Attentat de Nice: C’est les Israéliens dansants, imbécile ! (Damn if you do, damn if you don’t : Guess who got blamed again for rejoicing that the world would now understand them)

26 juillet, 2016
Le mythe des 4 000 Juifs absents du World Trade Center
RammingPoster

Cynthia McKinney
"Complotisme" : quelques remarques sur la querelle opposant Bernard Cazeneuve et Libération
Malheur à vous! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, que vos pères ont tués. Vous rendez donc témoignage aux oeuvres de vos pères, et vous les approuvez; car eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les autres, afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’autel et le temple … Jésus (Luc 11: 47-51)
L’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Jésus (Jean 16: 2)
Beat me, hate me
You can never break me
Will me, thrill me
You can never kill me
Jew me, sue me
Everybody do me
Kick me, kike me
Don’t you black or white me
All I wanna say is that
They don’t really care about us … Michael Jackson
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
D’abord ils sont venus (…) pour les Juifs, mais je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif … Martin Niemöller
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
Le canari (…) fut longtemps élevé dans les mines où il était utilisé pour détecter le grisou. L’appareil respiratoire de l’oiseau étant fragile, le canari cessait de chanter et mourait dès l’apparition de ce gaz. Daniele
L’employé juif d’un coiffeur parisien va voir son patron et lui dit : « Patron, je dois démissionner ». « Mais pourquoi donc ? » lui répond le patron. « Parce que tous vos employés sont antisémites ! » « Allons bon, mon cher Jean-Claude. Je suis sûr que ce n’est pas vrai. Qu’est ce qui vous fait penser cela ? » « C’est simple, patron. Lorsque je leur dit qu’Hitler a voulu tuer tous les juifs et les coiffeurs… » Le patron l’interrompt : « Mais Jean-Claude, pourquoi les coiffeurs ? » « Vous voyez patron, vous aussi ! » Blague juive
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (moufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. Charte de l’OLP (article 15, 1964)
Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. (…) Leurs intrigues ont continué jusqu’à aujourd’hui et ils continuent à en ourdir de nouvelles. Sayd Qutb (membre des Frères musulmans, Notre combat contre les Juifs)
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
Enveloppés dans leurs châles de prières, quatre fidèles s’effondrent sous les coups des tueurs opérant à visage découvert, qui seront ensuite tués par deux policiers israéliens accourus sur place. Trois des victimes israéliennes étaient également de nationalité américaine, la quatrième avait aussi la nationalité britannique. Huit fidèles ont été par ailleurs blessés, dont un se trouvait hier dans un état critique tandis que trois autres étaient sérieusement atteints. Les terroristes, des cousins âgés d’une vingtaine d’années, venaient du quartier arabe de Jabal Moukaber, à Jérusalem-Est (annexée). Ils sont parvenus jusqu’à la synagogue sans rencontrer la moindre difficulté. Les 270 000 Arabes de la Ville sainte, sur un total de 800 000 habitants, peuvent en effet circuler librement en Israël. À Gaza, des tirs de joie ont éclaté et le Hamas a salué « un acte héroïque ». Mais, à Ramallah (Cisjordanie), le président palestinien Mahmoud Abbas a vivement condamné cet attentat « visant des civils, dans un lieu sanctifié ». Dans la foulée, il a aussi dénoncé « les attaques contre Al-Aqsa et les mosquées ». Le secrétaire d’État américain, John Kerry, s’est indigné contre l’attaque. « Ce matin à Jérusalem, des Palestiniens ont attaqué des juifs qui priaient dans une synagogue. Des gens venus prier Dieu dans le sanctuaire d’une synagogue (…) ont été assassinés dans ce qui constitue un acte de pure terreur, d’une brutalité insensée », a fustigé le chef de la diplomatie américaine. Invoquant l’intensification de la colonisation israélienne et les provocations de juifs radicaux à l’Esplanade des mosquées (troisième lieu saint de l’islam), appelé le Mont du Temple (de Salomon) par les juifs, les Palestiniens multiplient les manifestations et les attaques depuis l’été dernier. La Croix (19 novembre 2014)
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Toujours viser les endroits fréquentés, tel que les lieux touristiques, les grandes surfaces, les synagogues, les églises, les loges maçonniques, les permanences des partis politiques, les lieux de prêches des apostats, le but étant d’installer la peur dans leur coeur (…) avec n’importe quel moyen qui est à votre disposition, un simple couteau de cuisine ou un autre objet tranchant comme des cutters. Dar al Islam (magazine de l’Etat islamique, mars 2016)
Les Etats-Unis prendront des mesures pour stopper le terrorisme dans le monde (…) Vous voyez de quoi ils sont capables… Les Etats-Unis devront dorénavant s’impliquer (…) Israël a maintenant l’espoir que le monde nous comprendra. Les Américains sont naïfs et l’Amérique est facile à pénétrer. Il n’y a pas beaucoup de contrôles en Amérique. Et désormais l’Amérique sera plus dure à propos de ceux qui débarquent sur son territoire. Israeliens interroges par le FBI (septembre 2001)
J’en avais les larmes aux yeux. Ces gars-là plaisantaient et ca m’a dérangé. Pour ces gars-là, c’était comme, ‘maintenant l’Amérique sait ce que nous vivons.’ Urban Moving worker
According to Cannistraro, many people in the U.S. intelligence community believed that some of the men arrested were working for Israeli intelligence. Cannistraro said there was speculation as to whether Urban Moving had been « set up or exploited for the purpose of launching an intelligence operation against radical Islamists in the area, particularly in the New Jersey-New York area. » Under this scenario, the alleged spying operation was not aimed against the United States, but at penetrating or monitoring radical fund-raising and support networks in Muslim communities like Paterson, N.J., which was one of the places where several of the hijackers lived in the months prior to Sept. 11. For the FBI, deciphering the truth from the five Israelis proved to be difficult. One of them, Paul Kurzberg, refused to take a lie-detector test for 10 weeks — then failed it, according to his lawyer. Another of his lawyers told us Kurzberg had been reluctant to take the test because he had once worked for Israeli intelligence in another country. Sources say the Israelis were targeting these fund-raising networks because they were thought to be channeling money to Hamas and Islamic Jihad, groups that are responsible for most of the suicide bombings in Israel. « [The] Israeli government has been very concerned about the activity of radical Islamic groups in the United States that could be a support apparatus to Hamas and Islamic Jihad, » Cannistraro said. The men denied that they had been working for Israeli intelligence out of the New Jersey moving company, and Ram Horvitz, their Israeli attorney, dismissed the allegations as « stupid and ridiculous. » (…) Despite the denials, sources tell ABCNEWS there is still debate within the FBI over whether or not the young men were spies. Many U.S. government officials still believe that some of them were on a mission for Israeli intelligence. But the FBI told ABCNEWS, « To date, this investigation has not identified anybody who in this country had pre-knowledge of the events of 9/11. » Sources also said that even if the men were spies, there is no evidence to conclude they had advance knowledge of the terrorist attacks on Sept. 11. The investigation, at the end of the day, after all the polygraphs, all of the field work, all the cross-checking, the intelligence work, concluded that they probably did not have advance knowledge of 9/11, » Cannistraro noted. As to what they were doing on the van, they say they read about the attack on the Internet, couldn’t see it from their offices and went to the parking lot for a better view. But no one has been able to find a good explanation for why they may have been smiling with the towers of the World Trade Center burning in the background. Both the lawyers for the young men and the Israeli Embassy chalk it up to immature conduct. According to ABCNEWS sources, Israeli and U.S. government officials worked out a deal — and after 71 days, the five Israelis were taken out of jail, put on a plane, and deported back home. While the former detainees refused to answer ABCNEWS’ questions about their detention and what they were doing on Sept. 11, several of the detainees discussed their experience in America on an Israeli talk show after their return home. Said one of the men, denying that they were laughing or happy on the morning of Sept. 11, « The fact of the matter is we are coming from a country that experiences terror daily. Our purpose was to document the event. » ABC News
Sur le Coran de La Mecque, je vais attaquer une église. Adel Kermiche
 Vers 9h25, deux hommes porteurs d’armes blanches ont surgi dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Ils ont pris en otages six personnes, le prêtre, trois religieuses et un couple de paroissiens. L’une des religieuses est parvenue à prendre la fuite et à donner l’alerte. La brigade d’intervention (BRI) et une brigade anti-criminalité arrivées sur place ont tenté d’entamer une négociation avec les terroristes. Les policiers ont ensuite tenté une incursion, sans succès. Peu après, trois otages – les deux religieuses et une paroissienne – sont sortis de l’église suivis par les deux terroristes criant « Allah Akbar », dont l’un portait une arme de poing. Les deux assaillants ont été tués par la BRI. Selon le témoignage d’une religieuse parvenue à s’enfuir, les terroristes se sont « enregistrés » au moment du crime, l’un a fait « un peu comme un sermon autour de l’autel en arabe » avant l’assassinat du prêtre. Le Figaro
For many Israelis, the horrifying images of a truck plowing through crowds for more than a mile in the French resort town of Nice struck a macabrely familiar chord. (…)  Nice was an even more direct, if far deadlier, echo of a 2011 rampage in which an Arab-Israeli man’s truck barreled down a Tel Aviv street for a mile, killing one and wounding 17. These followed a spate of attacks with heavy construction vehicles and cars as weapons in 2008. And since October, according to Shin Bet, Israel’s domestic security agency, at least 32 Palestinians have rammed vehicles into people at bus stops, intersections and military checkpoints. The French prime minister said after the Nice attack, the nation’s third mass killing in 18 months, that France “must live with terrorism.” That is what Israelis have been doing for decades, through the plane hijackings of the 1970s; the suicide bombers of the second intifada, or Palestinian uprising, which began in 2000; and the lone-wolf stabbings and shootings of the past 10 months. In Israel, ordinary citizens, security officials and experts feel they have seen it all and say they have adapted to a perennial, if ever-changing, threat. They speak of constantly staying alert, exercising caution and growing accustomed to what some may find to be intrusive levels of security, but essentially carrying on.  (…) That routine includes opening bags for a check and passing through metal detectors at train or bus stations, shopping malls and movie complexes. At the height of the suicide bombings, customers paid a small surcharge at cafes and restaurants to subsidize the cost of a guard at the door. Hundreds of armed civilian guards have been deployed to protect public transportation in Jerusalem in recent months amid the wave of attacks, which have been glorified by some Palestinians on social media. The guards stand at bus and light-rail stops, and hop on and off buses along main routes, with the same powers to search and arrest as the police. Israel has also invested hugely in intelligence, its tactics evolving as its enemies change theirs. Several psychological studies in Israel have found that people habituate quickly to threats, making adjustments to daily life — keeping children at home, for example, rather than sending them to summer camp — and adopting dark humor about the randomness of the threat. (…) Some Israeli politicians have been disparaging about what they view as European negligence in security matters. After the attacks in March in Brussels, for example, a senior minister, Israel Katz, said Belgium would not be able to fight Islamist terrorism “if Belgians continue eating chocolate and enjoying life and looking like great democrats and liberals.” In a radio interview on Sunday, Yaakov Perry, a former Shin Bet chief now in Parliament, recommended deeper intelligence supervision of neighborhoods “where Muslims, refugees, Daesh supporters of various sorts live,” using an Arabic acronym to refer to the Islamic State. He also suggested that the French police were complacent, referring to news reports that the driver in Nice had told officers he was delivering ice cream. “If the driver says he has ice cream, open the truck and check if he has ice cream,” Mr. Perry said. That the attack occurred at a mass gathering for Bastille Day, France’s national holiday, had Israelis shaking their heads. Micky Rosenfeld, an Israeli police spokesman, said that to secure a major event like Independence Day celebrations, when tens of thousands of people gather along the Tel Aviv seafront to watch an air and naval display, officers gather intelligence for weeks beforehand, and erect a 360-degree enclosure of the area, with layers of security around the perimeter. Main roads are typically blocked off with rows of buses, and smaller side streets with patrol cars. In addition to a large uniformed and undercover police presence, counterterrorism teams are strategically placed to provide a rapid response if needed. For intelligence gathering, Shin Bet has used a “basic coverage” method, which involves homing in on a particular neighborhood or population sector that is considered a potential security risk. The agency then builds an intimate system of surveillance and a network of local informers who can point to any sign of suspicious or unusual activity.(…) But several security experts acknowledged that with citizens in a democracy, including Israel’s large Arab minority, these methods of intelligence gathering — “neighbors informing on neighbors,” as one put it — can be difficult to balance with civil liberties. These measures are also less effective, they say, in trying to prevent individual attacks that are not affiliated with any organization and that at times appear to have erupted spontaneously. The NYT
There, is of course, a very important reason why the mainstream media ignores radical Muslim persecution of Christians: if the full magnitude of this phenomenon was ever known, many cornerstones of the mainstream media—most prominent among them, that Israel is oppressive to Palestinians—would immediately crumble. Why? Because radical Muslim persecution of Christians throws a wrench in the media’s otherwise well-oiled narrative that “radical-Muslim-violence-is-a-product-of-Muslim-grievance”—chief among them Israel. Consider it this way: because the Jewish state is stronger than its Muslim neighbors, the media can easily portray Islamic terrorists as frustrated “underdogs” doing whatever they can to achieve “justice.” No matter how many rockets are shot into Tel Aviv by Hamas and Hezbollah, and no matter how anti-Israeli bloodlust is articulated in radical Islamic terms, the media will present such hostility as ironclad proof that Palestinians under Israel are so oppressed that they have no choice but to resort to terrorism. However, if radical Muslims get a free pass when their violence is directed against those stronger than them, how does one rationalize away their violence when it is directed against those weaker than them—in this case, millions of indigenous Christians? The media simply cannot portray radical Muslim persecution of Christians—which in essence and form amount to unprovoked pogroms—as a “land dispute” or a product of “grievance” (if anything, it is the ostracized and persecuted Christian minorities who should have grievances). And because the media cannot articulate radical Islamic attacks on Christians through the “grievance” paradigm that works so well in explaining the Arab-Israeli conflict, their main recourse is not to report on them at all. In short, Christian persecution is the clearest reflection of radical Islamic supremacism. Vastly outnumbered and politically marginalized Christians simply wish to worship in peace, and yet still are they hounded and attacked, their churches burned and destroyed, their women and children enslaved and raped. These Christians are often identical to their Muslim co-citizens, in race, ethnicity, national identity, culture, and language; there is no political dispute, no land dispute. The only problem is that they are Christian and so, Islamists believe according to their scriptural exegesis, must be subjugated. If mainstream media were to report honestly on Christian persecution at the hands of radical Islamists so many bedrocks of the leftist narrative currently dominating political discourse would crumble, first and foremost, the idea that radical Islamic intolerance is a product of “grievances,” and that Israel is responsible for all Jihadist terrorism against it. Raymond Ibrahim
The Maginot Line of “European values” won’t prevail over people who recognize none of those values. So much was made clear by French Prime Minister Manuel Valls, who remarked after the Nice attack that “France is going to have to live with terrorism.” This may have been intended as a statement of fact but it came across as an admission that his government isn’t about to rally the public to a campaign of blood, toil, tears and sweat against ISIS—another premature capitulation in a country that has known them before (…) Then there is Germany, site of three terror attacks in a week. It seems almost like a past epoch that Germans welcomed a million Middle Eastern migrants in an ecstasy of moral self-congratulation, led by Angela Merkel’s chant of “We can do it!” Last summer’s slogan now sounds as dated and hollow as Barack Obama’s “Yes we can!” Now Germany will have to confront a terror threat that will make the Baader-Meinhof gang of the 1970s seem trivial. The German state is stronger and smarter than the French one, but it also surrenders more easily to moral intimidation. The idea of national self-preservation at all costs will always be debatable in a country seeking to expiate an inexpiatable sin. Thus the question of whether Europe is helpless. At its 1980s peak, under François Mitterrand and Helmut Kohl, the European project combined German economic strength and French confidence in power politics. Today, it mixes French political weakness with German moral solipsism. This is a formula for rapid civilizational decline, however many economic or military resources the EU may have at its disposal. Can the decline be stopped? Yes, but that would require a great unlearning of the political mythologies on which modern Europe was built. Among those mythologies: that the European Union is the result of a postwar moral commitment to peace; that Christianity is of merely historical importance to European identity; that there’s no such thing as a military solution; that one’s country isn’t worth fighting for; that honor is atavistic and tolerance is the supreme value. People who believe in nothing, including themselves, will ultimately submit to anything. The alternative is a recognition that Europe’s long peace depended on the presence of American military power, and that the retreat of that power will require Europeans to defend themselves. Europe will also have to figure out how to apply power not symbolically, as it now does, but strategically, in pursuit of difficult objectives. That could start with the destruction of ISIS in Libya. More important, Europeans will have to learn that powerlessness can be as corrupting as power—and much more dangerous. The storm of terror that is descending on Europe will not end in some new politics of inclusion, community outreach, more foreign aid or one of Mrs. Merkel’s diplomatic Rube Goldbergs. It will end in rivers of blood. Theirs or yours? In all this, the best guide to how Europe can find its way to safety is the country it has spent the best part of the last 50 years lecturing and vilifying: Israel. For now, it’s the only country in the West that refuses to risk the safety of its citizens on someone else’s notion of human rights or altar of peace. Europeans will no doubt look to Israel for tactical tips in the battle against terrorism—crowd management techniques and so on—but what they really need to learn from the Jewish state is the moral lesson. Namely, that identity can be a great preserver of liberty, and that free societies cannot survive through progressive accommodations to barbarians. Bret Stephens
Dans une enquête publiée aujourd’hui, Libération accuse le ministre de l’Intérieur d’avoir menti s’agissant de la sécurisation de la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet dernier. Riposte immédiate de Bernard Cazeneuve : Libération utilise des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme» et cherche à l’atteindre «dans sa réputation». Dans un édito en forme de «c’est celui qui dit qui l’est», Johan Hufnagel, directeur délégué de Libération, suggère que c’est Bernard Cazeneuve qui est victime d’«une poussée de complotisme». (…) Ni la presse ni le Gouvernement, cibles de choix des complotistes patentés, ne sortent grandis d’une telle séquence. Morale de l’histoire : cessons de gloser sur le complotisme présumé des uns et des autres à partir de matériaux aussi fragiles. Ne contribuons pas à faire du «complotisme» une étiquette infamante parmi d’autres. Utiliser ce mot de manière aussi peu fondée pour délégitimer un détracteur est en réalité une manière d’œuvrer à sa démonétisation et de rendre, au final, un fier service à tous ceux – vrais imposteurs et autres désinformateurs professionnels – qui prospèrent sur la montée contemporaine du complotisme. Conspiracy watch
Sait-on par exemple que les seules personnes arrêtées le jour même et en relation avec les attaques terroristes du 11-Septembre sont des Israéliens ? L’information a été rapportée dès le lendemain par le journaliste Paulo Lima dans The Record, quotidien du comté de Bergen dans le New Jersey, d’après des sources policières. Immédiatement après le premier impact sur la tour Nord, trois individus furent aperçus par divers témoins sur le toit d’un van stationné à Liberty State Park dans Jersey City, « en train d’exulter » (celebrating), de « sauter de joie » (jumping up and down), et de se photographier avec les tours jumelles en arrière-plan. Ils déplacèrent ensuite leur van sur un autre parking de Jersey City, où d’autres témoins les virent se livrer aux mêmes réjouissances ostentatoires. La police émit aussitôt une alerte BOLO (be-on-the-look-out) : « Véhicule possiblement lié à l’attaque terroriste de New York. Van blanc Chevrolet 2000 avec une plaque du New Jersey et un signe ‘Urban Moving Systems’ à l’arrière, a été vu au Liberty State Park, Jersey City, NJ, au moment du premier impact d’avion de ligne dans le World Trade Center. Trois individus avec le van ont été vus se réjouissant après l’impact initial et l’explosion qui s’en suivit. » Le van fut intercepté par la police quelques heures plus tard, avec à son bord cinq jeunes Israéliens : Sivan et Paul Kurzberg, Yaron Shmuel, Oded Ellner et Omer Marmari. Contraint physiquement de sortir du véhicule et plaqué à terre, le conducteur, Sivan Kurzberg, lança cette phrase étrange : « On est Israéliens. On n’est pas votre problème. Vos problèmes sont nos problèmes. Les Palestiniens sont le problème. » Les sources policières qui informèrent Paulo Lima étaient convaincues de l’implication de ces Israéliens dans les attentats de la matinée : « Il y avait des cartes de la ville dans le van avec certains points surlignés. On aurait dit qu’ils étaient au courant, […] qu’ils savaient ce qui allait se passer lorsqu’ils étaient à Liberty State Park. » On trouva également sur eux des passeports de nationalités diverses, près de 6 000 dollars en espèces et des billets d’avion open pour l’étranger. Les frères Kurzberg furent formellement identifiés comme agents du Mossad. Les cinq Israéliens travaillaient officiellement pour une compagnie de déménagement nommée Urban Moving Systems, dont les employés étaient majoritairement israéliens. « J’étais en pleurs. Ces types blaguaient et ça me perturbait, » révéla au Record un des rares employés non-israéliens. Le 14 septembre, après avoir reçu la visite de la police, le propriétaire de l’entreprise, Dominik Otto Suter, quittait le pays pour Tel-Aviv. L’information divulguée par le Record, confirmée par le rapport de police, a été reprise par des sites d’investigation comme le Wayne Madsen Report (14 septembre 2005) et Counterpunch (7 février 2007). Elle fut aussi rapportée dans quelques grands médias comme mais d’une façon qui minimisait sa portée : le New York Times (21 novembre 2001) omettait de préciser la nationalité des individus, tout comme Fox News et l’agence Associated Press. Le Washington Post (23 novembre 2001) disait bien qu’ils étaient Israéliens, mais passa sous silence leur apparente préconnaissance de l’événement. En revanche, The Forward (15 mars 2002), magazine de la communauté juive new-yorkaise, révéla, d’après une source anonyme du renseignement états-unien, qu’Urban Moving Systems était une antenne sous couverture du Mossad (ce qui ne l’empécha pas de bénéficier d’un prêt fédéral de 498 750 dollars, comme le révèlent les archives du fisc. Le FBI diligenta sur cette affaire une enquête consignée dans un rapport de 579 pages, partiellement déclassifié en 2005 (il le sera totalement en 2035). Le journaliste indépendant Hicham Hamza a analysé ce rapport en détail dans son livre : Israël et le le 11-Septembre : le Grand Tabou. Il en ressort plusieurs éléments accablants. Tout d’abord, les photos prises par ces jeunes Israéliens les montrent effectivement dans des attitudes de célébration devant la tour Nord en feu : « Ils souriaient, ils s’embrassaient et ils se tapaient mutuellement dans les mains. » Pour expliquer cette attitude, les intéressés dirent qu’ils s’étaient simplement réjoui « que les États-Unis auraient maintenant à prendre des mesures pour arrêter le terrorisme dans le monde » (alors que, à ce point, une majorité de gens pensait à un accident plutôt qu’à un acte terroriste). Plus grâve, un témoin au moins les a vus positionnés dès 8 heures, soit avant qu’un avion ne percute la première tour, tandis que d’autres certifient qu’ils prenaient déjà des photos cinq minutes après, ce que confirment leurs photos. Un ancien employé confirma au FBI l’ambiance fanatiquement pro-israélienne et anti-américaine qui régnait dans l’entreprise, prêtant même à son directeur Dominik Otto Suter ces paroles : « Donnez-nous vingt ans et nous nous emparerons de vos médias et détruirons votre pays. » Les cinq Israéliens arrêtés étaient en contact avec une autre entreprise de déménagement dénommée Classic International Movers, dont quatre employés avaient été interrogés indépendamment pour leur liens avec les dix-neufs pirates de l’air présumés. L’un d’eux avait téléphoné à « un individu en Amérique du Sud possédant des liens authentiques avec les militants islamiques au Moyen Orient. » Enfin, « un chien renifleur donna un résultat positif pour la présence de traces d’explosifs dans le véhicule. » Comme le remarque Hamza, la conclusion du rapport laisse sonjeur : le FBI informe la police locale, qui détient les suspects, « que le FBI n’a plus aucun intérêt à enquêter sur les détenus et qu’il convient d’entamer les procédures d’immigration appropriées. » Une lettre du Service fédéral de l’immigration et de la naturalisation prouve qu’en fait la direction du FBI avait recommandé la clôture de l’enquête dès le 24 septembre 2001. Les cinq Israéliens passèrent cependant 71 jours dans une prison de Brooklyn, au cours desquels ils refusèrent puis échouèrent plusieurs fois au détecteur de mensonge. Puis ils furent rapatriés sous la simple charge de visa violations. On doit, pour finir, évoquer un détail essentiel de cette affaire, qui apporte peut-être une explication supplémentaire au comportement exhubérant de ces jeunes Isréaliens : certains témoins précisent, dans leurs appels à la police, que les individus se réjouissant sur le toit de leur van semblaient « arabes » ou « Palestiniens ». En particulier, peu après l’effondrement des tours, un appel anonyme à la police de Jersey City, rapporté le jour même par NBC News, signale « un van blanc, avec deux ou trois types à l’intérieur, ils ressemblent à des Palestiniens et ils tournent autour d’un bâtiment » ; l’un d’eux « mélange des choses et il a cet uniforme ‘sheikh’. […] Il est habillé comme un arabe. » Tout porte à croire que ces individus étaient précisément les cinq Israéliens arrêtés plus tard. Deux hypothèses viennent à l’esprit : ou bien nos faux déménageurs se sont effectivement livrés à une mise en scène pour apparaître comme arabes/Palestiniens, ou bien le ou les témoins les ayant décrits comme tels étaient des complices. Dans un cas comme dans l’autre, il ressort que leur but était d’initier la rumeur médiatique qu’on avait repéré des musulmans qui non seulement se réjouissaient des attentats, mais en avaient préconnaissance. L’information fut effectivement diffusée sur certaines radios dès midi, et sur NBC News dans l’après-midi. Je penche personnellement pour la seconde hypothèse (les informateurs complices plutôt que de vrais déguisement arabes), car le rapport de police ne signale pas de vêtement exotique trouvé dans le van, mais surtout parce que l’informateur cité plus haut, qui insiste sur ce détail vestimentaire, semble avoir voulu induire en erreur la police sur la localisation exacte du van ; ce dernier ne fut intercepté que parce que la police, au lieu de se contenter de cette localisation, barra tous les ponts et souterrains entre New Jersey et New York. Mais l’important est ceci : Si les Israéliens n’avaient pas été interpelés en fin d’après-midi, l’histoire aurait probablement fait la une des journaux sous le titre : The Dancing Arabs. Au lieu de ça, elle fut totalement étouffée et ne circula que confidentiellement, sous le titre the dancing Israelis, ou the highfivers. Laurent Guyenot (Reseau Voltaire)
1/ Des résidus explosifs ont été retrouvés dans le fourgon des cinq Israéliens (1-7). Un chien affecté à la détection de bombes a également réagi lors de la fouille du véhicule (5-44).
 2/ Les trois Israéliens aperçus -avant et après l’impact du second avion- en train de se filmer et de se photographier, avec la première tour embrasée en arrière-plan, étaient joviaux (1-35, 1-65). 76 photos en noir et blanc ont été développées par les enquêteurs (1-80).
3/ La présence de leur véhicule sur le lieu des réjouissances est attestée par deux témoins vers 8h/8h15 du matin, ce mardi 11 septembre 2001, soit une demi-heure environ avant le crash du premier avion dans la Tour Nord (6-42, 5-25). Les trois Israéliens concernés affirmeront aux enquêteurs n’avoir débarqué qu’aux alentours de 9h -juste avant l’impact du second avion-et seulement après avoir appris l’information du premier crash sur Internet. Vers 9h20, soit une quinzaine de minutes après le crash du second avion, le van blanc aura déjà quitté les lieux.
4/ Un autre témoin raconte les avoir vus en action 5 mn après l’impact du premier avion (5-25). Les photos développées confirment qu’ils étaient déjà sur place : la fumée –visible sur leurs images- vient à peine de s’échapper de la Tour Nord (5-62).
5/ Plusieurs témoins ont rapporté avoir constaté l’usage d’une caméra vidéo qui n’aurait pas été retrouvée lors de l’arrestation des Israéliens (6-45). Ceux-ci ont démenti avoir eu recours à un tel appareil. Le FBI évoque pourtant une « tromperie » (5-56). Sur ce point crucial comme sur la question de leur emploi du temps, les enquêteurs ont déjà noté de nombreuses contradictions dans leurs témoignages (6-43).
6/ Lors de leur arrestation musclée et arme au poing, les policiers ont retrouvé des cartes d’étudiant falsifiées, aucun équipement relatif à leur activité de déménageur (5-45), un passeport allemand, près de 6000 dollars en cash ainsi que des billets d’avion pour un départ ouvert et immédiat à destination de l’étranger (5-44).
7/ Interrogés sur leur perception des attentats, les Israéliens ont tenu des propos très politiques : « Les Etats-Unis prendront des mesures pour stopper le terrorisme dans le monde » (5-86), « Vous voyez de quoi ils sont capables…Les Etats-Unis devront dorénavant s’impliquer » (5-20), « Israël a maintenant l’espoir que le monde nous comprendra. Les Américains sont naïfs et l’Amérique est facile à pénétrer. Il n’y a pas beaucoup de contrôles en Amérique. Et désormais l’Amérique sera plus dure à propos de ceux qui débarquent sur son territoire »
8/ Les enquêteurs du FBI ont appris de la part d’un ancien salarié de l’entreprise de déménagement que le dirigeant -nommé Dominic Suter et considéré depuis comme un fugitif (90-1)- avait un profond mépris pour les Etats-Unis ( 5-42). Un anti-américanisme partagé par ses employés israéliens dont l’un aurait jadis déclaré cette phrase stupéfiante : « Donnez-nous vingt ans et nous nous emparerons de vos médias et détruirons votre pays » (1-37).
9/ Le FBI a constaté dans son enquête plusieurs éléments troublants : la petite compagnie de déménagement disposait d’une quinzaine d’ordinateurs –soit un nombre disproportionné par rapport à la taille de l’entreprise (1-47) ; le personnel était essentiellement composé d’Israéliens, de Russes et d’Hongrois qui pratiquaient une forme de discrimination dans leurs réunions à l’encontre des employés non-Juifs (5-41) ; un des cinq détenus israéliens s’était fait passer pour un « ouvrier de chantier » le 10 septembre 2001 aux abords de l’endroit où il sera présent le lendemain lors de la capture photographique des tours embrasées (5-46) ; le chauffeur du van blanc était capable, selon un employé égyptien d’une station d’essence qui fut interrogé par le FBI, de s’exprimer en arabe (5-31).
10/ Pour conclure, une attention particulière mérite d’être consacrée à ces quatre extraits étonnants : les cinq employés d’Urban Moving Systems étaient en contact avec d’autres déménageurs israéliens exerçant pour une compagnie basée également dans le New Jersey et dénommée Classic International Movers. Chose étrange : le FBI a interrogé quatre de ses employés -tous issus de l’armée israélienne- en raison de leur lien avéré avec un des dix-neuf pirates de l’air présumés (1-39).
L’un d’entre eux sera visiblement mal à l’aise durant l’interrogatoire (6-47).
Un des cinq Israéliens disposa également du contact téléphonique d’un homme vivant en Amérique du Sud et lié aux « militants islamiques du Moyen-Orient » (6-40).
Les enquêteurs du FBI ont remarqué un fait qualifié de « bizarre » : un van appartenant à la compagnie Urban Moving Systems s’était dirigé -hors de son secteur régulier- le matin du 11 septembre 2001 en direction du site du crash du vol 93 (1-36).
Enfin, l’un des cinq Israéliens a exprimé, de retour ce matin-là dans l’entreprise, une phrase curieuse à la suite de la chute de la première tour : « Ils vont abattre le second bâtiment ». Interrogé sur le sens des mots employés, il s’est contenté d’affirmer aux enquêteurs qu’il avait d’abord envisagé que l’effondrement de la Tour Sud était une démolition contrôlée par les autorités afin d’éviter des dégâts colossaux (3-64).
Chacun pourra tirer ses propres déductions de cette sélection nécessairement parcellaire. Prochainement, Oumma continuera de soulever le voile en revenant notamment sur l’histoire de ce réseau américain d’espions israéliens dont la mission, en 2000/2001, aurait été uniquement de surveiller les cellules islamistes. En outre, nous aborderons également l’un des aspects les plus méconnus du 11-Septembre : l’existence de liens privilégiés entre les autorités de Tel Aviv et plusieurs responsables du World Trade Center. D’ici là, nous vous invitons à interpréter comme bon vous semblera cet autre passage issu du rapport sur les cinq Israéliens.
En date du 24 septembre 2001, soit 13 jours à peine après leur arrestation, le QG du FBI avait déjà transmis à l’antenne locale chargée de l’enquête -officiellement achevée en 2003- cette « recommandation » (5-59) : « Le FBI n’a plus aucun intérêt à enquêter sur les détenus ». Rapport du FBI (Extraits)
Les Afro-Américains ont toujours su qu’un petit peu de paranoïa ne pouvait pas nous faire de mal. Cynthia McKinney
J’aurai probablement des problèmes pour ce que je viens de vous dire ce soir, confie-t-elle un soir d’été de l’année 2003, devant un parterre de fidèles de l’Eglise baptiste abyssinienne de Harlem. Mais ce ne sera pas la première fois que j’aurai des problèmes pour avoir dit la vérité. Et je continuerai à dire la vérité. Comme je l’ai déjà dit auparavant, je ne m’assiérai pas et je ne me tairai pas. Cynthia McKinney
Ce qui s’est passé au Rwanda n’est pas un génocide planifié par les Hutu. C’est un changement de régime. Un coup d’Etat terroriste perpétré par Kagame avec l’aide de forces étrangères. Cynthia McKinney
Le lobby sioniste dresse sa tête hideuse dans bien trop de facettes de la vie de ce pays, en particulier dans la vie politique (…) les sionistes ont réussi à me mettre à la porte du Congrès à deux reprises. Cynthia McKinney
Les Juifs ont acheté tout le monde. Bill McKinney (ancien représentant, père et plus proche conseiller politique de Cynthia McKinney)
L’occupation israélienne doit finir, y compris au Congrès. Raeed Tayeh (plume de Cynthia McKinney)
Le même photographe israélien prend en photo les tragédies de Nice et Munich. Quelle en était la probabilité ? Vous souvenez-vous des Israéliens qui dansent ? … Cynthia McKinney
McKinney professe un internationalisme consistant, pour l’essentiel, à accuser le gouvernement de son pays et l’Etat d’Israël d’être à l’origine de tous les maux de la planète. A contrario, elle excelle à prendre la défense des régimes les plus liberticides, pourvus qu’ils « résistent à l’Empire ». Ainsi McKinney n’hésite-t-elle pas à chanter les louanges du régime de Robert Mugabe au Zimbabwe ou à exalter la « résistance » du Hamas et du Hezbollah. Concernant le génocide rwandais, l’ancienne membre du Congrès américain partage les thèses très controversées d’un Pierre Péan ou d’un Charles Onana (…) Pour elle, « ce qui s’est passé au Rwanda n’est pas un génocide planifié par les Hutu. C’est un changement de régime. Un coup d’Etat terroriste perpétré par Kagame avec l’aide de forces étrangères ». McKinney a également relayé sans scrupule la théorie du complot selon laquelle les Etats-Unis dissimulerait au monde l’existence d’immenses réserves de pétrole au large des côtes d’Haïti, une richesse qu’ils convoiteraient depuis des décennies, privant ainsi scandaleusement le peuple haïtien de ses ressources naturelles. (…) Se comparant souvent à Rosa Parks, Cynthia McKinney se voit elle-même en martyr de la liberté d’expression, en pasionaria de la Vérité (…) le politologue Michael Barkun classe Cynthia McKinney parmi ces « rebelles de la politique » dont les outrances s’inscrivent dans une stratégie du dérapage n’ayant d’autre fin que de faire parler d’eux. En 2002, quelques mois après ses premières philippiques conspirationnistes sur le 11-Septembre, elle perd le siège qu’elle occupait à la Chambre des représentants depuis 1993 à l’occasion d’une primaire démocrate. La candidate malheureuse explique sa défaite par l’hostilité des « médias » à son encontre. Son père, l’ancien représentant Bill McKinney, qui est aussi le plus proche conseiller politique de Cynthia, fait valoir une toute autre interprétation : la veille du scrutin, interrogé sur l’un des soutiens de sa fille, il incrimine « les Juifs [qui] ont acheté tout le monde », avant d’épeler chacune des lettres du mot « Jews » pour s’assurer que chacun comprenne clairement ce qu’il est en train de dire. Une déclaration que Cynthia McKinney n’a jamais cru devoir désavouer. Les violentes diatribes anti-israéliennes dans lesquelles se lance Cynthia McKinney lui valent une popularité réelle au sein de la communauté arabo-musulmane américaine, particulièrement sensible à la cause palestinienne. En 2002, le Washington Post révèle ainsi que les trois-quarts des fonds levés par McKinney pour sa campagne proviennent de donateurs issus de la communauté musulmane ne résidant même pas dans le 4ème district de l’Etat de Géorgie dans lequel elle se présentait.  (…)  McKinney retrouve momentanément son siège de représentante de l’Etat de Géorgie en 2004 mais le perd à nouveau aux primaires démocrates d’août 2006, un scrutin marqué par la révélation de la présence, au sein de l’équipe chargée de sa sécurité et jusque dans son QG de campagne, de membres du New Black Panther Party, organisation suprématiste noir ouvertement antisémite (…) formation dissidente du Black Panther Party historique. (…) Pour McKinney, l’explication de cette seconde défaite tient en deux mots : « lobby sioniste ». (…) La décennie 2000-2010 l’a vu passer du respectable Parti démocrate – dont elle claqua la porte en 2007 – aux marges les plus nauséabondes de la scène politique américaine. Parallèlement à la fondation de son propre mouvement, « Dignity », sur le modèle de celui créé en Grande-Bretagne par son ami George Galloway, elle n’a eu de cesse de resserrer ses liens avec cette nébuleuse parfois qualifiée de « rouge-brune » où se croisent, se rencontrent et se mêlent militants pro-palestiniens radicaux, activistes islamistes, suprématistes noirs et racistes d’extrême droite. Le Southern Poverty Law Center (…) a consacré un article à Cynthia McKinney, soulignant ses flirts poussés avec le petit monde des négationnistes. (…) McKinney est l’une des personnalités phares du 9/11 Truth Movement ; elle fréquente des antisémites notoires qui pensent que tous les maux de ce monde prennent leur source dans une vaste conspiration judéo-maçonnique ourdie depuis des siècles ; elle explique ses échecs électoraux par le pouvoir « impitoyable » du « lobby sioniste » ; elle considère que Barack Obama aspire à « créer un Etat policier » aux Etats-Unis (…)… Mais n’allez surtout pas dire à Cynthia McKinney qu’elle est une conspirationniste : elle croira que vous faites partie d’un complot visant à la discréditer. Conspiracy watch
Le 17 septembre 2001, la chaîne libanaise du Hezbollah ouvre son journal avec un scoop qu’elle attribue au journal jordanien Al-Watan, lui-même informé par « des sources diplomatiques arabes » : 4 000 Juifs ne sont pas venus travailler au World Trade Center, avertis par le Mossad de l’imminence d’une attaque menée par des agents israéliens. Dans les jours qui suivent, des dizaines de journaux arabes ou musulmans, à Londres, au Caire, à Téhéran, à Damas, à Riyad, rapportent l’affaire des 4 000 Juifs manquants.  Le 19 septembre 2001, en direct sur Al-Jazira, le présentateur vedette Faycal Al-Qassem avance qu’« aucun des 4 000 Juifs travaillant au WTC n’est venu travailler le 11 septembre ». La chaîne qatarie est potentiellement regardée par quarante millions de téléspectateurs. Al-Qassem sera suspendu quelques semaines par sa hiérarchie. Le 21 septembre, la Pravda russe emboîte le pas, sous la signature d’Irina Malenko, reprenant pratiquement mot pour mot les « révélations » d’Al-Manar. (…) Le chiffre de 4 000 Juifs est totalement imaginaire. Personne ne peut dire avec certitude combien de Juifs travaillaient dans les tours, dans la mesure où, fort heureusement, personne ne tenait de registre des Juifs du World Trade Center. Pour savoir combien sont morts dans les tours, on en est réduit à compter les noms à consonance juive parmi les patronymes des victimes. Ils sont nombreux, entre trois et quatre cents : Adler, Aron, Berger, Bernstein, Cohen, Eichler, Eisenberg, etc. La folie de certains esprits oblige à dresser des listes, une pratique de sinistre mémoire. Alors pourquoi précisément ce chiffre ? On en trouve trace dans une interview donnée par un diplomate israélien en poste à New York le matin des attentats. Celui-ci déclarait que ses services avaient reçu 4 000 appels téléphoniques d’Israéliens, inquiets pour leurs proches, citoyens israéliens vivant ou travaillant à Manhattan. Comment cette brève s’est métamorphosée en la théorie d’Al-Manar que l’on sait ? Insondables sont les mystères de l’imagination lorsqu’elle est en proie à la paranoïa, au dogmatisme et à la bêtise. Sans doute aussi les journalistes de la chaîne libanaise n’ont-ils vu que peu d’inconvénients à prendre des libertés avec la déontologie. Al-Manar TV est en effet la propriété d’un groupe en bonne place sur la liste des organisations terroristes du département d’État américain : le Hezbollah, le « parti de Dieu » télécommandé par l’Iran. Après avoir révélé le scoop prouvant l’implication du Mossad, le présentateur avait avancé un argument supplémentaire : « Les seuls à profiter de cet acte de terrorisme sont les Juifs ». Autrement dit : à qui profite le crime ? (…) Mahmud Bakri, le représentant officiel d’Al-Manar dans la capitale égyptienne (…) n’est pas directement à l’origine de l’information délirante sur les Juifs du WTC, puisqu’elle venait du siège de Beyrouth, mais il continue d’en défendre la véracité. (…) Pour preuve, il se livre à un jeu de questions-réponses : « Pourquoi pas le Mossad ? S’agit-il d’un simple accident normal effectué par de jeunes Arabes ou s’agit-il d’un complot ? Car il faut lier ces événements avec leur suite, la guerre contre le terrorisme et la destruction de pays arabes musulmans, dans le cadre d’un plan américain qui vise à servir les intérêts israéliens en premier lieu. Et si en plus on voit qu’il y a un soutien américain à Israël hors du commun, on peut arriver à la conclusion que le 11 septembre était un complot israélien ». Argument classique des aficionados du complot, à Paris comme au Caire, qui consiste à inverser les faits et les conséquences, au nom du non moins classique « à qui profite le crime ? ». Conspiracy watch

Vous souvenez-vous des Israéliens dansants ?

A l’heure où entre la France et l’Allemagne la série noire d’attaques islamistes (pas moins de six en à peine deux semaines)  …
Et malgré tant les dénégations de CNN (« pas de lien » entre elles mais pourquoi semblent-ils tous s’appeler – sauf rares exceptions – Mohamed ou Ali et apprecier les Allahu akbar ?) …
Ressemble de plus en plus furieusement, jusqu’aux attaques à l’intérieur de lieux de culte, à une intifada

Devinez sur qui courent les rumeurs  les plus folles …

Pour Nice comme pour les autres attentats depuis ceux de Charlie hebdo …

Ou même depuis le 11 septembre avec sans compter ceux qui –  à 300 ou 400 près – avaient été « prévenus »

Les fameux «Israéliens dansants» …

 Coupables de s’être réjouits un peu tôt qu’Israël allait avoir «maintenant l’espoir que le monde nous comprendra» ?

Une ex-membre du Congrès prétend qu’Israël est derrière les massacres européens
Cynthia McKinney a posté le lien d’une vidéo « prouvant » qu’Israël est responsable des attaques de Nice et Munich, car un photographe allemand aurait assisté aux deux drames et est marié à une ancien députée de la Knesset

25 juillet 2016

Une ancienne membre du Congrès des États-Unis a affirmé sur Twitter qu’un photographe israélien avait été sur place pour les massacres à Nice et Munich, prouvant qu’Israël avait un lien avec ces deux attaques.

Cynthia McKinney, une démocrate et ancienne membre de la Chambre des représentants de la Géorgie, a posté une vidéo sur Twitter avec le message : « le même photographe israélien prend en photo les tragédies de Nice et Munich. Quelle en était la probabilité ? Vous souvenez-vous des Israéliens qui dansent ? … »

La vidéo affirme que Richard Gutjahr, un journaliste allemand marié à une ancienne membre de la Knesset, l’Israélienne Einat Wilf, était présent à la fois sur les lieux du saccage par un chauffeur de camion à Nice, en France, au début du mois qui a fait 84 morts, et lors d’une fusillade dans un centre commercial à Munich, où neuf adolescents ont été tués.

Le profil Twitter de Gutjahr montre qu’il a posté des photos de Nice, mais pas de Munich. Il n’aurait pas pris la nationalité israélienne.

« Les Israéliens qui dansent » se réfère à une théorie du complot largement discréditée alléguant que cinq hommes israéliens ont été arrêtés dans le New Jersey, le 11 septembre 2001, après avoir été vus célébrant l’attaque terroriste.

Dans un tweet antérieur, McKinney avait demandé « pourquoi étaient-ils en train de danser dans le parc alors que les Américains étaient en train de mourir ? Pourquoi étaient-ils dans le parc en premier lieu ? »

McKinney, qui a été à la Chambre des représentants de la Géorgie de 1992 à 2002, a été connue pendant son mandat pour faire des remarques incendiaires et a été accusée d’antisémitisme par le passé. En 2002, elle a perdu la primaire démocrate, un jour après que son père soit apparu à la télévision disant que les « Juifs ont acheté tout le monde … J-E-W-S ».

Dans son message original, McKinney a posté un lien vers une vidéo intitulée « Richard Gutjahr le photographe allemand à Nice et à Munich – Connexions israéliennes » postée par une chaîne YouTube qui semble se spécialiser dans les théories du complot et les sentiments antisémites.

Dans la vidéo, dont la séquence d’ouverture est un symbole des Illuminati, le narrateur semble se demander comment « ils » pourraient être « tellement négligeants » qu’ils ont envoyé Gutjahr sur les deux attaques.

« Le fait que ce gars-là se trouvait aux deux endroits, il n’y a aucun moyen que ce soit une coïncidence », allègue l’homme, ajoutant qu’il est « clair à 100 % que les empreintes digitales d’Israël sont sur tous ces événements ».

)

Cette conclusion est fondée sur une vérification joyeuse de la page Wikipedia de Wilf qui confirme qu’elle est Israélienne et a servi dans une unité de renseignement supérieur dans l’armée israélienne.

« Nice est une opération déguisée et Munich est soit une opération déguisée, soit un canular », dit l’homme, qui n’apparaît pas dans la vidéo.

Voir aussi:

 Ex-candidate du Green Party aux présidentielles américaines de 2008, Cynthia McKinney est aussi une figure incontournable du 9/11 Truth Movement. Peu connue en France, cette militante de 55 ans a pourtant une réputation sulfureuse outre-Atlantique. Elle a été récemment épinglée par le Southern Poverty Law Center pour son flirt poussé avec les milieux négationnistes.

9 octobre 2009. Le maire du 2ème Arrondissement de Paris accueille dans ses murs une conférence de presse de Cynthia McKinney. Rien d’exceptionnel à ce qu’un élu vert parisien reçoive la candidate du Green Party aux dernières élections présidentielles américaines. Comme son homologue héxagonal, le Green Party est signataire de la Charte des Verts mondiaux et partage ses préoccupations écologiques. Pourtant, Cynthia McKinney ne s’est pas attardée sur la protection de l’environnement ou le réchauffement climatique. Ce jour-là, cette ex-membre du Congrès est venue parler… du 11-Septembre. C’est d’ailleurs à l’initiative privée d’Alix Dreux-Boucard, alias AtMOH, fondateur et animateur du site conspirationniste ReOpen911, que la conférence a été organisée.

Cynthia McKinney est une pionnière du 9/11 Truth Movement. Le 25 mars 2002, elle suggère à l’antenne de la radio californienne KPFA que l’Administration Bush, parce qu’elle a tiré profit des attentats du 11 septembre 2001, les aurait en fait délibérément laissé se produire. Depuis plusieurs années, elle n’a de cesse d’apporter sa caution à des partisans de la thèse de l’inside job (complot interne), comme Michael C. Ruppert, un ancien inspecteur de la police de Los Angeles qui s’est rendu célèbre dans les années 1990 pour avoir accusé la CIA d’être derrière un vaste trafic de cocaïne au cœur même des Etats-Unis. Revenu sur le devant de la scène à la faveur des attentats du 11-Septembre, Ruppert a publié un livre intitulé The Truth and Lies of 9/11 dans lequel il défend l’idée que l’Administration Bush mais aussi, Enron, le Mossad et les services secrets pakistanais seraient directement impliqués dans les attentats de 2001.

Certes, en matière de conspirationnisme, McKinney est loin d’en être à son premier coup d’essai. Chris Suellentrop, du magazine en ligne Slate.com, constatait en 2002 que « sur les dix années qu’elle a passées au Congrès, il est difficile d’en trouver une seule où elle ne s’est pas livré à des accusations bizarres ou à de folles théories du complot ». Nourrissant une défiance quasi-paranoïaque à l’égard des autorités fédérales, McKinney est par exemple persuadée que le programme Cointelpro (acronyme d’un programme du FBI mis en œuvre entre 1956 et 1971) est toujours en vigueur et qu’il ne serait pas étranger aux assassinats de JFK, Martin Luther King, Bob Kennedy ou du chanteur de rap Tupac Shakur. Elle a même commencé une thèse sur le sujet.

Il y a deux ans, en pleine campagne présidentielle, à Oakland, le fief historique des Black Panthers, McKinney cite des « témoignages » – anonymes, cela va sans dire – selon lesquels l’armée américaine aurait profité de la confusion régnant durant l’ouragan Katrina pour assassiner d’une balle dans la tête pas moins de 5 000 prisonniers avant de se débarrasser de leurs cadavres dans un marais de Louisiane… Des propos qui portent un grave coup à la crédibilité du Green Party et expliquent, peut-être, le pourcentage dérisoire des suffrages qui se sont portés sur la candidature McKinney : 0,12%. Un score très inférieur à celui de Ralph Nader. Inférieur également aux scores des deux autres « petits » candidats, Bob Barr et Chuck Baldwin.

« Un peu de paranoïa ne peut pas nous faire de mal »

McKinney professe un internationalisme consistant, pour l’essentiel, à accuser le gouvernement de son pays et l’Etat d’Israël d’être à l’origine de tous les maux de la planète. A contrario, elle excelle à prendre la défense des régimes les plus liberticides, pourvus qu’ils « résistent à l’Empire ». Ainsi McKinney n’hésite-t-elle pas à chanter les louanges du régime de Robert Mugabe au Zimbabwe ou à exalter la « résistance » du Hamas et du Hezbollah. Concernant le génocide rwandais, l’ancienne membre du Congrès américain partage les thèses très controversées d’un Pierre Péan ou d’un Charles Onana, dont elle a préfacé, l’année dernière, un livre intitulé : Ces tueurs tutsi au cœur de la tragédie congolaise. Pour elle, « ce qui s’est passé au Rwanda n’est pas un génocide planifié par les Hutu. C’est un changement de régime. Un coup d’Etat terroriste perpétré par Kagame avec l’aide de forces étrangères ».

McKinney a également relayé sans scrupule la théorie du complot selon laquelle les Etats-Unis dissimulerait au monde l’existence d’immenses réserves de pétrole au large des côtes d’Haïti, une richesse qu’ils convoiteraient depuis des décennies, privant ainsi scandaleusement le peuple haïtien de ses ressources naturelles. Cette intox a été propagée sur internet à partir d’une interview de deux conférenciers haïtiens, Ginette et Daniel Mathurin . Sans surprise, McKinney s’appuie sur les prétendues « recherches » de ce couple de scientifiques – dont aucun n’a la moindre qualification en matière de prospection pétrolière – dans un article mis en ligne récemment sur le site du Green Party, et dont ReOpen911 a gracieusement assuré la traduction en français.

McKinney assume. « Les Afro-Américains ont toujours su, a-t-elle un jour répondu à un journaliste du mensuel de gauche The Progressive, qu’un petit peu de paranoïa ne pouvait pas nous faire de mal ». Se comparant souvent à Rosa Parks, Cynthia McKinney se voit elle-même en martyr de la liberté d’expression, en pasionaria de la Vérité : « J’aurai probablement des problèmes pour ce que je viens de vous dire ce soir, confie-t-elle un soir d’été de l’année 2003, devant un parterre de fidèles de l’Eglise baptiste abyssinienne de Harlem. Mais ce ne sera pas la première fois que j’aurai des problèmes pour avoir dit la vérité. Et je continuerai à dire la vérité. Comme je l’ai déjà dit auparavant, je ne m’assiérai pas et je ne me tairai pas ».

« Les sionistes ont réussi à me mettre à la porte du Congrès »

Dans son ouvrage A Culture of Conspiracy: Apocalyptic Visions in Contemporary America (University of California Press, 2003), le politologue Michael Barkun classe Cynthia McKinney parmi ces « rebelles de la politique » dont les outrances s’inscrivent dans une stratégie du dérapage n’ayant d’autre fin que de faire parler d’eux. En 2002, quelques mois après ses premières philippiques conspirationnistes sur le 11-Septembre, elle perd le siège qu’elle occupait à la Chambre des représentants depuis 1993 à l’occasion d’une primaire démocrate. La candidate malheureuse explique sa défaite par l’hostilité des « médias » à son encontre. Son père, l’ancien représentant Bill McKinney, qui est aussi le plus proche conseiller politique de Cynthia, fait valoir une toute autre interprétation : la veille du scrutin, interrogé sur l’un des soutiens de sa fille, il incrimine « les Juifs [qui] ont acheté tout le monde », avant d’épeler chacune des lettres du mot « Jews » pour s’assurer que chacun comprenne clairement ce qu’il est en train de dire. Une déclaration que Cynthia McKinney n’a jamais cru devoir désavouer.

Malaise au sein du Parti démocrate. D’autant plus palpable que quelques mois plus tôt, le porte-plume de Cynthia McKinney, Raeed Tayeh, l’auteur de la plupart de ses discours à l’époque, avait déclaré à la presse que « l’occupation israélienne [devait] finir, y compris au Congrès ». Une déclaration plus qu’ambigüe, qui s’ajoute à la réputation déjà sulfureuse de Cynthia McKinney : dès 1994, la deuxième année de son mandat à la Chambre des représentants, McKinney avait refusé, au nom de la liberté d’expression, de voter une résolution condamnant les propos haineux d’un ténor de la Nation of Islam, Khalid Abdul Muhammad. Peu après, elle était apparue aux côtés du chef de ce mouvement, le prédicateur antisémite Louis Farrakhan, lors d’une conférence organisée à l’Université Howard.

Les violentes diatribes anti-israéliennes dans lesquelles se lance Cynthia McKinney lui valent une popularité réelle au sein de la communauté arabo-musulmane américaine, particulièrement sensible à la cause palestinienne. En 2002, le Washington Post révèle ainsi que les trois-quarts des fonds levés par McKinney pour sa campagne proviennent de donateurs issus de la communauté musulmane ne résidant même pas dans le 4ème district de l’Etat de Géorgie dans lequel elle se présentait.

McKinney retrouve momentanément son siège de représentante de l’Etat de Géorgie en 2004 mais le perd à nouveau aux primaires démocrates d’août 2006, un scrutin marqué par la révélation de la présence, au sein de l’équipe chargée de sa sécurité et jusque dans son QG de campagne, de membres du New Black Panther Party, organisation suprématiste noir ouvertement antisémite dirigé par Malik Zulu Shabazz. Les New Black Panthers sont une formation dissidente du Black Panther Party historique. A l’heure actuelle, leur représentant en France n’est autre que Kémi Séba, le très médiatique fondateur de la Tribu Ka .

Pour McKinney, l’explication de cette seconde défaite tient en deux mots : « lobby sioniste ». Le 14 août dernier, lors d’un dîner organisé par le Council on American-Islamic Relations (CAIR), elle expliquait ainsi que le « le lobby sioniste dresse sa tête hideuse dans bien trop de facettes de la vie de ce pays, en particulier dans la vie politique » (sic) et que « les sionistes [avaient] réussi à [la] mettre à la porte du Congrès à deux reprises » (voir la vidéo).

Descente aux enfers

La mue de Cynthia McKinney s’est véritablement opérée au cours de ces dernières années. La décennie 2000-2010 l’a vu passer du respectable Parti démocrate – dont elle claqua la porte en 2007 – aux marges les plus nauséabondes de la scène politique américaine. Parallèlement à la fondation de son propre mouvement, « Dignity », sur le modèle de celui créé en Grande-Bretagne par son ami George Galloway, elle n’a eu de cesse de resserrer ses liens avec cette nébuleuse parfois qualifiée de « rouge-brune » où se croisent, se rencontrent et se mêlent militants pro-palestiniens radicaux, activistes islamistes, suprématistes noirs et racistes d’extrême droite.

Le Southern Poverty Law Center (SPLC) est l’une des organisation de défense des droits de l’homme les plus actives outre-Atlantique. Il publie chaque année un rapport sur les groupes extrémistes américains qui fait autorité. A l’hiver 2009, il a consacré un article à Cynthia McKinney, soulignant ses flirts poussés avec le petit monde des négationnistes. L’ancienne élue démocrate a en effet fraternisé publiquement avec plusieurs figures notoires de l’antisémitisme contemporain. Parcourant le monde à l’invitation de l’ancien Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad , (« l’un de mes héros » écrit-elle à son propos sur le site du Green Party), elle a également fait l’éloge d’un livre de Matthias Chang sur la crise financière (voir ici ). Matthias Chang recycle ouvertement les écrits du propagandiste nazi américain Eustace Mullins et fût parmi les invités de la conférence négationniste organisée à Téhéran en 2006 à l’instigation du président Ahmadinejad. Cela ne semble pas ébranler McKinney. Tout comme elle n’est nullement gênée de se faire photographier bras dessus bras dessous en compagnie des négationnistes Michele Renouf (elle aussi présente à la conférence iranienne de 2006), Israël Shamir (de son vrai nom : Adam Ermash ; voir ici et ), ou encore du théoricien islamiste David Musa Pidcock (qu’elle affuble du petit nom affectueux de « My London friend »). Ce Britannique est le fondateur de l’Islamic Party of Britain. Son livre, Satanic Voices Ancient & Modern (1992), dénonce une conspiration séculaire impliquant la franc-maçonnerie, la famille Rockefeller, les grandes compagnies pétrolières, le Council on Foreign Relations (CFR), les Illuminati et les « Sionistes Lucifériens ».

Le 30 avril 2009, Cynthia McKinney passe pour la première fois dans une émission de radio diffusée sur internet animée par Ognir alias Noel Ryan. L’émission est consacrée obsessionnellement à la dénonciation des « Juifs sionistes ». Face à McKinney, Ognir explique que Rahm Emanuel, le chef des services administratifs de la Maison Blanche, a une « nationalité juive et une loyauté juive ». Il manipulerait même le président Obama à travers une grande conspiration sioniste internationale. Pendant l’interview, les « sionistes » sont accusés d’encourager le cannabis thérapeutique et le mariage gay dans le seul but d’« affaiblir » la société américaine, de la rendre moins résistante à leurs projets maléfiques. McKinney ne se démarque pas des propos d’Ognir, l’approuvant même lorsqu’il explique que les « sionistes » contrôlent la Maison Blanche et le Congrès et abondant dans son sens en expliquant que des espions « sionistes » ont infiltré sa propre campagne pour le Congrès. Pour McKinney, cette émission de radio n’est pas un dérapage. Elle y retourne un mois plus tard.

En juin 2009, McKinney continue sa descente aux enfers. Elle est reçue à trois reprises dans l’émission de radio de Daryl Bradford Smith (ici, et encore ). Elle le retrouve de nouveau le 14 janvier 2010, en compagnie d’Ognir cette fois-ci. Daryl Bradford Smith est un autre obsédé du complot juif. Son site web, où l’on trouve des interviews radio de David Pidcock, Israël Shamir et Eustace Mullins ainsi que les signatures de Christopher Bollyn et Eric Hufschmid (voir ici), fait la promotion des Protocoles des Sages de Sion – le célèbre faux antisémite –, du Juif International d’Henry Ford, ou encore de La Synagogue de Satan d’Andrew Carrington Hitchcock. On y trouve même des raretés comme la traduction d’un livre publié dans l’Allemagne hitlérienne sur la pratique du meurtre rituel chez les juifs ou encore un ouvrage de Leslie Fry intitulé La Guerre contre la Royauté du Christ, présentant le communisme comme un « complot judéo-bolchevique contre la Chrétienté »… Bref, la bibliothèque du parfait petit nazillon. La page d’accueil du site est bandée dans toute sa largeur par une phrase en majuscule indiquant : « LE MONDE DOIT DECLARER LA GUERRE A L’ETAT D’ISRAEL ! ».

L’interview avec McKinney prend un tour stupéfiant lorsque Daryl Bradford Smith suggère avec insistance que le Mossad est derrière les attentats du 11-Septembre et se met à citer plusieurs noms juifs – parmi lesquels ceux de Larry Silverstein (le propriétaire des immeubles du World Trade Centrer) et de Ari Fleischer (ancien porte-parole de la Maison Blanche sous Georges W. Bush) – avant de déclarer : « Tous ces gens, en fait, sont une cinquième colonne qui a envahi la structure de contrôle de notre gouvernement. Et ils sont fortement impliqués au Congrès, ils ont un contrôle complet de l’exécutif. Maintenant, comment est-ce que nous pouvons faire pour nous libérer de l’emprise de ce genre de gang criminel ? » Et Cynthia McKinney de répondre : « Eh bien… les gens doivent se lever ! L’une des choses que vous avez dite, je dois le dire, j’ai entendu un discours extraordinaire donné par Lord Levy, qui est, je crois, à la Chambre des Lords britannique. Et le langage qu’il a utilisé était absolument incroyable ! En gros, il a dit que seulement 3% des Israéliens ont voté pour la paix… il a parlé d’Israël comme d’un Etat indéfendable… En étant aux Etats-Unis, nous n’entendons jamais ce genre de discours. C’était un membre juif de la Chambre des Lords qui disait cela ».

« Je ne suis pas une conspirationniste ». C’est ce que Cynthia McKinney a déclaré devant la caméra de John-Paul Lepers lors de son dernier séjour parisien. McKinney est l’une des personnalités phares du 9/11 Truth Movement ; elle fréquente des antisémites notoires qui pensent que tous les maux de ce monde prennent leur source dans une vaste conspiration judéo-maçonnique ourdie depuis des siècles ; elle explique ses échecs électoraux par le pouvoir « impitoyable » du « lobby sioniste » ; elle considère que Barack Obama aspire à « créer un Etat policier » aux Etats-Unis (lire sa dernière déclaration)… Mais n’allez surtout pas dire à Cynthia McKinney qu’elle est une conspirationniste : elle croira que vous faites partie d’un complot visant à la discréditer.

Voir aussi:

Le rôle d’Israël dans les événements du 11 Septembre 2001 — qui déterminent le 21ème siècle — fait l’objet d’âpres controverses, ou plutôt d’un véritable tabou au sein même du « Mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre » (9/11 Truth Movement) provoquant la mise à l’écart de l’homme par qui le scandale arriva, Thierry Meyssan. La plupart des associations militantes, mobilisées derrière le slogan « 9/11 was an Inside Job » (Le 11-Septembre était une opération intérieure), restent discrètes sur les pièces à conviction mettant en cause les services secrets de l’État hébreux. Laurent Guyénot fait le point sur quelques données aussi incontestables que méconnues, et analyse les mécanismes du déni.

28 juin 2013

Tandis que le rôle d’Israël dans la déstabilisation du monde post-11-Septembre devient de plus en plus évident, l’idée qu’une faction de likoudniks, aidés par leurs alliés infiltrés dans l’appareil d’Etat US, sont responsables de l’opération sous fausse bannière du 11-Septembre devient plus difficile à refouler, et quelques personnalités ont le courage de l’énoncer publiquement. Francesco Cossiga, président d’Italie entre 1985 et 1992, déclara le 30 novembre 2007 au quotidien Corriere della Sera  : « On nous fait croire que Ben Laden aurait avoué l’attaque du 11 septembre 2001 sur les deux tours à New York — alors qu’en fait les services secrets américains et européens savent parfaitement que cette attaque désastreuse fut planifiée et exécutée par la CIA et le Mossad, dans le but d’accuser les pays arabes de terrorisme et de pouvoir ainsi attaquer l’Irak et l’Afghanistan [1]. » Alan Sabrosky, ancien professeur du U.S. Army War College et à la U.S. Military Academy, n’hésite pas à clamer sa conviction que le 11-Septembre est « une opération classiquement orchestrée par le Mossad » réalisée avec des complicités au sein du gouvernement états-unien, et sa voix est relayée avec force par quelques sites de vétérans de l’armée U.S., dégoutés par les guerres ignobles qu’on leur a fait faire au nom du mensonge du 11-Septembre ou de celui des armes de destruction massives de Saddam Hussein [2].

Les arguments en faveur de l’hypothèse du Mossad ne tiennent pas seulement à la réputation du service secret le plus puissant du monde, qu’un rapport de la U.S. Army School for Advanced Military Studies (cité par le Washington Times la veille du 11-Septembre), décrit comme : « Sournois. impitoyabe et rusé. Capable de commettre une attaque sur les forces américaines et de les déguiser en un acte commis par les Palestiniens/Arabes [3]. » L’implication du Mossad, associé à d’autres unités d’élite israéliennes, est rendue évidente par un certain nombre de faits peu connus.

Le livre électronique de Hicham Hamza, Israël et le 11-Septembre : le Grand Tabou (2013) réunit l’ensemble du dossier à charge d’Israël, avec une rigueur irréprochable et l’ensemble des sources aisément accessibles.

Les Israéliens dansants

Sait-on par exemple que les seules personnes arrêtées le jour même et en relation avec les attaques terroristes du 11-Septembre sont des Israéliens [4] ? L’information a été rapportée dès le lendemain par le journaliste Paulo Lima dans The Record, quotidien du comté de Bergen dans le New Jersey, d’après des sources policières. Immédiatement après le premier impact sur la tour Nord, trois individus furent aperçus par divers témoins sur le toit d’un van stationné à Liberty State Park dans Jersey City, « en train d’exulter » (celebrating), de « sauter de joie » (jumping up and down), et de se photographier avec les tours jumelles en arrière-plan. Ils déplacèrent ensuite leur van sur un autre parking de Jersey City, où d’autres témoins les virent se livrer aux mêmes réjouissances ostentatoires. La police émit aussitôt une alerte BOLO (be-on-the-look-out) : « Véhicule possiblement lié à l’attaque terroriste de New York. Van blanc Chevrolet 2000 avec une plaque du New Jersey et un signe ‘Urban Moving Systems’ à l’arrière, a été vu au Liberty State Park, Jersey City, NJ, au moment du premier impact d’avion de ligne dans le World Trade Center. Trois individus avec le van ont été vus se réjouissant après l’impact initial et l’explosion qui s’en suivit [5]. » Le van fut intercepté par la police quelques heures plus tard, avec à son bord cinq jeunes Israéliens : Sivan et Paul Kurzberg, Yaron Shmuel, Oded Ellner et Omer Marmari. Contraint physiquement de sortir du véhicule et plaqué à terre, le conducteur, Sivan Kurzberg, lança cette phrase étrange : « On est Israéliens. On n’est pas votre problème. Vos problèmes sont nos problèmes. Les Palestiniens sont le problème [6]. » Les sources policières qui informèrent Paulo Lima étaient convaincues de l’implication de ces Israéliens dans les attentats de la matinée : « Il y avait des cartes de la ville dans le van avec certains points surlignés. On aurait dit qu’ils étaient au courant, […] qu’ils savaient ce qui allait se passer lorsqu’ils étaient à Liberty State Park [7]. » On trouva également sur eux des passeports de nationalités diverses, près de 6 000 dollars en espèces et des billets d’avion open pour l’étranger. Les frères Kurzberg furent formellement identifiés comme agents du Mossad. Les cinq Israéliens travaillaient officiellement pour une compagnie de déménagement nommée Urban Moving Systems, dont les employés étaient majoritairement israéliens. « J’étais en pleurs. Ces types blaguaient et ça me perturbait [8], » révéla au Record un des rares employés non-israéliens. Le 14 septembre, après avoir reçu la visite de la police, le propriétaire de l’entreprise, Dominik Otto Suter, quittait le pays pour Tel-Aviv.

L’information divulguée par le Record, confirmée par le rapport de police, a été reprise par des sites d’investigation comme le Wayne Madsen Report (14 septembre 2005) et Counterpunch (7 février 2007). Elle fut aussi rapportée dans quelques grands médias comme mais d’une façon qui minimisait sa portée : le New York Times (21 novembre 2001) omettait de préciser la nationalité des individus, tout comme Fox News et l’agence Associated Press. Le Washington Post (23 novembre 2001) disait bien qu’ils étaient Israéliens, mais passa sous silence leur apparente préconnaissance de l’événement. En revanche, The Forward (15 mars 2002), magazine de la communauté juive new-yorkaise, révéla, d’après une source anonyme du renseignement états-unien, qu’Urban Moving Systems était une antenne sous couverture du Mossad (ce qui ne l’empécha pas de bénéficier d’un prêt fédéral de 498 750 dollars, comme le révèlent les archives du fisc [9].

Le FBI diligenta sur cette affaire une enquête consignée dans un rapport de 579 pages, partiellement déclassifié en 2005 (il le sera totalement en 2035). Le journaliste indépendant Hicham Hamza a analysé ce rapport en détail dans son livre : Israël et le le 11-Septembre : le Grand Tabou. Il en ressort plusieurs éléments accablants. Tout d’abord, les photos prises par ces jeunes Israéliens les montrent effectivement dans des attitudes de célébration devant la tour Nord en feu : « Ils souriaient, ils s’embrassaient et ils se tappaient mutuellement dans les mains. » Pour expliquer cette attitude, les intéressés dirent qu’ils s’étaient simplement réjoui « que les États-Unis auraient maintenant à prendre des mesures pour arrêter le terrorisme dans le monde » (alors que, à ce point, une majorité de gens pensait à un accident plutôt qu’à un acte terroriste). Plus grâve, un témoin au moins les a vus positionnés dès 8 heures, soit avant qu’un avion ne percute la première tour, tandis que d’autres certifient qu’ils prenaient déjà des photos cinq minutes après, ce que confirment leurs photos. Un ancien employé confirma au FBI l’ambiance fanatiquement pro-israélienne et anti-américaine qui régnait dans l’entreprise, prêtant même à son directeur Dominik Otto Suter ces paroles : « Donnez-nous vingt ans et nous nous emparerons de vos médias et détruirons votre pays. » Les cinq Israéliens arrêtés étaient en contact avec une autre entreprise de déménagement dénommée Classic International Movers, dont quatre employés avaient été interrogés indépendamment pour leur liens avec les dix-neufs pirates de l’air présumés. L’un d’eux avait téléphoné à « un individu en Amérique du Sud possédant des liens authentiques avec les militants islamiques au Moyen Orient. » Enfin, « un chien renifleur donna un résultat positif pour la présence de traces d’explosifs dans le véhicule [10]. »

Comme le remarque Hamza, la conclusion du rapport laisse sonjeur : le FBI informe la police locale, qui détient les suspects, « que le FBI n’a plus aucun intérêt à enquêter sur les détenus et qu’il convient d’entamer les procédures d’immigration appropriées [11]. » Une lettre du Service fédéral de l’immigration et de la naturalisation prouve qu’en fait la direction du FBI avait recommandé la clôture de l’enquête dès le 24 septembre 2001. Les cinq Israéliens passèrent cependant 71 jours dans une prison de Brooklyn, au cours desquels ils refusèrent puis échouèrent plusieurs fois au détecteur de mensonge. Puis ils furent rapatriés sous la simple charge de visa violations.

Omer Marmari, Oded Ellner et Yaron Shmuel, trois des cinq « Israéliens dansants », sont invités à témoigner dans une émission israélienne dès leur retour en novembre 2001. Niant être membres du Mossad, l’un d’eux déclara candidement : « Notre but était d’enregistrer l’événement. »

On doit, pour finir, évoquer un détail essentiel de cette affaire, qui apporte peut-être une explication supplémentaire au comportement exhubérant de ces jeunes Isréaliens : certains témoins précisent, dans leurs appels à la police, que les individus se réjouissant sur le toit de leur van semblaient « arabes » ou « Palestiniens ». En particulier, peu après l’effondrement des tours, un appel anonyme à la police de Jersey City, rapporté le jour même par NBC News, signale « un van blanc, avec deux ou trois types à l’intérieur, ils ressemblent à des Palestiniens et ils tournent autour d’un bâtiment » ; l’un d’eux « mélange des choses et il a cet uniforme ‘sheikh’. […] Il est habillé comme un arabe [12]. » Tout porte à croire que ces individus étaient précisément les cinq Israéliens arrêtés plus tard. Deux hypothèses viennent à l’esprit : ou bien nos faux déménageurs se sont effectivement livrés à une mise en scène pour apparaître comme arabes/Palestiniens, ou bien le ou les témoins les ayant décrits comme tels étaient des complices. Dans un cas comme dans l’autre, il ressort que leur but était d’initier la rumeur médiatique qu’on avait repéré des musulmans qui non seulement se réjouissaient des attentats, mais en avaient préconnaissance. L’information fut effectivement diffusée sur certaines radios dès midi, et sur NBC News dans l’après-midi. Je penche personnellement pour la seconde hypothèse (les informateurs complices plutôt que de vrais déguisement arabes), car le rapport de police ne signale pas de vêtement exotique trouvé dans le van, mais surtout parce que l’informateur cité plus haut, qui insiste sur ce détail vestimentaire, semble avoir voulu induire en erreur la police sur la localisation exacte du van ; ce dernier ne fut intercepté que parce que la police, au lieu de se contenter de cette localisation, barra tous les ponts et souterrains entre New Jersey et New York. Mais l’important est ceci : Si les Israéliens n’avaient pas été interpelés en fin d’après-midi, l’histoire aurait probablement fait la une des journaux sous le titre : The Dancing Arabs. Au lieu de ça, elle fut totalement étouffée et ne circula que confidentiellement, sous le titre the dancing Israelis, ou the highfivers.

Ehud Barak, ancien chef du Renseignement militaire israélien (Sayeret Matkal), était premier ministre de juillet 1999 à mars 2001. Remplacé par Ariel Sharon, il s’installe aux États-Unis comme conseiller pour Electronic Data Systems et pour SCP Partners, une compagnie écran du Mossad spécialisée dans les questions de sécurité qui, avec ses partenaires Metallurg Holdings et Advanced Metallurgical, avait la capacité de produire de la nano-thermite. SCP Partners disposait d’un bureau à moins de dix kilomètres d’Urban Moving Systems. Une heure après la désintégration des tours, Ehud Barak est sur le plateau de BBC World pour désigner Ben Laden comme principal suspect(Bollyn, Solving 9-11, p. 278-280).

200 espions experts en explosifs

Peu de gens, même parmi les 9/11 Truthers, connaissent cette histoire d’ « Israéliens dansants » (on attend toujours, par exemple, que l’association Reopen 9/11 en parle sur son site francophone, pourtant très pointus sur tous les autres aspects du dossier). Peu de gens également savent qu’à la date des attentats, les polices fédérales US étaient occupées à démanteler le plus vaste réseau d’espionnage israélien jamais identifié sur le sol états-unien. En mars 2001, le National CounterIntelligence Center (NCIC) avait posté ce message sur son site web : « Durant les dernières six semaines, des employés des bureaux fédéraux situés dans tout les États-Unis ont signalé des activitées suspectes liées à des individus se présentant comme des étudiants étrangers vendant ou livrant des œuvres d’art. » Le NCIC précise que ces individus, de nationalité israélienne, « se sont également rendus aux domiciles privés d’officiers fédéraux sous le prétexte de vendre des objets artistiques [13]. »

Puis dans l’été, la Drug Enforcement Agency (DEA), après avoir été visée par un grand nombre d’incidents de ce type, compila un rapport qui sera révélé au public par le Washington Post le 23 novembre 2001, puis dans Le Monde le 14 mars 2002, avant d’être rendu entièrement accessible par le magazine français Intelligence Online. Ce rapport liste 140 Israéliens appréhendés depuis mars 2001. Âgés entre 20 et 30 ans et organisés en équipes de 4 à 8 membres, ils ont visité au moins « 36 sites sensibles du Département de la Défense ». Nombres d’entre eux furent identifiés comme membres du Mossad ou du Aman (renseignement militaire israélien), et six étaient en possession de téléphones payés par un ancien vice-consul israélien. Soixante arrestations eurent encore lieu après le 11-Septembre, ce qui porte à 200 le nombre d’espions Israéliens arrêtés. Tous furent finalement relâchés.

Michael Chertoff, citoyen israélien, fils d’un rabbin orthodoxe et d’une pionnière du Mossad, dirigeait la Criminal Division du Department of Justice en 2001, et fut à ce titre responsable de la rétention et destruction de toutes les preuves concernant le 11-Septembre — des caméras du Pentagone aux poutres du World Trade Center. C’est à lui également que les « Israéliens dansants » doivent leur discret rapatriement. En 2003, il fut nommé à la tête du nouveau Department of Homeland Security, chargé du contre-terrorisme sur le territoire états-unien, ce qui lui permet de contrôler la dissidence tout en continuant à restreindre l’accès au dossier du 11-Septembre à travers la loi Sensitive Security Information.

Le rapport de la DEA conclut que « la nature des comportements des individus […] nous conduit à penser que les incidents constituent peut-être une activité de collecte de renseignement [14]. » Mais la nature des renseignements collectés reste inconnue. Il se pourrait qu’en fait l’espionnage n’ait été qu’une couverture secondaire — un sous-vêtement — de ces Israeli art students, si l’on considère les formations militaires reçues par certains comme demolition/explosive ordnance expert, combat engineer, bomb disposal expert, electronic signal intercept operator, selon la DEA. L’un des agents arrêtés, Peer Segalovitz, « a reconnu qu’il était capable de faire exploser des bâtiments, des ponts, des voitures, et tout ce qu’il voulait [15]. » Pourquoi ces agents israéliens auraient-ils fait diversion sur leur véritable mission par une campagne d’espionnage aussi ostentatoire qu’improductive, curieusement concentrée sur la Drug Enforcement Agency ? La réponse à cette question est suggérée par un lien troublant, de nature géographique, entre ce réseau et les attentats du 11-Septembre.

Selon le rapport de la DEA, « La localité d’Hollywood en Floride semble être le point focal de ces individus [16]. » En effet, plus d’une trentaine des faux étudiants-espions israéliens arrêtés peu avant le 11 septembre vivaient dans ou près de la ville d’Hollywood en Floride, où s’étaient précisément regroupés 15 des 19 prétendus pirates de l’air islamistes (9 à Hollywood même, 6 à proximité). L’un d’eux, Hanan Serfaty, par qui transita au moins 100 000 dollars en trois mois, avait loué deux appartements à Hollywood à proximité immédiate de l’appartement et de la boite postale loués par Mohamed Atta, qu’on nous présentera comme le chef de la bande des pirates de l’air. Quels étaient les rapports entre les « espions israéliens » et les « terroristes islamistes » ? Selon l’explication embarrassée des médias alignés, les premiers ne faisaient que surveiller les seconds. Écoutons par exemple David Pujadas introduisant l’article d’Intelligence Online au journal télévisé du 5 mars 2002 sur France 2 : « Toujours à propos d’Israël, mais concernant l’Afghanistan maintenant, cette affaire d’espionnage, qui sème le trouble : un réseau israélien a été démantelé aux États-Unis, notamment en Floride : l’une de ses missions aurait été de pister les hommes d’Al-Qaïda (c’était avant le 11 septembre). Certaines sources vont même plus loin : elles indiquent que le Mossad n’aurait pas livré toutes les informations en sa possession. » Cette explication euphémique est un bel exemple de damage control. Israël en ressort à peine entachée, puisqu’on ne peut raisonnablement blâmer un service d’espionnage de ne pas partager ses informations. Tout au plus Israël pourra-t-il être accusé d’avoir « laissé faire », ce qui lui garantit l’impunité. Ainsi s’explique, à mon avis, la sous-couverture d’espions des faux étudiants israéliens, en réalité experts en attentats sous fausse bannière. En fait, leur couverture volontairement grossière d’étudiants était faite pour attirer l’attention sur leur couverture secondaire, celle d’espions, qui servirait d’alibi à leur proximité avec les pirates supposés.

Pourquoi Pujadas (propulsé au journal télévisé de France 2 tout juste une semaine avant le 11-Septembre) évoque-t-il l’Afghanistan, qui n’a aucun rapport avec l’information qu’il introduit ? Le lapsus ne peut être que volontaire et illustre « le grand tabou » dont parle Hicham Hamza : ne jamais mentionner le 11-Septembre et Israël dans la même phrase.

La vérité est probablement qu’ils n’espionnaient pas ces pirates, mais qu’ils les manipulaient, les finançaient, et probablement les ont éliminés peu avant le 11-Septembre. Un article du New York Times du 18 février 2009 a établi qu’Ali al-Jarrah, cousin d’un pirate présumé du vol UA93, Ziad al-Jarrah, avait été pendant 25 ans espion pour le Mossad, infiltré dans la résistance palestinienne et dans le Hezbollah depuis 1983. Il est actuellement en prison au Liban. Rappelons également que le Mohamed Atta de Floride était un faux. Le vrai Mohamed Atta, qui téléphona à son père au lendemain des attentats (comme ce dernier le confirma au magazine allemand Bild am Sonntag fin 2002), est décrit par sa famille comme réservé, pieux, évitant les femmes et ayant la phobie des avions. Il s’était fait voler son passeport en 1999 alors qu’il étudiait l’architecture à Hambourg. Le faux Mohamed Atta de Floride vivait avec une strip-teaseuse, mangeait du porc, aimait les voitures rapides, les casinos et la cocaïne. Comme l’a rapporté le South Florida Sun-Sentinel dès le 16 septembre (sous le titre « Suspects’ Actions Don’t Add Up » (« Les comportements des suspects ne collent pas »), suivi par de nombreux quotidiens nationaux, ce Atta s’est saoulé, drogué et a payé les services de plusieurs prostituées dans les semaines et les jours précédant le 11-Septembre, et quatre autres des terroristes suicidaires ont eu des comportements similaires peu compatibles avec des islamistes se préparant à la mort [17].

Le réseau new-yorkais

Selon l’agent renégat Victor Ostrovsky (By Way of Deception, 1990), le Mossad tire son efficacité de son réseau international de sayanim (« collaborateurs »), terme hébreu désignant des juifs vivant hors d’Israël et prêts à accomplir sur demande des actions illégales, sans nécessairement connaître leur finalité. Ils se comptent par milliers aux États-Unis, et particulièrement à New York, où se concentre la communauté juive US. Larry Silverstein, titulaire du bail des tours jumelles depuis avril 2001, apparaît comme l’archétype du sayan du 11-Septembre. Il est membre dirigeant de la United Jewish Appeal Federation of Jewish Philanthropies of New York, le plus grand leveur de fonds américains pour Israël (après l’État US, qui verse chaque année trois milliards d’aide à Israël). Silverstein était aussi, au moment des attentats, l’ami intime d’Ariel Sharon et de Benjamin Netanyahou, avec qui il est en conversation téléphonique chaque dimanche, selon le journal israélien Haaretz. Le partenaire de Silverstein dans le bail du WTC était, pour le centre commercial du sous-sol, Frank Lowy, un autre « philanthrope » sioniste proche d’Ehud Barak et Ehud Olmert, ancien membre de la Haganah. Le chef de la New York Port Authority, qui privatisa le WTC en concédant le bail à Silverstein et Lowy, était Lewis Eisenberg, également membre de la United Jewish Appeal Federation et ancien vice-président de l’AIPAC. Silverstein, Lowy et Eisenberg furent sans aucun doute trois hommes clés dans la planification des attentats contre les tours jumelles.

Lucky Larry ! Chaque matin, sans exception, Larry Silverstein prenait son petit-déjeuner au Windows on the World au sommet de la tour Nord du WTC. Jusqu’au matin du 11 septembre, où il avait rendez-vous chez le dermatologue.

D’autres membres du réseau new-yorkais peuvent être identifiés. Selon le rapport du NIST, le Boeing qui s’encastra dans la tour Nord « a fait une entaille de plus de la moitié de la largeur du bâtiment et qui s’étendait du 93ème au 99ème étage. Tous ces étages étaient occupés par Marsh & McLennan, une compagnie d’assurance internationale qui occupait également le 100ème étage [18]. » Le PDG de Marsh & McLennan est alors Jeffrey Greenberg, membre d’une richissime famille juive qui contribua massivement à la campagne de George W. Bush. Les Greenberg étaient aussi les assureurs des tours jumelles et, le 24 juillet 2001, ils avaient pris la précaution de réassurer leur contrat auprès de concurrents, qui durent indemniser Silverstein et Lowy. Et comme le monde des néoconservateurs est petit, en novembre 2000, le conseil d’administration de Marsh & McLennan accueille Paul Bremer, président de la National Commission on Terrorism au moment des attentats, et nommé en 2003 à la la tête de la Coalition Provisional Authority (CPA) en 2003

Paul Bremer intervient le 11 septembre 2001 sur le plateau de NBC, calme et détendu, tandis que 400 employés de sa compagnie sont portés disparus (au final, 295 employés et plus de 60 collaborateurs du groupe seront officiellement dénombrés parmi les victimes).

Des complicités devront aussi être cherchées dans les aéroports et les compagnies aériennes impliquées dans les attentats. Les deux aéroports d’où sont partis les vols AA11, UA175 et UA93 (l’aéroport Logan à Boston et l’aéroport Newark Liberty près de New York) sous-traitaient leur sécurité à la compagnie International Consultants on Targeted Security (ICTS), une firme à capital israélien présidée par Menahem Atzmon, un des trésoriers du Likoud. Une enquête approfondie permettrait certainement de remonter à d’autres complicités. Elle devrait par exemple s’intéresser à Zim Israel Navigational, un géant du transport maritime détenu à 48 % par l’État hébreu (connu pour servir occasionnellement de couverture aux services secrets israéliens), dont l’antenne états-unienne quitta ses bureaux du WTC avec ses 200 employés le 4 septembre 2001, une semaine avant les attentats — « comme par un acte de Dieu [19] », commente le PDG Shaul Cohen-Mintz.

It’s the oil, stupid !

Tous ces faits donnent un sens nouveau aux propos du membre de la Commission sur le 11-Septembre Bob Graham, qui citait dans son interview à PBS en décembre 2002, « des preuves que des gouvernements étrangers ont contribué à faciliter les activités d’au moins certains des terroristes aux États-Unis [20]. » Graham, bien sûr, voulait parler de l’Arabie saoudite. Pourquoi la famille Saoud aurait-elle aidé Oussama Ben Laden, après l’avoir déchu de sa nationalité saoudienne et avoir mis sa tête à prix pour ses attentats sur leur sol ? La réponse de Graham, formulée en juillet 2011, est : « la menace de soulèvements sociaux contre la monarchie, conduits par Al-Qaïda [21]. » Les Saoud auraient aidé Ben Laden sous sa menace de fomenter une révolution. Cette théorie ridicule (que Graham, à court d’argument, développa dans un roman) [22] n’a qu’un seul but : détourner les soupçons loin du seul « gouvernement étranger » dont les liens avec les terroristes présumés sont démontrés, Israël, vers son ennemi l’Arabie Saoudite. On sourit pareillement en lisant, dans le résumé du livre La Guerre d’après (2003) de l’anti-saoudien Laurent Murawiec, que « Le pouvoir royal [saoudien] a réussi au fil des ans à infiltrer des agents d’influence au plus haut niveau de l’administration américaine et à organiser un efficace lobby intellectuel qui contrôle désormais plusieurs universités du pays parmi les plus prestigieuses [23]. »

En affirmant en outre que la piste saoudienne a été étouffée en raison de l’amitié entre les Bush et les Saoud, Graham et ses amis néconservateurs se servent de George W. Bush comme fusible ou paratonnerre. La stratégie paye, puisque le 9/11 Truth movement, dans son ensemble, s’acharne contre lui et renacle à prononcer le nom d’Israël. On reconnaît l’art de Machiavel : faire accomplir le sale boulot par un autre, puis diriger la vindicte populaire contre lui.

Comme je l’ai montré ailleurs, une dénomination plus appropriée pour les « néo-conservateurs » serait « machiavelo-sionistes ». Michael Ledeen en donne la preuve dans un article de la {Jewish World Review} du 7 juin 1999, où il défend la thèse que Machiavel était « secrètement juif » comme l’étaient à l’époque des milliers de familles nominalement converties au catholicisme sous menace d’expulsion (principalement les Marranes issus de la péninsule ibérique). « Écoutez sa philosophie politique et vous entendrez la musique juive » Par définition, le machiavélisme avance masqué par un discours vertueux (c.a.d. droit-de-l’hommiste), mais un nombre croissant de sionistes s’en réclament ouvertement : un autre exemple avec le livre d’Obadiah Shoher, « Samson Blinded : A Machiavellian Perspective on the Middle East Conflict ».

Le jour où, sous la pression de l’opinion publique, les grands médias seront forcés d’abandonner la thèse officielle, le mouvement constestataire aura déjà été soigneusement infiltré, et le slogan 9/11 is an inside job aura préparé les esprits à un déchaînement contre Bush, Cheney et quelques autres, tandis que les néonconservateurs resteront hors d’atteinte de toute Justice. Et si, par malheur, le jour du grand déballage, les médias sionisés ne parvenaient pas à maintenir Israël hors d’atteinte, l’État hébreu pourra toujours jouer la carte chomskienne : America made me do it. Noam Chomsky [24], qui campe à l’extrême gauche depuis que le trotskiste Irving Kristol virait à l’extrême droite pour former le mouvement néoconservateur, continue en effet d’asséner sans relâche la thèse éculée qu’Israël ne fait qu’exécuter la volonté des États-Unis, dont elle ne serait que le 51ème État et le gendarme au Proche-Orient.

Selon Chomsky et les figures médiatisées de la gauche radicale états-unienne comme Michael Moore, la déstabilisation du Proche-Orient serait la volonté de Washington avant d’être celle de Tel-Aviv. La guerre d’Irak ? Pour le pétrole évidemment : « Bien sûr que c’était les ressources énergétiques de l’Irak. La question ne se pose même pas [25]. » Signe des temps, voilà Chomsky rejoint dans ce refrain par Alan Greenspan, directeur de la Réserve Fédérale, qui dans son livre Le Temps des turbulences (2007) fait mine de concéder « ce que tout le monde sait : l’un des grands enjeux de la guerre d’Irak était le pétrole de la région ».

« Je crois personnellement qu’il y a une relation profonde entre les événements du 11-Septembre et le pic pétrolier, mais ce n’est pas quelque-chose que je peux prouver, » énonce déjà Richard Heinberg, spécialiste de la déplétion énergétique, dans le documentaire {Oil, Smoke and Mirrors}{.} Autant dire que la thèse relève de la foi irrationnelle.

À cela il faut répondre, avec James Petras (Zionism, Militarism and the Decline of US Power), Stephen Sniegoski (The Transparent Cabal) ou Jonathan Cook (Israel and the Clash of Civilizations) : « Big Oil non seulement n’a pas encouragé l’invasion, mais n’a même pas réussi à contrôler un seul puits de pétrole, malgré la présence de 160 000 soldats états-uniens, 127 000 mercenaires payés par le Pentagone et le Département d’ État, et un gouvernement fantoche corrompu [26] ». Non, le pétrole n’explique pas la guerre en Irak, pas plus qu’il n’explique la guerre en Afghanistan, pas plus qu’il n’explique l’agression de la Syrie par mercenaires interposés, pas plus qu’il n’explique la guerre programmée contre l’Iran. Et ce n’est certainement pas le lobby du pétrole qui a le pouvoir d’imposer le « grand tabou » sur toute la sphère médiatique (de Marianne aux Échos, pour ce qui concerne la France).

La culture israélienne de la terreur sous fausse bannière

Un petit rappel s’impose ici, pour mieux situer le 11-Septembre dans l’histoire. Les Etats-uniens ont une longue pratique dans la fabrication des faux prétextes de guerre. On pourrait remonter à 1845 avec la guerre expansionniste contre le Mexique, déclenchée par des provocations américaines sur la zone contestée de la frontière avec le Texas (la rivière Nueces selon le Mexique, le Rio Grande selon les Texans) jusqu’à ce que des affrontements donnent au président James Polk (un Texan) l’occasion de déclarer que les Mexicains « ont versé le sang américain sur le sol américain. » Après la guerre, un député du nom d’Abraham Lincoln fit reconnaître par le Congrès le caractère mensonger de ce casus belli. Par la suite, toutes les guerres entreprises par les États-Unis l’ont été sous de faux prétextes : l’explosion du USS Maine pour la guerre contre l’Espagne à Cuba, le torpillage du Lusitania pour l’entrée dans la Première Guerre mondiale, Pearl Harbor pour la seconde, et le Golfe du Tonkin pour l’embrasement du Nord-Vietnam. Cependant, seule l’explosion du USS Maine, qui fit peu de morts, relève à proprement parler du stratagème de fausse bannière  ; encore n’est-ce pas certain.

Le paquebot transatlantique {RMS Lusitania} fut torpillé le 7 mai 1915 par les Allemands, alors qu’il naviguait dans une zone de guerre. C’est par le slogan {Remember the Lusitania} que le président Woodrow Wilson mobilisa ensuite l’opinion US en faveur de l’entrée en guerre. Le fait qu’une seule torpille ait suffi à couler le navire en quinze minutes suscite des questions. Dans son journal, le colonel Mendel Edward House, conseiller de Wilson, rapporte une conversation qu’il eut peu avant avec le ministre des Affaires étrangères britannique Edward Grey (qui deviendra en 1919 ambassadeur aux États-Unis). « Que feraient les Américains si les Allemands coulait un transatlantique avec des passagers américains à bord ? » demanda Grey. House lui répondit : « Je pense qu’un feu d’indignation balaierait les États-Unis et que cela suffirait à nous entraîner dans la guerre »

En revanche, c’est un fait qu’Israël a un passé chargé et une grande expertise des attaques et attentats sous faux drapeaux. Une histoire mondiale de ce stratagème devrait sans doute consacrer la moitié de ses pages à Israël, pourtant la plus jeune des nations modernes. Le pli a été pris avant même la création d’Israël, avec l’attentat du King David Hotel, quartier-général des autorités britanniques à Jérusalem. Le 22 juillet 1946 au matin, six terroristes de l’Irgun (la milice terroriste commandée par Menahem Begin, futur premier ministre) habillés en Arabes pénètrent dans le bâtiment et déposent autour du pillier central du bâtiment 225 kg d’explosif TNT cachés dans des bidons de lait, tandis que d’autres miliciens de l’Irgun répandent des explosifs le long des routes d’accès à l’hôtel pour empêcher l’arrivée des secours. Quand un officier britannique se montre suspicieux, une fusillade éclate dans l’hôtel et les membres du commando s’enfuient en allumant les explosifs. L’explosion tua 91 personnes, majoritairement des Britanniques, mais aussi 15 juifs.

Le stratagème fut répété en Égypte durant l’été 1954, avec l’Opération Susannah, dont le but était de compromettre le retrait des Britanniques du Canal de Suez exigé par le colonel Abdul Gamal Nasser avec le soutien du président Eisenhower. Cette opération fut également éventée et reste connu comme « l’Affaire Lavon », du nom du ministre israélien qui fut porté responsable. La plus célèbre et la plus calamiteuse des attaques israéliennes sous fausse bannière est celle du navire américain de la NSA USS Liberty, le 8 juin 1967 au large de l’Égypte, deux jours avant la fin de guerre des Six Jours ; on y voit déjà à l’œuvre une collaboration profonde entre Israël et les USA, l’administration Johnson ayant couvert et peut-être même incité ce crime contre ses propres ingénieurs et soldats. J’ai évoqué ces deux affaires dans un précédent article et n’y reviens pas [27].

En 1986, le Mossad a tenté de faire croire qu’une série d’ordres terroristes était transmise depuis la Libye à diverses ambassades libyennes dans le monde. Selon l’ancien agent Victor Ostrovsky (By Way of Deception, 1990), le Mossad utilisa un système spécial de communication nommé « Cheval de Troie » implanté par des commandos à l’intérieur du territoire ennemi. Le système agit comme station relais pour de fausses transmissions émises depuis un navire israélien et réémises instantanément sur une fréquence utilisée par l’État libyen. Ainsi que le Mossad l’avait espéré, la NSA capta et déchiffra les transmissions, qui furent interprétées comme une preuve que les Libyens soutenaient le terrorisme, ce que des rapports du Mossad venaient opportunément confirmer. Israël comptait sur la promesse de Reagan de représailles contre tout pays surpris en flagrant délit de soutien au terrorisme. Les États-uniens tombèrent dans le piège et entraînèrent avec eux les Britanniques et les Allemands : le 14 avril 1986, cent soixante avions US lâchèrent plus de soixante tonnes de bombes sur la Libye, ciblant principalement les aéroports et les bases militaires. Parmi les victimes civiles du coté libyen se trouvait la fille adoptive de Kadhafi, âgée de quatre ans. La frappe fit capoter un accord pour la libération des otages états-uniens détenus au Liban, ce qui permettait de conserver le Hezbollah comme ennemi numéro un aux yeux de l’Occident.

Isser Harel, fondateur des services secrets israéliens, aurait prédit au chrétien sioniste Michael Evans en 1980 que le terrorisme islamique finirait par frapper les USA. « Dans la théologie islamique, le symbole phallique est très important. Votre plus gros symbole phallique est New York City et le plus haut bâtiment sera le symbole phallique qu’ils frapperont » En rapportant cet entretien dans une interview en 2004, Evans, auteur de « The American Prophecies, Terrorism and Mid-East Conflict Reveal a Nation’s Destiny », espère faire passer Harel pour un prophète. Les esprits rationnels y verront plutôt l’indice que le 11-Septembre mûrissait depuis 30 ans au sein de l’État profond israélien.

La capacité de manipulation du Mossad à cette époque peut encore être illustrée par deux histoires analysées par Thomas Gordon. Le 17 avril 1986, une jeune irlandaise du nom d’Ann-Marie Murphy embarque, à son insue, 1,5 kilos de Semtex dans un vol Londres-Tel-Aviv. Son fiancé, un Pakistanais du nom de Nezar Hindaoui, est arrêté alors qu’il tente de se réfugier à l’ambassade de Syrie. Tous deux ont en fait été manipulés par le Mossad, qui obtient ainsi le résultat souhaité : le gouvernement Thatcher rompt ses relations diplomatiques avec la Syrie. Mais la manipulation est éventée en haut lieu (comme Jacques Chirac le confiera au Washington Times) [28].

En janvier 1987, le Palestinien Ismaïl Sowan, une taupe du Mossad ayant infiltré l’OLP à Londres, se voit confier, par un inconnu soit-disant envoyé par son chef à l’OLP, deux valises bourrées d’armes et d’explosifs. Ismaïl en fait part à ses contacts au Mossad, qui lui font faire un aller-retour à Tel-Aviv, puis le dénonce à Scotland Yard comme suspect dans un projet d’attentat islamiste à Londres. Ismaïl est cueilli à son retour à l’aéroport d’Heathrow et inculpé sur la base des armes trouvées chez lui. Résultat : le Mossad rentre dans les faveurs du gouvernement Thatcher [29]. Après l’attentat du 26 février 1993 contre le WTC, le FBI arrêta le Palestinien Ahmed Ajaj et l’identifia comme un terroriste lié au Hamas, mais le journal israélien Kol Ha’ir démontra qu’Ajaj n’avait jamais été mêlé au Hamas ou à l’OLP. Selon le journaliste Robert Friedman, auteur d’un article dans The Village Voice le 3 août 1993, Ajaj n’était en réalité qu’un petit escroc arrêté en 1988 pour fabrication de faux dollars, condamné à deux ans et demi de prison et libéré au bout d’un an après un marché avec le Mossad, pour le compte duquel il devait infiltrer les groupes palestiniens. À sa libération, Ajaj subit un sheep-dipping classique en étant à nouveau brièvement emprisonné, cette fois pour avoir tenté de passer des armes en Cisjordanie pour le Fatah. On a donc, avec l’attentat de 1993 contre le WTC, un précédent et prototype du 11-Septembre, dans lequel sont démontrées la responsabilité d’Israël dans le terrorisme et sa volonté de faire accuser les Palestiniens.

L’attentat contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires en 1992, qui fit 29 morts et 242 blessés, fut instantanément mis sur le compte de kamikazes du Hezbollah ayant utilisé un camion piégé. Mais le juge chargé de l’instruction révéla des pressions exercées par des délégués états-uniens et israéliens, ainsi que des manipulations de preuves et un faux témoignage destinés à orienter l’enquête vers l’hypothèse d’un camion piégé, alors que les faits indiquaient que l’explosion provenait de l’intérieur du bâtiment. Lorsque la Cour Suprême argentine confirma cette thèse, le porte-parole de l’ambassade d’Israël accusa les juges d’antisémitisme.

Il est intéressant de rappeler ce qu’écrivit Philip Zelikow avec John Deutch en décembre 1998 dans un article de Foreign Affairs intitulé « Catastrophic Terrorism », imaginant à propos de cet attentat de 1993 que la bombe fût nucléaire, et évoquant déjà un nouveau Pearl Harbor : « Un tel acte de ‘terrorisme catastrophique’ qui tuerait des milliers ou des dizaines de milliers et affecteraient les nécessités vitales de centaines de milliers, peut-être de millions, serait un point de non-retour dans l’histoire des États-Unis. Il pourrait provoquer des pertes humaines et matérielles sans précédent en temps de paix et réduirait à néant le sentiment de sécurité de l’Amérique à l’intérieur de ses frontières, d’une manière similaire au test atomique des Soviétique en 1949, ou peut-être pire. […]. Comme Pearl Harbor, cet événement diviserait notre histoire entre un avant et un après. Les États-Unis pourraient répondre par des mesures draconniennes, en réduisant les libertés individuelles, en autorisant une surveillance plus étroite des citoyens, l’arrestation des suspects et l’emploi de la force létale [30]. »

Le 12 janvier 2000, selon l’hebdomadaire indien The Week, des officiers des Renseignements indiens ont arrêté à l’aéroport de Calcutta onze prêcheurs islamistes qui s’apprêtaient à embarquer sur un vol à destination du Bengladesh. Ils étaient soupçonnés d’appartenir à Al-Qaïda et de vouloir détourner l’avion. Ils se présentèrent comme des Afghans ayant séjourné en Iran avant de passer deux mois en Inde pour prêcher l’islam. Mais on découvrit qu’ils possédaient tous des passeports israéliens. L’officier des services de Renseignement indien déclara à The Week que Tel Aviv « exerted considerable pressure » sur New Delhi pour les faire libérer.

Le 12 octobre 2000, dans les dernières semaines du mandat de Clinton, le destroyer USS Cole, en route vers le Golfe persique, reçoit l’ordre depuis son port d’attache de Norfolk de faire le plein dans le port d’Aden au Yémen, une procédure inhabituelle puisque ces destroyers sont généralement approvisionnés en mer par un pétrolier de la Navy. Le commandant du navire exprima sa surprise et son inquiétude : le USS Cole avait fait récemment le plein à l’entrée du Canal de Suez, et le Yémen est une zone hostile. Le USS Cole était en manœuvre d’amarrage lorsqu’il fut abordé par un dinghy destiné apparemment à l’évacuation des poubelles, qui explosa contre sa coque, tuant 17 marins et en blessant 50. Les deux « kamikazes » pilotant l’embarcation périrent aussi dans cet « attentat-suicide ». L’attaque fut aussitôt attribuée à Al-Qaïda, bien que Ben Laden ne l’ait pas revendiquée et que les Talibans nièrent que leur « hôte » ait pu être impliqué. L’accusation donna aux États-Unis un prétexte pour forcer le président yéménite Ali Abdullah Saleh à coopérer à la lutte contre l’islamisme anti-impérialiste, en fermant pour commencer treize camps paramilitaires sur son territoire. En plus de cela, quelques semaines avant les élections, l’attentat fut l’October Surprise qui porta Bush au pouvoir.

John O’Neill fut chargé de l’enquête. Au FBI depuis vingt ans, spécialiste expérimenté du contre-terrorisme, il avait déjà enquêté en 1993 sur l’attentat à la bombe au WTC. Son équipe en vint à soupçonner Israël d’avoir tiré un missile depuis un sous-marin : le trou était en effet indicatif d’une charge perforante et inexplicable par la seule explosion du dinghy. Les soupçons étaient partagés par le président Saleh, qui évoqua dans une interview à Newsweek la possibilité que l’attaque soit due à Israël, « essayant de nuire aux relations USA-Yémen [31]. » O’Neill et son équipe subirent l’hostilité de l’ambassadrice US, Barbara Bodine. Ils se virent interdire de plonger pour inspecter les dégâts. Finalement, profitant de leur retour à New York pour Thanksgiving, Bodine leur refusa l’entrée au Yémen. Les membres de l’équipage du Cole se virent ordonner de ne parler de l’attentat qu’au Naval Criminal Investigative Service (NCIS). En juillet 2001, O’Neill démissionna du FBI. Il se vit peu après offrir un poste de responsable de la sécurité au WTC, qu’il devait assurer à partir du 11 septembre 2001. Son corps fut retrouvé dans les décombres du WTC, après qu’il ait disparu depuis deux jours. Quant à Barbara Bodine, elle intégrera en 2003 l’équipe corrompue de la Coalition Provisional Authority (CPA) de Baghdad.

Où s’arrête la liste du faux terrorisme islamique de conception sioniste ? Le « New York Times » et d’autres journaux rapportèrent que le 19 septembre 2005, deux agents des forces spéciales britanniques (SAS) furent arrêtés après avoir forcé un barrage à bord d’une voiture remplie d’armes, munitions, explosifs et détonateurs, qu’ils conduisaient déguisés en Arabes. On soupçonne qu’ils planifiaient de commettre des attentats meurtriers dans le centre de Bassora durant un événement religieux, pour attiser les conflits entre shiites et sunnites. Le soir même, une unité du SAS libéra les deux agents en détruisant la prison à l’aide d’une dizaine de tanks assistés par des hélicoptères. Le capitaine Masters, chargé de l’enquête sur cette affaire embarrassante, mourut à Bassora le 15 octobre.

[1] Article original en italien : « Demystifying 9/11 : Israel and the Tactics of Mistake »,

[2] “Wildcard. Ruthless and cunning. Has capability to target U.S. forces and make it look like a Palestinian/Arab act” (Rowan Scarborough, « U.S. troops would enforce peace Under Army study », The Washington Times, 10 septembre 2001, ).

[3] Outre le livre de Hicham Hamza et celui de Christopher Bollyn, on consultera sur ce dossier : Justin Raimondo, The Terror Enigma : 9/11 and the Israeli Connection, iUniversal, 2003 ainsi qu’à un article de Christopher Ketcham, « What Did Israel Know in Advance of the 9/11 Attacks ? » CounterPunch, 2007, vol. 14, p. 1-10, ).

[4] « Vehicle possibly related to New York terrorist attack. White, 2000 Chevrolet van with New Jersey registration with ’Urban Moving Systems’ sign on back seen at Liberty State Park, Jersey City, NJ, at the time of first impact of jetliner into World Trade Center. Three individuals with van were seen celebrating after initial impact and subsequent explosion » (Raimondo, The Terror Enigma, p. xi).

[5] « We are Israelis. We are not your problem. Your problems are our problems. The Palestinians are your problem » (Hicham Hamza, Le Grand Tabou, ch. 2).

[6] « There are maps of the city in the car with certain places highlighted. It looked like they’re hooked in with this. It looked like they knew what was going to happen when they were at Liberty State Park » (Raimondo, The Terror Enigma, p. xi).

[7] « I was in tears. These guys were joking and that bothered me » (Raimondo, The Terror Enigma, p. 19 ). Hamza, Le Grand Tabou, ch. 2.

[8] « They smiled, they hugged each other and they appeared to ‘high five’ one another » ; « the United States will take steps to stop terrorism in the world » ; « Give us twenty years and we’ll take over your media and destroy your country » ; « an individual in South America with authentic ties to Islamic militants in the middle east » ; « The vehicule was also searched by a trained bomb-sniffing dog which yielded a positive result for the presence of explosive traces » (Hamza, Le Grand Tabou, ch. 2).

[9] « that the FBI no longer has any investigative interests in the detainees and they should proceed with the appropriate immigration proceedings » (Hamza, Le Grand Tabou, ch. 2).

[10] “Our purpose was to document the event” (voir sur Youtube, « Dancing Israelis Our purpose was to document the event »).

[11] « Yes, we have a white van, 2 or 3 guys in there, they look like Palestinians and going around a building. […] I see the guy by Newark Airport mixing some junk and he has those sheikh uniforms. […] He’s dressed like an Arab » (Bollyn, Solving 9-11, p. 278-80).

[12] « Yes, we have a white van, 2 or 3 guys in there, they look like Palestinians and going around a building. […] I see the guy by Newark Airport mixing some junk and he has those sheikh uniforms. […] He’s dressed like an Arab » (Bollyn, Solving 9-11, p. 278-80).

[13] In the past six weeks, employees in federal office buildings located throughout the United States have reported suspicious activities connected with individuals representing themselves as foreign students selling or delivering artwork.” “these individuals have also gone to the private residences of senior federal officials under the guise of selling art.” Le rapport comlet de la DEA est sur

[14] “The nature of the individuals’ conducts […] leads us to believe the incidents may well be an organized intelligence gathering activity” (Raimondo, The Terror Enigma, p. x).

[15] “acknowledged he could blow up buildings, bridges, cars, and anything else that he needed to” (Bollyn, Solving 9/11, p. 159).

[16] The Hollywood, Florida, area seems to be a central point for these individuals” (Raimondo, The Terror Enigma, p. 3).

[17] David Ray Griffin, 9/11 Contradictions, Arris Books, 2008, p. 142-156, citant le Daily Mail, le Boston Herald, le San Francisco Chronicle et le Wall Street Journal.

[18] « The aircraft cut a gash that was over half the width of the building and extended from the 93rd floor to the 99th floor. All but the lowest of these floors were occupied by Marsh & McLennan, a worldwide insurance company, which also occupied the 100th floor » (p. 20). Ces éléments ont été analysés par Lalo Vespera dans La Parenthèse enchantée, chapitre 10.

[19] « Like an act of God, we moved » (USA Today, 17 septembre 2001).

[20] “evidence that there were foreign governments involved in facilitating the activities of at least some of the terrorists in the United States” (Raimondo, The Terror Enigma, p. 64).

[21] « the threat of civil unrest against the monarchy, led by al Qaeda » » (« Saudi Arabia : Friend or Foe ? », The Daily Beast, 11 juillet 2011).

[22] The Keys to the Kingdom, Vanguard Press, 2011.

[23] Résumé d’Amazon.ca

[24] « Le contrôle des dégâts : Noam Chomsky et le conflit israélo-israélien » et « Contrairement aux théories de Chomsky, les États-Unis n’ont aucun intérêt à soutenir Israël », par Jeffrey Blankfort, Traduction Marcel Charbonnier, Réseau Voltaire, 30 juillet et 21 août 2006,

[25] “Of course it was Iraq’s energy resources. It’s not even a question” (cité dans Stephen Sniegoski, The Transparent Cabal : The Neoconservative Agenda, War in the Middle East, and the National Interest of Israel, Enigma Edition, 2008, p. 333).

[26] « ‘Big Oil’ not only did not promote the invasion, but has failed to secure a single oil field, despite the presence of 160,000 US troops, 127,000 Pentagon/State Department paid mercenaries and a corrupt puppet régime » (James Petras, Zionism, Militarism and the Decline of US Power, Clarity Press, 2008, p. 18).

[27] http://www.voltairenet.org/article1…

[28] Gordon Thomas, Histoire secrète du Mossad : de 1951 à nos jours, Nouveau Monde éditions, 2006, p. 384-5.

[29] Thomas, Histoire secrète du Mossad, p. 410-41.

[30] “An act of catastrophic terrorism that killed thousands or tens of thousands of people and/or disrupted the necessities of life for hundreds of thousands, or even millions, would be a watershed event in America’s history. It could involve loss of life and property unprecedented for peacetime and undermine Americans’ fundamental sense of security within their own borders in a manner akin to the 1949 Soviet atomic bomb test, or perhaps even worse. […] Like Pearl Harbor, the event would divide our past and future into a before and after. The United States might respond with draconian measures scaling back civil liberties, allowing wider surveillance of citizens, detention of suspects and use of deadly force” (Griffin, 9/11 Contradictions, p. 295-6).

[31] trying to spoil the U.S.-Yemeni Relationship

21 juillet 2016

Dans une enquête publiée aujourd’hui, Libération accuse le ministre de l’Intérieur d’avoir menti s’agissant de la sécurisation de la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet dernier. Riposte immédiate de Bernard Cazeneuve : Libération utilise des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme» et cherche à l’atteindre «dans sa réputation». Dans un édito en forme de «c’est celui qui dit qui l’est», Johan Hufnagel, directeur délégué de Libération, suggère que c’est Bernard Cazeneuve qui est victime d’«une poussée de complotisme».

Première observation : on peut regretter que le ministre de l’Intérieur ne se soit pas abstenu d’user du terme «complotisme» sans préciser la différence de nature qu’il peut y avoir entre un journal comme Libération et les médias authentiquement complotistes qui prolifèrent sur la Toile. Surtout dans un moment où la prévention «des risques d’emprise complotiste» est constitutive des actions que le Gouvernement cherche à mettre en oeuvre pour lutter contre la radicalisation et le terrorisme.

Remarquons cependant que Bernard Cazeneuve n’accuse pas la rédaction de Libération d’être complotiste, comme le suggère le titre de l’édito de Johan Hufnagel. Dans un contexte où Libération lui reproche rien moins que d’avoir diffusé «un mensonge», de surcroît en une de son édition, le locataire de la place Beauvau a cru devoir dénoncer des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme», ce qui n’est pas exactement la même chose que de mettre sur le même plan Libération et, mettons, Egalité & Réconciliation.

Le ministre a également laissé entendre que Libération était partie prenante «de campagnes politiques ou de presse qui visent à [l’] atteindre […] dans sa réputation». Etait-il vraiment nécessaire que Libération en tire prétexte pour accuser à son tour Bernard Cazeneuve de céder aux sirènes du complotisme ? Ne peut-on pas, là aussi, regretter l’usage d’un tel terme dirigé contre un ministre de la République qui ne saurait être confondu avec le premier théoricien du complot venu ? Ne peut-on, dans le même temps, trouver malvenue sa dénonciation de «campagnes de presse» là où, de toute évidence, Libération se contente d’assumer le rôle que lui assigne son statut d’acteur du quatrième pouvoir ?

Ni la presse ni le Gouvernement, cibles de choix des complotistes patentés, ne sortent grandis d’une telle séquence. Morale de l’histoire : cessons de gloser sur le complotisme présumé des uns et des autres à partir de matériaux aussi fragiles. Ne contribuons pas à faire du «complotisme» une étiquette infamante parmi d’autres. Utiliser ce mot de manière aussi peu fondée pour délégitimer un détracteur est en réalité une manière d’œuvrer à sa démonétisation et de rendre, au final, un fier service à tous ceux – vrais imposteurs et autres désinformateurs professionnels – qui prospèrent sur la montée contemporaine du complotisme.

Attentat de Nice : le retour des théories du complot

Metronews
16-07-2016 20:40

Policiers tués à Dallas: Attention, une violence peut en cacher une autre ! (The real danger behind the myths of the “Black Lives Matter” movement)

9 juillet, 2016

Fry'em

Pigs AADL Micah Xavier JohnsonBHOCharleston-Dallas
https://jcdurbant.files.wordpress.com/2015/10/homicidesbyrace.gif?w=450baby-killed-drive-by-shooting

I had feared that thousands of furious blond, blue-eyed women and their brunette sympathizers would take their rage into the streets, burning, killing and looting. While I don’t condone rioting, the historic and sociological reasons would have made such violence understandable. As one woman told me after the verdict: « For thousands of years, we have been putting up with abuse from large, strong, arrogant, evil-tempered men. « There is no group on Earth that has been kicked around the way women have. Since the dawn of history, we’ve been beaten, violated, enslaved, abandoned, stalked, pimped, murdered and even dissed by men. « Now this jury and the legal system have sent a clear message to society: It’s OK for men to cut our throats from ear to ear. » Mike Royko
« 60 % à 70 % » des détenus en France sont musulmans alors qu’ils représentent « à peine 12 % de la population totale du pays ». « Sur un continent où la présence des immigrés et de leurs enfants dans les systèmes carcéraux est généralement disproportionnée, les données françaises sont les plus flagrantes. En Grande-Bretagne, 11 % des prisonniers seraient musulmans, pour 3 % de la population. Une étude de l’ONG Open Society du milliardaire américain George Soros souligne de son côté qu’aux Pays-Bas, 20 % des détenus sont musulmans alors qu’ils représentent 5,5 % de la population, et, en Belgique, au moins 16 % de la population carcérale pour 2 % de la population totale. Les chiffres avancés ne sont pas officiels, car l’Etat français ne demande pas à ses citoyens de communiquer leur origine ou leur religion. En revanche, le quotidien affirme qu’il s’agit d’« estimations généralement acceptées » par les démographes et les sociologues. The Washington Post
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
Nous devons admettre le fait que ce type de violence n’arrive pas dans d’autres pays développés (…) Le fait que cela ait eu lieu dans une église noire soulève évidemment des questions sur une page sombre de notre histoire. Ce n’est pas la première fois que des églises noires ont été attaquées. Et nous savons que la haine entre les races et les religions posent une menace particulière pour notre démocratie et nos idéaux. Barack Hussein Obama (19.06.2015)
Je pense qu’il est très difficile de démêler les motivations de ce tireur. Par définition, si vous tirez sur des gens qui ne constituent aucune menace pour vous, vous avez un problème. Barack Hussein Obama (09.07.2016)
L’Amérique n’est pas aussi divisée qu’on le suggère (…)  L’individu dément qui a accompli ces attaques, il n’est pas plus représentatif des Noirs américains que le tireur de Charleston ne l’était des Américains blancs ou que le tireur d’Orlando ou de San Bernardino n’était représentatif des Américains musulmans. Barack Hussein Obama (09.07.2016)
It’s just not the police. (…) It’s a kind of anti-black mood, anti-semitism, anti-Muslim bashing, immigrant bashing, female bashing, a kind of mean spirited division in the country. (…) The poison of the rhetoric has had a devastating impact. (…) Just the permissiveness of violence towards black people is ready and apparent. We’ve being used as scapegoats for deeper economic and social fears. (…) It’s not just Trump, it’s the followers of Trump. Jessie Jackson
But what about all the other young black murder victims? Nationally, nearly half of all murder victims are black. And the overwhelming majority of those black people are killed by other black people. Where is the march for them? Where is the march against the drug dealers who prey on young black people? Where is the march against bad schools, with their 50% dropout rate for black teenaged boys? Those failed schools are certainly guilty of creating the shameful 40% unemployment rate for black teens? How about marching against the cable television shows constantly offering minstrel-show images of black youth as rappers and comedians who don’t value education, dismiss the importance of marriage, and celebrate killing people, drug money and jailhouse fashion—the pants falling down because the jail guard has taken away the belt, the shoes untied because the warden removed the shoe laces, and accessories such as the drug dealer’s pit bull. (…) There is no fashion, no thug attitude that should be an invitation to murder. But these are the real murderous forces surrounding the Martin death—and yet they never stir protests. The race-baiters argue this case deserves special attention because it fits the mold of white-on-black violence that fills the history books. Some have drawn a comparison to the murder of Emmett Till, a black boy who was killed in 1955 by white racists for whistling at a white woman. (…) While civil rights leaders have raised their voices to speak out against this one tragedy, few if any will do the same about the larger tragedy of daily carnage that is black-on-black crime in America. (…) Almost one half of the nation’s murder victims that year were black and a majority of them were between the ages of 17 and 29. Black people accounted for 13% of the total U.S. population in 2005. Yet they were the victims of 49% of all the nation’s murders. And 93% of black murder victims were killed by other black people, according to the same report. (…) The killing of any child is a tragedy. But where are the protests regarding the larger problems facing black America? Juan Williams
The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by. Shelby Steele
Would Trayvon be alive today had he been walking home—Skittles and ice tea in hand—wearing a polo shirt with an alligator logo? Possibly. And does this make the ugly point that dark skin late at night needs to have its menace softened by some show of Waspy Americana? Possibly. (…) Before the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steele
When we say fry them, we’re not speaking of killing a police officer…we’re saying, treat the police the same as you’re going to treat a civilian who commits murder against a police officer. Rashad Turner (Black lives matter activist)
Pour neutraliser l’homme suspecté d’avoir abattu plusieurs officiers, les forces de l’ordre américaines ont eu recours à une machine armée d’une bombe. Vendredi à l’aube, un sniper suspecté d’avoir tiré sur des policiers et retranché depuis des heures dans un bâtiment est finalement tué par un robot télécommandé, utilisé pour faire détoner une bombe. Micah Johnson, jeune Noir de 25 ans, avait servi dans l’armée américaine en Afghanistan. Sur son profil Facebook, il avait publié des images avec le slogan «Black Power» des extrémistes afro-américains des années 1960 et 1970. Il avait également ajouté la lettre «X» entre son prénom et son nom, probablement en référence à Malcolm X, leader noir opposé à la non-violence prônée par Martin Luther King. Pour neutraliser ce suspect armé, la police de Dallas disposait d’un robot Northrop Grumman Andros, conçu pour les équipes de démineurs et l’armée. (…) «C’est la première fois qu’un robot est utilisé de cette façon par la police», a assuré sur Twitter Peter Singer, de la fondation New America, un groupe de réflexion spécialisé notamment dans les questions de sécurité. Ce spécialiste des méthodes modernes de combat a précisé qu’un appareil baptisé Marcbot «a été employé de la même façon par les troupes en Irak». (…) Des chercheurs de l’université de Floride travaillent eux au développement de «Telebot», comparé dans certains articles au célèbre «Robocop» imaginé au cinéma. Destiné notamment à assister des policiers handicapés pour qu’ils puissent reprendre le service, Telebot a été conçu «pour avoir l’air intimidant et assez autoritaire pour que les citoyens obéissent à ses ordres» tout un gardant «une apparence amicale» qui rassurent «les citoyens de tous âges», selon un rapport d’étudiants de l’université de Floride. L’arrivée de robots aux armes létales dans la police suscite de nombreuses interrogations. L’ONG Human Rights Watch et l’organisation International Human Rights Clinic, qui dépend de l’université de Harvard, s’inquiétaient ainsi en 2014 du recours aux robots par les forces de l’ordre. Ces engins «ne sont pas dotés de qualités humaines, telles que le jugement et l’empathie, qui permettent à la police d’éviter de tuer illégalement dans des situations inattendues», écrivaient-elles dans un rapport. Si l’emploi des robotos armés était amené à se développer, le bouleversement anthropologique suscité serait considérable. Le Figaro
Violence in Chicago is reaching epidemic proportions. In the first five months of 2016, someone was shot every two and a half hours and someone murdered every 14 hours, for a total of nearly 1,400 nonfatal shooting victims and 240 fatalities. Over Memorial Day weekend, 69 people were shot, nearly one per hour, dwarfing the previous year’s tally of 53 shootings over the same period. The violence is spilling over from the city’s gang-infested South and West Sides into the downtown business district; Lake Shore Drive has seen drive-by shootings and robberies. The growing mayhem is the result of Chicago police officers’ withdrawal from proactive enforcement, making the city a dramatic example of what I have called the “Ferguson effect.” Since the shooting of Michael Brown in Ferguson, Missouri, in August 2014, the conceit that American policing is lethally racist has dominated the national airwaves and political discourse, from the White House on down. In response, cops in minority neighborhoods in Chicago and other cities around the country are backing off pedestrian stops and public-order policing; criminals are flourishing in the resulting vacuum. (…) Residents of Chicago’s high-crime areas are paying the price. (…) Through the end of May, shooting incidents in Chicago were up 53 percent over the same period in 2015, which had already seen a significant increase over 2014. Compared with the first five months of 2014, shooting incidents in 2016 were up 86 percent. Certain police districts saw larger spikes. The Harrison District on the West Side, encompassing West Humboldt Park, for example, had a 191 percent increase in homicides through the end of May. Shootings in May citywide averaged nearly 13 a day, a worrisome portent for summer. (…) Social breakdown lies behind Chicago’s historically high levels of violence. Fatherlessness in the city’s black community is at a cataclysmic level—close to 80 percent of children are born to single mothers in high-crime areas. Illegitimacy is catching up fast among Hispanics, as well. Gangs have stepped in where fathers are absent. A 2012 gang audit documented 59 active street gangs with 625 factions, some controlling a single block. Schools in gang territories go on high alert at dismissal time to fend off violence. Endemic crime has prevented the commercial development and gentrification that are revitalizing so many parts of Chicago closer to downtown; block after block on the South Side features a wan liquor store or check-cashing outlet, surrounded by empty lots and the occasional skeleton of a once-magnificent beaux-arts apartment complex or bank. Nonfunctioning streetlights, their fuse boxes vandalized, signal the reign of a local gang faction. (…) Public-order infractions, otherwise known as “Broken Windows” offenses, abound. Stand just a few minutes on a South or West Side thoroughfare, and someone will stride by hawking bootleg CDs or videos and loose cigarettes. Some law-abiding Chicagoans blame the rising violence on just such street disorder. (…) The drug trade is less overt but more ubiquitous than the trafficking in CDs and loosies. The majority of victims in the current crime wave are already known to the police. (…) But innocents, like the Lake Shore Drive robbery victims, are being attacked as well (…) Officers who try to intervene in this disorder face a virulent street situation, thanks to the current anti-cop ideology. “People are a hundred times more likely to resist arrest,” an officer who has worked a decade and a half on the South Side informs me. “People want to fight you; they swear at you. ‘Fuck the police, we don’t have to listen,’ they say. I haven’t seen this kind of hatred toward the police in my career.” (…) The “no-snitch” ethic of refusing to cooperate with the cops is the biggest impediment to solving crime, according to Chicago commanders. But the Black Lives Matter narrative about endemically racist cops has made the street dynamic much worse. A detective says: “From patrol to investigation, it’s almost an undoable job now. If I get out of my car, the guys get hostile right away and several people are taping [with cell phones].” Bystanders and suspects try to tamper with crime scenes and aggressively interfere with investigations. Additional officers may be needed during an arrest to keep angry onlookers away.  This volatile policing environment now exists in urban areas across the country. (…) Criminals have become emboldened by the police disengagement. “Gangbangers now realize that no one will stop them,” says a former high-ranking police official. And people who wouldn’t have carried a gun before are now armed, a South Side officer says. Heather Mac Donald
To judge from Black Lives Matter protesters and their media and political allies, you would think that killer cops pose the biggest threat to young black men today. But this perception, like almost everything else that many people think they know about fatal police shootings, is wrong. The Washington Post has been gathering data on fatal police shootings over the past year and a half to correct acknowledged deficiencies in federal tallies. The emerging data should open many eyes. For starters, fatal police shootings make up a much larger proportion of white and Hispanic homicide deaths than black homicide deaths. According to the Post database, in 2015 officers killed 662 whites and Hispanics, and 258 blacks. (The overwhelming majority of all those police-shooting victims were attacking the officer, often with a gun.) Using the 2014 homicide numbers as an approximation of 2015’s, those 662 white and Hispanic victims of police shootings would make up 12% of all white and Hispanic homicide deaths. That is three times the proportion of black deaths that result from police shootings. The lower proportion of black deaths due to police shootings can be attributed to the lamentable black-on-black homicide rate. There were 6,095 black homicide deaths in 2014—the most recent year for which such data are available—compared with 5,397 homicide deaths for whites and Hispanics combined. Almost all of those black homicide victims had black killers. Police officers—of all races—are also disproportionately endangered by black assailants. Over the past decade, according to FBI data, 40% of cop killers have been black. Officers are killed by blacks at a rate 2.5 times higher than the rate at which blacks are killed by police. Some may find evidence of police bias in the fact that blacks make up 26% of the police-shooting victims, compared with their 13% representation in the national population. But as residents of poor black neighborhoods know too well, violent crimes are disproportionately committed by blacks. According to the Bureau of Justice Statistics, blacks were charged with 62% of all robberies, 57% of murders and 45% of assaults in the 75 largest U.S. counties in 2009, though they made up roughly 15% of the population there. Such a concentration of criminal violence in minority communities means that officers will be disproportionately confronting armed and often resisting suspects in those communities, raising officers’ own risk of using lethal force. The Black Lives Matter movement claims that white officers are especially prone to shooting innocent blacks due to racial bias, but this too is a myth. A March 2015 Justice Department report on the Philadelphia Police Department found that black and Hispanic officers were much more likely than white officers to shoot blacks based on “threat misperception”—that is, the mistaken belief that a civilian is armed. (…) The Black Lives Matter movement has been stunningly successful in changing the subject from the realities of violent crime. The world knows the name of Michael Brown but not Tyshawn Lee, a 9-year-old black child lured into an alley and killed by gang members in Chicago last fall. Tyshawn was one of dozens of black children gunned down in America last year. (…) Those were black lives that mattered, and it is a scandal that outrage is heaped less on the dysfunctional culture that produces so many victims than on the police officers who try to protect them. Heather Mac Donald
However intolerable and inexcusable every act of police brutality is, and while we need to make sure that the police are properly trained in the Constitution and in courtesy, there is a larger reality behind the issue of policing, crime, and race that remains a taboo topic. The problem of black-on-black crime is an uncomfortable truth, but unless we acknowledge it, we won’t get very far in understanding patterns of policing. Every year, approximately 6,000 blacks are murdered. This is a number greater than white and Hispanic homicide victims combined, even though blacks are only 13 percent of the national population. Blacks are killed at six times the rate of whites and Hispanics combined. (…) The astronomical black death-by-homicide rate is a function of the black crime rate. Black males between the ages of 14 and 17 commit homicide at ten times the rate of white and Hispanic male teens combined. Blacks of all ages commit homicide at eight times the rate of whites and Hispanics combined, and at eleven times the rate of whites alone. (…) The nation’s police killed 987 civilians in 2015, according to a database compiled by The Washington Post. Whites were 50 percent—or 493—of those victims, and blacks were 26 percent—or 258. Most of those victims of police shootings, white and black, were armed or otherwise threatening the officer with potentially lethal force. The black violent crime rate would actually predict that more than 26 percent of police victims would be black. Officer use of force will occur where the police interact most often with violent criminals, armed suspects, and those resisting arrest, and that is in black neighborhoods. In America’s 75 largest counties in 2009, for example, blacks constituted 62 percent of all robbery defendants, 57 percent of all murder defendants, 45 percent of all assault defendants—but only 15 percent of the population. Moreover, 40 percent of all cop killers have been black over the last decade. And a larger proportion of white and Hispanic homicide deaths are a result of police killings than black homicide deaths—but don’t expect to hear that from the media or from the political enablers of the Black Lives Matter movement. Twelve percent of all white and Hispanic homicide victims are killed by police officers, compared to four percent of all black homicide victims. (…) Standard anti-cop ideology, whether emanating from the ACLU or the academy, holds that law enforcement actions are racist if they don’t mirror population data. New York City illustrates why that expectation is so misguided. Blacks make up 23 percent of New York City’s population, but they commit 75 percent of all shootings, 70 percent of all robberies, and 66 percent of all violent crime, according to victims and witnesses. Add Hispanic shootings and you account for 98 percent of all illegal gunfire in the city. Whites are 33 percent of the city’s population, but they commit fewer than two percent of all shootings, four percent of all robberies, and five percent of all violent crime. These disparities mean that virtually every time the police in New York are called out on a gun run—meaning that someone has just been shot—they are being summoned to minority neighborhoods looking for minority suspects. Officers hope against hope that they will receive descriptions of white shooting suspects, but it almost never happens. This incidence of crime means that innocent black men have a much higher chance than innocent white men of being stopped by the police because they match the description of a suspect. This is not something the police choose. It is a reality forced on them by the facts of crime. The geographic disparities are also huge. In Brownsville, Brooklyn, the per capita shooting rate is 81 times higher than in nearby Bay Ridge, Brooklyn—the first neighborhood predominantly black, the second neighborhood predominantly white and Asian. As a result, police presence and use of proactive tactics are much higher in Brownsville than in Bay Ridge. Every time there is a shooting, the police will flood the area looking to make stops in order to avert a retaliatory shooting. They are in Brownsville not because of racism, but because they want to provide protection to its many law-abiding residents who deserve safety. Who are some of the victims of elevated urban crime? On March 11, 2015, as protesters were once again converging on the Ferguson police headquarters demanding the resignation of the entire department, a six-year-old boy named Marcus Johnson was killed a few miles away in a St. Louis park, the victim of a drive-by shooting. No one protested his killing. Al Sharpton did not demand a federal investigation. Few people outside of his immediate community know his name. (…) This mindless violence seems almost to be regarded as normal, given the lack of attention it receives from the same people who would be out in droves if any of these had been police shootings. As horrific as such stories are, crime rates were much higher 20 years ago. In New York City in 1990, for example, there were 2,245 homicides. In 2014 there were 333—a decrease of 85 percent. The drop in New York’s crime rate is the steepest in the nation, but crime has fallen at a historic rate nationwide as well—by about 40 percent—since the early 1990s. The greatest beneficiaries of these declining rates have been minorities. Over 10,000 minority males alive today in New York would be dead if the city’s homicide rate had remained at its early 1990s level. What is behind this historic crime drop? A policing revolution that began in New York and spread nationally, and that is now being threatened. Starting in 1994, the top brass of the NYPD embraced the then-radical idea that the police can actually prevent crime, not just respond to it. They started gathering and analyzing crime data on a daily and then hourly basis. They looked for patterns, and strategized on tactics to try to quell crime outbreaks as they were emerging. Equally important, they held commanders accountable for crime in their jurisdictions. Department leaders started meeting weekly with precinct commanders to grill them on crime patterns on their watch. These weekly accountability sessions came to be known as Compstat. (…) For decades, the rap against the police was that they ignored crime in minority neighborhoods. Compstat keeps New York commanders focused like a laser beam on where people are being victimized most, and that is in minority communities. (…) In New York City, businesses that had shunned previously drug-infested areas now set up shop there, offering residents a choice in shopping and creating a demand for workers. Senior citizens felt safe to go to the store or to the post office to pick up their Social Security checks. Children could ride their bikes on city sidewalks without their mothers worrying that they would be shot. But the crime victories of the last two decades, and the moral support on which law and order depends, are now in jeopardy thanks to the falsehoods of the Black Lives Matter movement. Police operating in inner-city neighborhoods now find themselves routinely surrounded by cursing, jeering crowds when they make a pedestrian stop or try to arrest a suspect. Sometimes bottles and rocks are thrown. Bystanders stick cell phones in the officers’ faces, daring them to proceed with their duties. Officers are worried about becoming the next racist cop of the week and possibly losing their livelihood thanks to an incomplete cell phone video that inevitably fails to show the antecedents to their use of force.  (…) As a result of the anti-cop campaign of the last two years and the resulting push-back in the streets, officers in urban areas are cutting back on precisely the kind of policing that led to the crime decline of the 1990s and 2000s. (…) On the other hand, the people demanding that the police back off are by no means representative of the entire black community. Go to any police-neighborhood meeting in Harlem, the South Bronx, or South Central Los Angeles, and you will invariably hear variants of the following: “We want the dealers off the corner.” “You arrest them and they’re back the next day.” “There are kids hanging out on my stoop. Why can’t you arrest them for loitering?” “I smell weed in my hallway. Can’t you do something?” I met an elderly cancer amputee in the Mount Hope section of the Bronx who was terrified to go to her lobby mailbox because of the young men trespassing there and selling drugs. The only time she felt safe was when the police were there. “Please, Jesus,” she said to me, “send more police!” The irony is that the police cannot respond to these heartfelt requests for order without generating the racially disproportionate statistics that will be used against them in an ACLU or Justice Department lawsuit. Unfortunately, when officers back off in high crime neighborhoods, crime shoots through the roof. Our country is in the midst of the first sustained violent crime spike in two decades. Murders rose nearly 17 percent in the nation’s 50 largest cities in 2015, and it was in cities with large black populations where the violence increased the most. (…) I first identified the increase in violent crime in May 2015 and dubbed it “the Ferguson effect.” (…) The number of police officers killed in shootings more than doubled during the first three months of 2016. In fact, officers are at much greater risk from blacks than unarmed blacks are from the police. Over the last decade, an officer’s chance of getting killed by a black has been 18.5 times higher than the chance of an unarmed black getting killed by a cop. (…) We have been here before. In the 1960s and early 1970s, black and white radicals directed hatred and occasional violence against the police. The difference today is that anti-cop ideology is embraced at the highest reaches of the establishment: by the President, by his Attorney General, by college presidents, by foundation heads, and by the press. The presidential candidates of one party are competing to see who can out-demagogue President Obama’s persistent race-based calumnies against the criminal justice system, while those of the other party have not emphasized the issue as they might have. I don’t know what will end the current frenzy against the police. What I do know is that we are playing with fire, and if it keeps spreading, it will be hard to put out. Heather Mac Donald

Et si les principales victimes n’étaient pas celles que l’on croyait ?

Au lendemain d’un nouveau massacre américain …

Perpétré cette fois par un noir, apparemment proche de mouvements appelant au meurtre de policiers, contre des policiers blancs lors d’une manifestation justement contre les brutalités des policiers blancs contre les noirs …

Et qui sera finalement abattu par un robot raciste dont on ne sait toujours pas la couleur …

Comment ne pas voir avec la chercheuse américaine Heather MacDonald (merci Charly Karl Ékoulé Maneng) …

La terrible responsabilité, entre Maison Blanche, universités et médias, de nos pompiers-pyromanes et chasseurs d’ambulances patentés …

Qui lorsqu’ils n’appellent pas explicitement, à l’instar de nos casseurs à nous, à « griller les cochons comme du bacon » …

Nous rebattent les oreilles avec leurs habituelles contre-vérités niant l’évidence de la sur-criminalité noire (deux tiers des cambriolages, plus de la moitié des meurtres et presque la moitié des attaques à main armée dans les principales zones urbaines pour seulement 13% de la population totale – étrangement parallele d’ailleurs a la surcriminalite musulmane en France) …

Comme de la sous-victimisation noire pour les homicides du fait de la police (4% contre 12% pour les blancs et hispaniques) …

Des limites de certains concepts comme celui de « non-armé » (5 sur 7 des victimes noires d’homicides du fait de la police avaient essayé d’arracher l’arme du policier ou de le battre avec son propre équipement) …

De la survictimisation de policiers d’origine minoritaire  (18,5 fois plus probable qu’un policier soit tué par un Noir – 40% de tueurs de policiers sont des Noirs – qu’un policier tue un Noir non armé ou désarmé) mais aussi logiquement de leur plus grande tendance à faire usage de leur arme (3,3 fois plus que les policiers blancs) …

Mais aussi sur le véritable secret de polichinelle ou, comme le dit si bien l’anglais, « l’éléphant dans la pièce » de l’histoire …

A savoir la violence intra-ethnique noirs contre noirs (près de  6 000 noirs tués – sans compter les nombreux blessés et les victimes collatérales dont de nombreux enfants – majoritairement par d’autres noirs soit plus que le total de blancs et d’hispaniques pour seulement 13% de la population totale) …

Et, plus pervers encore, « l’effet Ferguson » qui, sans compter l’explosion des incivilités, l’encouragement au refus des contrôles policiers et le doublement des meurtres de policiers ce dernier semestre, voit une hausse de 17% des meurtres dans les 50 plus grandes agglomérations américaines du fait justement de la moindre activité policière, par peur d’être accusés de racisme, dans certaines zones à risque …

Et donc, à terme, la perte des acquis, en matière de sécurité, de décennies de travail policier (moins 40% d’homicides et moins 85% à New York depuis les annés 90) pour les zones et les populations qui en auraient le plus besoin …

Soit, triste ironie de l’histoire, le retour à ce qui était justement reproché à la police des années 60 et 70 voire bien avant, l’indifférence à la sécurité des plus démunis ?

The Danger of the “Black Lives Matter” Movement
Heather Mac Donald
Manhattan Institute
Imprimis – Hillsdale College
April 1, 2016

The following is adapted from a speech delivered on April 27, 2016, at Hillsdale College’s Allan P. Kirby, Jr. Center for Constitutional Studies and Citizenship in Washington, D.C., as part of the AWC Family Foundation Lecture Series.

For almost two years, a protest movement known as “Black Lives Matter” has convulsed the nation. Triggered by the police shooting of Michael Brown in Ferguson, Missouri, in August 2014, the Black Lives Matter movement holds that racist police officers are the greatest threat facing young black men today. This belief has triggered riots, “die-ins,” the murder and attempted murder of police officers, a campaign to eliminate traditional grand jury proceedings when police use lethal force, and a presidential task force on policing.

Even though the U.S. Justice Department has resoundingly disproven the lie that a pacific Michael Brown was shot in cold blood while trying to surrender, Brown is still venerated as a martyr. And now police officers are backing off of proactive policing in the face of the relentless venom directed at them on the street and in the media. As a result, violent crime is on the rise.

The need is urgent, therefore, to examine the Black Lives Matter movement’s central thesis—that police pose the greatest threat to young black men. I propose two counter hypotheses: first, that there is no government agency more dedicated to the idea that black lives matter than the police; and second, that we have been talking obsessively about alleged police racism over the last 20 years in order to avoid talking about a far larger problem—black-on-black crime.

Let’s be clear at the outset: police have an indefeasible obligation to treat everyone with courtesy and respect, and to act within the confines of the law. Too often, officers develop a hardened, obnoxious attitude. It is also true that being stopped when you are innocent of any wrongdoing is infuriating, humiliating, and sometimes terrifying. And needless to say, every unjustified police shooting of an unarmed civilian is a stomach-churning tragedy.

Given the history of racism in this country and the complicity of the police in that history, police shootings of black men are particularly and understandably fraught. That history informs how many people view the police. But however intolerable and inexcusable every act of police brutality is, and while we need to make sure that the police are properly trained in the Constitution and in courtesy, there is a larger reality behind the issue of policing, crime, and race that remains a taboo topic. The problem of black-on-black crime is an uncomfortable truth, but unless we acknowledge it, we won’t get very far in understanding patterns of policing.

Every year, approximately 6,000 blacks are murdered. This is a number greater than white and Hispanic homicide victims combined, even though blacks are only 13 percent of the national population. Blacks are killed at six times the rate of whites and Hispanics combined. In Los Angeles, blacks between the ages of 20 and 24 die at a rate 20 to 30 times the national mean. Who is killing them? Not the police, and not white civilians, but other blacks. The astronomical black death-by-homicide rate is a function of the black crime rate. Black males between the ages of 14 and 17 commit homicide at ten times the rate of white and Hispanic male teens combined. Blacks of all ages commit homicide at eight times the rate of whites and Hispanics combined, and at eleven times the rate of whites alone.

The police could end all lethal uses of force tomorrow and it would have at most a trivial effect on the black death-by-homicide rate. The nation’s police killed 987 civilians in 2015, according to a database compiled by The Washington Post. Whites were 50 percent—or 493—of those victims, and blacks were 26 percent—or 258. Most of those victims of police shootings, white and black, were armed or otherwise threatening the officer with potentially lethal force.

The black violent crime rate would actually predict that more than 26 percent of police victims would be black. Officer use of force will occur where the police interact most often with violent criminals, armed suspects, and those resisting arrest, and that is in black neighborhoods. In America’s 75 largest counties in 2009, for example, blacks constituted 62 percent of all robbery defendants, 57 percent of all murder defendants, 45 percent of all assault defendants—but only 15 percent of the population.

Moreover, 40 percent of all cop killers have been black over the last decade. And a larger proportion of white and Hispanic homicide deaths are a result of police killings than black homicide deaths—but don’t expect to hear that from the media or from the political enablers of the Black Lives Matter movement. Twelve percent of all white and Hispanic homicide victims are killed by police officers, compared to four percent of all black homicide victims. If we’re going to have a “Lives Matter” anti-police movement, it would be more appropriately named “White and Hispanic Lives Matter.”

Standard anti-cop ideology, whether emanating from the ACLU or the academy, holds that law enforcement actions are racist if they don’t mirror population data. New York City illustrates why that expectation is so misguided. Blacks make up 23 percent of New York City’s population, but they commit 75 percent of all shootings, 70 percent of all robberies, and 66 percent of all violent crime, according to victims and witnesses. Add Hispanic shootings and you account for 98 percent of all illegal gunfire in the city. Whites are 33 percent of the city’s population, but they commit fewer than two percent of all shootings, four percent of all robberies, and five percent of all violent crime. These disparities mean that virtually every time the police in New York are called out on a gun run—meaning that someone has just been shot—they are being summoned to minority neighborhoods looking for minority suspects.

Officers hope against hope that they will receive descriptions of white shooting suspects, but it almost never happens. This incidence of crime means that innocent black men have a much higher chance than innocent white men of being stopped by the police because they match the description of a suspect. This is not something the police choose. It is a reality forced on them by the facts of crime.

The geographic disparities are also huge. In Brownsville, Brooklyn, the per capita shooting rate is 81 times higher than in nearby Bay Ridge, Brooklyn—the first neighborhood predominantly black, the second neighborhood predominantly white and Asian. As a result, police presence and use of proactive tactics are much higher in Brownsville than in Bay Ridge. Every time there is a shooting, the police will flood the area looking to make stops in order to avert a retaliatory shooting. They are in Brownsville not because of racism, but because they want to provide protection to its many law-abiding residents who deserve safety.

Who are some of the victims of elevated urban crime? On March 11, 2015, as protesters were once again converging on the Ferguson police headquarters demanding the resignation of the entire department, a six-year-old boy named Marcus Johnson was killed a few miles away in a St. Louis park, the victim of a drive-by shooting. No one protested his killing. Al Sharpton did not demand a federal investigation. Few people outside of his immediate community know his name.

Ten children under the age of ten were killed in Baltimore last year. In Cleveland, three children five and younger were killed in September. A seven-year-old boy was killed in Chicago over the Fourth of July weekend by a bullet intended for his father. In November, a nine-year-old in Chicago was lured into an alley and killed by his father’s gang enemies; the father refused to cooperate with the police. In August, a nine-year-old girl was doing her homework on her mother’s bed in Ferguson when a bullet fired into the house killed her. In Cincinnati in July, a four-year-old girl was shot in the head and a six-year-old girl was left paralyzed and partially blind from two separate drive-by shootings. This mindless violence seems almost to be regarded as normal, given the lack of attention it receives from the same people who would be out in droves if any of these had been police shootings. As horrific as such stories are, crime rates were much higher 20 years ago. In New York City in 1990, for example, there were 2,245 homicides. In 2014 there were 333—a decrease of 85 percent. The drop in New York’s crime rate is the steepest in the nation, but crime has fallen at a historic rate nationwide as well—by about 40 percent—since the early 1990s. The greatest beneficiaries of these declining rates have been minorities. Over 10,000 minority males alive today in New York would be dead if the city’s homicide rate had remained at its early 1990s level.

What is behind this historic crime drop? A policing revolution that began in New York and spread nationally, and that is now being threatened. Starting in 1994, the top brass of the NYPD embraced the then-radical idea that the police can actually prevent crime, not just respond to it. They started gathering and analyzing crime data on a daily and then hourly basis. They looked for patterns, and strategized on tactics to try to quell crime outbreaks as they were emerging. Equally important, they held commanders accountable for crime in their jurisdictions. Department leaders started meeting weekly with precinct commanders to grill them on crime patterns on their watch. These weekly accountability sessions came to be known as Compstat. They were ruthless, high tension affairs. If a commander was not fully informed about every local crime outbreak and ready with a strategy to combat it, his career was in jeopardy.

Compstat created a sense of urgency about fighting crime that has never left the NYPD. For decades, the rap against the police was that they ignored crime in minority neighborhoods. Compstat keeps New York commanders focused like a laser beam on where people are being victimized most, and that is in minority communities. Compstat spread nationwide. Departments across the country now send officers to emerging crime hot spots to try to interrupt criminal behavior before it happens.

In terms of economic stimulus alone, no other government program has come close to the success of data-driven policing. In New York City, businesses that had shunned previously drug-infested areas now set up shop there, offering residents a choice in shopping and creating a demand for workers. Senior citizens felt safe to go to the store or to the post office to pick up their Social Security checks. Children could ride their bikes on city sidewalks without their mothers worrying that they would be shot. But the crime victories of the last two decades, and the moral support on which law and order depends, are now in jeopardy thanks to the falsehoods of the Black Lives Matter movement.

Police operating in inner-city neighborhoods now find themselves routinely surrounded by cursing, jeering crowds when they make a pedestrian stop or try to arrest a suspect. Sometimes bottles and rocks are thrown. Bystanders stick cell phones in the officers’ faces, daring them to proceed with their duties. Officers are worried about becoming the next racist cop of the week and possibly losing their livelihood thanks to an incomplete cell phone video that inevitably fails to show the antecedents to their use of force. Officer use of force is never pretty, but the public is clueless about how hard it is to subdue a suspect who is determined to resist arrest.

As a result of the anti-cop campaign of the last two years and the resulting push-back in the streets, officers in urban areas are cutting back on precisely the kind of policing that led to the crime decline of the 1990s and 2000s. Arrests and summons are down, particularly for low-level offenses. Police officers continue to rush to 911 calls when there is already a victim. But when it comes to making discretionary stops—such as getting out of their cars and questioning people hanging out on drug corners at 1:00 a.m.—many cops worry that doing so could put their careers on the line. Police officers are, after all, human. When they are repeatedly called racist for stopping and questioning suspicious individuals in high-crime areas, they will perform less of those stops. That is not only understandable—in a sense, it is how things should work. Policing is political. If a powerful political block has denied the legitimacy of assertive policing, we will get less of it.

On the other hand, the people demanding that the police back off are by no means representative of the entire black community. Go to any police-neighborhood meeting in Harlem, the South Bronx, or South Central Los Angeles, and you will invariably hear variants of the following: “We want the dealers off the corner.” “You arrest them and they’re back the next day.” “There are kids hanging out on my stoop. Why can’t you arrest them for loitering?” “I smell weed in my hallway. Can’t you do something?” I met an elderly cancer amputee in the Mount Hope section of the Bronx who was terrified to go to her lobby mailbox because of the young men trespassing there and selling drugs. The only time she felt safe was when the police were there. “Please, Jesus,” she said to me, “send more police!” The irony is that the police cannot respond to these heartfelt requests for order without generating the racially disproportionate statistics that will be used against them in an ACLU or Justice Department lawsuit.

Unfortunately, when officers back off in high crime neighborhoods, crime shoots through the roof. Our country is in the midst of the first sustained violent crime spike in two decades. Murders rose nearly 17 percent in the nation’s 50 largest cities in 2015, and it was in cities with large black populations where the violence increased the most. Baltimore’s per capita homicide rate last year was the highest in its history. Milwaukee had its deadliest year in a decade, with a 72 percent increase in homicides. Homicides in Cleveland increased 90 percent over the previous year. Murders rose 83 percent in Nashville, 54 percent in Washington, D.C., and 61 percent in Minneapolis. In Chicago, where pedestrian stops are down by 90 percent, shootings were up 80 percent through March 2016.

I first identified the increase in violent crime in May 2015 and dubbed it “the Ferguson effect.” My diagnosis set off a firestorm of controversy on the anti-cop Left and in criminology circles. Despite that furor, FBI Director James Comey confirmed the Ferguson effect in a speech at the University of Chicago Law School last October. Comey decried the “chill wind” that had been blowing through law enforcement over the previous year, and attributed the sharp rise in homicides and shootings to the campaign against cops. Several days later, President Obama had the temerity to rebuke Comey, accusing him (while leaving him unnamed) of “cherry-pick[ing] data” and using “anecdotal evidence to drive policy [and] feed political agendas.” The idea that President Obama knows more about crime and policing than his FBI director is of course ludicrous. But the President thought it necessary to take Comey down, because to recognize the connection between proactive policing and public safety undermines the entire premise of the anti-cop Left: that the police oppress minority communities rather than bring them surcease from disorder.

As crime rates continue to rise, the overwhelming majority of victims are, as usual, black—as are their assailants. But police officers are coming under attack as well. In August 2015, an officer in Birmingham, Alabama, was beaten unconscious by a convicted felon after a car stop. The suspect had grabbed the officer’s gun, as Michael Brown had tried to do in Ferguson, but the officer hesitated to use force against him for fear of being charged with racism. Such incidents will likely multiply as the media continues to amplify the Black Lives Matter activists’ poisonous slander against the nation’s police forces.

The number of police officers killed in shootings more than doubled during the first three months of 2016. In fact, officers are at much greater risk from blacks than unarmed blacks are from the police. Over the last decade, an officer’s chance of getting killed by a black has been 18.5 times higher than the chance of an unarmed black getting killed by a cop.

The favorite conceit of the Black Lives Matter movement is, of course, the racist white officer gunning down a black man. According to available studies, it is a canard. A March 2015 Justice Department report on the Philadelphia Police Department found that black and Hispanic officers were much more likely than white officers to shoot blacks based on “threat misperception,” i.e., the incorrect belief that a civilian is armed. A study by University of Pennsylvania criminologist Greg Ridgeway, formerly acting director of the National Institute of Justice, has found that black officers in the NYPD were 3.3 times more likely to fire their weapons at shooting scenes than other officers present. The April 2015 death of drug dealer Freddie Gray in Baltimore has been slotted into the Black Lives Matter master narrative, even though the three most consequential officers in Gray’s arrest and transport are black. There is no evidence that a white drug dealer in Gray’s circumstances, with a similar history of faking injuries, would have been treated any differently.

We have been here before. In the 1960s and early 1970s, black and white radicals directed hatred and occasional violence against the police. The difference today is that anti-cop ideology is embraced at the highest reaches of the establishment: by the President, by his Attorney General, by college presidents, by foundation heads, and by the press. The presidential candidates of one party are competing to see who can out-demagogue President Obama’s persistent race-based calumnies against the criminal justice system, while those of the other party have not emphasized the issue as they might have.

I don’t know what will end the current frenzy against the police. What I do know is that we are playing with fire, and if it keeps spreading, it will be hard to put out.

Voir aussi:

The Myths of Black Lives Matter
The movement has won over Hillary Clinton and Bernie Sanders. But what if its claims are fiction?
Heather Mac Donald
The Wall Street Journal
Feb. 11, 2016

A television ad for Hillary Clinton’s presidential campaign now airing in South Carolina shows the candidate declaring that “too many encounters with law enforcement end tragically.” She later adds: “We have to face up to the hard truth of injustice and systemic racism.”

Her Democratic presidential rival, Bernie Sanders, met with the Rev. Al Sharpton on Wednesday. Mr. Sanders then tweeted that “As President, let me be very clear that no one will fight harder to end racism and reform our broken criminal justice system than I will.” And he appeared on the TV talk show “The View” saying, “It is not acceptable to see unarmed people being shot by police officers.”

Apparently the Black Lives Matter movement has convinced Democrats and progressives that there is an epidemic of racist white police officers killing young black men. Such rhetoric is going to heat up as Mrs. Clinton and Mr. Sanders court minority voters before the Feb. 27 South Carolina primary.

But what if the Black Lives Matter movement is based on fiction? Not just the fictional account of the 2014 police shooting of Michael Brown in Ferguson, Mo., but the utter misrepresentation of police shootings generally.

To judge from Black Lives Matter protesters and their media and political allies, you would think that killer cops pose the biggest threat to young black men today. But this perception, like almost everything else that many people think they know about fatal police shootings, is wrong.

The Washington Post has been gathering data on fatal police shootings over the past year and a half to correct acknowledged deficiencies in federal tallies. The emerging data should open many eyes.

For starters, fatal police shootings make up a much larger proportion of white and Hispanic homicide deaths than black homicide deaths. According to the Post database, in 2015 officers killed 662 whites and Hispanics, and 258 blacks. (The overwhelming majority of all those police-shooting victims were attacking the officer, often with a gun.) Using the 2014 homicide numbers as an approximation of 2015’s, those 662 white and Hispanic victims of police shootings would make up 12% of all white and Hispanic homicide deaths. That is three times the proportion of black deaths that result from police shootings.

The lower proportion of black deaths due to police shootings can be attributed to the lamentable black-on-black homicide rate. There were 6,095 black homicide deaths in 2014—the most recent year for which such data are available—compared with 5,397 homicide deaths for whites and Hispanics combined. Almost all of those black homicide victims had black killers.

Police officers—of all races—are also disproportionately endangered by black assailants. Over the past decade, according to FBI data, 40% of cop killers have been black. Officers are killed by blacks at a rate 2.5 times higher than the rate at which blacks are killed by police.

Some may find evidence of police bias in the fact that blacks make up 26% of the police-shooting victims, compared with their 13% representation in the national population. But as residents of poor black neighborhoods know too well, violent crimes are disproportionately committed by blacks. According to the Bureau of Justice Statistics, blacks were charged with 62% of all robberies, 57% of murders and 45% of assaults in the 75 largest U.S. counties in 2009, though they made up roughly 15% of the population there.

Such a concentration of criminal violence in minority communities means that officers will be disproportionately confronting armed and often resisting suspects in those communities, raising officers’ own risk of using lethal force.

The Black Lives Matter movement claims that white officers are especially prone to shooting innocent blacks due to racial bias, but this too is a myth. A March 2015 Justice Department report on the Philadelphia Police Department found that black and Hispanic officers were much more likely than white officers to shoot blacks based on “threat misperception”—that is, the mistaken belief that a civilian is armed.

A 2015 study by University of Pennsylvania criminologist Greg Ridgeway, formerly acting director of the National Institute of Justice, found that, at a crime scene where gunfire is involved, black officers in the New York City Police Department were 3.3 times more likely to discharge their weapons than other officers at the scene.

The Black Lives Matter movement has been stunningly successful in changing the subject from the realities of violent crime. The world knows the name of Michael Brown but not Tyshawn Lee, a 9-year-old black child lured into an alley and killed by gang members in Chicago last fall. Tyshawn was one of dozens of black children gunned down in America last year. The Baltimore Sun reported on Jan. 1: “Blood was shed in Baltimore at an unprecedented pace in 2015, with mostly young, black men shot to death in a near-daily crush of violence.”

Those were black lives that mattered, and it is a scandal that outrage is heaped less on the dysfunctional culture that produces so many victims than on the police officers who try to protect them.

Ms. Mac Donald is the Thomas W. Smith fellow at the Manhattan Institute and author of “The War on Cops,” forthcoming in July from Encounter Books.

Voir également:
Black and Unarmed: Behind the Numbers
What the Black Lives Matter movement misses about those police shootings
Heather Mac Donald
The Marshall Project
02.08.2016

For the last year or so, the Washington Post has been gathering data on fatal police shootings of civilians. Its database for 2015 is now complete. Commentators have taken the Post’s data as evidence that the police are gunning down unarmed blacks out of implicit bias. But a close examination of the Post’s findings presents a more complicated picture of policing and casts doubt on the notion that these shootings were driven by race.

The Post began its police shootings project in response to the 2014 killing of Michael Brown in Ferguson, Missouri, a death that triggered days of rioting, the assassination of two New York City police officers, and a surge of support for the Black Lives Matter protest movement. Federal tallies of lethal police shootings are notoriously incomplete; the Post sought to correct that lacuna by searching news sites and other information sources for reports of officer-involved homicides. The results: As of Jan. 15, the Post had documented 987 victims of fatal police shootings in 2015, about twice the number historically recorded by federal agencies. Whites were 50 percent of those victims, and blacks were 26 percent. By comparison, whites are 62 percent of the U.S. population, and blacks, 13 percent. The ensuing debate has largely centered on whether the disproportionate number of black deaths was a result of police racism or the relatively high rate of crime in black neighborhoods, which brings black men into more frequent, and more fraught, encounters with the police.

In August of 2015 the Post zeroed in on unarmed black men, who the paper said were seven times more likely than unarmed white men to die by police gunfire. The article noted that 24 of the 60 “unarmed” deaths up to that date — some 40 percent — were of black men, helping to explain « why outrage continues to simmer a year after Ferguson. » By year’s end, there were 36 unarmed black men (and two black women) and 31 unarmed white men (and one white woman) among the total 987 victims. The rate at which unarmed black men were more likely than unarmed white men to die by police gunfire had dropped, but was still six-to-one.

But the numbers don’t tell the whole story. It is worth looking at the specific cases included in the Post’s unarmed victim classification in some detail, since that category is the most politically explosive. The “unarmed” label is literally accurate, but it frequently fails to convey highly-charged policing situations. In a number of cases, if the victim ended up being unarmed, it was certainly not for lack of trying. At least five black victims had reportedly tried to grab the officer’s gun, or had been beating the cop with his own equipment. Some were shot from an accidental discharge triggered by their own assault on the officer. And two individuals included in the Post’s “unarmed black victims” category were struck by stray bullets aimed at someone else in justified cop shootings. If the victims were not the intended targets, then racism could have played no role in their deaths.

In one of those unintended cases, an undercover cop from the New York Police Department was conducting a gun sting in Mount Vernon, just north of New York City. One of the gun traffickers jumped into the cop’s car, stuck a pistol to his head, grabbed $2,400 and fled. The officer gave chase and opened fire after the thief again pointed his gun at him. Two of the officer’s bullets accidentally hit a 61-year-old bystander, killing him. That older man happened to be black, but his race had nothing to do with his tragic death. In the other collateral damage case, Virginia Beach, Virginia, officers approached a car parked at a convenience store that had a homicide suspect in the passenger seat. The suspect opened fire, sending a bullet through an officer’s shirt. The cops returned fire, killing their assailant as well as a woman in the driver’s seat. That woman entered the Post’s database without qualification as an “unarmed black victim” of police fire.

Unfortunately, innocent blacks like the elderly Mount Vernon man probably do face a higher chance of getting shot by stray police fire than innocent whites. But that is because violent crime in their neighborhoods is so much higher. The per capita shooting rate in Brownsville, Brooklyn, with its legacy of poverty and crime, is 81 times higher than in working-class Bay Ridge, Brooklyn, a few miles away, according to the New York Police Department. This exponentially higher rate of gun violence means that the police will be much more intensively deployed in Brownsville, trying to protect innocent residents and gangbangers alike from shootings. If the police are forced to open fire, in rare instances a police bullet will go astray and hit a bystander. That is tragic, but that innocent’s chance of getting shot by the police is dwarfed by his chance of getting shot by criminals.

Other unarmed black victims in the Post’s database were so fiercely resisting arrest, judging from press accounts, that the officers involved could reasonably have viewed them as posing a grave danger. In October 2015, a San Diego officer was called to a Holiday Inn in nearby Point Loma, after hotel employees ejected a man causing a disturbance in the lobby. The officer approached a male casing cars in the hotel’s parking lot. The suspect jumped the officer and both fell to the ground. The officer tried to Tase the man, hitting himself as well. The suspect repeatedly tried to wrench the officer’s gun from its holster, according to news reports, and continued assaulting the officer after both had stood up. Fearing for his life, the officer shot the man. It is hard to see how race entered into that encounter. Someone who tries for an officer’s gun must be presumed to have the intention to use it. In 2015, three officers were killed with their own guns, which the suspects had wrestled from them. Similarly, in August, an officer from Prince George’s County, Maryland, pursued a man who had fled from a car crash. The man tried to grab the officer’s gun, and it discharged. The suspect continued to fight with the officer until he was Tased by a second officer and tackled by a third. The shot that was discharged during the struggle ultimately proved fatal to the suspect. In January, a sheriff’s deputy in Strong, Arkansas, responded to a pharmacy burglary alarm in the early morning. The burglar inside fought with the deputy for control of the deputy’s gun and it discharged. The suspect fled the store but was caught outside, at which point the deputy noticed the suspect’s gun injury and called an ambulance.

A police critic may reject the officers’ accounts of these deaths, invoking the cell phone videos that discredited police accounts in the shootings of Walter Scott in North Charleston, South Carolina, and Laquan McDonald in Chicago. Viral videos of these events have generated an understandable skepticism towards police narratives. But equal skepticism is warranted towards witness accounts of allegedly unjustified officer shootings. Case in point: the persistent claim by bystanders that a peaceable Michael Brown, hands up, was gunned down in cold blood by Officer Darren Wilson. In fact, as forensic evidence and more credible eyewitnesses established, Brown had assaulted Wilson and tried to grab his gun. Until there is a critical mass of such resolved narratives, whether one trusts officer accounts more than bystander accounts, or vice versa, will depend on one’s prior assumptions regarding the police and the community.

In several cases in the Post’s “unarmed black man” category, the suspect had gained control of other pieces of an officer’s equipment and was putting it to potentially lethal use. In New York City, a robbery suspect apprehended in a narrow stairwell beat two detectives’ faces bloody with a police radio. In Memphis, Tennessee, a 19-year-old wanted on two out-of-state warrants, including a sex offense in Iowa, kicked open a car door during a car stop, grabbed the officer’s handcuffs, and hit him in the face with them.

In other instances in the Post’s “unarmed black man” category, the suspect’s physical resistance was so violent that it could reasonably have put the officer in fear for his life. A trespasser at a motel in Barstow, California, brought a sheriff’s deputy to the ground and beat him in the face so viciously that he broke numerous bones and caused other injuries. The suspect refused repeated orders to desist and move away. An officer in such a situation can’t know whether he will lose consciousness under the blows to his head; if he does, he is at even greater risk that his gun will be used against him.

An Orlando, Florida, officer was called about a fight in an apartment complex. The suspect fought so violently with the responding officer that the officer’s equipment had been torn off and was strewn about the scene, including his used Taser, baton, gun magazine, and wristwatch. In Dearborn, Michigan, a probation violator escaped from officers after committing a theft; later in the day, an officer approached him and he again took off running. A fight ensued, which left the officer with his gun belt loosened, his equipment from the belt on the ground, and his uniform ripped. The officer was covered with mud and sustained minor injuries. In Miami, a man crashed a taxi cab in the early morning hours and took off running onto a highway. During the fight, the driver bit the officer’s finger so hard that he nearly severed it; surgery was required to reattach it to the left hand. One can debate the tactics used and the moment when an officer would have been justified in opening fire, but these cases are more complicated and morally ambiguous than a simple “unarmed” classification would lead a reader to believe.

The Post’s cases do not support the idea that the police have a more demanding standard for using lethal force when confronting unarmed white suspects. According to the press accounts, only one unarmed white victim attempted to grab the officer’s gun. In Tuscaloosa, Alabama, a 50-year-old white suspect in a domestic assault call ran at the officer with a spoon; he was Tased and then shot. A 28-year-old driver in Des Moines, Iowa, led police on a chase, then got out of his car and walked quickly toward the officer, and was shot. In Akron, Ohio, a 21-year-old suspect in a grocery store robbery who had escaped on a bike did not remove his hand from his waistband when ordered to do so. Had any of these victims been black, police critics might well have conferred on them instant notoriety; instead, they are unknown.

While the nation was focused on the non-epidemic of racist police killings throughout 2015, the routine drive-by shootings in urban areas were taking their usual toll, including on children, to little national notice. In Cleveland, three children ages five and younger were killed in September. Five children were shot in Cleveland over the Fourth of July weekend. A seven-year-old boy was killed in Chicago that same weekend by a bullet intended for his father. In November, a nine-year-old in Chicago was lured into an alley and killed by his father’s gang enemies; the alleged murderer was reportedly avenging the killing of his own 13-year-old brother in October. In August a nine-year-old girl was doing her homework on her mother’s bed in Ferguson when a bullet shot into the house killed her. In Cincinnati in July, a four-year-old girl was shot in the head and a six-year-old girl was left paralyzed and partially blind from two separate drive-by shootings. A six-year-old boy was killed in a drive-by shooting on West Florissant Avenue in March in St. Louis, as protesters were again converging on the Ferguson Police Department to demand the resignation of the entire department. Ten children under the age of 10 were killed in Baltimore last year; 12 victims were between the age of 10 and 17. This is just a partial list of child victims. While the world knows who Michael Brown is, few people outside these children’s immediate communities know their names.

Without question, police officers must be constantly retrained in courtesy and respect; too often they develop boorish, callous attitudes towards civilians on the street. Some are unfit to serve. Some are surely racists. And if de-escalation training can safely reduce officer use of force further, it should be widely implemented. But the Black Lives Matter movement’s focus on shootings by police should not distract attention from the most serious use-of-force problem facing black communities: criminal violence. In 2014, there were 6,095 black homicide victims, more than all white and Hispanic homicide victims combined, even though blacks are only 13 percent of the population. The black homicide toll will be even higher in 2015. In over 90 percent of those black deaths, the killer was another black civilian. By all means, we must try to eliminate unjustified use of force by police. But as long as crime rates in black communities remain so high, officers will be disproportionately engaged there, with all the attendant risks of such deployment. Indeed, the incessant refrain that cops are racist could well increase the likelihood that black suspects will resist arrest, and that witnesses will be reluctant to cooperate.

Heather Mac Donald is the Thomas W. Smith fellow at the Manhattan Institute and author of the forthcoming “The War on Cops.”

Voir encore:

Chicago on the Brink
A retreat from proactive policing has unleashed mayhem in the city
Heather Mac Donald
City journal
Summer 2016

Violence in Chicago is reaching epidemic proportions. In the first five months of 2016, someone was shot every two and a half hours and someone murdered every 14 hours, for a total of nearly 1,400 nonfatal shooting victims and 240 fatalities. Over Memorial Day weekend, 69 people were shot, nearly one per hour, dwarfing the previous year’s tally of 53 shootings over the same period. The violence is spilling over from the city’s gang-infested South and West Sides into the downtown business district; Lake Shore Drive has seen drive-by shootings and robberies.

The growing mayhem is the result of Chicago police officers’ withdrawal from proactive enforcement, making the city a dramatic example of what I have called the “Ferguson effect.” Since the shooting of Michael Brown in Ferguson, Missouri, in August 2014, the conceit that American policing is lethally racist has dominated the national airwaves and political discourse, from the White House on down. In response, cops in minority neighborhoods in Chicago and other cities around the country are backing off pedestrian stops and public-order policing; criminals are flourishing in the resulting vacuum. (An early and influential Ferguson-effect denier has now changed his mind: in a June 2016 study for the National Institute of Justice, Richard Rosenfeld of the University of Missouri–St. Louis concedes that the 2015 homicide increase in the nation’s large cities was “real and nearly unprecedented.” “The only explanation that gets the timing right is a version of the Ferguson effect,” he told the Guardian.)

Chicago mayor Rahm Emanuel warned in October 2015 that officers were going “fetal,” as shootings in the city skyrocketed. But 2016 has brought an even sharper reduction in proactive enforcement. Devastating failures in Chicago’s leadership after a horrific police shooting and an ill-considered pact between the American Civil Liberties Union and the police are driving that reduction. Residents of Chicago’s high-crime areas are paying the price.

Felicia Moore, a wiry middle-aged woman with tattoos on her face and the ravaged frame of a former drug addict, is standing inside a Polish sausage joint on Chicago’s South Side at 10 PM. Asked about crime, she responds: “I’ve been in Chicago all my life. It’s never been this bad. Mothers and grandchildren are scared to come out on their porch; if you see more than five or six niggas walking together, you gotta run.” The violence claimed her only son last year, she says, just as he was being drafted by the Atlanta Hawks. Moore is engaging in some revisionist history: her son, Jeremiah Moore, was, in fact, killed with a shot to his head—but in 2013, a little over a year after he was released from prison for shooting a mother at a bus stop; the Atlantic Hawks don’t enter into it.

Felicia Moore’s assessment of the present crime situation in Chicago, however, is more reality-based. Through the end of May, shooting incidents in Chicago were up 53 percent over the same period in 2015, which had already seen a significant increase over 2014. Compared with the first five months of 2014, shooting incidents in 2016 were up 86 percent. Certain police districts saw larger spikes. The Harrison District on the West Side, encompassing West Humboldt Park, for example, had a 191 percent increase in homicides through the end of May. Shootings in May citywide averaged nearly 13 a day, a worrisome portent for summer.

A man who calls himself City Streets is standing in a ragtag group of drinkers and hustlers outside a liquor and convenience store on the South Side. They pass around beer, cigarettes, and cash and ask strangers for money. A young woman shoves her boy along, oblivious to the late hour. “It’s terrible out here. Someone gets shot every day,” City Streets tells me. “It ain’t no place to hang,” he adds, ignoring his own advice.

Social breakdown lies behind Chicago’s historically high levels of violence. Fatherlessness in the city’s black community is at a cataclysmic level—close to 80 percent of children are born to single mothers in high-crime areas. Illegitimacy is catching up fast among Hispanics, as well. Gangs have stepped in where fathers are absent. A 2012 gang audit documented 59 active street gangs with 625 factions, some controlling a single block. Schools in gang territories go on high alert at dismissal time to fend off violence. Endemic crime has prevented the commercial development and gentrification that are revitalizing so many parts of Chicago closer to downtown; block after block on the South Side features a wan liquor store or check-cashing outlet, surrounded by empty lots and the occasional skeleton of a once-magnificent beaux-arts apartment complex or bank. Nonfunctioning streetlights, their fuse boxes vandalized, signal the reign of a local gang faction.

But disorder, bad before, seems to be worsening. The night after my conversations with Felicia Moore and City Streets, dozens of teens burst into the intersection of Cicero and Madison on the West Side, stopping traffic and ignoring the loud approach of a fire truck. They hold their cell phones high, the new sign of urban empowerment. Earlier that day, a fight involving at least 60 teens took over a nearby intersection, provoking a retaliatory shooting two days later at a local fried-chicken restaurant. On May 14, a 13-year-old girl stabbed a 15-year-old girl to death in a South Side housing complex; the murderer’s mother had given her the knife. In the summer of 2015, wolf packs of teens marauded down Michigan Avenue’s Magnificent Mile, robbing stores and pedestrians. The phenomenon started even earlier this year. A couple strolling on Lake Shore Drive downtown on Memorial Day weekend were chased by more than a half-dozen young men, at least one armed with a gun. The two tried to escape across the highway, the teens in hot pursuit. A pickup truck hit the couple, killing the female. A police officer flashed his emergency lights at the teens, and they fled. “If it wasn’t for the police being there at the time, I don’t know where I might be now,” the surviving man told the Chicago Sun-Times. “Six feet under?”

Public-order infractions, otherwise known as “Broken Windows” offenses, abound. Stand just a few minutes on a South or West Side thoroughfare, and someone will stride by hawking bootleg CDs or videos and loose cigarettes. Oliver, a 34-year-old with a Bloods tattoo and alcohol on his breath, has just been frisked by the police in a West Side White Castle parking lot around 9:30 PM. “The police are assholes,” he says. “I know my rights; I’m selling CDs, so I know I’m doing something wrong, but they weren’t visible in my bag.” Oliver then sells two loosies to a passerby, laboriously counting out change from a five-dollar bill.

Some law-abiding Chicagoans blame the rising violence on just such street disorder. After a woman and four men were shot at a bus stop on the South Side in May, a local resident complained about the illegal vending. “This sort of congregation of people who meet at this space dealing drugs and selling loose cigarettes . . . is despicable,” he told the Chicago Tribune. The drug trade is less overt but more ubiquitous than the trafficking in CDs and loosies. As I approach a Jamaican jerk restaurant on the West Side, the young men in front melt away. “You saw what happened when you pulled up here—everyone disappeared,” a middle-aged man tells me. “They sell drugs everywhere.”

The majority of victims in the current crime wave are already known to the police. Four-fifths of the Memorial Day shooting victims, for example, were on the Chicago Police Department’s list of gang members deemed most prone to violence. But innocents, like the Lake Shore Drive robbery victims, are being attacked as well: a 59-year-old Pakistani cabdriver, fatally shot in the head in February by a 19-year-old passenger; a DePaul student brutally beaten in April on the subway while other passengers passively looked on; a 49-year-old female dispatcher with the city’s 311 call center, killed in May while standing outside a Starbucks a few blocks from police headquarters; a worker driving home at night from her job at FedEx, shot four times in the head while waiting at an intersection and saved from death by the cell phone at her ear; a trucker shot in the face in May on the Dan Ryan Expressway; three eighth-graders robbed at gunpoint outside their school in May; a six-year-old girl playing outside her grandmother’s house in June, shot in the back and lung; a man stabbed in the stomach by a felon, who said: “I hate white people. Give me your money.”

The murder that shook the city to its core was the assassination of nine-year-old Tyshawn Lee. He was playing in a park on November 2, 2015, when a 22-year-old gangster, Dwight Boone-Doty, lured him into an alley with the promise of chips and candy. Boone-Doty fatally shot the boy, then fled with two accomplices, bleaching the getaway car and dumping it in Dalton, Illinois. Boone-Doty’s original plan, according to a police source, was to kidnap Tyshawn and send his ears and fingers to his mother. Tyshawn’s father was a member of the gang believed responsible for shooting the brother and mother of one of Boone-Doty’s accomplices a few weeks earlier. After the shooting, local schools went on lockdown, terrified that the children of gang members were now fair game for execution.

Officers who try to intervene in this disorder face a virulent street situation, thanks to the current anti-cop ideology. “People are a hundred times more likely to resist arrest,” an officer who has worked a decade and a half on the South Side informs me. “People want to fight you; they swear at you. ‘Fuck the police, we don’t have to listen,’ they say. I haven’t seen this kind of hatred toward the police in my career.”

Antipolice animus is nothing new in Chicago, of course. An Illinois state representative, Monique Davis, told a Detroit radio station in 2013 that people in her South Side community believed that the reason so few homicide cases were solved is that it was the police who were killing young black males. Davis later refused to repudiate her statement: “We can’t say that it is not happening.” The “no-snitch” ethic of refusing to cooperate with the cops is the biggest impediment to solving crime, according to Chicago commanders. But the Black Lives Matter narrative about endemically racist cops has made the street dynamic much worse. A detective says: “From patrol to investigation, it’s almost an undoable job now. If I get out of my car, the guys get hostile right away and several people are taping [with cell phones].” Bystanders and suspects try to tamper with crime scenes and aggressively interfere with investigations. Additional officers may be needed during an arrest to keep angry onlookers away. “It’s very dangerous out there now,” a detective tells me. In March 2016, then-chief of patrol (now superintendent) Eddie Johnson decried what he called the “string of violent attacks against the police” after an off-duty officer was shot by a felon who had ordered him on the ground after robbing him. The previous week, three officers were shot during a drug investigation.

This volatile policing environment now exists in urban areas across the country. But Chicago officers face two additional challenges: a new oversight regime for pedestrian stops; and the fallout from an officer’s killing of Laquan McDonald in October 2014.

In March 2015, the ACLU of Illinois accused the Chicago Police Department of engaging in racially biased stops, locally called “investigatory stops,” because its stop rate did not match population ratios. Blacks were 72 percent of all stop subjects during a four-month period in 2014, reported the ACLU, whereas whites were 9 percent of all stop subjects. But blacks and whites each make up roughly 32 percent of the city’s populace. Ergo, the police are racially profiling. This by-now drearily familiar and ludicrously inadequate benchmarking methodology ignores the incidence of crime. In 2014, blacks in Chicago made up 79 percent of all known nonfatal shooting suspects, 85 percent of all known robbery suspects, and 77 percent of all known murder suspects, according to police department data. Whites were 1 percent of known nonfatal shootings suspects in 2014, 2.5 percent of known robbery suspects, and 5 percent of known murder suspects, the latter number composed disproportionately of domestic homicides. Whites are nearly absent, in other words, among violent street criminals—precisely whom proactive policing aims to deter. Whites are actually over-stopped compared with their involvement in street crime. Nearly 40 percent of young white males surveyed by Northwestern University criminologist Wes Skogan in 2015 reported getting stopped in the previous year, compared with nearly 70 percent of young black males. “Statistically, age is the strongest correlate of being stopped,” says Skogan—not race.

Despite the groundlessness of the ACLU’s racial-bias charges, then–police superintendent Garry McCarthy and the city’s corporation counsel signed an agreement in August 2015 allowing the ACLU to review all future stops made by the department. The agreement also created an independent monitor for police stops. “Why McCarthy agreed to put the ACLU in charge is beyond us,” says a homicide detective. McCarthy’s signing of the stop agreement was indeed ironic, since he had encouraged a dramatic increase in stops. They rose 50 percent in his first two years, ultimately reaching about 700,000 a year, more than the NYPD performed at the height of its own stop activity, even though the CPD is about a third the size of the NYPD.

On January 1, 2016, the police department rolled out a new form for documenting investigatory stops, developed to meet ACLU demands. The new form, traditionally called a contact card, was two pages long and contained a whopping 70 fields of information to be filled out, including three narrative sections. (Those narrative sections were subsequently combined to try to quiet criticism.) The new contact card dwarfs even arrest reports and takes at least 30 minutes to complete. Every contact card is forwarded to the ACLU. Stops dropped nearly 90 percent in the first quarter of 2016. Detectives had long relied on the information contained in contact cards to solve crimes. When 15-year-old Hadiya Pendleton was killed in January 2013, days after performing with her high school band in President Barack Obama’s second inaugural, investigators identified the occupants of the getaway car through descriptions of the vehicle in previous contact cards. Now, however, crime sleuths have almost nothing to go on. Earlier this year, a detective working armed robbery had a pattern of two male Hispanics with tattoos on their faces sticking up people in front of their homes. But virtually no contact cards had been written in the area for three months. So he made car stops in the neighborhood himself, coming across the stolen car used in the robberies and the parolees responsible for the crimes. This is not a maximally efficient division of labor.

Criminals have become emboldened by the police disengagement. “Gangbangers now realize that no one will stop them,” says a former high-ranking police official. And people who wouldn’t have carried a gun before are now armed, a South Side officer says. The solution, according to officers, is straightforward: “If tomorrow, we still had to fill out the new forms, but they no longer went to the ACLU, stops would increase,” a detective claims.

But a more profound pall hangs over the department because of a shockingly unjustified police homicide and the missteps of top brass and the mayor in handling it. On the night of October 20, 2014, a report went out over the police radio that someone was breaking into cars in a trucking yard in the southwest neighborhood of Archer Heights; the vandal had threatened the 911 caller with a knife. Two officers found 17-year-old Laquan McDonald a block away; he punctured a tire on their squad car and struck its windshield with his three-inch blade. The cops trailed McDonald, who was high on PCP, for nearly half a mile while waiting for backup units with a Taser. Two additional patrol cars pulled up as McDonald strode along the middle of Pulaski Road, energetically swinging his right arm, knife in hand. One car parked behind him; its dashboard camera recorded the subsequent events. The other car stopped about 30 yards ahead. The officers in that forward vehicle jumped out, guns pointed at McDonald, commanding him to drop the knife. Less than ten seconds after exiting, Officer Jason Van Dyke began shooting. McDonald spun 360 degrees under the impact of the first bullets and dropped to the ground. Van Dyke continued shooting, emptying his cartridge into McDonald’s crumpled and gently writhing body.

The shooting, pitiable to watch, represented a catastrophic failure of tactics and judgment. Some police use-of-force experts claim that a suspect armed with a knife can rush and slash an unprepared officer if the assailant is within 21 feet. Even if that so-called 21-foot rule applied here, Van Dyke and his partner had no need to exit the car and put themselves within possible reach of McDonald. If they were in any imminent risk of lethal harm, they created that risk themselves. But even then, McDonald did not appear poised to attack, despite his failure to drop the knife. He was on a slight rightward trajectory away from Van Dyke, who was on his left, before the shooting began.

What followed the homicide was almost as shocking. Five officers at the scene all told variants of the same tale in their written reports: that McDonald had been advancing toward Van Dyke, aggressively raising his knife as if to attack. Once on the ground, McDonald tried to get up, they said, continuing to point his knife at Van Dyke. None of those claims is borne out by the video. McDonald displayed no aggressive behavior toward Van Dyke. It is true that for two strides immediately before the first bullets hit him, McDonald’s trajectory had minimally shifted to the left so as to be perpendicular to Van Dyke rather than veering diagonally away. But that modest and likely unconscious alteration of trajectory does not rise to the level of lethal threat. And having made the mistake of opening fire in the first place, Van Dyke should at least have stopped shooting once McDonald fell. Had McDonald had a gun, capable of striking from a distance, rather than a knife, the analysis might have been different.

A police-union spokesman at the scene of the killing told reporters that McDonald had been threatening Van Dyke. The police department press release a few hours later essentially echoed that account, stating that McDonald continued to approach the officers after being warned. Superintendent McCarthy viewed the video the next day, without retracting the department’s press release, explaining later that he was too busy trying to learn what had happened. From then on out, officials made no effort to countermand the McDonald attack narrative. (A rumor that cops destroyed a video of the incident taken at a nearby Burger King, however, proved not to be true.)

McCarthy immediately stripped Van Dyke of his police powers and forwarded the case to the civilian board that reviews police shootings, the Independent Police Review Authority (IPRA). The case also went to the Cook County state attorney’s office, the U.S. attorney’s office, and the FBI. In April, the mayor’s corporation counsel, Stephen Patton, attained city council approval for a $5 million settlement with the McDonald family, conditioned on the continued non-release of the video. Later that month, the detectives’ bureau cleared and closed the case, astoundingly concluding that the “recovered in-car camera video was . . . consistent with the accounts of the witnesses” and that “Van Dyke’s use of deadly force was within bounds of CPD guidelines.”

By then, the Chicago press was clamoring for the video’s release, but it was not until November 24, 2015, that the video came out, under a judge’s order. The reaction was understandably explosive; weeks of angry protests denouncing alleged police racism and brutality followed.

The Cook County state attorney announced first-degree murder charges against Officer Van Dyke on the day that the McDonald video was released. Mayor Emanuel fired McCarthy a week later and appointed the Police Accountability Task Force, dominated by critics of the police. That task force issued a report in April 2016, claiming that the Chicago Police Department is shot through with “racism.” Emanuel is now genuflecting to the city’s activists. He has adopted many of the report’s most sweeping recommendations, including the appointment of a costly and unnecessary inspector general for the department (that will come on top of the independent monitor for investigatory stops), the replacement of the IPRA with a new entity, the Civilian Police Investigative Agency, and the creation of the “Community Safety Oversight Board.” All these additional layers of oversight will only complicate chains of command and further discourage proactive policing.

McCarthy defends his decision not to release the video or to correct the record early on the ground that he didn’t want to compromise the integrity of the investigation. He did not have the legal authority to comment once the case went to federal agencies, he says. Those protocols may be appropriate in the case of an ordinary police shooting, but this was no ordinary police shooting. Allowing a fabrication about a very bad shooting to stand, especially during the current era of fevered antipolice sentiment, is guaranteed to amplify the demagoguery against the police. McCarthy, an able and accomplished police executive, should have at least called in the investigating bodies in emergency session and worked out with them a way to counter the false narrative without jeopardizing their work. The Emanuel administration also bears enormous responsibility for the crisis in legitimacy that now afflicts the department. Emanuel has praised himself for being the first Chicago mayor to acknowledge an alleged police code of silence, but he knew about the shooting, and his aides had seen the video early on. City hall was already in damage-control mode by February 2015, as Emanuel faced a tight runoff election. It is irresponsible for Emanuel to scapegoat McCarthy when his own administration also failed to set the record straight.

The damage to the Chicago police and to policing nationally from the mishandling of the McDonald homicide is incalculable. The episode can now be invoked to confirm every false generalization about the police peddled by the Black Lives Matter movement. Yet the shooting was a tragic aberration, not the norm. A New York Times Magazine article in April 2016 tried to establish the department’s racially driven malfeasance by citing the absolute number of fatal police shootings in Chicago: from 2010 to 2014, Chicago police killed 70 people, more than any other police agency. The Times article neglected to reveal that Phoenix, Philadelphia, and Dallas all lead Chicago in the per-capita rate of such fatal shootings. Chicago’s rate of police shootings is nearly 50 percent lower than Phoenix’s—even though its murder rate is twice as high—and 35 percent lower than Philadelphia’s.

The number of armed felons that the city’s cops confront dwarfs the number of officer-involved shootings. No other police department takes more guns off the street. In the first nine months of 2015, the CPD recovered 20 illegal weapons a day. From January 2007 to November 30, 2015, the police made 37,408 arrests of an armed felon, or roughly 4,670 a year. Each of those arrests could have turned into an officer shooting. But in 2015, even as crime was increasing under the Ferguson effect, the Chicago police shot 30 people, eight fatally. Those fatal shootings represent 1.6 percent of the 492 homicides that year. Nationally, police shootings make up 12 percent of all white and Hispanic homicide deaths and 4 percent of all black homicide deaths. Chicago’s ratio of fatal police shootings to criminal homicide deaths is less than the national average.

The Emanuel-appointed Police Accountability Task Force claimed that police shooting data give “validity to the widely held belief that the police have no regard for the sanctity of life when it comes to people of color.” The task force pointed to the fact that of the 404 individuals shot by the police between 2008 and 2015, both fatally and nonfatally, 74 percent (or 299) were black, and 8 percent (or 33) were white. Predictably, the task force said not one word about black and white crime rates, which were even more disproportionate in 2015 than in 2014. In 2015, blacks were 80 percent of all known murder suspects and 80 percent of all known nonfatal shooting suspects. Whites made up 0.9 percent of known murder suspects in 2015 and 1.4 percent of all known nonfatal shooting suspects. And blacks were overwhelmingly the victims of criminal shootings as well. In 2015, 2,460 blacks were shot lethally and nonlethally, or nearly seven blacks a day. By contrast, roughly 30 blacks were shot lethally and nonlethally by the police in all of 2015. Those 2,460 black victims of criminal shootings constituted nearly 81 percent of all known shooting victims. Seventy-eight whites were shot in 2015, or one white every 4.6 days, constituting 2.5 percent of all known shooting victims. If 74 percent of police shootings have black subjects, that is because officer use of force is going to occur most frequently where the police are trying to protect the law-abiding from armed and dangerous suspects—and that is in predominantly minority neighborhoods.

Emanuel is disbanding the IPRA because it found that of the 404 police shootings between 2008 and 2015, only two were unjustified. The mandate of its replacement body will be clear: penalize more cops. But absent an examination of each of those cases, no conclusion can be reached about whether the low number of findings of misconduct represents a miscarriage of justice. The IPRA has been understaffed over the years, but its fundamental design is strong. The fact that it has not found many bad shootings most likely means that they are rare. The IPRA released more than 100 files of police misconduct cases in early June, as part of a new policy of increased transparency. Prediction: the press will find few cases of clear wrongdoing.

The CPD’s critics are right about one thing, however: the cumbersome disciplinary process makes it too hard to fire officers found guilty of wrongdoing. And Chicago has had some truly bad cops over the years—most infamously, Jon Burge, a detective who tortured suspects from 1972 to 1991 to obtain false confessions. But the vast majority of officers today observe the law and are dedicated to serving the community; what they need is more tactical training, adequate staffing and equipment, and better leadership from an ingrown, highly political management cadre. As for the alleged blue wall, or code, of silence, it is hard in any department to crack the defensive solidarity among officers, who feel that they are facing an uncomprehending and often hostile world. Even now, a few of the officers I spoke with will not pass judgment on the McDonald homicide, on the ground that they were not there. Such solidarity is understandable, but commanders need to stress that when it results in distorting the truth, not only will the officer be severely punished; he is also making today’s anti-cop environment all the worse.

Despite the activists’ charge that the Chicago police are intent on killing black males, it’s easy to find support for the cops in crime-ridden areas. Mr. Fisher, a 55-year-old sanitation worker at a West Side bakery, is waiting for his wife outside Wiley’s Soul Food and Bar-B-Que on the West Side. Fisher was pulled over earlier in 2016 for a missing light on his license plate. The officer was courteous, he says. “I ain’t trying to buck them, I ain’t trying to disrespect them, I ain’t trying to give them a hard time, because I love my job. It’s not them, it’s the younger generation that’s got us messed up.” Civilians provoke confrontations with cops, not vice versa, Fisher says: “I seen a lot of people disrespect them, cussin’ and fussin’. If a cop was to get out of his car here, someone would run. To me, if you’re not doing anything, why would you run?” (Such commonsensical hypotheses have been ruled illegal by many courts—if a cop makes them.) Melissa, a 24-year-old outside D & J’s Hair Club on Pulaski Road, says that she has no problem with the police. “They doing they job. I don’t give them no reason to talk to me.” The problem is crime, she says: “I feel unsafe here. It just gets worse and worse.”

Sometimes support for the cops comes from unexpected places. In May 2016, a 38-year-old drug trafficker named Toby Jones received a 40-year federal prison sentence for repeatedly trying to gun down a federal informant, in the process shooting three people. He told the judge: “Even with all the latest police shootings on minorities in Chicago, I don’t blame these cops one bit for most of their decisions in the field. And the black community has to first come to grips with why these cops are so afraid,” the Chicago Sun-Times reported. Stories of heroic cops go untold, Jones said, “but as soon as a black kid gets shot, everyone is in an uproar.”

Activists and politicians are proposing the usual “root causes” solution to the current crime wave—more government programs—as well as less usual ones, such as abolishing the police department. The mayor’s Police Accountability Task Force wants the mayor and Cook County to “implement programs that address socioeconomic justice and equality, housing segregation, systemic racism, poverty, education, health and safety.” Such top-down spending ignores the normative breakdown that renders government social services largely futile. The bakery where Fisher works has been hiring for the last five years; he tells the “young brothers” about the jobs. “Half of them don’t show up; the others have drugs in their system. Half want to hang out and make the fast money that can get you in jail,” Fisher observes.

But the Chicago violence is also undermining the politically correct consensus about crime and policing. The Chicago Tribune has called for the police to make more traffic stops to quell the highway shootings; it points out that the Illinois vehicle code offers plenty of reasons to stop drivers, whether for a broken taillight or an expired registration sticker. Traffic stops are, of course, a prime target in the specious campaign against racial profiling; the mayor’s Police Accountability Task Force blasted the CPD for its allegedly biased stop rates, ignoring differential rates of vehicle and moving violations.

Police superintendent Eddie Johnson wants three-strikes-and-you’re-out-type sentencing laws for repeat felons. Chicago’s criminal-justice system “fails to hold these individuals accountable and allows them to bring . . . violent acts into our neighborhoods,” he said in March 2016. Stricter sentencing for repeat offenders is also a prime target for Black Lives Matter protesters. A few days after Johnson’s plea, anti-law-enforcement activists assailed former president Bill Clinton for having signed the 1994 Violent Crime Control and Law Enforcement Act, which lengthened federal sentences for repeat felony offenders. Such sentences, protesters charged, resulted in “mass incarceration” for blacks. And an Illinois bill mandating stricter sentencing for illegal gun possession was blocked by the black caucus in Springfield in 2013, on the ground that it would have a disparate impact on blacks.

Some people in the community, however, are demanding even stronger measures than Johnson calls for. After a 15-year-old car passenger was killed in a drive-by shooting on June 1 on the South Side, a friend of his family told the Chicago Tribune, “We need martial law. Period. If it’s to protect our children, then so be it.”

Such calls will undoubtedly multiply this summer, since the violence shows no signs of abating. It may not be time to call out the National Guard yet. But it is time to reinvigorate the Chicago Police Department. With the Police Accountability Task Force charge of endemic racism and the ACLU straitjacket depressing morale, and with resistance of lawful authority growing, that will be no small task. City leaders will need to show that they understand and will support officers like the cold-case homicide detective who told me, in reaction to the task-force report: “Never once has anyone complained to me that I’m racist. I’m in it to do what’s right.”

 Voir encore:

5 Statistics You Need To Know About Cops Killing Blacks
Aaron Bandler
July 7, 2016

The Alton Sterling and Philando Castile shootings have caused an uproar among leftists because they fuel their narrative that racist white police officers are hunting down innocent black men. But the statistics – brought to light by the superb work of Heather MacDonald – tell a different story.

Here are five key statistics you need to know about cops killing blacks.

1. Cops killed nearly twice as many whites as blacks in 2015. According to data compiled by The Washington Post, 50 percent of the victims of fatal police shootings were white, while 26 percent were black. The majority of these victims had a gun or « were armed or otherwise threatening the officer with potentially lethal force, » according to MacDonald in a speech at Hillsdale College.

Some may argue that these statistics are evidence of racist treatment toward blacks, since whites consist of 62 percent of the population and blacks make up 12 percent of the population. But as MacDonald writes in The Wall Street Journal, 2009 statistics from the Bureau of Justice Statistics reveal that blacks were charged with 62 percent of robberies, 57 percent of murders and 45 percent of assaults in the 75 biggest counties in the country, despite only comprising roughly 15 percent of the population in these counties.

« Such a concentration of criminal violence in minority communities means that officers will be disproportionately confronting armed and often resisting suspects in those communities, raising officers’ own risk of using lethal force, » writes MacDonald.

MacDonald also pointed out in her Hillsdale speech that blacks « commit 75 percent of all shootings, 70 percent of all robberies, and 66 percent of all violent crime » in New York City, even though they consist of 23 percent of the city’s population.

« The black violent crime rate would actually predict that more than 26 percent of police victims would be black, » MacDonald said. « Officer use of force will occur where the police interact most often with violent criminals, armed suspects, and those resisting arrest, and that is in black neighborhoods. »

2. More whites and Hispanics die from police homicides than blacks. According to MacDonald, 12 percent of white and Hispanic homicide deaths were due to police officers, while only four percent of black homicide deaths were the result of police officers.

« If we’re going to have a ‘Lives Matter’ anti-police movement, it would be more appropriately named « White and Hispanic Lives Matter,' » said MacDonald in her Hillsdale speech.

3. The Post’s data does show that unarmed black men are more likely to die by the gun of a cop than an unarmed white man…but this does not tell the whole story. In August 2015, the ratio was seven-to-one of unarmed black men dying from police gunshots compared to unarmed white men; the ratio was six-to-one by the end of 2015. But MacDonald points out in The Marshall Project that looking at the details of the actual incidents that occurred paints a different picture:

The “unarmed” label is literally accurate, but it frequently fails to convey highly-charged policing situations. In a number of cases, if the victim ended up being unarmed, it was certainly not for lack of trying. At least five black victims had reportedly tried to grab the officer’s gun, or had been beating the cop with his own equipment. Some were shot from an accidental discharge triggered by their own assault on the officer. And two individuals included in the Post’s “unarmed black victims” category were struck by stray bullets aimed at someone else in justified cop shootings. If the victims were not the intended targets, then racism could have played no role in their deaths.

In one of those unintended cases, an undercover cop from the New York Police Department was conducting a gun sting in Mount Vernon, just north of New York City. One of the gun traffickers jumped into the cop’s car, stuck a pistol to his head, grabbed $2,400 and fled. The officer gave chase and opened fire after the thief again pointed his gun at him. Two of the officer’s bullets accidentally hit a 61-year-old bystander, killing him. That older man happened to be black, but his race had nothing to do with his tragic death. In the other collateral damage case, Virginia Beach, Virginia, officers approached a car parked at a convenience store that had a homicide suspect in the passenger seat. The suspect opened fire, sending a bullet through an officer’s shirt. The cops returned fire, killing their assailant as well as a woman in the driver’s seat. That woman entered the Post’s database without qualification as an “unarmed black victim” of police fire.

MacDonald examines a number of other instances, including unarmed black men in San Diego, CA and Prince George’s County, MD attempting to reach for a gun in a police officer’s holster. In the San Diego case, the unarmed black man actually « jumped the officer » and assaulted him, and the cop shot the man since he was « fearing for his life. » MacDonald also notes that there was an instance in 2015 where « three officers were killed with their own guns, which the suspects had wrestled from them. »

4. Black and Hispanic police officers are more likely to fire a gun at blacks than white officers. This is according to a Department of Justice report in 2015 about the Philadelphia Police Department, and is further confirmed that by a study conducted University of Pennsylvania criminologist Gary Ridgeway in 2015 that determined black cops were 3.3 times more likely to fire a gun than other cops at a crime scene.

5. Blacks are more likely to kill cops than be killed by cops. This is according to FBI data, which also found that 40 percent of cop killers are black. According to MacDonald, the police officer is 18.5 times more likely to be killed by a black than a cop killing an unarmed black person.

Despite the facts, the anti-police rhetoric of Black Lives Matter and their leftist sympathizers have resulted in what MacDonald calls the « Ferguson Effect, » as murders have spiked by 17 percent among the 50 biggest cities in the U.S. as a result of cops being more reluctant to police neighborhoods out of fear of being labeled as racists. Additionally, there have been over twice as many cops victimized by fatal shootings in the first three months of 2016.

Anti-police rhetoric has deadly consequences.

Voir de même:

Dallas Shooter Micah Xavier Johnson Followed Groups Promoting Black Panthers and Cop-Killing
Sigrid Johannes and Benny Johnson
Independent Journal
July 8, 2016

Police have identified the dead suspect in the Dallas police shooting incident as Micah Xavier Johnson. The 25-year-old man was a resident of Dallas. Johnson has no criminal record or ties to terror organizations, according to reports.

However, Johnson’s Facebook profile told a different story. CBS News confirmed that this now deleted profile was Johnson’s.

Before Facebook deleted the profile, which is standard practice for the social media site in the wake of one of its users committing a violent act, Independent Journal Review screen grabbed some of Johnson’s alarming activity. Johnson’s Facebook activity dates as far back as 2011.

The LA Times confirmed Johnson’s military history, but there was no mention of service on his Facebook page.

Johnson was killed after a prolonged negotiation with police. He threatened that officers would discover improvised explosives throughout the city. His stated goal was to kill white people, specifically white law enforcement.

Voir de plus:

The Dallas Shooting and the Advent of Killer Police Robots

Chief David Brown says officers used a device equipped with a bomb to kill a suspect, a perhaps unprecedented move that raises new questions about use of lethal force.
David A. Graham

The Atlantic

Jul 8, 2016

In the mourning over the murders of five police officers in Dallas, and relief that the standoff had ended, one unusual detail stuck out: the manner in which police killed one suspect after negotiations failed.

“We saw no other option but to use our bomb robot and place a device on its extension for it to detonate where the suspect was,” Chief David Brown said in a press conference Friday morning. “Other options would have exposed our officers to grave danger. The suspect is deceased … He’s been deceased because of a detonation of the bomb.”

That use of a robot raises questions about the way police adopt and use new technologies. While many police forces have adopted robots—or, more accurately, remote-controlled devices—for uses like bomb detonation or delivery of non-lethal force like tear gas, using one to kill a suspect is at least highly unusual and quite possibly unprecedented.

“I’m not aware of officers using a remote-controlled device as a delivery mechanism for lethal force,” said Seth Stoughton, an assistant professor of law at the University of South Carolina who is a former police officer and expert on police methods. “This is sort of a new horizon for police technology. Robots have been around for a while, but using them to deliver lethal force raises some new issues.”

Robotics expert Peter Singer of New America also told the Associated Press he believed the use was unprecedented.

But while there are likely to be intense ethical debates about when and how police deploy robots in this manner, Stoughton said he doesn’t think Dallas’s decision is particularly novel from a legal perspective. Because there was an imminent threat to officers, the decision to use lethal force was likely reasonable, while the weapon used was immaterial.

“The circumstances that justify lethal force justify lethal force in essentially every form,” he said. “If someone is shooting at the police, the police are, generally speaking, going to be authorized to eliminate that threat by shooting them, or by stabbing them with a knife, or by running them over with a vehicle. Once lethal force is justified and appropriate, the method of delivery—I doubt it’s legally relevant.”

Police forces have adopted remote-controlled devices for a wide variety of tasks in recent years, from tiny to large. These tools can search for bombs, take cameras into dangerous areas, deliver tear gas or pepper spray, and even rescue wounded people. Police used one small robot in the manhunt for Boston Marathon bomber Dzohkar Tsarnaev. In May, the Dallas Police Department posted on its blog that it had acquired new robots. Other law-enforcement agencies have experimented with flying “drones,” again more correctly remotely controlled aerial vehicles. So far, those uses appear to have been solely for surveillance. The Department of Justice said in 2013 that it had used drones in the U.S. on 10 occasions.

In a few cases, forces have used remote-controlled devices to deliver non-lethal force, too, as Vice reported last year. In Albuquerque, New Mexico, in 2014, “the Bomb Squad supported APD’s SWAT Team on November 9 at a local residence. The SWAT team requested robot assistance to assist on a barricaded subject armed with a gun. The Bomb Squad robot was able to deploy chemical munitions into the subject’s motel room, which led to the subject’s surrender.” Vice cited other news reports that involved hostage situations where robots were deployed, though the applications are sometimes vague. A remote-controlled device could also be equipped to deliver a flash-bang grenade, used to disorient suspects.

Brown didn’t explain what kind of explosive DPD attached to their device. While a department might stock flash-bangs, explosives for breaching doors, and a few other explosive devices, “I’m not aware of any police department having on hand something that is intended to be used as a weaponized explosive,” Stoughton said.

Use of remote-controlled devices by law enforcement raises a range of possible questions about when and where they are appropriate. The advent of new police technologies, from the firearm to the Taser, has often resulted in accusations of inappropriate use and recalibration in when police use them. Stoughton pointed out that prior to the Supreme Court’s 1985 decision in Tennessee v. Garner, the “fleeing-felon rule” gave officers the right to use lethal force to prevent a suspect in a serious crime from escaping. But the justices limited the rule, saying that firearms meant the rule was no longer current. Unless either they or civilians are in danger of death or serious bodily harm, police can only use non-lethal force to stop a fleeing felon. Similarly, the adoption of the Taser has raised questions about whether officers are too quick to use the devices when they would be better served to deescalate or use their hands.

“I think we will see similar concerns when we’re talking about the use of robots to employ lethal force,” Stoughton said. For example, in Dallas, the police appear to have faced danger of death or serious bodily harm. But imagine a scenario in which a suspect has been shooting but is not currently firing, and in which all officers are safely covered. In such a case, police would likely not open up a gun battle. But would commanders be quicker to deploy a robot, since there would be less danger to officers? And would current lethal-force rules really justify it? There is reason to believe they would not.

The nascent questions over police use of remote-controlled devices echoes an existing argument over the military use of such tools. U.S. drone strikes overseas are believed to have killed hundreds of civilians, and the legal justifications for when and where they are used are often hotly contested. In some cases, drone strikes have killed American citizens without due process. Many civil libertarians are troubled by the implications for stateside use. In 2013, Senator Rand Paul, a Kentucky Republican, mounted a 13-hour filibuster blocking the confirmation John Brennan, President Obama’s nominee to direct the CIA, over the White House’s refusal to say whether it believed it could use military drones to kill American suspects on American soil. Attorney General Eric Holder later wrote Paul to say that the president does not have the authority to do so.

Move away from the realm of remote-controlled devices into the world of autonomous or partially autonomous robots that could deliver lethal, or even non-lethal, force, and the concerns mount. There’s already a heated debate over whether and how the military should deploy lethal, autonomous robots. That debate, too, could transfer to police forces. But as Stoughton noted, law enforcement serves a different purpose than the army.

“The military has many missions, but at its core is about dominating and eliminating an enemy,” he said. “Policing has a different mission: protecting the populace. That core mission, as difficult as it is to explains sometimes, includes protecting some people who do some bad things. It includes not using lethal force when it’s possible to not.”

A Dallas, la police a utilisé pour la première fois un «robot tueur»
Pierre Jova , AFP agence
Le Figaro
08/07/2016

VIDÉO – Pour neutraliser l’homme suspecté d’avoir abattu plusieurs officiers, les forces de l’ordre américaines ont eu recours à une machine armée d’une bombe.

Vendredi à l’aube, un sniper suspecté d’avoir tiré sur des policiers et retranché depuis des heures dans un bâtiment est finalement tué par un robot télécommandé, utilisé pour faire détoner une bombe.

Micah Johnson, jeune Noir de 25 ans, avait servi dans l’armée américaine en Afghanistan. Sur son profil Facebook, il avait publié des images avec le slogan «Black Power» des extrémistes afro-américains des années 1960 et 1970. Il avait également ajouté la lettre «X» entre son prénom et son nom, probablement en référence à Malcolm X, leader noir opposé à la non-violence prônée par Martin Luther King.

Pour neutraliser ce suspect armé, la police de Dallas disposait d’un robot Northrop Grumman Andros, conçu pour les équipes de démineurs et l’armée. La photo d’un robot de ce type a été diffusée par le magazine américain Popular Science.

«C’est la première fois qu’un robot est utilisé de cette façon par la police», a assuré sur Twitter Peter Singer, de la fondation New America, un groupe de réflexion spécialisé notamment dans les questions de sécurité. Ce spécialiste des méthodes modernes de combat a précisé qu’un appareil baptisé Marcbot «a été employé de la même façon par les troupes en Irak».

L’arrivée des robots armés dans la police?
Dans l’armée américaine, les robots terrestres transforment le visage de la guerre depuis plusieurs années déjà. Ils sont notamment capables de récupérer et désactiver une charge explosive, à l’aide d’un bras téléguidé par des soldats restés à l’abri du danger. Ils semblent voués à être désormais de plus en plus employés à des fins de combat. Y compris par les forces de l’ordre.

En Chine, l’université de la défense nationale a conçu un appareil baptisé «AnBot», destiné à avoir «un rôle important à jouer pour renforcer les mesures anti-terroristes et anti-émeutes». «La caractéristique la plus controversée d’AnBot est bien sûr son ‘outil intégré anti-émeute électrisé’ (ressemblant certainement à un Taser ou à un aiguillon pour bétail). Il ne peut être déclenché que par les humains contrôlant Anbot à distance», écrivaient Peter Singer avec un autre spécialiste Jeffrey Lin, en avril, dans Popular Science. «Le fait qu’Anbot soit si grand veut dire qu’il a la place d’intégrer d’autres équipements de police, comme des gaz lacrymogènes et d’autres armes moins létales», poursuivaient les auteurs.

Des chercheurs de l’université de Floride travaillent eux au développement de «Telebot», comparé dans certains articles au célèbre «Robocop» imaginé au cinéma. Destiné notamment à assister des policiers handicapés pour qu’ils puissent reprendre le service, Telebot a été conçu «pour avoir l’air intimidant et assez autoritaire pour que les citoyens obéissent à ses ordres» tout un gardant «une apparence amicale» qui rassurent «les citoyens de tous âges», selon un rapport d’étudiants de l’université de Floride.

L’arrivée de robots aux armes létales dans la police suscite de nombreuses interrogations. L’ONG Human Rights Watch et l’organisation International Human Rights Clinic, qui dépend de l’université de Harvard, s’inquiétaient ainsi en 2014 du recours aux robots par les forces de l’ordre. Ces engins «ne sont pas dotés de qualités humaines, telles que le jugement et l’empathie, qui permettent à la police d’éviter de tuer illégalement dans des situations inattendues», écrivaient-elles dans un rapport.

Si l’emploi des robotos armés était amené à se développer, le bouleversement anthropologique suscité serait considérable.

Voir enfin:

The Post-O.J. Trial Upside: Riots As Scarce As Justice

October 6, 1995

 Millions of people were stunned and outraged by the not-guilty verdict in the O.J. Simpson trial. But I always try to look at the upside. And there are plenty of reasons to feel relief and gratitude.

For one thing, there was no rioting. I had feared that thousands of furious blond, blue-eyed women and their brunette sympathizers would take their rage into the streets, burning, killing and looting.

While I don’t condone rioting, the historic and sociological reasons would have made such violence understandable.

As one woman told me after the verdict: « For thousands of years, we have been putting up with abuse from large, strong, arrogant, evil-tempered men.

« There is no group on Earth that has been kicked around the way women have. Since the dawn of history, we’ve been beaten, violated, enslaved, abandoned, stalked, pimped, murdered and even dissed by men.

« Now this jury and the legal system have sent a clear message to society: It’s OK for men to cut our throats from ear to ear. »

But why haven’t you rioted?

« It would just give men another excuse to kick us around. »

Another group that I feared would riot were obscure waiters.

As one of them said after the verdict: « This figures. Throughout history, obscure waiters have received little respect. A waiter goes to a table and says to someone like O.J., `Hi, I’m Ron and I’ll be your server.’ Would O.J. say, `Hi, Ron, I’m O.J. and I’ll be your customer?’ No, all O.J. would say is: `Get me a clean fork.’

« What do you think that jury would have done if O.J. the superstar had been murdered by a obscure waiter? Do you think Johnnie Cochran would say that some cop planted the waiter’s bloody apron as false evidence? »

Then why didn’t all of you obscure waiters riot?

« What, and miss the dinner trade? »

Another positive development was that Mark Fuhrman, while a Los Angeles cop, was a bigot and had used the infamous « N-word. »

This was a shocking revelation because it shattered the widely accepted stereotype of big city cops as being incurable liberals who support the ACLU and love white wine spritzers and Woody Allen movies.

It also led to the perfectly logical conclusion that any white cop who used the « N-word » was almost certainly involved in a massive racial frame-up, regardless of what DNA and other scientific evidence indicated.

This could lead to a new body of law in which Irish-American cops are asked if they ever said « dago, » Italian-American cops if they ever said « polack, » Polish-American cops if they ever used the word « heeb, » Jewish cops if they ever used the word « schwarz, » and black cops if they ever used the word « honky. »

It could resolve the problem of overcrowded prisons by assuring just about every accused criminal an acquittal on the grounds that policemen use bad words.

My faith in the jury system has also been restored.

Until now, I didn’t believe that someone like O.J. Simpson, a black football hero and star of TV commercials and motion pictures, who could not afford to spend more than $8 million on lawyers, could possibly get a fair shake from a predominantly black jury when accused of killing his white ex-wife and a Jewish body-building young waiter.

But this jury proved that they could overlook the racially volatile fact that Simpson belongs to a mostly white golf club and reach a verdict based strictly on the evidence.

And the verdict helped wipe away the slander that America is a still a racially polarized country. No, the sight of all those middle-aged white people leaping about the streets, hugging, kissing, cheering and giving each other high fives, while blacks grimaced and shook their heads, has inspired hope for the future.

Finally, Simpson, now a free man, has vowed to devote his energies to tracking down the real murderer of his ex-wife.

That’s very good because some people had thought it strange that from the very beginning of this mystery, Simpson had seemed far more concerned with his own feelings than with the terrible fact that the woman he loved had been brutally murdered.

Now he says he will try to find the evil brute who killed the mother of his children. Maybe he can invite the Goldman and Brown families to join him in the hunt.

So those of us who believe in justice should wish him well in his search for the identity of the real killer.

But I wonder – can Simpson shave without looking in the mirror?

 


Les émeutes raciales de Chicago: Attention, un racisme peut en cacher un autre (France gets long overdue translation of Sandburg’s 1919 Chicago race riot but still no answer as to why it managed to avoid for so long the anti-black racism it loves to denounce in the US)

7 juillet, 2016

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affiche-expo-coloniale-parisbal negreBanjoRedSummerChicago-race-riotChicago_Race_Riot_Walgreenschicago-race-riot-starts-red-summer-1919-old-newspaper-Slave-tableIf we must die, let it not be like hogs
Hunted and penned in an inglorious spot,
While round us bark the mad and hungry dogs,
Making their mock at our accursèd lot.
If we must die, O let us nobly die,
So that our precious blood may not be shed
In vain; then even the monsters we defy
Shall be constrained to honor us though dead!
O kinsmen! we must meet the common foe!
Though far outnumbered let us show us brave,
And for their thousand blows deal one death-blow!
What though before us lies the open grave?
Like men we’ll face the murderous, cowardly pack,
Pressed to the wall, dying, but fighting back!
If We Must Die (Claude McKay, 1922)
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
Je ne peux qu’imaginer ce qu’endurent ses parents. Et quand je pense à ce garçon, je pense à mes propres enfants. Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon. Barack Hussein Obama
There is nothing more painful to me at this stage in my life than to walk down the street and hear footsteps and start thinking about robbery. Then look around and see somebody white and feel relieved. . . . After all we have been through. Just to think we can’t walk down our own streets, how humiliating. Jesse Jackson
How do we turn pain into power? How do we go from a moment to a movement that curries favor? (…) The blood of the innocent has power.  Jesse Jackson
Les gens pensaient que parce que nous avions élu Obama, la société américaine était devenue post-raciale, que la couleur de la peau n’avait plus aucune importance. Avec l’affaire Trayvon Martin, nous assistons à un réveil et à une mobilisation.  Geraldine Thompson (historienne et représentante démocrate de l’Etat de Floride)
But what about all the other young black murder victims? Nationally, nearly half of all murder victims are black. And the overwhelming majority of those black people are killed by other black people. Where is the march for them? Where is the march against the drug dealers who prey on young black people? Where is the march against bad schools, with their 50% dropout rate for black teenaged boys? Those failed schools are certainly guilty of creating the shameful 40% unemployment rate for black teens? How about marching against the cable television shows constantly offering minstrel-show images of black youth as rappers and comedians who don’t value education, dismiss the importance of marriage, and celebrate killing people, drug money and jailhouse fashion—the pants falling down because the jail guard has taken away the belt, the shoes untied because the warden removed the shoe laces, and accessories such as the drug dealer’s pit bull. (…) There is no fashion, no thug attitude that should be an invitation to murder. But these are the real murderous forces surrounding the Martin death—and yet they never stir protests. The race-baiters argue this case deserves special attention because it fits the mold of white-on-black violence that fills the history books. Some have drawn a comparison to the murder of Emmett Till, a black boy who was killed in 1955 by white racists for whistling at a white woman. (…) While civil rights leaders have raised their voices to speak out against this one tragedy, few if any will do the same about the larger tragedy of daily carnage that is black-on-black crime in America. (…) Almost one half of the nation’s murder victims that year were black and a majority of them were between the ages of 17 and 29. Black people accounted for 13% of the total U.S. population in 2005. Yet they were the victims of 49% of all the nation’s murders. And 93% of black murder victims were killed by other black people, according to the same report. (…) The killing of any child is a tragedy. But where are the protests regarding the larger problems facing black America? Juan Williams
The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by. Shelby Steele
Would Trayvon be alive today had he been walking home—Skittles and ice tea in hand—wearing a polo shirt with an alligator logo? Possibly. And does this make the ugly point that dark skin late at night needs to have its menace softened by some show of Waspy Americana? Possibly. (…) Before the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steele
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Drame raciste aux Etats-Unis : les stars dénoncent le meurtre d’Alton Sterling Une vidéo d’une violence inouïe tourne sur la Toile depuis ce mardi 5 juillet. On y voit deux policiers de Bâton-Rouge, en Louisiane, brutalement interpeller un Afro-Américain, Alton Sterling, et lui tirer une balle dans la tête. Des images insoutenables qui ont choqué à travers la planète. En première ligne aux Etats-Unis : Zendaya, Olivia Wilde ou encore Amy Schumer ont réagi. Il y a quelques jours, le discours édifiant de Jesse Williams, acteur de la série « Grey’s Anatomy » avait fait un tollé aux États-Unis. Celui qui dénonçait sur la scène des BET Awards les bavures policières contre les Afro-Américains avait fini par être accusé de racisme anti-blanc. Une pétition demandait même son renvoi des écrans télé. Mardi 5 juillet, la donne avait déjà changé outre-Atlantique, alors que l’on apprenait que la police américaine avait fait sa 558ème victime aux États-Unis (source The Guardian). La victime s’appelle Alton Sterling, âgé de 37 ans, et c’est encore un Afro-Américain. Il a trouvé la mort après une altercation brutale avec les forces de l’ordre. La police avait été alertée sur place par un témoin qui avait assuré que cet homme portant un t-shirt rouge et vendant des CD devant un magasin, l’avait menacé avec une arme à feu. Une vidéo de la scène a été tournée et partagée sur la Toile, on y voit le suspect malmené par la police. Le suspect se débat pendant quelques secondes avant d’être mis à terre et qu’un policier n’ouvre le feu sur lui « à quatre ou six reprises » rapporte la presse. Un « lynchage légal » ont commenté de nombreux internautes horrifiés qui ont repris les mots dièses #AltonSterling et #BlackLivesMatter pour dire toute leur émotion et leur colère sur les réseaux sociaux. Parmi eux, Zendaya, Olivia Wilde ou encore Amy Schumer ont envoyé leurs prières et ont appelé à une réaction massive du grand public. Public.fr
The offender said, ‘I hate white people’ and threw a punch. There is no evidence either way about what the offender meant or whether . . . she holds or promotes an ideology which would explain why this assault was aimed at this victim. I am not satisfied beyond a reasonable doubt that this offence was, even in part, motivated by racial bias. Provincial court Judge Harry Van Harten (Calgary, Canada)
Le Brexit sera-t-il un choc salutaire ou le début de la fin d’une grande aventure collective ? Je n’ai pas de réponse. Mais, ce que je peux d’ores et déjà affirmer, c’est que les eurocrates ne l’ont pas volé, car ils se sont acharnés à faire de l’Union européenne le cheval de Troie de la déseuropéanisation. Ces politiciens et ces fonctionnaires ne se vivent pas comme les dépositaires d’une grande civilisation, mais comme les héritiers du « plus jamais ça » : plus jamais la guerre, plus jamais le racisme hitlérien ni colonial. Pour éviter le retour des discours ou des comportements maléfiques, ils emploient donc les grands moyens. Ils refusent d’incarner l’Europe, par son histoire, ses paysages, ses monuments, ses villes, ses cafés, ses œuvres, une forme de vie, un mode de présence sur Terre, car ce serait tracer une ligne de partage entre un dedans et un dehors, entre un nous et un eux. Ils ne veulent pas mettre le doigt dans cet engrenage fatal. Ils effacent donc le passé. Ils s’offensent, avec Pierre Moscovici, quand on parle des racines chrétiennes de l’Europe. Le « plus jamais ça » exige que l’Europe ne soit rien de substantiel, qu’elle n’affirme que des valeurs, qu’elle ne se définisse que par des droits et des procédures, afin de pouvoir s’ouvrir sans discrimination à tous et à tout. C’est ce que disait textuellement le grand sociologue allemand Ulrich Beck. (…) La veille du référendum, j’ai vu un reportage sur la ville de Peterborough, en Angleterre. On découvrait des rues commerçantes avec des magasins afghans, pakistanais et polonais. Les habitants disaient que les Britanniques étaient désormais minoritaires et on apprenait qu’il n’y avait plus qu’un seul pub dans toute la ville. J’ai pris conscience, en regardant ces images, de la nouvelle grande division des sociétés européennes. Elles se partagent désormais entre les planétaires et les sédentaires, les globaux et les locaux, les hors-sol et les autochtones. Les premiers sont non seulement mieux lotis économiquement, mais ils se croient politiquement et moralement supérieurs. Ils traitent les autochtones de « ploucs », voire de « salauds », ils soulignent élégamment leur âge avancé, ils font tomber sur eux le triple diagnostic d’europhobie, de xénophobie et de passéisme, alors même que, ce qu’ils leur opposent, c’est un cosmopolitisme de galerie marchande et, en guise de déracinement, une complète absorption dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Le village global est un village, avec ses fausses évidences, ses œillères, sa mentalité étriquée. Les pubs font partie intégrante de la civilisation européenne. Ils sont la version anglaise du café. Ceux qui refusent la transformation de l’Angleterre ne sont pas antieuropéens, ils veulent juste que l’Angleterre reste l’Angleterre et que l’Europe reste l’Europe. (…) L’immigration a été un thème central de la campagne britannique, mais ce serait le cas dans tous les pays européens qui choisiraient la voie du référendum. L’Union européenne a voulu combiner la morale humanitaire et l’intérêt économique. Puisque nos pays se dépeuplent et vieillissent, elle a cru qu’il suffisait d’importer les enfants et les travailleurs qu’ils n’ont plus. Mais les hommes ne sont pas interchangeables. Il y a des mondes, il y a des civilisations. L’autarcie n’est certes pas la solution, les frontières ne doivent pas devenir hermétiques. Il reste que, comme l’a écrit un grand philosophe américain de gauche, Michael Walzer : « Abattre les murs de l’État, ce n’est pas créer un monde sans murs, c’est créer un millier de petites forteresses. » Nous voyons les sociétés européennes se fragmenter en communautés hostiles. Même si la libre circulation des personnes à l’intérieur de l’espace européen ne pose pas les mêmes problèmes que l’immigration arabo-musulmane, il faut savoir respecter les proportions. (…) La pluralité est essentielle à l’Europe. Pluralité des langues et des nations. En même temps, il existe une histoire commune : la Bible, la Grèce, Rome, la féodalité, la Renaissance, la Réforme, les Lumières et le romantisme. (…) J’ai vu que Donald Trump, allant inaugurer un golf en Écosse, s’est réjoui du vote britannique. Mais il représente autre chose : il est la Némésis du politiquement correct. Goya a dessiné une gravure intitulée Le sommeil de la raison engendre des monstres. On pourrait adapter cette formule à notre situation : le déni de réalité produit des monstres comme Trump. Si le danger islamiste n’est pas nommé surgit un candidat républicain qui souhaite interdire aux musulmans d’entrer sur le sol américain. Je ne suis pas sûr que le vote anglais relève exactement du même phénomène. Cette vieille démocratie européenne manifeste par ce vote sa volonté de reprendre son destin en main. Alain Finkielkraut
Il y a à peine plus de 3 millions de musulmans aux Etats-Unis, soit 1 pour cent de la population. C’est donc un peu comme si l’on assistait à l’inversion de la situation qui prévalait dans les années 1920, quand la France comptait à peine 5.000 Noirs et la «négrophilie» tenait le haut du pavé à Paris. À l’époque, l’élite française ne trouvait pas de mots assez durs pour fustiger le «racisme américain ». Géraldine Smith
Un jour j’ai réalisé que j’habitais dans un pays où j’avais peur d’être noire. C’était un pays réservé aux Blancs. Il n’y avait pas de place pour les Noirs. J’étouffais aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris. Joséphine Baker
La position la plus sûre et qui doit permettre d’écarter tout risque de modifier profondément la population française et tout déboire du point de vue culturel, est certainement celle qui consiste à rechercher des immigrants dont le type ethnique est déjà présent dans la mosaïque française. Georges Mauco (1945)
Le manque d’hommes et la faiblesse de la natalité française sont la cause profonde de nos malheurs… et l’obstacle principal qui s’oppose à notre redressement. (….) Afin d’appeler à la vie les douze millions de beaux bébés qu’il faut à la France en dix ans, de réduire nos taux absurdes de mortalité et de morbidité infantile et juvénile, d’introduire au cours des prochaines années, avec méthode et intelligence, de bons éléments d’immigration dans la collectivité française, un grand plan est tracé […] pour qu’à tout prix soit obtenu le résultat vital et sacré. Charles de Gaulle (3 mars 1945)
Le Haut Comité consultatif de la Population et de la Famille étudie actuellement des projets qui constitueront son avis en ce qui concerne la politique du Gouvernement en matière d’immigration. Dès à présent il importe que les naturalisations soient effectuées selon une directive d’ensemble. Il conviendrait notamment de ne plus les faire dépendre exclusivement de l’étude des cas particuliers, mais de subordonner le choix des individus aux intérêts nationaux dans les domaines ethnique, démographique, professionnel et géographique. a) Sur le plan ethnique, limiter l’afflux des Méditerranéens et des Orientaux qui depuis un demi-siècle ont profondément modifié la structure humaine de la France. Sans aller jusqu’à utiliser comme aux États-Unis [qui ont connu les mêmes préoccupations]* un système rigide de quotas, il est souhaitable que la priorité soit accordée aux naturalisations nordiques (Belges, Luxembourgeois, Hollandais, Suisses, Danois, Scandinaves, Islandais, Anglais, Allemands, etc.). [Si on se réfère à la composition de la population étrangère aux recensements de 1881-1891, où les sources d’émigration s’équilibraient]. Étant donné le grand nombre de dossiers actuellement en instance dans les préfectures, on pourrait envisager une proportion de 50 % de ces éléments. b) Sur le plan professionnel, la France a surtout besoin de travailleurs directement producteurs : agriculteurs, mineurs, ouvriers du bâtiment, etc. D’autre part, pour conserver au pays son pouvoir d’assimilation, il est souhaitable que les professions libérales, commerciales, banquières, etc. ne soient pas trop largement ouvertes aux étrangers. C’est dans la mesure où les étrangers peuvent se donner en France des cadres intellectuels et économiques – même naturalisés – qu’ils conservent davantage leur particularisme. Il y a intérêt à limiter les naturalisations dans ces professions, et d’une manière plus générale, dans les professions urbaines. c) Sur le plan démographique, il importe de naturaliser des individus jeunes ou ayant des enfants.  [Il n’est pas souhaitable d’accorder la nationalité française à des individus de plus de 70 ans.] d) Sur le plan géographique, limiter [très] strictement les naturalisations dans les villes, spécialement à Paris, Marseille, Lyon, où l’afflux des étrangers n’est pas désirable pour de multiples raisons. Par contre, les naturalisations doivent être suscitées et multipliées en province et spécialement dans les milieux ruraux. Je vous prie de vouloir bien donner des instructions aux préfectures pour que l’étude et l’envoi des dossiers s’inspirent de ces directives et pour que soient suscitées au besoin les naturalisations désirables. Général de Gaulle (lettre à Pierre-Henri Teitgen, garde des Sceaux, 12 juin 1945 – sont barrés entre crochets les passages du projet de Mauco qui n’ont pas été repris dans la lettre de Charles de Gaulle)
C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoires ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leur djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées !  Ch. de Gaulle (Conversation rapportée par Alain Peyrefitte le 5 mars 1959 suite aux événements d’Algérie)
Marseille offrait cependant un charme barbare et international qui incarnait de façon étonnante le grand flux de la vie moderne. Peu étendue, avec une population manifestement trop nombreuse, porte de service de l’Europe, chargeant et déchargeant son commerce avec l’Orient et l’Afrique, port préféré des matelots en bordée sans permission, infestée de toute la racaille des pays méditerranéens, grouillante de guides, de putes, de maquereaux, repoussante et attirante dans son abjection aux longs crocs sous ses dehors pittoresques, cette ville semblait proclamer au monde entier que la chose la plus merveilleuse de la vie moderne était le bordel. Claude McKay (Banjo)
Dans ce bouillonnement créatif, le jazz, l’art, la photographie, la mode et, bien sûr, la littérature furent plus que des expressions privilégiées pour raconter les multiples vies de l’homme noir, de véritables armes au service de la reconquête d’une identité. Celle de Claude McKay est multiple, clochard céleste, journaliste militant, bourlingeur marxiste – il résida en URSS dans les années 30, où il rencontra Trotski lors de la 4e Internationale communiste -, chroniqueur de la rue. C’est de tout cela qu’est fait son verbe vagabond. Celui de Home To Harlem, qui lui vaut, en 1928, le Harmon Gold Award Of Literature, et celui de Banjo, en 1929, où il dépeint le Marseille cosmopolite où il vécut. Banjo – du surnom de son héros, un docker noir qui, dans les bas-fonds de la cité phocéenne, s’évertue à monter un groupe de jazz -, croque un Marseille qui n’existe plus, un quartier interlope, la Fosse, situé entre le Vieux-Port et la Joliette, que l’occupant nazi rasera en 1943 pour purifier le « cloaque » du « chancre de l’Europe ». Car ce quartier réservé, à l’image du French Quarter de La Nouvelle-Orléans, est depuis 1865 le lieu de tous les plaisirs, de tous les dangers et de l’amarrage, dans les années 20, de cette « infernale musique noire qui rythme tous les bruits », comme l’écrira le romancier marseillais André Suarès. « Bars à passe en toile de fond, cafés de quartier qui émettent le son d’un « fox-trot populaire » provenant de pianos mécaniques çà et là dans « Boody Lane » qui semble proclamer au monde entier que la chose la plus merveilleuse était le bordel. […] Oh, Shake That Think, Jelly r-o-o-o-o-oll ! Tem, tem, ti-toum, tim-ti-tim, toum, tem… » Claude McKay n’a pas son pareil pour dire la bouillonnante ville-monde, ce « petit Harlem », où vivent, aiment et meurent voyous provençaux, bandits corses et italiens, dockers africains, marins, filles de joie et artistes du monde entier. Son écriture visionnaire, chaloupée et enivrante, construite, avec ses solos, comme un air de jazz, assène, près de quatre-vingt-dix ans plus tard, des questionnements toujours actuels. Ceux de la citoyenneté et du vivre-ensemble. Sa lecture ne s’en révèle que plus indispensable. Marianne (2015)
Banjo: A Story without a Plot was published by Claude McKay in 1929, between the World Wars. In the novel, McKay draws on his personal experiences living in France to depict dockworkers and drifters in the port town of Marseilles. The novel follows one group of “beach boys,” combining semi-autobiographical accounts of their pleasure-seeking lifestyle with their conversations about race relations and race politics, in France and abroad. The men in the novel represent various positions on race politics. Below are the four most prominent categories of positions in the novel—remember that each character nuances his views differently, and there are many distinctions to be made within these categories. (You might recognize some of the oppositions between these positions from later conflicts within the Civil Rights movement; they have some features in common with, for example, the political disagreements between Martin Luther King, Jr., and Malcolm X.) – Black Internationalism—This political culture linked blacks from around the world by connecting struggles against slavery, colonialism, and racism. Many of these connections are made in Banjo, like when Ray notes the similarities between the list of atrocities the French were committing in the colonies and the treatment endured by blacks in the United States. – Racial Assimilationism/Integrationism—During the early 20th century, assimilation was one possible answer to the question of how black people were to recover their full humanity: by being fully integrated into existing white society. Assimilation might include pursuing higher education and joining the professions, two things that were seen as allowing blacks to move out of their marginal position and into the respectable middle classes, as discussed in Banjo. – Black Nationalism—Opposed to assimilationists, black nationalists argued that black people should affirm and fight for their own culture and values, demanding their rights on their own terms rather than gaining a place in the existing system that had excluded them. W.E.B. Du Bois was associated with this position, which reflects the views of many of the characters in Banjo. – Black Separatism and Garveyism—These two positions are subsets of black nationalism that advocate the creation of essentially separate societies for black and white people. Whereas some black separatists thought that these two nations could be created within the United States, Marcus Garvey sought to bring blacks “Back to Africa,” a position represented in the novel by Taloufa. Berkeley university
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la France n’a pas fait appel à ses territoires d’outre-mer, colonies et DOM confondus, pour combler son déficit de main-d’oeuvre bon marché. Pourquoi ? la réponse à cette question, rarement soulevée, est moins évidente qu’il n’y parait. Pour sa reconstruction, l’hexagone n’avait-il pas besoin de bras valides, de gens – de préférence francophones – taillables et corvéables ? dès lors pourquoi se priver de la « Force noire », qui venait de faire ses preuves sur le champ de bataille ? En raison d’un présupposé censément « naturel », d’un sous-entendu qui est alors au coeur des débat public sur l’immigration sans remonter à la surfacce explicite du discours: la question raciale. Quand le 3 mars 1945 devant l’Assemblée consultative, de Gaulle invoque « l’impératif migratoire », quand il précise qu’ « il faut introduire au cours des prochaines années, avec méthode et intelligence, de bons éléments d’immigration dans la collectivité française », il n’est pas dit mais entendu que ces « bons éléments » ne sauraient être des Africains ou des Antillais – des Noirs. Géraldine Faès et Stephen Smith
They were separated by a line unseen and a law unwritten: The 29th Street beach was for whites, the 25th Street beach for blacks. An invisible boundary stretched from the sand into Lake Michigan, parting the races like Moses’ staff parted the Red Sea. On this stifling hot summer Sunday, Eugene Williams, a black teenager, drifted south of that line while swimming with friends. Whites picked up rocks and let fly. Some accounts say Williams was hit on the head and went under. Others say he became tired and was too afraid to come ashore. Either way, he drowned, touching off the deadliest episode of racial violence in Chicago history. For five days it raged, mostly on the South Side. White mobs attacked isolated blacks. Blacks attacked isolated whites. John Mills, a black Stockyards worker, was riding home when a mob stopped his streetcar and beat him to death. Casmero Lazeroni, a white peddler, was pulled from his horse-drawn wagon and stabbed to death. Thirty-eight people died–23 blacks and 15 whites. By the time the National Guard and a rainstorm brought the riots to an end, more than 500 people had been injured, wounded blacks outnumbering whites by a ratio of about 2-1. Several factors had heightened tension between the races. Drawn by the promise of employment and dignity, Chicago’s black population more than doubled from 1916 to 1918. Blacks had balked at joining white-controlled unions, and in the face of violence, black leaders had begun preaching self-defense instead of self-control. But, most important of all, housing in the city’s narrow « Black Belt, » which stretched south of the Loop, had not kept pace. When blacks began moving into white neighborhoods, whites responded violently, bombing 26 homes in the two years preceding the riot. The Chicago Tribune
En avril 1919, les forces de police arrêtent un complot visant à l’envoi 36 bombes à des membres éminents de l’establishment américain politique et économique : JP Morgan, John D. Rockefeller, le juge de la Cour suprême Oliver Wendell Holmes ou encore le procureur général des États-Unis Alexander Mitchell Palmer. Le 2 juin 1919, dans sept villes du Nord-Est des États-Unis, huit bombes de fortes puissances ont explosé quasi simultanément à la même heure (une église catholique de Philadelphie étant la cible de deux bombes). L’un des objectifs était la maison, à Washington, D.C., du procureur général Palmer. L’explosion tue le poseur de bombe, qui sera la seule victime, et des témoignages confirment qu’il s’agit d’une organisation radicale d’origine italienne dont l’antenne américaine se trouverait à Philadelphie, mais l’affaire n’a jamais été résolue. C’est après, entre 1919 et 1921, que le procureur général lance les Palmer Raids. Des avocats notables dénoncent l’inconstitutionnalité de ces mesures, dont le futur juge à la Cour suprême Felix Frankfurter (notamment les quatrième, cinquième, sixième et huitième de la Constitution des États-Unis). Palmer perd de sa crédibilité lorsqu’il annonce qu’un risque de révolution est possible, le 1er mai 1920. Dès 1918, le président Woodrow Wilson avait fait pression sur le Congrès afin qu’il légifère contre les immigrés anarchistes (concrétisé par le Sedition Act of 1918 (en)) afin de protéger le moral du pays pendant la guerre. Le 1er septembre 1920, des bombes explosent à Wall Street, près de Federal Hall et de la Banque JP Morgan. Bien que deux anarchistes et des communistes soient soupçonnés d’être responsables de l’attentat, aucun n’est inculpé. On dénombre 38 morts et 141 blessés. En conséquence, l’opinion publique évolue et des organisations de gauche telles que l’Industrial Workers of the World et le Parti communiste des États-Unis perdent plusieurs de leurs militants. Entre 1919 et 1920, plusieurs états ont jugé le syndicalisme « criminel ». Cela implique alors des restrictions de la liberté d’expression. Des procès ont lieu (dont la célèbre affaire Sacco et Vanzetti), ainsi que des déportations hors du territoire américain. Wikipedia
La grande migration afro-américaine est le mouvement qui a conduit six millions d’Afro-Américains du Sud des États-Unis vers le Middle West, le Nord-Est et l’Ouest de 1910 à 1930. Les estimations du nombre de migrants varient selon les repères temporels choisis. Les Afro-Américains émigraient pour échapper au racisme et essayer de trouver du travail dans les villes industrielles. Certains historiens font une distinction entre la Première Grande Migration (de 1910 à 1940), et qui a porté sur environ 1,6 million migrants, et la Seconde Grande Migration, de 1940 à 1970. (…) Entre 1910 et 1930, la population afro-américaine s’accrut d’environ 40 % dans les États du Nord, principalement dans les grandes villes. Des villes comme Chicago, Détroit, New York et Cleveland connurent quelques-unes des plus fortes hausses dans la première partie du siècle. Du fait que cette évolution se concentrait dans les villes, les tensions urbaines augmentèrent à mesure que les Afro-Américains et les immigrants européens nouveaux ou récents, groupes qui tous les deux étaient issus de sociétés rurales, entraient en concurrence pour les emplois et le logement avec la classe ouvrière blanche d’origine. Les tensions étaient souvent les plus vives entre les Irlandais ethniques, soucieux de défendre leurs positions, et les immigrants récents et les noirs. Les Afro-Américains migraient individuellement ou en petits groupes familiaux. Ils ne recevaient aucune aide du gouvernement, mais souvent les industries du Nord, comme les chemins de fer, le conditionnement de la viande et l’élevage du bétail, avaient besoin de main-d’œuvre. Le principal facteur de la migration était le climat raciste dans le Sud et la violence généralisée qui se manifestait par des lynchages. Dans le Nord, on pouvait trouver de meilleures écoles et les hommes adultes avaient le droit de vote (ainsi que les femmes après 1920). L’essor des industries montrait qu’il y avait possibilité de trouver des emplois. (…) L’énorme expansion des industries de guerre créa pour les noirs des possibilités d’emploi, non dans les usines, mais dans les postes laissés vacants par les ouvriers appelés à y travailler. La Première Guerre mondiale et la Loi d’immigration Johnson-Reed de 1924 mirent brutalement un terme à l’afflux d’immigrants européens vers les centres industriels qui apparaissaient au Nord-Est et dans le Middle West, ce qui provoqua une pénurie de main-d’œuvre dans les usines. (…) La Grande Migration des Afro-Américains a créé les premières grandes communautés noires urbaines dans le Nord. On estime traditionnellement à 400 000 le nombre de ceux qui ont quitté le Sud pendant la période de deux années allant de 1916 à 1918, pour profiter de la pénurie de main-d’œuvre qu’avait créée la Première Guerre mondiale. (…) En 1910, la population afro-américaine de Détroit était de 6 000. Dès le début de la Grande Dépression en 1929, ce chiffre était monté à 120 000. En 1900, Chicago avait une population totale de 1 698 575 habitants. En 1920 elle avait augmenté de plus d’un million d’habitants. (…) Alors que la Grande Migration aidait les Afro-Américains instruits à obtenir des emplois, permettant à terme de mesurer la mobilité sociale, les migrants se heurtaient à des discriminations importantes. Du fait qu’un si grand nombre de personnes avaient migré dans un laps de temps assez bref, les migrants afro-américains se heurtaient souvent au ressentiment de la classe ouvrière américaine d’origine européenne, craignant que ses salaires ou la sécurité de ses emplois fût menacée par l’afflux de nouveaux travailleurs qui lui ferait concurrence. Les plus craintifs ou les plus hostiles étaient parfois les derniers en date des immigrants du XIXe siècle et les nouveaux immigrants du XXe siècle. Dans de nombreuses villes, la classe ouvrière a essayé de défendre ce qu’elle considérait comme « son » territoire. Néanmoins, les Afro-Américains ont pu gagner suffisamment d’argent dans les emplois industriels, en particulier dans la sidérurgie, l’automobile, la construction navale et les industries de préparation de la viande. Entre 1910 et 1920, le nombre de noirs employés dans l’industrie a presque doublé passant de 500 000 à 901 00010. (…) Les migrants ont découvert la discrimination raciale dans le Nord, même si elle se présentait parfois de façon plus subtile que dans le Sud. La population avait augmenté si rapidement tant chez les migrants afro-américains que chez les nouveaux immigrants venant d’Europe, qu’il y avait pénurie de logements, et les nouveaux groupes devaient rivaliser, même pour obtenir les logements les plus anciens, délabrés la plupart du temps. Les groupes ethniques se créaient des territoires qu’ils défendaient contre le changement. Souvent la discrimination forçait les Afro-Américains à rester dans les quartiers surpeuplés, comme à Chicago. Dans les villes, les populations plus à l’aise avaient tendance à se déplacer vers de nouveaux logements qui se développaient dans la périphérie. Les refus de prêts et les discriminations liées à l’habitat limitaient pour les Afro-Américains arrivés le plus récemment la possibilité de choisir leur propre logement, ou de l’obtenir à un prix raisonnable. (…) Pour de nombreux Afro-Américains cette période a marqué un profond changement dans le mode de vie : de travailleurs ruraux ils sont devenus ouvriers des industries installées dans les villes. La migration a donc eu pour eux un double effet : d’une part ils se sont intégrés de plus en plus dans la société, d’autre part le fait de vivre et de travailler en contact plus étroit avec les Américains d’origine européenne n’a cessé d’élargir le fossé qui existait entre eux. De fait, lors de la migration, les migrants se heurtaient souvent à des discriminations dans l’habitat car les propriétaires de race blanche et les agents immobiliers essayaient de les empêcher d’acheter des maisons ou de louer des appartements dans les quartiers blancs. En outre, quand des noirs allaient s’installer dans de tels quartiers, il arrivait souvent que les blancs réagissent violemment contre ces nouveaux voisins, par exemple avec une foule en émeute qui venait devant leurs domiciles, et qui allait jusqu’au jet de pierres et même jusqu’à l’assassinat. Ces tendances ont contribué à maintenir la « fracture raciale » dans le Nord et peut-être même à l’accentuer. Dans des villes comme Chicago et Omaha, le boom immobilier d’après-guerre a développé la création de banlieues réservées aux populations blanches. Le résultat est qu’à la fin des années 1950 et 1960, les Afro-Américains se sont retrouvés hyper-urbanisés et concentrés de façon beaucoup plus dense que les autres groupes dans les quartiers défavorisés. Du fait que les migrants afro-américaine avaient conservé un grand nombre de traits culturels et linguistiques du Sud, ces différences de culture ont créé chez ceux qui les avaient précédé dans les villes le sentiment qu’ils étaient des étrangers. Les stéréotypes attribués aux personnes noires au cours cette période et pendant les générations remontent souvent aux traditions culturelles rurales des migrants afro-américains, qui s’opposaient à l’environnement urbain dans lequel ils résidaient. Wikipedia
Sous la pression de la crise démographique la plus grave qu’aucune race et aucune nationalité aient connue au sein d’un quartier de Chicago, la population du secteur déborde, ou plutôt est irrésistiblement expulsée, vers d’autres quartiers. (…) Quel avenir pour les gens de couleur ? La réponse qui revient le plus souvent et semble faire consensus est celle-ci : Nous avons fait l’ultime sacrifice ; ils n’ont pas eu besoin de nous contraindre ; nos états de service, tout comme Old Glory, le drapeau que nous aimons car il symbolise notre liberté, n’ont pas une seule tâche ; nous sortons des hostilités “blanc comme neige” ; à présent, nous souhaitons voir notre nation honorer la Constitution et la Déclaration d’indépendance. (…) De meilleurs emplois, le droit de voter et de voir son vote comptabilisé lors du dépouillement, l’absence de ségrégation sur la voie publique et dans les transports, une moindre discrimination raciale, une attitude plus tolérante de la part des Blancs, l’égalité des droits en termes d’éducation : voilà quelques-unes des raisons qui attirent un flot continu de gens de couleurs fuyant le Sud. (…) Les articles de presse sur ce qui se passe à Washington citent souvent comme cause des affrontements des agressions de femmes blanches par des soldats noirs. Si cette accusation grave et sordide est répétée jour après jour dans les dépêches qui inondent le pays, elle n’est pourtant fondée sur aucune de ces preuves, éléments de connaissance ou d’information nécessaires à tout tribunal ou toute personne sensée pour parvenir à un verdict ou se forger une opinion. Carl Sandburg
Les articles qui suivent reprennent ceux publiés dans les pages du Chicago Daily News, qui avait missionné l’auteur pour enquêter sur la situation trois semaines avant le début des émeutes. Publiée depuis deux semaines, la série arrivait au stade où un ensemble de recommandations constructives aurait été le bienvenu, lorsque les émeutes ont éclaté. Et comme toujours, tout le monde, ou presque, s’est davantage intéressé à la guerre qu’à ce qui l’avait provoquée. (…) Tant que nous n’aurons pas appris à loger tout le monde, à employer tout le monde à un salaire décent et avec un statut professionnel valorisant, à garantir à chacun ses libertés civiles et lui prodiguer une éducation et des divertissements dignes de ce nom, tout ce que nous pourrons dire au sujet du « problème racial » ne restera qu’une sinistre mythologie. Walter Lippmann (août 1919)
Je lis ce rapport sur les émeutes de Chicago en 1919 et c’est comme si je lisais le rapport de la commission d’enquête sur les désordres à Harlem en 1935, le rapport de la commission d’enquête sur ceux de 1943, le rapport de la commission McCone sur les émeutes de Watts. Je dois sincèrement vous dire, Membres de la commission, qu’on se croirait dans Alice au pays des merveilles, avec le même film qu’on nous repasse éternellement : même analyse, mêmes recommandations, même inaction. Kenneth Clark (1968)
Sandburg … prend le parti de ne pas décrire sur le vif le détail saisissant des émeutes, et pas davantage de les rattacher, comme le font bon nombre de journaux d’alors, à d’obscures menées de bolchéviks poussant sourdement les Noirs à la révolte. Lui opère autrement. Il s’efforce de les rendre intelligibles, ces émeutes ; de soutirer à la cruauté de ce qui s’y joue quelque chose des conditions sociales qui les ont fait naître. (…) mais s’il faut le lire encore, si loin après sa parution initiale, c’est peut-être moins pour ce qu’il nous restitue de son époque que pour ce qu’il nous dit de la nôtre. (…) Les émeutes raciales, on le comprend mieux, ne sont pas un passage dans l’histoire américaine. Elles n’ont rien, pas plus hier qu’aujourd’hui, d’un dérèglement passager de l’ordre ordinaire des choses. Elles sont au contraire l’arête vive d’un monde d’inégalité, de misère et de violences savamment organisé. Elles sont le produit et le symptôme de ce contre quoi elles se lèvent. Christophe Granger
Chicago, juillet 1919 : un jeune Noir se noie, terrorisé par des adolescents blancs qui commençaient à lui jeter des pierres, sur une plage partagée par une frontière raciale invisible. La police refuse d’intervenir, ouvrant la voie à plusieurs jours d’émeutes qui, dans la ville, laissent derrière eux 23 morts parmi les Noirs, 15 parmi les Blancs et des dizaines d’immeubles dévastés. Rapidement, durant ce  » Red Summer « , des dizaines de villes américaines connaissent à leur tour des émeutes raciales. Carl Sandburg prend le parti d’expliquer. Il décrit l’oppression organisée des Noirs, l’immigration imposée, la ségrégation ordinaire, les logements de seconde zone et l’habitude des lynchages. A l’heure où les émeutes raciales tenaillent toujours les Etats-Unis, ce petit livre oublié éclaire l’une des périodes les plus troublées de l’Amérique – celle qui, tenaillée par la question raciale, accompagne la recrudescence du Ku Klux Klan. Il éclaire aussi une pratique journalistique, celle du reportage, qui ne cède jamais au voyeurisme de la violence, d’un auteur et poète qui, par la suite, a obtenu le prix Pulitzer. Babelio

Vous avez dit deux poids deux mesures ?

A l’heure où sort enfin pour la première fois en France avec près d’un siècle de retard …

La traduction des fameuses chroniques de l’écrivain suédo-américain Carl Sandberg pour le Chicago news sur la première émeute noire de l’histoire américaine …

Les treize jours de terreur qui avant de s’étendre à des dizaines de villes dans tous les Etats-Unis (le tristement fameux « été rouge ») feront 23 victimes noires et 15 blanches sans compter les centaines de blessés et dévasteront des quartiers entiers suite à la noyade provoquée d’un jeune Noir au large d’une plage du lac Michigan réservée aux Blancs …

Sur fond de migration massive de noirs issus du sud (500 000 en quelques années), concurrence pour les emplois et le logement avec la classe ouvrière blanche d’origine, utilisation de briseurs de grève noirs, surpeuplement suite au doublement de la population noire en deux ans, plus grand activisme de soldats noirs revenus du front « pour préserver la démocratie », série d’attentats anarchistes et grèves massives suite à la Révolution bolchévique

Publication accompagnée comme il se doit des habituels couplets de nos chasseurs d’ambulances patentés sur « les brutalités policières et émeutes qui embrasent toujours aussi fréquemment le pays » et « viennent de rappeler »,  pour ceux qui « aiment se bercer d’illusions sur l’Amérique ‘post-raciale’, « la triste réalité de ce problème sans fin » …

Pendant que mis à part les groupes protégés, la moindre agression ou brutalité policière sont dénoncées comme racistes face à des suspects qui refusent souvent d’optempérer par les mêmes qui font et vivent confortablement de l’apologie de la violence à longueur de séries télé et de films …

Et qu’avec tant le référendum britannique que la candidature d’un Donald Trump le déni de réalité de nos belles âmes et de nos bons esprits et la véritable invasion migratoire qu’ils ont provoquée viennent de recevoir la réponse que l’on sait …

Qui se souvient …

Que la France « négrophile » qui allait célébrer, sur fond d’exposition coloniale et de zoos humains et à moitié nue dans sa ceinture de sauvageonne, l’égérie des cubistes

Ou les bas fonds si pittoresques du port de Marseille décrits comme un « petit Harlem » « de la citoyenneté et du vivre-ensemble » par  le « clochard céleste, journaliste militant, bourlingeur marxiste » Claude McKay …

Et qui ne trouvait pas, loin de ses anciens esclaves parqués discrètement dans ses DOMTOM (1, 6 million quand même: 14% vs. 500 000 pour les Etats-Unis: 4% et 4 millions pour le Brésil: 35% !) et entre deux massacres coloniaux (dans les deux sens), de mots assez durs déjà pour fustiger le « racisme américain » …

Ne comptait alors pas plus de 5.000 Noirs sur son territoire métropolitain ?

Et qui rappelle …

Les raisons pour lesquelles une France saignée 25 ans plus tard par une nouvelle guerre mondiale …

Avait décidé de « se priver » pour sa reconstruction de « la Force noire » de ses territoires d’outre-mer qui « venait de faire ses preuves sur le champ de bataille » …

A savoir, comme l’avait souligné le général de Gaulle lui-même, qu’il fallait « introduire au cours des prochaines années, avec méthode et intelligence, de bons éléments d’immigration dans la collectivité française » ?

Les émeutes raciales de Chicago, juillet 1919 publiées chez Anamosa
Mohamed
Addict-Culture
9 mai 2016

Les émeutes raciales de Chicago, juillet 1919, est le troisième livre de la toute nouvelle maison d’édition Anamosa. Il s’agit là de la première traduction française (effectuée par Morgane Saysana) des articles que Carl Sandburg a consacré à Chicago avant et après le Red Summer de 1919.

Dans cette série d’articles, Sandburg fait moins oeuvre de journalisme que de sociologie, comme l’indique Christophe Granger dans la préface :

“Il prend le parti de ne pas décrire sur le vif le détail saisissant des émeutes, et pas davantage de les rattacher, comme le font bon nombre de journaux d’alors, à d’obscures menées de bolchéviks poussant sourdement les Noirs à la révolte. Lui opère autrement. Il s’efforce de les rendre intelligibles, ces émeutes ; de soutirer à la cruauté de ce qui s’y joue quelque chose des conditions sociales qui les ont fait naître”

Et c’est ainsi que l’on déambule dans les rues de Chicago pour découvrir pas à pas la condition des Noirs Américains.

Depuis 1916 les États-Unis doivent faire face à la Grande Migration des Noirs du sud vers les grandes villes industrielles du nord. Ce mouvement est qualifié par Loic Wacquant comme “le plus important de l’Histoire contemporaine”. Ce dernier écrit par ailleurs :

“Ce transfert de population a alimenté la formation des grands ghettos urbains et la première poussée des revendications pour l’accès à la pleine citoyenneté des Américains de couleurs”.

Il ne dit rien d’autre que ce que Sandburg avait écrit un siècle plus tôt :

“Sous la pression de la crise démographique la plus grave qu’aucune race et aucune nationalité aient connue au sein d’un quartier de Chicago, la population du secteur déborde, ou plutôt est irrésistiblement expulsée, vers d’autres quartiers.”

et un peu plus loin :

“Quel avenir pour les gens de couleur ? La réponse qui revient le plus souvent et semble faire consensus est celle-ci : Nous avons fait l’ultime sacrifice ; ils n’ont pas eu besoin de nous contraindre ; nos états de service, tout comme Old Glory, le drapeau que nous aimons car il symbolise notre liberté, n’ont pas une seule tâche ; nous sortons des hostilités “blanc comme neige” ; à présent, nous souhaitons voir notre nation honorer la Constitution et la Déclaration d’indépendance.”

Chicago, tout comme d’autres villes du nord, représente pour les Noirs une terre promise loin des agressions raciales et semble aussi incarner une promesse d’emploi.

“De meilleurs emplois, le droit de voter et de voir son  vote comptabilisé lors du dépouillement, l’absence de ségrégation sur la voie publique et dans les transports, une moindre discrimination raciale, une attitude plus tolérante de la part des Blancs, l’égalité des droits en termes d’éducation : voilà quelques-unes des raisons qui attirent un flot continu de gens de couleurs fuyant le Sud.”

Carl Sandburg constate donc au fil de ses enquêtes que les villes du nord ne sont pas aussi tolérantes que les Noirs eux-mêmes auraient pu le croire. La ségrégation, même si elle n’est pas aussi démonstrative que dans les villes du sud, n’en n’est pas moins réelle et plus pernicieuse. A commencer dans l’immobilier, où l’accession à la propriété n’est pas chose aisée :

“Vous autres, vous n’êtes pas admis dans notre société. Personnellement je n’ai rien contre eux (…) mais, vous savez on prévoit de rénover les abords du lac, le réseau de chemins de fer de l’Illinois, et pour le reste ; on ne peut pas se permettre de laisser ces gens là s’installer ici. (…)Loin de nous l’idée de lancer des menaces, mais il faut faire quelque chose, nous tenons à le signaler”

Ce sont ici les mots du porte-parole des intérêts immobiliers.

Sur le marché de l’emploi, les Noirs ne sont pas mieux traités. La ville profite de cette arrivée massive de travailleurs pour remplacer ceux qui sont parti en Europe. Cependant ils n’ont d’autres choix que d’occuper les métiers pénibles que les Blancs refusent d’accomplir.

Donc, dès 1919, Carl Sandburg démontre la dimension tragique, à travers cet environnement social des grandes villes, Chicago en particulier, que les Noirs doivent affronter. Il montre que cette communauté cherche à s’implanter durablement dans une société qui ne les désire pas. Ils nous parle des ces personnes de couleurs qui réussissent, certes, mais aussi des marginaux, de ceux qui demeurent dans les pires conditions de vie et ceux qui s’adonnent aux activités criminelles.

Sandburg démontre aussi la responsabilité de la presse qui n’a de cesse de colporter des rumeurs sans réel fondement sur des agressions, alimentant ainsi la haine envers les Noirs :

“Les articles de presse sur ce qui se passe à Washington citent souvent comme cause des affrontements des agressions de femmes blanches par des soldats noirs. Si cette accusation grave et sordide est répétée jour après jour dans les dépêches qui inondent le pays, elle n’est pourtant fondée sur aucune de ces preuves, éléments de connaissance ou d’information nécessaires à tout tribunal ou toute personne sensée pour parvenir à un verdict ou se forger une opinion.”

Carl Sandburg aborde donc tous les aspects de la vie des afro-américains : de l’emploi en passant par la vie religieuse et associative. Il met l’accent sur une vie qui semble paisible mais qui repose sur un équilibre fragile. Autrement dit, si les Noirs restent à leur place… tout va bien. Il traite aussi les dangers de s’aventurer hors de la “black belt”, ce territoire aux frontières imaginaires et pourtant si bien défini dans la pensée des Blancs. Pour preuve, lorsque le jeune Eugène Williams se retrouve sur un bout de plage qui n’est pas celui qui revient aux Noirs, il est alors assassiné à coup de jets de pierres par la jeunesse blanche. L’équilibre factice est rompu. Toutes ces tensions inhérentes à cette société inégalitaire finissent par devenir de fortes émeutes qui ont pour résultats des centaines de victimes et d’immenses dégâts.

Le travail de Carl Sandburg est particulièrement éclairant sur une situation qui se répète encore de nos jours, non seulement aux États-Unis mais aussi dans d’autres parties du monde où l’étranger est mal ou peu considéré.

Lors d’une allocution devant la commission Kerner sur les émeutes raciales de 1968 à Chicago, le sociologue Kenneth Clark déclare :

“Je lis ce rapport sur les émeutes de Chicago en 1919 et c’est comme si je lisais le rapport de la commission d’enquête sur les désordres à Harlem en 1935, le rapport de la commission d’enquête sur ceux de 1943, le rapport de la commission McCone sur les émeutes de Watts. Je dois sincèrement vous dire, Membres de la commission, qu’on se croirait dans Alice au pays des merveilles, avec le même film qu’on nous repasse éternellement : même analyse, mêmes recommandations, même inaction»

Chicago, Washington, New York 1919, Harlem 1935, Harlem 1943, New York 1964, Philadelphie 1964, Watts 1965, Detroit 1967, Washington, Chicago, Baltimore 1968, Los Angeles 1992, Baltimore 2015.

Voilà donc depuis presque un siècle la ritournelle des soulèvements de la population Afro-Américaine et démontre que la question raciale est toujours présente aux Etats-Unis.

Lorsque Walter Lippman  rédige son introduction à propos du travail de Carl Sandburg il en arrive à la même conclusion :

“Les articles qui suivent reprennent ceux publiés dans les pages du Chicago Daily News, qui avait missionné l’auteur pour enquêter sur la situation trois semaines avant le début des émeutes. Publiée depuis deux semaines, la série arrivait au stade où un ensemble de recommandations constructives aurait été le bienvenu, lorsque les émeutes ont éclaté. Et comme toujours, tout le monde, ou presque, s’est davantage intéressé à la guerre qu’à ce qui l’avait provoquée.”

Carl Sandburg a accompli un travail d’enquête d’une grande justesse, dans un style précis étayé par les chiffres mais aussi une réflexion pleine d’humanisme.

Il parvient à “émouvoir non seulement pour susciter l’indignation, bien que cela soit nécessaire, mais aussi pour faire réfléchir”.

Voir aussi:

LES ÉMEUTES RACIALES DE CHICAGO JUILLET 1919 de Carl Sandburg / Editions Anamosa.
clete

Nyctalopes

juin 2, 2016

Traduction: Morgane Saysana.

Troisième publication de la toute nouvelle maison d’édition Anamosa spécialisée dans les sciences humaines « les émeutes raciales de Chicago » de 1919 est un bien bel ouvrage inédit puisque l’ensemble des textes de Carl Sandburg n’avait jamais été traduit en français.

Chicago, juillet 1919 : un jeune Noir se noie, terrorisé par des adolescents blancs qui commençaient à lui jeter des pierres, sur une plage partagée par une frontière raciale invisible. La police refuse d’intervenir, ouvrant la voie à plusieurs jours d’émeutes qui, dans la ville, laissent derrière eux 23 morts parmi les Noirs, 15 parmi les Blancs et des dizaines d’immeubles dévastés. Rapidement, durant ce  » Red Summer « , des dizaines de villes américaines connaissent à leur tour des émeutes raciales.

L’ouvrage qui se décline en plusieurs parties forme un beau livre où préface, texte proprement dit, puis cahier annexe de fin d’ouvrage avec cartes, photographies et mémorial des victimes offrent un panorama complet des tragiques événements de juillet 1919 à Chicago qui ne sont néanmoins qu’une petite partie des émeutes qui ont secoué et endeuillé le pays cet été là.

La partie centrale et majeure du livre est bien sûr l’écrit de Carl Sandburg qui décrit la condition des Afro-Américains à Chicago au sortir de la guerre. Ils arrivent en grand nombre en pensant que la vie au Nord sera moins difficile que dans le terrible Sud où ils ne sont que les descendants d’esclaves et où les droits minimum ne leur sont pas garantis sans compter l’accès au travail et à la même éducation que la population blanche. Cet afflux à Chicago et dans les grandes métropoles industrielles du Nord se fait sans aucune organisation des autorités qui se contrefoutent bien des conditions de vie des arrivants qui seront forcément mieux lotis dans l’ Illinois que dans le Mississipi ou autres états moyen-moyenâgeux où les lynchages sont monnaie courante. Carl Sandburg explique d’ailleurs que chaque cas de lynchage dans un état du sud est suivi d’arrivées massives en gare de Chicago dans les jours qui suivent.

Carl Sandburg va ainsi montrer les différents aspects de la vie sociale et économique de ces arrivants qui s’ils ne sont pas haïs et méprisés comme en dessous de la ligne Mason-Dixon sont néanmoins largement exploités dans leurs conditions de vie,de travail et dans leurs accès à la propriété ou à un logement décent. Cette partie du livre qui date de l’époque fera le bonheur, bien sûr, des historiens et des sociologues mais aussi de toutes les personnes intéressées par l’Amérique, ses maux, ses fractures et ses paradoxes.

Profane, je vais sûrement faire hurler les puristes mais la partie inoubliable, brillante, c’est l’introduction écrite en février 2016 par Christophe Granger historien, membre du centre d’Histoire sociale du XXème siècle qui réussit un formidable travail de didactique pour les béotiens comme moi en démarrant son propos intitulé « L’Amérique et le démon de la race » par cette phrase : « mais s’il faut le lire encore, si loin après sa parution initiale, c’est peut-être moins pour ce qu’il nous restitue de son époque que pour ce qu’il nous dit de la nôtre ».Un siècle plus tard, on ne compte plus les émeutes raciales qui ont ensanglanté l’histoire des USA avec toujours les mêmes raisons, la ghettoïsation, les différences économiques entre les groupes, le laxisme des autorités, les inégalités sociales, la volonté universelle de médiocres d’écraser pour montrer qu’ils existent.

Si Sandburg, dans cette compilation d’articles qu’il avait écrits pour le Chicago Daily News à l’époque, explique, démontre les conditions qui ont permis l’horreur, Granger, lui, tout en nous apprenant à apprendre de l’Histoire montre les événements avec le recul de l’Historien et donne ainsi des clés indispensables à la compréhension des écrits de Sandburg et du déroulement des jours d’effroi.

On pourrait se dire que ce n’est qu’un phénomène ricain et pourtant l’universalité des maux saute aux yeux.

« Tant que nous n’aurons pas appris à loger tout le monde, à employer tout le monde à un salaire décent et avec un statut professionnel valorisant, à garantir à chacun ses libertés civiles et lui prodiguer une éducation et des divertissements dignes de ce nom, tout ce que nous pourrons dire au sujet du « problème racial » ne restera qu’une sinistre mythologie. »Walter Lippmann août 1919.

Très belle initiative des éditions Anamosa, ouvrage essentiel.

Voir également:

Les émeutes de Chicago en 1919
Zones subversives

3 Juillet 2016

En 1919, des émeutes raciales éclatent à Chicago. Mais les Noirs se révoltent surtout contre leurs conditions de vie. Cet épisode historique fait écho à la situation actuelle.

Les émeutes de Ferguson et de Baltimore s’inscrivent dans une histoire longue. Celle de la révolte des ghettos noirs des Etats-Unis. Le journaliste Carl Sandburg analyse Les émeutes raciales de Chicago de juillet 1919. Ce texte réédité décrit une situation qui n’a pas changé : misère, ségrégation, violence et injustice sociale. Carl Sandburg ne se contente pas de décrire, il analyse les émeutes et leurs causes sociales.

L’historien Christophe Granger présente le contexte d’un récit qui conserve toute son actualité. Durant le « Red Summer », les agressions racistes se multiplient. Des jeunes Blancs attaquent aveuglement des passants noirs. Les émeutes de Chicago sont déclenchées par la noyade d’un jeune Noir agressé par des Blancs. Le policier présent ne réagit pas. Dans les jours qui viennent, les affrontements se multiplient. Les Blancs et les Noirs se battent, avec des morts de chaque côté. L’émeute prend l’allure d’une « guerre raciale ».

Ce Red Summer s’inscrit dans une histoire longue des violences raciales. Les Etats du Sud ont longtemps pratiqué l’esclavage. Des émeutes raciales éclatent pendant la guerre de Sécession. Dans les années 1870, cette violence raciale participe au maintien de la ségrégation et des rapports sociaux. Ces agressions visent à faire fuir les élites noires.

Dans les années 1910, Chicago devient le centre de la « question raciale ». Cette métropole accueille les familles noires qui fuient les Etats ségrégationnistes du Sud. Mais la « terre promise » devient le ghetto noir de Chicago. La misère, des logements dégradés et des mauvaises conditions de travail installent les Noirs dans une marginalité. Ils intériorisent une infériorité par rapport aux Blancs.

Racisme et exploitation

Au début du XXe siècle, la population noire fuit les Etats du Sud avec leur racisme et leur passé esclavagiste. Les gens de couleurs se réfugient dans les grandes villes du Nord comme Chicago. Ils fuient la misère et le racisme. « Pour beaucoup de ceux qui ont gagné le Nord, la promesse d’un salaire et d’un emploi vient après le désir de fuir les lynchages », décrit Carl Sandburg. Les population noire espère trouver davantage d’égalité et d’opportunités dans les villes du Nord.

Les populations noires ont des difficultés d’accès au logement. Leur arrivée massive peut influencer le prix de l’immobilier. Les propriétaires rénovent les logements pour augmenter les prix. Inversement, l’arrivée massive d’une population noire peut contribuer à la diminution des loyers dans un quartier. Les agents immobiliers peuvent alors s’opposer à la présence des Noirs. Ils instrumentalisent l’antagonisme racial à des fins commerciales.

Les personnes de couleur doivent se contenter d’accepter les emplois les moins qualifiés et rémunérés. Les postes à pourvoir se situent dans les fonderies, les aciéries, le bâtiment et les usines qui demandent en permanence des travailleurs peu qualifiés. Les travailleurs immigrés issus des pays européens aspirent à revenir dans leur pays d’origine pour retrouver leur famille. Pour reconstituer la main d’œuvre à exploiter, le patronat doit désormais puiser dans la population noire. « L’essentiel de ce qu’on considère comme une question raciale est au fond un problème de main d’œuvre », analyse Carl Sandburg. L’accès au marché de l’emploi et l’égalité salariale pour les travailleurs noirs se situent au cœur de la « question raciale ».

Les écrits des personnes de couleur insistent sur l’importance de l’égalité économique pour régler le problème racial. Les gens de couleur insistent sur l’accès à l’emploi et à un revenu décent. « Ils tiennent en horreur la ségrégation dans les transports issue des lois Jim Crow, mais aussi les lynchages et tous les actes de discrimination raciale, parce que derrière cela, ils savent bien que, même dans le Nord, hommes et femmes de couleur ont peu de chances d’obtenir des emplois qualifiés, et même non qualifiés », observe Carl Sandburg.

Race et inégalités sociales

Les femmes de couleur travaillent surtout dans l’industrie manufacturière. « Les chapeaux de poupée, les abat-jour, la mercerie : voilà trois branches de l’industrie manufacturière où la main d’œuvre de couleur s’est introduite dans les usines et s’est aussi mise à travailler à domicile », décrit Carl Sandburg. Les hôtels et les restaurants embauchent également des aides de cuisine, des serveuses et des femmes de ménage. L’industrie de la viande emploie aussi des travailleuses de couleur. Les femmes noires doivent souvent se contenter des travaux mécanisés ou manuels. « Les ouvrières de couleur interviennent aux étapes de fabrication que les femmes blanches refusent d’effectuer », commente un observateur du monde industriel. Les femmes de couleur effectuent les tâches les plus ingrates et les moins bien rémunérées.

Les propriétaires des logements augmentent les loyers lorsque leurs locataires sont noirs. Quelles que soient les causes économiques, « le Nègre à Chicago, moins bien payé que les travailleurs blancs et plus limité dans les emplois qui s’offrent à lui, paie un loyer relativement plus élevé », indique une enquête sur le logement. Des travailleurs noirs s’organisent dans des syndicats et luttent pour l’égalité économique. « Leur hypothèse est que, une fois l’égalité des races admise sur le plan économique, elle s’imposera ensuite sans difficultés aux plans social, immobilier, dans les transports, le logement et l’éducation », souligne Carl Sandburg.

Ce livre montre bien les causes sociales de la révolte. Ces émeutes ne s’expliquent donc pas par une dimension raciale. « On le voit : invoquer la « race » pour expliquer les émeutes de Chicago, et toutes celles qui leur ressemble, c’est prendre l’effet pour la cause », analyse Christophe Granger. Une racialisation des relations sociales s’impose. C’est la façon « dont les différences raciales, loin de relever de vérités biologiques ou naturelles, ont été érigées en principe légitime d’organisation, de description et de classification des faits sociaux », observe Christophe Granger.

La race est devenue un problème pour mieux occulter les inégalités sociales. Une enquête sociologique montre au contraire les causes sociales et politiques des émeutes. Le maire de Chicago, lié à la mafia, a mis en place un véritable système clientéliste pour attribuer les logements et les emplois. Ces émeutes s’expliquent également par les gangs de jeunes blancs qui saisissent l’occasion pour se déchaîner. Mais la dimension ouvertement raciste n’est pas évidente.

Révolte sociale contre racialisation

La description de Carl Sandburg tranche avec le bavardage postmoderne des racialisateurs qui dominent désormais l’extrême gauche. Toute une mouvance sous-gauchiste, incarnée par le Parti des Indigènes de la République (PIR), insiste sur une vision raciale de la société à travers une idéologie identitaire. L’esclavage et le colonialisme suffisent alors à expliquer la situation des quartiers populaires. Les « racisés » sont simplement les victimes de représentations postcoloniales. Mais, dans le monde réel, ce sont les inégalités sociales qui expliquent les émeutes dans les quartiers populaires.

Le PIR et ses amis gauchistes gomment les clivages sociaux et les rapports de classe pour ne voir que des différences entre les races. Le PIR comprend surtout une petite bourgeoisie intellectuelle qui a trouvé un créneau pour obtenir des postes de pouvoir et de reconnaissance dans les partis de gauche. Ils n’évoquent jamais les problèmes concrets des quartiers populaires comme la précarité ou le mal-logement. Ils préfèrent pérorer sur une affirmation identitaire. Mais la véritable révolte reste toujours sociale.

L’approche identitaire du PIR ne débouche logiquement vers aucune lutte sociale. Ils proposent uniquement une Marche de la dignité pour affirmer un statut de « racisé ». La posture postmoderne consiste surtout à pleurnicher sur son sort et à cumuler les oppressions pour organiser un colloque sur l’intersectionalité. En revanche, il existe aussi de véritables révoltes comme à Ferguson ou à Baltimore, mais aussi en région parisienne en 2005. Les analyses de Carl Sandburg peuvent s’appliquer également à ces émeutes récentes. La misère, la précarité, le mépris des institutions, le mal-logement, la ségrégation sociale expliquent la colère.

Les émeutes et les révoltes ne relèvent pas uniquement de l’évènement ponctuel voué à l’oubli. « Elles sont au contraire l’arête vive d’un monde d’inégalités, de misère et de violences savamment organisé. Elles sont le produit et le symptôme de ce contre quoi elles se lèvent », analyse Christophe Granger. Des mouvements de révolte spontanée vont éclater à nouveau. Mais cette contestation doit embraser l’ensemble des classes populaires. Les races servent aussi à diviser les prolétaires qui ont pourtant le même intérêt à abattre la société marchande. Une solidarité de classe, au-delà des races, se construit dans les révoltes sociales.

Source : Carl Sandburg, Les émeutes raciales de Chicago. Juillet 1919, traduit par Morgane Saysana, Anamosa, 2016

Voir encore:

Trois romans et quelques centaines de poèmes seulement auront suffi à Claude McKay, écrivain noir américain d’origine jamaïquaine, pour devenir l’une des figures de proue du mouvement Harlem Renaissance, qui dans l’entre-deux-guerres amorça l’émancipation culturelle et politique de la communauté afro-américaine et influença le courant de la négritude d’Aimé Césaire et de Léopold Sédar Senghor.

Dans ce bouillonnement créatif, le jazz, l’art, la photographie, la mode et, bien sûr, la littérature furent plus que des expressions privilégiées pour raconter les multiples vies de l’homme noir, de véritables armes au service de la reconquête d’une identité. Celle de Claude McKay est multiple, clochard céleste, journaliste militant, bourlingeur marxiste – il résida en URSS dans les années 30, où il rencontra Trotski lors de la 4e Internationale communiste -, chroniqueur de la rue. C’est de tout cela qu’est fait son verbe vagabond. Celui de Home To Harlem, qui lui vaut, en 1928, le Harmon Gold Award Of Literature, et celui de Banjo, en 1929, où il dépeint le Marseille cosmopolite où il vécut.

Banjo – du surnom de son héros, un docker noir qui, dans les bas-fonds de la cité phocéenne, s’évertue à monter un groupe de jazz -, croque un Marseille qui n’existe plus, un quartier interlope, la Fosse, situé entre le Vieux-Port et la Joliette, que l’occupant nazi rasera en 1943 pour purifier le « cloaque » du « chancre de l’Europe ». Car ce quartier réservé, à l’image du French Quarter de La Nouvelle-Orléans, est depuis 1865 le lieu de tous les plaisirs, de tous les dangers et de l’amarrage, dans les années 20, de cette « infernale musique noire qui rythme tous les bruits », comme l’écrira le romancier marseillais André Suarès. « Bars à passe en toile de fond, cafés de quartier qui émettent le son d’un « fox-trot populaire » provenant de pianos mécaniques çà et là dans « Boody Lane » qui semble proclamer au monde entier que la chose la plus merveilleuse était le bordel. […] Oh, Shake That Think, Jelly r-o-o-o-o-oll ! Tem, tem, ti-toum, tim-ti-tim, toum, tem… »

Claude McKay n’a pas son pareil pour dire la bouillonnante ville-monde, ce « petit Harlem », où vivent, aiment et meurent voyous provençaux, bandits corses et italiens, dockers africains, marins, filles de joie et artistes du monde entier. Son écriture visionnaire, chaloupée et enivrante, construite, avec ses solos, comme un air de jazz, assène, près de quatre-vingt-dix ans plus tard, des questionnements toujours actuels. Ceux de la citoyenneté et du vivre-ensemble. Sa lecture ne s’en révèle que plus indispensable.

Banjo, de Claude McKay, L’Olivier, 380 p., 14,90 €.

Voir de plus:

Etats-Unis : deux Afro-Américains tués par la police en deux jours
Euronews

07/07/16

Les tensions raciales sont une fois encore exacerbées aux Etats-Unis après de nouvelles bavures policières. Deux jours seulement après le drame survenu en Louisiane, un autre Afro-Américain a été tué par la police dans le Minesota. Arrêté après avoir passé un feu rouge, Philando Castile, un homme de 32 ans a été abattu dans sa voiture. Selon sa compagne, qui a commencé à filmer avec son téléphone portable juste après le tir, le conducteur venait d’avertir l’agent qu’il détenait une arme avec licence et cherchait ses papiers.

Dans la ville de Bâton-Rouge, en Louisiane, l‘émotion et l’indignation sont tout aussi fortes. C’est sur le parking d’un centre commercial qu’un vendeur à la sauvette afro-américain a été abattu de plusieurs balles par des policiers. Des dizaines de personnes ont manifesté pour réclamer justice.

“Nous allons prier pour la paix, pour l’unité. Mais je veux que vous sachiez que cela ne s’arrêtera pas là, leur a promis Denise Marcelle, une élue de la chambre des Représentants. Nous voulons que justice soit faite, nous voulons de la transparence. Je n’arrêterai pas jusqu‘à ce que je découvre ce qui s’est passé, et les responsables seront poursuivis.”

Sans attendre une enquête locale, le département américain de la Justice a ouvert une enquête à l‘échelle fédérale pour déterminer les responsabilités des deux policiers, qui ont été suspendus.

Les forces de l’ordre avaient été alertées par un appel indiquant qu’un homme brandissait une arme sur le parking. Interpellé et plaqué au sol, Alton Sterling, un vendeur ambulant de 37 ans, a tenté de résister et a été tué à bout portant.

Dans la vidéo-amateur, on entend l’un des policiers s‘écrier “il est armé !” avant que son collègue n’abatte l’homme de plusieurs coups de feu.

Voir de plus:

Un réfugié nigérian battu à mort en Italie lors d’une agression raciste
Europe 1

07 juillet 2016

Emmanuel Chidi, 36 ans, a été pris à partie et battu à mort à Formi par un supporter « ultra » du club de football local.
Un réfugié nigérian, âgé de 36 ans, a été battu à mort lors d’une agression racisteà Fermo dans le centre de l’Italie, a indiqué mercredi le maire de la ville Paolo Calcinaro.

Le maire effondré. « En tant que maire d’une ville accueillante et ouverte depuis toujours à l’intégration, j’ai l’impression de plonger dans un cauchemar », a déclaré le maire peu après l’annonce de la mort de ce jeune réfugié, Emmanuel Chidi. Ce dernier se promenait mardi dans le centre de cette petite ville des Marches, accompagné de sa fiancée âgée de 24 ans, lorsqu’il a été violemment pris à partie par un homme identifié comme un supporter « ultra » de l’équipe de football local, selon l’agence italienne Agi.

Frappé à la tête. Insulté par des propos racistes, lui et sa jeune compagne, il a répondu verbalement à ces provocations, avant d’être frappé à la tête par cet homme dont l’identité n’a pas été révélée. Ce dernier a continué à le frapper alors que le jeune Nigérian se trouvait à terre. Hospitalisé dans un état grave, ce dernier est mort mercredi sans avoir repris connaissance.

Soutenu par une ONG catholique. Emmanuel Chidi et sa compagne se trouvaient à Fermo depuis huit mois, accueillis dans un centre de réfugiés de la Caritas, ONG catholique. Ils avaient fuit leur pays et la jeune femme avait perdu son bébé juste après une difficile traversée de la Méditerranée. Des centaines de réfugiés arrivent presque chaque jour sur les côtes italiennes, dont de nombreux Nigérians.

Sur le même sujet :
Royaume-Uni : les incidents racistes en hausse depuis le référundum
Insultes racistes dans un tram de Manchester, la vidéo qui choque l’Angleterre

Voir enfin:

La France après la guerre

La politique de la France en matière de naturalisation

L’abrogation des lois de Vichy suscite de nombreuses polémiques sur la conception des textes à adopter, sur les critères de leur mise en œuvre et sur la détermination des autorités compétentes. Dans les débats sur la politique d’immigration et de naturalisation, l’approche ethnique reste souvent présente et s’oppose aux conceptions égalitaires.

La loi qui avait permis de déchoir de la nationalité les résistants (dont de Gaulle…) est abrogée dès avril 1943 par la France Libre, et les personnes déchues sont réintégrées. L’abrogation de la loi de dénaturalisation provoque davantage de controverses. Le ministre de la Justice de la France Libre, de Menthon, considère en 1943 que l’annulation des dénaturalisations « pourrait dans certains cas présenter les plus sérieux inconvénients… Les naturalisations trop nombreuses, dans les années qui ont immédiatement précédé la guerre, d’éléments israélites douteux, ont donné prétexte à un antisémitisme qui peut poser au jour du retour un certain problème. Ce ne serait pas y parer par avance que d’annuler a priori toutes les mesures de retrait qui sont intervenues. »

Le Comité juridique de la France Libre adopte début 1944 un texte qui contredit ce point de vue et propose l’abrogation pure et simple des textes de Vichy. Les allers-retours entre les structures débouchent finalement sur un texte le 24 mai 1944 qui va dans le sens du Comité juridique et tous les dossiers de dénaturalisation sont réexaminés.

Les points de vue sur les nouvelles naturalisations sont encore plus contradictoires. Les dossiers s’accumulent (200 000 en 1944) dans les préfectures et le Garde des Sceaux demande leur remontée au ministère. Une Commission interministérielle est créée le 17 mars 1945 pour dégager les principes à adopter.

Se mêlent les débats sur les naturalisations et sur l’immigration. De Gaulle déclare en 1945 que « Le manque d’hommes et la faiblesse de la natalité française sont la cause profonde de nos malheurs… et l’obstacle principal qui s’oppose à notre redressement. » Il trace un grand plan afin « d’appeler à la vie les douze millions de beaux bébés qu’il faut à la France en dix ans … et d’introduire au cours des prochaines années, avec méthode et intelligence, de bons éléments d’immigration dans la collectivité française. » Un Haut Comité consultatif de la population et de la famille est créé en avril 1945. Il est dirigé par Mauco, qui s’est distingué avant et surtout pendant la guerre par ses points de vue racistes et antisémites. Aux principes égalitaires de la politique de l’immigration de la Troisième République, il oppose la nécessité d’un objectif de protection ethnique. Il collabore à L’Ethnie française jusqu’en 1943, où il publie en 1942 un article hallucinant sur les caractéristiques ethniques des Russes, des Arméniens et des Juifs – qui les rendent bien sûr inassimilables1 –, avant de rejoindre les FFI au début de 1944. Il est désormais chargé de mettre en place la nouvelle politique de l’immigration. Il utilise des études anthropologiques pour déterminer l’assimilabilité et donc la sélection des immigrés selon leur origine. Il conclut que puisqu’il est impossible de mener avec certitude une politique d’immigration totalement objective, « la position la plus sûre et qui doit permettre d’écarter tout risque de modifier profondément la population française et tout déboire du point de vue culturel, est certainement celle qui consiste à rechercher des immigrants dont le type ethnique est déjà présent dans la mosaïque française », c’est-à-dire celle de 1881-1891, considérée comme équilibrée ! Le Haut Comité décide que l’entrée des immigrés se fera selon un ordre de « désirabilité » déterminé, selon les nationalités, et des pourcentages sont fixés pour chacune d’entre elles. Les réfugiés politiques et les fugitifs sont considérés comme suspects.

En matière de naturalisation, il prône les mêmes principes. Le bureau du Sceau naturalise en priorité les résistants et les combattants de la France Libre. Mauco envoie une note pour souligner que cela conduit à naturaliser une proportion considérable de Méditerranéens, Arméniens et Israélites russes ou polonais. Il faut au contraire une politique d’ensemble qui privilégie les Nordiques, les travailleurs agricoles et les mineurs. De Gaulle tranche en faveur d’une politique d’ensemble et s’adresse en juin 1945 au nouveau garde des sceaux, Teitgen, « pour que les naturalisations soient effectuées selon une directive d’ensemble. Il conviendrait notamment de ne plus les faire dépendre exclusivement de l’étude de cas particuliers, mais de subordonner le choix des individus aux intérêts nationaux dans les domaines ethnique, démographique, professionnel et géographique. »

Lettre adressée par le Général de Gaulle à Pierre-Henri Teitgen,
garde des Sceaux, le 12 juin 1945

Le Haut Comité consultatif de la Population et de la Famille étudie actuellement des projets qui constitueront son avis en ce qui concerne la politique du Gouvernement en matière d’immigration.
Dès à présent il importe que les naturalisations soient effectuées selon une directive d’ensemble. Il conviendrait notamment de ne plus les faire dépendre exclusivement de l’étude des cas particuliers, mais de subordonner le choix des individus aux intérêts nationaux dans les domaines ethnique, démographique, professionnel et géographique.

a) Sur le plan ethnique, limiter l’afflux des Méditerranéens et des Orientaux qui depuis un demi-siècle ont profondément modifié la structure humaine de la France. Sans aller jusqu’à utiliser comme aux États-Unis [qui ont connu les mêmes préoccupations]* un système rigide de quotas, il est souhaitable que la priorité soit accordée aux naturalisations nordiques (Belges, Luxembourgeois, Hollandais, Suisses, Danois, Scandinaves, Islandais, Anglais, Allemands, etc.). [Si on se réfère à la composition de la population étrangère aux recensements de 1881-1891, où les sources d’émigration s’équilibraient]. Étant donné le grand nombre de dossiers actuellement en instance dans les préfectures, on pourrait envisager une proportion de 50 % de ces éléments.

b) Sur le plan professionnel, la France a surtout besoin de travailleurs directement producteurs : agriculteurs, mineurs, ouvriers du bâtiment, etc. D’autre part, pour conserver au pays son pouvoir d’assimilation, il est souhaitable que les professions libérales, commerciales, banquières, etc. ne soient pas trop largement ouvertes aux étrangers. C’est dans la mesure où les étrangers peuvent se donner en France des cadres intellectuels et économiques – même naturalisés – qu’ils conservent davantage leur particularisme. Il y a intérêt à limiter les naturalisations dans ces professions, et d’une manière plus générale, dans les professions urbaines.

c) Sur le plan démographique, il importe de naturaliser des individus jeunes ou ayant des enfants.
[Il n’est pas souhaitable d’accorder la nationalité française à des individus de plus de 70 ans.]

d) Sur le plan géographique, limiter [très] strictement les naturalisations dans les villes, spécialement à Paris, Marseille, Lyon, où l’afflux des étrangers n’est pas désirable pour de multiples raisons. Par contre, les naturalisations doivent être suscitées et multipliées en province et spécialement dans les milieux ruraux.
Je vous prie de vouloir bien donner des instructions aux préfectures pour que l’étude et l’envoi des dossiers s’inspirent de ces directives et pour que soient suscitées au besoin les naturalisations désirables.

Ch. de Gaulle

* Sont barrés entre crochets les passages du projet de Mauco qui n’ont pas été repris dans la lettre de Charles de Gaulle.

La Commission interministérielle fixe à 45 000 le nombre de naturalisations, soit 130 000 acquisitions de nationalité en incluant les procédures automatiques ou déclaratives. Cela correspond au nombre de nouveaux immigrés, de sorte que la proportion Français/étrangers reste identique… Elle tente de dégager les principes d’attribution. Chaque ministère pondère différemment les critères de situation de famille, de profession ou de nationalité d’origine. Finalement, les instructions publiques données aux préfectures fixent une priorité pour :

  • Les anciens combattants de 1939-45 et ceux qui ont joué un rôle dans la résistance.
  • Les parents de trois enfants et étrangers et âgés de moins de 25 ans aptes au service militaire.
  • Les parents de deux enfants et étrangers et âgés de 25 à 30 ans aptes au service militaire.

Un critère complémentaire de nationalité d’origine est ajouté.

Une circulaire du Haut Comité demande au ministère de la Justice d’accélérer les naturalisations particulièrement désirables et utiles : éléments nordiques, travailleurs directement productifs, en limitant l’étude des candidatures moins désirables : professions commerciales, libérales, artisanales, urbaines, en particulier des grandes villes.
Circulaires, instructions, notes et réponses traduisent la poursuite des débats entre Mauco, du Haut Comité, et Teitgen, du ministère de la Justice.

Un nouveau code de la nationalité est élaboré en 1945 et remplace celui de 1927. Très détaillé, il reflète les préoccupations démographiques et la volonté de renforcer le contrôle préalable de l’Etat sur les acquisitions de nationalité. Le délai de résidence est porté de trois à cinq ans (sauf exceptions), et quatre critères de recevabilité s’ajoutent : résidence effective, moralité, assimilation et bon état de santé. La gestion des naturalisations est retirée au ministère de la Justice et attribuée au ministère de la Population, créé en décembre 1945.

À cette date, il y a :
200 000 dossiers de naturalisations en instance
500 000 dossiers de déclaration en instance
90 000 dossiers à instruire annuellement
36 000 consultations juridiques
30 000 changements de noms
plus les interventions des cabinets, des parlementaires, etc.

Le rythme des naturalisations s’accélère considérablement : 17 351 en 1946, 83 317 en 1947, année-record, 58 823 en 1948. Le total des acquisitions de la nationalité française atteint 38 869 en 1946, 111 736 en 1947, 70 925 en 1948. Priorité absolue est donnée aux résistants, aux mineurs polonais, puis aux travailleurs agricoles. Mais l’impératif démographique conduit à des naturalisations massives. Les dossiers sont traités par les préfectures, puis transmis au ministère de la Population qui les traite selon l’ordre de priorité établi par le Haut Comité. D’abord ceux des ouvriers mineurs, des combattants et des familles de trois enfants, puis les autres selon l’âge, la situation familiale et professionnelle. En 1947, le taux de décision positive s’élève à 93,3 %. Cette même année, les industriels, commerçants et ouvriers de la petite industrie représentent 42,2 % du total des hommes naturalisés, les agriculteurs et ouvriers agricoles 17,2 %, les mineurs 9 %.

Le rythme se ralentit à partir de 1947-48. Au début des années cinquante, la Guerre froide et la réintégration du critère ethnique (favoriser les ressortissants d’Europe septentrionale) conduisent à faire chuter le taux de décision positive : 80 % en 1950-51 ; 63,5 % en 1952-53-54. À partir de 1953 cependant, de nouvelles directives plus libérales (abandon du critère de l’origine nationale) sont données et le taux d’acceptation remonte.

Les documents sur la naturalisation de Mendel et Mirla Milewski sont visibles dans la section documents.

Sources :
La France et ses étrangers. L’aventure d’une politique de l’immigration de 1938 à nos jours, Patrick Weil, Folio actuel, 1995.
Qu’est-ce qu’un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution, Patrick Weil, Grasset, 2002.

1. Voir Patrick Weil, Qu’est-ce qu’un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution, Grasset, 2002

Voir par ailleurs:

The 1919 race riots

Ken Armstrong

The Chicago Tribune

They were separated by a line unseen and a law unwritten: The 29th Street beach was for whites, the 25th Street beach for blacks. An invisible boundary stretched from the sand into Lake Michigan, parting the races like Moses’ staff parted the Red Sea. On this stifling hot summer Sunday, Eugene Williams, a black teenager, drifted south of that line while swimming with friends. Whites picked up rocks and let fly. Some accounts say Williams was hit on the head and went under. Others say he became tired and was too afraid to come ashore. Either way, he drowned, touching off the deadliest episode of racial violence in Chicago history.

For five days it raged, mostly on the South Side. White mobs attacked isolated blacks. Blacks attacked isolated whites. John Mills, a black Stockyards worker, was riding home when a mob stopped his streetcar and beat him to death. Casmero Lazeroni, a white peddler, was pulled from his horse-drawn wagon and stabbed to death. Thirty-eight people died–23 blacks and 15 whites. By the time the National Guard and a rainstorm brought the riots to an end, more than 500 people had been injured, wounded blacks outnumbering whites by a ratio of about 2-1.Several factors had heightened tension between the races. Drawn by the promise of employment and dignity, Chicago’s black population more than doubled from 1916 to 1918. Blacks had balked at joining white-controlled unions, and in the face of violence, black leaders had begun preaching self-defense instead of self-control. But, most important of all, housing in the city’s narrow « Black Belt, » which stretched south of the Loop, had not kept pace. When blacks began moving into white neighborhoods, whites responded violently, bombing 26 homes in the two years preceding the riot.

One of the riot’s great mysteries is whether the city’s future boss of bosses, Richard J. Daley, participated in the violence. At the time, Daley belonged to the Hamburgs, a Bridgeport neighborhood club whose members figured prominently in the fighting. In later years, Daley repeatedly was asked what he did during the riots. He always refused to answer.

Voir aussi:

“Chicago and Its Eight Reasons”: Walter White Considers the Causes of the 1919 Chicago Race Riot

History matters

As U.S. soldiers returned from Europe in the aftermath of World War I, scarce housing and jobs heightened racial and class antagonisms across urban America. African-American soldiers, in particular, came home from the war expecting to enjoy the full rights of citizenship that they had fought to defend overseas. In the spring and summer of 1919, murderous race riots erupted in 22 American cities and towns. Chicago experienced the most severe of these riots. The Crisis, published by the NAACP, responded to the Chicago race riot with a major article in October 1919, “Chicago and Its Eight Reasons.” Author Walter White, then assistant executive secretary of the NAACP, described eight causes of the riot and concluded that tensions had increased in the city partially in response to the influx of African Americans. Though sympathetic to the new migrants’ plight, White’s article criticized both African-American newcomers to Chicago and the city’s black politicians. White also concluded, approvingly, that some black citizens, with a newfound spirit of independence, chose to retaliate against the pervasive attacks by white Chicagoans rather than remain passive victims. In this October 1919 article in the Crisis, the NAACP national magazine, the organization’s assistant executive secretary, Walter White, asserts that the black population had been made the scapegoat in the wake of the violence. He lists eight causes for the riot, with “race prejudice” being the foremost.

Many causes have been assigned for the three days of race rioting, from July 27 to 30 in Chicago, each touching some particular phase of the general condition that led up to the outbreak. Labor union officials attribute it to the action of the packers, while the packers are equally sure that the unions themselves are directly responsible. The city administration feels that the riots were brought on to discredit the [William Hale] Thompson forces, while leaders of the anti-Thompson forces, prominent among them being State’s Attorney Maclay Hoyne, are sure that the administration is directly responsible. In this manner charges and counter-charges are made, but, as is usually the case, the Negro is made to bear the brunt of it all—to be “the scapegoat.” A background of strained race relations brought to a head more rapidly through political corruption, economic competition and clashes due to the overflow of the greatly increased colored population into sections outside of the so-called “Black Belt,” embracing the Second and Third Wards, all of these contributed, aided by magnifying of Negro crime by newspapers, to the formation of a situation where only a spark was needed to ignite the flames of racial antagonism. That spark was contributed by a white youth when he knocked a colored lad off a raft at the 29th Street bathing beach and the colored boy was drowned.

Four weeks spent in studying the situation in Chicago, immediately following the outbreaks, seem to show at least eight general causes for the riots, and the same conditions, to a greater or less degree, can be found in almost every large city with an appreciable Negro population. These causes, taken after a careful study in order of their prominence, are:

1. Race Prejudice.

2. Economic Competition.

3. Political Corruption and Exploitation of Negro Voters.

4. Police Inefficiency.

5. Newspaper Lies about Negro Crime

6. Unpunished Crimes Against Negroes.

7. Housing.

8. Reaction of Whites and Negroes from War.

Some of these can be grouped under the same headings, but due to the prominence of each they are listed as separate causes.

Prior to 1915, Chicago had been famous for its remarkably fair attitude toward colored citizens. Since that time, when the migratory movement from the South assumed large proportions, the situation has steadily grown more and more tense. This was due in part to the introduction of many Negroes who were unfamiliar with city ways and could not, naturally, adapt themselves immediately to their new environment. Outside of a few sporadic attempts, little was done to teach them the rudimentary principles of sanitation, of conduct or of their new status as citizens under a system different from that in the South. During their period of absorption into the new life, their care-free, at times irresponsible and sometimes even boisterous, conduct caused complications difficult to adjust. But equally important, though seldom considered, is the fact that many Southern whites have also come into the North, many of them to Chicago, drawn by the same economic advantages that attracted the colored workman. The exact figure is unknown, but it is estimated by men who should know that fully 20,000 of them are in Chicago. These have spread the virus of race hatred and evidences of it can be seen in Chicago on every hand. This same cause underlies each of the other seven causes.

With regard to economic competition, the age-long dispute between capital and labor enters. Large numbers of Negroes were brought from the South by the packers and there is little doubt that this was done in part so that the Negro might be used as a club over the heads of the unions. John Fitzpatrick and Ed Nockels, president and secretary, respectively, of the Chicago Federation of Labor, and William Buck, editor of the New Majority, a labor organ, openly charge that the packers subsidized colored ministers, politicians and Y. M. C. A. secretaries to prevent the colored workmen at the stockyards from entering the unions. On the other hand, the Negro workman is not at all sure as to the sincerity of the unions themselves. The Negro in Chicago yet remembers the waiters’ strike some years ago, when colored union workers walked out at the command of the unions and when the strike was settled, the unions did not insist that Negro waiters be given their jobs back along with whites, and, as a result, colored men have never been able to get back into some of the hotels even to the present day. The Negro is between “the devil and the deep blue sea.” He feels that if he goes into the unions, he will lose the friendship of the employers. He knows that if he does not, he is going to be met with the bitter antagonism of the unions. With the exception of statements made by organizers, who cannot be held to accountability because of their minor official connection, no statements have been made by the local union leaders, outside of high sounding, but meaningless, protestations of friendship for the Negro worker. He feels that he has been given promises too long already. In fact, he is “fed up” on them. What he wants are binding statements and guarantees that cannot be broken at will.

With the possible exception of Philadelphia, there is probably no city in America with more of political trickery, chicanery and exploitation than Chicago. Against the united and bitter opposition of every daily newspaper in Chicago, William Hale Thompson was elected again as mayor, due, as was claimed, to the Negro and German vote. While it is not possible to state that the anti-Thompson element deliberately brought on the riots, yet it is safe to say that they were not averse to its coming. The possibility of such a clash was seen many months before it actually occurred, yet no steps were taken to prevent it. The purpose of this was to secure a two-fold result. First, it would alienate the Negro set from Thompson through a belief that was expected to grow among the colored vote when it was seen that the police force under the direction of the mayor was unable or unwilling to protect the colored people from assault by mobs. Secondly, it would discourage the Negroes from registering and voting and thus eliminate the powerful Negro vote in Chicago. Whether or not this results remains to be seen. In talking with a prominent colored citizen of Chicago, asking why the Negroes supported Thompson so unitedly, his very significant reply was:

“The Negro in Chicago, as in every other part of America, is fighting for the fundamental rights of citizenship. If a candidate for office is wrong on every other public question except this, the Negroes are going to vote for that man, for that is their only way of securing the things they want and that are denied them.”

The value of the Negro vote to Thompson can be seen in a glance at the recent election figures. His plurality was 28,000 votes. In the second ward it was 14,000 and in the third 10,000. The second and third wards constitute most of what is known as the “Black Belt.”

The fourth contributing cause was the woeful inefficiency and criminal negligence of the police authorities of Chicago, both prior to and during the riots. Prostitution, gambling and the illicit sale of whisky flourish openly and apparently without any fear whatever of police interference. In a most dangerous statement, State’s Attorney Maclay Hoyne, on August 25, declared that the riots were due solely to vice in the second ward. He seemed either to forget or to ignore the flagrant disregard of law and order and even of the common principles of decency in city management existing in many other sections of the city.

All of this tended to contribute to open disregard for law and almost contempt for it. Due either to political “pull” or to reciprocal arrangements, many notorious dives run and policemen are afraid to arrest the proprietors.

During the riots the conduct of the police force as a whole was equally open to criticism. State’s Attorney Hoyne openly charged the police with arresting colored rioters and with an unwillingness to arrest white rioters. Those who were arrested were at once released. In one case a colored man who was fair enough to appear to be white was arrested for carrying concealed weapons, together with five white men and a number of colored men. All were taken to a police station; the light colored man and the five whites being put into one cell and the other colored men in another. In a few minutes the light colored man and the five whites were released and their ammunition given back to them with the remark, “You’ll probably need this before the night is over.”

Fifth on the list is the effect of newspaper publicity concerning Negro crime. With the exception of the Daily News, all of the papers of Chicago have played up in prominent style with glaring, prejudice-breeding headlines every crime or suspected crime committed by Negroes. Headlines such as “Negro Brutally Murders Prominent Citizen,” « Negro Robs House“ and the like have appeared with alarming frequency and the news articles beneath such headlines have been of the same sort. During the rioting such headlines as ”Negro Bandits Terrorize Town,“ « Rioters Burn 100 Homes—Negroes Suspected of Having Plotted Blaze” appeared. In the latter case a story was told of witnesses seeing Negroes in automobiles applying torches and fleeing. This was the story given to the press by Fire Attorney John R. McCabe after a casual and hasty survey. Later the office of State Fire Marshall Gamber proved conclusively that the fires were not caused by Negroes, but by whites. As can easily be seen such newspaper accounts did not tend to lessen the bitterness of feeling between the conflicting groups. Further, many wild and unfounded rumors were published in the press—incendiary and inflammatory to the highest degree, a few of them being given below in order to show their nature. Some are:

Over 1,000 Negroes had been slain and their bodies thrown in “Bubbly Creek” and the Chicago River.

A Negro had been lynched and hanged from a “Loop” building overlooking Madison Street.

A white woman had been attacked and mutilated by a Negro on State Street.

A Negro woman had been slain, her breasts cut off and her infant had been killed by having its brains dashed out against a wall.

A white child had been outraged by a colored man.

A white child had been kidnapped by a band of colored men and its body later found, badly mutilated and dismembered.

Immediately following the riots, a white woman was murdered in Evanston, Ill. Immediately the crime was laid at the door of a colored man with whom the woman had been intimate a number of years. Pitiful stories were told of the woman waiting for hours on street corners for “just one look at her Billiken-like, mulatto lover.” played up under headlines such as “Confession Expected Today From Negro Suspect,” « Negro Suspect Rapidly Weakening“ and the like which clearly led one to believe that the colored man was guilty. A few days later, in an obscure item on an inside page, a short account was given of the release of the colored suspect ”because insufficient evidence to hold him » existed. A long period of such publicity had inflamed the minds of many people against Negroes who otherwise would have been unprejudiced. Much of the blame for the riots can be laid to such sources.

For a long period prior to the riots, organized gangs of white hoodlums had been perpetrating crimes against Negroes for which no arrests had been made. These gangs in many instances masqueraded under the name of “Athletic and Social Clubs” and later direct connection was shown between them and incendiary fires started during the riots. Colored men, women and children had been beaten in the parks, most of them in Jackson and Lincoln Parks. In one case a young colored girl was beaten and thrown into a lagoon. In other cases Negroes were beaten so severely that they had to be taken to hospitals. All of these cases had caused many colored people to wonder if they could expect any protection whatever from the authorities. Particularly vicious in their attacks was an organization known locally as “Regan’s Colts.”

Much has been written and said concerning the housing situation in Chicago and its effect on the racial situation. The problem is a simple one. Since 1915 the colored population of Chicago has more than doubled, increasing in four years from a little over 50,000 to what is now estimated to be between 125,000 and 150,000. Most of them lived in the area bounded by the railroad on the west, 30th Street on the north, 40th Street on the south and Ellis Avenue on east. Already overcrowded this so-called “Black Belt” could not possibly hold the doubled colored population. One cannot put ten gallons of water in a five-gallon pail. Although many Negroes had been living in “white” neighborhoods, the increased exodus from the old areas created an hysterical group of persons who formed “Property Owners‘ Association” for the purpose of keeping intact white neighborhoods. Prominent among these was the Kenwood-Hyde Park Property Owners’ Improvement Association, as well as the Park Manor Improvement Association. Early in June the writer, while in Chicago, attended a private meeting of the first named at the Kenwood Club House, at Lake Park Avenue and 47th Street. Various plans were discussed for keeping the Negroes in “their part of the town,” such as securing the discharge of colored persons from positions they held when they attempted to move into “white” neighborhoods, purchasing mortgages of Negroes buying homes and ejecting them when mortgage notes fell due and were unpaid, and many more of the same calibre. The language of many speakers was vicious and strongly prejudicial and had the distinct effect of creating race bitterness.

In a number of cases during the period from January, 1918, to August, 1919, there were bombings of colored homes and houses occupied by Negroes outside of the “Black Belt.” During this period no less than twenty bombings took place, yet only two persons have been arrested and neither of the two has been convicted, both cases being continued.

Finally, the new spirit aroused in Negroes by their war experiences enters into the problem. From Local Board No. 4, embracing the neighborhood in the vicinity of State and 35th Streets, containing over 30,000 inhabitants of which fully ninety per cent are colored, over 9,000 men registered and 1,850 went to camp. These men, with their new outlook on life, injected the same spirit of independence into their companions, a thing that is true of many other sections of America. One of the greatest surprises to many of those who came down to “clean out the niggers” is that these same “niggers” fought back. Colored men saw their own kind being killed, heard of many more and believed that their lives and liberty were at stake. In such a spirit most of the fighting was done.

Source: Walter F. White, “N.A.A.C.P.—Chicago and Its Eight Reasons,” Crisis 18 (October 1919): 293–297.

See Also: »Says Lax Conditions Caused Race Riots »: Chicago Daily News and Carl Sandburg Report the Chicago Race Riot of 1919
« A Crowd of Howling Negroes »: The Chicago Daily Tribune Reports the Chicago Race Riot, 1919
« Ghastly Deeds of Race Rioters Told »: The Chicago Defender Reports the Chicago Race Riot, 1919
« The Problem » and « Family Histories »: Charles Johnson Analyzes the Causes of the Chicago Race Riot

Voir enfin:

Race Riots

Chicago developed a reputation as a cauldron of specifically “racial” conflict and violence largely in the twentieth century. The determination of many whites to deny African Americans equal opportunities in employment, housing, and political representation has frequently resulted in sustained violent clashes, particularly during periods of economic crisis or postwar tension.
Chicago’s most famous race riot of this type occurred between July 27 and August 3, 1919. The violence was precipitated by the drowning of an African American teenager who had crossed an invisible line at 29th Street separating customarily segregated “white” and “black” beaches. Soon, white and black Chicagoans, especially in the South Side residential areas surrounding the stockyards, engaged in a seven-day orgy of shootings, arsons, and beatings that resulted in the deaths of 15 whites and 23 blacks with an additional 537 injured (342 black, 195 white). The police force, owing both to understaffing and the open sympathy of many officers with the white rioters, was ineffective; only the long-delayed intervention of the state militia brought the violence to a halt, and heavenly intervention in the form of rain was probably an important factor as well. The passions of this outbreak were rooted in pent-up tensions surrounding the massive migration of southern blacks during World War I: sometimes hired as strikebreakers, their increased industrial presence was viewed by many white workers as a threat to their own livelihoods, fueling attempts to impose rigid physical boundaries beyond which blacks could not penetrate.

The aftermath of World War II saw a revival of white attacks on black mobility, mostly on the city’s South and Southwest Sides, but also in the western industrial suburb of Cicero. Aspiring African American professionals seeking to obtain improved housing beyond the increasingly overcrowded South Side ghetto, whether in private residences or in the new public housing developments constructed by the Chicago Housing Authority, were frequently greeted by attempted arsons, bombings, and angry white mobs often numbering into the thousands. The 1951 Cicero riot, in particular, lasting several nights and involving roughly two to five thousand white protesters, attracted worldwide condemnation. By the end of the 1950s, with black residential presence somewhat more firmly established, the battleground in many South Side neighborhoods shifted to clashes over black attempts to gain unimpeded access to neighborhood parks and beaches.Since the mid-1960s, the nature of race riots in Chicago (as elsewhere) has significantly shifted. Although violent black/white clashes continued into the mid-1970s, the term’s use shifted during the 1960s to refer to the uprisings of poorer blacks (or Latinos) protesting ghetto conditions, especially police brutality. Chicago has experienced several noteworthy outbreaks of this type, including the confrontation between police and the largely Puerto Rican communities of West Town and Humboldt Park during the summer of 1966, but most notably the massive 1968 West Side riots following the assassination of Martin Luther King. No clashes of this magnitude have occurred since (even following the 1992 Rodney King verdict in Los Angeles), but the continued salience of many of the protesters’ expressed grievances—inferior housing, lack of meaningful employment, and inequitable law enforcement—suggests that the issues surrounding racial violence are by no means a finished chapter in Chicago history.Steven EssigBibliographyGrossman, James R. Land of Hope: Chicago, Black Southerners, and the Great Migration. 1989.Hirsch, Arnold R. Making the Second Ghetto: Race and Housing in Chicago, 1940–1960. 1983.Tuttle, William M., Jr. Race Riot: Chicago in the Red Summer of 1919. 1970.


Présidentielle américaine: Attention, un extrémisme peut en cacher un autre ! (Trump stays in the news by taking extreme positions on issues that are already extreme)

9 juin, 2016

NaziTrumpmexicanillegalhandbook IllegalManual IllegalManual2 IllegalManual3 sanctuary-cities-illegal-immigrationBarbariansAtSea
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les coeurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts. Ce, parce qu’ils ont désobéi à barbariansAllah et à Son messager. Le Coran (sourate 8: 12-13)
Ramadan, mois de la conquête et du djihad. Préparez-vous, soyez prêts… pour en faire un mois de calamité partout pour les non-croyants … Surtout vous, les combattants et les soutiens  du caliphat en Europe et en Amérique. Abou Mohammed al Adnani (porte-parole de l’Etat islamique, 22 mai 2016)
Le nom Ramadan a été le nom du neuvième mois dans le monde arabe bien avant l’arrivée de l’islam ; le mot lui-même est dérivé de la racine rmḍ, comme dans les mots ramiḍa ou ar-ramâḍ, dénotant une chaleur intense, un sol brûlant, le manque de rations. Dans le Coran, Dieu proclame que le jeûne a été prescrit aux musulmans, comme il le fut auparavant aux Juifs, se référant ainsi à la pratique du jeûne durant Yom Kippour. Wikipedia
L’opération Badr (عملية بدر ; Amaliyat Badr), ou le plan Badr (خطة بدر ; Khitat Badr), est une opération militaire lancée par l’Égypte le 6 octobre 1973 avec pour objectif la reconquête d’une partie du désert du Sinaï grâce à une traversée du canal de Suez et la prise des fortifications israéliennes de la ligne Bar-Lev. Elle est lancée en parallèle avec une offensive syrienne sur le plateau du Golan, et marque ainsi le début de la guerre israélo-arabe de 1973. (…) La date coïncide avec le Yom kippour, le jour du Grand Pardon pour les Juifs. C’est un des facteurs importants dans le choix de la date car les Juifs jeûnent durant la journée et s’abstiennent d’utiliser le feu ou l’électricité (ce qui veut dire que les transports sont à l’arrêt). De plus, une grande partie de l’armée israélienne est démobilisée. Octobre coïncide aussi avec le mois du Ramadan dans le calendrier musulman, ce qui signifie que les soldats musulmans engagés dans l’armée israélienne jeûnent aussi — c’est en effet pendant le Ramadan que les musulmans ont gagné leur première victoire à la bataille de Badr en l’an 634. Optant pour quelque chose de plus significatif que le mot « Minarets », les commandants égyptiens choisissent le nom d’« opération Badr » (pleine lune en arabe) pour nommer l’assaut sur le canal de Suez et le Sinaï. Wikipedia
Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire. Il devait subvenir aux ressources de la nouvelle communauté (umma) que formaient les émigrés (muhadjirun) mekkois et les « auxiliaires » (ansar) médinois qui se joignaient à eux. Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie où la notion d’État était inconnue. Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin. En mars 624, il remporta devant les puits de Badr une grande victoire sur une colonne mekkoise venue à la rescousse d’une caravane en danger. Cela parut à Muhammad une marque évidente de la faveur d’Allah. Elle l’encouragea sans doute à la rupture avec les juifs, qui se fit peu à peu. Le Prophète avait pensé trouver auprès d’eux un accueil sympathique, car sa doctrine monothéiste lui semblait très proche de la leur. La charte précisant les droits et devoirs de chacun à Médine, conclue au moment de son arrivée, accordait une place aux tribus juives dans la communauté médinoise. Les musulmans jeûnaient le jour de la fête juive de l’Expiation. Mais la plupart des juifs médinois ne se rallièrent pas. Ils critiquèrent au contraire les anachronismes du Coran, la façon dont il déformait les récits bibliques. Aussi Muhammad se détourna-t-il d’eux. Le jeûne fut fixé au mois de ramadan, le mois de la victoire de Badr, et l’on cessa de se tourner vers Jérusalem pour prier. Maxime Rodinson
Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Paul (2T hessaloniciens 3: 10)
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Nous laissons derrière nous un Etat souverain, stable, autosuffisant, avec une gouvernement représentatif qui a été élu par son peuple. Nous bâtissons un nouveau partenariat entre nos pays. Et nous terminons une guerre non avec une bataille filnale, mais avec une dernière marche du retour. C’est une réussite extraordinaire, qui a pris presque neuf ans. Et aujourd’hui nous nous souvenons de tout ce que vous avez fait pour le rendre possible. (…) Dur travail et sacrifice. Ces mots décrivent à peine le prix de cette guerre, et le courage des hommes et des femmes qui l’ont menée. Nous ne connaissons que trop bien le prix élevé de cette guerre. Plus d’1,5 million d’Américains ont servi en Irak. Plus de 30.000 Américains ont été blessés, et ce sont seulement les blessés dont les blessures sont visibles. Près de 4.500 Américains ont perdu la vie, dont 202 héros tombés au champ d’honneur venus d’ici, Fort Bragg. (…) Les dirigeants et les historiens continueront à analyser les leçons stratégiques de l’Irak. Et nos commandants prendront en compte des leçons durement apprises lors de campagnes militaires à l’avenir. Mais la leçon la plus importante que vous nous apprenez n’est pas une leçon en stratégie militaire, c’est une leçon sur le caractère de notre pays, car malgré toutes les difficultés auxquelles notre pays fait face, vous nous rappelez que rien n’est impossible pour les Américains lorsqu’ils sont solidaires. Obama (14.12.11)
Il y a un manuel de stratégie à Washington que les présidents sont censés utiliser. (…) Et le manuel de stratégie prescrit des réponses aux différents événements, et ces réponses ont tendance à être des réponses militarisées. (…) Au milieu d’un défi international comme la Syrie, vous êtes jugé sévèrement si vous ne suivez pas le manuel de stratégie, même s’il y a de bonnes raisons. (…) Je suis très fier de ce moment.  Le poids écrasant de la sagesse conventionnelle et la machinerie de notre appareil de sécurité nationale était allés assez loin. La perception était que ma crédibilité était en jeu, que la crédibilité de l’Amérique était en jeu. Et donc pour moi d’appuyer sur le bouton arrêt à ce moment-là, je le savais, me coûterait cher politiquement. Le fait que je pouvais me débarrasser des pressions immédiates et réfléchir sur ce qui  était dans l’intérêt de l’Amérique, non seulement à l’égard de la Syrie, mais aussi à l’égard de notre démocratie, a été une décision très difficile – et je crois que finalement, ce fut la bonne décision à prendre. (…) Je suppose que vous pourriez me qualifier de réaliste qui croit que nous ne pouvons pas soulager toute la misère du monde. Barack Hussein Obama
L’establishment républicain pense que Donald manque trop d’expérience en politique étrangère pour être président. Mais il faut rappeler qu’il a passé des années à rencontrer des dirigeants du monde entier : Miss Suède, Miss Argentine, Miss Azerbaïdjan… » [Donald Trump a présidé les concours Miss Univers pendant 20 ans] (…) Je ne voudrais pas en faire trop. Car on est d’accord que depuis le début, il [Trump] a reçu juste ce qu’il faut de couverture médiatique, une couverture adaptée au sérieux de cette candidature… [silence] Vous pouvez être fiers de vous. Le mec voulait juste donner un coup de pouce à son business immobilier, et maintenant tout le monde prie pour qu’il ne passe pas le mois de juillet ! » (…)  Je voudrais ici rendre hommage à plusieurs journalistes récompensés présents ici ce soir : Rachel McAdams, Mark Ruffalo, Liev Schreiber… [les acteurs du film oscarisé « Spotlight »] Merci pour tout ce que vous avez fait. (…) Je plaisante. Comme vous le savez, ‘Spotlight’ est un film. Un film sur des journalistes d’investigation dont le talent et l’indépendance leur ont permis de traquer la vérité et de faire tomber des têtes… Meilleur film de science-fiction depuis « Star Wars ». Barack Hussein Obama
All these newspapers used to have foreign bureaus. Now they don’t. They call us to explain to them what’s happening in Moscow and Cairo. Most of the outlets are reporting on world events from Washington. The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing. Ben Rhodes
There are sort of these force multipliers. We have our compadres, I will reach out to a couple people.(…) And I’ll give them some color, and the next thing I know, lots of these guys are in the dot-com publishing space, and have huge Twitter followings, and they’ll be putting this message out on their own. Ned Price (Rhodes’s assistant)
Rhodes’s innovative campaign to sell the Iran deal is likely to be a model for how future administrations explain foreign policy to Congress and the public. The way in which most Americans have heard the story of the Iran deal presented — that the Obama administration began seriously engaging with Iranian officials in 2013 in order to take advantage of a new political reality in Iran, which came about because of elections that brought moderates to power in that country — was largely manufactured for the purpose for selling the deal. Even where the particulars of that story are true, the implications that readers and viewers are encouraged to take away from those particulars are often misleading or false. Obama’s closest advisers always understood him to be eager to do a deal with Iran as far back as 2012, and even since the beginning of his presidency. David Samuels
C’est le mois sacré du ramadan, un moment où les mosquées ouvrent leurs portes, les centres communautaires accueillent leurs voisins, et même les églises et les synagogues offrent leurs espaces aux musulmans pour la rupture du jeûne et les gens de toutes les religions ainsi que ceux qui n’en ont pas sont souvent invités à s’y joindre […]   Continuons de nous réunir pour l’iftar et les événements communautaires.  Célébrons la fierté, la multi-race et la multi-foi de la démocratie ! David Cameron
A tous les citoyens musulmans, je souhaite un ramadan béni et paisible. Angela Merkel
A l’heure où  les Américains musulmans célèbrent le mois sacré, je me rappelle que nous sommes une famille américaine. Comme les communautés musulmanes américaines, je rejette fermement les voix qui cherchent à nous diviser ou limiter nos libertés religieuses. Nous continuerons d’accueillir des immigrants et des réfugiés dans notre pays, y compris ceux qui sont musulmans. Barack Hussein Obama
Le ramadan nous rappelle à tous de témoigner de notre reconnaissance pour les innombrables bénédictions dont nous jouissons et de faire passer les besoins des autres avant les nôtres. Prenons le temps de reconnaître, et de montre notre gratitude pour les contributions inestimables de nos communautés musulmanes qui enrichissent notre tissu national chaque jour. La diversité culturelle du Canada est l’une de nos plus grandes forces et sources de fierté. Au nom de notre famille, Sophie et moi souhaitons à tous ceux qui observent ce mois sacré un ramadan béni et paisible. Justin Trudeau
« Commencé le 6 juin et s’achevant aux alentours du 5 juillet, le ramadan (période de jeûne annuel des musulmans) ne sera pas pratiqué par les Bleus durant leur parcours à l’Euro. La décision a été prise par le staff en accord avec les joueurs concernés (dont Paul Pogba, N’Golo Kanté, Bacary Sagna). En effet, les joueurs étant confrontés à une activité physique intense, leur alimentation doit être régulière, de même que l’hydratation. Ils pourront «rattraper» cette période après l’Euro » rapporte le site sport24.com. Rappelons que la jurisprudence musulmane qui a toujours fait montre d’une grande souplesse, permet des adaptations en autorisant la rupture du jeûne dans certaines situations. Dans une autre situation, le Conseil Théologique Musulman de France a émis récemment une fatwa (avis religieux) permettant la rupture du jeûne du mois de Ramadan aux élèves candidats aux différents examens, en été pour le rattraper plus tard. Oummah.com
Contrairement aux fausses idées, les joueurs des équipes nationnaux ne jeunent pas si les compétitions internationnales concident avec ramadan, c’est comme pour l’armée au front. Hassan Nejjar (Le Petit-Paris, France)
To the ayatollahs of Iran and every terrorist you enable: Listen up. You might have met our fresh-faced flower child president and his weak-kneed, Ivy League friends. But you haven’t met America… Charlie Daniels
En politique américaine, le terme ville sanctuaire désigne une ville des États-Unis appliquant une politique de protection des migrants sans-papiers. Ces pratiques peuvent être définie par la loi (de jure) ou simplement dans les fait (de facto). Dans la pratique, ces villes ne permettent pas que les fonds municipaux servent à faire respecter les lois fédérales sur l’immigration, ni que la police ou les employés municipaux interrogent une personne sur la légalité de sa présence sur le territoire national. En 1979, Los Angeles fut la première ville à empêcher la police d’enquêter sur le statut migratoire des personnes arrêtées. En 2012, une trentaine de ville sont qualifiées de sanctuaire : Washington, D.C., New York, Los Angeles, Chicago, San Francisco, Santa Ana, San Diego, San Jose, Salt Lake City, El Paso, Houston, Détroit, Jersey City, Minneapolis, Miami, Denver, Baltimore, Seattle, Portland, New Haven, Somerville, Cambridge et Portland. Wikipedia
Just last year over 300 Mexicans died in their attempt to enter the United States, the vast majority if not all of them in search of a job. The Mexican government obviously has an obligation to take all actions possible in order to avoid the loss of life. It is a natural and fair response to consider this as an attempt to promote undocumented immigration, but that is absolutely not the intent of the Mexican government. Gerónimo Gutiérrez (Sous-secrétaire d’Etat mexicain pour les Affaires nord-américaines)
In 2008 it was gauche to bring up the vicious racist Rev. Jeremiah Wright, whose trite cast-off slogan “audacity of hope” inspired the title of Barack Obama’s campaign primer. In 2012, it would have apparently been rude for Mitt Romney to have fired back at Candy Crowley, “How dare you hijack a presidential debate!” Yes, Trump may be creepy, but the reluctance to challenge our present naked emperors is just as creepy. Is the so-called establishment going to warn us that Trump would be capable of running up $10 trillion in debt, socializing our medical system, unleashing the IRS and EPA on perceived enemies, and weakening friends and empowering enemies abroad, as he offers the world historically challenged pop riffs on Islam, Hiroshima, and global geography? For each take-down of NeverTrump, can we at least have commensurate analysis of how and why a monstrosity like the Clinton cash operation was allowed to thrive without audit; or how it is that the secretary of state and her minions snubbed the law and behaved in a fashion that would have put any other federal employees in jail (…) Turn on an evening cable show and ask which interviewer is married to which anchor on another channel, or which of the pundits are former politicos, or how many in the White House worked for Big News or are married or related to someone who does. How many pundits were advisers to political candidates or related to someone who was? How does Ben Rhodes do an interview on CBS News or George Stephanopoulos interview Hillary Clinton or a writer expound on the primaries when he is also an adviser to a particular campaign? The problem is not just that all this is incestuous or unethical, but that it blinds a tiny elite to what millions of quite different Americans value and experience. (…) I wish that the high IQs of the establishment class had taken Murray’s sage advice eight years ago and just listened to what Obama had said in denigration of the Pennsylvania working classes or the “typical white person” grandmother who raised him; or to his pseudo-macho references to guns and knives, and “get in their face”; or to the hokey promises to lower global temperatures and stop the seas from rising; and all the other Vero possumus tripe. Or that they had used their presumably formidable mental powers to review Obama’s public record as a state legislator and a U.S. senator — which presaged everything from Obamacare and the unconstitutional undermining of federal law to the apology tours and the near-destruction of 70 years of bipartisan foreign policy. (…) Did a high IQ prevent an infatuated David Brooks (whom he quotes approvingly) from fathoming presidential success as if he were a sartorial seancer, from the crease of Senator Obama pants leg? What was the IQ of the presidential historian who declared Obama the smartest man ever to be elevated to the White House? Or the Newsweek editor who envisioned an apotheosized Obama? Or the MSNBC host who motor-mouthed about the tingle in his leg at the sound of an Obama speech? Or, yes, the conservative policy analyst (and self-confessed “Starry-eyed Obama groupie”) who wrote approvingly (“flat-out plain brilliant”) of the Obama race speech in March 2008, in which Obama revealed to the world that his own grandmother — the sole steady working breadwinner of Obama’s extended family, whose labors sent him to prep school — was a supposedly “typical white person” in her prejudices, while he further contextualized the abject racism and anti-Semitism of the Rev. Jeremiah Wright — a speech renounced by Obama himself when Wright later felt empowered to double down on his racism. Or perhaps the conservative wit who once wrote that Obama has a “first-class temperament and a first-class intellect,” and that he is the rare politician who “writes his own books,” which were “first rate”? Victor Davis Hanson
Many Middle Easterners want to relocate to Europe for its material and civilizational advantages over their homes in Algeria, Iraq, Libya, Morocco, or Syria. Yet many new arrivals are highly critical of Western popular culture, permissiveness, and religion — to the extent of not wanting to assimilate into the very culture into which they rushed. Apparently, like their ancient counterparts, modern migrants on the poorer or less stable side of a border are ambiguous about what they want. They seek out the security and bounty of mostly Western systems — whether European or American — but not necessarily to surrender their own cultural identities and values.(…) Mexico is often critical of the United States and yet encourages millions of its own people to emigrate to a supposedly unattractive America. Some protesters in turn wave the flag of the country that they do not wish to return to more often than the flag of the country they are terrified of being deported from. Signs at rallies trash the United States but praise Mexico (…) Rome worked when foreigners crossed through its borders to become Romans. It failed when newcomers fled into the empire and adhered to their own cultures, which were at odds with the Roman ones they had ostensibly chosen. (…) There were no walls between provinces of the Roman Empire — just as there are no walls between the individual states of America — because common language, values, and laws made them all similar. But fortifications gradually arose all over the outer ring of the Roman world, once Rome could no longer afford to homogenize societies antithetical to their own. Victor Davis Hanson
Trump stays in the news not just by taking extreme positions, but also by taking extreme positions on issues that are already extreme. When Mexico prints comic books advising its own citizens on how to enter the U.S. illegally, when the major illegal-alien lobbying group is called The National Council of La Raza (“The Race”), and when major U.S. cities, in Confederate-style, declare themselves “sanctuaries” in which U.S. federal immigration law does not apply, then we long ago entered zones of extremism. (…) Trump sounds crazy—and dangerous—in his idiotic idea to ban entry into the U.S. on the basis of religion. But is that inanity any less extreme than the administration’s European-style wish to welcome in tens of thousands of mostly young males from the war-torn Middle East without any proper method of identification and audit—at a time of spikes in radical Islamic terrorism in the West? Again, Trump cannot predicate immigration on the basis of religion, but he certainly could place a temporary moratorium of all immigration from particular Middle East countries like Syria, Iraq, Yemen, and Libya, in the way that we do not open our arms to mass influxes of Iranians and North Koreans. (…) Ignoring candidate Trump’s crude bombast for conservatives is analogous to liberals tuning out Obama’s campaign calls for supporters to take their knives to a gun fight or to get in their opponents’ faces, or his arrogant put-downs of lower middle-class Pennsylvanians or his flat-out prevarications about his relationship with mentor and personal pastor, the racist and anti-Semitic Rev. Jeremiah Wright. Trump’s memoirs are often vulgar; Obama’s largely fictional. Trump’s selfish womanizing was consensual; former President Bill Clinton’s often allegedly coerced. Victor Davis Hanson

Attention: un extrémisme peut en cacher un  autre !

A l’heure où après avoir appelé à sa propre invasion par des migrants illégaux et leur avoir appris la position du missionnaire, l’Allemagne propose l‘exemption de taxes des commerces musulmans pour le ramadan …

Et où après la bénédiction papale de ladite invasion, c’est directement en haute mer que les flottes européennes vont prendre leurs livraisons desdits migrants illégaux que leur apportent quotidiennement les réseaux de passeurs turcs et pour lesquels Ankara encaisse les milliards censés les empêcher de partir …

Pendant qu’après la bénédiction Washington, Londres et Ottawa, les fidèles de Mahomet ouvrent, comme vient le rappeler l’Etat islamique, le « mois de la conquête et de la guerre sainte » avec des attaques sur Amman, Istanbul et Tel Aviv

Et que sur fond de prise en otage des citoyens et de saccage des établissements bancaires par le premier militant ou syndicaliste venu et après le mariage et les enfants, nos belles âmes proposent rien de moins que le revenu garanti pour tous

Comment encore s’étonner avec l’éditorialiste et historien militaire américain Victor Davis Hanson …

Face à une Administration américaine qui se vante de ses abandons de l’Irak et de la Syrie ou d’avoir trompé la presse pour l’accord sur le nucléaire iranien …

Et à un Etat mexicain qui il y a encore quelques années publiait un manuel du migrant illégal

Pendant qu’au mépris des lois fédérales sur l’immigration illégale des villes entières se déclarent villes-sanctuaires

D’une candidature aux élections présidentielles américaines aussi extrémiste que celle d’un Trump ?

Why Republicans Will Vote For Trump
Victor Davis Hanson
Hoover.org
May 24, 2016

If Donald Trump manages to curb most of his more outrageous outbursts by November, most Republicans who would have preferred that he did not receive the nomination will probably hold their noses and vote for him.

How could that be when a profane Trump has boasted that he would limit Muslim immigration into the United States, talked cavalierly about torturing terrorist suspects and executing their relatives, promised to deport all eleven-million Mexican nationals who are residing illegally in the U.S., and threatened a trade war with China by slapping steep tariffs on their imports?

A number of reasons come to mind.

First, Trump stays in the news not just by taking extreme positions, but also by taking extreme positions on issues that are already extreme. When Mexico prints comic books advising its own citizens on how to enter the U.S. illegally, when the major illegal-alien lobbying group is called The National Council of La Raza (“The Race”), and when major U.S. cities, in Confederate-style, declare themselves “sanctuaries” in which U.S. federal immigration law does not apply, then we long ago entered zones of extremism.

Of course, Trump would be wiser to become both more specific and reasonable about solutions to illegal immigration. “Making Mexico pay for the wall” could be finessed not by a trade war, but perhaps by slapping surcharges on remittances sent to Mexico, at higher rates for those in the U.S. who could not prove legal residency. Deportation certainly sounds like a reasonable punishment for the likely more than 1 million illegal aliens who either have committed serious crimes inside the United States or who have no history of being employed—then, once the border is secure, he could propose granting green card status to the illegal aliens who are employed, long-time residents, without criminal convictions, and willing to pay a fine and learn English.

Trump sounds crazy—and dangerous—in his idiotic idea to ban entry into the U.S. on the basis of religion. But is that inanity any less extreme than the administration’s European-style wish to welcome in tens of thousands of mostly young males from the war-torn Middle East without any proper method of identification and audit—at a time of spikes in radical Islamic terrorism in the West? Again, Trump cannot predicate immigration on the basis of religion, but he certainly could place a temporary moratorium of all immigration from particular Middle East countries like Syria, Iraq, Yemen, and Libya, in the way that we do not open our arms to mass influxes of Iranians and North Koreans.

Trump was bashed for suggesting NATO’s tenure is nearing an end—again another ridiculous and dangerous idea. But that trial balloon remains an unhinged corrective to the present unhinged nature of the alliance, in which few members honor their contractual defense spending obligations, and the alliance has both expanded far beyond anything that its founders envisioned, and conducted optional and sometimes failed operations abroad that had nothing to do with trans-Atlantic security. During the Cold War, we sometimes forgot that NATO members occasionally allowed fly-over rights to Soviet Union air lifts headed to the Middle East, while denying fellow NATO member the United States the use of European NATO air space to resupply Israel.

Many conservatives tune out Trump’s adolescent solutions, but not necessarily the haywire issues he has raised. Most believe that he will back down from his original, headline-grabbing positions, and eventually offer more studied and reasonable solutions to an ignored problem that otherwise might not have been aired. And though the results may not be what his supporters have cheered on in rallies or what his critics have hoped for, they will, to many Republican voters, be preferable to President Obama’s current and Hillary Clinton’s future positions. Ignoring candidate Trump’s crude bombast for conservatives is analogous to liberals tuning out Obama’s campaign calls for supporters to take their knives to a gun fight or to get in their opponents’ faces, or his arrogant put-downs of lower middle-class Pennsylvanians or his flat-out prevarications about his relationship with mentor and personal pastor, the racist and anti-Semitic Rev. Jeremiah Wright. Trump’s memoirs are often vulgar; Obama’s largely fictional. Trump’s selfish womanizing was consensual; former President Bill Clinton’s often allegedly coerced.

A second reason why many conservatives will vote for Trump is that they, like everyone else, are cynical about what candidates say and what they, as presidents, actually do. In 2000, George W. Bush ran as the realist alternative to neocon interventionist John McCain. Obama in 2008 never uttered the word “transgendered.” Instead, he ran against gay marriage, outlined a health plan to the right of Hillary’s that protected patients’ existing coverage and physicians, predicted a new era of presidential transparency, promised post-racial reconciliation, insisted that he could not subvert immigration law or grant amnesties by executive orders, harked on balancing the budget and reducing the national debt, and, as a former law lecturer, vowed to confine the presidency within its constitutional limits.

Third, we have become so inured to the outrageous, that many conservatives are not quite sure whether Trump is just a more in-your-face version of current politicians or if he truly is an outlier in his vulgarity. Consider, after all, the last month in politics. Recently, news stories noted that a White House guest rapper, paroled on a pending felony charge, had his ankle bracelet go off. The White House deputy national security advisor and senior speechwriter Ben Rhodes bragged about how he more or less lied and perpetuated a con to ram through the Iran deal without Senate oversight. Former Obama speechwriters joked on television about writing the lie, “If you like your insurance, you can keep it.” Obama himself threatened to cut off federal funds to states that did not share his reinterpretation of the 1972 Title IX Amendments to include bathroom access of their choice for the transgendered. Meanwhile, the FBI weighs a federal felony indictment against Hillary Clinton, just as stories have resurfaced of Bill Clinton’s frequent and unescorted flights on convicted sex offender Jeffrey Epstein notorious “Lolita Express.” If that is a typical month in the life of the current administration and ongoing presidential campaign, then what exactly are the norms by which we can judge Trump as a renegade?  The proper critique of Trump is that he would not restore decorum to political discourse and behavior that long ago were debased.

Trump should release all his tax records, but probably will not because they would show he pays taxes at a low rate, is not quite the philanthropist he poses to be, and is certainly not worth $10-11 billion. Candidates do not release data that they know prove they are lying or hypocritical—including Hillary Clinton, who has not released thousands of her now deleted emails she claimed were personal and the transcripts of her Wall Street speeches that earned her millions of dollars in campaign quid-pro-quo donations. Obama was never going to release his college transcripts, his personal medical records, or a video clip of his encomium of Rashid Khalidi, former PLO advisor to Yasser Arafat—most likely because he was a lackadaisical B- student who would have never been accepted to law schools without affirmative action, could have been embarrassed about prior medical issues, and at one time might have sounded as if he were a rabid Palestinian supporter. In other words, the shady Trump is now caught gambling in Casablanca.

Fourth, most Republicans do not quite buy the #NeverTrump argument that Trump is running to the left of Hillary Clinton. His critique of Bush’s nation-building is not analogous to Obama’s outreach to Iran and Cuba, and it will not lead to another Benghazi or an apology tour. Rather, his opportunistic attacks on nation-building is more akin to Jacksonian realism—dangerous perhaps in the fragile U.S.-led postwar world and lacking in idealism, but a position to the right, not to the left, of George W. Bush. He is also a crude nationalist on trade and immigration, not a naïve utopian. Deporting some illegal aliens is seen as preferable to never deporting any or protecting criminals in sanctuary cities. Insisting, for example, that Japan treats imported California rice or beef in the manner that the U.S. handles Hondas, is not protectionism or inherently anti-free-trade.

On other issues, such as Supreme Country appointments, the military, abortion, or the budget, Trump will likely be judged as more conservative than Hillary Clinton. After the shock wears off for most Republicans that Trump is only half or two-thirds conservative, they will probably shrug and see him as preferable to Clinton, who has little to no conservative propensities whatsoever.  Trump may have moved the Republican Party to the center, but Clinton moved the Democratic Party much farther from the center—and to the left. The campaign will be long, heated, and polarizing, and Clinton will be attacking conservative positions far more than will Trump. The #NeverTrump crowd will increasingly have nowhere to go, given that their criticism of the Republican nominee will only empower the liberal Clinton as the race grows close. As Republican fence-sitters and dissenters in the next five months watch conservative values serially trashed by the Clinton campaign, their patience will probably wear thin by November.

Finally, Republicans might embrace a democratic fatalism—or the opinion, in other words, that “if that’s what the people want, that’s what the people get.” They may well vote for Trump as loyal party members, but also retreat to the fallback position that they never wished him to win the nomination in the first place. Some Republicans who vow to stay home in November will—but the vast majority will bite their lip and likely vote Trump.

Voir aussi:

Class, Trump, and the Election
If the ‘high IQs’ of the establishment have let America down, where is a voter to turn?
Victor Davis Hanson
National Review Online
May 31, 2016

Donald Trump seems to have offended almost every possible identity group. But the New York billionaire still also seems to appeal to the working classes (in part no doubt precisely because he has offended so many special-interest factions; in part because he was seen in the primaries as an outsider using his own money; in part because he seems a crude man of action who dislikes most of those of whom Middle America is tired). At this point, his best hope in November, to the extent such a hope exists, rests on turning 2016 into a referendum on class and a collective national interest that transcends race and gender — and on emphasizing the sad fact that America works now mostly for an elite, best epitomized by Clinton, Inc.

We should not underestimate the opportunities for approaching traditional issues from radically different perspectives. The National Rifle Association is running the most effective ads in its history, hitting elites who wish to curtail gun ownership on the part of those who are not afforded the security blankets of the wealthy. Why should not an inner-city resident wish to buy a legal weapon, when armed security guards patrol America’s far safer gated communities? For most of the Clintons’ adult lives, they have been accompanied by men and women with concealed weapons to ensure their safety — on the premise that firearms, not mace, not Tasers, not knives or clubs, alone would ultimately keep the two safe.

Fracking provides jobs and cheaper fuel; the elites of the Democratic party care about neither. Indeed, Barack Obama and Energy Secretary Steven Chu proclaimed their desire for spiraling gas and electricity prices. Boutique environmentalism is a losing issue for the Democrats. The very wealthy can afford to be more concerned for a three-inch smelt than for irrigation water that will ensure that there are jobs for tractor drivers and affordable food for the less-well-off. When Hillary Clinton talks about putting miners out of work, she’s talking about people she has no desire to see unless she needs their votes.

Illegal immigration is another issue that offers class leverage. Middle-class Mexican-Americans cannot afford to put their kids in private schools when local districts are overwhelmed with non-English-speaking students. Trying to provide parity for 11 million or more illegal aliens naturally comes at the expense of fewer safety-net protections for minority citizens, just as driving down wages is good for the employer but hardly for the citizen who competes with illegal aliens for entry-level jobs. And what about lower-middle-class communities that are overwhelmed with foreign nationals whose backgrounds were never checked.

Outsourcing jobs affects predominantly the lower middle classes; no pundit, D.C. staffer, or New York lawyer is replaced by some cheaper English-speaker from the Punjab. Obamacare follows the same pattern. Elites who praise it to the skies either have the money or the Cadillac plans to navigate around it. I doubt that Rahm Emanuel and his brothers queue up at a surgery center, hoping to win five minutes with an ophthalmologist who now treats 70 patients a day to survive under Obamacare.

Donald Trump is unlikely to defeat Hillary Clinton unless he, an insider billionaire with little political knowledge, can appeal to the concerns of millions that cut across the Democratic firewalls of race and class. If a mom in Orange County thinks that Benghazi did make a difference and ISIS is a murderous Islamic terrorist enterprise, if an African-American youth believes that someone should try to hire him on a building site in preference to an illegal alien, and if a cosmetician believes that one violation of a federal law will land her in jail while many violations may land Hillary in the White House, then class trumps identity politics.

The entire establishments of both political parties are losing the illusion that they are clothed. The Clintons and their appendages famously became rich by monetizing their public positions through shakedowns of the international corporate set, under the patina of egalitarian progressivism. No one in the media for a decade has said a word about their criminal enterprise; commentators were more likely to donate to the Clinton Foundation as a sort of business investment or indemnity insurance. And how in the world does a middle-class ex-teacher and congressman with a 20-year tenure like Dennis Hastert end up with millions to pay hush money to the victims of his alleged pederastic assaults? How did a Harry Reid become a Nevada multimillionaire? How many middle-class workers’ annual incomes does Hillary Clinton trump in a single 20-minute Wall Street speech, whose content is vacuous? Where, then, is Occupy Wall Street?

Why the NeverTrump movement has so far failed is in part a matter of class as well, defined not so much in terms of cash, as of influence, education, and lifestyle. In 2008 it was gauche to bring up the vicious racist Rev. Jeremiah Wright, whose trite cast-off slogan “audacity of hope” inspired the title of Barack Obama’s campaign primer. In 2012, it would have apparently been rude for Mitt Romney to have fired back at Candy Crowley, “How dare you hijack a presidential debate!” Yes, Trump may be creepy, but the reluctance to challenge our present naked emperors is just as creepy. Is the so-called establishment going to warn us that Trump would be capable of running up $10 trillion in debt, socializing our medical system, unleashing the IRS and EPA on perceived enemies, and weakening friends and empowering enemies abroad, as he offers the world historically challenged pop riffs on Islam, Hiroshima, and global geography? For each take-down of NeverTrump, can we at least have commensurate analysis of how and why a monstrosity like the Clinton cash operation was allowed to thrive without audit; or how it is that the secretary of state and her minions snubbed the law and behaved in a fashion that would have put any other federal employees in jail; or how it is that 155 years after the start of the Civil War over 300 cities, counties, and states have declared federal law null and void in their jurisdictions — and with complete impunity?

Turn on an evening cable show and ask which interviewer is married to which anchor on another channel, or which of the pundits are former politicos, or how many in the White House worked for Big News or are married or related to someone who does. How many pundits were advisers to political candidates or related to someone who was? How does Ben Rhodes do an interview on CBS News or George Stephanopoulos interview Hillary Clinton or a writer expound on the primaries when he is also an adviser to a particular campaign? The problem is not just that all this is incestuous or unethical, but that it blinds a tiny elite to what millions of quite different Americans value and experience.

Charles Murray recently wrote in anger, addressing those who would vote for Trump because “Hillary is even worse”: “I know that I am unlikely to persuade any of my fellow Establishmentarians to change their minds. But I cannot end without urging you to resist that sin to which people with high IQs (which most of you have) are unusually prone: Using your intellectual powers to convince yourself of something despite the evidence plainly before you. Just watch and listen to the man. Don’t concoct elaborate rationalizations. Just watch and listen.”

I wish that the high IQs of the establishment class had taken Murray’s sage advice eight years ago and just listened to what Obama had said in denigration of the Pennsylvania working classes or the “typical white person” grandmother who raised him; or to his pseudo-macho references to guns and knives, and “get in their face”; or to the hokey promises to lower global temperatures and stop the seas from rising; and all the other Vero possumus tripe. Or that they had used their presumably formidable mental powers to review Obama’s public record as a state legislator and a U.S. senator — which presaged everything from Obamacare and the unconstitutional undermining of federal law to the apology tours and the near-destruction of 70 years of bipartisan foreign policy.

Murray has a point that Trump’s crudity and buffoonery should be taken seriously, but when he says establishmentarians have “high IQs,” what exactly does he mean? Did a high IQ prevent an infatuated David Brooks (whom he quotes approvingly) from fathoming presidential success as if he were a sartorial seancer, from the crease of Senator Obama pants leg? What was the IQ of the presidential historian who declared Obama the smartest man ever to be elevated to the White House? Or the Newsweek editor who envisioned an apotheosized Obama? Or the MSNBC host who motor-mouthed about the tingle in his leg at the sound of an Obama speech? Or, yes, the conservative policy analyst (and self-confessed “Starry-eyed Obama groupie”) who wrote approvingly (“flat-out plain brilliant”) of the Obama race speech in March 2008, in which Obama revealed to the world that his own grandmother — the sole steady working breadwinner of Obama’s extended family, whose labors sent him to prep school — was a supposedly “typical white person” in her prejudices, while he further contextualized the abject racism and anti-Semitism of the Rev. Jeremiah Wright — a speech renounced by Obama himself when Wright later felt empowered to double down on his racism. Or perhaps the conservative wit who once wrote that Obama has a “first-class temperament and a first-class intellect,” and that he is the rare politician who “writes his own books,” which were “first rate”?

Establishmentarian high IQs? The point is not to castigate past poor judgment, but to offer New Testament reminders about hubris and the casting of first stones — and why hoi polloi are skeptical of their supposed intellectual betters.

So how did a blond comb-over real-estate dealer destroy an impressive and decent Republican field and find himself near dead even with Hillary Clinton — to the complete astonishment, and later fury, of the Washington establishment?

Simply because lots of people have become exhausted by political and media elites who have thought very highly of themselves — but on what grounds it has become increasingly impossible to figure out.

Voir également:

A Mexican Manual for Illegal Migrants Upsets Some in U.S.
James C. Mckinley jr.

The NYT

Jan. 6, 2005

MEXICO CITY, Jan. 5 – The Mexican government drew fire from American advocates of tighter borders on Wednesday for publishing a pamphlet that instructs migrants how to safely enter the United States illegally and live there without being detected.

Officials here say the small booklet, illustrated in comic-book style, is not intended to encourage illegal immigration, but to reduce the loss of life. Last year, more than 300 migrants died while crossing rivers and deserts to reach the United States.

The guidebook also advises would-be migrants to avoid hiring professional immigrant-smugglers and to refuse to carry packages for others. It also instructs people never to lie to border officials, carry false documents or resist arrest.

But groups favoring stricter immigration controls said the pamphlet amounted to a how-to manual for illegal immigrants. The booklet gives advice on what clothes to wear when fording a river and how to cross a desert without getting dehydrated.

It also counsels migrants to keep a low profile once in the United States, telling them, for instance, to stay away from loud parties or discos that might be raided by the police and to stay out of domestic disputes, which might lead to an arrest. Finally, it lists what rights migrants have if caught, among them safe transport home, medical care, food and water.

« This is not the action of a friendly neighbor, » said Representative Tom Tancredo, the Colorado Republican who chairs the Congressional Immigration Reform Caucus. « What would the Mexican government say if we encouraged our citizens to violate Mexican law? »

Mexico’s Foreign Ministry, however, said its intent in publishing the « Guide for the Mexican Migrant » was to warn migrants of the dangers they might face if they choose to slip illegally into the United States.

Gerónimo Gutiérrez, Mexico’s under secretary for North American affairs, said the guide was written to dissuade people from making a clandestine journey or at least to warn them of the perils and legal risks should they decide to go. About 1.5 million copies of the guide were printed and distributed throughout the country in December.

« Just last year over 300 Mexicans died in their attempt to enter the United States, the vast majority if not all of them in search of a job, » Mr. Gutiérrez said. « The Mexican government obviously has an obligation to take all actions possible in order to avoid the loss of life. »

He added, « It is a natural and fair response to consider this as an attempt to promote undocumented immigration, but that is absolutely not the intent of the Mexican government. »

But groups seeking stricter immigration laws argued that Mexican officials were being disingenuous in asserting that the pamphlet does not encourage illegal migration. They say that Mexico wants to continue exporting unemployed people and reaping the benefits of money sent home to their families.

« If the Mexican government were really very concerned about their citizens dying in the desert, why doesn’t it use its army and police to prevent people from crossing in those areas? » said Steven Camarota, director of research at the Center for Immigration Studies, which favors tighter borders.

Others said the pamphlet only highlighted the need to revamp the American immigration system, which seems to have no effective response to the yearly flood of Mexican migrants seeking jobs. « The publication is nothing more than another symptom of a broken immigration system, » said Paul L. Zulkie, president of American Immigration Lawyers Association.

Voir encore:

The Aspiring Novelist Who Became Obama’s Foreign-Policy Guru

How Ben Rhodes rewrote the rules of diplomacy for the digital age.

David Samuel

The NYT

May 5, 2016

Picture him as a young man, standing on the waterfront in North Williamsburg, at a polling site, on Sept. 11, 2001, which was Election Day in New York City. He saw the planes hit the towers, an unforgettable moment of sheer disbelief followed by panic and shock and lasting horror, a scene that eerily reminded him, in the aftermath, of the cover of the Don DeLillo novel “Underworld.”

Everything changed that day. But the way it changed Ben Rhodes’s life is still unique, and perhaps not strictly believable, even as fiction. He was in the second year of the M.F.A. program at N.Y.U., writing short stories about losers in garden apartments and imagining that soon he would be published in literary magazines, acquire an agent and produce a novel by the time he turned 26. He saw the first tower go down, and after that he walked around for a while, until he ran into someone he knew, and they went back to her shared Williamsburg apartment and tried to find a television that worked, and when he came back outside, everyone was taking pictures of the towers in flames. He saw an Arab guy sobbing on the subway. “That image has always stayed with me,” he says. “Because I think he knew more than we did about what was going to happen.” Writing Frederick Barthelme knockoffs suddenly seemed like a waste of time.

“I immediately developed this idea that, you know, maybe I want to try to write about international affairs,” he explained. “In retrospect, I had no idea what that meant.” His mother’s closest friend growing up ran the Carnegie Endowment for International Peace, which then published Foreign Policy. He sent her a letter and included what would wind up being his only piece of published fiction, a short story that appeared in The Beloit Fiction Journal. It was titled “The Goldfish Smiles, You Smile Back.” The story still haunts him, he says, because “it foreshadowed my entire life.”

It’s the day of President Obama’s final State of the Union address, Jan. 12, and the news inside the White House is not good. Luckily, the reporters on the couch in the West Wing waiting room don’t know it yet. The cream of the crop are here this early p.m. for a private, off-the-record lunch with the president, who will preview his annual remarks to Congress over a meal that is reported to be among the best in the White House chef’s repertoire.

“Blitzer!” a man calls out. A small figure in a long navy cashmere overcoat turns around, in mock surprise.

“You don’t write, you don’t call,” Wolf Blitzer, the CNN anchorman, parries.

“Well, you can call,” shoots back his former colleague Roland Martin. Their repartee thus concluded, they move on to the mutually fascinating subject of Washington traffic jams. “I used to have a 9:30 hit on CNN,” Martin reminisces. “The office was 8.2 miles from my home. It took me 45 minutes.” The CBS News anchor Scott Pelley tells a story about how members of the press destroyed the lawn during the Monica Lewinsky scandal and were told that they would be allowed back once the grass was replanted. The National Park Service replanted the grass outside the White House, but the journalists weren’t allowed back on the lawn.

Unnoticed by the reporters, Ben Rhodes walks through the room, a half-beat behind a woman in leopard-print heels. He is holding a phone to his ear, repeating his mantra: “I’m not important. You’re important.”

The Boy Wonder of the Obama White House is now 38. He heads downstairs to his windowless basement office, which is divided into two parts. In the front office, his assistant, Rumana Ahmed, and his deputy, Ned Price, are squeezed behind desks, which face a large television screen, from which CNN blares nonstop. Large pictures of Obama adorn the walls. Here is the president adjusting Rhodes’s tie; presenting his darling baby daughter, Ella, with a flower; and smiling wide while playing with Ella on a giant rug that says “E Pluribus Unum.”

For much of the past five weeks, Rhodes has been channeling the president’s consciousness into what was imagined as an optimistic, forward-looking final State of the Union. Now, from the flat screens, a challenge to that narrative arises: Iran has seized two small boats containing 10 American sailors. Rhodes found out about the Iranian action earlier that morning but was trying to keep it out of the news until after the president’s speech. “They can’t keep a secret for two hours,” Rhodes says, with a tone of mild exasperation at the break in message discipline.

As the deputy national security adviser for strategic communications, Rhodes writes the president’s speeches, plans his trips abroad and runs communications strategy across the White House, tasks that, taken individually, give little sense of the importance of his role. He is, according to the consensus of the two dozen current and former White House insiders I talked to, the single most influential voice shaping American foreign policy aside from Potus himself. The president and Rhodes communicate “regularly, several times a day,” according to Denis McDonough, Obama’s chief of staff, who is known for captaining a tight ship. “I see it throughout the day in person,” he says, adding that he is sure that in addition to the two to three hours that Rhodes might spend with Obama daily, the two men communicate remotely throughout the day via email and phone calls. Rhodes strategized and ran the successful Iran-deal messaging campaign, helped negotiate the opening of American relations with Cuba after a hiatus of more than 50 years and has been a co-writer of all of Obama’s major foreign-policy speeches. “Every day he does 12 jobs, and he does them better than the other people who have those jobs,” Terry Szuplat, the longest-tenured member of the National Security Council speechwriting corps, told me. On the largest and smallest questions alike, the voice in which America speaks to the world is that of Ben Rhodes.

Like Obama, Rhodes is a storyteller who uses a writer’s tools to advance an agenda that is packaged as politics but is often quite personal. He is adept at constructing overarching plotlines with heroes and villains, their conflicts and motivations supported by flurries of carefully chosen adjectives, quotations and leaks from named and unnamed senior officials. He is the master shaper and retailer of Obama’s foreign-policy narratives, at a time when the killer wave of social media has washed away the sand castles of the traditional press. His ability to navigate and shape this new environment makes him a more effective and powerful extension of the president’s will than any number of policy advisers or diplomats or spies. His lack of conventional real-world experience of the kind that normally precedes responsibility for the fate of nations — like military or diplomatic service, or even a master’s degree in international relations, rather than creative writing — is still startling.

Part of what accounts for Rhodes’s influence is his “mind meld” with the president. Nearly everyone I spoke to about Rhodes used the phrase “mind meld” verbatim, some with casual assurance and others in the hushed tones that are usually reserved for special insights. He doesn’t think for the president, but he knows what the president is thinking, which is a source of tremendous power. One day, when Rhodes and I were sitting in his boiler-room office, he confessed, with a touch of bafflement, “I don’t know anymore where I begin and Obama ends.”

Standing in his front office before the State of the Union, Rhodes quickly does the political math on the breaking Iran story. “Now they’ll show scary pictures of people praying to the supreme leader,” he predicts, looking at the screen. Three beats more, and his brain has spun a story line to stanch the bleeding. He turns to Price. “We’re resolving this, because we have relationships,” he says.

Price turns to his computer and begins tapping away at the administration’s well-cultivated network of officials, talking heads, columnists and newspaper reporters, web jockeys and outside advocates who can tweet at critics and tweak their stories backed up by quotations from “senior White House officials” and “spokespeople.” I watch the message bounce from Rhodes’s brain to Price’s keyboard to the three big briefing podiums — the White House, the State Department and the Pentagon — and across the Twitterverse, where it springs to life in dozens of insta-stories, which over the next five hours don formal dress for mainstream outlets. It’s a tutorial in the making of a digital news microclimate — a storm that is easy to mistake these days for a fact of nature, but whose author is sitting next to me right now.

Rhodes logs into his computer. “It’s the middle of the [expletive] night in Iran,” he grumbles. Price looks up from his keyboard to provide a messaging update: “Considering that they have 10 of our guys in custody, we’re doing O.K.”

With three hours to go until the president’s address to Congress, Rhodes grabs a big Gatorade and starts combing through the text of the State of the Union address. I peek over his shoulder, to get a sense of the meta-narrative that will shape dozens of thumb-suckers in the days and weeks to follow. One sentence reads: “But as we focus on destroying ISIL, over-the-top claims that this is World War III just play into their hands.” He retypes a word, then changes it back, before continuing with his edit. “Masses of fighters on the back of pickup trucks, twisted souls plotting in apartments or garages — they pose an enormous danger to civilians; they have to be stopped. But they do not threaten our national existence.”

Watching Rhodes work, I remember that he is still, chiefly, a writer, who is using a new set of tools — along with the traditional arts of narrative and spin — to create stories of great consequence on the biggest page imaginable. The narratives he frames, the voices of senior officials, the columnists and reporters whose work he skillfully shapes and ventriloquizes, and even the president’s own speeches and talking points, are the only dots of color in a much larger vision about who Americans are and where we are going that Rhodes and the president have been formulating together over the past seven years. When I asked Jon Favreau, Obama’s lead speechwriter in the 2008 campaign, and a close friend of Rhodes’s, whether he or Rhodes or the president had ever thought of their individual speeches and bits of policy making as part of some larger restructuring of the American narrative, he replied, “We saw that as our entire job.”

Having recently spent time working in Hollywood, I realize during our conversations that the role Rhodes plays in the White House bears less resemblance to any specific character on Beltway-insider TV shows like “The West Wing” or “House of Cards” than it does to the people who create those shows. And like most TV writers, Rhodes clearly prefers to imagine himself in the company of novelists.

“What novel is this that you are living in now and will exit from in eight months and be like, ‘Oh, my God’?” I ask him.

“Who would be the author of this novel?” he asks.

“The one you are a character in now?”

“Don DeLillo, I think,” Rhodes answers. “I don’t know how you feel about Don DeLillo.”

“I love Don DeLillo,” I answer.

“Yeah,” Rhodes answers. “That’s the only person I can think of who has confronted these questions of, you know, the individual who finds himself negotiating both vast currents of history and a very specific kind of power dynamics. That’s his milieu. And that’s what it’s like to work in the U.S. foreign-policy apparatus in 2016.”

It has been rare to find Ben Rhodes’s name in news stories about the large events of the past seven years, unless you are looking for the quotation from an unnamed senior official in Paragraph 9. He is invisible because he is not an egotist, and because he is devoted to the president. But once you are attuned to the distinctive qualities of Rhodes’s voice — which is often laced with aggressive contempt for anyone or anything that stands in the president’s way — you can hear him everywhere.

Rhodes’s mother and father are not interested in talking about Rhodes. Neither is his older brother, David, who is president of CBS News, an organization that recently revived the effort to declassify the contents of the redacted 28 pages of the Sept. 11 report on the eve of Obama’s visit to Saudi Arabia, on which Rhodes, as usual, accompanied the president. The brothers are close, but they often go months without seeing each other. “He was like the kid who carried the briefcase to school,” Ben says of his brother, who worked at Fox News and Bloomberg before moving to CBS. “I actually didn’t do that great in high school because I was drinking and smoking pot and hanging out in Central Park.”

Rhodes’s impassioned yet depressive vibe, which I feel in his stray remarks and in the strangeness of his decision to allow me to roam around the White House, stems in part from feeling overloaded; he wishes he had more time to think and write. His mother is Jewish from the Upper East Side, and worships John Updike, and reads The New Yorker. His father is a Texan lawyer who took his sons to St. Thomas Episcopal Church once a month, where Rhodes felt like the Jewish kid in church, the same way he felt like a “Jewish Christian” at Passover Seders. His New York City prep-school-kid combination of vulnerability, brattiness and passionate hatred for phonies suggests an only slightly updated version of what Holden Caulfield might have been like if he grew up to work in the West Wing.
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Rhodes at a nuclear-security summit meeting in March, where President Obama met with President Xi Jinping of China. Credit Doug Mills/The New York Times

Rhodes’s windowless back office, which doesn’t have a TV screen, is an oasis of late-night calm in a building devoted to the performance of power. The walls are painted a soft creamy color, which gives it the feel of an upscale hotel room with the drapes closed. He arrives here every morning between 8 and 9 from a modest two-bedroom apartment in a grad-student-type building in an unpretentious Washington neighborhood around the corner from his favorite post-collegiate bar. Before coming to work, he walks his 1-year-old daughter to day care. Then he drives to work in his Beamer, which appears to be the one grown-up luxury he and his wife, Ann Norris, who works in the State Department and longs to return to her childhood home of California, can afford. When his wife takes the car, he rides the bus, which offers him a touch of the anonymity he craves. His days at the White House start with the president’s daily briefing, which usually includes the vice president, National Security Adviser Susan Rice, Deputy National Security Adviser Avril Haines and Homeland Security Adviser Lisa Monaco.

The books on his shelves are a mix of DeLillo novels, history books, recondite tomes on Cuba and Burma and adventure-wonk stuff like Mark Mazzetti’s “The Way of the Knife.” C. S. Lewis makes an appearance here, alongside a volume of Lincoln speeches (Obama tells all his speechwriters to read Lincoln) and George Orwell’s “All Art Is Propaganda.” I have seen the same books on the shelves of plenty of Brooklyn apartments. Yet some large part of the recent history of America and its role in the world turns on the fact that the entirely familiar person sitting at the desk in front of me, who seems not unlike other weed-smokers I know who write Frederick Barthelme-type short stories, has achieved a “mind meld” with President Obama and used his skills to help execute a radical shift in American foreign policy.

So I wonder: How did he get from there to here?

The story that Rhodes published in The Beloit Fiction Journal is a good place to start.

The goldfish idea, I’m told, had been Ms. Wellberg’s.
“Why?” I ask. She is dyed blond, slim, petite, attractive.
“You take meticulous notes,” she slurs.

The editor at Foreign Policy who read “Goldfish,” which Rhodes attached with his query letter, said that the young M.F.A. would be bored with fact-checking. Instead, he suggested that he apply for a job with Lee Hamilton, the onetime congressman from Indiana, who was looking for a speechwriter.

“I was surprised,” Hamilton remembered. “What the hell does a guy who wanted to write fiction come to me for?” But he had always found writers useful, and Rhodes’s writing sample was the best in the pile. So he hired him on at the Wilson Center, a nonpartisan think tank. Though Rhodes never said a word in meetings, Hamilton says, he had a keen understanding of what was going on and a talent for putting the positions of distinguished participants down on paper. “I immediately understood that it’s a very important quality for a staffer,” Hamilton explained, “that he could come into a meeting and decide what was decided.” I suggested that the phrase “decide what was decided” is suggestive of the enormous power that might accrue to someone with Rhodes’s gifts. Hamilton nodded. “Absolutely,” he said.

The notes go on and on. They have ideas with subsets of ideas and reactions to ideas indented beneath the original ideas. The handwriting is perfect. The representation of what happened in the meetings immaculate, like a mirror’s reflection after it has been scrubbed clean. I have a reputation for my notes.

Rhodes served as Hamilton’s staff member on the 9/11 Commission, where he met Denis McDonough, another Hamilton protégé, who had gone on to work for Tom Daschle in the Senate. Rhodes then became the chief note-taker for the Iraq Study Group, the bipartisan commission that excoriated George Bush’s war in Iraq. He accompanied Hamilton and his Republican counterpart on the group, former secretary of state and Bush family intimate James Baker, to their meetings with Colin Powell, Condoleezza Rice, Stephen Hadley, David Petraeus and many others (Vice President Dick Cheney met with the group but didn’t say a word). According to both Hamilton and Edward Djerejian, Baker’s second on the I.S.G., Rhodes’s opinions were helpful in shaping the group’s conclusions — a scathing indictment of the policy makers responsible for invading Iraq. For Rhodes, who wrote much of the I.S.G. report, the Iraq war was proof, in black and white, not of the complexity of international affairs or the many perils attendant on political decision-making but of the fact that the decision-makers were morons.

One result of this experience was that when Rhodes joined the Obama campaign in 2007, he arguably knew more about the Iraq war than the candidate himself, or any of his advisers. He had also developed a healthy contempt for the American foreign-policy establishment, including editors and reporters at The New York Times, The Washington Post, The New Yorker and elsewhere, who at first applauded the Iraq war and then sought to pin all the blame on Bush and his merry band of neocons when it quickly turned sour. If anything, that anger has grown fiercer during Rhodes’s time in the White House. He referred to the American foreign-policy establishment as the Blob. According to Rhodes, the Blob includes Hillary Clinton, Robert Gates and other Iraq-war promoters from both parties who now whine incessantly about the collapse of the American security order in Europe and the Middle East.

Boost thinks very highly of me. My notes are so impressive that they have taken on the form of ideas, he feels. I capture other people’s words in a manner that not only organizes them, but inserts a clarity and purpose that was not present in the original idea. Connections are made between two opposing ideas that were not apparent in the meeting. I have gotten at not only the representation of things, but the way that the mind actually works.

Jon Favreau, then the campaign’s lead speechwriter, felt as if he could use a foreign-affairs expert who could write. “Foreign-policy advisers kept changing all the language that made Obama sound like he wasn’t part of the Democratic foreign-policy establishment,” he remembers. “The idea of someone with a masters in fiction who had also co-authored the Iraq Study Group and 9/11 Commission reports seemed perfect for a candidate who put so much emphasis on storytelling.” The two young speechwriters quickly found themselves to be in sync. “He truly gives zero [expletive] about what most people in Washington think,” Favreau says admiringly of Rhodes. “I think he’s always seen his time there as temporary and won’t care if he’s never again invited to a cocktail party, or asked to appear on ‘Morning Joe,’ or inducted into the Council on Foreign Relations hall of fame or whatever the hell they do there.”

I sit next to Boost in the meetings. The ideas fly like radio waves. I am silent in these meetings, taking notes.

“He was easily underestimatable,” Samantha Power recalls, of Rhodes’s arrival on the Obama campaign in 2007. Herself a writer, whose history of America’s responses to genocide, “A Problem From Hell,” won the Pulitzer Prize, Power went to work in Obama’s Senate office in 2005. Power is now the American ambassador to the United Nations. Her attire suggests a disingenuous ambivalence about her role in government that appears to be common among her cohort in the Obama administration, with a cardigan made of thick, expensive-looking cashmere worn over a simple frock, along with silver spray-painted rock ’n’ roll sneakers. See, I’m sympatico, the sneakers proclaim.

Early on, what struck her about Rhodes was how strategic he was. “He was leading quietly, initially, and mainly just through track changes, like what to accept and reject,” she says. When I ask her where Rhodes’s control over drafts of the candidate’s speeches came from, she immediately answers, “Obama,” but then qualifies her answer. “But it was Hobbesian,” she adds. “He had the pen. And he understood intuitively that having the pen gave him that control.” His judgment was superior to that of his rivals, and he refused to ever back down. “He was just defiant,” she recalls. “He was like: ‘No, I’m not. That’s bad. Obama wouldn’t want that.’ ”

Obama relies on Rhodes for “an unvarnished take,” in part, she says, because “Ben just has no poker face,” and so it’s easy to see when he is feeling uncomfortable. “The president will be like, ‘Ben, something on your mind?’ And then Ben will have this incredibly precise lay-down of why the previous half-hour has been an utter waste of time, because there’s a structural flaw to the entire direction of the conversation.”

The literary character that Rhodes most closely resembles, Power volunteers, is Holden Caulfield. “He hates the idea of being phony, and he’s impetuous, and he has very strong views.”

In Afghanistan the Taliban dynamites enormous statues of Buddha, the ancient material imploding and crumbling to the ground, small specks of men can be seen watching in the foreground. This is somewhere else. Far away.

On his first day in the West Wing, Rhodes remembers thinking how remarkably small the space was, and noticing that the same few dozen people he worked with at campaign headquarters in Chicago were now wearing suits instead of jeans. The enormousness of the endeavor sank in on that first day, and he realized that for all the prep work, there was no manual for how to be on the staff of the person who is running the country, particularly at a time when the global economy was in free fall and 180,000 Americans were fighting in Iraq and Afghanistan. He became aware of two things at once: the weight of the issues that the president was confronted with, and the intense global interest in even the most mundane presidential communications.

‘He truly gives zero [expletive] about what most people in Washington think. I think he’s always seen his time there as temporary and won’t care if he’s never again invited to a cocktail party.’

The job he was hired to do, namely to help the president of the United States communicate with the public, was changing in equally significant ways, thanks to the impact of digital technologies that people in Washington were just beginning to wrap their minds around. It is hard for many to absorb the true magnitude of the change in the news business — 40 percent of newspaper-industry professionals have lost their jobs over the past decade — in part because readers can absorb all the news they want from social-media platforms like Facebook, which are valued in the tens and hundreds of billions of dollars and pay nothing for the “content” they provide to their readers. You have to have skin in the game — to be in the news business, or depend in a life-or-death way on its products — to understand the radical and qualitative ways in which words that appear in familiar typefaces have changed. Rhodes singled out a key example to me one day, laced with the brutal contempt that is a hallmark of his private utterances. “All these newspapers used to have foreign bureaus,” he said. “Now they don’t. They call us to explain to them what’s happening in Moscow and Cairo. Most of the outlets are reporting on world events from Washington. The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing.”

In this environment, Rhodes has become adept at ventriloquizing many people at once. Ned Price, Rhodes’s assistant, gave me a primer on how it’s done. The easiest way for the White House to shape the news, he explained, is from the briefing podiums, each of which has its own dedicated press corps. “But then there are sort of these force multipliers,” he said, adding, “We have our compadres, I will reach out to a couple people, and you know I wouldn’t want to name them — ”

“I can name them,” I said, ticking off a few names of prominent Washington reporters and columnists who often tweet in sync with White House messaging.

Price laughed. “I’ll say, ‘Hey, look, some people are spinning this narrative that this is a sign of American weakness,’ ” he continued, “but — ”

“In fact it’s a sign of strength!” I said, chuckling.

“And I’ll give them some color,” Price continued, “and the next thing I know, lots of these guys are in the dot-com publishing space, and have huge Twitter followings, and they’ll be putting this message out on their own.”

This is something different from old-fashioned spin, which tended to be an art best practiced in person. In a world where experienced reporters competed for scoops and where carrying water for the White House was a cause for shame, no matter which party was in power, it was much harder to sustain a “narrative” over any serious period of time. Now the most effectively weaponized 140-character idea or quote will almost always carry the day, and it is very difficult for even good reporters to necessarily know where the spin is coming from or why.

When I later visited Obama’s former campaign mastermind David Axelrod in Chicago, I brought up the soft Orwellian vibe of an information space where old media structures and hierarchies have been erased by Silicon Valley billionaires who convinced the suckers that information was “free” and everyone with access to Google was now a reporter. Axelrod, a former newspaperman, sighed. “It’s not as easy as standing in front of a press conference and speaking to 70 million people like past presidents have been able to do,” he said. The bully pulpit by and large doesn’t exist anymore, he explained. “So more and more, over the last couple of years, there’s been an investment in alternative means of communication: using digital more effectively, going to nontraditional sources, understanding where on each issue your constituencies are going to be found,” he said. “I think they’ve approached these major foreign-policy challenges as campaign challenges, and they’ve run campaigns, and those campaigns have been very sophisticated.”

Rhodes’s innovative campaign to sell the Iran deal is likely to be a model for how future administrations explain foreign policy to Congress and the public. The way in which most Americans have heard the story of the Iran deal presented — that the Obama administration began seriously engaging with Iranian officials in 2013 in order to take advantage of a new political reality in Iran, which came about because of elections that brought moderates to power in that country — was largely manufactured for the purpose for selling the deal. Even where the particulars of that story are true, the implications that readers and viewers are encouraged to take away from those particulars are often misleading or false. Obama’s closest advisers always understood him to be eager to do a deal with Iran as far back as 2012, and even since the beginning of his presidency. “It’s the center of the arc,” Rhodes explained to me two days after the deal, officially known as the Joint Comprehensive Plan of Action, was implemented. He then checked off the ways in which the administration’s foreign-policy aims and priorities converged on Iran. “We don’t have to kind of be in cycles of conflict if we can find other ways to resolve these issues,” he said. “We can do things that challenge the conventional thinking that, you know, ‘AIPAC doesn’t like this,’ or ‘the Israeli government doesn’t like this,’ or ‘the gulf countries don’t like it.’ It’s the possibility of improved relations with adversaries. It’s nonproliferation. So all these threads that the president’s been spinning — and I mean that not in the press sense — for almost a decade, they kind of all converged around Iran.”

In the narrative that Rhodes shaped, the “story” of the Iran deal began in 2013, when a “moderate” faction inside the Iranian regime led by Hassan Rouhani beat regime “hard-liners” in an election and then began to pursue a policy of “openness,” which included a newfound willingness to negotiate the dismantling of its illicit nuclear-weapons program. The president set out the timeline himself in his speech announcing the nuclear deal on July 14, 2015: “Today, after two years of negotiations, the United States, together with our international partners, has achieved something that decades of animosity has not.” While the president’s statement was technically accurate — there had in fact been two years of formal negotiations leading up to the signing of the J.C.P.O.A. — it was also actively misleading, because the most meaningful part of the negotiations with Iran had begun in mid-2012, many months before Rouhani and the “moderate” camp were chosen in an election among candidates handpicked by Iran’s supreme leader, the Ayatollah Ali Khamenei. The idea that there was a new reality in Iran was politically useful to the Obama administration. By obtaining broad public currency for the thought that there was a significant split in the regime, and that the administration was reaching out to moderate-minded Iranians who wanted peaceful relations with their neighbors and with America, Obama was able to evade what might have otherwise been a divisive but clarifying debate over the actual policy choices that his administration was making. By eliminating the fuss about Iran’s nuclear program, the administration hoped to eliminate a source of structural tension between the two countries, which would create the space for America to disentangle itself from its established system of alliances with countries like Saudi Arabia, Egypt, Israel and Turkey. With one bold move, the administration would effectively begin the process of a large-scale disengagement from the Middle East.

The nerve center for the selling of the Iran deal to Congress, which took place in a concentrated three-month period between July and September of last year, was located inside the White House, and is referred to by its former denizens as “the war room.” Chad Kreikemeier, a Nebraskan who had worked in the White House Office of Legislative Affairs, helped run the team, which included three to six people from each of several agencies, he says, which were the State Department, Treasury, the American delegation to the United Nations (i.e., Samantha Power), “at times D.O.D.” (the Department of Defense) and also the Department of Energy and the National Security Council. Rhodes “was kind of like the quarterback,” running the daily video conferences and coming up with lines of attack and parry. “He was extremely good about immediately getting to a phrase or a way of getting the message out that just made more sense,” Kreikemeier remembers. Framing the deal as a choice between peace and war was Rhodes’s go-to move — and proved to be a winning argument.

The person whom Kreikemeier credits with running the digital side of the campaign was Tanya Somanader, 31, the director of digital response for the White House Office of Digital Strategy, who became known in the war room and on Twitter as @TheIranDeal. Early on, Rhodes asked her to create a rapid-response account that fact-checked everything related to the Iran deal. “So, we developed a plan that was like: The Iran deal is literally going to be the tip of everything that we stand up online,” Somanader says. “And we’re going to map it onto what we know about the different audiences we’re dealing with: the public, pundits, experts, the right wing, Congress.” By applying 21st-century data and networking tools to the white-glove world of foreign affairs, the White House was able to track what United States senators and the people who worked for them, and influenced them, were seeing online — and make sure that no potential negative comment passed without a tweet.
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Rhodes (center) and Josh Earnest, the White House press secretary, listening as President Obama spoke to reporters during an off-the-record discussion. Credit Stephen Crowley/The New York Times

As she explained how the process worked, I was struck by how naïve the assumption of a “state of nature” must seem in an information environment that is mediated less and less by experienced editors and reporters with any real prior knowledge of the subjects they write about. “People construct their own sense of source and credibility now,” she said. “They elect who they’re going to believe.” For those in need of more traditional-seeming forms of validation, handpicked Beltway insiders like Jeffrey Goldberg of The Atlantic and Laura Rozen of Al-Monitor helped retail the administration’s narrative. “Laura Rozen was my RSS feed,” Somanader offered. “She would just find everything and retweet it.”

Rhodes’s messaging campaign was so effective not simply because it was a perfectly planned and executed example of digital strategy, but also because he was personally involved in guiding the deal itself. In July 2012, Jake Sullivan, a close aide to Hillary Clinton, traveled to Muscat, Oman, for the first meeting with the Iranians, taking a message from the White House. “It was, ‘We’re prepared to open a direct channel to resolve the nuclear agreement if you are prepared to do the same thing and authorize it at the highest levels and engage in a serious discussion on these issues,’ ” Sullivan remembers. “Once that was agreed to, it was quickly decided that we resolve the nuclear agreement in two steps, the interim agreement and the final agreement.” Subsequent meetings with the Iranians followed, during which he was joined by Deputy Secretary of State Bill Burns. “Bill and I had a huge amount of license to explore what the terms would look like, within the negotiating parameters,” Sullivan says. “What the precise trade-offs would be, between forms of sanctions relief and forms of restraints on their programs, that was left to us to feel out.”

The fact that the president largely let his surrogates do the talking and the selling of the Iran deal — and even now, rarely talks about it in public — does not reflect his level of direct engagement. Sullivan and Burns spent hours before and after every session in Oman with the president and his closest advisers in the White House. When the president wasn’t present, Rhodes always was. “Ben and I, in particular, the two of us, spent a lot of time thinking through all the angles,” Sullivan says. “We spent three, four, five hours together in Washington talking things through before the meetings.” In March 2013, a full three months before the elections that elevated Hassan Rouhani to the office of president, Sullivan and Burns finalized their proposal for an interim agreement, which became the basis for the J.C.P.O.A.

The White House point person during the later stage of the negotiations was Rob Malley, a favored troubleshooter who is currently running negotiations that could keep the Syrian dictator Bashar al-Assad in power. During the course of the Iran talks, Malley told me, he always kept in close contact with Rhodes. “I would often just call him and say, ‘Give me a reality check,’ ” Malley explained. “He could say, ‘Here is where I think the president is, and here is where I think he will be.’ ” He continued, “Ben would try to anticipate: Does it make sense policywise? But then he would also ask himself: How do we sell it to Congress? How do we sell it to the public? What is it going to do to our narrative?”

Malley is a particularly keen observer of the changing art of political communication; his father, Simon Malley, who was born in Cairo, edited the politics magazine Afrique Asie and proudly provided a platform for Fidel Castro and Yasir Arafat, in the days when the leaders’ words might take weeks to travel from Cuba or Cairo to Paris. “The Iran experience was the place where I saw firsthand how policy, politics and messaging all had to be brought together, and I think that Ben is really at the intersection of all three,” Malley says. “He reflects and he shapes at the same time.”

As Malley and representatives of the State Department, including Wendy Sherman and Secretary of State John Kerry, engaged in formal negotiations with the Iranians, to ratify details of a framework that had already been agreed upon, Rhodes’s war room did its work on Capitol Hill and with reporters. In the spring of last year, legions of arms-control experts began popping up at think tanks and on social media, and then became key sources for hundreds of often-clueless reporters. “We created an echo chamber,” he admitted, when I asked him to explain the onslaught of freshly minted experts cheerleading for the deal. “They were saying things that validated what we had given them to say.”

When I suggested that all this dark metafictional play seemed a bit removed from rational debate over America’s future role in the world, Rhodes nodded. “In the absence of rational discourse, we are going to discourse the [expletive] out of this,” he said. “We had test drives to know who was going to be able to carry our message effectively, and how to use outside groups like Ploughshares, the Iran Project and whomever else. So we knew the tactics that worked.” He is proud of the way he sold the Iran deal. “We drove them crazy,” he said of the deal’s opponents.

Yet Rhodes bridled at the suggestion that there has been anything deceptive about the way that the agreement itself was sold. “Look, with Iran, in a weird way, these are state-to-state issues. They’re agreements between governments. Yes, I would prefer that it turns out that Rouhani and Zarif” — Mohammad Javad Zarif, Iran’s foreign minister — “are real reformers who are going to be steering this country into the direction that I believe it can go in, because their public is educated and, in some respects, pro-American. But we are not betting on that.”

In fact, Rhodes’s passion seems to derive not from any investment in the technical specifics of sanctions or centrifuge arrays, or any particular optimism about the future course of Iranian politics and society. Those are matters for the negotiators and area specialists. Rather, it derived from his own sense of the urgency of radically reorienting American policy in the Middle East in order to make the prospect of American involvement in the region’s future wars a lot less likely. When I asked whether the prospect of this same kind of far-reaching spin campaign being run by a different administration is something that scares him, he admitted that it does. “I mean, I’d prefer a sober, reasoned public debate, after which members of Congress reflect and take a vote,” he said, shrugging. “But that’s impossible.”

Getting Rhodes to speak directly about the man whose gestalt he channels is a bit like asking someone to look into a mirror while describing someone else’s face. The Obama he talks about in public is, in part, a character that he has helped to create — based on a real person, of course — and is embedded in story lines that he personally constructs and manages. At the same time, he believes very deeply in Obama, the man and the president, and in the policies that he has helped to structure and sell on his behalf.

Obama’s particular revulsion against a certain kind of global power politics is a product, Rhodes suggests, of his having been raised in Southeast Asia. “Indonesia was a place where your interaction at that time with power was very intimate, right?” Rhodes asks. “Tens or hundreds of thousands of people had just been killed. Power was not some abstract thing,” he muses. “When we sit in Washington and debate foreign policy, it’s like a Risk game, or it’s all about us, or the human beings disappear from the decisions. But he lived in a place where he was surrounded by people who had either perpetrated those acts — and by the way, may not have felt great about that — or else knew someone who was a victim. I don’t think there’s ever been an American president who had an experience like that at a young age of what power is.”

The parts of Obama’s foreign policy that disturb some of his friends on the left, like drone strikes, Rhodes says, are a result of Obama’s particular kind of globalism, which understands the hard and at times absolute necessity of killing. Yet, at the same time, they are also ways of avoiding more deadly uses of force — a kind of low-body-count spin move.

‘We created an echo chamber,’ he admitted, when I asked him to explain the onslaught of freshly minted experts cheerleading for the deal. ‘They were saying things that validated what we had given them to say.’

He leans back and opens a drawer in the file cabinet behind his desk, and removes a folder. “I was going to show you something,” he says, removing a sheaf of yellow legal paper covered in longhand. “Just to confirm for you that he really is a writer.” He shows me the president’s copy of his Nobel Peace Prize acceptance speech, a revision of an original draft by Favreau and Rhodes whose defining tension was accepting a prize awarded before he had actually accomplished anything. In his longhand notes, Obama relocated the speech’s tension in the fact that he was accepting a peace prize a week after ordering 30,000 more troops to Afghanistan. King and Gandhi were the author’s heroes, yet he couldn’t act as they did, because he runs a state. The reason that the author had to exercise power was because not everyone in the world is rational.

We sit for a while, and I examine the president’s thoughts unfolding on the page, and the lawyerly, abstract nature of his writing process. “Moral imagination, spheres of identity, but also move beyond cheap lazy pronouncements,” one note reads. Here was the new American self — rational, moral, not self-indulgent. No longer one thing but multiple overlapping spheres or circles. Who is described here? As usual, the author is describing himself.

Valerie Jarrett has been called the president’s work wife and is the only member of the West Wing staff who knew Obama before he began contemplating a run for the presidency. What I want to understand better, I tell her, are the swirls of the president’s emotional fingerprint, which I saw in the longhand draft of his Nobel speech. We talk for a while about being American and at the same time being from somewhere else, and the split-screen experience of reality that experience allows. Jarrett was born in Iran and spent her early childhood there.

“Was it a point of connection between you and the president that you had each spent some substantial part of your childhoods living in another country?” I ask. Her face lights up.

“Absolutely,” she answers. The question is important to her. “The first conversation we had over dinner, when we first met, was about what it was like for both of us to live in countries that were predominantly Muslim countries at formative parts of our childhood and the perspective it gave us about the United States and how uniquely excellent it is,” she says. “We talked about what it was like to be children, and how we played with children who had totally different backgrounds than our own but you would find something in common.” She recalls her very first dinner together with the new fiancé of her protégée Michelle Robinson. “I remember him asking me questions that I felt like no one else has ever asked me before,” she says, “and he asked me from a perspective of someone who knew the same experience that I had. So it felt really good. I was like, ‘Oh, finally someone who gets it.’ ”

Barack Obama is not a standard-issue liberal Democrat. He openly shares Rhodes’s contempt for the groupthink of the American foreign-policy establishment and its hangers-on in the press. Yet one problem with the new script that Obama and Rhodes have written is that the Blob may have finally caught on.

“He is a brilliant guy, but he has a real problem with what I call the assignment of bad faith,” one former senior official told me of the president. “He regards everyone on the other side at this point as being a bunch of bloodthirsty know-nothings from a different era who play by the old book. He hears arguments like, ‘We should be punching Iran in the nose on its shipments of arms, and do it publicly,’ or ‘We should sanction the crap out of them for their ballistic-missile test and tell them that if they do it again we’re going to do this or we’re going to do that,’ and he hears Dick Cheney in those arguments.”

Another official I spoke to put the same point more succinctly: “Clearly the world has disappointed him.” When I asked whether he believed that the Oval Office debate over Syria policy in 2012 — resulting in a decision not to support the uprising against Assad in any meaningful way — had been an honest and open one, he said that he had believed that it was, but has since changed his mind. “Instead of adjusting his policies to the reality, and adjusting his perception of reality to the changing realities on the ground, the conclusions he draws are exactly the same, no matter what the costs have been to our strategic interests,” he says. “In an odd way, he reminds me of Bush.” The comparison is a startling one — and yet, questions of tone aside, it is uncomfortably easy to see the similarities between the two men, American presidents who projected their own ideas of the good onto an indifferent world.

One of the few charter members of the Blob willing to speak on the record is Leon Panetta, who was Obama’s head of the C.I.A. and secretary of defense and also enough of a product of a different culture to give honest answers to what he understands to be questions of consequence. At his institute at the old Fort Ord in Seaside, Calif., where, in the days before he wore Mr. Rogers sweaters, he served as a young Army intelligence officer, I ask him about a crucial component of the administration’s public narrative on Iran: whether it was ever a salient feature of the C.I.A.’s analysis when he ran the agency that the Iranian regime was meaningfully divided between “hard-line” and “moderate” camps.

“No,” Panetta answers. “There was not much question that the Quds Force and the supreme leader ran that country with a strong arm, and there was not much question that this kind of opposing view could somehow gain any traction.”

I ask Panetta whether, as head of the C.I.A., or later on, as secretary of defense, he ever saw the letters that Obama covertly sent to Khamenei, in 2009 and in 2012, which were only reported on by the press weeks later.

“No,” he answers, before saying he would “like to believe” that Tom Donilon, national security adviser since 2010, and Hillary Clinton, then secretary of state, had a chance to work on the offer they presented.
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Rhodes in his White House office. Credit Doug Mills/The New York Times

As secretary of defense, he tells me, one of his most important jobs was keeping Prime Minister Benjamin Netanyahu of Israel and his defense minister, Ehud Barak, from launching a pre-emptive attack on Iran’s nuclear facilities. “They were both interested in the answer to the question, ‘Is the president serious?’ ” Panetta recalls. “And you know my view, talking with the president, was: If brought to the point where we had evidence that they’re developing an atomic weapon, I think the president is serious that he is not going to allow that to happen.”

Panetta stops.

“But would you make that same assessment now?” I ask him.

“Would I make that same assessment now?” he asks. “Probably not.”

He understands the president’s pivot toward Iran as the logical result of a deeply held premise about the negative effects of use of American military force on a scale much larger than drone strikes or Special Forces raids. “I think the whole legacy that he was working on was, ‘I’m the guy who’s going to bring these wars to an end, and the last goddamn thing I need is to start another war,’ ” he explains of Obama. “If you ratchet up sanctions, it could cause a war. If you start opposing their interest in Syria, well, that could start a war, too.”

In Panetta’s telling, his own experience at the Pentagon under Obama sometimes resembled being installed in the driver’s seat of a car and finding that the steering wheel and brakes had been disconnected from the engine. Obama and his aides used political elders like him, Robert Gates and Hillary Clinton as cover to end the Iraq war, and then decided to steer their own course, he suggests. While Panetta pointedly never mentions Rhodes’s name, it is clear whom he is talking about.

“There were staff people who put themselves in a position where they kind of assumed where the president’s head was on a particular issue, and they thought their job was not to go through this open process of having people present all these different options, but to try to force the process to where they thought the president wanted to be,” he says. “They’d say, ‘Well, this is where we want you to come out.’ And I’d say ‘[expletive], that’s not the way it works. We’ll present a plan, and then the president can make a decision.’ I mean, Jesus Christ, it is the president of the United States, you’re making some big decisions here, he ought to be entitled to hear all of those viewpoints and not to be driven down a certain path.”

But that can’t be true, I tell Panetta, because the aides he is talking about had no independent power aside from the authority that the president himself gave them.

“Well, that’s a good question,” Panetta allows. “He’s a smart guy, he’s not dumb.” It’s all part of the Washington blame game. Just as Panetta can blame young aides in order to avoid blaming the president for his actual choices, the president used his aides to tell Panetta to take a hike. Perhaps the president and his aides were continually unable to predict the consequences of their actions in Syria, and made mistake after mistake, while imagining that it was going to come out right the next time. “Another read, which isn’t necessarily opposed to that,” I continue, “is that their actual picture is entirely coherent. But if they put it in blunt, unnuanced terms — ”

Panetta completes my sentence: “ — they’d get the [expletive] kicked out of them.” He looks at me curiously. “Let me ask you something,” he says. “Did you present this theory to Ben Rhodes?”

“Oh, God,” Rhodes says. “The reason the president has bucked a lot of establishment thinking is because he does not agree with establishment thinking. Not because I or Denis McDonough are sitting here.” He pushes back in his chair. “The complete lack of governance in huge swaths of the Middle East, that is the project of the American establishment,” he declares. “That as much as Iraq is what angered me.”

There is something dangerously naïve about this kind of talk, in which words like “balance,” “stakeholders” and “interests” are endlessly reshuffled like word tiles in a magnetic-poetry set, with little regard for the immutable contingencies that shaped America’s role in the world. But that’s hardly fair. Ben Rhodes wanted to do right, and maybe, when the arc of history lands, it will turn out that he did. At least, he tried. Something scared him, and made him feel as if the grown-ups in Washington didn’t know what they were talking about, and it’s hard to argue that he was wrong.

What has interested me most about watching him and his cohort in the White House over the past seven years, I tell him, is the evolution of their ability to get comfortable with tragedy. I am thinking specifically about Syria, I add, where more than 450,000 people have been slaughtered.

“Yeah, I admit very much to that reality,” he says. “There’s a numbing element to Syria in particular. But I will tell you this,” he continues. “I profoundly do not believe that the United States could make things better in Syria by being there. And we have an evidentiary record of what happens when we’re there — nearly a decade in Iraq.”

Iraq is his one-word answer to any and all criticism. I was against the Iraq war from the beginning, I tell Rhodes, so I understand why he perpetually returns to it. I also understand why Obama pulled the plug on America’s engagement with the Middle East, I say, but it was also true as a result that more people are dying there on his watch than died during the Bush presidency, even if very few of them are Americans. What I don’t understand is why, if America is getting out of the Middle East, we are apparently spending so much time and energy trying to strong-arm Syrian rebels into surrendering to the dictator who murdered their families, or why it is so important for Iran to maintain its supply lines to Hezbollah. He mutters something about John Kerry, and then goes off the record, to suggest, in effect, that the world of the Sunni Arabs that the American establishment built has collapsed. The buck stops with the establishment, not with Obama, who was left to clean up their mess.

It is clearly time for me to go. Rhodes walks me out into the sunlight of the West Wing parking lot, where we are treated to the sight of the aged Henry Kissinger, who has come to pay a visit. I ask Rhodes if he has ever met the famous diplomat before, and he tells me about the time they were seated together at a state dinner for the president of China. It was an interesting encounter to imagine, between Kissinger, who made peace with Mao’s China while bombing Laos to bits, and Rhodes, who helped effect a similar diplomatic volte-face with Iran but kept the United States out of a civil war in Syria, which has caused more than four million people to become refugees. I ask Rhodes how it felt being seated next to the embodiment of American realpolitik. “It was surreal,” he says, looking off into the middle distance. “I told him I was going to Laos,” he continues. “He got a weird look in his eye.”

There is nothing snarky about his delivery. Rhodes just was bothered by seeing legless kids and unexploded cluster bombs in the jungle. He is not Henry Kissinger, or so his logic runs, even as the underlying realist suspicion — or contempt — for the idea of America as a moral actor is eerily similar. He is torn. As the president himself once asked, how are we supposed to weigh the tens of thousands who have died in Syria against the tens of thousands who have died in Congo? What power means is that the choice is yours, no matter who is telling the story.

David Samuels last wrote for the magazine about Susan Lindauer, an activist who tried to stop the Iraq war by serving as an intermediary between Saddam Hussein and George W. Bush.

International
Non massif à un revenu minimum garanti en Suisse
Radio Canada

5 juin 2016

Une grande majorité des électeurs suisses ont rejeté dimanche l’idée d’imposer un revenu minimum garanti, un concept d’aide sociale étudié par de nombreux pays.
Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Quelque 76,9 % des citoyens ont voté non, selon les résultats définitifs d’un référendum au taux de participation de 46 %.

Avec le « revenu de base inconditionnel », le gouvernement aurait versé un montant mensuel à tous les Suisses et à tous les étrangers vivant au pays depuis au moins 5 ans. Les adultes auraient reçu chaque mois 2500 francs suisses (3309 $) et les mineurs, 625 francs (827 $), dans un pays où le salaire médian est de 6000 francs (7941 $).

Le revenu de base inconditionnel avait suscité de vifs débats en Suisse, où, en 2012, les électeurs ont rejeté l’idée de faire passer leurs congés payés de 4 à 6 semaines. Le projet, d’initiative populaire, était uniquement soutenu par le parti des Verts. Les autres formations, dont le gouvernement, y voyaient un projet utopique et trop coûteux.

Les organisateurs de la consultation ont célébré ce qu’ils ont vu comme une « demi-victoire. » Seuls quelques communes et certains quartiers de Genève et de Zurich ont appuyé la proposition.

En Finlande et au Canada

La Suisse est le premier pays à tenir un référendum national sur l’idée d’avoir un revenu minimum garanti pour tous.

D’autres pays, comme la Finlande, étudient des projets de ce genre. Au Canada, un projet-pilote a eu lieu dans les années 1970 à Dauphin, au Manitoba. L’Ontario a promis dans son budget de février dernier d’en lancer un. Le Québec entend étudier la question.
Demandes d’asile et sélection d’embryons

D’autres sujets faisaient aussi l’objet d’une consultation populaire dimanche, dont l’idée d’accélérer les procédures d’asile et celle d’autoriser le « diagnostic préimplantatoire ». Il s’agit d’une technique de sélection et de congélation d’embryons réservée aux couples porteurs de maladies héréditaires graves ou incapables d’enfanter par voie naturelle.

Les électeurs ont appuyé à 66,8 % le projet de loi qui propose d’achever les procédures d’asile en 140 jours maximum, au lieu de 400 actuellement. Ils ont aussi dit oui à 62,4 % au diagnostic préimplantatoire, une loi qualifiée d’eugéniste par ses adversaires.

Grâce à leur système de démocratie directe, les Suisses se prononcent trois à quatre fois l’an sur diverses questions. Celles-ci sont proposées par le gouvernement, ou à travers des initiatives populaires qui ont cumulé un minimum de 100 000 signatures.

Voir de même:

La France oppose son silence à la célébration du Ramadan, hormis Alain Juppé qui porte plainte contre X…

Oumma.com

7 juin 2016

Alors que l’on a vainement tendu l’oreille pour percevoir, depuis l’Elysée, les vœux de Bon Ramadan du président Hollande, et que l’on a cherché en pure perte le moindre communiqué ou encore vidéo qui aurait illustré en images cette scène en tout point mémorable, à Londres, Berlin, Washington ou encore Ottawa, les homologues de notre chef de l’Etat ne se sont pas fait prier pour saluer l’arrivée de ce mois béni dans leur contrée respective.

Cette singulière posture, laïque à l’extrême, de notre monarchie républicaine n’est pas du meilleur effet à l’échelle internationale, et tandis que David Cameron, Angela Merkel, Barack Obama et Justin Trudeau, pour ne citer que ceux-là, ont rivalisé de paroles bienveillantes, François Hollande s’est muré dans un silence assourdissant des plus éloquents…

« C’est le mois sacré du ramadan, un moment où les mosquées ouvrent leurs portes, les centres communautaires accueillent leurs voisins, et même les églises et les synagogues offrent leurs espaces aux musulmans pour la rupture du jeûne et les gens de toutes les religions ainsi que ceux qui n’en ont pas sont souvent invités à s’y joindre […]   Continuons de nous réunir pour l’iftar et les événements communautaires.  Célébrons la fierté, la multi-race et la multi-foi de la démocratie ! », a déclaré le Premier ministre britannique, pendant qu’au même moment la chancelière allemande tweetait « A tous les citoyens musulmans, je souhaite un ramadan béni et paisible », après avoir annoncé sa décision d’exempter les propriétaires des marchés et des restaurants islamiques des impôts tout au long du mois sacré.

Depuis son bureau ovale et alors qu’il amorce la dernière ligne droite de son mandat, Barack Obama s’est fait un devoir de perpétuer la grande tradition des voeux adressés à ses concitoyens musulmans, en ces termes : « A l’heure où  les Américains musulmans célèbrent le mois sacré, je me rappelle que nous sommes une famille américaine. Comme les communautés musulmanes américaines, je rejette fermement les voix qui cherchent à nous diviser ou limiter nos libertés religieuses. Nous continuerons d’accueillir des immigrants et des réfugiés dans notre pays, y compris ceux qui sont musulmans », a-t-il insisté, en soulignant qu’avec son épouse, ils ont  « hâte d’ouvrir les portes de la Maison Blanche pour les Américains musulmans pendant cette occasion spéciale ».

Propulsé au sommet du pays de l’érable depuis un an, Justin Trudeau, le Premier ministre canadien qui s’inscrit dans la lignée des autres dirigeants cités précédemment, s’est empressé de renouveler par écrit les vœux formulés l’année  dernière, en y apportant sa touche toute personnelle  : « Le ramadan nous rappelle à tous de témoigner de notre reconnaissance pour les innombrables bénédictions dont nous jouissons et de faire passer les besoins des autres avant les nôtres. Prenons le temps de reconnaître, et de montre notre gratitude pour les contributions inestimables de nos communautés musulmanes qui enrichissent notre tissu national chaque jour. La diversité culturelle du Canada est l’une de nos plus grandes forces et sources de fierté », a-t-il assuré, avant d’ajouter : « Au nom de notre famille, Sophie et moi souhaitons à tous ceux qui observent ce mois sacré un ramadan béni et paisible ».

Dans ce désert de souhaits ramadaniens si typiquement français, le seul et unique communiqué officiel ayant trait au mois béni a pris la forme d’une plainte contre X signée Alain Juppé !  En effet, le maire de Bordeaux, outré par la diffusion d’un faux tweet (voir ci-dessous) dans lequel on lui a prêté des vœux qu’il n’a jamais formulés, a réagi promptement en saisissant la justice de ce « piratage », tout en rassurant le bon peuple sur son inclination spirituelle : «  Je vous confirme que je suis toujours catholique, même si je ne suis pas très pratiquant ! », a-t-il affirmé avec une pointe d’ironie.

Ce sont bien là les seuls mots de la langue Molière qui auront rompu le vœu de silence officiel à l’égard du Ramadan, et il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser à la lueur des vœux présentés dans toutes les langues et depuis différents centres névralgiques du pouvoir politique, aux quatre coins du globe !

Pragmatisme ou abandon?

Violette Soriano

Le gouvernement mexicain a publié un guide illustré à l’usage des migrants illégaux !…

« Le but de ce guide est de te donner quelques conseils pratiques qui pourraient être utiles au cas où tu aurais pris la décision difficile de rechercher de nouvelles opportunités d’emploi hors de ton pays”

Certains mouvements politiques modernes parlent d’un système qui serait plus proche de ce que l’on appelle le “sens commun” ou le “pragmatisme”. En effet, on pourrait se demander pourquoi tout doit toujours être compliqué lorsqu’on en vient à la politique. L’Afrique a besoin de nourriture, nous en avons trop, le problème devrait être simple, mais il ne l’est pas. La première fois que j’ai été confrontée au « Guide du migrant », publié en 2004 par le gouvernement Mexicain, j’ai pensé qu’il pourrait être le résultat d’une nouvelle sorte de politique pragmatique qui aiderait les citoyens à arriver sains et saufs dans un autre pays et non pas à essayer de les garder à tout prix, quand ils veulent partir. Il m’a semblé qu’il pourrait s’agir d’une tentative assez intelligente. Les citoyens Mexicains essaient toujours de passer la frontière américaine, presque dix ans après la publication de ce guide…donc, peut être que leur fuite est inévitable ? Cela pourrait être un acte courageux, une confrontation à la dure vérité.
Mais après une lecture plus attentive, j’ai été frappée par le fait que ce guide était en fait un acte d’abandon, le signe d’un gouvernement qui ne se concentre pas sur la bonne question. Le gouvernement ne devrait pas s’intéresser au “comment” les mexicains quittent le pays, mais à la question de savoir pourquoi ils fuient. Là devrait être leur attention. Ce document inspire donc deux sentiments contradictoires. Quoiqu’il en soit, il possède indéniablement une qualité unique et en dit beaucoup sur l’Amérique Latine d’aujourd’hui. Le guide du migrant est symbolique de ces gens dépourvus de mobilité économique, des différences grandissantes entre les riches et les pauvres en Amérique Latine. Le néo-libéralisme, la globalisation, le libre échange, ont certes été bénéfiques dans une certaine mesure à l’Amérique Latine, mais ils sont surtout synonymes d’une répartition inégale de la richesse.
La première étape de la destruction des communautés agricoles qui est à l’origine de la fuite des sud-américains aux Etats Unis sont les accords sur le libre échange. La signature du NAFTA ( North American Free Trade Agreements) le 1er Janvier 1994 a promis beaucoup de choses à l’Amérique Latine, mais l’ égalité et une distribution égale de la richesse n’était certainement pas l’une d’entre elle. Après l’implantation du NAFTA et la crise économique, les agriculteurs mexicains ne pouvaient plus vivre de manière stable et se contentaient de survivre dans les villages . L’introduction du NAFTA et du néolibéralisme au Mexique a été une catastrophe économique pour un grand nombre des habitants des zone rurales. L’urbanisation et l’industrialisation ont aussi contribué à affaiblir la capacité économique des fermiers ruraux. C’est ainsi que les paysans et les fermiers mexicains sont partis au Nord en quête d’une vie meilleure. Cela n’est pas arrivé seulement au Mexique mais dans une grande partie de l’Amérique centrale également. Les effets du NAFTA ont complètement déstabilisé le système économique de l’Amérique Latine et il est indispensable de comprendre le rôle qu’il a joué sur la communauté agricole et les communautés rurales qui ont été forcées de migrer vers le Nord. Pour bien appréhender ce guide, il faut également comprendre que si 10,6 millions de mexicains n’avaient pas tenté de migrer aux Etats Unis, la situation économique du Mexique aurait été catastrophique.

Le guide du Migrant est écrit en forme d’historieta, une forme bon marché de bande dessinée souvent destinée à une population pauvre et illettrée. D’une certaine façon, ce guide pourrait être compris comme un autoportrait social du Mexique et peut-être d’une partie de l’Amérique Latine. Les migrants mexicains sont représentés de façon très sexuée, ce qui témoigne d’une vision encore très traditionnelle des genres. Les hommes sont des caricatures, forts, musclés, larges, traversant de dangereuses rivières, comme dans les contes héroïques. Les femmes sont représentées cambrées, avec des courbes et des chemises échancrées révélant leurs poitrines et leurs fesses saillantes. Il me semble que c’est assez révélateur de la culture populaire latine. En outre, tout est mis en oeuvre par le gouvernement mexicain pour faire apparaitre favorablement cette quête du pays nouveau . La traversée est présentée comme excitante, presque amusante, un conte, une aventure dans laquelle le migrant se bat pour une vie pleine de succès et d’argent. Le ton infantilisant du guide (“ traverser la rivière peut être dangereux”) me semble complètement déplacé. Des Mexicains meurent tous les jours en traversant la frontière, ce n’est pas une aventure. La mort peut être le prix à payer du départ.

L’histoire du guide du migrant, c’est l’histoire d’un peuple qui fait face à l’incapacité de son gouvernement de lui fournir assez d’espoir en un lendemain meilleur et en des conditions matérielles meilleures. C’est ce que révèle vraiment ce guide. Un gouvernement dos au mur, incapable de fournir les moyens matériels nécessaires à ces situations. Le fait qu’il se concentre sur le “comment” n’a en fait rien à voir avec le pragmatisme. C’est une mesure désespérée, qui montre l’abandon du gouvernement, qui préfère envoyer ses citoyens à l’abattoir. Face à cette réalité, ils n’ont en effet plus qu’ à imprimer ce petit guide pour espérer que certains survivent dans l’illégalité aux Etats-Unis. Voeux pieux pour un Etat, qui connait parfaitement les risques encourus par les candidats à la traversée.

“Pour entrer dans un autre pays en toute sécurité, tu devras obtenir ton passeport qui est émis par les Délégations du Secrétariat des Relations Etrangères, ainsi que ton visa, que tu pourras demander à l’Ambassade ou au Consulat du pays où tu désireras te rendre ». Pourtant, nombre de Mexicains essaient de franchir la frontière nord sans les papiers nécessaires, en passant par des zones extrêmement dangereuses, particulièrement dans les régions désertiques ou encore en traversant des rivières avec des courants forts, difficiles à repérer.
Le gouvernement mexicain est en effet parfaitement au courant que le filet de sécurité américain est très dangereux. Et si je devais trouver une image, ce serait celle du mouvement que font les parents quand ils veulent dire quelque chose d’important à leur jeune enfant : ils se mettent à leur hauteur et leur parle dans les yeux et de très près. Le guide du migrant montre que le gouvernement mexicain tente désespérément de se mettre à la hauteur du peuple pour aider le plus possible, à la manière d’une figure patriarcale. Cela montre que L’Amérique Latine a encore beaucoup à faire. Traiter ses citoyens comme des enfants ne semble pas être une solution intelligente et efficace. En fait, cela sonne plus comme une attitude lâche et populiste.
On pourrait donc dire que ce guide est pertinent dans la mesure où il indique à quel point le NAFTA a entamé la souveraineté du Mexique sur ses propres ressortissants et a créé une forte immigration illégale. Puisque comme le dit clairement le guide, l’immigration légale n’est pas une option viable. Ce traité a poussé un gouvernement à promouvoir en quelque sorte l’immigration illégale et cela en dit beaucoup sur la réalité économique de L’Amérique latine moderne et de sa dépendance aux Etats Unis. Ce guide du migrant raconte l’histoire d’un abandon de l’Etat.

Violette Soriano est étudiante en 5ème année de Sciences Politiques à Paris

Voir enfin:

GUIDE FOR THE MEXICAN MIGRANT

Translation into English from Spanish provided by INFOMUNDO.US as a public service.

Original document GUIA DEL MIGRANTE MEXICANO, accessible on the website http://www.sre.gob.mx/tramites/consulares/guiamigrante/default.htm

FIRST PAGE

Audio (Windows Media)

Track 1: Mexican Consulates

Track 2: Services of Mexican Consulates

Track 3: Rights of Migrants

INTRODUCTION, PAGES 0 – 1

Dear fellow citizen:

This guide tries to provide you with some practical advice that may be useful to you in case you have made the difficult decision to seek new work opportunities outside of your own country.

The safe way to enter another country is by first obtaining your passport, which is issued by the Delegations of the Secretariat of Foreign Relations, and your visa, which you request at the Embassy or Consulate of the country to where you wish to travel.

However, we actually see many cases of Mexicans who try to cross the northern border without the necessary documentation, crossing high-risk zones that are very dangerous, especially in desert areas or rivers with strong and not always noticeable currents.

INTRODUCTION, PAGES 2 – 3

As you read this guide you can also learn some basic questions about legal consequences of your stay in the United States of America without appropriate immigration documents, as well as the rights you have in that country once you are there, independent of your immigration status.

Always keep in mind that there are mechanisms for you to enter the United States of America legally.

In any case, if you encounter problems or difficulties, remember that Mexico has 45 Consulates at its disposal in that country, whose contact information you also can find in this publication.

Identify your Consulate and go to it.

RISKS, PAGES 4 – 5

DANGERS OF CROSSING IN HIGH-RISK ZONES

Crossing the river can be very risky, especially if you cross alone and at night..

Thick clothing weighs you down when it’s wet and makes it hard to swim or float.

RISKS, PAGES 6 – 7

If you cross in the desert, try to travel when the heat is not so intense.

Highways and towns are very far apart, so that it could take you several days to find roads and you will not be able to carry food or water for that long. You could even get lost.

Salted water helps you retain body fluids. Although you get more thirsty, if you drink salted water the risk of dehydration is lessened.

Dehydration symptoms are:

  • Little or no perspiration
  • Dryness of eyes and mouth
  • Headache
  • Fatigue and exhaustion
  • Difficulty in walking and reasoning
  • Hallucinations and mirages

If you get lost follow utility poles, railroad tracks or furrows.

BE CAREFUL OF ALIEN SMUGGLERS, PAGES 8 – 09

BE CAREFUL OF “POLLEROS”, “COYOTES” OR “PATEROS” [Various names for alien smugglers)

They can deceive you by assuring you they’ll cross you [smuggle you across the border] at certain times over mountains or through deserts. This is not true! They can put your life in danger leading you through rivers, irrigation canals, desert areas, along railroad tracks or freeways. This has caused the death of hundreds of people.

If you decide to use the services of a “pollero”, “coyote” or “patero” to cross the border, consider the following precautions to take:

Don’t let him out of your sight; remember that he’s the only one that knows the terrain and therefore is the only one that can guide you safely.

Do not trust anyone who offers to cross you over to the “other side” and asks you to drive a vehicle or carry a package for him. Regularly those…

BE CAREFUL OF ALIEN SMUGGLERS, PAGES 10 – 11

…packages contain drugs or other prohibited substances. For that reason many people have ended up in jail.

If you transport other people you can be confused with an alien smuggler and be accused of alien smuggling yourself or even vehicle theft.

Don’t hand over your minor children to strangers that offer to cross them to the United States.

DO NOT USE FALSE DOCUMENTS, PAGES 12 – 13

DO NOT USE FALSE DOCUMENTS OR DOCUMENTS OF OTHER PEOPLE, NOR DECLARE A FALSE NATIONALITY

If you try to cross with documents that are false or that belong to someone else, keep the following in mind:

The use of documents that are false or that belong to someone else is a Federal crime in the United States, for which you can be criminally prosecuted and end up in jail; the same as if you give a false name or say you are a U.S. citizen when you are not.

Do not lie to U.S. border crossing or inspection booth agents.

IF YOU ARE DETAINED, PAGES 14 – 15

Do not resist arrest.

Do not assault or insult the officer.

Do not throw stones or other objects at the officers nor at the patrol cars, because this is considered a form of provocation.

If the officers feel they’ve been assaulted they will probably use force to detain you.

Raise your hands slowly for them to see you’re unarmed.

Do not carry or hold any objects that could be construed as weapons, such as: lanterns, screwdrivers, blades, knives or stones.

IF YOU ARE DETAINED, PAGE 16 / YOUR RIGHTS, PAGE 17

IF YOU ARE DETAINED

Don’t run or try to escape.

Don’t hide in dangerous places.

Don’t cross freeways.

It’s better for you to be detained for a few hours and be repatriated to Mexico than to get lost in the desert.

YOUR RIGHTS

IF YOU ARE ARRESTED, YOU HAVE RIGHTS!

Give your true name.

If you are a minor and are accompanied by an adult, tell the authorities so they do not separate you.

YOUR RIGHTS / YOUR RIGHTS, PAGES 18 – 19

Your rights are:

To know where you are.

To request to speak to the nearest Mexican Consulate representative in order to receive help.

To not make statements or sign documents, especially if they are in English, without the aid of a defense attorney or Mexican Government Consulate representative.

To receive medical attention if you are injured or in poor health.

To receive respectful treatment regardless of your immigration status.

To be transported safely.

To have water and food when you need it.

You are not obligated to disclose your immigration status when you are detained.

YOUR RIGHTS, PAGES 20 – 21

To not be hit or insulted.

To not be held incommunicado.

In case they take away your personal effects, request a voucher in order to claim them when you are released.

If there is any violation of these rights, it’s important for you to inform your attorney or Mexican Consulate representative that visits you or even the nearest Delegation of the Secretariat of Foreign Relations within Mexico.

If you wish more information and you live in Texas or in Ciudad Acuña, Coahuila, tune in to “The Powerful Station” at AM 1570.

IF YOU ARE ARRESTED / DETAINED, PAGES 22 – 23

IF YOU ARE ARRESTED / DETAINED

If you have already been sentenced for some crime or you are in jail facing criminal prosecution, you have the following rights:

To not be discriminated against by the police, the courts or prison authorities.

To receive visits from consular officials and family members.

To receive appropriate legal counsel without conditions or obstructions.

If you being criminally prosecuted and have not yet been sentenced, ask your attorney or consular representative what the “Plea Agreement” consists of.

Do not plead guilty without first consulting your attorney about the possibilities of winning your case if you go to trial.

It’s important they you know the laws of the American state where you live and work, since each state’s laws are different. Bear in mind the following information:

If you drink don’t drive, since if you do not have papers you can be detained and deported [a bit of INFOMUNDO editorializing here: no word about maiming or killing yourself or others as a drunk driver!].

If a legal resident is cited more than two times for drunk driving, he can be deported.

Do not drive without a driver’s license.

Observe traffic signs and signals and use your seatbelt.

Do not drive without auto insurance nor drive an unknown vehicle.

[THINGS TO] AVOID, PAGES 24 – 25

Do not pick up strangers.

If you commit some traffic violation and are detained by the police, place your hands on the steering wheel and do not get out of the car until the officer requests you to do so.

Avoid calling attention to yourself, at least while you are arranging your residence papers to live in the United States.

The best formula is not to alter your routine of going between work and home.

Avoid noisy parties because the neighbors can get upset and call the police, and you could be arrested.

Avoid fighting.

If you go to a bar or night club and a fight starts, leave immediately, since in the confusion you could be arrested even if you did not do anything wrong.

Avoid family or domestic violence. As in Mexico, it is a crime in the United States.

[THINGS TO] AVOID, PAGES 26 – 27

Domestic violence does not consist solely of hitting others but also can be threats, shouting or mistreatment.

If you are accused of domestic violence against your children, your mate or someone else who lives with toy, you could go to jail. In addition, Child Protective Services authorities could take away your children.

Do not carry firearms, bladed weapons or other dangerous objects.

Keep in mind that many Mexicans have died or are in prison because of these things.

If the police enter your house or apartment, do not resist, but ask to see a search warrant. It’s better to cooperate with them and ask to speak to the nearest Mexican Consulate.

CONSULATES, PAGES 28 – 29

The Secretariat of Foreign Relations has 45 consular representatives within the U.S and on its southern border, which are designed to help you. Remember: if you have been detained or are serving a sentence, you have the right to speak with the nearest Mexican Consulate. Always carry your “Guide to Consular Protection” with you at all times.

Get Near to the Consulate…

Embrace Mexico.

It’s your home, fellow countryman!

  • Secretariat of Foreign Relations
  • General Administration of Protection and Consular Matters.

CONSULATES OF MEXICO IN THE UNITED STATES, PAGES 29 – 30

List of U.S. Cities and phone numbers.

STATES – [MEXICAN] STATE GOVERNMENT OFFICES – DIRECTORY OF OFFICES GIVING ATTENTION TO MIGRANTS IN THE REPUBLIC OF MEXICO, PAGES 31 – END

List of Mexican cities and phone numbers.

BOX ON LAST PAGE:

This consular protection guide is not promoting the crossing [of the border] of Mexicans without legal documentation required by the government of the United States; its objective is to make known the risks implied and to inform about the rights of migrants regardless of their legal residence.


Disparition de Mohamed Ali: C’était une idéologie raciste (Sanitising Ali and islam: The Nation of Islam taught white people were genetically created devils)

4 juin, 2016

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StMuhammedAliBienheureux sont certes les croyants, (…) qui préservent leurs sexes [de tout rapport], si ce n’est qu’avec leurs épouses ou les esclaves qu’ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer. Le Coran (23:1-6)
L’esclavage fait partie de l’Islam. L’esclavage fait encore partie du jihad, et le jihad durera aussi longtemps que l’Islam. Sheikh Saleh Al-Fawzan (imam saoudien, nov . 2003)
Cassius Marcellus Clay, surnommé « Le Lion de White Hall » (The Lion of White Hall) (Comté de Madison Kentucky 19 octobre 1810 – 22 juillet 1903) est militant républicain et un abolitionniste américain, partisan d’une émancipation graduée. Issu d’une des plus riches familles de planteurs-possesseurs d’esclaves du comté de Madison (Kentucky), il était le cousin germain du politicien Henry Clay. Ami d’Abraham Lincoln, il fut son ambassadeur auprès du tsar Alexandre II de Russie et a favorisé l’achat de l’Alaska par les États-Unis en 1867. Wikipedia
On November 11, 1912, nine years after the death of Cassius Marcellus Clay, Herman H. Clay, a descendant of African-American slaves, named his son Cassius Marcellus Clay in tribute to the abolitionist. This Cassius Clay gave his own son the same name. Cassius M. Clay, Jr., developed as a heavyweight champion boxer who gained international renown. After joining the Nation of Islam, Cassius Clay, Jr. changed his name to Muhammad Ali, later embracing orthodox Sunni Islam after leaving the Nation. Wikipedia
En 1999, il est couronné « Sportif du siècle » par Sports Illustrated et « Personnalité sportive du siècle » par la BBC. Il est nommé sportif du XXe siècle par une assemblée de journalistes internationaux, précédant Pelé. Il reçoit, à Berlin en 2005, la médaille de la paix Otto Hahn, au nom de l’Organisation des Nations unies « pour son engagement en faveur du mouvement américain contre la ségrégation et pour l’émancipation culturelle des noirs à l’échelle mondiale ». Au-delà de ses performances sportives, il atteint une notoriété inégalée chez un sportif par son goût du spectacle, sa personnalité provocatrice, ses prises de positions religieuses et politiques, puis son destin personnel. Wikipedia
Nous exprimerons notre appréciation profonde de la foi musulmane qui a tant fait au long des siècles pour améliorer le monde, y compris mon propre pays. Barack Hussein Obama (Ankara, avril 2009)
Les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l’islam. D’ailleurs, si l’on compte le nombre d’Américains musulmans, on voit que les Etats-Unis sont l’un des plus grands pays musulmans de la planète. Barack Hussein Obama (entretien pour Canal +, le 2 juin 2009)
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
Il est tout à fait légitime pour le peuple américain d’être profondément préoccupé quand vous avez un tas de fanatiques vicieux et violents qui décapitent les gens ou qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris. Barack Hussein Obama
Al-Qaïda et le groupe Etat islamique recherchent désespérément une légitimité. Ils tentent de se dépeindre comme des leaders religieux et ils diffusent l’idée que l’Occident est en guerre contre l’islam. Nous ne devons jamais accepter les principes qu’ils mettent en avant, et nous devons leur refuser la légitimité qu’ils recherchent. Ce ne sont pas des leaders religieux, ce sont des terroristes ! Barack Hussein Obama
L’Islam a toujours fait partie de l’Amérique. Alors qu’une écrasante majorité des musulmans du monde voient leur religion comme une source de paix, il est indéniable qu’une petite fraction de musulmans propagent une vision pervertie de l’Islam. c’est la vérité. Barack Hussein Obama (Centre islamique de Baltimore, 3 février 2016)
I never went along with the pronouncements of Elijah Muhammad that the white man was the devil and that blacks should be striving for separate development; a sort of American apartheid. That never made sense to me. It was a racist ideology and I didn’t like it. Arthur Ashe
I’ve always believed that every man is my brother. Clay will earn the public’s hatred because of his connections with the Black Muslims. Joe Louis
I’ve been told that Clay has every right to follow any religion he chooses and I agree. But, by the same token, I have every right to call the Black Muslims a menace to the United States and a menace to the Negro race. I do not believe God put us here to hate one another. Cassius Clay is disgracing himself and the Negro race. Floyd Patterson
Clay is so young and has been misled by the wrong people, » he said. « He might as well have joined the Ku Klux Klan. Floyd Patterson
War is against the teachings of the Holy Qur’an. I’m not trying to dodge the draft. We are not supposed to take part in no wars unless declared by Allah or The Messenger. We don’t take part in Christian wars or wars of any unbelievers. Muhammad Ali
I ain’t got no quarrel with them Viet Cong—no Viet Cong ever called me Nigger. Muhammad Ali
My enemy is the white people, not the Viet Cong … You’re my opposer when I want freedom. You’re my opposer when I want justice. You’re my opposer when I want equality. You won’t even stand up for me in America because of my religious beliefs, and you want me to go somewhere and fight, when you won’t even stand up for my religious beliefs at home. Muhammad Ali
We who follow the teachings of Elijah Muhammad don’t want to be forced to integrate. Integration is wrong. We don’t want to live with the white man; that’s all. Muhammad Ali
 ‘I dodge those questions. ‘I’ve opened up businesses across the country, selling products and I don’t want to say nothing and, not knowing what I’m doing, not being qualified, say the wrong thing and hurt my business.’ Mohammed Ali (about al-Qaeda)
I remember the teachers at my high school didn’t like Ali because he was so anti-establishment and he kind of thumbed his nose at authority and got away with it. The fact that he was proud to be a Black man and that he had so much talent … made some people think that he was dangerous. But for those very reasons I enjoyed him. Kareem Abdul-Jabbar
My first impression of Malcolm X was how could a black man talk about the government and white people and act so bold and not be shot at? How could he say these things? Only God must be protecting him. Malcolm was unlike anyone he had ever met. He was fearless. That really attracted me. Mohamed Ali
Special mention is due to Mohammed Ali. For in a very real sense he is the saint of this revolution in sports. He rebelled at a time when he, as an athlete, stood alone. He lost almost everything of value to any athlete – his prestige, his income and his title. But he maintained and enhanced the most crucial factor in the minds of black people everywhere – black dignity. … Young blacks and old revere him as a champion in the struggle for black liberation.  … for a significant proportion of people – black people in particular – he is still champion and  the warrior saint in the revolt of the black athlete. Harry Edwards (1969)
In the sanitised factory of Hollywood myth-making only sweetness and light prevail. Director Michael Mann downplays, for example, Ali the ruthless self-promoter, and glosses over the fighter’s devotion to the thuggish cult leader Elijah Mohammad. He also ignores the egregious race-baiting that Ali typically used to taunt boxing rivals. At the height of his fame, Ali loved to portray himself as the true black man whose faithfulness to his race made him superior to other fighters. Sonny Liston was an ugly bear, Ali ranted, who lived in a white neighbourhood and didn’t like his own people. Joe Louis was a shuffling Uncle Tom. Floyd Patterson was « a white man’s Negro, a yellow Negro », and George Foreman fought for « White America, Christianity, the flag and pork chops ». Under the influence of Elijah Mohammad – who preached that blacks should refuse to integrate with « white devils » – Ali made a point of dating only black women and lashed out at men and women who engaged in interracial sex. In an interview with Playboy, he declared: « A black man should be killed if he’s messing with a white woman. » When the interviewer asked about black women crossing the colour barrier, Ali responded: « Then she dies. Kill her, too. » It’s unlikely that a white athlete who made such remarks would receive the praise that Michael Mann heaps on Ali. He says that the fighter « personified racial pride and self-knowledge ». The Playboy journalist, who interviewed the boxer, was closer to the mark when he observed of his subject: « You’re beginning to sound like a carbon copy of a white racist. » But images are more powerful than words, and Ali’s unfortunate remarks do not diminish the mesmerising beauty of his moves in the ring. (…) The problem is that neither he nor his admirers can accept that he was the « greatest » only in the ring. They want him to be a social hero who changed the world by fighting injustice. As he approaches his 60th year – his birthday is January 17 – Ali is increasingly portrayed in the media as just such a hero, an icon of courage and integrity. Michael Mann’s film is meant to give this trend an enormous boost and thus to propel Ali into the orbit of superheroes who demand unquestioning admiration. But – to be honest – outside the ring, what is there to admire? His domestic life has been a shambles. During his heyday, he ran through wives (four in all) and girlfriends (too numerous to count) with amazing speed, never allowing his sex life to be impeded by his conversion to Islam or his vows to be faithful to one woman. (…) When Elijah and his henchmen threatened Malcolm X with death for daring to oppose the Nation of Islam, Ali stayed silent. In the early years of his career, he and Malcolm X were very close – almost like brothers – yet he kept his distance after Elijah turned against his friend and did not break with the Nation of Islam after Malcolm was assassinated. (Although all signs point to Elijah’s thugs as the killers, Michael Mann suggests that the FBI murdered Malcolm.) (…) One reason that Ali turned against his former hero Floyd Patterson is that the older boxer was so unsparing in his criticisms of the Black Muslims. A kind and dignified man, Patterson tried his best to lure Ali away from the fold, but soon gave up in frustration. Joe Louis was also alarmed by the racist attitudes of the group and warned Ali that he was being exploited. Like Patterson, he made a point of calling the young fighter by his original name.  (…) His admirers often cite his opposition to the war as an example of his social importance. But lots of people opposed the war and went to prison for their beliefs. Ali, however, eventually won his case and was treated with much more deference than many other war resisters. Moreover, when he went back to boxing, he never explained why, in principle, it was acceptable to fight strangers in the ring, but not on the battlefield. How could he reconcile his pacifist claims with his often brutal aggressiveness against other boxers? A pacifist usually isn’t found at a boxing match screaming, as Ali once did: « Somebody’s gonna die at ringside tonight. » But this contradiction in the fighter’s position is now rarely mentioned. In the 1960s, however, it was difficult to ignore and the absurdity of it was widely ridiculed. The transformation of Ali from a great fighter to a celebrated man of conscience and social purpose has succeeded so well because the actual history of his career has been altered to reflect the kinder, gentler man of today. Unpleasant remarks or facts from the past have been swept away or excused. In a kind of history-free zone, the contemporary myth-makers in Hollywood and elsewhere blithely craft their heroes to suit some political agenda or cinematic formula. And, then, endowed with the smiling face of a film star, the retooled historical figure becomes difficult to resist. It’s one thing to criticise the real Ali, but who wants to question the charming Will Smith? At the end of Mann’s film, we see an amiable Ali sparring with young street kids after his « Rumble in the Jungle » with George Foreman. Corrupt and impoverished Zaire is made to seem like the Holy Land, a place where the great fighter has finally found his roots and a renewed sense of purpose. Little effort is made to show that the local strongman, President Mobutu, was a rapacious tyrant who robbed his country blind and who exploited Ali with as much zest as Elijah Mohammad. (…) A more historically accurate appraisal of Ali would conclude that he was far from heroic outside the ring and was pitifully misused by his masters in the Nation of Islam. For his purposes, Elijah hijacked the impressionable young man’s career and filled his head with racist nonsense. By the time he finally broke free of the old Nation of Islam, in the 1970s, his career was in its last stages. He continued to fight long past his prime, in part to recover the money and time he had lost in his misadventures with the Black Muslims. Today, he is paying the price of his mistakes, suffering from health problems exacerbated by overstaying his time in boxing. Looking at the sad toll that his life has exacted from his body, anyone should be able to see that his career was not that of a Hollywood romance but of an old-fashioned tragedy. By exchanging his « slave name » of Cassius Clay for the one that Elijah bestowed on him, he merely exchanged one form of perceived servitude for another form that was all too real and irretrievably damaging. Michael Shelden
Ali’s actions changed my standard of what constituted an athlete’s greatness. Possessing a killer jump shot or the ability to stop on a dime was no longer enough. What were you doing for the liberation of your people? What were you doing to help your country live up to the covenant of its founding principles? William Rhoden (NYT)
The Nation became Ali’s family and Elijah Muhammad became his father. But there is an irony to the fact that while the Nation branded white people as devils, Ali had more white colleagues than most African American people did at that time in America, and continued to have them throughout his career. Jerry Izenberg
‘One of the many paradoxes about Ali is that he embraced an ideology that disparaged white people; yet he was never cruel to white people, only blacks. Except for occasional humorous barbs, Ali’s white opponents were treated with dignity and respect. But things got ugly with Floyd Patterson, Ernie Terrell and Joe Frazier. And sure, Patterson and Terrell might have asked for it because of things they said. But Joe was innocent. And to deny the cruelty of what Ali did to Joe Frazier is to continue to be cruel to Joe. Randy Roberts (historian)
What’s happening to Ali now is typical of what has happened to so many black figures. It’s a commodification and a trivialisation. Maybe the idea is that, by embracing Ali as a society, we can feel good about having become more tolerant. Jeffrey Sammons (historian)
The Nation of Islam taught that white people were devils who had been genetically created by an evil scientist with a large head named Mr Yacub. It maintained there was a wheel-shaped, half-mile wide ‘Mother of Planes’ manned by black men in the sky and that, on Allah’s chosen day of retribution, 1,500 planes from this Mother of Planes would drop deadly explosives destroying all but the righteous on earth. Neither of these views is part of traditional Islamic thought or finds justification in the Koran. Moreover, while the concepts of Heaven and Hell are central to traditional Islamic doctrine, the Nation of Islam rejected both.
From 1964 through his conversion to orthodox Islam in 1975, Muhammad Ali was the Nation of Islam’s most visible and vocal spokesman in America. Nation of Islam teachings were at the core of who he was at that time in his life. Among the positions Ali preached were: On integration: ‘We who follow the teachings of Elijah Muhammad don’t want to be forced to integrate. Integration is wrong. We don’t want to live with the white man; that’s all.’ On intermarriage: ‘No intelligent black man or black woman in his or her right black mind wants white boys and white girls coming to their homes to marry their black sons and daughters.’ On the need for a separate black homeland: ‘Why don’t we get out and build our own nation? White people just don’t want their slaves to be free. That’s the whole thing. Why not let us go and build ourselves a nation? We want a country. We’re 40 million people, but we’ll never be free until we own our own land.’
In truth, it takes a certain amount of cruelty to be a great fighter. Let’s not forget that Ali beat people up and inflicted brain damage on them as his livelihood and way of life for years. And the time when he was at his peak as a fighter coincided with the time when he was most openly angry at the circumstances he found. (…) Ali’s legacy today is in danger of being protected in the same manner as the estate of Elvis Presley is protecting Elvis’s image. New generations are born; and to them Ali is more legend than reality, part of America’s distant past. (…) In sum, the experience of being black changed for millions of men and women because of Ali. But one of the reasons Ali had the impact he did was because there was an ugly edge to what he said. And by focusing on Ali’s ring exploits and his refusal to serve in Vietnam, while at the same time covering up the true nature of Nation of Islam doctrine, the current keepers of Ali’s legacy are losing sight of why he so enthralled and enraged segments of American society. (…) Ali stood up for his convictions and sacrificed a great deal for them. So why hide the true nature of what his principles were? (…) Great men are considered great, not only because of what they achieve, but also because of the road they travel to reach their final destination. Sanitising Muhammad Ali and rounding off the rough edges of his journey are a disservice both to history and to Ali himself. Rather than cultivate historical amnesia, we should cherish the memory of Ali as a warrior and as a gleaming symbol of defiance against an unjust social order when he was young. The Observer
J’ai lutté avec un alligator, je me suis battu avec une baleine, j’ai passé les menottes à un éclair et emprisonné la foudre. La semaine dernière encore, j’ai tué un rocher, blessé une pierre, fait hospitaliser une brique. Je suis si méchant que je rends la médecine malade. Mohamed Ali
Je vais le taper tellement fort qu’il aura besoin d’un chausse-pied pour mettre son chapeau. Mohamed Ali
Je suis si rapide que la nuit derrière, j’ai éteint la lumière dans ma chambre d’hôtel. J’étais dans mon lit avant que la pièce soit plongée dans l’obscurité. Mohamed Ali
Frazier est tellement moche que lorsqu’il pleure, ses larmes font le tour et passent derrière sa tête quand elles coulent. Mohamed Ali
Flotte comme un papillon, pique comme une abeille, ses mains ne peuvent frapper ce que ses yeux ne peuvent pas voir. Mohamed Ali
Je n’ai pas de problème avec les Vietcongs. Aucun Vietcong ne m’a jamais traité de nègre. Les Vietcongs sont des Asiatiques noirs. (…) Je ne veux pas avoir à combattre des Noirs. Mohamed Ali
Je suis musulman et tuer des gens innocents à Paris, San Bernardino ou n’importe où ailleurs dans le monde, ça n’a rien d’islamique. Les vrais musulmans savent que la violence impitoyable de soi-disant djihadistes islamiques va contre les principes mêmes de notre religion. Nous, musulmans, devons nous lever contre ceux qui utilisent l’islam pour faire avancer leur propre ordre du jour. Ils ont perverti la perception de l’islam. Les vrais musulmans savent ou devraient savoir que c’est contre notre religion d’essayer d’imposer l’Islam de force à quiconque. On ne m’a jamais accusé d’être politiquement correct, mais je crois que nos dirigeants politiques devraient utiliser leur position pour faire progresser la compréhension de la religion islamique et pour dire clairement que ces meurtriers égarés ont perverti les idées des gens sur ce qu’est l’islam. Mohamed Ali
Je voudrais que l’on se souvienne de moi comme d’un homme qui a remporté le titre de champion des poids lourds à trois reprises, qui avait de l’humour, et qui traitait chacun avec respect. Comme un homme qui n’a jamais regardé de haut ceux qui levaient les yeux vers lui, et qui a aidé autant de personnes qu’il a pu. Comme un homme qui s’est dressé pour défendre ses croyances, quelles qu’elles fussent. Comme un homme qui a tenté d’unir toute l’humanité à travers la foi et l’amour. Et si tout cela est trop demandé, je suppose que je me contenterai d’être seulement évoqué comme un grand boxeur qui est devenu le leader et le champion de son peuple. Et ça ne me dérangerait même pas, si les gens oubliaient comme j’étais mignon. Mohamed Ali
C’était quelqu’un de merveilleux, pas seulement comme boxeur mais comme être humain, comme icône. Mohamed Ali ne mourra jamais, il est comme Martin Luther King. Son esprit vivra à jamais. Don King
Ce livre coup de poing retrace le destin hors du commun d’un boxeur de légende, né Cassius Clay, devenu champion du monde de boxe poids lourds. Découvrez les multiples facettes de cet athlète aux combats héroïques, à la fois homme de spectacle, poète et penseur engagé. Agrémenté de superbes photographies, cet ouvrage est un hommage incontournable au talent, aux exploits et à la personnalité d’un des plus grands sportifs de l’Histoire. Decitre
Né Cassius Clay, il était devenu Mohamed Ali après sa conversion à l’islam. Figure légendaire de la boxe à travers le monde, il était devenu le champion du monde poids lourds, mais derrière l’athlète hors du commun, un homme s’est révélé, capable de mener des combats héroïques. Tout à la fois homme de spectacle, poète et penseur engagé, Mohamed Ali fut une figure majeure des sportifs du XXe siècle. ActuaLitté
Avec Mohamed Ali disparaît la première vedette à notoriété globale et absolue –le sportif le plus photogénique du XXsiècle fut longtemps le visage le plus reconnu de la planète. Les Beatles étaient peut-être les premières stars planétaires (ou, plus justement, du monde occidental) mais Ali seul était connu de tous, Noir ou Blanc, habitant du tiers-monde ou Américain repu. Avant de devenir l’astre mort vaguement sanctifié des trois dernières décennies, condamné au silence et aux tremblements par Parkinson, le boxeur était tout à la fois: l’athlète ultime, le corps politique, le gentil et le méchant, la radicalité et l’œcuménisme. Dans une catégorie où il a longtemps s’agit d’être le plus dur, Ali a révolutionné la boxe des lourds en devenant le plus intelligent. Conteur de sa geste allant jusqu’à jouer son propre rôle dans son biopic (The Greatest, 1977), promoteur à la verve inégalée, Ali le rimailleur impénitent a inventé le trash talk, l’insulte comme premier jab. Héraut de la fierté noire des années 60, l’activiste a imposé sa célébrité omnipotente et envahi tous les champs: sportif, politique, médiatique, culturel. Manipulateur roublard mais sincère, il a transcendé tout événement le touchant en histoire (avec et sans majuscule), qu’il s’agisse de multiplier les «combats du siècle» ou de libérer des otages à Bagdad en pleine guerre du Golfe. «La plus grande attraction du monde depuis l’invention du cinéma parlant», dixit l’intéressé, est aussi l’une des premières figures de subversion pop, dont le seul égal est Che Guevara – en témoignent leurs effigies respectives encore affichées dans nombre chambres d’ados. (…) inflexible et éloquent, Ali est devenu une figure incontestée de la contre-culture, adorée dans les ghettos comme dans les facs où il vient discourir sur le racisme et le pacifisme. (…) Hors du ring, le cirque Ali grandit exponentiellement, l’argent aussitôt gagné s’évanouit. Un entourage pléthorique l’accompagne, il entretient deux ex-femmes, couve son épouse –la tempétueuse et ceinture noire de karaté Belinda, épousé à 17 ans en 1967– et ses maîtresses. Il a huit enfants, une ferme dans le Michigan, un palace à Chicago, une villa à Los Angeles et un camp d’entraînement en Pennsylvanie, des Cadillac de toutes les couleurs… Son manager, Herbert Mohamed, trouve une ficelle pour rentabiliser la marque: l’export diplomatique, résumé dans un haïku: «invitez Ali à combattre / et votre pays sera sous les projecteurs du monde entier». C’est ainsi qu’avec l’entregent du promoteur mégalo Don King, Ali débarque à Kinshasa en 1974 pour retrouver son dû, flanqué de James Brown, B.B. King et Norman Mailer (entre autres) pour défier George Foreman devant Mobutu, qui a allongé 10 millions de dollars pour l’occasion, et n’a pas peur de ruiner le pays pour accommoder les deux boxeurs. (…) L’année suivante, il pose son dernier jalon mythologique chez un autre autocrate exotique. La belle entre Frazier et Ali a lieu aux Philippines, alors sous la loi martiale décrétée par le président Ferdinand Marcos. A Manille, Ali pousse la dégueulasserie de son trash talk dans ses derniers retranchements. Agitant un singe en plastique devant les journalistes, il compare constamment Frazier à un gorille repoussant, insiste sur ses traits fins en comparaison avec le visage censément simiesque de son adversaire. Ali, bien plus tard, s’en excusera. Frazier ne pardonnera jamais. (…) Ali n’était pas un saint, il pouvait même carrément être un salaud –Joe Frazier en savait quelque chose (…) Certaines de ses victoires ont l’odeur de soufre et le flou artistique qui font le sel du sport d’avant les ralentis à la milliseconde et autres palettes graphiques. Libération
En 1984, on lui diagnostique la maladie de Parkinson. L’homme consacre alors son existence à délivrer un message de paix, celui qu’il dit avoir trouvé dans l’islam. Il a même une étoile sur Hollywood Boulevard, à Los Angeles. Mais elle est accrochée sur un mur à l’entrée du Kodak Theater, et non placée sur le trottoir comme pour les autres stars, car il ne souhaite pas qu’on piétine le nom du Prophète. Le Monde
Après sa victoire contre Liston, en 1965, je me suis retrouvé avec Ali dans son motel. Un Mexicain lui a demandé un autographe et lui a dit qu’il avait beaucoup d’amis au Mexique. Ali a répondu : ’’Mexico ? Ah oui, tant mieux. Comment écrivez-vous Mexico ? Je ne suis pas allé à l’école longtemps. William Klein (réalisateur de Muhammad Ali, the Greatest, 1969)
Malgré toutes ses qualités de boxeur, Ali a survécu à de nombreux moments difficiles en étant un grand bluffeur. Il était dur à toucher, et quand vous arriviez enfin à l’atteindre, il se montrait plus intelligent… Vous pouviez lui faire mal et ne jamais vous en rendre compte. De son propre aveu, je l’ai mis en difficulté une fois ou deux, mais je ne m’en suis jamais rendu compte. George Chuvalo
Mains basses, menton au vent. La vitesse d’un welter et la frappe d’un lourd. Au début des années 60, le style d’Ali est une parfaite hérésie. Campé derrière un excellent jab (le direct du bras avant), il boxe sur le reculoir, élude les frappes par ses mouvements de buste. «Il n’a sans doute pas le punch de Louis et Marciano, écrit George Peeters, envoyé spécial de L’Equipe après la victoire d’Ali face à Henry Cooper, en 1966. Mais sa morphologie, sa classe et surtout sa prodigieuse mobilité lui ont permis de créer une sorte de style, un jeu sans précédent chez les hommes de son poids et où l’intelligence affleure à chaque geste.» Sans être un grand puncher, Ali épuise ses adversaires par des séries précises et incessantes. Mais à boxer les mains basses, sa carrière a souvent frôlé le désastre. (…) Après trois ans d’inactivité (1967-1970), conséquence de son refus d’aller au Vietnam, Ali ne sera plus jamais le même. A 27 ans, l’homme qui «vole comme un papillon» et «pique comme l’abeille» n’est plus qu’un lointain souvenir. Plus statique, Ali se découvre alors des qualités d’encaisseur insoupçonnées. Alors qu’il survolait ses combats, il semble pour la première fois vulnérable. (…) De son propre aveu, nombre des défaites d’Ali sont dues à un manque de sérieux dans ses préparations. (…) L’arrogance d’Ali l’a autant desservi qu’elle l’a sublimé. Sa victoire face à Foreman restera à jamais un chef-d’œuvre d’intelligence. A lui seul, Ali représente l’âge d’or des poids lourds. Tous les autres ont végété dans son ombre, ou pris la lumière en l’affrontant. (…) A la fin de sa carrière, il n’est plus qu’une coquille vide et n’a que son courage à opposer à ses adversaires. L’Equipe
A la limite du mielleux, le biopic de Michael Mann dépeint un Ali pacifiste, héros de la lutte pour les droits des Noirs américains, mythe politique majeur de la société civile et conscience d’une partie du peuple américain : un portrait consensuel qui semble s’être affranchie de l’Histoire et des controverses. Deux heures trente de film pendant lesquelles le soutien militant et contesté d’Ali à la Nation of Islam, est à peine effleuré. Oubliée, sa bienveillance pour les discours extrêmes de cette mouvance – dans une interview à Playboy, il déclare : «un homme noir qui fricote avec une femme blanche mérite la mort» – et ses propos machistes. (…) Ali n’a jamais hésité à user de la notion de race – dans le sens très politique de la soumission à une autorité supérieure – pour pointer quiconque s’opposait à son discours. Patterson, Louis, Frazier ? Des «Oncle Tom» (un noir soumis aux blancs), insulte suprême pour un Afro-américain. En marge de ses trois combats avec Joe Frazier (1971, 1974 et 1975), Ali n’aura de cesse d’humilier son rival, le traitant publiquement de «gorille» entre autres gestes simiesques. En 1967, Ali s’attire le dégoût d’une partie de l’opinion. Plutôt que d’abréger les souffrances de son challenger, Ernie Terell, qui par provocation avait refusé de l’appeler Ali, le nom qu’il s’était choisi après sa conversion, considérant que Cassius Clay était «son nom d’esclave», il prolonge la punition. «Horrible, venimeux, écœurant, pouvait-on alors lire en une de l’Evening Standard. Clay est tombé de haut dans l’échelle de l’idéal sportif.» (…) Ali n’en a pas moins porté les espoirs de liberté de millions de Noirs américains. Avec sa belle gueule et son phrasé insolent, il bouleverse l’image du sportif noir dans une société où, vingt ans plus tôt, le seul espoir pour Joe Louis de faire carrière était de passer pour un «bon nègre», modeste et bon chrétien. Il rappelle aux Noirs américains la place de l’Afrique dans leur histoire collective. Pour toute une génération, l’opposition d’Ali à la guerre du Vietnam l’élève en symbole de résistance. Son influence dépasse largement le cadre sportif. Déchu de son titre, privé de son passeport et de sa licence de boxe, Ali remporte son combat juridique en 1971 devant la Cour suprême des États-Unis. «Aucune de ses victoires jamais remportées sur un ring ne pouvait surpasser celle-ci, explique Elliot J. Gorn dans Muhammad Ali, le champion du peuple (1995). N’aurait-il jamais gagné à nouveau sur un ring, son statut de légende était assuré.» (…) sa prise de distance avec la Nation de l’Islam amorce sa réhabilitation. Celui qu’on taxait d’anti-Américain est reçu à la Maison Blanche par Gerald Ford (1974) et Jimmy Carter (1977). Coup d’éclat médiatique, son périple en Irak (1990), où il négocie avec Saddam Hussein la libération de quinze otages américains, achève de polir sa nouvelle image. Infatigable coureur de jupons, malgré ses principes religieux, Ali épouse sa quatrième femme en 1986. Dès lors, Lonnie Ali s’attache à réhabiliter son image en choisissant Thomas Hauser comme biographe officiel. «Hauser est accusé d’avoir été un partisan d’Ali plus qu’un biographe, écrit Michael Ezra dans Muhammad Ali, the making of an icon. De 1988 à 1998, personne n’a fait plus pour construire l’image légendaire d’Ali.» Ses ouvrages, nombreux, participent d’un élan pour «canoniser l’ex-champion en une figure d’autorité morale éternelle.» En 1996, l’image d’Ali, tremblant pour allumer la flamme olympique lors des JO d’Atlanta, suscite l’empathie du monde entier. A mesure qu’il s’enfonce dans la maladie, ses prises de parole se raréfient et s’aseptisent. En 2002, lors d’une interview télévisée, Ali est interrogé sur la politique et le terrorisme. «J’évite ces questions… J’ai ouvert des commerces à travers le pays, je vends des produits… Je n’ai pas envie de dire quelque chose qui ferait mal à mon business.» «Difficile d’imaginer Ali dans les années 60 se retenir de parler du Vietnam pour protéger ses intérêts commerciaux», ironise Thomas Hauser, devenu beaucoup plus critique depuis sa rupture avec le clan Ali, au début des années 2000. De Mohamed Ali, un des personnages les plus controversés du XXe siècle, il ne reste aujourd’hui que l’histoire consensuelle d’un champion qui s’est opposé au système. Une légende aseptisée, message d’espoir sur fond d’humanisme et de réconciliation des peuples. L’Equipe

Attention: un aveuglement peut en cacher un autre !

Boxeur poète, penseur engagé, icône vivante, champion de la cause des droits civiques, ambassadeur de la paix, saint

Au lendemain de la disparition, sous les tombereaux de louanges habituels, d’un boxeur noir américain …

Qui, pour soi-disant abandonner son nom d’esclave, échangea son nom d’abolitionniste pour celui d’un prophète dont la religion n’a toujours pas condamné l’esclavage

Et qui, descendant d’un immigrant irlandais ayant épousé une esclave libre embrassa, sous les vivats des foules, la religion la plus rétrograde de la planète ayant asservi une dizaine de millions d’esclaves …

Comme le suprémacisme noir le plus débridé pour qui les blancs n’étaient rien de moins que des formes génétiquement créées du diable lui-même …

Comment ne pas voir l’incroyable aveuglement non seulement de celui qui passa une bonne partie de sa vie à traiter les autres d’Oncle Tom …

Mais surtout de toute une classe intellectuelle et politique qui à l’instar d’un président vantant ad nauseam les prétendus apports de l’islam au monde …

Tente aujourd’hui encore de nous faire passer les pires aberrations pour religion de paix ?

Let’s not pretend Ali was Gandhi
A new Hollywood life of Muhammad Ali ignores the boxer’s controversial stance on politics and race, says Michael Shelden
The Telegraph
04 Jan 2002

ON the night in 1964 when 22-year-old Cassius Clay defeated heavyweight champion Sonny Liston, the brash newcomer did a victory dance in the ring and claimed that he was not only the greatest boxer in history but also the prettiest. In a sport dominated by hulking men with battered faces, the sleek young fighter was indeed as pretty as they come. « Don’t have a mark on me! » he boasted, and stuck out his smooth jaw as proof.

Four decades later, that jubilant kid – who soon remade himself as Muhammad Ali – is a quiet, seemingly gentle figure hobbled by Parkinson’s disease and those afflictions common to old boxers who have taken one punch too many. But so potent is the legend of the « Louisville Lip » that his career is now the subject of Hollywood’s biggest « biopic » in years, Ali, which stars charismatic Will Smith as – to quote the published screenplay – « the warrior saint in the revolt of the black athlete ». This very expensive, very long and very uncritical film is the kind of reverential tribute that Hollywood used to reserve for statesmen, war heroes and nuns.

The young champ’s big smiles and funny rhymes (« You want to lose your money, bet on Sonny ») are as entertaining as ever, but there is a darker side to him that is anything but pretty. You won’t see much of it in this new film, however, because in the sanitised factory of Hollywood myth-making only sweetness and light prevail.

Director Michael Mann downplays, for example, Ali the ruthless self-promoter, and glosses over the fighter’s devotion to the thuggish cult leader Elijah Mohammad. He also ignores the egregious race-baiting that Ali typically used to taunt boxing rivals.

At the height of his fame, Ali loved to portray himself as the true black man whose faithfulness to his race made him superior to other fighters. Sonny Liston was an ugly bear, Ali ranted, who lived in a white neighbourhood and didn’t like his own people. Joe Louis was a shuffling Uncle Tom. Floyd Patterson was « a white man’s Negro, a yellow Negro », and George Foreman fought for « White America, Christianity, the flag and pork chops ».

Under the influence of Elijah Mohammad – who preached that blacks should refuse to integrate with « white devils » – Ali made a point of dating only black women and lashed out at men and women who engaged in interracial sex. In an interview with Playboy, he declared: « A black man should be killed if he’s messing with a white woman. » When the interviewer asked about black women crossing the colour barrier, Ali responded: « Then she dies. Kill her, too. »

It’s unlikely that a white athlete who made such remarks would receive the praise that Michael Mann heaps on Ali. He says that the fighter « personified racial pride and self-knowledge ». The Playboy journalist, who interviewed the boxer, was closer to the mark when he observed of his subject: « You’re beginning to sound like a carbon copy of a white racist. »

But images are more powerful than words, and Ali’s unfortunate remarks do not diminish the mesmerising beauty of his moves in the ring. Unlike almost all his competitors, he was an elegantly powerful fighter who had a real sense of style and was not afraid to revel in it. In the art of boxing, he made dancing almost as important as throwing a punch, and was able to wear down his opponents with elusive moves as well as sudden blows.

The problem is that neither he nor his admirers can accept that he was the « greatest » only in the ring. They want him to be a social hero who changed the world by fighting injustice.

As he approaches his 60th year – his birthday is January 17 – Ali is increasingly portrayed in the media as just such a hero, an icon of courage and integrity. Michael Mann’s film is meant to give this trend an enormous boost and thus to propel Ali into the orbit of superheroes who demand unquestioning admiration.

But – to be honest – outside the ring, what is there to admire? His domestic life has been a shambles. During his heyday, he ran through wives (four in all) and girlfriends (too numerous to count) with amazing speed, never allowing his sex life to be impeded by his conversion to Islam or his vows to be faithful to one woman.

His first wife, Sonji Roi, left him after little more than a year of marriage, claiming that he had coerced her into adopting Muslim dress and customs. After the divorce, she complained that Elijah Mohammad’s Nation of Islam had « stolen » Ali’s mind and threatened her with reprisals. « I wasn’t going to take on all the Muslims. If I had, I probably would have ended up dead. »

When Elijah and his henchmen threatened Malcolm X with death for daring to oppose the Nation of Islam, Ali stayed silent. In the early years of his career, he and Malcolm X were very close – almost like brothers – yet he kept his distance after Elijah turned against his friend and did not break with the Nation of Islam after Malcolm was assassinated. (Although all signs point to Elijah’s thugs as the killers, Michael Mann suggests that the FBI murdered Malcolm.)

Ali’s own father, Cassius Clay Sr, repeatedly warned him that the Nation of Islam was brainwashing him and taking advantage of his fame and wealth. Complaining bitterly that his « boy » had been ruined by association with the group, the elder Clay snarled: « They should run those Black Muslims out of the country before they ruin other fine people. »

One reason that Ali turned against his former hero Floyd Patterson is that the older boxer was so unsparing in his criticisms of the Black Muslims. A kind and dignified man, Patterson tried his best to lure Ali away from the fold, but soon gave up in frustration. « Clay is so young and has been misled by the wrong people, » he said. « He might as well have joined the Ku Klux Klan. »

Joe Louis was also alarmed by the racist attitudes of the group and warned Ali that he was being exploited. Like Patterson, he made a point of calling the young fighter by his original name. « Clay is a good enough fighter, but it’s unfortunate that he’s a Black Muslim. A champion should represent all sects, not one. »

It was apparently his devotion to his new religion that prompted Ali to refuse military induction in 1967. He protested that he was opposed to war in general and the Vietnam War in particular. It was a matter of conscience, he insisted, and he claimed that he would not fight anyone without good reason. He suffered for his stand, sacrificing three years of his career while he fought his case with the American government.

His admirers often cite his opposition to the war as an example of his social importance. But lots of people opposed the war and went to prison for their beliefs. Ali, however, eventually won his case and was treated with much more deference than many other war resisters. Moreover, when he went back to boxing, he never explained why, in principle, it was acceptable to fight strangers in the ring, but not on the battlefield.

How could he reconcile his pacifist claims with his often brutal aggressiveness against other boxers? A pacifist usually isn’t found at a boxing match screaming, as Ali once did: « Somebody’s gonna die at ringside tonight. » But this contradiction in the fighter’s position is now rarely mentioned. In the 1960s, however, it was difficult to ignore and the absurdity of it was widely ridiculed.

The transformation of Ali from a great fighter to a celebrated man of conscience and social purpose has succeeded so well because the actual history of his career has been altered to reflect the kinder, gentler man of today. Unpleasant remarks or facts from the past have been swept away or excused.

In a kind of history-free zone, the contemporary myth-makers in Hollywood and elsewhere blithely craft their heroes to suit some political agenda or cinematic formula. And, then, endowed with the smiling face of a film star, the retooled historical figure becomes difficult to resist. It’s one thing to criticise the real Ali, but who wants to question the charming Will Smith?

At the end of Mann’s film, we see an amiable Ali sparring with young street kids after his « Rumble in the Jungle » with George Foreman. Corrupt and impoverished Zaire is made to seem like the Holy Land, a place where the great fighter has finally found his roots and a renewed sense of purpose. Little effort is made to show that the local strongman, President Mobutu, was a rapacious tyrant who robbed his country blind and who exploited Ali with as much zest as Elijah Mohammad.

Instead, as dawn rises over the Congo river, Will Smith walks off the screen like a romantic hero from some ancient legend, triumphant and secure in the knowledge that his legacy is safe. There are no questions lingering in the air about Mobutu or even about the fight’s unsavoury promoter, Don King. Everything is washed clean in the blue dawn.

A more historically accurate appraisal of Ali would conclude that he was far from heroic outside the ring and was pitifully misused by his masters in the Nation of Islam. For his purposes, Elijah hijacked the impressionable young man’s career and filled his head with racist nonsense.

By the time he finally broke free of the old Nation of Islam, in the 1970s, his career was in its last stages. He continued to fight long past his prime, in part to recover the money and time he had lost in his misadventures with the Black Muslims. Today, he is paying the price of his mistakes, suffering from health problems exacerbated by overstaying his time in boxing. Looking at the sad toll that his life has exacted from his body, anyone should be able to see that his career was not that of a Hollywood romance but of an old-fashioned tragedy. By exchanging his « slave name » of Cassius Clay for the one that Elijah bestowed on him, he merely exchanged one form of perceived servitude for another form that was all too real and irretrievably damaging.

  • Ali opens in Britain next month

Décès de Mohamed Ali, le boxeur poète
Nicolas Gary
ActuaLitté
04.06.2016

Né Cassius Clay, il était devenu Mohamed Ali après sa conversion à l’islam. Figure légendaire de la boxe à travers le monde, il était devenu le champion du monde poids lourds, mais derrière l’athlète hors du commun, un homme s’est révélé, capable de mener des combats héroïques. Tout à la fois homme de spectacle, poète et penseur engagé, Mohamed Ali fut une figure majeure des sportifs du XXe siècle. 

Muhammad Ali est mort ce 3 juin 2016 à Scottsdale, en Arizona. Bien entendu des livres et des témoignages ont retracé son parcours, mais c’est encore son style, peu académique et clairement pas sorti d’une école, que l’on retiendra.

Parmi les ouvrages qui lui furent consacrés, difficile de passer à côté de celui de Toni Morrison, qui avait réalisé une édition de l’autobiographie du boxeur. Mais en ce jour, l’un des hommages les plus touchants venait certainement de… JK Rowling.Elle qui reste la célébrité la plus adulée et dont l’autographe est encore le plus prisé sur notre petite planète, loin devant des stars comme Mohammed Ali, a retrouvé les mots du boxeur pour lui rendre hommage.

Je voudrais que l’on se souvienne de moi comme d’un homme qui a remporté le titre de champion des poids lourds à trois reprises, qui avait de l’humour, et qui traitait chacun avec respect. Comme un homme qui n’a jamais regardé de haut ceux qui levaient les yeux vers lui, et qui a aidé autant de personnes qu’il a pu. Comme un homme qui s’est dressé pour défendre ses croyances, quelles qu’elles fussent. Comme un homme qui a tenté d’unir toute l’humanité à travers la foi et l’amour. Et si tout cela est trop demandé, je suppose que je me contenterai d’être seulement évoqué comme un grand boxeur qui est devenu le leader et le champion de son peuple. Et ça ne me dérangerait pas, si les gens gardaient à l’esprit que j’étais mignon.

Le sportif, atteint de la maladie de Parkinson, avait été admis jeudi aux urgences d’un centre hospitalier de la région de Phoenix. Il est décédé vendredi soir

On se souviendra également que la société Kobo avait eu maille à partir avec ses avocats : en réutilisant la phrase « Float like a butterfly, sting like a bee », le libraire avait « fait un usage commercial du slogan utilisé par Mohamed Ali, et du nom de Mohamed Ali sans autorisation ni compensation pour Muhammad Ali Enterprises ». Et ça, c’était direct un crochet !

Mais plutôt que les conflits d’avocats, on gardera l’image de cette force de la nature, récitant des poèmes, en plein plateau télé. Chose qu’il ne manquait pas de faire, en toutes sortes d’occasions, y compris pour haranguer et provoquer ses adversaires – Frazier en tête de liste.

Voir aussi:

Mohamed Ali, la construction du mythe
Pacifiste, héros des temps modernes, le culte dont jouissait Mohamed Ali s’est affranchi des controverses. Il demeure l’un des personnages qui a le plus fasciné son temps.
L’Equipe
04/06/2016

Fonte et protéines au menu. Pour incarner Mohamed Ali au cinéma en 2001 (Ali), l’acteur américain Will Smith s’est lesté de 20 kilos de muscles. Et si son interprétation lui vaut d’être nominé aux Oscars, le film, lui, reçoit un accueil mitigé. A la limite du mielleux, le biopic de Michael Mann dépeint un Ali pacifiste, héros de la lutte pour les droits des Noirs américains, mythe politique majeur de la société civile et conscience d’une partie du peuple américain : un portrait consensuel qui semble s’être affranchie de l’Histoire et des controverses.

Deux heures trente de film pendant lesquelles le soutien militant et contesté d’Ali à la Nation of Islam, est à peine effleuré. Oubliée, sa bienveillance pour les discours extrêmes de cette mouvance – dans une interview à Playboy, il déclare : «un homme noir qui fricote avec une femme blanche mérite la mort» – et ses propos machistes. Ali n’était pas Gandhi. Les louanges qui affluent du monde entier ne sauraient le faire oublier.

L’insulte facile
Parfois cruel, Ali n’a jamais hésité à user de la notion de race – dans le sens très politique de la soumission à une autorité supérieure – pour pointer quiconque s’opposait à son discours. Patterson, Louis, Frazier ? Des «Oncle Tom» (un noir soumis aux blancs), insulte suprême pour un Afro-américain. En marge de ses trois combats avec Joe Frazier (1971, 1974 et 1975), Ali n’aura de cesse d’humilier son rival, le traitant publiquement de «gorille» entre autres gestes simiesques.

En 1967, Ali s’attire le dégoût d’une partie de l’opinion. Plutôt que d’abréger les souffrances de son challenger, Ernie Terell, qui par provocation avait refusé de l’appeler Ali, le nom qu’il s’était choisi après sa conversion, considérant que Cassius Clay était «son nom d’esclave», il prolonge la punition. «Horrible, venimeux, écœurant, pouvait-on alors lire en une de l’Evening Standard. Clay est tombé de haut dans l’échelle de l’idéal sportif.»

Un statut de légende
Sans être un saint, Ali n’en a pas moins porté les espoirs de liberté de millions de Noirs américains. Avec sa belle gueule et son phrasé insolent, il bouleverse l’image du sportif noir dans une société où, vingt ans plus tôt, le seul espoir pour Joe Louis de faire carrière était de passer pour un «bon nègre», modeste et bon chrétien. Il rappelle aux Noirs américains la place de l’Afrique dans leur histoire collective. Pour toute une génération, l’opposition d’Ali à la guerre du Vietnam l’élève en symbole de résistance. Son influence dépasse largement le cadre sportif.

Déchu de son titre, privé de son passeport et de sa licence de boxe, Ali remporte son combat juridique en 1971 devant la Cour suprême des États-Unis. «Aucune de ses victoires jamais remportées sur un ring ne pouvait surpasser celle-ci, explique Elliot J. Gorn dans Muhammad Ali, le champion du peuple (1995). N’aurait-il jamais gagné à nouveau sur un ring, son statut de légende était assuré.»

Battu à son retour, (face à Frazier, en 1971, et Norton, en 1973), Ali gagne l’admiration de tous en reprenant son titre à George Foreman en 1974. Un an plus tard, sa prise de distance avec la Nation de l’Islam amorce sa réhabilitation. Celui qu’on taxait d’anti-Américain est reçu à la Maison Blanche par Gerald Ford (1974) et Jimmy Carter (1977). Coup d’éclat médiatique, son périple en Irak (1990), où il négocie avec Saddam Hussein la libération de quinze otages américains, achève de polir sa nouvelle image.

Une collection de phrases cultes
Infatigable coureur de jupons, malgré ses principes religieux, Ali épouse sa quatrième femme en 1986. Dès lors, Lonnie Ali s’attache à réhabiliter son image en choisissant Thomas Hauser comme biographe officiel. «Hauser est accusé d’avoir été un partisan d’Ali plus qu’un biographe, écrit Michael Ezra dans Muhammad Ali, the making of an icon. De 1988 à 1998, personne n’a fait plus pour construire l’image légendaire d’Ali.» Ses ouvrages, nombreux, participent d’un élan pour «canoniser l’ex-champion en une figure d’autorité morale éternelle.»

En 1996, l’image d’Ali, tremblant pour allumer la flamme olympique lors des JO d’Atlanta, suscite l’empathie du monde entier. A mesure qu’il s’enfonce dans la maladie, ses prises de parole se raréfient et s’aseptisent. En 2002, lors d’une interview télévisée, Ali est interrogé sur la politique et le terrorisme. «J’évite ces questions… J’ai ouvert des commerces à travers le pays, je vends des produits… Je n’ai pas envie de dire quelque chose qui ferait mal à mon business.» «Difficile d’imaginer Ali dans les années 60 se retenir de parler du Vietnam pour protéger ses intérêts commerciaux», ironise Thomas Hauser, devenu beaucoup plus critique depuis sa rupture avec le clan Ali, au début des années 2000.

De Mohamed Ali, un des personnages les plus controversés du XXe siècle, il ne reste aujourd’hui que l’histoire consensuelle d’un champion qui s’est opposé au système. Une légende aseptisée, message d’espoir sur fond d’humanisme et de réconciliation des peuples. Des heures de documentaires, tours de magie, phrases cultes à noircir des recueils et un humour qui ne l’avait jamais quitté. A son interprète au grand écran, Will Smith, Ali avait confié dans un sourire. «Tu es presque assez beau pour jouer mon rôle».

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Ali Dix choses que vous ignoriez peut-être sur Mohamed Ali, décédé vendredi à 74 ans
Décédé vendredi à l’âge de 74 ans, Mohamed Ali a vécu une vie fascinante, remplie d’anecdotes savoureuses.
L’Equipe
04/06/2016

1. Cassius Clay, son «nom d’esclave»
En 1964, Cassius Clay annonce sa conversion à l’islam et abandonne son «nom d’esclave» pour celui de Mohamed Ali. Paradoxe : le nom de Clay lui est issu d’un fervent abolitionniste américain du 19e siècle.

2. Ali était d’origine irlandaise
Plus surprenant encore pour un homme qui a parfois tenu des discours prônant la séparation des races (à l’époque de son engagement pour le mouvement Nation de l’islam) : l’arrière-grand-père d’Ali, Abe Grady, était un Irlandais installé dans le Kentucky dans les années 1860. Après avoir épousé une esclave libre, il donne naissance à John Grady, lui-même père d’Odessa Lee Grady Clay, la mère de Mohamed Ali. En 2009, l’ancien champion du monde s’était d’ailleurs rendu à Ennis, une petite ville de l’ouest de l’Irlande, pour rencontrer les membres de sa famille lointaine.

3. Première «victime» : sa mère
«La première personne que j’ai mis KO, c’est ma mère», disait-il. A l’âge de 2 ans, le premier crochet d’Ali coûtera deux dents à sa mère, Odessa Clay.

4. Une idole nommée Sugar
En 1960, alors qu’il n’a que 18 ans, le jeune Cassius Clay fait du tapage devant le restaurant de Sugar Ray Robinson, dans le quartier d’Harlem à New York. «Tu es le roi, mon maître, mon idole ! Quand j’aurai gagné la médaille d’or aux Jeux, je veux que tu sois mon manager.» Robinson lui intime l’ordre de déguerpir. «A ce moment, je me suis juré de ne jamais repousser un fan», dira plus tard Ali.

Ses cinq plus grands combats

5. Ali n’a jamais jeté sa médaille olympique dans la rivière Ohio
C’est une des nombreuses légendes qui persistent : à son retour des Jeux Olympiques de Rome (1960), Ali se serait vu refuser le service dans un restaurant de Louisville et, de rage, aurait jeté sa médaille dans la rivière. Pure invention. Ali avouera plus tard l’avoir simplement égarée. Une réplique de sa médaille lui est offerte en 1996, lorsqu’il allume la flamme olympique aux JO d’Atlanta.

6. Ali était un mauvais élève
L’anecdote est rapportée par William Klein, réalisateur de Muhammad Ali, the Greatest (1969), dans L’Equipe du 17 janvier 2012. «Après sa victoire contre Liston, en 1965, je me suis retrouvé avec Ali dans son motel. Un Mexicain lui a demandé un autographe et lui a dit qu’il avait beaucoup d’amis au Mexique. Ali a répondu : ’’Mexico ? Ah oui, tant mieux. Comment écrivez-vous Mexico ? Je ne suis pas allé à l’école longtemps.’’ C’était ça Ali. Malin comme un singe, mais sans grande culture.»

7. Boxeur, danseur mais aussi chanteur
Au-delà de ses dons d’orateur, Ali avait un autre talent, plus méconnu. En 1964, peu avant son Championnat du monde contre Sonny Liston, celui qui se nomme encore Cassius Clay sort un album, sobrement intitulé I am the greatest, mélange d’auto-adulation musicale et d’interprétations de grands classiques. Après la conversion d’Ali à l’Islam, Columbia records s’empressera de retirer l’album des ventes.

8. Ali a sauvé un homme du suicide
Los Angeles, 1981. Un jeune homme de 21 ans se tient debout sur le bord de la fenêtre du 9e étage d’un building, menaçant de mettre fin à ses jours. La situation paraît sans issue : policiers et psychologues ont tenté en vain de l’en dissuader. Mohamed Ali, qui arrive par hasard sur les lieux, se porte volontaire pour lui parler. «Je suis ton frère, je veux t’aider», lui crie l’ancien champion du monde de la fenêtre la plus proche. Vingt minutes tendues s’écoulent au bout desquelles l’homme renonce finalement à son geste funeste. «Sauver une vie est plus important pour moi que n’importe quelle ceinture», dira Ali.

9. Son rapport à la maladie
En 1984, après une semaine d’examens dans un hôpital new-yorkais, Ali apprend qu’il souffre de la maladie de Parkinson. «C’est un jugement de Dieu. Il m’a donné cette maladie pour me rappeler que je ne suis pas le numéro 1. C’est lui.»

10. Une étoile pas comme les autres
En 2002, Mohamed Ali obtient son étoile à Hollywood, mais pas sur le fameux Walk of Fame. A sa demande, la sienne est incrustée dans le mur du Kodak Theater, où se déroule la cérémonie des Oscars. Ali ne souhaitait pas que son nom soit piétiné.

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Ali Mohamed Ali et l’explosion de l’industrie de la boxe
Combats historiques, bourses records, Ali a redynamisé l’industrie de la boxe et gagné plus d’argent que n’importe quel athlète de son temps.
L’Equipe
04/06/2016

Au début des années 60, nombre de vedettes ont raccroché les gants : Joe Louis, Rocky Marciano, Jake La Motta… Tandis qu’à chaque combat, Archie Moore et Sugar Ray Robinson se rapprochent de la fin, un certain Cassius Clay court déjà les cabarets de Greenwich Village à New York, criant à qui veut l’entendre qu’il est le plus fort. Avec son grand caquet, le jeune champion olympique est une aubaine pour les promoteurs. Un produit à fort potentiel, dans une industrie où un bon direct du gauche ne suffit plus.

A ses débuts chez les professionnels, Clay est pris en charge par un conglomérat d’homme d’affaires blancs de Louisville, avides de futures retombées économiques. Outre une prime à la signature de 10 000 dollars, il touche un salaire mensuel de près de 300 dollars. A mesure qu’il gravit les échelons, ses cachets explosent. A 22 ans, sa bourse pour affronter Sonny Liston s’élève à 600 000 dollars.

Record au Madison
Champion du monde, Ali fait marcher la planche à billets. En 1965, pour retrouver Floyd Patterson, il touche 800 000 dollars. Face à lui, ses adversaires encaissent les plus grosses sommes de leur carrière, 180 000 marks pour l’Allemand Juergen Blin (1971), 65 000 dollars pour George Chuvalo, lors de leur revanche (1972).

En mars 1971, le premier duel d’Ali face à Frazier, disputé au Madison Square Garden (défaite d’Ali par décision), va briser tous les records. A la clé : 2,5 millions de dollars pour chacun des boxeurs, la plus grosse bourse jamais perçue par un athlète à l’époque. Avant 1971, d’autres duels avaient porté l’étiquette de «combat du siècle», comme le Jack Dempsey-Georges Carpentier de 1921. Mais aucun des protagonistes n’avait alors approché pareil revenu.

Droit d’entrée
Retransmis dans plus de 50 pays, le duel Ali-Frazier I attire près de 300 millions de téléspectateurs. Au Canada et dans tous les Etats-Unis, cinémas et salles de spectacle projettent les images en circuit fermé, avec un droit d’entrée entre cinq et quinze dollars. Durant toute sa carrière, Mohamed Ali est une attraction majeure du circuit fermé, et participe à son évolution.

La construction d’un mythe

En 1975, le premier combat retransmis en «pay-per-view», retransmission payante à domicile aujourd’hui de rigueur pour les grands combats, est le «Thrilla in Manilla», troisième et dernier épisode de la trilogie Ali-Frazier.

Cinq millions de dollars face à Foreman, huit contre Larry Holmes (escroqué par le promoteur Don King, il n’en touchera finalement que sept), Mohamed Ali a brisé tous les records de bourse et d’audience. Et ouvert la voie à des boxeurs comme Floyd « Money » Mayweather, l’athlète le mieux payé au monde en 2014 selon Forbes, avec 105 millions de dollars de revenus.

Sources : archives L’Equipe et Alias Ali, de Frédéric Roux

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Ali La révolution technique de Mohamed Ali

Par sa vitesse, son jeu de jambes et ses esquives d’un temps nouveau, Mohamed Ali, mort vendredi, a inspiré des générations de boxeurs.
L’Equipe
04/06/2016
Mains basses, menton au vent. La vitesse d’un welter et la frappe d’un lourd. Au début des années 60, le style d’Ali est une parfaite hérésie. Campé derrière un excellent jab (le direct du bras avant), il boxe sur le reculoir, élude les frappes par ses mouvements de buste. «Il n’a sans doute pas le punch de Louis et Marciano, écrit George Peeters, envoyé spécial de L’Equipe après la victoire d’Ali face à Henry Cooper, en 1966. Mais sa morphologie, sa classe et surtout sa prodigieuse mobilité lui ont permis de créer une sorte de style, un jeu sans précédent chez les hommes de son poids et où l’intelligence affleure à chaque geste.»
Sans être un grand puncher, Ali épuise ses adversaires par des séries précises et incessantes. Mais à boxer les mains basses, sa carrière a souvent frôlé le désastre. Face à Sonny Banks, lors de son 11e combat, Clay, sonné par un crochet gauche, goûte le tapis à la 1ere reprise. Un an plus tard, face à Henry Cooper (1964), il est sauvé par le gong à la 4e reprise.

Les reins qui saignent

Aérien, Ali est mal à l’aise quand son adversaire parvient à l’approcher et travailler au corps, annihilant ainsi ses avantages d’allonge et de taille. «Après notre deuxième combat (1966), Ali a été emmené à l’hôpital à Toronto avec les reins qui saignaient, se souvient George Chuvalo dans les colonnes de Ring Magazine. Moi, je suis allé danser avec ma femme.»

«Malgré toutes ses qualités de boxeur, Ali a survécu à de nombreux moments difficiles en étant un grand bluffeur, poursuit Chuvalo. Il était dur à toucher, et quand vous arriviez enfin à l’atteindre, il se montrait plus intelligent… Vous pouviez lui faire mal et ne jamais vous en rendre compte. De son propre aveu, je l’ai mis en difficulté une fois ou deux, mais je ne m’en suis jamais rendu compte.»

Encaisseur sur le tard

Après trois ans d’inactivité (1967-1970), conséquence de son refus d’aller au Vietnam, Ali ne sera plus jamais le même. A 27 ans, l’homme qui «vole comme un papillon» et «pique comme l’abeille» n’est plus qu’un lointain souvenir. Plus statique, Ali se découvre alors des qualités d’encaisseur insoupçonnées. Alors qu’il survolait ses combats, il semble pour la première fois vulnérable.

Un an après son retour, Joe Frazier lui inflige sa première défaite sur un ring (1971). Deux ans plus tard, il est battu par Ken Norton, un «amateur» qui lui brise la mâchoire. De son propre aveu, nombre des défaites d’Ali sont dues à un manque de sérieux dans ses préparations. Comme celle face à Leon Spinks (1978), seul boxeur à l’avoir jamais détrôné de son titre, qui disputait alors son huitième combat professionnel…

Le Concorde de la boxe

L’arrogance d’Ali l’a autant desservi qu’elle l’a sublimé. Sa victoire face à Foreman restera à jamais un chef-d’œuvre d’intelligence. A lui seul, Ali représente l’âge d’or des poids lourds. Tous les autres ont végété dans son ombre, ou pris la lumière en l’affrontant.
Sorti en 2014, le documentaire I am Ali laisse entendre le champion, articulant difficilement. «J’étais le Concorde de la boxe, au-dessus de tout le monde. J’allais plus vite que les autres… Mais on ne peut pas rester au sommet indéfiniment.» A la fin de sa carrière, il n’est plus qu’une coquille vide et n’a que son courage à opposer à ses adversaires. Face à Larry Holmes (1980), il est brisé, roué de coups pendant dix reprises et arrêté par son coin ; l’Amérique voit s’éteindre une légende sous ses yeux. Trois mois plus tôt, lors d’un examen médical pour obtenir sa licence de boxe, Ali avait peiné à se tenir debout sur un pied…
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Mohamed Ali, «The Greatest», est mort
Jean-Charles Bares

L’Equipe

04/06/2016

Mohamed Ali s’est éteint à l’âge de 74 ans, vendredi à Phoenix, en Arizona. Champion olympique, champion du monde à trois reprises, il aura régné sur l’âge d’or des poids lourds et forgé sa légende par ses luttes et ses engagements en dehors du ring.

L’immense champion de boxe Mohamed Ali est décédé vendredi soir à Phoenix, à l’âge de 74 ans, selon NBC, citant un porte-parole de la famille. Hospitalisé depuis jeudi pour des problèmes respiratoires, l’ancien triple champion du monde de boxe et champion olympique 1960 a succombé à des problèmes respiratoires. Sa famille avait annoncé précédemment que le traitement de son état était rendu plus difficile par la maladie de Parkinson dont il souffrait depuis trois décennies.

A la croisée du mythe et du scénario hollywoodien, la vie de Cassius Clay – le nom d’origine de Mohamed Ali – bascule sur un banal larcin. Et qui sait, celle-ci aurait été sans doute radicalement différente si, cet après-midi d’automne 1954, parti s’empiffrer de pop-corn, l’étourdi n’avait pas laissé son vélo tout neuf à la merci du premier voleur de passage. Vexé, le jeune Clay veut en découdre et se rend dans une salle de boxe. Douze ans, quarante kilos tout mouillé, mais déjà plein d’aplomb. «Ce gars est foutu, je vais le terminer à la première reprise», prédit-il à la gazette locale avant son premier combat.

Fils d’une famille modeste, Clay grandit à Louisville, cité industrielle du Kentucky déchirée par la ségrégation raciale. Plus à l’aise sur les rings que sur les bancs de l’école, il remporte, en 1959, le prestigieux tournoi des Golden Gloves. A Rome, l’année suivante, il surpasse sa peur de l’avion pour s’adjuger l’or olympique, chez les mi-lourds. Après une centaine de rencontres amateurs, le phénomène passe professionnel à 18 ans sous la tutelle d’Angelo Dundee, son homme de coin de toujours.

Spectaculaire, par son jeu de jambes et ses esquives d’un temps nouveau, Clay monte rapidement dans la hiérarchie des poids lourds. A peine quatre combats à son actif, il ridiculise Ingemar Johansson, ex-roi de la catégorie, lors d’une séance de sparring. Insolent, il déclame, parfois en vers, des odes à son talent devant la presse qui se délecte. En 1962, il envoie au tapis Archie Moore, ancien champion du monde des mi-lourds. Un an plus tard, il triomphe d’Henry Cooper à Wembley et s’offre une chance mondiale face à Sonny Liston.

De Cassius Clay à Mohamed Ali
«Tout le monde pensait que Sonny lui fermerait sa grande gueule et le renverrait à Louisville dans un linceul», résume Nigel Collins, journaliste américain, cité par Frédéric Roux dans Alias Ali. Trop jeune, trop tendre, les bookmakers donnent Clay perdant à 7 contre 1 ; même L’Equipe parle du «championnat du monde le plus commercial» jamais mis sur pied.

Ce 25 février 1964, le sacre de Clay est escorté par la controverse : Liston, invoquant une blessure à l’épaule, abandonne sur son tabouret. «Je suis le plus grand… J’ai choqué le monde !», s’exclame alors le vainqueur, hystérique face à la presse. Des archives du FBI déclassifiées en 2014 tendent à accréditer les suspicions de fraude. Les mêmes doutes naîtront de la revanche, remportée par Clay un an plus tard sur une droite anodine, le tristement célèbre « coup de poing fantôme ».

Fort de son titre, Clay annonce sa conversion à l’islam et prend le nom de Mohamed Ali. Il s’affiche au coté de Malcom X et Elijah Muhammad, leaders de la Nation de l’Islam, un groupuscule sectaire afro-américain qui prêche la haine des Blancs et la séparation des races. Dès lors, plus qu’il n’amuse, Ali divise et cristallise les peurs de l’Amérique blanche. Sa déclaration sur le Vietnam, alors que les États-Unis y sont en guerre – «je n’ai rien contre le Vietcong, aucun Vietnamien ne m’a jamais traité de nègre» – lui vaut l’opprobre des patriotes. Le fossé avec le public se creuse, ses victoires ne font plus recette. Le refus de son incorporation, en 1967, entraîne la perte de son titre. Le début d’un exil de trois ans et demi loin des rings.

Exil et reconquête
Malgré sa condamnation à cinq ans de prison, Ali reste un homme libre ; héros de la jeunesse pacifiste, le champion déchu enchaîne les conférences universitaires, joue dans une pièce à Broadway, ou vend ses talents comme sparring-partner. Blanchi par la Cour suprême en 1970, il perd quatorze kilos, revient sur le ring et surclasse Jerry Quarry. En son absence, Joe Frazier s’est imposé en patron des poids lourds. Leur premier duel, vendu par le promoteur Don King comme le «combat du siècle» (1971), se solde par la première défaite d’Ali et la naissance d’une rivalité immuable.

Pour Ali, la reconquête de son titre passera par le Zaïre, sous la bienveillance financière du dictateur Mobutu. Dans la moiteur de Kinshasa, le 30 octobre 1974, il fait tomber George Foreman au 8e round du fameux «Rumble in the jungle». Le sommet de sa gloire, mais aussi le seuil de son déclin. Un an plus tard, Manille verra la dernière étincelle de son talent. Dans un des combats les plus violents de l’histoire, Ali scelle par une victoire l’épilogue de sa trilogie avec Joe Frazier (Ali a remporté la revanche en 1974). «J’ai vraiment eu le sentiment que j’approchais de la mort», confiait-il à L’Equipe en 2001.

Déchéance
Orgueil ou inconscience, Ali enchaîne alors les combats de trop. Dernier baroud d’honneur, il reprend son titre à Leon Spinks, qui l’avait détrôné en 1978. Quand il capitule face à Larry Holmes, deux ans plus tard, Ali n’est plus que l’ombre du champion qu’il a été. Il tire sa révérence sur une ultime défaite l’année suivante, dans l’indifférence générale. Dès 1984, les premiers symptômes de la maladie de Parkinson apparaissent.

Loin des lumières du ring, Ali n’en reste pas moins sur le devant de la scène. Réhabilité depuis sa prise de distance avec la Nation de l’Islam, il est reçu à la Maison Blanche par Gerald Ford et honoré par George W. Bush. En 1990, aux prémices de la Guerre du Golfe, il se rend à Bagdad et obtient de Saddam Hussein la libération de 15 otages américains. Sous le poids de la maladie, sa déchéance physique s’accentue ; ses sorties publiques se font de plus en plus rares. L’image d’Ali, vieux avant l’âge, tremblant pour allumer la flamme olympique d’Atlanta, en 1996, bouleverse le monde entier.

Plus qu’un athlète, une icône culturelle, une force sociale et politique. Brillant, naïf, charmeur, impertinent, Ali laisse tant de visages de lui-même et de facéties qu’il est presque impossible de percer l’homme. Devenu le visage des malades de Parkinson, il n’avait cessé de s’engager pour la recherche contre la maladie. Digne face à son déclin, alors que l’avancée du syndrome le privait peu à peu d’élocution. Triste ironie de voir le plus grand hâbleur de l’histoire du sport réduit au silence. Reste une maxime, répétée à l’envi. L’épitaphe d’une vie de luttes, de conquêtes amoureuses et d’investissements douteux. «Les gens humbles ne vont jamais très loin.»

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Obama, Don King, Tyson… Pluie d’hommages pour « le grand » Mohamed Ali

L’Express avec AFP
04/06/2016

De nombreuses personnalités ont rendu hommage au triple champion du monde de boxe, mort dans la nuit de vendredi à l’âge de 74 ans, dont le président américain, mais aussi de nombreux sportifs de renom.

Le président des Etats-Unis Barack Obama a rendu ce samedi un hommage appuyé et émouvant au boxeur de légende Mohamed Ali, décédé vendredi, saluant un homme qui a « secoué le monde » et « s’est battu pour ce qui était juste ».

« Son combat en dehors du ring lui a coûté son titre, lui a valu nombre d’ennemis. Mais Ali a tenu bon », a souligné le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis, dans un texte à la tonalité très personnelle. « Il a été aux côtés de (Martin Luther) King et (Nelson) Mandela, il s’est élevé quand c’était difficile, il a parlé quand d’autres ne le faisaient pas », a-t-il poursuivi, évoquant l’implication de « The Greatest » dans la lutte pour les droits civiques. « Mais ce qui faisait de lui le plus grand, quelqu’un de complètement à part, est que tous les autres vous disaient la même chose », a souligné Barack Obama dans un texte à la tonalité très personnelle.

George Foreman, ancien champion du monde des lourds, battu par Ali dans l’un des combats les plus célèbres de l’histoire The Rumble in the Jungle, a de son côté déclaré, sur son compte Twitter: « Ali, Frazier et Foreman, nous ne faisions qu’un. Une partie de moi s’en est allée, la plus grande partie ».
« Nous avons perdu une légende, un héros et un grand homme. Il est l’un de ceux qui m’ont ouvert la voie pour que je devienne celui que je suis. Les mots sont insuffisants pour dire ce que Mohamed Ali a fait pour notre sport. Personnellement, ce qu’il m’a montré, c’est qu’il ne faut jamais avoir peur, jamais arrêter de croire et jamais se contenter de moins », a déclaré Floyd Mayweather, ancien champion des welters, invaincu en 49 combats et jeune retraité.
Dans un autre message, rédigé cette fois sur son compte Instagram, Floyd Mayweather a également déploré la perte d’une « vraie légende » et d’un « héros dans tous les sens du terme ».

Mohamed Ali ne mourra jamais

Pour Evander Holyfield, ancien champion du monde des lourds, la mort d’Ali est « une perte énorme. Je voulais être comme lui, il m’a inspiré ».

Et pour Don King, promoteur du Rumble in the Jungle, Ali était « quelqu’un de merveilleux, pas seulement comme boxeur mais comme être humain, comme icône. Mohamed Ali ne mourra jamais, il est comme Martin Luther King. Son esprit vivra à jamais ».

« Un modèle pour tous les jeunes »

La pluie d’hommage ne s’est pas arrêtée là. Oscar de la Hoya, ancien champion sacré dans six catégories différentes, désormais promoteur, a lui aussi regretté la perte de l’ancien champion. « Il est celui qui a propulsé la boxe dans son âge d’or et rendu populaire notre sport. Ali incarnait le courage, il n’a jamais choisi la facilité, que ce soit sur les rings de boxe et en dehors. Au moment de célébrer sa vie, il faut se souvenir qu’il a toujours cherché la grandeur dans tout ce qu’il a fait », a-t-il expliqué.
Même Donald Trump, le candidat républicain à la Maison blanche qui s’est récemment fait (re)remarquer pour ses déclarations racistes, a tenu à saluer, « Un véritable grand champion et un homme merveilleux ».

Tout comme l’ancien président des Etats-Unis Bill Clinton. « Hillary [son épouse, candidate à la Maison blanche, NDLR] et moi sommes profondément attristés par la disparition de Mohamed Ali. (…) Nous l’avons vu grandir, passant de l’assurance impétueuse de la jeunesse et du succès à un âge adulte empli de religion et de convictions politiques qui l’ont mené à faire des choix difficiles et à en assumer les conséquences. (…) En chemin, nous l’avons vu courageux sur le ring, offrir un modèle aux jeunes, plein de compassion envers ceux qui étaient dans le besoin, et fort et plein d’humour face à ses problèmes de santé », a-t-il écrit dans un communiqué publié sur le site de la Clinton Foundation.

« Nous avons perdu un géant, la boxe a beaucoup profité des talents de Mohamed Ali, mais pas autant que les hommes de son humanité », a résumé Manny Pacquiao, légende philippine de la boxe.

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Disparition

Mohamed Ali, mort d’une légende de la boxe

Guillaume Gendron
Libération
4 juin 2016 

«The Greatest» est décédé à Phoenix à l’âge de 74 ans, terrassé par Parkinson. Vedette planétaire à la verve cinglante, Ali a révolutionné son sport et envahi les champs politique, médiatique et culturel.

Ding. Dernière reprise, l’arbitre à la grande faux arrête le combat. Ali s’en est allé. Celui qui se disait «si méchant qu’il rend la médecine malade» et ne s’était jamais écroulé avant le gong a dû se résoudre à la finitude des choses. Mais «The Greatest», le plus grand, dans sa deuxième vie d’ex-boxeur rongé par la maladie, s’est accroché. Longtemps. Au-delà de ce qu’on prétendait possible ou raisonnable. Comme il l’avait fait sur le ring à Manille, en 1975, au bout des 14 rounds les plus violents de l’histoire de la boxe face à l’ennemi juré Frazier; ou même dans la défaite, debout malgré sa mâchoire en vrac, en 1973 contre l’oublié Ken Norton. Plus longtemps en tout cas que ce que n’importe quel neurologue aurait prédit, puisque la médecine l’avait déjà enterré debout, le cerveau en miette, au début des années 80.

Hospitalisé à Phoenix (Arizona) depuis jeudi pour des «problèmes respiratoires» annoncés dans un premier temps comme relativement bénins, l’icône pugilistique a vu son état se détériorer dès le lendemain. Vendredi, des «proches» cités par le tabloïd le New York Post et l’agence AP ont confié sous couvert de l’anonymat que la légende était en fait sous assistance respiratoire, au plus mal. Sa mort a été annoncée tôt ce samedi par sa famille dans un communiqué: «Après un combat de trente deux ans contre la maladie de Parkinson, Mohamed Ali est décédé à l’âge de 74 ans», a annoncé son porte-parole Bob Gunnell.

Avec Mohamed Ali disparaît la première vedette à notoriété globale et absolue –le sportif le plus photogénique du XXsiècle fut longtemps le visage le plus reconnu de la planète. Les Beatles étaient peut-être les premières stars planétaires (ou, plus justement, du monde occidental) mais Ali seul était connu de tous, Noir ou Blanc, habitant du tiers-monde ou Américain repu. Avant de devenir l’astre mort vaguement sanctifié des trois dernières décennies, condamné au silence et aux tremblements par Parkinson, le boxeur était tout à la fois: l’athlète ultime, le corps politique, le gentil et le méchant, la radicalité et l’œcuménisme.

Dans une catégorie où il a longtemps s’agit d’être le plus dur, Ali a révolutionné la boxe des lourds en devenant le plus intelligent. Conteur de sa geste allant jusqu’à jouer son propre rôle dans son biopic (The Greatest, 1977), promoteur à la verve inégalée, Ali le rimailleur impénitent a inventé le trash talk, l’insulte comme premier jab. Héraut de la fierté noire des années 60, l’activiste a imposé sa célébrité omnipotente et envahi tous les champs: sportif, politique, médiatique, culturel. Manipulateur roublard mais sincère, il a transcendé tout événement le touchant en histoire (avec et sans majuscule), qu’il s’agisse de multiplier les «combats du siècle» ou de libérer des otages à Bagdad en pleine guerre du Golfe. «La plus grande attraction du monde depuis l’invention du cinéma parlant», dixit l’intéressé, est aussi l’une des premières figures de subversion pop, dont le seul égal est Che Guevara – en témoignent leurs effigies respectives encore affichées dans nombre chambres d’ados.

De Louisville à l’or olympique

Louisville, Kentucky, le 17 janvier 1942. On doit sortir le gamin au forceps tant sa tête est grosse. L’aîné des Clay (il aura un frère cadet) reçoit le nom de son père, Cassius, peintre en bâtiment. Sa mère, Odessa, est domestique. L’enfant est élevé dans l’effroi causé par le lynchage d’Emmet Till, ce double de son âge sauvagement assassiné dans le Mississippi en 1955. Car si Louisville n’est pas l’Alabama, la métropole à cheval entre Midwest ouvrier et Sud raciste applique la ségrégation raciale et Clay se verra refuser plus d’un repas dans les dinners locaux. La légende veut que Cassius Clay se mette à la boxe après la disparition de son vélo. Il a 12 ans et jure d’aller «botter le cul» du voleur, peu importe qui. Joe E. Martin, flic blanc et entraîneur local lui conseille d’apprendre à cogner d’abord. Six ans plus tard, Martin voit son poulain emporter l’or chez les mi-lourds aux Jeux olympiques de Rome en 1960. Cassius Clay a 18 ans, il est temps de passer pro. 1,91 mètre sous la toise et une allonge de quasiment 2 mètres, le visage poupon, «l’insolent de Louisville» comme on l’appelle alors, ne perd aucun combat et boxe comme un poids coq –tout en esquives et piques précises. Le papillon et la guêpe.

Quatre ans plus tard, Sonny Liston, machine à démolir qui a appris la boxe à l’ombre lui offre sa chance de décrocher le titre de champion du monde des poids lourds. La stupeur emplit la salle bondée de Miami le 25 février 1964 quand «l’ours» Liston reste assis sur son tabouret à la sixième reprise, prétexte une douleur à l’épaule et abandonne son titre à un frêle gamin au visage intact. La thèse d’un combat arrangé, fortement étayée par une note retrouvée dans les archives du FBI en 2014, plane encore aujourd’hui… Aux premières loges, un leader noir et rouquin en costume immaculé, lunettes sévères de prof de fac sur le nez, assiste dans le brouillard des fumées de cigares à la naissance d’un phénomène. Le lendemain, Clay annonce qu’il devient Cassius X, effaçant à jamais son «nom d’esclave», comme l’avait fait avant lui Malcolm X, l’homme discret au bord du ring, «conseiller spirituel» du nouveau champion du monde des poids lourds et porte-voix en disgrâce des Black Muslims.

L’acte de naissance d’Ali

Les deux hommes se connaissent en fait depuis 1962, et ça fait un moment que Clay garde le secret sur ses accointances avec la Nation of Islam, mouvement afro-nationaliste qui file les pires suées à l’Amérique, du FBI à Martin Luther King. Pieux mais non-moins ambitieux, Clay savait qu’il ne deviendrait jamais un challenger s’il affichait ouvertement ses attaches à un groupe si sulfureux. Maintenant champion, il peut bien faire ce qu’il veut, et, un mois après sa double victoire (contre Liston, contre l’Amérique blanche), Cassius X devient Mohamed Ali. Et oublie Malcolm X, renié par les siens et assassiné l’année suivante.

Ali et Liston s’affrontent à nouveau en 1965, dans un bled du Maine –aucune ville majeure ne voulait prendre le risque d’organiser ce combat entre un nationaliste noir dont l’ex-mentor vient d’être dessoudé et un ancien taulard présumé lié à la mafia. Liston s’écroule en deux minutes, touché par un coup si subtil (pichenette disent les uns, «punch fantôme» jurent les autres) que personne ou presque de ne l’a vu. Le public crie «chiqué!». Peu importe, la photo de Neil Leifer est belle et restera gravée dans les mémoires: Ali, bras replié comme s’il promettait une nouvelle trempe, hurle à Liston, étalé les bras ouverts, de se relever. «L’herbe pousse, les oiseaux volent, les vagues mouillent le sable. Moi, je tabasse des gens», se gargarise un Ali toujours plus outrancier, toujours plus narcissique. La légende demande qu’on l’alimente, et l’acte II se joue hors du ring.

«Je n’ai rien contre les Vietcongs»

En 1967, Ali refuse de rejoindre la jeunesse américaine qui se bousille dans une guerre sans fin et sans but au Vietnam. «Je n’ai rien contre les Vietcongs. Aucun Vietcong ne m’a traité de nègre…» se justifie-t-il, invoquant sa religion et sa conscience. La World Boxing Association lui retire son titre, les Etats ses permis de boxer. L’armée le condamne à cinq années de prison, il fait appel. Libre mais interdit de combattre, il l’emporte finalement devant la Cour suprême en 1971, mais ses meilleures années d’athlète sont derrière lui. Reste qu’en quatre ans, inflexible et éloquent, Ali est devenu une figure incontestée de la contre-culture, adorée dans les ghettos comme dans les facs où il vient discourir sur le racisme et le pacifisme.

Entre-temps, un nouveau champion a émergé, invaincu, comme lui, champion olympique, comme lui: Joe Frazier. Celui-ci s’est démené en coulisse, allant jusqu’à supplier le président Nixon (pas encore impeached) pour qu’Ali, qu’il considère comme son rival naturel, retrouve le chemin du ring. Ali lui en sera tout sauf reconnaissant, transformant Frazier le fils de métayer de Caroline du Sud en «Oncle Tom», traître à sa race, dans une démarche qui tient autant de l’idéologie que du marketing –il s’agit toujours avec Ali de dramatiser les enjeux.

Le 8 mars 1971, les deux hommes qui se vouent désormais une haine évidente s’affrontent dans l’enceinte du Madison Square Garden de New York pour le «combat du siècle» –et une bourse de 5 millions de dollars. Un record, évidemment. Autre première: Ali va au tapis, allongé par un crochet du gauche rageur de Frazier. Mais il se relève. Le combat se poursuit jusqu’à la décision des arbitres. Frazier gagne nettement aux points, n’en déplaise à Ali, qui n’accepte pas la défaite. Après deux victoires pour se remettre en selle (contre Ellis et Patterson), Ali se fait briser la mâchoire par Ken Norton en 1973. L’Amérique blanche exulte de voir le fanfaron se faire littéralement casser la bouche. Le champion déchu part se ressourcer à Louisville, du fil de fer plein les dents et une envie terrible d’en découdre à nouveau avec Frazier, ce bon «négro» trop humble et inintelligible. Et même plus champion du monde: il a perdu son titre face à George Foreman en 1973.

Les premiers coups sont échangés sur un plateau télé en 1974, et la suite quelques jours plus tard sur le ring. Victoire sans éclat d’Ali, mais qui lui permet d’être le challenger naturel de Foreman. Pour le vaincre, Ali le boxeur virevoltant, garde basse et menton haut des débuts va devoir se muer en stratège dur au mal, qui encaisse les coups malgré ses arcades toujours lisses en attendant de trouver la faille, en embuscade.

Le rendez-vous de Kinshasa

Hors du ring, le cirque Ali grandit exponentiellement, l’argent aussitôt gagné s’évanouit. Un entourage pléthorique l’accompagne, il entretient deux ex-femmes, couve son épouse –la tempétueuse et ceinture noire de karaté Belinda, épousé à 17 ans en 1967– et ses maîtresses. Il a huit enfants, une ferme dans le Michigan, un palace à Chicago, une villa à Los Angeles et un camp d’entraînement en Pennsylvanie, des Cadillac de toutes les couleurs… Son manager, Herbert Mohamed, trouve une ficelle pour rentabiliser la marque: l’export diplomatique, résumé dans un haïku: «invitez Ali à combattre / et votre pays sera sous les projecteurs du monde entier» (1). C’est ainsi qu’avec l’entregent du promoteur mégalo Don King, Ali débarque à Kinshasa en 1974 pour retrouver son dû, flanqué de James Brown, B.B. King et Norman Mailer (entre autres) pour défier George Foreman devant Mobutu, qui a allongé 10 millions de dollars pour l’occasion, et n’a pas peur de ruiner le pays pour accommoder les deux boxeurs.

Ali est accueilli comme un dieu vivant, joue la carte de l’icône panafricaine face à Foreman (25 ans, dans la force de l’âge et invaincu) qu’il façonne en nouvel avatar de l’Oncle Tom, son ennemi favori. Les Zaïrois crient «Ali Bomayé» («Ali tue le») dans les rues, Foreman devient parano et le dictateur à la toque en léopard biche: le «Rumble into the Jungle» («la baston dans la jungle») est «le plus grand événement sportif du XXsiècle». C’était le but. Tout au long du combat, Foreman travaille au corps Ali, réfugié dans les cordes. «Une sauterelle accrochée à son roseau dans la tempête», écrit Mailer. Toujours à la frontière de la ruse et de la fourberie, l’entraîneur d’Ali, Angelo Dundee, a un tantinet détendu les cordes pour permettre à Ali d’y rebondir et d’esquiver –le fameux rope-a-dope (l’«enroule-gogo»). Sous la tempête tropicale, le coup de tonnerre a lieu sur le ring: Ali se réveille au huitième round quand il sent Foreman rincé et le met KO. Ali est à nouveau et plus que jamais «le plus grand».

Trash à Manille

L’année suivante, il pose son dernier jalon mythologique chez un autre autocrate exotique. La belle entre Frazier et Ali a lieu aux Philippines, alors sous la loi martiale décrétée par le président Ferdinand Marcos. A Manille, Ali pousse la dégueulasserie de son trash talk dans ses derniers retranchements. Agitant un singe en plastique devant les journalistes, il compare constamment Frazier à un gorille repoussant, insiste sur ses traits fins en comparaison avec le visage censément simiesque de son adversaire. Ali, bien plus tard, s’en excusera. Frazier ne pardonnera jamais. Le combat est une violence inouïe. Au bout de 14 rounds, les deux boxeurs sont à bout physiquement: Frazier est quasiment aveugle et Ali ne veut pas y retourner, a l’impression qu’il va crever. Il demande à son coach de couper ses gants, Dundee refuse. A l’inverse, Frazier veut retourner coller des parpaings, mais pas son entraîneur, qui a peur qu’il y laisse sa peau et jette la serviette pour son combattant. Ali, chancelant, triomphe modestement.

En 1978, il perd puis regagne son titre la même année face au médiocre Leon Spinks. Il est donc triple champion du monde à 37 ans –un record de longévité que Foreman fera tomber quelques années plus tard. La suite, c’est un crépuscule interminable. Une première retraite en 1979, puis un retour sur le ring l’année suivante pour 8 millions de dollars face à Larry Holmes, son ancien sparring-partner. Holmes, qui pourtant retient ses coups et s’en veut, massacre son mentor, qui montre les plus premiers signes de la maladie de Parkinson en public. C’est le soixantième combat pro d’Ali, c’est trop. «Un suicide» en direct devant des millions de spectateurs. Toujours pour l’argent, Ali remet le couvert en 1981 face à Trevor Berbick et perd dans un simulacre de combat que beaucoup ont préféré oublier.

Une icône malade

En 1984, Mohamed Ali ne peut plus cacher l’évidence: il est «punch drunk», il a trop combattu, Parkinson l’a mis KO. La maladie a affecté ses deux plus grands atouts: ses mains, autrefois précises comme un dard, et sa voix qui n’est plus que murmure monotone. Ali est à peine quadra mais déjà un vieillard marmonnant, monolithique. Son aura est malgré tout intacte, et à l’image d’un Mandela dont même les adversaires oublient la radicalité passée, il devient une icône presque consensuelle. Fin 1990, il passe un mois à Bagdad pour tenter de négocier la libération d’otages américains, rencontre Saddam Hussein. Il repart avec quinze d’entre eux.

Le film When We Were Kings, oscar du meilleur documentaire en 1996, remet l’Ali-mania au goût du jour dans les années 90. On scande à nouveau «Ali Bomayé» dans les cours d’école. La même année, la faiblesse d’Ali tremblotant au moment d’allumer la flamme olympique à Atlanta marque les esprits tant elle contraste avec l’image de l’icône toute puissante du film. Malgré les plus hautes récompenses nationales et humanitaires (messager de la paix pour l’ONU depuis 1998), il disparaît presque complètement de la vie publique par la suite. Il sera toutefois présent lors de l’investiture de Barack Obama en 2009. Le symbole, toujours. Converti à l’islam sunnite en 1975 puis plus récemment au soufisme, Ali était pour la dernière fois sortie de sa réserve pour condamner les propos incendiaires et racistes de Donald Trump sur les musulmans.

Ali n’était pas un saint, il pouvait même carrément être un salaud –Joe Frazier en savait quelque chose-, mais il était le meilleur, et comme il le disait: «Ce n’est pas de la vantardise si tu peux le prouver.» Certaines de ses victoires ont l’odeur de soufre et le flou artistique qui font le sel du sport d’avant les ralentis à la milliseconde et autres palettes graphiques. D’autres triomphes ont la pureté incontestable de son jab, lui qui reste considéré par les spécialistes comme le poid lourd le plus rapide de tous les temps. Le plus grand, le plus cher, le plus vicieux. Une constante: Ali était hors-norme, surhumain dans tout. Forces et faiblesses comprises.

(1) «Invite Ali to fight/And your country will share the world spotlight»

Voir enfin:

The unforgiven
Muhammad Ali never had a tougher fight. Joe Frazier never felt more bitter about defeat and continues even today to hate his great rival. Thirty years after the Thrilla in Manila, America’s leading boxing writer Thomas Hauser remembers the greatest heavyweight bout of them all and discovers why Frazier thinks the ailing Ali has been ‘shut down by God’

Thomas Hauser

The Observer

4 September 2005

On 1 October 1975, Muhammad Ali and Joe Frazier entered a boxing ring in Quezon City, six miles outside Manila, the Philippines, to do battle for the third time. Ali was the odds-on favourite. The fight was scheduled for 15 rounds and began at 10:45 in the morning to accommodate closed-circuit television viewers in the United States. As it unfolded, everyone at ringside understood that they were watching greatness.

‘Joe was nowhere near the fighter he’d once been,’ Dave Wolf, a member of Frazier’s camp, would recall. ‘And neither was Ali. But as occasionally happens in boxing, their declining curves crossed at exactly the same spot. And they were so evenly matched and put so much of themselves into the fight that it was historic.’

‘What it came down to in Manila,’ Jerry Izenberg, a leading American sportswriter, says now, ‘wasn’t the heavyweight championship of the world. Ali and Frazier were fighting for something more important than that. They were fighting for the heavyweight championship of each other.’

The result was a battle of epic proportions. Jack Johnson versus Jim Jeffries and the rematch between Joe Louis and Max Schmeling were more historically significant. But no heavyweight title fight ever had more dramatic sustained action.

Ali and Frazier fought three fights that are the pyramids of boxing. Their first encounter, at Madison Square Garden in 1974, in which Frazier prevailed, was rife with social and political overtones. Muhammad evened the score at the same venue three years later in Ali-Frazier II, which was more muted, in and out of the ring. As a fist-fight, Ali-Frazier III was their greatest confrontation. The bout was the promotional creation of Don King and Bob Arum. It took place in the Philippines for one simple reason. Money. The country’s President, Ferdinand Marcos, wanted the glory that would come from presiding over the bout and saw to it that the necessary funds were made available. Not everything went smoothly. Security was tight because of insurgent political activity and early-morning roadwork conflicted with an overnight military curfew. Also, Ali caused a bit of a stir by bringing his mistress (Veronica Porche, later his third wife) to a reception at the presidential palace. Marcos referred to Veronica as Muhammad’s ‘wife’, which made Belinda Ali more than a little unhappy.

Like its predecessors, Ali-Frazier III featured two great fighters with distinctly different personalities. In one corner, Joe Frazier: a decent hard-working man with rural roots and little formal education. In the other: the most famous man on Earth. Ali, in the 1960s, was the most beautiful fighting machine ever. After beating Sonny Liston to capture the heavyweight crown in 1964, he had nine consecutive title defences before being stripped of his championship for refusing induction into the US army at the height of the war in Vietnam. During Ali’s three-year absence, Frazier knocked out Jimmy Ellis to become heavyweight champion. But it was a ‘paper’ title. Then Ali returned and, in 1971, ‘Smokin’ Joe’ defeated the former champion on points over 15 brutal rounds.

Frazier thought that, once he had beaten Ali in their first fight, he would be accorded wider respect. It never happened. Even though Joe was the undisputed heavyweight champion, Ali was still The Man as far as most black Americans were concerned.

‘Joe Frazier was an available symbol behind whom people who hated Ali could unite,’ American sports broadcaster commentator Bryant Gumbel has noted. ‘Was it Joe’s fault? Of course not. In fact, one of the sad stories to be written about that era is that Joe Frazier never got his due as a man. In some ways, he symbolised what the black man’s struggle was about far more than Ali did. But it was Joe’s misfortune to be cast as the opponent of a man who was the champion of all good things.’

After beating Ali, Frazier was dethroned by George Foreman. Then he lost a rematch on points to Ali. Following that, Muhammad journeyed to Zaire for the ‘Rumble in the Jungle’ in 1974. There he knocked out Foreman to reclaim the throne. The stage was set for Manila.

‘You have to understand the premise behind Ali-Frazier III,’ Ferdie Pacheco, Ali’s cornerman and ring physician, recalled. ‘The first fight was life and death, and Frazier won. Second fight; Ali figures him out, no problem, relatively easy victory for Ali. Then Ali beats Foreman, and Frazier’s sun sets. I don’t care what anyone says now; all of us thought that Frazier was shot. We all thought Manila was going to be an easy fight. Ali comes out, dances around, and knocks him out in eight or nine rounds.’

Wrong.

In Manila, Frazier was fuelled by pride as a fighter and by hatred for Ali. Before their first fight, Ali had branded Joe as ‘dumb’ and an ‘Uncle Tom’. In promoting Ali-Frazier II, he had called Joe ‘ignorant’ during a joint television interview, which led to an ugly studio brawl. Then, at a press conference in advance of Ali-Frazier III, Muhammad went further over the line.

The insults began with a poem:

It will be a killer

And a chiller

And a thrilla

When I get the gorilla

In Manila

Then Ali reached into his pocket, pulled out a black rubber gorilla, and announced, ‘This is the way Joe Frazier looks when you hit him.’

Ali began pummeling the gorilla. ‘Come on, gorilla,’ he taunted as Frazier glowered and the assembled media laughed. ‘We’re in Manila. Come on, gorilla; this is a thrilla.’

‘Joe Frazier is so ugly,’ Ali said, pouring more salt into the wound. ‘His mother told me that, when Joe was a little boy, every time he cried, the tears would stop, turn around, and go down the back of his head.’

‘I don’t want to knock him out,’ Frazier said afterwards. ‘I want to hurt him. If I knock him down, I’ll stand back, give him a chance to breathe. It’s his heart I want.’

The early rounds belonged to Ali. He outboxed Frazier, landing sharp clean punches, and had the challenger staggering several times. Frazier moved inexorably forward. Ali continued to pile up points. Then, in the middle rounds, the tide turned.

‘Joe Frazier’s not a great boxer,’ Ali once said. ‘But he’s a great slugger, a great street fighter, a bull fighter. He takes a lot of punches, his eyes close, and he just keeps coming.’

In Manila, Frazier kept coming. The heat was oppressive. The pace of the fight and brutality of the blows was unprecedented for heavyweight combat. ‘In the sixth round,’ Ed Schuyler, who was at ringside for the Associated Press, recalled, ‘Frazier hit Ali with a left hook that’s the hardest punch I’ve ever seen. Ali’s head turned like it was on a swivel, and his response was to look at Frazier and say, « They told me Joe Frazier was washed up ».’

‘They lied,’ Frazier countered.

In round 12, Ali regained the initiative, staggering Frazier again and measuring him for hard punishing blows. In round 13, a jolting left hand knocked Joe’s mouthpiece into the crowd. Round 14 was more of the same. Frazier was spitting blood. His left eye was completely closed and his right eye was closing. He could no longer see the punches coming.

After the 14th round, Frazier’s trainer, Eddie Futch, stopped the fight. Shortly before his death 26 years later, Futch said, with certainty in his voice: ‘To this day, some people say to me, « There were only three minutes left. Why did you stop it? » And my answer has never changed. I tell them, « I’m not a timekeeper. I’m a handler of fighters ».’

The stoppage was fortuitous for Ali. Years later, Wali Muhammad, one of Ali’s cornermen in Manila, acknowledged: ‘After the 14th, Ali came back to the corner and told us, « Cut ’em off ». That’s how tired he was. He wanted us to cut his gloves off. Angelo [Ali’s trainer] ignored him. He started wiping Ali’s face, getting him ready for the 15th. We sponged him down. I don’t know if he’d have gone out for the last round or not. Ali’s not a quitter; he’d never quit. But I’d never seen him exhausted like that before.’

‘Frazier quit just before I did,’ Ali told me in 1990. ‘I didn’t think I could fight any more.’

Ali conducted his post-fight interview while sitting on a stool in the ring. ‘I was surprised Joe had so much stamina,’ he said. ‘There was too much pressure. He’s the greatest fighter of all times next to me. This is too painful. It’s too much work. I might have a heart attack or something.’

The young Ali had been virtually untouchable. When Ali fought Cleveland Williams in 1966, in the three rounds that the fight lasted, Williams hit him only three times. In Manila, Joe Frazier bludgeoned Ali with 440 blows.

‘Ali took a beating like you’d never believe anyone could take,’ Ferdie Pacheco recalled. ‘When he said afterward that it was the closest thing he’d ever known to death – let me tell you something: if dying is that hard, I’d hate to see it coming. But Frazier took the same beating. And in the 14th round, Ali just about took his head off. I was cringing. The heat was awesome. Both men were dehydrated. The place was like a time-bomb. I thought we were close to a fatality.’

‘Ali-Frazier III was Ali-Frazier III,’ says Jerry Izenberg. ‘There’s nothing to compare it with. I’ve never witnessed anything like it. And I’ll tell you something else. Both fighters won that night, and both fighters lost.’

Neither was the same again. Ali fought 10 more times, but the speed and reflexes were gone. Ultimately, he would lose three of his last four fights, including a brutal defeat in 1980 at the hands of Larry Holmes. Frazier never won a fight after Manila. He was knocked out by George Foreman for the second time in 1976, retired, and came back in 1981 for a draw against Jumbo Cummings in his last hurrah.

Thirty years have passed since that fateful encounter in Manila. And the combatants, while linked by history, have long since gone separate ways. Ali, now 63, is still arguably the most recognisable person on the planet. His status as a world icon was confirmed by the outpouring of love that accompanied his lighting the Olympic flame in Atlanta in 1996.

Frazier, 61, owns a gym in Philadelphia. Both men have a following in the sports memorabilia market, although Ali commands higher fees. Each is in declining health. Ali’s battle with the ravages of Parkinson’s syndrome is a matter of public record. Frazier walks with a limp as a consequence of injuries sustained in a car accident. Neither man talks as clearly as he once did. But Joe’s voice is now the louder of the two and, when the subject is Ali, there is an ugly edge to what he says.

In the ring, Ali hurt people. Outside the ring, he tried not to. One of the few exceptions to the latter half of that equation was his treatment of Frazier. Outside the ring, Ali hurt Joe a lot; and Joe didn’t have the verbal skills to match him.

Ali played the race card against Frazier in a mean-spirited way. For the entertainment of white America, he labelled Joe as ugly and dumb. And at the same time, speaking to black America, he branded Frazier an Uncle Tom, turning him into an object of derision and scorn. The latter insult was particularly galling. Joe Frazier is not, and never was, an Uncle Tom. Yet to this day, there are people who think of him as a less-than-proud black man because of Ali’s diatribes.

‘One of the many paradoxes about Ali,’ says historian Randy Roberts, ‘is that he embraced an ideology that disparaged white people; yet he was never cruel to white people, only blacks. Except for occasional humorous barbs, Ali’s white opponents were treated with dignity and respect. But things got ugly with Floyd Patterson, Ernie Terrell, and Frazier. Patterson and Terrell might have asked for it because of things they said. But Joe was innocent. And to deny the cruelty of what Ali did to Joe Frazier is to continue to be cruel to Joe.’

‘I’m sure Ali has forgotten most of what he did,’ Dave Wolf observed years after he watched from Frazier’s corner in Manila. ‘But the damage he did to Joe was never undone. There were moments when Joe was so hurt and which he remembers so vividly. And Ali probably doesn’t remember them at all.’

‘You don’t do to a man what Ali did to Joe,’ says Bert Watson, Frazier’s business manager in the Eighties and Nineties. ‘Ali robbed him of who he is. To a lot of people, Joe is still ignorant, slow-speaking, dumb, and ugly. That tag never leaves him. People have only seen one Joe: the one created by Ali. If you’re a man, that’s going to get to you in a big way.’

To prove the point, Watson tells the tale of the first trip that he and Frazier took together. ‘We were driving in Florida and stopped for gas,’ he recalls. ‘We’d been talking about Ali. Right before I got out of the car to go to the bathroom, I said, « One thing you’ve got to admit; the man was a great fighter ». Anyway, I go to the bathroom, come back, and Joe is gone. I had to hitchhike to the motel where we were staying. Finally, I got there. Joe was in his room. I went in and said, « What happened? Why’d you leave me like that ». And Joe told me, « When you work for me, you don’t say nothing good about Ali ».’

Some things never change.

‘I hated Ali,’ Frazier told me 15 years ago. ‘God might not like me talking that way, but it’s in my heart. I know things would have been different for me if he hadn’t been around. I’d have gotten a lot more respect. I’d have had more appreciation from my own kind. Twenty years I’ve been fighting Ali, and I still want to take him apart piece by piece and send him back to Jesus.’

‘He shook me in Manila,’ Frazier said of their final fight. ‘We were gladiators. I didn’t ask no favours of him and he didn’t ask none of me. I don’t like him but I gotta say, in the ring, he was a man. In Manila, I hit him punches, those punches, they’d have knocked a building down. And he took ’em. He took ’em and he came back, and I got to respect that part of the man. But I sent him home worse than he came. He was the one who spoke about being nearly dead in Manila; not me.’

Joe Frazier is not a forgiving man and his bitterness continued to flow.

‘Look at him now. He’s damaged goods. I know it; you know it. Everyone knows it; they just don’t want to say. God has shut him down. He can’t talk no more because he was saying the wrong things. He was always making fun of me. I’m the dummy; I’m the one getting hit in the head. Tell me now. Him or me; which one talks worse now? He can’t talk no more and he still tries to make noise. I don’t care how the world looks at him. I see him different, and I know him better than anyone. Manila don’t matter no more. He’s finished, and I’m still here.’

Earlier this year, speaking of Ali’s current physical condition, Frazier said with satisfaction: ‘I did that to him. I’ll outlive him.’

Meanwhile, Ali has long since put down his guns. ‘Joe Frazier is a good man,’ he told me in a moment of reflection. ‘I couldn’t have done what I did without him, and he couldn’t have done what he did without me. If God ever calls me to a holy war, I want Joe Frazier fighting beside me.’

Then, looking back over his career, Ali called Frazier ‘the roughest and toughest’ opponent he’d ever faced and rated his fights as follows: ‘When I was at my best – against Cleveland Williams. The fight that meant the most to me – beating George Foreman to win the championship of the world again. And the best fight for fans – against Joe Frazier in Manila.’

· Thomas Hauser is the author of ‘Muhammad Ali: His Life and Times’, which won the 1991 William Hill Sports Book of the Year. His latest book, ‘Muhammad Ali: The Lost Legacy’, (Robson Books) will be published in October

Voir enfin:

 The Revolt of the Black Athlete

Harry Edwards

The conspicuous position of black athletes in American culture contrasted sharply with the  inferior place of African Americans as a people. Seizing upon this disparity, black activists sought  to illustrate the  issue through a number of confrontations around athletic event: Heavyweight  boxing champion Muhammad Ali, who had an nounced his conversion to the Nation of Islam and  changed his name from Cassius Clay, refused induction into the armed forces on religious  grounds  in 1967. He was stripped of his title. Ali’s case ended in a 1971 Supreme Court decision upholding  his constitutional guarantees. He did not regain the championship until 1974, however.

Not only was 1968 a presidential election year, but it was an  Olympic year as well. The Olympic  Project for Human Rights was organized to use the international spotlight of the Olympics to  highlight race problems. A number of American basket ball players joined in a boycott of the  Olympics, while track and field athl etes staged personal demonstrations on the victory stand.  Harry Edwards, black sociologist and former athlete, recounts the issues and ramifications of  these activities.

Since the time of Jesse Owens it has been presumed that any poor but rugged  youngster who was able to jump racial fences into a college haven was happy all  day long. He – the All ‐ American, the subsidized, semiprofessional racer – was  fortunate. Mostly, this is a myth. In 1960, for example, I was recruited by San  Jose State College, a prominen t « track school. » Fine things were promised.  « You’ll be accepted here, » the head coach and deans assured me.  It d eveloped  that of 16 campus fraternities (as Greek in name as Plato, who revered the  de mocracy of the Olympic Games) not one would pledge Harry  Edwards (or  anyone of color). The better restaurants were out of bou nds and social activity  was nil – I was invited nowhere outside « blood » circles. Leaving California, I  spent two years acquiring a Master’s degree at Cornell University. Returning to  San Jose State as a teacher, I knocked on door after door bearing « vacancy »  sign s, but Mr. Charley was so sorry – the rental room suddenly wasn’t available.  The end ‐ up: a cold cement ‐ floor garage, costing $75 a month. Not long after I  came to know Tommie Smith, who se 0: 19.5 is the world 220 ‐ yard record and  whom this same state college uses to impress and procure other speedsters and  footballers of his race. « I have you beat, » he said. « My wife’s pregnant. We have no  decent house. So far 13 lovely people have turned  me down. » …

During the spring months of 1968, the Olympic Committee for Human Rights, in  addition to mobilizing and counseling black athletes and students on various  campuses, had continued its drive to keep the Olympic Project for Hu man Rights  in the  forefront of public concern ….

Some athletes had to be convinced to comp ete. Typical of these were Tom mie Smith  and John Carlos. They had to be convinced that for them to boycott under the  existing circumstances would be in a vain sacrifice. For unlike Lew Alcindor, the  great black basketball star, they could easily have been replaced by Negroes more  than willing to compete for the United States ….

Undoubtedly, there would be some defections in Mexico City. But if only one  single black athlete stag ed a gesture of protest during the course of victory  ceremonies in Mexico City, the millions of oppressed black people in America  would have been remembered ….

Because of the overawing of some black athletes by the Olympic men’s track  and  field coaching staff and by Avery Brundage, it became necessary to make certain  changes with regard to the forms of protest outlined in the Statement to the Black  Power Conference. The center of the protest did not, however,  move from the  victory stand. It was decide d that each athlete would determine and carry out his  own « thing, » preferably focusing around the victory stand ceremonies. In this way,  potential repercussions from a so ‐ called « Black Power » conspiracy could be avoided  and, also, each athlete would be free to determine his own course of protest. The  results of this new strategy, devised for the most part by the athletes themselves,  were no less than revolutionary in impact ….

The first test of support for the Olympic Project for Human Rights came when  Jim  Hines and Charles Greene took the victory stand after finishing a close 1 ‐ 2 in the  100 ‐ meter dash. The two took the stand and stood stolidly, facing the flag. Neither  made so much as an utterance in protest of black degradation in America ….

Then came the victory ceremonies for the 200 ‐ meter dash. Tommie Smith the gold  medalist, and John Carlos, the bronze medalist, had made it crystal clear that they  intended to go through with their planned protest at the victory stand. Subtle  attempts at intimidating the two  had been made by members of both the U.S.  Olympic Committee and the U.S. track and field coaching staff. But Carlos and Smith  would not bend. They climbed the victory stand shoeless, each wearing a black  glove. Smith had a black scarf tied around his neck.  They were joined on the victory  stand by Peter Norman, the silver medalist from Australia, who wore the official  badge of the Olympic Project for Human Rights to underscore his support of the  black liberation struggle. The men were presented with their me dals and then each  turned toward the flag of the coun try represented by the gold medal  winner. The  U.S. National Anthem  was played. Smith and Carlos immed iately raised their gloved  flsts  and bowed their  heads. In a taped interview with Howard Cosell, Smith  explained the pair’s protest gestures. He stated, « I wore a black right ‐ hand glove and  Carlos wore the left ‐ hand glove of the same pair. My raised right hand stood for the  power in black America. Carlos’ raised left hand stood for the unity of black Amer ica.  Together they formed an arch of unity and power. The black scarf around my neck  stood for black pride. The black socks with no shoes stood for black poverty in racist  America. The totality of our effort was the regaining of black dignity. » Smith later confided to me that the gesture of the bowed head was in remembrance of the fallen  warriors in the black liberation struggle in America – Malcolm X, Martin Luther King, Jr., and others.

The impact of the protest was immediate. The U.S. Olympic Committee, acting  hastily and rashly, warned all other U.S. athletes, black and white, that « severe »  penalties would follow any further protests. Smith and Carlos were given 48 hours  to get out of Mexico and were suspended from the Olympic team.

Voir par ailleurs:

The Passion Of Muhammad Ali

When this provocative Esquire cover image was released in 1968, Muhammad Ali had been stripped of his title for refusing to be inducted into the U.S. Armed Forces and serve in the Vietnam War.

Ali, who had recently converted to the Nation Of Islam, believed that the war was against the teachings of the Holy Qur’an. As a result, he was arrested, tried and found guilty of draft evasion. The case would later be overthrown in the Supreme Court.

The idea of the cover image came from famous art director George Lois1, who decided to depict Ali as Saint Sebastian.

Lois believed that “everything you do has to be a unique surprising solution. The bigger the idea, the more shocking and memorable it will be. It’s really simple.”

One of my favorite quotes from him is that: “Creativity can solve almost any problem. The defeat of habit by originality, overcomes everything.”

With over 90 Esquire covers to his credit, Lois’s work was so influential that it was displayed at the MoMA and into this coffee book collection.

According to photographer Carl Fischer, who worked with Lois on many of his covers:

“We worked over the telephone. Lois never made layouts, never made drawings for the covers. He just had the idea of what the cover should be and he would call up and say, “We have a story about Ali and the fact that he lost his title. Why don’t we do something with him as Saint Sebastian?”

In an interview with Juxtapoz magazine, Lois described the process of connecting with Ali and his hesitancy during the shoot:

I get Ali on the phone and told him that I need him in NYC for 2 days, and he says “Gee George, I can’t…”. And I said, “Fuck you, you’re not doing anything.”

There wasn’t a fight. He had no license to fight, and he would just go to colleges and give talks. He was funny as hell.

Anyways, so I said “I’m going to take a photo of you as Saint Sebastian, blah blah blah.” And Ali says okay. I told him to bring his pretty white fucking trunks and his pretty white shoes and bring your sorry ass.

The day of the shoot, I had looked at hundreds of pictures of the great painting of Saint Sebastian and they are all really bright. But I told Ali, “I want you to pose where your body is very quiet but your head is in pain because I don’t want to show your body like that. I want to show your body strong, but your head is in pain.”

So he’s looking at this postcard of the painting and he looks at it and says, “Hey George, is he a Christian?” And I say, “Saint Sebastian… yes he’s a Christian!”

And Ali says. “George I can’t pose as a Christian.” I said, “It’s a symbolic thing. Anyone in the world can look at this thing and understand the imagery. And the imagery doesn’t say that you’re a Christian, the imagery says that you are a martyr. And what I am saying is that you a martyr to your race, you are a martyr because of the war. It’s a combination of race, religion, and war in one image, you’re symbolizing it in one image.”

And he says, “George, I can’t pose as a Christian, this is against my religion.”

I go holy shit, “Who can I talk to? He didn’t know who. And I said, “Can I talk to Elijah Muhammad? Can you get him on the phone?”

It takes about 2 minutes, but Ali gets him on the phone, so I pick up and have about a 15 minute talk about what religion am I, how old am I, etc. I’m talking to him about symbolism, how Ali is a martyr, blah blah blah. Finally, Elijah asks to speak to Ali.

Then, Ali gets off the phone with him and says, “Lets do it!”

Footnotes:

1 Lois’s most recognizable Esquire cover is probably this one of Andy Warhol. He also once put Sonny Liston in a Santa Clause outfit and explained: « If I were a black guy back then I would have been a terrorist! I showed the meanest mother fucker, the nastiest man who ever lived, scowling at the camera in a Santa Clause outfit. The last man America wants to see go down a chimney is Sonny Liston!”

photo via Newmanology

Voir enfin:

The Passion of Muhammad Ali

Leonard Shecter

Esquire
Jun 4, 2016

The ex-heavyweight champion of the world fools around in Chicago these days, more or less in exile, because he won’t go. He isn’t kidding.

It was Chicago, September, 1962, the week of the first Floyd Patterson-Sonny Liston heavyweight championship fight. The nature of the match, evil (Liston) vs. good (Patterson), had attracted an impressive delegation of the nation’s literati, among them Norman Mailer and James Baldwin. Gathering place was press headquarters, a windowless meeting room in a Loop hotel full of busy typewriters, empty glasses and chatting groups of reporters from places like Quincy, Illinois, London and Sydney. Into this gabbling scene, one late afternoon, a time when the room was usually filled, walked a large, handsome, collegiate-looking young man dressed in sport shirt, sweater and tight pants. « Gentlemen, » he shouted. « Your attention please, gentlemen. » His voice was strident, his eyes glittered and he smiled. « Is the A.P. here? » he said. He did not have to stand on his toes in order to see over everybody’s head. He just lifted his chin and looked around the crowded room. « Is the U.P.I. here? Very good. Reuters? Anybody here from Time? Nobody from Time? What about Newsweek? Fine. Very good. Gentlemen, I have a poem. But first I have to tell you that Mr. Archie Moore shook me up by inventing a new punch which he called ‘the lip-buttoner.’ I had to invent myself a new punch, too. I call it the old-age pension punch. »

There was a rumble of laughter.

« Now my poem. »

It was that night in the Coliseum That’s when I annihilated him,I gave him a lot of sand The one they call the old man;You could tell by the bombs I threw,I had left jabs to fire like pistons They were twice as rough as Liston’s;The people cry « Stop the fight! »Before Clay put out the light,He was trying to remain the great Mr. Moore For he knew Clay had predicted four;I swept that old man clean out of the ring For a good new broom sweeps up anything, Some say the greatest was Sugar Ray But they haven’t seen Cassius Clay.

He hung around the press room for a while, chatting, shouting, mugging and bragging. And when he left, it was as though somebody had cleaned out the ashtrays, cleared the cigar smoke and left the place with a feeling of open windows. He would do the same for boxing, I thought, and he would have a good time doing it.

And that’s the way it seemed to go. He knocked out old Archie Moore in the predicted four rounds and he went on to win the title. Everywhere he went there was noise and laughter and people. Once he went on television with a new poem:

Me.Wheeeee!

Then he added: « I’m very modest. »

Before his second fight with Liston he showed up with the largest entourage since King Saud brought his harem to the Waldorf Astoria. There were four sparring partners, three cooks, a valet, a chauffeur, a personal photographer, a secretary, a masseur and Stepin Fetch it (the only movie star who ever made two million dollars in Hollywood and frivoled away five million; Cassius Clay understood flamboyance). And then, of course, there was always Drew (Bundini) Brown, the man who invented Clay’s fighting slogan: Float like a butterfly, sting like a bee.

And the bus. It was fire-engine red and in letters four feet high on both sides was painted the legend: Heavyweight Champion of the World. (In this bus, he said, all the white men rode in the back.) Before his fight with George Chuvalo he drove the bus—Big Red, he called it affectionately—up to Chuvalo’s Catskill training camp and as he arrived he managed to drive it off the road. This made all the wire services, including Reuters. Anywhere he was, it was like a seventy-five-piece band had arrived.

Even after he cut back some of the noise, having won his campaign for the title, fun-and-games was all around him. Children followed him wherever he went and all over the world adults adulated him. « The only difference between me and the Pied Piper, » he once said, « is he didn’t have no Cadillac. »

And another time: « I’m so popular I have to hide. I get everything free, invitations to countries. I get letters from all kinds of kings. They want me to live in their castles. Don’t no Negro get better treatment than me. If I retired tomorrow, I can say I’ve had my fun. »

Muhammad Ali, shirtless, dressed in jeans and chukka boots, sat in the corner of his blue velvet couch. He ran his hands over his milk-chocolate torso, caressing, slapping, pinching the new flesh around his middle. The color television, set into a marble fireplace opposite him in this narrow living room, was tuned to a morning game show. He had used the remote-control gadget to turn the sound off but the animated lollipops on the screen continued their mindless charade. His eyes, big and brown, kept drifting back to the screen. He was talking about how busy he was.

« And tonight they’re having this big musical and they want me to say a few words about whatever I want to talk about. Then I got a call from this college in Hartford—I forget the name of it—and they want me up there. And some old Negro lady group in New York is going to give me an award and they want me up there on Sunday to accept that. There’s always something. Everybody wants me. »

The expression on his face turned to one of bemused pain. His handsome face, unmarked but for a thin white scar in his left eyebrow (the result of a childhood accident), is as mobile as that of a rubber puppet and he tugs and twists at it to underline emotion. When he is surprised his eyes pop out of his head and show white all around the pupil. When he is sad, his face collapses and one can almost see the tears forming. When he is happy his face glows like a pinball machine and his even white teeth gleam free games. He uses his voice the way he does his face; he never merely quotes anybody, he imitates. He drops it and whispers, he raises it to sound like a woman. He straightens up and tightens his throat and enunciates his g’s and d’s and he sounds like a white man. He is a performer and he glances often at the mirrored wall behind the fireplace to see how he’s coming across.

« It’s impossible for me to dry up and have nothing to do, » he is saying. « I mean I just don’t represent boxing. I’m taking a stand for what I believe in and being one thousand percent for the freedom of the black people. Naturally those who have the same fight, but on a smaller scale, they come to me, » and here he whispers, « ‘You speak for me, too, brother, you speak for me too. I make my money from Charley but I’m with you. Man, I just jump and shout every time I see you tell them.' » Now he raises his voice again. « So I got hundreds of places to go and talk and I’ll always have them as long as I’m talking for freedom. »

Ah, freedom. He now is free to talk. He used to be free to fight and he was something to see, the speed of him and the beauty of his motion, his huge, smooth body gliding in a ballet of boxing, his white ring shoes becoming a furry flurr. He was perhaps the best anybody has ever seen, because he had the modern athlete’s body, as swift as it was large, and no boxer ever had one like it before. But then a sergeant in a Houston Selective Service office asked him to take a step forward and he refused because, he said, he was a minister of the Muslim faith in the Nation of Islam. The boxing commission revoked his title as heavyweight champion of the world. Rumors started, around the fight business first and then in newspapers. Rumor: he was stony-broke, living on heaven knows what, and what had happened to his money? Rumor: he had earned more than two million dollars in the ring—his gross earnings as a champion were probably twice that, except that fifty percent is conceded to his managers—but his co-religionists had stolen it, extorted it, conned him out of it. Rumor: and guess who put up the $135,000 for a mosque in Miami?

« I’ll tell you one thing about that, » Muhammad Ali said. Then he told a lot of things. They poured out of him like one of his sermons, most of which he excerpts from Message to the Blackman by Elijah Muhammad, the self-anointed Messenger of Allah. « Many reporters and many people ask me, they say, ‘Champion, how you gonna live? Champion, how you eating? How you gonna make it?’ I have this to say to all the reporters and all the critics who want to know why I don’t fall and when I’m gonna fall. They seem to want to see that. The power structure seems to want to starve me out. I mean the punishment, five years in jail, ten-thousand-dollar fine, ain’t enough. They want to stop me from working, not only in the country but out of it. Not even a license to fight an exhibition for charity. And that’s in this twentieth century. You read about these things in the dictatorship countries where a man don’t go along with this thing or that and he is completely not allowed to work or to earn a decent living. So this is my position. I rely on Allah. I leave it up to Allah. I believe that there is no God but Allah and I believe Elijah Muhammad is his own true messenger and I’m standing up for my religion and my salvation. If it means suffer, if it means get out of the house, give up the cars, I’ll do it. Just give me a pair of blue jeans and a leather jacket, give me a stick with a rag on the back with some food in it and say, Get on the railroad tracks, and I will do it. I believe that Allah would lead me to a gold mine on the train. I might find a million-dollar bill. »

When he is happy his face glows like a pinball machine and his even white teeth gleam free games.

He has been saying this sort of thing for years and finally it is apparent that he believes it. He is burning with fervor. He might even believe that Allah, if not the judicial system, will save him from prison. « I am looking for Allah to do something,&nbs