Première conférence de presse de Joe Biden: Parce que je suis un mec sympa (What brave new world of alternative facts and post-truth as protected by a lapdog press, our puppet leaders exploit the migrants for money and power while the rest of us are supposed to celebrate having our countries turned upside down ?)

28 mars, 2021


The number of the beast is 666 (William Blake, 1805)

Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Lettre aux Galates 3: 28)
Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon. Elle exerçait toute l’autorité de la première bête en sa présence, et elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête, dont la blessure mortelle avait été guérie. Elle opérait de grands prodiges, même jusqu’à faire descendre du feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes. Et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui avait la blessure de l’épée et qui vivait. Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six. Jean (Apocalypse 13: 11-18)
L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. Pascal (1670)
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton (1908)
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Martin Luther King (1963)
C’est ça, l’Ouest, monsieur le sénateur:  quand la légende devient réalité, c’est la légende qu’il faut publier. Maxwell Scott  (journaliste dans ‘L’Homme qui tua Liberty Valance’, John Ford, 1962)
Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Puisqu’on l’opprime dans sa race et à cause d’elle, c’est d’abord de sa race qu’il lui faut prendre conscience. Ceux qui, durant des siècles, ont vainement tenté, parce qu’il était  nègre, de le réduire à l’état  de  bête, il faut qu’il les oblige à le reconnaître  pour un homme. Or il n’est pas ici d’échappatoire, ni de tricherie, ni de « passage de ligne  » qu’il puisse envisager : un Juif, blanc parmi les  blancs, peut nier qu’il  soit juif, se déclarer un homme parmi les hommes. Le nègre ne peut  nier qu’il  soit  nègre ni réclamer pour lui cette abstraite humanité incolore : il est noir. Ainsi est-il acculé à l’authenticité : insulté, asservi, il se redresse, il ramasse  le  mot de « nègre » qu’on lui a  jeté comme une pierre, il se revendique  comme noir, en face du blanc, dans la fierté. L’unité finale qui rapprochera tous les opprimés  dans le même combat doit être  précédée aux colonies par ce que je nommerai le moment de la séparation ou de la négativité : ce racisme  antiraciste est le  seul chemin qui puisse  mener à l’abolition  des  différences de race. Jean-Paul Sartre (Orphée noir, 1948)
Quand Freud est arrivé aux États-Unis, en voyant New York il a dit: « Je leur apporte la peste. » Il avait tort. Les Américains n’ont eu aucun mal à digérer une psychanalyse vite américanisée. Mais en 1966, nous avons vraiment apporté la peste avec Lacan et la déconstruction… du moins dans les universités! Au point que je me suis senti soudain aussi étranger à Johns Hopkins qu’à Avignon au milieu de mes amis post-surréalistes. Un an plus tard, la déconstruction était déjà à la mode. Cela me mettait mal à l’aise. C’est la raison pour laquelle je suis parti pour Buffalo en 1968. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège: la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
La glorification d’une race et le dénigrement corollaire d’une autre ou d’autres a toujours été et sera une recette de meurtre. Ceci est une loi absolue. Si on laisse quelqu’un subir un traitement particulièrement défavorable à un groupe quelconque d’individus en raison de leur race ou de leur couleur de peau, on ne saurait fixer de limites aux mauvais traitements dont ils seront l’objet et puisque la race entière a été condamnée pour des raisons mystérieuses il n’y a aucune raison pour ne pas essayer de la détruire dans son intégralité. C’est précisément ce que les nazis auraient voulu accomplir (…) J’ai beaucoup à cœur de voir les noirs conquérir leur liberté aux Etats Unis. Mais leur dignité et leur santé spirituelle me tiennent également à cœur et je me dois de m’opposer à toutes tentatives des noirs de faire à d’autres ce qu’on leur a fait. James Baldwin
You cannot understand the Left if you do not understand that leftism is a religion. It is not God-based (some left-wing Christians’ and Jews’ claims notwithstanding), but otherwise it has every characteristic of a religion. The most blatant of those characteristics is dogma. People who believe in leftism have as many dogmas as the most fundamentalist Christian. One of them is material equality as the preeminent moral goal. Another is the villainy of corporations. The bigger the corporation, the greater the villainy. Thus, instead of the devil, the Left has Big Pharma, Big Tobacco, Big Oil, the “military-industrial complex,” and the like. Meanwhile, Big Labor, Big Trial Lawyers, and — of course — Big Government are left-wing angels. And why is that? Why, to be specific, does the Left fear big corporations but not big government? The answer is dogma — a belief system that transcends reason. No rational person can deny that big governments have caused almost all the great evils of the last century, arguably the bloodiest in history. Who killed the 20 to 30 million Soviet citizens in the Gulag Archipelago — big government or big business? Hint: There were no private businesses in the Soviet Union. Who deliberately caused 75 million Chinese to starve to death — big government or big business? Hint: See previous hint. Did Coca-Cola kill 5 million Ukrainians? Did Big Oil slaughter a quarter of the Cambodian population? Would there have been a Holocaust without the huge Nazi state? Whatever bad things big corporations have done is dwarfed by the monstrous crimes — the mass enslavement of people, the deprivation of the most basic human rights, not to mention the mass murder and torture and genocide — committed by big governments. (…) Religious Christians and Jews also have some irrational beliefs, but their irrationality is overwhelmingly confined to theological matters; and these theological irrationalities have no deleterious impact on religious Jews’ and Christians’ ability to see the world rationally and morally. Few religious Jews or Christians believe that big corporations are in any way analogous to big government in terms of evil done. And the few who do are leftists. That the Left demonizes Big Pharma, for instance, is an example of this dogmatism. America’s pharmaceutical companies have saved millions of lives, including millions of leftists’ lives. And I do not doubt that in order to increase profits they have not always played by the rules. But to demonize big pharmaceutical companies while lionizing big government, big labor unions, and big tort-law firms is to stand morality on its head. There is yet another reason to fear big government far more than big corporations. ExxonMobil has no police force, no IRS, no ability to arrest you, no ability to shut you up, and certainly no ability to kill you. ExxonMobil can’t knock on your door in the middle of the night and legally take you away. Apple Computer cannot take your money away without your consent, and it runs no prisons. The government does all of these things. Of course, the Left will respond that government also does good and that corporations and capitalists are, by their very nature, “greedy.” To which the rational response is that, of course, government also does good. But so do the vast majority of corporations, private citizens, church groups, and myriad voluntary associations. On the other hand, only big government can do anything approaching the monstrous evils of the last century. As for greed: Between hunger for money and hunger for power, the latter is incomparably more frightening. It is noteworthy that none of the twentieth century’s monsters — Lenin, Hitler, Stalin, Mao — were preoccupied with material gain. They loved power much more than money. And that is why the Left is much more frightening than the Right. It craves power.  Dennis Prager
Quand j’ai écrit mon livre, je suis retourné à Max Weber et à Alexis de Tocqueville, car tous deux avaient identifié l’importance fondamentale de l’anxiété spirituelle que nous éprouvons tous. Il me semble qu’à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, nous avons oublié la centralité de cette anxiété, de ces démons ou anges spirituels qui nous habitent. Ils nous gouvernent de manière profondément dangereuse. Norman Mailer a dit un jour que toute la sociologie américaine avait été un effort désespéré pour essayer de dire quelque chose sur l’Amérique que Tocqueville n’avait pas dit! C’est vrai! Tocqueville avait saisi l’importance du fait religieux et de la panoplie des Églises protestantes qui ont défini la nation américaine. Il a montré que malgré leur nombre innombrable et leurs querelles, elles étaient parvenues à s’unir pour être ce qu’il appelait joliment «le courant central des manières et de la morale». Quelles que soient les empoignades entre anglicans épiscopaliens et congrégationalistes, entre congrégationalistes et presbytériens, entre presbytériens et baptistes, les protestants se sont combinés pour donner une forme à nos vies: celle des mariages, des baptêmes et des funérailles ; des familles, et même de la politique, en cela même que le protestantisme ne cesse d’affirmer qu’il y a quelque chose de plus important que la politique. Ce modèle a perduré jusqu’au milieu des années 1960. (…) Pour moi, c’est avant tout le mouvement de l’Évangile social qui a gagné les Églises protestantes, qui est à la racine de l’effondrement. Dans mon livre, je consacre deux chapitres à Walter Rauschenbusch, la figure clé. Mais il faut comprendre que le déclin des Églises européennes a aussi joué. L’une des sources d’autorité des Églises américaines venait de l’influence de théologiens européens éminents comme Wolfhart Pannenberg ou l’ancien premier ministre néerlandais Abraham Kuyper, esprit d’une grande profondeur qui venait souvent à Princeton donner des conférences devant des milliers de participants! Mais ils n’ont pas été remplacés. Le résultat de tout cela, c’est que l’Église protestante américaine a connu un déclin catastrophique. En 1965, 50 % des Américains appartenaient à l’une des 8 Églises protestantes dominantes. Aujourd’hui, ce chiffre s’établit à 4 %! Cet effondrement est le changement sociologique le plus fondamental des 50 dernières années, mais personne n’en parle. Une partie de ces protestants ont migré vers les Églises chrétiennes évangéliques, qui dans les années 1970, sous Jimmy Carter, ont émergé comme force politique. On a vu également un nombre surprenant de conversions au catholicisme, surtout chez les intellectuels. Mais la majorité sont devenus ce que j’appelle dans mon livre des «post-protestants», ce qui nous amène au décryptage des événements d’aujourd’hui. Ces post-protestants se sont approprié une série de thèmes empruntés à l’Évangile social de Walter Rauschenbusch. Quand vous reprenez les péchés sociaux qu’il faut selon lui rejeter pour accéder à une forme de rédemption – l’intolérance, le pouvoir, le militarisme, l’oppression de classe… vous retrouvez exactement les thèmes que brandissent les gens qui mettent aujourd’hui le feu à Portland et d’autres villes. Ce sont les post-protestants. Ils se sont juste débarrassés de Dieu! Quand je dis à mes étudiants qu’ils sont les héritiers de leurs grands-parents protestants, ils sont offensés. Mais ils ont exactement la même approche moralisatrice et le même sens exacerbé de leur importance, la même condescendance et le même sentiment de supériorité exaspérante et ridicule, que les protestants exprimaient notamment vis-à-vis des catholiques. (…) Mais ils ne le savent pas. En fait, l’état de l’Amérique a été toujours lié à l’état de la religion protestante. Les catholiques se sont fait une place mais le protestantisme a été le Mississippi qui a arrosé le pays. Et c’est toujours le cas! C’est juste que nous avons maintenant une Église du Christ sans le Christ. Cela veut dire qu’il n’y a pas de pardon possible. Dans la religion chrétienne, le péché originel est l’idée que vous êtes né coupable, que l’humanité hérite d’une tache qui corrompt nos désirs et nos actions. Mais le Christ paie les dettes du péché originel, nous en libérant. Si vous enlevez le Christ du tableau en revanche, vous obtenez… la culpabilité blanche et le racisme systémique. Bien sûr, les jeunes radicaux n’utilisent pas le mot «péché originel». Mais ils utilisent exactement les termes qui s’y appliquent. (…) Ils parlent d’«une tache reçue en héritage» qui «infecte votre esprit». C’est une idée très dangereuse, que les Églises canalisaient autrefois. Mais aujourd’hui que cette idée s’est échappée de l’Église, elle a gagné la rue et vous avez des meutes de post-protestants qui parcourent Washington DC, en s’en prenant à des gens dans des restaurants pour exiger d’eux qu’ils lèvent le poing. Leur conviction que l’Amérique est intrinsèquement corrompue par l’esclavage et n’a réalisé que le Mal, n’est pas enracinée dans des faits que l’on pourrait discuter, elle relève de la croyance religieuse. On exclut ceux qui ne se soumettent pas. On dérive vers une vision apocalyptique du monde qui n’est plus équilibrée par rien d’autre. Cela peut donner la pire forme d’environnementalisme, par exemple, parce que toutes les autres dimensions sont disqualifiées au nom de «la fin du monde». C’est l’idée chrétienne de l’apocalypse, mais dégagée du christianisme. Il y a des douzaines d’exemples de religiosité visibles dans le comportement des protestataires: ils s’allongent par terre face au sol et gémissent, comme des prêtres que l’on consacre dans l’Église catholique. Ils ont organisé une cérémonie à Portland durant laquelle ils ont lavé les pieds de personnes noires pour montrer leur repentir pour la culpabilité blanche. Ils s’agenouillent. Tout cela sans savoir que c’est religieux! C’est religieux parce que l’humanité est religieuse. Il y a une faim spirituelle à l’intérieur de nous, qui se manifeste de différentes manières, y compris la violence! Ces gens veulent un monde qui ait un sens, et ils ne l’ont pas. (…) Le marxisme est une religion par analogie. Certes, il porte cette idée d’une nouvelle naissance. Certaines personnes voulaient des certitudes et ne les trouvant plus dans leurs Églises, ils sont allés vers le marxisme. Mais en Amérique, c’est différent, car tout est centré sur le protestantisme. Dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Max Weber, avec génie et insolence, prend Marx et le met cul par-dessus tête. Marx avait dit que le protestantisme avait émergé à la faveur de changements économiques. Weber dit l’inverse. Ce n’est pas l’économie qui a transformé la religion, c’est la religion qui a transformé l’économie. Le protestantisme nous a donné le capitalisme, pas l’inverse! Parce que les puritains devaient épargner de l’argent pour assurer leur salut. Le ressort principal n’était pas l’économie mais la faim spirituelle, ce sentiment beaucoup plus profond, selon Weber. Une faim spirituelle a mené les gens vers le marxisme, et c’est la même faim spirituelle qui fait qu’ils sont dans les rues d’Amérique aujourd’hui. (…) Mais je vois potentiellement une guerre civile à feu doux éclater si Trump gagne cette élection! Car les parties sont polarisées sur le plan spirituel. Si Trump gagne, pour les gens qui sont dans la rue, ce ne sera pas le triomphe des républicains, mais celui du mal. Rauschenbusch, dans son Évangile, dit que nous devons accomplir la rédemption de notre personnalité. Ces gens-là veulent être sûrs d’être de «bonnes personnes». Ils savent qu’ils sont de bonnes personnes s’ils sont opposés au racisme. Ils pensent être de bonnes personnes parce qu’ils sont opposés à la destruction de l’environnement. Ils veulent avoir la bonne «attitude», c’est la raison pour laquelle ceux qui n’ont pas la bonne attitude sont expulsés de leurs universités ou de leur travail pour des raisons dérisoires. Avant, on était exclu de l’Église, aujourd’hui, on est exclu de la vie publique… C’est pour cela que les gens qui soutiennent Trump, sont vus comme des «déplorables», comme disait Hillary Clinton, c’est-à-dire des gens qui ne peuvent être rachetés. Ils ont leur bible et leur fusil et ne suivent pas les commandements de la justice sociale. (…) Avant même que Trump ne surgisse, avec Sarah Palin, et même sous Reagan, on a vu émerger à droite le sentiment que tout ce que faisaient les républicains pour l’Amérique traditionnelle, c’était ralentir sa disparition. Il y avait une immense exaspération car toute cette Amérique avait le sentiment que son mode de vie était fondamentalement menacé par les démocrates. Reagan est arrivé et a dit: «Je vais m’y opposer». Et voilà que Trump arrive et dit à son tour qu’il va dire non à tout ça. Je déteste le fait que Trump occupe cet espace, parce qu’il est vulgaire et insupportable. Mais il est vrai que tous ceux qui s’étaient sentis marginalisés ont voté pour Trump parce qu’il s’est mis en travers de la route. C’est d’ailleurs ce que leur dit Trump: «Ils n’en ont pas après moi, mais après vous.» Il faut comprendre que l’idéologie «woke» de la justice sociale a pénétré les institutions américaines à un point incroyable. Je n’imagine pas qu’un professeur ayant une chaire à la Sorbonne soit forcé d’assister à des classes obligatoires organisées pour le corps professoral sur leur «culpabilité blanche», et enseignées par des gens qui viennent à peine de finir le collège. Mais c’est la réalité des universités américaines. Un sondage récent a montré que la majorité des professeurs d’université ne disent rien. Ils abandonnent plutôt toute mention de tout sujet controversé. Pourtant, des études ont montré que la foule des vigies de Twitter qui obtient la tête des professeurs excommuniés, remplirait à peine la moitié d’un terrain de football universitaire! Il y a un manque de courage. (…) La France a fait beaucoup de choses bonnes et glorieuses pour faire avancer la civilisation, mais elle a fait du mal. Si on croit au projet historique français, on peut démêler le bien du mal. Mais mes étudiants, et tous ces post-protestants dont je vous parle, sont absolument convaincus que tous les gens qui ont précédé, étaient stupides et sans doute maléfiques. Ils ne croient plus au projet historique américain. Ils sont contre les «affinités électives» qui, selon Weber, nous ont donné la modernité: la science, le capitalisme, l’État-nation. Si la théorie de la physique de Newton, Principia, est un manuel de viol, comme l’a dit une universitaire féministe, si sa physique est l’invention d’un moyen de violer le monde, cela veut dire que la science est mauvaise. Si vous êtes soupçonneux de la science, du capitalisme, du protestantisme, si vous rejetez tous les moteurs de la modernité la seule chose qui reste, ce sont les péchés qui nous ont menés là où nous sommes. Pour sûr, nous en avons commis. Mais si on ne voit pas que ça, il n’y a plus d’échappatoire, plus de projet. Ce qui passe aujourd’hui est différent de 1968 en France, quand la remise en cause a finalement été absorbée dans quelque chose de plus large. Le mouvement actuel ne peut être absorbé car il vise à défaire les États-Unis dans ses fondements: l’État-nation, le capitalisme et la religion protestante. Mais comme les États-Unis n’ont pas d’histoire prémoderne, nous ne pouvons absorber un mouvement vraiment antimoderne. (…) Il y a une phrase de Heidegger qui dit que «seulement un Dieu pourrait nous sauver»! On a le sentiment qu’on est aux prémices d’une apocalypse, d’une guerre civile, d’une grande destruction de la modernité. Est-ce à cause de la trahison des clercs? Pour moi, l’incapacité des vieux libéraux à faire rempart contre les jeunes radicaux, est aujourd’hui le grand danger. Quand j’ai vu que de jeunes journalistes du New York Times avaient menacé de partir, parce qu’un responsable éditorial avait publié une tribune d’un sénateur américain qui leur déplaisait, j’ai été stupéfait. Je suis assez vieux pour savoir que dans le passé, la direction aurait immédiatement dit à ces jeunes journalistes de prendre la porte s’ils n’étaient pas contents. Mais ce qui s’est passé, c’est que le rédacteur en chef a été limogé. Joseph Bottum
One high-level takeaway is that the 2020 electorate had a very similar partisan composition to the 2016 electorate. When the polls turned out to be wrong — and Trump turned out to be much stronger than they predicted — a lot of people concluded that turnout models must have been off: Trump must have inspired higher Republican turnout than expected. But that looks wrong. It really seems like the electorate was slightly more Democratic than it had been in 2016, largely due to demographic change (because there’s such a large partisan gap between younger and older voters, every four years the electorate gets something like 0.4 percent more Democratic just through generational churn). So Trump didn’t exceed expectations by inspiring higher-than-anticipated Republican turnout. He exceeded them mostly through persuasion. A lot of voters changed their minds between 2016 and 2020. At the subgroup level, Democrats gained somewhere between half a percent to one percent among non-college whites and roughly 7 percent among white college graduates (which is kind of crazy). Our support among African Americans declined by something like one to 2 percent. And then Hispanic support dropped by 8 to 9 percent. The jury is still out on Asian Americans. We’re waiting on data from California before we say anything. But there’s evidence that there was something like a 5 percent decline in Asian American support for Democrats, likely with a lot of variance among subgroups. There were really big declines in Vietnamese areas, for example. Anyway, one implication of these shifts is that education polarization went up and racial polarization went down. (…) White voters as a whole trended toward the Democratic Party, and nonwhite voters trended away from us. So we’re now somewhere between 2004 and 2008 in terms of racial polarization. Which is interesting. I don’t think a lot of people expected Donald Trump’s GOP to have a much more diverse support base than Mitt Romney’s did in 2012. But that’s what happened. (…) One important thing to know about the decline in Hispanic support for Democrats is that it was pretty broad. This isn’t just about Cubans in South Florida. It happened in New York and California and Arizona and Texas. Really, we saw large drops all over the country. But it was notably larger in some places than others. In the precinct-level data, one of the things that jumps out is that places where a lot of voters have Venezuelan or Colombian ancestry saw much larger swings to the GOP than basically anywhere else in the country. The Colombian and Venezuelan shifts were huge. One of my favorite examples is Doral, which is a predominantly Venezuelan and Colombian neighborhood in South Florida. One precinct in that neighborhood went for Hillary Clinton by 40 points in 2016 and for Trump by ten points in 2020. One thing that makes Colombia and Venezuela different from much of Latin America is that socialism as a brand has a very specific, very high salience meaning in those countries. It’s associated with FARC paramilitaries in Colombia and the experience with President Maduro in Venezuela. So I think one natural inference is that the increased salience of socialism in 2020 — with the rise of AOC and the prominence of anti-socialist messaging from the GOP — had something to do with the shift among those groups. As for the story with Hispanics overall, one thing that really comes out very clearly in survey data that we’ve done is that it really comes down to ideology. So when you look at self-reported ideology — just asking people, “Do you identify as liberal, moderate, or conservative” — you find that there aren’t very big racial divides. Roughly the same proportion of African American, Hispanic, and white voters identify as conservative. But white voters are polarized on ideology, while nonwhite voters haven’t been. Something like 80 percent of white conservatives vote for Republicans. But historically, Democrats have won nonwhite conservatives, often by very large margins. What happened in 2020 is that nonwhite conservatives voted for Republicans at higher rates; they started voting more like white conservatives. (…) What we found is that Clinton voters with conservative views on crime, policing, and public safety were far more likely to switch to Trump than voters with less conservative views on those issues. And having conservative views on those issues was more predictive of switching from Clinton to Trump than having conservative views on any other issue-set was. This lines up pretty well with trends we saw during the campaign. In the summer, following the emergence of “defund the police” as a nationally salient issue, support for Biden among Hispanic voters declined. So I think you can tell this microstory: We raised the salience of an ideologically charged issue that millions of nonwhite voters disagreed with us on. And then, as a result, these conservative Hispanic voters who’d been voting for us despite their ideological inclinations started voting more like conservative whites. (…) The decline that we saw was very large. Nine percent or so nationwide, up to 14 or 15 percent in Florida. Roughly one in ten Hispanic voters switched their vote from Clinton to Trump. That is beyond the margin of what can plausibly be changed by investing more in Spanish media. (…) Over the last four years, white liberals have become a larger and larger share of the Democratic Party. (…) Highly educated people tend to have more ideologically coherent and extreme views than working-class ones. We see this in issue polling and ideological self-identification. College-educated voters are way less likely to identify as moderate. So as Democrats have traded non-college-educated voters for college-educated ones, white liberals’ share of voice and clout in the Democratic Party has gone up. And since white voters are sorting on ideology more than nonwhite voters, we’ve ended up in a situation where white liberals are more left wing than black and Hispanic Democrats on pretty much every issue: taxes, health care, policing, and even on racial issues or various measures of “racial resentment.” So as white liberals increasingly define the party’s image and messaging, that’s going to turn off nonwhite conservative Democrats and push them against us. (…) In liberal circles, racism has been defined in highly ideological terms. And this theoretical perspective on what racism means and the nature of racial inequality have become a big part of the group identity of college-educated Democrats, white and nonwhite. But it’s not necessarily how most nonwhite, working-class people understand racism. (…) if you look at the concrete questions, white liberals are to the left of Hispanic Democrats, but also of black Democrats, on defunding the police and those ideological questions about the source of racial inequity. Regardless, even if a majority of nonwhite people agreed with liberals on all of these issues, the fundamental problem is that Democrats have been relying on the support of roughly 90 percent of black voters and 70 percent of Hispanic voters. So if Democrats elevate issues or theories that a large minority of nonwhite voters reject, it’s going to be hard to keep those margins. Because these issues are strongly correlated with ideology. And black conservatives and Hispanic conservatives don’t actually buy into a lot of these intellectual theories of racism. They often have a very different conception of how to help the black or Hispanic community than liberals do. And I don’t think we can buy our way out of this trade-off. Most voters are not liberals. If we polarize the electorate on ideology — or if nationally prominent Democrats raise the salience of issues that polarize the electorate on ideology — we’re going to lose a lot of votes. (…) I (…) think liberals sometimes take the ambiguities of ideology too far. A lot of progressives insist that ideological self-identification means nothing. And we know that isn’t true. One of the big patterns of the last 40 years is that ideological self-description has become increasingly correlated with partisanship and increasingly correlated to views on issues. But there is still a large universe of policy questions — mostly economic but not exclusively — where a large majority of the public agrees with us. A $15 minimum wage polls above 60 percent; that couldn’t happen without a lot of “moderates” and “conservatives” supporting the policy. What I take from that is: Ideological polarization is a dead end. If we divide the electorate on self-described ideology, we lose — both because there are more conservatives than liberals and because conservatives are structurally overrepresented in the House, Senate, and Electoral College. So the way we get around that is by talking a lot about progressive goals that are not ideologically polarizing, goals that we share with self-described conservatives and moderates. Even among nonwhite voters, those tend to be economic issues. In test after test that we’ve done with Hispanic voters, talking about immigration commonly sparks backlash: Asking voters whether they lean toward Biden and Trump, and then emphasizing the Democratic position on immigration, often caused Biden’s share of support among Latino respondents to decline. Meanwhile, Democratic messaging about investing in schools and jobs tended to move Latino voters away from Trump. (…) I think (…) the extent to which Hispanic voters have liberal views on immigration is exaggerated. If you look at, for example, decriminalizing border crossings, that’s not something that a majority of Hispanic voters support. Pew’s done a lot of polling on immigration reform, and if you ask things like, “Should we deport the undocumented population, should we give them a path to permanent residency, or should we give them a path to citizenship?” citizenship only gets a little over 50 percent support among Hispanic voters. So I think liberals really essentialize Hispanic voters and project views about immigration onto them that the data just doesn’t support. (…) As a baseline, midterms are usually very bad for the party in power. In the past 70 years, the incumbent party has gained seats in the House and Senate maybe once or twice. The last one was in 2002. The regularity of how bad midterm environments are for the president’s party is one of the most striking findings in political science. Generally speaking, over the last 30 to 40 years, the party that controls the presidency gets about 47 percent of the vote nationwide. Add in the fact that the House already has a fairly substantial pro-Republican bias — the median House seat is something like three points to the right of the country overall — it means that in the base scenario, Democrats are headed for near-certain doom. (…) The good news is that there’s a strong case for thinking this time might be different. I’m not a macroeconomist, but it seems like Joe Biden might preside over a post-corona economic boom. Already, Biden’s approval rating is very strong. The best predictor of how a midterm is going to shake out is how popular the president is. So, for now, everything looks about as good as you could hope for. But we have no margin for error. If we conduct ourselves the way we did after 2008, we’re definitely going to lose. And due to the way that our electoral system works, we really could be locked out of power for a very long time, just like we were after 2010. So that means the need for messaging discipline is stronger than ever. But keeping the national conversation focused around popular economic issues probably won’t be enough. Since the maps in the House of Representatives are so biased against us, if we don’t pass a redistricting reform, our chance of keeping the House is very low. And then the Senate is even more biased against us than the House. So, it’s also very important that we add as many states as we can. Currently, even if we have an exceptionally good midterm, the most likely outcome is that we lose one or two Senate seats. And then, going into 2024, we have something like seven or eight Democrats who are in states that are more Republican than the country overall. Basically, we have this small window right now to pass redistricting reform and create states. And if we don’t use this window, we will almost certainly lose control of the federal government and not be in a position to pass laws again potentially for a decade. In terms of putting numbers on things, I think that if we implemented D.C. and Puerto Rican statehood and passed redistricting reform, that would roughly triple our chance of holding the House in 2022 and roughly the same in the Senate. The fact that it’s possible to triple those odds is a testament to how bleak the baseline case is. So we need to pass those reforms and we need Biden to remain popular. If his approval rating is below 50 by the end of the year, we’re probably fucked. (…) I can’t claim to know exactly what the electoral effects would be of doing these things. But all of the polling I’ve seen suggests that things like HR 1 and adding states are above water. They’re not as popular as a lot of economic issues, but they’re above 50 percent. Electoral backlash doesn’t typically come from doing things that poll at 53 or 54 percent. It comes from doing things that poll at 30 or 40 percent. And so I think that the downside of this stuff is low. I think the level of voter interest in procedural issues is low. If we lived in a world where voters punished politicians for playing procedural hardball, we would have a lot fewer Republicans in office. And actually, in some ways, pursuing procedural reforms that don’t concern voters much — but which do get the other party all worked up — could be electorally beneficial. If you can get the other party to talk about something that voters don’t care about, that’s good. People don’t always think about media attention as a fixed quantity. But it is. To the extent that the coronavirus impacted the 2020 election, I think one positive political effect it had for Democrats was that whenever the media was talking about the coronavirus, they weren’t talking about Hunter Biden or immigration. And I think that kind of blocked Republicans from creating and inserting wedge issues. If Republicans decide to make 2022 into a referendum on independent redistricting, that will eat up space that could have otherwise gone to effective attacks. We should dare them to do it. (…) In 2016, non-college-educated whites swung roughly 10 percent against the Democratic Party. And then, in 2018, roughly 30 percent of those Obama-Trump voters ended up supporting Democrats down ballot. In 2020, only 10 percent of Obama-Trump voters came home for Biden. So I think what this shows: There is a long-term trend of increasing education polarization here and in every other country in the West. But the fact that education polarization declined significantly in 2018 — when Trump wasn’t on the ballot — and picked up again in 2020 suggests that Trump is personally responsible for a significant portion of America’s education polarization. I think that there’s a really strong case that this transition was specifically about Donald Trump. A lot of people theorized that we first alienated Obama-Trump voters during the fight over comprehensive immigration reform and that their rightward movement was already apparent in 2014. But if you actually look at panel data, it seems really clear that these people didn’t start identifying as Republicans until Trump won the GOP nomination. I think there’s a very strong empirical argument that Donald Trump was the main driver of the polarization we’ve seen since 2016. He just personally embodies this large cultural divide between cosmopolitan college-educated voters and a large portion of non-college-educated voters. Those divides take a lot of different forms: attitudes toward race, attitudes toward gender, opinions on what kinds of things you’re allowed to say, or how you should conduct yourself. And you know, as Trump became the nominee, and as the media made politics the Donald Trump Show for the last four years, that led to increasing political polarization on attitudes toward Donald Trump specifically. I think the reason why we saw less education-based voting in 2018 is that Trump was a smaller part of the media environment than he had been in 2016 or would be in 2020. Looking ahead to 2022, and just thinking about the next four years, the big question is how much is Donald Trump going to shape media coverage of the Republican Party or the Republican Party’s own branding? And I don’t know the answer to that question. If Trump fades out of the spotlight, I’d expect some level of education depolarization, particularly if Democrats show ideological discipline. (…) in 2016, Hillary Clinton got 51.1 percent of the two-party vote. Obama got 52 percent in 2012. In just about any other country, retaining 51.1 percent support would have been enough to keep power. But in this country, between 2012 and 2016, the Electoral College bias changed from being one percent biased toward Democrats to 3 percent biased toward Republicans, mainly because of education polarization. So Donald Trump is unpopular. And he does pay a penalty for that relative to a generic Republican. But the voters he’s popular with happen to be extremely efficiently distributed in political-geography terms. (…) So I think the Trump era has been very good for the Republican Party, even if they now, momentarily, have to accept this very, very, very thin Democratic trifecta. Because if these coalition changes are durable, the GOP has very rosy long-term prospects for dominating America’s federal institutions. The question is: Can they get all of the good parts of Trumpism without the bad parts? And I don’t know the answer to that question. But when I look at the 2020 election, I see that we ran against the most unpopular Republican ever to run for president — and we ran literally the most popular figure in our party whose last name is not Obama — and we only narrowly won the Electoral College. If Biden had done 0.3 percent worse, then Donald Trump would have won reelection with just 48 percent of the two-party vote. We can’t control what Trump or Republicans do. But we can add states, we can ban partisan redistricting, and we can elevate issues that appeal to both college-educated liberals and a lot of working-class “conservatives.” If we don’t, things could get very bleak, very fast. David Shor (stratège démocrate)
On s’attendait à ce qu’avec le gouvernement du président Biden, il y ait un meilleur traitement des migrants. Et cela a poussé les migrants d’Amérique centrale, et aussi de notre pays, à vouloir traverser la frontière en pensant que c’était plus facile de le faire. Andrés Manuel López Obrador (président mexicain)
S’il y a une reprise aux États-Unis, il est plus facile d’y aller et de trouver du travail. Beaucoup avaient peur de Trump et la plupart ne voulaient pas essayer de traverser la frontière. Mais maintenant, nombreux sont ceux qui envisagent d’émigrer aux États-Unis. Adrián Cahun
Je suppose que je devrais être flatté que les gens viennent parce que je suis un mec sympa; c’est la raison pour laquelle cela arrive – que je suis un homme honnête ou quelle que soit sa formulation. C’est – vous savez, c’est pourquoi ils viennent, parce qu’ils savent que Biden est un bon gars. La vérité est que rien n’a changé. Comme beaucoup de gens sont venus – 28 pour cent d’augmentation du nombre d’enfants à la frontière dans mon administration; 31% au cours de la dernière année de – en 2019, avant la pandémie, dans l’administration Trump. Chaque année, il y a une augmentation importante des arrivées à la frontière pendant les mois d’hiver de janvier, février et mars. Cela arrive chaque année. En plus de cela, il y a un – et personne – et, au fait, est-ce que quelqu’un suggère qu’il y a eu une augmentation de 31% sous Trump parce qu’il était un gars sympa et qu’il faisait de bonnes choses à la frontière? Ce n’est pas la raison pour laquelle ils viennent. La raison pour laquelle ils viennent est que c’est le moment où ils ont le moins de chances de mourir de chaleur dans le désert. Joe Biden
C’est juste un monde différent. C’est triste de les voir ainsi lui servir les questions. C’est des questions faciles. Et son entourage prêt à lui arracher le micro si quelqu’un commençait à se montrer un peu désobligeant. Tout ça est ridicule.[Sur la capitale américaine après le 6 janvier devenue une forteresse avec barbelés] Je pense que c’est honteux – il semble que le monde regarde – absolument, c’est une manœuvre politique qu’ils font. Il y avait zéro menace depuis le début , il n’y avait aucune menace. Ecoutez – ils sont entrés, ils n’auraient pas dû le faire. Certains d’entre eux sont entrés et ils embrassent la police et les gardes. Ils avaient une excellente relation. Et pour beaucoup d’entre eux, on les a laissé rentrer sans problème et puis ils sont entrés et ils sont sortis. Ils persécutent beaucoup de ces gens. Et certains d’entre eux devraient être punis, mais quand je regarde les antifas à Washington même, ce qu’ils ont fait à Washington et ce qu’ils ont fait dans d’autres endroits et la destruction et franchement les meurtres et le passage à tabac des gens … pourquoi ils ne s’en prennent pas aux antifas ? (…) [sur HR1] Ils essaient d’obtenir quelque chose sans pièce d’identité pour voter, pas de vérification de signature, on envoie tous les bulletins de vote qu’on peut. Vous n’aurez plus jamais une élection équitable dans ce pays. Comme pour les dernières élections, c’était honteux. C’était une élection du tiers-monde. (…) Il y a beaucoup de choses qui se sont passées que les législatures n’ont pas approuvé. Notre Cour suprême devrait avoir honte. En vertu de la Constitution, tout ce qu’ils ont fait aurait dû être approuvé par les législatures. Donald Trump
Les Américains ont eu un mérite dès l’été 2020, ils ont dit : « On met le paquet et on y va. » Et donc ils ont plus. Ils ont eu plus d’ambition que nous. Et le quoi qu’il en coûte qu’on a appliqué pour les mesures d’accompagnement, eux l’ont appliqué pour les vaccins et la recherche. Nous, on n’a pas été assez vite, assez fort là-dessus. C’est tout à fait vrai et on a pensé que le vaccin mettrait du temps à décoller. (…) Et donc on a sans doute moins rêvé aux étoiles que certains autres. Et je pense que ça doit être une leçon pour nous-mêmes. On a eu tort de manquer d’ambition, j’allais dire de folie, de dire : « C’est possible et on y va. » On est trop rationnel peut-être. Emmanuel Macron
Écoutez, vous avez un ancien président Trump, qui est raciste, sexiste, homophobe, xénophobe, menteur pathologique, autoritaire, quelqu’un qui ne croit pas à l’état de droit. Il est vraiment dangereux. Mais si vous me demandez si je me sens particulièrement à l’aise que le président, à ce moment-là, des États-Unis, ne puisse exprimer son point de vue sur Twitter ? Je ne me sens pas à l’aise à ce sujet. Maintenant, je n’ai pas la réponse. Vous voulez que les discours de haine et les théories du complot circulent dans tout le pays ? Non. Vous voulez qu’Internet soit utilisé à des fins autoritaires et insurrectionnelles, si vous voulez? Non, bien sûr. Alors, comment trouver le bon équilibre ? Je ne sais pas, mais c’est une question à laquelle nous devons réfléchir.  Parce que s’il y a quelqu’un qu pense qu’hier, c’est Donald Trump qui a été interdit, demain, ça pourrait être quelqu’un d’autre qui a un point de vue très différent et je n’aime donc pas donner autant de pouvoir à une poignée de personnes de la high tech, mais le diable est évidemment dans les détails et c’est quelque chose sur laquelle nous allons devoir réfléchir longuement, et c’est ainsi que vous préservez les droits du premier amendement sans faire basculer ce pays dans une mentalité de mensonge et les théories du complot. Bernie Sanders
Les Américains méritent la vérité sur ce qui se passe à la frontière et ils méritent également une évaluation lucide de l’administration Biden sur la façon dont ils vont gérer cela à l’avenir. Mais les événements d’aujourd’hui ont confirmé que l’équipe Biden ne nous dira jamais la vérité sur la frontière et que le flux humain massif entrant dans notre pays ne s’arrêtera pas tant que les Républicains n’auront pas battu les Démocrates à plate couture en 2022. Juste parce que le pauvre Joe Biden perd le fil de ses pensées, ne pensez pas une seconde que les gens qui tirent ses ficelles ne savent pas ce qu’ils font, ils le savent. Ils ont l’intention d’inonder ce pays d’autant de travailleurs à bas salaires et de futurs électeurs démocrates qu’ils le peuvent, et aussi vite que possible. Les Démocrates, tout comme les cartels, exploitent les migrants pour l’argent et le pouvoir. Quant au reste d’entre nous, nous sommes simplement censés nous réjouir du fait que notre pays soit complètement déstabilisé. Laura Ingraham
The president so far has surprised some of his former colleagues and allies with a largely gaffe-free White House debut after a lifetime of verbal stumbles. Politico
It’s early, but not too early to give Politico the scoop-of-the-year award for this: “The president so far has surprised some of his former colleagues and allies with a largely gaffe-free White House debut after a lifetime of verbal stumbles.” The hoops you have to jump through — and with your eyes closed! — to reach a sweeping conclusion like that is what makes it award-winning. First, you must, at least temporarily, steel your mind to reject any contrary facts, including that President Biden has not held a press conference, meaning the chance for gaffes and inanities is basically zero because he always gets to read from a TelePrompter. You also have to overlook the fact that he is only slightly more willing to agree to interview requests, which also reduces his chances to screw up. Finally, you have to pretend that he didn’t commit the many gaffes he committed when he did venture to talk with the media. Other than that, good job. That’s how you win the big prizes in Washington. Only later, in an on-the-other-hand sequence, do the Politico writers admit the contradictions that obliterate their opening. The most notable is that they point out that after Biden’s lone interview since taking office, with CBS, the White House “had to clarify his comments on whether Trump would receive intelligence briefings, the fate of the $15 minimum wage, and what Iran needed to do in negotiations surrounding the country’s nuclear program.” No wonder he’s hiding — three major “clarifications” after one interview is a good reason not to do another. But hey, no gaffes, no worries. The story is in some ways typical of the big picture that shows, now that Donald Trump is gone, the media are free to return to trivial pursuits to protect their chosen president. For four years, we were assured that journalism was about saving American democracy. Now journalism is about … nothing. That might be reasonable if there were nothing to cover. But the willful blindness illustrates how most of the Washington press corps has put aside the brass knuckles it used on Trump and taken out the pom-poms to cheerlead for another Democrat in the White House. If they were serious about covering Biden seriously, the media would examine the elephant in the room instead of just mentioning it. Why exactly isn’t the president of the United States available for questions? After all, he just signed one of the largest stimulus bills in history, a $1.9 trillion monster that throws money around like a tooth fairy on a drunken binge. It did not get a single GOP vote in either house despite Biden’s claims he wants bipartisanship. (…) Ten Republican senators got the brushoff when they offered to work with him, and then were insulted by the White House. Does he regret that? (…) The stimulus supporters are making wild claims for what it will achieve, saying it will reduce poverty by a third this year and ultimately cut child poverty in half. Can Biden explain and defend those claims, which seem preposterous on their face? Then there’s the border crisis, which is causing Biden’s team to do mental gymnastics to avoid admitting it’s a crisis. Trump had faced similar problems, but a series of measures, including agreements with Mexico and other nations, finally helped stem the tide of caravans. Biden intentionally broke those agreements and effectively invited all of Central America to come on in. A fair and functioning media would demand to hear the president himself discuss the disaster he created, which has put thousands of unaccompanied children in overcrowded custody facilities. Naturally, the press doesn’t bewail the lockdowns as “kids in cages” as they did with Trump. How about the Mideast — what are Biden’s plans? He wants a new deal with Iran and as a sweetener, removed the terrorist designation Trump slapped on the Houthis, an Iranian proxy group attacking Saudi Arabia from Yemen. The Houthis responded with even more sophisticated missile attacks on Saudi oil installations. And who knows what happened to the Hunter Biden story? This is, after all, the president’s son and the FBI has admitted he is a subject in an ongoing criminal tax case, and maybe more. [or] whether there is any reason to be concerned about Biden’s mental acuity. The fact that he’s been largely invisible tells me there is. To deny that is to glibly assume that everything is fine with a 78-year-old man who is obviously not as sharp as he was just a few years ago and who is being hidden from the public in ways that are unprecedented, especially at the start of a new administration. With its timid acquiescence, the media has participated by treating the president’s absence as no big deal. It is a big deal. A very big deal. Michael Goodwin
Three big things stood out in President Biden’s first press conference. 1. The leader of the free world is often lost at sea and says many things that are blatantly false. 2. The media is in the tank and cannot be trusted to hold him accountable. 3. Because of Nos. 1 and 2, America is headed for serious trouble. For this sickening spectacle we had to wait 64 days? Still, the event was meaningful in one distressing way. Now we know beyond all doubt there is no way to deny the terrifying truth. This was Biden’s coming out party, and the nation faces a mess that will only grow worse with time. The man who campaigned on unity is hell-bent on permanent polarization, meaning cancel culture and the supercharged racial climate are here to stay. Biden gave license to the worst instincts on the left with his repeated sneering references to all Republicans and especially Donald Trump. At one point, he actually accused Trump of letting immigrant children “starve to death on the other side” of the Mexican border. He said it in a room full of 30 supposed journalists and not a single one challenged him or even asked whether he meant it literally. In fact, not a single one challenged him on any of his falsehoods. Nor did anyone ask him why he read from prepared talking points during answers to three questions on foreign policy. No recent president has felt the need to do that. There also were moments when he talked himself into dead ends, yet there were no questions about when he would release the health reports he’s been hiding. Regarding his agenda, a report that Biden sees himself as the new FDR gives credence to the idea that he’s all in for every big, crazy idea left-wing Dems can cook up. The Green New Deal, open borders, removing voting safeguards, endless tax hikes, statehood for DC — they’re all on track and bound for glory. The only obstacle is the Senate filibuster, which requires 60 votes to pass legislation, but Biden left no doubt he would be willing to do away with it. (…) The facts of illegal immigration are fairly simple. Trump campaigned on the issue and after false starts and despite unified Democratic opposition, eventually stitched together a series of policies and actions that stemmed the tide. He built large sections of wall, deported criminal aliens and struck an agreement with Mexico that those making asylum claims would have to wait in Mexico. It is also a fact that Biden blew up each of those pillars, yet now claims he inherited a mess. Strangely, he also insisted that the numbers surging now “happens every single, solitary year. Nothing has changed.” He’s either misinformed or lying. Record numbers of arrivals are being reported daily, and NBC recently called the crossings the highest in 20 years. Again, Biden was not challenged. The final proof that the press has abdicated its role was clinched when the president refused to say when he would allow more media access to the border detention facilities. He said it would have to wait until his team got its new programs working. If Trump had said that, the sky would have fallen and democracy would be declared dead. But when Biden says it, the media rolls over. So add transparency to the list of things that don’t matter anymore. Michael Goodwin
HR1 regroupe dans un projet de loi de 791 pages toutes les mauvaises idées en matière d’organisation des élections qui ont fait de l’élection de 2020 un tel désastre, et inclut tous les plus ‘grands succès’ de 2020: l’envoi massif de bulletins de vote par correspondance, l’acceptation de bulletins de vote par correspondance reçus sans cachet de la poste, l’acceptation de bulletins de vote arrivant tardivement, la possibilité de voter dans des circonscriptions où vous ne vivez pas.  Il contient tellement de mauvaises idées qu’aucune publication ne dispose d’un espace satisfaisant pour les couvrir toutes. Le projet de loi d’accompagnement du Sénat, S.1, pourrait être encore pire. Ces projets de loi réorganisent les relations entre les États et le gouvernement fédéral. La Constitution suppose que les États réglementent leurs propres élections, mais la Constitution ajoute un gros «mais» dans ce qu’on appelle la clause électorale. La Constitution dit, « mais le Congrès peut à tout moment par la loi établir ou modifier de tels règlements. » Pendant plus de 200 ans, le Congrès a rarement utilisé ce pouvoir. Après tout, le pouvoir a été mis dans la Constitution uniquement pour empêcher les États d’étouffer le gouvernement fédéral en ne tenant jamais d’élections fédérales. Ne présumez pas que les projets de loi vont s’enliser toutes seules au cours du processus. On les a nommés H.R.1 et S.1 pour une raison. Les projets de loi sont la priorité absolue des Démocrates nouvellement habilités au Congrès. Insatisfait de l’efficacité du dernier mandat fédéral – la loi sur les électeurs automobiles de 1993 – H.R.1 fait fi de l’idée qu’un Américain devrait explicitement s’inscrire pour voter. En 2020, des États tels que le Nevada et le New Jersey ont envoyé des bulletins de vote par courrier à toute personne inscrite sur leurs listes d’inscription malgré des listes électorales pleines d’erreurs. La Public Interest Legal Foundation a documenté des milliers d’inscriptions non éligibles dans le seul Nevada qui ont reçu des bulletins de vote par correspondance. Certains ont été envoyés dans des terrains vagues, des mines abandonnées, des casinos et même des magasins d’alcools. Les États seraient également bloqués par H.R.1 des procédures de vérification de signature. H.R.1 truque le système pour toute action en justice contestant la constitutionnalité de la loi. Toutes les poursuites ne pourraient être déposées que devant un seul tribunal – le tribunal fédéral du district de Columbia. Et toute opposition devraiit être regroupée en un seul mémoire, un seul avocat étant en mesure d’en faire valoir le bien-fondé. Il accorde également une intervention automatique à tout législateur qui souhaite se joindre à la lutte contre la seule opposition. Il interdit aux États de procéder à la mise à jour des listes sur les listes électorales. Cela signifie que le bois mort et les enregistrements obsolètes s’empileraient. (…) L’enregistrement automatique universel des électeurs est, depuis des années, une priorité absolue de la gauche institutionnelle. En fait, H.R.1 supprimerait l’inscription réelle des électeurs et ferait plutôt des listes électorales simplement une copie de toute personne déjà inscrite sur une liste gouvernementale – comme les bénéficiaires de l’aide sociale et d’autres bénéficiaires des services sociaux. Les projets de loi s’étendraient bien au-delà des entités fédérales telles que l’Administration de la sécurité sociale, le ministère de la Défense, des douanes et de l’immigration et des éléments de la santé et des services sociaux. Naturellement, une base de données fédérale géante servirait de foyer à cette liste de personnes qui devraient être automatiquement inscrites pour voter, qu’elles le sachent ou non. Imaginez le nombre de bases de données gouvernementales dans lesquelles vos informations sont contenues. Vos noms et adresses correspondent-ils tous? La sécurité sociale sait-elle que vous avez quitté votre état de naissance? Vos noms de mariée et de jeune fille sont-ils différents? Avez-vous obtenu un permis de conduire avant d’obtenir la citoyenneté américaine? Vous pouvez voir les pièges. Une personne serait «inscrite» pour voter plusieurs fois, avec une légère variation dans les noms, et peut-être une plus grande variation dans les adresses de résidence. Faciliter l’inscription électorale grâce à l’inscription automatique à partir de listes gouvernementales peut sembler attrayant, jusqu’à ce que vous envisagiez le désastre du vote automatique universel comme nous l’avons vu en 2020. HR1 et S.1 obligeraient les États à systémtiser les bulletins de vote dans le courrier. Cela créerait du mou dans le système électoral. Les élections décentralisées par courrier introduisent une erreur en raison de listes remplies d’erreurs. Les bulletins de vote par la poste retardent les résultats, créent de l’incertitude et repoussent les élections dans les cuisines et les chambres à coucher où les responsables électoraux ne peuvent observer le processus de vote et ne peuvent protéger l’électeur de la coercition. H.R.1 prend les pires changements de règles d’urgence absolus de 2020 et les consacre en tant que loi fédérale. Finies les exigences relatives aux témoins d’État et aux notaires lors du processus de demande de vote par correspondance. Les États ne peuvent pas non plus édicter d’exigences d’identification de «quelque forme que ce soit» pour ceux qui demandent un bulletin. Cela signifie qu’il n’y a plus d’identification des électeurs en vertu de la loi fédérale. Pire encore, le projet de loi de 791 pages criminalise également (…) quiconque utilise les lois de contestation des États pour remettre en question l’éligibilité des inscrits. La peine peut aller jusqu’à un an de prison par exemple. Il interdit aux États de procéder à la mise à jour des listes électorales. Cela signifie que le bois mort et les enregistrements obsolètes vont s’empiler. (…) Et au cas où il n’était pas clair que HR1 prétendait démanteler le pouvoir de chaque État de tenir ses propres élections, le projet de loi indique clairement: (…) les lois de l’État qui ont le pouvoir constitutionnel de déterminer l’éligibilité au vote de ses résidents, seront soumis à une norme uniforme fédérale. Ce n’est pas tout. Dans tout le pays, les États devront accepter les bulletins de vote par correspondance plus de 10 jours après le jour du scrutin. Les États seront autorisés à ajouter du temps supplémentaire. Plus de jour d’élection. Ce sera la saison des élections, avec un mois de vote anticipé et des semaines de bulletins de vote arrivant et dépouillés. Et bien sûr, la collecte illimitée des bulletins de vote – l’aide d’un tiers pour remplir et rassembler les bulletins de vote, puis les déposer dans un bureau de vote ou un autre bureau désigné – est garantie. La désinformation, les manifestations, les émeutes et même la violence ont tous été des symptômes du traumatisme de 2020. Les groupes d’activistes et les responsables complices en 2020 ont transformé les tribunaux en armes pour transformer les lois de l’État en procédures électorales favorables à un parti en particulier. H.R.1 finirait le travail et fédéraliserait les politiques et les procédures électorales qui ont fait de 2020 un tel gâchis. (…) Il y a un mandat fédéral, adopté au 19e siècle, pour avoir un seul jour d’élection. Les bureaucrates de Washington chargés de faire appliquer cette loi ignorent cette loi. Les mandats fédéraux sont un cliquet politique à sens unique. Ils aident toujours un seul parti politique. La nation a déjà vu cette ligne de pensée. Comme Obamacare avant lui, H.R.1 fait passer notre République fédéraliste à un autre nouveau meilleur des systèmes qui prétend corriger des générations de torts structurels, tout en renforçant en même temps d’autres torts. Unifier les expériences américaines telles que se rassembler pour voter lors d’un seul jour d’élection, régi par des règles adoptées par les législateurs des États, eh bien, aux auteurs de H.R.1, c’est tout simplement démodé. J. Christian Adams
Joe Biden (…) descendant de migrants irlandais catholiques [et Kamala Harris] fille d’un père jamaïcain et d’une mère indienne (…) ont incarné le camp des minorités américaines, marquant une rupture nette avec le mandat de Donald Trump, accusé par certains démocrates d’être le président des suprémacistes blancs. Le plan a fonctionné, Joe Biden et Kamala Harris ont été élus à la Maison-Blanche. Les Noirs américains ont voté pour eux à près de 90 %, les latinos à plus de 65 % et les Asiatiques à 63 %. Ils ont su s’en souvenir au moment de nommer leurs conseillers et les membres du gouvernement. Le Sénat, qui doit confirmer un à un les membres de la future équipe du président, n’aura jamais vu passer autant de candidats issus de minorités. Une ministre de l’Intérieur amérindienne, un ministre de la Défense noir, un patron de la Sécurité intérieure d’origine cubaine, un ministre des Transports homosexuel, une sous-secrétaire à la Santé transgenre… Chaque minorité à son représentant dans cette administration arc-en-ciel, symbole du creuset américain, de sa diversité et de sa richesse. Mais à vouloir servir tout le monde, on en oublie forcément quelques-uns. À tort ou à raison, les AAPI se sentent lésés. Derrière ce sigle sont regroupés les Américains ayant des origines asiatiques ou venant des îles du Pacifique (Asian Americans/Pacific Islanders). (…) Victimes de préjugés raciaux, les Asio-Américains estiment qu’ils sont mal représentés dans les sphères du pouvoir, en particulier dans le gouvernement Biden. C’est la sénatrice de l’Illinois Tammy Duckworth, d’origine thaïlandaise, qui porte leur combat à Washington, bientôt rejointe par sa collègue de Hawaï, Mazie Hirono. Elles ont signifié à l’establishment démocrate leur refus de voter en faveur de tout nouveau prétendant qui ne serait pas asiatique. De quoi bloquer le processus de nomination au Sénat, puisque la chambre haute du Congrès est plus divisée que jamais depuis les élections de novembre 2020. Elle compte 50 élus démocrates et 50 républicains. Le camp Biden a besoin de faire le plein à chaque fois qu’il veut faire passer une loi ou qu’il souhaite faire valider la nomination d’un officiel. Quand la Maison-Blanche fait valoir aux deux sénatrices que la vice-présidente Kamala Harris est d’origine indienne par sa mère, leur réponse est cinglante. « C’est insultant ! Diraient-ils aux Afro-Américains que Kamala Harris est noire et qu’il n’y a pas besoin d’autres Afro-Américains au sein de l’administration ? » Elles tiennent bon et leur chantage va fonctionner. (…) Sur les 23 membres désignés du cabinet Biden – tous ne sont pas encore confirmés – un seul est d’origine asiatique à ce jour : Katherine Tai, représentante au Commerce, qui a grandi à Taïwan et dont les deux parents sont chinois. Un sur 23, soit environ 4,5 % du cabinet, un nombre assez proche des 5,5 % que les Asiatiques pèsent au sein de la population américaine. Insuffisant pour les leaders d’AAPI. Mais en nommant un nouveau membre d’origine asiatique, le président américain fera passer cette proportion à 18 %… Quelle autre minorité montera alors au créneau en s’estimant sous-représentée ? S’ils permettent de conforter chaque groupe, ces arrangements font peser un soupçon sur l’équipe Biden. Serait-elle davantage un casting politiquement correct qu’une équipe recrutée pour ses compétences ? Ironie de l’histoire, les Asio-Américains comptaient encore récemment sur une porte-drapeau dans l’équipe Biden. Neera Tanden, née de parents indiens, avait été désignée pour occuper la fonction importante de ministre du Budget. Mais d’anciens tweets polémiques retrouvés par la presse ont eu raison de sa candidature. Preuve qu’outre les origines ethniques, les opinions politiques comptent encore en Amérique. Julien Peyron
20 janvier 2021. Joe Biden prête serment et devient 46ème président des États-Unis. La scène est quasiment dépourvue de toute présence humaine. Les rues de Washington DC sont vides. Les habitants de la ville avaient été exhortés à rester chez eux et ceux du reste du pays s’étaient vus demander de ne pas venir. La ville est placée sous la protection de 25.000 membres de la Garde nationale, lourdement armés. De hautes barrières surmontées de barbelés entourent la zone du Capitole. Dans les rues que doit emprunter le défilé inaugural, des barrières séparent les trottoirs de la chaussée. Les seules personnes visibles le long des rues sont des hommes en uniforme portant des fusils. Un jour qui est en général un jour de fête aux États-Unis est, cette année, étrange et triste. L’explication donnée par les responsables de la ville et le FBI est qu’il y avait un risque de perturbation grave. Des inaugurations précédentes ont connu des risques de perturbation, mais la ville n’avait pas été mise en état de siège. Le 20 janvier 2017, lors de l’inauguration du président Donald J.Trump, des manifestants hostiles étaient venus à Washington DC, et avaient brûlé des voitures et brisé des vitres. La police avait protégé la cérémonie, sans barbelés ni soldats. Des centaines de milliers de personnes avaient pu venir applaudir le nouveau président. Le 6 janvier, répondant aux appels du président Trump, une foule immense s’était rassemblée à l’emplacement appelé l’Ellipse, près de la Maison Blanche. Ceux venus écouter le discours de Trump l’avaient fait, puis étaient rentrés chez eux. Pendant que Trump parlait, des milliers de personnes étaient devant le Capitole, à 30 minutes à pied de ceux venus écouter Trump, et un groupe de gens bien organisés a brisé des fenêtres du bâtiment et y est entré. Il n’y a eu aucun saccage, et juste le vol de quelques objets. Une femme non armée a été tuée d’une balle dans la tête par un policier. Deux manifestants sont morts de crises cardiaques. Une personne est tombée au sol et a été piétinée. Un membre de la police du Capitole est décédé le lendemain, apparemment victime d’un accident vasculaire cérébral. Bien que l’incident ait été grave, il n’a ressemblé en rien aux scènes de pillage, aux incendies criminels et aux violences extrêmes qui ont eu lieu dans de nombreuses grandes villes du pays pendant l’été. La différence a été que ce qui s’est passé a touché de près la classe politique. L’incident a été unanimement condamné, y compris par Trump. Ceux qui étaient venus écouter Trump et ceux qui ont perpétré l’incident n’étaient pas les mêmes. Les premiers avaient exercé leurs droits constitutionnels de libre réunion; les seconds avaient commis des actes criminels. La police aurait pu procéder à des arrestations et la justice aurait pu être rendue. La page aurait été tournée. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Des incursions dans le Capitole ont eu lieu plusieurs fois dans le passé: le 1er mars 1954, des Américains d’origine portoricaine avaient tiré à l’arme à feu au sein du bâtiment, et blessé cinq membres du Congrès; le 1er mars 1971, des membres du mouvement radical Weather Underground y avaient placé une bombe ; le 7 novembre 1983, les membres d’un groupe se faisant appeler « l’unité de résistance armée » avaient également placé une bombe dans le bâtiment; le 6 octobre 2018, des personnes étaient venues protester contre le vote de confirmation du juge à la Cour suprême Brett Kavanaugh. Semblant ignorer tout cela, le 7 janvier, Joe Biden a décrit ce qui s’était passé la veille comme une « attaque » très grave et sans précédent: « Ce dont nous avons été témoins hier n’était pas un acte de désaccord. Ce n’était pas un acte de désordre. Ce n’était pas un acte de protestation. C’était un acte de chaos. Ceux qui étaient là n’étaient pas des manifestants. Ne les appelez pas manifestants. C’était une émeute. Une insurrection. Un acte de terrorisme intérieur. C’est fondamental, c’est aussi simple que cela.  » Les grands médias américains ont parlé d’une attaque contre la « citadelle de la démocratie » et du signal d’une « volonté de renverser la république ». Les partisans de Trump – dans leur ensemble – ont été décrits comme des personnes dangereuses. La contestation du résultat des élections du 3 novembre par Trump était déjà présentée depuis des semaines comme une tentative d’inverser le résultat d’une élection parfaitement valide et comme relevant du « grand mensonge ». L’incident a été décrit comme la « transformation des Etats-Unis en une zone de guerre ». Le 8 janvier, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, après avoir demandé au Président Trump de quitter « immédiatement et volontairement » ses fonctions avant l’investiture du président élu Biden, a lancé une procédure de destitution à son encontre. Insinuant que Trump était mentalement inapte, elle a annoncé qu’elle avait parlé au chef d’état-major interarmées, le général Mark Milley, « pour discuter des mesures de précaution disponibles permettant d’empêcher un président instable de déclencher des hostilités militaires ou d’accéder aux codes d’utilisation des armes nucléaires ». Sa demande, qui a enfreint la chaîne de commandement, a été décrite comme séditieuse. Le 13 janvier, violant toute procédure régulière, la Chambre des représentants a voté à la hâte un article de destitution accusant le président Trump d ‘ »incitation à l’insurrection ». Lors de son investiture le 20 janvier, tout en parlant d ‘ »unité », Joe Biden a fait écho aux propos qu’il avait employé le 7 janvier, et a parlé d' »une montée de l’extrémisme politique, de la suprématie blanche, du terrorisme intérieur que nous devons affronter, et que nous vaincrons. « . Depuis, l’administration Biden mène un combat contre ceux que Joe Biden a désignés comme tels. « Le président Biden », a dit très vite un communiqué de la Maison Blanche, « utilisera le Conseil de sécurité nationale pour traquer et combattre l’extrémisme politique et le terrorisme intérieur ». Le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a donné un ordre de pause à l’ensemble de l’armée américaine pour que les officiers s’attaquent à « l’extrémisme » au sein des troupes. « Le suprémacisme blanc », a annoncé John Kirby, principal porte-parole du Pentagone, « pose un problème particulier » à l’armée américaine. Au Sénat, la procédure de destitution contre Trump s’est poursuivie. Les responsables officiels de la mise en accusation ont décrit les événements du 6 janvier comme une « insurrection armée » qui a menacé la vie de représentants du peuple. Ils ont décrit de prétendus « crimes et délits graves » – sans preuves et témoins, bien sûr – et ont déclaré que c’était là le résultat direct du discours de Trump le 6 janvier, et le résultat aussi de sa contestation du résultat de l’élection – qu’ils ont présentée comme une « incitation à la violence ». Ils ont ainsi laissé de coté le fait que les résultats des élections présidentielles sont contestés depuis des décennies sans que cela semble inadmissible. Ils ont également affirmé que les événements du 6 janvier avaient fait cinq morts, et n’ont pas dit qu’un seul décès – celui d’Ashli ​​Babbitt, une manifestante abattue par un policier – pouvait être directement lié à l’événement. Les avocats de Trump n’ont eu aucun mal à réfuter les accusations énoncées. Ils ont rappelé que Trump avait demandé aux gens venus l’écouter le 6 janvier de se rassembler « pacifiquement et patriotiquement » et que le discours qu’il avait prononcé était pleinement protégé par le premier amendement. Ils ont présenté des preuves montrant que ceux qui avaient initié l’irruption dans le Capitole avaient préparé leur action pendant des semaines et avaient agi pendant que Trump parlait encore. Ils ont montré qu’ il n’existait aucune relation de cause à effet entre le discours de Trump du 6 janvier et ce qui s’est passé au Capitole. Ils ont souligné que la procédure de destitution avait été menée en violation de la Constitution, et que le juge en chef de la Cour suprême, John Roberts, avait refusé de superviser la procédure. Ils ont dit que Trump ayant quitté ses fonctions, il n’était plus au moment de la procédure le président Trump, mais seulement le citoyen Trump, et ils ont demandé si les États-Unis voulaient vraiment commencer à « destituer » leurs citoyens. Ils ont souligné que les éléments de « preuve » présentés étaient une fois de plus (comme dans l’affaire de la « pseudo collusion avec la Russie ») des éléments falsifiés. Ils ont affirmé que ce qui s’était passé n’était pas une insurrection – action définie comme une action violente et organisée visant à renverser le pouvoir établi, et rappelé qu’aucun de ceux qui ont pénétré dans le Capitole n’était armé. Sans surprise, Trump a été acquitté. L’atmosphère aux États-Unis reste toxique. Certains sont porteurs de la volonté d’inciter la population à adhérer à un faux récit selon lequel non seulement Trump est censé être une « menace pour la démocratie », mais les 74 millions d’Américains qui ont voté pour lui sont une menace eux aussi. D’autres disent que la véritable menace pour la démocratie réside dans les mensonges incessants, dans les violations de la Constitution, et dans les falsifications de l’information et des faits. (…) Les appels à des purges politiques se poursuivent. L’organisation de gauche MoveOn.org a lancé une campagne contre ce qu’elle appelle le « Caucus de la trahison » et demande que des sénateurs, qu’elle décrit comme « complices de l’insurrection meurtrière lancée par Trump », soient expulsés du Congrès. La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi – tentant apparemment de créer une équivalence entre le 11 septembre 2001, la pire attaque terroriste subie par les États-Unis et les événements du 6 janvier, et tentant aussi, semble-t-il, d’inciter à supprimer la liberté d’expression – a annoncé que le Congrès allait créer une commission du type de celle créée concernant l’attaque du 11 septembre. Un membre du Comité national démocrate, David. O. Atkins, a demandé, « comment serait-il possible de déprogrammer 75 millions de personnes? Par où commencer? » et « Nous devons commencer à penser à ce qui a été fait en Allemagne ou au Japon après la guerre. » « Les suprémacistes blancs », a déclaré le président Biden, « sont la plus grande menace terroriste intérieure aux États-Unis. Le problème est complexe, il est vaste et il est réel. » Le journaliste Kyle Daly, dans un article intitulé « Comment déprogrammer les extrémistes américains », décrit une mesure qui, à ses yeux, « pourrait faire la différence: empêcher les extrémistes d’entrer dans les institutions où ils pourraient faire le plus de dégâts – l’armée, les services de police et les législatures… Les États-Unis ont besoin d’un plan Marshall contre l’extrémisme intérieur.  » Le journaliste Kevin Roose, du New York Times, dans un article appelé « Comment l’administration Biden peut contribuer à résoudre la crise dans laquelle nous sommes », a proposé ce qui ressemble à la création du « Ministère de la vérité » décrit dans le 1984 de George Orwell: « Plusieurs experts avec lesquels j’ai parlé ont recommandé que l’administration Biden mette sur pied un groupe de travail interinstitutions pour lutter contre la désinformation et l’extrémisme intérieur, qui serait dirigé par une sorte de ‘tsar de la réalité ‘. » Exprimer des doutes sur les élections du 3 novembre est désormais presque impossible. Des rapports très étayés montrent pourtant que celles-ci n’ont pas été impeccables. (…) Dans un long article publié par Time Magazine, « L’histoire secrète de la campagne fantôme qui a sauvé l’élection de 2020″, Molly Ball, correspondante politique nationale de la publication, démontre en détail qu’une coterie très bien financée, composée de gens puissants, venus de secteurs et de courants d’idées différents, travaillant ensemble dans les coulisses pour influencer les perceptions, changer les règles et les lois, orienter la couverture médiatique et contrôler le flux d’informations  » a agi, et elle ajoute que l’action de cette coterie « a touché tous les aspects de l’élection « , y compris les lois électorales, et a constitué une coalition juridique qui est parvenue à modifier les lois et les systèmes électoraux « . Ball, également auteur d’une biographie extrêmement élogieuse de Nancy Pelosi – qu’elle décrit comme une « icône de la résistance » à Trump – a affirmé que le but de la coterie n’était pas de truquer l’élection, mais de la « fortifier « . Les organisations qui ont ravagé les grandes villes américaines pendant l’été, ajoute-t-elle, ont été utilisées par la coterie: « la gauche contrôlait en réalité les activités de groupes tels Antifa, Black Lives Matter ». Dans un autre article, elle a écrit que ce qui a été fait consistait à « sauver la démocratie » et elle dit, donc, que l’utilisation de moyens non démocratiques pour fausser une élection démocratique « sauve » la démocratie. (…) Des opérations ont été menées pour détruire et nier la légitimité de la présidence de Trump et ont été enclenchées avant même qu’il soit élu, ainsi l’opération « Crossfire Hurricane », et les abus du recours à la loi FISA [Foreign Intelligence Surveillance Act]. Dix-neuf minutes après son investiture, le Washington Post a publié un article intitulé « La campagne pour destituer le président Trump a commencé ». Pendant plus de trois ans, Trump a été accusé, sans aucune preuve, sinon un faux « dossier », d’être un agent russe. Les accusations se sont avérées sans fondement, mais pas avant que 32 millions de dollars de l’argent des contribuables américains aient été dépensés pour mener ce que les procureurs savaient depuis le début être une opération frelatée. Les procureurs en question ont agi pour piéger, incriminer et envoyer des innocents en prison. Ce qu’ils ont fait a été une tentative de coup d’État. Trump a été ensuite accusé de « mettre en danger la sécurité du pays », sur la base d’une conversation téléphonique anodine avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Pour que l’accusation paraisse plausible, l’un de ses accusateurs a dû réinventer la conversation. La première tentative de destitution qui a suivi a été décrite, à juste titre, comme une « parodie de justice » et comme « l’équivalent des procès-spectacle menés sous Staline ». Tout au long de son mandat, Trump a été confronté à des menaces, des abus de pouvoir et des attaques incessantes. Quand bien même il n’est plus président, la guerre menée contre lui continue. Une large partie des grands médias américains ont cessé d’être des médias d’information et sont devenus des organes militants anti-Trump. La diffusion de fausses nouvelles a valu au New York Times et au Washington Post de recevoir le prix Pulitzer. Quand, pendant l’été 2020, des émeutes destructrices ont eu lieu, et que Trump a évoqué le recours à l’armée pour rétablir l’ordre et protéger les biens et les personnes, ses opposants politiques l’ont comparé à Hitler et à Goebbels, se sont indignés et ont défendu les émeutiers en disant qu’ils étaient essentiellement des « manifestants pacifiques » agissant au nom des griefs légitimes. Ces gens ont apparemment oublié que la loi sur l’insurrection invoquée par Trump avait été invoquée dejà par d’autres présidents, ainsi George H.W. Bush en 1992, qui avait répondu à la demande d’aide du gouverneur de Californie Pete Wilson confronté aux émeutes de Los Angeles. Plusieurs mois avant les élections de 2020, les opposants politiques de Trump ont étrangement anticipé sa défaite et l’ont accusé – par avance, et là encore sans aucune preuve – de se préparer à enfreindre la loi. Nancy Pelosi, suggérant que Trump ne quitterait pas la Maison Blanche, a laissé entendre qu’il serait nécessaire de recourir à une « fumigation ». Joe Biden a prédit que l’armée interviendrait. « Je suis », a-t-il dit, « absolument convaincu qu’ils l’escorteront avec diligence hors de la Maison Blanche « . Les racines de ce qui se passe présentement sont, en fait, plus anciennes. (…) Ce courant s’est inspiré aussi des écrits des principaux penseurs de ce qu’on appelle aux Etats-Unis la « théorie française »: Jacques Derrida et Michel Foucault. Derrida parlait de « déconstruction », et en particulier de la déconstruction de l’idée de vérité. Foucault a défini les structures de pouvoir existantes comme des formes d’oppression, à abolir. (…) Avant son élection, le président Trump avait promis de « drainer le marécage » – qui avait effectivement besoin d’être drainé. Les habitants du marécage l’ont vu comme une menace pour leurs projets. Faire tomber Trump à tout prix et reprendre le pouvoir est devenu un impératif pour eux. Ils ont utilisé tous les moyens à leur disposition – et ils ont atteint leur objectif. Dans les premières semaines de sa présidence, Biden a signé une série de décrets, dont certains violent la Constitution et la Déclaration des droits, et qui ont réduit des milliers de gens au chômage, et aidé la Russie et la Chine. La Chambre des représentants et le Sénat n’ont pas été consultés. 74 millions d’Américains respectueux des lois sont décrits comme des terroristes et des racistes qui ont besoin d’être « rééduqués », et la tolérance pour des idées différentes est clairement en train de disparaître. Des appels sont lancés que soient fermées des chaines de télévision qui offrent une version différente de « la vérité ». La première proposition de loi présentée à la Chambre des représentants pour 2021, HR1, ou la loi « pour le peuple », a été adoptée par la Chambre le 5 mars. (…) Si le projet de loi H.R.1 devient la loi du pays, les pratiques qui ont fait de l’élection de 2020 un désastre seront légalisées: entre autres, le déversement massif de millions de bulletins de vote non sollicités dans plusieurs Etats, la non-vérification des signatures sur les registres, l’absence de traçabilité des bulletins, l’inscription des électeurs sur les listes électorales le jour même de l’élection et la collecte des bulletins de vote par correspondance au domicile des électeurs , et nombre de ces pratiques sont très propices à la fraude. (…)  Si le projet de loi H.R.1 est adopté, des moyens de nuire a l’intégrité des élections seront gravés dans le marbre. Le président Biden a présenté un projet de loi de réforme de l’immigration. Ce projet a été décrit comme un moyen de laisser entrer des étrangers traversant illégalement la frontière américaine, de légaliser leur présence et de les faire accéder à la nationalité, et comme un instrument destiné à tenter de créer une majorité permanente unipartite.  (…) L’une des premières décisions de Biden a été de dissoudre la Commission de 1776, qui avait été créée pour « revenir aux idées fondatrices énoncées dans la Déclaration d’indépendance ». Le projet 1619, qui décrit les États-Unis comme fondés sur l’esclavage, « structurellement racistes », et donc illégitimes, a été critiqué par d’éminents historiens pour son manque total de respect des faits fondamentaux. Bien qu’il soit une distorsion de l’histoire, et ignore totalement ce que l’Amérique a fait de positif, il est désormais enseigné aux enfants dans les écoles publiques et leur apprend dès lors à haïr leur pays. Guy Millière
Notre région, ils veulent la mettre en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux. Que reste-t-il de leurs valeurs lorsque, sans cesse, sans cesse, ils font cette insupportable danse du ventre aux électeurs du FN à grands coups de ‘race blanche? Cette droite n’a plus grand chose de républicain. Claude Bartolone (candidat PS aux régionales d’Ile de France, 2015)
Cette charte, pourquoi on a fait cette charte ? Parce qu’elle est engageante. L’idée, ce n’est pas de mettre sa signature, c’est de dire comment on s’engage pour l’égalité femme-homme, pour la lutte contre l’homophobie. Est-ce que ça veut dire que dans les prêches, on considérera que deux hommes ont le droit de s’aimer, de se marier, que deux femmes ont le droit de s’aimer, de se marier, comme le disent les lois de la République française? C’est cela que dit cette Charte. Marlène Schiappa
Il y a une explosion des actes antisémites, mais aussi homophobes. Ce sont deux catégories de la population soupçonnées d’être riches. (…) Il y a une alliance entre les gens d’extrême droite et les islamistes, qui s’unissent de fait dans ce combat. Il y a des slogans de La Manif pour tous qui sont lancés dans les banlieues. (…) Les slogans et l’agressivité de la “manif pour tous” ont nourri la recrudescence de violences homophobes : + 64 % l’année dernière. L’homophobie se nourrit des messages de haine proférés par La Manif pour tous. Marlène Schiappa
Il y a tout un pan de cette loi qui vise à protéger la liberté de conscience et lutter contre les dérives sectaires. Par exemple, les certificats de virginité, il y a de plus en plus de famille qui sont influencées par les courants évangélistes venant des Etats-Unis, qui demandent, comme aux Etats-Unis, des certificats de virginité. Marlène Schiappa (France 3)
Nous avons rappelé le principe d’égalité entre tous les êtres humains (…) et nous avons clairement dit que cela impliquait le refus de toute discrimination liée à l’homosexualité. Cette charte est notre affaire et je dénie à un ministre la capacité de dicter les prêches des imams. Que resterait-il de la liberté de religion ? Que resterait-il de la laïcité ? Et puis, il y a une grande différence entre refuser toute discrimination notamment pour un motif d’orientation sexuelle et adhérer au mariage homosexuel. Comme les autres religions monothéistes, l’islam ne reconnaît le mariage qu’entre les personnes de sexe différent. Aucune autorité publique ou politique ne peut dicter une doctrine religieuse. Chems-eddine Hafiz (recteur de la mosquée de Paris)
Le chemin est long en tant que femme noire, le chemin est long en tant que femme grosse, en tant que femme oubliée de la société, oubliée de la culture. Le chemin est long et sinueux, mais on va y arriver. Ça mettra dix ans, ça mettra quinze ans, on ne veut pas nous laisser prendre l’ascenseur, il n’y a pas de souci, on est endurant, on va prendre les escaliers. C’était important de faire cette victoire avec vous, d’être avec des personnes qui me ressemblent, qui sont comme moi, qui m’entendent et qui me comprennent, qui comprennent ma colère. Ma colère qui est légitime, notre colère est légitime, et j’aimerais que ce soir toute la France l’entende. Yseult Onguinet
Nous, les personnes faisant partie des minorités, des personnes racisées, on est dans un délire de devoir quelque chose à la France, mais qu’est-ce que l’on doit en fait ? On leur a pris la dignité, le respect, l’empathie. On est des êtres humains, on a un cœur, je suis une citoyenne à part entière.  Ca me casse les couilles de devoir en permanence être redevable, d’être moi-même dans l’empathie de personnes non-racisées alors que ça devrait être le contraire. Qu’on arrête de nous  chier dessus. Yseult
Au moment de recevoir sa récompense de révélation féminine de l’année samedi 13 février, lors de la 36ème cérémonie des Victoires de la musique, la chanteuse Yseult se lance, sans surprise, dans un discours engagé. La jeune artiste se vit en effet comme l’un des porte-étendard de la lutte contre les discriminations. (…) Épaulée par ses « sœurs » Adèle Haenel, Assa Traoré et Aïssa Maïga, la chanteuse reprend à son compte le vocabulaire et les notions utilisés par le mouvement intersectionnel. Yseult est « woke », éveillée aux enjeux d’une société qui opprimerait systématiquement ses minorités. Si on pardonnera volontiers cette candeur à une chanteuse dont le débat d’idées n’est pas le métier, la sortie d’Yseult aux Victoires de la musique, même pour un spectateur n’ignorant rien de la réalité des phénomènes racistes, sexistes et discriminants, mérite tout de même qu’on s’y attarde. Notamment compte tenu de ses états de service : ancienne finaliste de la Nouvelle Star signée chez Universal, fondatrice de son propre label après le four de son premier album, compositrice pour Jenifer et Chimène Badi, première partie d’Angèle et, finalement, lauréate à 26 ans d’une première Victoire de la musique. On a vu pire chemin de croix. Si bien que, sans minimiser les difficultés qu’elle a pu rencontrer, il n’est pas interdit de demander d’où parle la camarade Yseult. Ni de souligner que son militantisme dans l’ère du temps, communautaire et fondé sur la sacro-sainte subjectivité, tolère des angles morts assez fâcheux eu égard aux principes de la « déconstruction ». Force est de constater qu’il existe une disjonction entre le discours victimaire qui jalonne la carrière d’Yseult d’une part, et son succès au sein de l’industrie musicale d’autre part. Industrie à ce point oppressive et raciste qu’elle a nommé – peut-être pour se donner bonne conscience – trois femmes noires aux Victoires de la musique : Aya Nakamura, Lous and the Yakuza et Yseult. On nous rétorquera que Nakamura et Lous sont les exceptions, qu’Yseult a raison de s’engager en faveur de ceux que le racisme et le sexisme priveraient de carrière. Certes, mais à l’heure où le récit de soi et la mise en scène de sa singularité sont devenus des dimensions incontournables de la communication d’un artiste, c’est bien de sa personne dont parle constamment Yseult. Dès 2015, cette dernière imputait sa défaite en finale du télé-crochet Nouvelle Star à la société, plutôt qu’au talent de son adversaire ou à ses propres défauts : « On n’accepte pas encore les différences des gens. Malheureusement, je suis noire, malheureusement, je suis très forte corporellement », expliquait-elle. (…) Mais est-ce encore la société qui impose ce regard sur elle-même à Yseult, ou est-ce Yseult qui se présente au monde à travers ce prisme ? (…) Que la chanteuse ait souffert du regard des autres, comme tant et tant d’adolescents, est une première chose. Qu’Yseult ait subi le racisme, la grossophobie et le sexisme, c’en est une deuxième. C’est à elle de le dire, de la manière la plus circonstanciée possible, étant donnée la gravité des faits. Il y a toutefois une troisième dimension dans ses propos, directement déduite des deux précédentes : l’idée, pourtant démentie par l’expérience, selon laquelle « on ne v[oudrait] pas nous laisser prendre l’ascenseur » – comprendre : parce que « nous » sommes femmes, noires ou grosses. C’est ainsi que le décalage entre le parcours d’Yseult et le discours « woke » qu’elle porte maladroitement se révèle cruellement : alors qu’il n’y a de vérité que celle du « je » aux yeux de certains militants, la jeune femme, bien qu’elle se décrive en « oubliée de la culture », n’a pas vraiment de quoi se plaindre personnellement en terme d’intégration sociale. (…) « Je pense qu’il faut aussi reconnaître ses privilèges, et au-delà de ses privilèges, faut aussi aider ceux qui n’ont pas les mêmes privilèges », concluait Yseult, reprenant à son compte une notion selon laquelle ceux qui bénéficient d’une situation normale dans un Etat de droit – ne pas subir de discrimination en raison de son sexe ou de sa couleur de peau – jouiraient d’un avantage indu. On pourrait toutefois inviter la chanteuse à faire son propre examen de conscience, en la renvoyant au point aveugle de l’immense majorité de ses prises de parole publique : les inégalités économiques. Eh oui, revoilà la lutte des classes. Et Yseult se classe indéniablement du côté des dominés. Fille d’un cadre supérieur chez Land Rover, Yseult a passé sa scolarité dans le privé, à Agen. « Matériellement, je n’ai pas à me plaindre, mon père gagnait beaucoup d’argent. On changeait de voiture tous les deux jours, on me conduisait à la maternelle en Mercedes. Ma mère s’achetait des sacs griffés », racontait-elle en 2015 dans un entretien au magazine suisse Femina. Une enfance plus que confortable, marqué par des voyages en Jamaïque, aux Etats-Unis, en Indonésie, ou encore à Cuba. Louis Nadau
Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années, écrivait Corneille. Pourtant, Yseult aura étrangement patienté sept longues années, depuis sa participation au télécrochet Nouvelle Star avant d’être opportunément (re)découverte par l’industrie musicale qui vient de la sacrer « révélation féminine » aux victoires de la musique. Pour enfin percer dans le monde de la musique, Yseult a fait de la victimisation son cheval de bataille. Éternelle victime, Yseult est le parfait exemple de ceux qui se vautrent dans la complainte victimaire permanente dans laquelle l’autre est la source exclusive de tous leurs problèmes. Finaliste malheureuse de la Nouvelle Star 2014, Yseult se plaignait (déjà) de l’impossibilité de s’épanouir face à un public qui ne l’acceptait pas. Quand un artiste ne reçoit pas les hommages d’un public, il dispose de deux options : chercher son public ailleurs ou se remettre en question. Mais Yseult a choisi, comme tant d’autres, la carte racialiste et victimaire pour expliquer sa défaite en finale : « On n’accepte pas encore les différences des gens. Malheureusement, je suis noire, malheureusement, je suis très forte corporellement ». Ce qu’elle présentait comme un regret et un handicap en 2014 devient soudain une force et une fierté en 2021. Yseult avait trouvé son crédo : la chanson servirait d’alibi à son militantisme, et son militantisme servirait de faire-valoir à ses chansons. Pourtant, elle avait déjà tout faux. Etre une femme noire n’a jamais empêché le talent de Whitney Houston d’être reconnu, ni Dee Dee Bridgewater, Billie Holiday ou Nina Simone de briller en pleine ségrégation raciale aux Etats-Unis. Etre une femme noire et obèse n’a jamais interdit à Ella Fitzgerald, Ruby Wilson ou Ruth Brown, la Queen du R&B, d’être aimé par un large public. Valeurs actuelles
Si c’est un groupe de travail consacré aux discriminations dont sont l’objet les personnes noires ou métisses (…) Moi, je ne dis pas qu’il faille que ça soit interdit. Mais si il se trouve que vient à cet atelier une femme blanche, un homme blanc, etc, etc, j’aurais tendance à dire qu’il n’est pas question de le ou la jeter dehors. En revanche, on peut lui demander de se taire, d’être spectatrice ou spectateur silencieux. Audrey Pulvar (adjointe à la mairie de Paris, candidate aux élections régionales d’Ile de France)
Une tuerie s’est déroulée mi-mars 2021 dans un supermarché à Boulder dans le Colorado (États-unis),10 personnes ont trouvé la mort dans cette tragédie. Les médias de grand chemin se jettent-ils sur l’occasion pour informer en fonction des faits ? Ou pour les déformer ? Sur les premières images, le tueur interpellé est blanc. Le massacre de 10 civils se transforme instantanément en un procès de l’homme blanc armé d’un fusil AR-15. Plusieurs personnalités politiques s’en donnent à cœur joie pour faire de la récupération. Et puis… Dans un premier temps, le meurtrier est blessé à la jambe puis interpellé par la police qui l’emmène. Toutes les caméras ne retiennent alors plus qu’une seule chose : le tueur est blanc. C’est l’information principale que décident de relayer plusieurs grands médias tels que RTL, 20 Minutes ou le Huffington Post et d’autres encore. Dès lors, Twitter va se déchaîner. Avalanche de tweets haineux pour dénoncer la violence de l’homme blanc. Meena Harris, la nièce de Kamala Harris (vice-présidente des États-Unis) tweetait « Violent white men are the greatest terrorist threat to our country » (les hommes blancs violents sont la plus grande menace terroriste pour notre pays). Elle a par la suite rapidement supprimé son tweet. Un journaliste de l’AFP du service « vérification des faits » avait également tweeté « He was only apprehended and not chocked or shot to death because he was not brown, black or muslim” (il a été appréhendé et non tué parce qu’il n’était pas brun, noir ou musulman). Beaucoup d’autres tweets ont relayé que le tueur était un homme blanc et que s’il n’a pas été immédiatement abattu par la police c’était en vertu de sa couleur de peau. Quelques jours plus tôt, en Géorgie, avait eu lieu une autre tuerie où un meurtrier blanc avait pris pour cible des femmes asiatiques dans leur salon de massage. Toute la presse avait crié au racisme mais le coupable, manifestement dérangé, déclarait qu’il souffrait « d’addiction sexuelle » et qu’il voyait ces salons de massage comme une tentation à éliminer. Certains médias surfent sur cette vague pour relancer la machine avec ce nouvel évènement macabre. Problème : le tueur est en réalité un Syrien musulman âgé de 21ans, anti-Trump, Ahmad Al Aliwi Alissa. L’information est tombée comme un coup de tonnerre et a forcé quelques personnalités à réagir par rapport à ce qu’elles avaient d’abord dénoncé. À titre d’exemple, la militante et écrivain américaine (Amy Siskind — sur Twitter) qui avait participé à la première vague de désinformation a déclaré, en apprenant le nom et la religion du tueur, qu’il ne fallait pas répandre cette nouvelle, ne pas lui faire de publicité. La publicité n’est en effet autorisée que si elle va dans le bon sens. Beaucoup d’autres ont simplement arrêté de tweeter à ce sujet lorsqu’ils ne se sont pas simplement enfoncés dans le mensonge. (…) Le président des États-Unis, Joe Biden, s’est exprimé en appelant le congrès à agir « maintenant » pour limiter la circulation des armes à feu dans le pays. Biden sait bien qu’il n’a pas de majorité pour changer quoi que ce soit à ce sujet, il est douteux qu’il fasse mieux que ses prédécesseurs, mais il est de bon ton de dénoncer le peuple qui pourrait oser prendre la responsabilité de sa propre défense. In fine, une information passe à la trappe au milieu de ce pugilat médiatique : les dix victimes de cet odieux carnage sont tous des blancs. Observatoire du journalisme
None of them mentioned that he killed two white people as well — a weird thing for a white supremacist to do — and injured a Latino. None pointed out that the connection between the spas was that the killer had visited them. None explained why, if he were associating Asian people with Covid19, he would nonetheless expose himself to the virus by having sex with them, or regard these spas as “safer” than other ways to have quick sex. They didn’t because, in their worldview, they didn’t need to. What you see here is social justice ideology insisting, as Dean Baquet temporarily explained, that intent doesn’t matter. What matters is impact. The individual killer is in some ways irrelevant. His intentions are not material. He is merely a vehicle for the structural oppressive forces critical theorists believe in. And this “story” is what the media elites decided to concentrate on: the thing that, so far as we know, didn’t happen. We don’t know all the nuances of this case. Again, we shouldn’t take a killer’s confession at face value. Or his roommates’ memories. We may yet be surprised by some other factor — including perhaps anti-Asian bias that has so far been missing. (One rumor aired in Korean media, but unconfirmed anywhere else, is that the killer conveniently cried “I want to kill all Asians!” before the murder spree.) But notice how CRT operates. The only evidence it needs it already has. Check out the identity of the victim or victims, check out the identity of the culprit, and it’s all you need to know. If the victims are white, they don’t really count. Everything in America is driven by white supremacist hate of some sort or other. You can jam any fact, any phenomenon, into this rubric in order to explain it. The only complexity the CRT crowd will admit is multiple, “intersectional” forms of oppression: so this case is about misogyny and white supremacy. The one thing they cannot see are unique individual human beings, driven by a vast range of human emotions, committing crimes with distinctive psychological profiles, from a variety of motives, including prejudices, but far, far more complicated than that. There’s a reason for this shift. Treating the individual as unique, granting him or her rights, defending the presumption of innocence, relying on provable, objective evidence: these core liberal principles are precisely what critical theory aims to deconstruct. And the elite media is in the vanguard of this war on liberalism. This isn’t in any way to deny increasing bias against Asian-Americans. It’s real and it’s awful. Asians are targeted by elite leftists, who actively discriminate against them in higher education, and attempt to dismantle the merit-based schools where Asian-American students succeed — precisely and only because too many Asians are attending. And Asian-Americans are also often targeted by envious or opportunistic criminal non-whites in their neighborhoods. The more Asian-Americans succeed, the deeper the envy and hostility that can be directed toward them. The National Crime Victimization Survey notes that “the rate of violent crime committed against Asians increased from 8.2 to 16.2 per 1000 persons age 12 or older from 2015 to 2018.” Hate crimes? “Hate crime incidents against Asian Americans had an annual rate of increase of approximately 12% from 2012 to 2014. Although there was a temporary decrease from 2014 to 2015, anti-Asian bias crimes had increased again from 2015 to 2018.” Asians are different from other groups in this respect. “Comparing with Black and Hispanic victims, Asian Americans have relatively higher chance to be victimized by non-White offenders (25.5% vs. 1.0% for African Americans and 18.9% for Hispanics). … Asian Americans have higher risk to be persecuted by strangers … are less likely to be offended in their residence … and are more likely to be targeted at school/college.” Of those committing violence against Asians, you discover that 24 percent such attacks are committed by whites; 24 percent are committed by fellow Asians; 7 percent by Hispanics; and 27.5 percent by African-Americans. Do the Kendi math, and you can see why Kendi’s “White Supremacist domestic terror” is not that useful a term for describing anti-Asian violence. But what about hate crimes specifically? In general, the group disproportionately most likely to commit hate crimes in the US are African-Americans. At 13 percent of the population, African Americans commit 23.9 percent of hate crimes. But hate specifically against Asian-Americans in the era of Trump and Covid? Solid numbers are not yet available for 2020, which is the year that matters here. There’s data, from 1994 to 2014, that finds little racial skew among those committing anti-Asian hate crimes. Hostility comes from every other community pretty equally. The best data I’ve found for 2020, the salient period for this discussion, are provisional data on complaints and arrests for hate crimes against Asians in New York City, one of two cities which seem to have been most affected. They record 20 such arrests in 2020. Of those 20 offenders, 11 were African-American, two Black-Hispanic, two white, and five white Hispanics. Of the black offenders, a majority were women. The bulk happened last March, and they petered out soon after. If you drill down on some recent incidents in the news in California, and get past the media gloss to the actual mugshots, you also find as many black as white offenders. This doesn’t prove much either, of course. Anti-Asian bias, like all biases, can infect anyone of any race, and the sample size is small and in one place. But it sure complicates the “white supremacy” case that the mainstream media simply assert as fact. And, given the headlines, the other thing missing is a little perspective. Here’s a word cloud of the victims of hate crimes in NYC in 2020. You can see that anti-Asian hate crimes are dwarfed by those against Jews, and many other minorities. And when you hear about a 150 percent rise in one year, it’s worth noting that this means a total of 122 such incidents in a country of 330 million, of which 19 million are Asian. Even if we bring this number up to more than 3,000 incidents from unreported and far less grave cases, including “shunning”, it’s small in an aggregate sense. A 50 percent increase in San Francisco from 2019 – 2020, for example, means the number of actual crimes went from 6 to 9. Is it worse than ever? No. 2020 saw 122 such hate incidents. In 1996, the number was 350. Many incidents go unreported, of course, and hideous comments, slurs and abuse don’t count as hate “crimes” as such. But the theory behind hate crimes law is that these crimes matter more because they terrify so many beyond the actual victim. And so it seems to me that the media’s primary role in cases like these is providing some data and perspective on what’s actually happening, to allay irrational fear. Instead they contribute to the distortion by breathlessly hyping one incident without a single provable link to any go this — and scare the bejeezus out of people unnecessarily. The media is supposed to subject easy, convenient rush-to-judgment narratives to ruthless empirical testing. Now, for purely ideological reasons, they are rushing to promote ready-made narratives, which actually point away from the empirical facts. To run sixteen separate pieces on anti-Asian white supremacist misogynist hate based on one possibly completely unrelated incident is not journalism. It’s fanning irrational fear in the cause of ideological indoctrination. And it appears to be where all elite media is headed. » Andrew Sullivan
La croyance en un monde meilleur motive les luttes et les programmes des partis, révolutions et régimes politiques depuis trois siècles. (…) Au stade actuel du « politiquement correct » à l’américaine, les éveillés du mouvement Woke ne s’en doutent pas, mais leur combat s’inscrit dans ce que les spécialistes appellent augustinisme politique (saint Augustin doit se retourner dans sa tombe) : on observe en effet le même genre de comportement, vertueux et vindicatif, chaque fois que des croyants entreprennent d’instaurer ici-bas, sinon la cité de Dieu augustinienne, tout au moins une cité purifiée du mal radical qui affecte la cité des hommes vouée au démon (l’homme blanc, en l’occurrence). (…) Ladite croyance a motivé les « luttes » et les « programmes » des partis, révolutions et régimes politiques qui se sont succédé depuis lors en Occident et dans le reste du monde – étant entendu que le « bien » ou le « juste » visé par l’un ou l’autre ne sont pas les mêmes (ceux des démocraties libérales ne sont pas ceux des régimes totalitaires). Exacerbé par la passion et le ressentiment contre le pécheur originel (blanc), et viralisée par les réseaux sociaux, le mouvement Woke serait comme une caricature finale de ce mouvement général (…) Un monde meilleur, « changer la vie », engendrer un « homme nouveau … ces choses-là sont plutôt, en effet, affaire de religion, fût-ce dans un monde moderne qui se croit affranchi de la religion, sécularisé, laïque… alors qu’il est encore tout imprégné d’une religiosité qui motive encore et toujours le projet d’instaurer le Bien, fût-ce par la guerre, la conquête et la violence quand les prêches et le catéchisme ne suffisent pas… (…) L’Empire du Bien est en réalité l’Empire WASP (White, Anglo-saxon, Protestant), une espèce de théocratie en Amérique, au terme d’un itinéraire de Jérusalem à Washington via Genève. Et de nos jours, c’est le cœur même de cet Empire qui ressemble à la Genève de Calvin, une Genève globale, devenue folle où les éveillés s’activent sur les campus et les réseaux sociaux… Si bien que les États-Unis désunis expérimentent sur leur propre territoire les déboires rencontrés au Moyen-Orient et ailleurs dans leurs projets d’évangélisation (« démocratisation ») des pays de la région : au lieu de la démocratie libérale espérée sous protectorat du « libérateur », la guerre de tous contre tous ! Paul Soriano

Mensonges sur l’origine d’un bilan vaccinal lancé en fait par son prédécesseur, mensonges sur l’origine de la crise migratoire actuelle à la frontière mexicaine (plus de 42% d’appréhensions par rapport à 2019) , antisèches, nombre de journalistes – pandémie oblige – limité à 25, liste et photos de journalistes à interroger, nombre de questions limité à 20, refus de répondre aux dernières questions, projets liberticides de supprimer le vote qualifié au Sénat et d’entériner la levée de tous les garde-fous qui apermis …

Au lendemain d’une première et longuement attendue conférence de presse du nouveau président américain …

Qui a vu malgré les antisèches apparentes, les mensonges éhontés et les pénibles bafouillages …

Nos journalistes si pointilleux sur ces quatre dernières années …

Rivaliser de complaisance pour saluer les « premiers pas réussis » …

D’un président qui après le holdup du siècle que l’on sait …

Se voit protégé tant par des médias traditionnels aux ordres et l’implacable censure des plateformes numériques pour ses adversaires …

Que sous prétexte d’une menace terroriste intérieure inventée de toutes pièces

Par une véritable armée de soldats en arme et les barbelés qui vont avec dans une capitale littéralement bunkerisée …

Tandis qu’à l’instar d’un Musulman d’origine syrienne qui abat des clients d’un supermarché

Et contre toutes les statistiques qui montrent la sur-représentation des noirs dans les crimes de haine en général et contre les Asiatiques en particulier …

L’auteur d’une fusillade qui tue non seulement deux blancs et un latino, mais s’avère être un client régulier des spas asiatiques pour un « sexe plus sûr  » est présenté comme un suprémaciste blanc anti-asiatique

Alors qu’à l’instar d’une Administration Biden désormais otage de ses minorités

A la fois, inversant totalement l’ancien rêve du pasteur King, par la couleur de peau…

Mais aussi par les opinions (correctement) politiques …

Nos nouveaux damnés de la terre atteignent, à travers à présent l’ensemble de l’Occident, des sommets dans la geignerie communautaire …

Et dans le vomissement du nouveau bouc émissaire que constitue l‘Homme blanc

Pendant que nos gouvernants prétendent à présent dicter les prêches de nos églises …

Ou réduire au silence les paroles dont la couleur ne leur reviendrait pas …

Comment ne pas voir …

Malgré quelques petis signes d’espoir, notamment du côté desdites minorités …

Dans ce nouveau meilleur des mondes et cette nouvelle post-vérité qui vont apparemment désormais nous tenir lieu de réalité…

L’avènement à la tête même du Monde libre …

Et bientôt de proche en proche à l’ensemble de nos démocraties …

Prophétisé par Chesterton il y a plus d’un siècle …

A l’image de la fameuse bête de notre Pascal national …

Ou de celle, avec ses cornes d’agneau et sa parole de dragon, de l’Apocalypse ….

De ce « monde moderne rempli d’idées chrétiennes devenues folles » ?

« Le mouvement woke, dernière croisade : et si on arrêtait enfin de rendre le monde meilleur ? »
Paul Soriano
Marianne
26/03/2021

« L’Empire du Bien est en réalité l’Empire WASP (White, Anglo-saxon, Protestant), une espèce de théocratie en Amérique, au terme d’un itinéraire de Jérusalem à Washington via Genève. Et de nos jours, c’est le cœur même de cet Empire qui ressemble à la Genève de Calvin, une Genève globale, devenue folle où les éveillés s’activent sur les campus et les réseaux sociaux… » explique, par la médiologie, Paul Soriano.

La croyance en un monde meilleur motive les luttes et les programmes des partis, révolutions et régimes politiques depuis trois siècles. Au vu du bilan, l’état du monde suggère d’en finir avec l’empire du Bien pour en revenir au seul bien des nations : la vertu civique, tendue vers la paix civile. Une Realpolitik, intégralement « laïque », à l’égard des croyances religieuses avouées ou clandestines (les idéologies).

Au stade actuel du « politiquement correct » à l’américaine, les éveillés du mouvement Woke ne s’en doutent pas, mais leur combat s’inscrit dans ce que les spécialistes appellent augustinisme politique (saint Augustin doit se retourner dans sa tombe) : on observe en effet le même genre de comportement, vertueux et vindicatif, chaque fois que des croyants entreprennent d’instaurer ici-bas, sinon la cité de Dieu augustinienne, tout au moins une cité purifiée du mal radical qui affecte la cité des hommes vouée au démon (l’homme blanc, en l’occurrence). Ce fut le cas au XVIe siècle dans la Genève de Calvin et en Allemagne, pendant la Guerre des paysans, ou un peu plus tard, en Amérique. Entre autres…

Au XVIIIe siècle, c’est dans toute l’Europe que des hommes éclairés se sont mis à croire en un monde meilleur gouverné par la Raison et tendu vers le Progrès, et ont assigné cet objectif au politique ; car ce siècle de la Raison est aussi le siècle de la Morale : comme dans la philosophie de Kant, la raison « pratique » (morale) suit de près la raison pure. Auparavant on entendait plus modestement gouverner par le sens commun, tendu vers le bien commun, raisonnablement plutôt que rationnellement.

Lutte contre le péché l’originel

Ladite croyance a motivé les « luttes » et les « programmes » des partis, révolutions et régimes politiques qui se sont succédé depuis lors en Occident et dans le reste du monde – étant entendu que le « bien » ou le « juste » visé par l’un ou l’autre ne sont pas les mêmes (ceux des démocraties libérales ne sont pas ceux des régimes totalitaires). Exacerbé par la passion et le ressentiment contre le pécheur originel (blanc), et viralisée par les réseaux sociaux, le mouvement Woke serait comme une caricature finale de ce mouvement général : il a le mérite de nous éclairer sur nous-mêmes et sur le bilan de trois siècles de « progrès », deux guerres mondiales, des « crimes contre l’humanité », et des tyrannies comme on n’en avait jamais connu…

Les premiers penseurs de la politique la définissent pour leur part comme une activité destinée à assurer la pérennité de la cité et, à cette fin, la paix civile, face aux divisions qui résultent de la diversité des opinions et des intérêts ; ils ne se préoccupent nullement d’instaurer le règne de la vertu, sinon de la seule vertu civique, requise par ladite paix civile. Cette définition n’est pas amorale, mais elle vise le bien commun plutôt que le Bien (majuscule), et s’inspire du sens commun plutôt que de la Raison (majuscule… L’idée saugrenue de convertir le reste du monde lui est étrangère.

C’est le christianisme qui va tout changer, au risque de subordonner la politique à la morale, le pouvoir temporel au pouvoir spirituel, inventant du même coup la « théocratie », absente de la liste des régimes politiques recensés par Aristote.

Un monde meilleur, « changer la vie », engendrer un « homme nouveau … ces choses-là sont plutôt, en effet, affaire de religion, fût-ce dans un monde moderne qui se croit affranchi de la religion, sécularisé, laïque… alors qu’il est encore tout imprégné d’une religiosité qui motive encore et toujours le projet d’instaurer le Bien, fût-ce par la guerre, la conquête et la violence quand les prêches et le catéchisme ne suffisent pas…

L’Empire du Bien

En d’autres termes, alors que la politique selon les Anciens est « laïque » par définition (et n’a donc pas besoin de mot pour le dire), nos libres penseurs fanatisés (radicalisés ?) vont devoir inventer une « laïcité » sur mesure qui ne guette que les signes extérieurs (la croix, le voile, etc.) et ne voit donc pas mais cette religion intériorisée qui vous possède inconsciemment, en dépit des exorcismes critiques ou psychanalytiques ; d’où les difficultés d’application, notamment dans nos vertueuses républiques.

L’Empire du Bien est en réalité l’Empire WASP (White, Anglo-saxon, Protestant), une espèce de théocratie en Amérique, au terme d’un itinéraire de Jérusalem à Washington via Genève. Et de nos jours, c’est le cœur même de cet Empire qui ressemble à la Genève de Calvin, une Genève globale, devenue folle où les éveillés s’activent sur les campus et les réseaux sociaux… Si bien que les États-Unis désunis expérimentent sur leur propre territoire les déboires rencontrés au Moyen-Orient et ailleurs dans leurs projets d’évangélisation (« démocratisation ») des pays de la région : au lieu de la démocratie libérale espérée sous protectorat du « libérateur », la guerre de tous contre tous !

La bonne nouvelle, peut-être, c’est que la décomposition accélérée du théologico-politique, la fin de la « fin l’histoire » entendue comme conversion définitive du monde aux « valeurs occidentales », pourrait annoncer un retour de la politique à l’ancienne, la politique tout court, dans un monde multipolaire, où la notion même d’Occident n’aurait plus cours, un monde toujours conflictuel mais assurément moins « fanatique ».

Après la funeste mondialisation, l’inter-national sera enfin le genre humain !

Voir aussi:

Ingraham: Biden press conference a continuation of campaign strategy to protect from tough questions

‘Team Biden will never tell us the truth about the border’

Fox News host Laura Ingraham opened her show « The Ingraham Angle » on Thursday reacting to President Biden’s news conference performance and the White House’s efforts to protect him from tough questioning.

INGRAHAM: The White House used the excuse of COVID, of course, to limit the number of reporters in attendance — never mind that they could have held the event outside in the Rose Garden, wouldn’t have had to worry about any of that. And of course Biden’s handlers didn’t dare open the president up to a question from our own Peter Doocy. So this is basically a continuation of Biden’s basement strategy on the campaign trail — limit the off the cuff interactions, keep him on note cards, stay away from numbers unless scripted.  

Ingraham also slammed Biden for his continued lack of transparency on the immigration crisis at the southern border.

INGRAHAM: The American people deserve the truth about what’s happening at the border and they also deserve a clear-eyed assessment from the Biden administration on how they’re going to handle this going forward. But the events of today confirmed that Team Biden will never tell us the truth about the border and that the massive flow of humanity entering our country will not stop until Republicans beat Democrats like a drum in 2022.  

Voir également:

Biden lies, and the media doesn’t question it

Three big things stood out in President Biden’s first press conference.

 

1. The leader of the free world is often lost at sea and says many things that are blatantly false.

2. The media is in the tank and cannot be trusted to hold him accountable.

3. Because of Nos. 1 and 2, America is headed for serious trouble.

For this sickening spectacle we had to wait 64 days?

Still, the event was meaningful in one distressing way. Now we know beyond all doubt there is no way to deny the terrifying truth.

This was Biden’s coming out party, and the nation faces a mess that will only grow worse with time. The man who campaigned on unity is hell-bent on permanent polarization, meaning cancel culture and the supercharged racial climate are here to stay.

Biden gave license to the worst instincts on the left with his repeated sneering references to all Republicans and especially Donald Trump. At one point, he actually accused Trump of letting immigrant children “starve to death on the other side” of the Mexican border.

He said it in a room full of 30 supposed journalists and not a single one challenged him or even asked whether he meant it literally. In fact, not a single one challenged him on any of his falsehoods.

Nor did anyone ask him why he read from prepared talking points during answers to three questions on foreign policy. No recent president has felt the need to do that.

There also were moments when he talked himself into dead ends, yet there were no questions about when he would release the health reports he’s been hiding.

Regarding his agenda, a report that Biden sees himself as the new FDR gives credence to the idea that he’s all in for every big, crazy idea left-wing Dems can cook up.

The Green New Deal, open borders, removing voting safeguards, endless tax hikes, statehood for DC — they’re all on track and bound for glory. The only obstacle is the Senate filibuster, which requires 60 votes to pass legislation, but Biden left no doubt he would be willing to do away with it.

“I want to get things done,” he said.

Each piece of his party’s planned utopia is unprecedentedly radical in its own way, but not nearly radical enough for the media. Their performance was pathetic not just in what questions they asked and didn’t ask, but how they asked them. The dominant theme was that Biden and his team are not moving fast enough to turn America upside down and inside out.

Why don’t you, when will you, why haven’t you? Over and over, the aim was not to ask a question but to speed up an agenda.

Naturally, this was the complete opposite of the way some of the same people behaved during the Trump presidency. Then the questions were outraged expressions that aimed at stopping the administration. Now they are pleas aimed at pushing this one forward faster.

As such, the 10 people Biden called on generally followed the script laid out in the Washington Post and elsewhere. Columnist Margaret Sullivan had warned reporters not to try to “show how tough” they were being on Biden to please “Trump allies.” She even downplayed the border crisis, suggesting it was getting too much attention.

It got the most attention Thursday, but only in ways that reinforced the idea that it is the milk of human compassion to invite Central Americans to make the long trek north. Violence is rampant and coyotes, human traffickers and the cartels are making a mint, but not a peep about that from the president or his media helpers.

Nor was there any hint that perhaps stricter enforcement was compassionate to Americans in border towns and taxpayers everywhere. Instead, the underlying assumption seemed to be that any suffering experienced by migrants once they got to the border was proof of heartlessness and had to be remedied as quickly as possible.

As for the pandemic, apparently it’s no longer a problem. Pictures showing migrants crowded together in cages and reports that many are released despite testing positive for COVID never came up. No sense spoiling the good vibes.

The facts of illegal immigration are fairly simple. Trump campaigned on the issue and after false starts and despite unified Democratic opposition, eventually stitched together a series of policies and actions that stemmed the tide. He built large sections of wall, deported criminal aliens and struck an agreement with Mexico that those making asylum claims would have to wait in Mexico.

It is also a fact that Biden blew up each of those pillars, yet now claims he inherited a mess. Strangely, he also insisted that the numbers surging now “happens every single, solitary year. Nothing has changed.”

He’s either misinformed or lying. Record numbers of arrivals are being reported daily, and NBC recently called the crossings the highest in 20 years.

Again, Biden was not challenged.

The final proof that the press has abdicated its role was clinched when the president refused to say when he would allow more media access to the border detention facilities. He said it would have to wait until his team got its new programs working.

If Trump had said that, the sky would have fallen and democracy would be declared dead. But when Biden says it, the media rolls over.

So add transparency to the list of things that don’t matter anymore.

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Men Looking for Work Drive Surge in Illegal Crossings at the U.S. Border

Most of those apprehended are men in search of jobs, with the pandemic easing in the U.S. and fewer opportunities at home

Juan Montes and Alicia J. Caldwell

The surge in illegal immigration across the southern U.S. border is shaping up to be the biggest in 20 years. Unlike migrant surges in 2019 and 2014, which were predominantly made up of Central American families and unaccompanied children, so far this one is being driven by individual adults.

Most of the migrants are Mexicans, often men in search of work with the pandemic easing and the U.S. economy set to boom. Apprehensions at the southern border totaled 382,000 from the beginning of the fiscal year in October through February, up 42% compared to the same period of 2019—a year that saw the highest number of apprehensions since 2007. In 2020, the influx of migrants plummeted due to the pandemic.

Migrants detained at the Mexican border

Single adults account for 82% of the apprehensions so far this fiscal year, according to U.S. Customs and Border Protection data. Some 60% of all single adults apprehended were Mexicans. Border patrol agents say the majority of single adults they catch are men, entering to look for work such as picking fruits and vegetables, roofing and dishwashing.

The influx of children arriving alone at the border has captured broad attention. While apprehensions of mostly Central American families and unaccompanied minors have grown in the past few months, their numbers overall are still much smaller than those of adults.

The number of families caught trying to cross the border rose to 39,000 during the first five months of this fiscal year, from just over 37,000 during the same period in 2020. During the same period in 2019, more than 136,000 families were arrested at the border.

Some are camping out at the border in hopes that the Biden administration will soon allow them the chance to come into the U.S. legally.

José Antonio Cruz had lived in the U.S. illegally for 18 years before he was deported after being detained for speeding in 2018. He left his hometown in central Mexico last week in hopes of crossing the border in coming weeks and restarting his small construction business in Texas.

“The economy is going to reactivate very quickly in the U.S. They are already reopening, so it is a very good moment to be there,” Mr. Cruz, 41, said by telephone from a Catholic shelter in northern Mexico.

It’s unclear how many people are making it into the U.S. by crossing the border illegally. Estimates compared with how many are apprehended vary widely. A 2017 Homeland Security report estimated that between 55% to 85% of immigrants crossing the border illegally in 2016 were apprehended.

During the past seven days, border officials estimated that about 6,500 people evaded detection while entering the U.S., according to a person familiar with the government’s internal estimates. A week ago, border agents had recently averaged about 5,000 arrests a day, according to internal Homeland Security documents reviewed by The Wall Street Journal.

Migrants and immigration analysts offer several explanations for this year’s surge. The U.S. is hiring after a long and brutal pandemic, while Mexico lost some 2.4 million jobs last year.

Additionally, some migrants say there is a widespread perception that it’s become easier—and more inviting—to enter the U.S. under President Biden than under former President Donald Trump.

“Expectations were created that with the government of President Biden there would be a better treatment of migrants,” Mexican President Andrés Manuel López Obrador said at his daily press conference on Tuesday. “And this has caused Central American migrants, and also from our country, wanting to cross the border thinking that it is easier to do so.”

The Department of Homeland Security said in a statement, “There is no change in policy: the border remains closed. Families and single adults are being expelled under Title 42 and should not attempt to cross illegally.” The department added that some families will be released into the U.S. if Mexico doesn’t accept their return and there is no bed space available at Immigration and Customs Enforcement facilities.

Title 42 refers to a public-health law used by the Trump administration at the beginning of the pandemic to turn nearly all single adults back at the border rather than detaining or formally deporting them. That makes it easier to try to cross again—leading to another factor in the increase.

The Biden administration has curtailed many of the Trump administration’s enforcement policies focused on those already in the U.S. Immigration and Customs Enforcement officers and agents have been told to focus their resources on recent border crossers, serious criminals and those who pose a threat to national security or public safety.

The pandemic and stay-at-home policies throughout the region have created pent-up demand to migrate, said Theresa Cardinal Brown, director of immigration and cross-border policy at the Bipartisan Policy Center, a Washington think tank. She said the factors that cause people to migrate, such as poverty, have only gotten worse during the pandemic.

“The policies at the border have come and gone and changed, but the migrants keep coming,” she said.

Adrián Cahun, who came to the U.S. illegally and worked in San Francisco restaurants as a dishwasher and bartender for six years before returning to his rural hometown of Oxkutzcab in 2008, said he plans to again cross the border as soon as the pandemic ends.

“If there’s a recovery in the U.S., it’s easier to go there and find work,” said Mr. Cahun. He had saved enough money while he was in the U.S. to build a house and open a cafeteria in Oxkutzcab. With few affluent customers there, he said, he closed the cafeteria a few years ago. He currently works filling shelves at a supermarket.

“Many were afraid of Trump and most didn’t want to try to cross the border,” he added. “But now many here are thinking of emigrating to the U.S.”

Last March, as the pandemic took hold, the Trump administration invoked a 1944 public-health law, Title 42, to immediately expel any migrant caught crossing the border back to Mexico without processing them at cramped detention facilities, where Covid could spread.

The change, particularly for single adult males, marked a departure from border policies under former presidents since George W. Bush.

Before the 2000s, most Mexicans caught at the border had been allowed to return home with little consequence, and other migrants were typically allowed into the U.S. with orders to report back to immigration authorities later.

Then the U.S. started formally deporting most migrants caught at the border. In some Border Patrol sectors, adult crossers were charged with a criminal offense and often spent weeks or months in jail before being deported. Any further attempt to cross could result in more jail time in the U.S.

During the Obama administration, migrants from Mexico were often sent to border cities far from where they had been caught, or flown to the interior of Mexico. Migrants from countries other than Mexico were often flown back home.

Under Title 42, nearly all single adult migrants remain at the border after being turned away. Many try to re-enter. The percentage of migrants caught at the border who had already been caught once grew to nearly 40% during the past six months, compared with 7% in 2019.

“That’s the wonderful thing now. You have the opportunity to bat again and again. That’s better for us,” said Lucio Portillo, a 44-year-old Honduran migrant who is now in Mexico planning to cross to the U.S. in search of work.

Sara Abdala, who manages a shelter in Altar, a migrant hub some 70 miles from the Arizona border, said she knew a Honduran migrant who recently tried six times in two weeks until he managed to enter the U.S. without being detected.

“The town has come back to life in recent months after it was almost empty during the pandemic. The business of migration has become hot again,” she said.

Victor Manjarrez, a former chief patrol agent in both El Paso and Tucson, said reports from the border remind him of his days patrolling southern Arizona in the early 2000s, when that sector was the border’s busiest. The majority of illegal border crossers then were single adults from Mexico.

“There isn’t that idea of an impact, of a consequence,” said Mr. Manjarrez, now an associate director at the University of Texas and El Paso’s Center for Law & Human Behavior. “That’s what I would be telling my troops—that consequences work.”

The Biden administration hasn’t announced plans for the fate of Title 42. The American Civil Liberties Union has sued the government, arguing the practice illegally blocks migrants from asking for asylum or other protections in the U.S. Both sides are trying to negotiate a settlement.

The Biden administration had initially followed the Trump administration approach of returning families caught at the border back to Mexico, too. But that changed after Mexico’s government, at the request of Unicef, barred the practice of holding the children and families at Mexican federal detention centers, handing them over instead to a family welfare agency that has far less capacity.

Though some families are still being returned to Mexico, most are being released into the U.S., where federal law prohibits families with children from being held more than about 20 days. Space in family detention centers has been limited because of the pandemic, though Immigration and Customs Enforcement announced this week a new $86.9 million contract for about 1,200 beds.

Acting ICE Director Tae D. Johnson said in a statement that the contract includes money for Covid-19 testing and other health screenings.

Most released migrants are given orders to return to an immigration court at a later date and face possible deportation. But because the flow of families has increased in recent weeks, border agents in the Rio Grande Valley are now releasing some families with children age 6 or younger without a court date, leaving them effectively free to move within the U.S.

Analysts often describe factors that “pull” migrants north—such as a strong U.S. economy or lax U.S. immigration enforcement—and “push” factors that drive them out of their own countries, such as poverty and violence.

Illegal immigration from Mexico to the U.S. peaked in 2001 at an estimated 1.6 million, after years of steady growth, according to Border Patrol statistics. But migration began to slow under a combination of stricter border enforcement, a more stable Mexican economy and demographic changes in Mexico that meant fewer younger males entering the workforce every year.

Now, not only is the U.S. economy expected to grow about 6% to 7% this year, but Mexico’s economy is also in particularly bad shape amid the pandemic. The country’s economy contracted about 8% last year. Mexico’s populist president has implemented the smallest stimulus of any major developing economy.

While the U.S. has vaccinated roughly a third of its population, Mexico has inoculated under 5%, which means the pandemic is likely to last far longer.

Illegal border crossings by adult males are often an indicator of a U.S. economic recovery. Over the past three decades, links between communities in Mexico and the U.S. have strengthened through networks of relatives and acquaintances who have emigrated from rural villages. So when a restaurant in San Francisco is hiring, word gets back quickly to Mexico.

Friends and relatives in the U.S. provide lodging to newcomers and help finance the $10,000 that coyotes currently charge for a trip that is likely to cross the Sonoran Desert, which stretches from Mexico through Arizona and California.

Some who settled in the U.S. decades ago and were deported are also trying to reunite with their families.

That includes Mr. Cruz, who said his wife and American-born 9-year-old daughter are waiting for him in San Antonio. He said he has been in regular contact with a dozen relatives in Texas, some of them undocumented, who have encouraged him to come. Two young cousins have recently been hired at a local restaurant after being unemployed for months, he said. A 55-year-old brother-in-law was vaccinated last week and has restarted his work at a shopping mall in Dallas.

He said migration to the U.S. won’t ever change unless Mexico develops economically.

“Your work doesn’t yield much in Mexico,” he said. “In the U.S. you work hard, but you see the benefits quickly. That’s why I want to return.”

Voir de même:

Une tempête sur la République américaine
Guy Millière
Gatestone institute
26 mars 2021
Traduction du texte original: A Storm Over the American Republic

    • L’atmosphère aux États-Unis reste toxique. Certains sont porteurs de la volonté d’inciter la population à adhérer à un faux récit selon lequel non seulement Trump est censé être une « menace pour la démocratie », mais les 74 millions d’Américains qui ont voté pour lui sont une menace eux aussi. D’autres disent que la véritable menace pour la démocratie réside dans les mensonges incessants, dans les violations de la Constitution, et dans les falsifications de l’information et des faits.
    • Le droit de contester et de critiquer, qui est partie intégrante de la liberté de parole garantie par le premier amendement, semble sérieusement menacé. Le droit de se défendre contre des accusations semble lui aussi menacé, et la profession d’avocat devenir dangereuse à exercer.
    • Exprimer des doutes sur les élections du 3 novembre est désormais presque impossible. Des rapports très étayés montrent pourtant que celles-ci n’ont pas été impeccables. L’économiste américain Peter Navarro, à titre privé, a rédigé trois analyses minutieuses de ce qui s’est passé: « La tromperie immaculee », « L’art du vol » et « Le rapport Navarro ». Ces analyses ont été décrites comme absurdes, douteuses, et discréditées –de manière sans aucun doute arbitraire.
    • Certains analystes décrivent ce qui se passe comme un glissement vers l’autoritarisme. Ils notent que de nombreux Américains, tout en se comportant, eux, d’une manière de plus en plus autoritaire, accusent leurs adversaires de se comporter de manière autoritaire – et blâment donc leurs adversaires pour ce dont ils sont eux-mêmes coupables.
    • Pendant plus de trois ans, Trump a été accusé, sans aucune preuve, sinon un faux « dossier », d’être un agent russe. Les accusations se sont avérées sans fondement, mais pas avant que 32 millions de dollars de l’argent des contribuables américains aient été dépensés pour mener ce que les procureurs savaient depuis le début être une opération frelatée. Les procureurs en question ont agi pour piéger, incriminer et envoyer des innocents en prison. Ce qu’ils ont fait a été une tentative de coup d’État.
    • Tout au long de son mandat, Trump a été confronté à des menaces, des abus de pouvoir et des attaques incessantes. Quand bien même il n’est plus président, la guerre menée contre lui continue.
    • Si le projet de loi H.R.1 devient la loi du pays, les pratiques qui ont fait de l’élection de 2020 un désastre seront légalisées: entre autres, le déversement massif de millions de bulletins de vote non sollicités dans plusieurs Etats, la non-vérification des signatures sur les registres, l’absence de traçabilité des bulletins, l’inscription des électeurs sur les listes electorales le jour même de l’élection et la collecte des bulletins de vote par correspondance au domicile des électeurs , et nombre de ces pratiques sont très propices à la fraude. Comme le concluait un rapport bipartisan de 2005 établi par la Commission fédérale de réforme électorale, présidée par l’ancien président Jimmy Carter et l’ancien secrétaire d’État James Baker III: les bulletins de vote par correspondance « restent la principale source de fraude électorale potentielle ». Si le projet de loi H.R.1 est adopté, des moyens de nuire a l’intégrité des élections seront gravés dans le marbre.

20 janvier 2021. Joe Biden prête serment et devient 46ème président des États-Unis. La scène est quasiment dépourvue de toute présence humaine. Les rues de Washington DC sont vides. Les habitants de la ville avaient été exhortés à rester chez eux et ceux du reste du pays s’étaient vus demander de ne pas venir. La ville est placée sous la protection de 25.000 membres de la Garde nationale, lourdement armés. De hautes barrières surmontées de barbelés entourent la zone du Capitole. Dans les rues que doit emprunter le défilé inaugural, des barrières séparent les trottoirs de la chaussée. Les seules personnes visibles le long des rues sont des hommes en uniforme portant des fusils. Un jour qui est en général un jour de fête aux États-Unis est, cette année, étrange et triste.

L’explication donnée par les responsables de la ville et le FBI est qu’il y avait un risque de perturbation grave. Des inaugurations précédentes ont connu des risques de perturbation, mais la ville n’avait pas été mise en état de siège. Le 20 janvier 2017, lors de l’inauguration du président Donald J.Trump, des manifestants hostiles étaient venus à Washington DC, et avaient brûlé des voitures et brisé des vitres. La police avait protégé la cérémonie, sans barbelés ni soldats. Des centaines de milliers de personnes avaient pu venir applaudir le nouveau président.

Le 6 janvier, répondant aux appels du président Trump, une foule immense s’était rassemblée à l’emplacement appelé l’Ellipse, près de la Maison Blanche. Ceux venus écouter le discours de Trump l’avaient fait, puis étaient rentrés chez eux.

Pendant que Trump parlait, des milliers de personnes étaient devant le Capitole, à 30 minutes à pied de ceux venus écouter Trump, et un groupe de gens bien organisés a brisé des fenêtres du bâtiment et y est entré. Il n’y a eu aucun saccage, et juste le vol de quelques objets. Une femme non armée a été tuée d’une balle dans la tête par un policier. Deux manifestants sont morts de crises cardiaques. Une personne est tombée au sol et a été piétinée. Un membre de la police du Capitole est décédé le lendemain, apparemment victime d’un accident vasculaire cérébral.

Bien que l’incident ait été grave, il n’a ressemblé en rien aux scènes de pillage, aux incendies criminels et aux violences extrêmes qui ont eu lieu dans de nombreuses grandes villes du pays pendant l’été. La différence a été que ce qui s’est passé a touché de près la classe politique.

L’incident a été unanimement condamné, y compris par Trump.

Ceux qui étaient venus écouter Trump et ceux qui ont perpétré l’incident n’étaient pas les mêmes. Les premiers avaient exercé leurs droits constitutionnels de libre réunion; les seconds avaient commis des actes criminels.

La police aurait pu procéder à des arrestations et la justice aurait pu être rendue. La page aurait été tournée. Ce n’est pas ce qui s’est passé.

Des incursions dans le Capitole ont eu lieu plusieurs fois dans le passé: le 1er mars 1954, des Américains d’origine portoricaine avaient tiré à l’arme à feu au sein du bâtiment, et blessé cinq membres du Congrès; le 1er mars 1971, des membres du mouvement radical Weather Underground y avaient placé une bombe ; le 7 novembre 1983, les membres d’un groupe se faisant appeler « l’unité de résistance armée » avaient également placé une bombe dans le bâtiment; le 6 octobre 2018, des personnes étaient venues protester contre le vote de confirmation du juge à la Cour suprême Brett Kavanaugh. Semblant ignorer tout cela, le 7 janvier, Joe Biden a décrit ce qui s’était passé la veille comme une « attaque » très grave et sans précédent:

« Ce dont nous avons été témoins hier n’était pas un acte de désaccord. Ce n’était pas un acte de désordre. Ce n’était pas un acte de protestation. C’était un acte de chaos. Ceux qui étaient là n’étaient pas des manifestants. Ne les appelez pas manifestants. C’était une émeute. Une insurrection. Un acte de terrorisme interieur. C’est fondamental, c’est aussi simple que cela. « 

Les grands médias américains ont parlé d’une attaque contre la « citadelle de la démocratie » et du signal d’une « volonté de renverser la républiqe ». Les partisans de Trump – dans leur ensemble – ont été décrits comme des personnes dangereuses. La contestation du résultat des élections du 3 novembre par Trump était déjà présentée depuis des semaines comme une tentative d‘inverser le résultat d’une élection parfaitement valide et comme relevant du « grand mensonge« . L’incident a été décrit comme la « transformation des Etats-Unis en une zone de guerre ».

Le 8 janvier, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, après avoir demandé au Président Trump de quitter « immédiatement et volontairement » ses fonctions avant l’investiture du président élu Biden, a lancé une procédure de destitution à son encontre. Insinuant que Trump était mentalement inapte, elle a annoncé qu’elle avait parlé au chef d’état-major interarmées, le général Mark Milley, « pour discuter des mesures de précaution disponibles permettant d’empêcher un président instable de déclencher des hostilités militaires ou d’accéder aux codes d’utilisation des armes nucléaires ». Sa demande, qui a enfreint la chaîne de commandement, a été décrite comme séditieuse. Le 13 janvier, violant toute procédure régulière, la Chambre des représentants a voté à la hâte un article de destitution accusant le président Trump d ‘ »incitation à l’insurrection ».

Lors de son investiture le 20 janvier, tout en parlant d ‘ »unité », Joe Biden a fait écho aux propos qu’il avait employé le 7 janvier, et a parlé d' »une montée de l’extrémisme politique, de la suprématie blanche, du terrorisme intérieur que nous devons affronter, et que nous vaincrons. « .

Depuis, l’administration Biden mène un combat contre ceux que Joe Biden a désignés comme tels. « Le président Biden », a dit très vite un communiqué de la Maison Blanche, « utilisera le Conseil de sécurité nationale pour traquer et combattre l’extrémisme politique et le terrorisme intérieur ».

Le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a donné un ordre de pause à l’ensemble de l’armée américaine pour que les officiers s’attaquent à « l’extrémisme » au sein des troupes. « Le suprémacisme blanc », a annoncé John Kirby, principal porte-parole du Pentagone, « pose un problème particulier » à l’armée américaine.

Au Sénat, la procédure de destitution contre Trump s’est poursuivie. Les responsables officiels de la mise en accusation ont décrit les événements du 6 janvier comme une « insurrection armée » qui a menacé la vie de représentants du peuple. Ils ont décrit de prétendus « crimes et délits graves » – sans preuves et témoins, bien sûr – et ont déclaré que c’était là le résultat direct du discours de Trump le 6 janvier, et le résultat aussi de sa contestation du résultat de l’élection – qu’ils ont présentée comme une « incitation à la violence ». Ils ont ainsi laissé de coté le fait que les résultats des élections présidentielles sont contestés depuis des décennies sans que cela semble inadmissible.

Ils ont également affirmé que les événements du 6 janvier avaient fait cinq morts, et n’ont pas dit qu’un seul décès – celui d’Ashli ​​Babbitt, une manifestante abattue par un policier – pouvait être directement lié à l’événement.

Les avocats de Trump n’ont eu aucun mal à réfuter les accusations énoncées. Ils ont rappelé que Trump avait demandé aux gens venus l’écouter le 6 janvier de se rassembler « pacifiquement et patriotiquement » et que le discours qu’il avait prononcé était pleinement protégé par le premier amendement. Ils ont présenté des preuves montrant que ceux qui avaient initié l’irruption dans le Capitole avaient préparé leur action pendant des semaines et avaient agi pendant que Trump parlait encore. Ils ont montré qu’ il n’existait aucune relation de cause à effet entre le discours de Trump du 6 janvier et ce qui s’est passé au Capitole.

Ils ont souligné que la procédure de destitution avait été menée en violation de la Constitution, et que le juge en chef de la Cour suprême, John Roberts, avait refusé de superviser la procédure. Ils ont dit que Trump ayant quitté ses fonctions, il n’était plus au moment de la procédure le président Trump, mais seulement le citoyen Trump, et ils ont demandé si les États-Unis voulaient vraiment commencer à « destituer » leurs citoyens. Ils ont souligné que les éléments de « preuve » présentés étaient une fois de plus (comme dans l’affaire de la « pseudo collusion avec la Russie ») des éléments falsifiés.

Ils ont affirmé que ce qui s’était passé n’était pas une insurrection – action définie comme une action violente et organisée visant à renverser le pouvoir établi, et rappelé qu’aucun de ceux qui ont pénétré dans le Capitole n’était armé.

Sans surprise, Trump a été acquitté.

L’atmosphère aux États-Unis reste toxique. Certains sont porteurs de la volonté d’inciter la population à adhérer à un faux récit selon lequel non seulement Trump est censé être une « menace pour la démocratie », mais les 74 millions d’Américains qui ont voté pour lui sont une menace eux aussi. D’autres disent que la véritable menace pour la démocratie réside dans les mensonges incessants, dans les violations de la Constitution, et dans les falsifications de l’information et des faits (ici, ici et ici).

Les actions contre le prétendu « extrémisme intérieur » et le « terrorisme intérieur » – autrement dit les 74 millions de personnes soutenant Trump – se poursuivent. Et les personnes qualifiées d' »extrémistes » et de « terroristes » font face à des menaces constantes. Les avocats de la défense de Trump ont reçu des menaces. Michael van der Veen, par exemple, a déclaré qu’il avait dû engager des gardes du corps armés et envoyer sa famille dans un lieu inconnu. Sa maison a été vandalisée.

Le droit de contester et de critiquer, qui est partie intégrante de la liberté de parole garantie par le premier amendement, semble sérieusement menacé. Le droit de se défendre contre des accusations semble lui aussi menace, et la profession d’avocat devenir dangereuse à exercer.

Les appels à des purges politiques se poursuivent. L’organisation de gauche MoveOn.org a lancé une campagne contre ce qu’elle appelle le « Caucus de la trahison » et demande que des sénateurs, qu’elle décrit comme « complices de l’insurrection meurtrière lancée par Trump », soient expulsés du Congrès. La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi – tentant apparemment de créer une équivalence entre le 11 septembre 2001, la pire attaque terroriste subie par les États-Unis et les événements du 6 janvier, et tentant aussi, semble-t-il, d’inciter à supprimer la liberté d’expression – a annoncé que le Congrès allait créer une commission du type de celle créée concernant l’attaque du 11 septembre.

Un membre du Comité national démocrate, David. O. Atkins, a demandé, « comment serait-il possible de déprogrammer 75 millions de personnes? Par où commencer? » et « Nous devons commencer à penser à ce qui a été fait en Allemagne ou au Japon après la guerre. »

« Les suprémacistes blancs », a déclaré le président Biden, « sont la plus grande menace terroriste intérieure aux États-Unis. Le problème est complexe, il est vaste et il est réel. »

Le journaliste Kyle Daly, dans un article intitulé « Comment déprogrammer les extrémistes américains », décrit une mesure qui, à ses yeux, « pourrait faire la différence: empêcher les extrémistes d’entrer dans les institutions où ils pourraient faire le plus de dégâts – l’armée, les services de police et les législatures… Les États-Unis ont besoin d’un plan Marshall contre l’extrémisme intérieur.  »

Le journaliste Kevin Roose, du New York Times, dans un article appelé « Comment l’administration Biden peut contribuer à résoudre la crise dans laquelle nous sommes », a proposé ce qui ressemble à la création du « Ministère de la vérité » décrit dans le 1984 de George Orwell:

« Plusieurs experts avec lesquels j’ai parlé ont recommandé que l’administration Biden mette sur pied un groupe de travail interinstitutions pour lutter contre la désinformation et l’extrémisme intérieur, qui serait dirigé par une sorte de ‘tsar de la réalité ‘. »

Exprimer des doutes sur les élections du 3 novembre est désormais presque impossible. Des rapports très étayés montrent pourtant que celles-ci n’ont pas été impeccables. L’économiste américain Peter Navarro, à titre privé, a rédigé trois analyses minutieuses de ce qui s’est passé: « La tromperie immaculée« , « L’art du vol » et « Le rapport Navarro« . Ces analyses ont décrites comme absurdes, douteuses, et discréditées –de manière sans aucun doute arbitraire (voir ici, ici et ici).

Dans un long article publié par Time Magazine, « L’histoire secrète de la campagne fantôme qui a sauvé l’élection de 2020″, Molly Ball, correspondante politique nationale de la publication, démontre en détail qu’une coterie très bien financée, composée de gens puissants, venus de secteurs et de courants d’idées différents, travaillant ensemble dans les coulisses pour influencer les perceptions, changer les règles et les lois, orienter la couverture médiatique et contrôler le flux d’informations  » a agi, et elle ajoute que l’action de cette coterie « a touché tous les aspects de l’élection « , y compris les lois électorales, et a constitué une coalition juridique qui est parvenue à modifier les lois et les systèmes électoraux « .

Ball, également auteur d’une biographie extrêmement élogieuse de Nancy Pelosi – qu’elle décrit comme une « icône de la résistance » à Trump – a affirmé que le but de la coterie n’était pas de truquer l’élection, mais de la « fortifier « .

Les organisations qui ont ravagé les grandes villes américaines pendant l’été, ajoute-t-elle, ont été utilisées par la coterie: « la gauche contrôlait en réalité les activités de groupes tels Antifa, Black Lives Matter ». Dans un autre article, elle a écrit que ce qui a été fait consistait à « sauver la démocratie » et elle dit, donc, que l’utilisation de moyens non démocratiques pour fausser une élection démocratique « sauve » la démocratie.

Une dérive inquiétante semble éloigner les États-Unis des institutions qui en ont fait une république et de ce que l’on peut attendre d’une démocratie digne de ce nom. Certains analystes décrivent ce qui se passe comme un glissement vers l’autoritarisme. Ils notent que de nombreux Américains, tout en se comportant, eux, d’une manière de plus en plus autoritaire, accusent leurs adversaires de se comporter de manière autoritaire – et blâment donc leurs adversaires pour ce dont ils sont eux-mêmes coupables.

Des opérations ont été menées pour détruire et nier la légitimité de la présidence de Trump et ont été enclenchées avant même qu’il soit élu, ainsi l’opération « Crossfire Hurricane« , et les abus du recours à la loi FISA [Foreign Intelligence Surveillance Act]. Dix-neuf minutes après son investiture, le Washington Post a publié un article intitulé « La campagne pour destituer le président Trump a commencé ».

Pendant plus de trois ans, Trump a été accusé, sans aucune preuve, sinon un faux « dossier », d’être un agent russe. Les accusations se sont avérées sans fondement, mais pas avant que 32 millions de dollars de l’argent des contribuables américains aient été dépensés pour mener ce que les procureurs savaient depuis le début être une opération frelatée. Les procureurs en question ont agi pour piéger, incriminer et envoyer des innocents en prison. Ce qu’ils ont fait a été une tentative de coup d’État.

Trump a été ensuite accusé de « mettre en danger la sécurité du pays », sur la base d’une conversation téléphonique anodine avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Pour que l’accusation paraisse plausible, l’un de ses accusateurs a dû réinventer la conversation. La première tentative de destitution qui a suivi a été décrite, à juste titre, comme une « parodie de justice » et comme « l’équivalent des procès-spectacle menés sous Staline ».

Tout au long de son mandat, Trump a été confronté à des menaces, des abus de pouvoir et des attaques incessantes. Quand bien même il n’est plus président, la guerre menée contre lui continue.

Une large partie des grands médias américains ont cessé d’être des médias d’information et sont devenus des organes militants anti-Trump. La diffusion de fausses nouvelles a valu au New York Times et au Washington Post de recevoir le prix Pulitzer.

Quand, pendant l’été 2020, des émeutes destructrices ont eu lieu, et que Trump a évoqué le recours à l’armée pour rétablir l’ordre et protéger les biens et les personnes, ses opposants politiques l’ont comparé à Hitler et à Goebbels, se sont indignés et ont défendu les émeutiers en disant qu’ils étaient essentiellement des « manifestants pacifiques » agissant au nom des griefs légitimes. Ces gens ont apparemment oublié que la loi sur l’insurrection invoquée par Trump avait été invoquée dejà par d’autres présidents, ainsi George H.W. Bush en 1992, qui avait répondu à la demande d’aide du gouverneur de Californie Pete Wilson confronté aux émeutes de Los Angeles.

Plusieurs mois avant les élections de 2020, les opposants politiques de Trump ont étrangement anticipé sa défaite et l’ont accusé – par avance, et là encore sans aucune preuve – de se préparer à enfreindre la loi. Nancy Pelosi, suggérant que Trump ne quitterait pas la Maison Blanche, a laissé entendre qu’il serait nécessaire de recourir à une « fumigation« . Joe Biden a prédit que l’armée interviendrait. « Je suis », a-t-il dit, « absolument convaincu qu’ils l’escorteront avec diligence hors de la Maison Blanche « .

Les racines de ce qui se passe présentement sont, en fait, plus anciennes.

Le Parti communiste américain n’a jamais réussi à obtenir une large influence politique. Il a semblé gagner du terrain après la Seconde Guerre mondiale, mais a été écrasé dans les années 1950, après que soit découvert le fait que certains de ses membres avaient espionné le pays pour l’Union soviétique.

Un courant politique a pris forme dans les années 1960 et a recouru à une stratégie définie par un activiste allemand, Rudi Dutschke – disciple du marxiste italien Antonio Gramsci – comme « la longue marche à travers les institutions ». Comme l’a écrit l’essayiste Roger Kimball, ce courant s’est progressivement emparé du secteur des sciences humaines dans les universités, puis s’est répandu dans tout le système éducatif, le secteur de la culture, les grands médias, puis la sphère politique.

Il s’est inspiré des écrits du philosophe Herbert Marcuse, qui parlait de la nécessité d’un « grand refus » et d’une « protestation contre ce qui est ». Marcuse suggérait de pratiquer ce qu’il a appelé la « tolérance repressive » – qui consiste en une « intolérance envers les mouvements de droite », menée jusqu’à ce qu’ils soient réduits à l’inexistence. Marcuse ajoutait que les « forces des minorités non intégrées » devaient être utilisées.

Ce courant s’est inspiré aussi des écrits des principaux penseurs de ce qu’on appelle aux Etats-Unis la « théorie française« : Jacques Derrida et Michel Foucault. Derrida parlait de « déconstruction« , et en particulier de la déconstruction de l’idée de vérité. Foucault a défini les structures de pouvoir existantes comme des formes d’oppression, à abolir.

Les méthodes utilisées ont été celles du théoricien politique Saul Alinsky, qui recommandait que les radicaux deviennent des « organisateurs de communauté ». « Le travail de l’organisateur de communauté », ajoutait-il, « est de manœuvrer et d’appâter les gens au pouvoir ». Alinsky a publié en 1971 Rules for Radicals, un livre décrivant comment les radicaux peuvent s’emparer du pouvoir en utilisant treize règles. Il disait qu’accuser ses ennemis de ce dont on est coupable peut se révéler extrêmement efficace.

Ce courant a agi pour répandre le « grand refus » défini par Marcuse, a disséminé les idées de la « théorie française » et utilisé les méthodes de Saul Alinsky. Il a recouru à la « tolérance repressive » pour éroder les institutions de l’intérieur et éradiquer l’idée de vérité. Certains de ses adeptes sont devenus des « organisateurs de communauté », ont agi pour abolir les structures de pouvoir et accusé leurs ennemis de faire ce qu’ils faisaient, eux.

Le président Barack Obama, avant d’entrer en politique, a travaillé comme « organisateur de communauté » à Chicago. Peu de temps avant d’être élu président en 2008, il a déclaré: « Nous sommes à cinq jours de la transformation fondamentale des États-Unis d’Amérique ». Il n’a pas dit en quoi la transformation allait consister.

Avant son élection, le président Trump avait promis de « drainer le marécage » – qui avait effectivement besoin d’être drainé. Les habitants du marécage l’ont vu comme une menace pour leurs projets. Faire tomber Trump à tout prix et reprendre le pouvoir est devenu un impératif pour eux. Ils ont utilisé tous les moyens à leur disposition – et ils ont atteint leur objectif.

Dans les premières semaines de sa présidence, Biden a signé une série de décrets, dont certains violent la Constitution et la Déclaration des droits, et qui ont réduit des milliers de gens au chômage, et aidé la Russie et la Chine. La Chambre des représentants et le Sénat n’ont pas été consultés.

74 millions d’Américains respectueux des lois sont décrits comme des terroristes et des racistes qui ont besoin d’être « rééduqués », et la tolérance pour des idées différentes est clairement en train de disparaître. Des appels sont lancés que soient fermées des chaines de télévision qui offrent une version différente de « la vérité ».

La première proposition de loi présentée à la Chambre des représentants pour 2021, HR1, ou la loi « pour le peuple« , a été adoptée par la Chambre le 5 mars. L’ avocat J. Christian Adams, président de la Public Interest Legal Foundation et fondateur du Election Law Center, a noté:

« HR1 regroupe dans un projet de loi de 791 pages toutes les mauvaises idées en matière d’organisation des élections qui ont fait de l’élection de 2020 un tel désastre, et inclut tous les plus ‘grands succès’ de 2020: l’envoi massif de bulletins de vote par correspondance, l’acceptation de bulletins de vote par correspondance reçus sans cachet de la poste, l’acceptation de bulletins de vote arrivant tardivement, la possibilité de voter dans des circonscriptions où vous ne vivez pas. « 

Si le projet de loi H.R.1 devient la loi du pays, les pratiques qui ont fait de l’élection de 2020 un désastre seront légalisées: entre autres, le déversement massif de millions de bulletins de vote non sollicités dans plusieurs Etats, la non-vérification des signatures sur les registres, l’absence de traçabilité des bulletins, l’inscription des électeurs sur les listes électorales le jour même de l’élection et la collecte des bulletins de vote par correspondance au domicile des électeurs , et nombre de ces pratiques sont très propices à la fraude. Comme le concluait un rapport bipartisan de 2005 établi par la Commission fédérale de réforme électorale, présidée par l’ancien président Jimmy Carter et l’ancien secrétaire d’État James Baker III: les bulletins de vote par correspondance « restent la principale source de fraude électorale potentielle ». Si le projet de loi H.R.1 est adopté, des moyens de nuire a l’intégrité des élections seront gravés dans le marbre.

Le président Biden a présenté un projet de loi de réforme de l’immigration. Ce projet a été décrit comme un moyen de laisser entrer des étrangers traversant illégalement la frontière américaine, de légaliser leur présence et de les faire accéder à la nationalité, et comme un instrument destiné à tenter de créer une majorité permanente unipartite. Si le projet est adopté, il pourrait, comme l’a dit l’ancien conseiller principal du président Trump Stephen Miller, « effacer fondamentalement l’essence même de la nation américaine ».

Les propositions économiques telles que l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars, si elles sont mises en œuvre, coûteront des centaines de milliers d’emplois, et créeront d’immenses difficultés pour les petites entreprises déjà durement touchées par les fermetures ayant résulté de la pandémie et pour les personnes non qualifiées qui cherchent du travail. Il en résulterait un moins grand nombre d’emplois disponibles et un plus grand nombre de personnes cherchant un emploi – ce sans compter l’effet du flot potentiel de nouveaux arrivants « sans papiers ».

Ce résultat serait peut-être voulu: il conviendrait aux grands entrepreneurs qui sont aussi de grands donateurs à la campagne démocrate, éliminerait leurs concurrents plus petits qui ne pourraient assumer la charge supplémentaire, et créerait davantage de personnes désespérées continuant à tendre la main vers le gouvernement et dépendant de l’aide qu’ils pourront obtenir de lui.

L’une des premières décisions de Biden a été de dissoudre la Commission de 1776, qui avait été créée pour « revenir aux idées fondatrices énoncées dans la Déclaration d’indépendance ». Le projet 1619, qui décrit les États-Unis comme fondés sur l’esclavage, « structurellement racistes », et donc illégitimes, a été critiqué par d’éminents historiens pour son manque total de respect des faits fondamentaux. Bien qu’il soit une distorsion de l’histoire, et ignore totalement ce que l’Amérique a fait de positif, il est désormais enseigné aux enfants dans les écoles publiques et leur apprend dès lors à haïr leur pays.

L’essayiste Dennis Prager a déclaré l’an dernier:

« La civilisation peut être détruite en une seule génération. L’Allemagne était le pays le plus avancé d’Europe en termes d’art et de culture. Des gens se demandent comment le pays qui nous a donné Beethoven et Bach et Schiller et Heine a pu nous donner Auschwitz? C’est une question courante. Ce n’est pas une question qui se trouve posée dans les collèges aujourd’hui parce que ceux qui y sont n’ont jamais entendu parler de Beethoven, Bach, Schiller, Heine ou d’Auschwitz. Néanmoins, ceux qui en ont entendu parler posent la question, et la réponse est que ce qui est arrivé peut arriver n’importe où. Nous assistons à la destruction de la liberté aux Etats-Unis en une génération: dans ce cas, par ceux qui se disent progressistes. »

Après la Convention constitutionnelle de 1787, une certaine Madame Powell, de Philadelphie, a demandé à Benjamin Franklin: « Eh bien, docteur, qu’avons-nous, une république ou une monarchie? » Franklin a répondu: « Une république, si vous pouvez la préserver. »

« Une partie de l’Amérique a « déclaré la guerre » et « a l’intention de détruire la société la plus tolérante, la plus inclusive et la plus égalitaire jamais créée », a écrit récemment l’auteur américain David Horowitz. « La bonne nouvelle », a-t-il ajouté, « est qu’un mouvement patriotique s’est levé, et se tourne à nouveau vers l’idée que tous les hommes sont créés égaux et dotés des droits divins à la vie et à la liberté, et sont prêts à les défendre ».

Une tempête plane actuellement sur les États-Unis. Les mois à venir révéleront si le mouvement patriotique ainsi décrit la dissipera.

Voir de plus:

If You Thought the 2020 Elections Were Chaotic, Just Wait
J. Christian Adams
The Gatestone institute
February 8, 2021

  • H.R.1 packs into one 791-page bill every bad idea about how to run elections and mandates that the states must adopt the very things that made the election of 2020 such a mess. It includes all of the greatest hits of 2020: Mandatory mail ballots, ballots without postmarks, late ballots, voting in precincts where you do not live…. The Senate companion bill, S.1, might be even worse.
  • In 2020, states such as Nevada and New Jersey sent ballots through the mail to anyone on their registration lists despite having voter rolls full of errors. The Public Interest Legal Foundation documented thousands of ineligible registrations in Nevada alone that received mail ballots. Some were sent to vacant lots, abandoned mines, casinos and even liquor stores.
  • States also would be blocked by H.R.1 from signature verification procedures.
  • H.R.1 rigs the system for any lawsuits challenging the constitutionality of the law. All lawsuits can only be filed in one court — federal court in the District of Columbia. And all opposition must be consolidated into one brief with only one attorney being able to argue the merits.
  • There is a federal mandate, passed in the 19th Century, to have one single election day…. Like Obamacare earlier, H.R.1 transitions our federalist Republic to some other brave new system that purports to right generations of structural wrongs, while at the same time entrenching other wrongs.

H.R.1 packs into one 791-page bill every bad idea about how to run elections and mandates that the states must adopt — the very things that made the election of 2020 such a mess. It includes all of the greatest hits of 2020: Mandatory mail ballots, ballots without postmarks, late ballots and voting in precincts where you don’t live. It includes so many bad ideas that no publication has satisfactory space to cover all of them. The Senate companion bill, S.1, might be even worse.

These bills rearrange the relationship between the states and the federal government. The Constitution presumes that states regulate their own elections, but the Constitution has a big « but » in what is called the Elections Clause. The Constitution says, « but the Congress may at any time by Law make or alter such Regulations. » For over 200 years, Congress rarely used this power. After all, the power was put in the Constitution only to prevent the states from suffocating the federal government out of existence by never holding federal elections.

Do not assume that the bills will stall and wither in the process. They are named H.R.1 and S.1 for a reason. The bills are the top priority of the newly empowered Democrats in Congress.

Dissatisfied with the effectiveness of the last federal mandate — 1993’s Motor Voter law — H.R.1 dispenses with the idea that an American should go affirmatively register to vote.

In 2020, states such as Nevada and New Jersey sent ballots through the mail to anyone on their registration lists despite having voter rolls full of errors. The Public Interest Legal Foundation documented thousands of ineligible registrations in Nevada alone that received mail ballots. Some were sent to vacant lots, abandoned mines, casinos and even liquor stores.

States also would be blocked by H.R.1 from signature verification procedures.

H.R.1 rigs the system for any lawsuits challenging the constitutionality of the law. All lawsuits can only be filed in one court – federal court in the District of Columbia. And all opposition must be consolidated into one brief with only one attorney being able to argue the merits. It also grants automatic intervention to any legislators who want to join in the fight against the lone opposition.

It prohibits states from conducting list maintenance on the voter rolls. That means deadwood and obsolete registrations will stack up.

HR.1 and S.1 are omnibus bills that would change every American citizen’s — and foreigner’s — relationship to voter registration.

Universal automatic voter registration has, for years, been a top priority of the institutional left. In fact, H.R.1 would do away with actual voter registration and instead make the voter rolls merely a copy of anyone already on a government list — such as welfare recipients and other social service beneficiaries. The bills would expand well beyond to federal entities like the Social Security Administration, Department of Defense, Customs and Immigration, and elements of Health and Human Services.

Naturally, a giant federal database would serve as the home for this list of people who must be automatically registered to vote, whether they know it or not.

Imagine the number of government databases in which your information is contained. Do your names and addresses all match? Does Social Security know you moved out of your birth state? Are your married and maiden names different? Did you get a driver’s license before obtaining American citizenship?

You can see the pitfalls. One person will be « registered » to vote multiple times, with slight variation in names, and perhaps greater variation in residence addresses.

Making it « easier » to get registered to vote through automatic registration from government lists might seem attractive, until you consider the disaster of universal auto-mail voting as we saw in 2020.

H.R.1 and S.1 will force states to push ballots into the mail. It builds slack into the election system. Decentralized mail elections introduce error because of error-filled rolls. Mail-in ballots delay results, create uncertainty and push the elections into kitchens and bedrooms where election officials cannot observe the voting process and cannot protect the voter from coercion.

H.R.1 takes the absolute worst emergency rule changes of 2020 and enshrines them as federal law. Gone also are state witness and notary requirements during the mail ballot application process. Nor may states enact identification requirements of « any form » for those requesting a ballot. That means no more voter ID as a matter of federal law.

States also would be blocked by H.R.1 from signature verification procedures.

It gets worse. The 791-page bill also includes:

  • « Congress can reduce a state’s representation in Congress when the right to vote is denied. » Without qualification or definition, Congress could rely on this sentence unilaterally to cut the number of House members from any state it claims is denying the right to vote.
  • It criminalizes anyone who uses state challenge laws to question the eligibility of registrants wrongly. The penalty is up to one year in prison per instance.
  • It prohibits states from conducting list maintenance on the voter rolls. That means deadwood and obsolete registrations will stack up.
  • It criminalizes publishing « false statements » about qualifications to vote and « false statements » about which groups have endorsed which candidates. Information banned from being published includes false qualifications to vote and the penalties for doing so. What is a false statement will apparently be in the minds of the Justice Department lawyers who bring the charges. And if they do not act, the law provides a private right of action to individual plaintiffs to drag speakers to court. You can be sure this provision would be used as a merciless weapon against political opponents.
  • And in case it was not clear that H.R.1 was dismantling state power to run their own elections, the bill makes it clear: « The lack of a uniform standard for voting in Federal elections leads to an unfair disparity and unequal participation in Federal elections based solely on where a person lives. » In other words, state laws which have the Constitutional authority to determine the voting eligibility of its residents, will be preempted by a federal uniform standard.

That is not all. Nationwide, states must accept mail ballots on Election Day plus 10 days later. States are allowed to add extra time to the window. No more election day. It will be election season, with a month of early voting and weeks of ballots arriving and being counted.

And of course, unlimited ballot harvesting — having a third party « help » to fill in and gather up ballots, then drop them off at a polling station or other designated station — is guaranteed.

Misinformation, protests, unrest, and even violence were all symptoms of the trauma of 2020. Activist groups and collusive officials in 2020 turned courts into weapons to transform state laws into election procedures that were favorable to one particular party. H.R.1 would finish the job, and federalize the policies and election procedures that made 2020 such a mess.

It is no solution to presume that federal rules, even if they were crafted the right way, would solve the problem. When Washington D.C. gets control over elections, the policy always skews in one direction.

I worked at the Justice Department, where career staff ignored federal laws they didn’t like, and only enforced the ones they thought would help advance their political beliefs. Motor Voter, for example, had a federal mandate that states clean voter rolls. Guess what happened after that rule passed in 1993? No private enforcement actions were brought for two decades until I brought one against Indiana.

There is a federal mandate, passed in the 19th Century, to have one single election day. The bureaucrats in Washington in charge of enforcing that law ignore that law. Federal mandates are a one-way political ratchet. They always and only help one political party.

The nation has seen this line of thinking before. Like Obamacare earlier, H.R.1 transitions our federalist Republic to some other brave new system that purports to right generations of structural wrongs, while at the same time entrenching other wrongs. Unifying American experiences such as coming together to vote on one single Election Day, governed by rules passed by state legislators, well, to the authors of H.R.1, that is just old fashioned.

J. Christian Adams is the President and General Counsel for the Public Interest Legal Foundation and a former Justice Department lawyer. He also served on the Presidential Advisory Commission for Election Integrity and currently is a Presidentially appointed Commissioner on the United States Commission on Civil Rights.

Is Racism Moral Now?

Victor Davis Hanson
American greatness
Whiteness is a public health crisis. It shortens life expediencies, it pollutes air, it constricts equilibrium, it devastates forests, it melts ice caps, it sparks (and funds) wars, it flattens dialects, it infests consciousnesses, and it kills people »… — Damon Young, New York Times contributor
Over the past year, I have, of course, still had to interact with white people on Zoom or watch them on television or worry about whether they would succeed in reelecting a white-supremacist president. But white people aren’t in my face all of the time. I can, more or less, only deal with whiteness when I want to . . . White people haven’t improved; I’ve just been able to limit my exposure to them.
—Elie Mystal, The Nation    
Racism is the deductive bias against, and often hatred of, an entire racial group. It is often birthed by dislike of particular individuals of a given group that supposedly justifies, by extension, disliking or indeed hating all of them. The popular reaction against this widespread toxic pathology shown African Americans birthed the anti-slavery movement, the Civil War, the resistance to Jim Crow, and the modern Civil Rights movement.
But now there grows a strange new ahistorical “antiracism” racism.
One variety encourages holistic hatred, blaming all of one’s own unhappiness, indeed all of the cosmic injustice in the manmade and natural world—the very air, water, and earth—on a white racial collective.
Another constructs a purported racial pathology to encourage segregation and separation from all members of the white race, thereby limiting all “exposure” to a toxic people.
These are not just the idle critical race theory rants of intellectuals. They now are reified in racially segregated graduations and dorms and in systemic racialist reeducation and confessional workshops in government, the military, and private enterprise. In fact, the new antiracism racism is flagrantly directed at “whiteness”—the obsession of an America gone mad.
Barack Obama who, when a senator, filibustered the 2006 Supreme Court nominee Samuel Alito now claims, falsely, the filibuster is a racist relic of Jim Crow, which it predated by at least 30-40 years. On the Senate floor, U.S. Senator Tammy Duckworth (D-Ill.) vowed to block confirmation of nominees based solely on their white skin color.
In violation of the Equal Protection Clause of the 14th Amendment, the mayor of Oakland just announced race-based grants of $500 per month to be given only to poor “BIPOC” (“black, indigenous, and people of color”) families, excluding the white poor.
The latest multibillion-dollar stimulus/farm aid bill is targeted for all those in need—as long as they are not white. The latter are all ineligible.
The new antiracism racism, whatever its original intentions, unfortunately exhibits the historical telltale signs of its noxious genre: an a priori negative stereotyping of all whites that can then be applied to individuals deemed undeserving because they are white. It is a deductive doctrine used to justify racial bias and racial preferences, to enhance careers and profits, and to excuse and contextualize racist language and behavior.
Antiracism’s implicit defense is that the nonwhite have less power to act out their biases than do whites, while it “rights” an historical wrong. Therefore even crude antiracists cannot be harmful racists. Consult the government data on hate crimes, however, and one learns some non-white groups have a greater proportional tendency to commit such crimes against others than so-called whites. And how has a white lower-middle-class generation, born in the post-Civil Rights movement and the age of affirmative action, continued to enjoy so-called white privilege?
The Convenient Vocabularies of Whiteness
Notice how the term “white racism” began metamorphosing into “white supremacy.” The latter is a linguistic means of stating, without evidence, that “they” control everything and thus there is little need for demonstrable examples of white racism.
But “supremacy” itself proves a problematic rubric. What does one do when Asian Americans as a group make far more per capita than do whites? Or the 44th president of the United States was black—as is the current vice president? Or both the recent Democratic and Republican candidates for lieutenant governor in South Carolina, the first slave state to secede from the Union, were black?
After all, a true “Islamic supremacy” state such as Iran or Saudi Arabia, does not allow a Christian or Jew access to such power in their country. A racially supremacist nation such as we see in communist China cannot allow a black or white immigrant to be premier—any more than can North Korea. Even South Korea or Japan may not any day soon see a Korean president or Japanese prime minister of Mexican or Irish ancestry.
And yet “white supremacy” itself is devolving into “white privilege.” The newer term no longer requires proof that all whites are always supreme—only that they all, by use of the collective “white,” enjoyed innately unfair advantages over all others based solely on their race.
But finally “white privilege” will itself prove an unsustainable rubric, given the clear privileges enjoyed by millions of non-white Americans in business, politics, popular culture, sports, entertainment, the professions, and among the elite. Surely one should not have to argue that a white Dayton, Ohio tire-changer is innately blessed in a way an unfortunate Eric Holder or Jay-Z purportedly is not?
So “white privilege” is now morphing into just “whiteness” in a malignant stereotyping hauntingly reminiscent of the 1930 theories of insidious “Jewishness,” a term denoting a mythical and underhanded power that warped and “controlled” Western Europe—even as no believable charge could be leveled against individual Jews.
Infectious “whiteness” supposedly is what explains why the privileged Meghan Markle is unhappy with, or rather furious at, the royal family and the psychodramatic injustices allegedly done to her—as the former royal couple lecture the public on its sins from their $14 million Montecito estate.
The “whiteness” conspiracy similarly explains why multibillionaire Oprah Winfrey, who interviewed the couple from her nearby $90 million estate, not long ago was—or so she complained—treated rudely by a clerk in a Swiss boutique who committed the mortal sin of not recognizing Oprah, and thus not purportedly retrieving a $38,000 crocodile bag out of its secure case quickly enough to Oprah’s liking.
“Whiteness” often towers over even 5’11” Michelle Obama. Even as First Lady, when incognito in a Target store, she complained that a much shorter white woman did not recognize her and asked her, a taller stranger, to help lift down an item from an upper shelf—a phenomenon that millions of Americans encounter weekly.
Racist White Male Mass Shooters Everywhere?
It took the media and the Left about a nanosecond, and without any evidence other than a grainy video, to falsely label the recent Colorado mass shooter—later revealed as a Trump-hating Syrian-born Muslim—a “white supremacist.”
And it only took a second for the online mob and media to use his now falsely assumed identification to fuel a grand indictment against all “white men” in general—in the same old, same old unapologetic Duke lacrosse, Covington Catholic kids, and Jussie Smollett style.
Next, the Colorado mass murderer was immediately lumped in with the recent Georgia mass killer—as if that monstrous shooter was, unquestionably, a similar white supremacist. The two together proved a “pattern” of systemic white violence, most notably against Asian Americans.
All of these narratives, which are still floating around and widely accepted, are false.
It mattered little that the prior Georgia “white supremacist” mass-murderer was a disturbed psychopath and sexual deviant. In an initial questioning, the FBI found him unhinged rather than acting out a racist agenda. Sexual deviance rather than racism more likely fueled his attacks on massage parlors, where he killed six Asian and two white women, and seriously wounded a Hispanic male.
As far as the deviant Atlanta shooter being illustrative of an epidemic of white-inspired, anti-Asian-American crimes, the majority of such hate crimes against Asians have not been found, by a variety of metrics, to have been committed inordinately by whites. Indeed, in many surveys, African American males are proportionally more likely to commit such hate offenses against Asians. Nor do whites commit hate crimes in general disproportionally. Nor in the case of mass shootings, are whites “overrepresented” in the data.
The First Stone
Barack Obama was also quick to inflame the dramas—in the fashion of his unfortunate Trayvon Martin commentaries—by weighing in falsely that racism was one of the Georgia shooter’s stimulants.
Meena Harris—a Dr. Seuss canceller, Kamala Harris’s niece and campaign advisor, and the would-be Harris family memorialist—before the Colorado shooter had even been identified, immediately tweeted out: “The Atlanta shooting was not even a week ago. Violent white men are the greatest terrorist threat to our country”
Note the Harris logic: a suspect mows down ten innocents, and presto “white men are the greatest terrorist threat to our country”—never mind that the shooter turns out to have been a Syrian Muslim who emigrated to America in the early 2000s. The subtext of Harris’ thoughtless comments is something like “and we better do something about those white people.”
Her later “apology” for her judge-jury-executioner disinformation tweet proved far worse than her original libel: “I deleted a previous tweet about the suspect in the Boulder shooting. I made an assumption based on his being taken into custody alive and the fact that the majority of mass shootings in the U.S. are carried out by white men.”
Aside from the fact that Harris offered no apology for her lie, and had no compunction in stereotyping an entire group on the false assumption that the murderer was white, she also was entirely misinformed about her data. Again, according to most information on mass murderers, there is no evidence that whites are more likely proportionally to be the culprits than are members of other racial categories. In terms of interracial violent crime, whites both proportionally and in absolute numbers, are more likely, in comparison to both blacks and Hispanics, to be victims than perpetrators.
Why have we given up on the dream of Martin Luther King, Jr, that content of character rather than the color of our skins will arbitrate how we treat other individual Americans in a multiracial United States? And is the rejection of that vision the foundation of the new racism?
The Utility of Anti-Racism
What is driving this new antiracism racism? Cui bono? After all, a number of ethnic groups enjoy higher per capita income than whites. The number of white poor in absolute numbers is larger than any other impoverished minority group. The two most common interracial marriage profiles are white and Hispanic, and white and Asian.
For one thing, the new antiracism racialism is driven mostly by elite, white, progressive, careerists. Yet why, in white bastions like Silicon Valley or Manhattan, is there an explosion of elite private academies and a mass flight from the public schools? Is there real integration inside the nation’s richest and bluest ZIP codes, where support for public charter schools is low but high for teachers’ unions?
Medievalism offers some guidance. If a guilty party still wishes to enter woke heaven—or more mundanely to get a promotion or avoid being fired—but is reluctant to sacrifice his own privileged and tribal ways, he can still find cosmic recompense through the abstract: our version of a contractual endowment to the Church that once erased away usury or profligacy.
In other words, very privileged, very wealthy white people virtue signal anger over “white supremacy” as both a psychological and practical way of squaring the circle of their own largely unbothered separate and segregated lives. The irony is that by doing so, those with privilege castigate those without it.
By dreaming up an ever-growing vocabulary of clingers, deplorables, irredeemables, chumps, dregs, and Neanderthals for the white underclass, the elite—both black and white—squares the circle of owning an estate on the cliff above Martha’s Vineyard, or a D.C. mansion.
The Clintons, the Bidens, and the Obamas can live guilt-free and in splendor on the metaphorical barricades, faced off against the less virtuous, Bible-thumping, racist losers who never got with it and learned to code or follow the fracking rigs. This morality offset credit is the racial equivalent of the climate activist John Kerry’s carbon-spewing private jet, so necessary to ferry him from one green conference to another.
Call it exemption, penance, indulgence, or any other variety of medieval quid pro quo, but the white elite’s virtue signaling is as easy to spot as it is pretentious, opportunistic, and hypocritical.
Just as deploring whiteness or confessing to “unearned” privilege exempts the concrete behavior of white elites, so too does it exempt elite blacks from addressing existential crises in the black community that transcend white racism.
Or is it more troublesome than that? Do elites claim that it is racist to suggest the elite woke should at least channel some of their outrage and concern to the mass killing of the urban young (so often African American youth), the pandemic of fatherless black households and illegitimacy, and inordinate rates of criminality? Meghan Markle, as one of the new self-appointed voices of the oppressed, seems more fixated on royal insensitivities than she does on the soaring murder rate in Chicago.
There were other catalysts that shipwrecked the King dream and are supplanting it with Balkans-style tribalism and intersectional hatred. Under Barack Obama, the new idea of “diversity” came into its own. The old binary of white/black and the ecumenical effort to heal the legacy wounds of slavery, Jim Crow and de facto discrimination suddenly invited in a host of new participants, many of them with little record of discrimination, economic inequality, or historical grievance.
Diversity, in other words, redefined the victimized as those with a claim on non-whiteness and on the basis of superficial appearance expanded those with purported grievances from 12 percent of the population to over 30 percent.
Suddenly the impoverished undocumented Oaxacan, subject to years of maltreatment in his native Mexico, became a victim deserving American reparatory consideration the moment he crossed by his own volition into the United States.
So did the children of the multimillionaire Punjabi cardiologist, now dubbed “Asian” as if Indians, too, were indistinguishable from Japanese and Chinese-American who had experienced historical discrimination inside the United States. The Brazilian aristocrat, the one-third “this” and the one-eighth “that” brought millions into the equation, including Elizabeth Warren, Rachel Dolezal, Ward Churchill, Alec Baldwin’s wife, and legions of other socially constructed diverse people.
Class: The Forgotten, Ecumenical Divide
The explosive gains in bicoastal wealth in tech, corporations, entertainment, media, the professions, and sports increasingly rendered less important the connections between class and race. A LeBron James, by traditional class definitions, was a privileged near-billionaire elite who often shilled for the Chinese government—not a victimized truth-teller entrusted to lecture us about the pathologies of whiteness. So as the nonwhite were now often elites, racial identity became more, not less emphasized, to avoid the perception that prior racial victims were now class beneficiaries or even oppressors.
Soon some minorities began questioning the racial fides of other, usually more conservative Latinos and blacks—inventing all sorts of philological categories such as “white Hispanic” and “multiracial whites.” They were reminiscent of the old white racists of the past who had strained to detect “white blacks” who successfully passed into white society, and thereby threatened to expose the entire absurdity of racial castes. After claiming that race was not a construct but immutable, the Left began contextualizing and rebranding and re-cataloging Trump-voting Cubans, George Zimmerman, and any who did not meet their own benchmarks for racial authenticity.
Soon we were left with the silliness of multimillionaire CNN anchor Don Lemon pontificating, without evidence, that “the biggest terror threat in this country is white men, or the far richer, Colin Kaepernick, of mixed ancestry, raised by two white parents, and previously fined for using the N-word on the playing field, now scapegoating his athletic descent onto a white racist society that ruined his career, even as “it” enriched him beyond the imagination of 329 million other Americans.
There are inequalities in the United States. Many of them dovetail with racial differences. But 21st-century cause-and-effect remains unclear. And the chief dividing line in the age of bicoastal globalism is now class—the new-old word we dare not speak.
In truth, the Mexican American tractor driver in Gilroy has more in common with the white auto-mechanic, and both with the black truck driver, than any of the three has with the woke Jorge Ramos, Oprah Winfrey, Mark Zuckerberg, or the Antifa and Black Lives Matter hierarchy.

America is not a sinful racist mess, but a great experiment as the only multiracial, self-reflecting, and self-critical democracy in history that did not—yet—descend into tribal chaos and violence.Voir encore:

Le chantage (payant) de deux sénatrices à Joe Biden

Des élues démocrates menaçaient le président américain d’obstruction s’il ne prenait pas plus d’Asiatiques dans son gouvernement.
Julien Peyron
Le Point
27/03/2021

« Quand Joe Biden m’a demandé d’être sa colistière, il s’est engagé à choisir une administration qui ressemble à l’Amérique, qui reflète le meilleur de notre nation. » La confidence est de Kamala Harris, aujourd’hui vice-présidente des États-Unis. C’est ainsi que le futur président américain, descendant de migrants irlandais catholiques, est parvenu à convaincre cette fille d’un père jamaïcain et d’une mère indienne de figurer sur son « ticket ». À eux deux, ils ont incarné le camp des minorités américaines, marquant une rupture nette avec le mandat de Donald Trump, accusé par certains démocrates d’être le président des suprémacistes blancs.

Le plan a fonctionné, Joe Biden et Kamala Harris ont été élus à la Maison-Blanche. Les Noirs américains ont voté pour eux à près de 90 %, les latinos à plus de 65 % et les Asiatiques à 63 %. Ils ont su s’en souvenir au moment de nommer leurs conseillers et les membres du gouvernement. Le Sénat, qui doit confirmer un à un les membres de la future équipe du président, n’aura jamais vu passer autant de candidats issus de minorités. Une ministre de l’Intérieur amérindienne, un ministre de la Défense noir, un patron de la Sécurité intérieure d’origine cubaine, un ministre des Transports homosexuel, une sous-secrétaire à la Santé transgenre… Chaque minorité à son représentant dans cette administration arc-en-ciel, symbole du creuset américain, de sa diversité et de sa richesse.

Mais à vouloir servir tout le monde, on en oublie forcément quelques-uns. À tort ou à raison, les AAPI se sentent lésés. Derrière ce sigle sont regroupés les Américains ayant des origines asiatiques ou venant des îles du Pacifique (Asian Americans/Pacific Islanders). Les Asio-Américains sont au cœur des préoccupations depuis la tuerie d’Atlanta survenue le 16 mars. Ce jour-là, un homme tue huit personnes, dont six femmes asiatiques, dans des salons de massage de la grande ville de Géorgie. Bien qu’on ignore si les motivations de l’assaillant étaient racistes, la minorité asiatique américaine s’émeut et dénonce une recrudescence des attaques contre elle depuis le début de l’épidémie de Covid, appelé « virus chinois » par Donald Trump.

Risque de blocus

Victimes de préjugés raciaux, les Asio-Américains estiment qu’ils sont mal représentés dans les sphères du pouvoir, en particulier dans le gouvernement Biden. C’est la sénatrice de l’Illinois Tammy Duckworth, d’origine thaïlandaise, qui porte leur combat à Washington, bientôt rejointe par sa collègue de Hawaï, Mazie Hirono. Elles ont signifié à l’establishment démocrate leur refus de voter en faveur de tout nouveau prétendant qui ne serait pas asiatique. De quoi bloquer le processus de nomination au Sénat, puisque la chambre haute du Congrès est plus divisée que jamais depuis les élections de novembre 2020. Elle compte 50 élus démocrates et 50 républicains. Le camp Biden a besoin de faire le plein à chaque fois qu’il veut faire passer une loi ou qu’il souhaite faire valider la nomination d’un officiel.

Quand la Maison-Blanche fait valoir aux deux sénatrices que la vice-présidente Kamala Harris est d’origine indienne par sa mère, leur réponse est cinglante. « C’est insultant ! Diraient-ils aux Afro-Américains que Kamala Harris est noire et qu’il n’y a pas besoin d’autres Afro-Américains au sein de l’administration ? » Elles tiennent bon et leur chantage va fonctionner. Avant même d’avoir eu à voter contre leur camp, les deux sénatrices assurent avoir eu l’assurance que Joe Biden allait « faire monter des voix asiatiques » au sein du gouvernement fédéral. Le porte-parole de Tammy Duckworth s’est aussitôt réjoui de la bonne nouvelle : « Comme annoncé, nous ne bloquerons pas la route aux candidats du président Biden, qui comprendront donc davantage de leaders AAPI. »

5,5 % d’Asiatiques dans la population américaine

Sur les 23 membres désignés du cabinet Biden – tous ne sont pas encore confirmés – un seul est d’origine asiatique à ce jour : Katherine Tai, représentante au Commerce, qui a grandi à Taïwan et dont les deux parents sont chinois. Un sur 23, soit environ 4,5 % du cabinet, un nombre assez proche des 5,5 % que les Asiatiques pèsent au sein de la population américaine. Insuffisant pour les leaders d’AAPI. Mais en nommant un nouveau membre d’origine asiatique, le président américain fera passer cette proportion à 18 %… Quelle autre minorité montera alors au créneau en s’estimant sous-représentée ?

S’ils permettent de conforter chaque groupe, ces arrangements font peser un soupçon sur l’équipe Biden. Serait-elle davantage un casting politiquement correct qu’une équipe recrutée pour ses compétences ? Ironie de l’histoire, les Asio-Américains comptaient encore récemment sur une porte-drapeau dans l’équipe Biden. Neera Tanden, née de parents indiens, avait été désignée pour occuper la fonction importante de ministre du Budget. Mais d’anciens tweets polémiques retrouvés par la presse ont eu raison de sa candidature. Preuve qu’outre les origines ethniques, les opinions politiques comptent encore en Amérique.

Voir encore:

Bartolone sur la droite : « Ils veulent mettre l’Ile-de-France en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux »

REPORTAGE – Claude Bartolone a tenu, mercredi soir, son dernier meeting avant un second tour qui s’annonce très serré. Le socialiste et ses nouveaux alliés ont tenté de montrer une unité que la gauche n’a plus au niveau national.

Il y a les applaudissements automatiques des meetings de fin de campagne. Et puis il y a les embrassades et les sourires qu’on ne voyait plus à gauche ces derniers temps. « Ça sent bon », souffle Benoît Hamon dans les couloirs du palais des sports de Créteil pour le dernier meeting de Claude Bartolone. Ici, les socialistes croient de plus en plus à une victoire à l’arrachée dimanche face à Valérie Pécresse.

Pour ce second tour, Bartolone a réussi à rapidement rassembler la gauche. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu côte à côte cette gauche arc-en-ciel allant du chef du PCF Pierre Laurent à celui du PS Jean-Christophe Cambadélis en passant par Benoit Hamon, Christiane Taubira et finissant par les écolos Emmanuelle Cosse et Cécile Duflot. Tous sont là pour soutenir Claude Bartolone, le seul aujourd’hui à gauche à pouvoir rassembler une telle brochette quand le spectre du gouvernement, lui, s’est singulièrement réduit depuis le départ de Jean-Marc Ayrault. Assise au premier rang, Cécile Duflot immortalise l’instant avec son téléphone portable.

« Notre région, ils veulent la mettre en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux »

Dernier à parler, Bartolone s’en prend logiquement à son adversaire Valérie Pécresse. Le résultat s’annonce serré, aucun coup ne sera épargné. « Notre région, ils veulent la mettre en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux », attaque Bartolone qui plus largement pointe l’attitude de la droite.

« Que reste-t-il de leurs valeurs lorsque, sans cesse, sans cesse, ils font cette insupportable danse du ventre aux électeurs du FN à grands coups de ‘race blanche?' » demande-t-il avant de livrer sa réponse. « Cette droite n’a plus grand chose de républicain ». Comme s’il voulait donner des gages à ses alliés de gauche et s’éloigner de ces socialistes qui ne parlent que de redressement économique et de taux de croissance, Bartolone promet vouloir avant tout « donner du sens ». « Nous ne sommes pas des experts comptables en charge d’aligner des colonnes de dépenses à des colonnes de recettes », poursuit-il.

En début de soirée, après ce qui devait être un sketch de Gérald Dahan, le rappeur Rost prend le micro, glisse quelques mots sur les scores élevés du FN qui lui fond mal au coeur puis, le poing levé, se met à chanter Le temps des résistants. La salle pourtant remplie de socialistes se surprend à elle aussi lever le poing, comme au temps où la gauche n’était pas encore social-démocrate. Sur scène, les Yeux Noirs enchaînent et jouent une musique tzigane si entrainante que Cambadélis frétille pendant Jean-Paul Huchon s’adonne à quelques mouvements de air guitar avec en prime un subtil jeu d’épaule.

Gauche francilienne contre gauche nationale

Alors que les communistes et les écologistes ont fusionné avec la liste de Claude Bartolone, c’est à Pierre Laurent qu’est revenu le soin d’entamer le meeting. Jean-Luc Mélenchon veut incarner la gauche d’opposition au PS mais ce mercredi soir son partenaire au sein du Front entonne un autre chant : « Ensemble battre la droite ». Mais s’il souhaite une victoire de « la gauche » – Laurent ne va pas jusqu’à dire « de Bartolone » – le patron du PCF promet qu’il ne s’en tiendra pas là : « Lundi il faudra reconstruire la gauche », « il faudra se dire des choses, se dire des vérités, discuter des responsabilités des uns et des autres ».

Après Laurent, Cosse garde ce même équilibre. Soutien régional, critique nationale. « Si l’Etat a renoncé face aux lobbies à mettre de oeuvre l’écotaxe, nous le mettrons en Ile-de-France avec son juste nom : la pollutaxe », assène-t-elle. Visant, le gouvernement et singulièrement Manuel Valls bien qu’elle se garde de prononcer son nom, elle poursuit : « Le renoncement et l’autoritarisme ne sont pas des mots que conjuguent les Huchon, les Hidalgo, les Bartolone, les Laurent ». En somme, Cosse veut « faire de l’Ile-de-France le creuset d’une nouvelle gauche, qui tient ses engagements, qui n’a pas peur de son ombre ». Jusqu’à dimanche cette gauche avance unie. Lundi sera un autre jour.

Voir aussi:

Observatoire du journalisme

27 mars 2021

Une tuerie s’est déroulée mi-mars 2021 dans un supermarché à Boulder dans le Colorado (États-unis),10 personnes ont trouvé la mort dans cette tragédie. Les médias de grand chemin se jettent-ils sur l’occasion pour informer en fonction des faits ? Ou pour les déformer ? Sur les premières images, le tueur interpellé est blanc. Le massacre de 10 civils se transforme instantanément en un procès de l’homme blanc armé d’un fusil AR-15. Plusieurs personnalités politiques s’en donnent à cœur joie pour faire de la récupération. Et puis…

Homme, blanc, violent

Dans un premier temps, le meurtrier est blessé à la jambe puis interpellé par la police qui l’emmène. Toutes les caméras ne retiennent alors plus qu’une seule chose : le tueur est blanc. C’est l’information principale que décident de relayer plusieurs grands médias tels que RTL, 20 Minutes ou le Huffington Post et d’autres encore. Dès lors, Twitter va se déchaîner. Avalanche de tweets haineux pour dénoncer la violence de l’homme blanc.

Meena Harris, la nièce de Kamala Harris (vice-présidente des États-Unis) tweetait « Violent white men are the greatest terrorist threat to our country » (les hommes blancs violents sont la plus grande menace terroriste pour notre pays). Elle a par la suite rapidement supprimé son tweet.

Un journaliste de l’AFP du service « vérification des faits » avait également tweeté « He was only apprehended and not chocked or shot to death because he was not brown, black or muslim” (il a été appréhendé et non tué parce qu’il n’était pas brun, noir ou musulman).

Beaucoup d’autres tweets ont relayé que le tueur était un homme blanc et que s’il n’a pas été immédiatement abattu par la police c’était en vertu de sa couleur de peau.

Quelques jours plus tôt, en Géorgie, avait eu lieu une autre tuerie où un meurtrier blanc avait pris pour cible des femmes asiatiques dans leur salon de massage. Toute la presse avait crié au racisme mais le coupable, manifestement dérangé, déclarait qu’il souffrait « d’addiction sexuelle » et qu’il voyait ces salons de massage comme une tentation à éliminer.

Le tueur est un syrien musulman, Ahmad Al Aliwi Alissa

Certains médias surfent sur cette vague pour relancer la machine avec ce nouvel évènement macabre. Problème : le tueur est en réalité un Syrien musulman âgé de 21ans, anti-Trump, Ahmad Al Aliwi Alissa.

L’information est tombée comme un coup de tonnerre et a forcé quelques personnalités à réagir par rapport à ce qu’elles avaient d’abord dénoncé.

À titre d’exemple, la militante et écrivain américaine (Amy Siskind — sur Twitter) qui avait participé à la première vague de désinformation a déclaré, en apprenant le nom et la religion du tueur, qu’il ne fallait pas répandre cette nouvelle, ne pas lui faire de publicité. La publicité n’est en effet autorisée que si elle va dans le bon sens.

Beaucoup d’autres ont simplement arrêté de tweeter à ce sujet lorsqu’ils ne se sont pas simplement enfoncés dans le mensonge. À ce propos, le compte Tweeter de Caleb Hull est édifiant, ce militant républicain a relevé un bon nombre des tentatives de récupération et de désinformation au sujet de cette tragédie.

Le président des États-Unis, Joe Biden, s’est exprimé en appelant le congrès à agir « maintenant » pour limiter la circulation des armes à feu dans le pays. Biden sait bien qu’il n’a pas de majorité pour changer quoi que ce soit à ce sujet, il est douteux qu’il fasse mieux que ses prédécesseurs, mais il est de bon ton de dénoncer le peuple qui pourrait oser prendre la responsabilité de sa propre défense.

In fine, une information passe à la trappe au milieu de ce pugilat médiatique : les dix victimes de cet odieux carnage sont tous des blancs.

Voir de même:

When The Narrative Replaces The News
How the media grotesquely distorted the Atlanta massacres
Andrew Sullivan
Mar 19 2021

The massacres at three massage parlors in the Atlanta area this week, leaving eight human beings dead, others injured, and their families scarred, were horrifying. Read this deeply moving story about the son of one of the women killed to remind yourself of this. It’s brutal. The grief will spread and resonate some more.

But this story has also been deeply instructive about our national discourse and the state of the American mainstream and elite media. This story’s coverage is proof, it seems to me, that American journalists have officially abandoned the habit of attempting any kind of “objectivity” in reporting these stories. We are now in the enlightened social justice world of “moral clarity” and “narrative-shaping.”

Here’s the truth: We don’t yet know why this man did these horrible things. It’s probably complicated, or, as my therapist used to say, “multi-determined.” That’s why we have thorough investigations and trials in America. We only have one solid piece of information as to motive, which is the confession by the mass killer to law enforcement: that he was a religious fundamentalist who was determined to live up to chastity and repeatedly failed, as is often the case. Like the 9/11 bombers or the mass murderer at the Pulse nightclub, he took out his angst on the source of what he saw as his temptation, and committed mass murder. This is evil in the classic fundamentalist sense: a perversion of religion and sexual repression into violence.

We should not take the killer’s confession as definitive, of course. But we can probe it — and indeed, his story is backed up by acquaintances and friends and family. The New York Times originally ran one piece reporting this out. The Washington Post also followed up, with one piece citing contemporaneous evidence of the man’s “religious mania” and sexual compulsion. It appears that the man frequented at least two of the spas he attacked. He chose the spas, his ex roommates said, because he thought they were safer than other ways to get easy sex. Just this morning, the NYT ran a second piece which confirms that the killer had indeed been in rehab for sexual impulses, was a religious fanatic, and his next target was going to be “a business tied to the pornography industry.”

We have yet to find any credible evidence of anti-Asian hatred or bigotry in this man’s history. Maybe we will. We can’t rule it out. But we do know that his roommates say they once asked him if he picked the spas for sex because the women were Asian. And they say he denied it, saying he thought those spas were just the safest way to have quick sex. That needs to be checked out more. But the only piece of evidence about possible anti-Asian bias points away, not toward it.

And yet. Well, you know what’s coming. Accompanying one original piece on the known facts, the NYT ran nine — nine! — separate stories about the incident as part of the narrative that this was an anti-Asian hate crime, fueled by white supremacy and/or misogyny. Not to be outdone, the WaPo ran sixteen separate stories on the incident as an antiAsian white supremacist hate crimeSixteen! One story for the facts; sixteen stories on how critical race theory would interpret the event regardless of the facts. For good measure, one of their columnists denounced reporting of law enforcement’s version of events in the newspaper, because it distracted attention from the “real” motives. Today, the NYT ran yet another full-on critical theory piece disguised as news on how these murders are proof of structural racism and sexism — because some activists say they are.

Mass killers, if they are motivated by bigotry or hate, tend to let the world know:

The suspected attacker in Pittsburgh allegedly said he wanted to “kill Jews” while rampaging inside a synagogue. Police said the man charged with killing people at an El Paso Walmart told them that he was targeting “Mexicans” that day. And the man who massacred Black parishioners inside a Charleston church detailed his racist motivations at length.

This mass murderer in Atlanta actually denied any such motive, and, to repeat myself, there is no evidence for it — and that has been true from the very start. And yet, a friend forwarded me the note swiftly sent to students and faculty at Harvard, which sums up the instant view of our elite:

Many of us woke up yesterday to the horrific news of the vicious and deadly attack in Atlanta, the latest in a wave of increasing violence targeting the Asian, Asian-American, and Pacific Islander community … This violence has a history. From Chinese Exclusion to the nativist rhetoric amplified during the pandemic, anti-Asian hostility has deep roots in American culture.

And on and on. It was almost as if they had a pre-existing script to read, whatever the facts of the case! Nikole Hannah-Jones, the most powerful journalist at the New York Times, took to Twitter in the early morning of March 17 to pronounce: “Last night’s shooting and the appalling rise in anti-Asian violence stem from a sick society where nationalism has been stoked and normalized.” Ibram Kendi tweeted: “Locking arms with Asian Americans facing this lethal wave of anti-Asian terror. Their struggle is my struggle. Our struggle is against racism and White Supremacist domestic terror.”

When the cops reported the killer’s actual confession, left-Twitter went nuts. One gender studies professor recited the litany: “The refusal to name anti-Asianess [sic], racism, white supremacy, misogyny, or class in this is whiteness doing what it always does around justifying its death-dealing … To ignore the deeply racist and misogynistic history of hypersexualization of Asian women in this ‘explication’ from law enforcement of what emboldened this killer is also a willful erasure.”

In The Root, the real reason for the murders was detailed: “White supremacy is a virus that, like other viruses, will not die until there are no bodies left for it to infect. Which means the only way to stop it is to locate it, isolate it, extract it, and kill it.”

Trevor Noah insisted that the killer’s confession was self-evidently false: “You killed six Asian people. Specifically, you went there. Your murders speak louder than your words. What makes it even more painful is that we saw it coming. We see these things happening. People have been warning, people in the Asian communities have been tweeting, they’ve been saying, ‘Please help us. We’re getting punched in the street. We’re getting slurs written on our doors.’” Noah knew the killer’s motive more surely than the killer himself.

None of them mentioned that he killed two white people as well — a weird thing for a white supremacist to do — and injured a Latino. None pointed out that the connection between the spas was that the killer had visited them. None explained why, if he were associating Asian people with Covid19, he would nonetheless expose himself to the virus by having sex with them, or regard these spas as “safer” than other ways to have quick sex.

They didn’t because, in their worldview, they didn’t need to. What you see here is social justice ideology insisting, as Dean Baquet temporarily explained, that intent doesn’t matter. What matters is impact. The individual killer is in some ways irrelevant. His intentions are not material. He is merely a vehicle for the structural oppressive forces critical theorists believe in. And this “story” is what the media elites decided to concentrate on: the thing that, so far as we know, didn’t happe

But notice how CRT operates. The only evidence it needs it already has. Check out the identity of the victim or victims, check out the identity of the culprit, and it’s all you need to know. If the victims are white, they don’t really count. Everything in America is driven by white supremacist hate of some sort or other. You can jam any fact, any phenomenon, into this rubric in order to explain it.

The only complexity the CRT crowd will admit is multiple, “intersectional” forms of oppression: so this case is about misogyny and white supremacy. The one thing they cannot see are unique individual human beings, driven by a vast range of human emotions, committing crimes with distinctive psychological profiles, from a variety of motives, including prejudices, but far, far more complicated than that.

There’s a reason for this shift. Treating the individual as unique, granting him or her rights, defending the presumption of innocence, relying on provable, objective evidence: these core liberal principles are precisely what critical theory aims to deconstruct. And the elite media is in the vanguard of this war on liberalism.

This isn’t in any way to deny increasing bias against Asian-Americans. It’s real and it’s awful. Asians are targeted by elite leftists, who actively discriminate against them in higher education, and attempt to dismantle the merit-based schools where Asian-American students succeed — precisely and only because too many Asians are attending. And Asian-Americans are also often targeted by envious or opportunistic criminal non-whites in their neighborhoods. For Trump to give these forces a top-spin with the “China virus” made things even worse, of course. For a firsthand account of a Chinese family’s experience of violence and harassment, check out this piece.

The more Asian-Americans succeed, the deeper the envy and hostility that can be directed toward them. The National Crime Victimization Survey notes that “the rate of violent crime committed against Asians increased from 8.2 to 16.2 per 1000 persons age 12 or older from 2015 to 2018.” Hate crimes? “Hate crime incidents against Asian Americans had an annual rate of increase of approximately 12% from 2012 to 2014. Although there was a temporary decrease from 2014 to 2015, anti-Asian bias crimes had increased again from 2015 to 2018.”

Asians are different from other groups in this respect. “Comparing with Black and Hispanic victims, Asian Americans have relatively higher chance to be victimized by non-White offenders (25.5% vs. 1.0% for African Americans and 18.9% for Hispanics). … Asian Americans have higher risk to be persecuted by strangers … are less likely to be offended in their residence … and are more likely to be targeted at school/college.” Of those committing violence against Asians, you discover that 24 percent such attacks are committed by whites; 24 percent are committed by fellow Asians; 7 percent by Hispanics; and 27.5 percent by African-Americans. Do the Kendi math, and you can see why Kendi’s “White Supremacist domestic terror” is not that useful a term for describing anti-Asian violence.

But what about hate crimes specifically? In general, the group disproportionately most likely to commit hate crimes in the US are African-Americans. At 13 percent of the population, African Americans commit 23.9 percent of hate crimes. But hate specifically against Asian-Americans in the era of Trump and Covid? Solid numbers are not yet available for 2020, which is the year that matters here. There’s data, from 1994 to 2014, that finds little racial skew among those committing anti-Asian hate crimes. Hostility comes from every other community pretty equally.

The best data I’ve found for 2020, the salient period for this discussion, are provisional data on complaints and arrests for hate crimes against Asians in New York City, one of two cities which seem to have been most affected. They record 20 such arrests in 2020. Of those 20 offenders, 11 were African-American, two Black-Hispanic, two white, and five white Hispanics. Of the black offenders, a majority were women. The bulk happened last March, and they petered out soon after. If you drill down on some recent incidents in the news in California, and get past the media gloss to the actual mugshots, you also find as many black as white offenders.

This doesn’t prove much either, of course. Anti-Asian bias, like all biases, can infect anyone of any race, and the sample size is small and in one place. But it sure complicates the “white supremacy” case that the mainstream media simply assert as fact.

And, given the headlines, the other thing missing is a little perspective. Here’s a word cloud of the victims of hate crimes in NYC in 2020. You can see that anti-Asian hate crimes are dwarfed by those against Jews, and many other minorities. And when you hear about a 150 percent rise in one year, it’s worth noting that this means a total of 122 such incidents in a country of 330 million, of which 19 million are Asian. Even if we bring this number up to more than 3,000 incidents from unreported and far less grave cases, including “shunning”, it’s small in an aggregate sense. A 50 percent increase in San Francisco from 2019 – 2020, for example, means the number of actual crimes went from 6 to 9.

Is it worse than ever? No. 2020 saw 122 such hate incidents. In 1996, the number was 350. Many incidents go unreported, of course, and hideous comments, slurs and abuse don’t count as hate “crimes” as such. I’m not discounting the emotional scars of the kind of harassment this report cites. I’m sure they’ve increased. They’re awful. Despicable. Disgusting.

But the theory behind hate crimes law is that these crimes matter more because they terrify so many beyond the actual victim. And so it seems to me that the media’s primary role in cases like these is providing some data and perspective on what’s actually happening, to allay irrational fear. Instead they contribute to the distortion by breathlessly hyping one incident without a single provable link to any go this — and scare the bejeezus out of people unnecessarily.

The media is supposed to subject easy, convenient rush-to-judgment narratives to ruthless empirical testing. Now, for purely ideological reasons, they are rushing to promote ready-made narratives, which actually point away from the empirical facts. To run sixteen separate pieces on anti-Asian white supremacist misogynist hate based on one possibly completely unrelated incident is not journalism. It’s fanning irrational fear in the cause of ideological indoctrination. And it appears to be where all elite media is headed.

Voir par ailleurs:

Yseult : les angles morts de la nouvelle égérie progressiste
Louis Nadau
Marianne
17/02/2021

Sans minimiser les difficultés que la révélation féminine des dernières Victoires de la musique a pu rencontrer, il n’est pas interdit de demander d’où parle Yseult. Ni de souligner que son militantisme, communautaire et fondé sur la sacro-sainte subjectivité, tolère des angles morts assez fâcheux eu égard aux principes de la « déconstruction ».

« Le chemin est long en tant que femme noire, le chemin est long en tant que femme grosse, en tant que femme oubliée de la société, oubliée de la culture. » Au moment de recevoir sa récompense de révélation féminine de l’année samedi 13 février, lors de la 36ème cérémonie des Victoires de la musique, la chanteuse Yseult se lance, sans surprise, dans un discours engagé. La jeune artiste se vit en effet comme l’un des porte-étendard de la lutte contre les discriminations. « Le chemin est long et sinueux, mais on va y arriver. Ça mettra dix ans, ça mettra quinze ans, on ne veut pas nous laisser prendre l’ascenseur, il n’y a pas de souci, on est endurant, on va prendre les escaliers« , continue-t-elle.

S’adressant à ses amis présents dans le public clairsemé, eux aussi « racisés », elle conclut : « C’était important de faire cette victoire avec vous, d’être avec des personnes qui me ressemblent, qui sont comme moi, qui m’entendent et qui me comprennent, qui comprennent ma colère. Ma colère qui est légitime, notre colère est légitime, et j’aimerais que ce soir toute la France l’entende. » Que défend donc Yseult ? Épaulée par ses « sœurs » Adèle Haenel, Assa Traoré et Aïssa Maïga, la chanteuse reprend à son compte le vocabulaire et les notions utilisés par le mouvement intersectionnel. Yseult est « woke », éveillée aux enjeux d’une société qui opprimerait systématiquement ses minorités.

Rodage

Là où d’autres militantes s’appuient sur un bagage théorique riche et cohérent, la chanteuse est encore, de son propre aveu, en période de rodage. Ça se voit. Morceaux choisis de ce bingo progressiste : « Ma couleur de peau est politique, mes cheveux sont politiques, mon corps est politique, je n’ai donc pas le choix » – Gala le 23 janvier. « On dit ‘minorités’, mais en fait on est beaucoup. Je pense que même le mot minorités… On est minoritaire, mini, ça c’est vraiment quelque chose qui aujourd’hui me pique et m’intrigue beaucoup (…). Je pense qu’on devrait trouver un autre mot » – « 6 à la maison », le 25 novembre 2020. « Aujourd’hui je crois en la sororité, et je crois qu’il faut qu’on s’organise et qu’on aille en urgence dans une convergence des luttes, et qu’on crée une sorte de synergie pour tout péter » – « Clique », le 7 février dernier.

Si on pardonnera volontiers cette candeur à une chanteuse dont le débat d’idées n’est pas le métier, la sortie d’Yseult aux Victoires de la musique, même pour un spectateur n’ignorant rien de la réalité des phénomènes racistes, sexistes et discriminants, mérite tout de même qu’on s’y attarde. Notamment compte tenu de ses états de service : ancienne finaliste de la Nouvelle Star signée chez Universal, fondatrice de son propre label après le four de son premier album, compositrice pour Jenifer et Chimène Badi, première partie d’Angèle et, finalement, lauréate à 26 ans d’une première Victoire de la musique. On a vu pire chemin de croix. Si bien que, sans minimiser les difficultés qu’elle a pu rencontrer, il n’est pas interdit de demander d’où parle la camarade Yseult. Ni de souligner que son militantisme dans l’ère du temps, communautaire et fondé sur la sacro-sainte subjectivité, tolère des angles morts assez fâcheux eu égard aux principes de la « déconstruction ».

Singularité

Force est de constater qu’il existe une disjonction entre le discours victimaire qui jalonne la carrière d’Yseult d’une part, et son succès au sein de l’industrie musicale d’autre part. Industrie à ce point oppressive et raciste qu’elle a nommé – peut-être pour se donner bonne conscience – trois femmes noires aux Victoires de la musique : Aya Nakamura, Lous and the Yakuza et Yseult. On nous rétorquera que Nakamura et Lous sont les exceptions, qu’Yseult a raison de s’engager en faveur de ceux que le racisme et le sexisme priveraient de carrière. Certes, mais à l’heure où le récit de soi et la mise en scène de sa singularité sont devenus des dimensions incontournables de la communication d’un artiste, c’est bien de sa personne dont parle constamment Yseult.

Dès 2015, cette dernière imputait sa défaite en finale du télé-crochet Nouvelle Star à la société, plutôt qu’au talent de son adversaire ou à ses propres défauts : « On n’accepte pas encore les différences des gens. Malheureusement, je suis noire, malheureusement, je suis très forte corporellement« , expliquait-elle. Cinq ans plus tard, ces questions identitaires agitaient toujours Yseult. Interrogée dans l’émission de France 5 6 à la maison, elle expliquait : « Je pense que quand on est unique – parce que je n’ai plus envie de dire qu’on est différent -, ça gêne, ça intrigue, ça provoque, ça excite. C’est vrai que si je dois parler en tant que femme noire, en tant que femme grosse, c’est difficile de faire abstraction de tout ça, parce qu’on est noire et on est grosse et on est unique du lundi au lundi.« 

Mais est-ce encore la société qui impose ce regard sur elle-même à Yseult, ou est-ce Yseult qui se présente au monde à travers ce prisme ? On l’a vu, le discours de la chanteuse manque de cohérence, et il est difficile de trancher la question en se fondant sur ses déclarations. Le 7 févier sur Canal +, elle affirmait tantôt qu’il fallait « qu’on arrête de parler de nous comme des victimes« , tantôt « qu’on arrête de s’acharner sur nous, et qu’on arrête de nous chier dessus« . « On demande du respect, on demande surtout de l’empathie« , insistait-elle.

Que la chanteuse ait souffert du regard des autres, comme tant et tant d’adolescents, est une première chose. Qu’Yseult ait subi le racisme, la grossophobie et le sexisme, c’en est une deuxième. C’est à elle de le dire, de la manière la plus circonstanciée possible, étant donnée la gravité des faits. Il y a toutefois une troisième dimension dans ses propos, directement déduite des deux précédentes : l’idée, pourtant démentie par l’expérience, selon laquelle « on ne v[oudrait] pas nous laisser prendre l’ascenseur » – comprendre : parce que « nous » sommes femmes, noires ou grosses.

Fierté

C’est ainsi que le décalage entre le parcours d’Yseult et le discours « woke » qu’elle porte maladroitement se révèle cruellement : alors qu’il n’y a de vérité que celle du « je » aux yeux de certains militants, la jeune femme, bien qu’elle se décrive en « oubliée de la culture », n’a pas vraiment de quoi se plaindre personnellement en terme d’intégration sociale. Ce qui ne l’empêche pas de le faire, comme dans Clique, le 7 février dernier : « Je ne vais pas bien. Je ne me sens pas bien parce que j’ai l’impression d’être une sorte de vieille âme, et d’être une personne qui est hypersensible et consciente de tout ce qui se passe, des maux de notre société, de l’univers, de tout, et que pour une personne comme moi c’est hyper compliqué de me contrôler émotionnellement (…)« , se lamentait-elle lors d’un long monologue.

Au-delà de ces belles envolées, il y a bien sûr une forme de marketing communautaire, venant d’une artiste pour qui chanter ne suffit plus : comme Beyoncé, il faut devenir une icône. « I’m fucking black, fat, beautiful, and I’m confident, and I’m proud of it, bitch !« , lançait-elle ainsi le 5 février dernier dans la « boîte à questions » de Canal +. A Gala, elle déclarait : « Mon objectif, en toute humilité, est de tenter de créer de nouvelles références pour ma communauté. Dans l’art, comme dans tout le milieu culturel d’ailleurs, les noirs sont toujours représentés de la même manière.« 

Yseult n’échappe pas d’ailleurs à quelques contradictions sur ce sujet : alors qu’une bonne partie de son œuvre parle de son identité et des traumatismes qui y sont liés, elle refuse catégoriquement cette grille de lecture. Oui, son EP s’appelle Noir, oui, sa pochette montre « ses trois bourrelets » – dixit l’intéressée – en gros plan, oui le refrain de la chanson éponyme est « noire et fière de l’être, ça c’est toute ma life« , et oui, son clip montre un homme noir tenant dans ses bras un enfant noir, mais non, il ne faut y voir aucun message : « Moi j’en ai marre qu’on voit comme un symbole le fait de mettre plusieurs danseurs noirs. Pour moi ce n’est pas un symbole, c’est normal. J’ai pas fait ce clip en mode ‘vous allez voir’ (…)« , assurait-elle dans Clique en novembre 2019.

On pourrait applaudir ces propos universalistes, s’ils n’étaient pas totalement contradictoires avec le reste de la démarche d’Yseult. « Moi je veux que les gens le voient comme ça, parce que quand c’est le contraire, il n’y a pas le délire de : ‘Alors du coup c’est un homme blanc avec un enfant blanc. C’est un statement ce qui se passe.’ On aura jamais ce genre de question« , avance la jeune femme. On se demande tout de même comment les médias accueilleraient un artiste chantant « blanc et fier de l’être, ça c’est toute ma life ».

Privilèges

Loin d’envisager qu’elle ait pu bénéficier d’un effet pervers de rattrapage dans l’industrie audiovisuelle et musicale, Yseult brandit sans cesse son CV d’opprimée (et fière de l’être, donc) : « Moi j’avoue que dans ma carrière – maintenant ça va faire huit ans – on m’a toujours reproché quelque chose, c’est mon culot. (…) Autour de moi, on ne comprenait pas pourquoi j’avais cette aigreur, cette rage, cette frustration. Dans mon combat, on est tous sur la ligne de départ, mais dans notre parcours, il y a des embûches. Moi y’a du béton, y’a de l’eau, y’a des trous, et pour d’autres, il n’y a pas tout ça« , se plaignait-t-elle déjà dans 6 à la maison. Rappelons au passage que certains, aussi talentueux qu’Yseult, passent une vie à chanter sans percer.

« Je pense qu’il faut aussi reconnaître ses privilèges, et au-delà de ses privilèges, faut aussi aider ceux qui n’ont pas les mêmes privilèges« , concluait Yseult, reprenant à son compte une notion selon laquelle ceux qui bénéficient d’une situation normale dans un Etat de droit – ne pas subir de discrimination en raison de son sexe ou de sa couleur de peau – jouiraient d’un avantage indu. On pourrait toutefois inviter la chanteuse à faire son propre examen de conscience, en la renvoyant au point aveugle de l’immense majorité de ses prises de parole publique : les inégalités économiques. Eh oui, revoilà la lutte des classes. Et Yseult se classe indéniablement du côté des dominés.

Fille d’un cadre supérieur chez Land Rover, Yseult a passé sa scolarité dans le privé, à Agen. « Matériellement, je n’ai pas à me plaindre, mon père gagnait beaucoup d’argent. On changeait de voiture tous les deux jours, on me conduisait à la maternelle en Mercedes. Ma mère s’achetait des sacs griffés« , racontait-elle en 2015 dans un entretien au magazine suisse Femina. Une enfance plus que confortable, marqué par des voyages en Jamaïque, aux Etats-Unis, en Indonésie, ou encore à Cuba.

En 2019, lors de son premier passage dans l’émission Clique de Canal +, elle affirmait : « Qu’on soit ou pas dans la musique, on court après les thunes. C’est tellement fatiguant. Payer son loyer, on a des enfants, faut les nourrir, faut les machin et tout. Moi y’a que aujourd’hui, depuis que j’ai 25 ans, que je me dis : ‘Mince, donc ma mère elle a vécu tout ça ? Mon père, c’était pour ça ?’ » Certains n’attendent pas 25 pour prendre conscience de ces réalités sociales, mais ceux-là ne semblent pas prioritaires aux yeux d’Yseult.

« La discrimination est partout et touche tout le monde, que l’on soit une femme noire ou blanche, que l’on soit trans, bi, gay, lesbienne, etc.« , professait Yseult dans Gala dernier. Les pauvres, eux, brillent par leur absence, y compris lorsque la chanteuse explique « qu’il faut tendre vers une convergence des luttes« , « que l’on s’allie tous et toutes afin de combattre notre ennemi qui au final nous est commun, celui que je nommerais l’intolérant« . Profiteurs et exploiteurs peuvent donc dormir tranquilles.

Il faut éplucher le fil Twitter d’Yseult pour trouver, à l’égard des pauvres, une once de « l’empathie » qu’elle réclamait pour elle-même à corps et à cri sur le plateau de Clique le 7 février. En quelques mois, on le trouve sur une seule mention, qui remonte au 30 janvier de cette année. « Je pense à ceux et celles qui n’arrive pas à s’en sortir financièrement durant cette période qui est extrêmement difficile sincèrement je pense très très très très très fort à vous courage et force« , écrivait-elle. Il n’est jamais trop tard pour s’y mettre.

Voir enfin:

David Shor on Why Trump Was Good for the GOP and How Dems Can Win in 2022
Eric Levitz
The Intelligencer
Mar. 3, 2021

In the United States, every season is campaign season. Four months after America last went to the polls, Democrats are still refining their autopsies of the 2020 race and already governing with an eye toward the 2022 midterms.Meanwhile, on the other side of the aisle, Republicans are trying to figure out just how firm Donald Trump’s grip on their party really is — and debating whether that grip should be stronger or weaker. 

To gain some insight into these matters, Intelligencer turned to our favorite socialist proponent of ruthlessly poll-driven campaigning, David Shor. A veteran of the 2012 Obama campaign, Shor is currently head of data science at OpenLabs, a progressive nonprofit. We spoke with him last week about how his analysis of the 2020 election has changed since November, what Democrats need to do to keep Congress after 2022, and why he thinks the Trump era was great for the Republican Party (in strictly electoral terms).

What are the most important things you’ve learned about the 2020 election between the last time we spoke and today?

What’s changed since November is that we now have individual-level vote-history data in a bunch of states. And we also have a lot more precinct-level data. And people have had more time to run surveys. So the picture has gotten clearer.

One high-level takeaway is that the 2020 electorate had a very similar partisan composition to the 2016 electorate. When the polls turned out to be wrong — and Trump turned out to be much stronger than they predicted — a lot of people concluded that turnout models must have been off: Trump must have inspired higher Republican turnout than expected. But that looks wrong. It really seems like the electorate was slightly more Democratic than it had been in 2016, largely due to demographic change (because there’s such a large partisan gap between younger and older voters, every four years the electorate gets something like 0.4 percent more Democratic just through generational churn). So Trump didn’t exceed expectations by inspiring higher-than-anticipated Republican turnout. He exceeded them mostly through persuasion. A lot of voters changed their minds between 2016 and 2020.

At the subgroup level, Democrats gained somewhere between half a percent to one percent among non-college whites and roughly 7 percent among white college graduates (which is kind of crazy). Our support among African Americans declined by something like one to 2 percent. And then Hispanic support dropped by 8 to 9 percent. The jury is still out on Asian Americans. We’re waiting on data from California before we say anything. But there’s evidence that there was something like a 5 percent decline in Asian American support for Democrats, likely with a lot of variance among subgroups. There were really big declines in Vietnamese areas, for example. Anyway, one implication of these shifts is that education polarization went up and racial polarization went down.

In other words, a voter’s level of educational attainment — whether they had a college degree — became more predictive of which party they voted for in 2020 than it had been in 2016, while a voter’s racial identity became less predictive?

Yeah. White voters as a whole trended toward the Democratic Party, and nonwhite voters trended away from us. So we’re now somewhere between 2004 and 2008 in terms of racial polarization. Which is interesting. I don’t think a lot of people expected Donald Trump’s GOP to have a much more diverse support base than Mitt Romney’s did in 2012. But that’s what happened.

Does the available data give us any insight into why? Do you have any sense what was behind the large rightward shift among Hispanic voters?

One important thing to know about the decline in Hispanic support for Democrats is that it was pretty broad. This isn’t just about Cubans in South Florida. It happened in New York and California and Arizona and Texas. Really, we saw large drops all over the country. But it was notably larger in some places than others. In the precinct-level data, one of the things that jumps out is that places where a lot of voters have Venezuelan or Colombian ancestry saw much larger swings to the GOP than basically anywhere else in the country. The Colombian and Venezuelan shifts were huge.

One of my favorite examples is Doral, which is a predominantly Venezuelan and Colombian neighborhood in South Florida. One precinct in that neighborhood went for Hillary Clinton by 40 points in 2016 and for Trump by ten points in 2020. One thing that makes Colombia and Venezuela different from much of Latin America is that socialism as a brand has a very specific, very high salience meaning in those countries. It’s associated with FARC paramilitaries in Colombia and the experience with President Maduro in Venezuela. So I think one natural inference is that the increased salience of socialism in 2020 — with the rise of AOC and the prominence of anti-socialist messaging from the GOP — had something to do with the shift among those groups.

As for the story with Hispanics overall, one thing that really comes out very clearly in survey data that we’ve done is that it really comes down to ideology. So when you look at self-reported ideology — just asking people, “Do you identify as liberal, moderate, or conservative” — you find that there aren’t very big racial divides. Roughly the same proportion of African American, Hispanic, and white voters identify as conservative. But white voters are polarized on ideology, while nonwhite voters haven’t been. Something like 80 percent of white conservatives vote for Republicans. But historically, Democrats have won nonwhite conservatives, often by very large margins. What happened in 2020 is that nonwhite conservatives voted for Republicans at higher rates; they started voting more like white conservatives.

And so this leads to a question of why. Why did nonwhite voters start sorting more by ideology? And that’s a hard thing to know. But my organization, and our partner organizations, have done extensive post-election surveys of 2020 voters. And we looked specifically at those voters who switched from supporting Hillary Clinton in 2016 to Donald Trump in 2020 to see whether anything distinguishes this subgroup in terms of their policy opinions. What we found is that Clinton voters with conservative views on crime, policing, and public safety were far more likely to switch to Trump than voters with less conservative views on those issues. And having conservative views on those issues was more predictive of switching from Clinton to Trump than having conservative views on any other issue-set was.

This lines up pretty well with trends we saw during the campaign. In the summer, following the emergence of “defund the police” as a nationally salient issue, support for Biden among Hispanic voters declined. So I think you can tell this microstory: We raised the salience of an ideologically charged issue that millions of nonwhite voters disagreed with us on. And then, as a result, these conservative Hispanic voters who’d been voting for us despite their ideological inclinations started voting more like conservative whites.

Are these problems with Democratic positioning or with “disinformation”? Obviously, Joe Biden didn’t campaign on police abolition and worker control of the means of production. So there was a disconnect between the reality of the party’s platform and how it was perceived. Closing that gap, through a “Latino Anti-Disinformation Lab,” appears to be a focus of Democrats’ postelection efforts to fix their problem with Hispanic voters. Does that make sense as a path forward?

I’d say this: The decline that we saw was very large. Nine percent or so nationwide, up to 14 or 15 percent in Florida. Roughly one in ten Hispanic voters switched their vote from Clinton to Trump. That is beyond the margin of what can plausibly be changed by investing more in Spanish media. And I don’t think a shift that large can be plausibly attributed to what was said in WhatsApp groups or not buying enough in YouTube ads. I think the problem is more fundamental.

Over the last four years, white liberals have become a larger and larger share of the Democratic Party. There’s a narrative on the left that the Democrats’ growing reliance on college-educated whites is pulling the party to the right (Matt Karp had an essay on this recently). But I think that’s wrong. Highly educated people tend to have more ideologically coherent and extreme views than working-class ones. We see this in issue polling and ideological self-identification. College-educated voters are way less likely to identify as moderate. So as Democrats have traded non-college-educated voters for college-educated ones, white liberals’ share of voice and clout in the Democratic Party has gone up. And since white voters are sorting on ideology more than nonwhite voters, we’ve ended up in a situation where white liberals are more left wing than Black and Hispanic Democrats on pretty much every issue: taxes, health care, policing, and even on racial issues or various measures of “racial resentment.” So as white liberals increasingly define the party’s image and messaging, that’s going to turn off nonwhite conservative Democrats and push them against us.

When you say that white liberals are to the left of the typical Black Democrat on racial issues, how much does that depend on the definition of a racial issue? For example, one policy fight that often pits the interests of white liberal Democrats against those of the Black working class is housing and school integration. There are a lot of highly educated, white, liberal areas — full of “Black Lives Matter” lawn signs — which nevertheless oppose affordable-housing projects or school-redistricting plans that would bring less wealthy, less white students to their kids’ classrooms. The white liberals who oppose efforts to end de facto segregation may know the enlightened answer to abstract questions about the nature of racial inequality, but I’m not sure that puts them to the left of nonwhite voters on racial issues, properly defined. 

Yeah, no, absolutely. White liberals do give more progressive responses across a wide battery of traditional racial resentment questions like, “Do you believe that the reason why African Americans can’t get ahead is due to discrimination or due to other factors?” But I think it’s important to put “racial resentment” in quotes whenever you talk about it. I’m not claiming that white liberals are somehow less racist than people of color, to the extent that question even makes sense. And I do think if you asked about affirmative action and inclusionary zoning, rather than these more abstract questions that political scientists use for measuring racial resentment, you could find a different breakdown.

But I think the split on those abstract questions captures something real. In liberal circles, racism has been defined in highly ideological terms. And this theoretical perspective on what racism means and the nature of racial inequality have become a big part of the group identity of college-educated Democrats, white and nonwhite. But it’s not necessarily how most nonwhite, working-class people understand racism.

How do they differ? 

I don’t think I can answer that comprehensively. But if you look at the concrete questions, white liberals are to the left of Hispanic Democrats, but also of Black Democrats, on defunding the police and those ideological questions about the source of racial inequity.

Regardless, even if a majority of nonwhite people agreed with liberals on all of these issues, the fundamental problem is that Democrats have been relying on the support of roughly 90 percent of Black voters and 70 percent of Hispanic voters. So if Democrats elevate issues or theories that a large minority of nonwhite voters reject, it’s going to be hard to keep those margins. Because these issues are strongly correlated with ideology. And Black conservatives and Hispanic conservatives don’t actually buy into a lot of these intellectual theories of racism. They often have a very different conception of how to help the Black or Hispanic community than liberals do. And I don’t think we can buy our way out of this trade-off. Most voters are not liberals. If we polarize the electorate on ideology — or if nationally prominent Democrats raise the salience of issues that polarize the electorate on ideology — we’re going to lose a lot of votes.

Don’t these ideological self-descriptions carry similar definitional problems as “racial resentment”? Most voters may not identify as liberals. But judging from opinion polls, most voters do reject the lion’s share of the conservative movement’s governing priorities. In Congress, a “conservative” is typically a lawmaker who supports tax cuts for the rich and funding cuts for Medicaid, while opposing a higher minimum wage and another round of stimulus checks. Those are all extremely unpopular positions. 

Absolutely.

It seems important then to get clarity on what these ideological labels do and don’t mean. If taken at face value, the data looks pretty ominous for Democrats: They’ve built a coalition premised on overwhelming support from these nonwhite groups, but that support was rooted in historically contingent social conditions — not substantive agreement — and now those conditions are eroding, clearing the way for an emerging “conservative” majority. On the other hand, if you look at the polling of the biggest policy debates in Congress over the past eight years, you might conclude that there’s a natural liberal majority in this country and that the GOP is the party whose coalition is an “unnatural” agglomeration of groups held together by accidents of history.

I agree with everything you said. I do think that liberals sometimes take the ambiguities of ideology too far. A lot of progressives insist that ideological self-identification means nothing. And we know that isn’t true. One of the big patterns of the last 40 years is that ideological self-description has become increasingly correlated with partisanship and increasingly correlated to views on issues.

But there is still a large universe of policy questions — mostly economic but not exclusively — where a large majority of the public agrees with us. A $15 minimum wage polls above 60 percent; that couldn’t happen without a lot of “moderates” and “conservatives” supporting the policy. What I take from that is: Ideological polarization is a dead end. If we divide the electorate on self-described ideology, we lose — both because there are more conservatives than liberals and because conservatives are structurally overrepresented in the House, Senate, and Electoral College. So the way we get around that is by talking a lot about progressive goals that are not ideologically polarizing, goals that we share with self-described conservatives and moderates. Even among nonwhite voters, those tend to be economic issues. In test after test that we’ve done with Hispanic voters, talking about immigration commonly sparks backlash: Asking voters whether they lean toward Biden and Trump, and then emphasizing the Democratic position on immigration, often caused Biden’s share of support among Latino respondents to decline. Meanwhile, Democratic messaging about investing in schools and jobs tended to move Latino voters away from Trump.

Is that primarily a function of the fact that the marginal Hispanic voter — the one who’s least attached to the Democratic Party — is to the right of the typical Hispanic voter? Like, it isn’t the case that a majority of Hispanic voters respond negatively to immigration messaging, is it?

No. I mean, Hispanic voters are more liberal on immigration than white voters. But I think that, for one thing, the extent to which Hispanic voters have liberal views on immigration is exaggerated. If you look at, for example, decriminalizing border crossings, that’s not something that a majority of Hispanic voters support. Pew’s done a lot of polling on immigration reform, and if you ask things like, “Should we deport the undocumented population, should we give them a path to permanent residency, or should we give them a path to citizenship?” citizenship only gets a little over 50 percent support among Hispanic voters. So I think liberals really essentialize Hispanic voters and project views about immigration onto them that the data just doesn’t support.

Now, how we should campaign and what we should do once in office are different questions. Our immigration system is a humanitarian crisis, and we should do something about that. But the point of public communication should be to win votes. And the way that you do that is to not trigger ideological polarization.

What’s your (way too early) assessment of Democrats’ odds of retaining Congress after the midterm? What do they need to achieve, in statistical terms, to pull that off? And then, from a substantive point of view, are there things that they can do in office to make hitting those marks easier?

As a baseline, midterms are usually very bad for the party in power. In the past 70 years, the incumbent party has gained seats in the House and Senate maybe once or twice. The last one was in 2002. The regularity of how bad midterm environments are for the president’s party is one of the most striking findings in political science. Generally speaking, over the last 30 to 40 years, the party that controls the presidency gets about 47 percent of the vote nationwide. Add in the fact that the House already has a fairly substantial pro-Republican bias — the median House seat is something like three points to the right of the country overall — it means that in the base scenario, Democrats are headed for near-certain doom. If we replicate the GOP’s post-9/11, 2002 midterm performance, we have a chance. If we replicate the second-best presidential-party midterm from the past 40 years, we lose.

The good news is that there’s a strong case for thinking this time might be different. I’m not a macroeconomist, but it seems like Joe Biden might preside over a post-corona economic boom. Already, Biden’s approval rating is very strong. The best predictor of how a midterm is going to shake out is how popular the president is. So, for now, everything looks about as good as you could hope for.

But we have no margin for error. If we conduct ourselves the way we did after 2008, we’re definitely going to lose. And due to the way that our electoral system works, we really could be locked out of power for a very long time, just like we were after 2010. So that means the need for messaging discipline is stronger than ever. But keeping the national conversation focused around popular economic issues probably won’t be enough. Since the maps in the House of Representatives are so biased against us, if we don’t pass a redistricting reform, our chance of keeping the House is very low. And then the Senate is even more biased against us than the House. So, it’s also very important that we add as many states as we can. Currently, even if we have an exceptionally good midterm, the most likely outcome is that we lose one or two Senate seats. And then, going into 2024, we have something like seven or eight Democrats who are in states that are more Republican than the country overall. Basically, we have this small window right now to pass redistricting reform and create states. And if we don’t use this window, we will almost certainly lose control of the federal government and not be in a position to pass laws again potentially for a decade. In terms of putting numbers on things, I think that if we implemented D.C. and Puerto Rican statehood and passed redistricting reform, that would roughly triple our chance of holding the House in 2022 and roughly the same in the Senate. The fact that it’s possible to triple those odds is a testament to how bleak the baseline case is. So we need to pass those reforms and we need Biden to remain popular. If his approval rating is below 50 by the end of the year, we’re probably fucked.

Is there a tension between those two imperatives? In the past, I’ve heard you talk a lot about “thermostatic” public opinion — how voters tend to move right when Democrats are in power, and left when Republicans are in power, and generally display a bias toward the status quo and against policy change. Could adding multiple states to the Union, and changing the way that we go about allocating House representation — specifically in a manner that diminishes the influence of white, rural voters — spur thermostatic backlash? And if so, could maintaining Biden’s current approval, and implementing the reforms necessary for Democrats to stay competitive at the congressional level, present an irresolvable dilemma?

I can’t claim to know exactly what the electoral effects would be of doing these things. But all of the polling I’ve seen suggests that things like HR 1 and adding states are above water. They’re not as popular as a lot of economic issues, but they’re above 50 percent. Electoral backlash doesn’t typically come from doing things that poll at 53 or 54 percent. It comes from doing things that poll at 30 or 40 percent. And so I think that the downside of this stuff is low. I think the level of voter interest in procedural issues is low. If we lived in a world where voters punished politicians for playing procedural hardball, we would have a lot fewer Republicans in office.

And actually, in some ways, pursuing procedural reforms that don’t concern voters much — but which do get the other party all worked up — could be electorally beneficial. If you can get the other party to talk about something that voters don’t care about, that’s good. People don’t always think about media attention as a fixed quantity. But it is. To the extent that the coronavirus impacted the 2020 election, I think one positive political effect it had for Democrats was that whenever the media was talking about the coronavirus, they weren’t talking about Hunter Biden or immigration. And I think that kind of blocked Republicans from creating and inserting wedge issues. If Republicans decide to make 2022 into a referendum on independent redistricting, that will eat up space that could have otherwise gone to effective attacks. We should dare them to do it.

We talked a lot about the rightward drift of Hispanic voters in 2020. But the other big change was a leftward shift among college-educated whites. Understanding the cause of that shift seems pretty important. If these college-educated voters were primarily rejecting Donald Trump, Democrats might not be able to count on their support in 2022 and beyond.

Yeah, it’s a great question. Let’s start with numbers: In 2016, non-college-educated whites swung roughly 10 percent against the Democratic Party. And then, in 2018, roughly 30 percent of those Obama-Trump voters ended up supporting Democrats down ballot. In 2020, only 10 percent of Obama-Trump voters came home for Biden.

So I think what this shows: There is a long-term trend of increasing education polarization here and in every other country in the West. But the fact that education polarization declined significantly in 2018 — when Trump wasn’t on the ballot — and picked up again in 2020 suggests that Trump is personally responsible for a significant portion of America’s education polarization. I think that there’s a really strong case that this transition was specifically about Donald Trump.

A lot of people theorized that we first alienated Obama-Trump voters during the fight over comprehensive immigration reform and that their rightward movement was already apparent in 2014. But if you actually look at panel data, it seems really clear that these people didn’t start identifying as Republicans until Trump won the GOP nomination. I think there’s a very strong empirical argument that Donald Trump was the main driver of the polarization we’ve seen since 2016. He just personally embodies this large cultural divide between cosmopolitan college-educated voters and a large portion of non-college-educated voters. Those divides take a lot of different forms: attitudes toward race, attitudes toward gender, opinions on what kinds of things you’re allowed to say, or how you should conduct yourself. And you know, as Trump became the nominee, and as the media made politics the Donald Trump Show for the last four years, that led to increasing political polarization on attitudes toward Donald Trump specifically. I think the reason why we saw less education-based voting in 2018 is that Trump was a smaller part of the media environment than he had been in 2016 or would be in 2020.

Looking ahead to 2022, and just thinking about the next four years, the big question is how much is Donald Trump going to shape media coverage of the Republican Party or the Republican Party’s own branding? And I don’t know the answer to that question. If Trump fades out of the spotlight, I’d expect some level of education depolarization, particularly if Democrats show ideological discipline.

That speaks to a question I’ve been mulling for a while. During the 2016 campaign, Vox developed this concept of “the Trump Tax,”which was a measure of the electoral penalty that Republicans were paying for picking the most unpopular nominee in polling history. Basically, it took a “fundamentals” model of how one would expect a Republican presidential candidate to perform, given economic conditions and other background factors, and then measured how much lower Trump’s support was than that. And yet, while Trump remained historically unpopular in office, he also helped the GOP increase its structural advantages at every level of government. So I’ve long wondered: Was Donald Trump’s unpopularity with the general public more detrimental to the Republican Party than his gift for deepening education polarization was valuable? 

So, in 2016, Hillary Clinton got 51.1 percent of the two-party vote. Obama got 52 percent in 2012. In just about any other country, retaining 51.1 percent support would have been enough to keep power. But in this country, between 2012 and 2016, the Electoral College bias changed from being one percent biased toward Democrats to 3 percent biased toward Republicans, mainly because of education polarization. So Donald Trump is unpopular. And he does pay a penalty for that relative to a generic Republican. But the voters he’s popular with happen to be extremely efficiently distributed in political-geography terms.

Imagine Hillary Clinton had run against Marco Rubio in 2016. Rubio is a less toxic figure to the public as a whole, so let’s say he performed as a generic Republican would have been expected to, and Hillary Clinton’s share of the two-party vote fell to 49.6 percent. If she had maintained Obama’s coalition — if her 49.6 percent had the same ratio of college-to-non-college-educated voters as Obama had in 2012 — she would have won that election. And then, if you look at the implications that would have had down-ballot, especially in the Senate, Republicans would have been a lot worse off with a narrow majority coalition — that had a Romney-esque split between college and non-college voters — than they were with the Trump coalition.

So I think the Trump era has been very good for the Republican Party, even if they now, momentarily, have to accept this very, very, very thin Democratic trifecta. Because if these coalition changes are durable, the GOP has very rosy long-term prospects for dominating America’s federal institutions.

The question is: Can they get all of the good parts of Trumpism without the bad parts? And I don’t know the answer to that question. But when I look at the 2020 election, I see that we ran against the most unpopular Republican ever to run for president — and we ran literally the most popular figure in our party whose last name is not Obama — and we only narrowly won the Electoral College. If Biden had done 0.3 percent worse, then Donald Trump would have won reelection with just 48 percent of the two-party vote. We can’t control what Trump or Republicans do. But we can add states, we can ban partisan redistricting, and we can elevate issues that appeal to both college-educated liberals and a lot of working-class “conservatives.” If we don’t, things could get very bleak, very fast.


Décapitation de Conflans: Après la Révolution, l’immigration permanente dévore ses propres enfants ! (When immigration like Saturn devours its own children)

19 octobre, 2020

RD0657139: February 2008EM youth bulge: a demographic dividend or time bomb? | Financial TimesImage
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Le facteur clé, c’est la démographie. En règle générale, les êtres humains qui se mettent à en tuer d’autres sont en gros des mâles âgés de 16 à 30 ans. [et] dans les années 1960, 1970 et 1980, le monde musulman a connu un fort taux de natalité, d’où un fort surplus de jeunes. Samuel Huntington (2001)
Comment voulez-vous intégrer des enfants dans ma commune puisqu’ils sont 95% alors que les Français sont 5% ? Pierre Bernard (maire de Montfermeil, 1989)
En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. Georges Marchais (6 janvier 1981)
Nous pensons que tous les travailleurs sont frères, indépendamment du pays où ils sont nés (…) Mais dans la crise actuelle, elle [l’immigration] constitue pour les patrons et le gouvernement un moyen d’aggraver le chômage, les bas salaires, les mauvaises conditions de travail, la répression contre tous les travailleurs, aussi bien immigrés que français. C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. Georges Marchais
Il faut résoudre d’importants problèmes posés dans la vie locale française par l’immigration […] se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français. Quand la concentration devient très importante […], la crise du logement s’aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d’aide sociale nécessaire pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes peuplées d’ouvriers et d’employés. L’enseignement est incapable de faire face… Georges Marchais (lettre au recteur de la Mosquée de Paris, 7 juin 1981)
La France ne peut plus être un pays d’immigration, elle n’est pas en mesure d’accueillir de nouveaux immigrants (…) Le regroupement familial pose par son ampleur des problèmes très réels de logement, de scolarisation et d’encadrement so­cial. (…) On ne peut tolérer que des clandestins puissent rester en France. (…) Il faut tout mettre en œuvre pour que les décisions de reconduite à la frontière soient effectives (…) La très grande majorité des dossiers déposés à l’Ofpra s’avère injustifiée (de l’ordre de 90 %), ces demandes n’étant qu’un prétexte pour bénéficier des avantages sociaux français (…) Les élus peuvent intervenir efficacement et les collectivités locales […] doivent avoir leur mot à dire quant au nombre d’immigrés qu’elles accueillent sur leur territoire », afin de « tenir compte du seuil de tolérance qui existe dans chaque immeuble (…) Les cours de “langues et cultures des pays d’origine” doivent être facultatifs et déplacés en dehors des horaires scolaires. (….) l’islam n’apparaît pas conforme à nos fondements sociaux et semble incompatible avec le droit français (…) Il y a bien incompatibilité entre l’islam et nos lois. C’est à l’islam et à lui seul de [s’adapter] afin d’être compatible avec nos règles. (…) ce n’est pas aux pouvoirs publics d’organiser l’islam. On n’intègre pas des communautés mais des individus (…) Il convient de s’opposer (…) à toute tentative communautaire qui viserait à instaurer sur le sol français des statuts personnels propres à certaines communautés. (…) Les activités cultuelles doivent être exclues de la compétence des associations relevant de la loi de 1901. (…) la mainmise de l’étranger sur certaines de ces associations est tout à fait inacceptable. (…) la création de lieux de culte doit se faire dans le respect (…) du patrimoine architectural de la France. Etats généraux RPR-UDF (1er avril 1990)
Notre problème, ce n’est pas les étrangers, c’est qu’il y a overdose. C’est peut-être vrai qu’il n’y a pas plus d’étrangers qu’avant la guerre, mais ce n’est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des musulmans et des Noirs […] Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler… si vous ajoutez le bruit et l’odeur, hé bien le travailleur français sur le palier devient fou. Et ce n’est pas être raciste que de dire cela… Jacques Chirac (19.06.1991)
Quand madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 70 – parce que c’est ça en réalité, en pensant qu’on peut fermer les frontières, qu’on peut nationaliser les industries, qu’on peut sortir un certain nombre de capitaux de notre pays sans qu’il y ait de risques. Quand elle parle comme le Parti communiste, ça parle dans cette région-là [le Nord- Pas-de-Calais, ndlr] parce que ça a été, encore aujourd’hui, une région influencée par le Parti communiste. (…) Sauf que le Parti communiste, il ne demandait pas qu’on chasse les étrangers, qu’on fasse la chasse aux pauvres… Il avait des valeurs.. (…) Marine Le Pen parle comme le Parti communiste des années 70 « avec les mêmes références que son propre père quand il s’agit de montrer que c’est l’étranger, que c’est l’Europe, que c’est le monde ». François Hollande (19.04.2015)
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, la philo, les philosophies. Et puis, c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Nous accueillons déjà une centaine de mineurs non accompagnés par jour en moyenne depuis le 1er janvier, ce qui laisse à penser que les nouveaux entrants seront, pour la seule année 2020, environ 40.000. À ce stade, les 40.000 mineurs non accompagnés dont s’occupent les départements coûtent déjà 2 milliards d’euros par an. À raison de 50.000 euros de prise en charge annuelle par enfant en moyenne, je vous laisse imaginer le poids pour les finances publiques quand, à la fin de l’année, le stock de dossiers validés avoisinera les 60.000. C’est une charge beaucoup trop lourde pour de nombreux exécutifs départementaux, d’autant que cette situation relève de choix de politique migratoire qui incombent essentiellement au gouvernement. Directeur à l’Association des Départements de France
Parmi les moments terribles qu’a connus le procès encore en cours, je retiendrai deux instants forts, l’un concernant Charlie, l’autre concernant l’hyper qui nous laisse entrevoir à travers le témoignage de deux victimes le pourquoi de la tragédie française. Le journaliste de Charlie hebdo, Fabrice Nicolino, l’a expliqué sans faux-semblants. (…) À la barre, le journaliste ne craint pas de mettre en cause le pape de l’islamo-gauchisme Edwy Plenel: «Plenel ose écrire que Charlie mène une guerre aux musulmans. Il faut savoir ce qu’on écrit, si vraiment Charlie mène une guerre, alors tout est permis en retour! Comment un homme comme lui a mené une infamie pareille». La France est «malade» de cette génération d’intellectuels biberonnés au stalinisme, qui se sont mentis à eux-mêmes sur la nature de cette idéologie-là, qui aujourd’hui «refusent leur responsabilité et nous regardent crever dans notre coin sans broncher». La France est «malade» de cette génération d’intellectuels biberonnés au stalinisme, qui se sont mentis à eux-mêmes sur la nature de cette idéologie-là, qui aujourd’hui «refusent leur responsabilité et nous regardent crever dans notre coin sans broncher». Pour Fabrice Nicolino ces gens-là ont «préparé» le terrain du terreau terroriste. (…) Le second témoignage édifiant a été rapporté par la jeune caissière de l’Hyper Casher Zarie Sibony. Amedy Coulibaly s’adresse ainsi à elle: «vous êtes juifs et français, les deux choses que je déteste le plus». Rapprochez les témoignages et vous comprendrez la responsabilité islamo-gauchiste anti-occidentale, anti- française, antisémite et antisioniste dans la fabrication de la haine en milieu immigrée islamique. Les journalistes de Charlie hebdo luttaient contre l’islam radical, ils étaient aussi français. Les clients de l’Hyper mangeaient casher, ils étaient tout aussi français. Si vous pensez que les grands massacres ont calmé l’islamo-gauchisme français, vous vous trompez lourdement. Celui-ci s’est enrichi de la névrose américaine. Aujourd’hui, ce n’est plus seulement le français, le chrétien, le juif qui est détesté, c’est aussi, mais de manière cette fois construite et assumée le blanc, raciste systématique. Il paye tous les jours comptant dans les banlieues comme dans les cités périphériques, à coups de couteau reçus. Cela s’appelle pourtant la violence gratuite. Le dernier drame de la tragédie française est survenu vendredi, on l’a dit. Son auteur est donc ce très jeune migrant islamiste, fanatisé et isolé. Il faisait partie il y a quelques semaines encore de cette cohorte grandissante de mineurs supposés, évalués aujourd’hui à 40 000 individus qui causeraient 60 % des crimes et délits en région parisienne. Sur les réseaux sociaux populaires, la chose est dite, mais la plupart du temps, hors drame où les plumes se délient, les médias convenus n’interviennent que pour stigmatiser la France de ne pas savoir traiter convenablement ces gens qu’elle n’a pas invités et dont elle ne sait que faire. Bien entendu, des ONG politisées et que ne renieraient pas les organisations islamo-gauchistes sauce Mélenchon font tout pour que le drame ne cesse. Quant à l’Europe, elle qui hier encore chantait béatement l’air immigrationniste du pacte de Marrakech (ce traité onusien qui rappelez-vous n’existait que dans l’esprit complotiste de la fâcheuse sphère) la voilà qui reconnaît la nécessité de tenter de résister à ce qu’elle ne peut faire autrement que décrire que comme une invasion difficilement résistible. Gageons sans grand risque que derrière les slogans elle demeurera impuissante. Seuls les États-nations le peuvent, encore faut-il que leur gouvernement le veulent, sans craindre de déplaire à l’église cathodique universaliste. La tragédie française, celle de son peuple détesté, à la voix étouffée et à la volonté méprisée, continue. Gilles William Goldnadel (28.09.2020)
Pour rien au monde, je n’aurais mis un bout de mon pied place de la République. Je ne supporte plus le symbolique. République, mot galvaudé, transformé en mantra que l’on utilise en gargarismes. Pour ne pas dire État et encore moins nation. Je ne supporte plus la vue des bougies et le bruit des incantations. Vingt ans à prendre des coups par les petits marquis de la gauche morale sentencieuse qui aurait encore l’indécence de vouloir prendre en charge l’organisation d’une manifestation dont elle a effectivement une grande part de responsabilité morale dans sa survenance. Vous auriez voulu que je marche à côté des cadres sans militants de SOS-Racisme qui auront passé leur temps à traiter de racistes ceux qui il y a dix ans alertaient des dangers de l’islam politique ou radical? Vous auriez voulu que je mêle mes pas avec ces antiracistes de carnaval qui, il y a encore peu, considéraient comme haineux ou injurieux d’évoquer l’antisémitisme islamique et qui ont vainement traîné devant les tribunaux mon ami Georges Bensoussan. C’était évidemment avant les grands massacres. Vous auriez voulu que je me commette avec l’UNEF qui organise des camps racisés? Avec la LDH qui n’avait d’yeux que pour Ramadan et les jeunes filles voilées? Vous auriez voulu sans doute que je défile derrière ces syndicats d’enseignants qui il y a encore peu niaient la difficulté d’enseigner dans les classes la Shoah. Vous avez oublié sans doute qu’il n’y a pas 20 ans certains d’eux expliquaient doctement qu’il ne fallait pas prendre au pied de la lettre les enfants qui en traitaient d’autres de «juifs». À moins que vous ayez imaginé que je puisse faire un petit bout de chemin, au nom de l’union nationale, avec à ma gauche M. Coquerel et Mme Obono. Le premier qui, il n’y a pas encore longtemps, accompagnait une centaine de sans-papiers occuper la basilique Saint-Denis dont il ignorait sans doute qui elle abrite. La seconde qui décernait hier encore des brevets d’antiracisme à la très antisémite Bouteldja, mutique avec ses indigénistes depuis vendredi soir. J’aurais pu également aller bras dessus- bras dessous avec leur lider maximo ou avec la sénatrice Benbassa. Ils m’auraient raconté , yeux embués, l’ambiance qu’il y avait à la grande manifestation constellée d’étoiles jaunes contre cette redoutable islamophobie qui ensanglante la France. Cet évènement organisé par le sieur Majid Messaoudene, élu de Seine-Saint-Denis, boute-en-train irrésistible lorsqu’il s’agit de blaguer sur les massacres de Mohamed Merah. Mais désolé, je ne chemine pas aux côtés des fabricants de cigarettes lorsque je marche contre le cancer. Seulement m’intéressent les actes, et les incantations du type «ils ne passeront pas!», puisées au demeurant inconsciemment dans la geste révolutionnaire marxiste, servent de faux-semblants. Je constate que le dernier angle mort d’une vision du réel qui s’améliore même du côté de chez les myopes demeure la mise en cause de l’immigration illégale, massive et donc invasive. Une réalité tellement éclatante qu’elle en est aveuglante. En quinze jours, un migrant pakistanais et un migrant tchétchène qui n’auraient pas dû se trouver sur le territoire national, l’un avec un hachoir, l’autre avec un couteau à décapiter une tête bien faite, ont voulu venger leur prophète. Fort peu de responsables politiques et médiatiques ont osé incriminer la réalité de la dangerosité de l’immigration islamique massive et illégale. Non pas évidemment que tous les migrants musulmans soient dangereux. Il s’en faut de beaucoup. Mais compte tenu de la dangerosité statistique d’une partie de ceux déjà installés sur le territoire français et qui fait que les services de renseignements antiterroristes sont d’ores et déjà saturés, toute arrivée nouvelle accroît le danger déjà infernal. Le fait que la France officielle demeure hermétique à ce raisonnement purement arithmétique, exclusif de tout essentialisme, prouve à quel point cette fermeture psychologique au réel est de nature suicidaire. Le combat intellectuel et culturel contre l’immigration illégale imposée de force au peuple français est un combat existentiel. Tout le reste n’est que bruit, esquive, hypocrisie, frime et jactance. Vous verrez que dans quinze jours, quand le nom de Paty commencera à être moins sur les lèvres françaises, que cet homme courageux reposera dedans la terre froide, il se trouvera de belles âmes ou des forts en gueule qui nous expliqueront avec hauteur que nous sommes abusés par nos sens, que l’immigration est une aubaine pour la France et que celle-ci n’est pas un coupe-gorge. Pardonne-leur Samuel de leur lâche bêtise, mais moi je ne marche plus. Pierre William Goldnadel
Democratic nominee Joe Biden is attracting more support than Hillary Clinton did among white voters as a whole — especially white women, older white voters and those without a four-year college degree — which has helped him build a substantial lead of around 10 points, according to FiveThirtyEight’s national polling average. However, Trump is performing slightly better than last time among college-educated white voters, and he has gained among voters of color, especially Hispanic voters and younger Black voters. FiveThirtyEight
La police française abat un homme après une attaque mortelle au couteau dans la rue.  New York Times
C’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie, et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes. Emmanuel Macron (2017)
Pour le Mali, je vais prier, implorer les bénédictions et la miséricorde d’Allah, parce que je suis musulmane. Vous dites Sophie, mais c’est Mariam que vous avez devant vous. J’ai fait de la détention une retraite spirituelle. Sophie Pétronin
Il faut avoir le courage de se regarder en face pour comprendre le chemin que prend la France et la perception que certaines minorités peuvent avoir de la situation. Certes, le procès d’un terroriste islamiste capturé vivant peut être sulfureux, créer transitoirement des troubles à l’ordre publique et attiser certaines tensions. Mais on ne peut pas s’indigner de la barbarie terroriste et souscrire dans le même temps à la barbarie policière sans être en contradiction avec soi-même ou tourner le dos, sciemment, à la République Française. Ce jeune de 18 ans n’est, au moment précis de sa mort, qu’un suspect armé d’un jouet et d’un canif. Applaudir une police qui tue de façon aussi sommaire et systématique les individus suspectés de terrorisme, c’est applaudir une barbarie, c’est encourager la spirale mortifère des violences policières et c’est embrasser ce choc des civilisations qui se trouve — depuis plus 30 ans — en haut de l’agenda de toutes les extrêmes-droites du monde. Mediapart
Arnaud Beltrame n’est pas « victime de son héroïsme » mais du terrorisme et des impies qui se prennent pour Dieu. Les auteurs de cette expression, qui célèbre la victime en cachant le bourreau, sont soit des lâches, soit des fourbes, soit des imbéciles, soit des socialistes. Raphaël Enthoven
A l’évidence, Oussama Ben Laden veut provoquer un choc des civilisations entre l’Islam et l’Occident. La priorité pour notre gouvernement est d’empêcher que le conflit n’évolue ainsi. Mais le danger existe bel et bien. L’administration Bush a agi exactement comme il le fallait en s’efforçant de rassembler derrière elle les gouvernements et les peuples musulmans. Aux Etats-Unis même, beaucoup font pression pour que l’on s’attaque à d’autres groupes terroristes et aux Etats qui les soutiennent. Ce qui, à mon sens, pourrait transformer cette crise en un choc des civilisations. (…) Les gens impliqués dans les mouvements fondamentalistes, qu’ils soient islamiques ou autres, sont souvent d’un haut niveau de formation. Bien sûr, la plupart ne deviennent pas des terroristes. Mais ce sont des jeunes gens intelligents, ambitieux, qui veulent profiter de leur éducation dans une économie moderne et développée, et ils finissent par être exaspérés par le chômage et par le manque de possibilités qu’offre la société. Ils sont victimes de pressions contraires, entre les forces de la mondialisation et ce qu’ils considèrent comme l’impérialisme et la domination culturelle de l’Occident. Visiblement, ils sont attirés par la culture occidentale en même temps qu’elle les rebute. (…) Si vous étudiez les frontières du monde musulman, vous vous apercevez qu’il y a toute une série de conflits localisés impliquant musulmans et non-musulmans : la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la région du Caucase, la Tchétchénie, le Tadjikistan, le Cachemire, l’Inde, l’Indonésie, les Philippines, le nord de l’Afrique, le conflit israélo-palestinien. Les musulmans affrontent également d’autres musulmans, bien plus d’ailleurs que ne s’affrontent les représentants d’autres civilisations. (…) Je ne pense pas que l’islam soit plus violent qu’une autre religion, et je me demande si, au bout du compte, les chrétiens n’ont pas massacré plus de gens au fil des siècles que les musulmans. Mais le facteur clé, c’est la démographie. En règle générale, les êtres humains qui se mettent à en tuer d’autres sont en gros des mâles âgés de 16 à 30 ans. Dans les années 1960, 1970 et 1980, le monde musulman a connu un fort taux de natalité, d’où l’importance de la population jeune. Cette importance va décroître. Le taux de natalité des musulmans est en baisse. En fait, il a accusé une baisse considérable dans certains pays. A l’origine, l’islam s’est effectivement répandu par l’épée, mais je ne crois pas que la violence soit inhérente à la théologie islamique. Comme toutes les grandes religions, on peut interpréter l’islam de diverses façons. Les gens comme Ben Laden peuvent se servir d’éléments du Coran comme d’autant de commandements appelant à tuer les infidèles. Mais les papes ont fait exactement la même chose quand ils ont lancé les croisades. (…) [faire plus pour promouvoir la démocratie et les droits de l’homme au Moyen-Orient] est certes souhaitable, mais aussi difficile. Le monde musulman a naturellement tendance à résister à tout ce qui est occidental, ce qui est compréhensible si l’on tient compte de la longue tradition historique des conflits entre l’Islam et la civilisation occidentale. A l’évidence, il y a dans la plupart des sociétés musulmanes des groupes qui penchent en faveur de la démocratie et des droits de l’homme, et nous devrions selon moi les soutenir. Mais c’est là que nous nous heurtons à un paradoxe : beaucoup des groupes qui protestent contre la répression au sein de ces sociétés sont également fondamentalistes et antiaméricains. Nous l’avons vu en Algérie. La défense de la démocratie et des droits de l’homme est un objectif essentiel pour les Etats-Unis, mais nous avons aussi d’autres intérêts. Le président Carter était totalement engagé dans la défense des droits de l’homme et, quand j’ai fait partie de son Conseil de sécurité nationale, nous avons eu d’innombrables débats à ce sujet. Mais, autant que je m’en souvienne, personne n’a jamais évoqué l’idée de favoriser les droits de l’homme en Arabie Saoudite, et ce pour une raison des plus évidentes. (…) La Russie se tourne vers l’Occident dans les circonstances actuelles pour des raisons pragmatiques. Les Russes ont le sentiment d’être gravement menacés par le terrorisme et estiment qu’il est de leur intérêt de s’aligner sur l’Occident et d’acquérir un certain crédit auprès des Etats-Unis, dans l’espoir que nous freinions notre désir d’expansion de l’OTAN dans les Etats baltes et notre programme de défense antimissile. C’est une coïncidence d’intérêts, mais je ne crois pas qu’il faille y voir un réalignement majeur. Je pense néanmoins que les Russes s’inquiètent de l’ascension de la Chine, ce qui les poussera vers l’Ouest. (…) Les musulmans se battent contre les Occidentaux, les orthodoxes, les juifs, les hindouistes, les bouddhistes. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a un milliard de musulmans dans le monde, qui s’étendent sur tout l’hémisphère Est, depuis l’Afrique de l’Ouest jusqu’à l’est de l’Indonésie, et ils sont en interaction avec des dizaines de populations différentes. On peut par conséquent en déduire qu’ils ont davantage de possibilités d’entrer en conflit avec d’autres. (…)  La partie essentielle que je consacre à l’Islam dans mon livre est intitulée Conscience sans cohésion, et j’y aborde les divisions du monde islamique, les conflits entre musulmans. Même dans la crise que nous traversons, ils sont divisés. Ce milliard d’êtres humains constitue une foule de sous-cultures, de tribus. Il n’y a pas de civilisation moins unie que celle de l’Islam. Ce problème, Henry Kissinger l’a exprimé il y a trente ans à propos de l’Europe : “Si je veux appeler l’Europe, quel numéro dois-je composer ?” Si on veut appeler le monde musulman, quel numéro doit-on composer ? Si l’Islam pose des problèmes, c’est du fait de son manque de cohésion. S’il existait un pouvoir dominant au sein du monde musulman, on pourrait traiter avec lui. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est à une compétition entre les différents groupes islamiques. Samuel Huntington (2001)
L’erreur était que personne n’a fait attention à l’explosion de la population palestinienne. La population palestinienne a été multipliée par presque 6 dans les 50 dernières années. (…) au Liban, en Tunisie et en Algérie une femme a moins de deux enfants en moyenne. même si le Hamas devrait décider de tout signer tout, leurs jeunes hommes vont déchirer ces accords en morceaux. (…) La Palestine est un cas particulier. Ils n’ont jamais eu aucune chance de développement parce qu’ils ont toujours été sous soutien international. Gunnar Heinsohn
Une femme tunisienne a 1,7 enfant en moyenne. En France, elle en a bien souvent 6, parce que le gouvernement français la paie pour ça. Bien entendu, l’argent n’a jamais été destiné aux Tunisiennes en particulier, mais les Françaises ne sont pas intéressées par cet argent, tandis que les Tunisiennes ne sont que trop heureuses de le recevoir. (…) Dans les pays occidentaux, nous avons partout ce système d’allocations sociales qui est à peine utilisé par la population locale. D’un autre côté, il y a cette population immigrante dont les femmes ne peuvent être compétitives sur le marché du travail local. Pour les Danoises et les Allemandes, les allocations sont trop faibles pour être attractives. Pas pour les immigrants. Ce que l’on voit donc en Angleterre, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, ce sont des femmes issues de l’immigration qui complètent leur éventuel petit salaire par les deniers publics. Ce n’est pas un revenu extraordinaire, mais ça leur suffit. Et cela crée un genre de « carrière » réservé aux femmes, un modèle que leurs filles suivront. (…) Mais les fils n’ont pas ce choix. Ils ont grandi dans les basses couches de la société, sans les compétences intellectuelles nécessaires pour améliorer leur position. Ce sont ces garçons qui mettent le feu à Paris, ou dans des quartiers de Brême. Certains d’entre eux parviennent jusqu’à l’université et deviennent des leaders pour les autres – pas des pauvres, mais de jeunes hommes de rang social peu élevé, qui croient être opprimés à cause de leur confession musulmane, alors qu’en réalité c’est le système social qui a créé cette classe de perdants. (…) Par contre, au Canada, où je passe une partie de l’année depuis vingt ans, on trouve une politique complètement différente. Ils disent : notre politique d’immigration se fait sur une base simple. Tout nouveau Canadien, né ici ou venu de l’étranger, doit être plus doué que ceux qui l’ont précédé ; parce que seule l’innovation nous permettra de conserver notre position dans la compétition mondiale. Je veux donc que mon fils soit plus intelligent que moi. Et croyez-le ou non : 98% des immigrants canadiens ont de meilleures qualifications professionnelles que la moyenne des Canadiens. En Allemagne et en France, le chiffre est de 10%. Là où nous jouons la quantité, ils jouent la qualité. (…) Et pourquoi ? En Allemagne, parce que les gens avaient peur d’être traités de racistes ; et il semblerait que tous les pays européens souffrent de cette peur de faire des choix. (…) Il n’est pas étonnant que de jeunes gens travailleurs et motivés, de France et d’Allemagne, choisissent d’émigrer. Ainsi, ils n’ont pas seulement à subvenir aux besoins de leur propre population vieillissante. Sur 100 jeunes de 20 ans, les 70 Français et Allemands doivent soutenir aussi 30 immigrants de leur âge ainsi que leur progéniture. Cela est la cause de découragement dans la population locale, en particulier en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Alors, ils s’enfuient. (…) Le monde anglo-saxon a besoin de 50 millions d’immigrants qualifiés dans les 30-40 ans à venir, les jeunes gens qualifiés d’Europe occidentale seront donc incités à s’y installer au lieu de rester et de se battre. (…) La Californie, qui a fait demi-tour dans les années 1990, ce qui signifie que même la population blanche – à l’exception des Latinos, qui ont un taux de fertilité plus élevé – a pu passer de 1,3 à 1,8 enfant par femme. Ce n’est pas encore le taux de remplacement des générations, mais c’est néanmoins un changement notable. Et c’est énorme parce que la Californie est la région la plus avancée du monde. Vers la fin des années 1980, on pronostiquait que le taux de fertilité continuerait de baisser, mais au début des années 1990 de nouvelles études ont montré que les femmes ne voulaient plus se contenter de leur travail, et peu de temps après on a vu le taux de fertilité progresser. (…) En Europe, on a balayé ça du revers de la main, en l’expliquant par le fait que les Américains sont « tellement conservateurs », mais ce n’est pas vrai en Californie, qui de bien des façons a été la pionnière de l’Occident. Cependant, je ne vois rien de similaire en Europe. Bien sûr, la France a deux enfants par femme, mais sur cinq nouveaux-nés, deux sont déjà arabes ou africains. En Allemagne, 35% de tous les nouveaux-nés sont déjà d’origine non allemande, et les non-Allemands y commettent près de 90% des crimes violents. Comme je l’ai déjà dit – les mères sont payées pour mettre des enfants au monde, ainsi que leurs filles, et les hommes se mettent à la criminalité. Gunnar Heinsohn
Pour Amélie Blom, l’attaque récente relève d' »une forme de violence très différente du terrorisme jihadiste, que ce soit d’Al-Qaïda ou de l’Etat islamique ». La politiste n’y voit pas une « volonté de terroriser la population pour atteindre le gouvernement français ». Il s’agit plutôt, selon elle, « d’une volonté personnelle de faire justice soi-même et de punir au nom de convictions morales ou idéologiques », sans injonction, a priori, d’une organisation quelconque. La démarche relèverait « d’une sorte de vigilantisme que l’on pourrait comparer aux assassinats de médecins pratiquant l’IVG par des militants ultraconservateurs aux Etats-Unis, par exemple ».  « Cela n’a rien à voir avec Al-Qaïda ou les talibans, acquiesce Paul Rollier. Il ne faut pas voir derrière la Dawat-e-Islami une organisation cohérente qui aurait un agenda islamiste. » Selon cet anthropologue, l’agression de vendredi était sans doute « un acte adressé avant tout à une audience pakistanaise, et plus particulièrement à la province du Pendjab, dont la culture populaire considère le fait de venger l’honneur du prophète comme un acte héroïque ». Le chercheur avance l’hypothèse qu’un tel geste pourrait représenter une tentative pour l’assaillant de « retrouver une certaine dignité auprès de sa famille, peut-être après une émigration en France jugée décevante ». Contacté par l’AFP, un homme présenté comme le père du suspect s’est dit « très fier » de l’acte de son fils. Dans un entretien à un média local (vidéo en ourdou), il a appelé, en larmes, le gouvernement pakistanais à rapatrier son fils, qui a, selon lui, « rendu service à la cause de l’islam ». Franceinfo
[Le profil du terroriste] n’est pas le plus fréquent en effet, d’autant que les Tchétchènes sont plutôt sur des actions communautaires qu’individualistes. On a eu, ces dernières années, les frères Tsarnaïev au marathon de Boston en 2013, la prise d’otages du Théâtre de Moscou en 2002 et de l’école de Beslan en 2004, qui a fait 333 morts. Les filières tchétchènes jugées en France en 2006 avaient des projets d’attentat en groupe. Là, c’est un désoeuvré qui a voulu incarner la nécessité de défendre idéologiquement le prophète. Il est alors sous une double emprise : sa fidélité vis-à-vis de l’islam et sa loyauté aux musulmans fondamentalistes. Les ressortissants tchétchènes, prisonniers de leur image de guerriers absolutistes, se sentent dans l’obligation d’être des combattants. On l’a vu lors de l’immense rassemblement à Dijon, ils avaient dit aux forces de l’ordre de ne pas venir. Les plus fragiles sont dans la tranche d’âge 18-25 ans. Eux ont tout à prouver. Jeunes, ils sont protégés par le groupe. Lorsqu’arrive l’émancipation, ils sentent une obligation de se montrer à la hauteur. Même quand on est mince, pas costaud, il est difficile de se dissocier de cette ultraviolence véhiculée par toutes les filmographies, des Tchétchènes guerriers et absolutistes, n’ayant peur de rien. (…) Il est fier d’être un combattant. Jusque-là, il n’était connu que pour des faits de petite délinquance. C’est en somme un suiveur qui devient leader. Et il est dans une démarche mortifère : il s’en va affronter les forces de l’ordre en leur tirant dessus avec un pistolet d’Airsoft. Il se jette sur eux, poignard à la main, sachant très bien qu’il va mourir. Il est dans une impasse cognitive, il n’y a pas d’autre issue que la mort. C’est un « suicide by cop » (suicide par la police, NDLR). Quand j’étais commandant et patron des négociateurs au Raid, j’ai vu plusieurs de ces individus venir affronter l’unité d’intervention, pour se faire tuer. Ils savent que tout est perdu. La mission de tuer est supérieure à sa propre vie. (…) Il a tout sur lui pour aller au bout de son acte, même de quoi provoquer la police. Son arme d’Airsoft n’allait pas l’aider à tuer le professeur. L’impréparation est totale, mais la préméditation est indiscutable. (…) Le couteau de 35 cm fait partie de l’arsenal imaginaire et fantasmatique du personnage. C’est le sabre de Saladin. Il n’avait pas besoin de ça, il faut juste un couteau tranchant pour procéder à une décollation. Peut-être s’est-il motivé en allant voir des vidéos de décapitation de Daesh qui abondent sur le Dark Net. Ce mode opératoire est le meilleur moyen d’effrayer le monde. Quelle image laisse-t-il ? Celle d’un acte horrible, celle de la justice de l’Etat islamique dans son califat, d’une justice moyen-âgeuse. On tranche la tête, on sort l’âme du corps : pour arriver à une telle transgression des freins moraux, il faut déshumaniser sa cible. Dès lors que l’Autre n’est plus humain, il est permis de faire n’importe quoi. Nous, nous avons des freins moraux, mais ce garçon se dit qu’il ne sera pas jugé par la justice des hommes, mais divine. Seul Dieu lui dira si ce qu’il a fait est bien ou non. Dès lors qu’il prépare son acte, il n’appartient plus à la communauté des hommes, c’est fini. (…) Il a suffi que des mentors, des gens malins lui laissent entendre : « Si tu veux faire, fais ». Ces idéologues, qui se sentent une nécessité de faire du prosélytisme partout, sèment. Et à un moment donné, cela pousse quelque part. Là, ça a poussé dans la tête de ce garçon. Car le passage à l’acte seul, isolé, décorrélé de tout contact, est rare. Deux facteurs sont aggravants pour le fonctionnement psychique. Le premier, c’est la famille, qui peut tellement se révolter face à une offense faite à Dieu, que l’enfant se sent obligé d’incarner celui qui va rétablir l’ordre. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas ici. Le second, ce sont les relais immédiats, communautaires ou relationnels, pas nécessairement tchétchènes. Des islamistes influents qui, en tant que mentors, créent une obligation morale à ceux qui les écoutent. Là il est possible que ce garçon ait été révolté par ce qu’on lui racontait, des choses inexactes, partielles… En toute vraisemblance, Anzorov, qui utilisait Twitter, a en effet visionné des vidéos relayées en ligne, qui ont popularisé la polémique liée à la diffusion des caricatures du prophète, au collège de Bois-d’Aulne. Celle du parent d’élève Brahim C., suivie de celles du prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui qui parle d’un professeur « voyou » dont il réclame la « suspension immédiate » parce qu’il aurait « agressé, humilié devant leurs camarades » des « enfants de 12-13 ans, musulmans »… Il a pu se radicaliser tout seul par le visionnage de ces vidéos — celles-ci et d’autres — mais indiscutablement, cette polémique, lancée par Sefrioui, a forcément eu un impact. A partir du moment où on un mentor se positionne, qu’il paraît sincère, l’offense se partage émotionnellement. Pour certains membres de communautés étrangères, qui ne sont pas dans les repères de la communauté nationale classique, offenser Dieu paraît inepte, incompréhensible. Le logiciel est binaire : gentils d’un côté, méchants de l’autre. Il y a les respectueux et les offenseurs, ce qui permet de donner du sens à cette situation. Dans leur concept moral, la laïcité n’existe pas… Christophe Caupenne (ancien négociateur du Raid)
Rien n’est jamais inéluctable. Mais nous sommes en train de perdre la bataille contre l’islamisme. Dans un premier temps, j’ai été sidéré, puis la révolte a succédé à la sidération. J’ai entendu le président de la République parler d’un acte terroriste. Ce terme-là ne définit pas la réalité de cette décapitation, de cette barbarie. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une volonté d’appliquer la charia sur le sol français. C’est un acte de violence mais c’est aussi un acte qui a un sens : la terre de France doit se soumettre. Et c’est la mort pour ceux touchent au prophète ou au dogme. Quant à ceux qui prétendent que c’était inéluctable, ils oublient que l’alerte avait été donnée depuis des jours. Qu’a fait l’institution, l’Éducation nationale, pour protéger ce professeur ? (…) Souvenez-vous de l’attentat dans le cœur du cœur du service anti-terroriste de la préfecture de police de Paris. Il y a eu deux enquêtes administratives. Avez-vous eu connaissance de sanctions ? Non, bien sûr ! Si nous ne l’avions pas encore compris, nous sommes confrontés à un combat global. Bien sûr, nos services ont fait d’énormes progrès. Mais nous perdons la bataille par lâcheté, par renoncement. Il y a des espaces physiques, des enclaves territoriales dans lesquelles l’islam politique peut soumettre les esprits et les territoires à la loi religieuse qui, dans ces endroits, est supérieure à la loi civile. Il y a aussi une colonisation intellectuelle, par exemple le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui utilise le concept d’islamophobie pour faire avancer la cause islamique sous couvert de défense des libertés. Et nous, nous ne luttons pas ! Nous ne nous rendons pas compte qu’aujourd’hui, si ce professeur n’a pas bénéficié d’une protection malgré les alertes, c’est parce que nous avons préféré le silence. Le même silence qu’à la préfecture de police de Paris. Ces silences coupables sont des silences criminels. (…) Le problème ne date pas de ce quinquennat. Mais la faute politique personnelle d’Emmanuel Macron est de ne pas avoir mis tout de suite la priorité sur la lutte contre l’islam politique. Pourtant, il avait été secrétaire général adjoint de l’Elysée, et ministre : il savait ! Par ailleurs, du discours aux actes, il y a encore beaucoup de chemin à franchir. Il semble vouloir faire, mais je crains qu’il fasse semblant. Les mesures qu’il envisage sont des demi-mesures : il n’a pas prévu de traiter la question de l’immigration. Or, c’est un angle mort qui devient un angle mortel. Quand un jeune Pakistanais, soi-disant mineur non accompagné, s’en prend à deux personnes devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, c’est la question de l’immigration qui est posée. Ici, on a affaire à un jeune Russe qui a un statut de réfugié, c’est encore une question d’immigration. Souvenez-vous de ce qu’avait dit Emmanuel Macron au lendemain des rixes des deux bandes à Dijon : il nous avait promis des expulsions. Pouvez-vous me dire combien il y a eu d’expulsions ? Zéro ! Emmanuel Macron lance : « Ils ne passeront pas » Mais ils sont déjà là ! Dans nos quartiers, dans nos institutions, et même dans nos bureaux de vote avec des listes communautaires. Le président de la République grimpe sur une ligne Maginot qui a déjà été enfoncée. Il peut faire les meilleurs discours du monde, mais les mots sans les actes, c’est le mensonge, c’est la faiblesse.(…) Il y a trois niveaux de lutte, trois combats simultanés à mener. Le premier, c’est l’éradication djihadiste. Il faut commencer par refuser les revenants sur le sol français. Ceux qui sont en Irak ou en Syrie doivent rester en Irak ou en Syrie. Et s’il y a des binationaux, on doit les déchoir de la nationalité française. Il faut aussi se pencher sur les prisonniers qui sont en France. Plus de 150 coupables, condamnés pour des faits en relation avec le terrorisme, vont être libérés. Le Sénat avait formulé une proposition pour prolonger les mesures de sécurité, de rétention. Le Conseil constitutionnel a censuré ce texte. C’est un scandale : neuf juges n’ont pas le droit désarmer un peuple. Sur ces questions-là, lorsque la sécurité même des Français est engagée, nous devons recourir au référendum. (…) pour que par exemple les mesures de sureté qui s’appliquent aux délinquants sexuels s’appliquent aussi aux djihadistes. (…) L’erreur à ne pas faire est de raisonner cas par cas. Vous avez un combat qui est global. C’est bien pour cela que j’ai parlé aussi d’immigration. Il faut accueillir moins et expulser plus. Quelqu’un qui est accueilli sur notre territoire et ne respecte pas nos lois doit être expulsé automatiquement, avec sa famille. Il faut remettre à plat le droit des étrangers, limiter au maximum le regroupement familial. Nous sommes le seul pays d’Europe qui n’a pas revu à la hausse ses exigences en matière d’immigration. C’est ce genre de question qui devra être soumise à référendum, sinon la volonté générale sera entravée. Sinon, un jour, les Français se révolteront à ce sujet. On n’aura alors plus que nos yeux pour pleurer. (…) Il faut lutter contre les enclaves territoriales. Créer une task force pour reconquérir les quartiers les uns après les autres, avec des forces de sécurité, mais aussi des magistrats, des services douaniers. Pour organiser le retour massif de l’État pendant une période donnée sur ces territoires qui sont des territoires perdus de la République. Avec Philippe Bas, nous avons proposé d’ajouter à l’article premier de la Constitution cette phrase : « Nul individu, nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour se soustraire à la règle commune. » C’est la définition de la laïcité telle qu’elle devrait s’imposer à toute personne, le pendant de la loi de 1905, pour régler un certain nombre de questions qui vont du règlement intérieur d’une association, ou d’une entreprise, mais aussi à la question des piscines, des hôpitaux… Enfin, il faut s’intéresser aux lieux de culte. Vous avez vu que la mosquée de Pantin a relayé un appel contre le professeur assassiné. Je demande que cette mosquée soit fermée, comme le permettait le régime de l’état d’urgence de façon plus aisée. Des articles de la loi de 1905 permettent de fermer des lieux de culte dès lors qu’il y a des incitations à la haine ou que l’on tient des discours politiques. Il faut également interdire le financement des mosquées dès lors que l’argent provient de pays ou de groupes qui ne reconnaissent pas la liberté de conscience. Mais le plus dur, c’est la reconquête des esprits, il faut nommer les choses, refuser le piège de l’islamophobie. Interdire le voile à l’université ou dans les sorties scolaires. Il y a un espace symbolique que la République doit réinvestir. Ce qui est en jeu, c’est la défense de notre civilisation qui est attaquée dans ses fondements. Nos libertés et notre sécurité ne sont pas négociables et aucune religion n’est intouchable. Bruno Retailleau
Durant deux semaines, Samuel Paty a été l’objet d’une cabale méthodiquement ourdie, soigneusement organisée. Des militants islamistes l’ont ciblé, persécuté, calomnié. Parmi eux, un «parent d’élève», mais aussi un activiste islamiste, fiché S, membre d’un «conseil des imams de France». Les membres de cette petite bande l’ont dénoncé à sa hiérarchie. Ils l’ont signalé à la police. Ils ont jeté son nom en pâture sur les réseaux sociaux. Ils ont affiché des vidéos injurieuses sur le site internet d’une mosquée. Ils sont allés jusqu’à saisir les autorités académiques! S’ils n’ont pas armé directement la main du tueur (cela, il appartiendra à l’enquête de le dire), ces harceleurs ont indubitablement inspiré son geste. Leur acharnement criminel en dit autant sur l’époque que nous traversons que les circonstances particulièrement atroces de l’assassinat. Aujourd’hui, les fameux «loups solitaires» ne le sont jamais vraiment: ils s’enracinent dans un écosystème islamiste qui les protège et les nourrit. (…) « Ils ne passeront pas!» Ces rodomontades seraient à rire si elles n’étaient à pleurer. La triste vérité, chacun le sait, c’est que, depuis longtemps, ils sont déjà passés. L’influence islamiste pèse de tout son poids sur l’école, où l’inspecteur général Jean-Pierre Obin mesure depuis vingt ans la montée inexorable des «accommodements» concédés à cette funeste idéologie: d’après un récent sondage, 40% des enseignants (50% en ZEP) reconnaissent «s’autocensurer» sur certains sujets (on imagine aisément lesquels) face à leurs élèves pour ne pas créer d’incident. Cette influence, elle pèse (et ô combien!) sur l’université et la recherche. Elle gangrène les services publics comme les entreprises privées. Prisons, police, armée… elle n’épargne quasiment plus aucun service de l’État ni aucun secteur de la société. La vérité, c’est que les islamistes, dans notre pays, ont pignon sur rue. Ils ont, avec le CCIF, leur vitrine officielle ; ils ont aussi leurs boutiques officieuses et leurs officines clandestines. Ils ont leurs représentants légaux, leurs brillants avocats qui ont accès aux plus hautes sphères de l’administration, leurs entrepreneurs qui financent la cause, leurs activistes qui déversent la haine sur les réseaux sociaux, leurs prêcheurs qui remplissent les mosquées, leurs soldats réguliers qui noyautent les cités et leurs sicaires, désavouables à merci, qui prospèrent sur ce terreau. La vérité, c’est aussi que les islamistes peuvent compter, dans l’appareil d’État, les partis politiques et les médias, sur des compagnons de route (ou des idiots utiles) qui soutiennent efficacement la cause. C’est Jean-Louis Bianco et son Observatoire de la laïcité, qui semble avoir été ainsi baptisé par antiphrase. C’est Jean-Luc Mélenchon, qui, toute honte bue, prétend aujourd’hui combattre les amis de ceux avec qui il défilait hier. C’est Edwy Plenel, dont nul n’a oublié qu’il a accusé Charlie d’avoir «déclaré la guerre aux musulmans»! Et, derrière eux, toute une nébuleuse islamo-gauchiste rompue à la rhétorique victimaire (indigénistes, décoloniaux, Unef, SOS-Racisme, LDH…) qui devine du «racisme d’État» chaque fois qu’il est question d’appliquer la loi, dénonce des «violences policières» chaque fois qu’il s’agit de maintenir l’ordre et hurle à l’«islamophobie» chaque fois que l’on fait mine de résister aux diktats des barbus… Que certains de ceux-là se soient retrouvés hier, place de la République ou ailleurs, avec des citoyens sincèrement révoltés par les menées islamistes est une insulte à la décence autant qu’au souvenir des victimes. Et maintenant? Et demain? Après les larmes et les hommages, après les grands discours et les rassemblements, après les hashtags et les bougies, que va-t-il se passer? Allons-nous, face à la menace islamiste, revenir comme si de rien n’était à ces tractations sans gloire, ces compromissions obliques, ces concessions sournoises et ces fermetés équivoques qui nous tiennent lieu de politique depuis si longtemps? Allons-nous nous réveiller, enfin, et opposer à la guerre qui nous a été déclarée une autre guerre, impitoyable et sans merci? C’est en vérité la seule question – mais cette question est vitale – que nous devrions nous poser. (…) Il faudra aussi cesser de tourner autour du pot des fichés S: expulser les radicalisés étrangers (il semble que Gérald Darmanin veuille s’y mettre: bravo!) et interdire de tout emploi sensible (aujourd’hui ils peuvent travailler comme enseignants ou comme éducateurs!) les fichés français. Ce qui suppose là encore de passer outre l’opposition de tous ceux qui estiment qu’on ne peut rien faire au motif qu’«ils n’ont encore commis aucun crime»… Il faudra enfin se décider à aborder sans se voiler la face la question de l’immigration sans contrôle et de ses conséquences pour le pays. Un Tchétchène de 18 ans à qui la justice avait reconnu le statut de réfugié vient de décapiter un enseignant français. Quelques jours plus tôt, un jeune Pakistanais, à qui la justice – toujours elle – avait accordé la protection reconnue aux «mineurs isolés», avait perpétré une attaque au hachoir contre l’ancien immeuble de Charlie. Peut-être cette coïncidence mériterait-elle que l’on s’y arrête un instant: si la France continue d’accueillir chaque année sur son sol près d’un demi-million d’étrangers, dont la grande majorité, de confession musulmane, estime que la charia est supérieure à tout, il est peu probable que l’islamisme recule… Alexis Brézet
Je ne parle plus des « invisibles » et des « oubliés », puisqu’ils sont devenus très visibles – trop, aux yeux de certains. Un seuil a été franchi et c’est pour cela que je suis plutôt optimiste sur la suite des opérations. Une bataille culturelle a été gagnée. On peut observer l’émergence dans les médias, mais aussi dans la recherche ou dans le monde de la culture, de ces catégories dont on ne parlait absolument plus ces vingt dernières années. L’utilisation du concept de « gens ordinaires » permet d’élargir, de dépasser la seule question de la lutte des classes, même si celle-ci est encore très présente. Les gens ordinaires, c’est à peu près tout le monde. Cela suggère qu’il s’agit du groupe majoritaire. Et cette majorité de la population, on ne la découpe plus en classes sociologiques : classes moyennes supérieures, classes moyennes inférieures, classes populaires, etc. Car la bataille politique qui reste à mener est, d’abord et avant tout, une bataille de la représentation. On l’a vu avec les « gilets jaunes » et l’ensemble des derniers mouvements sociaux. Chaque fois qu’émerge politiquement ou socialement ce groupe majoritaire, on va très vite vous expliquer que, en fait, non, ce sont plutôt des marges qui s’expriment, des catégories minoritaires. Les « gens ordinaires » ont désormais émergé et, en utilisant cette expression, il s’agit de dire qu’on ne reviendra pas en arrière. (…) Vous pouvez mettre la poussière sous le tapis, nier la réalité, instrumentaliser les médias, il n’empêche : une majorité existe. Il faut donc prendre cette guerre de représentation pour ce qu’elle est : une guerre politique. La société libérale ne peut perdurer que si elle morcelle. D’où la réussite médiatique de concepts portant sur le morcellement de la société, son « archipellisation », sa complexité. Tout cela vise à imposer une seule idée : le peuple n’existe pas. Et s’il n’existe pas, alors les choses peuvent être gérées de façon segmentée, catégorielle. Ce qui ne pose en fait aucun problème au pouvoir. Mais cette stratégie n’a qu’un temps. Au Royaume-Uni, la working class était totalement invisible jusqu’au Brexit. Pourtant, ses membres, ces « déplorables » – pour reprendre le mot de Hillary Clinton lors de la présidentielle américaine de 2016 – ont utilisé le référendum sur le Brexit pour dire : « Nous existons. » D’un coup, la working class britannique n’est plus à la marge, en voie de disparition. Elle apparaît même plus forte que l’ancienne classe ouvrière. Elle a, de par son poids, la possibilité de renverser la table. Est-ce que Boris Johnson sera la bonne personne pour accomplir cette volonté des électeurs britanniques ? Est-ce qu’il ira jusqu’au bout ? Est-ce qu’il mettra en place une véritable politique de réindustrialisation du pays ? Toutes ces questions restent posées. Mais voilà une majorité capable, quand elle utilise de « bonnes marionnettes », de changer la donne. Idem avec les « gilets jaunes ». Certes, vous n’aviez pas toute la population française dans la rue, mais étaient là des représentants de l’ensemble des catégories modestes : des ouvriers, des employés, des retraités, des jeunes, des vieux, des gens issus de l’immigration. On avait la France dans toute sa diversité : des Blancs, des Noirs, des Maghrébins. Que s’est-il passé ? Majoritairement, la population s’est reconnue dans ce mouvement. Je veux bien que l’on me dise qu’à la fin ce mouvement est devenu autre chose, avec une forte récupération politique. Mais il n’empêche : pourquoi a-t-il autant inquiété nos élites ? Parce que ces dernières ont parfaitement compris que se jouait sur les ronds-points ce qu’ils cherchent à déconstruire depuis trente ans. À savoir : une réunion des catégories modestes qui, depuis toujours, portent l’économie. La période de confinement nous l’a d’ailleurs prouvé : la société repose beaucoup sur ces catégories-là. Face à ce mouvement majoritaire de facto, tout a été fait pour segmenter, morceler à nouveau. C’était le sens même de l’opération « grand débat » avec ces mille thématiques, tous les sujets étant traités les uns après les autres. (…) Des réponses à tout et pour tous, pour chaque segment de la population. Avec, en toile de fond, l’idée que les gens ne demandent que de l’argent. Logiquement, la fin de partie a été sifflée avec un chèque. Ce genre de situation est parfaitement gérable pour les libéraux. Finalement, pour eux, ce n’est pas un gros problème de faire des chèques. Car, dans leur esprit, ce qu’il faut, c’est ne surtout rien changer au système et faire perdurer l’idée que la société est morcelée, « archipellisée ». Il s’est pourtant passé quelque chose sur ces ronds-points, une vraie recomposition sociologique et politique. Les médias n’y ont vu que de la « radicalisation ». Vous savez, ce discours consistant à dire : « Ces gens-là n’écoutent pas, ils sont incapables de réaliser des diagnostics clairs. » Les journalistes interrogeaient des quidams et leur demandaient : « Quel est votre programme économique ? » Il y a là toute la perversité et toute la responsabilité des médias. (…) Pour le moment, l’idée pour le pouvoir, qu’il soit médiatique, politique ou économique, est de préserver l’essentiel. Pour eux, « jusqu’ici tout va bien », comme on dit. Sauf qu’une société n’est durable que si le modèle proposé bénéficie au plus grand nombre. Or, dans la France périphérique et dans beaucoup de territoires, précarisation sociale et désaffiliation politique vont de pair. Vous avez un lien évident entre le processus de désindustrialisation du pays et le fait que les gens n’adhèrent plus au discours politique. L’idée pour le pouvoir est donc de maintenir ce morcellement des Français car il est plus simple et préférable pour lui de gérer par segments la société plutôt que d’avoir à remettre en cause le système dans son ensemble. [Mais] bien sûr (…) si, politiquement, rien ne se passe, on va à la catastrophe. Elle sera économique, culturelle, identitaire. Il est complètement fou d’imaginer que nos représentants politiques n’aient pas comme priorité de répondre aux attentes des gens ordinaires. Cela s’appelle la démocratie. Mais, aujourd’hui, dire : « Répondez aux demandes de la majorité », c’est être immédiatement soupçonné en retour d’être contre les minorités ! En travaillant, comme je l’ai fait, dans le logement social, les quartiers dits sensibles, on se rend compte que toutes les demandes des gens ordinaires ne sont pas clivées ethniquement. En banlieue, tout le monde veut plus de sécurité. Tous : Blancs, Noirs, Maghrébins, etc. D’ailleurs, tous les « petits » – Blancs, Noirs, Maghrébins, catholiques, juifs… – ont un immense problème avec les représentants de leurs communautés respectives. Le clivage petit/gros, haut/bas marche aussi à cette échelle. Aucun ne se sent convenablement représenté. (…) Cette décélération est en train de se faire. Mais pas joyeusement. Ce que l’on voit arriver, c’est une crise sociale, qui sera évidemment plus violente dans la France périphérique que dans les grandes métropoles. Les gens ordinaires ont certes gagné la bataille culturelle, mais économiquement et socialement on est encore loin du compte. Ce qui se prépare, et qui est déjà à l’œuvre, ce sont partout des plans sociaux. Bravo, les technocrates français, d’avoir tout misé sur l’aéronautique, le tourisme, etc. ! Si Jean-Pierre Chevènement se présentait aujourd’hui, il serait élu à 60 %. Son diagnostic est absolument pertinent. Mais il est arrivé trop tôt… À un moment où tout le monde pensait que seule la classe ouvrière allait souffrir. Une classe ouvrière que la gauche avait déjà abandonnée. C’est pourquoi je commence mon livre avec la phrase de Pierre Mauroy qui constate que le mot « ouvrier » a disparu du discours des socialistes. Sauf que, après que les ouvriers ont été touchés, il y a eu les employés, puis les paysans, ensuite les indépendants, les petits retraités… C’était une fusée à plusieurs étages. De sorte que le discours de Chevènement a été perçu initialement comme une sorte d’attachement désuet à un monde industriel appartenant au passé. Tous ces gens, ce bloc qu’ils forment, iraient aujourd’hui à lui. Politiquement, il y a donc un décalage entre la prise de conscience de la population et le seul choix qui leur est proposé aujourd’hui, à savoir départager Macron et l’extrême droite… (…) [Mais] D’abord, il s’agit de ne pas sombrer dans le pessimisme. Tout est fait pour dire aux gens qu’ils ne sont rien. Par ailleurs, nous ne sommes pas dans une période de révolution, mais dans une sorte de guérilla culturelle. C’est long, la guérilla, mais les choses progressent. Même chez ceux qui dénonçaient le concept de France périphérique et qui maintenant utilisent l’expression. Même chez un Macron : il nomme un Premier ministre dont on nous vante l’accent ! Et puis, le totalitarisme, même « adouci », n’est pas durable. Quand la masse n’y croit plus, ça ne tient pas. Et là, déjà, ça craque. Le modèle économique n’est plus durable. Il ne peut perdurer longtemps grâce à ses derniers bastions que sont les métropoles et quelques secteurs d’activité. Prenons le revenu universel : donner aux gens de l’argent pour remplir leur Caddie chez Lidl, ce n’est pas répondre à leurs aspirations. Réindustrialiser, c’est évidemment faire du protectionnisme – un gros mot. Ça prendra du temps, mais ça se fera. La question de l’Europe, c’est pareil. Les choses sont en train de s’écrouler. Plus personne n’y croit. On fait porter aux catégories populaires la défiance de l’Europe. Mais c’est faux. Ils ont joué le jeu. Comme ils ont joué le jeu de la mondialisation. On pourrait même dire qu’ils ont joué le jeu du néolibéralisme, inconsciemment. Et puis, ils font le bilan : le compte n’y est pas, ça ne marche pas. Toutes les croyances anciennes ne fonctionnent plus. On peut aller plus loin : l’instrumentalisation de l’écologie, le diversity washing, les gens voient bien que ça ne repose sur rien. On est donc à la veille d’un renversement culturel. (…) Je connais les techniques de délégitimation. J’en ai été la victime avec le concept de France périphérique. Ça non plus, ça ne fonctionne plus. Les catégories populaires ont fait confiance à leurs élites, elles ont cru aux médias. Les gens sont d’ailleurs prêts à aller vers leurs élites. Il n’y a pas intrinsèquement d’anti-intellectualisme ou d’anti-élitisme, pas de rejet a priori. Il y a juste des gens qui font le constat que les élites d’aujourd’hui n’ont plus le bien commun chevillé au corps. Christophe Guilluy
Pour éviter d’autres Aquarius, la désagrégation des relations coopératives entre Européens, mettre fin à cette infernale partie de mistigri et réduire la pression sur nos sociétés fragiles, il faut prendre le problème à la racine et adopter un plan d’ensemble et des mesures d’urgence. Le sentiment que l’Europe est une passoire, alors même que l’islamisme progresse partout chez les musulmans sunnites et que le terrorisme islamiste sévit sur plusieurs continents, y compris en Europe, est peut-être exagéré ou injuste mais il est obsédant. Il nourrit le « populisme » et alimente les insurrections électorales. Les efforts réels accomplis ces dernières années ou en cours à l’initiative du président français sont occultés par des événements scandaleux ou tragiques et par les pugilats européens. Ceux qui espéraient paralyser les réactions de rejet des migrations de masse à coup d’eau bénite ou de condamnations morales ont dû déchanter. Ceux qui n’ont vu dans l’immigration qu’une nécessité économique (importer de la main-d’œuvre) ou une opportunité démographique (combler des déficits) ont nourri les angoisses des populations européennes. L’état des opinions est maintenant si grave qu’aucun progrès européen dans d’autres domaines, comme les annonces obtenues par la France au château de Meseberg, près de Berlin, sur l’euro, ne suffira à inverser ce mouvement. Croire que le plus dur est passé parce que les flux ont diminué depuis le pic de 2015 est illusoire quand on connaît les prévisions démographiques africaines ; 1,2 milliard d’êtres humains aujourd’hui, 2,5 milliards en 2050 sauf si le planning familial était mis en œuvre partout. Et comment être sûr que d’autres drames atroces ne jetteront pas à nouveau demain sur les routes des familles entières à la recherche d’asiles ? Pour casser cet engrenage dévastateur, il faut donc, dans un cadre et par des mécanismes durables, contrôler ces flux. Dans le cadre d’un Schengen consolidé et renforcé, il faut d’abord vérifier que chacun des vingt-six Etats membres, et nouveaux candidats, en particulier les Etats physiquement frontaliers, sans oublier tous les aéroports, seront capables administrativement, politiquement et géographiquement d’assumer des engagements renforcés grâce à une agence Frontex [l’agence européenne de surveillance des frontières] mieux équipée et transformée en vraie police des frontières parfaitement connectée aux polices nationales. Le droit d’asile pour les gens en danger doit absolument être préservé. Au-delà même des préambules des Constitutions de 1946 et de 1958, il est l’âme même de l’Europe. Mais cela suppose qu’il ne soit pas détourné de son objet ; sans distinction claire d’avec les mouvements migratoires, il finira par être balayé. La distinction, qui n’aurait jamais dû être perdue de vue, entre les demandeurs d’asile, dont certains seront admis en tant que réfugiés, et les migrants économiques, dont certains seront admis comme immigrants légaux, est cruciale. (…) Bien sûr, les critères d’attribution de l’asile dans Schengen devront être complètement harmonisés, et les demandeurs d’asile acceptés devront être beaucoup mieux accueillis et intégrés. Quant aux déboutés, ils devront être pris en charge et reconduits par Frontex en dehors de Schengen, dans leur pays d’origine où ils pourront postuler comme immigrants légaux. On ne peut pas fixer a priori de quotas de réfugiés : étant donné que le nombre des futurs demandeurs d’asile dépend des tragédies futures, il ne peut pas être plafonné artificiellement à l’avance. L’Europe devra rester généreuse, vis-à-vis des personnes persécutées ou menacées, tout en aidant plus les pays voisins qui les accueillent en premier lieu, comme la Turquie, la Jordanie, le Liban. (…) Des quotas d’immigration légale par pays, et par métiers, devront être fixés chaque année au cours d’un sommet entre pays de Schengen, pays de départ et pays de transit. Ces derniers demanderont des compensations et des aides, ce qui conduira à reconsidérer de proche en proche toutes les politiques de codéveloppement. Cette cogestion est indispensable car il est impossible de détruire sans ces pays les réseaux de passeurs et leurs complices qui ont reconstitué une économie de la traite en Afrique ; gérer avec eux, avec l’aide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), dans des centres d’accueil au sein de plates-formes régionales, aussi bien les demandes d’asile que les demandes d’immigration en Europe ; lutter contre le trafic de faux papiers dans le Sahel ; et mieux contrôler les frontières entre ces pays. Il ne faudrait pas en être réduit, tout cela ayant échoué, et les garde-côtes libyens étant impuissants, à être obligés de bloquer les ports de Libye ! En même temps, cette gestion plus rigoureuse des flux migratoires permettra de favoriser, comme promis dans le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou, la circulation pour les non-candidats à l’immigration (étudiants, hommes d’affaires, artistes). En attendant, et en urgence, il faut gérer l’héritage du passé et remplacer Dublin, que les ministères de l’intérieur avaient espéré pouvoir garder, par de nouvelles règles. Les pays de Schengen qui ne voudront pas accueillir de réfugiés au titre de la solidarité et de la répartition devront fournir une contribution financière accrue pour la protection des frontières communes ou pour l’accueil et l’intégration des réfugiés dans d’autres pays. Des décisions difficiles devront être prises concernant ceux qui sont déjà en Europe, illégalement, depuis un certain temps : les reconduire dans des centres de retour à l’extérieur, d’où ils pourront tenter leur chance comme immigrants légaux auprès des centres d’accueil, ou essayer de travailler dans leur propre pays (les migrants, pas les demandeurs d’asile) ; ou les régulariser, pour des raisons d’humanité ou autres, mais alors les intégrer vraiment. (…) Il est urgent que les opinions européennes constatent un vrai changement. La répartition des réfugiés, le montant des compensations, la fixation du nombre de migrants légaux, la dénomination et l’organisation du réseau de centres à l’extérieur ou aux frontières, et leur fonction, donneront lieu à des négociations permanentes et difficiles. Mais une partie de l’opinion européenne changera quand elle réalisera que ces flux seront désormais mieux « gérés », que la partie de mistigri sur les réfugiés est finie et qu’il y a une politique claire, à court et long terme. Et même si des flux d’immigration illégaux se poursuivent, ils deviendront quand même moins importants. Néanmoins, il ne faut pas se cacher que plusieurs secteurs de l’opinion, minoritaires mais très actifs et « audibles », continueront à opposer un tir de barrage à la mise en œuvre de cette indispensable politique, pour des raisons opposées – il faut aider tous ceux qui souffrent ; il faut repousser tous les envahisseurs. S’il n’y avait dans le monde que 10 millions de candidats à l’immigration en Europe, cela ne poserait aucun problème ! Les arguments de l’extrême droite (pour tout fermer) doivent être combattus sans ménagement comme étant inhumains, économiquement absurdes et, de toute façon, inapplicables. Il en va de même pour l’extrême gauche qui mise sur les populations issues de l’immigration par calcul militant, activiste ou électoral. En revanche, il faudrait convaincre beaucoup de gens généreux et de bonne foi de réfléchir à leur responsabilité et de modifier leurs positions ne serait-ce que pour sauver l’asile. Ceux que la repentance aveugle ou paralyse. Ceux qui ne voient le problème des migrations qu’en termes de valeurs et de principes généraux. Or, c’est aussi une question de nombre : s’il n’y avait dans le monde que 10 millions de candidats à l’immigration en Europe, cela ne poserait aucun problème ! Ceux qu’un universalisme abstrait et un mépris affiché pour les besoins élémentaires d’identité et de sécurité culturelle des peuples européens ont rendu inaudibles. Ceux qui ne réalisent pas que ce n’est pas être « généreux » que de priver les pays d’Afrique de leurs meilleurs éléments, les émigrants jeunes, dynamiques et entreprenants, en alimentant la nouvelle économie de la traite. Il faudrait même oser questionner le bilan des grandes institutions judiciaires françaises ou européennes chargées d’appliquer des grands textes comme la Convention européenne des droits de l’homme et qui, par effets de cliquet et avec une totale bonne conscience, peuvent donner à la longue aux citoyens le sentiment qu’elles se substituent à la souveraineté et à la démocratie. Alors que le problème numéro un de l’Europe est le fossé élites/peuples ! (…) Quid des pays de Visegrad [un groupe informel composé de la Hongrie, de la Pologne, de la République tchèque et de la Slovaquie] ? De l’Italie ? De l’Espagne à Ceuta et Melilla [enclaves espagnoles au Maroc], etc. ? Mais aussi quid des partenaires extérieurs de l’Est et du Sud ? Vraies questions. Mais il y a le feu ! Paradoxalement, malgré les apparences récentes, il ne devrait pas y avoir d’opposition insurmontable entre les pays européens de l’Ouest et de l’Est. Qui conteste la nécessité absolue d’une meilleure maîtrise des flux vers l’Europe ? Enfin, n’oublions pas l’éléphant dans la pièce : une alliance plus déterminée et plus assumée partout des démocrates et des musulmans modérés contre l’islamisme aiderait à enrayer le glissement des opinions européennes. Tout cela va s’imposer. Faisons-le plutôt ensemble, vite, et en bon ordre. Hubert Védrine
Ceci révèle l’arrière-plan idéologique : qui dit ghettos de banlieue, sous-entend ghettos noirs, relégation, et conclut à l’échec de la République, remettant en cause les fondamentaux de la République. L’Ecole a échoué, les services publics ont échoué et « l’Etat est absent » (dit-on souvent à tort). Il est facile de démentir ce discours en considérant l’investissement public par habitant. On ne voit pas que ces quartiers, en France, ont une fonction de sas entre le Nord et le Sud. Dans les quartiers sensibles se joue la dynamique de la transformation de la société française, ce qui n’est pas la problématique des ghettos noirs américains. Aux États-Unis, les Noirs représentent environ 12% de la population. Ce pourcentage n’a pas évolué depuis plus d’un siècle, on ne peut donc pas parler d’une dynamique. Dans les banlieues françaises, au contraire, on est dans une logique de transformation, ce dont témoigne le taux de mobilité. On nous parle de « relégation », d’« assignation à résidence ». Ce vocabulaire évoque à dessein un univers quasi-concentrationnaire. Or, sur la durée, les populations des territoires de la politique de la ville sont les plus mobiles de France. Hier l’observatoire des ZUS, dans un nouveau rapport, a publié des résultats catastrophiques. Ils le seront encore demain, la photographie d’aujourd’hui est évidemment calquée sur celle d’hier et sur celle de demain et si on ne pense pas ces quartiers en termes de flux, on a l’impression que les taux de chômage s’incrustent, affectant durablement des populations stables. La réalité de ces quartiers n’est pas celle-là. Les chômeurs d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier et ne seront pas ceux de demain. La négation de cette mobilité amène à conclure à l’échec de la République. En revanche, si on analyse ces quartiers en termes de dynamique, on réalise que la République y est restée vaillante, non, certes, sans difficultés. Le nombre de jeunes diplômés a explosé dans ces quartiers et beaucoup d’entre eux partent. Evidemment, les nouveaux arrivants, qui viennent souvent des pays du Sud, sont plus pauvres et moins formés que ceux qui partent. Les maires des communes concernées – c’est le cas de Sarcelles – n’arrivent pas à retenir les habitants qui veulent partir. Ces quartiers doivent être pensés comme des espaces dynamiques en flux où des gens arrivent tandis que d’autres partent. Mais la République est là, les écoles sont présentes, des diplômés sortent de ces quartiers, certes trop peu, certes avec d’infinies difficultés, la délinquance. Il n’empêche que le bilan de la République est moins désastreux que ce qu’on imagine si on arrête un peu d’analyser à partir d’indicateurs sociaux en stock. Il est donc important de répéter que la problématique des quartiers sensibles n’est pas celle des ghettos mais celle de la transformation de la société française. Je citerai quelques chiffres qui rendent compte de l’évolution de la population dans ces communes. Des études ont été réalisées par l’INED sur les jeunes d’origine étrangère qui ont montré qu’entre 1968 et 2005, on était passé par exemple de 19 % à 57 % de jeunes d’origine étrangère en Seine-Saint-Denis, de 22 à 76 % à Clichy-sous-Bois, de 20 % à 66 % à Sarcelles ou de 41 à 61 % à Vaulx-en-Velin. Ces chiffres expriment bien les flux permanents et la transformation très forte de la population dans ces quartiers. Ils ne parlent pas d’assignation à résidence mais, au contraire, de transformation de la société française. Les gens qui parlent de ghettos nient cette transformation. Nous sommes donc dans des logiques de flux et surtout cette évolution dit que nous sommes passés au temps des minorités et des majorités relatives. On parle beaucoup des minorités dites « visibles » (toujours le background américain !) mais nous ne sommes plus dans cette situation en France. L’évolution de la population se fait selon une logique de transformation en profondeur, faisant émerger des minorités et des majorités relatives en constante et forte évolution. Christophe Guilluy
Partout en Europe, dans un contexte de flux migratoire intensifié, ce ciblage des politiques publiques vers les plus pauvres – mais qui est le plus pauvre justement, si ce n’est celui qui vient d’arriver d’un territoire dix fois moins riche ? – provoque inexorablement un rejet de ce qui reste encore du modèle social redistributif par ceux qui en ont le plus besoin et pour le plus grand intérêt de la classe dominante. C’est là que se noue la double insécurité économique et culturelle. Face au démantèlement de l’Etat-providence, à la volonté de privatiser, les classes populaires mettent en avant leur demande de préserver le bien commun comme les services publics. Face à la dérégulation, la dénationalisation, elles réclament un cadre national, plus sûr moyen de défendre le bien commun. Face à l’injonction de l’hypermobilité, à laquelle elles n’ont de toute façon pas accès, elles ont inventé un monde populaire sédentaire, ce qui se traduit également par une économie plus durable. Face à la constitution d’un monde où s’impose l’indistinction culturelle, elles aspirent à la préservation d’un capital culturel protecteur. Souverainisme, protectionnisme, préservation des services publics, sensibilité aux inégalités, régulation des flux migratoires, sont autant de thématiques qui, de Tel-Aviv à Alger, de Detroit à Milan, dessinent un commun des classes populaires dans le monde. Ce soft power des classes populaires fait parfois sortir de leurs gonds les parangons de la mondialisation heureuse. Hillary Clinton en sait quelque chose. Elle n’a non seulement pas compris la demande de protection des classes populaires de la Rust Belt, mais, en plus, elle les a traités de « déplorables ». Qui veut être traité de déplorable ou, de ce côté-ci de l’Atlantique, de Dupont Lajoie ? L’appartenance à la classe moyenne n’est pas seulement définie par un seuil de revenus ou un travail d’entomologiste des populations de l’Insee. C’est aussi et avant tout un sentiment de porter les valeurs majoritaires et d’être dans la roue des classes dominantes du point de vue culturel et économique. Placées au centre de l’échiquier, ces catégories étaient des références culturelles pour les classes dominantes, comme pour les nouveaux arrivants, les classes populaires immigrées. En trente ans, les classes moyennes sont passées du modèle à suivre, l’American ou l’European way of life, au statut de losers. Il y a mieux comme référents pour servir de modèle d’assimilation. Qui veut ressembler à un plouc, un déplorable… ? Personne. Pas même les nouveaux arrivants. L’ostracisation des classes populaires par la classe dominante occidentale, pensée pour discréditer toute contestation du modèle économique mondialisé – être contre, c’est ne pas être sérieux – a, en outre, largement participé à l’effondrement des modèles d’intégration et in fine à la paranoïa identitaire. L’asociété s’est ainsi imposée partout : crise de la représentation politique, citadéllisation de la bourgeoisie, communautarisation. Qui peut dès lors s’étonner que nos systèmes d’organisation politique, la démocratie, soient en danger ? Christophe Guilluy
Présentée comme illusoire ou anachronique, la demande de régulation des flux migratoires est, sur tous les continents, une demande banale des classes populaires quelles que soient leurs origines. (…) Décrite comme l’illustration d’une dérive xénophobe des « petits blancs », on constate qu’elle concerne en réalité tous les “petits”, quelles que soient leurs origines ethniques ou religieuses. (…) comme les gens ordinaires ne peuvent ériger des frontières invisibles avec l’Autre (comme le font les classes supérieures), ils craignent évidemment plus de devenir minoritaires dans leur immeuble, leur village ou leur quartier. Car être ou devenir minoritaire, c’est dépendre de la bienveillance de la majorité. (…) C’est en cassant le rythme d’une immigration perpétuelle que les pouvoirs publics pourraient agir sur le contexte social (la réduction des arrivées de ménages précaires stopperait la spirale de la paupérisation) mais aussi sécuritaire (la stabilisation puis la baisse du nombre de jeunes assécherait le vivier dans lequel recrutent les milieux délinquants). En reprenant la main sur cet « exercice de souveraineté qui a en partie été délégué à l’échelon européen », les politiques pourraient ainsi jouer sur les flux permanents qui, comme l’explique laurent Chalard, empêche l’assimilation. Cette politique répondrait enfin aux attentes de la population de ces quartiers qui demandent  depuis des décennies une plus grande fermeté de l’Etat à l’égard de l’immigration clandestine mais aussi des dealers qui pourrissent la vie de ces territoires. Christophe Guilluy
Pour un certain nombre d’analystes, le relatif échec de l’assimilation des populations d’origine maghrébine en France par rapport aux vagues migratoires précédentes, se traduisant, entre autres, par le maintien de prénoms spécifiques au sein des deuxième et troisième générations, est relié à un facteur culturel essentiellement considéré sous sa forme religieuse, la pratique de l’islam, qui rendrait impossible à ses membres de devenir complètement des Français comme les autres. Or, si le rôle de ce facteur ne peut être totalement nié, il en existe cependant un autre, d’ordre démographique, renforçant considérablement le phénomène, qui est le non-tarissement des flux. En effet, les immigrés à l’assimilation réussie, que sont les Italiens, les Polonais, les Espagnols ou les Vietnamiens se sont totalement fondus dans la population française parce que, suite aux vagues migratoires très importantes, les flux d’arrivée se sont taris, coupant définitivement les nouveaux arrivants des évolutions récentes de leur culture d’origine. (…) En conséquence, il s’est produit une adaptation rapide à la culture du pays d’accueil puisque ces nouveaux arrivants n’avaient aucun intérêt à maintenir leur culture d’origine. Leurs enfants scolarisés avec les autres petits français, à une époque où l’école était inclusive et le niveau d’enseignement satisfaisant, s’intégraient pleinement conduisant dès la première génération à de nombreux mariages avec la population locale, puisqu’ils n’allaient pas chercher leur conjoint dans le pays de naissance de leurs parents, et à l’adoption de comportements de fécondité semblables aux « autochtones », conduisant à une stabilisation des effectifs. Pour montrer l’influence primordiale de ce facteur, il convient de citer le cas des immigrés vietnamiens et cambodgiens arrivés en une seule vague à la fin des années 1970, sans espoir de retour à l’époque, dont l’intégration dans la société française est particulièrement exemplaire, bien qu’ils ne soient pas de culture européenne, qu’ils pratiquent, en règle générale, une religion différente (le bouddhisme) et que leur apparence physique en fasse une minorité visible! Or, pour les Maghrébins, la situation apparaît différente car les flux migratoires ne se sont jamais arrêtés depuis le début des Trente Glorieuses, soit depuis 70 ans. Il n’y a jamais réellement eu de pause permettant à la population de s’assimiler, la fin de l’immigration de travail sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing laissant place à la politique de regroupement familial, qui va à la fois maintenir un niveau non négligeable du flux d’entrées chaque année et stimuler la natalité de ces populations du fait de la féminisation de l’immigration. En conséquence, pour une large part des Maghrébins, le cordon ombilical n’a pas été coupé avec le pays d’origine, ce qui sous-entend le maintien et la transmission des traditions culturelles d’une génération à l’autre, en particulier sur le plan religieux, et une politique matrimoniale non assimilationniste, privilégiant une certaine endogamie, que ce soit à travers des mariages au sein de la communauté en France ou avec des congénères du pays d’origine, un des principaux moteurs du regroupement familial à l’heure actuelle. Il convient donc de s’interroger sur ce sujet, quitte à poser une question taboue, qui risque de faire débat: l’immigration perpétuelle empêche-t-elle l’assimilation? En effet, il est légitime de se poser la question. Les Français d’origine maghrébine se seraient peut-être plus facilement assimilés et auraient probablement une situation économique meilleure, si les flux d’arrivées s’étaient taris au milieu des années 1990, leur permettant de se tourner complètement vers leur nouveau pays. Dans ce contexte, le fondamentalisme religieux aurait probablement plus difficilement pénétré notre société, puisqu’il est d’abord arrivé en France par l’Algérie. Parallèlement, la natalité serait plus basse, permettant une meilleure réussite scolaire des enfants et les quartiers d’accueil seraient moins homogènes ethniquement, favorisant l’assimilation, car les flux migratoires auraient été moins nombreux. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les jeunes Maghrébins nés en France sont peut-être les premières victimes de l’immigration continue, d’autant plus que les nouveaux arrivants viennent les concurrencer sur le marché du travail. Laurent Chalard

Attention, une victimisation peut en cacher une autre !

A l’heure où trois semaines après l’égorgement, pour « retrouver sa dignité » nous dit-on, de deux journalistes français par un réfugié pakistanais au pied de l’ancienne adresse de Charlie hebdo …

C’est la sauvage décapitation d’un professeur de collège, par fidélité à sa foi et loyauté à sa communauté cette fois, par un autre réfugié tchétchène celui-là …

Qui vient nous rappeler après les douze de Charlie hebdo et les quatre otages d’un supermarché juif abattus à la kalachnikov ou au fusil d’assaut par des enfants d’immigrés algériens et maliens  il y a cinq ans …

Sans compter, sur près de 500 victimes pour les 20 premières années de notre siècle, 11 mois plus tard les 129 morts et 354 blessés du Bataclan et des cafés alentour

Le lourd prix à payer pour avoir offensé Mahomet ou ses soldats par la caricature ou les forces armées …

Et où du New York Times à Mediapart, l’hystérisation du souci de la victime continue ses ravages …

Alors que loin de les rassurer aux Etats-Unis, l’avance de Biden inquiète de plus en plus, mauvais souvenirs de 2016 obligent, les Démocrates …

Et que contre toutes leurs prédictions, c’est à présent les minorités qui semblent de plus en plus se reconnaitre en le prétendu Trump raciste …

Tandis qu’un reportage de France 2 sur l’hommage des collègues et élèves du professeur sauvagement assassiné et décapité  …

Coupe pudiquement le chant de notre hymne national juste avant les mots trop objectivement descriptifs  (« Ils viennent juste que dans nos bras égorger nos fils, nos compagnes ») …

Et que c’est de son « héroïsme » que se retrouve étrangement victime un autre martyr de la même barbarie …

Alors que libérée avec d’autres au prix fort de quelque 200 djihadistes et une dizaine de millions, une otage française transforme sa détention en retraite spirituelle

Pendant qu’après s’être enfin résolu, trois ans après son élection, à mentionner le problème du « séparatisme islamique »

Un président qui à l’instar de son évocation, lors de sa campagne, des crimes contre l’humanité de la France en Algérie …

Est vite revenu à une terminologie beaucoup plus ‘soft » de « projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains »

Et que, sur fond d’incessants procès d’intention ou procès tout cours des lanceurs d’alerte Marine Le Pen ou Zemmour

C’est à nouveau, entre deux « marches des marchands de tabac contre le cancer »,  à l’unique départage entre Macron et l’extrême droite que les électeurs français se voient à nouveau préparés pour la prochaine présidentielle dans 18 mois …

Qui, sauf rares exceptions et après tant de trahisons des clercs répétées, pose la question qui fâche …

A savoir celle des flux continus d’immigration régulière et irrégulière …

Qui à l’instar de la révolution, selon le fameux mot du polémiste suisse Jacques Mallet du Plan, finit par dévorer ses propre enfants …

Ou pour prendre une image bien au coeur de la polémique actuelle …

Comme cette interminable noria de terroristes qu’évoque le Mahomet désemparé par son manque de vierges d’une des caricatures danoises …

Empêchent tout simplement toute véritable assimilation …

Au sein de populations majoritairement d’origine musulmane …

Qui contrairement à leurs prédécesseurs n’ont jamais coupé le cordon avec leurs cultures d’origine …

Tout en les maintenant artificiellement, à l’image de ces prétendus mineurs isolés – dont l’égorgeur au hachoir du 28 septembre –  toujours plus nombreux et coûteux, dans un état de jeunesse éternelle …

Le fameux « surplus de jeunes » dont on sait depuis au moins Huntington et pour le plus grand bonheur des caïds de la drogue ou du terrorisme …

La plus grande propension à la violence et à la délinquance …

Mais les vouant aussi, comme l’avait rappelé Georges Marchais avant les Le Pen et aujourd’hui un Trump, à la spirale de la précarisation et du chômage …

Via la pression constante qu’ils exercent au grand bonheur des chefs d’entreprise …

Sur les salaires et les emplois …

Sans compter par l’insécurité physique et culturelle induite …

La disqualification et la fuite de modèles positifs qui entre Français de souche et immigrés intégrés …

Et sans parler de la démobilisation des instances publiques d’éducation et de sociabilisation …

Assuraient autrefois ce travail d’assimilation des nouveaux arrivants …

L’immigration se retournant ainsi paradoxalement au bout du compte …

Contre ceux-là même qu’elle était censée servir ?

L’immigration perpétuelle empêche-t-elle l’assimilation?
FIGAROVOX/TRIBUNE – Les députés débattent de l’immigration ce lundi 7 octobre à l’Assemblée nationale. Pour le géographe Laurent Chalard, les élus doivent comprendre que tant que les flux migratoires ne se tarissent pas, l’assimilation est rendue plus difficile.

Laurent Chalard
Le Figaro
7 octobre 2019

Laurent Chalard est géographe et travaille au European Centre for International Affairs. Retrouvez-le sur son blog personnel.


Pour un certain nombre d’analystes, le relatif échec de l’assimilation des populations d’origine maghrébine en France par rapport aux vagues migratoires précédentes, se traduisant, entre autres, par le maintien de prénoms spécifiques au sein des deuxième et troisième générations, est relié à un facteur culturel essentiellement considéré sous sa forme religieuse, la pratique de l’islam, qui rendrait impossible à ses membres de devenir complètement des Français comme les autres. Or, si le rôle de ce facteur ne peut être totalement nié, il en existe cependant un autre, d’ordre démographique, renforçant considérablement le phénomène, qui est le non-tarissement des flux.

Les flux migratoires de Maghrébins ne se sont jamais arrêtés depuis le début des Trente Glorieuses, soit depuis 70 ans.

En effet, les immigrés à l’assimilation réussie, que sont les Italiens, les Polonais, les Espagnols ou les Vietnamiens se sont totalement fondus dans la population française parce que, suite aux vagues migratoires très importantes, les flux d’arrivée se sont taris, coupant définitivement les nouveaux arrivants des évolutions récentes de leur culture d’origine. Pour les Polonais, la Seconde Guerre mondiale puis la Guerre froide ont radicalement rompu le lien de cette population avec la Pologne, située au-delà du rideau de fer, facilitant mécaniquement leur assimilation. Pour les Italiens, suite au décollage économique de l’Italie après 1945, les flux se tarissent progressivement pendant les Trente Glorieuses. Pour les Espagnols, le ralentissement des arrivées apparaît plus tardif, datant de la fin des années 1970, suite à la chute de la dictature de Franco et à une croissance économique soutenue de l’Espagne. En conséquence, il s’est produit une adaptation rapide à la culture du pays d’accueil puisque ces nouveaux arrivants n’avaient aucun intérêt à maintenir leur culture d’origine. Leurs enfants scolarisés avec les autres petits français, à une époque où l’école était inclusive et le niveau d’enseignement satisfaisant, s’intégraient pleinement conduisant dès la première génération à de nombreux mariages avec la population locale, puisqu’ils n’allaient pas chercher leur conjoint dans le pays de naissance de leurs parents, et à l’adoption de comportements de fécondité semblables aux «autochtones», conduisant à une stabilisation des effectifs. Pour montrer l’influence primordiale de ce facteur, il convient de citer le cas des immigrés vietnamiens et cambodgiens arrivés en une seule vague à la fin des années 1970, sans espoir de retour à l’époque, dont l’intégration dans la société française est particulièrement exemplaire, bien qu’ils ne soient pas de culture européenne, qu’ils pratiquent, en règle générale, une religion différente (le bouddhisme) et que leur apparence physique en fasse une minorité visible!

Or, pour les Maghrébins, la situation apparaît différente car les flux migratoires ne se sont jamais arrêtés depuis le début des Trente Glorieuses, soit depuis 70 ans. Il n’y a jamais réellement eu de pause permettant à la population de s’assimiler, la fin de l’immigration de travail sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing laissant place à la politique de regroupement familial, qui va à la fois maintenir un niveau non négligeable du flux d’entrées chaque année et stimuler la natalité de ces populations du fait de la féminisation de l’immigration. En conséquence, pour une large part des Maghrébins, le cordon ombilical n’a pas été coupé avec le pays d’origine, ce qui sous-entend le maintien et la transmission des traditions culturelles d’une génération à l’autre, en particulier sur le plan religieux, et une politique matrimoniale non assimilationniste, privilégiant une certaine endogamie, que ce soit à travers des mariages au sein de la communauté en France ou avec des congénères du pays d’origine, un des principaux moteurs du regroupement familial à l’heure actuelle.

Les jeunes Maghrébins nés en France sont peut-être les premières victimes de l’immigration continue.

Il convient donc de s’interroger sur ce sujet, quitte à poser une question taboue, qui risque de faire débat: l’immigration perpétuelle empêche-t-elle l’assimilation? En effet, il est légitime de se poser la question. Les Français d’origine maghrébine se seraient peut-être plus facilement assimilés et auraient probablement une situation économique meilleure, si les flux d’arrivées s’étaient taris au milieu des années 1990, leur permettant de se tourner complètement vers leur nouveau pays. Dans ce contexte, le fondamentalisme religieux aurait probablement plus difficilement pénétré notre société, puisqu’il est d’abord arrivé en France par l’Algérie. Parallèlement, la natalité serait plus basse, permettant une meilleure réussite scolaire des enfants et les quartiers d’accueil seraient moins homogènes ethniquement, favorisant l’assimilation, car les flux migratoires auraient été moins nombreux. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les jeunes Maghrébins nés en France sont peut-être les premières victimes de l’immigration continue, d’autant plus que les nouveaux arrivants viennent les concurrencer sur le marché du travail.

Alors que le président Emmanuel Macron lance un grand débat sur l’immigration, il semble indispensable que nos dirigeants prennent en compte le facteur du «tarissement des flux» dans leur réflexion. Souhaite-t-on tenter de pérenniser un modèle assimilationniste fortement mis à mal ces derniers temps (pour certains experts, comme le géographe Christophe Guilluy, il est déjà mort), ce qui passerait par une limitation temporaire des flux migratoires pour permettre l’absorption des populations issues de l’immigration maghrébine, ou alors souhaite-t-on basculer définitivement vers un modèle multiculturaliste à la française, où les flux ayant vocation à se poursuivre, la société s’organise d’une autre manière? Dans ce dernier cas, qui correspond à la tendance actuelle, il ne s’agirait point de singer bêtement ce qui se fait (mal) dans les pays anglo-saxons, où, au nom d’un relativisme culturel exacerbé, toutes les traditions se valent, mais d’inventer une société multiculturelle, actant le caractère pluriethnique du peuplement hexagonal, dans laquelle prédomineraient les normes de la société autochtone majoritaire, que se devraient de respecter les cultures minoritaires.

Voir aussi:

Même Christophe Guilluy, c’était mieux avant…
Le dernier essai du géographe, « Le Temps des gens ordinaires », n’est pas à la hauteur de ses premiers livres. Trop de répétitions et d’idéologie…
Saïd Mahrane
Le Point
12/10/2020

Un livre de Christophe Guilluy est toujours un événement, qui plus est quand celui-ci paraît au moment de la plus grande crise sociale de ces dernières décennies. On doit au géographe d’avoir très tôt compris que la fracture sociale était aussi une fracture territoriale, que la situation géographique d’un individu conditionne, comme jamais depuis l’après-guerre, sa vie et celle de ses enfants. Il a théorisé l’existence d’une France périphérique, éloignée des bassins d’emploi et des bonnes écoles, dépourvue d’infrastructures et d’offre culturelle, tandis qu’une France des métropoles jouissait des services publics et du meilleur de la mondialisation.

Depuis, Guilluy a acquis une aura particulière. À ce titre, il n’est pas qu’un travailleur obsédé par l’intra et l’extra muros des grandes villes, il est aussi une sorte d’éducateur. Il a fait école en France, et même ailleurs. Soit pour le meilleur : la prise de conscience généralisée d’une France fracturée. Soit pour le pire : nombre de commentateurs politiques et médiatiques, par paresse ou par facilité, s’emploient désormais à voir de la périphérie et de la « centralité » dans tous les conflits sociaux et font de cette dichotomie la tranchée depuis laquelle ils canardent les bourgeois, les élites, les néolibéraux, les macronistes…

C’est pourquoi on attendait beaucoup du dernier essai de Guilluy, intitulé Le Temps des gens ordinaires (Flammarion), avec l’espoir que ses recherches mettraient davantage de lumière sur nos complexités sociales et géographiques. Mais il semblerait que le géographe ait fait le choix de parler à la deuxième catégorie de ses lecteurs, les plus idéologues. L’auteur clairvoyant des Fractures françaises emprunte – plus qu’avant – un ton pamphlétaire. Il est dans la bagarre. Pourquoi pas ? Mais dans ce nouvel essai, hormis celles dédiées au « green washing », à « la chute des citadelles » (la fin des métropoles) et au « monde d’après », les analyses ont déjà été formulées par l’auteur en d’autres textes et en d’autres termes : métropole-périphérie, remplacement d’un socle électoral populaire par un autre, composé de minorités, tartufferie des winners, effacement de la conscience de classe, peuple désaffilié de la politique – il ne parle plus de « marronnage » –, volonté des élites « cool » de diaboliser le peuple « raciste », emprise du néolibéralisme, sédentarisation versus mobilité… On passe de Hollywood à la France macroniste et à la Grande-Bretagne du Remain avec la mise à nu de mécanismes supposément identiques. Toute analyse catégorielle du mouvement des Gilets jaunes est perçue par Guilluy comme une volonté, bien sûr non-dite, de fragmenter un bloc dont la force est précisément l’unité. Aux propos détestables d’une élite progressiste méprisant le peuple, Guilluy répond par une idéalisation de ces « gens ordinaires » – d’habitude le propre de ceux qui méconnaissent ledit peuple, mais lui, Guilluy, le connaît. Or, il n’est pas besoin, par exemple, d’être un bourgeois des villes pour voir dans la common decency (une morale commune) forgée par Orwell et reprise par Guilluy un concept séduisant mais fantasmé. «  Reprendre le concept de common decency d’Orwell et de tant d’autres, c’est oublier qu’entre les prolétaires d’autrefois et les ouvriers d’aujourd’hui il y a eu le développement de la consommation de masse, avec salles de bains, Frigidaires automobiles et enfants gâtés », écrit Emmanuel Todd dans Les Luttes de classes en France au XXIe siècle (Seuil). Pierre Sansot, l’auteur du magistral Les Gens de peu, aborde la question différemment : «  Existent-ils bien ces instants magiques et ces êtres hors du commun ? Nous découvrons en eux les mêmes petits calculs, faiblesses, ambitions, que chez les autres individus avec en prime un certain charisme et un sens très poussé de la théâtralité. » Michelet, dans Le Peuple, ose même comparer certains des siens à de «  grossiers personnages », ce qui ne l’a pas empêché d’écrire le plus beau livre qui soit sur le sujet.

Lubies bourgeoises

Le géographe déconstruit, en outre, la thèse du sociologue Zygmunt Bauman, selon lequel nous vivrions dans une « société liquide » marquée par l’individualisme et la consommation. Pour Guilluy, la France d’en bas, si elle baigne en effet dans cette société liquide, est plus qu’ailleurs attachée à la préservation «  d’un capital social et culturel protecteur ». L’Archipel français, de Jérôme Fourquet, a pourtant montré combien ces classes populaires prisaient la World Culture, jusqu’à prénommer ses enfants Dylan ou Jennifer. Sansot notait lui aussi l’admiration des gens de peu pour «  les stars de Hollywood, leurs caprices et leurs baignoires aux robinets d’or » au point de vouloir leur ressembler.

« Small is beaufitul  », nous dit également Guilluy, citant Ernst Friedrich Schumacher. Comme l’économiste anglais, le géographe plaide pour une forme de décroissance alliée à des circuits courts ainsi que pour une «  gouvernance locale ». «  Les gens ordinaires ne sont pas moins sensibles à la question environnementale, aux produits bio ou à la voiture électrique, mais ils n’ont pas les moyens de la révolution verte », affirme-t-il. Est-ce seulement une question de moyens ? La non-adhésion des classes populaires à une forme de décroissance et à un localisme économique, souvent perçus par elles comme des lubies bourgeoises, notamment en raison du coût des produits, est précisément le défi majeur des écologistes politiques. Philippe Moati, auteur d’une récente enquête sur le rapport des Français aux « utopies écologiques », considère que «  les préoccupations quant à la qualité des produits consommés et une consommation responsable concernent principalement les classes dites supérieures ou moyennes supérieures. Dans les classes dites populaires, il y a toujours un élan réel en faveur de la consommation de masse ». Une analyse qui se vérifie également dans l’enquête « La France des valeurs », réalisée tous les dix ans depuis 1981, qui montre que les ménages aux revenus inférieurs sont les moins disposés à s’engager pour l’environnement (17 % contre 35 % pour les hauts revenus).

« Promenades au zoo »

À lire le géographe, tout ce qui s’éloigne des analyses binaires est suspect de vouloir maintenir l’ordre social. Même quand des journalistes et des chercheurs vont à la rencontre de cette France qu’il décrit, il y voit quelque chose de semblable à «  une promenade au zoo ». Pourtant, là aussi, dans la quantité de livres et d’articles parus sur les Gilets jaunes, on peut constater davantage d’empathie que de mépris vis-à-vis de ceux qui seraient vus comme des «  sous-hommes ». Guilluy voit dans les enquêtes sur les modes de vie signifiants (goûts musicaux des Gilets jaunes, préférence pour Le Bon Coin, utilisation de la voiture…) par des sociologues ou des sondeurs une volonté de rabaisser. Comme, peut-être, les sociologues Pinçon-Charlot, qui rabaisseraient les riches par le menu détail de leur train de vie… Où l’on voit que l’analyse est impossible pour peu qu’on mette de la distance avec son sujet et qu’on bride les affects. Après le passage sur les « promenades au zoo », il écrit : «  Si la bourgeoisie “universaliste” fabrique des sous-hommes, elle est par ailleurs fascinée par le mythe du surhomme. On observe ainsi un intérêt croissant des catégories supérieures pour le transhumanisme et pour l’homme augmenté qui n’aurait plus rien en commun avec les gens ordinaires. » Précisément le genre de rapprochement dont étaient exempts ses premiers livres…

Le géographe acte, à raison, le déclin des métropoles, « réinvention de la cité médiévale », asphyxiées par la pollution et sclérosées « par leur manque de diversité sociale ». En matière d’immigration, il défend une plus grande maîtrise des flux. «  C’est en cassant le rythme d’une immigration perpétuelle que les pouvoirs publics pourraient agir sur le contexte social (la réduction des arrivées de ménages précaires stopperait la spirale de la paupérisation) mais aussi sécuritaire (la stabilisation puis la baisse du nombre de jeunes assécherait le vivier dans lequel recrutent les milieux délinquants). » Une demande de contrôle, précise-t-il, qui concerne «  tous les “petits”, quelles que soient leurs origines ethniques ou religieuses ».

Il y a quelque chose de « fixiste » chez Guilluy, qui postule que « les gens ordinaires » veulent désormais préserver l’essentiel et non plus, malgré les difficultés qu’il décrit, se hisser socialement. Cette France périphérique ne se reconnaîtrait pas toujours dans ce portrait qu’il fait d’elle tant on la découvre immobile, sauf lorsqu’elle manifeste, réduite à ses empêchements et sans cesse ramenée à ceux qui la relèguent et l’humilient. Faire la promotion de la mobilité sociale, casser les déterminations, rejoindre le salon, comme il dit, citant Jack London, et mettre les pieds sur la table, serait peut-être déjà, pour Guilluy, parler comme Emmanuel Macron et les dominants…

Le Temps des gens ordinaires, de Christophe Guilluy (Flammarion, 208 p., 19 €).

Voir également:

Christophe Guilluy : « L’idée pour le pouvoir est de maintenir le morcellement des Français »
Entretien exclusif
Emmanuel Lévy et Natacha Polony
Marianne
08/10/2020

Dans son nouveau livre, “le Temps des gens ordinaires” (Flammarion), Christophe Guilluy continue à creuser son sillon. Après avoir réussi à imposer le concept de “France périphérique”, le géographe estime qu’il existe un bloc majoritaire dans le pays et que l’heure est venue pour ses membres de reprendre en main leur destin. Et de mettre fin au séparatisme des élites d’avec le peuple.

Marianne : Vous consacrez votre livre aux « gens ordinaires » ? Qu’entendez-vous montrer avec cette expression ? 

Christophe Guilluy : Je ne parle plus des « invisibles » et des « oubliés », puisqu’ils sont devenus très visibles – trop, aux yeux de certains. Un seuil a été franchi et c’est pour cela que je suis plutôt optimiste sur la suite des opérations. Une bataille culturelle a été gagnée. On peut observer l’émergence dans les médias, mais aussi dans la recherche ou dans le monde de la culture, de ces catégories dont on ne parlait absolument plus ces vingt dernières années. L’utilisation du concept de « gens ordinaires » permet d’élargir, de dépasser la seule question de la lutte des classes, même si celle-ci est encore très présente. Les gens ordinaires, c’est à peu près tout le monde.

Cela suggère qu’il s’agit du groupe majoritaire. Et cette majorité de la population, on ne la découpe plus en classes sociologiques : classes moyennes supérieures, classes moyennes inférieures, classes populaires, etc. Car la bataille politique qui reste à mener est, d’abord et avant tout, une bataille de la représentation. On l’a vu avec les « gilets jaunes » et l’ensemble des derniers mouvements sociaux. Chaque fois qu’émerge politiquement ou socialement ce groupe majoritaire, on va très vite vous expliquer que, en fait, non, ce sont plutôt des marges qui s’expriment, des catégories minoritaires. Les « gens ordinaires » ont désormais émergé et, en utilisant cette expression, il s’agit de dire qu’on ne reviendra pas en arrière.

Vous parlez de « groupe majoritaire » alors même que le morcellement, l’« archipellisation » de la société française fait quasiment consensus dans le débat public…

Vous pouvez mettre la poussière sous le tapis, nier la réalité, instrumentaliser les médias, il n’empêche : une majorité existe. Il faut donc prendre cette guerre de représentation pour ce qu’elle est : une guerre politique. La société libérale ne peut perdurer que si elle morcelle. D’où la réussite médiatique de concepts portant sur le morcellement de la société, son « archipellisation », sa complexité. Tout cela vise à imposer une seule idée : le peuple n’existe pas. Et s’il n’existe pas, alors les choses peuvent être gérées de façon segmentée, catégorielle. Ce qui ne pose en fait aucun problème au pouvoir. Mais cette stratégie n’a qu’un temps. Au Royaume-Uni, la working class était totalement invisible jusqu’au Brexit.

Pourtant, ses membres, ces « déplorables » – pour reprendre le mot de Hillary Clinton lors de la présidentielle américaine de 2016 – ont utilisé le référendum sur le Brexit pour dire : « Nous existons. » D’un coup, la working class britannique n’est plus à la marge, en voie de disparition. Elle apparaît même plus forte que l’ancienne classe ouvrière. Elle a, de par son poids, la possibilité de renverser la table. Est-ce que Boris Johnson sera la bonne personne pour accomplir cette volonté des électeurs britanniques ? Est-ce qu’il ira jusqu’au bout ? Est-ce qu’il mettra en place une véritable politique de réindustrialisation du pays ? Toutes ces questions restent posées. Mais voilà une majorité capable, quand elle utilise de « bonnes marionnettes », de changer la donne.

Idem avec les « gilets jaunes ». Certes, vous n’aviez pas toute la population française dans la rue, mais étaient là des représentants de l’ensemble des catégories modestes : des ouvriers, des employés, des retraités, des jeunes, des vieux, des gens issus de l’immigration. On avait la France dans toute sa diversité : des Blancs, des Noirs, des Maghrébins. Que s’est-il passé ? Majoritairement, la population s’est reconnue dans ce mouvement. Je veux bien que l’on me dise qu’à la fin ce mouvement est devenu autre chose, avec une forte récupération politique.

Mais il n’empêche : pourquoi a-t-il autant inquiété nos élites ? Parce que ces dernières ont parfaitement compris que se jouait sur les ronds-points ce qu’ils cherchent à déconstruire depuis trente ans. À savoir : une réunion des catégories modestes qui, depuis toujours, portent l’économie. La période de confinement nous l’a d’ailleurs prouvé : la société repose beaucoup sur ces catégories-là. Face à ce mouvement majoritaire de facto, tout a été fait pour segmenter, morceler à nouveau. C’était le sens même de l’opération « grand débat » avec ces mille thématiques, tous les sujets étant traités les uns après les autres.

Jusqu’à la réfection du toit de l’église du village…

Des réponses à tout et pour tous, pour chaque segment de la population. Avec, en toile de fond, l’idée que les gens ne demandent que de l’argent. Logiquement, la fin de partie a été sifflée avec un chèque. Ce genre de situation est parfaitement gérable pour les libéraux. Finalement, pour eux, ce n’est pas un gros problème de faire des chèques. Car, dans leur esprit, ce qu’il faut, c’est ne surtout rien changer au système et faire perdurer l’idée que la société est morcelée, « archipellisée ». Il s’est pourtant passé quelque chose sur ces ronds-points, une vraie recomposition sociologique et politique. Les médias n’y ont vu que de la « radicalisation ». Vous savez, ce discours consistant à dire : « Ces gens-là n’écoutent pas, ils sont incapables de réaliser des diagnostics clairs. » Les journalistes interrogeaient des quidams et leur demandaient : « Quel est votre programme économique ? » Il y a là toute la perversité et toute la responsabilité des médias.

On comprend bien votre idée de « bataille culturelle », de « bataille de la représentation » de ces « gens ordinaires ». Vous pointez la responsabilité des médias. Mais à qui profite le crime ?

Pour le moment, l’idée pour le pouvoir, qu’il soit médiatique, politique ou économique, est de préserver l’essentiel. Pour eux, « jusqu’ici tout va bien », comme on dit. Sauf qu’une société n’est durable que si le modèle proposé bénéficie au plus grand nombre. Or, dans la France périphérique et dans beaucoup de territoires, précarisation sociale et désaffiliation politique vont de pair. Vous avez un lien évident entre le processus de désindustrialisation du pays et le fait que les gens n’adhèrent plus au discours politique. L’idée pour le pouvoir est donc de maintenir ce morcellement des Français car il est plus simple et préférable pour lui de gérer par segments la société plutôt que d’avoir à remettre en cause le système dans son ensemble.

La prise de conscience par les classes populaires de leur caractère majoritaire n’est pas évidente, loin de là. Il y a d’ailleurs à l’œuvre dans notre pays des séparatismes qui feraient presque désormais de la France un pays américain comme les autres…

Bien sûr. Et si, politiquement, rien ne se passe, on va à la catastrophe. Elle sera économique, culturelle, identitaire. Il est complètement fou d’imaginer que nos représentants politiques n’aient pas comme priorité de répondre aux attentes des gens ordinaires. Cela s’appelle la démocratie. Mais, aujourd’hui, dire : « Répondez aux demandes de la majorité », c’est être immédiatement soupçonné en retour d’être contre les minorités ! En travaillant, comme je l’ai fait, dans le logement social, les quartiers dits sensibles, on se rend compte que toutes les demandes des gens ordinaires ne sont pas clivées ethniquement. En banlieue, tout le monde veut plus de sécurité. Tous : Blancs, Noirs, Maghrébins, etc. D’ailleurs, tous les « petits » – Blancs, Noirs, Maghrébins, catholiques, juifs… – ont un immense problème avec les représentants de leurs communautés respectives. Le clivage petit/gros, haut/bas marche aussi à cette échelle. Aucun ne se sent convenablement représenté.

Une autre question se pose aux classes populaires. On leur demande désormais de décélérer, de ralentir, de moins consommer. Mais comment ces responsables politiques, qui promeuvent l’adaptabilité permanente et la connectivité généralisée, peuvent-ils être ceux qui organisent et imposent cela ?

Cette décélération est en train de se faire. Mais pas joyeusement. Ce que l’on voit arriver, c’est une crise sociale, qui sera évidemment plus violente dans la France périphérique que dans les grandes métropoles. Les gens ordinaires ont certes gagné la bataille culturelle, mais économiquement et socialement on est encore loin du compte. Ce qui se prépare, et qui est déjà à l’œuvre, ce sont partout des plans sociaux. Bravo, les technocrates français, d’avoir tout misé sur l’aéronautique, le tourisme, etc. ! Si Jean-Pierre Chevènement se présentait aujourd’hui, il serait élu à 60 %. Son diagnostic est absolument pertinent. Mais il est arrivé trop tôt… À un moment où tout le monde pensait que seule la classe ouvrière allait souffrir. Une classe ouvrière que la gauche avait déjà abandonnée.

C’est pourquoi je commence mon livre avec la phrase de Pierre Mauroy qui constate que le mot « ouvrier » a disparu du discours des socialistes. Sauf que, après que les ouvriers ont été touchés, il y a eu les employés, puis les paysans, ensuite les indépendants, les petits retraités… C’était une fusée à plusieurs étages. De sorte que le discours de Chevènement a été perçu initialement comme une sorte d’attachement désuet à un monde industriel appartenant au passé. Tous ces gens, ce bloc qu’ils forment, iraient aujourd’hui à lui. Politiquement, il y a donc un décalage entre la prise de conscience de la population et le seul choix qui leur est proposé aujourd’hui, à savoir départager Macron et l’extrême droite…

Comment changer le cours des choses sans passer par la case violence ?

D’abord, il s’agit de ne pas sombrer dans le pessimisme. Tout est fait pour dire aux gens qu’ils ne sont rien. Par ailleurs, nous ne sommes pas dans une période de révolution, mais dans une sorte de guérilla culturelle. C’est long, la guérilla, mais les choses progressent. Même chez ceux qui dénonçaient le concept de France périphérique et qui maintenant utilisent l’expression. Même chez un Macron : il nomme un Premier ministre dont on nous vante l’accent ! Et puis, le totalitarisme, même « adouci », n’est pas durable. Quand la masse n’y croit plus, ça ne tient pas. Et là, déjà, ça craque. Le modèle économique n’est plus durable. Il ne peut perdurer longtemps grâce à ses derniers bastions que sont les métropoles et quelques secteurs d’activité. Prenons le revenu universel : donner aux gens de l’argent pour remplir leur Caddie chez Lidl, ce n’est pas répondre à leurs aspirations.
Au contraire, les changements attendus sont gigantesques.

Réindustrialiser, c’est évidemment faire du protectionnisme – un gros mot. Ça prendra du temps, mais ça se fera. La question de l’Europe, c’est pareil. Les choses sont en train de s’écrouler. Plus personne n’y croit. On fait porter aux catégories populaires la défiance de l’Europe. Mais c’est faux. Ils ont joué le jeu. Comme ils ont joué le jeu de la mondialisation. On pourrait même dire qu’ils ont joué le jeu du néolibéralisme, inconsciemment. Et puis ils font le bilan : le compte n’y est pas, ça ne marche pas. Toutes les croyances anciennes ne fonctionnent plus. On peut aller plus loin : l’instrumentalisation de l’écologie, le diversity washing, les gens voient bien que ça ne repose sur rien. On est donc à la veille d’un renversement culturel.

On en revient à votre idée de démontrer l’existence d’un bloc populaire majoritaire face à un bloc minoritaire. On va encore vous qualifier de populiste.

Je connais les techniques de délégitimation. J’en ai été la victime avec le concept de France périphérique. Ça non plus, ça ne fonctionne plus. Les catégories populaires ont fait confiance à leurs élites, elles ont cru aux médias. Les gens sont d’ailleurs prêts à aller vers leurs élites. Il n’y a pas intrinsèquement d’anti-intellectualisme ou d’anti-élitisme, pas de rejet a priori. Il y a juste des gens qui font le constat que les élites d’aujourd’hui n’ont plus le bien commun chevillé au corps.

Voir de même:

Goldnadel: « Pourquoi je ne suis pas allé au rassemblement place de la République »

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Selon l’avocat, le rassemblement en mémoire de Samuel Paty était organisé par des responsables politiques hypocrites qui ont laissé prospérer l’islamisme faute d’avoir pris au sérieux cette menace.

Gilles William Goldnadel

Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Son dernier ouvrage Névroses Médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée est paru chez Plon.


Pour rien au monde, je n’aurais mis un bout de mon pied place de la République. Je ne supporte plus le symbolique. République, mot galvaudé, transformé en mantra que l’on utilise en gargarismes. Pour ne pas dire État et encore moins nation.

Je ne supporte plus la vue des bougies et le bruit des incantations. Vingt ans à prendre des coups par les petits marquis de la gauche morale sentencieuse qui aurait encore l’indécence de vouloir prendre en charge l’organisation d’une manifestation dont elle a effectivement une grande part de responsabilité morale dans sa survenance.

Vous auriez voulu que je marche à côté des cadres sans militants de SOS-Racisme qui auront passé leur temps à traiter de racistes ceux qui il y a dix ans alertaient des dangers de l’islam politique ou radical? Vous auriez voulu que je mêle mes pas avec ces antiracistes de carnaval qui, il y a encore peu, considéraient comme haineux ou injurieux d’évoquer l’antisémitisme islamique et qui ont vainement traîné devant les tribunaux mon ami Georges Bensoussan. C’était évidemment avant les grands massacres.

Vous auriez voulu que je me commette avec l’UNEF qui organise des camps racisés? Avec la LDH qui n’avait d’yeux que pour Ramadan et les jeunes filles voilées? Vous auriez voulu sans doute que je défile derrière ces syndicats d’enseignants qui il y a encore peu niaient la difficulté d’enseigner dans les classes la Shoah. Vous avez oublié sans doute qu’il n’y a pas 20 ans certains d’eux expliquaient doctement qu’il ne fallait pas prendre au pied de la lettre les enfants qui en traitaient d’autres de «juifs».

Vous auriez voulu que je mêle mes pas avec ces antiracistes de carnaval

À moins que vous ayez imaginé que je puisse faire un petit bout de chemin, au nom de l’union nationale, avec à ma gauche M. Coquerel et Mme Obono. Le premier qui, il n’y a pas encore longtemps, accompagnait une centaine de sans-papiers occuper la basilique Saint-Denis dont il ignorait sans doute qui elle abrite. La seconde qui décernait hier encore des brevets d’antiracisme à la très antisémite Bouteldja, mutique avec ses indigénistes depuis vendredi soir.

J’aurais pu également aller bras dessus- bras dessous avec leur lider maximo ou avec la sénatrice Benbassa. Ils m’auraient raconté , yeux embués ,l’ambiance qu’il y avait à la grande manifestation constellée d’étoiles jaunes contre cette redoutable islamophobie qui ensanglante la France. Cet évènement organisé par le sieur Majid Messaoudene, élu de Seine-Saint-Denis, boute-en-train irrésistible lorsqu’il s’agit de blaguer sur les massacres de Mohamed Merah.

Mais désolé, je ne chemine pas aux côtés des fabricants de cigarettes lorsque je marche contre le cancer. Seulement m’intéressent les actes, et les incantations du type «ils ne passeront pas!», puisées au demeurant inconsciemment dans la geste révolutionnaire marxiste, servent de faux-semblants. Je constate que le dernier angle mort d’une vision du réel qui s’améliore même du côté de chez les myopes demeure la mise en cause de l’immigration illégale, massive et donc invasive.

Une réalité tellement éclatante qu’elle en est aveuglante. En quinze jours, un migrant pakistanais et un migrant tchétchène qui n’auraient pas dû se trouver sur le territoire national, l’un avec un hachoir, l’autre avec un couteau à décapiter une tête bien faite, ont voulu venger leur prophète. Fort peu de responsables politiques et médiatiques ont osé incriminer la réalité de la dangerosité de l’immigration islamique massive et illégale.

Je ne chemine pas aux côtés des fabricants de cigarettes lorsque je marche contre le cancer

Non pas évidemment que tous les migrants musulmans soient dangereux. Il s’en faut de beaucoup. Mais compte tenu de la dangerosité statistique d’une partie de ceux déjà installés sur le territoire français et qui fait que les services de renseignements antiterroristes sont d’ores et déjà saturés, toute arrivée nouvelle accroît le danger déjà infernal. Le fait que la France officielle demeure hermétique à ce raisonnement purement arithmétique, exclusif de tout essentialisme, prouve à quel point cette fermeture psychologique au réel est de nature suicidaire.

Le combat intellectuel et culturel contre l’immigration illégale imposée de force au peuple français est un combat existentiel. Tout le reste n’est que bruit, esquive, hypocrisie, frime et jactance. Vous verrez que dans quinze jours, quand le nom de Paty commencera à être moins sur les lèvres françaises, que cet homme courageux reposera dedans la guerre froide, il se trouvera de belles âmes ou des forts en gueule qui nous expliqueront avec hauteur que nous sommes abusés par nos sens, que l’immigration est une aubaine pour la France et que celle-ci n’est pas un coupe-gorge.

Pardonne-leur Samuel de leur lâche bêtise, mais moi je ne marche plus.

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Malika Sorel: «La non-assimilation aboutira à la mise en minorité des idéaux français sur notre propre sol»

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Malika Sorel s’inscrit en faux contre les propos de Nicole Belloubet, qui a affirmé que «la France s’est toujours constituée, agrégée, autour d’un multiculturalisme séculaire». Elle rappelle la tradition assimilatrice de notre pays.
Alexandre Devecchio
Le Figaro
5 avril 2019

Ingénieur de l’École polytechnique d’Alger, major du MBA de Sciences Po Paris, Malika Sorel est ancien membre du Haut Conseil à l’intégration, institution rattachée au Premier ministre. Elle est l’auteur de Décomposition française (éditions Fayard, 2015) qui a reçu le prix «Honneur et Patrie» des Membres de la Société de la Légion d’honneur.


FIGAROVOX.- “La France s’est toujours constituée, agrégée, autour d’un multiculturalisme séculaire, le nier ce n’est pas comprendre notre histoire”, a déclaré Nicole Belloubet à l’Assemblée nationale. Que vous inspirent ces propos?

Malika SOREL.- Ce qui est énoncé ici, c’est le baratin servi aux foules depuis déjà un certain temps. En réalité, depuis que les élites politiques ne peuvent plus cacher l’ampleur du désastre dont elles sont à l’origine. Madame Belloubet étant nouvelle dans ce milieu, je ne la rends pas co-responsable bien sûr, mais ce qu’elle professe est faux.

Tout d’abord, son «toujours» interroge. À quelle période remonte-t-elle au juste? Comme l’a très bien mis en évidence l’historienne Marie-Claude Blanc-Chaléard, la France, à la fin de l’époque moderne, est un monde plein dont la population a augmenté sur place, et l’immigration naît avec l’arrivée de paysans italiens du Nord à partir des années1860-1870. Au regard de la longue histoire de la France, ce «toujours» de la ministre est donc plus que déplacé.

Ensuite sur le multiculturalisme: en dehors de cas précis hérités de l’histoire et circonscrits à des îles françaises lointaines et peu peuplées, le multiculturalisme n’a jamais été une politique française, et encore moins un objectif. C’est même tout le contraire, comme en atteste le Code civil selon lequel «nul ne peut être naturalisé s’il ne justifie de son assimilation à la communauté française». Et c’est sur ce point précis du respect du Code civil que les élites de commandement – monde politique et haute administration – ont, pour les uns fauté, et pour les autres trahi.

Le multiculturalisme n’a jamais été une politique française

Pour bien comprendre la complexité de l’assimilation, qui demeure la condition nécessaire pour former un même peuple, il faut inlassablement rappeler que seul un Italien sur trois a fait souche en France, et que 42% des Polonais du flux 1920 1939 sont repartis, alors même qu’aucune amélioration économique substantielle ne pouvait justifier, à première vue, ce retour dans leurs pays. S’imaginer que des flux migratoires de cultures bien plus éloignées puissent faire mieux, cela sort des limites du bon sens.

L’assimilation doit être un choix librement consenti. De toute façon, elle ne peut pas être imposée car elle se joue entièrement sur le registre moral et affectif. Il faut simplement veiller à ne pas la rendre impossible. Lorsque l’on évoque l’immigration et l’intégration culturelle, ce qui est systématiquement passé sous silence, c’est l’épreuve que constitue l’exil et les souffrances qu’il peut causer. Incompréhensible! Quant à l’octroi des papiers d’identité, cela doit correspondre à une assimilation réelle et à rien d’autre.

Que révèlent-ils sur la vision de la France de la majorité? Le président de la République est-il favorable au multiculturalisme sans le dire?

La majorité étant une auberge espagnole, il m’est difficile de porter un jugement global, mais ce que j’en vois m’amène à dire que nous ne sommes pas sortis de l’auberge.

En ce qui concerne le Président, j’ai eu l’occasion de dire, lors de la campagne présidentielle, que nous n’étions pas sur la même longueur d’onde. Je persiste à penser qu’Emmanuel Macron ne maîtrise pas ces problématiques. J’observe qu’il cherche, tâtonne, prend des positions, les assène puis rétropédale quelques mois plus tard… J’estime toutefois que cela est moins désespérant que bien des politiques qui campent sur leurs erreurs et s’enfoncent dans leur ignorance.

Ce qui se joue au travers de cette question du multiculturalisme est capital pour le destin du peuple français, de sa civilisation, car c’est notre projet de société qui est en jeu, et que tout projet de société est le reflet de l’identité d’un peuple. Il s’agit de discuter des principes fondamentaux qui structurent l’identité. Que faire de la devise de la République française lorsque l’on se trouve en présence de cultures dans lesquelles l’individu n’a pas droit de cité et n’existe pas pour lui-même? Que faire de l’égalité homme-femme si elle est considérée comme une hérésie? À la poubelle? Quid de la fraternité, si elle est subordonnée aux convictions religieuses?

La non-intégration culturelle ou non-assimilation aboutira tôt ou tard à la mise en minorité sur le sol français des idéaux politiques portés par l’identité française.

La non-intégration culturelle ou non-assimilation, si elle affecte ne serait-ce qu’une faible proportion de flux migratoires par ailleurs conséquents, aboutira tôt ou tard à la mise en minorité sur le sol français des idéaux politiques portés par l’identité française.

Continuez-vous à défendre un modèle d’intégration? En réalité, est-il toujours vraiment applicable dans un contexte d’immigration de masse et de regroupement de communauté dans des quartiers de plus en plus homogènes?

À ce niveau de notre discussion, il convient d’évoquer l’insertion, qui est le simple respect des règles et normes du pays où l’on vit, même si on ne les partage pas en son for intérieur car on adhère soi-même à un autre référentiel culturel. C’est ce à quoi se soumet tout Français lorsqu’il s’expatrie. Ce respect élémentaire est un impératif sur lequel notre société n’aurait jamais dû transiger ; or elle a été entraînée sur le dangereux chemin des accommodements déraisonnables par des politiques dont une part étaient ignorants de la réalité des enjeux, et les autres indifférents.

Pour ce qui est du modèle français d’intégration, qui est en réalité un long processus jalonné de questionnements parfois douloureux, il convient plus que jamais de le réhabiliter, pour peu que l’on soit attaché à œuvrer à un vivre-ensemble harmonieux dans la durée.

Vous me posez également la question de l’immigration de masse. Oui, elle a rendu l’assimilation extrêmement difficile, pour la raison simple que les flux ont persisté à très haut niveau alors même que les pays d’origine amorçaient un retour à des fondamentaux religieux qui heurtent de plein fouet les principes de notre devise républicaine, principes que l’on retrouve au demeurant aussi dans les autres pays européens. Désormais, il est possible d’évoluer sur un territoire sans pour autant vivre à la même heure que son voisin de palier ou les habitants de sa commune. Dans de telles conditions, l’intégration culturelle devient mission quasi-impossible, et ce n’est pas l’école qui pourra, seule, y remédier.

J’ai toujours dit et écrit que la laïcité était la digue qui protégeait la France. Je persiste et signe.

En ce qui concerne la répartition à travers le territoire défendue aussi bien par la gauche que la droite ces dernières décennies, même un élève de CM2 comprendrait au vu des chiffres que cela n’est désormais plus une solution.

Pour mémoire, dès 1981, Georges Marchais, alors Secrétaire général du Parti Communiste Français, demandait à «stopper l’immigration officielle et clandestine». Quand ce sujet sortira-t-il des clivages partisans?

Nicole Belloubet répondait à une question de l’opposition sur la laïcité. La loi de 1905 doit-elle être intouchable? La volonté qu’on prête à Emmanuel Macron de revenir dessus vous inquiète-t-elle? Pourquoi?

J’ai toujours dit et écrit que la laïcité était la digue qui protégeait la France. Je persiste et signe. Chacun sait le sort qui attend les terres lorsqu’une digue vient à rompre. Qu’elles recourent ou non au concept de laïcité, toutes les sociétés occidentales vivent à l’heure de la loi des hommes. Les hommes y exercent le droit de se doter des lois qui vont régir leur cité sans que ces lois soient la transcription de commandements divins, et il y existe par ailleurs une hiérarchie entre le politique et le religieux.

Les coups de boutoir contre la digue sont nombreux, ne sont pas récents et se sont intensifiés avec les années. Je me souviens très bien d’un haut responsable politique que les médias présentaient comme laïque, et qui expliquait au micro de Jean-Jacques Bourdin comment les élus, sur le terrain, pouvaient contourner la laïcité pour financer les lieux de culte par le biais de baux amphytéotiques ainsi que le financement d’associations culturelles. Posez-vous la question: pourquoi des lieux de culte et non pas des écoles, alors même que les enquêtes PISA sont là pour montrer, chiffres à l’appui, de quelle manière la France plonge dans les classements année après année?

La laïcité est-elle aujourd’hui suffisante pour répondre au défi culturel que pose l’islam? À la laïcité juridique doit-on associer une affirmation de notre culture et de notre histoire?

Nombre de situations qui préoccupent notre société ne relèvent pas de la laïcité, mais du principe de l’égalité et de la dignité partagées entre les sexes, pour reprendre l’expression de l’islamologue Abdelwahab Meddeb. Il faut donc cesser d’invoquer la laïcité pour pouvoir mieux la démolir ou la faire démolir. La question, encore et toujours, nous ramène au projet politique collectif, donc au respect de l’identité du peuple français. Lorsque le Président Macron, en avril 2018, s’interroge face à deux journalistes: “Pourquoi le voile nous insécurise? Cela n’est pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays”, il s’apporte lui-même la réponse que la société attend de lui. Pour mémoire, selon le Larousse: civilité = observation des convenances en usage chez les gens qui vivent en société.

Il faut donc cesser d’invoquer la laïcité pour pouvoir mieux la démolir ou la faire démolir.

En Occident, beaucoup de ceux qui s’affirment «progressistes» ne le sont en rien, et ont même participé à entraîner la France dans une approche ethno-raciale des individus ; donc, n’ayons pas peur des mots, dans une approche raciste, alors que le projet français d’intégration républicaine est profondément humaniste. On ne devrait juger l’homme que sur la base de ses seules actions. J’ai connu l’époque bénie où, en France, nul ne s’interrogeait sur l’origine de l’autre, ni n’épiait le contenu de son assiette, ni ne le condamnait sur la base de son seul prénom, prénom que ses parents lui avaient donné. Afin d’éviter toute méprise, je rappellerai ce que j’ai déjà eu l’occasion d’écrire au sujet des prénoms. On ne peut juger une personne sur la base du prénom qu’elle a reçu à sa naissance. Simplement, le prénom qu’elle donne elle-même à ses enfants renseignera sur la trajectoire dans laquelle elle souhaite inscrire sa descendance. Mais encore faudrait-il que les choses aient été clairement exposées! La querelle des prénoms déclenchée par Éric Zemmour illustre à la perfection la crispation croissante et inquiétante de notre société. Pour votre information, beaucoup des élites que j’ai pu croiser dans les allées du pouvoir portaient des prénoms chrétiens. Et alors que je défendais l’identité française, beaucoup la foulaient aux pieds! Nous vivons dans une société qui a versé dans l’hypocrisie. Il est donc naturel qu’une part des descendants de migrants qui ont fait le choix de l’assimilation ne comprennent pas ce qui leur est reproché, et puissent parfois ressentir une intense souffrance.

Très récemment, j’ai assisté à l’hôtel de ville de Paris à la projection du remarquable documentaire L’incroyable histoire du plateau des Glières de Bernard de la Villardière et Géraud Burin des Roziers. Le sens de l’honneur a joué un rôle de première importance pour faire se lever tous ces hommes. Ce sens de l’honneur que résument à la perfection le “We shall never surrender” de Winston Churchill ou le “Vivre libre ou mourir” de Tom Morel. C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé Gérard Métral, Président de l’association des Glières, lors des commémorations du 31 mars. Tous ceux des Glières, a-t-il dit, relevèrent la France dans son honneur et sa fierté.

En France, on aurait tort de sous-estimer la portée et la signification du mouvement des Gilets jaunes. La souffrance est réelle et profonde.

Cela doit-il passer par le peuple ou par les classes dirigeantes?

Les deux, mon capitaine. Ce que j’ai vu et entendu m’amène à vous dire qu’il ne faut pas signer de chèque en blanc à nos dirigeants. Voilà maintenant quarante ans que les élites occidentales racontent les mêmes balivernes à leurs peuples. Au départ, il s’agissait d’accueillir des populations pour des raisons humanitaires. À présent, partout, elles leur demandent de faire preuve de tolérance en abandonnant des pans entiers de leur histoire politique et culturelle. Ce n’est pas un jeu car tout cela pourrait fort mal finir, y compris pour les élites qui ont participé à influencer les opinions publiques – donc pas seulement les élites politiques -, et vis-à-vis desquelles la défiance atteint des sommets inédits. On ne bouscule jamais impunément un peuple sur son territoire, et comme l’avait fort bien écrit Victor Hugo: le plus excellent symbole du peuple c’est le pavé, on lui marche dessus jusqu’à ce qu’il vous tombe sur la tête.

En France, on aurait tort de sous-estimer la portée et la signification du mouvement des Gilets jaunes. La souffrance est réelle et profonde. Comme l’avaient relevé des journalistes présents sur les ronds-points dès le début du mouvement, le sujet de l’immigration surgissait très vite dans les discussions. Et pour cause! Beaucoup de citoyens se sentent abandonnés au profit de nouveaux entrants qui se trouvent être plus pauvres, à un moment où l’école peine à remplir la promesse républicaine d’ascension sociale. Le déclassement comme seul horizon pour leurs enfants! Ce qui menace, c’est le non-consentement à l’impôt et la décomposition française, baptisée partition par le Président Hollande.

Certes, Emmanuel Macron hérite de cette situation, mais aujourd’hui c’est lui qui tient le gouvernail. Aussi doit-il se former en accéléré, entendre, comprendre et répondre avec empathie.

Du fait de l’évolution de la composition du corps électoral, nombre d’élus, pour être reconduits, sont contraints – ou se croient contraints – d’adapter leur comportement. D’où un clientélisme ouvert ou larvé. J’ai été aux premières loges pour observer depuis l’intérieur à quel point les hommes et femmes du monde politique sont obsédés, et même terrorisés par la «diversité». Les sommes considérables injectées n’ont pas eu le retour escompté. Pire, elles ont suscité le ressentiment des uns envers les autres. Au lieu de créer de la cohésion, les politiques ont créé de la division.

C’est à l’aune de cette évolution démographique majeure que les Français doivent lire beaucoup des actions politiques qui ont été déployées ces quarante dernières années.

C’est à l’aune de cette évolution démographique majeure que les Français doivent lire beaucoup des actions politiques qui ont été déployées ces quarante dernières années. Les politiques se sont lié les pieds et les poings. C’est pourquoi je n’attends pas grand-chose du Parlement qui nous ressort, à intervalles réguliers, l’idée du vote de quotas annuels d’immigration alors même que la France peine à garantir un avenir décent à tous ses enfants.

Ce dossier doit être directement rattaché au Président de la République, qui en répondra devant les Français et devant l’Histoire. Les petits présidents travailleront pour être réélus, quand les grands, en œuvrant pour l’intérêt général, auront pour ambition d’inscrire leur nom en lettres capitales dans l’Histoire de France et celle de l’Europe.

Le nombre de mineurs isolés étrangers explose en France
Le pays accueille pour la seule année 2020 près de 40.000 mineurs non accompagnés. En 2014, ils étaient à peine 4000 à être pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.
Jean-Marc Leclerc
Le Figaro
22 septembre 2020

Plus que jamais, la France marche aux côtés de l’Allemagne pour venir au secours des mineurs isolés étrangers. Depuis l’incendie du camp de Moria, sur l’île de Lesbos, en Grèce, considéré jusqu’alors comme la plus grande structure d’accueil de migrants de toute l’Europe, Berlin a annoncé vouloir mettre à l’abri sur son sol environ 1500 sinistrés. Parmi eux: environ 150 mineurs isolés. Une centaine d’autres seraient accueillis par Paris, même si le ministère de l’Intérieur ne livre, à ce jour, aucun chiffre précis. «Tout est encore en discussion», assure un conseiller de Gérald Darmanin à Beauvau.

Le pays des droits de l’homme s’était de toute façon déjà engagé, avant l’été, à accueillir 350 mineurs isolés étrangers de Grèce, mais aussi plusieurs familles. En août dernier, 49 d’entre eux sont arrivés dans l’Hexagone. Par ailleurs, d’ici à la fin du mois, 175 personnes vulnérables, ou issues de familles déracinées, sont censées avoir rejoint la France.

«Il s’agit bien d’une opération spécifique, liée à l’urgence de la situation dans les camps des îles grecques», explique un préfet très au fait du dossier. Selon lui, «ce contingent vient ainsi en complément du flux habituel et il a un peu valeur de test car, au-delà du contexte émotionnel de l’incendie de Moria, les autorités ne peuvent exclure que, dans d’autres camps, des migrants mettent également le feu aux installations qui les abritent, dans l’espoir que ces événements accélèrent leur prise en charge par les pays d’accueil.»

Pour l’heure, la centaine de mineurs isolés du camp de Moria auxquels la France veut accorder sa protection n’est qu’une goutte d’eau dans le flux des arrivées. «Nous accueillons déjà une centaine de mineurs non accompagnés par jour en moyenne depuis le 1er janvier, ce qui laisse à penser que les nouveaux entrants seront, pour la seule année 2020, environ 40.000», explique un cadre de l’Assemblée des départements de France (ADF), présidée par Dominique Bussereau. De fait, ce sont les exécutifs départementaux qui ont la responsabilité de l’aide sociale à l’enfance (ASE).

Sur le flux de 40.000 mineurs isolés étrangers, la moitié environ aura pu, d’ici à la fin de l’année, intégrer les dispositifs d’aide à la charge des départements, les autres étant considérés comme des majeurs. Ceux qui seront reconnus comme ayant moins de 18 ans (au besoin au moyen d’un test osseux) seront donc environ 20.000. Ils viendront étoffer le «stock» des 40.000 mineurs déjà pris en compte par l’aide sociale à l’enfance les années précédentes.

«À ce stade, les 40.000 mineurs non accompagnés dont s’occupent les départements coûtent déjà 2 milliards d’euros par an. À raison de 50.000 euros de prise en charge annuelle par enfant en moyenne, je vous laisse imaginer le poids pour les finances publiques quand, à la fin de l’année, le stock de dossiers validés avoisinera les 60.000», souligne l’un des meilleurs connaisseurs du sujet à l’ADF. À l’entendre, le seuil des 2,5 à 3 milliards d’euros par an de charge financière se profile, pour ces seuls mineurs. «C’est une charge beaucoup trop lourde pour de nombreux exécutifs départementaux, d’autant que cette situation relève de choix de politique migratoire qui incombent essentiellement au gouvernement», fait remarquer un directeur à l’ADF.

Pierre Henry, le directeur général de l’association France terre d’asile, rappelait récemment que, en 2014, à peine 4000 mineurs non accompagnés étaient pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. Ils étaient même seulement un millier en 2012.

Il y a deux ans, Matignon et l’Assemblée des départements de France étaient parvenus à un accord pour rehausser la participation financière de l’État dans l’accueil des nouveaux arrivants. Ce ne sont pas les 100 % de prise en charge promis par le président de la République, Emmanuel Macron, au début de son quinquennat, mais l’effort consenti est tout de même jugé encourageant dans les départements.

Ainsi, outre les 500 euros apportés par l’État lors de la phase d’évaluation du cas de chaque jeune étranger se disant mineur, le gouvernement accorde une participation de 6000 euros par enfant pour les trois quarts du flux des entrants supplémentaires acceptés au titre de l’aide sociale à l’enfance. En clair, si un département protégeait 1000 mineurs isolés en 2018 et qu’il doit en gérer au total 1800 aujourd’hui, l’État s’engage à verser annuellement 6000 euros par mineur pour 600 mineurs.

Les deux tiers des nouveaux arrivants en 2020 viennent d’Afrique subsaharienne. Sur le tiers restant, la plupart des mineurs arrivent du Proche et du Moyen-Orient. Jamais la France n’a eu à traiter autant de cas.

Voir aussi:

« Un coupable presque parfait » : Pascal Bruckner et la tyrannie des identités
Jacques Julliard
Marianne
17/10/2020

La dernière fois que les Français ont été invités à faire pénitence, c’était en juin 1940, au lendemain de l’ar-mistice, par la bouche de Philippe Pétain, le maréchal traître : « Vous souffrez et vous souffrirez longtemps encore, car nous n’avons pas fini de payer toutes nos fautes. » La France avait péché, elle devait expier. Et la plupart des autorités du pays – généraux, évêques, écrivains – de faire chorus, tant la lâcheté est chose communicative. Or voici qu’aujourd’hui, par la voix des principales autorités – homo-sexuelles, indigénistes, décolonialistes – du pays, nous sommes de nouveau requis, et avec quelle véhémence ! , de nous couvrir la tête de cendres. La raison ? Ne sommes-nous pas, pour la majorité mâle d’entre nous, des hétérosexuels, c’est-à-dire des violeurs ? En outre, ne sommes-nous pas, comme héritiers de l’histoire de France, coresponsables d’un long cortège d’usurpations, de violences et de meurtres, dont les peuples coloniaux ont été et restent les principales victimes ? Il ne nous reste qu’à filer doux et à faire repentance.

Voilà, résumé à la hussarde, mais fidèlement, le sens du dernier essai de Pascal Bruckner, Un coupable presque parfait (Grasset), dont le sujet est la construction et la criminalisation de l’homme blanc dans la France d’aujourd’hui. Pascal Bruckner n’est pas seulement l’un de nos meilleurs essayistes. Grâce à la qualité de l’information, la clarté de l’exposition et l’élégance du style qui sont les siennes, il est aussi celui qui, à la faveur de son don pour lire l’événement à l’état naissant, a attiré le premier l’attention sur quelques-uns des traits majeurs de notre modernité, tels que la « mélancolie démocratique », l’obsession du bonheur, les paradoxes de l’amour, la place de l’argent, le nouveau statut de la vieillesse… Il est donc ce que l’on appelait jadis un moraliste, c’est-à-dire un dénonciateur impitoyable de toutes les impostures de la morale appliquée aux autres, quand elle vise à intimider, à stigmatiser, à tyranniser, dans le dessein d’asseoir son pouvoir.

Or le fait est qu’il faut remonter bien haut dans notre histoire nationale pour retrouver à l’œuvre, sous prétexte de bien-pensance, pareille collection d’hypocrites, de donneurs de leçons, de tartuffes et de faux-culs, comme celle qui occupe aujourd’hui le devant de la scène. À gauche, notamment, hélas ! Comme si d’avoir été abandonné par tout le peuple donnait le droit de faire la morale à tout le monde…Je ne puis malheureusement entrer ici dans les détails de cette première partie du livre, qui montre le cheminement de la doxa contemporaine. Sous couvert de lutte contre le viol, on voit, par glissements successifs, cette lutte nécessaire se transformer en une remise en cause de la relation homme-femme, symbolisée par la pénétration sexuelle : même s’il y a consentement, elle est par essence invasive et violente. Rien ni personne n’échappe à ce néopuritanisme, qui fait tomber le soupçon sur tout le processus amoureux, depuis la séduction, la « cour », jusqu’au dénouement érotique. Tous coupables ! Tous violeurs !

Je répondrai par une anecdote. Je me trouvai, il y a bien long-temps, en Kabylie, durant cette affreuse guerre d’Algérie, qui m’a marqué à jamais. Cette guerre qui déposait son empreinte sur tous les actes de la vie courante. Jusqu’au mess des officiers, milieu unisexe, où régnait un certain relâchement viril. Un beau jour y parut une femme, jeune et belle, venue comme assistante sociale. Du jour au lendemain, les mœurs se policèrent. Les officiers, avant de passer à table, se donnaient un rapide coup de peigne. La courtoisie, la correction du langage, les manières de table réapparurent comme par enchantement. Ce jour-là, je compris que le commerce des deux sexes n’était pas, comme le prétendent aujourd’hui nos nouvelles précieuses, une forme dissimulée, voire symbolique de la violence, mais au contraire le fondement incontournable de la civilisation.

La seconde partie du livre est consacrée à cet « antiracisme exterminateur » qui, sous le couvert de la lutte contre toutes les formes du racisme qui sont censées survivre dans le monde occidental blanc, vise à une véritable éradication de la « blanchéité » ; formidable régression culturelle qui fait, en dernière analyse, de la pigmentation de la peau un critère moral et civilisationnel. Cela va du plus pathétique au plus burlesque, témoin cette initiative, en juin 2020, du New York Times, qui a décidé d’écrire le mot Noir avec une majuscule et le mot blanc avec une minuscule pour réparer une injustice historique… Le plus comique, c’est que cette « guerre de sécession » d’un genre nouveau est menée sur le territoire des Blancs eux-mêmes, pas par des intellectuels de couleur sortis du peuple et bien décidés à n’y plus jamais rentrer.

Il n’y a pas aujourd’hui de situation plus confortable ni plus ambiguë que celle d’héritier autoproclamé des esclaves sur les terres repentantes de leurs anciens maîtres. Toute cette agitation peut paraître dérisoire et ne serait en effet que cela si elle ne contribuait au retour d’une certaine vision raciste du monde, aux antipodes de l’universalisme du christianisme et des Lumières, qui demeure la seule solution au problème On connaît la fameuse phrase de Marx selon laquelle tout événement a tendance à se reproduire deux fois, la seconde sous la forme de la parodie. Il y a désormais un certain fémi-nisme, un certain antiracisme qui traduisent essentiellement le regret de toute une génération de n’avoir pas été là pour mener les combats de la précédente. C’est pourquoi Bruckner a raison de conclure : « Ne cédons pas au chantage ! »

P.-S. : Au moment de terminer cet article, je reçois le dernier livre de Douglas Murray, la Grande Déraison. Race, genre, identité (L’Artilleur), qui traite à sa manière le même sujet que Bruckner. Il faudra y revenir.

Voir également:

Hubert Védrine : « Contrôler davantage les flux migratoires »
Ancien ministre des affaires étrangères, 1997-2002
Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre des affaires étrangères (1997-2002) explique qu’il faut instaurer des quotas d’immigration légale par pays.
Le Monde
28 juin 2018

Pour éviter d’autres Aquarius, la désagrégation des relations coopératives entre Européens, mettre fin à cette infernale partie de mistigri et réduire la pression sur nos sociétés fragiles, il faut prendre le problème à la racine et adopter un plan d’ensemble et des mesures d’urgence.

Le sentiment que l’Europe est une passoire, alors même que l’islamisme progresse partout chez les musulmans sunnites et que le terrorisme islamiste sévit sur plusieurs continents, y compris en Europe, est peut-être exagéré ou injuste mais il est obsédant. Il nourrit le « populisme » et alimente les insurrections électorales. Les efforts réels accomplis ces dernières années ou en cours à l’initiative du président français sont occultés par des événements scandaleux ou tragiques et par les pugilats européens.

Le sentiment que l’Europe est une passoire (…) nourrit le « populisme » et alimente les insurrections électorales
Ceux qui espéraient paralyser les réactions de rejet des migrations de masse à coup d’eau bénite ou de condamnations morales ont dû déchanter. Ceux qui n’ont vu dans l’immigration qu’une nécessité économique (importer de la main-d’œuvre) ou une opportunité démographique (combler des déficits) ont nourri les angoisses des populations européennes. L’état des opinions est maintenant si grave qu’aucun progrès européen dans d’autres domaines, comme les annonces obtenues par la France au château de Meseberg, près de Berlin, sur l’euro, ne suffira à inverser ce mouvement.

Casser l’engrenage dévastateur
Croire que le plus dur est passé parce que les flux ont diminué depuis le pic de 2015 est illusoire quand on connaît les prévisions démographiques africaines ; 1,2 milliard d’êtres humains aujourd’hui, 2,5 milliards en 2050 sauf si le planning familial était mis en œuvre partout. Et comment être sûr que d’autres drames atroces ne jetteront pas à nouveau demain sur les routes des familles entières à la recherche d’asiles ? Pour casser cet engrenage dévastateur, il faut donc, dans un cadre et par des mécanismes durables, contrôler ces flux.

La distinction, qui n’aurait jamais dû être perdue de vue, entre les demandeurs d’asile et les migrants économiques, dont certains seront admis comme immigrants légaux, est cruciale
Dans le cadre d’un Schengen consolidé et renforcé, il faut d’abord vérifier que chacun des vingt-six Etats membres, et nouveaux candidats, en particulier les Etats physiquement frontaliers, sans oublier tous les aéroports, seront capables administrativement, politiquement et géographiquement d’assumer des engagements renforcés grâce à une agence Frontex [l’agence européenne de surveillance des frontières] mieux équipée et transformée en vraie police des frontières parfaitement connectée aux polices nationales.

Le droit d’asile pour les gens en danger doit absolument être préservé. Au-delà même des préambules des Constitutions de 1946 et de 1958, il est l’âme même de l’Europe.

Mais cela suppose qu’il ne soit pas détourné de son objet ; sans distinction claire d’avec les mouvements migratoires, il finira par être balayé. La distinction, qui n’aurait jamais dû être perdue de vue, entre les demandeurs d’asile, dont certains seront admis en tant que réfugiés, et les migrants économiques, dont certains seront admis comme immigrants légaux, est cruciale.

Réseau de centres d’accueil
Le traitement, aussi rapide que possible, des demandes d’asile au sein de Schengen, devra se faire dans un véritable réseau de centres d’accueil à créer, sous un nom ou sous un autre, dans les pays extérieurs au plus près des zones de conflits ou de départ, partout où c’est possible (c’est déjà le cas au Niger, mais c’est impossible en Libye).

Mais il faut aussi, comme l’a proposé le président Emmanuel Macron, installer sur le territoire européen, aux frontières extérieures de Schengen, des centres fermés et sécurisés où l’on examinera qui relève ou non du droit d’asile, ce qui relativisera la notion de pays d’arrivée qui est la base de l’accord de Dublin et des controverses qui en découlent.

Bien sûr, les critères d’attribution de l’asile dans Schengen devront être complètement harmonisés, et les demandeurs d’asile acceptés devront être beaucoup mieux accueillis et intégrés. Quant aux déboutés, ils devront être pris en charge et reconduits par Frontex en dehors de Schengen, dans leur pays d’origine où ils pourront postuler comme immigrants légaux.

On ne peut pas fixer a priori de quotas de réfugiés : étant donné que le nombre des futurs demandeurs d’asile dépend des tragédies futures, il ne peut pas être plafonné artificiellement à l’avance. L’Europe devra rester généreuse, vis-à-vis des personnes persécutées ou menacées, tout en aidant plus les pays voisins qui les accueillent en premier lieu, comme la Turquie, la Jordanie, le Liban.

Cogestion indispensable
La question des migrations est différente. Les mouvements de migration économiques vers les pays riches d’Europe, le Canada, les Etats-Unis, l’Australie, mais aussi la Côte d’Ivoire, le Maroc, l’Afrique du Sud, ou d’autres émergents, ne cesseront pas, raison de plus pour s’organiser.

Des quotas d’immigration légale par pays, et par métiers, devront être fixés chaque année au cours d’un sommet entre pays de Schengen, pays de départ et pays de transit. Ces derniers demanderont des compensations et des aides, ce qui conduira à reconsidérer de proche en proche toutes les politiques de codéveloppement.

Cette cogestion est indispensable car il est impossible de détruire sans ces pays les réseaux de passeurs et leurs complices qui ont reconstitué une économie de la traite en Afrique ; gérer avec eux, avec l’aide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), dans des centres d’accueil au sein de plates-formes régionales, aussi bien les demandes d’asile que les demandes d’immigration en Europe ; lutter contre le trafic de faux papiers dans le Sahel ; et mieux contrôler les frontières entre ces pays.

Il ne faudrait pas en être réduit, tout cela ayant échoué, et les garde-côtes libyens étant impuissants, à être obligés de bloquer les ports de Libye ! En même temps, cette gestion plus rigoureuse des flux migratoires permettra de favoriser, comme promis dans le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou, la circulation pour les non-candidats à l’immigration (étudiants, hommes d’affaires, artistes).

Des quotas d’immigration légale par pays, et par métiers, devront être fixés chaque année au cours d’un sommet entre pays de Schengen, pays de départ et pays de transit
En attendant, et en urgence, il faut gérer l’héritage du passé et remplacer Dublin, que les ministères de l’intérieur avaient espéré pouvoir garder, par de nouvelles règles. Les pays de Schengen qui ne voudront pas accueillir de réfugiés au titre de la solidarité et de la répartition devront fournir une contribution financière accrue pour la protection des frontières communes ou pour l’accueil et l’intégration des réfugiés dans d’autres pays.

Des décisions difficiles devront être prises concernant ceux qui sont déjà en Europe, illégalement, depuis un certain temps : les reconduire dans des centres de retour à l’extérieur, d’où ils pourront tenter leur chance comme immigrants légaux auprès des centres d’accueil, ou essayer de travailler dans leur propre pays (les migrants, pas les demandeurs d’asile) ; ou les régulariser, pour des raisons d’humanité ou autres, mais alors les intégrer vraiment.

Un premier sommet Schengen-Sahel devrait permettre de commencer à aborder tout cela courageusement et franchement. Si tous les pays de Schengen, ou de départ et de transit, ne sont pas prêts à s’y engager, il faudra commencer avec une coalition de volontaires comme cela a été esquissé dans quelques pays.

Ceux que la repentance aveugle ou paralyse
Il est urgent que les opinions européennes constatent un vrai changement. La répartition des réfugiés, le montant des compensations, la fixation du nombre de migrants légaux, la dénomination et l’organisation du réseau de centres à l’extérieur ou aux frontières, et leur fonction, donneront lieu à des négociations permanentes et difficiles.

Mais une partie de l’opinion européenne changera quand elle réalisera que ces flux seront désormais mieux « gérés », que la partie de mistigri sur les réfugiés est finie et qu’il y a une politique claire, à court et long terme. Et même si des flux d’immigration illégaux se poursuivent, ils deviendront quand même moins importants.

Néanmoins, il ne faut pas se cacher que plusieurs secteurs de l’opinion, minoritaires mais très actifs et « audibles », continueront à opposer un tir de barrage à la mise en œuvre de cette indispensable politique, pour des raisons opposées – il faut aider tous ceux qui souffrent ; il faut repousser tous les envahisseurs.

S’il n’y avait dans le monde que 10 millions de candidats à l’immigration en Europe, cela ne poserait aucun problème !
Les arguments de l’extrême droite (pour tout fermer) doivent être combattus sans ménagement comme étant inhumains, économiquement absurdes et, de toute façon, inapplicables. Il en va de même pour l’extrême gauche qui mise sur les populations issues de l’immigration par calcul militant, activiste ou électoral.

En revanche, il faudrait convaincre beaucoup de gens généreux et de bonne foi de réfléchir à leur responsabilité et de modifier leurs positions ne serait-ce que pour sauver l’asile. Ceux que la repentance aveugle ou paralyse. Ceux qui ne voient le problème des migrations qu’en termes de valeurs et de principes généraux. Or, c’est aussi une question de nombre : s’il n’y avait dans le monde que 10 millions de candidats à l’immigration en Europe, cela ne poserait aucun problème ! Ceux qu’un universalisme abstrait et un mépris affiché pour les besoins élémentaires d’identité et de sécurité culturelle des peuples européens ont rendu inaudibles. Ceux qui ne réalisent pas que ce n’est pas être « généreux » que de priver les pays d’Afrique de leurs meilleurs éléments, les émigrants jeunes, dynamiques et entreprenants, en alimentant la nouvelle économie de la traite.

Fossé élites/peuples
Il faudrait même oser questionner le bilan des grandes institutions judiciaires françaises ou européennes chargées d’appliquer des grands textes comme la Convention européenne des droits de l’homme et qui, par effets de cliquet et avec une totale bonne conscience, peuvent donner à la longue aux citoyens le sentiment qu’elles se substituent à la souveraineté et à la démocratie. Alors que le problème numéro un de l’Europe est le fossé élites/peuples !

Le plan paraît irréaliste ? Une telle politique n’est viable que si tous les pays de ce Schengen confirmé et renforcé, une fois l’accord trouvé, s’engagent à être des partenaires responsables et solides sur l’asile comme sur les migrations.

Quid des pays de Visegrad [un groupe informel composé de la Hongrie, de la Pologne, de la République tchèque et de la Slovaquie] ? De l’Italie ? De l’Espagne à Ceuta et Melilla [enclaves espagnoles au Maroc], etc. ? Mais aussi quid des partenaires extérieurs de l’Est et du Sud ? Vraies questions. Mais il y a le feu !

Paradoxalement, malgré les apparences récentes, il ne devrait pas y avoir d’opposition insurmontable entre les pays européens de l’Ouest et de l’Est. Qui conteste la nécessité absolue d’une meilleure maîtrise des flux vers l’Europe ? Enfin, n’oublions pas l’éléphant dans la pièce : une alliance plus déterminée et plus assumée partout des démocrates et des musulmans modérés contre l’islamisme aiderait à enrayer le glissement des opinions européennes. Tout cela va s’imposer. Faisons-le plutôt ensemble, vite, et en bon ordre.

Hubert Védrine a été ministre des affaires étrangères dans le gouvernement Jospin de 1997 à 2002. Il a publié « Le Monde au défi » (Fayard, 2016) et « Sauver l’Europe ! » (Liana Levi, 2016)

Voir de même:

L’éditorial du Figaro: « Les larmes, les hommages, et après?
Alexis Brézet, directeur des rédactions du Figaro
Le Figaro
18 octobre 2020

Il s’appelait Samuel Paty, et son nom ne doit pas être oublié. Il mérite de rester dans les mémoires parmi les figures de l’école républicaine, entre Louis Germain, le maître d’Albert Camus, et ces hussards noirs «d’un dévouement sans mesure à l’intérêt commun» chantés par Charles Péguy.

Samuel Paty, d’après tous les témoignages, était chaleureux, bienveillant, délicat jusqu’au scrupule, adoré de ses élèves… Le contraire d’un provocateur ou d’un boutefeu. Il est mort – et dans quelles atroces circonstances! – d’avoir voulu appliquer le programme d’éducation morale et civique en classe de quatrième. Mort d’avoir montré à ses élèves deux représentations satiriques de Mahomet. Assassiné pour avoir enseigné la liberté.

Et l’on ne viendra pas nous dire, cette fois, qu’il est tombé par hasard, sans raison, sous les coups d’un «déséquilibré»! Au contraire: tout, dans les jours qui précèdent le crime, semble conduire à cette tragédie. Durant deux semaines, Samuel Paty a été l’objet d’une cabale méthodiquement ourdie, soigneusement organisée. Des militants islamistes l’ont ciblé, persécuté, calomnié. Parmi eux, un «parent d’élève», mais aussi un activiste islamiste, fiché S, membre d’un «conseil des imams de France». Les membres de cette petite bande l’ont dénoncé à sa hiérarchie. Ils l’ont signalé à la police. Ils ont jeté son nom en pâture sur les réseaux sociaux. Ils ont affiché des vidéos injurieuses sur le site internet d’une mosquée. Ils sont allés jusqu’à saisir les autorités académiques! S’ils n’ont pas armé directement la main du tueur (cela, il appartiendra à l’enquête de le dire), ces harceleurs ont indubitablement inspiré son geste. Leur acharnement criminel en dit autant sur l’époque que nous traversons que les circonstances particulièrement atroces de l’assassinat. Aujourd’hui, les fameux «loups solitaires» ne le sont jamais vraiment: ils s’enracinent dans un écosystème islamiste qui les protège et les nourrit.

Allons-nous nous réveiller, enfin, et répliquer à la guerre qui nous a été déclarée?

«Ils ne passeront pas!» Ces rodomontades seraient à rire si elles n’étaient à pleurer. La triste vérité, chacun le sait, c’est que, depuis longtemps, ils sont déjà passés. L’influence islamiste pèse de tout son poids sur l’école, où l’inspecteur général Jean-Pierre Obin mesure depuis vingt ans la montée inexorable des «accommodements» concédés à cette funeste idéologie: d’après un récent sondage, 40% des enseignants (50% en ZEP) reconnaissent «s’autocensurer» sur certains sujets (on imagine aisément lesquels) face à leurs élèves pour ne pas créer d’incident. Cette influence, elle pèse (et ô combien!) sur l’université et la recherche. Elle gangrène les services publics comme les entreprises privées. Prisons, police, armée… elle n’épargne quasiment plus aucun service de l’État ni aucun secteur de la société.

La vérité, c’est que les islamistes, dans notre pays, ont pignon sur rue. Ils ont, avec le CCIF, leur vitrine officielle ; ils ont aussi leurs boutiques officieuses et leurs officines clandestines. Ils ont leurs représentants légaux, leurs brillants avocats qui ont accès aux plus hautes sphères de l’administration, leurs entrepreneurs qui financent la cause, leurs activistes qui déversent la haine sur les réseaux sociaux, leurs prêcheurs qui remplissent les mosquées, leurs soldats réguliers qui noyautent les cités et leurs sicaires, désavouables à merci, qui prospèrent sur ce terreau.

La vérité, c’est aussi que les islamistes peuvent compter, dans l’appareil d’État, les partis politiques et les médias, sur des compagnons de route (ou des idiots utiles) qui soutiennent efficacement la cause. C’est Jean-Louis Bianco et son Observatoire de la laïcité, qui semble avoir été ainsi baptisé par antiphrase. C’est Jean-Luc Mélenchon, qui, toute honte bue, prétend aujourd’hui combattre les amis de ceux avec qui il défilait hier. C’est Edwy Plenel, dont nul n’a oublié qu’il a accusé Charlie d’avoir «déclaré la guerre aux musulmans»! Et, derrière eux, toute une nébuleuse islamo-gauchiste rompue à la rhétorique victimaire (indigénistes, décoloniaux, Unef, SOS-Racisme, LDH…) qui devine du «racisme d’État» chaque fois qu’il est question d’appliquer la loi, dénonce des «violences policières» chaque fois qu’il s’agit de maintenir l’ordre et hurle à l’«islamophobie» chaque fois que l’on fait mine de résister aux diktats des barbus… Que certains de ceux-là se soient retrouvés hier, place de la République ou ailleurs, avec des citoyens sincèrement révoltés par les menées islamistes est une insulte à la décence autant qu’au souvenir des victimes.

Et maintenant? Et demain? Après les larmes et les hommages, après les grands discours et les rassemblements, après les hashtags et les bougies, que va-t-il se passer? Allons-nous, face à la menace islamiste, revenir comme si de rien n’était à ces tractations sans gloire, ces compromissions obliques, ces concessions sournoises et ces fermetés équivoques qui nous tiennent lieu de politique depuis si longtemps? Allons-nous nous réveiller, enfin, et opposer à la guerre qui nous a été déclarée une autre guerre, impitoyable et sans merci? C’est en vérité la seule question – mais cette question est vitale – que nous devrions nous poser.

La loi contre le séparatisme? Il paraît que l’on va durcir le dispositif. Tant mieux! Mais, à dire vrai, ce n’est pas du luxe. Mieux contrôler les associations, mettre un terme définitif à ces cours de «catéchisme coranique» à l’école sous prétexte d’apprentissage des «langues d’origine», imposer aux salariés des transports publics le respect des règles élémentaires qui prohibent le prosélytisme vestimentaire… tout cela est bel et bon (pour autant que cela soit appliqué), mais, chacun l’aura compris, notoirement insuffisant. Plus largement, c’est la philosophie même de cette loi – si pudique qu’il n’est pas prévu que le mot «islamisme» y figure! – qui doit être reconsidérée. Mais à quoi rime, au juste, ce mot de «séparatisme»? Le bourreau de Samuel Paty et les militants islamistes qui ont créé les conditions de son acte ne nourrissent aucunement le rêve de bâtir leur société islamique à côté de notre République, ils ont le projet de la remplacer, territoire après territoire, par un régime «pur» gouverné par la charia. Les islamistes ne sont pas des séparatistes, ce sont des conquérants…

Pour les combattre avec quelque chance de l’emporter, il faudra parler moins et agir plus. Fermer sans tergiverser toutes les mosquées où est enseignée la détestation de la France. Expulser immédiatement les imams étrangers prêcheurs de haine. Dissoudre le CCIF et toutes les organisations qui, sous couvert de lutter contre l’«islamophobie», font le lit de l’islam le plus radical. Et faire entendre raison aux tribunaux administratifs qui trouvent toujours un bon motif pour annuler les (rares) décisions énergiques prises dans ce sens.

Il faudra aussi cesser de tourner autour du pot des fichés S: expulser les radicalisés étrangers (il semble que Gérald Darmanin veuille s’y mettre: bravo!) et interdire de tout emploi sensible (aujourd’hui ils peuvent travailler comme enseignants ou comme éducateurs!) les fichés français. Ce qui suppose là encore de passer outre l’opposition de tous ceux qui estiment qu’on ne peut rien faire au motif qu’«ils n’ont encore commis aucun crime»

Il faudra enfin se décider à aborder sans se voiler la face la question de l’immigration sans contrôle et de ses conséquences pour le pays. Un Tchétchène de 18 ans à qui la justice avait reconnu le statut de réfugié vient de décapiter un enseignant français. Quelques jours plus tôt, un jeune Pakistanais, à qui la justice – toujours elle – avait accordé la protection reconnue aux «mineurs isolés», avait perpétré une attaque au hachoir contre l’ancien immeuble de Charlie. Peut-être cette coïncidence mériterait-elle que l’on s’y arrête un instant: si la France continue d’accueillir chaque année sur son sol près d’un demi-million d’étrangers, dont la grande majorité, de confession musulmane, estime que la charia est supérieure à tout, il est peu probable que l’islamisme recule…

Et qu’on ne vienne pas nous dire, encore une fois, qu’«il ne faut surtout pas prendre le risque de diviser les Français», que «ce serait faire un cadeau aux terroristes, qui n’attendent que cela»! Sous les apparences du bon sens, cette analyse rabâchée chaque fois qu’il est question de mettre en œuvre une politique un peu ferme est le paravent de tous les renoncements.

Car, en vérité, le but ultime des islamistes n’est pas de diviser, il est de s’imposer et d’imposer leur loi partout où vivent des musulmans. La division des Français, qui les dresserait les uns contre les autres, peut certes être considérée par les islamistes radicaux comme un moyen indirect de parvenir à cet objectif de domination, mais il existe à leurs yeux un moyen direct beaucoup plus efficace: la soumission de leur adversaire, le mol acquiescement qui leur permettrait de s’imposer sans combattre. Cette unité-là, c’est le silence des cimetières.

Au fond, comme toujours quand la situation est difficile, revient la seule question qui vaille en politique: celle du courage. Ce courage qui a tant manqué à nos hommes politiques, de droite comme de gauche, depuis quarante ans, c’est celui de Zineb El Rhazoui, de Riss et de bien d’autres, qui, en dépit des menaces, continuent, sous protection policière permanente, de clamer haut et fort leur refus de l’islam politique. Ce courage, ce fut aussi celui d’un homme qui, alors que la meute des islamistes s’acharnait à le salir, ne leur a rien cédé. Il s’appelait Samuel Paty, et son nom ne doit pas être oublié.

Voir de plus:

Bruno Retailleau: « L’immigration est un angle mort qui devient un angle mortel »
Entretien
Propos recueillis par Causeur
18/10/2020

Le président du groupe LR au Sénat propose la tenue d’un référendum sur les sujets régaliens, la création d’une task force de reconquête des quartiers ainsi que la fermeture des lieux de culte, comme la mosquée de Pantin, qui ont relayé l’appel contre le professeur assassiné.

Marianne : Des professeurs estiment qu’un attentat comme celui-ci était inéluctable. Est-ce votre avis ?

Bruno Retailleau : Rien n’est jamais inéluctable. Mais nous sommes en train de perdre la bataille contre l’islamisme. Dans un premier temps, j’ai été sidéré, puis la révolte a succédé à la sidération. J’ai entendu le président de la République parler d’un acte terroriste. Ce terme-là ne définit pas la réalité de cette décapitation, de cette barbarie. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une volonté d’appliquer la charia sur le sol français. C’est un acte de violence mais c’est aussi un acte qui a un sens : la terre de France doit se soumettre. Et c’est la mort pour ceux touchent au prophète ou au dogme. Quant à ceux qui prétendent que c’était inéluctable, ils oublient que l’alerte avait été donnée depuis des jours. Qu’a fait l’institution, l’Éducation nationale, pour protéger ce professeur ?

L’Éducation nationale s’était saisie du problème. Tout comme la police… Le renseignement jugeait même la situation « apaisée ». Cela veut dire que rien ne marche ?

Non ça ne fonctionne pas. Souvenez-vous de l’attentat dans le cœur du cœur du service anti-terroriste de la préfecture de police de Paris. Il y a eu deux enquêtes administratives. Avez-vous eu connaissance de sanctions ? Non, bien sûr ! Si nous ne l’avions pas encore compris, nous sommes confrontés à un combat global. Bien sûr, nos services ont fait d’énormes progrès. Mais nous perdons la bataille par lâcheté, par renoncement. Il y a des espaces physiques, des enclaves territoriales dans lesquelles l’islam politique peut soumettre les esprits et les territoires à la loi religieuse qui, dans ces endroits, est supérieure à la loi civile. Il y a aussi une colonisation intellectuelle, par exemple le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui utilise le concept d’islamophobie pour faire avancer la cause islamique sous couvert de défense des libertés. Et nous, nous ne luttons pas ! Nous ne nous rendons pas compte qu’aujourd’hui, si ce professeur n’a pas bénéficié d’une protection malgré les alertes, c’est parce que nous avons préféré le silence. Le même silence qu’à la préfecture de police de Paris. Ces silences coupables sont des silences criminels.

« Emmanuel Macron lance : « Ils ne passeront pas » Mais ils sont déjà là ! »

Justement, le président de la République avait pris la parole il y a quinze jours pour dénoncer le séparatisme que veut imposer l’islamisme à notre société… De l’avis général, il avait trouvé les mots justes…

Le problème ne date pas de ce quinquennat. Mais la faute politique personnelle d’Emmanuel Macron est de ne pas avoir mis tout de suite la priorité sur la lutte contre l’islam politique. Pourtant, il avait été secrétaire général adjoint de l’Elysée, et ministre : il savait ! Par ailleurs, du discours aux actes, il y a encore beaucoup de chemin à franchir. Il semble vouloir faire, mais je crains qu’il fasse semblant. Les mesures qu’il envisage sont des demi-mesures : il n’a pas prévu de traiter la question de l’immigration. Or, c’est un angle mort qui devient un angle mortel. Quand un jeune Pakistanais, soi-disant mineur non accompagné, s’en prend à deux personnes devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, c’est la question de l’immigration qui est posée. Ici, on a affaire à un jeune Russe qui a un statut de réfugié, c’est encore une question d’immigration. Souvenez-vous de ce qu’avait dit Emmanuel Macron au lendemain des rixes des deux bandes à Dijon : il nous avait promis des expulsions. Pouvez-vous me dire combien il y a eu d’expulsions ? Zéro ! Emmanuel Macron lance : « Ils ne passeront pas » Mais ils sont déjà là ! Dans nos quartiers, dans nos institutions, et même dans nos bureaux de vote avec des listes communautaires. Le président de la République grimpe sur une ligne Maginot qui a déjà été enfoncée. Il peut faire les meilleurs discours du monde, mais les mots sans les actes, c’est le mensonge, c’est la faiblesse.

Vous préparez une candidature à la présidentielle. Vous président, comment auriez-vous agi au lendemain d’un acte comme celui-là ? 

Il y a trois niveaux de lutte, trois combats simultanés à mener. Le premier, c’est l’éradication djihadiste. Il faut commencer par refuser les revenants sur le sol français. Ceux qui sont en Irak ou en Syrie doivent rester en Irak ou en Syrie. Et s’il y a des binationaux, on doit les déchoir de la nationalité française. Il faut aussi se pencher sur les prisonniers qui sont en France. Plus de 150 coupables, condamnés pour des faits en relation avec le terrorisme, vont être libérés. Le Sénat avait formulé une proposition pour prolonger les mesures de sécurité, de rétention. Le Conseil constitutionnel a censuré ce texte. C’est un scandale : neuf juges n’ont pas le droit désarmer un peuple. Sur ces questions-là, lorsque la sécurité même des Français est engagée, nous devons recourir au référendum.

Mais un référendum à quel sujet exactement ? 

Là, il s’agissait des sortants, pour que par exemple les mesures de sureté qui s’appliquent aux délinquants sexuels s’appliquent aussi aux djihadistes.

Mais l’assassin russe de Samuel Paty n’était ni un « entrant », ni un « sortant »…

L’erreur à ne pas faire est de raisonner cas par cas. Vous avez un combat qui est global. C’est bien pour cela que j’ai parlé aussi d’immigration. Il faut accueillir moins et expulser plus. Quelqu’un qui est accueilli sur notre territoire et ne respecte pas nos lois doit être expulsé automatiquement, avec sa famille. Il faut remettre à plat le droit des étrangers, limiter au maximum le regroupement familial. Nous sommes le seul pays d’Europe qui n’a pas revu à la hausse ses exigences en matière d’immigration. C’est ce genre de question qui devra être soumise à référendum, sinon la volonté générale sera entravée. Sinon, un jour, les Français se révolteront à ce sujet. On n’aura alors plus que nos yeux pour pleurer.

Et quelles sont vos autres propositions ? 

Il faut lutter contre les enclaves territoriales. Créer une task force pour reconquérir les quartiers les uns après les autres, avec des forces de sécurité, mais aussi des magistrats, des services douaniers. Pour organiser le retour massif de l’État pendant une période donnée sur ces territoires qui sont des territoires perdus de la République. Avec Philippe Bas, nous avons proposé d’ajouter à l’article premier de la Constitution cette phrase : « Nul individu, nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour se soustraire à la règle commune. » C’est la définition de la laïcité telle qu’elle devrait s’imposer à toute personne, le pendant de la loi de 1905, pour régler un certain nombre de questions qui vont du règlement intérieur d’une association, ou d’une entreprise, mais aussi à la question des piscines, des hôpitaux…

« Refuser le piège de l’islamophobie »

Enfin, il faut s’intéresser aux lieux de culte. Vous avez vu que la mosquée de Pantin a relayé un appel contre le professeur assassiné. Je demande que cette mosquée soit fermée, comme le permettait le régime de l’état d’urgence de façon plus aisée. Des articles de la loi de 1905 permettent de fermer des lieux de culte dès lors qu’il y a des incitations à la haine ou que l’on tient des discours politiques. Il faut également interdire le financement des mosquées dès lors que l’argent provient de pays ou de groupes qui ne reconnaissent pas la liberté de conscience.

Mais le plus dur c’est la reconquête des esprits, il faut nommer les choses, refuser le piège de l’islamophobie. Interdire le voile à l’université ou dans les sorties scolaires. Il y a un espace symbolique que la République doit réinvestir. Ce qui est en jeu, c’est la défense de notre civilisation qui est attaquée dans ses fondements. Nos libertés et notre sécurité ne sont pas négociables et aucune religion n’est intouchable.

Voir par ailleurs:

Q&A; A Head-On Collision Of Alien Cultures?
The New York Times
Oct. 20, 2001

Is this the clash of civilizations that you have been warning about nearly a decade?

Clearly Osama bin Laden wants it to be a clash of civilizations between Islam and the West. The first priority for our government is to try to prevent it from becoming one. But there is a real danger that it could move in that direction. The administration has acted exactly the right way in attempting to rally support among Muslim governments and people. But there are great pressures here in the United States to attack other terrorist groups and states that support terrorist groups. And that, it seems to me, could broaden it into a clash of civilizations.

Were you surprised the terrorists were all educated, middle-class individuals?

No. The people involved in fundamentalist movements, Islamic or otherwise, are often people with advanced educations. Most of them do not become terrorists, of course. But these are intelligent, ambitious young people who aspire to put their educations to use in a modern, developed economy, and they become frustrated by the lack of jobs, the lack of opportunity. They are cross-pressured as well by the forces of globalization and what they regard as Western imperialism and cultural domination. They are attracted to Western culture, obviously, but they are also repelled by it.

You have written that  »Islam has bloody borders. » What do you mean by this?

If you look around the borders of the Muslim world, you find that there are a whole series of local conflicts involving Muslims and non-Muslims: Bosnia, Kosovo, the Caucuses, Chechnya, Tajikistan, Kashmir, India, Indonesia, the Philippines, North Africa, the Palestinian-Israeli conflict. Muslims also fight Muslims, and much more than the people of other civilizations fight each other.

So are you suggesting that Islam promotes violence?

I don’t think Islam is any more violent than any other religions, and I suspect if you added it all up, more people have been slaughtered by Christians over the centuries than by Muslims. But the key factor is the demographic factor. Generally speaking, the people who go out and kill other people are males between the ages of roughly 16 and 30. During the 1960’s, 70’s and 80’s there were high birthrates in the Muslim world, and this has given rise to a huge youth bulge. But the bulge will fade. Muslim birthrates are going down; in fact, they’ve dropped dramatically in some countries. Islam did spread by the sword originally, but I don’t think there is anything inherently violent in Muslim theology. Islam, like any great religion, can be interpreted in a variety of ways. People like bin Laden can seize on things in the Koran as commands to go out and kill the infidels. But the pope did exactly the same thing when he launched the Crusades.

Should the United States do more to promote democracy and human rights in the Middle East?

It would be desirable but also difficult. In the Islamic world there is a natural tendency to resist the influence of the West, which is understandable given the long history of conflict between Islam and Western civilization. Obviously, there are groups in most Muslim societies that are in favor of democracy and human rights, and I think we should support those groups. But we then get into this paradoxical situation: many of the groups arguing against repression in those societies are fundamentalists and anti-American. We saw this in Algeria. Promoting democracy and human rights are very important goals for the United States, but we also have other interests. President Carter was deeply committed to promoting human rights, and when I served on his National Security Council, we had countless discussions about how to do this. But to the best of my recollection, nobody ever mentioned the idea of trying to promote human rights in Saudi Arabia, and for a very obvious reason.

Apart from our closest allies, no country has lined up more solidly behind the United States than Russia. Is this the moment Russia turns decisively to the West?

Russia is turning to the West in these circumstances for pragmatic and ad hoc reasons. The Russians feel they are seriously threatened by Muslim terrorists and see it as in their interest to line up with the West and to gain some credit with the United States in hopes that we will reduce our push for NATO expansion into the Baltic states and missile defense. It’s a coincidence of interests, but I don’t think we should blow it up into a big realignment. I think, though, that they are very worried about the rise of China, and this will turn them to the West.

India and China, two countries that you said would be at odds with the United States, have joined in this war on terrorism. Instead of the West versus the rest, could the clash shape up to be Islam versus the rest?

Conceivably. You have Muslims fighting Westerners, Orthodox Christians, Jews, Hindus, Buddhists. But one must also recognize that there are a billion Muslims in the world, stretching across the Eastern hemisphere from Western Africa to eastern Indonesia, and they interact with dozens of different people. So you might say they have more opportunity to clash with others.

The most frequent criticism leveled against you is that you portray entire civilizations as unified blocks.

That is totally false. The major section on Islam in my book is called  »Consciousness Without Cohesion, » in which I talk about all the divisions in the Islamic world, about Muslim-on-Muslim fighting. Even in the current crisis, they are still divided. You have a billion people, with all these subcultures, the tribes. Islam is less unified than any other civilization. The problem with Islam is the problem Henry Kissinger expressed three decades ago with regard to Europe:  »If I want to call Europe, what number do I call? » If you want to call the Islamic world, what number do you call? Islam may pose problems because it is less cohesive. If there was a dominant power in the Islamic world, you could deal with them. Now what you see is the different Islamic groups competing with each other.

Voir aussi:

From Casablanca to Kabul, the statistics are stunning.

Well over half the populations of Egypt, Syria, Saudi Arabia, Iran and Iraq are under 25 years old, according to the International Programs Center at the Census Bureau. In Pakistan, the number is 61 percent; in Afghanistan, 62 percent.

The boom in young people coming of age in a broad swath of territory where terrorists recruit might seem to pose one of the United States’ most daunting national security threats. But the picture is more complicated than that.

People who study statistics say the danger posed by such bulges actually depends, sometimes in surprising ways, on how rigidly countries are governed. And the effect on feelings about America can be even more surprising.

For example, the threat of instability is greater in a partly free society like Egypt than in a rigid dictatorship like Iraq. And in Iran these days, the rise of young people actually plays to, not against, America’s interest in seeing that country become more democratic.

Historically, there’s reason for some concern on the part of those who hold power. France experienced a  »youth bulge » in the 1780’s, which increased demand for scarce food supplies; that, in turn, drove up prices, hurt the business classes and helped to create conditions for its revolution in 1789. Iran was in the midst of a youth bulge before its 1979 revolution, when young people took to the streets, helping to bring down the monarchy in favor of a virulently anti-American theocracy.

The political scientist Samuel P. Huntington argues that the large number of unemployed males between the ages of 15 and 30 is  »a natural source of instability and violence » throughout the Muslim world. But the connection is not that direct. Demographers are fond of saying  »demography is destiny, » but in doing so they unsually mean the economic health and social needs of nations, not necessarily riot and rebellion.

 »I would describe demography as a challenge that the state needs to meet, whether it’s developing countries with a youth bulge or developed countries with a graying population, » said Jennifer S. Holmes, a political scientist and author of  »Terrorism and Democratic Stability » (Manchester University Press, 2001).  »It is not going to predetermine the outcome. In general, governments have the upper hand. If they reach out and make a half-hearted effort at placating the masses with economic and social programs, they can usually do it. »

And societies at the political spectrum’s extremes — either open or closed — are less susceptible than those in between.  »Youth cohorts are more likely to cause conflict in countries with intermediate regimes than in countries with fully autocratic or democratic regimes, » wrote Henrik Urdal of Oslo’s International Peace Research Institute in a recent study.

Among the  »in-betweens » are Algeria, where high unemployment, inadequate education, over-dependence on the oil economy and authoritarian rule have produced an explosive environment in which armed Islamic groups maneuver.

EGYPT, with 69 million people, is the Arab world’s most populous state. Unemployment, especially among college graduates, is rising, reform of the planned economy has failed and one-third of the work force earns $70 a month. Meanwhile, the military gets most of the $2 billion in annual American aid.

The countries in the region most vulnerable to the wrath of their youth, according to American intelligence analysts, are Pakistan and Afghanistan. Pakistan, whose population will probably swell from 140 million to about 195 million by 2015,  »will not recover easily from decades of political and economic mismanagement, divisive politics, lawlessness, corruption and ethnic friction, » a Central Intelligence Agency report concluded a year ago. And Afghanistan has known only occupation and war for two decades. The result is a lost generation, much of it indoctrinated in the Taliban’s repressive version of Islam.

The classic profile of a suicide bomber has been an impoverished, uneducated, rootless young man with nothing to lose. But there are exceptions. Most of the Al Qaeda terrorists who struck the World Trade Center and the Pentagon on Sept. 11 were middle-class Saudis. The Palestinian who blew himself up in East Jerusalem on Wednesday was in his mid-40’s and had eight children.

In some cases, politics affects demography as much as demography affects politics. In 2015, Israel’s population is expected to increase by only 20 percent, compared to 56 percent in the West Bank and 72 percent in the Gaza Strip. The Palestinian birth rate is so high that if it continues at current levels, in a decade Jews will be a minority in the combined population of Israel, the West Bank and Gaza.

Paradoxically, because of generous United Nations refugee programs, Palestinian children and adolescents have one of the highest levels of education in the Arab world; most Palestinians live in cities with good health care and have one of the lowest mortality levels in the Arab world. All these factors should contribute to a decline in fertility. But fertility is also a weapon in the Palestinians’ national struggle, and it remains high.

AND then there is Iran. There, a generation of young people were indoctrinated following the 1979 Islamic revolution to become Islamic warriors for God.  »My soldiers are still infants, » Ayatollah Ruhollah Khomeini said, as he encouraged mothers to breed. The official annual growth rate soared to 3.2 percent until the ruling clerics concluded the late 1980’s that the population increase was disastrous for the economy and launched a massive family planning program. The birth rate plummeted.

Today, Khomeini’s generation is not ready to die. In fact, many have rejected their fathers’ revolutionary ideals and strict religious rules. They have been an important part of the reform movement personified by Iran’s elected president, Mohammad Khatami, and his struggle to create a civil society based on the rule of law.

Even anti-American fervor has waned. While some Pakistani youths demonstrated in support of Osama bin Laden after Sept. 11, upper middle class Iranian youths held a candlelight vigil to condemn the attacks and mourn the dead.

In the end, it is not just the number of young people but the degree of their exclusion from economic and political participation that rouses them politically.  »What makes the demographic explosion dangerous is the perception by young people that their elders have failed them, that authority has failed them in all aspects of their lives, » said Farideh Farhi, an adjunct scholar at the Middle East Institute.  »We live in a world that celebrates self-expression and individuality, and when there’s only political despair and humiliation, that’s when the potential for explosion is created. »

Voir encore:

Trump Is Losing Ground With White Voters But Gaining Among Black And Hispanic Americans
Geoffrey Skelley and Anna Wiederkehr
FiveThirtyEight
Oct. 19, 2020

There’s a well-known truth in politics: No one group swings an election.

But that doesn’t mean that the demographic trends bubbling beneath the surface can’t have an outsized effect. Take 2016. President Trump won in large part because he carried white voters without a college degree by a bigger margin than any recent GOP presidential nominee, though there had been signs that this group was shifting rightward for a while.

Likewise in 2018, a strong showing by Democrats in suburban districts and among white voters with a four-year college degree helped the party retake the House, a shift we first saw in 2016 when Trump likely became the first Republican to lose this group in 60 years.1 And this is just scratching the surface. In the past few years, we’ve also seen hints that more women voters are identifying as Democrats and that some nonwhite voters might be getting more Republican-leaning.

The question, then, in 2020 — as it is in every election — is what will the electorate look like this time around? Can we expect a continuation of what we saw in 2016 and 2018, or might some of those trends slow or reverse direction? And, of course, are there any surprises lurking beneath the surface that we haven’t quite identified yet?

We tried to answer this question by comparing data from the 2016 Cooperative Congressional Election Study to 2020 data from Democracy Fund + UCLA Nationscape polling conducted over the past month.2 This comparison is hardly perfect — the 2016 CCES data is based on data from people who were confirmed to have actually voted while the UCLA Nationscape data is a large-scale survey of people who say they have voted or will vote, and the two studies use different methodologies, which could lead to differences in what types of voters were reached and how they were weighted. But this is as close as we can get to a direct comparison before the election, and it did allow us to identify some interesting trends.

First off, Democratic nominee Joe Biden is attracting more support than Hillary Clinton did among white voters as a whole — especially white women, older white voters and those without a four-year college degree — which has helped him build a substantial lead of around 10 points, according to FiveThirtyEight’s national polling average. However, Trump is performing slightly better than last time among college-educated white voters, and he has gained among voters of color, especially Hispanic voters and younger Black voters.

White voters made up more than 7 out of 10 voters in the 2016 electorate according to CCES, so any large shifts in their attitudes could greatly alter the electoral calculus. And as the chart below shows, that’s more or less what has happened: Trump’s edge among white voters is around half of what it was in 2016, which could be especially consequential as this group is overrepresented in the states that are most likely to decide the winner of the Electoral College.

One factor driving this is that Biden looks to be doing better than Clinton among white voters without a college degree, a voting bloc that made up close to half of the overall electorate in 2016 and forms a majority of the population in key swing states such as Michigan, Pennsylvania and Wisconsin.3 While Clinton lost this group by more than 20 points four years ago, Biden is behind by just 12 points in UCLA Nationscape’s polling. This isn’t entirely a surprise: We saw some signs of Biden’s strength with non-college whites in the 2020 Democratic primary, as he did better than Clinton in counties that had larger shares of white Americans without a college degree. It’s hard to pinpoint exactly why we’re seeing this, though. One possible explanation is that as an older white man, Biden just resonates more with these voters than Clinton did in 2016, especially considering the role sexism and racism played in voter attitudes in 2016. But it’s also possible that some of these voters are just turned off by Trump after four years with him in the White House.

Take white women. They backed Trump over Clinton in 2016 but were split pretty evenly between the two parties in the 2018 midterms. And now they favor Biden by 6 points in UCLA Nationscape polling, which would be around a 15-point swing toward the Democrats compared to what CCES found for the 2016 race. Trump has also taken a major hit among older white voters. In 2016, he won white voters age 45 or older by more than 20 points, but according to UCLA Nationscape polling, he now leads by only 4 points.

Trump isn’t losing ground among all white voters, though. White men, for instance, look likely to back Trump by around 20 points again. And Trump is also making inroads with college-educated white voters. Trump lost this group by more than 10 points in 2016, and Republican House and Senate candidates lost it by a similar margin in 2018, but Trump may be running closer to even among them now. As FiveThirtyEight’s Perry Bacon Jr. recently noted, many college-educated white voters are Republican-leaning, especially south of the Mason-Dixon line. The question will be whether Trump can attract support from this group nationally, as he’s already essentially got a lock on many Southern states (although maybe not as many Southern states as he’d like). Trump is currently polling at 49 percent among white, college-educated voters in UCLA Nationscape’s polling, and if he stays there, that could help him hold on to battleground states he carried in 2016, such as Florida, Georgia, North Carolina and Texas, where college-educated white voters are more likely to prefer the GOP.

Trump has also gained real ground among nonwhite voters. To be clear, he still trails Biden considerably with these groups, but in UCLA Nationscape’s polling over the past month, he was down by 39 points with these voters, a double-digit improvement from his 53-point deficit in 2016.

While older Black voters look as if they’ll vote for Biden by margins similar to Clinton’s in 2016, Trump’s support among young Black voters (18 to 44) has jumped from around 10 percent in 2016 to 21 percent in UCLA Nationscape’s polling. Black voters remain an overwhelmingly Democratic-leaning constituency, but a notable reduction in their support could still be a problem for Biden.

Notably, young Black voters don’t seem to feel as negatively about Trump as older Black Americans do. For instance, an early-July African American Research Collaborative poll of battleground states found that 35 percent of 18-to-29-year-old Black adults agreed that although they didn’t always like Trump’s policies, they liked his strong demeanor and defiance of the establishment. Conversely, just 10 percent of those 60 and older said the same.

It’s a similar story with younger Hispanic Americans, a group where Trump has also made gains. According to UCLA Nationscape’s polling, Trump is attracting 35 percent of Hispanic voters under age 45, up from the 22 percent who backed him four years ago in the CCES data.

Most notably, even though Trump stands to gain with nonwhite voters across the board, his support seems to have risen the most among Hispanic voters with a four-year college degree. We don’t want to overstate the influence of this group — they make up about 2 percent of the population age 25 and older nationwide — but they are disproportionately concentrated in one especially vital swing state: Florida. In fact, 24 percent of Hispanic Floridians have a college degree, compared to 16 percent of Hispanic adults nationally.4 So even if Trump isn’t doing as well among older white voters, his gains among Hispanic voters, including highly educated ones, could offer a path to victory in the Sunshine State.

One last point on where Trump has made gains among Black and Hispanic voters: He has done particularly well with Black and Hispanic men, which might speak to how his campaign has actively courted them. For instance, the Republican National Convention featured a number of Black men as speakers this year. And Politico talked with more than 20 Democratic strategists, lawmakers, pollsters and activists who explained that many Black and Latino men are open to supporting Trump as they think the Democratic Party has taken them for granted. The same can’t be said of Black and Hispanic women, though, and the gender gap among nonwhite voters is shaping up to be even bigger than it was in 2016. Ninety percent of Black women supported Biden in UCLA Nationscape polling — unsurprising, as this group is arguably the most staunchly Democratic demographic in the electorate — whereas less than 80 percent of Black men did the same. And among Hispanic voters, 64 percent of women backed Biden compared to 57 percent of men.


In the end, elections are all about margins. That means Biden doesn’t necessarily have to win more white voters than Trump to win the election; he just needs to improve on Clinton’s performance four years ago. By the same token, if Trump can do better among nonwhite voters than he did in 2016 — even if he still doesn’t win them outright — that could open a door for him to win if white voters don’t shift toward Biden as much as the polls currently suggest.

But at the moment, the real margin to keep an eye on is Biden’s double-digit lead in the polls. That kind of advantage will be hard to overcome if Trump is merely chipping away at the edges of Biden’s support, especially when so many of Biden’s gains seem to have come at Trump’s expense.


Médias: Vous avez dit « fake news » ? (What casual, everyday bias of reporters ?)

22 novembre, 2019
Lors d\'une manifestation contre la politique de Donald Trump sur l\'immigration, le 9 juin 2019, à Los Angeles (Etats-Unis).
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. (…) Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme? Etaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l’ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[…] Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. Victor Klemperer (LTI, la langue du IIIe Reich)
Parmi les hommes, ce sont ordinairement ceux qui réfléchissent le moins qui ont le plus le talent de l’imitation. Buffon
La tendance à l’imitation est vivace surtout chez les sauvages. Darwin
Comme la faculté d’imitation dépend de la faculté d’observation, elle se développera d’autant plus chez les animaux qu’ils seront plus intelligents. George John Romanes
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
Les journalistes moyens à qui nous parlons ont 27 ans et leur seule expérience de journaliste, c’est de suivre les campagnes politiques. C’est un changement radical. Ils ne savent littéralement rien. (…) Nous avons créé une chambre d’écho. Ils disaient des choses qui validaient ce que nous leur avions donné à dire.  Ben Rhodes (conseiller-adjoint à la sécurité extérieure d’Obama)
Media feeding frenzies have become almost commonplace in recent years, as Gary Hart, Oliver North, Vice President Dan Quayle and Speaker of the House Jim Wright, among many others, could readily attest. But in McMartin, the media seemed especially zealous–in large part because of the monstrous, bizarre and seemingly incredible nature of the original accusations. More than most big stories, McMartin at times exposed basic flaws in the way the contemporary news organizations function. Pack journalism. Laziness. Superficiality. Cozy relationships with prosecutors. A competitive zeal that sends reporters off in a frantic search to be first with the latest shocking allegation, responsible journalism be damned. A tradition that often discourages reporters from raising key questions if they aren’t first brought up by the principals in a story. In the early months of the case in particular, reporters and editors often abandoned two of their most cherished and widely trumpeted traditions–fairness and skepticism. As most reporters now sheepishly admit–and as the record clearly shows–the media frequently plunged into hysteria, sensationalism and what one editor calls « a lynch mob syndrome. » On so volatile an issue in an election year, defense attorneys maintain, that helped make it all but inevitable that the case would be prosecuted on a scale greater than the actual evidence warranted. There were stories about child prostitution and massive child pornography rings, stories about children being exchanged between preschools for sexual purposes, stories about a connection between alleged molestation at McMartin and a murder eight years earlier. None of these charges was ultimately proved, but the media largely acted in a pack, as it so often does on big events, and reporters’ stories, in print and on the air, fed on one another, creating an echo chamber of horrors. The LA Times
La presse accréditée à la Maison-Blanche est-elle victime du syndrome de Stockholm? Dans un livre devenu un classique du reportage politique américain, The Boys on the Bus, le reporter de Rolling Stone Timothy Crouse comparait en 1973 le convoi de la presse présidentielle sous Nixon à «un affreux petit camp de prisonniers de guerre, le chouchou du commandant, un officier débutant bien dressé et trop zélé, persécutant les prisonniers, étudiant leurs failles, récompensant leurs échecs, les punissant pour leurs succès et les encourageant à se dénoncer mutuellement». Jean-Marie Pottier
Les experts politiques ne sont pas un groupe très diversifié et ont tendance à accorder beaucoup de confiance aux opinions de leurs confrères et des autres membres de l’establishment politique. Une fois établi, le consensus tend à se renforcer jusqu’à et à moins que ne viennent l’interrompre des preuves absolument irréfutables. Les médias sociaux, Twitter en particulier, ne peuvent qu’aggraver encore le phénomène de pensée de groupe jusqu’à la création d’une véritable chambre d’écho. (…) Depuis au moins l’époque des « Boys on the bus, » le journalisme politique souffre d’une mentalité de meute. Les événements tels que les conventions et les débats rassemblent dans la même salle des milliers de journalistes; il suffit d’assister à l’un de ces événements pour presque littéralement sentir la nouvelle doxa se fabriquer en temps réel.  Nate Silver
Political experts aren’t a very diverse group and tend to place a lot of faith in the opinions of other experts and other members of the political establishment. Once a consensus view is established, it tends to reinforce itself until and unless there’s very compelling evidence for the contrary position. Social media, especially Twitter, can amplify the groupthink further. It can be an echo chamber. James Surowiecki’s book “The Wisdom of Crowds” argues that crowds usually make good predictions when they satisfy these four conditions: Diversity of opinion. “Each person should have private information, even if it’s just an eccentric interpretation of the known facts.” Independence. “People’s opinions are not determined by the opinions of those around them.” Decentralization. “People are able to specialize and draw on local knowledge.” Aggregation. “Some mechanism exists for turning private judgments into a collective decision.” Political journalism scores highly on the fourth condition, aggregation. While Surowiecki usually has something like a financial or betting market in mind when he refers to “aggregation,” the broader idea is that there’s some way for individuals to exchange their opinions instead of keeping them to themselves. And my gosh, do political journalists have a lot of ways to share their opinions with one another, whether through their columns, at major events such as the political conventions or, especially, through Twitter. But those other three conditions? Political journalism fails miserably along those dimensions. Diversity of opinion? For starters, American newsrooms are not very diverse along racial or gender lines, and it’s not clear the situation is improving much. And in a country where educational attainment is an increasingly important predictor of cultural and political behavior, some 92 percent of journalists have college degrees. A degree didn’t used to be a de facto prerequisite for a reporting job; just 70 percent of journalists had college degrees in 1982 and only 58 percent did in 1971. The political diversity of journalists is not very strong, either. As of 2013, only 7 percent of them identified as Republicans (although only 28 percent called themselves Democrats with the majority saying they were independents). And although it’s not a perfect approximation — in most newsrooms, the people who issue endorsements are not the same as the ones who do reporting — there’s reason to think that the industry was particularly out of sync with Trump. Of the major newspapers that endorsed either Clinton or Trump, only 3 percent (2 of 59) endorsed Trump. By comparison, 46 percent of newspapers to endorse either Barack Obama or Mitt Romney endorsed Romney in 2012. Furthermore, as the media has become less representative of right-of-center views — and as conservatives have rebelled against the political establishment — there’s been an increasing and perhaps self-reinforcing cleavage between conservative news and opinion outlets such as Breitbart and the rest of the media. Although it’s harder to measure, I’d also argue that there’s a lack of diversity when it comes to skill sets and methods of thinking in political journalism. Publications such as Buzzfeed or (the now defunct) Gawker.com get a lot of shade from traditional journalists when they do things that challenge conventional journalistic paradigms. But a lot of traditional journalistic practices are done by rote or out of habit, such as routinely granting anonymity to staffers to discuss campaign strategy even when there isn’t much journalistic merit in it. Meanwhile, speaking from personal experience, I’ve found the reception of “data journalists” by traditional journalists to be unfriendly, although there have been exceptions. Independence? This is just as much of a problem. Crowds can be wise when people do a lot of thinking for themselves before coming together to exchange their views. But since at least the days of “The Boys on the Bus,” political journalism has suffered from a pack mentality. Events such as conventions and debates literally gather thousands of journalists together in the same room; attend one of these events, and you can almost smell the conventional wisdom being manufactured in real time. (Consider how a consensus formed that Romney won the first debate in 2012 when it had barely even started, for instance.) Social media — Twitter in particular — can amplify these information cascades, with a single tweet receiving hundreds of thousands of impressions and shaping the way entire issues are framed. As a result, it can be largely arbitrary which storylines gain traction and which ones don’t. What seems like a multiplicity of perspectives might just be one or two, duplicated many times over. Decentralization? Surowiecki writes about the benefit of local knowledge, but the political news industry has become increasingly consolidated in Washington and New York as local newspapers have suffered from a decade-long contraction. That doesn’t necessarily mean local reporters in Wisconsin or Michigan or Ohio should have picked up Trumpian vibrations on the ground in contradiction to the polls. But as we’ve argued, national reporters often flew into these states with pre-baked narratives — for instance, that they were “decreasingly representative of contemporary America” — and fit the facts to suit them, neglecting their importance to the Electoral College. A more geographically decentralized reporting pool might have asked more questions about why Clinton wasn’t campaigning in Wisconsin, for instance, or why it wasn’t more of a problem for her that she was struggling in polls of traditional bellwethers such as Ohio and Iowa. If local newspapers had been healthier economically, they might also have commissioned more high-quality state polls; the lack of good polling was a problem in Michigan and Wisconsin especially. There was once a notion that whatever challenges the internet created for journalism’s business model, it might at least lead readers to a more geographically and philosophically diverse array of perspectives. But it’s not clear that’s happening, either. Instead, based on data from the news aggregation site Memeorandum, the top news sources (such as the Times, The Washington Post and Politico) have earned progressively more influence over the past decade: The share of total exposure for the top five news sources climbed from roughly 25 percent a decade ago to around 35 percent last year, and has spiked to above 40 percent so far in 2017. While not a perfect measure, this is one sign the digital age hasn’t necessarily democratized the news media. Instead, the most notable difference in Memeorandum sources between 2007 and 2017 is the decline of independent blogs; many of the most popular ones from the late ’aughts either folded or (like FiveThirtyEight) were bought by larger news organizations. Thus, blogs and local newspapers — two of the better checks on Northeast Corridor conventional wisdom run amok — have both had less of a say in the conversation. All things considered, then, the conditions of political journalism are poor for crowd wisdom and ripe for groupthink. Likewise, improving diversity is liable to be a challenge, especially because the sort of diversity that Surowiecki is concerned with will require making improvements on multiple fronts (demographic diversity, political diversity, diversity of skill sets). Still, the research Surowiecki cites is emphatic that there are diminishing returns to having too many of the same types of people in small groups or organizations. Teams that consist entirely of high-IQ people may underperform groups that contain a mix of high-IQ and medium-IQ participants, for example, because the high-IQ people are likely to have redundant strengths and similar blind spots. That leaves independence. In some ways the best hope for a short-term fix might come from an attitudinal adjustment: Journalists should recalibrate themselves to be more skeptical of the consensus of their peers. That’s because a position that seems to have deep backing from the evidence may really just be a reflection from the echo chamber. You should be looking toward how much evidence there is for a particular position as opposed to how many people hold that position: Having 20 independent pieces of evidence that mostly point in the same direction might indeed reflect a powerful consensus, while having 20 like-minded people citing the same warmed-over evidence is much less powerful. Obviously this can be taken too far and in most fields, it’s foolish (and annoying) to constantly doubt the market or consensus view. But in a case like politics where the conventional wisdom can congeal so quickly — and yet has so often been wrong — a certain amount of contrarianism can go a long way. Nate Silver
Dans les médias de la communication, une chambre d’écho, ou chambre d’écho médiatique est une description métaphorique d’une situation dans laquelle l’information, les idées, ou les croyances sont amplifiées ou renforcées par la communication et la répétition dans un système défini. Il s’agit d’une analogie avec la chambre d’écho acoustique, ou chambre réverbérante, dans laquelle les sons sont réverbérés par les murs. À l’intérieur d’une chambre d’écho médiatique, les sources ne sont généralement pas remises en question et les points de vues opposés sont censurés ou sous-représentés. John Scruggs, lobbyiste chez le cigarettier Philip Morris, décrit en 1998 deux mécanismes de ce qu’il appelle les «chambres d’écho». Le premier consiste en la répétition d’un même message par différentes sources. Le second mécanisme consiste en la diffusion de messages similaires mais complémentaires par une seule source. Scruggs décrit la chambre d’écho comme stratégie pour augmenter la crédibilité de certaines informations au regard d’une audience cible. Avec la démocratisation de l’internet et l’arrivée des médias sociaux, les chambres d’écho se sont multipliées. Les algorithmes des réseaux sociaux agissent comme des filtres et engendrent ce qu’on a nommé des bulles de filtres. L’utilisateur à l’intérieur d’une telle bulle obtient de l’information triée à son insu en fonction de son activité sur un réseau. L’accessibilité accrue aux informations correspondant aux opinions des individus fait que ces derniers sont moins exposés à des opinions différentes des leurs. Dans les chambres d’échos, les opinions opposées à celles de la majorité sont peu diffusées et, lorsqu’elles le sont, sont souvent la cible d’attaques par cette majorité pour les discréditer. Lorsqu’une information est reprise par de nombreux médias, elle peut être déformée, exagérée, jusqu’à être plus ou moins dénaturée. En augmentant l’exposition à une fausse rumeur, sa crédibilité a tendance à augmenter. À l’intérieur d’une chambre d’écho, il peut ainsi arriver qu’une majorité d’individus croient en une version dénaturée d’une information véridique, ou en une information carrément fausse. Wikipédia
With ten people shot and four killed, this obviously meets the media’s current definition of a mass shooting. So where was the outrage? Where were the calls for new gun control laws? How did this tragedy turn into a non-story? First of all, the victims were all adult males from the Hmong community. And while police said they didn’t find any ties to gang activity among the victims, they were looking into a recent “disturbance” between some of them and members of one of the local Hmong gangs. (Fresno has had problems with gang violence, including Hmong groups, for quite a while now.) Another factor is the fact that police reported the assailants using semiautomatic handguns. The event was reportedly over pretty quickly, so they probably weren’t using collections of extended magazines. In other words, this mass shooting is uninteresting to much of the media because it fails all the normal tests and doesn’t fit in with the narrative. Had the men at least been using “assault rifles” they might have merited a bit more coverage. But those events are vanishingly rare because most gang members are well aware that it’s tough to hide a long gun when walking down the street to attack someone or while fleeing the scene afterward. Further, if initial reports prove accurate, this was an incident of adult Asian people shooting other adult Asian people. And most of the press has about as much interest in that story as one where black gang members are shooting other black people. In short… basically none. It’s reminiscent of the Bunny Friend Park shooting in New Orleans back in 2015. It was the second-largest mass shooting of the year in the United States. Seventeen people were shot in the middle of a public festival but if you didn’t live in New Orleans or subscribe to the Times-Picayune, you probably never heard about it. Why? Because it was two rival gangs composed primarily of African-Americans settling a turf war. Unfortunately, they were such poor marksmen that almost all of the victims were bystanders, including a young boy who was shot through the spine and will likely spend his life in a wheelchair. So the Fresno shooting has effectively already gone down the memory hole, while the last school shooting (that claimed fewer victims) is still popping up in the news a week later. Hot air
Les États-Unis ont « le plus haut taux d’enfants en détention au monde ». Est-ce que ça vaut la peine d’être signalé ? Peut-être, peut-être pas. Néanmoins, l’Agence France-Presse, ou AFP, et Reuters l’ont signalé, attribuant l’information à une « étude des Nations Unies » sur les enfants migrants détenus à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Puis les deux agences sont revenues sur leur déclaration. Supprimée, retirée, démolie. S’ils avaient pu utiliser l’un de ces hommes en noir, ils l’auraient fait. Les deux agences de presse ont expliqué que, voyez-vous, les données de l’ONU dataient de 2015 – dans le cadre d’une répression à la frontière qui avait commencé des années auparavant. Nous savons tous qui était le président en 2015. Ce n’était pas ce monstre maléfique qu’est le président Trump. C’était ce gentil, compatissant, monstre de garderie qu’était le président Barack Obama. Zap. L’histoire a fait passer Obama pour le méchant. Donc l’histoire a été retirée. Pas mise à jour ou corrigée, supprimée. Je sais que c’est un environnement médiatique dense. Qui peut suivre ? Mais essayez de vous souvenir de celle-ci, car elle est instructive. Les gens croient que les organes de presse fabriquent délibérément des fausses nouvelles, mais c’est rarement le cas. Les fausses nouvelles sont un problème qui surgit ici et là, mais les attaques beaucoup plus systématiques et profondément ancrées contre la vérité sont les distorsions quotidiennes et désinvoltes des journalistes. L’AFP et Reuters ont supprimé une histoire qui était, dans un sens strict, vraie – une étude de l’ONU a affirmé que les États-Unis avaient quelque 100 000 enfants en détention liée aux migrations. L’ONU est horriblement partiale contre l’Amérique et l’Occident. Pourtant, sur le plan du journalisme paresseux et axé sur la diffusion de communiqués de presse, l’histoire des enfants enfermés n’avait qu’une validité minimale. Ce que les agences ne semblaient pas apprécier, c’était l’implication de l’histoire : Obama, plutôt que Trump, a enfermé beaucoup d’enfants. C’est ce qui est important : non pas que l’AFP et Reuters aient supprimé une histoire, mais que l’implication de l’histoire signifie quelque chose pour eux. Chaque fois que vous lisez quelque chose de l’AFP et de Reuters (et de CNN et du Washington Post), vous devriez penser non pas ‘C’est une fausse nouvelle’ mais : ‘Quel est l’ordre du jour ?’ Pour paraphraser le commentaire tristement célèbre et instructif de Chuck Schumer sur la CIA, les médias ont six façons de vous faire penser ce qu’ils veulent que vous pensiez, dont aucune ne consiste à inventer des choses. L’une d’elles consiste à ne pas communiquer les choses. Les nouvelles qui ne sont pas mentionnées n’arrivent pas au public. Les cotes d’approbation d’Obama étaient pour la plupart très basses, comparables à celles de Trump, généralement dans les 40%. Les sondages le disaient, et les Ron Burgundy ne le signalaient tout simplement pas. Trump ne bénéficie pas de cette courtoisie. Il ne peut pas non plus être associé à de bonnes nouvelles. Un récent sondage de Newsbusters a révélé que, sur une récente période de six semaines, même pas un pour cent des médias ayant rapporté des nouvelles sur l’administration de Trump ont mentionné des mesures économiques positives. Une autre astuce consiste à rapporter sobrement les propositions politiques du politicien un, mais en se concentrant entièrement sur les mésaventures et les controverses mesquines du politicien deux. Vous pourriez, si vous êtes un consommateur d’actualités, avoir l’impression que la sénatrice Elizabeth Warren a un ensemble de plans sobres et bien raisonnés. Ces plans sont, cependant, si farfelus qu’ils sont à couper le souffle. Elle a promis 20,5 billions de dollars en nouvelles dépenses fédérales, soit une augmentation de 40 % par rapport aux montants actuels. Et pourtant, Warren n’est pas une candidate que les médias dépeignent comme déséquilibrée. Pendant ce temps, les gaffes des démocrates suscitent très peu d’intérêt . (…) Une autre astuce consiste à décider qu’une affaire qui fait avancer le mauvais récit est simplement une « nouvelle locale », et ne mérite donc pas l’attention des grands médias. Tout crime commis par des migrants illégaux peut être ignoré sans problème par CNN, mais tout crime associé à l’aile droite devient une cause de consternation nationale et d’introspection. Cette semaine, CNN a fait un reportage de grande envergure impliquant les talents de cinq reporters après que personne de l’Université de Syracuse ait envoyé un manifeste de la suprématie blanche à « plusieurs » téléphones portables et que des graffitis racistes aient été découverts dans une résidence. Auparavant, des incidents similaires sur le campus s’étaient avérés être basés sur des canulars. En cas de dissipation de cette histoire, CNN peut affirmer avec justesse: nous ne faisions que rapporter que les étudiants étaient effrayés. L’impression créée par un millier de récits de ce genre – que l’Amérique de 2019 est un cauchemar de la suprématie blanche – persistera tout de même. Utiliser ou ignorer les faits selon qu’ils créent ou non l’impression souhaitée est le principal objectif des médias d’aujourd’hui. NY Post
Séparer les enfants de leurs parents, comme cela a été fait par l’administration Trump, même de jeunes enfants, à la frontière avec le Mexique (…) constitue un traitement inhumain à la fois pour les parents et pour l’enfant. Manfred Nowak
Plus de 100 000 enfants sont actuellement détenus en lien avec l’immigration aux Etats-Unis. Ce total comprend les enfants détenus avec leurs parents et les mineurs détenus séparément, a affirmé lundi 18 novembre l’ONU. Plus précisément, « le nombre total des (enfants) détenus est de 103 000 », a déclaré à l’AFP Manfred Nowak, principal auteur de l’Etude globale des Nations unies sur les enfants privés de liberté. Il a qualifié de « prudente » cette estimation, basée sur les chiffres officiels ainsi que sur des sources complémentaires « très fiables ». Au niveau mondial, ce sont au moins 330 000 enfants qui sont détenus dans 80 pays pour des raisons liées aux migrations, selon cette étude. « Un traitement inhumain à la fois pour les parents et pour l’enfant » Selon Manfred Nowak, le nombre de 103 000 enfants détenus aux Etats-Unis comprend les mineurs non accompagnés, ceux qui ont été arrêtés avec leurs proches, et ceux qui ont été séparés de leurs parents avant la détention. L’étude examine notamment les violations de la Convention des droits de l’enfant, qui stipule que la détention des enfants ne doit être utilisée « que comme une mesure de dernier recours et pour la durée possible la plus courte ». Les Etats-Unis sont le seul pays membre des Nations unies à n’avoir pas ratifié la convention, entrée en vigueur en 1990. Mais Manfred Nowak a souligné que cela n’exonérait pas l’administration du président Donald Trump de la responsabilité de ses actes en matière de détention d’enfants migrants à sa frontière avec le Mexique. France info
Étude : 1/3 des enfants immigrés détenus dans le monde le sont aux États-Unis Triste record pour les États-Unis. Alors que l’administration Trump mène une politique unique dans l’histoire des USA en matière d’immigration, l’on apprend via un rapport que le nombre d’enfants détenus dans le cadre de la lutte contre l’immigration atteint un sommet comparé aux statistiques mondiales. Et pour cause, avec un total de 330.000 enfants détenus dans le monde pour des raisons migratoires, les États-Unis de Donald Trump tiennent le haut du pavé avec un total de plus de 100.000 enfants détenus pour les mêmes raisons. La Nouvelle tribune
The Associated Press has withdrawn its story about a claim about the number of children being held in migration-related detention in the United States. The story quoted an independent expert working with the U.N. human rights office saying that over 100,000 children are currently being held. But that figure refers to the total number of U.S. child detentions for the year 2015, according to the U.N. refugee agency. A substitute version will be sent. The AP
AFP is withdrawing this story. The author of the report has clarified that his figures do not represent the number of children currently in migration-related US detention, but the total number of children in migration-related US detention in 2015. We will delete the story. AFP
Correction: Report Withdrawn Because Of Error In Study Data An updated report about the study and the author’s error has been posted here. We have withdrawn this story about U.S. incarceration rates of children because the U.N. study’s author has acknowledged a significant error in the data. We will post a revised article with more complete information as soon as possible. Because of an error by the study’s author, NPR removed its original story about a study of U.S. incarceration rates of children. NPR has published a new story about the study here. NPR

Vous avez dit « fake news » ? (recette incluse)

Sortez un titre choc (« United States has the world’s highest rate of children in detention”, « Les États-Unis, champions du monde de la détention de mineurs », Étude : 1/3 des enfants immigrés détenus dans le monde le sont aux États-Unis) …

Ou plus factuellement subtil (« Plus de 100 000 enfants en détention aux Etats-Unis en lien avec l’immigration« ) …

N’hésitez pas à forcer la dose avec un chiffre ahurissant (en fait, le total accumulé de tous les enfants détenus en une année) …

Attribuez le aux seuls Etats-Unis (Corée du nord comprise !)

Citez un rapport de l’ONU (une étude de 2005 fera l’affaire) …

Sortez l’info massivement dans toutes les agences de presse internationales (AFP, Associated Press, Reuters)

Et même pour faire bonne mesure les organes de presse nationaux (National Public radio, France info) …

Comme les quotidiens de référence (NYT) …

N’oubliez pas une photo bien larmoyante d’enfants manifestants contre ledit traitement inhumain (ou au pire une photo de barbelés) …

Enfin en cas d’impair …

Entre un dessin antisémite et une rétention d’information

Retirez tranquillement l’info (un simple 404 ou au besoin trois lignes de communiqué sur Twitter ou un site de journal) …

Et, le tour est joué, …

Ne rappelez surtout pas …

Qui était président des Etats-Unis en 2015 (pour les mémoires chancelantes, Donald Trump arrive au pouvoir en janvier 2017) !

Plus de 100 000 enfants en détention aux Etats-Unis en lien avec l’immigration

 Au niveau mondial, ce sont au moins 330 000 enfants qui sont détenus dans 80 pays pour des raisons liées aux migrations.

Lors d\'une manifestation contre la politique de Donald Trump sur l\'immigration, le 9 juin 2019, à Los Angeles (Etats-Unis).

Lors d’une manifestation contre la politique de Donald Trump sur l’immigration, le 9 juin 2019, à Los Angeles (Etats-Unis). (DAVID MCNEW / AFP)

Voir aussi:

Then the two agencies retracted the story. Deleted, withdrew, demolished. If they could have used one of those Men in Black memory-zappers on us, they would have. Sheepishly, the two news organizations explained that, you see, the UN data was from 2015 — part of a border crackdown that had begun years earlier.

We all know who the president was in 2015. It wasn’t evil, child-caging monster President Trump. It was that nice, compassionate, child-caging monster President Barack Obama.

Zap. The story made Obama look bad. Hence the story was removed. Not updated or corrected, removed.

I know it’s a heavy news environment. Who can keep up? But try to remember this one, because it’s instructive. People think news organizations flat-out fabricate stories. That isn’t often the case. Fake news is a problem that pops up here and there, but the much more systematic and deeply entrenched attack on truth is the casual, everyday bias of reporters.

AFP and Reuters deleted a story that was, in a narrow sense, true — that a UN study claimed the United States had some 100,000 children in migrant-related detention. The United Nations is horribly biased against America and the West. Still, on the level of lazy, news-release-driven journalism, the locked-up-kids story was minimally valid.

At any rate, what the agencies didn’t seem to like was the story’s changed implication: That Obama, rather than Trump, locked up a lot of children. This is what’s important: Not that AFP and Reuters deleted a story, but that the implication of the story meant everything to them.

Every time you read something from AFP and Reuters (and CNN and the Washington Post), you should be thinking not “This is fake news” but: “What’s the agenda?” To paraphrase Chuck Schumer’s infamous, and instructive, comment on the CIA, news outlets have six ways from Sunday of getting you to think what they want you to think, none of which involve making up stuff.

One is simply not reporting things. News that isn’t mentioned didn’t really happen to that outlet’s consumers. Obama’s approval ratings were mostly really low, comparable to Trump’s, typically in the low to mid-40s. Polls would come out saying this, and the Ron Burgundys would simply not report it.

Using, or ignoring, facts in accordance with whether they create the desired impression is the principal agenda of today’s media.

Trump doesn’t enjoy this courtesy. Nor can he be associated with good news. A recent Newsbusters survey found that, over a recent six-week period, not even 1 percent of network news reporting on the Trump administration even mentioned positive economic news.

Another trick is soberly reporting the policy proposals of Politician One but focusing entirely on the miscues and petty controversies of Politician Two. You might, if you are a news consumer, be under the impression that Sen. Elizabeth Warren has a sober, well-reasoned set of plans. These plans are, however, so far-fetched as to be breathtaking. She has vowed $20.5 trillion in new federal spending, an increase of 40 percent on top of current levels. Yet Warren isn’t the candidate the media habitually portray as unhinged.

Meanwhile, the gaffes of Democrats attract very little interest; network news basically ignored the mini-scandal involving Pete Buttigieg, who promoted a list of black supporters, many of whom either were not black or did not support him. The networks declined to cast Buttigieg as racially insensitive.

Still another trick is deciding that a matter that advances the wrong narrative is simply “local news,” hence not worthy of attention from the major outlets. Any crimes committed by illegal immigrants can be safely ignored by CNN, but any crimes associated with right-wingers become cause for national dismay and soul searching.

CNN did a massive story this week involving the talents of five reporters after someone at Syracuse University sent out a white supremacist manifesto to “several” cellphones and racist graffiti was discovered in a residence hall. Previously, similar outbreaks of campus fear turned out to be based on hoaxes. Yet if this story dissolves, CNN can accurately claim, hey, we were just reporting that students were scared.

The impression created by a thousand stories like this — that America in 2019 is a white supremacist nightmare — will linger all the same. Using, or ignoring, facts in accordance with whether they create the desired impression is the principal agenda of today’s media.

Voir également:

Surprise! Reports claiming US has ‘more than 100,000 children’ currently in migration-related detention facilities are bogus
Becket Adams
The Washington Examiner
November 19, 2019

Various news outlets, including Agence France-Presse, the Associated Press, National Public Radio, and Reuters, reported this week that a United Nations study showed that there are « more than 100,000 children in migration-related U.S. detention.”

That sounds pretty bad. It means America has “the world’s highest rate of children in detention,” in violation of “international law.”

Except, oops! It is total nonsense.

First, the number of minors currently detained in the United States is more like 6,500: 1,500 detained by the Department of Homeland Security and 5,000 detained by the Department of Health and Human Services, as attorney and Washington Examiner contributor Gabriel Malor helpfully notes.

Second, newsrooms wrongly blamed the Trump administration for what was actually a study of the cumulative (not current) number of migration-related detentions for the year 2015. The 100,000 figure cited in the U.N. study includes everything from minors who were held for a day to minors who were held for several months. Further, you might recall — if you are not suffering too severely from « Trump derangement syndrome » — that Trump was not even sworn in to the White House until January 2017. In fact, in 2015, nobody thought Trump would ever be president.

That “100,000” figure should have never made it past the editing process, let alone launch a handful of headlines declaring the U.S. the leader in detained children. That figure requires not just shoddy math but also a total suspension of disbelief regarding what goes on in the darker, more tyrannical corners of the world. To say the U.S. is a world leader in detained minors would mean that America is measured against all countries, including China, Russia, and North Korea. If you believe U.N. investigators have reliable figures from any of those countries, then, oh boy, have I got a bridge to sell you.

To the surprise of absolutely no one with even an ounce of skepticism, the supposedly shocking news report has fallen apart. A few of the outlets that misreported the U.N. study have announced since that they are withdrawing their respective articles.

“AFP is withdrawing this story,” the French newsgroup announced Tuesday. “The author of the report has clarified that his figures do not represent the number of children currently in migration-related U.S. detention, but the total number of children in migration-related U.S. detention in 2015. We will delete the story.”

Voir de plus:

Étude : 1/3 des enfants immigrés détenus dans le monde le sont aux États-Unis
Sam Boton
La Nouvelle tribune (Maroc)
19 novembre 2019

Triste record pour les États-Unis. Alors que l’administration Trump mène une politique unique dans l’histoire des USA en matière d’immigration, l’on apprend via un rapport que le nombre d’enfants détenus dans le cadre de la lutte contre l’immigration atteint un sommet comparé aux statistiques mondiales.

Et pour cause, avec un total de 330.000 enfants détenus dans le monde pour des raisons migratoires, les États-Unis de Donald Trump tiennent le haut du pavé avec un total de plus de 100.000 enfants détenus pour les mêmes raisons.

STORY REMOVED: BC-EU–UN-US-Detained Children

The Associated Press has withdrawn its story about a claim about the number of children being held in migration-related detention in the United States. The story quoted an independent expert working with the U.N. human rights office saying that over 100,000 children are currently being held. But that figure refers to the total number of U.S. child detentions for the year 2015, according to the U.N. refugee agency.

A substitute version will be sent.

The AP

Voir encore:

 

 

Bill Chappell

Posted on Nov. 20 at 5:15 p.m. ET

An updated report about the study and the author’s error has been posted here.

Posted on Nov. 19 at 6:53 p.m. ET

We have withdrawn this story about U.S. incarceration rates of children because the U.N. study’s author has acknowledged a significant error in the data. We will post a revised article with more complete information as soon as possible.

Correction Nov. 20, 2019

Because of an error by the study’s author, NPR removed its original story about a study of U.S. incarceration rates of children. NPR has published a new story about the study here.

Voir par ailleurs:

Why you’re not hearing more about that mass shooting in Fresno

This particular bit of awful news out of Fresno, California broke on Sunday evening and at first, it caused quite a stir in the media. A mass shooting had taken place in the back yard of a family home where a group of people had gathered to watch football. Multiple gunmen entered the yard through a side gate and without saying a word began firing into the crowd. When they fled there were four dead and six more injured. People were justifiably horrified. (Associated Press)

A close-knit Hmong community was in shock after gunmen burst into a California backyard gathering and shot 10 men, killing four.

“We are right now just trying to figure out what to do, what are the next steps. How do we heal, how do we know what’s going on,” said Bobby Bliatout, a community leader…

“Our community is in mourning, and we still don’t know what’s going on, or who are the suspects,” said Pao Yang, CEO of the Fresno Center, a Hmong community group.

This shooting qualified for multiple Breaking News announcements on cable news and announcements arriving in people’s email inboxes. And then a strange thing seemed to happen. By Monday morning there was almost no additional coverage. I think I saw it mentioned briefly twice on CNN, and then it was back to the impeachment hearings pretty much non-stop

With ten people shot and four killed, this obviously meets the media’s current definition of a mass shooting. So where was the outrage? Where were the calls for new gun control laws? How did this tragedy turn into a non-story?

First of all, the victims were all adult males from the Hmong community. And while police said they didn’t find any ties to gang activity among the victims, they were looking into a recent “disturbance” between some of them and members of one of the local Hmong gangs. (Fresno has had problems with gang violence, including Hmong groups, for quite a while now.)

Another factor is the fact that police reported the assailants using semiautomatic handguns. The event was reportedly over pretty quickly, so they probably weren’t using collections of extended magazines.

In other words, this mass shooting is uninteresting to much of the media because it fails all the normal tests and doesn’t fit in with the narrative. Had the men at least been using “assault rifles” they might have merited a bit more coverage. But those events are vanishingly rare because most gang members are well aware that it’s tough to hide a long gun when walking down the street to attack someone or while fleeing the scene afterward.

Further, if initial reports prove accurate, this was an incident of adult Asian people shooting other adult Asian people. And most of the press has about as much interest in that story as one where black gang members are shooting other black people. In short… basically none. It’s reminiscent of the Bunny Friend Park shooting in New Orleans back in 2015. It was the second-largest mass shooting of the year in the United States.

Seventeen people were shot in the middle of a public festival but if you didn’t live in New Orleans or subscribe to the Times-Picayune, you probably never heard about it. Why? Because it was two rival gangs composed primarily of African-Americans settling a turf war. Unfortunately, they were such poor marksmen that almost all of the victims were bystanders, including a young boy who was shot through the spine and will likely spend his life in a wheelchair.

So the Fresno shooting has effectively already gone down the memory hole, while the last school shooting (that claimed fewer victims) is still popping up in the news a week later. There’s no real underlying lesson here that we didn’t already know about. I only bring it up as a useful data point for future reference. The police still have no suspects identified in the Fresno shooting, but hopefully, progress will be made. We should send out our thoughts and prayers to the victims and their families.


Columbus Day/527e: Cherchez le massacre ! (Looking back at the holiday that helped Italians join the white race)

14 octobre, 2019

Chagall-Tabernacles-1916Le premier repas de Thanksgiving (novembre 1621), par Jean Leon Gerome FerrisImage result for Canadian Thanksgiving Oct 14 2019Related imagehttps://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/88/1891_New_Orleans_Italian_lynching.jpg?uselang=frMontgomery Advertiser, Vol. LXXVII, Issue 21, p. 4.https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0c/Biblioteca_del_Senado_de_la_Provincia_-_52_-_Por_una_raza_fuerte%2C_laboriosa%2C_pacifista_y_soberana.jpg

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No photo description available.

Le quinzième jour du septième mois, quand vous récolterez les produits du pays, vous célébrerez donc une fête à l’Éternel (…) et vous vous réjouirez devant l’Éternel, votre Dieu, pendant sept jours. (…) Vous demeurerez pendant sept jours sous des tentes … afin que vos descendants sachent que j’ai fait habiter sous des tentes les enfants d’Israël, après les avoir fait sortir du pays d’Égypte. Je suis l’Éternel, votre Dieu. Lévitique 23: 39-43
They all laughed at Columbus when he said the world was round, They all laughed when Edison recorded sound. Ira Gershwin
Je vous diray, que soubs le ciel, il n’y a nation plus liberalle, de ce qui croist en leur païs, que ceux-cy, pourvu que ce ne soient point de leurs ennemys. Thevet
Je pense qu’il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu’à le manger mort, à déchirer par tourments et par géhennes un corps encore plein de sentiment, le faire rôtir par le menu, le faire mordre et meurtrir aux chiens et aux pourceaux (comme nous l’avons non seulement lu, mais vu de fraîche mémoire, non entre des ennemis anciens, mais entre des voisins et concitoyens, et, qui pis est, sous prétexte de piété et de religion), que de le rôtir et manger après qu’il est trépassé. Il ne faut pas juger à l’aune de nos critères. (…) Je trouve… qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. (…) Leur guerre est toute noble et généreuse, et a autant d’excuse et de beauté que cette maladie humaine en peut recevoir ; elle n’a d’autre fondement parmi eux que la seule jalousie de la vertu… Ils ne demandent à leurs prisonniers autre rançon que la confession et reconnaissance d’être vaincus ; mais il ne s’en trouve pas un, en tout un siècle, qui n’aime mieux la mort que de relâcher, ni par contenance, ni de parole, un seul point d’une grandeur de courage invincible ; il ne s’en voit aucun qui n’aime mieux être tué et mangé, que de requérir seulement de ne l’être pas. Ils les traitent en toute liberté, afin que la vie leur soit d’autant plus chère ; et les entretiennent communément des menaces de leur mort future, des tourments qu’ils y auront à souffrir, des apprêts qu’on dresse pour cet effet, du détranchement de leurs membres et du festin qui se fera à leurs dépens. Tout cela se fait pour cette seule fin d’arracher de leur bouche parole molle ou rabaissée, ou de leur donner envie de s’enfuir, pour gagner cet avantage de les avoir épouvantés, et d’avoir fait force à leur constance. Car aussi, à le bien prendre, c’est en ce seul point que consiste la vraie victoire. Montaigne
Aux États-Unis, certains musées d’ethnologie amérindienne minimisent, et parfois éliminent, toute violence religieuse et guerrière dans les cultures des native Americans. Pour en revenir aux Tupinambas, il se trouve qu’on est très bien renseigné sur eux. Alfred Métraux a fait le point sur la question, dès 1928, s’appuyant sur plusieurs témoignages distincts de contemporains de Montaigne : capturés par cette peuplade farouche, ils avaient pu s’en sortir, et nous décrivent par le menu les mœurs terribles de ces peuples, qui faisaient des prisonniers afin de se procurer de futures victimes sacrificielles, mises à mort et dévorées après acclimatation à la tribu des vainqueurs ! Métraux ironisait sur le fait que cette tribu fût justement à l’origine du mythe du « bon sauvage » ! Son texte, si contraire à la vague primitiviste qui allait suivre, fut repris plusieurs fois; L’anthropologie rituelle des Tupinambas se trouve aujourd’hui dans Religions et magies indiennes d’Amérique du Sud (Gallimard 1967). (…)  D’une part, on a pu trouver chez de vieux auteurs (imparfaitement christianisés !) la justification de l’offrande du Christ à la messe au titre d’une « efficacité » comparable à celle des sacrifices païens qui obtiennent quelques bons résultats, quand c’est, au cœur du salut, l’efficace de l’amour du Fils qui est à l’œuvre… et vous savez que la Rédemption elle-même a pu être interprétée dans des langages discutables. D’autre part, on rencontre, dans certains rites païens, une espèce d’excuse présentée à la victime, comme si, sachant qu’elle n’était pas vraiment coupable, on lui reprochait seulement son imprudence… (…) Toute la part esthétique de la religion, cette espèce d’amoindrissement du sacrifice que constitue la cérémonie (par rapport au lynchage), nous ne devons pas la négliger. On pourrait peut-être en dessiner le parcours dans une histoire de la danse, qui montrerait qu’elle va des choses les plus sauvages aux figures les plus sereines… En tous cas, l’apaisement obtenu par un rite sacrificiel de plus en plus symbolique, on aurait tort d’en faire fi trop vite, et d’en détruire sans précaution les usages sous prétexte de « lumières », dans un monde qui cherche fiévreusement des « repères ». (…) à Byzance, on jouait Oedipe-Roi comme la Passion du Christ ? Je trouve cela bouleversant; cette lecture naïve illustre, avec une grande force, le regard que le christianisme porte légitimement sur la culture. (…) je m’intéresse de plus en plus à Pascal. Cette œuvre est si puissante ! Mais, pour appliquer ce que vous dites à ce que nous vivons, n’est-il pas clair qu’on met bien à tort sur le dos de « différences » (traditionnelles, ancestrales, culturelles, religieuses…) des phénomènes enracinés au contraire dans la perte de ces traditions ? L’incapacité – par trop de retard pris – à participer à la concurrence avec l’Occident, dont on rêve, qui fait le tourment unique, et dont on a, par imitation, adopté les valeurs, devient le désir brûlant de briser ce qu’on ne peut atteindre. Peut-être Pascal n’a-t-il pas vu pleinement cet entraînement mimétique; mais comment ne pas admirer la mise en cause du désir qu’il opère à travers la notion de « divertissement » ? (…) J’adhère profondément à l’idée chrétienne que notre âme est une passion du divin. Simplement, quand nous le rencontrons, ce désir, il a déjà manqué son objet, il est dévoyé. Gare aux conséquences ! (…) Il semble en effet inconcevable qu’on puisse être jaloux du bien. Et cependant… Vous connaissez cette histoire de monarchie sacrée au Soudan : renversant les anciennes façons, le nouveau roi et son épouse avaient instauré le régime le plus raisonnable qu’il soit possible d’imaginer, et produisant le plus de bien commun. Une telle envie en était résultée que les voisins s’étaient réunis pour le détruire… Sans aucunement idéaliser notre propre histoire, c’est peut-être la fable du destin de l’Occident… (…) C’est justement ce qui justifie « la repentance », que certains catholiques ont bien tort de reprocher au pape. Certes, les non-chrétiens, qui oublient régulièrement de se repentir, n’ont pas moins de choses à se reprocher (souvent, bien davantage : quand je pense que l’on continue à monter en épingle les abus de l’Inquisition, après ce que l’incroyance a fait au XXe siècle !) Mais grâce à la Révélation, les chrétiens auraient dû avancer, et faire avancer le monde plus vite. Nous avons « les paroles de la vie éternelle ». Or, c’est toujours le petit nombre qui a compris, et vécu de l’esprit du Christ. Seulement, aujourd’hui, je ne vois pas d’autre lieu que l’Église pour faire barrière à cette terrible désagrégation de tout, qu’on appelle parfois l’apocalypse. Est-ce pour cela que cette Église devient comme un ultime bouc émissaire, et qu’on emploie tant d’efforts pour discréditer ou empêcher sa parole, alors qu’elle n’a plus de pouvoir que spirituel ? Et parfois de son sein même… On a l’impression d’une force diabolique d’auto-destruction. René Girard
My undergraduate alma mater, UC Santa Cruz, recently agreed to remove a mission bell donated years ago by a local women’s club. (…) Apparently, no one wondered, while considering the list of impediments to the progress of Native Americans, just how high an offending bell at UC Santa Cruz ranks. About the same time, at San Francisco’s Washington High School, it was announced that an 83-year-old mural chronicling George Washington’s life was slated to be removed, destroyed, or covered up, owing to “accusations of racism.” Yet the artist, Victor Arnautoff, was a leftist who in 1936 had sought to offer a realistic view of what he thought was a flawed American history. (…) These examples of destruction or removal could easily be multiplied. (…) Epidemics of iconoclasm (from the Greek “breaking of icons”) erupt often throughout history, usually but not always in a religious context. And is not political correctness our era’s version of religion? In our own time, we remember the Taliban’s recent destruction of the monumental sixth-century “Buddhas of Bamiyan” statues in Afghanistan, or the torching of priceless manuscripts in Timbuktu by Mali Islamists. The arguments for such destruction were not unfamiliar to American leftists and identity-politics activists: Such icons were hurtful to particular marginalized groups and an affront to their dignity and therefore must vanish. The destruction of pictures, books, statues, and icons occurred periodically during Byzantine, Catholic, and Protestant church history, and was usually marked spurts of religious fanaticism, intolerance, and fear. Indeed, in early Byzantine history, iconoclasm was in part driven by frontier Christian towns, terrified that Constantinople’s use of ubiquitous symbols of Christ and Church fathers might provoke their neighboring Muslim adversaries into violence. We forget the role of fear and cowardice in iconoclasm, ancient and modern. Politics of the day of course often determined who or what was defaced or destroyed. Yesterday’s deified Roman emperor was today’s persona non grata. Recently deceased Roman grandees suffered damnatio memoriae (damnation of memory) and so, Soviet-style, had their faces erased from stone imagery — albeit sometimes bodies were left intact as a money-saving gesture, in perhaps history’s first example of the efficacy of interchangeable parts. French revolutionaries, like our modern iconoclasts who topple statues of Confederate soldiers in the night, often went wild destroying monuments, portraits, and names affiliated with the Ancien Régime and the Catholic Church. Like frontier posses who stormed jails to lynch detained suspects, such gangs often relied on numbers and darkness. (…) So iconoclasm of the past and our current social-justice statue-topplers, aggrieved name-changers, and angry image-removers are often predictable. Here are a few of the rules of their ancient and modern wars on the past. The agitators are never democratic and rarely act with any popular mandate or consensus. (…) Instead, in most cases, bureaucrats simply react to the loudest and most bothersome agitation. Their assumption is that political activists can easily smear their résumés, while the silent majority of citizens is mostly too busy to object and will not rally en masse to their sobriety. When the wild demands of a few are made to destroy this or rename that, the race is on among administrators, bureaucrats, and careerist state officials to appease rapidly, and in the most unctuous fashion, usually by employing bureaucratese such as “harmful” and “hurtful” and “impacts” — without any real research into the complexities of the history in question, which so often is paradoxically tragic rather than simplistically melodramatic. (…) Rarely do the revisionists who wage war on history offer any rational and systematic agenda for their otherwise spontaneous tantrums. (…) Note that the university is no more likely to change the name of Stanford to something like Amah Mutsun University to rectify the theft of indigenous peoples’ lands than Yale University is willing to give up the names of its slave-owning founders. The selective outrage is not just because old white Neanderthal alumni love going to Yale or Stanford iconic football games, but rather because tens of thousands of woke nonwhite students and alumni are proud of their tony “Yale” and “Stanford” diplomas. They are not about to destroy their career investments in such a brand name on the altar of systematic and coherent politically correct name-changing. The new iconoclasm is almost as exclusively progressive in the West as it is reactionary in the contemporary Muslim world. But the common thread, past and present, East and West, to epidemics of name-changing, statue-smashing, and mural-erasing is political opportunism fueled by fear and careerist anxiety. Certainly — in the age of #MeToo and heightened awareness of the lifelong damage to women from rape, sexual harassment, and asymmetrical sexual relationships fueled by an imbalance of power — no one is suggesting that thousands of local and state boulevards that were renamed Martin Luther King Jr. in the 1970s should now retransition, given recent disturbing revelations that King might have allowed a rape to occur in his presence, was a serial philanderer, and often, under today’s definitions, pressured sex from younger and more vulnerable females. No one would dare suggest that feminist icon Margaret Sanger’s name be removed from awards, dinners, or monuments, given that by any modern standard she would be classified as a racist eugenicist. She saw abortion on demand, at least partly, as a way of limiting the growth of perceived nonwhite populations. The disproportionate number of African Americans aborted through the agency of Sanger’s legacy, Planned Parenthood, seems a logical consequence of her founding ideology. In my hometown, I certainly have not demanded that the city council remove what I see as a somewhat offensive statue of the Aztec goddess Coatlicue. She is usually portrayed as a hideous clawed mother goddess, decked out in writhing serpents, with a grotesque necklace of dangling human hearts, skulls, and hands. She was an unforgiving goddess for whom tens of thousands of innocent men, women, and especially children, many of them indigenous peoples enslaved by the Aztecs, were sacrificed. Why honor such a monster? In such a vein, one could argue that the San Diego State “Aztecs” glorify triumphalist imperialist mass murderers, even more than the supposedly offensively named Washington Redskins do. Immigrants from Oaxaca and southern Mexico are as likely to be descendants from Tlaxcala, which resisted the Aztec Empire, as they are descendants of the Aztecs themselves. So they could be the progeny of people targeted for extinction and human sacrifice by a neighboring fascist imperialist bully. The truth is that once the statue-smasher and name-changer gets a free hand, we should expect no logic, no respite from zealotry and bigotry. He operates from emotion, not reason, and his currency is intimidation, not persuasion, consistency, and coherence — when no official is willing to just say “No!” Taking down a mural of George Washington makes about as much sense as erasing all the thousands of streets and statues named for Caesar Chavez, who at times operated hand in glove with a nightmarish Synanon cult to denigrate his own members (“Every time we look at them, they want more money,” Chavez said in 1977, complaining about farm workers. “Like pigs, you know. Here we’re slaving, and we’re starving and the goddamn workers don’t give a shit about anything.”) Chavez sent his union goons down to the border to beat up, intimidate, and force back illegal aliens whom he derided as scab laborers dangerous to the unionizing efforts of his familial union empire. Pressed on his derogatory use of “illegals” and treatment of the undocumented, he scoffed, “No, a spade’s a spade. You guys get these hang-ups. Goddamn it, how do we build a union? They’re wets, you know. They’re wets, and let’s go after them.” (…) The insanity that we are witnessing has little or nothing to do with icons that institutionalize disparities or impede social justice. Iconoclasm is about power — and the psychological lift that comes with exercising it. Victor Davis Hanson
Si l’image nous révolte tant, c’est parce que nous en sommes tous collectivement responsables (…) cette scène, ces mots, ce comportement sont d’une violence et d’une haine inouïes. Mais par notre lâcheté, par nos renoncements, nous avons contribué, petit à petit, à les laisser passer, à les accepter. Cette femme a été « publiquement piétinée, chosifiée, déshumanisée, devant le groupe d’enfants qu’elle accompagnait bénévolement (…) Quelles seront les conséquences d’une telle humiliation publique si ce n’est renvoyer à cet enfant qu’il demeure un citoyen de seconde zone, indigne d’être pleinement français et reconnu comme tel ? Où est l’indignation générale ? Où sont les émissions de télévision, de radio, hormis quelques billets et tribunes comme celle-ci pour condamner cette agression ? Où est la parole publique de premier niveau, celle de nos élus, des partis politiques, celle des ministres, celle du président de la République pour refuser l’inacceptable ? Ne nous y trompons donc pas. L’extrême droite a fait de la haine contre les musulmans un outil majeur de sa propagande, mais elle n’en a pas le monopole. Des membres de la droite et de la gauche dites républicaines n’hésitent pas à stigmatiser les musulmans, et en premier lieu les femmes portant le voile, souvent -au nom de la laïcité-. Jusqu’où laisserons-nous passer ces haines ? (…) Jusqu’à quand allons-nous accepter que la laïcité, socle de notre République, soit instrumentalisée pour le compte d’une vision ségrégationniste, raciste, xénophobe, mortifère de notre société ? Acceptons-nous de nous laisser sombrer collectivement ou disons-nous stop maintenant, tant qu’il est encore temps ? Nous demandons urgemment au Président de la République de condamner publiquement l’agression dont cette femme a été victime devant son propre fils (…) de refuser que nos concitoyens musulmans soient fichés, stigmatisés, dénoncés pour la simple pratique de leur religion et d’exiger solennellement que cessent les discriminations et les amalgames envers une partie de notre communauté nationale. 90 personnalités
Dans une tribune publiée ce mardi sur lemonde.fr, 90 personnalités, dont l’acteur Omar Sy, le rappeur Nekfeu, le réalisateur Mathieu Kassovitz, ou encore la députée LFI Danièle Obono demandent au Chef de l’Etat d’intervenir pour condamner fermement « l’agression » dont a été victime la mère voilée vendredi dernier après la vidéo tournée par un élu RN au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Parmi les 90 personnalités signataires : Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice, DJ Snake, artiste, Marina Foïs, actrice, Mathieu Kassovitz, acteur et réalisateur, Kyan Khojandi, auteur, Tonie Marshall, réalisatrice, productrice, Guillaume Meurice, humoriste, Géraldine Nakache, actrice et réalisatrice, Nekfeu, artiste, Danièle Obono, députée (La France insoumise), Alessandra Sublet, animatrice, Omar Sy, acteur… France bleu
Columbus makes Hitler look like a juvenile delinquent. Russell Means
It’s almost obscene to celebrate Columbus because it’s an unmitigated record of horror. We don’t have to celebrate a man who was really — from an Indian point of view — worse than Attila the Hun. Hans Koning
The evidence of Aztec cannibalism has largely been ignored and consciously or unconsciously covered up. Michael Harner (New School for Social Research)
Dr. Harner’s theory of nutritional need is based on a recent revision in the number of people thought to have been sacrificed by the Aztecs. Dr. Woodrow Borah an authority on the demography of ancient Mexico at the University of California, Berkeley, has recently estimated that the Aztecs sacrificed 250,000 people a year. This consituted about 1 percent of the region’s population of 25 million. (…) He argues that cannibalism, which may have begun for purely religious reasons, appears to have grown to serve nutritional needs because the Aztecs, unlike nearly all other civilizations, lacked domesticated herbivores such as pigs or cattle. Staples of the Aztec diet were corn and beans supplemented with a few vegetables, lizards, snakes and worms. There were some domesticated turkeys and hairless dogs. Poor people gathered floating mats of vegetation from lakes. (…) In contemporary sources, however, such as the writings of Hernando Cortes, who conquered the Aztecs in 1521, and Bernal Diaz, who accompanied Cortes, Dr. Hamer says there is abundant evidence that human sacrifice was a common event in every town and that the limbs of the victims were boiled or roasted and eaten. Diaz, who is regarded by anthropologists as a highly reliable source, wrote in “The Conquest of New Spain,” for example, that in the town of Tlaxcala “we found wooden cages made of lattice‐work in which men and women were imprisoned and fed until they were fat enough to be sacrificed and eaten. These prison cages existed throughout the country.” The sacrifices, carried out by priests, took place atop the hundreds of steepwalled pyramids scattered about the Valley of Mexico. According to Diaz, the victims were taken up the pyramids where the priests “laid them down on their backs on some narrow stones of sacrifice and, cutting open their chests, drew out their palpitating hearts which they offered to the idols before them. Then they kicked the bodies down the steps, and the Indian butchers who were waiting below cut off their arms and legs. Then they ate their flesh with a sauce of peppers and tomatoes.” (…) Diaz’s accounts indicate that the Aztecs ate only the limbs of their victims. The torsos were fed to carnivores in zoos. According to Dr. Harner, the Aztecs never sacrificed their own people. Instead they battled neighboring nations, using tactics that minimized deaths in battle and maximized the number of prisoners. The traditional explanation for Aztec human sacrifice has been that it was religious—a way of winning the support of the gods for success in battle. Victories procured even more victims, thus winning still more divine support in the next war. (…) Traditional anthropological accounts indicate that to win more favor from the gods during the famine the Aztecs arranged with their neighbors to stage battles for prisoners who could be sacrificed. The Aztecs’ neighbors, sharing similar religious tenets, wanted to sacrifice Aztecs to their gods. The NYT
Specialists in Mesoamerican history are going to be upset about this for obvious reasons. They’re not going to have the people they study looking like cannibals. They’re clinging to a very romantic point of view about the Aztecs. It’s the Hiawatha syndrome. Michael Harner
Some conquistadors wrote about the tzompantli and its towers, estimating that the rack alone contained 130,000 skulls. But historians and archaeologists knew the conquistadors were prone to exaggerating the horrors of human sacrifice to demonize the Mexica culture. As the centuries passed, scholars began to wonder whether the tzompantli had ever existed. Archaeologists at the National Institute of Anthropology and History (INAH) here can now say with certainty that it did. Beginning in 2015, they discovered and excavated the remains of the skull rack and one of the towers underneath a colonial period house on the street that runs behind Mexico City’s cathedral. (The other tower, they suspect, lies under the cathedral’s back courtyard.) The scale of the rack and tower suggests they held thousands of skulls, testimony to an industry of human sacrifice unlike any other in the world. Science
Some post-conquest sources report that at the re-consecration of Great Pyramid of Tenochtitlan in 1487, the Aztecs sacrificed about 80,400 prisoners over the course of four days. This number is considered by Ross Hassig, author of Aztec Warfare, to be an exaggeration. Hassig states « between 10,000 and 80,400 persons » were sacrificed in the ceremony. The higher estimate would average 15 sacrifices per minute during the four-day consecration. Four tables were arranged at the top so that the victims could be jettisoned down the sides of the temple. Nonetheless, according to Codex Telleriano-Remensis, old Aztecs who talked with the missionaries told about a much lower figure for the reconsecration of the temple, approximately 4,000 victims in total. Michael Harner, in his 1977 article The Enigma of Aztec Sacrifice, cited an estimate by Borah of the number of persons sacrificed in central Mexico in the 15th century as high as 250,000 per year which may have been one percent of the population. Fernando de Alva Cortés Ixtlilxochitl, a Mexica descendant and the author of Codex Ixtlilxochitl, estimated that one in five children of the Mexica subjects was killed annually. Victor Davis Hanson argues that a claim by Don Carlos Zumárraga of 20,000 per annum is « more plausible ». Wikipedia
Certains chercheurs ont émis l’hypothèse que l’apport en protéines des aliments dont disposaient les Aztèques était insuffisant, en raison de l’absence de grands mammifères terrestres domesticables, et que les sacrifices humains avaient pour fonction principale de pallier cette carence nutritionnelle. Cette théorie, en particulier quand elle a été diffusée par le New York Times, a été critiquée par la majorité des spécialistes de la Mésoamérique. Michael Harner a notamment accusé les chercheurs mexicains de minimiser le cannibalisme aztèque par nationalisme ; Bernardo R. Ortiz de Montellano, en particulier, a publié en 1979 un article détaillant les failles de l’analyse de Harner, en démontrant notamment que le régime alimentaire aztèque était équilibré, varié et suffisamment riche en protéines, grâce à la pêche d’une abondante faune aquatique et la chasse de nombreux oiseaux, et que donc l’anthropophagie ne pouvait pas être une nécessité, car elle n’aurait pas pu améliorer significativement un apport en protéines déjà suffisant. Michel Graulich a apporté d’autres éléments de critique. Il affirme que si cette théorie était exacte, la chair des victimes aurait dû être distribuée au moins autant aux gens modestes qu’aux puissants, mais il semble que ce n’était pas le cas ; il ajoute que seules les grandes villes pratiquaient le sacrifice humain de masse, et que ce phénomène n’a pas été prouvé dans la plupart des autres populations mésoaméricaines, dont l’alimentation semble pourtant comparable à celle des Aztèques. Wikipedia
Considérant que c’est le devoir de toutes les Nations de reconnaître la providence de Dieu Tout-puissant, d’obéir à sa volonté, d’être reconnaissantes pour ses bienfaits, et humblement implorer sa protection et sa faveur, et tandis que les deux Chambres du Congrès m’ont, par leur Comité mixte, demandé de recommander au Peuple des États-Unis qu’un jour public d’action de grâce et de prières soit observé en reconnaissance aux nombreux signes de faveur de Dieu Tout-puissant, particulièrement en ayant donné au Peuple les moyens d’établir pacifiquement une forme de gouvernement pour sa sûreté et son bonheur. Maintenant donc, je recommande et assigne que le premier jeudi après le 26e jour de novembre soit consacré par le Peuple de ces États au service du grand et glorieux Être, qui est l’Auteur bienfaisant de tout ce qu’il y a eu, qu’il y a et qu’il y aura de bon. Nous pouvons alors tous nous unir en lui donnant notre sincère et humble merci, pour son soin et sa protection, appréciés du Peuple de ce Pays, avant que celui-ci ne soit devenu une Nation de pitié ; pour les interpositions favorables de sa Providence lors de nos épreuves durant le cours et la fin de la récente guerre ; pour le grand degré de tranquillité, d’union, et d’abondance, que nous avons depuis appréciées ; pour le pacifisme et la raison qui nous ont été conférés pour nous permettre d’établir des constitutions de gouvernement pour notre sûreté et notre bonheur, en particulier la Loi nationale récemment instituée, ; pour la liberté civile et la liberté religieuse formant à elles seules une vraie bénédiction ; pour les moyens que nous avons d’acquérir et de répandre la connaissance utile ; et d’une manière générale pour toutes les grandes et diverses faveurs qu’il nous a bien heureusement conférées. Nous pouvons alors nous unir en offrant le plus humblement nos prières et supplications au grand Seigneur et Gouverneur des Nations et le solliciter pour pardonner nos transgressions nationales et autres transgressions ; pour nous permettre à tous, en poste public ou privé, de remplir nos nombreuses fonctions respectives, correctement et ponctuellement ; pour permettre à notre gouvernement national de rendre bénédiction à toutes les personnes, en étant constamment un Gouvernement de lois sages, justes, et constitutionnelles, discrètement et loyalement exécutées et obéies ; pour protéger, guider et bénir tous les Souverains et toutes les Nations (particulièrement celles qui ont montré de la bonté envers nous), afin de leur assurer paix et concordance, et assurer un bon gouvernement ; pour favoriser la connaissance et la pratique vraies de la religion et de la vertu, ainsi que davantage de science parmi eux et nous, et accorder généralement à toute l’Humanité un tel degré de prospérité temporelle comme lui seul sait pour être le meilleur. « Donné sous ma main à la Ville de New-York le troisième jour d’octobre par année 1789 de notre Seigneur. George Washington
The year that is drawing towards its close, has been filled with the blessings of fruitful fields and healthful skies. To these bounties, which are so constantly enjoyed that we are prone to forget the source from which they come, others have been added, which are of so extraordinary a nature, that they cannot fail to penetrate and soften even the heart which is habitually insensible to the ever watchful providence of Almighty God. In the midst of a civil war of unequalled magnitude and severity, which has sometimes seemed to foreign States to invite and to provoke their aggression, peace has been preserved with all nations, order has been maintained, the laws have been respected and obeyed, and harmony has prevailed everywhere except in the theatre of military conflict; while that theatre has been greatly contracted by the advancing armies and navies of the Union. Needful diversions of wealth and of strength from the fields of peaceful industry to the national defence, have not arrested the plough, the shuttle or the ship; the axe has enlarged the borders of our settlements, and the mines, as well of iron and coal as of the precious metals, have yielded even more abundantly than heretofore. Population has steadily increased, notwithstanding the waste that has been made in the camp, the siege and the battle-field; and the country, rejoicing in the consciousness of augmented strength and vigor, is permitted to expect continuance of years with large increase of freedom. No human counsel hath devised nor hath any mortal hand worked out these great things. They are the gracious gifts of the Most High God, who, while dealing with us in anger for our sins, hath nevertheless remembered mercy. It has seemed to me fit and proper that they should be solemnly, reverently and gratefully acknowledged as with one heart and one voice by the whole American People. I do therefore invite my fellow citizens in every part of the United States, and also those who are at sea and those who are sojourning in foreign lands, to set apart and observe the last Thursday of November next, as a day of Thanksgiving and Praise to our beneficent Father who dwelleth in the Heavens. And I recommend to them that while offering up the ascriptions justly due to Him for such singular deliverances and blessings, they do also, with humble penitence for our national perverseness and disobedience, commend to His tender care all those who have become widows, orphans, mourners or sufferers in the lamentable civil strife in which we are unavoidably engaged, and fervently implore the interposition of the Almighty Hand to heal the wounds of the nation and to restore it as soon as may be consistent with the Divine purposes to the full enjoyment of peace, harmony, tranquillity and Union. In testimony whereof, I have hereunto set my hand and caused the Seal of the United States to be affixed. Done at the City of Washington, this Third day of October, in the year of our Lord one thousand eight hundred and sixty-three, and of the Independence of the United States the Eighty-eighth. Abraham Lincoln
Whereas by a joint resolution approved June 29, 1892, it was resolved by the Senate and House of Representatives of the United States of America in Congress assembled— That the President of the United States be authorized and directed to issue a proclamation recommending to the people the observance in all their localities of the four hundredth anniversary of the discovery of America, on the 21st of October, 1892, by public demonstrations and by suitable exercises in their schools and other places of assembly. Now, therefore, I, Benjamin Harrison, President of the United States of America, in pursuance of the aforesaid joint resolution, do hereby appoint Friday, October 21, 1892, the four hundredth anniversary of the discovery of America by Columbus, as a general holiday for the people of the United States. On that day let the people, so far as possible, cease from toil and devote themselves to such exercises as may best express honor to the discoverer and their appreciation of the great achievements of the four completed centuries of American life. Columbus stood in his age as the pioneer of progress and enlightenment. The system of universal education is in our age the most prominent and salutary feature of the spirit of enlightenment, and it is peculiarly appropriate that the schools be made by the people the center of the day’s demonstration. Let the national flag float over every schoolhouse in the country and the exercises be such as shall impress upon our youth the patriotic duties of American citizenship. In the churches and in the other places of assembly of the people let there be expressions of gratitude to Divine Providence for the devout faith of the discoverer and for the divine care and guidance which has directed our history and so abundantly blessed our people. (…) Done at the city of Washington, this 21st day of July, A.D. 1892, and of the Independence of the United States the one hundred and seventeenth. US president Benjamin Harrison
Of all the bedtime-story versions of American history we teach, the tidy Thanksgiving pageant may be the one stuffed with the heaviest serving of myth. This iconic tale is the main course in our nation’s foundation legend, complete with cardboard cutouts of bow-carrying Native American cherubs and pint-size Pilgrims in black hats with buckles. And legend it largely is. In fact, what had been a New England seasonal holiday became more of a “national” celebration only during the Civil War, with Lincoln’s proclamation calling for “a day of thanksgiving” in 1863. That fall, Lincoln had precious little to be thankful for. The Union victory at Gettysburg the previous July had come at a dreadful cost – a combined 51,000 estimated casualties, with nearly 8,000 dead. Enraged by draft laws and emancipation, rioters in Northern cities like New York went on bloody rampages. And the president and his wife, Mary, were still mourning the loss of their 11-year-old son, Willie, who had died the year before. So it might seem odd that Lincoln chose this moment to announce a national day of thanksgiving, to be marked on the last Thursday in November. His Oct. 3, 1863, proclamation read: “In the midst of a civil war of unequaled magnitude and severity … peace has been preserved with all nations, order has been maintained, the laws have been respected and obeyed, and harmony has prevailed everywhere, except in the theater of military conflict.” But it took another year for the day to really catch hold. In 1864 Lincoln issued a second proclamation, which read, “I do further recommend to my fellow-citizens aforesaid that on that occasion they do reverently humble themselves in the dust.”(…) What prompted Lincoln to issue these proclamations – the first two in an unbroken string of presidential Thanksgiving proclamations – is uncertain. He was not the first president to do so. George Washington and James Madison had earlier issued “thanksgiving” proclamations, calling for somber days of prayer. Perhaps Lincoln saw an opportunity to underscore shared American traditions – a theme found in the “mystic chords of memory” stretching from “every patriot grave” in his first inaugural. Or he may have been responding to the passionate entreaties of Sara Josepha Hale, editor of Godey’s Lady’s Book – the Good Housekeeping of its day. Hale, who contributed to American folkways as the author of “Mary had a Little Lamb,” had been advocating in the magazine for a national day of Thanksgiving since 1837. (…)  But one crucial piece remained: The elevation of Thanksgiving to a true national holiday, a feat accomplished by Franklin D. Roosevelt. In 1939, with the nation still struggling out of the Great Depression, the traditional Thanksgiving Day fell on the last day of the month – a fifth Thursday. Worried retailers, for whom the holiday had already become the kickoff to the Christmas shopping season, feared this late date. Roosevelt agreed to move his holiday proclamation up one week to the fourth Thursday, thereby extending the critical shopping season. Some states stuck to the traditional last Thursday date, and other Thanksgiving traditions, such as high school and college football championships, had already been scheduled. This led to Roosevelt critics deriding the earlier date as “Franksgiving.” With 32 states joining Roosevelt’s “Democratic Thanksgiving, ” 16 others stuck with the traditional date, or “Republican Thanksgiving.” After some congressional wrangling, in December 1941, Roosevelt signed the legislation making Thanksgiving a legal holiday on the fourth Thursday in November. And there it has remained. Kenneth C. Davis
Le 14 mars 1891, à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, onze Italiens furent lynchés par la foule en raison du rôle qu’ils avaient supposément joué dans le meurtre du commissaire de police David Hennessy. Ce lynchage, qui restera comme le lynchage de masse le plus important de toute l’histoire des États-Unis, eut lieu le lendemain du procès de neuf sur les dix-neuf hommes inculpés dans cette affaire de meurtre. Six de ces prévenus furent alors acquittés, et le jugement fut ajourné concernant les trois autres, pour défaut d’unanimité dans le jury sur le verdict. Croyant que le jury avait été soudoyé, une foule d’émeutiers fit irruption dans la prison où les hommes étaient détenus et tuèrent onze d’entre eux. Ce lynchage apparaît inhabituel en ceci que les émeutiers étaient au nombre de plusieurs milliers et que dans leurs rangs figuraient quelques-uns parmi les citoyens les plus en vue de la ville. La couverture de l’événement par la presse américaine fut d’ailleurs largement complaisante, et les responsables du lynchage ne furent jamais poursuivis. Le New York Times félicita les meurtriers, car la mort des Italiens « accroissait la sécurité des biens et de la vie des habitants de La Nouvelle-Orléans ». Le Washington Post assura que le lynchage mettrait un terme au « règne de la terreur » qu’imposerait les Italiens. Selon le Saint Louis Globe Democrat, les lyncheurs n’avaient fait qu’exercer « les droits légitimes de la souveraineté populaire ». L’incident eut de graves répercussions au plan national. L’Italie suspendit ses relations diplomatiques avec les États-Unis après le refus du président Benjamin Harrison d’ouvrir une enquête fédérale. La presse et la rumeur publique propagèrent l’idée que la marine italienne s’apprêtait à attaquer les ports américains et des milliers de volontaires se présentèrent pour faire la guerre à l’Italie3. La recrudescence des sentiments anti-italiens s’accompagna d’appels à une restriction de l’immigration. Le vocable mafia fit son entrée dans le lexique des Américains, et le stéréotype du mafioso italo-américain s’implanta durablement dans l’imaginaire populaire. En 1955, un homme d’affaires, décédé cette année-là, reconnut dans une lettre que l’assassinat du policier avait été organisé par un comité d’une cinquantaine d’hommes d’affaires anglo-saxons qui entendaient se débarrasser d’hommes d’affaires rivaux italiens. Ces lynchages constituent l’argument du téléfilm Vendetta, produit en 1999 par HBO et adapté d’un ouvrage de Richard Gambino paru en 1977, avec Christopher Walken dans le rôle principal. Wikipedia
La première célébration du jour de Christophe Colomb s’est faite dans la ville de San Francisco, en 1869, par une communauté majoritairement italo-américaine. Pourtant, le premier État tout entier à célébrer cette fête fut le Colorado, en 1907. Trente ans après, Franklin D. Roosevelt instaure ce jour comme un jour de fête nationale aux États-Unis. Il faudra cependant attendre la Proclamation du président George W. Bush du 4 octobre 2007 pour que le jour de Christophe Colomb soit officiellement fixé au deuxième lundi du mois d’octobre de chaque année. Christophe Colomb était au service de l’Espagne cependant il était d’origine italienne. « Cristoforo Colombo » est né en 1451 sur le territoire de la République de Gênes. Les Italiens ont été les premiers à célébrer le jour de Christophe Colomb lors de leur immigration vers les États-Unis. L’Empire State Building se pare alors des couleurs du drapeau italien (vert, blanc et rouge). Le Jour de Christophe Colomb (Columbus Day) est un jour férié fédéral aux États-Unis. Il est organisé depuis 1929 par la Columbus Citizens Foundation. Chaque État célèbre différemment le jour de Christophe Colomb. Cette fête a lieu sous forme de parades dans les rues américaines, il y a plusieurs défilés. Une Columbus Day Parade est organisée dans plusieurs villes comme à Denver. À New York, la Columbus Day Parade a lieu depuis 1915 le long de la célèbre 5e avenue à la hauteur de la 44e rue et continue sur la célèbre avenue de la Big Apple jusqu’au niveau de la 86e rue. On retrouve ainsi des fanfares, des chars, et différentes manifestations et fêtes dans tous les quartiers aux alentours de la route de la parade. À Washington, devant la Gare de l’Union a lieu une cérémonie officielle devant le Mémorial de Christophe Colomb. Les festivités commencent juste après le dépôt de gerbes aux pieds de ce monument. Ce n’est pas un jour férié dans tous les États des États-Unis, comme en Alaska, dans le Nevada, à Hawaï et dans le Dakota du Sud. Ces États ne reconnaissent pas le Jour de Christophe Colomb et fêtent d’autres événements. Cette fête est contestée aux États-Unis. Nombreux sont ceux rappelant que derrière la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb se cachent des faits moins glorieux, tels que la colonisation ou encore le massacre des Indiens d’Amérique. Le Jour de Christophe Colomb est plus communément appelé « Jour de la Race » (Día de la Raza) dans les pays d’Amérique Latine comme le Brésil, le Guatemala, le Paraguay, Porto Rico, le Nicaragua ou la République Dominicaine. Il se déroule généralement le 12 octobre et est considéré, pour de nombreux pays, comme un anti-Colombus Day. Il célèbre la résistance à l’arrivée des européens dans le Nouveau Monde et est aussi utilisé pour commémorer les cultures indigènes. Au cours de cette journée des festivités sont organisées pour lutter contre le racisme, se souvenir des cultures et des traditions des peuples précolombiens. En Argentine la fête est appelée « Journée de la Diversité Culturelle » (Día de la Diversidad Cultural). Elle se veut être la naissance d’une nouvelle identité, issue de la fusion entre les peuples d’origine et les colonisateurs espagnols. Le 24 septembre 1892, le Congrès mexicain décréta le 12 octobre jour de fête nationale. Depuis 1917 à l’initiative de Venustiano Carranza il porte le nom de Día de la Raza. Le président Emilio Portes Gil lui donna le nom de Día de la Raza y Aniversario del Descubrimiento de América en 1929. Ce jour n’est plus un jour férié officiel actuellement, mais il donne lieu a de nombreuses festivités. L’Espagne est la seule à utiliser le nom de « Jour de l’Hispanité » (Día de la Hispanidad) pour célébrer cette fête. Le terme « hispanité » a été défini à la fin du XIXe siècle par des intellectuels. Il est officialisé fête nationale par Alfonso XIII en 1918 sous l’appellation «Fête de la Race » (Día de la Raza) en contradiction avec les idées progressistes. Après la restauration de la monarchie en 1981, un arrêté royal publié dans le premier Bulletin Officiel de l’État en 1982, officialise la date de 12 octobre en tant que Fête Nationale de l’Espagne et Jour de l’Hispanité. Cet événement est très cher au cœur des Espagnols puisque le navigateur est venu chercher la grande majorité de son équipage en Espagne. Wikipedia
Sans pouvoir préciser avec certitude l’ampleur de l’impact des maladies infectieuses chez les Amérindiens, le taux de mortalité aurait atteint 90 pour cent pour certaines populations durement affectées. Les Amérindiens, qui n’étaient pas immunisés contre des virus et maladies comme la coqueluche, la rougeole ou la variole qui sévissaient depuis des millénaires dans l’Ancien Monde, auraient été foudroyés par des épidémies plusieurs décennies avant que des colons arrivent dans des territoires apparemment peu peuplés de l’intérieur. N’ayant aucune connaissance sur les virus à l’époque, les Européens n’ont donc aucunement profité en connaissance de cause des faiblesses immunitaires des populations autochtones. Le processus a commencé dès les années 1500 et a emporté des centaines de milliers de vies. En 1520 et 1521, une épidémie de variole toucha les habitants de Tenochtitlan et fut l’un des principaux facteurs de la chute de la ville au moment du siège. En effet, on estime entre 10 et 50 % la part de la population de la cité qui serait morte à cause de cette maladie en deux semaines. Deux autres épidémies affectèrent la vallée de Mexico : la variole en 1545-1548 et le typhus en 1576-1581. Les Espagnols, pour compenser la diminution de la population, ont rassemblé les survivants des petites villes de la vallée de Mexico dans de plus grandes cités. Cette migration a brisé le pouvoir des classes supérieures, mais n’a pas dissous la cohésion de la société indigène dans un Mexique plus grand. Les épidémies de variole, de typhus, de grippe, de diphtérie de rougeole, de peste auraient tué entre 50 et 66 % de la population indigène selon les régions de Amérique latine. En 1617-1619, une épidémie de peste bubonique ravage la Nouvelle-Angleterre. Le bilan de ces épidémies est difficile à donner avec exactitude. Les sources sont inexistantes et les historiens ne sont pas d’accord sur les estimations. Certains avancent 10 millions d’Amérindiens pour tout le continent ; d’autres pensent plutôt à 90 millions, dont 10 pour l’Amérique du Nord. Le continent américain entier (de l’Alaska au Cap Horn) aurait abrité environ 50 millions d’habitants en 1492 ; pour comparaison, il y avait 20 millions de Français au XVIIe siècle. Les chiffres avancés pour le territoire des États-Unis d’aujourd’hui sont compris entre 7 et 12 millions d’habitants. Environ 500 000 Amérindiens peuplaient la côte Est de cet espace. Ils ne sont plus que 100 000 au début du XVIIIe siècle. Dans l’Empire espagnol, la mortalité des Amérindiens était telle qu’elle fut l’un des motifs de la traite des Noirs, permettant d’importer dans le « Nouveau Monde » de la main-d’œuvre pour les mines et les plantations. Wikipedia
Celebration of Christopher Columbus’s voyage in the early United States is recorded from as early as 1792. In that year, the Tammany Society in New York City (for whom it became an annual tradition) and the Massachusetts Historical Society in Boston celebrated the 300th anniversary of Columbus’ landing in the New World. For the 400th anniversary in 1892, following a lynching in New Orleans where a mob had murdered 11 Italian immigrants, President Benjamin Harrison declared Columbus Day as a one-time national celebration. The proclamation was part of a wider effort after the lynching incident to placate Italian Americans and ease diplomatic tensions with Italy. During the anniversary in 1892, teachers, preachers, poets and politicians used rituals to teach ideals of patriotism. These rituals took themes such as citizenship boundaries, the importance of loyalty to the nation, and the celebration of social progress. Many Italian-Americans observe Columbus Day as a celebration of their heritage, and the first such celebration had already been held in New York City on October 12, 1866. The day was first enshrined as a legal holiday in the United States through the lobbying of Angelo Noce, a first generation Italian, in Denver. The first statewide holiday was proclaimed by Colorado governor Jesse F. McDonald in 1905, and it was made a statutory holiday in 1907. In April 1937, as a result of lobbying by the Knights of Columbus and New York City Italian leader Generoso Pope, Congress and President Franklin Delano Roosevelt proclaimed October 12 be a federal holiday under the name Columbus Day. Since 1971 (Oct. 11), the holiday has been attributed to the second Monday in October,[20] coincidentally exactly the same day as Thanksgiving in neighboring Canada since 1957. It is generally observed nowadays by banks, the bond market, the U.S. Postal Service, other federal agencies, most state government offices, many businesses, and most school districts. Some businesses and some stock exchanges remain open, and some states and municipalities abstain from observing the holiday. The traditional date of the holiday also adjoins the anniversary of the United States Navy (founded October 13, 1775), and thus both occasions are customarily observed by the Navy and the Marine Corps with either a 72- or 96-hour liberty period. Actual observance varies in different parts of the United States, ranging from large-scale parades and events to complete non-observance. Most states do not celebrate Columbus Day as an official state holiday. Some mark it as a « Day of Observance » or « Recognition.” Most states that celebrate Columbus Day will close state services, while others operate as normal. San Francisco claims the nation’s oldest continuously existing celebration with the Italian-American community’s annual Columbus Day Parade, which was established by Nicola Larco in 1868, while New York City boasts the largest, with over 35,000 marchers and one million viewers around 2010. As in the mainland United States, Columbus Day is a legal holiday in the U.S. territory of Puerto Rico. In the United States Virgin Islands, the day is celebrated as both Columbus Day and « Puerto Rico Friendship Day. » Virginia also celebrates two legal holidays on the day, Columbus Day and Yorktown Victory Day, which honors the final victory at the Siege of Yorktown in the Revolutionary War. The celebration of Columbus Day in the United States began to decline at the end of the 20th century, although many Italian-Americans, and others, continue to champion it. The states of Florida, Hawaii, Alaska, Vermont, South Dakota, New Mexico, Maine, Wisconsin, and parts of California including, for example, Los Angeles County do not recognize it and have each replaced it with celebrations of Indigenous People’s Day (in Hawaii, « Discoverers’ Day », in South Dakota, « Native American Day »). A lack of recognition or a reduced level of observance for Columbus Day is not always due to concerns about honoring Native Americans. For example, a community of predominantly Scandinavian descent may observe Leif Erikson Day instead. In the state of Oregon, Columbus Day is not an official holiday. Iowa and Nevada do not celebrate Columbus Day as an official holiday, but the states’ respective governors are « authorized and requested » by statute to proclaim the day each year. Several states have removed the day as a paid holiday for state government workers, while still maintaining it—either as a day of recognition, or as a legal holiday for other purposes, including California and Texas. The practice of U.S. cities eschewing Columbus Day to celebrate Indigenous Peoples’ Day began in 1992 with Berkeley, California. The list of cities which have followed suit as of 2018 includes Austin, Boise, Cincinnati, Denver, Los Angeles, Mankato, Minnesota, Portland, Oregon, San Francisco, Santa Fe, New Mexico, Seattle, St. Paul, Minnesota, Phoenix, Tacoma, and « dozens of others. » Columbus, Ohio has chosen to honor veterans instead of Christopher Columbus, and removed Columbus Day as a city holiday. Various tribal governments in Oklahoma designate the day as Native American Day, or name it after their own tribe. Wikipedia
In a country of diverse religious faiths and national origins like the United States, it made sense to develop a holiday system that was not entirely tied to a religious calendar. (Christmas survives here, of course, but in law it’s a secular holiday much like New Year’s Day.) So Americans do not all leave for the shore on August 15th, the Feast of the Assumption of the Blessed Virgin, the way Italians do; and while St. Patrick’s Day is celebrated by many Americans, it is not a legal holiday in any of the states. The American system of holidays was constructed mostly around a series of great events and persons in our nation’s history. The aim was to instill a feeling of civic pride. Holidays were chosen as occasions to bring everyone together, not for excluding certain people. They were supposed to be about the recognition of our society’s common struggles and achievements. Civic religion is often used to describe the principle behind America’s calendar of public holidays. Consider the range and variability of the meanings of our holidays. Certainly they have not always been occasions for celebration: Memorial Day and Veterans’ Day involve mourning for the dead and wounded. Labor Day commemorated significant hardships in the decades when unions were struggling to organize. Having grown up in the 1960s I remember how Abraham Lincoln’s Birthday (now lumped in with Presidents’ Day, and with some of its significance transferred to Martin Luther King, Jr. Day) took on special meaning during the Civil Rights movement and after the JFK assassination. When thinking about the Columbus Day holiday it helps to remember the good intentions of the people who put together the first parade in New York. Columbus Day was first proclaimed a national holiday by President Benjamin Harrison in 1892, 400 years after Columbus’s first voyage. The idea, lost on present-day critics of the holiday, was that this would be a national holiday that would be special for recognizing both Native Americans, who were here before Columbus, and the many immigrants—including Italians—who were just then coming to this country in astounding numbers. It was to be a national holiday that was not about the Founding Fathers or the Civil War, but about the rest of American history. Like the Columbian Exposition dedicated in Chicago that year and opened in 1893, it was to be about our land and all its people. Harrison especially designated the schools as centers of the Columbus celebration because universal public schooling, which had only recently taken hold, was seen as essential to a democracy that was seriously aiming to include everyone and not just preserve a governing elite. You won’t find it in the public literature surrounding the first Columbus Day in 1892, but in the background lay two recent tragedies, one involving Native Americans, the other involving Italian Americans. The first tragedy was the massacre by U.S. troops of between 146 and 200 Lakota Sioux, including men, women and children, at Wounded Knee, South Dakota, on December 29, 1890. Shooting began after a misunderstanding involving an elderly, deaf Sioux warrior who hadn’t heard and therefore did not understand that he was supposed to hand over his rifle to the U.S. Cavalry. The massacre at Wounded Knee marked the definitive end of Indian resistance in the Great Plains. The episode was immediately seen by the government as potentially troubling, although there was much popular sentiment against the Sioux. An inquiry was held, the soldiers were absolved, and some were awarded medals that Native Americans to this day are seeking to have rescinded. A second tragedy in the immediate background of the 1892 Columbus celebration took place in New Orleans. There, on March 14, 1891—only 10 weeks after the Wounded Knee Massacre—11 Italians were lynched in prison by a mob led by prominent Louisiana politicians. A trial for the murder of the New Orleans police chief had ended in mistrials for three of the Italians and the acquittal of the others who were brought to trial. Unhappy with the verdict and spurred on by fear of the “Mafia” (a word that had only recently entered American usage), civic leaders organized an assault on the prison to put the Italians to death. This episode was also troubling to the U.S. Government. These were legally innocent men who had been killed. But Italians were not very popular, and even Theodore Roosevelt was quoted as saying that he thought the New Orleans Italians “got what they deserved.” A grand jury was summoned, but no one was charged with a crime. President Harrison, who would proclaim the Columbus holiday the following year, was genuinely saddened by the case, and over the objections of some members of congress he paid reparations to the Italian government for the deaths of its citizens. Whenever I hear of protests about the Columbus Day holiday—protests that tend to pit Native Americans against Italian Americans, I remember these tragedies that occurred so soon before the first Columbus Day holiday, and I shake my head. President Harrison did not allude to either of these sad episodes in his proclamation of the holiday, but the idea for the holiday involved a vision of an America that would get beyond the prejudice that had led to these deaths. Columbus Day was supposed to recognize the greatness of all of America’s people, but especially Italians and Native Americans. Consider how the first Columbus Day parade in New York was described in the newspapers. It consisted mostly of about 12,000 public school students grouped into 20 regiments, each commanded by a principal. The boys marched in school uniforms or their Sunday best, while the girls, dressed in red, white and blue, sat in bleachers. Alongside the public schoolers there were military drill squads and 29 marching bands, each of 30 to 50 instruments. After the public schools, there followed 5,500 students from the Catholic schools. Then there were students from the private schools wearing school uniforms. These included the Hebrew Orphan Asylum, the Barnard School Military Corps, and the Italian and American Colonial School. The Dante Alighieri Italian College of Astoria was dressed entirely in sailor outfits. These were followed by the Native American marching band from the Carlisle Indian School in Pennsylvania, which, according to one description, included “300 marching Indian boys and 50 tall Indian girls.” That the Native Americans came right after the students from the Dante Alighieri School speaks volumes about the spirit of the original Columbus Day. (…) So Columbus Day is for all Americans. It marks the first encounter that brought together the original Americans and the future ones. A lot of suffering followed, and a lot of achievement too. That a special role has been reserved for Italians in keeping the parades and the commemoration alive for well over a century seems right, since Columbus was Italian (…) So much for his ethnicity. What about his moral standing? In the late 19th century an international movement, led by a French priest, sought to have Columbus canonized for bringing Christianity to the New World. To the Catholic Church’s credit, this never got very far. It sometimes gets overlooked in current discussions that we neither commemorate Columbus’s birthday (as was the practice for Presidents Washington and Lincoln, and as we now do with Martin Luther King, Jr.) nor his death date (which is when Christian saints are memorialized), but rather the date of his arrival in the New World. The historical truth about Columbus—the short version suitable for reporters who are pressed for time—is that Columbus was Italian, but he was no saint. The holiday marks the event, not the person. What Columbus gets criticized for nowadays are attitudes that were typical of the European sailing captains and merchants who plied the Mediterranean and the Atlantic in the 15th century. Within that group he was unquestionably a man of daring and unusual ambition. But what really mattered was his landing on San Salvador, which was a momentous, world-changing occasion such as has rarely happened in human history. William J. Connell
These sneaking and cowardly Sicilians, the descendants of bandits and assassins, who have transported to this country the lawless passions, the cutthroat practices … are to us a pest without mitigations. Our own rattlesnakes are as good citizens as they. Our own murderers are men of feeling and nobility compared to them. The Times
Congress envisioned a white, Protestant and culturally homogeneous America when it declared in 1790 that only “free white persons, who have, or shall migrate into the United States” were eligible to become naturalized citizens. The calculus of racism underwent swift revision when waves of culturally diverse immigrants from the far corners of Europe changed the face of the country. As the historian Matthew Frye Jacobson shows in his immigrant history “Whiteness of a Different Color,” the surge of newcomers engendered a national panic and led Americans to adopt a more restrictive, politicized view of how whiteness was to be allocated. Journalists, politicians, social scientists and immigration officials embraced the habit, separating ostensibly white Europeans into “races.” Some were designated “whiter” — and more worthy of citizenship — than others, while some were ranked as too close to blackness to be socially redeemable. The story of how Italian immigrants went from racialized pariah status in the 19th century to white Americans in good standing in the 20th offers a window onto the alchemy through which race is constructed in the United States, and how racial hierarchies can sometimes change. Darker skinned southern Italians endured the penalties of blackness on both sides of the Atlantic. In Italy, Northerners had long held that Southerners — particularly Sicilians — were an “uncivilized” and racially inferior people, too obviously African to be part of Europe. Racist dogma about Southern Italians found fertile soil in the United States. As the historian Jennifer Guglielmo writes, the newcomers encountered waves of books, magazines and newspapers that “bombarded Americans with images of Italians as racially suspect.” They were sometimes shut out of schools, movie houses and labor unions, or consigned to church pews set aside for black people. They were described in the press as “swarthy,” “kinky haired” members of a criminal race and derided in the streets with epithets like “dago,” “guinea” — a term of derision applied to enslaved Africans and their descendants — and more familiarly racist insults like “white nigger” and “nigger wop.” The penalties of blackness went well beyond name-calling in the apartheid South. Italians who had come to the country as “free white persons” were often marked as black because they accepted “black” jobs in the Louisiana sugar fields or because they chose to live among African-Americans. This left them vulnerable to marauding mobs like the ones that hanged, shot, dismembered or burned alive thousands of black men, women and children across the South. The federal holiday honoring the Italian explorer Christopher Columbus — celebrated on Monday — was central to the process through which Italian-Americans were fully ratified as white during the 20th century. The rationale for the holiday was steeped in myth, and allowed Italian-Americans to write a laudatory portrait of themselves into the civic record. Few who march in Columbus Day parades or recount the tale of Columbus’s voyage from Europe to the New World are aware of how the holiday came about or that President Benjamin Harrison proclaimed it as a one-time national celebration in 1892 — in the wake of a bloody New Orleans lynching that took the lives of 11 Italian immigrants. The proclamation was part of a broader attempt to quiet outrage among Italian-Americans, and a diplomatic blowup over the murders that brought Italy and the United States to the brink of war. (…) Italian immigrants were welcomed into Louisiana after the Civil War, when the planter class was in desperate need of cheap labor to replace newly emancipated black people, who were leaving backbreaking jobs in the fields for more gainful employment. These Italians seemed at first to be the answer to both the labor shortage and the increasingly pressing quest for settlers who would support white domination in the emerging Jim Crow state. Louisiana’s romance with Italian labor began to sour when the new immigrants balked at low wages and dismal working conditions. The newcomers also chose to live together in Italian neighborhoods, where they spoke their native tongue, preserved Italian customs and developed successful businesses that catered to African-Americans, with whom they fraternized and intermarried. In time, this proximity to blackness would lead white Southerners to view Sicilians, in particular, as not fully white and to see them as eligible for persecution — including lynching — that had customarily been imposed on African-Americans. (…) The carnage in New Orleans was set in motion in the fall of 1890, when the city’s popular police chief, David Hennessy, was assassinated on his way home one evening. Hennessy had no shortage of enemies. The historian John V. Baiamonte Jr. writes that he had once been tried for murder in connection with the killing of a professional rival. He is also said to have been involved in a feud between two Italian businessmen. On the strength of a clearly suspect witness who claimed to hear Mr. Hennessy say that “dagoes” had shot him, the city charged 19 Italians with complicity in the chief’s murder. That the evidence was distressingly weak was evident from the verdicts that were swiftly handed down: Of the first nine to be tried, six were acquitted; three others were granted mistrials. The leaders of the mob that then went after them advertised their plans in advance, knowing full well that the city’s elites — who coveted the businesses the Italians had built or hated the Italians for fraternizing with African-Americans — would never seek justice for the dead. After the lynching, a grand jury investigation pronounced the killings praiseworthy, turning that inquiry into what the historian Barbara Botein describes as “possibly one of the greatest whitewashes in American history. (…) President Harrison would have ignored the New Orleans carnage had the victims been black. But the Italian government made that impossible. It broke off diplomatic relations and demanded an indemnity that the Harrison administration paid. Harrison even called on Congress in his 1891 State of the Union to protect foreign nationals — though not black Americans — from mob violence. Harrison’s Columbus Day proclamation in 1892 opened the door for Italian-Americans to write themselves into the American origin story, in a fashion that piled myth upon myth. As the historian Danielle Battisti shows in “Whom We Shall Welcome,” they rewrote history by casting Columbus as “the first immigrant” — even though he never set foot in North America and never immigrated anywhere (except possibly to Spain), and even though the United States did not exist as a nation during his 15th-century voyage. The mythologizing, carried out over many decades, granted Italian-Americans “a formative role in the nation-building narrative.” It also tied Italian-Americans closely to the paternalistic assertion, still heard today, that Columbus “discovered” a continent that was already inhabited by Native Americans. But in the late 19th century, the full-blown Columbus myth was yet to come. The New Orleans lynching solidified a defamatory view of Italians generally, and Sicilians in particular, as irredeemable criminals who represented a danger to the nation. The influential anti-immigrant racist Representative Henry Cabot Lodge of Massachusetts, soon to join the United States Senate, quickly appropriated the event. He argued that a lack of confidence in juries, not mob violence, had been the real problem in New Orleans. “Lawlessness and lynching are evil things,” he wrote, “but a popular belief that juries cannot be trusted is even worse.” Facts aside, Lodge argued, beliefs about immigrants were in themselves sufficient to warrant higher barriers to immigration. Congress ratified that notion during the 1920s, curtailing Italian immigration on racial grounds, even though Italians were legally white, with all of the rights whiteness entailed. The Italian-Americans who labored in the campaign that overturned racist immigration restrictions in 1965 used the romantic fictions built up around Columbus to political advantage. This shows yet again how racial categories that people mistakenly view as matters of biology grow out of highly politicized myth making. NYT

Attention: un massacre peut en cacher beaucoup d’autres !

En cette journée où, entre Israël, les Etats-Unis et le Canada, voire les pays hispaniques, coïncident les célébrations de plusieurs traditions culturelles différentes …

Et où, énième illustration de la division toujours plus grande des Etats-Unis par nos déconstructeurs postmodernes obsédés par un prétendu génocide indien – pire qu’Attila et Hitler réunis !

Dû pour l’essentiel à un choc microbien, un nombre croissant d’états ne la fêtent plus ou l’ont même remplacée par la Journée des peuples indigènes  …

Pendant qu’après l’égorgement de quatre policiers du renseignement de la lutte anti-islamique et quelque 250 victimes de la barbarie islamiste …

Nos courageux enfants gâtés du showbiz dénonçaient dès le lendemain l’agression « d’une violence et d’une haine inouïes » que l’on sait …

Retour …

Sans parler, avant et après Colomb ou Cortez, des centaines de milliers de sacrifices humains de nos amis aztèques et mayas

Sur le massacre …

Et pratiquement plus grand lynchage, avec 11 immigrants italiens extraits manu militari de leur prison de la Nouvelle Orléans et sommairement abattus, de l’histoire américaine …

Qui comme après la fête du Thanksgiving du président Lincoln suite aux centaines de milliers de morts de la Guerre civile américaine …

Et à l’instar de la Saint Patrick d’une communauté irlandaise elle aussi initialement discriminée …

Lança nationalement, au moins pour une journée, cette véritable marche des fiertés

Qu’est devenue le Columbus Day pour une communauté italo-américaine et notamment sicilienne …

Jusque-là assimilée non seulement à une race de criminels …

Mais à une sous-race à peine au-dessus des esclaves affranchis et des emplois méprisés …

Qu’ils étaient venus remplacer dans un Sud tout récemment sorti du traumatisme d’une guerre civile meurtrière…

How Italians Became ‘White’
Vicious bigotry, reluctant acceptance: an American story.

Brent Staples Mr. Staples is a member of the editorial board.
NYT
Oct. 12, 2019

Congress envisioned a white, Protestant and culturally homogeneous America when it declared in 1790 that only “free white persons, who have, or shall migrate into the United States” were eligible to become naturalized citizens. The calculus of racism underwent swift revision when waves of culturally diverse immigrants from the far corners of Europe changed the face of the country.

As the historian Matthew Frye Jacobson shows in his immigrant history “Whiteness of a Different Color,” the surge of newcomers engendered a national panic and led Americans to adopt a more restrictive, politicized view of how whiteness was to be allocated. Journalists, politicians, social scientists and immigration officials embraced the habit, separating ostensibly white Europeans into “races.” Some were designated “whiter” — and more worthy of citizenship — than others, while some were ranked as too close to blackness to be socially redeemable. The story of how Italian immigrants went from racialized pariah status in the 19th century to white Americans in good standing in the 20th offers a window onto the alchemy through which race is constructed in the United States, and how racial hierarchies can sometimes change.

Darker skinned southern Italians endured the penalties of blackness on both sides of the Atlantic. In Italy, Northerners had long held that Southerners — particularly Sicilians — were an “uncivilized” and racially inferior people, too obviously African to be part of Europe.

Racist dogma about Southern Italians found fertile soil in the United States. As the historian Jennifer Guglielmo writes, the newcomers encountered waves of books, magazines and newspapers that “bombarded Americans with images of Italians as racially suspect.” They were sometimes shut out of schools, movie houses and labor unions, or consigned to church pews set aside for black people. They were described in the press as “swarthy,” “kinky haired” members of a criminal race and derided in the streets with epithets like “dago,” “guinea” — a term of derision applied to enslaved Africans and their descendants — and more familiarly racist insults like “white nigger” and “nigger wop.”

The penalties of blackness went well beyond name-calling in the apartheid South. Italians who had come to the country as “free white persons” were often marked as black because they accepted “black” jobs in the Louisiana sugar fields or because they chose to live among African-Americans. This left them vulnerable to marauding mobs like the ones that hanged, shot, dismembered or burned alive thousands of black men, women and children across the South.

The federal holiday honoring the Italian explorer Christopher Columbus — celebrated on Monday — was central to the process through which Italian-Americans were fully ratified as white during the 20th century. The rationale for the holiday was steeped in myth, and allowed Italian-Americans to write a laudatory portrait of themselves into the civic record.

Few who march in Columbus Day parades or recount the tale of Columbus’s voyage from Europe to the New World are aware of how the holiday came about or that President Benjamin Harrison proclaimed it as a one-time national celebration in 1892 — in the wake of a bloody New Orleans lynching that took the lives of 11 Italian immigrants. The proclamation was part of a broader attempt to quiet outrage among Italian-Americans, and a diplomatic blowup over the murders that brought Italy and the United States to the brink of war.

Historians have recently showed that America’s dishonorable response to this barbaric event was partly conditioned by racist stereotypes about Italians promulgated in Northern newspapers like The Times. A striking analysis by Charles Seguin, a sociologist at Pennsylvania State University, and Sabrina Nardin, a doctoral student at the University of Arizona, shows that the protests lodged by the Italian government inspired something that had failed to coalesce around the brave African-American newspaper editor and anti-lynching campaigner Ida B. Wells — a broad anti-lynching effort.

A Black ‘Brute’ Lynched

The lynchings of Italians came at a time when newspapers in the South had established the gory convention of advertising the far more numerous public murders of African-Americans in advance — to attract large crowds — and justifying the killings by labeling the victims “brutes,” “fiends,” “ravishers,” “born criminals” or “troublesome Negroes.” Even high-minded news organizations that claimed to abhor the practice legitimized lynching by trafficking in racist stereotypes about its victims.

As Mr. Seguin recently showed, many Northern newspapers were “just as complicit” in justifying mob violence as their Southern counterparts. For its part, The Times made repeated use of the headline “A Brutal Negro Lynched,” presuming the victims’ guilt and branding them as congenital criminals. Lynchings of black men in the South were often based on fabricated accusations of sexual assault. As the Equal Justice Initiative explained in its 2015 report on lynching in America, a rape charge could occur in the absence of an actual victim and might arise from minor violations of the social code — like complimenting a white woman on her appearance or even bumping into her on the street.

The Times was not owned by the family that controls it today when it dismissed Ida B. Wells as a “slanderous and nasty-minded mulattress” for rightly describing rape allegations as “a thread bare lie” that Southerners used against black men who had consensual sexual relationships with white women. Nevertheless, as a Times editorialist of nearly 30 years standing — and a student of the institution’s history — I am outraged and appalled by the nakedly racist treatment my 19th-century predecessors displayed in writing about African-Americans and Italian immigrants.

When Wells took her anti-lynching campaign to England in the 1890s, Times editors rebuked her for representing “black brutes” abroad in an editorial that joked about what they described as “the practice of roasting Negro ravishers alive and boring out their eyes with red-hot pokers.” The editorial slandered African-Americans generally, referring to rape as “a crime to which Negroes are particularly prone.” The Times editors may have lodged objections to lynching — but they did so in a rhetoric firmly rooted in white supremacy.
‘Assassins by Nature’

Italian immigrants were welcomed into Louisiana after the Civil War, when the planter class was in desperate need of cheap labor to replace newly emancipated black people, who were leaving backbreaking jobs in the fields for more gainful employment.

These Italians seemed at first to be the answer to both the labor shortage and the increasingly pressing quest for settlers who would support white domination in the emerging Jim Crow state. Louisiana’s romance with Italian labor began to sour when the new immigrants balked at low wages and dismal working conditions.

The newcomers also chose to live together in Italian neighborhoods, where they spoke their native tongue, preserved Italian customs and developed successful businesses that catered to African-Americans, with whom they fraternized and intermarried. In time, this proximity to blackness would lead white Southerners to view Sicilians, in particular, as not fully white and to see them as eligible for persecution — including lynching — that had customarily been imposed on African-Americans.

Nevertheless, as the historian Jessica Barbata Jackson showed recently in the journal Louisiana History, Italian newcomers were still well thought of in New Orleans in the 1870s when negative stereotypes were being established in the Northern press.

The Times, for instance, described them as bandits and members of the criminal classes who were “wretchedly poor and unskilled,” “starving and wholly destitute.” The stereotype about inborn criminality is plainly evident in an 1874 story about Italian immigrants seeking vaccinations that refers to one immigrant as a “burly fellow, whose appearance was like that of the traditional brigand of the Abruzzi.”

A Times story in 1880 described immigrants, including Italians, as “links in a descending chain of evolution.” These characterizations reached a defamatory crescendo in an 1882 editorial that appeared under the headline “Our Future Citizens.” The editors wrote:

“There has never been since New York was founded so low and ignorant a class among the immigrants who poured in here as the Southern Italians who have been crowding our docks during the past year.”

The editors reserved their worst invective for Italian immigrant children, whom they described as “utterly unfit — ragged, filthy, and verminous as they were — to be placed in the public primary schools among the decent children of American mechanics.”

The racist myth that African-Americans and Sicilians were both innately criminal drove an 1887 Times story about a lynching victim in Mississippi whose name was given as “Dago Joe” — “dago” being a slur directed at Italian and Spanish-speaking immigrants. The victim was described as a “half breed” who “was the son of a Sicilian father and a mulatto mother, and had the worst characteristics of both races in his makeup. He was cunning, treacherous and cruel, and was regarded in the community where he lived as an assassin by nature.”
Sicilians as ‘Rattlesnakes’

The carnage in New Orleans was set in motion in the fall of 1890, when the city’s popular police chief, David Hennessy, was assassinated on his way home one evening. Hennessy had no shortage of enemies. The historian John V. Baiamonte Jr. writes that he had once been tried for murder in connection with the killing of a professional rival. He is also said to have been involved in a feud between two Italian businessmen. On the strength of a clearly suspect witness who claimed to hear Mr. Hennessy say that “dagoes” had shot him, the city charged 19 Italians with complicity in the chief’s murder.

That the evidence was distressingly weak was evident from the verdicts that were swiftly handed down: Of the first nine to be tried, six were acquitted; three others were granted mistrials. The leaders of the mob that then went after them advertised their plans in advance, knowing full well that the city’s elites — who coveted the businesses the Italians had built or hated the Italians for fraternizing with African-Americans — would never seek justice for the dead. After the lynching, a grand jury investigation pronounced the killings praiseworthy, turning that inquiry into what the historian Barbara Botein describes as “possibly one of the greatest whitewashes in American history.”

The blood of the New Orleans victims was scarcely dry when The Times published a cheerleading news story — “Chief Hennessy Avenged: Eleven of his Italian Assassins Lynched by a Mob” — that reveled in the bloody details. It reported that the mob had consisted “mostly of the best element” of New Orleans society. The following day, a scabrous Times editorial justified the lynching — and dehumanized the dead, with by-now-familiar racist stereotypes.

“These sneaking and cowardly Sicilians,” the editors wrote, “the descendants of bandits and assassins, who have transported to this country the lawless passions, the cutthroat practices … are to us a pest without mitigations. Our own rattlesnakes are as good citizens as they. Our own murderers are men of feeling and nobility compared to them.” The editors concluded of the lynching that it would be difficult to find “one individual who would confess that privately he deplores it very much.”
Lynchers in 1891 storming the New Orleans city jail, where they killed 11 Italian-Americans accused in the fatal shooting of Chief Hennessy. Italian Tribune

President Harrison would have ignored the New Orleans carnage had the victims been black. But the Italian government made that impossible. It broke off diplomatic relations and demanded an indemnity that the Harrison administration paid. Harrison even called on Congress in his 1891 State of the Union to protect foreign nationals — though not black Americans — from mob violence.

Harrison’s Columbus Day proclamation in 1892 opened the door for Italian-Americans to write themselves into the American origin story, in a fashion that piled myth upon myth. As the historian Danielle Battisti shows in “Whom We Shall Welcome,” they rewrote history by casting Columbus as “the first immigrant” — even though he never set foot in North America and never immigrated anywhere (except possibly to Spain), and even though the United States did not exist as a nation during his 15th-century voyage. The mythologizing, carried out over many decades, granted Italian-Americans “a formative role in the nation-building narrative.” It also tied Italian-Americans closely to the paternalistic assertion, still heard today, that Columbus “discovered” a continent that was already inhabited by Native Americans.

But in the late 19th century, the full-blown Columbus myth was yet to come. The New Orleans lynching solidified a defamatory view of Italians generally, and Sicilians in particular, as irredeemable criminals who represented a danger to the nation. The influential anti-immigrant racist Representative Henry Cabot Lodge of Massachusetts, soon to join the United States Senate, quickly appropriated the event. He argued that a lack of confidence in juries, not mob violence, had been the real problem in New Orleans. “Lawlessness and lynching are evil things,” he wrote, “but a popular belief that juries cannot be trusted is even worse.”

Facts aside, Lodge argued, beliefs about immigrants were in themselves sufficient to warrant higher barriers to immigration. Congress ratified that notion during the 1920s, curtailing Italian immigration on racial grounds, even though Italians were legally white, with all of the rights whiteness entailed.

The Italian-Americans who labored in the campaign that overturned racist immigration restrictions in 1965 used the romantic fictions built up around Columbus to political advantage. This shows yet again how racial categories that people mistakenly view as matters of biology grow out of highly politicized myth making.

Voir aussi:

What Columbus Day Really Means

If you think the holiday pits Native Americans against Italian Americans, consider the history behind its origin

William J. Connell
American scholar
October 4, 2012

During the run-up to Columbus Day I usually get a call from at least one and sometimes several newspaper reporters who are looking for the latest on what has become one of the most controversial of our national holidays. Rather than begin with whatever issues the media are covering—topics like the number of deaths in the New World caused by the European discovery; or the attitude of Columbus toward the indigenous inhabitants of the Caribbean (whom he really did want to use as forced laborers); or whether syphilis really came from the Americas to Europe; or whether certain people (the cast of The Sopranos, Supreme Court Justice Antonin Scalia) deserve to be excluded from or honored in the parade in New York—I always try to remind the reporters that Columbus Day is just a holiday.

Leave the parades aside. The most evident way in which holidays are celebrated is by taking a day off from work or school. Our system of holidays, which developed gradually over time and continues to evolve, is founded upon the recognition that weekends are not sufficient, that some jobs don’t offer much time off, and that children and teachers need a break now and then in the course of the school year. One characteristic of holidays is that unless they are observed widely, which is to say by almost everyone, many of us wouldn’t take them. There are so many incremental reasons for not taking time off (to make some extra money, to impress the boss, or because we’re our own bosses and can’t stop ourselves) that a lot of us would willingly do without a day’s vacation that would have been good both for us and for society at large if we had taken it. That is why there are legal holidays.

But which days should be holidays? Another way of posing the question would be to say, “Given that holidays are necessary, but that left to their own devices people would simply work, how do you justify a legal holiday so that it does not appear completely arbitrary, and so that people will be encouraged to observe it?” Most of the media noise around the Columbus Day holiday is about the holiday’s excuse, not the holiday itself. Realizing that helps to put matters in perspective.

In a country of diverse religious faiths and national origins like the United States, it made sense to develop a holiday system that was not entirely tied to a religious calendar. (Christmas survives here, of course, but in law it’s a secular holiday much like New Year’s Day.) So Americans do not all leave for the shore on August 15th, the Feast of the Assumption of the Blessed Virgin, the way Italians do; and while St. Patrick’s Day is celebrated by many Americans, it is not a legal holiday in any of the states. The American system of holidays was constructed mostly around a series of great events and persons in our nation’s history. The aim was to instill a feeling of civic pride. Holidays were chosen as occasions to bring everyone together, not for excluding certain people. They were supposed to be about the recognition of our society’s common struggles and achievements. Civic religion is often used to describe the principle behind America’s calendar of public holidays.

Consider the range and variability of the meanings of our holidays. Certainly they have not always been occasions for celebration: Memorial Day and Veterans’ Day involve mourning for the dead and wounded. Labor Day commemorated significant hardships in the decades when unions were struggling to organize. Having grown up in the 1960s I remember how Abraham Lincoln’s Birthday (now lumped in with Presidents’ Day, and with some of its significance transferred to Martin Luther King, Jr. Day) took on special meaning during the Civil Rights movement and after the JFK assassination.

When thinking about the Columbus Day holiday it helps to remember the good intentions of the people who put together the first parade in New York. Columbus Day was first proclaimed a national holiday by President Benjamin Harrison in 1892, 400 years after Columbus’s first voyage. The idea, lost on present-day critics of the holiday, was that this would be a national holiday that would be special for recognizing both Native Americans, who were here before Columbus, and the many immigrants—including Italians—who were just then coming to this country in astounding numbers. It was to be a national holiday that was not about the Founding Fathers or the Civil War, but about the rest of American history. Like the Columbian Exposition dedicated in Chicago that year and opened in 1893, it was to be about our land and all its people. Harrison especially designated the schools as centers of the Columbus celebration because universal public schooling, which had only recently taken hold, was seen as essential to a democracy that was seriously aiming to include everyone and not just preserve a governing elite.

You won’t find it in the public literature surrounding the first Columbus Day in 1892, but in the background lay two recent tragedies, one involving Native Americans, the other involving Italian Americans. The first tragedy was the massacre by U.S. troops of between 146 and 200 Lakota Sioux, including men, women and children, at Wounded Knee, South Dakota, on December 29, 1890. Shooting began after a misunderstanding involving an elderly, deaf Sioux warrior who hadn’t heard and therefore did not understand that he was supposed to hand over his rifle to the U.S. Cavalry. The massacre at Wounded Knee marked the definitive end of Indian resistance in the Great Plains. The episode was immediately seen by the government as potentially troubling, although there was much popular sentiment against the Sioux. An inquiry was held, the soldiers were absolved, and some were awarded medals that Native Americans to this day are seeking to have rescinded.

A second tragedy in the immediate background of the 1892 Columbus celebration took place in New Orleans. There, on March 14, 1891—only 10 weeks after the Wounded Knee Massacre—11 Italians were lynched in prison by a mob led by prominent Louisiana politicians. A trial for the murder of the New Orleans police chief had ended in mistrials for three of the Italians and the acquittal of the others who were brought to trial. Unhappy with the verdict and spurred on by fear of the “Mafia” (a word that had only recently entered American usage), civic leaders organized an assault on the prison to put the Italians to death. This episode was also troubling to the U.S. Government. These were legally innocent men who had been killed. But Italians were not very popular, and even Theodore Roosevelt was quoted as saying that he thought the New Orleans Italians “got what they deserved.” A grand jury was summoned, but no one was charged with a crime. President Harrison, who would proclaim the Columbus holiday the following year, was genuinely saddened by the case, and over the objections of some members of congress he paid reparations to the Italian government for the deaths of its citizens.

Whenever I hear of protests about the Columbus Day holiday—protests that tend to pit Native Americans against Italian Americans, I remember these tragedies that occurred so soon before the first Columbus Day holiday, and I shake my head. President Harrison did not allude to either of these sad episodes in his proclamation of the holiday, but the idea for the holiday involved a vision of an America that would get beyond the prejudice that had led to these deaths. Columbus Day was supposed to recognize the greatness of all of America’s people, but especially Italians and Native Americans.

Consider how the first Columbus Day parade in New York was described in the newspapers. It consisted mostly of about 12,000 public school students grouped into 20 regiments, each commanded by a principal. The boys marched in school uniforms or their Sunday best, while the girls, dressed in red, white and blue, sat in bleachers. Alongside the public schoolers there were military drill squads and 29 marching bands, each of 30 to 50 instruments. After the public schools, there followed 5,500 students from the Catholic schools. Then there were students from the private schools wearing school uniforms. These included the Hebrew Orphan Asylum, the Barnard School Military Corps, and the Italian and American Colonial School. The Dante Alighieri Italian College of Astoria was dressed entirely in sailor outfits. These were followed by the Native American marching band from the Carlisle Indian School in Pennsylvania, which, according to one description, included “300 marching Indian boys and 50 tall Indian girls.” That the Native Americans came right after the students from the Dante Alighieri School speaks volumes about the spirit of the original Columbus Day.

I teach college kids, and since they tend to be more skeptical about Columbus Day than younger students, it’s nice to point out that the first Columbus Day parade had a “college division.” Thus 800 New York University students played kazoos and wore mortarboards. In between songs they chanted “Who are we? Who are we? New York Universitee!” The College of Physicians and Surgeons wore Skeletons on their hats. And the Columbia College students marched in white hats and white sweaters, with a message on top of their hats that spelled out “We are the People.”

So Columbus Day is for all Americans. It marks the first encounter that brought together the original Americans and the future ones. A lot of suffering followed, and a lot of achievement too. That a special role has been reserved for Italians in keeping the parades and the commemoration alive for well over a century seems right, since Columbus was Italian—although even in the 1890s his nationality was being contested. Some people, who include respectable scholars, still argue, based on elements of his biography and family history, that Columbus must really have been Spanish, Portuguese, Jewish, or Greek, instead of, or in addition to, Italian. One lonely scholar in the 1930s even wrote that Columbus, because of a square jaw and dirty blond hair in an old portrait, must have been Danish. The consensus, however, is that he was an Italian from outside of Genoa.

So much for his ethnicity. What about his moral standing? In the late 19th century an international movement, led by a French priest, sought to have Columbus canonized for bringing Christianity to the New World. To the Catholic Church’s credit, this never got very far. It sometimes gets overlooked in current discussions that we neither commemorate Columbus’s birthday (as was the practice for Presidents Washington and Lincoln, and as we now do with Martin Luther King, Jr.) nor his death date (which is when Christian saints are memorialized), but rather the date of his arrival in the New World. The historical truth about Columbus—the short version suitable for reporters who are pressed for time—is that Columbus was Italian, but he was no saint.

The holiday marks the event, not the person. What Columbus gets criticized for nowadays are attitudes that were typical of the European sailing captains and merchants who plied the Mediterranean and the Atlantic in the 15th century. Within that group he was unquestionably a man of daring and unusual ambition. But what really mattered was his landing on San Salvador, which was a momentous, world-changing occasion such as has rarely happened in human history. Sounds to me like a pretty good excuse for taking a day off from work.

Voir également:

Study traces origins of syphilis in Europe to New World

New evidence from the jungles of Guyana suggests Christopher Columbus and his crewmates carried syphilis-causing bacteria from America to Europe, triggering a massive epidemic that killed more than five million people there.

The findings — which scientists said are the first attempt to use molecular genetics to address the problem of the origin of the venereal disease — were published Monday in the online journal Public Library of Science/Neglected Tropical Disease.

They suggest that Columbus and his crew of explorers brought the deadly disease back from the New World during their famous voyage in 1492 while a non-sexually transmitted subspecies was already in existence in Renaissance Europe, or the Old World.

The study was based around an exceptionally large specimen provided by Canadian infectious disease specialist Dr. Michael Silverman, who leads a medical team into the rainforests of Guyana each year to treat villagers who have virtually no contact with the outside world.

There, he discovered children with ulcer-like lesions on their arms and legs, « just like you get with syphilis but in the wrong place, » he told CBC.

Blood tests confirmed the children had yaws, an infectious skin disease believed to be extinct in the Western Hemisphere, though still present in parts of Africa and southeast Asia.

Yaws is considered the cousin of syphilis as they are both distinct varieties of the same bacterium.

Further testing by researchers in the United States suggested that yaws, in fact, was the elder cousin — an ancient infection that evolved from a harmless skin-to-skin condition of the limbs into a devastating sexually transmitted disease around the time of contact with Europeans.

« They couldn’t really catch it because they had long sleeves, long pants, » Silverman said. « So the only way they could get it, the only time they would expose their skin and might touch somebody was when they dropped their pants to have sex. »

Upon the Europeans’ return, many of them joined the army of Charles VIII in 1495 and invaded Italy. After their victory in Naples, the army — mostly made of mercenaries — returned home and spread syphilis across the Continent, culminating in the Great Pox.

This first outbreak of syphilis, documented just two years after Columbus and his men sailed the ocean blue in 1492, is believed to have killed more than five million Europeans.

« In this case we have an example of a disease that went the other way, from Native Americans to Europeans, » said Dr. Kristin Harper, a researcher in molecular genetics at Atlanta’s Emory University and the principal investigator in the study published Monday.

« So that’s especially interesting, I think. »

Syphilis is usually transmitted through sexual contact and initially results in a painless, open sore or ulcer in the area of exposure. The second stage consists of a rash on the palms of the hands or soles of the feet.

Left untreated, the disease eventually attacks the heart, eyes and brain and can lead to mental illness, blindness and death.

Voir de plus:

Case Closed? Columbus Introduced Syphilis to Europe

Syphilis was one of the first global diseases, and understanding where it came from and how it spread may help us combat diseases today

In 1492, Columbus sailed the ocean blue, but when he returned from ‘cross the seas, did he bring with him a new disease?

New skeletal evidence suggests Columbus and his crew not only introduced the Old World to the New World, but brought back syphilis as well, researchers say.

Syphilis is caused by Treponema pallidum bacteria, and is usually curable nowadays with antibiotics. Untreated, it can damage the heart, brain, eyes and bones; it can also be fatal.

The first known epidemic of syphilis occurred during the Renaissance in 1495. Initially its plague broke out among the army of Charles the VIII after the French king invaded Naples. It then proceeded to devastate Europe, said researcher George Armelagos, a skeletal biologist at Emory University in Atlanta.

« Syphilis has been around for 500 years, » said researcher Molly Zuckerman at Mississippi State University. « People started debating where it came from shortly afterward, and they haven’t stopped since. It was one of the first global diseases, and understanding where it came from and how it spread may help us combat diseases today. »

Stigmatized disease

The fact that syphilis is a stigmatized sexually transmitted disease has added to the controversy over its origins. People often seem to want to blame some other country for it, said researcher Kristin Harper, an evolutionary biologist at Emory. [Top 10 Stigmatized Health Disorders]

Armelagos originally doubted the so-called Columbian theory for syphilis when he first heard about it decades ago. « I laughed at the idea that a small group of sailors brought back this disease that caused this major European epidemic, » he recalled. Critics of the Columbian theory have proposed that syphilis had always bedeviled the Old World but simply had not been set apart from other rotting diseases such as leprosy until 1500 or so.

However, upon further investigation, Armelagos and his colleagues got a shock — all of the available evidence they found supported the Columbian theory, findings they published in 1988. « It was a paradigm shift, » Armelagos says. Then in 2008, genetic analysis by Armelagos and his collaborators of syphilis’s family of bacteria lent further support to the theory.

Still, there have been reports of 50 skeletons from Europe dating back from before Columbus set sail that apparently showed the lesions of chronic syphilis. These seemed to be evidence that syphilis originated in the Old World and that Columbus was not to blame.

Armelagos and his colleagues took a closer look at all the data from these prior reports. They found most of the skeletal material didn’t actually meet at least one of the standard diagnostic criteria for chronic syphilis, such as pitting on the skull, known as caries sicca, and pitting and swelling of the long bones.

In the seafood?

The 16 reports that did meet the criteria for syphilis came from coastal regions where seafood was a large part of the diet. This seafood contains « old carbon » from deep, upwelling ocean waters. As such, they might fall prey to the so-called « marine reservoir effect » that can throw off radiocarbon dating of a skeleton by hundreds or even thousands of years. To adjust for this effect, the researchers figured out the amount of seafood these individuals ate when alive. Since our bodies constantly break down and rebuild our bones, measurements of bone-collagen protein can provide a record of diet.

« Once we adjusted for the marine signature, all of the skeletons that showed definite signs of treponemal disease appeared to be dated to after Columbus returned to Europe, » Harper said, findings detailed in the current Yearbook of Physical Anthropology.

« What it really shows to me is that globalization of disease is not a modern condition, » Armelagos said. « In 1492, you had the transmission of a number of diseases from Europe that decimated Native Americans, and you also had disease from Native Americans to Europe. »

« The lesson we can learn for today from history is that these epidemics are the result of unrest, » Armelagos added. « With syphilis, wars were going on in Europe at the time, and all the turmoil set the stage for the disease. Nowadays, a lot of diseases jump the species barrier due to environmental unrest. »

« The origin of syphilis is a fascinating, compelling question, » Zuckerman said. « The current evidence is pretty definitive, but we shouldn’t close the book and say we’re done with the subject. The great thing about science is constantly being able to understand things in a new light. »

Of all the bedtime-story versions of American history we teach, the tidy Thanksgiving pageant may be the one stuffed with the heaviest serving of myth. This iconic tale is the main course in our nation’s foundation legend, complete with cardboard cutouts of bow-carrying Native American cherubs and pint-size Pilgrims in black hats with buckles. And legend it largely is.

In fact, what had been a New England seasonal holiday became more of a “national” celebration only during the Civil War, with Lincoln’s proclamation calling for “a day of thanksgiving” in 1863.

That fall, Lincoln had precious little to be thankful for. The Union victory at Gettysburg the previous July had come at a dreadful cost – a combined 51,000 estimated casualties, with nearly 8,000 dead. Enraged by draft laws and emancipation, rioters in Northern cities like New York went on bloody rampages. And the president and his wife, Mary, were still mourning the loss of their 11-year-old son, Willie, who had died the year before.

So it might seem odd that Lincoln chose this moment to announce a national day of thanksgiving, to be marked on the last Thursday in November. His Oct. 3, 1863, proclamation read: “In the midst of a civil war of unequaled magnitude and severity … peace has been preserved with all nations, order has been maintained, the laws have been respected and obeyed, and harmony has prevailed everywhere, except in the theater of military conflict.”

But it took another year for the day to really catch hold. In 1864 Lincoln issued a second proclamation, which read, “I do further recommend to my fellow-citizens aforesaid that on that occasion they do reverently humble themselves in the dust.” Around the same time, the heads of Union League clubs – Theodore Roosevelt’s father among them – led an effort to provide a proper Thanksgiving meal, including turkey and mince pies, for Union troops. As the Civil War raged on, four steamers sailed out of New York laden with 400,000 pounds of ham, canned peaches, apples and cakes – and turkeys with all the trimmings. They arrived at Ulysses S. Grant’s headquarters in City Point, Va., then one of the busiest ports in the world, to deliver dinner to the Union’s “gallant soldiers and sailors.”

This Thanksgiving delivery was an unprecedented effort – a huge fund-raising and food-collection drive. One soldier said, “It isn’t the turkey, but the idea we care for.”

The good people of nearby Petersburg, Va., had no turkey. Surrounded and besieged by Grant’s armies since June, they were lucky to eat at all. The local flocks of pigeons had all mysteriously disappeared and “starvation parties” were a form of mordant entertainment in this once cosmopolitan town.

What prompted Lincoln to issue these proclamations – the first two in an unbroken string of presidential Thanksgiving proclamations – is uncertain. He was not the first president to do so. George Washington and James Madison had earlier issued “thanksgiving” proclamations, calling for somber days of prayer. Perhaps Lincoln saw an opportunity to underscore shared American traditions – a theme found in the “mystic chords of memory” stretching from “every patriot grave” in his first inaugural.

Or he may have been responding to the passionate entreaties of Sara Josepha Hale, editor of Godey’s Lady’s Book – the Good Housekeeping of its day. Hale, who contributed to American folkways as the author of “Mary had a Little Lamb,” had been advocating in the magazine for a national day of Thanksgiving since 1837. Even as many states had begun to observe Thanksgiving, she wrote in 1860, “It will no longer be a partial and vacillating commemoration of our gratitude to our Heavenly Father, observed in one section or State, while other portions of our common country do not sympathize in the gratitude and gladness.”

So how did the lore of that Pilgrim repast get connected to Lincoln’s wartime proclamations?

The Plymouth “first Thanksgiving” dates from an October 1621 harvest celebration, an event at which the surviving passengers of the Mayflower – about half of the approximately 100 on board — were able to mark their communal harvest with a shared feast. By the account of the Pilgrim leader Edward Winslow, this event was no simple sit-down dinner, but a three-day revel. “Amongst other recreations,” Winslow wrote, “we exercised our arms, many of the Indians coming amongst us, and among the rest their greatest king Massasoit, with some ninety men, whom for three days we entertained and feasted, and they went out and killed five deer, which we brought to the plantation.”

There is nothing novel or uniquely American — and nothing especially “Pilgrim”– about giving thanks for a successful harvest. Certainly it has been done by people throughout history and surely by earlier Europeans in America as well as Native Americans.

But New Englanders, who had long marked a Founders Day as a celebration of the Pilgrim and Puritan arrivals, began to move across America and took this tradition – and their singular version of history — with them. Essentially a churchgoing day with a meal that followed, the celebration of that legendary feast gradually evolved into the Thanksgiving we know.

Eventually, it was commingled with Lincoln’s first proclamation. During the post-Civil War period, the iconic Thanksgiving meal and the connection to the Pilgrims were cemented in the popular imagination, through artistic renderings of black-cloaked, churchgoing, gun-toting Puritans, a militant, faithful past that most likely rang familiar for many Civil War Americans.

But one crucial piece remained: The elevation of Thanksgiving to a true national holiday, a feat accomplished by Franklin D. Roosevelt. In 1939, with the nation still struggling out of the Great Depression, the traditional Thanksgiving Day fell on the last day of the month – a fifth Thursday. Worried retailers, for whom the holiday had already become the kickoff to the Christmas shopping season, feared this late date. Roosevelt agreed to move his holiday proclamation up one week to the fourth Thursday, thereby extending the critical shopping season.

Some states stuck to the traditional last Thursday date, and other Thanksgiving traditions, such as high school and college football championships, had already been scheduled. This led to Roosevelt critics deriding the earlier date as “Franksgiving.” With 32 states joining Roosevelt’s “Democratic Thanksgiving, ” 16 others stuck with the traditional date, or “Republican Thanksgiving.” After some congressional wrangling, in December 1941, Roosevelt signed the legislation making Thanksgiving a legal holiday on the fourth Thursday in November. And there it has remained.


Kenneth C. Davis is the author of “Don’t Know Much About History” and “America’s Hidden History.” His forthcoming book, “The Hidden History of America At War: Untold Tales from Yorktown to Fallujah,” includes an account of the siege of Petersburg, Va.

Voir par ailleurs:

The Cowardly Incoherence of Name-Changing, Statue-Toppling, and other Iconoclasms

 

 

 

 

A few activists succeed in demonizing Father Serra and removing a mission bell, but progressives still want the names ‘Stanford’ and ‘Yale’ on their résumés.My undergraduate alma mater, UC Santa Cruz, recently agreed to remove a mission bell donated years ago by a local women’s club.

The university ceded to the wishes of one Valentin Lopez. He is the chairman of the Amah Mutsun Tribal Band.

Val brought forth concerns to us about the symbolism of the bell. He spoke of the historical injustices and oppression that the bell represents to the Amah Mutsun and indigenous populations. It was such a compelling statement of impact and I am pleased we have been able to work in partnership with them on the removal. Our students have also given voice to the need to remove the bell.

So said Sarah Latham, vice chancellor for business and administrative services at UCSC.

The triumphant Lopez added, “These bells are deeply painful symbols that celebrate the destruction, domination and erasure of our people. They are constant reminders of the disrespect our tribe faces to this day.” Latham offered no clarification about the definition of “students have also given voice,” in terms of numbers of students or votes. Neither the taxpayers of the state-funded institution nor the alumni were surveyed. Apparently, no one wondered, while considering the list of impediments to the progress of Native Americans, just how high an offending bell at UC Santa Cruz ranks.

About the same time, at San Francisco’s Washington High School, it was announced that an 83-year-old mural chronicling George Washington’s life was slated to be removed, destroyed, or covered up, owing to “accusations of racism.”

Yet the artist, Victor Arnautoff, was a leftist who in 1936 had sought to offer a realistic view of what he thought was a flawed American history. No matter. The school board caved to the objections of one Virginia Marshall, apparent spokesperson for “the Alliance of Black School Educators,” who demanded the removal: “It is a racist mural. My history should not be racist but it is. I came from slaves.”

Apparently thus spoke Zarathustra. And, presto, the board of education then caved, vowing to find the $375,000 to $825,000 to Trotskyize the mural and please Virginia Marshall.

No one meekly suggested that perhaps 20 to 30 annual tutors might be hired for the same sum to address any perceived asymmetries in comparative school achievement. A cynic might add that there are greater challenges to achieving parity for black public-school students than a historic mural. (I would suggest either recalling the school board, providing more vouchers and access to charter schools, or inculcating a new ethos among wealthy progressives that would lead them to enroll their children in inner-city public schools and match their elevated rhetoric with concrete reality.)

These examples of destruction or removal could easily be multiplied. My graduate alma mater and current employer, Stanford University, recently removed the name of Father Junipero Serra from two buildings and a mall on campus. Yet to avoid too much disruption (and perhaps to allay fears of alumni donors), it did not erase all things referencing the now odious Serra from other more recognizable streets and places.

As Stanford put it, describing the deplatformed and defriended Father Serra: As founder of the missions of early California, he was responsible for “harmful and violent impacts of the mission system on Native Americans, including through forced labor, forced living arrangements and corporal punishment.”

Epidemics of iconoclasm (from the Greek “breaking of icons”) erupt often throughout history, usually but not always in a religious context. And is not political correctness our era’s version of religion?

In our own time, we remember the Taliban’s recent destruction of the monumental sixth-century “Buddhas of Bamiyan” statues in Afghanistan, or the torching of priceless manuscripts in Timbuktu by Mali Islamists. The arguments for such destruction were not unfamiliar to American leftists and identity-politics activists: Such icons were hurtful to particular marginalized groups and an affront to their dignity and therefore must vanish.

The destruction of pictures, books, statues, and icons occurred periodically during Byzantine, Catholic, and Protestant church history, and was usually marked spurts of religious fanaticism, intolerance, and fear. Indeed, in early Byzantine history, iconoclasm was in part driven by frontier Christian towns, terrified that Constantinople’s use of ubiquitous symbols of Christ and Church fathers might provoke their neighboring Muslim adversaries into violence. We forget the role of fear and cowardice in iconoclasm, ancient and modern.

Politics of the day of course often determined who or what was defaced or destroyed. Yesterday’s deified Roman emperor was today’s persona non grata. Recently deceased Roman grandees suffered damnatio memoriae (damnation of memory) and so, Soviet-style, had their faces erased from stone imagery — albeit sometimes bodies were left intact as a money-saving gesture, in perhaps history’s first example of the efficacy of interchangeable parts.

French revolutionaries, like our modern iconoclasts who topple statues of Confederate soldiers in the night, often went wild destroying monuments, portraits, and names affiliated with the Ancien Régime and the Catholic Church. Like frontier posses who stormed jails to lynch detained suspects, such gangs often relied on numbers and darkness.

When I lived in Greece, it became a parlor game in my Athenian neighborhood to count how many time nocturnal political vandals would chop off the bronze head of the Harry Truman statue. His apparent sins at that time were that, years earlier, he had funneled American money to war-torn impoverished Greece and thus curtained its chance of enjoying the benefits of Soviet Communism with its Balkan neighbors of the era. Since then, poor twelve-foot bronze Harry has been guillotined, graffitied, painted, bombed, and toppled, according to the current anti-American gripe of the day.

So iconoclasm of the past and our current social-justice statue-topplers, aggrieved name-changers, and angry image-removers are often predictable. Here are a few of the rules of their ancient and modern wars on the past.

Undemocratic

The agitators are never democratic and rarely act with any popular mandate or consensus. UC Santa Cruz did not hold a referendum to see whether Valentin Lopez enjoyed majority student, much less community, support. Many in the Latino community, as traditional Catholics, might hold a more balanced view of Father Serra, given the crowds of present-day tourists and worshipers who daily frequent the California missions. That demographic fact may be why an otherwise hyper-political and often unhinged California state government apparently does not dare rename, remodel, or close down the touristy missions.

Instead, in most cases, bureaucrats simply react to the loudest and most bothersome agitation. Their assumption is that political activists can easily smear their résumés, while the silent majority of citizens is mostly too busy to object and will not rally en masse to their sobriety.

Bureaucratic and Careerist

When the wild demands of a few are made to destroy this or rename that, the race is on among administrators, bureaucrats, and careerist state officials to appease rapidly, and in the most unctuous fashion, usually by employing bureaucratese such as “harmful” and “hurtful” and “impacts” — without any real research into the complexities of the history in question, which so often is paradoxically tragic rather than simplistically melodramatic. Anyone who has served on a dean or provost’s search committee will be familiar with the embarrassing boilerplate letter from the applicant that references his past progressive dexterity in caving to such demands, the more obsequiously the better for future advancement.

Opportunistic and Selective

Rarely do the revisionists who wage war on history offer any rational and systematic agenda for their otherwise spontaneous tantrums. Father Serra is a demon because his views of civilization included transforming California from a sparsely populated land of impoverished native peoples into a Catholic outpost of the Spanish Empire, to be supposedly enriched by faith, commerce, agriculture, communications, and literacy — an agenda that included coercive beating and cultural transformation.

But is Father Serra a Hitlerian figure to his contemporary enemies or just a nuisance? Translated, does that mean Lopez is satisfied that he gets credit for removing one obscure bell at UC Santa Cruz, when there are still hundreds of such iconic bells dotting the ancient El Camino Real that joined the missions? Would he be willing to take on much of the working classes of the California Latino community who may feel that Serra’s legacy enhances their religious heritage and whose anachronistic ideas of “progress,” mutatis mutandis, nonetheless helped make California the sort of place that was preferable to, say, Oaxaca and thus worth risking one’s life to cross the border to reach?

Stanford justifies its selective Father Serra name-changing by citing the “violent impacts” of his “forced labor, forced living arrangements and corporal punishment.”

How rich the vocabulary, given that many social reformers of the last 150 years have targeted Leland Stanford himself — maligned as the “robber baron” and “Big Four” schemer, founder and donor of Leland Stanford Jr. University — with precisely that allegation. The usual writ is that Stanford brutally imported Asian laborers as construction workers in his vast railroad archipelago. He wrote freely about their racial inferiority, and he exploited them mercilessly as he built a vast fortune, much of it central to founding the university that now bears both his son’s and, by extension, his own family name.

When I was a graduate student in 1975, undergraduates (at least then far less hypocritical than their contemporary descendants) voted to rename their own university mascot from “Indians” to “Robber Barons,” a plebiscite whose results were quickly nullified by administrators.

In the pantheon of race, class, and gender villains, many historians might rank Stanford as a Serra coequal who justified his civilizing mission in terms of breaking eggs to make an omelet.

To be consistent, Stanford University might at least decide whether or not Serra nomenclature is toxic, rather than selectively blotting out a rarer Serra reference here and there on the theory that students will be pacified by a morsel of politically correct iconoclasm while gift-giving alums might go ballistic at a politically correct feast. Certainly, Stanfordites would not welcome any name change of their beloved Junipero Serra Boulevard that runs through campus; otherwise, it logically might be the best virtue-signaled target of Stanford political correctness.

Note that the university is no more likely to change the name of Stanford to something like Amah Mutsun University to rectify the theft of indigenous peoples’ lands than Yale University is willing to give up the names of its slave-owning founders. The selective outrage is not just because old white Neanderthal alumni love going to Yale or Stanford iconic football games, but rather because tens of thousands of woke nonwhite students and alumni are proud of their tony “Yale” and “Stanford” diplomas. They are not about to destroy their career investments in such a brand name on the altar of systematic and coherent politically correct name-changing.

Left-Wing

The new iconoclasm is almost as exclusively progressive in the West as it is reactionary in the contemporary Muslim world. But the common thread, past and present, East and West, to epidemics of name-changing, statue-smashing, and mural-erasing is political opportunism fueled by fear and careerist anxiety.

Certainly — in the age of #MeToo and heightened awareness of the lifelong damage to women from rape, sexual harassment, and asymmetrical sexual relationships fueled by an imbalance of power — no one is suggesting that thousands of local and state boulevards that were renamed Martin Luther King Jr. in the 1970s should now retransition, given recent disturbing revelations that King might have allowed a rape to occur in his presence, was a serial philanderer, and often, under today’s definitions, pressured sex from younger and more vulnerable females.

No one would dare suggest that feminist icon Margaret Sanger’s name be removed from awards, dinners, or monuments, given that by any modern standard she would be classified as a racist eugenicist. She saw abortion on demand, at least partly, as a way of limiting the growth of perceived nonwhite populations. The disproportionate number of African Americans aborted through the agency of Sanger’s legacy, Planned Parenthood, seems a logical consequence of her founding ideology.

In my hometown, I certainly have not demanded that the city council remove what I see as a somewhat offensive statue of the Aztec goddess Coatlicue. She is usually portrayed as a hideous clawed mother goddess, decked out in writhing serpents, with a grotesque necklace of dangling human hearts, skulls, and hands. She was an unforgiving goddess for whom tens of thousands of innocent men, women, and especially children, many of them indigenous peoples enslaved by the Aztecs, were sacrificed. Why honor such a monster?

In such a vein, one could argue that the San Diego State “Aztecs” glorify triumphalist imperialist mass murderers, even more than the supposedly offensively named Washington Redskins do. Immigrants from Oaxaca and southern Mexico are as likely to be descendants from Tlaxcala, which resisted the Aztec Empire, as they are descendants of the Aztecs themselves. So they could be the progeny of people targeted for extinction and human sacrifice by a neighboring fascist imperialist bully.

The truth is that once the statue-smasher and name-changer gets a free hand, we should expect no logic, no respite from zealotry and bigotry. He operates from emotion, not reason, and his currency is intimidation, not persuasion, consistency, and coherence — when no official is willing to just say “No!” Taking down a mural of George Washington makes about as much sense as erasing all the thousands of streets and statues named for Caesar Chavez, who at times operated hand in glove with a nightmarish Synanon cult to denigrate his own members (“Every time we look at them, they want more money,” Chavez said in 1977, complaining about farm workers. “Like pigs, you know. Here we’re slaving, and we’re starving and the goddamn workers don’t give a shit about anything.”) 

Chavez sent his union goons down to the border to beat up, intimidate, and force back illegal aliens whom he derided as scab laborers dangerous to the unionizing efforts of his familial union empire. Pressed on his derogatory use of “illegals” and treatment of the undocumented, he scoffed, “No, a spade’s a spade. You guys get these hang-ups. Goddamn it, how do we build a union? They’re wets, you know. They’re wets, and let’s go after them.” In comparison, Father Serra might seem to some benign.

The insanity that we are witnessing has little or nothing to do with icons that institutionalize disparities or impede social justice. Iconoclasm is about power — and the psychological lift that comes with exercising it.


Etats-Unis/Crise migratoire: Quel déni démocrate ? (Déjà vu: Did the Democrats learn anything from 2016 ?)

30 juin, 2019

Image may contain: one or more people, crowd, meme and outdoor, text that says 'HERE IS THE LINE TO GET INTO TRUMP'S "CONCENTRATION CAMPS"'Image may contain: 5 people, textPolitical Cartoons by Steve Kelley (Jul. 1, 2019)

Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Jésus (Matthieu 12 : 43-45)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rend de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Notre message est sans équivoque: n’envoyez pas vos enfants seuls, sur des trains ou par des passeurs. S’ils réussissent à arriver ici, ils seront renvoyés. Mais surtout, ils risquent de ne pas arriver. Barack Obama (09/07/2014)
La Maison-Blanche a demandé mardi au Congrès américain le déblocage en urgence de 3,7 milliards de dollars pour faire face à l’entrée illégale de dizaines de milliers d’enfants. Le président américain reconnaît lui-même que son pays fait face à «une situation humanitaire d’urgence». Barack Obama a demandé formellement au Congrès mardi de débloquer 3,7 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros) pour répondre à l’afflux croissant d’enfants clandestins à la frontière avec le Mexique. L’objectif: augmenter les capacités d’accueil des sans-papiers et le nombre de juges gérant leurs dossiers, renforcer la surveillance de la frontière… mais surtout améliorer les conditions de détention de ces enfants arrêtés à la frontière après avoir tenté la traversée du Rio Grande au péril de leur vie. «Sans crédits supplémentaires, à moins de prendre des mesures extraordinaires, les agences ne disposeront pas des ressources suffisantes pour répondre à la situation de façon appropriée», a insisté la Maison-Blanche. Car sur le terrain, les besoins sont colossaux. Depuis le mois d’octobre, pas moins de 52.000 sans-papiers mineurs venus seuls, surtout d’Amérique centrale (Guatemala, Honduras, Salvador), ont été interpellés à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Sans compter les milliers d’autres arrêtés en compagnie de leurs proches. Le phénomène est loin d’être nouveau, mais les chiffres ont doublé par rapport à l’an dernier. Au total, plus de 90.000 enfants pourraient être interpellés cette année, soit 15 fois plus qu’en 2011, selon une note officielle. Ces enfants, parfois âgés de 3 ou 4 ans seulement, arrivent affamés, déshydratés, après un périple de plusieurs milliers de kilomètres. Ils se retrouvent dans «des conditions terribles», «n’ont pas de lit et dorment par terre», déplore auprès de l’AFP Domingo Gonzalo, membre de l’association Campaña Fronteriza qui oeuvre au Texas. La Croix-Rouge américaine a même dû venir en aide aux autorités en fournissant des couvertures et des kits d’hygiène pour les jeunes détenus, tandis que des bases militaires sont transformées en centres d’accueil d’urgence, en Californie ou au Texas. Parmi ces mineurs, beaucoup fuient la pauvreté, la violence liée au narcotrafic de leur pays. (…) Mais s’ils affluent à la frontière américaine, c’est que beaucoup disent être venus profiter d’une «nouvelle» loi qui leur donnerait des «permisos», des permis de séjour pour mineurs, une rumeur qui se répand depuis des mois dans ces pays d’Amérique centrale, à en croire des migrants interrogés par le New York Times. Rumeur alimentée par les passeurs qui profitent de ce trafic. Pour les républicains toutefois, le principal responsable de cet afflux massif s’appelle Barack Obama: avec son message pro-immigration, il a selon eux donné des espoirs aux jeunes clandestins. La reforme que défend le président prévoit en effet de faciliter un peu l’accès à la nationalité pour les enfants sans-papiers, contre un renforcement du contrôle de la frontière mexicaine. «Apparemment, on se passe le mot qu’une fois appréhendé par les agents à la frontière, grâce au laxisme de cette administration, on ne sera jamais expulsé», accuse ainsi le représentant républicain Bob Goodlatte. Le gouverneur du Texas Rick Perry estime que cette «crise humanitaire» menace la sécurité intérieure du pays. «La bonne décision est de mon point de vue d’expulser immédiatement» ces enfants. Comme l’a rappelé sur CNN un élu démocrate du Texas, Henry Cuellar, «si vous êtes Mexicain, vous êtes renvoyés (…) mais si vous venez d’un pays qui n’est pas frontalier avec les Etats-Unis comme les pays d’Amérique centrale, alors la loi dit que vous devez être pris en charge par les services fédéraux de la Santé et qu’ils vont vous placer» dans un centre d’accueil ou une famille. Or pour le républicain Rick Perry, «leur permettre de rester ne fera qu’encourager le prochain groupe à entreprendre ce très dangereux voyage». (…) Les démocrates rappellent aussi que leur plan prévoyait la construction de centaines de kilomètres de nouvelles barrières frontalières et le renforcement du nombre de policiers. Visiblement dépassée par l’ampleur du phénomène, l’administration Obama répète que la plupart de ces enfants clandestins ne seront pas autorisés à rester dans le pays. Le président s’est même adressé aux parents d’Amérique centrale le mois dernier dans une interview télévisée: «Notre message est sans équivoque: n’envoyez pas vos enfants seuls, sur des trains ou par des passeurs», a-t-il déclaré sur la chaîne américaine ABC. «S’ils réussissent à arriver ici, ils seront renvoyés. Mais surtout, ils risquent de ne pas arriver». Malgré ses efforts, des centaines de mineurs clandestins continuent de gagner la frontière chaque jour. Le Figaro (09/07/2014)
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. (…) Devant l’actuel terrorisme islamiste, il conviendrait de s’interroger sur la manière dont a été exporté un modèle de démocratie trop occidentale dans des pays où il y avait un pouvoir fort, comme en Irak. Ou en Libye, à la structure tribale. On ne peut avancer sans tenir compte de cette culture.  (…) Sur le fond, la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible. Je viens d’un pays où ils cohabitent en bonne familiarité. (…) En Centrafrique, avant la guerre, chrétiens et musulmans vivaient ensemble et doivent le réapprendre aujourd’hui. Le Liban aussi montre que c’est possible. Pape François
It is what our country is, it is a country of immigrants. We have not recently done a very good job of remembering who we are. My family were treated terribly and were not accepted and America learned to accept all these ideas. Being here talking with you is important to remind them of who we are and who we have always been which is you. You forget that these are people who didn’t just leave their country for no reason at all. These are people who left because a terrible tragedy. We always look around at the end of these tragedies and say if we knew, we would have done something and the reality is, of course we know. What is shocking to me is not that it happened but its continuing to happen for five years. It’s actually easy to dismiss giant numbers but it’s very hard to dismiss a young child sitting on the ground crying as her mother said, ‘If we die. I rather we die by a bullet because it would be quicker.’ George Clooney
When he became president he expressed America first. That is wrong; When I saw pictures of some of those young children, I was sad. America… should take a global responsibility. [But] European countries should take these refugees and give them education and training, and the aim is return to their own land with certain skills. (…) A limited number is OK, but the whole of Europe [will] eventually become Muslim country, African country – impossible. Dalai Lama
Je me qualifie de droite nationale, souverainiste, populaire, conservatrice. Le conservatisme tel que je l’entends et tel que l’entend François-Xavier Bellamy, et dans lequel peuvent se retrouver beaucoup de Français, est une sorte de disposition d’esprit qui consiste à vouloir conserver des héritages séculaires. Marion Maréchal
La scène est impressionnante. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le commissariat de Val-de-Reuil-Louviers (Eure), au sud de Rouen, a été pris d’assaut par une bande de jeunes. Aux alentours de deux heures du matin, une quinzaine d’individus cagoulés ont attaqué l’établissement en lançant des projectiles en nombre, tirant également des mortiers, selon les rapports de police, consultés par Le Figaro. Sur les images de vidéosurveillance que nous avons pu consulter, on aperçoit deux agents de garde tenter de contenir les tirs des assaillants à l’aide de boucliers. En chemisette, les fonctionnaires ne semblent pas du tout préparés à un tel assaut. Des fumigènes, des «éléments pyrotechniques» de toutes les couleurs ainsi que des pavés sont jetés sur les policiers. Lors de l’assaut, plusieurs d’entre eux ont crié «Allah Akbar», d’autres insultant les forces de l’ordre. Les individus semblent déterminés à pénétrer dans le commissariat. Leurs attaques durent pendant environ une demie heure, à la fois contre les fonctionnaires et le bâtiment. Ceux-ci répliquent à l’aide de gaz lacrymogènes, avant que des policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) et de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) n’arrivent en renfort. Vers 2 heures 30, le calme est finalement revenu. Si aucun agent n’a été blessé, quelques dégâts matériels ont été constatés: trois vitres ont été touchées, un véhicule endommagé. Selon les premières investigations, les auteurs des faits sont des jeunes âgés de 15-20 ans. Lors de l’assaut, plusieurs d’entre eux ont crié «Allah Akbar», d’autres insultant les forces de l’ordre. «Bande d’enculés de Français», «Venez sortez on va vous cramer», ont scandé les suspects, cagoulés mais pas gantés, qui se sont enfuis à l’arrivée des renforts. Sur les lieux, les restes de 115 projectiles ont été retrouvés. L’attaque a suscité une vague de colère dans la profession. Dans un communiqué publié vendredi, le syndicat Alliance a dénoncé un assaut d’une «violence inouïe». Évoquant des «policiers à bout, au bord de la rupture», le syndicat s’inquiète de la situation de «souffrance» de ce commissariat de l’Eure, en manque d’effectifs et de moyens. D’après une source syndicale, contactée par Le Figaro, le même bâtiment avait été la cible d’une offensive du même type en juillet 2018. Le Figaro
Nobody would have the balls today to write ‘The Satanic Verses’, let alone publish it. Writing is now timid because writers are now terrified. Hanif Kureishi
What we are talking about here is not a system of formal censorship, under which the state bans works deemed offensive. Rather, what has developed is a culture of self-censorship in which the giving of offence has come to be seen as morally unacceptable. In the 20 years since the publication of The Satanic Verses the fatwa has effectively become internalised. Kenan Malik (2008)
It was after Rushdie’s The Satanic Verses that many Western publishing houses began bowing to Islamist intimidation. Christian Bourgois, a French publishing house that had bought the rights, refused to publish The Satanic Verses. It was the first time that, in the name of Islam, a writer was condemned to disappear from the face of the earth — to be murdered for a bounty. Rushdie is still with us, but the murder in 2004 of Theo van Gogh for producing and directing a film, « Submission », about Islamic violence toward women; the death of so many Arab-Islamic intellectuals guilty of writing freely, the Danish cartoon riots and the many trials (for instance, here and here) and attempted murders (such as here and here), the slaughter at the French satirical magazine Charlie Hebdo, the attacks after Pope’s Benedict speech in Regensburg, the books and scripts cancelled, the depictions of Muhammad closeted in the warehouses of museums, and the increasing threats and punishments, including flogging, to countless journalists and writers such as Saudi Arabia’s Raif Badawi, should alarm us — not bring us to our knees. As the Saatchi Gallery’s capitulation shows, freedom of speech in Europe is now exhausted and weak. So far, we have caved in to Islamic extremists and Western appeasers. It is the tragic lesson of the Rushdie case 30 years later: no author would dare to write The Satanic Verses today; no large publishing house such as Penguin would print it; media attacks against « Islamophobes » would be even stronger, as would the bottomless betrayal of Western diplomats. Also today, thanks to social media as a weapon of censorship and implicit mass threats, any author would probably be less fortunate than Rushdie was 30 years ago. Since that time, we have made no progress. Instead, we have been seeing the jihad against The Satanic Verses over and over again. The Rushdie affair also seems to have deeply shaped British society. The Saatchi Gallery’s surrender in London is not unique. The Tate Britain gallery shelved a sculpture, « God is Great », by John Latham, of the Koran, Bible and Talmud embedded in glass. Christopher Marlowe’s « Tamburlaine the Great » was censored at the Barbican Centre. The play included a reference to the Prophet of Islam being « not worthy to be worshipped » as well as a scene in which the Koran is burned. The Whitechapel Art Gallery in London purged an exhibit containing nude dolls which could possibly have upset the Muslim population. At the Mall Galleries in London, a painting, « ISIS Threaten Sylvania », by the artist Mimsy, was censored for showing toy stuffed-animal terrorists about to massacre toy stuffed-animals having a picnic. At the Royal Court Theatre in London, Richard Bean was forced to censor himself for an adaptation of « Lysistrata », the Greek comedy in which the women go on a sex strike to stop the men who wanted to go to war. In Bean’s version, Islamic virgins go on strike to stop terrorist suicide bombers. Unfortunately, in the name of fighting « Islamophobia », the British establishment now appears to be submitting to creeping sharia: and purging and censoring speech on its own. Recently, some major conservative intellectuals have been sacked in the UK. One is the peerless philosopher Roger Scruton, who was fired from a governmental committee for saying that the word « Islamophobia » has been invented by the Muslim Brotherhood « to stop discussion of a major issue ». Then it was the turn of the great Canadian psychologist Jordan Peterson, whose visiting fellowship at Cambridge University was rescinded for posing with a man wearing an « I’m a proud Islamophobe » T-shirt. Professor Peterson later said that the word « Islamophobia » has been « partly constructed by people engaging in Islamic extremism, to ensure that Islam isn’t criticised as a structure ». The instances of Scruton and Peterson only confirm the real meaning of « Islamophobia », a word invented to silence any criticism of Islam by anyone, or as Salman Rushdie commented, a word « created to help the blind remain blind ». Where is the long-overdue push-back? Writing in 2008, The Telegraph’s Tim Walker quoted the famous playwright Simon Gray saying that Nicholas Hytner, director of London’s National Theatre from 2003-2015, « has been happy to offend Christians, » but « is wary of putting on anything which could upset Muslims. » The last people who did so were the journalists of the French satirical magazine Charlie Hebdo. They paid with their lives. By refusing to confront the speech police, or to support freedom of expression for Salman Rushdie, Roger Scruton, Jordan Peterson, Charlie Hebdo and Jyllands-Posten — just the tip of a huge iceberg — we have started down the road of submission to sharia law and to tyranny. We all have been covering up our supposedly « blasphemous » culture with burqas to avoid offending people who do not seem to mind offending us. Giulio Meotti (Il Foglio)
We have what I would call a concentration camp system and the definition of that in my book is, mass detention of civilians without trial. There’s this crystallization that happens. The longer they’re there, the worse conditions get. That’s just a universal of camps. They’re overcrowded. We already know from reports that they don’t have enough beds for the numbers that they have. As you see mental health crises and contagious diseases begin to set in, they’ll work to manage the worst of it. [But] then there will be the ability to tag these people as diseased, even if we created [those conditions]. Then we, by creating the camps, try to turn that population into the false image that we [used] to put them in the camps to start with. Over time, the camps will turn those people into what Trump was already saying they are. « What those camps had in common with what’s going on today is they involved the wholesale detention of families, separate or together, » Pitzer says. « There was very little in the way of targeted violence. Instead, people died from poor planning, overloaded facilities and unwillingness to reverse policy, even when it became apparent the policy wasn’t working, inability to get medical care to detainees, poor food quality, contagious diseases, showing up in an environment where it became almost impossible to get control of them. The point is that you don’t have to intend to kill everybody. When people hear the phrase ‘Oh, there’s concentration camps on the southern border,’ they think, ‘Oh, it’s not Auschwitz.’ Of course, it’s not those things, each camp system is different. But you don’t have to intend to kill everyone to have really bad outcomes. In Cuba, well over 100,000 civilians died in these camps in just a period of a couple years. In Southern Africa during the Boer War, fatalities went into the tens of thousands. And the overwhelming majority of them were children. Fatalities in the camps ended up being more than twice the combat fatalities from the war itself. There’s usually this crisis period that a camp system either survives or doesn’t survive in the first three or four years. If it goes past that length of time, they tend to continue for a really long time. And I think we have entered that crisis period. I don’t yet know if we’re out of it. Unless there’s some really decisive turn away, we’re going to be looking at having these camps for a long time. It’s particularly hard to engineer a decisive turn because these facilities are often remote, and hard to protest. They are not top-of-mind for most citizens, with plenty of other issues on the table. When Trump first instituted the Muslim Ban—now considered, in its third iteration, to be Definitely Not a Muslim Ban by the Supreme Court—there were mass demonstrations at U.S. airports because they were readily accessible by concerned citizens. These camps are not so easily reached, and that’s a problem. We have border patrol agents that are sometimes arresting U.S. citizens. That’s still very much a fringe activity. That doesn’t seem to be a dedicated priority right now, but it’s happening often enough. And they’re held, sometimes, for three or four days. Even when there are clear reasons that people should be let go, that they have proof of their identity, you’re seeing these detentions. You do start to worry about people who have legally immigrated and have finished paperwork, and maybe are naturalized. You worry about green-card holders. Let’s say there’s 20 hurdles that we have to get over before we get to someplace really, really, really bad. I think we’ve knocked 10 of them down. Andrea Pitzer (journalist)
What’s required is a little bit of demystification of it. Things can be concentration camps without being Dachau or Auschwitz. Concentration camps in general have always been designed—at the most basic level—to separate one group of people from another group. Usually, because the majority group, or the creators of the camp, deem the people they’re putting in it to be dangerous or undesirable in some way. At one point, [the administration] said that they were intentionally trying to split up families and make conditions unpleasant, so the people wouldn’t come to the U.S. If you’re doing that, then that’s not a prison. That’s not a holding area or a waiting area. That’s a policy. I would argue, at least in the way that [the camps are] being used now, a significant portion of the mentality is [tied to] who the [detainees] are rather than what they did. If these were Canadians flooding across the border, would they be treated in the same manner as the people from Mexico and from Central and South America? If the answer is yes, theoretically, then I would consider these places to be perhaps better described as transit camps or prison camps. But I suspect that’s not how they’d be treated, which then makes it much more about who the people are that you’re detaining, rather than what they did. The Canadian would have crossed the border just as illegally as the Mexican, but my suspicion is, would be treated in a different way. It’s a negative trajectory in at least two ways. One, I feel like these policies can snowball. We’ve already seen unintended consequences. If we follow the thread of the children, for example, the government wanted to make things more annoying, more painful. So they decided, We’re going to separate the children from the families. But there was no infrastructure in place for that. You already have a scenario where even if you have the best intentions, the infrastructure doesn’t exist to support it. That’s a consequence of policy that hasn’t been thought through. As you see the population begin to massively increase over time, you do start to see conditions diminishing. The second piece is that the longer you establish this sort of extralegal, extrajudicial, somewhat-invisible no-man’s land, the more you allow potentially a culture of abuse to develop within that place. Because the people who tend to become more violent, more prejudiced, whatever, have more and more free rein for that to become sort of the accepted behavior. Then, that also becomes a new norm that can spread throughout the system. There is sort of an escalation of individual initiative in violence. As it becomes clear that that is acceptable, then you have a self-fulfilling prophecy or a positive feedback loop that just keeps radicalizing the treatment as the policy itself becomes radicalizing. Waitman Wade Beorn (University of Virginia)
In the origins of the camps, it’s tied to the idea of martial law. I mean, all four of the early instances—Americans in the Philippines, Spanish in Cuba, and British in South Africa, and Germans in Southwest Africa—they’re all essentially overriding any sense of rights of the civilian population. And the idea is that you’re able to suspend normal law because it’s a war situation. It’s important here to look at the language that people are using. As soon as you get people comparing other groups to animals or insects, or using language about advancing hordes, and we’re being overrun and flooded and this sort of thing, it’s creating the sense of this enormous threat. And that makes it much easier to sell to people on the idea we’ve got to do something drastic to control this population which going to destroy us. « Unless there’s some really decisive turn away, we’re going to be looking at having these camps for a long time, » Pitzer says. It’s particularly hard to engineer a decisive turn because these facilities are often remote, and hard to protest. They are not top-of-mind for most citizens, with plenty of other issues on the table. When Trump first instituted the Muslim Ban—now considered, in its third iteration, to be Definitely Not a Muslim Ban by the Supreme Court—there were mass demonstrations at U.S. airports because they were readily accessible by concerned citizens. These camps are not so easily reached, and that’s a problem. The more authoritarian the regime is, and the more people allow governments to get away with doing this sort of thing politically, the worse the conditions are likely to get. So, a lot of it depends on how much pushback there is. But when you get a totally authoritarian regime like Stalin’s regime in the Soviet Union, there’s no control, or no countervailing force, the state can do what it likes, and certainly things will then tend to break down. It’s more of a political question, really. Are people prepared to tolerate the deteriorating conditions? And if public opinion isn’t effective in a liberal democratic situation, things can still get pretty bad. Jonathan Hyslop (Colgate University)
The United States is running concentration camps on our southern border, and that is exactly what they are. They are concentration camps, and if that doesn’t bother you . . . I want to talk to the people that are concerned enough with humanity to say that we should not ⁠— that ‘never again’ means something. And that the fact that concentration camps are now an institutionalized practice in the ‘Home of the Free’ is extraordinarily disturbing, and we need to do something about it. This week, children ⁠— immigrant children ⁠— were moved to the same internment camps where the Japanese were held in the early ⁠— in the earlier 20th century . . . This is not just about the immigrant communities being held in concentration camps being a crisis. This is a crisis for ourselves. This is a crisis on ⁠— if America will remain America in its actual principles and values or if we are losing to an authoritarian and fascist presidency. I don’t use those words lightly. I don’t use those words to just throw bombs. I use that word because that is what an administration that creates concentration camps is. A presidency that creates concentration camps is fascist, and it’s very difficult to say that. Alexandria Ocasio Cortez
This administration has established concentration camps on the southern border of the United States for immigrants, where they are being brutalized with dehumanizing conditions and dying. And for the shrieking Republicans who don’t know the difference: concentration camps are not the same as death camps. Concentration camps are considered by experts as ‘the mass detention of civilians without trial. And that’s exactly what this administration is doing. Alexandria Ocasio Cortez
Cette administration a installé des camps de concentration à la frontière sud des États-Unis pour les immigrés, où ils sont brutalisés dans des conditions inhumaines et où ils meurent. Il ne s’agit pas d’une exagération. C’est la conclusion de l’analyse d’experts. Et à tous les républicains geignards qui ne connaissent pas la différence : les camps de concentration et les camps de la mort ne sont pas la même chose. Les camps de concentration sont considérés par les experts comme les lieux “de détention de masse de civils sans procès”  et c’est exactement ce que ce gouvernement fait. Alexandria Ocasio Cortez
Whether we call them concentration camps, mass detention centers or cages for children, they are a moral abomination. The real question is not what we call these mass detention sites growing all over the country, the question is: What is every government official and citizen doing to stop this evil? Our government is scapegoating, demonizing and terrorizing immigrants. These policies echo the worst of Jewish history and the worst of American history. Anyone distracting from these clear facts with manufactured outrage is subverting Jewish history and trauma, and that is shameful. Jewish Americans overwhelmingly reject the hateful, anti-immigrant policies being perpetrated by the very people pretending to be offended on our behalf. Stosh Cotler (Bend the Arc: Jewish Action)
As [a] historian of fascism & [the] Holocaust, I would also call these centers concentration camps. As a Jewish person who lost family in [the] Holocaust, I regret that some Republicans use memory of the Holocaust to defend racist policies of Trumpism. Federico Finchelstein (The New school)
I know what concentration camps are. I was inside two of them, in America. And yes, we are operating such camps again. George Takei
This nation has a long and tragic history of separating children from their parents, ever since the days of slavery. We must end this practice. It is barbaric. George Takei
On Monday, New York Congresswoman Alexandria Ocasio-Cortez referred to US border detention facilities as “concentration camps,” spurring a backlash in which critics accused her of demeaning the memory of those who died in the Holocaust. Debates raged over a label for what is happening along the southern border and grew louder as the week rolled on. But even this back-and-forth over naming the camps has been a recurrent feature in the mass detention of civilians ever since its inception, a history that long predates the Holocaust. At the heart of such policy is a question: What does a country owe desperate people whom it does not consider to be its citizens? The twentieth century posed this question to the world just as the shadow of global conflict threatened for the second time in less than three decades. The dominant response was silence, and the doctrine of absolute national sovereignty meant that what a state did to people under its control, within its borders, was nobody else’s business. After the harrowing toll of the Holocaust with the murder of millions, the world revisited its answer, deciding that perhaps something was owed to those in mortal danger. From the Fourth Geneva Convention protecting civilians in 1949 to the 1989 Convention on the Rights of the Child, the international community established humanitarian obligations toward the most vulnerable that apply, at least in theory, to all nations. The twenty-first century is unraveling that response. Countries are rejecting existing obligations and meeting asylum seekers with walls and fences, from detainees fleeing persecution who were sent by Australia to third-party detention in the brutal offshore camps of Manus and Nauru to razor-wire barriers blocking Syrian refugees from entering Hungary. While some nations, such as Germany, wrestle with how to integrate refugees into their labor force—more and more have become resistant to letting them in at all. The latest location of this unwinding is along the southern border of the United States. So far, American citizens have gotten only glimpses of the conditions in the border camps that have been opened in their name. In the month of May, Customs and Border Protection reported a total of 132,887 migrants who were apprehended or turned themselves in between ports of entry along the southwest border, an increase of 34 percent from April alone. Upon apprehension, these migrants are temporarily detained by Border Patrol, and once their claims are processed, they are either released or handed over to ICE for longer-term detention. Yet Border Patrol itself is currently holding about 15,000 people, nearly four times what government officials consider to be this enforcement arm’s detention capacity. On June 12, the Department of Health and Human Services announced that Fort Sill, an Army post that hosted a World War II internment camp for detainees of Japanese descent, will now be repurposed to detain migrant children. In total, HHS reports that it is currently holding some 12,000 minors. Current law limits detention of minors to twenty days, though Senator Lindsey Graham has proposed expanding the court-ordered limit to 100 days. Since the post is on federal land, it will be exempt from state child welfare inspections. In addition to the total of detainees held by Border Patrol, an even higher number is detained at centers around the country by the Immigration and Customs Enforcement agency: on a typical day at the beginning of this month, ICE was detaining more than 52,500 migrants. The family separation policy outraged the public in the 2018, but despite legal challenges, it never fully ended. Less publicized have been the deaths of twenty-four adults in ICE custody since the beginning of the Trump administration; in addition, six children between the ages of two and sixteen have died in federal custody over the last several months. It’s not clear whether there have been other deaths that have gone unreported. (…) Even with incomplete information about what’s happening along the border today and what the government plans for these camps, history points to some conclusions about their future. Mass detention without trial earned a new name and a specific identity at the end of the nineteenth century. The labels then adopted for the practice were “reconcentración” and “concentration camps”—places of forced relocation of civilians into detention on the basis of group identity. Other kinds of group detention had appeared much earlier in North American history. The US government drove Native Americans from their homelands into prescribed exile, with death and detention in transit camps along the way. Some Spanish mission systems in the Americas had accomplished similar ends by seizing land and pressing indigenous people into forced labor. During the 245 years when slavery was legal in the US, detention was one of its essential features. Concentration camps, however, don’t typically result from the theft of land, as happened with Native Americans, or owning human beings in a system of forced labor, as in the slave trade. Exile, theft, and forced labor can come later, but in the beginning, detention itself is usually the point of concentration camps. By the end of the nineteenth century, the mass production of barbed wire and machines guns made this kind of detention possible and practical in ways it never had been before. (…) These early experiments with concentration camps took place on the periphery of imperial power, but accounts of them nevertheless made their way into newspapers and reports in many nations. As a result, the very idea of them came to be seen as barbaric. By the end of the first decade of the twentieth century, the first camp systems had all been closed, and concentration camps had nearly vanished as an institution. Within months of the outbreak of World War I, though, they would be resurrected—this time rising not at the margins but in the centers of power. Between 1914 and 1918, camps were constructed on an unprecedented scale across six continents. In their time, these camps were commonly called concentration camps, though today they are often referred to by the more anodyne term “internment.” Those World War I detainees were, for the most part, foreigners—or, in legalese, aliens—and recent anti-immigration legislation in several countries had deliberately limited their rights. (…) Local camps appeared in Tulsa, Oklahoma, in 1921, after a white mob burned down a black neighborhood and detained African-American survivors. In Bolshevik Russia, the first concentration camps preceded the formation of the Soviet Union in 1922 and planted seeds for the brutal Gulag system that became official near the end of the USSR’s first decade. While some kinds of camps were understood to be harsher, after World War I their proliferation did not initially disturb public opinion. They had yet to take on their worst incarnations. In 1933, barely more than a month after Hitler was appointed chancellor, the Nazis’ first, impromptu camp opened in the town of Nohra in central Germany to hold political opponents. Detainees at Nohra were allowed to vote at a local precinct in the elections of March 5, 1933, resulting in a surge of Communist ballots in the tiny town. Locking up groups of civilians without trial had become accepted. Only the later realization of the horrors of the Nazi death camps would break the default assumption by governments and the public that concentration camps could and should be a simple way to manage populations seen as a threat. However, the staggering death toll of the Nazi extermination camp system—which was created mid-war and stood almost entirely separate from the concentration camps in existence since 1933—led to another result: a strange kind of erasure. In the decades that followed World War II, the term “concentration camp” came to stand only for Auschwitz and other extermination camps. It was no longer applied to the kind of extrajudicial detention it had denoted for generations. The many earlier camps that had made the rise of Auschwitz possible largely vanished from public memory. It is not necessary, however, to step back a full century in American history to find camps with links to what is happening on the US border today. Detention at Guantánamo began in the 1990s, when Haitian and Cuban immigrants whom the government wanted to keep out of the United States were housed there in waves over a four-year period—years before the “war on terror” and the US policy of rendition of suspected “enemy combatants” made Camps Delta, X-Ray, and Echo notorious. Tens of thousands of Haitians fleeing instability at home were picked up at sea and diverted to the Cuban base, to limit their legal right to apply for asylum. The court cases and battles over the suffering of those detainees ended up setting the stage for what Guantánamo would become after September 11, 2001. In one case, a federal court ruled that it did have jurisdiction over the base, but the government agreed to release the Haitians who were part of the lawsuit in exchange for keeping that ruling off the books. A ruling in a second case would assert that the courts did not have jurisdiction. Absent the prior case, the latter stood on its own as precedent. Leaving Guantánamo in this gray area made it an ideal site for extrajudicial detention and torture after the twin towers fell. This process of normalization, when a bad camp becomes much more dangerous, is not unusual. Today’s border camps are a crueler reflection of long-term policies—some challenged in court—that earlier presidents had enacted. Prior administrations own a share of the responsibility for today’s harsh practices, but the policies in place today are also accompanied by a shameless willingness to publicly target a vulnerable population in increasingly dangerous ways. (..;) What kind of conditions can we expect to develop in these border camps? The longer a camp system stays open, the more likely it is that vital things will go wrong: detainees will contract contagious diseases and suffer from malnutrition and mental illness. We have already seen that current detention practices have resulted in children and adults succumbing to influenza, staph infections, and sepsis. The US is now poised to inflict harm on tens of thousands more, perhaps hundreds of thousands more. Along with such inevitable consequences, every significant camp system has introduced new horrors of its own, crises that were unforeseen when that system was opened. We have yet to discover what those will be for these American border camps. But they will happen. Every country thinks it can do detention better when it starts these projects. But no good way to conduct mass indefinite detention has yet been devised; the system always degrades. When, in 1940, Margarete Buber-Neumann was transferred from the Soviet Gulag at Karaganda to the camp for women at Ravensbrück (in an exchange enabled by the Nazi–Soviet Pact), she came from near-starvation conditions in the USSR and was amazed at the cleanliness and order of the Nazi camp. New arrivals were issued clothing, bedding, and silverware, and given fresh porridge, fruit, sausage, and jam to eat. Although the Nazi camps were already punitive, order-obsessed monstrosities, the wartime overcrowding that would soon overtake them had not yet made daily life a thing of constant suffering and squalor. The death camps were still two years away. The United States now has a vast and growing camp system. It is starting out with gruesome overcrowding and inadequate healthcare, and because of budget restrictions, has already taken steps to cut services to juvenile detainees. The US Office of Refugee Resettlement says that the mounting number of children arriving unaccompanied is forcing it to use military bases and other sites that it prefers to avoid, and that establishing these camps is a temporary measure. But without oversight from state child welfare inspectors, the possibilities for neglect and abuse are alarming. And without any knowledge of how many asylum-seekers are coming in the future, federal administrators are likely to find themselves boxed in to managing detention on military sites permanently. President Trump and senior White House adviser Stephen Miller appear to have purged the Department of Homeland Security of most internal opposition to their anti-immigrant policies. In doing so, that have removed even those sympathetic to the general approach taken by the White House, such as former Chief of Staff John Kelly and former Homeland Security Secretary Kirstjen Nielsen, in order to escalate the militarization of the border and expand irregular detention in more systematic and punitive ways. This kind of power struggle or purge in the early years of a camp system is typical.  The disbanding of the Cheka, the Soviet secret police, in February 1922 and the transfer of its commander, Felix Dzerzhinsky, to head up an agency with control over only two prisons offered a hint of an alternate future in which extrajudicial detention would not play a central role in the fledgling Soviet republic. But Dzerzhinsky managed to keep control over the “special camps” in his new position, paving the way for the emergence of a camp-centered police state. In pre-war Germany in the mid-1930s, Himmler’s struggle to consolidate power from rivals eventually led him to make camps central to Nazi strategy. When the hardliners win, as they appear to have in the US, conditions tend to worsen significantly. Is it possible this growth in the camp system will be temporary and the improvised border camps will soon close? In theory, yes. But the longer they remain open, the less likely they are to vanish. When I visited the camps for Rohingya Muslims a year before the large-scale campaign of ethnic cleansing began, many observers appeared to be confusing the possible and the probable. It was possible that the party of Nobel Peace Prize winner Aung San Suu Kyi would sweep into office in free elections and begin making changes. It was possible that full democracy would come to all the residents of Myanmar, even though the government had stripped the Rohingya of the last vestiges of their citizenship. These hopes proved to be misplaced. Once there are concentration camps, it is always probable that things will get worse. The Philippines, Japanese-American internment, Guantánamo… we can consider the fine points of how the current border camps evoke past US systems, and we can see how the arc of camp history reveals the likelihood that the suffering we’re currently inflicting will be multiplied exponentially. But we can also simply look at what we’re doing right now, shoving bodies into “dog pound”-style detention pens, “iceboxes,” and standing room-only spaces. We can look at young children in custody who have become suicidal. How much more historical awareness do we really need? Andrea Pitzer
Freshman Congresswoman Alexandria Ocasio-Cortez drew a firestorm of criticism this week after she appeared in an Instagram video claiming that the Trump administration « is running concentration camps on our southern border. » (…) Republican lawmakers were quick to push back against Ocasio-Cortez’s statement, which she repeated on Tuesday and Wednesday, arguing that the Congresswoman was disrespecting the memory of the 6 millions Jews who died in Nazi concentration camps by comparing these facilities to the ICE detention centers. But many experts were quick to point out that, by definition, the ICE detention facilities are concentration camps. The Merriam-Webster dictionary defines a concentration camp as, « a place where large numbers of people (such as prisoners of war, political prisoners, refugees, or the members of an ethnic or religious minority) are detained or confined under armed guard. »Many argue that this definition matches the detention centers currently set up on the southern border. « Why are they called concentration camps? Well, to state the obvious, it’s because large numbers of people are ‘concentrated’ in camps. A better question is, why don’t we just call them prisons? We don’t say ‘prisons’ because prisons are a part of the formal legal system, » Lester Andrist, a sociologist who has studied indefinite detention, tweeted. Andrist argues that the U.S. has a long history of establishing such facilities, including the Japanese-American internment camps that existed during World War II and, mostly recently, Guantanamo Bay. George Takei, the 82-year-old American actor of Japanese descent who is best known for his role in the Star Trek movies and television show, took to Twitter to share his perspective. « I know what concentration camps are. I was inside two of them, in America. And yes, we are operating such camps again, » the Takei tweeted. The Takei family was interned in Arkansas and California in the 1940s. Federico Finchelstein, a historian at the New York-based New School, agreed that the progressive congresswoman is right to call the ICE facilities concentration camps. « As [a] historian of fascism & [the] Holocaust, I would also call these centers concentration camps, » Finchelstein tweeted. « As a Jewish person who lost family in [the] Holocaust, I regret that some Republicans use memory of the Holocaust to defend racist policies of Trumpism. » In May, a top Pentagon official called China’s detention camps holding Uighur Muslims and other ethnic minorities « concentration camps » despite the fact that genocide has not been committed there. Yad Vashem, Israel’s official memorial to the victims of the holocaust, however, was one of the institutions that pushed back against Ocasio-Cortez’s claims. « Concentration camps assured a slave labor supply to help in the Nazi war effort, even as the brutality of life inside the camps helped assure the ultimate goal of ‘extermination through labor,' » the organization tweeted on Wednesday. But the young Congresswoman stood by her position, noting that concentration camps are not the same as extermination camps. Newsweek
Recent assertions by Rep. Alexandria Ocasio-Cortez, D-N.Y., that U.S.-run detention centers for migrants are « concentration camps » drew immediate rebukes from some politicians, Jewish groups and social media users. « This administration has established concentration camps on the southern border of the United States for immigrants, where they are being brutalized with dehumanizing conditions and dying. This is not hyperbole. It is the conclusion of expert analysis, » she tweeted June 18. Her tweet didn’t specifically mention Nazi Germany, but she used the term « never again » on her Instagram, a phrase often used as a warning to prevent another genocide like the Holocaust. In a subsequent tweet, Ocasio-Cortez offered a distinction between « concentration camps » and « death camps. » « And for the shrieking Republicans who don’t know the difference: concentration camps are not the same as death camps. Concentration camps are considered by experts as ‘the mass detention of civilians without trial.’ And that’s exactly what this administration is doing. » (…) Historians we contacted said it was possible to make a case that the term « concentration camp » is a more general term than just referring to camps in Nazi Germany. However, these historians said Ocasio-Cortez glosses over some important differences. They also said that the strong, longstanding association of the term « concentration camps » with Nazi Germany likely overwhelms any technical similarities the two types of camps may have. We won’t rate this item on our Truth-O-Meter for that reason. (…) Nazi Germany was not the first nation to use concentration camps. The term dates from the eve of the 20th century, when it was used to describe policies used in at least three conflicts: South Africa’s Boer War, Spain’s campaign against Cuban insurrectionists and the United States’ campaign against Philippine insurgents. The intent was to « cut insurgents off from their support, » said David J. Silbey, a Cornell University historian. « It was an effective tactic, but a brutal one, uprooting people from their homes and often leading to mass outbreaks of disease and starvation among the captive populations. » Beginning in 1917, the Soviet Union used what were commonly known as « forced labor camps » to repress dissidents. The Soviets also forced people from the Baltic States and Poland into camps following their invasions of those countries in 1939. Germany established concentration camps shortly after Adolf Hitler came to power in 1933. Contrary to the popular image of concentration camps as killing factories, most facilities were initially designed for slave labor. « Systematic killing didn’t begin until the invasion of the Soviet Union, and it wasn’t until the January 1942 Wannsee Conference that the Nazis formally decided on a policy of extermination, » said Stephen Shalom, a political scientist at William Paterson University. These became what historians often refer to as « death camps. » Over time, the distinction in the popular mind between the different types of camps blurred. The reality, though, is that the early camps produced deaths from neglect or overwork, rather than carrying out executions. « None of the camps were pleasant, but the death camps were certainly the worst, » said Lance Janda, a military historian at Cameron University. The United States operated camps to hold Japanese-Americans following Japan’s attack on Pearl Harbor, which drove the U.S. into World War II. Though generally referred to as « internment camps » or « relocation camps, » these complexes have occasionally been referred to as « concentration camps, » including by Chief Justice John Roberts in 2018. The American Heritage Dictionary defines « concentration camp » as « a camp where persons are confined, usually without hearings and typically under harsh conditions, often as a result of their membership in a group the government has identified as dangerous or undesirable. » Ocasio-Cortez and her staff have pointed to such linguistic precedents to argue that U.S. detention camps for migrants can be reasonably described as « concentration camps. » Some scholars agree that similarities exist. « As historian of fascism & Holocaust, I would also call these centers concentrations camps, » tweeted The New School historian Federico Finchelstein. Colgate University sociologist Jonathan Hyslop, who was also quoted in an Esquire magazine article that Ocasio-Cortez has cited, told PolitiFact that the definition of « concentration camp » is more elastic than most people think. (…) Adult immigrants in federal custody who are either waiting to be deported or waiting for a resolution of their immigration case are held in government-run centers or other contracted facilities. Immigrant rights advocates have long warned about poor standards and the mistreatment of detainees at some detention facilities. Generally, information about detention facilities can be difficult to obtain, inconsistent and outdated, and overall lacking in transparency. The Office of Inspector General for the Department of Homeland Security on June 3, 2019, issued a report detailing concerns about Immigration and Customs Enforcement detainee treatment and care at four detention facilities. The report is based on unannounced 2018 inspections, in which investigators « observed immediate risks or egregious violations of detention standards at facilities. » Among the issues documented: overly restrictive segregation, inadequate medical care, unreported security incidents, and significant food safety issues. (…) Overall, experts described the U.S. detention facilities as being far different from those of the earliest concentration camps, or from the Nazi camps — even from the ones that weren’t « death camps. » « The original purpose of concentration camps was to remove the populace from areas that were controlled or contested by guerrillas and thus deny the guerrillas popular support in its tangible forms — food, shelter, information, recruits, and so on, » said Texas A&M University historian Brian McAllister Linn. « This is not the purpose of the detention facilities in the Southwest. » Janda — who emphasized that he is unhappy with the current U.S. detention policy — nonetheless drew a distinction based on intent. « What we’re doing is just not the same as what the Nazis or the Soviets did, and it’s a disservice to people suffering under dictatorships around the world to act like it is, » Janda said. « We’re not rounding up legal citizens, or going after specific minority groups and holding them indefinitely to squash dissent. » Richard Breitman, an American University historian, was among several experts who said they would have avoided the term « concentration camp. » While the term « does show where abuse and dehumanization might lead, » he said, « it confuses more than it explains. » Politifact
People have become numbers, they’ve become statistics. People talk about immigrants in the absence of their humanity. As sad as it is, I think we need to show the photo. Fernando Garcia (Border Network for Human Rights)
I have avoided those kinds of photos all my career and in all my books. At a moment like this, maybe this step has to be taken. To me this is the official Stephen Miller portrait. Luis Alberto Urrea (novelist)
The National Association of Hispanic Journalists (NAHJ) joins others who are disturbed and concerned over a tweet by the Associated Press which includes an exploitative and dehumanizing photograph of a father and child, drowned in the Rio Grande. (…) Men, women, and children cross the border daily often escaping terror with hopes of a better life, knowing the peril that awaits them as they attempt to make the long journey to America. The thoughtless use of this picture only seeks to take advantage of a sensational situation. Ultimately, NAHJ’s objection is not about the photograph. Instead, our protest encompasses a bigger picture about the way visual journalism is utilized. While pertinent to the struggles of migrant families crossing the border, the picture, as the “website card” is both insensitive and disrespectful. It dehumanizes the plight of a community that are risking their lives, and the lives of their families, out of desperation. Pushing people to look at a shocking image that isn’t in context, is not beneficial for the viewers, it is not beneficial for journalists, and it is absolutely detrimental to the immigrant community. National Ass. of Hispanic journalists
There didn’t seem much room for Democrats to move left on immigration, but they’ve found it. On the first night of the Democratic debates, Julian Castro made a big issue of his call to repeal Section 1325 of Title 8 of the United States Code, which says it’s a federal crime to enter the country without authorization. This felt like a ploy for attention from the periphery of the second-tier debate stage, yet last night seven out of the ten candidates raised their hands for the idea, including top contenders Kamala Harris, Bernie Sanders, and Pete Buttigieg. The collective posture of the party is getting closer and closer to open borders, only without embracing the label. (…) The repeal of Section 1325 would send a message of permissiveness that would create another incentive for migrants to come across the border, and remove a tool for going after coyotes (it can be difficult to prove their offense, so prosecuting them for illegal entry is a backstop). Section 1325 has been on the books for 90 years, and it reflects the commonsense view that entering the United States without lawful permission should be a crime. Yes, it’d still be a civil offense to be present in the United States without papers, and in theory, still possible to be deported — although this brings us to the rest of the Democratic approach to immigration. Asked if an illegal immigrant in the interior of the country who hasn’t committed another crime should be deported, Joe Biden replied that such a person “should not be the focus of deportation.” Kamala Harris said he “absolutely” should not be deported, and Representative Eric Swalwell said “that person can be part of this great American experience.” This is a promise to gut interior enforcement that, coupled with the latitudinarian attitude at the border, would be a huge step toward open borders. If there were any doubt that Democrats want to welcome illegal immigrants and treat them like U.S. citizens, seeing every single candidate on the stage last night promising to provide government health insurance to illegal immigrants removes it. This, obviously, would be even more of a magnet to illegal immigration, and would erode the difference between U.S. citizens and people who literally showed up the day before yesterday in violation of our laws. Besides, the U.S. government is under enough fiscal strain providing promised benefits to citizens and legal residents without, in effect, extending the safety net to some percentage of the population of Northern Triangle countries. The Democrats’ radicalism on immigration is certainly a political mistake that will give President Trump ready fodder next year. We’d say it’s impossible for Democrats to get any further out on this limb, but the next round of debates is only a month away. National Review
In this week’s Democratic debates, it wasn’t just individual candidates who presented themselves to the public. It was also the party itself. What conclusions should ordinary people draw about what Democrats stand for, other than a thunderous repudiation of Donald Trump, and how they see America, other than as a land of unscrupulous profiteers and hapless victims? Here’s what: a party that makes too many Americans feel like strangers in their own country. A party that puts more of its faith, and invests most of its efforts, in them instead of us. They speak Spanish. We don’t. They are not U.S. citizens or legal residents. We are. They broke the rules to get into this country. We didn’t. They pay few or no taxes. We already pay most of those taxes. They willingly got themselves into debt. We’re asked to write it off. They don’t pay the premiums for private health insurance. We’re supposed to give up ours in exchange for some V.A.-type nightmare. They didn’t start enterprises that create employment and drive innovation. We’re expected to join the candidates in demonizing the job-creators, breaking up their businesses and taxing them to the hilt. (…) On closer inspection, the message got even worse. Promising access to health insurance for north of 11 million undocumented immigrants at a time when there’s a migration crisis at the southern border? Every candidate at Thursday’s debate raised a hand for that one, in what was surely the evening’s best moment for the Trump campaign. Calling for the decriminalization of border crossings (while opposing a wall)? That was a major theme of Wednesday’s debate, underlining the Republican contention that Democrats are a party of open borders, limitless amnesty and, in time, the Third World-ization of America.  (…) Eliminating private health insurance, an industry that employs more than 500,000 workers and insures 150 million?  (…) Since Democrats are already committed to destroying the coal industry and seem inclined to turn Silicon Valley into a regulated utility, it’s worth asking: Just how much of the private economy are they even willing to keep? And then there are the costs that Democrats want to impose on the country. Warren, for instance, favors universal child care (estimated cost, $70 billion a year), Medicare-For-All ($2.8 trillion to $3.2 trillion annually), student-debt cancellation and universal free college ($125 billion annually), and a comprehensive climate action plan ($2 trillion, including $100 billion in aid to poor countries), along with a raft of smaller giveaways, like debt relief for Puerto Rico. As Everett Dirksen might have said: A trillion here, a trillion there, and pretty soon you’re talking real money. Someone will have to pay for all this, and it won’t just be the very rich making between seven and 10 figures a year. It will be you. Throughout the debates, I kept wondering if any of the leading candidates would speak to Americans beyond the Democratic base. Bret Stevens
A gentleman of early middle age in Kansas City wrote to say he’d sat out the 2016 election because he was dissatisfied with both parties. But now he’s for Donald Trump, and the reason “runs deeper than politics.” America’s elites in politics, media and the academy have grown oblivious to “the average Joe’s intense disgust” at being morally instructed and “preached to.” (…) and (…) “in Donald Trump, voters found a massive sledgehammer that pulverizes the ridiculous notion that Americans aren’t good enough.” Mr. Trump doesn’t buy the guilt narrative. “It’s surely not about the man at this point. It stopped being about Trump long ago. It is about that counter-punch that has been missing from our culture for far too long.” (…) A reader who grew up upper-middle-class in the South writes on the politics of the situation. His second wife, also a Southerner, grew up poor. She is a former waitress and bartender whose politics he characterizes as “pragmatic liberal.” (…) “She told me, ‘He speaks my language, and there’s a lot more of me than there is of you.’ ” I have to say after a week of reading such letters that emotionally this cycle feels like 2016 all over again. Various facts are changed (no Mrs. Clinton) but the same basic dynamic pertains—the two Americas talking past each other, the social and cultural resentments, the great estrangement. It’s four years later but we’re re-enacting the trauma of 2016. And the Democrats again appear to be losing the thread. They’ve spent the past few months giving the impression they are in a kind of passionate lockstep with a part of their base, the progressives, and detached from everyone else. And in the debates they doubled down. (…) what Night One did was pick up the entire party and put it down outside the mainstream and apart from the center. (…) They are, functionally, in terms of the effects of their stands, for open borders. They are in complete agreement with the abortion regime—no reservations or qualms, no sense of just or civilized limits. They’re all in on identity politics. One candidate warned against denying federally funded abortions to “a trans female.” Two said they would do away with all private health insurance. Every party plays to its base in the primaries and attempts to soften its stands in the general. But I’m wondering how the ultimate nominee thinks he or she will walk this all back. It is too extreme for America, and too extreme for the big parts of its old base that the Democrats forgot in 2016. It was as if they were saying, “Hi, middle-American people who used to be Democrats and voted for Trump, we intend to alienate you again. Go vote for that jerk, we don’t care.” Another problem: America has a painful distance between rich and poor, but it is hard to pound the “1%” hammer effectively in a nation enjoying functional full employment. Our prosperity is provisional and could leave tomorrow, but right now America’s feeling stronger. “Grapes of Wrath” rhetoric resonates when people think they’re in or entering a recession or depression. The debaters Wednesday night looked like they were saying, “Who ya gonna believe, me or your lying eyes?” (…) Night two was more raucous but similarly extreme. The first 15 minutes included higher taxes, free college and student-loan forgiveness. Most candidates agreed on free health insurance for illegal immigrants. They also appeared to believe that most or all U.S. immigration law should be abolished. (…) It was an odd evening in that it was lively, spirited, at moments even soulful, and yet so detached from reality. Peggy Noonan
If you want to know why there’s a surge at the border it’s not just because things are bad in Central America. It’s because we’re giving away permanent residence, free school, and maybe soon free health care, etc. to anyone who arrives. (…) I don’t think most Americans agree with open borders. That’s still a fringe position. But as long as the left can label opposition to open borders racist, a lot of people will hesitate to speak up in opposition to it. And as long as the media lets Dems talk as if there is only upside to illegal immigration, most people won’t ever hear about what all this generosity is costing them. John Sexton
There is now a photograph that sums up everything wrong about America’s broken and overwhelmed immigration system. You’ve seen it, and it is hard to let it leave the mind or the conscience. Together with the accounts of horrifying abuse of children in detention — and “abuse” is not hyperbole — we can see the crisis as it is. We can no longer look away. The starkness of the crisis is a good thing, though. Until now, many have denied that any crisis existed at all. They have, in fact, denied that the highest levels of mass immigration since the Bush years are an issue at all. As Byron York has noted, Speaker Pelosi called the arrival of close to a million asylum seekers “a fake crisis”; Senate Minority Leader Chuck Schumer said that hundreds of thousands of men, women, and many children, overwhelming any attempt to process them with the current resources, was “a crisis that does not exist.” This included many Never-Trumpers, like Bill Kristol (“a fake crisis”), and Max Boot (“a faux crisis”). The editors of the Washington Post denied the facts reported by their own Nick Miroff, claiming it was “a make-believe crisis.” None of these people will admit they were gravely mistaken, or that their denial and delay in acting clearly exacerbated the situation. But now that we’re on the same page, the question is: Where do we go with this now? (…) Since 2014, there has been a 240 percent increase in asylum cases. As Fareed Zakaria has pointed out, the number of asylum cases from Honduras, Guatemala, and Venezuela has soared at the same time as the crime rate in those countries was being cut in half. (…) But somehow the courts have decided that you qualify for asylum if there is simply widespread crime or violence where you live, and Ramirez was also going to use that argument as well. A government need not persecute you; you just have to experience an unsafe environment that your government is failing to suppress. This so expands the idea of asylum, in my view, as to render it meaningless. Courts have also expanded asylum to include domestic violence, determining that women in abusive relationships are a “particular social group” and thereby qualify. In other words, every woman on the planet who has experienced domestic abuse can now come to America and claim asylum. Also everyone on the planet who doesn’t live in a stable, orderly, low-crime society. Literally billions of human beings now have the right to asylum in America. As climate change worsens, more will rush to claim it. All they have to do is show up. Last month alone, 144,000 people were detained at the border making an asylum claim. This year, about a million Central Americans will have relocated to the U.S. on those grounds. To add to this, a big majority of the candidates in the Democratic debates also want to remove the grounds for detention at all, by repealing the 1929 law that made illegal entry a criminal offense and turning it into a civil one. And almost all of them said that if illegal immigrants do not commit a crime once they’re in the U.S., they should be allowed to become citizens. How, I ask, is that not practically open borders? The answer I usually get is that all these millions will have to, at some point, go to court hearings and have their asylum cases adjudicated. The trouble with that argument is that only 44 percent actually turn up for their hearings; and those who do show up and whose claims nonetheless fail can simply walk out of the court and know they probably won’t be deported in the foreseeable future. Immigration and Customs Enforcement forcibly removed 256,086 people in 2018, 57 percent of whom had committed crimes since they arrived in the U.S. So that’s an annual removal rate of 2 percent of the total undocumented population of around 12 million. That means that for 98 percent of undocumented aliens, in any given year, no consequences will follow for crossing the border without papers. At the debates this week, many Democratic candidates argued that the 43 percent of deportees who had no criminal record in America should not have been expelled at all and been put instead on a path to citizenship. So that would reduce the annual removal rate of illegal immigrants to a little more than 1 percent per year. In terms of enforcement of the immigration laws, this is a joke. It renders the distinction between a citizen and a noncitizen close to meaningless. None of this reality was allowed to intervene in the Democratic debates this week. (…) What emerged was their core message to the world: Get here without papers and you’ll receive humane treatment while you’re processed, you’ll never be detained, you’ll get work permits immediately, and you’ll have access to publicly funded health care and a path to citizenship if you don’t commit a crime. This amounts to an open invitation to anyone on the planet to just show up and cross the border. The worst that can happen is you get denied asylum by a judge, in which case you can just disappear and there’s a 1 percent chance that you’ll be caught in a given year. Who wouldn’t take those odds? This is in a new century when the U.S. is trying to absorb the largest wave of new immigrants in our entire history, and when the percentage of the population that is foreign-born is also near a historic peak. It is also a time when mass immigration from the developing world has destabilized liberal democracies across the West, is bringing illiberal, anti-immigration regimes to power across Europe, and was the single biggest reason why Donald Trump is president. I’m told that, as a legal immigrant, I’m shutting the door behind me now that I’ve finally made it to citizenship. I’m not. I favor solid continuing legal immigration, but also a reduction in numbers and a new focus on skills in an economy where unskilled labor is increasingly a path to nowhere. It is not strange that legal immigrants — who have often spent years and thousands of dollars to play by the rules — might be opposed to others’ jumping the line. It is not strange that a hefty proportion of Latino legal immigrants oppose illegal immigration — they are often the most directly affected by new, illegal competition, which drives down their wages. (…) When I’m told only white racists favor restrictionism, I note how the Mexican people are more opposed to illegal immigration than Americans: In a new poll, 61.5 percent of Mexicans oppose the entry of undocumented migrants, period; 44 percent believe that Mexico should remove any undocumented alien immediately. Are Mexicans now white supremacists too? That hostility to illegal immigration may even explain why Trump’s threat to put tariffs on Mexico if it didn’t crack down may well have worked. Since Trump’s bluster, the numbers have measurably declined — and the crackdown is popular in Mexico. I can also note that most countries outside Western Europe have strict immigration control and feel no need to apologize for it. Are the Japanese and Chinese “white supremacists”? Please. Do they want to sustain their own culture and national identity? Sure. Is that now the equivalent of the KKK? Andrew Sullivan
Résidence permanente, scolarité et soins gratuits, élargissement toujours plus large des critères d’accueil jusqu’à la violence domestique, décriminalisation de l’entrée illégale …
Y-a-t-il une mesure pro-migrants clandestins que les Démocrates n’auront pas préconisée ?
A l’heure où en Europe, sur fond d’une soumission à une police de la pensée de plus en plus étouffante, les attaques de commissariat aux cris d’Allahu akbar commencent à se banaliser …
Où une militante écologiste se fait mousser sur le dos d’une quarantaine de migrants clandestins …
Alors que les caméras de Frontex viennent de démontrer les véritables mises en scène auxquelles se livrent les passeurs …
Et que sur fond d’une immigration sauvage complètement hors contrôle – jusqu’à l’arrestation de djihadistes égyptiens au Nicaragua …
Le NYT nous refait sur le Rio Grande (avant probablement Hollywood ?) le coup du petit noyé syrien de Méditerrannée
Pendant que pour un problème qui date principalement de l’Administration Obama, chercheurs, célébrités et parlementaires voient des camps nazis ou de l’esclavage partout …
Comment ne pas être frappé …
De l’incroyable légèreté des candidats démocrates pour la présidentielle de l’an prochain …
Qui après avoir passé deux ans à nier la réalité de la crise migratoire en sont …
Comme le rappellent l’ancien blogueur Andrew Sullivan ou l’ancienne plume de Reagan Peggy Noonan

A nier la réalité elle-même ?

New York magazine

There is now a photograph that sums up everything wrong about America’s broken and overwhelmed immigration system. You’ve seen it, and it is hard to let it leave the mind or the conscience. Together with the accounts of horrifying abuse of children in detention — and “abuse” is not hyperbole — we can see the crisis as it is. We can no longer look away.

The starkness of the crisis is a good thing, though. Until now, many have denied that any crisis existed at all. They have, in fact, denied that the highest levels of mass immigration since the Bush years are an issue at all. As Byron York has noted, Speaker Pelosi called the arrival of close to a million asylum seekers “a fake crisis”; Senate Minority Leader Chuck Schumer said that hundreds of thousands of men, women, and many children, overwhelming any attempt to process them with the current resources, was “a crisis that does not exist.” This included many Never-Trumpers, like Bill Kristol (“a fake crisis”), and Max Boot (“a faux crisis”). The editors of the Washington Post denied the facts reported by their own Nick Miroff, claiming it was “a make-believe crisis.”

None of these people will admit they were gravely mistaken, or that their denial and delay in acting clearly exacerbated the situation. But now that we’re on the same page, the question is: Where do we go with this now?

Yesterday was a sign of real bipartisan progress. The House passed a Senate bill to spend $4.6 billion to relieve the humanitarian crisis and tackle some of the structural inadequacies of the current failed system. The left wing of the Democratic caucus wanted to insist on various restrictions on the use of the $4.6 billion, primarily to ensure that none of it is earmarked (God forbid) for enforcement of the law. The problem with waging a longer fight would be that Congress would break for its July 4 recess having done nothing to help. Pelosi put children before politics, and it’s hard not to admire her humane pragmatism.

So it’s a start. What’s next? The good news is that the Democrats are finally beginning to announce policy plans that offer some solid ideas. A new bill for an overhaul of the entire system called the Northern Triangle and Border Stabilization Act has been introduced in the House. It proposes increased U.S. aid to Central American countries, to tackle the problem at its roots; a big investment in border facilities to ensure far more humane treatment of asylum seekers; a much stricter monitoring system to keep track of them after processing to make sure they turn up for their court hearings; many more immigration judges to reduce the massive backlog of cases; and it allows for asylum claims to be made in home countries, rather than at the border.

These are all good ideas and certainly worth trying. But what they don’t address is the larger problem of how to reduce levels of mass immigration. The Democrats want to raise the cap on refugees from Central America to 100,000 a year and propose no tightening of asylum law. But it’s the asylum law that needs to change. Since 2014, there has been a 240 percent increase in asylum cases. As Fareed Zakaria has pointed out, the number of asylum cases from Honduras, Guatemala, and Venezuela has soared at the same time as the crime rate in those countries was being cut in half.

Take the tragic tale of Oscar Ramirez and his young daughter Valeria, the father and daughter captured in death in that heartbreaking photograph. Ramirez’s widow explained to the Washington Post why her husband wanted to move to America: He wanted “a better future for their girl.” This is an admirable goal, but it is classic economic immigration, and it would appear, based on what we know, that it has absolutely nothing to do with asylum. Here again is the United States Citizenship and Immigration Services definition: “Refugee status or asylum may be granted to people who have been persecuted or fear they will be persecuted on account of race, religion, nationality, and/or membership in a particular social group or political opinion.”

But somehow the courts have decided that you qualify for asylum if there is simply widespread crime or violence where you live, and Ramirez was also going to use that argument as well. A government need not persecute you; you just have to experience an unsafe environment that your government is failing to suppress. This so expands the idea of asylum, in my view, as to render it meaningless.

Courts have also expanded asylum to include domestic violence, determining that women in abusive relationships are a “particular social group” and thereby qualify. In other words, every woman on the planet who has experienced domestic abuse can now come to America and claim asylum. Also everyone on the planet who doesn’t live in a stable, orderly, low-crime society. Literally billions of human beings now have the right to asylum in America. As climate change worsens, more will rush to claim it. All they have to do is show up.

Last month alone, 144,000 people were detained at the border making an asylum claim. This year, about a million Central Americans will have relocated to the U.S. on those grounds. To add to this, a big majority of the candidates in the Democratic debates also want to remove the grounds for detention at all, by repealing the 1929 law that made illegal entry a criminal offense and turning it into a civil one. And almost all of them said that if illegal immigrants do not commit a crime once they’re in the U.S., they should be allowed to become citizens.

How, I ask, is that not practically open borders? The answer I usually get is that all these millions will have to, at some point, go to court hearings and have their asylum cases adjudicated. The trouble with that argument is that only 44 percent actually turn up for their hearings; and those who do show up and whose claims nonetheless fail can simply walk out of the court and know they probably won’t be deported in the foreseeable future.

Immigration and Customs Enforcement forcibly removed 256,086 people in 2018, 57 percent of whom had committed crimes since they arrived in the U.S. So that’s an annual removal rate of 2 percent of the total undocumented population of around 12 million. That means that for 98 percent of undocumented aliens, in any given year, no consequences will follow for crossing the border without papers. At the debates this week, many Democratic candidates argued that the 43 percent of deportees who had no criminal record in America should not have been expelled at all and been put instead on a path to citizenship. So that would reduce the annual removal rate of illegal immigrants to a little more than 1 percent per year. In terms of enforcement of the immigration laws, this is a joke. It renders the distinction between a citizen and a noncitizen close to meaningless.

None of this reality was allowed to intervene in the Democratic debates this week. At one point, one moderator tellingly spoke about Obama’s record of deporting ” 3 million Americans.” In that bubble, there were no negatives to mass immigration at all, and no concern for existing American citizens’ interests in not having their wages suppressed through this competition. There was no concession that child separation and “metering” at the border to slow the crush were both innovated by Obama, trying to manage an overwhelmed system. Candidates vied with each other to speak in Spanish. Every single one proposed amnesty for all those currently undocumented in the U.S., except for criminals. Every single one opposes a wall. There was unanimous support for providing undocumented immigrants immediately with free health care. There was no admission that Congress needed to tighten asylum law. There was no concern that the Flores decision had massively incentivized bringing children to game the system, leaving so many vulnerable to untold horrors on a journey no child should ever be forced to make.

What emerged was their core message to the world: Get here without papers and you’ll receive humane treatment while you’re processed, you’ll never be detained, you’ll get work permits immediately, and you’ll have access to publicly funded health care and a path to citizenship if you don’t commit a crime. This amounts to an open invitation to anyone on the planet to just show up and cross the border. The worst that can happen is you get denied asylum by a judge, in which case you can just disappear and there’s a 1 percent chance that you’ll be caught in a given year. Who wouldn’t take those odds?

This is in a new century when the U.S. is trying to absorb the largest wave of new immigrants in our entire history, and when the percentage of the population that is foreign-born is also near a historic peak. It is also a time when mass immigration from the developing world has destabilized liberal democracies across the West, is bringing illiberal, anti-immigration regimes to power across Europe, and was the single biggest reason why Donald Trump is president.

I’m told that, as a legal immigrant, I’m shutting the door behind me now that I’ve finally made it to citizenship. I’m not. I favor solid continuing legal immigration, but also a reduction in numbers and a new focus on skills in an economy where unskilled labor is increasingly a path to nowhere. It is not strange that legal immigrants — who have often spent years and thousands of dollars to play by the rules — might be opposed to others’ jumping the line. It is not strange that a hefty proportion of Latino legal immigrants oppose illegal immigration — they are often the most directly affected by new, illegal competition, which drives down their wages.

I’m told that I’m a white supremacist for believing in borders, nation-states, and a reduction in legal immigration to slow the pace of this country’s demographic revolution. But I support this because I want a more successful integration and Americanization of immigrants, a better future for skilled immigrants, and I want to weaken the populist and indeed racist movements that have taken the West by storm in the past few years. It’s because I loathe white supremacy that I favor moderation in this area.

When I’m told only white racists favor restrictionism, I note how the Mexican people are more opposed to illegal immigration than Americans: In a new poll, 61.5 percent of Mexicans oppose the entry of undocumented migrants, period; 44 percent believe that Mexico should remove any undocumented alien immediately. Are Mexicans now white supremacists too? That hostility to illegal immigration may even explain why Trump’s threat to put tariffs on Mexico if it didn’t crack down may well have worked. Since Trump’s bluster, the numbers have measurably declined — and the crackdown is popular in Mexico. I can also note that most countries outside Western Europe have strict immigration control and feel no need to apologize for it. Are the Japanese and Chinese “white supremacists”? Please. Do they want to sustain their own culture and national identity? Sure. Is that now the equivalent of the KKK?

The Democrats’ good ideas need to be put in contact with this bigger question if they are to win wider support. In the U.S. in the 21st century, should anyone who enters without papers and doesn’t commit a crime be given a path to citizenship? Should all adversely affected by climate change be offered a path to citizenship if they make it to the border? Should every human living in violent, crime-ridden neighborhoods or countries be granted asylum in America? Is there any limiting principle at all?

I suspect that the Democrats’ new position — everyone in the world can become an American if they walk over the border and never commit a crime — is political suicide. I think the courts’ expansion of the meaning of asylum would strike most Americans as excessively broad. I think many Americans will have watched these debates on immigration and concluded that the Democrats want more immigration, not less, that they support an effective amnesty of 12 million undocumented aliens as part of loosening border enforcement and weakening criteria for citizenship. And the viewers will have realized that their simple beliefs that borders should be enforced and that immigration needs to slow down a bit are viewed by Democrats as unthinkable bigotry.

Advantage Trump.

Voir aussi:

The 2020 Democrats Lack Hindsight
They ignore reality and march in lockstep with their base. Did they learn anything from 2016?
Peggy Noonan
June 28, 2019

I’ve received tens of thousands of letters and other communications from Trump supporters the past few years, some of which have sparked extended dialogues. Two I got after last week’s column struck me as pertinent to this moment, and they make insufficiently appreciated points.
A gentleman of early middle age in Kansas City wrote to say he’d sat out the 2016 election because he was dissatisfied with both parties. But now he’s for Donald Trump, and the reason “runs deeper than politics.”
America’s elites in politics, media and the academy have grown oblivious to “the average Joe’s intense disgust” at being morally instructed and “preached to.”
“Every day, Americans are told of the endless ways they are falling short. If we don’t show the ‘proper’ level of understanding according to a talking head, then we are surely racist. If we don’t embrace every sanitized PC talking point, then we must be heartless. If we have the audacity to speak our mind, then we are most definitely a bigot.” These accusations are relentless.
“We are jabbed like a boxer with no gloves on to defend us. And we are fed up. We are tired of being told we aren’t good enough.” He believes the American people are by nature kind and generous—“they would give you the shirt off their back if you were in trouble”—and that “in Donald Trump, voters found a massive sledgehammer that pulverizes the ridiculous notion that Americans aren’t good enough.” Mr. Trump doesn’t buy the guilt narrative.
“It’s surely not about the man at this point. It stopped being about Trump long ago. It is about that counter-punch that has been missing from our culture for far too long.”
The culture of accusation, he says, is breaking us apart.
A reader who grew up upper-middle-class in the South writes on the politics of the situation. His second wife, also a Southerner, grew up poor. She is a former waitress and bartender whose politics he characterizes as “pragmatic liberal.” They watched Mr. Trump’s 2015 announcement together, and he said to her, “He doesn’t have a chance.” She looked at him “with complete conviction” and said, “He’s going to win.”
As the campaign progressed, she never wavered. At the end, with the polls saying Hillary, “I asked my wife how she could be so certain Trump was going to win.” He found her response “astute and telling.”
“She told me, ‘He speaks my language, and there’s a lot more of me than there is of you.’ ”
I have to say after a week of reading such letters that emotionally this cycle feels like 2016 all over again. Various facts are changed (no Mrs. Clinton) but the same basic dynamic pertains—the two Americas talking past each other, the social and cultural resentments, the great estrangement. It’s four years later but we’re re-enacting the trauma of 2016.
And the Democrats again appear to be losing the thread.
They’ve spent the past few months giving the impression they are in a kind of passionate lockstep with a part of their base, the progressives, and detached from everyone else.
And in the debates they doubled down. Both nights had fizz. There was a lot of earnestness and different kinds of brightness.
But what Night One did was pick up the entire party and put it down outside the mainstream and apart from the center.
This is what the candidates said:
They are, functionally, in terms of the effects of their stands, for open borders.
They are in complete agreement with the abortion regime—no reservations or qualms, no sense of just or civilized limits.
They’re all in on identity politics. One candidate warned against denying federally funded abortions to “a trans female.”
Two said they would do away with all private health insurance.
Every party plays to its base in the primaries and attempts to soften its stands in the general. But I’m wondering how the ultimate nominee thinks he or she will walk this all back. It is too extreme for America, and too extreme for the big parts of its old base that the Democrats forgot in 2016.
It was as if they were saying, “Hi, middle-American people who used to be Democrats and voted for Trump, we intend to alienate you again. Go vote for that jerk, we don’t care.”
Another problem: America has a painful distance between rich and poor, but it is hard to pound the “1%” hammer effectively in a nation enjoying functional full employment. Our prosperity is provisional and could leave tomorrow, but right now America’s feeling stronger.
“Grapes of Wrath” rhetoric resonates when people think they’re in or entering a recession or depression. The debaters Wednesday night looked like they were saying, “Who ya gonna believe, me or your lying eyes?”
After these big facts, candidate-by-candidate analysis seems secondary. Beto O’Rourke’s fatuous, self-actualizing journey makes the Democrats look sillier than they have to. Elizabeth Warren was focused and energetic, and her call to break up concentrations of power, including big tech, was strong and timely. She made a terrible mistake in holding to her intention to do away with private health insurance. An estimated 180 million Americans have such policies. Why force potential supporters to choose between her and their family’s insurance? Who does she think is going to win that? Why put as the headline on your plan, “This is what I’m going to take away from you”? Why would she gamble a serious long-term candidacy on such a vow? It is insane.
If she is extremely lucky Alexandria Ocasio-Cortez won’t endorse her soon and make it worse.
Bill de Blasio had the best moment in the first half-hour, suggesting Democrats shouldn’t bicker about policy differences but instead unite as progressives. He has that air of burly, happy aggression that is the special province of idiots. Tulsi Gabbard broke through when it became clear she was the only explicitly antiwar candidate on the stage; this had the interesting effect of showing the others up.
Night two was more raucous but similarly extreme. The first 15 minutes included higher taxes, free college and student-loan forgiveness. Most candidates agreed on free health insurance for illegal immigrants. They also appeared to believe that most or all U.S. immigration law should be abolished.
The big dawgs did OK. If Kamala Harris was not a big dawg, she is now. Joe Biden sort of held his own but seemed to flag. Bernie Sanders seemed not as interesting as last cycle, more crotchety and irritable.
Eric Swalwell’s uncorking of a memory from when he was 6—ol’ Sen. Biden came to town and talked about passing the torch to younger leaders—was an attempt at slyness that so widely missed its mark, was so inelegant and obvious, that it was kind of fabulous. By the end of the night Mr. Swalwell had flamed out from sheer obnoxiousness.
The nonpolitician Marianne Williamson was delightfully unshy, sincere and, until her daffy closing statement, sympathetic. Kirsten Gillibrand yippily interrupted—“It’s my turn!”—and did herself no good.
It was an odd evening in that it was lively, spirited, at moments even soulful, and yet so detached from reality.
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A Wretched Start for Democrats
The party seems interested in helping everyone except the voters it needs.
Bret Stephens
The New York Times
June 28, 2019

Amigos demócratas, Si ustedes siguen así, van a perder las elecciones. Y lo merecerán.
Translation for the linguistically benighted: “Democratic friends, if you go on like this, you’re going to lose the elections. And you’ll deserve it.

In this week’s Democratic debates, it wasn’t just individual candidates who presented themselves to the public. It was also the party itself. What conclusions should ordinary people draw about what Democrats stand for, other than a thunderous repudiation of Donald Trump, and how they see America, other than as a land of unscrupulous profiteers and hapless victims?

Here’s what: a party that makes too many Americans feel like strangers in their own country. A party that puts more of its faith, and invests most of its efforts, in them instead of us.

They speak Spanish. We don’t. They are not U.S. citizens or legal residents. We are. They broke the rules to get into this country. We didn’t. They pay few or no taxes. We already pay most of those taxes. They willingly got themselves into debt. We’re asked to write it off. They don’t pay the premiums for private health insurance. We’re supposed to give up ours in exchange for some V.A.-type nightmare. They didn’t start enterprises that create employment and drive innovation. We’re expected to join the candidates in demonizing the job-creators, breaking up their businesses and taxing them to the hilt.

That was the broad gist of the Democratic message, in which the only honorable exceptions, like Maryland’s John Delaney and Colorado’s John Hickenlooper, came across as square dancers at a rave.

On closer inspection, the message got even worse.

Promising access to health insurance for north of 11 million undocumented immigrants at a time when there’s a migration crisis at the southern border? Every candidate at Thursday’s debate raised a hand for that one, in what was surely the evening’s best moment for the Trump campaign.

Calling for the decriminalization of border crossings (while opposing a wall)? That was a major theme of Wednesday’s debate, underlining the Republican contention that Democrats are a party of open borders, limitless amnesty and, in time, the Third World-ization of America.

Switching to Spanish? Memo to Beto O’Rourke and Cory Booker: If you can’t speak the language without a heavy American accent, don’t bother. It just reminds those of us who can that the only thing worse than an obnoxious gringo is a pandering one.

Eliminating private health insurance, an industry that employs more than 500,000 workers and insures 150 million? Elizabeth Warren, Bill de Blasio, Bernie Sanders and Kamala Harris support it (though the California senator later recanted the position). Since Democrats are already committed to destroying the coal industry and seem inclined to turn Silicon Valley into a regulated utility, it’s worth asking: Just how much of the private economy are they even willing to keep?

And then there are the costs that Democrats want to impose on the country. Warren, for instance, favors universal child care (estimated cost, $70 billion a year), Medicare-For-All ($2.8 trillion to $3.2 trillion annually), student-debt cancellation and universal free college ($125 billion annually), and a comprehensive climate action plan ($2 trillion, including $100 billion in aid to poor countries), along with a raft of smaller giveaways, like debt relief for Puerto Rico.

As Everett Dirksen might have said: A trillion here, a trillion there, and pretty soon you’re talking real money. Someone will have to pay for all this, and it won’t just be the very rich making between seven and 10 figures a year. It will be you.

Throughout the debates, I kept wondering if any of the leading candidates would speak to Americans beyond the Democratic base. But Joe Biden seemed too feeble, oratorically and intellectually, to buck the self-defeating trend. Pete Buttigieg was, as always, fluent, knowledgeable and sincere. But his big moment — a mea culpa for a racially charged policing incident in South Bend — felt like another well-mannered white guy desperate to put his wokeness on display.

Harris, meanwhile, came across as Barack Obama in reverse, especially with her scurrilous attack on Biden for the sin of having had a functional political relationship with two former segregationist senators in the 1970s. This was portrayed as a clever debate move but it will come to haunt her.

Obama’s political genius was to emphasize what Greg Lukianoff and Jonathan Haidt, authors of ‘The Coddling of the American Mind,” have called “common-humanity identity politics”— he made you feel comfortable no matter the color of your skin. Harris’s approach, by contrast, is “common-enemy identity politics.” Making white Americans feel racially on trial for views they may have held in the past on crime, busing and similar subjects is not going to help the Democrats.

None of this means that Democrats can’t win in 2020. The economy could take a bad turn. Or Trump could outdo himself in loathsomeness. But the Democratic Party we saw this week did even less to appeal beyond its base than the president. And at least his message is that he’s on their — make that our — side.

Bret L. Stephens has been an Opinion columnist with The Times since April 2017. He won a Pulitzer Prize for commentary at The Wall Street Journal in 2013 and was previously editor in chief of The Jerusalem Post. @BretStephensNYT Facebook

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The Party of Illegal Immigration

There didn’t seem much room for Democrats to move left on immigration, but they’ve found it.

On the first night of the Democratic debates, Julian Castro made a big issue of his call to repeal Section 1325 of Title 8 of the United States Code, which says it’s a federal crime to enter the country without authorization. This felt like a ploy for attention from the periphery of the second-tier debate stage, yet last night seven out of the ten candidates raised their hands for the idea, including top contenders Kamala Harris, Bernie Sanders, and Pete Buttigieg.

The collective posture of the party is getting closer and closer to open borders, only without embracing the label.

Illegal immigrants aren’t typically prosecuted under Section 1325, although the Bush administration started a program called “Operation Streamline” to increase prosecutions, hoping to discourage would-be crossers and especially to create a deterrent against illegal reentry (illegal entry is a misdemeanor often punished by time served, whereas illegal reentry is a felony). Such prosecutions were a key element of Trump’s family-separation policy that had to be quickly abandoned.

The repeal of Section 1325 would send a message of permissiveness that would create another incentive for migrants to come across the border, and remove a tool for going after coyotes (it can be difficult to prove their offense, so prosecuting them for illegal entry is a backstop). Section 1325 has been on the books for 90 years, and it reflects the commonsense view that entering the United States without lawful permission should be a crime. Yes, it’d still be a civil offense to be present in the United States without papers, and in theory, still possible to be deported — although this brings us to the rest of the Democratic approach to immigration.

Asked if an illegal immigrant in the interior of the country who hasn’t committed another crime should be deported, Joe Biden replied that such a person “should not be the focus of deportation.” Kamala Harris said he “absolutely” should not be deported, and Representative Eric Swalwell said “that person can be part of this great American experience.” This is a promise to gut interior enforcement that, coupled with the latitudinarian attitude at the border, would be a huge step toward open borders.

If there were any doubt that Democrats want to welcome illegal immigrants and treat them like U.S. citizens, seeing every single candidate on the stage last night promising to provide government health insurance to illegal immigrants removes it. This, obviously, would be even more of a magnet to illegal immigration, and would erode the difference between U.S. citizens and people who literally showed up the day before yesterday in violation of our laws. Besides, the U.S. government is under enough fiscal strain providing promised benefits to citizens and legal residents without, in effect, extending the safety net to some percentage of the population of Northern Triangle countries.

The Democrats’ radicalism on immigration is certainly a political mistake that will give President Trump ready fodder next year. We’d say it’s impossible for Democrats to get any further out on this limb, but the next round of debates is only a month away.

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États-Unis : Barack Obama sous pression face à l’afflux d’enfants clandestins

La Maison-Blanche a demandé mardi au Congrès américain le déblocage en urgence de 3,7 milliards de dollars pour faire face à l’entrée illégale de dizaines de milliers d’enfants.

Le président américain reconnaît lui-même que son pays fait face à «une situation humanitaire d’urgence». Barack Obama a demandé formellement au Congrès mardi de débloquer 3,7 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros) pour répondre à l’afflux croissant d’enfants clandestins à la frontière avec le Mexique. L’objectif: augmenter les capacités d’accueil des sans-papiers et le nombre de juges gérant leurs dossiers, renforcer la surveillance de la frontière… mais surtout améliorer les conditions de détention de ces enfants arrêtés à la frontière après avoir tenté la traversée du Rio Grande au péril de leur vie. «Sans crédits supplémentaires, à moins de prendre des mesures extraordinaires, les agences ne disposeront pas des ressources suffisantes pour répondre à la situation de façon appropriée», a insisté la Maison-Blanche.

Car sur le terrain, les besoins sont colossaux. Depuis le mois d’octobre, pas moins de 52.000 sans-papiers mineurs venus seuls, surtout d’Amérique centrale (Guatemala, Honduras, Salvador), ont été interpellés à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Sans compter les milliers d’autres arrêtés en compagnie de leurs proches. Le phénomène est loin d’être nouveau, mais les chiffres ont doublé par rapport à l’an dernier. Au total, plus de 90.000 enfants pourraient être interpellés cette année, soit 15 fois plus qu’en 2011, selon une note officielle.

Ces enfants, parfois âgés de 3 ou 4 ans seulement, arrivent affamés, déshydratés, après un périple de plusieurs milliers de kilomètres. Ils se retrouvent dans «des conditions terribles», «n’ont pas de lit et dorment par terre», déplore auprès de l’AFP Domingo Gonzalo, membre de l’association Campaña Fronteriza qui oeuvre au Texas. La Croix-Rouge américaine a même dû venir en aide aux autorités en fournissant des couvertures et des kits d’hygiène pour les jeunes détenus, tandis que des bases militaires sont transformées en centres d’accueil d’urgence, en Californie ou au Texas.

Un hangar faisant office de centre de détention, en Arizona.

Le message pro-immigration du président, principal coupable selon les républicains

Parmi ces mineurs, beaucoup fuient la pauvreté, la violence liée au narcotrafic de leur pays. L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, citée par les Los Angeles Times, rappelle que ces mineurs ne s’exilent pas seulement aux Etats-Unis: ils cherchent aussi à atteindre d’autres pays comme le Mexique, le Costa Rica ou le Nicaragua. Mais s’ils affluent à la frontière américaine, c’est que beaucoup disent être venus profiter d’une «nouvelle» loi qui leur donnerait des «permisos», des permis de séjour pour mineurs, une rumeur qui se répand depuis des mois dans ces pays d’Amérique centrale, à en croire des migrants interrogés par le New York Times. Rumeur alimentée par les passeurs qui profitent de ce trafic.

Pour les républicains toutefois, le principal responsable de cet afflux massif s’appelle Barack Obama: avec son message pro-immigration, il a selon eux donné des espoirs aux jeunes clandestins. La reforme que défend le président prévoit en effet de faciliter un peu l’accès à la nationalité pour les enfants sans-papiers, contre un renforcement du contrôle de la frontière mexicaine. «Apparemment, on se passe le mot qu’une fois appréhendé par les agents à la frontière, grâce au laxisme de cette administration, on ne sera jamais expulsé», accuse ainsi le représentant républicain Bob Goodlatte.

Le gouverneur du Texas Rick Perry estime que cette «crise humanitaire» menace la sécurité intérieure du pays. «La bonne décision est de mon point de vue d’expulser immédiatement» ces enfants. Comme l’a rappelé sur CNN un élu démocrate du Texas, Henry Cuellar, «si vous êtes Mexicain, vous êtes renvoyés (…) mais si vous venez d’un pays qui n’est pas frontalier avec les Etats-Unis comme les pays d’Amérique centrale, alors la loi dit que vous devez être pris en charge par les services fédéraux de la Santé et qu’ils vont vous placer» dans un centre d’accueil ou une famille. Or pour le républicain Rick Perry, «leur permettre de rester ne fera qu’encourager le prochain groupe à entreprendre ce très dangereux voyage».

Obama, qui doit se rendre au Texas mercredi pour s’entretenir avec Rick Perry, a fait de la réforme de l’immigration un chantier majeur de son deuxième mandat. Se heurtant au blocage de la chambre des représentants dominée par les républicains, il s’est engagé à agir par décret pour faire avancer les choses. Dans son camp, on affirme qu’il ne faut pas faire d’amalgame entre ce qui se passe en ce moment à la frontière et l’urgence d’une réforme migratoire, qui ne régulariserait que certaines personnes arrivées avant 2011. Les démocrates rappellent aussi que leur plan prévoyait la construction de centaines de kilomètres de nouvelles barrières frontalières et le renforcement du nombre de policiers.

Visiblement dépassée par l’ampleur du phénomène, l’administration Obama répète que la plupart de ces enfants clandestins ne seront pas autorisés à rester dans le pays. Le président s’est même adressé aux parents d’Amérique centrale le mois dernier dans une interview télévisée: «Notre message est sans équivoque: n’envoyez pas vos enfants seuls, sur des trains ou par des passeurs», a-t-il déclaré sur la chaîne américaine ABC (vidéo ci-dessous). «S’ils réussissent à arriver ici, ils seront renvoyés. Mais surtout, ils risquent de ne pas arriver». Malgré ses efforts, des centaines de mineurs clandestins continuent de gagner la frontière chaque jour.

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Why The Times Published a Photo of Drowned Migrants

We asked top editors about the decision-making process: “These are not easy images to use.”

Lara Takenaga
The New Yort Times
June 26, 2019

After The Times published a haunting photo this week of two migrants, a father and his young daughter, who had drowned in the Rio Grande, many readers said they appreciated the attention it brought to the national conversation around immigration.

Some have questioned the decision, however.

“I understand that the photograph you have with your story is meant to somehow transmit a message, perhaps convey pain and trauma, make us feel shame and sadness, and thereby ignite change,” one reader commented on the article accompanying the image. “But somehow I also find it a thoroughly humiliating (disrespectful) photograph, too.”

To give readers insight into our editorial process, we asked several top editors how The Times decided to run the photo.

At least a dozen editors discussed the image, which came from The Associated Press, at length on Tuesday after seeing it on social media. Once the photo’s legitimacy had been verified, editors decided to publish it online that evening with an article that reported on the victims, Óscar Alberto Martínez Ramírez and his 23-month-old daughter, Valeria, and explained the image’s significance in the immigration debate. The photo appeared prominently on The Times’s front page on Wednesday.

Beth Flynn, our deputy photo editor, said the editors decided to run the image because it bore witness to what is happening at the border between the United States and Mexico right now.

“It’s important for our readers to see and understand that,” she said.

The photo reminded the editors of other powerful images, including the photo of a 3-year-old Syrian boy, Aylan Kurdi, whose body washed ashore in Turkey, that have brought world tragedies into greater focus and humanized the victims, said Tom Jolly, the associate masthead editor who oversees The Times’s print operations.

Among the questions the editors discussed were whether prominent use of the image on the front page would be seen as gratuitous (they decided it wasn’t) and whether it added important context to our coverage of the border, Ms. Flynn said. While The Times has written about migrants who died attempting to cross the Rio Grande, there have not been images of that plight. This photo “has such impact” as a result, Ms. Flynn said.

They also considered whether they would feel the same about the photo if it showed two white Americans.

“In this case, after an almost two-hour conversation involving people with different backgrounds and perspectives, we felt that yes, this photo was an iconic moment that represented something bigger than just the image itself,” Mr. Jolly said.

One concern about running the photo at the top of the front page was whether it would give the appearance of The Times making a political statement, Mr. Jolly said. But the editors were confident that the image stood on its own, reflecting the perils migrants on the border face, not a position on the issue of immigration.

There are some places the photo hasn’t appeared: The Times has a longstanding policy of not using graphic images in social media posts, except in extremely rare circumstances.

“It’s one thing to feature graphic photos on the homescreen or in an article,” Cynthia Collins, our off-platform editor, said. “It’s quite another thing to serve a graphic image in tweets and Facebook posts that can appear in the newsfeeds of people who didn’t deliberately seek out the news and editorial judgment of The New York Times.”

After readers criticized a photo of dead bodies that ran with a January article about an attack in Nairobi, Kenya, top editors in our photo department compiled internal guidelines for the publication of graphic or sensitive photos. Phil Corbett, our standards editor, summarized them for us:

  • Editors are advised to take enough time to discuss such a decision thoroughly, and to consult high-ranking editors as needed.

  • They should consider a series of questions and factors, including the newsworthiness of the event; how crucial the photo is to telling the story; the likely impact on loved ones, survivors and the community affected; and whether our judgment would be the same regardless of who the victims were or where the events occurred.

The conversations are never taken lightly.

“These are not easy images to use,” Mr. Jolly said. “They’re as difficult for us to look at as anyone. We do not do it without a tremendous amount of thought.”

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An Expert on Concentration Camps Says That’s Exactly What the U.S. Is Running at the Border

« Things can be concentration camps without being Dachau or Auschwitz. »

New Tent Camps Go Up In West Texas For Migrant Children Separated From Parents

Joe RaedleGetty Images

Surely, the United States of America could not operate concentration camps. In the American consciousness, the term is synonymous with the Nazi death machines across the European continent that the Allies began the process of dismantling 75 years ago this month. But while the world-historical horrors of the Holocaust are unmatched, they are only the most extreme and inhuman manifestation of a concentration-camp system—which, according to Andrea Pitzer, author of One Long Night: A Global History of Concentration Camps, has a more global definition. There have been concentration camps in France, South Africa, Cuba, the Soviet Union, and—with Japanese internment—the United States. In fact, she contends we are operating such a system right now in response to a very real spike in arrivals at our southern border.

“We have what I would call a concentration camp system,” Pitzer says, “and the definition of that in my book is, mass detention of civilians without trial.”

Historians use a broader definition of concentration camps, as well.

« What’s required is a little bit of demystification of it, » says Waitman Wade Beorn, a Holocaust and genocide studies historian and a lecturer at the University of Virginia. « Things can be concentration camps without being Dachau or Auschwitz. Concentration camps in general have always been designed—at the most basic level—to separate one group of people from another group. Usually, because the majority group, or the creators of the camp, deem the people they’re putting in it to be dangerous or undesirable in some way. »

« Things can be concentration camps without being Dachau or Auschwitz. »

Not every concentration camp is a death camp—in fact, their primary purpose is rarely extermination, and never in the beginning. Often, much of the death and suffering is a result of insufficient resources, overcrowding, and deteriorating conditions. So far, 24 people have died in the custody of Immigration and Customs Enforcement under the Trump administration, while six children have died in the care of other agencies since September. Systems like these have emerged across the world for well over 100 years, and they’ve been established by putative liberal democracies—as with Britain’s camps in South Africa during the Boer War—as well as authoritarian states like Nazi Germany or the Soviet Union. Camps set up with one aim can be repurposed by new regimes, often with devastating consequences.

History is banging down the door this week with the news the Trump administration will use Fort Sill, an Oklahoma military base that was used to detain Japanese-Americans during World War II, to house 1,400 unaccompanied migrant children captured at the border. Japanese internment certainly constituted a concentration-camp system, and the echoes of the past are growing louder. Of course, the Obama administration temporarily housed migrants at military bases, including Fort Sill, for four months in 2014, built many of the newer facilities to house migrants, and pioneered some of the tactics the Trump administration is now using to try to manage the situation at the border.

Roll call is taken by the army at Japanese internment camp, Tule Lake, CA.

Roll call is taken by the army at a Japanese-American internment camp during World War II in Tule Lake, CA in 1944.

Carl MydansGetty Images

The government of the United States would never call the sprawling network of facilities now in use across many states « concentration camps, » of course. They’re referred to as « federal migrant shelters » or « temporary shelters for unaccompanied minors » or « detainment facilities » or the like. (The initial processing facilities are run by Border Patrol, and the system is primarily administered to by the Department of Homeland Security. Many adults are transferred to ICE, which now detains more than 52,000 people across 200 facilities on any given day—a record high. Unaccompanied minors are transferred to Department of Health and Human Services custody.) But by Pitzer’s measure, the system at the southern border first set up by the Bill Clinton administration, built on by Barack Obama’s government, and brought into extreme and perilous new territory by Donald Trump and his allies does qualify. Two historians who specialize in the area largely agree.


Many of the people housed in these facilities are not « illegal » immigrants. If you present yourself at the border seeking asylum, you have a legal right to a hearing under domestic and international law. They are, in another formulation, refugees—civilian non-combatants who have not committed a crime, and who say they are fleeing violence and persecution. Yet these human beings, who mostly hail from Central America’s Northern Triangle of Honduras, Guatemala, and El Salvador—a region ravaged by gang violence and poverty and corruption and what increasingly appears to be some of the first forced migrations due to climate change—are being detained on what increasingly seems to be an indefinite basis.

Meanwhile, the Trump administration continually seeks new ways to stop people from applying for asylum, and to discourage others from attempting to. The current regime has sought to restrict the asylum criteria to exclude the exact issues, like gang or domestic violence, that these desperate people often cite for why they fled their homes. The administration has sought to introduce application fees and work-permit restraints. They have tried to prohibit migrants from seeking asylum « if they have resided in a country other than their own before coming to the U.S., » which would essentially eliminate anyone who traveled to the border through Mexico. Much of this has been struck down in federal court.

But most prominently, Trump’s Department of Homeland Security has used « metering » at the border, where migrants are forced to wait for days or weeks on the Mexican side—often sleeping in makeshift shelters or fully exposed to the elements—until they are allowed across border checkpoints to make their asylum claims and be processed. That processing system is overwhelmed, and the Obama administration also used metering at various points, but it remains unclear whether the wait times need to be as long as they are. (DHS did not respond to a request for comment.) There are no guarantees on how long migrants will have to wait, and so they’ve increasingly turned to crossing illegally between checkpoints—which constitutes « illegal entry, » a misdemeanor—in order to present themselves for asylum. This criminalizes them, and the Trump administration tried to make illegal entry a disqualifier for asylum claims. The overall effort appears to be to make it as difficult as possible to get a hearing to adjudicate those claims, raising the specter that people can be detained longer or indefinitely.

All this has been achieved through two mechanisms: militarization and dehumanization. In her book, Pitzer describes camps as “a deliberate choice to inject the framework of war into society itself. » These kinds of detention camps are a military endeavor: they are defensible in wartime, when enemy combatants must be detained, often for long periods without trial. They were a hallmark of World War I Europe. But inserting them into civil society, and using them to house civilians, is a materially different proposition. You are revoking the human and civil rights of non-combatants without legal justification.

USA - Immigration Detention Center in Nogales

A migrant family sits inside an Immigration Detention Center in Nogales after they were detained by border patrol agents.

J.Emilio FloresGetty Images

« In the origins of the camps, it’s tied to the idea of martial law, » says Jonathan Hyslop, author of « The Invention of the Concentration Camp: Cuba, Southern Africa and the Philippines, 1896–1907, » and a professor of sociology and anthropology at Colgate University. « I mean, all four of the early instances—Americans in the Philippines, Spanish in Cuba, and British in South Africa, and Germans in Southwest Africa—they’re all essentially overriding any sense of rights of the civilian population. And the idea is that you’re able to suspend normal law because it’s a war situation. »

This pairs well with the rhetoric that Trump deploys to justify the system and his unconstitutional power grabs, like the phony « national emergency »: he describes the influx of asylum-seekers and other migrants as an « invasion, » language his allies are mirroring with increasing extremism. If you’re defending yourself from an invasion, anything is defensible.

That goes hand-in-hand with the strategy of dehumanization. For decades, the right has referred to undocumented immigrants as « illegals, » stripping them of any identity beyond an immigration status. Trump kicked off his formal political career by characterizing Hispanic immigrants as « rapists » and « drug-dealers » and « criminals, » never once sharing, say, the story of a woman who came here with her son fleeing a gang’s threats. It is always MS-13 and strong, scary young men. There’s talk of « animals » and monsters, and suddenly anything is justifiable. In fact, it must be done. Trump’s supporters have noticed. At a recent rally, someone in the crowd screamed out that people arriving at the border should be shot. In response, the president cracked a « joke. »

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Trump’s rhetoric about the border has served the purpose of militarizing the system and dehumanizing its subjects.

SAUL LOEBGetty Images

« It’s important here to look at the language that people are using, » Hyslop says. « As soon as you get people comparing other groups to animals or insects, or using language about advancing hordes, and we’re being overrun and flooded and this sort of thing, it’s creating the sense of this enormous threat. And that makes it much easier to sell to people on the idea we’ve got to do something drastic to control this population which going to destroy us. »

In a grotesque formulation of the chicken-and-the-egg conundrum, housing people in these camps furthers their dehumanization.

« There’s this crystallization that happens, » Pitzer says. « The longer they’re there, the