Mur de Trump: Les bonnes clôtures font les bons voisins (Why can’t the misguided left see that building a wall makes Donald Trump the rule, not the exception, among world leaders ?)

2 janvier, 2019
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Divided : Why We're Living in an Age of Walls, Hardback Book
Les bonnes clôtures font les bons voisins. Proverbe anglais
Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés. proverbe français
Aimez votre voisin mais n’abattez pas la haie. Autre proverbe français
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation. (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Je condamne le christia­nisme, j’élève contre l’Église chrétienne la plus terrible de toutes les accusa­tions, que jamais accusateur ait prononcée. Elle est la plus grande corruption que l’on puisse imaginer, elle a eu la volonté de la dernière corruption possible. L’Église chrétienne n’épargna sur rien sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme (…) L’ « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancunes les plus basses, cet explosif de l’idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l’ordre social — c’est la dynamite chrétienne… (…) Le christianisme a pris parti pour tout ce qui est faible, bas, manqué (…) La pitié entrave en somme la loi de l’évolution qui est celle de la sélection. Elle comprend ce qui est mûr pour la disparition, elle se défend en faveur des déshérités et des condamnés de la vie. Par le nombre et la variété des choses manquées qu’elle retient dans la vie, elle donne à la vie elle-même un aspect sombre et douteux. On a eu le courage d’appeler la pitié une vertu (— dans toute morale noble elle passe pour une faiblesse —) ; on est allé plus loin, on a fait d’elle la vertu, le terrain et l’origine de toutes les vertus. Nietzsche
A l’origine, la guerre n’était qu’une lutte pour les pâturages. Aujourd’hui la guerre n’est qu’une lutte pour les richesses de la nature. En vertu d’une loi inhérente, ces richesses appartiennent à celui qui les conquiert. Les grandes migrations sont parties de l’Est. Avec nous commence le reflux, d’Ouest en Est. C’est en conformité avec les lois de la nature. Par le biais de la lutte, les élites sont constamment renouvelées. La loi de la sélection naturelle justifie cette lutte incessante en permettant la survie des plus aptes. Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. Hitler
Jésus a tout fichu par terre. Le Désaxé (Les braves gens ne courent pas les rues, Flannery O’Connor)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
The gospel revelation gradually destroys the ability to sacralize and valorize violence of any kind, even for Americans in pursuit of the good. (…) At the heart of the cultural world in which we live, and into whose orbit the whole world is being gradually drawn, is a surreal confusion. The impossible Mother Teresa-John Wayne antinomy Times correspondent (Lance) Morrow discerned in America’s humanitarian 1992 Somali operation is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded those cultures under biblical influence. Gil Bailie
La Raison sera remplacée par la Révélation. À la place de la Loi rationnelle et des vérités objectives perceptibles par quiconque prendra les mesures nécessaires de discipline intellectuelle, et la même pour tous, la Connaissance dégénérera en une pagaille de visions subjectives (…) Des cosmogonies complètes seront créées à partir d’un quelconque ressentiment personnel refoulé, des épopées entières écrites dans des langues privées, les barbouillages d’écoliers placés plus haut que les plus grands chefs-d’œuvre. L’Idéalisme sera remplacé par Matérialisme. La vie après la mort sera un repas de fête éternelle où tous les invités auront 20 ans … La Justice sera remplacée par la Pitié comme vertu cardinale humaine, et toute crainte de représailles disparaîtra … La Nouvelle Aristocratie sera composée exclusivement d’ermites, clochards et invalides permanents. Le Diamant brut, la Prostituée Phtisique, le bandit qui est bon pour sa mère, la jeune fille épileptique qui a le chic avec les animaux seront les héros et héroïnes du Nouvel Age, quand le général, l’homme d’État, et le philosophe seront devenus la cible de chaque farce et satire. Hérode (Pour le temps présent, oratorio de Noël, W. H. Auden, 1944)
Just over 50 years ago, the poet W.H. Auden achieved what all writers envy: making a prophecy that would come true. It is embedded in a long work called For the Time Being, where Herod muses about the distasteful task of massacring the Innocents. He doesn’t want to, because he is at heart a liberal. But still, he predicts, if that Child is allowed to get away, « Reason will be replaced by Revelation. Instead of Rational Law, objective truths perceptible to any who will undergo the necessary intellectual discipline, Knowledge will degenerate into a riot of subjective visions . . . Whole cosmogonies will be created out of some forgotten personal resentment, complete epics written in private languages, the daubs of schoolchildren ranked above the greatest masterpieces. Idealism will be replaced by Materialism. Life after death will be an eternal dinner party where all the guests are 20 years old . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal human virtue, and all fear of retribution will vanish . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. »What Herod saw was America in the late 1980s and early ’90s, right down to that dire phrase « New Age. » (…) Americans are obsessed with the recognition, praise and, when necessary, the manufacture of victims, whose one common feature is that they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class white male. The range of victims available 10 years ago — blacks, Chicanos, Indians, women, homosexuals — has now expanded to include every permutation of the halt, the blind and the short, or, to put it correctly, the vertically challenged. (…) Since our newfound sensitivity decrees that only the victim shall be the hero, the white American male starts bawling for victim status too. (…) European man, once the hero of the conquest of the Americas, now becomes its demon; and the victims, who cannot be brought back to life, are sanctified. On either side of the divide between Euro and native, historians stand ready with tarbrush and gold leaf, and instead of the wicked old stereotypes, we have a whole outfit of equally misleading new ones. Our predecessors made a hero of Christopher Columbus. To Europeans and white Americans in 1892, he was Manifest Destiny in tights, whereas a current PC book like Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise makes him more like Hitler in a caravel, landing like a virus among the innocent people of the New World. Robert Hughes (24.06.2001)
La vérité biblique sur le penchant universel à la violence a été tenue à l’écart par un puissant processus de refoulement. (…) La vérité fut reportée sur les juifs, sur Adam et la génération de la fin du monde. (…) La représentation théologique de l’adoucissement de la colère de Dieu par l’acte d’expiation du Fils constituait un compromis entre les assertions du Nouveau Testament sur l’amour divin sans limites et celles sur les fantasmes présents en chacun. (…) Même si la vérité biblique a été de nouveau  obscurcie sur de nombreux points, (…) dénaturée en partie, elle n’a jamais été totalement falsifiée par les Églises. Elle a traversé l’histoire et agit comme un levain. Même l’Aufklärung critique contre le christianisme qui a pris ses armes et les prend toujours en grande partie dans le sombre arsenal de l’histoire de l’Eglise, n’a jamais pu se détacher entièrement de l’inspiration chrétienne véritable, et par des détours embrouillés et compliqués, elle a porté la critique originelle des prophètes dans les domaines sans cesse nouveaux de l’existence humaine. Les critiques d’un Kant, d’un Feuerbach, d’un Marx, d’un Nietzsche et d’un Freud – pour ne prendre que quelques uns parmi les plus importants – se situent dans une dépendance non dite par rapport à l’impulsion prophétique. Raymund Schwager
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Bien avant qu’un intellectuel nazi ait annoncé ‘quand j’entends le mot culture je sors mon revolver’, les poètes avaient proclamé leur dégoût pour cette saleté de culture et politiquement invité Barbares, Scythes, Nègres, Indiens, ô vous tous, à la piétiner. Hannah Arendt (1949)
L’Occident s’achève en bermuda […] Craignez le courroux de l’homme en bermuda. Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis. Eh bien,nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement.  Chers djihadistes, chevauchant vos éléphants de fer et de feu, vous êtes entrés avec fureur dans notre magasin de porcelaine. Mais c’est un magasin de porcelaine dont les propriétaires de longue date ont entrepris de réduire en miettes tout ce qui s’y trouvait entassé. […] Vous êtes les premiers démolisseurs à s’attaquer à des destructeurs. Les premiers incendiaires en concurrence avec des pyromanes. […] À la différence des nôtres, vos démolitions s’effectuent en toute illégalité et s’attirent un blâme quasi unanime. Tandis que c’est dans l’enthousiasme général que nous mettons au point nos tortueuses innovations et que nous nous débarrassons des derniers fondements de notre ancienne civilisation.  Chers djihadistes, nous triompherons de vous. Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts. Philippe Muray
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde: on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème ! René Girard
Ce concept de « droitisation » est le plus sûr indice de la confusion mentale qui s’est emparée de certains esprits. Si la « droitisation » consiste à prendre en compte la souffrance sociale des Français les plus exposés et les plus vulnérables, c’est que les anciennes catégories politiques n’ont plus guère de sens… et que le PS est devenu – ce qui me paraît une évidence – l’expression des nouvelles classes dominantes. (…) Est-ce Nicolas Sarkozy qui se « droitise » en plaçant la maîtrise des flux migratoires au cœur de la question sociale ou la gauche qui se renie en substituant à la question sociale le combat sociétal en faveur d’un communautarisme multiculturel ? L’impensé du candidat socialiste sur l’immigration est tout sauf accidentel : il témoigne d’une contradiction à ce jour non résolue. L’idéologie du « transfrontiérisme » n’est pas celle des Français. Près de deux Français sur trois et près d’un sympathisant de gauche sur deux approuvent la proposition de Nicolas Sarkozy de réduire de moitié l’immigration légale. Le projet que porte Nicolas Sarkozy s’adresse à tout l’électorat populaire. Il est clairement le candidat d’une Europe des frontières. C’est en cela qu’il est le candidat du peuple qui souffre de l’absence de frontières et de ses conséquences en chaîne : libre-échangisme sans limites, concurrence déloyale, dumping social, délocalisation de l’emploi, déferlante migratoire. Les frontières, c’est la préoccupation des Français les plus vulnérables. Les frontières, c’est ce qui protège les plus pauvres. Les privilégiés, eux, ne comptent pas sur l’Etat pour construire des frontières. Ils n’ont eu besoin de personne pour se les acheter. Frontières spatiales et sécuritaires : ils habitent les beaux quartiers. Frontières scolaires : leurs enfants fréquentent les meilleurs établissements. Frontières sociales : leur position les met à l’abri de tous les désordres de la mondialisation et en situation d’en recueillir tous les bénéfices. Patrick Buisson
Le mépris dans lequel les tient la classe dirigeante a quelque chose de sidérant. Nos élites sont mues par une invraisemblable prolophobie dont elles n’ont parfois même pas conscience. (…) Les impensés de la gauche sur la sécurité et l’immigration témoignent d’un déni persévérant de celle-ci face à l’expression de certaines souffrances sociales. (…) Avant d’être une posture politique, le front républicain est d’abord un réflexe de classe et de caste. Patrick Buisson
The Secure Fence Act of 2006, which was passed by a Republican Congress and signed by President George W. Bush, authorized about 700 miles of fencing along certain stretches of land between the border of the United States and Mexico. (…) At the time the act was being considered, Barack Obama, Hillary Clinton and Chuck Schumer were all members of the Senate. (…) Obama, Clinton, Schumer and 23 other Democratic senators voted in favor of the act when it passed in the Senate by a vote of 80 to 19. (…) Currently, 702 miles of fencing separates the United States from Mexico, according to U.S. Customs and Border Protection. Trump plans for the wall are vague, but here’s what we know. He said the wall doesn’t need to run the nearly 2,000 miles of the border, but about 1,000 miles because of natural barriers. He said it could cost between $8 billion and $12 billion, be made of precast concrete, and rise 35 to 40 feet, or 50 feet, or higher. Experts have repeatedly told PolitiFact that the differences in semantics between a wall and a fence are not too significant because both block people. (…) A 2016 Associated Press report from the border described « rust-colored thick bars » that form « teeth-like slats » 18 feet high. « There are miles of gaps between segments and openings in the fence itself, » the report said. Trump criticized the 2006 fence as too modest during the 2016 campaign. (…) It’s also worth noting that the political context surrounding the 2006 vote was different, too. Democrats normally in favor of looser immigration laws saw the Secure Fence Act of 2006 as the lesser of two evils, according to a Boston Globe report that detailed the legislative process. Around that same time, the House passed legislation that would make any undocumented immigrant a felon. « It didn’t have anywhere near the gravity of harm, » Angela Kelley, who in 2006 was the legislative director for the National Immigration Forum, told the Boston Globe. « It was hard to vote against it because who is going to vote against a secure fence? And it was benign compared with what was out there. » Politifact
No country can exist without borders. Hillary and Obama have all but destroyed them; Trump must remind us how he will restore them. Walls throughout history have been part of the solution, from Hadrian’s Wall to Israel’s fence with the Palestinians. “Making Mexico pay for the wall” is not empty rhetoric, when $26 billion in remittances go back to Mexico without taxes or fees, largely sent from those here illegally, and it could serve as a source of funding revenue.Trump can supersede “comprehensive immigration” with a simple program: Secure and fortify the borders first; begin deporting those with a criminal record, and without a work history. Fine employers who hire illegal aliens. Any illegal aliens who choose to stay, must be working, crime-free, and have two years of residence. They can pay a fine for having entered the U.S. illegally, learn English, and stay while applying for a green card — that effort, like all individual applications, may or may not be approved. He should point out that illegal immigrants have cut in line in front of legal applicants, delaying for years any consideration of entry. That is not an act of love. Sanctuary cities are a neo-Confederate idea, and should have their federal funds cut off for undermining U.S. law. The time-tried melting pot of assimilation and integration, not the bankrupt salad bowl of identity politics, hyphenated nomenclature, and newly accented names should be our model of teaching new legal immigrants how to become citizens. Victor Davis Hanson
Securing national borders seems pretty orthodox. In an age of anti-Western terrorism, placing temporary holds on would-be immigrants from war-torn zones until they can be vetted is hardly radical. Expecting “sanctuary cities” to follow federal laws rather than embrace the nullification strategies of the secessionist Old Confederacy is a return to the laws of the Constitution. Using the term “radical Islamic terror” in place of “workplace violence” or “man-caused disasters” is sensible, not subversive. Insisting that NATO members meet their long-ignored defense-spending obligations is not provocative but overdue. Assuming that both the European Union and the United Nations are imploding is empirical, not unhinged. Questioning the secret side agreements of the Iran deal or failed Russian reset is facing reality. Making the Environmental Protection Agency follow laws rather than make laws is the way it always was supposed to be. Unapologetically siding with Israel, the only free and democratic country in the Middle East, used to be standard U.S. policy until Obama was elected. (…) Expecting the media to report the news rather than massage it to fit progressive agendas makes sense. In the past, proclaiming Obama a “sort of god” or the smartest man ever to enter the presidency was not normal journalistic practice. (…) Half the country is having a hard time adjusting to Trumpism, confusing Trump’s often unorthodox and grating style with his otherwise practical and mostly centrist agenda. In sum, Trump seems a revolutionary, but that is only because he is loudly undoing a revolution. Victor Davis Hanson
There was likely never going to be “comprehensive immigration reform” or any deal amnestying the DACA recipients in exchange for building the wall. Democrats in the present political landscape will not consent to a wall. For them, a successful border wall is now considered bad politics in almost every manner imaginable. Yet 12 years ago, Congress, with broad bipartisan support, passed the Secure Fence of Act of 2006. The bill was signed into law by then-President George W. Bush to overwhelming public applause. The stopgap legislation led to some 650 miles of a mostly inexpensive steel fence while still leaving about two-thirds of the 1,950-mile border unfenced. In those days there were not, as now, nearly 50 million foreign-born immigrants living in the United States, perhaps nearly 15 million of them illegally. Sheer numbers have radically changed electoral politics. Take California. One out of every four residents in California is foreign-born. Not since 2006 has any California Republican been elected to statewide office. The solidly blue states of the American Southwest, including Colorado, Nevada and New Mexico, voted red as recently as 2004 for George W. Bush. Progressives understandably conclude that de facto open borders are good long-term politics. Once upon a time, Democrats such as Hillary and Bill Clinton and Barack Obama talked tough about illegal immigration. They even ruled out amnesty while talking up a new border wall. In those days, progressives saw illegal immigration as illiberal — or at least not as a winning proposition among union households and the working poor. Democratic constituencies opposed importing inexpensive foreign labor for corporate bosses. Welfare rights groups believed that massive illegal immigration would swamp social services and curtail government help to American poor of the barrios and the inner city. So, what happened? Again, numbers. Hundreds of thousands of undocumented immigrants have flocked into the United States over the last decade. In addition, the Obama administration discouraged the melting-pot assimilationist model of integrating only legal immigrants. Salad-bowl multiculturalism, growing tribalism and large numbers of unassimilated immigrants added up to politically advantageous demography for Democrats in the long run. In contrast, a wall would likely reduce illegal immigration dramatically and with it future Democratic constituents. Legal, meritocratic, measured and diverse immigration in its place would likely end up being politically neutral. And without fresh waves of undocumented immigrants from south of the border, identity politics would wane. A wall also would radically change the optics of illegal immigration. Currently, in unsecured border areas, armed border patrol guards sometimes stand behind barbed wire. Without a wall, they are forced to rely on dogs and tear gas when rushed by would-be border crossers. They are easy targets for stone-throwers on the Mexican side of the border. A high wall would end that. Border guards would be mostly invisible from the Mexican side of the wall. Barbed wire, dogs and tear gas astride the border — the ingredients for media sensationalism — would be unnecessary. Instead, footage of would-be border crossers trying to climb 30-foot walls would emphasize the degree to which some are callously breaking the law. Such imagery would remind the world that undocumented immigrants are not always noble victims but often selfish young adult males who have little regard for the millions of aspiring immigrants who wait patiently in line and follow the rules to enter the United State lawfully. More importantly, thousands of undocumented immigrants cross miles of dangerous, unguarded borderlands each year to walk for days in the desert. Often, they fall prey to dangers ranging from cartel gangs to dehydration. Usually, the United States is somehow blamed for their plight, even though a few years ago the Mexican government issued a comic book with instructions on how citizens could most effectively break U.S. law and cross the border. The wall would make illegal crossings almost impossible, saving lives. Latin American governments and Democratic operatives assume that lax border enforcement facilitates the outflow of billions of dollars in remittances sent south of the border and helps flip red states blue. All prior efforts to ensure border security — sanctions against employers, threats to cut off foreign aid to Mexico and Central America, and talk of tamper-proof identity cards — have failed. Instead, amnesties, expanded entitlements and hundreds of sanctuary jurisdictions offer incentives for waves of undocumented immigrants. The reason a secure border wall has not been — and may not be — built is not apprehension that it would not work, but rather real fear that it would work only too well. Victor Davis Hanson
New House majority leader Nancy Pelosi reportedly spent the holidays at the Fairmont Orchid on Kona, contemplating future climate-change legislation and still adamant in opposing the supposed vanity border wall. But in a very different real world from the Fairmont Orchid or Pacific Heights, other people each day deal with the results of open borders and sanctuary jurisdictions. The results are often nihilistic and horrific. (…)These incidents, and less violent ones like them, are not all that rare in rural California. The narratives are tragically similar and hinge on our society’s assumptions of tolerance and its belief that entering and residing illegally in the United States are not really crimes. Fraudulent identification and fake names are not really felonious behaviors. Driving under the influence is no reason for deportation — all crimes that can ruin careers and have expensive consequences for citizens. Statisticians argue that immigrants commit fewer crimes than the native born, but never quite calibrate illegal immigrants into the equation (in part because no one has any idea who, where, or how many they are, as estimates range from 11 to 20 million) or note that second-generation native-born children of immigrants have much higher violent-crime rates than do their immigrant parents, and in circular fashion add to the general pool of violent Americans who then are used to contrast immigrants as less violent. Immorality is undermining, in Confederate fashion, federal law, and normalizing exemptions that allow felons such as Garcia and Arriaga to wreak havoc on the innocent and defenseless. Too often the architects of open borders and sanctuary jurisdictions are not on the front lines where the vulnerable suffer the all-too-real consequences of distant others, who can rely on their own far greater safety nets when their grand abstractions become all too concrete. And, finally, we forget that so often the victims of illegal aliens are (in California where one in four residents was not born in the U.S.) legal immigrants like officer Singh, and members of the Hispanic community like the late Mr. Soto. Polls show that support for open borders is not popular and most Americans want an end to illegal immigration and catch and release, as well as stricter enforcement of current federal immigration laws. Victor Davis Hanson
Donald Trump n’en finit plus de s’agacer à propos de la construction de son mur à la frontière mexicaine. Ce vendredi, il a menacé de fermer la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique si les démocrates du Congrès n’acceptaient pas de financer la construction d’un mur. (…) Un sujet qui a déjà provoqué un « shutdown » depuis une semaine, soit la paralysie partielle des administrations fédérales et qui a mis des centaines de milliers de fonctionnaires au chômage forcé. Tant que républicains et démocrates ne trouveront pas d’accord au Congrès, les financements de 25% des ministères et administrations fédérales resteront suspendus. Jeudi, les négociations ont encore échoué. Le président républicain exige cinq milliards de dollars pour construire le mur tandis que les démocrates refusent de le financer, mais ont proposé une enveloppe de plus d’un milliard pour d’autres mesures de sécurité à la frontière. Les républicains sont majoritaires au Congrès, mais avec 51 sièges au Sénat, ils ont besoin de soutiens démocrates pour atteindre les 60 voix sur 100 nécessaires afin d’approuver le Budget. Mais si la question cristallise autant, c’est que la mesure est symbolique de la présidence de Donald Trump. Lors la campagne, le milliardaire a construit sa popularité à coup de propositions chocs et fait de la lutte contre l’immigration l’une de ses priorités. « Je vais construire un grand mur sur notre frontière sud, et le Mexique paiera pour le construire. Prenez-en bien note », avait-il alors promis. Une promesse déjà bien entamée par le refus mexicain de financer la construction du mur. Le président américain a été contraint d’admettre que les Etats-Unis allaient lancer le projet avant même d’avoir l’assurance du financement mexicain. Selon un sondage de Politico, la base électorale du président américain est, en effet, très attachée à cette proposition. 78% des électeurs de Trump en 2016 considèrent qu’il s’agit d’un projet important (25%) voire prioritaire (53%) au cours de son mandat. (…) Mais en attendant, Donald Trump doit trouver des financements. En totalité, l’ouvrage devrait coûter entre 22 à 25 milliards de dollars. Faute d’accord de compromis et dans un hémicycle quasi désert, le Sénat a décidé jeudi à l’unanimité d’ajourner la séance jusqu’à lundi 10h et de ne reprendre l’examen d’une loi budgétaire que mercredi 2 janvier, à partir de 16h. Or, à chaque jour qui passe, la position des démocrates se renforce. Ils prendront le contrôle de la Chambre des représentants dès le 3 janvier, tandis que les républicains auront une majorité renforcée au Sénat (53). Il est donc fort probable que Donald Trump soit obligé de faire des concessions, ce que le président américain ne semble pour l’instant pas prêt à faire. Le gouvernement restera paralysé jusqu’à « ce que nous ayons un mur, une barrière, peu importe comment ils veulent l’appeler », avait ainsi déclaré Donald Trump le 25 décembre. JDD
Why is our age of walls also the most open age in humanity’s history? Why is the march of globalisation now being kept company by re-activated nationalisms? Samanth Subramanian
I learnt early on in Bosnia, to understand the terrain in order to understand the story. There’s two things often, even in conflict zones, that some journalists don’t do. One is understanding religion, I mean really understand it. When all this started [the Arab uprisings] there was a whole generation of journalists who because they come from a secular society, thought religion was not a major factor. I think they found it hard to believe that these people actually do believe what they say, whereas I always knew to take them at their word. They believe this stuff, which is their right. I think some people just couldn’t bring themselves to believe people believe this in the 21st century. The other one is terrain. I was also influenced (and I acknowledge it) by Robert Kaplan’s Revenge of Geography. So I took all these ideas that have been swirling around for so long and packed in work to write. Then we start talking about identity, about national symbols and the emotional buttons they press [see Worth Dying For: The Power and Politics of Flags, 2016]. In all my travels, I would always ask, “Who is that statue of? Why is your flag the colour it is?”. You would learn the emotional buttons that are pushed in populations. I do see my latest three books as a trilogy because it all comes together. This last one I wanted to call Us and Them, but that’s been done, so Divided is the title. It’s realistic but depressing stuff, but I do think it’s a fair reflection of where we are, and I think slowly dawning on the Western peoples is the realisation that advancement is not a given. Progression is not a given. (…) It is somewhat deterministic in that yes, these things do, partially determine what happens, but that’s the key word, partially. I’ve had a great response to it, half a million sales, and some very nice reviews. Where it has been criticised, is that it is “too deterministic”. I think that ignores the six or seven times I say in the book, ‘this is a determining factor, not the determining factor’. There is obviously ideas, technology, politics, great leaders. All this stuff goes into make up [international politics], but the one that is overlooked is [physical] geography. That is precisely because intellectuals have a problem with anything deterministic because it is something beyond their control. The new book features a lot on borders. The ‘Open Borders’ theory is right in its idea of oneness, which I happen to agree with, we are one. However, for a whole bunch of reasons, including geography, we are divided from each other. That includes rivers, oceans and mountains, which have divided us from each other and made us different from each other, to the extent I would argue that I cannot see, in the foreseeable future us actually being one. Nor do I think dropping borders would make us one people; I think it would make us kill even more of each other than we already do. I’m reasonably utilitarian on this – the fewest people get killed, that’s good with me. I think their way [‘open border’ scholars] would get a lot more people killed than there already are, and there’s a lot. It’s a utopian idea that I like the idea of, but I’m not convinced it works. These divisions appear to be endemic. This might be a bit trite -and an academic would find it trite- but go up to someone you know and like, and who knows and likes you, and put your nose closer and closer [to their face]. At a certain point, that person is uncomfortable with it, with you in their space. That to me is a starting point, extrapolate from that. We need space, and self-identifying groups require space. Religions have tried to make us one, but it hasn’t quite worked, maybe it’s impossible precisely because we’re human. I suppose I am [pro-borders]. I dislike borders, however I think the way humanity is, and always has been structured, they are inevitable. If you try to get rid of that you’re going to open up a horrible can of worms. This is very unfashionable: I think the nation-state is probably the best unit for organising peoples. Without nation-states, of course there wouldn’t be interstate wars, but we’d be back to fiefdoms before you know it. (…) Divided is (…) about walls and divisions and fences going up all over the place. There’s a chapter on the Indian subcontinent, the walls, barriers and internal divisions in Pakistan, Bangladesh, Myanmar and India. Then a chapter on the USA, starting on walls and moving to racial divisions. Chapters on Europe, Israel, the Middle East, the UK – Brexit is part of it. That little strip of water called the Channel I think has a huge physical and psychological effect on the British. Without it, we wouldn’t have voted for Brexit, for two reasons. One, psychologically, we would feel less distinct, and secondly because of that our history would be very different: we might well have suffered the shock and trauma of the Second World War to the extent that continental Europe did. I read something just yesterday which struck a chord; the British experience of Hitler was such that we could make him a figure of fun, but the Russian experience was such that they don’t do that, it’s too traumatic. I’m interested in something that I completely disagree with: the open borders movement, which in academia is a ‘thing’. I’ve got a problem with ‘no borders’. There’s a very nice guy who helped me on the book called Professor Reece Jones from the University of Hawaii (author of Violent Borders, 2016). He gave me a few quotes for the book and I really like him, but some of his colleagues in this spectrum argue completely to bring borders down, almost overnight. They don’t factor in what will happen to the politics of the countries. We’ve seen with the movement we’ve had already, what’s happening to the politics of Europe, Austria as an example, Germany, France, Sweden, the Netherlands. Magnify that several times if you have no borders – it’s a utopian view. Tim Marshall
This is a mammoth subject and not just because Donald Trump based much of his success in the US electoral college (if not the US popular vote) by claiming at every opportunity that he would “build that wall”. So Marshall explores how different societies have responded to the changes wrought by our globalised world and how they rise to the challenge of maintaining national identity. Trump’s America, he argues, is “the only major power that can absorb the potential losses of withdrawing from globalisation without seriously endangering itself in the short term”. But Trump’s border wall is a rhetorical device that plays on a fear of other peoples. It is unlikely ever to be built, not least because about two-thirds of southern borderland property and land is in private ownership, but it reassures his core voters. Next Marshall turns his attentions to China, home of the Great Wall, where the state has responded to global upheaval by restricting its citizens’ access to the internet. This is his cue to explore cyber security and “the Great Firewall of China”. As Marshall argues, “internet censorship does restrict China’s economic potential” but that is a price that the Chinese Communist Party is willing to pay to maintain both its power and national unity. Subsequent chapters examine Israel and Palestine where walls are a necessity but they are “containing the violence – for now”. In the wider Middle East, Marshall argues that “ironically, another wall is needed… between religion and politics” if the region is to escape its troubled past. The Indian subcontinent contains the longest border fence in the world which runs for 2,500 miles between India and Bangladesh. But the area is still struggling to cope with mass migration as well as climate change. Seven out of 10 of the world’s most unequal countries are to be found in Africa. Marshall focuses on the legacy of colonialism and influences of globalisation which, he argues, “has lifted hundreds of millions of people out of poverty” while widening the gap “between the rich and not rich”. The final two chapters focus on Europe and the UK with Marshall exploring “the new realities of mass immigration and the moral necessities to take in refugees”. He shows how population pressures have led to the rise of nationalism and the Far-Right. Nonetheless he argues that we still need our nation states because “communities need to be bound together in shared experience”. Walls, Marshall concedes, have their place and we need not necessarily “decry the trend of wall-building… they can also provide temporary and partial alleviation of problems, even as countries work towards more lasting solutions, especially in areas of conflict”. Huston Gilmore
According to Tim Marshall, the fall of the Berlin Wall was the exception rather than the rule. ‘We are seeing walls being built along borders everywhere,’ he writes. The numbers support his argument. Fortified borders have increased from almost zero at the end of WWII to around 70 today, with the vast majority having been built since 2000. The divides continue to steer geopolitics and national identities, and countries appear to be goading each other into more wall building. ‘These are the fault lines that will shape our world for years to come,’ says Marshall. In that sense, President Trump’s campaign border wall seems less a shocking new policy than a repeating pattern. As one of the most high-profile border issues, Marshall devotes an early chapter to the Mexico/US divide and uses it to lay the foundations for what makes hard borders persuasive in popular politics – even if they are ineffective at preventing illegal immigration. Marshall puts it bluntly: ‘they make people who want something to be done feel that something is being done… Ultimately, very few barriers are impenetrable. People are resourceful, and those desperate enough will find a way around.’ Marshall takes us on a tour of some of the most relevant border divides in the world: India’s borders with Pakistan and Bangladesh, the Israel and Palestine border in the West Bank, the new borders across the Middle East and those running across Europe. (…) Where Divided is in its most revelatory, however, is where it looks at borders on an internal level, such as gated communities in South Africa and the US. Here Marshall shows how levels of exclusivity can spiral inward from the international to the regional to the local. ‘The new model of urban and suburban living is designed to be exclusionary: you can only get to the town square if you can get through the security surrounding the town. This lack of interaction may shrink the sense of civic engagement, encourage group-think among those on the inside and lead to a psychological division, with poorer people left feeling like “outsiders”, as though they have been walled off.’ In China, he argues, it is the entire population who are excluded. The ‘Great Firewall’ of China keeps the country’s 700 million users (roughly one-quarter of the world’s online population) excluded from the foreign media, meanwhile, internal firewalls and censorship keep the users from connecting too much with each other. ‘The party particularly fears social media being used to organise like-minded groups who might then gather in public places to demonstrate, which in turn could lead to rioting,’ he writes. Laura Cole
There is now a loose consortium of influential academics, pundits and businesspeople known as “New Optimists” dedicated to promoting the proposition that we are living in the best of times. If they are all correct, how do we explain what looks and feels like the world’s collective descent into chaos over the past decade-and-a-half? The optimists overlook the experience of a substantial mass of humanity for whom the world – even after being purged of the ills of the past centuries and endowed with modern technology – remains a forbidding place. The optimists’ exaltation of modernity is accompanied by the myth that modernity has created benefits for all. (…) The majority are “more divided than ever”, as Tim Marshall, who is a contributor to The National, notes in his new book. (…) Everywhere there is evidence of people retreating into narrow identities. Marshall, unlike the western commentators who rushed to pronounce this the Chinese century, is not sed­uced by the glitz of Shanghai’s skyscrapers. His eye is trained on the human cost of China’s progress: the disparities generated by it, the exodus from village to city, the loss of individual dignity. Beijing is altering the demographics of Buddhist Tibet, which it violently subsumed in the 1950s, and Muslim Xinjiang by flooding them with Han Chinese. It is in Beijing’s ethnic engineering that Marshall espies “the greatest threat to the prospects of long-term prosperity and unity in China”. Looking at India, Marshall contends that the subcontinent has not fully recovered from the invasions of the past millennium. The people on the peripheries continue to be haunted by the division of India to create Pakistan and the subsequent partition of Pakistan to birth Bangladesh. Bengalis in India resent the influx of migrants from Bangladesh because they are mostly Muslim. India has erected state-of-the-art fences on its eastern border. But as vast swathes of Bangladesh are poised to sink into the waters as sea levels rise, where will the climate refugees of the future go? Marshall’s chapter on the European Union is the most powerful. Ever since Britain voted to leave Europe, extraordinary claims have been made for the EU. But if the EU is the nec plus ultra of political co-operation, why did so many people choose to turn away from it? “The EU,” Marshall writes, “has never really succeeded in replacing the nation state in the hearts of most Europeans.” The EU hierarchs’ revulsion for nationalism doesn’t negate the importance many attach to national identity. As Marshall warns in his chapter on Britain, to “dismiss people who enjoyed their relatively homogeneous cultures and who are now unsure of their place in the world merely drives them into the arms of those who would exploit their anxieties – the real bigots”. By magnifying religion and culture as the causes of division, Marshall exposes himself to the charge of advancing a deterministic view of the world. Yet this is where Divided draws its strength from. As Raymond Aron said in response to French intellectuals who sought to blunt Algerian demands for independence with talk of progress under French rule, “it is a denial of the experience of our century to suppose that men will sacrifice their passions to their interests”. Marshall can’t be faulted for identifying the sources of those passions. He has written frankly about the world. We deny this at our own peril. Kapil Komireddi
What kind of a president would build a wall to keep out families dreaming of a better life? It’s a question that has been asked world over, especially after the outrage last week over migrant children at the American border. Donald Trump’s argument, one which his supporters agree with, is that the need to split parents from children at the border strengthens his case for a hardline immigration policy. Failure to patrol the border, he says, encourages tens of thousands to cross it illegally — with heartbreaking results. His opponents think he is guilty, and that his wall is a symbol of America closing in on itself… In fact, building a wall would make Trump the norm, not the exception. Those who denounced as crazy Trump’s campaign promise to build a wall did not appreciate how popular such a policy would be, nor how common. Nation states have started to matter again, and people care about borders — not just on the Texan side of the Rio Grande. Today more than 65 countries now wall or fence themselves off from their neighbours — a third of all nation states. And this is no historical legacy. Of all the border walls and fences constructed since the second world war, more than half have been built this century. It wasn’t supposed to be this way. Thirty years ago a wall came down, ushering in what looked like a new era of openness. In 1987 Ronald Reagan went to Berlin and called out to his opposite number in the Soviet Union, ‘Mr. Gorbachev — tear down this wall!’ Two years later it fell. In those heady times some intellectuals predicted an end of history. History had other ideas. (…) At the turn of the century migration sped up and that began to tear down hopes of a borderless world. We’ve grown used to the new barriers that European nations have erected — between Greece and Turkey, for instance, or Serbia and Hungary, or Slovenia and Croatia — but many more are being built. To the east, Estonia, Latvia and Lithuania are working on defensive fortifications on their borders with Russia. These measures are more to do with a perceived Russian military threat than with mass migration, but they are part of the overall trend — reinforcing the physical boundaries of the nation state — and contribute to the hard border which runs from the Baltic to the Black Sea. Saudi Arabia has fenced off its border with Iraq. Turkey has constructed a 700-mile concrete wall to separate it from Syria. The Iranian/Pakistan border, all 435 miles of it, is now fenced. In Central Asia, Uzbekistan, despite being landlocked, has closed itself off from its five neighbours. On the story goes, through the barriers separating Brunei and Malaysia, Pakistan and India, India and Bangladesh and so on around the world. The India/Bangladesh fence is instructive in showing us how the era of wall-building is not just about people in the developing world moving to the industrialised nations. The barrier runs the entire length of the 2,500-mile frontier and is New Delhi’s response to 15 million Bangladeshis moving into the Indian border states this century. This has led to ethnic clashes and many deaths. Wherever this mass movement of peoples happens at pace it seems to assist a retreat into identity. Almost all recent election results in Europe bear this out. Concurrent is the rise of extremes. Following the Dutch and French elections in 2016, there was an assumption in the media that Europe had halted the rise of the right. This was a complacent attitude at odds with the evidence. In the Netherlands, Geert Wilders increased both vote share and parliamentary seats. The French election in particular was used to show that President Emmanuel Macron’s ‘open society’ model was triumphing against the ‘closed society’ model of his opponent Marine Le Pen. However, what Le Pen achieved as to almost double the far-right vote to 34 per cent, compared with when her father (Jean-Marie) stood against President Jacques Chirac in 2002. He won 5.25 million votes; last year 10.6 million voters supported the Front National. Austria’s choice of president, the entry of the AfD into the Bundestag, Hungary’s right-wing landslide and Italy’s new government all point to a rightward direction of travel in European politics. In all cases, concern about mass migration is among the driving forces. Voters are worried and tend to support parties which voice their concerns. This is true of Trump’s presidential victory and public support for his wall. To an extent we are dealing with psychology here. It is not true to say that ‘walls don’t work’ — some do, some don’t — but they do give the psychological impression, via their physicality, that ‘something is being done’. They address concerns about migrant invasions in a way that rhetoric about ‘getting tough’ on immigration does not. (…) The headlines afforded Trump’s ‘anti-immigrant’ stance detract from the bigger picture. It is easier to have the big bad wolf to huff and puff against than it is to see him as part of a global phenomenon. Concentrating on the Donald’s evils allows the Mexican government to quietly get on with deporting far more Central Americans from its country each year than does the United States. Granted, the US assists Mexico in this, but last year Mexico deported 165,000 central Americans, while the US expelled 75,000. The tales of hardship crossings, exploitation and human rights violations on the almost ignored Mexican/Guatemala border are, if anything, more harrowing than those on the border 900 miles to the north. (…) The new wall-building is driven by recent events. The cry ‘tear down this wall’ is losing the argument against ‘fortress mentality’. It is struggling to be heard, unable to compete with the frightening heights of mass migration, the backlash against globalisation, the resurgence of nationalism, the collapse of communism and the 2008 financial crash. On the other hand, our ability to cooperate, to think, and to build, also gives us the capacity to fill the spaces between the walls with hope and to build bridges. However, first must come an acceptance of the situation, and a very open and honest discussion of how we got here. Key to that is the debate on migration and identity and that requires a reaching out across the divides on all sides. Tim Marshall

Pourquoi la gauche irénique ne voit-elle pas que la construction d’un mur fait de Donald Trump la règle plutôt que l’exception parmi les dirigeants du monde ?

A l’heure où de l’électoralisme bien compris des Démocrates américains à l’irénisme intéressé des belles âmes des beaux quartiers du reste du monde …

L’hystérie anti-Trump concernant sa volonté d’un autre âge de terminer, sur la frontière sud de son pays, un mur voté à une large majorité démocrates compris il y a douze ans …
Prend des proportions proprement hystériques …
Refusant de voir à la fois l’origine de l’ouverture effectivement inouïe de notre monde dans l’histoire humaine (le travail de sape d’une révélation biblique nous privant progressivement de nos béquilles sacrificielles)…
Et les conséquences, potentiellement apocalyptiques, d’une telle dissolution des barrières et des interdits (que des traditions millénaires avaient savamment bâtis pour empêcher les humains que nous sommes de s’entretuer) …
Autrement dit, comme nous l’avait enseigné René Girard, que ce ne sont pas les différences mais leur disparition qui génère la pire violence …
D’où la fonction fondamentalement protectrice et l’actuelle demande populaire d’un certain retour, physique ou dentitaire, à certaines formes de barrières …
Petit retour à la réalité avec Tim Marshall …
Qui dans son dernier livre montre en fait …
Que loin d’être la bizarre exception que ses opposants nous présentent …
Le président américain est en réalité la règle parmi les dirigeants mondiaux !

Mass immigration has destroyed hopes of a borderless society

Building a wall makes Donald Trump the rule, not the exception, among world leaders

Tim Marshall
The Spectator
30 June 2018
What kind of a president would build a wall to keep out families dreaming of a better life? It’s a question that has been asked world over, especially after the outrage last week over migrant children at the American border. Donald Trump’s argument, one which his supporters agree with, is that the need to split parents from children at the border strengthens his case for a hardline immigration policy. Failure to patrol the border, he says, encourages tens of thousands to cross it illegally — with heartbreaking results. His opponents think he is guilty, and that his wall is a symbol of America closing in on itself…

In fact, building a wall would make Trump the norm, not the exception. Those who denounced as crazy Trump’s campaign promise to build a wall did not appreciate how popular such a policy would be, nor how common. Nation states have started to matter again, and people care about borders — not just on the Texan side of the Rio Grande. Today more than 65 countries now wall or fence themselves off from their neighbours — a third of all nation states. And this is no historical legacy. Of all the border walls and fences constructed since the second world war, more than half have been built this century.

It wasn’t supposed to be this way. Thirty years ago a wall came down, ushering in what looked like a new era of openness. In 1987 Ronald Reagan went to Berlin and called out to his opposite number in the Soviet Union, ‘Mr. Gorbachev — tear down this wall!’ Two years later it fell. In those heady times some intellectuals predicted an end of history. History had other ideas.

This does not mean Hillary Clinton was wrong when in 2012 she predicted that in the 21st century ‘nations will be divided not between east and west, or along religious lines, but between open and closed societies’. Still, so far she is not right either.

At the turn of the century migration sped up and that began to tear down hopes of a borderless world. We’ve grown used to the new barriers that European nations have erected — between Greece and Turkey, for instance, or Serbia and Hungary, or Slovenia and Croatia — but many more are being built. To the east, Estonia, Latvia and Lithuania are working on defensive fortifications on their borders with Russia. These measures are more to do with a perceived Russian military threat than with mass migration, but they are part of the overall trend — reinforcing the physical boundaries of the nation state — and contribute to the hard border which runs from the Baltic to the Black Sea.

Saudi Arabia has fenced off its border with Iraq. Turkey has constructed a 700-mile concrete wall to separate it from Syria. The Iranian/Pakistan border, all 435 miles of it, is now fenced. In Central Asia, Uzbekistan, despite being landlocked, has closed itself off from its five neighbours.

On the story goes, through the barriers separating Brunei and Malaysia, Pakistan and India, India and Bangladesh and so on around the world. The India/Bangladesh fence is instructive in showing us how the era of wall-building is not just about people in the developing world moving to the industrialised nations. The barrier runs the entire length of the 2,500-mile frontier and is New Delhi’s response to 15 million Bangladeshis moving into the Indian border states this century. This has led to ethnic clashes and many deaths.

Wherever this mass movement of peoples happens at pace it seems to assist a retreat into identity. Almost all recent election results in Europe bear this out. Concurrent is the rise of extremes.

Following the Dutch and French elections in 2016, there was an assumption in the media that Europe had halted the rise of the right. This was a complacent attitude at odds with the evidence. In the Netherlands, Geert Wilders increased both vote share and parliamentary seats. The French election in particular was used to show that President Emmanuel Macron’s ‘open society’ model was triumphing against the ‘closed society’ model of his opponent Marine Le Pen. However, what Le Pen achieved as to almost double the far-right vote to 34 per cent, compared with when her father (Jean-Marie) stood against President Jacques Chirac in 2002. He won 5.25 million votes; last year 10.6 million voters supported the Front National. Austria’s choice of president, the entry of the AfD into the Bundestag, Hungary’s right-wing landslide and Italy’s new government all point to a rightward direction of travel in European politics. In all cases, concern about mass migration is among the driving forces. Voters are worried and tend to support parties which voice their concerns.

This is true of Trump’s presidential victory and public support for his wall. To an extent we are dealing with psychology here. It is not true to say that ‘walls don’t work’ — some do, some don’t — but they do give the psychological impression, via their physicality, that ‘something is being done’. They address concerns about migrant invasions in a way that rhetoric about ‘getting tough’ on immigration does not. Hence, despite the evidence, many Americans appear to believe still that the wall with Mexico will be built and that it will work. This belief ignores the fact that there is a treaty between the two countries in which both agree they will not build on the Rio Grande flood plain, and that despite (somewhat half-hearted) efforts by the President, Congress has not agreed to fund his plan.

The headlines afforded Trump’s ‘anti-immigrant’ stance detract from the bigger picture. It is easier to have the big bad wolf to huff and puff against than it is to see him as part of a global phenomenon. Concentrating on the Donald’s evils allows the Mexican government to quietly get on with deporting far more Central Americans from its country each year than does the United States. Granted, the US assists Mexico in this, but last year Mexico deported 165,000 central Americans, while the US expelled 75,000. The tales of hardship crossings, exploitation and human rights violations on the almost ignored Mexican/Guatemala border are, if anything, more harrowing than those on the border 900 miles to the north.

The walls and fences built this century mirror the divides which have also grown in political discourse and especially on social media. A decade ago Mark Zuckerberg believed social media would unite us all. He now says ‘the world is today more divided than I would have expected for the level of openness and connection that we have’. In some ways he was right — we are more connected and there are many positive aspects to this, but what surprised him is how many of us use that connectedness to abuse the ‘other’. The internet has allowed us to divide into social media tribes howling into a void, an echo chamber or across the divides at each other. This level of abuse has crawled out of the worldwide web and into worldwide politics — Mr Trump being the best-known beneficiary.

The Chinese led the way in great wall- building and are becoming world leaders in using the internet as a wall. We all know of the ‘great firewall of China’, which they call the ‘golden shield’. This is intended to block the outside world from infecting the Middle Kingdom with harmful ideas such as democracy. Less well known are the internal firewalls within China.

Beijing likes to ensure that people in the restless province of Xinjiang, a Turkic-speaking Muslim state, cannot easily converse with those in Tibet. Both have independence movements, and allowing them to form cybernetworks might be detrimental to the unity of the People’s Republic, so they have extra firewalls around them. China is probably the world’s leader in using new technology to build virtual walls. The Russians are the leaders in working inside other countries’ social media to sow division and use disinformation to muddy debate. It used to be argued that the internet would undermine the nation state as citizens of the world simply bypassed governments in a free-flow exchange of ideas and information. Again, this may come true, but it might also be that as the years pass more legislation will be enacted allowing the state to control the net.

We seem to have always divided ourselves one way or another. From the moment we stopped being hunter-gathers about 12,000 years ago, we began to build walls. We ploughed the fields and didn’t scatter. Instead we waited around for the results. More and more of us needed to build barriers: walls and roofs to house ourselves and our livestock, fences to mark our territory, fortresses to retreat to if the territory was overrun. The age of walls was upon us and has gripped our imagination ever since. We still tell stories of the walls of Troy, Constantinople, the Inca in Peru and many others.

The new wall-building is driven by recent events. The cry ‘tear down this wall’ is losing the argument against ‘fortress mentality’. It is struggling to be heard, unable to compete with the frightening heights of mass migration, the backlash against globalisation, the resurgence of nationalism, the collapse of communism and the 2008 financial crash.

On the other hand, our ability to cooperate, to think, and to build, also gives us the capacity to fill the spaces between the walls with hope and to build bridges.

However, first must come an acceptance of the situation, and a very open and honest discussion of how we got here. Key to that is the debate on migration and identity and that requires a reaching out across the divides on all sides.

Tim Marshall is the author of Divided: Why We’re Living In An Age Of Walls, Elliott and Thompson £16.99.

Voir aussi:

Review: ‘Divided: Why We’re Living in an Age of Walls’ by Tim Marshall

While Barack Obama once claimed that we are living in ‘the best of times’, many across the world would beg to differ. A perceptive new book unravels the consequences of this pessimistic mood

Kapil Komireddi

The National

March 25, 2018

“If you had to choose a moment in history to be born,” Barack Obama told an audi­ence in Athens during his final overseas visits as president of the United States in November 2016, “you’d choose now”. Obama’s optimism was out of step with his surroundings. Riot police were busy restraining thousands of Greek protesters as Obama proclaimed confidently that the world had never “been wealthier, better educated, healthier, less violent than it is today”.

It is a message amplified by the Harvard psychologist Steven Pinker in his books The Better Angels of Our Nature (2015) and Enlightenment Now (2018), and there is now a loose consortium of influential academics, pundits and businesspeople known as “New Optimists” dedicated to promoting the proposition that we are living in the best of times. If they are all correct, how do we explain what looks and feels like the world’s collective descent into chaos over the past decade-and-a-half?

The optimists overlook the experience of a substantial mass of humanity for whom the world – even after being purged of the ills of the past centuries and endowed with modern technology – remains a forbidding place. The optimists’ exaltation of modernity is accompanied by the myth that modernity has created benefits for all. Consider, for instance, the frequently repeated claim by the optimists that we live in the most open age in human history: it presupposes that all humans have access to this open world, when only a relatively small portion do.

The majority are “more divided than ever”, as Tim Marshall, who is a contributor to The National, notes in his new book. The pessimism that leaps from the pages of Divided shouldn’t be mistaken for the author’s attitude. It is, rather, the mood of the world as it stands. In eight chapters on China, the United States, Israel and Palestine, West Asia, India, Africa, Europe and the United Kingdom, Marshall examines the walls – physical, religious, ethnic, psychological – that fence people off or, at times, pen them in.

Everywhere there is evidence of people retreating into narrow identities. Marshall, unlike the western commentators who rushed to pronounce this the Chinese century, is not sed­uced by the glitz of Shanghai’s skyscrapers. His eye is trained on the human cost of China’s progress: the disparities generated by it, the exodus from village to city, the loss of individual dignity. Beijing is altering the demographics of Buddhist Tibet, which it violently subsumed in the 1950s, and Muslim Xinjiang by flooding them with Han Chinese. It is in Beijing’s ethnic engineering that Marshall espies “the greatest threat to the prospects of long-term prosperity and unity in China”.

Looking at India, Marshall contends that the subcontinent has not fully recovered from the invasions of the past millennium. The people on the peripheries continue to be haunted by the division of India to create Pakistan and the subsequent partition of Pakistan to birth Bangladesh. Bengalis in India resent the influx of migrants from Bangladesh because they are mostly Muslim. India has erected state-of-the-art fences on its eastern border. But as vast swathes of Bangladesh are poised to sink into the waters as sea levels rise, where will the climate refugees of the future go?

Marshall’s chapter on the European Union is the most powerful. Ever since Britain voted to leave Europe, extraordinary claims have been made for the EU. But if the EU is the ne plus ultra of political co-operation, why did so many people choose to turn away from it? “The EU,” Marshall writes, “has never really succeeded in replacing the nation state in the hearts of most Europeans.”

The EU hierarchs’ revulsion for nationalism doesn’t negate the importance many attach to national identity. As Marshall warns in his chapter on Britain, to “dismiss people who enjoyed their relatively homogeneous cultures and who are now unsure of their place in the world merely drives them into the arms of those who would exploit their anxieties – the real bigots”.

By magnifying religion and culture as the causes of division, Marshall exposes himself to the charge of advancing a deterministic view of the world. Yet this is where Divided draws its strength from. As Raymond Aron said in response to French intellectuals who sought to blunt Algerian demands for independence with talk of progress under French rule, “it is a denial of the experience of our century to suppose that men will sacrifice their passions to their interests”. Marshall can’t be faulted for identifying the sources of those passions. He has written frankly about the world. We deny this at our own peril.

Voir également:

  • Laura Cole
  • Geographical
16 May 2018
by Tim Marshall • Elliott & Thompson • £16.99 (hardback)

According to Tim Marshall, the fall of the Berlin Wall was the exception rather than the rule. ‘We are seeing walls being built along borders everywhere,’ he writes.

The numbers support his argument. Fortified borders have increased from almost zero at the end of WWII to around 70 today, with the vast majority having been built since 2000. The divides continue to steer geopolitics and national identities, and countries appear to be goading each other into more wall building. ‘These are the fault lines that will shape our world for years to come,’ says Marshall.

In that sense, President Trump’s campaign border wall seems less a shocking new policy than a repeating pattern. As one of the most high-profile border issues, Marshall devotes an early chapter to the Mexico/US divide and uses it to lay the foundations for what makes hard borders persuasive in popular politics – even if they are ineffective at preventing illegal immigration. Marshall puts it bluntly: ‘they make people who want something to be done feel that something is being done… Ultimately, very few barriers are impenetrable. People are resourceful, and those desperate enough will find a way around.’

Marshall takes us on a tour of some of the most relevant border divides in the world: India’s borders with Pakistan and Bangladesh, the Israel and Palestine border in the West Bank, the new borders across the Middle East and those running across Europe. The effectiveness of barriers are explored but more important to the author is the desire for divide – ‘us and them thinking’ – and where it gets us in the 21st century.

Readers of Prisoners of Geography, Marshall’s previous work, will be familiar with his global sweep explained through history and geography. Occasionally, his strokes are too broad. For example, only a single chapter is given to the whole continent of Africa, which suffers for it.

Where Divided is in its most revelatory, however, is where it looks at borders on an internal level, such as gated communities in South Africa and the US. Here Marshall shows how levels of exclusivity can spiral inward from the international to the regional to the local. ‘The new model of urban and suburban living is designed to be exclusionary: you can only get to the town square if you can get through the security surrounding the town. This lack of interaction may shrink the sense of civic engagement, encourage group-think among those on the inside and lead to a psychological division, with poorer people left feeling like “outsiders”, as though they have been walled off.’

In China, he argues, it is the entire population who are excluded. The ‘Great Firewall’ of China keeps the country’s 700 million users (roughly one-quarter of the world’s online population) excluded from the foreign media, meanwhile, internal firewalls and censorship keep the users from connecting too much with each other. ‘The party particularly fears social media being used to organise like-minded groups who might then gather in public places to demonstrate, which in turn could lead to rioting,’ he writes.

Divided also shines a light on the future of borders. ‘The technology becomes more sophisticated each year,’ Marshall warns. ‘The barriers along the majority of the thousands of miles of frontiers are now being built higher and wider and are becoming more technologically sophisticated… such barriers don’t stop people from attempting to cross anyway – many don’t have any other choice but to try – and increasingly violent policing of borders can lead to terrible human consequences.’ With border deaths at the highest numbers in history, it begs the question, what will more efficient borders – utilising drones, motion sensors and higher walls – mean to the people near to them?

Answers are where Divided leaves us hanging. Perhaps this is because of the global scope of the book – there is probably no one-size-fits-all solution to the wall-building spree – but also because of the tricky nature of barriers themselves. Walls can prevent violence, but they can cause it too. Having heard, however, about some of the most entrenched borders in the world, the reader has a natural appetite for solutions to remove them, or at least to stem the rate of barriers rising elsewhere. Something Marshall is surprisingly on the fence about.

Voir de même:

Divided by Tim Marshall — to the barricades

Samanth Subramanian

The Financial Times

March 16, 2018

We live in a time of openness, globalisation — and walls. A study of the world’s fraught borderlands seeks to explain why

Of all the walls ever raised, my favourite remains the Indian Salt Hedge, built not of stone — or indeed of salt — but of the thorniest vegetation India could provide. The British, always avid about their gardening, tended to the hedge from the 1840s to 1879, using it to cramp the smuggling of untaxed salt. At its most prosperous, the hedge was 12 feet high and 14 feet thick, jagging for 2,500 miles from India’s left hipbone to right shoulder. It was, like all such barriers, a geopolitical form of Freudian repression. The salt tax was both unfair and unwise, and the British had little moral right to impose it, but they ignored these troublesome truths by walling them away.

Time sheared down the Indian Salt Hedge. Most of the walls we’ve built have crumbled, yet we keep putting up new ones, as if panicked that the planet will run out. By early February, the Berlin Wall had been down longer than it was up, and Europe might have commended itself if so many of its countries hadn’t been busily fencing each other off. We inhabit an age of walls, the journalist Tim Marshall observes in Divided. Half of all border barriers erected around the world since 1945 have appeared in this century. “Within a few years, the European nations could have more miles of walls, fences and barriers on their borders than there were at the height of the Cold War.” We seem to loathe each other more than at any point in living memory — a rebuke both to the evangelists for unfettered globalisation and to the techno-optimists who find so much to cheer in our time.

Any reader of Prisoners of Geography, Marshall’s 2015 bestseller, will recognise his approach here. He first lights upon an indisputable thesis: that the destiny of nations is hewn by their geography, or that humans are dividing themselves from each other. Then he tours the map with that thesis, describing how it applies in as many countries as possible. The tour in Divided is, unfortunately, figurative. Marshall has reported from dozens of countries, often when they were passing through moments of howling drama, but few of those tales filter in. Instead, the case studies seem to draw more on dry policy journals and faraway newspapers than his own first-hand observation.

Marshall opens each of his eight geographically demarcated chapters by discussing a barrier: the Great Wall of China; the Moroccan Wall, a berm of sand slaloming though Western Sahara; the double-layered fence separating India from Bangladesh; the slices of concrete between Israel and the West Bank. These barriers are only physical manifestations of deeper disunities, though, and our world is rife with these.

In China, invisible fissures set apart rural people from urban, the Han from other ethnicities, and older generations from younger. These are new tears in the fabric, wrought by the way China has changed over the past half-century. Elsewhere, Marshall subscribes to the much-derided notion of ancient hatreds, animosities that have boiled forever. The theory suggests that people — usually in the developing world — cleave to a one-dimensional identity, defending it with atavistic violence. Marshall decides that in Africa, the faultlines are tribal, and in the Middle East, they’re religious. He will yield only a minor role for poverty and poor education: “Neither factor can be ignored; however, too much importance is attached to them.” He limits the pernicious effects of colonialism merely to thoughtlessly drawn borders, a final act of haste before the European powers vacated the premises.

The most-deliberated wall over the past year is one that doesn’t yet exist. Donald Trump’s proposed blockade of the US-Mexico border is a ruse, a kneading of white anxieties about the economic and demographic transitions eddying around the country. The older rupture of racism has yet to be sealed. “In this febrile atmosphere Trump’s rhetoric about the wall plays on historical and new divisions within the nation, speaking of a narrow definition of ‘American’,” Marshall writes.

A giant paradox undergirds Marshall’s book, but he never quite looks it in the eye. Why is our age of walls also the most open age in humanity’s history? Why is the march of globalisation now being kept company by re-activated nationalisms? Divided exhibits a deterministic streak that feels wearying and shallow in the face of such questions. The world being what it is, states have no choice but to act in certain ways. To draw borders and defend them is simply “human nature”, he writes in his conclusion. That must mean that every age — and not just this one — is an age of walls. It must also mean, unhappily, that as long as we’re human, this is what we will be: wall-builders, fence-erectors, architects of schisms between ourselves and the rest of our species.

Divided: Why We’re Living in an Age of Walls, by Tim Marshall, Elliott & Thompson, RRP£16.99, 272 pages Samanth Subramanian is author of ‘This Divided Island: Stories from the Sri Lankan War’ (Atlantic)

Voir de plus:

Divided review: A readable primer on the world’s biggest problems
The world is divided by more physical walls than at any time since the Second World War. And, according to this informative and timely account of division in the 21st century, written by the author of the bestselling Prisoners Of Geography, these “physical divisions are mirrored by those in the mind”.
Huston Gilmore
The Express
Mar 9, 2018This is a mammoth subject and not just because Donald Trump based much of his success in the US electoral college (if not the US popular vote) by claiming at every opportunity that he would “build that wall”.So Marshall explores how different societies have responded to the changes wrought by our globalised world and how they rise to the challenge of maintaining national identity.Trump’s America, he argues, is “the only major power that can absorb the potential losses of withdrawing from globalisation without seriously endangering itself in the short term”.But Trump’s border wall is a rhetorical device that plays on a fear of other peoples. It is unlikely ever to be built, not least because about two-thirds of southern borderland property and land is in private ownership, but it reassures his core voters.Next Marshall turns his attentions to China, home of the Great Wall, where the state has responded to global upheaval by restricting its citizens’ access to the internet.This is his cue to explore cyber security and “the Great Firewall of China”. As Marshall argues, “internet censorship does restrict China’s economic potential” but that is a price that the Chinese Communist Party is willing to pay to maintain both its power and national unity.Subsequent chapters examine Israel and Palestine where walls are a necessity but they are “containing the violence – for now”.In the wider Middle East, Marshall argues that “ironically, another wall is needed… between religion and politics” if the region is to escape its troubled past.The Indian subcontinent contains the longest border fence in the world which runs for 2,500 miles between India and Bangladesh.

But the area is still struggling to cope with mass migration as well as climate change.

Seven out of 10 of the world’s most unequal countries are to be found in Africa. Marshall focuses on the legacy of colonialism and influences of globalisation which, he argues, “has lifted hundreds of millions of people out of poverty” while widening the gap “between the rich and not rich”.

The final two chapters focus on Europe and the UK with Marshall exploring “the new realities of mass immigration and the moral necessities to take in refugees”.

He shows how population pressures have led to the rise of nationalism and the Far-Right. Nonetheless he argues that we still need our nation states because “communities need to be bound together in shared experience”.

Walls, Marshall concedes, have their place and we need not necessarily “decry the trend of wall-building… they can also provide temporary and partial alleviation of problems, even as countries work towards more lasting solutions, especially in areas of conflict”.

The book closes with suggested solutions to the world’s problems, including “a 21st-century Marshall Plan for the developing world to harness the riches of the G20 group of nations in a global redistribution of wealth”.

Some of these ideas are intriguing but Marshall barely gives them room to breathe and his conclusion feels rushed.

However he has delivered a readable primer to many of the biggest problems facing the world.

Voir encore:

INTERVIEW: Tim Marshall

Geopolitics, territory and security

19th December 2017

Tim Marshall is the author of Prisoners of Geography (2015), a New York Times and Sunday Times bestseller. Originally from Yorkshire, Marshall started his career in journalism in London at LBC and the BBC, and then spent three years as IRN’s correspondent in Paris. Marshall then joined Sky News, as a Middle East correspondent based in Jerusalem and later as Diplomatic Editor, covering twelve wars and three US presidential elections. He has written for several national newspapers, including the Times, the Guardian, the Daily Telegraph and the Sunday Times, and frequently appears as a guest commentator on global events for the BBC and Sky News. In 2016, Marshall published Worth Dying For: The Power and Politics of Flags. The next title in Marshall’s geographical trilogy, Divided: Why We’re Living in an Age of Walls, is due to be released in March 2018.

As you mentioned in a recent talk organised by the Diplomacy Society at King’s College London, you left school at 16 and went straight into the world of work. How did you start your career as a journalist?

Tim Marshall: “I’d wanted to be a journalist since I was about 11, but it just wasn’t on the radar. I left school at 16, I was a painter and decorator. I always read a lot, and had always been interested in history, [but] it just wasn’t on the cards. So I joined up and when I was in the Forces, I went to night school and got myself a couple of O-levels. On the strength of two O-levels, I then got into a college of higher education and did a degree in American Politics and History. And then I was unemployed in London, and took a French conversation course at night school in the Ken Livingstone era  -when things were free- and I met the newsdesk assistant at IRN and LBC. I gave her a very badly typed CV, probably full of mistakes, which would have gone in the bin if I’d sent it in the post. But because it was by hand, to the woman in charge of the research department at LBC, she gave me a chance. She got me in for an interview and gave me three days’ work which turned into 30 years.”

Did your military experience affect how you reported from the war zone? What is it like to report on conflicts at the frontline?

TM: “I was a telegraphist in the RAF, a radio operator. I thought, ‘I’ve seen that in the films, I’ll do that’. And I did for four years, at Strike Command and later in what was then West Germany. It got me out of my environment. It definitely gave me a discipline I didn’t have – if you want to get something done, do it. It gave me an understanding of military life, which became very useful down the line when I had to work a lot in military situations in Northern Ireland, Gaza/West Bank, Iraq, Afghanistan, Croatia, Bosnia, Kosovo, Macedonia, Libya, Tunisia, Syria…

I don’t really tell war stories because I would go for a couple of weeks and then go home. But people there would live it. However, there were several extremely close situations, one of which, following the death of a colleague, persuaded me I was going to pack it in and not do it any more. I thought, ‘I’m running out of luck here’. I know about twelve colleagues that have been killed over the years, and the last one was a friend, Micky Deane, and shortly after that (he was killed in Cairo), I had a narrow escape in Syria, and I thought, ‘I’ve had enough of this’.”

What inspired you to write Prisoners of Geography, and to produce a trilogy of ‘popular geography’ books?

TM: “I learnt early on in Bosnia, to understand the terrain in order to understand the story. There’s two things often, even in conflict zones, that some journalists don’t do. One is understanding religion, I mean really understand it. When all this started [the Arab uprisings] there was a whole generation of journalists who because they come from a secular society, thought religion was not a major factor. I think they found it hard to believe that these people actually do believe what they say, whereas I always knew to take them at their word. They believe this stuff, which is their right. I think some people just couldn’t bring themselves to believe people believe this in the 21st century. The other one is terrain. I was also influenced (and I acknowledge it) by Robert Kaplan’s Revenge of Geography. So I took all these ideas that have been swirling around for so long and packed in work to write.

Then we start talking about identity, about national symbols and the emotional buttons they press [see Worth Dying For: The Power and Politics of Flags, 2016]. In all my travels, I would always ask, “Who is that statue of? Why is your flag the colour it is?”. You would learn the emotional buttons that are pushed in populations. I do see my latest three books as a trilogy because it all comes together. This last one I wanted to call Us and Them, but that’s been done, so Divided is the title. It’s realistic but depressing stuff, but I do think it’s a fair reflection of where we are, and I think slowly dawning on the Western peoples is the realisation that advancement is not a given. Progression is not a given.”

The theory behind Prisoners of Geography is deterministic, would you agree?

TM: “It is somewhat deterministic in that yes, these things do, partially determine what happens, but that’s the key word, partially. I’ve had a great response to it, half a million sales, and some very nice reviews. Where it has been criticised, is that it is “too deterministic”. I think that ignores the six or seven times I say in the book, ‘this is a determining factor, not the determining factor’. There is obviously ideas, technology, politics, great leaders. All this stuff goes into make up [international politics], but the one that is overlooked is [physical] geography. That is precisely because intellectuals have a problem with anything deterministic because it is something beyond their control.

The new book features a lot on borders. The ‘Open Borders’ theory is right in its idea of oneness, which I happen to agree with, we are one. However, for a whole bunch of reasons, including geography, we are divided from each other. That includes rivers, oceans and mountains, which have divided us from each other and made us different from each other, to the extent I would argue that I cannot see, in the foreseeable future us actually being one. Nor do I think dropping borders would make us one people; I think it would make us kill even more of each other than we already do. I’m reasonably utilitarian on this – the fewest people get killed, that’s good with me. I think their way [‘open border’ scholars] would get a lot more people killed than there already are, and there’s a lot. It’s a utopian idea that I like the idea of, but I’m not convinced it works.

These divisions appear to be endemic. This might be a bit trite -and an academic would find it trite- but go up to someone you know and like, and who knows and likes you, and put your nose closer and closer [to their face]. At a certain point, that person is uncomfortable with it, with you in their space. That to me is a starting point, extrapolate from that. We need space, and self-identifying groups require space. Religions have tried to make us one, but it hasn’t quite worked, maybe it’s impossible precisely because we’re human. I suppose I am [pro-borders]. I dislike borders, however I think the way humanity is, and always has been structured, they are inevitable. If you try to get rid of that you’re going to open up a horrible can of worms. This is very unfashionable: I think the nation-state is probably the best unit for organising peoples. Without nation-states, of course there wouldn’t be interstate wars, but we’d be back to fiefdoms before you know it.”

Have you got any particularly memorable border experiences?

TM: “Going through to Gaza is quite an intense experience. You go past a massive wall, and through two or threecheckpoints. You’re all by yourself in this empty echoing steel and concrete corridor, and there’s cameras everywhere. Suddenly you hear a click, and the door swings open. It’s like a dystopian sci-fi film. The door swings open and you’re now in Gaza. You walk down another 200 yards of corridor and then out into the open but its scrubland, no-mans-land. Another 600 yards and then you meet a Hamas checkpoint. It’s just this weird, cold experience.

Crossing from Tajikistan into Afghanistan, was pretty interesting. A Russian soldier aimed his rifle through our truck window because we were getting impatient to go through the border fence. Then, when we got across, there was a river. It was pitch-black and we went across on a raft with all our kit, with an exchange of mortars going on around us. Then the Northern Alliance were on the other side of the Tajikistan river to greet us. That was intense. Crossing borders is always fun.

Iraq – when we used to go during the Saddam years, they hit upon this great money-making thing at the border with Jordan. You had a choice. They [Iraqi border patrol] would get out this huge rusty knitting needle with a syringe on the end of it and say, “You can have your AIDS test”, and we would say, “Ah, maybe there’s a facility fee, a special tax we can pay?”. So you’d pay $50 and not get jabbed in the backside with this thing. It’s just a money-making thing. Another one, you can leave a bottle of whiskey on the dashboard while they check the car. Then when you come back it wasn’t there anymore. Ok, it’s corruption, but you weren’t getting into Iraq without it – and that was more important.”

What is your next book about?

TM: “Divided is coming out in March; it’s about walls and divisions and fences going up all over the place. There’s a chapter on the Indian subcontinent, the walls, barriers and internal divisions in Pakistan, Bangladesh, Myanmar and India. Then a chapter on the USA, starting on walls and moving to racial divisions. Chapters on Europe, Israel, the Middle East, the UK – Brexit is part of it. That little strip of water called the Channel I think has a huge physical and psychological effect on the British. Without it, we wouldn’t have voted for Brexit, for two reasons. One, psychologically, we would feel less distinct, and secondly because of that our history would be very different: we might well have suffered the shock and trauma of the Second World War to the extent that continental Europe did. I read something just yesterday which struck a chord; the British experience of Hitler was such that we could make him a figure of fun, but the Russian experience was such that they don’t do that, it’s too traumatic.

I’m interested in something that I completely disagree with: the open borders movement, which in academia is a ‘thing’. I’ve got a problem with ‘no borders’. There’s a very nice guy who helped me on the book called Professor Reece Jones from the University of Hawaii (author of Violent Borders, 2016). He gave me a few quotes for the book and I really like him, but some of his colleagues in this spectrumargue completely to bring borders down, almost overnight. They don’t factor in what will happen to the politics of the countries. We’ve seen with the movement we’ve had already, what’s happening to the politics of Europe, Austria as an example, Germany, France, Sweden, the Netherlands. Magnify that several times if you have no borders – it’s a utopian view.”

Prisoners of Geography and Worth Dying For: The Power and Politics of Flags are available here. Marshall’s next book, Divided: Why We’re Living in an Age of Walls, is due to be published by Elliott & Thompson in March 2018. Check out Marshall’s foreign affairs website The What and the Why for more information and geopolitical analysis.

Voir par ailleurs:

It Was Always about the Wall
Victor Davis Hanson
National Review
December 20, 2018

A high wall would end the border patrol’s reliance on dogs and tear gas when rushed by would-be border crossers throwing stones. There was likely never going to be “comprehensive immigration reform” or any deal amnestying the DACA recipients in exchange for building the wall. Democrats in the present political landscape will not consent to a wall. For them, a successful border wall is now considered bad politics in almost every manner imaginable.

Yet 12 years ago, Congress, with broad bipartisan support, passed the Secure Fence of Act of 2006. The bill was signed into law by then-President George W. Bush to overwhelming public applause. The stopgap legislation led to some 650 miles of a mostly inexpensive steel fence while still leaving about two-thirds of the 1,950-mile border unfenced.

In those days there were not, as now, nearly 50 million foreign-born immigrants living in the United States, perhaps nearly 15 million of them illegally.

Sheer numbers have radically changed electoral politics. Take California. One out of every four residents in California is foreign-born. Not since 2006 has any California Republican been elected to statewide office.

The solidly blue states of the American Southwest, including Colorado, Nevada and New Mexico, voted red as recently as 2004 for George W. Bush. Progressives understandably conclude that de facto open borders are good long-term politics.

Once upon a time, Democrats such as Hillary and Bill Clinton and Barack Obama talked tough about illegal immigration. They even ruled out amnesty while talking up a new border wall.

In those days, progressives saw illegal immigration as illiberal — or at least not as a winning proposition among union households and the working poor.

Democratic constituencies opposed importing inexpensive foreign labor for corporate bosses. Welfare rights groups believed that massive illegal immigration would swamp social services and curtail government help to American poor of the barrios and the inner city.

So, what happened? Again, numbers.

Hundreds of thousands of undocumented immigrants have flocked into the United States over the last decade. In addition, the Obama administration discouraged the melting-pot assimilationist model of integrating only legal immigrants.

Salad-bowl multiculturalism, growing tribalism and large numbers of unassimilated immigrants added up to politically advantageous demography for Democrats in the long run.

In contrast, a wall would likely reduce illegal immigration dramatically and with it future Democratic constituents. Legal, meritocratic, measured and diverse immigration in its place would likely end up being politically neutral. And without fresh waves of undocumented immigrants from south of the border, identity politics would wane.

A wall also would radically change the optics of illegal immigration. Currently, in unsecured border areas, armed border patrol guards sometimes stand behind barbed wire. Without a wall, they are forced to rely on dogs and tear gas when rushed by would-be border crossers. They are easy targets for stone-throwers on the Mexican side of the border.

A high wall would end that. Border guards would be mostly invisible from the Mexican side of the wall. Barbed wire, dogs and tear gas astride the border — the ingredients for media sensationalism — would be unnecessary. Instead, footage of would-be border crossers trying to climb 30-foot walls would emphasize the degree to which some are callously breaking the law.

Such imagery would remind the world that undocumented immigrants are not always noble victims but often selfish young adult males who have little regard for the millions of aspiring immigrants who wait patiently in line and follow the rules to enter the United State lawfully.

More importantly, thousands of undocumented immigrants cross miles of dangerous, unguarded borderlands each year to walk for days in the desert. Often, they fall prey to dangers ranging from cartel gangs to dehydration.

Usually, the United States is somehow blamed for their plight, even though a few years ago the Mexican government issued a comic book with instructions on how citizens could most effectively break U.S. law and cross the border.

The wall would make illegal crossings almost impossible, saving lives.

Latin American governments and Democratic operatives assume that lax border enforcement facilitates the outflow of billions of dollars in remittances sent south of the border and helps flip red states blue.

All prior efforts to ensure border security — sanctions against employers, threats to cut off foreign aid to Mexico and Central America, and talk of tamper-proof identity cards — have failed.

Instead, amnesties, expanded entitlements and hundreds of sanctuary jurisdictions offer incentives for waves of undocumented immigrants.

The reason a secure border wall has not been — and may not be — built is not apprehension that it would not work, but rather real fear that it would work only too well.

Voir encore:

The Immorality of Illegal Immigration
Victor Davis Hanson
National Review
December 31, 2018

New House majority leader Nancy Pelosi reportedly spent the holidays at the Fairmont Orchid on Kona, contemplating future climate-change legislation and still adamant in opposing the supposed vanity border wall.

But in a very different real world from the Fairmont Orchid or Pacific Heights, other people each day deal with the results of open borders and sanctuary jurisdictions. The results are often nihilistic and horrific. Here in California’s Central Valley over the holidays we were reminded of the wages of illegal immigration in general — and of California’s sanctuary-city laws in particular, which restrict formal cooperation between local and state law enforcement with federal immigration authorities in matters of deporting illegal aliens under detention.

In the first case, one Gustavo Garcia, a previously deported 36-year-old illegal alien, murdered a 51-year-old Visalia resident on December 17, gratuitously shooting his random victim, Rocky Jones, at a gas station. He apparently had been arrested two days prior and released.

Garcia entered the U.S. illegally in 1998 and was deported for a second time in 2014. He has been charged with at least three immigration violations since illegally returning to the U.S., and has been a convicted felon since at least 2002 for assaults with a deadly weapon, contributing to the delinquency of a minor, possession of a controlled substance, etc. In addition to the murder of Jones, Garcia shot a farmworker who was on a ladder working, and followed a woman to her car at a Motel 6 and shot her too. At the beginning of his violent spree, he seems also to have murdered Rolando Soto, 38, of nearby Lindsay.

Indeed, Garcia was a suspect in a number of prior shootings and thefts. During his final rampage, inter alia, Garcia tried to shoot his ex-girlfriend, then stole a truck from farmworkers and led police on a chase, deliberately veering into opposing traffic, and by intent injuring four more innocents, one critically. During the chase, he fired on police, who returned fire, before Garcia finally wrecked the stolen vehicle and perished in the crash.

The local sheriff of Tulare County, in understated fashion, labeled Garcia’s violent spasm of shootings and car wrecks a “reign of terror.” Garcia had an accomplice who is still at large.

Local law enforcement blamed state sanctuary restrictions on their inability to notify ICE that the felonious illegal alien Garcia was about to be released among the general public. Or as the sheriff put it, “Gustavo Garcia would have been turned over to ICE officials. That’s how we’ve always done it, day in and day out. But after SB 54, we no longer have the power to do that. Under the new state law, we must have a ‘federally signed warrant’ in order to do that. We didn’t honor the detainer because state law doesn’t allow us to.”

Less than two weeks later, there was yet another example of Central Valley illegal-immigration mayhem. To the north in Newman, another twice-deported illegal alien, Gustavo Perez Arriaga (he apparently had a number of aliases), stands accused of shooting and killing Newman policeman Ronil Singh, who pulled him over on suspicion of drunk driving (Arriaga also had two prior DUIs).

Arriaga fled after murdering Officer Singh and evaded law enforcement for a few days thanks to at least seven enablers (brothers, girlfriend, friends, etc.), some of them confirmed also to be illegal aliens.  They either gave police officials false information about Arriaga’s whereabouts or helped him on his planned flight to Mexico, finally aborted 200 miles to the south near Bakersfield.

The suspect’s brother, 25-year-old Adrian Virgen, and a co-worker, 32-year-old Erik Razo Quiroz, were arrested on “accessory after the fact” charges for attempting to protect Arriaga. Authorities report both men are also in the country illegally. Arriaga was at large for five days, also in part because he had so many fake identities and aliases that no one knew really who he was.

Stanislaus County sheriff Adam Christianson noted that SB54 prevents departments “from sharing any information with ICE about this criminal gang member.” He added, “this is a criminal illegal alien with prior criminal activity that should have been reported to ICE.” Christianson finished, “Law enforcement was prohibited because of sanctuary laws and that led to the encounter with Officer Singh. I’m suggesting that the outcome could have been different if law enforcement wasn’t restricted, prohibited or had their hands tied because of political interference.”

These incidents, and less violent ones like them, are not all that rare in rural California. The narratives are tragically similar and hinge on our society’s assumptions of tolerance and its belief that entering and residing illegally in the United States are not really crimes. Fraudulent identification and fake names are not really felonious behaviors. Driving under the influence is no reason for deportation — all crimes that can ruin careers and have expensive consequences for citizens. Statisticians argue that immigrants commit fewer crimes than the native born, but never quite calibrate illegal immigrants into the equation (in part because no one has any idea who, where, or how many they are, as estimates range from 11 to 20 million) or note that second-generation native-born children of immigrants have much higher violent-crime rates than do their immigrant parents, and in circular fashion add to the general pool of violent Americans who then are used to contrast immigrants as less violent.

We should redefine the entire morality of multifaceted illegal immigration.

Immorality is undermining, in Confederate fashion, federal law, and normalizing exemptions that allow felons such as Garcia and Arriaga to wreak havoc on the innocent and defenseless. Too often the architects of open borders and sanctuary jurisdictions are not on the front lines where the vulnerable suffer the all-too-real consequences of distant others, who can rely on their own far greater safety nets when their grand abstractions become all too concrete.

And, finally, we forget that so often the victims of illegal aliens are (in California where one in four residents was not born in the U.S.) legal immigrants like officer Singh, and members of the Hispanic community like the late Mr. Soto. Polls show that support for open borders is not popular and most Americans want an end to illegal immigration and catch and release, as well as stricter enforcement of current federal immigration laws.

(I took a break from writing this on a Sunday afternoon to talk about the volatile Central Valley landscape with an immigrant from India, whose stolen and stripped spray rig I discovered last night in our orchard.)

Voir enfin:

Etats-Unis : pourquoi Donald Trump tient tant à son mur

Le président américain Donald Trump a menacé de fermer la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique si les démocrates du Congrès n’acceptaient pas de financer la construction d’un mur.

  • Alexis Boisselier

Donald Trump n’en finit plus de s’agacer à propos de la construction de son mur à la frontière mexicaine. Ce vendredi, il a menacé de fermer la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique si les démocrates du Congrès n’acceptaient pas de financer la construction d’un mur. « Nous allons être contraints de fermer la Frontière Sud complètement si les Démocrates Obstructionnistes ne nous donnent pas l’argent pour terminer le mur », a tweeté le président américain en leur demandant également de « changer les ridicules lois sur l’immigration dont notre pays est affublé ».

Le milliardaire a ensuite dit qu’il considérerait une telle fermeture comme une « opération rentable », arguant du fait que « les Etats-Unis perdent tellement d’argent en faisant du commerce avec le Mexique avec l’Aléna ». Poursuivant une série de tweets, il a réitéré sa menace plusieurs fois : « Nous construisons un mur ou fermons la Frontière Sud. »

« Shutdown » prolongé

Un sujet qui a déjà provoqué un « shutdown » depuis une semaine, soit la paralysie partielle des administrations fédérales et qui a mis des centaines de milliers de fonctionnaires au chômage forcé. Tant que républicains et démocrates ne trouveront pas d’accord au Congrès, les financements de 25% des ministères et administrations fédérales resteront suspendus.

Jeudi, les négociations ont encore échoué. Le président républicain exige cinq milliards de dollars pour construire le mur tandis que les démocrates refusent de le financer, mais ont proposé une enveloppe de plus d’un milliard pour d’autres mesures de sécurité à la frontière. Les républicains sont majoritaires au Congrès, mais avec 51 sièges au Sénat, ils ont besoin de soutiens démocrates pour atteindre les 60 voix sur 100 nécessaires afin d’approuver le Budget.

Mesure symbolique

Mais si la question cristallise autant, c’est que la mesure est symbolique de la présidence de Donald Trump. Lors la campagne, le milliardaire a construit sa popularité à coup de propositions chocs et fait de la lutte contre l’immigration l’une de ses priorités. « Je vais construire un grand mur sur notre frontière sud, et le Mexique paiera pour le construire. Prenez-en bien note », avait-il alors promis.

Une promesse déjà bien entamée par le refus mexicain de financer la construction du mur. Le président américain a été contraint d’admettre que les Etats-Unis allaient lancer le projet avant même d’avoir l’assurance du financement mexicain. En août 2017, la publication d’une retranscription d’une conversation téléphonique entre les présidents américain et mexicain révélait que Donald Trump considérait le mur comme un coup politique. « C’est la chose la plus futile dont nous parlons, mais politiquement, c’est la plus importante », aurait-il dit à son homologue.

Selon un sondage de Politico, la base électorale du président américain est, en effet, très attachée à cette proposition. 78% des électeurs de Trump en 2016 considèrent qu’il s’agit d’un projet important (25%) voire prioritaire (53%) au cours de son mandat.

Le Mexique ne veut pas payer

Fin mai, le président de l’époque, Enrique Peña Nieto, a pourtant conclu le débat sur Twitter en promettant que « le Mexique ne paiera jamais pour un mur. Pas aujourd’hui, jamais ». Une position de laquelle n’a pas dévié son successeur Andres Manuel Lopez Obrador et qui a poussé Donald Trump à évoluer légèrement sur la question.

« Le Mexique devra payer pour cela, en remboursant ou de toute autre manière », a-t-il déclaré fin août. Par cette déclaration, Donald Trump mettait la pression sur le Mexique pour renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) qui lie les Etats-Unis au Canada et au Mexique. Un traité que le président américain critique régulièrement. Si un nouvel accord a été signé en novembre, il n’a pas encore été ratifié.

Le temps court pour les démocrates

Mais en attendant, Donald Trump doit trouver des financements. En totalité, l’ouvrage devrait coûter entre 22 à 25 milliards de dollars. Faute d’accord de compromis et dans un hémicycle quasi désert, le Sénat a décidé jeudi à l’unanimité d’ajourner la séance jusqu’à lundi 10h et de ne reprendre l’examen d’une loi budgétaire que mercredi 2 janvier, à partir de 16h. Or, à chaque jour qui passe, la position des démocrates se renforce. Ils prendront le contrôle de la Chambre des représentants dès le 3 janvier, tandis que les républicains auront une majorité renforcée au Sénat (53).

Il est donc fort probable que Donald Trump soit obligé de faire des concessions, ce que le président américain ne semble pour l’instant pas prêt à faire. Le gouvernement restera paralysé jusqu’à « ce que nous ayons un mur, une barrière, peu importe comment ils veulent l’appeler », avait ainsi déclaré Donald Trump le 25 décembre.

Voir par ailleurs:

« They voted for (a border wall) in 2006. Then-Senator Obama voted for it. Sen. Schumer voted for it. Sen. Clinton voted for it. »

Mick Mulvaney on Sunday, April 23rd, 2017 in a segment on « Fox News Sunday »

Fact-check: Did top Democrats vote for a border wall in 2006?

White House budget director Mick Mulvaney said he doesn’t understand Democratic opposition to funding the border wall because top Democrats voted for it just over 10 years ago.

During an April 23 segment on Fox News Sunday, Mulvaney talked down concerns about a government shutdown, but scolded Democrats for obstructing action on Trump’s border wall. Mulvaney pointed to the voting record of top Democrats in 2006 to explain his confusion.

« We want our priorities funded and one of the biggest priorities during the campaign was border security, keeping Americans safe, and part of that was a border wall, » he said.

« We still don’t understand why the Democrats are so wholeheartedly against it. They voted for it in 2006. Then-Sen. Obama voted for it. Sen. Schumer voted for it. Sen. Clinton voted for it. So we don’t understand why Democrats are now playing politics just because Donald Trump is in office. »

Mulvaney is referencing their votes on an act that authorized a fence, but as we’ve noted several times in the past, the 2006 fence was less ambitious than the wall Trump is proposing.

The Secure Fence Act of 2006

The Secure Fence Act of 2006, which was passed by a Republican Congress and signed by President George W. Bush, authorized about 700 miles of fencing along certain stretches of land between the border of the United States and Mexico.

The act also authorized the use of more vehicle barriers, checkpoints and lighting to curb illegal immigration, and the use of advanced technology such as satellites and unmanned aerial vehicles.

At the time the act was being considered, Barack Obama, Hillary Clinton and Chuck Schumer were all members of the Senate. (Schumer of New York is now the Senate minority leader.)

Obama, Clinton, Schumer and 23 other Democratic senators voted in favor of the act when it passed in the Senate by a vote of 80 to 19.

Originally, the act called on the Department of Homeland Security to install at least two layers of reinforced fencing along some stretches of the border. That was amended later, however, through the Consolidated Appropriations Act of 2008, which got rid of the double-layer requirement.

Currently, 702 miles of fencing separates the United States from Mexico, according to U.S. Customs and Border Protection.

So how does that compare to Trump’s wall?

Trump plans for the wall are vague, but here’s what we know.

He said the wall doesn’t need to run the nearly 2,000 miles of the border, but about 1,000 miles because of natural barriers. He said it could cost between $8 billion and $12 billion, be made of precast concrete, and rise 35 to 40 feet, or 50 feet, or higher.

Experts have repeatedly told PolitiFact that the differences in semantics between a wall and a fence are not too significant because both block people.

Still, there are obvious differences between the fence and Trump’s wall proposal.

A 2016 Associated Press report from the border described « rust-colored thick bars » that form « teeth-like slats » 18 feet high. « There are miles of gaps between segments and openings in the fence itself, » the report said.

Trump criticized the 2006 fence as too modest during the 2016 campaign.

« Now we got lucky because it was such a little wall, it was such a nothing wall, no, they couldn’t get their environmental — probably a snake was in the way or a toad, » Trump said. (Actually, the project didn’t face environmental hurdles; we rated that part of the claim Mostly False.)

It’s also worth noting that the political context surrounding the 2006 vote was different, too.

Democrats normally in favor of looser immigration laws saw the Secure Fence Act of 2006 as the lesser of two evils, according to a Boston Globe report that detailed the legislative process. Around that same time, the House passed legislation that would make any undocumented immigrant a felon.

« It didn’t have anywhere near the gravity of harm, » Angela Kelley, who in 2006 was the legislative director for the National Immigration Forum, told the Boston Globe. « It was hard to vote against it because who is going to vote against a secure fence? And it was benign compared with what was out there. »

Democrats have described Trump’s wall proposal as overkill and too expensive. Recently, Democrats penned a letter to Senate GOP saying border funding should not be included in the latest budget agreement to keep the government open.

Our ruling

Mulvaney said that Obama, Schumer and Clinton voted for a border wall in 2006.

They did vote for the Secure Fence Act of 2006, which authorized building a fence along about 700 miles of the border between the United States and Mexico.

Still, the fence they voted for is not as substantial as the wall Trump is proposing. Trump himself called the 2006 fence a « nothing wall. »

Mulvaney’s statement is partially accurate, but ignores important context. We rate it Half True.


Immigration illégale: Pour un Guantanamo européen (Why can’t the rest of the West learn from Australia’s tough « turn back the boats policy » and all-out war against people smugglers?)

7 décembre, 2018
https://www.aph.gov.au/~/media/05%20About%20Parliament/54%20Parliamentary%20Depts/544%20Parliamentary%20Library/Research%20Papers/2016-17/QuickGuides/QG-BoatTurnbacks-01.gif?la=en
C’est précisément en raison de la mort de l’impérialisme que nous voyons l’apparition du monde pré-moderne. Aujourd’hui, il n’y a aucune puissance coloniale qui accepte de s’atteler à cette tâche, cependant les occasions, peut-être même le besoin de colonisation, sont aussi grands qu’ils ne l’ont jamais été au XIXe siècle. (…) le cas d’Ossama Ben Laden a maintenant démontré, pour ceux qui ne l’avait pas déjà réalisé, qu’aujourd’hui le monde entier est, potentiellement au moins, notre voisin. Robert Cooper
Les Etats qui bordent le détroit de Malacca, c’est-à-dire l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, sont des Etats relativement développés» qui ont pris «des initiatives» contre les pirates. Mais les Etats africains, notamment dans le golfe de Guinée, ou dans l’est de l’Afrique, «n’ont pas les mêmes moyens». C’est pourquoi, il n’a pas exclu que certains Etats, sans moyens d’intervention contre les pirates, «renoncent à la barrière symbolique des eaux territoriales», la surface maritime où un Etat exerce sa souveraineté: soit une largeur ne dépassant pas 12 milles marins nautiques, selon la convention des Nations unies sur le droit de la mer. Jean-David Levitte (conseiller de Sarkozy, Libération, le 12 avril 2008)
Après trente ans d’expérience en Afghanistan, au Yémen ou en Somalie, je veux dire que l’accès humanitaire, en Israël, est assez remarquable. Il n’y a pas un seul prisonnier palestinien perdu, disparu. Le système a une histoire et des mécanismes de transparence. A certains égards, Israël respecte mieux la IVe convention de Genève que beaucoup d’Etats. Nous avons un dialogue très riche avec les Israéliens sur les dossiers que nous suivons, des détenus au comportement des forces armées. (…) Les « missing » sont des gens sur le sort desquels la famille n’a pas de certitude formelle, vivants ou morts. On ne fait pas de distinction entre civils et militaires. Ils sont environ 45. Il y a deux civils israéliens, peut-être trois, qui sont présumés vivants à Gaza et qui sont notre priorité absolue. On est en « clash » avec le Hamas sur ce sujet. (…) En 2014, nous avons eu des mois de discussion avec l’armée israélienne sur les leçons à retenir de la guerre à Gaza, cet été-là. C’est la même discussion que nous avons avec les Américains, les Français ou les Saoudiens : sur la distinction civils/militaires, la proportionnalité, etc. On a mené un travail confidentiel avec eux, comme avec les Brigades Al-Qassam [branche armée du Hamas]. (…) Dans une guerre, les soldats ont le droit de tuer des menaces réelles ; on ne défend pas le droit à la vie dans toutes circonstances. L’équation entre la proportionnalité stratégique et les obligations humanitaires, c’est une immense question qui renvoie même à l’utilisation de l’arme atomique à Hiroshima. Elle interroge sur la pertinence du droit de la guerre dans le contexte de l’après 11 septembre 2001, avec l’organisation Etat islamique (EI), avec la guerre asymétrique contre des mouvements armés plus ou moins terroristes qui se cachent derrière la population. Nous, nous opérons à un niveau inférieur : l’analyse empirique de la conduite des opérations, et les victimes civiles. Pour cela, nous avons différents angles de vue : les précautions prises, l’utilisation d’artillerie en milieu urbain, la définition des cibles. Le cuisinier du Hezbollah en est-il une ? J’ai bossé pas mal en Afghanistan avec les troupes de l’Otan. Ces questions secouent le monde entier. » (…) Les manifestations près de la clôture sont régies par le paradigme du maintien de l’ordre. Mais il est clair qu’on n’est ni à Berlin ni à Gênes [sommet du G8 en 2001]. Dans ces manifestations de civils se greffent en filigrane des opérations militaires qui justifient l’utilisation d’armes létales (…) Les Palestiniens, eux, sont dans une logique de poussée. Plus ils s’approchent de la clôture, plus ils sont en danger, quoi qu’on pense de leurs motivations. Ce mouvement est voulu, planifié, avec une logistique. On discute avec le Jihad islamique palestinien (JIP) ou le Hamas pour minimiser l’exposition des plus vulnérables, des enfants de 7 à 12 ans qui font des concours d’héroïsme. Jacques de Maio (ex-chef de la Croix-Rouge en Israël)
Protecting children at the border is complicated because there have, indeed, been instances of fraud. Tens of thousands of migrants arrive there every year, and those with children in tow are often released into the United States more quickly than adults who come alone, because of restrictions on the amount of time that minors can be held in custody. Some migrants have admitted they brought their children not only to remove them from danger in such places as Central America and Africa, but because they believed it would cause the authorities to release them from custody sooner. Others have admitted to posing falsely with children who are not their own, and Border Patrol officials say that such instances of fraud are increasing. (…) [Jessica M. Vaughan, the director of policy studies for the Center for Immigration Studies] said that some migrants were using children as “human shields” in order to get out of immigration custody faster. “It makes no sense at all for the government to just accept these attempts at fraud,” Ms. Vaughan said. “If it appears that the child is being used in this way, it is in the best interest of the child to be kept separately from the parent, for the parent to be prosecuted, because it’s a crime and it’s one that has to be deterred and prosecuted.” NYT
Plus de 11 000 femmes nigérianes ont été secourues en Méditerranée l’année dernière, selon l’Office pour les migrations internationales (OMI). 80% d’entre elles faisaient l’objet d’un trafic à des fins d’exploitation sexuelle. “Il y a maintenant des filles qui n’ont que 13, 14 ou 15 ans”, m’a dit un agent anti-trafic de l’OMI. “L’Italie n’est qu’un point d’entrée. De la, elles sont dispatchées et vendues à des mères maquerelles partout en Europe.” Ben Taub
En 2015, le risque de mourir en Méditerranée (0, 37%) était inférieur au risque en France d’une personne de plus de 45 ans de subir un AVC (0, 4$%); en 2016, 363 000 migrants ont traversé la Mare nostrum (…) et 4 576 s’y sont noyés ou ont disparu, soit 1, 3% ou le double du risque de décéder après une intervention chirurgicale – toutes catégories confondues – dans un pays industrialisé, ou encore le double du risque de mourir d’une anesthésie générale au sud du Sahara. En 2017, entre janvier et fin aout, 126 000 migrants ont traversé la Méditerranée et 2 428 ont été portés disparus, soit 1, 92%, ce qui est légèrement inférieur à la mortalité post-opératoire en chirurgie cardiaque en Europe de l’ouest (2%). Même si le risque est heureusement limité, on se demande évidemment pourquoi il ne cesse d’augmenter alors que les yeux du monde sont braqués sur la Méditerranée et que les secours devraient se perfectionner. La réponse: l’humanitaire est trop bon ! En effet, les bateaux de secours se rapprochent de plus en plus des eaux territoriales libyennes et, s’il y a danger de naufrage, n’hésitent plus à y entrer pour sauver les migrants. Si bien que les trafiquants embarquent un nombre croissant de migrants sur des embarcations toujours plus précaires (notamment des canots pneumatiques longs de 9 mètres, fabriqués en Chine, sur lesquels se serrent 130 personnes). (…) Les trafiquants emmènent donc les migrants à la limite des eaux territoriales, avant de repartir avec le moteur hors-bord dans un autre bateau en laissant les leurs clients dériver. A charge pour les humanitaires … Ceux-ci font bien, voire très bien leur travail, au risque de voir les migrants de moins en moins regardants sur la navigabilité des embarcations choisies par les trafiquants. Au cours des premiers six mois de 2017, quelque 93 000 migrants ont été secourus et transportés vers l’Italie, soit presque les trois quarts du total ayant embarqué pour la traversée pendant cette période. Stephen Smith
Je crois que le diagnostic du FN sur l’impuissance politique est juste. La France n’a pas vraiment la maîtrise de la politique migratoire, qui est une compétence partagée avec l’UE et la Commission européenne est favorable à une politique migratoire très généreuse compte tenu de ses anticipations démographiques. (…) Marine Le Pen propose de diviser par 20 le nombre d’entrées légales en cinq ans pour ne laisser entrer que 10 000 étrangers par an, tout en réduisant à zéro toute immigration clandestine. Quel genre d’État faut-il pour y arriver vraiment ? Telle est la question. En fait, elle déclare vouloir en finir avec tous les droits accordés a priori aux immigrants, même sous certaines conditions. Elle compte interdire le regroupement familial, dont il faut souligner qu’il n’est pas la part la plus importante des flux familiaux, contrairement aux conjoints de Français. Comment limiter les flux de ces derniers ?  Il ne suffit pas de sortir de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme. Restent de sérieux obstacles : la Cour de justice de l’UE, qui garantit le respect des traités et dont les décisions font jurisprudence pour les juridictions nationales, mais aussi la jurisprudence du Conseil d’État. Bref, si l’objectif visant à limiter le nombre d’entrées d’étrangers est légitime, cela implique de prendre toute une série de décisions qui ne seront pas sans effet sur les droits des citoyens. [ce qui est irréalisable] En l’état du droit français et plus largement européen. Michèle Tribalat
Soucieux de ne pas laisser la main aux nationalistes, le camp européen a eu à cœur d’accorder ses violons à la veille de ces échéances européennes capitales. C’est l’une des raisons qui a conduit Pedro Sanchez, le nouveau chef du gouvernement espagnol à réserver à la France son tout premier déplacement à l’étranger. (…) Parlant d’une même voix, ils ont plaidé pour la mise en place de « centres fermés » sur les côtes européennes pour gérer les migrants qui débarquent de Méditerranée. Une proposition également appuyée par Berlin. Dans ces plateformes, les migrants attendraient l’examen de leur cas, essentiellement en Italie, pays principal d’arrivée actuellement, mais aussi en Espagne. Pour appliquer cette proposition, il faudrait que tous les pays européens acceptent d’accueillir les réfugiés qui obtiendraient le droit d’asile, quitte à les y contraindre. Emmanuel Macron a ainsi brandi la menace de sanctions (financières ou institutionnelles) envers ceux qui refuseraient de le faire, comme l’ont d’ores et déjà annoncé les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), très hostiles aux migrants. « On ne peut avoir des pays qui bénéficient massivement de la solidarité de l’UE et qui revendiquent massivement leur égoïsme national quand il s’agit de sujets migratoires », a-t-il lancé. Le Parisien
French President Emmanuel Macron stood at the Arc de Triomphe last month and rebuked President Donald Trump’s « America First » policy at a ceremony marking the 100th anniversary of the end of World War I. But three weeks later protesters stormed the monument in central Paris in a massive, violent riot that saw it defaced with slogans calling for Macron’s resignation and leaving the statue of Marianne, the symbol of France’s revolution, with its face smashed in. (…) Any working theory of international relations understands that nations and actors put their own interests first. Whereas Trump proudly trumpets « America First, » Macron essentially said he’s more interested in signaling his country’s moral values than advancing the interests of his citizenry. Today Macron’s approval rating stands at about 23%, while Trump’s is double that at about 46%. Macron has positioned himself as the enemy of nationalist leaders rising around Europe, but leaders like Hungary’s anti-refugee Viktor Orban and Italy’s Matteo Salvini remain more popular than him in their respective countries. While Trump has often clashed with European leaders over his unilateral decisions to withdraw from the Paris agreement on climate change or the Iran nuclear deal in the name of American interests, Europe’s unity and leadership has weakened terribly. Macron’s chief ally, German Chancellor Angela Merkel, also lost recent elections and has announced plans to step down when her term ends in 2021. (…) In a speech to Europe’s leadership in Brussels, US Secretary of State Mike Pompeo blasted multinational, multilateral institutions like the United Nations and the European Union as ineffective, failing to address the concerns of the people. Pompeo called on « noble nations » around the world to put their interests first and « reform or eliminate » multinational bodies that don’t work as intended. Pompeo pointed to China and Russia disregarding treaties and asserting their national wills as evidence that undemocratic countries were reaping the benefits of the liberal world order, while Europe failed to act. On Twitter, Trump teased Macron as having only now come around to the realization that imposing costs on workers to pay for a grand vision of global change had proved untenable. While champions of morality in politics may have celebrated Macron’s rebuke of Trump’s « America First » policies, which are often seen as inhumane and turning away from the US’s much-publicized values of compassion and openness, the massive mobilization of the Yellow Vests and the downfall of liberal leaders across Europe may give Trump the last laugh. Business insider
Nous avons appris que les migrations font partie intégrante de la mondialisation, reliant entre elles les sociétés d’une même région et d’une région à l’autre et faisant de nous tous des pays d’origine, de transit et de destination. Nous sommes conscients qu’il importe que nous nous efforcions sans cesse, à l’échelle internationale, d’approfondir nos connaissances et notre analyse des migrations, sachant qu’il sera plus aisé d’améliorer les politiques favorisant un développement durable pour tous à partir d’une même compréhension de la situation. Nous devons recueillir et diffuser des données de qualité. Nous devons également veiller à ce que les migrants actuels et potentiels soient pleinement informés de leurs droits, obligations et possibilités en ce qui concerne des migrations sûres, ordonnées et régulières, et connaissent les risques de la migration irrégulière. Nous devons en outre mettre à disposition de tous les citoyens des informations objectives, claires et fondées sur des données factuelles au sujet des avantages et des difficultés que présentent les migrations, en vue de démonter les discours trompeurs qui donnent une image négative des migrants. (…) Grâce à cette démarche globale, nous comptons faciliter des migrations sûres, ordonnées et régulières, tout en réduisant l’incidence et les répercussions négatives de la migration irrégulière grâce à la coopération internationale et à l’ensemble de mesures proposé dans le présent Pacte mondial. (…) Nous nous efforçons de créer des conditions favorables qui permettent à tous les migrants d ’ enrichir nos sociétés grâce à leurs capacités humaines, économiques et sociales, et facilitent ainsi leur contribution au développement durable aux niveaux local, national, régional et mondial. (…) Afin de tenir ces engagements, nous entendons : a) Élaborer des procédures et des accords relatifs à la recherche et au sauvetage des migrants dont l’objectif premier soit de protéger le droit à la vie et qui fassent respecter l’interdiction des expulsions collectives, assurent une procédure régulière et des évaluations individuelles, améliorent les capacités d’accueil et d’assistance, et garantissent que la fourniture d’une aide de nature exclusivement humanitaire ne puisse être considérée comme illégale ; b) Étudier les conséquences des lois et politiques relatives aux migrations pour nous assurer qu’elles n’entraînent pas de nouveaux risques de disparition de migrants ou d’aggravation du phénomène, notamment en répertoriant les itinéraires dangereux empruntés par les migrants et en travaillant avec d’autres États ainsi qu’avec les parties prenantes et les organisations internationales concernées afin de déterminer les risques qui se posent dans certains contextes et d ’ établir des mécanismes visant à prévenir les situations dangereuses et à y remédier, en accordant une attention particulière aux enfants, notamment ceux qui ne sont pas accompagnés ou qui sont séparés de leur famille. (…) Afin de tenir cet engagement, nous entendons (…) Promouvoir une information indépendante, objective et de qualité, y compris sur Internet, notamment en sensibilisant les professionnels des médias aux questions de migration et à la terminologie afférente, en instituant des normes déontologiques pour le journalisme et la publicité et en cessant d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent systématiquement l ’ intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse. Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (Marrakech, Maroc, 10 et 11 décembre 2018)
Renoncer à l’Aquarius a été une décision extrêmement difficile à prendre, mais elle permettra à nos équipes de reprendre les opérations de recherche et de sauvetage le plus rapidement possible. Nous refusons de rester les bras croisés sur le rivage alors que des gens continuent de mourir en mer. Tant que des êtres humains continueront à tenter la traversée la plus dangereuse du monde, SOS MEDITERRANEE remplira son devoir d’assistance en répondant à l’urgence par tous les moyens professionnels possibles. Frédéric Penard (directeur des opérations de SOS Méditerranée)
Les Nations unies n’ont en principe pas du tout vocation à lancer pareille initiative et il est clair que les États cosignataires africains, islamiques, asiatiques ou d’Amérique latine qui n’y ont pas intérêt ne respecteront jamais les règles « morales » édictées dans ce « Pacte » et surtout les devoirs financiers que seuls les pays démocratiques occidentaux sont sommés de mettre en œuvre. D’évidence, la plupart des mesures de cet accord multilatéral sont impossibles à mettre en place dans la vaste majorité des pays membres des Nations Unies. L’effort et le coût se porteront donc sur une minorité de pays développés sur le plan juridique et social. Entre bases de données géantes, biométrie, et dépenses nécessairement astronomiques, préconisées par les rédacteurs du texte onusien, on comprend mal ce qui a pu mener à ce projet. Ensuite, l’aspect « non-contraignant » du dit Pacte vise en fait assez habilement à contourner les lois des États souverains et les bases mêmes de la démocratie. Il  n’empêchera d’ailleurs absolument pas le « pacte » d’avoir des effets légaux ultérieurs pour les signataires. En effet rien n’empêchera les tribunaux, cours constitutionnelles et autres instances étatiques de judiciariser peu à peu les normes onusiennes comme on l’a déjà vu en France avec la cour constitutionnelle qui, répondant à une « question prioritaire de constitutionnalité », a donné raison à des lobbies immigrationnistes désireux de dépénaliser les migrations illégales et à accorder aux clandestins qui enfreignent les lois les mêmes droits sociaux que les citoyens qui cotisent depuis des années et paient des impôts pour y avoir droit. La « migration » organisée au niveau global est par conséquent l’outil d’une volonté manifeste de réduire toutes les personnes, citoyennes, étrangères, régulières ou irrégulières, à des entités juridiques et socio-économiques interchangeables, indifférenciées. L’appartenance à la citoyenneté nationale ne peut dans cette perspective en aucun cas donner lieu à des privilèges et droits particuliers « supérieurs » à ceux des étrangers, envers qui les nations occidentales ont, a contrario, des devoirs imprescriptibles. Ces confusions mettent dans le même sac réguliers et illégaux, migrants économiques et réfugiés, vrais et faux demandeurs d’asile. Elles ne trompent certes pas du tout les publics avertis, mais elles introduisent d’énormes confusions dans l’esprit des masses, surtout des peuples occidentaux abreuvés de doxa « diversitaire » cosmopolitiquement correcte et, de ce fait, culpabilisés/diabolisés dès qu’ils osent limiter l’immigration (droit de tout État souverain) ou refusent même simplement l’immigration illégale. Celle-ci, normalement sévèrement punie par les lois dans tout État appliquant la loi, est aujourd’hui présentée comme légitime par nature puisque les frontières seraient une anomalie, d’où le nom de l’ONG pro-Migrants financée par Georges Soros : « No Borders ».  (…) Outre la mise en place de « campagnes d’information », de sites internet et de procédures d’information avant le départ et dès l’arrivée du « migrant », les États d’accueil doivent fournir à ce dernier des renseignements détaillés sur « les formalités à remplir, les conditions de vie et les outils juridiques en vigueur » et, bien sûr, « garantir l’accès aux soins de santé, la justice et au marché du travail », mesures déjà en vigueur en France d’ailleurs, où la seule aide aux migrants irréguliers « mineurs non-accompagnés » (souvent faux mineurs d’ailleurs), coûte déjà deux milliards par an. D’évidence, le Pacte est bel et bien un projet de facilitation massive de la « migration », ou plutôt de « l’immigration », régulière comme irrégulière. Les « campagnes plurilingues » qui « doivent » donner l’état des conditions de vie dans chaque pays d’accueil potentiel sont par ailleurs la porte ouverte au shopping migratoire. (…) L’objectif n°16 du Pacte global est de « donner les moyens aux migrants et sociétés de réaliser une inclusion et cohésion sociale complètes », et c’est à ce titre qu’il s’agit de promouvoir le « reportage éthique » sur le sujet des migrants. Passant sans vergogne du devoir d’objectivité à la nécessité de « dissiper » le négatif, le Pacte enjoint les signataires à mettre en lumière les « contributions positives » des migrants. L’active participation des médias est requise dans cette vaste entreprise de positivisme forcené, notamment en formant et « sensibilisant » les professionnels des médias aux problématiques et à la « terminologie » liées à la migration. Ceux qui feraient montre d’intolérance, de xénophobie, de racisme et toute autre forme de discrimination à l’égard des migrants verraient leurs subsides se tarir. La même vigilance serait de mise en « période électorale », ce qui laisse à penser que le Pacte Global vise à interdire l’immigration comme sujet politique !  (…) L’argument a été donné de si nombreuses fois pour invalider les objections au Pacte Global qu’il faut préciser ce qu’il a de faux en plus de malhonnête. Bien entendu s’il n’y a aucune conséquence à signer pareil accord on peut retourner la question et demander « ce que ça peut bien leur faire » de ne pas signer. En réalité les accords dits non-contraignants sont un outil tout à fait courant des relations internationales et ne tombent pas nécessairement hors du droit international. Nombre de chercheurs en droit se sont penchés sur la prolifération de ces accords internationaux notamment en ce qu’ils questionnent la loi en tant que telle. Le Global Compact, en se disant non-contraignant, permet aux gouvernements de faire l’économie d’une bureaucratie lente et coûteuse, certes, mais aussi du débat parlementaire interne et de contourner ainsi un processus de décision démocratique. Or cet argument de la « non-contrainte » du pacte occulte plusieurs aspects, dont celui du « politiquement contraignant » et du poids symbolique de tels accords. Ainsi certains avis ou décisions du Parlement européen, purement « consultatifs » et sans effet juridique, se voient tout de même entérinés par la Commission en raison de leur haute valeur symbolique et politique difficiles à ignorer sans risque. D’autre part, un accord international tel que celui des Nations Unies, même non-contraignant, peut renforcer la densité de traités parfaitement contraignants, en ramollir d’autres, et être tout à fait pris en compte par la justice elle-même en tant qu’il compte comme preuve d’une pratique internationale et de droit coutumier. Il n’est pas rare d’avoir recours à ce type d’accord pour sa malléabilité, sa facilité de mise en œuvre, que ce soit dans les domaines militaire, environnemental ou des droits de l’homme. Prétendre que ces accords seraient sans effet est un mensonge et une grave erreur, ne serait-ce que dans l’appel d’air qu’il provoque, informant les migrants du monde entier de leur droit souverain devant les nations. Et à tout le moins, le Global Compact on Migration est la manifestation d’un nouvel ordre transfrontières reposant sur le fichage des citoyens quels qu’ils soient, et l’effacement de certaines cultures au profit d’autres mieux protégées ou pourvues de moyens disproportionnés pour s’implanter. Alexandre del Valle
Les attaques répétées et ciblées contre les organisations humanitaires, qui viennent s’ajouter à la négligence criminelle des Etats membres de l’UE qui ne respectent en aucun cas leurs obligations maritimes et internationales, entraînent des risques croissants pour les personnes en détresse en mer . Cette année seulement, plus de 2 100 personnes, à notre connaissance, sont mortes en Méditerranée, tandis que beaucoup d’autres ont été interceptées par les garde-côtes libyens, qui sont soutenus par l’UE. Ces naufragés sont ensuite renvoyés de force en Libye, où des traitements inhumains les attendent.  L’Aquarius a tenté de combler le manque de dispositifs de sauvetage en Méditerranée durant ces 34 derniers mois. Mais les attaques inacceptables et répétées à son encontre ont fini par l’arrêter. Aujourd’hui, quasiment aucune opération de recherche et de sauvetage ne subsiste en mer et ce vide est pour nous le plus mortifère des échecs de l’Europe. Sauver des vies en mer est et restera notre mission et, aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin du soutien de tous les citoyens qui croient encore en nos valeurs d’humanité en mer et désirent concourir à nos efforts pour trouver un nouveau navire et un nouveau pavillon.  Sophie Beau (SOS Méditerranée France)
Amnesty International et 80 autres ONG ont appelé aujourd’hui les dirigeants des 18 nations du Pacifique (Fip) à exiger la fermeture d’un camp de rétention financé par l’Australie sur l’île de Nauru, où ils se réuniront en sommet du 3 au 6 septembre.Le camp de rétention abrite des demandeurs d’asile qui ont tenté de rejoindre l’Australie par la mer. Mais à cause d’une politique d’immigration draconienne, ils sont envoyés dans des infrastructures reculées du Pacifique, dans le micro-Etat de Nauru ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’Australie justifie sa politique par la nécessité d’empêcher les arrivées de bateaux de clandestins et d’ainsi sauver la vie de migrants tentés d’entreprendre le périlleux voyage maritime. Même si la demande d’asile des migrants est jugée fondée, ils ne sont pas acceptés sur le sol australien. Dans une lettre ouverte, Amnesty et 80 organisations non gouvernementales ont demandé aux dirigeants des nations du Fip d’agir et d’effacer « la tâche sur la région ». Le Figaro
The only way you can stop the deaths is in fact to stop the boats. We must resolve to stop this terrible problem and the only way you can stop the deaths is to stop the people smuggling trade. That’s why it is so urgent that the countries of Europe adopt very strong policies that will end the people-smuggling trade across the Mediterranean. Tony Abbott (2015)
Since he came to power in September 2013, Mr Abbott’s measures have effectively brought an end to the arrival of asylum seekers by boat after more than 20,000 arrived – or almost a boat a day – in 2013. His suite of policies included deporting all arrivals to detention centres in remote Pacific islands and barring them from returning to Australia. This has meant some people have languished in the centres for years, while those recognised as refugees could be released into countries such as Papua New Guinea, a poverty-stricken nation with high rates of violence and disease, and Nauru, a tiny, isolated and effectively bankrupt island. Mr Abbott has adopted a more secretive approach to asylum seekers than his predecessors, saying Australia faced a war-like situation and he wanted to avoid releasing information that would help people smugglers. The government no longer issues media statements when boats arrive and generally refuses to discuss its efforts to tow back vessels to foreign waters. However, the government began to provide more information late last year as its policies proved successful in ending boat arrivals. »The point is not to provide sport for public discussion, the point is to stop the boats, » Mr Abbott said last year. Despite critics saying his measures are in breach of international law, Mr Abbott has insisted they are the most effective way to stop the flow of boat arrivals and the people smuggling trade. Like Europe, Australia has witnessed numerous tragedies in which rickety boats sunk while attempting the voyage, leaving hundreds of asylum seekers dead. Australia’s tough response marks a vast shift from the 1970s, when Canberra opened the doors to thousands of boat people fleeing the Vietnam war and its aftermath. Malcolm Fraser, a former conservative prime minister, allowed 2,059 Indo-Chinese boat people to settle, along with more than 200,000 refugees whose claims were settled in Malaysia, Hong Kong and Thailand from 1976 to 1982. Mr Fraser, who died last month, said the Abbott government’s policies were cruel and tyrannical and had « destroyed the rule of law as we know it ». Most of the asylum seekers in recent years have come via Indonesia from Iran, Iraq, Afghanistan and Sri Lanka. Critics say conditions in the offshore detention camps are inhumane and that Australia’s approach is inconsistent with international law and with the country’s obligations as a signatory to the United Nations 1951 Refugee Convention. A UN report last month found that Australia’s detention of children and the indefinite holding of asylum seekers in harsh conditions on Manus Island in Papua New Guinea was a violation of the international convention against torture. But (…) Responding to the capsizing of a boat off Libya which left some 800 people dead, Mr Abbott extended his mantra to Europe, saying the « only way you can stop the deaths is in fact to stop the boats ». (…) But some analysts have warned that Mr Abbott’s approach will not work in Europe because Australia has the advantage of being geographically isolated, so that forcefully deterring boat arrivals leaves them with no alternative destinations… The Telegraph
I want to make sure we scrutinise each application so we’re getting the best possible migrants. People who are going to work. Not be on welfare. People who will integrate into our community. We want to make sure particularly that people coming through the spousal program that they are in legitimate relationships. (…) Our country is built on migration. We’ve had wonderful people who have come to our country over a long period of time. We have a lot to protect. Lot of values that those migrants believe in strongly. Ultimately apart from our indigenous population all of us are from migrant stock. We want to make sure we get the best people into our country so we can protect our values. As you say we’ve been listening to concerns that Australians have had. Peter Dutton (Australian Minister for Home Affairs, 2018)
Australia’s migration rate is the lowest it’s been in 10 years, largely due to Peter Dutton and the way the Department of Home Affairs has cracked down on “fraudulent” migrants. In the past financial year, the nation’s migration rate has dropped by 10 per cent with 21,000 less people being allowed into Australia (…) Australia’s deportation rates are also on the rise after the Migration Act was amended in 2014 that enforces all migrants pass and maintain a “character test” to stay here. The amendment gave Mr Dutton the powers to expel anyone he deems a risk to Australian society and has resulted in thousands of deportations since December 2014 when the law was changed. News.com
« Treize mères ont tenté de se suicider, dont sept en 48 heures » dans le camp de réfugiés de l’île australienne Christmas, annonçait mercredi dernier la Commission australienne des droits de l’Homme, une agence gouvernementale. Pensant maximiser les chances de leurs enfants de rester en Australie en les laissant orphelins, ces femmes étaient prêtes à mourir. Devant cette détresse, le Premier ministre australien, Tony Abbott, a affirmé qu’il ne céderait pas à un « chantage moral » et a précisé que « le gouvernement n’allait pas se laisser conduire sa politique par des gens qui arguent de la morale à mauvais escient ». Terre d’immigration, l’Australie accueille chaque année plus de 200 000 étrangers. Pourtant, l’immigration est devenue un sujet de crispation, notamment lors des dernières élections. Et depuis un an, le pays mène une politique extrêmement sévère de lutte contre l’immigration clandestine à travers l’opération « frontières souveraines ». Les bateaux d’immigrés sont ainsi interceptés en pleine mer, avant même d’atteindre les côtes de l’île. Placés dans des camps provisoires, les passagers hommes, femmes et enfants sont ensuite transférés dans des centres de rétention basés en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou sur les îles du Pacifique de Nauru et Manus, en attendant que leur dossier soit examiné. (..) le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations unies s’inquiète, et l’Australie pourrait être accusée de violer la loi internationale et la convention des réfugiés de 1951, qui imposent le « non-refoulement » des réfugiés et leur droit à une procédure équitable d’examen de leur demande d’asile. Scott Morrison, ministre australien de l’Immigration, a défendu mardi la position de son gouvernement, refusant que l’on « essaie d’exploiter et de manipuler l’adhésion de l’Australie (aux conventions internationales) comme outil pour saper sa politique de forte protection des frontières qui est de stopper les bateaux et les morts en mer ». En 2013, près de 20 000 clandestins, arrivés par bateau, ont demandé l’asile en Australie. Mais depuis six mois, aucune embarcation clandestine n’aurait atteint les côtes australiennes, affirme fièrement le gouvernement conservateur. Le Point (2015)
On the 10th and 11th of December there will be an international congress in Marrakesh Morocco. The participating countries are set to sign this agreement and although this joint agreement is not binding it is still meant to be the legal framework on which the participating countries commit themselves to build new legislation. One basic element of this new agreement is the extension of the definition of hate speech. The agreement wants to criminalise migration speech. Criticism of migration will become a criminal offence. Media outlets that give room to criticism of migration can be shut down. It is declaring migration as a human right so it will, in effect, become impossible to criticise Mrs Merkel’s welcome migrants politics without being at risk of being jailed for hate speech. Marcel de Graaff
In 2015 Angela Merkel pushed for an open-door migration policy across the EU. Critics said the move was motivated by Germany’s need to boost its workforce by at least one million. The document is an « intergovernmentally negotiated agreement, prepared under the auspices of the United Nations, that covers all dimensions of international migration in a holistic and comprehensive manner”. Austria, Australia, Bulgaria, Croatia, the Czech Republic, Hungary, Italy, Israel, Poland, Slovakia and Switzerland have already stated they will not sign the agreement. One of the “guiding principles” of the document asks for a “whole-of-society approach” to promoting mass migration, including the role of the media. Governments are asked to “promote independent, objective and quality reporting… and stopping allocation of public funding or material support to media outlets that systematically promote intolerance, xenophobia, racism and other forms of discrimination towards migrants”. The Express
On assiste à une prise de conscience des peurs que suscite en Europe la question migratoire, et de la volonté de juguler les flux de la part des dirigeants européens. Et c’est assurément par l’Italie et l’Autriche que ces changements adviennent. On a beaucoup dit, hier soir, que le processus bloquait parce que l’Italie avait des revendications particulières qu’elle voulait voir prises en compte. Or c’est justement grâce au rôle de l’Italie que ce conseil a lieu et que la stratégie européenne de contrôle des flux commence à changer. (….) Je pense que l’Italie va se sentir confortée dans sa stratégie de refus d’accueillir les navires de migrants. Concrètement, tout conduit à une décomplexion par rapport aux mesures de restriction de l’immigration et d’interdiction d’accès aux ports nationaux. Malte en profitera peut-être aussi pour durcir d’accueil des navires de migrants. Quant aux décisions prises, elles reposent effectivement sur le volontariat. Lorsque l’on suit cela de près, rien de très neuf n’émerge de cet accord. Il s’agissait d’abord, pour les dirigeants européens, que ce sommet ne tourne pas au psychodrame: ça aurait pu bien mal finir! Les partisans d’une politique migratoire ferme prennent la main, mais Bruxelles et pas mal d’États membres restent dans l’optique d’une politique européenne concertée. Toute la culture européenne est une culture de consensus et de compromis. Et cette recherche d’équilibre est fragile. Il n’y a plus que Macron, à la sortie du conseil, pour mettre en avant l’idée d’un «dialogue européen». Les autres chefs d’État ou de gouvernement ont plutôt insisté sur la nécessité de tarir les flux migratoires. (…) c’est le triomphe du «en même temps». Cela dit, Emmanuel Macron n’invente rien: François Hollande faisait la même chose, à savoir accueillir beaucoup moins de migrants que prévu sans l’assumer publiquement. Sur le fond, Macron est soulagé de ne pas avoir à assumer l’accueil de nouveaux migrants auprès de sa population, et publiquement il se targue de respecter les droits de l’homme et de bousculer l’Europe sur cette question. (…) Le fond de l’accord est assez peu contraignant, voilà le fond de l’affaire. L’Italie va par exemple pouvoir continuer sa politique de fermeté migratoire avec ce qui apparaît comme une forme de blanc-seing de la part du conseil européen. Politiquement, c’est une vraie victoire pour elle. Les Autrichiens ou les Italiens se rendent d’ailleurs compte que leur position est exactement celle attendue par les populations d’Europe occidentale. Cela constitue une situation politique inédite: la convergence d’un message porté par les dirigeants d’Europe centrale et italiens et des attentes d’une large partie de l’opinion des pays de l’Ouest. Politiquement, les résultats sont encore difficiles à cerner. Il reste que, sociologiquement et culturellement, les pays d’Europe de l’Est ont une influence considérable et portent une parole influente dans toute l’Europe. Ce qu’Angela Merkel et Emmanuel Macron sont obligés de prendre en compte. (…) Le «laboratoire» de cette mesure sera l’Italie. Il faudra installer de vrais moyens, des hommes, du matériel et des procédures, notamment à la frontière entre la Libye et le Niger. Et l’enjeu portera sur la durée des procédures, qui doit passer de plusieurs mois à seulement quelques semaines. Mais il va sans dire que les migrants n’iront pas s’arrêter volontairement à ces postes de tri… Un Sénégalais de vingt ans, par exemple, qui tente d’atteindre l’Europe ne fuit ni la guerre, ni aucune persécution, ni même la famine, il n’a donc pas de moyens légitimes d’obtenir l’asile: il ne s’y présentera pas de lui-même. Il faut ainsi mettre les moyens pour obtenir une vraie politique migratoire européenne et renforcer le mécanisme de garde-frontières européens. Ce qui demanderait un coût de plusieurs milliards: l’Union européenne sera de toute façon amenée à dépenser beaucoup d’argent pour mettre au point cette politique réclamée par les peuples… Car raccompagner un clandestin à la frontière coûte cher. (…) Je pense que, pour un pays comme l’Italie, cela ouvre la possibilité de mieux contrôler ses eaux, voire d’aller intervenir au plus près des ports libyens pour bloquer les passeurs ou les ONG en mettant ensuite ses partenaires devant le fait accompli. L’Italie aurait d’ailleurs l’aval des populations européennes en recourant à ce genre de démarche. Cet accord européen pourra créer un socle d’action pour que l’Italie monte d’un cran dans sa politique migratoire. Le climat européen et les mentalités changent énormément: nous sommes à un moment de rupture, notamment par rapport au renvoi des migrants. Il y a donc aussi un problème de droit qui doit être posé… Jean-Thomas Lesueur
La France et, plus largement, l’Union européenne (UE) sont mises à l’épreuve d’une pression migratoire sans précédent. L’UE chiffre le nombre de migrants arrivés entre 2015 et 2017 sur son territoire, et qui ne peuvent prétendre à l’asile, à 1,5 million. En France, le nombre de demandeurs d’asile a augmenté de 17% pour la seule année 2017, dépassant ainsi la barre des 100 000. En parallèle, la primo-délivrance des titres de séjour bondit de 13,7 % en 2017, avec 262 000 titres de séjour délivrés, ce qui peut s’expliquer notamment par une forte augmentation des premiers titres de réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire (35 825 titres, +56,5% par rapport à 2016). A l’inverse, le nombre d’étrangers reconduits est de 26 000 pour 2017, et le nombre de mesures d’éloignement exécutées était de 18% en 2016. 75 587 étrangers sont donc restés sur notre territoire malgré la mesure d’éloignement prononcée à leur encontre. A cet égard, force est de constater que les dispositions de la loi asile et immigration votée en août sont totalement insuffisantes. Les ténors de La République en marche ont beau claironner leur « fermeté », nous nous demandons où elle se trouve au milieu de dispositions favorables aux migrants (notamment l’augmentation de la durée de titre de séjour des bénéficiaires de la protection subsidiaire), de mesures proprement hallucinantes (comme l’octroi automatique de l’asile aux frères et sœurs des mineurs réfugiés) et de mesures essentiellement techniques et procédurales (la réduction du délai de traitement de l’asile). Quant à l’augmentation de la durée de séjour en Centre de rétention administrative, l’extension des pouvoirs d’investigation ou le raccourcissement des délais de dépôt des demandes (…) ces dispositions n’interviennent qu’a posteriori, une fois que le migrant illégal est déjà sur notre territoire. Or, tant qu’il sera possible d’y pénétrer illégalement, et de commencer à s’y installer, l’immigration illégale ne fera que croître, et les morts en mer sur le chemin de l’UE également. (…) La priorité absolue doit être la lutte sans merci contre l’immigration illégale. Il est urgent de rétablir le délit de séjour irrégulier en France, supprimé sans explication par le quinquennat précédent. De même, le respect de nos lois est un principe non négociable : le placement en centre de rétention administrative des étrangers en situation irrégulière, puis leur expulsion, doit redevenir la règle et non l’exception. (…) Au lieu de continuer à favoriser l’immigration illégale (en n’expulsant pas les clandestins et en continuant d’offrir des services comme l’Aide médicale d’Etat) au détriment de l’immigration légale (qui nécessite de faire des queues scandaleuses dans nos préfectures pour l’obtention de titres de séjour légal), nous devons faire l’inverse. (…) les demandeurs d’asile provenant de pays dits « sûrs », comme l’Albanie, ne doivent plus pouvoir déposer leur demande d’asile dans notre pays, mais dans leur pays, au consulat français le plus proche de chez eux. De la même manière, nous devons installer des centres offshore de traitement des demandes d’asile, non seulement dans les camps de réfugiés du Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, mais aussi et surtout dans les pays d’origine et de transit, de telle sorte que les migrants, d’où qu’ils viennent, n’aient pas besoin de poser le pied sur le territoire européen pour y déposer leur demande d’asile : il ne doit plus y avoir d’excuse à l’entrée de manière illégale sur notre territoire. Les migrants entrant illégalement dans l’UE par bateau ou voie terrestre pourront alors être interceptés et transférés vers ces centres offshore. (…) nous devons pouvoir éloigner l’intégralité des étrangers en situation irrégulière. (…) Le problème est bien connu : les pays d’origine de l’immigration ne délivrent pas suffisamment de laissez-passer consulaires, documents aujourd’hui indispensables à l’éloignement. Face à ce problème ancien, la vieille solution du conditionnement de l’aide au développement de la France à cette délivrance de documents ne sera jamais qu’une solution partielle et peu applicable. Nous devons donc aussi signer des accords avec des pays tiers afin que tous les clandestins ressortissants de pays récalcitrants à leur retour puissent être acheminés vers des centres de rétention construits dans le pays tiers, sur le modèle de l’Australie avec le camp de rétention à Nauru. C’est une solution gagnant-gagnant pour la France (le migrant illégal est expulsé) et pour le pays tiers (le centre de rétention fournit de l’emploi et est assorti d’aides financières), et qui permet de court-circuiter l’assentiment du pays dont l’étranger est ressortissant. De plus, l’éloignement se fait vers un endroit où le migrant sera en parfaite sûreté, nous protégeant ainsi des décisions idéologiques de la CEDH. Cette politique étant fortement dissuasive (comme démontré par l’Australie, première à avoir appliqué cette politique, où le nombre de traversées illégales, et donc le nombre de morts en mer, ont largement baissé), l’effort budgétaire (certes conséquent) ne sera que temporaire, car une fois le système en place, plus personne ne cherchera à venir illégalement sur notre territoire. William Thay et Florian Gérard-Mercier

Et si on écoutait les Australiens ?

Alors qu’avec l’annonce, sous la pression de nouvelles autorités italiennes enfin dignes de ce nom, de leur volonté d’affréter un nouveau navire après l’immobilisation définitive de l’Aquarius …

De prétendus humanitaires qui avaient, entre l’augmentation des chargements et la réduction de la navigabilité des embarcations, réussi l’exploit de non seulement faire exploser les profits des passeurs mais d’augmenter le nombre de migrants disparus en mer  …

Viennent de confirmer la nature proprement scandaleuse de leur entreprise de chantage moral et de collusion active avec les trafiquants d’êtres humains …

Et que sous prétexte d’une prétendue nécessité économique ou démographique, des gouvernants qui jusqu’ici ô combien moralisateurs viennent de démontrer leur incroyable autisme et surdité aux volontés de leurs électeurs …

S’apprêtent à signer une convention onusienne appelant à criminaliser ou pénaliser toute critique de leur folie immigrationniste …

Pendant qu’au rythme actuel, nos voisins africains pourraient doubler en 30 ans leur population de 1,2 à 2, 5 milliards …

Comment ne pas voir …

L’urgente nécessité d’emboiter le pas d’une Australie qui avec son prétendu « Guantanamo » et sa rétention de toute information susceptible de faciliter la tâche des trafiquants a réussi en quelques années à diviser son nombre d’arrivées de bateaux clandestins par – excusez du peu – 20 000 …

Et surtout de réviser enfin des conventions et un droit international bien impuissants

Face à de nouvelles formes de criminalité qui par leur exploitation cynique – jusqu’à l’utilisation à Gaza comme à Tijuana d’enfants « boucliers humains » – de tous les vides et de toutes les ficelles de la législation sur les réfugiés …

Ressemblent de plus en plus furieusement …

Au type de conflits asymétriques que représentent …

Non seulement la piraterie de haute mer qui nous rappelle les plus sombres heures des razzias barbaresques

Mais le terrorisme djihadiste aux combattants sans uniforme visant exclusivement des civils ?

Trois mesures pour mettre fin à l’immigration illégale

Une tribune du think tank, Le Milliénaire

William Thay et Florian Gérard-Mercier
Causeur
1 novembre 2018

Une tribune du think tank, Le Millénaire, qui travaille à la refondation du projet politique des Républicains.

L’immigration est un sujet trop essentiel pour ne pas le traiter de manière factuelle, sans hystérie et sans caricature. Le dernier remaniement, avec l’abaissement protocolaire du ministre de l’Intérieur de la 2ème à la 11ème place, démontre pourtant qu’il ne s’agit pas d’une priorité pour Emmanuel Macron, alors même que les questions d’immigration et de sécurité sont redevenues dans les derniers sondages les premières préoccupations des Français.

La France et, plus largement, l’Union européenne (UE) sont mises à l’épreuve d’une pression migratoire sans précédent. L’UE chiffre le nombre de migrants arrivés entre 2015 et 2017 sur son territoire, et qui ne peuvent prétendre à l’asile, à 1,5 million. En France, le nombre de demandeurs d’asile a augmenté de 17% pour la seule année 2017, dépassant ainsi la barre des 100 000. En parallèle, la primo-délivrance des titres de séjour bondit de 13,7 % en 2017, avec 262 000 titres de séjour délivrés, ce qui peut s’expliquer notamment par une forte augmentation des premiers titres de réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire (35 825 titres, +56,5% par rapport à 2016). A l’inverse, le nombre d’étrangers reconduits est de 26 000 pour 2017, et le nombre de mesures d’éloignement exécutées était de 18% en 2016. 75 587 étrangers sont donc restés sur notre territoire malgré la mesure d’éloignement prononcée à leur encontre.

A cet égard, force est de constater que les dispositions de la loi asile et immigration votée en août sont totalement insuffisantes. Les ténors de La République en marche ont beau claironner leur « fermeté », nous nous demandons où elle se trouve au milieu de dispositions favorables aux migrants (notamment l’augmentation de la durée de titre de séjour des bénéficiaires de la protection subsidiaire), de mesures proprement hallucinantes (comme l’octroi automatique de l’asile aux frères et sœurs des mineurs réfugiés) et de mesures essentiellement techniques et procédurales (la réduction du délai de traitement de l’asile). Quant à l’augmentation de la durée de séjour en Centre de rétention administrative, l’extension des pouvoirs d’investigation ou le raccourcissement des délais de dépôt des demandes… ce ne sont, très honnêtement, que des rustines sur une jambe de bois. En effet, ces dispositions n’interviennent qu’a posteriori, une fois que le migrant illégal est déjà sur notre territoire. Or, tant qu’il sera possible d’y pénétrer illégalement, et de commencer à s’y installer, l’immigration illégale ne fera que croître, et les morts en mer sur le chemin de l’UE également.

Pour faire face à un enjeu migratoire d’une ampleur sans précédent, ne sont donc à la hauteur ni les ajustements paramétriques et normatifs votés par la majorité, ni l’immigration zéro dont rêve le Front national. En effet, le zéro immigration (y compris qualifiée) nous serait extrêmement dommageable économiquement, et romprait avec notre ADN de pays accueillant envers les étrangers partageant nos valeurs républicaines.

Au contraire, nous estimons nécessaire rien de moins qu’une révolution copernicienne en matière migratoire, traduite dans les faits par une action ferme et résolue aux niveaux nationaux et européens.

La priorité absolue doit être la lutte sans merci contre l’immigration illégale. Il est urgent de rétablir le délit de séjour irrégulier en France, supprimé sans explication par le quinquennat précédent. De même, le respect de nos lois est un principe non négociable : le placement en centre de rétention administrative des étrangers en situation irrégulière, puis leur expulsion, doit redevenir la règle et non l’exception. Malgré ce que nous dit le gouvernement, ce n’est pas du tout sa priorité, et cela le sera encore moins avec M. Castaner à l’Intérieur : l’allongement de la durée maximale de rétention et l’augmentation du taux d’occupation (qui avoisine les 100%) n’ont pas été pris en compte dans le budget 2018. Le budget des Centres de rétention administrative est de 45,8 millions d’euros pour 2018 alors que le budget exécuté en 2016 était de 61,3 millions d’euros pour le placement en rétention de 44 086 personnes. Comment veut-on exécuter cette politique si l’on n’y alloue même pas les moyens budgétaires nécessaires ?

Cependant, la simple application des lois existantes est loin de suffire. Nous devons changer de paradigme. Au lieu de continuer à favoriser l’immigration illégale (en n’expulsant pas les clandestins et en continuant d’offrir des services comme l’Aide médicale d’Etat) au détriment de l’immigration légale (qui nécessite de faire des queues scandaleuses dans nos préfectures pour l’obtention de titres de séjour légal), nous devons faire l’inverse. Trois mesures s’imposent.

Premièrement, les demandeurs d’asile provenant de pays dits « sûrs », comme l’Albanie, ne doivent plus pouvoir déposer leur demande d’asile dans notre pays, mais dans leur pays, au consulat français le plus proche de chez eux. De la même manière, nous devons installer des centres offshore de traitement des demandes d’asile, non seulement dans les camps de réfugiés du Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU, mais aussi et surtout dans les pays d’origine et de transit, de telle sorte que les migrants, d’où qu’ils viennent, n’aient pas besoin de poser le pied sur le territoire européen pour y déposer leur demande d’asile : il ne doit plus y avoir d’excuse à l’entrée de manière illégale sur notre territoire. Les migrants entrant illégalement dans l’UE par bateau ou voie terrestre pourront alors être interceptés et transférés vers ces centres offshore.

Deuxièmement, nous devons nous doter d’un système de gestion de l’immigration légale à la fois simple, efficace, et surtout fiable, à l’instar de l’ensemble des pays développés ayant une politique migratoire où la loi est appliquée. En effet, nous devons bien mieux distinguer entre immigration légale et illégale. Pour cela, il est impératif de créer enfin un véritable statut de résident, avec des cartes de résident à la durée de validité égale à la durée du contrat de travail (ou des études) de l’étranger. De même, il convient de créer un statut de résident permanent, qui pourra être octroyé aux étrangers les plus qualifiés (ex : expatriés de multinationales, scientifiques ou artistes reconnus), qui dispensera l’étranger de devoir renouveler sans cesse son titre de séjour et lui évitera la tentation de demander la nationalité pour de simples questions de droit au séjour. Ce système, amplement prouvé dans des pays comme le Canada ou le Japon, permettra de désengorger les préfectures de manière drastique et permettra à ces dernières de se focaliser sur la répression de l’immigration illégale.

Enfin, nous devons pouvoir éloigner l’intégralité des étrangers en situation irrégulière. En effet, tous les efforts investis dans les politiques des visas, des frontières et de l’asile sont réduits à néant si les déboutés et les migrants ayant  pénétré illégalement sur notre territoire ne sont qu’une petite minorité à être éloignés. Il n’y a pas de gestion possible de l’immigration sans politique de retour efficace pour les illégaux. Le problème est bien connu : les pays d’origine de l’immigration ne délivrent pas suffisamment de laissez-passer consulaires, documents aujourd’hui indispensables à l’éloignement. Face à ce problème ancien, la vieille solution du conditionnement de l’aide au développement de la France à cette délivrance de documents ne sera jamais qu’une solution partielle et peu applicable. Nous devons donc aussi signer des accords avec des pays tiers afin que tous les clandestins ressortissants de pays récalcitrants à leur retour puissent être acheminés vers des centres de rétention construits dans le pays tiers, sur le modèle de l’Australie avec le camp de rétention à Nauru. C’est une solution gagnant-gagnant pour la France (le migrant illégal est expulsé) et pour le pays tiers (le centre de rétention fournit de l’emploi et est assorti d’aides financières), et qui permet de court-circuiter l’assentiment du pays dont l’étranger est ressortissant. De plus, l’éloignement se fait vers un endroit où le migrant sera en parfaite sûreté, nous protégeant ainsi des décisions idéologiques de la CEDH. Cette politique étant fortement dissuasive (comme démontré par l’Australie, première à avoir appliqué cette politique, où le nombre de traversées illégales, et donc le nombre de morts en mer, ont largement baissé), l’effort budgétaire (certes conséquent) ne sera que temporaire, car une fois le système en place, plus personne ne cherchera à venir illégalement sur notre territoire.

Ces trois mesures mettront un terme définitif à l’immigration illégale tout en permettant toujours un accueil des véritables réfugiés (et ce dans de bien meilleures conditions qu’aujourd’hui), et faciliteront grandement la vie des étrangers résidant légalement en France, leur permettant ainsi de mieux s’intégrer.

Voir aussi:

Des ONG alertent sur le « Guantanamo australien »
Le Figaro.fr avec AFP
30/08/2018

Amnesty International et 80 autres ONG ont appelé aujourd’hui les dirigeants des 18 nations du Pacifique (Fip) à exiger la fermeture d’un camp de rétention financé par l’Australie sur l’île de Nauru, où ils se réuniront en sommet du 3 au 6 septembre.

Le camp de rétention abrite des demandeurs d’asile qui ont tenté de rejoindre l’Australie par la mer. Mais à cause d’une politique d’immigration draconienne, ils sont envoyés dans des infrastructures reculées du Pacifique, dans le micro-Etat de Nauru ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’Australie justifie sa politique par la nécessité d’empêcher les arrivées de bateaux de clandestins et d’ainsi sauver la vie de migrants tentés d’entreprendre le périlleux voyage maritime. Même si la demande d’asile des migrants est jugée fondée, ils ne sont pas acceptés sur le sol australien.

Dans une lettre ouverte, Amnesty et 80 organisations non gouvernementales ont demandé aux dirigeants des nations du Fip d’agir et d’effacer « la tâche sur la région ». « Les leaders des îles du Pacifique ne peuvent ignorer plus longtemps cette question qui doit figurer en tête du menu des discussions du Fip », écrit Roshika Deo, chercheuse chez Amnesty pour le Pacifique. Les demandeurs d’asile envoyés à Nauru et sur l’île papouasienne de Manus subissent « un traitement cruel et dégradant », poursuivent les ONG. « Les informations sur des violences généralisées contre les réfugiés en Papouasie-Nouvelle-Guinée sont nombreuses de même que sur les violences et le harcèlement sexuel contre les femmes et les enfants sur Nauru ». D’après l’organisation Refugee Council of Australia, plus de 200 personnes vivent dans le camp de Nauru, dont des dizaines d’enfants.

Voir également:

Australie : les méthodes musclées contre l’immigration clandestine
Le gouvernement australien ne se démonte pas malgré les violentes critiques qui se multiplient contre son traitement des immigrés clandestins.
Léa Desrayaud
Le Point
10/07/2014

« Treize mères ont tenté de se suicider, dont sept en 48 heures » dans le camp de réfugiés de l’île australienne Christmas, annonçait mercredi dernier la Commission australienne des droits de l’Homme, une agence gouvernementale. Pensant maximiser les chances de leurs enfants de rester en Australie en les laissant orphelins, ces femmes étaient prêtes à mourir. Devant cette détresse, le Premier ministre australien, Tony Abbott, a affirmé qu’il ne céderait pas à un « chantage moral » et a précisé que « le gouvernement n’allait pas se laisser conduire sa politique par des gens qui arguent de la morale à mauvais escient ».

Terre d’immigration, l’Australie accueille chaque année plus de 200 000 étrangers. Pourtant, l’immigration est devenue un sujet de crispation, notamment lors des dernières élections. Et depuis un an, le pays mène une politique extrêmement sévère de lutte contre l’immigration clandestine à travers l’opération « frontières souveraines ». Les bateaux d’immigrés sont ainsi interceptés en pleine mer, avant même d’atteindre les côtes de l’île. Placés dans des camps provisoires, les passagers hommes, femmes et enfants sont ensuite transférés dans des centres de rétention basés en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou sur les îles du Pacifique de Nauru et Manus, en attendant que leur dossier soit examiné.

Violation de la convention sur les réfugiés

Le gouvernement australien a annoncé, en début de semaine, avoir intercepté deux bateaux de demandeurs d’asile sri-lankais alors qu’ils se dirigeaient vers les îles Cocos et Christmas. Un premier bateau a été directement renvoyé aux autorités sri-lankaises. Les 41 personnes à bord ont alors été arrêtées avant d’être relâchées après avoir payé une amende. Un autre bateau, parti de Pondichéry, en Inde, le 13 juin avec 153 personnes à bord, dont 37 enfants, a été appréhendé au large de l’île Christmas mardi. Les avocats des passagers ont réussi à ce qu’ils ne soient pas renvoyés au Sri Lanka, mais les autorités australiennes n’ont pas précisé le sort qui les attend.

Or, le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations unies s’inquiète, et l’Australie pourrait être accusée de violer la loi internationale et la convention des réfugiés de 1951, qui imposent le « non-refoulement » des réfugiés et leur droit à une procédure équitable d’examen de leur demande d’asile. Scott Morrison, ministre australien de l’Immigration, a défendu mardi la position de son gouvernement, refusant que l’on « essaie d’exploiter et de manipuler l’adhésion de l’Australie (aux conventions internationales) comme outil pour saper sa politique de forte protection des frontières qui est de stopper les bateaux et les morts en mer ».

En 2013, près de 20 000 clandestins, arrivés par bateau, ont demandé l’asile en Australie. Mais depuis six mois, aucune embarcation clandestine n’aurait atteint les côtes australiennes, affirme fièrement le gouvernement conservateur.

Voir de même:

How Australia’s migrant policy works – and is it transferable to the Mediterranean?

As Tony Abbott claims Europe should copy his controversial « turn back the boats policy », we look at how Australia’s approach has evolved and whether it could work here

Tony Abbott’s call for Europe to adopt Australia‘s own hard-line « stop the boats » approach to asylum seekers crossing the Mediterranean has come under heavy criticism.

Experts have warned the controversial Australian methods – which include deploying the navy to tow back boats, setting up remote island detention centres and even providing fresh lifeboats for the voyage back to foreign water – are inhumane, unlawful and will not work in Europe.

But how exactly does Australia’s approach work – and could it really be replicated here?

 Voir encore:

Australia’s migration rates the lowest they’ve been in 10 years

OUR nation’s migration rate hasn’t been this low since 2007 and it’s all to do with Peter Dutton waging war on “fraudulent” claims.

Natalie Wolfe
News.com.au
July 13, 2018

AUSTRALIA’s migration rate is the lowest it’s been in 10 years, largely due to Peter Dutton and the way the Department of Home Affairs has cracked down on “fraudulent” migrants.

In the past financial year, the nation’s migration rate has dropped by 10 per cent with 21,000 less people being allowed into Australia.

Speaking on the Today show this morning, the Home Affairs Minister said the drop was about “restoring integrity to our border”.

“Looking more closely at the applications that are made. Making sure that we’re bringing the best migrants possible into our country,” Mr Dutton said.

Mr Dutton said the people who were being rejected the most were those making “fraudulent claims”, admitting some people trying to gain access to Australia were “overstating their qualifications” with false documents.

The nation’s immigration intake hasn’t been this low since John Howard was prime minister.

The 2017/18 intake plummeted to 162,417 and there has been a 46 per cent increase in visa refusals, while skilled migrant numbers dropped by more than 12,000, and the family stream was cut by 15 per cent to 47,732.

“I want to make sure we scrutinise each application so we’re getting the best possible migrants,” Mr Dutton said on Today.

“People who are going to work. Not be on welfare. People who will integrate into our community.”

Mr Dutton said one area the Department of Home Affairs was specifically cracking down on was false relationships and accused the Labor government of “ticking and flicking” through applications to meet the annual target of 190,000 migrants.

“We want to make sure particularly that people coming through the spousal program that they are in legitimate relationships,” he said.

Senior Labor frontbencher Anthony Albanese agreed with Mr Dutton, telling Today the government had toughened up the system.

“Of course it’s a good result if there’s more integrity in the system,” Mr Albanese told Nine.

Despite the drastic drop, Today host Ben Fordham insisted Australia’s migration system was still “pretty generous” — a claim Mr Dutton agreed with.

“We still have a pretty generous approach to things though. It’s not like we’ve turned off the taps. There are still plenty of people coming here because they want to live in the greatest country on earth,” Fordham said.

Mr Dutton replied: “Of course. We’re a destination for many people. 65 million people in the world that are displaced.

“Our country is built on migration. We’ve had wonderful people who have come to our country over a long period of time. We have a lot to protect. Lot of values that those migrants believe in strongly. Ultimately apart from our indigenous population all of us are from migrant stock. We want to make sure we get the best people into our country so we can protect our

values. As you say we’ve been listening to concerns that Australians have had.”

Australia’s deportation rates are also on the rise after the Migration Act was amended in 2014 that enforces all migrants pass and maintain a “character test” to stay here.

The amendment gave Mr Dutton the powers to expel anyone he deems a risk to Australian society and has resulted in thousands of deportations since December 2014 when the law was changed.

New Zealanders have been particularly hurt by the 2014 change, especially a 17-year-old Kiwi boy who has been stuck in an adult detention centre since March.

Voir de plus:

Accord sur les migrants : l’Italie et l’Autriche, nouveaux chefs de file de l’Europe ?
Paul Sugy Etienne Campion
Le Figaro
29/06/2018

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Pour Jean-Thomas Lesueur, les leaders des pays d’Europe centrale et d’Italie sont désormais les hérauts d’une opinion européenne de plus en plus favorable à un durcissement de la politique migratoire. C’est cette voix qu’ils ont fait entendre au Conseil européen.


Jean-Thomas Lesueur est délégué général de l’Institut Thomas More.


FIGAROVOX.- Cette nuit, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte semble être parvenu à imposer ses conditions lors des négociations sur les migrants. L’Italie est-elle en train de prendre un rôle de leader en Europe?

Jean-Thomas LESUEUR.- Sur cette question, en effet. À la lecture du communiqué du Conseil européen, on trouve une inflexion, qu’on peut trouver trop lente bien sûr, dans le sens d’un durcissement de la réponse à la question migratoire. Dans le vocabulaire employé, on relève des euphémismes, des prudences, tout un champ lexical de pondération, mais il est notamment question du rôle des ONG, ce qui est nouveau. On assiste à une prise de conscience des peurs que suscite en Europe la question migratoire, et de la volonté de juguler les flux de la part des dirigeants européens. Et c’est assurément par l’Italie et l’Autriche que ces changements adviennent. On a beaucoup dit, hier soir, que le processus bloquait parce que l’Italie avait des revendications particulières qu’elle voulait voir prises en compte. Or c’est justement grâce au rôle de l’Italie que ce conseil a lieu et que la stratégie européenne de contrôle des flux commence à changer.

L’accord signé est-il significatif? On voit que beaucoup de décisions reposent sur le volontariat des pays, notamment pour établir des postes de contrôle en dehors de l’Union européenne. Que va-t-il sortir de concret?

Je pense que l’Italie va se sentir confortée dans sa stratégie de refus d’accueillir les navires de migrants. Concrètement, tout conduit à une décomplexion par rapport aux mesures de restriction de l’immigration et d’interdiction d’accès aux ports nationaux. Malte en profitera peut-être aussi pour durcir d’accueil des navires de migrants.

Quant aux décisions prises, elles reposent effectivement sur le volontariat. Lorsque l’on suit cela de près, rien de très neuf n’émerge de cet accord. Il s’agissait d’abord, pour les dirigeants européens, que ce sommet ne tourne pas au psychodrame: ça aurait pu bien mal finir! Les partisans d’une politique migratoire ferme prennent la main, mais Bruxelles et pas mal d’États membres restent dans l’optique d’une politique européenne concertée. Toute la culture européenne est une culture de consensus et de compromis. Et cette recherche d’équilibre est fragile. Il n’y a plus que Macron, à la sortie du conseil, pour mettre en avant l’idée d’un «dialogue européen». Les autres chefs d’État ou de gouvernement ont plutôt insisté sur la nécessité de tarir les flux migratoires.

La position de la France est-elle hypocrite?

Oui, c’est le triomphe du «en même temps». Cela dit, Emmanuel Macron n’invente rien: François Hollande faisait la même chose, à savoir accueillir beaucoup moins de migrants que prévu sans l’assumer publiquement. Sur le fond, Macron est soulagé de ne pas avoir à assumer l’accueil de nouveaux migrants auprès de sa population, et publiquement il se targue de respecter les droits de l’homme et de bousculer l’Europe sur cette question.

Pourquoi les récalcitrants, comme l’Autriche ou la Hongrie, ont-ils signé l’accord, si ce n’est pour sa flexibilité et le flou qui entoure les décisions prises?

Le fond de l’accord est assez peu contraignant, voilà le fond de l’affaire. L’Italie va par exemple pouvoir continuer sa politique de fermeté migratoire avec ce qui apparaît comme une forme de blanc-seing de la part du conseil européen. Politiquement, c’est une vraie victoire pour elle. Les Autrichiens ou les Italiens se rendent d’ailleurs compte que leur position est exactement celle attendue par les populations d’Europe occidentale. Cela constitue une situation politique inédite: la convergence d’un message porté par les dirigeants d’Europe centrale et italiens et des attentes d’une large partie de l’opinion des pays de l’Ouest. Politiquement, les résultats sont encore difficiles à cerner. Il reste que, sociologiquement et culturellement, les pays d’Europe de l’Est ont une influence considérable et portent une parole influente dans toute l’Europe. Ce qu’Angela Merkel et Emmanuel Macron sont obligés de prendre en compte.

Comment va-t-on «trier» entre les migrants économiques et les réfugiés qui demandent l’asile? Quels moyens seront mis en œuvre?

Le «laboratoire» de cette mesure sera l’Italie. Il faudra installer de vrais moyens, des hommes, du matériel et des procédures, notamment à la frontière entre la Libye et le Niger. Et l’enjeu portera sur la durée des procédures, qui doit passer de plusieurs mois à seulement quelques semaines. Mais il va sans dire que les migrants n’iront pas s’arrêter volontairement à ces postes de tri… Un Sénégalais de vingt ans, par exemple, qui tente d’atteindre l’Europe ne fuit ni la guerre, ni aucune persécution, ni même la famine, il n’a donc pas de moyens légitimes d’obtenir l’asile: il ne s’y présentera pas de lui-même.

Il faut ainsi mettre les moyens pour obtenir une vraie politique migratoire européenne et renforcer le mécanisme de garde-frontières européens. Ce qui demanderait un coût de plusieurs milliards: l’Union européenne sera de toute façon amenée à dépenser beaucoup d’argent pour mettre au point cette politique réclamée par les peuples… Car raccompagner un clandestin à la frontière coûte cher.

Et que deviendront les migrants des navires de sauvetage en mer affrétés par les ONG?

C’est la première fois que le sujet est évoqué dans les conclusions d’un Conseil européen. Je pense que, pour un pays comme l’Italie, cela ouvre la possibilité de mieux contrôler ses eaux, voire d’aller intervenir au plus près des ports libyens pour bloquer les passeurs ou les ONG en mettant ensuite ses partenaires devant le fait accompli. L’Italie aurait d’ailleurs l’aval des populations européennes en recourant à ce genre de démarche. Cet accord européen pourra créer un socle d’action pour que l’Italie monte d’un cran dans sa politique migratoire. Le climat européen et les mentalités changent énormément: nous sommes à un moment de rupture, notamment par rapport au renvoi des migrants. Il y a donc aussi un problème de droit qui doit être posé…

Voir de plus:

Michèle Tribalat, démographe et Cassandre

Causeur

Causeur. En 1995, vous publiez Faire France, qui offre une vision franchement optimiste de l’intégration des immigrés et de leurs enfants. Puis, à la fin des années 1990, vous semblez changer d’avis ou au moins d’état d’esprit. En 1999, sur la base d’une enquête menée l’année précédente à Dreux, vous publiez Voyage au cœur du malaise français. Que vous est-il, ou que nous est-il arrivé ?

Michèle TribalatJe travaille sur l’immigration depuis quarante ans. Les questions de mesure et de méthode m’ont toujours plus intéressée que la nature des résultats. Mon évolution est directement liée aux études successives que j’ai menées. En 1992, les résultats de l’enquête statistique « Mobilité géographique et insertion sociale (MGIS) » (qui était la base statistique de Faire France) incitaient à un certain optimisme. Cette enquête reposait sur trois échantillons tirés du recensement de 1990 : un premier composé d’immigrés appartenant aux grands courants migratoires, un échantillon dit témoin de la population de France métropolitaine et un troisième échantillon portant sur des enfants nés en France de parent(s) immigré(s). On y observait une sécularisation importante des jeunes d’origine algérienne, des unions mixtes en nombre non négligeable pour les débuts de vie en couple de ces jeunes, une certaine mobilité sociale, ainsi qu’un recul des pratiques matrimoniales traditionnelles. La sécularisation des jeunes d’origine algérienne paraissait prometteuse. Je n’ai pas, alors, anticipé le mouvement de désécularisation que je décris dans mon dernier livre (Assimilation. La fin du modèle français, Éditions du Toucan, 2013), qui a coïncidé avec la réislamisation des jeunes. Combiné à une forte endogamie religieuse, il ne favorise pas la mixité ethnique des mariages.

Pourquoi n’avez-vous rien vu venir ? Est-ce parce que vous manquiez de données ?

L’enquête MGIS était rétrospective et recueillait l’histoire des individus sur le temps long, autrement dit, le passé. Elle ne pouvait donc, en aucun cas, répondre aux interrogations sur l’évolution récente et les phénomènes émergents. Il aurait fallu mener des enquêtes de ce type régulièrement. Je ne l’ai pas obtenu pour le recensement de 1999 et il a fallu attendre 2008 pour qu’une nouvelle enquête statistique soit entreprise. Pendant ce temps, les médias continuaient à commenter les résultats de 1992, laissant croire que ces résultats seraient éternellement pertinents. Et ils en faisaient souvent un usage inapproprié. Exemple, j’avais mis en garde contre l’extrapolation du taux de mixité lors des débuts de vie en couple des jeunes d’origine algérienne pour évaluer le taux de mariages mixtes : une copine c’est une chose, une épouse une autre. Je n’ai guère été entendue. Par ailleurs, ces résultats nationaux étaient trop souvent opposés aux perceptions communes, qui se forgent souvent dans l’environnement local. L’observation nationale fait la moyenne de situations locales extrêmement contrastées et ne constitue donc pas un outil suffisant à la description du réel. Différents niveaux de réalité peuvent coexister de manière contradictoire. Il est possible que des situations locales évoluent mal sans que les données nationales n’en rendent compte, au moins pendant un certain temps.

Donc, c’est l’enquête sur Dreux qui vous a « ouvert les yeux » ? Avez-vous forgé de nouveaux outils d’observation ou, à tout le moins, revu vos méthodes de travail ?

Non, en un sens, c’est parce que j’avais compris l’importance de l’observation locale pour détecter à temps d’éventuelles dérives que je me suis retrouvée à Dreux. Mon idée était que, pour y parvenir, il fallait se porter sur des lieux où la concentration ethnique est très élevée et construire des outils d’observation rigoureux dans quelques communes soigneusement sélectionnées. J’avais donc élaboré, en 1996, un projet d’observatoire de la vie locale que je comptais proposer à des élus locaux. J’ai eu un premier contact positif avec André Gerin pour étudier la faisabilité d’un tel projet à Vénissieux. Puis, en 1997, l’institut de sondage IPSOS m’a proposé de prendre en charge une étude commandée par le député-maire de Dreux, Gérard Hamel, dont l’aboutissement pouvait être la mise en place d’un tel observatoire. L’observation était locale mais l’enjeu national : ce qui se passait à Dreux était peut-être annonciateur de difficultés à grande échelle. Suite à ce travail, un rapport a été remis au maire en 1998 et a abouti à la publication du Voyage au cœur du malaise français. En revanche le projet d’observatoire local a capoté. Comme l’indique la postface de Gérard Hamel, celui-ci n’était pas très content des conclusions de l’enquête et n’avait aucune envie de prolonger l’observation.

Il ne voulait pas voir ce qu’il voyait, en somme. Comment en êtes-vous venue à intégrer la dimension culturelle, ethno-religieuse, dans vos travaux de démographe ?

Ma formation démographique m’a conduit très tôt à me poser des questions de méthode et, avec le temps, j’ai essayé de faire en sorte que l’appareil statistique français soit adapté. Avec Bernard Aubry, j’ai également utilisé les recensements et les enquêtes annuelles de recensement qui les ont remplacés, pour construire des indicateurs de concentration ethnique et de voisinage, qui ont révélé de grandes disparités géographiques. Aujourd’hui, la catégorie des immigrés est entrée dans les mœurs statistiques françaises et l’Insee a introduit le pays de naissance et la nationalité de naissance des parents dans la plupart de ses grandes enquêtes. Le dernier pas à franchir est l’introduction de ces données dans les enquêtes annuelles de recensement.

N’étant ni anthropologue ni sociologue, je traite des origines ethniques ou de l’affiliation religieuse sous l’aspect démographique, par exemple pour observer comment certaines pratiques évoluent avec l’âge. C’est ainsi que j’ai pu montrer que l’importance accordée à la religion était plus grande chez les jeunes adultes musulmans que chez les plus vieux, alors qu’on observait le phénomène inverse chez les catholiques. Classer n’implique aucune fixité de comportement dans le temps. Classer, c’est ce que fait la statistique tout le temps. Je ne vois pas pourquoi les variables culturelles et religieuses seraient écartées d’emblée avant d’avoir été étudiées. L’introduction de la religion dans l’enquête « Trajectoires et origines » de 2008, ce qui n’avait pas été possible en 1992, nous a appris beaucoup de choses. Il a ainsi été possible d’estimer le nombre de musulmans, et pour un démographe, les nombres comptent, d’estimer leur potentiel démographique et d’analyser l’évolution de leur rapport à la religion selon l’âge, notamment à travers une transmission croissante de l’islam.

Votre travail sur Dreux marque un double virage dans votre œuvre : vous découvrez que l’intégration des enfants d’immigrés marque sérieusement le pas et subissez vos premiers procès en sorcellerie…

Il faut dire que j’avais connu un certain état de grâce médiatique. À la parution de l’étude « Mobilité géographique et insertion sociale », l’accueil de la presse avait été dithyrambique. DansLe Monde du 24 mars 1995, Philippe Bernard écrivait « C’est une révolution salutaire dans l’approche de la question des immigrés en France qu’inaugure l’enquête de l’Institut national d’études démographiques (INED) sur l’insertion des populations d’origine étrangère… Cette démarche inédite a permis d’embrasser, bien au-delà des seuls étrangers, la population des jeunes Français de première et parfois de deuxième génération suivant l’immigration. Plutôt que de continuer à manier un vocabulaire hypocrite propice aux manipulations, l’étude saisit la question ethnique à bras-le-corps, transgressant un tabou sans pour autant encourir la moindre suspicion de xénophobie ou de ségrégation. » Et, en prime, Philippe Bernard reprenait l’expression Français de souche sans guillemets !

À la fin des années 1990, le ton de la presse a changé. Moi, j’ai le sentiment d’avoir évolué avec les résultats de mes recherches. Certains ont préféré voir dans cette évolution personnelle somme toute normale au cours d’une existence un revirement idéologique. Par exemple, dans un article publié dans Le Monde du 17 juin 2003, Xavier Ternisien préconisait de me psychanalyser pour trouver la raison cachée de ces changements. D’autres y ont vu la persistance d’un racisme jusque-là passé inaperçu. Pourtant, en 1998, l’année de la remise du rapport sur Dreux, sortait un livre que j’avais coécrit avec Pierre-André Taguieff – Face au Front national. Arguments pour une contre-offensive – dans lequel je démontais les supercheries statistiques du rapport Milloz de 1997 – « L’immigration sans haine ni mépris. Les chiffres qu’on vous cache ». Ma réponse à cet auteur proche du FN me vaudra même, en 1999, le prix Lyssenko, décerné par le Club de l’Horloge, c’est dire si j’étais d’extrême droite ! Mais les procès en sorcellerie que vous évoquez n’avaient rien de spontané. Un collègue de l’INED avait allumé la mèche.

Au-delà de conflits de bureau, que vous reprochait-on ?

En 1998, Hervé Le Bras sortait l’artillerie lourde dans un livre intitulé Le Démon des origines. Il y réglait ses comptes avec l’INED en général et avec moi en particulier, après une histoire interne qui n’avait pas tourné à son avantage. Dans ce livre, il revenait sur un ouvrage collectif, publié sous ma direction, en 1991, dans lequel il croyait déjà déceler les racines du mal qui me rongeait. « Les plus dangereux éléments de l’extrême droite ne sont donc pas ses noyaux durs, mais les pseudopodes qu’elle émet dans des directions éloignées et variées qui permettent aux venins idéologiques du Front national de se répandre dans une large partie de la société », écrivait-il en désignant l’INED comme l’un de ces pseudopodes. Le Bras distinguait les opportunistes des autres, qui « se trouvent sous l’emprise d’une sorte de fanatisme démographique, telle M. Tribalat, la prophète de l’assimilation et de la population “de souche”. Ce dernier groupe est de loin le plus dangereux car il agit masqué, peut-être à l’insu de ses membres qui sont persuadés, soit de leur mission, soit que la poursuite de leur intérêt personnel par tous les moyens n’a pas de conséquence politique ». En gros, j’étais un relais de la pensée frontiste, probablement à mon insu mais aussi par… ambition personnelle !

Plusieurs mois durant, le livre de Le Bras a été le prétexte de salves savamment orchestrées dans la presse, dont les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire n’étaient évidemment pas absentes. On a même vu circuler à l’INED un document anonyme qui fournissait de prétendues informations sur moi et sur des personnalités liées au Front national – j’y étais traitée de nataliste conservateur et l’on mettait en cause, pour insuffisance professionnelle, ma nomination comme directeur de recherche.

De cette époque date l’étiquette de démographe « douteuse » ou « contestée » que la presse aime m’accoler encore aujourd’hui. Ajoutez à cela que Marine Le Pen a déclaré en 2010 avoir aimé mon livre Les Yeux grands fermés, et vous comprendrez que mon compte était bon !

Si Marine Le Pen vous fait les yeux de Chimène, c’est qu’elle cherche une caution scientifique à sa critique de l’immigration. Que pensez-vous du diagnostic frontiste sur la question ?

Si le FN a, depuis longtemps, fait de l’immigration étrangère son cheval de bataille, jusqu’au début des années 2000, son discours constant sur la question n’avait pas grand-chose à voir avec l’évolution réelle des flux migratoires. En effet, après le cycle migratoire des Trente Glorieuses, la France a connu vingt-cinq ans de « plat » migratoire, avec une proportion d’immigrés n’évoluant pas et une population immigrée qui augmentait au rythme de la population native. Le FN contestait alors farouchement les « chiffres officiels ». Ensuite nous sommes passés à un nouveau cycle. Le cycle migratoire des années 2000, équivalent en intensité de celui des Trente Glorieuses, a offert des opportunités nouvelles au FN. Loin de les contester, Marine Le Pen utilise d’ailleurs volontiers les chiffres donnés par le ministère de l’Intérieur sur l’immigration étrangère. Mais je crois que le diagnostic du FN sur l’impuissance politique est juste. La France n’a pas vraiment la maîtrise de la politique migratoire, qui est une compétence partagée avec l’UE et la Commission européenne est favorable à une politique migratoire très généreuse compte tenu de ses anticipations démographiques.

Partager certains de ses constats ne signifie pas donner quitus au Front national. Approuvez-vous le programme de Marine Le Pen en matière d’immigration et de contrôle des frontières ?

Marine Le Pen propose de diviser par 20 le nombre d’entrées légales en cinq ans pour ne laisser entrer que 10 000 étrangers par an, tout en réduisant à zéro toute immigration clandestine. Quel genre d’État faut-il pour y arriver vraiment ? Telle est la question. En fait, elle déclare vouloir en finir avec tous les droits accordés a priori aux immigrants, même sous certaines conditions. Elle compte interdire le regroupement familial, dont il faut souligner qu’il n’est pas la part la plus importante des flux familiaux, contrairement aux conjoints de Français. Comment limiter les flux de ces derniers ?  Il ne suffit pas de sortir de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme. Restent de sérieux obstacles : la Cour de justice de l’UE, qui garantit le respect des traités et dont les décisions font jurisprudence pour les juridictions nationales, mais aussi la jurisprudence du Conseil d’État. Bref, si l’objectif visant à limiter le nombre d’entrées d’étrangers est légitime, cela implique de prendre toute une série de décisions qui ne seront pas sans effet sur les droits des citoyens.

Que faut-il en conclure ? La politique migratoire restrictive que nombre de Français demandent explicitement est-elle irréalisable ?

En l’état du droit français et plus largement européen, oui.

Immigration: le «formidable» modèle australien

Certains, ici ou là, sortent régulièrement de leur chapeau le « modèle australien » comme solution idéale à la crise des réfugiés. D’une certaine manière, l’Europe, à travers l’accord signé avec la Turquie, cherche à appliquer ce modèle. Elle rencontre les mêmes difficultés et devrait aboutir au même constat : ce modèle est exactement ce qu’il faut éviter, à tous points de vue : économique, social, politique et humanitaire. Mais la réalité n’est pas le premier critère de décision lorsqu’il s’agit de sujets que le populisme attise constamment pour s’assurer des succès électoraux.

Sur quoi est fondé le modèle australien ? Et quelles sont d’abord les spécificités de l’Australie ? Au départ, le continent australien a été un gigantesque bagne que le Royaume-Uni a colonisé. Colonisation qui s’est faite au prix d’un ethnocide à l’encontre des aborigènes. Aujourd’hui, l’Australie est un pays à majorité blanche à deux pas de l’Asie, une île sans aucune frontière terrestre avec un autre pays, que l’on ne peut gagner que par les airs ou, pour les candidats migrants, par la mer, avec tous les risques que cela comporte.

Un camp qui rapporte…

Face à ces migrants qui, selon les officiels australiens, menacent un pays pourtant réputé pour son sens de l’accueil (mais il faut être riche et/ou blanc pour être bien accueilli), le gouvernement de Canberra a mis au point une politique du « no way », c’est-à-dire du refoulement radical de toute personne non pourvue d’un visa en bonne et due forme. Il a conclu des accords financiers avec des pays « voisins » (à quelques milliers de kilomètres quand même), comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée, pour qu’ils ouvrent des camps de rétention de ces migrants, contre rémunération. Plus précisément, deux camps sont financés par les Australiens : celui de Manus, sur une île de PNG, et Nauru, petit Etat indépendant grand comme un huitième de la région bruxelloise, peuplé de 11.500 habitants et autrefois paradis fiscal – aujourd’hui, sa principale source de revenus est la gestion de ce camp.

Ne peuvent venir en Australie que des « bons migrants », c’est-à-dire capables de s’intégrer dans l’économie et de contribuer à la croissance australienne. J’entends déjà rugir dans les forums toutes celles et tous ceux pour qui cela tombe sous le sens et que « nous ne sommes pas là pour accueillir toute la misère du monde ».

Sauf que…

Les atteintes aux conventions internationales et aux droits humains

L’Australie a adhéré, comme la Belgique et 191 autres pays, à la Déclaration de New York sur les réfugiés et les migrants adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 19 septembre 2016. Sans la moindre ambiguïté, cette déclaration rappelle que, « depuis que le monde est monde, les hommes se déplacent, soit pour rechercher de nouvelles perspectives et de nouveaux débouchés économiques, soit pour échapper à des conflits armés, à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire, à la persécution, au terrorisme ou à des violations des droits de l’homme, soit enfin en réaction aux effets négatifs des changements climatiques, des catastrophes naturelles (dont certaines sont liées à ces changements) ou d’autres facteurs environnementaux. » Si ces flux ont augmenté, il reste que « les réfugiés et les migrants jouissent des mêmes libertés fondamentales et droits de l’homme universels ».

Il faut trouver des solutions valables pour tous, conformes aux droits humains. Cette solution ne peut être que mondiale : « Aucun État ne peut à lui seul gérer ces déplacements.  » Et les signataires de la Déclaration s’engagent à « sauver des vies » dans une tâche « avant tout morale et humanitaire ». Il faut aussi trouver des « solutions durables et à long terme. » Mais ils sont déterminés à combattre « avec tous les moyens à notre disposition les mauvais traitements et l’exploitation dont sont victimes d’innombrables réfugiés et migrants en situation vulnérable. »

Des solutions précaires

L’Australie s’est donc engagée à respecter tout cela. Mais en même temps, l’Australie a décidé de régler seule le problème, par des solutions précaires et à court terme, qui infligent aux personnes des traitements dégradants, voire les met en danger de mort. Le tout pour un coût économique désastreux  : plus de 3 milliards d’euros en 5 ans.

Les critiques à l’encontre de cette politique sont nombreuses. Le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies l’a publiquement condamnée à plusieurs reprises. La Commission des Droits de l’Homme de l’ONU dénonce quant à elle le fait que des réfugiés sont forcés de rentrer dans leur pays, même s’ils risquent d’y être massacrés, comme les Rohingyas de Birmanie.

Des témoignages effrayants attestent des conditions inhumaines vécues par les réfugié.e.s emprisonné.e.s à Nauru ou à Manus en Papouasie, tels ceux du journaliste Behrouz Boochani (qui a fui l’Iran et s’est retrouvé dans ces camps) et le film bouleversant qu’il a réalisé à partir de témoignages oraux, qui évoque le moment où l’Australie a cessé d’alimenter les camps en eau et électricité, et où les détenus se sont retrouvés confrontés à la violence des populations locales qui ne voulaient pas d’eux. En 2015, face aux critiques de plus en plus nombreuses et afin d’éviter que l’opinion publique soit davantage informée, le gouvernement australien décide que tout reportage sur les conditions de détention à Nauru ou Manus sera illégal.

Les réactions en Australie

L’institut Lowy, un « think tank » australien, pointe aussi les défauts majeurs de la politique australienne  :

1.  Considérant le coût déjà énorme engagé pour les opérations actuelles, il ne serait pas possible d’assumer l’augmentation de ces dépenses si le nombre de réfugiés venait à augmenter ;

2.  Les capacités d’asile de Papaouasie-Nouvelle-Guinée ou de Nauru sont limitées ;

3.  Les agissements de la police sont déjà à la limite de l’illégalité ;

4.  L’Australie est le pays le plus riche de la région. Le moindre conflit dans l’Asie du Sud ou du Sud-Est entraînerait une augmentation importante des demandes d’asile, sans parler des changements climatiques et des désastres naturels qui peuvent frapper la région.

Pour toutes ces raisons, l’institut Lowy appelle l’Australie à reconsidérer sa politique et à jouer un rôle véritablement exemplaire pour le reste du monde : « Le fait que l’Australie n’est actuellement pas confrontée au défi d’une arrivée massive de bateaux ou de demandeurs d’asile est une autre raison pour qu’elle s’engage. Comme les Australiens l’ont appris ces dernières années, il n’y a aucune volonté politique de se concentrer sur une solution à long terme lorsqu’on est au milieu d’une crise des réfugiés. Et c’est pourquoi l’Europe a besoin que l’Australie conceptualise, propose et conduise aujourd’hui les réformes nécessaires. » D’autant que l’Australie a joué un rôle essentiel dans l’application de la Convention de 1951 sur les réfugiés et l’asile, et qu’elle a eu des pages plus glorieuses en la matière.

Des mouvements citoyens se mobilisent aussi, comme « I have a room » et, à l’instar de la Plateforme citoyenne, propose à des gens d’accueillir des réfugié.e.s chez eux.

Un problème mondial

N’en déplaise à la Pologne, à la Hongrie, à la N-VA et à tous ceux qui pensent que la crise des réfugié.e.s peut se régler avec des murs et des politiques « fermes mais humaines », aucun pays ne peut régler seul une crise mondiale, que les conflits croissants et les dérèglements climatiques ne font qu’accroître. La focalisation du discours politique sur la question migratoire est un leurre, au sens premier du terme, un piège pour détourner l’attention ; l’argent public qui est consacré à cette chasse est gaspillé et ne produit aucun résultat à long terme, sans parler du fait qu’il est utilisé pour le non-respect des engagements internationaux que nous avons signés.

Vouloir comme certains réguler la migration pour n’accepter chez nous que la crème est scandaleux : c’est s’assurer que le problème ne sera jamais réglé à la source, si on prive ces pays des élites dont ils ont besoin pour assurer leur développement.

Une politique mondiale, comme le développe l’institut Lowy, repose sur quelques principes : d’abord, la relocalisation des réfugiés, afin de répartir la charge entre plusieurs pays favorisés. Mais le plus important est bien entendu de consacrer l’argent, aujourd’hui englouti à perte dans des murs et des accords avec des régimes indignes, à la reconstruction de ces pays, afin que leurs ressortissant.e.s n’aient plus besoin de les fuir, et que celles et ceux qui en sont parti.e.s puissent y retourner. L’argent doit aussi être investi dans les pays plus pauvres mais en paix, qui peuvent accueillir ces réfugié.e.s – pas dans des camps de concentration.

Et puis, il faut le rappeler encore et encore : les réfugié.e.s n’ont pas envie de venir en Europe. Ils et elles ne sont pas les soldats d’une armée d’invasion. Ce sont des hommes, des femmes et des enfants qui cherchent à sauver leur peau en prenant d’énormes risques et en perdant tout. Nous avons toutes et tous intérêt et envie qu’il n’y ait plus de réfugié.e.s  : celles et ceux qui les aident, celles et ceux qui les détestent, et surtout les réfugié.e.s.

Voir de plus:

Alexandre del Valle

Valeurs actuelles

3 décembre 2018

Le Pacte “Global Compact” vise à favoriser une immigration extra-européenne massive, tant légale qu’illégale. Alexandre del Valle souligne ici les postulats tiersmondistes et anti-souverainistes qui sous-tendent ce texte.

Le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » lancé en avril 2017 par l’Assemblée générale des Nations Unies et que les États du monde entier sont invités à ratifier avant le 11 décembre 2018, suscite depuis des semaines des débats houleux entre « immigrationnistes » et « populistes », mais pas seulement, car le Pacte, de son vrai nom « Global Compact », vise en fait à favoriser une immigration extra-européenne massive, tant légale qu’illégale (les deux confondues de façon perverse), que les pays d’accueils européens sont sommés d’accepter et d’organiser sous peine d’être qualifiés de « racistes » et « xénophobes ». Alexandre del Valle souligne ici les postulats tiersmondistes et anti-souverainistes qui sous-tendent le texte mais que les 193 États de l’Assemblée générale de l’ONU, à l’anti-occidentalisme revanchard, ont d’autant plus facilement adopté qu’ils ont intérêt à se débarrasser de populations excédentaires sans travail et que seuls les Etats européens en respecteront réellement les termes « non-contraignants » pour se donner bonne conscience. Sauf si les désistements en chaîne observés ces dernières semaines – Hongrie, Pologne, Slovaquie et République Tchèque en tête – et les demandes d’amendements formulés par nombre d’États occidentaux non-dupes, se multiplient.


Gommer la différence entre « immigrés » et « réfugiés », étrangers et citoyens…

Plusieurs remarques préliminaires sont à faire : les Nations unies n’ont en principe pas du tout vocation à lancer pareille initiative et il est clair que les États cosignataires africains, islamiques, asiatiques ou d’Amérique latine qui n’y ont pas intérêt ne respecteront jamais les règles « morales » édictées dans ce « Pacte » et surtout les devoirs financiers que seuls les pays démocratiques occidentaux sont sommés de mettre en œuvre. D’évidence, la plupart des mesures de cet accord multilatéral sont impossibles à mettre en place dans la vaste majorité des pays membres des Nations Unies. L’effort et le coût se porteront donc sur une minorité de pays développés sur le plan juridique et social.

Entre bases de données géantes, biométrie, et dépenses nécessairement astronomiques, préconisées par les rédacteurs du texte onusien, on comprend mal ce qui a pu mener à ce projet. Ensuite, l’aspect « non-contraignant » du dit Pacte vise en fait assez habilement à contourner les lois des États souverains et les bases mêmes de la démocratie. Il  n’empêchera d’ailleurs absolument pas le « pacte » d’avoir des effets légaux ultérieurs pour les signataires. En effet rien n’empêchera les tribunaux, cours constitutionnelles et autres instances étatiques de judiciariser peu à peu les normes onusiennes comme on l’a déjà vu en France avec la cour constitutionnelle qui, répondant à une « question prioritaire de constitutionnalité », a donné raison à des lobbies immigrationnistes désireux de dépénaliser les migrations illégales et à accorder aux clandestins qui enfreignent les lois les mêmes droits sociaux que les citoyens qui cotisent depuis des années et paient des impôts pour y avoir droit.

La « migration » organisée au niveau global est par conséquent l’outil d’une volonté manifeste de réduire toutes les personnes, citoyennes, étrangères, régulières ou irrégulières, à des entités juridiques et socio-économiques interchangeables, indifférenciées. L’appartenance à la citoyenneté nationale ne peut dans cette perspective en aucun cas donner lieu à des privilèges et droits particuliers « supérieurs » à ceux des étrangers, envers qui les nations occidentales ont, a contrario, des devoirs imprescriptibles.

La légitimation de l’immigration illégale par les confusions sémantiques des termes immigration/immigration/migrants/immigrés

Ces confusions mettent dans le même sac réguliers et illégaux, migrants économiques et réfugiés, vrais et faux demandeurs d’asile. Elles ne trompent certes pas du tout les publics avertis, mais elles introduisent d’énormes confusions dans l’esprit des masses, surtout des peuples occidentaux abreuvés de doxa « diversitaire » cosmopolitiquement correcte et, de ce fait, culpabilisés/diabolisés dès qu’ils osent limiter l’immigration (droit de tout État souverain) ou refusent même simplement l’immigration illégale. Celle-ci, normalement sévèrement punie par les lois dans tout État appliquant la loi, est aujourd’hui présentée comme légitime par nature puisque les frontières seraient une anomalie, d’où le nom de l’ONG pro-Migrants financée par Georges Soros : « No Borders ».

Pour faire accepter les « droits » inaliénables de « migrants » qui n’en ont pourtant normalement aucun face à un État souverain libre d’accueillir ou de ne pas accueillir qui il veut, l’idée est de légitimer « le migrant » (avec un grand M) dans son ensemble, s’il vient du « Sud » et de pays anciennement colonisés par l’Europe, en le présentant comme une « victime » a priori, un réfugié par nature s’il vient d’un pays plus pauvre, une personne persécutée chez elle par des tyrans après avoir exploitée dans le passé par les États européens d’accueil….

De ce fait, le « migrant » cesse d’être un individu responsable capable d’être honnête ou malhonnête, éligible ou pas, mais un « créditeur » par essence dont les droits seraient inversement proportionnels aux devoirs du débiteur occidental. Conformément à cette doxa, le Global Compact on Migration laisse entendre en toute logique idéologique que ce ne sont nullement les pays qui laissent cyniquement leurs ressortissants partir – et refusent par mauvaise foi de les reconnaître comme co-nationaux lorsqu’ils y sont renvoyés – qui sont appelés à supporter le coût de leur entreprise immigrationniste, mais les seuls pays d’accueil.

De même, si l’Arabie Saoudite est la première destination de la migration (après les États-Unis), le pacte ne pose pas les mêmes enjeux pour la monarchie wahhabite totalitaire esclavagiste – où les immigrés n’ont aucun droit par principe et sont des inférieurs, que pour les pays d’Europe égalitaristes au point de ne plus distinguer entre ami et ennemi, étranger et national, membre de sa civilisation et issu de civilisations différentes, voire hostiles comme l’islamisme. De ce fait, les Saoudiens voient arriver sur leur sol soit des coreligionnaires sunnites, soit des non-musulmans qui n’auront jamais ni la nationalité saoudienne ni des droits de citoyens, alors que l’Europe est sommée d’organiser l’arrivée et de favoriser l’implantation de populations mêmes si elles sont adeptes de cultures hostiles à leurs valeurs fondamentales comme l’islamisme radical ou la haine envers l’Occident séculier et libéral.

La page du site des Nations Unies dédiée à ce Pacte « historique » a d’ailleurs un peu plus d’honnêteté intellectuelle que son document de 34 pages : la photo centrale est celle d’une femme voilée et de son mari, les deux faisant un signe de cœur avec leurs mains. C’est là en fait la seule (mais éclairante) allusion à la dimension « culturelle » de la « migration » en question, d’emblée affichée comme islamique, et ce clin d’œil n’est peut-être pas un détail innocent quand on sait que la majorité des 57 pays composant l’Organisation de la Coopération islamique, l’OCI, a adopté ce Pacte à l’Assemblée générale des Nations Unies.

Dissymétrie des responsabilités des pays face aux migrants : un engagement intenable

Le Global Compact on Migration, qui devait au départ engager les 193 pays membres des Nations Unies, fait fi de la disparité criante entre régions développées au niveau socio-économique et juridique et régions à la traîne, et il fait l’impasse sur la dimension culturelle de la migration, ce qui fait d’un accord prétendument « multilatéral » un programme de sur-responsabilisation des seuls pays d’Occident. D’après les Nations Unies, 258 millions de personnes vivent hors de leur pays et sont donc considérés comme « migrants », terme que le Pacte décide de mettre sur le même pied que « réfugiés », alors que ces derniers bénéficient d’un cadre légal particulier.

Qu’il se déplace pour raisons économiques ou pour fuir un pays en guerre, « le migrant » (personnifié de façon habile conformément aux règles de la com efficace) devient ainsi une abstraction juridique, supportant des droits – et des obligations paraît-il, dont le Pacte se garde bien de donner les contours – où qu’il soit, à quelque étape et lieu de son parcours migratoire qu’il se trouve. Or ces droits, pour s’exercer, doivent faire l’objet d’une protection qui incombe au pays dans lequel le migrant se trouve. Ainsi, le Pacte prévoit que soit fournie au migrant une information précise sur ses moyens de réclamation et de compensation en justice si ses droits étaient bafoués (qu’il ait un statut ou non), accompagné d’un accès facilité à une assistance juridique (publique ou « abordable » financièrement). On n’imagine pas que ce soit en Arabie Saoudite, au Soudan ou au Bangladesh que cet accès à la justice sera être le mieux mis en place, au contraire des pays d’Occident justiciables par ailleurs de la Cour européenne de Justice. Les coûts que cela implique reviendront donc toujours majoritairement aux pays hôtes (de transit ou de destination), sans que le Pacte ne se soucie de savoir comment une justice financée par l’impôt des nationaux pourra absorber indéfiniment ces procédures en « extra ».

Un migrant nouvellement arrivé sur le sol français pourrait ainsi se prévaloir du droit français et international pour mettre l’État au pas quant au respect de ses droits. Le migrant en situation illégale serait également protégé, le Pacte précisant que l’illégalité ne doit pas être un « prétexte » à fragiliser l’individu davantage. De même, s’agissant d’accès aux services « de base » (c’est-à-dire notamment soins de santé et sécurité sociale), qu’il s’agit d’accélérer et de faciliter, ce sont encore les pays d’Europe surtaxés qui financent – à perte – des systèmes de ce type.

Faciliter l’immigration de masse et le shopping migratoire

Outre la mise en place de « campagnes d’information », de sites internet et de procédures d’information avant le départ et dès l’arrivée du « migrant », les États d’accueil doivent fournir à ce dernier des renseignements détaillés sur « les formalités à remplir, les conditions de vie et les outils juridiques en vigueur » et, bien sûr, « garantir l’accès aux soins de santé, la justice et au marché du travail », mesures déjà en vigueur en France d’ailleurs, où la seule aide aux migrants irréguliers « mineurs non-accompagnés » (souvent faux mineurs d’ailleurs), coûte déjà deux milliards par an. D’évidence, le Pacte est bel et bien un projet de facilitation massive de la « migration », ou plutôt de « l’immigration », régulière comme irrégulière. Les « campagnes plurilingues » qui « doivent » donner l’état des conditions de vie dans chaque pays d’accueil potentiel sont par ailleurs la porte ouverte au shopping migratoire.

De même, les procédures de « réunification familiale » – un « droit du migrant » et qui « faciliterait son inclusion dans sa société d’accueil » ! – doivent selon les rédacteurs du Pacte être simplifiées et accélérées. À nouveau, le Pacte ne parle du « migrant » que comme entité générique dépourvue de culture, d’identité voire d’origines, comme une figure sans tache idéalisée bénéficiaire de principe de « droits » qu’il revient au pays hôte de « protéger ». Entre un Nigérian, qui peut avoir en moyenne 6 enfants et dont la culture familiale induit des liens très forts sur plusieurs générations, et le Suisse (moins de deux enfant par femme), le Pacte ne fait pas de différence. Quoique très précis sur les mesures concrètes à prendre vis-à-vis du migrant, le document est d’une abstraction confondante sur le comment du financement, l’impact sur les pays concernés, ou tout simplement les circonstances de telles mesures.

Lorsqu’il s’agit de faire « participer » le secteur privé et les employeurs à l’inclusion des migrants – notamment en permettant la formation « sur le terrain », des cours de langue ciblant l’occupation professionnelle, la reconnaissance de compétences obtenues autrement que par le diplôme – les Nations Unies semblent avoir balayé d’un revers de main la situation économique et la réalité du marché du travail de la vaste majorité de ses membres. La France compte en effet 5 649 600 demandeurs d’emploi, l’Espagne plus de dix millions. Les prérequis incombant aux jeunes européens sont de plus en plus exigeants, notamment en termes de compétences en langues étrangères (rappelons qu’à Bruxelles il est fréquent que le candidat doive connaître trois langues), pourtant, le Pacte demande que la « maîtrise de la langue » serait revue à la baisse afin de magiquement « faciliter l’emploi des migrants »…

Appel à la censure et « rééducation » de l’Occidental rempli de préjugés anti-immigration

Le Global Compact est un « tout pour l’autre » vertigineux, où les mesures éminemment concrètes à l’égard des migrants forment un contraste saisissant avec la simple « considération » accordée aux inquiétudes « légitimes » des États et communautés d’accueil. Le citoyen sera donc heureux de savoir que les Nations Unies ont constaté son « désarroi », mais le Pacte lui rappelle benoîtement que la migration est avant tout un « avantage » et, au pire, un « défi ». C’est d’ailleurs en ces termes que le Pacte déclare que l’accès à une information « objective, factuelle et claire sur les avantages et les défis de la migration » doit être fourni à tous, afin de « dissiper les discours qui génèrent une perception négative des migrants ».

L’objectif n°16 du Pacte global est de « donner les moyens aux migrants et sociétés de réaliser une inclusion et cohésion sociale complètes », et c’est à ce titre qu’il s’agit de promouvoir le « reportage éthique » sur le sujet des migrants. Passant sans vergogne du devoir d’objectivité à la nécessité de « dissiper » le négatif, le Pacte enjoint les signataires à mettre en lumière les « contributions positives » des migrants. L’active participation des médias est requise dans cette vaste entreprise de positivisme forcené, notamment en formant et « sensibilisant » les professionnels des médias aux problématiques et à la « terminologie » liées à la migration.

Ceux qui feraient montre d’intolérance, de xénophobie, de racisme et toute autre forme de discrimination à l’égard des migrants verraient leurs subsides se tarir. La même vigilance serait de mise en « période électorale », ce qui laisse à penser que le Pacte Global vise à interdire l’immigration comme sujet politique ! Autorités publiques et médias seraient ainsi soumis à des « mécanismes » spécifiquement mis en place pour protéger le migrant – ce qui laisse à penser que pour les Nations Unies, les nationaux d’un pays sont nécessairement hostiles aux nouveaux venus, et que la culture nationale ne vaut pas la peine, elle, d’être protégée, promue, ou « mise en lumière ». Avec des activités culturelles (« sport, musique, les arts, festivals culinaires, volontariat et autres événements sociaux »), le Pacte entend « faciliter » (décidément le mot-clé de cet accord) la compréhension et « l’appréciation » mutuelles des cultures migrantes et celles des communautés de destination.

Tout comme en France la protection des « minorités » évacue l’antisémitisme musulman (ciblant pourtant une « minorité »), l’élan humaniste et gestionnaire du Pacte Global se préoccupe du migrant dont les droits doivent être protégés des assauts que lui porterait nécessairement la communauté d’accueil. La culture du migrant doit d’ailleurs être « incluse », « acceptée », « appréciée », « mise en lumière », par les autochtones, dont la culture d’accueil est censée tout absorber, en « s’adaptant » au besoin jusqu’à la distorsion à « l’Autre » appelé à être considéré comme le « Même ». C’est jusque dans les soins de santé que le Pacte entend faire subir cette adaptation culturelle et économique : il s’agit en effet « d’incorporer les besoins de santé des migrants aux politiques de soins de santé nationale et locales » et ce, notamment, en réduisant les barrières de communication…y compris culturelles, en « sensibilisant » les fournisseurs de soins de santé aux cultures diverses. La disruption générée dans les hôpitaux occidentaux, où médecins masculins ne peuvent ausculter nombre de patientes musulmanes sans un tiers mâle présent par exemple, ne serait dans cette optique à sens unique que le fruit d’un manque d’acceptation par la culture arrivante de la culture d’accueil, et ce problème est évacué au profit d’un discours d’intégration où c’est la communauté d’accueil qui doit absolument « intégrer ».

Le Pacte désavoué par de plus en plus de pays d’Europe

Pologne, Hongrie, Slovaquie et République Tchèque ont tous fait savoir qu’ils ne signeraient pas l’accord, une décision peu surprenante de la part du Groupe de Visegrad, dont les positions assez dures sur l’immigration sont connues (et commentées) depuis longtemps. La Croatie et la Bulgarie ont également signalé leur refus en novembre, et l’Estonie n’a confirmé son soutien qu’après un débat échauffé au gouvernement. Fin novembre ce sont encore l’Australie et Israël qui quittaient la table et fin octobre l’Autriche après s’être montrée réticente au pacte, actait son refus de signer. L’Italie a déclaré qu’elle ne se rendrait pas à Marrakech et souhaitait laisser le temps à son Parlement de prendre une décision informée, un report de décision partagé également par la Suisse. Au total, ce sont donc 10 non-signataires et 2 pays qui souhaitent reporter la signature (Suisse et Italie), et il y a fort à parier que le gouvernement « populiste » italien de M. Conte ne signera pas. Ce n’est pas un hasard si ce sont majoritairement des pays occidentaux qui désavouent ce Pacte Global qui devait au départ rallier les 193 membres des Nations Unies. Prétendant d’abord être un accord « multilatéral », les objectifs et mesures envisagées pour les atteindre prennent place dans des contextes très différents d’une région à l’autre et n’engageront tout simplement pas les mêmes responsabilités pour les pays membres. Il est évident que les pays d’Afrique (une cinquantaine aux Nations Unies), les pays d’Asie-Pacifique (également une cinquantaine), ceux d’Amérique Latine-Caraïbes (33) ne font pas face aux mêmes difficultés que les 22 pays occidentaux (y compris Canada et États-Unis). Ce sont donc à nouveau les pays les plus avancés en matière de droits et de libertés qui se verront le plus tenus et le paradoxe de sociétés développées qui voient se retourner contre elles les outils qu’elles ont développés, à l’image des droits de l’homme dévoyés pour museler l’esprit voltairien français, est poussé à son paroxysme.

La Représentante pour la Migration Internationale aux Nations Unies, Louise Arbour, déclarait le 27 novembre que les désistements en chaîne de ces derniers mois donnaient une piètre image des pays en question, soulignant les « avantages économiques » que la migration est capable de produire « si elle est bien gérée ». En réalité il n’est aucun chiffre disponible à ce jour qui permette d’affirmer l’avantage concret de l’immigration, qui prennent en compte les accommodements, les délibérations, les dérogations, les procédures judiciaires, qui accompagnent « l’intégration » de nouveaux venus dans un pays donné. En janvier 2016, le Fond Monétaire International publiait un rapport sur les « défis économiques » posés par la vague migratoire, rapport largement relayé comme « très positif » par les médias. L’apport économique (notamment en contribuant par les taxes) des migrants dépendait massivement de leur entrée sur le marché du travail, entrée que le rapport estimait entre deux et cinq ans après leur arrivée, si on voulait bien ajuster les attentes en termes de langue et de compétences notamment. En réalité, les aspects « positifs » étaient enrobés de « pourrait » précautionneux et conditionnés à des circonstances structurellement difficiles à mettre en place.

Pacte « non-contraignant », ou comment contourner le débat public et parlementaire : une tendance des relations internationales en pleine croissance

L’argument a été donné de si nombreuses fois pour invalider les objections au Pacte Global qu’il faut préciser ce qu’il a de faux en plus de malhonnête. Bien entendu s’il n’y a aucune conséquence à signer pareil accord on peut retourner la question et demander « ce que ça peut bien leur faire » de ne pas signer. En réalité les accords dits non-contraignants sont un outil tout à fait courant des relations internationales et ne tombent pas nécessairement hors du droit international. Nombre de chercheurs en droit se sont penchés sur la prolifération de ces accords internationaux notamment en ce qu’ils questionnent la loi en tant que telle. Le Global Compact, en se disant non-contraignant, permet aux gouvernements de faire l’économie d’une bureaucratie lente et coûteuse, certes, mais aussi du débat parlementaire interne et de contourner ainsi un processus de décision démocratique. Or cet argument de la « non-contrainte » du pacte occulte plusieurs aspects, dont celui du « politiquement contraignant » et du poids symbolique de tels accords.

Ainsi certains avis ou décisions du Parlement européen, purement « consultatifs » et sans effet juridique, se voient tout de même entérinés par la Commission en raison de leur haute valeur symbolique et politique difficiles à ignorer sans risque. D’autre part, un accord international tel que celui des Nations Unies, même non-contraignant, peut renforcer la densité de traités parfaitement contraignants, en ramollir d’autres, et être tout à fait pris en compte par la justice elle-même en tant qu’il compte comme preuve d’une pratique internationale et de droit coutumier. Il n’est pas rare d’avoir recours à ce type d’accord pour sa malléabilité, sa facilité de mise en œuvre, que ce soit dans les domaines militaire, environnemental ou des droits de l’homme. Prétendre que ces accords seraient sans effet est un mensonge et une grave erreur, ne serait-ce que dans l’appel d’air qu’il provoque, informant les migrants du monde entier de leur droit souverain devant les nations. Et à tout le moins, le Global Compact on Migration est la manifestation d’un nouvel ordre transfrontières reposant sur le fichage des citoyens quels qu’ils soient, et l’effacement de certaines cultures au profit d’autres mieux protégées ou pourvues de moyens disproportionnés pour s’implanter.

Voir encore:

le 06/12/2018

[COMMUNIQUE] Fin de l’affrètement de l’Aquarius : pour une reprise imminente des opérations de sauvetage

SOS MEDITERRANEE est déterminée à retourner en mer alors que le nombre de morts en Méditerranée augmente

Après avoir secouru près de 30 000 personnes en 34 mois, SOS MEDITERRANEE, en partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF), a été contrainte de prendre la décision de mettre fin à l’affrètement du navire l’Aquarius. Face aux attaques incessantes dont le navire et ses équipes ont fait l’objet, cette décision devrait favoriser la reprise rapide et durable de la mission de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale. Ainsi, en dépit du climat hostile dans lequel évoluent les ONG de secours en mer, SOS MEDITERRANEE demeure pleinement engagée à fournir une assistance vitale aux naufragés et se prépare à reprendre les opérations de recherche et de sauvetage début 2019.

Dix-huit mois de criminalisation, de décrédibilisation et de diffamation contre les ONG de recherche et de sauvetage ont encore davantage fragilisé les capacités de sauvetage en mer – déjà insuffisantes -, alors qu’augmentait le taux de personnes mortes noyées sur cette route migratoire connue pour être la plus dangereuse au monde. De la sorte, une campagne politique, judiciaire et administrative acharnée, soutenue par plusieurs Etats européens, a contraint l’Aquarius à rester à quai durant les deux derniers mois, l’empêchant ainsi de reprendre ses activités de recherche et de sauvetage. SOS MEDITERRANEE n’entend pas demeurer inactive plus longtemps : l’association compte poursuivre sa mission et repartir sauver des vies en mer dans le respect le plus complet du droit maritime international.

« Renoncer à l’Aquarius a été une décision extrêmement difficile à prendre, mais elle permettra à nos équipes de reprendre les opérations de recherche et de sauvetage le plus rapidement possible », a déclaré Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS MEDITERRANEE. « Nous refusons de rester les bras croisés sur le rivage alors que des gens continuent de mourir en mer. Tant que des êtres humains continueront à tenter la traversée la plus dangereuse du monde, SOS MEDITERRANEE remplira son devoir d’assistance en répondant à l’urgence par tous les moyens professionnels possibles ».

Soumis à de multiples pressions politiques, l’Aquarius a été, à deux reprises en moins de deux mois, sciemment exclu des registres de l’État du pavillon de Gibraltar, puis du Panama. Le navire humanitaire doit aujourd’hui répondre à des allégations d’activité criminelle, des accusations disproportionnées et infondées. « Les attaques répétées et ciblées contre les organisations humanitaires, qui viennent s’ajouter à la négligence criminelle des Etats membres de l’UE qui ne respectent en aucun cas leurs obligations maritimes et internationales, entraînent des risques croissants pour les personnes en détresse en mer », a déclaré Sophie Beau, directrice de SOS MEDITERRANEE France. « Cette année seulement, plus de 2 100 personnes, à notre connaissance, sont mortes en Méditerranée, tandis que beaucoup d’autres ont été interceptées par les garde-côtes libyens, qui sont soutenus par l’UE. Ces naufragés sont ensuite renvoyés de force en Libye, où des traitements inhumains les attendent.  L’Aquarius a tenté de combler le manque de dispositifs de sauvetage en Méditerranée durant ces 34 derniers mois. Mais les attaques inacceptables et répétées à son encontre ont fini par l’arrêter. Aujourd’hui, quasiment aucune opération de recherche et de sauvetage ne subsiste en mer et ce vide est pour nous le plus mortifère des échecs de l’Europe ».

SOS MEDITERRANEE explore déjà activement les options pour un nouveau navire et un nouveau pavillon, et étudie sérieusement toutes les propositions d’armateurs qui lui permettraient de poursuivre sa mission de sauvetage.  « C’est un signe fort de solidarité du monde maritime envers notre mission civile de recherche et de sauvetage. Depuis notre toute première mission, en février 2016, nos opérations n’ont été possibles que grâce au soutien incroyable que nous recevons de la société civile », a déclaré Sophie Beau. « Sauver des vies en mer est et restera notre mission et, aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin du soutien de tous les citoyens qui croient encore en nos valeurs d’humanité en mer et désirent concourir à nos efforts pour trouver un nouveau navire et un nouveau pavillon. »

Dossier de presse : http://www.sosmediterranee.fr/medias/sosmeddossierpresse.pdf

Voir encore:

PC GONE MAD: Criticising migration could become CRIMINAL offence under new planA LEADING MEP has warned EU citizens they could be “jailed” for criticising migration policies if a new United Nations agreement is acted upon.

Thomas Hunt

The United Nations Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration seeks to make immigration a universal human right. MEP Marcel de Graaff said: “I would like to say some words on the global compact on migration. On the 10th and 11th of December there will be an international congress in Marrakesh Morocco. The participating countries are set to sign this agreement and although this joint agreement is not binding it is still meant to be the legal framework on which the participating countries commit themselves to build new legislation.

“One basic element of this new agreement is the extension of the definition of hate speech.

“The agreement wants to criminalise migration speech. Criticism of migration will become a criminal offence.

“Media outlets that give room to criticism of migration can be shut down.

“The compact for migration is legalisation of mass migration.

The United Nations Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration could be signed next week (Image: GETTY • EU)

“It is declaring migration as a human right so it will, in effect, become impossible to criticise Mrs Merkel’s welcome migrants politics without being at risk of being jailed for hate speech.”

In 2015 Angela Merkel pushed for an open-door migration policy across the EU. Critics said the move was motivated by Germany’s need to boost its workforce by at least one million.

The document is an « intergovernmentally negotiated agreement, prepared under the auspices of the United Nations, that covers all dimensions of international migration in a holistic and comprehensive manner”.

Austria, Australia, Bulgaria, Croatia, the Czech Republic, Hungary, Italy, Israel, Poland, Slovakia and Switzerland have already stated they will not sign the agreement.

One of the “guiding principles” of the document asks for a “whole-of-society approach” to promoting mass migration, including the role of the media.

Governments are asked to “promote independent, objective and quality reporting… and stopping allocation of public funding or material support to media outlets that systematically promote intolerance, xenophobia, racism and other forms of discrimination towards migrants”.

Italian deputy prime minister Matteo Salvini said on Wednesday that Italy will not sign the United Nations Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration next month.

He said: « Just like the Swiss, who carried forward the Global Compact up until yesterday and then said ‘everyone stop’, the Italian government will not sign anything and will not go to Marrakech.

« The floor of parliament must debate it. The Italian government will allow parliament to decide.”

Italian Prime Minister Giuseppe Conte warned the migration document tackles issues citizens are divided on.

Mr Conte said: « The Global Migration Compact is a document that raises issues and questions that many citizens have strong feelings about.

« Therefore, we consider it right to put the debate in parliament and subject any final decision on the outcome of that debate, as Switzerland has done.

« So the government will not participate in Marrakech, reserving the option to adopt the document, or not, only when parliament has expressed its opinion.”

Slovak Foreign Minister Miroslav Lajcak has decided to resign in protest at parliament’s decision on Thursday to reject a UN pact on the treatment of migrants, his ministry said.

Mr Lajcak was President of the United Nations General Assembly when the migration pact was adopted and had earlier threatened to quit if his country did not support it.

The Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration was approved in July by all 193 member UN nations except the United States, which backed out last year, and is due to be ratified formally in December.

The ministry said: ”Foreign Minister Miroslav Lajcak has decided, following today’s vote in parliament, to resign.”

Slovakia’s Prime Minister Peter Pellegrini has said his government would « never » accept the pact because of its take on migration as a generally positive phenomenon, which contradicts Slovakia’s will to distinguish among the migrants.

Besides Bratislava, other European Union members like Austria, Hungary or the Czech Republic shunned the pact, while Switzerland delayed its decision.

The pact was conceived after the biggest influx of migrants into Europe since World War Two, many fleeing conflicts and poverty in the Middle East, Africa and beyond.

Voir enfin:

 

 

  • French President Emmanuel Macron rebuked US President Donald Trump last month for putting the interests of US citizens above demonstrating moral values.
  • Three weeks later, Paris was set ablaze by thousands of working-class protesters who objected to Macron promoting an environmentally friendly fuel tax.
  • Macron is about half as popular in France as Trump is in the US. Macron has set himself up as the enemy of nationalist leaders across Europe, but they’re more popular than him.
  • The Trump administration on Tuesday called for European countries to ditch the leadership of the United Nations and the European Union and instead to join the US in putting the interests of their own citizens first.
  • As Macron backpedals on his high-minded fuel tax without appeasing the protesters, it looks as if Trump is having the last laugh.

French President Emmanuel Macron stood at the Arc de Triomphe last month and rebuked President Donald Trump’s « America First » policy at a ceremony marking the 100th anniversary of the end of World War I.

It was a move that, by all accounts, infuriated Trump.

Trump went home from Paris being roundly mocked for the wide perception that he had let rainfall keep him from honoring fallen soldiers, and he fumed at Macron on Twitter.

But three weeks later protesters stormed the monument in central Paris in a massive, violent riot that saw it defaced with slogans calling for Macron’s resignation and leaving the statue of Marianne, the symbol of France’s revolution, with its face smashed in.

« Patriotism is the exact opposite of nationalism, » Macron said on November 11. « Nationalism is a betrayal of patriotism. By saying our interests first, who cares about the others, we erase what a nation holds dearest, what gives it life, what makes it great and what is essential: its moral values. »

His remarks were widely seen as a slap in the face to Trump. But they fell on deaf ears, even among his countrymen.

France’s lower and middle classes in the intervening weeks launched a massive mobilization that saw 36,000 marching in colors in the street.

The French who felt unseen, who felt Macron had not put their interests first, donned high-visibility yellow vests to protest their president’s raising taxes on diesel fuel, a move designed to make the country’s economy more green.

While Macron may have sought to improve the lot of all French people by building a green economy that could attract morally sound investments from around the world, the tax increase immediately hurt the suburban and rural working class. In return, it provides only theoretical, roundabout path toward their long-term gain.

Macron’s high-minded rhetoric fell flat among these workers, and, after the destruction at the Arc de Triomphe, Macron made the first major reversal of his presidency and called off the tax increase, beaten by protests he initially dismissed.

But Macron’s U-turn wasn’t enough, and the Yellow Vests, as they’ve come to be known, have planned more protests for the coming weekend.

‘X country name first’

Any working theory of international relations understands that nations and actors put their own interests first.

Whereas Trump proudly trumpets « America First, » Macron essentially said he’s more interested in signaling his country’s moral values than advancing the interests of his citizenry.

Today Macron’s approval rating stands at about 23%, while Trump’s is double that at about 46%.

Macron has positioned himself as the enemy of nationalist leaders rising around Europe, but leaders like Hungary’s anti-refugee Viktor Orban and Italy’s Matteo Salvini remain more popular than him in their respective countries.

While Trump has often clashed with European leaders over his unilateral decisions to withdraw from the Paris agreement on climate change or the Iran nuclear deal in the name of American interests, Europe’s unity and leadership has weakened terribly.

Macron’s chief ally, German Chancellor Angela Merkel, also lost recent elections and has announced plans to step down when her term ends in 2021.

In a speech to Europe’s leadership in Brussels, US Secretary of State Mike Pompeo blasted multinational, multilateral institutions like the United Nations and the European Union as ineffective, failing to address the concerns of the people.

Pompeo called on « noble nations » around the world to put their interests first and « reform or eliminate » multinational bodies that don’t work as intended.

Pompeo pointed to China and Russia disregarding treaties and asserting their national wills as evidence that undemocratic countries were reaping the benefits of the liberal world order, while Europe failed to act.

Read more: Trump’s mockery of Obama for his response to Crimea backfires with a new Ukraine crisis

On Twitter, Trump teased Macron as having only now come around to the realization that imposing costs on workers to pay for a grand vision of global change had proved untenable.

While champions of morality in politics may have celebrated Macron’s rebuke of Trump’s « America First » policies, which are often seen as inhumane and turning away from the US’s much-publicized values of compassion and openness, the massive mobilization of the Yellow Vests and the downfall of liberal leaders across Europe may give Trump the last laugh.


Crise migratoire: Attention, un déni peut en cacher un autre ! (A long series of denials: Beyond the usual pieties and denunciations, who will talk about the hundreds of thousands of young Muslim males running away from sexual misery, the tens of thousands of ever young African females forced into sex work and in the end the many social and cultural problems of massive immigration imposed on destabilized European populations ?)

3 septembre, 2018
Nigerian women working as prostitutes in Turin, Italy.
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
D’abord, il faut que je vous dise. Il y a des gens en Occident (…) qui ont incité les gens à se rebeller contre leurs propres gouvernements (…) Et quand ces sociétés se sont révoltées et les gouvernements se sont confrontées à ces rebellions, des centaines de milliers sinon des millions de gens ont alors commencé à quitter leurs foyers,  leurs territoires et leurs terres et l’approche la plus humaine était d’accepter ces réfugiés sur votre territoire et les territoires étrangers puisque c’est vous qui êtes responsables de les avoir poussés et incités à se rebeller. Bon, c’est arrivé. Mais maintenant ce que nous essayons de faire, c’est de convaincre les pays arabes et surtout les riches (…)  est  de financer l’accueil de réfugiés syriens et irakiens et d’autres réfugiés. (…) Les pays arabes ne limitent pas l’entrée des réfugiés. Le problème, c’est que les réfugiés arrivent dans des pays qui sont aussi en difficulté mais ils vont plutôt en Turquie et de la Turquie en Grèce et dans l’UE pour trouver du travail et les équipements dont ils ont besoin. Ahmed Aboul Gheit (président de la Ligue arabe)
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Vous, les Blancs, vous entraînez vos filles à boire et à faire du sexe. Quand elles nous arrivent, elles sont parfaitement entraînées. Ahmed (violeur pakistanais)
L’accueil du réfugié, du demandeur d’asile qui fuit l’organisation Etat islamique ou les guerres récentes pèche en Occident par une surdose de naïveté : on voit, dans le réfugié, son statut, pas sa culture ; il est la victime qui recueille la projection de l’Occidental ou son sentiment de devoir humaniste ou de culpabilité. On voit le survivant et on oublie que le réfugié vient d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme. En Occident, le réfugié ou l’immigré sauvera son corps mais ne va pas négocier sa culture avec autant de facilité, et cela, on l’oublie avec dédain. Sa culture est ce qui lui reste face au déracinement et au choc des nouvelles terres. Le rapport à la femme, fondamental pour la modernité de l’Occident, lui restera parfois incompréhensible pendant longtemps lorsqu’on parle de l’homme lambda. Il va donc en négocier les termes par peur, par compromis ou par volonté de garder « sa culture », mais cela changera très, très lentement. Il suffit de rien, du retour du grégaire ou d’un échec affectif pour que cela revienne avec la douleur. Les adoptions collectives ont ceci de naïf qu’elles se limitent à la bureaucratie et se dédouanent par la charité. Le réfugié est-il donc « sauvage » ? Non. Juste différent, et il ne suffit pas d’accueillir en donnant des papiers et un foyer collectif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer. L’Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. L’accueillir n’est pas le guérir. (…) C’est cette liberté que le réfugié, l’immigré, veut, désire mais n’assume pas. L’Occident est vu à travers le corps de la femme : la liberté de la femme est vue à travers la catégorie religieuse de la licence ou de la « vertu ». Le corps de la femme est vu non comme le lieu même de la liberté essentielle comme valeur en Occident, mais comme une décadence : on veut alors le réduire à la possession, ou au crime à « voiler ». La liberté de la femme en Occident n’est pas vue comme la raison de sa suprématie mais comme un caprice de son culte de la liberté. A Cologne, l’Occident (celui de bonne foi) réagit parce qu’on a touché à « l’essence » de sa modernité, là où l’agresseur n’a vu qu’un divertissement, un excès d’une nuit de fête et d’alcool peut-être. Cologne, lieu des fantasmes donc. Ceux travaillés des extrêmes droites qui crient à l’invasion barbare et ceux des agresseurs qui veulent le corps nu car c’est un corps « public » qui n’est propriété de personne. On n’a pas attendu d’identifier les coupables, parce que cela est à peine important dans les jeux d’images et de clichés. De l’autre côté, on ne comprend pas encore que l’asile n’est pas seulement avoir des « papiers » mais accepter le contrat social d’une modernité. (…) Le sexe est la plus grande misère dans le “monde d’Allah”. A tel point qu’il a donné naissance à ce porno-islamisme dont font discours les prêcheurs islamistes pour recruter leurs “fidèles” : descriptions d’un paradis plus proche du bordel que de la récompense pour gens pieux, fantasme des vierges pour les kamikazes, chasse aux corps dans les espaces publics, puritanisme des dictatures, voile et burqa. (…)  Cologne est-il le signe qu’il faut fermer les portes ou fermer les yeux ? Ni l’une ni l’autre solution. Fermer les portes conduira, un jour ou l’autre, à tirer par les fenêtres, et cela est un crime contre l’humanité. Mais fermer les yeux sur le long travail d’accueil et d’aide, et ce que cela signifie comme travail sur soi et sur les autres, est aussi un angélisme qui va tuer. Les réfugiés et les immigrés ne sont pas réductibles à la minorité d’une délinquance, mais cela pose le problème des « valeurs » à partager, à imposer, à défendre et à faire comprendre. Cela pose le problème de la responsabilité après l’accueil et qu’il faut assumer. Kamel Daoud
Les révolutions arabes de 2011 avaient enthousiasmé les opinions, mais depuis la passion est retombée. On a fini par découvrir à ces mouvements des imperfections, des laideurs. Par exemple, ils auront à peine touché aux idées, à la culture, à la religion ou aux codes sociaux, surtout ceux se rapportant au sexe. Révolution ne veut pas dire modernité. Les attaques contre des femmes occidentales par des migrants arabes à Cologne, en Allemagne, la veille du jour de l’an ont remis en mémoire le harcèlement que d’autres femmes avaient subi à Tahrir durant les beaux jours de la révolution. Un rappel qui a poussé l’Occident à comprendre que l’une des grandes misères d’une bonne partie du monde dit “arabe”, et du monde musulman en général, est son rapport maladif à la femme. Dans certains endroits, on la voile, on la lapide, on la tue ; au minimum, on lui reproche de semer le désordre dans la société idéale. En réponse, certains pays européens en sont venus à produire des guides de bonne conduite pour réfugiés et migrants. (…) Ces contradictions créent des tensions insupportables : le désir n’a pas d’issue ; le couple n’est plus un espace d’intimité, mais une préoccupation du groupe. Il en résulte une misère sexuelle qui mène à l’absurde ou l’hystérique. Ici aussi on espère vivre une histoire d’amour, mais on empêche la mécanique de la rencontre, de la séduction et du flirt en surveillant les femmes, en surinvestissant la question de leur virginité et en donnant des pouvoirs à la police des moeurs. On va même payer des chirurgiens pour réparer les hymens. Dans certaines terres d’Allah, la guerre à la femme et au couple prend des airs d’inquisition. L’été, en Algérie, des brigades de salafistes et de jeunes de quartier, enrôlés grâce au discours d’imams radicaux et de télé-islamistes, surveillent les corps, surtout ceux des baigneuses en maillot. Dans les espaces publics, la police harcèle les couples, y compris les mariés. Les jardins sont interdits aux promenades d’amoureux. Les bancs sont coupés en deux afin d’empêcher qu’on ne s’y assoit côte à côte. Résultat : on fantasme ailleurs, soit sur l’impudeur et la luxure de l’Occident, soit sur le paradis musulman et ses vierges. (…) Sur le plan vestimentaire, cela donne d’autres extrêmes: d’un côté, la burqa, le voile intégral orthodoxe ; de l’autre, le voile moutabaraj (“le voile qui dévoile”), qui assortit un foulard sur la tête d’un jean slim ou d’un pantalon moulant. Sur les plages, le burquini s’oppose au bikini.(…) Certains religieux lancent des fatwas grotesques: il est interdit de faire l’amour nu, les femmes n’ont pas le droit de toucher aux bananes, un homme ne peut rester seul avec une femme collègue que si elle est sa mère de lait et qu’il l’a tétée. (…) L’Occident s’est longtemps conforté dans l’exotisme ; celui-ci disculpe les différences. L’Orientalisme rend un peu normales les variations culturelles et excuse les dérives : Shéhérazade, le harem et la danse du voile ont dispensé certains de s’interroger sur les droits de la femme musulmane. Mais aujourd’hui, avec les derniers flux d’immigrés du Moyen-Orient et d’Afrique, le rapport pathologique que certains pays du monde arabe entretiennent avec la femme fait irruption en Europe. Ce qui avait été le spectacle dépaysant de terres lointaines prend les allures d’une confrontation culturelle sur le sol même de l’Occident. Une différence autrefois désamorcée par la distance et une impression de supériorité est devenue une menace immédiate. Le grand public en Occident découvre, dans la peur et l’agitation, que dans le monde musulman le sexe est malade et que cette maladie est en train de gagner ses propres terres. Kamel Daoud
Dans une tribune publiée par le journal Le Monde le 31 janvier 2016, le journaliste et écrivain Kamel Daoud propose d’analyser « ce qui s’est passé à Cologne la nuit de la Saint-Sylvestre ». Pourtant, en lieu et place d’une analyse, cet humaniste autoproclamé livre une série de lieux communs navrants sur les réfugiés originaires de pays musulmans. (…) Loin d’ouvrir sur le débat apaisé et approfondi que requiert la gravité des faits, l’argumentation de Daoud ne fait qu’alimenter les fantasmes islamophobes d’une partie croissante du public européen, sous le prétexte de refuser tout angélisme. (…) Certainement marqué par son expérience durant la guerre civile algérienne (1992-1999), Daoud ne s’embarrasse pas de nuances et fait des islamistes les promoteurs de cette logique de mort. En miroir de cette vision asociologique qui crée de toutes pièces un espace inexistant, l’Occident apparaît comme le foyer d’une modernité heureuse et émancipatrice. La réalité des multiples formes d’inégalité et de violences faites aux femmes en Europe et en Amérique du Nord n’est bien sûr pas évoquée. Cet essentialisme radical produit une géographie fantasmée qui oppose un monde de la soumission et de l’aliénation au monde de la libération et de l’éducation. (…) Psychologiser de la sorte les violences sexuelles est doublement problématique. D’une part, c’est effacer les conditions sociales, politiques et économiques qui favorisent ces actes (parlons de l’hébergement des réfugiés ou des conditions d’émigration qui encouragent la prédominance des jeunes hommes). D’autre part, cela contribue à produire l’image d’un flot de prédateurs sexuels potentiels, car tous atteints des mêmes maux psychologiques. Pegida n’en demandait pas tant. (…) C’est ainsi bien un projet disciplinaire, aux visées à la fois culturelles et psychologiques, qui se dessine. Des valeurs doivent être « imposées » à cette masse malade, à commencer par le respect des femmes. Ce projet est scandaleux, non pas seulement du fait de l’insupportable routine de la mission civilisatrice et de la supériorité des valeurs occidentales qu’il évoque. Au-delà de ce paternaliste colonial, il revient aussi à affirmer, contre « l’angélisme qui va tuer », que la culture déviante de cette masse de musulmans est un danger pour l’Europe. Il équivaut à conditionner l’accueil de personnes qui fuient la guerre et la dévastation. En cela, c’est un discours proprement anti-humaniste, quoi qu’en dise Daoud. Après d’autres écrivains algériens comme Rachid Boudjedra ou Boualem Sansal, Kamel Daoud intervient en tant qu’intellectuel laïque minoritaire dans son pays, en lutte quotidienne contre un puritanisme parfois violent. Dans le contexte européen, il épouse toutefois une islamophobie devenue majoritaire. Derrière son cas, nous nous alarmons de la tendance généralisée dans les sociétés européennes à racialiser ces violences sexuelles. (…) Face à l’ampleur de violences inédites, il faut sans aucun doute se pencher sur les faits, comme le suggère Kamel Daoud. Encore faudrait-il pouvoir le faire sans réactualiser les mêmes sempiternels clichés islamophobes. Le fond de l’air semble l’interdire. Collectif d’anthropologues, sociologues, journalistes et historiens
Cher Kamel, il y a quelques jours, une amie tunisienne m’a envoyé une tribune parue dans Le Monde. Ce texte portait la signature de plusieurs universitaires que je connais. Des universitaires un peu bien-pensants, c’est vrai, mais, quand même, des gens qui ne sont pas tes adversaires – qui ne devraient pas être tes adversaires. Le ton de la lettre m’a dérangé. Je n’aimais pas le style de dénonciation publique, un style qui me rappelait un peu le style gauche-soviétique-puritain. Et tu dois savoir qu’en tant qu’ami je ne signerai pas de telle lettre contre toi, bien que je ne partage pas du tout les opinions que tu as exprimées dans cet article, et par la suite, même plus férocement encore, me semble-t-il, dans la tribune du New York Times. Pour moi, c’est très difficile d’imaginer que tu pourrais vraiment croire ce que tu as écrit. Ce n’était pas le Kamel Daoud que je connais et dont j’ai fait le portrait dans un long article. Nous avons beaucoup parlé des problèmes de sexe dans le monde arabo-musulman quand j’étais à Oran. Mais nous avons aussi parlé des ambiguïtés de la « culture » (mot que je n’aime pas) ; par exemple, le fait que les femmes voilées sont parfois parmi les plus émancipées sexuellement. Dans tes écrits récents, c’est comme si toute l’ambiguïté dont nous avons tant discuté, et que, plus que personne, tu pourrais analyser dans toute sa nuance, a disparu. Tu l’as fait de plus dans des publications lues par des lecteurs occidentaux qui peuvent trouver dans ce que tu écris la confirmation de préjugés et d’idées fixes. Je ne dis pas que tu l’as fait exprès, ou même que tu joues le jeu des « impérialistes ». Non, je ne t’accuse de rien. Sauf de ne pas y penser, et de tomber dans des pièges étranges et peut-être dangereux. Je pense ici surtout à l’idée selon laquelle il y aurait un rapport direct entre les événements de Cologne et l’islamisme, voire l’« Islam » tout court. Je te rappelle qu’on a vu, il y a quelques années, des événements similaires, certes pas de la même ampleur, mais quand même, lors de la parade du Puerto Rican Day à New York. Les Portoricains qui ont alors molesté des femmes dans la rue n’étaient pas sous l’influence de l’Islam mais de l’alcool… Sans preuve que l’Islam agissait sur les esprits de ces hommes à Cologne, il me semble curieux de faire de telles propositions, et de suggérer que cette « maladie » menace l’Europe… Dans son livre La Maladie comme métaphore (Christian Bourgois, 2005), un ouvrage devenu un classique, Susan Sontag démontre que l’idée de « maladie » a une histoire pas très reluisante, souvent liée au fascisme. Les juifs, comme tu le sais, étaient considérés comme une espèce de maladie ; et les antisémites d’Europe, au XIXsiècle, à l’époque de l’émancipation, se sont montrés très préoccupés des coutumes sexuelles des juifs, et de la domination des hommes juifs sur les femmes… Les échos de cette obsession me mettent mal à l’aise. (…) Kamel, tu es tellement brillant, et tu es tendre, aussi, ça, je le sais. C’est à toi, et à toi seul, de décider comment tu veux t’engager dans la politique, mais je veux que tu saches que je m’inquiète pour toi, et j’espère que tu réfléchiras bien à tes positions… et que tu retourneras au mode d’expression qui, à mon avis, est ton meilleur genre : la littérature. J’espère que tu comprendras que je t’écris avec le sentiment de la plus profonde amitié. Adam Shatz
Nous vivons désormais une époque de sommations. Si on n’est pas d’un côté, on est de l’autre; le texte sur « Cologne », j’en avais écrit une partie, celle sur la femme, il y a des années. A l’époque, cela n’a fait réagir personne ou si peu. Aujourd’hui, l’époque a changé : des crispations poussent à interpréter et l’interprétation pousse au procès. J’avais écrit cet article et celui du New York Times début janvier; leur succession dans le temps est donc un accident et pas un acharnement de ma part. J’avais écrit, poussé par la honte et la colère contre les miens, et parce que je vis dans ce pays, dans cette terre. J’y ai dit ma pensée et mon analyse sur un aspect que l’on ne peut cacher sous prétexte de « charité culturelle ». Je suis écrivain et je n’écris pas des thèses d’universitaires. C’est une émotion aussi. Que des universitaires pétitionnent contre moi aujourd’hui, pour ce texte, je trouve cela immoral parce qu’ils ne vivent pas ma chair, ni ma terre et que je trouve illégitime sinon scandaleux que certains me servent le verdict d’islamophobie à partir de la sécurité et des conforts des capitales de l’Occident et ses terrasses. Le tout servi en forme de procès stalinien et avec le préjugé du spécialiste : je sermonne un indigène parce que je parle mieux des intérêts des autres indigènes et post-décolonisés. Et au nom des deux mais avec mon nom. Et cela m’est intolérable comme posture. Je pense que cela reste immoral de m’offrir en pâture à la haine locale sous le verdict d’islamophobie qui sert aujourd’hui aussi d’inquisition. Je pense que c’est honteux de m’accuser de cela en restant bien loin de mon quotidien et celui des miens. (…) Ces pétitionnaires embusqués ne mesurent pas la conséquence de leurs actes et du tribunal sur la vie d’autrui. (…) Comme autrefois, l’écrivain venu du froid, aujourd’hui, l’écrivain venu du monde dit « arabe » est piégé, sommé, poussé dans le dos et repoussé. La surinterprétation le guette et les médias le harcèlent pour conforter qui une vision, qui un rejet et un déni. Le sort de la femme est lié à mon avenir, à l’avenir des miens. Le désir est malade dans nos terres et le corps est encerclé. Cela, on ne peut pas le nier et je dois le dire et le dénoncer. Mais je me retrouve soudainement responsable de ce qui va être lu selon les terres et les airs. Dénoncer la théocratie ambiante chez nous devient un argument d’islamophobe ailleurs. Est-ce ma faute ? En partie. Mais c’est aussi la faute de notre époque, son mal du siècle. C’est ce qui s’est passé pour la tribune sur « Cologne ». Je l’assume mais je me retrouve désolé pour ce à quoi elle peut servir comme déni et refus d’humanité de l’Autre. L’écrivain venu des terres d’Allah se retrouve aujourd’hui au centre de sollicitations médiatiques intolérables. Je n’y peux rien mais je peux m’en soustraire : par la prudence comme je l’ai cru, mais aussi par le silence comme je le choisis désormais. Je vais donc m’occuper de littérature et en cela tu as raison. J’arrête le journalisme sous peu. Kamel Daoud
Les pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. Jeremy Harding
La guerre, la faim et l’effondrement social n’ont pas causé des migrations massives au-delà de la frontière naturelle que constitue le Sahara. Mais les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Jeremy Harding
Plus de 11 000 femmes nigérianes ont été secourues en Méditerranée l’année dernière, selon l’Office pour les migrations internationales (OMI). 80% d’entre elles faisaient l’objet d’un trafic à des fins d’exploitation sexuelle. “Il y a maintenant des filles qui n’ont que 13, 14 ou 15 ans”, m’a dit un agent anti-trafic de l’OMI. “L’Italie n’est qu’un point d’entrée. De là, elles sont dispatchées et vendues à des mères maquerelles partout en Europe.” Ben Taub
Do you have any idea how much I earn on immigrants? They’re more profitable than drugs. Salvatore Buzzi (Italian mafioso)
More than 80% of women brought to Europe from Nigeria are unknowingly “sponsored” by sex traffickers who have paid for their journey, according to the International Organization for Migration (IOM). The rest will have paid the smugglers to get them to Europe, but once they get there, will be unlikely to escape the sex-trafficking rings. (…) The centre has become a lawless place where people are easy prey for criminal gangs. The state funds these centres by giving them a sum of money for each asylum seeker, but many of them cut corners on food and other amenities, and pocket the profits. Low-level members of Italy’s various mafia organisations and Nigerian gangs come to the centre to recruit drug mules and petty criminals among the bored, idle men who have given up on the life they dreamed of when they crossed the sea. (…) Posing as asylum seekers, traffickers lure women out of the centre on the pretext of shopping trips or other excursions, and deliver them to the Nigerian women who control forced prostitution rings. They are then forced into sex work under the threat of violence, most of them – like Joy – terrorised by a curse that binds them into slavery. Several centres have become the subject of criminal investigations, revealing corruption at local and state level, and infiltration by powerful crime syndicates. Always quick to exploit new opportunities, the mafia is making vast profits off the backs of migrants. (…) Many of the Nigerian women and girls rescued from the smugglers’ boats by charities or coastguard vessels are from small villages around Benin City. Most are single and travelling alone. Many of those trafficked for sex slavery are assured by their “sponsors” that they will take care of getting the necessary documents for them once they leave the centres. Others are provided with false personal details that they are told to use for their applications. Most of the trafficked women end up with fake documents provided by Italian organised-crime groups. The documents are another link in the chain that keeps the women trapped in sexual slavery, because the madams threaten to take them away if they try to escape. In 2012, an investigation was opened into forced prostitution at Cara di Mineo, after doctors at the centre received a series of requests for abortions. In three months, the centre’s doctors performed 32 abortions on migrants – an increase of more than 200% on the year before. The authorities concluded that this was due to an increase in prostitution, along with a lack of birth control options. Because of the church’s influence over migrant care, contraception was not being distributed, and few migrants have the means to source their own. Some aid groups have since tried handing out condoms. In December 2016, four Nigerian asylum seekers were arrested in Cara di Mineo, accused of drugging and raping a female resident. The woman had been told, like Joy, to wait on the street for someone to pick her up. Realising she was being put to work as a prostitute, she had refused to leave the camp. The men raped her as a warning – a typical punishment in sex trafficking. The theory is that if a woman realises that the penalty for refusing to prostitute herself is gang rape, she will likely agree that roadside sex is a better alternative. It is rare to meet a trafficked woman who has not been faced with this choice. After the incident, Francesco Verzera, a prosecutor with jurisdiction over Cara di Mineo, appealed to the authorities to close down the camp, stating that overcrowding and lack of supervision is creating a dangerous criminal environment. (…) Most of the residents are divided by ethnic or religious background, which has done nothing to reduce tensions and fighting. Every year at Cara di Mineo, on average, 10 migrants die while waiting for their asylum requests to be heard, killed in fights or dying from untreated medical conditions, according to Amnesty International and other aid groups that operate in the centre. (…) Verzera’s investigation into criminal activity at the centre turned up inconsistencies in the record-keeping of who was living there. Many of the migrants on the official roster had long since disappeared, even though the centre, under the direction of Maccarrone, was still reimbursed €35 (£31) a day for them. By law, each migrant awaiting asylum is given an electronic card to check in and out of the centre when making outings. If they don’t check back in after three days, they are supposed to be taken off the roster, and that information sent to Rome so the reimbursement will be stopped. But Verzera says he found that migrants who had been gone for months were kept on the list for financial support. The centre was, on paper, far over capacity, and received extra funds to help with the overload when, in reality, they were taking care of far fewer people than the documents stated. In 2016, Maccarrone, who previously ran the migrant reception centre on the island of Lampedusa, came under criminal investigation for corruption at Cara di Mineo. He was accused of collusion with the mafia, and of using funds intended for the care of migrants and refugees for personal gain. Last year, Catania’s chief prosecutor, Carmelo Zuccaro, tried to make it illegal for NGO charity ships to rescue migrants at sea and bring them to Italian shores. In March 2017, in an interview with the rightwing newspaper Il Giornale, he revealed that the state had started investigations into prisons and refugee camps where extremists were recruiting migrants awaiting word on their asylum requests. (…) The alarm about radicalisation overshadowed the fact that criminal groups are recruiting migrants from the camps for forced or low-paid labour. At harvest times, men leave Cara di Mineo in the early morning and gather along a triangle of dirt off the state highway. Local farmers come in pick-up trucks, looking for i neri (“the blacks”), choosing the biggest and strongest for casual labour, harvesting tomatoes and citrus fruits. The farmers call them ragazzo or “boy”, demanding they turn around or show them how straight their backs are. It is a degrading display, made worse by the fact that they are paid a mere fraction of what Italians would be paid for the same work. Their wages are part of the illicit economy that makes up around 20% of Italy’s overall GDP. When asylum requests are rejected, applicants have one chance to appeal. If they fail, they are given a slip of paper that says they have five days to leave the country, but no means to do so. Torn-up shreds of those papers are a common sight in the ditches beside the road near the centre. Those turned down are easy bait for criminal gangs working inside the camps, who get paid for providing mafia groups with illegal cheap labour, running drugs and arms or working in the many industries those groups have infiltrated. In 2014, an investigation known as “Mafia Capitale” found that a criminal group had been running Rome’s municipal government for years. The group, which prosecutors defined as a mafia-style association, had siphoned off millions of euros intended to fund public services. The group had also infiltrated asylum centres across the country, buying and selling names and details of migrants who had long disappeared, in order to keep the per-person state funding coming. (…) Administrators in some centres are accused of taking kickbacks for selling personal details of asylum seekers who have escaped to smaller centres (some of whom don’t exist). Those in charge of the smaller centres then use the names to claim daily allowances. This is one of the reasons trafficked women have been allowed to leave so easily: their names tend to stay on the lists, and the centres continue to receive funding. As they leave, they are quickly replaced. Some centres take on more migrants than they can manage, in order to earn extra revenue, so refugees end up living in dangerously overcrowded conditions. Trafficked women who disappear to work as sex slaves have little chance of being rescued, because their absence causes no concern. Nigerian girls who are trafficked directly to madams in Naples and elsewhere are forced to do sex work to pay off large debts. Before they’ve even started work, they will owe around €60,000 (£53,000). A cut goes to the recruiter in Nigeria, a cut to the traffickers and smugglers who expedited the women’s journey, and a large portion goes to the Nigerian gang members, who must pay the Naples mafia, the Camorra, or other crime syndicates in whose territories the women will be forced to work. There are other incidentals, including room, board, clothing and rent for the space on the pavement from which they solicit sex. If we assume half of the estimated 11,000 Nigerian girls who came to Italy in 2016 generated €60,000 each through debt bondage for the madams’ gangs, the profits off those girls alone would top €300m (£264m), even after their travel costs are deducted. It can take five years or more of sexual slavery to pay the debts. Then, women are free to go, but some end up becoming madams themselves, either convinced there are lucrative profits to be made, or as an act of revenge: to visit on others what they had to endure. This cycle has continued for more than a decade, but in 2016, the number of Nigerian women who arrived by smugglers’ boats was 60% higher than the previous year. Many of the trafficked Nigerian women end up in Castel Volturno, outside Naples, known as the most lawless part of Italy. Murder rates are the highest in the country, and locals call it Beirut, or the Bronx. Sergio Nazzaro, a local journalist, says it is the Camorra’s graveyard. (…) African migrants first started coming to the area in large numbers in the 1980s, to work in the tomato fields for low wages. The Africans were not welcome to integrate with the Italians and instead set up a peripheral society where they lived outside the law, often squatting in illegally built or unfinished buildings. Italian authorities did not pay much attention to them at the time, but they were not ignored by the Camorra. By the 1990s, women started arriving in greater numbers. They were rarely hired for farm work, so many had no choice but to prostitute themselves. Many of those first prostitutes eventually became madams, controlled by Nigerian drug-smuggling gangs, who had to pay protection money to the Camorra to operate on their territory. When the gangs discovered there was a demand, madams recruited more women from Nigeria to the area. They started using traffickers to trick them into coming, eventually expanding the trade further north to Italy’s larger cities and into Europe. The Guardian
En 2015, le risque de mourir en Méditerranée (0, 37%) était inférieur au risque en France d’une personne de plus de 45 ans de subir un AVC (0, 4$%); en 2016, 363 000 migrants ont traversé la Mare nostrum (…) et 4 576 s’y sont noyés ou ont disparu, soit 1, 3% ou le double du risque de décéder apres une intervention chirurgicale – toutes catégories confondues – dans un pays industrialisé, ou encore le double du risque de mourir d’une anesthésie générale au sud du Sahara. En 2017, entre janvier et fin aout, 126 000 migrants ont traversé la Méditerranée et 2 428 ont été portés disparus, soit 1, 92%, ce qui est légèrement inférieur à la mortalité post-opératoire en chirurgie cardiaque en Europe de l’ouest (2%). Même si le risque est heureusement limité, on se demande évidemment pourquoi il ne cesse d’augmenter alors que les yeux du monde sont braqués sur la Méditerranée et que les secours devraient se perfectionner. La réponse: l’humanitaire est trop bon ! En effet, les bateaux de secours se rapprochent de plus en plus des eaux territoriales libyennes et, s’il y a danger de naufrage, n’hésitent plus à y entrer pour sauver les migrants. Si bien que les trafiquants embarquent un nombre croissant de migrants sur des embarcations toujours plus précaires (notamment des canots pneumatiques longs de 9 mètres, fabriqués en Chine, sur lesquels se serrent 130 personnes). (…) Les trafiquants emmènent donc les migrants à la limite des eaux territoriales, avant de repartir avec le moteur hors-bord dans un autre bateau en laissant les leurs clients dériver. A charge pour les humanitaires … Ceux-ci font bien, voire très bien leur travail, au risque de voir les migrants de moins en moins regardants sur la navigabilité des embarcations choisies par les trafiquants. Au cours des premiers six mois de 2017, quelque 93 000 migrants ont été secourus et transportés vers l’Italie, soit presque les trois quarts du total ayant embarqué pour la traversée pendant cette période. Stephen Smith
Je dis ça sans affolement. Quand vous avez un voisin qui en 2050 sera 5 fois plus nombreux que toute l’Europe comprise, il y a une pression migratoire qui est très forte et il faut s’arranger entre voisins (européens), il faut négocier. Il faut prendre la mesure du réel d’abord. Puis il faut des négociations entre l’Europe et l’Afrique pour éviter notamment que ses forces vives quittent le continent. Tant que l’Afrique croit à ce rythme, c’est impossible (de juguler). Tous les progrès sont noyés par la progression démographique. Il faut à un moment maitriser cette croissance démographique. C’est un problème de long terme qui se jouera sur les deux générations à venir, pas avant 2050. Toutes les régions du monde ont migré. En Europe il y avait 300 millions d’habitants et 60 millions en sont partis, dont 40 millions vers les Etats-Unis. L’Afrique ne fait que reproduire des scenarii qui ont eu lieu en Europe et en Amérique latine. Et il est évident que l’Europe va faire face à une migration très forte depuis l’Afrique, c’est inévitable. [l’aide au développement] c’est une imposture. Nous allons développer un continent d’1,3 milliards, soit l’équivalent de la Chine. Et tous ceux qui se sont développés, les millions de personnes qui sont sortis de la pauvreté ces dernières décennies – les Chinois, les Indiens -, n’en sont jamais sortis par l’aide au développement. L’aide au développement va d’abord permettre à une classe moyenne qui émerge de migrer, de partir du continent. Toutes les volontés de fermer les frontières sont inutiles. Avec 6 milliards d’euros, les européens se sont achetés la paix de 2,5 millions de migrants, bloqués en Turquie. Mais c’est cynique de parler comme ça. Les gens passeront, par une porte ou une autre. C’est inévitable. Mettez-vous à la place des Africains qui voient de telles inégalités et qui pensent à leur vie ou à leurs enfants. Nous ferions pareil à leur place. Bien sûr qu’un moment l’Afrique arrivera à retenir ses forces vives. On oublie souvent qu’un tiers des européens partis en Amérique sont revenus en Europe. Ce n’est pas forcément le bonheur d’arriver en Europe, beaucoup de migrants sont déçus, et vous préférez toujours rester parmi les vôtres ». Stephen Smith
Le problème, c’est que quand vous aidez, dans un premier temps, vous créez un horizon qui est plus large: les gens commencent à penser qu’ils peuvent bouger puisqu’ils ont aussi les moyens – il faut plusieurs milliers d’euros pour entreprendre ce voyage – et donc ce ne sont pas les plus pauvres, les plus désespérés qui partent mais ceux qui commencent à sortir la tête de l’eau. Et c’est donc cet effet de seuil qui fait que dans un premier temps l’aide aide les gens à partir. Stephen Smith
Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale. Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen. Stephen Smith
The problem of migration deaths has been created entirely by policy attempts to outlaw migration. (…) There should be no reason for Syrian refugees to be getting on these boats, except that there has been no proper pathway for safe refugee acceptance opened up. (…) It is the border controls that have forced migrants to take more dangerous routes, and that have made them more and more dependent on smugglers to cross borders. Smuggling is a reaction to border controls rather than a cause of migration in itself. Ironically, further toughening of border controls will therefore force migrants and refugees to take more risks and only increase their reliance on smugglers. Hein de Haas (Oxford University’s International Migration Institute)
 Stricter immigration policies might not be effective, because they deter potential legal migrants more than potential illegal migrants. Linguère Mously Mbaye
J’aimerais entendre des critiques contre la politique des réfugiés de Mme Merkel ailleurs qu’à l’AfD. Ahmad Mansour (écrivain allemand)
Si nous ne réduisons pas la taille de nos familles, notre pays continuera à souffrir de la pauvreté parce que les ressources disponibles ne pourront plus couvrir nos besoins. Jonathan Goodluck (ancien président nigérian)
Angela Merkel n’a pas mâché ses mots. Les images des manifestations à Chemnitz de ces deux derniers jours « n’ont pas leur place dans un Etat de droit », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Berlin avec son homologue croate. Évoquant les scènes d’agression d’étrangers par des sympathisants d’extrême droite dimanche à Chemnitz, la chancelière a parlé de « chasses collectives ». Plusieurs vidéos font état de manifestants remontés, pourchassant et s’en prenant physiquement à des étrangers le long du parcours. A l’origine de ce déferlement de haine, la mort d’un Allemand de 35 ans, poignardé dimanche matin en marge d’une fête locale. Les deux suspects de cet homicide, un Syrien de 22 ans et un Irakien de 23 ans, sont soupçonnés d’avoir « sans justification, à plusieurs reprises, porté des coups de couteau à la victime, à la suite d’une altercation », selon le Parquet. Des centaines de personnes s’étaient spontanément rassemblées pour appeler le gouvernement allemand à garantir « la sécurité des Allemands ». Une manifestation marquée par l’agression d’étrangers et de policiers. Lundi, un nouveau rassemblement à l’initiative de Pegida et de l’Alternative pour l’Allemagne (AFD) – deux formations politiques d’extrême droite – a réuni plus de 6000 sympathisants. Outre les violentes attaques dont ils ont fait l’objet, les policiers ont fait état de plusieurs manifestants faisant le salut hitlérien. Pour le parti social-démocrate, membre de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel, ces manifestations s’inscrivent dans un contexte de raidissement idéologique au plan national et international. Pour l’extrême droite allemande, cet événement est l’occasion de mobiliser l’opinion contre l’immigration et la politique du gouvernement d’Angela Merkel, à qui elle reproche d’avoir laissé entrer plus d’un million de demandeurs d’asile venant notamment de Syrie et d’Irak, en 2015 et 2016. L’hebdomadaire allemand Der Spiegel va jusqu’à comparer ces démonstrations de force à « la situation de la République de Weimar ». Une référence au régime politique démocratique né en Allemagne dans le sillage de la Première Guerre mondiale, qui dut affronter régulièrement des tentatives de déstabilisation dans la rue et finit par disparaître lors de la prise du pouvoir d’Adolf Hitler en 1933. Le Figaro
The Mediterranean boat people have been coming for more than a decade, paying small fortunes to enter the continent aboard disturbingly overpacked vessels. They began arriving after Europe’s legal migration routes shut down in the 1990s, but never have their numbers been so large – or the death toll so high. When an estimated 850 people died in a single capsizing incident last weekend, driving this year’s toll to over 1,600 – 30 times higher than the toll for the same period last year – their fate became a continent-wide crisis, provoking an emergency European Union meeting on Thursday and an outraged response from across the political spectrum. (…) An unstoppable flood of desperate poor people fleeing Africa to a new life in Europe – that is the phrase uttered, in one form or another, by headline writers and politicians to summarize the crisis. Yet, every word of that sentence is wrong. And much of the current catastrophe, most of the drowning horrors, have been caused by the failure of policy-makers to understand how wrong those words are. (…) To understand why the crisis has become so acute in 2014 and 2015, it helps to understand why it was bad once before, a decade ago; and why it suddenly stopped, almost completely, for several years, then erupted again in 2011, virtually stopped again, then came back in its most dramatic form. It obviously isn’t unstoppable: It has stopped, several times. (…) There were two reasons: First, Italy struck deals with the Arab dictators of Tunisia and Libya, paying them generously to police their beaches. Second, the post-2008 economic crisis reduced demand sharply: Migrants don’t come when there are no jobs. (In fact, there was a net outflow of migrants from Europe back to Africa at the peak of the crisis.) There was a burst of activity on this route in 2011, when the dictators were overthrown and Arabs (often middle-class and educated) left for Europe. (…) And then it fell again to negligible levels in 2012, until the huge spike of 2014 and 2015. This was hardly a constant increase in people: It has stopped and started many times. Even in its worst years, the Mediterranean boat-people flow is only a small part of the migration picture: tens of thousands of entrants in a continent of half a billion people that receives three million immigrants a year. Most Africans living in Europe are fully legal, visa-carrying immigrants who arrive at airports. Even the majority of illegal African immigrants in Europe aren’t boat people: They’re legal visitors who’ve overstayed their visas. What has compounded the matter during the past 24 months has been the conflict in Syria. While only a fraction of people fleeing that country have attempted to go to Europe – the vast majority are encamped in Turkey, Jordan or Lebanon – that fraction has multiplied the numbers of boat people dramatically in 2014 and 2015. It now accounts for perhaps half of Mediterranean boat migrants (though the boat that was the subject of last weekend’s tragedy carried passengers almost entirely from sub-Saharan Africa). Refugees tend to be temporary (the much larger exodus of asylum seekers that confronted Western Europe during the Balkan wars of the 1990s – a population shift that seemed even more intractable – mostly returned to their countries after the conflicts ended), and are dealt with through different policies than are migrants. The most insidious notion is the one that holds that the Africans on the boats are starving villagers escaping famine and death. In fact, every boat person I’ve met has been ambitious, urban, educated, and, if not middle-class (though a surprising number are, as are an even larger number of Syrian refugees), then far from subsistence peasantry. They are very poor by European standards, but often comfortable by African and Middle Eastern ones. And no wonder: The boats cost upward of $2,000 to board (and you need more money to make a start in Europe). That’s a year’s income in many African countries. (…) Linguère Mously Mbaye, a scholar at the Bonn-based Institute for the Study of Labour, conducted a study of hundreds of people in Dakar, Senegal, who were planning to make the crossing to Europe. The migrants tended not to be very poor. And they tended to be well-connected in Europe: They knew large numbers of people from their home country already living in Europe and working in similar occupations. In other words, they were tied into « migration networks » that communicated information about employment, small-business, housing and migration opportunities. Migrants tend to choose their European destinations not according to culture, language or history, but according to the number of people from their network who are living there – and also according to the economic success of their destination country. The Syrian refugees are less tactical – and not as well linked into existing economies – than the Africans, but they, too, tend to come because they have connections to people or organizations in Europe.(…) Both major studies found that the Africans who get onto the boats are not running from something awful, but running toward a specific, chosen opportunity, in employment or small business. That’s a big reason that the boat-people flows have gone up and down so dramatically: Dr. de Haas’s studies found that the main driver of cross-Mediterranean migration is not any economic or political factor in Africa but « sustained demand [in Europe] for cheap labour in agriculture, services, and other informal sectors. » Even those who are fleeing – the Syrians, some Eritreans – are choosing where they flee based on a sense of opportunity. « You saw a lot more people coming into Europe from Africa in the 1960s and 1970s than you do now, » Dr. de Haas notes. But they didn’t make headlines – or die at sea – because they weren’t illegal. The big labour shortages that required migrants (mainly seasonal) were filled because most countries allowed Africans to come and go. (…) By cracking down on these informal and seasonal movements – something that began in the early 1990s with the formation of the EU – Europe turned migration into an all-or-nothing proposition: Once you were in Europe, legally or otherwise, you stayed, because you might not get in again. As a result, Africans now come in, do some agricultural or service work, and then knock around the continent, without opportunities, once they’re done. That’s the paradox of Europe’s response to the migrant crisis: By making entry tougher, it makes illegal entry more commonplace. (…) By turning migration into an all-or-nothing proposition, there’s a risk that a temporary refuge will become a permanent settlement. The flow of people back and forth between Africa and Europe has been a part of both continents’ economies for decades. Europe’s economies need their African workers, more than ever: Germany alone expects to lose seven million working-age people to demographic change, in a fast-growing economy with virtually no unemployment, in the next 10 years. By stopping that flow through ham-fisted measures, Europe’s governments have turned the legal into the illegal, the temporary into the permanent, the routine into the desperate, and a life-improving act into a death-delivering risk. A set of decisions that were bad for both continents’ economies has left thousands of bodies floating in the sea. The Globe and Mail
To see the crisis as an event that began in 2015 and ended the following year is a mistake, because it obscures the fact that the underlying causes have not changed. (…) The European Union has perhaps the world’s most complex system to deter unwanted migrants. Since the 1990s, as borders have come down within Europe, giving most EU citizens free movement and passport-free travel, its external frontier has become increasingly militarised. Amnesty International estimates that, between 2007-2013, before the crisis, the EU spent almost €2bn on fences, surveillance systems and patrols on land or at sea. (…) in 1990, according to research by the geographer Reece Jones, 15 countries had walls or fences on their border; by the beginning of 2016, that number had risen to almost 70. (…) The UN’s refugee agency, the UNHCR, says there are more people displaced by conflict in the world today than at any point since the second world war. This is true: an estimated 66 million people are currently displaced, either within their home countries or abroad. But 86% of these remain in the developing world, not in wealthy regions such as Europe. And despite recent conflicts, according to De Haas, refugees account for around 0.3% of the world’s population; a small and relatively stable proportion. The problem is one of resources and policy, not overwhelming numbers. (…) It is also important to recognise that the stories we consume are, for the most part, commodities produced by profit-making companies. Like other commodities, their production, value and demand are driven by market forces. This can harm those at the centre of the stories, distort our understanding of a crisis and even contribute to a sense of panic – which, in turn, provokes panicked responses from the authorities. Daniel Trilling
For the past several years, the German Federal Criminal Police Office (BKA) has released an annual situation report on crime across the country, with a special emphasis on criminality among immigrants. The term « immigrants » in this context includes; asylum-seekers; those who have been allowed to stay temporarily despite not having received asylum status; illegal immigrants; and refugees who have been brought into Germany on the basis of quotas. Suspects whose asylum applications have been approved are not included. At least one immigrant was indentified as a suspect in 3,404 of the sexual offenses committed in 2016. That’s more than twice as many cases as in the previous year (see graphic below). The increase proved especially dramatic in cases of sexual assault and the sexual abuse of children. « We, as the Bavarian police, take very seriously the fact that immigration influences people’s feeling of security, » says Harald Pickert, the leader of an expert panel in the state’s Interior Ministry, which has been investigating sex crimes that have taken place in the state over the last five years. The group is seeking to identify what might have changed and what has remained the same. It is looking to answers to questions like: Where are the crimes committed? Who are the perpetrators and who are the victims? Is there something that perpetrators typically have in common? The panel exists because Bavarian Interior Minister Joachim Herrmann announced shortly before the German federal election last September that the number of rapes and serious sexual abuses had risen in Bavaria during the first half of 2017 by 47.9 percent. He said 126 of the 685 crimes could be attributed to immigrants, 91 percent more than in the same period the previous year. The latter statistic roughly reflects the findings of the BKA, but the Bavarian crime statistics additionally count those who have been granted asylum as part of its figures for the category of immigrants. Pickert, 54, a deputy police commissioner in Bavaria, ties the rise in reports of sexual offenses to several factors. One is that many German citizens first learned that groping was a punishable offense following the debate over the Cologne attacks. And a change in the law in 2016 meant that groping is no longer solely punishable as an insult, but is now explicitly considered to be sexual harassment. Previously, groping had been absent from the statistics on sexual offenses maintained by police, but now such incidents are included. « It’s that and not some change in everyday reality that explains the sudden surge in the number of crimes reported, » Pickert explains. What is conspicuous in the statistics, however, is the fact that the number of suspected German sex-crime perpetrators has either stagnated or gone down, while the number of immigrants suspected of committing such crimes has increased significantly. This trend, Pickert claims, has been visible for five years. « It’s no wonder, » he adds, since more immigrants have arrived during that time. Futhermore, he says, when compared to the German population, immigrants are more frequently young and male and are more likely to live in a large city, lack education, be unemployed and have no income. « These can all be factors that promote criminal behavior. » During the first half of 2017, Pickert says, about one-fifth of all sex crimes were committed by immigrants living in refugee housing. About 20 percent of all victims were themselves refugees, he says. This means that, at least proportionally speaking, other refugees are at particular risk of becoming victims of sexual assaults by immigrants. So, what can be done to counter this development? « Just because a certain segment of the population is conspicuous for the number of sex crimes it commits doesn’t mean we need new answers, » argues Martin Rettenberger, the director of the Center for Criminology. He says that some of the immigrants come from societies where sex offenses are more rarely punished, where these kinds of crimes are committed more frequently. « But most people quickly adapt their behaviors to their new social environment, » Rettenberger says. « Social values and norms that were once internalized can still be changed. Arabs or Africans are not intrinsically more likely to commit assaults than Europeans. » In the United States, he notes, five times as many people are victims of intentional homicide than in Germany. « And yet nobody would say Americans are more violent than Germans. » What’s key, he believes, is the background of the individual. He notes that many sex offenders have impaired impulse control, often combined with low self-esteem. In a particularly high number of cases, perpetrators have unstable personalities or have suffered trauma — and many aren’t subject to the natural controls exerted by close social relationships, having fled to Germany on their own. Unsurprisingly, such factors are more present among refugees than among other segments of the population. The « only long-term solution, if we want safety, » Rettenberger argues, is sustainable integration: education, jobs and social assistance. « I can understand any citizen who doesn’t feel like investing more money into potential sexual offenders. But I expect more from the politicians. » Der Spiegel
Si nous regardons la question de l’emploi, nous voyons que, toutes catégories confondues, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi s’élève à 6 255 800 personnes. Une économie en sous-emploi n’est pas en mesure d’absorber des millions de migrants. N’oublions pas que les vagues d’immigration des années 50-60 arrivaient dans une France en plein boom économique et où le chômage n’existait pas. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Mais surtout, l’immigration de masse pose un problème identitaire et culturel. L’Homme n’est pas qu’un homo economicus désincarné, sans histoire ni racines ; il est avant tout un être de culture. La culture européenne -fille de l’Antiquité, du judéo-christianisme et des Lumières- risque d’être submergée par des populations dont le mode de vie est incompatible avec le mode de vie européen et dont la présence massive sur notre sol ne peut aboutir qu’à des tensions. L’immigration de masse sape la cohérence, l’unité et la solidarité des sociétés occidentales. Au lieu d’une société unie, l’immigration fragmente le corps social en une multitude de communautés indifférentes, voire hostiles, les unes aux autres. Certains membres des minorités (pas tous heureusement!) refusent de s’intégrer et basculent dans la délinquance, leur haine de notre pays pouvant aller jusqu’au terrorisme. Cette crise identitaire risque bien de se transformer en crise politique. D’une part, on constate partout en Europe l’inquiétante progression des mouvements extrémistes – en Allemagne, en France, en Italie, en Grèce…. Ce phénomène politique est une conséquence directe de l’immigration. (…) Il y a quelque chose de paradoxal chez les bonnes âmes bien pensantes qui à la fois fustigent les partis extrémistes et soutiennent l’immigration. Cela est incohérent. En effet, c’est l’immigration qui nourrit les partis extrémistes et risque un jour de les amener au pouvoir. D’autre part, la crise migratoire risque de détruire l’Union européenne. 73 % des Européens considèrent que l’UE ne les protège pas. Partout, l’immigration favorise la montée des populismes. Au Royaume-Uni, le vote en faveur du Brexit s’explique en grande partie par le rejet de l’immigration. Les pays d’Europe centrale refusent tout diktat de Berlin leur enjoignant d’accepter des migrants sur son sol. L’Italie n’en peut plus, qui a vu plus de 70 000 migrants illégaux débarquer sur ses côtes depuis 2013. (…) Nous devons réduire massivement l’immigration. Pour atteindre cet objectif, nous devons reprendre le contrôle de nos frontières, suspendre le regroupement familial, lutter drastiquement contre l’immigration clandestine, rétablir la double peine. Toute personne étrangère qui commet un acte de violence ou connaît un début de criminalisation doit être aussitôt expulsée. Pour l’immigration illégale, terrorisons les passeurs en démantelant leurs réseaux, en menant des actions de guerre contre eux et en leur infligeant des peines drastiques lorsque nous les capturons. Montrons bien aux migrants que leur démarche est vaine en leur refusant systématiquement tout titre de séjour et toute aide sociale. Cela nous permettra d’arrêter l’appel d’air européen. Et faisons le savoir dans leurs pays pour décourager les tentatives. À cela doit s’ajouter, dans la plus pure tradition gaulliste, une politique humaniste, solidaire et active de codéveloppement avec les pays pauvres afin de leur permettre un développement économique, respectueux de l’environnement, créateur d’emplois et réducteur d’inégalités, de façon à réduire la tentation du départ. Nous devons aussi cesser les aventures néocoloniales dans les pays du Moyen-Orient. Sans la catastrophique Guerre en Irak en 2003, il n’y aurait pas eu Daech ni les hordes de migrants syriens et irakiens de l’été 2015. En Libye, Kadhafi n’était peut-être pas très sympathique, mais il nous rendait service en servant de verrou face à l’immigration. (…) Les nouvelles priorités sont limpides: reconstruire un État en Libye et aider ses forces armées à combattre les trafiquants d’êtres humains et à sécuriser ses frontières méridionales dans le Fezzan ; déployer, aux côtés de la marine nationale de Libye, et dans ses eaux territoriales, des navires de surveillance européens capables de ramener les naufragés ou les dinghies surchargés d’êtres humains vers leur rivage d’origine. Le littoral libyen était naguère équipé de radars de surveillance que l’Union européenne avait financés. Ils furent détruits par des frappes franco-britanniques durant la guerre de 2011 contre le régime de Kadhafi. La coopération militaire, policière, humanitaire, avec les autres États d’Afrique du nord doit évidemment se poursuivre. En Afrique noire, il faut en même temps accroître l’aide économique de l’Union européenne et la soumettre à condition. Tout d’abord, il faut être sûr que cette aide bénéficie bien aux populations et ne soit pas détournée par des administrations ou des gouvernements corrompus. Ensuite, il faut lier cette aide, c’est-à-dire la conditionner, à la mise en place d’un planning familial efficace. Soixante ans de coopération technique européenne avec l’Afrique n’ont pas réussi à y greffer le concept pourtant élémentaire de planning familial. (…) Le but de cette aide n’est pas d’industrialiser l’Afrique (ce qui ne ferait qu’augmenter les déséquilibres et donc accroître l’immigration) mais de développer des projets locaux, respectueux des sociétés traditionnelles (microcrédit, circuits courts, agriculture vivrière, biologique et équitable…). (…) C’est un jeu auquel tout le monde perd. Le trafic d’êtres humains sur lequel repose aujourd’hui l’immigration africaine est profondément délétère à la fois pour les États africains et pour les États européens. Comme je l’ai dit, l’Europe y perd sur les plans économique, culturel, sécuritaire et identitaire. L’Afrique y perd, car elle se vide de sa sève. L’émigration prive l’Afrique d’une jeunesse intelligente, entreprenante et débrouillarde. Car les 3000 euros qu’il faut payer pour le trajet y représentent une somme considérable à rassembler. Dans les pays du Continent noir, c’est un beau capital de départ pour créer une affaire, pour creuser un puits dans un village, ou pour monter une installation photovoltaïque. Bien souvent, les migrants ne sont pas les plus pauvres mais des membres de la petite classe moyenne. Dans les pays de transition comme le Niger, le trafic attire des jeunes pressés de faire fortune, les éloignant de l’élevage, de l’agriculture, de l’artisanat. Il n’est pas sain que les villages africains vivent dans l’attente des mandats qu’envoient ou qu’enverront les migrants une fois arrivés en Europe, plutôt que de chercher à se développer par eux-mêmes. Il est vital que les aides financières de l’Union européenne pour le Sahel et l’Afrique centrale aillent dans des actions qui combattent l’économie de trafic, mais aussi dans des projets agricoles ou énergétiques capables de fixer les populations sur leurs terres ancestrales. Enfin, les migrants eux-mêmes sont perdants. Ils déboursent de l’argent pour voir leurs rêves déçus. Ils attendaient le Paradis et se retrouvent perdus dans des pays où leur situation est très difficile. Les seuls gagnants, ce sont les passeurs. (…) Les passeurs sont des bandes mafieuses sans scrupule, qui promettent monts et merveilles aux migrants avant de se livrer aux pires exactions sur eux (escroquerie, racket, violences, viols, abandon en pleine mer…). Aujourd’hui, ce sont les mêmes réseaux mafieux qui procèdent indifféremment au trafic d’armes (destinées aux djihadistes), à l’acheminement de la drogue vers l’Europe, au trafic des êtres humains. Les passeurs – ces nouveaux Barbaresques – ont une méthode éprouvée. Ils entassent les candidats aux voyages dans des canots pneumatiques de fortune ; ils les poussent jusqu’aux eaux internationales à 12 nautiques du rivage libyen ; ensuite ils émettent un SOS ou appellent un centre de secours italien pour indiquer qu’un naufrage est imminent ; puis ils s’en retournent dans leurs repaires, abandonnant à leur sort leurs malheureux passagers, souvent sans eau douce ni nourriture. Le reste du voyage ne coûte plus rien aux passeurs, puisqu’il est pris en charge par les navires des marines ou des ONG européennes. Pourquoi ces derniers ne ramènent pas simplement les naufragés vers les ports les plus proches du littoral libyen? Parce qu’ils considèrent qu’il s’agirait d’un refoulement contraire au droit humanitaire international. Les nouveaux Barbaresques le savent bien, qui sont passés maîtres dans l’art d’exploiter le vieux sentiment de charité chrétienne de cette Europe si riche, si bien organisée, si sociale. (…) Sans le vouloir, certaines ONG participent, de manière gratuite, à un immense trafic, qui a dépassé depuis longtemps en chiffre d’affaires le trafic de stupéfiants. Les ONG détournent le droit d’asile. Le meilleur moyen de s’installer en Europe pour un immigré illégal est de se faire passer pour un réfugié politique et d’invoquer le droit d’asile. Celui-ci a été forgé par les Français de 1789 pour accueillir les étrangers persécutés dans leurs pays pour avoir défendu les idéaux de la Révolution française. Le droit d’asile ne peut concerner que des individus, et non pas des groupes. Il ne peut s’appliquer qu’à des gens engagés politiquement et visés personnellement à cause de leur engagement. Il ne saurait valoir pour des gens qui fuient la misère ou même la guerre. Or, on assiste aujourd’hui à un détournement massif du droit d’asile, car l’écrasante majorité des réfugiés sont des réfugiés économiques. Une fois qu’il a mis le pied sur le sol européen, le migrant sait qu’il pourra y rester à loisir, car les reconduites forcées vers l’Afrique sont statistiquement rares. Pour comprendre le problème des ONG, il faut revenir à la distinction du sociologue allemand Max Weber entre éthique de conviction et éthique de responsabilité. Ceux qui agissent selon une éthique de conviction sont certains d’eux-mêmes et agissent doctrinalement. Ils suivent des principes sans regarder les conséquences de leurs actes. Au contraire, l’éthique de responsabilité repose sur le réalisme, le pragmatisme et l’acceptation de répondre aux conséquences de ses actes. Aujourd’hui, les ONG qui viennent au secours des migrants sont dans l’éthique de conviction. Elles déposent les migrants sur les côtes italiennes et s’offrent un frisson narcissique en jouant au sauveteur. Mais après elles n’assurent pas la suite du service: elles ne se demandent pas ce que devient le migrant en question ni quelles sont les conséquences politiques et culturelles de ces migrations sur l’Europe. Pour sortir de la facilité, les membres des ONG devraient héberger eux-mêmes les migrants, les éduquer, leur trouver du travail. Peut-être auraient-ils une autre attitude (…) L’arrivée incontrôlée et en masse de migrants peu au fait de la culture européenne déstabilise profondément les États de l’UE, comme on l’a vu avec le vote référendaire britannique et le vote législatif italien. Dans les années cinquante et soixante, les peuples européens se sont exprimés par les urnes pour accepter les indépendances des ex-colonies. En revanche on ne les a jamais consultés démocratiquement sur l’immigration, qui est le phénomène social le plus important qu’ils aient connu depuis la seconde guerre mondiale. En France, la décision d’État la plus importante du dernier demi-siècle porte aussi sur la question migratoire. C’est le regroupement familial. Il a changé le visage de la société française. Il est fascinant qu’une décision aussi cruciale ait été prise sans le moindre débat démocratique préalable. Il s’agit d’un décret simple d’avril 1976, signé par le Premier ministre Jacques Chirac et contresigné par Paul Dijoud. Ce ne fut donc ni un sujet de débat, ni l’objet d’un référendum, ni une loi discutée par des représentants élus, ni même un décret discuté en Conseil des Ministres, mais un décret simple comme le Premier Ministre en prend chaque jour sur des sujets anodins. Cette mesure provoqua immédiatement un afflux très important de jeunes personnes en provenance de nos anciennes colonies d’Afrique du nord. Consultés par référendum par le général de Gaulle – qui ne voulait pas d’un «Colombey-les-deux-Mosquées» -, les Français ont accepté, en 1962, de se séparer de leurs départements d’Algérie, où une insurrection arabe brandissant le drapeau de l’islam avait surgi huit ans auparavant. Cinquante-six ans plus tard, ils voient les titres inquiets de leurs journaux: «450 islamistes vont être libérés de prison!». Ils s’aperçoivent alors qu’on leur a imposé en France une société multiculturelle, sans qu’ils l’aient réellement choisie. Jamais les Français ne furent interrogés sur l’immigration de masse, le multiculturalisme et le regroupement familial. De même, Angela Merkel (qui avait pourtant reconnu l’échec du multiculturalisme allemand en 2010) n’a pas jugé bon de consulter son peuple lorsqu’elle déclara unilatéralement que l’Allemagne accueillerait 800 000 migrants. Pourtant il s’agit là de choses fondamentales qui concernent à la fois la vie quotidienne des citoyens et l’identité profonde du pays. (…) dans une démocratie qui fonctionne, le minimum est que la population soit consultée sur l’ampleur du multiculturalisme qu’elle aura ensuite à gérer sur le long terme. Renaud Girard

Attention: un déni peut en cacher un autre !

A l’heure où déjà submergée par l’arrivée massive des millions de migrants des années 2015-2016 …

Une Europe de plus en plus divisée voit ses dirigeants dénoncer la haine qu’ils ont eux-mêmes semée chez leurs concitoyens par leur laxisme immigrationniste …

Qui rappelle que des ONG occidentales s’engagent désormais ouvertement pour faciliter – avec les risques de mortalité accrue que l’on sait pour les migrants – la tâche des passeurs et des mafias qui approvisionnent en chair fraiche les rues et les eros centers allemands ou italiens …

Qui s’étonne que fuyant la « misère sexuelle » et attirés par « l’impudeur et la luxure de l’Occident » tant de jeunes « réfugiés » musulmans hésitent à gagner ces pays arabes riches qui pourtant leur tendent les bras …

Qui ose encore dire avec l’éditorialiste du Figaro Renaud Girard

Au-delà de son obsession de la guerre d’Irak dont ce n’est pas tant l’invasion (par Bush) mais son abandon (par Obama) qui a généré l’Etat islamique…

Et contre l’angélisme de nos belles âmes et les intérêts bien compris de nos industriels en manque de main d’oeuvre bon marché pour qui, oubliant commodément – entre deux attaques au couteau ou à la voiture-bélier de « déséquilibrés » – les coûts annexes sociaux et culturels, ce sont les frontières qui créent les problèmes

Non seulement le scénario perdant-perdant qu’est devenue, entre une Afrique incapable de contrôler sa démographie qui se vide de ses forces vives et une Europe déstabilisée sur les plans économique, culturel, sécuritaire et identitaire, l’immigration de masse incontrôlée …

Mais le véritable déni de démocratie que constitue, de la part de nos dirigeants et élites protégés, son imposition à l’ensemble des populations qui doivent désormais en subir les conséquences ?

Renaud Girard : « L’immigration de masse est un scénario perdant-perdant »
Jean-Loup Bonnamy/Renaud Girard
31/08/2018
FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Alors que la question de la crise migratoire occupe l’espace médiatique et le débat public, Renaud Girard analyse les conséquences de l’immigration massive sur les pays d’Europe comme ceux d’Afrique.

Renaud Girard est correspondant de guerre et chroniqueur international du Figaro.
FIGAROVOX.- Aujourd’hui, le continent africain connaît une explosion démographique et l’Europe vieillit. Pourquoi ne pas tout simplement accepter l’immigration?

Renaud GIRARD.- Il est évident que les pays européens n’ont plus les moyens économiques, sociaux et politiques d’accueillir toute la misère du monde.

Prenons le cas de la France. Si nous regardons la question de l’emploi, nous voyons que, toutes catégories confondues, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi s’élève à 6 255 800 personnes. Une économie en sous-emploi n’est pas en mesure d’absorber des millions de migrants. N’oublions pas que les vagues d’immigration des années 50-60 arrivaient dans une France en plein boom économique et où le chômage n’existait pas. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Mais surtout, l’immigration de masse pose un problème identitaire et culturel. L’Homme n’est pas qu’un homo economicus désincarné, sans histoire ni racines ; il est avant tout un être de culture. La culture européenne -fille de l’Antiquité, du judéo-christianisme et des Lumières- risque d’être submergée par des populations dont le mode de vie est incompatible avec le mode de vie européen et dont la présence massive sur notre sol ne peut aboutir qu’à des tensions. L’immigration de masse sape la cohérence, l’unité et la solidarité des sociétés occidentales. Au lieu d’une société unie, l’immigration fragmente le corps social en une multitude de communautés indifférentes, voire hostiles, les unes aux autres. Certains membres des minorités (pas tous heureusement!) refusent de s’intégrer et basculent dans la délinquance, leur haine de notre pays pouvant aller jusqu’au terrorisme.

Cette crise migratoire peut-elle avoir de graves conséquences politiques?

Cette crise identitaire risque bien de se transformer en crise politique.

D’une part, on constate partout en Europe l’inquiètante progression des mouvements extrêmistes – en Allemagne, en France, en Italie, en Grèce…. Ce phénomène politique est une conséquence directe de l’immigration. Dans les années 70, le Front National était un obscur groupuscule de nostalgiques de l’Algérie française. Sa percée électorale à partir du début des années 80 s’explique par l’immigration massive et les craintes qu’elle suscite. Il y a quelque chose de paradoxal chez les bonnes âmes bien pensantes qui à la fois fustigent les partis extrêmistes et soutiennent l’immigration. Cela est incohérent. En effet, c’est l’immigration qui nourrit les partis extrêmistes et risque un jour de les amener au pouvoir.

D’autre part, la crise migratoire risque de détruire l’Union européenne. 73 % des Européens considèrent que l’UE ne les protège pas. Partout, l’immigration favorise la montée des populismes. Au Royaume-Uni, le vote en faveur du Brexit s’explique en grande partie par le rejet de l’immigration. Les pays d’Europe centrale refusent tout diktat de Berlin leur enjoignant d’accepter des migrants sur son sol. L’Italie n’en peut plus, qui a vu plus de 70 000 migrants illégaux débarquer sur ses côtes depuis 2013.

Sa générosité a des limites. Son nouveau ministre de l’Intérieur a prévenu que l’Europe institutionnelle jouait son existence même sur la question migratoire. Venant de la part d’un pays fondateur du Marché commun, c’est un message qu’il faut prendre au sérieux.

Mais alors comment s’y prendre concrètement pour régler le problème migratoire?

Nous devons réduire massivement l’immigration.

Pour atteindre cet objectif, nous devons reprendre le contrôle de nos frontières, suspendre le regroupement familial, lutter drastiquement contre l’immigration clandestine, rétablir la double peine. Toute personne étrangère qui commet un acte de violence ou connaît un début de criminalisation doit être aussitôt expulsée.

Pour l’immigration illégale, terrorisons les passeurs en démantelant leurs réseaux, en menant des actions de guerre contre eux et en leur infligeant des peines drastiques lorsque nous les capturons. Montrons bien aux migrants que leur démarche est vaine en leur refusant systématiquement tout titre de séjour et toute aide sociale. Cela nous permettra d’arrêter l’appel d’air européen. Et faisons le savoir dans leurs pays pour décourager les tentatives.

À cela doit s’ajouter, dans la plus pure tradition gaulliste, une politique humaniste, solidaire et active de codéveloppement avec les pays pauvres afin de leur permettre un développement économique, respectueux de l’environnement, créateur d’emplois et réducteur d’inégalités, de façon à réduire la tentation du départ.

Nous devons aussi cesser les aventures néocoloniales dans les pays du Moyen-Orient. Sans la catastrophique Guerre en Irak en 2003, il n’y aurait pas eu Daech ni les hordes de migrants syriens et irakiens de l’été 2015. En Libye, Kadhafi n’était peut-être pas très sympathique, mais il nous rendait service en servant de verrou face à l’immigration.

De manière plus précise, quelles sont les priorités pour faire face à l’afflux de migrants africains traversant la Méditerranée depuis les côtes libyennes?

Les nouvelles priorités sont limpides: reconstruire un État en Libye et aider ses forces armées à combattre les trafiquants d’êtres humains et à sécuriser ses frontières méridionales dans le Fezzan ; déployer, aux côtés de la marine nationale de Libye, et dans ses eaux territoriales, des navires de surveillance européens capables de ramener les naufragés ou les dinghies surchargés d’êtres humains vers leur rivage d’origine. Le littoral libyen était naguère équipé de radars de surveillance que l’Union européenne avait financés. Ils furent détruits par des frappes franco-britanniques durant la guerre de 2011 contre le régime de Kadhafi. La coopération militaire, policière, humanitaire, avec les autres États d’Afrique du nord doit évidemment se poursuivre.

En Afrique noire, il faut en même temps accroître l’aide économique de l’Union européenne et la soumettre à condition. Tout d’abord, il faut être sûr que cette aide bénéficie bien aux populations et ne soit pas détournée par des administrations ou des gouvernements corrompus. Ensuite, il faut lier cette aide, c’est-à-dire la conditionner, à la mise en place d’un planning familial efficace. Soixante ans de coopération technique européenne avec l’Afrique n’ont pas réussi à y greffer le concept pourtant élémentaire de planning familial.

«Si nous ne réduisons pas la taille de nos familles, notre pays continuera à souffrir de la pauvreté parce que les ressources disponibles ne pourront plus couvrir nos besoins», a reconnu Jonathan Goodluck, ancien président (2010-2015) du Nigeria. C’est de ce pays aux richesses naturelles fabuleuses, mais mal gérées et mal partagées depuis l’indépendance en 1960, que proviennent aujourd’hui le plus grand nombre de ces jeunes immigrants illégaux qui essaient par tous les moyens d’atteindre les rivages du nord de la Méditerranée. Le Nigeria comptait 34 millions d’habitants en 1960. Il en compte aujourd’hui presque 200 millions. Enfin, il faut orienter cette aide vers un développement de projets agricoles et énergétiques concrets, capables de nourrir et retenir chez elles les familles africaines. Le but de cette aide n’est pas d’industrialiser l’Afrique (ce qui ne ferait qu’augmenter les déséquilibres et donc accroître l’immigration) mais de développer des projets locaux, respectueux des sociétés traditionnelles (microcrédit, circuits courts, agriculture vivrière, biologique et équitable…).

Vous dites que l’immigration de masse est un «scénario perdant-perdant». Pouvez-nous nous expliquer ce concept?

C’est un jeu auquel tout le monde perd. Le trafic d’êtres humains sur lequel repose aujourd’hui l’immigration africaine est profondément délétère à la fois pour les États africains et pour les États européens.

Comme je l’ai dit, l’Europe y perd sur les plans économique, culturel, sécuritaire et identitaire.

L’Afrique y perd, car elle se vide de sa sève. L’émigration prive l’Afrique d’une jeunesse intelligente, entreprenante et débrouillarde. Car les 3000 euros qu’il faut payer pour le trajet y représentent une somme considérable à rassembler. Dans les pays du Continent noir, c’est un beau capital de départ pour créer une affaire, pour creuser un puits dans un village, ou pour monter une installation photovoltaïque. Bien souvent, les migrants ne sont pas les plus pauvres mais des membres de la petite classe moyenne. Dans les pays de transition comme le Niger, le trafic attire des jeunes pressés de faire fortune, les éloignant de l’élevage, de l’agriculture, de l’artisanat. Il n’est pas sain que les villages africains vivent dans l’attente des mandats qu’envoient ou qu’enverront les migrants une fois arrivés en Europe, plutôt que de chercher à se développer par eux-mêmes. Il est vital que les aides financières de l’Union européenne pour le Sahel et l’Afrique centrale aillent dans des actions qui combattent l’économie de trafic, mais aussi dans des projets agricoles ou énergétiques capables de fixer les populations sur leurs terres ancestrales.

Enfin, les migrants eux-mêmes sont perdants. Ils déboursent de l’argent pour voir leurs rêves déçus. Ils attendaient le Paradis et se retrouvent perdus dans des pays où leur situation est très difficile.

Les seuls gagnants, ce sont les passeurs.

Justement, parmi les acteurs centraux de cette immigration illégale, il y a les passeurs…

Les passeurs sont des bandes mafieuses sans scrupule, qui promettent monts et merveilles aux migrants avant de se livrer aux pires exactions sur eux (escroquerie, racket, violences, viols, abandon en pleine mer…).

Aujourd’hui, ce sont les mêmes réseaux mafieux qui procèdent indifféremment au trafic d’armes (destinées aux djihadistes), à l’acheminement de la drogue vers l’Europe, au trafic des êtres humains.

Les passeurs – ces nouveaux Barbaresques – ont une méthode éprouvée. Ils entassent les candidats aux voyages dans des canots pneumatiques de fortune ; ils les poussent jusqu’aux eaux internationales à 12 nautiques du rivage libyen ; ensuite ils émettent un SOS ou appellent un centre de secours italien pour indiquer qu’un naufrage est imminent ; puis ils s’en retournent dans leurs repaires, abandonnant à leur sort leurs malheureux passagers, souvent sans eau douce ni nourriture. Le reste du voyage ne coûte plus rien aux passeurs, puisqu’il est pris en charge par les navires des marines ou des ONG européennes. Pourquoi ces derniers ne ramènent pas simplement les naufragés vers les ports les plus proches du littoral libyen? Parce qu’ils considèrent qu’il s’agirait d’un refoulement contraire au droit humanitaire international. Les nouveaux Barbaresques le savent bien, qui sont passés maîtres dans l’art d’exploiter le vieux sentiment de charité chrétienne de cette Europe si riche, si bien organisée, si sociale.

Quel regard portez-vous sur les ONG?

Sans le vouloir, certaines ONG participent, de manière gratuite, à un immense trafic, qui a dépassé depuis longtemps en chiffre d’affaires le trafic de stupéfiants.

Les ONG détournent le droit d’asile. Le meilleur moyen de s’installer en Europe pour un immigré illégal est de se faire passer pour un réfugié politique et d’invoquer le droit d’asile. Celui-ci a été forgé par les Français de 1789 pour accueillir les étrangers persécutés dans leurs pays pour avoir défendu les idéaux de la Révolution française. Le droit d’asile ne peut concerner que des individus, et non pas des groupes. Il ne peut s’appliquer qu’à des gens engagés politiquement et visés personnellement à cause de leur engagement. Il ne saurait valoir pour des gens qui fuient la misère ou même la guerre. Or, on assiste aujourd’hui à un détournement massif du droit d’asile, car l’écrasante majorité des réfugiés sont des réfugiés économiques. Une fois qu’il a mis le pied sur le sol européen, le migrant sait qu’il pourra y rester à loisir, car les reconduites forcées vers l’Afrique sont statistiquement rares.

Pour comprendre le problème des ONG, il faut revenir à la distinction du sociologue allemand Max Weber entre éthique de conviction et éthique de responsabilité. Ceux qui agissent selon une éthique de conviction sont certains d’eux-mêmes et agissent doctrinalement. Ils suivent des principes sans regarder les conséquences de leurs actes. Au contraire, l’éthique de responsabilité repose sur le réalisme, le pragmatisme et l’acceptation de répondre aux conséquences de ses actes.

Aujourd’hui, les ONG qui viennent au secours des migrants sont dans l’éthique de conviction. Elles déposent les migrants sur les côtes italiennes et s’offrent un frisson narcissique en jouant au sauveteur. Mais après elles n’assurent pas la suite du service: elles ne se demandent pas ce que devient le migrant en question ni quelles sont les conséquences politiques et culturelles de ces migrations sur l’Europe. Pour sortir de la facilité, les membres des ONG devraient héberger eux-mêmes les migrants, les éduquer, leur trouver du travail. Peut-être auraient-ils une autre attitude.

Bien sûr, la compassion et la bienveillance sont des valeurs cardinales. Il n’est pas envisageable de laisser des gens se noyer en mer quand un navire les croise. Il faut les sauver. Mais il faut ensuite les redéposer sur les côtes libyennes, leur point de départ. Puisque de toute façon, leur présence en Europe est illégale.

Pourquoi les politiques migratoires européennes sont-elles selon vous un «déni de démocratie»?

L’arrivée incontrôlée et en masse de migrants peu au fait de la culture européenne déstabilise profondément les États de l’UE, comme on l’a vu avec le vote référendaire britannique et le vote législatif italien. Dans les années cinquante et soixante, les peuples européens se sont exprimés par les urnes pour accepter les indépendances des ex-colonies. En revanche on ne les a jamais consultés démocratiquement sur l’immigration, qui est le phénomène social le plus important qu’ils aient connu depuis la seconde guerre mondiale.

En France, la décision d’État la plus importante du dernier demi-siècle porte aussi sur la question migratoire. C’est le regroupement familial. Il a changé le visage de la société française. Il est fascinant qu’une décision aussi cruciale ait été prise sans le moindre débat démocratique préalable. Il s’agit d’un décret simple d’avril 1976, signé par le Premier ministre Jacques Chirac et contresigné par Paul Dijoud. Ce ne fut donc ni un sujet de débat, ni l’objet d’un référendum, ni une loi discutée par des représentants élus, ni même un décret discuté en Conseil des Ministres, mais un décret simple comme le Premier Ministre en prend chaque jour sur des sujets anodins. Cette mesure provoqua immédiatement un afflux très important de jeunes personnes en provenance de nos anciennes colonies d’Afrique du nord.

Consultés par référendum par le général de Gaulle – qui ne voulait pas d’un «Colombey-les-deux-Mosquées» -, les Français ont accepté, en 1962, de se séparer de leurs départements d’Algérie, où une insurrection arabe brandissant le drapeau de l’islam avait surgi huit ans auparavant. Cinquante-six ans plus tard, ils voient les titres inquiets de leurs journaux: «450 islamistes vont être libérés de prison!». Ils s’aperçoivent alors qu’on leur a imposé en France une société multiculturelle, sans qu’ils l’aient réellement choisie. Jamais les Français ne furent interrogés sur l’immigration de masse, le multiculturalisme et le regroupement familial.

De même, Angela Merkel (qui avait pourtant reconnu l’échec du multiculturalisme allemand en 2010) n’a pas jugé bon de consulter son peuple lorsqu’elle déclara unilatéralement que l’Allemagne accueillerait 800 000 migrants. Pourtant il s’agit là de choses fondamentales qui concernent à la fois la vie quotidienne des citoyens et l’identité profonde du pays.

La démocratie ne consiste-t-elle pas à interroger les populations sur les choses les plus importantes? La démocratie ne sert-elle pas à ce que les peuples puissent décider librement de leurs destins? On peut fort bien soutenir que le brassage culturel enrichit les sociétés modernes. Mais, dans une démocratie qui fonctionne, le minimum est que la population soit consultée sur l’ampleur du multiculturalisme qu’elle aura ensuite à gérer sur le long terme.

Voir aussi:

L’identité allemande plus divisée que jamais
L’identité allemande plus divisée que jamais
Madeleine Rouot

Les Echos

30/08/2018

DANS LA PRESSE ETRANGERE: Selon le « Spiegel », l’Allemagne souffre d’une crise identitaire, avec deux courants antagonistes : les « tolérants excessifs » et les « nationalistes alarmistes ».
« Hitler est-il vraiment de retour ? », s’interroge le « Spiegel », préoccupé par l’état de l’identité allemande après les manifestations d’extrême droite anti-immigration en début de semaine. « Pas Hitler lui-même… », répond Timur Vermes, écrivain allemand interrogé par le magazine allemand, « … mais l’AfD [le parti nationaliste Alternative pour l’Allemagne, NDLR] n’a aucun problème avec le fait qu’un grand nombre de ses partisans soient nazis ».

La peur d’un retour en force du national-socialisme est de plus en plus récurrente dans les milieux de gauche dont fait partie l’écrivain. Mais c’est « un milieu qui entretient exactement le genre de polarisation qu’elle accuse la droite de créer », analyse l’article. Elle cultive une forme d’arrogance morale, où tous ceux qui critiquent les réfugiés sont perçus comme « extrémistes » ou « ultranationalistes ». « J’aimerais entendre des critiques contre la politique des réfugiés de Mme Merkel ailleurs qu’à l’AfD », confie Ahmad Mansour, un écrivain allemand. Mais le sujet est devenu tabou et inabordable dans les milieux centristes. La gauche allemande aurait donc, elle aussi, une part de responsabilité dans l’essor des mouvements radicaux.

Le débat sur l’intégration n’implique aujourd’hui plus que deux courants de pensée : d’un côté « les tolérants excessifs », gardant en mémoire les ravages du nazisme, et de l’autre « les alarmistes » nationalistes, qui réagissent violemment à l’impression d’un afflux migratoire. L’Allemagne devient « un pays où la communication politique n’est plus que prise de position idéologique » entre moralisateurs et nationalistes, affirme l’article. Ce qui apporte finalement peu de solutions concrètes pour l’avenir du pays.

Voir également:

Manifestations anti-migrants en Allemagne : Merkel dénonce «la haine de la rue»
International|V.I.A avec AFP

Le Parisien

28 août 2018

La chancelière a réagi aux incidents survenus dimanche et lundi à Chemnitz, lors de manifestations d’extrême droite contre les étrangers.
Angela Merkel n’a pas mâché ses mots. Les images des manifestations à Chemnitz de ces deux derniers jours « n’ont pas leur place dans un Etat de droit », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Berlin avec son homologue croate.

De l’émoi à la haine
Évoquant les scènes d’agression d’étrangers par des sympathisants d’extrême droite dimanche à Chemnitz, la chancelière a parlé de « chasses collectives ». Plusieurs vidéos font état de manifestants remontés, pourchassant et s’en prenant physiquement à des étrangers le long du parcours.

A l’origine de ce déferlement de haine, la mort d’un Allemand de 35 ans, poignardé dimanche matin en marge d’une fête locale. Les deux suspects de cet homicide, un Syrien de 22 ans et un Irakien de 23 ans, sont soupçonnés d’avoir « sans justification, à plusieurs reprises, porté des coups de couteau à la victime, à la suite d’une altercation », selon le Parquet. Des centaines de personnes s’étaient spontanément rassemblées pour appeler le gouvernement allemand à garantir « la sécurité des Allemands ». Une manifestation marquée par l’agression d’étrangers et de policiers.

Lundi, un nouveau rassemblement à l’initiative de Pegida et de l’Alternative pour l’Allemagne (AFD) – deux formations politiques d’extrême droite – a réuni plus de 6000 sympathisants. Outre les violentes attaques dont ils ont fait l’objet, les policiers ont fait état de plusieurs manifestants faisant le salut hitlérien.

Le réveil des radicalités
Pour le parti social-démocrate, membre de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel, ces manifestations s’inscrivent dans un contexte de raidissement idéologique au plan national et international. Pour l’extrême droite allemande, cet événement est l’occasion de mobiliser l’opinion contre l’immigration et la politique du gouvernement d’Angela Merkel, à qui elle reproche d’avoir laissé entrer plus d’un million de demandeurs d’asile venant notamment de Syrie et d’Irak, en 2015 et 2016.

L’hebdomadaire allemand Der Spiegel va jusqu’à comparer ces démonstrations de force à « la situation de la République de Weimar ». Une référence au régime politique démocratique né en Allemagne dans le sillage de la Première Guerre mondiale, qui dut affronter régulièrement des tentatives de déstabilisation dans la rue et finit par disparaître lors de la prise du pouvoir d’Adolf Hitler en 1933.

« Une menace pour la cohésion de nos sociétés »
Pour le chef de la diplomatie, Heiko Maas, ce sursaut d’extrême droite doit être pris au sérieux : « Il représente une menace pour la cohésion de nos sociétés. Nous devons tout faire pour défendre […] la démocratie et la liberté, pas seulement à Chemnitz, mais partout dans le monde ». Josef Schuster, le chef du Comité central des Juifs en Allemagne, a lui aussi exprimé ses inquiétudes, jugeant que « chaque citoyen avait le devoir de s’élever contre les mouvances d’extrême droite ».

Mardi après-midi, une nouvelle manifestation prévue à Dresde, où l’extrême droite est fortement implantée, n’a rencontré que peu d’écho.

Voir encore:

Crime families have cashed in on the ‘refugee industry’.

Barbie Latza Nadeau

Joy, a young Nigerian woman, was standing in the street outside the sprawling, overcrowded Cara di Mineo reception centre for asylum seekers in central Sicily, waiting for someone to pick her up when I met her. It was late summer 2016, and the weather was still hot. She said she was 18, but looked much younger. She was wearing a faded denim jacket over a crisp white T-shirt and tight jeans, and six or seven strings of colourful beads were wrapped around her neck. A gold chain hung from her left wrist, a gift from her mother.

As we spoke, a dark car came into view and she took a couple of steps away from me to make sure whoever was driving saw her, and saw that she was alone. There were a handful of other migrants loitering along the road. The approaching car didn’t slow down, so Joy came back over to me and carried on our conversation.

The oldest of six children, Joy (not her real name) told me she had left her family in a small village in Edo state in Nigeria at the age of 15, and gone to work for a wealthy woman who owned a beauty salon in Benin City. She had since come to suspect that her parents had sold her to raise money for their younger children. “They probably had no choice,” she said as she looked down the road toward the thick citrus groves that hid the coming traffic.

There were six other girls who worked for the woman, whom Joy said they called their maman, meaning “mother”. When Joy turned 16, she went through a ceremony that bound her to the maman by a curse: if she disobeyed the maman, her family would die. A few weeks later, she was told she was moving to Italy, where she would work for her maman’s sister. She believed she would be working in a hair salon. She was given €45 (£40) and a phone number to call once she got to Italy – but no name, no address, and no documents.

Joy’s new life would turn out to be nothing like what she had expected. Instead of working for a hairdresser, she fell into the trap set by traffickers who lure women into slavery and prostitution. More than 80% of women brought to Europe from Nigeria are unknowingly “sponsored” by sex traffickers who have paid for their journey, according to the International Organization for Migration (IOM). The rest will have paid the smugglers to get them to Europe, but once they get there, will be unlikely to escape the sex-trafficking rings.

After an appalling journey, via Tripoli, which took nearly three weeks, Joy arrived at the port of Augusta on Sicily’s east coast. She had no papers or passport. All she had was an Italian phone number, which her maman had stitched into the sleeve of her jacket. When the migrants got off the boat, an armed military policeman in a bulletproof vest stood guard as another patted them down and took knives from some of the men. Those with documents were taken to a large tent lined with army cots. One woman handed out shoes and flip-flops, and another gave them bruised yellow apples from a large metal tub. An officer used a black marker pen to write a number on the migrants’ left hands. Joy was number 323.

The new arrivals were divided into groups and put on buses. Joy’s bus headed to the Cara di Mineo migrant camp, one of the biggest in Europe. In this context, Cara stands for centro di accoglienza per richiedenti asilo, or asylum seekers reception centre; cara also means “dear” in Italian, but Mineo is not a place that makes people who have risked everything for a new chance at life feel cherished. About 70km from the coast in central Sicily, it is a hellish place where the vast majority of African migrants who arrive by sea start their lengthy journey to asylum. But often, before they can obtain legal status, they are claimed by the criminal underworld.

The site was built as luxury housing for US military personnel, but it is ill-equipped to deal with the number of migrants washing up on the shores of Sicily. (At last count, it housed 4,000 people.) Accommodation blocks are often so overcrowded that people have to sleep on the floor or in tents. The buildings are overrun by cockroaches and rats that feed off festering piles of garbage, while mangy, flea-infested dogs duck in and out of holes in the razor-wire fence. Mount Etna, and its steady stream of smoke, is clearly visible in the distance.

The centre has become a lawless place where people are easy prey for criminal gangs. The state funds these centres by giving them a sum of money for each asylum seeker, but many of them cut corners on food and other amenities, and pocket the profits. Low-level members of Italy’s various mafia organisations and Nigerian gangs come to the centre to recruit drug mules and petty criminals among the bored, idle men who have given up on the life they dreamed of when they crossed the sea.

Cara di Mineo, like the Sant’Anna asylum centre in Isola di Capo Rizzuto in Calabria, and others on the mainland, has also become a hunting ground for traffickers. Posing as asylum seekers, traffickers lure women out of the centre on the pretext of shopping trips or other excursions, and deliver them to the Nigerian women who control forced prostitution rings. They are then forced into sex work under the threat of violence, most of them – like Joy – terrorised by a curse that binds them into slavery. Several centres have become the subject of criminal investigations, revealing corruption at local and state level, and infiltration by powerful crime syndicates. Always quick to exploit new opportunities, the mafia is making vast profits off the backs of migrants.


Once Joy was taken off the bus in the reception centre with the other passengers, she was given a bed in a villa with 10 Nigerian women around her age. Most of them had come to Italy to work in hair salons, and all had contact numbers to call. A Catholic charity had given Italian phone cards to all those who had been rescued, which they could use to call home. Joy still had her jacket with the phone number sewn inside. The woman who answered the phone told her to apply for political asylum using a fake name and birthdate, and never to give the phone number she had just called to anyone.

She applied for asylum the morning after she arrived, using her own birth date and the name of her younger sister. Once migrants apply for asylum, they can come and go from the centre at designated times, while they wait for word about their application, which can take months. After three days, a man Joy didn’t recognise came to find her in the camp and told her she was to wait at a roundabout down the road from the entrance every morning, and eventually someone would come for her. Joy asked how she would know who was picking her up.

“You will know,” the man told her. “Just get into the car when it stops.”

It was at that roundabout that I met Joy. When I asked her what she thought would happen when she was picked up, she said she was sure she would be taken to a beauty salon owned by her maman’s sister, where she would be given a job as a hair braider, as she had been in Benin City. She said she might have to start by cleaning floors, but that she would work her way up. I asked her if she knew that a lot of girls like her ended up as sex workers. She said she had heard about Nigerian women who ended up as prostitutes after coming to Italy, and that she would “never do that”, no matter how desperate she got.

Eventually, she had to go back inside the compound, or risk missing her evening meal. Once again, her ride had not come. I wished her good luck and gave her my phone number, which she saved in her phone before walking through the sliding metal gate back inside the centre. Later I would regret not trying to warn her in a more concrete way. At the time, she was just one of so many young women I saw sliding into the abyss.

Many of the Nigerian women and girls rescued from the smugglers’ boats by charities or coastguard vessels are from small villages around Benin City. Most are single and travelling alone. Many of those trafficked for sex slavery are assured by their “sponsors” that they will take care of getting the necessary documents for them once they leave the centres. Others are provided with false personal details that they are told to use for their applications. Most of the trafficked women end up with fake documents provided by Italian organised-crime groups. The documents are another link in the chain that keeps the women trapped in sexual slavery, because the madams threaten to take them away if they try to escape.

In 2012, an investigation was opened into forced prostitution at Cara di Mineo, after doctors at the centre received a series of requests for abortions. In three months, the centre’s doctors performed 32 abortions on migrants – an increase of more than 200% on the year before. The authorities concluded that this was due to an increase in prostitution, along with a lack of birth control options. Because of the church’s influence over migrant care, contraception was not being distributed, and few migrants have the means to source their own. Some aid groups have since tried handing out condoms.

In December 2016, four Nigerian asylum seekers were arrested in Cara di Mineo, accused of drugging and raping a female resident. The woman had been told, like Joy, to wait on the street for someone to pick her up. Realising she was being put to work as a prostitute, she had refused to leave the camp. The men raped her as a warning – a typical punishment in sex trafficking. The theory is that if a woman realises that the penalty for refusing to prostitute herself is gang rape, she will likely agree that roadside sex is a better alternative. It is rare to meet a trafficked woman who has not been faced with this choice.

After the incident, Francesco Verzera, a prosecutor with jurisdiction over Cara di Mineo, appealed to the authorities to close down the camp, stating that overcrowding and lack of supervision is creating a dangerous criminal environment. “This sort of violence will become the norm if you continue to operate a community-based asylum centre with nearly 4,000 people,” he warned. “The crimes continue to get more violent, and the growing disregard for life is a clear sign of a deteriorating situation.”


The complex that houses Cara di Mineo was built in 2005 by the Pizzarotti Company of Parma, which is still the primary contractor for US defence logistics in Italy. It was built for officers stationed at the Sigonella naval air base about 40km away. The boulevards and tree-lined streets of the compound were meant to replicate a US suburb, complete with a recreation centre, supermarket, American-style steakhouse and a coffee and pastry shop. There was a baseball diamond and American football field, along with a non-denominational house of worship that doubled as a cinema. More than 400 villas were built to accommodate the standard family of five.

In 2011, the US navy gave up its $8.5m (£6m) annual lease and returned the property to Pizzarotti. The same year, during the height of the Arab spring, Silvio Berlusconi’s government decided to lease the complex as an asylum “hot spot”, for processing the growing number of asylum seekers coming to Italy. At that time, the complex was completely locked down, and the mostly Tunisian and Moroccan migrants were held until they were repatriated. Now the people inside are called “guests” and are free to come and go once they have applied for asylum.

Ghosts of the centre’s former life remain. The playground equipment scattered throughout the compound is rusty and in disrepair, now mostly used by men in their 20s who sit on the swings and lie on the slides, whiling away the long hours. The bar is now the medical centre, and the restaurant a canteen where migrants pick up rations of rice and bananas. The recreation room is now a makeshift school, and offices have become dormitories.

Inhabitants dry their laundry next to signs protesting against the Italian government, condemning the bad food and the time it takes to process asylum requests. The compound is guarded by military police who check the asylum seekers in and out, and keep out anyone who isn’t registered. The incentive to return each night runs beyond food and shelter. They come back for the promise of documents that will allow free movement through Europe’s passport-free Schengen zone, and the right to work. Still, dozens of people disappear each month, quickly replaced by new arrivals from Sicily’s ports.

The conditions are deplorable. Most of the villas house 15 to 20 people, sleeping in bunk beds or on mattresses on floors. The villas are falling apart, and the migrants are left to do what they can to take care of maintenance with scant tools. The stench of sewage permeates the grounds, attracting rodents and insects. There is no cleaning service other than in the administrative and kitchen areas. Some of the villas are burnt out, and others are missing windows or doors. After the Americans left, Pizzarotti removed many of the amentities – from washing machines and air-conditioning units to ceiling fans and bathtubs – leaving exposed wires and holes in the walls.

Most of the residents are divided by ethnic or religious background, which has done nothing to reduce tensions and fighting. Every year at Cara di Mineo, on average, 10 migrants die while waiting for their asylum requests to be heard, killed in fights or dying from untreated medical conditions, according to Amnesty International and other aid groups that operate in the centre.

The camp’s director, Sebastiano Maccarrone, admitted in a series of media interviews in early 2016 that it was virtually impossible to protect the inhabitants. “It’s like a small city,” he said. “The big crimes get reported, but the smaller ones are usually handled among the residents.”

Verzera’s investigation into criminal activity at the centre turned up inconsistencies in the record-keeping of who was living there. Many of the migrants on the official roster had long since disappeared, even though the centre, under the direction of Maccarrone, was still reimbursed €35 (£31) a day for them. By law, each migrant awaiting asylum is given an electronic card to check in and out of the centre when making outings. If they don’t check back in after three days, they are supposed to be taken off the roster, and that information sent to Rome so the reimbursement will be stopped. But Verzera says he found that migrants who had been gone for months were kept on the list for financial support. The centre was, on paper, far over capacity, and received extra funds to help with the overload when, in reality, they were taking care of far fewer people than the documents stated.

In 2016, Maccarrone, who previously ran the migrant reception centre on the island of Lampedusa, came under criminal investigation for corruption at Cara di Mineo. He was accused of collusion with the mafia, and of using funds intended for the care of migrants and refugees for personal gain. The charges against him have since been reduced to aggravated fraud and corruption. He maintains he is innocent, and is working as a volunteer at one of the smaller migrant centres in Catania while he awaits trial.


Last year, Catania’s chief prosecutor, Carmelo Zuccaro, tried to make it illegal for NGO charity ships to rescue migrants at sea and bring them to Italian shores. In March 2017, in an interview with the rightwing newspaper Il Giornale, he revealed that the state had started investigations into prisons and refugee camps where extremists were recruiting migrants awaiting word on their asylum requests. “We have received very specific reports of recruitment activities and radicalisation,” he told the paper. “There are radicalised individuals who attract foreigners in order to incite them to fundamentalism.”

The alarm about radicalisation overshadowed the fact that criminal groups are recruiting migrants from the camps for forced or low-paid labour. At harvest times, men leave Cara di Mineo in the early morning and gather along a triangle of dirt off the state highway. Local farmers come in pick-up trucks, looking for i neri (“the blacks”), choosing the biggest and strongest for casual labour, harvesting tomatoes and citrus fruits. The farmers call them ragazzo or “boy”, demanding they turn around or show them how straight their backs are. It is a degrading display, made worse by the fact that they are paid a mere fraction of what Italians would be paid for the same work. Their wages are part of the illicit economy that makes up around 20% of Italy’s overall GDP.

When asylum requests are rejected, applicants have one chance to appeal. If they fail, they are given a slip of paper that says they have five days to leave the country, but no means to do so. Torn-up shreds of those papers are a common sight in the ditches beside the road near the centre. Those turned down are easy bait for criminal gangs working inside the camps, who get paid for providing mafia groups with illegal cheap labour, running drugs and arms or working in the many industries those groups have infiltrated.

In 2014, an investigation known as “Mafia Capitale” found that a criminal group had been running Rome’s municipal government for years. The group, which prosecutors defined as a mafia-style association, had siphoned off millions of euros intended to fund public services. The group had also infiltrated asylum centres across the country, buying and selling names and details of migrants who had long disappeared, in order to keep the per-person state funding coming.

During the investigation, one of the alleged bosses of the group, Salvatore Buzzi, was caught on a wiretap bragging about how much money he made off the backs of asylum seekers. “Do you have any idea how much I earn on immigrants?” he was heard telling an associate. “They’re more profitable than drugs.” Buzzi and his associates were sentenced to decades in prison after a trial that ended in 2017, although their sentences were reduced on appeal. Another appeal is under way.

In 2017, anti-mafia police arrested 68 people, including the local parish priest, in the Calabrian town of Isola di Capo Rizzuto, where one of the country’s largest migrant and refugee reception centres has been in operation for more than a decade. Investigators say the criminals stole tens of millions of euros in public funds intended for asylum seekers to live on while their applications were heard. Gen Giuseppe Governale, chief of the anti-mafia forces, said the centre was a lucrative source of funds for the Calabrian mafia, the ‘Ndrangheta. Prosecutor Nicola Gratteri said detectives had filmed appalling conditions inside the centre. “There was never enough food, and we managed to film the food that was on offer,” he said. “It was the kind of food we usually give to pigs.” The local mafia had set up shell companies that were being paid to provide services including feeding the migrants. (The investigation is ongoing, and no trial date has been set. The priest has denied the charges and claims he has always fought against the mafia.)

Administrators in some centres are accused of taking kickbacks for selling personal details of asylum seekers who have escaped to smaller centres (some of whom don’t exist). Those in charge of the smaller centres then use the names to claim daily allowances. This is one of the reasons trafficked women have been allowed to leave so easily: their names tend to stay on the lists, and the centres continue to receive funding. As they leave, they are quickly replaced. Some centres take on more migrants than they can manage, in order to earn extra revenue, so refugees end up living in dangerously overcrowded conditions. Trafficked women who disappear to work as sex slaves have little chance of being rescued, because their absence causes no concern. Nigerian girls who are trafficked directly to madams in Naples and elsewhere are forced to do sex work to pay off large debts. Before they’ve even started work, they will owe around €60,000 (£53,000). A cut goes to the recruiter in Nigeria, a cut to the traffickers and smugglers who expedited the women’s journey, and a large portion goes to the Nigerian gang members, who must pay the Naples mafia, the Camorra, or other crime syndicates in whose territories the women will be forced to work. There are other incidentals, including room, board, clothing and rent for the space on the pavement from which they solicit sex. If we assume half of the estimated 11,000 Nigerian girls who came to Italy in 2016 generated €60,000 each through debt bondage for the madams’ gangs, the profits off those girls alone would top €300m (£264m), even after their travel costs are deducted.

It can take five years or more of sexual slavery to pay the debts. Then, women are free to go, but some end up becoming madams themselves, either convinced there are lucrative profits to be made, or as an act of revenge: to visit on others what they had to endure. This cycle has continued for more than a decade, but in 2016, the number of Nigerian women who arrived by smugglers’ boats was 60% higher than the previous year.

Many of the trafficked Nigerian women end up in Castel Volturno, outside Naples, known as the most lawless part of Italy. Murder rates are the highest in the country, and locals call it Beirut, or the Bronx. Sergio Nazzaro, a local journalist, says it is the Camorra’s graveyard. “You can’t imagine how many bodies are buried in fields and tied to rocks at the bottom of the river.”

Most migrants live in another former military residential development, now dilapidated and controlled by the Camorra, who charge rent to squatters and trafficked women. African migrants first started coming to the area in large numbers in the 1980s, to work in the tomato fields for low wages. The Africans were not welcome to integrate with the Italians and instead set up a peripheral society where they lived outside the law, often squatting in illegally built or unfinished buildings. Italian authorities did not pay much attention to them at the time, but they were not ignored by the Camorra.

By the 1990s, women started arriving in greater numbers. They were rarely hired for farm work, so many had no choice but to prostitute themselves. Many of those first prostitutes eventually became madams, controlled by Nigerian drug-smuggling gangs, who had to pay protection money to the Camorra to operate on their territory. When the gangs discovered there was a demand, madams recruited more women from Nigeria to the area. They started using traffickers to trick them into coming, eventually expanding the trade further north to Italy’s larger cities and into Europe.

In 2016, anti-mafia police conducted an operation named “Skin Trade”, which uncovered one of the networks set up to get women out of the Cara di Mineo camp and on to the streets. Among those arrested were Nigerian women who worked with what were termed “connection men” inside the camp. The women arrested in Castel Volturno included Irene Ebhoadaghe, 44, who called herself Mummy Shade. The investigators say that in 2016 she was waiting for three young women to make their way to Naples from Cara di Mineo. One of those young women was Joy. The car she was waiting for was never going to take her to a hairdressing job. It was going to take her straight to Mummy Shade.

During the investigation, an undercover police officer was tipped off by one of the aid agencies working in Cara di Mineo, and picked Joy up on the road leading through the citrus groves. He convinced her to help them catch the people who had trafficked her, and her evidence became key to the operation’s success. Because Joy was named in the sealed arrest warrant as a victim of trafficking, after cooperating with the police, she was given asylum and moved to northern Europe to join a relative.

I caught up with Joy by email thanks to a local anti-trafficking advocate in Sicily who took an interest in her case and acted as a liaison with the court. She remembered our conversation outside Cara di Mineo.

“I was so stupid,” she wrote. “How could I have been so trusting? How could I have been so dumb?”

I wrote back to console her, telling her not to worry, that many women fell into the same trap.

She wrote again. “You knew about this. Why didn’t you tell me what was going to happen?”

I had tried, I thought, but obviously not hard enough. I admitted that I hadn’t known exactly what to do. I had no idea how to help her. I was also selfishly scared that if I intervened, I might get caught up in some sort of retaliation act, that someone might harm me or my children for taking one of the madam’s precious “assets” off the streets. She wrote back a third and final time.

“You could have saved me.”

Roadmap to Hell: Sex Drugs and Guns on the Mafia Coast by Barbie Latza Nadeau is published by Oneworld.

Voir de même:

I met Marlon, a Sudanese man who had walked across great expanses of desert to Libya, on the edge of Tripoli as he prepared to visit a remote beach at midnight and pay a hard-saved $2,000 to get onto an overcrowded, unseaworthy boat headed to Italy. He knew that the risk of death was high, so was trying to choose his boat carefully, to avoid the sort of fate that has made headlines around the world. He knew the risk too well: « My good friend paid the man and then disappeared, and then I learned that he had drowned when his ship sank, » he told me. « I want to get out of here, but not that badly. »

I met Jacques Kamra, a 27-year-old Liberian, in Madrid’s Plaza Mayor, a few weeks after he got off a similar boat. Like Marlon, he was well educated and articulate, and had made a tough gamble, and a big investment, in his family’s future to get there. « When I arrived here alive, » he told me, « I started praying every day that Spain will win the World Cup, to bring them a miracle like the one that has brought me here. » He knew he would eventually be deported, but, he believed, the earnings would be enough to transform the fate of his family.

And I met Jouhar in an eastern Tunisian beach town shortly after he had been returned by Italian authorities. His packed boat had broken in half at sea, killing his best friend and dozens of others, many of them university graduates with connections in Europe, in the process wasting the almost $1,500 Jouhar had saved to pay the smuggler.

People like these three – and dozens of others I have met in Tunis, Alexandria, Marseilles, Paris, Munich and London – have now become Europe’s biggest concern.

The Mediterranean boat people have been coming for more than a decade, paying small fortunes to enter the continent aboard disturbingly overpacked vessels. They began arriving after Europe’s legal migration routes shut down in the 1990s, but never have their numbers been so large – or the death toll so high. When an estimated 850 people died in a single capsizing incident last weekend, driving this year’s toll to over 1,600 – 30 times higher than the toll for the same period last year – their fate became a continent-wide crisis, provoking an emergency European Union meeting on Thursday and an outraged response from across the political spectrum.

But « How do we stop this from happening? » is not such a simple question. To answer it, you first need to answer another question: « Why are these people taking such risks? » And it’s worth asking a third, often ignored question, as well: Why has illegal-boat migration to Europe peaked during certain years, then virtually vanished for long periods, only to reappear again? What has made it stop before, and what will make it stop again?

We know what doesn’t work. Efforts to end the nautical tragedy by force – by banning migration, or by cracking down on people-smuggling, or, as European governments did last year, by refusing to rescue drowning migrants – have all resulted in driving migration further underground, raising both the cost and demand for passage on illegal boats, and increasing net numbers of undocumented migrants, as well as the danger they face.

« The problem of migration deaths has been created entirely by policy attempts to outlaw migration, » said Hein de Haas, the Dutch scholar who runs Oxford University’s International Migration Institute, in an interview this week. He and his colleagues recently assembled a large-scale database, Determinants of International Migration, which looks at the motivations for migration for tens of thousands of people. What it, and a growing body of other research, shows is that we have framed the European migration problem wrong.

An unstoppable flood of desperate poor people fleeing Africa to a new life in Europe – that is the phrase uttered, in one form or another, by headline writers and politicians to summarize the crisis.

Yet, every word of that sentence is wrong. And much of the current catastrophe, most of the drowning horrors, have been caused by the failure of policy-makers to understand how wrong those words are. It’s worth looking at them one by one.

Unstoppable

To understand why the crisis has become so acute in 2014 and 2015, it helps to understand why it was bad once before, a decade ago; and why it suddenly stopped, almost completely, for several years, then erupted again in 2011, virtually stopped again, then came back in its most dramatic form. It obviously isn’t unstoppable: It has stopped, several times.

I spoke to Marlon, the Sudanese man in Libya who opened this article, in 2004. That was a full year before the boats first erupted into front-page headlines, but after the first really tragic sinking, earlier in 2004, in which a boat headed for Italy had capsized and 64 people drowned. That led to an Italian clampdown, which provoked a huge burst of illegal crossings until 2008.

Most of the boat tragedies a decade ago were in what the EU border service Frontex calls the West African Route, which passes from West Africa into Spanish territory in the Canary Islands; and the Western Mediterranean Route, which crosses the narrow strait between Morocco and Spain. More than 30,000 people a year were crossing each of these routes in 2005, and the tragedies were mounting. I spoke to Jacques in Madrid in 2006, when the smugglers had become more desperate, expensive and dangerous.

Then, Spain took action. Madrid negotiated deals with Morocco, Algeria, Mauritania and West African countries that included not only agreements to take returnees back to their home countries (in exchange for aid money) and to police their borders, but also to open legal migration channels, and pathways to Spanish citizenship. Those changes drew criticism from Spain’s tougher-minded neighbours, but they effectively ended illegal migration in that part of the Mediterranean for many years.

The Central Mediterranean Route, as the pathway of this year’s crisis is known, goes from Tunisia, Libya and Egypt across to Italy, Malta and the region’s islands. It became crisis-prone in the mid-2000s, and then, in 2009 and 2010, its traffic virtually halted. There were two reasons: First, Italy struck deals with the Arab dictators of Tunisia and Libya, paying them generously to police their beaches. Second, the post-2008 economic crisis reduced demand sharply: Migrants don’t come when there are no jobs. (In fact, there was a net outflow of migrants from Europe back to Africa at the peak of the crisis.)

There was a burst of activity on this route in 2011, when the dictators were overthrown and Arabs (often middle-class and educated) left for Europe. That was when I spoke to Jouhar in eastern Tunisia. And then it fell again to negligible levels in 2012, until the huge spike of 2014 and 2015. This was hardly a constant increase in people: It has stopped and started many times.

Flood

Even in its worst years, the Mediterranean boat-people flow is only a small part of the migration picture: tens of thousands of entrants in a continent of half a billion people that receives three million immigrants a year. Most Africans living in Europe are fully legal, visa-carrying immigrants who arrive at airports. Even the majority of illegal African immigrants in Europe aren’t boat people: They’re legal visitors who’ve overstayed their visas.

What has compounded the matter during the past 24 months has been the conflict in Syria. While only a fraction of people fleeing that country have attempted to go to Europe – the vast majority are encamped in Turkey, Jordan or Lebanon – that fraction has multiplied the numbers of boat people dramatically in 2014 and 2015. It now accounts for perhaps half of Mediterranean boat migrants (though the boat that was the subject of last weekend’s tragedy carried passengers almost entirely from sub-Saharan Africa).

Refugees tend to be temporary (the much larger exodus of asylum seekers that confronted Western Europe during the Balkan wars of the 1990s – a population shift that seemed even more intractable – mostly returned to their countries after the conflicts ended), and are dealt with through different policies than are migrants. In Europe, those policies are deeply dysfunctional, with little agreement among the 28 EU countries about how to handle refugee claimants or how to deport illegitimate ones – which has contributed to the death toll.

« There should be no reason for Syrian refugees to be getting on these boats, except that there has been no proper pathway for safe refugee acceptance opened up, » Dr. de Haas says. If Western countries would take their United Nations refugee responsibilities more seriously, Syrians wouldn’t be dying at sea.

Desperate poor people

The most insidious notion is the one that holds that the Africans on the boats are starving villagers escaping famine and death. In fact, every boat person I’ve met has been ambitious, urban, educated, and, if not middle-class (though a surprising number are, as are an even larger number of Syrian refugees), then far from subsistence peasantry. They are very poor by European standards, but often comfortable by African and Middle Eastern ones. And no wonder: The boats cost upward of $2,000 to board (and you need more money to make a start in Europe). That’s a year’s income in many African countries.

Why would somebody risk their life, and their comfort, for a journey that at best would promise a marginal life in the underground economies of Europe?

Linguère Mously Mbaye, a scholar at the Bonn-based Institute for the Study of Labour, conducted a study of hundreds of people in Dakar, Senegal, who were planning to make the crossing to Europe.

The migrants tended not to be very poor. And they tended to be well-connected in Europe: They knew large numbers of people from their home country already living in Europe and working in similar occupations. In other words, they were tied into « migration networks » that communicated information about employment, small-business, housing and migration opportunities. Migrants tend to choose their European destinations not according to culture, language or history, but according to the number of people from their network who are living there – and also according to the economic success of their destination country.

The Syrian refugees are less tactical – and not as well linked into existing economies – than the Africans, but they, too, tend to come because they have connections to people or organizations in Europe. Concludes Dr. Mbaye, « Illegal migration starts first in thoughts, based upon the belief that success is only possible abroad. »

Fleeing

Both major studies found that the Africans who get onto the boats are not running from something awful, but running toward a specific, chosen opportunity, in employment or small business.

That’s a big reason that the boat-people flows have gone up and down so dramatically: Dr. de Haas’s studies found that the main driver of cross-Mediterranean migration is not any economic or political factor in Africa but « sustained demand [in Europe] for cheap labour in agriculture, services, and other informal sectors. » Even those who are fleeing – the Syrians, some Eritreans – are choosing where they flee based on a sense of opportunity.

A new life

« You saw a lot more people coming into Europe from Africa in the 1960s and 1970s than you do now, » Dr. de Haas notes. But they didn’t make headlines – or die at sea – because they weren’t illegal. The big labour shortages that required migrants (mainly seasonal) were filled because most countries allowed Africans to come and go.

And, in the main, they weren’t out to start a new life in Europe. Only a small fraction of Africans who went to Europe for work before the 1990s settled there: Most used their earnings to support families back home, and eventually returned, knowing they could do another stint in Europe in the future.

By cracking down on these informal and seasonal movements – something that began in the early 1990s with the formation of the EU – Europe turned migration into an all-or-nothing proposition: Once you were in Europe, legally or otherwise, you stayed, because you might not get in again. As a result, Africans now come in, do some agricultural or service work, and then knock around the continent, without opportunities, once they’re done.

That’s the paradox of Europe’s response to the migrant crisis: By making entry tougher, it makes illegal entry more commonplace. « Stricter immigration policies, » Dr. Mbaye says, « might not be effective, because they deter potential legal migrants more than potential illegal migrants. »

And a slow-paced and disunited asylum policy, combined with the lack of legal pathways, means that large numbers of refugee claimants, legitimate and otherwise, spend years moving around Europe, neither deported nor accepted, and afraid to leave. In the process, they are tarnishing the image of immigrants and creating an unnecessary social problem.

« It is the border controls that have forced migrants to take more dangerous routes, and that have made them more and more dependent on smugglers to cross borders, » Hein de Haas notes. « Smuggling is a reaction to border controls rather than a cause of migration in itself. Ironically, further toughening of border controls will therefore force migrants and refugees to take more risks and only increase their reliance on smugglers. »

And rigidly closed borders will also make the Syrian refugee problem worse than it needs to be: By turning migration into an all-or-nothing proposition, there’s a risk that a temporary refuge will become a permanent settlement.

The flow of people back and forth between Africa and Europe has been a part of both continents’ economies for decades. Europe’s economies need their African workers, more than ever: Germany alone expects to lose seven million working-age people to demographic change, in a fast-growing economy with virtually no unemployment, in the next 10 years.

By stopping that flow through ham-fisted measures, Europe’s governments have turned the legal into the illegal, the temporary into the permanent, the routine into the desperate, and a life-improving act into a death-delivering risk. A set of decisions that were bad for both continents’ economies has left thousands of bodies floating in the sea.

Doug Saunders is The Globe and Mail’s international-affairs columnist, and was European bureau chief from 2003 to 2012.

Voir également:

Fact-Check Is There Truth To Refugee Rape Reports?
Right-wing websites claim that Germany is facing an alleged epidemic of rape cases committed by refugees, fueling panic about the recent influx of foreigners and the safety of women in the country. We investigated one site’s reports and found many problems with them.
Der Spiegel
January 17, 2018

On April 6, 2016, an unidentified assailant attacked a 20-year-old woman on a playground in the German port city of Rostock and forced her to engage in oral sex before fleeing the scene. The woman reported that the man had been dark-skinned.

On Aug. 6, 2016, an unidentified man attacked a 21-year-old female university student from China near the university of Bochum, choked her with a rope and raped her. The woman said the perpetrator had spoken with a foreign accent. The police conducted a manhunt for a suspect with a « Central Asian/dark skin type. »

The two rapes in Germany were picked up by the national media. But one of them didn’t even happen.

The « university rapist » in Bochum, it turns out, did actually exist — and he would go on to attack another female student from China three months later. Ultimately, police captured a 31-year-old asylum-seeker from Iraq, who had lived with his wife and two children in a refugee camp located near the crime scene. A court sentenced him in the first verdict to 11 years in prison.
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But the alleged Rostock rapist did not exist. Police had expressed some doubt about whether the incident had in fact taken place in their first press release on the case and a forensic investigation indicated that the woman herself had been responsible for her injuries. In June 2016, the public prosecutor in Rostock closed the investigation, but by then the news of a dark-skinned rapist had already been shared thousands of times on the internet. The Schweriner Volkszeitung newspaper in the state capital even reported on its website about the alleged sex crime, citing « internal sources. » The article began with the words: « The Rostock chief of police is keeping silent. »

Baseless Rumors

Meanwhile, in a report on the Facebook page NonStopNews Rostock, the dark-skinned man became a « Südländer, » a term often used to describe those living in some Mediterranean countries. « Sex crime in Warnemünde? Was a young woman raped? Südländer reportedly attacked woman. »

The website Rapefugees.net, meanwhile, was even more precise in its allegations. « Rostock police are hushing up oral rape perpetrated by an Arab. »

The truth behind these baseless rumors is important because such stories influence Germans’ image of refugees. They play into age-old clichés about the threat of foreign rapists. Few other arguments were cited as frequently by people in Germany in recent years for wanting to keep refugee camps from being opened in their immediate proximity. Once « they » are here, the argument went, the streets would no longer be safe for women or children unaccompanied by men.

After the events of new year’s eve in Cologne on Dec. 31, 2015, during which hundreds of women were sexually assaulted, the police held young men, largely of North African extraction, responsible for the attacks. The night brought an end to the sense of euphoria that had accompanied the welcoming of hundreds of thousands of refugees into the country earlier that year. Some Germans now found to their horror that the migrants had also brought problems along with them into the country.

In fall 2016, the body of Maria L., a university student, was found in a river in the city of Freiburg, where she had been drowned after getting raped. The suspect in the killing, an Afghan asylum-seeker, is currently on trial. In spring 2017, an asylum-seeker from Ghana whose application had been rejected raped a woman who was camping with her boyfriend near the city of Bonn. In an initial verdict in the case, a court sentenced the man to 11.5 years in prison.

Is Everyday Life More Dangerous for Women Than Before?

These kinds of reports reaffirm the attitudes of those who have always held the view that refugees are dangerous. But is there any truth to the claim that everyday life has grown more dangerous for women living in Germany as a result of the growing numbers of immigrants? Is life in fact less safe than it was for women three years ago? And how often do refugees commit sex crimes?

To answer these questions, DER SPIEGEL reviewed crime statistics, interviewed police officials, consulted academic experts and analyzed around 450 online news reports about purported sex crimes alleged to have been committed by asylum-seekers and immigrants. Our reporters also visited police stations, public prosecutors and courts to uncover the background behind the news reports and the ultimate outcome of any proceedings. Some cases were revisited up to five different times and in several instances, reporters also met with people involved in the cases for background interviews. The reporters then analyzed the documents and information together with data-journalism specialists and fact-checkers.

Incitement?

As soon as you hit the like button on Facebook pages like Heimatliebe.Deutschland (Love for the German Fatherland), Truth24.net or any local branch page of the right-wing populist Alternative for Germany (AfD) party, you enter a parallel reality. And it is dark. Day after day, your timeline is filled with reports of horrific violent crimes and rapes. The images show men who look Arab or African and women looking into the camera as someone holds a hand over their mouth from behind. Or images of children cowering in the shadows.

One particularly egregious page is Rapefugees.net. The site’s creators claim that the police, politicians and the media are working together to cover up the truth. Using an online map of Germany, they use pins to mark sites of violence or sexual offenses purportedly committed by refugees.

The inflammatory term « rapefugee » has been appearing with increasing frequency on far-right web pages since the events of new year’s eve 2015 in Cologne. « Rapefugees not welcome » T-shirts have also appeared from time to time at demonstrations in Dresden by PEGIDA, the anti-immigration group known in full as Patriotic Europeans Against the Islamization of the West.

Spending a bit of time on the site is enough to leave anyone frightened. It renders Germany, a country generally celebrated for its relative safety, nearly unrecognizable. The entire map is covered with red, yellow and purple flags, squares and pins purportedly marking the locations of incidents of rape, sexual abuse and exhibitionism. There are also a few gravestones marked with « RIP » for alleged murders committed by refugees.

A closer look at the site reveals that other immigrants suspected of committing these types of crimes are also listed, not just refugees. The site’s creators claim their data is based on reputable sources, including police and newspaper reports. It all looks real. Anonymous authors post stories with headlines like, « Gang Rape: Bed-Ridden Grandmother Hospitalized Following Rape by Economic Migrants. » Or: « Gang Rape: How Justice Officials in North Rhine-Westphalia Banned a Local Newspaper from Publishing These Pictures. » Each story is packed with the same narrative — that rapes like the ones in Bochum, Freiburg and Bonn aren’t isolated cases and that refugees, mostly Muslims, represent a real threat to women.

DER SPIEGEL researched the veracity of the supposed incidents on the Rapefugees.net map. To create the most comprehensive overview possible, the reporters chose 10 German states, both large and small: among them the city-states of Berlin, Bremen and Hamburg; the western German states of Bavaria, North Rhine-Westphalia, Rhineland-Palatinate, Saarland and Schleswig-Holstein; and the eastern states of Mecklenburg-Western Pomerania and Saxony Anhalt. In each of these states, reporters looked into all of the alleged incidents reported for 2016. In many cases, results from police and justice investigations were available for that period. There were 445 cases in all.

Some cases appeared multiple times on the map and some of the locations marked had broken links or led to pages that did not contain any information about the alleged crime. In some instances, neither prosecutors nor police had ever heard of the purported crime. All of these pins, roughly a third of the total, were filtered out before the in-depth reporting began.

Strong Exaggeration?

The remaining reports, as is true with most well-constructed lies, contain at least a bit of truth. In about one-third of the cases DER SPIEGEL investigated — around a hundred of them — the suspects or perpetrators are indeed refugees. In a further third of the cases, the assailants remain unidentified. The remaining ones are foreigners with unresolved residency status, European Union citizens or, in 22 cases, German nationals (see graphic below). But the website’s incendiary name creates the impression that 445 sex crimes had all been committed by refugees.

The descriptions of the crimes provided on the website are often erroneous. The website lists 205 of the 291 incidents reviewed as cases of rape. But reporting into the claims found that rape was only suspected in 59 of the cases. Although these should not be downplayed, many of the cases in question were less severe incidences of sexual assault or harassment. In 47 cases, the authorities determined that the incident did not meet the criteria to be considered a criminal act. In other words, the map seems to involve some strong exaggeration, at least when compared to the findings of police and judicial officials.

Twenty-six suspects or perpetrators were refugees in the rapes investigated. Each of the crimes committed is, of course, one too many, but the ultimate figure is low compared to what the map suggests.

Eighteen refugees were convicted on charges of rape, and courts also convicted or upheld rulings against 51 refugees — for sexual abuse or sexual assault in more than half of the cases. An additional 18 foreigners have been convicted who are not refugees but whose residency status remains unresolved, including Turks and Afghans, several Serbians, an Azerbaijani and a Ukrainian tourist who sexually abused an inebriated woman at Oktoberfest in Munich. Six of those convicted are EU citizens and eight are German. They include a 46-year-old man who attacked a blind woman in the Bavarian town of Pfaffenhofen from behind on an open street and sexually assaulted her.

On the Rapefugees.net map, the case is noted as a « cover-up attempt. » But no information is provided about what might have been swept under the rug.

A closer inspection of the crimes for which refugees were convicted showed that many took place in refugee camps. In most cases, the victims were the children of other refugees. In August 2016, for example, a young Eritrean man lured a six-year-old girl, likewise from Eritrea, into his room in a Hamburg camp and abused her. Police arrested the man.

Twenty-four of the reports investigated on Rapefugees.net appear to be false claims. They include the rape in Rostock that was likely fabricated, but nevertheless remains listed on the map. And the case of a 15-year-old school girl from the city of Möchengladbach, who claimed in January 2016 that she had been raped near the city’s central train station. The perpetrator had a « tanned face » she said and spoke with a foreign accent. In response, angry local residents formed their own vigilante group. A week later, the police announced that the crime « had not happened » in the way described by the teen. The alleged perpetrator was an acquaintance who said everything had happened with mutual consent. Public prosecutors opened an investigation into the 15-year-old for making up a crime, but later dropped it.

A Less Dramatic Reality

For most of the news reports on the Rapefugees map, it’s unclear at first glance whether the story is true or false. With most, the only takeaway is that there was some kind of encounter between the perpetrator and victim. Nevertheless, the incidents on the map are often listed as attempted rape, gang rape or, rather inventively: « GANG RAPE Attempt and Beating Attacks by ISIS Sex Jihadists. » The actual incidents as reported by police seem a lot less dramatic.

To cite but a few examples:

May 13, 2016, in Hagen, Germany: At midnight, three young men harassed a 13-year-old girl at the train station and groped her. The 13-year-old boy accompanying her intervened and the three young men then attacked him. Passersby arrived and the three young men fled. The description given of the men: « North African appearance. »
May 21, 2016, Düsseldorf: A couple was walking along the banks of the Rhine River when the young woman was suddenly hugged from behind and fondled. As her boyfriend stepped in, he was hit by several people. The description of all perpetrators: « Mediterranean appearance. »

July 2, 2016, Nuremberg: A young women was walking home at 3 a.m. when someone approached her from behind and touched her sexually. She screamed and he fled. The physical description provided: « Mediterranean appearance. »
Aug. 28, 2016, Türkismühle in rural Saarland: An unidentified man approached a 38-year-old woman at the train station. He pushed her against the wall, grabbed her from behind and attempted to kiss her. As she « energetically spoke to him, » he fled. Description: « Mediterranean appearance. »

There’s no question about the seriousness of the four cases, but contrary to the claims made by Rapefugees.net, they were not rapes. And there was no indication of alleged « ISIS sex jihadists. »

Prosecutors dropped the investigations in all of these cases because they were unable to identify any assailants. The same is true of the investigations into about 29 percent of the incidents listed on the map: The question as to whether the perpetrators were refugees will likely never be resolved. It is certainly possible that it is true in some of the cases. And theoretically, it’s also possible that all of the unidentified assailants were asylum-seekers. But that’s unlikely in the case that unfolded at the train station in Hagen. Witnesses say there was only one perpetrator and that he spoke accent-free German.

Research into this data is highly detailed and complex, but it’s the only way of getting a true grasp on what these kinds of claims really amount to and the way in which right-wing websites operate. It is the convergence of many things that unsettle people in Germany: the refugee crisis, concern about domestic security and the loss of trust in politics and the traditional media. It also demonstrates the growing influence of websites and forums where people can mutually affirm their questionable worldviews.

Spreading Fear

There has been an assumption in Germany — one that goes deep into even the middle class — that the traditional media made a pact with Chancellor Angela Merkel to hide widespread criminal activity in order not to threaten support for her refugee policies.

In the past two years, many readers have written to DER SPIEGEL imploring the newsmagazine to stop hiding the truth and clearly state the danger: that refugees are raping women and children in Germany. One woman wrote that it was imperative « to report about the cover-up of information about rapes committed by migrants. » She also frequently sent links to internet sites collecting alleged rape cases purportedly perpetrated by refugees.

The classical media find themselves in a quandary here. If we don’t write about the issue and about the rumors circulating on the internet, skeptics see that as proof that something is being hidden. Yet if we do write about specific websites like the one covered in this story, we run the risk of enhancing the profile of pages meant to incite hatred online.

The people behind Rapefugees.net, who spend so much time filling the map with content, are apparently equally fastidious in their efforts to conceal their identities. The imprint refers to a person named F. Mueller in Uruguay and the page is hosted on a server based in the United States. Queries made by DER SPIEGEL went unanswered. Facebook deleted the site’s page on the social media platform in May 2016.

The site’s operators exploit the fundamental fear of foreignness — a latent fear that most people can harbor. To make the world simpler, people have a tendency to ascribe certain traits to certain groups of foreigners, meaning that whole groups of people can quickly get lumped into certain problematic stereotypes: Roma steal, Italians like to flirt and refugees, most of whom are Muslims, are dangerous and rape women.

Amplifiers

Why this specific prejudice is attached to refugees is something that Wolfgang Benz is trying to explain. The professor emeritus at the Technical University of Berlin, who researches prejudice, believes that the arrival of the refugees has « reactivated » an image that has long existed in the minds of Germans — one of a country occupied by foreign forces behaving like barbarians.

« Today, the horde that is invading us, is no longer the Russians but the refugees, and the rapes, as in every past war, are part of the conduct of war, » says Benz, describing the most recent iteration of that image. He says the events of new year’s eve 2015 in Cologne and the tone of the reporting on them has exacerbated that prejudice. Every report of a refugee committing sexual assault or harassment, he says, acts as an amplifier, and reports to the contrary are no longer taken seriously.

The public does, in fact, only hear about a small number of the sexual assaults that are committed each year, although this is not because they are covered up. There are so many that you could fill an entire newspaper with reports about them every day. According to police crime statistics, approximately 47,401 alleged criminal offenses against sexual self-determination were recorded in 2016, committed by Germans as well as by non-Germans. That represents about 130 reported crimes per day. The true number is likely much higher than that, but many victims don’t go to the police.

When the term « rape » comes up, many people instinctively think of an unknown assailant pulling women into the bushes at night. But according to calculations by the Center for Criminology, a research institute run by Germany’s federal government in conjunction with state governments, the alleged perpetrator is only a stranger in one-fifth of all reported rapes and serious sexual assaults. Most often, the alleged perpetrator is an acquaintance, friend or relative.

For the past several years, the German Federal Criminal Police Office (BKA) has released an annual situation report on crime across the country, with a special emphasis on criminality among immigrants. The term « immigrants » in this context includes; asylum-seekers; those who have been allowed to stay temporarily despite not having received asylum status; illegal immigrants; and refugees who have been brought into Germany on the basis of quotas. Suspects whose asylum applications have been approved are not included. At least one immigrant was indentified as a suspect in 3,404 of the sexual offenses committed in 2016. That’s more than twice as many cases as in the previous year (see graphic below). The increase proved especially dramatic in cases of sexual assault and the sexual abuse of children.

« We, as the Bavarian police, take very seriously the fact that immigration influences people’s feeling of security, » says Harald Pickert, the leader of an expert panel in the state’s Interior Ministry, which has been investigating sex crimes that have taken place in the state over the last five years.

The group is seeking to identify what might have changed and what has remained the same. It is looking to answers to questions like: Where are the crimes committed? Who are the perpetrators and who are the victims? Is there something that perpetrators typically have in common?

The panel exists because Bavarian Interior Minister Joachim Herrmann announced shortly before the German federal election last September that the number of rapes and serious sexual abuses had risen in Bavaria during the first half of 2017 by 47.9 percent. He said 126 of the 685 crimes could be attributed to immigrants, 91 percent more than in the same period the previous year. The latter statistic roughly reflects the findings of the BKA, but the Bavarian crime statistics additionally count those who have been granted asylum as part of its figures for the category of immigrants.

Did New Groping Offense Shift Statistics?

Pickert, 54, a deputy police commissioner in Bavaria, ties the rise in reports of sexual offenses to several factors. One is that many German citizens first learned that groping was a punishable offense following the debate over the Cologne attacks. And a change in the law in 2016 meant that groping is no longer solely punishable as an insult, but is now explicitly considered to be sexual harassment. Previously, groping had been absent from the statistics on sexual offenses maintained by police, but now such incidents are included. « It’s that and not some change in everyday reality that explains the sudden surge in the number of crimes reported, » Pickert explains.

What is conspicuous in the statistics, however, is the fact that the number of suspected German sex-crime perpetrators has either stagnated or gone down, while the number of immigrants suspected of committing such crimes has increased significantly. This trend, Pickert claims, has been visible for five years. « It’s no wonder, » he adds, since more immigrants have arrived during that time. Futhermore, he says, when compared to the German population, immigrants are more frequently young and male and are more likely to live in a large city, lack education, be unemployed and have no income. « These can all be factors that promote criminal behavior. »

During the first half of 2017, Pickert says, about one-fifth of all sex crimes were committed by immigrants living in refugee housing. About 20 percent of all victims were themselves refugees, he says. This means that, at least proportionally speaking, other refugees are at particular risk of becoming victims of sexual assaults by immigrants.

So, what can be done to counter this development? « Just because a certain segment of the population is conspicuous for the number of sex crimes it commits doesn’t mean we need new answers, » argues Martin Rettenberger, the director of the Center for Criminology.

‘Arabs or Africans Not Intrinsically More Inclined to Assaults’

He says that some of the immigrants come from societies where sex offenses are more rarely punished, where these kinds of crimes are committed more frequently. « But most people quickly adapt their behaviors to their new social environment, » Rettenberger says. « Social values and norms that were once internalized can still be changed. Arabs or Africans are not intrinsically more likely to commit assaults than Europeans. »

In the United States, he notes, five times as many people are victims of intentional homicide than in Germany. « And yet nobody would say Americans are more violent than Germans. » What’s key, he believes, is the background of the individual. He notes that many sex offenders have impaired impulse control, often combined with low self-esteem. In a particularly high number of cases, perpetrators have unstable personalities or have suffered trauma — and many aren’t subject to the natural controls exerted by close social relationships, having fled to Germany on their own. Unsurprisingly, such factors are more present among refugees than among other segments of the population.

The « only long-term solution, if we want safety, » Rettenberger argues, is sustainable integration: education, jobs and social assistance. « I can understand any citizen who doesn’t feel like investing more money into potential sexual offenders. But I expect more from the politicians. »

By Laura Backes, Anna Clauss, Maria-Mercedes Hering, Beate Lakotta, Sandra Öfner, Ansgar Siemens and Achim Tack

Voir enfin:

The cameras have gone – but the suffering endures. deconstructs the beliefs that still shape policy and public opinion

Myth 1: The crisis is over

The refugee crisis that dominated the news in 2015 and 2016 consisted primarily of a sharp rise in the number of people coming to Europe to claim asylum. Arrivals have now dropped, and governments have cracked down on the movement of undocumented migrants within the EU; many thousands are stuck in reception centres or camps in southern Europe, while others try to make new lives in the places they have settled.

But to see the crisis as an event that began in 2015 and ended the following year is a mistake, because it obscures the fact that the underlying causes have not changed. To see it in those terms only gives the impression of a hitherto unsullied Europe, visited by hordes of foreigners it has little to do with. This is misleading. The disaster of recent years has as much to do with immigration policies drawn up in European capitals as it does with events outside the continent, and the crisis also consists of overreaction and panic, fuelled by a series of misconceptions about who the migrants are, why they come, and what it means for Europe.

The European Union has perhaps the world’s most complex system to deter unwanted migrants. Since the 1990s, as borders have come down within Europe, giving most EU citizens free movement and passport-free travel, its external frontier has become increasingly militarised. Amnesty International estimates that, between 2007-2013, before the crisis, the EU spent almost €2bn on fences, surveillance systems and patrols on land or at sea.

In theory, refugees – who have the right to cross borders in search of asylum under international law – should be exempt from these controls. But in reality, the EU has tried to prevent asylum seekers from reaching its territory wherever possible: by closing down legal routes, such as the ability to claim asylum at overseas embassies; by introducing penalties for transport companies that allow people to travel into the EU without the correct documents; and by signing treaties with its neighbours so they control migration on the EU’s behalf. And within the EU, an agreement called the Dublin regulation forces asylum seekers to apply in whatever country they reach first.

After the Arab uprisings of 2011, the number of people coming to Europe to seek asylum – via Turkey, or across the central Mediterranean from north Africa – began to rise. But Europe continued to make security its priority, rather than the protection of vulnerable people. In the same period as it spent €2bn euros on border security, the EU spent only an estimated €700m on reception conditions for refugees. Almost 3 million people claimed asylum in the EU in 2015 and 2016 – still only a small fraction of the EU’s total population of 508 million – but the manner of their arrival was chaotic; thousands died in the attempt. Most of the migrants who arrived tried to continue their journeys to north-west Europe, and enforcement of the Dublin regulation temporarily collapsed.

Border defences often produce or exacerbate the very problems they purport to solve, by forcing irregular migrants to take more dangerous routes, often with increasing reliance on people smugglers, which in turn encourages states to crack down even harder. In November 2017, a coalition of human rights groups published a list of 33,293 people who had died since 1993 as a result of “militarisation, asylum laws, detention policies and deportations” in Europe. But Europe has continued to try and push the thousands of uninvited migrants who try to reach European shores further and further away from the continent. A deal with Turkey, launched in March 2016, has reduced the movement of Syrians towards Europe, even though over 12 million Syrians remain displaced by the war – 5 million of these outside their country – and many are still in need of urgent humanitarian assistance. Even as Afghanistan becomes more dangerous, European governments persist in their attempts to deport many Afghans to Kabul. And to stem unwanted migration from sub-Saharan Africa, Europe has tried to strike deals to stop the people-trafficking routes that run across the desert and through north Africa. Italy has cracked down on NGO sea rescues and paid off militias in Libya, even as evidence of torture and abuse in Libyan detention centres trickles out; the EU has explored deals with Sudan’s repressive dictatorship; in Niger, one of the world’s poorest countries, European money, troops and diplomats have flooded the desert city of Agadez, to try to put a stop to the smuggling trade. Hundreds of thousands of vulnerable individuals will be directly affected by these new policies.

We are often encouraged to think about “solutions” to the crisis, but there is no neat end to it. For as long as wars continue – wars that are sometimes started or joined by European states, or fuelled by their arms sales – people will continue to flee them. And others will continue to try to migrate even when states don’t want them to. But our governments’ efforts to stem unwanted migration can end up creating or exacerbating the very problems they purport to solve. Decisions to ramp up immigration control taken at moments of crisis, or in response to media pressure, can have profound and long-lasting effects – from the treatment of Windrush citizens in the UK to the thousands of refugees languishing in filthy camps on Greece’s Aegean islands.

The crisis is not only the movement of refugees, but the border systems designed to keep them out – and it is still happening.

Myth 2: We can neatly separate ‘refugees’ from ‘economic migrants’

Most of us are economic migrants – even if within our own countries – but the term has taken on a new and pejorative meaning since the refugee crisis. It is often deployed in much the same way that “bogus asylum seeker” was in the past by the British tabloid press – to suggest that people are trying to play the system, that their presence is the cause of problems at the border, and that if we could only filter them out, order would be restored. In fact, the history of migration is a history of controls on the movement of all but a wealthy elite.

In the past, states sought to restrict the movement of their own populations, through slavery or serfdom, or poor laws and vagrancy acts; today the right to move freely within one’s own territory is enshrined in the 1948 Universal Declaration of Human Rights. Most of us take this right for granted, even though it is relatively recent. Now, instead, the movement of people across international borders is tightly controlled and regulated. As a proportion of the world population, the total number of international migrants – of any kind – has stayed relatively steady: roughly 3% since 1960, according to the sociologist Hein de Haas.

This might seem surprising in an age where goods, communication and certain kinds of people can move with greater ease than ever before, but globalisation is a highly unequal process. Although the proportion of migrants has not grown significantly, the origin and direction of migration has changed: research by De Haas and Mathias Czaika suggests that people are leaving a much wider range of countries than ever before, and they are heading to a much narrower range of destinations than ever before. They are going to the places where power and wealth have become concentrated. Europe, and north-west Europe in particular, is one of those places. It is by no means the only destination – most African migration, for instance, occurs within Africa. And most migration to Europe takes place legally: an estimated 90% of migrants who enter Europe do so with permission. But wealthier countries are making increasingly severe efforts to keep out the uninvited: in 1990, according to research by the geographer Reece Jones, 15 countries had walls or fences on their border; by the beginning of 2016, that number had risen to almost 70.

International law aims to protect refugees while allowing states to retain control of their borders – but the definition of “refugee” status is political, and subject to a constant struggle over who is deserving and who is not. The term has both a legal meaning, in that it describes a person who is eligible for asylum under international law, and a colloquial meaning, in that it describes a person who has fled their home.

Under the 1951 refugee convention, a refugee is defined as someone who has left their country due to “a well-founded fear of being persecuted for reasons of race, religion, nationality, membership of a particular social group or political opinion”. At first, the convention only applied to Europeans, and did not cover everyone who fled a war zone; this kind of protection was only created after pressure from newly independent African states in the 1960s and Latin American states in the 1980s. People forced from their homes by economic disaster or catastrophic climate change have never been included. Even today, the convention leaves power mainly in the hands of nation states. It does not oblige its signatories to give anybody asylum, merely to hear their case and not push them back to a country where they might be in danger.

In the 21st century, a border is not just a line on a map; it is a system for filtering people that stretches from the edges of a territory into its heart, affecting those who are already in the country – as we have learned since Theresa May’s “hostile environment” has come to light. Asylum seekers are subject to particularly complex and often violent filtering. Once they cross Europe’s frontiers, their movement is restricted: they are locked up or segregated in accommodation far from city centres. Their right to work or to access social security is denied or severely limited. While their claims are being assessed, often by a process that is opaque, hostile and inconsistent, they live with the threat that the freedoms they do have may be curtailed at any moment. The system tries to place them into categories – refugee or economic migrant, legal or illegal, deserving or undeserving – that do not always fit the reality of their lives. And if the system breaks down, people are cast into a legal and moral grey zone that lasts for many months or even years. As Caesar, a young man from Mali who I met while reporting in Sicily, put it to me: “It’s not as if one person has ‘refugee’ printed on his forehead and another has ‘economic migrant’.”

Myth 3: Telling ‘human stories’ is enough to change people’s minds

Empathy matters, but it always has limits, and it should not be a precondition for people to access their rights. Caesar arrived in Sicily in late 2014, rescued from a drifting smuggler boat in the Mediterranean by the Italian navy. When he arrived, Sicily had the attention of the world’s media: journalists wanted to know the stories of people like Caesar: where they had come from, what kind of journeys they had taken, what the worst things they had experienced were. But by the following summer, attention had drifted elsewhere. In late August 2015, as unprecedented numbers of refugees from Syria and elsewhere in the Middle East made their long walk through the Balkans, I was visiting Caesar at his home in Sicily. As we watched TV, which was showing looped footage of people clamouring to board trains to Germany at Budapest’s Keleti station, Caesar gestured towards the screen. “You see? The cameras don’t come here any more because it’s only blacks arriving in Sicily now.” He felt very strongly that people like him had been abandoned – by the media, and by a system that was taking years to process his asylum claim.

When there is a major disaster, the understandable response of journalists is to rush in and find the most urgent stories as quickly as possible. It serves a necessary purpose: to tell people what the problem is, who is affected and what help is needed. Aid agencies and NGOs often follow a similar logic in their public communications. The idea is that vivid “human stories” that focus on the experiences of vulnerable individuals – very often children – will elicit sympathy from an audience whose attention is fleeting.

But these stories also have the potential to alienate. If I tell you that Caesar spent 18 months being handed from one trafficking gang to another in Algeria and Libya, during which time he was tortured and put to work as a slave, does that help you understand who he is and why he has made the choices he has – particularly if that is all you know about his life? And what if hundreds of people all have similar stories? At some point, we feel overwhelmed and start to switch off. Some of us may even start to feel hostile: why are we constantly being told to feel sorry for these strangers?

What is more, media coverage that jumps from one flashpoint of a crisis to another can neglect to examine underlying causes – Europe’s complex border system, for instance. And a sense of panic can inadvertently be encouraged by well-meaning attempts to produce dramatic statistics and soundbites. The idea of a “global refugee crisis” may provoke sympathy among some, but for others it may increase the sense that we are, in the words of Ukip’s leave campaign, at “breaking point”.

The UN’s refugee agency, the UNHCR, says there are more people displaced by conflict in the world today than at any point since the second world war. This is true: an estimated 66 million people are currently displaced, either within their home countries or abroad. But 86% of these remain in the developing world, not in wealthy regions such as Europe. And despite recent conflicts, according to De Haas, refugees account for around 0.3% of the world’s population; a small and relatively stable proportion. The problem is one of resources and policy, not overwhelming numbers.

If we want to understand why some people will keep moving despite the obstacles put in their way, then we need to see the whole person, rather than only the worst aspects of their situation or their most traumatic experiences. I have met a number of people who had journeys similar to Caesar’s, and each one is trying in very different ways to retain control of their lives and make decisions about the future. Caesar told me he just wants to find a dull job and “forget about the past”. By contrast, Fatima, a woman from Nigeria who also ended up in Sicily, made “a bargain with God” when she stepped on to an inflatable boat on the Libyan coast, and wants to devote the rest of her life to raising the alarm about trafficked women. Azad fled Syria because although he was sympathetic to the uprising against Bashar al-Assad, and proud of his Kurdish identity, he simply didn’t want to kill people.

It is also important to recognise that the stories we consume are, for the most part, commodities produced by profit-making companies. Like other commodities, their production, value and demand are driven by market forces. This can harm those at the centre of the stories, distort our understanding of a crisis and even contribute to a sense of panic – which, in turn, provokes panicked responses from the authorities.

Myth 4: The crisis is a threat to European values

In recent years, “European values” have been invoked both in support of refugees and migrants and to attack them. On the one hand, demagogues such as Hungary’s Viktor Orbán have positioned themselves as defenders of a Christian European civilisation, enacting anti-migrant policies to protect Europe from being overrun by Muslim hordes. On the other, humanitarians have frequently appealed to a vision of Europe like the one set out by José Manuel Barroso, president of the European commission in 2012, when the EU was awarded the Nobel peace prize. “As a community of nations that has overcome war and fought totalitarianism,” Barroso said in his acceptance speech, “we will always stand by those who are in pursuit of peace and human dignity.”

Both visions are wrong. The first tries to erase the fact that Europe is a diverse continent, in which Christian, Muslim, Jewish and secular traditions have been present for centuries. Orbán’s vision also has a liberal companion, especially popular in western Europe, which holds that Muslim immigrants present a threat to “European” traditions of tolerance, freedom and democracy: this, too, ignores the fact that where these principles do exist they have been fought for and won, usually against the violent resistance of European elites. It is no small irony, either, that many of the refugees who arrive on European shores today have been engaged in similar struggles for rights and equality in their home countries.

The second vision presents Europe as a beacon of hope to the rest of the world. Europe certainly has great power to affect the world for better or worse, and pressing our politicians to live up to such an aspiration is worthwhile. But the aspiration will remain unfulfilled if we ignore the fact that while the nations of Europe have overcome war and fought totalitarianism, many of these same nations became rich and powerful by conquering and administering huge empires, which were partially justified by the idea of European racial supremacy. And European unity, in its founding documents, was conceived of as a way of maintaining imperial power, as well as preventing future conflict in Europe.

Rather than seeing European racism as a thing of the past, the recognition of its persistence is essential if we are to understand the refugee crisis and some of the responses to it. Thousands of people from former European colonies, whose grandparents were treated as less than human by their European rulers, have drowned in the Mediterranean in the past two decades, yet this only became a “crisis” when the scale of the disaster was impossible for Europeans to ignore.

In 2015, the UN’s special rapporteur on migration proposed two responses that would have done much to alleviate the crisis: mass international resettlement of refugees from Syria, and a temporary work visa scheme so that economic migrants could come and go, without getting trapped in the deadly clandestine routes. The reason this hasn’t happened is because European governments simply don’t want to do it. There are domestic political pressures within Europe, and a wider crisis of the international system through which conflicts and disagreements between states are supposed to be resolved.

Even now, a hierarchy of suffering pervades much of the debate, in which people’s struggles are ignored or dismissed depending on their background, with little discussion of how Europe might have contributed to the situation of the countries the migrants leave behind – either historically, or through the military and economic policies of current governments. And when local conflicts involving newly arrived refugees break out in European countries, many commentators jump seamlessly from an incident that needs a considered response, to declaration of an existential threat to Europe from its Muslim minority. At its extreme end, this is genocidal logic, of a kind Europe has known in its past.

We do not have to accept this. A more honest conversation about the crisis would involve a reckoning with our own past – and a good starting point would be to recognise that for many of the migrants making perilous journeys to Europe today, Europe is already a part of their lives. “We remember the past, we remember slavery; they started the world wars and we fought for them,” I was once told by a group of men from west Africa marooned in a southern Italian reception centre. This isn’t about apportioning blame or guilt. It is about recognising that the world is not easily divided into “European” and “non-European”. This is as true for Britain as it is for the rest of Europe, even if Britain leaves the political union. “I’m always surprised when people ask, ‘Why are refugees coming to the UK?’” said Zainab, who fled Islamic State in Iraq and brought her three young children to Britain via Calais, hidden in a series of lorries. “I would like to answer back: ‘Hasn’t Iraq been occupied by Britain and America?’ I want people to see the suffering that the populations from these places have gone through. I really wish for people to see the connection.”

Myth 5: History is repeating and there’s nothing we can do about it

The Holocaust is never far from the surface of European consciences. And its presence has been felt in a range of responses to the refugee crisis – from grand political statements about Europe’s duty to act, to the invocation of the Kindertransport in Britain’s debate over child refugees, to stories about elderly Jewish Europeans helping today’s displaced migrants cross borders. But it can lead us to a Schindler’s List interpretation of history – the one dramatic moment of rescue that either averts disaster, or absolves us of a greater crime.

An awareness of this history matters, and can motivate us to act, but there are considerable differences from the past. Our system of refugee protection was set up primarily to deal with the huge population upheavals in Europe that were caused by the two world wars. Now largely in the past, these upheavals are generally seen as having provided a moral lesson – one of several ways in which Europe declared: “Never again”. But although Europe’s crisis of displacement had a beginning and an end, for much of the world, displacement is persistent, its causes apparently more complicated, the people at the centre of it afforded less significance. Often, they are given no story at all, reduced to a shadow that occasionally flits across European vision.

But it is vital that we pay attention, not just for humanitarian reasons but because displacement points to a dangerous weakness in liberal democratic societies. Although we have come to regard certain rights as fundamental and universal, these are often only guaranteed through membership of a nation-state. In her 1951 book The Origins of Totalitarianism, the political theorist Hannah Arendt argued that the inability of states to guarantee rights to displaced people in Europe between the world wars helped create the conditions for dictatorship. Statelessness reduced people to the condition of outlaws: they had to break laws in order to live and they were subject to jail sentences without ever committing a crime. Being a refugee means not doing what you are told – if you did, you would probably have stayed at home to be killed. And you continue bending the rules, telling untruths, concealing yourself, even after you have left immediate danger, because that is the way you negotiate a hostile system.

But the presence of millions of displaced people also became a powerful tool for those regimes that wanted to undermine the idea of universal human rights. “Look,” they could say, “there’s no such thing; you only get rights by being part of the nation”. Instead of resolving this problem, governments cracked down on unwanted migrants, giving police forces extensive powers that were eventually also wielded over their own citizens. This happened in the western European democracies, argued Arendt, and not just in the totalitarian states.

This has a disturbing parallel with the new powers and security infrastructure – from Britain’s “hostile environment” and laws criminalising European citizens who help migrants to the “temporary-stay facilities” that Italy’s new, far-right interior minister has proposed as part of a plan to increase deportations – that European governments are creating. Far from being the barbarians they are often portrayed as – a mass of “illegals” threatening European security and identity – rightless people appear “as the first signs of a possible regression from civilisation”, Arendt warned.

But Arendt points out a threat, not something inevitable – and importantly, governments respond to pressure from the electorate. In the autumn of 2015, for instance, public outcry over the photograph of a drowned toddler, Alan Kurdi, that circulated in international media pressured the British government into expanding a scheme to resettle Syrian refugees.

We must be alert to the ways in which some politicians try to convince people to give up rights and protections that exist for the benefit of everyone. Any authority figure who says: “We should look after our own before we look after refugees,” probably isn’t interested in doing either. And we should recognise the importance of collective action. There will not be “solutions” to this crisis, in the sense of one or more policy decisions that will make refugees vanish.

Wars produce refugees. People will continue to move to improve their quality of life – not only because of extreme poverty, but because they are connected to global culture and global networks of communication. Climate change has the potential to create far greater displacement than we have seen in recent years; as with refugees from war, it is likely to be poorer countries who feel the greatest impact. We cannot control whether these things happen; what matters will be how we respond, and whether we repeat the errors of this crisis.

You do not have to let your thinking be limited by the categories that currently exist. It is possible to defend the protections that the current system of refugee law offers, while recognising their limits. Politicians may try to draw a distinction between “genuine” refugees and other irregular migrants, and our economy may assign relative values to people’s lives based on their use as workers, but that doesn’t mean we should accept that one of those people is any less a person, or that their experiences are any less real. Refugee law provides an essential protection for some kinds of displaced people, but not all of them. Drawn up in a world where power and wealth are unequally distributed, it has always reflected the concerns of the powerful. The more rigidly we enforce distinctions between the deserving and undeserving, the more likely we are to accept the violence done in our name.

Throughout 2015, I kept hearing and reading about refugees having a “dream” of Europe. Perhaps that’s the case; we are all moved at times by an ideal. But it implies a certain naivety on the part of the beholder, that someone is being pulled by an illusion that the rest of us do not share. It belittles them, while at the same time aggrandising us. To the European audience, and by extension audiences in other rich parts of the world, it is reassuring: they are dreaming of having lives like ours – and who can blame them for idealising our existence?

Yet it is striking how often the word “dream” seems to crop up in place of the less comforting words “want” and “need”. This person has arrived in Europe and they want to go to Britain, where their uncle lives. Wouldn’t you? This person needs to get to Europe to work. Why can’t they earn a living at home? Why should anyone have to put up with these conditions? Whose interests does it serve to regulate their movement? And how likely is it that states which treat migrants with such callousness will behave similarly towards their own citizens? These, I think, are the sorts of questions we should be asking.

Daniel Trilling’s Lights in the Distance, based on years of reporting on refugees in Europe, has just been published by Picador and is available from the Guardian Bookshop


Immigration: Attention, une vérité qui dérange peut en cacher une autre ! (Better green than dead: What other unconvenient truth ?)

10 août, 2018

 
feux Quand les mille ans seront accomplis, Satan (…) sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer. Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Jean (Apocalypse 20: 7-9)
Le titre m’est venu de la lecture de l’Apocalypse, du chapitre 20, qui annonce qu’au terme de mille ans, des nations innombrables venues des quatre coins de la Terre envahiront « le camp des saints et la Ville bien-aimée ». Jean Raspail
Le 17 février 2001, un cargo vétuste s’échouait volontairement sur les rochers côtiers, non loin de Saint-Raphaël. À son bord, un millier d’immigrants kurdes, dont près de la moitié étaient des enfants. Cette pointe rocheuse faisait partie de mon paysage. Certes, ils n’étaient pas un million, ainsi que je les avais imaginés, à bord d’une armada hors d’âge, mais ils n’en avaient pas moins débarqué chez moi, en plein décor du Camp des saints, pour y jouer l’acte I. Le rapport radio de l’hélicoptère de la gendarmerie diffusé par l’AFP semble extrait, mot pour mot, des trois premiers paragraphes du livre. La presse souligna la coïncidence, laquelle apparut, à certains, et à moi, comme ne relevant pas du seul hasard. Jean Raspail
Qu’est-ce que Big Other ? C’est le produit de la mauvaise conscience occidentale soigneusement entretenue, avec piqûres de rappel à la repentance pour nos fautes et nos crimes supposés –  et de l’humanisme de l’altérité, cette sacralisation de l’Autre, particulièrement quand il s’oppose à notre culture et à nos traditions. Perversion de la charité chrétienne, Big Other a le monopole du Vrai et du Bien et ne tolère pas de voix discordante. Jean Raspail
Ce qui m’a frappé, c’est le contraste entre les opinions exprimées à titre privé et celles tenues publiquement. Double langage et double conscience… À mes yeux, il n’y a pire lâcheté que celle devant la faiblesse, que la peur d’opposer la légitimité de la force à l’illégitimité de la violence. Jean Raspail
Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. Boumediene (mars 1974)
Un jour, des millions d’hommes quitteront le sud pour aller dans le nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. Houari Boumediene (ONU, 10.04.74)
Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union Européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. La Bosnie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. 50% de ses citoyens sont musulmans. L’Europe est dans une fâcheuse posture. Et il en est de même de l’Amérique. Elles [les nations occidentales] devraient accepter de devenir musulmanes avec le temps ou bien de déclarer la guerre aux musulmans. Kadhafi (10.04.06) 
Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme. (…) Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident « le monde libre » par rapport au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce « monde libre », fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein. Robert Redeker
Si je regarde vers l’avenir, je suis empli de sombres présages ; tel le poète romain, il me semble voir le Tibre écumer d’un sang abondant. Enoch Powell (20 avril 1968)
La fonction suprême de l’homme d’Etat est de protéger la société de malheurs prévisibles. Il rencontre dans cette tâche des obstacles profondément ancrés dans la nature humaine. L’un d’entre eux est qu’il est d’évidence impossible de démontrer la réalité d’un péril avant qu’il ne survienne : à chaque étape de la progression d’un danger supposé, le doute et le débat sont possibles sur son caractère réel ou imaginaire. Ces dangers sont en outre l’objet de bien peu d’attention en comparaison des problèmes quotidiens, qui sont eux incontestables et pressants : d’où l’irrésistible tentation pour toute politique de se préoccuper du présent immédiat au détriment de l’avenir. Par-dessus tout, nous avons également tendance à confondre la prédiction d’un problème avec son origine, ou même avec le fauteur de trouble. Nous aimons à penser : « Si seulement personne n’en parlait, sans doute rien de tout cela n’arriverait…» Cette habitude remonte peut-être à la croyance primitive que le mot et la chose, le nom et l’objet, sont identiques. Dans tous les cas, l’évocation des périls à venir, graves mais évitables (si l’on s’attache à les résoudre), est la tâche la plus impopulaire de l’homme politique. La plus nécessaire aussi. (…) Sur la lancée actuelle, dans 15 ou 20 ans, il y aura en Grande-Bretagne, en comptant les descendants, 3,5 millions d’immigrés du Commonwealth. Ce chiffre n’est pas de moi : c’est l’évaluation officielle donnée au Parlement par les bureaux de l’état-civil. Il n’y a pas de prévision officielle semblable pour l’an 2000, mais le chiffre avoisinera les 5 à 7 millions, soit environ un dixième de la population, quasiment l’équivalent de l’agglomération londonienne. Cette population ne sera bien sûr pas uniformément répartie du nord au sud et d’est en ouest. Dans toute l’Angleterre, des régions entières, des villes, des quartiers, seront entièrement peuplés par des populations immigrées ou d’origine immigrée. Avec le temps, la proportion des descendants d’immigrés nés en Angleterre, et donc arrivés ici comme nous, augmentera rapidement. Dès 1985, ceux nés en Angleterre [par rapport à ceux nés à l’étranger] seront majoritaires. C’est cette situation qui demande d’agir avec la plus extrême urgence, et de prendre des mesures qui, pour un homme politique, sont parmi les plus difficiles à prendre, car ces décisions délicates sont à considérer dans le présent, alors que les dangers à écarter, ou à minimiser, ne se présenteront qu’aux élus des générations futures. Lorsqu’un pays est confronté à un tel danger, la première question qui se pose est celle-ci : « Comment réduire l’ampleur du phénomène ? » Puisqu’on ne peut entièrement l’éviter, peut-on le limiter, sachant qu’il s’agit essentiellement d’un problème numérique ? Car en effet, l’arrivée d’éléments étrangers dans un pays, ou au sein d’une population, a des conséquences radicalement différentes selon que la proportion est de 1% ou 10%. La réponse à cette simple question est d’une égale simplicité : il faut stopper, totalement ou presque, les flux d’immigration entrants et encourager au maximum les flux sortants. Ces deux propositions font partie de la plate-forme officielle du Parti Conservateur. Il est à peine concevable qu’en ce moment même, rien qu’à Wolverhampton, entre 20 et 30 enfants immigrés supplémentaires arrivent chaque semaine de l’étranger, soit 15 à 20 familles supplémentaires dans 10 ou 20 ans. « Quand les Dieux veulent détruire un peuple, ils commencent par le rendre fou » dit le dicton, et assurément nous devons être fous, littéralement fous à lier, en tant que nation, pour permettre chaque année l’arrivée d’environ 50 000 personnes à charge et qui plus tard accroîtront la population d’origine immigrée. J’ai l’impression de regarder ce pays élever frénétiquement son propre bûcher funéraire. (…) Le troisième volet de la politique du Parti Conservateur est l’égalité de tous devant la loi : l’autorité publique ne pratique aucune discrimination et ne fait aucune différence entre les citoyens. Ainsi que M. Heath [leader du parti conservateur] l’a souligné, nous ne voulons pas de citoyens de première ou de seconde «classe». Mais cela ne doit pas signifier pour autant qu’un immigré ou ses descendants doivent disposer d’un statut privilégié ou spécifique, ou qu’un citoyen ne soit pas en droit de discriminer qui bon lui semble dans ses affaires privées, ou qu’on lui dicte par la loi ses choix ou son comportement. Il n’y a pas plus fausse appréciation de la réalité que celle entretenue par les bruyants défenseurs des lois dites « contre les discriminations ». Que ce soit nos grandes plumes, toutes issues du même moule, parfois des mêmes journaux qui, jour après jour dans les années 30, ont tenté d’aveugler le pays face au péril croissant qu’il nous a fallu affronter par la suite. Ou que ce soit nos évêques calfeutrés dans leurs palais à savourer des mets délicats, la tête dissimulée sous les draps. Ces gens-là sont dans l’erreur, dans l’erreur la plus absolue, la plus complète. Le sentiment de discrimination, de dépossession, de haine et d’inquiétude, ce ne sont pas les immigrés qui le ressentent, mais bien ceux qui les accueillent et doivent continuer à le faire. C’est pourquoi voter une telle loi au Parlement, c’est risquer de mettre le feu aux poudres. Le mieux que l’on puisse dire aux tenants et aux défenseurs de cette loi, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. (…) alors qu’arriver en Grande-Bretagne signifie pour le migrant accéder à des privilèges et à des équipements ardemment recherchés, l’impact sur la population autochtone du pays est bien différent. Pour des raisons qu’ils ne comprennent pas, en application de décisions prises à leur insu, pour lesquelles ils ne furent jamais consultés, les habitants de Grande-Bretagne se retrouvent étrangers dans leur propre pays. Leurs femmes ne trouvent pas de lits d’hôpital pour accoucher, leurs enfants n’obtiennent pas de places à l’école, leurs foyers, leurs voisins, sont devenus méconnaissables, leurs projets et perspectives d’avenir sont défaits. Sur leurs lieux de travail, les employeurs hésitent à appliquer au travailleur immigré les mêmes critères de discipline et de compétence qu’au Britannique de souche. Ils commençent à entendre, au fil du temps, des voix chaque jour plus nombreuses qui leur disent qu’ils sont désormais indésirables. Et ils apprennent aujourd’hui qu’un privilège à sens unique va être voté au Parlement. Qu’une loi qui ne peut, ni n’est destinée à les protéger ni à répondre à leurs doléances, va être promulguée. Une loi qui donnera à l’étranger, au mécontent, à l’agent provocateur, le pouvoir de les clouer au pilori pour des choix d’ordre privé. Parmi les centaines de lettres que j’ai reçues après m’être exprimé sur ce sujet il y a 2 ou 3 mois, j’ai remarqué une nouveauté frappante, et je la trouve de très mauvaise augure. Les députés ont l’habitude de recevoir des lettres anonymes, mais ce qui me surprend et m’inquiète, c’est la forte proportion de gens ordinaires, honnêtes, avisés, qui m’écrivent une lettre souvent sensée, bien écrite, mais qui préfèrent taire leur adresse. Car ils craignent de se compromettre ou d’approuver par écrit les opinions que j’ai exprimées. Ils craignent des poursuites ou des représailles si cela se savait. Ce sentiment d’être une minorité persécutée, sentiment qui progresse parmi la population anglaise dans les régions touchées du pays, est quelque chose d’à peine imaginable pour ceux qui n’en ont pas fait directement l’expérience. (…) L’autre dangereuse chimère de ceux qui sont aveugles aux réalités peut se résumer au mot « intégration ». Être intégré, c’est ne pas se distinguer, à tous points de vue, des autres membres d’une population. Et de tout temps, des différences physiques évidentes, particulièrement la couleur de peau, ont rendu l’intégration difficile, bien que possible avec le temps. Parmi les immigrés du Commonwealth venus s’installer ici depuis 15 ans, il existe des dizaines de milliers de personnes qui souhaitent s’intégrer, et tous leurs efforts tendent vers cet objectif. Mais penser qu’un tel désir est présent chez une vaste majorité d’immigrés ou chez leurs descendants est une idée extravagante, et dangereuse de surcroît. Nous sommes arrivés à un tournant. Jusqu’à présent, la situation et les différences sociales ont rendu l’idée même d’intégration inaccessible : cette intégration, la plupart des immigrés ne l’ont jamais ni conçue ni souhaitée. Leur nombre et leur concentration ont fait que la pression vers l’intégration qui s’applique d’habitude aux petites minorités, n’a pas fonctionné. Nous assistons aujourd’hui au développement de forces qui s’opposent directement à l’intégration, à l’apparition de droits acquis qui maintiennent et accentuent les différences raciales et religieuses, dans le but d’exercer une domination, d’abord sur les autres migrants et ensuite sur le reste de la population. Cette ombre, au départ à peine visible, obscurcit le ciel rapidement. Et on la perçoit désormais à Wolverhampton. Elle donne des signes d’expansion rapide. (…) Le projet de Loi sur les Relations Raciales constitue le terreau idéal pour que ces dangereux éléments de discorde prospèrent. Car voilà bien le moyen de montrer aux communautés d’immigrants comment s’organiser et soutenir leurs membres, comment faire campagne contre leurs concitoyens, comment intimider et dominer les autres grâce aux moyens juridiques que les ignorants et les mal-informés leur ont fournis. Je contemple l’avenir et je suis rempli d’effroi. Comme les Romains, je vois confusément « le Tibre écumant de sang ». Ce phénomène tragique et insoluble, nous l’observons déjà avec horreur outre-Atlantique, mais alors que là-bas il est intimement lié à l’histoire de l’Amérique, il s’installe chez nous par notre propre volonté, par notre négligence. Il est déjà là. Numériquement parlant, il aura atteint les proportions américaines bien avant la fin du siècle. Seule une action résolue et immédiate peut encore l’empêcher. Je ne sais si la volonté populaire exigera ou obtiendra de telles mesures. Mais ce que je sais, c’est que se taire devant cette situation serait une trahison majeure. Enoch Powell (1968)
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
According to the agreement, Kuwait will get 900 million litres of water daily, Shaikh Ahmad said, without providing the financial details of the agreement. Earlier reports have said the project foresees building a pipeline to channel water from the Karun and Karkheh rivers in southwestern Iran to Kuwait at a cost of $2 billion. The Kuwaiti minister said the project is « vital » for Kuwait and is classified as « one of the highly important strategic projects ». Al Jazeera (2003)
Farmers accuse local politicians of allowing water to be diverted from their areas in return for bribes. While the nationwide protests in December and January stemmed from anger over high prices and alleged corruption, in rural areas, lack of access to water was also a major cause, analysts say. In Syria, drought was one of the causes of anti-government protests which broke out in 2011 and led to civil war, making the Iranian drought particularly sensitive. Approximately 97 percent of the country is experiencing drought to some degree, according to the Islamic Republic of Iran Meteorological Organization. Rights groups say it has driven many people from their homes. A United Nations report last year noted, “Water shortages are acute; agricultural livelihoods no longer sufficient. With few other options, many people have left, choosing uncertain futures as migrants in search of work.” In early January, protests in the town of Qahderijan, some 10 km (6 miles) west of Isfahan, quickly turned violent as security forces opened fire on crowds, killing at least five people, according to activists. One of the dead was a farmer, CHRI said, and locals said water rights were the main grievance. Hassan Kamran, a parliamentarian from Isfahan, publicly criticised energy minister Reza Ardakanian this month, accusing him of not properly implementing a water distribution law. “The security and intelligence forces shouldn’t investigate our farmers. The water rights are theirs,” he told a parliamentary session. In early March, Ardakanian set up a working group comprising four ministers and two presidential deputies to deal with the crisis. Since the January protests, Rouhani has repeatedly said the government will do what it can to address grievances. But there is no quick fix for deeply rooted environmental issues like drought, observers say. Reuters
Les médias sont rares à s’intéresser à la question, mais l’Iran fait face à une grande catastrophe, sauf si des mesures techniques sont immédiatement prises: la pénurie d’eau devient dramatique. L’Occident se polarise sur le programme nucléaire ou sur le maintien des sanctions économiques contre l’Iran mais élude le problème de l’eau, qui risque d’entraîner une agitation sociale en Iran avec pour conséquence une migration des populations. Pour camoufler la véritable rupture avec le gouvernement, les contestations sont pour l’instant étouffées dans les grandes villes. (…) Le problème ne date pas d’aujourd’hui puisque des mises en garde ont été publiées dès 2014. (…) En cause: l’absence d’investissements depuis plusieurs années dans les infrastructures des réseaux de distribution d’eau potable alors que la sécheresse sévit dans le pays et que plusieurs rivières iraniennes se sont asséchées. La seule mesure prise par les autorités consiste à rationner l’eau dans la capitale de huit millions d’habitants, avec pour conséquence les nombreuses protestations qui se sont élevées contre les coupures d’eau. (…) Il y a bien sûr des raisons climatiques qui expliquent cette pénurie mais les négligences du pouvoir sont immenses. Par manque d’eau, seules 12% des terres (19 millions d’hectares) sont exploitées pour l’agriculture alors que l’ensemble des terres arables est évalué à 162 millions d’hectares. Or, si des solutions techniques évoluées ne sont pas mises en place, la quantité d’eau n’augmentera pas dans les années à venir alors que le pays connaît une croissance démographique et une urbanisation accélérée. Par ailleurs, l’Iran n’a pas été économe de son eau. À force de pompages désordonnés, son sous-sol s’est vidé et la pluie n’est pas suffisamment abondante pour remplir les nappes souterraines. De nombreux puits ont été creusés illégalement par les Iraniens malgré une eau puisée polluée. L’agriculture iranienne n’est plus suffisante pour permettre une indépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger. À peine 40% des eaux usées sont traitées tandis que le reste est déversé dans les lacs et les rivières, aggravant la pollution. Par ailleurs, les sanctions ont aggravé la disponibilité de produits chimiques pour les installations d’eau. (…) Mais au lieu de prendre des mesures structurelles, le gouvernement a usé de l’arme du rationnement. Eshagh Jahanguiri, le premier vice-président, a prévenu: «Il y aura d’abord des coupures d’eau et, ensuite, des amendes pour les gros consommateurs.» C’est la meilleure manière de se mettre à dos la population qui menace le régime. Jacques Benillouche
Depuis le lancement de la « marche du retour » (tentative d’invasion) par les Palestiniens et les 2 mois d’émeutes et de tentatives d’infiltration terroristes à la frontière de Gaza qui s’en sont suivis, l’attention médiatique a été à juste titre portée sur le bilan humain suite à l’agression du Hamas. Dès le début des violences palestiniennes, Israël est universellement condamné pour le nombre de victimes, la grande majorité des personnes tuées étant pourtant des membres du Hamas. Néanmoins, un autre aspect de l’histoire, qui a été rapporté mais dans une bien moindre mesure, est le phénomène des cerfs-volants incendiaires utilisés par le Hamas et ses membres. Le Hamas a adopté la politique de la terre brûlée, une tactique consistant à pratiquer les destructions les plus importantes possibles, détruire ou à endommager gravement ressources, moyens de production, infrastructures, bâtiments ou nature environnante, de manière à les rendre inutilisables. À maintes et maintes reprises, les terroristes ont attaché des engins incendiaires à des cerfs-volants qui sont normalement des jouets pour enfants. En raison des vents soufflant habituellement d’ouest en est, beaucoup de ces engins ont en fait atterri dans les champs et les forêts israéliennes, les conditions météorologiques extrêmement chaudes et sèches favorisant le départ d’incendies massifs. Les rapports indiquent que des milliers de dounams [1/10e d’hectare] de cultures et de plantes ont été détruits à cause de cette forme de terrorisme – le terrorisme agricole. Bien que le terrorisme agricole ne soit pas une nouvelle tactique, il a pris de l’ampleur, tant dans le sud à la frontière avec Gaza qu’au cours des dernières semaines dans toute la Judée et la Samarie. Le Djihad des forêts : les Arabes palestiniens lancent des incendies de terreur depuis les années 1920. Il n’y a rien de nouveau dans l’utilisation des feux pour la terreur. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les incendies criminels palestiniens représentaient environ le tiers de tous les incendies de forêt en Israël. En 2016, de nombreux incendies se sont déclarés dans le nord d’Israël. Les Arabes célèbrent ces incendies sur les réseaux sociaux. La plupart des incendies criminels à la fin des années 1980 étaient directement liés au soulèvement palestinien (la première Intifada). Dans les années 1920, 1930 et 1940, les Palestiniens ont brûlé des centaines d’hectares (Emek en 1936), des maisons et des juifs. En 1929, sous l’impulsion du Mufti pro nazi Al Husseini de nombreux pogroms anti Juifs eurent lieu et la forêt Balfurya dans le nord fut incendiée. Le New York times rapportait en octobre 1938 que plusieurs Juifs avaient été poignardés puis brûlés par un groupe terroriste arabe à Tibériade – Les victimes du massacre : Jacob Zaltz,  M. Kabin et sa soeur, Joshua Ben Arieh sa femme et son fils, les trois enfants de Shlomo Leimer, âgés de 8, 10 et 12 ans, Shimon Mizrahi, sa femme et ses cinq enfants, âgés de 1 à 12 ans. Lors du massacre d’Hébron de 1929, des Arabes tuèrent environ 67 Juifs, en blessèrent 53 et pillèrent des maisons et des synagogues. Après avoir brûlé des centaines de pneus près de la clôture et tenté de pénétrer les kibboutz avoisinants dans l’unique but de massacrer des civils Israéliens, les terroristes de Gaza ont trouvé une nouvelle arme contre Israël : les cerfs-volants incendiaires et les ballons à l’hélium. Israël Hayom a cité la semaine dernière des personnes impliquées dans le domaine qui ont spéculé que, puisqu’il n’y a pas beaucoup de magasins de jouets à Gaza, la seule source logique pour cette quantité d’hélium seraient les hôpitaux de Gaza qui utilisent normalement l’hélium à des fins médicales. Utiliser les hôpitaux pour promouvoir le terrorisme n’est pas nouveau à Gaza. Durant l’Opération Bordure protectrice de 2014, l’hôpital Al-Shifa dans le quartier de North Rimal à Gaza a été décrit par le Washington Post comme un « quartier général de facto pour les dirigeants du Hamas ». Depuis le début des manifestations dites pacifiques par les médias, Les dégâts causés à la flore, aux cultures et à la faune sont considérables, certaines estimations indiquant que les pertes se chiffrent à plusieurs millions de dollars. Selon un rapport du JNS, « les responsables de l’Autorité israélienne pour la nature et les parcs ont estimé qu’au moins un tiers de la réserve naturelle de Carmia a été détruite, avec des dommages significatifs pour les plantes et la faune locales ». Le passage de Kerem Shalom a même été incendié à trois reprises. Ce passage voit quotidiennement passer plus de 6000 tonnes de marchandises et près de 190 camions chaque jour. Selon un haut responsable local de la sécurité, éteindre les pneus en feu n’est pas si simple car ils sont souvent remplis d’explosifs, dans l’espoir de blesser ou de tuer des pompiers. En conséquence, l’armée doit intervenir pour aider les pompiers, ce qui retarde  les efforts de lutte contre l’incendie. Une autre forme de terrorisme agricole est le vol. Deux semaines à peine avant l’incendie des vergers de cerisiers de Kfar Etzion, les Arabes des villages voisins, au milieu de la nuit, avaient pillé les récoltes près du même endroit, volant des tonnes de fruits. Les estimations indiquent qu’environ 50,000 € de cerises ont été volés. Ces criminels ont envoyé un message clair, ils ont peint une croix gammée nazie sur un rocher dans le verger. Ceci est encore une autre similitude avec les cerfs-volants dans le sud, souvent décorés avec des croix gammées. Aussi horrible que soit le terrorisme agricole, les responsables de la sécurité sont conscients que ce type de terrorisme n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen plus sinistre et abjecte. La crainte est qu’une prochaine fois, l’un de ces incendies puisse se propager dans les communautés elles-mêmes, mettant des maisons et des vies en danger. (…) La nouvelle terreur de Gaza  est le cerf-volant. Les Gazaouis attachent des chiffons enflammés ou une sorte de bombe incendiaire à un cerf-volant ou à un ballon à l’hélium pour les laisser tomber en territoire israélien et brûler les cultures et habitations. On n’est pas dans dans la recherche scientifique ou médicale mais dans la recherche de la terreur. Cela a été extrêmement efficace pour frapper les champs Israéliens dans le Néguev, devenant une arme terroriste dévastatrice. Ce phénomène de terrorisme agricole découle des violences qui ont eu lieu à la frontière de Gaza depuis le début des manifestations du mois de mars. Depuis plusieurs semaines, les Gazaouis lancent régulièrement des cerfs-volants équipés d’objets incendiaires, comprenant souvent du charbon de bois et des sacs de sucre pour assurer une longue et lente brûlure. Plus de 700 cerfs-volants et ballons ont été lancés à partir de Gaza, déclenchant plus de 400 incendies. Les dommages causés par ces incendies à l’agriculture israélienne près de la frontière de Gaza est estimée à 3 millions de dollars. Netanyahu a demandé l’avancement d’un plan pour utiliser les fonds de l’Autorité palestinienne pour payer les dommages causés. L’objectif du Hamas est de détruire complètement Israël, et paralyser l’économie Israélienne en brûlant ses récoltes. (…) Le terrorisme aux cerfs-volants n’est qu’une autre tentative des Palestiniens de détruire Israël avec une arme de choix différente. Les Palestiniens ont utilisé les bombes, les détournements d’avions, les roquettes, les mortiers, les bombes humaines, les armes automatiques, les couteaux, les bulldozers, les voitures béliers, les cocktails molotov, les pierres, les tunnels terroristes, les haches, maintenant ce sont des cerfs-volants et des ballons incendiaires. Les provocations récentes du Hamas où des milliers de Gazaouis tentèrent de démolir la barrière frontalière et d’entrer en Israël avec des cocktails Molotov et d’autres armes improvisées font partie d’une tactique macabre du Hamas appelée « l’enfant mort » pour qu’Israël tue autant de Gazaouis que possible afin que les titres commencent toujours, et souvent se terminent, avec le nombre de Palestiniens tués. Le Hamas envoie délibérément des femmes et des enfants sur la ligne de front comme ce fut le cas avec l’infirmière Razzan Al Najjar (qui dans une vidéo reconnaissait être venu tenir un rôle de bouclier humain), tandis que leurs propres et vaillant combattants se planquent dans leurs bunkers ou derrière ces boucliers humains. Jean Vercors (Dreuz)
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Comme au bon vieux temps de la Terreur, quand les gens venaient assister aux exécutions à la guillotine sur la place publique. Maintenant, c’est par médias interposés que la mort fait vibrer les émotions (…) Les médias filment la mort comme les réalisateurs de X filment les ébats sexuels. Bernard Dugué
Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos. While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch. At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models. Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic. James Alan Fox (Northeastern University)
Voyez comme c’est devenu énorme, en seulement quelques jours… Voyez à quelle vitesse cet incendie du ‘Mendocino Complex’ est monté dans le classement des sinistres. Scott Mclean (Département des forêts et de la protection contre les incendies de Californie)
Holy Fire 2018: Man arrested on suspicion of arson as ‘DOOMSDAY’ fire spreads. California authorities have charged a 51-year-old man with felony arson for allegedly starting the Holy Fire that has been ripping through the Orange and Riverside counties in Southern California as locals describe « doomsday » scenario. » The Express
Deux foyers qui ravagent le nord de la Californie ont formé ensemble, lundi 6 août, le plus grand incendie de l’histoire de cet État de l’ouest des États-Unis, annoncent les autorités. Appelés « incendie du Mendocino Complex », les deux brasiers ont réduit en cendres plus de 114 850 hectares – une superficie proche de la taille de l’immense ville de Los Angeles – et ne sont maîtrisés qu’à 30% environ, a annoncé Calfire, le service californien de lutte contre les incendies. (…) Le « Mendocino Complex » a surpassé en superficie détruite l’incendie Thomas, qui avait détruit 114 078 hectares en décembre 2017. L’incendie Carr, qui sévit également dans le nord de la Californie, a tué sept personnes et détruit plus de 1 600 bâtiments, dont un millier de logements. (…) L’autre grand incendie de la région, surnommé « Ferguson », qui a provoqué la fermeture partielle du parc national de Yosemite, en pleine saison touristique, était contenu à 38%. Plus de 14 000 pompiers combattent les divers incendies en cours dans l’État de Californie. Plusieurs milliers de personnes ont été évacuées depuis le début de cette série de sinistres. Francetv info
A wildland fire is devouring thousands of acres of grass and brush and some rustic cabins as well in Orange and Riverside counties. It’s dubbed the Holy fire, because it started in the Holy Jim Canyon area, near a road with that name. The Orange county register
Unlike hurricanes, wildfires are not named from a predetermined list. They are named by officials, who choose names based on “a geographical location, local landmark, street, lake, mountain, peak, etc.,” the California Department of Forestry and Fire Protection said. Officials said that quickly coming up with a label provides firefighters another way to locate the blaze and allows officials to track and prioritize incidents by name. A Twitter hashtag that identified the devastating fires in San Diego in 2007 — #sandiegofire — proved useful as people used it to organize information about road closures and evacuations, officials said. (…) Even names that would seem to have little to do with geography often tie back to location somehow. The 2007 Witch Fire, which destroyed about 1,650 structures, had nothing to do with sorcery, but it did originate in an area of San Diego County known as Witch Creek. (…) during the summer of 2015, there were so many fires, officials named one in southeast Idaho “Not Creative,” according to reports. A spokeswoman for the Idaho Department of Lands rationalized the choice to NPR, saying the name was selected after a long day of firefighting and after officials realized there were no significant landmarks nearby. Then there is the 416 Fire. The blaze, which has blackened more than 50,000 acres in Colorado since June, was named by the Durango Interagency Dispatch Center after its “system-generated number,” officials explained. The conflagration was the 416th “incident” in the San Juan National Forest — where the dispatch center is — this year, officials said. (…) The process of naming hurricanes is much more complicated. An international panel of meteorologists actually names the storms years in advance. Meteorologists use six lists of alphabetically arranged female and male names, which are used in rotation. (The 2018 list will be used again in 2024.) But if a storm is so destructive that using its name again would seem insensitive, a committee can remove the name from the list and select a replacement. For instance, Katrina will not be used again. The World Meteorological Organization said the names are never in reference to a particular person. Instead, the group said, the names are meant to be “familiar to the people in each region” because, just as with fires, the point is for the public to be able to remember them. NYT
Selon l’Office for national Statistics, l’usage criminel d’arme blanche, ayant ou non provoqué la mort, est à + 22% de septembre 2016 à sept. 2017 ; usage d’arme à feu, + 11%. La criminalité en général, + 14% (au plus haut depuis 15 ans). Pourquoi cette explosion criminelle dans un pays naguère paisible ?  Cause profonde, l’abolition des gouvernements vraiment « libéraux » ou « conservateurs » en Europe, remplacés par de factices-unanimes petits soldats de la mondialisation heureuse façon DGSI (Davos-Goldman-Sachs-Idéologie). Ainsi Theresa May ou François Hollande, David Gauke ministre conservateur de la Justice à Londres aujourd’hui, ou la libertaire Mme Taubira à Paris naguère, mêmes politiques laxistes et effets pervers. Car c’est la conservatrice Mme May qui, ministre de l’Intérieur, massacre dès 2010 la police britannique, amputant d’un coup son budget de – 18%. En 2015, Mme May dédaigne les alertes des syndicats et cadres de la police, les accusant avec mépris de « crier au loup ». Il y avait en 2010 144 353 policiers dans les rues (Angleterre + Galles) ; en 2015, il en restait 122 859,  – 21 494. Or sur 5 ans, cette décimation fait 4,5 millions de jours d’enquête en moins – à l’immense joie de bandits ainsi laissés la bride sur le cou. Résultat, l’effondrement des taux d’élucidation des polices britanniques. En 2015 encore, Scotland Yard faisait inculper 26% des assaillants au poignard, 11% en 2018. Robberies (braquages, agressions) : 6% d’élucidation en 2017, 94% de crimes impunis. A l’origine de l’explosion criminelle, des gangs toujours plus audacieux et structurés. Or paralysée par le « politiquement correct », Mme May interdit pour l’essentiel aux policiers de fouiller ces jeunes gangsters souvent issus de l’immigration africaine ou ouest-asiatique – comme la majorité des victimes d’homicides et 70 à 80% des gangsters en cause. Les bandits ne s’en cachent d’ailleurs pas, le principal gang juvénile de Londres s’étant lui même baptisé Mali Boys. Face à ce réel criminel, Mme May a empilé formalités absurdes et interdits bienséants – conférant aux gangsters une quasi-impunité. Qui dit explosion dit explosif : c’est l’énorme retour de la cocaïne sur la scène branchée britannique, dans une jeunesse dorée post-crise certes vegan, bobo et fan de café équitable – mais carburant à la coke,  d’où, de mortelles guerres de territoires entre gangs. Ultime cause de l’explosion criminelle : une justice laxiste. L’Angleterre ne poursuit désormais plus les vols en boutiques de moins de 250 euros ; déficit pour le commerce, 7 milliards d’euros – bien sûr répercutés sur les prix. Cette hugolienne mesure coûte à chaque ménage 300 euros par an – déjà l’insécurité dans leur cité, là encore, les pauvres trinquent. (…) Ultime folie: à des policiers abasourdis, le (conservateur) secrétaire d’Etat britannique aux prisons annonce une forte diminution des incarcérations de moins d’un an. Or on l’a vu, la peine réelle pour possession/usage d’une arme blanche est de sept mois et demi de prison ferme ; ce pour moins de 50% des condamnés adultes, et moins de 15% des mineurs – les autres échappant déjà à toute incarcération. Cherchez l’erreur… Xavier Raufer
Dans le cadre d’une enquête pour retrouver un père suspecté d’avoir enlevé son enfant, la police du Nouveau-Mexique, aux États-Unis, a (…) découvert un campement dans lequel onze enfants étaient retenus dans de terribles conditions. Au moins l’un d’entre eux y a été entraîné à l’usage des armes à feu dans le but de le préparer à des tueries de masse, bien que l’objectif précis de cette préparation reste à établir. La dépouille d’un enfant de 4 ans a été retrouvée sur place. L’enquête débute en décembre 2017, dans le comté de Jonesboro, en Géorgie, sur la côte est des États-Unis. Siraj Wahhaj, père de 39 ans, est recherché après la disparition de son fils. La mère affirme à la police que l’enfant, âgé de 3 ans, est allé au parc avec lui et n’en est jamais revenu. Le garçon souffre d’épilepsie, ainsi que de problèmes cognitifs et de développement, explique-t-elle. D’après le Telegraph, elle aurait également évoqué ses craintes d’un «exorcisme» que le père voudrait pratiquer sur son fils, avant de finalement revenir sur ces propos en évoquant une mauvaise traduction du terme. Plusieurs proches du garçonnet, dont son grand-père, imam d’une mosquée de Brooklyn, à New York, lancent une campagne via les réseaux sociaux pour le retrouver, raconte le National Post. (…) Jeudi, de nouvelles informations sont venues ajouter au sordide de l’affaire: au moins un des onze enfants retrouvés a été entraîné à l’usage des armes à feu. «Un tuteur temporaire de l’un des enfants a déclaré que l’accusé avait entraîné l’enfant à tirer avec un fusil d’assaut pour se préparer à de futures fusillades en milieu scolaire», précise le bureau du procureur. Selon CNN, ce dernier mentionne par ailleurs, dans les motivations pour le maintien en prison de Siraj Wahhaj, sa «planification et sa préparation de futures tueries dans des écoles».  (…) Mardi, le shérif du comté de Taos a indiqué que le groupe était «considéré comme extrémiste de la foi musulmane», sans toutefois revenir plus en détails sur ce point. L’homme arrêté avec Siraj Wahhaj, identifié comme Lucas Morten et âgé de 40 ans, a d’abord été inculpé pour hébergement de fugitif, avant que des charges liées à la maltraitance des enfants ne soient ajoutées. Les trois femmes ont été libérées en attendant la suite de l’enquête. Leurs liens avec les protagonistes restent imprécis: selon les sources, elles sont présentées comme étant des mères de certains enfants, ou des sœurs de l’un des deux hommes, ou encore une épouse de l’un d’eux. Le Figaro
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Who are the bigots — the rude and unruly protestors who scream and swarm drop-off points and angrily block immigration authority buses to prevent the release of children into their communities, or the shrill counter-protestors who chant back “Viva La Raza” (“Long Live the Race”)? For that matter, how does the racialist term “La Raza” survive as an acceptable title of a national lobby group in this politically correct age of anger at the Washington Redskins football brand? How can American immigration authorities simply send immigrant kids all over the United States and drop them into communities without firm guarantees of waiting sponsors or family? If private charities did that, would the operators be jailed? Would American parents be arrested for putting their unescorted kids on buses headed out of state? Liberal elites talk down to the cash-strapped middle class about their illiberal anger over the current immigration crisis. But most sermonizers are hypocritical. Take Nancy Pelosi, former speaker of the House. She lectures about the need for near-instant amnesty for thousands streaming across the border. But Pelosi is a multimillionaire, and thus rich enough not to worry about the increased costs and higher taxes needed to offer instant social services to the new arrivals. Progressives and ethnic activists see in open borders extralegal ways to gain future constituents dependent on an ever-growing government, with instilled grudges against any who might not welcome their flouting of U.S. laws. How moral is that? Likewise, the CEOs of Silicon Valley and Wall Street who want cheap labor from south of the border assume that their own offspring’s private academies will not be affected by thousands of undocumented immigrants, that their own neighborhoods will remain non-integrated, and that their own medical services and specialists’ waiting rooms will not be made available to the poor arrivals. … What a strange, selfish, and callous alliance of rich corporate grandees, cynical left-wing politicians, and ethnic chauvinists who have conspired to erode U.S. law for their own narrow interests, all the while smearing those who object as xenophobes, racists, and nativists. Victor Davis Hanson
There is a small minority of Pakistani men who believe that white girls are fair game. And we have to be prepared to say that. You can only start solving a problem if you acknowledge it first. This small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens, are to be spoken out against. (…) These were grown men, some of them religious teachers or running businesses, with young families of their own. Whether or not these girls were easy prey, they knew it was wrong. (…) In mosque after mosque, this should be raised as an issue so that anybody remotely involved should start to feel that the community is turning on them. Communities have a responsibility to stand up and say, ‘This is wrong, this will not be tolerated’. (…) Cultural sensitivity should never be a bar to applying the law. (…) Failure to be “open and front-footed” would “create a gap for extremists to fill, a gap where hate can be peddled.  (…) Leadership is about moving people with you, not just pissing them off. Baroness Warsi
The terrible story of the Oxford child sex ring has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community. It is a sense of repulsion and outrage that I feel particularly strongly, working as a Muslim leader and Imam in this neighbourhood and trying  to promote genuine  cultural integration. (…) But apart from its sheer depravity, what also depresses me about this case is the widespread refusal to face up to its hard realities. The fact is that the vicious activities of the Oxford ring are bound up with religion and race: religion, because all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim; and race, because they deliberately targeted vulnerable white girls, whom they appeared to regard as ‘easy meat’, to use one of their revealing, racist phrases. Indeed, one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’. But as so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to this reality. Commentators and politicians tip-toe around it, hiding behind weasel words. We are told that child sex abuse happens ‘in all communities’, that white men are really far more likely to be abusers, as has been shown by the fall-out from the Jimmy Savile case. One particularly misguided commentary argued that the predators’ religion was an irrelevance, for what really mattered was that most of them worked in the night-time economy as taxi drivers, just as in the Rochdale child sex scandal many of the abusers worked in kebab houses, so they had far more opportunities to target vulnerable girls. But all this is deluded nonsense. While it is, of course, true that abuse happens in all communities, no amount of obfuscation can hide the pattern that has been exposed in a series of recent chilling scandals, from Rochdale to Oxford, and Telford to Derby. In all these incidents, the abusers were Muslim men, and their targets were under-age white girls. Moreover, reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims, which is around five times higher than the proportion of Muslims in the adult male population. To pretend that this is not an issue for the Islamic community is to fall into a state of ideological denial. But then part of the reason this scandal happened at all is precisely because of such politically correct thinking. All the agencies of the state, including the police, the social services and the care system, seemed eager to ignore the sickening exploitation that was happening before their eyes. Terrified of accusations of racism, desperate not to undermine the official creed of cultural diversity, they took no action against obvious abuse. (…) Amazingly, the predators seem to have been allowed by local authority managers to come and go from care homes, picking their targets to ply them with drink and drugs before abusing them. You can be sure that if the situation had been reversed, with gangs of tough, young white men preying on vulnerable Muslim girls, the state’s agencies would have acted with greater alacrity. Another sign of the cowardly approach to these horrors is the constant reference to the criminals as ‘Asians’ rather than as ‘Muslims’. In this context, Asian is a completely meaningless term.  The men were not from China, or India or Sri Lanka or even Bangladesh. They were all from either Pakistan or Eritrea, which is, in fact, in East Africa rather than Asia. What united them in their outlook was their twisted, corrupt mindset, which bred their misogyny and racism. (…) In the misguided orthodoxy that now prevails in many mosques, including several of those in Oxford, men are unfortunately taught that women are second-class citizens, little more than chattels or possessions over whom they have absolute authority. That is why we see this growing, reprehensible fashion for segregation at Islamic events on university campuses, with female Muslim students pushed to the back of lecture halls. There was a telling incident in the trial when it was revealed that one of the thugs heated up some metal to brand a girl, as if she were a cow. ‘Now, if you have sex with someone else, he’ll know that you belong to me,’ said this criminal, highlighting an attitude where women are seen as nothing more than personal property. The view of some Islamic preachers towards white women can be appalling. They encourage their followers to believe that these women are habitually promiscuous, decadent and sleazy — sins which are made all the worse by the fact that they are kaffurs or non-believers. Their dress code, from mini-skirts to sleeveless tops, is deemed to reflect their impure and immoral outlook. According to this mentality, these white women deserve to be punished for their behaviour by being exploited and degraded. On one level, most imams in the UK are simply using their puritanical sermons to promote the wearing of the hijab and even the burka among their female adherents. But the dire result can be the brutish misogyny we see in the Oxford sex ring. (…) It is telling, though, that they never dared to target Muslim girls from the Oxford area. They knew that they would be sought out by the girls’ families and ostracised by their community. But preying on vulnerable white girls had no such consequences — once again revealing how intimately race and religion are bound up with this case. (…) Horror over this latest scandal should serve as a catalyst for a new approach, but change can take place only if we abandon the dangerous blinkers of political correctness and antiquated multiculturalism. Dr. Taj Hargey (Imam of the Oxford Islamic Congregation)
Les immigrés sont une excellente affaire pour l’Etat français: ils rapportent une grosse douzaine de milliards d’euros par an et paient nos retraites. Juan Pedro Quiñonero (ABC)
L’entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites. Comité d’orientation des retraites
Il s’agit d’un processus historique lié à la structure de la population immigrée, majoritairement jeune. Comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques. Xavier Chojnicki
Maintenant, je me sens carrément isolée, je suis une toute petite minorité. C’est difficile de devenir une minorité chez soi, vous savez (…). Ce qui est nouveau, c’est que les Français d’origine étrangère se replient sur leur origine, ne se sentent plus français. Et moi, Française, je me sens mal (…) Même mes fils sont d’une autre culture que moi. Pour eux, être français, ça ne veut rien dire. Ils n’ont plus de nationalité, ils s’identifient de manière vague à une religion, celle qui est majoritaire. Ils observent les gestes de l’islam, une façon musulmane d’être et de parler, ils sont fiers d’appartenir à la majorité. Ils ne veulent pas être français, ils ne veulent pas s’intégrer dans la société, ils voudraient être blacks et beurs comme tout le monde, mais ils ne se comportent pas comme des musulmans. Tant de choses incohérentes. Christine C. (47 ans, cinq enfants, 28 ans de Courneuve, Le Monde, 12.11. 05)
L’explosion de l’immigration extra-européenne est venue paradoxalement des restrictions à l’entrée légale de travailleurs dans les années 1970. (…) à la fin des «Trente Glorieuses» (1944-1974), les gouvernements de droite comme de gauche, saisis de peur par la montée du chômage, ont multiplié les obstacles à l’entrée de nouveaux travailleurs au nom d’une certaine forme de «préférence nationale».(…) Depuis cette époque, les lois européennes organisent la prise en charge des étrangers qui se présentent au titre du regroupement familial ou de l’asile politique. Mais elles rejettent ceux qui prétendent travailler, créer des richesses et ne pas rester à la charge du pays d’accueil !… On convient d’appeler «clandestin» (ou plus pudiquement «sans-papier») un jeune Africain qui traverse au péril de sa vie le détroit de Gibraltar pour s’embaucher dans une exploitation agricole ou une entreprise de construction… Mais on considère comme immigrante régulière l’adolescente turque, nord-africaine ou noire qui est vendue par son père à un sien cousin déjà installé en Europe et présentée par ce dernier au consulat de son pays d’adoption comme son «épouse» légitime…(…)De la sorte, le mariage et le «regroupement familial» sont devenus le prétexte à une immigration clandestine déguisée. Cette immigration est de loin la plus importante et la plus pernicieuse car les femmes concernées et leurs enfants sont voués à la relégation dans des logements sociaux avec peu d’espoir d’assimiler un jour les valeurs et le mode de vie du pays d’accueil. L’assimilation est d’autant plus utopique que la majorité des enfants d’immigrants reviennent dans le pays d’origine de leurs parents pour y prendre un conjoint (98% des jeunes Turcs de France seraient dans ce cas). Chaque nouvelle génération effectue ainsi un retour à la case départ, vidant de son sens le concept de «deuxième ou troisième génération». Avec pour conséquence l’émergence de sociétés séparées et d’une ségrégation de fait. (…) La riche culture que les Français ont reçue en héritage est confrontée au développement d’une contre-culture archaïque (rejet de l’école, vocabulaire primaire, violence gratuite). Les chansons des rappeurs de banlieue expriment sans équivoque la montée de la haine. Ces paroles d’un racisme outrancier valent à leurs auteurs la compréhension énamourée de la bourgeoisie, comme si le mal-vivre excusait toutes les violences, y compris l’apologie du racisme et du meurtre ! (…) Ces violences sont attisées par l’attitude de la classe dominante, blanche, bourgeoise et bien-pensante. Celle-ci dénigre sa propre Histoire et jette Napoléon, Corneille et La Fontaine dans les poubelles de l’Histoire. Elle prive les nouveaux-venus d’un modèle dont ils pourraient tirer fierté. Elle «victimise» d’autre part les pauvres diables en peine de s’insérer dans le pays où ils ont cherché refuge. (…) La fracture nationale fait au moins l’affaire des classes supérieures qui tirent parti de leurs atouts (éducation, héritage) pour renforcer leur position sociale comme le démontre le chercheur Éric Maurin. Dans les «ghettos blancs» du VIIe arrondissement, de Neuilly, de Saint-Germain-en-Laye ou Chevreuse… les privilégiés considèrent avec détachement les troubles qui agitent le reste du pays. Qu’ont-ils à craindre ?… De l’École Alsacienne au lycée Henri IV, leurs enfants bénéficient d’un parcours fléché qui leur garantit de conserver leur statut social et les préserve de tout mélange. Les revenus de ces classes supérieures progressent à qui mieux mieux tandis que les classes moyennes voient les leurs stagner ou régresser sous le fardeau d’un État boulimique et impotent. À l’autre extrémité de l’échelle sociale, les enfants des classes populaires et immigrées n’ont plus guère l’espoir d’accéder un jour aux premières places de la fonction publique et des grandes entreprises. Depuis un quart de siècle, l’ascenseur social est en panne et les clivages culturels, religieux et linguistiques qui se mettent en place rendent plus minces encore leurs chances de promotion. (…) La très grande majorité des immigrants qui affluent en Europe par-dessus la Méditerranée ou le Bosphore n’ont pas de qualification professionnelle. Ils sont exclus des emplois légaux et grossissent l’économie souterraine (travail au noir, réseaux esclavagistes…), à moins qu’ils ne se cantonnent dans des emplois précaires (vigiles, nurses, aides-ménagères…). Quant aux diplômés du tiers monde qui quittent leur pays, ils choisissent unanimement les États-Unis et le Canada, assurés de pouvoir y travailler et développer leurs talents dans d’excellentes conditions et sans restrictions administratives (la moitié des 180.000 immigrants qu’a reçus le Canada en 2005 avaient un niveau d’études supérieures. Sans commentaire !). (…) Des démographes mandatés par l’ONU ont publié en 2000 un rapport mi-sérieux, mi-ironique où ils faisaient valoir que la France aurait besoin de 25 millions d’immigrants d’ici 2025 pour combler les postes vacants dans les entreprises… en l’absence de toute réforme d’envergure et à supposer que l’on trouve dans le tiers monde les compétences indispensables aux besoins d’une économie moderne. Il va de soi que l’entrée d’un aussi grand nombre d’immigrants ruinerait les fondations sociales, historiques et culturelles de la France et de l’Europe, et l’on comprend le désarroi des citoyens auxquels leurs leaders présentent cette éventualité comme une chance à saisir ! (…) Il est antinomique de faire venir de l’étranger des laveurs de carreaux, des infirmières ou des bûcherons et de prétendre résorber le chômage massif chez les jeunes Français issus des précédentes vagues de travailleurs immigrés. Les petits (et grands) patrons de la restauration jurent leurs grands dieux qu’ils ne trouvent personne à qui confier leur plonge ou même leur cuisine en-dehors d’Africains de la brousse n’ayant jamais touché la queue d’une poêle. Comment est-il possible dans ces conditions que McDonald’s arrive à recruter des jeunes dans les banlieues ou les milieux estudiantins pour des travaux similaires ? Les petits (et grands) patrons du bâtiment expliquent de la même façon qu’ils ne trouvent personne pour les emplois de manœuvres ou même de maçons et doivent recourir à des travailleurs africains. Mais comment se peut-il que les centres de tri d’ordures ménagères arrivent à recruter du personnel dans les milieux populaires pour des travaux autrement plus pénibles ? (…) Les sociétés de gardiennage recourent désormais de façon presque systématique à des immigrés africains… mais les entreprises de logistique trouvent bien à employer des jeunes Français dans des tâches autrement plus éprouvantes. Et que dire des musées ? La plupart, y compris les plus prestigieux, confient désormais la garde de leurs salles à des personnes étrangères qui souvent maîtrisent à peine la langue française. (…) La France n’échappera sans doute pas au retour des internats surveillés ni à l’apprentissage dès 14 ans (au lieu de 16) pour lutter contre la déscolarisation (pourquoi pas aussi des études surveillées dans les écoles jusqu’en fin de soirée pour dissuader les enfants de traîner dans les rues, selon une suggestion de feu Françoise Dolto ?). Un service civique obligatoire et universel devrait compenser la suppression hâtive du service militaire, qui était le seul lieu où les jeunes déclassés pouvaient rencontrer des Français d’autres milieux que le leur. Ce service civique devrait privilégier les échanges entre jeunes Français(es) de milieux différents, les plus favorisé(e)s instruisant les autres (alphabétisation, instruction civique, tenue d’un ménage, apprentissage de la conduite automobile, formation professionnelle…). André Larané
La version originale de cet article a donné une représentation inexacte de ce qui est arrivé à la petite fille après la photo. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. Time
Sur le plateau de la NBCNews, l’ancien président du Comité national du parti Républicain, Michael Steele, vient de comparer les centres dans lesquels sont accueillis les enfants de clandestins aux Etats-Unis à des camps de concentration. Il s’adresse alors aux Américains : « Demain, ce pourrait être vos enfants ». La scène résume à elle seule la folie qui s’est emparée de la sphère politico-médiatique après que Donald Trump a ordonné aux autorités gardant la frontière mexicaine d’appliquer la loi et de séparer les parents de leurs enfants entrés illégalement aux Etats-Unis. Passons sur la comparaison. Aussi indécente que manipulatrice : ces enfants ne sont pas enfermés en attendant la mort. Quant à la mise en garde, elle est grotesque. Aucun Américain ne se verra subitement séparé de ses enfants. A moins d’avoir commis un crime ou un délit puni de prison. Quand un citoyen lambda est condamné à une peine de prison, personne ne s’offusque jamais de cette séparation … Jusqu’à ce que cela touche des clandestins. Leur particularité étant de n’avoir aucun logement dans le pays dont ils viennent de violer la frontière, leurs enfants sont donc pris en charge dans des camps, en attendant que la situation des adultes soit examinée. Aux frais des Américains. (…) Reste que les parents, prévenus de la loi que nul n’est censé ignorer, sont les premiers responsables du sort qui menace leurs enfants, en choisissant de la violer. Ce sont eux qui font payer leur délit à leur propre progéniture. Les clandestins sont des adultes tout aussi responsables que n’importe quel autre adulte : leur retirer leur capacité de décision, leur liberté et donc leur responsabilité n’est pas exactement les respecter. Mais (…) remontons à 2014, époque bénie du président Barack Obama. Cette année-là, 47.017 mineurs sont appréhendés, alors qu’ils traversent la frontière… seuls. Des enfants, envoyés par leurs parents qui n’ont apparemment pas eu peur de s’en séparer pour leur faire prendre des risques inconsidérés. Comment est-ce possible ? L’administration américaine d’alors avait affirmé que les étrangers envoyaient leurs enfants seuls, persuadés qu’ils seraient ainsi mieux traités que des adultes. Le New York Times avait donné raison à l’administration : « alors que l’administration Obama a évolué vers une attitude plus agressive d’expulsion des adultes, elle a, dans les faits, expulsé beaucoup moins d’enfants que par le passé. » Les clandestins le savent, tout comme ils connaissent aujourd’hui les risques qui pèsent sur leurs propres enfants. On apprend également qu’à l’époque, les enfants mexicains sont directement reconduits de l’autre côté de la frontière et que les autres sont « pris en charge par le département de la Santé et des Services humanitaires qui les place dans des centres temporaires en attendant que leur processus d’expulsion soit lancé. » En 2013, 80 centres accueillaient 25 000 enfants non accompagnés. Et ce, dans les mêmes conditions aujourd’hui dénoncées. Si similaires d’ailleurs que certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014 ! Rien n’a changé. A un détail près. Les enfants dont on parle en ce mois de juin 2018 sont parfois accompagnés d’adultes. Comme sous l’administration Obama, les enfants sont séparés de ces adultes lorsqu’il y a un doute sur le lien réel de parenté, en cas de suspicion de trafic de mineurs ou par manque de place dans les centres de rétention pour les familles. Restent les enfants effectivement accompagnés de leurs parents et malgré tout séparés de ces derniers qui partent en prison. Chaque mois, 50.000 clandestins entrent aux Etats-Unis, parmi lesquels 15% de familles. Une fois arrêtés, les clandestins sont pénalement poursuivis avant toute demande d’asile. (…) Mais il a suffi de quelques images, publiées en même temps que la sortie du très attendu rapport sur la possible partialité du FBI lors des dernières élections présidentielles américaines, pour que l’opinion politico-médiatique hurle au scandale. Jusqu’à la première dame du pays, Mélania Trump, qui a confié « détester » voir les clandestins séparés de leurs enfants. Le Président lui-même a fini par douter publiquement : «Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile.» Donald Trump a subi l’indignation générale (à moins d’en profiter), au point de montrer au monde que même lui avait du cœur en annonçant la signature d’un décret mettant fin à cette séparation forcée. Tout le monde s’est félicité du résultat de la mobilisation : enfin, les enfants vont pouvoir rejoindre leurs parents en prison ! Quelle victoire… Charlotte d’Ornellas
L’humoriste Yassine Belattar (…) est venu à Nantes, pour rencontrer les proches d’Aboubakar Fofana, tué le 3 juillet par un tir policier, parler aux animateurs du quartier du Breil où a eu lieu le drame, aux avocats de la famille… Sans mettre en avant sa nouvelle casquette de membre du Conseil présidentiel des villes. L’humoriste issu des banlieues franciliennes a une voix qui porte, quitte à faire grincer des dents, et il n’est pas du genre à la fermer quand un sujet lui tient à cœur. « Ça sert à quoi, sinon, d’être artiste ? » Jordan, 24 ans, habitant du Breil et  «meilleur ami» d’Aboubakar se tient à ses côtés. Ils partagent la même indignation.  « Pendant 48 heures, notre ami s’est fait traiter de voyou. Il a été insulté sur les réseaux sociaux. Des commentaires racistes se sont réjouis de sa mort ! Une double peine pour sa famille,  se désole le jeune Nantais.  « Tout ça parce que la police – via les médias- a laissé croire qu’il avait été tué dans un acte de légitime défense »,  renchérit Yassine. Ils racontent : «  Ce garçon de 22 ans vivait à Nantes depuis un an et neuf mois. Ok, il avait fait des conneries à Garges-lès-Gonesses, difficile d’y échapper quand on grandit dans l’une des banlieues les plus mal famées de France. Mais, fort d’une famille très unie, aimante, il était parti à Nantes pour se reconstruire, trouver du travail. Et il est victime d’un fait divers affreux. »  Yassine Belattar ajoute : « Je suis tombé de ma chaise quand je me suis rendu compte que le policier avait menti ! » Le drame a provoqué cinq nuits d’émeutes à Nantes : 175 voitures brûlées, une trentaine de bâtiments public et commerces dégradés ou ravagés par des incendies… Un choc pour la ville.  « En banlieue parisienne, ça aurait été bien pire, affirme Belattar.  Ici, les habitants espèrent encore dans la justice, les associations sont présentes dans des quartiers qui ne sont pas éloignés du centre-ville. Mais la violence n’est pas une solution. Ce n’est pas en brûlant une bibliothèque qu’on va faire revivre Aboubakar. Le problème des émeutes, c’est qu’au bout d’un moment, ça devient comme une espèce de jeu pour des très jeunes gens. Et dans cinq ans, à cause de ça, le gamin qui aura marqué Breil sur son CV ne va pas forcément se faire rappeler ». Ils ne veulent pas évoquer les suites judiciaires de cette affaire, pour laisser le champ aux avocats de la famille. Mais l’humoriste, confirmant que le CRS auteur du tir est d’origine maghrébine, balaie l’hypothèse d’un homicide raciste :  « Pour nous, ce n’est pas un Rebeu qui a tué un Noir. C’est un policier qui a tué un jeune. Voilà le problème. »  Jordan et lui espèrent que le « mensonge » initial du policier, provoquera un déclic,  « un renouveau »,  dans les relations devenues détestables entre les forces de l’ordre et les jeunes.  « C’est peut-être l’occasion d’ouvrir une nouvelle page. Il faut qu’ils se parlent. Qu’ils crèvent l’abcès pour de vrai. Oui, des policiers n’en peuvent plus de se faire insulter. Oui, certains peuvent friser le  burn-out . Oui, les gens des quartiers se font maltraiter, insultés eux aussi et ont peur de la police, contrairement aux gens des centres-villes, martèle l’humoriste. Ouest France
Les médias convenus n’aiment guère qu’on les critique : pour un peu, on en deviendrait complotiste. Mais sans voir aucunement de complot, on est bien obligé de trouver la trace de l’idéologie sommaire que l’on ne reconnaît que trop dans l’unanimisme de leurs mensonges et de leurs silences. La première semaine d’août nous en apporte les preuves les plus caricaturales. C’est ainsi que l’ensemble de la presse française aura rapporté uniment qu’une jeune athlète noire nommée Daisy Osakue, née à Turin de parents nigérians et qui avait reçu un jet d’œuf sur la cornée avait été victime « d’un attentat raciste ». La palme académique revenant au journal Le Monde qui, se saisissant de l’événement, y voyait dans un éditorial le signe définitif « d’une inquiétante montée du racisme en Italie » en imputant la responsabilité principale au vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur, le détesté par lui, Matteo Salvini. De là à penser, idéologiquement et politiquement, que l’occasion était trop belle pour la presse convenable de régler son compte au détestable, il n’y a qu’un pas qu’il est difficile de ne pas vouloir franchir. Rien n’explique sinon pourquoi la presse se serait saisie avec un si vorace appétit d’une affaire aussi modeste dans laquelle le procureur de Turin, dès le début avait fait montre d’une bien plus grande prudence en faisant observer que d’autres victimes blanches avaient fait l’objet du même type d’agression dans les mêmes moments. Mais on ne fait pas d’omelettes idéologiques sans casser quelques œufs sur la tête du public. C’est dans ces tristes conditions que le 3 août, les Décodeurs du Monde reconnaissaient que l’hypothèse raciste avait perdu grandement de sa consistance. Simple question, en passant, n’appelle-t-on pas cela un fake, un peu infect ? et celui-ci, une fois encore, n’émane pas d’une télévision russe ou de la fâcheuse sphère, mais de la presse sévère. Après le mensonger tumulte, la discrétion complice : le samedi soir 28 juillet, un jeune homme, Adrien Perez, fêtait son anniversaire dans une discothèque de Meylan près de Grenoble. À la sortie de l’établissement au petit matin celui-ci prêtait secours à un ami agressé par trois voyous dont deux frères, Younes et Yanis El Habib, et mourait sous leurs couteaux. La presse convenue a fait profil bien plus bas que pour un lancer d’œuf à l’étranger, mais le père d’Adrien n’a pu se retenir : « En tuant notre fils, ils ont détruit notre vie, je ne pardonnerai jamais. » Lorsque j’écris que la presse a fait profil bas, je suis trop bon : l’audiovisuel de service public s’est montré comme toujours très idéologique. C’est ainsi que France 3 Rhône-Alpes a voulu retenir que ce père ne voulait pas être catalogué comme « raciste » et ne désirait pas « que les politiques récupèrent cette affaire ». Raciste ? Tiens ! C’est vrai, pourquoi non ? Si on doit questionner continûment la présence du racisme. Mais aucun danger : on aura fait un tintamarre pour rien à Turin, mais la question sera interdite d’être posée dans l’Isère. Quant à la « récupération politique », que France 3 se rassure, aucun danger d’émeute, quand bien même le Juge de la Liberté a refusé de suivre les réquisitions du parquet et a laissé libre le troisième suspect, le peuple restera calme. Il ne bouge pas le peuple. Il regarde la télévision, le peuple. Il n’y a que lorsque ce sont les délinquants qui sont victimes d’accidents du travail, que l’on brûle les édifices, que l’on blesse la police, et que l’on hurle au racisme. Tout de même, entre les marches blanches avec bougies victimaires et les saccages, il devrait désormais exister un juste milieu pour la juste colère. Les marches dignes ne seraient plus forcément silencieuses. Gilles-William Goldnadel
Mais le peuple, c’est pas le peuple qui  gouverne, c’est pas le peuple qui décide de quelle loi on doit faire à un instant T. Si on écoutait le peuple on aurait encore la peine de mort, nous aurions l’alcool au volant et peut-être d’autres excèsC’est pas au peuple de décider si on doit recevoir ou pas ces migrants, c’est au gouvernement pour qui le peuple a voté. (…) Même s’il y a des manifestations contre les migrants, ça ne change rien au fait qu’on doit au moins les accueillir … Jimmy Mohamed (médecin urgentiste, RMC, 14.08.2018)
Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale. Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen. Stephen Smith
Douglas Murray, qui vient de publier un livre remarquable appelé The Strange Death of Europe* (La mort étrange de l’Europe) (…) y décrit le suicide de son propre pays, et écrit que les choses a ses yeux sont devenues irréversibles. Il attribue cela à deux causes: l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et l’imposition des idées politiquement correctes qui a créé une multitude de bombes à retardement en train d’exploser.Il serait très tard pour qu’un gouvernement britannique agisse : il faudrait au minimum enfermer en prison tous les gens qui sont sur les listes de suspects, expulser ceux qui ne sont pas de nationalité britannique, interdire le retour sur le territoire des Musulmans partis se former au djihad à l’étranger, fermer toutes les écoles musulmanes et la plupart des mosquées, armer la police, et ce ne serait qu’un début. Le gouvernement britannique n’agira pas. La situation est à peine meilleure en France (où il faudrait appliquer des mesures identiques), ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas désespérée, et Douglas Murray parle aussi de la France où existent près de six cent zones de non droit et plus de deux mille mosquées où on évoque positivement le djihad. Elle compte une proportion inquiétante de Musulmans antisémites et de Musulmans approuvant les actions de l’Etat Islamique. La situation est pire en Belgique qu’au Royaume Uni, et la situation s’aggrave en Scandinavie.  L’Europe est en guerre parce que l’islam radical lui a déclaré la guerre, et elle opte pour l’aveuglement volontaire, l’apaisement et la défaite préventive.  Dans les journaux de tous les pays d’Europe, on évoque en ce moment le ramadan, et on vante les charmes de celui-ci. Le ramadan est une phase de djihad exacerbé, et on le constatera cette année encore, mais il ne faut pas le dire, bien sûr. Ce qui s’est passé à Londres était une nuit de ramadan. Tuer des infidèles pour plaire à Allah et finir en shahid pour rejoindre le paradis d’Allah peut faire partie des joies du ramadan pour un Musulman. Il existe des Musulmans occidentalisés qui s’éloignent du Coran et qui vivent leur vie paisiblement, mais les Musulmans qui respectent pleinement le Coran peuvent légitimement tuer des infidèles. L’assimilation des Musulmans au monde occidental serait une vaste tâche, presque impossible à accomplir. Pour l’heure, en Europe, c’est l’Occident qui se fait avaler par l’islam. Parmi les aspects les plus abjects des pseudo-debats de ces derniers jours sur le climat, il y avait le fait qu’on mène ces débats comme si une semaine plus tôt des enfants n’avaient pas été assassinés à Manchester. Les gens rassemblés pour une minute de silence à Manchester avaient chanté une chanson appelée Don’t look back in anger (ne regarde pas en arrière avec colère). Ils n’étaient pas en colère et, avec leurs bougies, leurs fleurs et leurs petits cœurs en papier rose, ils faisaient acte de soumission. Ils ne regardaient pas en arrière vers les victimes. Les dirigeants européens réservaient, eux, leur colère à Donald Trump et ne regardaient pas en arrière eux non plus.  Parmi les aspects les plus grotesques des pseudo-débats de ces derniers jours sur le climat, il y avait cette prétention cuistre et arrogante des dirigeants européens de sauver la terre alors qu’ils sont totalement incapables de sauver leur propre civilisation et sont en train de la détruire. La terre, dont ils prétendent se préoccuper n’est pas en danger. La civilisation européenne, elle, est bien davantage qu’en danger : elle est quasiment morte, et les dirigeants européens d’aujourd’hui sont ses fossoyeurs. Guy Millière
Ce n’est pas une si mauvaise affaire : s’il y a un peu plus de décapitations en Europe que de coutume, au moins bénéficierons nous d’un plus grand nombre de cuisines. Douglas Murray
Dans ce livre, Douglas Murray analyse la situation actuelle de l’Europe dont son attitude à l’égard des migrations n’est que l’un des symptômes d’une fatigue d’être et d’un refus de persévérer dans son être. Advienne que pourra ! « Le Monde arrive en Europe précisément au moment où l’Europe a perdu de vue ce qu’elle est ». Ce qui aurait pu réussir dans une Europe sûre et fière d’elle-même, ne le peut pas dans une Europe blasée et finissante. L’Europe exalte aujourd’hui le respect, la tolérance et la diversité. Toutes les cultures sont les bienvenues sauf la sienne. « C’est comme si certains des fondements les plus indiscutables de la civilisation occidentale devenaient négociables… comme si le passé était à prendre », nous dit Douglas Murray. Seuls semblent échapper à celle langueur morbide et masochiste les anciens pays de la sphère soviétique. Peut-être que l’expérience totalitaire si proche les a vaccinés contre l’oubli de soi. Ils ont retrouvé leur identité et ne sont pas prêts à y renoncer. Peut-être gardent-ils le sens d’une cohésion nationale qui leur a permis d’émerger de la tutelle soviétique, dont les Européens de l’Ouest n’ont gardé qu’un vague souvenir. Peut-être ont-ils échappé au complexe de culpabilité dont l’Europe de l’Ouest se délecte et sont-ils trop contents d’avoir survécu au soviétisme pour se voir voler leur destin. Cette attitude classée à droite par l’Europe occidentale est vue, à l’Est, comme une attitude de survie, y compris à gauche comme en témoigne Robert Fico, le Premier ministre de gauche slovaque : «  j’ai le sentiment que, nous, en Europe, sommes en train de commettre un suicide rituel… L’islam n’a pas sa place en Slovaquie. Les migrants changent l’identité de notre pays. Nous ne voulons pas que l’identité de notre pays change. » (2016) Il y a un orgueil à se présenter comme les seuls vraiment méchants de la planète. Tout ce qui arrive, l’Europe en est responsable directement ou indirectement. Comme avant lui Pascal Bruckner, Douglas Murray brocarde l’auto-intoxication des Européens à la repentance. Les gens s’en imbibent, nous dit-il, parce qu’ils aiment ça. Ça leur procure élévation et exaltation. Ça leur donne de l’importance. Supportant tout le mal, la mission de rédemption de l’humanité leur revient. Ils s’autoproclament les représentants des vivants et des morts. Douglas Murray cite le cas d’Andrews Hawkins, un directeur de théâtre britannique qui, en 2006, au mi-temps de sa vie, se découvrit être le descendant d’un marchand d’esclaves du 16ème siècle. Pour se laver de la faute de son aïeul, il participa, avec d’autres dans le même cas originaires de divers pays, à une manifestation organisée dans le stade de Banjul en Gambie. Les participants enchainés, qui portaient des tee-shirts sur lesquels était inscrit « So Sorry », pleurèrent à genoux, s’excusèrent, avant d’être libérés de leurs chaines par  le Vice-Président  gambien. « Happy end », mais cette manie occidentale de l’auto-flagellation, si elle procure un sentiment pervers d’accomplissement, inspire du mépris à ceux qui n’en souffrent pas et les incitent à en jouer et à se dédouaner de leurs mauvaises actions. Pourquoi disputer aux Occidentaux ce mauvais rôle. Douglas Murray raconte une blague de Yasser Arafat qui fit bien rire l’assistance, alors qu’on lui annonçait l’arrivée d’une délégation américaine. Un journaliste présent lui demanda ce que venaient faire les Américains. Arafat lui répondit que la délégation américaine passait par là à l’occasion d’une tournée d’excuses à propos des croisades ! Cette attitude occidentale facilite le report sur les pays occidentaux de la responsabilité de crimes dont ils sont les victimes. Ce fut le cas avec le 11 septembre. Les thèses négationnistes fleurirent, alors qu’on se demandait aux États-Unis qu’est-ce qu’on avait bien pu faire pour mériter cela. Cette exclusivité dans le mal que les Occidentaux s’arrogent ruissèle jusques et y compris au niveau individuel. Après avoir été violé chez lui par un Somalien en avril 2016, un politicien norvégien, Karsten Nordal Hauken, exprima dans la presse la culpabilité qui était la sienne d’avoir privé ce pauvre Somalien, en le dénonçant, de sa vie en Norvège et renvoyé ainsi à un avenir incertain en Somalie. Comme l’explique Douglas Murray, si les masochistes ont toujours existé, célébrer une telle attitude comme une vertu est la recette pour fabriquer « une forte concentration de masochistes ». « Seuls les Européens sont contents de s’auto-dénigrer sur un marché international de sadiques ». Les dirigeants les moins fréquentables sont tellement habitués à notre autodénigrement qu’ils y voient un encouragement. En septembre 2015, le président Rouhani a eu le culot de faire la leçon aux Hongrois sur leur manque de générosité dans la crise des réfugiés. Que dire alors de la richissime Arabie saoudite qui a refusé de prêter les 100 000 tentes climatisées qui servent habituellement lors du pèlerinage et n’a accueilli aucun Syrien, alors qu’elle offrait de construire 200 mosquées en Allemagne ? La posture du salaud éternel, dans laquelle se complait l’Europe, la désarme complètement pour comprendre les assauts de violence dont elle fait l’objet et fonctionne comme une incitation. Beaucoup d’Européens, ce fut le cas d’Angela Merkel, ont cru voir, dans la crise migratoire de 2015, une mise au défi de laver le passé : « Le monde voit dans l’Allemagne une terre d’espoir et d’opportunités. Et ce ne fut pas toujours le cas » (A. Merkel, 31 août 2015). N’était-ce pas là l’occasion d’une rédemption de l’Allemagne qu’il ne fallait pas manquer ?  Douglas Murray décrit ces comités d’accueils enthousiastes qui ressemblaient à ceux que l’on réservait jusque là aux équipes de football victorieuses ou à des combattants rentrant de la guerre. Les analogies avec la période nazie fabriquent à peu de frais des héros. Lorsque la crise migratoire de 2015 survient il n’y a pas de frontière entre le Danemark et la Suède. Il suffisait donc de prendre le train pour passer d’un pays à l’autre. Pourtant, il s’est trouvé une jeune politicienne danoise de 24 ans – Annika Hom Nielsen – pour transporter à bord de son yacht, en écho à l’évacuation des juifs en 1943, des migrants qui préféraient la Suède au Danemark mais qui, pourtant, ne risquaient pas leur vie en restant au Danemark. Si beaucoup de pays expient l’expérience nazie, d’autres expient leur passé colonial. C’est ainsi que l’Australie a instauré le « National Sorry Day » en 1998. En 2008, les excuses du Premier ministre Kevin Rudd aux aborigènes furent suivies de celles du Premier ministre canadien aux peuples indigènes. Aux États-Unis, plusieurs villes américaines ont rebaptisé « Colombus Day » en « Indigenous People Day ». Comme l’écrit Douglas Murray, il n’y a rien de mal à faire des excuses, même si tous ceux à qui elles s’adressent sont morts. Mais, cette célébration de la culpabilité « transforme les sentiments patriotiques en honte ou à tout le moins, en sentiments profondément mitigés ». Si l’Europe doit expier ses crimes passés, pourquoi ne pas exiger de même de la Turquie ? Si la diversité est si extraordinaire, pourquoi la réserver à l’Europe et ne pas l’imposer à, disons, l’Arabie saoudite ? Où sont les démonstrations de culpabilité des Mongols pour la cruauté de leurs ascendants ? (…) Les mesures prises pour sauver les étrangers en mer, au plus près des côtes libyennes ont été vite connues et intégrées par les passeurs, pour accélérer leur business et empiler toujours plus de migrants dans des embarcations dangereuses. L’information circule à grande vitesse, comme ce fut le cas avec les déclarations d’Angela Merkel ne fixant aucune limite au nombre d’étrangers qu’elle était prête à accueillir. (…) La traite est impitoyable. Les passeurs n’hésitent pas à envoyer des vidéos mettant en scène les abus et les tortures de migrants, via leurs smartphones, à destination des familles pour recueillir plus d’argent. L’identification des migrants est très difficile et le rythme des arrivées ne permet pas une vérification approfondie. Beaucoup arrivent sans papiers. Ceux qui débarquaient à Lesbos connaissaient le prix du taxi pour Moria. Et, à Malmö, c’est dans les poubelles en ville que l’on retrouvait nombre de papiers d’identité abandonnés. (…) On a toléré de musulmans « offensés et en colère » beaucoup plus qu’on ne l’aurait fait pour d’autres. C’était déjà le cas en 1989, après la publication des versets sataniques de Salman Rushdie. Ainsi, Cat Stevens, « rebaptisé » Yusuf Islam après sa conversion, déclara lors d’une émission télévisée de la BBC que Salman Rushdie méritait la mort et qu’il regrettait que les portraits en flammes que l’on voyait lors des manifestations ne soient pas « la chose en vrai », autrement dit Salman Rushdie lui-même. Il ne fut pas poursuivi pour ses propos. (…) Partout en Europe, se trouvèrent des « idiots utiles » qui ont non seulement protégé et défendu l’indéfendable mais ont été des activistes de la cause. C’est ce qui causa l’assassinat de Pim Fortuyn par un Végan, défenseur de la cause animale, qui croyait ainsi venir en aide aux musulmans.  La radicalisation des propos à l’égard de Pim Fortuyn de la part de ses opposants, qui franchirent rapidement le point Godwin, l’ont, en quelque sorte, désigné à la vindicte. (…) Mais celle qui symbolise le mieux le malaise européen est sans doute Ayaan Hirsi Ali. Voilà une jeune femme qui incarne la résistance à l’extrémisme religieux, qui aurait dû être la coqueluche des intellectuels européens et qui a été lâchement abandonnée. Somalienne, réfugiée aux Pays-Bas, alors qu’elle fuyait un mariage forcé, Ayaan Hirsi Ali apprit la langue de son nouveau pays tout en travaillant et put ainsi entreprendre des études à l’Université de Leiden. Elle en sortit diplômée et devint chercheur. Sans parler de son engagement politique. Son parcours est d’autant plus remarquable qu’elle était, adolescente, favorable à l’exécution de Salman Rushdie. Le 11 septembre 2001 l’amena à remettre en cause ses convictions religieuses et à les abandonner. Le parcours exemplaire qu’elle avait construit depuis son arrivée en Hollande aurait dû en faire un modèle d’intégration. Menacée, Ayaan Hirsi Ali finit par se voir accorder une protection policière. Alors qu’elle représentait tout ce qu’un pays européen pouvait souhaiter de ses migrants, elle se vit retirer sa nationalité néerlandaise par la ministre de l’immigration et de l’intégration qui appartenait au même parti qu’elle, sous l’allégation de fausse déclaration. Décidément, la Hollande avait fait son choix. Elle refusait d’assurer la protection d’une femme qui défendait tout ce que les Européens avaient si précieusement acquis. Comme l’écrit Douglas Murray : « le pays qui avait laissé entrer des centaines de milliers de musulmans sans espérer d’eux qu’il s’intégrassent et qui abritait en son sein quelques spécimen des prêcheurs les plus radicaux en Europe, privait de sa citoyenneté l’un des seuls immigrants qui avait montré à quoi pourrait ressembler un immigrant pleinement intégré. » Ayaan Hirsi Ali, ne recevant finalement aucune de protection en Europe, finit par s’installer aux Etats-Unis. (…) Les viols collectifs d’enfants à Rotherham et à Oxfordshire ont été passés sous silence par la police par peur des accusations de racisme et par peur de nuire aux relations intercommunautaires. Ces situations de viols passés sous silence ou minimisés se sont multipliées en Europe dans la foulée de la vague migratoire de 2015. Un musulman du nord de l’Angleterre qui s’était insurgé contre  les viols collectifs de filles blanches par des membres de sa communauté a reçu des menaces de mort. (…) Si l’on intensifie l’aide au développement, on tarira à la source les flux migratoires nous dit-on. Qui peut être contre l’aide au développement ? Seulement, on sait aussi que lorsque le niveau de vie s’accroît les ressources pour partir aussi, favorisant ainsi les flux migratoires. Après la tuerie de Nice, les débats en France se sont enflammés sur le burkini. Pour Douglas Murray, c’était une manière de faire diversion, pour parler de la chose, sans toucher à l’essentiel du problème. On avait déjà fait la même chose en d’autres circonstances, avec la loi sur le voile à l’école par exemple. Au lieu de viser le voile, il avait fallu viser les autres religions en même temps, alors que tout le monde savait de quoi il retournait. Si l’on ne peut porter le voile à l’école, on ne peut pas non plus porter une grande croix en bois, dont personne ne se rappelait en avoir jamais vue à l’école ! Lorsque des « innocents » se conduisent mal, comme cela a été le cas par exemple avec les viols collectifs en Suède, en Allemagne ou en Autriche, des politiques et même des policiers, sans parler des médias, cherchent généralement à enterrer l’affaire. L’auto-défiance est telle que l’on craint plus la réaction à la chose que la chose en elle-même. « En Allemagne en 2016, comme en Grande-Bretagne au début des années 2000, la crainte des conséquences que pourrait avoir l’identification des origines raciales des agresseurs l’emporta sur la détermination des policiers de faire leur travail. » On ne peut pas ici ne pas évoquer l’affaire Sarah Halimi battue à mort, torturée et défenestrée le 4 avril 2017. Il a fallu plus de deux mois pour que l’affaire sorte dans la presse… et encore timidement. Il ne fallait pas perturber la période électorale ! Le déni creuse l’écart entre « les gens », comme dirait Jean-Luc Mélenchon, et les élites politiques et médiatiques. Les premiers savent que les élites leur mentent. Ils savent aussi ce qu’elles semblent ignorer : le nombre compte. Pour Douglas Murray, «  La radicalisation trouve ses origines dans une communauté particulière et tant que celle-ci s’accroît, la radicalisation fera de même ». « Les politiques européens ne peuvent admettre ce que chaque migrant traversant la méditerranée sait et que la plupart des Européens ont fini par comprendre : une fois en Europe, vous y restez. » Le déni, le mensonge venant d’en haut encouragent la radicalisation en bas. Il déresponsabilise aussi les migrants et les incite à plus d’audace. En octobre 2016, deux journaux allemands, Le Freitag et le Huffington Post Deutschland publiaient un article d’un jeune Syrien de 18 ans qui disait en avoir marre des Allemands en colère et des chômeurs racistes : « Nous, réfugiés, … ne voulons pas vivre dans le même pays que vous. Vous pouvez, et je pense que vous devriez, quitter l’Allemagne. L’Allemagne n’est pas faite pour vous. Pourquoi vivez-vous ici ?… Allez chercher une autre patrie. » Ce type d’arrogance est encouragé par des attitudes comme celles du président de district de Kassel qui, en octobre 2015, lors d’une réunion publique, déclara à ses concitoyens qui n’étaient pas d’accord avec l’accueil de 800 réfugiés, qu’ils étaient libres de quitter l’Allemagne. L’obsession de la race est partout, chez les politiques, dans le sport, à la télévision. Douglas Murray raconte ce qu’ont donné à Londres, les répercussions du mouvement américain « Black Lives Matter ». Les manifestants chantaient le slogan « Hands Up, Don’t Shoot » lors de manifestations encadrées par des policiers sans arme. Quelques semaines plus tard, on vit dans les rues de Londres un type armé d’une machette juché sur les épaules de trois autres clamant les slogans de « Black Lives Matter ». Dans Hyde Park, la manifestation se termina par un policier poignardé et quatre autres blessés. Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement. Elles savaient bien que ce ne serait possible que si le problème n’était pas résolu. Ce qui a eu pour effet de faire croire que les discriminations s’étaient aggravées – et méritaient d’être plus vivement combattues – alors que les choses s’amélioraient. (..) Douglas Murray se demande combien de temps une société fondée sur ce qui est sorti de la tradition chrétienne peut survivre sans se référer aux croyances qui lui ont donné naissance. Pour les Églises d’Europe, le message de la religion est devenu une forme de politique de gauche, d’action en faveur de la diversité et du bien être social. Ainsi, en Suède, l’archevêque Antje Jeckelen a déclaré que Jésus se serait opposé aux restrictions que la Suède a fini par mettre à l’immigration après la ruée de 2015. Après avoir perdu la croyance religieuse, et même le sens des métaphores bourrées de références à la religion, nous dit Douglas Murray, nous sommes sur le point d’abandonner le rêve d’une extension illimitée de valeurs que nous croyions universelles. Et, le trou creusé par la religion risque de s’agrandir. « Les étrangers qui viennent en Europe apportent leur propre culture au moment précis où notre culture a perdu la confiance qui lui permettrait de plaider sa cause ». Combien de temps cela peut-il durer, se demande Douglas Murray, et qu’est-ce qui se profile après ? Pourquoi les Européens devraient-ils être les seuls à porter les malheurs du monde ? Que deviendra l’Europe si cette fuite en avant continue ? Pourquoi les Européens devraient-ils être les seuls à ne pas pouvoir se préoccuper d’abord de leurs intérêts et de leur avenir, comme le font la plupart des autres peuples du monde ? Il faudrait, nous dit Douglas Murray, que ceux qui gouvernent reconnaissent leurs erreurs, qu’ils cessent de dire qu’ils veulent changer de fond en comble la société, qu’ils reconnaissent enfin les problèmes que la société a perçu bien avant eux, que la diversité c’est bien, mais à dose raisonnable, sans quoi, en plus des problèmes vécus par les autochtones, ce sont les problèmes du monde entier qui se retrouvent en Europe. (…) Ne faudrait-il pas réserver l’ostracisme aux vrais partis fascistes comme Aube dorée et permettre aux autres partis dits d’extrême droite d’évoluer ?  En Hollande et au Danemark, les politiciens hostiles à l’immigration vivent sous protection policière. De quoi dissuader les vocations. C’est tellement plus facile et gratifiant de se montrer compatissant, généreux et ouvert. Les plus menacés sont ceux qui ont cru aux promesses de l’Europe (Hirsi Ali, Maajid Nawaz, Kamel Daoud…). Ceux qui défendent nos valeurs ont été abandonnés à leur sort. Ils paient l’addition du déni. Ce sont eux les premiers sacrifiés. Au lieu de représenter les modèles qu’ils auraient dû être, ils font figure d’anti-modèles. (…) Mais, les Européens risquent de ne pas pardonner un changement complet de notre continent. Michèle Tribalat
Les Européens se complaisent dans la détestation de soi, de leur civilisation, de leurs traditions et de leur Histoire. Celle-ci ne leur inspire que remords et aspiration à la repentance. Ils y trouvent élévation, exaltation et, au bout du compte, jouissance dans l’autoflagellation. C’est particulièrement vrai pour ce qui est de leur passé colonial pourtant glorieux. Ce masochisme se retrouve chez ce politicien norvégien qui, violé chez lui par un Somalien, exprima sa culpabilité d’avoir privé ce malheureux, en le dénonçant, de sa vie en Norvège. Il n’est certainement pas étranger à Angela Merkel qui a vu dans la crise migratoire de 2015 une occasion de laver le passé de l’Allemagne. Il y a cependant un point sur lequel nous souhaitons émettre une réserve. D. Murray parle des Européens. En fait pas tous, seulement certains. Une grande partie de nos populations ne partage pas ces sentiments. Ce sont les « élites », ou plutôt la caste dirigeante, qui frappent nos poitrines comme les deux présidents de la République française qui sont allés s’avilir outre-Méditerranée en dénonçant la colonisation française comme un crime contre l’humanité. L’objectif est l’inclusion forcée de cultures qui ne sont pas celles de l’Europe, l’acceptation imposée de religions et de coutumes qui ne sont pas les nôtres, la soumission empressée à des règles juridiques et sociales qui nous sont étrangères, voire qui nous répugnent. C’est le refus de l’assimilation et une politique d’implantation sur notre territoire de communautés souvent hostiles qui mènera à des partitions. En un mot c’est le multiculturalisme. Pour qu’il aboutisse il est indispensable d’exalter l’autre. C’est particulièrement vrai avec l’islam. Plus la réalité fait douter de la « religion de paix et de tolérance », plus on vante les mérites passés des civilisations islamiques. Comme l’a déclaré l’érudit Chirac à Philippe de Villiers stupéfait : l’Europe doit autant à l’islam qu’au christianisme. La conséquence évidente et tragique est que l’Europe ne peut plus rien opposer à l’immigration massive. En particulier D. Murray se demande combien de temps une société fondée sur la tradition chrétienne peut survivre sans se référer à celle-ci. Or pour les Eglises d’Europe devenues des ONG compassionnelles, le message de religion est celui d’une forme de politique de gauche et d’action en faveur de la diversité et du bien-être social. Murray cite à juste titre des noms de dissidents qui, ayant engagé leur propre vie, peuvent être qualifiés de résistants. C’est le cas de Salman Rushdie, victime d’une fatwa de mort, de Pim Fortuyn, assassiné par un défenseur de la cause animale (sic) et de Ayaan Hirsi Ali, Somalienne réfugiée aux Pays-Bas qui abandonna la religion islamique. Menacée, elle a bénéficié d’une protection policière. Murray aurait également pu citer le cas de Robert Redeker menacé de mort à la suite de l’une de ses tribunes consacrée à l’islam et à la liberté d’expression parue dans Le Figaro en 2006. Il est un peu étonnant que D. Murray n’ait pas cité Enoch Powell, homme politique et écrivain britannique dont le célèbre discours du 20 avril 1958 marqua la fin de sa carrière politique, ainsi que Christopher Caldwell, journaliste américain, auteur de Une révolution sous nos yeux / Comment l’islam va transformer la France et l’Europe. Mais surtout le contenu de l’ouvrage de D. Murray se retrouve depuis plusieurs années dans les nombreuses publications parues en France sur l’invasion migratoire. A tout seigneur tout honneur, Jean Raspail fut et demeure un visionnaire stupéfiant de ce qui arrive à l’Europe, avec son Camp des saints. Renaud Camus, créateur du concept du Grand Remplacement, impose son talent littéraire et son intransigeance. Eric Zemmour ne fut pas pendu mais tout de même condamné pour avoir dit la vérité. J.Y. Le Gallou, auteur de Immigration : la catastrophe. Que faire ?, Gérard Pince dans Le Choc des ethnies, Guillaume Faye dans Comprendre l’islam et Malika Sorel Sutter, auteur de Décomposition française peuvent être considérés comme les dissidents les plus marquants. Mais il existe beaucoup d’autres auteurs qui, en France, ont élevé ou élèvent leur voix sur le thème de l’invasion migratoire et de l’islam, à commencer par Michèle Tribalat elle-même, ce qui, semble-t-il, ne lui vaut pas que des éloges à l’INED. Quant à l’évaluation du coût financier de l’immigration, sans citer Polémia, il faut évoquer les travaux de Pierre Milloz, qui fut un pionnier dans les années 1990, et l’excellent et dense petit ouvrage de G. Pince : Les Français ruinés par l’immigration. Tous ces dissidents se heurtent aux obstacles et aux contraintes qu’élèvent les immigrationnistes et le politiquement correct. (…) L’arrivée de migrants est inévitable, nous ne pouvons rien y faire, il faut se résigner car de toute façon la responsabilité nous incombe. C’est la version migratoire du sens de l’histoire. (…) Sans crier gare et sans consulter les populations des natifs au carré les dirigeants européens les mettent devant le fait accompli. D. Murray cite Tony Blair mais c’est la crise migratoire de 2015 qui vit Merkel appeler sans concertation à l’accueil d’un million de migrants en Europe. On appelle réfugiés syriens des migrants économiques érythréens. Les chiffres de l’immigration illégale sont ignorés. Il est affirmé que la France n’est plus une terre de forte immigration. On prétend, comme Lamassoure le fit dans le Figaro, que les terroristes, citoyens français de papier, sont au fond nos propres enfants. Pratique courante, les informations dérangeantes, même monstrueuses, sont occultées. L’affaire Sarah Halimi, les viols de la Saint-Sylvestre en Allemagne ont été cachés et ne sont apparus au grand jour que grâce à la réinfosphère. L’un des cas les plus graves fut celui de viols collectifs de nombreuses jeunes filles en Angleterre qui furent tus par les autorités britanniques pendant des années. Si des faits graves se produisent, on enflamme les débats sur des sujets secondaires. Après la tuerie de Nice ce fut l’affaire du burkini. Comme après Charlie-Hebdo et le Bataclan, on manipule l’opinion et on dérive les sentiments des parents et des témoins vers les marches blanches, les bougies, les pleurnicheries afin d’éviter le ressentiment et les appels à la résistance et au châtiment. La diversité est représentée comme un bien et indispensable pour combler le déficit démographique européen et permettre le paiement des retraites. Le racisme, quand ce n’est pas le nazisme, est soulevé face à la moindre objection. Et pourtant, comme l’a dit Harouel « Plutôt fasciste que mort ». Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement. Murray cite le cas du journaliste suédois licencié pour avoir évoqué dans un article un sondage largement hostile à l’immigration. En France, sur le fondement des lois mémorielles liberticides, les condamnations pénales pleuvent en contradiction avec la liberté d’expression. (…) D. Murray évoque « l’étrange mort de l’Europe» Non. Si l’Europe et sa civilisation inégalée sont en grand danger elles ne sont pas encore mortes. L’émergence du populisme, l’élection de D. Trump, le Brexit, la détermination de la Russie à défendre des valeurs traditionnelles et la résistance des pays de Visegrad laissent apparaître un réel espoir. Mais le temps presse et la course contre la montre peut être perdue. Polemia
Douglas Murray, qui est journaliste, s’interroge sur les raisons du « suicide » de l’Europe, qui est le seul continent à avoir ouvert ses portes à des populations nouvelles qui n’ont pas été assimilées et qui sont en passe de bouleverser totalement sa vieille « civilisation », plus que la Seconde Guerre mondiale l’a fait. L’auteur explique que, jusqu’en 1945, les migrations étaient soit faibles (comme en Italie), soit facilement absorbées (comme les Irlandais en Angleterre). Mais, ensuite, elles sont devenues massives et ont changé de nature. La Grande-Bretagne, notamment, a vu s’installer chez elle nombre de personnes originaires des Caraïbes et du Pakistan, au point que les « Anglais de souche » sont devenus minoritaires en 2015 à Londres (leur « ethnie « ne représente plus que 44 % des habitants de la capitale). Selon Murray, en Europe occidentale, deux phénomènes se conjuguent. Les « Blancs » ne font plus d’enfants (en moyenne 1,38 par femme alors qu’il en faudrait 2,1 pour que la population « caucasienne » ne diminue pas ), alors que l’immigration s’est accentuée ces dernières années. Il y a, chaque année en Grande-Bretagne, 770.000 naissances par an et 300.000 nouveaux migrants. Un démographe de l’université d’Oxford, cité dans le livre, avance même que si rien ne change, en 2060, les « Blancs » constitueront moins de 50 % de la population britannique. L’auteur rappelle qu’en 1968, le député conservateur Enoch Powell avait prononcé un discours prémonitoire, dans lequel il prévoyait un avenir sombre à son pays si on n’arrêtait pas l’immigration. Mais alors qu’il était soutenu par 75 % des Britanniques, il avait été marginalisé et réduit au silence. Douglas Murray insiste sur ce paradoxe : en Europe occidentale, la majorité des citoyens ne supportent plus les problèmes liés aux migrants (dont les attentats), mais les gouvernements (même de droite !) n’agissent pas, car ceux qui s’opposent à l’immigration sont taxés de racistes et de fascistes et aucun gouvernement de l’Europe occidentale n’ose rejeter ce jugement moral. Douglas Murray démonte les arguments des partisans de l’immigration : elle serait nécessaire, vu le manque d’enfants chez les « Blancs », et elle serait bénéfique sur le plan économique, car les nouveaux venus créeraient de la richesse. Mais M. Murray souligne que, selon les sondages, les « Blancs » feraient sans problème deux ou trois bébés s’ils étaient aidés financièrement. Par ailleurs, en Grande-Bretagne, de 1995 à 2001, lorsqu’on fait les comptes, les immigrants auraient, au final, coûté de 125 à 170 milliards d’euros (pour les soins, la scolarisation des enfants et les aides sociales). Autre argument faux selon l’auteur : il serait impossible d’arrêter l’immigration. La preuve du contraire est donnée par le Japon et les pays de l’Europe de l’Est, qui n’accueillent que très peu de réfugiés et contrôlent leurs frontières. (…) Mais il fustige les pays du Golfe si riches qui n’accueillent aucun réfugié. Pour Douglas Murray, il semble y avoir une prise de conscience des gouvernants et certains faits sont, désormais, mis en avant, alors qu’ils étaient systématiquement étouffés autrefois. Les viols de milliers d’adolescentes non musulmanes par des gangs de Pakistanais sont enfin réprimés et on reconnaît publiquement que 95 % des agressions sexuelles en Suède, en Allemagne ou en Autriche sont commis par des réfugiés. La parole est plus libre et ceux qui rejettent l’immigration ont maintenant le droit de s’exprimer. Mais n’est-il pas déjà trop tard ? Boulevard Voltaire
Somme magistrale (numéro 1 des ventes en Angleterre), ce livre documenté, rigoureux, fait le point sur la descente aux enfers d’une Union européenne qui aspire à faire de son espace civilisationnel, par l’immigration de masse, le bien du monde, la propriété de toutes les ethnies. A lire impérativement pour tous ceux qui veulent comprendre quelque chose à cette mécanique de l’auto-extinction d’une brillante civilisation. Pourquoi les dirigeants, les élites européennes aspirent-elles à dissoudre leur peuple dans le grand brassage des peuples du monde ? Près de 6 millions de juifs ont été méthodiquement exécutés avec la complicité active ou passive de la quasi-totalité des gouvernements européens. Lorsque les horreurs de la Shoah ont été connues de tous, un intense sentiment de culpabilité s’est emparé des élites dirigeantes européennes. Celles-ci ont répandu l’idée que les Etats-nation étaient responsables de ce drame (pas les nazis !) puis que les Européens étaient coupables de tous les malheurs de la planète (l’esclavage, le colonialisme, l’impérialisme…), enfin que l’homme blanc en général était l’ennemi de la nature dont la folie met en péril son existence même. Se concevant comme des êtres foncièrement mauvais, porteurs d’une sorte de péché originel, les dirigeants européens ont mis en place des politiques fondées sur l’obsession de l’auto-flagellation. Tous répètent en boucle : nous sommes coupables et nous devons payer pour tous les crimes commis. Portons sur nos épaules toute la misère du monde. Accueillons tous les migrants victimes, pour l’essentiel, du fanatisme musulman, de la corruption de leurs élites. Par un mécanisme bien connu en psychiatrie, il s’est produit un déplacement dans la représentation collective du vécu des événements passés et présents : à l’analyse, aux explications lucides et rationnelles des événements et des crimes réellement commis (le massacre organisé des populations juives ; les crimes commis ici ou là..), on a substitué une causalité diabolique par laquelle le coupable auto-proclamé est toujours l’Européen et uniquement lui, devenu ainsi l’incarnation universelle du mal. Dans ce scénario délirant, les autres peuples sont par définition et a priori innocents. L’esclavage est attribué aux seuls occidentaux. Oubliés les Africains qui y ont participé activement ; ignorés les Arabes qui ont été de grands esclavagistes… idem pour le colonialisme dépeint uniquement comme un tissu de crimes commis contre les peuples par les seuls européens. Oublié que tous les peuples dominants ont colonisé d’autres peuples ; oublié que les musulmans ont colonisé, envahi, converti par le glaive de très nombreux pays et qu’ils continuent à le faire ; oubliés les innombrables crimes perpétrés au nom de l’Islam et de son prophète. La projection de ce scénario sur la scène mondiale a conduit à désigner les Américains comme coupables a priori (origine colonisation européenne) tout comme Israël dès lors qu’une partie de sa population est d’origine européenne. Europe-Etats-Unis-Israel-Australie-Canada… devaient se prosterner, se mettre à genoux devant tous les autres peuples et demander pardon. Dans ce délire pathologique, on va jusqu’à inculquer l’idée que nous sommes responsables y compris lorsque nous sommes victimes : responsables des crimes terroristes islamiques ; responsables des viols commis par des « migrants »… Ceux, rares, très rares, qui osent mettre en cause ce masochisme politique, sont exclus, marginalisés, traînés devant les tribunaux, persécutés, contraints à se cacher voire sont assassinés. Pour les élites européennes, il n’existe qu’un seul remède, qu’une seule solution pour absoudre ses fautes : la mort, la disparition méthodique des peuples européens, la destruction totale de la civilisation occidentale. Et puis, la chape de plomb du sentiment de culpabilité qui pèse sur la conscience européenne a commencé à se fissurer. En dépit d’une censure étouffante, d’une propagande digne des pays totalitaires, des voix de plus en plus nombreuses s’expriment. Des États refusent le suicide de masse que l’Union européenne a inscrit dans son programme. En Hollande, en Hongrie, en Pologne, en Italie… on refuse d’absorber la pilule de cyanure que représente l’immigration de masse. Aux États-Unis, ex bastion de la culture de la faute ayant atteint son point culminant sous Obama, le Président Trump opère une véritable révolution, libérant la politique du carcan de la culpabilité. En Israël, le gouvernement Netanayou ose l’impensable aux yeux des masochistes professionnels de la faute : il fait inscrire dans le marbre de la loi, le caractère juif de l’Etat d’Israël, mettant fin ainsi à deux mille ans de honte de soi. Pour les spécialistes de la repentance, le scandale est extrême ! Quoi ? Serait-ce possible ? Les Américains n’ont plus honte d’être américains ? Quoi! Les Juifs ne se cachent plus ! Ils n’ont plus honte d’exister ? Ils ont même un État dont ils sont fiers ? Sydney Touati
Si on peut se poser une question ici, ce n’est pas de savoir pourquoi il a fallu plus de vingt-quatre heures au Royaume-Uni pour trouver des lumières aux couleurs de la Belgique mais pourquoi, après soixante-sept années de terrorisme, le Royaume-Uni n’a toujours pas trouvé les simples lumières bleues et blanches qu’il faudrait pour projeter le drapeau d’Israël sur un espace public. Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas eu des tas d’occasions. Les ennemis d’Israël nous ont donné bien plus d’occasions pour des affichages lumineux que ce qui a été offert à ceux qui se sont entichés de lumières par les disciples de l’État Islamique. (…) Quand Israël est attaqué les marches qui mènent aux ambassades d’Israël à Londres ou dans d’autres capitales européennes ne sont pas couvertes de fleurs, d’ours en peluche ou de bougies, ni de messages de condoléances griffonnés. En fait, chaque fois que des Israéliens sont attaqués et assassinés il y a bien des réponses devant les ambassades d’Israël. Elles ont tendance à être moins obsédées par les ours en peluche, elles consistent en foules vociférant leur rage contre Israël et devant être retenues par la police locale pour ne pas faire preuve de plus d’antagonisme encore. Il est possible que certains pensent qu’Israël n’est tout simplement pas sur le même continent que l’Europe et que, bien qu’elle est essentiellement une société occidentale, nous ne nous en sentons pas suffisamment proches. Chaque fois qu’une atrocité terroriste est commise en Europe, il y en a toujours qui demandent pourquoi le deuil, disons pour Paris ou Bruxelles, est plus marqué que pour Ankara ou Beyrouth. Mais la question Paris/Bruxelles est rarement posée, voire jamais, à propos de Jérusalem. On pourrait laisser de côté les grandes considérations et dire que c’est parce qu’en Israël les victimes sont juives. Mais il y a aussi une explication qui est toute aussi exacte. C’est qu’Israël est considéré comme différent parce que lorsqu’Israël est attaqué par des terroristes, pour un grand nombre en Occident, Israël n’est pas considéré comme étant une victime innocente. On le considère comme un pays qui, d’une certaine manière, a pu attirer cette violence sur lui. (…) Eh bien, quel choc devra subir le reste du monde un jour. Parce que si on autorise qu’une « excuse » soit donnée pour une représentation faussée d’extrémistes islamistes, il faudra alors en autoriser pour les autres. On devra, par exemple, accepter la parole de l’État Islamique, pour qui la Belgique est une nation de « croisés », qui mérite d’être attaquée car elle est impliquée dans une « croisade » contre l’État Islamique en Irak et en Syrie (ISIS). On devra accepter que pour avoir résisté aux extrémistes islamiques au Mali et en Syrie, ces extrémistes islamiques ont le droit d’attaquer les gens en Belgique, en France, au Sierra Leone, au Canada, aux États-Unis et en Australie. On devra accepter que des Européens puissent être tués pour avoir publié une caricature, simplement parce que un groupe terroriste étranger le dit et puis accepter que les caricaturistes l’ont bien cherché. (…) Cela peut prendre un certain temps avant que nous en prenions conscience, mais nous sommes tous dans le même bateau. Cela peut prendre aussi un certain temps avant que les villes européennes aillent prendre ces ampoules bleues et blanches, mais si nous commençons à demander où sont passés ces ampoules, nous pourrions non seulement comprendre dans quelle situation difficile se trouve Israël, mais aussi comprendre quelle est la nôtre aujourd’hui. Douglas Murray
We’re used to the idea of slow, incremental cultural and societal change. I use the famous example of the ship of Theseus. As bits fall off, you put bits on, but it remains recognizably the ship of Theseus. That isn’t the case when you have migration at the levels at which Europe has had it in recent decades, particularly not at the level of 2015, when Germany added an extra 2 percent of – to its population in a single year alone. And it’s also very unlikely, it seems to me, that people who come with very different attitudes are not going to change the continent significantly. (…)Take an example like – let’s say 2015 across the continent of Europe. The numbers that came that year from across sub-Saharan Africa, North Africa, the Middle East and the Far East were far in excess of any of the migration that was seen during the Jewish migrations into Europe. And secondly, that the claims that were made about Jews were erroneous claims, whereas the people who did warn that some – obviously not all, but some – of the Muslim immigrants will bring serious security challenges with them has been demonstrated time and again by events. So, you know, you can hear ugly echoes whilst also being able to differentiate the difference between facts and lies. (…) And the people arriving are bringing a very literal faith with them. (…) Let me give you one very quick example. In Britain, we, some decades ago, came to a fairly straightforward accommodation and belief towards tolerance towards people who were of sexual minorities. If you – if you look now at all opinion surveys of the people who’ve come in most recently, they have very, very different views. A poll carried out a couple of years ago found that among U.K. Muslims there was zero – zero – belief that homosexuality was a permissible lifestyle choice. And a poll taken just last year in Britain found that 52 percent of British Muslims wanted being gay in the U.K. to be made illegal now. Now, there are people who won’t bake your wedding cake if you’re gay. There are some ultra-Protestants who won’t marry you in their churches. But these are people who actually want to make it a crime punishable in law in the 21st century in Britain. So I’m afraid that everyone has to concede – liberal or conservative or whatever – that some of the people who the liberals and their attitude towards immigration have brought here have more illiberal attitudes than anyone else in the country. And this is a big problem. (…) I am intolerant – I have to say, I am intolerant of people who want to put me, as a gay man, in prison. Yeah. Yeah, I’m intolerant of that. (…) everyone agrees that the colonial era was wrong. I’m not an apologist for empire. But in that case, how long does the reverse colonialism happen for? And if you see it as some kind of blowback for colonialism, then what is the end point of this anti-colonialism? (…) The problem is that this isn’t borne out by the facts across Europe. For instance, I mean, where was the Swedish empire across Africa or in the Middle East? Where was it? (…) And so why did Sweden take in 2 percent of its population in addition in one year alone, 2015? It makes no sense. We can all find excuses and reasons for why this is happening. I think it’s much better to look at it in the round and see the very complex picture this actually presents and the very complex future it’s setting up for us. (…) The first solution is very straightforward. It is that you slow down the flow. I don’t say no migrants into Europe. I don’t say that at all. But you’ve got to massively slow down the flow because a society doesn’t have a hope of remaining cohesive when you have migration at these levels. The second thing is you work on the people who are already here more. The third thing is that you make it clear that as well as speaking the language of inclusion in our politics, we have to speak the language of exclusion – what it is that we won’t tolerate as well as what it is that we do and what it is we will be tolerant of. There’s a whole set of other things. One of them is a very basic one, which is to try to shrug off what I diagnose as, among other things, the guilt-ridden complex that Europe has. I’m not advocating that we become sort of, you know, patriotic nationalists. You’ve got to find a balance here. And one of the balances has to be arrived at by recognizing a very simple fact, which is that Europe cannot be the home for everybody in the world who wants to move in and call it home. Douglas Murray
Murray begins with some sweeping stuff about European neighbourhoods becoming indistinguishable from their inhabitants’ native Pakistan, before narrowing things down to the fact that London is no longer a majority white British city. Before long, inevitably, we are reminded of the “prophetic foreboding” of Enoch Powell’s “rivers of blood” speech. Murray never quite spells out why it matters so terribly that people should come here from abroad – what is supposedly so awful about black and brown Londoners, including second or third generation immigrants, or indeed white people born overseas. There are token mentions ogayf pressure on public services, and a grand assertion that the evidence suggesting immigration has economic benefits is all either wrong or fiddled by New Labour. (Anyone familiar with recent Labour history will find mildly surreal Murray’s account of how he imagines the party, and the immigration minister Barbara Roche in particular, tackled immigration.) But this fearless scourge of political correctness seems oddly reluctant to pinpoint precisely why people coming from India, the Caribbean or eastern Europe was such a ghastly prospect. He has rather fewer inhibitions, however, regarding more recent immigrants from predominantly Muslim Middle Eastern countries. Chapter after chapter circles around the same repetitive themes: migrants raping and murdering and terrorising; paeans to Christianity; long polemics about how Europe is too “exhausted by history” and colonial guilt to face another battle, and is thus letting itself be rolled over by invaders fiercely confident in their own beliefs. (…) The book regurgitates the same misleading myths as Nigel Farage about immigration turning Sweden into the rape capital of Europe. (The unexciting truth is that Swedish rape laws are among the strictest in the world, and that the numbers soared when these laws were tightened to change the way incidents were counted; the high number of rape allegations is best seen not as proof of Sweden being dragged into the gutter but of its radically feminist approach to prosecuting.) He triumphantly dismisses any polling suggesting immigrants actually want to integrate by suggesting that pubs “very often close” when Muslim migrants move in – presumably in a different way than pubs all over Britain are closing, crippled by everything from cheap supermarket booze and stagnating wages to the smoking ban – and that if they really wanted to be British they would go out and “drink lukewarm beer like everybody else”. Be more Nigel Farage, or else. (…) Yet (…) For a book that argues that Europe is in mortal danger, there are surprisingly few concrete suggestions for averting it. Murray proposes tougher curbs on immigration, suggests refugees should be given only temporary refuge and be sent home when it’s safe (a direction in which the Home Office is already moving) and bangs the drum for stronger Christian faith. But if he really does think Muslims are as inherently dangerous as his book suggests, why not a Trump-style ban? Why not refuse to take refugees at all, or do so only following an intensive programme of cultural re-education along his approved lines? More surprising, however, is the author’s inability to define the culture supposedly in jeopardy. If Europe should more aggressively defend its unique identity, the least one might expect is a clear definition of this precious thing it’s supposed to be defending: the values, experiences and ideas in danger of being lost. But apart from beer and churchgoing, padded out with scorn for anyone trying to distinguish between Islam or Muslims in general and Islamist terrorists in particular, there’s little here to cling to. At one point the author is reduced to suggesting that he thinks the future Europe will stand or fall on its “attitude to church buildings”. The frustrating thing is that Europe isn’t perfect. It has struggled to cope with unprecedented flows of migrants in recent years, and to integrate those already here. It is confused in some ways about what it stands for. It is politically fractured, most recently by Brexit – which this book doesn’t really cover – but before that by the euro crisis, its treatment of Greece and the alienation of many of its citizens from creaking, remote political EU institutions that do not seem up to the huge economic challenges ahead. Europe isn’t dying, but it isn’t ageing well, and all that is ripe for critical analysis. The Guardian
The author does hit on some unfortunate truths. The migrant crisis of 2015 was unexpected, but also badly managed by the European Union. Laws to combat anti-Islamic hate speech tend to clamp down on free expression, and worsen the tensions. The policy of isolating anti-migrant parties tended to make them even more popular: when the Sweden Democrats were first elected into parliament with 5% of the vote in 2010, other politicians “treated the new MPs as pariahs”. The party is now one of the most popular in Sweden, scoring 24% in recent opinion polls. In some places the police or social services have indeed failed to act against pathologies in Muslim communities, fearful of being tarred with racism. (…) But (…) he cites polls showing that voters worry about the number of immigrants, but not those showing that people vastly overestimate those numbers. He is prone to exaggeration: housing shortages in Sweden are “largely caused by immigration”, rather than decades of under-construction; NGO boats rescuing migrants in the Mediterranean do so “minutes” after they leave the north African shore (in reality, it takes hours or even a day for refugee boats to be found, which is why around 5,000 died or went missing on that crossing last year). He puts nearly all of the blame for the migration crisis on the shoulders of Angela Merkel, the German chancellor, who in 2015 “opened a door that was already ajar”. (…) Mrs Merkel was indeed temporarily damaged by the migration crisis, with her poll ratings falling. But her party still looks set to win the elections this autumn, and allies have won local elections, while support for a far-right party has fallen. Mr Murray argues that Marine Le Pen’s National Front, one of a handful of “thoughtful and clearly non-fascist parties” often described as on the “far right”, should be accepted into the mainstream. Yet Ms Le Pen’s bleak vision did not convince France’s voters to make her president, while her party now looks much diminished. Mr Murray is right to point out that many European politicians have not yet come to grips with how to manage migration in the coming decades. But Europe is a long way off from its last gasp. The Economist

Cachez cette invasion que je ne saurai voir  !

A l’heure où de la Californie à Grèce et de la Suède au Portugal …

Oubliant commodément, entre cycles climatiques, sururbanisation et bétonisation, une myriade d’autres facteurs possibles …

Et sans compter, comme en Israël depuis des mois et dans la plus grande indifférence, les pyromanes

Ou en Iran nos amis les mollahs détourneurs et voleurs d’eau

On nous bassine ou nous anathémise avec un changement climatique encore largement hypothétique …

Entre deux égorgements (pardon: agressions au couteau), émeutes ou marches silencieuses

Ou retour aux pissotières comme  il y a 50 ans pendant qu’on exporte des sanisettes futuristes en Amérique …

Sans parler, entre deux « fake news » (pardon: « erreurs de formulation »), de l’effet contaminateur et incitatif comme pour les fusillades de lycées de nos apprentis-sorciers de médias, leurs interviews des suspects et leurs fascinantes listes de records (jusqu’à littéralement jouer avec le feu entre scénarios du jugement dernier et des noms d’incendies comme Holy fire !) …

Pendant qu’aux Etats-Unis, on découvre par hasard un camp d’entrainement d’enfants, fusils d’assaut et champ de tir compris, pour futures fusillades scolaires créé par le fils d’un ancien membre de la Nation of islam de Farrakhan et  imam d’une mosquée de Brooklyn impliqué dans le premier attentat du World Trade Center

Retour avec la récente traduction française du bestseller de l’an dernier du journaliste britannique Douglas Murray …

Qui montre exemple après exemple et après les prophéties de Powell ou de Raspail

Comment à coups de prétendue inéluctabilité, politique du fait accompli, déni, complicité, camouflage des informations dérangeantes, diversion, chantage au racisme, propagande, intimidation ou répression

Et sans compter, derrière les intérêts bien compris de quelques uns, l’effet paradoxal de l’aide

L’Europe contribue à sa propre disparition …

Sidney Touati
Dreuz
4 août 2018
« Là où un musulman a prié, la terre appartient à l’islam »

Cet article est librement inspiré d’un ouvrage dont je recommande la lecture. Il s’agit du livre de Douglas Murray : L’étrange suicide de l’Europe*.

Somme magistrale (numéro 1 des ventes en Angleterre), ce livre documenté, rigoureux, fait le point sur la descente aux enfers d’une Union européenne qui aspire à faire de son espace civilisationnel, par l’immigration de masse, le bien du monde, la propriété de toutes les ethnies.

A lire impérativement pour tous ceux qui veulent comprendre quelque chose à cette mécanique de l’auto-extinction d’une brillante civilisation.

Pourquoi les dirigeants, les élites européennes aspirent-elles à dissoudre leur peuple dans le grand brassage des peuples du monde ?

Près de 6 millions de juifs ont été méthodiquement exécutés avec la complicité active ou passive de la quasi-totalité des gouvernements européens.

Lorsque les horreurs de la Shoah ont été connues de tous, un intense sentiment de culpabilité s’est emparé des élites dirigeantes européennes.

Celles-ci ont répandu l’idée que les Etats-nation étaient responsables de ce drame (pas les nazis !) puis que les Européens étaient coupables de tous les malheurs de la planète (l’esclavage, le colonialisme, l’impérialisme…), enfin que l’homme blanc en général était l’ennemi de la nature dont la folie met en péril son existence même.

Se concevant comme des êtres foncièrement mauvais, porteurs d’une sorte de péché originel, les dirigeants européens ont mis en place des politiques fondées sur l’obsession de l’auto-flagellation.

Tous répètent en boucle : nous sommes coupables et nous devons payer pour tous les crimes commis.

Portons sur nos épaules toute la misère du monde. Accueillons tous les migrants victimes, pour l’essentiel, du fanatisme musulman, de la corruption de leurs élites.

Psychiatrisation de la politique de l’Union européenne.

Par un mécanisme bien connu en psychiatrie, il s’est produit un déplacement dans la représentation collective du vécu des événements passés et présents : à l’analyse, aux explications lucides et rationnelles des événements et des crimes réellement commis (le massacre organisé des populations juives ; les crimes commis ici ou là..), on a substitué une causalité diabolique par laquelle le coupable auto-proclamé est toujours l’Européen et uniquement lui, devenu ainsi l’incarnation universelle du mal.

Dans ce scénario délirant, les autres peuples sont par définition et a priori innocents.

L’esclavage est attribué aux seuls occidentaux. Oubliés les Africains qui y ont participé activement ; ignorés les Arabes qui ont été de grands esclavagistes… idem pour le colonialisme dépeint uniquement comme un tissu de crimes commis contre les peuples par les seuls européens. Oublié que tous les peuples dominants ont colonisé d’autres peuples ; oublié que les musulmans ont colonisé, envahi, converti par le glaive de très nombreux pays et qu’ils continuent à le faire ; oubliés les innombrables crimes perpétrés au nom de l’Islam et de son prophète.

La projection de ce scénario sur la scène mondiale a conduit à désigner les Américains comme coupables a priori (origine colonisation européenne) tout comme Israël dès lors qu’une partie de sa population est d’origine européenne.

Europe-Etats-Unis-Israel-Austalie-Canada… devaient se prosterner, se mettre à genoux devant tous les autres peuples et demander pardon.

Dans ce délire pathologique, on va jusqu’à inculquer l’idée que nous sommes responsables y compris lorsque nous sommes victimes : responsables des crimes terroristes islamiques ; responsables des viols commis par des « migrants »…

Ceux, rares, très rares, qui osent mettre en cause ce masochisme politique, sont exclus, marginalisés, traînés devant les tribunaux, persécutés, contraints à se cacher voire sont assassinés.

Pour les élites européennes, il n’existe qu’un seul remède, qu’une seule solution pour absoudre ses fautes : la mort, la disparition méthodique des peuples européens, la destruction totale de la civilisation occidentale.

La Renaissance

Et puis, la chape de plomb du sentiment de culpabilité qui pèse sur la conscience européenne a commencé à se fissurer.

En dépit d’une censure étouffante, d’une propagande digne des pays totalitaires, des voix de plus en plus nombreuses s’expriment. Des États refusent le suicide de masse que l’Union européenne a inscrit dans son programme.

En Hollande, en Hongrie, en Pologne, en Italie… on refuse d’absorber la pilule de cyanure que représente l’immigration de masse.

Aux États-Unis, ex bastion de la culture de la faute ayant atteint son point culminant sous Obama, le Président Trump opère une véritable révolution, libérant la politique du carcan de la culpabilité.

En Israël, le gouvernement Netanayou ose l’impensable aux yeux des masochistes professionnels de la faute : il fait inscrire dans le marbre de la loi, le caractère juif de l’Etat d’Israël, mettant fin ainsi à deux mille ans de honte de soi.

Pour les spécialistes de la repentance, le scandale est extrême !

Quoi ? Serait-ce possible ?

Les Américains n’ont plus honte d’être américains ?

Quoi! Les Juifs ne se cachent plus !

Ils n’ont plus honte d’exister ? Ils ont même un État dont ils sont fiers ?

Les dirigeants masochistes de France, d’Allemagne, d’Angleterre, de Suède et d’ailleurs continuent à courber l’échine et à demander que leur peuple respectif soit martyrisé jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Puisque les dirigeants de l’Union européenne aspirent à mourir, alors qu’ils appliquent à eux-mêmes la thérapie qu’ils imposent par la contrainte aux autres. Qu’ils laissent enfin la place à ceux qui aiment sans complexe la vieille, la riche, la belle civilisation européenne, c’est-à-dire la grande majorité des citoyens.

Envoyons des fouets à Macron, à Merkel et autres masochistes.

Qu’ils se punissent puisque tel est le fondement de leur politique.

Qu’ils nous laissent vivre dans le cadre de notre culture européenne qui repose sur Jérusalem-Athènes-Rome.

Voir aussi:

DOUGLAS MURRAY

THE STRANGE DEATH OF EUROPE

IMMIGRATION, IDENTITY, ISLAM

Bloomsbury Continuum , 2017, 352 p.

UNE TRADUCTION FRANÇAISE EST SORTIE LE 25 AVRIL CHEZ L’ARTILLEUR

Michèle Tribalat

Dans ce livre, Douglas Murray analyse la situation actuelle de l’Europe dont son attitude à l’égard des migrations n’est que l’un des symptômes d’une fatigue d’être et d’un refus de persévérer dans son être. Advienne que pourra ! « Le Monde arrive en Europe précisément au moment où l’Europe a perdu de vue ce qu’elle est ». Ce qui aurait pu réussir dans une Europe sûre et fière d’elle-même, ne le peut pas dans une Europe blasée et finissante. L’Europe exalte aujourd’hui le respect, la tolérance et la diversité. Toutes les cultures sont les bienvenues sauf la sienne. « C’est comme si certains des fondements les plus indiscutables de la civilisation occidentale devenaient négociables… comme si le passé était à prendre », nous dit Douglas Murray.

Seuls semblent échapper à celle langueur morbide et masochiste les anciens pays de la sphère soviétique. Peut-être que l’expérience totalitaire si proche les a vaccinés contre l’oubli de soi. Ils ont retrouvé leur identité et ne sont pas prêts à y renoncer. Peut-être gardent-ils le sens d’une cohésion nationale qui leur a permis d’émerger de la tutelle soviétique, dont les Européens de l’Ouest n’ont gardé qu’un vague souvenir. Peut-être ont-ils échappé au complexe de culpabilité dont l’Europe de l’Ouest se délecte et sont-ils trop contents d’avoir survécu au soviétisme pour se voir voler leur destin. Cette attitude classée à droite par l’Europe occidentale est vue, à l’Est, comme une attitude de survie, y compris à gauche comme en témoigne Robert Fico, le Premier ministre de gauche slovaque : «  j’ai le sentiment que, nous, en Europe, sommes en train de commettre un suicide rituel… L’islam n’a pas sa place en Slovaquie. Les migrants changent l’identité de notre pays. Nous ne voulons pas que l’identité de notre pays change. » (2016)

LA COMPLAISANCE DES EUROPÉENS DANS LA DÉTESTATION DE SOI

Il y a un orgueil à se présenter comme les seuls vraiment méchants de la planète. Tout ce qui arrive, l’Europe en est responsable directement ou indirectement. Comme avant lui Pascal Bruckner, Douglas Murray brocarde l’auto-intoxication des Européens à la repentance. Les gens s’en imbibent, nous dit-il, parce qu’ils aiment ça. Ça leur procure élévation et exaltation. Ça leur donne de l’importance. Supportant tout le mal, la mission de rédemption de l’humanité leur revient.

Ils s’autoproclament les représentants des vivants et des morts. Douglas Murray cite le cas d’Andrews Hawkins, un directeur de théâtre britannique qui, en 2006, au mi-temps de sa vie, se découvrit être le descendant d’un marchand d’esclaves du 16ème siècle. Pour se laver de la faute de son aïeul, il participa, avec d’autres dans le même cas originaires de divers pays, à une manifestation organisée dans le stade de Banjul en Gambie. Les participants enchainés, qui portaient des tee-shirts sur lesquels était inscrit « So Sorry », pleurèrent à genoux, s’excusèrent, avant d’être libérés de leurs chaines par  le Vice-Président  gambien.

« Happy end », mais cette manie occidentale de l’auto-flagellation, si elle procure un sentiment pervers d’accomplissement, inspire du mépris à ceux qui n’en souffrent pas et les incitent à en jouer et à se dédouaner de leurs mauvaises actions. Pourquoi disputer aux Occidentaux ce mauvais rôle. Douglas Murray raconte une blague de Yasser Arafat qui fit bien rire l’assistance, alors qu’on lui annonçait l’arrivée d’une délégation américaine. Un journaliste présent lui demanda ce que venaient faire les Américains. Arafat lui répondit que la délégation américaine passait par là à l’occasion d’une tournée d’excuses à propos des croisades !

Cette attitude occidentale facilite le report sur les pays occidentaux de la responsabilité de crimes dont ils sont les victimes. Ce fut le cas avec le 11 septembre. Les thèses négationnistes fleurirent, alors qu’on se demandait aux États-Unis qu’est-ce qu’on avait bien pu faire pour mériter cela.

Cette exclusivité dans le mal que les Occidentaux s’arrogent ruissèle jusques et y compris au niveau individuel. Après avoir été violé chez lui par un Somalien en avril 2016, un politicien norvégien, Karsten Nordal Hauken, exprima dans la presse la culpabilité qui était la sienne d’avoir privé ce pauvre Somalien, en le dénonçant, de sa vie en Norvège et renvoyé ainsi à un avenir incertain en Somalie. Comme l’explique Douglas Murray, si les masochistes ont toujours existé, célébrer une telle attitude comme une vertu est la recette pour fabriquer « une forte concentration de masochistes ». « Seuls les Européens sont contents de s’auto-dénigrer sur un marché international de sadiques ».

Les dirigeants les moins fréquentables sont tellement habitués à notre autodénigrement qu’ils y voient un encouragement. En septembre 2015, le président Rouhani a eu le culot de faire la leçon aux Hongrois sur leur manque de générosité dans la crise des réfugiés. Que dire alors de la richissime Arabie saoudite qui a refusé de prêter les 100 000 tentes climatisées qui servent habituellement lors du pèlerinage et n’a accueilli aucun Syrien, alors qu’elle offrait de construire 200 mosquées en Allemagne ?

La posture du salaud éternel, dans laquelle se complait l’Europe, la désarme complètement pour comprendre les assauts de violence dont elle fait l’objet et fonctionne comme une incitation.

LA CULPABILILITÉ OCCIDENTALE

Beaucoup d’Européens, ce fut le cas d’Angela Merkel, ont cru voir, dans la crise migratoire de 2015, une mise au défi de laver le passé : « Le monde voit dans l’Allemagne une terre d’espoir et d’opportunités. Et ce ne fut pas toujours le cas » (A. Merkel, 31 août 2015). N’était-ce pas là l’occasion d’une rédemption de l’Allemagne qu’il ne fallait pas manquer ?  Douglas Murray décrit ces comités d’accueils enthousiastes qui ressemblaient à ceux que l’on réservait jusque là aux équipes de football victorieuses ou à des combattants rentrant de la guerre. Les analogies avec la période nazie fabriquent à peu de frais des héros. Lorsque la crise migratoire de 2015 survient il n’y a pas de frontière entre le Danemark et la Suède. Il suffisait donc de prendre le train pour passer d’un pays à l’autre. Pourtant, il s’est trouvé une jeune politicienne danoise de 24 ans – Annika Hom Nielsen – pour transporter à bord de son yacht, en écho à l’évacuation des juifs en 1943, des migrants qui préféraient la Suède au Danemark mais qui, pourtant, ne risquaient pas leur vie en restant au Danemark.

Si beaucoup de pays expient l’expérience nazie, d’autres expient leur passé colonial. C’est ainsi que l’Australie a instauré le « National Sorry Day » en 1998. En 2008, les excuses du Premier ministre Kevin Rudd aux aborigènes furent suivies de celles du Premier ministre canadien aux peuples indigènes. Aux États-Unis, plusieurs villes américaines ont rebaptisé « Colombus Day » en « Indigenous People Day ». Comme l’écrit Douglas Murray, il n’y a rien de mal à faire des excuses, même si tous ceux à qui elles s’adressent sont morts. Mais, cette célébration de la culpabilité « transforme les sentiments patriotiques en honte ou à tout le moins, en sentiments profondément mitigés ».

GÉNÉRALISATION ET ESSENTIALISATION : DES CRIMES TYPIQUEMENT EUROPÉENS

Si l’Europe doit expier ses crimes passés, pourquoi ne pas exiger de même de la Turquie ? Si la diversité est si extraordinaire, pourquoi la réserver à l’Europe et ne pas l’imposer à, disons, l’Arabie saoudite ? Où sont les démonstrations de culpabilité des Mongols pour la cruauté de leurs ascendants ?

« il y a peu de crimes intellectuels en Europe pires que la généralisation et l’essentialisation d’un autre groupe dans le monde».  Mais le contraire n’est pas vrai. Il n’y a rien de mal à généraliser les pathologies européennes, et les Européens ne s’en privent pas eux-mêmes.

L’EXALTATION DES AUTRES

Le pendant à l’autodénigrement et à la culpabilité européens est l’exaltation de l’Autre, même dans les circonstances les plus invraisemblables. Le multiculturalisme, qui fait une place particulière aux cultures apportées par les migrants, s’il est vu comme LA seule solution au problème posé par l’immigration massive, a l’avantage de tenir à distance les prétentions hégémoniques des cultures européennes, dont il faut toujours se méfier.

Afin de devenir vraiment multiculturels, les pays européens ont insisté sur leurs mauvais côtés, exaltant par ailleurs les apports extérieurs : « Changer le passé pour qu’il s’adapte aux réalités présentes ».

C’est particulièrement vrai avec l’islam. Plus la réalité faisait douter de la « religion de paix et de tolérance », plus on vanta les mérites passés des civilisations islamiques, notamment du temps de l’occupation du sud de l’Espagne présentée comme l’exemple même d’une société multiculturelle harmonieuse et heureuse !  Embellir le passé pour se donner des raisons d’espérer.

En 2010, une exposition londonienne, « 1001 Islamic Inventions », faisait l’inventaire de tout ce que le monde islamique avait apporté à l’Occident, c’est-à-dire à peu près tout.

Quelle chance pour les musulmans d’avoir une civilisation pareille ! Tout plutôt que la civilisation européenne. La Suède, à ce petit jeu, gagne le pompon.

Douglas Murray raconte que la ministre suédoise de l’intégration, Mona Sahlin, déclara en 2004, dans une mosquée kurde, que beaucoup de Suédois étaient jaloux des Kurdes parce qu’ils possèdent une culture riche et unificatrice quand les Suédois n’ont que des choses ridicules telles que le fête de la Nuit de la Saint-Jean.

Quand il fut demandé à Lise Bergh, la secrétaire d’État spécialisée sur les droits de l’homme, l’inclusion…, si cela valait le coup de préserver la culture suédoise, elle répondit : « Bon, qu’est-ce que la culture suédoise ? Et avec ça je pense que j’ai répondu à votre question. » Mais, nous dit Douglas Murray, généralement, ce type de question est soigneusement évité en Europe, en raison des difficultés sous-jacentes : « Quelles parts de leur culture les Européens devraient-ils abandonner volontairement ? Qu’est-ce qu’ils y gagneraient et à quelle échéance ? »

En 2015, Ingrid Lomfors, la patronne de l’équivalent suédois du Mémorial de la Shoa, déclarait lors d’une conférence en faveur de la politique du gouvernement « Sweden together », en présence du roi et de la reine, que l’immigration en Suède n’avait rien de neuf, que tout le monde était un migrant et que la culture suédoise n’existait pas. Le soir du 24 décembre 2014, le tout juste ex-Premier ministre de Suède, Fredrik Reinfeldt, déclarait à la télévision que les Suédois étaient sans intérêt et que les frontières étaient des constructions fictives.

Mais l’Allemagne pratique aussi, à l’excès, ce souci de l’Autre. Après l’attaque du train en Allemagne en juillet 2016, il s’est trouvé une parlementaire allemande du Parti vert pour demander pourquoi la police avait tué l’attaquant au lieu de le blesser.

LA CRISE MIGRATOIRE DE 2015

Douglas Murray, qui s’est rendu dans de nombreux points chauds, revient longuement sur cette crise migratoire. Sans entrer dans le détail, relevons un fait qui m’a frappé moi aussi : le rapport de masculinité élevé. On a su très vite qu’il s’agissait dans une grande majorité de jeunes hommes, y compris parmi les mineurs. Outre que cette arrivée de jeunes hommes et adolescents a modifié de façon visible le sex-ratio en Suède, on aurait pu se demander quel péril guettait les filles restées au pays. Pourquoi les familles étaient-elles si pressées de sauver leurs garçons et pas leurs filles ?

Les mesures prises pour sauver les étrangers en mer, au plus près des côtes libyennes ont été vite connues et intégrées par les passeurs, pour accélérer leur business et empiler toujours plus de migrants dans des embarcations dangereuses. L’information circule à grande vitesse, comme ce fut le cas avec les déclarations d’Angela Merkel ne fixant aucune limite au nombre d’étrangers qu’elle était prête à accueillir.

Le racisme dont les Européens s’enorgueillissent d’être les vrais coupables, n’épargne pas les frêles embarcations sur lesquelles sont entassés les migrants. Ce sont les Subsahariens qui sont mis aux endroits les plus périlleux et sont les premiers à se noyer. Des chrétiens ont été battus et jetés à la mer lorsque les autres passagers ont su qu’ils étaient chrétiens.

La traite est impitoyable. Les passeurs n’hésitent pas à envoyer des vidéos mettant en scène les abus et les tortures de migrants, via leurs smartphones, à destination des familles pour recueillir plus d’argent. L’identification des migrants est très difficile et le rythme des arrivées ne permet pas une vérification approfondie. Beaucoup arrivent sans papiers. Ceux qui débarquaient à Lesbos connaissaient le prix du taxi pour Moria. Et, à Malmö, c’est dans les poubelles en ville que l’on retrouvait nombre de papiers d’identité abandonnés.

L’exaltation suscitée par la crise migratoire de 2015 chez certains gouvernants, et tout particulièrement Mme Merkel, a conduit à certains retournements. En 2010, elle déclarait que le multikluti ne fonctionnait pas, mais en 2015, elle insistait sur le fait que tout allait bien se passer et que ce qui avait échoué par le passé avec des flux moins volumineux, allait réussir cette fois !

DE NOUVEAU UN PROBLÈME AVEC LA RELIGION : LES NOUVEAUX DISSIDENTS

Qui aurait pensé, il y a 20 ou 30 ans que l’Europe serait à nouveau déchirée par des débats sur la place de la religion ?

On a toléré de musulmans « offensés et en colère » beaucoup plus qu’on ne l’aurait fait pour d’autres. C’était déjà le cas en 1989, après la publication des versets sataniques de Salman Rushdie. Ainsi, Cat Stevens, « rebaptisé » Yusuf Islam après sa conversion, déclara lors d’une émission télévisée de la BBC que Salman Rushdie méritait la mort et qu’il regrettait que les portraits en flammes que l’on voyait lors des manifestations ne soient pas « la chose en vrai », autrement dit Salman Rushdie lui-même. Il ne fut pas poursuivi pour ses propos.

Peu de gens ont compris, en 1989, avec l’affaire Rushdie, que nous avions changé d’ère.

Partout en Europe, se trouvèrent des « idiots utiles » qui ont non seulement protégé et défendu l’indéfendable mais ont été des activistes de la cause. C’est ce qui causa l’assassinat de Pim Fortuyn par un Végan, défenseur de la cause animale, qui croyait ainsi venir en aide aux musulmans.  La radicalisation des propos à l’égard de Pim Fortuyn de la part de ses opposants, qui franchirent rapidement le point Godwin, l’ont, en quelque sorte, désigné à la vindicte. « Dans un entretien télévisé, peu de temps avant sa mort,  Fortuyn parla des menaces de mort qu’il recevait et déclara que, si quoi que soit lui arrivait, ses opposants politiques, qui l’avaient tellement démonisé, auraient leur part de responsabilité. »

Mais celle qui symbolise le mieux le malaise européen est sans doute Ayaan Hirsi Ali. Voilà une jeune femme qui incarne la résistance à l’extrémisme religieux, qui aurait dû être la coqueluche des intellectuels européens et qui a été lâchement abandonnée. Somalienne, réfugiée aux Pays-Bas, alors qu’elle fuyait un mariage forcé, Ayaan Hirsi Ali apprit la langue de son nouveau pays tout en travaillant et put ainsi entreprendre des études à l’Université de Leiden. Elle en sortit diplômée et devint chercheur. Sans parler de son engagement politique. Son parcours est d’autant plus remarquable qu’elle était, adolescente, favorable à l’exécution de Salman Rushdie. Le 11 septembre 2001 l’amena à remettre en cause ses convictions religieuses et à les abandonner. Le parcours exemplaire qu’elle avait construit depuis son arrivée en Hollande aurait dû en faire un modèle d’intégration. Menacée, Ayaan Hirsi Ali finit par se voir accorder une protection policière. Alors qu’elle représentait tout ce qu’un pays européen pouvait souhaiter de ses migrants, elle se vit retirer sa nationalité néerlandaise par la ministre de l’immigration et de l’intégration qui appartenait au même parti qu’elle, sous l’allégation de fausse déclaration. Décidément, la Hollande avait fait son choix. Elle refusait d’assurer la protection d’une femme qui défendait tout ce que les Européens avaient si précieusement acquis. Comme l’écrit Douglas Murray : « le pays qui avait laissé entrer des centaines de milliers de musulmans sans espérer d’eux qu’il s’intégrassent et qui abritait en son sein quelques spécimen des prêcheurs les plus radicaux en Europe, privait de sa citoyenneté l’un des seuls immigrants qui avait montré à quoi pourrait ressembler un immigrant pleinement intégré. » Ayaan Hirsi Ali, ne recevant finalement aucune de protection en Europe, finit par s’installer aux Etats-Unis.

Comme dans d’autres pays, c’est celui qui sonnait l’alarme qui fut considéré comme un gêneur. L’Europe semblait alors croire que le problème de l’extrémisme disparaîtrait avec ceux qui le dénonçaient, écrit Douglas Murray.

UN CLIMAT INTIMIDANT

La peur de se voir dénoncé comme raciste ou, pire, de risquer sa vie, conduit à faire silence sur des faits insoutenables.

Les viols collectifs d’enfants à Rotherham et à Oxfordshire ont été passés sous silence par la police par peur des accusations de racisme et par peur de nuire aux relations intercommunautaires. Ces situations de viols passés sous silence ou minimisés se sont multipliées en Europe dans la foulée de la vague migratoire de 2015. Un musulman du nord de l’Angleterre qui s’était insurgé contre  les viols collectifs de filles blanches par des membres de sa communauté a reçu des menaces de mort.

Avoir un avis sur la question peut être dangereux et cela ne concerne pas seulement les politiciens. La violence des réactions conduit à la clôture des débats. Toute vie peut être ruinée par la reconnaissance de ce qui arrive, sans parler de propositions visant à en changer le cours. Il est plus profitable d’ignorer le problème et de mentir. Il y a ce que les gens pensent et ce qu’ils croient qu’ils sont autorisés à penser. Mais, comme le fait remarquer Douglas Murray, il est périlleux d’ignorer ce que ressent la majorité des gens ou d’aller répétant qu’il est impossible d’y remédier.

Les opinions publiques ont bien compris que « ce qui se trouve en-dessous du terrorisme constitue un plus grand problème encore ». Cette prise de conscience effraie les élites pour lesquelles le pire ne peut appartenir qu’aux Européens. D’où la nécessité des les rééduquer. D’abord parce que c’est plus facile et que cela vous signale comme particulièrement vertueux. L’accusation de racisme si aisément dégainée et le parallèle avec le nazisme valorisent celui que s’y adonne et innocentent forcément la partie adverse. On ne peut qu’être innocent face à un nazi. Comme l’écrit Douglas Murray, « traiter quelqu’un de fasciste ou de raciste est un exercice sans risque qui ne peut apporter que des avantages politiques et personnels ».

DÉNI, MENSONGES ET CACHOTTERIES

L’immigration massive, sans toujours avoir été planifiée, est devenue une préoccupation des opinions publiques européennes. Pourtant, au Royaume-Uni, du temps de Tony Blair, il y eut une politique délibérée, du côté du Labour, de transformer la société. On apprit, plus tard, que Tony Blair avait favorisé l’immigration pour forcer les conservateurs à regarder la diversité en face (déclaration d’Andrew Neather, ancien porte-parole du gouvernement, en 2009). Toute idée de restriction de l’immigration était qualifiée de raciste. Au lieu de tenir compte des inquiétudes de l’opinion publique, les politiques ont répliqué en proférant des accusations en direction des inquiets. À des moments différents selon les pays, un éloge de la diversité et du multiculturalisme devint monnaie courante.

Le déni est le refuge de décideurs qui pensent qu’ils ne peuvent rien faire contre les arrivées massives de migrants. Ils cherchent donc à y accoutumer les opinions publiques et à présenter les choses sous un jour positif, tout en minimisant les inconvénients ou en les ignorant. Ce que ne peuvent faire les citoyens qui ont ce qu’ils ont sous les yeux.

Les dirigeants, qui ont pratiqué la politique du fait accompli, ne manquent pas d’arguments pour vanter une situation qu’ils n’ont rien fait pour éviter.

Les arguments bien connus en faveur du statu quo changent avec l’air du temps en fonction de la résistance qu’ils rencontrent. Et l’on passe sans mal d’un argument à l’autre : bénéfice économique, les emplois dont les natifs ne veulent pas, démographie… Et si tout cela ne marche pas vient l’argument de la diversité.

Il faut s’y faire / Rien de nouveau / Nous n’y pouvons rien

L’injonction « Adaptez-vous ! » peut très bien être teintée d’incitations à expier le passé : Tournez-la page, rien de nouveau, vous avez été horribles, maintenant vous n’êtes plus rien.

En Angleterre, la publication des résultats du recensement de 2011, qui montraient que les « White British » étaient désormais minoritaires à Londres, fit les délices « des trois quarts des participants » aux débats de NewsNight sur la BBC. Le maire de Londres Boris Johnson déclara : « Nous devons cesser de nous lamenter sur la digue qui a sauté (dam-burst). C’est arrivé. Il n’y a rien que l’on puisse y faire sauf faire en sorte que l’absorption soit la plus digeste possible. »

La diversité, c’est bon pour vous

Les Européens s’enrichissent en découvrant les cultures du monde. S’il y a une partie de vrai dans ce raisonnement, reste à prouver que tout cela n’est pas une question de dosage. Les Européens voyagent de plus en plus. Ils peuvent aimer découvrir les autres modes de vie sans que ceux-ci finissent par devenir les leurs. Rarement sont évoqués les côtés déplaisants et, lorsqu’ils le sont, ceux qui le font se voient rapidement voués aux gémonies. Douglas Murray résume la situation ainsi : « Ce n’est pas une si mauvaise affaire : s’il y a un peu plus de décapitations en Europe que de coutume, au moins bénéficierons nous d’un plus grand nombre de cuisines ».

L’Europe se dit heureuse de sa diversité et fière d’avoir des villes internationales. Mais qu’arrivera-t-il, se demande Douglas Murray, lorsque ce seront les pays qui seront internationaux ? De quoi le « nous » sera-t-il fait ?

Diversions et illusions

Si l’on intensifie l’aide au développement, on tarira à la source les flux migratoires nous dit-on. Qui peut être contre l’aide au développement ? Seulement, on sait aussi que lorsque le niveau de vie s’accroît les ressources pour partir aussi, favorisant ainsi les flux migratoires.

Après la tuerie de Nice, les débats en France se sont enflammés sur le burkini. Pour Douglas Murray, c’était une manière de faire diversion, pour parler de la chose, sans toucher à l’essentiel du problème.

On avait déjà fait la même chose en d’autres circonstances, avec la loi sur le voile à l’école par exemple. Au lieu de viser le voile, il avait fallu viser les autres religions en même temps, alors que tout le monde savait de quoi il retournait. Si l’on ne peut porter le voile à l’école, on ne peut pas non plus porter une grande croix en bois, dont personne ne se rappelait en avoir jamais vue à l’école !

Déni et camouflage des informations dérangeantes

Lorsque des « innocents » se conduisent mal, comme cela a été le cas par exemple avec les viols collectifs en Suède, en Allemagne ou en Autriche, des politiques et même des policiers, sans parler des médias, cherchent généralement à enterrer l’affaire. L’auto-défiance est telle que l’on craint plus la réaction à la chose que la chose en elle-même. « En Allemagne en 2016, comme en Grande-Bretagne au début des années 2000, la crainte des conséquences que pourrait avoir l’identification des origines raciales des agresseurs l’emporta sur la détermination des policiers de faire leur travail. » On ne peut pas ici ne pas évoquer l’affaire Sarah Halimi battue à mort, torturée et défenestrée le 4 avril 2017. Il a fallu plus de deux mois pour que l’affaire sorte dans la presse… et encore timidement. Il ne fallait pas perturber la période électorale !

La Suède est sans doute la championne du déni et de la politique anesthésiante.  Douglas Murray raconte la mésaventure d’Erik Mansson, rédacteur en chef de l’Expressen, en… 1993. Ce dernier rendit compte d’un sondage réalisé auprès des Suédois qui indiquait que 63 % des Suédois voulaient que les immigrants retournent chez eux. Erik Mansson écrivit que les Suédois avaient une opinion bien arrêtée sur la politique d’immigration et d’asile, différente de l’opinion de ceux qui les gouvernent et qu’il y avait là une bombe à retardement. Le principal résultat de cet article fut son licenciement par le journal.

Douglas Murray raconte sa rencontre avec un parlementaire allemand pour qui l’afflux des réfugiés se limite à une question de gestion bureaucratique. À part cela, accueillir 1 million de gens n’était pas un gros problème. D’ailleurs, d’après ce parlementaire, les réfugiés sont moins criminels que l’Allemand moyen. Lorsque Douglas Murray lui demanda pourquoi cette politique ne s’appliquait qu’aux Syriens et pas au reste du monde, le parlementaire lui dit que les flux avaient baissé et que, de toute façon, il refusait de répondre à une question purement théorique. Comme si ce flux s’était tari spontanément. Passer sous silence la fermeture des frontières et l’accord avec Erdogan permettait, écrit Douglas Murray, au parlementaire de ne pas s’écarter de sa rhétorique humanitaire.

Les méfaits du déni

Le déni creuse l’écart entre « les gens », comme dirait Jean-Luc Mélenchon, et les élites politiques et médiatiques. Les premiers savent que les élites leur mentent. Ils savent aussi ce qu’elles semblent ignorer : le nombre compte. Pour Douglas Murray, «  La radicalisation trouve ses origines dans une communauté particulière et tant que celle-ci s’accroît, la radicalisation fera de même ». « Les politiques européens ne peuvent admettre ce que chaque migrant traversant la méditerranée sait et que la plupart des Européens ont fini par comprendre : une fois en Europe, vous y restez. »

Le déni, le mensonge venant d’en haut encouragent la radicalisation en bas. Il déresponsabilise aussi les migrants et les incite à plus d’audace. En octobre 2016, deux journaux allemands, Le Freitag et le Huffington Post Deutschland publiaient un article d’un jeune Syrien de 18 ans qui disait en avoir marre des Allemands en colère et des chômeurs racistes : « Nous, réfugiés, … ne voulons pas vivre dans le même pays que vous. Vous pouvez, et je pense que vous devriez, quitter l’Allemagne. L’Allemagne n’est pas faite pour vous. Pourquoi vivez-vous ici ?… Allez chercher une autre patrie. » Ce type d’arrogance est encouragé par des attitudes comme celles du président de district de Kassel qui, en octobre 2015, lors d’une réunion publique, déclara à ses concitoyens qui n’étaient pas d’accord avec l’accueil de 800 réfugiés, qu’ils étaient libres de quitter l’Allemagne.

RACE ET ANTIRACISME

L’obsession de la race est partout, chez les politiques, dans le sport, à la télévision. Douglas Murray raconte ce qu’ont donné à Londres, les répercussions du mouvement américain « Black Lives Matter ». Les manifestants chantaient le slogan « Hands Up, Don’t Shoot » lors de manifestations encadrées par des policiers sans arme. Quelques semaines plus tard, on vit dans les rues de Londres un type armé d’une machette juché sur les épaules de trois autres clamant les slogans de « Black Lives Matter ». Dans Hyde Park, la manifestation se termina par un policier poignardé et quatre autres blessés.

Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement. Elles savaient bien que ce ne serait possible que si le problème n’était pas résolu. Ce qui a eu pour effet de faire croire que les discriminations s’étaient aggravées – et méritaient d’être plus vivement combattues – alors que les choses s’amélioraient.

DES SOCIÉTÉS EUROPÉENNES ÉPUISÉES ?

Avec l’effacement des croyances religieuses, les Européens sont livrés à l’incertitude, se posent des questions sans réponses toutes prêtes. Les Européens ont expérimenté la recherche de l’absolu ailleurs (fascisme, nazisme, communisme) et cela n’a donné rien de bon. « La plupart des souffrances de l’Europe pendant le 20ème siècle sont venues d’un effort profane de l’époque d’atteindre un absolu politique ». Le rêve fasciste n’a pas peu fait pour entretenir la ferveur communiste. Si deux idéologies apparemment opposées (comme c’était le cas à l’époque) pouvaient mener là où elles avaient conduit, alors, peut-être que n’importe quoi d’autre peut y conduire aussi. Peut-être que toute idéologie et toute certitude sont le problème.

Les Européens ont tout essayé : « la religion et l’anti-religion, la croyance et la non-croyance, le rationalisme et la foi dans la raison… ces idées ont fait des centaines de millions de morts, pas seulement en Europe, mais partout où ces idées ont été appliquées. » Que peut faire une société après cela ? Douter, se méfier d’elle même, ne pas juger les autres ? Cette attitude si courante en Europe est une solution de facilité qui ne garantit pas sa survie.

La plupart des habitants du reste de la planète ne partagent pas cette attitude. Ils ne craignent pas de poursuivre leur intérêt propre. C’est aussi le cas en Europe de l’Est.

Si penser aux migrants d’aujourd’hui, c’est penser aux juifs d’hier, et réparer à travers les premiers le crime vis-à-vis des seconds, alors l’Europe ne peut rien opposer à l’immigration massive. Même si cette dernière, et plus encore surtout si cette dernière, est vue comme une punition. « Se ranger du côté des migrants, c’est se mettre du côté des anges. Parler en faveur des Européens, c’est se mettre du côté du diable. »

Douglas Murray se demande combien de temps une société fondée sur ce qui est sorti de la tradition chrétienne peut survivre sans se référer aux croyances qui lui ont donné naissance. Pour les Églises d’Europe, le message de la religion est devenu une forme de politique de gauche, d’action en faveur de la diversité et du bien être social. Ainsi, en Suède, l’archevêque Antje Jeckelen a déclaré que Jésus se serait opposé aux restrictions que la Suède a fini par mettre à l’immigration après la ruée de 2015.

Après avoir perdu la croyance religieuse, et même le sens des métaphores bourrées de références à la religion, nous dit Douglas Murray, nous sommes sur le point d’abandonner le rêve d’une extension illimitée de valeurs que nous croyions universelles. Et, le trou creusé par la religion risque de s’agrandir.

« Les étrangers qui viennent en Europe apportent leur propre culture au moment précis où notre culture a perdu la confiance qui lui permettrait de plaider sa cause ». Combien de temps cela peut-il durer, se demande Douglas Murray, et qu’est-ce qui se profile après ?

QUE FAIRE, COMME AURAIT DIT LÉNINE ?

Pourquoi les Européens devraient-ils être les seuls à porter les malheurs du monde ? Que deviendra l’Europe si cette fuite en avant continue ? Pourquoi les Européens devraient-ils être les seuls à ne pas pouvoir se préoccuper d’abord de leurs intérêts et de leur avenir, comme le font la plupart des autres peuples du monde ?

Il faudrait, nous dit Douglas Murray, que ceux qui gouvernent reconnaissent leurs erreurs, qu’ils cessent de dire qu’ils veulent changer de fond en comble la société, qu’ils reconnaissent enfin les problèmes que la société a perçu bien avant eux, que la diversité c’est bien, mais à dose raisonnable, sans quoi, en plus des problèmes vécus par les autochtones, ce sont les problèmes du monde entier qui se retrouvent en Europe.

Les politiciens devraient reconnaître le bien-fondé de certains griefs.

Alors que l’idée de grand remplacement de Renaud Camus est vouée aux gémonies, et quelquefois jugée à la 17ème chambre, le grand remplacement assumé et revendiqué par les Indigènes de la République et d’autres ne suscite pas la même désapprobation. Qu’ont dû penser les Allemands lorsque, lors d’une émission sur la télévision allemande, une jeune syrienne leur a dit qu’à l’avenir les Allemands ne seront plus blonds aux yeux bleus, mais d’origine immigrée ?

Ne faudrait-il pas réserver l’ostracisme aux vrais partis fascistes comme Aube dorée et permettre aux autres partis dits d’extrême droite d’évoluer ? Il serait bon, pour y arriver que le coût social lié à une fausse accusation de racisme, de nazisme… soit équivalent à celui encouru par ceux qui en sont vraiment coupables.

Il faudrait aussi une attitude plus juste à l’égard du passé européen : retenir les bons comme les mauvais moments.

CONCLUSION DE DOUGLAS MURRAY

Mais, ce qu’il faudrait faire ne ressemble guère à ce qui est le plus probable. Les politiciens continueront de préférer les bénéfices à court terme qu’ils tirent à paraître compatissants, généreux et ouverts, même si cela conduit, à long terme, à des problèmes nationaux. Ils continueront à garantir que l’Europe est le seul endroit au monde qui appartient à tout le monde. D’ici la moitié de ce siècle, alors que la Chine ressemblera encore à la Chine, l’Inde à l’Inde… L’Europe ressemblera, au mieux, à une version des Nations unies à grande échelle, écrit Douglas Murray.

En Hollande et au Danemark, les politiciens hostiles à l’immigration vivent sous protection policière. De quoi dissuader les vocations. C’est tellement plus facile et gratifiant de se montrer compatissant, généreux et ouvert. Les plus menacés sont ceux qui ont cru aux promesses de l’Europe (Hirsi Ali, Maajid Nawaz, Kamel Daoud…). Ceux qui défendent nos valeurs ont été abandonnés à leur sort. Ils paient l’addition du déni. Ce sont eux les premiers sacrifiés. Au lieu de représenter les modèles qu’ils auraient dû être, ils font figure d’anti-modèles.

De jour en jour, l’Europe perd toute possibilité d’un atterrissage en douceur en réponse à de tels changements. Une classe politique entière n’a pas réussi à apprécier ce que beaucoup d’Européens aiment dans ce qui a été notre Europe, écrit Douglas Murray. Prisonniers du passé et du présent, il semble que, pour les Européens, il n’y ait pas de réponse décente pour l’avenir. Mais, les Européens risquent de ne pas pardonner un changement complet de notre continent.

Voir de même:

« L’Etrange Mort de l’Europe : immigration, identité et islam » de Douglas Murray présenté par Michèle Tribalat (*)

Polemia

11 septembre 2017

♦ Douglas Murray est un écrivain, journaliste et commentateur politique britannique. Il exprime régulièrement à la télévision, à la radio et dans de nombreux périodiques un point de vue critique envers l’islam.

En 2017, son livre The Strange Death of Europe: immigration, identity and islam, est un grand succès de librairie en Grande-Bretagne.


  • Culpabilisme et exaltation des autres : l’Europe a perdu de vue ce qu’elle était

Culpabilisme et détestation de soi

Les Européens se complaisent dans la détestation de soi, de leur civilisation, de leurs traditions et de leur Histoire. Celle-ci ne leur inspire que remords et aspiration à la repentance. Ils y trouvent élévation, exaltation et, au bout du compte, jouissance dans l’autoflagellation. C’est particulièrement vrai pour ce qui est de leur passé colonial pourtant glorieux.

Ce masochisme se retrouve chez ce politicien norvégien qui, violé chez lui par un Somalien, exprima sa culpabilité d’avoir privé ce malheureux, en le dénonçant, de sa vie en Norvège. Il n’est certainement pas étranger à Angela Merkel qui a vu dans la crise migratoire de 2015 une occasion de laver le passé de l’Allemagne.

Il y a cependant un point sur lequel nous souhaitons émettre une réserve. D. Murray parle des Européens. En fait pas tous, seulement certains. Une grande partie de nos populations ne partage pas ces sentiments. Ce sont les « élites », ou plutôt la caste dirigeante, qui frappent nos poitrines comme les deux présidents de la République française qui sont allés s’avilir outre-Méditerranée en dénonçant la colonisation française comme un crime contre l’humanité.

L’exaltation des autres

L’objectif est l’inclusion forcée de cultures qui ne sont pas celles de l’Europe, l’acceptation imposée de religions et de coutumes qui ne sont pas les nôtres, la soumission empressée à des règles juridiques et sociales qui nous sont étrangères, voire qui nous répugnent. C’est le refus de l’assimilation et une politique d’implantation sur notre territoire de communautés souvent hostiles qui mènera à des partitions. En un mot c’est le multiculturalisme.

Pour qu’il aboutisse il est indispensable d’exalter l’autre. C’est particulièrement vrai avec l’islam. Plus la réalité fait douter de la « religion de paix et de tolérance », plus on vante les mérites passés des civilisations islamiques. Comme l’a déclaré l’érudit Chirac à Philippe de Villiers stupéfait : l’Europe doit autant à l’islam qu’au christianisme.

La conséquence évidente et tragique est que l’Europe ne peut plus rien opposer à l’immigration massive. En particulier D. Murray se demande combien de temps une société fondée sur la tradition chrétienne peut survivre sans se référer à celle-ci. Or pour les Eglises d’Europe devenues des ONG compassionnelles, le message de religion est celui d’une forme de politique de gauche et d’action en faveur de la diversité et du bien-être social.

  • Les nouveaux dissidents

Les dissidents de D. Murray

  1. Murray cite à juste titre des noms de dissidents qui, ayant engagé leur propre vie, peuvent être qualifiés de résistants. C’est le cas de Salman Rushdie, victime d’une fatwa de mort, de Pim Fortuyn, assassiné par un défenseur de la cause animale (sic) et de Ayaan Hirsi Ali, Somalienne réfugiée aux Pays-Bas qui abandonna la religion islamique. Menacée, elle a bénéficié d’une protection policière.
  2. Murray aurait également pu citer le cas de Robert Redeker menacé de mort à la suite de l’une de ses tribunes consacrée à l’islam et à la liberté d’expression parue dans Le Figaro en 2006.

Les dissidents que D. Murray aurait pu citer

Il est un peu étonnant que D. Murray n’ait pas cité Enoch Powell, homme politique et écrivain britannique dont le célèbre discours du 20 avril 1958 marqua la fin de sa carrière politique, ainsi que Christopher Caldwell, journaliste américain, auteur de Une révolution sous nos yeux / Comment l’islam va transformer la France et l’Europe.

Mais surtout le contenu de l’ouvrage de D. Murray se retrouve depuis plusieurs années dans les nombreuses publications parues en France sur l’invasion migratoire.

A tout seigneur tout honneur, Jean Raspail fut et demeure un visionnaire stupéfiant de ce qui arrive à l’Europe, avec son Camp des saints. Renaud Camus, créateur du concept du Grand Remplacement, impose son talent littéraire et son intransigeance. Eric Zemmour ne fut pas pendu mais tout de même condamné pour avoir dit la vérité.

J.Y. Le Gallou, auteur de Immigration : la catastrophe. Que faire ?, Gérard Pince dans Le Choc des ethnies, Guillaume Faye dans Comprendre l’islam et Malika Sorel Sutter, auteur de Décomposition française peuvent être considérés comme les dissidents les plus marquants. Mais il existe beaucoup d’autres auteurs qui, en France, ont élevé ou élèvent leur voix sur le thème de l’invasion migratoire et de l’islam, à commencer par Michèle Tribalat elle-même, ce qui, semble-t-il, ne lui vaut pas que des éloges à l’INED.

Quant à l’évaluation du coût financier de l’immigration, sans citer Polémia, il faut évoquer les travaux de Pierre Milloz, qui fut un pionnier dans les années 1990, et l’excellent et dense petit ouvrage de G. Pince : Les Français ruinés par l’immigration.

Tous ces dissidents se heurtent aux obstacles et aux contraintes qu’élèvent les immigrationnistes et le politiquement correct.

  • La dissidence face aux obstacles et aux contraintes selon D. Murray

L’inéluctabilité

L’arrivée de migrants est inévitable, nous ne pouvons rien y faire, il faut se résigner car de toute façon la responsabilité nous incombe. C’est la version migratoire du sens de l’histoire.

La politique du fait accompli

Sans crier gare et sans consulter les populations des natifs au carré les dirigeants européens les mettent devant le fait accompli. D. Murray cite Tony Blair mais c’est la crise migratoire de 2015 qui vit Merkel appeler sans concertation à l’accueil d’un million de migrants en Europe.

Le déni

On appelle réfugiés syriens des migrants économiques érythréens. Les chiffres de l’immigration illégale sont ignorés. Il est affirmé que la France n’est plus une terre de forte immigration. On prétend, comme Lamassoure le fit dans le Figaro, que les terroristes, citoyens français de papier, sont au fond nos propres enfants.

  • Complicité et camouflage des informations dérangeantes

Pratique courante, les informations dérangeantes, même monstrueuses, sont occultées. L’affaire Sarah Halimi, les viols de la Saint-Sylvestre en Allemagne ont été cachés et ne sont apparus au grand jour que grâce à la réinfosphère. L’un des cas les plus graves fut celui de viols collectifs de nombreuses jeunes filles en Angleterre qui furent tus par les autorités britanniques pendant des années.

La diversion

Si des faits graves se produisent, on enflamme les débats sur des sujets secondaires. Après la tuerie de Nice ce fut l’affaire du burkini.

Vous n’aurez pas ma haine

Comme après Charlie-Hebdo et le Bataclan, on manipule l’opinion et on dérive les sentiments des parents et des témoins vers les marches blanches, les bougies, les pleurnicheries afin d’éviter le ressentiment et les appels à la résistance et au châtiment.

La propagande

La diversité est représentée comme un bien et indispensable pour combler le déficit démographique européen et permettre le paiement des retraites.

L’intimidation

Le racisme, quand ce n’est pas le nazisme, est soulevé face à la moindre objection. Et pourtant, comme l’a dit Harouel « Plutôt fasciste que mort ».

Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement.

La répression

Murray cite le cas du journaliste suédois licencié pour avoir évoqué dans un article un sondage largement hostile à l’immigration.

En France, sur le fondement des lois mémorielles liberticides, les condamnations pénales pleuvent en contradiction avec la liberté d’expression.

Le déni, le mensonge venant d’en haut encouragent la radicalisation des envahisseurs.

  • Le « Que faire ?» de D. Murray

L’auteur ne semble guère proposer de solutions. Tout au plus il ne fait qu’inviter les politiciens à reconnaître le bien-fondé de certains griefs. C’est timide. Qu’il lise les propositions de R. Camus et des Identitaires. En fait il ne va pas au bout de ses constats.

Ces politiciens, en réalité, n’y peuvent pas grand-chose. Soit ils subissent, soit ils exécutent consciemment une politique venue d’ailleurs. Celle-ci, inspirée par l’oligarchie mondialiste, théorisée par l’ONU et toutes les organisations internationales périphériques, relayée par l’Europe de Bruxelles, appliquée délibérément et obstinément par les gouvernements français depuis 40 ans, est déterminée à faire disparaître les verrous des Etats nations et à établir au sein de l’Europe un magma humain de consommateurs sans frontières subventionnés par les autochtones pour le plus grand profit de cette oligarchie.

  • Conclusion.

D. Murray évoque « l’étrange mort de l’Europe»

Non. Si l’Europe et sa civilisation inégalée sont en grand danger elles ne sont pas encore mortes.

L’émergence du populisme, l’élection de D. Trump, le Brexit, la détermination de la Russie à défendre des valeurs traditionnelles et la résistance des pays de Visegrad laissent apparaître un réel espoir.

Mais le temps presse et la course contre la montre peut être perdue.

Douglas Murray, The Strange Death of Europe : Immigration, Identity, Islam, (Anglais)), éditions Bloomsbury Continuum, 4 mai 2017, 352 pages.

(*) Note : Voir le site de Michèle Tribalat : http://www.micheletribalat.fr/435549315

Voir également:

Livre/ L’Étrange Suicide de l’Europe, de Douglas Murray

Ce livre fondamental, passionnant, très bien écrit, qui est (à juste titre !) numéro 1 des ventes en Grande-Bretagne, vient d’être traduit en français. Douglas Murray, qui est journaliste, s’interroge sur les raisons du « suicide » de l’Europe, qui est le seul continent à avoir ouvert ses portes à des populations nouvelles qui n’ont pas été assimilées et qui sont en passe de bouleverser totalement sa vieille « civilisation », plus que la Seconde Guerre mondiale l’a fait.

L’auteur explique que, jusqu’en 1945, les migrations étaient soit faibles (comme en Italie), soit facilement absorbées (comme les Irlandais en Angleterre). Mais, ensuite, elles sont devenues massives et ont changé de nature. La Grande-Bretagne, notamment, a vu s’installer chez elle nombre de personnes originaires des Caraïbes et du Pakistan, au point que les « Anglais de souche » sont devenus minoritaires en 2015 à Londres (leur « ethnie « ne représente plus que 44 % des habitants de la capitale). Selon Murray, en Europe occidentale, deux phénomènes se conjuguent. Les « Blancs » ne font plus d’enfants (en moyenne 1,38 par femme alors qu’il en faudrait 2,1 pour que la population « caucasienne » ne diminue pas ), alors que l’immigration s’est accentuée ces dernières années. Il y a, chaque année en Grande-Bretagne, 770.000 naissances par an et 300.000 nouveaux migrants. Un démographe de l’université d’Oxford, cité dans le livre, avance même que si rien ne change, en 2060, les « Blancs » constitueront moins de 50 % de la population britannique.

L’auteur rappelle qu’en 1968, le député conservateur Enoch Powell avait prononcé un discours prémonitoire, dans lequel il prévoyait un avenir sombre à son pays si on n’arrêtait pas l’immigration. Mais alors qu’il était soutenu par 75 % des Britanniques, il avait été marginalisé et réduit au silence. Douglas Murray insiste sur ce paradoxe : en Europe occidentale, la majorité des citoyens ne supportent plus les problèmes liés aux migrants (dont les attentats), mais les gouvernements (même de droite !) n’agissent pas, car ceux qui s’opposent à l’immigration sont taxés de racistes et de fascistes et aucun gouvernement de l’Europe occidentale n’ose rejeter ce jugement moral.

Douglas Murray démonte les arguments des partisans de l’immigration : elle serait nécessaire, vu le manque d’enfants chez les « Blancs », et elle serait bénéfique sur le plan économique, car les nouveaux venus créeraient de la richesse. Mais M. Murray souligne que, selon les sondages, les « Blancs » feraient sans problème deux ou trois bébés s’ils étaient aidés financièrement. Par ailleurs, en Grande-Bretagne, de 1995 à 2001, lorsqu’on fait les comptes, les immigrants auraient, au final, coûté de 125 à 170 milliards d’euros (pour les soins, la scolarisation des enfants et les aides sociales).

Autre argument faux selon l’auteur : il serait impossible d’arrêter l’immigration. La preuve du contraire est donnée par le Japon et les pays de l’Europe de l’Est, qui n’accueillent que très peu de réfugiés et contrôlent leurs frontières. Néanmoins, l’auteur est allé à la rencontre de migrants et, pour lui, certains d’entre eux ont des raisons valables de venir chez nous. Il comprend la réaction de Mme Merkel qui, en 2015, a fait preuve de générosité en ouvrant toutes grandes les frontières de l’Allemagne. Mais il fustige les pays du Golfe si riches qui n’accueillent aucun réfugié.

Pour Douglas Murray, il semble y avoir une prise de conscience des gouvernants et certains faits sont, désormais, mis en avant, alors qu’ils étaient systématiquement étouffés autrefois. Les viols de milliers d’adolescentes non musulmanes par des gangs de Pakistanais sont enfin réprimés et on reconnaît publiquement que 95 % des agressions sexuelles en Suède, en Allemagne ou en Autriche sont commis par des réfugiés. La parole est plus libre et ceux qui rejettent l’immigration ont maintenant le droit de s’exprimer. Mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Voir de même:

NPR

NPR’s Robert Siegel talks to Douglas Murray about his new book, The Strange Death of Europe: Immigration, Identity, Islam. He argues that European civilization is dying as a result of immigration.

ROBERT SIEGEL, HOST:

The way the British writer Douglas Murray sees it, European civilization is in the process of suicide by immigration. Western Europe in particular, after encouraging immigration to fill low-wage jobs, now finds itself defending traditional values against those of largely Muslim immigrants and their descendants. Mr. Murray’s new book is called « The Strange Death Of Europe, » and he joins us from London. Welcome to the program.

DOUGLAS MURRAY: Very good to be with you.

SIEGEL: First, what does it mean in your view for Europe to die as opposed to change with changing populations?

MURRAY: We’re used to the idea of slow, incremental cultural and societal change. I use the famous example of the ship of Theseus. As bits fall off, you put bits on, but it remains recognizably the ship of Theseus. That isn’t the case when you have migration at the levels at which Europe has had it in recent decades, particularly not at the level of 2015, when Germany added an extra 2 percent of – to its population in a single year alone. And it’s also very unlikely, it seems to me, that people who come with very different attitudes are not going to change the continent significantly.

SIEGEL: Very different attitudes, you believe, being essentially Muslim attitudes, is what you’re – what you’re writing about here?

MURRAY: That is obviously the one that is – that Europe is finding it hardest to digest, yes.

SIEGEL: Let me cut to what, for me, is the chase here. As a Jew, I mean, I have to ask you – what is so different about contemporary opposition to Muslim immigrants from 19th and 20th century European anti-Semitism? Things were said about the Jews – that they wouldn’t fit in or would bring radical ideas from Eastern Europe with them into the West.

MURRAY: Well, the difference is the facts, isn’t it? That’s the first thing – and secondly, of course, the numbers. Take an example like – let’s say 2015 across the continent of Europe. The numbers that came that year from across sub-Saharan Africa, North Africa, the Middle East and the Far East were far in excess of any of the migration that was seen during the Jewish migrations into Europe.

And secondly, that the claims that were made about Jews were erroneous claims, whereas the people who did warn that some – obviously not all, but some – of the Muslim immigrants will bring serious security challenges with them has been demonstrated time and again by events. So, you know, you can hear ugly echoes whilst also being able to differentiate the difference between facts and lies.

SIEGEL: One fundamental difference that you write about is – you write that for, well, going on two centuries, in Britain and other parts of Europe, religious faith has been moving from the literal to the metaphorical.

MURRAY: Yes.

SIEGEL: And the people arriving are bringing a very literal faith with them.

MURRAY: Yes.

SIEGEL: And that seems to be one of the basic dissonances that you’re writing about.

MURRAY: Yes.

SIEGEL: Do you feel that’s what makes you and the people you grew up with fundamentally different from many of the people arriving now?

MURRAY: Let me give you one very quick example. In Britain, we, some decades ago, came to a fairly straightforward accommodation and belief towards tolerance towards people who were of sexual minorities. If you – if you look now at all opinion surveys of the people who’ve come in most recently, they have very, very different views. A poll carried out a couple of years ago found that among U.K. Muslims there was zero – zero – belief that homosexuality was a permissible lifestyle choice. And a poll taken just last year in Britain found that 52 percent of British Muslims wanted being gay in the U.K. to be made illegal now.

Now, there are people who won’t bake your wedding cake if you’re gay. There are some ultra-Protestants who won’t marry you in their churches. But these are people who actually want to make it a crime punishable in law in the 21st century in Britain. So I’m afraid that everyone has to concede – liberal or conservative or whatever – that some of the people who the liberals and their attitude towards immigration have brought here have more illiberal attitudes than anyone else in the country. And this is a big problem.

SIEGEL: Yeah. And you represent the other side of that coin, which is someone taking what would be described as a very – your critics would say a very intolerant attitude of immigrants. But you’re openly gay and…

MURRAY: Well, I am intolerant – I have to say, I am intolerant of people who want to put me, as a gay man, in prison. Yeah. Yeah, I’m intolerant of that.

SIEGEL: Yeah, there’s no – fair enough. But as a gay man, one of the – one of the traditional values that you’re saying is under assault is a degree of tolerance that’s developed in Britain and other European societies.

MURRAY: Of course. We all – we all know – it’s a grade-school question of the level at which you can decide to be tolerant of an intolerant belief.

SIEGEL: Do you accept, though, that there’s something odd and almost comical about a Brit saying, we never asked for Pakistanis to come to our country en masse when, in fact, no one on the Indian subcontinent, to my knowledge, ever asked Britain to come and set up an empire there and decide that it was fit to rule over hundreds of millions of people in that part of the world?

MURRAY: It’s one interpretation and usage of the word comic. Ironic, perhaps, you’d say. But no, if that is the comparison you’d like to make, then I would throw a question back to you.

SIEGEL: Yeah.

MURRAY: Which is everyone agrees that the colonial era was wrong. I’m not an apologist for empire. But in that case, how long does the reverse colonialism happen for? And if you see it as some kind of blowback for colonialism, then what is the end point of this anti-colonialism?

SIEGEL: Well, you’re using the construct of punishment. I was saying it’s a fairly natural consequence, just as the French have a very large population that are – originates in North Africa, where they had decided for some time they should rule.

MURRAY: Yeah, but this doesn’t – this doesn’t work…

SIEGEL: It’s human nature to do that.

MURRAY: The problem is that this isn’t borne out by the facts across Europe. For instance, I mean, where was the Swedish empire across Africa or in the Middle East? Where was it?

SIEGEL: Fair enough. That’s not the same.

MURRAY: And so why did Sweden take in 2 percent of its population in addition in one year alone, 2015? It makes no sense. We can all find excuses and reasons for why this is happening. I think it’s much better to look at it in the round and see the very complex picture this actually presents and the very complex future it’s setting up for us.

SIEGEL: If what you call the strange death of Europe is – if it remains a process rather than a condition, what would be your solution to reverse the process?

MURRAY: The first solution is very straightforward. It is that you slow down the flow. I don’t say no migrants into Europe. I don’t say that at all. But you’ve got to massively slow down the flow because a society doesn’t have a hope of remaining cohesive when you have migration at these levels. The second thing is you work on the people who are already here more. The third thing is that you make it clear that as well as speaking the language of inclusion in our politics, we have to speak the language of exclusion – what it is that we won’t tolerate as well as what it is that we do and what it is we will be tolerant of.

There’s a whole set of other things. One of them is a very basic one, which is to try to shrug off what I diagnose as, among other things, the guilt-ridden complex that Europe has. I’m not advocating that we become sort of, you know, patriotic nationalists. You’ve got to find a balance here. And one of the balances has to be arrived at by recognizing a very simple fact, which is that Europe cannot be the home for everybody in the world who wants to move in and call it home.

SIEGEL: Douglas Murray, author of « The Strange Death Of Europe: Immigration, Identity, Islam. » Thanks for talking with us today.

MURRAY: Great pleasure.

Voir de plus:

Drawbridge up
Fearing the “suicide” of Europe
A polemic on Islam and migration hits on unhappy truths, but paints only a partial picture
The Economist
Jun 17th 2017

The Strange Death of Europe: Immigration, Identity, Islam. By Douglas Murray. Bloomsbury; 343 pages; $26.00 and £18.99.

“EUROPE is committing suicide,” says Douglas Murray in the opening words of his book. The British journalist thinks cities such as London or Malmo in Sweden have been irrevocably changed by migration. European culture has been diminished by a mixture of self-abnegation and political correctness, while declining Christian values have left most western European countries unmoored. Strands of Islam, he feels, are bringing with them the kinds of prejudices any liberal society should abhor. Terrorism, sexual assault and female genital mutilation are, in his telling, all on the rise.

Mr Murray backs up this bleak vision with reporting from squalid refugee camps in Greece; from asylum shelters in Germany; and from a conference held by the Sweden Democrats, a right-wing political party. The central event in the book is the migration crisis of 2015, in which over 1m asylum-seekers from Syria, Afghanistan, Iraq and elsewhere came to Europe (most to Germany and Sweden). But Mr Murray’s views have also been formed by four decades in Britain. The Muslim population of England and Wales increased from 1.5m in 2001 to 2.7m in 2011.

The author does hit on some unfortunate truths. The migrant crisis of 2015 was unexpected, but also badly managed by the European Union. Laws to combat anti-Islamic hate speech tend to clamp down on free expression, and worsen the tensions. The policy of isolating anti-migrant parties tended to make them even more popular: when the Sweden Democrats were first elected into parliament with 5% of the vote in 2010, other politicians “treated the new MPs as pariahs”. The party is now one of the most popular in Sweden, scoring 24% in recent opinion polls. In some places the police or social services have indeed failed to act against pathologies in Muslim communities, fearful of being tarred with racism.

The book would benefit, however, from far more reporting. Meeting an Afghan asylum-seeker who had been tortured and raped by the Taliban, Mr Murray momentarily seems to understand the “generous instinct” that led European politicians to welcome refugees two years ago. But in support of his idea that Islam has no place in Europe, he lets fear trump analysis. He cites polls showing that voters worry about the number of immigrants, but not those showing that people vastly overestimate those numbers. He is prone to exaggeration: housing shortages in Sweden are “largely caused by immigration”, rather than decades of under-construction; NGO boats rescuing migrants in the Mediterranean do so “minutes” after they leave the north African shore (in reality, it takes hours or even a day for refugee boats to be found, which is why around 5,000 died or went missing on that crossing last year). He puts nearly all of the blame for the migration crisis on the shoulders of Angela Merkel, the German chancellor, who in 2015 “opened a door that was already ajar”.

As a result, he shows an incomplete picture of Europe today. Mrs Merkel was indeed temporarily damaged by the migration crisis, with her poll ratings falling. But her party still looks set to win the elections this autumn, and allies have won local elections, while support for a far-right party has fallen. Mr Murray argues that Marine Le Pen’s National Front, one of a handful of “thoughtful and clearly non-fascist parties” often described as on the “far right”, should be accepted into the mainstream. Yet Ms Le Pen’s bleak vision did not convince France’s voters to make her president, while her party now looks much diminished. Mr Murray is right to point out that many European politicians have not yet come to grips with how to manage migration in the coming decades. But Europe is a long way off from its last gasp.

Voir encore:

The Manchester Attack and the Death of Europe

A new book by Douglas Murray sheds light on the passivity and exhaustion that characterized the recent terror attack in the U.K.The terror attack in Manchester had any number of new disturbing elements. The choice of target, a concert full of young girls and their parents was especially heinous. There was the sophistication of the bomb and the subsequent investigation, which suggest an active terror network that may strike again. But what’s most troubling is that the public reaction to the attack was one of such passivity, and resignation. It expressed itself in the thousands of faux-serious commentators who counseled people that there was nothing that could be done to stop soft-target terror attacks. It expressed itself in the way that people reached for dumb clichés about responding with “hope, not hate.” Or in the way the British chattering class redirected their anger at right-wing provocateurs such as Katie Hopkins, who gamely played the role of opportunistic demagogue when her countrymen needed someone safe to hate.

This frighteningly passive, and frightfully boring, set of responses contrasts with the presence of Douglas Murray’s lively new book, The Strange Death of Europe, on the bestseller charts in the U.K. At first blush it looks like the latest in a long series of books with “Islam and immigration” figuring in the subtitle. But Murray’s book is informed by actual reporting across the Continent, and a quality of writing that manages to be spritely and elegiac at the same time. Murray’s is also a truly liberal intellect, in that he is free from the power that taboo exerts over the European problem, but he doesn’t betray the slightest hint of atavism or meanspiritedness.

Yes, Murray is quite good at piling up the numbers that outline the collapse of European populations and the explosion of migration in the past decades and especially over the past two years. He’s also quite good at batting down the facile arguments for allowing migration on this scale. Why must Germany turn to Eritrea for a work force when youth unemployment around the European Mediterranean is between 25 and 30 percent? But he distinguishes his book from others on precisely the deformed spirit and mind of Europe.

In a chapter on “Tiredness,” Murray jumps from different attempts to diagnose European exhaustion. It is partly found in the frenzy of activity urged on us by modern capitalism. “If the burden of working for little reward in an isolating society stripped of any overriding purpose can be recognised to have an effect on individuals, how could it not also be said to have an effect on society as a whole?” Murray asks, “Or to put it the other way around, if enough people in a society are suffering from a form of exhaustion, might it not be that the society they are living in has become exhausted?”

But it is also found in the loss of faith in the Christian religion and the decomposition of all national myths before revisionist scholarship. Europe suffers from “an exhaustion caused by a loss of meaning, an awareness that the civilisation was ‘no longer accumulating’ but living off a dwindling cultural capital.” Substitute faiths, whether in the high cultural visions of Wagner or the political theories of Marx, have also failed and been discarded.

Murray is especially pungent when he looks at the doubt-plagued, death-haunted, and deconstructed edifice of contemporary European philosophy. He recalls a conference in which the “full catastrophe of German thought” dawned on him:

A group of academics and others had gathered to discuss the history of Europe’s relations with the Middle East and North Africa. It soon became clear that nothing would be learned because nothing could be said. A succession of philosophers and historians spent their time studiously attempting to say nothing as successfully as possible. The less that was successfully said, the greater the relief and acclaim. No attempt to address any idea, history or fact was able to pass without first being put through the pit-stop of the modern academy. No generality could be attempted and no specific could be uttered. It was not only history and politics that were under suspicion. Philosophy, ideas and language itself had been cordoned off as though around the scene of a crime.

It may seem like a long way from a conference of German academicians to the morning chat shows on the BBC, but the sentimentality and emptiness of the bubbly TV anchor after the Manchester bombing are directly related to the pseudo-sophisticated nullity of the former. Nothing of substance can be said, because nothing should be known, because to know anything is to become dangerous to oneself and the world. And thus Europe’s story is to enthrone all of its opposite values, where there was national self-assertion, now there is national abasement. Where there were dons who guarded the West’s knowledge, now there are professors who guard against the possibility of knowing anything, where religiosity meant the reign of peace and looking forward to the life to come, now it means a reign of terror and the death of civilization itself. Europe is in a bad way, and I fear that if terror cannot wake it from sleep, neither will elegant books.

Voir aussi:

Yanis Varoufakis and Douglas Murray: why Europe is weary
Juliet Samuel
The Telegraph
6 May 2017

Juliet Samuel reviews The Strange Death of Europe by Douglas Murray (Bloomsbury) and Adults in the Room by Yanis Varoufakis (Bodley Head)

Europe is tired. It’s tired of crisis, tired of sameness and tired of change, tired of its elites and tired of its voters. Even the revolutionaries in the May Day parade last week in London seemed tired, their cheerful banners of Stalin and bobbing rows of hammers and sickles held by grey-bearded men in macs.

It might seem odd for Europe’s exhaustion to be the central argument in a polemic about immigration. But it was when I reached the chapter titled simply “Tiredness” in Douglas Murray’s book, The Strange Death of Europe, that I understood the nature of the “strange death” he describes. European civilisation, Murray argues, has left behind the rock-solid moral certainties of empire, passed through the disillusionment brought by two world wars and totalitarianism, and emerged sad and unsure.

What’s left is just a vague belief in human rights and democracy for all – but since Europe now views its own history as a source of guilt, it has no sense of how it arrived at these praiseworthy values. This, in turn, has led the Continent’s ruling elite into the fatal mistake of believing their values can only be truly enacted by inviting “the world” to participate in them: not abroad in imperial ventures, as before in earlier centuries, but in the form of mass migration into Europe.

The problem, Murray points out, is that much of “the world” neither understands nor particularly wants to embrace these values that Europeans take to be so self-evidently good, and because we are so busy negating and apologising for our history, we have forgotten how to promulgate them. By contrast, he says, the Islamic beliefs that many migrants bring with them are held with conviction and confidence.

The likely outcome, in Murray’s view, is that European civilisation, faced with this influx of energetic religious fervour and startlingly quick demographic change, will keep failing to confront the problems it brings – over women’s rights or anti-Semitism, for example – and will instead accept defeat and wither away. It is a compelling argument and, for any readers inclined to liberal views on immigration, a challenging one.

For those already convinced that Europe is doomed, there is plenty of fodder here; and indeed, the book sometimes strays into alarmism. Murray cites, for example, the astounding rise in the number of rapes in Sweden over the period when its Muslim population increased, from 421 in 1975 to 6,620 in 2014, but he fails to mention that over this period Sweden also enormously broadened its legal definition of rape. The figures do show a steady rise, but perhaps not quite of the magnitude that he suggests.

Despite his critique of European lethargy, Murray himself is not tired. In fact, he’s furious, which seems to be the only available alternative to tiredness. His most blistering rage is reserved for elites in denial. Over decades, he points out, politicians have consistently underestimated the number of immigrants or refugees who will come as a result of their policies; how many will stay; how many of those without a right to stay will actually be deported; and how difficult it will be to integrate those who remain.

Instead, intellectuals and leaders invented the idea of multiculturalism – and clung to it long after it was discredited, shutting down critics with counter-accusations of racism. This way of thinking, in its hideous extreme, contributed to cases such as the Rotherham child abuse ring. Voters witnessing this saga are, Murray suggests, understandably cynical and anxious about the demographic changes taking place around them.

He has a tendency toward fatalism and his argument unfortunately attaches too little importance to the differences between European countries’ experiences and what that might teach us about integration – Britain’s Muslim population, for example, is manifestly more integrated than France’s. But his overall thesis, that a guilt-driven and exhausted Europe is playing fast and loose with its precious modern values by embracing migration on such a scale, is hard to refute.

The sense that a tired Europe has lost its way is also a pervasive theme of Adults in the Room, an account by former Greek finance minister Yanis Varoufakis of his six months in office. Readers might have encountered Varoufakis as the leather-jacket-wearing, motorcycle-riding heart-throb of the Greek Left, who drove Greece to the edge of a tumultuous exit from the euro by trying and failing to stand up to its EU creditors.

Having covered the eurozone crisis as a reporter for some years, I came to the book a sceptic, familiar with Varoufakis’s love of dramatic gestures and ultra-Left-wing economics. Undeniably, Varoufakis has axes to grind, and this book reads at times as though he were imagining himself as a movie hero. Its first 200 pages could be usefully condensed. But at heart, Adults in the Room is a convincing critique of Germany’s brutal ideological domination of Europe through the euro, and its sacrifice of Greece on the altar of “discipline”.

The most jaw-dropping segments are the accounts of phone calls and closed-door meetings – often verbatim, courtesy of his secret recordings – between ministers and technocrats, from IMF chief Christine Lagarde to German finance minister Wolfgang Schäuble. We see duplicity and cynicism ruling supreme, as all of Europe’s power players tiptoe around the iron-fisted Schäuble, feeling forced to defend their own mistakes. Senior figures privately admit to Varoufakis that Greece’s bail-out programme is unrealistic, but they won’t lend their public support to his battle against its creditors.

The institutions governing the EU are portrayed as deformed by the crisis, with those who are formally meant to wield authority, like EU economics commissioner Pierre Moscovici, yielding meekly to German demands.

Whenever Varoufakis tries to present his analysis of Greece’s debt or engage his opponents in substantive argument, he is either sent on bureaucratic wild goose chases or frozen out by blank stares. Simultaneously, a vicious Brussels media campaign paints him as an incompetent narcissist full of half-baked ideas. Our own government, having just received a similar battering, should take note.

Varoufakis is somewhat blind to his own faults, implying incorrectly that Greece, after living well beyond its means for years, could have escaped any austerity if everyone had been clever enough to listen to him. He downplays the way radical Left-wing colleagues’ incompetence undermined any trust Greece’s creditors might have had in him – and he ignores the atmosphere of confusion and panic that informed the choices made by EU leaders early on in the crisis.

By the time he took the reins, however, the bureaucrats and politicians had simply dug in to defend their mistakes. The book’s most revealing moments take place during private exchanges between Varoufakis and Schäuble, or the “big bad Wolf”, as he’s known. Schäuble suggests that Greece take a time out from the euro, only to find himself undermined by his own chancellor, Angela Merkel.

The finance minister, Varoufakis recalls, “looked as if he had had the wind knocked out of him… he has been overcome by a genuine helplessness”.

Exhausted, Schäuble seemed out of ideas, his logic going around in circles. It becomes clear that he, and EU policy, were driven not by a great ideal but by fear, as Schäuble says: “The only way I can hold this thing [the euro] together is by greater discipline.” This German commitment to discipline might have been sorely needed to make the euro work, but it has now taken over totally from the European dream of democracy.

It is no coincidence that both these books, from radically different perspectives, arrive at similar conclusions about Europe’s sickness. The continent is old and out of ideas. Its leaders have conducted huge experiments with their societies – the euro and mass immigration – and are now struggling to deal with the consequences while taking their voters with them. The EU will probably muddle through for now. But “muddling through” is no way to sustain a great civilisation.

Voir également:

The Strange Death of Europe by Douglas Murray review – gentrified xenophobia
The rightwing journalist and commentator cites Enoch Powell and wants to protect white Christian Europe from ‘outsiders’
Gaby Hinsliff
The Guardian
Gaby Hinsliff
6 May 2017

Gentrification comes for everything eventually. Down-at-heel neighbourhoods, peasant cuisines, football: all have been polished up for middle-class consumption. So perhaps it was only a matter of time before someone gave xenophobia the same treatment.

Naked racism may still be unacceptable in polite society. But post-Brexit vote there’s a clear market emerging for a slightly posher, better-read, more respectable way of saying that you’d rather not live next door to Romanians or think Muslims are coming to rape your womenfolk. Think Daily Mail columnist Katie Hopkins, but with longer words, and for people who wouldn’t be seen dead on an English Defence League march – although one of the more ridiculous contentions in this book by the journalist Douglas Murray is that the EDL are actually terribly misunderstood chaps, who have a point, and aren’t really to blame for the way their rallies regularly end in violence.

So here it is; a book for all those who found David Goodhart’s recent arguments about “white self-interest” – or preferring one’s own ethnic grouping, which he says is definitely not the same as racism – just too woolly liberal. A proper book, with footnotes and everything, about how godless Europe is dying in front of our eyes; and all because it’s too knackered and feeble to resist the barbarian hordes, welcomed in by idiots who’d gladly trade a few beheadings for some colourful ethnic restaurants. (I paraphrase, but barely.) And it probably won’t even matter, for true believers, that it is all so badly argued.

Murray begins with some sweeping stuff about European neighbourhoods becoming indistinguishable from their inhabitants’ native Pakistan, before narrowing things down to the fact that London is no longer a majority white British city. Before long, inevitably, we are reminded of the “prophetic foreboding” of Enoch Powell’s “rivers of blood” speech. Murray never quite spells out why it matters so terribly that people should come here from abroad – what is supposedly so awful about black and brown Londoners, including second or third generation immigrants, or indeed white people born overseas. There are token mentions of pressure on public services, and a grand assertion that the evidence suggesting immigration has economic benefits is all either wrong or fiddled by New Labour. (Anyone familiar with recent Labour history will find mildly surreal Murray’s account of how he imagines the party, and the immigration minister Barbara Roche in particular, tackled immigration.)

But this fearless scourge of political correctness seems oddly reluctant to pinpoint precisely why people coming from India, the Caribbean or eastern Europe was such a ghastly prospect. He has rather fewer inhibitions, however, regarding more recent immigrants from predominantly Muslim Middle Eastern countries. Chapter after chapter circles around the same repetitive themes: migrants raping and murdering and terrorising; paeans to Christianity; long polemics about how Europe is too “exhausted by history” and colonial guilt to face another battle, and is thus letting itself be rolled over by invaders fiercely confident in their own beliefs.
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Much of this is familiar Ukip territory, of course. The book regurgitates the same misleading myths as Nigel Farage about immigration turning Sweden into the rape capital of Europe. (The unexciting truth is that Swedish rape laws are among the strictest in the world, and that the numbers soared when these laws were tightened to change the way incidents were counted; the high number of rape allegations is best seen not as proof of Sweden being dragged into the gutter but of its radically feminist approach to prosecuting.)

He triumphantly dismisses any polling suggesting immigrants actually want to integrate by suggesting that pubs “very often close” when Muslim migrants move in – presumably in a different way than pubs all over Britain are closing, crippled by everything from cheap supermarket booze and stagnating wages to the smoking ban – and that if they really wanted to be British they would go out and “drink lukewarm beer like everybody else”. Be more Nigel Farage, or else.

Yet even Murray seems to acknowledge at one point that in recent years Europe has had little choice but to respond to a flow of desperate migrants in its direction. There are two chapters that barely seem to fit with the rest of the book and they are the ones in which he travels to Greece and Sicily to meet the boat people come ashore, interviewing some to hear stories of why they came.

The tone is quiet reportage rather than rage, and all the better for it. At the end, he concedes that German chancellor Angela Merkel did hit on at leastpart of the answer “by recognising that our continent is probably doing the only thing that a civilised people can do in rescuing such people, welcoming them and trying to give them safety”. But before long the book is ripping into Merkel for taking them in. What, exactly, does he want?

For a book that argues that Europe is in mortal danger, there are surprisingly few concrete suggestions for averting it. Murray proposes tougher curbs on immigration, suggests refugees should be given only temporary refuge and be sent home when it’s safe (a direction in which the Home Office is already moving) and bangs the drum for stronger Christian faith. But if he really does think Muslims are as inherently dangerous as his book suggests, why not a Trump-style ban? Why not refuse to take refugees at all, or do so only following an intensive programme of cultural re-education along his approved lines?

More surprising, however, is the author’s inability to define the culture supposedly in jeopardy. If Europe should more aggressively defend its unique identity, the least one might expect is a clear definition of this precious thing it’s supposed to be defending: the values, experiences and ideas in danger of being lost. But apart from beer and churchgoing, padded out with scorn for anyone trying to distinguish between Islam or Muslims in general and Islamist terrorists in particular, there’s little here to cling to. At one point the author is reduced to suggesting that he thinks the future Europe will stand or fall on its “attitude to church buildings”.

The frustrating thing is that Europe isn’t perfect. It has struggled to cope with unprecedented flows of migrants in recent years, and to integrate those already here. It is confused in some ways about what it stands for. It is politically fractured, most recently by Brexit – which this book doesn’t really cover – but before that by the euro crisis, its treatment of Greece and the alienation of many of its citizens from creaking, remote political EU institutions that do not seem up to the huge economic challenges ahead. Europe isn’t dying, but it isn’t ageing well, and all that is ripe for critical analysis. Sooner or later, someone will write a terrific book about that. This isn’t it.

• The Strange Death of Europe is published by Bloomsbury. To order a copy for £14.24 (RRP £18.99) go to bookshop.theguardian.com or call 0330 333 6846. Free UK p&p over £10, online orders only. Phone orders min p&p of £1.99.

Voir par ailleurs:

Explosion des attaques au couteau et de la criminalité au Royaume-Uni : comme un air de déjà vu de ce coté ci de La Manche
La Grande-Bretagne subit une explosion criminelle.
Mêmes causes (taubiresques), mêmes effets
Atlantico
18 Juin 2018

La Grande-Bretagne subit une explosion criminelle. Etablissons-le *:

– du 1e janvier 2018 à fin mai, la métropole de Londres, fief de Scotland Yard (Metropolitan Police) recense 69 homicides, dont 43 à l’arme blanche. + 21 % sur les mêmes mois de 2017. Au même moment, New York enregistre  50 homicides.

– Londres encore : mai 2017 à mai 2018, 22 025 vols violents commis en scooter (moped crimes), 60 par jour, + 50% sur l’année d’avant. Le Far West disent les média

– De mai 2017 à mai 2018 (Pour tout le royaume) quelque 50 000 Robberies (vols à main armée plus vols avec violence), + 33% en un an.

– Selon l’Office for national Statistics, l’usage criminel d’arme blanche, ayant ou non provoqué la mort, est à + 22% de septembre 2016 à sept. 2017 ; usage d’arme à feu, + 11%. La criminalité en général, + 14% (au plus haut depuis 15 ans).

Pourquoi cette explosion criminelle dans un pays naguère paisible ?  Cause profonde, l’abolition des gouvernements vraiment « Libéraux » ou « conservateurs » en Europe, remplacés par de factices-unanimes petits soldats de la mondialisation heureuse façon DGSI (Davos-Goldman-Sachs-Idéologie). Ainsi Theresa May ou François Hollande, David Gauke ministre conservateur de la Justice à Londres aujourd’hui, ou la libertaire Mme Taubira à Paris naguère, mêmes politiques laxistes et effets pervers.

Car c’est la conservatrice Mme May qui, ministre de l’Intérieur, massacre dès 2010 la police britannique, amputant d’un coup son budget de – 18%. En 2015, Mme May dédaigne les alertes des syndicats et cadres de la police, les accusant avec mépris de « crier au loup ». Il y avait en 2010 144 353 policiers dans les rues (Angleterre + Galles) ; en 2015, il en restait 122 859,  – 21 494. Or sur 5 ans, cette décimation fait 4,5 millions de jours d’enquête en moins – à l’immense joie de bandits ainsi laissés la bride sur le cou.

Résultat, l’effondrement des taux d’élucidation des polices britanniques. En 2015 encore, Scotland Yard faisait inculper 26% des assaillants au poignard, 11% en 2018. Robberies (braquages, agressions) : 6% d’élucidation en 2017, 94% de crimes impunis.

A l’origine de l’explosion criminelle, des gangs toujours plus audacieux et structurés. Or paralysée par le « politiquement correct », Mme May interdit pour l’essentiel aux policiers de fouiller ces jeunes gangsters souvent issus de l’immigration africaine ou ouest-asiatique – comme la majorité des victimes d’homicides et 70 à 80% des gangsters en cause. Les bandits ne s’en cachent d’ailleurs pas, le principal gang juvénile de Londres s’étant lui même baptisé Mali Boys. Face à ce réel criminel, Mme May a empilé formalités absurdes et interdits bienséants – conférant aux gangsters une quasi-impunité.

Qui dit explosion dit explosif : c’est l’énorme retour de la cocaïne sur la scène branchée britannique, dans une jeunesse dorée post-crise certes vegan, bobo et fan de café équitable – mais carburant à la coke,  d’où, de mortelles guerres de territoires entre gangs.

Ultime cause de l’explosion criminelle : une justice laxiste. L’Angleterre ne poursuit désormais plus les vols en boutiques de moins de 250 euros ; déficit pour le commerce, 7 milliards d’euros – bien sûr répercutés sur les prix. Cette hugolienne mesure coûte à chaque ménage 300 euros par an – déjà l’insécurité dans leur cité, là encore, les pauvres trinquent.

Angleterre + Galles : 527 000 inculpations en 2016-2017, moins 65 000 sur 2015-2016 – alors que sur 2015-2017, les infractions connues y bondissent de + 750 000.

Et les infractions chaque jour plus nombreuses de possession et usage d’une arme

Voici les derniers chiffres (mars 2018) de l’ONS :

En 2017, la justice britannique a rendu 20 982 sentences pour infraction avec arme blanche (sous le niveau de la blessure physique) :

– 4 067 peines avec sursis,

– 7 628 peines de prison ferme (36% du total ; 43% des adultes et 14% des mineurs). Peine moyenne : 7,5 modestes mois en prison,

– 9 287 simples et platoniques « avertissements ».

Ultime folie: à des policiers abasourdis, le (conservateur) secrétaire d’Etat britannique aux prisons annonce une forte diminution des incarcérations de moins d’un an. Or on l’a vu, la peine réelle pour possession/usage d’une arme blanche est de sept mois et demi de prison ferme ; ce pour moins de 50% des condamnés adultes, et moins de 15% des mineurs – les autres échappant déjà à toute incarcération. Cherchez l’erreur…

________________

* D’usage, les statistiques criminelles de Londres concernent l’Angleterre et le Pays de Galles. Ecosse et Irlande du Nord publient leurs propres données qui aujourd’hui confirment les anglaises. Quand ces données concernent tout le royaume, nous précisons « ONS-Office for National Statistics« .

Voir de plus:

Gilles-William Goldnadel

Valeurs actuelles
6 août 2018

 

Edito. Chaque semaine, l’avocat Gilles-William Goldnadel livre aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l’actualité.

Les médias convenus n’aiment guère qu’on les critique : pour un peu, on en deviendrait complotiste. Mais sans voir aucunement de complot, on est bien obligé de trouver la trace de l’idéologie sommaire que l’on ne reconnaît que trop dans l’unanimisme de leurs mensonges et de leurs silences.

La première semaine d’août nous en apporte les preuves les plus caricaturales.

C’est ainsi que l’ensemble de la presse française aura rapporté uniment qu’une jeune athlète noire nommée Daisy Osakue, née à Turin de parents nigérians et qui avait reçu un jet d’œuf sur la cornée avait été victime « d’un attentat raciste ». La palme académique revenant au journal Le Monde qui, se saisissant de l’événement, y voyait dans un éditorial le signe définitif « d’une inquiétante montée du racisme en Italie » en imputant la responsabilité principale au vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur, le détesté par lui, Matteo Salvini. De là à penser, idéologiquement et politiquement, que l’occasion était trop belle pour la presse convenable de régler son compte au détestable, il n’y a qu’un pas qu’il est difficile de ne pas vouloir franchir. Rien n’explique sinon pourquoi la presse se serait saisie avec un si vorace appétit d’une affaire aussi modeste dans laquelle le procureur de Turin, dès le début avait fait montre d’une bien plus grande prudence en faisant observer que d’autres victimes blanches avaient fait l’objet du même type d’agression dans les mêmes moments. Mais on ne fait pas d’omelettes idéologiques sans casser quelques œufs sur la tête du public. C’est dans ces tristes conditions que le 3 août, les Décodeurs du Monde reconnaissaient que l’hypothèse raciste avait perdu grandement de sa consistance.

Simple question, en passant, n’appelle-t-on pas cela un fake, un peu infect ? et celui-ci, une fois encore, n’émane pas d’une télévision russe ou de la fâcheuse sphère, mais de la presse sévère.

Après le mensonger tumulte, la discrétion complice : le samedi soir 28 juillet, un jeune homme, Adrien Perez, fêtait son anniversaire dans une discothèque de Meylan près de Grenoble. À la sortie de l’établissement au petit matin celui-ci prêtait secours à un ami agressé par trois voyous dont deux frères, Younes et Yanis El Habib, et mourait sous leurs couteaux. La presse convenue a fait profil bien plus bas que pour un lancer d’œuf à l’étranger, mais le père d’Adrien n’a pu se retenir : « En tuant notre fils, ils ont détruit notre vie, je ne pardonnerai jamais. » Lorsque j’écris que la presse a fait profil bas, je suis trop bon : l’audiovisuel de service public s’est montré comme toujours très idéologique. C’est ainsi que France 3 Rhône-Alpes a voulu retenir que ce père ne voulait pas être catalogué comme « raciste » et ne désirait pas « que les politiques récupèrent cette affaire ».

Raciste ? Tiens ! C’est vrai, pourquoi non ? Si on doit questionner continûment la présence du racisme. Mais aucun danger : on aura fait un tintamarre pour rien à Turin, mais la question sera interdite d’être posée dans l’Isère.

Quant à la « récupération politique », que France 3 se rassure, aucun danger d’émeute, quand bien même le Juge de la Liberté a refusé de suivre les réquisitions du parquet et a laissé libre le troisième suspect, le peuple restera calme. Il ne bouge pas le peuple. Il regarde la télévision, le peuple.

Il n’y a que lorsque ce sont les délinquants qui sont victimes d’accidents du travail, que l’on brûle les édifices, que l’on blesse la police, et que l’on hurle au racisme. Tout de même, entre les marches blanches avec bougies victimaires et les saccages, il devrait désormais exister un juste milieu pour la juste colère. Les marches dignes ne seraient plus forcément silencieuses.

En mémoire d’Adrien.

Voir de même:

Plus de 20 incendies ont éclaté aujourd’hui en Israël, provoqués par des cerfs-volants incendiaires et des ballons à l’hélium envoyés par le Hamas depuis la bande de Gaza.
Jean Vercors
Dreuz
20 juin 2018

Depuis le lancement de la « marche du retour » (tentative d’invasion) par les Palestiniens et les 2 mois d’émeutes et de tentatives d’infiltration terroristes à la frontière de Gaza qui s’en sont suivis, l’attention médiatique a été à juste titre portée sur le bilan humain suite à l’agression du Hamas.

Dès le début des violences palestiniennes, Israël est universellement condamné pour le nombre de victimes, la grande majorité des personnes tuées étant pourtant des membres du Hamas.

Néanmoins, un autre aspect de l’histoire, qui a été rapporté mais dans une bien moindre mesure, est le phénomène des cerfs-volants incendiaires utilisés par le Hamas et ses membres. Le Hamas a adopté la politique de la terre brûlée, une tactique consistant à pratiquer les destructions les plus importantes possibles, détruire ou à endommager gravement ressources, moyens de production, infrastructures, bâtiments ou nature environnante, de manière à les rendre inutilisables.

À maintes et maintes reprises, les terroristes ont attaché des engins incendiaires à des cerfs-volants qui sont normalement des jouets pour enfants. En raison des vents soufflant habituellement d’ouest en est, beaucoup de ces engins ont en fait atterri dans les champs et les forêts israéliennes, les conditions météorologiques extrêmement chaudes et sèches favorisant le départ d’incendies massifs.

Les rapports indiquent que des milliers de dounams de cultures et de plantes ont été détruits à cause de cette forme de terrorisme – le terrorisme agricole.

Bien que le terrorisme agricole ne soit pas une nouvelle tactique, il a pris de l’ampleur, tant dans le sud à la frontière avec Gaza qu’au cours des dernières semaines dans toute la Judée et la Samarie.

Le Djihad des forêts : les Arabes palestiniens lancent des incendies de terreur depuis les années 1920. Il n’y a rien de nouveau dans l’utilisation des feux pour la terreur.

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les incendies criminels palestiniens représentaient environ le tiers de tous les incendies de forêt en Israël. En 2016, de nombreux incendies se sont déclarés dans le nord d’Israël. Les Arabes célèbrent ces incendies sur les réseaux sociaux.

La plupart des incendies criminels à la fin des années 1980 étaient directement liés au soulèvement palestinien (la première Intifada). Dans les années 1920, 1930 et 1940, les Palestiniens ont brûlé des centaines d’hectares (Emek en 1936), des maisons et des juifs. En 1929, sous l’impulsion du Mufti pro nazi Al Husseini de nombreux pogroms anti Juifs eurent lieu et la forêt Balfurya dans le nord fut incendiée. Le New York times rapportait en octobre 1938 que plusieurs Juifs avaient été poignardés puis brûlés par un groupe terroriste arabe à Tibériade – Les victimes du massacre : Jacob Zaltz,  M. Kabin et sa soeur, Joshua Ben Arieh sa femme et son fils, les trois enfants de Shlomo Leimer, âgés de 8, 10 et 12 ans, Shimon Mizrahi, sa femme et ses cinq enfants, âgés de 1 à 12 ans. Lors du massacre d’Hébron de 1929, des Arabes tuèrent environ 67 Juifs, en blessèrent 53 et pillèrent des maisons et des synagogues.

Après avoir brûlé des centaines de pneus près de la clôture et tenté de pénétrer les kibboutz avoisinants dans l’unique but de massacrer des civils Israéliens, les terroristes de Gaza ont trouvé une nouvelle arme contre Israël : les cerfs-volants incendiaires et les ballons à l’hélium.

Les hôpitaux de Gaza fournissent de l’hélium médical pour les ballons de terreur équipés de bombes incendiaires.

Israël Hayom a cité la semaine dernière des personnes impliquées dans le domaine qui ont spéculé que, puisqu’il n’y a pas beaucoup de magasins de jouets à Gaza, la seule source logique pour cette quantité d’hélium seraient les hôpitaux de Gaza qui utilisent normalement l’hélium à des fins médicales. Utiliser les hôpitaux pour promouvoir le terrorisme n’est pas nouveau à Gaza. Durant l’Opération Bordure protectrice de 2014, l’hôpital Al-Shifa dans le quartier de North Rimal à Gaza a été décrit par le Washington Post comme un « quartier général de facto pour les dirigeants du Hamas ».

Depuis le début des manifestations dites pacifiques par les médias, Les dégâts causés à la flore, aux cultures et à la faune sont considérables, certaines estimations indiquant que les pertes se chiffrent à plusieurs millions de dollars. Selon un rapport du JNS, « les responsables de l’Autorité israélienne pour la nature et les parcs ont estimé qu’au moins un tiers de la réserve naturelle de Carmia a été détruite, avec des dommages significatifs pour les plantes et la faune locales ».

Le passage de Kerem Shalom a même été incendié à trois reprises. Ce passage voit quotidiennement passer plus de 6000 tonnes de marchandises et près de 190 camions chaque jour.

Selon un haut responsable local de la sécurité, éteindre les pneus en feu n’est pas si simple car ils sont souvent remplis d’explosifs, dans l’espoir de blesser ou de tuer des pompiers. En conséquence, l’armée doit intervenir pour aider les pompiers, ce qui retarde  les efforts de lutte contre l’incendie.

Une autre forme de terrorisme agricole est le vol. Deux semaines à peine avant l’incendie des vergers de cerisiers de Kfar Etzion, les Arabes des villages voisins, au milieu de la nuit, avaient pillé les récoltes près du même endroit, volant des tonnes de fruits.

Les estimations indiquent qu’environ 50,000 € de cerises ont été volés. Ces criminels ont envoyé un message clair, ils ont peint une croix gammée nazie sur un rocher dans le verger.

Ceci est encore une autre similitude avec les cerfs-volants dans le sud, souvent décorés avec des croix gammées.

Aussi horrible que soit le terrorisme agricole, les responsables de la sécurité sont conscients que ce type de terrorisme n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen plus sinistre et abjecte. La crainte est qu’une prochaine fois, l’un de ces incendies puisse se propager dans les communautés elles-mêmes, mettant des maisons et des vies en danger.

Bien que nous soyons extrêmement reconnaissants pour la protection fournie par les forces de défense d’Israël et les équipes d’intervention rapide dans chaque communauté, nous sommes conscients qu’il est impossible que ces héros soient partout à tout moment, couvrant de vastes territoires.

L’armée en particulier reste occupée à déjouer les attaques quotidiennes de jet de pierres et de bombes incendiaires sur nos routes, ce qui d’ailleurs justifie rarement une couverture quelconque dans les médias traditionnels.

Un habitant d’un kibboutz près de Gaza déclarait « Avec l’approche de l’été et les températures toujours plus élevées, nous espérons que nos ennemis n’utiliseront pas le terrorisme agricole pour perturber nos vies, afin de nous nuire et nous infliger la peur, qui est l’objectif du terrorisme dans toutes ses formes ».

Il y a soixante-dix ans, Kfar Etzion et les communautés environnantes du Gush ont été entièrement brûlées par les colons arabes et à l’époque il n’y avait ni peuple palestinien ni de territoires occupés. Nous n’avons pas l’intention de laisser cela se produire aujourd’hui.

Le terrorisme agricole a aussi atteint les champs du kibboutz Mizra dans la vallée de Jezreel le mois dernier, quand des dizaines de palettes de tuyaux d’irrigation qui devaient être répartis sur 300 dunams de champs de tournesols ont été incendiés.

Au 4 juin, entre 9 000 et 17 500 dounams de terre (900 à 1750 hectares) ont été incendiés par la dernière forme de terrorisme sortant de la bande de Gaza.

La nouvelle terreur de Gaza  est le cerf-volant. Les Gazaouis attachent des chiffons enflammés ou une sorte de bombe incendiaire à un cerf-volant ou à un ballon à l’hélium pour les laisser tomber en territoire israélien et brûler les cultures et habitations. On n’est pas dans dans la recherche scientifique ou médicale mais dans la recherche de la terreur.

Cela a été extrêmement efficace pour frapper les champs Israéliens dans le Néguev, devenant une arme terroriste dévastatrice. Ce phénomène de terrorisme agricole découle des violences qui ont eu lieu à la frontière de Gaza depuis le début des manifestations du mois de mars. Depuis plusieurs semaines, les Gazaouis lancent régulièrement des cerfs-volants équipés d’objets incendiaires, comprenant souvent du charbon de bois et des sacs de sucre pour assurer une longue et lente brûlure. Plus de 700 cerfs-volants et ballons ont été lancés à partir de Gaza, déclenchant plus de 400 incendies.

Les dommages causés par ces incendies à l’agriculture israélienne près de la frontière de Gaza est estimée à 3 millions de dollars. Netanyahu a demandé l’avancement d’un plan pour utiliser les fonds de l’Autorité palestinienne pour payer les dommages causés.

L’objectif du Hamas est de détruire complètement Israël, et paralyser l’économie Israélienne en brûlant ses récoltes.

Le gouvernement israélien doit impérativement former une unité spéciale pour lutter contre le terrorisme agricole, ou du moins que le ministère de l’Agriculture finance des patrouilles de la même manière que les agents de sécurité protègent les bus, les centres commerciaux ou les écoles. Le terrorisme aux cerfs-volants n’est qu’une autre tentative des Palestiniens de détruire Israël avec une arme de choix différente. Les Palestiniens ont utilisé les bombes, les détournements d’avions, les roquettes, les mortiers, les bombes humaines, les armes automatiques, les couteaux, les bulldozers, les voitures béliers, les cocktails molotov, les pierres, les tunnels terroristes, les haches, maintenant ce sont des cerfs-volants et des ballons incendiaires.

Les provocations récentes du Hamas où des milliers de Gazaouis tentèrent de démolir la barrière frontalière et d’entrer en Israël avec des cocktails Molotov et d’autres armes improvisées font partie d’une tactique macabre du Hamas appelée « l’enfant mort » pour qu’Israël tue autant de Gazaouis que possible afin que les titres commencent toujours, et souvent se terminent, avec le nombre de Palestiniens tués. Le Hamas envoie délibérément des femmes et des enfants sur la ligne de front comme ce fut le cas avec l’infirmière Razzan Al Najjar (qui dans une vidéo reconnaissait être venu tenir un rôle de bouclier humain), tandis que leurs propres et vaillant combattants se planquent dans leurs bunkers ou derrière ces boucliers humains.

Là où il y a de la fumée, dit le dicton, il y a du feu. Mais si vous êtes Palestiniens et commettez des incendies de masse contre les Israéliens, il n’y aura pas de couverture médiatique. Aucun journaliste français en poste en Israël n’a rapporté le terrorisme agricole des Palestiniens.

La plupart des médias, malgré les dommages stupéfiants à l’économie et à la propriété d’Israël, ont ignoré ce qui devrait être une news de première page.

Les journalistes trop paresseux et surtout malhonnêtes ignorent les histoires qui illustrent la souffrance israélienne, préférant plutôt des reportages narratifs qui dépeignent les Israéliens comme des agresseurs et les Palestiniens comme des victimes éternelles. En effet, la presse semble souvent incapable d’écrire sur les crimes palestiniens lorsqu’Israël ne peut être blâmé.

Dans la même famille, je peux citer sans hésiter une seconde les hypocrites de l’Union Européenne, les diplomates des Nations Unies qui votent régulièrement des résolutions anti israéliennes mais aussi les écologistes fervents défenseurs des terroristes du Hamas et du mouvement d’inspiration nazie BDS qui n’ont toujours pas condamné cette pratique de la terre brûlée.

Avec les incendies qui font rage dans le sud d’Israël, il est devenu évident que de nombreux médias donnent aux lecteurs un bref reportage trop souvent biaisé sur le conflit israélo-palestinien et dansent autour d’histoires qui ne correspondent pas à leur récit préexistant. Ils soufflent de la fumée et ignorent le terrorisme agricole des Palestiniens envers « leur » prétendue terre qu’ils disent aimer.

Pendant qu’Israël investit pour faire fleurir le désert, le Hamas investit pour brûler la terre. C’est toute la différence !

Sources

Voir encore:

Un corps d’enfant retrouvé dans le campement sordide découvert aux États-Unis
Blandine Le Cain
Le Figaro
09/08/2018

Une perquisition de police pour retrouver un garçon disparu avait permis de découvrir un campement dans lequel onze enfants étaient retenus dans des conditions insalubres. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’un des enfants a expliqué avoir été entraîné au maniement des armes à feu.

L’histoire a débuté avec des soupçons d’enlèvement d’enfant par son père, elle s’est transformée en sordide affaire d’entraînement aux armes d’enfants et adolescents séquestrés. Dans le cadre d’une enquête pour retrouver un père suspecté d’avoir enlevé son enfant, la police du Nouveau-Mexique, aux États-Unis, a en effet découvert un campement dans lequel onze enfants étaient retenus dans de terribles conditions. Au moins l’un d’entre eux y a été entraîné à l’usage des armes à feu dans le but de le préparer à des tueries de masse, bien que l’objectif précis de cette préparation reste à établir. La dépouille d’un enfant de 4 ans a été retrouvée sur place.

L’enquête débute en décembre 2017, dans le comté de Jonesboro, en Géorgie, sur la côte est des États-Unis. Siraj Wahhaj, père de 39 ans, est recherché après la disparition de son fils. La mère affirme à la police que l’enfant, âgé de 3 ans, est allé au parc avec lui et n’en est jamais revenu. Le garçon souffre d’épilepsie, ainsi que de problèmes cognitifs et de développement, explique-t-elle. D’après le Telegraph , elle aurait également évoqué ses craintes d’un «exorcisme» que le père voudrait pratiquer sur son fils, avant de finalement revenir sur ces propos en évoquant une mauvaise traduction du terme. Plusieurs proches du garçonnet, dont son grand-père, imam d’une mosquée de Brooklyn, à New York, lancent une campagne via les réseaux sociaux pour le retrouver, raconte le National Post . En vain.

Au fil des mois, les enquêteurs soupçonnent pourtant la présence du père et de son fils dans une propriété située dans un tout autre lieu, au Nouveau-Mexique, un État situé dans le sud du pays. L’endroit, un «campement de fortune entouré de pneus et d’un chemin de terre», est surveillé après un signalement de voisins, précise NBC, mais la police ne détecte pas la présence du duo et ne dispose pas des éléments suffisants pour obtenir un mandat de perquisition. À ce stade, le FBI, le bureau d’enquête fédéral, est impliqué dans les investigations.

Des occupants lourdement armés

La situation change le 2 août, lorsque les enquêteurs reçoivent, par le biais d’un intermédiaire, un message envoyé depuis l’intérieur de la propriété, dont les auteurs disent être affamés et avoir besoin de nourriture et d’eau. Le shérif de Taos, le comté où se trouve la propriété, planifie alors une intervention sur les lieux, tout en sachant que «les occupants étaient probablement armés et considérés comme extrémistes», selon ses propos rapportés par le National Post.

Lors de l’opération de police, le père du garçonnet et un autre homme sont découverts à proximité du lieu, au milieu des buissons du désert, détaille l’AFP. Ils sont munis d’un fusil semi-automatique, de cinq chargeurs de 30 balles pleins et quatre pistolets chargés. Trois femmes sont également arrêtées. Au total, onze enfants seront retrouvés, âgés de 1 à 15 ans. Ils ont été pris en charge par les autorités.

L’enfant de Siraj Wahhaj, en revanche, n’a pas été retrouvé lors de l’opération. Le père a refusé de donner une quelconque information à son sujet, selon le document du tribunal que le Telegraph a pu consulter. À l’issue de l’interrogatoire des suspects, les policiers sont néanmoins retournés sur les lieux. Ils ont alors retrouvé les restes d’un enfant de 4 ans, le jour du quatrième anniversaire de l’enfant recherché. L’identité n’a pas encore été confirmée, mais les enquêteurs pensent qu’il pourrait s’agir de cet enfant.

Restés sans nourriture depuis plusieurs jours

Le campement était confectionné avec des palettes, des bâches en plastique et d’autres déchets, avec très peu de nourriture et d’eau. Les enfants y étaient vêtus de guenilles. Les enquêteurs y ont découvert une caravane à moitié enterrée et un tunnel d’une trentaine de mètres et d’un peu moins d’un mètre de diamètre. Des couchages avaient été installés dans certaines cavités. «Les conditions de vie, de santé et de bien-être des enfants étaient profondément déplorables», a expliqué le shérif, ajoutant qu’ils n’avaient accès ni à l’eau potable, ni à de la nourriture, ni à l’électricité et qu’ils n’avaient probablement pas été nourris depuis plusieurs jours.

Jeudi, de nouvelles informations sont venues ajouter au sordide de l’affaire: au moins un des onze enfants retrouvés a été entraîné à l’usage des armes à feu. «Un tuteur temporaire de l’un des enfants a déclaré que l’accusé avait entraîné l’enfant à tirer avec un fusil d’assaut pour se préparer à de futures fusillades en milieu scolaire», précise le bureau du procureur. Selon CNN, ce dernier mentionne par ailleurs, dans les motivations pour le maintien en prison de Siraj Wahhaj, sa «planification et sa préparation de futures tueries dans des écoles». Aucun autre détail précis n’a été donné sur ce point.

Cinq arrestations, le rôle de chacun en question

Le père, Siraj Wahhaj, a été immédiatement placé en détention en vertu du mandat d’arrêt émis en Géorgie pour enlèvement d’enfant. Il est «un danger pour la communauté», a par la suite indiqué le bureau du procureur dans un document de justice consulté par l’AFP.

Mardi, le shérif du comté de Taos a indiqué que le groupe était «considéré comme extrémiste de la foi musulmane», sans toutefois revenir plus en détails sur ce point.

L’homme arrêté avec Siraj Wahhaj, identifié comme Lucas Morten et âgé de 40 ans, a d’abord été inculpé pour hébergement de fugitif, avant que des charges liées à la maltraitance des enfants ne soient ajoutées.

Les trois femmes ont été libérées en attendant la suite de l’enquête. Leurs liens avec les protagonistes restent imprécis: selon les sources, elles sont présentées comme étant des mères de certains enfants, ou des sœurs de l’un des deux hommes, ou encore une épouse de l’un d’eux. Elles ont comparu devant le tribunal de Taos, tout comme Siraj Wahhaj, mercredi.

Voir enfin:

Danger in overreacting to Santa Fe school shooting
James Alan Fox
USA Today
May 20, 2018

Today’s ghastly shooting at a high school in Santa Fe, Texas, claiming the lives of at least 10 victims, has many Americans, including President Trump, wondering when and how the carnage will cease. Coming on the heels of two other multiple fatality school massacres earlier this year, it is no wonder that many are seeing this type of random gun violence as the “new normal.”

Amidst the national mourning for the many innocent lives lost in these senseless shooting sprees, it is critical not to overreact and overrespond to the menacing acts of a few. It is, of course, of little comfort to those families and communities impacted in Santa Fe as well as Parkland, Florida, and Benton, Kentucky, but this is not routine. Schools are not under siege. Rather, this more likely reflects a short-term contagion effect in which angry dispirited youngsters are inspired by others whose violent outbursts serve as fodder for national attention. That should subside once we stop obsessing over the risk.

History provides an important lesson about how crime contagions arise and eventually play themselves out. Over the five-year time span from 1997 through 2001, America witnessed seven multiple-fatality school rampages with a combined 32 killed and 85 others injured, more such incidents and casualties than during the past five years.

Following the March 2001 massacre at a high school in Santee, California, the venerable Dan Rather declared school shootings an “epidemic.” Then, after the September 11, 2001 terrorist attack on America, the nation turned its attention to a very different kind of threat, and the school shooting “epidemic” disappeared.

More from USA TODAY opinion: Flashback: Here’s what it was like to watch my friends die in Room 1216

School shootings are not the new normal, despite statistics that stretch the truth

After Parkland shooting, reject ‘nothing can be done,’ look for new solutions: John Walsh

Summertime will soon bring a natural break to the heightened concern over school shootings. Hopefully, come September, we can deal with the underlying issues facing alienated adolescents who seek to follow in the bloody footsteps of their undeserving heroes, without inadvertently fueling the contagion of bloodshed.

Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos.

While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch.

At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models.

Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic.

As often said, even one death is one too many, and we need to take the necessary steps to protect children, including expanded funding for school teachers and school psychologists. Still, despite the occasional tragedy, our schools are safe, safer than they have been for decades.

James Alan Fox is the Lipman Professor of Criminology, Law and Public Policy at Northeastern University, a member of USA TODAY’s Board of Contributors and co-author of Extreme Killing: Understanding Serial and Mass Murder.


Présidence Trump: Ils déversent leurs problèmes sur les États-Unis (As with many of his crusades, guess who basic numbers always seem to support in the end ?)

15 juillet, 2018

At that point, you’ve got Europe and a number of Gulf countries who despise Qaddafi, or are concerned on a humanitarian basis, who are calling for action. But what has been a habit over the last several decades in these circumstances is people pushing us to act but then showing an unwillingness to put any skin in the game. (…) Free riders (…) So what I said at that point was, we should act as part of an international coalition. But because this is not at the core of our interests, we need to get a UN mandate; we need Europeans and Gulf countries to be actively involved in the coalition; we will apply the military capabilities that are unique to us, but we expect others to carry their weight. Obama (2016)
Trump’s approval rating trajectory has diverged from past presidents. Trump’s approval rating has actually ticked up as the 2018 midterm elections approach. The Hill
Nous protégeons l’Allemagne, la France et tout le monde et nous payons beaucoup d’argent pour ça… Ça dure depuis des décennies mais je dois m’en occuper parce que c’est très injuste pour notre pays et pour nos contribuables. Nous sommes censés vous défendre contre la Russie alors pourquoi payez-vous des milliards de dollars à la Russie pour l’énergie ! En fait l’Allemagne est captive de la Russie. Donald Trump
Quand le Mexique nous envoie ces gens, ils n’envoient pas les meilleurs d’entre eux. Ils apportent des drogues. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs. Donald Trump
Ce que je dis – et j’ai beaucoup de respect pour les Mexicains. J’aime les Mexicains. J’ai beaucoup de Mexicains qui travaillent pour moi et ils sont géniaux. Mais nous parlons ici d’un gouvernement beaucoup plus intelligent que notre gouvernement. Beaucoup plus malin, plus rusé que notre gouvernement, et ils envoient des gens. Et ils envoient – si vous vous souvenez, il y a des années, quand Castro a ouvert ses prisons et il les a envoyés partout aux États-Unis (…) Et vous savez, ce sont les nombreux repris de justice endurcis qu’il a envoyés. Et, vous savez, c’était il y a longtemps, mais (…)  à titre d’exemple, cet horrible gars qui a tué une belle femme à San Francisco. Le Mexique ne le veut pas. Alors ils l’envoient. Comment pensez-vous qu’il est arrivé ici cinq fois? Ils le chassent. Ils déversent leurs problèmes sur États-Unis et nous n’en parlons pas parce que nos politiciens sont stupides. (…) Et je vais vous dire quelque chose: la jeune femme qui a été tuée – c’était une statistique. Ce n’était même pas une histoire. Ma femme me l’a rapporté. Elle a dit, vous savez, elle a vu ce petit article sur la jeune femme de San Francisco qui a été tuée, et j’ai fait des recherches et j’ai découvert qu’elle a été tuée par cet animal … qui est venu illégalement dans le pays plusieurs fois et qui d’ailleurs a une longue liste de condamnations. Et je l’ai rendu public et maintenant c’est la plus grande histoire du monde en ce moment. … Sa vie sera très importante pour de nombreuses raisons, mais l’une d’entre elles sera de jeter de la lumière et de faire la lumière sur ce qui se passe dans ce pays. Donald Trump
Ou vous avez des frontières ou vous n’avez pas de frontières. Maintenant, cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas permettre à quelqu’un de vraiment bien devenir citoyen. Mais je pense qu’une partie du problème de ce pays est que nous accueillons des gens qui, dans certains cas, sont bons et, dans certains cas, ne sont pas bons et, dans certains cas, sont des criminels. Je me souviens, il y a des années, que Castro envoyait le pire qu’il avait dans ce pays. Il envoyait des criminels dans ce pays, et nous l’avons fait avec d’autres pays où ils nous utilisent comme dépotoir. Et franchement, le fait que nous permettons que cela se produise est ce qui fait vraiment du mal à notre pays. Donald Trump
I was in primary school in my native Colombia when my father was murdered. I was six – just one year older than my daughter is now. My father was an officer in the Colombian army at a time when wearing a uniform made you a target for narcoterrorists, Farc fighters and guerrilla groups. What I remember clearly from those early years is the bombing and the terror. I was so afraid, especially after my dad died. At night, I would curl up in my mother’s bed while she held me close. She could not promise me that everything was going to be all right, because it wasn’t true. I don’t want my daughter to grow up like that. But when I turn on my TV, I see terrorist attacks in San Bernardino and in Orlando. There are dangerous people coming across our borders. Trump was right. Some are rapists and criminals, but some are good people, too. But how do we know who is who, when you come here illegally? I moved to the US in 2006 on a work permit. It took nearly five years and thousands of dollars to become a US citizen. I know the process is not perfect, but it’s the law. Why would I want illegals coming in when I had to go through this? It’s not fair that they’re allowed to jump the line and take advantage of so many benefits, ones that I pay for with my tax dollars. People assume that because I’m a woman, I should vote for the woman; or that because I’m Latina, I should vote for the Democrat. The Democrats have been pandering to minorities and women for the last 50 years. They treat Latinos as if we’re all one big group. I’m Colombian – I don’t like Mariachi music. Donald Trump is not just saying what he thinks people want to hear, he’s saying what they’re afraid to say. I believe that he’s the only candidate who can make America strong and safe again. Ximena Barreto (31, San Diego, California)
This week, as President Trump comes out in support of a bill that seeks to halve legal immigration to the United States, his administration is emphasizing the idea that Americans and their jobs need to be protected from all newcomers—undocumented and documented. To support that idea, his senior policy adviser Stephen Miller has turned to a moment in American history that is often referenced by those who support curbing immigration: the Mariel boatlift of 1980. But, in fact, much of the conventional wisdom about that episode is based on falsehoods rooted in Cold War rhetoric. During a press briefing on Wednesday, journalist Glenn Thrush asked Miller to provide statistics showing the correlation between the presence of low-skill immigrants and decreased wages for U.S.-born and naturalized workers. In response, Miller noted the findings of a recent study by Harvard economist George Borjas on the Mariel boatlift, which contentiously argued that the influx of over 125,000 Cubans who entered the United States from April to October of 1980 decreased wages for southern Florida’s less educated workers. Borjas’ study, which challenged an earlier influential study by Berkeley economist David Card, has received major criticisms. A lively debate persists among economists about the study’s methods, limited sample size and interpretation of the region’s racial categories—but Miller’s conjuring of Mariel is contentious on its own merits. The Mariel boatlift is an outlier in the pages of U.S. immigration history because it was, at its core, a result of Cold War posturing between the United States and Cuba. Fidel Castro found himself in a precarious situation in April 1980 when thousands of Cubans stormed the Peruvian embassy seeking asylum. Castro opened up the port of Mariel and claimed he would let anyone who wanted to leave Cuba to do so. Across the Florida Straits, the United States especially prioritized receiving people who fled communist regimes as a Cold War imperative. Because the newly minted Refugee Act had just been enacted—largely to address the longstanding bias that favored people fleeing communism—the Marielitos were admitted under an ambiguous, emergency-based designation: “Cuban-Haitian entrant (status pending).” (…) In order to save face, Castro put forward the narrative that the Cubans who sought to leave the island were the dregs of society and counter-revolutionaries who needed to be purged because they could never prove productive to the nation. This sentiment, along with reports that he had opened his jails and mental institutes as part of this boatlift, fueled a mythology that the Marielitos were a criminal, violent, sexually deviant and altogether “undesirable” demographic. In reality, more than 80% of the Marielitos had no criminal past, even in a nation where “criminality” could include acts antithetical to the revolutionary government’s ideals. In addition to roughly 1,500 mentally and physically disabled people, this wave of Cubans included a significant number of sex workers and queer and transgender people—some of whom were part of the minority who had criminal-justice involvement, having been formerly incarcerated because of their gender and sexual transgression. Part of what made Castro’s propaganda scheme so successful was that his regime’s repudiation of Marielitos found an eager audience in the United States among those who found it useful to fuel the nativist furnace. U.S. legislators, policymakers and many in the general public accepted Castro’s negative depiction of the Marielitos as truth. By 1983, the film Scarface had even fictionalized a Marielito as a druglord and violent criminal. Then and now, the boatlift proved incredibly unpopular among those living in the United States and is often cited as one of the most vivid examples of the dangers of lax immigration enforcement. In fact, many of President Jimmy Carter’s opponents listed Mariel as one of his and the Democratic Party’s greatest failures, even as his Republican successor, President Ronald Reagan, also embraced the Marielitos as part of an ideological campaign against Cuba. Julio Capó, Jr.
For an economist, there’s a straightforward way to study how low-skill immigration affects native workers: Find a large, sudden wave of low-skill immigrants arriving in one city only. Watch what happens to wages and employment for native workers in that city, and compare that to other cities where the immigrants didn’t go. An ideal “natural experiment” like this actually happened in Miami in 1980. Over just a few months, 125,000 mostly low-skill immigrants arrived from Mariel Bay, Cuba. This vast seaborne exodus — Fidel Castro briefly lifted Cuba’s ban on emigration -— is known as the Mariel boatlift. Over the next few months, the workforce of Miami rose by 8 percent. By comparison, normal immigration to the US increases the nationwide workforce by about 0.3 percent per year. So if immigrants compete with native workers, Miami in the 1980s is exactly where you should see natives’ wages drop. Berkeley’s Card examined the effects of the Cuban immigrants on the labor market in a massively influential study in 1990. In fact, that paper became one of the most cited in immigration economics. The design of the study was elegant and transparent. But even more than that, what made the study memorable was what Card found. In a word: nothing. The Card study found no difference in wage or employment trends between Miami — which had just been flooded with new low-skill workers — and other cities. This was true for workers even at the bottom of the skills ladder. Card concluded that “the Mariel immigration had essentially no effect on the wages or employment outcomes of non-Cuban workers in the Miami labor market. » (…) Economists ever since have tried to explain this remarkable result. Was it that the US workers who might have suffered a wage drop had simply moved away? Had low-skill Cubans made native Miamians more productive by specializing in different tasks, thus stimulating the local economy? Was it that the Cubans’ own demand for goods and services had generated as many jobs in Miami as they filled? Or perhaps was it that Miami employers shifted to production technologies that used more low-skill labor, absorbing the new labor supply? Regardless, there was no dip in wages to explain. The real-life economy was evidently more complex than an “Econ 101” model would predict. Such a model would require wages to fall when the supply of labor, through immigration, goes up. This is where two new studies came in, decades after Card’s — in 2015. One, by Borjas, claims that Card’s analysis had obscured a large fall in the wages of native workers by using too broad a definition of “low-skill worker.” Card’s study had looked at the wages of US workers whose education extended only to high school or less. That was a natural choice, since about half of the newly-arrived Cubans had a high school degree, and half didn’t. Borjas, instead, focuses on workers who did not finish high school — and claimed that the Boatlift caused the wages of those workers, those truly at the bottom of the ladder, to collapse. The other new study (ungated here), by economists Giovanni Peri and Vasil Yasenov, of the UC Davis and UC Berkeley, reconfirms Card’s original result: It cannot detect an effect of the boatlift on Miami wages, even among workers who did not finish high school. (The wages of Miami workers with high school degrees (and no more than that) jump up right after the Mariel boatlift, relative to prior trends. The wages of those with less than a high school education appear to dip slightly, for a couple of years, although this is barely distinguishable amid the statistical noise. And these same inflation-adjusted wages were also falling in many other cities that didn’t receive a wave of immigrants, so it’s not possible to say with statistical confidence whether that brief dip on the right is real. It might have been — but economists can’t be sure. The rise on the left, in contrast, is certainly statistically significant, even relative to corresponding wage trends in other cities. Here is how the Borjas study reaches exactly the opposite conclusion. The Borjas study slices up the data much more finely than even Peri and Yasenov do. It’s not every worker with less than high school that he looks at. Borjas starts with the full sample of workers of high school or less — then removes women, and Hispanics, and workers who aren’t prime age (that is, he tosses out those who are 19 to 24, and 60 to 65). And then he removes workers who have a high school degree. In all, that means throwing out the data for 91 percent of low-skill workers in Miami in the years where Borjas finds the largest wage effect. It leaves a tiny sample, just 17 workers per year. When you do that, the average wages for the remaining workers look like this: (…) For these observations picked out of the broader dataset, average wages collapse by at least 40 percent after the boatlift. Wages fall way below their previous trend, as well as way below similar trends in other cities, and the fall is highly statistically significant. There are two ways to interpret these findings. The first way would be to conclude that the wage trend seen in the subgroup that Borjas focuses on — non-Hispanic prime-age men with less than a high school degree — is the “real” effect of the boatlift. The second way would be to conclude, as Peri and Yasenov do, that slicing up small data samples like this generates a great deal of statistical noise. If you do enough slicing along those lines, you can find groups for which wages rose after the Boatlift, and others for which it fell. In any dataset with a lot of noise, the results for very small groups will vary widely. Researchers can and do disagree about which conclusion to draw. But there are many reasons to favor the view that there is no compelling basis to revise Card’s original finding. There is not sufficient evidence to show that Cuban immigrants reduced any low-skill workers’ wages in Miami, even small minorities of them, and there isn’t much more that can be learned about the Mariel boatlift with the data we have. (…) Around 1980, the same time as the Boatlift, two things happened that would bring a lot more low-wage black men into the survey samples. First, there was a simultaneous arrival of large numbers of very low-income immigrants from Haiti without high school degrees: that is, non-Hispanic black men who earn much less than US black workers but cannot be distinguished from US black workers in the survey data. Nearly all hadn’t finished high school. That meant not just that Miami suddenly had far more black men with less than high school after 1980, but also that those black men had much lower earnings. Second, the Census Bureau, which ran the CPS surveys, improved its survey methods around 1980 to cover more low-skill black men due to political pressure after research revealed that many low-income black men simply weren’t being counted. (…) In sum, the evidence from the Mariel boatlift continues to support the conclusion of David Card’s seminal research: There is no clear evidence that wages fell (or that unemployment rose) among the least-skilled workers in Miami, even after a sudden refugee wave sharply raised the size of that workforce. This does not by any means imply that large waves of low-skill immigration could not displace any native workers, especially in the short term, in other times and places. But politicians’ pronouncements that immigrants necessarily do harm native workers must grapple with the evidence from real-world experiences to the contrary. Michael Clemens (Center for Global Development, Washington, DC)
His name was Luis Felipe. Born in Cuba in 1962, he came to the United States on a fishing boat and ended up in prison for shooting his girlfriend. He founded the New York chapter of the Latin Kings in 1986. Soon he was ordering murders from his prison cell. Esquire
Judge Martin says the extreme conditions are necessary to protect society.  »I do not do it out of my sense of cruelty, » the judge said at the sentencing, after Mr. Felipe had expressed remorse for the killings. But noting that the defendant had been convicted for ordering the murder of three Latin Kings and the attempted murder of four others, the judge said that without such restrictions,  »some of the young men sitting in this court today who are supporters of Mr. Felipe might well be murdered in the future. » (…) That Mr. Felipe, a man of charisma and intelligence, is nonetheless a ruthless criminal is not in dispute. His accounts of his background vary. He has said that his mother was a prostitute and that both parents are now dead. At the age of 9, he was sent to prison for robbery. On his 19th birthday in 1980, he arrived in the United States during the Mariel boatlift. In short order, Mr. Felipe became a street thug, settling in Chicago. There he joined the Latin Kings, a Hispanic organization established in the 1940’s. He moved to the Bronx. One night in 1981, in what has been described as a drunken accident, he shot and killed his girlfriend. He fled to Chicago and was not apprehended until 1984. Sentenced to nine years for second-degree manslaughter, he ended up at Collins Correctional Facility in Helmuth, N.Y. At Collins, he found an inmate system lorded over by black gangs and white guards. In 1986, he started a fledgling New York prison chapter of the Latin Kings. In a manifesto that followers circulated, he laid out elaborate laws and rituals, emphasizing Latin pride, family values, rigorous discipline and swift punishment. He was paroled in 1989 but by 1991 had returned to prison. He was eventually sent to Attica for a three-year sentence for possession of stolen property. His word spread, not least because he wrote thousands of letters, his prose a mix of flamboyant grandiosity and street bluntness. As King Blood, Inka, First Supreme Crown, Mr. Felipe corresponded with Latin Kings in and out of prison. (At its peak, the gang was estimated to have about 2,000 members.) He soared with self-aggrandizement, styling himself as both autocratic patriarch and jailhouse Ann Landers, dispensing advice about romance, family squabbles, schoolyard disputes. But in 1993 and 1994, disciplinary troubles erupted throughout the Latin Kings, with members vying for power, filching gang money, looking sideways at the wrong women. Infuriated, King Blood wrote to his street lieutenants: B.O.S. (beat on sight) and T.O.S. (terminate on sight).  »Even while he was in Attica in segregation, he was able to order the leader of the Latin Kings on Rikers Island to murder someone who ended up being badly slashed in the face, » said Alexandra A. E. Shapiro, a Federal prosecutor. One victim was choked and beheaded. A second was killed accidentally during an attempt on another man. A third was gunned down. Federal authorities, who had been monitoring Mr. Felipe’s mail, arrested 35 Latin Kings. Thirty-four pleaded guilty. Only Mr. Felipe insisted on a trial. The Latin Kings still revere him, said Antonio Fernandez, King Tone, the gang’s new leader, who is trying to reposition it as a mainstream organization.  »He brought a message of hope, » he said. NYT
Luis « King Blood » Felipe, who founded the New York chapter in 1986 (…) ran the gang from prison like a demented puppet-master. He ordered the murders of three Kings and plotted to murder three others. He routinely dispatched « T.O.S. » orders–shorthand for « Terminate on Sight. » In one particularly gory execution, a rival was strangled, decapitated and set afire in a bathtub. His Kings tattoo was peeled off his arm with a knife. Convicted of racketeering in 1996, Felipe was sentenced to life imprisonment in solitary confinement to cut him off from the Kings. LA Times
Julio Gonzalez, a jilted lover whose arson revenge at the unlicensed Happy Land nightclub in the Bronx in 1990 claimed 87 lives, making him the nation’s worst single mass murderer at the time, died on Tuesday at a hospital in Plattsburgh, N.Y., where he had been taken from prison. He was 61 (…) Mr. Gonzalez was born in Holguín, a city in Oriente Province in Cuba, on Oct. 10, 1954. He served three years in prison in the 1970s for deserting the Cuban Army. In 1980, when he was 25, he joined what became known as the Mariel boatlift, an effort organized by Cuban-Americans and agreed to by the Cuban government that brought thousands of Cuban asylum-seekers to the United States. It was later learned that many of the refugees had been released from jails and mental hospitals. Mr. Gonzalez was said to have faked a criminal record as a drug dealer to help him gain passage. (…) Mr. Gonzalez had just lost his job at a Queens lamp warehouse when he showed up at Happy Land. There he argued heatedly with his girlfriend, Lydia Feliciano, about their six-year on-again, off-again relationship and about her quitting as a coat checker at the club. Around 3 a.m., a bouncer ejected him. According to testimony, Mr. Gonzalez walked three blocks to an Amoco service station, where he found an empty one-gallon container and bought $1 worth of gasoline from an attendant he knew there. He returned to the club. (…) Mr. Gonzalez splashed the gasoline at the bottom of a rickety staircase, the club’s only means of exit, and ignited it. Then he went home and fell asleep. (…) Ms. Feliciano was among the six survivors. She recounted her argument with Mr. Gonzalez to the police, who went to his apartment, where he confessed. “I got angry, the devil got to me, and I set the fire,” he told detectives. (…) During a video conference-call interview at the time, he said he had not realized how many people were inside Happy Land that night, that he had nothing against them and that his anger had been directed at the bouncer. NYT
Cet exode des Marielitos a commencé par un coup de force. Le 5 avril 1980, 10 000 Cubains entrent dans l’ambassade du Pérou à La Havane et demandent à ce pays de leur accorder asile. Dix jours plus tard, Castro déclare que ceux qui veulent quitter Cuba peuvent le faire à condition d’abandonner leurs biens et que les Cubains de Floride viennent les chercher au port de Mariel. L’hypothèse est que Castro voit dans cette affaire une double opportunité : Il se débarrasse d’opposants -il en profite également pour vider ses prisons et ses asiles mentaux et sans doute infiltrer, parmi les réfugiés, quelques agents castristes ; Il espère que cet afflux soudain d’exilés va profondément déstabiliser le sud de la Floride et affaiblir plus encore le brave Président Jimmy Carter, préchi-prêcheur démocrate des droits de l’homme, un peu trop à gauche pour endosser l’habit de grand Satan impérialiste que taille à tous les élus de la Maison Blanche le leader cubain. De fait, du 15 avril au 31 octobre 1980, quelque 125 000 Cubains quitteront l’île. 2 746 d’entre eux ont été considérés comme des criminels selon les lois des Etats-Unis et incarcérés. Le Nouvel Obs
Avec l’autorisation du président Fidel Castro, 125 000 Cubains quittent leur île par le port de Mariel pour trouver refuge aux États-Unis. Cet exode massif posera plusieurs problèmes aux Américains qui y mettront un terme après deux mois. Le 3 avril 1980, six Cubains entrent de force à l’ambassade du Pérou à La Havane pour s’y réfugier. Les autorités cubaines demandent leur retour sans succès. Voulant donner une leçon au Pérou, le président Castro fait retirer les gardes protégeant l’ambassade. Celle-ci est submergée par plus de 10 000 personnes qui sont vite aux prises avec des problèmes de salubrité et le manque de nourriture. Pendant que d’autres ambassades sont envahies (Costa Rica, Espagne), la communauté cubano-américaine entreprend une campagne de support. Voulant récupérer le mouvement, Castro annonce le 23 avril une politique de porte ouverte pour ceux qui veulent quitter Cuba. Il invite les Cubains habitant aux États-Unis à venir chercher leurs proches au port de Mariel. Cet exode, qui se fait avec 17 000 navires de toutes sortes, implique environ 125 000 personnes, en grande partie des gens de la classe ouvrière, des Noirs et des jeunes. Son envergure reflète un profond mécontentement face à l’économie cubaine et la baisse de la ferveur révolutionnaire. D’abord favorables à cet exode, les États-Unis sont vite débordés. Le 14 mai, le président Jimmy Carter fait établir un cordon de sécurité pour arrêter les navires. Placés dans des camps militaires et des prisons fédérales, les réfugiés sont interrogés à leur arrivée. Parmi eux, on retrouve des criminels et des malades mentaux qui ont quitté avec le soutien des autorités cubaines, ce qui a un effet négatif sur la population. Carter cherche à remplacer l’exode maritime par un pont aérien avec un quota de 3000 personnes par année. Mais aucun accord n’est conclu avec Cuba. Submergées par un exode en provenance de Haïti, les autorités américaines mettront fin à l’exode cubain le 20 juin 1980. Perspective monde
As BuzzFeed investigative reporter Ken Bensinger chronicles in his new book, Red Card: How the U.S. Blew the Whistle on the World’s Biggest Sports Scandal, the investigation’s origins began before FIFA handed the 2018 World Cup to Russia and the 2022 event to Qatar. The case had actually begun as an FBI probe into an illegal gambling ring the bureau believed was run by people with ties to Russian organized crime outfits. The ring operated out of Trump Tower in New York City. Eventually, the investigation spread to soccer, thanks in part to an Internal Revenue Service agent named Steve Berryman, a central figure in Bensinger’s book who pieced together the financial transactions that formed the backbone of the corruption allegations. But first, it was tips from British journalist Andrew Jennings and Christopher Steele ― the former British spy who is now known to American political observers as the man behind the infamous so-called “pee tape” dossier chronicling now-President Donald Trump’s ties to Russia ― that pointed the Americans’ attention toward the Russian World Cup, and the decades of bribery and corruption that had transformed FIFA from a modest organization with a shoestring budget into a multibillion-dollar enterprise in charge of the world’s most popular sport. Later, the feds arrested and flipped Chuck Blazer, a corrupt American soccer official and member of FIFA’s vaunted Executive Committee. It was Blazer who helped them crack the case wide open, as HuffPost’s Mary Papenfuss and co-author Teri Thompson chronicled in their book American Huckster, based on the 2014 story they broke of Blazer’s role in the scandal. Russia’s efforts to secure hosting rights to the 2018 World Cup never became a central part of the FBI and the U.S. Department of Justice’s case. Thanks to Blazer, it instead focused primarily on CONCACAF, which governs soccer in the Caribbean and North and Central America, and other officials from South America. But as Bensinger explained in an interview with HuffPost this week, the FIFA case gave American law enforcement officials an early glimpse into the “Machiavellian Russia” of Vladimir Putin “that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it.” And it was Steele’s role in the earliest aspects of the FIFA case, coincidentally, that fostered the relationship that led him to hand his Trump dossier to the FBI ― the dossier that has now helped form “a big piece of the investigative blueprint,” as Bensinger said, that former FBI director Robert Mueller is using in his probe of Russian meddling in the election that made Trump president. HuffPost
There are sort of these weird connections to everything going on in the political sphere in our country, which I think is interesting because when I was reporting the book out, it was mostly before the election. It was a time when Christopher Steele’s name didn’t mean anything. But what I figured out over time is that this had nothing to do with sour grapes, and the FBI agents who opened the case didn’t really care about losing the World Cup. The theory was that the U.S. investigation was started because the U.S. lost to Qatar, and Bill Clinton or Eric Holder or Barack Obama or somebody ordered up an investigation. What happened was that the investigation began in July or August 2010, four or five months before the vote happened. It starts because this FBI agent, who’s a long-term Genovese crime squad guy, gets a new squad ― the Eurasian Organized Crime Squad ― which is primarily focused on Russian stuff. It’s a squad that’s squeezed of resources and not doing much because under Robert Mueller, who was the FBI director at the time, the FBI was not interested in traditional crime-fighting. They were interested in what Mueller called transnational crime. So this agent looked for cases that he thought would score points with Mueller. And one of the cases they’re doing involves the Trump Tower. It’s this illegal poker game and sports book that’s partially run out of the Trump Tower. The main guy was a Russian mobster, and the FBI agent had gone to London ― that’s how he met Steele ― to learn about this guy. Steele told him what he knew, and they parted amicably, and the parting shot was, “Listen, if you have any other interesting leads in the future, let me know.” Steele had already been hired by the English bid for the 2018 World Cup at that point. What Chris Steele starts seeing on behalf of the English bid is the Russians doing, as it’s described in the book, sort of strange and questionable stuff. It looks funny, and it’s setting off alarm bells for Steele. So he calls the FBI agent back, and says, “You should look into what’s happening with the World Cup bid. » (…) It’s tempting to look at this as a reflection of the general U.S. writ large obsession with Russia, which certainly exists, but it’s also a different era. This was 2009, 2010. This was during the Russian reset. It was Obama’s first two years in office. He’s hugging Putin and talking about how they’re going to make things work. Russia is playing nice-nice. (…)That’s what I find interesting about this case is that, what we see in Russia’s attempt to win the World Cup by any means is the first sort of sign of the Russia we now understand exists, which is kind of a Machiavellian Russia that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it. It was like a dress rehearsal for that. (…) It’s one of these things that looks like an accident, but so much of world history depends on these accidents. Chris Steele, when he was still at MI-6, investigated the death of Alexander Litvinenko, who was the Russian spy poisoned with polonium. It was Steele who ran that investigation and determined that Putin probably ordered it. And then Steele gets hired because of his expertise in Russia by the English bid, and he becomes the canary in the coal mine saying, “Uh oh, guys, it’s not going to be that easy, and things are looking pretty grim for you.” (…) I don’t know if that would have affected whether or not Chris Steele later gets hired by Fusion GPS to put together the Trump dossier. But it’s certain that the relationship he built because of the FIFA case meant that the FBI took it more seriously.   (…) I think [FIFA vice president Jérôme Valcke] and others were recognizing this increasingly brazen attitude of the criminality within FIFA. They had gone from an organization where people were getting bribes and doing dirty stuff, but doing it very carefully behind closed doors. And it was transitioning to one where the impunity was so rampant that people thought they could do anything. And I think in his mind, awarding the World Cup to Russia under very suspicious circumstances and also awarding it to Qatar, which by any definition has no right to host this tournament, it felt to him and others like a step too far. I don’t think he had any advance knowledge that the U.S. was poking around on it, but he recognized that it was getting out of hand. People were handing out cash bribes in practically broad daylight, and as corrupt as these people were, they didn’t tend to do that. (…) The FIFA culture we know today didn’t start yesterday. It started in 1974 when this guy gets elected, and within a couple years, the corruption starts. And it starts with one bribe to Havelange, or one idea that he should be bribed. And it starts a whole culture, and the people all sort of learn from that same model. The dominoes fell over time. It’s not a new model, and things were getting more and more out of hand over time. FIFA had been able to successfully bat these challenges down over the years. There’s an attempted revolt in FIFA in 2001 or 2002 that Blatter completely shut down. The general secretary of FIFA was accusing Blatter and other people of either being involved in corruption or permitting corruption, and there’s a moment where it seems like the Executive Committee was going to turn against Blatter and vote him out and change everything. But they all blinked, and Blatter dispensed his own justice by getting rid of his No. 2 and putting in people who were going to be loyal to him. The effect of those things was more brazen behavior. (…) It was an open secret. I think it’s because soccer’s just too big and important in all these other countries. I think other countries have just never been able to figure out how to deal with it. The best you’d get was a few members of Parliament in England holding outraged press conferences or a few hearings, but nothing ever came of it. It’s just too much of a political hot potato because soccer elsewhere is so much more important than it is the U.S. People are terrified of offending the FIFA gods There’s a story about how Andrew Jennings, this British journalist, wanted to broadcast a documentary detailing FIFA corruption just a week or so before the 2010 vote, and when the British bid and the British government got a hold of it, they tried really hard to stifle the press. They begged the BBC not to air the documentary until after the vote, because they were terrified of FIFA. That’s reflective of the kind of attitudes that all these countries have. (…) it reminds me of questions about Chuck Blazer. Is he all bad, or all good? He’s a little bit of both. The U.S. women’s national team probably wouldn’t exist without him. The Women’s World Cup probably wouldn’t either. Major League Soccer got its first revenue-positive TV deal because of Chuck Blazer. (…) At the same time, he was a corrupt crook that stole a lot of money that could’ve gone to the game. And so, is he good or bad? Probably more bad than good, but he’s not all bad. That applies to the Gold Cup. The Gold Cup is a totally artificial thing that was made up ultimately as a money-making scheme for Blazer, but in the end, it’s probably benefited soccer in this country. So it’s clearly not all bad. (…) The money stolen from the sport isn’t just the bribes. Let’s say I’m a sports marketing firm, and I bribe you a million dollars to sign over a rights contract to me. The first piece of it is that million dollars that could have gone to the sport. But it’s also the opportunity cost: What would the value of those rights have been if it was taken to the free market instead of a bribe? All that money is taken away from the sport. And the second thing was traveling to South America and seeing the conditions of soccer for fans, for kids and for women. That was really eye-opening. There are stadiums in Argentina and Brazil that are absolutely decrepit. And people would explain, the money that was supposed to come to these clubs never comes. You have kids still playing with the proverbial ball made of rags and duct tape, and little girls who can’t play because there are no facilities or leagues for women at all. When you see that, and then you see dudes making millions in bribes and also marketing guys making far more from paying the bribes, I started to get indignant about it. FIFA always ties itself to children and the good of the game. But it’s absurd when you see how they operate. The money doesn’t go to kids. It goes to making soccer officials rich. (…) When massive amounts of money mixes with a massively popular cultural phenomenon, is it ever going to be clean? I wish it would be different, but it seems kind of hopeless. How do you regulate soccer, and who can oversee this to make sure that people behave in an ethical, clean and fair way that benefits everyone else? It’s not an accident that every single international sports organization is based in Switzerland. The answer is because the Swiss, not only do they offer them a huge tax break, they also basically say, “You can do whatever you want and we’re not going to bother you.” That’s exactly what these groups want. Well, how do you regulate that? I don’t think the U.S. went in saying, “We’re going to regulate soccer.” I think they thought if we can give soccer a huge kick in the ass, if we can create so much public and political pressure on them that sponsors will run away, they’ll feel they have no option but to react and clean up their act. It’s sort of, kick ’em where it hurts. (…) But also, the annoying but true reality of FIFA is that when the World Cup is happening, all the soccer fans around the world forget all their anger and just want to watch the tournament. For three and a half years, everyone bitches about what a mess FIFA is, and then during the World Cup everyone just wants to watch soccer. There could be some reinvigoration in the next few months when the next stupid scandal appears. And I do think Qatar could reinvigorate more of that. There’s a tiny piece of me that thinks we could still see Qatar stripped of the World Cup. That would certainly spur a lot of conversation about this. Ken Bensinger
The United States has the world’s largest trade deficit. It’s been that way since 1975. The deficit in goods and services was $566 billion in 2017. Imports were $2.895 trillion and exports were only $2.329 trillion. The U.S. trade deficit in goods, without services, was $810 billion. The United States exported $1.551 trillion in goods. The biggest categories were commercial aircraft, automobiles, and food. It imported $2.361 trillion. The largest categories were automobiles, petroleum, and cell phones. (…) The Largest U.S. Deficit Is With China More than 65 percent of the U.S. trade deficit in goods was with China. The $375 billion deficit with China was created by $506 billion in imports. The main U.S. imports from China are consumer electronics, clothing, and machinery. Many of these imports are actually made by American companies. They ship raw materials to be assembled in China for a lower cost. They are counted as imports even though they create income and profit for these U.S. companies. Nevertheless, this practice does outsource manufacturing jobs. America only exported $130 billion in goods to China. The top three exports were agricultural products, aircraft, and electrical machinery. The second largest trade deficit is $69 billion with Japan. The world’s fifth largest economy needs the agricultural products, industrial supplies, aircraft, and pharmaceutical products that the United States makes. Exports totaled $68 billion in 2017.Imports were higher, at $137 billion. Much of this was automobiles, with industrial supplies and equipment making up another large portion. Trade has improved since the 2011 earthquake, which slowed the economy and made auto parts difficult to manufacture for several months. The U.S. trade deficit with Germany is $65 billion. The United States exports $53 billion, a large portion of which is automobiles, aircraft, and pharmaceuticals. It imports $118 billion in similar goods: automotive vehicles and parts, industrial machinery, and medicine. (…) The trade deficit with Canada is $18 billion. That’s only 3 percent of the total Canadian trade of $582 billion. The United States exports $282 billion to Canada, more than it does to any other country. It imports $300 billion. The largest export by far is automobiles and parts. Other large categories include petroleum products and industrial machinery and equipment. The largest import is crude oil and gas from Canada’s abundant shale oil fields. The trade deficit with Mexico is $71 billion. Exports are $243 billion, mostly auto parts and petroleum products. Imports are $314 billion, with cars, trucks, and auto parts being the largest components. The Balance
On connaît les photos de ces hommes et de ces femmes débarquant sur des plages européennes, engoncés dans leurs gilets de sauvetage orange, tentant à tout prix de maintenir la tête de leur enfant hors de l’eau. Impossible également d’oublier l’image du corps du petit Aylan Kurdi, devenu en 2016 le symbole planétaire du drame des migrants. Ce que l’on sait moins c’est que le « business » des passeurs rapporte beaucoup d’argent. Selon la première étude du genre de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (l’UNODC), le trafic de migrants a rapporté entre 5,5 et 7 milliards de dollars (entre 4,7 et 6 milliards d’euros) en 2016. C’est l’équivalent de ce que l’Union européenne a dépensé la même année dans l’aide humanitaire, selon le rapport. (…) En 2016, au moins 2,5 millions de migrants sont passés entre les mains de passeurs, estime l’UNODC qui rappelle la difficulté d’évaluer une activité criminelle. De quoi faire fructifier les affaires de ces contrebandiers. Cette somme vient directement des poches des migrants qui paient des criminels pour voyager illégalement. Le tarif varie en fonction de la distance à parcourir, du nombre de frontières, les moyens de transport utilisés, la production de faux papiers… La richesse supposée du client est un facteur qui fait varier les prix. Evidemment, payer plus cher ne rend pas le voyage plus sûr ou plus confortable, souligne l’UNODC. Selon les estimations de cette agence des Nations unies, ce sont les passages vers l’Amérique du Nord qui rapportent le plus. En 2016, jusqu’à 820 000 personnes ont traversé la frontière illégalement, versant entre 3,1 et 3,6 milliards d’euros aux trafiquants. Suivent les trois routes de la Méditerranée vers l’Union européenne. Environ 375 000 personnes ont ainsi entrepris ce voyage en 2016, rapportant entre 274 et 300 millions d’euros aux passeurs. Pour atteindre l’Europe de l’Ouest, un Afghan peut ainsi dépenser entre 8000 € et 12 000 €. Sans surprise, les rédacteurs du rapport repèrent que l’Europe est une des destinations principales des migrants. (…) Les migrants qui arrivent en Italie sont originaires à 89 % d’Afrique, de l’Ouest principalement. 94 % de ceux qui atteignent l’Espagne sont également originaires d’Afrique, de l’Ouest et du Nord. En revanche, la Grèce accueille à 85 % des Afghans, Syriens et des personnes originaires des pays du Moyen-Orient. (…) des milliers de citoyens de pays d’Amérique centrale et de Mexicains traversent chaque année la frontière qui sépare les Etats-Unis du Mexique. Les autorités peinent cependant à quantifier les flux. Ce que l’on sait c’est qu’en 2016, 2 404 personnes ont été condamnées pour avoir fait passer des migrants aux Etats-Unis. 65 d’entre eux ont été condamnés pour avoir fait passer au moins 100 personnes.Toujours en 2016, le Mexique, qui fait office de « pays-étape » pour les voyageurs, a noté que les Guatémaltèques, les Honduriens et les Salvadoriens formaient les plus grosses communautés sur son territoire. En 2016, les migrants caribéens arrivaient principalement d’Haïti, note encore l’UNODC. (…) Sur les 8189 décès de migrants recensés par l’OIM en 2016, 3832 sont morts noyés (46 %) en traversant la Méditerranée. Les passages méditerranéens sont les plus mortels. L’un d’entre eux force notamment les migrants à parcourir 300 kilomètres en haute mer sur des embarcations précaires. C’est aussi la cruauté des passeurs qui est en cause. L’UNODC décrit le sort de certaines personnes poussées à l’eau par les trafiquants qui espèrent ainsi échapper aux gardes-côtes. Le cas de centaines de personnes enfermées dans des remorques sans ventilation, ni eau ou nourriture pendant des jours est également relevé. Meurtre, extorsion, torture, demande de rançon, traite d’être humain, violences sexuelles sont également le lot des migrants, d’où qu’ils viennent. En 2017, 382 migrants sont décédés de la main des hommes, soit 6 % des décès. (…) Le passeur est le plus souvent un homme mais des femmes (des compagnes, des sœurs, des filles ou des mères) sont parfois impliquées dans le trafic, définissent les rédacteurs de l’étude. Certains parviennent à gagner modestement leur vie, d’autres, membres d’organisations et de mafias font d’importants profits. Tous n’exercent pas cette activité criminelle à plein temps. Souvent le passeur est de la même origine que ses victimes. Il parle la même langue et partage avec elles les mêmes repères culturels, ce qui lui permet de gagner leur confiance. Le recrutement des futurs « clients » s’opère souvent dans les camps de réfugiés ou dans les quartiers pauvres. Facebook, Viber, Skype ou WhatsApp sont devenus des indispensables du contrebandier qui veut faire passer des migrants. Arrivé à destination, le voyageur publie un compte rendu sur son passeur. Il décrit s’il a triché, échoué ou s’il traitait mal les migrants. Un peu comme une note de consommateur, rapporte l’UNODC. Mieux encore, les réseaux sociaux sont utilisés par les passeurs pour leur publicité. Sur Facebook, les trafiquants présentent leurs offres, agrémentent leur publication d’une photo, détaillent les prix et les modalités de paiement. L’agence note que, sur Facebook, des passeurs se font passer pour des ONG ou des agences de voyages européennes qui organisent des passages en toute sécurité. D’autres, qui visent particulièrement les Afghans, se posent en juristes spécialistes des demandes d’asile… Le Parisien
Mr. Trump’s anger at America’s allies embodies, however unpleasantly, a not unreasonable point of view, and one that the rest of the world ignores at its peril: The global world order is unbalanced and inequitable. And unless something is done to correct it soon, it will collapse, with or without the president’s tweets. While the West happily built the liberal order over the past 70 years, with Europe at its center, the Americans had the continent’s back. In turn, as it unravels, America feels this loss of balance the hardest — it has always spent the most money and manpower to keep the system working. The Europeans have basically been free riders on the voyage, spending almost nothing on defense, and instead building vast social welfare systems at home and robust, well-protected export industries abroad. Rather than lash back at Mr. Trump, they would do better to ask how we got to this place, and how to get out. The European Union, as an institution, is one of the prime drivers of this inequity. At the Group of 7, for example, the constituent countries are described as all equals. But in reality, the union puts a thumb on the scales in its members’ favor: It is a highly integrated, well-protected free-trade area that gives a huge leg up to, say, German car manufacturers while essentially punishing American companies who want to trade in the region. The eurozone offers a similar unfair advantage. If it were not for the euro, Germany would long ago have had to appreciate its currency in line with its enormous export surplus. (…) how can the very same politicians and journalists who defended the euro bailout payments during the financial crisis, arguing that Germany profited disproportionately from the common currency, now go berserk when Mr. Trump makes exactly this point? German manufacturers also have the advantage of operating in a common market with huge wage gaps. Bulgaria, one of the poorest member states, has a per capita gross domestic product roughly equal to that of Gabon, while even in Slovakia, Poland and Hungary — three relative success stories among the recent entrants to the union — that same measure is still roughly a third of what it is in Germany. Under the European Union, German manufacturers can assemble their cars in low-wage countries and export them without worrying about tariffs or other trade barriers. If your plant sits in Detroit, you might find the president’s anger over this fact persuasive. Mr. Trump is not the first president to complain about the unfair burden sharing within NATO. He’s merely the first president not just to talk tough, but to get tough. (…) All those German politicians who oppose raising military spending from a meager 1.3 percent of gross domestic product should try to explain to American students why their European peers enjoy free universities and health care, while they leave it up to others to cover for the West’s military infrastructure (…) When the door was opened, in 2001, many in the West believed that a growing Chinese middle class, enriched by and engaged with the world economy, would eventually claim voice and suffrage, thereby democratizing China. The opposite has happened. China, which has grown wealthy in part by stealing intellectual property from the West, is turning into an online-era dictatorship, while still denying reciprocity in investment and trade relations. (…) China’s unchecked abuse of the global free-trade regime makes a mockery of the very idea that the world can operate according to a rules-based order. Again, while many in the West have talked the talk about taking on China, only Mr. Trump has actually done something about it. Jochen Bittner (Die Zeit)
Is the Trump administration out to wreck the liberal world order? No, insisted Secretary of State Mike Pompeo in an interview at his office in Foggy Bottom last week: The administration’s aim is to align that world order with 21st-century realities. Many of the economic and diplomatic structures Mr. Trump stands accused of undermining, Mr. Pompeo argues, were developed in the aftermath of World War II. Back then, he tells me, they “made sense for America.” But in the post-Cold War era, amid a resurgence of geopolitical competition, “I think President Trump has properly identified a need for a reset.” Mr. Trump is suspicious of global institutions and alliances, many of which he believes are no longer paying dividends for the U.S. “When I watch President Trump give guidance to our team,” Mr. Pompeo says, “his question is always, ‘How does that structure impact America?’ ” The president isn’t interested in how a given rule “may have impacted America in the ’60s or the ’80s, or even the early 2000s,” but rather how it will enhance American power “in 2018 and beyond.” Mr. Trump’s critics have charged that his “America First” strategy reflects a retreat from global leadership. “I see it fundamentally differently,” Mr. Pompeo says. He believes Mr. Trump “recognizes the importance of American leadership” but also of “American sovereignty.” That means Mr. Trump is “prepared to be disruptive” when the U.S. finds itself constrained by “arrangements that put America, and American workers, at a disadvantage.” Mr. Pompeo sees his task as trying to reform rules “that no longer are fair and equitable” while maintaining “the important historical relationships with Europe and the countries in Asia that are truly our partners.” The U.S. relationship with Germany has come under particular strain. Mr. Pompeo cites two reasons. “It is important that they demonstrate a commitment to securing their own people,” he says, in reference to Germany’s low defense spending. “When they do so, we’re prepared to do the right thing and support them.” And then there’s trade. The Germans, he says, need to “create tariff systems and nontariff-barrier systems that are equitable, reciprocal.” But Mr. Pompeo does not see the U.S.-German rift as a permanent reorientation of U.S. foreign policy. Once the defense and trade issues are addressed, “I’m very confident that the relationship will go from these irritants we see today to being as strong as it ever was.”  (…) In addition to renegotiating relationships with existing allies, the Trump administration is facing newly assertive great-power adversaries. “For a decade plus,” Mr. Pompeo says, U.S. foreign policy was “very focused on counterrorism and much less on big power struggles.” Today, while counterterrorism remains a priority, geopolitics is increasingly defined by conflicts with powerful states like China and Russia. Mr. Pompeo says the U.S. must be assertive but flexible in dealing with both Beijing and Moscow. He wants the U.S. relationship with China to be defined by rule-writing and rule-enforcing, not anarchic struggle. China, he says, hasn’t honored “the normal set of trade understandings . . . where these nation states would trade with each other on fair and reciprocal terms; they just simply haven’t done it. They’ve engaged in intellectual property theft, predatory economic practices.” Avoiding a more serious confrontation with China down the line will require both countries to appreciate one another’s long-term interests. The U.S. can’t simply focus on “a tariff issue today, or a particular island China has decided to militarize” tomorrow. Rather, the objective must be to create a rules-based structure to avoid a situation in which “zero-sum is the endgame for the two countries.” Mr. Pompeo also sees room for limited cooperation with Russia even as the U.S. confronts its revisionism. “There are many things about which we disagree. Our value sets are incredibly different, but there are also pockets where we find overlap,” he says. “That’s the challenge for a secretary of state—to identify those places where you can work together, while protecting America against the worst pieces of those governments’ activities.” (…) And the president’s agenda, as Mr. Pompeo communicates it, is one of extraordinary ambition: to rewrite the rules of world order in America’s favor while working out stable relationships with geopolitical rivals. Those goals may prove elusive. Inertia is a powerful force in international relations, and institutions and pre-existing agreements are often hard to reform. Among other obstacles, the Trump agenda creates the risk of a global coalition forming against American demands. American efforts to negotiate more favorable trading arrangements could lead China, Europe and Japan to work jointly against the U.S. That danger is exacerbated by Mr. Trump’s penchant for dramatic gestures and his volatile personal style. Yet the U.S. remains, by far, the world’s most powerful nation, and many countries will be looking for ways to accommodate the administration at least partially. Mr. Trump is right that the international rules and institutions developed during the Cold War era must be retooled to withstand new political, economic and military pressures. Mr. Pompeo believes that Mr. Trump’s instincts, preferences, and beliefs constitute a coherent worldview. (…) The world will soon see whether the president’s tweets of iron can be smoothly sheathed in a diplomatic glove. Walter Russell Mead
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Much has been written — some of it either inaccurate or designed to obfuscate the issue ahead of the midterms for political purposes — about the border fiasco and the unfortunate separation of children from parents. (…) The media outrage usually does not include examination of why the Trump administration is enforcing existing laws that it inherited from the Bush and Obama administrations that at any time could have been changed by both Democratic and Republican majorities in Congress; of the use of often dubious asylum claims as a way of obtaining entry otherwise denied to those without legal authorization — a gambit that injures or at least hampers thousands with legitimate claims of political persecution; of the seeming unconcern for the safety of children by some would-be asylum seekers who illegally cross the border, rather than first applying legally at a U.S. consulate abroad; of the fact that many children are deliberately sent ahead, unescorted on such dangerous treks to help facilitate their own parents’ later entrance; of the cynicism of the cartels that urge and facilitate such mass rushes to the border to overwhelm general enforcement; and of the selective outrage of the media in 2018 in a fashion not known under similar policies and detentions of the past. In 2014, during a similar rush, both Barack Obama (“Do not send your children to the borders. If they do make it, they’ll get sent back.”) and Hillary Clinton (“We have to send a clear message, just because your child gets across the border, that doesn’t mean the child gets to stay. So, we don’t want to send a message that is contrary to our laws or will encourage more children to make that dangerous journey.”) warned — again to current media silence — would-be asylum seekers not to use children as levers to enter the U.S. (…) Mexico is the recipient of about $30 billion in annual remittances (aside from perhaps more than $20 billion annually sent to Central America) from mostly illegal aliens within the U.S. It is the beneficiary of an annual $71 billion trade surplus with the U.S. And it is mostly culpable for once again using illegal immigration and the lives of its own citizens — and allowing Central Americans unfettered transit through its country — as cynical tools of domestic and foreign policy. Illegal immigration, increasingly of mostly indigenous peoples, ensures an often racist Mexico City a steady stream of remittances (now its greatest source of foreign exchange), without much worry about how its indigent abroad can scrimp to send such massive sums back to Mexico. Facilitating illegal immigration also establishes and fosters a favorable expatriate demographic inside the U.S. that helps to recalibrate U.S. policy favorably toward Mexico. And Mexico City also uses immigration as a policy irritant to the U.S. that can be magnified or lessened, depending on Mexico’s own particular foreign-policy goals and moods at any given time.
All of the above call into question whether Mexico is a NAFTA ally, a neutral, or a belligerent, a status that may become perhaps clearer during its upcoming presidential elections. So far, it assumes that the optics of this human tragedy facilitate its own political agendas, but it may be just as likely that its cynicism could fuel renewed calls for a wall and reexamination of the entire Mexican–U.S. relationship and, indeed, NAFTA.
Victor Davis Hanson
This year there have been none of the usual Iranian provocations — frequent during the Obama administration — of harassing American ships in the Persian Gulf. Apparently, the Iranians now realize that anything they do to an American ship will be replied to with overwhelming force. Ditto North Korea. After lots of threats from Kim Jong-un about using his new ballistic missiles against the United States, Trump warned that he would use America’s far greater arsenal to eliminate North Korea’s arsenal for good. Trump is said to be undermining NATO by questioning its usefulness some 69 years after its founding. Yet this is not 1948, and Germany is no longer down. The United States is always in. And Russia is hardly out but is instead cutting energy deals with the Europeans. More significantly, most NATO countries have failed to keep their promises to spend 2 percent of their GDP on defense. Yet the vast majority of the 29 alliance members are far closer than the U.S. to the dangers of Middle East terrorism and supposed Russian bullying. Why does Germany by design run up a $65 billion annual trade surplus with the United States? Why does such a wealthy country spend only 1.2 percent of its GDP on defense? And if Germany has entered into energy agreements with a supposedly dangerous Vladimir Putin, why does it still need to have its security subsidized by the American military? Trump approaches NAFTA in the same reductionist way. The 24-year-old treaty was supposed to stabilize, if not equalize, all trade, immigration, and commerce between the three supposed North American allies. It never quite happened that way. Unequal tariffs remained. Both Canada and Mexico have substantial trade surpluses with the U.S. In Mexico’s case, it enjoys a $71 billion surplus, the largest of U.S. trading partners with the exception of China. Canada never honored its NATO security commitment. It spends only 1 percent of its GDP on defense, rightly assuming that the U.S. will continue to underwrite its security. During the lifetime of NAFTA, Mexico has encouraged millions of its citizens to enter the U.S. illegally. Mexico’s selfish immigration policy is designed to avoid internal reform, to earn some $30 billion in annual expatriate remittances, and to influence U.S. politics. Yet after more than two decades of NAFTA, Mexico is more unstable than ever. Cartels run entire states. Murders are at a record high. Entire towns in southern Mexico have been denuded of their young males, who crossed the U.S. border illegally. The U.S. runs a huge trade deficit with China. The red ink is predicated on Chinese dumping, patent and copyright infringement, and outright cheating. Beijing illegally occupies neutral islands in the South China Sea, militarizes them, and bullies its neighbors. All of the above has become the “normal” globalized world. But in 2016, red-state America rebelled at the asymmetry. The other half of the country demonized the red-staters as protectionists, nativists, isolationists, populists, and nationalists. However, if China, Europe, and other U.S. trading partners had simply followed global trading rules, there would have been no Trump pushback — and probably no Trump presidency at all. Had NATO members and NAFTA partners just kept their commitments, and had Mexico not encouraged millions of its citizens to crash the U.S. border, there would now be little tension between allies. Instead, what had become abnormal was branded the new normal of the post-war world. Again, a rich and powerful U.S. was supposed to subsidize world trade, take in more immigrants than all the nations of the world combined, protect the West, and ensure safe global communications, travel, and commerce. After 70 years, the effort had hollowed out the interior of America, creating two separate nations of coastal winners and heartland losers. Trump’s entire foreign policy can be summed up as a demand for symmetry from all partners and allies, and tit-for-tat replies to would-be enemies. Did Trump have to be so loud and often crude in his effort to bully America back to reciprocity? Who knows? But it seems impossible to imagine that globalist John McCain, internationalist Barack Obama, or gentlemanly Mitt Romney would ever have called Europe, NATO, Mexico, and Canada to account, or warned Iran or North Korea that tit would be met by tat. Victor Davis Hanson

Attention: un dépotoir peut en cacher un autre !

Au lendemain du Sommet de l’Otan et de la visite au Royaume-Uni

D’un président américain contre lequel se sont à nouveau déchainés nos médias et nos belles âmes …

Et en cette finale de la Coupe du monde en un pays qui, entre dopage et corruption, empoisonne les citoyens de ses partenaires …

A l’heure où des mensonges nucléaires et de l’aventurisme militaire des Iraniens

Aux méga-excédents commerciaux et filouteries sur la propriété intellectuelle des Chinois …

Comme aux super surplus du commerce extérieur, la radinerie défensive et la mise sous tutelle énergétique russe des Allemands

Et sans parler, entre deux attentats terroristes ou émeutes urbaines, du « business » juteux (quelque 7 milliards annuels quand même !) des passeurs de prétendus « réfugiés » …

L’actualité comme les sondages confirment désormais presque quotidiennement les fortes intuitions de l’éléphant dans le magasin de porcelaine …

Comment qualifier un pays qui …

Derrière les « fake news » et images victimaires dont nous bassinent jour après jour nos médias …

Et entre le contrôle d’états entiers par les cartels de la drogue, les taux d’homicides records et les villes entières vidées de leurs forces vives par l’émigration sauvage …

Se permet non seulement, comme le rappelle l’historien militaire américain Victor Davis Hanson, d’intervenir dans la politique américaine …

Mais encourage, à la Castro et repris de justice compris, ses citoyens par millions à pénétrer illégalement aux États-Unis …

Alors qu’il bénéficie par ailleurs, avec plus de 70 milliards de dollars et sans compter les quelque 30 milliards de ses expatriés, du plus important excédent commercial avec les Etats-Unis après la Chine ?

Reciprocity Is the Method to Trump’s Madness
Victor Davis Hanson

National Review

July 12, 2018

The president sends a signal: Treat us the way we treat you, and keep your commitments.Critics of Donald Trump claim that there’s no rhyme or reason to his foreign policy. But if there is a consistency, it might be called reciprocity.

Trump tries to force other countries to treat the U.S. as the U.S. treats them. In “don’t tread on me” style, he also warns enemies that any aggressive act will be replied to in kind.

The underlying principle of Trump commercial reciprocity is that the United States is no longer powerful or wealthy enough to alone underwrite the security of the West. It can no longer assume sole enforcement of the rules and protocols of the post-war global order.

This year there have been none of the usual Iranian provocations — frequent during the Obama administration — of harassing American ships in the Persian Gulf. Apparently, the Iranians now realize that anything they do to an American ship will be replied to with overwhelming force.

Ditto North Korea. After lots of threats from Kim Jong-un about using his new ballistic missiles against the United States, Trump warned that he would use America’s far greater arsenal to eliminate North Korea’s arsenal for good.

Trump is said to be undermining NATO by questioning its usefulness some 69 years after its founding. Yet this is not 1948, and Germany is no longer down. The United States is always in. And Russia is hardly out but is instead cutting energy deals with the Europeans.

More significantly, most NATO countries have failed to keep their promises to spend 2 percent of their GDP on defense.

Yet the vast majority of the 29 alliance members are far closer than the U.S. to the dangers of Middle East terrorism and supposed Russian bullying.

Why does Germany by design run up a $65 billion annual trade surplus with the United States? Why does such a wealthy country spend only 1.2 percent of its GDP on defense? And if Germany has entered into energy agreements with a supposedly dangerous Vladimir Putin, why does it still need to have its security subsidized by the American military?

Canada never honored its NATO security commitment. It spends only 1 percent of its GDP on defense, rightly assuming that the U.S. will continue to underwrite its security.

Trump approaches NAFTA in the same reductionist way. The 24-year-old treaty was supposed to stabilize, if not equalize, all trade, immigration, and commerce between the three supposed North American allies.

It never quite happened that way. Unequal tariffs remained. Both Canada and Mexico have substantial trade surpluses with the U.S. In Mexico’s case, it enjoys a $71 billion surplus, the largest of U.S. trading partners with the exception of China.

Canada never honored its NATO security commitment. It spends only 1 percent of its GDP on defense, rightly assuming that the U.S. will continue to underwrite its security.

During the lifetime of NAFTA, Mexico has encouraged millions of its citizens to enter the U.S. illegally. Mexico’s selfish immigration policy is designed to avoid internal reform, to earn some $30 billion in annual expatriate remittances, and to influence U.S. politics.

Yet after more than two decades of NAFTA, Mexico is more unstable than ever. Cartels run entire states. Murders are at a record high. Entire towns in southern Mexico have been denuded of their young males, who crossed the U.S. border illegally.

The U.S. runs a huge trade deficit with China. The red ink is predicated on Chinese dumping, patent and copyright infringement, and outright cheating. Beijing illegally occupies neutral islands in the South China Sea, militarizes them, and bullies its neighbors.

All of the above has become the “normal” globalized world.

If China, Europe, and other U.S. trading partners had simply followed global trading rules, there would have been no Trump pushback — and probably no Trump presidency at all.
But in 2016, red-state America rebelled at the asymmetry. The other half of the country demonized the red-staters as protectionists, nativists, isolationists, populists, and nationalists.

However, if China, Europe, and other U.S. trading partners had simply followed global trading rules, there would have been no Trump pushback — and probably no Trump presidency at all.

Had NATO members and NAFTA partners just kept their commitments, and had Mexico not encouraged millions of its citizens to crash the U.S. border, there would now be little tension between allies.

Instead, what had become abnormal was branded the new normal of the post-war world.

Again, a rich and powerful U.S. was supposed to subsidize world trade, take in more immigrants than all the nations of the world combined, protect the West, and ensure safe global communications, travel, and commerce.

After 70 years, the effort had hollowed out the interior of America, creating two separate nations of coastal winners and heartland losers.

Trump’s entire foreign policy can be summed up as a demand for symmetry from all partners and allies, and tit-for-tat replies to would-be enemies.

Did Trump have to be so loud and often crude in his effort to bully America back to reciprocity?

Who knows?

But it seems impossible to imagine that globalist John McCain, internationalist Barack Obama, or gentlemanly Mitt Romney would ever have called Europe, NATO, Mexico, and Canada to account, or warned Iran or North Korea that tit would be met by tat.

Voir aussi:

Pompeo on What Trump Wants
An interview with Trump’s top diplomat on America First and ‘the need for a reset.’
Walter Russell Mead
The Wall Street Journal
June 25, 2018

Is the Trump administration out to wreck the liberal world order? No, insisted Secretary of State Mike Pompeo in an interview at his office in Foggy Bottom last week: The administration’s aim is to align that world order with 21st-century realities.
Many of the economic and diplomatic structures Mr. Trump stands accused of undermining, Mr. Pompeo argues, were developed in the aftermath of World War II. Back then, he tells me, they “made sense for America.” But in the post-Cold War era, amid a resurgence of geopolitical competition, “I think President Trump has properly identified a need for a reset.”
Mr. Trump is suspicious of global institutions and alliances, many of which he believes are no longer paying dividends for the U.S. “When I watch President Trump give guidance to our team,” Mr. Pompeo says, “his question is always, ‘How does that structure impact America?’ ” The president isn’t interested in how a given rule “may have impacted America in the ’60s or the ’80s, or even the early 2000s,” but rather how it will enhance American power “in 2018 and beyond.”
Mr. Trump’s critics have charged that his “America First” strategy reflects a retreat from global leadership. “I see it fundamentally differently,” Mr. Pompeo says. He believes Mr. Trump “recognizes the importance of American leadership” but also of “American sovereignty.” That means Mr. Trump is “prepared to be disruptive” when the U.S. finds itself constrained by “arrangements that put America, and American workers, at a disadvantage.” Mr. Pompeo sees his task as trying to reform rules “that no longer are fair and equitable” while maintaining “the important historical relationships with Europe and the countries in Asia that are truly our partners.”
The U.S. relationship with Germany has come under particular strain. Mr. Pompeo cites two reasons. “It is important that they demonstrate a commitment to securing their own people,” he says, in reference to Germany’s low defense spending. “When they do so, we’re prepared to do the right thing and support them.” And then there’s trade. The Germans, he says, need to “create tariff systems and nontariff-barrier systems that are equitable, reciprocal.”
But Mr. Pompeo does not see the U.S.-German rift as a permanent reorientation of U.S. foreign policy. Once the defense and trade issues are addressed, “I’m very confident that the relationship will go from these irritants we see today to being as strong as it ever was.” He adds that he has a “special place in my heart” for Germany, having spent his “first three years as a soldier patrolling . . . the West and East German border.”
In addition to renegotiating relationships with existing allies, the Trump administration is facing newly assertive great-power adversaries. “For a decade plus,” Mr. Pompeo says, U.S. foreign policy was “very focused on counterrorism and much less on big power struggles.” Today, while counterterrorism remains a priority, geopolitics is increasingly defined by conflicts with powerful states like China and Russia.
Mr. Pompeo says the U.S. must be assertive but flexible in dealing with both Beijing and Moscow. He wants the U.S. relationship with China to be defined by rule-writing and rule-enforcing, not anarchic struggle. China, he says, hasn’t honored “the normal set of trade understandings . . . where these nation states would trade with each other on fair and reciprocal terms; they just simply haven’t done it. They’ve engaged in intellectual property theft, predatory economic practices.”
Avoiding a more serious confrontation with China down the line will require both countries to appreciate one another’s long-term interests. The U.S. can’t simply focus on “a tariff issue today, or a particular island China has decided to militarize” tomorrow. Rather, the objective must be to create a rules-based structure to avoid a situation in which “zero-sum is the endgame for the two countries.”
Mr. Pompeo also sees room for limited cooperation with Russia even as the U.S. confronts its revisionism. “There are many things about which we disagree. Our value sets are incredibly different, but there are also pockets where we find overlap,” he says. “That’s the challenge for a secretary of state—to identify those places where you can work together, while protecting America against the worst pieces of those governments’ activities.”
Mr. Pompeo says his most important daily task is to understand what the president is thinking. As he prepared for the job, “I spoke to every living former secretary of state,” Mr. Pompeo says. “They gave me two or three big ideas about things you needed to do to successfully deliver on American foreign policy. Not one of them got out of their top two without saying that a deep understanding and good relationship with the commander in chief—with the person whose foreign policy you’re implementing—is absolutely central.”
He continues: “It needs to be known around the world that when you speak, you’re doing so with a clear understanding of what the president is trying to achieve. So I spend a lot of time thinking about that—trying to make sure that I have my whole workforce, my whole team, understanding the commander’s intent in a deep way.”
And the president’s agenda, as Mr. Pompeo communicates it, is one of extraordinary ambition: to rewrite the rules of world order in America’s favor while working out stable relationships with geopolitical rivals. Those goals may prove elusive. Inertia is a powerful force in international relations, and institutions and pre-existing agreements are often hard to reform.
Among other obstacles, the Trump agenda creates the risk of a global coalition forming against American demands. American efforts to negotiate more favorable trading arrangements could lead China, Europe and Japan to work jointly against the U.S. That danger is exacerbated by Mr. Trump’s penchant for dramatic gestures and his volatile personal style.
Yet the U.S. remains, by far, the world’s most powerful nation, and many countries will be looking for ways to accommodate the administration at least partially. Mr. Trump is right that the international rules and institutions developed during the Cold War era must be retooled to withstand new political, economic and military pressures.
Mr. Pompeo believes that Mr. Trump’s instincts, preferences, and beliefs constitute a coherent worldview. The secretary’s aim is to undertake consistent policy initiatives based on that worldview. This endeavor will strike many of the administration’s critics as quixotic. But Mr. Pompeo is unquestionably right that no secretary of state can succeed without the support of the president, and he is in a better position than most to understand Mr. Trump’s mind.
The world will soon see whether the president’s tweets of iron can be smoothly sheathed in a diplomatic glove.
Voir également:

De Cuba aux Etats-Unis : il y a trente ans, les Marielitos

Michel Faure

C’était il y a trente ans très exactement. Mai 1980. J’étais jeune journaliste, envoyé spécial de Libération à Key West, en Floride. Je restais des heures, fasciné, sur le quai du port où arrivaient, les unes après les autres en un flot continu extraordinaire, des embarcations diverses -bateaux de pêche, petits et gros, vedettes de promenade, yachts chics– chargées de réfugiés cubains.

C’était une noria incessante, menée avec beaucoup d’enthousiasme. Ces bateaux battaient tous pavillon des Etats-Unis et, pour la plupart, étaient la propriété d’exilés cubains vivant en Floride. Ils débarquaient leurs passagers sous les vives lumières des télévisions et les applaudissements d’une foule de badauds émus aux larmes et scrutant chaque visage avec intensité, dans l’espoir d’y retrouver les traits d’un parent, d’un ami ou d’un amour perdu de vue depuis plus de vingt ans.

Puis les bateaux repartaient pour un nouveau voyage à Mariel, le port cubain d’où partaient les exilés et qui leur donnera un surnom, « los Marielitos ».

La Croix Rouge et la logistique gouvernementale américaine ont fait du bon travail. Les arrivants, épuisés, l’air perdu, souvent inquiets, étaient accueillis avec égards, hydratés, nourris et enveloppés de couvertures.

Ils passaient à travers un double contrôle, médical et personnel, avant d’être rassemblés sous un immense hangar, libres de répondre, s’ils le souhaitaient, aux questions des journalistes, avant d’être transportés par avion à Miami.

Quand les Cubains étaient accueillis sous les bravos

Ceux que j’ai rencontrés, dans ces instants encore très incertains pour eux, racontaient plus ou moins la même histoire : la misère de tous les jours sous la surveillance constante des CDR, les Comités de la révolution, les commissaires politiques du quartier qui avaient (et ont toujours) le pouvoir de vous rendre la vie à peu près tolérable ou de vous la pourrir à jamais.

Oser dire qu’on aurait aimé vivre ailleurs n’arrangeait pas votre cas. Un mot du CDR et vous perdiez votre boulot. Le travail privé n’existant pas, le seul fait de survivre était l’indice d’un délit, genre travail au noir. Pour des raisons éminemment politiques, vous vous retrouviez donc en prison, délinquant de droit commun.

Bref, la routine infernale, les engrenages implacables et cruels de la criminalisation de la vie quotidienne pour quiconque ne courbait pas l’échine.

A Miami, dans un stade gigantesque, j’ai assisté quelques jours plus tard à des scènes de tragédies antiques, émouvantes à en pleurer. Les milliers de sièges du stade étaient occupés par des familles cubaines vivant aux Etats-Unis et, de jour comme de nuit, arrivaient de l’aéroport des autobus qui déposaient leurs occupants débarqués de Mariel (en ce seul mois de mai 1980, ils furent 86 000).

Ils étaient accueillis dans le stade sous les bravos. Puis, dans le silence revenu, un speaker énonçait ces noms interminables dont le castillan a le secret, ces Maria de la Luz Martinez de Sanchez, ou ces José-Maria Antonio Perez Rodriguez.

Et soudain, un cri dans un coin du stade, le faisceau lumineux des télés pointé vers un groupe de gens sautant en l’air de joie puis dévalant les escaliers du stade pour tomber dans les bras des cousins ou frères et sœurs retrouvés.

La stratégie de Fidel Castro

Cet exode des Marielitos a commencé par un coup de force. Le 5 avril 1980, 10 000 Cubains entrent dans l’ambassade du Pérou à La Havane et demandent à ce pays de leur accorder asile.

Dix jours plus tard, Castro déclare que ceux qui veulent quitter Cuba peuvent le faire à condition d’abandonner leurs biens et que les Cubains de Floride viennent les chercher au port de Mariel.

L’hypothèse est que Castro voit dans cette affaire une double opportunité :

  • Il se débarrasse d’opposants -il en profite également pour vider ses prisons et ses asiles mentaux et sans doute infiltrer, parmi les réfugiés, quelques agents castristes ;
  • Il espère que cet afflux soudain d’exilés va profondément déstabiliser le sud de la Floride et affaiblir plus encore le brave Président Jimmy Carter, préchi-prêcheur démocrate des droits de l’homme, un peu trop à gauche pour endosser l’habit de grand Satan impérialiste que taille à tous les élus de la Maison Blanche le leader cubain.

De fait, du 15 avril au 31 octobre 1980, quelque 125 000 Cubains quitteront l’île. 2 746 d’entre eux ont été considérés comme des criminels selon les lois des Etats-Unis et incarcérés.

L’économie de la région de Miami a absorbé en deux ou trois ans le choc de cet exode et, depuis, se porte très bien, notamment parce que de nombreux exilés étaient des professionnels diplômés (médecins, professeurs…) qui non seulement se sont facilement intégrés au sein de la société de Miami, mais l’ont aussi dynamisée.

Parmi les Marielitos, un poète : Reinaldo Arenas

En août 1994, 30 000 autres Cubains, « los Balseros » -ainsi nommés parce qu’ils s’enfuyaient par la mer sur des embarcations aussi précaires que des « balsas », des chambres à air de camion- ont rejoint à leur tour les côtes de Floride.

Puis la politique a repris la main. Castro a compris que le spectacle de ces exodes à répétition et le nombre et la qualité des exilés fragilisaient l’image du régime et son avenir. Les Etats-Unis, quant à eux, ont entendu les voix des conservateurs défenseurs des frontières.

Tout cela a abouti à un accord migratoire qui traduit une politique américaine absurde et déshonorante consistant à n’admettre sur le territoire des Etats-Unis que ceux qui l’auront touché du pied, et renvoyer tous les autres en direction de Cuba qu’ils fuyaient.

L’accommodement avec une dictature l’a emporté sur la générosité à l’endroit de ses réfugiés.

Parmi les Marielitos, il faut noter la présence de l’écrivain et poète Reinaldo Arenas, qui mourra quelques années plus tard du sida, à New York. Son véritable crime fut d’être homosexuel et son livre, « Avant la Nuit », a été remarquablement adapté en 2000 par Julian Schnabel avec le film « Before the Night Falls ». Il montre la terrible épreuve que fut pour tous les exilés le passage des contrôles du port de Mariel.

Voir de même:

Trump Was Right: Castro Did Send Criminals to U.S.

The Weekly Standard

If you ever worry about the quality of news on the Internet, consider a recent story at BuzzFeed from reporter Adrian Carrasquillo. The writer notes indignantly that Donald Trump’s infamous campaign comments about Mexican immigrants were not unprecedented: Speaking on a radio talk show, in 2011, Trump had anticipated his claim that « Mexico was sending criminals and rapists » to the United States (in Carrasquillo’s words) by « appear[ing] to suggest Fidel Castro had hatched a similar gambit. »

Here is what Trump said in 2011:

I remember, years ago, where Castro was sending his worst over to this country. He was sending criminals over to this country, and we’ve had that with other countries where they use us as a dumping ground.

Carrasquillo acknowledged that Trump’s facts are not imaginary— »Trump was speaking about the Mariel boatlift in 1980, when more than 125,000 Cubans came to the U.S. because of the island’s floundering economy »—but he seems to have gleaned what knowledge he has about the Mariel boatlift from the Internet, or perhaps a friend or neighbor: « Castro did send prisoners and mentally ill people to the U.S. mixed in with other refugees, » Carrasquillo wrote.

In fact, of course, it was not Cuba’s « floundering economy »—Cuba’s economy, it could reasonably be argued, has always been floundering—that prompted the exodus; it was Fidel Castro’s malice. The Jimmy Carter administration, as Democratic administrations tend to do, had been seeking a rapprochement with the Cuban regime, and in early 1980, Castro—habitually angered by the official American welcome to Cuban refugees—rewarded Carter’s credulity by emptying his nation’s jails, prisons, and mental institutions and sending their occupants, in overcrowded vessels, across the Straits of Florida to Miami.

It was an extraordinarily cruel, and cynical, gesture on Castro’s part; but of course, hardly surprising. And in any case, it swiftly halted Carter’s flirtation with Cuba.

What Adrian Carrasquillo doesn’t appear to know, however, and what gives this episode contemporary resonance, is that the Mariel boatlift, and its attendant migrant crisis, had political repercussions that extend to the present day. One of the repositories for Cuban criminals chosen by the Carter White House was Fort Chaffee, Arkansas, where there were subsequent riots and mass escapes. The governor of Arkansas, one Bill Clinton, was furious that his state had been chosen to pay the price for Carter’s misjudgment—and he complained loudly and publicly about it. So loudly, in fact, that it made Carter’s efforts to settle refugees elsewhere politically toxic.

Jimmy Carter never forgave Bill Clinton for the Mariel/Fort Chaffee debacle. And vice versa, since it was one of the main reasons which led to Clinton’s defeat for re-election in November 1980. It also explains the continued enmity between the senior living Democratic ex-president, Carter, and Clinton—whose wife Hillary is currently running for president.

A handful of lessons may be drawn from all this: The roots of political issues are deep and complicated; the settlement of refugees is a sensitive matter; and it seldom pays presidents to trust the Castro regime. From a journalistic standpoint, however, it raises an urgent question: Does BuzzFeed employ editors with knowledge of events before, say, 2011?

Voir de plus:

Years Before Mexican Comments, Trump Said Castro Was Sending Criminals To U.S.
« I remember, years ago, where Castro was sending his worst over to this country. He was sending criminals over to this country, and we’ve had that with other countries where they use us as a dumping ground. »
Adrian Carrasquillo
BuzzFeed News
October 6, 2016

Four years before Donald Trump roiled the presidential race by announcing that Mexico was sending criminals and rapists — their worst — to the U.S., he appeared to suggest Fidel Castro had hatched a similar gambit.

Speaking on Laura Ingraham’s radio show in 2011, Trump took a rhetorical tact that will be familiar to anyone paying even a passing interest to the 2016 presidential election.

« You either have borders or you don’t have borders. Now, that doesn’t mean you can’t make it possible for somebody that’s really good to become a citizen. But I think part of the problem that this country has is we’re taking in people that are, in some cases, good, and in some cases, are not good and in some cases are criminals, » Trump said.

« I remember, years ago, where Castro was sending his worst over to this country. He was sending criminals over to this country, and we’ve had that with other countries where they use us as a dumping ground, » he continued. « And frankly, the fact that we allow that to happen is what’s really hurting this country very badly. »

Liberal media watchdog Media Matters provided the audio from their archives, after a request by BuzzFeed News.

While Trump does not mention Fidel Castro’s full name, he made similar comments about Cubans on conservative radio last summer, just weeks after his initial remarks about Mexicans during his June announcement.

“And they’re sending — if you remember, years ago, when Castro opened up his jails, his prisons, and he sent them all over to the United States because let the United States have them,” Trump said. “And you know, these were the many hardcore criminals that he sent over. »

Trump was speaking about the Mariel boatlift in 1980, when more than 125,000 Cubans came to the U.S. because of the island’s floundering economy. Castro did send prisoners and mentally ill people to the U.S. mixed in with other refugees.

In a statement, Trump campaign senior advisor and Hispanic outreach director, AJ Delgado, said his remarks in 2011 were absolutely correct and only underscore his « keen awareness » of historical facts.

« The 1980 Mariel boatlift out of Cuba certainly did contain thousands of criminals, including violent criminals, the Castro regime having taken it as an opportunity to empty many of its prisons and send those individuals to the U.S, » she said, stressing that the matter is not in dispute.

« Worth noting, this 2011 audio also proves Mr. Trump’s years-long consistency: even five years ago, he was advocating for the same sound immigration policies he advocates today — one that places Americans’ safety and security first, » she added.

Trump’s relationship with Cuban-American voters is somewhat unusual for a Republican nominee. For years, support for the embargo on Cuba has been a major Republican plank; a recent Newsweek report also alleged that Trump violated the Cuban embargo when he disguised payments from his companies in Cuba in an attempt to make money on the island.

The Republican nominee changed his opinion on immigration multiple times in the past few years, including during the campaign. But he has also struck a nativist and restrictionist tone on the dangers and nefarious intentions of foreigners coming to the country for years. Though Barack Obama’s two campaigns showed the traditionally Republican voting bloc beginning to fray somewhat, that’s put more pressure on those voters, particularly younger ones.

« We know how Donald Trump feels about the Hispanic community, and this is just more of the same, » said Joe Garcia, a Cuban-American Democrat running for congress in Florida where Trump has become a flashpoint in his race against Rep. Carlos Curbelo, who has also denounced Trump. « Whether he makes hateful statements today or five years ago, Trump’s sentiments toward minority groups have been very clear. »

Ana Navarro, a CNN commentator and Republican strategist who has staunchly opposed Trump, noted that being a « marielito » was somewhat taboo for a while, « but it’s important not to forget all the good people who came. Many have gone on to make great contributions to the U.S. »

Jose Parra, a Democratic strategist from Florida who served as a senior adviser to Sen. Harry Reid, argued the comments leave no doubt that Trump doesn’t just have it out for Mexicans.

« Now we know that when he says Mexicans, he means all Hispanics, » Parra said. « He was talking about Cubans in this case… the issue is Hispanics not Mexicans. It’s immigrants period. »

Nathaniel Meyersohn contributed reporting.

Voir encore:

Trump Says Mexican Immigrants Are Just Like « Hardcore Criminals » Castro Sent To U.S.
Trump also took credit for bringing to the public’s attention the death of a San Francisco woman killed by an undocumented immigrant.
Andrew Kaczynski
BuzzFeed News
July 10, 2015

Republican presidential candidate Donald Trump on Wednesday compared undocumented Mexican immigrants to the « hardcore criminals » Fidel Castro sent to the United States in the early 1980s.

Speaking on conservative radio, the real estate mogul addressed the controversy surrounding his characterization of Mexican immigrants as « rapists » in his presidential announcement speech.

« A lot of people said, ‘Would you apologize?’ I said, ‘Absolutely, I’d apologize, if there was something to apologize for, » Trump told radio host Wayne Dupree on Wednesday.

« But what I said is exactly true. You understand that, Wayne. And what I’m saying — and I have great respect for the Mexican people. I love the Mexican people. I have many Mexicans working for me and they’re great. »

« But that’s — we’re not talking about — we’re talking about a government that’s much smarter than our government, » Trump continued. « Much sharper, more cunning than our government, and they’re sending people. »

Trump then went on to compare the immigrants coming into the country from Mexico to Cuban exiles who came to the U.S. as a part of the Mariel boatlift in 1980. Many of those exiles were later found to be inmates released from Cuban prisons and mental health facilities.

« And they’re sending — if you remember, years ago, when Castro opened up his jails, his prisons, and he sent them all over to the United States because let the United States have them, » Trump stated. « And you know, these were the many hardcore criminals that he sent over. And, you know, that was a long time ago but essentially Mexico is sending over — as an example, this horrible guy that killed a beautiful woman in San Francisco. Mexico doesn’t want him. So they send him over. How do you think he got over here five times? They push him out. They’re pushing their problems onto the United States, and we don’t talk about it because our politicians are stupid. »

Trump then took credit for bringing to the public’s attention the death of the San Francisco woman killed by an undocumented immigrant.

« I don’t even think it’s a question of, uh, good politics. I think they’re just stupid. I don’t think they know what they’re doing. So I bring it up and, you’re right, it became a big story, » said Trump.

« And I’ll tell you something: the young woman that was killed — that was a statistic. That wasn’t even a story. My wife brought it up to me. She said, you know, she saw this little article about the young woman in San Francisco that was killed, and I did some research and I found out that she was killed by this animal … who illegally came into the country many times, by the way, and who has a long record of convictions. And I went public with it and now it’s the biggest story in the world right now. … Her life will be very important for a lot of reasons, but one of them would be that she’s throwing light and showing light on what’s happening in this country. »

Voir par ailleurs:

The White House Used This Moment as Proof the U.S. Should Cut Immigration. Its Real History Is More Complicated

Julio Capó, Jr.

Time
August 4, 2017

This week, as President Trump comes out in support of a bill that seeks to halve legal immigration to the United States, his administration is emphasizing the idea that Americans and their jobs need to be protected from all newcomers—undocumented and documented. To support that idea, his senior policy adviser Stephen Miller has turned to a moment in American history that is often referenced by those who support curbing immigration: the Mariel boatlift of 1980. But, in fact, much of the conventional wisdom about that episode is based on falsehoods rooted in Cold War rhetoric.

During a press briefing on Wednesday, journalist Glenn Thrush asked Miller to provide statistics showing the correlation between the presence of low-skill immigrants and decreased wages for U.S.-born and naturalized workers. In response, Miller noted the findings of a recent study by Harvard economist George Borjas on the Mariel boatlift, which contentiously argued that the influx of over 125,000 Cubans who entered the United States from April to October of 1980 decreased wages for southern Florida’s less educated workers. Borjas’ study, which challenged an earlier influential study by Berkeley economist David Card, has received major criticisms. A lively debate persists among economists about the study’s methods, limited sample size and interpretation of the region’s racial categories—but Miller’s conjuring of Mariel is contentious on its own merits.

The Mariel boatlift is an outlier in the pages of U.S. immigration history because it was, at its core, a result of Cold War posturing between the United States and Cuba.

Fidel Castro found himself in a precarious situation in April 1980 when thousands of Cubans stormed the Peruvian embassy seeking asylum. Castro opened up the port of Mariel and claimed he would let anyone who wanted to leave Cuba to do so. Across the Florida Straits, the United States especially prioritized receiving people who fled communist regimes as a Cold War imperative. Because the newly minted Refugee Act had just been enacted—largely to address the longstanding bias that favored people fleeing communism—the Marielitos were admitted under an ambiguous, emergency-based designation: “Cuban-Haitian entrant (status pending).” At this week’s press conference, Miller avoided discussions of guest workers because they enter under separate procedures. It’s important to note, however, that the Marielitos also entered under a separate category.

In order to save face, Castro put forward the narrative that the Cubans who sought to leave the island were the dregs of society and counter-revolutionaries who needed to be purged because they could never prove productive to the nation. This sentiment, along with reports that he had opened his jails and mental institutes as part of this boatlift, fueled a mythology that the Marielitos were a criminal, violent, sexually deviant and altogether “undesirable” demographic.

In reality, more than 80% of the Marielitos had no criminal past, even in a nation where “criminality” could include acts antithetical to the revolutionary government’s ideals. In addition to roughly 1,500 mentally and physically disabled people, this wave of Cubans included a significant number of sex workers and queer and transgender people—some of whom were part of the minority who had criminal-justice involvement, having been formerly incarcerated because of their gender and sexual transgression.

Part of what made Castro’s propaganda scheme so successful was that his regime’s repudiation of Marielitos found an eager audience in the United States among those who found it useful to fuel the nativist furnace. U.S. legislators, policymakers and many in the general public accepted Castro’s negative depiction of the Marielitos as truth. By 1983, the film Scarface had even fictionalized a Marielito as a druglord and violent criminal.

Then and now, the boatlift proved incredibly unpopular among those living in the United States and is often cited as one of the most vivid examples of the dangers of lax immigration enforcement. In fact, many of President Jimmy Carter’s opponents listed Mariel as one of his and the Democratic Party’s greatest failures, even as his Republican successor, President Ronald Reagan, also embraced the Marielitos as part of an ideological campaign against Cuba. And the political consequences of the reaction to Mariel didn’t stop there: the episode also helped birth the English-only movement in the United States, after Dade County residents voted to remove Spanish as a second official language in November of 1980. (The new immigration proposal that Trump supports would also privilege immigrants who can speak English.)

While the Mariel boatlift—with its massive influx of people in a short period of time—may appear to be an ideal case study for economists to explore whether immigrants decreased wages for U.S.-born workers, its Cold War-influenced and largely anomalous history makes it less so.

During this week’s press conference, Miller later told Thrush that, more than statistics, we should use “common sense” in crafting our policies. As the case of the Mariel boatlift shows, so-called common sense can be inextricably informed by ulterior motives, prejudice and global political disagreement. When history is used to inform policy decisions, this too must be factored.

Historians explain how the past informs the present

Julio Capó, Jr. is assistant professor of history at the University of Massachusetts, Amherst and was a visiting scholar at the United States Studies Centre at the University of Sydney. His book on Miami’s queer past, Welcome to Fairyland, is forthcoming from the University of North Carolina Press.

Voir aussi:

There’s no evidence that immigrants hurt any American workers
The debate over the Mariel boatlift, a crucial immigration case study, explained.
Michael Clemens

Aug 3, 2017

Pressed by a New York Times reporter yesterday for evidence that immigration hurts American workers, White House senior adviser Stephen Miller said: “I think the most recent study I would point to is the study from George Borjas that he just did about the Mariel Boatlift.” Michael Clemens recently explained why that much-cited study shouldn’t be relied upon:

Do immigrants from poor countries hurt native workers? It’s a perpetual question for policymakers and politicians. That the answer is a resounding “Yes!” was a central assertion of Donald Trump’s presidential campaign. When a study by an economist at Harvard University recently found that a famous influx of Cuban immigrants into Miami dramatically reduced the wages of native workers, immigration critics argued that the debate was settled.

The study, by Harvard’s George Borjas, first circulated as a draft in 2015, and was finally published in 2017. It drew attention from the Atlantic, National Review, New Yorker, and others. Advocates of restricting immigration declared that the study was a “BFD” that had “nuked” their opponents’ views. The work underpinning the paper became a centerpiece of Borjas’s mass-market book on immigration, We Wanted Workers, which has been cited approvingly by US Attorney General Jeff Sessions as proving the economic harms of immigration.

But there’s a problem. The study is controversial, and its finding — that the Cuban refugees caused a large, statistically unmistakable fall in Miami wages — may be simply spurious. This matters because what happened in Miami is the one historical event that has most shaped how economists view immigration.

In his article, Borjas claimed to debunk an earlier study by another eminent economist, David Card, of UC Berkeley, analyzing the arrival of the Cubans in Miami. The episode offers a textbook case of how different economists can reach sharply conflicting conclusions from exactly the same data.

Yet this is not an “on the one hand, on the other” story: My own analysis suggests that Borjas has not proved his case. Spend a few minutes digging into the data with me, and it will become apparent that the data simply does not allow us to conclude that those Cubans caused a fall in Miami wages, even for low-skill workers.

The Mariel boatlift offered economists a remarkable opportunity to study the effect of immigration

For an economist, there’s a straightforward way to study how low-skill immigration affects native workers: Find a large, sudden wave of low-skill immigrants arriving in one city only. Watch what happens to wages and employment for native workers in that city, and compare that to other cities where the immigrants didn’t go.

An ideal “natural experiment” like this actually happened in Miami in 1980. Over just a few months, 125,000 mostly low-skill immigrants arrived from Mariel Bay, Cuba. This vast seaborne exodus — Fidel Castro briefly lifted Cuba’s ban on emigration -— is known as the Mariel boatlift. Over the next few months, the workforce of Miami rose by 8 percent. By comparison, normal immigration to the US increases the nationwide workforce by about 0.3 percent per year. So if immigrants compete with native workers, Miami in the 1980s is exactly where you should see natives’ wages drop.

Berkeley’s Card examined the effects of the Cuban immigrants on the labor market in a massively influential study in 1990. In fact, that paper became one of the most cited in immigration economics. The design of the study was elegant and transparent. But even more than that, what made the study memorable was what Card found.

In a word: nothing.

The Card study found no difference in wage or employment trends between Miami — which had just been flooded with new low-skill workers — and other cities. This was true for workers even at the bottom of the skills ladder. Card concluded that “the Mariel immigration had essentially no effect on the wages or employment outcomes of non-Cuban workers in the Miami labor market.”

You can see Card’s striking result in the graph below: There’s just no sign of a dip in low-skill Miami wages after the huge arrival of low-skill Cubans in 1980. The red line is the average wage, in each year, for workers in Miami, ages 19 to 65, whose education doesn’t go beyond high school. The dotted red lines show the interval of statistical confidence, so the true average wage could fall anywhere between the dotted lines.

These estimates come from a slice of a nationwide survey, in which small groups of individuals are chosen to represent the broader population. (It’s known as the March Supplement of the Current Population Survey, or CPS). Carving out low-skill workers in Miami alone, that leaves an average of 185 observations of workers per year, during the crucial years.

The gray dashed line shows what the wage would be if the pre-1980 trend had simply continued after 1980. As you can see, there is no dip in wages after those Cubans greatly increased the low-skill labor supply in 1980. If anything, wages rose relative to their previous trend in Miami. The same is true relative to wage trends in other, similar cities.

Current Population Survey, Clemens

Economists ever since have tried to explain this remarkable result. Was it that the US workers who might have suffered a wage drop had simply moved away? Had low-skill Cubans made native Miamians more productive by specializing in different tasks, thus stimulating the local economy? Was it that the Cubans’ own demand for goods and services had generated as many jobs in Miami as they filled? Or perhaps was it that Miami employers shifted to production technologies that used more low-skill labor, absorbing the new labor supply?

Regardless, there was no dip in wages to explain. The real-life economy was evidently more complex than an “Econ 101” model would predict. Such a model would require wages to fall when the supply of labor, through immigration, goes up.

Slicing up the data — all too finely

This is where two new studies came in, decades after Card’s — in 2015. One, by Borjas, claims that Card’s analysis had obscured a large fall in the wages of native workers by using too broad a definition of “low-skill worker.” Card’s study had looked at the wages of US workers whose education extended only to high school or less. That was a natural choice, since about half of the newly-arrived Cubans had a high school degree, and half didn’t.

Borjas, instead, focuses on workers who did not finish high school — and claimed that the Boatlift caused the wages of those workers, those truly at the bottom of the ladder, to collapse.

The other new study (ungated here), by economists Giovanni Peri and Vasil Yasenov, of the UC Davis and UC Berkeley, reconfirms Card’s original result: It cannot detect an effect of the boatlift on Miami wages, even among workers who did not finish high school.

In short, different well-qualified economists arrive at opposite conclusions about the effects of immigration, looking at the same data about the same incident, with identical modern analytical tools at their disposal. How that happened has a lot to teach about why the economics of immigration remains so controversial.

Suppose we are concerned that the graph above, covering all low-skill workers in Miami, is too aggregated — meaning it combines too many different kinds of workers. We would not want to miss the effects on certain subgroups that may have competed more directly with the newly-arrived Cubans. For example, the Mariel migrants were mostly men. They were Hispanic. Many of them were prime-age workers (age 25 to 59). So we should look separately at what happened to wages for each of those groups of low-skill workers who might compete with the immigrants more directly: men only, non-Cuban Hispanics only, prime-age workers only. Here’s what wages look like for those slices of the same data:

Here again, if anything, wages rose for each of these groups of low-skill workers after 1980, relative to their previous trend. There isn’t any dip in wages to explain. And, again, the same is true if you compare wage trends in Miami to trends in other, similar cities.

Peri and Yasenov showed that there is still no dip in wages even when you divide up low-skill workers by whether or not they finished high school. About half of the Mariel migrants had finished high school, and the other half hadn’t. So you might expect negative wage effects on both groups of workers in Miami. Here is what the wage trends look like for those two groups.

The wages of Miami workers with high school degrees (and no more than that) jump up right after the Mariel boatlift, relative to prior trends. The wages of those with less than a high school education appear to dip slightly, for a couple of years, although this is barely distinguishable amid the statistical noise. And these same inflation-adjusted wages were also falling in many other cities that didn’t receive a wave of immigrants, so it’s not possible to say with statistical confidence whether that brief dip on the right is real. It might have been — but economists can’t be sure. The rise on the left, in contrast, is certainly statistically significant, even relative to corresponding wage trends in other cities.

Here is how the Borjas study reaches exactly the opposite conclusion. The Borjas study slices up the data much more finely than even Peri and Yasenov do. It’s not every worker with less than high school that he looks at. Borjas starts with the full sample of workers of high school or less — then removes women, and Hispanics, and workers who aren’t prime age (that is, he tosses out those who are 19 to 24, and 60 to 65). And then he removes workers who have a high school degree.

In all, that means throwing out the data for 91 percent of low-skill workers in Miami in the years where Borjas finds the largest wage effect. It leaves a tiny sample, just 17 workers per year. When you do that, the average wages for the remaining workers look like this:

For these observations picked out of the broader dataset, average wages collapse by at least 40 percent after the boatlift. Wages fall way below their previous trend, as well as way below similar trends in other cities, and the fall is highly statistically significant.

How to explain the divergent conclusions?

There are two ways to interpret these findings. The first way would be to conclude that the wage trend seen in the subgroup that Borjas focuses on — non-Hispanic prime-age men with less than a high school degree — is the “real” effect of the boatlift. The second way would be to conclude, as Peri and Yasenov do, that slicing up small data samples like this generates a great deal of statistical noise. If you do enough slicing along those lines, you can find groups for which wages rose after the Boatlift, and others for which it fell. In any dataset with a lot of noise, the results for very small groups will vary widely.

Researchers can and do disagree about which conclusion to draw. But there are many reasons to favor the view that there is no compelling basis to revise Card’s original finding. There is not sufficient evidence to show that Cuban immigrants reduced any low-skill workers’ wages in Miami, even small minorities of them, and there isn’t much more that can be learned about the Mariel boatlift with the data we have.

Here are three reasons why Card’s canonical finding stands.

Borjas’s theory doesn’t fit the evidence

The first reason is economic theory. The simple theory underlying all of this analysis is that when the supply of labor rises, wages have to fall. But if we interpret the wage drop in Borjas’s subgroup as an effect of the Boatlift, we need to interpret the upward jumps in the other graphs above, too, as effects of the Boatlift. That is, we would need to interpret the sharp post-Boatlift rise in wages for low-skill Miami Hispanics, regardless of whether they had a high school degree, as another effect of the influx of workers.

But wait. The theory of supply and demand cannot explain how a massive infusion of low-skill Cuban Hispanics would cause wages to rise for other Hispanics, who would obviously compete with them. For the same reason, we would need to conclude that the boatlift caused a large rise in the wages of Miami workers with high school degrees only, both Hispanic and non-Hispanic — who constitute the large majority of low-skill workers in Miami. And so on.

Economic theory doesn’t offer a reason why such a big benefit should happen. So we should be suspicious of jumping to the rosy conclusion that the Mariel boatlift caused big wage increases for the other 91 percent of low-skill workers in Miami. One could reach that conclusion by the same method Borjas used, if one sought such a result. But we should hesitate to make strong conclusions — one way or another — from any handpicked subset of the data.

The study states that this was done because, among other reasons, the arrival of non-Cuban Hispanics in some of the other cities that Miami is being compared to — including Anaheim and Rochester — may have driven down wages in those places. But the graphs shown here are just for Miami, unaffected by that hypothetical concern.

As you can see above, the wages of low-skill Hispanics as a whole jumped upward in Miami in the years after the boatlift. Dropping the data on groups that experienced wage increases, without a sound theoretical reason to do so, ensures by construction that wages fall in the small group that remains. The method determines the result.

There’s too much noise in the data to conclude native workers were hurt

The second reason the data backs Peri and Yasenov’s interpretation is statistical noise caused by small subsamples. Because there is a great deal of noise in the data, if we’re willing to take low-skill workers in Miami and hand-pick small subsets of them, we can always find small groups of workers whose wages rose during a particular period, and other groups whose wages fell. But at some point we’re learning more about statistical artifacts than about real-world events.

Remember the key Borjas sample in each year — the one that experienced a large drop in wages — was just 17 men. By picking various small subsets of the data, a researcher could hypothetically get any positive or negative “effect” of the boatlift.

Race made a difference here

Yet another reason to believe the Card study remains solid has to do with something very different from statistical noise. Average wages in tiny slices of the data can change sharply because of small but systematic changes in who is getting interviewed. And it turns out that the CPS sample includes vastly more black workers in the data used for the Borjas study after the boatlift than before it.

Because black men earned less than others, this change would necessarily have the effect of exaggerating the wage decline measured by Borjas. The change in the black fraction of the sample is too big and long-lasting to be explained by random error. (This is my own contribution to the debate. I explore this problem in a new research paper that I co-authored with Jennifer Hunt, a professor of economics at Rutgers University.)

Around 1980, the same time as the Boatlift, two things happened that would bring a lot more low-wage black men into the survey samples. First, there was a simultaneous arrival of large numbers of very low-income immigrants from Haiti without high school degrees: that is, non-Hispanic black men who earn much less than US black workers but cannot be distinguished from US black workers in the survey data. Nearly all hadn’t finished high school.

That meant not just that Miami suddenly had far more black men with less than high school after 1980, but also that those black men had much lower earnings. Second, the Census Bureau, which ran the CPS surveys, improved its survey methods around 1980 to cover more low-skill black men due to political pressure after research revealed that many low-income black men simply weren’t being counted.

You can see what happened in the graph below, which has a point for each year’s group of non-Hispanic men with less than high school, in the data used by Borjas (ages 25 to 59). The horizontal axis is the fraction of the men in the sample who are black. The vertical axis is the average wage in the sample. Because black men in Miami at this skill level earned much less than non-blacks, it’s no surprise that the more black men are covered by each year’s sample, the lower the average wage.

But here’s the critical problem: The fraction of black workers in this sample increased dramatically between the years just before the boatlift (in red) and the years just after the boatlift (in blue). That demographic shift would make the average wage in this group appear to fall right after the boatlift, even if no one’s wages actually changed in any subpopulation. What changed was who was included in the sample.

Why hadn’t this problem affected Card’s earlier results? Because there wasn’t any shift like this for workers who had finished high school only (as opposed to less than high school). Here is the same graph for those workers (again, non-Hispanic males 25 to 59):

Here, too, you can see that in the years where the survey covered more black men, the average wage is lower. But for this group, there wasn’t any increase in the relative number of blacks surveyed after 1980. If anything, black fraction of the sample is a little lower right after 1980. So the average wage in the post-boatlift years (blue) isn’t any lower than the average wage in the pre-boatlift years (red). About two-thirds of Card’s sample was these workers, where the shift in the fraction of black workers did not happen.

When the statistical results in the Borjas study are adjusted to allow for changing black composition of the sample in each city, the result becomes fragile. In the dataset Borjas focuses on, the result suddenly depends on which set of cities one chooses to compare Miami to. And in the other, larger CPS dataset that covers the same period, there is no longer a statistically significant dip in wages at all.

You might think that there’s an easy solution: Just test for the effects of the boatlift on workers who aren’t black. But this is really pushing the data further than it can go. By the time you’ve discarded women, and Hispanics, and workers under 25, and workers over 59, and anyone who finished high school— and blacks, you’ve thrown away 98 percent of the data on low-skill workers in Miami. There are only four people left in each year’s survey, on average, during the years that the Borjas study finds the largest effect. The average wage in that minuscule slice of the data looks like this:

With samples that small, the statistical confidence interval (represented by the dotted lines) is huge, meaning we can’t infer anything general from the results. We can’t distinguish large declines in wages from large rises in wages — at least until several years after the boatlift happened, and those can’t be plausibly attributed to the boatlift. Taking just four workers at a time from the larger dataset, a researcher could achieve practically any result whatsoever. There may have be