization of Mexican immigrants as « rapists » in his presidential announcement speech.

« A lot of people said, ‘Would you apologize?’ I said, ‘Absolutely, I’d apologize, if there was something to apologize for, » Trump told radio host Wayne Dupree on Wednesday.

« But what I said is exactly true. You understand that, Wayne. And what I’m saying — and I have great respect for the Mexican people. I love the Mexican people. I have many Mexicans working for me and they’re great. »

« But that’s — we’re not talking about — we’re talking about a government that’s much smarter than our government, » Trump continued. « Much sharper, more cunning than our government, and they’re sending people. »

Trump then went on to compare the immigrants coming into the country from Mexico to Cuban exiles who came to the U.S. as a part of the Mariel boatlift in 1980. Many of those exiles were later found to be inmates released from Cuban prisons and mental health facilities.

« And they’re sending — if you remember, years ago, when Castro opened up his jails, his prisons, and he sent them all over to the United States because let the United States have them, » Trump stated. « And you know, these were the many hardcore criminals that he sent over. And, you know, that was a long time ago but essentially Mexico is sending over — as an example, this horrible guy that killed a beautiful woman in San Francisco. Mexico doesn’t want him. So they send him over. How do you think he got over here five times? They push him out. They’re pushing their problems onto the United States, and we don’t talk about it because our politicians are stupid. »

Trump then took credit for bringing to the public’s attention the death of the San Francisco woman killed by an undocumented immigrant.

« I don’t even think it’s a question of, uh, good politics. I think they’re just stupid. I don’t think they know what they’re doing. So I bring it up and, you’re right, it became a big story, » said Trump.

« And I’ll tell you something: the young woman that was killed — that was a statistic. That wasn’t even a story. My wife brought it up to me. She said, you know, she saw this little article about the young woman in San Francisco that was killed, and I did some research and I found out that she was killed by this animal … who illegally came into the country many times, by the way, and who has a long record of convictions. And I went public with it and now it’s the biggest story in the world right now. … Her life will be very important for a lot of reasons, but one of them would be that she’s throwing light and showing light on what’s happening in this country. »

Voir par ailleurs:

The White House Used This Moment as Proof the U.S. Should Cut Immigration. Its Real History Is More Complicated

Julio Capó, Jr.

Time
August 4, 2017

This week, as President Trump comes out in support of a bill that seeks to halve legal immigration to the United States, his administration is emphasizing the idea that Americans and their jobs need to be protected from all newcomers—undocumented and documented. To support that idea, his senior policy adviser Stephen Miller has turned to a moment in American history that is often referenced by those who support curbing immigration: the Mariel boatlift of 1980. But, in fact, much of the conventional wisdom about that episode is based on falsehoods rooted in Cold War rhetoric.

During a press briefing on Wednesday, journalist Glenn Thrush asked Miller to provide statistics showing the correlation between the presence of low-skill immigrants and decreased wages for U.S.-born and naturalized workers. In response, Miller noted the findings of a recent study by Harvard economist George Borjas on the Mariel boatlift, which contentiously argued that the influx of over 125,000 Cubans who entered the United States from April to October of 1980 decreased wages for southern Florida’s less educated workers. Borjas’ study, which challenged an earlier influential study by Berkeley economist David Card, has received major criticisms. A lively debate persists among economists about the study’s methods, limited sample size and interpretation of the region’s racial categories—but Miller’s conjuring of Mariel is contentious on its own merits.

The Mariel boatlift is an outlier in the pages of U.S. immigration history because it was, at its core, a result of Cold War posturing between the United States and Cuba.

Fidel Castro found himself in a precarious situation in April 1980 when thousands of Cubans stormed the Peruvian embassy seeking asylum. Castro opened up the port of Mariel and claimed he would let anyone who wanted to leave Cuba to do so. Across the Florida Straits, the United States especially prioritized receiving people who fled communist regimes as a Cold War imperative. Because the newly minted Refugee Act had just been enacted—largely to address the longstanding bias that favored people fleeing communism—the Marielitos were admitted under an ambiguous, emergency-based designation: “Cuban-Haitian entrant (status pending).” At this week’s press conference, Miller avoided discussions of guest workers because they enter under separate procedures. It’s important to note, however, that the Marielitos also entered under a separate category.

In order to save face, Castro put forward the narrative that the Cubans who sought to leave the island were the dregs of society and counter-revolutionaries who needed to be purged because they could never prove productive to the nation. This sentiment, along with reports that he had opened his jails and mental institutes as part of this boatlift, fueled a mythology that the Marielitos were a criminal, violent, sexually deviant and altogether “undesirable” demographic.

In reality, more than 80% of the Marielitos had no criminal past, even in a nation where “criminality” could include acts antithetical to the revolutionary government’s ideals. In addition to roughly 1,500 mentally and physically disabled people, this wave of Cubans included a significant number of sex workers and queer and transgender people—some of whom were part of the minority who had criminal-justice involvement, having been formerly incarcerated because of their gender and sexual transgression.

Part of what made Castro’s propaganda scheme so successful was that his regime’s repudiation of Marielitos found an eager audience in the United States among those who found it useful to fuel the nativist furnace. U.S. legislators, policymakers and many in the general public accepted Castro’s negative depiction of the Marielitos as truth. By 1983, the film Scarface had even fictionalized a Marielito as a druglord and violent criminal.

Then and now, the boatlift proved incredibly unpopular among those living in the United States and is often cited as one of the most vivid examples of the dangers of lax immigration enforcement. In fact, many of President Jimmy Carter’s opponents listed Mariel as one of his and the Democratic Party’s greatest failures, even as his Republican successor, President Ronald Reagan, also embraced the Marielitos as part of an ideological campaign against Cuba. And the political consequences of the reaction to Mariel didn’t stop there: the episode also helped birth the English-only movement in the United States, after Dade County residents voted to remove Spanish as a second official language in November of 1980. (The new immigration proposal that Trump supports would also privilege immigrants who can speak English.)

While the Mariel boatlift—with its massive influx of people in a short period of time—may appear to be an ideal case study for economists to explore whether immigrants decreased wages for U.S.-born workers, its Cold War-influenced and largely anomalous history makes it less so.

During this week’s press conference, Miller later told Thrush that, more than statistics, we should use “common sense” in crafting our policies. As the case of the Mariel boatlift shows, so-called common sense can be inextricably informed by ulterior motives, prejudice and global political disagreement. When history is used to inform policy decisions, this too must be factored.

Historians explain how the past informs the present

Julio Capó, Jr. is assistant professor of history at the University of Massachusetts, Amherst and was a visiting scholar at the United States Studies Centre at the University of Sydney. His book on Miami’s queer past, Welcome to Fairyland, is forthcoming from the University of North Carolina Press.

Voir aussi:

There’s no evidence that immigrants hurt any American workers
The debate over the Mariel boatlift, a crucial immigration case study, explained.
Michael Clemens

Aug 3, 2017

Pressed by a New York Times reporter yesterday for evidence that immigration hurts American workers, White House senior adviser Stephen Miller said: “I think the most recent study I would point to is the study from George Borjas that he just did about the Mariel Boatlift.” Michael Clemens recently explained why that much-cited study shouldn’t be relied upon:

Do immigrants from poor countries hurt native workers? It’s a perpetual question for policymakers and politicians. That the answer is a resounding “Yes!” was a central assertion of Donald Trump’s presidential campaign. When a study by an economist at Harvard University recently found that a famous influx of Cuban immigrants into Miami dramatically reduced the wages of native workers, immigration critics argued that the debate was settled.

The study, by Harvard’s George Borjas, first circulated as a draft in 2015, and was finally published in 2017. It drew attention from the Atlantic, National Review, New Yorker, and others. Advocates of restricting immigration declared that the study was a “BFD” that had “nuked” their opponents’ views. The work underpinning the paper became a centerpiece of Borjas’s mass-market book on immigration, We Wanted Workers, which has been cited approvingly by US Attorney General Jeff Sessions as proving the economic harms of immigration.

But there’s a problem. The study is controversial, and its finding — that the Cuban refugees caused a large, statistically unmistakable fall in Miami wages — may be simply spurious. This matters because what happened in Miami is the one historical event that has most shaped how economists view immigration.

In his article, Borjas claimed to debunk an earlier study by another eminent economist, David Card, of UC Berkeley, analyzing the arrival of the Cubans in Miami. The episode offers a textbook case of how different economists can reach sharply conflicting conclusions from exactly the same data.

Yet this is not an “on the one hand, on the other” story: My own analysis suggests that Borjas has not proved his case. Spend a few minutes digging into the data with me, and it will become apparent that the data simply does not allow us to conclude that those Cubans caused a fall in Miami wages, even for low-skill workers.

The Mariel boatlift offered economists a remarkable opportunity to study the effect of immigration

For an economist, there’s a straightforward way to study how low-skill immigration affects native workers: Find a large, sudden wave of low-skill immigrants arriving in one city only. Watch what happens to wages and employment for native workers in that city, and compare that to other cities where the immigrants didn’t go.

An ideal “natural experiment” like this actually happened in Miami in 1980. Over just a few months, 125,000 mostly low-skill immigrants arrived from Mariel Bay, Cuba. This vast seaborne exodus — Fidel Castro briefly lifted Cuba’s ban on emigration -— is known as the Mariel boatlift. Over the next few months, the workforce of Miami rose by 8 percent. By comparison, normal immigration to the US increases the nationwide workforce by about 0.3 percent per year. So if immigrants compete with native workers, Miami in the 1980s is exactly where you should see natives’ wages drop.

Berkeley’s Card examined the effects of the Cuban immigrants on the labor market in a massively influential study in 1990. In fact, that paper became one of the most cited in immigration economics. The design of the study was elegant and transparent. But even more than that, what made the study memorable was what Card found.

In a word: nothing.

The Card study found no difference in wage or employment trends between Miami — which had just been flooded with new low-skill workers — and other cities. This was true for workers even at the bottom of the skills ladder. Card concluded that “the Mariel immigration had essentially no effect on the wages or employment outcomes of non-Cuban workers in the Miami labor market.”

You can see Card’s striking result in the graph below: There’s just no sign of a dip in low-skill Miami wages after the huge arrival of low-skill Cubans in 1980. The red line is the average wage, in each year, for workers in Miami, ages 19 to 65, whose education doesn’t go beyond high school. The dotted red lines show the interval of statistical confidence, so the true average wage could fall anywhere between the dotted lines.

These estimates come from a slice of a nationwide survey, in which small groups of individuals are chosen to represent the broader population. (It’s known as the March Supplement of the Current Population Survey, or CPS). Carving out low-skill workers in Miami alone, that leaves an average of 185 observations of workers per year, during the crucial years.

The gray dashed line shows what the wage would be if the pre-1980 trend had simply continued after 1980. As you can see, there is no dip in wages after those Cubans greatly increased the low-skill labor supply in 1980. If anything, wages rose relative to their previous trend in Miami. The same is true relative to wage trends in other, similar cities.

Current Population Survey, Clemens

Economists ever since have tried to explain this remarkable result. Was it that the US workers who might have suffered a wage drop had simply moved away? Had low-skill Cubans made native Miamians more productive by specializing in different tasks, thus stimulating the local economy? Was it that the Cubans’ own demand for goods and services had generated as many jobs in Miami as they filled? Or perhaps was it that Miami employers shifted to production technologies that used more low-skill labor, absorbing the new labor supply?

Regardless, there was no dip in wages to explain. The real-life economy was evidently more complex than an “Econ 101” model would predict. Such a model would require wages to fall when the supply of labor, through immigration, goes up.

Slicing up the data — all too finely

This is where two new studies came in, decades after Card’s — in 2015. One, by Borjas, claims that Card’s analysis had obscured a large fall in the wages of native workers by using too broad a definition of “low-skill worker.” Card’s study had looked at the wages of US workers whose education extended only to high school or less. That was a natural choice, since about half of the newly-arrived Cubans had a high school degree, and half didn’t.

Borjas, instead, focuses on workers who did not finish high school — and claimed that the Boatlift caused the wages of those workers, those truly at the bottom of the ladder, to collapse.

The other new study (ungated here), by economists Giovanni Peri and Vasil Yasenov, of the UC Davis and UC Berkeley, reconfirms Card’s original result: It cannot detect an effect of the boatlift on Miami wages, even among workers who did not finish high school.

In short, different well-qualified economists arrive at opposite conclusions about the effects of immigration, looking at the same data about the same incident, with identical modern analytical tools at their disposal. How that happened has a lot to teach about why the economics of immigration remains so controversial.

Suppose we are concerned that the graph above, covering all low-skill workers in Miami, is too aggregated — meaning it combines too many different kinds of workers. We would not want to miss the effects on certain subgroups that may have competed more directly with the newly-arrived Cubans. For example, the Mariel migrants were mostly men. They were Hispanic. Many of them were prime-age workers (age 25 to 59). So we should look separately at what happened to wages for each of those groups of low-skill workers who might compete with the immigrants more directly: men only, non-Cuban Hispanics only, prime-age workers only. Here’s what wages look like for those slices of the same data:

Here again, if anything, wages rose for each of these groups of low-skill workers after 1980, relative to their previous trend. There isn’t any dip in wages to explain. And, again, the same is true if you compare wage trends in Miami to trends in other, similar cities.

Peri and Yasenov showed that there is still no dip in wages even when you divide up low-skill workers by whether or not they finished high school. About half of the Mariel migrants had finished high school, and the other half hadn’t. So you might expect negative wage effects on both groups of workers in Miami. Here is what the wage trends look like for those two groups.

The wages of Miami workers with high school degrees (and no more than that) jump up right after the Mariel boatlift, relative to prior trends. The wages of those with less than a high school education appear to dip slightly, for a couple of years, although this is barely distinguishable amid the statistical noise. And these same inflation-adjusted wages were also falling in many other cities that didn’t receive a wave of immigrants, so it’s not possible to say with statistical confidence whether that brief dip on the right is real. It might have been — but economists can’t be sure. The rise on the left, in contrast, is certainly statistically significant, even relative to corresponding wage trends in other cities.

Here is how the Borjas study reaches exactly the opposite conclusion. The Borjas study slices up the data much more finely than even Peri and Yasenov do. It’s not every worker with less than high school that he looks at. Borjas starts with the full sample of workers of high school or less — then removes women, and Hispanics, and workers who aren’t prime age (that is, he tosses out those who are 19 to 24, and 60 to 65). And then he removes workers who have a high school degree.

In all, that means throwing out the data for 91 percent of low-skill workers in Miami in the years where Borjas finds the largest wage effect. It leaves a tiny sample, just 17 workers per year. When you do that, the average wages for the remaining workers look like this:

For these observations picked out of the broader dataset, average wages collapse by at least 40 percent after the boatlift. Wages fall way below their previous trend, as well as way below similar trends in other cities, and the fall is highly statistically significant.

How to explain the divergent conclusions?

There are two ways to interpret these findings. The first way would be to conclude that the wage trend seen in the subgroup that Borjas focuses on — non-Hispanic prime-age men with less than a high school degree — is the “real” effect of the boatlift. The second way would be to conclude, as Peri and Yasenov do, that slicing up small data samples like this generates a great deal of statistical noise. If you do enough slicing along those lines, you can find groups for which wages rose after the Boatlift, and others for which it fell. In any dataset with a lot of noise, the results for very small groups will vary widely.

Researchers can and do disagree about which conclusion to draw. But there are many reasons to favor the view that there is no compelling basis to revise Card’s original finding. There is not sufficient evidence to show that Cuban immigrants reduced any low-skill workers’ wages in Miami, even small minorities of them, and there isn’t much more that can be learned about the Mariel boatlift with the data we have.

Here are three reasons why Card’s canonical finding stands.

Borjas’s theory doesn’t fit the evidence

The first reason is economic theory. The simple theory underlying all of this analysis is that when the supply of labor rises, wages have to fall. But if we interpret the wage drop in Borjas’s subgroup as an effect of the Boatlift, we need to interpret the upward jumps in the other graphs above, too, as effects of the Boatlift. That is, we would need to interpret the sharp post-Boatlift rise in wages for low-skill Miami Hispanics, regardless of whether they had a high school degree, as another effect of the influx of workers.

But wait. The theory of supply and demand cannot explain how a massive infusion of low-skill Cuban Hispanics would cause wages to rise for other Hispanics, who would obviously compete with them. For the same reason, we would need to conclude that the boatlift caused a large rise in the wages of Miami workers with high school degrees only, both Hispanic and non-Hispanic — who constitute the large majority of low-skill workers in Miami. And so on.

Economic theory doesn’t offer a reason why such a big benefit should happen. So we should be suspicious of jumping to the rosy conclusion that the Mariel boatlift caused big wage increases for the other 91 percent of low-skill workers in Miami. One could reach that conclusion by the same method Borjas used, if one sought such a result. But we should hesitate to make strong conclusions — one way or another — from any handpicked subset of the data.

The study states that this was done because, among other reasons, the arrival of non-Cuban Hispanics in some of the other cities that Miami is being compared to — including Anaheim and Rochester — may have driven down wages in those places. But the graphs shown here are just for Miami, unaffected by that hypothetical concern.

As you can see above, the wages of low-skill Hispanics as a whole jumped upward in Miami in the years after the boatlift. Dropping the data on groups that experienced wage increases, without a sound theoretical reason to do so, ensures by construction that wages fall in the small group that remains. The method determines the result.

There’s too much noise in the data to conclude native workers were hurt

The second reason the data backs Peri and Yasenov’s interpretation is statistical noise caused by small subsamples. Because there is a great deal of noise in the data, if we’re willing to take low-skill workers in Miami and hand-pick small subsets of them, we can always find small groups of workers whose wages rose during a particular period, and other groups whose wages fell. But at some point we’re learning more about statistical artifacts than about real-world events.

Remember the key Borjas sample in each year — the one that experienced a large drop in wages — was just 17 men. By picking various small subsets of the data, a researcher could hypothetically get any positive or negative “effect” of the boatlift.

Race made a difference here

Yet another reason to believe the Card study remains solid has to do with something very different from statistical noise. Average wages in tiny slices of the data can change sharply because of small but systematic changes in who is getting interviewed. And it turns out that the CPS sample includes vastly more black workers in the data used for the Borjas study after the boatlift than before it.

Because black men earned less than others, this change would necessarily have the effect of exaggerating the wage decline measured by Borjas. The change in the black fraction of the sample is too big and long-lasting to be explained by random error. (This is my own contribution to the debate. I explore this problem in a new research paper that I co-authored with Jennifer Hunt, a professor of economics at Rutgers University.)

Around 1980, the same time as the Boatlift, two things happened that would bring a lot more low-wage black men into the survey samples. First, there was a simultaneous arrival of large numbers of very low-income immigrants from Haiti without high school degrees: that is, non-Hispanic black men who earn much less than US black workers but cannot be distinguished from US black workers in the survey data. Nearly all hadn’t finished high school.

That meant not just that Miami suddenly had far more black men with less than high school after 1980, but also that those black men had much lower earnings. Second, the Census Bureau, which ran the CPS surveys, improved its survey methods around 1980 to cover more low-skill black men due to political pressure after research revealed that many low-income black men simply weren’t being counted.

You can see what happened in the graph below, which has a point for each year’s group of non-Hispanic men with less than high school, in the data used by Borjas (ages 25 to 59). The horizontal axis is the fraction of the men in the sample who are black. The vertical axis is the average wage in the sample. Because black men in Miami at this skill level earned much less than non-blacks, it’s no surprise that the more black men are covered by each year’s sample, the lower the average wage.

But here’s the critical problem: The fraction of black workers in this sample increased dramatically between the years just before the boatlift (in red) and the years just after the boatlift (in blue). That demographic shift would make the average wage in this group appear to fall right after the boatlift, even if no one’s wages actually changed in any subpopulation. What changed was who was included in the sample.

Why hadn’t this problem affected Card’s earlier results? Because there wasn’t any shift like this for workers who had finished high school only (as opposed to less than high school). Here is the same graph for those workers (again, non-Hispanic males 25 to 59):

Here, too, you can see that in the years where the survey covered more black men, the average wage is lower. But for this group, there wasn’t any increase in the relative number of blacks surveyed after 1980. If anything, black fraction of the sample is a little lower right after 1980. So the average wage in the post-boatlift years (blue) isn’t any lower than the average wage in the pre-boatlift years (red). About two-thirds of Card’s sample was these workers, where the shift in the fraction of black workers did not happen.

When the statistical results in the Borjas study are adjusted to allow for changing black composition of the sample in each city, the result becomes fragile. In the dataset Borjas focuses on, the result suddenly depends on which set of cities one chooses to compare Miami to. And in the other, larger CPS dataset that covers the same period, there is no longer a statistically significant dip in wages at all.

You might think that there’s an easy solution: Just test for the effects of the boatlift on workers who aren’t black. But this is really pushing the data further than it can go. By the time you’ve discarded women, and Hispanics, and workers under 25, and workers over 59, and anyone who finished high school— and blacks, you’ve thrown away 98 percent of the data on low-skill workers in Miami. There are only four people left in each year’s survey, on average, during the years that the Borjas study finds the largest effect. The average wage in that minuscule slice of the data looks like this:

With samples that small, the statistical confidence interval (represented by the dotted lines) is huge, meaning we can’t infer anything general from the results. We can’t distinguish large declines in wages from large rises in wages — at least until several years after the boatlift happened, and those can’t be plausibly attributed to the boatlift. Taking just four workers at a time from the larger dataset, a researcher could achieve practically any result whatsoever. There may have been a wage decline in this group, or a rise, but there just isn’t sufficient evidence to know.

David Card’s canonical conclusion stands

In sum, the evidence from the Mariel boatlift continues to support the conclusion of David Card’s seminal research: There is no clear evidence that wages fell (or that unemployment rose) among the least-skilled workers in Miami, even after a sudden refugee wave sharply raised the size of that workforce.

This does not by any means imply that large waves of low-skill immigration could not displace any native workers, especially in the short term, in other times and places. But politicians’ pronouncements that immigrants necessarily do harm native workers must grapple with the evidence from real-world experiences to the contrary.

Michael Clemens is an economist at the Center for Global Development in Washington, DC, and the IZA Institute of Labor Economics in Bonn, Germany. His book The Walls of Nations is forthcoming from Columbia University Press.

Voir aussi:

The Republican candidate wants to deport immigrants and build a wall to keep Mexicans out. So what drives los Trumpistas?

Lauren Gambino

‘Trump is our wakeup call’

Raul Rodriguez, 74, Apple Valley, California

I always carry a bullhorn with me to rallies and campaign events. Into it I shout: “America, wake up!” Americans have been asleep for way too long. We need to realise that the future of our country is at stake.

If we don’t elect Donald Trump, we’ll get another four years of Barack Obama and frankly, I don’t know what would happen to this wonderful country of ours. Obama has already done so much to destroy our way of life and Hillary Clinton is promising to carry on where he left off. Like Obama, she wants to change our fundamental values – the ones people like my father fought to defend.

My father was born in Durango, Mexico. When he came to the US he joined the military and served as a medic during the second world war. He was a very proud American – he truly loved this country. I think I got my sense of patriotism from him.

Obama and Hillary Clinton want to have open borders. They let illegal immigrants cross our borders and now they want to accept thousands of Syrians. We don’t know who these people are. If they want to come to this country, they have to do it the right way, like my father did it.

I’m tired of politicians telling voters what they want to hear and then returning to Washington and doing whatever their party tells them to do. Politicians are supposed to represent the people – not their parties or their donors.

Part of the reason I like Donald Trump is because he isn’t an established politician. Sometimes that hurts him and people get offended. But the truth hurts. Even if he doesn’t say it well, he’s not wrong. Trump is our wakeup call.

‘Democrats treat Latinos as if we’re all one big group’

Ximena Barreto, 31, San Diego, California

I was in primary school in my native Colombia when my father was murdered. I was six – just one year older than my daughter is now. My father was an officer in the Colombian army at a time when wearing a uniform made you a target for narcoterrorists, Farc fighters and guerrilla groups.

What I remember clearly from those early years is the bombing and the terror. I was so afraid, especially after my dad died. At night, I would curl up in my mother’s bed while she held me close. She could not promise me that everything was going to be all right, because it wasn’t true. I don’t want my daughter to grow up like that.

But when I turn on my TV, I see terrorist attacks in San Bernardino and in Orlando. There are dangerous people coming across our borders. Trump was right. Some are rapists and criminals, but some are good people, too. But how do we know who is who, when you come here illegally?

I moved to the US in 2006 on a work permit. It took nearly five years and thousands of dollars to become a US citizen. I know the process is not perfect, but it’s the law. Why would I want illegals coming in when I had to go through this? It’s not fair that they’re allowed to jump the line and take advantage of so many benefits, ones that I pay for with my tax dollars.

People assume that because I’m a woman, I should vote for the woman; or that because I’m Latina, I should vote for the Democrat. The Democrats have been pandering to minorities and women for the last 50 years. They treat Latinos as if we’re all one big group. I’m Colombian – I don’t like Mariachi music. Donald Trump is not just saying what he thinks people want to hear, he’s saying what they’re afraid to say. I believe that he’s the only candidate who can make America strong and safe again.

‘Trump beat the system: what’s more American than that?’

Bertran Usher, 20, Inglewood, California

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Bertran Usher, centre. Photograph: Edoardo Delille and Giulia Piermartiri/Institute

Donald Trump is the candidate America deserves. For decades, Americans have bemoaned politicians and Washington insiders. We despise political speak and crave fresh, new ideas. When you ask for someone with no experience, this is what you get. It’s like saying you don’t want a doctor to operate on you.

But Trump is a big FU to America. He beat the system and proved everyone wrong. What’s more American than that?

As a political science student who one day hopes to go into politics, I am studying this election closely. Both candidates are deeply unpopular and people of my generation are not happy with their choices. I believe we can learn what not to do from this election. I see how divided the country is, and it’s the clearest sign that politicians will have to learn to work together to make a difference. It’s not always easy, but I’ve seen this work.

I was raised in a multicultural household. My mother, a Democrat, is Latino and African American, raised in the inner city of Los Angeles. My father, a Republican, is an immigrant from Belize. My parents and I don’t always see eye to eye on everything, but our spirited debates have helped add nuance to my politics.

I’m in favour of small government, but I support gay rights. I believe welfare is an important service for Americans who need it, but I think our current programme needs to be scaled back. I think we need to have stricter enforcement of people who come to the country illegally, but I don’t think we should deport the DREAMers [children of immigrants who were brought to the country illegally, named after the 2001 Development, Relief, and Education for Alien Minors Act].

Trump can be a nut, but I think he’s the best candidate in this election. Though there are issues of his I disagree with, at least he says what’s on his mind, as opposed to Hillary Clinton, who hides what she’s thinking behind her smile.

It’s up to my generation to fix the political mess we’re in. I plan to be a part of the solution.

‘Trump’s The Art Of The Deal inspired me to be a businessman’

Omar Navarro, 27, Torrance, California

When I was a kid, people would ask what I wanted to be when I grew up. I would tell them: I want to be president of the United States. If that doesn’t work out, I want to be a billionaire like Trump.

In a way, I supported him long before he announced he was running for president. He was my childhood hero. I read The Art Of The Deal as a student; it inspired me to become a businessman. Now I own a small business and am running for Congress in California’s 43rd district.

Trump built an empire and a strong brand that’s recognisable all around the world; he’s a household name and a world-class businessman. Almost anywhere you go, you can see the mark of Donald Trump on a building or property. When I see that, I see the American Dream.

Some people ask me how I can support Donald Trump as the son of a Mexican and Cuban immigrants. They are categorising me. In this country we label people: Hispanic, African American, Asian, Caucasian. We separate and divide people into social categories based on race, ethnicity, gender and creed. To me, this is a form of racism. I’m proud of my Hispanic heritage but I’m an American, full stop.

Like all immigrants, my parents came to this country for a better opportunity. But they did it legally. They didn’t cut the line. They assimilated to the American way of life, learned English and opened small businesses.

Why should we allow people to skirt the law? Imagine making a dinner reservation and arriving at the restaurant to find out that another family has been seated at your table. How is that fair?

We have to have laws and as a country we must enforce those laws. A society without laws is just anarchy. If someone invited you to their house and asked you to remove your shoes would you keep them on? If we don’t enforce the rules, why would anyone respect them? I believe Donald Trump will enforce the rules.

‘He has taken a strong stand against abortion’

Jimena Rivera, 20, student at the University of Texas at Brownsville

I’m Mexican, so I don’t have a vote, but I support Donald Trump because he is the one candidate who opposes abortion. He may have wavered in the beginning, but since becoming the nominee he has taken a strong stand against abortion.

Hillary Clinton is running as the leader of a party that has pushed a very pro-choice platform. Even Democrats like her running mate, Tim Kaine, who is a devout Catholic, compromise their faith to support abortion.

I don’t always agree with his positions on immigration. I see the border wall every day. I’m not convinced that it’s effective. The people who want to cross will find a way. I don’t think it’s right that they do, but most of them are looking for a better way of life. A wall won’t stop them.

‘Lower taxes and less regulation will create more jobs’

Marissa Desilets, 22, Palm Springs, California

I am a proud Hispanic conservative Republican woman. I became politically engaged as a political science and economics major at university. By my junior year, I was a member of the campus Republicans’ club. As a student of economics, I am very impressed with Trump’s economic agenda. I believe we must cut taxes for everyone and eliminate the death tax. Lowering taxes and reeling back regulations will create more jobs – meaning more tax-paying Americans. This in turn will generate more revenue for the Treasury.

I also support Trump because he favours strong leadership and promised to preserve the constitution of the United States. We must have a rule of law in this country. We must close our open borders. Like Trump says: “a nation without borders is not a nation.” This doesn’t mean we should not allow any immigrants. We should welcome new immigrants who choose to legally enter our beautiful country.

This won’t be the case if Hillary Clinton becomes president. I would expect the poor to become poorer and our country to become divided. I believe that liberals’ reckless domestic spending will bankrupt our future generations. I refuse to support a party that desires to expand the government and take away my civil liberties.

‘He has gone through so many divorces, yet raised such a close-knit family’

Dr Alexander Villicana, 80, Pasadena, California

I am an example of the opportunities this country has to offer. My parents came from Mexico at the turn of the 20th century. They were not educated but they worked hard to make a better life for us and it paid off.

I went to school and studied cosmetic surgery. Now I work as a plastic surgeon and have been in practice for the last 40 years. I have a beautiful family and my health. I am Hispanic – but I am a citizen of the United States and I feel very patriotic for this country that has given me so much.

I’m supporting Trump because I agree with his vision for our economy. He has experience at the negotiating table, so he knows what to do to create jobs and increase workers’ salaries. In Trump’s America people would be rewarded for their hard work rather than penalised with hefty taxes.

The security of our nation is a top priority for me. I think it would be impossible to deport 11 million people who are here illegally, but we have to do a better job of understanding who is in our country and who is trying to come into our country.

A lot of what Trump says, especially about security and immigration, is twisted by the media. What he said about Mexicans, for example, that wasn’t negative – it was the truth. There are Mexicans bringing over drugs and perpetrating rapes. But what he also said – and the media completely ignored – is that many Mexicans are good people coming over for a better quality of life.

He may be blunt and occasionally offensive but I find him likable. I was so impressed by Trump and his family at the Republican National Convention. It’s hard for me to imagine that someone who has gone through so many divorces has managed to raise such a close-knit family. None of his children had to work and yet they spoke with eloquence and integrity about their father.

‘When Trump is harsh about Mexicans, he is right’

Francisco Rivera, 43, Huntington Park, California

People ask me how I can support Donald Trump. I say, let me tell you a story. I was in line at the movie theatre recently when I saw a young woman toss her cupcake into a nearby planter as if it were a trash can. I walked over to her and said, “Honey, excuse me, does that look like a garbage can to you?” And you know what she told me? “There’s already trash in the planter, so what does it matter?”

I asked her what part of Mexico she was from. She seemed surprised and asked how I knew she was from Mexico. “Look at what you just did,” I told her. “Donald Trump may sound harsh when he speaks about Mexicans, but he is right. It’s people like you that make everyone look bad.”

I moved from Mexico with my family when I was seven. I still carry a photo of my brother and I near our home, to remind people how beautiful the city once was. Now I spend my time erasing graffiti from the walls and picking up trash. Sixty years ago, we accepted immigrants into our country who valued the laws, rules and regulations that made America the land of opportunity. Back in those days, people worked hard to improve themselves and their communities.

I’m tired of living in a lawless country. It’s like we put a security guard at the front door, but the Obama administration unlocked the back door. And I have seen what my own people have done to this country. They want to convert America into the country they left behind. This country has given me so many opportunities I wouldn’t have had if my mom had raised her family in Mexico. I want America to be great again, and that’s why in November I am going to vote for Donald Trump.

‘I voted for Obama twice, but Hillary gets a free pass’

Teresa Mendoza, 44, Mesa, Arizona

In my day job I am a real estate agent but every now and then I dabble in standup comedy. Comedy used to be a safe space. You could say whatever you wanted to and it was understood that it was meant to make people laugh. Now everything has to be politically correct. You can’t say “Hand me the black crayon” without someone snapping back at you: “What do you mean by that?” Donald Trump offended a lot of people when he gave the speech calling [Mexicans] rapists and criminals but he didn’t offend me.

I was a liberal Democrat all my life. Before this I voted for Obama twice. I wanted to be a part of history. If it wasn’t for Obamacare and the ridiculous growth of our federal government, I’d probably still be a Democrat, asleep at the wheel. But I woke up and realised I’m actually much more in line with Republicans on major policy points.

I like to joke that I’m an original anchor baby. My parents came from Mexico in the 1970s under the Bracero work programme making me a California-born Chicana. We later became US citizens. But now that I’m a Republican, Hillary Clinton is trying to tell me I’m “alt-right”. It’s strange isn’t it? All of a sudden I’m a white nationalist.

My sons and I go back and forth. They don’t like Trump. But it’s what they’re hearing in school, from their friends and teachers, who are all getting their news from the same biased news outlets.

I’m very concerned about the role the media is taking in this election. The networks sensationalise and vilify Trump while they give Hillary Clinton a free pass. It amazes me. I don’t care if Trump likes to eat his fried chicken with a fork and a knife. I do care that Clinton has not been held responsible for the Benghazi attacks.

Voir également:

En 2016, le business des passeurs de migrants s’élevait à 7 milliards de dollars

Zoé Lauwereys
Le Parisien
10 juillet 2018

L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (l’UNODC) livre un rapport détaillé sur le trafic fructueux des passeurs.

On connaît les photos de ces hommes et de ces femmes débarquant sur des plages européennes, engoncés dans leurs gilets de sauvetage orange, tentant à tout prix de maintenir la tête de leur enfant hors de l’eau. Impossible également d’oublier l’image du corps du petit Aylan Kurdi, devenu en 2016 le symbole planétaire du drame des migrants. Ce que l’on sait moins c’est que le « business » des passeurs rapporte beaucoup d’argent. Selon la première étude du genre de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (l’UNODC), le trafic de migrants a rapporté entre 5,5 et 7 milliards de dollars (entre 4,7 et 6 milliards d’euros) en 2016. C’est l’équivalent de ce que l’Union européenne a dépensé la même année dans l’aide humanitaire, selon le rapport.

A quoi correspond cette somme ?

En 2016, au moins 2,5 millions de migrants sont passés entre les mains de passeurs, estime l’UNODC qui rappelle la difficulté d’évaluer une activité criminelle. De quoi faire fructifier les affaires de ces contrebandiers. Cette somme vient directement des poches des migrants qui paient des criminels pour voyager illégalement. Le tarif varie en fonction de la distance à parcourir, du nombre de frontières, les moyens de transport utilisés, la production de faux papiers… La richesse supposée du client est un facteur qui fait varier les prix. Evidemment, payer plus cher ne rend pas le voyage plus sûr ou plus confortable, souligne l’UNODC.Selon les estimations de cette agence des Nations unies, ce sont les passages vers l’Amérique du Nord qui rapportent le plus. En 2016, jusqu’à 820 000 personnes ont traversé la frontière illégalement, versant entre 3,1 et 3,6 milliards d’euros aux trafiquants. Suivent les trois routes de la Méditerranée vers l’Union européenne. Environ 375 000 personnes ont ainsi entrepris ce voyage en 2016, rapportant entre 274 et 300 millions d’euros aux passeurs.Pour atteindre l’Europe de l’Ouest, un Afghan peut ainsi dépenser entre 8000 € et 12 000 €.

L’Europe, une destination de choix

Sans surprise, les rédacteurs du rapport repèrent que l’Europe est une des destinations principales des migrants. Les pays d’origine varient, mais l’UNODC parvient à chiffrer certains flux. Les migrants qui arrivent en Italie sont originaires à 89 % d’Afrique, de l’Ouest principalement. 94 % de ceux qui atteignent l’Espagne sont également originaires d’Afrique, de l’Ouest et du Nord. LIRE AUSSI >Migrants : pourquoi ils ont choisi la France

En revanche, la Grèce accueille à 85 % des Afghans, Syriens et des personnes originaires des pays du Moyen-Orient.

En route vers l’Amérique du Nord

Le nord de l’Amérique et plus particulièrement les Etats-Unis accueillent d’importants flux de migrants. Comme l’actualité nous l’a tristement rappelé récemment, des milliers de citoyens de pays d’Amérique centrale et de Mexicains traversent chaque année la frontière qui sépare les Etats-Unis du Mexique. Les autorités peinent cependant à quantifier les flux. Ce que l’on sait c’est qu’en 2016, 2 404 personnes ont été condamnées pour avoir fait passer des migrants aux Etats-Unis. 65 d’entre eux ont été condamnés pour avoir fait passer au moins 100 personnes.Toujours en 2016, le Mexique, qui fait office de « pays-étape » pour les voyageurs, a noté que les Guatémaltèques, les Honduriens et les Salvadoriens formaient les plus grosses communautés sur son territoire. En 2016, les migrants caribéens arrivaient principalement d’Haïti, note encore l’UNODC.

Un trafic mortel

S’appuyant sur les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le rapport pointe les risques mortels encourus par les migrants. Première cause : les conditions de voyage difficiles. Sur les 8189 décès de migrants recensés par l’OIM en 2016, 3832 sont morts noyés (46 %) en traversant la Méditerranée. Les passages méditerranéens sont les plus mortels. L’un d’entre eux force notamment les migrants à parcourir 300 kilomètres en haute mer sur des embarcations précaires.C’est aussi la cruauté des passeurs qui est en cause. L’UNODC décrit le sort de certaines personnes poussées à l’eau par les trafiquants qui espèrent ainsi échapper aux gardes-côtes. Le cas de centaines de personnes enfermées dans des remorques sans ventilation, ni eau ou nourriture pendant des jours est également relevé. Meurtre, extorsion, torture, demande de rançon, traite d’être humain, violences sexuelles sont également le lot des migrants, d’où qu’ils viennent. En 2017, 382 migrants sont décédés de la main des hommes, soit 6 % des décès.

Qui sont les passeurs ?

Le passeur est le plus souvent un homme mais des femmes (des compagnes, des sœurs, des filles ou des mères) sont parfois impliquées dans le trafic, définissent les rédacteurs de l’étude. Certains parviennent à gagner modestement leur vie, d’autres, membres d’organisations et de mafias font d’importants profits. Tous n’exercent pas cette activité criminelle à plein temps. Souvent le passeur est de la même origine que ses victimes. Il parle la même langue et partage avec elles les mêmes repères culturels, ce qui lui permet de gagner leur confiance. Le recrutement des futurs « clients » s’opère souvent dans les camps de réfugiés ou dans les quartiers pauvres.

Les réseaux sociaux, nouvel outil des passeurs

Facebook, Viber, Skype ou WhatsApp sont devenus des indispensables du contrebandier qui veut faire passer des migrants. Arrivé à destination, le voyageur publie un compte rendu sur son passeur. Il décrit s’il a triché, échoué ou s’il traitait mal les migrants. Un peu comme une note de consommateur, rapporte l’UNODC.Mieux encore, les réseaux sociaux sont utilisés par les passeurs pour leur publicité. Sur Facebook, les trafiquants présentent leurs offres, agrémentent leur publication d’une photo, détaillent les prix et les modalités de paiement.L’agence note que, sur Facebook, des passeurs se font passer pour des ONG ou des agences de voyages européennes qui organisent des passages en toute sécurité. D’autres, qui visent particulièrement les Afghans, se posent en juristes spécialistes des demandes d’asile…

Voir enfin:

How The Pee Tape Explains The World Cup

Bidding for the 2018 World Cup was the first glimpse of today’s “Machiavellian Russia,” Ken Bensinger explains in his new book about FIFA’s corruption scandal.

On the morning of May 27, 2015, Swiss police officers raided the Baur au Lac Hotel in Zurich and arrested nine of the world’s top soccer officials on behalf of the United States government. In the coming days, the world would learn about deep-seated corruption throughout FIFA, global soccer’s governing body, that stretched from its top ranks to its regional confederations to its marketing partners around the world.

Top soccer officials from across North, South and Central America and the Caribbean were among those implicated in the case, which also brought down top executives from sports marketing firms that had bribed their way into controlling the broadcast and sponsorship rights associated with soccer’s biggest events. FIFA’s longtime president, Joseph “Sepp” Blatter, eventually resigned in disgrace.

It was the biggest organized-corruption scandal in sports history, and some within FIFA were skeptical of the Americans’ motives. In 2010 the U.S. had bid to host the 2022 World Cup, only to lose a contentious vote to Qatar. For FIFA officials, it felt like a case of sour grapes.

But as BuzzFeed investigative reporter Ken Bensinger chronicles in his new book, Red Card: How the U.S. Blew the Whistle on the World’s Biggest Sports Scandal, the investigation’s origins began before FIFA handed the 2018 World Cup to Russia and the 2022 event to Qatar. The case had actually begun as an FBI probe into an illegal gambling ring the bureau believed was run by people with ties to Russian organized crime outfits. The ring operated out of Trump Tower in New York City.

Eventually, the investigation spread to soccer, thanks in part to an Internal Revenue Service agent named Steve Berryman, a central figure in Bensinger’s book who pieced together the financial transactions that formed the backbone of the corruption allegations. But first, it was tips from British journalist Andrew Jennings and Christopher Steele ― the former British spy who is now known to American political observers as the man behind the infamous so-called “pee tape” dossier chronicling now-President Donald Trump’s ties to Russia ― that pointed the Americans’ attention toward the Russian World Cup, and the decades of bribery and corruption that had transformed FIFA from a modest organization with a shoestring budget into a multibillion-dollar enterprise in charge of the world’s most popular sport. Later, the feds arrested and flipped Chuck Blazer, a corrupt American soccer official and member of FIFA’s vaunted Executive Committee. It was Blazer who helped them crack the case wide open, as HuffPost’s Mary Papenfuss and co-author Teri Thompson chronicled in their book American Huckster, based on the 2014 story they broke of Blazer’s role in the scandal.

Russia’s efforts to secure hosting rights to the 2018 World Cup never became a central part of the FBI and the U.S. Department of Justice’s case. Thanks to Blazer, it instead focused primarily on CONCACAF, which governs soccer in the Caribbean and North and Central America, and other officials from South America.

But as Bensinger explained in an interview with HuffPost this week, the FIFA case gave American law enforcement officials an early glimpse into the “Machiavellian Russia” of Vladimir Putin “that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it.” And it was Steele’s role in the earliest aspects of the FIFA case, coincidentally, that fostered the relationship that led him to hand his Trump dossier to the FBI ― the dossier that has now helped form “a big piece of the investigative blueprint,” as Bensinger said, that former FBI director Robert Mueller is using in his probe of Russian meddling in the election that made Trump president.

Ahead of Sunday’s World Cup final, which will take place in Moscow, HuffPost spoke with Bensinger about Red Card, the parallels between the FIFA case and the current American political environment, FIFA’s reform efforts, and whether the idea of corruption-free global soccer is at all possible.

The following is a lightly edited transcription of our discussion.

You start by addressing the main conspiracy theory around this, which is that this was a case of sour grapes from the United States losing out on hosting the 2022 World Cup. But the origin was a more traditional FBI investigation into Russian organized crime, right?

That’s correct. And there are sort of these weird connections to everything going on in the political sphere in our country, which I think is interesting because when I was reporting the book out, it was mostly before the election. It was a time when Christopher Steele’s name didn’t mean anything. But what I figured out over time is that this had nothing to do with sour grapes, and the FBI agents who opened the case didn’t really care about losing the World Cup. The theory was that the U.S. investigation was started because the U.S. lost to Qatar, and Bill Clinton or Eric Holder or Barack Obama or somebody ordered up an investigation.

What happened was that the investigation began in July or August 2010, four or five months before the vote happened. It starts because this FBI agent, who’s a long-term Genovese crime squad guy, gets a new squad ― the Eurasian Organized Crime Squad ― which is primarily focused on Russian stuff. It’s a squad that’s squeezed of resources and not doing much because under Robert Mueller, who was the FBI director at the time, the FBI was not interested in traditional crime-fighting. They were interested in what Mueller called transnational crime. So this agent looked for cases that he thought would score points with Mueller. And one of the cases they’re doing involves the Trump Tower. It’s this illegal poker game and sports book that’s partially run out of the Trump Tower. The main guy was a Russian mobster, and the FBI agent had gone to London ― that’s how he met Steele ― to learn about this guy. Steele told him what he knew, and they parted amicably, and the parting shot was, “Listen, if you have any other interesting leads in the future, let me know.”

It was the first sort of sign of the Russia we now understand exists, which is kind of a Machiavellian Russia that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it.

Steele had already been hired by the English bid for the 2018 World Cup at that point. What Chris Steele starts seeing on behalf of the English bid is the Russians doing, as it’s described in the book, sort of strange and questionable stuff. It looks funny, and it’s setting off alarm bells for Steele. So he calls the FBI agent back, and says, “You should look into what’s happening with the World Cup bid.” And my sense is the FBI agent, at that point, says something along the lines of: “What’s the World Cup? And what’s FIFA?”

He really didn’t know much about it, to the point that when he comes back to New York and opens the case, it’s sort of small and they don’t take it too seriously. They were stymied, trying to figure out how to make it a case against Russia. Meanwhile, the vote happens and Russia wins its bid for the 2018 World Cup.

So it’s more a result of the U.S. government’s obsession, if you will, with Russia and Russian crime generally?

The story would be different if this particular agent was on a different squad. But he was an ambitious agent just taking over a squad and trying to make a name for himself. This was his first management job, and he wanted to make big cases. He decides to go after Russia in Russia as a way to make a splash. It’s tempting to look at this as a reflection of the general U.S. writ large obsession with Russia, which certainly exists, but it’s also a different era. This was 2009, 2010. This was during the Russian reset. It was Obama’s first two years in office. He’s hugging Putin and talking about how they’re going to make things work. Russia is playing nice-nice. The public image is fairly positive in that period. It wasn’t, “Russia’s the great enemy.” It was more like, “Russia can be our friend!”

That’s what I find interesting about this case is that, what we see in Russia’s attempt to win the World Cup by any means is the first sort of sign of the Russia we now understand exists, which is kind of a Machiavellian Russia that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it. It was like a dress rehearsal for that.

Steele has become this sort of household name in politics in the U.S., thanks to the Trump dossier. But here he is in the FIFA scandal. Was this coincidental, because he’s the Russia guy and we’re investigating Russia?

It’s one of these things that looks like an accident, but so much of world history depends on these accidents. Chris Steele, when he was still at MI-6, investigated the death of Alexander Litvinenko, who was the Russian spy poisoned with polonium. It was Steele who ran that investigation and determined that Putin probably ordered it. And then Steele gets hired because of his expertise in Russia by the English bid, and he becomes the canary in the coal mine saying, “Uh oh, guys, it’s not going to be that easy, and things are looking pretty grim for you.”

That’s critical. I don’t know if that would have affected whether or not Chris Steele later gets hired by Fusion GPS to put together the Trump dossier. But it’s certain that the relationship he built because of the FIFA case meant that the FBI took it more seriously. The very same FBI agent that he gave the tip on FIFA to was the agent he calls up in 2016 to say, “I have another dossier.”

The FBI must get a crazy number of wild, outlandish tips all the time, but in this case, it’s a tip from Christopher Steele, who has proven his worth very significantly to the FBI. This is just a year after the arrests in Zurich, and the FBI and DOJ are feeling very good about the FIFA case, and they’re feeling very good about their relationship with Christopher Steele.

If we think about the significance of the dossier ― and I realize that we’ve learned that the FBI had already begun to look into Trump and Russia prior to having it ― it’s also clear that the dossier massively increased the size of the investigation, led to the FISA warrants where we’re listening to Carter Page and others, and formed a big piece of the investigative blueprint for Mueller today. Steele proved his worth to the FBI at the right time, and that led to his future work being decisive

To the investigation itself: In 2010, FIFA votes to award the 2018 World Cup to Russia and the 2022 World Cup to Qatar, and you quote (now former) FIFA vice president Jérôme Valcke as saying, “This is the end of FIFA.” So there were some people within FIFA that saw this vote as a major turning point in its history?

I think he and others were recognizing this increasingly brazen attitude of the criminality within FIFA. They had gone from an organization where people were getting bribes and doing dirty stuff, but doing it very carefully behind closed doors. And it was transitioning to one where the impunity was so rampant that people thought they could do anything. And I think in his mind, awarding the World Cup to Russia under very suspicious circumstances and also awarding it to Qatar, which by any definition has no right to host this tournament, it felt to him and others like a step too far.

I don’t think he had any advance knowledge that the U.S. was poking around on it, but he recognized that it was getting out of hand. People were handing out cash bribes in practically broad daylight, and as corrupt as these people were, they didn’t tend to do that.

You write early in the book that this all started with the election, as FIFA president, of João Havelange in 1974. He takes advantage of modern marketing and media to begin to turn FIFA into the organization that we know today. Is it fair to say that this corruption scandal was four decades in the making?

I haven’t thought of it that way, but in a way, you’re right. The FIFA culture we know today didn’t start yesterday. It started in 1974 when this guy gets elected, and within a couple years, the corruption starts. And it starts with one bribe to Havelange, or one idea that he should be bribed. And it starts a whole culture, and the people all sort of learn from that same model. The dominoes fell over time. It’s not a new model, and things were getting more and more out of hand over time. FIFA had been able to successfully bat these challenges down over the years. There’s an attempted revolt in FIFA in 2001 or 2002 that Blatter completely shut down. The general secretary of FIFA was accusing Blatter and other people of either being involved in corruption or permitting corruption, and there’s a moment where it seems like the Executive Committee was going to turn against Blatter and vote him out and change everything. But they all blinked, and Blatter dispensed his own justice by getting rid of his No. 2 and putting in people who were going to be loyal to him. The effect of those things was more brazen behavior.

Everyone knew this was going on. Why didn’t it come to light sooner?

It was an open secret. I think it’s because soccer’s just too big and important in all these other countries. I think other countries have just never been able to figure out how to deal with it. The best you’d get was a few members of Parliament in England holding outraged press conferences or a few hearings, but nothing ever came of it. It’s just too much of a political hot potato because soccer elsewhere is so much more important than it is the U.S. People are terrified of offending the FIFA gods.

There’s a story about how Andrew Jennings, this British journalist, wanted to broadcast a documentary detailing FIFA corruption just a week or so before the 2010 vote, and when the British bid and the British government got a hold of it, they tried really hard to stifle the press. They begged the BBC not to air the documentary until after the vote, because they were terrified of FIFA. That’s reflective of the kind of attitudes that all these countries have.

A lot of the things that resulted from the bribery and the corruption, or that were done to facilitate bribery and corruption, helped grow the sport here. The Gold Cup, the Women’s World Cup, the growth of the World Cup and Copa America. To the average fan, these are “good” developments for the sport. And yet, they were only created to make these guys rich. How do you square that?

Well, it reminds me of questions about Chuck Blazer. Is he all bad, or all good? He’s a little bit of both. The U.S. women’s national team probably wouldn’t exist without him. The Women’s World Cup probably wouldn’t either. Major League Soccer got its first revenue-positive TV deal because of Chuck Blazer.

A lot of these guys were truly surprised. If they thought they were doing something wrong, they didn’t think it was something that anyone cared about.

At the same time, he was a corrupt crook that stole a lot of money that could’ve gone to the game. And so, is he good or bad? Probably more bad than good, but he’s not all bad.

That applies to the Gold Cup. The Gold Cup is a totally artificial thing that was made up ultimately as a money-making scheme for Blazer, but in the end, it’s probably benefited soccer in this country. So it’s clearly not all bad.

You’d like to think that we could take these things that end up being a good idea, and clean them up and wash away the bad.

Blazer is a fascinating figure, and it seems like there are hints of sympathy for him and some of the other corrupt players in the book. Were all of these guys hardened criminals, or did they get wrapped up in how the business worked, and how it had worked for so long?

There’s no question he’s greedy. But there’s something about the culture of corruption that it can almost sneak up on a person. Blazer had a longer history of it. He always had a touch of corruption about him. But I think a lot of the officials in the sport came up because they loved the sport and wanted to be involved in running it. And then they found out that people were lining their pockets and they thought: “Everyone else is doing it. I’d be a fool not to participate in this.”

And when they end up getting arrested and charged, it’s not the same as a mafia guy in Brooklyn. A lot of these guys were truly surprised. If they thought they were doing something wrong, they didn’t think it was something that anyone cared about. They clearly aren’t innocent, and they went to great lengths to hide it. But at the same time, the impunity came from a culture of believing it was OK to do that stuff. And this really was a case of the FBI and DOJ pulling the rug out from under these people.

One point you stress in the book is that fundamentally, this was a crime against the development of the sport, particularly in poorer nations and communities. How did FIFA’s corruption essentially rob development money from the lower levels of soccer?

That’s something that took me a little while to understand. But when I understood the way the bribery took place, it became clearer to me. The money stolen from the sport isn’t just the bribes. Let’s say I’m a sports marketing firm, and I bribe you a million dollars to sign over a rights contract to me. The first piece of it is that million dollars that could have gone to the sport. But it’s also the opportunity cost: What would the value of those rights have been if it was taken to the free market instead of a bribe?

All that money is taken away from the sport. And the second thing was traveling to South America and seeing the conditions of soccer for fans, for kids and for women. That was really eye-opening. There are stadiums in Argentina and Brazil that are absolutely decrepit. And people would explain, the money that was supposed to come to these clubs never comes. You have kids still playing with the proverbial ball made of rags and duct tape, and little girls who can’t play because there are no facilities or leagues for women at all. When you see that, and then you see dudes making millions in bribes and also marketing guys making far more from paying the bribes, I started to get indignant about it. FIFA always ties itself to children and the good of the game. But it’s absurd when you see how they operate. The money doesn’t go to kids. It goes to making soccer officials rich.

Former U.S. Soccer President Sunil Gulati pops up a couple times. He’s friends with Blazer, he ends up with a seat on the Executive Committee. Is there a chance U.S. Soccer is wrapped up in this, and we just don’t know about it yet?

I will say that I don’t believe Gulati is a cooperator. People wonder that and it’s reasonable. It’s curious how this guy who came up in Blazer’s shadow and rose to so much power, and literally had office space in the CONCACAF offices, could be clean. And he might not be clean, but more likely, he’s the kind of guy who decided to turn a blind eye to all the corruption and pretend he didn’t see it.

That said, there are legitimate questions about how U.S. Soccer operates that weirdly parallels a lot of the corruption that we saw in South America, the Caribbean and Central America. The relationship between U.S. Soccer, MLS and this entity called Soccer United Marketing ― that relationship is very questionable. MLS has the rights to the U.S. Soccer Federation wrapped up for years and years to come. There hasn’t been open bidding for those rights since 2002, I think it is. SUM has MLS, but it also has the rights for the U.S. Soccer Federation for men and women. There’s a lot of money to be made, and SUM’s getting all that, and since they haven’t put it out for public bid, it’s really not clear that U.S. Soccer is getting full value for its product. And in that sense it parallels the sort of corruption we saw.

What do you make of FIFA’s reform efforts?

FIFA is battling itself as it tries to reform itself. I’m suspicious of current FIFA president Gianni Infantino. This is a guy who grew up 6 miles from Sepp Blatter. His career echoes that. He was the general secretary of UEFA, which is not unlike being the general secretary of FIFA. Both of them are very similar in a lot of ways, in their ambitions and their role being the sport’s bureaucrat. Their promises to win elections by spilling money all over the place is just too similar. That said, I think Infantino recognizes that that culture is what led to these problems, and he sees an organization that’s in financial chaos right now. This World Cup’s going to bring in a lot of money, but the last three years have been massively income-negative. They’re losing money because of sponsors running away in droves and massive legal bills. I think he sees a pathway to financial security for FIFA by making more money and being more transparent.

When massive amounts of money mixes with a massively popular cultural phenomenon, is it ever going to be clean? It seems kind of hopeless.

But he still talks about patronage and handing out money, and federations around the world are still getting busted for taking bribes. The Ghana football federation got dissolved a week before the World Cup because a documentary came out that showed top officials taking bribes on secret camera. It’s still a deeply corrupt culture. Baby steps are being taken, but it seems like 42-plus years of corruption can’t be cleaned up in two or three years.

On that note, one of the marketing guys in the book says, “There will always be payoffs.” That stuck out to me, because I’m cynical about FIFA’s willingness or ability to clean this up at all. From your reporting, do you believe “there will always be payoffs” is the reality of the situation, given the structure of our major international sporting organizations?

This is like, “What is human nature all about?” When massive amounts of money mixes with a massively popular cultural phenomenon, is it ever going to be clean? I wish it would be different, but it seems kind of hopeless. How do you regulate soccer, and who can oversee this to make sure that people behave in an ethical, clean and fair way that benefits everyone else? It’s not an accident that every single international sports organization is based in Switzerland. The answer is because the Swiss, not only do they offer them a huge tax break, they also basically say, “You can do whatever you want and we’re not going to bother you.” That’s exactly what these groups want. Well, how do you regulate that?

I don’t think the U.S. went in saying, “We’re going to regulate soccer.” I think they thought if we can give soccer a huge kick in the ass, if we can create so much public and political pressure on them that sponsors will run away, they’ll feel they have no option but to react and clean up their act. It’s sort of, kick ’em where it hurts.

My cynicism about the ability for anyone to clean it up made me feel sorry for Steve Berryman, the IRS agent who’s one of the main investigators and one of your central characters. He said he’ll never stop until he cleans up the sport, and I couldn’t help but think, “That’ll never happen.”

That’s right. It’ll never happen. People like him are driven. It’s not just soccer for him. He cared so much about this. He felt, “I have to do this until it’s over, or else it’s a failed investigation.” I think people like him sometimes recognize that they can never get there, but it’s still disheartening, every piece of new corruption we see, and these guys think, “I’ve worked so hard, and … ”

The World Cup is going on right now, it’s in Russia, and corruption has barely been a part of the story. Do you think the book and the upcoming Qatari World Cup will reinvigorate that conversation, or are people just resigned to the belief that this is what FIFA is?

There is some of that resignation. But also, the annoying but true reality of FIFA is that when the World Cup is happening, all the soccer fans around the world forget all their anger and just want to watch the tournament. For three and a half years, everyone bitches about what a mess FIFA is, and then during the World Cup everyone just wants to watch soccer. There could be some reinvigoration in the next few months when the next stupid scandal appears. And I do think Qatar could reinvigorate more of that. There’s a tiny piece of me that thinks we could still see Qatar stripped of the World Cup. That would certainly spur a lot of conversation about this.

You talk at the end of the book about a shift in focus to corruption in the Asian federation. Are DOJ and the FBI tying up loose ends, or are there deeper investigations still going?

There are clear signs that there’s more. This is still cleaning up pieces from the old case, but just Tuesday, a Florida company pleaded guilty to two counts of fraud in the FIFA case. It was a company that was known from the written indictments, but no one had known they were going to be pleading guilty, so it was a new piece of the case. This company’s going to pay $25 million in fines and forfeitures, and it was sort of a sign from DOJ that they have finished what they’re going to do.

That piece at the end of the book with the guy going off to the South Pacific is a guy named Richard Lai. He’s from Guam and he pleaded guilty in May or June of 2017. That was a pretty strong clue, too, that they’re looking at the Asian Football Confederation, which is the one that includes Qatar. I do know from sources that the cooperators in the case are still actively talking to prosecutors, and still spending many, many hours with them discussing many aspects of the case. So I wouldn’t be surprised to see more. That said, a lot of the people who were involved in the case in the beginning have moved on. It’s natural to have some turnover, and people who inherit a case aren’t necessarily as emotionally bought into it as the people who started. So at some point, it could get old.

But not Steve Berryman. He’s still going?

Steve Berryman will never stop.


Effet spectateur: C’est le mimétisme, imbécile ! (Monkey see, monkey do: New example of bystander effect on Paris commuter train confirms everything is mimetic in whatever we do whether good or bad, but compounded by the effect of diversity)

4 juillet, 2018

Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Jésus (Matthieu 25: 40)
Un docteur de la loi (…) voulant se justifier, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ? Jésus reprit la parole, et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même. Jésus (Luc 10 : 25-37)
Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t’accusaient? Personne ne t’a-t-il condamnée? Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus. Jean 8: 3-11
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme. Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
« Que celui qui se croit sans péché lui jette la première pierre ! » Pourquoi la première pierre ? Parce qu’elle est seule décisive. Celui qui la jette n’a personne à imiter. Rien de plus facile que d’imiter un exemple déjà donné. Donner soi-même l’exemple est tout autre chose. La foule est mimétiquement mobilisée, mais il lui reste un dernier seuil à franchir, celui de la violence réelle. Si quelqu’un jetait la première pierre, aussitôt les pierres pleuvraient. En attirant l’attention sur la première pierre, la parole de Jésus renforce cet obstacle ultime à la lapidation. Il donne aux meilleurs de cette foule le temps d’entendre sa parole et de s’examiner eux-mêmes. S’il est réel, cet examen ne peut manquer de découvrir le rapport circulaire de la victime et du bourreau. Le scandale qu’incarne cette femme à leurs yeux, ces hommes le portent déjà en eux-mêmes, et c’est pour s’en débarrasser qu’ils le projettent sur elle, d’autant plus aisément, bien sûr, qu’elle est vraiment coupable. Pour lapider une victime de bon coeur, il faut se croire différent d’elle, et la convergence mimétique, je le rappelle, s’accompagne d’une illusion de divergence. C’est la convergence réelle combinée avec l’illusion de divergence qui déclenche ce que Jésus cherche à prévenir, le mécanisme du bouc émissaire. La foule précède l’individu. Ne devient vraiment individu que celui qui, se détachant de la foule, échappe à l’unanimité violente. Tous ne sont pas capables d’autant d’initiative. Ceux qui en sont capables se détachent les premiers et, ce faisant, empêchent la lapidation. (…) A côté des temps individuels, donc, il y a toujours un temps social dans notre texte, mais il singe désormais les temps individuels, c’est le temps des modes et des engouements politiques, intellectuels, etc. Le temps reste ponctué par des mécanismes mimétiques. Sortir de la foule le premier, renoncer le premier à jeter des pierres, c’est prendre le risque d’en recevoir. La décision en sens inverse aurait été plus facile, car elle se situait dans le droit fil d’un emballement mimétique déjà amorcé. La première pierre est moins mimétique que les suivantes, mais elle n’en est pas moins portée par la vague de mimétisme qui a engendré la foule. Et les premiers à décider contre la lapidation ? Faut-il penser que chez eux au moins il n’y a aucune imitation ? Certainement pas. Même là il y en a, puisque c’est Jésus qui suggère à ces hommes d’agir comme ils le font. La décision contre la violence resterait impossible, nous dit le christianisme, sans cet Esprit divin qui s’appelle le Paraclet, c’est-à-dire, en grec ordinaire, « l’avocat de la défense » : c’est bien ici le rôle de Jésus lui-même. Il laisse d’ailleurs entendre qu’il est lui-même le premier Paraclet, le premier défenseur des victimes. Et il l’est surtout par la Passion qui est ici, bien sûr, sous-entendue. La théorie mimétique insiste sur le suivisme universel, sur l’impuissance des hommes à ne pas imiter les exemples les plus faciles, les plus suivis, parce que c’est cela qui prédomine dans toute société. Il ne faut pas en conclure qu’elle nie la liberté individuelle. En situant la décision véritable dans son contexte vrai, celui des contagions mimétiques partout présentes, cette théorie donne à ce qui n’est pas mécanique, et qui pourtant ne diffère pas du tout dans sa forme de ce qui l’est, un relief que la libre décision n’a pas chez les penseurs qui ont toujours la liberté à la bouche et de ce fait même, croyant l’exalter, la dévaluent complètement. Si on glorifie le décisif sans voir ce qui le rend très difficile, on ne sort jamais de la métaphysique la plus creuse. Même le renoncement au mimétisme violent ne peut pas se répandre sans se transformer en mécanisme social, en mimétisme aveugle. Il y a une lapidation à l’envers symétrique de la lapidation à l’endroit non dénuée de violence, elle aussi. C’est ce que montrent bien les parodies de notre temps. Tous ceux qui auraient jeté des pierres s’il s’était trouvé quelqu’un pour jeter la première sont mimétiquement amenés à n’en pas jeter. Pour la plupart d’entre eux, la vraie raison de la non-violence n’est pas la dure réflexion sur soi, le renoncement à la violence : c’est le mimétisme, comme d’habitude. Il y a toujours emballement mimétique dans une direction ou dans une autre. En s’engouffrant dans la direction déjà choisie par les premiers, les « mimic men » se félicitent de leur esprit de décision et de liberté. Il ne faut pas se leurrer. Dans une société qui ne lapide plus les femmes adultères, beaucoup d’hommes n’ont pas vraiment changé. La violence est moindre, mieux dissimulée, mais structurellement identique à ce qu’elle a toujours été. Il n’y a pas sortie authentique du mimétisme, mais soumission mimétique à une culture qui prône cette sortie. Dans toute aventure sociale, quelle qu’en soit la nature, la part d’individualisme authentique est forcément minime mais pas inexistante. Il ne faut pas oublier surtout que le mimétisme qui épargne les victimes est infiniment supérieur objectivement, moralement, à celui qui les tue à coups de pierres. Il faut laisser les fausses équivalences à Nietzsche et aux esthétismes décadents. Le récit de la femme adultère nous fait voir que des comportements sociaux identiques dans leur forme et même jusqu’à un certain point dans leur fond, puisqu’ils sont tous mimétiques, peuvent néanmoins différer les uns des autres à l’infini. La part de mécanisme et de liberté qu’ils comportent est infiniment variable. Mais cette inépuisable diversité ne prouve rien en faveur du nihilisme cognitif ; elle ne prouve pas que les comportements sont incomparables et inconnaissables. Tout ce que nous avons besoin de connaître pour résister aux automatismes sociaux, aux contagions mimétiques galopantes, est accessible à la connaissance. René Girard
Jésus s’appuie sur la Loi pour en transformer radicalement le sens. La femme adultère doit être lapidée : en cela la Loi d’Israël ne se distingue pas de celle des nations. La lapidation est à la fois une manière de reproduire et de contenir le processus de mise à mort de la victime dans des limites strictes. Rien n’est plus contagieux que la violence et il ne faut pas se tromper de victime. Parce qu’elle redoute les fausses dénonciations, la Loi, pour les rendre plus difficiles, oblige les délateurs, qui doivent être deux au minimum, à jeter eux-mêmes les deux premières pierres. Jésus s’appuie sur ce qu’il y a de plus humain dans la Loi, l’obligation faite aux deux premiers accusateurs de jeter les deux premières pierres ; il s’agit pour lui de transformer le mimétisme ritualisé pour une violence limitée en un mimétisme inverse. Si ceux qui doivent jeter » la première pierre » renoncent à leur geste, alors une réaction mimétique inverse s’enclenche, pour le pardon, pour l’amour. (…) Jésus sauve la femme accusée d’adultère. Mais il est périlleux de priver la violence mimétique de tout exutoire. Jésus sait bien qu’à dénoncer radicalement le mauvais mimétisme, il s’expose à devenir lui-même la cible des violences collectives. Nous voyons effectivement dans les Évangiles converger contre lui les ressentiments de ceux qu’ils privent de leur raison d’être, gardiens du Temple et de la Loi en particulier. » Les chefs des prêtres et les Pharisiens rassemblèrent donc le Sanhédrin et dirent : « Que ferons-nous ? Cet homme multiplie les signes. Si nous le laissons agir, tous croiront en lui ». » Le grand prêtre Caïphe leur révèle alors le mécanisme qui permet d’immoler Jésus et qui est au cœur de toute culture païenne : » Ne comprenez-vous pas ? Il est de votre intérêt qu’un seul homme meure pour tout le peuple plutôt que la nation périsse » (Jean XI, 47-50) (…) Livrée à elle-même, l’humanité ne peut pas sortir de la spirale infernale de la violence mimétique et des mythes qui en camouflent le dénouement sacrificiel. Pour rompre l’unanimité mimétique, il faut postuler une force supérieure à la contagion violente : l’Esprit de Dieu, que Jean appelle aussi le Paraclet, c’est-à-dire l’avocat de la défense des victimes. C’est aussi l’Esprit qui fait révéler aux persécuteurs la loi du meurtre réconciliateur dans toute sa nudité. (…) Ils utilisent une expression qui est l’équivalent de » bouc émissaire » mais qui fait mieux ressortir l’innocence foncière de celui contre qui tous se réconcilient : Jésus est désigné comme » Agneau de Dieu « . Cela veut dire qu’il est la victime émissaire par excellence, celle dont le sacrifice, parce qu’il est identifié comme le meurtre arbitraire d’un innocent — et parce que la victime n’a jamais succombé à aucune rivalité mimétique — rend inutile, comme le dit l’Épître aux Hébreux, tous les sacrifices sanglants, ritualisés ou non, sur lesquels est fondée la cohésion des communautés humaines. La mort et la Résurrection du Christ substituent une communion de paix et d’amour à l’unité fondée sur la contrainte des communautés païennes. L’Eucharistie, commémoration régulière du » sacrifice parfait » remplace la répétition stérile des sacrifices sanglants. (…) En même temps, le devoir du chrétien est de dénoncer le péché là où il se trouve. Le communisme a pu s’effondrer sans violence parce que le monde libre et le monde communiste avaient accepté de ne plus remettre en cause les frontières existantes ; à l’intérieur de ces frontières, des millions de chrétiens ont combattu sans violence pour la vérité, pour que la lumière soit faite sur le mensonge et la violence des régimes qui asservissaient leurs pays. Encore une fois, face au danger de mimétisme universel de la violence, vous n’avez qu’une réponse possible : le christianisme. René Girard
Si nous voulons aborder le « fait religieux » autrement que sous la forme d’une collection de savoirs, forcément émiettés et terriblement lacunaires, une voie peut être l’approfondissement d’un texte assez bien choisi pour qu’il rende le « religieux » intelligible. Ce postulat d’intelligibilité fonde le christianisme par essence. Il ne saurait y avoir contradiction, en toute dernière instance, entre ce message « religieux » et la rationalité, et ce malgré le contentieux historique lourd entre l’Eglise et la philosophie des Lumières. Ce texte en est une illustration magnifique. Il suffit de le lire en oubliant qu’il nous a été transmis par une institution religieuse pour qu’il nous devienne singulièrement utile, et pour commencer sur le plan professionnel. Voilà une situation dite de « conflit » et qui pourrait dégénérer en « violence ». Cette fois c’est l’analyse du philosophe René Girard qui peut servir d’éclairage. Comme F. Quéré, il observe que l’épisode marque une étape dans un drame qui aboutira à l’explosion de violence du Golgotha, lieu où Jésus mourra crucifié. Mais au cours de cette scène qui se déroule au Temple, la spirale de violence est enrayée. Cette spirale, que Girard nomme aussi « l’escalade » est toujours mimétique ; elle procède d’un entraînement mutuel et aboutit dans un cercle fermé, où, comme dans un chaudron, la tension monte, les pulsions violentes convergeant vers une victime placée sans défense « au milieu du groupe ». La réponse apportée par cet artiste de la non violence qu’est Jésus tient ici d’abord à une attitude. « Mais Jésus, se baissant, se mit à tracer des traits sur le sol ». Les yeux baissés évitent ainsi la rencontre des regards. Or c’est de leur croisement que procède la violence mimétique. Il faut en avoir fait l’expérience pour comprendre à quel point une formule comme « Regarde-moi dans les yeux ! » peut être vécue comme agressive lorsque le maître, outré, croit ainsi provoquer les aveux de l’élève ! Donc, sans regarder cette troupe d’excités, Jésus s’absorbe dans une autre occupation : « il trace des traits sur le sol ». (…) Le verbe « graphein » qui a donné « graphie » pointe aussi bien l’écriture que le dessin. Dommage pour les commentateurs ultérieurs qui y voyaient la relativisation de la Loi de l’Ancien Testament, destinée à être dépassée, puisqu’écrite sur le sable. Mais le terme « gué » n’a pas ce sens : c’est la « terre », ou le « sol », ce socle qui nous est commun, que nous soyons agresseurs ou agressés. Il est possible d’ailleurs que Jésus ait su lire, mais non écrire, ce qui était courant à l’époque. Tout au plus, mais c’est là l’interprétation que me suggère mon enthousiasme, pourrait-on comprendre que l’activité graphique, par la concentration qu’elle requiert, oblige à prendre du recul, et contribue à la résolution du conflit ! (…) Les peintres quant à eux, astreints à rassembler dans une image immobile un développement narratif, anticiperont souvent la suite, et inscriront dans leur représentation la parole de Jésus : « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Cette phrase est un coup de génie, parce que c’est aussi la solution la plus simple. D’abord l’énonciation se fait au singulier, sans pour autant désigner nommément quelqu’un. La spirale du « défoulement », toujours collectif, est rompue. Mais avec un grand doigté, par un protagoniste qui prend le risque calculé de l’accompagner : « Allez-y, lapidez-la, mais… ». La phrase reprend très certainement la disposition juridique du Deutéronome relative aux témoins, mais en procurant un éclairage aigu sur son fondement. En matière de lapidation, c’est « commencer » qui est la grande affaire ! Le fait de pointer ainsi la nature du phénomène suffit apparemment à l’inverser : le cercle mortel se défait, et les agresseurs s’en vont, « à commencer par les plus vieux ». Jean-Marc Muller
Des neurones qui stimulent en même temps, sont des neurones qui se lient ensemble. Règle de Hebb (1949)
Le phénomène est déjà fabuleux en soi. Imaginez un peu : il suffit que vous me regardiez faire une série de gestes simples – remplir un verre d’eau, le porter à mes lèvres, boire -, pour que dans votre cerveau les mêmes zones s’allument, de la même façon que dans mon cerveau à moi, qui accomplis réellement l’action. C’est d’une importance fondamentale pour la psychologie. D’abord, cela rend compte du fait que vous m’avez identifié comme un être humain : si un bras de levier mécanique avait soulevé le verre, votre cerveau n’aurait pas bougé. Il a reflété ce que j’étais en train de faire uniquement parce que je suis humain. Ensuite, cela explique l’empathie. Comme vous comprenez ce que je fais, vous pouvez entrer en empathie avec moi. Vous vous dites : « S’il se sert de l’eau et qu’il boit, c’est qu’il a soif. » Vous comprenez mon intention, donc mon désir. Plus encore : que vous le vouliez ou pas, votre cerveau se met en état de vous faire faire la même chose, de vous donner la même envie. Si je baille, il est très probable que vos neurones miroir vont vous faire bailler – parce que ça n’entraîne aucune conséquence – et que vous allez rire avec moi si je ris, parce que l’empathie va vous y pousser. Cette disposition du cerveau à imiter ce qu’il voit faire explique ainsi l’apprentissage. Mais aussi… la rivalité. Car si ce qu’il voit faire consiste à s’approprier un objet, il souhaite immédiatement faire la même chose, et donc, il devient rival de celui qui s’est approprié l’objet avant lui ! C’est la vérification expérimentale de la théorie du « désir mimétique » de René Girard ! Voilà une théorie basée au départ sur l’analyse de grands textes romanesques, émise par un chercheur en littérature comparée, qui trouve une confirmation neuroscientifique parfaitement objective, du vivant même de celui qui l’a conçue. Un cas unique dans l’histoire des sciences ! (…) Notre désir est toujours mimétique, c’est-à-dire inspiré par, ou copié sur, le désir de l’autre. L’autre me désigne l’objet de mon désir, il devient donc à la fois mon modèle et mon rival. De cette rivalité naît la violence, évacuée collectivement dans le sacré, par le biais de la victime émissaire. À partir de ces hypothèses, Girard et moi avons travaillé pendant des décennies à élargir le champ du désir mimétique à ses applications en psychologie et en psychiatrie. En 1981, dans Un mime nommé désir, je montrais que cette théorie permet de comprendre des phénomènes étranges tels que la possession – négative ou positive -, l’envoûtement, l’hystérie, l’hypnose… L’hypnotiseur, par exemple, en prenant possession, par la suggestion, du désir de l’autre, fait disparaître le moi, qui s’évanouit littéralement. Et surgit un nouveau moi, un nouveau désir qui est celui de l’hypnotiseur. (…) et ce qui est formidable, c’est que ce nouveau « moi » apparaît avec tous ses attributs : une nouvelle conscience, une nouvelle mémoire, un nouveau langage et des nouvelles sensations. Si l’hypnotiseur dit : « Il fait chaud » bien qu’il fasse frais, le nouveau moi prend ces sensations suggérées au pied de la lettre : il sent vraiment la chaleur et se déshabille. De toutes ces applications du désir mimétique, j’en suis venu à la théorie plus globale d’une « psychologie mimétique » – qui trouve également une vérification dans la découverte des neurones miroirs et leur rôle dans l’apprentissage. Le désir de l’autre entraîne le déclenchement de mon désir. Mais il entraîne aussi, ainsi, la formation du moi. En fait, c’est le désir qui engendre le moi par son mouvement. Nous sommes des « moi du désir ». Sans le désir, né en miroir, nous n’existerions pas ! Seulement voilà : le temps psychologique fonctionnant à l’inverse de celui de l’horloge, le moi s’imagine être possesseur de son désir, et s’étonne de voir le désir de l’autre se porter sur le même objet que lui. Il y a là deux points nodaux, qui rendent la psychologie mimétique scientifique, en étant aussi constants et universels que la gravitation l’est en physique : la revendication du moi de la propriété de son désir et celle de son antériorité sur celui de l’autre. Et comme la gravitation, qui permet aussi bien de construire des maisons que de faire voler des avions, toutes les figures de psychologie – normale ou pathologique – ne sont que des façons pour le sujet de faire aboutir ces deux revendications. On comprend que la théorie du désir mimétique ait suscité de nombreux détracteurs : difficile d’accepter que notre désir ne soit pas original, mais copié sur celui d’un autre. (…) Boris Cyrulnik explique (…) que – souvent par défaut d’éducation et pour n’avoir pas été suffisamment regardé lui-même – l’être humain peut ne pas avoir d’empathie. Les neurones miroirs ne se développent pas, ou ils ne fonctionnent pas, et cela donne ce que Cyrulnik appelle un pervers. Je ne sais pas si c’est vrai, ça mérite une longue réflexion. (…) Ce rôle de la pression sociale est extraordinairement bien expliqué dans Les Bienveillantes, de Jonathan Littel. Il montre qu’en fait, ce sont des modèles qui rivalisent : révolté dans un premier temps par le traitement réservé aux prisonniers, le personnage principal, officier SS, finit par renoncer devant l’impossibilité de changer les choses. Ses neurones miroirs sont tellement imprégnés du modèle SS qu’il perd sa sensibilité aux influences de ses propres perceptions, et notamment à la pitié. Il y a lutte entre deux influences, et les neurones miroirs du régime SS l’emportent. La cruauté envers les prisonniers devient finalement une habitude justifiée. Plutôt qu’une absence ou carence des neurones miroirs, cela indique peut-être simplement la force du mimétisme de groupe. Impossible de rester assis quand la « ola » emporte la foule autour de vous lors d’un match de football – même si vous n’aimez pas le foot ! Parce que tous vos neurones miroirs sont mobilisés par la pression mimétique de l’entourage. De même, les campagnes publicitaires sont des luttes acharnées entre marques voisines pour prendre possession, par la suggestion, des neurones miroirs des auditeurs ou spectateurs. Et c’est encore la suggestion qui explique pourquoi les membres d’un groupe en viennent à s’exprimer de la même façon. Il semblerait normal que les neurones miroirs soient dotés, comme les autres, d’une certaine plasticité. Ils agissent en tout cas tout au long de la vie. Et la pression du groupe n’a pas besoin d’être totalitaire : dans nos sociétés, c’est de façon « spontanée » que tout le monde fait la même chose. Jean-Michel Oughourlian
En présence de la diversité, nous nous replions sur nous-mêmes. Nous agissons comme des tortues. L’effet de la diversité est pire que ce qui avait été imaginé. Et ce n’est pas seulement que nous ne faisons plus confiance à ceux qui ne sont pas comme nous. Dans les communautés diverses, nous ne faisons plus confiance à ceux qui nous ressemblent. Robert Putnam
J’étais à l’étage inférieur quand j’ai entendu des premiers gémissements, assez faibles. J’ai pensé à des enfants qui avaient fait une bêtise. Les gémissements ont recommencé encore une fois, puis une autre alors je suis montée voir à l’étage ce qu’il se passait. Avec une autre dame, Aurélie, nous nous sommes retrouvées seules. Tous les gens qui étaient là sont descendus à Auber. On a vu la maman vaciller. Nous l’avons allongée et j’ai juste eu le temps de prendre le bébé qui arrivait dans mes bras. (…) Ce qui est grave, c’est l’indifférence. Personne n’est allé voir pourquoi cette dame gémissait, ce qui se passait. Et puis, tous les gens sont descendus sans apporter de l’aide. Ça aurait pu mal finir ou être encore plus grave. Eliane (cadre commerciale)
Il suffit d’une toute petite étincelle et c’est tout le groupe qui s’élève contre l’agresseur. […] Le but ce n’est pas de faire de chacun d’entre nous un super-héros, mais juste de savoir que l’union fait la force. Aurélia Bloch (france info)
Bibb Latané et John Darley, deux chercheurs américains en psychologie sociale, ont mis en lumière l’existence de ce « bystander effect », ou « effet spectateur ». En laboratoire, un participant est installé dans un box, avec un système d’interphone. Un complice, présent dans la discussion, simule alors une crise d’épilepsie. Les chercheurs constatent que si le participant pense être le seul interlocuteur de la victime, il aura davantage tendance à intervenir. Par contre, s’il est dans une discussion de groupe et que les autres ne réagissent pas, c’est le contraire. « L’effet spectateur, c’est le fait que plus il y a de témoins, moins on est poussé à agir parce que la réaction individuelle est influencée par celle des autres », explique Olivia Mons, porte-parole de la fédération France Victimes, à franceinfo. Lorsqu’un groupe de personnes assiste à une scène de détresse, un phénomène de « dilution de la responsabilité » opère. Ainsi, « plus on est nombreux, moins on va réagir », affirme Martine Batt, professeure de psychologie à l’université de Lorraine. Est-ce que j’interprète bien ce qui est en train de se passer, ou bien peut-être que j’exagère ce que je vois ? Pourquoi réagirais-je, alors que les autres ne le font pas ? Est-ce que je suis légitime à intervenir ou est-ce que je vais être ridicule ? Toutes ces interrogations retardent le temps d’action, voire empêchent toute intervention des témoins. Lorsque quelqu’un est le seul spectateur des faits, « il peut y avoir une espèce de calcul qui va se faire », explique Peggy Chekroun, professeure de psychologie sociale à l’université de Paris Nanterre. Il opère alors, « assez automatiquement, rapidement et pas forcément de manière consciente », la balance « coût-bénéfice » de sa propre intervention. Ces facteurs peuvent être personnels (« Vais-je perdre du temps ? ») ou collectifs (« Que va-t-on penser de moi si je n’interviens pas ? »). « La réponse va sortir en fonction de ce calcul », conclut l’enseignante. Sans compter la peur que peut inspirer une situation surprenante et inhabituelle. « C’est une émotion très puissante qui peut être vraiment inhibitrice d’une aide », rappelle Olivia Mons. (…) Culpabilité, honte… Les témoins passifs vivent avec le poids de leur apathie. « On a parfois des personnes qui viennent nous voir en se sentant quasiment autant victimes que la victime directe », explique Olivia Mons. « Bien sûr que la société condamne la non-réaction, on dit toujours ‘Moi j’aurais fait mieux’, parce qu’on a le syndrome du sauveur… Mais il faut nuancer ! », surenchérit-elle. A cause de ces mécanismes de psychologie sociale et de la peur paralysante d’une telle situation, elle appelle à « relativiser le côté ‘je suis témoin et je me sauve parce que je suis lâche' ». Mais pour les victimes, cette apathie de la part des témoins est désastreuse. Elle peut être ressentie comme une double peine : « La peine d’avoir été agressé et la peine surtout de ne pas avoir de valeur aux yeux des autres et d’être rien », analyse Aurélia Bloch, lors de son passage dans l’émission « C à vous », en décembre 2015. L’article 223-6 du Code pénal prévoit une peine de cinq ans de prison et une amende de 75 000 euros pour non-assistance à personne en danger. Mais peu de témoins passifs sont poursuivis en justice : « C’est quelque chose sur lequel on n’a pas beaucoup de jurisprudence », explique Jean-Philippe Vauthier, professeur de droit à l’université de Guyane. Le procureur de Lille avait, dans un premier temps, envisagé des poursuites dans l’affaire de Cécile P., avant d’abandonner, faute d’informations suffisantes sur les témoins. La non-assistance à personne en danger existe « pour combattre l’égoïsme sans imposer l’héroïsme », rappelle Jean-Philippe Vauthier. « Il faut que l’intervention soit sans péril pour moi ou pour les autres, décrypte le spécialiste. Tout va dépendre du mode d’action choisi. On ne va pas forcer quelqu’un à intervenir directement, mais si la personne n’appelle pas les secours, ça pourra lui être reproché. » Comment lutter contre notre inclinaison à rester inactifs ? Qu’il s’agisse d’un accident de la route, un malaise dans la rue ou du harcèlement dans les transports, des attitudes peuvent permettre de contrer l’apathie des témoins. « Il y a différents degrés d’action. Tirer une sonnette d’alarme à quai, avoir une intervention active en cas de harcèlement… ça peut être aussi un simple sourire, se lever ou se rapprocher… ça peut aider, le fait de montrer par un moyen ou un autre une sorte d’empathie avec la victime », argue Olivia Mons La connaissance de « l’effet spectateur » pourrait en limiter les conséquences. « On peut éduquer très tôt contre ses effets, expliquer comment appeler à l’aide et faire des enseignements sur les effets de groupe », prône Martine Batt. Aurélia Bloch en est persuadée, « si c’était à refaire, [elle] ne referai[t] pas du tout de la même façon » : « À l’époque, je ne savais pas du tout quoi faire. […] En fait, je pense que j’étais comme la plupart des personnes qui sont témoins. Je n’étais pas formée. » France info

C’est monkey see, monkey do, imbécile !

A l’heure où l’on reparle …

Avec cet accouchement spontané dans le RER parisien il y a deux semaines où quasiment personne n’est intervenu …

Du fameux effet spectateur

Comment ne pas repenser à ce fascinant documentaire de 2015 d’une journaliste de Franceinfo …

Mais aussi aux lumineuses analyses du regretté René Girard

Montrant l’importance, pour toutes nos actions et confirmé par la découverte des « neurones miroirs », de l’effet mimétique …

Et ce aussi bien pour le mal (les effets de lynchage) …

Que, mondialisation oblige, pour le bien (les effets de sauvetage) …

Ou même ses parodies (les emballements que l’on sait du politiquement correct) …

Et donc de l’importance, à l’instar du fameux épisode évangélique de la femme adultère, de la première pierre …

Ou plus précisément du refus de la première pierre qui peut entrainer tous les autres ?

Mais comment aussi ne pas repenser …

En ces temps d’invasion migratoire (pardon: « mixité sociale » !) imposée

Où entre déséquilibrés ou crieurs d’Allah akbaru la moindre rencontre peut se révéler fatale …

Aux célèbres analyses de Robert Putnam …

Et en particulier au facteur aggravant de la diversité

Qui loin des discours émerveillés et édifiants de nos élites protégées des conséquences de leurs propres décisions …

Peut nous pousser à ne plus faire confiance non seulement à ceux qui ne sont pas comme nous …

Mais aussi à ceux qui nous ressemblent ?

Ils assistent à une agression ou à un accident mais ne font rien : on vous explique le « bystander effect »
Une femme accouche dans une rame de RER et seulement deux personnes parmi les nombreuses présentes lui viennent en aide. Une autre se fait sexuellement agresser sur un quai de métro et aucun des dix témoins ne réagit… Etonnant ?
Lison Verriez
Franceinfo
03/07/2018

Il est environ 11 heures, ce lundi 18 juin. Les passagers du RER A arrivent en gare d’Auber, lorsque des gémissements commencent à se faire entendre à l’étage supérieur de la rame. Lamata Karamoko vient de perdre les eaux et s’apprête à accoucher dans le wagon. « Personne n’est allé voir pourquoi cette dame gémissait, ce qu’il se passait, témoigne Eliane, qui a assisté à la scène, dans Le ParisienEt puis tous les gens sont descendus sans apporter de l’aide. » Avec une autre passagère, elle tente d’épauler la jeune maman.

Et vous, qu’auriez-vous fait ? Accidents, malaises, agressions… Ces dernières années, la presse s’est fait l’écho à de nombreuses reprises de la passivité des témoins de certains faits-divers. Ce phénomène a un nom : le « bystander effect ».

« Plus on est nombreux, moins on va réagir »

Le concept émerge après le meurtre de Kitty Genovese en 1964. Cette New-Yorkaise de 28 ans est agressée, violée et poignardée en pleine rue dans un quartier tranquille du Queens, vers 3 heures du matin, alors qu’elle rentrait du travail. Le lendemain, la presse (en anglais) dénonce le silence des 38 témoins qui auraient assisté, depuis leur domicile, à la lente agonie de la jeune femme. Si le nombre de témoins a par la suite été contesté, des scientifiques se sont emparés de ce cas pour interroger la réaction – ou l’absence de réaction – des témoins.

Bibb Latané et John Darley, deux chercheurs américains en psychologie sociale, ont mis en lumière l’existence de ce « bystander effect », ou « effet spectateur ». En laboratoire, un participant est installé dans un box, avec un système d’interphone. Un complice, présent dans la discussion, simule alors une crise d’épilepsie. Les chercheurs constatent que si le participant pense être le seul interlocuteur de la victime, il aura davantage tendance à intervenir. Par contre, s’il est dans une discussion de groupe et que les autres ne réagissent pas, c’est le contraire.

« L’effet spectateur, c’est le fait que plus il y a de témoins, moins on est poussé à agir parce que la réaction individuelle est influencée par celle des autres », explique Olivia Mons, porte-parole de la fédération France Victimes, à franceinfo. Lorsqu’un groupe de personnes assiste à une scène de détresse, un phénomène de « dilution de la responsabilité » opère. Ainsi, « plus on est nombreux, moins on va réagir », affirme Martine Batt, professeure de psychologie à l’université de Lorraine. Est-ce que j’interprète bien ce qui est en train de se passer, ou bien peut-être que j’exagère ce que je vois ? Pourquoi réagirais-je, alors que les autres ne le font pas ? Est-ce que je suis légitime à intervenir ou est-ce que je vais être ridicule ? Toutes ces interrogations retardent le temps d’action, voire empêchent toute intervention des témoins.

Lorsque quelqu’un est le seul spectateur des faits, « il peut y avoir une espèce de calcul qui va se faire », explique Peggy Chekroun, professeure de psychologie sociale à l’université de Paris Nanterre. Il opère alors, « assez automatiquement, rapidement et pas forcément de manière consciente », la balance « coût-bénéfice » de sa propre intervention. Ces facteurs peuvent être personnels (« Vais-je perdre du temps ? ») ou collectifs (« Que va-t-on penser de moi si je n’interviens pas ? »). « La réponse va sortir en fonction de ce calcul », conclut l’enseignante. 

Sans compter la peur que peut inspirer une situation surprenante et inhabituelle. « C’est une émotion très puissante qui peut être vraiment inhibitrice d’une aide », rappelle Olivia Mons.

« J’ai été témoin d’un viol et je n’ai pas bougé »

« Je suis coupable de non-assistance à personne en danger », reconnaît Aurélia Bloch, dans son documentaire du même nom, diffusé le 8 décembre 2015 sur France 5. Un dimanche d’avril 2004, elle s’installe dans son train apparemment vide, en direction de Paris. Les voix d’une femme et de plusieurs hommes s’élèvent dans la rame. Elle ne les voit pas, mais entend des bruits de coups, la femme dire non et les hommes, ricaner. L’alarme du train est loin. « Elle ne demande pas d’aide », « elle est sûrement consentante », « j’ai peur de passer pour une folle »« Je me posais plein de questions », raconte la journaliste à franceinfo. Elle se terre dans son fauteuil, le reste du trajet, « trente minutes figées, comme anesthésiée », commente-t-elle dans son film.

On est dans la culpabilité sans en parler. […] C’était quelque chose de très enfoui, ça ne faisait pas l’objet d’une culpabilité quotidienne.Aurélia Bloch, journalisteà franceinfo

Jusqu’à l’affaire de Cécile P., en 2014. Sur un quai de métro lillois, cette jeune femme est sexuellement agressée par un homme aux alentours de 22h30. Autour d’elle, une dizaine de témoins, mais aucune réaction. L’affaire, très médiatisée, réveille les souvenirs d’Aurélia Bloch.

C’est une sorte d’exutoire. […] C’était une façon, en comprenant pourquoi les témoins étaient passifs, de comprendre pourquoi je l’avais été.Aurélia Bloch, journalisteà franceinfo

Culpabilité, honte… Les témoins passifs vivent avec le poids de leur apathie. « On a parfois des personnes qui viennent nous voir en se sentant quasiment autant victimes que la victime directe », explique Olivia Mons. « Bien sûr que la société condamne la non-réaction, on dit toujours ‘Moi j’aurais fait mieux’, parce qu’on a le syndrome du sauveur… Mais il faut nuancer ! », surenchérit-elle. A cause de ces mécanismes de psychologie sociale et de la peur paralysante d’une telle situation, elle appelle à « relativiser le côté ‘je suis témoin et je me sauve parce que je suis lâche' ».

Mais pour les victimes, cette apathie de la part des témoins est désastreuse. Elle peut être ressentie comme une double peine : « La peine d’avoir été agressé et la peine surtout de ne pas avoir de valeur aux yeux des autres et d’être rien », analyse Aurélia Bloch, lors de son passage dans l’émission « C à vous », en décembre 2015.

L’article 223-6 du Code pénal prévoit une peine de cinq ans de prison et une amende de 75 000 euros pour non-assistance à personne en danger. Mais peu de témoins passifs sont poursuivis en justice : « C’est quelque chose sur lequel on n’a pas beaucoup de jurisprudence », explique Jean-Philippe Vauthier, professeur de droit à l’université de Guyane. Le procureur de Lille avait, dans un premier temps, envisagé des poursuites dans l’affaire de Cécile P., avant d’abandonner, faute d’informations suffisantes sur les témoins.

La non-assistance à personne en danger existe « pour combattre l’égoïsme sans imposer l’héroïsme », rappelle Jean-Philippe Vauthier. « Il faut que l’intervention soit sans péril pour moi ou pour les autres, décrypte le spécialiste. Tout va dépendre du mode d’action choisi. On ne va pas forcer quelqu’un à intervenir directement, mais si la personne n’appelle pas les secours, ça pourra lui être repproché. »

« Il y a différents degrés d’action »

Comment lutter contre notre inclinaison à rester inactifs ? Qu’il s’agisse d’un accident de la route, un malaise dans la rue ou du harcèlement dans les transports, des attitudes peuvent permettre de contrer l’apathie des témoins. « Il y a différents degrés d’action. Tirer une sonnette d’alarme à quai, avoir une intervention active en cas de harcèlement… ça peut être aussi un simple sourire, se lever ou se rapprocher… ça peut aider, le fait de montrer par un moyen ou un autre une sorte d’empathie avec la victime », argue Olivia Mons.

Il suffit d’une toute petite étincelle et c’est tout le groupe qui s’élève contre l’agresseur. […] Le but ce n’est pas de faire de chacun d’entre nous un super-héros, mais juste de savoir que l’union fait la force.Aurélia Bloch, journalisteà franceinfo

La connaissance de « l’effet spectateur » pourrait en limiter les conséquences. « On peut éduquer très tôt contre ses effets, expliquer comment appeler à l’aide et faire des enseignements sur les effets de groupe », prône Martine Batt. Aurélia Bloch en est persuadée, « si c’était à refaire, [elle] ne referai[t] pas du tout de la même façon » : « À l’époque, je ne savais pas du tout quoi faire. […] En fait, je pense que j’étais comme la plupart des personnes qui sont témoins. Je n’étais pas formée. »

Voir aussi:

Bébé né dans le RER : «J’ai eu très peur mais j’étais contente de l’entendre pleurer»
Elia Dahan et Nicolas Maviel

Le Parisien

19 juin 2018

Nous avons rencontré la femme qui a mis au monde, ce lundi, un bébé dans le RER A avec l’aide de deux femmes présentes. Maman et bébé vont bien.
Allongée sur son lit d’hôpital Lamata, 28 ans, se remet doucement de son accouchement, ce mardi soir. A ses côtés, Mohamed, en layette bleu, dort à poings fermés. Le bébé, prénommé Mohamed, du RER est serein, il mesure 51 cm et pèse 3,4 kilos. L’enfant et sa mère sont arrivés à l’hôpital de Clamart (Hauts-de-Seine) lundi 18 juin vers 18 heures. Quelques heures plus tôt, Lamata donnait naissance à son troisième enfant à la station Auber du RER. « J’étais avec mes deux enfants et je me rendais à l’hôpital, raconte la mère de famille. J’avais rendez-vous ce jeudi, mais je sentais des contractions donc j’ai voulu y aller plus tôt. » Mais dans le RER, les contractions s’accentuent. Lamata, avec ses deux aînés, âgés de 7 et 2 ans se trouve alors à l’étage du wagon. « Il n’y avait personne à ce moment-là, se souvient la jeune maman. Puis mes enfants se sont mis à pleurer, et des gens sont venus. Je ne pensais pas du tout que j’étais en train d’accoucher. » Il est 11h10 et Mohamed pousse son premier cri dans le train. « J’ai eu très peur, mais j’étais contente de l’entendre pleurer », confie la jeune femme. Encore alitée, elle peut compter sur le soutient de sa famille, et de sa cousine, Makoulanga, qui s’est rendu à son chevet ce mardi soir après le travail. « Je m’occupe de ses enfants qui vivent chez moi à Antony pour l’instant », confie cette-dernière en caressant la tête du nouveau-né. Latima a encore à réaliser le caractère exceptionnel de son accouchement. Pour l’instant elle récupère et prend doucement son petit dernier dans ses bras quand il se met à crier pour lui donner le biberon.

Eliane, cadre commerciale, est encore toute bouleversée et émue par son lundi dans le RER A mais aussi… révoltée. Cette maman de quatre grands enfants, entre 20 et 25 ans, a aidé Lamata à accoucher avec une autre passagère, Aurélie.

« J’étais à l’étage inférieur quand j’ai entendu des premiers gémissements, assez faibles. J’ai pensé à des enfants qui avaient fait une bêtise. Les gémissements ont recommencé encore une fois, puis une autre alors je suis montée voir à l’étage ce qu’il se passait », explique cette habitante du Val-de-Marne qui revenait d’un cours d’anglais sur les Champs-Elysées (VIIIe). Et d’enchaîner : « Avec une autre dame, Aurélie, nous nous sommes retrouvées seules. Tous les gens qui étaient là sont descendus à Auber. On a vu la maman vaciller. Nous l’avons allongée et j’ai juste eu le temps de prendre le bébé qui arrivait dans mes bras. »

« Les minutes m’ont paru interminables »
Les deux femmes demandent alors à un monsieur qui passait par là, de tirer la sonnette d’alarme et d’appeler les secours. La maman et ses deux « sages-femmes » se retrouvent à nouveau seules dans leur wagon. « Les minutes m’ont paru interminables avant que les secours n’arrivent. Moi, je ne pensais qu’à mettre le bébé de côté pour qu’il puisse respirer et à couper le cordon ombilical. Aurélie faisait en sorte que la maman reste consciente et que le bébé n’ait pas froid », détaille Eliane.

Si, depuis lundi soir, les enfants d’Eliane sont encore plus fiers de leur maman, cette dernière est très remontée, comme sa comparse. « Ce qui est grave, c’est l’indifférence. Personne n’est allé voir pourquoi cette dame gémissait, ce qu’il se passait. Et puis, tous les gens sont descendus sans apporter de l’aide. Ça aurait pu mal finir ou être encore plus grave », conclut Eliane qui sourit toujours lorsqu’elle repense à ce petit garçon qu’elle a accueilli.


Affaire de la petite Yanela: C’est la formulation, imbécile ! (It’s not fake news, it’s misstated news, stupid !)

24 juin, 2018
https://i1.wp.com/www.theaugeanstables.com/wp-content/uploads/2011/11/ghetto-boy-2.jpg

Two children detained by the Border Patrol in a holding cell in Nogales, Ariz. This image has been widely shared on social media in recent days, offered as an example of the Trump administration’s cruel policies toward immigrants, but in fact the picture was taken in 2014.

« La version originale de cet article a donné une mauvaise formulation du sort de la petite fille après la photographie. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. »

Devrai-je sacrifier mon enfant premier-né pour payer pour mon crime, le fils, chair de ma chair, pour expier ma faute? On te l’a enseigné, ô homme, ce qui est bien et ce que l’Eternel attend de toi: c’est que tu te conduises avec droiture, que tu prennes plaisir à témoigner de la bonté et qu’avec vigilance tu vives pour ton Dieu. Michée 6: 7-8
Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. Jésus (Matthieu 19: 14)
Quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. Jésus (Matthieu 18: 5-6)
Une civilisation est testée sur la manière dont elle traite ses membres les plus faibles. Pearl Buck
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. René Girard
J’espère offrir mon fils unique en martyr, comme son père. Dalal Mouazzi (jeune veuve d’un commandant du Hezbollah mort en 2006 pendant la guerre du Liban, à propos de son gamin de 10 ans)
Nous n’aurons la paix avec les Arabes que lorsqu’ils aimeront leurs enfants plus qu’ils ne nous détestent. Golda Meir
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture. Représentants de France 2 (cités par Enderlin)
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Il y a lieu de décider que Patrick Karsenty a exercé de bonne foi son droit à la libre critique (…) En répondant à Denis Jeambar et à Daniel Leconte dans le Figaro du 23 janvier 2005 que « l’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie », alors que la diffusion d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles Enderlin a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entrainant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné. Laurence Trébucq (Présidente de la Cour d’appel de Paris, 21.05.08)
Voilà sept ans qu’une campagne obstinée et haineuse s’efforce de salir la dignité professionnelle de notre confrère Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jerusalem. Voilà sept ans que les mêmes individus tentent de présenter comme une « supercherie » et une « série de scènes jouées » , son reportage montrant la mort de Mohammed al-Doura, 12 ans, tué par des tirs venus de la position israélienne, le 30 septembre 2000, dans la bande de Gaza, lors d’un affrontement entre l’armée israélienne et des éléments armés palestiniens. Appel du Nouvel observateur (27 mai 2008)
This is not staging, it’s playing for the camera. When they threw stones and Molotov cocktails, it was in part for the camera. That doesn’t mean it’s not true. They wanted to be filmed throwing stones and being hit by rubber bullets. All of us — the ARD too — did reports on kids confronting the Israeli army, in order to be filmed in Ramallah, in Gaza. That’s not staging, that’s reality. Enderlin
Dans le numéro 1931 du Nouvel Observateur, daté du 8 novembre 2001, Sara Daniel a publié un reportage sur le « crime d’honneur » en Jordanie. Dans son texte, elle révélait qu’à Gaza et dans les territoires occupés, les crimes dits d’honneur qui consistent pour des pères ou des frères à abattre les femmes jugées légères représentaient une part importante des homicides. Le texte publié, en raison d’un défaut de guillemets et de la suppression de deux phrases dans la transmission, laissait penser que son auteur faisait sienne l’accusation selon laquelle il arrivait à des soldats israéliens de commettre un viol en sachant, de plus, que les femmes violées allaient être tuées. Il n’en était évidemment rien et Sara Daniel, actuellement en reportage en Afghanistan, fait savoir qu’elle déplore très vivement cette erreur qui a gravement dénaturé sa pensée. Une mise au point de Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 15 novembre 2001)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Les pays européens qui ont transformé la Méditerranée en un cimetière de migrants partagent la responsabilité de chaque réfugié mort. Erdogan
Mr. Kurdi brought his family to Turkey three years ago after fleeing fighting first in Damascus, where he worked as a barber, then in Aleppo, then Kobani. His Facebook page shows pictures of the family in Istanbul crossing the Bosporus and feeding pigeons next to the famous Yeni Cami, or new mosque. From his hospital bed on Wednesday, Mr. Kurdi told a Syrian radio station that he had worked on construction sites for 50 Turkish lira (roughly $17) a day, but it wasn’t enough to live on. He said they depended on his sister, Tima Kurdi, who lived in Canada, for help paying the rent. Ms. Kurdi, speaking Thursday in a Vancouver suburb, said that their father, still in Syria, had suggested Abdullah go to Europe to get his damaged teeth fixed and find a way to help his family leave Turkey. She said she began wiring her brother money three weeks ago, in €1,000 ($1,100) amounts, to help pay for the trip. Shortly after, she said her brother called her and said he wanted to bring his whole family to Europe, as his wife wasn’t able to support their two boys alone in Istanbul. “If we go, we go all of us,” Ms. Kurdi recounted him telling her. She said she spoke to his wife last week, who told her she was scared of the water and couldn’t swim. “I said to her, ‘I cannot push you to go. If you don’t want to go, don’t go,’” she said. “But I guess they all decided they wanted to do it all together.” At the morgue, Mr. Kurdi described what happened after they set off from the deserted beach, under cover of darkness. “We went into the sea for four minutes and then the captain saw that the waves are so high, so he steered the boat and we were hit immediately. He panicked and dived into the sea and fled. I took over and started steering, the waves were so high the boat flipped. I took my wife in my arms and I realized they were all dead.” Mr. Kurdi gave different accounts of what happened next. In one interview, he said he swam ashore and walked to the hospital. In another, he said he was rescued by the coast guard. In Canada, Ms. Kurdi said her brother had sent her a text message around 3 a.m. Turkish time Wednesday confirming they had set off. (…) “He said, ‘I did everything in my power to save them, but I couldn’t,’” she said. “My brother said to me, ‘My kids have to be the wake-up call for the whole world.’” WSJ
Personne ne dit que ce n’est pas raisonnable de partir de Turquie avec deux enfants en bas âge sur une mer agitée dans un frêle esquife. Arno Klarsfeld
La justice israélienne a dit disposer d’une déposition selon laquelle la famille d’un bébé palestinien mort dans des circonstances contestées dans la bande de Gaza avait été payée par le Hamas pour accuser Israël, ce que les parents ont nié. Vif émoi après la mort de l’enfant. Leïla al-Ghandour, âgée de huit mois, est morte mi-mai alors que l’enclave palestinienne était depuis des semaines le théâtre d’une mobilisation massive et d’affrontements entre Palestiniens et soldats israéliens le long de la frontière avec Gaza. Son décès a suscité un vif émoi. Sa famille accuse l’armée israélienne d’avoir provoqué sa mort en employant des lacrymogènes contre les protestataires, parmi lesquels se trouvait la fillette. La fillette souffrait-elle d’un problème cardiaque ? L’armée israélienne, se fondant sur les informations d’un médecin palestinien resté anonyme mais qui selon elle connaissait l’enfant et sa famille, dit que l’enfant souffrait d’un problème cardiaque. Le ministère israélien de la Justice a rendu public jeudi l’acte d’inculpation d’un Gazaoui de 20 ans, présenté comme le cousin de la fillette. Selon le ministère, il a déclaré au cours de ses interrogatoires par les forces israéliennes que les parents de Leila avaient touché 8.000 shekels (1.800 euros) de la part de Yahya Sinouar, le chef du Hamas dans la bande de Gaza, pour dire que leur fille était morte des inhalations de gaz. Une « fabrication » du Hamas dénoncée par Israël. Les parents ont nié ces déclarations, réaffirmé que leur fille était bien morte des inhalations, et ont contesté qu’elle était malade. Selon la famille, Leïla al-Ghandour avait été emmenée près de la frontière par un oncle âgé de 11 ans et avait été prise dans les tirs de lacrymogènes. Europe 1
Donald Trump aurait (…) menti en affirmant que la criminalité augmentait en Allemagne, en raison de l’entrée dans le pays de 1,1 million de clandestins en 2015. (…) Les articles se sont immédiatement multipliés pour dénoncer « le mensonge » du président américain. Pourquoi ? Parce que les autorités allemandes se sont félicitées d’une baisse des agressions violentes en 2017. C’est vrai, elles ont chuté de 5,1% par rapport à 2016. Est-il possible, cependant, de feindre à ce point l’incompréhension ? Car les détracteurs zélés du président omettent de préciser que la criminalité a bien augmenté en Allemagne à la suite de cette vague migratoire exceptionnelle : 10% de crimes violents en plus, sur les années 2015 et 2016. L’étude réalisée par le gouvernement allemand et publiée en janvier dernier concluait même que 90% de cette augmentation était due aux jeunes hommes clandestins fraîchement accueillis, âgés de 14 à 30 ans. L’augmentation de la criminalité fut donc indiscutablement liée à l’accueil de 1,1 millions de clandestins pendant l’année 2015. C’est évidement ce qu’entend démontrer Donald Trump. Et ce n’est pas tout. Les chiffres du ministère allemand de l’Intérieur pour 2016 révèlent également une implication des étrangers et des clandestins supérieure à celle des Allemands dans le domaine de la criminalité. Et en hausse. La proportion d’étrangers parmi les personnes suspectées d’actes criminels était de 28,7% en 2014, elle est passée à 40,4% en 2016, avant de chuter à 35% en 2017 (ce qui reste plus important qu’en 2014). En 2016, les étrangers étaient 3,5 fois plus impliqués dans des crimes que les Allemands, les clandestins 7 fois plus. Des chiffres encore plus élevés dans le domaine des crimes violents (5 fois plus élevés chez les étrangers, 15 fois chez les clandestins) ou dans celui des viols en réunion (10 fois plus chez les étrangers, 42 fois chez les clandestins !). Factuellement, la criminalité n’augmente pas aujourd’hui en Allemagne. Mais l’exceptionnelle vague migratoire voulue par Angela Merkel en 2015 a bien eu pour conséquence l’augmentation de la criminalité en Allemagne. Les Allemands, eux, semblent l’avoir très bien compris. Valeurs actuelles
Je vous demande de ne rien céder, dans ces temps troublés que nous vivons, de votre amour pour l’Europe. Je vous le dis avec beaucoup de gravité. Beaucoup la détestent, mais ils la détestent depuis longtemps et vous les voyez monter, comme une lèpre, un peu partout en Europe, dans des pays où nous pensions que c’était impossible de la voir réapparaître. Et des amis voisins, ils disent le pire et nous nous y habituons. Emmanuel Macron
Il y a des choses insoutenables. Mais pourquoi on en est arrivé là ? Parce que justement il y a des gens comme Emmanuel Macron qui venaient donner des leçons de morale aux autres. Il y a une inquiétude identitaire » en Europe, « c’est une réalité politique. Tous les donneurs de leçon ont tué l’Europe, il y a une angoisse chez les Européens d’être dilués, pas une angoisse raciste, mais une angoisse de ne plus pouvoir être eux, chez eux. Jean-Sébastien Ferjou
Our message absolutely is don’t send your children unaccompanied, on trains or through a bunch of smugglers. We don’t even know how many of these kids don’t make it, and may have been waylaid into sex trafficking or killed because they fell off a train. Do not send your children to the borders. If they do make it, they’ll get sent back. More importantly, they may not make it. Obama (2014)
I also think that we have to understand the difficulty that President Obama finds himself in because there are laws that impose certain obligations on him. And it was my understanding that the numbers have been moderating in part as the Department of Homeland Security and other law enforcement officials understood that separating children from families — I mean, the horror of a father or a mother going to work and being picked up and immediately whisked away and children coming home from school to an empty house and nobody can say where their mother or father is, that is just not who we are as Americans. And so, I do think that while we continue to make the case which you know is very controversial in some corridors, that we have to reform our immigration system and we needed to do it yesterday. That’s why I approved of the bill that was passed in the Senate. We need to show humanity with respect to people to people who are working, contributing right now. And deporting them, leaving their children alone or deporting an adolescent, doing anything that is so contrary to our core values, just makes no sense. So I would be very open to trying to figure out ways to change the law, even if we don’t get to comprehensive immigration reform to provide more leeway and more discretion for the executive branch. (…) the numbers are increasing dramatically. And the main reason I believe why that’s happening is that the violence in certain of those Central American countries is increasing dramatically. And there is not sufficient law enforcement or will on the part of the governments of those countries to try to deal with this exponential increase in violence, drug trafficking, the drug cartels, and many children are fleeing from that violence. (…) first of all, we have to provide the best emergency care we can provide. We have children 5 and 6 years old who have come up from Central America. We need to do more to provide border security in southern Mexico. (…) they should be sent back as soon as it can be determined who responsible adults in their families are, because there are concerns whether all of them should be sent back. But I think all of them who can be should be reunited with their families. (…) But we have so to send a clear message, just because your child gets across the border, that doesn’t mean the child gets to stay. So, we don’t want to send a message that is contrary to our laws or will encourage more children to make that dangerous journey. Hillary Clinton (2014)
Over the past six years, President Obama has tried to make children the centerpiece of his efforts to put a gentler face on U.S. immigration policy. Even as his administration has deported a record number of unauthorized immigrants, surpassing two million deportations last year, it has pushed for greater leniency toward undocumented children. After trying and failing to pass the Dream Act legislation, which would offer a path to permanent residency for immigrants who arrived before the age of 16, the president announced an executive action in 2012 to block their deportation. Last November, Obama added another executive action to extend similar protections to undocumented parents. “We’re going to keep focusing enforcement resources on actual threats to our security,” he said in a speech on Nov. 20. “Felons, not families. Criminals, not children. Gang members, not a mom who’s working hard to provide for her kids.” But the president’s new policies apply only to immigrants who have been in the United States for more than five years; they do nothing to address the emerging crisis on the border today. Since the economic collapse of 2008, the number of undocumented immigrants coming from Mexico has plunged, while a surge of violence in Central America has brought a wave of migrants from Honduras, El Salvador and Guatemala. According to recent statistics from the Department of Homeland Security, the number of refugees fleeing Central America has doubled in the past year alone — with more than 61,000 “family units” crossing the U.S. border, as well as 51,000 unaccompanied children. For the first time, more people are coming to the United States from those countries than from Mexico, and they are coming not just for opportunity but for survival. The explosion of violence in Central America is often described in the language of war, cartels, extortion and gangs, but none of these capture the chaos overwhelming the region. Four of the five highest murder rates in the world are in Central American nations. The collapse of these countries is among the greatest humanitarian disasters of our time. While criminal organizations like the 18th Street Gang and Mara Salvatrucha exist as street gangs in the United States, in large parts of Honduras, Guatemala and El Salvador they are so powerful and pervasive that they have supplanted the government altogether. People who run afoul of these gangs — which routinely demand money on threat of death and sometimes kidnap young boys to serve as soldiers and young girls as sexual slaves — may have no recourse to the law and no better option than to flee. The American immigration system defines a special pathway for refugees. To qualify, most applicants must present themselves to federal authorities, pass a “credible fear interview” to demonstrate a possible basis for asylum and proceed through a “merits hearing” before an immigration judge. Traditionally, those who have completed the first two stages are permitted to live with family and friends in the United States while they await their final hearing, which can be months or years later. If authorities believe an applicant may not appear for that court date, they can require a bond payment as guarantee or place the refugee in a monitoring system that may include a tracking bracelet. In the most extreme cases, a judge may deny bond and keep the refugee in a detention facility until the merits hearing. The rules are somewhat different when children are involved. Under the terms of a 1997 settlement in the case of Flores v. Meese, children who enter the country without their parents must be granted a “general policy favoring release” to the custody of relatives or a foster program. When there is cause to detain a child, he or she must be housed in the least restrictive environment possible, kept away from unrelated adults and provided access to medical care, exercise and adequate education. Whether these protections apply to children traveling with their parents has been a matter of dispute. The Flores settlement refers to “all minors who are detained” by the Immigration and Naturalization Service and its “agents, employees, contractors and/or successors in office.” When the I.N.S. dissolved into the Department of Homeland Security in 2003, its detention program shifted to the U.S. Immigration and Customs Enforcement agency. Federal judges have ruled that ICE is required to honor the Flores protections for all children in its custody. Even so, in 2005, the administration of George W. Bush decided to deny the Flores protections to refugee children traveling with their parents. Instead of a “general policy favoring release,” the administration began to incarcerate hundreds of those families for months at a time. To house them, officials opened the T. Don Hutto Family Detention Center near Austin, Tex. Within a year, the administration faced a lawsuit over the facility’s conditions. Legal filings describe young children forced to wear prison jumpsuits, to live in dormitory housing, to use toilets exposed to public view and to sleep with the lights on, even while being denied access to appropriate schooling. In a pretrial hearing, a federal judge in Texas blasted the administration for denying these children the protections of the Flores settlement. “The court finds it inexplicable that defendants have spent untold amounts of time, effort and taxpayer dollars to establish the Hutto family-detention program, knowing all the while that Flores is still in effect,” the judge wrote. The Bush administration settled the suit with a promise to improve the conditions at Hutto but continued to deny that children in family detention were entitled to the Flores protections. In 2009, the Obama administration reversed course, abolishing family detention at Hutto and leaving only a small facility in Pennsylvania to house refugee families in exceptional circumstances. For all other refugee families, the administration returned to a policy of release to await trial. Studies have shown that nearly all detainees who are released from custody with some form of monitoring will appear for their court date. But when the number of refugees from Central America spiked last summer, the administration abruptly announced plans to resume family detention. (…) From the beginning, officials were clear that the purpose of the new facility in Artesia was not so much to review asylum petitions as to process deportation orders. “We have already added resources to expedite the removal, without a hearing before an immigration judge, of adults who come from these three countries without children,” the secretary of Homeland Security, Jeh Johnson, told a Senate committee in July. “Then there are adults who brought their children with them. Again, our message to this group is simple: We will send you back.” Elected officials in Artesia say that Johnson made a similar pledge during a visit to the detention camp in July. “He said, ‘As soon as we get them, we’ll ship them back,’ ” a city councilor from Artesia named Jose Luis Aguilar recalled. The mayor of the city, Phillip Burch, added, “His comment to us was that this would be a ‘rapid deportation process.’ Those were his exact words.” (…) “I arrived on July 5 and turned myself in at 2 a.m.,” a 28-year-old mother of two named Ana recalled. In Honduras, Ana ran a small business selling trinkets and served on the P.T.A. of her daughter’s school. “I lived well,” she said — until the gangs began to pound on her door, demanding extortion payments. Within days, they had escalated their threats, approaching Ana brazenly on the street. “One day, coming home from my daughter’s school, they walked up to me and put a gun to my head,” she said. “They told me that if I didn’t give them the money in less than 24 hours, they would kill me.” Ana had already seen friends raped and murdered by the gang, so she packed her belongings that night and began the 1,800-mile journey to the U.S. border with her 7-year-old daughter. Four weeks later, in McAllen, Tex., they surrendered as refugees. Ana and her daughter entered Artesia in mid-July. In October they were still there. Ana’s daughter was sick and losing weight rapidly under the strain of incarceration. Their lawyer, a leader in Chicago’s Mormon Church named Rebecca van Uitert, said that Ana’s daughter became so weak and emaciated that doctors threatened drastic measures. “They were like, ‘You’ve got to force her to eat, and if you don’t, we’re going to put a PICC line in her and force-feed her,’ ” van Uitert said. Ana said that when her daughter heard the doctor say this, “She started to cry and cry.” (…) Many of the volunteers in Artesia tell similar stories about the misery of life in the facility. “I thought I was pretty tough,” said Allegra Love, who spent the previous summer working on the border between Mexico and Guatemala. “I mean, I had seen kids in all manner of suffering, but this was a really different thing. It’s a jail, and the women and children are being led around by guards. There’s this look that the kids have in their eyes. This lackadaisical look. They’re just sitting there, staring off, and they’re wasting away. That was what shocked me most.” The detainees reported sleeping eight to a room, in violation of the Flores settlement, with little exercise or stimulation for the children. Many were under the age of 6 and had been raised on a diet of tortillas, rice and chicken bits. In Artesia, the institutional cafeteria foods were as unfamiliar as the penal atmosphere, and to their parents’ horror, many of the children refused to eat. “Gaunt kids, moms crying, they’re losing hair, up all night,” an attorney named Maria Andrade recalled. Another, Lisa Johnson-Firth, said: “I saw children who were malnourished and were not adapting. One 7-year-old just lay in his mother’s arms while she bottle-fed him.” Mary O’Leary, who made three trips to Artesia last fall, said: “I was trying to talk to one client about her case, and just a few feet away at another table there was this lady with a toddler between 2 and 4 years old, just lying limp. This was a sick kid, and just with this horrible racking cough.” (…) Attorneys for the Obama administration have argued in court, like the Bush administration previously, that the protections guaranteed by the Flores settlement do not apply to children in family detention. “The Flores settlement comes into play with unaccompanied minors,” a lawyer for the Department of Homeland Security named Karen Donoso Stevens insisted to a judge on Aug. 4. “That argument is moot here, because the juvenile is detained — is accompanied and detained — with his mother.” Federal judges have consistently rejected this position. Just as the judge reviewing family detention in 2007 called the denial of Flores protections “inexplicable,” the judge presiding over the Aug. 4 hearing issued a ruling in September that Homeland Security officials in Artesia must honor the Flores Settlement Agreement. “The language of the F.S.A. is unambiguous,” Judge Roxanne Hladylowycz wrote. “The F.S.A. was designed to create a nationwide policy for the detention of all minors, not only those who are unaccompanied.” Olavarria said she was not aware of that ruling and would not comment on whether the Department of Homeland Security believes that the Flores ruling applies to children in family detention today. (…) As the pro bono project in Artesia continued into fall, its attorneys continued to win in court. By mid-November, more than 400 of the detained women and children were free on bond. Then on Nov. 20, the administration suddenly announced plans to transfer the Artesia detainees to the ICE detention camp in Karnes, Tex., where they would fall under a new immigration court district with a new slate of judges. That announcement came at the very moment the president was delivering a live address on the new protections available to established immigrant families. In an email to notify Artesia volunteers about the transfer, an organizer for AILA named Stephen Manning wrote, “The disconnect from the compassionate-ish words of the president and his crushing policies toward these refugees is shocking.” Brown was listening to the speech in her car, while driving to Denver for a rare weekend at home, when her cellphone buzzed with the news that 20 of her clients would be transferred to Texas the next morning. Many of them were close to a bond release; in San Antonio, they might be detained for weeks or months longer. Brown pulled her car to the side of the highway and spent three hours arguing to delay the transfer. Over the next two weeks, officials moved forward with the plan. By mid-December, most of the Artesia detainees were in Karnes (…) One of McPhaul’s colleagues, Judge Gary Burkholder, was averaging a 91.6 percent denial rate for the asylum claims. Some Karnes detainees had been in the facility for nearly six months and could remain there another six. (…) “I agree,” Sischo said. “We should not be spending resources on detaining these families. They should be released. But people don’t understand the law. They think they should be deported because they’re ‘illegals.’ So they’re missing a very big part of the story, which is that they aren’t breaking the law. They’re trying to go through the process that’s laid out in our laws.” Wil S. Hylton (NYT magazine, 2015)
It was the kind of story destined to take a dark turn through the conservative news media and grab President Trump’s attention: A vast horde of migrants was making its way through Mexico toward the United States, and no one was stopping them. “Mysterious group deploys ‘caravan’ of illegal aliens headed for U.S. border,” warned Frontpage Mag, a site run by David Horowitz, a conservative commentator. The Gateway Pundit, a website that was most recently in the news for spreading conspiracies about the school shooting in Parkland, Fla., suggested the real reason the migrants were trying to enter the United States was to collect social welfare benefits. And as the president often does when immigration is at issue, he saw a reason for Americans to be afraid. “Getting more dangerous. ‘Caravans’ coming,” a Twitter post from Mr. Trump read. The story of “the caravan” followed an arc similar to many events — whether real, embellished or entirely imagined — involving refugees and migrants that have roused intense suspicion and outrage on the right. The coverage tends to play on the fears that hiding among mass groups of immigrants are many criminals, vectors of disease and agents of terror. And often the president, who announced his candidacy by blaming Mexico for sending rapists and drug dealers into the United States, acts as an accelerant to the hysteria. The sensationalization of this story and others like it seems to serve a common purpose for Mr. Trump and other immigration hard-liners: to highlight the twin dangers of freely roving migrants — especially those from Muslim countries — and lax immigration laws that grant them easy entry into Western nations. The narrative on the right this week, for example, mostly omitted that many people in the caravan planned to resettle in Mexico, not the United States. And it ignored how many of those who did intend to come here would probably go through the legal process of requesting asylum at a border checkpoint — something miles of new wall and battalions of additional border patrol would not have stopped. (…) The story of the caravan has been similarly exaggerated. And the emotional outpouring from the right has been raw — that was the case on Fox this week when the TV host Tucker Carlson shouted “You hate America!” at an immigrants rights activist after he defended the people marching through Mexico. The facts of the caravan are not as straightforward as Mr. Trump or many conservative pundits have portrayed them. The story initially gained widespread attention after BuzzFeed News reported last week that more than 1,000 Central American migrants, mostly from Honduras, were making their way north toward the United States border. Yet the BuzzFeed article and other coverage pointed out that many in the group were planning to stay in Mexico. That did not stop Mr. Trump from expressing dismay on Tuesday with a situation “where you have thousands of people that decide to just walk into our country, and we don’t have any laws that can protect it.” The use of disinformation in immigration debates is hardly unique to the United States. Misleading crime statistics, speculation about sinister plots to undermine national sovereignty and Russian propaganda have all played a role in stirring up anti-immigrant sentiment in places like Britain, Germany and Hungary. Some of the more fantastical theories have involved a socialist conspiracy to import left-leaning voters and a scheme by the Hungarian-born Jewish philanthropist George Soros to create a borderless Europe. NYT
With the help of a humanitarian group called “Pueblo Sin Fronteras” (people without borders), the 1,000 plus migrants will reach the U.S. border with a list of demands to several governments in Central America, the United States, and Mexico. Here’s what they demanded of Mexico and the United States in a Facebook post:  -That they respect our rights as refugees and our right to dignified work to be able to support our families -That they open the borders to us because we are as much citizens as the people of the countries where we are and/or travel -That deportations, which destroy families, come to an end -No more abuses against us as migrants -Dignity and justice -That the US government not end TPS for those who need it -That the US government stop massive funding for the Mexican government to detain Central American migrants and refugees and to deport them -That these governments respect our rights under international law, including the right to free expression -That the conventions on refugee rights not be empty rhetoric. The Blaze
Au moins 150 migrants centraméricains sont arrivés à Tijuana au Mexique, à la frontière avec les États-Unis. Ils sont décidés à demander l’asile à Washington. Plusieurs centaines de migrants originaires d’Amérique centrale se sont rassemblés dimanche 30 avril à la frontière mexico-américaine au terme d’un mois de traversée du Mexique. Nombre d’entre eux ont décidé de se présenter aux autorités américaines pour déposer des demandes d’asile et devraient être placés en centres de rétention. « Nous espérons que le gouvernement des États-Unis nous ouvrira les portes », a déclaré Reyna Isabel Rodríguez, 52 ans, venu du Salvador avec ses deux petits-enfants. L’ONG Peuple Sans Frontières organise ce type de caravane depuis 2010 pour dénoncer le sort de celles et ceux qui traversent le Mexique en proie à de nombreux dangers, entre des cartels de la drogue qui les kidnappent ou les tuent, et des autorités qui les rançonnent. « Nous voulons dire au président des États-Unis que nous ne sommes pas des criminels, nous ne sommes pas des terroristes, qu’il nous donne la chance de vivre sans peur. Je sais que Dieu va toucher son cœur », a déclaré l’une des organisatrices de la caravane, Irineo Mujica. L’ONG, composée de volontaires, permet notamment aux migrants de rester groupés – lors d’un périple qui se fait à pied, en bus ou en train – afin de se prémunir de tous les dangers qui jalonnent leur chemin. En espagnol, ces caravanes sont d’ailleurs appelées « Via Crucis Migrantes » ou le « Chemin de croix des migrants », en référence aux processions catholiques, particulièrement appréciées en Amérique du Sud, qui mettent en scène la Passion du Christ, ou les derniers événements qui ont précédé et accompagné la mort de Jésus de Nazareth. Cette année, le groupe est parti le 25 mars de Tapachula, à la frontière du Guatemala, avec un groupe de près de 1 200 personnes, à 80 % originaires du Honduras, les autres venant du Guatemala, du Salvador et du Nicaragua, selon Rodrigo Abeja. Dans le groupe, près de 300 enfants âgés de 1 mois à 11 ans, une vingtaine de jeunes homosexuels et environ 400 femmes. Certains se sont ensuite dispersés, préférant rester au Mexique, d’autres choisissant de voyager par leurs propres moyens. En avril, les images de la caravane de migrants se dirigeant vers les États-Unis avaient suscité la colère de Donald Trump et une forte tension entre Washington et Mexico. Le président américain, dont l’un des principaux thèmes de campagne était la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration clandestine, avait ordonné le déploiement sur la frontière de troupes de la Garde nationale. Il avait aussi soumis la conclusion d’un nouvel accord de libre-échange en Amérique du Nord à un renforcement des contrôles migratoires par le Mexique, une condition rejetée par le président mexicain Enrique Pena Nieto. France 24 
Il faut noter que les migrants qui veulent demander l’asile se rendent facilement aux agents de patrouille aux frontières. Ce ne sont pas des migrants sans papiers classiques, ils viennent avec autant de documents que possible pour obtenir l’asile politique. Dans ce groupe se trouvaient une vingtaine de femmes et d’enfants. La plupart venaient du Honduras.  (…) J’avais remarqué une mère qui tenait un enfant. Elle m’a dit que sa fille et elle voyageaient depuis un mois, au départ du Honduras. Elle m’a dit que sa fille avait 2 ans, et j’ai pu voir dans ses yeux qu’elle était sur ses gardes, exténuée et qu’elle avait probablement vécu un voyage très difficile. C’est l’une des dernières familles à avoir été embarquée dans le véhicule. Un des officiers a demandé à la mère de déposer son enfant à terre pendant qu’elle était fouillée. Juste à ce moment-là, la petite fille a commencé à pleurer, très fort. J’ai trois enfants moi-même, dont un tout petit, et c’était très difficile à voir, mais j’avais une fenêtre de tir très réduite pour photographier la scène. Dès que la fouille s’est terminée, elle a pu reprendre son enfant dans ses bras et ses pleurs se sont éteints. Moi, j’ai dû m’arrêter, reprendre mes esprits et respirer profondément. J’avais déjà photographié des scènes comme ça à de nombreuses reprises. Mais celle-ci était unique, d’une part à cause des pleurs de cette enfant, mais aussi parce que cette fois, je savais qu’à la prochaine étape de leur voyage, dans ce centre de rétention, elles allaient être séparées. Je doute que ces familles aient eu la moindre idée de ce qui allait leur arriver. Tous voyageaient depuis des semaines, ils ne regardaient pas la télévision et n’avaient aucun moyen d’être au courant de la nouvelle mesure de tolérance zéro et de séparation des familles mise en place par Trump. (…) Cela fait dix ans que je photographie l’immigration à la frontière américaine, toujours avec l’objectif d’humaniser des histoires complexes. Souvent, on parle de l’immigration avec des statistiques, arides et froides. Et je crois que la seule manière que les personnes dans ce pays trouvent des solutions humaines est qu’elles voient les gens comme des êtres humains. Je n’avais jamais imaginé que j’allais un jour mettre un visage sur une politique de séparation des familles, mais c’est le cas aujourd’hui. John Moore
Pourquoi aurait-elle fait subir ça à notre petite fille ? (….) Je pense que c’était irresponsable de sa part de partir avec le bébé dans les bras parce qu’on ne sait pas ce qui aurait pu arriver. Denis Hernandez
Interrogé par le Daily Mail, Denis Varela a indiqué que sa femme voulait expérimenter le rêve américain et trouver un travail au pays de l’Oncle Sam, mais qu’il était opposé à l’idée qu’elle parte avec sa fille : « Elle est partie sans prévenir. Je n’ai pas pu dire « Au revoir » à ma fille et maintenant la seule chose que je peux faire, c’est attendre. » Le couple a aussi trois autres enfants, un fils de 14 ans, et deux filles de 11 et 6 ans. « Les enfants comprennent ce qu’il se passe. Ils sont un peu inquiets mais j’essaye de ne pas trop aborder le sujet. Ils savent que leur mère et leur sœur sont en sécurité. » Il a ajouté qu’il espère que « les droits de sa femme et de sa fille sont respectés, parce qu’elles sont des reines […] Nous avons tous des droits. » Ouest France
Protecting children at the border is complicated because there have, indeed, been instances of fraud. Tens of thousands of migrants arrive there every year, and those with children in tow are often released into the United States more quickly than adults who come alone, because of restrictions on the amount of time that minors can be held in custody. Some migrants have admitted they brought their children not only to remove them from danger in such places as Central America and Africa, but because they believed it would cause the authorities to release them from custody sooner. Others have admitted to posing falsely with children who are not their own, and Border Patrol officials say that such instances of fraud are increasing. (…) [Jessica M. Vaughan, the director of policy studies for the Center for Immigration Studies] said that some migrants were using children as “human shields” in order to get out of immigration custody faster. “It makes no sense at all for the government to just accept these attempts at fraud,” Ms. Vaughan said. “If it appears that the child is being used in this way, it is in the best interest of the child to be kept separately from the parent, for the parent to be prosecuted, because it’s a crime and it’s one that has to be deterred and prosecuted.” NYT
Over the weekend, you may have seen a horrifying story: Almost 1,500 migrant children were missing, and feared to be in the hands of human traffickers. The Trump administration lost track of the children, the story went, after separating them from their parents at the border. The news spread across liberal social media — with the hashtag #Wherearethechildren trending on Twitter — as people demanded immediate action. But it wasn’t true, or at least not the way that many thought. The narrative had combined parts of two real events and wound up with a horror story that was at least partly a myth. The fact that so many Americans readily believed this myth offers a lesson in how partisan polarization colors people’s views on a gut emotional level without many even realizing it. As other articles have explained, the missing children and the Trump administration’s separation of families who are apprehended at the border are two different matters. (…) These “missing” children had actually come to the United States without their parents, been picked up by the Border Patrol and then released to the custody of a parent or guardian. Many probably are not really missing. The figure represents the number of children whose households didn’t answer the phone when the Department of Health and Human Services called to check on them. The unanswered phone calls may warrant further welfare checks, but are not themselves a sign that something nefarious has happened. The Obama administration also detained immigrant families and children, as did other recent administrations. This past weekend, some social media users circulated a photo they said showed children detained as a result of President Trump’s policies, but the image was actually from 2014. (…) Long-running social science surveys have found that since the 1980s, Republicans’ opinions of Democrats and Democrats’ opinions of Republicans have been increasingly negative. At the same time, as Lilliana Mason, a political scientist at the University of Maryland, writes in a new book, partisan identity has become an umbrella for other important identities, including those involving race, religion, geography and even educational background. It has become a tribal identity itself, not merely a matter of policy preferences. So it’s not that liberals didn’t care about immigrant children until Mr. Trump became president, or that they’re only pretending to care now so as to score political points. Rather, with the Trump administration’s making opposition to immigrants a signature issue, the topic has become salient to partisan conflict in a way it wasn’t before. Mr. Trump’s treatment of immigrant families and children, when refracted through the lens of partisan bias, affirms liberals’ perception of being engaged in a broader moral struggle with the right, making it feel like an urgent threat. Mr. Obama’s detaining of immigrant children, by contrast, felt like a matter of abstract moral concern. Identity polarization means “you want to show that you’re a good member of your tribe,” Sean Westwood, a political scientist at Dartmouth College who studies partisan polarization, said in an interview early last year. “You want to show others that Republicans are bad or Democrats are bad, and your tribe is good.” Sharing stories on social media “provides a unique opportunity to publicly declare to the world what your beliefs are and how willing you are to denigrate the opposition and reinforce your own political candidates,” he said. Accurate news can serve that purpose. But fake news has an advantage. It can perfectly capture one side’s villainous archetypes of the other, without regard for pesky facts that might not fit the story line. The narrative that President Trump’s team lost hundreds of children after tearing them away from their parents combines some of the main liberal critiques of the administration: that it is racist, that it is authoritarian and that it is incompetent. The administration’s very real policy of separating families already plays to the first two archetypes. By adding in the missing children, the story manages to incorporate an incompetence angle as well. NYT
Nous ne voulons pas séparer les familles, mais nous ne voulons pas que des familles viennent illégalement. Si vous faites passer un enfant, nous vous poursuivrons. Et cet enfant sera séparé de vous, comme la loi le requiert. Jeff Sessions
Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile. Donald Trump
La version originale de cet article a donné une représentation inexacte de ce qui est arrivé à la petite fille après la photo. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. Time
Time has not responded to a request for comment from The Post, but in a statement sent to media outlets, the magazine said it’s standing by its cover. Washington Post
La photographie du 12 juin de la petite Hondurienne de 2 ans est devenue le symbole le plus visible du débat sur l’immigration en cours aux États-Unis et il y a une raison pour cela. Dans le cadre de la politique appliquée par l’administration, avant son revirement de cette semaine, ceux qui traversaient la frontière illégalement étaient l’objet de poursuites criminelles, qui entraînaient à leur tour la séparation des enfants et des parents. Notre couverture et notre reportage saisissent les enjeux de ce moment. Edward Felsenthal (rédacteur en chef de Time).
The Time cover is an illustration that interprets a wider issue being reported on within the magazine. The photograph I took is a straightforward and an honest image; it shows a brief moment in time of a distressed little girl, whose mother is being searched as they are both taken into custody. I believe this image has raised awareness of the zero tolerance policy of the current administration. Having covered immigration for Getty Images for 10 years, this photograph for me is part of a much larger story. John Moore
Obviously this child never met the president, it’s not misleading at all in that sense. I think that the power of it is in the juxtaposition of the two figures, of the child who quickly came to represent all of the children that we’re talking about, and the president who was making the decisions about their fate. Nancy Gibbs (former editor of Time)
It was well within the parameters of editorial license. This is a caustic, sharp-edged cover. But it’s a caustic, sharp-edged cover about an issue that is deeply emotional that has divided America. Moore’s photos are « iconic » and will be remembered alongside historic images of Emmett Till and the photo of a naked little girl running from a Naplam attack in Vietnam. Bruce Shapiro (Columbia University)
Il existe aux Etats-Unis un grave problème d’immigration illégale. Trump a commencé à prendre des décisions pour le régler. Les entrées clandestines dans le pays par la frontière Sud ont diminué de 70 pour cent. Elles sont encore trop nombreuses. Les immigrants illégaux présents dans le pays ne sont pas tous criminels, mais ils représentent une proportion importante des criminels incarcérés et des membres de gangs violents impliqués, entre autres, dans le trafic de drogue. Jeff Sessions, ministre de la justice inefficace dans d’autres secteurs, est très efficace dans ce secteur. Les Démocrates veulent que l’immigration illégale se poursuive, et s’intensifie, car ils ont besoin d’un électorat constitué d’illégaux fraîchement légalisés pour maintenir à flot la coalition électorale sur laquelle ils s’appuient et garder des chances de victoire ultérieure (minorités ethniques, femmes célibataires, étudiants, professeurs). La diminution de l’immigration clandestine leur pose problème. Les actions de la police de l’immigration (ICE; Immigration Control Enforcement) suscitent leur hostilité, d’où l’existence de villes sanctuaires démocrates et, en Californie, d’un Etat sanctuaire(démocrate, bien sûr). Ce qui se passe depuis quelques jours à la frontière Sud du pays est un coup monté auquel participent le parti démocrate, les grands médias américains, des organisations gauchistes, et le but est de faire pression sur Trump en diabolisant son action. La plupart des photos utilisées datent des années Obama, au cours desquelles le traitement des enfants entrant clandestinement dans le pays était exactement similaire à ce qu’il est aujourd’hui, sans qu’à l’époque les Démocrates disent un seul mot. Les enfants qui pleurent sur des vidéos ont été préparés à être filmés à des fins de propagande et ont appris à dire “daddy”, “mummy”. Le but est effectivement de faire céder Trump. Quelques Républicains à veste réversible ont joint leur voix au chœur. Trump, comme il sait le faire, a agi pour désamorcer le coup monté. On lui reproche de faire ce qui se fait depuis des années (séparer les enfants de leurs parents dès lors que les parents doivent être incarcérés) ? Il vient de décider que les enfants ne seront plus séparés des parents, et qu’ils seront placés ensemble dans des lieux de rétention.  Cela signifie-t-il un recul ? Non. La lutte contre l’immigration clandestine va se poursuivre selon exactement la même ligne. Les parents qui ont violé la loi seront traités comme ils l’étaient auparavant. Les enfants seront-ils dans de meilleures conditions ? Non. Ils ne seront pas dans des conditions plus mauvaises non plus. Décrire les lieux où ils étaient placés jusque là comme des camps de concentration est une honte et une insulte à ceux qui ont été placés dans de réels camps de concentration (certains Démocrates un peu plus répugnants que d’autres sont allés jusqu’à faire des comparaisons avec Auschwitz !) : les enfants sont placés dans ce qui est comparable à des auberges pour colonies de vacances. Un enfant clandestin coûte au contribuable américain à ce jour 35.000 dollars en moyenne annuelle. Désamorcer le coup monté ne réglera pas le problème d’ensemble. Des femmes viennent accoucher aux Etats-Unis pour que le bébé ait la nationalité américaine et puisse demander deux décennies plus tard un rapprochement de famille. Des gens font passer leurs enfants par des passeurs en espérant que l’enfant sera régularisé et pourra lui aussi demander un rapprochement de famille. Des parents paient leur passage aux Etats Unis en transportant de la drogue et doivent être jugés pour cela (le tarif des passeurs si on veut passer sans drogue est  de 10.000 dollars par personne). S’ils sont envoyés en prison, ils n’y seront pas envoyés avec leurs enfants.  Quand des trafiquants de drogue sont envoyés en prison, aux Etats-Unis ou ailleurs, ils ne vont pas en prison en famille, et si quelqu’un suggérait que leur famille devait les suivre en prison, parce que ce serait plus “humain”, les Démocrates seraient les premiers à hurler. Les Etats-Unis, comme tout pays développé, ne peuvent laisser entrer tous ceux qui veulent entrer en laissant leurs frontières ouvertes. Un pays a le droit de gérer l’immigration comme il l’entend et comme l’entend sa population, et il le doit, s’il ne veut pas être submergé par une population qui ne s’intègre pas et peut le faire glisser vers le chaos. Les pays européens sont confrontés au même problème que les Etats-Unis, d’une manière plus aiguë puisqu’en Europe s’ajoute le paramètre “islam”. La haine de la civilisation occidentale imprègne la gauche européenne, qui veut la dissolution des peuples européens. Une même haine imprègne la gauche américaine, qui veut la dissolution du peuple américain. Les grandes villes de l’Etat sanctuaire de Californie sont déjà méconnaissables, submergées par des sans abris étrangers (pas un seul pont de Los Angeles qui n’abrite désormais un petit bidonville, et un quart du centre ville est une véritable cour des miracles, à San Francisco ce n’est pas mieux). Il n’est pas du tout certain que le coup monte servira les Démocrates lors des élections de mi mandat. Nombre d’Américains ne veulent pas la dissolution du peuple américain. Guy Millière
Sur le plateau de la NBCNews, l’ancien président du Comité national du parti Républicain, Michael Steele, vient de comparer les centres dans lesquels sont accueillis les enfants de clandestins aux Etats-Unis à des camps de concentration. Il s’adresse alors aux Américains : « Demain, ce pourrait être vos enfants ». La scène résume à elle seule la folie qui s’est emparée de la sphère politico-médiatique après que Donald Trump a ordonné aux autorités gardant la frontière mexicaine d’appliquer la loi et de séparer les parents de leurs enfants entrés illégalement aux Etats-Unis. Passons sur la comparaison. Aussi indécente que manipulatrice : ces enfants ne sont pas enfermés en attendant la mort. Quant à la mise en garde, elle est grotesque. Aucun Américain ne se verra subitement séparé de ses enfants. A moins d’avoir commis un crime ou un délit puni de prison. Quand un citoyen lambda est condamné à une peine de prison, personne ne s’offusque jamais de cette séparation … Jusqu’à ce que cela touche des clandestins. Leur particularité étant de n’avoir aucun logement dans le pays dont ils viennent de violer la frontière, leurs enfants sont donc pris en charge dans des camps, en attendant que la situation des adultes soit examinée. Aux frais des Américains. (…) Reste que les parents, prévenus de la loi que nul n’est censé ignorer, sont les premiers responsables du sort qui menace leurs enfants, en choisissant de la violer. Ce sont eux qui font payer leur délit à leur propre progéniture. Les clandestins sont des adultes tout aussi responsables que n’importe quel autre adulte : leur retirer leur capacité de décision, leur liberté et donc leur responsabilité n’est pas exactement les respecter. Mais (…) remontons à 2014, époque bénie du président Barack Obama. Cette année-là, 47.017 mineurs sont appréhendés, alors qu’ils traversent la frontière… seuls. Des enfants, envoyés par leurs parents qui n’ont apparemment pas eu peur de s’en séparer pour leur faire prendre des risques inconsidérés. Comment est-ce possible ? L’administration américaine d’alors avait affirmé que les étrangers envoyaient leurs enfants seuls, persuadés qu’ils seraient ainsi mieux traités que des adultes. Le New York Times avait donné raison à l’administration : « alors que l’administration Obama a évolué vers une attitude plus agressive d’expulsion des adultes, elle a, dans les faits, expulsé beaucoup moins d’enfants que par le passé. » Les clandestins le savent, tout comme ils connaissent aujourd’hui les risques qui pèsent sur leurs propres enfants. On apprend également qu’à l’époque, les enfants mexicains sont directement reconduits de l’autre côté de la frontière et que les autres sont « pris en charge par le département de la Santé et des Services humanitaires qui les place dans des centres temporaires en attendant que leur processus d’expulsion soit lancé. » En 2013, 80 centres accueillaient 25 000 enfants non accompagnés. Et ce, dans les mêmes conditions aujourd’hui dénoncées. Si similaires d’ailleurs que certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014 ! Rien n’a changé. A un détail près. Les enfants dont on parle en ce mois de juin 2018 sont parfois accompagnés d’adultes. Comme sous l’administration Obama, les enfants sont séparés de ces adultes lorsqu’il y a un doute sur le lien réel de parenté, en cas de suspicion de trafic de mineurs ou par manque de place dans les centres de rétention pour les familles. Restent les enfants effectivement accompagnés de leurs parents et malgré tout séparés de ces derniers qui partent en prison. Chaque mois, 50.000 clandestins entrent aux Etats-Unis, parmi lesquels 15% de familles. Une fois arrêtés, les clandestins sont pénalement poursuivis avant toute demande d’asile. (…) Mais il a suffi de quelques images, publiées en même temps que la sortie du très attendu rapport sur la possible partialité du FBI lors des dernières élections présidentielles américaines, pour que l’opinion politico-médiatique hurle au scandale. Jusqu’à la première dame du pays, Mélania Trump, qui a confié « détester » voir les clandestins séparés de leurs enfants. Le Président lui-même a fini par douter publiquement : «Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile.» Donald Trump a subi l’indignation générale (à moins d’en profiter), au point de montrer au monde que même lui avait du cœur en annonçant la signature d’un décret mettant fin à cette séparation forcée. Tout le monde s’est félicité du résultat de la mobilisation : enfin, les enfants vont pouvoir rejoindre leurs parents en prison ! Quelle victoire… Charlotte d’Ornellas

Attention: une manipulation peut en cacher beaucoup d’autres !

Au lendemain de la révélation que la petite Hondurienne de deux ans dont les larmes avaient fait le tour du monde comme symbole de la séparation des familles de migrants aux Etats-Unis …

N’avait en fait jamais été séparée de sa mère, comme a bien dû le reconnaitre – problème de « mauvaise formulation », s’il vous plait  ! – le célèbre « Time magazine » lui-même qui en avait fait sa couverture

Ayant même, selon les dires du père resté seul avec leurs trois autres enfants, été emmenée à son insu par sa mère après une première tentative il y a cinq ans non de fuir la violence de son Honduras natal comme il avait été dit mais de « réaliser son rêve américain »…

Et sans compter la fausse attribution à l’Administration Trump de photos d’enfants détenus datant de 2014 et donc, comme d’ailleurs la pratique elle-même (mesure de protection des enfants – faut-il le rappeler ? – que, sauf en Corée du nord, l’on n’emprisonne normalement pas avec leur parents délinquants), de l’Administration Obama qui l’avait précédée …

Comment ne pas repenser …

Au-delà de la véritable situation de chaos, y compris par le simple effet de leur nombre dans les centres de rétention, que fuient et subissent depuis au moins dix ans nombre de demandeurs d’asile …

Des enfants boucliers humains du Hamas au petit Mohammed ou au petit Aylan ou même tout dernièrement à la petite Leila de Gaza …

A non seulement, dévoyant et détournant ce singulier souci des plus faibles qui fait la singularité de l’Occident judéo-chrétien, l’irresponsabilité voire de l‘intention clairement criminelle de tous ces parents, appuyés par militants et ONG sansfrontieristes, qui exploitent ainsi la misère de leurs enfants …

Mais aussi à la lourde responsabilité de médias qui, entre deux « mauvaises formulations » ou manipulations, leur servent de caisse de résonance ou même les encouragent …

Et qui aujourd’hui n’ont que le mot « fake news » à la bouche quand il s’agit de qualifier les dires du président Trump ou des rares médias qui le défendent encore ?

Charlotte d’Ornellas

Valeurs actuelles

21 juin 2018

Immigration. Pendant plusieurs jours, les médias du monde entier ont fait tourner en boucle des images d’enfants clandestins séparés de leurs parents à la frontière mexicano-américaine. Au point d’empêcher toute possibilité de réflexion.

Sur le plateau de la NBCNews, l’ancien président du Comité national du parti Républicain, Michael Steele, vient de comparer les centres dans lesquels sont accueillis les enfants de clandestins aux Etats-Unis à des camps de concentration. Il s’adresse alors aux Américains : « Demain, ce pourrait être vos enfants ».

La scène résume à elle seule la folie qui s’est emparée de la sphère politico-médiatique après que Donald Trump a ordonné aux autorités gardant la frontière mexicaine d’appliquer la loi et de séparer les parents de leurs enfants entrés illégalement aux Etats-Unis. Passons sur la comparaison. Aussi indécente que manipulatrice : ces enfants ne sont pas enfermés en attendant la mort. Quant à la mise en garde, elle est grotesque. Aucun américain ne se verra subitement séparé de ses enfants. A moins d’avoir commis un crime ou un délit puni de prison.

Quand un citoyen lambda est condamné à une peine de prison, personne ne s’offusque jamais de cette séparation … Jusqu’à ce que cela touche des clandestins. Leur particularité étant de n’avoir aucun logement dans le pays dont ils viennent de violer la frontière, leurs enfants sont donc pris en charge dans des camps, en attendant que la situation des adultes soit examinée. Aux frais des Américains.

Parce qu’un rappel n’est pas inutile dans le débat : franchir illégalement la frontière d’un pays est une violation de la loi. Un délit, puni d’emprisonnement aux Etats-Unis. Avec sa raison et non ses bons sentiments irrationnels, l’homme politique interrogé aurait donc pu être plus juste : si vous commettez un crime ou un délit passible de prison, vous aussi pourriez être séparés de vos enfants.

Reste que les parents, prévenus de la loi que nul n’est censé ignorer, sont les premiers responsables du sort qui menace leurs enfants, en choisissant de la violer. Ce sont eux qui font payer leur délit à leur propre progéniture. Les clandestins sont des adultes tout aussi responsables que n’importe quel autre adulte : leur retirer leur capacité de décision, leur liberté et donc leur responsabilité n’est pas exactement les respecter.

Certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014

Mais penchons-nous plus précisément sur ce qui se passe à la frontière mexico-américaine. Et plutôt que de regarder la situation actuelle, qui ne saurait être analysée de manière raisonnable maintenant que Trump préside les Etats-Unis, remontons à 2014, époque bénie du président Barack Obama. Cette année-là, 47.017 mineurs sont appréhendés, alors qu’ils traversent la frontière… seuls.

Des enfants, envoyés par leurs parents qui n’ont apparemment pas eu peur de s’en séparer pour leur faire prendre des risques inconsidérés. Comment est-ce possible ? L’administration américaine d’alors avait affirmé que les étrangers envoyaient leurs enfants seuls, persuadés qu’ils seraient ainsi mieux traités que des adultes. Le New York Times avait donné raison à l’administration : « alors que l’administration Obama a évolué vers une attitude plus agressive d’expulsion des adultes, elle a, dans les faits, expulsé beaucoup moins d’enfants que par le passé. » 

Les clandestins le savent, tout comme ils connaissent aujourd’hui les risques qui pèsent sur leurs propres enfants. On apprend également qu’à l’époque, les enfants mexicains sont directement reconduits de l’autre côté de la frontière et que les autres sont « pris en charge par le département de la Santé et des Services humanitaires qui les place dans des centres temporaires en attendant que leur processus d’expulsion soit lancé. » En 2013, 80 centres accueillaient 25 000 enfants non accompagnés. Et ce, dans les mêmes conditions aujourd’hui dénoncées. Si similaires d’ailleurs que certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014 !

Rien n’a changé. A un détail près. Les enfants dont on parle en ce mois de juin 2018 sont parfois accompagnés d’adultes. Comme sous l’administration Obama, les enfants sont séparés de ces adultes lorsqu’il y a un doute sur le lien réel de parenté, en cas de suspicion de trafic de mineurs ou par manque de place dans les centres de rétention pour les familles.

Restent les enfants effectivement accompagnés de leurs parents et malgré tout séparés de ces derniers qui partent en prison. Chaque mois, 50.000 clandestins entrent aux Etats-Unis, parmi lesquels 15% de familles. Une fois arrêtés, les clandestins sont pénalement poursuivis avant toute demande d’asile. Or Trump a été élu pour une tolérance zéro : la loi est donc strictement appliquée. Cette même loi américaine ne permet pas que les enfants puissent suivre leurs parents lorsque ces derniers sont poursuivis pénalement. La séparation était donc une conséquence logique, même très pénible, du choix des Américains.

«Le dilemme est si vous êtes mou, le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur» 

C’est d’ailleurs ce qu’a immédiatement répondu le ministre américain de la justice Jeff Session : « Nous ne voulons pas séparer les familles, mais nous ne voulons pas que des familles viennent illégalement. Si vous faites passer un enfant, nous vous poursuivrons. Et cet enfant sera séparé de vous, comme la loi le requiert ». 

Mais il a suffi de quelques images, publiées en même temps que la sortie du très attendu rapport sur la possible partialité du FBI lors des dernières élections présidentielles américaines, pour que l’opinion politico-médiatique hurle au scandale. Jusqu’à la première dame du pays, Mélania Trump, qui a confié « détester » voir les clandestins séparés de leurs enfants.
Le Président lui-même a fini  par douter publiquement : «Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile.»

Donald Trump a subi l’indignation générale (à moins d’en profiter), au point de montrer au monde que même lui avait du cœur en annonçant la signature d’un décret mettant fin à cette séparation forcée. Tout le monde s’est félicité du résultat de la mobilisation : enfin, les enfants vont pouvoir rejoindre leurs parents en prison ! Quelle victoire… Mais Donald Trump a insisté sur sa détermination à stopper l’immigration illégale en même temps, appelant de ses vœux un vote du Congrès pour « changer les lois ». Depuis son accession à la présidence, notamment due à un discours extrêmement ferme sur l’immigration, Donald Trump est empêché par les démocrates, comme par son administration : ils bloquent son projet de mur à la frontière, l’immigration fondée sur le mérite ainsi que tous les ajustements proposés pour les forces de l’ordre.

La situation finit par le servir, et il ne pouvait l’ignorer : il vient de faire une concession, il appelle maintenant le Congrès à voter contre les « anciennes lois horribles » en adoptant la sienne. Nul ne connaît la suite. Mais pour Donald Trump, le défi est immense. S’il n’a pas été élu sur la seule promesse d’une tolérance zéro vis-à-vis de l’immigration illégale, le sujet reste l’une des préoccupations majeures de ses électeurs.

Voir aussi:

Yanela, symbole des enfants séparés dans « Time magazine »… tout n’était pas tout à fait vrai

DÉCRYPTAGE – Son visage, en larmes, s’affiche en une du célèbre « Time Magazine » face au président Donald Trump dans un photomontage saisissant. Symbole de la politique migratoire qui a éloigné des milliers d’enfants de leurs parents, la petite Yanela Hernandez n’aurait en réalité jamais été séparée de sa mère. Le sort de la maman et de la fille, originaires du Honduras, reste néanmoins inconnu. Explications.

C’est une image qui a fait le tour du monde en quelques heures. Pour illustrer sa dernière Une, consacrée à la polémique autour de la politique migratoire de Donald Trump, le célèbre « Time Magazine » a réalisé un photomontage sur fond rouge qui met en scène une fillette en pleurs, sous les yeux du président, un sourire en coin. Le titre ? « Welcome to America » (Bienvenue en Amérique).

Sur le site de l’hebdomadaire, le photographe de l’agence Getty John Moore expliquait mercredi les coulisses du cliché, pris le 11 juin dernier à la frontière entre le Texas et le Mexique. Il a été réalisé au moment où les policiers étaient en train de fouiller la mère de la petite fille, âgée de 2 ans. « Dès qu’ils ont eu terminé, elles ont été mises dans un camion (…) Tout ce que je voulais, c’est la prendre avec moi. Mais je ne pouvais pas. »

Le photographe laisse également entendre que la mère et l’enfant, originaires du Honduras, ont pu être séparées par la suite, comme l’ont été au moins 23.000 enfants sans papiers depuis avril dernier, dans le cadre de politique de tolérance zéro menée par l’administration en matière migratoire. Face au tollé international, le président américain a annoncé mettre fin à ces séparations, expliquant également avoir été influencé par son épouse Melania.

Quid de la petite fille en une de « Time » ? Depuis la parution du magazine, de nombreux internautes ont relayé un appel pour aider à la retrouver, soutenus par de nombreuses personnalités comme les écrivains Don Winslow et Stephen King. Interrogé mercredi par le site américain Buzzfeed, un porte-parole de la police des frontière affirmait toutefois que mère et fille n’avait pas été séparées, sans donner plus de précision.

C’est finalement le père de la fillette qui a donné de ses nouvelles, ce vendredi. Dans un entretien téléphonique accordé au Daily Mail depuis le Honduras, Denis Javier Valera Hernandez, 32 ans, révèle que l’enfant s’appelle Yanela et qu’elle n’aurait pas été séparée de sa mère, Sandra. « Vous imaginez ce que j’ai ressenti lorsque j’ai vu la photo de ma fille. J’en ai eu le coeur brisé. C’est difficile pour un père de voir ça. Mais je sais maintenant qu’elles sont hors de danger. Elles sont plus en sécurité que lorsqu’elles ont fait le voyage vers la frontière. »

Denis Hernandez explique que sa femme et sa fille ont quitté leur pays en bateau, le 3 juin dernier, depuis le port de Puerto Cortes, sans le prévenir, afin de rejoindre des membres de sa famille déjà installés aux Etats-Unis. Pour effectuer le voyage, la mère aurait payé 6.000 dollars à un passeur. Depuis leur arrestation, Il affirme qu’elles sont détenues ensemble dans la ville frontalière de McAllen, au Texas, dans l’attente de l’examen d’un dossier de demande d’asile que la mère a déposé. S’il est refusé, elles seront contraintes de rentrer au Honduras.

« J’attends de voir ce qui va leur arriver »,  réagit le père dans un autre entretien accordé à l’agence de Reuters, qui a eu confirmation des faits par Nelly Jerez, la ministre des Affaires étrangères du Honduras. Ni les autorités américaines, ni « Time Magazine », n’ont commenté ces informations pour le moment. Et certains internautes continuent de les mettre en doute, tant que Yanela et sa mère n’auront pas été filmées par les caméras de télévision…

Quoi qu’il en soit, cet imbroglio vient mettre en lumière la difficulté de réunir les familles, dans la foulée de la décision  spectaculaire de la Maison Blanche. D’après Jodi Goodwin, avocate spécialisée dans l’immigration au Texas,  l’organisme ayant pris en charge les enfants ne dispose pas d’un système pour se synchroniser avec les autorités migratoires qui détiennent les parents et assurer ainsi une fluidité des informations.

« Lorsque je parle avec les parents, ils ont le regard fixé dans le vide parce qu’ils ne peuvent tout simplement pas comprendre, ils ne peuvent accepter, ils ne peuvent croire qu’ils ignorent où se trouvent leurs enfants et que le gouvernement américain les leur a retirés », a-t-elle expliqué à l’AFP. Un discours partagé dans les médias par de nombreuses ONG pour qui le revirement de Donald Trump n’est qu’une étape.

Rappelons que le décret, signé par le président américain devant les caméras, stipule que des poursuites pénales continueront à être engagées contre ceux qui traversent la frontière illégalement. Mais que parents et enfants seront détenus ensemble dans l’attente de l’examen de leur dossier. La petite Yanela et sa mère bénéficieront-elles de la clémence de la Maison Blanche ?

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La fillette en larmes sur la couverture du « Time » n’avait pas été séparée de sa mère
La petite fille éplorée lors de l’arrestation de sa mère hondurienne à la frontière n’a pas été séparée d’elle.
Delphine Bernard-Bruls
Le Monde
22.06.2018

Sur sa dernière couverture, le magazine américain Time a réutilisé une photographie déjà célèbre montrant une fillette en larmes alors que sa mère est arrêtée par la police à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Placée face au président américain, Donald Trump, et à l’expression « Bienvenue en Amérique », la photo devait illustrer la politique migratoire de « tolérance zéro » qui a mené à plus de 2 000 séparations entre parents et enfants clandestins. Sauf que, contrairement à ce que de nombreux observateurs ont laissé penser, la mère et la fille n’ont pas été séparées à leur arrivée à McAllen, au Texas.

Le photographe de Getty Images, John Moore, savait que la fillette au gilet rose et sa mère arrivaient du Honduras, rien de plus. S’il ignorait que son cliché illustrerait le mouvement d’indignation contre la politique migratoire de M. Trump – contre laquelle ce dernier a finalement signé un décret le 20 juin – il ne savait pas plus que mère et fille n’avaient pas été séparées mais internées ensemble. Dans le Time, M. Moore a expliqué avoir photographié la mère et la fille dans la nuit du 12 au 13 juin alors qu’elles achevaient un mois de marche en direction des Etats-Unis.
Mise à jour tardive

Interrogé sur CNN, le photographe a souligné en début de semaine ne pas avoir été témoin d’une quelconque séparation, mais a rapporté que mère et fille « ont été envoyées vers un centre où elles ont peut-être été séparées », comme quelque 2 000 familles au cours de ces deux derniers mois. Le Time a lui-même fait l’erreur : après avoir d’abord affirmé le 19 juin que mère et fille avaient été séparées, le magazine a ajouté une mise à jour au bas de son article.

« La version originale de cet article a fait une fausse affirmation quant au sort de la petite fille après la photographie. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. »

A des milliers de kilomètres de là, au Honduras, Denis Javier Varela Hernandez a reconnu la bambine en larmes figurant sur la photo devenue virale, et assuré qu’il s’agissait de sa fille, qu’il n’avait pas vue depuis plusieurs semaines. Il a d’abord affirmé cela, mardi sur la chaîne de télévision hispanophone Univision : « Cette photo… dès que je l’ai vue j’ai su que c’était ma fille. » Il a répété cette affirmation au quotidien britannique Daily Mail, précisant que sa compagne ne l’avait pas mis au courant de ses projets de migration vers les Etats-Unis. Sans nouvelles d’elle depuis son départ, il a appris la semaine dernière qu’elle avait été interpellée à son arrivée au Texas, mais internée avec sa fille.

D’autres sources sont venues corroborer les propos du père, resté au Honduras : « La mère et la fille n’ont pas été séparées », a déclaré une porte-parole des autorités douanières et frontalières au Daily Beast. Côté hondurien, la ministre adjointe des relations internationales, Nelly Jerez, a confirmé le récit du père auprès de l’agence de presse Reuters. Optimiste, ce dernier a estimé que « si elles sont déportées, ça ne fait rien, tant qu’ils ne laissent pas l’enfant sans sa mère ».

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Que devient la fillette qui a ému l’Amérique ?

Valentin Davodeau

Ouest France

22 juin 2018

La photo de cette enfant de 2 ans en pleurs, arrêtée à la frontière entre le Mexique et les États-Unis avec sa mère, avait fait le tour des médias américains et internationaux. Selon le père de la fillette, elles seraient toutes les deux détenues actuellement dans un centre au Texas.

« Elles sont détenues dans un établissement du Texas mais elles vont bien », a déclaré Denis Javier Varela Hernandez, père de la petite Yanela, 2 ans, et mari de Sandra Sanchez, 32 ans. Interrogé par différents médias, cet homme de 32 ans vivant à Puerto Cortes au Honduras dit avoir reconnu sa fille sur cette photo qui a fait le tour du monde. « Mon cœur était en miette quand j’ai vu ma petite fille sur cette image », a-t-il expliqué à Univision,

La mère et sa fille n’ont pas été séparées

Denis Varela a précisé que sa femme et sa fille n’ont pas été séparées quand elles ont été interceptées le 12 juin par la patrouille des frontières, à proximité de la ville d’Hidalgo, au Texas. Depuis le 5 mai, plus de 2 300 enfants ont été écartés de leurs parents alors que ces familles tentaient de passer la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Yanela et sa mère se trouveraient actuellement dans un centre de rétention à Dilley, au sud du « Lone Star State ». Parties du Honduras le 3 juin, Sandra Sanchez et Yanela ont parcouru près de 2 900 kilomètres pour arriver jusqu’aux États-Unis.

Le rêve américain

Interrogé par le Daily Mail, Denis Varela a indiqué que sa femme voulait expérimenter le rêve américain et trouver un travail au pays de l’Oncle Sam, mais qu’il était opposé à l’idée qu’elle parte avec sa fille : « Elle est partie sans prévenir. Je n’ai pas pu dire « Au revoir » à ma fille et maintenant la seule chose que je peux faire, c’est attendre. »

Le couple a aussi trois autres enfants, un fils de 14 ans, et deux filles de 11 et 6 ans. « Les enfants comprennent ce qu’il se passe. Ils sont un peu inquiets mais j’essaye de ne pas trop aborder le sujet. Ils savent que leur mère et leur sœur sont en sécurité. » Il a ajouté qu’il espère que « les droits de sa femme et de sa fille sont respectés, parce qu’elles sont des reines […] Nous avons tous des droits. »

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Cette photo bouleverse le monde entier et illustre les effets de la politique de « tolérance zéro » revendiquée par Donald Trump sur la politique de séparation des familles pour lutter contre l’immigration illégale.

Une petite fille en pleurs, vêtue d’un tee-shirt rose et de chaussures assorties. Du haut de ses 2 ans, elle regarde avec effroi un garde-frontière qui vient d’arrêter sa mère, une immigrée hondurienne qui tentait de passer la frontière entre les États-Unis et le Mexique. La photo a été prise le 12 juin et a, depuis, fait le tour du monde. Elle donne un visage aux 2 000 enfants séparés de leurs parents depuis que l’administration de Donald Trump a abruptement décrété début mai une politique de « tolérance zéro », sous la houlette de l’ultraconservateur ministre de la Justice, Jeff Sessions.

L’auteur de cette image, John Moore, s’efforce depuis dix ans d’illustrer l’immigration et ses souffrances. Mais cette photo restera unique à ses yeux. Ce correspondant spécial de Getty Images, titulaire du prix Pulitzer et auteur du livre de photos Undocumented (« Clandestin » en français), répond aux questions de franceinfo et nous raconte l’émotion de cette scène.

Franceinfo : Dans quelles circonstances avez-vous photographié cette famille ? 

John Moore : J’étais à McAllen, dans la vallée du Rio Grande, dans le sud du Texas, près de la frontière avec le Mexique. Je suivais les patrouilles aux frontières pendant leurs opérations. Cette nuit-là, un groupe de migrants a atteint les États-Unis. Ils ont été arrêtés et réunis au bord d’une route en terre par les patrouilles. Il faut noter que les migrants qui veulent demander l’asile se rendent facilement aux agents de patrouille aux frontières. Ce ne sont pas des migrants sans papiers classiques, ils viennent avec autant de documents que possible pour obtenir l’asile politique. Dans ce groupe se trouvaient une vingtaine de femmes et d’enfants. La plupart venaient du Honduras. Tous ces migrants ont dû se débarrasser de leurs effets personnels, ils ont dû se défaire de leurs sacs, de leurs bijoux et même des lacets de leurs chaussures. Il ne leur restait plus que leurs vêtements. Ils ont ensuite été fouillés avant d’être embarqués dans un van qui allait les emmener dans un centre de rétention.

Pourquoi la petite fille pleure-t-elle sur votre photo ? 

J’avais remarqué une mère qui tenait un enfant. Elle m’a dit que sa fille et elle voyageaient depuis un mois, au départ du Honduras. Elle m’a dit que sa fille avait 2 ans, et j’ai pu voir dans ses yeux qu’elle était sur ses gardes, exténuée et qu’elle avait probablement vécu un voyage très difficile. C’est l’une des dernières familles à avoir été embarquée dans le véhicule. Un des officiers a demandé à la mère de déposer son enfant à terre pendant qu’elle était fouillée.

Juste à ce moment-là, la petite fille a commencé à pleurer, très fort. J’ai trois enfants moi-même, dont un tout petit, et c’était très difficile à voir, mais j’avais une fenêtre de tir très réduite pour photographier la scène. Dès que la fouille s’est terminée, elle a pu reprendre son enfant dans ses bras et ses pleurs se sont éteints. Moi, j’ai dû m’arrêter, reprendre mes esprits et respirer profondément.

Comment avez-vous vécu la scène ? 

J’avais déjà photographié des scènes comme ça à de nombreuses reprises. Mais celle-ci était unique, d’une part à cause des pleurs de cette enfant, mais aussi parce que cette fois, je savais qu’à la prochaine étape de leur voyage, dans ce centre de rétention, elles allaient être séparées. Je doute que ces familles aient eu la moindre idée de ce qui allait leur arriver. Tous voyageaient depuis des semaines, ils ne regardaient pas la télévision et n’avaient aucun moyen d’être au courant de la nouvelle mesure de tolérance zéro et de séparation des familles mise en place par Trump.

Même maintenant, quand je regarde ces photos, cela m’attriste toujours, alors que je les ai maintenant vues de nombreuses fois. Cela fait dix ans que je photographie l’immigration à la frontière américaine, toujours avec l’objectif d’humaniser des histoires complexes. Souvent, on parle de l’immigration avec des statistiques, arides et froides. Et je crois que la seule manière que les personnes dans ce pays trouvent des solutions humaines est qu’elles voient les gens comme des êtres humains. Je n’avais jamais imaginé que j’allais un jour mettre un visage sur une politique de séparation des familles, mais c’est le cas aujourd’hui.

Je suis actuellement de retour chez moi, dans le Connecticut. Je suis très heureux d’être à la maison, avec mes enfants, pendant un moment. Ma dernière semaine de reportage m’a rappelé que nous ne pouvons jamais prendre la présence de nos êtres aimés pour acquise.

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The crying Honduran girl on the cover of Time was not separated from her mother

The widely shared photo of the little girl crying as a U.S. Border Patrol agent patted down her mother became a symbol of the families pulled apart by the Trump administration’s “zero tolerance” policy at the border, even landing on the new cover of Time magazine.

But the girl’s father told The Washington Post on Thursday night that his child and her mother were not separated, and a U.S. Customs and Border Protection spokesman confirmed that the family was not separated while in the agency’s custody. In an interview with CBS News, Border Patrol agent Carlos Ruiz, who was among the first to encounter the mother and her daughter at the border in Texas, said the image had been used to symbolize a policy but “that was not the case in this picture.”

Ruiz, who was not available for an interview Friday, said agents asked the mother, Sandra Sanchez, to put down her daughter, nearly 2-year-old Yanela, so they could search her. Agents patted down the mother for less than two minutes, and she immediately picked up her daughter, who then stopped crying.

“I personally went up to the mother and asked her, ‘Are you doing okay? Is the kid okay?’ and she said, ‘Yes. She’s tired and thirsty. It’s 11 o’clock at night,” Ruiz told CBS News.

The revelation has prompted a round of media criticism from the White House and other conservatives.

“It’s shameful that dems and the media exploited this photo of a little girl to push their agenda,” White House spokeswoman Sarah Huckabee Sanders tweeted Friday. “She was not separated from her mom. The separation here is from the facts.”

The heart-wrenching image, captured by award-winning Getty Images photographer John Moore, was spread across the front pages of international newspapers. It was used to promote a Facebook fundraiser that has collected more than $18 million to help reunite separated families.

And on Thursday, hours before the little girl’s father spoke out, Time magazine released its July 2 cover using the child’s image — without the mother — in a photo illustration that shows her looking up at President Trump, who is seen towering above her.

“Welcome to America,” the cover reads.

Time has not responded to a request for comment from The Post, but in a statement sent to media outlets, the magazine said it’s standing by its cover.

Time also has added a correction to an online article and gallery that ran Tuesday, before the cover was released: “The original version of this story misstated what happened to the girl in the photo after she [was] taken from the scene. The girl was not carried away screaming by U.S. Border Patrol agents; her mother picked her up and the two were taken away together.”

Moore, the photographer, told The Post in an email that Time corrected the story after he made a request minutes after it was published. He said that the picture “is a straightforward and honest image” showing a “distressed little girl” whose mother was being searched by border officials.

“I believe this image has raised awareness to the zero-tolerance policy of this administration. Having covered immigration for Getty Images for 10 years, this photograph for me is part of a much larger story,” Moore said, adding later: “The image showed a moment in time at the border, but the emotion in the little girl’s distress has ignited a response. As a photojournalist, my job is to inform and report what is happening, but I also think it is important to humanize an issue that is often reported in statistics.”

Moore told The Post’s Avi Selk that he ran into the mother and toddler in McAllen, Tex., on the night of June 12. He knew only that they were from Honduras and had been on the road for about a month. “I can only imagine what dangers she’d passed through, alone with the girl,” he said.

Moore photographed the girl crying as the border agent patted down the mother.

Moore said the woman picked up her daughter, they walked into the van, and the van drove away. When he took the picture, he said he did not know whether the mother and her daughter would be separated, “but it was a very real possibility,” given the slew of family separations carried out by the Trump administration.

He said he’s glad that although the two were detained, “they are together.”

In Honduras, Denis Javier Varela Hernandez recognized his daughter in the photo and also feared that she was separated from her mother, he told The Post.

But he said he learned this week that his 32-year-old wife and daughter were, in fact, detained together at a facility in McAllen. Honduran Deputy Foreign Minister Nelly Jerez confirmed Varela’s account to Reuters.

An Immigration and Customs Enforcement spokesman said in a statement to The Post that Sanchez was arrested by the U.S. Border Patrol near Hidalgo, Tex., on June 12 while traveling with a family member. She was transferred to ICE custody on June 17 and is being housed at the South Texas Family Residential Center in Dilley, Tex., according to ICE.

ICE said Sanchez was previously deported to Honduras in July 2013.

Sanchez and her daughter left for the United States from Puerto Cortes, north of the Honduran capital of Tegucigalpa, on June 3, Varela said. Sanchez had told her husband that she hoped to go to the United States to seek a better life for her children, away from the dangers of their home country. But she left without telling him that she was taking their youngest daughter with her. Varela, who has three other children with Sanchez, feared for the little girl’s safety, he said. Yanela is turning 2 years old in July.

After Sanchez left, Varela had no way to contact her or learn of her whereabouts. Then, on the news, he saw the photo of the girl in the pink shirt.

“The first second I saw it, I knew it was my daughter,” Varela told The Post. “Immediately, I recognized her.”

He heard that U.S. officials were separating families at the border, before Trump reversed the policy Wednesday. Varela felt helpless and distressed “imagining my daughter in that situation,” he said.

This week, Varela received a phone call from an official with Honduras’s foreign ministry, letting him know his wife and daughter were detained together. While he doesn’t know anything about the conditions of the facility or what is next for Sanchez and Yanela, he was relieved to hear they were in the same place.

As news emerged late Thursday that the mother and child were not separated, conservative media jumped on the story, portraying it as evidence of “fake news” surrounding the Trump administration’s immigration policies.

It was the most prominent story on the home page of the conservative news outlet Breitbart, which called it a “fake news photo.” Infowars, owned by conspiracy theorist Alex Jones, singled out Time and CNN for using the “completely misleading” image to push “open border propaganda.”

Donald Trump Jr. has been talking about the photo on Twitter on Friday.

“No one is shocked anymore. There is a no low they won’t go to for their narrative,” the president’s eldest son tweeted.

Varela pushed back against the portrayals of his daughter’s story, saying it should not cast doubt on the “human-rights violations” taking place at the border.

“This is the case for my daughter, but it is not the case for 2,000 children that were separated from their parents,” Varela said.

At least 2,500 migrant children have been separated from their parents at the border since May 5.

Varela said he felt “proud” that his daughter has “represented the subject of immigration” and helped propel changes in policy. But he asked that Trump “put his hand on his heart.”

He hopes that U.S. officials will grant asylum to his wife and daughter, he said.

Asked whether he would also like to come to the United States, he said, “Of course, someday.”

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EXCLUSIVE: ‘They’re together and safe’: Father of Honduran two-year-old who became the face of family separation crisis reveals daughter was never separated from her mother, but the image of her in tears at U.S. border control ‘broke his heart’

  • Denis Javier Varela Hernandez spoke out about the status of his wife Sandra, 32, and daughter, Yanela, 2
  • Yanela became the face of the immigration crisis after a Getty photographer snapped a photo of her in tears
  • Speaking to DailyMail.com Hernandez said he has still not been in direct contact with his wife Sandra because he does not have a way of communicating
  • Denis said a Honduran official in the US told him that his wife and daughter are together and are doing ‘fine’
  • Sandra was part of a group that were caught by Border Patrol agents after making their way across the Rio Grande river on a raft
  • She set out on her journey from Puerto Cortes, Honduras to the U.S. at 6am on June 3 and allegedly paid $6,000 for a coyote
  • Hernandez  said he did not support his wife’s decision to make the journey with their young daughter in her arms and never got to properly say goodbye

The father of the Honduran girl who became the face of the family separation crisis has revealed that he still has not been in touch with his wife or daughter but was happy to learn they are safe.

Denis Javier Varela Hernandez, 32, said that he had not heard from his wife Sandra, 32, who was with his two-year-old daughter Yanela Denise, for nearly three weeks until he saw the image of them being apprehended in Texas.

In an exclusive interview with DailyMail.com, Hernandez, who lives in Puerto Cortes, Honduras, says that he was told on Wednesday by a Honduran official in the US that his wife and child are being detained at a family residential center in Texas but are together and are doing ‘fine.’

‘You can imagine how I felt when I saw that photo of my daughter. It broke my heart. It’s difficult as a father to see that, but I know now that they are not in danger. They are safer now than when they were making that journey to the border,’ he said.

A spokeswoman for Immigration and Customs Enforcement (ICE) has told DailyMail.com that Sandra had been previously been deported from the US in 2013.

The spokeswoman said that she was ‘encountered by immigration officials in Hebbronville, Texas’ in and sent back to Honduras 15 days later under ‘expedited removal.’

Sandra current immigration proceedings are ‘ongoing’ and she is being housed at a family detention center in Texas.

Denis said that his wife had previously mentioned her wish to go to the United States for a ‘better future’ but did not tell him nor any of their family members that she was planning to make the trek.

‘I didn’t support it. I asked her, why? Why would she want to put our little girl through that? But it was her decision at the end of the day.’

He said that Sandra had always wanted to experience ‘the American dream’ and hoped to find a good job in the States.

Denis, who works as a captain at a port on the coast of Puerto Cortes, explained that things back home were fine but not great, and that his wife was seeking political asylum.

He said that Sandra set out on the 1,800-mile journey with the baby girl on June 3, at 6am, and he has not heard from her since.

‘I never got the chance to say goodbye to my daughter and now all I can do is wait’, he said, adding that he hopes they are either granted political asylum or are sent back home.

‘I don’t have any resentment for my wife, but I do think it was irresponsible of her to take the baby with her in her arms because we don’t know what could happen.’

The couple has three other children, son Wesly, 14, and daughters Cindy, 11, and Brianna, six.

‘The kids see what’s happening. They’re a little worried but I don’t try to bring it up that much. They know their mother and sister are safe now.’

Denis said that he believes the journey across the border is only worth it to some degree, and admits that it’s not something he would ever consider.

He said he heard from friends that his wife paid $6,000 for a coyote – a term for someone who smuggles people across the border.

‘I wouldn’t risk my life for it. It’s hard to find a good job here and that’s why many people choose to leave. But I thank God that I have a good job here. And I would never risk my life making that journey.’

The heart-breaking photo was taken by Getty photographer John Moore close to midnight on the night of June 12 near McAllen, Texas, as the row over Donald Trump’s separation of migrant parents and children escalated.

Denis said that he hopes to use the photo and his family’s situation to help him reunite with his daughter.

‘I don’t want money, what I want is someone to tell me that my daughter is going to be OK.’

When asked about his views on Trump’s border policy, Denis said: ‘I’ve never seen it in a positive light the way others do. It violates human rights and children’s rights. Separating children from their parents is just wrong. They are suffering and are traumatized.

‘The laws need to be modified and we need to have a conversation. It’s just not right.

‘[Illegal] Immigration and drug smuggling across the United States border is never gonna stop. They can build a wall and it’s never going to stop,’ he said.

Sandra was part of a group that were caught by Border Patrol agents after making their way across the Rio Grande river on a raft.

Moore’s photo showed Yanela crying on a dirt track as her mother is patted down by a Border Patrol agent.

For many the photo summed up the cruelty of Trump’s ‘zero tolerance’ policy towards migrants which has caused 2,300 children to be separated from their mothers and fathers.

A photo of Yanela was used on the front cover of TIME magazine to show the devastating effect of the policy, which was brought in in April.

But actually Yanela remained with her mother after she arrived in the US after making the perilous 1,800 mile journey North through Central America and Mexico,

TIME magazine later issued a clarification saying that the original version of its story accompanying the cover was wrong because Yanela ‘was not carried away screaming by Border Patrol Agents’.

TIME’s editor in chief Edward Felsenthal said in a statement that it stood behind the wider point which is that Yanela was ‘the most visible symbol of the ongoing immigration debate’

Among those who have Tweeted DailyMail.com’s story have been White House press secretary Sarah Huckabee Sanders.

She wrote: ‘It’s shameful that dems and the media exploited this photo of a little girl to push their agenda. She was not separated from her mom. The separation here is from the facts’.

Moore, who has worked on the border with Mexico for years and has won a Pulitzer for his photography, has said the the image of Yanela was the last one he took that night.

Speaking to People magazine he said that the girl’s mother was the last to be searched and a female agent asked her to put Yanela down so she could pat her down

Moore said: ‘The mother hesitated and then set down the little girl and the child immediately started crying.

‘As a father, it was very emotional for me just to hear those cries. When I saw this little girl break down in tears I wanted to comfort this child.

‘But as a photojournalist we sometimes have to keep photographing when things are hard. And tell a story that people would never see.’

Moore crouched 6ft from the girl as she looked up at her mother and took seven shots, Yanela’s mother’s hands spread out on the Border Patrol truck.

The image was a major factor in pressuring Trump to do a U-turn on his immigration policy and sign an executive order allowing families to stay together.

The President said that he wanted to look strong but admitted that the ‘zero tolerance’ policy made him look like he had ‘no heart’.

Trump’s climb down came after worldwide outrage including British Prime Minister Theresa May who called his policy ‘deeply disturbing’ while Pope Francis said it was ‘immoral’.

The climb down was a rare one from Trump, who almost never apologizes and rarely backs down.

But he had not choice when his policy created a wall of opposition between him and others, including his own wife Melania, Democrats, Republicans, every living former First Lady, Amnesty International and the United Nations.

Voir encore:

‘All I Wanted to Do Was Pick Her Up.’ How a Photographer at the U.S.-Mexico Border Made an Image America Could Not Ignore

« This one was tough for me. As soon as it was over, they were put into a van. I had to stop and take deep breaths, » Getty photographer John Moore said
June 19, 2018

John Moore has been photographing immigrants and the hardship and heartbreak of crossing the U.S.-Mexico border for years — but this time, he said, something is different.

The Pulitzer Prize-winning photographer for Getty Images said the Trump administration’s policy of separating children from their parents — part of its “zero tolerance” stance toward people who illegally cross into the U.S. — has changed everything about enforcement at the U.S.-Mexico border and resulted in a level of despair for immigrants that Americans can no longer ignore.

“It’s a very different scene now,” he said. “I’m almost positive these families last week had no idea they’d be separated from their children.”

Moore’s image last week of a 2-year-old Honduran girl crying as a U.S. Border Patrol agent patted down her mother has become a symbol of the human cost — and many critics say cruelty — of President Donald Trump’s hard line on immigration. The crying girl has become the face of the family separation policy, which has been criticized by Democrats and Republicans alike.

“When the officer told the mother to put her child down for the body search, I could see this look in the little girl’s eyes,” Moore told TIME. “As soon as her feet touched the ground she began to scream.”

Moore said the girl’s mother had a weariness in her eyes as she was stopped by Border Patrol agents. The father of three said his years of experience did not inoculate him from feeling intense emotions as he watched agents allowed the mother to pick up her child and loaded them both into a van. But, he said, he knew he had to keep photographing the scene.

“This one was tough for me. As soon as it was over, they were put into a van. I had to stop and take deep breaths,” he said. “All I wanted to do was pick her up. But I couldn’t.”

More than 2,000 children have been taken away from their parents since April, when Attorney General Jeff Sessions announced at “zero tolerance” policy that refers all cases of illegal entry at the border for prosecution. The Trump administration has said Border Patrol agents separate children from parents because children cannot be locked up for the crimes of their mothers and fathers.

A Honduran mother holds her two-year-old as U.S. Border Patrol as agents review their papers near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018. The asylum seekers had rafted across the Rio Grande from Mexico and were detained by U.S. Border Patrol agents before being sent to a processing center for possible separation.
A Honduran mother holds her two-year-old as U.S. Border Patrol as agents review their papers near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018. The asylum seekers had rafted across the Rio Grande from Mexico and were detained by U.S. Border Patrol agents before being sent to a processing center for possible separation.
John Moore—Getty Images
A U.S. Border Patrol spotlight shines on a terrified mother and son from Honduras as they are found in the dark near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018.
A U.S. Border Patrol spotlight shines on a terrified mother and son from Honduras as they are found in the dark near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018.
John Moore—Getty Images
U.S. Border Patrol agents detain a group of Central American asylum seekers near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018.
U.S. Border Patrol agents detain a group of Central American asylum seekers near the U.S.-Mexico border in McAllen, Texas on June 12, 2018.
John Moore—Getty Images

Moore has followed immigrant families and enforcement efforts since 2014 and recently published a book of some of his most stirring photographs, Undocumented: Immigration and the Militarization of the United States-Mexico Border. He said despite the tough new policy, immigrants are not likely to lose the determination that drives them to make the dangerous journey to the United States.

“It’s been very easy for Americans to ignore over the years the desperation that people have to have a better life,” Moore said. “They often leave with their children with their shirts on their backs.”

A boy from Honduras watches a movie at a detention facility run by the U.S. Border Patrol in McAllen, Tex. on Sept. 8, 2014.
A boy from Honduras watches a movie at a detention facility run by the U.S. Border Patrol in McAllen, Tex. on Sept. 8, 2014.
John Moore—Getty Images

Footage released Monday of a detention facility where families arrested at the border and children taken from their parents are held echo a photo Moore took in 2014 of a Honduran child watching Casper in the same facility, alone except for a guard keeping watch. That photo, taken at the same detention center in McCallen, Texas where children are now being grouped inside cages, has stayed with Moore over the years.

While he is not sure if that boy was an unaccompanied minor or what happened to him, he said many of the other children at the facility were without their parents. “That picture is still haunting for me.”

Most of the photos below come from Moore’s 2018 book, published by powerHouse Books.

Families attend a memorial service for two boys who were kidnapped and killed in San Juan Sacatepequez, Guatemala on Feb. 14, 2017. More than 2,000 people walked in a funeral procession for Oscar Armando Top Cotzajay, 11, and Carlos Daniel Xiqin, 10 who were abducted walking to school Friday morning when they were abducted.
Families attend a memorial service for two boys who were kidnapped and killed in San Juan Sacatepequez, Guatemala on Feb. 14, 2017. More than 2,000 people walked in a funeral procession for Oscar Armando Top Cotzajay, 11, and Carlos Daniel Xiqin, 10 who were abducted walking to school Friday morning when they were abducted.
John Moore—Getty Images
Sonia Morales massages the back of her son Jose Issac Morales, 11, at the door of their one-room home in San Pedro Sula, Honduras on Aug. 20, 2017. The mother of three said that her son's spinal deformation began at age four, but has never been able to afford the $6,000 surgery to correct his spinal condition. The boy's father, Issac Morales, 30, said he tried to immigrate to the U.S. in 2016 to work and send money home but was picked up by U.S. Border Patrol officers in the Arizona desert and deported back to Honduras.
Sonia Morales massages the back of her son Jose Issac Morales, 11, at the door of their one-room home in San Pedro Sula, Honduras on Aug. 20, 2017. The mother of three said that her son’s spinal deformation began at age four, but has never been able to afford the $6,000 surgery to correct his spinal condition. The boy’s father, Issac Morales, 30, said he tried to immigrate to the U.S. in 2016 to work and send money home but was picked up by U.S. Border Patrol officers in the Arizona desert and deported back to Honduras.
John Moore—Getty Images
An Indigenous family walks from Guatemala into Mexico after illegally crossing the border at the Suchiate River in Talisman, Mexico on Aug. 1, 2013.
An Indigenous family walks from Guatemala into Mexico after illegally crossing the border at the Suchiate River in Talisman, Mexico on Aug. 1, 2013.
John Moore—Getty Images
Undocumented immigrant families walk before being taken into custody by Border Patrol agents near McAllen, Texas on July 21, 2014.
Undocumented immigrant families walk before being taken into custody by Border Patrol agents near McAllen, Texas on July 21, 2014.
John Moore—Getty Images
Families of Central American immigrants, including Lorena Arriaga, 27, and her son Jason Ramirez, 7, from El Salvador, turn themselves in to U.S. Border Patrol agents after crossing the Rio Grande River from Mexico to Mission, Texas on Sept. 8, 2014.
Families of Central American immigrants, including Lorena Arriaga, 27, and her son Jason Ramirez, 7, from El Salvador, turn themselves in to U.S. Border Patrol agents after crossing the Rio Grande River from Mexico to Mission, Texas on Sept. 8, 2014.
John Moore—Getty Images
Immigrants from Central America wait to be taken into custody by U.S. Border Patrol agents in Roma, Texas on August 17, 2016.
Immigrants from Central America wait to be taken into custody by U.S. Border Patrol agents in Roma, Texas on August 17, 2016.
John Moore—Getty Images
U.S. Border Patrol agents take undocumented immigrants into custody after capturing them after they crossed Rio Grande from Mexico into Texas near Sullivan City, Texas on Aug. 18, 2016.
U.S. Border Patrol agents take undocumented immigrants into custody after capturing them after they crossed Rio Grande from Mexico into Texas near Sullivan City, Texas on Aug. 18, 2016.
John Moore—Getty Images
Undocumented immigrants are led after being caught and handcuffed by Border Patrol agents near the U.S.-Mexico border in Weslaco, Texas on April 13, 2016.
Undocumented immigrants are led after being caught and handcuffed by Border Patrol agents near the U.S.-Mexico border in Weslaco, Texas on April 13, 2016.
John Moore—Getty Images
Women and children sit in a holding cell at a U.S. Border Patrol processing center after being detained by agents near the U.S.-Mexico border near McAllen, Texas on Sept. 8, 2014.
Women and children sit in a holding cell at a U.S. Border Patrol processing center after being detained by agents near the U.S.-Mexico border near McAllen, Texas on Sept. 8, 2014.
John Moore—Getty Images
Women and children wait in a holding cell at a U.S. Border Patrol processing center after being detained by agents near the U.S.-Mexico border near McAllen, Texas on Sept. 8, 2014.
Women and children wait in a holding cell at a U.S. Border Patrol processing center after being detained by agents near the U.S.-Mexico border near McAllen, Texas on Sept. 8, 2014.
John Moore—Getty Images
A girl from Central America rests on thermal blankets at a detention facility run by the U.S. Border Patro in McAllen, Texasl on Sept. 8, 2014.
A girl from Central America rests on thermal blankets at a detention facility run by the U.S. Border Patro in McAllen, Texasl on Sept. 8, 2014.
John Moore—Getty Images
Donated clothing await immigrants at the Catholic Sacred Heart Church Immigrant Respite Center from McAllen, Texas on Aug. 15, 2016.
Donated clothing await immigrants at the Catholic Sacred Heart Church Immigrant Respite Center from McAllen, Texas on Aug. 15, 2016.
John Moore—Getty Images
A detained Mexican immigrant (L) visits with his wife and children at the U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) detention facility in Florence, Ariz on July 30, 2010.
A detained Mexican immigrant (L) visits with his wife and children at the U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) detention facility in Florence, Ariz on July 30, 2010.
John Moore—Getty Images
Immigrants from Central America await transport from the U.S. Border Patrol in Roma, Texas on Aug. 17, 2016.
Immigrants from Central America await transport from the U.S. Border Patrol in Roma, Texas on Aug. 17, 2016.
John Moore—Getty Images
Central American immigrant families depart ICE custody, pending future immigration court hearings in McAllen, Texas on June 11, 2018.
Central American immigrant families depart ICE custody, pending future immigration court hearings in McAllen, Texas on June 11, 2018.
John Moore—Getty Images

Correction (Posted June 19): The original version of this story misstated what happened to the girl in the photo after she was taken from the scene. The girl was not carried away screaming by U.S. Border Patrol agents; her mother picked her up and the two were taken away together.

Voir par ailleurs:

Smuggler abandons 6-year-old in blazing desert heat

– A 6-year-old Costa Rican boy was rescued by U.S. Border Patrol agents after he was abandoned on a border road in Arizona on Tuesday evening.

The agents discovered the boy just north of the border west of Lukeville in temperatures over 100 degrees.

The child claimed that he was dropped off by « his uncle » and that Border Patrol would pick him up. Agents say the boy said he was on his way to see his mother in the U.S.

They say that the child was found in good condition.  He was taken to Tucson to be checked out and processed.  It was unclear what would happen to him next.

The Border Patrol says the incident highlights the dangers faced by migrants at the hands of smugglers. Children in particular are extremely vulnerable, not only to exploitation, but also to the elements in the environment.

They added that Arizona’s desert « is a merciless environment for those unprepared for its remote, harsh terrain and unpredictable weather. »

Voir aussi:

Guy Millière
Dreuz
21 juin 2018

Les titres des journaux européens et de bon nombre de journaux américains ces derniers jours prêtent à sourire une fois de plus. Trump, dit-on, aurait “reculé” en matière d’immigration.

Ceux qui disent cela ajoutent qu’il se conduit de manière infâme vis-à-vis des enfants à la frontière Sud des Etats-Unis. Des photos sont fournies à l’appui, montrant des enfants dans des lieux décrits comme des “camps de concentration”. Des vidéos ont été montrées où on voit des enfants pleurer de manière déchirante en appelant leurs parents, dont un agent de l’immigration vient de les séparer, et ils utilisent des mots anglais (ce qui est normal puisqu’ils viennent de pays où on parle espagnol et puisqu’ils ne parlent pas un mot d’anglais).

Ceux qui disent cela ajoutent aussi que “sous une large pression”, Trump vient de signer un executive order permettant d’éviter que les enfants soient séparés de leur famille et a donc dû se conduire de manière un peu moins infâme.

Ceux qui disent cela ne disent pas un seul mot de ce qui est en train de se passer par ailleurs aux Etats-Unis. L’Etat profond anti-Trump est en train de s’effondrer. Il résiste, certes, mais il est désormais très mal en point, comme c’était prévisible.

Disons ici ce qui doit l’être, car ce ne sera pas fait ailleurs, j’en suis, hélas, certain.

1. Il existe aux Etats-Unis un grave problème d’immigration illégale. Trump a commencé à prendre des décisions pour le régler. Les entrées clandestines dans le pays par la frontière Sud ont diminué de 70 pour cent. Elles sont encore trop nombreuses. Les immigrants illégaux présents dans le pays ne sont pas tous criminels, mais ils représentent une proportion importante des criminels incarcérés et des membres de gangs violents impliqués, entre autres, dans le trafic de drogue. Jeff Sessions, ministre de la justice inefficace dans d’autres secteurs, est très efficace dans ce secteur.

2. Les Démocrates veulent que l’immigration illégale se poursuive, et s’intensifie, car ils ont besoin d’un électorat constitué d’illégaux fraîchement légalisés pour maintenir à flot la coalition électorale sur laquelle ils s’appuient et garder des chances de victoire ultérieure (minorités ethniques, femmes célibataires, étudiants, professeurs). La diminution de l’immigration clandestine leur pose problème. Les actions de la police de l’immigration (ICE; Immigration Control Enforcement) suscitent leur hostilité, d’où l’existence de villes sanctuaires démocrates et, en Californie, d’un Etat sanctuaire(démocrate, bien sûr).

3. Ce qui se passe depuis quelques jours à la frontière Sud du pays est un coup monté auquel participent le parti démocrate, les grands médias américains, des organisations gauchistes, et le but est de faire pression sur Trump en diabolisant son action. La plupart des photos utilisées datent des années Obama, au cours desquelles le traitement des enfants entrant clandestinement dans le pays était exactement similaire à ce qu’il est aujourd’hui, sans qu’à l’époque les Démocrates disent un seul mot. Les enfants qui pleurent sur des vidéos ont été préparés à être filmés à des fins de propagande et ont appris à dire “daddy”, “mummy”. Le but est effectivement de faire céder Trump. Quelques Républicains à veste réversible ont joint leur voix au chœur.

4. Trump, comme il sait le faire, a agi pour désamorcer le coup monté. On lui reproche de faire ce qui se fait depuis des années (séparer les enfants de leurs parents dès lors que les parents doivent être incarcérés) ? Il vient de décider que les enfants ne seront plus séparés des parents, et qu’ils seront placés ensemble dans des lieux de rétention.  Cela signifie-t-il un recul ? Non. La lutte contre l’immigration clandestine va se poursuivre selon exactement la même ligne. Les parents qui ont violé la loi seront traités comme ils l’étaient auparavant. Les enfants seront-ils dans de meilleures conditions ? Non. Ils ne seront pas dans des conditions plus mauvaises non plus. Décrire les lieux où ils étaient placés jusque là comme des camps de concentration est une honte et une insulte à ceux qui ont été placés dans de réels camps de concentration (certains Démocrates un peu plus répugnants que d’autres sont allés jusqu’à faire des comparaisons avec Auschwitz !) : les enfants sont placés dans ce qui est comparable à des auberges pour colonies de vacances. Un enfant clandestin coûte au contribuable américain à ce jour 35.000 dollars en moyenne annuelle.

5. Désamorcer le coup monté ne réglera pas le problème d’ensemble. Des femmes viennent accoucher aux Etats-Unis pour que le bébé ait la nationalité américaine et puisse demander deux décennies plus tard un rapprochement de famille. Des gens font passer leurs enfants par des passeurs en espérant que l’enfant sera régularisé et pourra lui aussi demander un rapprochement de famille. Des parents paient leur passage aux Etats Unis en transportant de la drogue et doivent être jugés pour cela (le tarif des passeurs si on veut passer sans drogue est  de 10.000 dollars par personne). S’ils sont envoyés en prison, ils n’y seront pas envoyés avec leurs enfants.  Quand des trafiquants de drogue sont envoyés en prison, aux Etats-Unis ou ailleurs, ils ne vont pas en prison en famille, et si quelqu’un suggérait que leur famille devait les suivre en prison, parce que ce serait plus “humain”, les Démocrates seraient les premiers à hurler.

6. Les Etats-Unis, comme tout pays développé, ne peuvent laisser entrer tous ceux qui veulent entrer en laissant leurs frontières ouvertes. Un pays a le droit de gérer l’immigration comme il l’entend et comme l’entend sa population, et il le doit, s’il ne veut pas être submergé par une population qui ne s’intègre pas et peut le faire glisser vers le chaos. Les pays européens sont confrontés au même problème que les Etats-Unis, d’une manière plus aiguë puisqu’en Europe s’ajoute le paramètre “islam”. La haine de la civilisation occidentale imprègne la gauche européenne, qui veut la dissolution des peuples européens. Une même haine imprègne la gauche américaine, qui veut la dissolution du peuple américain. Les grandes villes de l’Etat sanctuaire de Californie sont déjà méconnaissables, submergées par des sans abris étrangers (pas un seul pont de Los Angeles qui n’abrite désormais un petit bidonville, et un quart du centre ville est une véritable cour des miracles, à San Francisco ce n’est pas mieux). Il n’est pas du tout certain que le coup monte servira les Démocrates lors des élections de mi mandat. Nombre d’Américains ne veulent pas la dissolution du peuple américain.

7. Le coup monté m’est pas arrive par hasard, à ce moment précisément. Le rapport de l’inspecteur général Michael Horowitz, même s’il est édulcoré, contient des éléments accablants pour James Comey, John Mc Cabe, l’enquêteur appelé Peter Strzoc. Le Congres procède à des auditions très révélatrices. Ce n’est que le début. L’Etat profond anti-Trump est en train de s’effondrer, disais-je. La monstruosité totalitaire que fut l’administration Obama finissante et le caractère criminel des activités d’Hillary Clinton commencent tout juste à être mis au jour. Des peines de prison suivront. L’équipe sinistre conduite par Robert Mueller avance dans le vide : tout ce qui lui sert de prétexte se révèle être une gigantesque imposture. La complicité des grands médias américains et mondiaux ne pourra pas être cachée indéfiniment. Un écran de fumée devait monter dans l’atmosphère pour détourner l’attention et éviter qu’on parle de l’effondrement de l’Etat profond. Le coup monte a servi d’écran de fumée. Que nul ne soit dupe. La révolution Trump ne fait que commencer.

Voir de plus:

Selon les déclarations d’un homme présenté comme le cousin de l’enfant, rendues publiques par Israël, les parents de la fillette morte mi-mai auraient touché 8.000 shekels (1.800 euros).