Droit à l’avortement aux Etats-Unis: Merci qui ? (Guess who hoping to change rules in their favor over constitutional norms that served America well for so many years, ended up ensuring Trump could overturn almost in one stroke 50 years of a silent revolution of our values and lifestyles ?)

25 juin, 2022
États-Unis : qu'est-ce que l'arrêt "Roe v. Wade", qui garantissait le droit à l'avortement avant la décision de la Cour suprême ? | TF1 INFO
Roe V. Wade Destroyed: Political Cartoons - Omar Zackanne testuz 🌍🌏🌎🇺🇦 (@annetestuz) / TwitterTous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. Jésus (Matthieu 26: 52)
Ce qui est vraiment stupéfiant, c’est l’hubris qui se reflète dans le Putsch judiciaire d’aujourd’hui. Antonio Scalia (2014)
Vous semblez … considérer les juges comme les arbitres ultimes de toutes les questions constitutionnelles; doctrine très dangereuse en effet, et qui nous placerait sous le despotisme d’une oligarchie. Nos juges sont aussi honnêtes que les autres hommes, et pas plus. Ils ont, avec d’autres, les mêmes passions pour le parti, pour le pouvoir et le privilège de leur corps. Leur maxime est boni judicis est ampliare jurisdictionem [un bon juge élargit sa compétence], et leur pouvoir est d’autant plus dangereux qu’ils détiennent leur fonction à  vie et qu’ils ne sont pas, comme les autres fonctionnaires, responsables devant un corps électoral. La Constitution n’a pas érigé un tribunal unique de ce genre, sachant que, quelles que soient les mains confiées, avec la corruption du temps et du parti, ses membres deviendraient des despotes. Il a plus judicieusement rendu tous les départements co-égaux et co-souverains en eux-mêmes. Thomas Jefferson (lettre à William Charles Jarvis, 28 septembre 1820)
Si le juge avait pu attaquer les lois d’une façon théorique et générale ; s’il avait pu prendre l’initiative et censurer le législateur, il fût entré avec éclat sur la scène politique ; devenu le champion ou l’adversaire d’un parti, il eût appelé toutes les passions qui divisent le pays à prendre part à la lutte. Mais quand le juge attaque une loi dans un débat obscur et sur une application particulière, il dérobe en partie l’importance de l’attaque aux regards du public. Son arrêt n’a pour but que de frapper un intérêt individuel ; la loi ne se trouve blessée que par hasard. Tocqueville
Qu’on y prenne garde, un pouvoir électif qui n’est pas soumis à un pouvoir judiciaire échappe tôt ou tard à tout contrôle ou est détruit. (…) L’extension du pouvoir judiciaire dans le monde politique doit donc être corrélative à l’extension du pouvoir électif. Si ces deux choses ne vont point ensemble, l’État finit par tomber en anarchie ou en servitude. Tocqueville (1835)
J’ai été commis au juge Scalia il y a plus de 20 ans, mais les leçons que j’ai apprises résonnent toujours. Sa philosophie judiciaire est aussi la mienne: un juge doit appliquer la loi telle qu’elle est écrite. Les juges ne sont pas des décideurs politiques, et ils doivent être résolus à mettre de côté toutes les opinions politiques qu’ils pourraient avoir. Amy Coney Barrett
Le traitement par la Cour de l’importante question constitutionnelle soulevée par cette affaire a créé inutilement des conditions qui pourraient conduire à de graves problèmes post-électoraux. La Cour suprême de Pennsylvanie a publié un décret qui modifie complètement une importante disposition législative promulguée par la législature de Pennsylvanie conformément à son autorité en vertu de la Constitution des États-Unis d’établir des règles régissant la conduite des élections pour un poste fédéral. (…) Dans une loi appelée loi 77, le législateur a autorisé tous les électeurs à voter par correspondance, mais a exigé sans ambiguïté que tous les bulletins de vote par correspondance soient reçus avant 20 heures le jour des élections. (…) Il a également précisé que si cette disposition était déclarée invalide, une grande partie du reste de la loi 77, y compris sa libéralisation du vote par correspondance, serait nulle. (…) Le législateur a par la suite précisé que, dans son jugement, la pandémie de COVID-19 n’appelait aucune modification du délai le jour du scrutin. Dans une loi promulguée en mars 2020, le législateur a abordé les problèmes liés aux élections causés par la pandémie, mais il a choisi de ne pas modifier le délai de réception des bulletins de vote par correspondance. (…) Face au délai de la loi 77, la Cour suprême de Pennsylvanie, par quatre voix contre trois, a décrété que les bulletins de vote par correspondance ne devaient pas être reçus avant le jour du scrutin. (…) Au lieu de cela, elle a imposé une règle différente : les bulletins de vote doivent être considérés comme valides s’ils sont oblitérés le jour du scrutin ou avant et sont reçus dans les trois jours qui suivent. (…) En outre, le tribunal a ordonné qu’un bulletin de vote sans cachet de la poste ou illisible soit considéré comme valide s’il est reçu à cette même date. (…) Le tribunal a expressément reconnu que la disposition légale imposant la réception au plus tard le jour du scrutin était sans ambiguïté et que son abrogation de cette règle n’était pas fondée sur une interprétation de la loi. (…) Il a en outre admis que le délai légal était constitutionnel à première vue, mais il a revendiqué un large pouvoir pour faire ce qu’il jugeait nécessaire pour répondre à une ‘catastrophe naturelle’, et il a justifié son décret comme étant nécessaire pour protéger les droits des électeurs en vertu de la clause d’élections libres et égales de la Constitution de l’état. (…) Il y a un mois, le Parti républicain de Pennsylvanie et les dirigeants du Sénat de Pennsylvanie ont demandé à cette Cour de suspendre la décision de la Cour suprême de Pennsylvanie en attendant le dépôt et le règlement d’une requête en certiorari. (…) Ils ont fait valoir que la décision du tribunal de l’état violait les dispositions constitutionnelles précédemment citées, ainsi que la loi fédérale fixant une date uniforme pour les élections fédérales. (…) Mis en cause, le Parti démocrate de Pennsylvanie (DPP), a convenu que la constitutionnalité de la décision de la Cour suprême de l’état était une question d’importance nationale et nous a exhortés à accorder un examen et à trancher la question avant les élections. (…) Au lieu de faire ce que l’une ou l’autre des parties demandait, la Cour a simplement refusé la suspension. Bien qu’il y ait eu quatre votes pour inscrire une suspension, la demande a échoué à un vote également divisé. Maintenant, dans une ultime tentative pour empêcher les élections en Pennsylvanie de se dérouler sous un nuage, on nous a demandé d’accorder une requête pour un mémoire de certiorari, d’accélérer la révision et de trancher la question constitutionnelle avant les élections. Il serait hautement souhaitable de se prononcer sur la constitutionnalité de la décision de la Cour suprême de l’état avant les élections. Cette question a une importance nationale et il est fort probable que la décision de la Cour suprême de l’état viole la Constitution fédérale. Les dispositions de la Constitution fédérale conférant aux législatures des états, et non aux tribunaux des états, le pouvoir d’établir des règles régissant les élections fédérales n’auraient aucun sens si un tribunal d’état pouvait outrepasser les règles adoptées par le législateur simplement en prétendant qu’une disposition constitutionnelle de l’état donne aux tribunaux l’autorité d’établir les règles qu’il juge appropriées pour la conduite d’une élection équitable. (…) Pour ces raisons, la question posée par la décision de la Cour suprême de Pennsylvanie appelle un examen par cette Cour – comme l’ont convenu les partis républicain et démocrate de l’état lorsque le premier a demandé une suspension. Mais je conclus à contrecœur qu’il n’y a tout simplement pas assez de temps à cette date tardive pour trancher la question avant les élections. Justice Samuel Alito (28 octobre, 2020)
Quelques semaines avant une élection nationale, un juge de district fédéral a décrété que la loi du Wisconsin enfreignait la Constitution en obligeant les électeurs absents à retourner leur bulletin de vote au plus tard le jour du scrutin. Le tribunal a rendu sa décision même si plus de 30 états appliquent depuis longtemps la même date limite de vote par procuration – et pour des raisons compréhensibles: les élections doivent se terminer à un moment donné, une seule date limite fournit un avis clair et l’exigence que les bulletins de vote aient lieu le jour du scrutin met tous les électeurs sur le même pied. «Le bon sens, ainsi que le droit constitutionnel, obligent à la conclusion ce gouvernement doit jouer un rôle actif dans la structuration des élections », et les états ont toujours exigé des électeurs« qu’ils agissent en temps opportun s’ils souhaitent exprimer leur point de vue dans l’isoloir ». Burdick v. Taku-shi, 504 US 428, 433, 438 (1992). Pourquoi le tribunal de district a-t-il cherché à saborder une tradition si ancienne dans ce domaine? COVID. En raison de la pandémie actuelle, le tribunal a suggéré qu’il était libre de substituer sa propre date limite électorale à celle de l’état. Peu importe qu’en réponse à la pandémie, la Commission électorale du Wisconsin ait décidé d’envoyer par courrier aux électeurs inscrits une demande de vote par correspondance et une enveloppe de retour au cours de l’été, de sorte que personne n’ait eu à en demander une. Qu’importe que les électeurs soient également libres de rechercher et de renvoyer les bulletins de vote par correspondance depuis septembre. Peu importe que les électeurs puissent renvoyer leurs bulletins de vote non seulement par la poste, mais aussi en les apportant au bureau du greffier du comté ou dans diverses boîtes de dépôt «sans contact» organisé localement ou dans certains bureaux de vote le jour du scrutin. N’oubliez pas que ceux qui ne sont pas en mesure de voter le jour du scrutin ont encore d’autres options dans le Wisconsin, comme voter en personne pendant une période de vote de deux semaines avant le jour du scrutin. Et n’oubliez pas que le tribunal lui-même a trouvé que la pandémie constituait une menace insuffisante pour la santé et la sécurité des électeurs pour justifier la refonte des procédures du vote en personne de l’état. Il est donc incontestable que le Wisconsin a fait des efforts considérables pour accueillir le vote anticipé et répondre à la COVID. Le seul grief possible du tribunal de district est que l’état n’a pas fait assez. Mais à quel moment en a-t-on fait assez ? Si le délai légal de vote par procuration du Wisconsin peut être écarté du fait du statut de l’état en tant que «hotspot» COVID, qu’en est-il des délais identiques dans 30 autres états? Dans quelle mesure un état (ou peut-être une partie de celui-ci) doit-il être un «point chaud» avant que les juges décident d’improviser une nouvelle législation ? Ensuite, il y a la question de savoir ce que devraient être ces nouvelles échéances ad hoc. Le juge dans cette affaire a ajouté 6 jours à la date limite des élections de l’état, mais pourquoi pas 3, 7 ou 10, et qu’est-ce qui empêcherait différents juges de choisir (comme ils le feraient sûrement) des délais différents dans différentes juridictions? Une politique étatique largement partagée cherchant à concrétiser le jour des élections céderait la place à une Babel de décrets. Et comment empêcher les tribunaux de modifier également les règles du vote en personne? Ce juge a refusé d’aller aussi loin, mais les plaignants pensaient qu’il aurait dû le faire, et il n’est pas difficile d’imaginer que d’autres juges acceptent des invitations à élargir les cartes de la circonscription et à décider si les états devraient ajouter des bureaux de vote, réviser leurs horaires, réorganiser les isoloirs en leur sein, ou peut-être même compléter les protocoles existants de distanciation sociale, de lavage des mains et de ventilation. La Constitution dicte une approche différente de ces questions d’où on met la barre. La Constitution stipule que les législatures des états – et non ni les juges fédéraux, ni les juges des états, ni les gouverneurs des états, ni les autres représentants de l’état – portent la responsabilité principale de l’établissement des règles électorales. Art. I, §4, cl. 1. Et la Constitution offre également un deuxième niveau de protection. Si les règles de l’état doivent être révisées, le Congrès est libre de les modifier. Ibid. («Les heures, les lieux et les modalités de tenue des élections des sénateurs et des représentants sont prescrits dans chaque état par la législature de celui-ci; mais le Congrès peut à tout moment par la loi établir ou modifier de tels règlements…»). Rien dans notre document fondateur n’envisage le type d’intervention judiciaire qui a eu lieu en l’espèce, et il n’y a pas non plus de précédent en 230 ans de décisions de cette Cour. Et avec raison. Les législateurs peuvent être tenus responsables par les citoyens des règles qu’ils écrivent ou ne parviennent pas à rédiger; mais généralement, pas les juges. Les législatures élaborent des politiques et mettent en œuvre la sagesse collective de tout le peuple lorsqu’elles le font, tandis que les tribunaux ne rendent le jugement que pour une seule personne ou une poignée d’individus. Les législatures disposent de ressources beaucoup plus importantes pour la recherche et l’établissement des faits sur les questions de science et de sécurité que celles qui peuvent habituellement être réunies dans un litige entre des parties distinctes devant un juge unique. En prenant leurs décisions, les législateurs doivent faire des compromis pour parvenir au large consensus social nécessaire pour promulguer de nouvelles lois, ce qui n’est pas facilement reproductible dans les salles d’audience où généralement une partie doit gagner et l’autre perdre. Bien entendu, les processus démocratiques peuvent s’avérer frustrants. Parce qu’ils ne peuvent pas facilement agir sans un large consensus social, les législatures sont souvent lentes à réagir et tièdes quand elles le font. La clameur pour que les juges interviennent et abordent les problèmes émergents, et la tentation pour les juges individuels de combler le vide de l’inaction perçue peut être grande. Mais ce qui semble parfois être une faute dans la conception constitutionnelle était une caractéristique pour les rédacteurs, un moyen de garantir que tout changement du statu quo ne serait pas fait à la hâte, sans délibération minutieuse, consultation approfondie et consensus social. Nous ne pouvons pas non plus annuler cet arrangement simplement parce que nous pourrions être frustrés. Notre serment de respecter la Constitution est mis à l’épreuve par les temps difficiles, pas par les temps faciles. Et céder à la tentation de contourner les règles constitutionnelles habituelles n’est jamais gratuit. Cela porte atteinte à la foi en la Constitution écrite en tant que loi, au pouvoir du peuple de superviser son propre gouvernement et à l’autorité des législatures, car plus nous assumons leurs devoirs, moins ils sont incités à les remplir. Les modifications de dernière minute des règles électorales de longue date risquent également de générer d’autres problèmes, suscitant la confusion et le chaos et érodant la confiance du public dans les résultats électoraux. Personne ne doute que la tenue d’élections nationales en période de pandémie pose de sérieux défis. Mais rien de tout cela ne signifie que les juges individuels peuvent improviser avec leurs propres règles électorales à la place de celles que les représentants du peuple ont adoptées. Justice Neil Gorsuch (October 26, 2020)
L’avortement ne sera pas interdit aux Etats-Unis. Si « Roe vs Wade » est invalidée, l’avortement sera à nouveau géré par chaque Etat de manière autonome. Comme c’était le cas avant cette décision. Il n’y aura plus une mais cinquante législations différentes sur l’avortement. La procédure restera légale dans des dizaines d’Etats, mais sera restreinte voire prohibée dans d’autres. L’explication de l’embrasement politico-médiatique tient au fait que la question de l’avortement touche à trois sujets sensibles aux Etats-Unis. Le premier est l’interruption de grossesse, proprement dite, avec ses connotations sociales, morales, religieuses, et médicales sur le commencement de la vie. Est-ce que la vie commence à la naissance ? Ou à la conception ? Ou quelque part entre les deux ? Le second sujet est le rôle et le fonctionnement de la Cour Suprême dans les institutions américaines. Troisième branche du pouvoir et ultime arbitre des litiges judiciaires, la Cour Suprême a pris une dimension politique aux cours des dernières décennies du fait de l’influence de ses décisions sur les questions de société. Tant que ces décisions allaient dans le sens souhaité par les Démocrates et la gauche progressiste, cette politisation était bienvenue. Depuis que la direction s’est inversée, cette même gauche conteste la légitimité de la Cour, et sape sans vergogne ce pilier fondamental de la démocratie américaine. Le troisième sujet enfin touche à la répartition des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les Etats de l’Union. Les Etats-Unis sont une fédération, où le pouvoir du gouvernement fédéral, limité à l’origine, n’a cessé de s’étendre. Certains, chez les Démocrates et à l’extrême gauche voudraient le voir s’étendre encore plus, quitte à éliminer les particularités qui font des Etats-Unis, une nation à part. (…) Il n’existe pas de loi affirmant la légalité de l’avortement aux Etats-Unis. La question n’a jamais été légiférée. Il n’y a jamais eu de débat parlementaire. Il n’y a jamais eu de vote des élus. Pour la bonne raison que le résultat aurait été négatif. En 2009 le Congrès voulut profiter du vent de libéralisme social suscité par l’élection de Barack Obama à la Maison Blanche pour faire voter une loi légalisant l’avortement. Elle fut rejetée en première lecture… Dès la diffusion du scoop de Politico, le Sénat a organisé un nouveau vote sur un futur texte de loi, légalisant l’avortement. Ce texte a été rejeté à 51 voix contre 49, alors qu’il avait besoin d’une majorité qualifiée de 60 voix pour avancer. Les Démocrates n’ont même pas fait le plein de leurs propres voix. Il n’y a donc, aux Etats-Unis, aucun équivalent à la loi Weil de 1975 sur l’Interruption Volontaire de Grossesse en France ; loi votée après un long débat parlementaire et devenue un acquis de la Ve République ! Aux Etats-Unis cette question a traditionnellement été laissée à la discrétion de chaque Etat. Jusque dans les années 1960 elle était d’ailleurs peu débattue. (…) Dans les années 1960, les bouleversements culturels et sociaux, en particulier l’intégration des femmes dans la vie active et la diffusion de la pilule contraceptive, à partir de 1962, ont engendré une révolution des mœurs et contribué aux demandes des mouvements féministes bourgeonnants pour l’émancipation des femmes et en particulier pour une libération de ce qu’elles appelaient la « servitude reproductive ». (…) A l’époque, trente Etats américains interdisaient l’avortement et seize l’autorisaient avec des restrictions. Seuls quatre Etats l’autorisaient largement: l’Alaska, Hawaïi, New York et Washington. En 1965, dans l’affaire Griswold v Connecticut, la Cour Suprême avait reconnu l’existence d’un « droit à la vie privée » protégeant la vie maritale des Américains. Le Connecticut, riche Etat de Nouvelle Angleterre, interdisait alors la vente de contraceptifs. Un couple marié demandait la levée de cette interdiction parce qu’elle constituait, selon leurs avocats, une ingérence inacceptable du gouvernement dans la « vie privée » des Américains. Les juges avaient approuvé ce raisonnement à sept contre deux. Toutefois ce « droit à la vie privée » n’est aucunement stipulé dans la Constitution américaine, ni dans ses articles, ni dans les dix amendements qui constituent la « Charte des Droits » (Bill of Rights), ni dans les amendements qui ont suivi. Aussi les juges suprêmes de l’époque ont-ils opiné que ce droit était garanti de manière « implicite » parce qu’il rentre dans le cadre des libertés individuelles protégées par la Constitution. C’est dans « la pénombre et les émanations » (sic) du texte constitutionnel que les juges d’alors ont trouvé la justification du droit à la vie privée… Même si la fragilité du raisonnement fut soulignée alors, la décision allait dans l’air du temps et chacun reconnaissait que l’Etat n’avait pas à fourrer son nez dans la « chambre de couples mariés ». La décision Griswold v Connecticut annonçait celle qui allait suivre. Si le gouvernement ne pouvait dicter leur conduite sexuelle aux couples mariés, il ne pouvait pas non plus la dicter aux personnes célibataires, tout le monde étant égal devant la loi, et ne pouvait pas non plus interdire à une femme d’interrompre une grossesse. Cette conclusion logique fut atteinte six ans plus tard, le 22 janvier 1973 par la fameuse décision « Roe vs Wade ». Jane Roe était le pseudonyme d’une femme attaquant l’Etat du Texas pour le droit d’avorter. Wade était le nom du procureur de Dallas où la plainte avait été déposée. D’appel en appel le dossier parvint jusqu’à la Cour Suprême qui après de longs mois de débats vota en faveur du plaignant à sept voix contre deux. Les juges suprêmes réaffirmèrent alors l’existence du fameux droit à la vie privée, basé plus particulièrement sur le XIVe amendement, garantissant, entre autres, à tous les citoyens américains l’égalité devant la loi. Leur décision équivalait à une légalisation de l’avortement sur l’ensemble du territoire fédéral. La date devint historique. Byron White, l’un des deux juges à rejeter cette décision écrivit alors qu’elle constituait un « abus brutal du pouvoir judiciaire. » La force de cette décision était qu’elle s’appliquait au niveau fédéral. Elle avait force de loi, prenant le pas sur les législations particulières de chacun des cinquante Etats. La faiblesse de cette décision était qu’elle se basait sur une interprétation contestable de la Constitution. D’ailleurs elle n’a cessé d’être contestée depuis. Gérald Olivier
Les Etats-Unis de 1973 comptaient de nombreux Etats conservateurs, marqués par la morale religieuse et le patriarcat. Pour ces Américains-là, la légalisation de l’avortement constituait une révolution culturelle aussi inattendue qu’inacceptable. Quelques leaders religieux, dont le révérend Jerry Falwell, pionnier parmi les télé-évangélistes conservateurs, comprirent l’énorme force politique que constituaient les chrétiens évangéliques, soudés par leur opposition à l’avortement. Ils décidèrent de mettre cette force au service du parti républicain en échange d’un engagement de ses élus à se battre pour invalider Roe v Wade, entre autres façons par la nomination de juges conservateurs à la Cour Suprême. Du jour au lendemain des personnalités politiques qui ne s’étaient pas jusqu’alors engagées dans le débat sur l’avortement prenaient des positions publiques tranchées, et se déclaraient « pro-life » pour se concilier le vote évangélique. Le plus proéminent d’entre eux fut Ronald Reagan. En 1967 alors gouverneur de la Californie, Reagan avait signé une loi légalisant l’avortement, mais à partir de 1978, en tant que candidat à la Maison Blanche, il se déclarait partisan du « caractère sacré de la vie ». Idem plus récemment pour Donald Trump. L’ancien playboy new yorkais, qui avait longtemps fait profession foi de sa tolérance et de son progressisme en la matière, reconnaissant le droit d’une femme à « choisir », se mua en partisan virulent du droit à la vie lors de sa campagne présidentielle de 2016. En 2018, devenu président, il s’adressa, depuis les jardins de la Maison Blanche, aux manifestants qui participent tous les ans, le 22 janvier, à une marche de protestation sur la capitale fédérale Washington D.C. pour commémorer la funeste décision de 1973, et leur déclara qu’il défendrait toujours le premier droit garanti par la Constitution, le « droit à la vie »… Face à ces engagements, les forces pro-avortement se sont mobilisées pour défendre et conforter ce droit jugé fondamental. Les nominations de juges à la cour Suprême sont devenues l’enjeu de batailles féroces qui n’ont fait que s’envenimer avec le temps. La première bataille eut lieu en 1987 quand le président Reagan y présenta la candidature du juge Robert Bork. Bork était un haut magistrat reconnu et expérimenté, professeur à l’université de Yale, qui ne cachait pas son désaccord avec nombres de décisions antérieures de la Cour suprême, dont « Roe vs Wade », conséquences pour lui d’une lecture extrapolative de la Constitution. Sa nomination, médiatisée comme aucune autre jusqu’alors, fut torpillée par le Sénat, à l’incitation de Ted Kennedy, le benjamin des trois frères, alors sénateur du Massachusetts, et du président de la Commission judiciaire, un certain Joe Biden. Bork dénonça « un arbitraire et des mensonges grossiers », mais rien n’y fit. Les Démocrates étaient alors majoritaires au Congrès et il n’était pas question qu’ils admettent à la Cour Suprême, un juge anti-avortement. Bork fut rejeté. A sa place, Reagan nomma Anthony Kennedy, un centriste, acquis au maintien de Roe v Wade. La seconde bataille se déroula en 1991 avec la nomination du juge Clarence Thomas par George Bush père. Thomas, un Noir conservateur, opposé à l’avortement, fut immédiatement attaqué, non pas sur sa philosophie judiciaire, mais sur sa personne et son passé. Les Démocrates mirent en avant une ancienne stagiaire, Anita Hill, qui l’accusa de harcèlement sexuel. L’homme orchestrant ces accusations fut à nouveau le président de la Commission judiciaire du Sénat, Joe Biden. Une enquête du FBI jugea les accusations de Hill « infondées ». Néanmoins elle fut invitée à témoigner lors des audiences de confirmation qui s’étalèrent sur près de deux mois, une durée sans précédent ! Clarence Thomas compara la procédure à une « honte nationale » et un « lynchage médiatique » destiné à « détruire sa réputation » et intimider « tous les Noirs qui oseraient ne pas suivre l’ordre établi et penser par eux-mêmes ». Il fut finalement confirmé par un vote de 52 voix contre 48 au Sénat. Quarante-six sénateurs démocrates sur cinquante-sept votèrent contre lui. Cette bataille fut un prélude à une autre bataille encore plus brutale engagée toujours par les mêmes Démocrates, cette fois contre le juge Brett Kavanaugh en 2018. Kavanaugh était le second juge nommé par Donald Trump, sa nomination pouvait donner à la Cour une majorité conservatrice susceptible d’invalider Roe v Wade. Les démocrates étaient donc prêts à tout pour faire dérailler sa nomination. D’autant que le climat politique était alors particulièrement tendu. 2016, la dernière année du mandat présidentiel de Barack Obama s’était ouverte avec une cour comprenant quatre juges progressistes (Ruth Bader Ginzburg et Stephen Breyer, nommés par Bill Clinton, Sonya Sotomayor et Elena Kagan, nommées par Barack Obama) trois juges conservateurs (Antonin Scalia, nommé par Ronald Reagan, Clarence Thomas, nommé par George Bush père et Samuel Alito, nommé par George W. Bush), ainsi que deux juges centristes, nommés par deux présidents républicains mais rejoignant très souvent les positions des quatre juges progressistes, (Anthony Kennedy, nommé par Reagan et John Roberts, le président de la Cour, nommé par George W. Bush). Les progressistes avaient donc la majorité au sein de la cour, mais cette majorité était fragile. Un simple ralliement de Kennedy et Roberts au camp conservateur pouvait donner à celui-ci une majorité de cinq voix contre quatre. La nomination de deux nouveaux juges conservateurs pouvait aussi inverser le rapport de force. En février 2016 Antonin Scalia, le plus conservateur des neuf juges, décéda subitement. Barack Obama s’empressa de proposer pour lui succéder le juge Merrick Garland (aujourd’hui ministre de la Justice du président Biden). C’était l’occasion de consolider la majorité de gauche à la Cour Suprême ! Mais le Sénat, contrôlé par le parti républicain, parvint à repousser les audiences de confirmation jusqu’après l’élection présidentielle de novembre. Garland n’eut jamais l’occasion de défendre sa nomination. La manœuvre fit grincer des dents et valut à son auteur, Mitch Mc Connell, chef de file des Républicains du Sénat, une très mauvaise presse. Mais les Démocrates étaient alors persuadés que Hillary Clinton serait élue présidente en novembre 2016. Elle pourrait nommer Garland ou un autre juge tout aussi progressiste et les Républicains seraient alors obligés de confirmer sa nomination. Ce n’est pas ce qui se produisit ! Le 8 novembre 2016, le candidat républicain Donald Trump fut élu de justesse, créant ainsi la plus grosse surprise électorale de l’histoire présidentielle américaine. Et remportant le droit de nommer le juge de son choix pour succéder à Antonin Scalia. Ce fut Neil Gorsuch. Sa nomination ne changea pas l’équilibre de la Cour. Scalia, le sortant était conservateur, Gorsuch l’entrant l’était aussi. Deux ans plus tard en 2018 le juge Anthony Kennedy, âgé de 82 ans, prit sa retraite, offrant à Donald Trump la possibilité de nommer un deuxième juge à la Cour. Ce fut Brett Kavanaugh. Dans le contexte polarisé de la présidence Trump, les audiences de confirmation de Brett Kavannaugh dégénérèrent dans un chaos sans précédent. (…) Elle ne parvint cependant pas à faire dérailler la nomination de Kavanaugh. La Cour Suprême avait désormais une majorité conservatrice. Et pour rajouter encore à la déconvenue des Démocrates, Ruth Bader Ginzburg, âgée de 87 ans, souffrant d’un cancer depuis des années et qui ne siégeait plus à la Cour que par intermittence à cause de séjours répétés en hôpital, décéda à son tour quelques mois avant la fin du mandat de Donald Trump. La juge la plus à gauche, véritable pilier de l’idéologie progressiste laissait son siège vacant et offrait au président Trump le privilège rare de nommer un troisième juge à la Cour en un seul mandat ! Celui-ci s’empressait de désigner Amy Coney Barrett et le Sénat, toujours contrôlé par les Républicains, s’empressait de confirmer sa nomination. Cette fois la cause était entendue. Le camp progressiste au sein de la Cour Suprême est réduit à trois juges : Sonia Sotomayor, Elena Kagan et Stephen Breyer (qui sera bientôt remplacé par Katanji Brown Jackson, tout récemment nommée par le président Biden et déjà confirmée). Le camp conservateur en compte cinq : Clarence Thomas, Samuel Alito, Neil Gorsuch, Brett Kavannaugh et Amy Coney Barret). Quatre d’entre eux ont moins de soixante ans et devraient siéger pour des décennies. Le président de la Cour reste le juge John Roberts. Son vote, imprévisible, peut renforcer la majorité conservatrice, à six voix contre trois, ou la réduire à cinq voix contre quatre. Mais cette majorité conservatrice est solidement ancrée. Les Démocrates ont perdu la bataille de la Cour Suprême. Sans surprise, leur stratégie a donc radicalement évolué à son égard. Ils suggèrent désormais de porter le nombre de ses juges à quinze. Cela s’appelle en anglais le « Court Packing ». Autoriser le président, démocrate bien sûr, à nommer d’un coup six juges, pour rendre au camp progressiste le contrôle des débats. Pour y parvenir les Démocrates ont besoin d’une majorité qualifiée de 60 voix au Sénat. Ils en sont loin. La manœuvre est donc purement symbolique. Ce qui enrage et angoisse les Démocrates. Car la question de l’avortement n’est pas la seule question devant la Cour Suprême. D’autres questions de société peuvent lui être soumises. Leur hantise est de voir les acquis récents – qui ne sont qu’un échafaudage de déconstruction sociétale sans précédent – dont la reconnaissance du mariage homosexuel, de l’agenda LGBT et des droits des immigrants clandestins, à leur tour, battus en brèche. Derrière la question de l’avortement, il y a de vrais enjeux de société aux Etats-Unis. Enjeux pour lesquels la Cour Suprême aura un rôle légitime à jouer. L’annulation de Roe v Wade serait le premier signe de la fin des dérives engagées depuis un demi-siècle et l’amorce d’un retour de balancier, espéré et attendu depuis des décennies par la fameuse majorité silencieuse. Gérald Olivier
La thèse d’Inglehart sur la révolution silencieuse se concentre sur le changement de valeur sur le pôle gauche du spectre politique, en omettant la droite. Dans plusieurs de ses publications, Ronald Inglehart soutient qu’une nouvelle dimension matérialiste/postmatérialiste façonne les attitudes politiques en Occident et au Japon. L’émergence d’un nouvel ensemble de valeurs qui met l’accent sur des valeurs non matérialistes (telles que la liberté, la participation, la réalisation de soi) a donné naissance à la Nouvelle Politique. Pour Inglehart, ce changement du système de valeurs vers une augmentation régulière et progressive du postmatérialisme affecte les préférences partisanes. En particulier, les postmatérialistes penchent massivement en faveur des partis de gauche. En d’autres termes, le changement de valeur a produit de nouveaux alignements politiques et de nouveaux mouvements politiques sur le côté gauche du spectre politique. (…) L’incohérence de la thèse d’Inglehart avec la montée des partis d’extrême droite est encore plus déconcertante. Pourquoi, à une époque de montée du postmatérialisme et de croissance économique, trouvons-nous un nombre croissant d’électeurs de droite ? Et pourquoi l’affirmation de la nouvelle politique n’a-t-elle pas réduit l’espace de l’extrême droite ? Notre hypothèse est que, parallèlement à la diffusion du postmatérialisme, dans les pays occidentaux dans les années 1980, un climat culturel et politique différent, partiellement stimulé par la même « Nouvelle politique », a également pris racine. Ce changement de croyances et d’attitudes s’est partiellement exprimé dans le soi-disant néoconservatisme (et a été partiellement interprété par les partis conservateurs). Mais, dans une large mesure, il est resté souterrain jusqu’à la montée récente des PED. Un tel creuset souterrain d’attitudes et de sentiments comprend l’émergence de nouvelles priorités et questions non traitées par les partis établis, une désillusion à l’égard des partis en général, un manque croissant de confiance dans le système politique et ses institutions, et un pessimisme général quant à l’avenir. En un sens, on pourrait dire que les Verts et les PED sont respectivement les enfants légitimes et les enfants indésirables de la Nouvelle Politique ; comme les Verts sortent de la révolution silencieuse, les PED dérivent d’une réaction à celle-ci, une sorte de « contre-révolution silencieuse ».  Piero Ignazi (1992)
Aujourd’hui, la notion de genre est très attaquée, notamment lorsqu’elle est déployée en milieu scolaire. La rhétorique de l’extrême droite est que les associations procéderaient à du lavage de cerveau envers les jeunes. Et le résultat de ce discours nourri de transphobie, c’est qu’on a 89 députés du RN. Matthieu Gatipon (collectif LGBT)
Des centres LGBT se font attaquer, des personnes LGBT se font agresser tous les jours. On aimerait un peu plus de soutien du gouvernement, qui se dit notre allié mais ne fait pas grand-chose. Elisa Koubi (collectif LGBT)
C’est une décision juridique. C’est juste un renvoi de la décision au peuple. Paul Reen (Republicans in France)
Trump brought about the end of Roe. That is something every prior Republican decidedly couldn’t do or refused to do… One relevant question is whether a different Republican nominee would have yielded as good results, Supreme Court-wise, in 2016 through 2020 as Trump did (…) maybe it took Trump’s unique appeal to the working-class voter in order to carry Michigan, Pennsylvania, and Wisconsin in 2016. Also, once in office, perhaps it took Trump’s unique disdain for the liberal media to place three conservatives on the high court. When the Washington Post and Democratic senators rallied relentlessly behind uncorroborated sexual assault allegations against Brett Kavanaugh, would another Republican president have caved? When the media and Democrats decided that it was somehow foul play to replace Justice Ruth Bader Ginsburg a month before the election in 2020, would another Republican have gone along with that argument? Timothy P. Carney
For the reasons Alito lays out, I believe that Roe was a terribly misguided decision, and that a wiser course would have been for the issue of abortion to have been given a democratic outlet, allowing even the losers “the satisfaction of a fair hearing and an honest fight,” in the words of the late Justice Antonin Scalia. Instead, for nearly half a century, Roe has been the law of the land. But even those who would welcome its undoing should acknowledge that its reversal could convulse the nation. If we are going to debate abortion in every state, given how fractured and angry America is today, we need caution and epistemic humility to guide our approach. We can start by acknowledging the inescapable ambiguities in this staggeringly complicated moral question. No matter one’s position on abortion, each of us should recognize that those who hold views different from our own have some valid points, and that the positions we embrace raise complicated issues. That realization alone should lead us to engage in this debate with a little more tolerance and a bit less certitude. (…) For example, about half of all fertilized eggs are aborted spontaneously—that is, result in miscarriage—usually before the woman knows she is pregnant. Focus on the Family, an influential Christian ministry, is emphatic: “Human life begins at fertilization.” Does this mean that when a fertilized egg is spontaneously aborted, it is comparable—biologically, morally, ethically, or in any other way—to when a 2-year-old child dies? If not, why not? (…) The pro-choice side, for its part, seldom focuses on late-term abortions. Let’s grant that late-term abortions are very rare. But the question remains: Is there any point during gestation when pro-choice advocates would say “slow down” or “stop”—and if so, on what grounds? Or do they believe, in principle, that aborting a child up to the point of delivery is a defensible and justifiable act; that an abortion procedure is, ethically speaking, the same as removing an appendix? If not, are those who are pro-choice willing to say, as do most Americans, that the procedure gets more ethically problematic the further along in a pregnancy? (…) At the same time, even if one believes that the moral needle ought to lean in the direction of protecting the unborn from abortion, that doesn’t mean one should be indifferent to the enormous burden on the woman who is carrying the child and seeks an abortion, including women who discover that their unborn child has severe birth defects. Nor does it mean that all of us who are disturbed by abortion believe it is the equivalent of killing a child after birth. In this respect, my view is similar to that of some Jewish authorities, who hold that until delivery, a fetus is considered a part of the mother’s body, although it does possess certain characteristics of a person and has value. But an early-term abortion is not equivalent to killing a young child. (…) with abortion, we’re dealing with an awesome mystery and insoluble empirical questions. Which means that rather than hurling invective at one another and caricaturing those with whom we disagree, we should try to understand their views, acknowledge our limitations, and even show a touch of grace and empathy. In this nation, riven and pulsating with hate, that’s not the direction the debate is most likely to take. But that doesn’t excuse us from trying. Peter Wehner
Ce qui peut vivre par la Cour, peut mourir par la Cour. (…) C’est une très bonne nouvelle, car il ne s’agit pas d’interdire l’avortement, mais de renvoyer l’un des sujets les plus sérieux qui soit vers le corps politique. La politique doit venir en premier, le droit en second. Les juges ne peuvent se substituer au débat démocratique. Nous devons redevenir une nation politique, surmonter nos désaccords profonds par la conversation, même quand elle est extrêmement difficile, au lieu d’abandonner les décisions aux juges ou aux experts. Tout le monde avait conclu que la gauche avait gagné la bataille culturelle. Cette dernière imaginait qu’elle pouvait considérer ceux qui résistaient comme “des accidents historiques” à ignorer, mais cette décision de la Cour, qui résulte de la contre-offensive menée sous Trump, montre que c’est plus compliqué. Je doute qu’un seul État aille vers une interdiction totale. Les changements sociétaux qui se produisent à gauche, notamment dans le mouvement woke, visent à repousser ou ignorer la nature et ses limites. L’attaque contre “Roe vs Wade”, en retour, veut rappeler que la nature existe, et que les bébés, à l’intérieur du corps de la femme, sont réels. Avec le progrès technologique, il est devenu impossible d’ignorer leur souffrance, elle doit faire partie de l’équation au même titre que la souffrance des femmes. Joshua Mitchell (Georgetown)
En annulant la célèbre décision « Roe vs Wade » de 1973 qui instaurait un droit fédéral à l’avortement, et en renvoyant aux États le pouvoir de trancher sur cette question douloureuse, les juges de la Cour suprême américaine de 2022, ont pris, par 6 voix contre 3, une décision historique. Opposant ceux qui se réjouissent d’une «victoire de la vie» à ceux qui veulent défendre la liberté des femmes de «contrôler leur corps», elle va déchirer l’Amérique et constituera un sujet central de la bataille des élections de mi-mandat. Dans un contexte de quasi-guerre civile politique, cela dessine un terrain glissant et dangereux, dont la tentative d’attentat contre le juge conservateur Brett Kavanaugh qui a suivi le vote, illustre le caractère explosif. Mais présenter la décision de la Cour suprême comme « un retour au Moyen Âge » ou une « talibanisation » des États-Unis, comme on le martèle depuis quelques jours, apparaît comme une véritable caricature, très idéologique. Évacuant la question morale, malgré toutes les découvertes scientifiques sur la vie intra-utérine du fœtus, cette lecture des événements nie toute légitimité à ceux qui n’ont jamais cessé de défendre le droit sacré à la vie, ou veulent – c’est la majorité du camp conservateur – imposer des limites de temps plus strictes, au droit d’avorter, aujourd’hui beaucoup plus permissif aux États-Unis qu’en Europe. Faudrait-il faire comme s’ils n’existaient pas et ne voir le sujet que sous l’angle des féministes, qui a bien sûr sa légitimité? Ou accepter de débattre? À bien y regarder, cette décision n’est pas étonnante. Contrairement aux Français, qui ont accepté collectivement le droit à l’avortement à la faveur d’un vote démocratique, les Américains, court-circuités par les juges, ne sont jamais parvenus à un consensus. Pays fédéral toujours très chrétien, les États-Unis restent en réalité très partagés sur l’avortement, même si une majorité de 60 % est aujourd’hui favorable à ce droit, les désaccords portant surtout sur son encadrement. Loin de refléter l’approbation de la majorité de la population, la décision «Roe vs Wade» avait été imposée par le haut au pays en 1973 par une Cour suprême progressiste, évacuant du débat la moitié conservatrice du pays. La décision de vendredi dernier ressemble de ce point de vue à un effet boomerang. Comme le note le professeur de philosophie politique Joshua Mitchell, de l’université de Georgetown, «ce qui peut vivre par la Cour, peut mourir par la Cour». Autrement dit, les juges américains s’étaient substitués à la délibération démocratique. Aujourd’hui, ils ne vont pas jusque-là, mais exigent un retour du dossier vers les États, revendication constante des conservateurs. Reflétant ce point de vue, le professeur Mitchell, favorable au droit à l’avortement des femmes dans «des limites raisonnables» de 12 semaines, parle d’une «très bonne nouvelle, car il ne s’agit pas d’interdire l’avortement, mais de renvoyer l’un des sujets les plus sérieux qui soit vers le corps politique». «La politique doit venir en premier, le droit en second. Les juges ne peuvent se substituer au débat démocratique. Nous devons redevenir une nation politique, surmonter nos désaccords profonds par la conversation, même quand elle est extrêmement difficile, au lieu d’abandonner les décisions aux juges ou aux experts», insiste-t-il. «Tout le monde avait conclu que la gauche avait gagné la bataille culturelle. Cette dernière imaginait qu’elle pouvait considérer ceux qui résistaient comme “des accidents historiques” à ignorer, mais cette décision de la Cour, qui résulte de la contre-offensive menée sous Trump, montre que c’est plus compliqué», analyse Mitchell. Le camp libéral, consterné, s’en inquiète, soulignant, non sans raison, qu’il existe un groupe substantiel d’ «intégralistes conservateurs» qui rêverait d’absolutiser le dossier, et d’interdire tout de go l’avortement, même en cas d’inceste ou de viol. Mais présenter ce camp comme majoritaire brouille la réalité des humeurs de la majorité des républicains, favorables à l’avortement, mais avec une interdiction au-delà de 12 ou 15 semaines. (..) La décision «Roe vs Wade» a en effet permis de pratiquer des avortements, pratiquement jusqu’à la naissance, dans de nombreux États. «Les changements sociétaux qui se produisent à gauche, notamment dans le mouvement woke, visent à repousser ou ignorer la nature et ses limites. L’attaque contre “Roe vs Wade”, en retour, veut rappeler que la nature existe, et que les bébés, à l’intérieur du corps de la femme, sont réels. Avec le progrès technologique, il est devenu impossible d’ignorer leur souffrance, elle doit faire partie de l’équation au même titre que la souffrance des femmes», note Mitchell. Des dizaines de millions d’avortements ont été réalisés aux États-Unis depuis 1973. Laure Mandeville
La gauche supposait qu’après 2016, Hillary Clinton, en tant que présidente, nommerait trois ou quatre autres juges militants au cours de son mandat de huit ans presque garanti. Mais l’impensable s’est produit avec l’étonnante élection de Donald Trump en 2016. Trump a maintenant nommé trois juges traditionalistes (et relativement jeunes) à des postes à vie à la Cour suprême. Ironiquement, il a été habilité à le faire après que le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a modifié les règles du Sénat en 2013, réduisant le seuil d’approbation des candidats à l’exécutif et à la magistrature de 60 voix à 51 voix. Reid a pris à tort pour acquis que les Démocrates contrôleraient le Sénat pendant la prochaine décennie dans le cadre d’un continuum Obama-Clinton de 16 ans. Reid souhaitait s’assurer que la minorité républicaine au Sénat n’aurait pas la possibilité d’entraver la nomination de candidats progressistes jusqu’en 2024 au moins. Au lieu de cela, Reid a permis à Trump et à un Sénat contrôlé par les Républicains de nommer des juges conservateurs à volonté selon les nouvelles règles. Victor Davis Hanson
La contre-révolution silencieuse contre-attaque !

Après l’aussi cinglante qu’inattendue remise à sa place …

Aussi bien au niveau extérieur avec l’Ukraine …

Qu’intérieur avec le retour en force d’un parlement depuis cinq ans réduit à faire de la figuration…

D’un président français qui après son casse de 2017 était présenté comme le coup d’arrêt progressiste à la vague de populisme qui traverse l’Occident depuis quelques années …

Et au lendemain d’une décision historique de la Cour suprême américaine …

Qui voit nos médias bien-pensants nous bassiner du matin au soir …

Avec une prétendue « révocation du droit à l’avortement » …

Pour non une privation comme ils le clament …

Mais en fait derrière un désaccord qui porte pour l’essentiel sur la question de l’encadrement

A savoir des limites de temps plus strictes pour une pratique en fait beaucoup plus permissive qu’en Europe …

Un retour des droits à chaque Etat de l’Union …

En cette journée après un mois de propagande intensive ..

Où entre campagne d’affichage de notre Ministère de la santé et appels à étendre l’actuel lavage de cerveau jusque dans les écoles de nos enfants

Le lobby homosexuel va reprendre comme chaque année et dans de plus en plus de pays ses provocations dans nos rues

Devinez qui, contre le respect des normes constitutionnelles et des traditions de longue date qui ont bien servi l’Amérique pendant de si nombreuses années …

Espérant avec Hillary Clinton changer les règles qu’ils estimaient gênantes …
A fini en fait ironie de l’histoire …
Par permettre à Trump et à un Sénat contrôlé par les Républicains…
Via la nomination, avec seulement une majorité de 50 sénateurs et non plus 60, de juges conservateurs relativement jeunes …
 De clore une longue parenthèse de révolution silencieuse
Qui depuis les années 60 aux Etats-Unis …
Avait grâce à la même Cour suprême en ce temps-là ouvertement militante …
D’un putsch judiciaire à un autre …
Et de l’avortement à présent jusqu’à quasiment la naissance à l’aberration du mariage homosexuel…
Sans compter, il y a deux ans sous prétexte d’épidémie, l’avalisation d’une élection manifestement dévoyée
Cru révolutionner pour toujours …
Nos modes de vies et nos moeurs  ?

2020 election is not really about a choice between Trump vs. Biden

Victor Davis Hanson

Fox News

November 3, 2020

In traditional presidential campaigns, the two major parties offer contrasting ideas and policies. The Democratic and Republican candidates barnstorm the nation to make their cases.

Not this year.

Democratic nominee Joe Biden is more or less a virtual candidate, mostly communicating from home via Zoom. He offers few detailed alternatives to the first four years of the Trump administration.

Instead, Biden is running on the idea that Donald Trump caused the COVID-19 pandemic and the resulting economic recession, and that he’s responsible for violence in the streets.

But Biden rarely offers contrasting visions of what he would have done differently than the Trump administration — or, for that matter, major European countries that are now in worse economic shape and fighting another coronavirus spike.

Even in the final days of the race, Biden is making far fewer campaign appearances than Trump. The challenger is outsourcing to the media his defense against allegations that the Biden family has peddled influence to foreign interests for millions of dollars that were routed into family coffers.

An inert Biden is playing the role of good ol’ Joe from Scranton, while his supporters hope not to just to change presidency, but to alter the very rules of how America has been governed for decades and even centuries.

Not long ago, the left favored the Electoral College. California, New York and Illinois gave Democrats more than 100 automatic Electoral College votes.

The left bragged that their “Blue Wall” lock on solidly Democratic, union-heavy Midwestern states had ensured Barack Obama two presidential terms — and in 2016 would guarantee Hillary Clinton the presidency as well.

But in 2016, the Blue wall crumbled — perhaps permanently.

Now, furious progressives plan to end the constitutionally mandated Electoral College by hook or crook. They feel it is no longer serves their election purposes.

Ditto the traditional structure of the Supreme Court. For nearly 60 years, a left-leaning Supreme Court revolutionized American cultural and political life with progressive decisions. The majority on the court advanced liberal agendas that often found little support in referenda, state legislatures and Congress.

Even Republican-appointed judges often flipped from conservative to liberal in the progressive culture of Washington. Once strict constructionist justices such as Harry Blackmun, William Brennan, Lewis F. Powell Jr., David Souter, John Paul Stevens, Potter Stewart and Earl Warren all became activists, delighting the left. Almost no Democratic-appointed justices turned traditional and conservative.

The Supreme Court includes two of Barack Obama’s liberal nominees, Sonia Sotomayor and Elena Kagan. The left assumed that after 2016, Hillary Clinton as president would appoint three or four more activist justices over her almost guaranteed eight-year tenure.

But then the unthinkable happened with the stunning 2016 election of Donald Trump.

Trump now has appointed three traditionalist (and relatively young) justices to lifetime spots on the Supreme Court. Ironically, he was empowered to so after Democratic Senate Majority Leader Harry Reid changed the Senate rules in 2013, reducing the threshold for approval of executive and judicial nominees from 60 votes to 51 votes.

Reid wrongly took for granted that Democrats would control the Senate for the next decade as part of an Obama-Clinton 16-year continuum. Reid wished to ensure that the Republican Senate minority would have no ability to obstruct the appointment of progressive nominees until at least 2024.

Instead, Reid ensured that Trump and a Republican-controlled Senate could appoint conservative judges at will under the new rules.

If elected president, Joe Biden would likely “pack” the Supreme Court with additional slots. That enlargement would ensure new activist left-wing justices.

In other words, the 151-year tradition of a Supreme Court with nine justices would end.

The left also wants to pack the Senate — and change the rules. Puerto Rico and Washington, D.C., would become new states. Their admission would end the tradition of 50-state America and would likely mean another four Democratic senators.

A Biden presidency and Democratic-controlled Senate would also quickly kill off what is left of the filibuster. Democrats wish to ensure that a surviving Republican minority could not impede progressive agendas in the same manner that the Democratic minority has stopped Republican legislation in recent years.

In sum, the 2020 election is not just about Joe Biden sitting on a perceived lead and trying to run out the clock against barnstorming incumbent President Trump.

It is really a choice between changing rules when they are deemed inconvenient and respecting constitutional norms and long-held traditions that have served America well for many years.

Voir aussi:

There’s a Better Way to Debate Abortion
Caution and epistemic humility can guide our approach.
Peter Wehner
The Atlantic
May 17, 2022

If Justice Samuel Alito’s draft majority opinion in Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization becomes law, we will enter a post–Roe v. Wade world in which the laws governing abortion will be legislatively decided in 50 states.

In the short term, at least, the abortion debate will become even more inflamed than it has been. Overturning Roe, after all, would be a profound change not just in the law but in many people’s lives, shattering the assumption of millions of Americans that they have a constitutional right to an abortion.

This doesn’t mean Roe was correct. For the reasons Alito lays out, I believe that Roe was a terribly misguided decision, and that a wiser course would have been for the issue of abortion to have been given a democratic outlet, allowing even the losers “the satisfaction of a fair hearing and an honest fight,” in the words of the late Justice Antonin Scalia. Instead, for nearly half a century, Roe has been the law of the land. But even those who would welcome its undoing should acknowledge that its reversal could convulse the nation.

If we are going to debate abortion in every state, given how fractured and angry America is today, we need caution and epistemic humility to guide our approach.

We can start by acknowledging the inescapable ambiguities in this staggeringly complicated moral question. No matter one’s position on abortion, each of us should recognize that those who hold views different from our own have some valid points, and that the positions we embrace raise complicated issues. That realization alone should lead us to engage in this debate with a little more tolerance and a bit less certitude.

Many of those on the pro-life side exhibit a gap between the rhetoric they employ and the conclusions they actually seem to draw. In the 1990s, I had an exchange, via fax, with a pro-life thinker. During our dialogue, I pressed him on what he believed, morally speaking, should be the legal penalty for a woman who has an abortion and a doctor who performs one.

My point was a simple one: If he believed, as he claimed, that an abortion even moments after conception is the killing of an innocent child—that the fetus, from the instant of conception, is a human being deserving of all the moral and political rights granted to your neighbor next door—then the act ought to be treated, if not as murder, at least as manslaughter. Surely, given what my interlocutor considered to be the gravity of the offense, fining the doctor and taking no action against the mother would be morally incongruent. He was understandably uncomfortable with this line of questioning, unwilling to go to the places his premises led. When it comes to abortion, few people are.

Humane pro-life advocates respond that while an abortion is the taking of a human life, the woman having the abortion has been misled by our degraded culture into denying the humanity of the child. She is a victim of misinformation; she can’t be held accountable for what she doesn’t know. I’m not unsympathetic to this argument, but I think it ultimately falls short. In other contexts, insisting that people who committed atrocities because they truly believed the people against whom they were committing atrocities were less than human should be let off the hook doesn’t carry the day. I’m struggling to understand why it would in this context.

There are other complicating matters. For example, about half of all fertilized eggs are aborted spontaneously—that is, result in miscarriage—usually before the woman knows she is pregnant. Focus on the Family, an influential Christian ministry, is emphatic: “Human life begins at fertilization.” Does this mean that when a fertilized egg is spontaneously aborted, it is comparable—biologically, morally, ethically, or in any other way—to when a 2-year-old child dies? If not, why not? There’s also the matter of those who are pro-life and contend that abortion is the killing of an innocent human being but allow for exceptions in the case of rape or incest. That is an understandable impulse but I don’t think it’s a logically sustainable one.

The pro-choice side, for its part, seldom focuses on late-term abortions. Let’s grant that late-term abortions are very rare. But the question remains: Is there any point during gestation when pro-choice advocates would say “slow down” or “stop”—and if so, on what grounds? Or do they believe, in principle, that aborting a child up to the point of delivery is a defensible and justifiable act; that an abortion procedure is, ethically speaking, the same as removing an appendix? If not, are those who are pro-choice willing to say, as do most Americans, that the procedure gets more ethically problematic the further along in a pregnancy?

Plenty of people who consider themselves pro-choice have over the years put on their refrigerator door sonograms of the baby they are expecting. That tells us something. So does biology. The human embryo is a human organism, with the genetic makeup of a human being. “The argument, in which thoughtful people differ, is about the moral significance and hence the proper legal status of life in its early stages,” as the columnist George Will put it.

These are not “gotcha questions”; they are ones I have struggled with for as long as I’ve thought through where I stand on abortion, and I’ve tried to remain open to corrections in my thinking. I’m not comfortable with those who are unwilling to grant any concessions to the other side or acknowledge difficulties inherent in their own position. But I’m not comfortable with my own position, either—thinking about abortion taking place on a continuum, and troubled by abortions, particularly later in pregnancy, as the child develops.

The question I can’t answer is where the moral inflection point is, when the fetus starts to have claims of its own, including the right to life. Does it depend on fetal development? If so, what aspect of fetal development? Brain waves? Feeling pain? Dreaming? The development of the spine? Viability outside the womb? Something else? Any line I might draw seems to me entirely arbitrary and capricious.

Because of that, I consider myself pro-life, but with caveats. My inability to identify a clear demarcation point—when a fetus becomes a person—argues for erring on the side of protecting the unborn. But it’s a prudential judgment, hardly a certain one.

At the same time, even if one believes that the moral needle ought to lean in the direction of protecting the unborn from abortion, that doesn’t mean one should be indifferent to the enormous burden on the woman who is carrying the child and seeks an abortion, including women who discover that their unborn child has severe birth defects. Nor does it mean that all of us who are disturbed by abortion believe it is the equivalent of killing a child after birth. In this respect, my view is similar to that of some Jewish authorities, who hold that until delivery, a fetus is considered a part of the mother’s body, although it does possess certain characteristics of a person and has value. But an early-term abortion is not equivalent to killing a young child. (Many of those who hold this position base their views in part on Exodus 21, in which a miscarriage that results from men fighting and pushing a pregnant woman is punished by a fine, but the person responsible for the miscarriage is not tried for murder.)

“There is not the slightest recognition on either side that abortion might be at the limits of our empirical and moral knowledge,” the columnist Charles Krauthammer wrote in 1985. “The problem starts with an awesome mystery: the transformation of two soulless cells into a living human being. That leads to an insoluble empirical question: How and exactly when does that occur? On that, in turn, hangs the moral issue: What are the claims of the entity undergoing that transformation?”

That strikes me as right; with abortion, we’re dealing with an awesome mystery and insoluble empirical questions. Which means that rather than hurling invective at one another and caricaturing those with whom we disagree, we should try to understand their views, acknowledge our limitations, and even show a touch of grace and empathy. In this nation, riven and pulsating with hate, that’s not the direction the debate is most likely to take. But that doesn’t excuse us from trying.

Voir de plus:

Le Sénat de New York a voté une loi autorisation l’avortement après 24 semaines de grossesse, si la santé de la mère est en danger, ou que le foetus n’est pas viable. Dans cet Etat, la loi n’avait pas évolué depuis 1970

Robin Andraca

Libération
30 janvier 2019

Question posée le 29/01/2019

Bonjour,

Vous faites référence à plusieurs articles publiés ces derniers jours sur le sujet. «Le Sénat de New York adopte un projet de loi permettant l’avortement jusqu’à la naissance», titrait par exemple le site «Info Chrétienne» ce 23 janvier. Suivi six jours plus tard par Valeurs Actuelles : «A New York, on peut désormais avorter jusqu’à la naissance». Laissant ainsi penser que toutes les femmes, dans l’Etat de New York, pouvaient désormais avorter jusqu’au dernier jour de leur grossesse, sans raison particulière.

La réalité est pourtant plus complexe, comme le concède Valeurs Actuelles dans le premier paragraphe de son article : «Une femme pourra désormais avoir recours à l’avortement jusqu’au dernier jour de sa grossesse, si sa santé ou celle de l’enfant est en danger, ou encore si le fœtus n’est pas jugé viable».

C’est en effet le sens du texte voté le 22 janvier par le Sénat de l’Etat de New York, avec 38 voix pour et 24 contre. Que prévoit ce «Reproductive Health Act», bloqué depuis des années par les Républicains lorsqu’ils contrôlaient encore cette chambre ? Trois choses.

La première : le fait de pouvoir avorter après 24 semaines de grossesse (et jusqu’au terme) lorsque le fœtus n’est pas viable. Jusqu’à présent, pour l’Etat de New York, les avortements tardifs étaient seulement autorisés si la vie de la mère était en danger.

Deuxième point : ce vote étend la liste des professionnels qui peuvent pratiquer cet acte. Il ne concerne désormais plus seulement les médecins, mais aussi les infirmières praticiennes, les sages-femmes habilitées, et les assistants médecins.

Dernier point : l’avortement est retiré du Code pénal de l’Etat de New York, et dépend désormais du code de la santé publique. Réaliser un avortement tarif était jusque-là considéré comme un crime dans l’Etat de New York. et poussait certains médecins à refuser cet acte, de peur d’un procès. Il contraignait aussi les femmes à aller dans d’autres Etats pour interrompre sa grossesse : ainsi, une habitante de l’Etat de New York avait dû se rendre au Colorado pour avorter, après avoir appris après 31 semaines de grossesse que son bébé n’avait aucune chance de survivre après la naissance.

Comme l’explique le New York Times, la législation sur l’avortement n’avait pas évolué depuis 1970 dans cet Etat, et ne comprenait pas certaines dispositions prévues par l’emblématique arrêt Roe v.Wade, rendu par la cour suprême trois ans plus tard, en 1973, et qui a reconnu le droit des femmes à l’avortement aux Etats-Unis.

Voilà, en réalité, deux ans que le gouverneur de New York entendait protéger le droit à l’avortement dans son Etat, en raison du nouveau rapport de force à la cour suprême, où Trump avait nommé en janvier 2017 un juge anti-avortement, menaçant ainsi directement l’arrêt Roe v.Wade.

«Alors que Washington veut restreindre les droits des femmes, nous voulons les protéger, et puisqu’ils menacent les droits reproductifs, je propose un amendement constitutionnel pour inscrire Roe V. Wade dans la Constitution de l’Etat de New York et empêcher toute attaque sur le droit de choisir», déclarait dès janvier 2017 le gouverneur de New York, Andrew Cuomo.

Bien cordialement,

Voir encore:

Etats-Unis : Pourquoi tant d’affolement autour de l’avortement (1)

Gérald Olivier

France Amérique

14 mai 2022

1ere partie: L’avortement ne sera pas interdit

Séisme dans la sphère politique progressiste américaine ! Le site internet Politico a révélé il y a quelques jours, que la Cour Suprême des Etats-Unis était sur le point d’invalider la fameuse décision de 1973 « Roe vs Wade », légalisant l’avortement. Pour preuve de cette affirmation fracassante, Politico affirme détenir le brouillon de cette décision, un document d’une centaine de pages ayant reçu l’aval de cinq des neuf juges de la Cour, soit la majorité !

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe ! Tout y était sensationnel.

Le sujet d’abord, l’avortement, l’un des plus clivants et des plus controversés des cinquante dernières années aux Etats-Unis. Car même s’il y est actuellement légal, l’avortement reste un sujet de divisions aigües.

La méthode par laquelle cette nouvelle a été connue, ensuite : une fuite de document sans précédent. Les débats internes à la Cour Suprême se sont toujours déroulés sous le sceau du secret absolu. Un sceau inviolé pendant deux cent trente-trois ans !Jusqu’au scoop de Politico.

Les enjeux enfin, car à quelques mois des élections de mi-mandat, échéance majeure qui verra le renouvellement de l’ensemble du Congrès et de l’appareil politique de dizaines d’Etats, cette révélation pourrait avoir un impact électoral considérable.

Les réactions ne se sont pas fait attendre.

Les partisans du « droit à la vie » (anti-avortement) ont exprimé une satisfaction retenue quant à l’abrogation annoncée de Roe v Wade, mais ils ont déploré la « fuite historique », illustration, pour eux, d’une volonté d’interférer avec le processus judiciaire et de faire pression sur les juges suprêmes.

Les élus démocrates, les médias dominants et les grandes chaînes de télévision ont unanimement critiqué cette décision annoncée, qualifiée d’assaut intolérable contre une liberté fondamentale.

Quant aux sympathisants du « droit de choisir » et autre militants pro-avortement, ils sont descendus dans la rue pour mettre en scène leur colère devant les caméras de télévision. Ils ont manifesté devant la Cour Suprême, et devant les résidences personnelles de certains juges de la Cour, dont les adresses personnelles ont été communiquées sur les réseaux sociaux. La Maison Blanche refusant de condamner ces comportements, les violences verbales ont dégénéré en violences physiques et depuis plusieurs jours les actes de vandalisme contre des églises, associations et centres de défense du droit à la vie se sont multipliés, aussi bien à New York que dans le Wisconsin, au Texas ou en Californie.

Pour comprendre cet embrasement, il faut rappeler que la question de l’avortement n’a jamais été vraiment résolue aux Etats-Unis. Loin de clore le débat, la décision « Roe vs Wade » de 1973 l’a enflammé, divisant les Américains entre « pro-choice » ou « pro-life », les partisans du droit de choisir contre les partisans du droit à la vie… Le presque demi-siècle écoulé depuis n’a en rien calmé les passions. Le débat demeure brûlant, clivant, parfois violent.

Quoi que décide la Cour Suprême (un « brouillon » n’étant par définition pas un texte définitif) l’avortement ne sera pas interdit aux Etats-Unis. Si « Roe vs Wade » est invalidée, l’avortement sera à nouveau géré par chaque Etat de manière autonome. Comme c’était le cas avant cette décision. Il n’y aura plus une mais cinquante législations différentes sur l’avortement. La procédure restera légale dans des dizaines d’Etats, mais sera restreinte voire prohibée dans d’autres.

L’explication de l’embrasement politico-médiatique tient au fait que la question de l’avortement touche à trois sujets sensibles aux Etats-Unis.

Le premier est l’interruption de grossesse, proprement dite, avec ses connotations sociales, morales, religieuses, et médicales sur le commencement de la vie. Est-ce que la vie commence à la naissance ? Ou à la conception ? Ou quelque part entre les deux ?

Le second sujet est le rôle et le fonctionnement de la Cour Suprême dans les institutions américaines. Troisième branche du pouvoir et ultime arbitre des litiges judiciaires, la Cour Suprême a pris une dimension politique aux cours des dernières décennies du fait de l’influence de ses décisions sur les questions de société. Tant que ces décisions allaient dans le sens souhaité par les Démocrates et la gauche progressiste, cette politisation était bienvenue. Depuis que la direction s’est inversée, cette même gauche conteste la légitimité de la Cour, et sape sans vergogne ce pilier fondamental de la démocratie américaine.

Le troisième sujet enfin touche à la répartition des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les Etats de l’Union. Les Etats-Unis sont une fédération, où le pouvoir du gouvernement fédéral, limité à l’origine, n’a cessé de s’étendre. Certains, chez les Démocrates et à l’extrême gauche voudraient le voir s’étendre encore plus, quitte à éliminer les particularités qui font des Etats-Unis, une nation à part.

Explications.

1 L’avortement :

Il n’existe pas de loi affirmant la légalité de l’avortement aux Etats-Unis. La question n’a jamais été légiférée. Il n’y a jamais eu de débat parlementaire. Il n’y a jamais eu de vote des élus. Pour la bonne raison que le résultat aurait été négatif. En 2009 le Congrès voulut profiter du vent de libéralisme social suscité par l’élection de Barack Obama à la Maison Blanche pour faire voter une loi légalisant l’avortement. Elle fut rejetée en première lecture… Dès la diffusion du scoop de Politico, le Sénat a organisé un nouveau vote sur un futur texte de loi, légalisant l’avortement. Ce texte a été rejeté à 51 voix contre 49, alors qu’il avait besoin d’une majorité qualifiée de 60 voix pour avancer. Les Démocrates n’ont même pas fait le plein de leurs propres voix.

Il n’y a donc, aux Etats-Unis, aucun équivalent à la loi Weil de 1975 sur l’Interruption Volontaire de Grossesse en France ; loi votée après un long débat parlementaire et devenue un acquis de la Ve République !

Aux Etats-Unis cette question a traditionnellement été laissée à la discrétion de chaque Etat. Jusque dans les années 1960 elle était d’ailleurs peu débattue. Tolérée dans les premières années de la République américaine, la pratique de l’avortement fut progressivement condamnée puis interdite dans la deuxième moitié du XIXe siècle à la demande non pas d’un parti politique mais des médecins. Ceux-ci rechignaient à pratiquer l’avortement car la procédure consiste à supprimer une vie plutôt qu’à la protéger. La procédure était donc confiée à des sages-femmes, ou des « faiseuses d’anges » qui agissaient par conviction mais sans vraie formation médicale, qui opéraient dans le secret, avec des risques considérables pour la mère. C’est donc au nom de la protection des femmes que les médecins ont obtenu des législateurs de chaque Etat qu’ils restreignent ou interdisent l’avortement.

Dans les années 1960, les bouleversements culturels et sociaux, en particulier l’intégration des femmes dans la vie active et la diffusion de la pilule contraceptive, à partir de 1962, ont engendré une révolution des mœurs et contribué aux demandes des mouvements féministes bourgeonnants pour l’émancipation des femmes et en particulier pour une libération de ce qu’elles appelaient la « servitude reproductive ».

L’avortement n’a plus été vu comme une simple procédure médicale aux dimensions émotionnelles et morales complexes, mais plutôt comme une forme de discrimination sociale. Les femmes les plus pauvres, souvent membres de minorités raciales, et à l’instruction la plus limitée étaient les plus fréquentes victimes des conséquences de grossesses non souhaitées. Et pour les autres, ces mêmes grossesses étaient perçues comme un obstacle à leur accomplissement professionnel et un frein à leur ascension sociale. Les revendications pour la reconnaissance d’un droit à l’avortement se sont alors multipliées.

A l’époque, trente Etats américains interdisaient l’avortement et seize l’autorisaient avec des restrictions. Seuls quatre Etats l’autorisaient largement: l’Alaska, Hawaïi, New York et Washington.

En 1965, dans l’affaire Griswold v Connecticut, la Cour Suprême avait reconnu l’existence d’un « droit à la vie privée » protégeant la vie maritale des Américains. Le Connecticut, riche Etat de Nouvelle Angleterre, interdisait alors la vente de contraceptifs. Un couple marié demandait la levée de cette interdiction parce qu’elle constituait, selon leurs avocats, une ingérence inacceptable du gouvernement dans la « vie privée » des Américains. Les juges avaient approuvé ce raisonnement à sept contre deux.

Toutefois ce « droit à la vie privée » n’est aucunement stipulé dans la Constitution américaine, ni dans ses articles, ni dans les dix amendements qui constituent la « Charte des Droits » (Bill of Rights), ni dans les amendements qui ont suivi. Aussi les juges suprêmes de l’époque ont-ils opiné que ce droit était garanti de manière « implicite » parce qu’il rentre dans le cadre des libertés individuelles protégées par la Constitution. C’est dans « la pénombre et les émanations » (sic) du texte constitutionnel que les juges d’alors ont trouvé la justification du droit à la vie privée… Même si la fragilité du raisonnement fut soulignée alors, la décision allait dans l’air du temps et chacun reconnaissait que l’Etat n’avait pas à fourrer son nez dans la « chambre de couples mariés ».

La décision Griswold v Connecticut annonçait celle qui allait suivre. Si le gouvernement ne pouvait dicter leur conduite sexuelle aux couples mariés, il ne pouvait pas non plus la dicter aux personnes célibataires, tout le monde étant égal devant la loi, et ne pouvait pas non plus interdire à une femme d’interrompre une grossesse.

Cette conclusion logique fut atteinte six ans plus tard, le 22 janvier 1973 par la fameuse décision « Roe vs Wade ». Jane Roe était le pseudonyme d’une femme attaquant l’Etat du Texas pour le droit d’avorter. Wade était le nom du procureur de Dallas où la plainte avait été déposée. D’appel en appel le dossier parvint jusqu’à la Cour Suprême qui après de longs mois de débats vota en faveur du plaignant à sept voix contre deux. Les juges suprêmes réaffirmèrent alors l’existence du fameux droit à la vie privée, basé plus particulièrement sur le XIVe amendement, garantissant, entre autres, à tous les citoyens américains l’égalité devant la loi. Leur décision équivalait à une légalisation de l’avortement sur l’ensemble du territoire fédéral. La date devint historique.

Byron White, l’un des deux juges à rejeter cette décision écrivit alors qu’elle constituait un « abus brutal du pouvoir judiciaire. » La force de cette décision était qu’elle s’appliquait au niveau fédéral. Elle avait force de loi, prenant le pas sur les législations particulières de chacun des cinquante Etats.

La faiblesse de cette décision était qu’elle se basait sur une interprétation contestable de la Constitution. D’ailleurs elle n’a cessé d’être contestée depuis. De plus elle tenait à quelques voix, celles de sept juges, tous des hommes. Toute évolution de la composition de la Cour Suprême pouvait remettre en question cette décision. Sans le savoir, la Cour Suprême venait de devenir l’objet d’un combat politique sans merci, ce qu’elle n’avait pas été jusqu’alors…

Etats-Unis : Pourquoi tant d’affolement autour de l’avortement (2)

Gérald Olivier

France Amérique

16 mai 2022

2 La Bataille pour la Cour Suprême

La Cour Suprême des Etats-Unis est le sommet de l’appareil judiciaire. Elle est la troisième branche du pouvoir. Son rôle est d’arbitrer les litiges et d’interpréter la Constitution pour « dire le droit » américain. Ses décisions ont valeur de loi et font jurisprudence. Elle compte neuf juges (six à sa création en 1787, mais ce nombre a été porté à neuf en 1869), nommés à vie par le président avec confirmation du Sénat. Les décisions s’y prennent à la majorité. Cinq juges suffisent donc pour imposer des décisions susceptibles de bouleverser la société, comme ce fut le cas pour « Roe v Wade », la décision de 1973 légalisant l’avortement.

Loin de clore le débat sur le sujet, Roe v Wade en fit un enjeu politique majeur pour les décennies à venir. Le droit à l’avortement est devenu une ligne de démarcation entre l’Amérique progressiste largement Démocrate, et l’Amérique conservatrice proche des Républicains. Il est devenu un critère capital dans la nomination des juges suprêmes.

Les Etats-Unis de 1973 comptaient de nombreux Etats conservateurs, marqués par la morale religieuse et le patriarcat. Pour ces Américains-là, la légalisation de l’avortement constituait une révolution culturelle aussi inattendue qu’inacceptable. Quelques leaders religieux, dont le révérend Jerry Falwell, pionnier parmi les télé-évangélistes conservateurs, comprirent l’énorme force politique que constituaient les chrétiens évangéliques, soudés par leur opposition à l’avortement. Ils décidèrent de mettre cette force au service du parti Républicain en échange d’un engagement de ses élus à se battre pour invalider Roe v Wade, entre autres façons par la nomination de juges conservateurs à la Cour Suprême.

Du jour au lendemain des personnalités politiques qui ne s’étaient pas jusqu’alors engagées dans le débat sur l’avortement prenaient des positions publiques tranchées, et se déclaraient « pro-life » pour se concilier le vote évangélique. Le plus proéminent d’entre eux fut Ronald Reagan. En 1967 alors gouverneur de la Californie, Reagan avait signé une loi légalisant l’avortement, mais à partir de 1978, en tant que candidat à la Maison Blanche, il se déclarait partisan du « caractère sacré de la vie ».

Idem plus récemment pour Donald Trump. L’ancien playboy new yorkais, qui avait longtemps fait profession foi de sa tolérance et de son progressisme en la matière, reconnaissant le droit d’une femme à « choisir », se mua en partisan virulent du droit à la vie lors de sa campagne présidentielle de 2016. En 2018, devenu président, il s’adressa, depuis les jardins de la Maison Blanche, aux manifestants qui participent tous les ans, le 22 janvier, à une marche de protestation sur la capitale fédérale Washington D.C. pour commémorer la funeste décision de 1973, et leur déclara qu’il défendrait toujours le premier droit garanti par la Constitution, le « droit à la vie »…

Face à ces engagements, les forces pro-avortement se sont mobilisées pour défendre et conforter ce droit jugé fondamental. Les nominations de juges à la cour Suprême sont devenues l’enjeu de batailles féroces qui n’ont fait que s’envenimer avec le temps.

La première bataille eut lieu en 1987 quand le président Reagan y présenta la candidature du juge Robert Bork. Bork était un haut magistrat reconnu et expérimenté, professeur à l’université de Yale, qui ne cachait pas son désaccord avec nombres de décisions antérieures de la Cour suprême, dont « Roe vs Wade », conséquences pour lui d’une lecture extrapolative de la Constitution.

Sa nomination, médiatisée comme aucune autre jusqu’alors, fut torpillée par le Sénat, à l’incitation de Ted Kennedy, le benjamin des trois frères, alors sénateur du Massachusetts, et du président de la Commission judiciaire, un certain Joe Biden. Bork dénonça « un arbitraire et des mensonges grossiers », mais rien n’y fit. Les Démocrates étaient alors majoritaires au Congrès et il n’était pas question qu’ils admettent à la Cour Suprême, un juge anti-avortement. Bork fut rejeté. A sa place, Reagan nomma Anthony Kennedy, un centriste, acquis au maintien de Roe v Wade.

La seconde bataille se déroula en 1991 avec la nomination du juge Clarence Thomas par George Bush père. Thomas, un Noir conservateur, opposé à l’avortement, fut immédiatement attaqué, non pas sur sa philosophie judiciaire, mais sur sa personne et son passé. Les Démocrates mirent en avant une ancienne stagiaire, Anita Hill, qui l’accusa de harcèlement sexuel. L’homme orchestrant ces accusations fut à nouveau le président de la Commission judiciaire du Sénat, Joe Biden. Une enquête du FBI jugea les accusations de Hill « infondées ». Néanmoins elle fut invitée à témoigner lors des audiences de confirmation qui s’étalèrent sur près de deux mois, une durée sans précédent !

Clarence Thomas compara la procédure à une « honte nationale » et un « lynchage médiatique » destiné à « détruire sa réputation » et intimider « tous les Noirs qui oseraient ne pas suivre l’ordre établi et penser par eux-mêmes ». Il fut finalement confirmé par un vote de 52 voix contre 48 au Sénat. Quarante-six sénateurs démocrates sur cinquante-sept votèrent contre lui.

Cette bataille fut un prélude à une autre bataille encore plus brutale engagée toujours par les mêmes Démocrates, cette fois contre le juge Brett Kavanaugh en 2018. Kavanaugh était le second juge nommé par Donald Trump, sa nomination pouvait donner à la Cour une majorité conservatrice susceptible d’invalider Roe v Wade. Les démocrates étaient donc prêts à tout pour faire dérailler sa nomination.

D’autant que le climat politique était alors particulièrement tendu.

2016, la dernière année du mandat présidentiel de Barack Obama s’était ouverte avec une cour comprenant quatre juges progressistes (Ruth Bader Ginzburg et Stephen Breyer, nommés par Bill Clinton, Sonya Sotomayor et Elena Kagan, nommées par Barack Obama) trois juges conservateurs (Antonin Scalia, nommé par Ronald Reagan, Clarence Thomas, nommé par George Bush père et Samuel Alito, nommé par George W. Bush), ainsi que deux juges centristes, nommés par deux présidents républicains mais rejoignant très souvent les positions des quatre juges progressistes, (Anthony Kennedy, nommé par Reagan et John Roberts, le président de la Cour, nommé par George W. Bush).

Les progressistes avaient donc la majorité au sein de la cour, mais cette majorité était fragile. Un simple ralliement de Kennedy et Roberts au camp conservateur pouvait donner à celui-ci une majorité de cinq voix contre quatre. La nomination de deux nouveaux juges conservateurs pouvait aussi inverser le rapport de force.

En février 2016 Antonin Scalia, le plus conservateur des neuf juges, décéda subitement. Barack Obama s’empressa de proposer pour lui succéder le juge Merrick Garland (aujourd’hui ministre de la Justice du président Biden). C’était l’occasion de consolider la majorité de gauche à la Cour Suprême ! Mais le Sénat, contrôlé par le parti républicain, parvint à repousser les audiences de confirmation jusqu’après l’élection présidentielle de novembre. Garland n’eut jamais l’occasion de défendre sa nomination.

La manœuvre fit grincer des dents et valut à son auteur, Mitch Mc Connell, chef de file des Républicains du Sénat, une très mauvaise presse. Mais les Démocrates étaient alors persuadés que Hillary Clinton serait élue présidente en novembre 2016. Elle pourrait nommer Garland ou un autre juge tout aussi progressiste et les Républicains seraient alors obligés de confirmer sa nomination.

Ce n’est pas ce qui se produisit ! Le 8 novembre 2016, le candidat républicain Donald Trump fut élu de justesse, créant ainsi la plus grosse surprise électorale de l’histoire présidentielle américaine. Et remportant le droit de nommer le juge de son choix pour succéder à Antonin Scalia. Ce fut Neil Gorsuch. Sa nomination ne changea pas l’équilibre de la Cour. Scalia, le sortant était conservateur, Gorsuch l’entrant l’était aussi.

Deux ans plus tard en 2018 le juge Anthony Kennedy, âgé de 82 ans, prit sa retraite, offrant à Donald Trump la possibilité de nommer un deuxième juge à la Cour. Ce fut Brett Kavanaugh.

Dans le contexte polarisé de la présidence Trump, les audiences de confirmation de Brett Kavannaugh dégénérèrent dans un chaos sans précédent. Emmenés par la jeune sénatrice de Californie Kamala Harris les membres de la Commission refusèrent d’abord de respecter la procédure, puis ils présentèrent le témoignage d’une femme de 52 ans, Christine Blasey Ford, venue accuser Kavanaugh d’avoir tenté de la violer, lors d’une soirée quelques trente-six plus tôt, en 1982, quand tous deux étaient lycéens !

Le FBI fut mandaté pour enquêter et ne trouva rien pour corroborer ses accusations, que personne ne vint confirmer. Plusieurs témoins, au contraire, présents ce fameux soir, nièrent tout incident. Néanmoins Blasey Ford fit la couverture de Time Magazine et devint une héroïne de la cause démocrate. Après son témoignage elle reçut plus d’un million de dollars en donations diverses pour récompenser son « courage »… Elle ne parvint cependant pas à faire dérailler la nomination de Kavanaugh.

La Cour Suprême avait désormais une majorité conservatrice. Et pour rajouter encore à la déconvenue des Démocrates, Ruth Bader Ginzburg, âgée de 87 ans, souffrant d’un cancer depuis des années et qui ne siégeait plus à la Cour que par intermittence à cause de séjours répétés en hôpital, décéda à son tour quelques mois avant la fin du mandat de Donald Trump. La juge la plus à gauche, véritable pilier de l’idéologie progressiste laissait son siège vacant et offrait au président Trump le privilège rare de nommer un troisième juge à la Cour en un seul mandat ! Celui-ci s’empressait de désigner Amy Coney Barrett et le Sénat, toujours contrôlé par les Républicains, s’empressait de confirmer sa nomination.

Cette fois la cause était entendue. Le camp progressiste au sein de la Cour Suprême est réduit à trois juges : Sonia Sotomayor, Elena Kagan et Stephen Breyer (qui sera bientôt remplacé par Katanji Brown Jackson, tout récemment nommée par le président Biden et déjà confirmée). Le camp conservateur en compte cinq : Clarence Thomas, Samuel Alito, Neil Gorsuch, Brett Kavannaugh et Amy Coney Barret). Quatre d’entre eux ont moins de soixante ans et devraient siéger pour des décennies. Le président de la Cour reste le juge John Roberts. Son vote, imprévisible, peut renforcer la majorité conservatrice, à six voix contre trois, ou la réduire à cinq voix contre quatre. Mais cette majorité conservatrice est solidement ancrée.

Les Démocrates ont perdu la bataille de la Cour Suprême.

Sans surprise, leur stratégie a donc radicalement évolué à son égard. Ils suggèrent désormais de porter le nombre de ses juges à quinze. Cela s’appelle en anglais le « Court Packing ». Autoriser le président, Démocrate bien sûr, à nommer d’un coup six juges, pour rendre au camp progressiste le contrôle des débats. Pour y parvenir les Démocrates ont besoin d’une majorité qualifiée de 60 voix au Sénat. Ils en sont loin.

La manœuvre est donc purement symbolique. Ce qui enrage et angoisse les Démocrates. Car la question de l’avortement n’est pas la seule question devant la Cour Suprême. D’autres questions de société peuvent lui être soumises. Leur hantise est de voir les acquis récents – qui ne sont qu’un échafaudage de déconstruction sociétale sans précédent – dont la reconnaissance du mariage homosexuel, de l’agenda LGBT et des droits des immigrants clandestins, à leur tour, battus en brèche.

Derrière la question de l’avortement, il y a de vrais enjeux de société aux Etats-Unis. Enjeux pour lesquels la Cour Suprême aura un rôle légitime à jouer. L’annulation de Roe v Wade serait le premier signe de la fin des dérives engagées depuis un demi-siècle et l’amorce d’un retour de balancier, espéré et attendu depuis des décennies par la fameuse majorité silencieuse.

Voir par ailleurs:

Cinq choses à savoir sur la marche des Fiertés qui a lieu ce samedi à Paris
Le Télégramme
25 juin 2022

Manifestation festive, elle retrouvera toutes ses couleurs après deux années de restrictions en raison de la covid. La marche des Fiertés LGBT + a lieu ce samedi à Paris. Le point sur cet événement emblématique, qui s’est diffusé dans toute la France

1 Une manifestation massive

Le défilé parisien rassemble habituellement 500 000 personnes, ce qui en fait l’un des plus importants événements récurrents de la capitale. Cette année, les participants défileront de la station de métro Michel Bizot, dans le 12e arrondissement, à la place de la République.

Le mot d’ordre fixé est « Nos corps, nos droits, vos gueules ! ». Il s’agit notamment de protester contre la « banalisation » de la « parole LGBTQIphobe et surtout transphobe », trop souvent ignorée des pouvoirs publics, selon le collectif associatif Inter-LGBT, qui organise cette marche.

« Aujourd’hui, la notion de genre est très attaquée, notamment lorsqu’elle est déployée en milieu scolaire », déplore Matthieu Gatipon, l’un de ses porte-parole. « La rhétorique de l’extrême droite est que les associations procéderaient à du lavage de cerveau envers les jeunes. Et le résultat de ce discours nourri de transphobie, c’est qu’on a 89 députés du RN », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse jeudi.« Des centres LGBT se font attaquer, des personnes LGBT se font agresser tous les jours. On aimerait un peu plus de soutien du gouvernement, qui se dit notre allié mais ne fait pas grand-chose », a ajouté Elisa Koubi, coprésidente du collectif.

2 1977 : première marche parisienne

Un mouvement de défense des personnes homosexuelles s’est constitué à partir de 1971 en France et participe d’abord aux défilés du 1er mai. « C’est le moment où l’homosexualité devient une question politique », indique Antoine Idier, sociologue et historien.

La première manifestation homosexuelle indépendante parisienne a lieu en 1977 (sept ans après la première Pride au monde, en 1970 à Chicago). Les participants ferraillent contre la répression et des lois discriminantes.

3 Paillettes et politique

Paillettes, drapeaux arc-en-ciel, chants et danses : les marches des Fiertés sont généralement festives. « Le mouvement homosexuel a toujours revendiqué d’être à la fois politique et festif », souligne Antoine Idier. « La dimension festive permet de rompre avec la politique classique ».

Le mouvement homosexuel revendique « une forme de politisation du corps, de l’intime, de la vie privée, or la fête incarne aussi tous ces éléments », ajoute l’historien.

Samedi, quelque 30 000 personnes sont attendues à l’arrivée de la marche parisienne, pour un spectacle gratuit associant une centaine d’artistes, dont Bilal Hassani.

4 Cortèges alternatifs

Outre la manifestation habituelle, des marches alternatives sont apparues ces dernières années, affichant d’autres slogans et revendications, souvent plus contestataires. Cela démontre « un foisonnement et un enrichissement du militantisme LGBT + », plutôt qu’un « éparpillement », analysait récemment dans Le Monde la sociologue et historienne Ilana Eloit.

Le 4 juin, un millier de personnes ont ainsi défilé à Saint-Denis pour la deuxième « pride des banlieues ». Et le 19 juin, ils étaient quelque 50 000 à Paris à la « Pride radicale » anticapitaliste et antiraciste, selon les estimations des associations organisatrices.

« Il y a toujours eu un débat au sein du mouvement homosexuel pour savoir s’il doit parler uniquement de l’homosexualité ou porter une critique de la société tout entière », décrit Antoine Idier.

Pour Elisa Koubi, de l’inter-LGBT, « c’est très bien qu’il y ait d’autres marches ». « On est toujours le radical de quelqu’un », et les différentes manifestations sont « complémentaires », ajoute-t-elle.

5 Multiplication des marches

Les marches des Fiertés ont lieu dans de nombreux pays. En France, elles sont organisées localement, par des associations, sans coordination au niveau national.

Au début des années 1990, de premières marches ont lieu en régions. « Pendant longtemps, on est resté avec une marche à Paris et quelques autres dans les principales grandes villes », note Denis Quinqueton, codirecteur de l’Observatoire LGBTI +. «On observe depuis quelques années un essaimage ».

Des marches ont ainsi été organisées pour la première fois cette année dans de petites villes comme Châlons-en-Champagne, Carcassonne ou Périgueux, ainsi que dans des départements ruraux, tels que la Lozère et l’Oise.

En Bretagne, celle de Rennes a déjà près de 30 ans : la 28e édition s’est déroulée le 4 juin. Il y a également eu le Festi-Gay à Gourin pendant des années. Mais des collectifs ont aussi organisé de tels événements dans d’autres villes plus récemment, notamment à Brest, Vannes, Lorient, Saint-Brieuc ou encore Quimper.

« La société a beaucoup évolué sur ces sujets. Il y a 30 ans, certaines personnes n’auraient pas osé aller manifester », mais « aujourd’hui, c’est moins le cas », relève Denis Quinqueton.

COMPLEMENT:

ANALYSE – Contrairement aux Français, qui ont accepté collectivement le droit à l’IVG à la faveur d’un vote démocratique, les Américains, court-circuités par les juges, ne sont jamais parvenus à un consensus.

Aucun doute. En annulant la célèbre décision «Roe vs Wade» de 1973 qui instaurait un droit fédéral à l’avortement, et en renvoyant aux États le pouvoir de trancher sur cette question douloureuse, les juges de la Cour suprême américaine de 2022, ont pris, par 6 voix contre 3, une décision historique. Opposant ceux qui se réjouissent d’une «victoire de la vie» à ceux qui veulent défendre la liberté des femmes de «contrôler leur corps», elle va déchirer l’Amérique et constituera un sujet central de la bataille des élections de mi-mandat. Dans un contexte de quasi-guerre civile politique, cela dessine un terrain glissant et dangereux, dont la tentative d’attentat contre le juge conservateur Brett Kavanaugh qui a suivi le vote, illustre le caractère explosif.

Mais présenter la décision de la Cour suprême comme «un retour au Moyen Âge» ou une «talibanisation» des États-Unis, comme on le martèle depuis quelques jours, apparaît comme une véritable caricature, très idéologique. Évacuant la question morale, malgré toutes les découvertes scientifiques sur la vie intra-utérine du fœtus, cette lecture des événements nie toute légitimité à ceux qui n’ont jamais cessé de défendre le droit sacré à la vie, ou veulent – c’est la majorité du camp conservateur – imposer des limites de temps plus strictes, au droit d’avorter, aujourd’hui beaucoup plus permissif aux États-Unis qu’en Europe. Faudrait-il faire comme s’ils n’existaient pas et ne voir le sujet que sous l’angle des féministes, qui a bien sûr sa légitimité? Ou accepter de débattre?

À bien y regarder, cette décision n’est pas étonnante. Contrairement aux Français, qui ont accepté collectivement le droit à l’avortement à la faveur d’un vote démocratique, les Américains, court-circuités par les juges, ne sont jamais parvenus à un consensus. Pays fédéral toujours très chrétien, les États-Unis restent en réalité très partagés sur l’avortement, même si une majorité de 60 % est aujourd’hui favorable à ce droit, les désaccords portant surtout sur son encadrement. Loin de refléter l’approbation de la majorité de la population, la décision «Roe vs Wade» avait été imposée par le haut au pays en 1973 par une Cour suprême progressiste, évacuant du débat la moitié conservatrice du pays. La décision de vendredi dernier ressemble de ce point de vue à un effet boomerang. Comme le note le professeur de philosophie politique Joshua Mitchell, de l’université de Georgetown, «ce qui peut vivre par la Cour, peut mourir par la Cour». Autrement dit, les juges américains s’étaient substitués à la délibération démocratique.

Aujourd’hui, ils ne vont pas jusque-là, mais exigent un retour du dossier vers les États, revendication constante des conservateurs. Reflétant ce point de vue, le professeur Mitchell, favorable au droit à l’avortement des femmes dans «des limites raisonnables» de 12 semaines, parle d’une «très bonne nouvelle, car il ne s’agit pas d’interdire l’avortement, mais de renvoyer l’un des sujets les plus sérieux qui soit vers le corps politique». «La politique doit venir en premier, le droit en second. Les juges ne peuvent se substituer au débat démocratique. Nous devons redevenir une nation politique, surmonter nos désaccords profonds par la conversation, même quand elle est extrêmement difficile, au lieu d’abandonner les décisions aux juges ou aux experts», insiste-t-il. «Tout le monde avait conclu que la gauche avait gagné la bataille culturelle. Cette dernière imaginait qu’elle pouvait considérer ceux qui résistaient comme “des accidents historiques” à ignorer, mais cette décision de la Cour, qui résulte de la contre-offensive menée sous Trump, montre que c’est plus compliqué», analyse Mitchell.

Le camp libéral, consterné, s’en inquiète, soulignant, non sans raison, qu’il existe un groupe substantiel d’ «intégralistes conservateurs» qui rêverait d’absolutiser le dossier, et d’interdire tout de go l’avortement, même en cas d’inceste ou de viol. Mais présenter ce camp comme majoritaire brouille la réalité des humeurs de la majorité des républicains, favorables à l’avortement, mais avec une interdiction au-delà de 12 ou 15 semaines. «Je doute qu’un seul État aille vers une interdiction totale», présume Mitchell. Le camp conservateur souhaiterait surtout opposer une logique de responsabilité à la logique de liberté qui prévaut à gauche, affirme-t-on à droite. La décision «Roe vs Wade» a en effet permis de pratiquer des avortements, pratiquement jusqu’à la naissance, dans de nombreux États. «Les changements sociétaux qui se produisent à gauche, notamment dans le mouvement woke, visent à repousser ou ignorer la nature et ses limites. L’attaque contre “Roe vs Wade”, en retour, veut rappeler que la nature existe, et que les bébés, à l’intérieur du corps de la femme, sont réels. Avec le progrès technologique, il est devenu impossible d’ignorer leur souffrance, elle doit faire partie de l’équation au même titre que la souffrance des femmes», note Mitchell. Des dizaines de millions d’avortements ont été réalisés aux États-Unis depuis 1973.


Populisme: Les sionistes ont même inventé le nationalisme ! (From the Tower of Babel to the latest anti-Israeli UN resolution, the independent national state, as an alternative to empire and tribalism, begins with the Hebrew Bible, but is again threatened by transnational elites, says Israeli political philosopher Yoram Hazony)

28 juillet, 2019
Naomi entreating Ruth and Orpah to Return to The Land of Moab (William Blake)Toi qui as fixé les frontières, dressé les bornes de la terre, tu as créé l’été, l’hiver !  Psaumes 74: 17
Où tu iras j’irai, où tu demeureras je demeurerai; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu où tu mourras je mourrai, et j’y serai enterrée. Ruth (Ruth 1: 16)
Un peuple connait, aime et défend toujours plus ses moeurs que ses lois. Montesquieu
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Condamner le nationalisme parce qu’il peut mener à la guerre, c’est comme condamner l’amour parce qu’il peut conduire au meurtre. C.K. Chesterton
Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme. Le nationalisme est l’exact contraire du patriotisme, il en est sa trahison. Emmanuel Macron
Les démocrates radicaux veulent remonter le temps, rendre de nouveau le pouvoir aux mondialistes corrompus et avides de pouvoir. Vous savez qui sont les mondialistes? Le mondialiste est un homme qui veut qu’il soit bon de vivre dans le monde entier sans, pour dire le vrai, se soucier de notre pays. Cela ne nous convient pas. (…) Vous savez, il y a un terme devenu démodé dans un certain sens, ce terme est « nationaliste ». Mais vous savez qui je suis? Je suis un nationaliste. OK? Je suis nationaliste. Saisissez-vous de ce terme! Donald Trump
We have a very clear policy. We want to preserve Hungary as a Hungarian country. We have a right for that. It’s a sovereign right of Hungary to decide whom we would like to allow to enter the territory of the country, and with whom we would like to live together. That must be a national decision … a matter of national sovereignty, and we don’t want to give that up. And we do not accept either Brussels, New York or Geneva taking these kinds of decisions instead of us. (…) We think that the illegal migration is a threat to the European future, a threat to the European culture and to the European civilization. We are a country which sticks strictly to national identity, which would like to preserve religious heritage, historic heritage and cultural heritage. We do not want to lose them. Péter Szijjártó (Hungary’s foreign minister)
So apparently Donald Trump wants to make this an election about what it means to be American. He’s got his vision of what it means to be American, and he’s challenging the rest of us to come up with a better one. In Trump’s version, “American” is defined by three propositions. First, to be American is to be xenophobic. The basic narrative he tells is that the good people of the heartland are under assault from aliens, elitists and outsiders. Second, to be American is to be nostalgic. America’s values were better during some golden past. Third, a true American is white. White Protestants created this country; everybody else is here on their sufferance. When you look at Trump’s American idea you realize that it contradicts the traditional American idea in every particular. In fact, Trump’s national story is much closer to the Russian national story than it is toward our own. It’s an alien ideology he’s trying to plant on our soil. ​ Trump’s vision is radically anti-American.​ The real American idea is not xenophobic, nostalgic or racist; it is pluralistic, future-oriented and universal. America is exceptional precisely because it is the only nation on earth that defines itself by its future, not its past. America is exceptional because from the first its citizens saw themselves in a project that would have implications for all humankind. America is exceptional because it was launched with a dream to take the diverse many and make them one — e pluribus unum.​ (…) Trump’s campaign is an attack on that dream. The right response is to double down on that ideal. The task before us is to create the most diverse mass democracy in the history of the planet — a true universal nation. It is precisely to weave the social fissures that Trump is inclined to tear. David Brooks
In the matter of immigration, mark this conservative columnist down as strongly pro-deportation. The United States has too many people who don’t work hard, don’t believe in God, don’t contribute much to society and don’t appreciate the greatness of the American system. They need to return whence they came. I speak of Americans whose families have been in this country for a few generations. Complacent, entitled and often shockingly ignorant on basic points of American law and history, they are the stagnant pool in which our national prospects risk drowning.​ (…) Bottom line: So-called real Americans are screwing up America. Maybe they should leave, so that we can replace them with new and better ones: newcomers who are more appreciative of what the United States has to offer, more ambitious for themselves and their children, and more willing to sacrifice for the future. In other words, just the kind of people we used to be — when “we” had just come off the boat.​ O.K., so I’m jesting about deporting “real Americans” en masse. (Who would take them in, anyway?) But then the threat of mass deportations has been no joke with this administration.​ On Thursday, the Department of Homeland Security seemed prepared to extend an Obama administration program known as Deferred Action for Childhood Arrivals, or DACA, which allows the children of illegal immigrants — some 800,000 people in all — to continue to study and work in the United States. The decision would have reversed one of Donald Trump’s ugly campaign threats to deport these kids, whose only crime was to have been brought to the United States by their parents. Yet the administration is still committed to deporting their parents, and on Friday the D.H.S. announced that even DACA remains under review — another cruel twist for young immigrants wondering if they’ll be sent back to “home” countries they hardly ever knew, and whose language they might barely even speak.​ Beyond the inhumanity of toying with people’s lives this way, there’s also the shortsightedness of it. We do not usually find happiness by driving away those who would love us. Businesses do not often prosper by firing their better employees and discouraging job applications. So how does America become great again by berating and evicting its most energetic, enterprising, law-abiding, job-creating, idea-generating, self-multiplying and God-fearing people?​ Because I’m the child of immigrants and grew up abroad, I have always thought of the United States as a country that belongs first to its newcomers — the people who strain hardest to become a part of it because they realize that it’s precious; and who do the most to remake it so that our ideas, and our appeal, may stay fresh.​ That used to be a cliché, but in the Age of Trump it needs to be explained all over again. We’re a country of immigrants — by and for them, too. Americans who don’t get it should get out.​ Bret Stephens
Obama est le premier président américain élevé sans attaches culturelles, affectives ou intellectuelles avec la Grande-Bretagne ou l’Europe. Les Anglais et les Européens ont été tellement enchantés par le premier président américain noir qu’ils n’ont pu voir ce qu’il est vraiment: le premier président américain du Tiers-Monde. The Daily Mail
Culturellement, Obama déteste la Grande-Bretagne. Il a renvoyé le buste de Churchill sans la moindre feuille de vigne d’une excuse. Il a insulté la Reine et le Premier ministre en leur offrant les plus insignifiants des cadeaux. A un moment, il a même refusé de rencontrer le Premier ministre. Dr James Lucier (ancien directeur du comité des Affaire étrangères du sénat américain)
We want our country back ! Marion Maréchal
La jeune génération n’est pas encouragée à aimer notre héritage. On leur lave le cerveau en leur faisant honte de leur pays. (…) Nous, Français, devons nous battre pour notre indépendance. Nous ne pouvons plus choisir notre politique économique ou notre politique d’immigration et même notre diplomatie. Notre liberté est entre les mains de l’Union européenne. (…) Notre liberté est maintenant entre les mains de cette institution qui est en train de tuer des nations millénaires. Je vis dans un pays où 80%, vous m’avez bien entendu, 80% des lois sont imposées par l’Union européenne. Après 40 ans d’immigration massive, de lobbyisme islamique et de politiquement correct, la France est en train de passer de fille aînée de l’Eglise à petite nièce de l’islam. On entend maintenant dans le débat public qu’on a le droit de commander un enfant sur catalogue, qu’on a le droit de louer le ventre d’une femme, qu’on a le droit de priver un enfant d’une mère ou d’un père. (…) Aujourd’hui, même les enfants sont devenus des marchandises (…) Un enfant n’est pas un droit (…) Nous ne voulons pas de ce monde atomisé, individualiste, sans sexe, sans père, sans mère et sans nation. (…) Nous devons faire connaitre nos idées aux médias et notre culture, pour stopper la domination des libéraux et des socialistes. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé une école de sciences politiques. (…) Nous devons faire connaitre nos idées aux médias et notre culture, pour stopper la domination des libéraux et des socialistes. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé une école de sciences politiques. (…) La Tradition n’est pas la vénération des cendres, elle est la passation du feu. (…)Je ne suis pas offensée lorsque j’entends le président Donald Trump dire ‘l’Amérique d’abord’. En fait, je veux l’Amérique d’abord pour le peuple américain, je veux la Grande-Bretagne d’abord pour le peuple britannique et je veux la France d’abord pour le peuple français. Comme vous, nous voulons reprendre le contrôle de notre pays. Vous avez été l’étincelle, il nous appartient désormais de nourrir la flamme conservatrice. Marion Maréchal
La frontière a mauvaise presse : elle défend les contre-pouvoirs. N’attendons pas des pouvoirs établis, en position de force, qu’il fassent sa promo. Ni que que ces passe-muraille que sont évadés fiscaux, membres de la jet-set, stars du ballon rond, trafiquants de main-d’oeuvre, conférenciers à 50 000 dollars, multinationales adeptes des prix de transfert déclarent leur amour à ce qui leur fait barrage. […] Là est d’ailleurs le bouclier des humbles, contre l’ultra-rapide, l’insaisissable et l’omniprésent. Ce sont les dépossédés qui ont intérêt à la démarcation franche et nette. Leur seul actif est leur territoire, et la frontière, leur principale source de revenus (plus pauvre un pays, plus dépendant est-il de ses taxes douanières). La frontière rend égales (tant soit peu) des puissances inégales. Les riches vont où ils veulent, à tire-d’aile ; les pauvres vont où ils peuvent, en ramant. Ceux qui ont la maîtrise des stocks (de têtes nucléaires, d’or et de devises, de savoirs et de brevets) peuvent jouer avec les flux, en devenant encore plus riches. Ceux qui n’ont rien en stock sont les jouets des flux. Le fort est fluide. Le faible n’a pour lui que son bercail, une religion imprenable, un dédale inoccupable, rizières, montagnes, delta. Guerre asymétrique. Le prédateur déteste le rempart ; la proie aime bien. Régis Debray (Eloge des frontières, 2010)
En Europe comme aux Etats-Unis, la contestation émerge sur les territoires les plus éloignés des métropoles mondialisées. La « France périphérique » est celle des petites villes, des villes moyennes et des zones rurales. En Grande-Bretagne, c’est aussi la « Grande-Bretagne périphérique » qui a voté pour le Brexit. Attention : il ne s’agit pas d’un rapport entre « urbains » et « ruraux ». La question est avant tout sociale, économique et culturelle. Ces territoires illustrent la sortie de la classe moyenne des catégories qui en constituaient hier le socle : ouvriers, employés, petits paysans, petits indépendants. Ces catégories ont joué le jeu de la mondialisation, elles ont même au départ soutenu le projet européen. Cependant, après plusieurs décennies d’adaptation aux normes de l’économie-monde, elles font le constat d’une baisse ou d’une stagnation de leur niveau de vie, de la précarisation des conditions de travail, du chômage de masse et, in fine, du blocage de l’ascenseur social. Sans régulation d’un libre-échange qui défavorise prioritairement ces catégories et ces territoires, le processus va se poursuivre. C’est pourquoi la priorité est de favoriser le développement d’un modèle économique complémentaire (et non alternatif) sur ces territoires qui cumulent fragilités socio-économiques et sédentarisation des populations. Cela suppose de donner du pouvoir et des compétences aux élus et collectivités de ces territoires. En adoptant le système économique mondialisé, les pays développés ont accouché de son modèle sociétal : le multiculturalisme. En la matière, la France n’a pas fait mieux (ni pire) que les autres pays développés. Elle est devenue une société américaine comme les autres, avec ses tensions et ses paranoïas identitaires. Il faut insister sur le fait que sur ces sujets, il n’y a pas d’un côté ceux qui seraient dans l’ouverture et de l’autre ceux qui seraient dans le rejet. Si les catégories supérieures et éduquées ne basculent pas dans le populisme, c’est parce qu’elles ont les moyens de la frontière invisible avec l’Autre. Ce sont d’ailleurs elles qui pratiquent le plus l’évitement scolaire et résidentiel. La question du rapport à l’autre n’est donc pas seulement posée pour les catégories populaires. Poser cette question comme universelle – et qui touche toutes les catégories sociales – est un préalable si l’on souhaite faire baisser les tensions. Cela implique de sortir de la posture de supériorité morale que les gens ne supportent plus. J’avais justement conçu la notion d’insécurité culturelle pour montrer que, notamment en milieu populaire, ce n’est pas tant le rapport à l’autre qui pose problème qu’une instabilité démographique qui induit la peur de devenir minoritaire et de perdre un capital social et culturel très important. Une peur qui concerne tous les milieux populaires, quelles que soient leurs origines. C’est en partant de cette réalité qu’il convient de penser la question du multiculturalisme. Christophe Guilluy
Pour la première fois, le modèle mondialisé des classes dominantes, dont Hillary Clinton était le parangon, a été rejeté dans le pays qui l’a vu naître. Fidèles à leurs habitudes, les élites dirigeantes déprécient l’expression de la volonté populaire quand elles en perdent le contrôle. Ainsi, les médias, à travers le cas de la Pennsylvanie – l’un des swing states qui ont fait le succès de Trump -, ont mis l’accent sur le refus de mobilité de la working class blanche, les fameux « petits Blancs », comme cause principale de la précarité et du déclassement. Le « bougisme », qui est la maladie de Parkinson de la mondialisation, confond les causes et les conséquences. Il est incapable de comprendre que, selon la formule de Christopher Lasch, « le déracinement déracine tout, sauf le besoin de racines ». L’élection de Trump, c’est le cri de révolte des enracinés du local contre les agités du global. (…) La gauche progressiste n’a eu de cesse, depuis les années 1980, que d’évacuer la question sociale en posant comme postulat que ce n’est pas la pauvreté qui interdit d’accéder à la réussite ou à l’emploi, mais uniquement l’origine ethnique. Pourtant, l’actuelle dynamique des populismes ne se réduit pas à la seule révolte identitaire. En contrepoint de la protestation du peuple-ethnos, il y a la revendication du peuple-démos, qui aspire à être rétabli dans ses prérogatives de sujet politique et d’acteur souverain de son destin. Le populisme est aussi et peut-être d’abord un hyperdémocratisme, selon le mot de Taguieff, une demande de démocratie par quoi le peuple manifeste sa volonté d’être représenté et gouverné selon ses propres intérêts. Or notre postdémocratie oscille entre le déni et le détournement de la volonté populaire. (…) Au XIXe siècle, la bourgeoisie a eu recours à la loi pour imposer le suffrage censitaire. Aujourd’hui, les classes dominantes n’en éprouvent plus la nécessité, elles l’obtiennent de facto : il leur suffit de neutraliser le vote populiste en l’excluant de toute représentation par le mode de scrutin et de provoquer l’abstention massive de l’électorat populaire, qui, convaincu de l’inutilité du vote, se met volontairement hors jeu. Ne vont voter lors des élections intermédiaires que les inclus, des fonctionnaires aux cadres supérieurs, et surtout les plus de 60 ans, qui, dans ce type de scrutin, représentent autour de 35 % des suffrages exprimés, alors qu’ils ne sont que 22 % de la population. Ainsi, l’écosystème de la génération de 68 s’est peu à peu transformé en un egosystème imposé à l’ensemble de la société. Dans notre postdémocratie, c’est le cens qui fait sens et se traduit par une surreprésentation des classes favorisées aux dépens de la France périphérique, de la France des invisibles. (…) On est arrivé à une situation où la majorité n’est plus une réalité arithmétique, mais un concept politique résultant d’une application tronquée du principe majoritaire. Dans l’Assemblée élue en 2012 avec une participation de 55 %, la majorité parlementaire socialiste ne représente qu’un peu plus de 16 % des inscrits. La majorité qui fait et défait les lois agit au nom d’à peine plus de 1 Français sur 6 ! Nous vivons sous le régime de ce qu’André Tardieu appelait déjà avant-guerre le « despotisme d’une minorité légale ». On assiste, avec le système de l’alternance unique entre les deux partis de gouvernement, à une privatisation du pouvoir au bénéfice d’une partitocratie dont la légitimité ne cesse de s’éroder. (…) Plus les partis ont perdu en légitimité, plus s’est imposée à eux l’obligation de verrouiller le système de crainte que la sélection des candidats à l’élection présidentielle ne leur échappe. Avec la crise de la représentation, le système partisan n’a plus ni l’autorité ni la légitimité suffisante pour imposer ses choix sans un simulacre de démocratie. Les primaires n’ont pas d’autre fonction que de produire une nouvelle forme procédurale de légitimation. En pratique, cela revient à remettre à une minorité partisane le pouvoir de construire l’offre politique soumise à l’ensemble du corps électoral. Entre 3 et 4 millions de citoyens vont préorienter le choix des 46 millions de Français en âge de voter. Or la sociologie des électeurs des primaires à droite comme à gauche ne fait guère de doute : il s’agit des catégories supérieures ou moyennes, qui entretiennent avec la classe politique un rapport de proximité. Les primaires auront donc pour effet d’aggraver la crise de représentation en renforçant le poids politique des inclus au moment même où il faudrait rouvrir le jeu démocratique. (…) D’un tel processus de sélection ne peuvent sortir que des produits de l’endogamie partisane, des candidats façonnés par le conformisme de la doxa et gouvernés par l’économisme. Des candidats inaccessibles à la dimension symbolique du pouvoir et imperméables aux legs de la tradition et de l’Histoire nationale. Sarkozy et Hollande ont illustré l’inaptitude profonde des candidats sélectionnés par le système à se hisser à la hauteur de la fonction. Dans ces conditions, il est à craindre que, quel que soit l’élu, l’élection de 2017 ne soit un coup à blanc, un coup pour rien. D’autant que les hommes de la classe dirigeante n’ont ni les repères historiques ni les bases culturelles pour défendre les sociabilités protectrices face aux ravages de la mondialisation. En somme, ils ne savent pas ce qu’ils font parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils défont. Quant au FN, privé de toute espérance du pouvoir, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, il offre un repoussoir utile à la classe dirigeante, qui lui permet de se survivre à bon compte. Il est à ce jour encore la meilleure assurance-vie du système. Patrick Buisson
Les «élites» françaises, sous l’inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l’Apocalypse. Le Front National représentait l’imminence et le danger de la fin des Temps. L’épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine». Cet imaginaire de la fin, incarné dans l’anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu’il est devenu impossible de masquer aux Français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d’avoir voulu devenir trop bonne fille de l’Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu’il n’a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n’est à sauver, et c’est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu’on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu’elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s’était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer. Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard  va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d’une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu’elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d’un tsunami politique, la frustration sociale qu’ils avaient cherché à détourner. Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens. Les élites devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d’anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd’hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s’étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l’incarnation de la victime émissaire. Il faut bien avouer que nos élites du PS comme des Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu’elles n’ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu’elles l’ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu’elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n’est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d’un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l’autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment. La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s’exposer à un retournement encore plus dévastateur. (…) Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n’est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu’il avait proposées, et qu’on n’a pas hésité à lui emprunter! La deuxième solution, défendue par une partie des Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l’original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n’a pas changé de discours, et surtout, qu’il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d’avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d’autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l’alliance au centre? Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d’avec le peuple, c’est aujourd’hui le suicide de celles-ci qu’il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession. Vincent Coussedière
With their politicization of their victory, their expletive-filled speech, and their publicly expressed contempt for half their fellow citizens, the women of the U.S. women’s soccer team succeeded in endearing themselves to America’s left. But they earned the rest of the country’s disdain, which is sad. We really wanted to love the team. What we have here is yet another example of perhaps the most important fact in the contemporary world: Everything the left touches, it ruins. Dennis Prager
The San Francisco Board of Education recently voted to paint over, and thus destroy, a 1,600-square-foot mural of George Washington’s life in San Francisco’s George Washington High School. Victor Arnautoff, a communist Russian-American artist and Stanford University art professor, had painted “Life of Washington” in 1936, commissioned by the New Deal’s Works Progress Administration. A community task force appointed by the school district had recommended that the board address student and parent objections to the 83-year-old mural, which some viewed as racist for its depiction of black slaves and Native Americans. Nike pitchman and former NFL quarterback Colin Kaepernick recently objected to the company’s release of a special Fourth of July sneaker emblazoned with a 13-star Betsy Ross flag. The terrified Nike immediately pulled the shoe off the market. The New York Times opinion team issued a Fourth of July video about “the myth of America as the greatest nation on earth.” The Times’ journalists conceded that the United States is “just OK.” During a recent speech to students at a Minnesota high school, Rep. Ilhan Omar (D-Minn.) offered a scathing appraisal of her adopted country, which she depicted as a disappointment whose racism and inequality did not meet her expectations as an idealistic refugee. Omar’s family had fled worn-torn Somalia and spent four-years in a Kenyan refugee camp before reaching Minnesota, where Omar received a subsidized education and ended up a congresswoman. The U.S. Women’s National Soccer Team won the World Cup earlier this month. Team stalwart Megan Rapinoe refused to put her hand over heart during the playing of the national anthem, boasted that she would never visit the “f—ing White House” and, with others, nonchalantly let the American flag fall to the ground during the victory celebration. The city council in St. Louis Park, a suburb of Minneapolis, voted to stop reciting the Pledge of Allegiance before its meeting on the rationale that it wished not to offend a “diverse community.” The list of these public pushbacks at traditional American patriotic customs and rituals could be multiplied. They follow the recent frequent toppling of statues of 19th-century American figures, many of them from the South, and the renaming of streets and buildings to blot out mention of famous men and women from the past now deemed illiberal enemies of the people. Such theater is the street version of what candidates in the Democratic presidential primary have been saying for months. They want to disband border enforcement, issue blanket amnesties, demand reparations for descendants of slaves, issue formal apologies to groups perceived to be the subjects of discrimination, and rail against American unfairness, inequality, and a racist and sexist past. In their radical progressive view — shared by billionaires from Silicon Valley, recent immigrants and the new Democratic Party — America was flawed, perhaps fatally, at its origins. Things have not gotten much better in the country’s subsequent 243 years, nor will they get any better — at least not until America as we know it is dismantled and replaced by a new nation predicated on race, class and gender identity-politics agendas. In this view, an “OK” America is no better than other countries. As Barack Obama once bluntly put it, America is only exceptional in relative terms, given that citizens of Greece and the United Kingdom believe their own countries are just as exceptional. In other words, there is no absolute standard to judge a nation’s excellence. About half the country disagrees. It insists that America’s sins, past and present, are those of mankind. But only in America were human failings constantly critiqued and addressed. (…) The traditionalists see American history as a unique effort to overcome human weakness, bias and sin. That effort is unmatched by other cultures and nations, and explains why millions of foreign nationals swarm into the United States, both legally and illegally. (…) If progressives and socialists can at last convince the American public that their country was always hopelessly flawed, they can gain power to remake it based on their own interests. These elites see Americans not as unique individuals but as race, class and gender collectives, with shared grievances from the past that must be paid out in the present and the future. Victor Davis Hanson
America is changing. By 2043, we’ll be a nation [that’s] majority people of color, and that’s — that is the game here — that’s what folks don’t want to understand what’s happening in this country. Roland Martin (African-American journalist)
How’d we lose the working class? Ask yourself, what did we do for them? You called them stupid. You marginalized them, took them for granted and you didn’t talk to them. For 20 years, the right wing has invested tremendous amounts of money in talk radio, in television, in every possible platform to be in their ears, before their eyes, and on their minds. And they don’t call them stupid. Rick Smith (talk-show host)
On several polarizing issues, Democrats are refusing to offer the reassurances to moderate opinion that they once did. They’re not saying: We will secure the border and insist on an orderly asylum process, but do it in a humane way; we will protect the right to abortion while working to make it less common; we will protect gun rights while setting sensible limits on them. The old rhetorical guardrails — trust us, there’s a hard stop on how far left we’ll go — are gone. Ramesh Ponnuru
Trump also highlighted a basic fact about the nature of leftist ideology. Just as the Iranian regime views the United States and Israel as two sides of the same coin, with the ayatollahs dubbing the U.S. “the Great Satan” and Israel, “the Little Satan,” so the radical left views the U.S. and Israel – the most powerful democracy in the world and the only democracy in the Middle East – as states with no moral foundation for existing. Although other presidents have spoken out against hatred of Jews and Israel on the one hand and hatred of America on the other, it is hard to think of another example of a U.S. leader making the case that the two hatreds are linked as Trump did this week. This is important, because they are linked. The haters see both America and the Jews as all-powerful forces who use their power to bend the world to their nefarious, avaricious, greedy aims. They stereotype both Americans and pro-Israel and traditional Jews as vulgar and fascist. Pew Research Center studies of European perspectives on Jews and Americans show a massive overlap between anti-Semitic attitudes and anti-American ones. As the American left has become more radical, it has also become more aligned with those toxic European attitudes towards both the United States and Israel. One example is evident at the U.S.-Mexico border. The left’s opposition to enforcing American immigration laws goes hand-in-hand with the view that the Jewish people have no right to national self-determination in their homeland and that the Jewish state has no right to exist. As political philosopher Yoram Hazony argued in his book, The Virtue of Nationalism, nationalism — and, indeed, the concept of a nation itself — is a biblical concept. The nation of Israel is the first nation. And the American Founding Fathers’ conception of the United States and the American nation was rooted in the biblical concept of nationhood and nationalism of the Jews. Hazony contends that anti-nationalism is both inherently antisemitic and anti-American. And it is also imperialist. Anti-nationalists support international and transnational legal constructs and institutions that deny distinct nations large and small the ability to determine their own unique course in the world. As repositories of the concept of distinct nations, nation-states are, in Hazony’s view, inherently freer and more cohesive societies than imperialist societies that insist that one-size-fits-all and that there are people better equipped than the people themselves to decide what is good for them. As Trump tweeted, the four sirens of the socialist revolution are a dire threat to the Democratic Party. By embracing the likes of Reps. Omar and Tlaib with their repeated statements against the United States, Jews and Israel and their tolerance for terrorist groups and terrorists, and by embracing Ocasio-Cortez who likens America to Nazi Germany, replete with “concentration camps,” the Democratic Party is indeed embracing anti-Americanism and anti-Semitism. And, as Trump tweeted, it is the Democrats, not the Republicans — and certainly not the president — who are making Israel a partisan issue. They are doing so by abandoning Israel and embracing antisemitic conceptions of nationalism and of the Jewish and American nations. Trump’s tweet storm, however controversial, showed that he is personally committed to fighting hatred of Jews and Israel. As he was being targeted as a racist by Democrats, the Department of Justice was holding a conference on combatting antisemitism. The conference, which placed a spotlight on campus antisemitism, did not shy away from discussing and condemning antisemitism on the left as well as on the right, and Islamic antisemitism. In his remarks before the conference, Attorney General Willian Barr discussed the galloping hostility Jewish students face in U.S. universities today. In his words, “On college campuses today, Jewish students who support Israel are frequently targeted for harassment, Jewish student organizations are marginalized, and progressive Jewish students are told they must denounce their beliefs and their heritage in order to be part of ‘intersectional’ causes.” (…) It is a testament to the left’s increasing embrace of anti-Jewish bigotry, and its rejection of America’s right to borders, — and through them, to self-government and self-determination — that Trump is being branded a racist for standing up to these distressing trends. And it is a testament to Trump’s moral courage that he is willing to speak the truth about antisemitism and anti-Americanism even at the cost of wall-to-wall calumny by Democrats and the media. Caroline Glick
This month, Netroots Nation met in Philadelphia. The choice was no accident. Pennsylvania will probably be the key swing state in 2020. Donald Trump won it by only 44,000 votes or seven-tenths of a percentage point. He lost the prosperous Philadelphia suburbs by more than Mitt Romney did in 2012 but more than made up for it with new support in “left behind” blue-collar areas such as Erie and Wilkes-Barre. You’d think that this history would inform activists at Netroots Nation about the best strategy to follow in 2020. Not really. Instead, Netroots events seemed to alternate between pandering presentations by presidential candidates and a bewildering array of “intersectionality” and identity-politics seminars. Senator Elizabeth Warren pledged that, if elected, she would immediately investigate crimes committed by border-control agents. Julian Castro, a former Obama-administration cabinet member, called for decriminalizing illegal border crossings. But everyone was topped by Washington governor Jay Inslee. “My first act will be to ask Megan Rapinoe to be my secretary of State,” he promised. Naming the woke, purple-haired star of the championship U.S. Women’s Soccer team, he said, would return “love rather than hate” to the center of America’s foreign policy. It is true that a couple of panels tried to address how the Left could appeal to voters who cast their ballots for Barack Obama in 2012 but switched to Trump in 2016. (…)  But that kind of introspection was rare at Netroots Nation. Elizabeth Warren explicitly rejected calls to keep Democrats from moving too far to the left in the next campaign (…) Warren and her supporters point to polls showing that an increasing number of Americans are worried about income inequality, climate change, and America’s image around the world. But are those the issues that actually motivate people to vote, or are they peripheral issues that aren’t central to the decision most voters make? Consider a Pew Research poll taken last year that asked respondents to rank 23 “policy priorities” from terrorism to global trade in order of importance. Climate change came in 22nd out of 23. There is a stronger argument that Democrats will have trouble winning over independent voters if they sprinting so far to the left that they go over a political cliff. (…) Many leftists acknowledge that Democrats are less interested than they used to be in trimming their sails to appeal to moderates. Such trimming is no longer necessary, as they see it, because the changing demographics of the country give them a built-in advantage. Almost everyone I encountered at Netroots Nation was convinced that President Trump would lose in 2020. (…) It’s a common mistake on both the right and the left to assume that minority voters will a) always vote in large numbers and b) will vote automatically for Democrats. Hillary Clinton lost in 2016 in part because black turnout fell below what Barack Obama was able to generate. There is no assurance that black turnout can be restored in 2020. As for other ethnic groups, a new poll by Politico/Morning Consult this month found that Trump’s approval among Hispanics is at 42 percent. An Economist/YouGov poll showed Trump at 32 percent among Hispanics; another poll from The Hill newspaper and HarrisX has it at 35 percent. In 2016, Trump won only 29 to 32 percent of the Hispanic vote. Netroots Nation convinced me that progressive activists are self-confident, optimistic about the chances for a progressive triumph, and assured that a Trump victory was a freakish “black swan” event. But they are also deaf to any suggestion that their PC excesses had anything to do with Trump’s being in the White House. That is apt to be the progressive blind spot going into the 2020 election. John Fund
The immigrant is the pawn of Latin American governments who view him as inanimate capital, someone who represents thousands of dollars in future foreign-exchange remittances, as well as one less mouth to feed at home — if he crosses the border, legality be damned. If that sounds a cruel or cynical appraisal, then why would the Mexican government in 2005 print a comic booklet (“Guide for the Mexican Migrant”) with instructions to its citizens on how best to cross into the United States — urging them to break American law and assuming that they could not read? Yet for all the savagery dealt out to the immigrant — the callousness of his government, the shakedowns of the coyotes and cartels, the exploitation of his labor by new American employers — the immigrant himself is not entirely innocent. He knows — or does not care to know — that by entering the U.S., he has taken a slot from a would-be legal immigrant, one, unlike himself, who played by the rules and waited years in line for his chance to become an American. He knowingly violates U.S. immigration law. And when the first act of an immigrant is to enter the U.S. illegally, the second to reside there unlawfully, and the third so often to adopt false identities, he undermines American law on the expectation that he will receive exemptions not accorded to U.S. citizens, much less to other legal immigrants. In terms of violations of federal law, and crimes such as hit-and-run accidents and identity theft, the illegal immigrant is overrepresented in the criminal-justice system, and indeed in federal penitentiaries. Certainly, no Latin American government would allow foreigners to enter, reside, and work in their own country in the manner that they expect their own citizens to do so in America. Historically, the Mexican constitution, to take one example, discriminates in racial terms against both the legal and illegal immigrants, in medieval terms of ethnic essence. Some $30 billion in remittances are sent back by mostly illegal aliens to Central American governments and roughly another $30 billion to Mexico. But the full implications of that exploitation are rarely appreciated. Most impoverished illegal aliens who send such staggering sums back not only entered the United States illegally and live here illegally, but they often enjoy some sort of local, state, or federal subsidy. They work at entry-level jobs with the understanding that they are to scrimp and save, with the assistance of the American taxpayer, whose laws they have shredded, so that they can send cash to their relatives and friends back home. In other words, the remitters are like modern indentured servants, helots in hock to their governments that either will not or cannot help their families and are excused from doing so thanks to such massive remittances. In sum, they promote illegal immigration to earn such foreign exchange, to create an expatriate community in the United States that will romanticize a Guatemala or Oaxaca — all the more so,  the longer and farther they are away from it. Few of the impoverished in Mexico paste a Mexican-flag sticker on their window shield; many do so upon arrival in the United States. Illegal immigration is a safety valve, by which dissidents are thanked for marching north rather than on their own nations’ capitals. Latin American governments really do not care that much that their poor are raped while crossing the Mexican desert, or sold off by the drug cartels, or that they drown in the Rio Grande, but they suddenly weep when they reach American detention centers — a cynicism that literally cost hundreds their lives. America is increasingly becoming not so much a nonwhite nation as an assimilated, integrated, and intermarried country. Race, skin color, and appearance, if you will, are becoming irrelevant. The construct of “Latino” — Mexican-American? Portuguese? Spanish? Brazilian? — is becoming immaterial as diverse immigrants soon cannot speak Spanish, lose all knowledge of Latin America, and become indistinguishable in America from the descendants of southern Europeans, Armenians, or any other Mediterranean immigrant group. In other words, a Lopez or Martinez was rapidly becoming as relevant or irrelevant in terms of grievance politics, or perceived class, as a Pelosi, Scalise, De Niro, or Pacino. If Pelosi was named “Ocasio-Cortez” and AOC “Pelosi,” then no one would know, or much care, from their respective superficial appearance, who was of Puerto Rican background and who of Italian ancestry. Such a melting-pot future terrifies the ethnic activists in politics, academia, and the media who count on replenishing the numbers of unassimilated “Latinos,” in order to announce themselves the champions of collective grievance and disparity and thereby find careerist advantage. When 1 million of some of the most impoverished people on the planet arrive without legality, a high-school diploma, capital, or English, then they are likely to remain poor for a generation. And their poverty then offers supposed proof that America is a nativist or racist society for allowing such asymmetry to occur — a social-justice crime remedied best the by Latino caucus, the Chicano-studies department, the La Raza lawyers association, or the former National Council of La Raza. Yet, curb illegal immigration, and the entire Latino race industry goes the way of the Greek-, Armenian-, or Portuguese-American communities that have all found parity once massive immigration of their impoverished countrymen ceased and the formidable powers of the melting pot were uninterrupted. Democrats once were exclusionists — largely because they feared that illegal immigration eroded unionization and overtaxed the social-service resources of their poor citizen constituents. Cesar Chavez, for example, sent his thugs to the border to club illegal aliens and drive them back into Mexico, as if they were future strike breakers. Until recently, Barack Obama and Hillary Clinton called for strict border enforcement, worried that the wages of illegal workers were driving down those of inner-city or barrio American youth. What changed? Numbers. Once the pool of illegal aliens reached a likely 20 million, and once their second-generation citizen offspring won anchor-baby legality and registered to vote, a huge new progressive constituency rose in the American Southwest — one that was targeted by Democrats, who alternately promised permanent government subsidies and sowed fears with constant charges that right-wing Republicans were abject racists, nativists, and xenophobes. Due to massive influxes of immigrants, and the flight of middle-class citizens, the California of Ronald Reagan, George Deukmejian, and Pete Wilson long ago ceased to exist. Indeed, there are currently no statewide Republican office-holders in California, which has liberal supermajorities in both state legislatures and a mere seven Republicans out of 53 congressional representatives. Nevada, New Mexico, and Colorado are becoming Californized. Soon open borders will do the same to Arizona and Texas. No wonder that the Democratic party has been willing to do almost anything to become the enabler of open borders, whether that is setting up over 500 sanctuary-city jurisdictions, suing to block border enforcement in the courts, or extending in-state tuition, free medical care, and driver’s licenses to those who entered and reside in America illegally. If most immigrants were right-wing, middle-class, Latino anti-Communists fleeing Venezuela or Cuba, or Eastern European rightists sick of the EU, or angry French and Germans who were tired of their failed socialist governments, the Democratic party would be the party of closed borders and the enemy of legal, meritocratic, diverse, and measured immigration. Employers over the past 50 years learned fundamental truths about illegal immigrants. The impoverished young male immigrant, arriving without English, money, education, and legality, will take almost any job to survive, and so he will work all the harder once he’s employed. For 20 years or so, young immigrant workers remain relatively healthy. But once physical labor takes its toll on the middle-aged immigrant worker, the state always was expected to step in to assume the health care, housing, and sustenance cost of the injured, ill, and aging worker — thereby empowering the employer’s revolving-door use of a new generation of young workers. Illegality — at least until recently, with the advent of sanctuary jurisdictions — was seen as convenient, ensuring asymmetry between the employee and the employer, who could always exercise the threat of deportation for any perceived shortcoming in his alien work force. Note that those who hire illegal aliens claim that no Americans will do such work, at least at the wages they are willing to, or can, pay. That is the mea culpa that employers voice when accused of lacking empathy for out-of-work Americans. If employers were fined for hiring illegal aliens, or held financially responsible for their immigrant workers’ health care and retirements, or if they found that such workers were not very industrious and made poor entry-level laborers, then both the Wall Street Journal and the Chamber of Commerce would be apt to favor strict enforcement of immigration laws.  Wealthy progressives favor open borders and illegal immigration for a variety of reasons. The more immigrants, the cheaper, more available, and more industrious are nannies, housekeepers, caregivers, and gardeners — the silent army that fuels the contemporary, two-high-income, powerhouse household. Championing the immigrant poor, without living among them and without schooling one’s children with them or socializing among them, is the affluent progressive’s brand. And to the degree that the paradox causes any guilt, the progressive virtue-signals his loud outrage at border detentions, at separations between parents in court and children in custody, and at the contrast between the burly ICE officers and vulnerable border crossers. In medieval fashion, the farther the liberal advocate of open borders is from the objects of his moral concern, the louder and more empathetic he becomes. Most progressives also enjoy a twofer: inexpensive immigrant “help” and thereby enough brief exposure to the Other to authenticate their 8-to-5 caring. If border crossers were temporarily housed in vacant summer dorms at Stanford, Harvard, or Yale, or were accorded affordable-housing tracts for immigrant communities in the vast open spaces of Portola Valley and the Boulder suburbs, or if immigrant children were sent en masse to language-immersion programs at St. Paul’s, Sidwell Friends, or the Menlo School, then the progressive social-justice warrior would probably go mute. Victor Davis Hanson
À bien des égards, ce que l’on pourrait appeler la classe intellectuelle conservatrice s’est trouvée à la traîne et même parfois à contre-courant de la dernière campagne. Le Weekly Standard, hebdomadaire néoconservateur fondé par Bill Kristol — l’une des voix de droite les plus violemment critiques de l’administration —, en a payé le prix en cessant il y a peu de paraître. Une fois Trump élu, le pragmatisme a toutefois dominé l’attitude de cette galaxie d’institutions vis-à-vis de la Maison Blanche. Ne leur devant pas sa victoire ni son programme, le président a, quant à lui, su utiliser leurs ressources et leurs compétences quand elles lui étaient utiles. L’illustration la plus frappante de cette relation fut la place centrale qu’il donna aux recommandations de la Heritage Foundation (le plus grand think tank conservateur à Washington) et de la Federalist Society (une association influente rassemblant plus de 40 000 juristes conservateurs) pour la nomination des juges à la Cour Suprême (Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh) et dans les degrés inférieurs du système judiciaire. Malgré un style de gouvernement indéniablement nouveau, Trump ne semblait donc pas avoir profondément affecté l’infrastructure institutionnelle d’où s’élaborent la majorité des politiques publiques aux États-Unis. Envisagé comme un phénomène personnel qui disparaîtrait avec lui, certains pouvaient encore penser qu’il ne laisserait avec son départ pas d’héritage profond sur les plans institutionnels et intellectuels. Une conférence comme il s’en organise pourtant des dizaines chaque année à Washington DC vient peut-être de changer la donne. Et si, de manière pour le moins inattendue, Trump s’avérait être depuis Reagan le président ayant eu le plus d’impact sur la fabrique des idées et des élites dans son pays? Le chercheur israélien à l’origine de l’événement, Yoram Hazony, s’est fait connaître à l’automne dernier en publiant The Virtue of Nationalism [La vertu du nationalisme], un livre où il s’emploie à critiquer l’idéal post-national qui a dominé l’éducation politique des élites ces dernières décennies. En organisant ce rassemblement d’intellectuels, de journalistes et d’hommes politiques, il entend désormais jeter les bases d’un mouvement intellectuel, le «conservatisme national», dont il propagera les idées au travers de la Edmund Burke Foundation — créée en janvier en vue de préparer l’événement. Le programme mélange des invités prestigieux (l’entrepreneur Peter Thiel, le présentateur de Fox News Tucker Carlson), des étoiles montantes (le jeune sénateur Josh Hawley et J. D. Vance, l’auteur du best-seller Hillbilly Elegy) et des figures établies (Rusty Reno de la revue First Things ou encore Christopher DeMuth, l’ancien responsable du think tank AEI). S’il est évident que de nombreuses divergences existent entre ces invités, notamment sur les questions de politique étrangère, ils s’accordent assez largement autour de certains points fondamentaux qui constituent à des degrés divers des changements d’orientation profonds par rapport au consensus conservateur antérieur. Ce consensus, aussi connu sous le nom de «fusionnisme», reposait sur la compatibilité de la défense du marché et du libre-échange avec celle des valeurs familiales et religieuses. Libertariens et conservateurs pouvaient ainsi agir côte à côte afin de laisser d’un côté l’État hors de l’entreprise et de l’autre, hors de la famille — attitude résumée par la formule lapidaire de Reagan: «Le gouvernement n’est pas la solution à nos problèmes. Le gouvernement est le problème.» Pour les tenants du «conservatisme national» le danger vient non plus principalement de l’État mais du secteur privé, et plus particulièrement des GAFA et de Wall Street. C’est également à l’État qu’ils s’en remettent pour préserver l’existence nationale de l’ingérence croissante des institutions supranationales. Étonnante dans le paysage politique américain, cette défense de l’État réaffirme la primauté du politique et avec lui du vecteur d’action collective qu’est la nation. La question n’est plus de savoir si l’intervention de l’État est intrinsèquement mauvaise et la liberté du marché intrinsèquement bonne, mais de déterminer dans chaque cas laquelle des deux correspond à l’intérêt et à la volonté de la nation. Le critère permettant de juger une mesure politique n’est plus sa conformité à l’intérêt économique ou aux droits de l’homme mais sa capacité à protéger et renforcer la citoyenneté. Car les normes au fondement de l’État de droit, les principes économiques du capitalisme, n’ont de validité pratique qu’en raison des sentiments communs et des qualités partagées qui constituent les modes de vie des populations qui les adoptent. En déconnectant l’individu de ses solidarités concrètes, une pratique aveugle du libéralisme a selon eux dépossédé les citoyens de ce mode de vie et de leur capacité d’action sur les plans individuels et collectifs. L’objectif du «conservatisme national» est de leur restituer ces deux choses. Or, des hommes que ne relie rien d’autre que le fait d’être porteurs des mêmes droits ne suffisent pas à faire une nation. Et c’est parce que l’existence de cette dernière ne peut plus être prise pour acquis que le danger qui pèse sur elle nécessite une action politique spécifique en rupture avec le consensus des libéraux et conservateurs traditionnels. Les réflexions sur le devenir des nations ne sont pas nouvelles, surtout en France, où des auteurs comme Pierre Manent ont depuis les années 90 mené une critique écoutée des conservateurs américains à l’égard du projet post-national. Ce qui est inédit, c’est qu’une action aussi structurée émerge en vue de former une nouvelle classe dirigeante sur le fondement de ces constats. Adversaires ou alliés de l’actuel président feraient bien de surveiller cette initiative. Si elle réalise son ambition la Edmund Burke Foundation pourrait parvenir à associer au changement immédiat impulsé par Donald Trump une éducation politique susceptible d’affecter sur le long terme la formation des élites américaines, ce à quoi son style de gouvernement et les techniques de communication qui le caractérisent ne sauraient parvenir à eux seuls. Le sénateur Josh Hawley, âgé de 39 ans (ancien procureur général de l’état du Missouri), fait figure de symbole de cette classe politique en devenir: «Une nation républicaine requiert une économie républicaine […] Une économie fondée sur les échanges monétaires à Wall Street ne bénéficie en dernier ressort qu’à ceux qui possèdent déjà de l’argent. Une telle économie ne saurait soutenir une grande nation.» Hostile à l’inflation des diplômes universitaires et aux multinationales, favorable aux droits de douane, défenseur de «l’Amérique moyenne», il représente peut-être ce que pourrait devenir le «trumpisme» sans Trump. Alexis Carré
In a universal political order . . . in which a single standard of right is held to be in force everywhere, tolerance for diverse political and religious standpoints must necessarily decline. (…) We should not let a hairbreadth of our freedom be given over to foreign bodies under any name whatsoever, or to foreign systems of law that are not determined by our own nations. (…) “the European Union has caused severe damage to the principle that originally granted legitimacy to Israel as an independent national state: the principle of national freedom and self-determination. Yoram Hazony
Custom quite often wears the mask of nature, and we are taken in [by this] to the point that the practices adopted by nations, based solely on custom, frequently come to seem like natural and universal laws of mankind. John Selden
Selden, and the other profoundly learned men, who drew this petition of right, were as well acquainted, at least, with all the general theories concerning the “rights of men” [as any defenders of the revolution in France]. . . . But, for reasons worthy of that practical wisdom which superseded their theoretic science, they preferred this positive, recorded, hereditary title to all which can be dear to the man and the citizen, to that vague speculative right, which exposed their sure inheritance to be scrambled for and torn to pieces by every wild, litigious spirit. Edmund Burke
I believe the British government forms the best model the world ever produced. Hamilton
Experience must be our only guide. Reason may mislead us. It was not reason that discovered the singular and admirable mechanism of the English constitution…. Accidents probably produced these discoveries, and experience has given a sanction to them. John Dickinson
It yet remains a problem to be solved in human affairs, whether any free government can be permanent, where the public worship of God, and the support of religion, constitute no part of the policy or duty of the state in any assignable shape. John Story
The liberty of the whole earth was depending on the issue of the contest. . . . Rather than it should have failed, I would have seen half the earth desolated. Thomas Jefferson
President Trump is often accused of creating a needless rift with America’s European allies. The secretary-general of the North Atlantic Treaty Organization, Jens Stoltenberg, expressed a different view recently when he told a joint session of Congress: “Allies must spend more on defense—this has been the clear message from President Trump, and this message is having a real impact.” Mr. Stoltenberg’s remarks reflect a growing recognition that strategic and economic realities demand a drastic change in the way the U.S. conducts foreign policy. The unwanted cracks in the Atlantic alliance are primarily a consequence of European leaders, especially in Germany and France, wishing to continue living in a world that no longer exists. The U.S. cannot serve as the enforcer for the Europeans’ beloved “rules-based international order” any more. Even in the 1990s, it was doubtful the U.S. could indefinitely guarantee the security of all nations, paying for George H.W. Bush’s “new world order” principally with American soldiers’ lives and American taxpayers’ dollars. Today a $22 trillion national debt and the voting public’s indifference to the dreams of world-wide liberal empire have depleted Washington’s ability to wage pricey foreign wars. At a time of escalating troubles at home, America’s estimated 800 overseas bases in 80 countries are coming to look like a bizarre misallocation of resources. And the U.S. is politically fragmented to an extent unseen in living memory, with uncertain implications in the event of a major war. This explains why the U.S. has not sent massive, Iraq-style expeditionary forces to defend Ukraine’s integrity or impose order in Syria. If there’s trouble on Estonia’s border with Russia, would the U.S. have the will to deploy tens of thousands of soldiers on an indefinite mission 85 miles from St. Petersburg? Although Estonia joined NATO in 2004, the certainties of 15 years ago have broken down. On paper, America has defense alliances with dozens of countries. But these are the ghosts of a rivalry with the Soviet Union that ended three decades ago, or the result of often reckless policies adopted after 9/11. These so-called allies include Turkey and Pakistan, which share neither America’s values nor its interests, and cooperate with the U.S. only when it serves their purposes. Other “allies” refuse to develop a significant capacity for self-defense, and are thus more accurately regarded as American dependencies or protectorates. Liberal internationalists are right about one thing, however: America cannot simply turn its back on the world. Pearl Harbor and 9/11 demonstrated that the U.S. can and will be targeted on its own soil. An American strategic posture aimed at minimizing the danger from rival powers needs to focus on deterring Russia and China from wars of expansion; weakening China relative to the U.S. and thereby preventing it from attaining dominance over the world economy; and keeping smaller hostile powers such as North Korea and Iran from obtaining the capacity to attack America or other democracies. To attain these goals, the U.S. will need a new strategy that is far less costly than anything previous administrations contemplated. Mr. Trump has taken a step in the right direction by insisting that NATO allies “pay their fair share” of the budget for defending Europe, increasing defense spending to 2% of gross domestic product in accordance with NATO treaty obligations. But this framing of the issue doesn’t convey the problem’s true nature or its severity. The real issue is that the U.S. can no longer afford to assume responsibility for defending entire regions if the people living in them aren’t willing and able to build up their own credible military deterrent. The U.S. has a genuine interest, for example, in preventing the democratic nations of Eastern Europe from being absorbed into an aggressive Russian imperial state. But the principal interested parties aren’t Americans. The members of the Visegrád Group—the Czech Republic, Hungary, Poland and Slovakia—have a combined population of 64 million and a 2017 GDP of $2 trillion (about 50% of Russia’s, according to CIA estimates). The principal strategic question is therefore whether these countries are willing to do what is necessary to maintain their own national independence. If they are—at a cost that could well exceed the 2% figure devised by NATO planners—then they could eventually shed their dependent status and come to the table as allies of the kind the U.S. could actually use: strong frontline partners in deterring Russian expansion. The same is true in other regions. Rather than carelessly accumulate dependencies, the U.S. must ask where it can develop real allies—countries that share its commitment to a world of independent nations, pursue democratic self-determination (although not necessarily liberalism) at home, and are willing to pay the price for freedom by taking primary responsibility for their own defense and shouldering the human and economic costs involved. Nations that demonstrate a commitment to these shared values and a willingness to fight when necessary should benefit from relations that may include the supply of advanced armaments and technologies, diplomatic cover in dealing with shared enemies, preferred partnership in trade, scientific and academic cooperation, and the joint development of new technologies. Fair-weather friends and free-riding dependencies should not. Perhaps the most important candidate for such a strategic alliance is India. Long a dormant power afflicted by poverty, socialism and an ideology of “nonalignment,” India has become one of the world’s largest and fastest-expanding economies. In contrast to the political oppression of the Chinese communist model, India has succeeded in retaining much of its religious conservatism while becoming an open and diverse country—by far the world’s most populous democracy—with a solid parliamentary system at both the federal and state levels. India is threatened by Islamist terrorism, aided by neighboring Pakistan; as well as by rapidly increasing Chinese influence, emanating from the South China Sea, the Pakistani port of Gwadar, and Djibouti, in the Horn of Africa, where the Chinese navy has established its first overseas base. India’s values, interests and growing wealth could establish an Indo-American alliance as the central pillar of a new alignment of democratic national states in Asia, including a strengthened Japan and Australia. But New Delhi remains suspicious of American intentions, and with good reason: Rather than unequivocally bet on an Indian partnership, the U.S. continues to play all sides, haphazardly switching from confrontation to cooperation with China, and competing with Beijing for influence in fanaticism-ridden Pakistan. The rationalizations for these counterproductive policies tend to focus on Pakistan’s supposed logistical contributions to the U.S. war in Afghanistan—an example of how tactical considerations and the demands of bogus allies can stand in the way of meeting even the most pressing strategic needs. A similar confusion characterizes America’s relationship with Turkey. A U.S. ally during the Cold War, Turkey is now an expansionist Islamist power that has assisted the Muslim Brotherhood, Hamas, al Qaeda and even ISIS; threatened Greece and Cyprus; sought Russian weapons; and recently expressed its willingness to attack U.S. forces in Syria. In reality, Turkey is no more an ally than Russia or China. Yet its formal status as the second-largest military in NATO guarantees that the alliance will continue to be preoccupied with pretense and make-believe, rather than the interests of democratic nations. Meanwhile, America’s most reliable Muslim allies, the Kurds, live under constant threat of Turkish invasion and massacre. The Middle East is a difficult region, in which few players share American values and interests, although all of them—including Turkey, Iraq, Egypt, Saudi Arabia and even Iran—are willing to benefit from U.S. arms, protection or cash. Here too Washington should seek alliances with national states that share at least some key values and are willing to shoulder most of the burden of defending themselves while fighting to contain Islamist radicalism. Such natural regional allies include Greece, Israel, Ethiopia and the Kurds. A central question for a revitalized alliance of democratic nations is which way the winds will blow in Western Europe. For a generation after the Berlin Wall’s fall in 1989, U.S. administrations seemed willing to take responsibility for Europe’s security indefinitely. European elites grew accustomed to the idea that perpetual peace was at hand, devoting themselves to turning the EU into a borderless utopia with generous benefits for all. But Europe has been corrupted by its dependence on the U.S. Germany, the world’s fifth-largest economic power (with a GDP larger than Russia’s), cannot field more than a handful of operational combat aircraft, tanks or submarines. Yet German leaders steadfastly resist American pressure for substantial increases in their country’s defense capabilities, telling interlocutors that the U.S. is ruining a beautiful friendship. None of this is in America’s interest—and not only because the U.S. is stuck with the bill. When people live detached from reality, they develop all sorts of fanciful theories about how the world works. For decades, Europeans have been devising “transnationalist” fantasies to explain how their own supposed moral virtues, such as their rejection of borders, have brought them peace and prosperity. These ideas are then exported to the U.S. and the rest of the democratic world via international bodies, universities, nongovernmental organizations, multinational corporations and other channels. Having subsidized the creation of a dependent socialist paradise in Europe, the U.S. now has to watch as the EU’s influence washes over America and other nations. For the moment, it is hard to see Germany or Spain becoming American allies in the new, more realistic sense of the term we have proposed. France is a different case, maintaining significant military capabilities and a willingness to deploy them at times. But the governments of these and other Western European countries remain ideologically committed to transferring ever-greater powers to international bodies and to the concomitant degradation of national independence. That doesn’t make them America’s enemies, but neither are they partners in defending values such as national self-determination. It is difficult to foresee circumstances under which they would be willing or able to arm themselves in keeping with the actual security needs of an emerging alliance of independent democratic nations. The prospects are better with respect to Britain, whose defense spending is already significantly higher, and whose public asserted a desire to regain independence in the Brexit referendum of 2016. With a population of more than 65 million and a GDP of $3 trillion (75% of Russia’s), the U.K. may yet become a principal partner in a leaner but more effective security architecture for the democratic world. Isolationists are also right about one thing: The U.S. cannot be, and should not try to be, the world’s policeman. Yet it does have a role to play in awakening democratic nations from their dependence-induced torpor, and assisting those that are willing to make the transition to a new security architecture based on self-determination and self-reliance. An alliance including the U.S., the U.K. and the frontline Eastern European nations, as well as India, Israel, Japan and Australia, among others, would be strong enough to exert sustained pressure on China, Russia and hostile Islamist groups. Helping these democratic nations become self-reliant regional actors would reduce America’s security burden, permitting it to close far-flung military installations and making American military intervention the exception rather than the rule. At the same time, it would free American resources for the long struggle to deny China technological superiority, as well as for unforeseen emergencies that are certain to arise. Yoram Hazony and Ofir Haivry
The year 2016 marked a dramatic change of political course for the English-speaking world, with Britain voting for independence from Europe and the United States electing a president promising a revived American nationalism. Critics see both events as representing a dangerous turn toward “illiberalism” and deplore the apparent departure from “liberal principles” or “liberal democracy,” themes that surfaced repeatedly in conservative publications over the past year. Perhaps the most eloquent among the many spokesmen for this view has been William Kristol, who, in a series of essays in the Weekly Standard, has called for a new movement to arise “in defense of liberal democracy.” In his eyes, the historic task of American conservatism is “to preserve and strengthen American liberal democracy,” and what is needed now is “a new conservatism based on old conservative—and liberal—principles.” Meanwhile, the conservative flagship Commentary published a cover story by the Wall Street Journal’s Sohrab Ahmari entitled “Illiberalism: The Worldwide Crisis,” seeking to raise the alarm about the dangers to liberalism posed by Brexit, Trump, and other phenomena. (…) But we see this confusion of conservatism with liberalism as historically and philosophically misguided. Anglo-American conservatism is a distinct political tradition—one that predates Locke by centuries. Its advocates fought for and successfully established most of the freedoms that are now exclusively associated with Lockean liberalism, although they did so on the basis of tenets very different from Locke’s. Indeed, when Locke published his Two Treatises of Government in 1689, offering the public a sweeping new rationale for the traditional freedoms already known to Englishmen, most defenders of these freedoms were justly appalled. They saw in this new doctrine not a friend to liberty but a product of intellectual folly that would ultimately bring down the entire edifice of freedom. Thus, liberalism and conservatism have been opposed political positions in political theory since the day liberal theorizing first set foot in England. Today’s confusion of conservative political thought with liberalism is in a way understandable, however. In the great twentieth-century battles against totalitarianism, conservatives and liberals were allies: They fought together, along with the Communists, against Nazism. After 1945, conservatives and liberals remained allies in the war against Communism. Over these many decades of joint struggle, what had for centuries been a distinction of vital importance was treated as if it were not terribly important, and in fact, it was largely forgotten. But since the fall of the Berlin Wall in 1989, these circumstances have changed. The challenges facing the Anglo-American tradition are now coming from other directions entirely. Radical Islam, to name one such challenge, is a menace that liberals, for reasons internal to their own view of the political world, find difficult to regard as a threat and especially difficult to oppose in an effective manner. But even more important is the challenge arising from liberalism itself. It is now evident that liberal principles contribute little or nothing to those institutions that were for centuries the bedrock of the Anglo-American political order: nationalism, religious tradition, the Bible as a source of political principles and wisdom, and the family. Indeed, as liberalism has emerged victorious from the battles of the last century, the logic of its doctrines has increasingly turned liberals against all of these conservative institutions. On both of these fronts, the conservative and liberal principles of the Anglo-American tradition are now painfully at cross-purposes. The twentieth-century alliance between conservatism and liberalism is proving increasingly difficult to maintain. Among the effects of the long alliance between conservatism and liberalism has been a tendency of political figures, journalists, and academics to slip back and forth between conservative terms and ideas and liberal ones as if they were interchangeable. And until recently, there seemed to be no great harm in this. Now, however, it is becoming obvious that this lack of clarity is crippling our ability to think about a host of issues, from immigration and foreign wars to the content of the Constitution and the place of religion in education and public life. (…) Living in very different periods, these individuals nevertheless shared common ideas and principles and saw themselves as part of a common tradition of English, and later Anglo-American, constitutionalism. A politically traditionalist outlook of this kind was regarded as the mainstream in both England and America up until the French Revolution and only came to be called “conservative” during the nineteenth century, as it lost ground and became one of two rival camps. Because the name conservative dates from this time of decline, it is often wrongly asserted that those who continued defending the Anglo-American tradition after the revolution—men such as Burke and Hamilton—were the “first conservatives.” (…) The emergence of the Anglo-American conservative tradition can be identified with the words and deeds of a series of towering political and intellectual figures, among whom we can include individuals such as Sir John Fortescue, Richard Hooker, Sir Edward Coke, John Selden, Sir Matthew Hale, Sir William Temple, Jonathan Swift, Josiah Tucker, Edmund Burke, John Dickinson, and Alexander Hamilton. Men such as George Washington, John Adams, and John Marshall, often hastily included among the liberals, would also have placed themselves in this conservative tradition rather than with its opponents, whom they knew all too well.According to Fortescue, the English constitution provides for what he calls “political and royal government,” by which he means that English kings do not rule by their own authority alone (i.e., “royal government”), but together with the representatives of the nation in Parliament and in the courts (i.e., “political government”). In other words, the powers of the English king are limited by the traditional laws of the English nation, in the same way—as Fortescue emphasizes—that the powers of the Jewish king in the Mosaic constitution in Deuteronomy are limited by the traditional laws of the Israelite nation. This is in contrast with the Holy Roman Empire of Fortescue’s day, which was supposedly governed by Roman law, and therefore by the maxim that “what pleases the prince has the force of law,” and in contrast with the kings of France, who governed absolutely. Among other things, the English law is described as providing for the people’s representatives, rather than the king, to determine the laws of the realm and to approve requests from the king for taxes. In addition to this discussion of what later tradition would call the separation of powers and the system of checks and balances, Fortescue also devotes extended discussion to the guarantee of due process under law, which he explores in his discussion of the superior protections afforded to the individual under the English system of trial by jury. Crucially, Fortescue consistently connects the character of a nation’s laws and their protection of private property to economic prosperity, arguing that limited government bolsters such prosperity, while an absolute government leads the people to destitution and ruin. In another of his writings, The Difference between an Absolute and a Limited Monarchy (also known as The Governance of England, c. 1471), he starkly contrasts the well-fed and healthy English population living under their limited government with the French, whose government was constantly confiscating their property and quartering armies in their towns—at the residents’ expense—by unilateral order of the king. (…) Like later conservative tradition, Fortescue does not believe that either scripture or human reason can provide a universal law suitable for all nations. We do find him drawing frequently on the Mosaic constitution and the biblical “Four Books of Kings” (1–2 Samuel and 1–2 Kings) to assist in understanding the political order and the English constitution. Nevertheless, Fortescue emphasizes that the laws of each realm reflect the historic experience and character of each nation, just as the English common law is in accord with England’s historic experience. Thus, for example, Fortescue argues that a nation that is self-disciplined and accustomed to obeying the laws voluntarily rather than by coercion is one that can productively participate in the way it is governed. This, Fortescue proposes, was true of the people of England, while the French, who were of undisciplined character, could be governed only by the harsh and arbitrary rule of absolute royal government. On the other hand, Fortescue also insisted, again in keeping with biblical precedent and later conservative tradition, that this kind of national character was not set in stone, and that such traits could be gradually improved or worsened over time. (…) Fortescue wrote in the decades before the Reformation, and as a firm Catholic. But every page of his work breathes the spirit of English nationalism—the belief that through long centuries of experience, and thanks to a powerful ongoing identification with Hebrew Scripture, the English had succeeded in creating a form of government more conducive to human freedom and flourishing than any other known to man. First printed around 1545, Fortescue’s Praise of the Laws of England spoke in a resounding voice to that period of heightened nationalist sentiment in which English traditions, now inextricably identified with Protestantism, were pitted against the threat of invasion by Spanish-Catholic forces aligned with the Holy Roman Emperor. This environment quickly established Fortescue as England’s first great political theorist, paving the way for him to be read by centuries of law students in both England and America and by educated persons wherever the broader Anglo-American conservative tradition struck root. (…) the decisive chapter in the formation of modern Anglo-American conservatism: the great seventeenth-century battle between defenders of the traditional English constitution against political absolutism on one side, and against the first advocates of a Lockean universalist rationalism on the other (…) is dominated by the figure of John Selden (1584–1654), probably the greatest theorist of Anglo-American conservatism. (…) In 1628, Selden played a leading role in drafting and passing an act of Parliament called the Petition of Right, which sought to restore and safeguard “the divers rights and liberties of the subjects” that had been known under the traditional English constitution. Among other things, it asserted that “your subjects have inherited this freedom, that they should not be compelled to contribute to any tax . . . not set by common consent in Parliament”; that “no freeman may be taken or imprisoned or be disseized of his freehold or liberties, or his free customs . . . but by the lawful judgment of his peers, or by the law of the land”; and that no man “should be put out of his land or tenements, nor taken, nor imprisoned, nor disinherited nor put to death without being brought to answer by due process of law.” In the Petition of Right, then, we find the famous principle of “no taxation without representation,” as well as versions of the rights enumerated in the Third, Fourth, Fifth, Sixth, and Seventh Amendments of the American Bill of Rights—all declared to be ancient constitutional English freedoms and unanimously approved by Parliament, before Locke was even born. Although not mentioned in the Petition explicitly, freedom of speech had likewise been reaffirmed by Coke as “an ancient custom of Parliament” in the 1590s and was the subject of the so-called Protestation of 1621 that landed Coke, then seventy years old, in the Tower of London for nine months. In other words, Coke, Eliot, and Selden risked everything to defend the same liberties that we ourselves hold dear in the face of an increasingly authoritarian regime. (…) But they did not do so in the name of liberal doctrines of universal reason, natural rights, or “self-evident” truths. These they explicitly rejected because they were conservatives, not liberals. (…) Selden sought to defend conservative traditions, including the English one, not only against the absolutist doctrines of the Stuarts but also against the claims of a universalist rationalism, according to which men could simply consult their own reason, which was the same for everyone, to determine the best constitution for mankind. This rationalist view had begun to collect adherents in England among followers of the great Dutch political theorist Hugo Grotius, whose On the Law of War and Peace (1625) suggested that it might be possible to do away with the traditional constitutions of nations by relying only on the rationality of the individual. (…) Selden responds to the claims of universal reason by arguing for a position that can be called historical empiricism. On this view, our reasoning in political and legal matters should be based upon inherited national tradition. This permits the statesman or jurist to overcome the small stock of observation and experience that individuals are able to accumulate during their own lifetimes (“that kind of ignorant infancy, which our short lives alone allow us”) and to take advantage of “the many ages of former experience and observation,” which permit us to “accumulate years to us, as if we had lived even from the beginning of time.” In other words, by consulting the accumulated experience of the past, we overcome the inherent weakness of individual judgement, bringing to bear the many lifetimes of observation by our forebears, who wrestled with similar questions under diverse conditions. (…)  Recalling the biblical Jeremiah’s insistence on an empirical study of the paths of old (Jer. 6:16), Selden argues that the correct method is that “all roads must be carefully examined. We must ask about the ancient paths, and only what is truly the best may be chosen.”  (…) Selden recognizes that, in making these selections from the traditions of the past, we tacitly rely upon a higher criterion for selection, a natural law established by God, which prescribes “what is truly best” for mankind in the most elementary terms. In his Natural and National Law, Selden explains that this natural law has been discovered over long generations since the biblical times and has come down to us in various versions. Of these, the most reliable is that of the Talmud, which describes the seven laws of the children of Noah prohibiting murder, theft, sexual perversity, cruelty to beasts, idolatry and defaming God, and requiring courts of law to enforce justice. The experience of thousands of years has taught us that these laws frame the peace and prosperity that is the end of all nations, and that they are the unseen root from which the diverse laws of all the nations ultimately derive. (…) In doing so, he seeks to gradually approach, by trial and error, the best that is possible for each nation. (…)  But (…) Stuart absolutism eventually pressed England toward civil war and, finally, to a Puritan military dictatorship that not only executed the king but destroyed Parliament and the constitution as well. Selden did not live to see the constitution restored. The regicide regime subsequently offered England several brand-new constitutions, none of which proved workable, and within eleven years it had collapsed. In 1660, two eminent disciples of Selden, Edward Hyde (afterward Earl of Clarendon) and Sir Matthew Hale, played a leading role in restoring the constitution and the line of Stuart kings. When the Catholic James II succeeded to the throne in 1685, fear of a relapse into papism and even of a renewed attempt to establish absolutism moved the rival political factions of the country to unite in inviting the next Protestants in line to the throne. The king’s daughter Mary and her husband, Prince William of Orange, the Stadtholder of the Dutch Republic, crossed the channel to save Protestant England and its constitution. Parliament, having confirmed the willingness of the new joint monarchs to protect the English from “all other attempts upon their religion, rights and liberties,” in 1689 established the new king and queen on the throne and ratified England’s famous Bill of Rights. This new document reasserted the ancient rights invoked in the earlier Petition of Right, among other things affirming the right of Protestant subjects to “have arms for their defense” and the right of “freedom of speech and debates” in Parliament, and that “excessive bail ought not to be required, nor excessive fines imposed, nor cruel and unusual punishments inflicted”—the basis for the First, Second, and Eighth Amendments of the American Bill of Rights. Freedom of speech was quickly extended to the wider public, with the termination of English press licensing laws a few years later. The restoration of a Protestant monarch and the adoption of the Bill of Rights were undertaken by a Parliament united around Seldenian principles. What came to be called the “Glorious Revolution” was glorious precisely because it reaffirmed the traditional English constitution and protected the English nation from renewed attacks on “their religion, rights and liberties.” Such attacks came from absolutists like Sir Robert Filmer on the one hand, whose Patriarcha (published posthumously, 1680) advocated authoritarian government as the only legitimate one, and by radicals like John Locke on the other. Locke’s Two Treatises of Government (1689) responded to the crisis by arguing for the right of the people to dissolve the traditional constitution and reestablish it according to universal reason. Over the course of the seventeenth century, English conservatism was formed into a coherent and unmistakable political philosophy utterly opposed both to the absolutism of the Stuarts, Hobbes, and Filmer (what would later be called “the Right”), as well as to liberal theories of universal reason advanced first by Grotius and then by Locke (“the Left”). The centrist conservative view was to remain the mainstream understanding of the English constitution for a century and a half, defended by leading Whig intellectuals in works from William Atwood’s Fundamental Constitution of the English Government (1690) to Josiah Tucker’s A Treatise of Civil Government (1781), which strongly opposed both absolutism and Lockean theories of universal rights. This is the view upon which men like Blackstone, Burke, Washington, and Hamilton were educated. Not only in England but in British America, lawyers were trained in the common law by studying Coke’s Institutes of the Lawes of England (1628–44) and Hale’s History of the Common Law of England (1713). In both, the law of the land was understood to be the traditional English constitution and common law, amended as needed for local purposes. (…)  We have described the Anglo-American conservative tradition as subscribing to a historical empiricism, which proposes that political knowledge is gained by examining the long history of the customary laws of a given nation and the consequences when these laws have been altered in one direction or another. Conservatives understand that a jurist must exercise reason and judgment, of course. But this reasoning is about how best to adapt traditional law to present circumstances, making such changes as are needed for the betterment of the state and of the public, while preserving as much as possible the overall frame of the law. To this we have opposed a standpoint that can be called rationalist. Rationalists have a different view of the role of reason in political thought, and in fact a different understanding of what reason itself is. Rather than arguing from the historical experience of nations, they set out by asserting general axioms that they believe to be true of all human beings, and that they suppose will be accepted by all human beings examining them with their native rational abilities. From these they deduce the appropriate constitution or laws for all men. (…) Locke is known philosophically as an empiricist. But his reputation in this regard is based largely on his Essay concerning Human Understanding (1689), which is an influential exercise in empirical psychology. His Second Treatise of Government is not, however, a similar effort to bring an empirical standpoint to the theory of the state. Instead, it begins with a series of axioms that are without any evident connection to what can be known from the historical and empirical study of the state. Among other things, Locke asserts that, (1) prior to the establishment of government, men exist in a “state of nature,” in which (2) “all men are naturally in a state of perfect freedom,” as well as in (3) a “state of perfect equality, where naturally there is no superiority or jurisdiction of one over another.” Moreover, (4) this state of nature “has a law of nature to govern it”; and (5) this law of nature is, as it happens, nothing other than human “reason” itself, which “teaches all mankind, who will but consult it.” It is this universal reason, the same among all mankind, that leads them to (6) terminate the state of nature, “agreeing together mutually to enter into . . . one body politic” by an act of free consent. From these six axioms, Locke then proceeds to deduce the proper character of the political order for all nations on earth. (…)  Faced with this mass of unverifiable assertions, empiricist political theorists such as Hume, Smith, and Burke rejected all of Locke’s axioms and sought to rebuild political philosophy on the basis of things that can be known from history and from an examination of actual human societies and governments. (…) While Locke’s rationalist theories made limited headway in England, they were all the rage in France. Rousseau’s On the Social Contract (1762) went where others had feared to tread, embracing Locke’s system of axioms for correct political thought and calling upon mankind to consent only to the one legitimate constitution dictated by reason. Within thirty years, Rousseau, Voltaire, and the other French imitators of Locke’s rationalist politics received what they had demanded in the form of the French Revolution. The 1789 Declaration of the Rights of Man and of the Citizen was followed by the Reign of Terror for those who would not listen to reason. Napoleon’s imperialist liberalism rapidly followed, bringing universal reason and the “rights of man” to the whole of continental Europe by force of arms, at a cost of millions of lives. In 1790, a year after the beginning of the French Revolution, the Anglo-Irish thinker and Whig parliamentarian Edmund Burke composed his famous defense of the English constitutional tradition against the liberal doctrines of universal reason and universal rights, entitled Reflections on the Revolution in France. Burke’s argument is frequently quoted today by conservatives who assume that his target was Rousseau and his followers in France. But Burke’s attack was not primarily aimed at Rousseau, who had few enthusiasts in Britain or America at the time. The actual target of his attack was contemporary followers of Grotius and Locke—individuals such as Richard Price, Joseph Priestley, Charles James Fox, Charles Grey, Thomas Paine, and Thomas Jefferson. Price, who was the explicit subject of Burke’s attack in the first pages of Reflections on the Revolution in France, had opened his Observations on the Nature of Civil Liberty (1776) with the assertion that “the principles on which I have argued form the foundation of every state as far as it is free; and are the same with those taught by Mr. Locke.” And much the same could be said of the others, all of whom followed Locke in claiming that the only true foundation for political and constitutional thought was precisely in those “general theories concerning the rights of men” that Burke believed would bring turmoil and death to one country after another. The carnage taking place in France triggered a furious debate in England. It pitted supporters of the conservatism of Coke and Selden (both Whigs and Tories) against admirers of Locke’s universal rights theories (the so-called New Whigs). The conservatives insisted that these theories would uproot every traditional political and religious institution in England, just as they were doing in France. (…) Burke’s conservative defense of the traditional English constitution enjoyed a large measure of success in Britain, where it was continued after his death by figures such as Canning, Wellington, and Disraeli. That this is so is obvious from the fact that institutions such as the monarchy, the House of Lords, and the established Church of England, not to mention the common law itself, were able to withstand the gale winds of universal reason and universal rights, and to this day have their staunch supporters. But what of America? Was the American revolution an upheaval based on Lockean universal reason and universal rights? To hear many conservatives talk today, one would think this were so, and that there never were any conservatives in the American mainstream, only liberals of different shades. The reality, however, was rather different. When the American English, as Burke called them, rebelled against the British monarch, there were already two distinct political theories expressed among the rebels, and the opposition between these two camps only grew with time. First, there were those who admired the English constitution that they had inherited and studied. Believing they had been deprived of their rights under the English constitution, their aim was to regain these rights. Identifying themselves with the tradition of Coke and Selden, they hoped to achieve a victory against royal absolutism comparable to what their English forefathers had achieved in the Petition of Right and Bill of Rights. To individuals of this type, the word revolution still had its older meaning, invoking something that “revolves” and would, through their efforts, return to its rightful place—in effect, a restoration. Alexander Hamilton was probably the best-known exponent of this kind of conservative politics (…) And it is evident that they were quietly supported behind the scenes by other adherents of this view, among them the president of the convention, General George Washington. Second, there were true revolutionaries, liberal followers of Locke such as Jefferson, who detested England and believed—just as the French followers of Rousseau believed—that the dictates of universal reason made the true rights of man evident to all. For them, the traditional English constitution was not the source of their freedoms but rather something to be swept away before the rights dictated by universal reason. And indeed, during the French Revolution, Jefferson and his supporters embraced it as a purer version of what the Americans had started. (…) The tension between these conservative and liberal camps finds rather dramatic expression in America’s founding documents: The Declaration of Independence, drafted by Jefferson in 1776, is famous for resorting, in its preamble, to the Lockean doctrine of universal rights as “self-evident” before the light of reason. Similarly, the Articles of Confederation, negotiated the following year as the constitution of the new United States of America, embody a radical break with the traditional English constitution. These Articles asserted the existence of thirteen independent states, at the same time establishing a weak representative assembly over them without even the power of taxation, and requiring assent by nine of thirteen states to enact policy. The Articles likewise made no attempt at all to balance the powers of this assembly, effectively an executive, with separate legislative or judicial branches of government. The Articles of Confederation came close to destroying the United States. After a decade of disorder in both foreign and economic affairs, the Articles were replaced by the Constitution, drafted at a convention initiated by Hamilton and James Madison, and presided over by a watchful Washington, while Jefferson was away in France. Anyone comparing the Constitution that emerged with the earlier Articles of Confederation immediately recognizes that what took place at this convention was a reprise of the Glorious Revolution of 1689. Despite being adapted to the American context, the document that the convention produced proposed a restoration of the fundamental forms of the English constitution: a strong president, designated by an electoral college (in place of the hereditary monarchy); the president balanced in strikingly English fashion by a powerful bicameral legislature with the power of taxation and legislation; the division of the legislature between a quasi-aristocratic, appointed Senate and a popularly elected House; and an independent judiciary. Even the American Bill of Rights of 1789 is modeled upon the Petition of Right and the English Bill of Rights, largely elaborating the same rights that had been described by Coke and Selden and their followers, and breathing not a word anywhere about universal reason or universal rights. The American Constitution did depart from the traditional English constitution, however, adapting it to local conditions on certain key points. The Americans, who had no nobility and no tradition of hereditary office, declined to institute these now. Moreover, the Constitution of 1787 allowed slavery, which was forbidden in England—a wretched innovation for which America would pay a price the framers could not have imagined in their wildest nightmares. Another departure—or apparent departure—was the lack of a provision for a national church, enshrined in the First Amendment in the form of a prohibition on congressional legislation “respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof.” The English constitutional tradition, of course, gave a central role to the Protestant religion, which was held to be indispensable and inextricably tied to English identity (although not incompatible with a broad measure of toleration). But the British state, in certain respects federative, permitted separate, officially established national churches in Scotland and Ireland. This British acceptance of a diversity of established churches is partially echoed in the American Constitution, which permitted the respective states to support their own established churches, or to require that public offices in the state be held by Protestants or by Christians, well into the nineteenth century. When these facts are taken into account, the First Amendment appears less an attempt to put an end to established religion than a provision for keeping the peace among the states by delegating forms of religious establishment to the state level. As early as 1802, however, Jefferson, now president, announced  that the First Amendment’s rejection of a national church in fact should be interpreted as an “act of the whole American people . . . building a wall of separation between church and state.” This characterization of the American Constitution as endorsing a “separation of church and state” was surely overwrought, and more compatible with French liberalism—which regarded public religion as abhorrent to reason—than with the actual place of state religion among “the whole American people” at the time. Yet on this point, Jefferson has emerged victorious. In the years that followed, his “wall of separation between church and state” interpretation was increasingly considered to be an integral part of the American Constitution, even if one that had not been included in the actual text. Lockean liberalism grew increasingly dominant in America after Jefferson’s election. Hamilton’s death in a duel in 1804, at the age of 47, was an especially heavy blow that left American conservatism without its most able spokesman. Nevertheless, the tradition of Selden and Burke was taken up by Americans of the next generation, including two of the country’s most prominent jurists, New York chancellor James Kent (1763–1847) and Supreme Court justice Joseph Story (1779–1845). Story’s influence was especially significant. Although appointed to the Supreme Court by Jefferson in the hope of undermining Chief Justice John Marshall, Story’s opinions almost immediately displayed the opposite inclination, and continued to do so throughout his thirty-four-year tenure on the court. Perhaps Story’s greatest contribution to the American conservative tradition is his famous Commentaries on the Constitution (3 vols., 1833), which were dedicated to Marshall and went on to be the most important and influential interpretation of the American constitutional tradition in the nineteenth century. These were overtly conservative in spirit, citing Burke with approval and repeatedly criticizing not only Locke’s theories but Jefferson himself. Among other things, Story forcefully rejected Jefferson’s claim that the American founding had been based on universal rights determined by reason, emphasizing that it was the rights of the English traditional law that Americans had always recognized and continued to recognize. (…) With Selden, we believe that, in their campaign for universal “liberal democracy,” liberals have confused certain historical-empirical principles of the traditional Anglo-American constitution, painstakingly developed and inculcated over centuries (Principle 1), for universal truths that are equally accessible to all human beings, regardless of historical or cultural circumstances. This means that, like all rationalists, they are engaged in applying local truths, which may hold good under certain conditions, to quite different situations and circumstances, where they often go badly wrong. For conservatives, these failures—for example, the repeated collapse of liberal constitutions in places such as Mexico, France, Germany, Italy, Nigeria, Russia, and Iraq, among many others—suggest that the principles in question have been overextended and should be regarded as true only within a narrower range of conditions. Liberals, on the other hand, explain such failures as a result of “poor implementation,” leaving liberal democracy as a universal truth that remains untouched by experience and unassailable, no matter what the circumstances. (…) Burke and Hamilton belonged to a generation that was still educated in the significance of the Anglo-American tradition as a whole. Only a few decades later, this had begun to change, and by the end of the nineteenth century, conservative views were increasingly in the minority and defensive both in Britain and America. But conservatism was really only broken in a decisive way by Franklin Roosevelt in America in 1932, and by Labour in Britain in 1945. At this point, socialism displaced liberalism as the worldview of the parties of the “Left,” driving some liberals to join with the last vestiges of the conservative tradition in the parties of the “Right.” In this environment, new leaders and movements did arise and succeed from time to time in raising the banner of Anglo-American conservatism once more. But these conservatives were living on a shattered political and philosophical landscape, having lost much of the chain of transmission that had connected earlier conservatives to their forefathers. Thus their roots remained shallow, and their victories, however impressive, brought about no long-term conservative restoration. The most significant of these conservative revivals was, of course, the one that reached its peak in the 1980s under Prime Minister Margaret Thatcher and President Ronald Reagan. Thatcher and Reagan were genuine and instinctive conservatives, displaying traditional Anglo-American conservative attachments to nation and religion, as well as to limited government and individual freedom. They also recognized and gave voice to the profound “special relationship” that binds Britain and America together. Coming to power at a time of deep crisis in the struggle against Communism, their renewed conservatism succeeded in winning the Cold War and freeing foreign nations from oppression, in addition to liberating their own economies, which had long been shackled by socialism. In both countries, these triumphs shifted political discourse rightward for a generation. Yet the Reagan-Thatcher moment, for all its success, failed to touch the depths of the political culture in America and Britain. Confronted by a university system devoted almost exclusively to socialist and liberal theorizing, their movement at no point commanded the resources needed to revive Anglo-American conservatism as a genuine force in fundamental arenas such as jurisprudence, political theory, history, philosophy, and education—disciplines without which a true restoration was impossible. Throughout the conservative revival of the 1980s, academic training in government and political theory, for instance, continued to maintain its almost complete boycott of conservative thinkers such as Fortescue, Coke, Selden, and Hale, just as it continued its boycott of the Bible as a source of English and American political principles. Similarly, academic jurisprudence remained a subject that is taught as a contest among abstract liberal theories. Education of this kind meant that a degree from a prestigious university all but guaranteed one’s ignorance of the Anglo-American conservative tradition, but only a handful of conservative intellectual figures, most visibly Russell Kirk and Irving Kristol, seem to have been alert to the seriousness of this problem. On the whole, the conservative revival of those years remained resolutely focused on the pressing policy issues of the day, leaving liberalism virtually unchallenged as the worldview that conservatives were taught at university or when they picked up a book on the history of ideas. (…) There may have been genuine advantages to soft-pedaling differences between conservatives and liberals until the 1980s, when all the strength that could be mustered had to be directed toward defeating Communism abroad and socialism at home. But we are no longer living in the 1980s. Those battles were won, and today we face new dangers. The most important among these is the inability of countries such as America and Britain, having been stripped of the nationalist and religious traditions that held them together for centuries, to sustain themselves while a universalist liberalism continues, year after year, to break down these historic foundations of their strength. Under such conditions of internal disintegration, there is a palpable danger that liberal rationalism, having established itself in a monopoly position in the state, will drive a broad public that cannot accept its regimented view of the world into the hands of genuinely authoritarian movements. Liberals of various persuasions have, in their own way, sought to warn us about this, from Fareed Zakaria’s “The Rise of Illiberal Democracy” in Foreign Affairs (1997) to the Economist’s “Illiberalism: Playing with Fear” (2016) and Commentary’s “Illiberalism: The Worldwide Crisis,” mentioned earlier. These and many other publications have made intensive use of the term illiberal as an epithet to describe those who have strayed from the path of Lockean liberalism. In so doing, they divide the political universe into two: there are liberals—those decent persons who are willing to exercise reason in the universally accepted manner and come to the appropriate liberal conclusions; and there are those others—the “illiberals,” who, out of ignorance, resentment, or some atavistic hatred, will not get with the program. When things are divided up this way, the latter group ends up including everyone from Brexiteers, Trump supporters, Evangelical Christians, and Orthodox Jews to dictators, Iranian ayatollahs, and Nazis. Once things are framed in this way, it is hard to avoid the conclusion that everyone in that second group is in some degree a threat that must be combated. We conservatives, however, have our own preferred division of the political universe: one in which Anglo-American conservatism appears as a distinct political category that is obviously neither authoritarian nor liberal. With the rest of the Anglo-American conservative tradition, we uphold the principles of limited government and individual liberties. But we also see clearly (again, in keeping with our conservative tradition) that the only forces that give the state its internal coherence and stability, holding limited government in place while staving off authoritarianism, are our nationalist and religious traditions. These nationalist and religious principles are not liberal. They are prior to liberalism, in conflict with liberalism, and presently being destroyed by liberalism. Our world desperately needs to hear a clear conservative voice. Any continued confusion of conservative principles with the liberalism on our Left, or with the authoritarianism on our Right, can only do harm. The time has arrived when conservatives must speak in our own voice again. In doing so, we will discover that we can provide the political foundations that so many now seek, but have been unable to find.
In our own day, we recognize the clash between conservatism and liberalism in the following areas, among others (here described only very briefly, and so in overly simple terms): Liberal Empire. Because liberalism is thought to be a dictate of universal reason, liberals tend to believe that any country not already governed as a liberal democracy should be pressed—or even coerced—to adopt this form of government. Conservatives, on the other hand, recognize that different societies are held together and kept at peace in different ways, so that the universal application of liberal doctrines often brings collapse and chaos, doing more harm than good. International Bodies. Similarly, liberals believe that, since liberal principles are universal, there is little harm done in reassigning the powers of government to international bodies. Conservatives, on the other hand, believe that such international organizations possess no sound governing traditions and no loyalty to particular national populations that might restrain their spurious theorizing about universal rights. They therefore see such bodies as inevitably tending to arbitrariness and autocracy. Immigration. Liberals believe that, since liberal principles are accessible to all, there is nothing to be feared in large-scale immigration from countries with national and religious traditions very different from ours. Conservatives see successful large-scale immigration as possible only where the immigrants are strongly motivated to integrate and assisted in assimilating the national traditions of their new home country. In the absence of these conditions, the result will be chronic intercultural tension and violence. Law. Liberals regard the laws of a nation as emerging from the tension between positive law and the pronouncements of universal reason, as expressed by the courts. Conservatives reject the supposed universal reason of judges, which often amounts to little more than their succumbing to passing fashion. But conservatives also oppose an excessive regard for written documents, which leads, for example, to the liberal mythology of America as a “creedal nation” (or a “propositional nation”) created and defined solely by the products of abstract reason that are supposedly found in the American Declaration of Independence and Constitution. Economy. Liberals regard the universal market economy, operating without regard to borders, as a dictate of universal reason and applicable equally to all nations. They therefore recognize no legitimate economic aims other than the creation of a “level field” on which all nations participate in accordance with universal, rational rules. Conservatives regard the market economy and free enterprise as indispensable for the advancement of the nation in its wealth and wellbeing. But they see economic arrangements as inevitably varying from one country to another, reflecting the particular historical experiences and innovations of each nation as it competes to gain advantage for its people. Education. Liberals believe that schools should teach students to recognize the Lockean goods of liberty and equality as the universal aims of political order, and to see America’s founding political documents as having largely achieved these aims. Conservatives believe education should focus on the particular character of the Anglo-American constitutional and religious tradition, with its roots in the Bible, and on the way in which this tradition has given rise to a unique family of nations with a distinctive political thought and practice that has influenced the world. Public Religion. Liberals believe that universal reason is the necessary and sufficient basis for just and moral government. This means that the religious traditions of the nation, which had earlier been the basis for a public understanding of justice and right, can be replaced in public discourse by universal reason itself. In its current form, liberalism asserts that all governments should embrace a Jeffersonian “wall separating church and state,” whose purpose is to banish the influence of religion from public life, relegating it to the private sphere. Conservatives hold that none of this is true. They see human reason as producing a constant profusion of ever-changing views concerning justice and morals—a fact that is evident today in the constant assertion of new and rapidly multiplying human rights. Conservatives hold that the only stable basis for national independence, justice, and public morals is a strong biblical tradition in government and public life. They reject the doctrine of separation of church and state, instead advocating an integration of religion into public life that also offers broad toleration of diverse religious views.
Hazony reviews the history of the conflict between nationalism and imperialism, from the Tower of Babel to the latest anti-Israeli U.N. resolution. The political concept of the independent national state, as an alternative to empire and tribalism, begins with the Hebrew Bible. Ancient Israel was a national state posed against empires in Egypt, Babylonia, Assyria, Persia, and Rome. Hazony de­clares that the Israelite nation was not based on race but on a “shared understanding of history, language, and religion.” He cites Exodus, noting that some Egyptians joined the Hebrews in fleeing Pharaoh, and points out that other foreigners joined the Jewish people once they had accepted “Israel’s God, laws, and understanding of history.” In Hazony’s telling, after the fall of the Roman imperium, the ideal of a universal empire lived on in the papacy and in the German-led Holy Roman Empire. The emergence of Protestantism resurrected the Hebrew Bible’s concept of the national state. For example, Dutch Protestant rebels in their war with imperial Spain modeled themselves on ancient Israelis fighting for national freedom against the Egyptian and Babylonian empires. The Thirty Years’ War was not simply a religious conflict but a struggle that pitted nationalism against imperialism, with the states of France (Catholic), the Netherlands (Calvinist), and Sweden (Lutheran) fighting against the German-Spanish Hapsburg empire.  Hazony describes a new “Protestant construction” of the West inspired by the Hebrew Bible. It was based on two core principles: national self-determination and a “moral minimum” order, roughly corresponding to recognizing the Ten Commandments as natural law. This Protestant construction has been challenged by a “liberal construction” based on individual rights and a universal order. Beginning in the Enlightenment with Locke and Kant, but particularly since World War II, the liberal construction has largely replaced the Protestant construction among Western elites, though Hazony optimistically remarks that the ideas of the Protestant construction are still strong in the U.S. and Britain. Further, the liberal construction has proved to be illiberal, leading to the suppression of free speech, “public shaming” campaigns, and “heresy hunts.” Hazony laments that “Western democracies are rapidly becoming one big university campus.” Hazony asserts that the “neutral state is a myth.” While the national state has historically been successful, a purely “neutral” or “civic” state based only on formal law and abstract principles and without attachments to a particular culture, language, religion, tradition, history, or shared sacrifice is unable to inspire the necessary mutual loyalty and national cohesion required for a free society to survive. He identifies the United States, Britain, and France as national, as opposed to neutral or civic, states.  One of Hazony’s most powerful insights is his understanding of the role that hatred plays in the conflict between nationalists and globalists. One hears repeatedly that nationalism means hatred of the “other.” Hazony, however, successfully flips the argument. He notes that “anti-nationalist hate” is as great as or greater than the hatred emanating from nationalists. In fact, the forces supporting universalism hate the particular, especially when particularist resistance to globalist homogenization “proves itself resilient and enduring.” Thus, “liberal internationalism is not merely a positive agenda. . . . It is an imperialist ideology that incites against . . . nationalists, seeking their delegitimization wherever they appear” throughout the West. Nowhere is this clearer than in the intense antipathy such liberal internationalists feel towards Israel. (…) He concludes that since World War II, and particularly since the 1990s, in elite circles in the West, a Kantian post-national moral paradigm has replaced the old liberal-nationalist paradigm of a world of independent states in which the Zionist dream was born.  This new paradigm insists that national states should increasingly cede sovereignty to supranational institutions, especially in matters of war and peace. In the new paradigm, Israel’s use of force to defend itself is seen as morally illegitimate. The leadership of the European Union and American progressives, for the most part, adheres to the new post-national paradigm; hence, they constantly excoriate Israeli attempts at self-defense.  Hazony declares that “the European Union has caused severe damage to the principle that originally granted legitimacy to Israel as an independent national state: the principle of national freedom and self-determination.” (There is also a faction of Americans, Hazony writes, who favor a different, more muscular type of imperialist project: the establishment of a pax Americana in which America would serve as a contemporary Roman empire, providing peace and security for the entire world and policing the internal affairs of recalcitrant national states that are insufficiently liberal.)  For the EU and Western progressives, Hazony explains, the horror of Auschwitz was the result of atrocities committed by a national state, Germany, infused with a fanatical nationalism. But, as Hazony argues, Hitler’s genocide was inspired by a belief in Aryan racial superiority and imperialism. Hitler cared little for the German nation per se. For example, near the end of World War II, he told his confidant Albert Speer not to “worry” about the “German people”; they might as well perish, for “they had proven to be the weaker [nation] and the future belongs solely to the stronger eastern nation.” Not exactly the sentiments of a true nationalist. On the other hand, Hazony says, for Israelis, Auschwitz was the result of powerlessness: Jews did not have their own national state and the requisite military capability to protect themselves. (…) It is exactly this very human aspiration for national independence hailed by the liberal nationalists of yesteryear (e.g., Garibaldi, Kossuth, Herzl) that the new imperialists of 21st-century globalism (Merkel, Juncker, Soros) scorn. Hazony writes that other nations too have been subject to campaigns of vilification from European and transnational elites when they have ignored supranational authority and acted as independent national states. The United States, in particular, has been excoriated (since long before the Trump administration) for refusing to join the Interna­tional Criminal Court and the Kyoto Protocol and for deciding for itself when its national interest requires the use of force. Recently, globalist wrath “has been extended to Britain” because it returned “to a course of national independence and self-determination and to nations such as Czechia, Hungary, and Poland that insist on maintaining an immigration policy of their own that does not conform to the European Union’s theories concerning refugee resettlement. John Fonte
Aujourd’hui, on ne cesse de nous répéter que le nationalisme a provoqué les deux guerres mondiales, et on lui impute même la responsabilité de la Shoah. Mais cette lecture historique n’est pas satisfaisante. J’appelle «nationaliste» quelqu’un qui souhaite vivre dans un monde constitué de nations indépendantes. De sorte qu’à mes yeux, Hitler n’était pas le moins du monde nationaliste. Il était même tout le contraire: Hitler méprisait la vision nationaliste, et il appelle dans Mein Kampf à détruire les autres Etats-nations européens pour que les Allemands soient les maîtres du monde. Dès son origine, le nazisme est une entreprise impérialiste, pas nationaliste. Quant à la Première Guerre mondiale, le nationalisme est loin de l’avoir déclenchée à lui seul! Le nationalisme serbe a fourni un prétexte, mais en réalité c’est la visée impérialiste des grandes puissances européennes (l’Allemagne, la France, l’Angleterre) qui a transformé ce conflit régional en une guerre planétaire. Ainsi, le principal moteur des deux guerres mondiales était l’impérialisme, pas le nationalisme. (…) Le nationalisme est en effet en vogue en ce moment: c’est du jamais-vu depuis 1990, date à laquelle Margaret Thatcher a été renversée par son propre camp à cause de son hostilité à l’Union européenne. Depuis plusieurs décennies, les principaux partis politiques aux Etats-Unis et en Europe, de droite comme de gauche, ont souscrit à ce que l’on pourrait appeler «l’impérialisme libéral», c’est-à-dire l’idée selon laquelle le monde entier devrait être régi par une seule et même législation, imposée si besoin par la contrainte. Mais aujourd’hui, une génération plus tard, une demande de souveraineté nationale émerge et s’est exprimée avec force aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Italie, en Europe de l’Est et ailleurs encore. Avec un peu de chance et beaucoup d’efforts, cet élan nationaliste peut aboutir à un nouvel ordre politique, fondé sur la cohabitation de nations indépendantes et souveraines. Mais nous devons aussi être lucides: les élites «impérialistes libérales» n’ont pas disparu, elles sont seulement affaiblies. Si, en face d’eux, le camp nationaliste ne parvient pas à faire ses preuves, elles ne tarderont pas à revenir dans le jeu. (…) Historiquement, le «nationalisme» décrit une vision du monde où le meilleur système de gouvernement serait la coexistence de nations indépendantes, et libres de tracer leur propre route comme elles l’entendent. On l’oppose à «l’impérialisme», qui cherche à apporter au monde la paix et la prospérité en unifiant l’humanité, autant que possible, sous un seul et même régime politique. Les dirigeants de l’Union européenne, de même que la plupart des élites américaines, croient dur comme fer en l’impérialisme. Ils pensent que la démocratie libérale est la seule forme admissible de gouvernement, et qu’il faut l’imposer progressivement au monde entier. C’est ce que l’on appelle souvent le «mondialisme», et c’est précisément ce que j’entends par «nouvel empire libéral». (…) En Europe, on se désolidarise du militarisme américain: les impérialistes allemands ou bruxellois préfèrent d’autres formes de coercition… mais leur objectif est le même. Regardez comment l’Allemagne cherche à imposer son programme économique à la Grèce ou à l’Italie, ou sa vision immigrationniste à la République tchèque, la Hongrie ou la Pologne. En Italie, le budget a même été rejeté par la Commission européenne! (…) Le conflit entre nationalisme et impérialisme est aussi vieux que l’Occident lui-même. La vision nationaliste est l’un des enseignements politiques fondamentaux de la Bible hébraïque: le Dieu d’Israël fut le premier qui donna à son peuple des frontières, et Moïse avertit les Hébreux qu’ils seraient punis s’ils tentaient de conquérir les terres de leurs voisins, car Yahvé a donné aussi aux autres nations leur territoire et leur liberté. Ainsi, la Bible propose le nationalisme comme alternative aux visées impérialistes des pharaons, mais aussi des Assyriens, des Perses ou, bien sûr, des Babyloniens. Et l’histoire du Moyen Âge ou de l’époque moderne montre que la plupart des grandes nations européennes – la France, l’Angleterre, les Pays-Bas… – se sont inspirées de l’exemple d’Israël. Mais le nationalisme de l’Ancien Testament ne fut pas tout de suite imité par l’Occident. La majeure partie de l’histoire occidentale est dominée par un modèle politique inverse: celui de l’impérialisme romain. C’est de là qu’est né le Saint Empire romain germanique, qui a toujours cherché à étendre sa domination, tout comme le califat musulman. Les Français aussi ont par moments été tentés par l’impérialisme et ont cherché à conquérir le monde: Napoléon, par exemple, était un fervent admirateur de l’Empire romain et n’avait pour seul but que d’imposer son modèle de gouvernement «éclairé» à tous les pays qu’il avait conquis. Ainsi a-t-il rédigé de nouvelles constitutions pour nombre d’entre eux: les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne… Son projet, en somme, était le même que celui de l’Union européenne aujourd’hui : réunir tous les peuples sous une seule et même législation. (…) [le modèle nationaliste] permet à chaque nation de décider ses propres lois en vertu de ses traditions particulières. Un tel modèle assure une vraie diversité politique, et permet à tous les pays de déployer leur génie à montrer que leurs institutions et leurs valeurs sont les meilleures. Un tel équilibre international ressemblerait à celui qui s’est établi en Europe après les traités de Westphalie signés en 1648, et qui ont permis l’existence d’une grande diversité de points de vue politiques, institutionnels et religieux. Ces traités ont donné aux nations européennes un dynamisme nouveau: grâce à cette diversité, les nations sont devenues autant de laboratoires d’idées dans lesquels ont été expérimentés, développés et éprouvés les théories philosophiques et les systèmes politiques que l’on associe aujourd’hui au monde occidental. À l’évidence, toutes ces expériences ne se valent pas et certaines n’ont bien sûr pas été de grands succès. Mais la réussite de l’une seule d’entre elles – la France, par exemple – suffit pour que les autres l’imitent et apprennent grâce à son exemple. Tandis que, par contraste, un gouvernement impérialiste comme celui de l’Union européenne tue toute forme de diversité dans l’œuf. Les élites bruxelloises sont persuadées de savoir déjà avec exactitude la façon dont le monde entier doit vivre. Il est pourtant manifeste que ce n’est pas le cas… (…) La diversité des points de vue, et, partant, chacun de ces désaccords, sont une conséquence nécessaire de la liberté humaine, qui fait que chaque nation a ses propres valeurs et ses propres intérêts. La seule manière d’éviter ces désaccords est de faire régner une absolue tyrannie – et c’est du reste ce dont l’Union européenne se rend peu à peu compte: seules les mesures coercitives permettent d’instaurer une relative uniformité entre les États membres. (…) Mais nous devons alors reconnaître, tout aussi humblement, que les mouvements universalistes ne sont pas exempts non plus d’une certaine inclination à la haine ou au sectarisme. Chacun des grands courants universels de l’histoire en a fait montre, qu’il s’agisse du christianisme, de l’islam ou du marxisme. En bâtissant leur empire, les universalistes ont souvent rejeté les particularismes nationaux qui se sont mis en travers de leur chemin et ont refusé d’accepter leur prétention à apporter à l’humanité entière la paix et la prospérité. Cette détestation du particulier, qui est une constante dans tous les grands universalismes, est flagrante aujourd’hui dès lors qu’un pays sort du rang: regardez le torrent de mépris et d’insultes qui s’est répandu contre les Britanniques qui ont opté pour le Brexit, contre Trump, contre Salvini, contre la Hongrie, l’Autriche et la Pologne, contre Israël… Les nouveaux universalistes vouent aux gémonies l’indépendance nationale. (…) un nationaliste ne prétend pas savoir ce qui est bon pour n’importe qui, n’importe où dans le monde. Il fait preuve d’une grande humilité, lui, au moins. N’est-ce pas incroyable de vouloir dicter à tous les pays qui ils doivent choisir pour ministre, quel budget ils doivent voter, et qui sera en droit de traverser leurs frontières? Face à cette arrogance vicieuse, je considère en effet le nationalisme comme une vertu. (…) le nationaliste est vertueux, car il limite sa propre arrogance et laisse les autres conduire leur vie à leur guise. (…) Si les différents gouvernements nationalistes aujourd’hui au pouvoir dans le monde parviennent à prouver leur capacité à diriger un pays de manière responsable, et sans engendrer de haine ou de tensions, alors ils viendront peut-être à bout de l’impérialisme libéral. Ils ont une chance de restaurer un ordre du monde fondé sur la liberté des nations. Il ne tient désormais qu’à eux de la saisir, et je ne peux prédire s’ils y parviendront: j’espère seulement qu’ils auront assez de sagesse et de talent pour cela. Yoram Hazony

Après l’école, Supermanl’humourla fête nationale, Thanksgiving, les droits civiques, les Harlem globetrotters et le panier à trois points, le soft power, l’Amérique, le génocide et même eux-mêmes  et sans parler des chansons de Noël et de la musique pop ou d’Hollywood, la littérature, les poupées Barbie… le look WASP, … la nation  !

Y a-t-il une élite intellectuelle trumpiste?
Alexis Carré

FIGAROVOX/TRIBUNE – La tenue de la National Conservatism Conference réunissant des intellectuels conservateurs américains invite le politologue Alexis Carré à se demander s’il existe une élite intellectuelle représentative des idées de Donald Trump.

Alexis Carré est doctorant en philosophie politique à l’École normale supérieure. Il travaille sur les mutations de l’ordre libéral. Suivez-le sur Twitter et sur son site.


La victoire de Donald J. Trump ne fut pas exactement celle d’un intellectuel. Contrairement à celle de Ronald Reagan, elle n’a pas non plus été précédée par la création ou la mobilisation de think tanks et autres organismes de recherche qui structurent habituellement la discussion publique aux États-Unis, tout en servant d’écurie de formation pour les futurs cadres gouvernementaux. À bien des égards, ce que l’on pourrait appeler la classe intellectuelle conservatrice s’est trouvée à la traîne et même parfois à contre-courant de la dernière campagne. Le Weekly Standard, hebdomadaire néoconservateur fondé par Bill Kristol — l’une des voix de droite les plus violemment critiques de l’administration —, en a payé le prix en cessant il y a peu de paraître.

Une fois Trump élu, le pragmatisme a toutefois dominé l’attitude de cette galaxie d’institutions vis-à-vis de la Maison Blanche. Ne leur devant pas sa victoire ni son programme, le président a, quant à lui, su utiliser leurs ressources et leurs compétences quand elles lui étaient utiles. L’illustration la plus frappante de cette relation fut la place centrale qu’il donna aux recommandations de la Heritage Foundation (le plus grand think tank conservateur à Washington) et de la Federalist Society (une association influente rassemblant plus de 40 000 juristes conservateurs) pour la nomination des juges à la Cour Suprême (Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh) et dans les degrés inférieurs du système judiciaire. Malgré un style de gouvernement indéniablement nouveau, Trump ne semblait donc pas avoir profondément affecté l’infrastructure institutionnelle d’où s’élaborent la majorité des politiques publiques aux États-Unis. Envisagé comme un phénomène personnel qui disparaîtrait avec lui, certains pouvaient encore penser qu’il ne laisserait avec son départ pas d’héritage profond sur les plans institutionnels et intellectuels. Une conférence comme il s’en organise pourtant des dizaines chaque année à Washington DC vient peut-être de changer la donne. Et si, de manière pour le moins inattendue, Trump s’avérait être depuis Reagan le président ayant eu le plus d’impact sur la fabrique des idées et des élites dans son pays?

Une force de frappe en devenir

Le chercheur israélien à l’origine de l’événement, Yoram Hazony, s’est fait connaître à l’automne dernier en publiant The Virtue of Nationalism [La vertu du nationalisme], un livre où il s’emploie à critiquer l’idéal post-national qui a dominé l’éducation politique des élites ces dernières décennies. En organisant ce rassemblement d’intellectuels, de journalistes et d’hommes politiques, il entend désormais jeter les bases d’un mouvement intellectuel, le «conservatisme national», dont il propagera les idées au travers de la Edmund Burke Foundation — créée en janvier en vue de préparer l’événement.

Le programme mélange des invités prestigieux (l’entrepreneur Peter Thiel, le présentateur de Fox News Tucker Carlson), des étoiles montantes (le jeune sénateur Josh Hawley et J. D. Vance, l’auteur du best-seller Hillbilly Elegy) et des figures établies (Rusty Reno de la revue First Things ou encore Christopher DeMuth, l’ancien responsable du think tank AEI). S’il est évident que de nombreuses divergences existent entre ces invités, notamment sur les questions de politique étrangère, ils s’accordent assez largement autour de certains points fondamentaux qui constituent à des degrés divers des changements d’orientation profonds par rapport au consensus conservateur antérieur.

La fin du consensus libéral et conservateur à droite 

Ce consensus, aussi connu sous le nom de «fusionnisme», reposait sur la compatibilité de la défense du marché et du libre-échange avec celle des valeurs familiales et religieuses. Libertariens et conservateurs pouvaient ainsi agir côte à côte afin de laisser d’un côté l’État hors de l’entreprise et de l’autre, hors de la famille — attitude résumée par la formule lapidaire de Reagan: «Le gouvernement n’est pas la solution à nos problèmes. Le gouvernement

est le problème.» Pour les tenants du «conservatisme national» le danger vient non plus principalement de l’État mais du secteur privé, et plus particulièrement des GAFA et de Wall Street. C’est également à l’État qu’ils s’en remettent pour préserver l’existence nationale de l’ingérence croissante des institutions supranationales. Étonnante dans le paysage politique américain, cette défense de l’État réaffirme la primauté du politique et avec lui du vecteur d’action collective qu’est la nation.

La question n’est plus de savoir si l’intervention de l’État est intrinsèquement mauvaise et la liberté du marché intrinsèquement bonne, mais de déterminer dans chaque cas laquelle des deux correspond à l’intérêt et à la volonté de la nation. Le critère permettant de juger une mesure politique n’est plus sa conformité à l’intérêt économique ou aux droits de l’homme mais sa capacité à protéger et renforcer la citoyenneté. Car les normes au fondement de l’État de droit, les principes économiques du capitalisme, n’ont de validité pratique qu’en raison des sentiments communs et des qualités partagées qui constituent les modes de vie des populations qui les adoptent.

En déconnectant l’individu de ses solidarités concrètes, une pratique aveugle du libéralisme a selon eux dépossédé les citoyens de ce mode de vie et de leur capacité d’action sur les plans individuels et collectifs. L’objectif du «conservatisme national» est de leur restituer ces deux choses. Or, des hommes que ne relie rien d’autre que le fait d’être porteurs des mêmes droits ne suffisent pas à faire une nation. Et c’est parce que l’existence de cette dernière ne peut plus être prise pour acquis que le danger qui pèse sur elle nécessite une action politique spécifique en rupture avec le consensus des libéraux et conservateurs traditionnels.

Vers une nouvelle élite?

Les réflexions sur le devenir des nations ne sont pas nouvelles, surtout en France, où des auteurs comme Pierre Manent ont depuis les années 90 mené une critique écoutée des conservateurs américains à l’égard du projet post-national. Ce qui est inédit, c’est qu’une action aussi structurée émerge en vue de former une nouvelle classe dirigeante sur le fondement de ces constats. Adversaires ou alliés de l’actuel président feraient bien de surveiller cette initiative. Si elle réalise son ambition la Edmund Burke Foundation pourrait parvenir à associer au changement immédiat impulsé par Donald Trump une éducation politique susceptible d’affecter sur le long terme la formation des élites américaines, ce à quoi son style de gouvernement et les techniques de communication qui le caractérisent ne sauraient parvenir à eux seuls.

Le sénateur Josh Hawley, âgé de 39 ans (ancien procureur général de l’état du Missouri), fait figure de symbole de cette classe politique en devenir: «Une nation républicaine requiert une économie républicaine […] Une économie fondée sur les échanges monétaires à Wall Street ne bénéficie en dernier ressort qu’à ceux qui possèdent déjà de l’argent. Une telle économie ne saurait soutenir une grande nation.» Hostile à l’inflation des diplômes universitaires et aux multinationales, favorable aux droits de douane, défenseur de «l’Amérique moyenne», il représente peut-être ce que pourrait devenir le «trumpisme» sans Trump.

Voir aussi:

Yoram Hazony : «Les nouveaux universalistes vouent aux gémonies l’indépendance nationale»
Paul Sugy
Le Figaro

21/12/2018

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Le nationalisme est sur toutes les lèvres, et pourtant, affirme Yoram Hazony, ce concept n’a jamais été aussi mal compris. Le philosophe entend réhabiliter la «vertu du nationalisme», qu’il oppose à la «tentation impérialiste», et promouvoir la vision d’un monde fondé sur l’indépendance et la liberté des nations.

Yoram Hazony est spécialiste de la Bible et docteur en philosophie politique.

https://en.wikipedia.org/wiki/Yoram_Hazony

Il a fondé le Herzl Institute et enseigne la philosophie et la théologie à Jérusalem.

Ce penseur de la droite israélienne est également auteur de nombreux articles publiés dans les journaux américains les plus prestigieux, du New York Times au Wall Street Journal.

Presque inconnu en France, son livre The Virtue of Nationalism a suscité un vif débat aux Etats-Unis.

LE FIGARO MAGAZINE. – Le 11 novembre dernier, Emmanuel Macron déclarait aux chefs d’Etat du monde entier: «Le nationalisme est la trahison du patriotisme.» Qu’en pensez-vous?

Yoram HAZONY. –

Aujourd’hui, on ne cesse de nous répéter que le nationalisme a provoqué les deux guerres mondiales, et on lui impute même la responsabilité de la Shoah.

Mais cette lecture historique n’est pas satisfaisante.

J’appelle «nationaliste» quelqu’un qui souhaite vivre dans un monde constitué de nations indépendantes.

De sorte qu’à mes yeux, Hitler n’était pas le moins du monde nationaliste.

Il était même tout le contraire: Hitler méprisait la vision nationaliste, et il appelle dans Mein Kampf à détruire les autres Etats-nations européens pour que les Allemands soient les maîtres du monde.

Dès son origine, le nazisme est une entreprise impérialiste, pas nationaliste.

Quant à la Première Guerre mondiale, le nationalisme est loin de l’avoir déclenchée à lui seul!

Le nationalisme serbe a fourni un prétexte, mais en réalité c’est la visée impérialiste des grandes puissances européennes (l’Allemagne, la France, l’Angleterre) qui a transformé ce conflit régional en une guerre planétaire.

Ainsi, le principal moteur des deux guerres mondiales était l’impérialisme, pas le nationalisme.

Donald Trump, lui, avait déclaré il y a quelques semaines: «Je suis nationaliste.» Y a-t-il aujourd’hui un retour du nationalisme?

Le nationalisme est en effet en vogue en ce moment: c’est du jamais-vu depuis 1990, date à laquelle Margaret Thatcher a été renversée par son propre camp à cause de son hostilité à l’Union européenne.

Depuis plusieurs décennies, les principaux partis politiques aux Etats-Unis et en Europe, de droite comme de gauche, ont souscrit à ce que l’on pourrait appeler «l’impérialisme libéral», c’est-à-dire l’idée selon laquelle le monde entier devrait être régi par une seule et même législation, imposée si besoin par la contrainte.

Mais aujourd’hui, une génération plus tard, une demande de souveraineté nationale émerge et s’est exprimée avec force aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Italie, en Europe de l’Est et ailleurs encore.

Avec un peu de chance et beaucoup d’efforts, cet élan nationaliste peut aboutir à un nouvel ordre politique, fondé sur la cohabitation de nations indépendantes et souveraines.

Mais nous devons aussi être lucides: les élites «impérialistes libérales» n’ont pas disparu, elles sont seulement affaiblies.

Si, en face d’eux, le camp nationaliste ne parvient pas à faire ses preuves, elles ne tarderont pas à revenir dans le jeu.

Quel est ce «nouvel empire libéral» dont vous parlez? Et qu’entendez-vous exactement par «impérialisme»?

Historiquement, le «nationalisme» décrit une vision du monde où le meilleur système de gouvernement serait la coexistence de nations indépendantes, et libres de tracer leur propre route comme elles l’entendent.

On l’oppose à «l’impérialisme», qui cherche à apporter au monde la paix et la prospérité en unifiant l’humanité, autant que possible, sous un seul et même régime politique.

Les dirigeants de l’Union européenne, de même que la plupart des élites américaines, croient dur comme fer en l’impérialisme.

Ils pensent que la démocratie libérale est la seule forme admissible de gouvernement, et qu’il faut l’imposer progressivement au monde entier.

C’est ce que l’on appelle souvent le «mondialisme», et c’est précisément ce que j’entends par «nouvel empire libéral».

Bien sûr, tous les «impérialistes libéraux» ne sont pas d’accord entre eux sur la stratégie à employer!

L’impérialisme américain a voulu imposer de force la démocratie dans un certain nombre de pays, comme en Yougoslavie, en Irak, en Libye ou en Afghanistan.

En Europe, on se désolidarise du militarisme américain: les impérialistes allemands ou bruxellois préfèrent d’autres formes de coercition… mais leur objectif est le même.

Regardez comment l’Allemagne cherche à imposer son programme économique à la Grèce ou à l’Italie, ou sa vision immigrationniste à la République tchèque, la Hongrie ou la Pologne.

En Italie, le budget a même été rejeté par la Commission européenne!

Est-ce que, selon vous, le nationalisme et l’impérialisme sont deux visions de l’ordre mondial qui s’affrontaient déjà dans la Bible?

Le conflit entre nationalisme et impérialisme est aussi vieux que l’Occident lui-même.

La vision nationaliste est l’un des enseignements politiques fondamentaux de la Bible hébraïque: le Dieu d’Israël fut le premier qui donna à son peuple des frontières, et Moïse avertit les Hébreux qu’ils seraient punis s’ils tentaient de conquérir les terres de leurs voisins, car Yahvé a donné aussi aux autres nations leur territoire et leur liberté.

Ainsi, la Bible propose le nationalisme comme alternative aux visées impérialistes des pharaons, mais aussi des Assyriens, des Perses ou, bien sûr, des Babyloniens.

Et l’histoire du Moyen Âge ou de l’époque moderne montre que la plupart des grandes nations européennes – la France, l’Angleterre, les Pays-Bas… – se sont inspirées de l’exemple d’Israël.

Mais le nationalisme de l’Ancien Testament ne fut pas tout de suite imité par l’Occident.

La majeure partie de l’histoire occidentale est dominée par un modèle politique inverse: celui de l’impérialisme romain.

C’est de là qu’est né le Saint Empire romain germanique, qui a toujours cherché à étendre sa domination, tout comme le califat musulman.

Les Français aussi ont par moments été tentés par l’impérialisme et ont cherché à conquérir le monde: Napoléon, par exemple, était un fervent admirateur de l’Empire romain et n’avait pour seul but que d’imposer son modèle de gouvernement «éclairé» à tous les pays qu’il avait conquis.

Ainsi a-t-il rédigé de nouvelles constitutions pour nombre d’entre eux: les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne…

Son projet, en somme, était le même que celui de l’Union européenne aujourd’hui : réunir tous les peuples sous une seule et même législation.

Pourquoi le modèle nationaliste est-il meilleur, selon vous?

Parce que ce modèle permet à chaque nation de décider ses propres lois en vertu de ses traditions particulières.

Un tel modèle assure une vraie diversité politique, et permet à tous les pays de déployer leur génie à montrer que leurs institutions et leurs valeurs sont les meilleures.

Un tel équilibre international ressemblerait à celui qui s’est établi en Europe après les traités de Westphalie signés en 1648, et qui ont permis l’existence d’une grande diversité de points de vue politiques, institutionnels et religieux.

Ces traités ont donné aux nations européennes un dynamisme nouveau: grâce à cette diversité, les nations sont devenues autant de laboratoires d’idées dans lesquels ont été expérimentés, développés et éprouvés les théories philosophiques et les systèmes politiques que l’on associe aujourd’hui au monde occidental.

À l’évidence, toutes ces expériences ne se valent pas et certaines n’ont bien sûr pas été de grands succès.

Mais la réussite de l’une seule d’entre elles – la France, par exemple – suffit pour que les autres l’imitent et apprennent grâce à son exemple.

Tandis que, par contraste, un gouvernement impérialiste comme celui de l’Union européenne tue toute forme de diversité dans l’œuf.

Les élites bruxelloises sont persuadées de savoir déjà avec exactitude la façon dont le monde entier doit vivre.

Il est pourtant manifeste que ce n’est pas le cas…

Mais ce «nouvel ordre international» n’a-t-il pas permis, malgré tout, un certain nombre de progrès en facilitant les échanges marchands ou en créant une justice pénale internationale, par exemple?

Peut-être, mais nous n’avons pas besoin d’un nouvel impérialisme pour permettre l’essor du commerce international ou pour traîner en justice les criminels.

Des nations indépendantes sont tout à fait capables de se coordonner entre elles.

Alors, certes, il y aura toujours quelques désaccords à surmonter, et il faudra pour cela un certain nombre de négociations.

Et je suis tout à fait capable de comprendre que d’aucuns soient tentés de se dire que, si on crée un gouvernement mondial, on s’épargne toutes ces frictions.

Mais c’est là une immense utopie.

La diversité des nations rend strictement impossible de convenir, universellement, d’une vision unique en matière de commerce et d’immigration, de justice, de religion, de guerre ou de paix.

La diversité des points de vue, et, partant, chacun de ces désaccords, sont une conséquence nécessaire de la liberté humaine, qui fait que chaque nation a ses propres valeurs et ses propres intérêts.

La seule manière d’éviter ces désaccords est de faire régner une absolue tyrannie – et c’est du reste ce dont l’Union européenne se rend peu à peu compte: seules les mesures coercitives permettent d’instaurer une relative uniformité entre les États membres.

Ne redoutez-vous pas la compétition accrue à laquelle se livreraient les nations dans un monde tel que vous le souhaitez? Au risque de renforcer le rejet ou la haine de ses voisins?

Dans mon livre, je consacre un chapitre entier à cette objection qui m’est souvent faite.

Il arrive parfois qu’à force de vouloir le meilleur pour les siens, on en vienne à haïr les autres, lorsque ceux-ci sont perçus comme des rivaux.

Mais nous devons alors reconnaître, tout aussi humblement, que les mouvements universalistes ne sont pas exempts non plus d’une certaine inclination à la haine ou au sectarisme.

Chacun des grands courants universels de l’histoire en a fait montre, qu’il s’agisse du christianisme, de l’islam ou du marxisme. En bâtissant leur empire, les universalistes ont souvent rejeté les particularismes nationaux qui se sont mis en travers de leur chemin et ont refusé d’accepter leur prétention à apporter à l’humanité entière la paix et la prospérité.

Cette détestation du particulier, qui est une constante dans tous les grands universalismes, est flagrante aujourd’hui dès lors qu’un pays sort du rang: regardez le torrent de mépris et d’insultes qui s’est répandu contre les Britanniques qui ont opté pour le Brexit, contre Trump, contre Salvini, contre la Hongrie, l’Autriche et la Pologne, contre Israël…

Les nouveaux universalistes vouent aux gémonies l’indépendance nationale.

En quoi le nationalisme est-il une «vertu»?

Dans le sens où un nationaliste ne prétend pas savoir ce qui est bon pour n’importe qui, n’importe où dans le monde.

Il fait preuve d’une grande humilité, lui, au moins.

N’est-ce pas incroyable de vouloir dicter à tous les pays qui ils doivent choisir pour ministre, quel budget ils doivent voter, et qui sera en droit de traverser leurs frontières?

Face à cette arrogance vicieuse, je considère en effet le nationalisme comme une vertu.

Le nationaliste, lui, dessine une frontière par terre et dit au reste du monde: «Au-delà de cette limite, je renonce à faire imposer ma volonté. Je laisse mes voisins libres d’être différents.»

Un universaliste répondra que c’est immoral, car c’est la marque d’une profonde indifférence à l’égard des autres.

Mais c’est en réalité tout l’inverse: le nationaliste est vertueux, car il limite sa propre arrogance et laisse les autres conduire leur vie à leur guise.

Que vous inspirent les difficultés qu’ont les Britanniques à mettre en œuvre le Brexit? N’est-il pas déjà trop tard pour revenir en arrière?

Non, il n’est pas trop tard.

Si les différents gouvernements nationalistes aujourd’hui au pouvoir dans le monde parviennent à prouver leur capacité à diriger un pays de manière responsable, et sans engendrer de haine ou de tensions, alors ils viendront peut-être à bout de l’impérialisme libéral.

Ils ont une chance de restaurer un ordre du monde fondé sur la liberté des nations.

Il ne tient désormais qu’à eux de la saisir, et je ne peux prédire s’ils y parviendront: j’espère seulement qu’ils auront assez de sagesse et de talent pour cela.

Voir également:

In Defense of Nations
John Fonte
National Review
September 13, 2018

The Virtue of Nationalism, by Yoram Hazony (Basic, 304 pp., $18.99)

If the great struggle of the 20th century was between Western liberal democracy and totalitarianism, the major fault line of the 21st century is within the democratic family, pitting those who believe nations should be self-governing and sovereign against powerful forces advancing “global governance” by supranational authorities.

In a new book that will become a classic, Israeli political philosopher Yoram Hazony identifies this conflict as one “between nationalism and imperialism,” which he describes as “two irreconcilably opposed ways of thinking about political order.” Further, “the debate between nationalism and imperialism is upon us.” This “fault line” at “the heart of Western public life is not going away,” and one must “choose.”

Hazony poses the question: What would the best political order for the world look like? A universal empire with global law? A collection of autonomous tribes? Or an order of independent national states? He chooses the last model over universalism (i.e., empire, including the soft “global governance” variety) and tribalism. He explains that, first, unlike the rule of tribes, the national state establishes internal security and order and reduces the threat of violence. Second, unlike empire, the scope of the national state is limited, because it is confined to exercising authority within its borders.

Third, it provides for what Bill Buckley’s Yale mentor Willmoore Kendall called the greatest right of all, national freedom, the collective right of a free people to rule themselves. Fourth, national freedom permits nations to develop their own institutions “that may be tested through painstaking trial and error over centuries.” Thus, what might be called the sovereigntist option tends toward a realistic empirical style of governance as opposed to a utopian rationalist outlook. Hazony contrasts Margaret Thatcher’s empirical approach to economics, for example, with an overly rationalistic perspective that often leads to unworkable utopianism (e.g., socialist economics in practice).

Fifth, Hazony, quoting John Stuart Mill, argues that, historically, individual rights have been protected best in national states, particularly in England and America. He maintains that in a “universal political order . . . in which a single standard of right is held to be in force everywhere, tolerance for diverse political and religious standpoints must necessarily decline.” This is exactly what has happened as transnational progressive elites, including organs of the EU, the U.N., and, significantly, the American Bar Association, have promoted a “global rule of law” that is intolerant of longstanding religious and patriotic beliefs.

Hazony boldly declares that we should resist all efforts to establish supranational global institutions: “We should not let a hairbreadth of our freedom be given over to foreign bodies under any name whatsoever, or to foreign systems of law that are not determined by our own nations.” 

Hazony reviews the history of the conflict between nationalism and imperialism, from the Tower of Babel to the latest anti-Israeli U.N. resolution. The political concept of the independent national state, as an alternative to empire and tribalism, begins with the Hebrew Bible. Ancient Israel was a national state posed against empires in Egypt, Babylonia, Assyria, Persia, and Rome. Hazony de­clares that the Israelite nation was not based on race but on a “shared understanding of history, language, and religion.” He cites Exodus, noting that some Egyptians joined the Hebrews in fleeing Pharaoh, and points out that other foreigners joined the Jewish people once they had accepted “Israel’s God, laws, and understanding of history.”

In Hazony’s telling, after the fall of the Roman imperium, the ideal of a universal empire lived on in the papacy and in the German-led Holy Roman Empire. The emergence of Protestantism resurrected the Hebrew Bible’s concept of the national state. For example, Dutch Protestant rebels in their war with imperial Spain modeled themselves on ancient Israelis fighting for national freedom against the Egyptian and Babylonian empires. The Thirty Years’ War was not simply a religious conflict but a struggle that pitted nationalism against imperialism, with the states of France (Catholic), the Netherlands (Calvinist), and Sweden (Lutheran) fighting against the German-Spanish Hapsburg empire.

Hazony describes a new “Protestant construction” of the West inspired by the Hebrew Bible. It was based on two core principles: national self-determination and a “moral minimum” order, roughly corresponding to recognizing the Ten Commandments as natural law. This Protestant construction has been challenged by a “liberal construction” based on individual rights and a universal order. Beginning in the Enlightenment with Locke and Kant, but particularly since World War II, the liberal construction has largely replaced the Protestant construction among Western elites, though Hazony optimistically remarks that the ideas of the Protestant construction are still strong in the U.S. and Britain. Further, the liberal construction has proved to be illiberal, leading to the suppression of free speech, “public shaming” campaigns, and “heresy hunts.” Hazony laments that “Western democracies are rapidly becoming one big university campus.”

Hazony asserts that the “neutral state is a myth.” While the national state has historically been successful, a purely “neutral” or “civic” state based only on formal law and abstract principles and without attachments to a particular culture, language, religion, tradition, history, or shared sacrifice is unable to inspire the necessary mutual loyalty and national cohesion required for a free society to survive. He identifies the United States, Britain, and France as national, as opposed to neutral or civic, states. 

One of Hazony’s most powerful insights is his understanding of the role that hatred plays in the conflict between nationalists and globalists. One hears repeatedly that nationalism means hatred of the “other.” Hazony, however, successfully flips the argument. He notes that “anti-nationalist hate” is as great as or greater than the hatred emanating from nationalists. In fact, the forces supporting universalism hate the particular, especially when particularist resistance to globalist homogenization “proves itself resilient and enduring.”

Thus, “liberal internationalism is not merely a positive agenda. . . . It is an imperialist ideology that incites against . . . nationalists, seeking their delegitimization wherever they appear” throughout the West. Nowhere is this clearer than in the intense antipathy such liberal internationalists feel towards Israel.

As a proud nationalist, Hazony de­clares, “My first concern is for Israel.” He examines the hostility directed at the Jewish state by “many” in Europe and, increasingly, in America. He concludes that since World War II, and particularly since the 1990s, in elite circles in the West, a Kantian post-national moral paradigm has replaced the old liberal-nationalist paradigm of a world of independent states in which the Zionist dream was born. 

This new paradigm insists that national states should increasingly cede sovereignty to supranational institutions, especially in matters of war and peace. In the new paradigm, Israel’s use of force to defend itself is seen as morally illegitimate. The leadership of the European Union and American progressives, for the most part, adheres to the new post-national paradigm; hence, they constantly excoriate Israeli attempts at self-defense.

Hazony declares that “the European Union has caused severe damage to the principle that originally granted legitimacy to Israel as an independent national state: the principle of national freedom and self-determination.” (There is also a faction of Americans, Hazony writes, who favor a different, more muscular type of imperialist project: the establishment of a pax Americana in which America would serve as a contemporary Roman empire, providing peace and security for the entire world and policing the internal affairs of recalcitrant national states that are insufficiently liberal.)

For the EU and Western progressives, Hazony explains, the horror of Auschwitz was the result of atrocities committed by a national state, Germany, infused with a fanatical nationalism. But, as Hazony argues, Hitler’s genocide was inspired by a belief in Aryan racial superiority and imperialism. Hitler cared little for the German nation per se. For example, near the end of World War II, he told his confidant Albert Speer not to “worry” about the “German people”; they might as well perish, for “they had proven to be the weaker [nation] and the future belongs solely to the stronger eastern nation.” Not exactly the sentiments of a true nationalist.

On the other hand, Hazony says, for Israelis, Auschwitz was the result of powerlessness: Jews did not have their own national state and the requisite military capability to protect themselves. Hazony quotes David Ben-Gurion’s famous World War II address in November 1942. He noted that there was “no Jewish army” and declared: Give us the right to fight and die as Jews. . . . We demand the right . . . to a homeland and independence.” It is exactly this very human aspiration for national independence hailed by the liberal nationalists of yesteryear (e.g., Garibaldi, Kossuth, Herzl) that the new imperialists of 21st-century globalism (Merkel, Juncker, Soros) scorn. 

Hazony writes that other nations too have been subject to campaigns of vilification from European and transnational elites when they have ignored supranational authority and acted as independent national states. The United States, in particular, has been excoriated (since long before the Trump administration) for refusing to join the Interna­tional Criminal Court and the Kyoto Protocol and for deciding for itself when its national interest requires the use of force. Recently, globalist wrath “has been extended to Britain” because it returned “to a course of national independence and self-determination and to nations such as Czechia, Hungary, and Poland that insist on maintaining an immigration policy of their own that does not conform to the European Union’s theories concerning refugee resettlement.”

A serious scholar, Hazony is a consistent thinker and is intellectually honest to a fault. As a result, many potential allies in the political-ideological struggle against transnational progressivism might well object to his critical portrayal of, for example, Friedrich Hayek, Ludwig von Mises, Ayn Rand, John Locke, Immanuel Kant, Konrad Adenauer, Charles Krauthammer, the British Empire, a pax Americana, the papacy, and medieval Christianity, to say nothing of the World Trade Organi­zation and President George H. W. Bush’s “new world order.”

My only serious substantive difference with Hazony concerns his interpretation of John Locke and natural rights, a subject directly related to the American Founding and, therefore, to the crux of American nationalism. Hazony presents Locke as overly focused on individual autonomy and detached from the national state and the culture necessary to sustain it. However, in his famous Second Treatise, Locke explicitly favors the nationalist over the imperialist perspective, lauding “an entire, free, independent society, to be governed by its own laws” and decrying “the delivery . . . of the people into the subjection of a foreign power, either by the prince or the legislature.”

Locke in his other writing also emphasizes the centrality of morality, religion, and family, as well as individual rights, thereby supporting Hazony’s “moral minimum” for the well-being of any independent commonwealth. In any case, it should be stressed that the philosophical basis of the American Founding is much more than the theories of John Locke (as Hazony agrees). Leo Strauss, Harry Jaffa, and, recently, Thomas G. West in his brilliant and definitive work The Political Theory of the American Founding have argued that from the beginning, the American regime has contained pre-Enlighten­ment, pre-liberal, non-rational elements that are essential to its vitality and success.

Further, the law of nature and the natural rights envisioned by the American Founders were held to be accompanied by an equal set of duties and virtues commensurate with those rights, including the republican virtue of patriotism. Neither Locke nor, certainly, the Founders were utopian, but instead they balanced a belief in reason with an empirical outlook and a realistic view of human nature.

Caveats aside, Yoram Hazony has written a magnificent affirmation of democratic nationalism and sovereignty. The book is a tour de force that has the potential to significantly shape the debate between the supporters of supranational globalism and those of national-state democracy. The former will attempt to marginalize Hazony. Crucial will be the response of the Western (particularly American) center-right intelligentsia. Will mainstream conservatives embrace Hazony’s core thesis (with requisite qualifications) and recognize that they have been given a powerful intellectual and moral argument, or will this opportunity be squandered in sectarian squabbling over exactly what Locke meant and how to redefine “liberalism” in the 21st-century global world? 

Voir de plus:

What Is Conservatism?

May 20, 2017

The year 2016 marked a dramatic change of political course for the English-speaking world, with Britain voting for independence from Europe and the United States electing a president promising a revived American nationalism. Critics see both events as representing a dangerous turn toward “illiberalism” and deplore the apparent departure from “liberal principles” or “liberal democracy,” themes that surfaced repeatedly in conservative publications over the past year. Perhaps the most eloquent among the many spokesmen for this view has been William Kristol, who, in a series of essays in the Weekly Standard, has called for a new movement to arise “in defense of liberal democracy.” In his eyes, the historic task of American conservatism is “to preserve and strengthen American liberal democracy,” and what is needed now is “a new conservatism based on old conservative—and liberal—principles.” Meanwhile, the conservative flagship Commentary published a cover story by the Wall Street Journal’s Sohrab Ahmari entitled “Illiberalism: The Worldwide Crisis,” seeking to raise the alarm about the dangers to liberalism posed by Brexit, Trump, and other phenomena.

These and similar examples demonstrate once again that more than a few prominent conservatives in America and Britain today consider themselves to be not only conservatives but also liberals at the same time. Or, to get to the heart of the matter, they see conservatism as a branch or species of liberalism—to their thinking, the “classical” and most authentic form of liberalism. According to this view, the foundations of conservatism are to be found, in significant measure, in the thought of the great liberal icon John Locke and his followers. It is to this tradition, they say, that we must turn for the political institutions—including the separation of powers, checks and balances, and federalism—that secure the freedoms of religion, speech, and the press; the right of private property; and due process under law. In other words, if we want limited government and, ultimately, the American Constitution, then there is only one way to go: Lockean liberalism provides the theoretical basis for the ordered freedom that conservatives strive for, and liberal democracy is the only vehicle for it.

Many of those who have been most outspoken on this point have been our long-time friends. We admire and are grateful for their tireless efforts on behalf of conservative causes, including some in which we have worked together as partners. But we see this confusion of conservatism with liberalism as historically and philosophically misguided. Anglo-American conservatism is a distinct political tradition—one that predates Locke by centuries. Its advocates fought for and successfully established most of the freedoms that are now exclusively associated with Lockean liberalism, although they did so on the basis of tenets very different from Locke’s. Indeed, when Locke published his Two Treatises of Government in 1689, offering the public a sweeping new rationale for the traditional freedoms already known to Englishmen, most defenders of these freedoms were justly appalled. They saw in this new doctrine not a friend to liberty but a product of intellectual folly that would ultimately bring down the entire edifice of freedom. Thus, liberalism and conservatism have been opposed political positions in political theory since the day liberal theorizing first set foot in England.

Today’s confusion of conservative political thought with liberalism is in a way understandable, however. In the great twentieth-century battles against totalitarianism, conservatives and liberals were allies: They fought together, along with the Communists, against Nazism. After 1945, conservatives and liberals remained allies in the war against Communism. Over these many decades of joint struggle, what had for centuries been a distinction of vital importance was treated as if it were not terribly important, and in fact, it was largely forgotten.

But since the fall of the Berlin Wall in 1989, these circumstances have changed. The challenges facing the Anglo-American tradition are now coming from other directions entirely. Radical Islam, to name one such challenge, is a menace that liberals, for reasons internal to their own view of the political world, find difficult to regard as a threat and especially difficult to oppose in an effective manner. But even more important is the challenge arising from liberalism itself. It is now evident that liberal principles contribute little or nothing to those institutions that were for centuries the bedrock of the Anglo-American political order: nationalism, religious tradition, the Bible as a source of political principles and wisdom, and the family. Indeed, as liberalism has emerged victorious from the battles of the last century, the logic of its doctrines has increasingly turned liberals against all of these conservative institutions. On both of these fronts, the conservative and liberal principles of the Anglo-American tradition are now painfully at cross-purposes. The twentieth-century alliance between conservatism and liberalism is proving increasingly difficult to maintain.

Among the effects of the long alliance between conservatism and liberalism has been a tendency of political figures, journalists, and academics to slip back and forth between conservative terms and ideas and liberal ones as if they were interchangeable. And until recently, there seemed to be no great harm in this. Now, however, it is becoming obvious that this lack of clarity is crippling our ability to think about a host of issues, from immigration and foreign wars to the content of the Constitution and the place of religion in education and public life. In these and other areas, America, Britain, and their allies can neither recognize the difficulties ahead nor develop appropriate responses to them without a strong and intellectually capable conservatism. But to have a strong and intellectually capable conservatism, we must be able to see clearly what the Anglo-American conservative tradition is and what it is about. And to do this, we have to disentangle it from its old opponent—liberalism.

In this essay, we seek to clarify the historical and philosophical differences between the two major Anglo-American political traditions, conservative and liberal. We will begin by looking at some important events in the emergence of Anglo-American conservatism and its conflict with liberalism. After that, we will use these historical events as a basis for drawing some political distinctions that will be highly relevant for our own political context.

Fortescue and the Birth of Anglo-American Conservatism

The emergence of the Anglo-American conservative tradition can be identified with the words and deeds of a series of towering political and intellectual figures, among whom we can include individuals such as Sir John Fortescue, Richard Hooker, Sir Edward Coke, John Selden, Sir Matthew Hale, Sir William Temple, Jonathan Swift, Josiah Tucker, Edmund Burke, John Dickinson, and Alexander Hamilton. Men such as George Washington, John Adams, and John Marshall, often hastily included among the liberals, would also have placed themselves in this conservative tradition rather than with its opponents, whom they knew all too well.

Living in very different periods, these individuals nevertheless shared common ideas and principles and saw themselves as part of a common tradition of English, and later Anglo-American, constitutionalism. A politically traditionalist outlook of this kind was regarded as the mainstream in both England and America up until the French Revolution and only came to be called “conservative” during the nineteenth century, as it lost ground and became one of two rival camps.

Because the name conservative dates from this time of decline, it is often wrongly asserted that those who continued defending the Anglo-American tradition after the revolution—men such as Burke and Hamilton—were the “first conservatives.” But one has to view history in a peculiar and distorted way to see these men as having founded the tradition they were defending. In fact, neither the principles they upheld nor the arguments with which they defended them were new. They read them in the books of earlier thinkers and political figures such as Fortescue, Coke, Selden, and Hale. These men, the intellectual and political forefathers of Burke and Hamilton, are conservatives in just the same way that John Locke is a liberal. The term was not yet in use, but the ideas that it designates are easily recognizable in their writings, their speeches, and their deeds.

Where does the tradition of Anglo-American conservatism begin? Any date one chooses will be somewhat arbitrary. Even the earliest surviving English legal compilations, dating from the twelfth century, are arguably recognizable as forerunners of this conservative tradition. But we will not make the case for this claim here. Instead, we will begin on what seems to us indisputable ground—with the writings of Sir John Fortescue, which date from the late fifteenth century. Fortescue (c. 1394–1479) occupies a position in the Anglo-American conservative tradition somewhat analogous to Locke in the later liberal tradition: although not the founder of this tradition, he is nonetheless its first truly outstanding expositor and the model in light of which the entire subsequent tradition developed.1 It is here that any conservative should begin his or her education in the Anglo-American tradition.

For eight years during the Wars of the Roses, beginning in 1463, John Fortescue lived in France with the court of the young prince Edward of Lancaster, the “Red Rose” claimant to the English throne, who had been driven into exile by the “White Rose” king Edward IV of York. Fortescue had been a member of Parliament and for nearly two decades chief justice of the King’s Bench, the English Supreme Court. In the exiled court, he became the nominal chancellor of England. While in exile, Fortescue composed several treatises on the constitution and laws of England, foremost among them a small book entitled Praise of the Laws of England.

Although Praise of the Laws of England is often mischaracterized as a work on law, anyone picking it up will immediately recognize it for what it is: an early great work of English political philosophy. Far from being a sterile rehearsal of existing law, it is written as a dialogue between the chancellor of England and the young prince he is educating, so that he may wisely rule his realm. It offers a theorist’s explanation of the reasons for regarding the English constitution as the best model of political government known to man. (Those who have been taught that it was Montesquieu who first argued that, of all constitutions, the English constitution is the one best suited for human freedom will be dismayed to find that this argument is presented more clearly by Fortescue nearly three hundred years earlier, in a work with which Montesquieu was probably familiar.)

According to Fortescue, the English constitution provides for what he calls “political and royal government,” by which he means that English kings do not rule by their own authority alone (i.e., “royal government”), but together with the representatives of the nation in Parliament and in the courts (i.e., “political government”). In other words, the powers of the English king are limited by the traditional laws of the English nation, in the same way—as Fortescue emphasizes—that the powers of the Jewish king in the Mosaic constitution in Deuteronomy are limited by the traditional laws of the Israelite nation. This is in contrast with the Holy Roman Empire of Fortescue’s day, which was supposedly governed by Roman law, and therefore by the maxim that “what pleases the prince has the force of law,” and in contrast with the kings of France, who governed absolutely. Among other things, the English law is described as providing for the people’s representatives, rather than the king, to determine the laws of the realm and to approve requests from the king for taxes.

In addition to this discussion of what later tradition would call the separation of powers and the system of checks and balances, Fortescue also devotes extended discussion to the guarantee of due process under law, which he explores in his discussion of the superior protections afforded to the individual under the English system of trial by jury. Crucially, Fortescue consistently connects the character of a nation’s laws and their protection of private property to economic prosperity, arguing that limited government bolsters such prosperity, while an absolute government leads the people to destitution and ruin. In another of his writings, The Difference between an Absolute and a Limited Monarchy (also known as The Governance of England, c. 1471), he starkly contrasts the well-fed and healthy English population living under their limited government with the French, whose government was constantly confiscating their property and quartering armies in their towns—at the residents’ expense—by unilateral order of the king. The result of such arbitrary taxation and quartering is, as Fortescue writes, that the French people have been “so impoverished and destroyed that they may hardly live. . . . Verily, they live in the most extreme poverty and misery, and yet they dwell in one of the most fertile parts of the world.”

Like later conservative tradition, Fortescue does not believe that either scripture or human reason can provide a universal law suitable for all nations. We do find him drawing frequently on the Mosaic constitution and the biblical “Four Books of Kings” (1–2 Samuel and 1–2 Kings) to assist in understanding the political order and the English constitution. Nevertheless, Fortescue emphasizes that the laws of each realm reflect the historic experience and character of each nation, just as the English common law is in accord with England’s historic experience. Thus, for example, Fortescue argues that a nation that is self-disciplined and accustomed to obeying the laws voluntarily rather than by coercion is one that can productively participate in the way it is governed. This, Fortescue proposes, was true of the people of England, while the French, who were of undisciplined character, could be governed only by the harsh and arbitrary rule of absolute royal government. On the other hand, Fortescue also insisted, again in keeping with biblical precedent and later conservative tradition, that this kind of national character was not set in stone, and that such traits could be gradually improved or worsened over time.

Fortescue was eventually permitted to return to England, but his loyalty to the defeated House of Lancaster meant that he never returned to power. He was to play the part of chancellor of England only in his philosophical dialogue, Praise of the Laws of England. His book, however, went on to become one of the most influential works of political thought in history. Fortescue wrote in the decades before the Reformation, and as a firm Catholic. But every page of his work breathes the spirit of English nationalism—the belief that through long centuries of experience, and thanks to a powerful ongoing identification with Hebrew Scripture, the English had succeeded in creating a form of government more conducive to human freedom and flourishing than any other known to man. First printed around 1545, Fortescue’s Praise of the Laws of England spoke in a resounding voice to that period of heightened nationalist sentiment in which English traditions, now inextricably identified with Protestantism, were pitted against the threat of invasion by Spanish-Catholic forces aligned with the Holy Roman Emperor. This environment quickly established Fortescue as England’s first great political theorist, paving the way for him to be read by centuries of law students in both England and America and by educated persons wherever the broader Anglo-American conservative tradition struck root.

The Greatest Conservative: John Selden

We turn now to the decisive chapter in the formation of modern Anglo-American conservatism: the great seventeenth-century battle between defenders of the traditional English constitution against political absolutism on one side, and against the first advocates of a Lockean universalist rationalism on the other. This chapter in the story is dominated by the figure of John Selden (1584–1654), probably the greatest theorist of Anglo-American conservatism.

Under the reign of Elizabeth Tudor, Fortescue’s account of the virtues of England’s traditional institutions had become an integral part of the self-understanding of a politically independent English nation. But in 1603, Elizabeth died childless and was succeeded by her distant relative, the king of Scotland, James Stuart. The Stuart kings had little patience for English theories of “political and royal rule.” In fact, James, himself a thinker of some ability, had four years earlier penned a political treatise of his own, in which he explained that kings rule by divine right and the laws of the realm are, as the title of his book suggested, a Basilikon Doron (Greek for “Royal Gift”). In other words, the laws are the king’s freely given gift, which he can choose to make or revoke as he pleases. James was too prudent a man to openly press for his absolutist theories among his English subjects, and he insisted that he meant to respect their traditional constitution. But the English, who had bought thousands of copies of the king’s book when he ascended to their throne, were never fully convinced. Indeed, the policies of James and, later, his son Charles I constantly rekindled suspicions that the Stuarts’ aim was a creeping authoritarianism that would eventually leave England as bereft of freedom as France.

When this question finally came to a head, most of the members of the English Parliament and common lawyers proved willing to risk their careers, their freedom, and even their lives in the defense of Fortescue’s “political and royal rule.” Among these were eminent names such as Sir John Eliot and the chief justice of the King’s Bench, Sir Edward Coke. But in the generation that bore the full brunt of the new absolutist ideas, it was John Selden who stood above all others. The most important common lawyer of his generation, he was also a formidable political philosopher and polymath who knew more than twenty languages. Selden became a prominent leader in Parliament, where he joined the older Coke in a series of clashes with the king. In this period, Parliament denied the king’s right to imprison Englishmen without showing cause, to impose taxes and forced loans without the approval of Parliament, to quarter soldiers in private homes, and to wield martial law in order to circumvent the laws of the land.

In 1628, Selden played a leading role in drafting and passing an act of Parliament called the Petition of Right, which sought to restore and safeguard “the divers rights and liberties of the subjects” that had been known under the traditional English constitution. Among other things, it asserted that “your subjects have inherited this freedom, that they should not be compelled to contribute to any tax . . . not set by common consent in Parliament”; that “no freeman may be taken or imprisoned or be disseized of his freehold or liberties, or his free customs . . . but by the lawful judgment of his peers, or by the law of the land”; and that no man “should be put out of his land or tenements, nor taken, nor imprisoned, nor disinherited nor put to death without being brought to answer by due process of law.”

In the Petition of Right, then, we find the famous principle of “no taxation without representation,” as well as versions of the rights enumerated in the Third, Fourth, Fifth, Sixth, and Seventh Amendments of the American Bill of Rights—all declared to be ancient constitutional English freedoms and unanimously approved by Parliament, before Locke was even born. Although not mentioned in the Petition explicitly, freedom of speech had likewise been reaffirmed by Coke as “an ancient custom of Parliament” in the 1590s and was the subject of the so-called Protestation of 1621 that landed Coke, then seventy years old, in the Tower of London for nine months.

In other words, Coke, Eliot, and Selden risked everything to defend the same liberties that we ourselves hold dear in the face of an increasingly authoritarian regime. (In fact, John Eliot was soon to die in the king’s prison.) But they did not do so in the name of liberal doctrines of universal reason, natural rights, or “self-evident” truths. These they explicitly rejected because they were conservatives, not liberals. Let’s try to understand this.

Selden saw himself as an heir to Fortescue and, in fact, was involved in republishing the Praise for the Laws of England in 1616. His own much more extensive theoretical defense of English national traditions appeared in the form of short historical treatises on English law, as well as in a series of massive works (begun while Selden was imprisoned on ill-defined sedition charges for his activities in the 1628–29 Parliament) examining political theory and law in conversation with classical rabbinic Judaism. The most famous of these was his monumental Natural and National Law (1640). In these works, Selden sought to defend conservative traditions, including the English one, not only against the absolutist doctrines of the Stuarts but also against the claims of a universalist rationalism, according to which men could simply consult their own reason, which was the same for everyone, to determine the best constitution for mankind. This rationalist view had begun to collect adherents in England among followers of the great Dutch political theorist Hugo Grotius, whose On the Law of War and Peace (1625) suggested that it might be possible to do away with the traditional constitutions of nations by relying only on the rationality of the individual.

Then as now, conservatives could not understand how such a reliance on alleged universal reason could be remotely workable, and Selden’s Natural and National Law includes an extended attack on such theories in its first pages. There Selden argues that, everywhere in history, “unrestricted use of pure and simple reason” has led to conclusions that are “intrinsically inconsistent and dissimilar among men.” If we were to create government on the basis of pure reason alone, this would not only lead to the eventual dissolution of government but to widespread confusion, dissention, and perpetual instability as one government is changed for another that appears more reasonable at a given moment. Indeed, following Fortescue, Selden rejects the idea that a universally applicable system of rights is even possible. As he writes in an earlier work, what “may be most convenient or just in one state may be as unjust and inconvenient in another, and yet both excellently as well framed as governed.” With regard to those who believe that their reasoning has produced the universal truths that should be evident to all men, he shrewdly warns that

custom quite often wears the mask of nature, and we are taken in [by this] to the point that the practices adopted by nations, based solely on custom, frequently come to seem like natural and universal laws of mankind.

Selden responds to the claims of universal reason by arguing for a position that can be called historical empiricism. On this view, our reasoning in political and legal matters should be based upon inherited national tradition. This permits the statesman or jurist to overcome the small stock of observation and experience that individuals are able to accumulate during their own lifetimes (“that kind of ignorant infancy, which our short lives alone allow us”) and to take advantage of “the many ages of former experience and observation,” which permit us to “accumulate years to us, as if we had lived even from the beginning of time.” In other words, by consulting the accumulated experience of the past, we overcome the inherent weakness of individual judgement, bringing to bear the many lifetimes of observation by our forebears, who wrestled with similar questions under diverse conditions.

This is not to say that Selden is willing to accept the prescription of the past blindly. He pours scorn on those who embrace errors originating in the distant past, which, he says, have often been accepted as true by entire communities and “adopted without protest, and loaded onto the shoulders of posterity like so much baggage.” Recalling the biblical Jeremiah’s insistence on an empirical study of the paths of old (Jer. 6:16), Selden argues that the correct method is that “all roads must be carefully examined. We must ask about the ancient paths, and only what is truly the best may be chosen.” But for Selden, the instrument for such examination and selection is not the wild guesswork of individual speculation concerning various hypothetical possibilities. In the life of a nation, the inherited tradition of legal opinions and legislation preserves a multiplicity of perspectives from different times and circumstances, as well as the consequences for the nation when the law has been interpreted one way or another. Looking back upon these varied and changing positions within the tradition, and considering their real-life results, one can distinguish the true precepts of the law from the false turns that have been taken in the past. As Selden explains:

The way to find out the Truth is by others’ mistakings: For if I [wish] to go to such [and such] a place, and [some]one had gone before me on the right-hand [side], and he was out, [while] another had gone on the left-hand, and he was out, this would direct me to keep the middle way that peradventure would bring me to the place I desired to go.

Selden thus turns, much as the Hebrew Bible does, to a form of pragmatism to explain what is meant when statesmen and jurists speak of truth. The laws develop through a process of trial and error over generations, as we come to understand how peace and prosperity (“what is truly best,” “the place I desired to go”) arise from one turn rather than another.

Selden recognizes that, in making these selections from the traditions of the past, we tacitly rely upon a higher criterion for selection, a natural law established by God, which prescribes “what is truly best” for mankind in the most elementary terms. In his Natural and National Law, Selden explains that this natural law has been discovered over long generations since the biblical times and has come down to us in various versions. Of these, the most reliable is that of the Talmud, which describes the seven laws of the children of Noah prohibiting murder, theft, sexual perversity, cruelty to beasts, idolatry and defaming God, and requiring courts of law to enforce justice. The experience of thousands of years has taught us that these laws frame the peace and prosperity that is the end of all nations, and that they are the unseen root from which the diverse laws of all the nations ultimately derive.

Nonetheless, Selden emphasizes that no nation can govern itself by directly appealing to such fundamental law, because “diverse nations, as diverse men, have their diverse collections and inferences, and so make their diverse laws to grow to what they are, out of one and the same root.” Each nation thus builds its own unique effort to implement the natural law according to an understanding based on its own unique experience and conditions. It is thus wise to respect the different laws found among nations, both those that appear right to us and those that appear mistaken, for different perspectives may each have something to contribute to our pursuit of the truth. (Selden’s treatment of the plurality of human knowledge is cited by Milton as a basis for his defense of freedom of speech in Areopagitica.)

Selden thus offers us a picture of a philosophical parliamentarian or jurist. He must constantly maintain the strength and stability of the inherited national edifice as a whole—but also recognize the need to make repairs and improvements where these are needed. In doing so, he seeks to gradually approach, by trial and error, the best that is possible for each nation.

Selden’s view of the underlying principles of what was to become the Anglo-American traditional constitution is perhaps the most balanced and sophisticated ever written. But neither his intellectual powers nor his personal bravery, nor that of his colleagues in Parliament, were enough to save the day. Stuart absolutism eventually pressed England toward civil war and, finally, to a Puritan military dictatorship that not only executed the king but destroyed Parliament and the constitution as well. Selden did not live to see the constitution restored. The regicide regime subsequently offered England several brand-new constitutions, none of which proved workable, and within eleven years it had collapsed.

In 1660, two eminent disciples of Selden, Edward Hyde (afterward Earl of Clarendon) and Sir Matthew Hale, played a leading role in restoring the constitution and the line of Stuart kings. When the Catholic James II succeeded to the throne in 1685, fear of a relapse into papism and even of a renewed attempt to establish absolutism moved the rival political factions of the country to unite in inviting the next Protestants in line to the throne. The king’s daughter Mary and her husband, Prince William of Orange, the Stadtholder of the Dutch Republic, crossed the channel to save Protestant England and its constitution. Parliament, having confirmed the willingness of the new joint monarchs to protect the English from “all other attempts upon their religion, rights and liberties,” in 1689 established the new king and queen on the throne and ratified England’s famous Bill of Rights. This new document reasserted the ancient rights invoked in the earlier Petition of Right, among other things affirming the right of Protestant subjects to “have arms for their defense” and the right of “freedom of speech and debates” in Parliament, and that “excessive bail ought not to be required, nor excessive fines imposed, nor cruel and unusual punishments inflicted”—the basis for the First, Second, and Eighth Amendments of the American Bill of Rights. Freedom of speech was quickly extended to the wider public, with the termination of English press licensing laws a few years later.

The restoration of a Protestant monarch and the adoption of the Bill of Rights were undertaken by a Parliament united around Seldenian principles. What came to be called the “Glorious Revolution” was glorious precisely because it reaffirmed the traditional English constitution and protected the English nation from renewed attacks on “their religion, rights and liberties.” Such attacks came from absolutists like Sir Robert Filmer on the one hand, whose Patriarcha (published posthumously, 1680) advocated authoritarian government as the only legitimate one, and by radicals like John Locke on the other. Locke’s Two Treatises of Government (1689) responded to the crisis by arguing for the right of the people to dissolve the traditional constitution and reestablish it according to universal reason.

The Challenge from Locke and Liberalism

Over the course of the seventeenth century, English conservatism was formed into a coherent and unmistakable political philosophy utterly opposed both to the absolutism of the Stuarts, Hobbes, and Filmer (what would later be called “the Right”), as well as to liberal theories of universal reason advanced first by Grotius and then by Locke (“the Left”). The centrist conservative view was to remain the mainstream understanding of the English constitution for a century and a half, defended by leading Whig intellectuals in works from William Atwood’s Fundamental Constitution of the English Government (1690) to Josiah Tucker’s A Treatise of Civil Government (1781), which strongly opposed both absolutism and Lockean theories of universal rights. This is the view upon which men like Blackstone, Burke, Washington, and Hamilton were educated. Not only in England but in British America, lawyers were trained in the common law by studying Coke’s Institutes of the Lawes of England (1628–44) and Hale’s History of the Common Law of England (1713). In both, the law of the land was understood to be the traditional English constitution and common law, amended as needed for local purposes.

Because Locke is today recognized as the decisive figure in the liberal tradition, it is worth looking more carefully at why his political theory was so troubling for conservatives. We have described the Anglo-American conservative tradition as subscribing to a historical empiricism, which proposes that political knowledge is gained by examining the long history of the customary laws of a given nation and the consequences when these laws have been altered in one direction or another. Conservatives understand that a jurist must exercise reason and judgment, of course. But this reasoning is about how best to adapt traditional law to present circumstances, making such changes as are needed for the betterment of the state and of the public, while preserving as much as possible the overall frame of the law. To this we have opposed a standpoint that can be called rationalist. Rationalists have a different view of the role of reason in political thought, and in fact a different understanding of what reason itself is. Rather than arguing from the historical experience of nations, they set out by asserting general axioms that they believe to be true of all human beings, and that they suppose will be accepted by all human beings examining them with their native rational abilities. From these they deduce the appropriate constitution or laws for all men.

Locke is known philosophically as an empiricist. But his reputation in this regard is based largely on his Essay concerning Human Understanding (1689), which is an influential exercise in empirical psychology. His Second Treatise of Government is not, however, a similar effort to bring an empirical standpoint to the theory of the state. Instead, it begins with a series of axioms that are without any evident connection to what can be known from the historical and empirical study of the state. Among other things, Locke asserts that, (1) prior to the establishment of government, men exist in a “state of nature,” in which (2) “all men are naturally in a state of perfect freedom,” as well as in (3) a “state of perfect equality, where naturally there is no superiority or jurisdiction of one over another.” Moreover, (4) this state of nature “has a law of nature to govern it”; and (5) this law of nature is, as it happens, nothing other than human “reason” itself, which “teaches all mankind, who will but consult it.” It is this universal reason, the same among all mankind, that leads them to (6) terminate the state of nature, “agreeing together mutually to enter into . . . one body politic” by an act of free consent. From these six axioms, Locke then proceeds to deduce the proper character of the political order for all nations on earth.

Three important things should be noticed about this set of axioms. The first is that the elements of Locke’s political theory are not known from experience. The “perfect freedom” and “perfect equality” that define the state of nature are ideal forms whose relationship with empirical reality is entirely unclear. Nor can the identity of natural law with reason, or the assertion that the law dictated by reason “teaches all mankind,” or the establishment of the state by means of purely consensual social contract, be known empirically. All of these things are stipulated as when setting out a mathematical system.

The second thing to notice is that there is no reason to think that any of Locke’s axioms are in fact true. Faced with this mass of unverifiable assertions, empiricist political theorists such as Hume, Smith, and Burke rejected all of Locke’s axioms and sought to rebuild political philosophy on the basis of things that can be known from history and from an examination of actual human societies and governments.

Third, Locke’s theory not only dispenses with the historical and empirical basis for the state, it also implies that such inquiries are, if not entirely unnecessary, then of secondary importance. If there exists a form of reason that is accessible to “all mankind, who will but consult it,” and that reveals to all the universal laws of nature governing the political realm, then there will be little need for the historically and empirically grounded reasoning of men such as Fortescue, Coke, and Selden. All men, if they will just gather together and consult with their own reason, can design a government that will be better than anything that “the many ages of experience and observation” produced in England. On this view, the Anglo-American conservative tradition—far from having brought into being the freest and best constitution ever known to mankind—is in fact shot through with unwarranted prejudice and an obstacle to a better life for all. Locke’s theory thus pronounces, in other words, the end of Anglo-American conservatism, and the end of the traditional constitution that conservatives still held to be among the most precious things on earth.

While Locke’s rationalist theories made limited headway in England, they were all the rage in France. Rousseau’s On the Social Contract (1762) went where others had feared to tread, embracing Locke’s system of axioms for correct political thought and calling upon mankind to consent only to the one legitimate constitution dictated by reason. Within thirty years, Rousseau, Voltaire, and the other French imitators of Locke’s rationalist politics received what they had demanded in the form of the French Revolution. The 1789 Declaration of the Rights of Man and of the Citizen was followed by the Reign of Terror for those who would not listen to reason. Napoleon’s imperialist liberalism rapidly followed, bringing universal reason and the “rights of man” to the whole of continental Europe by force of arms, at a cost of millions of lives.2

In 1790, a year after the beginning of the French Revolution, the Anglo-Irish thinker and Whig parliamentarian Edmund Burke composed his famous defense of the English constitutional tradition against the liberal doctrines of universal reason and universal rights, entitled Reflections on the Revolution in France. In one passage, Burke asserted that

Selden, and the other profoundly learned men, who drew this petition of right, were as well acquainted, at least, with all the general theories concerning the “rights of men” [as any defenders of the revolution in France]. . . . But, for reasons worthy of that practical wisdom which superseded their theoretic science, they preferred this positive, recorded, hereditary title to all which can be dear to the man and the citizen, to that vague speculative right, which exposed their sure inheritance to be scrambled for and torn to pieces by every wild, litigious spirit.

In this passage, Burke correctly emphasizes that Selden and the other great conservative figures of his day had been quite familiar with the “general theories concerning the ‘rights of men’” that had now been used to overthrow the state in France. He then goes on to endorse Selden’s argument that universal rights, since they are based only on reason rather than “positive, recorded, hereditary title,” can be said to give everyone a claim to absolutely anything. Adopting a political theory based on such universal rights has one obvious meaning: that the “sure inheritance” of one’s nation will immediately be “scrambled for and torn to pieces” by “every wild litigious spirit” who knows how to use universal rights to make ever new demands.

Burke’s argument is frequently quoted today by conservatives who assume that his target was Rousseau and his followers in France. But Burke’s attack was not primarily aimed at Rousseau, who had few enthusiasts in Britain or America at the time. The actual target of his attack was contemporary followers of Grotius and Locke—individuals such as Richard Price, Joseph Priestley, Charles James Fox, Charles Grey, Thomas Paine, and Thomas Jefferson. Price, who was the explicit subject of Burke’s attack in the first pages of Reflections on the Revolution in France, had opened his Observations on the Nature of Civil Liberty (1776) with the assertion that “the principles on which I have argued form the foundation of every state as far as it is free; and are the same with those taught by Mr. Locke.” And much the same could be said of the others, all of whom followed Locke in claiming that the only true foundation for political and constitutional thought was precisely in those “general theories concerning the rights of men” that Burke believed would bring turmoil and death to one country after another.

The carnage taking place in France triggered a furious debate in England. It pitted supporters of the conservatism of Coke and Selden (both Whigs and Tories) against admirers of Locke’s universal rights theories (the so-called New Whigs). The conservatives insisted that these theories would uproot every traditional political and religious institution in England, just as they were doing in France. It is against the backdrop of this debate that Burke reportedly stated in Parliament that, of all the books ever written, the Second Treatise was “one of the worst.”

 Liberalism and Conservatism in America

Burke’s conservative defense of the traditional English constitution enjoyed a large measure of success in Britain, where it was continued after his death by figures such as Canning, Wellington, and Disraeli. That this is so is obvious from the fact that institutions such as the monarchy, the House of Lords, and the established Church of England, not to mention the common law itself, were able to withstand the gale winds of universal reason and universal rights, and to this day have their staunch supporters.

But what of America? Was the American revolution an upheaval based on Lockean universal reason and universal rights? To hear many conservatives talk today, one would think this were so, and that there never were any conservatives in the American mainstream, only liberals of different shades. The reality, however, was rather different. When the American English, as Burke called them, rebelled against the British monarch, there were already two distinct political theories expressed among the rebels, and the opposition between these two camps only grew with time.

First, there were those who admired the English constitution that they had inherited and studied. Believing they had been deprived of their rights under the English constitution, their aim was to regain these rights. Identifying themselves with the tradition of Coke and Selden, they hoped to achieve a victory against royal absolutism comparable to what their English forefathers had achieved in the Petition of Right and Bill of Rights. To individuals of this type, the word revolution still had its older meaning, invoking something that “revolves” and would, through their efforts, return to its rightful place—in effect, a restoration. Alexander Hamilton was probably the best-known exponent of this kind of conservative politics, telling the assembled delegates to the constitutional convention of 1787, for example, that “I believe the British government forms the best model the world ever produced.” Or, as John Dickinson told the convention: “Experience must be our only guide. Reason may mislead us. It was not reason that discovered the singular and admirable mechanism of the English constitution…. Accidents probably produced these discoveries, and experience has given a sanction to them.” And it is evident that they were quietly supported behind the scenes by other adherents of this view, among them the president of the convention, General George Washington.

Second, there were true revolutionaries, liberal followers of Locke such as Jefferson, who detested England and believed—just as the French followers of Rousseau believed—that the dictates of universal reason made the true rights of man evident to all. For them, the traditional English constitution was not the source of their freedoms but rather something to be swept away before the rights dictated by universal reason. And indeed, during the French Revolution, Jefferson and his supporters embraced it as a purer version of what the Americans had started. As he wrote in a notorious letter in 1793 justifying the revolution in France: “The liberty of the whole earth was depending on the issue of the contest. . . . [R]ather than it should have failed, I would have seen half the earth desolated.”

The tension between these conservative and liberal camps finds rather dramatic expression in America’s founding documents: The Declaration of Independence, drafted by Jefferson in 1776, is famous for resorting, in its preamble, to the Lockean doctrine of universal rights as “self-evident” before the light of reason. Similarly, the Articles of Confederation, negotiated the following year as the constitution of the new United States of America, embody a radical break with the traditional English constitution. These Articles asserted the existence of thirteen independent states, at the same time establishing a weak representative assembly over them without even the power of taxation, and requiring assent by nine of thirteen states to enact policy. The Articles likewise made no attempt at all to balance the powers of this assembly, effectively an executive, with separate legislative or judicial branches of government.

The Articles of Confederation came close to destroying the United States. After a decade of disorder in both foreign and economic affairs, the Articles were replaced by the Constitution, drafted at a convention initiated by Hamilton and James Madison, and presided over by a watchful Washington, while Jefferson was away in France. Anyone comparing the Constitution that emerged with the earlier Articles of Confederation immediately recognizes that what took place at this convention was a reprise of the Glorious Revolution of 1689. Despite being adapted to the American context, the document that the convention produced proposed a restoration of the fundamental forms of the English constitution: a strong president, designated by an electoral college (in place of the hereditary monarchy); the president balanced in strikingly English fashion by a powerful bicameral legislature with the power of taxation and legislation; the division of the legislature between a quasi-aristocratic, appointed Senate and a popularly elected House; and an independent judiciary. Even the American Bill of Rights of 1789 is modeled upon the Petition of Right and the English Bill of Rights, largely elaborating the same rights that had been described by Coke and Selden and their followers, and breathing not a word anywhere about universal reason or universal rights.

The American Constitution did depart from the traditional English constitution, however, adapting it to local conditions on certain key points. The Americans, who had no nobility and no tradition of hereditary office, declined to institute these now. Moreover, the Constitution of 1787 allowed slavery, which was forbidden in England—a wretched innovation for which America would pay a price the framers could not have imagined in their wildest nightmares.

Another departure—or apparent departure—was the lack of a provision for a national church, enshrined in the First Amendment in the form of a prohibition on congressional legislation “respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof.” The English constitutional tradition, of course, gave a central role to the Protestant religion, which was held to be indispensable and inextricably tied to English identity (although not incompatible with a broad measure of toleration). But the British state, in certain respects federative, permitted separate, officially established national churches in Scotland and Ireland. This British acceptance of a diversity of established churches is partially echoed in the American Constitution, which permitted the respective states to support their own established churches, or to require that public offices in the state be held by Protestants or by Christians, well into the nineteenth century. When these facts are taken into account, the First Amendment appears less an attempt to put an end to established religion than a provision for keeping the peace among the states by delegating forms of religious establishment to the state level.

As early as 1802, however, Jefferson, now president, announced  that the First Amendment’s rejection of a national church in fact should be interpreted as an “act of the whole American people . . . building a wall of separation between church and state.” This characterization of the American Constitution as endorsing a “separation of church and state” was surely overwrought, and more compatible with French liberalism—which regarded public religion as abhorrent to reason—than with the actual place of state religion among “the whole American people” at the time. Yet on this point, Jefferson has emerged victorious. In the years that followed, his “wall of separation between church and state” interpretation was increasingly considered to be an integral part of the American Constitution, even if one that had not been included in the actual text.

Lockean liberalism grew increasingly dominant in America after Jefferson’s election. Hamilton’s death in a duel in 1804, at the age of 47, was an especially heavy blow that left American conservatism without its most able spokesman. Nevertheless, the tradition of Selden and Burke was taken up by Americans of the next generation, including two of the country’s most prominent jurists, New York chancellor James Kent (1763–1847) and Supreme Court justice Joseph Story (1779–1845). Story’s influence was especially significant. Although appointed to the Supreme Court by Jefferson in the hope of undermining Chief Justice John Marshall, Story’s opinions almost immediately displayed the opposite inclination, and continued to do so throughout his thirty-four-year tenure on the court. Perhaps Story’s greatest contribution to the American conservative tradition is his famous Commentaries on the Constitution (3 vols., 1833), which were dedicated to Marshall and went on to be the most important and influential interpretation of the American constitutional tradition in the nineteenth century. These were overtly conservative in spirit, citing Burke with approval and repeatedly criticizing not only Locke’s theories but Jefferson himself. Among other things, Story forcefully rejected Jefferson’s claim that the American founding had been based on universal rights determined by reason, emphasizing that it was the rights of the English traditional law that Americans had always recognized and continued to recognize. As he wrote:

[This] has been the uniform doctrine in America ever since the settlement of the colonies. The universal principle (and the practice has conformed to it) has been, that the common law is our birthright and inheritance, and that our ancestors brought hither with them upon their emigration all of it, which was applicable to their situation. The whole structure of our present jurisprudence stands upon the original foundations of the common law.

Regarding the American Constitution’s deviation from English tradition in the matter of a national religion, Story’s view was appropriately balanced. On the one hand, he confirmed “the right of private judgment in matters of religion, and of the freedom of public worship according to the dictates of one’s conscience” as an integral part of the nation’s constitutional heritage. At the same time, he asserted the traditional Anglo-American conservative view that “the right of a society or government to interfere in matters of religion will hardly be contested by any persons, who believe that piety, religion, and morality are intimately connected with the well-being of the state, and indispensable to the administration of civil justice.” For this reason, he was confident that the ongoing circumstances of his day, in which some of the states continued to “support and sustain, in some form, the Christian religion,” as being “without the slightest suspicion that it was against the principles of public law or republican liberty.” Story thus recognized no wall of separation between the government and religion at the state level as being either required by the American constitution or desirable.

As for the breach in conservative principles that had opened up with the barring of an establishment of religion at the national level, Story wrote with prescient concern:

It yet remains a problem to be solved in human affairs, whether any free government can be permanent, where the public worship of God, and the support of religion, constitute no part of the policy or duty of the state in any assignable shape.

Principles of the Conservative Tradition

As we have seen, the period between John Selden and Edmund Burke gave rise to two highly distinct and conflicting Anglo-American political traditions, conservative and liberal. Both were opposed to royal absolutism and devoted to freedom. But they were bitterly divided on theoretical grounds, as well as on a wide range of policy matters. Indeed, many of the principal issues that divided these two traditions continue to divide liberals and conservatives today.

What is the substance of the Anglo-American conservative political tradition? We can summarize the principles of conservatism as they appeared in the writings and deeds of the early architects of this tradition as follows:

(1) Historical Empiricism. The authority of government derives from constitutional traditions known, through the long historical experience of a given nation, to offer stability, well-being, and freedom. These traditions are refined through trial and error over many centuries, with repairs and improvements being introduced where necessary, while maintaining the integrity of the inherited national edifice as a whole. Such empiricism entails a skeptical standpoint with regard to the divine right of the rulers, the universal rights of man, or any other abstract, universal systems. Written documents express and consolidate the constitutional traditions of the nation, but they can neither capture nor define this political tradition in its entirety.

(2) Nationalism. The diversity of national experiences means that different nations will have different constitutional and religious traditions. The Anglo-American tradition harkens back to principles of a free and just national state, charting its own course without foreign interference, whose origin is in the Bible. These include a conception of the nation as arising out of diverse tribes, its unity anchored in common traditional law and religion. Such nationalism is not based on race, embracing new members who declare that “your people is my people, and your God is my God” (Ruth 1:16).

(3) Religion. The state upholds and honors the biblical God and religious practices common to the nation. These are the centerpiece of the national heritage and indispensable for justice and public morals. At the same time, the state offers wide toleration to religious and social views that do not endanger the integrity and well-being of the nation as a whole.

(4) Limited Executive Power. The powers of the king (or president) are limited by the laws of the nation, which he neither determines nor adjudicates. The powers of the king (or president) are limited by the representatives of the people, whose advice and consent he must obtain both respecting the laws and taxation.

(5) Individual Freedoms. The security of the individual’s life and property is mandated by God as the basis for a society that is both peaceful and prosperous, and is to be protected against arbitrary actions of the state. The ability of the nation to seek truth and conduct sound policy depends on freedom of speech and debate. These and other fundamental rights and liberties are guaranteed by law, and may be infringed upon only by due process of law.

These principles can serve as a useful summary of the conservative political tradition as it existed long before Locke and long before liberalism, serving as the basis for the restoration of the English constitution in 1689, and for the restoration that was the ratification of the American Constitution of 1787. Moreover, we see them as principles that we can affirm today, and which can serve as a sound basis for political conservatism in Britain, America, and other countries in our time.

Conservatism versus Liberalism in Current Affairs

How do these conservative principles conflict with those of liberalism? We understand the crucial differences between ourselves and our liberal friends in the following way:

Liberalism is a political doctrine based on the assumption that reason is everywhere the same and accessible, in principle, to all individuals; and that one need only consult reason to arrive at the one form of government that is everywhere the best, for all mankind. In its current form, liberalism asserts that this one best form of government is “liberal democracy.” This is a term popularized in the 1920s to describe a type kind of government that borrows certain principles from the earlier Anglo-American conservative tradition, including those limiting executive power and guaranteeing individual freedoms (Principles 4 and 5 above). But liberalism regards these principles as stand-alone entities, detachable from the broader Anglo-American tradition in which they arose. Liberals thus tend to have few, if any, qualms about discarding the national and religious foundations of Anglo-American government (Principles 2 and 3), regarding these as unnecessary, if not simply contrary to universal reason.

With Selden, we believe that, in their campaign for universal “liberal democracy,” liberals have confused certain historical-empirical principles of the traditional Anglo-American constitution, painstakingly developed and inculcated over centuries (Principle 1), for universal truths that are equally accessible to all human beings, regardless of historical or cultural circumstances. This means that, like all rationalists, they are engaged in applying local truths, which may hold good under certain conditions, to quite different situations and circumstances, where they often go badly wrong. For conservatives, these failures—for example, the repeated collapse of liberal constitutions in places such as Mexico, France, Germany, Italy, Nigeria, Russia, and Iraq, among many others—suggest that the principles in question have been overextended and should be regarded as true only within a narrower range of conditions. Liberals, on the other hand, explain such failures as a result of “poor implementation,” leaving liberal democracy as a universal truth that remains untouched by experience and unassailable, no matter what the circumstances.

The liberal assertion that Principles 4 and 5 are universal truths that are readily recognized by all human beings has had far-reaching consequences even in the United States and Britain. The fact is that what is now called “liberal democracy” refers not to the traditional Anglo-American constitution but to a rationalist reconstruction of it that has been entirely detached from the Protestant religion and the Anglo-American nationalist tradition.  Far from being a time-tested form of government, this liberal-democratic ideal is something new to both America and Britain, dating only from the mid-twentieth century. The claim that liberal-democratic regimes of this kind can be maintained for long without the conservative principles they have blithely discarded is a hypothesis now being tested for the first time. Those who believe that a favorable outcome of this experiment is assured draw this conclusion not from historical or empirical evidence, for we have none. Rather, their confidence derives from the closed Lockean-rationalist system that holds them captive, preventing them from being able to anticipate any of the other quite possible outcomes before us.

These pronounced differences between conservatives and liberals do not, of course, remain at the rarified level of political theory. They quickly lead to disagreements over proposed policy, expressed in somewhat different ways from one generation to the next. In our own day, we recognize the clash between conservatism and liberalism in the following areas, among others (here described only very briefly, and so in overly simple terms):

Liberal Empire. Because liberalism is thought to be a dictate of universal reason, liberals tend to believe that any country not already governed as a liberal democracy should be pressed—or even coerced—to adopt this form of government. Conservatives, on the other hand, recognize that different societies are held together and kept at peace in different ways, so that the universal application of liberal doctrines often brings collapse and chaos, doing more harm than good.

International Bodies. Similarly, liberals believe that, since liberal principles are universal, there is little harm done in reassigning the powers of government to international bodies. Conservatives, on the other hand, believe that such international organizations possess no sound governing traditions and no loyalty to particular national populations that might restrain their spurious theorizing about universal rights. They therefore see such bodies as inevitably tending to arbitrariness and autocracy.

Immigration. Liberals believe that, since liberal principles are accessible to all, there is nothing to be feared in large-scale immigration from countries with national and religious traditions very different from ours. Conservatives see successful large-scale immigration as possible only where the immigrants are strongly motivated to integrate and assisted in assimilating the national traditions of their new home country. In the absence of these conditions, the result will be chronic intercultural tension and violence.

Law. Liberals regard the laws of a nation as emerging from the tension between positive law and the pronouncements of universal reason, as expressed by the courts. Conservatives reject the supposed universal reason of judges, which often amounts to little more than their succumbing to passing fashion. But conservatives also oppose an excessive regard for written documents, which leads, for example, to the liberal mythology of America as a “creedal nation” (or a “propositional nation”) created and defined solely by the products of abstract reason that are supposedly found in the American Declaration of Independence and Constitution.

Economy. Liberals regard the universal market economy, operating without regard to borders, as a dictate of universal reason and applicable equally to all nations. They therefore recognize no legitimate economic aims other than the creation of a “level field” on which all nations participate in accordance with universal, rational rules. Conservatives regard the market economy and free enterprise as indispensable for the advancement of the nation in its wealth and wellbeing. But they see economic arrangements as inevitably varying from one country to another, reflecting the particular historical experiences and innovations of each nation as it competes to gain advantage for its people.

Education. Liberals believe that schools should teach students to recognize the Lockean goods of liberty and equality as the universal aims of political order, and to see America’s founding political documents as having largely achieved these aims. Conservatives believe education should focus on the particular character of the Anglo-American constitutional and religious tradition, with its roots in the Bible, and on the way in which this tradition has given rise to a unique family of nations with a distinctive political thought and practice that has influenced the world.

Public Religion. Liberals believe that universal reason is the necessary and sufficient basis for just and moral government. This means that the religious traditions of the nation, which had earlier been the basis for a public understanding of justice and right, can be replaced in public discourse by universal reason itself. In its current form, liberalism asserts that all governments should embrace a Jeffersonian “wall separating church and state,” whose purpose is to banish the influence of religion from public life, relegating it to the private sphere. Conservatives hold that none of this is true. They see human reason as producing a constant profusion of ever-changing views concerning justice and morals—a fact that is evident today in the constant assertion of new and rapidly multiplying human rights. Conservatives hold that the only stable basis for national independence, justice, and public morals is a strong biblical tradition in government and public life. They reject the doctrine of separation of church and state, instead advocating an integration of religion into public life that also offers broad toleration of diverse religious views.

The Restoration of Conservatism?

Burke and Hamilton belonged to a generation that was still educated in the significance of the Anglo-American tradition as a whole. Only a few decades later, this had begun to change, and by the end of the nineteenth century, conservative views were increasingly in the minority and defensive both in Britain and America. But conservatism was really only broken in a decisive way by Franklin Roosevelt in America in 1932, and by Labour in Britain in 1945. At this point, socialism displaced liberalism as the worldview of the parties of the “Left,” driving some liberals to join with the last vestiges of the conservative tradition in the parties of the “Right.” In this environment, new leaders and movements did arise and succeed from time to time in raising the banner of Anglo-American conservatism once more. But these conservatives were living on a shattered political and philosophical landscape, having lost much of the chain of transmission that had connected earlier conservatives to their forefathers. Thus their roots remained shallow, and their victories, however impressive, brought about no long-term conservative restoration.

The most significant of these conservative revivals was, of course, the one that reached its peak in the 1980s under Prime Minister Margaret Thatcher and President Ronald Reagan. Thatcher and Reagan were genuine and instinctive conservatives, displaying traditional Anglo-American conservative attachments to nation and religion, as well as to limited government and individual freedom. They also recognized and gave voice to the profound “special relationship” that binds Britain and America together. Coming to power at a time of deep crisis in the struggle against Communism, their renewed conservatism succeeded in winning the Cold War and freeing foreign nations from oppression, in addition to liberating their own economies, which had long been shackled by socialism. In both countries, these triumphs shifted political discourse rightward for a generation.

Yet the Reagan-Thatcher moment, for all its success, failed to touch the depths of the political culture in America and Britain. Confronted by a university system devoted almost exclusively to socialist and liberal theorizing, their movement at no point commanded the resources needed to revive Anglo-American conservatism as a genuine force in fundamental arenas such as jurisprudence, political theory, history, philosophy, and education—disciplines without which a true restoration was impossible. Throughout the conservative revival of the 1980s, academic training in government and political theory, for instance, continued to maintain its almost complete boycott of conservative thinkers such as Fortescue, Coke, Selden, and Hale, just as it continued its boycott of the Bible as a source of English and American political principles. Similarly, academic jurisprudence remained a subject that is taught as a contest among abstract liberal theories. Education of this kind meant that a degree from a prestigious university all but guaranteed one’s ignorance of the Anglo-American conservative tradition, but only a handful of conservative intellectual figures, most visibly Russell Kirk and Irving Kristol, seem to have been alert to the seriousness of this problem. On the whole, the conservative revival of those years remained resolutely focused on the pressing policy issues of the day, leaving liberalism virtually unchallenged as the worldview that conservatives were taught at university or when they picked up a book on the history of ideas.

This is why conservative discourse today is so often just a pastiche of liberal themes and principles, with the occasional reference to Burke or Hamilton thrown in as a rhetorical ornament. We have not made the effort necessary to understand the intellectual and political heritage for which these great Anglo-American conservatives stood their ground, to know what it was and what it was about. As a consequence, conservatives remain uprooted from the wisdom of past generations and speak so unpersuasively when they talk of passing the tradition to future generations. For one cannot pass on what one does not have.

There may have been genuine advantages to soft-pedaling differences between conservatives and liberals until the 1980s, when all the strength that could be mustered had to be directed toward defeating Communism abroad and socialism at home. But we are no longer living in the 1980s. Those battles were won, and today we face new dangers. The most important among these is the inability of countries such as America and Britain, having been stripped of the nationalist and religious traditions that held them together for centuries, to sustain themselves while a universalist liberalism continues, year after year, to break down these historic foundations of their strength. Under such conditions of internal disintegration, there is a palpable danger that liberal rationalism, having established itself in a monopoly position in the state, will drive a broad public that cannot accept its regimented view of the world into the hands of genuinely authoritarian movements.

Liberals of various persuasions have, in their own way, sought to warn us about this, from Fareed Zakaria’s “The Rise of Illiberal Democracy” in Foreign Affairs (1997) to the Economist’s “Illiberalism: Playing with Fear” (2016) and Commentary’s “Illiberalism: The Worldwide Crisis,” mentioned earlier. These and many other publications have made intensive use of the term illiberal as an epithet to describe those who have strayed from the path of Lockean liberalism. In so doing, they divide the political universe into two: there are liberals—those decent persons who are willing to exercise reason in the universally accepted manner and come to the appropriate liberal conclusions; and there are those others—the “illiberals,” who, out of ignorance, resentment, or some atavistic hatred, will not get with the program. When things are divided up this way, the latter group ends up including everyone from Brexiteers, Trump supporters, Evangelical Christians, and Orthodox Jews to dictators, Iranian ayatollahs, and Nazis. Once things are framed in this way, it is hard to avoid the conclusion that everyone in that second group is in some degree a threat that must be combated.

We conservatives, however, have our own preferred division of the political universe: one in which Anglo-American conservatism appears as a distinct political category that is obviously neither authoritarian nor liberal. With the rest of the Anglo-American conservative tradition, we uphold the principles of limited government and individual liberties. But we also see clearly (again, in keeping with our conservative tradition) that the only forces that give the state its internal coherence and stability, holding limited government in place while staving off authoritarianism, are our nationalist and religious traditions. These nationalist and religious principles are not liberal. They are prior to liberalism, in conflict with liberalism, and presently being destroyed by liberalism.

Our world desperately needs to hear a clear conservative voice. Any continued confusion of conservative principles with the liberalism on our Left, or with the authoritarianism on our Right, can only do harm. The time has arrived when conservatives must speak in our own voice again. In doing so, we will discover that we can provide the political foundations that so many now seek, but have been unable to find.

This article originally appeared in American Affairs Volume I, Number 2 (Summer 2017): 219–46.

Notes

Fortescue is now available in an easily readable edition, transcribed in modern English spelling. See John Fortescue, On the Laws and Governance of England, ed. Shelley Lockwood (Cambridge: Cambridge University Press, 1997).2 Our account diverges here from that of Leo Strauss, who presents Rousseau as a critic of Locke and asserts that “the first crisis of modernity occurred in the thought of Jean-Jacques Rousseau.” See Natural Right and History (Chicago: University of Chicago Press, 1953), 252. Strauss is right in seeing Rousseau, especially in his Discourses, as demanding a return to the cohesive community of classical antiquity, as well as to the virtues that are required to maintain such social cohesion and to wage wars in defense of the community. But it is a mistake to regard this demand as initiating “the first crisis of modernity.” What is now regarded as political modernity is more accurately regarded as emerging from the conservative tradition represented by Fortescue, Coke, and Selden. The first crisis of modernity is that which universalist-rationalists such as Grotius and Locke initiate against this conservative tradition. In certain ways, Rousseau does side with earlier conservative tradition, which likewise held that Lockean rationalism would make social cohesion impossible and destroy the possibility of virtue. But while Rousseau believed he could revive social cohesion and virtue while retaining Locke’s liberal axioms as a point of departure, Anglo-American conservatism regards this entire effort as futile. The intractable contradictions in Rousseau’s thought derive from the fact that there is no way to square this circle. Once liberal axioms are accepted, there is neither any need for, nor any possibility of, the social cohesion and virtue that Rousseau insists are necessary. Rousseau’s “civil religion” and his nation-state have no hope of playing the role that the traditional religion and nation play in conservative thought. These are ersatz creations of the Lockean universe, in which Rousseau’s thought remains imprisoned.

Voir par ailleurs:

Why America Needs New Alliances

Yoram Hazony and Ofir Haivry
Wal Street Journal
June 11, 2019

President Trump is often accused of creating a needless rift with America’s European allies. The secretary-general of the North Atlantic Treaty Organization, Jens Stoltenberg, expressed a different view recently when he told a joint session of Congress: “Allies must spend more on defense—this has been the clear message from President Trump, and this message is having a real impact.”

Mr. Stoltenberg’s remarks reflect a growing recognition that strategic and economic realities demand a drastic change in the way the U.S. conducts foreign policy. The unwanted cracks in the Atlantic alliance are primarily a consequence of European leaders, especially in Germany and France, wishing to continue living in a world that no longer exists. The U.S. cannot serve as the enforcer for the Europeans’ beloved “rules-based international order” any more. Even in the 1990s, it was doubtful the U.S. could indefinitely guarantee the security of all nations, paying for George H.W. Bush’s “new world order” principally with American soldiers’ lives and American taxpayers’ dollars.

Today a $22 trillion national debt and the voting public’s indifference to the dreams of world-wide liberal empire have depleted Washington’s ability to wage pricey foreign wars. At a time of escalating troubles at home, America’s estimated 800 overseas bases in 80 countries are coming to look like a bizarre misallocation of resources. And the U.S. is politically fragmented to an extent unseen in living memory, with uncertain implications in the event of a major war.

This explains why the U.S. has not sent massive, Iraq-style expeditionary forces to defend Ukraine’s integrity or impose order in Syria. If there’s trouble on Estonia’s border with Russia, would the U.S. have the will to deploy tens of thousands of soldiers on an indefinite mission 85 miles from St. Petersburg? Although Estonia joined NATO in 2004, the certainties of 15 years ago have broken down.

On paper, America has defense alliances with dozens of countries. But these are the ghosts of a rivalry with the Soviet Union that ended three decades ago, or the result of often reckless policies adopted after 9/11. These so-called allies include Turkey and Pakistan, which share neither America’s values nor its interests, and cooperate with the U.S. only when it serves their purposes. Other “allies” refuse to develop a significant capacity for self-defense, and are thus more accurately regarded as American dependencies or protectorates.

Liberal internationalists are right about one thing, however: America cannot simply turn its back on the world. Pearl Harbor and 9/11 demonstrated that the U.S. can and will be targeted on its own soil. An American strategic posture aimed at minimizing the danger from rival powers needs to focus on deterring Russia and China from wars of expansion; weakening China relative to the U.S. and thereby preventing it from attaining dominance over the world economy; and keeping smaller hostile powers such as North Korea and Iran from obtaining the capacity to attack America or other democracies.

To attain these goals, the U.S. will need a new strategy that is far less costly than anything previous administrations contemplated. Mr. Trump has taken a step in the right direction by insisting that NATO allies “pay their fair share” of the budget for defending Europe, increasing defense spending to 2% of gross domestic product in accordance with NATO treaty obligations.

But this framing of the issue doesn’t convey the problem’s true nature or its severity. The real issue is that the U.S. can no longer afford to assume responsibility for defending entire regions if the people living in them aren’t willing and able to build up their own credible military deterrent.

The U.S. has a genuine interest, for example, in preventing the democratic nations of Eastern Europe from being absorbed into an aggressive Russian imperial state. But the principal interested parties aren’t Americans. The members of the Visegrád Group—the Czech Republic, Hungary, Poland and Slovakia—have a combined population of 64 million and a 2017 GDP of $2 trillion (about 50% of Russia’s, according to CIA estimates). The principal strategic question is therefore whether these countries are willing to do what is necessary to maintain their own national independence. If they are—at a cost that could well exceed the 2% figure devised by NATO planners—then they could eventually shed their dependent status and come to the table as allies of the kind the U.S. could actually use: strong frontline partners in deterring Russian expansion.

The same is true in other regions. Rather than carelessly accumulate dependencies, the U.S. must ask where it can develop real allies—countries that share its commitment to a world of independent nations, pursue democratic self-determination (although not necessarily liberalism) at home, and are willing to pay the price for freedom by taking primary responsibility for their own defense and shouldering the human and economic costs involved.

Nations that demonstrate a commitment to these shared values and a willingness to fight when necessary should benefit from relations that may include the supply of advanced armaments and technologies, diplomatic cover in dealing with shared enemies, preferred partnership in trade, scientific and academic cooperation, and the joint development of new technologies. Fair-weather friends and free-riding dependencies should not.

Perhaps the most important candidate for such a strategic alliance is India. Long a dormant power afflicted by poverty, socialism and an ideology of “nonalignment,” India has become one of the world’s largest and fastest-expanding economies. In contrast to the political oppression of the Chinese communist model, India has succeeded in retaining much of its religious conservatism while becoming an open and diverse country—by far the world’s most populous democracy—with a solid parliamentary system at both the federal and state levels. India is threatened by Islamist terrorism, aided by neighboring Pakistan; as well as by rapidly increasing Chinese influence, emanating from the South China Sea, the Pakistani port of Gwadar, and Djibouti, in the Horn of Africa, where the Chinese navy has established its first overseas base.

India’s values, interests and growing wealth could establish an Indo-American alliance as the central pillar of a new alignment of democratic national states in Asia, including a strengthened Japan and Australia. But New Delhi remains suspicious of American intentions, and with good reason: Rather than unequivocally bet on an Indian partnership, the U.S. continues to play all sides, haphazardly switching from confrontation to cooperation with China, and competing with Beijing for influence in fanaticism-ridden Pakistan. The rationalizations for these counterproductive policies tend to focus on Pakistan’s supposed logistical contributions to the U.S. war in Afghanistan—an example of how tactical considerations and the demands of bogus allies can stand in the way of meeting even the most pressing strategic needs.

A similar confusion characterizes America’s relationship with Turkey. A U.S. ally during the Cold War, Turkey is now an expansionist Islamist power that has assisted the Muslim Brotherhood, Hamas, al Qaeda and even ISIS; threatened Greece and Cyprus; sought Russian weapons; and recently expressed its willingness to attack U.S. forces in Syria. In reality, Turkey is no more an ally than Russia or China. Yet its formal status as the second-largest military in NATO guarantees that the alliance will continue to be preoccupied with pretense and make-believe, rather than the interests of democratic nations. Meanwhile, America’s most reliable Muslim allies, the Kurds, live under constant threat of Turkish invasion and massacre.

The Middle East is a difficult region, in which few players share American values and interests, although all of them—including Turkey, Iraq, Egypt, Saudi Arabia and even Iran—are willing to benefit from U.S. arms, protection or cash. Here too Washington should seek alliances with national states that share at least some key values and are willing to shoulder most of the burden of defending themselves while fighting to contain Islamist radicalism. Such natural regional allies include Greece, Israel, Ethiopia and the Kurds.

A central question for a revitalized alliance of democratic nations is which way the winds will blow in Western Europe. For a generation after the Berlin Wall’s fall in 1989, U.S. administrations seemed willing to take responsibility for Europe’s security indefinitely. European elites grew accustomed to the idea that perpetual peace was at hand, devoting themselves to turning the EU into a borderless utopia with generous benefits for all.

But Europe has been corrupted by its dependence on the U.S. Germany, the world’s fifth-largest economic power (with a GDP larger than Russia’s), cannot field more than a handful of operational combat aircraft, tanks or submarines. Yet German leaders steadfastly resist American pressure for substantial increases in their country’s defense capabilities, telling interlocutors that the U.S. is ruining a beautiful friendship.

None of this is in America’s interest—and not only because the U.S. is stuck with the bill. When people live detached from reality, they develop all sorts of fanciful theories about how the world works. For decades, Europeans have been devising “transnationalist” fantasies to explain how their own supposed moral virtues, such as their rejection of borders, have brought them peace and prosperity. These ideas are then exported to the U.S. and the rest of the democratic world via international bodies, universities, nongovernmental organizations, multinational corporations and other channels. Having subsidized the creation of a dependent socialist paradise in Europe, the U.S. now has to watch as the EU’s influence washes over America and other nations.

For the moment, it is hard to see Germany or Spain becoming American allies in the new, more realistic sense of the term we have proposed. France is a different case, maintaining significant military capabilities and a willingness to deploy them at times. But the governments of these and other Western European countries remain ideologically committed to transferring ever-greater powers to international bodies and to the concomitant degradation of national independence. That doesn’t make them America’s enemies, but neither are they partners in defending values such as national self-determination. It is difficult to foresee circumstances under which they would be willing or able to arm themselves in keeping with the actual security needs of an emerging alliance of independent democratic nations.

The prospects are better with respect to Britain, whose defense spending is already significantly higher, and whose public asserted a desire to regain independence in the Brexit referendum of 2016. With a population of more than 65 million and a GDP of $3 trillion (75% of Russia’s), the U.K. may yet become a principal partner in a leaner but more effective security architecture for the democratic world.

Isolationists are also right about one thing: The U.S. cannot be, and should not try to be, the world’s policeman. Yet it does have a role to play in awakening democratic nations from their dependence-induced torpor, and assisting those that are willing to make the transition to a new security architecture based on self-determination and self-reliance. An alliance including the U.S., the U.K. and the frontline Eastern European nations, as well as India, Israel, Japan and Australia, among others, would be strong enough to exert sustained pressure on China, Russia and hostile Islamist groups.

Helping these democratic nations become self-reliant regional actors would reduce America’s security burden, permitting it to close far-flung military installations and making American military intervention the exception rather than the rule. At the same time, it would free American resources for the long struggle to deny China technological superiority, as well as for unforeseen emergencies that are certain to arise.

Voir aussi:

Jaco Gericke’s ‘The Hebrew Bible and Philosophy of Religion’

Yoram Hazony
Jerusalem letters
November 7, 2013

The universities are no “ivory tower.” They are more like radio towers, broadcasting certain ways of looking at the world into the society we live in. Of course, radio waves are difficult to detect. If you don’t know what to look for, you’ll think there’s nothing going on at all. And the same thing is true for the academic transmission of ideas, which takes place through the medium of our children. While at university, our children are immersed in a particular range of ideas, and it is ideas within this range that they usually end up seeing as normal and legitimate. Show me the ideas that are ascendant in the universities of America and Europe today, and I will show you the thoughts that will dominate public discourse throughout the Western world—including Israel, of course—a generation or two from now.

That’s why I like to keep track of trends in ideas at the universities, even in disciplines far removed from the things I am presently writing about myself. I like to know what is going to happen in the world. I like to know what everyone is going to be thinking a generation from now.

Perhaps surprisingly, one of the most important intellectual trends taking place in the universities right now is a pronounced shift toward a greater openness to the Hebrew Bible (“Tanach”), belief in God, and religion generally. This is happening slowly, but the indicators are clear. In a previous letter, I wrote about the rise of Christian theology as a legitimate discipline in mainstream philosophy departments. In this letter, I want to touch on another significant indicator in the same direction.

As is well known, university treatments of the Bible have for generations focused on attempts at reconstructing the compositional histories of various biblical texts. The devotion of vast resources to this project over the last two hundred years has yielded little in the way of firm answers as to how the Bible was really composed. But what it has done is to divert attention from what I take to be the most interesting and important parts of Biblical Studies: Figuring out the ideas that the Hebrew Scriptures were meant to bring into the world, and working out their place in the intellectual history of mankind down to our own day.

In the last generation, however, there has been a growing interest in academic scholarship aimed at trying to understand the ideas of the Bible—the metaphysics, theory of knowledge, ethics, and political thought that are in fact characteristic of the biblical worldview. Among the most recent entries in this project are my own The Philosophy of Hebrew Scripture(Cambridge 2012)which has just won the second place award for best book in Theology and Religion in 2012 given by the Association of American Publishers, academic division; Dru Johnson’s Biblical Knowing (Wipf and Stock, 2013); and Jaco Gericke’s The Hebrew Bible and Philosophy of Religion (Society of Biblical Literature, 2012). The interest in such books by leading academic presses, at academic conferences, in academic journals, and on prize committees is a clear indication that something new and potentially quite significant is taking place.

Below is a review of Gericke’s book that I wrote at the request of the German theological journal Theologische Literaturzeitung, and which appeared in print a few weeks ago. But before getting into my thoughts on the book itself, I’d like to say a few words about its author, Jaco Gericke. Jaco (pronounced “Yaku”) is a young Old Testament scholar at North-West University in South Africa. He entered a graduate program in theology in order to become a Christian minister, but academic Bible study ended up destroying his Christian faith rather than deepening it. When he finished his Ph.D. in 2003, Jaco added an appendix to his doctoral dissertation called “Autobiography of a Died-Again Christian,” in which he declared the end of his allegiance with Christianity.

It is fascinating and painful reading. But perhaps more fascinating is what happened afterward. Over the next decade, Jaco gradually constructed a new agenda for his intellectual life. Boldly declaring that university “biblical scholars have not made a beginning in coming to terms with the conceptual content” of the Hebrew Scriptures—an assessment that is surely right—Jaco remade himself into an intellectual historian of the ideas of the Bible. His aim now is to try to initiate a “new era” in academic research and instruction into the Hebrew Bible by seeking an objective clarification of the philosophy explicit and implicit in the biblical texts.

I very much admire this fellow, whom I met this summer for the first time at a Bible conference organized by my new institute, the Herzl Institute / Machon Herzl in Jerusalem. I admire the fact that, unlike others who have broken with Christianity, Jaco has rebuilt his life so as to try and contribute something truly positive to our understanding of the Bible. He is back in the game, lecturing with a winning gentleness that masks an extraordinary passion to understand what the Bible really was all about.

Moved by his life’s journey and his academic work, I invited Jaco over for Shabbat and had him tell his story to my children. Changing what the Western world thinks of the Bible is a prodigious undertaking. It means moving a mountain. Yet in face to face conversation, you get the feeling that despite the disappointments he has experienced, or perhaps because of them, Jaco Gericke is someone who may be able to pull this off.

So here is my review of Gericke’s book, The Hebrew Bible and the Philosophy of Religion. His next book is going to be about the biblical God.

II.

In academia, philosophy and Bible studies tend to react to one another like oil and water. Each discipline possesses a finely tuned repertoire of arguments for why the other is not really relevant to its concerns. Some of these arguments go back centuries and speak to deeply held premises that guide scholars in each field. But Jacko Gericke wants to change all that, and his new book The Hebrew Bible and Philosophy of Religion presents a compelling case for why we would be better off if the wall separating the study of Hebrew Scripture from philosophical investigation were torn down.

Gericke’s book is in two parts: The first argues that philosophy (or more exactly, “philosophy of religion”) is crucial to the study of the Hebrew Bible. The second consists of case studies in the theology, metaphysics, epistemology and ethics of Hebrew Scripture, which seek to show that the theoretical discussion in the first half of the book is more than just talk. Both parts reflect a staggering quantity of reading in the relevant disciplines, and Gericke’s careful citations are going to be a crucial roadmap for anyone approaching the question of the relationship between Bible and philosophy from now on.

Are philosophical tools really crucial for the study of the Hebrew Bible? Gericke’s argument is refreshingly candid: The biblical texts, he says, are riddled with concepts and assumptions—“metaphysical, epistemological, and ethical assumptions about the nature of reality, existence, life, knowledge, truth, belief, good and evil, value, and so on”—that are different from our own. Without a conscious effort to reconstruct these concepts and assumptions, we cannot “prevent ourselves from reading our own anachronistic philosophical-theological assumptions into and onto the biblical discourse.” Tools for engaging in such philosophical reconstruction are familiar and are commonly employed by scholars who seek to describe the views of other ancient philosophies and religions, but “for a number of historical reasons, the study of ancient Israelite religion has been one of the few” such areas of study that have remained “utterly lacking in a philosophical approach.” Consequently, there exists a “yawning philosophical gap in research on the Hebrew Bible.”

Gericke believes that Old Testament scholars have frequently expended their energies on anachronistic readings that have forced the texts to express late theological conceptions that were entirely unknown to the biblical authors. His hope is that with the introduction of philosophical techniques for reconstructing the actual ideas found in the biblical texts, we can enter into a “new era” in the academic study of the Bible—“one in which both believer and skeptic can together read the ancient texts” from a “relatively neutral” perspective such as that which is normally accepted when approaching the study of Greek philosophy or any other ancient culture.

Gericke is at his best when he is cataloguing and demolishing various anachronisms that have been dragged into current readings of the Hebrew Bible from medieval or modern theology. Among these are “dualist metaphysical assumptions,” including the distinctions between supernatural and naturaltranscendent and immanentreality and appearance,religious and secular. The absence of such oppositions means, for example, that the Bible knows of no “other” world, and that gods, far from being “ineffable,” are for the biblical authors a “natural kind.” Similarly, Gericke turns time and again to debunking the claims of “perfect being” theology to be describing the God of Hebrew Scripture. He shows that medieval conceptions of God’s perfection are responsible for creating the so-called “problem of evil,” and that theodicy in the modern sense is unknown in the Hebrew Scriptures because the biblical God is not assumed to be all-powerful, all-knowing, or all-good. Gericke also questions whether the biblical authors would have recognized a distinction between “revelation” and “nature,” and suggests that in biblical narrative, worldly events may have been accepted as evidence that God has “spoken.”

Gericke offers some powerful constructive arguments, especially in the area of ethics. He rejects the common belief that the biblical ethics is a form of “divine command theory” (i.e., that God’s will defines what is morally right), and shows convincingly that the Bible assumes a standard of right that is independent of God’s will. But he is not as confident in his claims about biblical metaphysics and epistemology. For instance, Gericke makes a great case for the need for a careful clarification of the biblical concept of a “god,” but the results of his study on the subject are inconclusive. His tentative suggestion that the authors of the biblical narratives may have known that what they were writing was fiction covers old ground, and I don’t think Gericke’s version of this proposal is any more persuasive than its predecessors. A more credible and interesting suggestion, also presented tentatively, is that the biblical texts tend to rely on an evidentialist theory of knowledge—that is, the view that one’s beliefs can only be justified by evidence.

Overall, Gericke’s case studies are more successful in clarifying what the Bible does not say than in reconstructing what it does. I don’t see this as an objection to the book. Gericke says his constructive proposals are preliminary. His principal aim is to propose a research agenda that will introduce profound changes in the way the Hebrew Bible is studied and taught in the university setting, and to describe methods by which this agenda can be pursued. And this he does in a manner that is compelling and much needed.

I do have some questions about the way Gericke frames his vision for a “new era” in Bible scholarship. In particular, I wonder at Gericke’s references to the “folk philosophical presuppositions” of the biblical texts, and to their “precritical” or “prephilosophical” character. Occasionally, he will also mention that the texts are “naïve” or “primitive” as well. All of this makes it sound as though the authors of the Bible were only capable of dim premonitions concerning the metaphysical or ethical issues that we later readers are fortunate enough to have firmly in our grasp.

But if Gericke is right that modern “biblical scholars have not made a beginning in coming to terms with the conceptual content” of the Hebrew Bible, then all these judgments about the supposedly naïve and uncritical nature of biblical thought may be premature. Perhaps an impartial philosophical elucidation of the Hebrew Bible such as Gericke proposes will lead to the conclusion that the prophets and scholars who assembled these texts were in fact quite conscious of the positions they were advancing in opposition to their surroundings and to one another? Perhaps what Gericke is calling the “philosophical assumptions” of the biblical texts, or at least some of them, are actually the intended philosophical teachings of these works? Indeed, the fact that such a possibility is so foreign to so many scholars may be a consequence of the very same prejudices that Gericke is at such pains to combat.

This is a wonderful book, brimming with intellectual energy. I cannot help marveling at the love of the Hebrew Bible that Gericke continues to exhibit, given the pain and disappointments in his personal spiritual life, which he is trusting enough to mention to his readers in passing. I have no doubt that there will be others who will be moved by the vision he articulates, and who will wish to take part in pursuing it.

Voir enfin:

Trump’s Tweetstorm Correctly Linked Anti-Americanism to Antisemitism
President Donald Trump’s tweets on Sunday drew predictable condemnation. But aside from the partisan debate about whether they were racist, they contained an important truth: hatred of Jews and hatred of America are linked
Caroline Glick
Breitbart
17 Jul 2019

Trump told the so-called “squad” of radical Democrats — Reps. Ilhan Omar (D-MN), Rashida Tlaib (D-MI), Ayanna Pressley (D-MA), and Alexandria Ocasio-Cortez (D-NY) — they could leave the country if they hate it so much. He drew criticism because he said that they came from foreign countries; in fact, only Omar did.

But Trump also highlighted a basic fact about the nature of leftist ideology. Just as the Iranian regime views the United States and Israel as two sides of the same coin, with the ayatollahs dubbing the U.S. “the Great Satan” and Israel, “the Little Satan,” so the radical left views the U.S. and Israel – the most powerful democracy in the world and the only democracy in the Middle East – as states with no moral foundation for existing.

Although other presidents have spoken out against hatred of Jews and Israel on the one hand and hatred of America on the other, it is hard to think of another example of a U.S. leader making the case that the two hatreds are linked as Trump did this week.

This is important, because they are linked. The haters see both America and the Jews as all-powerful forces who use their power to bend the world to their nefarious, avaricious, greedy aims. They stereotype both Americans and pro-Israel and traditional Jews as vulgar and fascist.

Pew Research Center studies of European perspectives on Jews and Americans show a massive overlap between anti-Semitic attitudes and anti-American ones. As the American left has become more radical, it has also become more aligned with those toxic European attitudes towards both the United States and Israel.

One example is evident at the U.S.-Mexico border. The left’s opposition to enforcing American immigration laws goes hand-in-hand with the view that the Jewish people have no right to national self-determination in their homeland and that the Jewish state has no right to exist. As political philosopher Yoram Hazony argued in his book, The Virtue of Nationalism, nationalism — and, indeed, the concept of a nation itself — is a biblical concept. The nation of Israel is the first nation. And the American Founding Fathers’ conception of the United States and the American nation was rooted in the biblical concept of nationhood and nationalism of the Jews.

Hazony contends that anti-nationalism is both inherently antisemitic and anti-American. And it is also imperialist. Anti-nationalists support international and transnational legal constructs and institutions that deny distinct nations large and small the ability to determine their own unique course in the world. As repositories of the concept of distinct nations, nation-states are, in Hazony’s view, inherently freer and more cohesive societies than imperialist societies that insist that one-size-fits-all and that there are people better equipped than the people themselves to decide what is good for them.

As Trump tweeted, the four sirens of the socialist revolution are a dire threat to the Democratic Party. By embracing the likes of Reps. Omar and Tlaib with their repeated statements against the United States, Jews and Israel and their tolerance for terrorist groups and terrorists, and by embracing Ocasio-Cortez who likens America to Nazi Germany, replete with “concentration camps,” the Democratic Party is indeed embracing anti-Americanism and anti-Semitism.

And, as Trump tweeted, it is the Democrats, not the Republicans — and certainly not the president — who are making Israel a partisan issue. They are doing so by abandoning Israel and embracing antisemitic conceptions of nationalism and of the Jewish and American nations.

Trump’s tweet storm, however controversial, showed that he is personally committed to fighting hatred of Jews and Israel. As he was being targeted as a racist by Democrats, the Department of Justice was holding a conference on combatting antisemitism. The conference, which placed a spotlight on campus antisemitism, did not shy away from discussing and condemning antisemitism on the left as well as on the right, and Islamic antisemitism.

In his remarks before the conference, Attorney General Willian Barr discussed the galloping hostility Jewish students face in U.S. universities today.

In his words, “On college campuses today, Jewish students who support Israel are frequently targeted for harassment, Jewish student organizations are marginalized, and progressive Jewish students are told they must denounce their beliefs and their heritage in order to be part of ‘intersectional’ causes.”

He added: “We must ensure for the future of our country and our society – that college campuses remain open to ideological diversity and respectful of people of all faiths.”

In her remarks at the Justice Department conference, Secretary of Education Betsy DeVos championed Israel, and discussed actions her department is taking to combat campus antisemitism and specifically the so-called “boycott, divestment, sanctions” (BDS) movement against Israel and its American supporters.

In DeVos’s words, the BDS campaign is “one of the most pernicious threats” of antisemitism on college campuses.

“These bullies claim they stand for human rights, but we all known that BDS stands for antisemitism,” she said.

She noted that education department intervention forced Williams College to cancel an antisemitic ruling against a Jewish campus group, and that the department is currently investigating the use of federal funds by Duke University and the University of North Carolina to finance a conference featuring antisemitic and pro-terror speakers.

It is a testament to the left’s increasing embrace of anti-Jewish bigotry, and its rejection of America’s right to borders, — and through them, to self-government and self-determination — that Trump is being branded a racist for standing up to these distressing trends.

And it is a testament to Trump’s moral courage that he is willing to speak the truth about antisemitism and anti-Americanism even at the cost of wall-to-wall calumny by Democrats and the media.


Mai 68/50e: Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es (1968 all over again or peaking leftism ? – After the silly and shallow “inequality” talk of the Obama years, the signs of progressivism in decadence are everywhere)

29 octobre, 2017
CRSS = SS
 
Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. (…) Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
Somebody who speaks to common-sense American values — that is what the Democrats need. A Democratic Party that can’t tell me how many genders there are, that ain’t flying in this country. Chuck Coughlin (Republican political consultant)
Trump had that “kind of bluntness and occasionally even crass language which, if nothing else, at least meant authenticity. The president just hit a lot of nerves that a lot of conventional politicians didn’t even know were there. (…) Many African-Americans are focused on a particular set of facts and circumstances” that “drive that conduct, that protest. But when many other Americans see it, and Americans of all races, they think “gosh, these guys all have it pretty good. You know they make a really good living, playing football. This country’s been really good to them. And so, even if they have an ax to grind, they shouldn’t grind it against the country or its symbol or its anthem. there’s simply no getting around that when you make that choice you’re going to alienate a lot of Americans. Jay Heiler (lawyer)
The Democratic Party has not yet begun a serious reckoning with its defeat last year. It hasn’t grasped the degree to which it lives, still, in a coastal echo chamber of identity politics and Trump-bashing. Just being anti-Trump won’t cut it … Trump winks at white supremacists, thrives on confrontation and debases the Oval Office. But it would be a huge mistake to conclude from this that his defeat is inevitable; or that his supporters do not include millions of decent, smart Americans who just view the world differently. Americans who feel culturally alienated from the globalized metropolis (and sense that their worldview elicits contempt in a Democratic Party that often seems to have lost touch with ordinary Americans). An overriding lesson of 2016 for liberals is that without hard-nosed realism about the state of the country and Trump’s talents, you lose. And that’s the truth. Roger Cohen
Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech (« L’Ensauvagement: le retour de la barbarie au XXIe siècle », 2005)
L’URSS a connu en 1932-1933 une sérieuse disette conduisant à un strict renforcement du rationnement, pas une famine et en tout cas pas une famine à « six millions de morts… Annie Lacroix-Riz
“In the spring of 1932 desperate officials, anxious for their jobs and even their lives, aware that a new famine might be on its way, began to collect grain wherever and however they could. Mass confiscations occurred all across the U.S.S.R. In Ukraine they took on an almost fanatical intensity. » I am quoting a few lines from “Red Famine,” Anne Applebaum’s brilliant new history of the deliberate policy of mass starvation inflicted on Ukraine by Joseph Stalin in the early 1930s. An estimated five million or more people perished in just a few years. Walter Duranty, The Times’s correspondent in the Soviet Union, insisted the stories of famine were false. He won a Pulitzer Prize in 1932 for reportage the paper later called “completely misleading.” How many readers, I wonder, are familiar with this history of atrocity and denial, except in a vague way? How many know the name of Lazar Kaganovich, one of Stalin’s principal henchmen in the famine? What about other chapters large and small in the history of Communist horror, from the deportation of the Crimean Tatars to the depredations of Peru’s Shining Path to the Brezhnev-era psychiatric wards that were used to torture and imprison political dissidents? Why is it that people who know all about the infamous prison on Robben Island in South Africa have never heard of the prison on Cuba’s Isle of Pines? Why is Marxism still taken seriously on college campuses and in the progressive press? Do the same people who rightly demand the removal of Confederate statues ever feel even a shiver of inner revulsion at hipsters in Lenin or Mao T-shirts? These aren’t original questions. But they’re worth asking because so many of today’s progressives remain in a permanent and dangerous state of semi-denial about the legacy of Communism a century after its birth in Russia. (…) they will insist that there is an essential difference between Nazism and Communism — between race-hatred and class-hatred; Buchenwald and the gulag — that morally favors the latter. They will attempt to dissociate Communist theory from practice in an effort to acquit the former. They will balance acknowledgment of the repression and mass murder of Communism with references to its “real advances and achievements.” They will say that true communism has never been tried. They will write about Stalinist playwright Lillian Hellman in tones of sympathy and understanding they never extend to film director Elia Kazan. (…) intellectuals have a long history of making fools of themselves with their political commitments, and that the phenomenon is fully bipartisan. But the consequences of the left’s fellow-traveling and excuse-making are more dangerous. Venezuela is today in the throes of socialist dictatorship and humanitarian ruin, having been cheered along its predictable and unmerry course by the usual progressive suspects. One of those suspects, Jeremy Corbyn, may be Britain’s next prime minister, in part because a generation of Britons has come of age not knowing that the line running from “progressive social commitments” to catastrophic economic results is short and straight. (…) It’s a bitter fact that the most astonishing strategic victory by the West in the last century turns out to be the one whose lessons we’ve never seriously bothered to teach, much less to learn. An ideology that at one point enslaved and immiserated roughly a third of the world collapsed without a fight and was exposed for all to see. Yet we still have trouble condemning it as we do equivalent evils. And we treat its sympathizers as romantics and idealists, rather than as the fools, fanatics or cynics they really were and are. Winston Churchill wrote that when the Germans allowed the leader of the Bolsheviks to travel from Switzerland to St. Petersburg in 1917, “they turned upon Russia the most grisly of all weapons. They transported Lenin in a sealed truck like a plague bacillus.” A century on, the bacillus isn’t eradicated, and our immunity to it is still in doubt. Bret Stephens
A progressive panic attack begins as the Obama era wanes. If it seems to you that the Left has, collectively, lost its damned mind as the curtain rises on the last act of the Obama administration, you are not imagining things. Barack Obama has been extraordinarily successful in his desire to — what was that phrase? — fundamentally transform the country, but the metamorphosis is nonetheless a good deal less than his congregation wanted and expected. (…) We have seen an extraordinary outburst of genuine extremism — and genuine authoritarianism — in the past several months, and it will no doubt grow more intense as we approach the constitutional dethroning of the mock messiah to whom our progressive friends literally sang hymns of praise and swore oaths of allegiance. (“I pledge to be a servant to our president” — recall all that sieg heil creepiness.) There is an unmistakable stink of desperation about this, as though the Left intuits what the Right dares not hope: that the coming few months may in fact see progressivism’s cultural high-water mark for this generation. If there is desperation, it probably is because the Left is starting to suspect that the permanent Democratic majority it keeps promising itself may yet fail to materialize. (…) With young people trending pro-life, that old black magic ain’t what it used to be. It feels like time is running out. So it isn’t sufficient that same-sex marriages be legalized; bakers and florists must be locked in prison if they decline to participate in a gay couple’s ceremony. It isn’t sufficient that those wishing to undergo sex-change surgery be permitted to go their own way; the public must pay for it, and if Bruce Jenner is still “Bruce” to you, you must be driven from polite society. It isn’t enough that the Left dominate the media and pop culture; any attempt to compete with it must be criminalized in the name of “getting big money out of politics.” Not the New York Times’s money, or Hollywood’s money, or the CEO of Goldman Sachs’s money — just the wrong sort of people’s money. Every major Democratic presidential candidate and every Democratic senator is on record supporting the repeal of the First Amendment’s free-speech protections — i.e., carving the heart out of the Bill of Rights — to clear the way for putting all public debate under political discipline. Like it or not, you will be shackled to hope and change. The hysterical shrieking about the fictitious rape epidemic on college campuses, the attempts to fan the unhappy events in Ferguson and Baltimore into a national racial conflagration, the silly and shallow “inequality” talk — these are signs of progressivism in decadence. So is the brouhaha over the Confederate flag in South Carolina in the wake of the horrific massacre at Emanuel AME Church.  (…) Yet Lost Cause romanticism was very much in fashion for a moment, and not only among Confederate revanchists; Joan Baez, no redneck she, made a great deal of money with her recording of “The Night They Drove Old Dixie Down” in 1971. (…) It is strange and ironic that adherents of the Democratic party — which was, for about 140 years, not only the South’s but the world’s leading white-supremacist organization — should work themselves up over one flag, raised by their fellow partisans, at this late a date; but, well, welcome to the party. Yet Democratic concern about racist totems is selective: The Democrats are not going to change the name of their party, cancel the annual Jefferson-Jackson dinner, or stop naming things after Robert Byrd, senator and Exalted Cyclops of the Ku Klux Klan. Hillary Clinton is not going to be made to answer for her participation in a political campaign that featured Confederate-flag imagery. The Confederate flag, and other rebel iconography, is a marker of Southern distinctiveness, which, like American distinctiveness, is inextricably bound up with the enslavement and oppression of black people. But only the South is irredeemable in the Left’s view, and it has been so only since about 1994, when it went Republican. Which is to say, the Confederate flag is an emblem of regional distinctiveness disapproved of by 21st-century Democrats. Their reinvigorated concern is awfully nice: When the South actually was a segregationist backwater that African-Americans were fleeing by the million — when Democrats were running the show — they were ho-hum. Today the South is an economic powerhouse, dominated by Republicans, and attracting new African-American residents by the thousands. And so the Left and its creature, the Democratic party, insist that Southern identity as such must be anathematized. The horrific crime that shocked the nation notwithstanding, black life in Charleston remains very different, in attractive ways, from black life in such Left-dominated horror shows as Cleveland and Detroit, and the state’s governor is, in the parlance of identity politics, a woman of color — but she is a Republican, too, and therefore there must be shrieking, rending of garments, and gnashing of teeth. (…) What’s going to happen between now and November 8 of next year will be a political campaign on one side of the aisle only. On the other side, it’s going to be something between a temper tantrum and a panic attack. Kevin D. Williamson (24.06. 2015)
The United States and the world appear to be reliving the language, politics, and global instability of 1968 Almost a half-century ago, in 1968, the United States seemed to be falling apart. The Vietnam War, a bitter and close presidential election, antiwar protests, racial riots, political assassinations, terrorism, and a recession looming on the horizon left the country divided between a loud radical minority and a silent conservative majority. The United States avoided a civil war. But America suffered a collective psychological depression, civil unrest, defeat in Vietnam, and assorted disasters for the next decade — until the election of a once-polarizing Ronald Reagan ushered in five consecutive presidential terms of relative bipartisan calm and prosperity from 1981 to 2001. It appears as if 2017 might be another 1968. Recent traumatic hurricanes seem to reflect the country’s human turmoil. After the polarizing Obama presidency and the contested election of Donald Trump, the country is once again split in two. But this time the divide is far deeper, both ideologically and geographically — and more 50/50, with the two liberal coasts pitted against red-state America in between. Century-old mute stone statues are torn down in the dead of night, apparently on the theory that by attacking the Confederate dead, the lives of the living might improve. All the old standbys of American life seem to be eroding. The National Football League is imploding as it devolves into a political circus. Multimillionaire players refuse to stand for the national anthem, turning off millions of fans whose former loyalties paid their salaries. Politics — or rather a progressive hatred of the provocative Donald Trump — permeates almost every nook and cranny of popular culture. The new allegiance of the media, late-night television, stand-up comedy, Hollywood, professional sports, and universities is committed to liberal sermonizing. Politically correct obscenity and vulgarity among celebrities and entertainers are a substitute for talent, even as Hollywood is wracked by sexual-harassment scandals and other perversities. The smears “racist,” “fascist,” “white privilege,” and “Nazi” — like “Commie” of the 1950s — are so overused as to become meaningless. There is now less free speech on campus than during the McCarthy era of the early 1950s. As was the case in 1968, the world abroad is also falling apart. The European Union, model of the future, is unraveling. The EU has been paralyzed by the exit of Great Britain, the divide between Spain and Catalonia, the bankruptcy of Mediterranean nation members, insidious terrorist attacks in major European cities, and the onslaught of millions of immigrants — mostly young, male, and Muslim — from the war-torn Middle East. Germany is once again becoming imperious, but this time insidiously by means other than arms. The failed state of North Korea claims that it has nuclear-tipped missiles capable of reaching America’s West Coast — and apparently wants some sort of bribe not to launch them. Iran is likely to follow the North Korea nuclear trajectory. In the meantime, its new Shiite hegemony in the Middle East is feeding on the carcasses of Syria and Iraq. Is the chaos of 2017 a catharsis — a necessary and long overdue purge of dangerous and neglected pathologies? (…) Is the instability less a symptom that America is falling apart and more a sign that the loud conventional wisdom of the past — about the benefits of a globalized economy, the insignificance of national borders, and the importance of identity politics — is drawing to a close, along with the careers of those who profited from it? Victor Davis Hanson
I had to vote for Obama. I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president. Republican
The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism. All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. (…) America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us. White guilt (…) is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. (…) It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is. (…) Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.” For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist. Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. (…) Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. (…) Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. (…) Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption. Shelby Steele
For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens. But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance. The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice. The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored. First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. (…) in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades. So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline. As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits. Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.” The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. (…) The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons. Bruce Thornton
I think one of the healthy things about the United States is precisely this: there’s very little respect for intellectuals as such. And there shouldn’t be. What’s there to respect? I mean, in France if you’re part of the intellectual elite and you cough, there’s a front-page story in Le Monde. That’s one of the reasons why French intellectual culture is so farcical — it’s like Hollywood. You’re in front of the television cameras all the time, and you’ve got to keep doing something new so they’ll keep focusing on you and not on the guy at the next table, and people don’t have ideas that are that good, so they have to come up with crazy stuff, and the intellectuals get all pompous and self-important. Noam Chomsky
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Éveillées à des ambitions neuves, les générations qui étudient et qui naguère étaient étudiées, n’écoutent pas sans sarcasme ces discours flatteurs où ils croient reconnaître l’accent attendri des riches, quand ils expliquent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur. Roger Caillois
Il ne manque pas, parmi nous, de gens à qui ce Bourdieu-là ne manque pas (…) Des gens qui n’ont pas la mémoire courte – ou l’inculture profonde – au point d’avoir oublié que « la pensée au service de l’espace public », ça a donné, entre autres, l’aveuglement stupide de Sartre et de Beauvoir – parangons de l’« intellectuel engagé » – envers l’horreur des camps, nazis ou soviétiques. (…) De cet esprit-là, auquel le grand sociologue que fut, un temps, Pierre Bourdieu, a malheureusement ouvert un boulevard, nous sommes aujourd’hui saturés. Nathalie Heinich
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. (…) Mais où Obama a-t-il donc appris ces inepties ? D’où vient cet amoncellement de mécomptes du monde, d’idées fausses et difformes? D’où provient ce prurit du je-vous-demande pardon ? On est habitué au Jimmycartérisme, qui se mettait à quatre pattes devant Khomeiny (« un saint »), l’URSS, Cuba, le tiers monde, le terrorisme musulman. D’où vient qu’Obama ait – dirigeant d’une république – courbé la tête devant le roi d’Arabie ? C’est là qu’il convient de se souvenir de l’homme qui fut son pasteur pendant vingt ans, ce qui est très long quand on n’en a pas encore cinquante : le pasteur Jeremy Wright, de l’Eglise de la Trinité à Chicago, dont Obama ne se sépara que contraint et forcé, pour cause de déclarations insupportablement anti-américaines et antioccidentales, délirantes et conspirationnistes, et qui « passaient mal» dans la campagne.(…) C’est Wright qui fait du diplômé de Harvard qui est maintenant un agitateur local (community organizer), un politicien en vue à Chicago. N’oublions pas que la carrière politique locale d’Obama est lancée par les fanatiques de la haine de l’Amérique, les ultragauchistes terroristes des Weathermen, à Chicago, qui répètent et confirment la même antienne idéologique. Tous les aquariums où a nagé le têtard avaient la même eau. Obama est la version manucurée de Wright : il est allé à Harvard. Il n’éructe pas, il ne bave pas, il ne montre pas le poing. Il n’émet pas de gros mots à jet continu comme le fait son gourou. Elégant, Il est tout miel – mais les dragées, même recouvertes de sucre, n’en sont pas moins au poivre. Le fond est identique. Wright insulte l’Amérique, Obama demande pardon : dans les deux cas, elle est coupable. Wright est pasteur, Obama est président. Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. Quelle honte ! Il faut réparer les torts commis. L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition. (…) Il faut, à tout prix, trouver des terrains d’entente avec tous. Il faut aller loin, très loin, dans les concessions : l’autre côté finira bien par comprendre. Kim Jong-Il, Hugo Chavez, l’ayatollah Khamenei, Assad, le Hamas, on trouvera les compromis nécessaires à un deal avec les avocats des partie adverses. Sans entente, on retombe dans les errements de l’Amérique honnie. L’Amérique, quelle horreur, se laisse aller à défendre ses alliés contre ses ennemis. On se bat au Vietnam et en Corée contre le communisme agresseur. On se bat contre le Communisme soviétique. Que croyez-vous que l’Obama de la campagne électorale ait signifié à Berlin, en disant, non sans délire, que le monde avait gagné la Guerre froide « en s’unissant » comme s’il n’y avait un qu’un seul camp dans cette guerre ! L’Amérique doit être réduite dans ses prétentions et dans sa puissance. Le monde doit être réduit à un seul camp, celui des faiseurs de paix, avec lesquels l’entente est toujours trouvable. Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. (…) Notons à propos que la mêlée des «réalistes»de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s´arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en oeuvre de l´obamisterie. Ah! finalement, on ne s´embarrasse plus d´autre chose que la «stabilité» à court terme. (…) Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l´ami de l´ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la «relation spéciale». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n´a pas eu un mot pour l´allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l´affaire de la défense anti- missiles, qu´il ne faut pas compter sur Washington et qu´ils seront sacrifiés sur l´autel du «nouveau départ» avec Moscou. Pour tous, la leçon est brutale: à l´ère d´Obama, mieux vaut être un ennemi qu´un ami: ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire. Laurent Murawiec
L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait, même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allaient pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Et certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, et qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois qu’ils seraient rassemblés dans les sites de son ancienne grandeur, n’en viennent à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis 19 siècles : « l’an prochain à Jérusalem ». En dépit du flot, tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était formé en leur faveur et surtout il faut bien le dire dans la chrétienté. Un capital qui était issu de l’immense souvenir du testament, nourri à toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique valeur et que poétisait chez nous la légende du juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subi pendant la deuxième guerre mondiale et grossi depuis qu’il avait retrouvé une patrie, par les travaux, leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats. C’est pourquoi indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande que les Israéliens recevaient des milieux juifs, d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, que lui avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’ils parviennent en usant d’un peu de modestie à trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet, un état d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir, et ensuite l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi d’ailleurs, la cinquième république s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noué avec cet Etat et la cinquième république s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux et même lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter mais en même temps nous lui prodiguions des avis de modération. Notamment à propos des litiges qui concernait les eaux du Jourdain, des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval, à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv. D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient, la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être aujourd’hui une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux arabes que pour nous l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte que tout compris, on pourrait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement, à ce qu’une paix réelle fut conclue et garantie en Orient pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint à la déchirer. Hélas ! le drame est venu, il avait été préparé par une tension très grave et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Aqaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ce qui rêvait d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait dès le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances, d’interdire conjointement avec elle, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré, qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier, l’action des armes. Et c’est ce qu’il répétait en toute clarté à tous les Etats en cause. C’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai déclaré à Monsieur Ebban, Ministre des affaires étrangères d’Israël que je voyais à Paris. Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les arabes, je ne doute pas que le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires. Mais ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international dans des difficultés grandissantes d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays. Si bien que c’est à vous, devenu des conquérants, qu’on en attribuerait peu à peu les inconvénients. On sait que la voix de la France n’a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combat des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant il organise, sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsion et s’il manifeste contre lui la résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme (…) Pour qu’un règlement quelconque, et notamment celui là, puisse voir le jour, règlement auquel du reste, suivant la France, devrait s’ajouter un statut international pour Jérusalem. Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faut naturellement, il faudrait qu’il eut l’accord des grandes puissances qui entraînerait ipso facto, celui des Nations Unies. Et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître tant que l’un des plus grand des quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. Charles De Gaulle (nov. 67)
La société est devenue d’abord plus tolérante vis-à-vis des déviances mineures. Nous sommes de plus en plus individualistes; le contrôle social s’est affaibli, on ne vit plus sous le regard d’une seule communauté comme autrefois. Et puis, l’opinion des parents sur la conduite de leurs enfants est devenue plus indulgente. Ils sont plus laxistes sur la morale quotidienne, et ce dans tous les milieux. (…) Pour être efficace, la réparation doit être immédiate. Or, dans les lycées, la norme veut que l’on ne répare les casiers abîmés qu’au troisième. Au prétexte que le coût unitaire est trop élevé. De même, tous les offices d’HLM ne sont pas convaincus de l’utilité des poubelles ignifugées ou des produits antitags. Sébastian Roché
N’est-on pas allé jusqu’à interpréter les tags qui maculaient les trains de banlieue comme « une revendication de vie », voire comme « une agression carnavalesque contre l’ordre établi »? Le Point
Avec l’appui de la télévision, les événements ont été instrumentalisés par les ennemis politiques du ministre de l’Intérieur, qui ont ressassé les termes de « racaille » et de « karcher », sans jamais les replacer dans leur contexte (le décès d’un enfant victime d’un règlement de comptes entre bandes à La Courneuve), ni préciser qu’ils ne désignaient qu’une infime minorité de délinquants et non toute une population respectable. Ainsi caricaturés, ces mots sont devenus un cri de ralliement pour des casseurs potentiels déjà fascinés par des images de violences. Le discours de l’excuse s’est alors trouvé survalorisé, les prises de position normatives ont été rejetées comme politiquement incorrectes et les policiers ont fait office de boucs émissaires. Lucienne Bui Trong (mars 2006)
La situation a évolué dans le mauvais sens. Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. Il n’y a pas d’efficacité car il y a une mécompréhension du problème. Au-delà des clivages, la question des banlieues a toujours été vécue comme: ‘Ce sont des quartiers pauvres et modestes, quand l’économie ira mieux, ça ira mieux dans les quartiers’. Or, l’aspect économique n’est pas le coeur du problème, qui est beaucoup plus vaste. Malek Boutih (député socialiste des Essones, ancien président de SOS-Racisme)
Toute notre action est un cri de guerre contre l’impérialisme et un appel vibrant à l’unité des peuples contre le grand ennemi du genre humain : les États-Unis d’Amérique du Nord. Che Guevara
La Corée du Nord est un modèle dont Cuba devrait s’inspirer. Che Guevara (Pyongyang, 1965)
Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort. Che Guevara (ONU, 1964)
Il faut mener la guerre jusqu’où l’ennemi la mène : chez lui, dans ses lieux d’amusement; il faut la faire totalement. (avril 1967) Ernesto Guevara
Phnom Penh libéré par les Khmers Rouges Titre du Monde
Le drapeau de la Résistance flotte sur Phnom Penh Titre de Libération
Enfin le communisme peut être un matériau pour l’art. Antoine Vitez (sur l’opera maoiste de Badiou, Le foulard rouge, ecrit en 1972 et joue en 1984)
Les Khmers rouges s’emparent de Phnom Penh : une séquence historique s’achève parce qu’une contradiction est résolue (…). La résolution d’une contradiction exige que quelque chose disparaisse (…). Il n’est de pensée révolutionnaire véritable que celle qui mène la reconnaissance du nouveau jusqu’à son incontournable envers : de l’ancien doit mourir (…). La dialectique matérialiste affronte la perte et la disparition sans retour. Il y a des nouveautés radicales parce qu’il y a des cadavres qu’aucune trompette du Jugement ne viendra jamais réveiller. Au plus fort de la Révolution culturelle, on disait en Chine : l’essence du révisionnisme, c’est la peur de la mort. Alain Badiou
Kampuchea vaincra! Alain Badiou (Le Monde, 17/1/79)
Du temps de Staline, il faut bien dire que les organisations politiques ouvrières et populaires se portaient infiniment mieux, et que le capitalisme était moins arrogant. Il n’y a même pas de comparaison. Alain Badiou
La réalité (souvent déplorable) de la Terreur révolutionnaire doit-elle nous conduire à rejeter l’idée même de la Terreur? Ou existe-t-il un moyen de la répéter (…), de sauver son contenu virtuel de sa réalisation? Slavoj Zizek
Le communisme est une idée, au sens platonicien, indestructible. Le fait même de renoncer à l’utopie d’une société égalitaire, collective, débarrassée de l’Etat, est impensable, sauf à se faire complice des violences inégalitaires du système capitaliste. Alain Badiou
Faire vivre l’Idée communiste est une tâche de caractère idéologique (donc aussi philosophique), et non pas immédiatement une tâche politique. Il s’agit en effet que les individus puissent être préparés à accepter, si possible dans l’enthousiasme, qu’une autre vision du monde, radicalement opposée au capitalo-parlementarisme actuellement hégémonique (notamment sous le nom falsifié de « démocratie ») est non seulement souhaitable, mais possible. (…) Même des mouvements aussi confus que les immenses manifestations de décembre 1995 contre le plan Juppé, avec comme unique mot d’ordre « ensemble ! », portaient cette compatibilité. Il en va de même pour les actions organisées pour le droit des ouvriers sans-papiers, ou pour les manifestations, dans toute l’Europe, soit contre la guerre en Irak, soit contre la guerre à Gaza. Et bien d’autres choses. Je ne dis pas qu’il s’agit de politiques cohérentes inscrites dans l’horizon de l’Idée. Je dis seulement que l’existence de ces processus, prolongés ou sporadiques, atteste que l’Idée communiste n’est pas coupée de tout réel. Le retour actuel de la violence de classe (séquestrations de patrons, bagarres de rue, émeutes de la jeunesse populaire…) est lui aussi tout à fait confus, et parfois même a-politique. Il n’en est pas moins inscrit sous le signe potentiel de l’Idée, parce qu’il rompt avec le consensus parlementaire, et rend de nouveau acceptable qu’on puisse courir des risques au nom de ses convictions, au lieu de toujours s’en remettre à la médiation de l’Etat, lequel, aujourd’hui, est clairement anti-populaire, voire guerrier, tous partis politiques confondus. Alain Badiou
Le mot « communisme » a été durant environ deux siècles (depuis la « Communauté des Égaux » de Babeuf jusqu’aux années quatrevingt du dernier siècle) le nom le plus important d’une Idée située dans le champ des politiques d’émancipation, ou politiques révolutionnaires.
Il faut d’abord dire que ces leçons sur le siècle sont une réaction contre toute une série d’opinions dominantes et de campagnes menées sur la signification du XXe siècle. En France, cette question a été, dans son bilan officiel, dominée par l’idée du totalitarisme, des grands massacres, du communisme comme crime, du communisme identifié au fascisme. Le siècle a été désigné comme celui de l’horreur et du crime de masse. Ces leçons sur le XXe siècle veulent proposer un autre bilan. Différent, mais pas forcément contraire en ce qui concerne les faits. Il ne s’agit pas d’opposer des faits à d’autres faits. Il s’agit de trouver un chemin de pensée pour aborder le siècle. (…) A mon sens, une grande partie de la violence du siècle – l’extrême cruauté politique qui a dominé ses deux premiers tiers – s’enracine dans la conviction que, somme toute, un commencement absolu n’a pas de prix. Si réellement il s’agit de fonder un nouveau monde, alors le prix payé par l’ancien monde, fût-ce en nombre de morts ou en quantité de souffrance, est une question relativement secondaire. Alain Badiou
Le Nouvel Observateur’ et ‘Le Monde’ exercent une influence considérable sur les intellectuels du tiers monde. En prenant position comme collaborateur du Monde, je ne pense pas avoir poussé beaucoup de paysans cambodgiens à la révolte, mais j’ai pu lancer des intellectuels khmers sur une piste sanglante. Si j’ai écrit ce livre, ce n’est pas pour me faire pardonner mais pour appliquer un contre-poison à ce peuple empoisonné et lui faire prendre une tasse de lait après l’arsenic que j’ai contribué à lui administrer (…). Pour le Vietnam, je plaide coupable. Je m’accuse d’avoir pratiqué une information sélective en dissimulant le caractère stalinien du régime nord-vietnamien (…) Je subissais l’influence écrasante de Sartre qui voyait dans toute critique de fond de la Russie soviétique une arme offerte aux réactionnaires et aux Américains. “Il ne fallait pas désespérer Billancourt”. Pendant vingt ans, j’ai participé à cette scandaleuse timidité à l’égard de la Russie communiste, que je considérais comme la capitale de la gauche et de la révolution mondiale. Jean Lacouture (novembre 1978)
Nous avons en Europe de l’Ouest, et particulièrement en France, une mémoire du communisme qui est souvent glorieuse, incontestable, indiscutable. C’est une légende, un véritable mythe, qui confine parfois à l’invraisemblable… (…) Il existe, en effet, chez nous une espèce de gauchisme culturel, très répandu, très bon chic bon genre. Il n’est pas tant le fait des bobos que des «bobobos» – bourgeois, bohèmes, bolchos – qu’on rencontre un petit peu tous les jours, dans l’Université, dans les médias, dans la politique, etc. On est confronté en permanence à ce politiquement correct. Alors le nazisme, c’est abominable, on est d’accord; Le Pen, c’est horrible, on est d’accord. Mais, dès qu’on parle d’autres problèmes, qui sont tout aussi importants, c’est un tollé! Cela tient au fait que la France a eu des expériences très différentes du communisme et du nazisme. Du nazisme, les Français ont conservé, et à juste titre, la mémoire tragique de la défaite de 40 et de l´occupation (fusillades, pillages, déportations etc.). Par contre, depuis 1936, et surtout depuis 1944-1945, les Français ont assez largement conservé une mémoire glorieuse qui repose sur la participation du PCF au front populaire, sur la participation des communistes à la Résistance et à la Libération du pays, et aussi au rôle de l´URSS dans l´écrasement du nazisme. Cette opposition entre mémoire tragique de l´un et mémoire glorieuse de l´autre explique cette « différence de méfiance ». (…) C´est d´ailleurs un des gros problèmes de la réunification européenne : la France, l´Italie, l´Espagne en particulier où l´on entretient une mémoire glorieuse du communisme, et les ex-démocraties populaires qui entretiennent une mémoire tragique (dont témoignent les remarquables films récents en Allemagne avec La vie des autres, ou en Roumanie avec la dernière palme d´or du festival de Cannes). Cela a mené devant le conseil de l´Europe en janvier 2006 à une véritable scission entre socialistes et communistes d´Europe de l´Ouest alliés aux nostalgiques communistes de l´Est pour s´opposer à l´adoption d´une résolution condamnant les crimes des régimes communistes. Stephane Courtois
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux. Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Nous crions d’un bout à l’autre de l’Afrique : Attention, l’Amérique a la rage. Tranchons tous les liens qui nous rattachent à elle, sinons nous serons à notre tour mordus et enragés. Sartre (1953)
La liberté de critique est totale en URSS et le citoyen soviétique améliore sans cesse sa condition au sein d’une société en progression continuelle. Sartre (1954)
Un anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n’en sortirai plus jamais. Sartre (1961)
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (1961)
Les Vietnamiens se battent pour tous les hommes, et les forces américaines contre tous. Sartre (1971)
On dit souvent que les définitions du gouvernement islamique sont imprécises. Elles m’ont paru au contraire d’une limpidité très familière, mais, je dois dire, assez peu rassurante. « Ce sont les formules de base de la démocratie, bourgeoise ou révolutionnaire, ai-je dit ; nous n’avons pas cessé de les répéter depuis le XVIIIe siècle, et vous savez à quoi elles ont mené. » Mais on m’a répondu aussitôt : « Le Coran les avait énoncées bien avant vos philosophes et si l’Occident chrétien et industriel en a perdu le sens, l’islam, lui, saura en préserver la valeur et l’efficacité ». Michel Foucault (1978)
A l’aurore de l’histoire, la Perse a inventé l’Etat et elle en a confié les recettes à l’Islam : ses administrateurs ont servi de cadres au Calife. Mais de ce même Islam, elle a fait dériver une religion qui a donné à son peuple des ressources indéfinies pour résister au pouvoir de l’Etat. Dans cette volonté d’un gouvernement islamique, faut-il voir une réconciliation, une contradiction, ou le seuil d’une nouveauté ? (…) J’entends déjà les Français qui rient. Mais je sais qu’ils ont tort. Michel Foucault (1978)
Impossible, disent aujourd’hui certains qui estiment en savoir long sur les sociétés islamiques ou sur la nature de toute religion. Je serai beaucoup plus modeste qu’eux, ne voyant pas au nom de quelle universalité on empêcherait les musulmans de chercher leur avenir dans un Islam dont ils auront à former, de leurs mains, le visage nouveau. Dans l’expression ‘gouvernement islamique’, pourquoi jeter d’emblée la suspicion sur l’adjectif ‘islamique’ ? Le mot ‘gouvernement’ suffit, à lui seul, à éveiller la vigilance. Michel Foucault (1978)
Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. Boumediene (mars 1974)
Un jour, des millions d’hommes quitteront le sud pour aller dans le nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. Houari Boumediene (ONU, 10.04.74)
Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union Européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. La Bosnie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. 50% de ses citoyens sont musulmans. L’Europe est dans une fâcheuse posture. Et il en est de même de l’Amérique. Elles [les nations occidentales] devraient accepter de devenir musulmanes avec le temps ou bien de déclarer la guerre aux musulmans. Kadhafi (10.04.06) 
Et si Raspail, avec « Le Camp des Saints », n’était ni un prophète ni un romancier visionnaire, mais simplement un implacable historien de notre futur? Jean Cau
[Et tu penses qu’en France le Mossad pourrait attaquer les synagogues …?] Je ne sais pas si c’est le cas. Simplement, ce que je dis, c’est qu’il faut savoir à qui peut profiter le crime. José Bové à Karl Zéro, Canal plus, avril 2002
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières.Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
A la limite, c’est eux qui l’ont fait, mais c’est nous qui l’avons voulu. Jean Baudrillard
La plus grande oeuvre d’art jamais réalisée … Karlheinz Stockhausen
 J’aurais été bien plus content si, le 11 septembre, le Pentagone avait été mis à terre et s’ils n’avaient pas manqué la Maison Blanche – au lieu de voir s’effondrer les Twin Towers remplies de milliers de travailleurs américains, parmi lesquels, paraît-il, se trouvaient presqu’un millier de clandestins. Toni Negri
Aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone. Thierry Meyssan
[Est-ce que tu penses que Bush peut être à l’origine de ces attentats (les attentats du 11-Septembre) ?] Je pense que c’est possible. Je sais que les sites qui parlent de ce problème sont des sites qui ont les plus gros taux de visites. (…) Et donc je me dis, moi qui suis très sensibilisée au problème des nouvelles techniques de l’information et de la communication, que cette expression de la masse et du peuple ne peut pas être sans aucune vérité. (…) Je ne te dis pas que j’adhère à cette posture, mais disons que je m’interroge quand même un petit peu sur cette question.(…) C’est la responsabilité de chaque blogueur de se faire son idée. Christine Boutin (Entretien avec Karl Zéro, Canal plus, nov. 2006)
« Je suis allée voir l’ambassadeur iranien à l’époque et il a dit que bien sûr c’était vrai. » (…) Elle affirme donc que la CIA et d’autres agences étaient au courant qu’il y aurait quelque chose le 11 septembre? « Absolument ». Doit-on comprendre qu’il s’agit d’un complot interne US ou que al-Qaïda est le responsable? « Tout le monde est responsable. Si seulement vous en saviez plus, c’est encore plus déprimant. » Juliette Binoche (Entretien pour the Telegraph, sept. 2007, après sa fameuse manifestation pro-palestinienne du 23/03/02 contre la « Juiverie internationale »)
Moi j’ai tendance à être plutôt souvent de l’avis de la théorie du complot.(…) Parce que  je pense qu’on nous ment sur énormément de choses: Coluche, le 11-Septembre. (…) c’était bourré d’or les tours du 11-Septembre, et puis c’était un gouffre à thunes parce ce que ça a été terminé, il me semble, en 73 et pour recâbler tout ça, pour mettre à l’heure de toute la technologie et tout, c’était beaucoup plus cher de faire les travaux que de les détruire. Marion Cotillard
We are stardust We are golden And we’ve got to get ourselves Back to the garden Joni Mitchell (Woodstock, 1970)
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre.Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)
It was actually the first time in the history of movies that it wasn’t safe to be in the movie theatre, and when I walked out into Times Square at noon I felt I had been raped. Peter Bogdanovich
Les femmes occupaient le haut de l’affiche au cours des années 1920 et 1930. Cela s’est évaporé au cours des années 1940, ce qui nous a menés aux années 1950 où les femmes étaient reléguées au second plan. Et c’est ce que le cinéma fait, au fond : il tue les femmes. Peter Bogdanovich
Hitchcock s’est battu pour tourner ce meurtre séparément du reste du film, ce qui veut dire d’une certaine manière que dorénavant, le meurtre allait devenir un élément acceptable au sein d’un divertissement. Il y avait déjà de la violence dans le cinéma américain, mais rien ressemblant à Psycho ; rien d’aussi intime, rien d’aussi soigneusement conçu, rien d’aussi sans remords. Bret Easton Ellis
C’est, je crois, la première expression moderne du corps féminin agressé. Et à certains égards c’en est l’expression la plus pure, parce que c’est dévastateur. Karyn Kusama
DSK, dont tous les médias connaissent le goût pour une sexualité débridée, risquait des ennuis dans un pays qui ne plaisante pas avec la morale, en général, et le harcèlement sexuel en particulier. (…) Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). (…) Or, à la différence de ce qui se passe en France, aux Etats-Unis -où se trouve le siège du FMI – le moindre « comportement inapproprié » peut coûter son poste au titulaire d’un mandat public. Les Américains ne plaisantent pas avec ce genre de chose même si cela nous fait ricaner. Si dans six mois, il y a un scandale (selon les normes US), les médias français vont-ils encore écrire: on le redoutait, mais on ne vous a rien dit ? Notre crédibilité n’en sortirait pas renforcée. (…) Pour bien connaître DSK, je sais qu’il est en séduction permanente, même s’il n’a jamais eu de gestes déplacés. Et que cela choque et a choqué, surtout hors des frontières hexagonales. Tous les journalistes qui ont couvert ses activités publiques –y compris à Marianne- le savent et les anecdotes sont nombreuses. Mais être «pressant» n’est pas un délit pénal, que cela soit clair. En revanche, aux Etats-Unis, c’est tout comme. C’est tout ce que je voulais dire : une fois à la tête du FMI, il faudra que DSK ravale son côté « French Lover » lourdingue. Jean Quatremer (correspondant de Libération à Bruxelles, juillet 2007)
On le baptise « cinq minutes douche comprise », parfois trois, parfois dix, l’expression est presque entrée dans le langage courant. « Lorsqu’il avait un rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près. Nous le déposions, il nous donnait un horaire en sortant de la voiture et il revenait à l’horaire exact, il ne fallait surtout pas être en retard », raconte son ancien chauffeur. Des femmes qu’il chevauche, sans plus de préliminaires, parce que le temps presse, parce que la quantité a pris l’ascendant sur la qualité. « Je me souviens d’un voyage à La Réunion, au début de son septennat. Une femme l’aborde et lui demande une dédicace sur l’un de ses livres qu’elle tient à la main. Le président s’approche et lui dit, avec un culot incroyable : “Montez dans ma chambre si vous voulez ?” Et la femme de suivre Jacques Chirac, tout sourire », se souvient l’un de ses gardes du corps à la mairie de Paris. Les anecdotes se succèdent, les témoignages plus ou moins vrais le voient courir, à l’heure du laitier, dans un couloir sombre d’un immeuble du quartier Montparnasse pour rejoindre une femme qui le guette derrière la porte. Un autre jour, on l’aperçoit rue de la Convention dans les bras d’une autre, à qui il rend visite chaque semaine. Il utilise aussi régulièrement une garçonnière dans l’immeuble du 241, boulevard Saint-Germain (dont le premier étage abrite le siège départemental du RPR) pour satisfaire ses plaisirs avec une collaboratrice du RPR ou une jeune ambitieuse qui cherche la chaleur fugace du pouvoir. Il y a les régulières, les coups de cœur, les « amuse-bouches » qui réussissent à franchir les cordons de sécurité pour approcher le président, d’autres qui partagent le même avion que le président et qui attendent, nues, dans son espace privé, brûlantes de désir. Elles sont députées, ministres, conseillères, bourgeoises provinciales, des inconnues qu’on lui apporte sur un plateau, et puis il y a celles avec qui il aura une histoire parallèle, tout cela vécu simultanément, réclamant de grandes qualités d’organisation. […] La nuit où la princesse Diana trouve la mort dans un terrible accident de la circulation sous le pont de l’Alma, le président de la République est introuvable. Nous sommes le 31 août 1997. Toute la République est debout. En désespoir de cause, Jean-Pierre Chevènement, le ministre de l’Intérieur, tente un appel à Bernadette Chirac qui, désappointée, lui répond qu’elle ne sait pas où est son mari. Ce soir-là, on le dit dans les bras d’une autre femme. Jean-Claude Laumond, son inséparable chauffeur, est réveillé alors qu’il dort dans sa voiture au pied de l’immeuble où se trouve le président. Arnaud Ardoin
Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d’Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d’une “aventure”. Eh bien, s’il faut parler d’aventure, ce fut l’une des plus merveilleuses où se soit engagée l’humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l’histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (…) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l’histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. John Reed
2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. (…) Il y a cent ans, la guerre n’en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s’abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d’octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste. Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d’exemplaires, a fait connaître l’épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s’empara des progressistes (…) C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ». Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s’engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal. Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d’octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968. Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos. L’Humanité (19.06.2017)
A cette époque-là, il y avait une conjonction très propice à l’amour libre: une situation économique florissante (en plein milieu des Trente Glorieuses, la France redécouvrait la prospérité), un optimisme délirant (on allait écraser le cancer, liquider l’infarctus du myocarde), une absence de maladies vénériennes… Tout d’un coup, le sujet amoureux pouvait se penser vagabondant à travers ses désirs, sans freins, sans pénalités. La science avait vaincu la vieille idée du péché sexuel. La liberté semblait sans limites. Tel était le climat de l’époque. (…) La contestation était en effet portée depuis un siècle par différentes avant-gardes artistiques et esthétiques, et une envie de plaisir s’était exprimée avec force chez les jeunes de l’après-guerre. A la fin des années 1950, nous sortions d’une société hypocrite où les hommes faisaient la loi dans les familles et les patrons, dans l’entreprise. Nous voulions en finir avec cette France corsetée, rigidifiée, fermée. Tout ce que nous pouvions happer de l’étranger -le rock, le blues, la soul, les hippies, les cheveux longs- était convoqué chez nous avec une avidité sans limite. Les garçons et les filles se regardaient comme deux tribus qui allaient bientôt sauter l’une sur l’autre. Ils restaient encore séparés par quelques vieux tabous: la virginité des femmes avant le mariage (c’était presque une plaisanterie), la non-mixité dans les écoles, un certain ascendant des hommes sur les femmes, une forme de pudeur… (…) C’est parce qu’ils étaient déjà morts, rongés de l’intérieur par toute une mentalité démocratique et égalitaire. On s’était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c’est l’acte d’émancipation de l’individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n’a plus d’ordre à recevoir de personne. Ni de l’Eglise, ni de l’armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti… Et puisque l’individu est libre, il n’a plus d’autre obstacle face à son désir que lui-même. « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »: c’est la merveilleuse promesse d’un nouveau monde. S’est alors manifestée une véritable jubilation à l’idée de terrasser l’ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c’est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d’un coup, l’irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait « je vous aime » pour dire « je vous désire ». Cette fois, on dit « je te désire » au lieu de dire « je t’aime ». (…) C’était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s’arrêtaient au dernier stade (« mes parents ne veulent pas », « je veux rester vierge pour le mariage »). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale… Tout basculait. Le désir ne se résumait pas simplement à la pulsion immonde de l’espèce masculine. On reconnaissait le désir des femmes. Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu’il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles. (…) On lisait Freud, bien sûr, mais surtout Wilhelm Reich, dont les idées épousaient à merveille les lubies de l’époque. Selon lui, l’orgasme permettait d’expliquer le double phénomène du fascisme et du stalinisme: c’est parce que les gens ne jouissaient pas qu’ils se choisissaient un Hitler ou un Staline. L’orgasme avait donc des vertus non seulement hédoniques mais aussi politiques. (…) Dans le mouvement Sexpol, dont on ne relit pas aujourd’hui les publications sans éclater de rire, des trotskistes nous expliquaient comment l’émancipation de l’être humain passait par la grève mais aussi par le lit: la nuit, en copulant, l’ouvrier et l’ouvrière devaient atteindre ensemble l’extase pour hâter le grand soir. « Plus je fais l’amour, disait-on, plus je fais la révolution! » Raoul Vaneigem eut même ce jeu de mots, qui paraît consternant aujourd’hui: « Erection, insurrection! » (…) La révolution prolétarienne battait de l’aile, le tiers-monde était loin. La sexualité, elle, était pleine de promesses. Elle était la prolongation de la religion, la forme la plus immédiate et la plus accessible de la rédemption. Elle portait, croyait-on, un amour universel, une forme de franciscanisme. « Aimez-vous les uns sur les autres »: il y avait de la naïveté et de la bêtise dans tout cela, mais aussi une certaine générosité évangélique. On allait fabriquer un nouvel Adam. Le sexe, c’était le jardin d’Eden! Chesterton a eu cette phrase géniale: « Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. » La révolution sexuelle en était une. (…) Le vent soufflait des Etats-Unis, mais aussi de l’Angleterre, de la Hollande. Le plus riche de 68, ce fut cette révolution désirante, qui sera ensuite théorisée par Foucault, Deleuze, Guattari… On baignait dans une bienveillance généralisée, naïve, mais féconde. (…) Sans s’en apercevoir, on passe d’un dogme à l’autre. Le plaisir était prohibé, il devient obligatoire. L’ambiance est à l’intimidation. Un nouveau tribunal s’installe: non seulement il faut faire l’amour de toutes les façons, avec tout le monde, mais encore faut-il que le plaisir soit conforme. Quiconque s’y soustrait est vu comme une sorte d’épave réactionnaire, un résidu du vieux monde. Quand les filles refusaient de coucher, on avait le moyen de les culpabiliser: « Ben dis donc, tu n’es pas libérée! » Peu à peu s’établit donc ce que nous avions appelé, avec Alain Finkielkraut, la dictature de l’orgasme obligatoire. L’érotisme entre dans le domaine de la prouesse. On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte. (…) Ils ont dit beaucoup de bêtises… Le corps apparaissant comme la métaphore de la subversion, le sentiment est mis sous le boisseau. On se dit que, pendant des siècles, les hommes avaient masqué leur désir derrière le rideau des beaux sentiments. Alors, il faut le déchirer! Le rock’n’roll et la pop poussent des cris d’appétit sexuel sauvage (« I can’t get no satisfaction », « I want you! »). L’inhibition et la frustration sont montrées du doigt; l’amour, avec ses fantômes séculaires (possession, jalousie, secret), devient obscène. D’où le refus de la séduction, considérée comme une survivance du vieux monde: on est supposé aller vers son partenaire en toute franchise, sans recourir aux anciens et misérables stratagèmes. (…) Les gens qui se mariaient nous semblaient pathétiques, on leur faisait honte. La jalousie ne pouvait plus se dire. Si quelqu’un y succombait, le cercle des amis lui exprimait une sorte de compassion: « Pourquoi es-tu jaloux? Analyse bien. » Déjà, la parole thérapeutique se frayait un chemin. Alors, au lieu de creuser sa plaie comme on le fait de nos jours, on se raisonnait: « Après tout, j’ai peut-être tort. Pourquoi m’inquiéter si ma compagne s’envoie en l’air avec le voisin du dessous? Je n’ai qu’à faire les courses pendant ce temps-là. » Le couple était une forme transitoire qu’on empruntait pour aller vers la polygamie ou la polyandrie. A l’époque, il y avait un véritable terrorisme anticonjugal. (…) Les enfants, eux aussi, devaient être élevés dans l’éloge de leur désir. La pédophilie n’était pas admise, mais elle comptait un certain nombre de défenseurs. On se disait que le miracle sexuel était un don qui devait être équitablement distribué entre tous les âges, et toutes les générations. C’était une époque innocente, et naïve… Car le vieux monde restait présent sous les oripeaux du nouveau, comme dans le film Les Bronzés (où ce sont toujours les mêmes qui se tapent les jolies filles). Derrière la parole libératrice et généreuse, il y avait une vraie brutalité, les lois de la sélection amoureuse subsistaient avec force. Petit à petit, on s’est aperçu qu’il y avait des perdants, des victimes, des laissés-pour-compte; on était en train de recréer un univers de mensonge que l’on avait pourtant tant dénoncé chez nos parents. (…) Les femmes se sont senties niées. Tout était calqué sur la mécanique de l’orgasme masculin, sur la satisfaction unique qui balaie la pulsion. Elles ne souhaitaient pas devenir des objets sexuels manipulables à volonté par des hommes en chaleur, mais voulaient la reconnaissance de nouveaux droits: l’avortement, la contraception, le respect de leur propre désir… Et puis, il y avait toujours cette renaissance incessante, à chaque relation, du sentiment, sorte de nostalgie dont on n’osait pas parler. (…) Nous avons voulu faire comprendre que la notion de révolution sexuelle n’avait aucun sens. Que l’amour n’était pas réformable. « Non, l’amour n’est pas honteux! » avance Barthes. Tout à coup, nous revendiquions le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel. Ce qui n’empêchait pas une consommation sexuelle frénétique, notamment dans le monde homosexuel, mais elle n’était plus obligatoire. On s’est mis à redécouvrir Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Le sentiment est revenu par la petite porte. Comme si une deuxième libération avait lieu. (…) Malgré tout, le bilan est positif. La révolution sexuelle que nous avons accomplie reste, pour de nombreux pays au monde, un extraordinaire idéal. Les femmes y ont gagné des droits indéniables… Mais si, depuis le Moyen Age, l’individu s’est lentement affranchi des tutelles féodales, administratives, religieuses, sociales, morales, sexuelles, nous découvrons maintenant en Occident que cette liberté a pour contrepartie la responsabilité et la solitude. Résultat, la sexualité est peut-être libre, mais elle est devenue anxieuse. Sommes-nous de bons amants? De bons époux? De bons parents? La parole est passée du registre du diktat à celui de la plainte. « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus », a dit justement Wolinski. (…) L’erreur que nous avons commise en 68, c’est de penser que l’Histoire est un héritage cumulatif et que, en supprimant les peurs d’antan, la nouvelle génération bénéficierait d’emblée d’une sexualité clefs en main. En réalité, le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Ce qui est mort depuis 68, c’est l’angélisme du désir, l’idée que tout ce qui touche au sexe est merveilleux. On sait aujourd’hui que l’amour n’est pas démocratique, qu’il ne répond pas à la justice ni au mérite, qu’il charrie la dépendance, l’abjection, la servitude aussi bien que le sacrifice et la transfiguration. C’est cette complexité de l’amour que nous devons redécouvrir. Pascal Bruckner
Avec le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et celui de notre constitution, 2018 s’annonce riche en célébrations. Ce n’est manifestement pas encore assez pour le Président de la République, qui souhaiterait engager une intense réflexion historico-politique, en vue de commémorer le 50ème anniversaire de mai 1968. Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es. (…) Qui sont donc les héros de cette période que nous serons amenés à célébrer? Les étudiants gauchistes et leurs théories insensées, qui font aujourd’hui sourire mais qui résonnaient autrement dans le contexte géopolitique et idéologique des années 1960? Ou la foule qui défila le 30 mai derrière Malraux, Debré et Schumann pour défendre avec le général de Gaulle, l’État de droit, l’ordre et la liberté? Au-delà des faits, les événements de 1968 sont bien sûr restés comme le symbole d’une émancipation culturelle, et de l’avènement de l’individu roi. Un mouvement entamé bien avant les barricades et dépassant largement nos frontières, mais qu’importe. Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait «jouir sans entrave»: une société de consommation et de loisir allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail. On pourrait désormais dépenser de plus en plus tout en travaillant de moins en moins, et tout était permis sur le plan politique pour financer la sacro-sainte «consommation des ménages». Le bilan de cette politique est aujourd’hui navrant: une dette gigantesque, qui fait peser sur les générations futures le train de vie de la génération 68. Un modèle économique à bout de souffle, privilégiant la consommation sur l’investissement. Des écosystèmes dévastés, qui nous forcent à imaginer une nouvelle croissance sobre en ressources et circulaire, plus respectueuse de notre santé comme de notre environnement. Sur le plan politique et social, 1968 a bousculé l’ordre ancien d’une société patriarcale et puritaine, et aboutit à de grandes lois mettant l’individu au centre du jeu. La loi Veil, l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, l’abolition de la peine de mort sont sans conteste des lois nées en 1968. Mais cette logique individualiste a déraillé. Puisqu’il était «interdit d’interdire», on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun. Mai 68 c’est la victoire de l’individu contre la famille, contre le collectif, contre l’autorité, contre les règles. On se rend compte aujourd’hui combien notre société souffre de la fragilisation des rapports sociaux, de l’isolement social, de l’absence d’autorité et de règles. Sur le plan culturel, enfin, mai 68 qui voulait abattre le «vieux monde» a enfin sapé au nom de l’émancipation individuelle toute notion de transmission historique et culturelle, d’héritage, de valeurs communes. On en mesure quotidiennement les dégâts dans les nouvelles générations, et le déclin de l’éducation nationale, mesuré chaque année par les enquêtes Pisa, témoigne parmi d’autres des méfaits d’une pensée relativiste, qui nie des valeurs aussi fondamentales que l’autorité ou l’excellence. (…) Marx, dont on célébrera également en 2018 le bicentenaire de la naissance, disait que «tous les grands événements se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Nous avons déjà eu Mai 68, avec ses fractures et ses échecs. Épargnons-nous la comédie d’une réunion de septuagénaires autocélébrant leur place dans l’histoire.

Attention: un cinquantenaire peut en cacher un autre !

A l’heure où entre le Brexit, l’élection de Donald Trump et de ses émules à travers l’Europe …

Mais aussi – énième épisode d’hystérie collective ou grande purge cinquantenaire ? – le dévoilement en cours de l’hypocrisie de nos donneurs de leçons professionnels de l’Obamamanie et d’Hollywood ou de Silicon Valley

Le lourd héritage des années 60 commence, entre perte des repères, déficits abyssaux et menaces terroristes et migratoires, à apparaitre pour ce qu’il est vraiment …

Devinez quelle énième commémoration qui était déjà elle-même cinquantenaire à un an près d’une des pires catastrophes de l’humanité …

Et dont s’apprêtent à fêter le centenaire nos habituels thuriféraires de la Révolution

L’auteur du hold up électoral du siècle veut ajouter …

A une année pourtant déjà bien chargée entre fin de la Première guerre mondiale, Déclaration universelle des droits de l’Homme et constitution de la Ve république …

Mais aussi lâche abandon de tant de peuples, de la Tchécoslovaquie au Vietnam et au Cambodge et avant la Chine, Cuba ou la Pologne  aux griffes de l’idéologie aux 100 millions de victimes

Sans compter, par leurs successeurs islamistes et chocs pétroliers obligent, le début du long processus de nettoyage ethnico-religieux des juifs et des chrétiens dans le Monde dit musulman, Iran compris ?

Commémorer mai 68 ? Épargnons-nous cette comédie

Le Figaro

FIGAROVOX/TRIBUNE – Emmanuel Macron envisage de commémorer les 50 ans de mai 68. Pour le candidat à la présidence des Républicains Maël de Calan la célébration officielle d’un événement aussi controversé serait ridicule et inappropriée.


Maël de Calan est conseiller départemental du Finistère et candidat à la présidence des Républicains.


Avec le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et celui de notre constitution, 2018 s’annonce riche en célébrations. Ce n’est manifestement pas encore assez pour le Président de la République, qui souhaiterait engager une intense réflexion historico-politique, en vue de commémorer le 50ème anniversaire de mai 1968.

Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es. De quoi parlons-nous en l’espèce?

Si l’on s’en tient aux stricts événements, mai 1968 est une contestation étudiante et sociale ayant conduit, comme souvent dans notre histoire, à une paralysie généralisée.

Ce mois fut émaillé de grèves, de manifestations, de barricades et de violences, avant de se conclure par la paix sociale des accords de Grenelle, et le triomphe électoral de la droite aux législatives.

Qui sont donc les héros de cette période que nous serons amenés à célébrer?

Les étudiants gauchistes et leurs théories insensées, qui font aujourd’hui sourire mais qui résonnaient autrement dans le contexte géopolitique et idéologique des années 1960? Ou la foule qui défila le 30 mai derrière Malraux, Debré et Schumann pour défendre avec le général de Gaulle, l’État de droit, l’ordre et la liberté?

Au-delà des faits, les événements de 1968 sont bien sûr restés comme le symbole d’une émancipation culturelle, et de l’avènement de l’individu roi. Un mouvement entamé bien avant les barricades et dépassant largement nos frontières, mais qu’importe.

Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait «jouir sans entrave»: une société de consommation et de loisir allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail.

On pourrait désormais dépenser de plus en plus tout en travaillant de moins en moins, et tout était permis sur le plan politique pour financer la sacro-sainte «consommation des ménages».

Le bilan de cette politique est aujourd’hui navrant: une dette gigantesque, qui fait peser sur les générations futures le train de vie de la génération 68. Un modèle économique à bout de souffle, privilégiant la consommation sur l’investissement. Des écosystèmes dévastés, qui nous forcent à imaginer une nouvelle croissance sobre en ressources et circulaire, plus respectueuse de notre santé comme de notre environnement.

Sur le plan politique et social, 1968 a bousculé l’ordre ancien d’une société patriarcale et puritaine, et aboutit à de grandes lois mettant l’individu au centre du jeu.

La loi Veil, l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, l’abolition de la peine de mort sont sans conteste des lois nées en 1968.

Mais cette logique individualiste a déraillé. Puisqu’il était «interdit d’interdire», on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun.

Mai 68 c’est la victoire de l’individu contre la famille, contre le collectif, contre l’autorité, contre les règles. On se rend compte aujourd’hui combien notre société souffre de la fragilisation des rapports sociaux, de l’isolement social, de l’absence d’autorité et de règles.

Sur le plan culturel, enfin, mai 68 qui voulait abattre le «vieux monde» a enfin sapé au nom de l’émancipation individuelle toute notion de transmission historique et culturelle, d’héritage, de valeurs communes.

On en mesure quotidiennement les dégâts dans les nouvelles générations, et le déclin de l’éducation nationale, mesuré chaque année par les enquêtes Pisa, témoigne parmi d’autres des méfaits d’une pensée relativiste, qui nie des valeurs aussi fondamentales que l’autorité ou l’excellence.

Le moins que l’on puisse dire, donc, c’est que le bilan de Mai 68 est tout sauf consensuel.

Que le Président qui a construit son identité politique sur le renouvellement et le dépassement du clivage gauche / droite, le réactive à travers mai 1968 est une contradiction majeure.

Marx, dont on célébrera également en 2018 le bicentenaire de la naissance, disait que «tous les grands événements se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Nous avons déjà eu Mai 68, avec ses fractures et ses échecs. Épargnons-nous la comédie d’une réunion de septuagénaires autocélébrant leur place dans l’histoire.

Voir aussi:

It’s 1968 All Over Again

Victor Davis Hanson

National Review

October 16, 2017

The United States and the world appear to be reliving the language, politics, and global instability of 1968.

Almost a half-century ago, in 1968, the United States seemed to be falling apart.

The Vietnam War, a bitter and close presidential election, antiwar protests, racial riots, political assassinations, terrorism, and a recession looming on the horizon left the country divided between a loud radical minority and a silent conservative majority.

The United States avoided a civil war. But America suffered a collective psychological depression, civil unrest, defeat in Vietnam, and assorted disasters for the next decade — until the election of a once-polarizing Ronald Reagan ushered in five consecutive presidential terms of relative bipartisan calm and prosperity from 1981 to 2001.

It appears as if 2017 might be another 1968. Recent traumatic hurricanes seem to reflect the country’s human turmoil.

After the polarizing Obama presidency and the contested election of Donald Trump, the country is once again split in two. But this time the divide is far deeper, both ideologically and geographically — and more 50/50, with the two liberal coasts pitted against red-state America in between.

Century-old mute stone statues are torn down in the dead of night, apparently on the theory that by attacking the Confederate dead, the lives of the living might improve.

All the old standbys of American life seem to be eroding. The National Football League is imploding as it devolves into a political circus. Multimillionaire players refuse to stand for the national anthem, turning off millions of fans whose former loyalties paid their salaries.

Politics — or rather a progressive hatred of the provocative Donald Trump — permeates almost every nook and cranny of popular culture.

The new allegiance of the media, late-night television, stand-up comedy, Hollywood, professional sports, and universities is committed to liberal sermonizing. Politically correct obscenity and vulgarity among celebrities and entertainers are a substitute for talent, even as Hollywood is wracked by sexual-harassment scandals and other perversities.

The smears “racist,” “fascist,” “white privilege,” and “Nazi” — like “Commie” of the 1950s — are so overused as to become meaningless. There is now less free speech on campus than during the McCarthy era of the early 1950s.

As was the case in 1968, the world abroad is also falling apart.

The European Union, model of the future, is unraveling. The EU has been paralyzed by the exit of Great Britain, the divide between Spain and Catalonia, the bankruptcy of Mediterranean nation members, insidious terrorist attacks in major European cities, and the onslaught of millions of immigrants — mostly young, male, and Muslim — from the war-torn Middle East. Germany is once again becoming imperious, but this time insidiously by means other than arms.

The failed state of North Korea claims that it has nuclear-tipped missiles capable of reaching America’s West Coast — and apparently wants some sort of bribe not to launch them.

Iran is likely to follow the North Korea nuclear trajectory. In the meantime, its new Shiite hegemony in the Middle East is feeding on the carcasses of Syria and Iraq.

Is the chaos of 2017 a catharsis — a necessary and long overdue purge of dangerous and neglected pathologies? Will the bedlam within the United States descend into more nihilism or offer a remedy to the status quo that had divided and nearly bankrupted the country?

Is the problem too much democracy, as the volatile and fickle mob runs roughshod over establishment experts and experienced bureaucrats? Or is the crisis too little democracy, as populists strive to dethrone a scandal-plagued, anti-democratic, incompetent, and overrated entrenched elite?

Neither traditional political party has any answers. Democrats are being overwhelmed by the identity politics and socialism of progressives. Republicans are torn asunder between upstart populist nationalists and the calcified establishment status quo.

Yet for all the social instability and media hysteria, life in the United States quietly seems to be getting better. The economy is growing. Unemployment and inflation remain low. The stock market and middle-class incomes are up. Business and consumer confidence are high. Corporate profits are up. Energy production has expanded. The border with Mexico is being enforced.

Is the instability less a symptom that America is falling apart and more a sign that the loud conventional wisdom of the past — about the benefits of a globalized economy, the insignificance of national borders, and the importance of identity politics — is drawing to a close, along with the careers of those who profited from it?

In the past, any crisis that did not destroy the United States ended up making it stronger. But for now, the fight grows over which is more toxic — the chronic statist malady that was eating away the country, or the new populist medicine deemed necessary to cure it.

Voir également:

The Exhaustion of American Liberalism
Shelby Steele

The Wall Street Journal

March 5, 2017

The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism.

All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. What is ending?

America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us.

White guilt is not actual guilt. Surely most whites are not assailed in the night by feelings of responsibility for America’s historical mistreatment of minorities. Moreover, all the actual guilt in the world would never be enough to support the hegemonic power that the mere pretense of guilt has exercised in American life for the last half-century.

White guilt is not angst over injustices suffered by others; it is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. White guilt is a mock guilt, a pretense of real guilt, a shallow etiquette of empathy, pity and regret.

It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is.

When America became stigmatized in the ’60s as racist, sexist and militaristic, it wanted moral authority above all else. Subsequently the American left reconstituted itself as the keeper of America’s moral legitimacy. (Conservatism, focused on freedom and wealth, had little moral clout.) From that followed today’s markers of white guilt—political correctness, identity politics, environmental orthodoxy, the diversity cult and so on.

This was the circumstance in which innocence of America’s bigotries and dissociation from the American past became a currency of hardcore political power. Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.”
For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist.

Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. There are so many public moments now in which liberalism’s old weapon of stigmatization shoots blanks—Elizabeth Warren in the Senate reading a 30-year-old letter by Coretta Scott King, hoping to stop Jeff Sessions’s appointment as attorney general. There it was with deadly predictability: a white liberal stealing moral authority from a black heroine in order to stigmatize a white male as racist. When Ms. Warren was finally told to sit, there was real mortification behind her glaring eyes.

This liberalism evolved within a society shamed by its past. But that shame has weakened now. Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. I grew up black in segregated America, where it was hard to find an open door. It’s harder now for young blacks to find a closed one.

This is the reality that made Ms. Warren’s attack on Mr. Sessions so tiresome. And it is what caused so many Democrats at President Trump’s address to Congress to look a little mortified, defiantly proud but dark with doubt. The sight of them was a profound moment in American political history.

Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. It has no grip whatever on what American exceptionalism is and what it means at home and especially abroad. Instead it remains defined by an America of 1965—an America newly opening itself to its sins, an America of genuine goodwill, yet lacking in self-knowledge.

This liberalism came into being not as an ideology but as an identity. It offered Americans moral esteem against the specter of American shame. This made for a liberalism devoted to the idea of American shamefulness. Without an ugly America to loathe, there is no automatic esteem to receive. Thus liberalism’s unrelenting current of anti-Americanism.

Let’s stipulate that, given our history, this liberalism is understandable. But American liberalism never acknowledged that it was about white esteem rather than minority accomplishment. Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption.

Mr. Steele, a senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution, is author of “Shame: How America’s Past Sins Have Polarized Our Country” (Basic Books, 2015).

Voir encore:

The Beginning of the End of Progressive Domination?
The overreach of the Left’s response to Trump’s victory — and its consequences.
Bruce Thornton
October 16, 2017
Bruce Thornton is a Shillman Journalism Fellow at the David Horowitz Freedom Center.

For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens.

But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance.

The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice.

The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored.

First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date

Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. The bathos and ridiculous hyperbole of their whining exposed for all to see their rank egotism and lack of discernment and judgment.

This childish behavior came hard on the whole “snowflake” and “microagression” phenomenon in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades.

So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline.

As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits.

Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.”

The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. Just as ultrasounds, Planned Parenthood’s dismemberment of babies to harvest and sell their organs, and murderous ghouls like Kermit Gosnell have turned people against abortion, perhaps the lies, cover-ups, and rationalizations of Weinstein’s creepy assaults on more than 30 women will discredit Hollywood’s pompous posing and smug virtue-signaling on the part of self-proclaimed champions of women’s rights. The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons.

So do these signs portend at last the end of the leftist “fundamental transformation” of America? Will we begin to see even more pushback, and more reforms of our cultural and social institutions?

Other signs suggest we shouldn’t start celebrating. The lefts’ demolition of the American social and political order has reached deep into our schools, popular culture, and political policies. There are 66 million Millennials, the worst-educated cohort in American history, steeped in the progressive world-view since kindergarten. The shibboleths, clichés, mythemes, and transparent lies of that world view are second nature to them, signs of intellectual sophistication and class superiority. Their favorite oracles, Facebook, Google, Twitter, and YouTube, are morphing into Big Brother censors and manipulators of information on behalf of progressives. And these Millennials are going to be around for a long time, unlike the aging Boomers, among whom are most of the last remnants of the old America.

More ominous, the progressive redistributionist entitlement state and the habits of dependence it fosters are unlikely to be reformed, even as the increasing debt to finance this “kinder, gentler” Leviathan continues to drive us toward bankruptcy. The vast wealth and physical comfort we Americans enjoy fool us into thinking that all these cultural and political pathologies are affordable, nothing to worry about as long as the shelves of Costco are full, the cat videos keep coming on Facebook and YouTube, the new CGI superhero cartoons are showing at the Cineplex, and new Silicon Valley toys continue to be available. We can keep on enjoying our bread and circuses and not think about the Goths and Vandals gathering on the horizon.

So, beginning of the end of the leftist cultural regime, or a transient, doomed resistance? One thing for sure, we have a couple of national elections coming in 2018 and 2020 that will answer that question.

Voir de même:

We Have Officially Reached Peak Leftism

Kevin D. Williamson

The National Review

June 24, 2015

A progressive panic attack begins as the Obama era wanes. If it seems to you that the Left has, collectively, lost its damned mind as the curtain rises on the last act of the Obama administration, you are not imagining things. Barack Obama has been extraordinarily successful in his desire to — what was that phrase? — fundamentally transform the country, but the metamorphosis is nonetheless a good deal less than his congregation wanted and expected. We may have gone from being up to our knees in welfare-statism to being up to our hips in it, and from having a bushel of banana-republic corruption and incompetence to having a bushel and a peck of it, but the United States of America remains, to the Left’s dismay, plainly recognizable as herself beneath the muck.

Ergo, madness and rage.

We have seen an extraordinary outburst of genuine extremism — and genuine authoritarianism — in the past several months, and it will no doubt grow more intense as we approach the constitutional dethroning of the mock messiah to whom our progressive friends literally sang hymns of praise and swore oaths of allegiance. (“I pledge to be a servant to our president” — recall all that sieg heil creepiness.) There is an unmistakable stink of desperation about this, as though the Left intuits what the Right dares not hope: that the coming few months may in fact see progressivism’s cultural high-water mark for this generation.

If there is desperation, it probably is because the Left is starting to suspect that the permanent Democratic majority it keeps promising itself may yet fail to materialize. The Democrats won two resounding White House victories but can hardly win a majority in a state legislature (seven out of ten today are Republican-controlled) or a governorship (the Democrats are down to 18) to save their lives, while Republicans are holding their strongest position in Congress since the days of Herbert Hoover. The Democrats have calculated that their best bet in 2016 is Hillary Rodham Clinton, that tragic bag of appetites who couldn’t close the deal in the primary last time around. “Vote for me, I’m a lady” isn’t what they thought it was: Wendy Davis, running for governor of Texas, made all the proper ceremonial incantations and appeared in heroic postures on all the right magazine covers, but finished in the 30s on Election Day. With young people trending pro-life, that old black magic ain’t what it used to be.

For the Left, it feels like time is running out.

So it isn’t sufficient that same-sex marriages be legalized; bakers and florists must be locked in prison if they decline to participate in a gay couple’s ceremony. It isn’t sufficient that those wishing to undergo sex-change surgery be permitted to go their own way; the public must pay for it, and if Bruce Jenner is still “Bruce” to you, you must be driven from polite society. It isn’t enough that the Left dominate the media and pop culture; any attempt to compete with it must be criminalized in the name of “getting big money out of politics.” Not the New York Times’s money, or Hollywood’s money, or the CEO of Goldman Sachs’s money — just the wrong sort of people’s money. Every major Democratic presidential candidate and every Democratic senator is on record supporting the repeal of the First Amendment’s free-speech protections — i.e., carving the heart out of the Bill of Rights — to clear the way for putting all public debate under political discipline.

Like it or not, you will be shackled to hope and change. The hysterical shrieking about the fictitious rape epidemic on college campuses, the attempts to fan the unhappy events in Ferguson and Baltimore into a national racial conflagration, the silly and shallow “inequality” talk — these are signs of progressivism in decadence.

So is the brouhaha over the Confederate flag in South Carolina in the wake of the horrific massacre at Emanuel AME Church. For about 30 seconds, the political ghouls of the Left were looking to pick another gun-control fight, swooping in, in their habitually indecent fashion, before the bodies had even grown cold. But that turned out to be a dead end, since the killer acquired his gun after passing precisely the sort of background check that the Left generally hawks after a high-profile crime, regardless of whether it is relevant to the crime. We might have spent some time thinking about whether law enforcement was too lax in the matter of the murderer’s earlier encounters with them — the South Carolina killer had a drug arrest on his record but was able to buy a gun because he had been charged only with a misdemeanor. But the Left isn’t in any mood to talk about whether the cops aren’t being hard-assed enough. So, instead, we had a fight over a completely unrelated issue: the Confederate flag flying at the state capitol in Columbia.

You have to credit the Left: Its strategy is deft. If you can make enough noise that sounds approximately like a moral crisis, then you can in effect create a moral crisis. Never mind that the underlying argument — “Something bad has happened to somebody else, and so you must give us something we want!” — is entirely specious; it is effective. In the wake of the financial crisis, we got all manner of “reform,” from student-lending practices to the mandates of Elizabeth Warren’s new pet bureaucracy, involving things that had nothing at all to do with the financial crisis. Democrats argued that decency compelled us to pass a tax increase in the wake of the crisis, though tax rates had nothing to do with it. A crisis is a crisis is a crisis, and if a meteor hits Ypsilanti tomorrow you can be sure that Debbie Stabenow will be calling for a $15 national minimum wage because of the plight of meteor victims. If you can make enough noise that sounds approximately like a moral crisis, then you can in effect create a moral crisis.

I bear no brief for the peckerwood-trash cultural tendencies that led Fritz Hollings, then governor, and the rest of the loyal Democrats who ran segregation-era South Carolina to hoist the Confederate flag in 1962. My sympathies are more with John Brown than with John Calhoun. Yet Lost Cause romanticism was very much in fashion for a moment, and not only among Confederate revanchists; Joan Baez, no redneck she, made a great deal of money with her recording of “The Night They Drove Old Dixie Down” in 1971. About every third Western of the era had as its hero a conflicted Confederate veteran, his wounded honor and stoicism in defeat compelling him to roam westward in search of a new beginning. That story lives on into our own time: Who are Mal Reynolds and the Browncoats if not another remnant of the Lost Cause relocated from Virginia to the frontier in space?

Of course the Confederate flag is a symbol of Southern racism. It is a good many other things, too, none of which was the cause of the massacre at Emanuel AME. It is strange and ironic that adherents of the Democratic party — which was, for about 140 years, not only the South’s but the world’s leading white-supremacist organization — should work themselves up over one flag, raised by their fellow partisans, at this late a date; but, well, welcome to the party. Yet Democratic concern about racist totems is selective: The Democrats are not going to change the name of their party, cancel the annual Jefferson-Jackson dinner, or stop naming things after Robert Byrd, senator and Exalted Cyclops of the Ku Klux Klan. Hillary Clinton is not going to be made to answer for her participation in a political campaign that featured Confederate-flag imagery.

The Confederate flag, and other rebel iconography, is a marker of Southern distinctiveness, which, like American distinctiveness, is inextricably bound up with the enslavement and oppression of black people. But only the South is irredeemable in the Left’s view, and it has been so only since about 1994, when it went Republican. Which is to say, the Confederate flag is an emblem of regional distinctiveness disapproved of by 21st-century Democrats. Their reinvigorated concern is awfully nice: When the South actually was a segregationist backwater that African-Americans were fleeing by the million — when Democrats were running the show — they were ho-hum. Today the South is an economic powerhouse, dominated by Republicans, and attracting new African-American residents by the thousands. And so the Left and its creature, the Democratic party, insist that Southern identity as such must be anathematized. The horrific crime that shocked the nation notwithstanding, black life in Charleston remains very different, in attractive ways, from black life in such Left-dominated horror shows as Cleveland and Detroit, and the state’s governor is, in the parlance of identity politics, a woman of color — but she is a Republican, too, and therefore there must be shrieking, rending of garments, and gnashing of teeth.

This is a fraud, and some scales are starting to fall from some eyes. Americans believe broadly in sexual equality, but only a vanishing minority of us describe ourselves as “feminists.” “Social-justice warrior” is a term of derision. The Bernie Sanders movement, like the draft-Warren movement of which it is an offshoot, is rooted in disgust at the opportunistic politics of the Clinton claque. Young people who have heard all their lives that the Republican party and the conservative movement are for old white men — young people who may be not be quite old enough to remember Democrats’ boasting of their “double-Bubba” ticket in 1992, pairing the protégé of one Southern segregationist with the son of another — see before them Nikki Haley, Bobby Jindal, Susana Martinez, Carly Fiorina, Tim Scott, Mia Love, Marco Rubio, Ben Carson, Elise Stefanik. None of those men and women is bawling about “microaggressions” or dreaming up new sexless pronouns. None belongs to the party that hoisted Dixie over the capitol in South Carolina either. Governor Haley may be sensitive to the history of her state, but she is a member of the party of Lincoln with family roots in Punjab — it isn’t her flag.

What’s going to happen between now and November 8 of next year will be a political campaign on one side of the aisle only. On the other side, it’s going to be something between a temper tantrum and a panic attack. That’s excellent news if you’re Ted Cruz, Scott Walker, Marco Rubio, or Carly Fiorina. It’s less good news if you live in Baltimore or Philadelphia. —

Kevin D. Williamson is roving correspondent at National Review.

Voir encore:

PHOENIX — There are now two definitions of truth in the United States. The first is that a truthful statement is one that conforms to facts or reality. By this standard, President Trump is a serial liar.

The second is that truth is “telling it like it is,” or speaking in a direct, unvarnished way without regard to political correctness or the offense it may give. By this measure, for millions of supporters, Trump is the most honest president ever.

The United States has already become a post-truth society. Telling it like it isn’t has become a form of truth. That’s a nation in which chaos is more plausible because the ability to make rational decisions is diminished. Signal and noise can no longer be distinguished.

The center, where it was long held that elections are won, evaporates. Violence becomes more likely because incomprehension grows across hardening lines of fracture. It may well be that elections, as with the last presidential race, are now won at the extremes.

In Arizona, where Trump’s presidential campaign went from joke to winning proposition in July 2015 with a speech in which Trump said Mexicans were “taking our money” and “killing us,” the honest-man Trump view resonates. Trump was always about language. It didn’t matter that he was a loose cannon. He connected with the widespread disgust at the political class and the media. This was his winning intuition: that he could triumph as the subversive plain-speaking outsider.

Trump had that “kind of bluntness and occasionally even crass language which, if nothing else, at least meant authenticity,” said Jay Heiler, a lawyer considering a run against Senator Jeff Flake of Arizona, a rare Republican critic of Trump. “The president just hit a lot of nerves that a lot of conventional politicians didn’t even know were there.”

Those nerves still tingle. Nine months into the presidency, the support of Trump’s base remains fervid. I am often asked whether I believe that Trump will be impeached. I’ve taken to responding that it’s more likely he’ll be a two-term president. I’d put the chances of impeachment at under 10 percent and of his re-election at about 25 percent.

That’s partly because the Democratic Party has not yet begun a serious reckoning with its defeat last year. It hasn’t grasped the degree to which it lives, still, in a coastal echo chamber of identity politics and Trump-bashing. Just being anti-Trump won’t cut it. As Chuck Coughlin, a Republican political consultant who once worked for Senator John McCain, put it to me, “Somebody who speaks to common-sense American values — that is what the Democrats need.” I’m not sure who that person is, but I am pretty sure she or he does not reside in New York, Massachusetts or California.

Coughlin went on: “A Democratic Party that can’t tell me how many genders there are, that ain’t flying in this country.”

American fracture is the nation’s overriding condition. It keeps widening. Jeff DeWit, the Republican state treasurer of Arizona, picked up Trump at the airport for that 2015 Phoenix rally; he remains an ardent fan of Trump’s “movement of people dying for something different.”

His deputy, Mark Swenson, told me: “America was formed by a bunch of people who just wanted to be left alone.”

For that, guns help. “Bad guys have guns, so good guys should have guns, too,” DeWit said, rejecting my suggestion that the recent American carnage in Las Vegas showed the need for stricter gun laws.

Trump winks at white supremacists, thrives on confrontation and debases the Oval Office. But it would be a huge mistake to conclude from this that his defeat is inevitable; or that his supporters do not include millions of decent, smart Americans who just view the world differently. Americans who feel culturally alienated from the globalized metropolis (and sense that their worldview elicits contempt in a Democratic Party that often seems to have lost touch with ordinary Americans).

Heiler, the pro-Trump lawyer considering a Senate run, turned to the president’s campaign against football players, most of them black, who refuse to stand for the national anthem. “Many African-Americans are focused on a particular set of facts and circumstances” that “drive that conduct, that protest,” Heiler said. “But when many other Americans see it, and Americans of all races,” they think “gosh, these guys all have it pretty good. You know they make a really good living, playing football. This country’s been really good to them. And so, even if they have an ax to grind, they shouldn’t grind it against the country or its symbol or its anthem.”

Heiler said he wouldn’t condemn the protesting players’ choice, even if he disagreed, but “there’s simply no getting around that when you make that choice you’re going to alienate a lot of Americans.”

Now the vague particular “circumstances” alluded to by Heiler includes gross police brutality against black kids and the history of oppression of African-Americans. Players who protest are exercising a fundamental American right. But yes, they are “going to alienate a lot of Americans.” Trump, at some level, is going to win this argument.

An overriding lesson of 2016 for liberals is that without hard-nosed realism about the state of the country and Trump’s talents, you lose. And that’s the truth.

 Voir encore:

Le sexe pendant Mai 68: « On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! »
propos recueillis par Dominique Simonnet
L’Express
28/08/2016 à 11:02

Avec la Révolution sexuelle, la sexualité est portée aux nues. Mais, au-delà de la libération, le sexe est alors, pour le romancier et essayiste Pascal Bruckner, une obligation. « On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte », analyse-t-il. Entretien.

Et soudain, l’explosion! Le lourd couvercle que des siècles de répression avaient posé sur la sexualité éclate sous la pression de Mai 68. Il est interdit d’interdire! Jouissons sans entraves! Du passé puritain faisons table rase! C’est le paradis sur Terre. Voire… La mystique du sexe a son revers. Priorité absolue au plaisir. Orgasme obligatoire. « T’es pas libérée! » oppose- t-on à celles qui se rebellent.

Le sentiment amoureux est nié, le mariage ridiculisé. Osons le dire: certains gentils révolutionnaires étaient de vrais Robespierre. L’écrivain Pascal Bruckner le reconnaît avec une nostalgie émue: de cet épisode angélique et pervers on n’a pas fini de ressentir les effets.
On parle des années 1960 et 1970 comme d’une « parenthèse enchantée » entre la pilule et le sida, un moment de grâce et de liberté sexuelle où tout était possible, tout était permis, comme si l’amour était enfin débarrassé de ses chaînes. La vision est un peu idyllique, non?

Elle est malgré tout assez exacte. A cette époque-là, il y avait une conjonction très propice à l’amour libre: une situation économique florissante (en plein milieu des Trente Glorieuses, la France redécouvrait la prospérité), un optimisme délirant (on allait écraser le cancer, liquider l’infarctus du myocarde), une absence de maladies vénériennes… Tout d’un coup, le sujet amoureux pouvait se penser vagabondant à travers ses désirs, sans freins, sans pénalités. La science avait vaincu la vieille idée du péché sexuel. La liberté semblait sans limites. Tel était le climat de l’époque.

C’était, comme nous le disait Anne-Marie Sohn concernant le sexe à la Belle époque, l’aboutissement d’un mouvement d’émancipation qui avait couvé pendant plusieurs décennies.

La contestation était en effet portée depuis un siècle par différentes avant-gardes artistiques et esthétiques, et une envie de plaisir s’était exprimée avec force chez les jeunes de l’après-guerre. A la fin des années 1950, nous sortions d’une société hypocrite où les hommes faisaient la loi dans les familles et les patrons, dans l’entreprise. Nous voulions en finir avec cette France corsetée, rigidifiée, fermée. Tout ce que nous pouvions happer de l’étranger -le rock, le blues, la soul, les hippies, les cheveux longs- était convoqué chez nous avec une avidité sans limite.

Les garçons et les filles se regardaient comme deux tribus qui allaient bientôt sauter l’une sur l’autre. Ils restaient encore séparés par quelques vieux tabous: la virginité des femmes avant le mariage (c’était presque une plaisanterie), la non-mixité dans les écoles, un certain ascendant des hommes sur les femmes, une forme de pudeur…

Des tabous qui sont tombés en Mai 68.

C’est parce qu’ils étaient déjà morts, rongés de l’intérieur par toute une mentalité démocratique et égalitaire. On s’était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c’est l’acte d’émancipation de l’individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n’a plus d’ordre à recevoir de personne. Ni de l’Eglise, ni de l’armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti…

Et puisque l’individu est libre, il n’a plus d’autre obstacle face à son désir que lui-même. « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »: c’est la merveilleuse promesse d’un nouveau monde. S’est alors manifestée une véritable jubilation à l’idée de terrasser l’ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c’est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d’un coup, l’irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait « je vous aime » pour dire « je vous désire ». Cette fois, on dit « je te désire » au lieu de dire « je t’aime ».

Que recouvrait vraiment ce terme de « révolution sexuelle »?

C’était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s’arrêtaient au dernier stade (« mes parents ne veulent pas », « je veux rester vierge pour le mariage »). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale… Tout basculait.
« On reconnaissait le désir des femmes »

Le désir ne se résumait pas simplement à la pulsion immonde de l’espèce masculine. On reconnaissait le désir des femmes. Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu’il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles.

Tout cela était enveloppé dans un discours intellectuel assez fumeux. On théorisait beaucoup la sexualité.

On lisait Freud, bien sûr, mais surtout Wilhelm Reich, dont les idées épousaient à merveille les lubies de l’époque. Selon lui, l’orgasme permettait d’expliquer le double phénomène du fascisme et du stalinisme: c’est parce que les gens ne jouissaient pas qu’ils se choisissaient un Hitler ou un Staline. L’orgasme avait donc des vertus non seulement hédoniques mais aussi politiques.

Dans le mouvement Sexpol, dont on ne relit pas aujourd’hui les publications sans éclater de rire, des trotskistes nous expliquaient comment l’émancipation de l’être humain passait par la grève mais aussi par le lit: la nuit, en copulant, l’ouvrier et l’ouvrière devaient atteindre ensemble l’extase pour hâter le grand soir. « Plus je fais l’amour, disait-on, plus je fais la révolution! » Raoul Vaneigem eut même ce jeu de mots, qui paraît consternant aujourd’hui: « Erection, insurrection! »

L’amour libre s’est alors constitué en véritable idéologie, et même en mystique. Le Graal du sexe allait apporter le bonheur…

… et la paix sur Terre. La révolution prolétarienne battait de l’aile, le tiers-monde était loin. La sexualité, elle, était pleine de promesses. Elle était la prolongation de la religion, la forme la plus immédiate et la plus accessible de la rédemption. Elle portait, croyait-on, un amour universel, une forme de franciscanisme. « Aimez-vous les uns sur les autres »: il y avait de la naïveté et de la bêtise dans tout cela, mais aussi une certaine générosité évangélique. On allait fabriquer un nouvel Adam. Le sexe, c’était le jardin d’Eden!

Chesterton a eu cette phrase géniale: « Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. » La révolution sexuelle en était une.

Cette folie n’était-elle pas le fait d’une minorité d’intellectuels et de babas cool passablement enfumés?

Il est difficile de le dire aujourd’hui. Le vent soufflait des Etats-Unis, mais aussi de l’Angleterre, de la Hollande. Le plus riche de 68, ce fut cette révolution désirante, qui sera ensuite théorisée par Foucault, Deleuze, Guattari… On baignait dans une bienveillance généralisée, naïve, mais féconde.

Mais cette drôle de révolution avait une face cachée: le discours normatif, la pression du groupe, les culpabilisations perverses… Il fallait adhérer au dogme, donner son corps sans rechigner, ou alors s’analyser, faire son autocritique, s’amender. En fait de libération, c’était aussi un terrorisme.

Absolument. Sans s’en apercevoir, on passe d’un dogme à l’autre. Le plaisir était prohibé, il devient obligatoire. L’ambiance est à l’intimidation. Un nouveau tribunal s’installe: non seulement il faut faire l’amour de toutes les façons, avec tout le monde, mais encore faut-il que le plaisir soit conforme. Quiconque s’y soustrait est vu comme une sorte d’épave réactionnaire, un résidu du vieux monde.

Quand les filles refusaient de coucher, on avait le moyen de les culpabiliser: « Ben dis donc, tu n’es pas libérée! » Peu à peu s’établit donc ce que nous avions appelé, avec Alain Finkielkraut, la dictature de l’orgasme obligatoire. L’érotisme entre dans le domaine de la prouesse. On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte.

Oublié le mariage, méprisé le sentiment! Deleuze et Guattari parlent même de « l’ignoble désir d’être aimé ».

Ils ont dit beaucoup de bêtises… Le corps apparaissant comme la métaphore de la subversion, le sentiment est mis sous le boisseau. On se dit que, pendant des siècles, les hommes avaient masqué leur désir derrière le rideau des beaux sentiments. Alors, il faut le déchirer! Le rock’n’roll et la pop poussent des cris d’appétit sexuel sauvage (« I can’t get no satisfaction », « I want you! »).

« L’amour devient obscène »

L’inhibition et la frustration sont montrées du doigt; l’amour, avec ses fantômes séculaires (possession, jalousie, secret), devient obscène. D’où le refus de la séduction, considérée comme une survivance du vieux monde: on est supposé aller vers son partenaire en toute franchise, sans recourir aux anciens et misérables stratagèmes.

Quant au couple, c’est l’abomination de la désolation.

Les gens qui se mariaient nous semblaient pathétiques, on leur faisait honte. La jalousie ne pouvait plus se dire. Si quelqu’un y succombait, le cercle des amis lui exprimait une sorte de compassion: « Pourquoi es-tu jaloux? Analyse bien. » Déjà, la parole thérapeutique se frayait un chemin. Alors, au lieu de creuser sa plaie comme on le fait de nos jours, on se raisonnait: « Après tout, j’ai peut-être tort. Pourquoi m’inquiéter si ma compagne s’envoie en l’air avec le voisin du dessous? Je n’ai qu’à faire les courses pendant ce temps-là. » Le couple était une forme transitoire qu’on empruntait pour aller vers la polygamie ou la polyandrie. A l’époque, il y avait un véritable terrorisme anticonjugal.

Même la sexualité des enfants est exaltée, jusqu’à, parfois, tolérer la pédophilie.

Les enfants, eux aussi, devaient être élevés dans l’éloge de leur désir. La pédophilie n’était pas admise, mais elle comptait un certain nombre de défenseurs. On se disait que le miracle sexuel était un don qui devait être équitablement distribué entre tous les âges, et toutes les générations. C’était une époque innocente, et naïve… Car le vieux monde restait présent sous les oripeaux du nouveau, comme dans le film Les Bronzés (où ce sont toujours les mêmes qui se tapent les jolies filles).

Derrière la parole libératrice et généreuse, il y avait une vraie brutalité, les lois de la sélection amoureuse subsistaient avec force. Petit à petit, on s’est aperçu qu’il y avait des perdants, des victimes, des laissés-pour-compte; on était en train de recréer un univers de mensonge que l’on avait pourtant tant dénoncé chez nos parents.

Les premières victimes, c’étaient les femmes.

Les femmes se sont senties niées. Tout était calqué sur la mécanique de l’orgasme masculin, sur la satisfaction unique qui balaie la pulsion. Elles ne souhaitaient pas devenir des objets sexuels manipulables à volonté par des hommes en chaleur, mais voulaient la reconnaissance de nouveaux droits: l’avortement, la contraception, le respect de leur propre désir… Et puis, il y avait toujours cette renaissance incessante, à chaque relation, du sentiment, sorte de nostalgie dont on n’osait pas parler.

Et puis, on a osé… Certains, tels Roland Barthes (Fragments d’un discours amoureux), Michel Foucault (Histoire de la sexualité), Alain Finkielkraut et vous-même (Le Nouveau Désordre amoureux), ont commencé à dénoncer cette grande illusion.

Nous avons voulu faire comprendre que la notion de révolution sexuelle n’avait aucun sens. Que l’amour n’était pas réformable. « Non, l’amour n’est pas honteux! » avance Barthes. Tout à coup, nous revendiquions le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel. Ce qui n’empêchait pas une consommation sexuelle frénétique, notamment dans le monde homosexuel, mais elle n’était plus obligatoire. On s’est mis à redécouvrir Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Le sentiment est revenu par la petite porte. Comme si une deuxième libération avait lieu.

Quel bilan tirez-vous de cet épisode pour le moins mouvementé?

Malgré tout, le bilan est positif. La révolution sexuelle que nous avons accomplie reste, pour de nombreux pays au monde, un extraordinaire idéal. Les femmes y ont gagné des droits indéniables… Mais si, depuis le Moyen Age, l’individu s’est lentement affranchi des tutelles féodales, administratives, religieuses, sociales, morales, sexuelles, nous découvrons maintenant en Occident que cette liberté a pour contrepartie la responsabilité et la solitude.

Résultat, la sexualité est peut-être libre, mais elle est devenue anxieuse. Sommes-nous de bons amants? De bons époux? De bons parents? La parole est passée du registre du diktat à celui de la plainte. « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus », a dit justement Wolinski.

L’innocence des années 1970 est perdue?

Elle l’est. L’erreur que nous avons commise en 68, c’est de penser que l’Histoire est un héritage cumulatif et que, en supprimant les peurs d’antan, la nouvelle génération bénéficierait d’emblée d’une sexualité clefs en main. En réalité, le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Ce qui est mort depuis 68, c’est l’angélisme du désir, l’idée que tout ce qui touche au sexe est merveilleux. On sait aujourd’hui que l’amour n’est pas démocratique, qu’il ne répond pas à la justice ni au mérite, qu’il charrie la dépendance, l’abjection, la servitude aussi bien que le sacrifice et la transfiguration. C’est cette complexité de l’amour que nous devons redécouvrir.

Voir de même:

Communism Through Rose-Colored Glasses
Bret Stephens
NYT
Oct. 27, 2017

“In the spring of 1932 desperate officials, anxious for their jobs and even their lives, aware that a new famine might be on its way, began to collect grain wherever and however they could. Mass confiscations occurred all across the U.S.S.R. In Ukraine they took on an almost fanatical intensity.”

I am quoting a few lines from “Red Famine,” Anne Applebaum’s brilliant new history of the deliberate policy of mass starvation inflicted on Ukraine by Joseph Stalin in the early 1930s. An estimated five million or more people perished in just a few years. Walter Duranty, The Times’s correspondent in the Soviet Union, insisted the stories of famine were false. He won a Pulitzer Prize in 1932 for reportage the paper later called “completely misleading.”

How many readers, I wonder, are familiar with this history of atrocity and denial, except in a vague way? How many know the name of Lazar Kaganovich, one of Stalin’s principal henchmen in the famine? What about other chapters large and small in the history of Communist horror, from the deportation of the Crimean Tatars to the depredations of Peru’s Shining Path to the Brezhnev-era psychiatric wards that were used to torture and imprison political dissidents?

Why is it that people who know all about the infamous prison on Robben Island in South Africa have never heard of the prison on Cuba’s Isle of Pines? Why is Marxism still taken seriously on college campuses and in the progressive press? Do the same people who rightly demand the removal of Confederate statues ever feel even a shiver of inner revulsion at hipsters in Lenin or Mao T-shirts?

These aren’t original questions. But they’re worth asking because so many of today’s progressives remain in a permanent and dangerous state of semi-denial about the legacy of Communism a century after its birth in Russia.

No, they are not true-believing Communists. No, they are not unaware of the toll of the Great Leap Forward or the Killing Fields. No, they are not plotting to undermine democracy.

But they will insist that there is an essential difference between Nazism and Communism — between race-hatred and class-hatred; Buchenwald and the gulag — that morally favors the latter. They will attempt to dissociate Communist theory from practice in an effort to acquit the former. They will balance acknowledgment of the repression and mass murder of Communism with references to its “real advances and achievements.” They will say that true communism has never been tried. They will write about Stalinist playwright Lillian Hellman in tones of sympathy and understanding they never extend to film director Elia Kazan.

Progressive intelligentsia “is moralist against one half of the world, but accords to the revolutionary movement an indulgence that is realist in the extreme,” the French scholar Raymond Aron wrote in “The Opium of the Intellectuals” in 1955. “How many intellectuals have come to the revolutionary party via the path of moral indignation, only to connive ultimately at terror and autocracy?”

On Thursday, I noted that intellectuals have a long history of making fools of themselves with their political commitments, and that the phenomenon is fully bipartisan.

But the consequences of the left’s fellow-traveling and excuse-making are more dangerous. Venezuela is today in the throes of socialist dictatorship and humanitarian ruin, having been cheered along its predictable and unmerry course by the usual progressive suspects.

One of those suspects, Jeremy Corbyn, may be Britain’s next prime minister, in part because a generation of Britons has come of age not knowing that the line running from “progressive social commitments” to catastrophic economic results is short and straight.

Bernie Sanders captured the heart, if not yet the brain, of the Democratic Party last year by portraying “democratic socialism” as nothing more than an extension of New Deal liberalism. But the Vermont senator also insists that “the business model of Wall Street is fraud.” Efforts to criminalize capitalism and financial services also have predictable results.

It’s a bitter fact that the most astonishing strategic victory by the West in the last century turns out to be the one whose lessons we’ve never seriously bothered to teach, much less to learn. An ideology that at one point enslaved and immiserated roughly a third of the world collapsed without a fight and was exposed for all to see. Yet we still have trouble condemning it as we do equivalent evils. And we treat its sympathizers as romantics and idealists, rather than as the fools, fanatics or cynics they really were and are.

Winston Churchill wrote that when the Germans allowed the leader of the Bolsheviks to travel from Switzerland to St. Petersburg in 1917, “they turned upon Russia the most grisly of all weapons. They transported Lenin in a sealed truck like a plague bacillus.”

A century on, the bacillus isn’t eradicated, and our immunity to it is still in doubt.

Voir enfin:

Jean-Paul Piérot
19 Juin, 2017
L’Humanité

2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. Cette publication de 108 pages est disponible chez votre marchand de journaux ou sur commande directement à l’Humanité, au prix de 9 euros.

Il y a cent ans, la guerre n’en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s’abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d’octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste.

Interroger le sens des révolutions d’aujourd’hui

Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d’exemplaires, a fait connaître l’épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s’empara des progressistes : « Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d’Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d’une “aventure”. Eh bien, s’il faut parler d’aventure, ce fut l’une des plus merveilleuses où se soit engagée l’humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l’histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (…) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l’histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. »

C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.

« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ».

Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s’engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal.

Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d’octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968.

Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos.

ils Ont contribué à ce numéro exceptionnel

Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences-Po Paris, Alain Badiou, philosophe, Bernard Chambaz, écrivain, Maud Chirio, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Sophie Cœuré, historienne, professeur à l’université Paris-VII Denis-Diderot, Alexandre Courban, historien, Pierre Dardot, philosophe, Jean-Numa Ducange, maître de conférences à l’université de Rouen, Jean-François Fayet, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Fribourg (Suisse), Marc Ferro, historien, spécialiste de la Russie, Frédérick Genevée, historien, responsable des archives du PCF, Andreï Gratchev, écrivain, ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev, Florian Gulli, professeur de philosophie, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Christian Laval, professeur de sociologie, Olga Lipovskaïa, militante féministe russe, Patrick Kamenka, journaliste, spécialiste de la Russie, Naum Kleiman, historien, ancien directeur du musée du Cinéma de Moscou, Marco Di Maggio, historien, professeur à l’université La Sapienza de Rome, Jean-Jacques Marie, historien spécialiste de l’URSS, Roger Martelli, historien, codirecteur du mensuel Regards, Edgar Morin, sociologue et philosophe, Bernard Pudal, professeur de sciences politiques à l’université Paris-VI Nanterre, Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII Saint-Denis, Pierre Serna, historien, Institut d’histoire de la Révolution française, Bernard Stiegler, directeur de l’Institut de recherche et d’innovation, Alexandre Sumpf, maître de conférences à l’université de Strasbourg, Françoise Vergès, politologue et éditrice, Jean Vigreux, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne, Nicolas Werth, historien, directeur de recherche à l’Institut du temps présent, affilié au CNRS, Serge Wolikow, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne.

U FIL DES PAGES…

Nicolas Werth : « Ce coup d’État a pour toile de fond une vaste révolution sociale, multiforme, autonome ; celle-ci s’exprime sous des formes très diverses : une grande jacquerie, une décomposition de l’armée, un mouvement revendicatif ouvrier, une émancipation des nationalités et des peuples allogènes de l’ex-Empire russe. »

Olga Lipovskaïa : « Sous l’influence d’Alexandra Kollontaï et d’Inès Armand, la Russie se dote d’un ensemble de lois qui est le plus avancé en matière de droits de la femme : garantie de conserver son emploi pendant sa grossesse, égalité absolue des conjoints, congés de maternité. En 1920, le droit à l’avortement gratuit est voté. »

Marc Ferro : « Le drame, c’est que les paysans qui avaient des terres se sont vu confisquer leurs récoltes pour nourrir les villes, la classe ouvrière qui était privilégiée car elle devait construire le socialisme. Ce qui a satisfait la classe ouvrière et l’a ralliée au régime, c’est qu’il n’y avait plus de dominants, plus de patrons. »

Alexandre Sumpf : « Opposants politiques, militants révolutionnaires et soldats ont uni leurs forces lors des quelques jours qui ont suffi à faire chuter les Romanov en février. (…) Les grandes crises de 1917 sont toutes liées au conflit mondial. »

Edgar Morin : « La notion de métamorphose est plus riche que celle de révolution. Elle en garde la radicalité novatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, des cultures, des legs de pensées et de sagesse de l’humanité). »

Jean-Numa Ducange : « Les dirigeants bolcheviks sont persuadés que la première révolution socialiste du XXe siècle aura la même portée que la Révolution française au XVIIIe siècle. »

Alain Badiou : « Je voudrais insister sur un point qui aujourd’hui, depuis l’apparent triomphe du capitalisme à l’échelle mondiale, semble oublié : la révolution russe de 1917 est un événement sans précédent dans l’histoire de l’espèce humaine. »

Pierre Laurent : « La nouvelle révolution qui s’avance, ce n’est pas la renaissance d’un héritage glorieux, c’est surtout la conscience que notre monde change ­radicalement sous nos yeux. »

Bernard Pudal : « Ces militants (communistes français) sont profondément internationalistes. Ils le sont en pratique comme en témoignent les mariages blancs contractés avec des militantes immigrées souvent juives afin de les protéger d’une extradition pour cause de militantisme. »

Michèle Riot-Sarcey : « Les échecs révolutionnaires accumulés depuis 1917 ont rendu les militants sceptiques. Le mot même de communisme a perdu sa force émancipatrice telle qu’elle avait été forgée dès 1840. »

Françoise Vergès : « La révolution éclate dans un monde où les puissances européennes se sont enrichies après avoir mené des guerres meurtrières et dévastatrices, mis en place des politiques de dépossession massives, des codes juridiques qui légalisent les discriminations raciales, le travail forcé et la suprématie blanche. »

Roger Martelli : « Ce siècle est clos et, s’il est un modèle dont il faut s’abstraire, peut-être est-ce du bolchevisme, quelle qu’ait été sa grandeur. Non pas se débarrasser du communisme, mais de la forme que le XXe siècle lui donna. »

Andreï Gratchev : « La tentative de Lénine, à la fin de la guerre civile, de réformer le projet initial, à l’aide de la NEP, esquisse de la future perestroïka, a échoué après avoir été sabotée et rejetée par Staline et son entourage. »

 

14-juillet/134e: Grandeurs et misères de la démocratie (From persecuted to persecutors: looking back at democracy’s unique risks and vulnerabilities)

14 juillet, 2016
https://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/11/80825-marie_antoinette_execution.jpgLa prise de la Bastille, le 14 juillet 1789 | Histoire et analyse d'images et oeuvresfederation
July14.1880
defile-de-la-victoire
BastilledayMilitaryParadeFanzoneauschwitz2
J’aime la piété et non les sacrifices, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. Osée 6: 6-7
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Une nation ne se régénère que sur un  monceau de cadavres. Saint-Just
La punition d’un tyran, obtenue après tant de débats odieux, sera-t-elle donc le seul hommage que nous ayons rendu à la liberté et à l’égalité ? Souffrirons-nous qu’un être non moins coupable, non moins accusé par la Nation, et qu’on a ménagé jusqu’ici, comme par un reste de superstition pour la royauté; souffrirons-nous qu’il attende tranquillement ici le fruit de ses crimes ? Une grande République, outragée avec tant d’insolence, trahie avec tant d’audace, attend de vous l’impulsion qui doit ranimer dans tous les cœurs une sainte antipathie pour la royauté, et donner une nouvelle force à l’esprit public. Robespierre (27 mars 1793)
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Air connu
Une civilisation est testée sur la manière dont elle traite ses membres les plus faibles. Pearl Buck
Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
La reine appartient à plusieurs catégories victimaires préférentielles; elle n’est pas seulement reine mais étrangère. Son origine autrichienne revient sans cesse dans les accusations populaires. Le tribunal qui la condamne est très fortement influencé par la foule parisienne. Notre premier stéréotype est également présent: on retrouve dans la révolution tous les traits caractéristiques des grandes crises qui favorisent les persécutions collectives. (…) Je ne prétends pas que cette façon de penser doive se substituer partout à nos idées sur la Révolution française. Elle n’en éclaire pas moins d’un jour intéressant une accusation souvent passée sous silence mais qui figure explicitement au procès de la reine, celui d’avoir commis un inceste avec son fils. René Girard
Une femme ça souffre. Un Noir, une Noire, ou un (une) Arabe ça souffre. Un migrant(te), un immigré, ça souffre. Un gay ça souffre. Une lesbienne ça souffre. Tout ça, on le sait depuis longtemps. C’est disponible dans toutes les boutiques qui ont pour enseigne “abrutis du monde entiers unissez-vous !”. Mais, comme on dit, on n’arrête pas le progrès. De nouveaux produits ont fait leur apparition, plus fins, plus modernes, plus pointus. Ils sont regroupés sous l’appellation de “intersectionnalité”. C’est un concept -je recopie Libération- “visant à regrouper les discriminations de classe, de sexe et de race.” Si j’ai bien compris, l’intersectionnalité prend en compte l’addition de plusieurs handicaps cumulés par la même personne. Par exemple : femme + Noire + lesbienne + immigrée. Dès lors la souffrance devient insupportable : c’est triple ou quadruple peine. La question est posée en ces termes. “On sait les discriminations dont les femmes sont victimes. On étudie celles qui visent les Français d’origine algérienne ou les homosexuels. Mais quelle est la situation des femmes migrantes ou celle des hommes d’origine algérienne homosexuels ?”. Il est vrai qu’on peut avoir en même temps un rhume, une jambe cassée, une crise de foie. Plus c’est compliqué, mieux c’est… “L’intersectionnalité permet de penser de manière plurielle la domination masculine” écrit l’historienne Florence Rochefort. Donc, vous pensez, en bonne logique, que le port du voile serait l’exemple le pus frappant de la “domination masculine”. Vous n’y êtes pas, mais pas du tout. (…) Au royaume des fous (je ne dis pas des folles, ça pourrait être mal compris), la compétition est rude pour savoir qui s’assiéra sur le trône. Comme ça, pour le plaisir, j’ai tenté ma chance. Avec un produit du terroir. Un Creusois catholique (habitant du département de la Creuse, le plus pauvre de France) vivant du RMI, transsexuel et séropositif ! J’ai été brutalement retoqué au motif que la couleur n’était pas bonne, et la religion non plus. Tenace je n’ai pas abandonné le combat. Il fallait, ai-je compris tardivement, s’ouvrir vers le vaste monde. J’ai trouvé un produit qui approche de l’excellence. Une Erythréenne noire, voilée, lesbienne, migrante et handicapée moteur ! On m’a félicité mais on ne m’a rien promis tant la concurrence est forte. Benoît Rayski
The police force in Nottinghamshire, East Midlands, will become the first in the U.K. to record misogyny as a hate crime in an effort to tackle the increasing number of incidents in the county. Misogynist hate crime is defined by the force as:  » Incidents against women that are motivated by an attitude of a man towards a woman and includes behaviour targeted towards a woman by men simply because they are a woman. » The new category will include everything from verbal comments to unwanted physical approaches. The use of mobile devices to send uninvited messages or take photographs without consent will also warrant police attention. When reported, Nottinghamshire police will investigate the claim and specially trained officers will provide support for the victim. Domestic abuse will not be recorded as a misogyny hate crime because it already has a separate comprehensive procedure. « What women face, often on a daily basis, is absolutely unacceptable and can be extremely distressing, » said Chief Constable Sue Fish. « Nottinghamshire Police is committed to taking misogynistic hate crime seriously and encourages anyone who is affected by it to contact us without hesitation. » The urgent need to provide greater support for women facing abuse of various kinds became clear during the Nottinghamshire Safer for Women Conference last year, when, while reporting on the event, Sarah Teale, a BBC broadcaster was verbally harassed by a man in the street. Newsweek
The people now armed themselves with such weapons as they could find in armourer shops & privated houses, and with bludgeons, & were roaming all night through all parts of the city without any decided & practicable object. The next day the states press on the King to send away the troops, to permit the Bourgeois of Paris to arm for the preservation of order in the city, & offer to send a deputation from their body to tranquilize them. He refuses all their propositions. A committee of magistrates & electors of the city are appointed, by their bodies, to take upon them its government. The mob, now openly joined by the French guards, force the prisons of St. Lazare, release all the prisoners, & take a great store of corn, which they carry to the corn market. Here they get some arms, & the French guards begin to to form & train them. The City committee determine to raise 48,000 Bourgeois, or rather to restrain their numbers to 48,000, On the 16th they send one of their numbers (Monsieur de Corny whom we knew in America) to the Hotel des Invalides to ask arms for their Garde Bourgeoise. He was followed by, or he found there, a great mob. The Governor of the Invalids came out & represented the impossibility of his delivering arms without the orders of those from whom he received them. De Corny advised the people then to retire, retired himself, & the people took possession of the arms. It was remarkable that not only the invalids themselves made no opposition, but that a body of 5000 foreign troops, encamped with 400 yards, never stirred. Monsieur De Corny and five others were then sent to ask arms of Monsieur de Launai, Governor of the Bastille. They found a great collection of people already before the place, & they immediately planted a flag of truce, which was answered by a like flag hoisted on the parapet. The depositition prevailed on the people to fall back a little, advanced themselves to make their demand of the Governor. & in that instant a discharge from the Bastille killed 4 people of those nearest to the deputies. The deputies retired, the people rushed against the place, and almost in an instant were in possession of a fortification, defended by 100 men, of infinite strength, which in other times had stood several regular sieges & had never been taken. How they got in, has as yet been impossible to discover. Those, who pretend to have been of the party tell so many different stories as to destroy the credit of them all. They took all the arms, discharged the prisoners & such of the garrison as were not killed in the first moment of fury, carried the Governor and Lieutenant Governor to the Greve (the place of public execution) cut off their heads, & sent them through the city in triumph to the Palais royal… I have the honor to be with great esteem & respect, Sir, your most obedient and most humble servant. Thomas Jefferson (lettre à John Jay, 19 juillet 1789)
Le 14 juillet, c’est la Révolution tout entière. C’est bien plus que le 4 août, qui est l’abolition des privilèges féodaux ; c’est bien plus que le 21 septembre, qui est l’abolition du privilège royal, de la monarchie héréditaire. C’est la victoire décisive de l’ère nouvelle sur l’Ancien Régime. Les premières conquêtes qu’avait values à nos pères le serment du Jeu de paume étaient menacées ; un effort suprême se préparait pour étouffer la Révolution dans son berceau ; une armée en grande partie étrangère se concentrait autour de Paris. Paris se leva, et, en prenant la vieille citadelle du despotisme, il sauva l’Assemblée nationale et l’avenir. Il y eut du sang versé le 14 juillet : les grandes transformations des sociétés humaines – et celle-ci a été la plus grande de toutes – ont toujours jusqu’ici coûté bien des douleurs et bien du sang. Nous espérons fermement que, dans notre chère patrie, au progrès par les révolutions, succède, enfin ! le progrès par les réformes pacifiques. Mais, à ceux de nos collègues que des souvenirs tragiques feraient hésiter, rappelons que le 14 juillet 1789, ce 14 juillet qui vit prendre la Bastille, fut suivi d’un autre 14 juillet, celui de 1790, qui consacra le premier par l’adhésion de la France entière, d’après l’initiative de Bordeaux et de la Bretagne. Cette seconde journée du 14 juillet, qui n’a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par les efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire. Elles ont passé trop vite, ces heures où tous les cœurs français ont battu d’un seul élan ; mais les terribles années qui ont suivi n’ont pu effacer cet immortel souvenir, cette prophétie d’un avenir qu’il appartient à nous et à nos fils de réaliser. Henri Martin (29 juin 1880)
Les journées les plus décisives de la Révolution française sont contenues, sont impliquées dans ce premier fait qui les enveloppe : le 14 juillet 1789. Et voilà pourquoi aussi c’est la vraie date révolutionnaire, celle qui fait tressaillir la France ! On comprend que ce jour-là notre Nouveau Testament nous a été donné et que tout doit en découler. Léon Gambetta (14 juillet 1872)
La Fête de la Fédération: Il s’agit de la fête la plus célèbre de la Révolution française. Fête emblématique, au point qu’aujourd’hui encore notre fête nationale réunit en elle deux adversaires : la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, et la Fédération du 14 juillet 1790. L’intention primitive de la fête n’était pourtant pas celle d’une célébration unanime. L’idée était née en province, dans cet hiver 1790 où les alliances défensives, hantées par les souvenirs de la Grande Peur, n’avaient cessé de se nouer entre les gardes nationales et l’armée tout entière. Des fêtes locales et toutes militaires scellaient ces pactes. Paris s’inquiète alors de l’agitation qui risque de gagner les troupes régulières et choisit de la contrôler en convoquant dans la capitale, pour le 14 juillet, les députations provinciales. Mais le caractère conservateur d’une fête destinée à garantir l’ordre est vite débordé par l’enthousiasme collectif d’où la Fédération tire son prestige légendaire. Mona Ozouf
Les légitimistes s’évertuent alors à démonter le mythe du 14 Juillet, à le réduire à l’expression violente d’une foule (pas du peuple) assoiffée de sang (les meurtres des derniers défenseurs de la Bastille malgré la promesse de protection) allant jusqu’au sacrilège du cadavre (des têtes dont celle du gouverneur Launay parcourant Paris plantée au bout d’une pique) (…) la Bastille n’était pas un bagne, occupée qu’elle était par quelques prisonniers sans envergure, elle n’était pas la forteresse du pouvoir royal absolu tourné contre le peuple à travers l’instrumentalisation des canons, elle n’était pas la forteresse à partir de laquelle la reconquête de la ville pouvait être envisagée puisqu’elle n’était défendue que par quelques soldats qui du reste se sont rendus en fin d’après-midi. Le mythe de la prise de la Bastille tombe de lui-même pour les monarchistes et même plus il est une création politique construisant artificiellement le mythe du peuple s’émancipant, plus encore il apparaît comme annonciateur de la Terreur, justifiant les surnoms de « saturnales républicaines », de « fête de l’assassinat »… Pierrick Hervé
Le 14 juillet 1935: La SFIO se rallient aux communistes et acceptent une grande alliance avec les Radicaux. Un « Congrès international des écrivains pour la défense et la culture », réuni à Paris , rassemble des humanistes et des anti-fascistes allemands. Le mouvement Amsterdam-Pleyel propose de manifester le 14 juillet 1935 dans toute la France contre le fascisme. Le jour de la fête nationale, des délégués venus de tous les départements jurent de « défendre les libertés démocratiques, de donner du pain aux travailleurs, du travail à la jeunesse et au monde la grande paix humaine ». 500 000 personnes défilent de la Bastille à Vincennes avec Léon Blum à leur tête. Le leader de la SFIO est accompagné de Maurice Thorez (PC), de Benoît Frachon (CGTU) et Léon Jouhaux (CGT) ainsi que Edouard Daladier (Parti Radical). En Province, les manifestations atteignent également du 12 février 1934. On entend en même temps l’Internationale et la Marseillaise, on mêle le drapeau tricolore au drapeau rouge. Cette fois, l’unité est en marche pour de bon. Et dès le lendemain, on crée le comité national du Rassemblement populaire pour le pain la paix et la liberté. L’expression Front Populaire s’impose dans le langage. David Martin
Dans les grandes démocraties du monde, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Etats-unis, le Canada, les fêtes nationales se fêtent sans défilé militaire. Ce sont les dictatures qui font les défilés militaires. C’est l’URSS, c’est la Chine, c’est l’iran; ce sont des pays non démocratiques. Et la France est l’une des seules démocraties à organiser sa fête nationale autour d’un défilé militaire: ça n’a aucune justification même historique. Sylvain Garel (élu vert de Paris, 02.07.10)
Le défilé du 14 Juillet tel que nous le connaissons aujourd’hui n’a été instauré qu’en 1880, grâce à un vote de l’Assemblée nationale faisant du 14 juillet le jour de la Fête nationale française. La jeune IIIe République cherche à créer un imaginaire républicain commun pour souder le régime, après des décennies d’instabilité (Directoire, Consulat, premier et second Empire, IIe République …). C’est dans la même période que la Marseillaise sera adoptée comme hymne national. La date a pourtant fait polémique au sein de l’hémicycle. Pouvait-on adopter comme acte fondateur de la Nation la sanglante prise de la Bastille? Les conservateurs s’y opposent. Le rapporteur de la loi, Benjamin Raspail, propose alors une autre date : le 14 juillet 1790, jour de la Fête de la Fédération. Le premier anniversaire de la prise de la Bastille avait été célébré à Paris par le défilé sur le Champ-de-Mars de milliers de «fédérés», députés et délégués venus de toute la France. Louis XVI avait prêté serment à la Nation, et avait juré de protéger la Constitution. (…) Convaincue, l’Assemblée nationale a donc adopté le 14 Juillet comme Fête nationale, mais sans préciser si elle se réfèrait à 1789 ou 1790. (…) La IIIe République est née en 1870 après la défaite de l’Empereur Napoléon III à Sedan contre la Prusse. La France y a perdu l’Alsace et la Lorraine, ce qui sera vécu comme un traumatisme national. Dix ans après la défaite, le régime veut montrer que le pays s’est redressé. Jules Ferry, Léon Gambetta et Léon Say remettent aux militaires défilant à Longchamp de nouveaux drapeaux et étendards, remplaçant ceux de 1870. L’armée est valorisée comme protectrice de la Nation et de la République. Hautement symbolique, ce premier défilé du 14 Juillet permet également de montrer à l’opinion nationale et internationale le redressement militaire de la France, qui compte bien reconquérir les territoires perdus. Le caractère militaire du 14 Juillet est définitivement acquis lors du «Défilé de la victoire» de 1919 sur les Champs-Elysées. Le Figaro (16.07.11)
En fait, la Révolution française n’est qu’un aspect d’une révolution occidentale, ou plus exactement atlantique, qui a commencé dans les colonies anglaises d’Amérique peu après 1763, s’est prolongée par les révolutions de Suisse, des Pays-Bas, d’Irlande avant d’atteindre la France en 1787 et 1789. Jacques Godechot
Je constate qu’après la formation de leur Etat, les Juifs, de victimes, sont devenus bourreaux. Ils ont pris les maisons, les terres des Palestiniens. Abbé Pierre (1991)
Qui eût pu penser à la fin de la seconde guerre mondiale, qu’après les siècles d’humiliation et de déni, l’affaire Dreyfus, le ghetto de Varsovie, Auschwitz, les descendants et héritiers de cette terrible expérience feraient subir aux palestiniens occupés humiliations et dénis? Comment comprendre le passage du juif persécuté à l’Israélien persécuteur? (…) On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs, issue du peuple le plus longtemps persécuté dans l’histoire de l’humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en « peuple dominateur et sûr de lui » et, à l’exception d’une admirable minorité, en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier.Les juifs d’Israël, descendants des victimes d’un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les Palestiniens. Les juifs qui furent victimes d’un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux Palestiniens. Les juifs victimes de l’inhumanité montrent une terrible inhumanité. Les juifs, boucs émissaires de tous les maux, « bouc-émissarisent » Arafat et l’Autorité palestinienne, rendus responsables d’attentats qu’on les empêche d’empêcher. Edgar Morin (1997)
Eli [sic] Wiesel soutenait les droits de l’Homme pour tous sauf les Palestiniens, où il défendait plus de politiques israéliennes contre notre peuple. Xavier Abu Eid (conseiller de l’OLP)
Les Palestiniens se rappelleront d’Elie Wiesel pour son racisme et sa propagande aux services de leurs oppresseurs, nettoyeurs ethniques et tueurs. Ali Abuminah (Electronic Intifada)
Elie Wiesel était un escroc qui a menti sur son expérience et soutenu le nettoyage ethnique du peuple palestinien dans le processus. Rien d’honorable. Abbas Hamideh (Al-Awda)
La promesse de Wiesel de ne jamais être en paix devant la souffrance d’un être humain était un mensonge. Reza Aslan (auteur irano-américain)
 Wiesel est passé de grande victime de crimes de guerre à apologue de ceux qui en commettent. Hassan (Al-Jazeera)
Elie Wiesel est passé de victime de crimes de guerre à soutien de ceux qui en commettent. Il a fait plus de mal que de bien, et ne devrait pas être honoré. Max Blumenthal (journaliste américain)
Vous avez dit hommage à propos d’Elie Wiesel. Sûrement qu’il y aura un hommage rendu pour Elie Wiesel. Il y aura beaucoup de gens pour le faire. Mais moi c’est quand même un peu différent, parce que je ne suis pas fanatique d’Elie Wiesel à beaucoup d’égards. (…) l’idée que je réalise Shoah semblait le rendre fou (…) La Shoah, cétait, pensait-il, son domaine à lui et moi, je n’étais pas survivant d’un camp (…) Imre Kertész, dans “Être sans destin”, dit ceci, c’est que Elie Wiesel a passé à Auschwitz en tout et pour tout trois ou quatre nuits et jours, le reste du temps il était à Buchenwald. Il n’était pas à Auschwitz. C’est un témoin fiable, Imre Kertész. Claude Lanzmann
Pour moi, il était évident que le préjugé était au contraire un phénomène universel, et que toutes les minorités, tous les groupes qui n’occupaient pas le sommet de l’échelle sociale devenaient par là même des victimes potentielles. (…) Dénoncer l’antisémitisme sans dénoncer la cruauté humaine en général, voilà qui me tourmentait en permanence. L’aveuglement général est tel que j’ai entendu des Juifs se désoler sans retenue devant le phénomène de l’antisémitisme pour aborder sans se démonter la question afro-américaine et en parler en petits Hitler. Si je le leur faisais remarquer en protestant énergiquement, ils se retournaient contre moi. Ils ne se rendaient pas du tout compte de ce qu’ils faisaient. J’ai entendu une fois une dame tenir des propos enflammés sur les gentils qui n’avaient rien fait pour sauver les Juifs d’Europe. « On ne peut pas leur faire confiance », affirmait- elle. J’ai laissé passer un temps, puis je lui ai subitement demandé : « Et vous, qu’est-ce que vous faites pour aider les Noirs à obtenir leurs droits civiques ? — Ecoutez, m’a-t-elle rétorqué. J’ai assez avec mes propres problèmes. » Et moi : « C’est exactement ce que se sont dit les gentils d’Europe. » (…) en mai 1977. J’étais convié à une table ronde en compagnie notamment d’Elie Wiesel, qui a survécu à l’Holocauste et, depuis, ne sait plus parler d’autre chose. Ce jour-là, il m’a agacé en prétendant qu’on ne pouvait pas faire confiance aux savants, aux techniciens, parce qu’ils avaient contribué à rendre possible l’Holocauste. Voilà bien une généralisation abusive ! Et précisément le genre de propos que tiennent les antisémites : « Je me méfie des Juifs, parce que jadis, des Juifs ont crucifié mon Sauveur. » J’ai laissé les autres débattre un moment en remâchant ma rancœur puis, incapable de me contenir plus longtemps, je suis intervenu : « Monsieur Wiesel, vous faites erreur ; ce n’est pas parce qu’un groupe humain a subi d’atroces persécutions qu’il est par essence bon et innocent. Tout ce que montrent les persécutions, c’est que ce groupe était en position de faiblesse. Si les Juifs avaient été en position de force, qui sait s’ils n’auraient pas pris la place des persécuteurs ? » A quoi Wiesel m’a répliqué, très emporté : « Citez-moi un seul cas où des Juifs auraient persécuté qui que ce soit ! » Naturellement, je m’y attendais. « Au temps des Macchabées, au IIe siècle av. J.-C., Jean Hyrcan de Judée a conquis Edom et donné à choisir aux Edomites entre la conversion au judaïsme et l’épée. N’étant pas idiots, les Edomites se sont convertis, mais par la suite, on les a quand même traités en inférieurs, car s’ils étaient devenus des Juifs, ils n’en restaient pas moins des Edomites. » Et Wiesel, encore plus énervé : « Il n’y a pas d’autre exemple. » — C’est qu’il n’y a pas d’autre période dans l’histoire où les Juifs aient exercé le pouvoir, ai-je répondu. La seule fois où ils l’ont eu, ils ont fait comme les autres. » (…) J’aurais pu aller plus loin. Faire allusion au sort réservé par les Israélites aux Cananéens au temps de David et de Salomon, par exemple. Et si j’avais pu prédire l’avenir, j’aurais évoqué ce qui se passe en Israël aujourd’hui. Les Juifs d’Amérique auraient une vision plus claire de la situation s’ils se représentaient un renversement des rôles : les Palestiniens gouvernant le pays et les Juifs les bombardant de pierres avec l’énergie du désespoir. J’ai eu le même type de querelle avec Avram Davidson, brillant auteur de science-fiction qui, naturellement, est juif, et a été, du moins à une époque, ostensiblement orthodoxe. J’avais consacré un essai au Livre de Ruth, où je voyais un appel à la tolérance par opposition aux édits du cruel scribe Ezra, qui incitait les Juifs à « répudier » leurs épouses étrangères. Ruth était une Moabite, peuple haï des juifs s’il en est ; pourtant, elle est dépeinte dans l’Ancien Testament sous les traits d’une femme modèle ; en outre, elle compte parmi les ancêtres de David. Avram Davidson a pris ombrage de mon sous-entendu (les Juifs présentés comme intolérants) et j’ai eu droit à une lettre fort sarcastique dans laquelle il me demandait lui aussi si les Juifs s’étaient jamais livrés à des persécutions. Je lui ai répondu notamment : « Avram, vous et moi vivons dans un pays à 95 % non juif et cela ne nous pose pas de problème particulier. En revanche, qu’adviendrait-il de nous si nous étions des gentils habitant un pays à 95 % juif orthodoxe ? » (…)  En réalité, là encore le phénomène est universel. Au temps où Rome persécutait les premiers chrétiens, ceux-ci plaidaient pour la tolérance. Mais quand le christianisme l’a emporté, est-ce la tolérance qui a régné ? Jamais de la vie. Au contraire, les persécutions ont aussitôt repris dans l’autre sens. Prenez les Bulgares, qui réclamaient la liberté à leur régime dictatorial et qui, une fois qu’ils l’ont eue, s’en sont servis pour agresser leur minorité turque. Ou le peuple d’Azerbaïdjan, qui a exigé de l’Union soviétique une liberté dont il était privé par le pouvoir central pour s’en prendre aussitôt à la minorité arménienne. La Bible enseigne que les victimes de persécutions ne doivent en aucun cas devenir à leur tour des persécuteurs : « Vous n’attristerez et vous n’affligerez pas l’étranger, parce que vous avez été étrangers vous-mêmes dans le pays d’Egypte » (Exode 22 : 21).  Isaac Asimov

C’est universel, imbécile !

En cette journée où, via un défilé militaire digne des dernières dictatures de la planète, l’une des grandes démocraties du monde fête sa fondation

Célébrant le lynchage en fait d’un gouverneur de garnison à l’origine, puis tour à tour la reprise en main de l’agitation provinciale, la préparation de la revanche après une défaite militaire et enfin la fête d’une victoire militaire …

Et inspirée de la guerre d’indépendance et de la révolution de la première grande démocratie du monde …

Fondée accessoirement sur le massacre d’une de ses minorités et l’esclavage d’une autre …

Elle-même issue de la révolution de la nation qui a inventé le parlementarisme moderne avec décapitation puis expulsion de ses rois …

Et au lendemain d’une autre fête nationale (sportive cette fois) censée à l’origine raviver la fusion « black-blanc-beur » et requinquer un pouvoir aux abois mais gâchée par la défaite, les gaz lacrymogènes et les incendies de voitures de police ou de mobilier urbain  …

Après l’hommage quasi-universel la semaine dernière d’une des figures les plus reconnues – survivant de la Shoah et prix Nobel de la Paix – et encensées de l’après-guerre flétrie par la polémique de quelques uns …

Comment ne pas voir avec l’extrait de l’autobiographie du père de la science-fiction Isaac Asimov qui relate justement sa polémique avec Elie Wiesel …

La vérité et la grandeur d’un monde occidental qui s’efforce d’élargir chaque jour un peu plus le cercle des individus ou groupes qu’il cherche à défendre ou secourir  …

Mais aussi, derrière les origines inévitablement violentes de ses principales incarnations nationales, la menace spécifique qui hante ce type de régime …

Et donc, à l’instar de son plus petit et seul représentant au sein de l’immensité totalitaire du Moyen-Orient, sa vulnérabilité particulière face aux dénonciations intéressées de ses ennemis ?

Isaac Asimov, Elie Wiesel et l’antisémitisme
Isaac Asimov, né en 1920 à Petrovitchi, en Russie, et mort en 1992 à New York, est l’un des plus grands auteurs de science-fiction. Il est notamment le père du cycle « Fondation » et du cycle des « Robots ». Il a écrit une autobiographie, « Moi, Asimov », parue chez Denoël en 1996. Il y évoque notamment ses origines juives et la polémique qui l’opposa à Elie Wiesel, dans un passage que je reproduis ci-après (1).
Alain Gresh
Le Monde Diplomatique
18 janvier 2010

Mon père était fier de dire qu’il n’y avait jamais eu de pogrom dans sa petite ville natale, où juifs et gentils cohabitaient sans problème. En fait, lui-même avait pour ami un fils de gentils à qui il donnait un coup de main pour ses devoirs du soir. Après la Révolution [de 1917], il s’avéra que l’ami d’enfance était devenu fonctionnaire local du Parti ; à son tour, il aida mon père à réunir les papiers nécessaires pour émigrer aux Etats-Unis. Ce détail a son importance, car j’ai souvent lu sous la plume de romantiques échevelés que ma famille avait fui la Russie pour échapper aux persécutions. D’après eux, c’est tout juste si, pour quitter le pays, nous n’avions pas traversé le Dniepr en sautant de bloc de glace en bloc de glace, avec sur les talons une meute de chiens assoiffés de sang et la totalité de l’Armée rouge.

Evidemment, il n’en est rien. Nous n’avons nullement été persécutés, et c’est en toute légalité que nous sommes partis de chez nous, sans plus de tracasseries administratives qu’on ne peut en attendre de la bureaucratie en général, et de la nôtre en particulier. Tant pis si c’est une déception.

Je n’ai pas non plus d’histoires horribles à raconter sur ma vie aux Etats-Unis. Littéralement, je n’ai jamais eu à souffrir d’être juif ; je veux dire qu’on ne m’a ni frappé ni maltraité de quelque façon que ce soit. En revanche, j’ai été maintes fois provoqué, ouvertement par les jeunes butors, plus subtilement par les gens instruits. Mais j’acceptais ; pour moi, ces choses faisaient inévitablement partie d’un univers que je ne pouvais changer.

Je savais aussi que de vastes secteurs de la société américaine me resteraient fermés parce que j’étais juif, mais qu’il en allait ainsi dans toutes les sociétés chrétiennes, et cela depuis deux mille ans ; là encore, cela faisait partie des choses de la vie. Difficile à supporter en revanche fut le sentiment d’insécurité permanente, et parfois même de terreur, face à ce qui se passait dans le monde. Je veux parler ici des années 30 et de l’ascension d’Hitler, avec sa folie antisémite toujours plus féroce et toujours plus meurtrière.

Nul Juif américain ne pouvait ignorer alors que, d’abord en Allemagne, puis en Autriche, les Juifs étaient constamment humiliés, maltraités, emprisonnés, torturés et assassinés simplement parce qu’ils étaient juifs. Nous ne pouvions fermer les yeux sur le fait que des partis « naziisants » voyaient le jour dans d’autres régions d’Europe en faisant de l’antisémitisme leur maître mot. Même la France et la Grande-Bretagne furent touchées ; toutes deux virent l’émergence d’un parti de type fasciste, et toutes deux avaient déjà un lourd passé en matière d’antisémitisme.

Nous n’étions pas même en sécurité aux Etats-Unis, pays où sévissait en permanence un antisémitisme sous-jacent et qui n’était pas à l’abri d’une bouffée de violence occasionnelle chez les gangs de rue les plus frustes. Là aussi existait une certaine attirance pour le nazisme. Ne parlons pas du German-American Bund, cette antenne déclarée des nazis, mais on a pu entendre des individus comme le père Charles Coughlin, ou encore Charles Lindbergh, exprimer ouvertement des opinions antisémites. Sans parler des mouvements fascisants autochtones qui se rassemblaient autour de la bannière de l’antisémitisme.

Comment les juifs américains ont-ils pu supporter cette pression ? Comment n’ont-ils pas cédé sous son poids ? La plupart, je présume, ont simplement appliqué la stratégie du « déni », du refus de voir les choses en face. Ils se sont efforcés de ne pas y penser et ont fait de leur mieux pour continuer à vivre comme avant. Et dans une large mesure, c’est ce que j’ai fait moi aussi. On n’avait pas le choix. (Les juifs d’Allemagne se sont comportés de la même manière jusqu’à ce que l’orage éclate et qu’il soit trop tard.) En outre, j’avais trop foi en mon pays, les Etats-Unis d’Amérique, pour croire qu’il pourrait suivre un jour l’exemple allemand.

Il est un fait que les outrances d’Hitler, non seulement dans le racisme mais aussi dans le nationalisme va-t-en-guerre, ajoutées à une paranoïa galopante de plus en plus manifeste, suscitaient le dégoût et la colère chez un nombre non négligeable d’Américains. Le gouvernement des Etats-Unis avait beau se montrer globalement réservé sur le sort funeste des juifs d’Europe, les citoyens étaient de plus en plus opposés à Hitler. C’est du moins ce qu’il me semblait, et j’y trouvais quelque réconfort.

J’essayais par ailleurs de ne pas me laisser désagréablement obnubiler par le sentiment que l’antisémitisme était le problème mondial majeur. Autour de moi, beaucoup de Juifs divisaient la population de la terre en deux camps : les Juifs et les autres, point final. Nombreux étaient ceux qui ne prenaient en compte aucun autre problème que l’antisémitisme, quels que soient le lieu et l’époque.

Pour moi, il était évident que le préjugé était au contraire un phénomène universel, et que toutes les minorités, tous les groupes qui n’occupaient pas le sommet de l’échelle sociale devenaient par là même des victimes potentielles. Dans l’Europe des années 30, ce sont les Juifs qui en ont pâti de manière spectaculaire, mais aux Etats-Unis, ce n’étaient pas eux les plus mal traités. Chez nous, quiconque ne se fermait pas délibérément les yeux voyait bien que c’étaient les Afro-Américains. Pendant deux siècles, ils avaient été réduits en esclavage. Puis on avait théoriquement mis fin à cet état de fait, mais un peu partout, ils n’avaient accédé qu’au statut de quasi- esclaves : on les avait privés de leurs droits les plus fondamentaux, traités par le mépris et délibérément exclus de ce qu’il est convenu d’appeler le « rêve américain ».

Quoique juif, et pauvre de surcroît, j’ai pu bénéficier du système éducatif américain dans ce qu’il a de meilleur et fréquenter une de ses meilleures universités ; je me demandais, à l’époque, combien d’Afro-Américains se verraient offrir la même chance. Dénoncer l’antisémitisme sans dénoncer la cruauté humaine en général, voilà qui me tourmentait en permanence. L’aveuglement général est tel que j’ai entendu des Juifs se désoler sans retenue devant le phénomène de l’antisémitisme pour aborder sans se démonter la question afro-américaine et en parler en petits Hitler. Si je le leur faisais remarquer en protestant énergiquement, ils se retournaient contre moi. Ils ne se rendaient pas du tout compte de ce qu’ils faisaient.

J’ai entendu une fois une dame tenir des propos enflammés sur les gentils qui n’avaient rien fait pour sauver les Juifs d’Europe. « On ne peut pas leur faire confiance », affirmait- elle.

J’ai laissé passer un temps, puis je lui ai subitement demandé : « Et vous, qu’est-ce que vous faites pour aider les Noirs à obtenir leurs droits civiques ?

— Ecoutez, m’a-t-elle rétorqué. J’ai assez avec mes propres problèmes. »

Et moi : « C’est exactement ce que se sont dit les gentils d’Europe. » J’ai lu une totale incompréhension dans son regard. Elle ne voyait pas où je voulais en venir. Qu’y faire ? Le monde entier semble brandir en permanence une bannière clamant : « Liberté !… mais pas pour les autres. »

Je me suis publiquement exprimé là-dessus une seule fois, dans des circonstances délicates. C’était en mai 1977. J’étais convié à une table ronde en compagnie notamment d’Elie Wiesel, qui a survécu à l’Holocauste et, depuis, ne sait plus parler d’autre chose. Ce jour-là, il m’a agacé en prétendant qu’on ne pouvait pas faire confiance aux savants, aux techniciens, parce qu’ils avaient contribué à rendre possible l’Holocauste. Voilà bien une généralisation abusive ! Et précisément le genre de propos que tiennent les antisémites : « Je me méfie des Juifs, parce que jadis, des Juifs ont crucifié mon Sauveur. »

J’ai laissé les autres débattre un moment en remâchant ma rancœur puis, incapable de me contenir plus longtemps, je suis intervenu : « Monsieur Wiesel, vous faites erreur ; ce n’est pas parce qu’un groupe humain a subi d’atroces persécutions qu’il est par essence bon et innocent. Tout ce que montrent les persécutions, c’est que ce groupe était en position de faiblesse. Si les Juifs avaient été en position de force, qui sait s’ils n’auraient pas pris la place des persécuteurs ? »

A quoi Wiesel m’a répliqué, très emporté : « Citez-moi un seul cas où des Juifs auraient persécuté qui que ce soit ! »

Naturellement, je m’y attendais. « Au temps des Macchabées, au IIe siècle av. J.-C., Jean Hyrcan de Judée a conquis Edom et donné à choisir aux Edomites entre la conversion au judaïsme et l’épée. N’étant pas idiots, les Edomites se sont convertis, mais par la suite, on les a quand même traités en inférieurs, car s’ils étaient devenus des Juifs, ils n’en restaient pas moins des Edomites. »

Et Wiesel, encore plus énervé : « Il n’y a pas d’autre exemple. »

— C’est qu’il n’y a pas d’autre période dans l’histoire où les Juifs aient exercé le pouvoir, ai-je répondu. La seule fois où ils l’ont eu, ils ont fait comme les autres. »

Ce qui mit fin à la discussion. J’ajoute cependant que l’auditoire était totalement acquis à Elie Wiesel.

J’aurais pu aller plus loin. Faire allusion au sort réservé par les Israélites aux Cananéens au temps de David et de Salomon, par exemple. Et si j’avais pu prédire l’avenir, j’aurais évoqué ce qui se passe en Israël aujourd’hui. Les Juifs d’Amérique auraient une vision plus claire de la situation s’ils se représentaient un renversement des rôles : les Palestiniens gouvernant le pays et les Juifs les bombardant de pierres avec l’énergie du désespoir.

J’ai eu le même type de querelle avec Avram Davidson, brillant auteur de science-fiction qui, naturellement, est juif, et a été, du moins à une époque, ostensiblement orthodoxe. J’avais consacré un essai au Livre de Ruth, où je voyais un appel à la tolérance par opposition aux édits du cruel scribe Ezra, qui incitait les Juifs à « répudier » leurs épouses étrangères. Ruth était une Moabite, peuple haï des juifs s’il en est ; pourtant, elle est dépeinte dans l’Ancien Testament sous les traits d’une femme modèle ; en outre, elle compte parmi les ancêtres de David. Avram Davidson a pris ombrage de mon sous-entendu (les Juifs présentés comme intolérants) et j’ai eu droit à une lettre fort sarcastique dans laquelle il me demandait lui aussi si les Juifs s’étaient jamais livrés à des persécutions. Je lui ai répondu notamment : « Avram, vous et moi vivons dans un pays à 95 % non juif et cela ne nous pose pas de problème particulier. En revanche, qu’adviendrait-il de nous si nous étions des gentils habitant un pays à 95 % juif orthodoxe ? »

Je n’ai jamais reçu de réponse.

A l’heure où j’écris, on assiste à un afflux de Juifs ex-soviétiques en Israël. S’ils fuient leur pays, c’est bien parce qu’ils redoutent des persécutions de nature religieuse. Pourtant, dès qu’ils posent le pied sur le sol d’Israël, ils se muent en sionistes extrémistes impitoyables à l’égard des Palestiniens. Ils passent en un clin d’œil du statut de persécutés à celui de persécuteurs.

Cela dit, les Juifs ne sont pas les seuls dans ce cas. Si je suis sensible à ce problème particulier, c’est parce que je suis juif moi-même. En réalité, là encore le phénomène est universel. Au temps où Rome persécutait les premiers chrétiens, ceux-ci plaidaient pour la tolérance. Mais quand le christianisme l’a emporté, est-ce la tolérance qui a régné ? Jamais de la vie. Au contraire, les persécutions ont aussitôt repris dans l’autre sens. Prenez les Bulgares, qui réclamaient la liberté à leur régime dictatorial et qui, une fois qu’ils l’ont eue, s’en sont servis pour agresser leur minorité turque. Ou le peuple d’Azerbaïdjan, qui a exigé de l’Union soviétique une liberté dont il était privé par le pouvoir central pour s’en prendre aussitôt à la minorité arménienne.

La Bible enseigne que les victimes de persécutions ne doivent en aucun cas devenir à leur tour des persécuteurs : « Vous n’attristerez et vous n’affligerez pas l’étranger, parce que vous avez été étrangers vous-mêmes dans le pays d’Egypte » (Exode 22 : 21). Mais qui obéit à cet enseignement ? Personnellement, chaque fois que je tente de le répandre, je m’attire des regards hostiles et je me rends impopulaire.

Isaac Asimov, Moi, Asimov, traduit de l’américain par Hélène Collon, Folio Science Fiction, Paris, 1996 [1994]

Voir aussi:

Elie Wiesel. Les réactions après l’annonce de son décès
Ouest France

03/07/2016

Voici les premières réactions politiques et de la société civile à la mort samedi à New York de l’écrivain Elie Wiesel, prix Nobel de la paix et rescapé de la Shoah.

– Barack Obama, président des Etats-Unis, a salué la mémoire d’un « ami », « de l’une des grandes voix morales de notre temps, et à bien des égards, la conscience du monde ». M. Wiesel ne se battait pas uniquement contre l’antisémitisme, a rappelé le locataire de la Maison blanche, soulignant son engagement contre la haine, la bigoterie et l’intolérance sous toutes ses formes.

-Benyamin Nétanyahou, premier ministre israélien, a salué sa mémoire, faisant valoir qu’il était un « rayon de lumière et un exemple d’humanité croyant en la bonté de l’homme ». « L’Etat d’Israël et le peuple juif pleurent avec amertume la mort d’Elie Wiesel », a dit M. Nétanyahou.
En France
– Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères: « l’humanité perd un grand témoin de l’holocauste, un infatigable combattant de la mémoire et un prodigieux homme de lettres de langue française ». « Notre devoir est de faire vivre son message, qui lui avait valu le prix Nobel de la Paix, et les valeurs qu’il incarnait » (communiqué).

– Bernard Cazeneuve, ministre français de l’Intérieur, salue « la mémoire de cet homme exceptionnel, qui fut un immense écrivain, luttant par son oeuvre contre les forces de l’oubli et de l’indifférence, mais aussi un militant inlassable des droits de l’homme, appelant l’attention de l’opinion mondiale sur les individus et sur les peuples victimes de persécutions ». « Le monde perd un témoin de l’univers concentrationnaire, l’une des grandes voix qui ont contribué à révéler au monde l’horreur singulière de la Shoah et à en perpétuer la mémoire » (communiqué).

– Audrey Azoulay, ministre de la Culture, rend hommage à un « soldat de la paix ». Cet « homme au regard si doux, avait connu le pire de ce que l’humanité peut produire, mais avait fait de sa vie une victoire. Il avait gardé confiance en l’homme, défendu ses droits dans les tribunes internationales comme ses livres ». (communiqué)

– Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France): « Elie Wiesel était une figure emblématique de la mémoire de la Shoah et de la souffrance des Juifs. Toute sa vie, il fut un intellectuel engagé ». « Pour le Crif, il fut un résistant à l’oubli et un militant de la mémoire. C’est un phare pour l’humanité qui disparaît. »

– Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes: « Avec la disparition d’un infatigable et admirable témoin, il nous reste la force du témoignage de paix, par l’un de ceux qui ont été confrontés à l’horreur absolue ». Sa « lutte contre l’indifférence, l’intolérance et l’injustice a aujourd’hui force d’exemple » (communiqué).

– Anne Hidalgo, maire de Paris: « De l’importance du devoir de mémoire. « Celui qui ne connaît pas l’Histoire est condamné à la revivre », disait Elie Wiesel. N’oublions jamais ».

– Jack Lang, ancien ministre de la Culture: « C’était d’abord un ami fidèle auquel me liait des liens étroits d’affection. Il fut aussi indéfectiblement attaché à la personne de François Mitterrand dont il a suivi l’action en permanence. Elie Wiesel était l’élégance même, la grandeur, la générosité. Les horribles souffrances que la vie lui a infligées ont fait grandir en lui sa profonde humanité. Immense écrivain, il a su admirablement exprimer la densité de l’âme humaine. Son amour de la France le portait à écrire dans la langue française qu’il savourait avec passion. Elie, ce cher et grand Elie, appartient au Panthéon des hommes de lumière » (communiqué).

– Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale: « Grande tristesse, Elie Wiesel nous a quittés. Une conscience universelle disparaît dont la voix ne s’éteindra jamais » (tweet)

– Gérard Larcher, président (LR) du Sénat: « E. #Wiesel restera cet infatigable militant au service de la paix et des Droits de l’Homme » (tweet)

– François Fillon, ancien Premier ministre: « c’est une voix de paix qui s’éteint. Une mémoire, une conscience, un grand écrivain. N’oublions jamais ». (tweet)

– Christiane Taubira, ancienne ministre: « #ElieWiesel, ou la défaite de l’horreur absolue : un esprit lumineux invaincu, une conscience vigilante au monde » (tweet)

– Nathalie Kosciusko-Morizet, députée LR et chef de file de la droite parisienne: « Elie Wiesel, rescapé de la Shoah, intellectuel brillant, humaniste engagé. C’est une conscience qui nous quitte. Son combat reste le nôtre ». (tweet)

Voir également:

‘L’hommage’ acerbe de Claude Lanzmann à Elie Wiesel
Au micro de France Inter, le réalisateur juif français a fortement critiqué l’écrivain et prix Nobel de la Paix
Times of Israel

6 juillet 2016

Les hommages à Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix et survivant de la Shoah, décédé le 2 juillet dernier, se succèdent, mais certains sont plus critiques que d’autres.

Des militants pro-palestiniens ont ainsi reproché à l’écrivain son soutien public de Benjamin Netanyahu et de l’Etat d’Israël, allant jusqu’à le traiter « d’escroc » sur Twitter et d’allié du « nettoyage ethnique du peuple palestinien ».

Un journaliste américain a écrit que Wiesel ne méritait aucun honneur, et qu’il était « passé de victime de crimes de guerre à soutien de ceux qui en commettent. Il a fait plus de mal que de bien, et ne devrait pas être honoré. »

En France, et dans une moindre dimension, la critique est notamment venue de Claude Lanzmann qui s’est exprimé au micro de France Inter dimanche matin. selon lui, l’écrivain juif américain tenait beaucoup, voire trop, à son statut d’icône de la Shoah : « la Shoah, c’était, pensait-il, son domaine à lui, et moi je n’étais pas survivant d’un camp », a déclaré le réalisateur de « Shoah » – qui, ironiquement, a souvent été accusé d’effectuer un monopole sur le récit de la Shoah.

Le cinéaste explique qu’il avait en effet rencontré Wiesel dans les années 70, souhaitant centrer son film magistral autour du philosophe, mais que sa réaction à l’annonce du projet lui avait donné l’impression d’avoir commis « un crime de lèse-majesté ».

C’est donc une voix discordante, qui « n’est pas fanatique d’Elie Wiesel », qui s’élève à France Inter, face à Laetitia Gayet, qui tente tant bien que mal de garder l’interview sur les rails.

Car Claude Lanzmann, âgé de 90 ans, continue et critique le statut même de Wiesel comme survivant d’Auschwitz : « Elie Wiesel a passé à Auschwitz, en tout et pour tout, trois ou quatre nuits et jours. Le reste du temps, il était à Buchenwald, il n’était pas à Auschwitz ».

Comme le note le Nouvel Obs, dans une fine analyse de l’interview, « [Lanzmann] affirme avoir lu ça dans « Etre sans destin » du Hongrois Imre Kertész, prix Nobel de littérature et survivant des camps, qu’il considère comme ‘un témoin fiable’.

Il n’en fallait pas plus pour agiter la presse française : pendant que le Point titre « Lanzmann règle ses comptes avec Elie Wiesel », les sites antisémites s’en donnent à cœur joie et utilisent les propos de Lanzmann – qui s’est probablement trompé, comme l’explique le journaliste de l’Obs – pour nier le calvaire enduré par les survivants de la Shoah.

Et l’Obs de conclure, très justement, « l’hostilité que Lanzmann essuie depuis dimanche pour son refus bourru de « rendre hommage » illustre tragiquement notre incapacité à être sereins face à la mémoire du génocide ».

Voir encore:

Après sa mort, Wiesel est critiqué pour son soutien à Israël
Des activistes pro-palestiniens crient au scandale après les éloges sur le défenseur des droits de l’Homme
Times of Israel
3 juillet 2016

La mort du survivant de l’Holocauste et prix Nobel de la Paix Elie Wiesel, 87 ans, était largement déplorée dimanche, mais certains critiques d’Israël et militants pro-palestiniens se sont concentrés sur le soutien ardent de Wiesel au sionisme, disant que son soutien à l’Etat juif a terni sa réputation de défenseur des droits de l’Homme.

Wiesel était un soutien public du Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu, qui est très impopulaire parmi les Palestiniens.

Le leader juif et auteur prolifique a aussi ouvertement reproché à son ami, le président américain Barack Obama, d’appeler à la fin de la construction dans les implantations, et de négocier un accord nucléaire levant les sanctions avec l’Iran. La position de Wiesel sur ces sujets a été critiquée, même par ses admirateurs de longue date.

« Eli [sic] Wiesel soutenait les droits de l’Homme pour tous sauf les Palestiniens, où il défendait plus de politiques israéliennes contre notre peuple », a écrit sur Twitter Xavier Abu Eid, conseiller en communications du département de négociations de l’OLP [Organisation de libération de la Palestine].

Après avoir survécu à l’Holocauste, Wiesel, romancier et militant, est devenu célèbre, l’un des témoins principaux de l’Holocauste et un homme qui a non seulement documenté les horreurs du passé mais aussi cherché à empêcher de futures tragédies en se battant pour els droits de l’Homme.

« En tant qu’écrivain, qu’orateur, que militant, et en tant qu’intellectuel, il était l’une de ces personnes qui ont changé le monde en tant que citoyen du monde, plus que ceux qui ont des mandats et des postes traditionnels de pouvoir. Sa vie, et la puissance de son exemple, nous appelle à faire mieux », a déclaré Obama samedi soir.

Pendant plus d’un demi-siècle, Wiesel a exprimé ses croyances passionnées aux dirigeants mondiaux, aux célébrités et à des publics généraux au nom des victimes de violence et d’oppression. Il a écrit 57 livres, mais son roman le plus influant est de loin La nuit, un classique rangé aux côtés du Journal d’Anne Frank dans les lectures classiques sur l’Holocauste.

Mais pour certains militants pro-palestiniens, son soutien à Israël l’a emporté sur le reste de son héritage.

« Les Palestiniens se rappelleront d’Elie Wiesel pour son racisme et sa propagande aux services de leurs oppresseurs, nettoyeurs ethniques et tueurs », a écrit Ali Abuminah, cofondateur du blog palestinien Electronic Intifada.

Abbas Hamideh, cofondateur d’Al-Awda, une association qui vise à permettre aux réfugiés palestiniens de la guerre d’indépendance israélienne de 1948 à revenir sur leurs anciennes terres, a déclaré que Wiesel était un « escroc ».

« Elie Wiesel était un escroc qui a menti sur son expérience et soutenu le nettoyage ethnique du peuple palestinien dans le processus. Rien d’honorable », a-t-il écrit.

Certaines personnalités médiatiques internationales ont aussi utilisé Twitter pour critiquer les hommages mondiaux unanimes au militant des droits de l’Hommes récemment décédé.

Reza Aslan, auteur irano-américain et chercheur en religion qui apparait souvent dans les médias américains, a déclaré que la promesse de Wiesel de ne jamais être en paix devant la souffrance d’un être humain était un mensonge.

Mehdi Hassan, présentateur de télévision et journaliste pour Al Jazeera, a suggéré que les fortes louanges de Wiesel étaient sans fondement étant donné sa position envers les Palestiniens.

« Pauvres vieux Palestiniens, le seul peuple dont vous pouvez ignorer/compromettre les droits et être toujours appelé un défenseur des droits de l’Hommes quand vous mourrez », a écrit Hassan.

Dans un autre tweet, le journaliste d’Al-Jazeera a essayé de clarifier son opinion, écrivant que « pour être clair, il est possible d’apprécier le combat de Wiesel, son héritage et sa littérature tout en étant repoussé par son soutien aux colons. »

Max Blumenthal, journaliste, militant, et fils de Sidney Blumenthal, conseiller de longue date de la candidate à la présidentielle américaine Hillary Clinton, a affirmé que Wiesel ne méritait aucun honneur.

« Elie Wiesel est passé de victime de crimes de guerre à soutien de ceux qui en commettent. Il a fait plus de mal que de bien, et ne devrait pas être honoré. »

Un important diplomate arabe a cependant publiquement rendu hommage à Wiesel sans mentionner les Palestiniens.

Khalid Bin Ahmad, ministre des Affaires étrangères de Bahreïn depuis 2005, a écrit, « Repose en paix #ElieWiesel. Ton noble héritage survivra. »

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé qu’avec la mort « de l’une des personnalités les plus marquantes du siècle passé », « une voix de la morale et de l’humanité s’était (s’est) tue ».

« Elie Wiesel nous a tendu la main à nous, les Allemands et a travaillé avec nous inlassablement pour rendre possible un monde meilleur », a-t-elle insisté.

Voir de plus:

Face à Elie Wiesel : Claude Lanzmann, Jean Robin et Isaac Asimov sonnent la charge !
Play Mobil
Agoravox
5 juillet 2016

Elie Wiesel est décédé le 2 juillet 2016. Rescapé de la Shoah, il constituait une figure d’autorité très respectée : Grand-croix de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre de l’Empire britannique, ayant reçu aux États-Unis la médaille d’or du Congrès et la médaille présidentielle de la Liberté, fait docteur honoris causa par plus de cent universités parmi lesquelles Harvard, Yale, Stanford, Cambridge, Princeton, Columbia, l’École normale supérieure, Oxford, la Sorbonne et l’université hébraïque de Jérusalem, il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1986. Son livre La Nuit est resté sur la liste des meilleures ventes du New York Times pendant neuf semaines d’affilée, un record inégalé pour un livre de non-fiction.

Le personnage faisait pourtant polémique, comme en témoignent plusieurs réactions fracassantes émises ou exhumées ces derniers jours.

Lanzmann règle ses compte avec Wiesel

Invité de France Inter dimanche 3 juillet peu avant 8 heures, Claude Lanzmann, le réalisateur de Shoah, reproche d’abord au Prix Nobel de ne pas lui avoir réservé un bon accueil lorsqu’il lui a annoncé à New York qu’il allait préparer le film. «  L’idée que je réalise Shoah le rendait fou. Je crois que l’explication est simple. La Shoah était, pensait-il, son domaine à lui et moi, je n’étais pas survivant d’un camp », explique Lanzmann.

Plus tard, il dresse Imre Kertész, Prix Nobel de littérature, contre Wiesel en lisant un extrait d’un de ses ouvrages : « Imre Kertész, dans “Être sans destin”, dit ceci : Elie Wiesel a passé à Auschwitz en tout et pour tout trois ou quatre nuits et jours, le reste du temps il était à Buchenwald. Il n’était pas à Auschwitz. […] C’est un témoin fiable, Imre Kertész. »

L’interview de près de 8 minutes, donné à France Inter, n’était plus disponible ce mardi matin sur le site de la radio, qui semble avoir choisi la voie de la censure, mais quelques blogueurs l’ont néanmoins conservée. Le Point (qui a récupéré l’enregistrement) propose ainsi à ses lecteurs de l’écouter in extenso :

Une enquête explosive mais très controversée

Autre réaction, celle de l’inénarrable Jean Robin, écrivain, journaliste et éditeur exilé en Polynésie suite à un appel de son Seigneur Jésus Christ. Celui-ci prétend avoir démontré « que Wiesel n’a jamais mis les pieds à Auschwitz de sa vie« , et donc que « Lanzmann ment et va jusqu’au maximum de ce qu’il peut aller sans accuser Wiesel d’être un faux déporté« .

Ses accusations, étayées par plusieurs articles, sont terribles :

« Elie Wiesel, qui a menti sur son identité, son tatouage à Auschwitz qu’il n’avait pas, et sa détention imaginaire à Buchenwald, comme nous l’avons prouvé, vient de mourir. Tous les médias vont faire l’éloge d’un faussaire de l’histoire, dont les mensonges ont permis aux négationnistes de mettre en doute la Shoah elle-même. »

Jean Robin a bien conscience qu’il marche sur des oeufs : Wiesel « étant devenu un demi-dieu, il est désormais interdit de le critiquer, sous peine d’accusation en négationnisme, antisémitisme, nazisme, etc. » Le bougre, repris par le site de son ennemi juré, Alain Soral (qui ne manque pas une information pouvant aller dans le sens du révisionnisme, si ce n’est du négationnisme), n’a pas tardé à en faire les frais, comme il nous le confie sur son site :

« Je viens d’ailleurs d’en faire les frais en me faisant virer sans notification et après maintes insultes du groupe des amis de Guy Millière, dont je suis quand même l’éditeur de 3 livres. »

Selon l’écrivain Michaël de Saint-Cheron, Elie Wiesel est aujourd’hui critiqué par des « personnes inqualifiables qui cherchent non pas à salir mais à démolir la statue morale » qu’il incarne. Il mentionne l’Américaine Carolyn Yeager et le juif hongrois Miklos Grüner. Ce dernier, rescapé d’Auschwitz, accuse Wiesel d’avoir « usurpé le numéro matricule A-7713 d’un certain Lazar Wiesel et [de s’être] approprié le récit de ce dernier sur son passage à Auschwitz ». Cette thèse se trouve soutenue par des négationnistes, ainsi que par Jean Robin, qui aurait reçu des archives du Musée national Auschwitz-Birkenau un courriel selon lequel le déporté immatriculé A-7713 était nommé Lazar Wiesel et avait pour année de naissance 1913 (alors qu’Elie Wiesel est né en 1928). Michaël de Saint-Cheron met en question la fiabilité de ces archives, soutient que Wiesel a progressivement changé l’orthographe de son prénom (Lazar étant le diminutif yiddish d’Eliezer), et affirme avoir vu par lui-même son tatouage.

On espère que des journalistes contre-enquêteront sur l’enquête de Robin. Si ce dernier prétend que ce sont les supposés « mensonges » de Wiesel qui feraient le jeu des négationnistes, d’autres l’accusent désormais de faire, lui, le jeu des négationnistes.

La sagesse d’Isaac Asimov : les persécutés deviennent les persécuteurs… lorsqu’ils sont les plus forts

Le troisième témoignage, plus apaisé et profond, est post-mortem, et nous le devons à Jean Bricmont, qui l’a publié dès le 3 juillet sur sa page Facebook. Il est signé Isaac Asimov.

Né en 1920 à Petrovitchi, en Russie, et mort en 1992 à New York, Asimov est l’un des plus grands auteurs de science-fiction. Il est notamment le père du cycle Fondation et du cycle des Robots. Il a écrit une autobiographie, Moi, Asimov, parue chez Denoël en 1996. Il y évoque notamment ses origines juives et la polémique qui l’opposa en 1977 à Elie Wiesel (le passage qui suit a été publié en 2010 par Le Monde diplomatique) :

Mon père était fier de dire qu’il n’y avait jamais eu de pogrom dans sa petite ville natale, où juifs et gentils cohabitaient sans problème. En fait, lui-même avait pour ami un fils de gentils à qui il donnait un coup de main pour ses devoirs du soir. Après la Révolution [de 1917], il s’avéra que l’ami d’enfance était devenu fonctionnaire local du Parti ; à son tour, il aida mon père à réunir les papiers nécessaires pour émigrer aux Etats-Unis. Ce détail a son importance, car j’ai souvent lu sous la plume de romantiques échevelés que ma famille avait fui la Russie pour échapper aux persécutions. D’après eux, c’est tout juste si, pour quitter le pays, nous n’avions pas traversé le Dniepr en sautant de bloc de glace en bloc de glace, avec sur les talons une meute de chiens assoiffés de sang et la totalité de l’Armée rouge.

Evidemment, il n’en est rien. Nous n’avons nullement été persécutés, et c’est en toute légalité que nous sommes partis de chez nous, sans plus de tracasseries administratives qu’on ne peut en attendre de la bureaucratie en général, et de la nôtre en particulier. Tant pis si c’est une déception.

Je n’ai pas non plus d’histoires horribles à raconter sur ma vie aux Etats-Unis. Littéralement, je n’ai jamais eu à souffrir d’être juif ; je veux dire qu’on ne m’a ni frappé ni maltraité de quelque façon que ce soit. En revanche, j’ai été maintes fois provoqué, ouvertement par les jeunes butors, plus subtilement par les gens instruits. Mais j’acceptais ; pour moi, ces choses faisaient inévitablement partie d’un univers que je ne pouvais changer.

Je savais aussi que de vastes secteurs de la société américaine me resteraient fermés parce que j’étais juif, mais qu’il en allait ainsi dans toutes les sociétés chrétiennes, et cela depuis deux mille ans ; là encore, cela faisait partie des choses de la vie. Difficile à supporter en revanche fut le sentiment d’insécurité permanente, et parfois même de terreur, face à ce qui se passait dans le monde. Je veux parler ici des années 30 et de l’ascension d’Hitler, avec sa folie antisémite toujours plus féroce et toujours plus meurtrière.

Nul Juif américain ne pouvait ignorer alors que, d’abord en Allemagne, puis en Autriche, les Juifs étaient constamment humiliés, maltraités, emprisonnés, torturés et assassinés simplement parce qu’ils étaient juifs. Nous ne pouvions fermer les yeux sur le fait que des partis « naziisants » voyaient le jour dans d’autres régions d’Europe en faisant de l’antisémitisme leur maître mot. Même la France et la Grande-Bretagne furent touchées ; toutes deux virent l’émergence d’un parti de type fasciste, et toutes deux avaient déjà un lourd passé en matière d’antisémitisme.

Nous n’étions pas même en sécurité aux Etats-Unis, pays où sévissait en permanence un antisémitisme sous-jacent et qui n’était pas à l’abri d’une bouffée de violence occasionnelle chez les gangs de rue les plus frustes. Là aussi existait une certaine attirance pour le nazisme. Ne parlons pas du German-American Bund, cette antenne déclarée des nazis, mais on a pu entendre des individus comme le père Charles Coughlin, ou encore Charles Lindbergh, exprimer ouvertement des opinions antisémites. Sans parler des mouvements fascisants autochtones qui se rassemblaient autour de la bannière de l’antisémitisme.

Comment les juifs américains ont-ils pu supporter cette pression ? Comment n’ont-ils pas cédé sous son poids ? La plupart, je présume, ont simplement appliqué la stratégie du « déni », du refus de voir les choses en face. Ils se sont efforcés de ne pas y penser et ont fait de leur mieux pour continuer à vivre comme avant. Et dans une large mesure, c’est ce que j’ai fait moi aussi. On n’avait pas le choix. (Les juifs d’Allemagne se sont comportés de la même manière jusqu’à ce que l’orage éclate et qu’il soit trop tard.) En outre, j’avais trop foi en mon pays, les Etats-Unis d’Amérique, pour croire qu’il pourrait suivre un jour l’exemple allemand.

Il est un fait que les outrances d’Hitler, non seulement dans le racisme mais aussi dans le nationalisme va-t-en-guerre, ajoutées à une paranoïa galopante de plus en plus manifeste, suscitaient le dégoût et la colère chez un nombre non négligeable d’Américains. Le gouvernement des Etats-Unis avait beau se montrer globalement réservé sur le sort funeste des juifs d’Europe, les citoyens étaient de plus en plus opposés à Hitler. C’est du moins ce qu’il me semblait, et j’y trouvais quelque réconfort.

J’essayais par ailleurs de ne pas me laisser désagréablement obnubiler par le sentiment que l’antisémitisme était le problème mondial majeur. Autour de moi, beaucoup de Juifs divisaient la population de la terre en deux camps : les Juifs et les autres, point final. Nombreux étaient ceux qui ne prenaient en compte aucun autre problème que l’antisémitisme, quels que soient le lieu et l’époque.

Pour moi, il était évident que le préjugé était au contraire un phénomène universel, et que toutes les minorités, tous les groupes qui n’occupaient pas le sommet de l’échelle sociale devenaient par là même des victimes potentielles. Dans l’Europe des années 30, ce sont les Juifs qui en ont pâti de manière spectaculaire, mais aux Etats-Unis, ce n’étaient pas eux les plus mal traités. Chez nous, quiconque ne se fermait pas délibérément les yeux voyait bien que c’étaient les Afro-Américains. Pendant deux siècles, ils avaient été réduits en esclavage. Puis on avait théoriquement mis fin à cet état de fait, mais un peu partout, ils n’avaient accédé qu’au statut de quasi-esclaves : on les avait privés de leurs droits les plus fondamentaux, traités par le mépris et délibérément exclus de ce qu’il est convenu d’appeler le « rêve américain ».

Quoique juif, et pauvre de surcroît, j’ai pu bénéficier du système éducatif américain dans ce qu’il a de meilleur et fréquenter une de ses meilleures universités ; je me demandais, à l’époque, combien d’Afro-Américains se verraient offrir la même chance. Dénoncer l’antisémitisme sans dénoncer la cruauté humaine en général, voilà qui me tourmentait en permanence. L’aveuglement général est tel que j’ai entendu des Juifs se désoler sans retenue devant le phénomène de l’antisémitisme pour aborder sans se démonter la question afro-américaine et en parler en petits Hitler. Si je le leur faisais remarquer en protestant énergiquement, ils se retournaient contre moi. Ils ne se rendaient pas du tout compte de ce qu’ils faisaient.

J’ai entendu une fois une dame tenir des propos enflammés sur les gentils qui n’avaient rien fait pour sauver les Juifs d’Europe. « On ne peut pas leur faire confiance », affirmait-elle.

J’ai laissé passer un temps, puis je lui ai subitement demandé : « Et vous, qu’est-ce que vous faites pour aider les Noirs à obtenir leurs droits civiques ?

— Ecoutez, m’a-t-elle rétorqué. J’ai assez avec mes propres problèmes. »

Et moi : « C’est exactement ce que se sont dit les gentils d’Europe. » J’ai lu une totale incompréhension dans son regard. Elle ne voyait pas où je voulais en venir. Qu’y faire ? Le monde entier semble brandir en permanence une bannière clamant : « Liberté !… mais pas pour les autres.  »

Je me suis publiquement exprimé là-dessus une seule fois, dans des circonstances délicates. C’était en mai 1977. J’étais convié à une table ronde en compagnie notamment d’Elie Wiesel, qui a survécu à l’Holocauste et, depuis, ne sait plus parler d’autre chose. Ce jour-là, il m’a agacé en prétendant qu’on ne pouvait pas faire confiance aux savants, aux techniciens, parce qu’ils avaient contribué à rendre possible l’Holocauste. Voilà bien une généralisation abusive ! Et précisément le genre de propos que tiennent les antisémites : « Je me méfie des Juifs, parce que jadis, des Juifs ont crucifié mon Sauveur. »

J’ai laissé les autres débattre un moment en remâchant ma rancœur puis, incapable de me contenir plus longtemps, je suis intervenu : « Monsieur Wiesel, vous faites erreur ; ce n’est pas parce qu’un groupe humain a subi d’atroces persécutions qu’il est par essence bon et innocent. Tout ce que montrent les persécutions, c’est que ce groupe était en position de faiblesse. Si les Juifs avaient été en position de force, qui sait s’ils n’auraient pas pris la place des persécuteurs ? »

A quoi Wiesel m’a répliqué, très emporté : « Citez-moi un seul cas où des Juifs auraient persécuté qui que ce soit !  »

Naturellement, je m’y attendais. « Au temps des Macchabées, au IIe siècle av. J.-C., Jean Hyrcan de Judée a conquis Edom et donné à choisir aux Edomites entre la conversion au judaïsme et l’épée. N’étant pas idiots, les Edomites se sont convertis, mais par la suite, on les a quand même traités en inférieurs, car s’ils étaient devenus des Juifs, ils n’en restaient pas moins des Edomites. »

Et Wiesel, encore plus énervé : « Il n’y a pas d’autre exemple. »

— C’est qu’il n’y a pas d’autre période dans l’histoire où les Juifs aient exercé le pouvoir, ai-je répondu. La seule fois où ils l’ont eu, ils ont fait comme les autres. »

Ce qui mit fin à la discussion. J’ajoute cependant que l’auditoire était totalement acquis à Elie Wiesel.

J’aurais pu aller plus loin. Faire allusion au sort réservé par les Israélites aux Cananéens au temps de David et de Salomon, par exemple. Et si j’avais pu prédire l’avenir, j’aurais évoqué ce qui se passe en Israël aujourd’hui. Les Juifs d’Amérique auraient une vision plus claire de la situation s’ils se représentaient un renversement des rôles : les Palestiniens gouvernant le pays et les Juifs les bombardant de pierres avec l’énergie du désespoir.

J’ai eu le même type de querelle avec Avram Davidson, brillant auteur de science-fiction qui, naturellement, est juif, et a été, du moins à une époque, ostensiblement orthodoxe. J’avais consacré un essai au Livre de Ruth, où je voyais un appel à la tolérance par opposition aux édits du cruel scribe Ezra, qui incitait les Juifs à « répudier » leurs épouses étrangères. Ruth était une Moabite, peuple haï des juifs s’il en est ; pourtant, elle est dépeinte dans l’Ancien Testament sous les traits d’une femme modèle ; en outre, elle compte parmi les ancêtres de David. Avram Davidson a pris ombrage de mon sous-entendu (les Juifs présentés comme intolérants) et j’ai eu droit à une lettre fort sarcastique dans laquelle il me demandait lui aussi si les Juifs s’étaient jamais livrés à des persécutions. Je lui ai répondu notamment : « Avram, vous et moi vivons dans un pays à 95 % non juif et cela ne nous pose pas de problème particulier. En revanche, qu’adviendrait-il de nous si nous étions des gentils habitant un pays à 95 % juif orthodoxe ?  »

Je n’ai jamais reçu de réponse.

A l’heure où j’écris, on assiste à un afflux de Juifs ex-soviétiques en Israël. S’ils fuient leur pays, c’est bien parce qu’ils redoutent des persécutions de nature religieuse. Pourtant, dès qu’ils posent le pied sur le sol d’Israël, ils se muent en sionistes extrémistes impitoyables à l’égard des Palestiniens. Ils passent en un clin d’œil du statut de persécutés à celui de persécuteurs.

Cela dit, les Juifs ne sont pas les seuls dans ce cas. Si je suis sensible à ce problème particulier, c’est parce que je suis juif moi-même. En réalité, là encore le phénomène est universel. Au temps où Rome persécutait les premiers chrétiens, ceux-ci plaidaient pour la tolérance. Mais quand le christianisme l’a emporté, est-ce la tolérance qui a régné ? Jamais de la vie. Au contraire, les persécutions ont aussitôt repris dans l’autre sens. Prenez les Bulgares, qui réclamaient la liberté à leur régime dictatorial et qui, une fois qu’ils l’ont eue, s’en sont servis pour agresser leur minorité turque. Ou le peuple d’Azerbaïdjan, qui a exigé de l’Union soviétique une liberté dont il était privé par le pouvoir central pour s’en prendre aussitôt à la minorité arménienne.

La Bible enseigne que les victimes de persécutions ne doivent en aucun cas devenir à leur tour des persécuteurs : « Vous n’attristerez et vous n’affligerez pas l’étranger, parce que vous avez été étrangers vous-mêmes dans le pays d’Egypte » (Exode 22 : 21). Mais qui obéit à cet enseignement ? Personnellement, chaque fois que je tente de le répandre, je m’attire des regards hostiles et je me rends impopulaire.

———————————–

Isaac Asimov, Moi, Asimov, traduit de l’américain par Hélène Collon, Folio Science Fiction, Paris, 1996 [1994].

Voir encore:

Quel procès pour ceux qui mettent Elie Wiesel en procès ?
Michaël de Saint-Cheron
11 mars 2013

Aujourd’hui, avec l’affaire Wiesel, c’est sa déportation qui est insidieusement remise en cause

Laisserons-nous outrepasser la simple critique intellectuelle par des personnes inqualifiables qui cherchent non pas à salir mais à démolir la statue morale d’Elie Wiesel ? Sur quel autre rescapé juif des camps a-t-on aussi gratuitement déblatéré, menti de façon éhontée, trahi la vérité historique, non pas depuis hier mais grosso-modo depuis qu’il fut lauréat du prix Nobel de la paix à Oslo en 1986 ?

Parmi les premiers à se déchaîner contre cette attribution, se trouvaient les amis de Simon Wiesenthal puis quelque Suédois me rappelait encore Elie Wiesel au téléphone cette semaine. Cette fois c’est un Juif hongrois, Miklos Grüner, dans un procès pour diffamation contre le rabbin Shlomo Köves dans lequel le cas de Wiesel fut très présent, qu’il perdit en première instance et en appel. Parmi toutes les impostures, celle de ce Miklos Grüner est l’une des plus énormes. Pour lui l’écrivain, prix Nobel, est un « imposteur qui a usurpé le numéro matricule A-7713 d’un certain Lazar Wiesel et s’est approprié le récit de ce dernier sur son passage à Auschwitz. » Tout le document sur ce procès intenté à l’écrivain par le rescapé juif hongrois, est en ligne sur un site à mouvance révisionniste, sous le titre « Affaire Elie Wiesel » ou encore sur un site intitulé « Résistance » [mais de quelle résistance parle-t-on ? sûrement pas de celle à l’infamie] avec ce titre « Elie Wiesel est-il un imposteur ? »

On se souvient que Simone Veil, ministre de la santé, défendant le projet de loi sur l’IVG (si mal appliquée et toujours si mal considérée en France, mais c’est un tout autre débat !) avait été la cible d’attaques antisémites ignobles d’opposants catholiques intégristes et/ou d’extrême-droite. « Dommage que tu n’y sois pas restée ! », lui lançaient certaines lettres infâmes et anonymes !

Aujourd’hui, avec l’affaire Wiesel, c’est sa déportation qui est simplement remise en cause, donc tout naturellement son récit La Nuit jusqu’à sa renommée morale qui lui valut son prix Nobel…

Est-il utile ou plus exactement nécessaire de répondre à autant de calomnies sans queue ni tête, quant elles ne sont guidées que par un esprit malin, quant ce n’est un esprit qui ne sait pas discerner l’immoral du moral ? On sait qu’il existe un site américain alimenté par une certaine Carolyn Yeager « Elie Wiesel cons the world » (Elie Wiesel escroque le monde), qui se consacre au « faux-témoignage du plus célèbre survivant de l’Holocauste ».

Revenons-en aux faits de cette dernière affaire, sans doute la plus ignoble de toutes celles qui se sont portées contre Wiesel depuis toutes ces décennies. On ne veut ni plus ni moins le dénantir de sa condition de survivant. Miklos Grüner, rejoint par quelques tristes individus se réclamant pour la plupart de thèses révisionnistes, pour qui tout combat de cette nature est salutaire, même les plus risibles, réfute ni plus ni moins que le numéro tatoué [« qu’Elie Wiesel dit avoir »] sur son avant bras-gauche : A-7713 (que j’ai vu de mes yeux !) est vraiment le sien… S’il n’est pas le sien, il n’est pas tatoué et ne fut pas déporté à Birkenau au printemps 1944 ! Nous sommes entre le rêve et le cauchemar. La thèse qui s’ensuit est donc qu’Elie Wiesel aurait usurpé l’identité d’un autre déporté, au nom étrangement voisin : Lazar Wiesel, qui ne porta jamais plainte pour usurpation d’identité – et pour cause… Lazar ou plus exactement Leizer, est le diminutif yiddish d’Eliezer, qu’après la guerre Wiesel simplifia en Elie. L’un des journalistes du site Enquête & Débat (mais de quelles enquêtes et de quels débats s’agit-il au fait ?), qui se dit « anti-antisémite » et entend défendre la mémoire de la Shoah, a écrit au responsable des archives du Museum d’État d’Auschwitz-Birkenau à Oświęcim, pour en avoir confirmation et le courriel reçu fait bien état d’un Lazar Wiesel né en 1913, sauf qu’Elie Wiesel est né en 1928, soit quinze plus tard.

Les archives d’Auschwitz-Birkenau sont-elles fiables ? On peut en douter à lire de pareilles informations erronées.

Après quoi il écrivit à Elie Wiesel et à son assistante à New York, leur demandant d’apporter des preuves sur sa déportation, i.e. son véritable numéro tatoué…

Un website a repris tout ce procès fou intenté à l’écrivain sous le titre « eliewieseltattoo.com ». Faut-il aller plus avant dans la dénonciation de la supercherie, de la haine qui se cachent ici derrière de faux-semblants tragiques et pathétiques ?

On arbore une photo de Wiesel son bras gauche nu et replié sans que l’on y discerne le tatouage et l’on en déduit qu’aucun numéro n’y figure. Mais ce tatouage beaucoup de gens qui ont connu ou connaissent Wiesel l’ont vu – dont je suis. Que cherchent alors à prouver ces calomniateurs ? Que la haine, dans son travail d’élaboration, a beaucoup de temps à faire perdre à ceux qui en sont devenus ni plus ni moins ses instruments aveugles.

Alors qu’il devient de plus en plus impossible de nier l’existence des chambres à gaz, il reste à s’attaquer par tous les moyens à ce qui est encore tangible. Or, parmi les dernières figures d’écrivains ou d’intellectuels survivants de l’extermination des Juifs, tels qu’Imre Kertész pourtant prix Nobel de littérature, ou Aharon Appelfeld, Wiesel reste celui qui continue à attiser les haines les plus irrationnelles et les plus farouches…

Quand on a encore à l’oreille les paroles de la sœur aînée d’Elie Wiesel, Hilda, morte voici deux ans à Nice, se souvenant de l’ultime scène sur le quai maudit de Birkenau avec sa mère lui disant  : « cours, cours dire à papa de ne pas se séparer de ton frère[1] ! », il est absolument immoral, indécent, de se poser simplement la question de la véracité du dire d’Elie Wiesel.

Il est un texte dans l’Evangile où il est dit que tous les péchés seront remis, sauf le péché contre l’Esprit ! Il faut croire que les coupables de crimes contre l’humanité et ceux qui de près ou de loin font le lit de ces abominations de la désolation, ont commis et commettent chaque jour un péché contre l’Esprit inexpiable. Ceux qui attentent aujourd’hui un tel procès à Elie Wiesel au nom d’une  mémoire qu’ils disent servir, diffament cette mémoire.
[1] Voir son témoignage dans mon livre Elie Wiesel, l’homme de la mémoire,Bayard éditions, 1998

Voir de plus:

Elie Wiesel l’imposteur et Jérusalem

Alain Gresh
Le Monde  diplomatique
18 avril 2010

Dans une publicité intitulée « For Jerusalem » et reproduite par l’International Herald Tribune (16 avril 2010), Elie Wiesel, prix Nobel de la paix, réaffirme son inquiétude. Ce texte affirme hautement que « Jérusalem est au-dessus de la politique ». Ce qui, pour l’auteur, signifie qu’elle doit… rester israélienne.

Pour lui, précise-t-il, sa présence dans l’histoire juive est totale, elle est mentionnée « 600 fois dans les écritures et pas une seule fois dans le Coran ». Outre que cela est discutable (je ne vais pas entrer ici dans une interprétation du texte coranique), on ne voit pas en quoi la mention d’une ville dans un texte vieux de quelques milliers d’années donnerait un droit de propriété à quiconque. Ou alors il faudrait redéfinir les frontières de l’Europe en fonction des textes latins du Moyen Age ou des textes grecs de l’Antiquité.

Lire aussi Philippe Rekacewicz & Dominique Vidal, « Comment Israël confisque Jérusalem-Est », Le Monde diplomatique, février 2007. « Il n’y a pas de prière plus émouvante dans l’histoire juive, poursuit-il, que celle qui exprime notre (les juifs) désir ardent de retourner à Jérusalem. » Cette interprétation politique d’une prière n’a évidemment aucun sens. Pendant des siècles, les juifs religieux ont effectivement prononcé cette prière, mais sans jamais vouloir la mettre en œuvre. Jusqu’en 1948, les juifs pouvaient se rendre à Jérusalem (certains y allaient pour être enterrés). C’est seulement avec la naissance du mouvement sioniste que l’objectif est devenu politique. Comme l’écrit si pertinemment Gilles Perrault dans sa biographie d’Henri Curiel, Un homme à part (Fayard), « la minorité sioniste exceptée, personne ne ressentait la nécessité d’un Etat juif et l’on n’éprouvait pas le besoin de psalmodier “l’an prochain à Jérusalem” quand il suffisait de prendre le train de 9h45 pour s’y rendre ».

« Aujourd’hui, poursuit Wiesel, pour la première fois dans l’histoire, juifs, chrétiens et musulmans peuvent accomplir leurs rites religieux librement. Et, contrairement à certaines affirmations des médias, juifs, chrétiens et musulmans ONT (en capitale) l’autorisation de construire leurs foyers n’importe où dans la ville. »

Il faut le dire clairement : il s’agit d’un honteux mensonge. Non seulement chrétiens et musulmans sont sans arrêt interdits d’accès à leurs lieux saints, non seulement ils n’ont pas le droit de construire dans Jérusalem, mais les maisons qu’ils ont sont détruites, comme l’ont reconnu mille et un rapports d’organisations diverses, mais aussi de gouvernements. Même les Etats-Unis se sont émus de la destruction de maisons arabes (« U.S. furious over Israel’s demolition of East Jerusalem homes », par Barak Ravid et Natasha Mozgovaya, Haaretz, 22 mars 2009). Et il suffit de lire le rapport des consuls européens à Jérusalem. Wiesel l’ignore-t-il ?

Lire aussi Alain Gresh, « Jérusalem, le rapport occulté », Le Monde diplomatique, juillet 2009. Dans une réponse à ce texte, « For Jerusalem, a response to Elie Wiesel » (Haaretz, 18 avril), Yossi Sarid écrit :

« Quelqu’un vous a trompé, mon cher ami. Non seulement un Arabe ne peut pas construire “n’importe où”, mais il peut remercier son Dieu s’il n’est pas expulsé de sa maison et jeté à la rue avec sa famille et des biens. Peut-être avez-vous entendu parler de résidents arabes de Sheikh Jarrah, qui ont vécu là depuis 1948, qui sont à nouveau devenus des réfugiés déracinés, parce que certains juifs se jouent des contraintes de l’espace à Jérusalem. »

« Ces juifs zélés insistent même pour s’insérer comme autant d’os dans les gorges des quartiers arabes, pour les purifier et les judaïser avec l’aide de riches bienfaiteurs américains, dont vous connaissez plusieurs personnellement. Dans les coulisses, notre premier ministre et le maire de Jérusalem activent les fils de ce spectacle de marionnettes tout en se défaussant de leur responsabilité face à cette anarchie et cette cupidité. C’est la raison réelle pour laquelle “les nouvelles et les anciennes tensions” dont vous parlez dans votre lettre refont surface, “avec une telle rapidité”. »

Wiesel conclut en appelant à ne pas résoudre le problème de Jérusalem, c’est-à-dire, clairement, à maintenir la ville sous occupation.

Ce n’est pas sa première intervention sur la question de Jérusalem. Déjà, durant les négociations entre Israéliens et Palestiniens avant la seconde Intifada, alors que la presse évoquait un partage de Jérusalem, il prenait la plume et publiait une tribune dans le quotidien Le Monde (« Jérusalem, il est urgent d’attendre », 17 janvier 2001), reprochant au premier ministre israélien d’alors ses éventuelles concessions. Ce texte, repris sur tous les sites pro-israéliens les plus extrémistes, pouvait ainsi se résumer : mieux vaut le mur des lamentations que la paix.

Dans les deux textes, celui de l’IHT et celui du Monde, Wiesel cite le rabbin hassidique Nahman de Breslev (né en 1772) pour justifier ses dires. Que dirait-on d’un intellectuel musulman qui citerait une sommité religieuse de l’époque des califes pour justifier la revendication musulmane sur Jérusalem ?

Cette « grande conscience », rarement critiquée publiquement, est pourtant un imposteur moral qui mériterait un traitement différent dans les médias.

Rappelons que, outre ses positions sur le conflit israélo-palestinien, il a fait l’éloge de la torture, celle du financier Bernard Madoff chez qui il avait placé une partie de sa fortune (il ne lui a jamais semblé immoral de gagner des millions de dollars grâce à lui quand ses combinaisons financières marchaient), comme le rapportait LeMonde.fr (« Bernard Madoff est un “psychopathe”, selon Elie Wiesel », 27 février 2009).

« “Psychopathe est un mot trop gentil pour le qualifier”, a déclaré M. Wiesel. “Il devrait être placé à l’isolement pendant au moins cinq ans avec un écran sur lequel seraient diffusées des photos de ses victimes. […] Il faudrait inventer n’importe quoi pour le faire souffrir. (…) Il devrait être présenté à des juges qui trouveraient un châtiment”, a ajouté ce survivant de l’Holocauste. »

D’autre part, comme le rappelle Max Blumenthal, un membre du lobby J-street, Elie Wiesel s’est adressé le 25 octobre 2009 à 6 000 chrétiens sionistes adeptes du pasteur John Hagee, un homme qui tient des propos homophobes, mais aussi négationistes et antisémites (rappelons qu’une partie des chrétiens sionistes sont antisémites) (« Elie Wiesel’s “Dear Pastor” Hagee Trashes Obama (and my response to Goldfarb/Goldberg) », 29 octobre 2009). En échange, si l’on peut dire, il a obtenu un chèque de 500 000 dollars pour sa fondation. Cette somme était d’autant plus nécessaire que la crise financière a frappé ce pauvre Wiesel et qu’il ne s’en est pas remis.

Nous avons déjà rappelé ce que le grand auteur de science-fiction Isaac Asimov écrivait de Wiesel, « qui a survécu à l’Holocauste et, depuis, ne sait plus parler d’autre chose. Ce jour-là, il m’a agacé en prétendant qu’on ne pouvait pas faire confiance aux savants, aux techniciens, parce qu’ils avaient contribué à rendre possible l’Holocauste. Voilà bien une généralisation abusive ! Et précisément le genre de propos que tiennent les antisémites : “Je me méfie des Juifs, parce que jadis, des Juifs ont crucifié mon Sauveur.” » Et Asimov ajoute : « J’ai laissé les autres débattre un moment en remâchant ma rancœur puis, incapable de me contenir plus longtemps, je suis intervenu : “Monsieur Wiesel, vous faites erreur ; ce n’est pas parce qu’un groupe humain a subi d’atroces persécutions qu’il est par essence bon et innocent. Tout ce que montrent les persécutions, c’est que ce groupe était en position de faiblesse. Si les Juifs avaient été en position de force, qui sait s’ils n’auraient pas pris la place des persécuteurs ?” »

Voir de même:

Elie Wiesel n’a pas le tatouage d’Auschwitz qu’il prétend avoir
Jean Robin
24 décembre 2012

Enquête exclusive d’Enquête & Débat. (To read the English version of this article, click here)

Qui ne connaît pas Elie Wiesel ? Véritable conscience vivante de la Shoah, il est l’un des survivants des camps, sinon le survivant le plus connu et reconnu mondialement. Prix Nobel de la paix en 1986, plus de 10 millions d’exemplaires de son livre La nuit ont été écoulés dans le monde entier depuis sa sortie en 1958, docteur honoris causa de plus d’une centaine d’universités dans le monde, Grand-croix de la Légion d’honneur en France, il a également reçu la Médaille d’or du Congrès américain. Or, notre enquête démontre et confirme qu’Elie Wiesel n’a pas le tatouage d’Auschwitz qu’il prétend avoir (dans son livre La nuit, qui n’est pas une fiction selon lui, et dans d’autres déclarations publiques, y compris certaines sous serment), le numéro A-7713. Le premier à l’avoir révélé, dans un silence médiatique total, fut Nikolaus Grüner, survivant d’Auschwitz lui aussi, qui a écrit un livre où il le révèle, ainsi que bien d’autres choses sur Elie Wiesel. Ne pouvant vérifier tout ce qu’il affirme dans son livre, Stolen Identity (Identité volée), nous avons voulu vérifier le fait le plus accablant, en contactant Auschwitz d’abord par mail, puis par téléphone. C’est le responsable des archives du musée, M. Plosa, qui a confirmé que le numéro A-7713, revendiqué par Elie Wiesel sans jamais l’avoir montré, avait été attribué à Lazar Wisel, né 15 ans avant lui, et qui ne peut donc par conséquent pas être confondu avec lui.

Voici tout d’abord notre échange téléphonique avec M. Plosa :

Et voici le mail traduit en français (pour voir la version originale en anglais cliquez ici) qu’il nous avait envoyé quelques jours auparavant :
“Oświęcim, 17 Décembre 2012
L.dz.I.Arch-577//202
Mr. Jean ROBIN
e-mail: jean@enquete-debat.fr

Cher Mr. Robin,
Merci beaucoup pour votre message du 4 Décembre 2012. J’aimerais vous informer qu’en nous basant sur les documents des archives dont nous disposons il est possible de déterminer les choses suivantes :
Le numéro de prisonnier A-7713 a été attribué le 24 mai 1944 à Mr. Lazar WISEL, né le 4 Septembre 1913 à Marmaroasieget (Hongrie). Après la liquidation et l’évacuation du camp d’Auschwitz, Mr. Lazar Wisel a été transféré à KL Buchenald. Son arrivée à ce camp date du 26 Janvier 1945.

Mr. Nikolaus GRÜNER, né le 4 ou le 6 avril 1928 à Nyiregihaza (Hongrie), avait dans le camp KL Auschwitz le numéro de prisonnier A-11104. Cela signifie que Mr. Grüner a été enregistré dans le camp le 31 mai 1944 après l’arrivée du transport depuis la Hongrie. Après la liquidation et l’évacuation du camp d’Auschwitz Mr. Nikolaus Grüner a été transféré à KL Buchenald. Son arrivée dans ce camp date du 26 Janvier 1945.
Cordialement
Wojciech Płosa
Responsables des Archives
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau à Oświęcim”

Ce mail était la réponse au nôtre (pour voir l’e-mail original en anglais cliquez ici) :

“Madame, monsieur,

Je suis un journaliste français qui travaille pour Enquête & Débat, et nous voulions nous assurer qu’Elie Wiesel a bien été prisonnier à Auschwitz.
Comme vous le savez, des rumeurs courent sur Internet selon lesquelles il n’a jamais été prisonnier à Auschwitz, puisque le numéro de prisonnier (A-7713 dans son cas) n’est pas tatoué sur son avant-bras gauche, comme on peut le voir sur cette vidéo.
Un autre prisonnier à Auschwitz, Miklos Grüner, prétend qu’Elie Wiesel n’était pas prisonnier à Auschwitz mais que Lazar Wiesel l’était, et Lazar Wiesel avait ce numéro A-7713 mais pas Elie Wiesel.
Donc pour savoir qui dit la vérité, pourriez-vous nous confirmer qu’Elie Wiesel, Miklos Grüner et Lazar Wiesel étaient prisonniers à Auschwitz, sous quelle identité et quel numéro ?

Cela nous aidera à nous débarrasser des négationnistes qui ont exploité cette suspicion depuis plus de 3 ans maintenant.
Bien cordialement
Jean Robin
(par ailleurs je suis également intéressé par ces questions car la partie juive de ma famille du côté de ma mère a péri en partie à Auschwitz, et mon arrière-grand-père paternel, Noël Robin, a été déporté à Buchenwald et à Dora – où il est mort – pour acte de résistance contre les nazis).”

Pourquoi avoir enquêté sur cette question maintenant ?

Certains d’entre vous, surtout si vous découvrez ainsi Enquête & Débat, se demanderont peut-être pourquoi nous avons décidé d’enquêter maintenant sur cette question. En effet, Nikolaus Grüner a publié ces révélations (et bien d’autres sur Elie Wiesel) il y a déjà quelques années dans son livre, dont nous vous recommandons la lecture. Même nous qui sommes extrêmement informés sur ces questions, et ce depuis de nombreuses années, nous n’en avions jamais entendu parler. Il a fallu que l’antisémite Alain Soral nous lance le défi de mener cette enquête, dans sa vidéo d’octobre 2012 (cliquez ici, et allez vers la 11ème minute), pour que nous en prenions connaissance. C’est alors qu’en nous penchant sur cette question, nous avons découvert que ce sujet était largement traité par les antisémites, négationnistes et autres nazis depuis plusieurs années. Ainsi, le frère Nathanaël sur lequel Soral s’appuie est un antisémite revendiqué et rabique : un rapide survol de son site internet ne laisse aucun doute à ce sujet. Soral lui-même est obsédé par les juifs et s’est même revendiqué de l’antisémitisme. Enfin, Carolyn Yeager, une nazie elle aussi revendiquée traque Wiesel depuis 2010 via un site où elle diffuse tout ce qui peut avoir un rapport direct ou indirect à la question du tatouage d’Elie Wiesel.

Or la dernière chose à faire serait de faire le cadeau du réel aux antisémites et aux négationnistes, pour paraphraser Alain Finkielkraut. Ces antisémites carabinés utilisent et instrumentalisent le travail et le prestige de Nikolaus Grüner, authentique déporté à Auschwitz et Buchenwald, sur lequel ne pèse aucun doute (il a même montré son tatouage à la télévision américaine) et qui prétend défendre la mémoire de son ami Lazar. Mais les véritables responsables de cette instrumentalisation du travail de Grüner par des antisémites, ce sont les médias et les personnalités en général qui ont eu vent de cette affaire Wiesel et qui n’ont jamais enquêté, ou contre-enquêté, comme nous venons de le faire. En effet, garder tout cela tabou permet à l’antisémitisme de grandir et de se parer des atours du réel, tout en renforçant la négation de la Shoah. En effet, si Wiesel n’est pas celui qu’il prétend être et qu’aucun média ni aucune personnalité ne l’a dénoncé alors qu’un livre avec des preuves factuelles est paru sur le sujet, alors les antisémites peuvent expliquer aux esprits faibles ou corrompus que l’antisémitisme ou le négationnisme a raison, quand l’anti-antisémitisme a tort, et ce factuellement. Encore plus quand il s’agit de l’un des symboles des rescapés de l’holocauste. En mémoire des déportés, dont un bon nombre de membres de ma propre famille, on ne peut laisser passer cela.

Quelles conséquences ont ces révélations ?

Cet échange avec le responsable des archives d’Auschwitz, ainsi que le mail reçu de leur part peu de temps auparavant, ne permet plus de douter. Il n’est même plus temps de vouloir demander à M. Wiesel (qui n’est pas revenu vers nous quand nous l’avons contacté par le biais de sa fondation) de montrer son tatouage pour faire taire les rumeurs. Il est temps pour les grands médias surtout, voire des personnalités prétendant être concernées par la Shoah, de se réveiller enfin et de ne plus laisser passer cela.

Je le répète : les médias n’ont pas fait leur travail, étant donné que le travail de recherche d’un ancien détenu indiscutable d’Auschwitz et de Buchenwald, donc témoin direct, existe depuis des années, et que nous avons pu le vérifier sur un point majeur.

La catastrophe, la Shoah, doit impérativement empêcher et interdire tout soupçon de fraude à son sujet. En plus M. Wiesel a été couvert d’éloges et d’argent depuis une cinquantaine d’années grâce ou à cause de la Shoah. Un survivant aussi illustre de la Shoah que M. Wiesel doit impérativement avoir un comportement exemplaire. J’en appelle donc à la communauté juive dans le monde, aux personnalités qui se sentent concernées par la Shoah et l’avenir de sa mémoire, ainsi qu’aux grands médias pour prendre leurs responsabilités et l’obliger à répondre aux questions graves qui se posent à son sujet. Il faut le faire pendant que MM. Wiesel et Grüner, les deux principaux concernés dans cette affaire, sont encore en vie, ce qui est une chance mais ne durera hélas plus très longtemps vu leur âge (ils ont tous deux plus de 80 ans).

Nous ignorons tout à fait si tout cela cache autant de choses que le prétend M. Grüner dans son livre. Mais cela nous suffit à publier noir sur blanc cet article factuel nourri d’indignation, de stupéfaction et de colère. Sans faire le moindre lien entre Elie Wiesel et les autres personnes dont il est question juste après, il convient de rappeler que l’histoire récente nous a fourni des exemples de fraudeurs et d’exploiteurs de la Shoah, qui ont porté un tort incommensurable à la mémoire des victimes et des déportés. Citons Misha Defonseca (1), et le film tiré du livre Survivre avec les loups, dont l’histoire était totalement inventée. Herman Rosenblat, qui avait inventé son histoire d’amour avec sa femme venant lui jeter des pommes de l’autre côté du camp de concentration. Etc.

M. Wiesel n’a désormais plus le choix, il doit la vérité au monde. Les honneurs qu’il a reçus depuis si longtemps, sa fortune, et sa gloire ne peuvent souffrir plus longtemps le doute, car l’affaire est désormais connue de trop de monde pour ne pas faire plus de dégâts. Alain Soral touche désormais des centaines de milliers de personnes avec ses vidéos, et Internet lui permet de doubler son audience tous les trimestres environ depuis 2 ans. Il n’est pas le seul antisémite revendiqué, hélas, à surfer sur la vague grandissante de la haine anti-juive, et la pire des choses consisteraient à fermer les yeux en attendant que l’orage passe. Non, l’orage ne passera pas, il ne fait que commencer.

Des médias qui n’enquêtent plus

La conclusion la plus amère à tirer de toute cette affaire revient sans doute aux médias. Alors qu’ils étaient les chiens de garde de la démocratie et de la liberté d’expression, ils en sont devenus les premiers ennemis. Nous avions déjà l’exemple de Matt Drudge, qui avait révélé l’affaire Monika Lewinski alors que de grands médias américains détenaient les mêmes informations que lui mais sans oser les publier. Wikileaks, avec ses limites, démontre également que les médias cachent bon nombre d’informations utiles à la démocratie. Maintenant cette affaire Wiesel démontre que les médias n’enquêtent plus, car cette affaire du numéro A-7713 était révélée en 2007 par une source sûre, et démontrée factuellement, preuves à l’appui. Nous n’avons fait que revérifier une information à sa source, et la porter à l’attention du grand public.

A l’ère d’Internet, les rapports de force entre citoyens et médias ne sont plus les mêmes. N’importe quel citoyen peut devenir un enquêteur, une source voire un journaliste de qualité. Les journalistes dits professionnels ont le plus souvent été formatés dans des écoles de journalisme dont le but est de faire “pisser de la copie” selon un format conforme aux attentes de l’actionnaire principal, qu’il s’agisse de l’État ou d’une multinationale en contrat avec l’État. Tout cela ne peut plus durer, de nouveaux médias totalement indépendants des anciens et de tout pouvoir politique ou financier doivent émerger afin de protéger voire réinstaurer la vérité là où elle a été bâillonnée. La démocratie en dépend.

Addendum 10 janvier 2013 : l’assistante d’Elie Wiesel nous raccroche au nez en guise de réponse.

(1) Elie Wiesel avait d’ailleurs soutenu et cautionné le livre de Misha Defonseca, contrairement à Raul Hilberg, Lawrence L. Langer of Newton et d’autres spécialistes de la Shoah qui avaient trouvé dès 2001 l’histoire impossible. La supercherie sera révélée en 2008.

Voir par ailleurs:

Chronique de la bêtise triomphante
Le comble du chic : être migrant + noir (ou arabe) + femme + homosexuelle…
C’est un nouveau produit qui s’expose en vitrine du magasin « la pensée folle ». Et ça se vend très bien.
Avec Benoît Rayski
Atlantico
7 Juillet 2015

Une femme ça souffre. Un Noir, une Noire, ou un (une) Arabe ça souffre. Un migrant(te), un immigré, ça souffre. Un gay ça souffre. Une lesbienne ça souffre. Tout ça, on le sait depuis longtemps. C’est disponible dans toutes les boutiques qui ont pour enseigne “abrutis du monde entiers unissez-vous !”.

Mais, comme on dit, on n’arrête pas le progrès. De nouveaux produits ont fait leur apparition, plus fins, plus modernes, plus pointus. Ils sont regroupés sous l’appellation de “intersectionnalité”. C’est un concept -je recopie Libération- “visant à regrouper les discriminations de classe, de sexe et de race.” Si j’ai bien compris, l’intersectionnalité prend en compte l’addition de plusieurs handicaps cumulés par la même personne. Par exemple : femme + Noire + lesbienne + immigrée. Dès lors la souffrance devient insupportable : c’est triple ou quadruple peine.

La question est posée en ces termes. “On sait les discriminations dont les femmes sont victimes. On étudie celles qui visent les Français d’origine algérienne ou les homosexuels. Mais quelle est la situation des femmes migrantes ou celle des hommes d’origine algérienne homosexuels ?”. Il est vrai qu’on peut avoir en même temps un rhume, une jambe cassée, une crise de foie. Plus c’est compliqué, mieux c’est… “L’intersectionnalité permet de penser de manière plurielle la domination masculine” écrit l’historienne Florence Rochefort.

Donc, vous pensez, en bonne logique, que le port du voile serait l’exemple le pus frappant de la “domination masculine”. Vous n’y êtes pas, mais pas du tout. Car vous n’avez pas fait d’études de sociologie et la vie ne vous a donné qu’un CAP de bon sens qui ne vaut pas un sou sur le marché de l’intersectionnalité. Océane Rosemarie sait, elle. Elle est comédienne, très certainement cultivée et présente un spectacle intitulé “La Lesbienne invisible”. Pour elle, en effet « lutter contre l’islamophobie est une priorité ». Car, c’est une autre givrée qui parle, les attaques contre les femmes voilées sont également “sexistes”.

Au royaume des fous (je ne dis pas des folles, ça pourrait être mal compris), la compétition est rude pour savoir qui s’assiéra sur le trône. Comme ça, pour le plaisir, j’ai tenté ma chance. Avec un produit du terroir. Un Creusois catholique (habitant du département de la Creuse, le plus pauvre de France) vivant du RMI, transsexuel et séropositif ! J’ai été brutalement retoqué au motif que la couleur n’était pas bonne, et la religion non plus. Tenace je n’ai pas abandonné le combat. Il fallait, ai-je compris tardivement, s’ouvrir vers le vaste monde. J’ai trouvé un produit qui approche de l’excellence. Une Erythréenne noire, voilée, lesbienne, migrante et handicapée moteur ! On m’a félicité mais on ne m’a rien promis tant la concurrence est forte.

PS : Dans les années 80, il y eu un chanteur très connu : Sammy Davis Jr. Il était de son propre aveu « noir, juif et borgne ». Il ne s’en plaignait pas. Aujourd’hui il serait recalé par les examinatrices de l’intersectionnalité : un mot de trop.

Voir aussi:

CHRONIQUE «AU MOT»
Intersectionnalité [nom] : concept visant à révéler la pluralité des discriminations de classe, de sexe et de race
Sonya Faure
Libération
2 juillet 2015

Intersectionnalité [nom] : concept visant à révéler la pluralité des discriminations de classe, de sexe et de race

Décryptage d’un terme qui apparaît ou ressurgit dans le débat public. Aujourd’hui, à l’occasion du partenariat de «Libération» avec le documentaire «Trop noire pour être Française ?», analyse du terme «intersectionnalité», de plus en plus débattu par les militants anti-racistes ou féministes.

Intersectionnalité [nom] : concept visant à révéler la pluralité des discriminations de classe, de sexe et de race

Comme en géométrie, ça parle de trajectoires qui se croisent et de zones de recoupement. Mais en France «l’intersectionnalité» est une notion avant tout utilisée par les sociologues. Le concept est à première vue simple: montrer que la domination est plurielle et tenter de mesurer l’impact de discriminations multiples – de sexe, de classe, de race surtout, mais aussi de handicap ou d’orientation sexuelle – qui se croisent, parfois se renforcent, mais pas toujours.

On sait les discriminations dont les femmes sont victimes. On étudie celles qui visent les Français d’origine algérienne. Ou les homosexuels. Mais quelle est la situation spécifique des femmes migrantes ou celle des hommes d’origine algérienne homosexuels? Peu connue du grand public, «l’intersectionnalité» fait aujourd’hui l’objet de multiples colloques universitaires et vient nourrir à nouveau les débats militants.
Un «hit concept»

A l’origine du concept, une juriste féministe américaine, Kimberlé Crenshaw, qui conceptualise alors une idée issue du black feminism américain. Dans un article de droit écrit en 1989 et devenu fameux (1), elle tente de comprendre pourquoi les femmes noires ont du mal à faire reconnaître par la justice les discriminations qu’elles subissent au travail. En droit américain, les victimes de discrimination doivent choisir le fondement de discrimination sur lequel elles vont engager leurs poursuites: le sexe ou la race par exemple. Or, cette contrainte joue contre les Noires, explique Crenshaw. Comme le résumait la juriste française Stéphanie Hennette-Vauchez, lors d’un colloque consacré à l’intersectionnalité à Brest, «si elles se présentent comme victimes de discriminations fondées sur le sexe, les juridictions les déboutent en soulignant que d’autres femmes (blanches) ne rencontrent pas les difficultés dont elles se plaignent. Si elles se présentent comme victimes de discriminations fondées sur la race, les juridictions les déboutent en soulignant que d’autres Noirs (des hommes) ne rencontrent pas les mêmes difficultés qu’elles.» Voilà l’exemple type de la discrimination intersectionnelle, écrit Crenshaw : les femmes noires ne sont pas discriminées comme femmes, ni comme Noires. Elles sont discriminées comme femmes noires. C’est à cela que doit servir l’intersectionnalité: révéler la spécificité de situations souvent invisibilisées.

Rapidement, l’intersectionnalité s’exporte et fait fureur – au risque de devenir «gadget», note Florence Rochefort. «Il est très étonnant de voir à quel point elle est devenue un «hit concept», pointe la philosophe Elsa Dorlin, qui vient de créer une nouvelle revue, «Comment s’en sortir», dont le premier numéro, passionnant, est consacré aux Féminismes noirs (2). Cette dissémination internationale repose d’ailleurs aussi sur un malentendu.» Issu d’une critique du droit américain, un cas d’école qui ne peut pas être transposé tel quel dans d’autres pays comme la France, l’intersectionnalité est devenu un mot-clef pour désigner les interactions plus générales entre le genre et d’autres situations de discrimination.
Penser de manière plurielle la domination masculine

En France justement, où elle débarque dans les années 2000, «l’intersectionnalité a permis de penser de manière plurielle la domination masculine», reconnaît l’historienne Florence Rochefort. Et la domination tout court, qui, traditionnellement en France, était avant tout étudiée comme un rapport de classe. Non pas que le croisement entre classe et sexe n’ait jamais été étudié. «Danièle Kergoat avait bien montré que la situation des ouvriers n’était pas la même que les ouvrières: ce n’est ni mieux ni moins bien, ce n’est simplement pas le même rapport de domination», rappelle la sociologue Armelle Testenoire.

Armelle Testenoire est de celles qui pensent que l’intersectionnalité est un outil utile, aussi bien dans le champ universitaire que politique. «Non seulement il offre une gymnastique intellectuelle et nous interdit de « raisonner toute chose égale par ailleurs ». Mais il permet d’étudier si telle ou telle mesure de politique publique visant à aider les femmes « en général » n’est pas en réalité discriminante pour une partie d’entre elles.»

Venue du militantisme féministe noir américain, devenue un outil de réflexion juridique puis sociologique et philosophique, l’intersectionnalité agite à nouveau depuis plusieurs années les milieux militants français – féministes notamment. Le mot y est devenu synonyme de la convergence des luttes contre le sexisme, l’homophobie ou le racisme. Mais il peut provoquer des débats houleux. Une nouvelle génération de féministes reproche en effet aux plus anciennes de ne pas assez s’ouvrir aux dimensions raciales et culturelles. «On ne peut pas considérer que toutes les femmes sont blanches», résume Rokhaya Diallo. A contrario, bien des associations antiracistes ne prennent pas en compte la question féministe ou les discriminations vécues par les homosexuels. La question du voile est l’acmé de ces dissensions. « La grande majorité des actes islamophobes concernent des femmes voilées, et sont donc manifestement sexistes. Or cela ne suscite aucune réaction des associations féministes traditionnelles», regrette Rokhaya Diallo.

Pour les militantes «traditionnelles» justement, comme au Collectif national pour les droits des femmes (CNDF) qui estime que le voile est avant tout un «instrument de marquage et d’oppression», l’intersectionnalité est mal comprise par les jeunes féministes françaises. «Plaquer les théories du black feminism sur le contexte français est tiré par les cheveux et ce n’est pas en regroupant un agrégat de gens qui ne se sentent pas représentés qu’on fait de l’intersectionnalité!, estime Suzy Rojtman, porte-parole du CNDF. Nous avons parlé de féminisme de classe dès les années 70, nous travaillons avec les femmes de ménages des hôtels de luxe: ça aussi c’est de l’intersectionnalité!»

Pour donner un visage à ce mot ardu, on aurait bien pensé à Oceanerosemarie dont le spectacle, «La lesbienne invisible», parle justement d’identités multiples. Pas si simple. Car pour la comédienne, derrière le mot «intersectionnalité» si souvent revendiqué, se cache parfois une certaine «hypocrisie»: «Beaucoup de féministes blanches se réclament de ce concept à la mode, qui ne leur pose pas de problème tant qu’il faut marcher avec les homosexuels pour le mariage gay, explique Oceanerosemarie. Mais leur intersectionnalité s’arrête quand il s’agit de manifester contre l’islamophobie, avec des associations, certes très problématiques, comme l’UOIF. Etre intersectionnelle suppose à  mon avis d’avoir des priorités: aujourd’hui la lutte contre l’islamophobie. Et donc d’accepter, parfois, d’être en présence de personnes qu’on aurait préféré ne jamais côtoyer.»

(1) « Demarginalizing the Intersection of Race and Sex: A Black Feminist Critique of Antidiscrimination Doctrine, Feminist Theory and Antiracist Politics », University of Chicago Legal Forum, 1989

(2) «Féminismes noirs», Revue Comment s’en sortir, n°1, Editions iXe, 14 euros et sur internet http://www.commentsensortir.org

(3) «Qu’est-ce que l’intersectionnalité» ? Revue L’Homme et la Société n°176, L’Harmattan

(4) Dans un article reproduit en français dans les Cahiers du genre en 2005.

Voir enfin:

Misogyny To Be Considered a Hate Crime For First Time in U.K.

Women in Nottinghamshire encouraged to report misogynist incidents in an effort to tackle sexual harassment.

The police force in Nottinghamshire, East Midlands, will become the first in the U.K. to record misogyny as a hate crime in an effort to tackle the increasing number of incidents in the county.

Misogynist hate crime is defined by the force as:  » Incidents against women that are motivated by an attitude of a man towards a woman and includes behaviour targeted towards a woman by men simply because they are a woman. »

The new category will include everything from verbal comments to unwanted physical approaches. The use of mobile devices to send uninvited messages or take photographs without consent will also warrant police attention. When reported, Nottinghamshire police will investigate the claim and specially trained officers will provide support for the victim. Domestic abuse will not be recorded as a misogyny hate crime because it already has a separate comprehensive procedure.

« What women face, often on a daily basis, is absolutely unacceptable and can be extremely distressing, » said Chief Constable Sue Fish. « Nottinghamshire Police is committed to taking misogynistic hate crime seriously and encourages anyone who is affected by it to contact us without hesitation. »

The urgent need to provide greater support for women facing abuse of various kinds became clear during the Nottinghamshire Safer for Women Conference last year, when, while reporting on the event, Sarah Teale, a BBC broadcaster was verbally harassed by a man in the street.

« We’re pleased to see Nottinghamshire Police recognize the breadth of violence and intimidation that women experience on a daily basis in our communities,” said Melanie Jeffs, centre manager at Nottingham Women’s Centre. « Understanding this as a hate crime will help people to see the seriousness of these incidents and hopefully encourage more women to come forward and report offences. »

Sam Smethers, Chief Executive at The Fawcett Society, the leading U.K. charity campaigning for women’s rights, is supportive of Nottinghamshire Police’s decision:

« This is what the Fawcett Society has been calling for. Nottinghamshire Police’s commitment to taking misogynistic hate crime seriously should be welcomed and rolled out nationwide, » she said in a statement issued to Newsweek. “We need to call out misogyny for what it is – a hate crime. Women and girls face a tidal wave of abuse and harassment every day. Our law has to send a clear signal that this is not acceptable. It is a crime.”

Rachel Noble, Women’s Rights Policy Adviser at ActionAid U.K., a charity providing hands-on support to women and children in need, agrees.  She also hopes that the initiative will draw attention to female harassment across the world: « Nottinghamshire Police force have taken an important step in recognising the scope and scale of the violence and harassment that women face every day, » she told Newsweek.

“For far too long women and girls in this country and around the world have endured misogynistic abuse as they go about their daily lives, amongst many other forms of violence and harassment. ActionAid’s own research highlights that globally three in four women experience harassment on the streets of their cities. »


Criminalité: Cachez cette religion que je ne saurai voir ! (Crime mystery of the century: Why don’t people turn to crime when times are tough ?)

11 décembre, 2013
https://i0.wp.com/mjcdn.motherjones.com/preset_51/381in_lead_a_630.jpghttp://prawfsblawg.blogs.com/.a/6a00d8341c6a7953ef0192ab9019c0970d-800wihttps://i0.wp.com/www.motherjones.com/files/blog_crime_baseline_lead_1.jpg
https://i0.wp.com/www.gasworks.org.uk/photos/large/471px-Hausbuch_Wolfegg_12r_Jupiter_LR.jpghttps://i0.wp.com/www.strangenotions.com/wp-content/uploads/Americas-Blessings.jpghttps://i0.wp.com/www.independent.org/images/books-hires/victory_of_reason_hirez.jpgMédias recherchent néonazi désespérémentNe croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison.  Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Quand les hommes se diront: Paix et sécurité! c’est alors que tout d’un coup fondra sur eux la perdition. Paul (lettre aux Thessaloniciens 5: 3)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Paul
Les mondes anciens étaient comparables entre eux, le nôtre est vraiment unique. Sa supériorité dans tous les domaines est tellement écrasante, tellement évidente que, paradoxalement, il est interdit d’en faire état. René Girard
On apprend aux enfants qu’on a cessé de chasser les sorcières parce que la science s’est imposée aux hommes. Alors que c’est le contraire: la science s’est imposée aux hommes parce que, pour des raisons morales, religieuses, on a cessé de chasser les sorcières. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la «victime inconnue», comme on dirait aujourd’hui le «soldat inconnu». (….) le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. (…) il faut distinguer deux choses. Il y a d’abord le texte chrétien qui pénètre lentement dans la conscience des hommes. Et puis il y a la façon dont les hommes l’interprètent. De ce point de vue, il est évident que le Moyen Age n’interprétait pas le christianisme comme nous. Mais nous ne pouvons pas leur en faire le reproche. Pas plus que nous pouvons faire le reproche aux Polynésiens d’avoir été cannibales. Parce que cela fait partie d’un développement historique.(…)  Mais, s’il est très bien de compatir au sort des malheureux, il faut aussi reconnaître que nous vivons dans la meilleure société que le monde ait jamais connue. Nous connaissons une amélioration du social qui dure depuis le haut Moyen Age. Et notre souci des victimes, pris dans son ensemble comme réalité, n’a pas d’équivalent dans l’histoire des sociétés humaines. (…) On ne peut donc pas supprimer les possibilités positives de cet univers : nous sommes toujours plus libres, du bien et du mal. C’est ce qui fait que notre époque est loin d’être terne, ennuyeuse ou désenchantée. Elle est à mon avis extraordinairement mouvementée, tragique, émouvante et intéressante à vivre. C’est-à-dire toujours ouverte sur les extrêmes du bien et du mal. René Girard
Jusqu’à présent, les textes de l’Apocalypse faisaient rire. Tout l’effort de la pensée moderne a été de séparer le culturel du naturel. La science consiste à montrer que les phénomènes culturels ne sont pas naturels et qu’on se trompe forcément si on mélange les tremblements de terre et les rumeurs de guerre, comme le fait le texte de l’Apocalypse. Mais, tout à coup, la science prend conscience que les activités de l’homme sont en train de détruire la nature. C’est la science qui revient à l’Apocalypse. René Girard
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Pour combattre la barbarie, on préfèrera décidément les méthodes des antifas, fussent-ils extrémistes, que la saisine, vraisemblablement vaine et contre-productive, du parquet, par Matignon. Pierre Marcelle (Libération)
L’affaire Merah n’aura donc pas servi de leçon. Avant que le « tireur fou de Libé » ne soit connu, de nombreux médias ont à nouveau démarré au quart de tour avec la volonté, à peine dissimulée, de voir le réel coller à leur fantasme. En dépit de toute déontologie. (…) Déjà, en 2012, lorsque Mohammed Merah abattait, à Montauban, des militaires en pleine rue et finissait par s’introduire dans une école juive de Toulouse pour y faire un carnage, les grands médias avaient fait leurs choux gras sur une pure spéculation : son origine. Alors qu’on ne connaissait rien du tireur et que les seules images disponibles montraient un homme casqué intégralement, l’extrême-droite était visée. Le Point avait dégainé le premier en évoquant « la piste néonazie ». Puis, les télévisions avaient décrit un homme « de type caucasien ou européen » (M6), aux « yeux bleus sur un visage blanc » (TF1 et France 2). Le 20 mars, les Inrocks faisaient même appel à un sociologue pour assurer une légitimité à cette thèse. Laurent Mucchielli déclarait ainsi que, « selon les premiers éléments de l’enquête, le meurtrier n’est pas un islamiste ou un banlieusard – les cibles favorites du débat public – mais une personne qui est apparemment issue d’un groupuscule néo-nazi ». Bravo pour la lucidité. De même pour Le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo et Le Monde qui, tous en cœur, évoquaient tantôt un néo-nazi, tantôt un dangereux nervi d’extrême-droite, forcément proche des idées du Front National. La menace fasciste planait sur la République en danger. Mais dès les premières révélations sur l’identité du tueur, l’islamiste Mohammed Merah, le changement de ton sera total. On parlera désormais d’un jeune « toulousain de 23 ans » qui « aime le foot, les scooteurs et les sorties en boîte » (France 3). Pour les Inrocks, il s’agit d’« un enfant du mariage malheureux entre la France et l’Algérie ». Libération couronnera ce grand retournement par une description devenue célèbre : un jeune au « visage d’ange d’une beauté sans nom »… Mais le pompon survenait le 21 mars, lorsque sur son compte Twitter, le journaliste du Nouvel Obs Nicolas Chapuis rapportait des propos tenus au sein de sa rédaction : « Putain ! Je suis dégoûté que ce ne soit pas un nazi ! » Et son collègue, Tristan Dessert, de lui répondre, comme un aveu pour l’ensemble de la profession : « Ça aurait été effectivement plus simple. » On aurait pu imaginer qu’une leçon aurait été tirée de cet épisode erratique mais il n’en est rien. Lundi 18 novembre, lorsqu’un homme entre, armé d’un fusil de chasse au siège de Libération et ouvre le feu sur un assistant-photographe, l’emballement médiatique retrouve des airs de tuerie de Toulouse. Alors qu’on ne sait encore rien de l’homme et de son apparence, les spéculations ne tardent pas à refaire surface. L’homme est immédiatement décrit comme un homme « de type européen », aux « cheveux ras », et Jean-Marc Morandini lâche même le mot : « crâne rasé ». Fallait-il entendre « Skinhead » ? Sa veste verte est qualifié de « veste de chasseur », son look de « paramilitaire » et petit à petit se construit une image destinée à marquer les consciences : l’homme vient de la droite radicale. D’ailleurs, s’étant attaqué à Libération, que pouvait-il être sinon d’extrême-droite ? Au micro de chaque média, les journalistes parlent ainsi d’une certaine « ambiance » qui règne dans le pays, d’un certain « climat » peu ragoutant. Comprendre : une ambiance nauséabonde depuis que la France de la Manif pour tous s’est réveillée, que le Front National monte dans les sondages et que Christiane Taubira a été comparée à un singe. « Tirs à Libé et menaces à BFMTV. Ou allons-nous ? Au secours. Peuple de gauche réveillons-nous. Ça craint », tweete Esther Benbassa le jour même. Peuple de gauche réveillons-nous ? Pourquoi peuple de gauche ? Pourquoi pas peuple de France ou peuple tout court ? Parce que le danger ne peut venir que de la droite, pardi. Or, face à ce danger, l’extrême-gauche est vue comme un rempart… Trois jours avant l’attaque, Pierre Marcelle réagissait en effet dans les colonnes du journal Libération à propos de la une jugée raciste de Minute sur Christiane Taubira : « Pour combattre la barbarie, on préfèrera décidément les méthodes des antifas, fussent-ils extrémistes, que la saisine, vraisemblablement vaine et contre-productive, du parquet, par Matignon », écrivait le chroniqueur d’extrême-gauche, invitant ainsi explicitement ses petits camarades à un passage à l’acte contre le journal d’extrême-droite. Manque de bol, 72 heures plus tard, c’est contre son propre journal que s’est retourné le canon du fusil à pompe… (…) Le climat, donc. Fabrice Rousselot, directeur de la rédaction de Libé, l’évoquait sur BFMTV. Un climat qui a débuté « depuis qu’on a pris position contre le racisme». Tiens donc. Nicolas Demorand, directeur de publication du même journal, parlait, lui, d’une « ambiance » qui se dessinait. Mais c’est Arnauld Champremier-Trigano qui mettra enfin des mots sur ce climat dont tout le monde parle. C’est un climat « de haine raciale » et de « haine des médias ». Mieux : d’après le député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg, cette affaire est liée « aux attaques racistes visant Christiane Taubira ». L’inénarrable Caroline Fourest entre enfin en scène. Dans un article publié sur le site du Huffington Post, et après avoir précisé, par pure rhétorique, qu’il fallait « attendre d’en savoir plus », la militante féministe tire à boulets rouges sur « l’incitation à la haine qui vise de plus en plus souvent les médias », et dénonce « Internet, les réseaux sociaux », ses bêtes noires, des lieux où l’on accuse « les puissants cosmopolites ou les pauvres étrangers » en toute impunité. « Dans ce bistrot devenu global, on parle fort, on parle souvent des musulmans, des Arabes, des Juifs, des noirs, des singes et des journalistes… », ajoute-t-elle avant de conclure : « Mais la plus grande responsabilité, aujourd’hui, est à droite, où l’absence de complexe et la surenchère ont libéré une parole mortifère. On entend décidément trop peu la droite républicaine. Où est-elle ? Quand des gens de son propre camp dérapent et tiennent des propos à droite de l’actuel Front national. » Sur LCP, elle fera même le lien entre le tireur de Libération, Anders Breivik et ses « agresseurs » de la Manif pour tous. (…) l’homme qui s’était rendu armé, le 15 novembre, à BFMTV, qui a tiré sur le photographe de Libération puis sur le siège de la Société générale à La Défense trois jours plus tard (…) l’homme « de type européen » s’appelle Abdelhakim Dekhar, il est d’origine algérienne, connu des services de police pour avoir, dans l’affaire Rey-Maupin en 1994, fourni un fusil à pompe aux « tueurs de flics ». Mais l’homme est surtout un pur produit du militantisme marxiste libertaire antifasciste et possède un pedigree à faire pâlir les activistes : militant au « Mouvement d’action et de résistance sociale » (MARS), d’une « Section carrément anti-Le Pen » (SCALP), adhérent de la « Coordination des sans-abris », du « Collectif d’agitation pour un revenu garanti optimal » (CARGO) et des « Travailleurs, chômeurs et précaires en colère » (TCP). Dans l’une des lettres retrouvée à son appartement après son arrestation, il explique son geste en évoquant un « complot fasciste » dans les médias, qu’il accuse « de participer à la manipulation des masses, les journalistes étant payés pour faire avaler aux citoyens le mensonge à la petite cuillère ». Lors de l’affaire Merah, la révélation de l’identité du tueur avait provoqué un retournement des médias. Cette fois, c’est un silence embarrassé qui succède au fantasme. La mort de Clément Méric (voir notre dossier sur le sujet) avait entraîné une véritable vendetta politico-médiatique contre les groupes d’extrême-droite. Au nom de la République en danger, il fallait « tailler en pièce » les groupuscules (Jean-Marc Ayrault), responsables du fameux climat qui avait rendu possible le passage à l’acte. Mais pour Abdelhakim Dekhar, lié à l’extrême-gauche violente et terroriste, le mot d’ordre est tout autre : pas d’amalgame… Le tireur est présenté comme un individu isolé, pas du tout organisé, et, évidemment, déséquilibré. Quant aux journalistes et hommes politiques qui attisent les haines avec leur discours incessant sur la « menace fasciste », discours pris au sérieux par Abdelhakim Dekhar, nul ne songe évidemment à leur demander des comptes, ou tout au moins à les rendre responsables de ce fameux climat ayant favorisé le passage à l’acte. Avec l’affaire Méric, le drame avait tourné politique. Avec l’affaire Dekhar, le drame devient psychiatrique. À l’unanimité, il ne peut s‘agir que d’un « suicidaire, déséquilibré, instable et marginal », d’un « errant solitaire, sans attaches, sans famille politique, sans acolyte ». En aucun cas l’extrême-gauche et sa frange terroriste n’est en cause. Rue89 affirme même, par le biais de son ancien avocat que l’homme n’est pas de gauche… Observatoire des médias
Religious Americans are more law abiding, have superior mental and physical health, are far more generous vis-à-vis charities, have much better family life, are more successful, and religious couples even have more satisfactory sex lives! The biggest by far has to do with the criminal justice system. If all Americans committed crimes at the same level as those who do not attend religious services, the costs of the criminal justice system would about double to, perhaps, $2 trillion annually. Rodney Stark
Les efforts des policiers dans les quartiers chauds de New York et de Los Angeles sont louables et ont contribué à améliorer la qualité de vie des résidants. Mais ces changements n’expliquent pas tout. Ceux qui y voient une réponse définitive font fausse route. Si la baisse s’expliquait par des changements dans le fonctionnement de la police dans les grandes villes, alors pourquoi observe-t-on une diminution du crime de façon uniforme, partout aux États-Unis? (…)  l’Occident au complet – et notamment le Canada – a connu une baisse du taux de criminalité au cours des 20 dernières années. L’internet, les cellulaires et les jeux vidéo ne peuvent expliquer la baisse, car les crimes ont commencé à chuter de façon uniforme dans les années 90, avant que ces inventions ne prennent leur envol. Et, pour la première fois depuis les années 70, le taux d’incarcération a commencé à baisser aux États-Unis, en 2007. Jumelé avec une hausse spectaculaire du chômage, cela aurait dû créer un mélange explosif. La réalité, c’est que nous n’avons pas de théorie qui puisse expliquer le phénomène. Pour l’instant, c’est un mystère. Frank E. Zimring (Berkeley)
If we eliminated every microgram of lead from the planet, we’d still have plenty of crime. So here’s a way to think about it. If you take a look at violent crime rates in America, you’d expect to see a sort of baseline level of crime. That level will depend on lots of things: poverty, drugs, guns, race, family structure, etc. But starting in the mid-60s, we saw an enormous rise in crime, well above any sensible sort of baseline. Then, in the 90s, we saw an equally enormous decline. (…) Most likely, the reason for this lies with all the usual suspects. But then … there’s the huge crime wave that lasted nearly 50 years from start to finish. That’s the part the lead hypothesis aims to explain. And the reason we need an explanation is simple: the usual suspects simply don’t seem to do a very good job of accounting for a gigantic, temporary rise and fall in violent crime rates. Within the criminology community, literally no one predicted the huge decline in crime that began in the early 90s. Their focus was on all the usual sociological causes, and they had no reason to think those were going to suddenly improve. And they were right. For the most part, they didn’t improve. It’s true that the crack epidemic of the 80s burned out, but no one really knows the underlying reason for that. Policing tactics changed in some places, but crime dropped everywhere, so that’s not a very compelling explanation either. Aside from that, poverty didn’t change much, and neither did race or guns or demographics or the number of broken familes or anything else. The truth is that there’s just not a good conventional explanation for both the huge rise and the huge fall in crime of the past half century. That’s one of the reasons the lead hypothesis deserves such serious consideration. Not only does it fit the data well and make sense based on what we know about the neurological effects of lead. It’s also just about the only good explanation we’ve got. Other factors are still important, and they probably explain rises and falls in the baseline rate of crime. But lead is the best explanation we have for the rest of it. Kevin Drum (Mother Jones)
The key factor is the demographic factor. Generally speaking, the people who go out and kill other people are males between the ages of 16 and 30. Samuel Huntington
Surprisingly, some sociologists think civilization is simply getting less violent and more civilized, Greenberg said. That theory was first proposed by German sociologist Norbert Elias in his book The Civilizing Process. Elias wrote that interpersonal violence had been in decline since the Middle Ages, a statement historians now accept. Elias said that for divine monarchs, like Louis XIV of France, their worth was more measured by their ability at witty badinage and manners than swordsmanship. This more civilized tendency spread to the European middle class and finally, in the nineteenth century, to the working classes. Joel N. Shurkin
At the deepest level, many of these shifts, taken together, suggest that crime in the United States is falling—even through the greatest economic downturn since the Great Depression—because of a big improvement in the culture. The cultural argument may strike some as vague, but writers have relied on it in the past to explain both the Great Depression’s fall in crime and the explosion of crime during the sixties. In the first period, on this view, people took self-control seriously; in the second, self-expression—at society’s cost—became more prevalent. It is a plausible case. Culture creates a problem for social scientists like me, however. We do not know how to study it in a way that produces hard numbers and testable theories. Culture is the realm of novelists and biographers, not of data-driven social scientists. But we can take some comfort, perhaps, in reflecting that identifying the likely causes of the crime decline is even more important than precisely measuring it. James Q. Wilson
Personal violent crime began declining in Western nations as early as the sixteenth century. While this research has emphasized violent crimes, similar processes may hold for crime more generally. Perhaps the rising crime rate from World War II through the early 1990s was simply a small spike that temporarily obscured a much longer downward trend. This long historical sweep may offer little solace to those confronted by crime today, but the encouraging long-term trend suggests explanations with deep roots. Eisner points to subtle shifts in parenting occurring over a long time span; Pinker suggests greater interdependence and broadened circles of people with whom we can empathize. Both draw on classic sociological work by Emile Durkheim and Norbert Elias, who attributed historical changes in crime and social disorder to changes in the relation between individuals and society. The centuries-long crime story is perhaps best explained by the gradual development of formal and informal social controls on our behavior. (…) U.S. homicide rates are more than double those of Canada, Japan, and much of Europe. Nevertheless, the U.S. crime picture has improved markedly, with significant across-the-board drops in violent and property offenses. Moreover, as Baumer points out, even behaviors like drinking, drug use, and risky sex are declining, especially among young people. We cannot explain such a sharp decline without reference to the social institutions, conditions, and practices shaping crime and its control. In particular, social scientists point to punishment, policing, opportunities, economics, demography, and history, though there is little consensus about the relative contribution of each. Further disentangling each factor’s unique contribution is a worthy endeavor, but it should not obscure a fundamental point: it is their entanglement in our social world that reduces crime.  (…) More than 90% of the “Part I” crimes reported to the police involve some kind of financial gain. The relationship between crime and the economy is more complicated than the simple idea that people “turn to crime” when times are tough, though. Contrary to popular expectations, for example, both victimizations and official crime showed especially steep declines from 2007 to 2009, when unemployment rates soared. Robbery, burglary, and household theft victimizations had been falling by a rate of about 4% per year from 1993-2006, but fell by an average of 6 to 7% per year during the Great Recession. This is not because crime is unrelated to economic conditions, but because crime is related to so many other things. For example, when people have less disposable income, they may spend more time in the relative safety of their home and less time in riskier places like bars. As noted above regarding opportunities, another reason crime rates are likely to drop when cash-strapped residents stay home at night in front of a television or computer screen is that their mere presence can help prevent burglary and theft. Chris Uggen and Suzy McElrath
[Dans] le cas de l’Estonie (…)  depuis 1995, les homicides ont chuté de 70 %, les vols de voitures de presque autant. Mais ce petit État postsoviétique n’est pas une exception. Dans les pays développés, la même tendance s’observe. Aux États-Unis, la chute a commencé en 1991 ; en Grande-Bretagne, autour de 1995. En France, la baisse date de 2001. Au Canada également ainsi que dans plusieurs pays d’Europe. (…) sur le cas américain, le plus impressionnant. La criminalité urbaine avait atteint des sommets au début des années 1990. Certains voyaient New York ou Los Angeles comme des jungles urbaines aux mains d’une faune de dealers, mafieux, proxénètes et squatters.
 Puis, contrairement aux prévisions, un véritable miracle s’est produit. La criminalité s’est mise à chuter à partir des années 1990. Globalement, elle a baissé d’un tiers dans les grandes villes, mais dans certains cas, elle a chuté de plus de 50 % ! À New York, le cas le plus spectaculaire, la criminalité a été divisée par quatre (- 78 %) entre le milieu des années 1990 et les années 2000. Sciences Humaines
Que vous soyez spécialiste de la question ou pas, vous avez sans doute déjà entendu cette théorie: quand les temps sont durs, la criminalité augmente. Pourtant, malgré une croissance économique stagnante et un chômage élevé, la criminalité a baissé dans la plupart des pays riches au cours de la dernière décennie. (…) Comment expliquer cette tendance générale qu’un rapide coup d’œil aux statistiques des Nations unies suffit à vérifier? Si la démographie est sans doute un facteur (la population vieillit, alors que ce sont les hommes de 16 ans à 24 ans qui commettent la plupart des crimes), The Economist souligne qu’elle ne peut pas expliquer à elle seule la baisse spectaculaire d’un certain type de criminalité dans des villes comme New York, Los Angeles ou Londres. D’autres hypothèses, comme l’augmentation du nombre de prisonniers, sont difficiles à prouver: si la population carcérale a doublé en Grande-Bretagne, en Australie et aux Etats-Unis, elle a diminué au Canada et aux Pays-Bas, pays qui ont aussi connu une baisse de la criminalité. (…) Le Guardian expliquait quand à lui en avril dernier que certains autres éléments concrets, comme de meilleurs antivols sur les voitures ou des portes et serrures plus résistantes rendaient les atteintes aux biens plus difficiles aujourd’hui. La technologie, qu’il s’agisse des tests d’ADN, de la localisation par téléphone portable ou des caméras de surveillance, a augmenté le risque de se faire prendre. Selon The Economist, l’explication la plus convaincante est plus simple encore. La police fait mieux son travail: « Une combinaison du fait que les policiers parlent aux habitants des quartiers où ils travaillent et du ciblage intensif des endroits mal famés a transformé la manière dont les rues sont protégées. » Si le poids de chaque facteur reste impossible à déterminer, la majorité des experts semblent aujourd’hui s’accorder sur un point: l’augmentation de la criminalité qui a eu lieu un peu partout entre les années 1950 et les années 1980 ressemble de plus en plus à une anomalie de l’histoire. Slate

Attention: une explication peut en cacher une autre !

A l’heure où, avec la France d’une gauche qui s’était une spécialité de le critiquer et une Amérique émasculée par son Carter noir, l’Europe semble enfin se décider à reprendre en Afrique le rôle plus que nécessaire de gendarme du monde

Et où, profitant d’une grève de la police et à l’instar des nouveaux barbares du sud et de l’est qui déferlent sur nos côtes et nos villes, les pillards mettent l’Argentine en coupe réglée …

Pendant que pour défendre leurs damnés de la terre, nos belles âmes de la culture de l’excuse continuent inlassablement à nous seriner avec l’accroissement des inégalités et la violence et le racisme de la répression policière …

Et que pour expliquer l’incroyable baisse de la criminalité (vols de voitures, cambriolages et atteintes aux personnes: homicides, coups et blessures) que connaissent actuellement les Etats-Unis (divisée par deux en une seule génération !) et tout particulièrement leur première ville (de  2 245 homicides en 1990 à  414 l’an dernier et… zéro le 26 novembre 2012 !),  la bible de la bonne conscience de gauche Mother Jones nous ressort l’argument de la baisse du plomb dans l’essence et les peintures …

Comment, derrière l’ensemble des hypothèses qui, du vieillissement de la population à l’amélioration des mesures de protection (alarmes et surveillance, puces électroniques antivol) et de l’action policière (doublement du taux d’incarcération; meilleure utilisation des forces de police: quadrillages ciblés, concentration sur « points chauds », contrôles systématiques) ont toutes à peu près été examinées et ont probablement plus ou moins contribué au résultat général …

Ne pas se réjouir de voir nos sociologues s’intéresser enfin à un phénomène originellement mis à jour par le sociologue allemand Norbert Elias

A savoir le « processus de civilisation », c’est-à-dire une sorte de domestication des pulsions qui vit dans les sociétés occidentales et à partir du XVIe siècle, sur fond de la centralisation des sociétés avec l’institution d’un monopole étatique central de la violence, l’intériorisation par les individus de normes sociétales progressivement plus civilisées ?

Mais, devant l’indéniable origine occidentale d’un phénomène désormais en voie de mondialisation accélérée, comment non plus ne pas s’étonner de l’aveuglement continué des mêmes sociologues …

Face à  l’origine, comme le rappelle inlassablement notre René Girard national, tout aussi indéniablement judéo-chrétienne du phénomène ?

Mais ce non seulement, comme l’a bien montré le sociologue Rodney Stark, au niveau de la pacification de la société par les idées et les adeptes du judéo-christianisme …

Mais aussi, en même temps de par la libération/dislocation des anciens cadres sociétaux qu’il permet/provoque, au niveau même du déclenchement de la crise généralisée que connaissent actuellement nos sociétés occidentales et par contagion désormais la planète entière ?

D’où aussi, comme semblent l’oublier tant les apologistes du christianisme que nos pour le coup bien trop optimistes sociologues et en attestent les récents épisodes d’extrême brutalisation de deux guerres mondiales et plusieurs génocides comme les pages (plus besoin pour cela des textes apocalyptiques de nos bibles) de nos journaux quotidiennement …

Son hélas inévitable pendant, à savoir tant l’extrême fragilité de ladite pacification que la possibilité proprement apocalyptique de son issue finale …

Mystery Of New York’s Falling Crime Rate Remains Unsolved

Are we just becoming more civilized?

Joel N. Shurkin

Inside Science News Service

Feb 13 2013

(ISNS) — In the last 15 years, something dramatic has happened in New York City: the crime rate has dropped precipitously, making the city — where crime once was of epic proportions — the safest major city in America.

How that happened is a matter of considerable controversy, with popular theories ranging from fiercer policing, to abortion, lead paint, and computer-assisted crime prevention programs.

David Greenberg, a sociologist at New York University, believes none of the theories stand up on their own. It could be all or none of the above, he said.

It could also be that Western civilization is just becoming more civilized and less violent, and it is finally showing up in the statistics, even with recent mass shootings in the United States.

Crime rates have fallen in most of the Western world as well as most American cities, but what has happened in New York City, with a population of 8 million, is extraordinary. The rate of violent crime began to decrease in the 1980s, before jumping in the 1990s when crack cocaine made it to the streets in many cities. Then it sank and has continued to do so.

In 1990, there were 2,245 murders in the city. Last year the number was 414, the lowest since police began keeping reliable records.

In one remarkable day, Nov. 26, 2012, there was not a single murder, stabbing or shooting reported in the nation’s largest city, possibly the only time that happened since New York was a small Dutch colony.

« The analysis for homicide showed that rates dropped in every precinct although more in some than in others, » Greenberg wrote in an article published in Justice Quarterly about the current trend. The same is true for other violent crimes, including robberies and assaults.

Greenberg said experts typically offer two common explanations. One is that in 1994 the New York Police Department installed CompStat, a computer program that tracks crime and allows police departments to manage personnel better. Another is the « broken windows » theory: police rigidly enforce misdemeanor crimes in an attempt to change the culture. Essentially, the police department believed that cracking down on offenses from prostitution to begging and excessive noise could help suppress felony crime. Either way, the NYPD takes credit.

For CompStat, the crime rate had already begun dropping when the software was installed. Greenberg also failed to find a causal relationship between an increase in misdemeanor charges and the overall crime rate.

Other theories also have been proposed. Steven Levitt and Steven Dubner, in the book « Freakonomics, » proposed the increase in legal abortions was a factor. There were fewer young males, the demographic sector most responsible for crime. Malcolm Gladwell, in the book « The Tipping Point, » said the increased police activity was just the last factor that ended an epidemic already ebbing. Both theories are highly controversial.

Another theory credits removal of lead from gasoline and paint. Lead causes brain damage and could account for some criminal activity so when lead was removed from gasoline and paint, fewer children were affected.

Greenberg said the evidence to support all those theories is weak.

So what is the answer?

Surprisingly, some sociologists think civilization is simply getting less violent and more civilized, Greenberg said.

That theory was first proposed by German sociologist Norbert Elias in his book The Civilizing Process. Elias wrote that interpersonal violence had been in decline since the Middle Ages, a statement historians now accept.

Elias said that for divine monarchs, like Louis XIV of France, their worth was more measured by their ability at witty badinage and manners than swordsmanship. This more civilized tendency spread to the European middle class and finally, in the nineteenth century, to the working classes.

The decrease also could be partly due to immigration to the city, an influx of people who may be particularly motivated to avoid legal trouble, especially if they are undocumented or because they are determined to make good lives for themselves, Greenberg said.

Then what caused the decline?

« I don’t know, » Greenberg said.

Andrew Karmen, a sociologist at John Jay College of Criminal Justice in New York agreed.

« People and organizations claimed credit and think they know the reason for the crime drop, but the evidence is insufficient, » Karmen said.

Crime also went down across America and in Europe where no one followed the NYPD tactics, said Karmen, who wrote a book on the subject,  » New York Murder Mystery: The True Story Behind the Crime Crash of the 1990s. »

Karmen agrees that the flow of immigration could be one reason, with the city’s population « refreshing » regularly. Another possibility, frequently ignored, is that New York is a college town. The City University of New York system alone enrolls 250,000 undergraduates and they are a substantial—and generally peaceful—portion of the young population.

Karmen said solving the mystery is important.

« If we don’t know why the crime rate went down, we won’t know what to do when it goes back up, » Karmen said.

Joel Shurkin is a freelance writer based in Baltimore. He is the author of nine books on science and the history of science, and has taught science journalism at Stanford University, UC Santa Cruz and the University of Alaska Fairbanks.

Voir aussi:

Hard Times, Fewer Crimes

The economic downturn has not led to more crime—contrary to the experts’ predictions. So what explains the disconnect? Big changes in American culture, says James Q. Wilson.

James Q. Wilson

The Wall Street Journal

May 28, 2011

When the FBI announced last week that violent crime in the U.S. had reached a 40-year low in 2010, many criminologists were perplexed. It had been a dismal year economically, and the standard view in the field, echoed for decades by the media, is that unemployment and poverty are strongly linked to crime. The argument is straightforward: When less legal work is available, more illegal « work » takes place.

The economist Gary Becker of the University of Chicago, a Nobel laureate, gave the standard view its classic formulation in the 1960s. He argued that crime is a rational act, committed when the criminal’s « expected utility » exceeds that of using his time and other resources in pursuit of alternative activities, such as leisure or legitimate work. Observation may appear to bear this theory out. After all, neighborhoods with elevated crime rates tend to be those where poverty and unemployment are high as well.

But there have long been difficulties with the notion that unemployment causes crime. For one thing, the 1960s, a period of rising crime, had essentially the same unemployment rate as the late 1990s and early 2000s, a period when crime fell. And during the Great Depression, when unemployment hit 25%, the crime rate in many cities went down. Among the explanations offered for this puzzle is that unemployment and poverty were so common during the Great Depression that families became closer, devoted themselves to mutual support, and kept young people, who might be more inclined to criminal behavior, under constant adult supervision. These days, because many families are weaker and children are more independent, we would not see the same effect, so certain criminologists continue to suggest that a 1% increase in the unemployment rate should produce as much as a 2% increase in property-crime rates.

Yet when the recent recession struck, that didn’t happen. As the national unemployment rate doubled from around 5% to nearly 10%, the property-crime rate, far from spiking, fell significantly. For 2009, the Federal Bureau of Investigation reported an 8% drop in the nationwide robbery rate and a 17% reduction in the auto-theft rate from the previous year. Big-city reports show the same thing. Between 2008 and 2010, New York City experienced a 4% decline in the robbery rate and a 10% fall in the burglary rate. Boston, Chicago and Los Angeles witnessed similar declines.

Some scholars argue that the unemployment rate is too crude a measure of economic frustration to prove the connection between unemployment and crime, since it estimates only the percentage of the labor force that is looking for work and hasn’t found it. But other economic indicators tell much the same story. The labor-force participation rate lets us determine the percentage of the labor force that is neither working nor looking for work—individuals who are, in effect, detached from the labor force. These people should be especially vulnerable to criminal inclinations, if the bad-economy-leads-to-crime theory holds. In 2008, though, even as crime was falling, only about half of men aged 16 to 24 (who are disproportionately likely to commit crimes) were in the labor force, down from over two-thirds in 1988, and a comparable decline took place among African-American men (who are also disproportionately likely to commit crimes).

The University of Michigan’s Consumer Sentiment Index offers another way to assess the link between the economy and crime. This measure rests on thousands of interviews asking people how their financial situations have changed over the last year, how they think the economy will do during the next year, and about their plans for buying durable goods. The index measures the way people feel, rather than the objective conditions they face. It has proved to be a very good predictor of stock-market behavior and, for a while, of the crime rate, which tended to climb when people lost confidence. When the index collapsed in 2009 and 2010, the stock market predictably went down with it—but this time, the crime rate went down, too.

So we have little reason to ascribe the recent crime decline to jobs, the labor market or consumer sentiment. The question remains: Why is the crime rate falling?

One obvious answer is that many more people are in prison than in the past. Experts differ on the size of the effect, but I think that William Spelman and Steven Levitt have it about right in believing that greater incarceration can explain about one-quarter or more of the crime decline. Yes, many thoughtful observers think that we put too many offenders in prison for too long. For some criminals, such as low-level drug dealers and former inmates returned to prison for parole violations, that may be so. But it’s true nevertheless that when prisoners are kept off the street, they can attack only one another, not you or your family.

Imprisonment’s crime-reduction effect helps to explain why the burglary, car-theft and robbery rates are lower in the U.S. than in England. The difference results not from the willingness to send convicted offenders to prison, which is about the same in both countries, but in how long America keeps them behind bars. For the same offense, you will spend more time in prison here than in England. Still, prison can’t be the sole reason for the recent crime drop in this country: Canada has seen roughly the same decline in crime, but its imprisonment rate has been relatively flat for at least two decades.

Another possible reason for reduced crime is that potential victims may have become better at protecting themselves by equipping their homes with burglar alarms, putting extra locks on their cars and moving into safer buildings or even safer neighborhoods. We have only the faintest idea, however, about how common these trends are or what effects on crime they may have.

Policing has become more disciplined over the last two decades; these days, it tends to be driven by the desire to reduce crime, rather than simply to maximize arrests, and that shift has reduced crime rates. One of the most important innovations is what has been called hot-spot policing. The great majority of crimes tend to occur in the same places. Put active police resources in those areas instead of telling officers to drive around waiting for 911 calls, and you can bring down crime. The hot-spot idea helped to increase the effectiveness of the New York Police Department’s Compstat program, which uses computerized maps to pinpoint where crime is taking place and enables police chiefs to hold precinct captains responsible for targeting those areas.

Researchers continue to test and refine hot-spot policing. After analyzing data from over 7,000 police arrivals at various locations in Minneapolis, the criminologists Lawrence Sherman and David Weisburd showed that for every minute an officer spent at a spot, the length of time without a crime there after the officer departed went up—until the officer had been gone for more than 15 minutes. After that, the crime rate went up. The police can make the best use of their time by staying at a hot spot for a while, moving on, and returning after 15 minutes.

Some cities now use a computer-based system for mapping traffic accidents and crime rates. They have noticed that the two measures tend to coincide: Where there are more accidents, there is more crime. In Shawnee, Kan., the police spent a lot more time in the 4% of the city where one-third of the crime occurred: Burglaries fell there by 60% (even though in the city as a whole they fell by only 8%), and traffic accidents went down by 17%.

There may also be a medical reason for the decline in crime. For decades, doctors have known that children with lots of lead in their blood are much more likely to be aggressive, violent and delinquent. In 1974, the Environmental Protection Agency required oil companies to stop putting lead in gasoline. At the same time, lead in paint was banned for any new home (though old buildings still have lead paint, which children can absorb).

Tests have shown that the amount of lead in Americans’ blood fell by four-fifths between 1975 and 1991. A 2007 study by the economist Jessica Wolpaw Reyes contended that the reduction in gasoline lead produced more than half of the decline in violent crime during the 1990s in the U.S. and might bring about greater declines in the future. Another economist, Rick Nevin, has made the same argument for other nations.

Another shift that has probably helped to bring down crime is the decrease in heavy cocaine use in many states. Measuring cocaine use is no easy matter; one has to infer it from interviews or from hospital-admission rates. Between 1992 and 2009, the number of admissions for cocaine or crack use fell by nearly two-thirds. In 1999, 9.8% of 12th-grade students said that they had tried cocaine; by 2010, that figure had fallen to 5.5%.

What we really need to know, though, is not how many people tried coke but how many are heavy users. Casual users who regard coke as a party drug are probably less likely to commit serious crimes than heavy users who may resort to theft and violence to feed their craving. But a study by Jonathan Caulkins at Carnegie Mellon University found that the total demand for cocaine dropped between 1988 and 2010, with a sharp decline among both light and heavy users.

Blacks still constitute the core of America’s crime problem. But the African-American crime rate, too, has been falling, probably because of the same non-economic factors behind falling crime in general: imprisonment, policing, environmental changes and less cocaine abuse.

Knowing the exact crime rate of any ethnic or racial group isn’t easy, since most crimes don’t result in arrest or conviction, and those that do may be an unrepresentative fraction of all crimes. Nevertheless, we do know the racial characteristics of those who have been arrested for crimes, and they show that the number of blacks arrested has been falling. Barry Latzer of the John Jay College of Criminal Justice has demonstrated that between 1980 and 2005, arrests of blacks for homicide and other violent crimes fell by about half nationwide.

It’s also suggestive that in the five New York City precincts where the population is at least 80% black, the murder rate fell by 78% between 1990 and 2000. In the black neighborhoods of Chicago, burglary fell by 52%, robbery by 62%, and homicide by 33% between 1991 and 2003. A skeptic might retort that all these seeming gains were merely the result of police officers’ giving up and no longer recording crimes in black neighborhoods. But opinion surveys in Chicago show that, among blacks, fear of crime was cut in half during the same period.

One can cite further evidence of a turnaround in black crime. Researchers at the federal Office of Juvenile Justice and Delinquency Prevention found that in 1980, arrests of young blacks outnumbered arrests of whites more than six to one. By 2002, the gap had been closed to just under four to one.

Drug use among blacks has changed even more dramatically than it has among the population as a whole. As Mr. Latzer points out—and his argument is confirmed by a study by Bruce D. Johnson, Andrew Golub and Eloise Dunlap—among 13,000 people arrested in Manhattan between 1987 and 1997, a disproportionate number of whom were black, those born between 1948 and 1969 were heavily involved with crack cocaine, but those born after 1969 used very little crack and instead smoked marijuana.

The reason was simple: The younger African-Americans had known many people who used crack and other hard drugs and wound up in prisons, hospitals and morgues. The risks of using marijuana were far less serious. This shift in drug use, if the New York City experience is borne out in other locations, can help to explain the fall in black inner-city crime rates after the early 1990s.

John Donohue and Steven Levitt have advanced an additional explanation for the reduction in black crime: the legalization of abortion, which resulted in black children’s never being born into circumstances that would have made them likelier to become criminals. I have ignored that explanation because it remains a strongly contested finding, challenged by two economists at the Federal Reserve Bank of Boston and by various academics.

At the deepest level, many of these shifts, taken together, suggest that crime in the United States is falling—even through the greatest economic downturn since the Great Depression—because of a big improvement in the culture. The cultural argument may strike some as vague, but writers have relied on it in the past to explain both the Great Depression’s fall in crime and the explosion of crime during the sixties. In the first period, on this view, people took self-control seriously; in the second, self-expression—at society’s cost—became more prevalent. It is a plausible case.

Culture creates a problem for social scientists like me, however. We do not know how to study it in a way that produces hard numbers and testable theories. Culture is the realm of novelists and biographers, not of data-driven social scientists. But we can take some comfort, perhaps, in reflecting that identifying the likely causes of the crime decline is even more important than precisely measuring it.

—Mr. Wilson is a senior fellow at the Clough Center at Boston College and taught previously at Harvard, UCLA and Pepperdine. His many books include « The Moral Sense, » « Bureaucracy, » and « Thinking About Crime. » This essay is adapted from the forthcoming issue of City Journal, published by the Manhattan Institute.

Voir également:

Six Social Sources of the U.S. Crime Drop

Chris Uggen and Suzy McElrath

The Society pages

Feb 4, 2013

Chris Uggen

Chris Uggen is a sociologist and criminologist at the University of Minnesota. He believes that good science can light the way to a more just and safer world. He is co-editor of The Society Pages.

Suzy

Suzy McElrath is in the sociology program at the University of Minnesota. She studies the sociology of law and criminology, with a focus on mass atrocity, transitional justice, collective memory, and gender violence.

Each year, when the federal government releases new crime statistics, reporters seek out crime experts to help interpret the numbers. But following three decades of climbing crime rates, the downward trend of the past two decades has left even the experts searching for answers. Crime dropped under Democrats like Bill Clinton and Barack Obama and when Republicans like George W. Bush were in charge. Crime dropped during times of peace and times of war, in the boom times of the late 1990s and in the Great Recession era from 2007 to 2009. In recent years, both criminologists and the public have been baffled by the improving crime situation—especially when many other social indicators looked so bleak.

But social scientists are starting to make sense of the big U.S. crime drop. At least among many of the “street” crimes reported by police and victims, today’s crime rate is roughly half what it was just two decades ago. This isn’t because people are twice as nice. Rather, the reasons behind the crime drop involve everything from an aging population to better policing to the rising ubiquity of cell phones. There’s no single “smoking gun” that can account for the drop: both formal social controls, such as police and prisons, and broader shifts in the population and economy play a part. That is, the main drivers are all social. Crime is less likely these days because of incremental changes in our social lives and interaction with others, including shifts in our institutions, technologies, and cultural practices. Before unpacking these social sources of the crime drop, we need to look a little more closely at its timing and variation across offenses, from auto theft to murder.

Dropping Like a Stone

It might not feel as though the United States is appreciably safer, but both violent and property crimes have dropped steadily and substantially for nearly twenty years. Whether looking to “official” crime (reported to the police) or victimization surveys, the story is the same—both violent and property crimes have dropped like a stone. While crime rose throughout much of the 1960s and ‘70s, most of today’s college freshmen have not experienced a significant rise in the crime rate over the course of their lives.

For all the talk about crime rates (technically, the number of offenses divided by the number of people or households in a given place and time to adjust for population changes), we only have good information about trends for a limited set of offenses—street crimes like murder, rape, robbery, aggravated assault, burglary, theft, auto theft, and arson. Criminologists generally look to two sources of data to measure these crimes, the “official statistics” reported to the police and compiled as “Part I” offenses in the FBI’s Uniform Crime Reports (UCR) and reports from crime victims in the large-scale annual National Crime Victimization Survey (NCVS). The official statistics are invaluable for understanding changes over time, because the reports have been consistently collected from almost every U.S. jurisdiction over several decades. The victimization data are also invaluable, because they help account for the “dark figure” of crime—offenses that go unreported to the police and are thus missing from the official statistics. Although both speak to the wellbeing of citizens and their sense of public safety, they do not necessarily show us the whole crime picture (they omit, for example, most white-collar crime and corporate malfeasance). Nevertheless, when victimization data tell the same story as police statistics, criminologists are generally confident that the trend is real rather than a “blip” or a mirage.

First, let’s look at the “Part I” crime rate according to the official FBI statistics. Property crimes like burglary and theft are much more common than violent crimes such as rape and robbery (as shown by the larger numbers on the left axis relative to the right axis). Both were clearly rising from the 1960s to about 1980. After some fluctuation in the 1970s and ‘80s, both rates of reported violence and property crime fell precipitously in 1991. Since then, official statistics show drops of about 49% and 43%, respectively. The sustained drop-off looks even more remarkable when compared to the earlier climb. Official 2011 statistics show offense rates on par with levels last seen in the 1960s for property crimes and in the early ‘70s for violent crime.

The federal government began taking victimization surveys from a nationally representative sample of households in the 1970s. The victimization picture is clouded by recall errors and other survey methodology challenges, but it’s less distorted by unreported crime than the official statistics. Because the survey was re-designed in 1992, we show only the trend in property and violent victimizations from 1993 onward.

Like the official statistics, the victimization data also show a broad-based and long-term crime decline, though there is some evidence of a slight uptick by 2011. There is a drop in violent victimizations through 2009 and a drop in property victimizations through 2010 (apart from a slight rise in 2006 that followed a change in survey methodology). Over this time, violent victimizations fell by 55% (from approximately 50 per 1,000 persons age 12 or older in 1993 to 23 per 1,000 in 2011). Property crimes fell by 57% (from 319 per 1,000 households in 1993 to 139 per 1,000 households in 2011). In both cases, the victim data suggest that the crime drop may be even larger than that suggested by the official statistics.

It isn’t just one type of crime that fell. All seven of the “Part I” offenses reported in the police statistics and the closest corresponding victimization offenses declined by at least 35% from 1993 to 2011. Although the specific offense categories are not directly comparable, similar types of crimes dropped in both the official statistics and the victimization data. For example, the steepest drops occurred for motor vehicle theft, which fell by 62% in official statistics and 74% in the victimization data. Taken together, this provides firm evidence that the crime drop is real, long-lasting, and broad in scope.

Six Social Sources

The big crime drop implies that either fewer people are participating in crime or that those who do participate are committing crime less frequently. But a society’s rate of crime is not a simple aggregation of the number of “crime-prone” individuals with particular psychological or biological characteristics. Under the right or, more precisely, the wrong social conditions, we are all prone to commit criminal acts. Communities therefore attempt to organize social life in ways that make crime less likely. While we often associate crime with institutions such as the police or courts, anything that alters patterns of human interaction can drive the crime rate up or down. This includes the technology in our cars, the places we go for entertainment, and the medical advances affecting reproduction and aging.

The idea that crime is social rather than individual is a prominent theme in much of the best new research. The crime drop partly reflects the work of institutions that are explicitly designed to increase social control, but it also reflects changes in other institutions designed to perform different societal functions.

Scholars have yet to neatly partition the unique contribution of the six social sources of the crime drop, but we can summarize current thinking about their likely impact.

Formal Social Control and Criminal Opportunities

Punishment

Punishment. No discussion of recent U.S. crime trends would be complete without considering our nation’s prison population, which increased from 241,000 in 1975 to 773,000 in 1990 to over 1.6 million in 2010. Because incarceration rose so rapidly, it is tempting to attribute the lion’s share of the crime drop to the incapacitating effects of prison. But if this were the case, as law professor Franklin Zimring points out, we should have seen an earlier crime drop (when incarceration first boomed in the 1970s). Instead, since crime is closely tied to the demography of the life course, new cohorts of potential offenders are always replacing those removed via incarceration. Moreover, many criminologists believe that prisons are actually criminogenic in the long-run, strengthening criminal ties and disrupting non-criminal opportunities when inmates are released.

In one of the most sophisticated studies of the effect of imprisonment on crime, sociologist Bruce Western estimates that roughly nine-tenths of the crime drop during the 1990s would have occurred without any changes in imprisonment. Economist Steven Levitt attributes up to one-third of the total decline to incarceration. Rising rates of imprisonment thus account for at least some of the crime drop in the 1990s and 2000s, with scholars attributing anywhere from 10 to 30% of the decline to America’s incarceration boom.

Policing

Policing. Both public and private policing strategies have changed considerably over the past several decades, as have the technologies available to law enforcement. Zimring and others conclude that “cops matter,” especially in explaining New York City’s crime decline. More specifically, criminologists David Weisburd and Cody Telep identify targeted policing of high-crime “hot spots,” gun crimes, and high-rate offenders, as well as proactive problem-oriented policing and the use of DNA evidence as police practices that reduce crime. In contrast, they find little evidence for the effectiveness of policing tactics like random preventive patrol, follow-up visits in domestic violence cases, and Drug Abuse Resistance Education (the DARE program).

While Levitt is skeptical about the role of new policing strategies, he attributes a portion of the 1990s crime drop to increases in the number of officers on the street. Because of the criminogenic effects of prison, scholars such as economist Steven Durlauf and criminologist Daniel Nagin propose shifting a greater share of criminal justice funding in policing. Effective law enforcement is part of the picture, says criminologist John MacDonald, but he also argues that public-private security partnerships such as targeted “business improvement districts” have helped to sustain the decline. The unique contribution of policing to the current crime drop is likely significant, but limited—accounting for perhaps 10 to 20% of the overall decline. Moreover, the effectiveness of the formal social controls provided by police depends, in large part, on support from informal social controls provided by families and communities.

Opportunities

Opportunities. Apart from changes in prisons and policing, the opportunities for crime have changed rapidly and dramatically since the 1990s. Technology isn’t an obvious social source of the crime drop, but people have been connecting in fundamentally different ways in the past two decades, altering the risks and rewards of criminal behavior. When it comes to “target hardening” (crime prevention through environmental design), simple changes can make an enormous difference. Recall that the biggest drop among all crime categories was in auto theft—in the United States and around the world, new technologies like car immobilizers, alarms, and central locking and tracking devices have effectively reduced this crime.

More generally, surveillance provides guardianship over ourselves and our property. It may even deter others from acting against us. With regard to a now-common technology, economists Jonathan Klick and Thomas Stratmann and criminologist John MacDonald point to the amazing proliferation of cell phones. They argue that cells increase surveillance and a would-be offender’s risk of apprehension, which affects the perceived costs of crime. Many potential victims now have easy access to a camera and are within a few finger-swipes of a call to 9-1-1. In a follow-up interview with the authors about his research, MacDonald said that the crime drop is “driven in part by target hardening, in part by consumer technological shifts, and in part by the movement of people’s nighttime activities back to the house.” In sum, where we spend our time and who is watching us likely plays a big role in the recent crime decline.

Of course, efforts to constrain criminal opportunities can also constrain non-criminal activities—and while most of us welcome the declining crime rates that accompany greater surveillance, we are far more ambivalent about being watched ourselves. As criminologist Eric Baumer explained to the authors, “not only are we spending more time off the streets and on a computer, but we are being watched or otherwise connected to some form of ‘social control’ pretty constantly when we are out and about.” It is difficult to quantify how myriad small changes in criminal opportunities affected the crime drop, but their combined contribution may be on a par with that of formal policing or prisons.

Social Trends and Institutional Change

Economics

Economics. More than 90% of the “Part I” crimes reported to the police involve some kind of financial gain. The relationship between crime and the economy is more complicated than the simple idea that people “turn to crime” when times are tough, though. Contrary to popular expectations, for example, both victimizations and official crime showed especially steep declines from 2007 to 2009, when unemployment rates soared. Robbery, burglary, and household theft victimizations had been falling by a rate of about 4% per year from 1993-2006, but fell by an average of 6 to 7% per year during the Great Recession.

This is not because crime is unrelated to economic conditions, but because crime is related to so many other things. For example, when people have less disposable income, they may spend more time in the relative safety of their home and less time in riskier places like bars. As noted above regarding opportunities, another reason crime rates are likely to drop when cash-strapped residents stay home at night in front of a television or computer screen is that their mere presence can help prevent burglary and theft.

Criminologists Richard Rosenfeld and Robert Fornango suggest that consumer confidence and the perception of economic hardship may account for as much as one-third of the recent reduction in robbery and property crime. Nevertheless, while economic recessions and consumer sentiment are likely to play some role, they cannot account for the long and steady declines shown in the charts above—boom or bust, crime rates have been dropping for twenty years. For this reason, most criminologists attribute only a small share of the crime drop to economic conditions.

Demography

Demography. Crime, it seems, is largely a young man’s game. For most offenses, crime and arrests peak in the late teen years and early twenties, declining quickly thereafter. During the 1960s and 1970s, the large number of teens and young adults in the Baby Boom cohort drove crime rates higher. In societies that are growing older, such as the contemporary United States, there are simply fewer of the young men who make up the majority of criminal offenders and victims. Due to these life course processes, the age and gender composition of a society is an underlying factor that structures its rate of crime.

An influx of new immigrants might also be contributing to lower crime rates. According to research by sociologist Robert Sampson and his colleagues, immigration can be “protective” against crime, with first-generation immigrants being significantly less likely to commit violence than third-generation Americans, after adjusting for personal and neighborhood characteristics.

While criminologists estimate that demographic changes can account for perhaps 10% of the recent crime drop, these factors are changing too slowly to explain why crime was essentially halved within the course of a single generation.

Social Dynamics

Longer-term Social Dynamics. Drawing back the historical curtain on U.S. crime rates puts the recent drop in perspective. So argued historian Eric Monkkonen, who showed that the urban homicide rates of the nineteenth and early twentieth centuries were on a par with the “peak” rates observed in the early 1990s. In fact, historical evidence amassed by scholars including psychologist Steven Pinker and historical criminologist Manuel Eisner convincingly shows that personal violent crime began declining in Western nations as early as the sixteenth century. While this research has emphasized violent crimes, similar processes may hold for crime more generally. Perhaps the rising crime rate from World War II through the early 1990s was simply a small spike that temporarily obscured a much longer downward trend.

This long historical sweep may offer little solace to those confronted by crime today, but the encouraging long-term trend suggests explanations with deep roots. Eisner points to subtle shifts in parenting occurring over a long time span; Pinker suggests greater interdependence and broadened circles of people with whom we can empathize. Both draw on classic sociological work by Emile Durkheim and Norbert Elias, who attributed historical changes in crime and social disorder to changes in the relation between individuals and society. The centuries-long crime story is perhaps best explained by the gradual development of formal and informal social controls on our behavior. In this light, Baumer argues that we should at least think more expansively about the contemporary crime drop. We cannot say for certain where the crime rate will be in five years, but if we had to bet where the crime rate would be in one hundred years, we could be reasonably confident it’d be measurably lower than it is today.

Room for Improvement

Criminologists almost universally acknowledge a sizeable crime drop over the last twenty years. This does not mean that everyone’s neighborhood became safer or that crime in the United States is low relative to other industrialized nations. In fact, U.S. homicide rates are more than double those of Canada, Japan, and much of Europe. Nevertheless, the U.S. crime picture has improved markedly, with significant across-the-board drops in violent and property offenses. Moreover, as Baumer points out, even behaviors like drinking, drug use, and risky sex are declining, especially among young people.

We cannot explain such a sharp decline without reference to the social institutions, conditions, and practices shaping crime and its control. In particular, social scientists point to punishment, policing, opportunities, economics, demography, and history, though there is little consensus about the relative contribution of each. Further disentangling each factor’s unique contribution is a worthy endeavor, but it should not obscure a fundamental point: it is their entanglement in our social world that reduces crime.

Recommended Reading

Eric P. Baumer and Kevin Wolff. Forthcoming. “Evaluating the Contemporary Crime Drop(s) in America, New York City, and Many Other Places,” Justice Quarterly. An up-to-the-minute appraisal of explanations for local, national, and global crime trends.

Manuel Eisner. 2003. “Long-Term Historical Trends in Violent Crime,” Crime and Justice. A rich treatment of the decline in European homicide rates from the 16th to 20th centuries.

Steven D. Levitt. 2004. “Understanding Why Crime Fell in the 1990s: Four Factors that Explain the Decline and Six that Do Not,” Journal of Economic Perspectives. A systematic appraisal of explanations for the crime decline by the renowned economist and Freakonomics author.

Eric H. Monkkonen. 2002. “Homicide in New York, Los Angeles, and Chicago,” The Journal of Criminal Law and Criminology. A careful historical examination of homicide in the 19th and 20th centuries.

Franklin E. Zimring. 2007. The Great American Crime Decline. A well-written and thoroughgoing account of the U.S. crime drop.

– See more at: http://thesocietypages.org/papers/crime-drop/#sthash.craHnp8m.dpuf

Voir encore:

America’s falling crime rate

Good news is no news

Americans are committing fewer crimes, though nobody seems to know quite why

Jun 2nd 2011

INTUITIVE theories are often easier to believe in than to prove. For instance: conventional wisdom says that the crime rate should rise during a recession. When people are out of work and out of money, the thinking goes, they turn to crime. But the evidence backing this theory is at best equivocal. There seem to be some links between crime and economic conditions, but they are neither as direct nor clear as one might assume. Crime rose during the Roaring Twenties then fell in the Depression. America’s economy expanded and crime rates rose in the 1960s. Rates fell throughout the 1990s, when America’s economy was healthy, but they kept falling during the recession in the early 2000s (see chart).

And during the current downturn, the unemployment rate rose as the crime rate fell. Between 2008 and 2009 violent crime fell by 5.3% and property crime by 4.6%; between 2009 and 2010, according to the preliminary Uniform Crime Report released by the FBI on May 23rd, violent crime fell by another 5.5% and property crime by 2.8%. Robberies—precisely the crime one might expect to rise during tough economic times—fell by 9.5% between 2009 to 2010. The decline in violent crimes was sharpest in small towns, where the rate dropped by more than 25%, and among regions sharpest in the South, which saw a 7.5% decline. Only two cities with more than 1m people—San Antonio and New York—saw their crime rates rise. And some perspective is warranted there: in 1991 around 2,200 people were murdered in New York. Last year just 536 were. Overall, America’s violent-crime rate is at its lowest level in around 40 years, and its murder rate at its lowest in almost 50.

According to the social scientists, this was not supposed to happen. In 1995 James Wilson, who came up with the “broken windows” theory of crime prevention widely credited with making New York safer, warned that by 2000 there would be “30,000 more young muggers, killers and thieves than we have now. Get ready.” One year later John DiLulio, another political scientist who studies crime, warned of a wave of “juvenile super-predators” wreaking havoc by 2010. Yet even as they wrote, the violent-crime rate had already begun to fall. Except for a bit of a rise from 2004 to 2006, it has fallen every year since 1991.

Although nobody predicted the striking decline in crime during the 1990s, in hindsight theories explaining it abound. Some give credit to smarter police tactics: particularly quantitative methods and “broken windows” policing. Others point to the increased availability of legal abortion in the 1970s, resulting in fewer children born to teenage, unwed and poor mothers: precisely the sorts of children who commit crimes at high rates during adolescence. There is also the waning of violence associated with the crack market, and the increased incarceration rate, which keeps more criminals off the street for longer (though at tremendous cost).

Although these factors explain the drop since the late 1980s, they do not explain the sharp drop in the past two years. For that Al Blumstein, a criminologist who heads the National Consortium on Violence Research, posits an “Obama effect”, in which the election of America’s first black president inspires a significant number of young black men away from violence. And indeed between 2008 and 2009, the numbers of blacks arrested for murder and robbery each declined by over 2%, though this theory has more narrative than evidentiary appeal.

Another theory concerns lead. Exposure to lead in childhood has been linked to aggression and criminal behaviour in adults. Jessica Wolpaw Reyes, an economist at Amherst College, argues that the decline in American children’s exposure to lead since it was phased out of gasoline in the 1970s and removed almost entirely by 1985, accounts for much of the decline in violent crime in the 1990s. It may account for even more, as more of America’s unleaded children enter adolescence and their early 20s. And then there are those perennial bogeymen, video games and the internet, affordable forms of entertainment that keep people inside, and away from real crime and drugs.

Voir de même:

America’s Real Criminal Element: Lead

New research finds Pb is the hidden villain behind violent crime, lower IQs, and even the ADHD epidemic. And fixing the problem is a lot cheaper than doing nothing.

Kevin Drum

Mother Jones

Jan. 3, 2013

When Rudy Giuliani ran for mayor of New York City in 1993, he campaigned on a platform of bringing down crime and making the city safe again. It was a comfortable position for a former federal prosecutor with a tough-guy image, but it was more than mere posturing. Since 1960, rape rates had nearly quadrupled, murder had quintupled, and robbery had grown fourteenfold. New Yorkers felt like they lived in a city under siege.

Throughout the campaign, Giuliani embraced a theory of crime fighting called « broken windows, » popularized a decade earlier by James Q. Wilson and George L. Kelling in an influential article in The Atlantic. [8] « If a window in a building is broken and is left unrepaired, » they observed, « all the rest of the windows will soon be broken. » So too, tolerance of small crimes would create a vicious cycle ending with entire neighborhoods turning into war zones. But if you cracked down on small crimes, bigger crimes would drop as well.

Giuliani won the election, and he made good on his crime-fighting promises by selecting Boston police chief Bill Bratton as the NYPD’s new commissioner. Bratton had made his reputation as head of the New York City Transit Police, where he aggressively applied broken-windows policing to turnstile jumpers and vagrants in subway stations. With Giuliani’s eager support, he began applying the same lessons to the entire city, going after panhandlers, drunks, drug pushers, and the city’s hated squeegee men. And more: He decentralized police operations and gave precinct commanders more control, keeping them accountable with a pioneering system called CompStat that tracked crime hot spots in real time.

The results were dramatic. In 1996, the New York Times reported [9] that crime had plunged for the third straight year, the sharpest drop since the end of Prohibition. Since 1993, rape rates had dropped 17 percent, assault 27 percent, robbery 42 percent, and murder an astonishing 49 percent. Giuliani was on his way to becoming America’s Mayor and Bratton was on the cover of Time. It was a remarkable public policy victory.

But even more remarkable is what happened next. Shortly after Bratton’s star turn, political scientist John DiIulio warned that the echo of the baby boom would soon produce a demographic bulge of millions of young males that he famously dubbed « juvenile super-predators [10]. » Other criminologists nodded along. But even though the demographic bulge came right on schedule, crime continued to drop. And drop. And drop. By 2010, violent crime rates in New York City had plunged 75 percent from their peak in the early ’90s.

All in all, it seemed to be a story with a happy ending, a triumph for Wilson and Kelling’s theory and Giuliani and Bratton’s practice. And yet, doubts remained. For one thing, violent crime actually peaked in New York City in 1990, four years before the Giuliani-Bratton era. By the time they took office, it had already dropped 12 percent.

The PB Effect

What happens when you expose a generation of kids to high lead levels? Crime and teen pregnancy data two decades later tell a startling story.

Second, and far more puzzling, it’s not just New York that has seen a big drop in crime. In city after city, violent crime peaked in the early ’90s and then began a steady and spectacular decline. Washington, DC, didn’t have either Giuliani or Bratton, but its violent crime rate has dropped 58 percent since its peak. Dallas’ has fallen 70 percent. Newark: 74 percent. Los Angeles: 78 percent.

There must be more going on here than just a change in policing tactics in one city. But what?

There are, it turns out, plenty of theories. When I started research for this story, I worked my way through a pair of thick [11] criminology tomes [12]. One chapter regaled me with the « exciting possibility » that it’s mostly a matter of economics: Crime goes down when the economy is booming and goes up when it’s in a slump. Unfortunately, the theory doesn’t seem to hold water—for example, crime rates have continued to drop recently despite our prolonged downturn.

Another chapter suggested that crime drops in big cities were mostly a reflection of the crack epidemic of the ’80s finally burning itself out. A trio of authors identified three major « drug eras » in New York City, the first dominated by heroin, which produced limited violence, and the second by crack, which generated spectacular levels of it. In the early ’90s, these researchers proposed, the children of CrackGen switched to marijuana, choosing a less violent and more law-abiding lifestyle. As they did, crime rates in New York and other cities went down.

Another chapter told a story of demographics: As the number of young men increases, so does crime. Unfortunately for this theory, the number of young men increased during the ’90s, but crime dropped anyway.

There were chapters in my tomes on the effect of prison expansion. On guns and gun control. On family. On race. On parole and probation. On the raw number of police officers. It seemed as if everyone had a pet theory. In 1999, economist Steven Levitt, later famous as the coauthor of Freakonomics, teamed up with John Donohue to suggest that crime dropped because of Roe v. Wade [13]; legalized abortion, they argued, led to fewer unwanted babies, which meant fewer maladjusted and violent young men two decades later.

But there’s a problem common to all of these theories: It’s hard to tease out actual proof. Maybe the end of the crack epidemic contributed to a decline in inner-city crime, but then again, maybe it was really the effect of increased incarceration, more cops on the beat, broken-windows policing, and a rise in abortion rates 20 years earlier. After all, they all happened at the same time.

To address this problem, the field of econometrics gives researchers an enormous toolbox of sophisticated statistical techniques. But, notes statistician and conservative commentator Jim Manzi in his recent book Uncontrolled [14], econometrics consistently fails to explain most of the variation in crime rates. After reviewing 122 known field tests, Manzi found that only 20 percent demonstrated positive results for specific crime-fighting strategies, and none of those positive results were replicated in follow-up studies.

Did Lead Make You Dumber?

Even low levels have a significant effect.

So we’re back to square one. More prisons might help control crime, more cops might help, and better policing might help. But the evidence is thin for any of these as the main cause. What are we missing?

Experts often suggest that crime resembles an epidemic. But what kind? Karl Smith, a professor of public economics and government at the University of North Carolina-Chapel Hill, has a good rule of thumb for categorizing epidemics [15]: If it spreads along lines of communication, he says, the cause is information. Think Bieber Fever. If it travels along major transportation routes, the cause is microbial. Think influenza. If it spreads out like a fan, the cause is an insect. Think malaria. But if it’s everywhere, all at once—as both the rise of crime in the ’60s and ’70s and the fall of crime in the ’90s seemed to be—the cause is a molecule.

A molecule? That sounds crazy. What molecule could be responsible for a steep and sudden decline in violent crime?

Well, here’s one possibility: Pb(CH2CH3)4.

In 1994, Rick Nevin was a consultant working for the US Department of Housing and Urban Development on the costs and benefits of removing lead paint from old houses. This has been a topic of intense study because of the growing body of research linking lead exposure in small children with a whole raft of complications later in life, including lower IQ, hyperactivity, behavioral problems, and learning disabilities.

But as Nevin was working on that assignment, his client suggested they might be missing something. A recent study had suggested a link between childhood lead exposure and juvenile delinquency later on. Maybe reducing lead exposure had an effect on violent crime too?

That tip took Nevin in a different direction. The biggest source of lead in the postwar era, it turns out, wasn’t paint. It was leaded gasoline. And if you chart the rise and fall of atmospheric lead caused by the rise and fall of leaded gasoline consumption, you get a pretty simple upside-down U: Lead emissions from tailpipes rose steadily from the early ’40s through the early ’70s, nearly quadrupling over that period. Then, as unleaded gasoline began to replace leaded gasoline, emissions plummeted.

Gasoline lead may explain as much as 90 percent of the rise and fall of violent crime over the past half century.

Intriguingly, violent crime rates followed the same upside-down U pattern. The only thing different was the time period: Crime rates rose dramatically in the ’60s through the ’80s, and then began dropping steadily starting in the early ’90s. The two curves looked eerily identical, but were offset by about 20 years.

So Nevin dove in further, digging up detailed data on lead emissions and crime rates to see if the similarity of the curves was as good as it seemed. It turned out to be even better: In a 2000 paper [16] (PDF) he concluded that if you add a lag time of 23 years, lead emissions from automobiles explain 90 percent of the variation in violent crime in America. Toddlers who ingested high levels of lead in the ’40s and ’50s really were more likely to become violent criminals in the ’60s, ’70s, and ’80s.

And with that we have our molecule: tetraethyl lead, the gasoline additive invented by General Motors in the 1920s to prevent knocking and pinging in high-performance engines. As auto sales boomed after World War II, and drivers in powerful new cars increasingly asked service station attendants to « fill ‘er up with ethyl, » they were unwittingly creating a crime wave two decades later.

It was an exciting conjecture, and it prompted an immediate wave of…nothing. Nevin’s paper was almost completely ignored, and in one sense it’s easy to see why—Nevin is an economist, not a criminologist, and his paper was published in Environmental Research, not a journal with a big readership in the criminology community. What’s more, a single correlation between two curves isn’t all that impressive, econometrically speaking. Sales of vinyl LPs rose in the postwar period too, and then declined in the ’80s and ’90s. Lots of things follow a pattern like that. So no matter how good the fit, if you only have a single correlation it might just be a coincidence. You need to do something more to establish causality.

As it turns out, however, a few hundred miles north someone was doing just that. In the late ’90s, Jessica Wolpaw Reyes was a graduate student at Harvard casting around for a dissertation topic that eventually became a study she published in 2007 as a public health policy professor at Amherst. « I learned about lead because I was pregnant and living in old housing in Harvard Square, » she told me, and after attending a talk where future Freakonomics star Levitt outlined his abortion/crime theory, she started thinking about lead and crime. Although the association seemed plausible, she wanted to find out whether increased lead exposure caused increases in crime. But how?

In states where consumption of leaded gasoline declined slowly, crime declined slowly. Where it declined quickly, crime declined quickly.

The answer, it turned out, involved « several months of cold calling » to find lead emissions data at the state level. During the ’70s and ’80s, the introduction of the catalytic converter, combined with increasingly stringent Environmental Protection Agency rules, steadily reduced the amount of leaded gasoline used in America, but Reyes discovered that this reduction wasn’t uniform. In fact, use of leaded gasoline varied widely among states, and this gave Reyes the opening she needed. If childhood lead exposure really did produce criminal behavior in adults, you’d expect that in states where consumption of leaded gasoline declined slowly, crime would decline slowly too. Conversely, in states where it declined quickly, crime would decline quickly. And that’s exactly what she found [17].

Meanwhile, Nevin had kept busy as well, and in 2007 he published a new paper looking at crime trends around the world [18] (PDF). This way, he could make sure the close match he’d found between the lead curve and the crime curve wasn’t just a coincidence. Sure, maybe the real culprit in the United States was something else happening at the exact same time, but what are the odds of that same something happening at several different times in several different countries?

Nevin collected lead data and crime data for Australia and found a close match. Ditto for Canada. And Great Britain and Finland and France and Italy and New Zealand and West Germany. Every time, the two curves fit each other astonishingly well. When I spoke to Nevin about this, I asked him if he had ever found a country that didn’t fit the theory. « No, » he replied. « Not one. »

Just this year, Tulane University researcher Howard Mielke published a paper [19] with demographer Sammy Zahran on the correlation of lead and crime at the city level. They studied six US cities that had both good crime data and good lead data going back to the ’50s, and they found a good fit in every single one. In fact, Mielke has even studied lead concentrations at the neighborhood level in New Orleans and shared his maps with the local police. « When they overlay them with crime maps, » he told me, « they realize they match up. »

Location, Location, Location

In New Orleans, lead levels can vary dramatically from one neighborhood to the next—and the poorest neighborhoods tend to be the worst hit.

Maps by Karen Minot

Put all this together and you have an astonishing body of evidence. We now have studies at the international level, the national level, the state level, the city level, and even the individual level. Groups of children have been followed from the womb to adulthood, and higher childhood blood lead levels are consistently associated with higher adult arrest rates for violent crimes [20]. All of these studies tell the same story: Gasoline lead is responsible for a good share of the rise and fall of violent crime over the past half century.

When differences of atmospheric lead density between big and small cities largely went away, so did the difference in murder rates.

Like many good theories, the gasoline lead hypothesis helps explain some things we might not have realized even needed explaining. For example, murder rates have always been higher in big cities than in towns and small cities. We’re so used to this that it seems unsurprising, but Nevin points out that it might actually have a surprising explanation—because big cities have lots of cars in a small area, they also had high densities of atmospheric lead during the postwar era. But as lead levels in gasoline decreased, the differences between big and small cities largely went away. And guess what? The difference in murder rates went away too. Today, homicide rates are similar in cities of all sizes [21]. It may be that violent crime isn’t an inevitable consequence of being a big city after all.

The gasoline lead story has another virtue too: It’s the only hypothesis that persuasively explains both the rise of crime in the ’60s and ’70s and its fall beginning in the ’90s. Two other theories—the baby boom demographic bulge and the drug explosion of the ’60s—at least have the potential to explain both, but neither one fully fits the known data. Only gasoline lead, with its dramatic rise and fall following World War II, can explain the equally dramatic rise and fall in violent crime.

If econometric studies were all there were to the story of lead, you’d be justified in remaining skeptical no matter how good the statistics look. Even when researchers do their best—controlling for economic growth, welfare payments, race, income, education level, and everything else they can think of—it’s always possible that something they haven’t thought of is still lurking in the background. But there’s another reason to take the lead hypothesis seriously, and it might be the most compelling one of all: Neurological research is demonstrating that lead’s effects are even more appalling, more permanent, and appear at far lower levels than we ever thought. For starters, it turns out that childhood lead exposure at nearly any level can seriously and permanently reduce IQ. Blood lead levels are measured in micrograms per deciliter, and levels once believed safe—65 μg/dL, then 25, then 15, then 10—are now known to cause serious damage. The EPA now says [22] flatly that there is « no demonstrated safe concentration of lead in blood, » and it turns out that even levels under 10 μg/dL can reduce IQ by as much as seven points. An estimated 2.5 percent of children nationwide have lead levels above 5 μg/dL.

Is there lead in your house? [2]

Is There Lead in Your House? [2]

But we now know that lead’s effects go far beyond just IQ. Not only does lead promote apoptosis, or cell death, in the brain, but the element is also chemically similar to calcium. When it settles in cerebral tissue, it prevents calcium ions from doing their job, something that causes physical damage to the developing brain that persists into adulthood.

Only in the last few years have we begun to understand exactly what effects this has. A team of researchers at the University of Cincinnati has been following a group of 300 children for more than 30 years and recently performed a series of MRI scans that highlighted the neurological differences between subjects who had high and low exposure to lead during early childhood.

High childhood exposure damages a part of the brain linked to aggression control and « executive functions. » And the impact turns out to be greater among boys.

One set of scans [23] found that lead exposure is linked to production of the brain’s white matter—primarily a substance called myelin, which forms an insulating sheath around the connections between neurons. Lead exposure degrades both the formation and structure of myelin, and when this happens, says Kim Dietrich, one of the leaders of the imaging studies, « neurons are not communicating effectively. » Put simply, the network connections within the brain become both slower and less coordinated.

A second study [24] found that high exposure to lead during childhood was linked to a permanent loss of gray matter in the prefrontal cortex—a part of the brain associated with aggression control as well as what psychologists call « executive functions »: emotional regulation, impulse control, attention, verbal reasoning, and mental flexibility. One way to understand this, says Kim Cecil, another member of the Cincinnati team, is that lead affects precisely the areas of the brain « that make us most human. »

So lead is a double whammy: It impairs specific parts of the brain responsible for executive functions and it impairs the communication channels between these parts of the brain. For children like the ones in the Cincinnati study, who were mostly inner-city kids with plenty of strikes against them already, lead exposure was, in Cecil’s words, an « additional kick in the gut. » And one more thing: Although both sexes are affected by lead, the neurological impact turns out to be greater among boys than girls.

Other recent [25] studies link [26] even minuscule blood lead levels with attention deficit/hyperactivity disorder. Even at concentrations well below those usually considered safe—levels still common today—lead increases the odds of kids developing ADHD.

In other words, as Reyes summarized the evidence in her paper, even moderately high levels of lead exposure are associated with aggressivity, impulsivity, ADHD, and lower IQ. And right there, you’ve practically defined the profile of a violent young offender.

Needless to say, not every child exposed to lead is destined for a life of crime. Everyone over the age of 40 was probably exposed to too much lead during childhood, and most of us suffered nothing more than a few points of IQ loss. But there were plenty of kids already on the margin, and millions of those kids were pushed over the edge from being merely slow or disruptive to becoming part of a nationwide epidemic of violent crime. Once you understand that, it all becomes blindingly obvious. Of course massive lead exposure among children of the postwar era led to larger numbers of violent criminals in the ’60s and beyond. And of course when that lead was removed in the ’70s and ’80s, the children of that generation lost those artificially heightened violent tendencies.

Police chiefs « want to think what they do on a daily basis matters, » says a public health expert. « And it does. » But maybe not as much as they think.

But if all of this solves one mystery, it shines a high-powered klieg light on another: Why has the lead/crime connection been almost completely ignored in the criminology community? In the two big books I mentioned earlier, one has no mention of lead at all and the other has a grand total of two passing references. Nevin calls it « exasperating » that crime researchers haven’t seriously engaged with lead, and Reyes told me that although the public health community was interested in her paper, criminologists have largely been AWOL. When I asked Sammy Zahran about the reaction to his paper with Howard Mielke on correlations between lead and crime at the city level, he just sighed. « I don’t think criminologists have even read it, » he said. All of this jibes with my own reporting. Before he died last year, James Q. Wilson—father of the broken-windows theory, and the dean of the criminology community—had begun to accept that lead probably played a meaningful role in the crime drop of the ’90s. But he was apparently an outlier. None of the criminology experts I contacted showed any interest in the lead hypothesis at all.

Why not? Mark Kleiman [27], a public policy professor at the University of California-Los Angeles who has studied promising methods of controlling crime, suggests that because criminologists are basically sociologists, they look for sociological explanations, not medical ones. My own sense is that interest groups probably play a crucial role: Political conservatives want to blame the social upheaval of the ’60s for the rise in crime that followed. Police unions have reasons for crediting its decline to an increase in the number of cops. Prison guards like the idea that increased incarceration is the answer. Drug warriors want the story to be about drug policy. If the actual answer turns out to be lead poisoning, they all lose a big pillar of support for their pet issue. And while lead abatement could be big business for contractors and builders, for some reason their trade groups have never taken it seriously.

More generally, we all have a deep stake in affirming the power of deliberate human action. When Reyes once presented her results to a conference of police chiefs, it was, unsurprisingly, a tough sell. « They want to think that what they do on a daily basis matters, » she says. « And it does. » But it may not matter as much as they think.

So is this all just an interesting history lesson? After all, leaded gasoline has been banned since 1996, so even if it had a major impact on violent crime during the 20th century, there’s nothing more to be done on that front. Right?

Wrong. As it turns out, tetraethyl lead is like a zombie that refuses to die. Our cars may be lead-free today, but they spent more than 50 years spewing lead from their tailpipes, and all that lead had to go somewhere. And it did: It settled permanently into the soil that we walk on, grow our food in, and let our kids play around.

That’s especially true in the inner cores of big cities, which had the highest density of automobile traffic. Mielke has been studying lead in soil for years, focusing most of his attention on his hometown of New Orleans, and he’s measured 10 separate census tracts there with lead levels over 1,000 parts per million.

To get a sense of what this means, you have to look at how soil levels of lead typically correlate with blood levels, which are what really matter. Mielke has studied this in New Orleans [28], and it turns out that the numbers go up very fast even at low levels. Children who live in neighborhoods with a soil level of 100 ppm have average blood lead concentrations of 3.8 μg/dL—a level that’s only barely tolerable. At 500 ppm, blood levels go up to 5.9 μg/dL, and at 1,000 ppm they go up to 7.5 μg/dL. These levels are high enough to do serious damage.

« I know people who have moved into gentrified neighborhoods and immediately renovate everything. They create huge hazards for their kids. »

Mielke’s partner, Sammy Zahran, walked me through a lengthy—and hair-raising—presentation about the effect that all that old gasoline lead continues to have in New Orleans. The very first slide describes the basic problem: Lead in soil doesn’t stay in the soil. Every summer, like clockwork, as the weather dries up, all that lead gets kicked back into the atmosphere in a process called resuspension. The zombie lead is back to haunt us.

Mark Laidlaw, a doctoral student who has worked with Mielke, explains how this works [29]: People and pets track lead dust from soil into houses, where it’s ingested by small children via hand-to-mouth contact. Ditto for lead dust generated by old paint inside houses. This dust cocktail is where most lead exposure today comes from.

Paint hasn’t played a big role in our story so far, but that’s only because it didn’t play a big role in the rise of crime in the postwar era and its subsequent fall. Unlike gasoline lead, lead paint was a fairly uniform problem during this period, producing higher overall lead levels, especially in inner cities, but not changing radically over time. (It’s a different story with the first part of the 20th century, when use of lead paint did rise and then fall somewhat dramatically. Sure enough, murder rates rose and fell in tandem.)

And just like gasoline lead, a lot of that lead in old housing is still around. Lead paint chips flaking off of walls are one obvious source of lead exposure, but an even bigger one, says Rick Nevin, are old windows. Their friction surfaces generate lots of dust as they’re opened and closed. (Other sources—lead pipes and solder, leaded fuel used in private aviation, and lead smelters—account for far less.)

We know that the cost of all this lead is staggering, not just in lower IQs, delayed development, and other health problems, but in increased rates of violent crime as well. So why has it been so hard to get it taken seriously?

There are several reasons. One of them was put bluntly by Herbert Needleman, one of the pioneers of research into the effect of lead on behavior. A few years ago, a reporter from the Baltimore City Paper asked him why so little progress had been made recently on combating the lead-poisoning problem. « Number one, » he said without hesitation [30], « it’s a black problem. » But it turns out that this is an outdated idea. Although it’s true that lead poisoning affects low-income neighborhoods disproportionately, it affects plenty of middle-class and rich neighborhoods as well. « It’s not just a poor-inner-city-kid problem anymore, » Nevin says. « I know people who have moved into gentrified neighborhoods and immediately renovate everything. And they create huge hazards for their kids. »

Tamara Rubin, who lives in a middle-class neighborhood in Portland, Oregon, learned this the hard way when two of her children developed lead poisoning after some routine home improvement in 2005. A few years later, Rubin started the Lead Safe America Foundation [31], which advocates for lead abatement and lead testing. Her message: If you live in an old neighborhood or an old house, get tested. And if you renovate, do it safely.

Another reason that lead doesn’t get the attention it deserves is that too many people think the problem was solved years ago. They don’t realize how much lead is still hanging around, and they don’t understand just how much it costs us.

It’s difficult to put firm numbers to the costs and benefits of lead abatement. But for a rough idea, let’s start with the two biggest costs. Nevin estimates that there are perhaps 16 million pre-1960 houses with lead-painted windows, and replacing them all would cost something like $10 billion per year over 20 years. Soil cleanup in the hardest-hit urban neighborhoods is tougher to get a handle on, with estimates ranging from $2 to $36 per square foot. A rough extrapolation from Mielke’s estimate to clean up New Orleans suggests that a nationwide program might cost another $10 billion per year.

We can either get rid of the remaining lead, or we can wait 20 years and then lock up all the kids who’ve turned into criminals.

So in round numbers that’s about $20 billion per year for two decades. But the benefits would be huge. Let’s just take a look at the two biggest ones. By Mielke and Zahran’s estimates, [32] if we adopted the soil standard of a country like Norway (roughly 100 ppm or less), it would bring about $30 billion in annual returns from the cognitive benefits alone (higher IQs, and the resulting higher lifetime earnings). Cleaning up old windows might double this. And violent crime reduction would be an even bigger benefit. Estimates here are even more difficult, but Mark Kleiman suggests that a 10 percent drop in crime—a goal that seems reasonable if we get serious about cleaning up the last of our lead problem—could produce benefits as high as $150 billion per year.

Put this all together and the benefits of lead cleanup could be in the neighborhood of $200 billion per year. In other words, an annual investment of $20 billion for 20 years could produce returns of 10-to-1 every single year for decades to come. Those are returns that Wall Street hedge funds can only dream of.

Memo to Deficit Hawks: Get the Lead Out

Lead abatement isn’t cheap, but the return on investment is mind-blowing.

There’s a flip side to this too. At the same time that we should reassess the low level of attention we pay to the remaining hazards from lead, we should probably also reassess the high level of attention we’re giving to other policies. Chief among these is the prison-building boom that started in the mid-’70s. As crime scholar William Spelman wrote a few years ago, states have « doubled their prison populations, then doubled them again, increasing their costs by more than $20 billion per year »—money that could have been usefully spent on a lot of other things. And while some scholars conclude that the prison boom had an effect on crime, recent research suggests that rising incarceration rates suffer from diminishing returns: Putting more criminals behind bars is useful up to a point, but beyond that we’re just locking up more people without having any real impact on crime. What’s more, if it’s true that lead exposure accounts for a big part of the crime decline that we formerly credited to prison expansion and other policies, those diminishing returns might be even more dramatic than we believe. We probably overshot on prison construction years ago; one doubling might have been enough. Not only should we stop adding prison capacity, but we might be better off returning to the incarceration rates we reached in the mid-’80s.

So this is the choice before us: We can either attack crime at its root by getting rid of the remaining lead in our environment, or we can continue our current policy of waiting 20 years and then locking up all the lead-poisoned kids who have turned into criminals. There’s always an excuse not to spend more money on a policy as tedious-sounding as lead abatement—budgets are tight, and research on a problem as complex as crime will never be definitive—but the association between lead and crime has, in recent years, become pretty overwhelming. If you gave me the choice, right now, of spending $20 billion less on prisons and cops and spending $20 billion more on getting rid of lead, I’d take the deal in a heartbeat. Not only would solving our lead problem do more than any prison to reduce our crime problem, it would produce smarter, better-adjusted kids in the bargain. There’s nothing partisan about this, nothing that should appeal more to one group than another. It’s just common sense. Cleaning up the rest of the lead that remains in our environment could turn out to be the cheapest, most effective crime prevention tool we have. And we could start doing it tomorrow.

Support for this story was provided by a grant from the Puffin Foundation Investigative Journalism Project.

Source URL: http://www.motherjones.com/environment/2013/01/lead-crime-link-gasoline

Links:

[1] http://www.motherjones.com/environment/2013/01/lead-crime-link-gasoline

[2] http://www.motherjones.com/environment/2013/01/lead-poisoning-house-pipes-soil-paint

[3] http://www.motherjones.com/environment/2012/12/soil-lead-researcher-howard-mielke

[4] http://www.motherjones.com/blue-marble/2013/01/lead-shooting-ranges-osha

[5] http://www.motherjones.com/kevin-drum/2013/01/does-lead-paint-produce-more-crime-too

[6] http://www.motherjones.com/kevin-drum/2012/08/lead-in-tap-water

[7] http://www.motherjones.com/topics/lead-and-crime

[8] http://www.theatlantic.com/magazine/archive/1982/03/broken-windows/304465/

[9] http://www.nytimes.com/1996/12/20/nyregion/new-york-crime-rate-plummets-to-levels-not-seen-in-30-years.html?pagewanted=all&src=pm

[10] http://www.city-journal.org/html/6_2_my_black.html

[11] http://www.powells.com/biblio/61-9780521681483-1

[12] http://www.powells.com/biblio?isbn=0195399358

[13] http://www.slate.com/articles/news_and_politics/dialogues/features/1999/does_abortion_prevent_crime/_2.html

[14] http://www.powells.com/biblio/64-9780465023240-0

[15] http://modeledbehavior.com/2012/01/08/on-lead/

[16] http://www.ricknevin.com/uploads/Nevin_2000_Env_Res_Author_Manuscript.pdf

[17] http://www.nber.org/papers/w13097

[18] http://pic.plover.com/Nevin/Nevin2007.pdf

[19] http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412012000566

[20] http://www.plosmedicine.org/article/info:doi/10.1371/journal.pmed.0050101

[21] http://bjs.ojp.usdoj.gov/content/homicide/city.cfm

[22] https://www.motherjones.com/documents/531159-americas-children-and-the-environment-epa#document/p42/a84512

[23] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2789851/

[24] http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.0050112

[25] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2810427/

[26] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17185283

[27] http://publicaffairs.ucla.edu/mark-ar-kleiman

[28] http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S004896970700842X

[29] http://urbanleadpoisoning.com

[30] http://www2.citypaper.com/news/story.asp?id=9738

[31] http://www.leadsafeamerica.org/leadsafeamerica.org/Home.html

[32] http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969710012672

Voir aussi:

Lead and Crime: Baselines vs. Crime Waves

Kevin Drum

Mother Jones

Jan. 10, 2013

Whenever you write about a complicated subject, you struggle with how best to explain things. In the end, you always hope you got your point across in a way that sinks in, but you’re never quite sure. And one of the things I’m not sure I explained well in my piece about the link between lead and violent crime [1] is precisely how important the effect of lead on crime is. After all, the causes of crime are varied and complex. Surely lead isn’t the whole answer?

It’s not, and I don’t want anyone to come away from my article thinking that. If we eliminated every microgram of lead from the planet, we’d still have plenty of crime. So here’s a way to think about it. If you take a look at violent crime rates in America, you’d expect to see a sort of baseline level of crime. That level will depend on lots of things: poverty, drugs, guns, race, family structure, etc. But starting in the mid-60s, we saw an enormous rise in crime, well above any sensible sort of baseline. Then, in the 90s, we saw an equally enormous decline. The chart below illustrates this. (The numbers themselves aren’t precise, so don’t take them too seriously. I’m just trying to illustrate a point.)

The baseline crime rate is the light red portion at the bottom. It goes up and down a bit over time, but also—and I’m guessing here—shows a steady, modest rise since the 60s. Most likely, the reason for this lies with all the usual suspects.

But then, in dark red, there’s the huge crime wave that lasted nearly 50 years from start to finish. That’s the part the lead hypothesis aims to explain. And the reason we need an explanation is simple: the usual suspects simply don’t seem to do a very good job of accounting for a gigantic, temporary rise and fall in violent crime rates. Within the criminology community, literally no one predicted the huge decline in crime that began in the early 90s. Their focus was on all the usual sociological causes, and they had no reason to think those were going to suddenly improve.

And they were right. For the most part, they didn’t improve. It’s true that the crack epidemic of the 80s burned out, but no one really knows the underlying reason for that. Policing tactics changed in some places, but crime dropped everywhere, so that’s not a very compelling explanation either. Aside from that, poverty didn’t change much, and neither did race or guns or demographics or the number of broken familes or anything else.

The truth is that there’s just not a good conventional explanation for both the huge rise and the huge fall in crime of the past half century. That’s one of the reasons the lead hypothesis deserves such serious consideration. Not only does it fit the data well and make sense based on what we know about the neurological effects of lead. It’s also just about the only good explanation we’ve got. Other factors are still important, and they probably explain rises and falls in the baseline rate of crime. But lead is the best explanation we have for the rest of it.

Source URL: http://www.motherjones.com/kevin-drum/2013/01/lead-and-crime-baselines-vs-crime-waves

Links:

[1] http://www.motherjones.com/environment/2013/01/lead-crime-link-gasoline

Voir enfin:

From the Archives: Is Lead Really the Main Cause of Violent Crime?

No. But it is the main cause of the great crime wave of 1965-2010.

Kevin Drum

Mother Jones

Aug. 13, 2013

Maybe it’s just coincidence, but over the past week I’ve suddenly gotten a flurry of new responses to my January piece about lead and crime. [1] Roughly speaking, they’re mostly complaints that crime has lots of causes, and it’s a mistake to claim that lead is preeminently important. I understand where this criticism comes from, but here’s the thing: I agree with it. That’s why it’s important to understand exactly what the lead hypothesis claims to explain: not all crime, but only the specific crime wave of 1965-2010. (In America, anyway. The dates vary in other regions of the world.) So because this has cropped up again, I’m going to reproduce a post [2] I wrote shortly after the article came out. Of all the things I didn’t explain well enough in the original piece, this is the one I most wish I had illustrated more clearly.

Whenever you write about a complicated subject, you struggle with how best to explain things. In the end, you always hope you got your point across in a way that sinks in, but you’re never quite sure. And one of the things I’m not sure I explained well in my piece about the link between lead and violent crime [3] is precisely how important the effect of lead on crime is. After all, the causes of crime are varied and complex. Surely lead isn’t the whole answer?

It’s not, and I don’t want anyone to come away from my article thinking that. If we eliminated every microgram of lead from the planet, we’d still have plenty of crime. So here’s a way to think about it. If you take a look at violent crime rates in America, you’d expect to see a sort of baseline level of crime. That level will depend on lots of things: poverty, drugs, guns, race, family structure, etc. But starting in the mid-60s, we saw an enormous rise in crime, well above any sensible sort of baseline. Then, in the 90s, we saw an equally enormous decline. The chart below illustrates this. (The numbers themselves aren’t precise, so don’t take them too seriously. I’m just trying to illustrate a point.)

The baseline crime rate is the light red portion at the bottom. It goes up and down a bit over time, but also—and I’m guessing here—shows a steady, modest rise since the 60s. Most likely, the reason for this lies with all the usual suspects.

But then, in dark red, there’s the huge crime wave that lasted nearly 50 years from start to finish. That’s the part the lead hypothesis aims to explain. And the reason we need an explanation is simple: the usual suspects simply don’t seem to do a very good job of accounting for a gigantic, temporary rise and fall in violent crime rates. Within the criminology community, literally no one predicted the huge decline in crime that began in the early 90s. Their focus was on all the usual sociological causes, and they had no reason to think those were going to suddenly improve.

And they were right. For the most part, they didn’t improve. It’s true that the crack epidemic of the 80s burned out, but no one really knows the underlying reason for that. Policing tactics changed in some places, but crime dropped everywhere, so that’s not a very compelling explanation either. Aside from that, poverty didn’t change much, and neither did race or guns or demographics or the number of broken familes or anything else.

The truth is that there’s just not a good conventional explanation for both the huge rise and the huge fall in crime of the past half century. That’s one of the reasons the lead hypothesis deserves such serious consideration. Not only does it fit the data well and make sense based on what we know about the neurological effects of lead. It’s also just about the only good explanation we’ve got. Other factors are still important, and they probably explain rises and falls in the baseline rate of crime. But lead is the best explanation we have for the rest of it.

Links:

[1] http://www.motherjones.com/environment/2012/11/criminal-element

[2] http://www.motherjones.com/kevin-drum/2013/01/lead-and-crime-baselines-vs-crime-waves

[3] http://www.motherjones.com/environment/2013/01/lead-crime-link-gasoline

Voir par ailleurs:

http://www.scienceshumaines.com/pourquoi-la-criminalite-chute_fr_31470.html

Pourquoi la criminalité chute

Achille Weinberg

Sciences humaines

03/10/2013

Mensuel N° 253 – novembre 2013

Comment expliquer le déclin de la criminalité constaté depuis quinze ans dans beaucoup de grands pays occidentaux ? Les spécialistes émettent plusieurs hypothèses.

Pour celui qui écoute régulièrement l’actualité, entendre dire que la criminalité chute est pour le moins surprenant. Que dites-vous ? La criminalité chute ? Et la série de meurtres à Marseille ? Et les bijouteries ou bureaux de tabac dévalisés ? Et les vols de portables ou de sacs dans le métro ? Précisons donc de quoi l’on parle.

La chute de la criminalité dont il est question ici est un constat massif qui concerne les principaux pays occidentaux sur une période de plus quinze ans. Le constat est assez unanime chez les spécialistes, mais les causes restent très disputées. The Economist a consacré sa couverture à cette énigme en juillet 2013.

Une tendance de fond

L’article commence par livrer quelques chiffres impressionnants. Pour frapper les esprits, le cas de l’Estonie est mis en avant : depuis 1995, les homicides ont chuté de 70 %, les vols de voitures de presque autant. Mais ce petit État postsoviétique n’est pas une exception. Dans les pays développés, la même tendance s’observe. Aux États-Unis, la chute a commencé en 1991 ; en Grande-Bretagne, autour de 1995. En France, la baisse date de 2001. Au Canada également ainsi que dans plusieurs pays d’Europe. Mais de quels crimes parle-t-on ? Un tableau l’illustre : principalement des vols (vols de voitures, cambriolages) et des atteintes aux personnes (homicides, coups et blessures).

Arrêtons-nous sur le cas américain, le plus impressionnant. La criminalité urbaine avait atteint des sommets au début des années 1990. Certains voyaient New York ou Los Angeles comme des jungles urbaines aux mains d’une faune de dealers, mafieux, proxénètes et squatters.

Puis, contrairement aux prévisions, un véritable miracle s’est produit. La criminalité s’est mise à chuter à partir des années 1990. Globalement, elle a baissé d’un tiers dans les grandes villes, mais dans certains cas, elle a chuté de plus de 50 % ! À New York, le cas le plus spectaculaire, la criminalité a été divisée par quatre (- 78 %) entre le milieu des années 1990 et les années 2000 (encadré ci-dessous) ! Que s’est-il donc passé ?

Où sont passés les délinquants ?

Les explications des experts ne manquent pas.

• Le travail de la police. La première explication qui vient à l’esprit est celle de l’action policière. Dans les grandes villes, des politiques offensives de reprise en main de la situation ont été menées. L’intervention policière a été déterminante. Pour certains criminologues, la criminalité a baissé parce qu’une partie des délinquants est désormais sous les verrous ! Aux États-Unis, le nombre de prisonniers a doublé dans les vingt dernières années. En Grande-Bretagne et en Australie aussi. Le message serait donc clair : la répression paye. Sauf que cette théorie répressive ne marche pas partout. Aux Pays-Bas et au Canada, la criminalité a également chuté alors que le nombre de prisonniers n’a pas augmenté et qu’il n’y a pas eu de mobilisation générale de la police. À New York, le taux d’incarcération est beaucoup moins important qu’à Los Angeles ou Chicago et les résultats se révèlent bien meilleurs ! Il faut donc trouver d’autres explications que la seule action policière.

• Une baisse démographique ? Certains experts ont avancé un argument démographique : le vieillissement de la population. Il y a moins de jeunes donc moins de délinquants. Steven Levitt a même soutenu dans son best-seller Freakonomics que l’avortement, dans les années 1970, avait été un facteur déterminant : dans les milieux les plus défavorisés où se recrutent le plus de délinquants, on fait désormais moins d’enfants.

Cependant, ce facteur démographique a lui aussi été contesté. À Londres et dans nombre de villes américaines, le taux de jeunes n’a pas diminué de façon significative alors que la criminalité s’est effondrée. C’est peut-être alors que les jeunes sont désormais scolarisés plus longtemps, donc mieux éduqués ? L’économiste Jessica Wolpaw Reyes a inventé une théorie pour le moins étonnante : la rénovation du plomb dans l’essence serait l’explication du déclin de la violence. En somme, moins de plomb entraîne moins de débiles (par saturnisme) donc moins de délinquants !

• La fin de l’« épidémie de crack ». Un autre phénomène semble avoir compté : la chute de la consommation du crack (un dérivé de la cocaïne). Cette drogue avait fait des ravages durant les années 1980 : elle exacerbait non seulement la guerre des gangs, mais poussait les drogués à commettre de nombreux délits pour se payer leur dose. L’épidémie de crack a commencé à baisser aux États-Unis au début des années 1990, et cette chute épouse celle de la criminalité. Cela ne veut pas dire que la consommation de drogue diminue globalement, mais elle est moins criminogène. Les « junkies » des années 1980 sont moins nombreux et la drogue a changé de nature.

• Les alarmes et la surveillance. Si les atteintes aux biens baissent, c’est, selon le criminologue néerlandais Jan Van Dijk, parce qu’il est moins facile de voler : magasins, entreprises, habitations, automobiles sont équipés de dispositifs de surveillance de plus en plus nombreux et sophistiqués. La chute spectaculaire des vols de voitures est incontestablement liée aux alarmes et aux puces électroniques antivol dont elles sont équipées. En revanche, les « vols à la tire » de portefeuilles et de téléphones portables ont explosé, même s’ils font l’objet de beaucoup moins de plaintes.

• Retour de la croissance. La dynamique de croissance qui a marqué les États-Unis et la Grande-Bretagne dans les années 1990-2000 a également été évoquée. Mais dans ce cas, la crise depuis 2008 aurait dû s’accompagner d’une flambée de la criminalité dans les pays les plus touchés par la crise. Cela n’a pas été le cas. The Economist plaide pour une convergence de facteurs tout en reconnaissant qu’au final, la chute de la criminalité reste à la fois une sorte de petit miracle et une énigme non résolue.

Partager :

Le cas new-yorkais

À fin des années 1980, le taux de criminalité a atteint des pics à New York. C’est alors que fut élu le républicain Rudolf Giuliani (1994-2001). Il décida de chasser de la ville criminels,
 prostituées, SDF…
La présence policière fut renforcée, des actions commandos mises en place, une politique de contrôle systématique imposée à la population. Entre 1993 et 1998, le nombre annuel de 
meurtres a été divisé
par trois, la délinquance ordinaire a chuté. 
Certains ont parlé d’un véritable miracle et proposé que le « peace maker » R. Giuliani soit lauréat du prix Nobel de la paix : grâce à lui, des milliers de vies et de victimes potentielles ont été épargnées.

Les experts criminologues sont plus dubitatifs. Dans son livre The City That Became Safe (2012), Franklin M. Zimring, criminologue à Chicago, avance deux idées clés. Le rôle de la police a été décisif. F.M. Zimring n’hésite pas à le dire et à se démarquer des positions habituelles des criminologues prompts à considérer que seules les politiques sociales peuvent durablement venir à bout de la criminalité. Selon l’auteur, la chute de la criminalité
à New York s’est effectuée à niveau socio-économique équivalent. C’est donc bien l’action de la police qui a été déterminante.

Pour autant, ce n’est pas la politique de « tolérance zéro » qui a payé. À New York, le nombre de criminels mis sous les verrous a moins augmenté qu’ailleurs (20 % dans les années 1990-2000). L’action principale de la police a consisté à déminer le terrain par des quadrillages ciblés, concentrés sur des points chauds, accompagnés de contrôles systématiques (procédures de « stop and frisk ») : arrestations, fouilles, harcèlement des criminels ont abouti à nettoyer une à une les zones de trafics et d’agressions.

Achille Weinberg

Voir aussi:

États-Unis: le crime à son plus bas niveau

À New York, le changement a été radical. Au début des années 90, 700 000 crimes étaient rapportés chaque année. L’an dernier, moins de 105 000 crimes ont été signalés aux autorités.

Nicolas Bérubé

La Presse

15 juillet 2012

(Los Angeles) Durant des années, un gardien armé était posté jour et nuit devant les ateliers remplis d’outils spécialisés du Los Angeles Department of Water and Power, rue Hoover. Puis, un matin, le gardien n’était plus là.

«Ça fait deux ou trois ans de cela, se souvient Carlos Mendes, propriétaire d’une petite boutique d’antiquités, en face. La protection intensive, ça fait partie d’une autre époque. Aujourd’hui, le quartier est beaucoup plus sûr.»

La nuit, M. Mendes avait l’habitude de s’endormir au son des rotors d’hélicoptères de la police de Los Angeles (LAPD), qui patrouillaient dans le secteur. «Maintenant, les jeunes familles achètent des maisons par ici et font des rénovations. Les gens se promènent le soir. C’est un changement radical.»

Ce qui se passe rue Hoover n’est pas un cas isolé. Les actes de violence et les crimes sont à leur plus bas niveau en 40 ans aux États-Unis, selon les données du gouvernement fédéral.

À Los Angeles, le nombre de crimes chute chaque année depuis 10 ans. L’an dernier, 298 homicides ont été commis sur le territoire du LAPD. Au milieu des années 90, plus de 1200 meurtres étaient enregistrés annuellement. Tout ça, dans une ville dont la population croit constamment.

Même les quartiers durs ont vu la violence diminuer. Compton, par exemple, a connu 17 meurtres en 2011, une baisse de 60 % par rapport à 2007.

À New York, le changement a aussi été radical. Au début des années 90, 700 000 crimes étaient rapportés chaque année. L’an dernier, moins de 105 000 crimes ont été signalés aux autorités.

Qu’est-ce qui a changé? George Tita, professeur au département de criminologie de l’Université de la Californie à Irvine, dit être surpris de voir la violence et la criminalité baisser, et ce, malgré la hausse du taux de chômage.

«Le nombre d’Américains qui vivent dans la pauvreté a augmenté depuis la crise financière de 2008, dit-il en entrevue avec La Presse. Le stress, la frustration, le manque de revenus: tout ça semble laisser présager une hausse de la criminalité. Or, le contraire s’est produit.»

Les experts ont cité plusieurs causes possibles, allant de la fin de l’épidémie de crack des années 90 à la hausse du niveau d’incarcération, ce qui garde les criminels loin de la rue.

Pour M. Tita, ces facteurs jouent un rôle, tout comme l’émergence de l’internet et des téléphones cellulaires.

«Avant, les vendeurs de drogue occupaient les coins de rue, ce qui créait un climat d’intimidation. Aujourd’hui, ils correspondent avec leurs clients par messages texte.»

Les jeunes hommes – groupe traditionnellement responsable d’une partie importante des crimes – passent aussi plus de temps à l’intérieur.

«La violence survient quand il y a des jeunes qui n’ont rien à faire, dit M. Tita. Depuis quelques années, les jeunes sont sur Facebook ou devant des jeux vidéo. Ils trainent moins dans la rue.»

La passion du moment

Dans un récent entretien au réseau NPR, l’ancien chef de la police de New York et de Los Angeles, William Bratton, a dit qu’il faut d’abord remercier la police pour la baisse de la criminalité.

Sous sa supervision, la police de New York et de Los Angeles a commencé à travailler sur les crimes dits «liés à la qualité de vie». Les gens qui sautaient les tourniquets dans le métro, par exemple, ou les petits revendeurs de drogue qui opéraient impunément au coin des rues.

«En contrôlant les comportements, la police a, dans les faits, lancé le message que la loi est là pour être respectée, a-t-il dit. Une personne est prise dans la passion du moment et décide de commettre un crime. C’est ici que la police entre en jeu. La police est là pour contrôler les comportements.»

Frank E. Zimring n’y croit pas. Professeur de droit à l’Université Berkeley et auteur de plusieurs livres sur la violence dans la société américaine, M. Zimring est l’un des experts les plus souvent cités en matière de prévention de la criminalité aux États-Unis.

Les efforts des policiers dans les quartiers chauds de New York et de Los Angeles sont louables et ont contribué à améliorer la qualité de vie des résidants, note-t-il. «Mais ces changements n’expliquent pas tout. Ceux qui y voient une réponse définitive font fausse route», explique-t-il en entrevue téléphonique.

Si la baisse s’expliquait par des changements dans le fonctionnement de la police dans les grandes villes, alors pourquoi observe-t-on une diminution du crime de façon uniforme, partout aux États-Unis? demande-t-il.

M. Zimring fait remarquer que l’Occident au complet – et notamment le Canada – a connu une baisse du taux de criminalité au cours des 20 dernières années.

«L’internet, les cellulaires et les jeux vidéo ne peuvent expliquer la baisse, car les crimes ont commencé à chuter de façon uniforme dans les années 90, avant que ces inventions ne prennent leur envol», dit-il.

Et, pour la première fois depuis les années 70, le taux d’incarcération a commencé à baisser aux États-Unis, en 2007. Jumelé avec une hausse spectaculaire du chômage, cela aurait dû créer un mélange explosif, note M. Zimring.

Voir également:

ÉTATS-UNIS

Mais pourquoi la criminalité baisse ?

Malgré la récession, les crimes et délits sont en net recul. Les spécialistes se creusent les méninges pour expliquer le phénomène.

The Economist

traduction Courrier international

23 juin 2011

Voilà qui semble une évidence : en période de récession, le taux de criminalité augmente. Pourtant, depuis le début de la crise financière, la hausse du taux de chômage s’est accompagnée d’une baisse du taux de criminalité. Entre 2008 et 2009, les crimes avec violence ont reculé de 5,3 % et les infractions contre les biens de 4,6 %. La baisse s’est poursuivie de 2009 à 2010, avec une diminution de 5,5 % et 2,8 % respectivement. Le vol qualifié (une infraction que l’on pourrait s’attendre à voir se multiplier en temps de crise) a même reculé de 9,5 % entre 2009 et 2010. D’une manière générale, les crimes avec violence sont à leur niveau le plus bas depuis quarante ans et les homicides à leur niveau le plus bas depuis cinquante ans.

A en croire les spécialistes, cela n’aurait pas dû se produire. James Wilson, l’auteur de la fameuse théorie du “carreau cassé” en matière de prévention de la délinquance [selon laquelle il faut réparer immédiatement toute dégradation sous peine de les voir se multiplier] avait annoncé en 1995 que le pays compterait en l’an 2000 “30 000 jeunes agresseurs, meurtriers et voleurs de plus qu’aujourd’hui”. Un an plus tard, le politologue John DiLulio mettait en garde contre un raz-de-marée d’“adolescents superprédateurs” qui, à l’horizon 2010, allaient semer le chaos. Pourtant, au moment même où ils formalisaient leurs prédictions, la criminalité avait déjà commencé à baisser et, hormis une légère hausse entre 2004 et 2006, elle n’a cessé de reculer depuis 1991.

Si personne n’avait prévu la baisse spectaculaire de la délinquance des années 1990, les théories pour l’expliquer rétrospectivement abondent. Certains l’attribuent à l’amélioration des stratégies policières. D’autres mettent en avant l’accès de plus en plus large à l’avortement, qui a permis de diminuer les naissances d’enfants de mères adolescentes, célibataires et pauvres – ceux, en d’autres termes, qui ont le plus de risques de sombrer dans la délinquance à l’adolescence. Parmi les autres facteurs avancés figurent le déclin des violences liées au trafic de crack et l’augmentation du taux d’incarcération.

Mais si ces facteurs peuvent expliquer la baisse de la criminalité depuis la fin des années 1980, ils ne disent rien de sa chute spectaculaire au cours des deux dernières années. Pour cela, le criminologue Al Blumstein, qui dirige le National Consortium on Violence Research (NCOVR), avance un “effet Obama” : l’élection du premier président noir de l’histoire des Etats-Unis aurait éloigné de la violence un nombre important de jeunes Noirs. De fait, entre 2008 et 2009, le nombre de Noirs arrêtés pour homicide ou vol a reculé de 2 %. Une autre hypothèse pointe du doigt le plomb. En effet, des liens ont été mis en évidence entre exposition au plomb dans l’enfance et comportement délinquant à l’âge adulte. Jessica Wolpaw Reyes, économiste au Amherst College, estime que la moindre exposition des petits Américains au plomb explique pour une bonne part la diminution des crimes violents dans les années 1990. D’autres enfin mettent en cause ces éternels épouvantails que sont les jeux vidéo et Internet, arguant qu’ils permettent de maintenir les individus à l’intérieur de leur foyer et donc de les tenir éloignés du crime et des drogues.

Voir encore:

La criminalité continue de baisser dans les pays riches malgré la crise

Grégoire Fleurot

Slate

22 juillet 2013

Que vous soyez spécialiste de la question ou pas, vous avez sans doute déjà entendu cette théorie: quand les temps sont durs, la criminalité augmente. Pourtant, malgré une croissance économique stagnante et un chômage élevé, la criminalité a baissé dans la plupart des pays riches au cours de la dernière décennie.

L’hebdomadaire britannique The Economist s’est intéressé dans un long article à cette tendance plutôt contre-intuitive qui a commencé en 1991 aux Etats-Unis, autour de 1995 en Grande-Bretagne et en 2001 en France pour les atteintes aux biens.

Comment expliquer cette tendance générale qu’un rapide coup d’œil aux statistiques des Nations unies suffit à vérifier? Si la démographie est sans doute un facteur (la population vieillit, alors que ce sont les hommes de 16 ans à 24 ans qui commettent la plupart des crimes), The Economiste souligne qu’elle ne peut pas expliquer à elle seule la baisse spectaculaire d’un certain type de criminalité dans des villes comme New York, Los Angeles ou Londres.

D’autres hypothèses, comme l’augmentation du nombre de prisonniers, sont difficiles à prouver: si la population carcérale a doublé en Grande-Bretagne, en Australie et aux Etats-Unis, elle a diminués au Canada et aux Pays-Bas, pays qui ont aussi connu une baisse de la criminalité.

Le blog de «factchecking» de la chaîne britannique Channel 4 s’est également posé la question, alors que les autorités viennent d’annoncer une nouvelle baisse de la criminalité malgré des réductions budgétaires significatives, et rappelle que «la plupart des experts concluent que les causes du crime sont si complexes que les changements économiques seuls ne l’emportent pas forcément sur d’autres facteurs».

Le Guardian expliquait quand à lui en avril dernier que certains autres éléments concrets, comme de meilleurs antivols sur les voitures ou des portes et serrures plus résistantes rendaient les atteintes aux biens plus difficiles aujourd’hui. La technologie, qu’il s’agisse des tests d’ADN, de la localisation par téléphone portable ou des caméras de surveillance, a augmenté le risque de se faire prendre.

Selon The Economist, l’explication la plus convaincante est plus simple encore. La police fait mieux son travail:

«Une combinaison du fait que les policiers parlent aux habitants des quartiers où ils travaillent et du ciblage intensif des endroits mal famés a transformé la manière dont les rues sont protégées.»

Si le poids de chaque facteur reste impossible à déterminer, la majorité des experts semblent aujourd’hui s’accorder sur un point: l’augmentation de la criminalité qui a eu lieu un peu partout entre les années 1950 et les années 1980 ressemble de plus en plus à une anomalie de l’histoire.

Voir de plus:

Médias recherchent néonazi désespérément

L’affaire Merah n’aura donc pas servi de leçon. Avant que le « tireur fou de Libé » ne soit connu, de nombreux médias ont à nouveau démarré au quart de tour avec la volonté, à peine dissimulée, de voir le réel coller à leur fantasme. En dépit de toute déontologie.

Un « blanc aux yeux bleus » nommé Mohamed Merah

Déjà, en 2012, lorsque Mohammed Merah abattait, à Montauban, des militaires en pleine rue et finissait par s’introduire dans une école juive de Toulouse pour y faire un carnage, les grands médias avaient fait leurs choux gras sur une pure spéculation : son origine. Alors qu’on ne connaissait rien du tireur et que les seules images disponibles montraient un homme casqué intégralement, l’extrême-droite était visée. Le Point avait dégainé le premier en évoquant « la piste néonazie ». Puis, les télévisions avaient décrit un homme « de type caucasien ou européen » (M6), aux « yeux bleus sur un visage blanc » (TF1 et France 2).

Le 20 mars, les Inrocks faisaient même appel à un sociologue pour assurer une légitimité à cette thèse. Laurent Mucchielli déclarait ainsi que, « selon les premiers éléments de l’enquête, le meurtrier n’est pas un islamiste ou un banlieusard – les cibles favorites du débat public – mais une personne qui est apparemment issue d’un groupuscule néo-nazi ». Bravo pour la lucidité. De même pour Le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo et Le Monde qui, tous en cœur, évoquaient tantôt un néo-nazi, tantôt un dangereux nervi d’extrême-droite, forcément proche des idées du Front National. La menace fasciste planait sur la République en danger.

Mais dès les premières révélations sur l’identité du tueur, l’islamiste Mohammed Merah, le changement de ton sera total. On parlera désormais d’un jeune « toulousain de 23 ans » qui « aime le foot, les scooteurs et les sorties en boîte » (France 3). Pour les Inrocks, il s’agit d’« un enfant du mariage malheureux entre la France et l’Algérie ». Libération couronnera ce grand retournement par une description devenue célèbre : un jeune au « visage d’ange d’une beauté sans nom »… Mais le pompon survenait le 21 mars, lorsque sur son compte Twitter, le journaliste du Nouvel Obs Nicolas Chapuis rapportait des propos tenus au sein de sa rédaction : « Putain ! Je suis dégoûté que ce ne soit pas un nazi ! » Et son collègue, Tristan Dessert, de lui répondre, comme un aveu pour l’ensemble de la profession : « Ça aurait été effectivement plus simple. »

La séquence entière a été couronnée par un prix spécial, le « bobard total » décerné par la fondation Polémia de Jean-Yves Le Gallou.

Voir de même:

Quand Libé préfère « les méthodes des antifa »…

On aurait pu imaginer qu’une leçon aurait été tirée de cet épisode erratique mais il n’en est rien. Lundi 18 novembre, lorsqu’un homme entre, armé d’un fusil de chasse au siège de Libération et ouvre le feu sur un assistant-photographe, l’emballement médiatique retrouve des airs de tuerie de Toulouse. Alors qu’on ne sait encore rien de l’homme et de son apparence, les spéculations ne tardent pas à refaire surface. L’homme est immédiatement décrit comme un homme « de type européen », aux « cheveux ras », et Jean-Marc Morandini lâche même le mot : « crâne rasé ». Fallait-il entendre « Skinhead » ? Sa veste verte est qualifié de « veste de chasseur », son look de « paramilitaire » et petit à petit se construit une image destinée à marquer les consciences : l’homme vient de la droite radicale. D’ailleurs, s’étant attaqué à Libération, que pouvait-il être sinon d’extrême-droite ? Au micro de chaque média, les journalistes parlent ainsi d’une certaine « ambiance » qui règne dans le pays, d’un certain « climat » peu ragoutant. Comprendre : une ambiance nauséabonde depuis que la France de la Manif pour tous s’est réveillée, que le Front National monte dans les sondages et que Christiane Taubira a été comparée à un singe. « Tirs à Libé et menaces à BFMTV. Ou allons-nous ? Au secours. Peuple de gauche réveillons-nous. Ça craint », tweete Esther Benbassa le jour même.

Peuple de gauche réveillons-nous ? Pourquoi peuple de gauche ? Pourquoi pas peuple de France ou peuple tout court ? Parce que le danger ne peut venir que de la droite, pardi. Or, face à ce danger, l’extrême-gauche est vue comme un rempart… Trois jours avant l’attaque, Pierre Marcelle réagissait en effet dans les colonnes du journal Libération à propos de la une jugée raciste de Minute sur Christiane Taubira : « Pour combattre la barbarie, on préfèrera décidément les méthodes des antifas, fussent-ils extrémistes, que la saisine, vraisemblablement vaine et contre-productive, du parquet, par Matignon », écrivait le chroniqueur d’extrême-gauche, invitant ainsi explicitement ses petits camarades à un passage à l’acte contre le journal d’extrême-droite. Manque de bol, 72 heures plus tard, c’est contre son propre journal que s’est retourné le canon du fusil à pompe…

Une histoire de climat

Le climat, donc. Fabrice Rousselot, directeur de la rédaction de Libé, l’évoquait sur BFMTV. Un climat qui a débuté « depuis qu’on a pris position contre le racisme

». Tiens donc. Nicolas Demorand, directeur de publication du même journal, parlait, lui, d’une « ambiance » qui se dessinait. Mais c’est Arnauld Champremier-Trigano qui mettra enfin des mots sur ce climat dont tout le monde parle. C’est un climat « de haine raciale » et de « haine des médias ». Mieux : d’après le député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg, cette affaire est liée « aux attaques racistes visant Christiane Taubira ».

L’inénarrable Caroline Fourest entre enfin en scène. Dans un article publié sur le site du Huffington Post, et après avoir précisé, par pure rhétorique, qu’il fallait « attendre d’en savoir plus », la militante féministe tire à boulets rouges sur « l’incitation à la haine qui vise de plus en plus souvent les médias », et dénonce « Internet, les réseaux sociaux », ses bêtes noires, des lieux où l’on accuse « les puissants cosmopolites ou les pauvres étrangers » en toute impunité. « Dans ce bistrot devenu global, on parle fort, on parle souvent des musulmans, des Arabes, des Juifs, des noirs, des singes et des journalistes… », ajoute-t-elle avant de conclure : « Mais la plus grande responsabilité, aujourd’hui, est à droite, où l’absence de complexe et la surenchère ont libéré une parole mortifère. On entend décidément trop peu la droite républicaine. Où est-elle ? Quand des gens de son propre camp dérapent et tiennent des propos à droite de l’actuel Front national. » Sur LCP, elle fera même le lien entre le tireur de Libération, Anders Breivik et ses « agresseurs » de la Manif pour tous.

Au final, personne ne sait rien, mais tout le monde le sait : c’est l’extrême-droite qui a fait le coup.

Deux poids/deux mesures

Mercredi 20 novembre 2013, un homme présentant « une forte ressemblance » avec les images de vidéosurveillance est interpellé alors qu’il est « endormi » dans son véhicule après avoir pris des médicaments. Les tests ADN réalisés l’affirment : il s’agit de l’homme qui s’était rendu armé, le 15 novembre, à BFMTV, qui a tiré sur le photographe de Libération puis sur le siège de la Société générale à La Défense trois jours plus tard. Le nom du suspect ne tarde pas à filtrer : l’homme « de type européen » s’appelle Abdelhakim Dekhar, il est d’origine algérienne, connu des services de police pour avoir, dans l’affaire Rey-Maupin en 1994, fourni un fusil à pompe aux « tueurs de flics ». Mais l’homme est surtout un pur produit du militantisme marxiste libertaire antifasciste et possède un pedigree à faire pâlir les activistes : militant au « Mouvement d’action et de résistance sociale » (MARS), d’une « Section carrément anti-Le Pen » (SCALP), adhérent de la « Coordination des sans-abris », du « Collectif d’agitation pour un revenu garanti optimal » (CARGO) et des « Travailleurs, chômeurs et précaires en colère » (TCP). Dans l’une des lettres retrouvée à son appartement après son arrestation, il explique son geste en évoquant un « complot fasciste » dans les médias, qu’il accuse « de participer à la manipulation des masses, les journalistes étant payés pour faire avaler aux citoyens le mensonge à la petite cuillère ».

Dekhar a pris les discours antifascistes très au sérieux

Lors de l’affaire Merah, la révélation de l’identité du tueur avait provoqué un retournement des médias. Cette fois, c’est un silence embarrassé qui succède au fantasme. La mort de Clément Méric (voir notre dossier sur le sujet) avait entraîné une véritable vendetta politico-médiatique contre les groupes d’extrême-droite. Au nom de la République en danger, il fallait « tailler en pièce » les groupuscules (Jean-Marc Ayrault), responsables du fameux climat qui avait rendu possible le passage à l’acte. Mais pour Abdelhakim Dekhar, lié à l’extrême-gauche violente et terroriste, le mot d’ordre est tout autre : pas d’amalgame… Le tireur est présenté comme un individu isolé, pas du tout organisé, et, évidemment, déséquilibré. Quant aux journalistes et hommes politiques qui attisent les haines avec leur discours incessant sur la « menace fasciste », discours pris au sérieux par Abdelhakim Dekhar, nul ne songe évidemment à leur demander des comptes, ou tout au moins à les rendre responsables de ce fameux climat ayant favorisé le passage à l’acte.

Avec l’affaire Méric, le drame avait tourné politique. Avec l’affaire Dekhar, le drame devient psychiatrique. À l’unanimité, il ne peut s‘agir que d’un « suicidaire, déséquilibré, instable et marginal », d’un « errant solitaire, sans attaches, sans famille politique, sans acolyte ». En aucun cas l’extrême-gauche et sa frange terroriste n’est en cause. Rue89 affirme même, par le biais de son ancien avocat que l’homme n’est pas de gauche… « Mais où sont passés les bien-pensants qui criaient au péril fasciste ? », s’interroge André Bercoff sur Atlantico. Car que ce serait-il passé si le tireur s’était avéré appartenir à cette extrême-droite fantasmée ? « Alors là, on en aurait eu des tonnes ! des kilos !… et François Hollande aurait appelé à une grande manifestation place de la Nation ! », croit savoir Yves Thréard.

Un suicide collectif des médias ?

La voix de la raison sera portée par Guy Birenbaum qui, dans le Huffington Post, adressera un message à la profession : « Si jamais on se plante, on se vautre, et notamment parce que l’on n’a pas voulu dire ou écrire “je ne sais pas” ou “je n’en sais rien”… il faut revenir et dire “J’ai eu tort”. Parce qu’à chaque fois que quelqu’un dit ou écrit “Je me suis trompé”, j’ai la faiblesse de penser qu’il progresse et nous fait avancer. »

Telle est la réalité : de nombreux journalistes se sont une fois de plus trompés mais personne ne l’a dit. Comment ne pas comprendre que la méfiance, si ce n’est l’hostilité, qui se développent à l’égard des médias viennent de là ? Le public réclame de l’analyse et des faits aux journalistes qui lui servent en retour de l’idéologie et du fantasme, propres à obscurcir encore davantage la réalité qu’ils ont pour métier d’éclairer. A l’heure d’Internet, ces manipulations ne peuvent qu’entraîner un suicide collectif des médias.

Voir enfin:

Abdelhakim Dekhar : Libération louait les « méthodes des antifa » trois jours avant l’attentat

Le danger fasciste régulièrement agité par des journalistes semeurs de haine et des politiciens désireux de détourner l’attention sur l’état du pays, Dekhar l’a pris très au sérieux, lui qui a laissé une lettre dans laquelle il déclare lutter contre le retour du fascisme en France. Pourquoi ne pas pointer les responsabilités morales ?

Lors de l’Affaire Méric, Manuel Valls ne s’était pas gêné pour dénoncer « la culture méthodiquement inculquée et entretenue par des groupes d’extrême droite ». Ayrault voulait, lui, « tailler en pièces » ces mêmes groupuscules et quand Jean-François Copé demandait la dissolution des groupuscules violents des deux camps, le ministre de l’Intérieur répondait : « ce n’est pas le moment de faire des amalgames. Ce sont des groupes d’extrême-droite qui depuis des mois portent des discours de haine. Il ne faut pas confondre ce discours avec ceux qui d’une manière ou d’une autre luttent contre le fascisme ». « Il ne faut pas tirer de ligne trop évidente entre les droites mais il est sûr que la libération de la parole publique, notamment chez les dirigeants politique, ça n’est jamais sans conséquence », notait de son côté l’adjointe au maire de Paris Colombe Brossel.

Quand la violence politique provient de l’extrême-droite, la responsabilité en incombe aux « discours de haine », aux unes de Minute et au Front National. Quand elle sort des rangs de l’extrême-gauche, la responsabilité… n’en incombe plus à personne. Pourquoi un tel deux poids/deux mesures ?

A l’occasion du scandale occasionné par la une de Minute, Pierre Marcelle écrivait dans Libération le 15 novembre dernier : « Pour combattre la barbarie, on préfèrera décidément les méthodes des antifas, fussent-ils extrémistes, que la saisine, vraisemblablement vaine et contre-productive, du parquet, par Matignon ». Le chroniqueur d’extrême-gauche incitait ainsi clairement à des actes de violences contre l’hebdomadaire satirique. Mais c’est contre son propre journal que ces « méthodes antifa » qu’il appelait de ses vœux se sont retournées trois jours plus tard. A trop manipuler de la dynamite…

Voir enfin:

Qui est Abdelhakim Dekhar, présumé tireur de « Libération » ?

Né le 24 septembre 1965 en Moselle, fils de Larbi, ouvrier mineur, ex-agent de liaison du FLN pendant la guerre d’Algérie, et de Reckia, tous deux originaires de petite Kabylie, Abdelhakim Dekhar, alias « Toumi, dispose de la double nationalité, française et algérienne. Il a exercé les métiers de chaudronnier et d’animateur, mais à en croire l’un des docteurs qui a mené son examen psychologique pour le compte de la justice après son arrestation, en 1994, pour complicité de vol à main armée,  « ces différents emplois n’auraient en fait qu’un rôle de prétexte, puisque son activité réelle, officielle et mensualisée selon lui, aurait été celle d’officier de renseignements pour les autorités algériennes ». « C’est ainsi, poursuit le docteur, qu’il aurait eu pour mission d’infiltrer les milieux gauchistes, marginaux et potentiellement violents de la région parisienne ». Dernière réflexion : « Il n’est pas impossible que les services de renseignements algériens ou français utilisent des personnalités plus ou moins déséquilibrées et plus ou moins insérées socialement pour justement infiltrer les milieux marginaux ».

Dés ses premières déclarations devant le juge chargé d’élucider l’attaque d’une fourrière parisienne par deux apprentis gauchistes, ponctuée par la mort de trois policiers et d’un chauffeur de taxi, Dekhar raconte en effet qu’il a bénéficié d’une formation dans une école militaire, près d’Alger (« On m’a appris à formuler des messages, à les coder, à filmer avec des caméscopes et à filer les gens »). Puis comment il a mené ses premières missions d’espionnage parmi les étudiants algériens, sur le campus universitaire de Metz, pour le compte d’un membre de l’amicale des algériens en Europe, un certain Mohamed Boudiaf. C’est sous le contrôle d’un officier palestinien, un certain Haffif Lakdar, qu’il aurait approfondi ses contacts avec la mouvance autonome, en particulier avec Philippe Lemoual, qu’il a connu à l’occasion d’un concert, puis en fréquentant les squats parisiens, fin 1990. « On m’avait, dit-il, demandé de m’infiltrer auprès de gens susceptibles de faire partie de milieux islamistes dans certaines banlieues ». On lui aurait également permis d’accéder à une sorte de centre de documentation sur l’extrême gauche clandestine, situé à l’intérieur de l’ambassade d’un pays du Golfe, près de Trocadéro. Il aurait ensuite été pris en main par un membre du consulat d’Algérie à Aubervilliers, un certain Moukran. Travaux pratiques : un mystérieux tract appelle à la jonction de la violence entre l’Algérie et les banlieues françaises, en novembre 1993. « On » lui demande « d’être bien » avec Philippe, mais aussi avec un garçon surnommé « Francky », qui semble lui aussi avoir un lien avec ce tract.


Diversité: L’enfer, c’est les autres, mais j’ai besoin des oeufs ! (Hell is other people, but I need the eggs ! – How diversity is eating away at trust)

1 décembre, 2013
"'HELL
When the Son of man cometh, shall he find faith on the earth? Jesus (Luke 18 : 8 )
Think not that I am come to send peace on earth: I came not to send peace, but a sword. For I am come to set a man at variance against his father, and the daughter against her mother, and the daughter in law against her mother in law. And a man’s foes shall be they of his own household. Jesus (Matthew 10: 34-36)
Je pensais à cette vieille blague, vous savez, ce-ce-ce type va chez un psychiatre et dit : « Doc, euh, mon frère est fou. Il se prend pour un poulet. » Et, euh, le docteur dit : « Et bien, pourquoi ne le faites-vous pas enfermer ? » Et le type dit : « J’aimerais bien, mais j’ai besoin des œufs. » Et bien, je crois que c’est ce que je ressens au sujet des relations. Vous savez, elles sont totalement irrationnelles et folles et absurdes et… mais, euh, je crois qu’on continue parce que, euh, la plupart d’entre nous ont besoin des œufs…  Woody Allen
Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. Boumediene (mars 1974)
Un jour, des millions d’hommes quitteront le sud pour aller dans le nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. Houari Boumediene (ONU, 10.04.74)
Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union Européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. La Bosnie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. 50% de ses citoyens sont musulmans. L’Europe est dans une fâcheuse posture. Et il en est de même de l’Amérique. Elles [les nations occidentales] devraient accepter de devenir musulmanes avec le temps ou bien de déclarer la guerre aux musulmans.