Culture « woke »: Les entreprises aussi ! (Back in the USSR: Racial dysphoria goes big-buck corporate and fully confirms Chesterton’s 100-year-old prophecy of a modern world full of the old Christian virtues gone mad)

1 juillet, 2021

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I’m back in the USSR, you don’t know how lucky you are boy, back in the US, back in the US, back in the USSR. Lennon-McCartney
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Quand Freud est arrivé aux États-Unis, en voyant New York il a dit: « Je leur apporte la peste. » Il avait tort. Les Américains n’ont eu aucun mal à digérer une psychanalyse vite américanisée. Mais en 1966, nous avons vraiment apporté la peste avec Lacan et la déconstruction… du moins dans les universités! Au point que je me suis senti soudain aussi étranger à Johns Hopkins qu’à Avignon au milieu de mes amis post-surréalistes. Un an plus tard, la déconstruction était déjà à la mode. Cela me mettait mal à l’aise. C’est la raison pour laquelle je suis parti pour Buffalo en 1968. René Girard
Puisqu’on l’opprime dans sa race et à cause d’elle, c’est d’abord de sa race qu’il lui faut prendre conscience. Ceux qui, durant des siècles, ont vainement tenté, parce qu’il était  nègre, de le réduire à l’état  de  bête, il faut qu’il les oblige à le reconnaître  pour un homme. Or il n’est pas ici d’échappatoire, ni de tricherie, ni de « passage de ligne  » qu’il puisse envisager : un Juif, blanc parmi les  blancs, peut nier qu’il  soit juif, se déclarer un homme parmi les hommes. Le nègre ne peut  nier qu’il  soit  nègre ni réclamer pour lui cette abstraite humanité incolore : il est noir. Ainsi est-il acculé à l’authenticité : insulté, asservi, il se redresse, il ramasse  le  mot de « nègre » qu’on lui a  jeté comme une pierre, il se revendique  comme noir, en face du blanc, dans la fierté. L’unité finale qui rapprochera tous les opprimés  dans le même combat doit être  précédée aux colonies par ce que je nommerai le moment de la séparation ou de la négativité : ce racisme  antiraciste est le  seul chemin qui puisse  mener à l’abolition  des  différences de race. Jean-Paul Sartre (Orphée noir, 1948)
Je ne suis pas noire parce que je suis née noire, mais parce que c’est inné, cela a toujours été au fond de mon cœur. Rachel Dolezal
et nutritionniste C’était facile pour les Blancs de l’accepter en tant qu’Afro-Américaine parce qu’elle leur ressemblait, contrairement à une femme plus basanée aux cheveux crépus… De nombreuses femmes noires avaient le même message et n’ont pas reçu le même soutien. Kitara Johnson (NAACP)
J’ai essayé de m’enfuir de ma condition de Blanc et cherché à tout prix à ne pas être blanc. Je sais que ce n’est peut-être pas la bonne réaction, ou que c’est impossible, ou même que c’est un privilège de Blanc, de pouvoir essayer d’en réchapper et de faire ce qu’on veut. Converti à l’islam
Dans cent ans, ceci sera aussi commun que de se faire refaire le nez. Mais il y a toujours quelqu’un qui vient en premier. Jess Row
Si vous pouvez être transgenre, vous pouvez aussi être TRANSRACIAL. Pourquoi y a-t-il un tel double standard et une telle hypocrisie avec des gens qui me critiquent parce que je suis coréen. C’est la même chose que quelqu’un qui est né dans le mauvais corps et veut devenir un homme ou une femme. Je suis effectivement né dans le mauvais corps ! Oli London
Je sais que beaucoup de gens ne comprennent pas, mais je m’identifie en tant que coréen, je ne m’identifie pas comme britannique, et maintenant j’ai l’air coréen, je me sens coréen. (…) C’est ma culture, mon pays, (…) j’ai enfin eu le courage d’aller au bout de ma transition raciale, et j’en suis très heureux. (…) Pendant si longtemps je me suis senti prisonnier de mon corps. (…) J’ai vécu en Corée, je parle la langue (…) Si vous ne me connaissiez pas, vous penseriez que je suis coréen, et non un homme ni une femme, juste une personne. (…) J’espère que cette vidéo encouragera d’autres jeunes à toujours faire ce qui les rend heureux dans la vie, c’est mon message, soyez qui vous voulez être. Oli London
Oli London, influenceur Instagram qui s’identifie en tant que Coréen, a dépensé près de 150 000 euros pour ressembler à son idole K-Pop. Et relancé au passage les débats autour du transracialisme. Pour lui, c’était une évidence. Oli London est né dans le mauvais corps, celui d’un homme blanc britannique, alors que son moi profond est coréen. Au mois de juin, Oli London a fait son coming-out, celui d’une personne non-binaire coréenne. Après avoir subi 18 opérations de chirurgie esthétique étalées sur 8 ans pour avoir le physique le plus approchant possible de celui du chanteur Park Ji-Min du groupe BTS, il a également repris le prénom de l’artiste. Alors qu’Oli alias Ji-Min se félicite de sa transition, les critiques enflamment les réseaux sociaux et les médias, relançant les discussions autour du transracialisme. (…) Les critiques acérées pleuvent sur l’artiste qui se revendique désormais comme « le premier activiste transracial ». Oli London aka Ji-Min aurait même reçu en plus d’acerbes reproches (principalement de la part de « blancs de gauche », selon lui) des centaines de menaces de mort. En Corée, la transition fait ricaner, voire révolte franchement. Depuis plusieurs mois, Oli London est dans le collimateur de youtubeurs coréens qui accusent la jeune personne de fétichisation, d’appropriation culturelle, d’activisme performatif et d’exploitation, notamment à cause de la manière dont il présente la Corée dans ses clips. À ces critiques, Oli London oppose dans un tweet une question à laquelle il n’est guère aisé de répondre, et autour de laquelle philosophes et académiciens continuent de s’écharper. « Si vous pouvez être transgenre, vous pouvez aussi être TRANSRACIAL. » (…) En 2015, « l’affaire Dolezal » secoue les États-Unis. Au détour d’une interview filmée, le pays découvre que Rachel Dolezal, responsable d’une section locale de la NAACP, association de défense des Afro-Américains, n’est pas noire comme elle le prétend, mais blanche. Après des mois de polémique, Rachel sort en 2017 In full color, un ouvrage très mal accueilli par les communautés afro-américaines dans lequel elle affirme qu’être noire correspond à son identité. « Je ne suis pas noire parce que je suis née noire, mais parce que c’est inné, cela a toujours été au fond de mon cœur », affirme-t-elle alors. Qu’en est-il alors ? Existe-t-il réellement des personnes « transraciales », au même titre qu’il existe des personnes « transgenres », nées avec un sexe biologique qui ne correspond pas à leur identité de genre ? Comme le rappelle Slate dans son article très fouillé, la question divise, empêtrée dans des notions d’auto-identification, de doubles standards, d’héritage culturel et de privilèges. Et la réponse est loin d’être évidente, opposant frontalement journalistes, militants, sociologues et intellectuels de tous bords. En 2017 déjà, la philosophe Rebecca Tuvel avait déchaîné les foudres de 800 universitaires en publiant dans une revue académique l’article « En défense du transracialisme », rappelant que la race est de toute façon avant tout une construction sociale… Laure Coromines
Quand le monde a changé, nous avons été trop lents à réagir. Nous devions arrêter d’être ce que veulent les hommes et être ce que veulent les femmes. Je savais que nous devions changer cette marque depuis longtemps, nous n’avions simplement pas le contrôle de l’entreprise pour pouvoir le faire. Pour le moment, je ne considère pas [les Anges] comme étant culturellement pertinents. Autrefois, la marque Victoria avait un seul objectif, qui s’appelait ‘sexy’. (…) [ce qui signifiait aussi] que la marque n’a jamais célébré la fête des mères. Martin Adams
Confrères diététiciens blancs : arrêtez, s’il vous plaît, de dire que le régime méditerranéen est la façon la plus « saine » de manger. Cela confirme la suprématie blanche. Kathleen Meehan (diététicienne et nutritionniste diplômée)
Le repas français est souvent représenté comme un rituel national auquel tous les citoyens peuvent participer à égalité. [Mais] les habitudes alimentaires sont façonnées par les normes des classes moyennes supérieures blanches. Mathilde Cohen (chargée de recherche au CNRS mais également maître de conférences à l’université du Connecticut aux États-Unis)
La gastronomie française, raciste? C’est ce qu’a expliqué une chercheuse dans une intervention qui suscite depuis la polémique sur les réseaux sociaux, à l’occasion de la «semaine doctorale intensive» organisée par l’École de Droit de l’Institut d’études politiques de Paris chaque année.  (…) La « blanchité alimentaire » participerait à « renforcer la blanchité comme identité raciale dominante », en s’imposant dans la société à l’aide du droit, si l’on en croit la chercheuse. Elle appuie son raisonnement sur deux exemples: d’un côté, les cantines scolaires établies aux XIXe siècle et justifiées par « un discours racialisé et eugéniste » auraient établi les «normes blanches et chrétiennes» comme normes par défaut. De l’autre, la nationalité française aurait été accordée en fonction de « perfomances blanches » dont font partie les habitudes alimentaires. «Les administrateurs coloniaux prêtaient attention aux modes de vie des postulants, y compris leurs habitudes alimentaires: mangeaient-ils du riz ou du pain? Mangeaient-ils au sol ou attablés?», poursuit la chercheuse. «Le droit contribue à marginaliser les minorités raciales et ethnologiques en accordant à la culture alimentaire blanche française le statut de régime alimentaire privilégié et juridiquement protégé », conclut-elle. Pour terminer, Mathilde Cohen déplore que ce «problème» dépasse largement la France, car, souligne-t-elle, «la cuisine française est dans de nombreux pays un modèle de technique culinaire et de gastronomie. » Le Figaro
Ce qui est vraiment stupéfiant, c’est l’hubris qui se reflète dans le Putsch judiciaire d’aujourd’hui. Antonio Scalia
La Cour n’est pas une législature. (…) Que le mariage homosexuel soit une bonne idée ne devrait pas nous concerner mais est du ressort de la loi. John Roberts
La justice française a été longtemps considérée comme soumise au pouvoir exécutif, et il était difficile de le contester. La catastrophe des années 80 qualifiées à juste titre d’«années fric» qui a vu une corruption massive investir le champ politique, a fini par provoquer de vives réactions dans la société française. C’est le triomphe du slogan «tous pourris» et un certain nombre de magistrats, à l’image de ce qui s’est passé en Italie avec l’opération «Mani pulite», ont vu là une opportunité pour s’émanciper de la soumission au pouvoir qu’on leur reprochait. Avec l’appui de l’opinion publique mais aussi de la presse, ils ont alors lancé une offensive contre une classe politique affaiblie. Dans un contexte de crise économique, les politiques incarnaient ceux dont les privilèges étaient insupportables, et il leur était reproché, souvent à juste titre, d’entretenir des rapports élastiques avec la morale publique. Alors, dans une lutte, vouée à l’échec, de reconquête de leur crédibilité, ils ont multiplié les textes destinés à restaurer leur image, mais qui ont eu surtout pour conséquence de les exposer et de les affaiblir. Ce fut bien sûr la fameuse loi sur le financement des partis politiques adoptée en 1990, qui eut le mérite de faire reculer la corruption qui en était auparavant l’outil principal. Désormais les partis recevaient des fonds publics en proportion de leurs résultats électoraux, mais la contrepartie était celle du contrôle part des organes dédiés et surtout par le juge. Il y eut également la multiplication des textes répressifs, chaque affaire politico-financière provoquant l’adoption de nouvelles lois, de nouvelles contraintes, et de nouvelles sanctions. Le problème a été aggravé par ce que les politiques eux-mêmes n’ont pas résisté à la tentation d’instrumentaliser les affaires judiciaires contre leurs adversaires, espérant, en ces temps de recul des clivages idéologiques, en percevoir des bénéfices politiques. Dans un premier temps ce fut la droite qui joua à ce petit jeu avant que l’alternance ne la ramène au pouvoir, où elle devint la cible d’offensives méthodiques, contre Jacques Chirac d’abord puis Nicolas Sarkozy ensuite. Méthodiques, parce qu’elles bénéficiaient d’une forte présence de la «gauche» socialiste au sein de la magistrature organisée dans les deux principales organisations syndicales que sont le Syndicat de la Magistrature (SM) et l’Union Syndicale des Magistrats (USM). C’est ainsi que l’on a entendu en permanence, comme une psalmodie, la revendication de «l’indépendance», sans jamais prononcer le mot «d’impartialité» dont l’indépendance ne devrait être que le moyen. De façon très paradoxale l’autonomie conquise par la magistrature est devenue l’outil de la partialité, celle-ci étant d’ailleurs revendiquée comme l’a montré la fameuse affaire du «mur des cons». La présidence de François Hollande a été le moyen pour lui de finaliser un dispositif directement politique avec la création au moment de l’affaire Cahuzac de deux outils essentiels. D’abord le Parquet National Financier (PNF), autorité de poursuite à compétence nationale qui permet de décider sur l’ensemble du territoire, qui sera poursuivi et qui ne le sera pas. La Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) ensuite, destinataire de toutes les informations financières concernant les élus, qui peuvent s’avérer bien utiles le moment venu. La nomination à sa tête d’un ami du parti socialiste fut une jolie confirmation. (…) Il est aujourd’hui difficile de nier que François Fillon a fait l’objet d’un traitement très particulier du haut appareil judiciaire à partir du 25 janvier 2017, le jour de la publication par le Canard enchaîné d’informations relatives à l’emploi d’attachée parlementaire de son épouse Pénélope. Rappelons que l’enquête préliminaire ouverte par le PNF l’a été en fin de matinée du même jour. Difficile d’être plus rapide! En janvier 2017 les sondages donnaient François Fillon à 24 % d’intentions de vote et Emmanuel Macron à 16 %. Pendant un mois et demi, ce fut un invraisemblable tintamarre politico-judiciaire, à base de violations grossières et orientées du secret de l’enquête, de la séparation des pouvoirs, et d’initiatives judiciaires absolument fulgurantes. Aucun magistrat ou avocat de bonne foi, ne peut prétendre avoir déjà vu une affaire pénale se dérouler de cette façon. François Fillon s’est certes très mal défendu, et a contribué à sa défaite, mais il ne serait pas non plus sérieux de prétendre que sans le raid judiciaire dont il a été l’objet, le résultat eût été le même. En tout cas, de la part de ceux qui étaient à la manœuvre, probablement à l’Élysée puis dans l’appareil judiciaire, c’était bien l’objectif poursuivi. Comme Éliane Houlette ancienne patronne du PNF l’a quasiment reconnu lors de son audition par une commission parlementaire en juin 2020. Emmanuel Macron fut secrétaire général adjoint de l’Élysée avant de devenir ministre de l’économie sous François Hollande. Il était perçu par l’opinion et l’essentiel du parti socialiste comme le successeur et l’héritier de celui-ci. La mansuétude dont je parle est tout à fait établie, si l’on pense à Kader Arif ministre de Hollande mis en examen en 2014 et dont on n’a plus jamais entendu parler, Bruno Le Roux éphémère ministre de l’intérieur démissionné pour des emplois d’attachés parlementaires familiaux, lui aussi mis en examen, et disparu dans un trou noir. Mais aussi les traitements judiciaires bienveillants dont ont bénéficié Richard Ferrand, Alexis Kohler, Ismael Emelien, François Bayrou, Sylvie Goulard, Jean-Paul Delevoye, et quelques autres. Alexandre Benalla n’a, jusqu’à présent, pas eu à se plaindre des rigueurs judiciaires qui ne l’ont pas empêché de violer allègrement son contrôle judiciaire et de poursuivre ses petits business. On peut aussi constater le refus de se pencher plus précisément sur les conditions financières de la campagne d’Emmanuel Macron. (…) Il n’a pas été nécessaire de donner des ordres puisque dans son ensemble l’appareil judiciaire s’est mis au service d’Emmanuel Macron. D’abord pour son arrivée au pouvoir, et ensuite pour l’exercice de celui-ci. Rappelons les poursuites judiciaires contre ses adversaires, comme Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon en ont fait l’expérience. La mansuétude pour ses amis, et une répression de masse contre les mouvements sociaux, les gilets jaunes en savent quelque chose. Point n’est besoin pour cela d’un engagement pour un parti, mais c’est simplement l’expression d’une disponibilité idéologique et par conséquent politique pour l’actuel pouvoir en place. Incontestablement pour des raisons sociologiques et professionnelles, le corps des magistrats a des affinités avec ce pouvoir macroniste, dont on peut raisonnablement considérer qu’il rassemble le centre-droit et le centre-gauche. (…) La France est un pays hétérogène qui s’est constitué en tant que nation grâce à un État fort. La culture administrative y est traditionnellement beaucoup plus forte que la culture juridique, c’est incontestable. Une des conséquences et que l’on y préfère l’ordre à la justice. Et malheureusement ce tropisme est partagé par les magistrats qui se considèrent comme dépositaires de la protection d’un ordre plutôt que comme des arbitres chargés de trancher impartialement les contradictions qui naissent dans la société et qui leur sont soumises. La conséquence malheureuse réside dans un attachement insuffisant de l’opinion aux libertés publiques, et une méconnaissance des règles judiciaires en ce qu’elles sont d’abord là pour protéger les innocents. Ce qui explique la facilité avec laquelle on veut attribuer à la justice des objectifs et des fins qui ne sont pas les siens. Et la volonté de vouloir l’instrumentaliser. Les débats récents autour des questions de la pédophilie et de l’inceste reflètent malheureusement cette tendance. Le problème est aggravé par le fait que les élites de ce pays partagent cette culture comme le démontre l’exemple [de] l’ancienne ministre socialiste Juliette Méadel réclamant la suppression du «bénéfice du doute» en cas de délinquance sexuelle. Madame Méadel a été avocate avant de passer l’ENA, ce qui démontre que sept ans d’études juridiques et une prestation de serment ne protègent de rien… (…) Le problème est celui de la définition de la «mission sacrée» qui devrait être, il ne faut pas l’oublier, celle d’un arbitre impartial et qui a besoin par exemple en matière pénale du débat contradictoire pour se prononcer. Pour parvenir à élaborer une «vérité judiciaire» lui permettant de prendre une décision légitime. Par conséquent l’autorité de poursuite c’est-à-dire le parquet, et d’autre part les avocats devaient être perçus comme des auxiliaires de l’élaboration de cette vérité judiciaire. Dès lors qu’aujourd’hui le corps des magistrats ne se perçoit plus comme un corps d’arbitres impartiaux mais comme un outil porteur d’une responsabilité directement politique, les avocats sont de plus en plus perçus comme un obstacle. Il y a par exemple l’affaire de l’enquête secrète du PNF mettant sous surveillance une dizaine d’avocats pénalistes pendant six ans pour en témoigner. Malheureusement, de ce scandale, Éliane Houlette ancienne patronne du PNF soutenue par l’ensemble du corps a refusé catégoriquement de rendre des comptes. Il y a aussi les perquisitions dans les cabinets d’avocats devenues désormais pour certains magistrats instructeurs une pratique systématique. Et enfin n’oublions pas les attaques judiciaires directes contre ce secret professionnel des avocats réduit aujourd’hui à peau de chagrin avec l’appui de la Cour de cassation. On ne citera que le récent arrêt de la CEDH condamnant l’État français pour une décision de cette même Cour de cassation validant la diffusion par Mediapart d’une conversation enregistrée de Madame Bettencourt et de son avocat. (…) L’expérience a montré que la nomination d’un avocat comme ministre de la Justice ne garantissait pas grand chose. Et certains confrères n’ont pas laissé de souvenir marquant de leur passage place Vendôme, c’est le moins que l’on puisse dire. La nomination d’Eric Dupond Moretti à ce poste a constitué une surprise car il n’est guère apprécié par les magistrats et d’ailleurs l’affrontement n’a pas tardé. Comme l’a montré la plainte pour «prise illégale d’intérêts» déposée devant la Cour de justice de la république par deux organisations syndicales contre celui-ci. Cette réaction étonnante du refus par l’autorité judiciaire d’une décision du pouvoir exécutif a eu le mérite de démontrer l’existence de cette autonomie politique. Preuve que le soutien apporté par la justice à Emmanuel Macron dont j’ai tenté de démontrer l’existence, est le fruit non pas d’une soumission mais bien d’une connivence politique. Et que celle-ci ne lui est pas garantie dans la durée. (…) Un retour rapide sur la façon dont cette affaire s’est déroulée le démontre abondamment. Lors d’une émission le journaliste Jean-Jacques Bourdin, avait comparé le Front National à Daesh faisant vivement réagir Marine Le Pen et Gilbert Collard. Qui avaient alors, chacun de leur côté brièvement publié sur les réseaux des photos des exactions de l’organisation terroriste, assorties du commentaire: «Daesh, c’est ça!» Il s’est immédiatement trouvé un parquet pour chercher le moyen de mettre en cause judiciairement les deux parlementaires. Enquête préliminaire et ouverture d’une information judiciaire confiée à un juge du siège qui prononça prestement la mise en examen des horribles criminels. L’incrimination utilisée était celle prévue à l’article 227-24 du Code pénal, texte spécialement destiné à la protection de l’enfance! Détournement de procédure évident, qui vit le magistrat instructeur, naturellement plein de zèle, et alors que sa procédure n’en avait nul besoin, solliciter la mainlevée de l’immunité des deux parlementaires, immédiatement accordée par la majorité LREM. Puis multiplier les auditions, dont la presse était toujours la première informée, pendant la campagne de l’élection présidentielle de 2017, pour finir par faire convoquer les prévenus par un expert psychiatre chargé de déterminer si Marine Le Pen et Gilbert Collard devaient être astreints à un traitement inhibiteur de libido! Une ordonnance de non-lieu aurait mieux valu pour l’image de la justice. Mais, lutte contre un fascisme imaginaire oblige, on a assisté à un renvoi devant le tribunal correctionnel, à une audience ridicule où un parquet gêné a requis de simples amendes! Il faut ajouter que pour organiser cette manipulation, nul besoin de consignes du pouvoir. Se comportant en militants, ceux qui s’y sont livrés l’on fait spontanément. (…) Dans [la] fameuse «Affaire du siècle», l’État français a été considéré comme ayant commis une faute engageant sa responsabilité en ne respectant pas les objectifs qu’il s’était lui-même fixés en matière de la lutte contre le réchauffement climatique et pour n’avoir pas mis en œuvre les moyens afin d’y parvenir. Dans le système français, le juge administratif est chargé de contrôler les décisions de la sphère publique et dans son principe la décision rendue dans cette affaire n’est pas une première. Par exemple l’État a déjà été condamné, pour faute lourde pour n’avoir pas, interdit l’utilisation de l’amiante dès lors que les preuves scientifiques de sa dangerosité étaient indiscutables. Ou interdit les transfusions de sang non chauffé alors que l’on savait qu’il était susceptible de transmettre le virus du sida. La nouveauté avec la décision récente est que le tribunal administratif de Paris s’est donné en plus deux mois de délibéré pour prononcer des injonctions à l’égard de l’État. C’est-à-dire que le juge considère qu’il a le pouvoir de lui dire ce qu’il doit faire pour atteindre les objectifs qu’il s’est lui-même fixés. Cela change tout: si on comprend bien, la juridiction considère qu’elle ne doit pas se limiter au constat de la défaillance de l’État, mais prendre sa place pour décider les mesures à prendre. Le fait est que dans une interprétation excessive de «l’État de droit» on a enserré l’action de la puissance publique, normalement émanation de la souveraineté du peuple, dans un carcan de règles multiples qu’elles soient nationales, européennes ou internationales (par l’adhésion à des conventions du même nom).Et naturellement, cette nflation de normes qui s’imposent à l’État multiplie les possibilités d’intervention du juge, qui peut ainsi empiéter sur les prérogatives de la puissance publique. Dans la mesure où ces interventions judiciaires vont être à l’initiative de divers groupes de pressions, plus ou moins légitimes ou représentatifs, le risque de déséquilibre démocratique est réel. Régis de Castelnau
An explosion of fortune in 2020 is one of the few universal things in the amorphous industry of diversity consulting — a space as varied as its constellation of interrelated acronyms and ampersands implies. DEI and DE&I “diversity, equity, and inclusion” are more common than D&I, but many refer to the cause as I&D or DEIB (the B is for “belonging”). Portrayed by the right wing as a single-minded cult, DEI is in reality a loose federation of adherents, with a host of methodologies, competing for money and attention. DEI practitioners share a worldview — that workplaces can become more humane and just — but they are also rivals in a for-profit industry of their own making, with the same incentives of salespeople and marketers everywhere. Corporate America spends roughly $8 billion annually on diversity, according to a figure that gets passed around routinely — though that rough estimate was first cited in 2003, which means the true profitability of the market is uncharted. Certainly, after Floyd’s murder, the business became astronomically larger than ever. But instead of an industry finally coming into focus, thanks to unprecedented funding and momentum, what composes DEI feels even more dizzyingly diffuse, and its true beneficiaries remain in question. “It really is the Wild West,” Lily Zheng, a consultant in San Francisco who has amassed more than 23,000 followers on LinkedIn, tells me. “One of the major challenges of DEI is there’s no quality control. Anyone can call themselves a DEI practitioner. When your clients are these companies that are desperate to do anything and don’t quite understand how this works, ineffective DEI work can be lucrative. And we’re seeing cynicism pop up as a result, that DEI is just a shitty way in which companies burn money. And I’m like, Yeah, it can be.” If you work in an office, virtual or otherwise, chances are high you’ve been required to take a diversity-related training course. (…) There is a saying among professionals that HR is where DEI goes to die, and when they say it, they usually have something like these two characters in mind. (…) DEI consultants argue (out of self-interest, but persuasively) that the generalists in HR, tasked with organizing everything from commuter discounts to holiday parties, don’t have the skills to set norms around the most sensitive interactions in the office. (…) [It ] hearkens back to the origin of the corporate diversity movement: Title VII of the 1964 Civil Rights Act, which barred certain forms of discrimination at work. The earliest corporate training consisted of short sessions, led by HR departments, to remind managers of company policies. The goal was to protect corporations from litigation. In the late 1980s, as women and people of color entered the white-collar workforce in greater numbers, diversity efforts shifted. The advent of “sensitivity training” concerned the well-being of these newcomers in a variety of common scenarios that went beyond legal liability into the realms of appropriateness and respect. This evolution of the work required more than just knowledge of the law and gave way to a niche industry. Companies began hiring outsiders to tell them how to behave. (…) This new way of corporate thinking — that the thing called “diversity” was not a potential source of losses via litigation but rather a source of value in and of itself — led to the idea of “inclusion,” a necessary counterpart, through the late 1990s and early aughts. Companies were betting on an appeal to multicultural consumers as well as employees. Even some of the most staid institutions embraced new measures, like the NFL, whose Rooney Rule required every team with a head-coaching vacancy to interview at least one “diverse candidate.” (When the rule was instituted in 2003, there were three Black head coaches. Today, the number is still three.) Harris says that when he got started at what became Kaleidoscope, there were about 12 firms in the U.S. doing his kind of work; he estimates that there are now about 600 worldwide. In 2014, Google famously revealed its hiring data, showing dismal racial and gender disparities: 30 percent of employees globally were women, and black and Hispanic employees together made up just 5 percent of workers in the U.S. Facebook, Microsoft, and Apple soon published similarly stark numbers. The reckoning that followed, led by younger and more progressive tech workers, shaped the diversity-consulting industry as it existed when Floyd was murdered. Many contemporary DEI agencies are now focused on helping companies that profess to have progressive values live up to those ideals. This is referred to in DEI parlance as “alignment”: The idea is to jerk system operations into sync with make-the-world-better branding, like a diversity chiropractor. (…) It can be as contentious and awkward as therapy; one strategist recalls how, during a call on how bias impacts performance reviews, a white male CEO hung up when accused of potential prejudice, “like an angry teenager slamming the door on their parents.” If all goes well, the public results of consulting by Collective, for example, can look like this: A millennial media company ditches a logo that appears to feature a thin white woman. Or Peloton formalizes a structure for its employee resource groups to participate in marketing and branding discussions. The whole service, from assessment to implementation, can cost between $70,000 and $150,000. (…) Zheng can command $15,000 for a corporate speech, as can Wagner, who is hiring a publicist.(…) In August, a conservative journalist named Christopher Rufo wrote excitedly on Twitter about an “explosive” leak he had received from inside Sandia National Laboratories, a nuclear-weapons research facility in New Mexico. The documents concerned an event called “White Men’s Caucus on Eliminating Racism, Sexism, and Homophobia in Organizations” that had been conducted with Sandia’s largely white and male executives at a luxury resort. It had been led by a DEI consultancy called White Men As Full Diversity Partners. What Rufo published, under the headline “Nuclear Consequences,” was ultimately tame. There was an image showing the phrase WHITE MEN on a dry-erase board along with a word cloud of associated terms: MAGA hat, mass killings, beer, Founding Fathers, heart failure. Although Rufo referenced the participants being forced to “publicly recite” statements about their own privilege, most of the materials seem to have been generated by the participants themselves, including handwritten assessments about how much the workshop helped them feel as though they could be better people. Tucker Carlson, funneling the story into right-wing panic about critical race theory, called the event a “reeducation camp” with “mandatory Maoist struggle sessions.” Senator Josh Hawley wrote to the secretary of Energy that the material was “deeply disturbing.” President Donald Trump signed an executive order on diversity training, partly inspired by what had happened at Sandia. White Men As Full Diversity Partners is not, in reality, a shadowy cabal of fanatics. The group was founded in 1997 by two white men, Bill Proudman and Michael Welp, who had both been Outward Bound instructors for executive clients and shifted into diversity consulting. (Welp traveled to South Africa, doing ropes courses for newly integrated employees of mines, banks, and pharmaceutical companies, and later got a Ph.D.) They saw that women and nonwhite people bore the brunt of educating white men about race and gender and that there was value in white men being explicitly asked to learn on their own; it became the founding principle of their company. Though they lead all kinds of sessions for companies and not all of their consultants are white men, their best-known offering is the caucus, in which “white men rediscover their sense of mutual self-interest in a more inclusive world,” as Welp puts it. First, white men learn that they have a shared culture. (Facilitators show clips from films like Apollo 13 and Gran Torino.) They do exercises to establish empathy: Standing on one side of the room, participants take one step forward if they belong to a members-only country club but take a step back if they lived in a mobile home growing up. The company’s three-and-a-half-day program can cost north of $50,000. (…) Another horrific cycle of death, protest, and corporate spending occurred in March, when eight people, six of whom were Asian women, were shot to death in suburban Atlanta — the apex of months of anti-Asian violence. There was a rush for consultants who could translate, sometimes literally, systemic issues of oppression and bias faced by the Asian American and Pacific Islander community. “Almost everyone I know who has even the most basic knowledge of Asian American studies got trucked out on MSNBC, CNN,” says Kim Tran, an equity consultant, a community organizer, and a writer with a Ph.D. in ethnic studies. Corporations and brands seemed to react more nimbly to this spate of violence than they had to previous high-profile killings. “There’s a playbook now,” Tran says, “and it goes something like: A terrible thing happens to a marginalized community; then we put out a statement of outrage; then we do a listening session; and then we drop it until the next terrible thing.” After the shootings, Ad Age released a live blog “tracking how brands, agencies and media players are supporting AAPI communities and responding to anti-Asian sentiment.” Bridget Read
Rachel Dolezal est-elle une personne «transraciale», un peu comme il existe des personnes «transgenres», nées avec un sexe qui ne correspond pas à leur identité profonde de genre? C’est ainsi que se nomme l’intéressée, dans une interview à la NBC: «trans-noire», ce qui selon elle veut dire qu’elle n’est «pas née comme cela» mais que «c’est ce qu’[elle est] réellement». C’est depuis cette affaire que le mot «transracialisme» a pris ce sens, alors qu’il désignait avant aux États-Unis les enfants noirs adoptés par des familles blanches, ou inversement, les enfants blancs adoptés par des familles noires. Sur les réseaux sociaux et dans le monde académique, le débat fait rage. «Dolezal a menti sur elle-même et elle continue de mentir. En tant que femme trans je n’ai pas envie d’être comparée à une menteuse», s’insurge la YouTubeuse noire et transgenre Kat Blaque. En avril 2017, la philosophe Rebecca Tuvel publie un article intitulé «En défense du transracialisme» dans une revue académique, qui suscite un vif débat. «Puisque nous devrions accepter les décisions des individus trans de changer de sexe, alors nous devrions aussi accepter les décisions des individus transraciaux de changer de race», argumente-t-elle, déclenchant une lettre ouverte de près de 800 universitaires qui demandent la suspension de la publication, et la démission de la rédactrice en chef de la revue. Jesse Singal du New York Magazine parle de chasse aux sorcières, et Glenn Greenwald, le journaliste qui a publié les révélations d’Edward Snowden sur la NSA, de «campagne hideuse». En France, les chercheurs et chercheuses que nous avons interrogées sont gênées aux entournures: «Le terme ne peut s’utiliser qu’avec précautions», confie Magali Bessone, professeure de philosophie politique à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, autrice en 2013 de Sans distinction de race? Une analyse critique du concept de race et de ses effets pratiques. «Ce n’est pas une catégorie que je mobiliserais, mais je ne dirai peut-être pas la même chose dans deux ans», nuance la politiste Audrey Célestine. Et les militantes aussi: «Concernant la “transracialité”, je me permets de vous suggérer de ne pas utiliser ce terme car il crée une analogie injustifiée avec la transidentité», nous écrit une membre d’un collectif afro-féministe. «Une violente farce», une «non notion», une «errance raciste et essentialisante», juge Ketsia Mutombo, présidente et co-fondatrice de l’association Féministes contre le cyberharcèlement. Mais d’abord, qu’entend-t-on par transracialisme? Les définitions données par les spécialistes que nous avons interviewées varient. «C’est le fait de passer d’une race à une autre», explique Magali Bessone. La philosophe définit le transracialisme comme une catégorie large, qui comprend par exemple le fait de passer de blanc à noir, tout comme le fait de passer de noir à blanc. Ce dernier phénomène est plus connu et fut utilisé par certaines personnes noires aux États-Unis durant la période de ségrégation constitutionnelle pour éviter les sanctions ou bénéficier d’avantages structurellement réservés aux Blancs. On l’appelle «passing». D’autres universitaires, comme Éric Fassin, choisissent de réserver le mot «transracialisme» au passage de blanc à noir: «C’est l’inverse du passing», déclare-t-il. On parle aussi parfois de passing inversé, justement pour désigner le passage de blanc à noir. Le phénomène du passing a engendré toute une série de romans autour des années 1920 sur ce phénomène, les passing novels. (…) Le passing, aujourd’hui, prend des formes plus diffuses. On retrouve des réminiscences de ce phénomène dans les nombreuses échoppes du quartier de Château Rouge à Paris, qui proposent des crèmes à l’hydroquinone, pour blanchir l’épiderme et bercer les espoirs de femmes noires. On appelle aussi ce phénomène le «teint Hollywood», selon l’historien Pap Ndiaye, teint que sont soupçonnées d’avoir adopté de nombreuses stars comme Beyoncé ou encore l’acteur Denzel Washington. Quant à Michael Jackson, il a toujours affirmé être atteint de vitiligo, une maladie qui dépigmente la peau par endroits. Son dermatologue, Arnold Klein, a lui-même affirmé qu’il l’avait «rendu blanc parce qu’il était malade». Outre blanchir sa peau, avoir un conjoint ou une conjointe blanche et des enfants métis est une autre façon de «passer», précise Pap Ndiaye. En Guadeloupe, les parents qui ont un enfant à peau plus claire sont encore parfois félicités, et l’enfant né qualifié de «po chapé», ce qui signifie «peau échappée, peau sauvée». «Comme dans les campagnes, on pouvait féliciter d’avoir eu un garçon plutôt qu’une fille», fait remarquer l’historien. Dans tous les cas, le mot transracialisme semble revêtir une dimension plus psychologique, tandis que le passing a un caractère stratégique, de survie dans un monde de dominants. «Cette démarche procède d’une forme d’intelligence des hiérarchies sociales: ces personnes ne souhaitent pas devenir blanches, elles souhaitent rester noires avec la peau plus claire», explique Pap Ndiaye. «C’est un changement de race essentiellement effectué pour des raisons économiques», détaille Magali Bessone. «Le passing n’est qu’un calcul, ça n’est pas un enjeu identitaire, c’est un enjeu de survie», complète Audrey Celestine. Si l’on comprend largement les raisons qui poussent un individu à vouloir passer pour blanc –favoriser une carrière, être moins sujet aux discriminations voire à certaines époques aux violences ou même à l’esclavage–, le chemin inverse semble beaucoup moins évident. Certes, aux États-Unis, il peut y avoir des avantages à être racialisé, pour bénéficier de places à l’université par exemple. Ou lorsqu’on évolue dans le milieu musical, notamment dans le blues, «où être noir est un avantage, par une sorte d’inversion des normes communes», souligne Pap Ndiaye. «Armstrong, je ne suis pas noir / Je suis blanc de peau» chantait Nougaro. Mais, socialement et économiquement, les désavantages sont bien plus nombreux, en raison des discriminations persistantes. Dans une étude publiée en 2013, des chercheuses ont pourtant montré que les personnes nées de couples bi-raciaux dont l’un est blanc, et l’autre noir, ont plutôt tendance à se déclarer comme noires. «Nous voyons un schéma inversé du passing par rapport à la période des lois Jim Crow [la période allant de 1876 à 1964, ndlr]», commentent les autrices de cette étude. Depuis les années 1960, dans le sillage du mouvement pour les droits civiques, ces personnes qu’en France on qualifierait de métisses s’affirment comme noires. D’abord parce qu’elles sont considérées comme noires par la société, mais aussi parce qu’elles le revendiquent. Parce qu’être noir n’est plus un objet de honte, mais au contraire, de fierté. Cette fierté entraînerait-elle, en parallèle, à mesure que s’affirment les minorités, certaines personnes blanches à désirer être non-blanches? En France, c’est ce que suggèrent les recherches de Juliette Galonnier. Cette sociologue a travaillé sur les conversions à l’islam en France et aux États-Unis dans le cadre de sa thèse en sociologie soutenue en juin 2017, et a pu interroger plusieurs personnes qui ne s’identifiaient plus comme blanches, par rejet du groupe dominant. C’est le cas par exemple de Noémie*, une jeune femme originaire du Gers, qu’elle a rencontrée en 2014, alors qu’elle avait 27 ans. Noémie ne se sent «pas française» raconte-t-elle, à cause de «l’histoire de l’esclavage, de la colonisation» et des «discriminations», qui la détachent de cette identité-là. Mais elle va plus loin qu’un simple rejet de son identité française. Au sortir de l’adolescence, captivée par un groupe de femmes portant le voile et discutant de féminisme musulman, elle commence à développer un réseau d’amis pratiquants. Elle se fascine alors pour la négritude et rencontre un jeune musulman originaire de Mauritanie. Un jour, en l’attendant à la sortie d’une mosquée, elle entend un appel à la prière, et sans savoir pourquoi, sans comprendre, se met à pleurer. Elle se convertit, quelques semaines après, à l’islam. Elle épouse ensuite son compagnon et commence à porter le voile. Elle bascule alors aux yeux des gens selon ses propres mots «de la majorité à la minorité»: «En quoi ça me fait plaisir que ça rejaillisse sur moi? répond-t-elle à la chercheuse qui l’interroge sur les discriminations qu’elle subit, selon le texte des entretiens que Slate a pu consulter. Je suis plus prisonnière de cette identité de petite Blanche française dominante qui m’horripile, parce qu’elle correspond pas à ce que j’ai dans mon cœur». Cette histoire montre qu’être perçue comme une personne blanche ou noire dépend aussi d’un certain contexte culturel et social, même si cela ne peut être bien sûr totalement indépendant de facteurs génétiques et biologiques (le taux de mélanine par exemple). Les femmes blanches qui se mettent à porter le voile ou les hommes blancs qui arborent une grande barbe «sont exposés à de nouvelles catégorisations raciales comme arabes et maghrébins», explique Juliette Galonnier, tout simplement parce que les musulmans en France aujourd’hui viennent à 80% d’Afrique du Nord. «Les gens font de nouvelles hypothèses sur leur origines ethniques.» Les exemples qui démontrent que la perception de la couleur de peau varie selon le contexte social, ou même historique, sont nombreux. On sait qu’à la fin du XVIIIe siècle, Benjamin Franklin, qui avait classé les humains en trois catégories, les «Noirs», les «Blancs» et les «Basanés», avait rangé les Suédoises et les Suédois chez… les Basanés, tout comme les Français et Françaises d’ailleurs. «Les Tchétchènes sont considérés comme noirs, parce que c’est un critère de dévalorisation… Et Malcolm X, quand il voyageait, s’était vu demander “pourquoi il s’intéressait tant aux Noirs”», raconte Pap Ndiaye. On sait aussi que les Irlandaises et Irlandais ont été associés aux Noirs aux États-Unis au XIXe siècle, parce qu’ils étaient pauvres et catholiques. La militante Angela Davis raconte comment elle parvenait à pénétrer dans des boutiques interdites aux Noires en parlant français, tout comme au début du XXe siècle, les Noirs du Temple de la science maure d’Amérique, qui se définissaient comme musulmans, réussissaient à entrer dans des wagons réservés aux Blancs grâce à leur garde-robe (turban pour les femmes et fez pour les hommes). Ceux-là même qui se définissaient comme «maures» avant tout refusaient d’ailleurs de cocher la case «negro» sur les formulaires. «La “race” mobilise deux caractéristiques: le phénotype et les relations de pouvoir. Et c’est dans la relation entre les deux que tout se joue», résume la philosophe Magali Bessone. «Les catégories de “blanc” ou “noir” existent dans un contexte social: être blanc ou noir en France c’est pas la même chose qu’aux États-Unis», abonde Audrey Célestine, qui elle-même a pu se rendre compte à quel point cette expérience varie. L’un de ses plus jeunes frères, à moitié algérien, et qu’on reconnaissait à Dunkerque comme quelqu’un d’origine maghrébine, s’est vu perçu comme un «blanc» à son arrivée en Guadeloupe, à un moment particulier où le territoire connaissait un état d’urgence, raconte-t-elle dans un livre publié en mai, Une famille française. «Aux Antilles, la blanchité ne se voit pas qu’à la couleur de peau mais aussi par la maîtrise du créole», commente la chercheuse. Dans What Blood Won’t Tell: A History of Race on Trial in America, une historienne américaine raconte les procès intentés au XIXe siècle par des esclaves pour essayer de prouver qu’ils étaient blancs. Ces procès tournaient moins autour de la fameuse «règle de la goutte de sang» («one-drop rule», la règle selon laquelle toute personne ayant un ancêtre noir était considérée comme noire) que des relations sociales ou encore de la «moralité» de ladite personne ou de son civisme. Alors qu’au contraire, aujourd’hui une personne considérée comme très blanche de peau, et qui dans d’autres pays serait très clairement considérée comme blanche, peut s’identifier, puisqu’il s’agit d’une auto-déclaration, comme étant noire aux États-Unis, en vertu de la survivance dans les consciences de la «règle de la goutte de sang». «Si Rachel Dolezal avait effectivement eu une ascendance (même éloignée) africaine-américaine, il est très probable que son cas n’aurait pas suscité un tel scandale et qu’on lui aurait reconnu beaucoup plus facilement le droit de se définir comme noire», estime Solène Brun, doctorante à Sciences-Po qui travaille sur les frontières ethno-raciales et la construction des identités. C’est à la lueur de ces expériences qu’on peut comprendre la réaction d’Arnaud Gauthier Fawas. Ce militant LGBT a fait rire internet et déchaîné des torrents de violence après ses propos sur le plateau d’Arrêt sur images, où il refusait d’être qualifié d’homme. Il refusait aussi d’être qualifié de blanc, malgré son apparence. Interpellé par un membre du collectif Stop au Pinkwashing qui déplorait «un plateau très blanc» (quatre personnes d’apparence masculine et blanches de peau), cet administrateur de l’Inter-LGBT a rétorqué que ce n’était pas le cas, parce qu’il a un parent libanais. «C’est intéressant qu’on interroge tous nos propres stéréotypes autour de la table. Parce que sans même m’avoir posé la question, vous supposez que je suis un homme. Et seulement par mon apparence vous estimez que je suis blanc. La frontière de nos propres stéréotypes est plus fluide que ce qu’on peut penser», a-t-il plaidé. D’une certaine manière, Arnaud Gauthier Fawas a raison. S’il est considéré comme blanc en France, il aurait très bien pu cocher une autre case aux États-Unis, et à coup sûr, sa remarque n’y aurait pas déclenché de telles réactions. Le cas de ce militant LGBT+ est bien différent de celui de Rachel Dolezal, mais interroge de la même manière: qu’est-ce qu’une ou un Blanc? Et qu’est-ce qu’une ou un Noir? Ou plus généralement, qu’est-ce qui fait qu’on est «racialisé»? Et peut-on choisir de se définir comme blanc ou noir, ou est-ce à la société de le faire? Ce qui choque, dans ces deux exemples, a un certain rapport avec la notion de «privilèges». Peut-être qu’Arnaud Gauthier Fawas n’est pas blanc, selon une définition «génétique» ou «héréditaire» très américaine de la chose, mais puisqu’il est perçu comme tel la plupart du temps, il bénéficie largement des «privilèges» qui vont avec, c’est-à-dire qu’il n’écope pas des discriminations dont souffrent en France les personnes perçues comme arabes ou noires. Peut-être a-t-il déjà vécu du racisme lié à son ascendance libanaise, mais cette raison paraît un peu faible pour compenser le fait qu’il y a bien quatre hommes perçus comme blancs sur le plateau d’Arrêt sur images… De même, la dissimulation de Rachel Dolezal, qu’elle relève initialement d’un sentiment sincère ou non, a irrité bon nombre de personnes qui ont jugé qu’elle n’avait pas subi des discriminations liées à sa couleur de peau dans son enfance, avant de «devenir» noire. Et surtout, que pouvoir choisir d’être noir ressemblait encore à un privilège de Blanc. (…) C’est aussi ce que répond l’un des convertis à l’islam interrogés par Juliette Galonnier, et qui ne s’identifie plus comme blanc. (…) Qu’en serait-il si chacun et chacune pouvait avoir entièrement la capacité à s’autodéfinir, sans trop de lien, ou un lien seulement faible, avec la réalité perçue et la réalité sociale vécue? Telle est la question que pose le geste d’Arnaud Gauthier Fawas, dont les implications ne sont pas sans difficultés. Au Brésil, les débats autour des quotas pour les citoyens et citoyennes noires de peau ont commencé à s’envenimer le jour où certains ont remarqué que davantage de personnes claires de peau postulaient. Voilà qui allait donc détruire une partie de l’effet recherché de ces politiques publiques… Les universités n’ont pas trouvé mieux, pendant un temps, que d’instaurer des «commissions de vérifications raciales», rappelant d’inquiétants souvenirs… On retrouve le même type de critiques s’agissant des personnes transgenres, dans une frange minoritaire des milieux féministes, qui reprochent aux femmes transgenres de pouvoir «choisir» leur sexe sans avoir vécu l’oppression qui va avec (alors que l’identité de genre est bien plus souvent présentée comme une nécessité intérieure, et non un choix, par les personnes trans elles-mêmes). Au Royaume-Uni, quand les conservateurs britanniques ont soutenu une réforme du changement d’état civil pour les personnes trans passant par une simple déclaration, nombre de ces Terf, pour «trans exclusionary radical feminists», se sont insurgées, dénonçant une ruse pour leur piquer des places sur les listes électorales. «L’auto-identification qui consiste à affirmer “je suis qui j’affirme être” pue l’autorité et la suprématie masculine», ont tonné une dizaine de femmes du Labour, indiquant que 300 d’entre elles avaient quitté le parti à cause de ces nouvelles règles. En France, ces positions ont moins d’audience dans les milieux féministes, mais elles existent, par exemple sous la plume d’une des figures du Mouvement de libération des femmes (MLF), Christine Delphy: «L’identité n’est pas quelque chose que l’on se forge tout seul, c’est quelque chose qui vous est imposé. […] Je pense que là-dedans il y a une négation de la réalité du genre, qui est quelque chose de social, et pas quelque chose de sexuel ou biologique. Et une négation de l’oppression des femmes», faisait valoir en mars la philosophe et sociologue dans l’émission «Vieille Branche» (…) Mais le regard sur la transidentité dans les milieux progressistes et féministes est très différent de celui sur le «transracialisme». Même si les personnes transgenres font l’objet d’une exclusion encore très forte au niveau social, les milieux progressistes et féministes prônent plutôt tolérance et compréhension à leur égard. La transidentité a récemment été retirée de la liste des maladies mentales, et fait l’objet de politiques publiques pour faciliter la vie des personnes trans. Il ne peut pas être encore question de politiques publiques s’agissant du transracialisme, phénomène ultra-minoritaire, dont on n’est même pas encore sûr qu’il ait une véritable existence, mais la réaction quant à ce phénomène en provenance de personnes issues de milieux progressistes voire universitaires interroge. Pourquoi le transracialisme n’est-il pas autant accepté que le transgenrisme? Ce qui étonne dans la virulence des attaques contre Rachel Dolezal, c’est que la «race», comme concept, est communément admise comme étant fictive, comme n’ayant pas d’assise biologique, et c’est précisément pour cela que le transracialisme devrait, selon cette logique, moins choquer que le transgenrisme, alors que le sexe continue d’être perçu comme une chose biologique. «Si Rachel sent qu’elle est au fond d’elle-même une personne noire, qui suis-je pour dire qu’elle fait une erreur?» Signe de ce deux poids, deux mesures, l’Assemblée nationale vient d’inscrire dans la Constitution l’interdiction de la «distinction de sexe», au moment même où elle en supprimait le mot «race». S’il y a moins de «race» que de «sexe», pourquoi n’accepterait-on pas une certaine forme de fluidité entre les couleurs de peau, tout comme on accepte que les personnes trans puissent se sentir nées dans le mauvais sexe? C’est l’interrogation du sociologue américian Rogers Brubaker, dans un livre qui a reçu énormément de critiques, Trans: Gender and Race in an Age of Unsettled Identities. Rachel Dolezal a elle-même exploité cette comparaison, allant jusqu’à dire dans une interview avec la sociologue Ann Morning que le stigmate qui pèse sur les personnes «transraciales» serait plus grand, puisque, selon ses mots, «la fluidité de genre est plus largement acceptée que la fluidité de race». «Si Rachel sent qu’elle est au fond d’elle-même une personne noire, qui suis-je pour dire qu’elle fait une erreur? Les races ont été créées par les Européens et ils avaient tort», affirme Albert Wilkerson, un homme que Rachel Dolezal appelle son «vrai» père, dans le documentaire Rachel Dolezal, un portrait contrasté. Les arguments contre l’acceptation du transracialisme paraissent souvent faibles, et tombent assez facilement dès lors qu’on opère une comparaison avec la transidentité et qu’on regarde de près le cas de Rachel Dolezal. À ceux et celles qui lui reprochent d’avoir commis un «blackface» (soit de s’être approchée de cette pratique théâtrale au XIXe siècle dans laquelle des Blancs se grimaient en personnes de couleur pour en faire une caricature débile), on peut rétorquer que Rachel Dolezal est très loin de se moquer des Noirs. «Le black face est occasionnel, ce n’est pas la même chose que de vivre en Noir», acquiesce Éric Fassin. Peut-on reprocher à Rachel Dolezal de s’être approprié une culture, à la manière de ces chaînes internationales de vêtements qui plagient purement et simplement les traditions de pays dans lesquels par ailleurs elles menacent le commerce local? L’«appropriation culturelle» est un problème lorsqu’elle est faite «sans aucune conscience ni lien dans leur épaisseur avec la culture dont le vêtement est issu», relève Pap Ndiaye. «Quel degré de mélanine faudrait-il avoir pour avoir le droit de s’habiller ainsi?» pointe aussi l’historien, soulignant par là les limites d’une telle critique appliquée aux individus. Reproche-t-on à Rachel Dolezal d’accentuer les stéréotypes associés aux personnes noires, en adoptant des signes extérieurs à cette culture? Mais la même critique vaudrait alors pour les personnes trans, qui sont nombreuses, comme Caitlyn Jenner, à se délecter de longues robes et de talons hauts, réflexe qu’on peut comprendre simplement avec un peu d’humanité, puisque cet amour des signes féminins découle tout simplement du fait qu’ils leur ont été interdits pendant longtemps. Quant au «luxe de s’autodéfinir» que s’octroieraient les personnes blanches, ce «privilège» qu’elles auraient de se choisir noires, il tombe là aussi à l’eau lorsqu’on opère une comparaison avec la transidentité: qui connaît un peu le sujet sait que les personnes trans ne «choisissent» pas pour la plupart leur genre, elles le vivent et l’ont pour la plupart toujours vécu pleinement, depuis l’enfance. Douloureusement. Pour l’instant, puisque le sujet de la transracialité est encore totalement méconnu, il est très difficile de dire si les quelques cas relevés dans le monde ressortent d’une nécessité intérieure ou d’un choix délibéré. La biographie de Rachel Dolezal penche plutôt pour la première option. Une explication, plutôt qu’une justification, à ce double standard, tient sans doute à l’histoire des luttes féministes d’un côté, et antiracistes de l’autre. Comme le relève la docteure en sociologie Sarah Mazouz dans une recension du livre de Brubaker, les premières «ont affirmé la fluidité des catégories et la possible circulation d’une identité à une autre comme l’un des principaux instruments de remise en cause d’un ordre social genré et de ses hiérarchies», tandis que «le changement de race n’est pas un enjeu central des mouvements antiracistes». La «race», par ailleurs, à l’inverse du genre, est «inscrite dans une hérédité. Elle implique des ancêtres, une généalogie et une histoire, ce qui n’est, dans les grands traits, pas le cas du genre», explique aussi Solène Brun. Comme dit plus haut, certaines personnes métisses sont très fières de se revendiquer noires, car elles s’inscrivent dans cette histoire de luttes, retournant le stigmate en un atout de fierté. Qu’on puisse leur dérober ceci leur paraît parfaitement insupportable. Le genre semble relever par contraste d’une dimension plus intime. «La race me semble engager davantage d’emblée des communautés et des relations socio-politiques», suggère Magali Bessone. Si la transidentité est mieux acceptée (même si tout est relatif) dans les milieux féministes que le transracialisme, c’est peut-être aussi parce qu’il n’y a jamais vraiment eu, au fond, de «classe des femmes» solidairement unie contre la «classe des hommes», comme il y a eu une solidarité des Noirs contre l’oppression des Blancs. Parce que femmes et hommes ne peuvent vivre séparément, et ne l’ont jamais complètement fait, tandis qu’il a existé des quartiers complètement ségrégés, où Noirs et Blancs étaient séparés. Et parce que par conséquent une femme transgenre ou un homme transgenre ne peut être regardé –du moins par les femmes féministes– comme un «traître à sa classe», au même titre qu’un Noir ou un Blanc qui «passe» de l’autre côté pourrait l’être, à cause de cette histoire. Il faut relire Simone de Beauvoir, au début du Deuxième Sexe, pour le comprendre: «Le prolétariat pourrait se proposer de massacrer la classe dirigeante, un Juif, un Noir fanatiques pourraient rêver d’accaparer le secret de la bombe atomique et de faire une humanité tout entière juive, tout entière noire: même en songe la femme ne peut exterminer les mâles. Le lien qui l’unit à ses oppresseurs n’est comparable à aucun autre». Mais comprendre n’est pas justifier, et il n’est pas sûr qu’un jour les arguments contre le transracialisme ne finissent par tomber, comme ceux qui ont longtemps érigé la transidentité en «abomination». Si le cas de Rachel Dolezal est largement regardé comme de la mythomanie pathologique, il n’est pas exclu qu’un jour ce regard change. «C’est comme si elle vivait dans un futur encore non avéré», a écrit à propos d’elle le New York Times Magazine. Avons-nous aujourd’hui les lunettes pour voir le transracialisme? Rachel Dolezal est-elle une menteuse, ou une pionnière? «Dans cent ans, ceci sera aussi commun que de se faire refaire le nez. Mais il y a toujours quelqu’un qui vient en premier», affirme Martin, le personnage de Your face in mine. Il faudra sans doute encore attendre quelques années pour voir si cette prédiction est juste. Aude Lorriaux
Depuis la mort de George Floyd, lors d’un contrôle de police à Minneapolis, des manifestations ont lieu partout aux États-Unis avec pour slogan Black Lives Matter, comme ici à Oklahoma City, le 31 mai 2020. Louboutin revendique (…) le lancement d’une nouvelle collection, « Walk a Mile in my Shoes », inspirée par la phrase de Martin Luther King, et une rencontre avec l’une des fondatrices du mouvement américain Black Lives Matter. Les bénéfices de la collection seront reversés à des organisations œuvrant pour la justice sociale, précise la société. Pour 995 euros, chacun peut ainsi s’offrir l’escarpin Free Walkie, qui « exprime cette saison l’empathie et la solidarité ». L’affaire paraît si caricaturale qu’elle prête d’abord à sourire, rappelant les outrances de l’antiracisme hollywoodien dépeints par Romain Gary ou l’essai au vitriol de Tom Wolf Radical Chic. Le romancier y décrivait une soirée mondaine donnée par le chef d’orchestre Leonard Bernstein dans son splendide appartement de Park Avenue en l’honneur des Black Panthers. La variation Louboutin apporte toutefois une nuance de poids: après les stars et les grands-bourgeois, ce sont désormais les entreprises qui se saisissent à pleines mains de la puissante bannière de l’antiracisme. Ce mouvement vient des États-Unis, où les grandes corporations, pour répondre aux attentes de leurs clients et jeunes recrues, mais surtout éviter toute recension critique par des associations militantes, tentent de coller au mieux à ce qu’elles identifient comme un socle commun d’aspirations de la société. Un tournant politique accentué par l’arrêt Citizens United de 2010, qui autorise les entreprises à financer les campagnes électorales. Ainsi s’est bâti un nouvel équilibre fragile où entreprises, politique et société civile, représentée par les associations, tentent ensemble d’organiser la vie de la cité. La décision, en mai 2019, de l’État de Géorgie d’adopter une loi restrictive sur l’avortement a parfaitement illustré ces nouveaux rapports de force. À l’annonce de la réforme, des activistes ont appelé sur les réseaux sociaux à boycotter entreprises et événements organisés en Géorgie. Les grands groupes ont embrayé, Netflix, Disney et Warner menaçant de stopper leurs tournages dans l’État. Une centaine de patrons ont ensuite manifesté leur opposition à la loi via une page dans le New York Times. Le texte a pour finir été bloqué, quelques mois plus tard, par un tribunal fédéral américain arguant de sa contradiction avec la jurisprudence de la Cour suprême. Depuis trois ans, c’est autour du mouvement woke, terme qui s’est répandu dans le sillage du mouvement Black Lives Matter contre les violences policières dont sont victimes les Noirs (sic) aux États-Unis, que se mobilisent les grands groupes américains. Pour gagner leurs galons woke, c’est-à-dire en état d’éveil face aux injustices sociales et raciales, les entreprises les plus motivées n’hésitent pas à organiser une forme de ségrégation entre leurs salariés. Les jeunes recrues à la peau blanche étant formées à prendre conscience de leurs privilèges tandis que les personnes de couleur sont invitées à se reconnaître dans le rôle de victimes. Au siège de Disney, en Californie, la direction des ressources humaines a par exemple constitué trois groupes affinitaires destinés de facto respectivement aux Latinos, aux Asiatiques et aux Noirs. Les employés blancs étant de leur côté incités à s’interroger entre autres sur les liens entre leur patrimoine et le « racisme structurel de la société américaine ». Le journaliste Christopher Rufo, à l’origine des révélations sur Disney, a même relaté l’existence dans certains groupes et administrations de stages de quasi-rééducation réservés aux hommes blancs hétérosexuels. Ces combats woke s’imposent au sein des grands groupes, essentiellement constitués de cadres urbains. Ils sont valorisés par les actionnaires institutionnels (fonds d’investissement, fonds de pensions, gestionnaire d’actifs…) qui identifient ces formations à des actions de lutte contre les discriminations, un des piliers de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) des entreprises. Les sociétés cotées en Bourse tendent alors à s’y convertir pas à pas, avec plus ou moins d’enthousiasme et d’intensité. Ce n’est toutefois pas le cas de l’intégralité du capitalisme américain. Détenue par une famille de fervents chrétiens, la troisième enseigne de restauration rapide du pays, Chick-fil-A, reste par exemple parfaitement hermétique au mouvement. Le groupe conseille à ses franchisés de mener leur établissement «selon les principes de la Bible», ce qui passe notamment par une fermeture le dimanche. En Europe, les entreprises, fidèles à une tradition remontant au XIXe siècle, sont aussi fortement engagées sur les questions de responsabilité sociale et environnementale (RSE). (….) L’industrie cosmétique, directement exposée par ses produits à ces questions de couleur de peau, a ainsi franchi le Rubicon. En juin 2020, L’Oréal annonçait retirer «les mots blanc/blanchissant, clair de tous ses produits destinés à uniformiser la peau». Le français suivait son concurrent américain Johnson and Johnson, propriétaire notamment des marques Neutrogena, RoC ou Le Petit Marseillais, qui avait déclaré plus tôt abandonner la production de substances éclaircissantes commercialisées en Asie et au Proche-Orient. Le luxe, tétanisé par les procès en appropriation culturelle, suit également le mouvement de près, comme la campagne Louboutin le reflète. Gucci, une marque phare de Kering, s’est ainsi retrouvé au printemps 2019 dans la tempête, pour avoir lancé un col roulé décoré de larges lèvres rouges, jugé raciste, car pouvant évoquer une blackface, une caricature de visage noir. Afin de se faire pardonner, le groupe a multiplié les dons à des associations de lutte contre les discriminations et les séminaires de sensibilisation. Pour les entreprises, rejoindre la croisade woke peut s’apparenter à un très tentant, et économique, bain de jouvence marketing. La conversion exige toutefois un certain professionnalisme, comme la Poste espagnole l’a appris à ses dépens, en mai. Pour marquer l’anniversaire de la mort de George Floyd, lors de son arrestation par la police, le groupe a lancé une collection de timbre, les Equality Stamps, représentant différentes couleurs de peaux. Scandale immédiat car la valeur des timbres était corrélée à la clarté de la peau, variant de 0,70 euro pour celui représentant la peau noire à 1,60 euros pour le blanc. En France, le modèle universel républicain s’oppose frontalement à ces approches racialistes. La grande majorité des chefs d’entreprise, conscients de cette spécificité, se montrent prudents sur ces sujets et tendent plutôt à freiner l’enthousiasme de leurs jeunes directions de l’éthique et/ou de la diversité. L’intense polémique suscité par un tweet d’Évian s’excusant d’avoir fait la publicité de son eau en pleine journée de ramadan a bien démontré la réactivité épidermique d’une grande partie du public hexagonal devant les approches communautaristes.
Il est bien vu, ces jours-ci, de présenter Joe Biden comme un nouveau Roosevelt, ambitieux et pragmatique, courageux et modéré. Celui qui passait hier encore pour un gaffeur hasardeux prend désormais les traits du bon géronte, consacrant sa présidence à la réconciliation d’un pays fracturé. Mais cette image rassurante ne résiste pas à la réalé des faits et masque bien mal la nouvelle poussée de fièvre idéologique associée au wokisme qui traverse la société américaine, très présente dans l’aile gauche de son propre parti. (…) La nouvelle révolution américaine vient des campus mais n’y est plus cantonnée: son idéologie se déploie désormais dans les administrations publiques et privées. Et (…) c’est au nom du concept d’équité qu’elle se déploie. (…) Mais surtout, on ne saurait tolérer d’autre explication à la moindre disparité dans la représentation que par le «racisme systémique». Comment s’arracher à ce dernier? Par un travail constant de rééducation. Le journaliste Christopher Rufo a critiqué à plusieurs reprises au cours des dernières années les délires du «diversity training». Il l’a encore fait ces derniers jours en révélant que certains dirigeants masculins blancs de Lockheed Martin avaient dû participer à un séminaire sur plusieurs jours pour apprendre à reconnaître leur «privilège blanc» et apprendre à le déconstruire en se livrant au rituel de l’autocritique raciale. Au cœur du complexe militaro-industriel, le wokisme triomphe. Plus largement, dans une entreprise, un salarié refusant de participer à un tel séminaire s’autodésigne comme un suspect. La réingénierie sociale culmine dans une logique de purge. (…) Et comme «l’antiracisme» d’hier a inventé la discrimination positive, celui d’aujourd’hui engendre ce qu’on appellera la ségrégation positive. Ainsi, la mairesse démocrate noire de Chicago, Lori Lightfoot, pour marquer le deuxième anniversaire de son élection, a décidé de réserver ses entrevues personnalisées aux journalistes «racisés» – autrement dit, de ne pas en accorder aux Blancs. Au nom de la justice raciale elle revendiquait explicitement une nécessaire discrimination raciale contre les Blancs. On n’en sera pas surpris: Ibram X. Kendi, l’intellectuel de référence du racialisme, explique que la discrimination raciale n’est en rien condamnable, pour peu qu’elle produise de l’égalité raciale. Cette nouvelle idéologie américaine s’impose partout en Occident en traitant les pays qui y résistent en provinces rebelles à mater. L’expérience américaine, fondamentalement révolutionnaire, cherche à s’exporter, comme si elle entendait se poser comme norme à suivre pour toutes les sociétés, et plus encore pour celles prétendant suivre les évolutions de la modernité. Nos sociétés sont invitées à s’abolir pour renaître à elles-mêmes, purgées du mal par une nouvelle inquisition se réclamant de l’antiracisme révolutionnaire. (…) À l’échelle de l’histoire, et même s’il faut garder à l’esprit que toute comparaison a ses limites, on y verra un transfert du flambeau révolutionnaire, de l’URSS aux États-Unis, comme si avec la fin de la guerre froide, le fondamentalisme de la modernité avait renoué avec la première société qui a voulu se définir intégralement dans ses catégories. On se forme dans les universités américaines à la manière d’un détour dans le centre idéologique de l’empire et grâce aux programmes du Département d’État, on va faire un stage en diversité sur les deux côtes américaines comme on allait hier en pèlerinage dans les pays du socialisme réel. Comme Gide jadis, un grand écrivain s’y rendant pourrait bien en revenir, ensuite, en ramenant dans sa besace un ouvrage qu’il intitulerait Retour des USA, en comprenant que ce modèle conduit notre civilisation vers l’abîme pendant qu’un homme aux airs de bon grand-père croit lui apporter la paix pour notre temps. Mathieu Bock-Côté
Les scènes auxquelles nous assistons dans le sillage du «Black Lives Matter» aux États-Unis, en Grande- Bretagne, en France, comme un peu partout en Europe, pour solder une histoire accusée d’être «raciste» ne sont pas sans rappeler des aveuglements de sinistre mémoire. Du passé faisons table rase! Cette injonction célèbre de L’Internationale, le chant révolutionnaire né à l’époque de la Commune de Paris de 1871, peut être lourde de conséquences. (…) Toutes proportions gardées, et dans un contexte politique radicalement différent, la volonté destructrice du passé à laquelle nous assistons fait penser à la Chine maoïste des années 1960-1970 lorsque des cohortes de Gardes rouges s’en prenaient aux symboles de l’histoire. Certes, ces foules étaient téléguidées par un Mao à la reconquête d’un pouvoir qui lui avait été contesté après la gigantesque catastrophe du «Grand Bond en avant» (de 30 à 50 millions de morts selon les estimations) dont il était responsable. Certes, les violences des manifestants actuels ne peuvent naturellement pas être assimilées à celles des jeunes excités chinois qui agitaient leur petit Livre rouge en s’en prenant aux élites cultivées, coupables d’incarner le monde ancien, allant jusqu’à les mettre à mort, suivi de bacchanales où le foie du supplicié pouvait être mangé. Il n’empêche, la mise au pilori d’intellectuels, d’universitaires, aux États-Unis et ailleurs, qui ne se plient pas à la nouvelle doxa sur l’antiracisme, l’anticolonialisme, voire l’antisexisme, participe du même désir d’exclusion, de destruction, non de l’être mais de l’esprit, que complètent d’absurdes censures. «Sur une page blanche, tout est possible ; on peut y écrire et dessiner ce qu’il y a de plus nouveau et de plus beau», cette citation de Mao a servi d’argument aux Gardes rouges pour éradiquer l’histoire. Par ce mot d’ordre, le Grand Timonier voulait priver le peuple chinois de mémoire historique afin de le tailler à la mesure de sa propre démesure. Mao a tenté de mettre en œuvre le fameux aphorisme de Big Brother, dans le 1984 de George Orwell, qui exprime au mieux les vrais enjeux, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui: «Celui qui contrôle le passé contrôle l’avenir, celui qui contrôle le présent contrôle le passé.» (…) La charge antiraciste menée de nos jours s’accompagne d’une volonté de culpabiliser ceux qui n’ont pas la chance d’être né du bon côté de l’histoire nouvelle que l’on cherche à imposer. Voir des édiles, comme le maire de Minneapolis, implorer les manifestants pour qu’ils pardonnent son «privilège» d’être Blanc, renvoie pour le coup aux pires moments de la Révolution culturelle chinoise lorsque l’érudit devait avouer son amour des lettres anciennes avant d’être exécuté. L’autocritique est un classique du communisme. Il ne s’agissait pas de prouver la justesse de l’accusation mais de donner bonne conscience aux bourreaux chargés d’éliminer le coupable. Thierry Wolton

Back in the USSR !

Camps de rééducation, séances d’autocritique publique, dénonciations, excommunications, procès-spectacles, censure et auto-censure médiatique, purges périodiques, police de la pensée, inquisition, révisions de la langue,  déboulonnages de statues, effacement de photos, exportation de la révolution …

A l’heure où, après avoir gagné le sexe, la dysphorie s’attaque à présent à la race …
Et à coup de bistouri, un influenceur blanc peut devenir coréen
Tout comme pendant que la lingerie elle-même se wokise …
Un homme peut devenir reine de beauté
Le tout alors qu’avant d’envahir nos stades, l’un vient de remplacer l‘autre dans notre Constitution
Ou après avoir mis le feu à l’Amérique et au monde occidental …
Entre question raciale et épidémie …
Et au prix du hold up électoral du siècle …
Et de son lot classique de boucs émissaires
Un vieil apparatchik nous fait à présent le coup du réconciliateur d’un pays fracturé …
Comment ne pas voir le nouveau totalitarisme qui vient …
Avec l’aide, entre inflation des normes et simple connivence idéologique, de la politisation de la justice
Comme du système médiatique et, avec les réseaux sociaux, paramédiatique …
Où après le bolchévisme et le maoïsme de la Révolution culturelle chinoise …
C’est désormais nos propres entreprises
Qui entre rééducation idéologique, séances d’autocritique publique et excommunication numérique …
Et contre espèces sonnantes et trébuchantes
Sont gagnées par ce monde moderne, prophétisé par Chesterton il y a un siècle, rempli d’idées chrétiennes devenues folles ?

« Demander pardon pour ce qu’on est? Cela s’appelle l’autocritique communiste »

TRIBUNE – Si l’analogie a, Dieu merci, d’évidentes limites, il est difficile de ne pas songer à la Révolution culturelle chinoise en considérant les actes d’intimidation, les menaces voire la violence physique des activistes américains qui fustigent le «privilège blanc», argumente Thierry Wolton, essayiste, spécialiste du communisme.


Thierry Wolton est l’auteur, notamment, de «Une histoire mondiale du communisme», en trois volumes chez Grasset: «Les Bourreaux» (2015), «Les Victimes» (2016), «Les Complices» (2017).


Les scènes auxquelles nous assistons dans le sillage du «Black Lives Matter» aux États-Unis, en Grande- Bretagne, en France, comme un peu partout en Europe, pour solder une histoire accusée d’être «raciste» ne sont pas sans rappeler des aveuglements de sinistre mémoire. Du passé faisons table rase! Cette injonction célèbre de L’Internationale, le chant révolutionnaire né à l’époque de la Commune de Paris de 1871, peut être lourde de conséquences. Tourner la page d’hier, croire que l’on peut repartir de zéro pour bâtir un monde nouveau, forcément meilleur, est une tentation pour chaque génération, convaincue qu’elle peut faire mieux que ses prédécesseurs, que l’avenir lui appartient. Cette espérance, qui fait des vies de chacun un point de départ toujours renouvelé, peut néanmoins tourner au cauchemar si elle devient un impératif, destiné non plus à ouvrir les chemins de l’avenir mais à démolir systématiquement ce qui s’est fait auparavant, à renier l’histoire constitutive de ce que l’on est présentement. Faire du passé table rase au risque de l’amnésie ouvre la porte aux manipulations, faute de repères dans le temps.

Toutes proportions gardées, et dans un contexte politique radicalement différent, la volonté destructrice du passé à laquelle nous assistons fait penser à la Chine maoïste des années 1960-1970 lorsque des cohortes de Gardes rouges s’en prenaient aux symboles de l’histoire. Certes, ces foules étaient téléguidées par un Mao à la reconquête d’un pouvoir qui lui avait été contesté après la gigantesque catastrophe du «Grand Bond en avant» (de 30 à 50 millions de morts selon les estimations) dont il était responsable. Certes, les violences des manifestants actuels ne peuvent naturellement pas être assimilées à celles des jeunes excités Chinois qui agitaient leur petit Livre rouge en s’en prenant aux élites cultivées, coupables d’incarner le monde ancien, allant jusqu’à les mettre à mort, suivi de bacchanales où le foie du supplicié pouvait être mangé. Il n’empêche, la mise au pilori d’intellectuels, d’universitaires, aux États-Unis et ailleurs, qui ne se plient pas à la nouvelle doxa sur l’antiracisme, l’anticolonialisme, voire l’antisexiste, participe du même désir d’exclusion, de destruction, non de l’être mais de l’esprit, que complètent d’absurdes censures.

«Sur une page blanche, tout est possible ; on peut y écrire et dessiner ce qu’il y a de plus nouveau et de plus beau», cette citation de Mao a servi d’argument aux Gardes rouges pour éradiquer l’histoire. Par ce mot d’ordre, le Grand Timonier voulait priver le peuple chinois de mémoire historique afin de le tailler à la mesure de sa propre démesure. Mao a tenté de mettre en œuvre le fameux aphorisme de Big Brother, dans le 1984 de George Orwell, qui exprime au mieux les vrais enjeux, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui: «Celui qui contrôle le passé contrôle l’avenir, celui qui contrôle le présent contrôle le passé.» Ce n’est pas en épurant l’histoire des faits et des hommes qui déplaisent à la conscience du moment, qu’on peut la comprendre et en tirer les leçons.

La charge antiraciste menée de nos jours s’accompagne d’une volonté de culpabiliser ceux qui n’ont pas la chance d’être né du bon côté de l’histoire nouvelle que l’on cherche à imposer. Voir des édiles, comme le maire de Minneapolis, implorer les manifestants pour qu’ils pardonnent son «privilège» d’être Blanc, renvoie pour le coup aux pires moments de la Révolution culturelle chinoise lorsque l’érudit devait avouer son amour des lettres anciennes avant d’être exécuté. L’autocritique est un classique du communisme. Il ne s’agissait pas de prouver la justesse de l’accusation mais de donner bonne conscience aux bourreaux chargés d’éliminer le coupable.

La lutte contre le racisme est une noble cause qui rappelle la commune condition du genre humain, une évidence qui ne devrait pas avoir besoin d’être défendue. Faut-il pour autant que cette lutte cherche à instrumentaliser l’histoire comme si elle était coupable, comme si on pouvait la réécrire au goût du jour pour plaire aux plaignants du moment? La destruction de symboles d’un passé supposé raciste, le déboulonnage de quelques héros accusés d’actes, de propos racistes, la mise à l’index de chefs-d’œuvre qui ne correspondent plus aux canons à la mode, ne résoudront rien.

De tels actes servent tout au plus à assouvir des haines qui ne sont jamais de bonnes conseillères. Le jusqu’au-boutisme qui aboutit à la stigmatisation de ceux jugés coupables a priori donne au mouvement «antiraciste» actuel une orientation qui permet de douter de sa sincérité. Culpabiliser un Blanc parce qu’il est Blanc, quand il n’y est pour rien, est une stupidité et une inconvenance. S’excuser, demander pardon pour ce que l’on a fait soi-même, pour ce dont on s’est rendu coupable à titre individuel, certes oui, mais certainement pas pour ce que l’on est ou pour ce qui s’est produit plusieurs siècles avant votre naissance.

Tout passe. Les jeunes Chinois d’aujourd’hui ne font plus du passé table rase. Sur ordre du pouvoir national-communiste de Xi Jinping, ils encensent la glorieuse histoire de l’empire du Milieu, celle-là même que Mao voulait passer à la trappe. La roue de l’histoire tourne au rythme que les hommes lui donnent, les vérités d’aujourd’hui ne peuvent pas plus prétendre à l’éternité que celle d’hier, et probablement que celles de demain. Cela ne veut pas dire que les faits en eux-mêmes ne doivent pas être discutés, analysés, voire jugés, mais sans émoi et surtout sans diktat, pressions et menaces, quels qu’ils soient.

Voir aussi:

Mathieu Bock-Côté: «Rééducation à l’américaine»
CHRONIQUE – L’idéologie racialiste américaine cherche à s’exporter, comme si elle entendait se poser comme norme à suivre pour toutes les sociétés.
Mathieu Bock-Côté
Le Figaro
28/05/2021

Il est bien vu, ces jours-ci, de présenter Joe Biden comme un nouveau Roosevelt, ambitieux et pragmatique, courageux et modéré. Celui qui passait hier encore pour un gaffeur hasardeux prend désormais les traits du bon géronte, consacrant sa présidence à la réconciliation d’un pays fracturé. Mais cette image rassurante ne résiste pas à la réalité des faits et masque bien mal la nouvelle poussée de fièvre idéologique associée au wokisme qui traverse la société américaine, très présente dans l’aile gauche de son propre parti. Celle-ci n’est pas loin de considérer Joe Biden comme un président de transition, alors qu’une nouvelle garde s’installe dans un pays dont les coordonnées identitaires de base se transforment. Il laisse croire à un retour au calme alors que tout s’embrase.

La nouvelle révolution américaine vient des campus mais n’y est plus cantonnée: son idéologie se déploie désormais dans les administrations publiques et privées. Et comme le notait récemment Christopher Caldwell dans la National Review, c’est au nom du concept d’équité qu’elle se déploie. Le principe d’équité prétend accomplir l’égalité à l’américaine mais en fait le falsifie, en liquidant la référence à l’individu pour la reporter à l’échelle raciale: chaque groupe identifié par la bureaucratie diversitaire doit être représenté dans tous les domaines de l’existence sociale selon son poids dans la population, sans la moindre nuance. Le monde se laisse absorber par un fantasme mathématique. Mais surtout, on ne saurait tolérer d’autre explication à la moindre disparité dans la représentation que par le «racisme systémique».

Comment s’arracher à ce dernier? Par un travail constant de rééducation. Le journaliste Christopher Rufo a critiqué à plusieurs reprises au cours des dernières années les délires du «diversity training». Il l’a encore fait ces derniers jours en révélant que certains dirigeants masculins blancs de Lockheed Martin avaient dû participer à un séminaire sur plusieurs jours pour apprendre à reconnaître leur «privilège blanc» et apprendre à le déconstruire en se livrant au rituel de l’autocritique raciale. Au cœur du complexe militaro-industriel, le wokisme triomphe. Plus largement, dans une entreprise, un salarié refusant de participer à un tel séminaire s’autodésigne comme un suspect. La réingénierie sociale culmine dans une logique de purge.

La ségrégation positive

L’obsession raciale conduit à la ségrégation raciale. Et comme «l’antiracisme» d’hier a inventé la discrimination positive, celui d’aujourd’hui engendre ce qu’on appellera la ségrégation positive. Ainsi, la mairesse démocrate noire de Chicago, Lori Lightfoot, pour marquer le deuxième anniversaire de son élection, a décidé de réserver ses entrevues personnalisées aux journalistes «racisés» – autrement dit, de ne pas en accorder aux Blancs. Au nom de la justice raciale elle revendiquait explicitement une nécessaire discrimination raciale contre les Blancs. On n’en sera pas surpris: Ibram X. Kendi, l’intellectuel de référence du racialisme, explique que la discrimination raciale n’est en rien condamnable, pour peu qu’elle produise de l’égalité raciale.

Cette nouvelle idéologie américaine s’impose partout en Occident en traitant les pays qui y résistent en provinces rebelles à mater. L’expérience américaine, fondamentalement révolutionnaire, cherche à s’exporter, comme si elle entendait se poser comme norme à suivre pour toutes les sociétés, et plus encore pour celles prétendant suivre les évolutions de la modernité. Nos sociétés sont invitées à s’abolir pour renaître à elles-mêmes, purgées du mal par une nouvelle inquisition se réclamant de l’antiracisme révolutionnaire. L’individu habité par une névrose raciale et se convertissant à une identité de genre indéterminée est le nouveau visage du rêve américain.

À l’échelle de l’histoire, et même s’il faut garder à l’esprit que toute comparaison a ses limites, on y verra un transfert du flambeau révolutionnaire, de l’URSS aux États-Unis, comme si avec la fin de la guerre froide, le fondamentalisme de la modernité avait renoué avec la première société qui a voulu se définir intégralement dans ses catégories. On se forme dans les universités américaines à la manière d’un détour dans le centre idéologique de l’empire et grâce aux programmes du Département d’État, on va faire un stage en diversité sur les deux côtes américaines comme on allait hier en pèlerinage dans les pays du socialisme réel. Comme Gide jadis, un grand écrivain s’y rendant pourrait bien en revenir, ensuite, en ramenant dans sa besace un ouvrage qu’il intitulerait Retour des USA, en comprenant que ce modèle conduit notre civilisation vers l’abîme pendant qu’un homme aux airs de bon grand-père croit lui apporter la paix pour notre temps.

Voir également:

La culture « woke » s’immisce pas à pas dans les entreprises
ENQUÊTE – Aux États-Unis, les entreprises se sont converties à cet antiracisme militant, quitte à organiser une forme de ségrégation au sein de leurs salariés. Les patrons français gardent un regard critique sur le mouvement, même si quelques lignes commencent à céder.
Anne de Guigné
Le Figaro
27/06/2021

Assa Traoré le poing levé sur son canapé en hauts talons de la marque Louboutin. Publiée sur le compte Facebook du collectif La Vérité pour Adama, la photo s’agrémente d’un texte où la militante antiraciste évoque la mort de son frère Adama «il y a cinq ans entre les mains des gendarmes» avant de conclure sur un lyrique: «Je marcherai dans vos pas à tous les trois (les designers de la maison, NDLR), grandie par cette élégante création qui fait de moi une femme fière de ce que nous construisons ensemble. Justice pour tous».

L’ensemble a fait couler tant d’encre que la marque a dû préciser que l’emblématique jeune femme ne comptait pas parmi ses égéries. Louboutin revendique en revanche le lancement d’une nouvelle collection, «Walk a Mile in my Shoes», inspirée par la phrase de Martin Luther King, et une rencontre avec l’une des fondatrices du mouvement américain Black Lives Matter. Les bénéfices de la collection seront reversés à des organisations œuvrant pour la justice sociale, précise la société. Pour 995 euros, chacun peut ainsi s’offrir l’escarpin Free Walkie, qui «exprime cette saison l’empathie et la solidarité».

L’affaire paraît si caricaturale qu’elle prête d’abord à sourire, rappelant les outrances de l’antiracisme hollywoodien dépeints par Romain Gary ou l’essai au vitriol de Tom Wolf Radical Chic. Le romancier y décrivait une soirée mondaine donnée par le chef d’orchestre Leonard Bernstein dans son splendide appartement de Park Avenue en l’honneur des Black Panthers. La variation Louboutin apporte toutefois une nuance de poids: après les stars et les grands-bourgeois, ce sont désormais les entreprises qui se saisissent à pleines mains de la puissante bannière de l’antiracisme.

Appel au boycott

Ce mouvement vient des États-Unis, où les grandes corporations, pour répondre aux attentes de leurs clients et jeunes recrues, mais surtout éviter toute recension critique par des associations militantes, tentent de coller au mieux à ce qu’elles identifient comme un socle commun d’aspirations de la société. Un tournant politique accentué par l’arrêt Citizens United de 2010, qui autorise les entreprises à financer les campagnes électorales. Ainsi s’est bâti un nouvel équilibre fragile où entreprises, politique et société civile, représentée par les associations, tentent ensemble d’organiser la vie de la cité. La décision, en mai 2019, de l’État de Géorgie d’adopter une loi restrictive sur l’avortement a parfaitement illustré ces nouveaux rapports de force. À l’annonce de la réforme, des activistes ont appelé sur les réseaux sociaux à boycotter entreprises et événements organisés en Géorgie. Les grands groupes ont embrayé, Netflix, Disney et Warner menaçant de stopper leurs tournages dans l’État. Une centaine de patrons ont ensuite manifesté leur opposition à la loi via une page dans le New York Times. Le texte a pour finir été bloqué, quelques mois plus tard, par un tribunal fédéral américain arguant de sa contradiction avec la jurisprudence de la Cour suprême.

Depuis trois ans, c’est autour du mouvement woke, terme qui s’est répandu dans le sillage du mouvement Black Lives Matter contre les violences policières dont sont victimes les Noirs aux États-Unis, que se mobilisent les grands groupes américains. Pour gagner leurs galons woke, c’est-à-dire en état d’éveil face aux injustices sociales et raciales, les entreprises les plus motivées n’hésitent pas à organiser une forme de ségrégation entre leurs salariés. Les jeunes recrues à la peau blanche étant formées à prendre conscience de leurs privilèges tandis que les personnes de couleur sont invitées à se reconnaître dans le rôle de victimes. Au siège de Disney, en Californie, la direction des ressources humaines a par exemple constitué trois groupes affinitaires destinés de facto respectivement aux Latinos, aux Asiatiques et aux Noirs. Les employés blancs étant de leur côté incités à s’interroger entre autres sur les liens entre leur patrimoine et le «racisme structurel de la société américaine».

Stage de quasi-rééducation

Le journaliste Christopher Rufo, à l’origine des révélations sur Disney, a même relaté l’existence dans certains groupes et administrations de stages de quasi-rééducation réservés aux hommes blancs hétérosexuels. Ces combats woke s’imposent au sein des grands groupes, essentiellement constitués de cadres urbains. Ils sont valorisés par les actionnaires institutionnels (fonds d’investissement, fonds de pensions, gestionnaire d’actifs…) qui identifient ces formations à des actions de lutte contre les discriminations, un des piliers de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) des entreprises. Les sociétés cotées en Bourse tendent alors à s’y convertir pas à pas, avec plus ou moins d’enthousiasme et d’intensité. Ce n’est toutefois pas le cas de l’intégralité du capitalisme américain. Détenue par une famille de fervents chrétiens, la troisième enseigne de restauration rapide du pays, Chick-fil-A, reste par exemple parfaitement hermétique au mouvement. Le groupe conseille à ses franchisés de mener leur établissement «selon les principes de la Bible», ce qui passe notamment par une fermeture le dimanche.

En Europe, les entreprises, fidèles à une tradition remontant au XIXe siècle, sont aussi fortement engagées sur les questions de responsabilité sociale et environnementale (RSE). Sur le Vieux Continent, comme aux États-Unis, la définition de la RSE a eu tendance à évoluer ; synonyme, il y a dix ans, d’un principe de responsabilité de l’impact de ses actions, la RSE dernière génération tend davantage vers la défense de valeurs. Les grands groupes, essentiellement de services, multiplient ainsi les actions en faveur de l’inclusivité et de la diversité, avec un fort accent en faveur de l’égalité hommes-femmes ou de la visibilité des personnes LGBT. À quelques exceptions près, ils conservent toutefois un pas de côté vis-à-vis de l’antiracisme à la sauce woke, se contentant d’inclure ces problématiques dans des formations plus larges aux discriminations.

Les lignes commencent toutefois à bouger. L’industrie cosmétique, directement exposée par ses produits à ces questions de couleur de peau, a ainsi franchi le Rubicon. En juin 2020, L’Oréal annonçait retirer «les mots blanc/blanchissant, clair de tous ses produits destinés à uniformiser la peau». Le français suivait son concurrent américain Johnson and Johnson, propriétaire notamment des marques Neutrogena, RoC ou Le Petit Marseillais, qui avait déclaré plus tôt abandonner la production de substances éclaircissantes commercialisées en Asie et au Proche-Orient. Le luxe, tétanisé par les procès en appropriation culturelle, suit également le mouvement de près, comme la campagne Louboutin le reflète. Gucci, une marque phare de Kering, s’est ainsi retrouvé au printemps 2019 dans la tempête, pour avoir lancé un col roulé décoré de larges lèvres rouges, jugé raciste, car pouvant évoquer une blackface, une caricature de visage noir. Afin de se faire pardonner, le groupe a multiplié les dons à des associations de lutte contre les discriminations et les séminaires de sensibilisation.

Pour les entreprises, rejoindre la croisade woke peut s’apparenter à un très tentant, et économique, bain de jouvence marketing. La conversion exige toutefois un certain professionnalisme, comme la Poste espagnole l’a appris à ses dépens, en mai. Pour marquer l’anniversaire de la mort de George Floyd, lors de son arrestation par la police, le groupe a lancé une collection de timbre, les Equality Stamps, représentant différentes couleurs de peaux. Scandale immédiat car la valeur des timbres était corrélée à la clarté de la peau, variant de 0,70 euro pour celui représentant la peau noire à 1,60 euros pour le blanc.

En France, le modèle universel républicain s’oppose frontalement à ces approches racialistes. La grande majorité des chefs d’entreprise, conscients de cette spécificité, se montrent prudents sur ces sujets et tendent plutôt à freiner l’enthousiasme de leurs jeunes directions de l’éthique et/ou de la diversité. L’intense polémique suscité par un tweet d’Évian s’excusant d’avoir fait la publicité de son eau en pleine journée de ramadan a bien démontré la réactivité épidermique d’une grande partie du public hexagonal devant les approches communautaristes. Les prochaines années, voire les prochains mois, s’annoncent délicates pour les chefs d’entreprise, qui devront naviguer entre les injonctions contradictoires de leur base française et de leurs contreparties anglo-saxonnes. Les crispations risquant de se cristalliser autour de l’épineuse question de la religion en entreprise.

Voir de même:

Brut lève 75 millions de dollars auprès de Murdoch, Pinault et Orange

Le média social français connu dans le monde entier, est valorisé autour de 300 millions de dollars.

Le tour de table du média social français Brut, devient l’un des plus chic de la planète média. Après avoir séduit Xavier Niel, Alexandre Mars et Bpifrance lors d’un tour de table de 40 millions de dollars en 2019, Brut accueille aujourd’hui à son capital James Murdoch (via son fonds Lupa Systems), François-Henri Pinault (via la holding Artémis), le fonds Tikehau et Orange Ventures qui est l’un des plus importants participants à ce tour de table.

Les sagas et les stratégies de l’éco. La vie et les coulisses des entreprises, du monde des affaires et de celles et ceux qui l’animent, par Bertille Bayart.

Tous ces investisseurs, anciens et nouveaux, apportent 75 millions de dollars d’argent frais à Brut sur la base d’une valorisation approchant les 300 millions de dollars. Les trois fondateurs, Guillaume Lacroix, Renaud Le Van Kim et Laurent Lucas, conservent cependant le contrôle de la société.

«Nous discutions depuis deux ans avec James Murdoch. Il nous apportera sa capacité de monter des deals stratégiques dans le monde entier. Il est, tout comme François Henri Pinault, très aligné sur les valeurs de Brut. De son côté, Orange Ventures nous aidera à nous développer en Afrique francophone» détaille Guillaume Lacroix, président de Brut. Jérôme Berger, patron d’Orange Ventures confirme «la présence d’Orange dans 18 pays d’Afrique et le lien avec 130 millions de clients sera un atout considérable pour le développement à la fois de la partie média et de la plateforme de SVOD de Brut».

Guillaume Lacroix souligne, par ailleurs, que le média social français est le premier à recevoir le label international Bcorp, attribuée par B Lab Europe, qui labellise les entreprises répondant à des normes sociales et environnementales rigoureuses. Ce label est de plus en plus exigé par les fonds d’investissement.

Depuis la création Brut sur Facebook en novembre 2016, le média social a conquis une audience planétaire. Plus de 300 millions d’internautes partagent chaque mois les vidéos de Brut sous titrées en langues locales. En 2020, le cap des 20 milliards de vidéos Brut visionnées a été franchi. Brut est très populaire en France, aux États-Unis et en Inde, auprès des jeunes de moins de 35 ans, grâce à une ligne éditoriale reposant sur des valeurs largement partagées par cette communauté : l’environnement, le droit des femmes, les genres ou encore la responsabilité des pouvoirs.

Le live streaming shopping

Aux côtés de ce média social, Brut a lancé en avril dernier, son service de streaming vidéo par abonnement BrutX, en France puis en Suisse, en Belgique, au Luxembourg et récemment en Afrique francophone. Guillaume Lacroix, PDG de Brut, espère atteindre le million d’abonnés en 2023, avant d’étendre ce service dans le reste du monde.

Aujourd’hui, le groupe repose donc sur deux pieds : l’audience avec Brut et l’abonnement avec Brut X. L’apport d’argent frais va permettre d’accélérer les investissements sur ces deux premiers étages de fusée mais aussi d’en ajouter un troisième. Ainsi, Brut lance aux États-Unis, en Inde et en France, une plateforme de services et de conversation pour permettre aux jeunes créateurs du monde entier de promouvoir des contenus, des services ou même des marques en accord avec les valeurs de Brut. «Nous avons développé une influence dans le monde et maintenant nous voulons utiliser cette influence pour aider les jeunes créateurs. Grâce aux données récoltées auprès de nos communautés de fidèles, nous pouvons les aider à se construire des audiences sur les réseaux sociaux, à les monétiser et même à vendre des produits en live streaming shopping» précise Guillaume Lacroix.

L’arrivée d’investisseurs internationaux réputés, valide le modèle économique de Brut. L’ensemble pourrait atteindre un chiffre d’affaires compris entre 20 et 30 millions d’euros cette année et connaître une croissance supérieure à 200 % l’année prochaine. Déjà rentable en France et en Inde, le média social accélère ses investissements pour consolider sa position.

Soutenu dès sa création par Facebook et son créateur Mark Zuckerberg, Brut a été aussi célébré par Tim Cook, le patron d’Apple, lors de la dernière édition de Vivatech à Paris.

Voir encore:

Doing the Work at Work

What are companies desperate for diversity consultants actually buying?

As the sun went down on May 31, 2020, Kellie Wagner was packing up her Brooklyn apartment when she heard a roar: the chanting of thousands of Black Lives Matter marchers arriving in Fort Greene Park from a nearby rally at Barclays Center. It was the sixth day of nationwide protests in response to the murder of George Floyd, and the NYPD had already made several violent arrests.

Wagner was about to move to California, expecting a slow summer: The pandemic had caused half a million dollars in future business to dry up virtually overnight for Collective, the workplace-diversity consultancy she founded. Companies told her they no longer had the budget for her services. Wagner, who is 35, thought she might have to close up shop for good. Just before she left for the airport, she passed the remnants of a burned-out cop car, broken glass glittering on the sidewalk.

Two days later, Wagner was in Palm Springs — and her in-box was overrun with more than a hundred inquiries from prospective clients. Companies that had canceled on her two months prior were now desperate for help. There were a lot of white CEOs crying on the phone, Wagner recalls, because they had crash-read Robin DiAngelo’s White Fragility and were racked with guilt. There were heads of fashion and beauty brands whose Black employees had begun speaking out on social media about their companies’ racist cultures. What should the CEOs Slack to their staffs? What should they tweet to their customers? What wouldn’t get them criticized but would seem humble and aware — but not so humble and aware that they’d get criticized regardless?

It went on like that for a week, with Wagner in back-to-back-to-back intake calls. Another rush occurred on June 2, #BlackoutTuesday, when two Black entertainment executives called on companies, celebrities, and influencers to post a black square on their Instagram feeds to show solidarity with Black Lives Matter. Brands wanted Wagner’s advice on how best to participate in the campaign — and then, when many of them were excoriated for the low stakes of the gesture, they wanted her advice on how to apologize for it. “They were calling and saying, ‘Well, the black square didn’t work,’ ” Wagner says. “But when you make external statements and you haven’t cleaned up your own house, it’s so inauthentic. You’re asking to be dragged.”

Collective was even courted by the notoriously vulgar media company Barstool Sports, whose founder, Dave Portnoy, was known for provocations like comparing Colin Kaepernick to Osama bin Laden. Wagner said she would consider taking on Barstool as a client if Portnoy agreed to executive-leadership training. She never heard back. (Barstool disputes this.)

Across the country, consultants in the diversity business felt that same whiplash of pandemic bust turning into protest boom. Practitioners who were collecting unemployment received calls from the CEOs of major corporations looking to spend tens or hundreds of thousands of dollars publicly and fast. An in-house diversity professional in San Francisco who had been laid off in a five-minute Zoom meeting in March saw the company re-list his job in a lengthy, solemn Medium post. In Seattle, Tali Lavarry, a former corporate-event planner who had opened her consulting business a few months before statewide shutdowns began, was surviving on instant noodles and peanut-butter sandwiches when her phone started ringing; soon, she took on so many clients she had to hire four employees.

The onslaught was a jarring combination of exhilaration and chaos. One white male executive told Lavarry, “I think I handle colored people all right.” She politely disagreed. Wagner, who is Black, says she had “a kind of breakdown” a few weeks in. “I was having to exert all of this emotional energy to hold space for these white people, who were just waking up for the first time and being like, ‘Oh my God, racism exists.’ ” Still, the mad dash meant that within a quarter, she was able to scale up to 20 employees.

An explosion of fortune in 2020 is one of the few universal things in the amorphous industry of diversity consulting — a space as varied as its constellation of interrelated acronyms and ampersands implies. DEI and DE&I “diversity, equity, and inclusion” are more common than D&I, but many refer to the cause as I&D or DEIB (the B is for “belonging”). Portrayed by the right wing as a single-minded cult, DEI is in reality a loose federation of adherents, with a host of methodologies, competing for money and attention. DEI practitioners share a worldview — that workplaces can become more humane and just — but they are also rivals in a for-profit industry of their own making, with the same incentives of salespeople and marketers everywhere. Corporate America spends roughly $8 billion annually on diversity, according to a figure that gets passed around routinely — though that rough estimate was first cited in 2003, which means the true profitability of the market is uncharted.

Certainly, after Floyd’s murder, the business became astronomically larger than ever. But instead of an industry finally coming into focus, thanks to unprecedented funding and momentum, what composes DEI feels even more dizzyingly diffuse, and its true beneficiaries remain in question. “It really is the Wild West,” Lily Zheng, a consultant in San Francisco who has amassed more than 23,000 followers on LinkedIn, tells me. “One of the major challenges of DEI is there’s no quality control. Anyone can call themselves a DEI practitioner. When your clients are these companies that are desperate to do anything and don’t quite understand how this works, ineffective DEI work can be lucrative. And we’re seeing cynicism pop up as a result, that DEI is just a shitty way in which companies burn money. And I’m like, Yeah, it can be.

If you work in an office, virtual or otherwise, chances are high you’ve been required to take a diversity-related training course. Recently, workers at a multinational company clicked open one such module and encountered “Case Study No. 3: Ethnic Stereotype,” with a photo of a heavyset white man. This was “Michael,” a security guard who “clocks out for lunch from his post on the Upper East Side of Manhattan and sits down to eat in the employee lounge,” where Cindy, his colleague, notices he has only a small sandwich and some apple slices. Cindy needles Michael: “What kind of Italian are you?” she says. “That is the smallest sandwich I have ever seen! Throw some meat on that bread or bust out some pasta and gravy, you big paisan. You’re gonna be starved by the end of your shift!” The module invited workers to consider the ramifications of Cindy’s actions: “How do you think this makes Michael feel? Is Cindy implying that Michael needs to eat more food because he is Italian? Do you think Cindy’s comment could have offended others in the lounge?”

There is a saying among professionals that HR is where DEI goes to die, and when they say it, they usually have something like these two characters in mind. Cindy and Michael are diversity training as bad pornography: low budget, nonsensical, poorly written, too funny to be taken seriously. No one is learning anything meaningful or relevant about bias from this scene. (On Twitter, where it went viral, one user mockingly worried about the “italianx community.”) Its absurdity undermines the entire enterprise. DEI consultants argue (out of self-interest, but persuasively) that the generalists in HR, tasked with organizing everything from commuter discounts to holiday parties, don’t have the skills to set norms around the most sensitive interactions in the office. A security guard who actually took the Cindy-and-Michael training looked into it and told me that he’s pretty sure the video was created in-house by his company’s HR wing — specifically by a white woman from Pennsylvania named Jordyn.

The sandwich incident hearkens back to the origin of the corporate diversity movement: Title VII of the 1964 Civil Rights Act, which barred certain forms of discrimination at work. The earliest corporate training consisted of short sessions, led by HR departments, to remind managers of company policies. The goal was to protect corporations from litigation. In the late 1980s, as women and people of color entered the white-collar workforce in greater numbers, diversity efforts shifted. The advent of “sensitivity training” concerned the well-being of these newcomers in a variety of common scenarios that went beyond legal liability into the realms of appropriateness and respect. This evolution of the work required more than just knowledge of the law and gave way to a niche industry. Companies began hiring outsiders to tell them how to behave.

Doug Harris, the CEO of the Kaleidoscope Group, became a consultant during this wave and has witnessed every subsequent trend in the diversity Zeitgeist. In 1989, Harris was working in minority-talent recruitment when a white woman asked him to join her diversity-consulting firm. (He remembers thinking, “Wow, you can make money doing this?” It seemed like a natural extension of what he had been doing his whole life, as a Black man navigating nearly all-white environments, ever since he first got a scholarship to a prep school in Connecticut.) In 2006, he bought her out. “When I first started doing this work, people were staying out of trouble,” he says, describing the field’s iterations. “Somebody told a bad joke or something happened. And then it went to ‘being nice’: Don’t say anything wrong. Here’s all the dos and don’ts. And then it went to valuing differences, and that’s when the work really changed.”

This new way of corporate thinking — that the thing called “diversity” was not a potential source of losses via litigation but rather a source of value in and of itself — led to the idea of “inclusion,” a necessary counterpart, through the late 1990s and early aughts. Companies were betting on an appeal to multicultural consumers as well as employees. Even some of the most staid institutions embraced new measures, like the NFL, whose Rooney Rule required every team with a head-coaching vacancy to interview at least one “diverse candidate.” (When the rule was instituted in 2003, there were three Black head coaches. Today, the number is still three.) Harris says that when he got started at what became Kaleidoscope, there were about 12 firms in the U.S. doing his kind of work; he estimates that there are now about 600 worldwide.

In 2014, Google famously revealed its hiring data, showing dismal racial and gender disparities: 30 percent of employees globally were women, and Black and Hispanic employees together made up just 5 percent of workers in the U.S. Facebook, Microsoft, and Apple soon published similarly stark numbers. The reckoning that followed, led by younger and more progressive tech workers, shaped the diversity-consulting industry as it existed when Floyd was murdered.

Many contemporary DEI agencies are now focused on helping companies that profess to have progressive values live up to those ideals. This is referred to in DEI parlance as “alignment”: The idea is to jerk system operations into sync with make-the-world-better branding, like a diversity chiropractor. Wagner’s Collective is one of these outfits. She founded the company in 2017 after working at several tech firms where she saw CEOs profess to care about making workers happy; invariably, the Black employees were not.

Compared with more corporate enterprises like Kaleidoscope, consultancies like Collective tend to have sleeker branding. The people in their stock photos wear T-shirts and clear-framed eyeglasses instead of bad suits, and their websites, in pastel hues, often list the names of the Indigenous tribes on whose ancestral land they do business. They tend to use more overtly political terminology like “anti-racism.” The divide is somewhat generational. “I’m not a fan,” says Harris, though he employs young consultants who use the more confrontational approach. “They tell me, ‘Doug, you old, man. You’re dry.’ But I’m not in that world.”

Both Harris and Wagner, who primarily do operations strategy, share an aversion to DEI work’s lowest-hanging fruit: programs that sound nice and can be sold to multiple clients quickly without much alteration. One popular trend at Fortune 500 companies is requiring employees to take “unconscious-bias training,” a generalized lesson in how bias can affect behavior, and it’s profitable for those consultants who offer it. Collective doesn’t because many DEI practitioners suspect it doesn’t really work. Zheng, the consultant from San Francisco, has a form on their website that asks prospective clients “How did you hear about me?” Zheng doesn’t sign on with the ones who write something like “Google.”

The work done by people like Wagner, Harris, and Zheng is granular and unsexy. It can be as contentious and awkward as therapy; one strategist recalls how, during a call on how bias impacts performance reviews, a white male CEO hung up when accused of potential prejudice, “like an angry teenager slamming the door on their parents.” If all goes well, the public results of consulting by Collective, for example, can look like this: A millennial media company ditches a logo that appears to feature a thin white woman. Or Peloton formalizes a structure for its employee resource groups to participate in marketing and branding discussions. The whole service, from assessment to implementation, can cost between $70,000 and $150,000.

Many corporate clients, of course, don’t really want to change; they just want to look as if they are changing. For the consultants, doing flimsier, higher-volume work is a constant temptation. “Speaking is so much more lucrative than project work, just infinitely,” says Zheng, who has become a kind of DEI influencer on LinkedIn, where a new crop of self-proclaimed experts has flourished. Zheng can command $15,000 for a corporate speech, as can Wagner, who is hiring a publicist. “The money that I’m making from even my biggest client right now, for a year-plus of work, I could make in ten one-hour talks,” says Zheng. “When I’m having a bad day, sometimes I’m like, What if I quit and then talked about unconscious bias once a day and just rolled in money?

“Everybody wants to do new things, but people don’t want to stop doing old things,” Harris says. “I’ll say, ‘You really need to look at your insurance policies and how you’re giving out rates.’ Clients will say, ‘I ain’t going to mess with that. Let’s talk about allyship. Let’s talk about white fragility — that’d be a great topic.’ ” He adds, “You can make a lot of money in diversity being abstract.”

In August, a conservative journalist named Christopher Rufo wrote excitedly on Twitter about an “explosive” leak he had received from inside Sandia National Laboratories, a nuclear-weapons research facility in New Mexico. The documents concerned an event called “White Men’s Caucus on Eliminating Racism, Sexism, and Homophobia in Organizations” that had been conducted with Sandia’s largely white and male executives at a luxury resort. It had been led by a DEI consultancy called White Men As Full Diversity Partners.

What Rufo published, under the headline “Nuclear Consequences,” was ultimately tame. There was an image showing the phrase WHITE MEN on a dry-erase board along with a word cloud of associated terms: MAGA hat, mass killings, beer, Founding Fathers, heart failure. Although Rufo referenced the participants being forced to “publicly recite” statements about their own privilege, most of the materials seem to have been generated by the participants themselves, including handwritten assessments about how much the workshop helped them feel as though they could be better people.

Tucker Carlson, funneling the story into right-wing panic about critical race theory, called the event a “reeducation camp” with “mandatory Maoist struggle sessions.” Senator Josh Hawley wrote to the secretary of Energy that the material was “deeply disturbing.” President Donald Trump signed an executive order on diversity training, partly inspired by what had happened at Sandia.

White Men As Full Diversity Partners is not, in reality, a shadowy cabal of fanatics. The group was founded in 1997 by two white men, Bill Proudman and Michael Welp, who had both been Outward Bound instructors for executive clients and shifted into diversity consulting. (Welp traveled to South Africa, doing ropes courses for newly integrated employees of mines, banks, and pharmaceutical companies, and later got a Ph.D.) They saw that women and nonwhite people bore the brunt of educating white men about race and gender and that there was value in white men being explicitly asked to learn on their own; it became the founding principle of their company.

Though they lead all kinds of sessions for companies and not all of their consultants are white men, their best-known offering is the caucus, in which “white men rediscover their sense of mutual self-interest in a more inclusive world,” as Welp puts it. First, white men learn that they have a shared culture. (Facilitators show clips from films like Apollo 13 and Gran Torino.) They do exercises to establish empathy: Standing on one side of the room, participants take one step forward if they belong to a members-only country club but take a step back if they lived in a mobile home growing up. The company’s three-and-a-half-day program can cost north of $50,000.

Shock value is the point of the “White Men” name — a “wake-up call,” in their words. Though they have been doing it for more than two decades, their explicit, emotion-triggering tactics are in vogue alongside recent trends in the anti-racist community. But WMFDP’s founders are far from radicals. They are certainly not Marxists. Instead, they are pointedly apolitical. “We don’t turn this into the PC police, where all of a sudden, to work here, you have to think like I do. What we have to do is behave,” Proudman says. “We have to be respectful. We don’t have to love each other. Some of my best clients were at opposite ends of the political spectrum, and I’ve seen them be incredible champions around equity and inclusion without having to change their belief systems.”

This is why WMFDP is repeatedly invited to work with the federal government and some of the world’s most prominent companies. Last summer, after Jacob Blake was shot by a police officer in Wisconsin, major sports leagues suspended play. The National Hockey League was conspicuously late to act. Afterward, the NHL announced a suite of initiatives, including that all employees would participate in an “inclusion learning experience,” to be led by WMFDP.

The night before the press release went out, Akim Aliu received a call while walking his dog at home in Toronto. Aliu, who was born in Nigeria, is the co-founder of the Hockey Diversity Alliance, an independent group made up of current and former Black and brown players; the league wanted to know if the HDA would agree to be named in the release. Aliu was insulted. Months earlier, the HDA had submitted an eight-point plan asking the NHL to commit to several measures, including a promise that the employment of Black non-player personnel would rise to 10 percent before the end of the 2020–21 season. Talks between the groups disintegrated. (The NHL says they couldn’t agree on timing and other specifics.) In the end, the HDA did agree to the release, but it later severed ties with the league, calling its efforts “performative” in a blistering statement.

Aliu finds the dismissal of the NHL’s players in favor of outside consultants galling. “I’ll never understand how you can say no to players that are currently in your league and have been in your league,” he says, “but think you’re going to do it the right way with someone else that knows nothing about hockey, that knows nothing about being Black in hockey.”

That an organization with a name so rhetorically antagonistic to power is one of the most corporate-friendly DEI consultancies on the ground seems like an omen. I asked Proudman about Aliu and the HDA, and whether he ever felt like he, the consultant, was colluding — to use a DEI concept — with management against employees. “The whole notion that hiring a largely white company to go in to do that feels disingenuous — I absolutely understand the seeds of that,” he says. He had read about the HDA after the partnership was announced and some of its more “brutal” comments. “It’s part of the mosaic of how we have to come together and figure out how to do this work with one another,” he says. “This is what the work looks like.”

Another horrific cycle of death, protest, and corporate spending occurred in March, when eight people, six of whom were Asian women, were shot to death in suburban Atlanta — the apex of months of anti-Asian violence. There was a rush for consultants who could translate, sometimes literally, systemic issues of oppression and bias faced by the Asian American and Pacific Islander community. “Almost everyone I know who has even the most basic knowledge of Asian American studies got trucked out on MSNBC, CNN,” says Kim Tran, an equity consultant, a community organizer, and a writer with a Ph.D. in ethnic studies.

Corporations and brands seemed to react more nimbly to this spate of violence than they had to previous high-profile killings. “There’s a playbook now,” Tran says, “and it goes something like: A terrible thing happens to a marginalized community; then we put out a statement of outrage; then we do a listening session; and then we drop it until the next terrible thing.” After the shootings, Ad Age released a live blog “tracking how brands, agencies and media players are supporting AAPI communities and responding to anti-Asian sentiment.”

The diversity industry has evolved again, and one company at the forefront is Kindred. The start-up is more of a networking entity than a consultancy — it connects “purpose driven” leaders at businesses and nonprofits with experts in areas of environmental, social, and corporate governance. Ian Schafer, a co-founder, describes Kindred as a curation service and a platform. “A member said to me once, ‘You’re like the Peloton of corporate social responsibility,’ ” he says.

Schafer, who once worked in digital marketing for Harvey Weinstein’s Miramax (he says the toxic environment led him to leave and start his own creative agency), remembers thinking in 2015 that a new realm of possibility was opening in the corporate world. “Accountability was going to be the next great disruptor to business,” he says. The original idea was to create a kind of Davos-like event around that prediction. Kindred raised several million dollars and planned to hold its first major conference in the spring of 2020, with speakers including Chance the Rapper and the CEO of Ben & Jerry’s. Then came the pandemic. In October, Schafer and co-founder Elyssa Byck, who had worked in corporate strategy at BuzzFeed, relaunched the company with a new business model. Clients would charge “members” — entities from Casper to Wells Fargo — $3,500 to $7,000 annually for access to diversity experts (like Zheng) and their services, including speaker series and project planning. They also get to join a members-only Slack in which they can see one another’s contact information and collaborate. Companies like Verizon can purchase discounted “enterprise memberships” for large groups of employees. In December, in a joint effort with Kindred, Verizon’s Yahoo division announced a project called the “Allyship Pledge,” which connects “digital creators” with anti-racist activists and academics for four-hour talks. Participants received Allyship Pledge–branded swag, including a notebook and a water bottle.

Members can also access Kindred’s “Concierge” service and commission data analysis or research reports on “ESG topics.” They can appeal for emergency help via “Rapid Response Support” — say, if there is a brutal police killing and consumers or employees are demanding that management address it. Before the verdict in Derek Chauvin’s trial, Kindred members had the chance to book “office hours” with a former LAPD conflict-resolution specialist and mediator. “Where else can you get that?” Schafer says.

He is aware of the optics of running a business, he says, that focuses more explicitly on DEI so quickly after last summer. “I look like the problem that a lot of people have with the way that business does business just by the fact that I’m a cis straight white man. We aren’t here to be activists. We’re actually here to be very practical incrementalists.”

At least one consultant of color says they declined a partnership offer from Kindred. “It felt like they wanted us to do the heavy lifting and give them credibility,” the consultant says. “To have people with more resources and connections come in and take business away from us is really frustrating. It feels so opposite to the goal of equity — just because DEI is trending right now.”

As more money pours into the diversity industry, the products and services for sale are becoming ever more abstracted away from actual workers in pain. Steven Huang, a disillusioned consultant who wants to disrupt the field, plans to experiment with DEI and psychedelics, believing that CEOs who microdose might have an easier time opening their minds to accelerated change than sober ones. There is now DEI.AI, which reads emails for sensitivity, and DEI virtual reality. The right-wing nightmare is that militant “diversinistas” are taking over America’s most beloved institutions, changing the fabric of work life. The much more likely danger is that executives will become better at sounding as if they are onboard with a mandate of social transformation, while little material change happens for the people who need it most. Take Kroger, the grocery chain, which just released an update on its diversity efforts, noting that it had partnered with 107 new diverse suppliers in 2020, an increase of 91 percent. Chairman and CEO Rodney McMullen touted in a press release that “greater racial, gender, health, and wealth equity will drive true and long-lasting change and better outcomes in our country.” Three days later, the company revealed in a regulatory filing that McMullen made his biggest salary ever, $22.4 million, in 2020, while the median salary of workers fell 8 percent to $24,617. In the U.S., workers like stockists and checkout clerks are, of course, disproportionately people of color.

“Diversity, equity, and inclusion functions with the world as it is,” says Tran, “and not the world as we want it to be.”

There is one consultant with a small operation who has perhaps the best sounding board in the world for her efforts to improve it. Aida Davis’s aunt by marriage is Angela Davis, and she is the daughter of Alemayehu G. Mariam, an Ethiopian political scientist and human-rights scholar; her parents immigrated to the U.S. as political refugees, and she grew up in a working-class town near San Bernardino called Apple Valley. In college, Davis became an organizer with the Service Employees International Union and stayed in organizing for a decade. She runs her company, Decolonize Design, from L.A.

Davis founded the company in part as a rejection of DEI, she says, and created her own acronym: BDJ, for “belonging, dignity, and justice.” (There will soon be another J, for joy.) Instead of “tinkering around the edges” of the DEI industry, Davis says, her company is explicitly anti-assimilationist, with a worker-centric approach influenced by her time in the labor movement.

What does anti-assimilationist consulting look like? One example is Davis’s work with a well-known company. This chain’s locations are mostly owned by franchisees, who typically pick the music that is played in the stores — a practice that seems benign but can be overtly exclusionary. At one of these places, in the town where I went to college, the owners blasted classical music as a blatant attempt to deter local Black teenagers. No matter that the workers inside were also Black teenagers who might not have liked the music. The chain wanted to change the policy; at one point, Davis says, it considered devising a standardized playlist that would somehow represent artists from all backgrounds. Her company’s advice instead was to simply let the workers choose what they wanted to play. Now, everywhere in the country, they can.

The change Davis helped implement is remarkable in its specificity. In thinking about the freedom of that choice — to be able to play your own music in the place where you work — the buzzwords of belonging and community feel real again, reinscribed with meaning. They have a bearing on physical space. The strategy isn’t flashy, however; it isn’t a statement from the CEO or a huge donation. Nor is it scalable or something that can go viral. The company, on her recommendation, just gave something up.

Davis says she is still constantly in tension over what she does. She and members of her radical family have long conversations when she works with corporate clients. “I’m like, ‘Am I doing the wrong thing? Where do I stand? Am I selling out?’ ” she says. “They are philosophers, so I don’t get answers. I get more questions.”

Voir de plus:
États-Unis.

Pour avoir des chefs d’entreprise moins blancs, le temps des quotas est-il venu ?

Seuls quatre PDG sont noirs au sein des 500 entreprises les plus influentes des États-Unis, rappelle Bloomberg Businessweek. L’instauration de quotas, qui a déjà facilité l’accès des femmes à des postes de dirigeant, pourrait-elle aussi être une solution pour favoriser une plus grande diversité ? Le magazine économique s’est penché sur la question.

Parmi les rangées de visages blancs qui s’alignent à la une de Bloomberg Businessweek, seules quatre photos se démarquent du lot : celles des quatre PDG noirs que compte le classement “Fortune 500”, recensant les 500 premières entreprises des États-Unis en termes de chiffre d’affaires.

Une situation qui doit impérativement évoluer, estime Jide Zeitlin, PDG du groupe Tapestry, propriétaire de plusieurs sociétés de la mode et du luxe, et l’un des quatre visages noirs de ce classement : “Pas dans dix ans, pas dans quinze ans, mais dans l’année qui vient, ou dans un ou deux ans”, a-t-il récemment déclaré. Une nécessité rendue “encore plus urgente par le contexte des manifestations massives contre la violence policière et le racisme”, souligne le magazine économique.

Si les dirigeants noirs des grandes entreprises américaines se comptent sur les doigts d’une seule main, “ça ne s’améliore pas lorsqu’on regarde plus bas dans la hiérarchie”, poursuit le journal, qui cite Victor Ray, sociologue spécialiste des questions raciales à l’université de l’Iowa : “L’organigramme de la plupart des entreprises conventionnelles ressemble fort à ceux des plantations [exploitations agricoles où de très nombreux Africains-Américains ont été réduits en esclavage, dans le sud des États-Unis, jusqu’en 1865]. Les Noirs sont en bas de l’échelle.”

L’instauration de quotas en question

Alors, comment lutter efficacement contre ce problème ? s’interroge Bloomberg Businessweek. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra bien plus qu’un “engagement presque utopique” pour “atteindre une représentation juste”. C’est pourquoi le magazine explore la piste de “la coercition, ou pour être plus précis des quotas” :

Le mot provoque immédiatement un haussement de sourcils et hérisse le poil. Pour certains, il évoque une époque où les quotas étaient utilisés pour limiter l’embauche des Juifs et des personnes non blanches. Les chefs d’entreprise, qui se fondent sur les statistiques pour évaluer leur réussite, y deviennent allergiques lorsqu’elles concernent la race.”

Mais ces dernières semaines, le mouvement Black Lives Matter a sensiblement changé la donne, explique le média. Le 9 juin, la filiale nord-américaine du groupe allemand Adidas a par exemple annoncé qu’“au moins 30 % de ses futurs employés seraient noirs ou latinos” – il s’agit toutefois d’un simple objectif, et non d’un quota à proprement parler, précise le journal.

Or en matière d’égalité hommes-femmes, l’instauration de certains quotas a déjà commencé à faire ses preuves : la Californie, par exemple, a voté en 2018 une loi contraignant les entreprises cotées en Bourse et dont le siège social est dans cet État à avoir au moins une femme administratrice avant la fin de 2019. D’ici à la fin 2021, elles devront en compter au moins deux lorsque le conseil est composé de cinq personnes, et au moins trois, au-delà. Si la mesure était à l’origine impopulaire, elle a rencontré un franc succès. “Les femmes représentaient près de la moitié des nouveaux membres des conseils d’administration en Californie en 2019”, rapporte le titre.

Pour Bloomberg Businessweek, cette initiative a permis “ce qui est peut-être l’avancée la plus significative en termes de diversité ces dernières années”. Pour autant, nuance le média économique, “les quotas ne résoudront pas le racisme” et certaines problématiques ne disparaîtront pas avec leur instauration. Prenant l’exemple de la Norvège, où les femmes occupent aujourd’hui 42 % des sièges des conseils d’administration à la suite de l’instauration de quotas, le magazine souligne que “les hommes détiennent toujours la majorité du pouvoir exécutif”. De la même manière, une culture d’entreprise excluante à l’égard des Noirs peut perdurer malgré le fait qu’ils soient davantage embauchés : “Envoyer des personnes noires dans un environnement hostile n’est pas beaucoup mieux que de ne pas les embaucher du tout.”

Voir de plus:
Engagement.

Contre le racisme, les entreprises américaines doivent passer des discours aux actes

Courrier international

De nombreuses entreprises ont été promptes à dénoncer les ravages du racisme et des violences policières aux États-Unis à la suite de la mort de George Floyd à Minneapolis. Mais la presse note qu’il existe un certain décalage entre les discours et la réalité des actions menées pas ces firmes.

L’indignation, le rejet du racisme, la condamnation des violences policières et les appels à l’unité forgent les prises de position, ces derniers jours, de nombreuses entreprises aux États-Unis. Un soutien aux manifestants qui devient nécessaire pour des firmes “sous forte pression” qui “vendent des biens et des services au grand public”, explique Quartz. “Le temps où elles pouvaient rester silencieuses sur des sujets de société essentiels est révolu depuis longtemps.”

Mais donner de la voix et faire des promesses ne suffit pas. Ainsi, le Los Angeles Times dresse une liste non exhaustive des entreprises de haute technologie dont les prises de position récentes détonnent avec la réalité quotidienne. Facebook est la première cible du quotidien californien.

La réalité derrière le discours

Depuis le samedi 30 mai, des employés s’opposent à leur patron, Mark Zuckerberg, qui a refusé de retirer du réseau social un message publié par Donald Trump. Le célèbre PDG s’est défendu en promettant un don pour soutenir la justice raciale dans le pays. Pourtant, “ce n’est pas la première fois que Facebook est accusée d’avoir ‘un problème avec les Noirs’”. En 2018, un salarié, raconte le Los Angeles Times, avait publié un texte dénonçant le traitement des utilisateurs noirs de Facebook ainsi que des discriminations subies par des employés noirs.

Même décalage chez Amazon, qui dénonce le “traitement brutal et inéquitable” que subissent les minorités noires, tout en étant partenaire de “200 services de police”, par l’intermédiaire de sa société de surveillance à domicile, Ring, qui encourage l’utilisation d’une application de surveillance de voisinage critiquée pour des “problèmes de profilage racial”. Le Los Angeles Times relève le même genre de contradictions pour Google, Nextdoor ou encore Reddit.

Les entreprises, loin du compte en matière d’intégration sociale

Au-delà de ce décalage, la presse s’interroge sur la capacité des entreprises à agir sur l’intégration sociale des minorités aux États-Unis. Car, comme le note Quartz, les multinationales sont loin d’être exemplaires en matière de diversité. Chez Nike, “si 22 % de l’ensemble des employés sont noirs, […] cette proportion se réduit au fur et à mesure qu’on monte dans la hiérarchie. Parmi les directeurs, 10 % sont noirs et 77 % blancs.” En 2019, les conseils d’administration d’“environ 37 %” des grandes entreprises composant l’indice boursier S & P 500 ne comptaient aucun membre noir, poursuit le média économique, citant une étude du magazine Black Enterprise.

CNN Business rappelle que, dans le classement des 500 premières entreprises américaines du magazine Fortune, quatre seulement ont un PDG noir. “La vraie diversité doit se refléter au sommet”, proclame la chaîne de télévision.

“Prendre des mesures significatives contre le racisme”

Cette promotion de la diversité aurait sûrement “plus d’effet qu’un tweet” déclare le site Mashable.

Le lien entre les violences policières contre les Noirs et un monde des hautes technologies plus juste et avec plus de diversité ne semble pas évident. Pourtant, il existe.”

Ce manque de diversité au sein des entreprises n’est que le résultat, selon le site d’actualité, de la manière dont les “institutions maintiennent les personnes de couleur à distance des chances économiques”. Pour Wired, cela montre la “difficulté pour l’industrie [de la tech] de rompre avec ses racines et avec son histoire, faite de produits fabriqués par un certain type de personnes pour un certain type de personnes.”

Ainsi, la Harvard Business Review appelle les entreprises américaines à prendre des “mesures significatives contre le racisme” et à aller au-delà des discours consolants et des promesses.

Voir par ailleurs:

[Vidéo] Un influenceur blanc britannique dit avoir subi 18 opérations pour devenir non-binaire coréen “transracial”

Le jeune homme affirme se sentir coréen, mais être né dans le mauvais corps. Il a provoqué une vague d’indignation en Corée du Sud.

Jusqu’où peut-on aller dans l’autodétermination de sa propre identité sexuelle et même ethnique ? L’influenceur Oli London a, lui, été jusqu’à de multiples interventions de chirurgie esthétique pour passer de son visage de jeune Britannique blanc à celui de Coréen « non-binaire ». Il a annoncé dans une vidéo, publiée samedi 26 juin, avoir achevé sa « transition » après une nouvelle intervention du visage, afin de se faire notamment lifter le front et brider les yeux. Une démarche qui a choqué de nombreuses personnes, y compris la communauté coréenne.

Insulte à la culture coréenne

« Salut les gars ! Je suis finalement devenu coréen. J’ai accompli ma transition », a-t-il déclaré. Sur le modèle des transgenres, il affirme avoir été « piégé dans le mauvais corps » depuis l’enfance, à savoir celui d’un Anglais blanc, alors qu’il se sent coréen et en revendique la culture. « C’est le pire des sentiments d’être ainsi piégé et de ne pas pouvoir être soi-même. Mais enfin je suis coréen. Je peux être moi-même ».

Oli London affirme avoir subi 18 interventions et dépensé plus de 125 000 euros pour en arriver à ce résultat. Cela fait désormais 6 ans qu’il a annoncé vouloir modifier son visage, avec pour modèle un chanteur de K-Pop, Park Ji-min, dont il a d’ailleurs décidé d’adopter le prénom. Il avait même été jusqu’à annoncer son mariage avec… une image en carton de l’artiste.

La volonté de l’influenceur de se décréter une origine ethnique avait été largement critiquée en Corée du Sud. Les médias locaux avaient notamment dénoncé une insulte envers leur culture, ou une « banalisation » de l’identité coréenne sous prétexte que celle-ci est « à la mode ».

Voir de plus:
Transracialisme : un influenceur blanc se fait opérer pour « devenir » coréen

Laure Coromines
30 juin 2021

Oli London, influenceur Instagram qui s’identifie en tant que Coréen, a dépensé près de 150 000 euros pour ressembler à son idole K-Pop. Et relancé au passage les débats autour du transracialisme.

Pour lui, c’était une évidence. Oli London est né dans le mauvais corps, celui d’un homme blanc britannique, alors que son moi profond est coréen. Au mois de juin, Oli London a fait son coming-out, celui d’une personne non-binaire coréenne. Après avoir subi 18 opérations de chirurgie esthétique étalées sur 8 ans pour avoir le physique le plus approchant possible de celui du chanteur Park Ji-Min du groupe BTS, iel a également repris le prénom de l’artiste. Alors qu’Oli alias Ji-Min se félicite de sa transition, les critiques enflamment les réseaux sociaux et les médias, relançant les discussions autour du transracialisme.

« Soyez qui vous voulez être »

Dans une vidéo YouTube, Oli London explique depuis son lit sa démarche : « Je sais que beaucoup de gens ne comprennent pas, mais je m’identifie en tant que Coréen, je ne m’identifie pas comme Britannique, et maintenant j’ai l’air Coréen, je me sens Coréen. (…) C’est ma culture, mon pays, (…), j’ai enfin eu le courage d’aller au bout de ma transition raciale, et j’en suis très heureux. (…) Pendant si longtemps je me suis senti prisonnier de mon corps. (…) J’ai vécu en Corée, je parle la langue (…) Si vous ne me connaissiez pas, vous penseriez que je suis Coréen, et non un homme ni une femme, juste une personne. (…) J’espère que cette vidéo encouragera d’autres jeunes à toujours faire ce qui les rend heureux dans la vie, c’est mon message, soyez qui vous voulez être. »

Suite à cette annonce, les critiques acérées pleuvent sur l’artiste qui se revendique désormais comme « le premier activiste transracial ». Oli London aka Ji-Min aurait même reçu en plus d’acerbes reproches (principalement de la part de « Blancs de gauche », selon iel) des centaines de menaces de mort.

En Corée, la transition fait ricaner, voire révolte franchement. Depuis plusieurs mois, Oli London est dans le collimateur de youtubeurs coréens qui accusent la jeune personne de fétichisation, d’appropriation culturelle, d’activisme performatif et d’exploitation, notamment à cause de la manière dont iel présente la Corée dans ses clips.

À ces critiques, Oli London oppose dans un tweet une question à laquelle il n’est guère aisé de répondre, et autour de laquelle philosophes et académiciens continuent de s’écharper.

« Si vous pouvez être transgenre, vous pouvez aussi être TRANSRACIAL. Pourquoi y a-t-il un tel double standard et une telle hypocrisie avec des gens qui me critiquent parce que je suis Coréen. C’est la même chose que quelqu’un qui est né dans le mauvais corps et veut devenir un homme ou une femme. Je suis effectivement né dans le mauvais corps ! »

L’affaire Dolezal et la question de l’identité raciale

En 2015, « l’affaire Dolezal » secoue les États-Unis. Au détour d’une interview filmée, le pays découvre que Rachel Dolezal, responsable d’une section locale de la NAACP, association de défense des Afro-Américains, n’est pas noire comme elle le prétend, mais blanche. Après des mois de polémique, Rachel sort en 2017 In full color, un ouvrage très mal accueilli par les communautés afro-américaines dans lequel elle affirme qu’être noire correspond à son identité. « Je ne suis pas noire parce que je suis née noire, mais parce que c’est inné, cela a toujours été au fond de mon cœur », affirme-t-elle alors.

Qu’en est-il alors ? Existe-t-il réellement des personnes « transraciales », au même titre qu’il existe des personnes « transgenres », nées avec un sexe biologique qui ne correspond pas à leur identité de genre ?

Comme le rappelle Slate dans son article très fouillé, la question divise, empêtrée dans des notions d’auto-identification, de doubles standards, d’héritage culturel et de privilèges. Et la réponse est loin d’être évidente, opposant frontalement journalistes, militants, sociologues et intellectuels de tous bords. En 2017 déjà, la philosophe Rebecca Tuvel avait déchaîné les foudres de 800 universitaires en publiant dans une revue académique l’article « En défense du transracialisme », rappelant que la race est de toute façon avant tout une construction sociale

À lire pour aller plus loin : Your face in mine, un roman de Jess Row sorti en 2014 racontant l’histoire d’un homme souffrant de « dysphorie raciale ».

Voir encore:

« Blanchité alimentaire »: Sciences Po sous le feu des critiques après les propos d’une chercheuse du CNRS

Le Figaro

Dans le cadre d’un séminaire organisé par Sciences Po Paris et l’Université de Nanterre, cette chercheuse a défendu le concept de «blanchité alimentaire» comme outil de «l’identité raciale dominante». L’école se défend, affirmant ne promouvoir «aucune théorie ni école de pensée particulière».

La gastronomie française, raciste? C’est ce qu’a expliqué une chercheuse dans une intervention qui suscite depuis la polémique sur les réseaux sociaux, à l’occasion de la «semaine doctorale intensive» organisée par l’École de Droit de l’Institut d’études politiques de Paris chaque année. «Le repas français est souvent représenté comme un rituel national auquel tous les citoyens peuvent participer à égalité», introduit-elle. Jusqu’ici, on ne saurait lui donner tort. Mathilde Cohen, chargée de recherche au CNRS mais également maître de conférences à l’université du Connecticut aux États-Unis, continue: «les habitudes alimentaires sont façonnées par les normes des classes moyennes supérieures blanches.»

La «blanchité alimentaire» participerait à «renforcer la blanchité comme identité raciale dominante», en s’imposant dans la société à l’aide du droit, si l’on en croit la chercheuse. Elle appuie son raisonnement sur deux exemples: d’un côté, les cantines scolaires établies aux XIXe siècle et justifiées par «un discours racialisé et eugéniste» auraient établi les «normes blanches et chrétiennes» comme normes par défaut. De l’autre, la nationalité française aurait été accordée en fonction de «perfomances blanches» dont font partie les habitudes alimentaires. «Les administrateurs coloniaux prêtaient attention aux modes de vie des postulants, y compris leurs habitudes alimentaires: mangeaient-ils du riz ou du pain? Mangeaient-ils au sol ou attablés?», poursuit la chercheuse. «Le droit contribue à marginaliser les minorités raciales et ethnologiques en accordant à la culture alimentaire blanche française le statut de régime alimentaire privilégié et juridiquement protégé», conclut-elle.

Pour terminer, Mathilde Cohen déplore que ce «problème» dépasse largement la France, car, souligne-t-elle, «la cuisine française est dans de nombreux pays un modèle de technique culinaire et de gastronomie.»

Sciences Po se défend

Des extraits de cette intervention ont été largement relayés sur les réseaux sociaux. Le logo de l’Institut d’études politiques de Paris, organisateur de l’événement, apparaît sur la vidéo en question, jetant le trouble sur une éventuelle approbation de ce discours par l’école. La séquence n’a pas manqué d’alimenter la polémique alors que le débat sur la prégnance de l’idéologie dite «woke» dans les universités françaises est plus que jamais d’actualité. Le député LR Eric Ciotti a par exemple regretté que l’école dont il est diplômé, «jadis d’ouverture et d’excellence, enseigne désormais des théories indigénistes, racialistes et totalement délirantes.»

Sciences Po a tenu à réagir sur Twitter en précisantne promouvoir «aucune théorie ni école de pensée particulière», soulignant que la chercheuse n’enseigne pas dans l’université parisienne. «Notre Université accueille, dans le cadre du débat scientifique, la pluralité des approches contemporaines des sciences humaines et sociales, dans le respect du cadre déontologique de la recherche». Le séminaire a accueilli «une cinquantaine de vidéos sur divers sujets», s’est défendu l’établissement.

Cette intervention controversée intervient après d’autres polémiques questionnant la place dans l’enseignement supérieur de cette idéologie «woke» venue d’Amérique. À la suite d’un article du Figaro paru en février dernier, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal avait demandé au CNRS – dont est issue Mathilde Cohen – de dresser un «bilan de l’ensemble des recherches» afin de distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme. Si le travail est toujours en cours, un rapport a montré dernièrement l’hégémonie inquiétante du discours «racialiste» et «décoloniale» dans les facs.

En mai dernier, c’est l’organisation d’un «mois décolonial»  à Grenoble dont l’Université et l’IEP isérois étaient partenaires qui avait suscité la polémique. Sciences Po Grenoble avait demandé aux organisateurs «de retirer les marques de soutiens officiels de nos institutions».

Voir enfin:

Le transracialisme existe-t-il? (et pourquoi serait-il moins accepté que la transidentité?)

«L’affaire Dolezal» a mis sur le devant de la scène une question aussi intime que celle de l’identité de genre.

Kelly a perdu sa femme et sa fille dans un accident de voiture. Il revient à Baltimore, où il accepte un poste de manager dans une station de radio locale. Là-bas, sur le parking d’un supermarché asiatique, il croise un homme noir. Un étrange sentiment de familiarité le prend au corps. Cet homme-là, il le connaît, c’est certain. Mais impossible de dire qui il est précisément… «Kelly. Je parie que tu te demandes comment je connais ton nom. Kelly, c’est Martin.» L’homme s’approche, et alors le passé, soudain, ressurgit. Ce visage inconnu se superpose avec une figure ancienne. Celle d’un gringalet pâlichon, en Doc Martens et baggy noir, bassiste dans son groupe au lycée. Mais Martin était blanc. Il n’avait pas le même nez. Ni les mêmes cheveux. Ni l’air d’un Afro-Américain comme l’homme qui se tient en face de lui. «Chirurgie de réassignation raciale», lui répond Martin.

Dans Your face in mine, un roman sorti en 2014, raconte l’histoire fictive d’un homme qui souffre d’une maladie qui n’a sûrement encore jamais été diagnostiquée: «dysphorie raciale». Son identité intérieure n’est pas alignée sur son identité extérieure, ou sa «race», entendue dans tout cet article au sens sociologique (on est «racialisé» par autrui, par le regard et les attitudes des autres). À la manière des personnes trans. On a longtemps parlé en effet de «dysphorie de genre». Un terme clinique aujourd’hui délaissé pour sa connotation pathologique, au profit de l’expression «identité de genre».

Est-ce qu’on peut être noir ou noire de peau, et se sentir profondément blanc ou blanche, ou inversement, être blanc ou blanche de peau, et se sentir profondément noir ou noire? Un peu comme les personnes transgenres? Le roman de Jess Row, qui se situe dans un futur proche, soulève de profondes questions. Des questions d’autant plus troublantes qu’éclate aux États-Unis, à peine un an après sa parution, une affaire bien réelle: «l’affaire Dolezal».

«Cela a toujours été au fond de mon cœur»

Au moment où l’affaire éclate, Rachel Dolezal est responsable d’une section locale de la NAACP, l’une des plus anciennes associations de défense des personnes noires. Elle a les cheveux frisés, souvent attachés en tresses. Elle a la peau légèrement hâlée, portant parfois des tenues avec des motifs ethniques, comme cette robe. Elle se dit «noire», et personne ne remet en question cette affirmation. Lors du recensement, où aux États-Unis chaque personne auto-déclare sa «race», elle a coché des origines «blanches, noires et américano-indiennes» à la mairie de sa ville de résidence. Son combat est respecté. Rachel Dolezal est devenue une personnalité importante au sein de la communauté afro-américaine et du mouvement anti-raciste. Tout bascule pourtant lors d’une interview. Un journaliste lui montre la photo d’un homme noir que Rachel Dolezal a qualifié de «père» dans un post Facebook:
– Est-ce qu’il s’agit de votre père?
– Oui.
– Êtes-vous africaine-américaine?
– Que suggérez-vous par là? Je vous ai dit que c’était mon père.

Puis elle tourne les talons et s’enfuit. Rachel Dolezal a deux parents blancs, et n’a aucune origine afro-américaine.

Autour d’elle, beaucoup, beaucoup de gens ont été bernés. «Je me demande comment je n’ai rien vu», confie à Society un conseiller municipal. «Nous nous sentons manipulés», rapporte le journal local dans lequel elle écrivait. Rachel Dolezal a-t-elle monté ce bateau pour arracher un poste à la NAACP? Et pour obtenir un poste de professeure associée d’études africaines à l’université Eastern Washington? A-t-elle menti pour quelques privilèges? C’est ce qu’une partie des utilisateurs de réseaux sociaux et commentatrices suggèrent.

On aurait pu se contenter de cette explication, si l’histoire n’avait pas été un peu plus complexe. Car Rachel Dolezal n’est pas juste une personne mimant quelques attitudes afro-américaines et plaidant la mythomanie. Dans un livre, In full color, publié en 2017, elle affirme que noire est son identité profonde. «Je ne suis pas noire parce que je suis née noire, mais parce que c’est inné, cela a toujours été au fond de mon cœur», écrit-elle.

Rachel Dolezal naît dans une famille très religieuse, au terme d’un accouchement qui se passe très mal pour sa mère. «J’ai assimilé l’idée que j’avais commis une erreur ou bien que j’en étais une», explique-t-elle dans le documentaire Rachel Dolezal, un portrait contrasté. À l’adolescence, ses parents adoptent quatre enfants, dont trois noirs. Ils sont battus au fouet et au pistolet à colle, selon leur propre témoignage. Rachel Dolezal ressent un profond désir de protection de ses frères et sœurs, et dit alors avoir un «déclic»: «J’ai voulu établir un pont… alors j’ai consulté des livres sur l’histoire des Noirs, des romans, et tout ce qui était écrit par des auteurs noirs […] Grâce à mes frères et sœurs c’est comme si j’avais un prétexte légitime pour poursuivre l’appel de mon âme.»

Bande-annonce du documentaire Rachel Dolezal, un portrait contrasté.

Quand elle dessine, ce sont des personnages noirs. Et lorsqu’elle peut enfin quitter le domicile familial où ses parents, selon ses dires, essaient de «l’exorciser» de son «identité noire», la voilà qui file vers le Sud, à Jackson, une ville à 80% noire. «Elle ne s’est pas réveillée un matin en disant “je vais être noire”, cela s’est fait graduellement», affirme son fils Franklin, dans le documentaire de Laura Brownson. «J’ai commencé à me sentir noire quand j’ai eu la garde d’Izaiah», son frère puis fils adoptif, se souvient-elle. «Izaiah ne voulait pas se sentir adopté, elle a choisi cette voie pour renforcer son sentiment d’appartenance», suggère son autre fils, Franklin. De ses deux frères, le premier reconnaît à Rachel une profonde identité noire. L’autre avance qu’elle «n’a jamais perdu la conscience d’être blanche».

«Chasse aux sorcières»

Entre les deux versions, laquelle est vraie? Rachel Dolezal est-elle une personne «transraciale», un peu comme il existe des personnes «transgenres», nées avec un sexe qui ne correspond pas à leur identité profonde de genre? C’est ainsi que se nomme l’intéressée, dans une interview à la NBC: «trans-noire», ce qui selon elle veut dire qu’elle n’est «pas née comme cela» mais que «c’est ce qu’[elle est] réellement». C’est depuis cette affaire que le mot «transracialisme» a pris ce sens, alors qu’il désignait avant aux États-Unis les enfants noirs adoptés par des familles blanches, ou inversement, les enfants blancs adoptés par des familles noires.

Sur les réseaux sociaux et dans le monde académique, le débat fait rage. «Dolezal a menti sur elle-même et elle continue de mentir. En tant que femme trans je n’ai pas envie d’être comparée à une menteuse», s’insurge la YouTubeuse noire et transgenre Kat Blaque. En avril 2017, la philosophe Rebecca Tuvel publie un article intitulé «En défense du transracialisme» dans une revue académique, qui suscite un vif débat. «Puisque nous devrions accepter les décisions des individus trans de changer de sexe, alors nous devrions aussi accepter les décisions des individus transraciaux de changer de race», argumente-t-elle, déclenchant une lettre ouverte de près de 800 universitaires qui demandent la suspension de la publication, et la démission de la rédactrice en chef de la revue. Jesse Singal du New York Magazine parle de chasse aux sorcières, et Glenn Greenwald, le journaliste qui a publié les révélations d’Edward Snowden sur la NSA, de «campagne hideuse».

«Bravo à Jesse Singal d’avoir dénoncé et discrédité cette campagne de salissage hideuse contre une professeure de philosophie.»

En France, les chercheurs et chercheuses que nous avons interrogées sont gênées aux entournures: «Le terme ne peut s’utiliser qu’avec précautions», confie Magali Bessone, professeure de philosophie politique à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, autrice en 2013 de Sans distinction de race? Une analyse critique du concept de race et de ses effets pratiques. «Ce n’est pas une catégorie que je mobiliserais, mais je ne dirai peut-être pas la même chose dans deux ans», nuance la politiste Audrey Célestine.

Et les militantes aussi: «Concernant la “transracialité”, je me permets de vous suggérer de ne pas utiliser ce terme car il crée une analogie injustifiée avec la transidentité», nous écrit une membre d’un collectif afro-féministe. «Une violente farce», une «non notion», une «errance raciste et essentialisante», juge Ketsia Mutombo, présidente et co-fondatrice de l’association Féministes contre le cyberharcèlement.

Transracialisme et «passing»

Mais d’abord, qu’entend-t-on par transracialisme? Les définitions données par les spécialistes que nous avons interviewées varient. «C’est le fait de passer d’une race à une autre», explique Magali Bessone. La philosophe définit le transracialisme comme une catégorie large, qui comprend par exemple le fait de passer de blanc à noir, tout comme le fait de passer de noir à blanc. Ce dernier phénomène est plus connu et fut utilisé par certaines personnes noires aux États-Unis durant la période de ségrégation constitutionnelle pour éviter les sanctions ou bénéficier d’avantages structurellement réservés aux Blancs. On l’appelle «passing». D’autres universitaires, comme Éric Fassin, choisissent de réserver le mot «transracialisme» au passage de blanc à noir: «C’est l’inverse du passing», déclare-t-il. On parle aussi parfois de passing inversé, justement pour désigner le passage de blanc à noir.

Le phénomène du passing a engendré toute une série de romans autour des années 1920 sur ce phénomène, les passing novels. Dans The autobiography of an ex-couloured man, publié en 1912, James Weldon Johnson raconte la vie d’un fils d’une mère noire et d’un riche homme blanc, qui réalise en entrant à l’école qu’il n’est pas considéré comme blanc. Moqué par ses camarades et par son professeur qui lui demande de ne pas s’asseoir sur des places réservées aux Blancs, il comprend le sort qui lui est réservé. Des années plus tard, il assiste au lynchage d’un homme noir et décide alors d’abandonner tout lien avec son passé pour «devenir» un homme blanc, et passer pour tel. Il renonce à sa mère et à sa famille maternelle. Ses enfants eux-mêmes croient qu’ils sont blancs. Il se dit heureux, mais le soir, lorsqu’il ouvre son manuscrit, «dernière trace d’un rêve évanoui», il ne peut s’empêcher de se dire qu’il a troqué son identité contre un «plat de lentilles».

James Weldon Johnson en 1932. | Carl Van Vechten via Wikimedia Commons License by

Le passing, aujourd’hui, prend des formes plus diffuses. On retrouve des réminiscences de ce phénomène dans les nombreuses échoppes du quartier de Château Rouge à Paris, qui proposent des crèmes à l’hydroquinone, pour blanchir l’épiderme et bercer les espoirs de femmes noires. On appelle aussi ce phénomène le «teint Hollywood», selon l’historien Pap Ndiaye, teint que sont soupçonnées d’avoir adopté de nombreuses stars comme Beyoncé ou encore l’acteur Denzel Washington. Quant à Michael Jackson, il a toujours affirmé être atteint de vitiligo, une maladie qui dépigmente la peau par endroits. Son dermatologue, Arnold Klein, a lui-même affirmé qu’il l’avait «rendu blanc parce qu’il était malade».

Outre blanchir sa peau, avoir un conjoint ou une conjointe blanche et des enfants métis est une autre façon de «passer», précise Pap Ndiaye. En Guadeloupe, les parents qui ont un enfant à peau plus claire sont encore parfois félicités, et l’enfant né qualifié de «po chapé», ce qui signifie «peau échappée, peau sauvée». «Comme dans les campagnes, on pouvait féliciter d’avoir eu un garçon plutôt qu’une fille», fait remarquer l’historien.

Dans tous les cas, le mot transracialisme semble revêtir une dimension plus psychologique, tandis que le passing a un caractère stratégique, de survie dans un monde de dominants. «Cette démarche procède d’une forme d’intelligence des hiérarchies sociales: ces personnes ne souhaitent pas devenir blanches, elles souhaitent rester noires avec la peau plus claire», explique Pap Ndiaye. «C’est un changement de race essentiellement effectué pour des raisons économiques», détaille Magali Bessone. «Le passing n’est qu’un calcul, ça n’est pas un enjeu identitaire, c’est un enjeu de survie», complète Audrey Celestine.

Le «plaisir» de basculer «de la majorité à la minorité»

Si l’on comprend largement les raisons qui poussent un individu à vouloir passer pour blanc –favoriser une carrière, être moins sujet aux discriminations voire à certaines époques aux violences ou même à l’esclavage–, le chemin inverse semble beaucoup moins évident. Certes, aux États-Unis, il peut y avoir des avantages à être racialisé, pour bénéficier de places à l’université par exemple. Ou lorsqu’on évolue dans le milieu musical, notamment dans le blues, «où être noir est un avantage, par une sorte d’inversion des normes communes», souligne Pap Ndiaye. «Armstrong, je ne suis pas noir / Je suis blanc de peau» chantait Nougaro.

Mais, socialement et économiquement, les désavantages sont bien plus nombreux, en raison des discriminations persistantes. Dans une étude publiée en 2013, des chercheuses ont pourtant montré que les personnes nées de couples bi-raciaux dont l’un est blanc, et l’autre noir, ont plutôt tendance à se déclarer comme noires. «Nous voyons un schéma inversé du passing par rapport à la période des lois Jim Crow [la période allant de 1876 à 1964, ndlr]», commentent les autrices de cette étude. Depuis les années 1960, dans le sillage du mouvement pour les droits civiques, ces personnes qu’en France on qualifierait de métisses s’affirment comme noires. D’abord parce qu’elles sont considérées comme noires par la société, mais aussi parce qu’elles le revendiquent. Parce qu’être noir n’est plus un objet de honte, mais au contraire, de fierté. Cette fierté entraînerait-elle, en parallèle, à mesure que s’affirment les minorités, certaines personnes blanches à désirer être non-blanches?

En France, c’est ce que suggèrent les recherches de Juliette Galonnier. Cette sociologue a travaillé sur les conversions à l’islam en France et aux États-Unis dans le cadre de sa thèse en sociologie soutenue en juin 2017, et a pu interroger plusieurs personnes qui ne s’identifiaient plus comme blanches, par rejet du groupe dominant. C’est le cas par exemple de Noémie*, une jeune femme originaire du Gers, qu’elle a rencontrée en 2014, alors qu’elle avait 27 ans. Noémie ne se sent «pas française» raconte-t-elle, à cause de «l’histoire de l’esclavage, de la colonisation» et des «discriminations», qui la détachent de cette identité-là. Mais elle va plus loin qu’un simple rejet de son identité française.

«Je suis plus prisonnière de cette identité de petite Blanche française dominante qui m’horripile»

Au sortir de l’adolescence, captivée par un groupe de femmes portant le voile et discutant de féminisme musulman, elle commence à développer un réseau d’amis pratiquants. Elle se fascine alors pour la négritude et rencontre un jeune musulman originaire de Mauritanie. Un jour, en l’attendant à la sortie d’une mosquée, elle entend un appel à la prière, et sans savoir pourquoi, sans comprendre, se met à pleurer. Elle se convertit, quelques semaines après, à l’islam. Elle épouse ensuite son compagnon et commence à porter le voile.

Elle bascule alors aux yeux des gens selon ses propres mots «de la majorité à la minorité»: «En quoi ça me fait plaisir que ça rejaillisse sur moi? répond-t-elle à la chercheuse qui l’interroge sur les discriminations qu’elle subit, selon le texte des entretiens que Slate a pu consulter. Je suis plus prisonnière de cette identité de petite Blanche française dominante qui m’horripile, parce qu’elle correspond pas à ce que j’ai dans mon cœur».

Être perçu comme blanc ou noir, une question de couleur et de relations sociales

Cette histoire montre qu’être perçue comme une personne blanche ou noire dépend aussi d’un certain contexte culturel et social, même si cela ne peut être bien sûr totalement indépendant de facteurs génétiques et biologiques (le taux de mélanine par exemple). Les femmes blanches qui se mettent à porter le voile ou les hommes blancs qui arborent une grande barbe «sont exposés à de nouvelles catégorisations raciales comme arabes et maghrébins», explique Juliette Galonnier, tout simplement parce que les musulmans en France aujourd’hui viennent à 80% d’Afrique du Nord. «Les gens font de nouvelles hypothèses sur leur origines ethniques.»

Les exemples qui démontrent que la perception de la couleur de peau varie selon le contexte social, ou même historique, sont nombreux. On sait qu’à la fin du XVIIIe siècle, Benjamin Franklin, qui avait classé les humains en trois catégories, les «Noirs», les «Blancs» et les «Basanés», avait rangé les Suédoises et les Suédois chez… les Basanés, tout comme les Français et Françaises d’ailleurs. «Les Tchétchènes sont considérés comme noirs, parce que c’est un critère de dévalorisation… Et Malcolm X, quand il voyageait, s’était vu demander “pourquoi il s’intéressait tant aux Noirs”», raconte Pap Ndiaye. On sait aussi que les Irlandaises et Irlandais ont été associés aux Noirs aux États-Unis au XIXe siècle, parce qu’ils étaient pauvres et catholiques.

La militante Angela Davis raconte comment elle parvenait à pénétrer dans des boutiques interdites aux Noires en parlant français, tout comme au début du XXe siècle, les Noirs du Temple de la science maure d’Amérique, qui se définissaient comme musulmans, réussissaient à entrer dans des wagons réservés aux Blancs grâce à leur garde-robe (turban pour les femmes et fez pour les hommes). Ceux-là même qui se définissaient comme «maures» avant tout refusaient d’ailleurs de cocher la case «negro» sur les formulaires.

Le Temple de la science maure de Chicago en 1928. Noble Drew Ali, le fondateur de l’organisation est au centre du permier rang en blanc. | MrHarman via Wikimedia Commons License by

«La “race” mobilise deux caractéristiques: le phénotype et les relations de pouvoir. Et c’est dans la relation entre les deux que tout se joue», résume la philosophe Magali Bessone. «Les catégories de “blanc” ou “noir” existent dans un contexte social: être blanc ou noir en France c’est pas la même chose qu’aux États-Unis», abonde Audrey Célestine, qui elle-même a pu se rendre compte à quel point cette expérience varie. L’un de ses plus jeunes frères, à moitié algérien, et qu’on reconnaissait à Dunkerque comme quelqu’un d’origine maghrébine, s’est vu perçu comme un «blanc» à son arrivée en Guadeloupe, à un moment particulier où le territoire connaissait un état d’urgence, raconte-t-elle dans un livre publié en mai, Une famille française. «Aux Antilles, la blanchité ne se voit pas qu’à la couleur de peau mais aussi par la maîtrise du créole», commente la chercheuse.

«Si Rachel Dolezal avait effectivement eu une ascendance africaine-américaine, son cas n’aurait pas suscité un tel scandale»

Dans What Blood Won’t Tell: A History of Race on Trial in America, une historienne américaine raconte les procès intentés au XIXe siècle par des esclaves pour essayer de prouver qu’ils étaient blancs. Ces procès tournaient moins autour de la fameuse «règle de la goutte de sang» («one-drop rule», la règle selon laquelle toute personne ayant un ancêtre noir était considérée comme noire) que des relations sociales ou encore de la «moralité» de ladite personne ou de son civisme.

Alors qu’au contraire, aujourd’hui une personne considérée comme très blanche de peau, et qui dans d’autres pays serait très clairement considérée comme blanche, peut s’identifier, puisqu’il s’agit d’une auto-déclaration, comme étant noire aux États-Unis, en vertu de la survivance dans les consciences de la «règle de la goutte de sang». «Si Rachel Dolezal avait effectivement eu une ascendance (même éloignée) africaine-américaine, il est très probable que son cas n’aurait pas suscité un tel scandale et qu’on lui aurait reconnu beaucoup plus facilement le droit de se définir comme noire», estime Solène Brun, doctorante à Sciences-Po qui travaille sur les frontières ethno-raciales et la construction des identités.

Être blanc, une question de privilèges

C’est à la lueur de ces expériences qu’on peut comprendre la réaction d’Arnaud Gauthier Fawas. Ce militant LGBT a fait rire internet et déchaîné des torrents de violence après ses propos sur le plateau d’Arrêt sur images, où il refusait d’être qualifié d’homme. Il refusait aussi d’être qualifié de blanc, malgré son apparence. Interpellé par un membre du collectif Stop au Pinkwashing qui déplorait «un plateau très blanc» (quatre personnes d’apparence masculine et blanches de peau), cet administrateur de l’Inter-LGBT a rétorqué que ce n’était pas le cas, parce qu’il a un parent libanais.

«C’est intéressant qu’on interroge tous nos propres stéréotypes autour de la table. Parce que sans même m’avoir posé la question, vous supposez que je suis un homme. Et seulement par mon apparence vous estimez que je suis blanc. La frontière de nos propres stéréotypes est plus fluide que ce qu’on peut penser», a-t-il plaidé.

D’une certaine manière, Arnaud Gauthier Fawas a raison. S’il est considéré comme blanc en France, il aurait très bien pu cocher une autre case aux États-Unis, et à coup sûr, sa remarque n’y aurait pas déclenché de telles réactions. Le cas de ce militant LGBT+ est bien différent de celui de Rachel Dolezal, mais interroge de la même manière: qu’est-ce qu’une ou un Blanc? Et qu’est-ce qu’une ou un Noir? Ou plus généralement, qu’est-ce qui fait qu’on est «racialisé»? Et peut-on choisir de se définir comme blanc ou noir, ou est-ce à la société de le faire?

Ce qui choque, dans ces deux exemples, a un certain rapport avec la notion de «privilèges». Peut-être qu’Arnaud Gauthier Fawas n’est pas blanc, selon une définition «génétique» ou «héréditaire» très américaine de la chose, mais puisqu’il est perçu comme tel la plupart du temps, il bénéficie largement des «privilèges» qui vont avec, c’est-à-dire qu’il n’écope pas des discriminations dont souffrent en France les personnes perçues comme arabes ou noires. Peut-être a-t-il déjà vécu du racisme lié à son ascendance libanaise, mais cette raison paraît un peu faible pour compenser le fait qu’il y a bien quatre hommes perçus comme blancs sur le plateau d’Arrêt sur images…

«Je sais que c’est un privilège de Blanc, de pouvoir essayer d’en réchapper et de faire ce qu’on veut»

De même, la dissimulation de Rachel Dolezal, qu’elle relève initialement d’un sentiment sincère ou non, a irrité bon nombre de personnes qui ont jugé qu’elle n’avait pas subi des discriminations liées à sa couleur de peau dans son enfance, avant de «devenir» noire. Et surtout, que pouvoir choisir d’être noir ressemblait encore à un privilège de Blanc. «C’était facile pour les Blancs de l’accepter en tant qu’Afro-Américaine parce qu’elle leur ressemblait, contrairement à une femme plus basanée aux cheveux crépus… De nombreuses femmes noires avaient le même message et n’ont pas reçu le même soutien», assure Kitara Johnson, membre de la NAACP, dans le documentaire de Laura Brownson.

C’est aussi ce que répond l’un des convertis à l’islam interrogés par Juliette Galonnier, et qui ne s’identifie plus comme blanc: «J’ai essayé de m’enfuire de ma condition de Blanc et cherché à tout prix à ne pas être blanc. Je sais que ce n’est peut-être pas la bonne réaction, ou que c’est impossible, ou même que c’est un privilège de Blanc, de pouvoir essayer d’en réchapper et de faire ce qu’on veut», dit-il en riant à la chercheuse.

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Les critiques sur le «choix» de la couleur de peau et celles contre les personnes trans

Qu’en serait-il si chacun et chacune pouvait avoir entièrement la capacité à s’autodéfinir, sans trop de lien, ou un lien seulement faible, avec la réalité perçue et la réalité sociale vécue? Telle est la question que pose le geste d’Arnaud Gauthier Fawas, dont les implications ne sont pas sans difficultés. Au Brésil, les débats autour des quotas pour les citoyens et citoyennes noires de peau ont commencé à s’envenimer le jour où certains ont remarqué que davantage de personnes claires de peau postulaient. Voilà qui allait donc détruire une partie de l’effet recherché de ces politiques publiques… Les universités n’ont pas trouvé mieux, pendant un temps, que d’instaurer des «commissions de vérifications raciales», rappelant d’inquiétants souvenirs…

«L’auto-identification qui consiste à affirmer “je suis qui j’affirme être” pue l’autorité et la suprématie masculine»

On retrouve le même type de critiques s’agissant des personnes transgenres, dans une frange minoritaire des milieux féministes, qui reprochent aux femmes transgenres de pouvoir «choisir» leur sexe sans avoir vécu l’oppression qui va avec (alors que l’identité de genre est bien plus souvent présentée comme une nécessité intérieure, et non un choix, par les personnes trans elles-mêmes). Au Royaume-Uni, quand les conservateurs britanniques ont soutenu une réforme du changement d’état civil pour les personnes trans passant par une simple déclaration, nombre de ces Terf, pour «trans exclusionary radical feminists», se sont insurgées, dénonçant une ruse pour leur piquer des places sur les listes électorales. «L’auto-identification qui consiste à affirmer “je suis qui j’affirme être” pue l’autorité et la suprématie masculine», ont tonné une dizaine de femmes du Labour, indiquant que 300 d’entre elles avaient quitté le parti à cause de ces nouvelles règles.

En France, ces positions ont moins d’audience dans les milieux féministes, mais elles existent, par exemple sous la plume d’une des figures du Mouvement de libération des femmes (MLF), Christine Delphy: «L’identité n’est pas quelque chose que l’on se forge tout seul, c’est quelque chose qui vous est imposé. […] Je pense que là-dedans il y a une négation de la réalité du genre, qui est quelque chose de social, et pas quelque chose de sexuel ou biologique. Et une négation de l’oppression des femmes», faisait valoir en mars la philosophe et sociologue dans l’émission «Vieille Branche» (à partir de 52’06):

Pourquoi les personnes «transraciales» sont-elles moins acceptées que les personnes transgenres?

Mais le regard sur la transidentité dans les milieux progressistes et féministes est très différent de celui sur le «transracialisme». Même si les personnes transgenres font l’objet d’une exclusion encore très forte au niveau social, les milieux progressistes et féministes prônent plutôt tolérance et compréhension à leur égard. La transidentité a récemment été retirée de la liste des maladies mentales, et fait l’objet de politiques publiques pour faciliter la vie des personnes trans. Il ne peut pas être encore question de politiques publiques s’agissant du transracialisme, phénomène ultra-minoritaire, dont on n’est même pas encore sûr qu’il ait une véritable existence, mais la réaction quant à ce phénomène en provenance de personnes issues de milieux progressistes voire universitaires interroge. Pourquoi le transracialisme n’est-il pas autant accepté que le transgenrisme?

Ce qui étonne dans la virulence des attaques contre Rachel Dolezal, c’est que la «race», comme concept, est communément admise comme étant fictive, comme n’ayant pas d’assise biologique, et c’est précisément pour cela que le transracialisme devrait, selon cette logique, moins choquer que le transgenrisme, alors que le sexe continue d’être perçu comme une chose biologique.

«Si Rachel sent qu’elle est au fond d’elle-même une personne noire, qui suis-je pour dire qu’elle fait une erreur?»

Signe de ce deux poids, deux mesures, l’Assemblée nationale vient d’inscrire dans la Constitution l’interdiction de la «distinction de sexe», au moment même où elle en supprimait le mot «race». S’il y a moins de «race» que de «sexe», pourquoi n’accepterait-on pas une certaine forme de fluidité entre les couleurs de peau, tout comme on accepte que les personnes trans puissent se sentir nées dans le mauvais sexe? C’est l’interrogation du sociologue américian Rogers Brubaker, dans un livre qui a reçu énormément de critiques, Trans: Gender and Race in an Age of Unsettled Identities.

Rachel Dolezal a elle-même exploité cette comparaison, allant jusqu’à dire dans une interview avec la sociologue Ann Morning que le stigmate qui pèse sur les personnes «transraciales» serait plus grand, puisque, selon ses mots, «la fluidité de genre est plus largement acceptée que la fluidité de race».

«Si Rachel sent qu’elle est au fond d’elle-même une personne noire, qui suis-je pour dire qu’elle fait une erreur? Les races ont été créées par les Européens et ils avaient tort», affirme Albert Wilkerson, un homme que Rachel Dolezal appelle son «vrai» père, dans le documentaire Rachel Dolezal, un portrait contrasté.

Double standard

Les arguments contre l’acceptation du transracialisme paraissent souvent faibles, et tombent assez facilement dès lors qu’on opère une comparaison avec la transidentité et qu’on regarde de près le cas de Rachel Dolezal. À ceux et celles qui lui reprochent d’avoir commis un «blackface» (soit de s’être approchée de cette pratique théâtrale au XIXe siècle dans laquelle des Blancs se grimaient en personnes de couleur pour en faire une caricature débile), on peut rétorquer que Rachel Dolezal est très loin de se moquer des Noirs. «Le black face est occasionnel, ce n’est pas la même chose que de vivre en Noir», acquiesce Éric Fassin.

Peut-on reprocher à Rachel Dolezal de s’être approprié une culture, à la manière de ces chaînes internationales de vêtements qui plagient purement et simplement les traditions de pays dans lesquels par ailleurs elles menacent le commerce local? L’«appropriation culturelle» est un problème lorsqu’elle est faite «sans aucune conscience ni lien dans leur épaisseur avec la culture dont le vêtement est issu», relève Pap Ndiaye. «Quel degré de mélanine faudrait-il avoir pour avoir le droit de s’habiller ainsi?» pointe aussi l’historien, soulignant par là les limites d’une telle critique appliquée aux individus.

Reproche-t-on à Rachel Dolezal d’accentuer les stéréotypes associés aux personnes noires, en adoptant des signes extérieurs à cette culture? Mais la même critique vaudrait alors pour les personnes trans, qui sont nombreuses, comme Caitlyn Jenner, à se délecter de longues robes et de talons hauts, réflexe qu’on peut comprendre simplement avec un peu d’humanité, puisque cet amour des signes féminins découle tout simplement du fait qu’ils leur ont été interdits pendant longtemps.

Quant au «luxe de s’autodéfinir» que s’octroieraient les personnes blanches, ce «privilège» qu’elles auraient de se choisir noires, il tombe là aussi à l’eau lorsqu’on opère une comparaison avec la transidentité: qui connaît un peu le sujet sait que les personnes trans ne «choisissent» pas pour la plupart leur genre, elles le vivent et l’ont pour la plupart toujours vécu pleinement, depuis l’enfance. Douloureusement.

Pour l’instant, puisque le sujet de la transracialité est encore totalement méconnu, il est très difficile de dire si les quelques cas relevés dans le monde ressortent d’une nécessité intérieure ou d’un choix délibéré. La biographie de Rachel Dolezal penche plutôt pour la première option.

Hérédité vs intimité

Une explication, plutôt qu’une justification, à ce double standard, tient sans doute à l’histoire des luttes féministes d’un côté, et antiracistes de l’autre. Comme le relève la docteure en sociologie Sarah Mazouz dans une recension du livre de Brubaker, les premières «ont affirmé la fluidité des catégories et la possible circulation d’une identité à une autre comme l’un des principaux instruments de remise en cause d’un ordre social genré et de ses hiérarchies», tandis que «le changement de race n’est pas un enjeu central des mouvements antiracistes».

La «race», par ailleurs, à l’inverse du genre, est «inscrite dans une hérédité. Elle implique des ancêtres, une généalogie et une histoire, ce qui n’est, dans les grands traits, pas le cas du genre», explique aussi Solène Brun. Comme dit plus haut, certaines personnes métisses sont très fières de se revendiquer noires, car elles s’inscrivent dans cette histoire de luttes, retournant le stigmate en un atout de fierté. Qu’on puisse leur dérober ceci leur paraît parfaitement insupportable. Le genre semble relever par contraste d’une dimension plus intime. «La race me semble engager davantage d’emblée des communautés et des relations socio-politiques», suggère Magali Bessone.

Capture d’écran du documentaire Rachel Dolezal, un portrait contrasté de Laura Brownson.

Si la transidentité est mieux acceptée (même si tout est relatif) dans les milieux féministes que le transracialisme, c’est peut-être aussi parce qu’il n’y a jamais vraiment eu, au fond, de «classe des femmes» solidairement unie contre la «classe des hommes», comme il y a eu une solidarité des Noirs contre l’oppression des Blancs. Parce que femmes et hommes ne peuvent vivre séparément, et ne l’ont jamais complètement fait, tandis qu’il a existé des quartiers complètement ségrégés, où Noirs et Blancs étaient séparés. Et parce que par conséquent une femme transgenre ou un homme transgenre ne peut être regardé –du moins par les femmes féministes– comme un «traître à sa classe», au même titre qu’un Noir ou un Blanc qui «passe» de l’autre côté pourrait l’être, à cause de cette histoire.

Il faut relire Simone de Beauvoir, au début du Deuxième Sexe, pour le comprendre: «Le prolétariat pourrait se proposer de massacrer la classe dirigeante, un Juif, un Noir fanatiques pourraient rêver d’accaparer le secret de la bombe atomique et de faire une humanité tout entière juive, tout entière noire: même en songe la femme ne peut exterminer les mâles. Le lien qui l’unit à ses oppresseurs n’est comparable à aucun autre».

«Dans cent ans, ceci sera aussi commun que de se faire refaire le nez. Mais il y a toujours quelqu’un qui vient en premier.»

Mais comprendre n’est pas justifier, et il n’est pas sûr qu’un jour les arguments contre le transracialisme ne finissent par tomber, comme ceux qui ont longtemps érigé la transidentité en «abomination». Si le cas de Rachel Dolezal est largement regardé comme de la mythomanie pathologique, il n’est pas exclu qu’un jour ce regard change. «C’est comme si elle vivait dans un futur encore non avéré», a écrit à propos d’elle le New York Times Magazine.

Avons-nous aujourd’hui les lunettes pour voir le transracialisme? Rachel Dolezal est-elle une menteuse, ou une pionnière? «Dans cent ans, ceci sera aussi commun que de se faire refaire le nez. Mais il y a toujours quelqu’un qui vient en premier», affirme Martin, le personnage de Your face in mine. Il faudra sans doute encore attendre quelques années pour voir si cette prédiction est juste.


Première conférence de presse de Joe Biden: Parce que je suis un mec sympa (What brave new world of alternative facts and post-truth as protected by a lapdog press, our puppet leaders exploit the migrants for money and power while the rest of us are supposed to celebrate having our countries turned upside down ?)

28 mars, 2021


The number of the beast is 666 (William Blake, 1805)

Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Lettre aux Galates 3: 28)
Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon. Elle exerçait toute l’autorité de la première bête en sa présence, et elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête, dont la blessure mortelle avait été guérie. Elle opérait de grands prodiges, même jusqu’à faire descendre du feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes. Et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui avait la blessure de l’épée et qui vivait. Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six. Jean (Apocalypse 13: 11-18)
L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. Pascal (1670)
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton (1908)
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère. Martin Luther King (1963)
C’est ça, l’Ouest, monsieur le sénateur:  quand la légende devient réalité, c’est la légende qu’il faut publier. Maxwell Scott  (journaliste dans ‘L’Homme qui tua Liberty Valance’, John Ford, 1962)
Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Puisqu’on l’opprime dans sa race et à cause d’elle, c’est d’abord de sa race qu’il lui faut prendre conscience. Ceux qui, durant des siècles, ont vainement tenté, parce qu’il était  nègre, de le réduire à l’état  de  bête, il faut qu’il les oblige à le reconnaître  pour un homme. Or il n’est pas ici d’échappatoire, ni de tricherie, ni de « passage de ligne  » qu’il puisse envisager : un Juif, blanc parmi les  blancs, peut nier qu’il  soit juif, se déclarer un homme parmi les hommes. Le nègre ne peut  nier qu’il  soit  nègre ni réclamer pour lui cette abstraite humanité incolore : il est noir. Ainsi est-il acculé à l’authenticité : insulté, asservi, il se redresse, il ramasse  le  mot de « nègre » qu’on lui a  jeté comme une pierre, il se revendique  comme noir, en face du blanc, dans la fierté. L’unité finale qui rapprochera tous les opprimés  dans le même combat doit être  précédée aux colonies par ce que je nommerai le moment de la séparation ou de la négativité : ce racisme  antiraciste est le  seul chemin qui puisse  mener à l’abolition  des  différences de race. Jean-Paul Sartre (Orphée noir, 1948)
Quand Freud est arrivé aux États-Unis, en voyant New York il a dit: « Je leur apporte la peste. » Il avait tort. Les Américains n’ont eu aucun mal à digérer une psychanalyse vite américanisée. Mais en 1966, nous avons vraiment apporté la peste avec Lacan et la déconstruction… du moins dans les universités! Au point que je me suis senti soudain aussi étranger à Johns Hopkins qu’à Avignon au milieu de mes amis post-surréalistes. Un an plus tard, la déconstruction était déjà à la mode. Cela me mettait mal à l’aise. C’est la raison pour laquelle je suis parti pour Buffalo en 1968. René Girard
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège: la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
La glorification d’une race et le dénigrement corollaire d’une autre ou d’autres a toujours été et sera une recette de meurtre. Ceci est une loi absolue. Si on laisse quelqu’un subir un traitement particulièrement défavorable à un groupe quelconque d’individus en raison de leur race ou de leur couleur de peau, on ne saurait fixer de limites aux mauvais traitements dont ils seront l’objet et puisque la race entière a été condamnée pour des raisons mystérieuses il n’y a aucune raison pour ne pas essayer de la détruire dans son intégralité. C’est précisément ce que les nazis auraient voulu accomplir (…) J’ai beaucoup à cœur de voir les noirs conquérir leur liberté aux Etats Unis. Mais leur dignité et leur santé spirituelle me tiennent également à cœur et je me dois de m’opposer à toutes tentatives des noirs de faire à d’autres ce qu’on leur a fait. James Baldwin
You cannot understand the Left if you do not understand that leftism is a religion. It is not God-based (some left-wing Christians’ and Jews’ claims notwithstanding), but otherwise it has every characteristic of a religion. The most blatant of those characteristics is dogma. People who believe in leftism have as many dogmas as the most fundamentalist Christian. One of them is material equality as the preeminent moral goal. Another is the villainy of corporations. The bigger the corporation, the greater the villainy. Thus, instead of the devil, the Left has Big Pharma, Big Tobacco, Big Oil, the “military-industrial complex,” and the like. Meanwhile, Big Labor, Big Trial Lawyers, and — of course — Big Government are left-wing angels. And why is that? Why, to be specific, does the Left fear big corporations but not big government? The answer is dogma — a belief system that transcends reason. No rational person can deny that big governments have caused almost all the great evils of the last century, arguably the bloodiest in history. Who killed the 20 to 30 million Soviet citizens in the Gulag Archipelago — big government or big business? Hint: There were no private businesses in the Soviet Union. Who deliberately caused 75 million Chinese to starve to death — big government or big business? Hint: See previous hint. Did Coca-Cola kill 5 million Ukrainians? Did Big Oil slaughter a quarter of the Cambodian population? Would there have been a Holocaust without the huge Nazi state? Whatever bad things big corporations have done is dwarfed by the monstrous crimes — the mass enslavement of people, the deprivation of the most basic human rights, not to mention the mass murder and torture and genocide — committed by big governments. (…) Religious Christians and Jews also have some irrational beliefs, but their irrationality is overwhelmingly confined to theological matters; and these theological irrationalities have no deleterious impact on religious Jews’ and Christians’ ability to see the world rationally and morally. Few religious Jews or Christians believe that big corporations are in any way analogous to big government in terms of evil done. And the few who do are leftists. That the Left demonizes Big Pharma, for instance, is an example of this dogmatism. America’s pharmaceutical companies have saved millions of lives, including millions of leftists’ lives. And I do not doubt that in order to increase profits they have not always played by the rules. But to demonize big pharmaceutical companies while lionizing big government, big labor unions, and big tort-law firms is to stand morality on its head. There is yet another reason to fear big government far more than big corporations. ExxonMobil has no police force, no IRS, no ability to arrest you, no ability to shut you up, and certainly no ability to kill you. ExxonMobil can’t knock on your door in the middle of the night and legally take you away. Apple Computer cannot take your money away without your consent, and it runs no prisons. The government does all of these things. Of course, the Left will respond that government also does good and that corporations and capitalists are, by their very nature, “greedy.” To which the rational response is that, of course, government also does good. But so do the vast majority of corporations, private citizens, church groups, and myriad voluntary associations. On the other hand, only big government can do anything approaching the monstrous evils of the last century. As for greed: Between hunger for money and hunger for power, the latter is incomparably more frightening. It is noteworthy that none of the twentieth century’s monsters — Lenin, Hitler, Stalin, Mao — were preoccupied with material gain. They loved power much more than money. And that is why the Left is much more frightening than the Right. It craves power.  Dennis Prager
Quand j’ai écrit mon livre, je suis retourné à Max Weber et à Alexis de Tocqueville, car tous deux avaient identifié l’importance fondamentale de l’anxiété spirituelle que nous éprouvons tous. Il me semble qu’à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, nous avons oublié la centralité de cette anxiété, de ces démons ou anges spirituels qui nous habitent. Ils nous gouvernent de manière profondément dangereuse. Norman Mailer a dit un jour que toute la sociologie américaine avait été un effort désespéré pour essayer de dire quelque chose sur l’Amérique que Tocqueville n’avait pas dit! C’est vrai! Tocqueville avait saisi l’importance du fait religieux et de la panoplie des Églises protestantes qui ont défini la nation américaine. Il a montré que malgré leur nombre innombrable et leurs querelles, elles étaient parvenues à s’unir pour être ce qu’il appelait joliment «le courant central des manières et de la morale». Quelles que soient les empoignades entre anglicans épiscopaliens et congrégationalistes, entre congrégationalistes et presbytériens, entre presbytériens et baptistes, les protestants se sont combinés pour donner une forme à nos vies: celle des mariages, des baptêmes et des funérailles ; des familles, et même de la politique, en cela même que le protestantisme ne cesse d’affirmer qu’il y a quelque chose de plus important que la politique. Ce modèle a perduré jusqu’au milieu des années 1960. (…) Pour moi, c’est avant tout le mouvement de l’Évangile social qui a gagné les Églises protestantes, qui est à la racine de l’effondrement. Dans mon livre, je consacre deux chapitres à Walter Rauschenbusch, la figure clé. Mais il faut comprendre que le déclin des Églises européennes a aussi joué. L’une des sources d’autorité des Églises américaines venait de l’influence de théologiens européens éminents comme Wolfhart Pannenberg ou l’ancien premier ministre néerlandais Abraham Kuyper, esprit d’une grande profondeur qui venait souvent à Princeton donner des conférences devant des milliers de participants! Mais ils n’ont pas été remplacés. Le résultat de tout cela, c’est que l’Église protestante américaine a connu un déclin catastrophique. En 1965, 50 % des Américains appartenaient à l’une des 8 Églises protestantes dominantes. Aujourd’hui, ce chiffre s’établit à 4 %! Cet effondrement est le changement sociologique le plus fondamental des 50 dernières années, mais personne n’en parle. Une partie de ces protestants ont migré vers les Églises chrétiennes évangéliques, qui dans les années 1970, sous Jimmy Carter, ont émergé comme force politique. On a vu également un nombre surprenant de conversions au catholicisme, surtout chez les intellectuels. Mais la majorité sont devenus ce que j’appelle dans mon livre des «post-protestants», ce qui nous amène au décryptage des événements d’aujourd’hui. Ces post-protestants se sont approprié une série de thèmes empruntés à l’Évangile social de Walter Rauschenbusch. Quand vous reprenez les péchés sociaux qu’il faut selon lui rejeter pour accéder à une forme de rédemption – l’intolérance, le pouvoir, le militarisme, l’oppression de classe… vous retrouvez exactement les thèmes que brandissent les gens qui mettent aujourd’hui le feu à Portland et d’autres villes. Ce sont les post-protestants. Ils se sont juste débarrassés de Dieu! Quand je dis à mes étudiants qu’ils sont les héritiers de leurs grands-parents protestants, ils sont offensés. Mais ils ont exactement la même approche moralisatrice et le même sens exacerbé de leur importance, la même condescendance et le même sentiment de supériorité exaspérante et ridicule, que les protestants exprimaient notamment vis-à-vis des catholiques. (…) Mais ils ne le savent pas. En fait, l’état de l’Amérique a été toujours lié à l’état de la religion protestante. Les catholiques se sont fait une place mais le protestantisme a été le Mississippi qui a arrosé le pays. Et c’est toujours le cas! C’est juste que nous avons maintenant une Église du Christ sans le Christ. Cela veut dire qu’il n’y a pas de pardon possible. Dans la religion chrétienne, le péché originel est l’idée que vous êtes né coupable, que l’humanité hérite d’une tache qui corrompt nos désirs et nos actions. Mais le Christ paie les dettes du péché originel, nous en libérant. Si vous enlevez le Christ du tableau en revanche, vous obtenez… la culpabilité blanche et le racisme systémique. Bien sûr, les jeunes radicaux n’utilisent pas le mot «péché originel». Mais ils utilisent exactement les termes qui s’y appliquent. (…) Ils parlent d’«une tache reçue en héritage» qui «infecte votre esprit». C’est une idée très dangereuse, que les Églises canalisaient autrefois. Mais aujourd’hui que cette idée s’est échappée de l’Église, elle a gagné la rue et vous avez des meutes de post-protestants qui parcourent Washington DC, en s’en prenant à des gens dans des restaurants pour exiger d’eux qu’ils lèvent le poing. Leur conviction que l’Amérique est intrinsèquement corrompue par l’esclavage et n’a réalisé que le Mal, n’est pas enracinée dans des faits que l’on pourrait discuter, elle relève de la croyance religieuse. On exclut ceux qui ne se soumettent pas. On dérive vers une vision apocalyptique du monde qui n’est plus équilibrée par rien d’autre. Cela peut donner la pire forme d’environnementalisme, par exemple, parce que toutes les autres dimensions sont disqualifiées au nom de «la fin du monde». C’est l’idée chrétienne de l’apocalypse, mais dégagée du christianisme. Il y a des douzaines d’exemples de religiosité visibles dans le comportement des protestataires: ils s’allongent par terre face au sol et gémissent, comme des prêtres que l’on consacre dans l’Église catholique. Ils ont organisé une cérémonie à Portland durant laquelle ils ont lavé les pieds de personnes noires pour montrer leur repentir pour la culpabilité blanche. Ils s’agenouillent. Tout cela sans savoir que c’est religieux! C’est religieux parce que l’humanité est religieuse. Il y a une faim spirituelle à l’intérieur de nous, qui se manifeste de différentes manières, y compris la violence! Ces gens veulent un monde qui ait un sens, et ils ne l’ont pas. (…) Le marxisme est une religion par analogie. Certes, il porte cette idée d’une nouvelle naissance. Certaines personnes voulaient des certitudes et ne les trouvant plus dans leurs Églises, ils sont allés vers le marxisme. Mais en Amérique, c’est différent, car tout est centré sur le protestantisme. Dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Max Weber, avec génie et insolence, prend Marx et le met cul par-dessus tête. Marx avait dit que le protestantisme avait émergé à la faveur de changements économiques. Weber dit l’inverse. Ce n’est pas l’économie qui a transformé la religion, c’est la religion qui a transformé l’économie. Le protestantisme nous a donné le capitalisme, pas l’inverse! Parce que les puritains devaient épargner de l’argent pour assurer leur salut. Le ressort principal n’était pas l’économie mais la faim spirituelle, ce sentiment beaucoup plus profond, selon Weber. Une faim spirituelle a mené les gens vers le marxisme, et c’est la même faim spirituelle qui fait qu’ils sont dans les rues d’Amérique aujourd’hui. (…) Mais je vois potentiellement une guerre civile à feu doux éclater si Trump gagne cette élection! Car les parties sont polarisées sur le plan spirituel. Si Trump gagne, pour les gens qui sont dans la rue, ce ne sera pas le triomphe des républicains, mais celui du mal. Rauschenbusch, dans son Évangile, dit que nous devons accomplir la rédemption de notre personnalité. Ces gens-là veulent être sûrs d’être de «bonnes personnes». Ils savent qu’ils sont de bonnes personnes s’ils sont opposés au racisme. Ils pensent être de bonnes personnes parce qu’ils sont opposés à la destruction de l’environnement. Ils veulent avoir la bonne «attitude», c’est la raison pour laquelle ceux qui n’ont pas la bonne attitude sont expulsés de leurs universités ou de leur travail pour des raisons dérisoires. Avant, on était exclu de l’Église, aujourd’hui, on est exclu de la vie publique… C’est pour cela que les gens qui soutiennent Trump, sont vus comme des «déplorables», comme disait Hillary Clinton, c’est-à-dire des gens qui ne peuvent être rachetés. Ils ont leur bible et leur fusil et ne suivent pas les commandements de la justice sociale. (…) Avant même que Trump ne surgisse, avec Sarah Palin, et même sous Reagan, on a vu émerger à droite le sentiment que tout ce que faisaient les républicains pour l’Amérique traditionnelle, c’était ralentir sa disparition. Il y avait une immense exaspération car toute cette Amérique avait le sentiment que son mode de vie était fondamentalement menacé par les démocrates. Reagan est arrivé et a dit: «Je vais m’y opposer». Et voilà que Trump arrive et dit à son tour qu’il va dire non à tout ça. Je déteste le fait que Trump occupe cet espace, parce qu’il est vulgaire et insupportable. Mais il est vrai que tous ceux qui s’étaient sentis marginalisés ont voté pour Trump parce qu’il s’est mis en travers de la route. C’est d’ailleurs ce que leur dit Trump: «Ils n’en ont pas après moi, mais après vous.» Il faut comprendre que l’idéologie «woke» de la justice sociale a pénétré les institutions américaines à un point incroyable. Je n’imagine pas qu’un professeur ayant une chaire à la Sorbonne soit forcé d’assister à des classes obligatoires organisées pour le corps professoral sur leur «culpabilité blanche», et enseignées par des gens qui viennent à peine de finir le collège. Mais c’est la réalité des universités américaines. Un sondage récent a montré que la majorité des professeurs d’université ne disent rien. Ils abandonnent plutôt toute mention de tout sujet controversé. Pourtant, des études ont montré que la foule des vigies de Twitter qui obtient la tête des professeurs excommuniés, remplirait à peine la moitié d’un terrain de football universitaire! Il y a un manque de courage. (…) La France a fait beaucoup de choses bonnes et glorieuses pour faire avancer la civilisation, mais elle a fait du mal. Si on croit au projet historique français, on peut démêler le bien du mal. Mais mes étudiants, et tous ces post-protestants dont je vous parle, sont absolument convaincus que tous les gens qui ont précédé, étaient stupides et sans doute maléfiques. Ils ne croient plus au projet historique américain. Ils sont contre les «affinités électives» qui, selon Weber, nous ont donné la modernité: la science, le capitalisme, l’État-nation. Si la théorie de la physique de Newton, Principia, est un manuel de viol, comme l’a dit une universitaire féministe, si sa physique est l’invention d’un moyen de violer le monde, cela veut dire que la science est mauvaise. Si vous êtes soupçonneux de la science, du capitalisme, du protestantisme, si vous rejetez tous les moteurs de la modernité la seule chose qui reste, ce sont les péchés qui nous ont menés là où nous sommes. Pour sûr, nous en avons commis. Mais si on ne voit pas que ça, il n’y a plus d’échappatoire, plus de projet. Ce qui passe aujourd’hui est différent de 1968 en France, quand la remise en cause a finalement été absorbée dans quelque chose de plus large. Le mouvement actuel ne peut être absorbé car il vise à défaire les États-Unis dans ses fondements: l’État-nation, le capitalisme et la religion protestante. Mais comme les États-Unis n’ont pas d’histoire prémoderne, nous ne pouvons absorber un mouvement vraiment antimoderne. (…) Il y a une phrase de Heidegger qui dit que «seulement un Dieu pourrait nous sauver»! On a le sentiment qu’on est aux prémices d’une apocalypse, d’une guerre civile, d’une grande destruction de la modernité. Est-ce à cause de la trahison des clercs? Pour moi, l’incapacité des vieux libéraux à faire rempart contre les jeunes radicaux, est aujourd’hui le grand danger. Quand j’ai vu que de jeunes journalistes du New York Times avaient menacé de partir, parce qu’un responsable éditorial avait publié une tribune d’un sénateur américain qui leur déplaisait, j’ai été stupéfait. Je suis assez vieux pour savoir que dans le passé, la direction aurait immédiatement dit à ces jeunes journalistes de prendre la porte s’ils n’étaient pas contents. Mais ce qui s’est passé, c’est que le rédacteur en chef a été limogé. Joseph Bottum
One high-level takeaway is that the 2020 electorate had a very similar partisan composition to the 2016 electorate. When the polls turned out to be wrong — and Trump turned out to be much stronger than they predicted — a lot of people concluded that turnout models must have been off: Trump must have inspired higher Republican turnout than expected. But that looks wrong. It really seems like the electorate was slightly more Democratic than it had been in 2016, largely due to demographic change (because there’s such a large partisan gap between younger and older voters, every four years the electorate gets something like 0.4 percent more Democratic just through generational churn). So Trump didn’t exceed expectations by inspiring higher-than-anticipated Republican turnout. He exceeded them mostly through persuasion. A lot of voters changed their minds between 2016 and 2020. At the subgroup level, Democrats gained somewhere between half a percent to one percent among non-college whites and roughly 7 percent among white college graduates (which is kind of crazy). Our support among African Americans declined by something like one to 2 percent. And then Hispanic support dropped by 8 to 9 percent. The jury is still out on Asian Americans. We’re waiting on data from California before we say anything. But there’s evidence that there was something like a 5 percent decline in Asian American support for Democrats, likely with a lot of variance among subgroups. There were really big declines in Vietnamese areas, for example. Anyway, one implication of these shifts is that education polarization went up and racial polarization went down. (…) White voters as a whole trended toward the Democratic Party, and nonwhite voters trended away from us. So we’re now somewhere between 2004 and 2008 in terms of racial polarization. Which is interesting. I don’t think a lot of people expected Donald Trump’s GOP to have a much more diverse support base than Mitt Romney’s did in 2012. But that’s what happened. (…) One important thing to know about the decline in Hispanic support for Democrats is that it was pretty broad. This isn’t just about Cubans in South Florida. It happened in New York and California and Arizona and Texas. Really, we saw large drops all over the country. But it was notably larger in some places than others. In the precinct-level data, one of the things that jumps out is that places where a lot of voters have Venezuelan or Colombian ancestry saw much larger swings to the GOP than basically anywhere else in the country. The Colombian and Venezuelan shifts were huge. One of my favorite examples is Doral, which is a predominantly Venezuelan and Colombian neighborhood in South Florida. One precinct in that neighborhood went for Hillary Clinton by 40 points in 2016 and for Trump by ten points in 2020. One thing that makes Colombia and Venezuela different from much of Latin America is that socialism as a brand has a very specific, very high salience meaning in those countries. It’s associated with FARC paramilitaries in Colombia and the experience with President Maduro in Venezuela. So I think one natural inference is that the increased salience of socialism in 2020 — with the rise of AOC and the prominence of anti-socialist messaging from the GOP — had something to do with the shift among those groups. As for the story with Hispanics overall, one thing that really comes out very clearly in survey data that we’ve done is that it really comes down to ideology. So when you look at self-reported ideology — just asking people, “Do you identify as liberal, moderate, or conservative” — you find that there aren’t very big racial divides. Roughly the same proportion of African American, Hispanic, and white voters identify as conservative. But white voters are polarized on ideology, while nonwhite voters haven’t been. Something like 80 percent of white conservatives vote for Republicans. But historically, Democrats have won nonwhite conservatives, often by very large margins. What happened in 2020 is that nonwhite conservatives voted for Republicans at higher rates; they started voting more like white conservatives. (…) What we found is that Clinton voters with conservative views on crime, policing, and public safety were far more likely to switch to Trump than voters with less conservative views on those issues. And having conservative views on those issues was more predictive of switching from Clinton to Trump than having conservative views on any other issue-set was. This lines up pretty well with trends we saw during the campaign. In the summer, following the emergence of “defund the police” as a nationally salient issue, support for Biden among Hispanic voters declined. So I think you can tell this microstory: We raised the salience of an ideologically charged issue that millions of nonwhite voters disagreed with us on. And then, as a result, these conservative Hispanic voters who’d been voting for us despite their ideological inclinations started voting more like conservative whites. (…) The decline that we saw was very large. Nine percent or so nationwide, up to 14 or 15 percent in Florida. Roughly one in ten Hispanic voters switched their vote from Clinton to Trump. That is beyond the margin of what can plausibly be changed by investing more in Spanish media. (…) Over the last four years, white liberals have become a larger and larger share of the Democratic Party. (…) Highly educated people tend to have more ideologically coherent and extreme views than working-class ones. We see this in issue polling and ideological self-identification. College-educated voters are way less likely to identify as moderate. So as Democrats have traded non-college-educated voters for college-educated ones, white liberals’ share of voice and clout in the Democratic Party has gone up. And since white voters are sorting on ideology more than nonwhite voters, we’ve ended up in a situation where white liberals are more left wing than black and Hispanic Democrats on pretty much every issue: taxes, health care, policing, and even on racial issues or various measures of “racial resentment.” So as white liberals increasingly define the party’s image and messaging, that’s going to turn off nonwhite conservative Democrats and push them against us. (…) In liberal circles, racism has been defined in highly ideological terms. And this theoretical perspective on what racism means and the nature of racial inequality have become a big part of the group identity of college-educated Democrats, white and nonwhite. But it’s not necessarily how most nonwhite, working-class people understand racism. (…) if you look at the concrete questions, white liberals are to the left of Hispanic Democrats, but also of black Democrats, on defunding the police and those ideological questions about the source of racial inequity. Regardless, even if a majority of nonwhite people agreed with liberals on all of these issues, the fundamental problem is that Democrats have been relying on the support of roughly 90 percent of black voters and 70 percent of Hispanic voters. So if Democrats elevate issues or theories that a large minority of nonwhite voters reject, it’s going to be hard to keep those margins. Because these issues are strongly correlated with ideology. And black conservatives and Hispanic conservatives don’t actually buy into a lot of these intellectual theories of racism. They often have a very different conception of how to help the black or Hispanic community than liberals do. And I don’t think we can buy our way out of this trade-off. Most voters are not liberals. If we polarize the electorate on ideology — or if nationally prominent Democrats raise the salience of issues that polarize the electorate on ideology — we’re going to lose a lot of votes. (…) I (…) think liberals sometimes take the ambiguities of ideology too far. A lot of progressives insist that ideological self-identification means nothing. And we know that isn’t true. One of the big patterns of the last 40 years is that ideological self-description has become increasingly correlated with partisanship and increasingly correlated to views on issues. But there is still a large universe of policy questions — mostly economic but not exclusively — where a large majority of the public agrees with us. A $15 minimum wage polls above 60 percent; that couldn’t happen without a lot of “moderates” and “conservatives” supporting the policy. What I take from that is: Ideological polarization is a dead end. If we divide the electorate on self-described ideology, we lose — both because there are more conservatives than liberals and because conservatives are structurally overrepresented in the House, Senate, and Electoral College. So the way we get around that is by talking a lot about progressive goals that are not ideologically polarizing, goals that we share with self-described conservatives and moderates. Even among nonwhite voters, those tend to be economic issues. In test after test that we’ve done with Hispanic voters, talking about immigration commonly sparks backlash: Asking voters whether they lean toward Biden and Trump, and then emphasizing the Democratic position on immigration, often caused Biden’s share of support among Latino respondents to decline. Meanwhile, Democratic messaging about investing in schools and jobs tended to move Latino voters away from Trump. (…) I think (…) the extent to which Hispanic voters have liberal views on immigration is exaggerated. If you look at, for example, decriminalizing border crossings, that’s not something that a majority of Hispanic voters support. Pew’s done a lot of polling on immigration reform, and if you ask things like, “Should we deport the undocumented population, should we give them a path to permanent residency, or should we give them a path to citizenship?” citizenship only gets a little over 50 percent support among Hispanic voters. So I think liberals really essentialize Hispanic voters and project views about immigration onto them that the data just doesn’t support. (…) As a baseline, midterms are usually very bad for the party in power. In the past 70 years, the incumbent party has gained seats in the House and Senate maybe once or twice. The last one was in 2002. The regularity of how bad midterm environments are for the president’s party is one of the most striking findings in political science. Generally speaking, over the last 30 to 40 years, the party that controls the presidency gets about 47 percent of the vote nationwide. Add in the fact that the House already has a fairly substantial pro-Republican bias — the median House seat is something like three points to the right of the country overall — it means that in the base scenario, Democrats are headed for near-certain doom. (…) The good news is that there’s a strong case for thinking this time might be different. I’m not a macroeconomist, but it seems like Joe Biden might preside over a post-corona economic boom. Already, Biden’s approval rating is very strong. The best predictor of how a midterm is going to shake out is how popular the president is. So, for now, everything looks about as good as you could hope for. But we have no margin for error. If we conduct ourselves the way we did after 2008, we’re definitely going to lose. And due to the way that our electoral system works, we really could be locked out of power for a very long time, just like we were after 2010. So that means the need for messaging discipline is stronger than ever. But keeping the national conversation focused around popular economic issues probably won’t be enough. Since the maps in the House of Representatives are so biased against us, if we don’t pass a redistricting reform, our chance of keeping the House is very low. And then the Senate is even more biased against us than the House. So, it’s also very important that we add as many states as we can. Currently, even if we have an exceptionally good midterm, the most likely outcome is that we lose one or two Senate seats. And then, going into 2024, we have something like seven or eight Democrats who are in states that are more Republican than the country overall. Basically, we have this small window right now to pass redistricting reform and create states. And if we don’t use this window, we will almost certainly lose control of the federal government and not be in a position to pass laws again potentially for a decade. In terms of putting numbers on things, I think that if we implemented D.C. and Puerto Rican statehood and passed redistricting reform, that would roughly triple our chance of holding the House in 2022 and roughly the same in the Senate. The fact that it’s possible to triple those odds is a testament to how bleak the baseline case is. So we need to pass those reforms and we need Biden to remain popular. If his approval rating is below 50 by the end of the year, we’re probably fucked. (…) I can’t claim to know exactly what the electoral effects would be of doing these things. But all of the polling I’ve seen suggests that things like HR 1 and adding states are above water. They’re not as popular as a lot of economic issues, but they’re above 50 percent. Electoral backlash doesn’t typically come from doing things that poll at 53 or 54 percent. It comes from doing things that poll at 30 or 40 percent. And so I think that the downside of this stuff is low. I think the level of voter interest in procedural issues is low. If we lived in a world where voters punished politicians for playing procedural hardball, we would have a lot fewer Republicans in office. And actually, in some ways, pursuing procedural reforms that don’t concern voters much — but which do get the other party all worked up — could be electorally beneficial. If you can get the other party to talk about something that voters don’t care about, that’s good. People don’t always think about media attention as a fixed quantity. But it is. To the extent that the coronavirus impacted the 2020 election, I think one positive political effect it had for Democrats was that whenever the media was talking about the coronavirus, they weren’t talking about Hunter Biden or immigration. And I think that kind of blocked Republicans from creating and inserting wedge issues. If Republicans decide to make 2022 into a referendum on independent redistricting, that will eat up space that could have otherwise gone to effective attacks. We should dare them to do it. (…) In 2016, non-college-educated whites swung roughly 10 percent against the Democratic Party. And then, in 2018, roughly 30 percent of those Obama-Trump voters ended up supporting Democrats down ballot. In 2020, only 10 percent of Obama-Trump voters came home for Biden. So I think what this shows: There is a long-term trend of increasing education polarization here and in every other country in the West. But the fact that education polarization declined significantly in 2018 — when Trump wasn’t on the ballot — and picked up again in 2020 suggests that Trump is personally responsible for a significant portion of America’s education polarization. I think that there’s a really strong case that this transition was specifically about Donald Trump. A lot of people theorized that we first alienated Obama-Trump voters during the fight over comprehensive immigration reform and that their rightward movement was already apparent in 2014. But if you actually look at panel data, it seems really clear that these people didn’t start identifying as Republicans until Trump won the GOP nomination. I think there’s a very strong empirical argument that Donald Trump was the main driver of the polarization we’ve seen since 2016. He just personally embodies this large cultural divide between cosmopolitan college-educated voters and a large portion of non-college-educated voters. Those divides take a lot of different forms: attitudes toward race, attitudes toward gender, opinions on what kinds of things you’re allowed to say, or how you should conduct yourself. And you know, as Trump became the nominee, and as the media made politics the Donald Trump Show for the last four years, that led to increasing political polarization on attitudes toward Donald Trump specifically. I think the reason why we saw less education-based voting in 2018 is that Trump was a smaller part of the media environment than he had been in 2016 or would be in 2020. Looking ahead to 2022, and just thinking about the next four years, the big question is how much is Donald Trump going to shape media coverage of the Republican Party or the Republican Party’s own branding? And I don’t know the answer to that question. If Trump fades out of the spotlight, I’d expect some level of education depolarization, particularly if Democrats show ideological discipline. (…) in 2016, Hillary Clinton got 51.1 percent of the two-party vote. Obama got 52 percent in 2012. In just about any other country, retaining 51.1 percent support would have been enough to keep power. But in this country, between 2012 and 2016, the Electoral College bias changed from being one percent biased toward Democrats to 3 percent biased toward Republicans, mainly because of education polarization. So Donald Trump is unpopular. And he does pay a penalty for that relative to a generic Republican. But the voters he’s popular with happen to be extremely efficiently distributed in political-geography terms. (…) So I think the Trump era has been very good for the Republican Party, even if they now, momentarily, have to accept this very, very, very thin Democratic trifecta. Because if these coalition changes are durable, the GOP has very rosy long-term prospects for dominating America’s federal institutions. The question is: Can they get all of the good parts of Trumpism without the bad parts? And I don’t know the answer to that question. But when I look at the 2020 election, I see that we ran against the most unpopular Republican ever to run for president — and we ran literally the most popular figure in our party whose last name is not Obama — and we only narrowly won the Electoral College. If Biden had done 0.3 percent worse, then Donald Trump would have won reelection with just 48 percent of the two-party vote. We can’t control what Trump or Republicans do. But we can add states, we can ban partisan redistricting, and we can elevate issues that appeal to both college-educated liberals and a lot of working-class “conservatives.” If we don’t, things could get very bleak, very fast. David Shor (stratège démocrate)
On s’attendait à ce qu’avec le gouvernement du président Biden, il y ait un meilleur traitement des migrants. Et cela a poussé les migrants d’Amérique centrale, et aussi de notre pays, à vouloir traverser la frontière en pensant que c’était plus facile de le faire. Andrés Manuel López Obrador (président mexicain)
S’il y a une reprise aux États-Unis, il est plus facile d’y aller et de trouver du travail. Beaucoup avaient peur de Trump et la plupart ne voulaient pas essayer de traverser la frontière. Mais maintenant, nombreux sont ceux qui envisagent d’émigrer aux États-Unis. Adrián Cahun
Je suppose que je devrais être flatté que les gens viennent parce que je suis un mec sympa; c’est la raison pour laquelle cela arrive – que je suis un homme honnête ou quelle que soit sa formulation. C’est – vous savez, c’est pourquoi ils viennent, parce qu’ils savent que Biden est un bon gars. La vérité est que rien n’a changé. Comme beaucoup de gens sont venus – 28 pour cent d’augmentation du nombre d’enfants à la frontière dans mon administration; 31% au cours de la dernière année de – en 2019, avant la pandémie, dans l’administration Trump. Chaque année, il y a une augmentation importante des arrivées à la frontière pendant les mois d’hiver de janvier, février et mars. Cela arrive chaque année. En plus de cela, il y a un – et personne – et, au fait, est-ce que quelqu’un suggère qu’il y a eu une augmentation de 31% sous Trump parce qu’il était un gars sympa et qu’il faisait de bonnes choses à la frontière? Ce n’est pas la raison pour laquelle ils viennent. La raison pour laquelle ils viennent est que c’est le moment où ils ont le moins de chances de mourir de chaleur dans le désert. Joe Biden
C’est juste un monde différent. C’est triste de les voir ainsi lui servir les questions. C’est des questions faciles. Et son entourage prêt à lui arracher le micro si quelqu’un commençait à se montrer un peu désobligeant. Tout ça est ridicule.[Sur la capitale américaine après le 6 janvier devenue une forteresse avec barbelés] Je pense que c’est honteux – il semble que le monde regarde – absolument, c’est une manœuvre politique qu’ils font. Il y avait zéro menace depuis le début , il n’y avait aucune menace. Ecoutez – ils sont entrés, ils n’auraient pas dû le faire. Certains d’entre eux sont entrés et ils embrassent la police et les gardes. Ils avaient une excellente relation. Et pour beaucoup d’entre eux, on les a laissé rentrer sans problème et puis ils sont entrés et ils sont sortis. Ils persécutent beaucoup de ces gens. Et certains d’entre eux devraient être punis, mais quand je regarde les antifas à Washington même, ce qu’ils ont fait à Washington et ce qu’ils ont fait dans d’autres endroits et la destruction et franchement les meurtres et le passage à tabac des gens … pourquoi ils ne s’en prennent pas aux antifas ? (…) [sur HR1] Ils essaient d’obtenir quelque chose sans pièce d’identité pour voter, pas de vérification de signature, on envoie tous les bulletins de vote qu’on peut. Vous n’aurez plus jamais une élection équitable dans ce pays. Comme pour les dernières élections, c’était honteux. C’était une élection du tiers-monde. (…) Il y a beaucoup de choses qui se sont passées que les législatures n’ont pas approuvé. Notre Cour suprême devrait avoir honte. En vertu de la Constitution, tout ce qu’ils ont fait aurait dû être approuvé par les législatures. Donald Trump
Les Américains ont eu un mérite dès l’été 2020, ils ont dit : « On met le paquet et on y va. » Et donc ils ont plus. Ils ont eu plus d’ambition que nous. Et le quoi qu’il en coûte qu’on a appliqué pour les mesures d’accompagnement, eux l’ont appliqué pour les vaccins et la recherche. Nous, on n’a pas été assez vite, assez fort là-dessus. C’est tout à fait vrai et on a pensé que le vaccin mettrait du temps à décoller. (…) Et donc on a sans doute moins rêvé aux étoiles que certains autres. Et je pense que ça doit être une leçon pour nous-mêmes. On a eu tort de manquer d’ambition, j’allais dire de folie, de dire : « C’est possible et on y va. » On est trop rationnel peut-être. Emmanuel Macron
Écoutez, vous avez un ancien président Trump, qui est raciste, sexiste, homophobe, xénophobe, menteur pathologique, autoritaire, quelqu’un qui ne croit pas à l’état de droit. Il est vraiment dangereux. Mais si vous me demandez si je me sens particulièrement à l’aise que le président, à ce moment-là, des États-Unis, ne puisse exprimer son point de vue sur Twitter ? Je ne me sens pas à l’aise à ce sujet. Maintenant, je n’ai pas la réponse. Vous voulez que les discours de haine et les théories du complot circulent dans tout le pays ? Non. Vous voulez qu’Internet soit utilisé à des fins autoritaires et insurrectionnelles, si vous voulez? Non, bien sûr. Alors, comment trouver le bon équilibre ? Je ne sais pas, mais c’est une question à laquelle nous devons réfléchir.  Parce que s’il y a quelqu’un qu pense qu’hier, c’est Donald Trump qui a été interdit, demain, ça pourrait être quelqu’un d’autre qui a un point de vue très différent et je n’aime donc pas donner autant de pouvoir à une poignée de personnes de la high tech, mais le diable est évidemment dans les détails et c’est quelque chose sur laquelle nous allons devoir réfléchir longuement, et c’est ainsi que vous préservez les droits du premier amendement sans faire basculer ce pays dans une mentalité de mensonge et les théories du complot. Bernie Sanders
Les Américains méritent la vérité sur ce qui se passe à la frontière et ils méritent également une évaluation lucide de l’administration Biden sur la façon dont ils vont gérer cela à l’avenir. Mais les événements d’aujourd’hui ont confirmé que l’équipe Biden ne nous dira jamais la vérité sur la frontière et que le flux humain massif entrant dans notre pays ne s’arrêtera pas tant que les Républicains n’auront pas battu les Démocrates à plate couture en 2022. Juste parce que le pauvre Joe Biden perd le fil de ses pensées, ne pensez pas une seconde que les gens qui tirent ses ficelles ne savent pas ce qu’ils font, ils le savent. Ils ont l’intention d’inonder ce pays d’autant de travailleurs à bas salaires et de futurs électeurs démocrates qu’ils le peuvent, et aussi vite que possible. Les Démocrates, tout comme les cartels, exploitent les migrants pour l’argent et le pouvoir. Quant au reste d’entre nous, nous sommes simplement censés nous réjouir du fait que notre pays soit complètement déstabilisé. Laura Ingraham
The president so far has surprised some of his former colleagues and allies with a largely gaffe-free White House debut after a lifetime of verbal stumbles. Politico
It’s early, but not too early to give Politico the scoop-of-the-year award for this: “The president so far has surprised some of his former colleagues and allies with a largely gaffe-free White House debut after a lifetime of verbal stumbles.” The hoops you have to jump through — and with your eyes closed! — to reach a sweeping conclusion like that is what makes it award-winning. First, you must, at least temporarily, steel your mind to reject any contrary facts, including that President Biden has not held a press conference, meaning the chance for gaffes and inanities is basically zero because he always gets to read from a TelePrompter. You also have to overlook the fact that he is only slightly more willing to agree to interview requests, which also reduces his chances to screw up. Finally, you have to pretend that he didn’t commit the many gaffes he committed when he did venture to talk with the media. Other than that, good job. That’s how you win the big prizes in Washington. Only later, in an on-the-other-hand sequence, do the Politico writers admit the contradictions that obliterate their opening. The most notable is that they point out that after Biden’s lone interview since taking office, with CBS, the White House “had to clarify his comments on whether Trump would receive intelligence briefings, the fate of the $15 minimum wage, and what Iran needed to do in negotiations surrounding the country’s nuclear program.” No wonder he’s hiding — three major “clarifications” after one interview is a good reason not to do another. But hey, no gaffes, no worries. The story is in some ways typical of the big picture that shows, now that Donald Trump is gone, the media are free to return to trivial pursuits to protect their chosen president. For four years, we were assured that journalism was about saving American democracy. Now journalism is about … nothing. That might be reasonable if there were nothing to cover. But the willful blindness illustrates how most of the Washington press corps has put aside the brass knuckles it used on Trump and taken out the pom-poms to cheerlead for another Democrat in the White House. If they were serious about covering Biden seriously, the media would examine the elephant in the room instead of just mentioning it. Why exactly isn’t the president of the United States available for questions? After all, he just signed one of the largest stimulus bills in history, a $1.9 trillion monster that throws money around like a tooth fairy on a drunken binge. It did not get a single GOP vote in either house despite Biden’s claims he wants bipartisanship. (…) Ten Republican senators got the brushoff when they offered to work with him, and then were insulted by the White House. Does he regret that? (…) The stimulus supporters are making wild claims for what it will achieve, saying it will reduce poverty by a third this year and ultimately cut child poverty in half. Can Biden explain and defend those claims, which seem preposterous on their face? Then there’s the border crisis, which is causing Biden’s team to do mental gymnastics to avoid admitting it’s a crisis. Trump had faced similar problems, but a series of measures, including agreements with Mexico and other nations, finally helped stem the tide of caravans. Biden intentionally broke those agreements and effectively invited all of Central America to come on in. A fair and functioning media would demand to hear the president himself discuss the disaster he created, which has put thousands of unaccompanied children in overcrowded custody facilities. Naturally, the press doesn’t bewail the lockdowns as “kids in cages” as they did with Trump. How about the Mideast — what are Biden’s plans? He wants a new deal with Iran and as a sweetener, removed the terrorist designation Trump slapped on the Houthis, an Iranian proxy group attacking Saudi Arabia from Yemen. The Houthis responded with even more sophisticated missile attacks on Saudi oil installations. And who knows what happened to the Hunter Biden story? This is, after all, the president’s son and the FBI has admitted he is a subject in an ongoing criminal tax case, and maybe more. [or] whether there is any reason to be concerned about Biden’s mental acuity. The fact that he’s been largely invisible tells me there is. To deny that is to glibly assume that everything is fine with a 78-year-old man who is obviously not as sharp as he was just a few years ago and who is being hidden from the public in ways that are unprecedented, especially at the start of a new administration. With its timid acquiescence, the media has participated by treating the president’s absence as no big deal. It is a big deal. A very big deal. Michael Goodwin
Three big things stood out in President Biden’s first press conference. 1. The leader of the free world is often lost at sea and says many things that are blatantly false. 2. The media is in the tank and cannot be trusted to hold him accountable. 3. Because of Nos. 1 and 2, America is headed for serious trouble. For this sickening spectacle we had to wait 64 days? Still, the event was meaningful in one distressing way. Now we know beyond all doubt there is no way to deny the terrifying truth. This was Biden’s coming out party, and the nation faces a mess that will only grow worse with time. The man who campaigned on unity is hell-bent on permanent polarization, meaning cancel culture and the supercharged racial climate are here to stay. Biden gave license to the worst instincts on the left with his repeated sneering references to all Republicans and especially Donald Trump. At one point, he actually accused Trump of letting immigrant children “starve to death on the other side” of the Mexican border. He said it in a room full of 30 supposed journalists and not a single one challenged him or even asked whether he meant it literally. In fact, not a single one challenged him on any of his falsehoods. Nor did anyone ask him why he read from prepared talking points during answers to three questions on foreign policy. No recent president has felt the need to do that. There also were moments when he talked himself into dead ends, yet there were no questions about when he would release the health reports he’s been hiding. Regarding his agenda, a report that Biden sees himself as the new FDR gives credence to the idea that he’s all in for every big, crazy idea left-wing Dems can cook up. The Green New Deal, open borders, removing voting safeguards, endless tax hikes, statehood for DC — they’re all on track and bound for glory. The only obstacle is the Senate filibuster, which requires 60 votes to pass legislation, but Biden left no doubt he would be willing to do away with it. (…) The facts of illegal immigration are fairly simple. Trump campaigned on the issue and after false starts and despite unified Democratic opposition, eventually stitched together a series of policies and actions that stemmed the tide. He built large sections of wall, deported criminal aliens and struck an agreement with Mexico that those making asylum claims would have to wait in Mexico. It is also a fact that Biden blew up each of those pillars, yet now claims he inherited a mess. Strangely, he also insisted that the numbers surging now “happens every single, solitary year. Nothing has changed.” He’s either misinformed or lying. Record numbers of arrivals are being reported daily, and NBC recently called the crossings the highest in 20 years. Again, Biden was not challenged. The final proof that the press has abdicated its role was clinched when the president refused to say when he would allow more media access to the border detention facilities. He said it would have to wait until his team got its new programs working. If Trump had said that, the sky would have fallen and democracy would be declared dead. But when Biden says it, the media rolls over. So add transparency to the list of things that don’t matter anymore. Michael Goodwin
HR1 regroupe dans un projet de loi de 791 pages toutes les mauvaises idées en matière d’organisation des élections qui ont fait de l’élection de 2020 un tel désastre, et inclut tous les plus ‘grands succès’ de 2020: l’envoi massif de bulletins de vote par correspondance, l’acceptation de bulletins de vote par correspondance reçus sans cachet de la poste, l’acceptation de bulletins de vote arrivant tardivement, la possibilité de voter dans des circonscriptions où vous ne vivez pas.  Il contient tellement de mauvaises idées qu’aucune publication ne dispose d’un espace satisfaisant pour les couvrir toutes. Le projet de loi d’accompagnement du Sénat, S.1, pourrait être encore pire. Ces projets de loi réorganisent les relations entre les États et le gouvernement fédéral. La Constitution suppose que les États réglementent leurs propres élections, mais la Constitution ajoute un gros «mais» dans ce qu’on appelle la clause électorale. La Constitution dit, « mais le Congrès peut à tout moment par la loi établir ou modifier de tels règlements. » Pendant plus de 200 ans, le Congrès a rarement utilisé ce pouvoir. Après tout, le pouvoir a été mis dans la Constitution uniquement pour empêcher les États d’étouffer le gouvernement fédéral en ne tenant jamais d’élections fédérales. Ne présumez pas que les projets de loi vont s’enliser toutes seules au cours du processus. On les a nommés H.R.1 et S.1 pour une raison. Les projets de loi sont la priorité absolue des Démocrates nouvellement habilités au Congrès. Insatisfait de l’efficacité du dernier mandat fédéral – la loi sur les électeurs automobiles de 1993 – H.R.1 fait fi de l’idée qu’un Américain devrait explicitement s’inscrire pour voter. En 2020, des États tels que le Nevada et le New Jersey ont envoyé des bulletins de vote par courrier à toute personne inscrite sur leurs listes d’inscription malgré des listes électorales pleines d’erreurs. La Public Interest Legal Foundation a documenté des milliers d’inscriptions non éligibles dans le seul Nevada qui ont reçu des bulletins de vote par correspondance. Certains ont été envoyés dans des terrains vagues, des mines abandonnées, des casinos et même des magasins d’alcools. Les États seraient également bloqués par H.R.1 des procédures de vérification de signature. H.R.1 truque le système pour toute action en justice contestant la constitutionnalité de la loi. Toutes les poursuites ne pourraient être déposées que devant un seul tribunal – le tribunal fédéral du district de Columbia. Et toute opposition devraiit être regroupée en un seul mémoire, un seul avocat étant en mesure d’en faire valoir le bien-fondé. Il accorde également une intervention automatique à tout législateur qui souhaite se joindre à la lutte contre la seule opposition. Il interdit aux États de procéder à la mise à jour des listes sur les listes électorales. Cela signifie que le bois mort et les enregistrements obsolètes s’empileraient. (…) L’enregistrement automatique universel des électeurs est, depuis des années, une priorité absolue de la gauche institutionnelle. En fait, H.R.1 supprimerait l’inscription réelle des électeurs et ferait plutôt des listes électorales simplement une copie de toute personne déjà inscrite sur une liste gouvernementale – comme les bénéficiaires de l’aide sociale et d’autres bénéficiaires des services sociaux. Les projets de loi s’étendraient bien au-delà des entités fédérales telles que l’Administration de la sécurité sociale, le ministère de la Défense, des douanes et de l’immigration et des éléments de la santé et des services sociaux. Naturellement, une base de données fédérale géante servirait de foyer à cette liste de personnes qui devraient être automatiquement inscrites pour voter, qu’elles le sachent ou non. Imaginez le nombre de bases de données gouvernementales dans lesquelles vos informations sont contenues. Vos noms et adresses correspondent-ils tous? La sécurité sociale sait-elle que vous avez quitté votre état de naissance? Vos noms de mariée et de jeune fille sont-ils différents? Avez-vous obtenu un permis de conduire avant d’obtenir la citoyenneté américaine? Vous pouvez voir les pièges. Une personne serait «inscrite» pour voter plusieurs fois, avec une légère variation dans les noms, et peut-être une plus grande variation dans les adresses de résidence. Faciliter l’inscription électorale grâce à l’inscription automatique à partir de listes gouvernementales peut sembler attrayant, jusqu’à ce que vous envisagiez le désastre du vote automatique universel comme nous l’avons vu en 2020. HR1 et S.1 obligeraient les États à systémtiser les bulletins de vote dans le courrier. Cela créerait du mou dans le système électoral. Les élections décentralisées par courrier introduisent une erreur en raison de listes remplies d’erreurs. Les bulletins de vote par la poste retardent les résultats, créent de l’incertitude et repoussent les élections dans les cuisines et les chambres à coucher où les responsables électoraux ne peuvent observer le processus de vote et ne peuvent protéger l’électeur de la coercition. H.R.1 prend les pires changements de règles d’urgence absolus de 2020 et les consacre en tant que loi fédérale. Finies les exigences relatives aux témoins d’État et aux notaires lors du processus de demande de vote par correspondance. Les États ne peuvent pas non plus édicter d’exigences d’identification de «quelque forme que ce soit» pour ceux qui demandent un bulletin. Cela signifie qu’il n’y a plus d’identification des électeurs en vertu de la loi fédérale. Pire encore, le projet de loi de 791 pages criminalise également (…) quiconque utilise les lois de contestation des États pour remettre en question l’éligibilité des inscrits. La peine peut aller jusqu’à un an de prison par exemple. Il interdit aux États de procéder à la mise à jour des listes électorales. Cela signifie que le bois mort et les enregistrements obsolètes vont s’empiler. (…) Et au cas où il n’était pas clair que HR1 prétendait démanteler le pouvoir de chaque État de tenir ses propres élections, le projet de loi indique clairement: (…) les lois de l’État qui ont le pouvoir constitutionnel de déterminer l’éligibilité au vote de ses résidents, seront soumis à une norme uniforme fédérale. Ce n’est pas tout. Dans tout le pays, les États devront accepter les bulletins de vote par correspondance plus de 10 jours après le jour du scrutin. Les États seront autorisés à ajouter du temps supplémentaire. Plus de jour d’élection. Ce sera la saison des élections, avec un mois de vote anticipé et des semaines de bulletins de vote arrivant et dépouillés. Et bien sûr, la collecte illimitée des bulletins de vote – l’aide d’un tiers pour remplir et rassembler les bulletins de vote, puis les déposer dans un bureau de vote ou un autre bureau désigné – est garantie. La désinformation, les manifestations, les émeutes et même la violence ont tous été des symptômes du traumatisme de 2020. Les groupes d’activistes et les responsables complices en 2020 ont transformé les tribunaux en armes pour transformer les lois de l’État en procédures électorales favorables à un parti en particulier. H.R.1 finirait le travail et fédéraliserait les politiques et les procédures électorales qui ont fait de 2020 un tel gâchis. (…) Il y a un mandat fédéral, adopté au 19e siècle, pour avoir un seul jour d’élection. Les bureaucrates de Washington chargés de faire appliquer cette loi ignorent cette loi. Les mandats fédéraux sont un cliquet politique à sens unique. Ils aident toujours un seul parti politique. La nation a déjà vu cette ligne de pensée. Comme Obamacare avant lui, H.R.1 fait passer notre République fédéraliste à un autre nouveau meilleur des systèmes qui prétend corriger des générations de torts structurels, tout en renforçant en même temps d’autres torts. Unifier les expériences américaines telles que se rassembler pour voter lors d’un seul jour d’élection, régi par des règles adoptées par les législateurs des États, eh bien, aux auteurs de H.R.1, c’est tout simplement démodé. J. Christian Adams
Joe Biden (…) descendant de migrants irlandais catholiques [et Kamala Harris] fille d’un père jamaïcain et d’une mère indienne (…) ont incarné le camp des minorités américaines, marquant une rupture nette avec le mandat de Donald Trump, accusé par certains démocrates d’être le président des suprémacistes blancs. Le plan a fonctionné, Joe Biden et Kamala Harris ont été élus à la Maison-Blanche. Les Noirs américains ont voté pour eux à près de 90 %, les latinos à plus de 65 % et les Asiatiques à 63 %. Ils ont su s’en souvenir au moment de nommer leurs conseillers et les membres du gouvernement. Le Sénat, qui doit confirmer un à un les membres de la future équipe du président, n’aura jamais vu passer autant de candidats issus de minorités. Une ministre de l’Intérieur amérindienne, un ministre de la Défense noir, un patron de la Sécurité intérieure d’origine cubaine, un ministre des Transports homosexuel, une sous-secrétaire à la Santé transgenre… Chaque minorité à son représentant dans cette administration arc-en-ciel, symbole du creuset américain, de sa diversité et de sa richesse. Mais à vouloir servir tout le monde, on en oublie forcément quelques-uns. À tort ou à raison, les AAPI se sentent lésés. Derrière ce sigle sont regroupés les Américains ayant des origines asiatiques ou venant des îles du Pacifique (Asian Americans/Pacific Islanders). (…) Victimes de préjugés raciaux, les Asio-Américains estiment qu’ils sont mal représentés dans les sphères du pouvoir, en particulier dans le gouvernement Biden. C’est la sénatrice de l’Illinois Tammy Duckworth, d’origine thaïlandaise, qui porte leur combat à Washington, bientôt rejointe par sa collègue de Hawaï, Mazie Hirono. Elles ont signifié à l’establishment démocrate leur refus de voter en faveur de tout nouveau prétendant qui ne serait pas asiatique. De quoi bloquer le processus de nomination au Sénat, puisque la chambre haute du Congrès est plus divisée que jamais depuis les élections de novembre 2020. Elle compte 50 élus démocrates et 50 républicains. Le camp Biden a besoin de faire le plein à chaque fois qu’il veut faire passer une loi ou qu’il souhaite faire valider la nomination d’un officiel. Quand la Maison-Blanche fait valoir aux deux sénatrices que la vice-présidente Kamala Harris est d’origine indienne par sa mère, leur réponse est cinglante. « C’est insultant ! Diraient-ils aux Afro-Américains que Kamala Harris est noire et qu’il n’y a pas besoin d’autres Afro-Américains au sein de l’administration ? » Elles tiennent bon et leur chantage va fonctionner. (…) Sur les 23 membres désignés du cabinet Biden – tous ne sont pas encore confirmés – un seul est d’origine asiatique à ce jour : Katherine Tai, représentante au Commerce, qui a grandi à Taïwan et dont les deux parents sont chinois. Un sur 23, soit environ 4,5 % du cabinet, un nombre assez proche des 5,5 % que les Asiatiques pèsent au sein de la population américaine. Insuffisant pour les leaders d’AAPI. Mais en nommant un nouveau membre d’origine asiatique, le président américain fera passer cette proportion à 18 %… Quelle autre minorité montera alors au créneau en s’estimant sous-représentée ? S’ils permettent de conforter chaque groupe, ces arrangements font peser un soupçon sur l’équipe Biden. Serait-elle davantage un casting politiquement correct qu’une équipe recrutée pour ses compétences ? Ironie de l’histoire, les Asio-Américains comptaient encore récemment sur une porte-drapeau dans l’équipe Biden. Neera Tanden, née de parents indiens, avait été désignée pour occuper la fonction importante de ministre du Budget. Mais d’anciens tweets polémiques retrouvés par la presse ont eu raison de sa candidature. Preuve qu’outre les origines ethniques, les opinions politiques comptent encore en Amérique. Julien Peyron
20 janvier 2021. Joe Biden prête serment et devient 46ème président des États-Unis. La scène est quasiment dépourvue de toute présence humaine. Les rues de Washington DC sont vides. Les habitants de la ville avaient été exhortés à rester chez eux et ceux du reste du pays s’étaient vus demander de ne pas venir. La ville est placée sous la protection de 25.000 membres de la Garde nationale, lourdement armés. De hautes barrières surmontées de barbelés entourent la zone du Capitole. Dans les rues que doit emprunter le défilé inaugural, des barrières séparent les trottoirs de la chaussée. Les seules personnes visibles le long des rues sont des hommes en uniforme portant des fusils. Un jour qui est en général un jour de fête aux États-Unis est, cette année, étrange et triste. L’explication donnée par les responsables de la ville et le FBI est qu’il y avait un risque de perturbation grave. Des inaugurations précédentes ont connu des risques de perturbation, mais la ville n’avait pas été mise en état de siège. Le 20 janvier 2017, lors de l’inauguration du président Donald J.Trump, des manifestants hostiles étaient venus à Washington DC, et avaient brûlé des voitures et brisé des vitres. La police avait protégé la cérémonie, sans barbelés ni soldats. Des centaines de milliers de personnes avaient pu venir applaudir le nouveau président. Le 6 janvier, répondant aux appels du président Trump, une foule immense s’était rassemblée à l’emplacement appelé l’Ellipse, près de la Maison Blanche. Ceux venus écouter le discours de Trump l’avaient fait, puis étaient rentrés chez eux. Pendant que Trump parlait, des milliers de personnes étaient devant le Capitole, à 30 minutes à pied de ceux venus écouter Trump, et un groupe de gens bien organisés a brisé des fenêtres du bâtiment et y est entré. Il n’y a eu aucun saccage, et juste le vol de quelques objets. Une femme non armée a été tuée d’une balle dans la tête par un policier. Deux manifestants sont morts de crises cardiaques. Une personne est tombée au sol et a été piétinée. Un membre de la police du Capitole est décédé le lendemain, apparemment victime d’un accident vasculaire cérébral. Bien que l’incident ait été grave, il n’a ressemblé en rien aux scènes de pillage, aux incendies criminels et aux violences extrêmes qui ont eu lieu dans de nombreuses grandes villes du pays pendant l’été. La différence a été que ce qui s’est passé a touché de près la classe politique. L’incident a été unanimement condamné, y compris par Trump. Ceux qui étaient venus écouter Trump et ceux qui ont perpétré l’incident n’étaient pas les mêmes. Les premiers avaient exercé leurs droits constitutionnels de libre réunion; les seconds avaient commis des actes criminels. La police aurait pu procéder à des arrestations et la justice aurait pu être rendue. La page aurait été tournée. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Des incursions dans le Capitole ont eu lieu plusieurs fois dans le passé: le 1er mars 1954, des Américains d’origine portoricaine avaient tiré à l’arme à feu au sein du bâtiment, et blessé cinq membres du Congrès; le 1er mars 1971, des membres du mouvement radical Weather Underground y avaient placé une bombe ; le 7 novembre 1983, les membres d’un groupe se faisant appeler « l’unité de résistance armée » avaient également placé une bombe dans le bâtiment; le 6 octobre 2018, des personnes étaient venues protester contre le vote de confirmation du juge à la Cour suprême Brett Kavanaugh. Semblant ignorer tout cela, le 7 janvier, Joe Biden a décrit ce qui s’était passé la veille comme une « attaque » très grave et sans précédent: « Ce dont nous avons été témoins hier n’était pas un acte de désaccord. Ce n’était pas un acte de désordre. Ce n’était pas un acte de protestation. C’était un acte de chaos. Ceux qui étaient là n’étaient pas des manifestants. Ne les appelez pas manifestants. C’était une émeute. Une insurrection. Un acte de terrorisme intérieur. C’est fondamental, c’est aussi simple que cela.  » Les grands médias américains ont parlé d’une attaque contre la « citadelle de la démocratie » et du signal d’une « volonté de renverser la république ». Les partisans de Trump – dans leur ensemble – ont été décrits comme des personnes dangereuses. La contestation du résultat des élections du 3 novembre par Trump était déjà présentée depuis des semaines comme une tentative d’inverser le résultat d’une élection parfaitement valide et comme relevant du « grand mensonge ». L’incident a été décrit comme la « transformation des Etats-Unis en une zone de guerre ». Le 8 janvier, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, après avoir demandé au Président Trump de quitter « immédiatement et volontairement » ses fonctions avant l’investiture du président élu Biden, a lancé une procédure de destitution à son encontre. Insinuant que Trump était mentalement inapte, elle a annoncé qu’elle avait parlé au chef d’état-major interarmées, le général Mark Milley, « pour discuter des mesures de précaution disponibles permettant d’empêcher un président instable de déclencher des hostilités militaires ou d’accéder aux codes d’utilisation des armes nucléaires ». Sa demande, qui a enfreint la chaîne de commandement, a été décrite comme séditieuse. Le 13 janvier, violant toute procédure régulière, la Chambre des représentants a voté à la hâte un article de destitution accusant le président Trump d ‘ »incitation à l’insurrection ». Lors de son investiture le 20 janvier, tout en parlant d ‘ »unité », Joe Biden a fait écho aux propos qu’il avait employé le 7 janvier, et a parlé d' »une montée de l’extrémisme politique, de la suprématie blanche, du terrorisme intérieur que nous devons affronter, et que nous vaincrons. « . Depuis, l’administration Biden mène un combat contre ceux que Joe Biden a désignés comme tels. « Le président Biden », a dit très vite un communiqué de la Maison Blanche, « utilisera le Conseil de sécurité nationale pour traquer et combattre l’extrémisme politique et le terrorisme intérieur ». Le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a donné un ordre de pause à l’ensemble de l’armée américaine pour que les officiers s’attaquent à « l’extrémisme » au sein des troupes. « Le suprémacisme blanc », a annoncé John Kirby, principal porte-parole du Pentagone, « pose un problème particulier » à l’armée américaine. Au Sénat, la procédure de destitution contre Trump s’est poursuivie. Les responsables officiels de la mise en accusation ont décrit les événements du 6 janvier comme une « insurrection armée » qui a menacé la vie de représentants du peuple. Ils ont décrit de prétendus « crimes et délits graves » – sans preuves et témoins, bien sûr – et ont déclaré que c’était là le résultat direct du discours de Trump le 6 janvier, et le résultat aussi de sa contestation du résultat de l’élection – qu’ils ont présentée comme une « incitation à la violence ». Ils ont ainsi laissé de coté le fait que les résultats des élections présidentielles sont contestés depuis des décennies sans que cela semble inadmissible. Ils ont également affirmé que les événements du 6 janvier avaient fait cinq morts, et n’ont pas dit qu’un seul décès – celui d’Ashli ​​Babbitt, une manifestante abattue par un policier – pouvait être directement lié à l’événement. Les avocats de Trump n’ont eu aucun mal à réfuter les accusations énoncées. Ils ont rappelé que Trump avait demandé aux gens venus l’écouter le 6 janvier de se rassembler « pacifiquement et patriotiquement » et que le discours qu’il avait prononcé était pleinement protégé par le premier amendement. Ils ont présenté des preuves montrant que ceux qui avaient initié l’irruption dans le Capitole avaient préparé leur action pendant des semaines et avaient agi pendant que Trump parlait encore. Ils ont montré qu’ il n’existait aucune relation de cause à effet entre le discours de Trump du 6 janvier et ce qui s’est passé au Capitole. Ils ont souligné que la procédure de destitution avait été menée en violation de la Constitution, et que le juge en chef de la Cour suprême, John Roberts, avait refusé de superviser la procédure. Ils ont dit que Trump ayant quitté ses fonctions, il n’était plus au moment de la procédure le président Trump, mais seulement le citoyen Trump, et ils ont demandé si les États-Unis voulaient vraiment commencer à « destituer » leurs citoyens. Ils ont souligné que les éléments de « preuve » présentés étaient une fois de plus (comme dans l’affaire de la « pseudo collusion avec la Russie ») des éléments falsifiés. Ils ont affirmé que ce qui s’était passé n’était pas une insurrection – action définie comme une action violente et organisée visant à renverser le pouvoir établi, et rappelé qu’aucun de ceux qui ont pénétré dans le Capitole n’était armé. Sans surprise, Trump a été acquitté. L’atmosphère aux États-Unis reste toxique. Certains sont porteurs de la volonté d’inciter la population à adhérer à un faux récit selon lequel non seulement Trump est censé être une « menace pour la démocratie », mais les 74 millions d’Américains qui ont voté pour lui sont une menace eux aussi. D’autres disent que la véritable menace pour la démocratie réside dans les mensonges incessants, dans les violations de la Constitution, et dans les falsifications de l’information et des faits. (…) Les appels à des purges politiques se poursuivent. L’organisation de gauche MoveOn.org a lancé une campagne contre ce qu’elle appelle le « Caucus de la trahison » et demande que des sénateurs, qu’elle décrit comme « complices de l’insurrection meurtrière lancée par Trump », soient expulsés du Congrès. La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi – tentant apparemment de créer une équivalence entre le 11 septembre 2001, la pire attaque terroriste subie par les États-Unis et les événements du 6 janvier, et tentant aussi, semble-t-il, d’inciter à supprimer la liberté d’expression – a annoncé que le Congrès allait créer une commission du type de celle créée concernant l’attaque du 11 septembre. Un membre du Comité national démocrate, David. O. Atkins, a demandé, « comment serait-il possible de déprogrammer 75 millions de personnes? Par où commencer? » et « Nous devons commencer à penser à ce qui a été fait en Allemagne ou au Japon après la guerre. » « Les suprémacistes blancs », a déclaré le président Biden, « sont la plus grande menace terroriste intérieure aux États-Unis. Le problème est complexe, il est vaste et il est réel. » Le journaliste Kyle Daly, dans un article intitulé « Comment déprogrammer les extrémistes américains », décrit une mesure qui, à ses yeux, « pourrait faire la différence: empêcher les extrémistes d’entrer dans les institutions où ils pourraient faire le plus de dégâts – l’armée, les services de police et les législatures… Les États-Unis ont besoin d’un plan Marshall contre l’extrémisme intérieur.  » Le journaliste Kevin Roose, du New York Times, dans un article appelé « Comment l’administration Biden peut contribuer à résoudre la crise dans laquelle nous sommes », a proposé ce qui ressemble à la création du « Ministère de la vérité » décrit dans le 1984 de George Orwell: « Plusieurs experts avec lesquels j’ai parlé ont recommandé que l’administration Biden mette sur pied un groupe de travail interinstitutions pour lutter contre la désinformation et l’extrémisme intérieur, qui serait dirigé par une sorte de ‘tsar de la réalité ‘. » Exprimer des doutes sur les élections du 3 novembre est désormais presque impossible. Des rapports très étayés montrent pourtant que celles-ci n’ont pas été impeccables. (…) Dans un long article publié par Time Magazine, « L’histoire secrète de la campagne fantôme qui a sauvé l’élection de 2020″, Molly Ball, correspondante politique nationale de la publication, démontre en détail qu’une coterie très bien financée, composée de gens puissants, venus de secteurs et de courants d’idées différents, travaillant ensemble dans les coulisses pour influencer les perceptions, changer les règles et les lois, orienter la couverture médiatique et contrôler le flux d’informations  » a agi, et elle ajoute que l’action de cette coterie « a touché tous les aspects de l’élection « , y compris les lois électorales, et a constitué une coalition juridique qui est parvenue à modifier les lois et les systèmes électoraux « . Ball, également auteur d’une biographie extrêmement élogieuse de Nancy Pelosi – qu’elle décrit comme une « icône de la résistance » à Trump – a affirmé que le but de la coterie n’était pas de truquer l’élection, mais de la « fortifier « . Les organisations qui ont ravagé les grandes villes américaines pendant l’été, ajoute-t-elle, ont été utilisées par la coterie: « la gauche contrôlait en réalité les activités de groupes tels Antifa, Black Lives Matter ». Dans un autre article, elle a écrit que ce qui a été fait consistait à « sauver la démocratie » et elle dit, donc, que l’utilisation de moyens non démocratiques pour fausser une élection démocratique « sauve » la démocratie. (…) Des opérations ont été menées pour détruire et nier la légitimité de la présidence de Trump et ont été enclenchées avant même qu’il soit élu, ainsi l’opération « Crossfire Hurricane », et les abus du recours à la loi FISA [Foreign Intelligence Surveillance Act]. Dix-neuf minutes après son investiture, le Washington Post a publié un article intitulé « La campagne pour destituer le président Trump a commencé ». Pendant plus de trois ans, Trump a été accusé, sans aucune preuve, sinon un faux « dossier », d’être un agent russe. Les accusations se sont avérées sans fondement, mais pas avant que 32 millions de dollars de l’argent des contribuables américains aient été dépensés pour mener ce que les procureurs savaient depuis le début être une opération frelatée. Les procureurs en question ont agi pour piéger, incriminer et envoyer des innocents en prison. Ce qu’ils ont fait a été une tentative de coup d’État. Trump a été ensuite accusé de « mettre en danger la sécurité du pays », sur la base d’une conversation téléphonique anodine avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Pour que l’accusation paraisse plausible, l’un de ses accusateurs a dû réinventer la conversation. La première tentative de destitution qui a suivi a été décrite, à juste titre, comme une « parodie de justice » et comme « l’équivalent des procès-spectacle menés sous Staline ». Tout au long de son mandat, Trump a été confronté à des menaces, des abus de pouvoir et des attaques incessantes. Quand bien même il n’est plus président, la guerre menée contre lui continue. Une large partie des grands médias américains ont cessé d’être des médias d’information et sont devenus des organes militants anti-Trump. La diffusion de fausses nouvelles a valu au New York Times et au Washington Post de recevoir le prix Pulitzer. Quand, pendant l’été 2020, des émeutes destructrices ont eu lieu, et que Trump a évoqué le recours à l’armée pour rétablir l’ordre et protéger les biens et les personnes, ses opposants politiques l’ont comparé à Hitler et à Goebbels, se sont indignés et ont défendu les émeutiers en disant qu’ils étaient essentiellement des « manifestants pacifiques » agissant au nom des griefs légitimes. Ces gens ont apparemment oublié que la loi sur l’insurrection invoquée par Trump avait été invoquée dejà par d’autres présidents, ainsi George H.W. Bush en 1992, qui avait répondu à la demande d’aide du gouverneur de Californie Pete Wilson confronté aux émeutes de Los Angeles. Plusieurs mois avant les élections de 2020, les opposants politiques de Trump ont étrangement anticipé sa défaite et l’ont accusé – par avance, et là encore sans aucune preuve – de se préparer à enfreindre la loi. Nancy Pelosi, suggérant que Trump ne quitterait pas la Maison Blanche, a laissé entendre qu’il serait nécessaire de recourir à une « fumigation ». Joe Biden a prédit que l’armée interviendrait. « Je suis », a-t-il dit, « absolument convaincu qu’ils l’escorteront avec diligence hors de la Maison Blanche « . Les racines de ce qui se passe présentement sont, en fait, plus anciennes. (…) Ce courant s’est inspiré aussi des écrits des principaux penseurs de ce qu’on appelle aux Etats-Unis la « théorie française »: Jacques Derrida et Michel Foucault. Derrida parlait de « déconstruction », et en particulier de la déconstruction de l’idée de vérité. Foucault a défini les structures de pouvoir existantes comme des formes d’oppression, à abolir. (…) Avant son élection, le président Trump avait promis de « drainer le marécage » – qui avait effectivement besoin d’être drainé. Les habitants du marécage l’ont vu comme une menace pour leurs projets. Faire tomber Trump à tout prix et reprendre le pouvoir est devenu un impératif pour eux. Ils ont utilisé tous les moyens à leur disposition – et ils ont atteint leur objectif. Dans les premières semaines de sa présidence, Biden a signé une série de décrets, dont certains violent la Constitution et la Déclaration des droits, et qui ont réduit des milliers de gens au chômage, et aidé la Russie et la Chine. La Chambre des représentants et le Sénat n’ont pas été consultés. 74 millions d’Américains respectueux des lois sont décrits comme des terroristes et des racistes qui ont besoin d’être « rééduqués », et la tolérance pour des idées différentes est clairement en train de disparaître. Des appels sont lancés que soient fermées des chaines de télévision qui offrent une version différente de « la vérité ». La première proposition de loi présentée à la Chambre des représentants pour 2021, HR1, ou la loi « pour le peuple », a été adoptée par la Chambre le 5 mars. (…) Si le projet de loi H.R.1 devient la loi du pays, les pratiques qui ont fait de l’élection de 2020 un désastre seront légalisées: entre autres, le déversement massif de millions de bulletins de vote non sollicités dans plusieurs Etats, la non-vérification des signatures sur les registres, l’absence de traçabilité des bulletins, l’inscription des électeurs sur les listes électorales le jour même de l’élection et la collecte des bulletins de vote par correspondance au domicile des électeurs , et nombre de ces pratiques sont très propices à la fraude. (…)  Si le projet de loi H.R.1 est adopté, des moyens de nuire a l’intégrité des élections seront gravés dans le marbre. Le président Biden a présenté un projet de loi de réforme de l’immigration. Ce projet a été décrit comme un moyen de laisser entrer des étrangers traversant illégalement la frontière américaine, de légaliser leur présence et de les faire accéder à la nationalité, et comme un instrument destiné à tenter de créer une majorité permanente unipartite.  (…) L’une des premières décisions de Biden a été de dissoudre la Commission de 1776, qui avait été créée pour « revenir aux idées fondatrices énoncées dans la Déclaration d’indépendance ». Le projet 1619, qui décrit les États-Unis comme fondés sur l’esclavage, « structurellement racistes », et donc illégitimes, a été critiqué par d’éminents historiens pour son manque total de respect des faits fondamentaux. Bien qu’il soit une distorsion de l’histoire, et ignore totalement ce que l’Amérique a fait de positif, il est désormais enseigné aux enfants dans les écoles publiques et leur apprend dès lors à haïr leur pays. Guy Millière
Notre région, ils veulent la mettre en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux. Que reste-t-il de leurs valeurs lorsque, sans cesse, sans cesse, ils font cette insupportable danse du ventre aux électeurs du FN à grands coups de ‘race blanche? Cette droite n’a plus grand chose de républicain. Claude Bartolone (candidat PS aux régionales d’Ile de France, 2015)
Cette charte, pourquoi on a fait cette charte ? Parce qu’elle est engageante. L’idée, ce n’est pas de mettre sa signature, c’est de dire comment on s’engage pour l’égalité femme-homme, pour la lutte contre l’homophobie. Est-ce que ça veut dire que dans les prêches, on considérera que deux hommes ont le droit de s’aimer, de se marier, que deux femmes ont le droit de s’aimer, de se marier, comme le disent les lois de la République française? C’est cela que dit cette Charte. Marlène Schiappa
Il y a une explosion des actes antisémites, mais aussi homophobes. Ce sont deux catégories de la population soupçonnées d’être riches. (…) Il y a une alliance entre les gens d’extrême droite et les islamistes, qui s’unissent de fait dans ce combat. Il y a des slogans de La Manif pour tous qui sont lancés dans les banlieues. (…) Les slogans et l’agressivité de la “manif pour tous” ont nourri la recrudescence de violences homophobes : + 64 % l’année dernière. L’homophobie se nourrit des messages de haine proférés par La Manif pour tous. Marlène Schiappa
Il y a tout un pan de cette loi qui vise à protéger la liberté de conscience et lutter contre les dérives sectaires. Par exemple, les certificats de virginité, il y a de plus en plus de famille qui sont influencées par les courants évangélistes venant des Etats-Unis, qui demandent, comme aux Etats-Unis, des certificats de virginité. Marlène Schiappa (France 3)
Nous avons rappelé le principe d’égalité entre tous les êtres humains (…) et nous avons clairement dit que cela impliquait le refus de toute discrimination liée à l’homosexualité. Cette charte est notre affaire et je dénie à un ministre la capacité de dicter les prêches des imams. Que resterait-il de la liberté de religion ? Que resterait-il de la laïcité ? Et puis, il y a une grande différence entre refuser toute discrimination notamment pour un motif d’orientation sexuelle et adhérer au mariage homosexuel. Comme les autres religions monothéistes, l’islam ne reconnaît le mariage qu’entre les personnes de sexe différent. Aucune autorité publique ou politique ne peut dicter une doctrine religieuse. Chems-eddine Hafiz (recteur de la mosquée de Paris)
Le chemin est long en tant que femme noire, le chemin est long en tant que femme grosse, en tant que femme oubliée de la société, oubliée de la culture. Le chemin est long et sinueux, mais on va y arriver. Ça mettra dix ans, ça mettra quinze ans, on ne veut pas nous laisser prendre l’ascenseur, il n’y a pas de souci, on est endurant, on va prendre les escaliers. C’était important de faire cette victoire avec vous, d’être avec des personnes qui me ressemblent, qui sont comme moi, qui m’entendent et qui me comprennent, qui comprennent ma colère. Ma colère qui est légitime, notre colère est légitime, et j’aimerais que ce soir toute la France l’entende. Yseult Onguinet
Nous, les personnes faisant partie des minorités, des personnes racisées, on est dans un délire de devoir quelque chose à la France, mais qu’est-ce que l’on doit en fait ? On leur a pris la dignité, le respect, l’empathie. On est des êtres humains, on a un cœur, je suis une citoyenne à part entière.  Ca me casse les couilles de devoir en permanence être redevable, d’être moi-même dans l’empathie de personnes non-racisées alors que ça devrait être le contraire. Qu’on arrête de nous  chier dessus. Yseult
Au moment de recevoir sa récompense de révélation féminine de l’année samedi 13 février, lors de la 36ème cérémonie des Victoires de la musique, la chanteuse Yseult se lance, sans surprise, dans un discours engagé. La jeune artiste se vit en effet comme l’un des porte-étendard de la lutte contre les discriminations. (…) Épaulée par ses « sœurs » Adèle Haenel, Assa Traoré et Aïssa Maïga, la chanteuse reprend à son compte le vocabulaire et les notions utilisés par le mouvement intersectionnel. Yseult est « woke », éveillée aux enjeux d’une société qui opprimerait systématiquement ses minorités. Si on pardonnera volontiers cette candeur à une chanteuse dont le débat d’idées n’est pas le métier, la sortie d’Yseult aux Victoires de la musique, même pour un spectateur n’ignorant rien de la réalité des phénomènes racistes, sexistes et discriminants, mérite tout de même qu’on s’y attarde. Notamment compte tenu de ses états de service : ancienne finaliste de la Nouvelle Star signée chez Universal, fondatrice de son propre label après le four de son premier album, compositrice pour Jenifer et Chimène Badi, première partie d’Angèle et, finalement, lauréate à 26 ans d’une première Victoire de la musique. On a vu pire chemin de croix. Si bien que, sans minimiser les difficultés qu’elle a pu rencontrer, il n’est pas interdit de demander d’où parle la camarade Yseult. Ni de souligner que son militantisme dans l’ère du temps, communautaire et fondé sur la sacro-sainte subjectivité, tolère des angles morts assez fâcheux eu égard aux principes de la « déconstruction ». Force est de constater qu’il existe une disjonction entre le discours victimaire qui jalonne la carrière d’Yseult d’une part, et son succès au sein de l’industrie musicale d’autre part. Industrie à ce point oppressive et raciste qu’elle a nommé – peut-être pour se donner bonne conscience – trois femmes noires aux Victoires de la musique : Aya Nakamura, Lous and the Yakuza et Yseult. On nous rétorquera que Nakamura et Lous sont les exceptions, qu’Yseult a raison de s’engager en faveur de ceux que le racisme et le sexisme priveraient de carrière. Certes, mais à l’heure où le récit de soi et la mise en scène de sa singularité sont devenus des dimensions incontournables de la communication d’un artiste, c’est bien de sa personne dont parle constamment Yseult. Dès 2015, cette dernière imputait sa défaite en finale du télé-crochet Nouvelle Star à la société, plutôt qu’au talent de son adversaire ou à ses propres défauts : « On n’accepte pas encore les différences des gens. Malheureusement, je suis noire, malheureusement, je suis très forte corporellement », expliquait-elle. (…) Mais est-ce encore la société qui impose ce regard sur elle-même à Yseult, ou est-ce Yseult qui se présente au monde à travers ce prisme ? (…) Que la chanteuse ait souffert du regard des autres, comme tant et tant d’adolescents, est une première chose. Qu’Yseult ait subi le racisme, la grossophobie et le sexisme, c’en est une deuxième. C’est à elle de le dire, de la manière la plus circonstanciée possible, étant donnée la gravité des faits. Il y a toutefois une troisième dimension dans ses propos, directement déduite des deux précédentes : l’idée, pourtant démentie par l’expérience, selon laquelle « on ne v[oudrait] pas nous laisser prendre l’ascenseur » – comprendre : parce que « nous » sommes femmes, noires ou grosses. C’est ainsi que le décalage entre le parcours d’Yseult et le discours « woke » qu’elle porte maladroitement se révèle cruellement : alors qu’il n’y a de vérité que celle du « je » aux yeux de certains militants, la jeune femme, bien qu’elle se décrive en « oubliée de la culture », n’a pas vraiment de quoi se plaindre personnellement en terme d’intégration sociale. (…) « Je pense qu’il faut aussi reconnaître ses privilèges, et au-delà de ses privilèges, faut aussi aider ceux qui n’ont pas les mêmes privilèges », concluait Yseult, reprenant à son compte une notion selon laquelle ceux qui bénéficient d’une situation normale dans un Etat de droit – ne pas subir de discrimination en raison de son sexe ou de sa couleur de peau – jouiraient d’un avantage indu. On pourrait toutefois inviter la chanteuse à faire son propre examen de conscience, en la renvoyant au point aveugle de l’immense majorité de ses prises de parole publique : les inégalités économiques. Eh oui, revoilà la lutte des classes. Et Yseult se classe indéniablement du côté des dominés. Fille d’un cadre supérieur chez Land Rover, Yseult a passé sa scolarité dans le privé, à Agen. « Matériellement, je n’ai pas à me plaindre, mon père gagnait beaucoup d’argent. On changeait de voiture tous les deux jours, on me conduisait à la maternelle en Mercedes. Ma mère s’achetait des sacs griffés », racontait-elle en 2015 dans un entretien au magazine suisse Femina. Une enfance plus que confortable, marqué par des voyages en Jamaïque, aux Etats-Unis, en Indonésie, ou encore à Cuba. Louis Nadau
Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années, écrivait Corneille. Pourtant, Yseult aura étrangement patienté sept longues années, depuis sa participation au télécrochet Nouvelle Star avant d’être opportunément (re)découverte par l’industrie musicale qui vient de la sacrer « révélation féminine » aux victoires de la musique. Pour enfin percer dans le monde de la musique, Yseult a fait de la victimisation son cheval de bataille. Éternelle victime, Yseult est le parfait exemple de ceux qui se vautrent dans la complainte victimaire permanente dans laquelle l’autre est la source exclusive de tous leurs problèmes. Finaliste malheureuse de la Nouvelle Star 2014, Yseult se plaignait (déjà) de l’impossibilité de s’épanouir face à un public qui ne l’acceptait pas. Quand un artiste ne reçoit pas les hommages d’un public, il dispose de deux options : chercher son public ailleurs ou se remettre en question. Mais Yseult a choisi, comme tant d’autres, la carte racialiste et victimaire pour expliquer sa défaite en finale : « On n’accepte pas encore les différences des gens. Malheureusement, je suis noire, malheureusement, je suis très forte corporellement ». Ce qu’elle présentait comme un regret et un handicap en 2014 devient soudain une force et une fierté en 2021. Yseult avait trouvé son crédo : la chanson servirait d’alibi à son militantisme, et son militantisme servirait de faire-valoir à ses chansons. Pourtant, elle avait déjà tout faux. Etre une femme noire n’a jamais empêché le talent de Whitney Houston d’être reconnu, ni Dee Dee Bridgewater, Billie Holiday ou Nina Simone de briller en pleine ségrégation raciale aux Etats-Unis. Etre une femme noire et obèse n’a jamais interdit à Ella Fitzgerald, Ruby Wilson ou Ruth Brown, la Queen du R&B, d’être aimé par un large public. Valeurs actuelles
Si c’est un groupe de travail consacré aux discriminations dont sont l’objet les personnes noires ou métisses (…) Moi, je ne dis pas qu’il faille que ça soit interdit. Mais si il se trouve que vient à cet atelier une femme blanche, un homme blanc, etc, etc, j’aurais tendance à dire qu’il n’est pas question de le ou la jeter dehors. En revanche, on peut lui demander de se taire, d’être spectatrice ou spectateur silencieux. Audrey Pulvar (adjointe à la mairie de Paris, candidate aux élections régionales d’Ile de France)
Une tuerie s’est déroulée mi-mars 2021 dans un supermarché à Boulder dans le Colorado (États-unis),10 personnes ont trouvé la mort dans cette tragédie. Les médias de grand chemin se jettent-ils sur l’occasion pour informer en fonction des faits ? Ou pour les déformer ? Sur les premières images, le tueur interpellé est blanc. Le massacre de 10 civils se transforme instantanément en un procès de l’homme blanc armé d’un fusil AR-15. Plusieurs personnalités politiques s’en donnent à cœur joie pour faire de la récupération. Et puis… Dans un premier temps, le meurtrier est blessé à la jambe puis interpellé par la police qui l’emmène. Toutes les caméras ne retiennent alors plus qu’une seule chose : le tueur est blanc. C’est l’information principale que décident de relayer plusieurs grands médias tels que RTL, 20 Minutes ou le Huffington Post et d’autres encore. Dès lors, Twitter va se déchaîner. Avalanche de tweets haineux pour dénoncer la violence de l’homme blanc. Meena Harris, la nièce de Kamala Harris (vice-présidente des États-Unis) tweetait « Violent white men are the greatest terrorist threat to our country » (les hommes blancs violents sont la plus grande menace terroriste pour notre pays). Elle a par la suite rapidement supprimé son tweet. Un journaliste de l’AFP du service « vérification des faits » avait également tweeté « He was only apprehended and not chocked or shot to death because he was not brown, black or muslim” (il a été appréhendé et non tué parce qu’il n’était pas brun, noir ou musulman). Beaucoup d’autres tweets ont relayé que le tueur était un homme blanc et que s’il n’a pas été immédiatement abattu par la police c’était en vertu de sa couleur de peau. Quelques jours plus tôt, en Géorgie, avait eu lieu une autre tuerie où un meurtrier blanc avait pris pour cible des femmes asiatiques dans leur salon de massage. Toute la presse avait crié au racisme mais le coupable, manifestement dérangé, déclarait qu’il souffrait « d’addiction sexuelle » et qu’il voyait ces salons de massage comme une tentation à éliminer. Certains médias surfent sur cette vague pour relancer la machine avec ce nouvel évènement macabre. Problème : le tueur est en réalité un Syrien musulman âgé de 21ans, anti-Trump, Ahmad Al Aliwi Alissa. L’information est tombée comme un coup de tonnerre et a forcé quelques personnalités à réagir par rapport à ce qu’elles avaient d’abord dénoncé. À titre d’exemple, la militante et écrivain américaine (Amy Siskind — sur Twitter) qui avait participé à la première vague de désinformation a déclaré, en apprenant le nom et la religion du tueur, qu’il ne fallait pas répandre cette nouvelle, ne pas lui faire de publicité. La publicité n’est en effet autorisée que si elle va dans le bon sens. Beaucoup d’autres ont simplement arrêté de tweeter à ce sujet lorsqu’ils ne se sont pas simplement enfoncés dans le mensonge. (…) Le président des États-Unis, Joe Biden, s’est exprimé en appelant le congrès à agir « maintenant » pour limiter la circulation des armes à feu dans le pays. Biden sait bien qu’il n’a pas de majorité pour changer quoi que ce soit à ce sujet, il est douteux qu’il fasse mieux que ses prédécesseurs, mais il est de bon ton de dénoncer le peuple qui pourrait oser prendre la responsabilité de sa propre défense. In fine, une information passe à la trappe au milieu de ce pugilat médiatique : les dix victimes de cet odieux carnage sont tous des blancs. Observatoire du journalisme
None of them mentioned that he killed two white people as well — a weird thing for a white supremacist to do — and injured a Latino. None pointed out that the connection between the spas was that the killer had visited them. None explained why, if he were associating Asian people with Covid19, he would nonetheless expose himself to the virus by having sex with them, or regard these spas as “safer” than other ways to have quick sex. They didn’t because, in their worldview, they didn’t need to. What you see here is social justice ideology insisting, as Dean Baquet temporarily explained, that intent doesn’t matter. What matters is impact. The individual killer is in some ways irrelevant. His intentions are not material. He is merely a vehicle for the structural oppressive forces critical theorists believe in. And this “story” is what the media elites decided to concentrate on: the thing that, so far as we know, didn’t happen. We don’t know all the nuances of this case. Again, we shouldn’t take a killer’s confession at face value. Or his roommates’ memories. We may yet be surprised by some other factor — including perhaps anti-Asian bias that has so far been missing. (One rumor aired in Korean media, but unconfirmed anywhere else, is that the killer conveniently cried “I want to kill all Asians!” before the murder spree.) But notice how CRT operates. The only evidence it needs it already has. Check out the identity of the victim or victims, check out the identity of the culprit, and it’s all you need to know. If the victims are white, they don’t really count. Everything in America is driven by white supremacist hate of some sort or other. You can jam any fact, any phenomenon, into this rubric in order to explain it. The only complexity the CRT crowd will admit is multiple, “intersectional” forms of oppression: so this case is about misogyny and white supremacy. The one thing they cannot see are unique individual human beings, driven by a vast range of human emotions, committing crimes with distinctive psychological profiles, from a variety of motives, including prejudices, but far, far more complicated than that. There’s a reason for this shift. Treating the individual as unique, granting him or her rights, defending the presumption of innocence, relying on provable, objective evidence: these core liberal principles are precisely what critical theory aims to deconstruct. And the elite media is in the vanguard of this war on liberalism. This isn’t in any way to deny increasing bias against Asian-Americans. It’s real and it’s awful. Asians are targeted by elite leftists, who actively discriminate against them in higher education, and attempt to dismantle the merit-based schools where Asian-American students succeed — precisely and only because too many Asians are attending. And Asian-Americans are also often targeted by envious or opportunistic criminal non-whites in their neighborhoods. The more Asian-Americans succeed, the deeper the envy and hostility that can be directed toward them. The National Crime Victimization Survey notes that “the rate of violent crime committed against Asians increased from 8.2 to 16.2 per 1000 persons age 12 or older from 2015 to 2018.” Hate crimes? “Hate crime incidents against Asian Americans had an annual rate of increase of approximately 12% from 2012 to 2014. Although there was a temporary decrease from 2014 to 2015, anti-Asian bias crimes had increased again from 2015 to 2018.” Asians are different from other groups in this respect. “Comparing with Black and Hispanic victims, Asian Americans have relatively higher chance to be victimized by non-White offenders (25.5% vs. 1.0% for African Americans and 18.9% for Hispanics). … Asian Americans have higher risk to be persecuted by strangers … are less likely to be offended in their residence … and are more likely to be targeted at school/college.” Of those committing violence against Asians, you discover that 24 percent such attacks are committed by whites; 24 percent are committed by fellow Asians; 7 percent by Hispanics; and 27.5 percent by African-Americans. Do the Kendi math, and you can see why Kendi’s “White Supremacist domestic terror” is not that useful a term for describing anti-Asian violence. But what about hate crimes specifically? In general, the group disproportionately most likely to commit hate crimes in the US are African-Americans. At 13 percent of the population, African Americans commit 23.9 percent of hate crimes. But hate specifically against Asian-Americans in the era of Trump and Covid? Solid numbers are not yet available for 2020, which is the year that matters here. There’s data, from 1994 to 2014, that finds little racial skew among those committing anti-Asian hate crimes. Hostility comes from every other community pretty equally. The best data I’ve found for 2020, the salient period for this discussion, are provisional data on complaints and arrests for hate crimes against Asians in New York City, one of two cities which seem to have been most affected. They record 20 such arrests in 2020. Of those 20 offenders, 11 were African-American, two Black-Hispanic, two white, and five white Hispanics. Of the black offenders, a majority were women. The bulk happened last March, and they petered out soon after. If you drill down on some recent incidents in the news in California, and get past the media gloss to the actual mugshots, you also find as many black as white offenders. This doesn’t prove much either, of course. Anti-Asian bias, like all biases, can infect anyone of any race, and the sample size is small and in one place. But it sure complicates the “white supremacy” case that the mainstream media simply assert as fact. And, given the headlines, the other thing missing is a little perspective. Here’s a word cloud of the victims of hate crimes in NYC in 2020. You can see that anti-Asian hate crimes are dwarfed by those against Jews, and many other minorities. And when you hear about a 150 percent rise in one year, it’s worth noting that this means a total of 122 such incidents in a country of 330 million, of which 19 million are Asian. Even if we bring this number up to more than 3,000 incidents from unreported and far less grave cases, including “shunning”, it’s small in an aggregate sense. A 50 percent increase in San Francisco from 2019 – 2020, for example, means the number of actual crimes went from 6 to 9. Is it worse than ever? No. 2020 saw 122 such hate incidents. In 1996, the number was 350. Many incidents go unreported, of course, and hideous comments, slurs and abuse don’t count as hate “crimes” as such. But the theory behind hate crimes law is that these crimes matter more because they terrify so many beyond the actual victim. And so it seems to me that the media’s primary role in cases like these is providing some data and perspective on what’s actually happening, to allay irrational fear. Instead they contribute to the distortion by breathlessly hyping one incident without a single provable link to any go this — and scare the bejeezus out of people unnecessarily. The media is supposed to subject easy, convenient rush-to-judgment narratives to ruthless empirical testing. Now, for purely ideological reasons, they are rushing to promote ready-made narratives, which actually point away from the empirical facts. To run sixteen separate pieces on anti-Asian white supremacist misogynist hate based on one possibly completely unrelated incident is not journalism. It’s fanning irrational fear in the cause of ideological indoctrination. And it appears to be where all elite media is headed. » Andrew Sullivan
La croyance en un monde meilleur motive les luttes et les programmes des partis, révolutions et régimes politiques depuis trois siècles. (…) Au stade actuel du « politiquement correct » à l’américaine, les éveillés du mouvement Woke ne s’en doutent pas, mais leur combat s’inscrit dans ce que les spécialistes appellent augustinisme politique (saint Augustin doit se retourner dans sa tombe) : on observe en effet le même genre de comportement, vertueux et vindicatif, chaque fois que des croyants entreprennent d’instaurer ici-bas, sinon la cité de Dieu augustinienne, tout au moins une cité purifiée du mal radical qui affecte la cité des hommes vouée au démon (l’homme blanc, en l’occurrence). (…) Ladite croyance a motivé les « luttes » et les « programmes » des partis, révolutions et régimes politiques qui se sont succédé depuis lors en Occident et dans le reste du monde – étant entendu que le « bien » ou le « juste » visé par l’un ou l’autre ne sont pas les mêmes (ceux des démocraties libérales ne sont pas ceux des régimes totalitaires). Exacerbé par la passion et le ressentiment contre le pécheur originel (blanc), et viralisée par les réseaux sociaux, le mouvement Woke serait comme une caricature finale de ce mouvement général (…) Un monde meilleur, « changer la vie », engendrer un « homme nouveau … ces choses-là sont plutôt, en effet, affaire de religion, fût-ce dans un monde moderne qui se croit affranchi de la religion, sécularisé, laïque… alors qu’il est encore tout imprégné d’une religiosité qui motive encore et toujours le projet d’instaurer le Bien, fût-ce par la guerre, la conquête et la violence quand les prêches et le catéchisme ne suffisent pas… (…) L’Empire du Bien est en réalité l’Empire WASP (White, Anglo-saxon, Protestant), une espèce de théocratie en Amérique, au terme d’un itinéraire de Jérusalem à Washington via Genève. Et de nos jours, c’est le cœur même de cet Empire qui ressemble à la Genève de Calvin, une Genève globale, devenue folle où les éveillés s’activent sur les campus et les réseaux sociaux… Si bien que les États-Unis désunis expérimentent sur leur propre territoire les déboires rencontrés au Moyen-Orient et ailleurs dans leurs projets d’évangélisation (« démocratisation ») des pays de la région : au lieu de la démocratie libérale espérée sous protectorat du « libérateur », la guerre de tous contre tous ! Paul Soriano

Mensonges sur l’origine d’un bilan vaccinal lancé en fait par son prédécesseur, mensonges sur l’origine de la crise migratoire actuelle à la frontière mexicaine (plus de 42% d’appréhensions par rapport à 2019) , antisèches, nombre de journalistes – pandémie oblige – limité à 25, liste et photos de journalistes à interroger, nombre de questions limité à 20, refus de répondre aux dernières questions, projets liberticides de supprimer le vote qualifié au Sénat et d’entériner la levée de tous les garde-fous qui apermis …

Au lendemain d’une première et longuement attendue conférence de presse du nouveau président américain …

Qui a vu malgré les antisèches apparentes, les mensonges éhontés et les pénibles bafouillages …

Nos journalistes si pointilleux sur ces quatre dernières années …

Rivaliser de complaisance pour saluer les « premiers pas réussis » …

D’un président qui après le holdup du siècle que l’on sait …

Se voit protégé tant par des médias traditionnels aux ordres et l’implacable censure des plateformes numériques pour ses adversaires …

Que sous prétexte d’une menace terroriste intérieure inventée de toutes pièces

Par une véritable armée de soldats en arme et les barbelés qui vont avec dans une capitale littéralement bunkerisée …

Tandis qu’à l’instar d’un Musulman d’origine syrienne qui abat des clients d’un supermarché

Et contre toutes les statistiques qui montrent la sur-représentation des noirs dans les crimes de haine en général et contre les Asiatiques en particulier …

L’auteur d’une fusillade qui tue non seulement deux blancs et un latino, mais s’avère être un client régulier des spas asiatiques pour un « sexe plus sûr  » est présenté comme un suprémaciste blanc anti-asiatique

Alors qu’à l’instar d’une Administration Biden désormais otage de ses minorités

A la fois, inversant totalement l’ancien rêve du pasteur King, par la couleur de peau…

Mais aussi par les opinions (correctement) politiques …

Nos nouveaux damnés de la terre atteignent, à travers à présent l’ensemble de l’Occident, des sommets dans la geignerie communautaire …

Et dans le vomissement du nouveau bouc émissaire que constitue l‘Homme blanc

Pendant que nos gouvernants prétendent à présent dicter les prêches de nos églises …

Ou réduire au silence les paroles dont la couleur ne leur reviendrait pas …

Comment ne pas voir …

Malgré quelques petis signes d’espoir, notamment du côté desdites minorités …

Dans ce nouveau meilleur des mondes et cette nouvelle post-vérité qui vont apparemment désormais nous tenir lieu de réalité…

L’avènement à la tête même du Monde libre …

Et bientôt de proche en proche à l’ensemble de nos démocraties …

Prophétisé par Chesterton il y a plus d’un siècle …

A l’image de la fameuse bête de notre Pascal national …

Ou de celle, avec ses cornes d’agneau et sa parole de dragon, de l’Apocalypse ….

De ce « monde moderne rempli d’idées chrétiennes devenues folles » ?

« Le mouvement woke, dernière croisade : et si on arrêtait enfin de rendre le monde meilleur ? »
Paul Soriano
Marianne
26/03/2021

« L’Empire du Bien est en réalité l’Empire WASP (White, Anglo-saxon, Protestant), une espèce de théocratie en Amérique, au terme d’un itinéraire de Jérusalem à Washington via Genève. Et de nos jours, c’est le cœur même de cet Empire qui ressemble à la Genève de Calvin, une Genève globale, devenue folle où les éveillés s’activent sur les campus et les réseaux sociaux… » explique, par la médiologie, Paul Soriano.

La croyance en un monde meilleur motive les luttes et les programmes des partis, révolutions et régimes politiques depuis trois siècles. Au vu du bilan, l’état du monde suggère d’en finir avec l’empire du Bien pour en revenir au seul bien des nations : la vertu civique, tendue vers la paix civile. Une Realpolitik, intégralement « laïque », à l’égard des croyances religieuses avouées ou clandestines (les idéologies).

Au stade actuel du « politiquement correct » à l’américaine, les éveillés du mouvement Woke ne s’en doutent pas, mais leur combat s’inscrit dans ce que les spécialistes appellent augustinisme politique (saint Augustin doit se retourner dans sa tombe) : on observe en effet le même genre de comportement, vertueux et vindicatif, chaque fois que des croyants entreprennent d’instaurer ici-bas, sinon la cité de Dieu augustinienne, tout au moins une cité purifiée du mal radical qui affecte la cité des hommes vouée au démon (l’homme blanc, en l’occurrence). Ce fut le cas au XVIe siècle dans la Genève de Calvin et en Allemagne, pendant la Guerre des paysans, ou un peu plus tard, en Amérique. Entre autres…

Au XVIIIe siècle, c’est dans toute l’Europe que des hommes éclairés se sont mis à croire en un monde meilleur gouverné par la Raison et tendu vers le Progrès, et ont assigné cet objectif au politique ; car ce siècle de la Raison est aussi le siècle de la Morale : comme dans la philosophie de Kant, la raison « pratique » (morale) suit de près la raison pure. Auparavant on entendait plus modestement gouverner par le sens commun, tendu vers le bien commun, raisonnablement plutôt que rationnellement.

Lutte contre le péché l’originel

Ladite croyance a motivé les « luttes » et les « programmes » des partis, révolutions et régimes politiques qui se sont succédé depuis lors en Occident et dans le reste du monde – étant entendu que le « bien » ou le « juste » visé par l’un ou l’autre ne sont pas les mêmes (ceux des démocraties libérales ne sont pas ceux des régimes totalitaires). Exacerbé par la passion et le ressentiment contre le pécheur originel (blanc), et viralisée par les réseaux sociaux, le mouvement Woke serait comme une caricature finale de ce mouvement général : il a le mérite de nous éclairer sur nous-mêmes et sur le bilan de trois siècles de « progrès », deux guerres mondiales, des « crimes contre l’humanité », et des tyrannies comme on n’en avait jamais connu…

Les premiers penseurs de la politique la définissent pour leur part comme une activité destinée à assurer la pérennité de la cité et, à cette fin, la paix civile, face aux divisions qui résultent de la diversité des opinions et des intérêts ; ils ne se préoccupent nullement d’instaurer le règne de la vertu, sinon de la seule vertu civique, requise par ladite paix civile. Cette définition n’est pas amorale, mais elle vise le bien commun plutôt que le Bien (majuscule), et s’inspire du sens commun plutôt que de la Raison (majuscule… L’idée saugrenue de convertir le reste du monde lui est étrangère.

C’est le christianisme qui va tout changer, au risque de subordonner la politique à la morale, le pouvoir temporel au pouvoir spirituel, inventant du même coup la « théocratie », absente de la liste des régimes politiques recensés par Aristote.

Un monde meilleur, « changer la vie », engendrer un « homme nouveau … ces choses-là sont plutôt, en effet, affaire de religion, fût-ce dans un monde moderne qui se croit affranchi de la religion, sécularisé, laïque… alors qu’il est encore tout imprégné d’une religiosité qui motive encore et toujours le projet d’instaurer le Bien, fût-ce par la guerre, la conquête et la violence quand les prêches et le catéchisme ne suffisent pas…

L’Empire du Bien

En d’autres termes, alors que la politique selon les Anciens est « laïque » par définition (et n’a donc pas besoin de mot pour le dire), nos libres penseurs fanatisés (radicalisés ?) vont devoir inventer une « laïcité » sur mesure qui ne guette que les signes extérieurs (la croix, le voile, etc.) et ne voit donc pas mais cette religion intériorisée qui vous possède inconsciemment, en dépit des exorcismes critiques ou psychanalytiques ; d’où les difficultés d’application, notamment dans nos vertueuses républiques.

L’Empire du Bien est en réalité l’Empire WASP (White, Anglo-saxon, Protestant), une espèce de théocratie en Amérique, au terme d’un itinéraire de Jérusalem à Washington via Genève. Et de nos jours, c’est le cœur même de cet Empire qui ressemble à la Genève de Calvin, une Genève globale, devenue folle où les éveillés s’activent sur les campus et les réseaux sociaux… Si bien que les États-Unis désunis expérimentent sur leur propre territoire les déboires rencontrés au Moyen-Orient et ailleurs dans leurs projets d’évangélisation (« démocratisation ») des pays de la région : au lieu de la démocratie libérale espérée sous protectorat du « libérateur », la guerre de tous contre tous !

La bonne nouvelle, peut-être, c’est que la décomposition accélérée du théologico-politique, la fin de la « fin l’histoire » entendue comme conversion définitive du monde aux « valeurs occidentales », pourrait annoncer un retour de la politique à l’ancienne, la politique tout court, dans un monde multipolaire, où la notion même d’Occident n’aurait plus cours, un monde toujours conflictuel mais assurément moins « fanatique ».

Après la funeste mondialisation, l’inter-national sera enfin le genre humain !

Voir aussi:

Ingraham: Biden press conference a continuation of campaign strategy to protect from tough questions

‘Team Biden will never tell us the truth about the border’

Fox News host Laura Ingraham opened her show « The Ingraham Angle » on Thursday reacting to President Biden’s news conference performance and the White House’s efforts to protect him from tough questioning.

INGRAHAM: The White House used the excuse of COVID, of course, to limit the number of reporters in attendance — never mind that they could have held the event outside in the Rose Garden, wouldn’t have had to worry about any of that. And of course Biden’s handlers didn’t dare open the president up to a question from our own Peter Doocy. So this is basically a continuation of Biden’s basement strategy on the campaign trail — limit the off the cuff interactions, keep him on note cards, stay away from numbers unless scripted.  

Ingraham also slammed Biden for his continued lack of transparency on the immigration crisis at the southern border.

INGRAHAM: The American people deserve the truth about what’s happening at the border and they also deserve a clear-eyed assessment from the Biden administration on how they’re going to handle this going forward. But the events of today confirmed that Team Biden will never tell us the truth about the border and that the massive flow of humanity entering our country will not stop until Republicans beat Democrats like a drum in 2022.  

Voir également:

Biden lies, and the media doesn’t question it

Three big things stood out in President Biden’s first press conference.

 

1. The leader of the free world is often lost at sea and says many things that are blatantly false.

2. The media is in the tank and cannot be trusted to hold him accountable.

3. Because of Nos. 1 and 2, America is headed for serious trouble.

For this sickening spectacle we had to wait 64 days?

Still, the event was meaningful in one distressing way. Now we know beyond all doubt there is no way to deny the terrifying truth.

This was Biden’s coming out party, and the nation faces a mess that will only grow worse with time. The man who campaigned on unity is hell-bent on permanent polarization, meaning cancel culture and the supercharged racial climate are here to stay.

Biden gave license to the worst instincts on the left with his repeated sneering references to all Republicans and especially Donald Trump. At one point, he actually accused Trump of letting immigrant children “starve to death on the other side” of the Mexican border.

He said it in a room full of 30 supposed journalists and not a single one challenged him or even asked whether he meant it literally. In fact, not a single one challenged him on any of his falsehoods.

Nor did anyone ask him why he read from prepared talking points during answers to three questions on foreign policy. No recent president has felt the need to do that.

There also were moments when he talked himself into dead ends, yet there were no questions about when he would release the health reports he’s been hiding.

Regarding his agenda, a report that Biden sees himself as the new FDR gives credence to the idea that he’s all in for every big, crazy idea left-wing Dems can cook up.

The Green New Deal, open borders, removing voting safeguards, endless tax hikes, statehood for DC — they’re all on track and bound for glory. The only obstacle is the Senate filibuster, which requires 60 votes to pass legislation, but Biden left no doubt he would be willing to do away with it.

“I want to get things done,” he said.

Each piece of his party’s planned utopia is unprecedentedly radical in its own way, but not nearly radical enough for the media. Their performance was pathetic not just in what questions they asked and didn’t ask, but how they asked them. The dominant theme was that Biden and his team are not moving fast enough to turn America upside down and inside out.

Why don’t you, when will you, why haven’t you? Over and over, the aim was not to ask a question but to speed up an agenda.

Naturally, this was the complete opposite of the way some of the same people behaved during the Trump presidency. Then the questions were outraged expressions that aimed at stopping the administration. Now they are pleas aimed at pushing this one forward faster.

As such, the 10 people Biden called on generally followed the script laid out in the Washington Post and elsewhere. Columnist Margaret Sullivan had warned reporters not to try to “show how tough” they were being on Biden to please “Trump allies.” She even downplayed the border crisis, suggesting it was getting too much attention.

It got the most attention Thursday, but only in ways that reinforced the idea that it is the milk of human compassion to invite Central Americans to make the long trek north. Violence is rampant and coyotes, human traffickers and the cartels are making a mint, but not a peep about that from the president or his media helpers.

Nor was there any hint that perhaps stricter enforcement was compassionate to Americans in border towns and taxpayers everywhere. Instead, the underlying assumption seemed to be that any suffering experienced by migrants once they got to the border was proof of heartlessness and had to be remedied as quickly as possible.

As for the pandemic, apparently it’s no longer a problem. Pictures showing migrants crowded together in cages and reports that many are released despite testing positive for COVID never came up. No sense spoiling the good vibes.

The facts of illegal immigration are fairly simple. Trump campaigned on the issue and after false starts and despite unified Democratic opposition, eventually stitched together a series of policies and actions that stemmed the tide. He built large sections of wall, deported criminal aliens and struck an agreement with Mexico that those making asylum claims would have to wait in Mexico.

It is also a fact that Biden blew up each of those pillars, yet now claims he inherited a mess. Strangely, he also insisted that the numbers surging now “happens every single, solitary year. Nothing has changed.”

He’s either misinformed or lying. Record numbers of arrivals are being reported daily, and NBC recently called the crossings the highest in 20 years.

Again, Biden was not challenged.

The final proof that the press has abdicated its role was clinched when the president refused to say when he would allow more media access to the border detention facilities. He said it would have to wait until his team got its new programs working.

If Trump had said that, the sky would have fallen and democracy would be declared dead. But when Biden says it, the media rolls over.

So add transparency to the list of things that don’t matter anymore.

Voir de même:

Men Looking for Work Drive Surge in Illegal Crossings at the U.S. Border

Most of those apprehended are men in search of jobs, with the pandemic easing in the U.S. and fewer opportunities at home

Juan Montes and Alicia J. Caldwell

The surge in illegal immigration across the southern U.S. border is shaping up to be the biggest in 20 years. Unlike migrant surges in 2019 and 2014, which were predominantly made up of Central American families and unaccompanied children, so far this one is being driven by individual adults.

Most of the migrants are Mexicans, often men in search of work with the pandemic easing and the U.S. economy set to boom. Apprehensions at the southern border totaled 382,000 from the beginning of the fiscal year in October through February, up 42% compared to the same period of 2019—a year that saw the highest number of apprehensions since 2007. In 2020, the influx of migrants plummeted due to the pandemic.

Migrants detained at the Mexican border

Single adults account for 82% of the apprehensions so far this fiscal year, according to U.S. Customs and Border Protection data. Some 60% of all single adults apprehended were Mexicans. Border patrol agents say the majority of single adults they catch are men, entering to look for work such as picking fruits and vegetables, roofing and dishwashing.

The influx of children arriving alone at the border has captured broad attention. While apprehensions of mostly Central American families and unaccompanied minors have grown in the past few months, their numbers overall are still much smaller than those of adults.

The number of families caught trying to cross the border rose to 39,000 during the first five months of this fiscal year, from just over 37,000 during the same period in 2020. During the same period in 2019, more than 136,000 families were arrested at the border.

Some are camping out at the border in hopes that the Biden administration will soon allow them the chance to come into the U.S. legally.

José Antonio Cruz had lived in the U.S. illegally for 18 years before he was deported after being detained for speeding in 2018. He left his hometown in central Mexico last week in hopes of crossing the border in coming weeks and restarting his small construction business in Texas.

“The economy is going to reactivate very quickly in the U.S. They are already reopening, so it is a very good moment to be there,” Mr. Cruz, 41, said by telephone from a Catholic shelter in northern Mexico.

It’s unclear how many people are making it into the U.S. by crossing the border illegally. Estimates compared with how many are apprehended vary widely. A 2017 Homeland Security report estimated that between 55% to 85% of immigrants crossing the border illegally in 2016 were apprehended.

During the past seven days, border officials estimated that about 6,500 people evaded detection while entering the U.S., according to a person familiar with the government’s internal estimates. A week ago, border agents had recently averaged about 5,000 arrests a day, according to internal Homeland Security documents reviewed by The Wall Street Journal.

Migrants and immigration analysts offer several explanations for this year’s surge. The U.S. is hiring after a long and brutal pandemic, while Mexico lost some 2.4 million jobs last year.

Additionally, some migrants say there is a widespread perception that it’s become easier—and more inviting—to enter the U.S. under President Biden than under former President Donald Trump.

“Expectations were created that with the government of President Biden there would be a better treatment of migrants,” Mexican President Andrés Manuel López Obrador said at his daily press conference on Tuesday. “And this has caused Central American migrants, and also from our country, wanting to cross the border thinking that it is easier to do so.”

The Department of Homeland Security said in a statement, “There is no change in policy: the border remains closed. Families and single adults are being expelled under Title 42 and should not attempt to cross illegally.” The department added that some families will be released into the U.S. if Mexico doesn’t accept their return and there is no bed space available at Immigration and Customs Enforcement facilities.

Title 42 refers to a public-health law used by the Trump administration at the beginning of the pandemic to turn nearly all single adults back at the border rather than detaining or formally deporting them. That makes it easier to try to cross again—leading to another factor in the increase.

The Biden administration has curtailed many of the Trump administration’s enforcement policies focused on those already in the U.S. Immigration and Customs Enforcement officers and agents have been told to focus their resources on recent border crossers, serious criminals and those who pose a threat to national security or public safety.

The pandemic and stay-at-home policies throughout the region have created pent-up demand to migrate, said Theresa Cardinal Brown, director of immigration and cross-border policy at the Bipartisan Policy Center, a Washington think tank. She said the factors that cause people to migrate, such as poverty, have only gotten worse during the pandemic.

“The policies at the border have come and gone and changed, but the migrants keep coming,” she said.

Adrián Cahun, who came to the U.S. illegally and worked in San Francisco restaurants as a dishwasher and bartender for six years before returning to his rural hometown of Oxkutzcab in 2008, said he plans to again cross the border as soon as the pandemic ends.

“If there’s a recovery in the U.S., it’s easier to go there and find work,” said Mr. Cahun. He had saved enough money while he was in the U.S. to build a house and open a cafeteria in Oxkutzcab. With few affluent customers there, he said, he closed the cafeteria a few years ago. He currently works filling shelves at a supermarket.

“Many were afraid of Trump and most didn’t want to try to cross the border,” he added. “But now many here are thinking of emigrating to the U.S.”

Last March, as the pandemic took hold, the Trump administration invoked a 1944 public-health law, Title 42, to immediately expel any migrant caught crossing the border back to Mexico without processing them at cramped detention facilities, where Covid could spread.

The change, particularly for single adult males, marked a departure from border policies under former presidents since George W. Bush.

Before the 2000s, most Mexicans caught at the border had been allowed to return home with little consequence, and other migrants were typically allowed into the U.S. with orders to report back to immigration authorities later.

Then the U.S. started formally deporting most migrants caught at the border. In some Border Patrol sectors, adult crossers were charged with a criminal offense and often spent weeks or months in jail before being deported. Any further attempt to cross could result in more jail time in the U.S.

During the Obama administration, migrants from Mexico were often sent to border cities far from where they had been caught, or flown to the interior of Mexico. Migrants from countries other than Mexico were often flown back home.

Under Title 42, nearly all single adult migrants remain at the border after being turned away. Many try to re-enter. The percentage of migrants caught at the border who had already been caught once grew to nearly 40% during the past six months, compared with 7% in 2019.

“That’s the wonderful thing now. You have the opportunity to bat again and again. That’s better for us,” said Lucio Portillo, a 44-year-old Honduran migrant who is now in Mexico planning to cross to the U.S. in search of work.

Sara Abdala, who manages a shelter in Altar, a migrant hub some 70 miles from the Arizona border, said she knew a Honduran migrant who recently tried six times in two weeks until he managed to enter the U.S. without being detected.

“The town has come back to life in recent months after it was almost empty during the pandemic. The business of migration has become hot again,” she said.

Victor Manjarrez, a former chief patrol agent in both El Paso and Tucson, said reports from the border remind him of his days patrolling southern Arizona in the early 2000s, when that sector was the border’s busiest. The majority of illegal border crossers then were single adults from Mexico.

“There isn’t that idea of an impact, of a consequence,” said Mr. Manjarrez, now an associate director at the University of Texas and El Paso’s Center for Law & Human Behavior. “That’s what I would be telling my troops—that consequences work.”

The Biden administration hasn’t announced plans for the fate of Title 42. The American Civil Liberties Union has sued the government, arguing the practice illegally blocks migrants from asking for asylum or other protections in the U.S. Both sides are trying to negotiate a settlement.

The Biden administration had initially followed the Trump administration approach of returning families caught at the border back to Mexico, too. But that changed after Mexico’s government, at the request of Unicef, barred the practice of holding the children and families at Mexican federal detention centers, handing them over instead to a family welfare agency that has far less capacity.

Though some families are still being returned to Mexico, most are being released into the U.S., where federal law prohibits families with children from being held more than about 20 days. Space in family detention centers has been limited because of the pandemic, though Immigration and Customs Enforcement announced this week a new $86.9 million contract for about 1,200 beds.

Acting ICE Director Tae D. Johnson said in a statement that the contract includes money for Covid-19 testing and other health screenings.

Most released migrants are given orders to return to an immigration court at a later date and face possible deportation. But because the flow of families has increased in recent weeks, border agents in the Rio Grande Valley are now releasing some families with children age 6 or younger without a court date, leaving them effectively free to move within the U.S.

Analysts often describe factors that “pull” migrants north—such as a strong U.S. economy or lax U.S. immigration enforcement—and “push” factors that drive them out of their own countries, such as poverty and violence.

Illegal immigration from Mexico to the U.S. peaked in 2001 at an estimated 1.6 million, after years of steady growth, according to Border Patrol statistics. But migration began to slow under a combination of stricter border enforcement, a more stable Mexican economy and demographic changes in Mexico that meant fewer younger males entering the workforce every year.

Now, not only is the U.S. economy expected to grow about 6% to 7% this year, but Mexico’s economy is also in particularly bad shape amid the pandemic. The country’s economy contracted about 8% last year. Mexico’s populist president has implemented the smallest stimulus of any major developing economy.

While the U.S. has vaccinated roughly a third of its population, Mexico has inoculated under 5%, which means the pandemic is likely to last far longer.

Illegal border crossings by adult males are often an indicator of a U.S. economic recovery. Over the past three decades, links between communities in Mexico and the U.S. have strengthened through networks of relatives and acquaintances who have emigrated from rural villages. So when a restaurant in San Francisco is hiring, word gets back quickly to Mexico.

Friends and relatives in the U.S. provide lodging to newcomers and help finance the $10,000 that coyotes currently charge for a trip that is likely to cross the Sonoran Desert, which stretches from Mexico through Arizona and California.

Some who settled in the U.S. decades ago and were deported are also trying to reunite with their families.

That includes Mr. Cruz, who said his wife and American-born 9-year-old daughter are waiting for him in San Antonio. He said he has been in regular contact with a dozen relatives in Texas, some of them undocumented, who have encouraged him to come. Two young cousins have recently been hired at a local restaurant after being unemployed for months, he said. A 55-year-old brother-in-law was vaccinated last week and has restarted his work at a shopping mall in Dallas.

He said migration to the U.S. won’t ever change unless Mexico develops economically.

“Your work doesn’t yield much in Mexico,” he said. “In the U.S. you work hard, but you see the benefits quickly. That’s why I want to return.”

Voir de même:

Une tempête sur la République américaine
Guy Millière
Gatestone institute
26 mars 2021
Traduction du texte original: A Storm Over the American Republic

    • L’atmosphère aux États-Unis reste toxique. Certains sont porteurs de la volonté d’inciter la population à adhérer à un faux récit selon lequel non seulement Trump est censé être une « menace pour la démocratie », mais les 74 millions d’Américains qui ont voté pour lui sont une menace eux aussi. D’autres disent que la véritable menace pour la démocratie réside dans les mensonges incessants, dans les violations de la Constitution, et dans les falsifications de l’information et des faits.
    • Le droit de contester et de critiquer, qui est partie intégrante de la liberté de parole garantie par le premier amendement, semble sérieusement menacé. Le droit de se défendre contre des accusations semble lui aussi menacé, et la profession d’avocat devenir dangereuse à exercer.
    • Exprimer des doutes sur les élections du 3 novembre est désormais presque impossible. Des rapports très étayés montrent pourtant que celles-ci n’ont pas été impeccables. L’économiste américain Peter Navarro, à titre privé, a rédigé trois analyses minutieuses de ce qui s’est passé: « La tromperie immaculee », « L’art du vol » et « Le rapport Navarro ». Ces analyses ont été décrites comme absurdes, douteuses, et discréditées –de manière sans aucun doute arbitraire.
    • Certains analystes décrivent ce qui se passe comme un glissement vers l’autoritarisme. Ils notent que de nombreux Américains, tout en se comportant, eux, d’une manière de plus en plus autoritaire, accusent leurs adversaires de se comporter de manière autoritaire – et blâment donc leurs adversaires pour ce dont ils sont eux-mêmes coupables.
    • Pendant plus de trois ans, Trump a été accusé, sans aucune preuve, sinon un faux « dossier », d’être un agent russe. Les accusations se sont avérées sans fondement, mais pas avant que 32 millions de dollars de l’argent des contribuables américains aient été dépensés pour mener ce que les procureurs savaient depuis le début être une opération frelatée. Les procureurs en question ont agi pour piéger, incriminer et envoyer des innocents en prison. Ce qu’ils ont fait a été une tentative de coup d’État.
    • Tout au long de son mandat, Trump a été confronté à des menaces, des abus de pouvoir et des attaques incessantes. Quand bien même il n’est plus président, la guerre menée contre lui continue.
    • Si le projet de loi H.R.1 devient la loi du pays, les pratiques qui ont fait de l’élection de 2020 un désastre seront légalisées: entre autres, le déversement massif de millions de bulletins de vote non sollicités dans plusieurs Etats, la non-vérification des signatures sur les registres, l’absence de traçabilité des bulletins, l’inscription des électeurs sur les listes electorales le jour même de l’élection et la collecte des bulletins de vote par correspondance au domicile des électeurs , et nombre de ces pratiques sont très propices à la fraude. Comme le concluait un rapport bipartisan de 2005 établi par la Commission fédérale de réforme électorale, présidée par l’ancien président Jimmy Carter et l’ancien secrétaire d’État James Baker III: les bulletins de vote par correspondance « restent la principale source de fraude électorale potentielle ». Si le projet de loi H.R.1 est adopté, des moyens de nuire a l’intégrité des élections seront gravés dans le marbre.

20 janvier 2021. Joe Biden prête serment et devient 46ème président des États-Unis. La scène est quasiment dépourvue de toute présence humaine. Les rues de Washington DC sont vides. Les habitants de la ville avaient été exhortés à rester chez eux et ceux du reste du pays s’étaient vus demander de ne pas venir. La ville est placée sous la protection de 25.000 membres de la Garde nationale, lourdement armés. De hautes barrières surmontées de barbelés entourent la zone du Capitole. Dans les rues que doit emprunter le défilé inaugural, des barrières séparent les trottoirs de la chaussée. Les seules personnes visibles le long des rues sont des hommes en uniforme portant des fusils. Un jour qui est en général un jour de fête aux États-Unis est, cette année, étrange et triste.

L’explication donnée par les responsables de la ville et le FBI est qu’il y avait un risque de perturbation grave. Des inaugurations précédentes ont connu des risques de perturbation, mais la ville n’avait pas été mise en état de siège. Le 20 janvier 2017, lors de l’inauguration du président Donald J.Trump, des manifestants hostiles étaient venus à Washington DC, et avaient brûlé des voitures et brisé des vitres. La police avait protégé la cérémonie, sans barbelés ni soldats. Des centaines de milliers de personnes avaient pu venir applaudir le nouveau président.

Le 6 janvier, répondant aux appels du président Trump, une foule immense s’était rassemblée à l’emplacement appelé l’Ellipse, près de la Maison Blanche. Ceux venus écouter le discours de Trump l’avaient fait, puis étaient rentrés chez eux.

Pendant que Trump parlait, des milliers de personnes étaient devant le Capitole, à 30 minutes à pied de ceux venus écouter Trump, et un groupe de gens bien organisés a brisé des fenêtres du bâtiment et y est entré. Il n’y a eu aucun saccage, et juste le vol de quelques objets. Une femme non armée a été tuée d’une balle dans la tête par un policier. Deux manifestants sont morts de crises cardiaques. Une personne est tombée au sol et a été piétinée. Un membre de la police du Capitole est décédé le lendemain, apparemment victime d’un accident vasculaire cérébral.

Bien que l’incident ait été grave, il n’a ressemblé en rien aux scènes de pillage, aux incendies criminels et aux violences extrêmes qui ont eu lieu dans de nombreuses grandes villes du pays pendant l’été. La différence a été que ce qui s’est passé a touché de près la classe politique.

L’incident a été unanimement condamné, y compris par Trump.

Ceux qui étaient venus écouter Trump et ceux qui ont perpétré l’incident n’étaient pas les mêmes. Les premiers avaient exercé leurs droits constitutionnels de libre réunion; les seconds avaient commis des actes criminels.

La police aurait pu procéder à des arrestations et la justice aurait pu être rendue. La page aurait été tournée. Ce n’est pas ce qui s’est passé.

Des incursions dans le Capitole ont eu lieu plusieurs fois dans le passé: le 1er mars 1954, des Américains d’origine portoricaine avaient tiré à l’arme à feu au sein du bâtiment, et blessé cinq membres du Congrès; le 1er mars 1971, des membres du mouvement radical Weather Underground y avaient placé une bombe ; le 7 novembre 1983, les membres d’un groupe se faisant appeler « l’unité de résistance armée » avaient également placé une bombe dans le bâtiment; le 6 octobre 2018, des personnes étaient venues protester contre le vote de confirmation du juge à la Cour suprême Brett Kavanaugh. Semblant ignorer tout cela, le 7 janvier, Joe Biden a décrit ce qui s’était passé la veille comme une « attaque » très grave et sans précédent:

« Ce dont nous avons été témoins hier n’était pas un acte de désaccord. Ce n’était pas un acte de désordre. Ce n’était pas un acte de protestation. C’était un acte de chaos. Ceux qui étaient là n’étaient pas des manifestants. Ne les appelez pas manifestants. C’était une émeute. Une insurrection. Un acte de terrorisme interieur. C’est fondamental, c’est aussi simple que cela. « 

Les grands médias américains ont parlé d’une attaque contre la « citadelle de la démocratie » et du signal d’une « volonté de renverser la républiqe ». Les partisans de Trump – dans leur ensemble – ont été décrits comme des personnes dangereuses. La contestation du résultat des élections du 3 novembre par Trump était déjà présentée depuis des semaines comme une tentative d‘inverser le résultat d’une élection parfaitement valide et comme relevant du « grand mensonge« . L’incident a été décrit comme la « transformation des Etats-Unis en une zone de guerre ».

Le 8 janvier, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, après avoir demandé au Président Trump de quitter « immédiatement et volontairement » ses fonctions avant l’investiture du président élu Biden, a lancé une procédure de destitution à son encontre. Insinuant que Trump était mentalement inapte, elle a annoncé qu’elle avait parlé au chef d’état-major interarmées, le général Mark Milley, « pour discuter des mesures de précaution disponibles permettant d’empêcher un président instable de déclencher des hostilités militaires ou d’accéder aux codes d’utilisation des armes nucléaires ». Sa demande, qui a enfreint la chaîne de commandement, a été décrite comme séditieuse. Le 13 janvier, violant toute procédure régulière, la Chambre des représentants a voté à la hâte un article de destitution accusant le président Trump d ‘ »incitation à l’insurrection ».

Lors de son investiture le 20 janvier, tout en parlant d ‘ »unité », Joe Biden a fait écho aux propos qu’il avait employé le 7 janvier, et a parlé d' »une montée de l’extrémisme politique, de la suprématie blanche, du terrorisme intérieur que nous devons affronter, et que nous vaincrons. « .

Depuis, l’administration Biden mène un combat contre ceux que Joe Biden a désignés comme tels. « Le président Biden », a dit très vite un communiqué de la Maison Blanche, « utilisera le Conseil de sécurité nationale pour traquer et combattre l’extrémisme politique et le terrorisme intérieur ».

Le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a donné un ordre de pause à l’ensemble de l’armée américaine pour que les officiers s’attaquent à « l’extrémisme » au sein des troupes. « Le suprémacisme blanc », a annoncé John Kirby, principal porte-parole du Pentagone, « pose un problème particulier » à l’armée américaine.

Au Sénat, la procédure de destitution contre Trump s’est poursuivie. Les responsables officiels de la mise en accusation ont décrit les événements du 6 janvier comme une « insurrection armée » qui a menacé la vie de représentants du peuple. Ils ont décrit de prétendus « crimes et délits graves » – sans preuves et témoins, bien sûr – et ont déclaré que c’était là le résultat direct du discours de Trump le 6 janvier, et le résultat aussi de sa contestation du résultat de l’élection – qu’ils ont présentée comme une « incitation à la violence ». Ils ont ainsi laissé de coté le fait que les résultats des élections présidentielles sont contestés depuis des décennies sans que cela semble inadmissible.

Ils ont également affirmé que les événements du 6 janvier avaient fait cinq morts, et n’ont pas dit qu’un seul décès – celui d’Ashli ​​Babbitt, une manifestante abattue par un policier – pouvait être directement lié à l’événement.

Les avocats de Trump n’ont eu aucun mal à réfuter les accusations énoncées. Ils ont rappelé que Trump avait demandé aux gens venus l’écouter le 6 janvier de se rassembler « pacifiquement et patriotiquement » et que le discours qu’il avait prononcé était pleinement protégé par le premier amendement. Ils ont présenté des preuves montrant que ceux qui avaient initié l’irruption dans le Capitole avaient préparé leur action pendant des semaines et avaient agi pendant que Trump parlait encore. Ils ont montré qu’ il n’existait aucune relation de cause à effet entre le discours de Trump du 6 janvier et ce qui s’est passé au Capitole.

Ils ont souligné que la procédure de destitution avait été menée en violation de la Constitution, et que le juge en chef de la Cour suprême, John Roberts, avait refusé de superviser la procédure. Ils ont dit que Trump ayant quitté ses fonctions, il n’était plus au moment de la procédure le président Trump, mais seulement le citoyen Trump, et ils ont demandé si les États-Unis voulaient vraiment commencer à « destituer » leurs citoyens. Ils ont souligné que les éléments de « preuve » présentés étaient une fois de plus (comme dans l’affaire de la « pseudo collusion avec la Russie ») des éléments falsifiés.

Ils ont affirmé que ce qui s’était passé n’était pas une insurrection – action définie comme une action violente et organisée visant à renverser le pouvoir établi, et rappelé qu’aucun de ceux qui ont pénétré dans le Capitole n’était armé.

Sans surprise, Trump a été acquitté.

L’atmosphère aux États-Unis reste toxique. Certains sont porteurs de la volonté d’inciter la population à adhérer à un faux récit selon lequel non seulement Trump est censé être une « menace pour la démocratie », mais les 74 millions d’Américains qui ont voté pour lui sont une menace eux aussi. D’autres disent que la véritable menace pour la démocratie réside dans les mensonges incessants, dans les violations de la Constitution, et dans les falsifications de l’information et des faits (ici, ici et ici).

Les actions contre le prétendu « extrémisme intérieur » et le « terrorisme intérieur » – autrement dit les 74 millions de personnes soutenant Trump – se poursuivent. Et les personnes qualifiées d' »extrémistes » et de « terroristes » font face à des menaces constantes. Les avocats de la défense de Trump ont reçu des menaces. Michael van der Veen, par exemple, a déclaré qu’il avait dû engager des gardes du corps armés et envoyer sa famille dans un lieu inconnu. Sa maison a été vandalisée.

Le droit de contester et de critiquer, qui est partie intégrante de la liberté de parole garantie par le premier amendement, semble sérieusement menacé. Le droit de se défendre contre des accusations semble lui aussi menace, et la profession d’avocat devenir dangereuse à exercer.

Les appels à des purges politiques se poursuivent. L’organisation de gauche MoveOn.org a lancé une campagne contre ce qu’elle appelle le « Caucus de la trahison » et demande que des sénateurs, qu’elle décrit comme « complices de l’insurrection meurtrière lancée par Trump », soient expulsés du Congrès. La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi – tentant apparemment de créer une équivalence entre le 11 septembre 2001, la pire attaque terroriste subie par les États-Unis et les événements du 6 janvier, et tentant aussi, semble-t-il, d’inciter à supprimer la liberté d’expression – a annoncé que le Congrès allait créer une commission du type de celle créée concernant l’attaque du 11 septembre.

Un membre du Comité national démocrate, David. O. Atkins, a demandé, « comment serait-il possible de déprogrammer 75 millions de personnes? Par où commencer? » et « Nous devons commencer à penser à ce qui a été fait en Allemagne ou au Japon après la guerre. »

« Les suprémacistes blancs », a déclaré le président Biden, « sont la plus grande menace terroriste intérieure aux États-Unis. Le problème est complexe, il est vaste et il est réel. »

Le journaliste Kyle Daly, dans un article intitulé « Comment déprogrammer les extrémistes américains », décrit une mesure qui, à ses yeux, « pourrait faire la différence: empêcher les extrémistes d’entrer dans les institutions où ils pourraient faire le plus de dégâts – l’armée, les services de police et les législatures… Les États-Unis ont besoin d’un plan Marshall contre l’extrémisme intérieur.  »

Le journaliste Kevin Roose, du New York Times, dans un article appelé « Comment l’administration Biden peut contribuer à résoudre la crise dans laquelle nous sommes », a proposé ce qui ressemble à la création du « Ministère de la vérité » décrit dans le 1984 de George Orwell:

« Plusieurs experts avec lesquels j’ai parlé ont recommandé que l’administration Biden mette sur pied un groupe de travail interinstitutions pour lutter contre la désinformation et l’extrémisme intérieur, qui serait dirigé par une sorte de ‘tsar de la réalité ‘. »

Exprimer des doutes sur les élections du 3 novembre est désormais presque impossible. Des rapports très étayés montrent pourtant que celles-ci n’ont pas été impeccables. L’économiste américain Peter Navarro, à titre privé, a rédigé trois analyses minutieuses de ce qui s’est passé: « La tromperie immaculée« , « L’art du vol » et « Le rapport Navarro« . Ces analyses ont décrites comme absurdes, douteuses, et discréditées –de manière sans aucun doute arbitraire (voir ici, ici et ici).

Dans un long article publié par Time Magazine, « L’histoire secrète de la campagne fantôme qui a sauvé l’élection de 2020″, Molly Ball, correspondante politique nationale de la publication, démontre en détail qu’une coterie très bien financée, composée de gens puissants, venus de secteurs et de courants d’idées différents, travaillant ensemble dans les coulisses pour influencer les perceptions, changer les règles et les lois, orienter la couverture médiatique et contrôler le flux d’informations  » a agi, et elle ajoute que l’action de cette coterie « a touché tous les aspects de l’élection « , y compris les lois électorales, et a constitué une coalition juridique qui est parvenue à modifier les lois et les systèmes électoraux « .

Ball, également auteur d’une biographie extrêmement élogieuse de Nancy Pelosi – qu’elle décrit comme une « icône de la résistance » à Trump – a affirmé que le but de la coterie n’était pas de truquer l’élection, mais de la « fortifier « .

Les organisations qui ont ravagé les grandes villes américaines pendant l’été, ajoute-t-elle, ont été utilisées par la coterie: « la gauche contrôlait en réalité les activités de groupes tels Antifa, Black Lives Matter ». Dans un autre article, elle a écrit que ce qui a été fait consistait à « sauver la démocratie » et elle dit, donc, que l’utilisation de moyens non démocratiques pour fausser une élection démocratique « sauve » la démocratie.

Une dérive inquiétante semble éloigner les États-Unis des institutions qui en ont fait une république et de ce que l’on peut attendre d’une démocratie digne de ce nom. Certains analystes décrivent ce qui se passe comme un glissement vers l’autoritarisme. Ils notent que de nombreux Américains, tout en se comportant, eux, d’une manière de plus en plus autoritaire, accusent leurs adversaires de se comporter de manière autoritaire – et blâment donc leurs adversaires pour ce dont ils sont eux-mêmes coupables.

Des opérations ont été menées pour détruire et nier la légitimité de la présidence de Trump et ont été enclenchées avant même qu’il soit élu, ainsi l’opération « Crossfire Hurricane« , et les abus du recours à la loi FISA [Foreign Intelligence Surveillance Act]. Dix-neuf minutes après son investiture, le Washington Post a publié un article intitulé « La campagne pour destituer le président Trump a commencé ».

Pendant plus de trois ans, Trump a été accusé, sans aucune preuve, sinon un faux « dossier », d’être un agent russe. Les accusations se sont avérées sans fondement, mais pas avant que 32 millions de dollars de l’argent des contribuables américains aient été dépensés pour mener ce que les procureurs savaient depuis le début être une opération frelatée. Les procureurs en question ont agi pour piéger, incriminer et envoyer des innocents en prison. Ce qu’ils ont fait a été une tentative de coup d’État.

Trump a été ensuite accusé de « mettre en danger la sécurité du pays », sur la base d’une conversation téléphonique anodine avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Pour que l’accusation paraisse plausible, l’un de ses accusateurs a dû réinventer la conversation. La première tentative de destitution qui a suivi a été décrite, à juste titre, comme une « parodie de justice » et comme « l’équivalent des procès-spectacle menés sous Staline ».

Tout au long de son mandat, Trump a été confronté à des menaces, des abus de pouvoir et des attaques incessantes. Quand bien même il n’est plus président, la guerre menée contre lui continue.

Une large partie des grands médias américains ont cessé d’être des médias d’information et sont devenus des organes militants anti-Trump. La diffusion de fausses nouvelles a valu au New York Times et au Washington Post de recevoir le prix Pulitzer.

Quand, pendant l’été 2020, des émeutes destructrices ont eu lieu, et que Trump a évoqué le recours à l’armée pour rétablir l’ordre et protéger les biens et les personnes, ses opposants politiques l’ont comparé à Hitler et à Goebbels, se sont indignés et ont défendu les émeutiers en disant qu’ils étaient essentiellement des « manifestants pacifiques » agissant au nom des griefs légitimes. Ces gens ont apparemment oublié que la loi sur l’insurrection invoquée par Trump avait été invoquée dejà par d’autres présidents, ainsi George H.W. Bush en 1992, qui avait répondu à la demande d’aide du gouverneur de Californie Pete Wilson confronté aux émeutes de Los Angeles.

Plusieurs mois avant les élections de 2020, les opposants politiques de Trump ont étrangement anticipé sa défaite et l’ont accusé – par avance, et là encore sans aucune preuve – de se préparer à enfreindre la loi. Nancy Pelosi, suggérant que Trump ne quitterait pas la Maison Blanche, a laissé entendre qu’il serait nécessaire de recourir à une « fumigation« . Joe Biden a prédit que l’armée interviendrait. « Je suis », a-t-il dit, « absolument convaincu qu’ils l’escorteront avec diligence hors de la Maison Blanche « .

Les racines de ce qui se passe présentement sont, en fait, plus anciennes.

Le Parti communiste américain n’a jamais réussi à obtenir une large influence politique. Il a semblé gagner du terrain après la Seconde Guerre mondiale, mais a été écrasé dans les années 1950, après que soit découvert le fait que certains de ses membres avaient espionné le pays pour l’Union soviétique.

Un courant politique a pris forme dans les années 1960 et a recouru à une stratégie définie par un activiste allemand, Rudi Dutschke – disciple du marxiste italien Antonio Gramsci – comme « la longue marche à travers les institutions ». Comme l’a écrit l’essayiste Roger Kimball, ce courant s’est progressivement emparé du secteur des sciences humaines dans les universités, puis s’est répandu dans tout le système éducatif, le secteur de la culture, les grands médias, puis la sphère politique.

Il s’est inspiré des écrits du philosophe Herbert Marcuse, qui parlait de la nécessité d’un « grand refus » et d’une « protestation contre ce qui est ». Marcuse suggérait de pratiquer ce qu’il a appelé la « tolérance repressive » – qui consiste en une « intolérance envers les mouvements de droite », menée jusqu’à ce qu’ils soient réduits à l’inexistence. Marcuse ajoutait que les « forces des minorités non intégrées » devaient être utilisées.

Ce courant s’est inspiré aussi des écrits des principaux penseurs de ce qu’on appelle aux Etats-Unis la « théorie française« : Jacques Derrida et Michel Foucault. Derrida parlait de « déconstruction« , et en particulier de la déconstruction de l’idée de vérité. Foucault a défini les structures de pouvoir existantes comme des formes d’oppression, à abolir.

Les méthodes utilisées ont été celles du théoricien politique Saul Alinsky, qui recommandait que les radicaux deviennent des « organisateurs de communauté ». « Le travail de l’organisateur de communauté », ajoutait-il, « est de manœuvrer et d’appâter les gens au pouvoir ». Alinsky a publié en 1971 Rules for Radicals, un livre décrivant comment les radicaux peuvent s’emparer du pouvoir en utilisant treize règles. Il disait qu’accuser ses ennemis de ce dont on est coupable peut se révéler extrêmement efficace.

Ce courant a agi pour répandre le « grand refus » défini par Marcuse, a disséminé les idées de la « théorie française » et utilisé les méthodes de Saul Alinsky. Il a recouru à la « tolérance repressive » pour éroder les institutions de l’intérieur et éradiquer l’idée de vérité. Certains de ses adeptes sont devenus des « organisateurs de communauté », ont agi pour abolir les structures de pouvoir et accusé leurs ennemis de faire ce qu’ils faisaient, eux.

Le président Barack Obama, avant d’entrer en politique, a travaillé comme « organisateur de communauté » à Chicago. Peu de temps avant d’être élu président en 2008, il a déclaré: « Nous sommes à cinq jours de la transformation fondamentale des États-Unis d’Amérique ». Il n’a pas dit en quoi la transformation allait consister.

Avant son élection, le président Trump avait promis de « drainer le marécage » – qui avait effectivement besoin d’être drainé. Les habitants du marécage l’ont vu comme une menace pour leurs projets. Faire tomber Trump à tout prix et reprendre le pouvoir est devenu un impératif pour eux. Ils ont utilisé tous les moyens à leur disposition – et ils ont atteint leur objectif.

Dans les premières semaines de sa présidence, Biden a signé une série de décrets, dont certains violent la Constitution et la Déclaration des droits, et qui ont réduit des milliers de gens au chômage, et aidé la Russie et la Chine. La Chambre des représentants et le Sénat n’ont pas été consultés.

74 millions d’Américains respectueux des lois sont décrits comme des terroristes et des racistes qui ont besoin d’être « rééduqués », et la tolérance pour des idées différentes est clairement en train de disparaître. Des appels sont lancés que soient fermées des chaines de télévision qui offrent une version différente de « la vérité ».

La première proposition de loi présentée à la Chambre des représentants pour 2021, HR1, ou la loi « pour le peuple« , a été adoptée par la Chambre le 5 mars. L’ avocat J. Christian Adams, président de la Public Interest Legal Foundation et fondateur du Election Law Center, a noté:

« HR1 regroupe dans un projet de loi de 791 pages toutes les mauvaises idées en matière d’organisation des élections qui ont fait de l’élection de 2020 un tel désastre, et inclut tous les plus ‘grands succès’ de 2020: l’envoi massif de bulletins de vote par correspondance, l’acceptation de bulletins de vote par correspondance reçus sans cachet de la poste, l’acceptation de bulletins de vote arrivant tardivement, la possibilité de voter dans des circonscriptions où vous ne vivez pas. « 

Si le projet de loi H.R.1 devient la loi du pays, les pratiques qui ont fait de l’élection de 2020 un désastre seront légalisées: entre autres, le déversement massif de millions de bulletins de vote non sollicités dans plusieurs Etats, la non-vérification des signatures sur les registres, l’absence de traçabilité des bulletins, l’inscription des électeurs sur les listes électorales le jour même de l’élection et la collecte des bulletins de vote par correspondance au domicile des électeurs , et nombre de ces pratiques sont très propices à la fraude. Comme le concluait un rapport bipartisan de 2005 établi par la Commission fédérale de réforme électorale, présidée par l’ancien président Jimmy Carter et l’ancien secrétaire d’État James Baker III: les bulletins de vote par correspondance « restent la principale source de fraude électorale potentielle ». Si le projet de loi H.R.1 est adopté, des moyens de nuire a l’intégrité des élections seront gravés dans le marbre.

Le président Biden a présenté un projet de loi de réforme de l’immigration. Ce projet a été décrit comme un moyen de laisser entrer des étrangers traversant illégalement la frontière américaine, de légaliser leur présence et de les faire accéder à la nationalité, et comme un instrument destiné à tenter de créer une majorité permanente unipartite. Si le projet est adopté, il pourrait, comme l’a dit l’ancien conseiller principal du président Trump Stephen Miller, « effacer fondamentalement l’essence même de la nation américaine ».

Les propositions économiques telles que l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars, si elles sont mises en œuvre, coûteront des centaines de milliers d’emplois, et créeront d’immenses difficultés pour les petites entreprises déjà durement touchées par les fermetures ayant résulté de la pandémie et pour les personnes non qualifiées qui cherchent du travail. Il en résulterait un moins grand nombre d’emplois disponibles et un plus grand nombre de personnes cherchant un emploi – ce sans compter l’effet du flot potentiel de nouveaux arrivants « sans papiers ».

Ce résultat serait peut-être voulu: il conviendrait aux grands entrepreneurs qui sont aussi de grands donateurs à la campagne démocrate, éliminerait leurs concurrents plus petits qui ne pourraient assumer la charge supplémentaire, et créerait davantage de personnes désespérées continuant à tendre la main vers le gouvernement et dépendant de l’aide qu’ils pourront obtenir de lui.

L’une des premières décisions de Biden a été de dissoudre la Commission de 1776, qui avait été créée pour « revenir aux idées fondatrices énoncées dans la Déclaration d’indépendance ». Le projet 1619, qui décrit les États-Unis comme fondés sur l’esclavage, « structurellement racistes », et donc illégitimes, a été critiqué par d’éminents historiens pour son manque total de respect des faits fondamentaux. Bien qu’il soit une distorsion de l’histoire, et ignore totalement ce que l’Amérique a fait de positif, il est désormais enseigné aux enfants dans les écoles publiques et leur apprend dès lors à haïr leur pays.

L’essayiste Dennis Prager a déclaré l’an dernier:

« La civilisation peut être détruite en une seule génération. L’Allemagne était le pays le plus avancé d’Europe en termes d’art et de culture. Des gens se demandent comment le pays qui nous a donné Beethoven et Bach et Schiller et Heine a pu nous donner Auschwitz? C’est une question courante. Ce n’est pas une question qui se trouve posée dans les collèges aujourd’hui parce que ceux qui y sont n’ont jamais entendu parler de Beethoven, Bach, Schiller, Heine ou d’Auschwitz. Néanmoins, ceux qui en ont entendu parler posent la question, et la réponse est que ce qui est arrivé peut arriver n’importe où. Nous assistons à la destruction de la liberté aux Etats-Unis en une génération: dans ce cas, par ceux qui se disent progressistes. »

Après la Convention constitutionnelle de 1787, une certaine Madame Powell, de Philadelphie, a demandé à Benjamin Franklin: « Eh bien, docteur, qu’avons-nous, une république ou une monarchie? » Franklin a répondu: « Une république, si vous pouvez la préserver. »

« Une partie de l’Amérique a « déclaré la guerre » et « a l’intention de détruire la société la plus tolérante, la plus inclusive et la plus égalitaire jamais créée », a écrit récemment l’auteur américain David Horowitz. « La bonne nouvelle », a-t-il ajouté, « est qu’un mouvement patriotique s’est levé, et se tourne à nouveau vers l’idée que tous les hommes sont créés égaux et dotés des droits divins à la vie et à la liberté, et sont prêts à les défendre ».

Une tempête plane actuellement sur les États-Unis. Les mois à venir révéleront si le mouvement patriotique ainsi décrit la dissipera.

Voir de plus:

If You Thought the 2020 Elections Were Chaotic, Just Wait
J. Christian Adams
The Gatestone institute
February 8, 2021

  • H.R.1 packs into one 791-page bill every bad idea about how to run elections and mandates that the states must adopt the very things that made the election of 2020 such a mess. It includes all of the greatest hits of 2020: Mandatory mail ballots, ballots without postmarks, late ballots, voting in precincts where you do not live…. The Senate companion bill, S.1, might be even worse.
  • In 2020, states such as Nevada and New Jersey sent ballots through the mail to anyone on their registration lists despite having voter rolls full of errors. The Public Interest Legal Foundation documented thousands of ineligible registrations in Nevada alone that received mail ballots. Some were sent to vacant lots, abandoned mines, casinos and even liquor stores.
  • States also would be blocked by H.R.1 from signature verification procedures.
  • H.R.1 rigs the system for any lawsuits challenging the constitutionality of the law. All lawsuits can only be filed in one court — federal court in the District of Columbia. And all opposition must be consolidated into one brief with only one attorney being able to argue the merits.
  • There is a federal mandate, passed in the 19th Century, to have one single election day…. Like Obamacare earlier, H.R.1 transitions our federalist Republic to some other brave new system that purports to right generations of structural wrongs, while at the same time entrenching other wrongs.

H.R.1 packs into one 791-page bill every bad idea about how to run elections and mandates that the states must adopt — the very things that made the election of 2020 such a mess. It includes all of the greatest hits of 2020: Mandatory mail ballots, ballots without postmarks, late ballots and voting in precincts where you don’t live. It includes so many bad ideas that no publication has satisfactory space to cover all of them. The Senate companion bill, S.1, might be even worse.

These bills rearrange the relationship between the states and the federal government. The Constitution presumes that states regulate their own elections, but the Constitution has a big « but » in what is called the Elections Clause. The Constitution says, « but the Congress may at any time by Law make or alter such Regulations. » For over 200 years, Congress rarely used this power. After all, the power was put in the Constitution only to prevent the states from suffocating the federal government out of existence by never holding federal elections.

Do not assume that the bills will stall and wither in the process. They are named H.R.1 and S.1 for a reason. The bills are the top priority of the newly empowered Democrats in Congress.

Dissatisfied with the effectiveness of the last federal mandate — 1993’s Motor Voter law — H.R.1 dispenses with the idea that an American should go affirmatively register to vote.

In 2020, states such as Nevada and New Jersey sent ballots through the mail to anyone on their registration lists despite having voter rolls full of errors. The Public Interest Legal Foundation documented thousands of ineligible registrations in Nevada alone that received mail ballots. Some were sent to vacant lots, abandoned mines, casinos and even liquor stores.

States also would be blocked by H.R.1 from signature verification procedures.

H.R.1 rigs the system for any lawsuits challenging the constitutionality of the law. All lawsuits can only be filed in one court – federal court in the District of Columbia. And all opposition must be consolidated into one brief with only one attorney being able to argue the merits. It also grants automatic intervention to any legislators who want to join in the fight against the lone opposition.

It prohibits states from conducting list maintenance on the voter rolls. That means deadwood and obsolete registrations will stack up.

HR.1 and S.1 are omnibus bills that would change every American citizen’s — and foreigner’s — relationship to voter registration.

Universal automatic voter registration has, for years, been a top priority of the institutional left. In fact, H.R.1 would do away with actual voter registration and instead make the voter rolls merely a copy of anyone already on a government list — such as welfare recipients and other social service beneficiaries. The bills would expand well beyond to federal entities like the Social Security Administration, Department of Defense, Customs and Immigration, and elements of Health and Human Services.

Naturally, a giant federal database would serve as the home for this list of people who must be automatically registered to vote, whether they know it or not.

Imagine the number of government databases in which your information is contained. Do your names and addresses all match? Does Social Security know you moved out of your birth state? Are your married and maiden names different? Did you get a driver’s license before obtaining American citizenship?

You can see the pitfalls. One person will be « registered » to vote multiple times, with slight variation in names, and perhaps greater variation in residence addresses.

Making it « easier » to get registered to vote through automatic registration from government lists might seem attractive, until you consider the disaster of universal auto-mail voting as we saw in 2020.

H.R.1 and S.1 will force states to push ballots into the mail. It builds slack into the election system. Decentralized mail elections introduce error because of error-filled rolls. Mail-in ballots delay results, create uncertainty and push the elections into kitchens and bedrooms where election officials cannot observe the voting process and cannot protect the voter from coercion.

H.R.1 takes the absolute worst emergency rule changes of 2020 and enshrines them as federal law. Gone also are state witness and notary requirements during the mail ballot application process. Nor may states enact identification requirements of « any form » for those requesting a ballot. That means no more voter ID as a matter of federal law.

States also would be blocked by H.R.1 from signature verification procedures.

It gets worse. The 791-page bill also includes:

  • « Congress can reduce a state’s representation in Congress when the right to vote is denied. » Without qualification or definition, Congress could rely on this sentence unilaterally to cut the number of House members from any state it claims is denying the right to vote.
  • It criminalizes anyone who uses state challenge laws to question the eligibility of registrants wrongly. The penalty is up to one year in prison per instance.
  • It prohibits states from conducting list maintenance on the voter rolls. That means deadwood and obsolete registrations will stack up.
  • It criminalizes publishing « false statements » about qualifications to vote and « false statements » about which groups have endorsed which candidates. Information banned from being published includes false qualifications to vote and the penalties for doing so. What is a false statement will apparently be in the minds of the Justice Department lawyers who bring the charges. And if they do not act, the law provides a private right of action to individual plaintiffs to drag speakers to court. You can be sure this provision would be used as a merciless weapon against political opponents.
  • And in case it was not clear that H.R.1 was dismantling state power to run their own elections, the bill makes it clear: « The lack of a uniform standard for voting in Federal elections leads to an unfair disparity and unequal participation in Federal elections based solely on where a person lives. » In other words, state laws which have the Constitutional authority to determine the voting eligibility of its residents, will be preempted by a federal uniform standard.

That is not all. Nationwide, states must accept mail ballots on Election Day plus 10 days later. States are allowed to add extra time to the window. No more election day. It will be election season, with a month of early voting and weeks of ballots arriving and being counted.

And of course, unlimited ballot harvesting — having a third party « help » to fill in and gather up ballots, then drop them off at a polling station or other designated station — is guaranteed.

Misinformation, protests, unrest, and even violence were all symptoms of the trauma of 2020. Activist groups and collusive officials in 2020 turned courts into weapons to transform state laws into election procedures that were favorable to one particular party. H.R.1 would finish the job, and federalize the policies and election procedures that made 2020 such a mess.

It is no solution to presume that federal rules, even if they were crafted the right way, would solve the problem. When Washington D.C. gets control over elections, the policy always skews in one direction.

I worked at the Justice Department, where career staff ignored federal laws they didn’t like, and only enforced the ones they thought would help advance their political beliefs. Motor Voter, for example, had a federal mandate that states clean voter rolls. Guess what happened after that rule passed in 1993? No private enforcement actions were brought for two decades until I brought one against Indiana.

There is a federal mandate, passed in the 19th Century, to have one single election day. The bureaucrats in Washington in charge of enforcing that law ignore that law. Federal mandates are a one-way political ratchet. They always and only help one political party.

The nation has seen this line of thinking before. Like Obamacare earlier, H.R.1 transitions our federalist Republic to some other brave new system that purports to right generations of structural wrongs, while at the same time entrenching other wrongs. Unifying American experiences such as coming together to vote on one single Election Day, governed by rules passed by state legislators, well, to the authors of H.R.1, that is just old fashioned.

J. Christian Adams is the President and General Counsel for the Public Interest Legal Foundation and a former Justice Department lawyer. He also served on the Presidential Advisory Commission for Election Integrity and currently is a Presidentially appointed Commissioner on the United States Commission on Civil Rights.

Is Racism Moral Now?

Victor Davis Hanson
American greatness
Whiteness is a public health crisis. It shortens life expediencies, it pollutes air, it constricts equilibrium, it devastates forests, it melts ice caps, it sparks (and funds) wars, it flattens dialects, it infests consciousnesses, and it kills people »… — Damon Young, New York Times contributor
Over the past year, I have, of course, still had to interact with white people on Zoom or watch them on television or worry about whether they would succeed in reelecting a white-supremacist president. But white people aren’t in my face all of the time. I can, more or less, only deal with whiteness when I want to . . . White people haven’t improved; I’ve just been able to limit my exposure to them.
—Elie Mystal, The Nation    
Racism is the deductive bias against, and often hatred of, an entire racial group. It is often birthed by dislike of particular individuals of a given group that supposedly justifies, by extension, disliking or indeed hating all of them. The popular reaction against this widespread toxic pathology shown African Americans birthed the anti-slavery movement, the Civil War, the resistance to Jim Crow, and the modern Civil Rights movement.
But now there grows a strange new ahistorical “antiracism” racism.
One variety encourages holistic hatred, blaming all of one’s own unhappiness, indeed all of the cosmic injustice in the manmade and natural world—the very air, water, and earth—on a white racial collective.
Another constructs a purported racial pathology to encourage segregation and separation from all members of the white race, thereby limiting all “exposure” to a toxic people.
These are not just the idle critical race theory rants of intellectuals. They now are reified in racially segregated graduations and dorms and in systemic racialist reeducation and confessional workshops in government, the military, and private enterprise. In fact, the new antiracism racism is flagrantly directed at “whiteness”—the obsession of an America gone mad.
Barack Obama who, when a senator, filibustered the 2006 Supreme Court nominee Samuel Alito now claims, falsely, the filibuster is a racist relic of Jim Crow, which it predated by at least 30-40 years. On the Senate floor, U.S. Senator Tammy Duckworth (D-Ill.) vowed to block confirmation of nominees based solely on their white skin color.
In violation of the Equal Protection Clause of the 14th Amendment, the mayor of Oakland just announced race-based grants of $500 per month to be given only to poor “BIPOC” (“black, indigenous, and people of color”) families, excluding the white poor.
The latest multibillion-dollar stimulus/farm aid bill is targeted for all those in need—as long as they are not white. The latter are all ineligible.
The new antiracism racism, whatever its original intentions, unfortunately exhibits the historical telltale signs of its noxious genre: an a priori negative stereotyping of all whites that can then be applied to individuals deemed undeserving because they are white. It is a deductive doctrine used to justify racial bias and racial preferences, to enhance careers and profits, and to excuse and contextualize racist language and behavior.
Antiracism’s implicit defense is that the nonwhite have less power to act out their biases than do whites, while it “rights” an historical wrong. Therefore even crude antiracists cannot be harmful racists. Consult the government data on hate crimes, however, and one learns some non-white groups have a greater proportional tendency to commit such crimes against others than so-called whites. And how has a white lower-middle-class generation, born in the post-Civil Rights movement and the age of affirmative action, continued to enjoy so-called white privilege?
The Convenient Vocabularies of Whiteness
Notice how the term “white racism” began metamorphosing into “white supremacy.” The latter is a linguistic means of stating, without evidence, that “they” control everything and thus there is little need for demonstrable examples of white racism.
But “supremacy” itself proves a problematic rubric. What does one do when Asian Americans as a group make far more per capita than do whites? Or the 44th president of the United States was black—as is the current vice president? Or both the recent Democratic and Republican candidates for lieutenant governor in South Carolina, the first slave state to secede from the Union, were black?
After all, a true “Islamic supremacy” state such as Iran or Saudi Arabia, does not allow a Christian or Jew access to such power in their country. A racially supremacist nation such as we see in communist China cannot allow a black or white immigrant to be premier—any more than can North Korea. Even South Korea or Japan may not any day soon see a Korean president or Japanese prime minister of Mexican or Irish ancestry.
And yet “white supremacy” itself is devolving into “white privilege.” The newer term no longer requires proof that all whites are always supreme—only that they all, by use of the collective “white,” enjoyed innately unfair advantages over all others based solely on their race.
But finally “white privilege” will itself prove an unsustainable rubric, given the clear privileges enjoyed by millions of non-white Americans in business, politics, popular culture, sports, entertainment, the professions, and among the elite. Surely one should not have to argue that a white Dayton, Ohio tire-changer is innately blessed in a way an unfortunate Eric Holder or Jay-Z purportedly is not?
So “white privilege” is now morphing into just “whiteness” in a malignant stereotyping hauntingly reminiscent of the 1930 theories of insidious “Jewishness,” a term denoting a mythical and underhanded power that warped and “controlled” Western Europe—even as no believable charge could be leveled against individual Jews.
Infectious “whiteness” supposedly is what explains why the privileged Meghan Markle is unhappy with, or rather furious at, the royal family and the psychodramatic injustices allegedly done to her—as the former royal couple lecture the public on its sins from their $14 million Montecito estate.
The “whiteness” conspiracy similarly explains why multibillionaire Oprah Winfrey, who interviewed the couple from her nearby $90 million estate, not long ago was—or so she complained—treated rudely by a clerk in a Swiss boutique who committed the mortal sin of not recognizing Oprah, and thus not purportedly retrieving a $38,000 crocodile bag out of its secure case quickly enough to Oprah’s liking.
“Whiteness” often towers over even 5’11” Michelle Obama. Even as First Lady, when incognito in a Target store, she complained that a much shorter white woman did not recognize her and asked her, a taller stranger, to help lift down an item from an upper shelf—a phenomenon that millions of Americans encounter weekly.
Racist White Male Mass Shooters Everywhere?
It took the media and the Left about a nanosecond, and without any evidence other than a grainy video, to falsely label the recent Colorado mass shooter—later revealed as a Trump-hating Syrian-born Muslim—a “white supremacist.”
And it only took a second for the online mob and media to use his now falsely assumed identification to fuel a grand indictment against all “white men” in general—in the same old, same old unapologetic Duke lacrosse, Covington Catholic kids, and Jussie Smollett style.
Next, the Colorado mass murderer was immediately lumped in with the recent Georgia mass killer—as if that monstrous shooter was, unquestionably, a similar white supremacist. The two together proved a “pattern” of systemic white violence, most notably against Asian Americans.
All of these narratives, which are still floating around and widely accepted, are false.
It mattered little that the prior Georgia “white supremacist” mass-murderer was a disturbed psychopath and sexual deviant. In an initial questioning, the FBI found him unhinged rather than acting out a racist agenda. Sexual deviance rather than racism more likely fueled his attacks on massage parlors, where he killed six Asian and two white women, and seriously wounded a Hispanic male.
As far as the deviant Atlanta shooter being illustrative of an epidemic of white-inspired, anti-Asian-American crimes, the majority of such hate crimes against Asians have not been found, by a variety of metrics, to have been committed inordinately by whites. Indeed, in many surveys, African American males are proportionally more likely to commit such hate offenses against Asians. Nor do whites commit hate crimes in general disproportionally. Nor in the case of mass shootings, are whites “overrepresented” in the data.
The First Stone
Barack Obama was also quick to inflame the dramas—in the fashion of his unfortunate Trayvon Martin commentaries—by weighing in falsely that racism was one of the Georgia shooter’s stimulants.
Meena Harris—a Dr. Seuss canceller, Kamala Harris’s niece and campaign advisor, and the would-be Harris family memorialist—before the Colorado shooter had even been identified, immediately tweeted out: “The Atlanta shooting was not even a week ago. Violent white men are the greatest terrorist threat to our country”
Note the Harris logic: a suspect mows down ten innocents, and presto “white men are the greatest terrorist threat to our country”—never mind that the shooter turns out to have been a Syrian Muslim who emigrated to America in the early 2000s. The subtext of Harris’ thoughtless comments is something like “and we better do something about those white people.”
Her later “apology” for her judge-jury-executioner disinformation tweet proved far worse than her original libel: “I deleted a previous tweet about the suspect in the Boulder shooting. I made an assumption based on his being taken into custody alive and the fact that the majority of mass shootings in the U.S. are carried out by white men.”
Aside from the fact that Harris offered no apology for her lie, and had no compunction in stereotyping an entire group on the false assumption that the murderer was white, she also was entirely misinformed about her data. Again, according to most information on mass murderers, there is no evidence that whites are more likely proportionally to be the culprits than are members of other racial categories. In terms of interracial violent crime, whites both proportionally and in absolute numbers, are more likely, in comparison to both blacks and Hispanics, to be victims than perpetrators.
Why have we given up on the dream of Martin Luther King, Jr, that content of character rather than the color of our skins will arbitrate how we treat other individual Americans in a multiracial United States? And is the rejection of that vision the foundation of the new racism?
The Utility of Anti-Racism
What is driving this new antiracism racism? Cui bono? After all, a number of ethnic groups enjoy higher per capita income than whites. The number of white poor in absolute numbers is larger than any other impoverished minority group. The two most common interracial marriage profiles are white and Hispanic, and white and Asian.
For one thing, the new antiracism racialism is driven mostly by elite, white, progressive, careerists. Yet why, in white bastions like Silicon Valley or Manhattan, is there an explosion of elite private academies and a mass flight from the public schools? Is there real integration inside the nation’s richest and bluest ZIP codes, where support for public charter schools is low but high for teachers’ unions?
Medievalism offers some guidance. If a guilty party still wishes to enter woke heaven—or more mundanely to get a promotion or avoid being fired—but is reluctant to sacrifice his own privileged and tribal ways, he can still find cosmic recompense through the abstract: our version of a contractual endowment to the Church that once erased away usury or profligacy.
In other words, very privileged, very wealthy white people virtue signal anger over “white supremacy” as both a psychological and practical way of squaring the circle of their own largely unbothered separate and segregated lives. The irony is that by doing so, those with privilege castigate those without it.
By dreaming up an ever-growing vocabulary of clingers, deplorables, irredeemables, chumps, dregs, and Neanderthals for the white underclass, the elite—both black and white—squares the circle of owning an estate on the cliff above Martha’s Vineyard, or a D.C. mansion.
The Clintons, the Bidens, and the Obamas can live guilt-free and in splendor on the metaphorical barricades, faced off against the less virtuous, Bible-thumping, racist losers who never got with it and learned to code or follow the fracking rigs. This morality offset credit is the racial equivalent of the climate activist John Kerry’s carbon-spewing private jet, so necessary to ferry him from one green conference to another.
Call it exemption, penance, indulgence, or any other variety of medieval quid pro quo, but the white elite’s virtue signaling is as easy to spot as it is pretentious, opportunistic, and hypocritical.
Just as deploring whiteness or confessing to “unearned” privilege exempts the concrete behavior of white elites, so too does it exempt elite blacks from addressing existential crises in the black community that transcend white racism.
Or is it more troublesome than that? Do elites claim that it is racist to suggest the elite woke should at least channel some of their outrage and concern to the mass killing of the urban young (so often African American youth), the pandemic of fatherless black households and illegitimacy, and inordinate rates of criminality? Meghan Markle, as one of the new self-appointed voices of the oppressed, seems more fixated on royal insensitivities than she does on the soaring murder rate in Chicago.
There were other catalysts that shipwrecked the King dream and are supplanting it with Balkans-style tribalism and intersectional hatred. Under Barack Obama, the new idea of “diversity” came into its own. The old binary of white/black and the ecumenical effort to heal the legacy wounds of slavery, Jim Crow and de facto discrimination suddenly invited in a host of new participants, many of them with little record of discrimination, economic inequality, or historical grievance.
Diversity, in other words, redefined the victimized as those with a claim on non-whiteness and on the basis of superficial appearance expanded those with purported grievances from 12 percent of the population to over 30 percent.
Suddenly the impoverished undocumented Oaxacan, subject to years of maltreatment in his native Mexico, became a victim deserving American reparatory consideration the moment he crossed by his own volition into the United States.
So did the children of the multimillionaire Punjabi cardiologist, now dubbed “Asian” as if Indians, too, were indistinguishable from Japanese and Chinese-American who had experienced historical discrimination inside the United States. The Brazilian aristocrat, the one-third “this” and the one-eighth “that” brought millions into the equation, including Elizabeth Warren, Rachel Dolezal, Ward Churchill, Alec Baldwin’s wife, and legions of other socially constructed diverse people.
Class: The Forgotten, Ecumenical Divide
The explosive gains in bicoastal wealth in tech, corporations, entertainment, media, the professions, and sports increasingly rendered less important the connections between class and race. A LeBron James, by traditional class definitions, was a privileged near-billionaire elite who often shilled for the Chinese government—not a victimized truth-teller entrusted to lecture us about the pathologies of whiteness. So as the nonwhite were now often elites, racial identity became more, not less emphasized, to avoid the perception that prior racial victims were now class beneficiaries or even oppressors.
Soon some minorities began questioning the racial fides of other, usually more conservative Latinos and blacks—inventing all sorts of philological categories such as “white Hispanic” and “multiracial whites.” They were reminiscent of the old white racists of the past who had strained to detect “white blacks” who successfully passed into white society, and thereby threatened to expose the entire absurdity of racial castes. After claiming that race was not a construct but immutable, the Left began contextualizing and rebranding and re-cataloging Trump-voting Cubans, George Zimmerman, and any who did not meet their own benchmarks for racial authenticity.
Soon we were left with the silliness of multimillionaire CNN anchor Don Lemon pontificating, without evidence, that “the biggest terror threat in this country is white men, or the far richer, Colin Kaepernick, of mixed ancestry, raised by two white parents, and previously fined for using the N-word on the playing field, now scapegoating his athletic descent onto a white racist society that ruined his career, even as “it” enriched him beyond the imagination of 329 million other Americans.
There are inequalities in the United States. Many of them dovetail with racial differences. But 21st-century cause-and-effect remains unclear. And the chief dividing line in the age of bicoastal globalism is now class—the new-old word we dare not speak.
In truth, the Mexican American tractor driver in Gilroy has more in common with the white auto-mechanic, and both with the black truck driver, than any of the three has with the woke Jorge Ramos, Oprah Winfrey, Mark Zuckerberg, or the Antifa and Black Lives Matter hierarchy.

America is not a sinful racist mess, but a great experiment as the only multiracial, self-reflecting, and self-critical democracy in history that did not—yet—descend into tribal chaos and violence.Voir encore:

Le chantage (payant) de deux sénatrices à Joe Biden

Des élues démocrates menaçaient le président américain d’obstruction s’il ne prenait pas plus d’Asiatiques dans son gouvernement.
Julien Peyron
Le Point
27/03/2021

« Quand Joe Biden m’a demandé d’être sa colistière, il s’est engagé à choisir une administration qui ressemble à l’Amérique, qui reflète le meilleur de notre nation. » La confidence est de Kamala Harris, aujourd’hui vice-présidente des États-Unis. C’est ainsi que le futur président américain, descendant de migrants irlandais catholiques, est parvenu à convaincre cette fille d’un père jamaïcain et d’une mère indienne de figurer sur son « ticket ». À eux deux, ils ont incarné le camp des minorités américaines, marquant une rupture nette avec le mandat de Donald Trump, accusé par certains démocrates d’être le président des suprémacistes blancs.

Le plan a fonctionné, Joe Biden et Kamala Harris ont été élus à la Maison-Blanche. Les Noirs américains ont voté pour eux à près de 90 %, les latinos à plus de 65 % et les Asiatiques à 63 %. Ils ont su s’en souvenir au moment de nommer leurs conseillers et les membres du gouvernement. Le Sénat, qui doit confirmer un à un les membres de la future équipe du président, n’aura jamais vu passer autant de candidats issus de minorités. Une ministre de l’Intérieur amérindienne, un ministre de la Défense noir, un patron de la Sécurité intérieure d’origine cubaine, un ministre des Transports homosexuel, une sous-secrétaire à la Santé transgenre… Chaque minorité à son représentant dans cette administration arc-en-ciel, symbole du creuset américain, de sa diversité et de sa richesse.

Mais à vouloir servir tout le monde, on en oublie forcément quelques-uns. À tort ou à raison, les AAPI se sentent lésés. Derrière ce sigle sont regroupés les Américains ayant des origines asiatiques ou venant des îles du Pacifique (Asian Americans/Pacific Islanders). Les Asio-Américains sont au cœur des préoccupations depuis la tuerie d’Atlanta survenue le 16 mars. Ce jour-là, un homme tue huit personnes, dont six femmes asiatiques, dans des salons de massage de la grande ville de Géorgie. Bien qu’on ignore si les motivations de l’assaillant étaient racistes, la minorité asiatique américaine s’émeut et dénonce une recrudescence des attaques contre elle depuis le début de l’épidémie de Covid, appelé « virus chinois » par Donald Trump.

Risque de blocus

Victimes de préjugés raciaux, les Asio-Américains estiment qu’ils sont mal représentés dans les sphères du pouvoir, en particulier dans le gouvernement Biden. C’est la sénatrice de l’Illinois Tammy Duckworth, d’origine thaïlandaise, qui porte leur combat à Washington, bientôt rejointe par sa collègue de Hawaï, Mazie Hirono. Elles ont signifié à l’establishment démocrate leur refus de voter en faveur de tout nouveau prétendant qui ne serait pas asiatique. De quoi bloquer le processus de nomination au Sénat, puisque la chambre haute du Congrès est plus divisée que jamais depuis les élections de novembre 2020. Elle compte 50 élus démocrates et 50 républicains. Le camp Biden a besoin de faire le plein à chaque fois qu’il veut faire passer une loi ou qu’il souhaite faire valider la nomination d’un officiel.

Quand la Maison-Blanche fait valoir aux deux sénatrices que la vice-présidente Kamala Harris est d’origine indienne par sa mère, leur réponse est cinglante. « C’est insultant ! Diraient-ils aux Afro-Américains que Kamala Harris est noire et qu’il n’y a pas besoin d’autres Afro-Américains au sein de l’administration ? » Elles tiennent bon et leur chantage va fonctionner. Avant même d’avoir eu à voter contre leur camp, les deux sénatrices assurent avoir eu l’assurance que Joe Biden allait « faire monter des voix asiatiques » au sein du gouvernement fédéral. Le porte-parole de Tammy Duckworth s’est aussitôt réjoui de la bonne nouvelle : « Comme annoncé, nous ne bloquerons pas la route aux candidats du président Biden, qui comprendront donc davantage de leaders AAPI. »

5,5 % d’Asiatiques dans la population américaine

Sur les 23 membres désignés du cabinet Biden – tous ne sont pas encore confirmés – un seul est d’origine asiatique à ce jour : Katherine Tai, représentante au Commerce, qui a grandi à Taïwan et dont les deux parents sont chinois. Un sur 23, soit environ 4,5 % du cabinet, un nombre assez proche des 5,5 % que les Asiatiques pèsent au sein de la population américaine. Insuffisant pour les leaders d’AAPI. Mais en nommant un nouveau membre d’origine asiatique, le président américain fera passer cette proportion à 18 %… Quelle autre minorité montera alors au créneau en s’estimant sous-représentée ?

S’ils permettent de conforter chaque groupe, ces arrangements font peser un soupçon sur l’équipe Biden. Serait-elle davantage un casting politiquement correct qu’une équipe recrutée pour ses compétences ? Ironie de l’histoire, les Asio-Américains comptaient encore récemment sur une porte-drapeau dans l’équipe Biden. Neera Tanden, née de parents indiens, avait été désignée pour occuper la fonction importante de ministre du Budget. Mais d’anciens tweets polémiques retrouvés par la presse ont eu raison de sa candidature. Preuve qu’outre les origines ethniques, les opinions politiques comptent encore en Amérique.

Voir encore:

Bartolone sur la droite : « Ils veulent mettre l’Ile-de-France en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux »

REPORTAGE – Claude Bartolone a tenu, mercredi soir, son dernier meeting avant un second tour qui s’annonce très serré. Le socialiste et ses nouveaux alliés ont tenté de montrer une unité que la gauche n’a plus au niveau national.

Il y a les applaudissements automatiques des meetings de fin de campagne. Et puis il y a les embrassades et les sourires qu’on ne voyait plus à gauche ces derniers temps. « Ça sent bon », souffle Benoît Hamon dans les couloirs du palais des sports de Créteil pour le dernier meeting de Claude Bartolone. Ici, les socialistes croient de plus en plus à une victoire à l’arrachée dimanche face à Valérie Pécresse.

Pour ce second tour, Bartolone a réussi à rapidement rassembler la gauche. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu côte à côte cette gauche arc-en-ciel allant du chef du PCF Pierre Laurent à celui du PS Jean-Christophe Cambadélis en passant par Benoit Hamon, Christiane Taubira et finissant par les écolos Emmanuelle Cosse et Cécile Duflot. Tous sont là pour soutenir Claude Bartolone, le seul aujourd’hui à gauche à pouvoir rassembler une telle brochette quand le spectre du gouvernement, lui, s’est singulièrement réduit depuis le départ de Jean-Marc Ayrault. Assise au premier rang, Cécile Duflot immortalise l’instant avec son téléphone portable.

« Notre région, ils veulent la mettre en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux »

Dernier à parler, Bartolone s’en prend logiquement à son adversaire Valérie Pécresse. Le résultat s’annonce serré, aucun coup ne sera épargné. « Notre région, ils veulent la mettre en rang, en uniforme, un serre-tête sur les cheveux », attaque Bartolone qui plus largement pointe l’attitude de la droite.

« Que reste-t-il de leurs valeurs lorsque, sans cesse, sans cesse, ils font cette insupportable danse du ventre aux électeurs du FN à grands coups de ‘race blanche?' » demande-t-il avant de livrer sa réponse. « Cette droite n’a plus grand chose de républicain ». Comme s’il voulait donner des gages à ses alliés de gauche et s’éloigner de ces socialistes qui ne parlent que de redressement économique et de taux de croissance, Bartolone promet vouloir avant tout « donner du sens ». « Nous ne sommes pas des experts comptables en charge d’aligner des colonnes de dépenses à des colonnes de recettes », poursuit-il.

En début de soirée, après ce qui devait être un sketch de Gérald Dahan, le rappeur Rost prend le micro, glisse quelques mots sur les scores élevés du FN qui lui fond mal au coeur puis, le poing levé, se met à chanter Le temps des résistants. La salle pourtant remplie de socialistes se surprend à elle aussi lever le poing, comme au temps où la gauche n’était pas encore social-démocrate. Sur scène, les Yeux Noirs enchaînent et jouent une musique tzigane si entrainante que Cambadélis frétille pendant Jean-Paul Huchon s’adonne à quelques mouvements de air guitar avec en prime un subtil jeu d’épaule.

Gauche francilienne contre gauche nationale

Alors que les communistes et les écologistes ont fusionné avec la liste de Claude Bartolone, c’est à Pierre Laurent qu’est revenu le soin d’entamer le meeting. Jean-Luc Mélenchon veut incarner la gauche d’opposition au PS mais ce mercredi soir son partenaire au sein du Front entonne un autre chant : « Ensemble battre la droite ». Mais s’il souhaite une victoire de « la gauche » – Laurent ne va pas jusqu’à dire « de Bartolone » – le patron du PCF promet qu’il ne s’en tiendra pas là : « Lundi il faudra reconstruire la gauche », « il faudra se dire des choses, se dire des vérités, discuter des responsabilités des uns et des autres ».

Après Laurent, Cosse garde ce même équilibre. Soutien régional, critique nationale. « Si l’Etat a renoncé face aux lobbies à mettre de oeuvre l’écotaxe, nous le mettrons en Ile-de-France avec son juste nom : la pollutaxe », assène-t-elle. Visant, le gouvernement et singulièrement Manuel Valls bien qu’elle se garde de prononcer son nom, elle poursuit : « Le renoncement et l’autoritarisme ne sont pas des mots que conjuguent les Huchon, les Hidalgo, les Bartolone, les Laurent ». En somme, Cosse veut « faire de l’Ile-de-France le creuset d’une nouvelle gauche, qui tient ses engagements, qui n’a pas peur de son ombre ». Jusqu’à dimanche cette gauche avance unie. Lundi sera un autre jour.

Voir aussi:

Observatoire du journalisme

27 mars 2021

Une tuerie s’est déroulée mi-mars 2021 dans un supermarché à Boulder dans le Colorado (États-unis),10 personnes ont trouvé la mort dans cette tragédie. Les médias de grand chemin se jettent-ils sur l’occasion pour informer en fonction des faits ? Ou pour les déformer ? Sur les premières images, le tueur interpellé est blanc. Le massacre de 10 civils se transforme instantanément en un procès de l’homme blanc armé d’un fusil AR-15. Plusieurs personnalités politiques s’en donnent à cœur joie pour faire de la récupération. Et puis…

Homme, blanc, violent

Dans un premier temps, le meurtrier est blessé à la jambe puis interpellé par la police qui l’emmène. Toutes les caméras ne retiennent alors plus qu’une seule chose : le tueur est blanc. C’est l’information principale que décident de relayer plusieurs grands médias tels que RTL, 20 Minutes ou le Huffington Post et d’autres encore. Dès lors, Twitter va se déchaîner. Avalanche de tweets haineux pour dénoncer la violence de l’homme blanc.

Meena Harris, la nièce de Kamala Harris (vice-présidente des États-Unis) tweetait « Violent white men are the greatest terrorist threat to our country » (les hommes blancs violents sont la plus grande menace terroriste pour notre pays). Elle a par la suite rapidement supprimé son tweet.

Un journaliste de l’AFP du service « vérification des faits » avait également tweeté « He was only apprehended and not chocked or shot to death because he was not brown, black or muslim” (il a été appréhendé et non tué parce qu’il n’était pas brun, noir ou musulman).

Beaucoup d’autres tweets ont relayé que le tueur était un homme blanc et que s’il n’a pas été immédiatement abattu par la police c’était en vertu de sa couleur de peau.

Quelques jours plus tôt, en Géorgie, avait eu lieu une autre tuerie où un meurtrier blanc avait pris pour cible des femmes asiatiques dans leur salon de massage. Toute la presse avait crié au racisme mais le coupable, manifestement dérangé, déclarait qu’il souffrait « d’addiction sexuelle » et qu’il voyait ces salons de massage comme une tentation à éliminer.

Le tueur est un syrien musulman, Ahmad Al Aliwi Alissa

Certains médias surfent sur cette vague pour relancer la machine avec ce nouvel évènement macabre. Problème : le tueur est en réalité un Syrien musulman âgé de 21ans, anti-Trump, Ahmad Al Aliwi Alissa.

L’information est tombée comme un coup de tonnerre et a forcé quelques personnalités à réagir par rapport à ce qu’elles avaient d’abord dénoncé.

À titre d’exemple, la militante et écrivain américaine (Amy Siskind — sur Twitter) qui avait participé à la première vague de désinformation a déclaré, en apprenant le nom et la religion du tueur, qu’il ne fallait pas répandre cette nouvelle, ne pas lui faire de publicité. La publicité n’est en effet autorisée que si elle va dans le bon sens.

Beaucoup d’autres ont simplement arrêté de tweeter à ce sujet lorsqu’ils ne se sont pas simplement enfoncés dans le mensonge. À ce propos, le compte Tweeter de Caleb Hull est édifiant, ce militant républicain a relevé un bon nombre des tentatives de récupération et de désinformation au sujet de cette tragédie.

Le président des États-Unis, Joe Biden, s’est exprimé en appelant le congrès à agir « maintenant » pour limiter la circulation des armes à feu dans le pays. Biden sait bien qu’il n’a pas de majorité pour changer quoi que ce soit à ce sujet, il est douteux qu’il fasse mieux que ses prédécesseurs, mais il est de bon ton de dénoncer le peuple qui pourrait oser prendre la responsabilité de sa propre défense.

In fine, une information passe à la trappe au milieu de ce pugilat médiatique : les dix victimes de cet odieux carnage sont tous des blancs.

Voir de même:

When The Narrative Replaces The News
How the media grotesquely distorted the Atlanta massacres
Andrew Sullivan
Mar 19 2021

The massacres at three massage parlors in the Atlanta area this week, leaving eight human beings dead, others injured, and their families scarred, were horrifying. Read this deeply moving story about the son of one of the women killed to remind yourself of this. It’s brutal. The grief will spread and resonate some more.

But this story has also been deeply instructive about our national discourse and the state of the American mainstream and elite media. This story’s coverage is proof, it seems to me, that American journalists have officially abandoned the habit of attempting any kind of “objectivity” in reporting these stories. We are now in the enlightened social justice world of “moral clarity” and “narrative-shaping.”

Here’s the truth: We don’t yet know why this man did these horrible things. It’s probably complicated, or, as my therapist used to say, “multi-determined.” That’s why we have thorough investigations and trials in America. We only have one solid piece of information as to motive, which is the confession by the mass killer to law enforcement: that he was a religious fundamentalist who was determined to live up to chastity and repeatedly failed, as is often the case. Like the 9/11 bombers or the mass murderer at the Pulse nightclub, he took out his angst on the source of what he saw as his temptation, and committed mass murder. This is evil in the classic fundamentalist sense: a perversion of religion and sexual repression into violence.

We should not take the killer’s confession as definitive, of course. But we can probe it — and indeed, his story is backed up by acquaintances and friends and family. The New York Times originally ran one piece reporting this out. The Washington Post also followed up, with one piece citing contemporaneous evidence of the man’s “religious mania” and sexual compulsion. It appears that the man frequented at least two of the spas he attacked. He chose the spas, his ex roommates said, because he thought they were safer than other ways to get easy sex. Just this morning, the NYT ran a second piece which confirms that the killer had indeed been in rehab for sexual impulses, was a religious fanatic, and his next target was going to be “a business tied to the pornography industry.”

We have yet to find any credible evidence of anti-Asian hatred or bigotry in this man’s history. Maybe we will. We can’t rule it out. But we do know that his roommates say they once asked him if he picked the spas for sex because the women were Asian. And they say he denied it, saying he thought those spas were just the safest way to have quick sex. That needs to be checked out more. But the only piece of evidence about possible anti-Asian bias points away, not toward it.

And yet. Well, you know what’s coming. Accompanying one original piece on the known facts, the NYT ran nine — nine! — separate stories about the incident as part of the narrative that this was an anti-Asian hate crime, fueled by white supremacy and/or misogyny. Not to be outdone, the WaPo ran sixteen separate stories on the incident as an antiAsian white supremacist hate crimeSixteen! One story for the facts; sixteen stories on how critical race theory would interpret the event regardless of the facts. For good measure, one of their columnists denounced reporting of law enforcement’s version of events in the newspaper, because it distracted attention from the “real” motives. Today, the NYT ran yet another full-on critical theory piece disguised as news on how these murders are proof of structural racism and sexism — because some activists say they are.

Mass killers, if they are motivated by bigotry or hate, tend to let the world know:

The suspected attacker in Pittsburgh allegedly said he wanted to “kill Jews” while rampaging inside a synagogue. Police said the man charged with killing people at an El Paso Walmart told them that he was targeting “Mexicans” that day. And the man who massacred Black parishioners inside a Charleston church detailed his racist motivations at length.

This mass murderer in Atlanta actually denied any such motive, and, to repeat myself, there is no evidence for it — and that has been true from the very start. And yet, a friend forwarded me the note swiftly sent to students and faculty at Harvard, which sums up the instant view of our elite:

Many of us woke up yesterday to the horrific news of the vicious and deadly attack in Atlanta, the latest in a wave of increasing violence targeting the Asian, Asian-American, and Pacific Islander community … This violence has a history. From Chinese Exclusion to the nativist rhetoric amplified during the pandemic, anti-Asian hostility has deep roots in American culture.

And on and on. It was almost as if they had a pre-existing script to read, whatever the facts of the case! Nikole Hannah-Jones, the most powerful journalist at the New York Times, took to Twitter in the early morning of March 17 to pronounce: “Last night’s shooting and the appalling rise in anti-Asian violence stem from a sick society where nationalism has been stoked and normalized.” Ibram Kendi tweeted: “Locking arms with Asian Americans facing this lethal wave of anti-Asian terror. Their struggle is my struggle. Our struggle is against racism and White Supremacist domestic terror.”

When the cops reported the killer’s actual confession, left-Twitter went nuts. One gender studies professor recited the litany: “The refusal to name anti-Asianess [sic], racism, white supremacy, misogyny, or class in this is whiteness doing what it always does around justifying its death-dealing … To ignore the deeply racist and misogynistic history of hypersexualization of Asian women in this ‘explication’ from law enforcement of what emboldened this killer is also a willful erasure.”

In The Root, the real reason for the murders was detailed: “White supremacy is a virus that, like other viruses, will not die until there are no bodies left for it to infect. Which means the only way to stop it is to locate it, isolate it, extract it, and kill it.”

Trevor Noah insisted that the killer’s confession was self-evidently false: “You killed six Asian people. Specifically, you went there. Your murders speak louder than your words. What makes it even more painful is that we saw it coming. We see these things happening. People have been warning, people in the Asian communities have been tweeting, they’ve been saying, ‘Please help us. We’re getting punched in the street. We’re getting slurs written on our doors.’” Noah knew the killer’s motive more surely than the killer himself.

None of them mentioned that he killed two white people as well — a weird thing for a white supremacist to do — and injured a Latino. None pointed out that the connection between the spas was that the killer had visited them. None explained why, if he were associating Asian people with Covid19, he would nonetheless expose himself to the virus by having sex with them, or regard these spas as “safer” than other ways to have quick sex.

They didn’t because, in their worldview, they didn’t need to. What you see here is social justice ideology insisting, as Dean Baquet temporarily explained, that intent doesn’t matter. What matters is impact. The individual killer is in some ways irrelevant. His intentions are not material. He is merely a vehicle for the structural oppressive forces critical theorists believe in. And this “story” is what the media elites decided to concentrate on: the thing that, so far as we know, didn’t happe

But notice how CRT operates. The only evidence it needs it already has. Check out the identity of the victim or victims, check out the identity of the culprit, and it’s all you need to know. If the victims are white, they don’t really count. Everything in America is driven by white supremacist hate of some sort or other. You can jam any fact, any phenomenon, into this rubric in order to explain it.

The only complexity the CRT crowd will admit is multiple, “intersectional” forms of oppression: so this case is about misogyny and white supremacy. The one thing they cannot see are unique individual human beings, driven by a vast range of human emotions, committing crimes with distinctive psychological profiles, from a variety of motives, including prejudices, but far, far more complicated than that.

There’s a reason for this shift. Treating the individual as unique, granting him or her rights, defending the presumption of innocence, relying on provable, objective evidence: these core liberal principles are precisely what critical theory aims to deconstruct. And the elite media is in the vanguard of this war on liberalism.

This isn’t in any way to deny increasing bias against Asian-Americans. It’s real and it’s awful. Asians are targeted by elite leftists, who actively discriminate against them in higher education, and attempt to dismantle the merit-based schools where Asian-American students succeed — precisely and only because too many Asians are attending. And Asian-Americans are also often targeted by envious or opportunistic criminal non-whites in their neighborhoods. For Trump to give these forces a top-spin with the “China virus” made things even worse, of course. For a firsthand account of a Chinese family’s experience of violence and harassment, check out this piece.

The more Asian-Americans succeed, the deeper the envy and hostility that can be directed toward them. The National Crime Victimization Survey notes that “the rate of violent crime committed against Asians increased from 8.2 to 16.2 per 1000 persons age 12 or older from 2015 to 2018.” Hate crimes? “Hate crime incidents against Asian Americans had an annual rate of increase of approximately 12% from 2012 to 2014. Although there was a temporary decrease from 2014 to 2015, anti-Asian bias crimes had increased again from 2015 to 2018.”

Asians are different from other groups in this respect. “Comparing with Black and Hispanic victims, Asian Americans have relatively higher chance to be victimized by non-White offenders (25.5% vs. 1.0% for African Americans and 18.9% for Hispanics). … Asian Americans have higher risk to be persecuted by strangers … are less likely to be offended in their residence … and are more likely to be targeted at school/college.” Of those committing violence against Asians, you discover that 24 percent such attacks are committed by whites; 24 percent are committed by fellow Asians; 7 percent by Hispanics; and 27.5 percent by African-Americans. Do the Kendi math, and you can see why Kendi’s “White Supremacist domestic terror” is not that useful a term for describing anti-Asian violence.

But what about hate crimes specifically? In general, the group disproportionately most likely to commit hate crimes in the US are African-Americans. At 13 percent of the population, African Americans commit 23.9 percent of hate crimes. But hate specifically against Asian-Americans in the era of Trump and Covid? Solid numbers are not yet available for 2020, which is the year that matters here. There’s data, from 1994 to 2014, that finds little racial skew among those committing anti-Asian hate crimes. Hostility comes from every other community pretty equally.

The best data I’ve found for 2020, the salient period for this discussion, are provisional data on complaints and arrests for hate crimes against Asians in New York City, one of two cities which seem to have been most affected. They record 20 such arrests in 2020. Of those 20 offenders, 11 were African-American, two Black-Hispanic, two white, and five white Hispanics. Of the black offenders, a majority were women. The bulk happened last March, and they petered out soon after. If you drill down on some recent incidents in the news in California, and get past the media gloss to the actual mugshots, you also find as many black as white offenders.

This doesn’t prove much either, of course. Anti-Asian bias, like all biases, can infect anyone of any race, and the sample size is small and in one place. But it sure complicates the “white supremacy” case that the mainstream media simply assert as fact.

And, given the headlines, the other thing missing is a little perspective. Here’s a word cloud of the victims of hate crimes in NYC in 2020. You can see that anti-Asian hate crimes are dwarfed by those against Jews, and many other minorities. And when you hear about a 150 percent rise in one year, it’s worth noting that this means a total of 122 such incidents in a country of 330 million, of which 19 million are Asian. Even if we bring this number up to more than 3,000 incidents from unreported and far less grave cases, including “shunning”, it’s small in an aggregate sense. A 50 percent increase in San Francisco from 2019 – 2020, for example, means the number of actual crimes went from 6 to 9.

Is it worse than ever? No. 2020 saw 122 such hate incidents. In 1996, the number was 350. Many incidents go unreported, of course, and hideous comments, slurs and abuse don’t count as hate “crimes” as such. I’m not discounting the emotional scars of the kind of harassment this report cites. I’m sure they’ve increased. They’re awful. Despicable. Disgusting.

But the theory behind hate crimes law is that these crimes matter more because they terrify so many beyond the actual victim. And so it seems to me that the media’s primary role in cases like these is providing some data and perspective on what’s actually happening, to allay irrational fear. Instead they contribute to the distortion by breathlessly hyping one incident without a single provable link to any go this — and scare the bejeezus out of people unnecessarily.

The media is supposed to subject easy, convenient rush-to-judgment narratives to ruthless empirical testing. Now, for purely ideological reasons, they are rushing to promote ready-made narratives, which actually point away from the empirical facts. To run sixteen separate pieces on anti-Asian white supremacist misogynist hate based on one possibly completely unrelated incident is not journalism. It’s fanning irrational fear in the cause of ideological indoctrination. And it appears to be where all elite media is headed.

Voir par ailleurs:

Yseult : les angles morts de la nouvelle égérie progressiste
Louis Nadau
Marianne
17/02/2021

Sans minimiser les difficultés que la révélation féminine des dernières Victoires de la musique a pu rencontrer, il n’est pas interdit de demander d’où parle Yseult. Ni de souligner que son militantisme, communautaire et fondé sur la sacro-sainte subjectivité, tolère des angles morts assez fâcheux eu égard aux principes de la « déconstruction ».

« Le chemin est long en tant que femme noire, le chemin est long en tant que femme grosse, en tant que femme oubliée de la société, oubliée de la culture. » Au moment de recevoir sa récompense de révélation féminine de l’année samedi 13 février, lors de la 36ème cérémonie des Victoires de la musique, la chanteuse Yseult se lance, sans surprise, dans un discours engagé. La jeune artiste se vit en effet comme l’un des porte-étendard de la lutte contre les discriminations. « Le chemin est long et sinueux, mais on va y arriver. Ça mettra dix ans, ça mettra quinze ans, on ne veut pas nous laisser prendre l’ascenseur, il n’y a pas de souci, on est endurant, on va prendre les escaliers« , continue-t-elle.

S’adressant à ses amis présents dans le public clairsemé, eux aussi « racisés », elle conclut : « C’était important de faire cette victoire avec vous, d’être avec des personnes qui me ressemblent, qui sont comme moi, qui m’entendent et qui me comprennent, qui comprennent ma colère. Ma colère qui est légitime, notre colère est légitime, et j’aimerais que ce soir toute la France l’entende. » Que défend donc Yseult ? Épaulée par ses « sœurs » Adèle Haenel, Assa Traoré et Aïssa Maïga, la chanteuse reprend à son compte le vocabulaire et les notions utilisés par le mouvement intersectionnel. Yseult est « woke », éveillée aux enjeux d’une société qui opprimerait systématiquement ses minorités.

Rodage

Là où d’autres militantes s’appuient sur un bagage théorique riche et cohérent, la chanteuse est encore, de son propre aveu, en période de rodage. Ça se voit. Morceaux choisis de ce bingo progressiste : « Ma couleur de peau est politique, mes cheveux sont politiques, mon corps est politique, je n’ai donc pas le choix » – Gala le 23 janvier. « On dit ‘minorités’, mais en fait on est beaucoup. Je pense que même le mot minorités… On est minoritaire, mini, ça c’est vraiment quelque chose qui aujourd’hui me pique et m’intrigue beaucoup (…). Je pense qu’on devrait trouver un autre mot » – « 6 à la maison », le 25 novembre 2020. « Aujourd’hui je crois en la sororité, et je crois qu’il faut qu’on s’organise et qu’on aille en urgence dans une convergence des luttes, et qu’on crée une sorte de synergie pour tout péter » – « Clique », le 7 février dernier.

Si on pardonnera volontiers cette candeur à une chanteuse dont le débat d’idées n’est pas le métier, la sortie d’Yseult aux Victoires de la musique, même pour un spectateur n’ignorant rien de la réalité des phénomènes racistes, sexistes et discriminants, mérite tout de même qu’on s’y attarde. Notamment compte tenu de ses états de service : ancienne finaliste de la Nouvelle Star signée chez Universal, fondatrice de son propre label après le four de son premier album, compositrice pour Jenifer et Chimène Badi, première partie d’Angèle et, finalement, lauréate à 26 ans d’une première Victoire de la musique. On a vu pire chemin de croix. Si bien que, sans minimiser les difficultés qu’elle a pu rencontrer, il n’est pas interdit de demander d’où parle la camarade Yseult. Ni de souligner que son militantisme dans l’ère du temps, communautaire et fondé sur la sacro-sainte subjectivité, tolère des angles morts assez fâcheux eu égard aux principes de la « déconstruction ».

Singularité

Force est de constater qu’il existe une disjonction entre le discours victimaire qui jalonne la carrière d’Yseult d’une part, et son succès au sein de l’industrie musicale d’autre part. Industrie à ce point oppressive et raciste qu’elle a nommé – peut-être pour se donner bonne conscience – trois femmes noires aux Victoires de la musique : Aya Nakamura, Lous and the Yakuza et Yseult. On nous rétorquera que Nakamura et Lous sont les exceptions, qu’Yseult a raison de s’engager en faveur de ceux que le racisme et le sexisme priveraient de carrière. Certes, mais à l’heure où le récit de soi et la mise en scène de sa singularité sont devenus des dimensions incontournables de la communication d’un artiste, c’est bien de sa personne dont parle constamment Yseult.

Dès 2015, cette dernière imputait sa défaite en finale du télé-crochet Nouvelle Star à la société, plutôt qu’au talent de son adversaire ou à ses propres défauts : « On n’accepte pas encore les différences des gens. Malheureusement, je suis noire, malheureusement, je suis très forte corporellement« , expliquait-elle. Cinq ans plus tard, ces questions identitaires agitaient toujours Yseult. Interrogée dans l’émission de France 5 6 à la maison, elle expliquait : « Je pense que quand on est unique – parce que je n’ai plus envie de dire qu’on est différent -, ça gêne, ça intrigue, ça provoque, ça excite. C’est vrai que si je dois parler en tant que femme noire, en tant que femme grosse, c’est difficile de faire abstraction de tout ça, parce qu’on est noire et on est grosse et on est unique du lundi au lundi.« 

Mais est-ce encore la société qui impose ce regard sur elle-même à Yseult, ou est-ce Yseult qui se présente au monde à travers ce prisme ? On l’a vu, le discours de la chanteuse manque de cohérence, et il est difficile de trancher la question en se fondant sur ses déclarations. Le 7 févier sur Canal +, elle affirmait tantôt qu’il fallait « qu’on arrête de parler de nous comme des victimes« , tantôt « qu’on arrête de s’acharner sur nous, et qu’on arrête de nous chier dessus« . « On demande du respect, on demande surtout de l’empathie« , insistait-elle.

Que la chanteuse ait souffert du regard des autres, comme tant et tant d’adolescents, est une première chose. Qu’Yseult ait subi le racisme, la grossophobie et le sexisme, c’en est une deuxième. C’est à elle de le dire, de la manière la plus circonstanciée possible, étant donnée la gravité des faits. Il y a toutefois une troisième dimension dans ses propos, directement déduite des deux précédentes : l’idée, pourtant démentie par l’expérience, selon laquelle « on ne v[oudrait] pas nous laisser prendre l’ascenseur » – comprendre : parce que « nous » sommes femmes, noires ou grosses.

Fierté

C’est ainsi que le décalage entre le parcours d’Yseult et le discours « woke » qu’elle porte maladroitement se révèle cruellement : alors qu’il n’y a de vérité que celle du « je » aux yeux de certains militants, la jeune femme, bien qu’elle se décrive en « oubliée de la culture », n’a pas vraiment de quoi se plaindre personnellement en terme d’intégration sociale. Ce qui ne l’empêche pas de le faire, comme dans Clique, le 7 février dernier : « Je ne vais pas bien. Je ne me sens pas bien parce que j’ai l’impression d’être une sorte de vieille âme, et d’être une personne qui est hypersensible et consciente de tout ce qui se passe, des maux de notre société, de l’univers, de tout, et que pour une personne comme moi c’est hyper compliqué de me contrôler émotionnellement (…)« , se lamentait-elle lors d’un long monologue.

Au-delà de ces belles envolées, il y a bien sûr une forme de marketing communautaire, venant d’une artiste pour qui chanter ne suffit plus : comme Beyoncé, il faut devenir une icône. « I’m fucking black, fat, beautiful, and I’m confident, and I’m proud of it, bitch !« , lançait-elle ainsi le 5 février dernier dans la « boîte à questions » de Canal +. A Gala, elle déclarait : « Mon objectif, en toute humilité, est de tenter de créer de nouvelles références pour ma communauté. Dans l’art, comme dans tout le milieu culturel d’ailleurs, les noirs sont toujours représentés de la même manière.« 

Yseult n’échappe pas d’ailleurs à quelques contradictions sur ce sujet : alors qu’une bonne partie de son œuvre parle de son identité et des traumatismes qui y sont liés, elle refuse catégoriquement cette grille de lecture. Oui, son EP s’appelle Noir, oui, sa pochette montre « ses trois bourrelets » – dixit l’intéressée – en gros plan, oui le refrain de la chanson éponyme est « noire et fière de l’être, ça c’est toute ma life« , et oui, son clip montre un homme noir tenant dans ses bras un enfant noir, mais non, il ne faut y voir aucun message : « Moi j’en ai marre qu’on voit comme un symbole le fait de mettre plusieurs danseurs noirs. Pour moi ce n’est pas un symbole, c’est normal. J’ai pas fait ce clip en mode ‘vous allez voir’ (…)« , assurait-elle dans Clique en novembre 2019.

On pourrait applaudir ces propos universalistes, s’ils n’étaient pas totalement contradictoires avec le reste de la démarche d’Yseult. « Moi je veux que les gens le voient comme ça, parce que quand c’est le contraire, il n’y a pas le délire de : ‘Alors du coup c’est un homme blanc avec un enfant blanc. C’est un statement ce qui se passe.’ On aura jamais ce genre de question« , avance la jeune femme. On se demande tout de même comment les médias accueilleraient un artiste chantant « blanc et fier de l’être, ça c’est toute ma life ».

Privilèges

Loin d’envisager qu’elle ait pu bénéficier d’un effet pervers de rattrapage dans l’industrie audiovisuelle et musicale, Yseult brandit sans cesse son CV d’opprimée (et fière de l’être, donc) : « Moi j’avoue que dans ma carrière – maintenant ça va faire huit ans – on m’a toujours reproché quelque chose, c’est mon culot. (…) Autour de moi, on ne comprenait pas pourquoi j’avais cette aigreur, cette rage, cette frustration. Dans mon combat, on est tous sur la ligne de départ, mais dans notre parcours, il y a des embûches. Moi y’a du béton, y’a de l’eau, y’a des trous, et pour d’autres, il n’y a pas tout ça« , se plaignait-t-elle déjà dans 6 à la maison. Rappelons au passage que certains, aussi talentueux qu’Yseult, passent une vie à chanter sans percer.

« Je pense qu’il faut aussi reconnaître ses privilèges, et au-delà de ses privilèges, faut aussi aider ceux qui n’ont pas les mêmes privilèges« , concluait Yseult, reprenant à son compte une notion selon laquelle ceux qui bénéficient d’une situation normale dans un Etat de droit – ne pas subir de discrimination en raison de son sexe ou de sa couleur de peau – jouiraient d’un avantage indu. On pourrait toutefois inviter la chanteuse à faire son propre examen de conscience, en la renvoyant au point aveugle de l’immense majorité de ses prises de parole publique : les inégalités économiques. Eh oui, revoilà la lutte des classes. Et Yseult se classe indéniablement du côté des dominés.

Fille d’un cadre supérieur chez Land Rover, Yseult a passé sa scolarité dans le privé, à Agen. « Matériellement, je n’ai pas à me plaindre, mon père gagnait beaucoup d’argent. On changeait de voiture tous les deux jours, on me conduisait à la maternelle en Mercedes. Ma mère s’achetait des sacs griffés« , racontait-elle en 2015 dans un entretien au magazine suisse Femina. Une enfance plus que confortable, marqué par des voyages en Jamaïque, aux Etats-Unis, en Indonésie, ou encore à Cuba.

En 2019, lors de son premier passage dans l’émission Clique de Canal +, elle affirmait : « Qu’on soit ou pas dans la musique, on court après les thunes. C’est tellement fatiguant. Payer son loyer, on a des enfants, faut les nourrir, faut les machin et tout. Moi y’a que aujourd’hui, depuis que j’ai 25 ans, que je me dis : ‘Mince, donc ma mère elle a vécu tout ça ? Mon père, c’était pour ça ?’ » Certains n’attendent pas 25 pour prendre conscience de ces réalités sociales, mais ceux-là ne semblent pas prioritaires aux yeux d’Yseult.

« La discrimination est partout et touche tout le monde, que l’on soit une femme noire ou blanche, que l’on soit trans, bi, gay, lesbienne, etc.« , professait Yseult dans Gala dernier. Les pauvres, eux, brillent par leur absence, y compris lorsque la chanteuse explique « qu’il faut tendre vers une convergence des luttes« , « que l’on s’allie tous et toutes afin de combattre notre ennemi qui au final nous est commun, celui que je nommerais l’intolérant« . Profiteurs et exploiteurs peuvent donc dormir tranquilles.

Il faut éplucher le fil Twitter d’Yseult pour trouver, à l’égard des pauvres, une once de « l’empathie » qu’elle réclamait pour elle-même à corps et à cri sur le plateau de Clique le 7 février. En quelques mois, on le trouve sur une seule mention, qui remonte au 30 janvier de cette année. « Je pense à ceux et celles qui n’arrive pas à s’en sortir financièrement durant cette période qui est extrêmement difficile sincèrement je pense très très très très très fort à vous courage et force« , écrivait-elle. Il n’est jamais trop tard pour s’y mettre.

Voir enfin:

David Shor on Why Trump Was Good for the GOP and How Dems Can Win in 2022
Eric Levitz
The Intelligencer
Mar. 3, 2021

In the United States, every season is campaign season. Four months after America last went to the polls, Democrats are still refining their autopsies of the 2020 race and already governing with an eye toward the 2022 midterms.Meanwhile, on the other side of the aisle, Republicans are trying to figure out just how firm Donald Trump’s grip on their party really is — and debating whether that grip should be stronger or weaker. 

To gain some insight into these matters, Intelligencer turned to our favorite socialist proponent of ruthlessly poll-driven campaigning, David Shor. A veteran of the 2012 Obama campaign, Shor is currently head of data science at OpenLabs, a progressive nonprofit. We spoke with him last week about how his analysis of the 2020 election has changed since November, what Democrats need to do to keep Congress after 2022, and why he thinks the Trump era was great for the Republican Party (in strictly electoral terms).

What are the most important things you’ve learned about the 2020 election between the last time we spoke and today?

What’s changed since November is that we now have individual-level vote-history data in a bunch of states. And we also have a lot more precinct-level data. And people have had more time to run surveys. So the picture has gotten clearer.

One high-level takeaway is that the 2020 electorate had a very similar partisan composition to the 2016 electorate. When the polls turned out to be wrong — and Trump turned out to be much stronger than they predicted — a lot of people concluded that turnout models must have been off: Trump must have inspired higher Republican turnout than expected. But that looks wrong. It really seems like the electorate was slightly more Democratic than it had been in 2016, largely due to demographic change (because there’s such a large partisan gap between younger and older voters, every four years the electorate gets something like 0.4 percent more Democratic just through generational churn). So Trump didn’t exceed expectations by inspiring higher-than-anticipated Republican turnout. He exceeded them mostly through persuasion. A lot of voters changed their minds between 2016 and 2020.

At the subgroup level, Democrats gained somewhere between half a percent to one percent among non-college whites and roughly 7 percent among white college graduates (which is kind of crazy). Our support among African Americans declined by something like one to 2 percent. And then Hispanic support dropped by 8 to 9 percent. The jury is still out on Asian Americans. We’re waiting on data from California before we say anything. But there’s evidence that there was something like a 5 percent decline in Asian American support for Democrats, likely with a lot of variance among subgroups. There were really big declines in Vietnamese areas, for example. Anyway, one implication of these shifts is that education polarization went up and racial polarization went down.

In other words, a voter’s level of educational attainment — whether they had a college degree — became more predictive of which party they voted for in 2020 than it had been in 2016, while a voter’s racial identity became less predictive?

Yeah. White voters as a whole trended toward the Democratic Party, and nonwhite voters trended away from us. So we’re now somewhere between 2004 and 2008 in terms of racial polarization. Which is interesting. I don’t think a lot of people expected Donald Trump’s GOP to have a much more diverse support base than Mitt Romney’s did in 2012. But that’s what happened.

Does the available data give us any insight into why? Do you have any sense what was behind the large rightward shift among Hispanic voters?

One important thing to know about the decline in Hispanic support for Democrats is that it was pretty broad. This isn’t just about Cubans in South Florida. It happened in New York and California and Arizona and Texas. Really, we saw large drops all over the country. But it was notably larger in some places than others. In the precinct-level data, one of the things that jumps out is that places where a lot of voters have Venezuelan or Colombian ancestry saw much larger swings to the GOP than basically anywhere else in the country. The Colombian and Venezuelan shifts were huge.

One of my favorite examples is Doral, which is a predominantly Venezuelan and Colombian neighborhood in South Florida. One precinct in that neighborhood went for Hillary Clinton by 40 points in 2016 and for Trump by ten points in 2020. One thing that makes Colombia and Venezuela different from much of Latin America is that socialism as a brand has a very specific, very high salience meaning in those countries. It’s associated with FARC paramilitaries in Colombia and the experience with President Maduro in Venezuela. So I think one natural inference is that the increased salience of socialism in 2020 — with the rise of AOC and the prominence of anti-socialist messaging from the GOP — had something to do with the shift among those groups.

As for the story with Hispanics overall, one thing that really comes out very clearly in survey data that we’ve done is that it really comes down to ideology. So when you look at self-reported ideology — just asking people, “Do you identify as liberal, moderate, or conservative” — you find that there aren’t very big racial divides. Roughly the same proportion of African American, Hispanic, and white voters identify as conservative. But white voters are polarized on ideology, while nonwhite voters haven’t been. Something like 80 percent of white conservatives vote for Republicans. But historically, Democrats have won nonwhite conservatives, often by very large margins. What happened in 2020 is that nonwhite conservatives voted for Republicans at higher rates; they started voting more like white conservatives.

And so this leads to a question of why. Why did nonwhite voters start sorting more by ideology? And that’s a hard thing to know. But my organization, and our partner organizations, have done extensive post-election surveys of 2020 voters. And we looked specifically at those voters who switched from supporting Hillary Clinton in 2016 to Donald Trump in 2020 to see whether anything distinguishes this subgroup in terms of their policy opinions. What we found is that Clinton voters with conservative views on crime, policing, and public safety were far more likely to switch to Trump than voters with less conservative views on those issues. And having conservative views on those issues was more predictive of switching from Clinton to Trump than having conservative views on any other issue-set was.

This lines up pretty well with trends we saw during the campaign. In the summer, following the emergence of “defund the police” as a nationally salient issue, support for Biden among Hispanic voters declined. So I think you can tell this microstory: We raised the salience of an ideologically charged issue that millions of nonwhite voters disagreed with us on. And then, as a result, these conservative Hispanic voters who’d been voting for us despite their ideological inclinations started voting more like conservative whites.

Are these problems with Democratic positioning or with “disinformation”? Obviously, Joe Biden didn’t campaign on police abolition and worker control of the means of production. So there was a disconnect between the reality of the party’s platform and how it was perceived. Closing that gap, through a “Latino Anti-Disinformation Lab,” appears to be a focus of Democrats’ postelection efforts to fix their problem with Hispanic voters. Does that make sense as a path forward?

I’d say this: The decline that we saw was very large. Nine percent or so nationwide, up to 14 or 15 percent in Florida. Roughly one in ten Hispanic voters switched their vote from Clinton to Trump. That is beyond the margin of what can plausibly be changed by investing more in Spanish media. And I don’t think a shift that large can be plausibly attributed to what was said in WhatsApp groups or not buying enough in YouTube ads. I think the problem is more fundamental.

Over the last four years, white liberals have become a larger and larger share of the Democratic Party. There’s a narrative on the left that the Democrats’ growing reliance on college-educated whites is pulling the party to the right (Matt Karp had an essay on this recently). But I think that’s wrong. Highly educated people tend to have more ideologically coherent and extreme views than working-class ones. We see this in issue polling and ideological self-identification. College-educated voters are way less likely to identify as moderate. So as Democrats have traded non-college-educated voters for college-educated ones, white liberals’ share of voice and clout in the Democratic Party has gone up. And since white voters are sorting on ideology more than nonwhite voters, we’ve ended up in a situation where white liberals are more left wing than Black and Hispanic Democrats on pretty much every issue: taxes, health care, policing, and even on racial issues or various measures of “racial resentment.” So as white liberals increasingly define the party’s image and messaging, that’s going to turn off nonwhite conservative Democrats and push them against us.

When you say that white liberals are to the left of the typical Black Democrat on racial issues, how much does that depend on the definition of a racial issue? For example, one policy fight that often pits the interests of white liberal Democrats against those of the Black working class is housing and school integration. There are a lot of highly educated, white, liberal areas — full of “Black Lives Matter” lawn signs — which nevertheless oppose affordable-housing projects or school-redistricting plans that would bring less wealthy, less white students to their kids’ classrooms. The white liberals who oppose efforts to end de facto segregation may know the enlightened answer to abstract questions about the nature of racial inequality, but I’m not sure that puts them to the left of nonwhite voters on racial issues, properly defined. 

Yeah, no, absolutely. White liberals do give more progressive responses across a wide battery of traditional racial resentment questions like, “Do you believe that the reason why African Americans can’t get ahead is due to discrimination or due to other factors?” But I think it’s important to put “racial resentment” in quotes whenever you talk about it. I’m not claiming that white liberals are somehow less racist than people of color, to the extent that question even makes sense. And I do think if you asked about affirmative action and inclusionary zoning, rather than these more abstract questions that political scientists use for measuring racial resentment, you could find a different breakdown.

But I think the split on those abstract questions captures something real. In liberal circles, racism has been defined in highly ideological terms. And this theoretical perspective on what racism means and the nature of racial inequality have become a big part of the group identity of college-educated Democrats, white and nonwhite. But it’s not necessarily how most nonwhite, working-class people understand racism.

How do they differ? 

I don’t think I can answer that comprehensively. But if you look at the concrete questions, white liberals are to the left of Hispanic Democrats, but also of Black Democrats, on defunding the police and those ideological questions about the source of racial inequity.

Regardless, even if a majority of nonwhite people agreed with liberals on all of these issues, the fundamental problem is that Democrats have been relying on the support of roughly 90 percent of Black voters and 70 percent of Hispanic voters. So if Democrats elevate issues or theories that a large minority of nonwhite voters reject, it’s going to be hard to keep those margins. Because these issues are strongly correlated with ideology. And Black conservatives and Hispanic conservatives don’t actually buy into a lot of these intellectual theories of racism. They often have a very different conception of how to help the Black or Hispanic community than liberals do. And I don’t think we can buy our way out of this trade-off. Most voters are not liberals. If we polarize the electorate on ideology — or if nationally prominent Democrats raise the salience of issues that polarize the electorate on ideology — we’re going to lose a lot of votes.

Don’t these ideological self-descriptions carry similar definitional problems as “racial resentment”? Most voters may not identify as liberals. But judging from opinion polls, most voters do reject the lion’s share of the conservative movement’s governing priorities. In Congress, a “conservative” is typically a lawmaker who supports tax cuts for the rich and funding cuts for Medicaid, while opposing a higher minimum wage and another round of stimulus checks. Those are all extremely unpopular positions. 

Absolutely.

It seems important then to get clarity on what these ideological labels do and don’t mean. If taken at face value, the data looks pretty ominous for Democrats: They’ve built a coalition premised on overwhelming support from these nonwhite groups, but that support was rooted in historically contingent social conditions — not substantive agreement — and now those conditions are eroding, clearing the way for an emerging “conservative” majority. On the other hand, if you look at the polling of the biggest policy debates in Congress over the past eight years, you might conclude that there’s a natural liberal majority in this country and that the GOP is the party whose coalition is an “unnatural” agglomeration of groups held together by accidents of history.

I agree with everything you said. I do think that liberals sometimes take the ambiguities of ideology too far. A lot of progressives insist that ideological self-identification means nothing. And we know that isn’t true. One of the big patterns of the last 40 years is that ideological self-description has become increasingly correlated with partisanship and increasingly correlated to views on issues.

But there is still a large universe of policy questions — mostly economic but not exclusively — where a large majority of the public agrees with us. A $15 minimum wage polls above 60 percent; that couldn’t happen without a lot of “moderates” and “conservatives” supporting the policy. What I take from that is: Ideological polarization is a dead end. If we divide the electorate on self-described ideology, we lose — both because there are more conservatives than liberals and because conservatives are structurally overrepresented in the House, Senate, and Electoral College. So the way we get around that is by talking a lot about progressive goals that are not ideologically polarizing, goals that we share with self-described conservatives and moderates. Even among nonwhite voters, those tend to be economic issues. In test after test that we’ve done with Hispanic voters, talking about immigration commonly sparks backlash: Asking voters whether they lean toward Biden and Trump, and then emphasizing the Democratic position on immigration, often caused Biden’s share of support among Latino respondents to decline. Meanwhile, Democratic messaging about investing in schools and jobs tended to move Latino voters away from Trump.

Is that primarily a function of the fact that the marginal Hispanic voter — the one who’s least attached to the Democratic Party — is to the right of the typical Hispanic voter? Like, it isn’t the case that a majority of Hispanic voters respond negatively to immigration messaging, is it?

No. I mean, Hispanic voters are more liberal on immigration than white voters. But I think that, for one thing, the extent to which Hispanic voters have liberal views on immigration is exaggerated. If you look at, for example, decriminalizing border crossings, that’s not something that a majority of Hispanic voters support. Pew’s done a lot of polling on immigration reform, and if you ask things like, “Should we deport the undocumented population, should we give them a path to permanent residency, or should we give them a path to citizenship?” citizenship only gets a little over 50 percent support among Hispanic voters. So I think liberals really essentialize Hispanic voters and project views about immigration onto them that the data just doesn’t support.

Now, how we should campaign and what we should do once in office are different questions. Our immigration system is a humanitarian crisis, and we should do something about that. But the point of public communication should be to win votes. And the way that you do that is to not trigger ideological polarization.

What’s your (way too early) assessment of Democrats’ odds of retaining Congress after the midterm? What do they need to achieve, in statistical terms, to pull that off? And then, from a substantive point of view, are there things that they can do in office to make hitting those marks easier?

As a baseline, midterms are usually very bad for the party in power. In the past 70 years, the incumbent party has gained seats in the House and Senate maybe once or twice. The last one was in 2002. The regularity of how bad midterm environments are for the president’s party is one of the most striking findings in political science. Generally speaking, over the last 30 to 40 years, the party that controls the presidency gets about 47 percent of the vote nationwide. Add in the fact that the House already has a fairly substantial pro-Republican bias — the median House seat is something like three points to the right of the country overall — it means that in the base scenario, Democrats are headed for near-certain doom. If we replicate the GOP’s post-9/11, 2002 midterm performance, we have a chance. If we replicate the second-best presidential-party midterm from the past 40 years, we lose.

The good news is that there’s a strong case for thinking this time might be different. I’m not a macroeconomist, but it seems like Joe Biden might preside over a post-corona economic boom. Already, Biden’s approval rating is very strong. The best predictor of how a midterm is going to shake out is how popular the president is. So, for now, everything looks about as good as you could hope for.

But we have no margin for error. If we conduct ourselves the way we did after 2008, we’re definitely going to lose. And due to the way that our electoral system works, we really could be locked out of power for a very long time, just like we were after 2010. So that means the need for messaging discipline is stronger than ever. But keeping the national conversation focused around popular economic issues probably won’t be enough. Since the maps in the House of Representatives are so biased against us, if we don’t pass a redistricting reform, our chance of keeping the House is very low. And then the Senate is even more biased against us than the House. So, it’s also very important that we add as many states as we can. Currently, even if we have an exceptionally good midterm, the most likely outcome is that we lose one or two Senate seats. And then, going into 2024, we have something like seven or eight Democrats who are in states that are more Republican than the country overall. Basically, we have this small window right now to pass redistricting reform and create states. And if we don’t use this window, we will almost certainly lose control of the federal government and not be in a position to pass laws again potentially for a decade. In terms of putting numbers on things, I think that if we implemented D.C. and Puerto Rican statehood and passed redistricting reform, that would roughly triple our chance of holding the House in 2022 and roughly the same in the Senate. The fact that it’s possible to triple those odds is a testament to how bleak the baseline case is. So we need to pass those reforms and we need Biden to remain popular. If his approval rating is below 50 by the end of the year, we’re probably fucked.

Is there a tension between those two imperatives? In the past, I’ve heard you talk a lot about “thermostatic” public opinion — how voters tend to move right when Democrats are in power, and left when Republicans are in power, and generally display a bias toward the status quo and against policy change. Could adding multiple states to the Union, and changing the way that we go about allocating House representation — specifically in a manner that diminishes the influence of white, rural voters — spur thermostatic backlash? And if so, could maintaining Biden’s current approval, and implementing the reforms necessary for Democrats to stay competitive at the congressional level, present an irresolvable dilemma?

I can’t claim to know exactly what the electoral effects would be of doing these things. But all of the polling I’ve seen suggests that things like HR 1 and adding states are above water. They’re not as popular as a lot of economic issues, but they’re above 50 percent. Electoral backlash doesn’t typically come from doing things that poll at 53 or 54 percent. It comes from doing things that poll at 30 or 40 percent. And so I think that the downside of this stuff is low. I think the level of voter interest in procedural issues is low. If we lived in a world where voters punished politicians for playing procedural hardball, we would have a lot fewer Republicans in office.

And actually, in some ways, pursuing procedural reforms that don’t concern voters much — but which do get the other party all worked up — could be electorally beneficial. If you can get the other party to talk about something that voters don’t care about, that’s good. People don’t always think about media attention as a fixed quantity. But it is. To the extent that the coronavirus impacted the 2020 election, I think one positive political effect it had for Democrats was that whenever the media was talking about the coronavirus, they weren’t talking about Hunter Biden or immigration. And I think that kind of blocked Republicans from creating and inserting wedge issues. If Republicans decide to make 2022 into a referendum on independent redistricting, that will eat up space that could have otherwise gone to effective attacks. We should dare them to do it.

We talked a lot about the rightward drift of Hispanic voters in 2020. But the other big change was a leftward shift among college-educated whites. Understanding the cause of that shift seems pretty important. If these college-educated voters were primarily rejecting Donald Trump, Democrats might not be able to count on their support in 2022 and beyond.

Yeah, it’s a great question. Let’s start with numbers: In 2016, non-college-educated whites swung roughly 10 percent against the Democratic Party. And then, in 2018, roughly 30 percent of those Obama-Trump voters ended up supporting Democrats down ballot. In 2020, only 10 percent of Obama-Trump voters came home for Biden.

So I think what this shows: There is a long-term trend of increasing education polarization here and in every other country in the West. But the fact that education polarization declined significantly in 2018 — when Trump wasn’t on the ballot — and picked up again in 2020 suggests that Trump is personally responsible for a significant portion of America’s education polarization. I think that there’s a really strong case that this transition was specifically about Donald Trump.

A lot of people theorized that we first alienated Obama-Trump voters during the fight over comprehensive immigration reform and that their rightward movement was already apparent in 2014. But if you actually look at panel data, it seems really clear that these people didn’t start identifying as Republicans until Trump won the GOP nomination. I think there’s a very strong empirical argument that Donald Trump was the main driver of the polarization we’ve seen since 2016. He just personally embodies this large cultural divide between cosmopolitan college-educated voters and a large portion of non-college-educated voters. Those divides take a lot of different forms: attitudes toward race, attitudes toward gender, opinions on what kinds of things you’re allowed to say, or how you should conduct yourself. And you know, as Trump became the nominee, and as the media made politics the Donald Trump Show for the last four years, that led to increasing political polarization on attitudes toward Donald Trump specifically. I think the reason why we saw less education-based voting in 2018 is that Trump was a smaller part of the media environment than he had been in 2016 or would be in 2020.

Looking ahead to 2022, and just thinking about the next four years, the big question is how much is Donald Trump going to shape media coverage of the Republican Party or the Republican Party’s own branding? And I don’t know the answer to that question. If Trump fades out of the spotlight, I’d expect some level of education depolarization, particularly if Democrats show ideological discipline.

That speaks to a question I’ve been mulling for a while. During the 2016 campaign, Vox developed this concept of “the Trump Tax,”which was a measure of the electoral penalty that Republicans were paying for picking the most unpopular nominee in polling history. Basically, it took a “fundamentals” model of how one would expect a Republican presidential candidate to perform, given economic conditions and other background factors, and then measured how much lower Trump’s support was than that. And yet, while Trump remained historically unpopular in office, he also helped the GOP increase its structural advantages at every level of government. So I’ve long wondered: Was Donald Trump’s unpopularity with the general public more detrimental to the Republican Party than his gift for deepening education polarization was valuable? 

So, in 2016, Hillary Clinton got 51.1 percent of the two-party vote. Obama got 52 percent in 2012. In just about any other country, retaining 51.1 percent support would have been enough to keep power. But in this country, between 2012 and 2016, the Electoral College bias changed from being one percent biased toward Democrats to 3 percent biased toward Republicans, mainly because of education polarization. So Donald Trump is unpopular. And he does pay a penalty for that relative to a generic Republican. But the voters he’s popular with happen to be extremely efficiently distributed in political-geography terms.

Imagine Hillary Clinton had run against Marco Rubio in 2016. Rubio is a less toxic figure to the public as a whole, so let’s say he performed as a generic Republican would have been expected to, and Hillary Clinton’s share of the two-party vote fell to 49.6 percent. If she had maintained Obama’s coalition — if her 49.6 percent had the same ratio of college-to-non-college-educated voters as Obama had in 2012 — she would have won that election. And then, if you look at the implications that would have had down-ballot, especially in the Senate, Republicans would have been a lot worse off with a narrow majority coalition — that had a Romney-esque split between college and non-college voters — than they were with the Trump coalition.

So I think the Trump era has been very good for the Republican Party, even if they now, momentarily, have to accept this very, very, very thin Democratic trifecta. Because if these coalition changes are durable, the GOP has very rosy long-term prospects for dominating America’s federal institutions.

The question is: Can they get all of the good parts of Trumpism without the bad parts? And I don’t know the answer to that question. But when I look at the 2020 election, I see that we ran against the most unpopular Republican ever to run for president — and we ran literally the most popular figure in our party whose last name is not Obama — and we only narrowly won the Electoral College. If Biden had done 0.3 percent worse, then Donald Trump would have won reelection with just 48 percent of the two-party vote. We can’t control what Trump or Republicans do. But we can add states, we can ban partisan redistricting, and we can elevate issues that appeal to both college-educated liberals and a lot of working-class “conservatives.” If we don’t, things could get very bleak, very fast.


Bilan Trump: Je me suis battu pour vous (And for what we have in common, the heritage that we all share, a robust belief in free expression, free speech, and open debate and the movement we started is only just beginning, the belief that a nation must serve its citizens will not dwindle but instead only grow stronger by the day)

20 janvier, 2021

Thousands of National Guard Troops Prepare to Support Biden's Inauguration | Military.com
« Louis XVI, avec son confesseur Edgeworth, un instant avant sa mort, le 21 janvier 1793. » Estampe de J.-F. Cazenave (1794 ?).
Il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Louis doit mourir pour que la patrie vive. Robespierre
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Se poser la question de la fin du populisme est aussi absurde que se poser la question de la fin du peuple. Christophe Guilluy
In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles. (…) Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition. If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure. No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case. To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy. What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.” This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions. Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas. Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it. But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves. No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations. Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice, highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats. After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class. I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority. The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis. Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump. (…) The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause. Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. (…) Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve. Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties: (…) « Trump speaks to them, because he includes them. » Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt. Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street). Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves. That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable. It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence. If Trump still refuses to concede (…) this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place. May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.” Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians. Eric Gans
Le rejet de la légitimité de l’élection de Trump en 2016, par des moyens institutionnels, a préparé le rejet de la légitimité de l’élection de Biden en 2020. Jacob Siegel
Si Trump en est venu à être viscéralement convaincu d’avoir été spolié de l’élection, c’est que durant quatre ans, l’opposition démocrate s’est comportée comme s’il était un président illégitime, une marionnette du Kremlin qui aurait usurpé, par le biais d’une ténébreuse collusion russe, la victoire de Hillary Clinton (en 2019, cette dernière parlait encore d’avoir été «volée»). L’idée obsessionnelle d’une excommunication du «diable Trump», entretenue par le camp libéral, a alimenté la conviction du président d’alors d’être assiégé par un État profond prêt à tout pour l’écarter. Même chose pour ses partisans. (…) l’ensemble du camp démocrate, que seule la haine de Trump a jusqu’ici uni, acceptera-t-il le compromis vis-à-vis des vaincus? Rien n’est moins sûr. Car à côté du volcan trumpien, dont on a vu surgir une «rage blanche» extrémiste très inquiétante le 6 janvier avec force slogans antisémites et drapeaux confédérés que Biden a promis de combattre, bouillonne en Amérique le volcan de la rage identitariste de la gauche radicale, qui a embrasé le pays pendant près de huit mois l’été dernier au nom de la justice sociale et de la défense des minorités ; transformant des manifestations pacifiques de protestation contre des violences policières en entreprise de pillage et destruction du patrimoine architectural et littéraire de l’Amérique, au motif qu’il est entaché de «racisme systémique». «Cette aile gauche du Parti démocrate, qui rêve d’une détrumpification combattante, aura-t-elle gain de cause?», s’interroge Joshua Mitchell, qui observe avec inquiétude «la culture de l’annulation» prônée par les milieux progressistes se déployer depuis le 6 janvier. L’expulsion de Trump de Twitter et celle du réseau social conservateur Parler des plateformes américaines sont des signaux peu encourageants, de même que l’appel lancé par la revue Forbes aux corporations américaines pour qu’elles refusent d’embaucher d’anciens membres de l’Administration Trump, sous peine d’être blacklistées. (…) Le grand historien de la Grèce antique Victor Davis Hanson, qui a pris parti pour Trump contre les élites depuis quatre ans, met, quant à lui, en garde contre un acharnement sur le «cadavre politique» de l’ex-président, comparant l’idée d’une destitution post-présidentielle à l’acharnement d’Achille sur le corps mort d’Hector pendant la guerre de Troie. Poignardé et traîné derrière un char, celui qui n’était qu’un «vaincu fanfaron» allait devenir une figure mythique… Laure Mandeville
Il est toujours tentant de qualifier d’irrationnels ceux qui ne votent pas comme nous, en particulier si ce sont des étrangers. À leur contact, on se sentirait tellement sages, supérieurs. On ne ferait pas le moindre effort pour les écouter et les comprendre. Certains, même s’ils reconnaissent aux trumpistes une sorte de bon sens primitif, les jugent avec paternalisme et attribuent leurs opinions à une forme d’ignorance aussi crasse qu’autodestructrice : des pauvres types. Nous ferions bien de reconnaître au contraire, du moins hypothétiquement, que bon nombre des électeurs de Trump sont aussi intelligents, rationnels et idéalistes que nos voisins. Ni plus, ni moins. Ce qui les distingue, ce sont leurs objectifs et la conviction que le président Trump est le plus à même de les aider à les défendre. (…) Pendant les trois premières années du mandat de Trump, les revenus moyens des foyers sont passés de 63 000 à plus de 68 500 dollars par an, les salaires horaires des classes inférieures ont augmenté de 7 % au total et le chômage est descendu à des seuils jamais vus depuis les années 1960. Parallèlement, la croissance économique que Trump a stimulée par ses baisses d’impôts en 2018 n’a guère modifié les écarts de revenus entre les différentes catégories de population. Et les baisses de revenus ont été très également partagées, ce qui a évité qu’une catégorie ne se sente particulièrement lésée. Mais comment est-ce possible que l’électorat trumpiste n’ait pas tourné le dos à son champion avec la terrible récession provoquée par la pandémie dans le pays ? Une chose est sûre, après ce que nous avons vu dans nos pays, il ne serait pas très étonnant que les partisans de Trump finissent par faire valoir que la crise n’est pas la faute du gouvernement fédéral, ou qu’ils estiment que les gouvernements antérieurs sont coresponsables de la mauvaise gestion, au même titre que les autorités régionales et locales. Sans parler des puissances étrangères comme la Chine, qui a trop tardé à informer sur la gravité du coronavirus et des contaminations. (…) En 2018, Trump a réussi à renégocier l’Alena, le traité de libre-échange avec le Mexique et le Canada, et à arracher à ces deux pays de modestes concessions qui favorisent les géants américains de l’automobile et des produits laitiers. (…) Selon l’institut Pew Research Center, les Américains qui ont une opinion négative de la Chine ne sont plus 47 % comme en 2017, mais désormais 66 % en 2020, et ils s’inquiètent notamment de la puissance de ses multinationales d’innovation technologique. De plus, la moitié des Américains qualifie de “très grave” la disparition d’emplois, délocalisés, et le déficit commercial des États-Unis par rapport à la Chine. Eh bien, le déficit commercial des États-Unis avec la Chine s’est effondré de près de 20 % entre 2018 et 2019, et de presque 30 % pendant les quatre premiers mois de 2020. De plus, au pic de la guerre commerciale (de janvier 2018 à janvier 2020), 300 000 emplois dans l’industrie ont été créés aux États-Unis, et, ne l’oublions pas, le chômage est tombé à un niveau aussi bas que dans les années 1960. Et les salaires des plus pauvres ont nettement augmenté. Il ne sera pas difficile pour des millions d’Américains de faire, à tort, un lien entre la guerre commerciale et leur bonne fortune. (…) Enfin, Trump a non seulement nommé plus de 50 juges dans les cours d’appel du pays, mais il a aussi réussi à placer trois juges conservateurs (Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett) à la Cour suprême. À partir de maintenant, que Joe Biden soit ou non vainqueur de la présidentielle, il faudra vivre avec la majorité conservatrice la plus écrasante qu’ait connue la plus haute juridiction depuis les années 1950. Et les électeurs républicains savent à qui exprimer leur gratitude dans les urnes. Gonzalo Toca (Esglobal, Madrid, 06/11/2020)
Il y avait là des voyous, c’est indéniable. Mais laissez-moi vous parler un peu de ces manifestants que je connais personnellement. Tous sont, sans exception, des Américains ordinaires et des individus honnêtes, qui n’ont pas participé à l’invasion du Capitole et jamais n’oseraient désobéir à un officier de police. Certains parmi eux, mais pas tous, jugent que l’élection a été volée. Ils se trompent, mais cela ne fait pas d’eux des suprémacistes blancs, des terroristes de l’intérieur, des extrémistes religieux – ils ne méritent aucun des noms d’oiseaux lancés depuis une semaine. Ceux que je connais personnellement sont aujourd’hui terrifiés à l’idée d’être identifiés sur les réseaux (par des gauchistes vengeurs qui diffuseraient leurs informations personnelles), voire licenciés si jamais leur participation à la manifestation à Washington venait à se savoir. Certains ne voient aucun problème à ce que les personnes ayant enfreint la loi [le 6 janvier] soient arrêtées et poursuivies en justice. Selon un sondage Reuters/Ipsos, seuls 9 % des Américains considèrent les émeutiers comme des “citoyens inquiets” et 5 % les tiennent pour des “patriotes”. Il y a dans les 90 % restants des millions d’électeurs de Trump. Certes, parmi ces millions de personnes ayant choisi le bulletin Trump, certains, nombreux peut-être, croient à des théories du complot et ne font pas confiance à leur gouvernement. Mais comment cela s’explique-t-il ? Cela aurait-il à voir avec le fait qu’ils entendent de grands médias déclarer fièrement qu’ils ne feront pas même l’effort d’être impartiaux dans leur couverture de Trump et ensuite alimenter, eux aussi, une théorie complotiste, selon laquelle le président serait un agent à la solde des Russes ? Faut-il s’étonner que les gens aillent puiser dans d’autres sources d’information, douteuses pour certaines ? Faut-il s’étonner que la méfiance envers l’État ait augmenté, quand les Américains ont découvert que de hauts responsables du FBI et du ministère de la Justice ont abusé de leurs pouvoirs de police pour interférer dans le résultat d’une élection puis saper la légitimité d’un président élu ? William McGurn
La première fraude provient de la manipulation des électeurs par les médias. Jamais on n’avait vu une telle collusion entre un candidat, d’une part et les grands médias et médias sociaux, d’autre part. On avait cru atteindre le summum en 2016 lorsque par exemple CNN transmettait à l’avance à Hillary Clinton les questions des débats. C’était en réalité bien peu de choses par rapport à 2020. Jamais les sondages commandités par les grands médias n’auront été truqués à ce point en faveur de Joe Biden. Jamais n’avait-on assisté à un tel degré de propagande anti-Trump et pro-Biden tout au long de la campagne. Tout ce qui était positif à propos de Trump et tout ce qui était négatif à propos de Biden aura été caché au public, alors que tout ce qui était négatif à propos de Trump et tout ce qui était positif à propos de Biden aura fait l’objet d’un matraquage médiatique. Sans parler de la fabrication purement et simplement d’histoires mensongères à n’en plus finir contre le président sortant et son entourage. Le point culminant est intervenu lorsque, le 14 octobre 2020, à deux semaines de l’élection, le New York Post révéla le scandale de la corruption de la famille Biden (« the Biden crime family » comme l’appelle Donald Trump). Facebook et Twitter bloquent alors immédiatement les comptes et les pages du quotidien, pour éviter la propagation. « Une erreur de jugement », admettra par la suite Jack Dorsey, le patron de Twitter, qui n’en pense sans doute pas un mot. Les autres médias enterrent l’affaire, s’assurant que le scandale reste confiné. Et pourtant, les preuves sont accablantes. Hunter Biden, le fils de Joe Biden, décrit en détail dans ses emails obtenus par le « New York Post » le modus operandi : 50 % des sommes collectées étaient reversées au « big guy ». Les sondages réalisés après l’élection dévoileront par la suite que 13 % des électeurs de Joe Biden n’auraient pas voté pour lui s’ils avaient été informés de l’existence du scandale en question. Ce qui représente plus de 10 millions de voix ! Quand on sait que Joe Biden a remporté l’élection in fine grâce à un peu moins de 50.000 voix d’avance dans trois États-clefs… (…) La deuxième fraude aura consisté pour la gauche américaine à contourner les lois électorales applicables aux bulletins par correspondance dans les principaux États-clefs, et ce, sous le prétexte de la crise du coronavirus. Par exemple en Géorgie, il a été décidé que les bulletins par correspondance, envoyés à toute la population, seraient pris en compte sans vérification appropriée de la signature des électeurs, alors que la loi est on ne peut plus claire à ce sujet : les bulletins par correspondance doivent, sous peine de nullité, faire l’objet de contrôles stricts. En pratique, cette « relaxation » des standards de contrôle a permis à n’importe qui (des morts, des mineurs, des prisonniers, des non-résidents, des étrangers…) d’envoyer des bulletins, sans grand risque de rejet du vote. Du reste, le taux de rejet des bulletins par correspondance est passé de 3,5 % en 2016 (ce qui correspondait à 90.000 votes) à 0,3 % en 2020, et ce, alors même que le nombre de bulletins par correspondance reçus en 2020 a été multiplié par 5 comparé à 2016. Autrement dit, des dizaines de milliers de bulletins par correspondance illégaux ont été comptabilisés cette année en Géorgie. Qui plus est, ces bulletins ont pu être déposés par les électeurs dans des boîtes (« drop boxes » financées par Mark Zuckerberg, le patron de Facebook), installées spécifiquement dans certains quartiers populaires des grandes villes de l’État afin d’éviter aux électeurs d’acquitter un timbre. Bien évidemment, la collecte des bulletins déposés dans ces boîtes n’a pas pu être supervisée par les assesseurs républicains… Une vidéo prise par des caméras de surveillance a fait sensation. Elle montre comment les employés de la ville d’Atlanta ont géré le dépouillement de ces bulletins dans le centre le plus important de la ville (State Farm Arena). A 23h le soir du 3 novembre, la presse et les assesseurs des deux partis, sous le prétexte d’une fuite d’eau empêchant la poursuite du dépouillement, sont priés de rentrer chez eux et de revenir le lendemain matin. Une fois la scène vidée de ses témoins gênants, quatre employés municipaux extirpent des dizaines de milliers de bulletins de quatre valises qui avaient été placées et cachées dans la salle le matin même, pour être scannés, à de multiples reprises, dans les machines. Au total, 24 000 bulletins comptabilisés en toute illégalité, comme attesté en direct sur le site du New York Times (real time tabulations). Joe Biden a finalement emporté l’État avec… 11 779 voix d’avance. En Pennsylvanie, la loi était claire. Les bulletins par correspondance ne pouvaient être acceptés que si l’électeur apposait sa signature sur l’enveloppe. Mais cette année, le gouverneur démocrate a autorisé les centres de dépouillement à comptabiliser les bulletins sans enveloppe (« naked ballots »), ouvrant ainsi la voie à de la fraude massive. On comprend mieux pourquoi les assesseurs républicains se sont vus barrer l’accès aux centres de dépouillement à Philadelphie, et ce, même en dépit d’injonction obtenues en référé auprès des juges locaux. Par ailleurs, la loi prévoyait que les bulletins par correspondance reçus par la poste après 20h le mardi 3 novembre étaient nuls et ne pouvaient être comptabilisés. Qu’à cela ne tienne, les bulletins collectés jusqu’au vendredi 6 novembre ont été pris en compte, y compris ceux reçus sans cachet de la poste sur l’enveloppe ! N’importe qui a donc pu voter en Pennsylvanie dans les jours qui ont suivi le jour de l’élection … On précisera que 75% des 630 000 bulletins par correspondance « magiques » reçus après le 3 novembre ont été en faveur de Joe Biden. Qui plus est, dans certains comtés en Pennsylvanie, plus de voix ont été comptabilisées que d’inscrits sur les listes électorales ayant voté – 205 000 plus précisément d’après un rapport du Sénat de Pennsylvanie du 29 décembre 2020 dénonçant ce phénomène de « over votes », c’est-à-dire de bulletins comptabilisés qui n’ont pas été imprimés par le gouvernement de la Pennsylvanie. Dans le Wisconsin, la loi prévoyait que seules les personnes bénéficiant du statut de personne confinée indéfiniment (typiquement des personnes grabataires) pouvaient voter par correspondance sans avoir à se déplacer au préalable au bureau de vote pour chercher un bulletin en montrant sa pièce d’identité (un bulletin leur est alors envoyé par la poste chez eux). Mais pour l’occasion, sur ordre du gouverneur (démocrate), le statut a été largement étendu, passant de 70.000 personnes environ aux élections précédentes à 200 000 cette année, en raison du coronavirus. 130 000 votes de plus que les années précédentes ont donc été comptabilisés sans contrôle d’identité à l’échelle de l’État (un peu comme si les bureaux de vote avaient accepté que 200 000 électeurs qui venaient en personne voter ne présentent pas leur pièce d’identité). Précisons que ces 200 000 bulletins furent largement favorables à Joe Biden, lequel a remporté l’État avec 20 682 voix. Les avocats de Donald Trump ont réuni plus de mille témoignages sous serment de personnes attestant d’irrégularités importantes constatées lors des élections du 3 novembre. Chacune de ces personnes risque 5 ans de prison si elle présente un témoignage mensonger. Ainsi, des assesseurs racontent comment ils ont été expulsés des centres de dépouillement du Michigan par la police locale, sous les applaudissements des employés municipaux en train de procéder au dépouillement, des conducteurs de camion expliquent qu’ils ont conduit des chargements de centaines de milliers de bulletins fraîchement imprimés de New York jusqu’en Pennsylvanie, des employés municipaux confirment qu’ils scannaient dans les machines des bulletins par correspondance qui n’avaient pas été pliés (c’est-à-dire qui ne sortaient pas d’enveloppes) ou encore confirment qu’on leur demandait de comptabiliser des bulletins par correspondance sans vérifier les signatures, des postiers révèlent que leur hiérarchie leur demandait d’anti-dater des bulletins par correspondance reçus hors délais, des « white hat hackers » témoignent qu’ils ont réussi à se connecter aux machines des bureaux de vote en Géorgie (dans le comté de Fulton à Atlanta), des électeurs racontent que, se rendant aux urnes pour voter, ils se sont entendus dire qu’ils avaient déjà voté et qu’ils pouvaient rentrer chez eux, etc. Par ailleurs, ces mêmes avocats ont réuni des études et témoignages d’experts en probabilités identifiant les anomalies statistiques du 3 novembre. Par exemple (…) Jamais un candidat républicain n’a perdu l’élection alors qu’il a emporté la Floride et l’Ohio (qui plus avec 5 points de plus qu’en 2016). « Les résultats sont aberrants et absurdes » martèlent les mathématiciens. « Les taux de participation supérieurs à 85 % sont impossibles. Les votes en provenance de bureaux de vote à plus de 75 % en faveur d’un candidat sont la marque d’une fraude » expliquent-ils. Surtout lorsque ces anomalies arithmétiques ne sont constatées que dans les grandes villes des six États-clefs, où Joe Biden a réalisé des scores époustouflants en comparaison aux scores inférieurs de Biden par rapport à Hillary Clinton observés dans les autres grands centres urbains du pays, à commencer par New York City ou Los Angeles… Ainsi, dans le comté de Fulton, à Atlanta en Géorgie, 161 bureaux de vote ont reporté entre 90 % et 100 % de votes en faveur de Joe Biden, totalisant 152 000 voix pour le candidat démocrate. Idem à Philadelphie ou 278 bureaux de vote (16 % des bureaux de la ville), ont reporté 97 % ou plus de voix pour Joe Biden, totalisant 100 200 voix pour Joe Biden contre 2.100 voix pour Donald Trump. Même à New York City, Donald Trump n’a pas été crédité de scores aussi déséquilibrés. Toujours en Pennsylvanie, dans l’un des bureaux de vote du comté d’Allegheny, en Pennsylvanie, 93 % des bulletins par correspondance furent en faveur de Joe Biden, ce qui n’est pas possible d’un point de vue statistique, Joe Biden recevant 23 000 voix contre 1300 pour Donald Trump. Dans le comté de Wayne, le plus important du Michigan, 71 bureaux de vote ont reporté plus de votes que d’inscrits sur les listes électorales, le gouverneur (démocrate) passant outre le refus du comté de certifier les résultats… Par ailleurs, les parlementaires locaux (républicains) d’Arizona, de Géorgie, du Nevada ou encore en Pennsylvanie, qui eux, ont pu enquêter et auditionner de nombreux témoins au cours des mois de novembre et décembre 2020, ont rédigé des rapports accablants contre leurs propres gouverneurs, attestant l’ampleur de la fraude dans leurs États respectifs. En parallèle, on rappellera que le Sénat à Washington DC a lui-même organisé le 16 décembre 2020 des auditions de témoins sur le thème des irrégularités de l’élection du 3 novembre, les avocats de Donald Trump ayant alors eu l’occasion de détailler d’innombrables irrégularités, notamment concernant l’Arizona, le Nevada et le Wisconsin. A l’issue des présentations, plusieurs sénateurs durent reconnaître que de sérieux doutes pesaient sur la légitimité de l’élection de Joe Biden. Mais en dépit de cette montagne de preuves, les juges du pays ont refusé d’écouter les multiples requêtes en annulation des résultats des élections des États concernés. Aucune enquête n’a été diligentée, aucune procédure de « discovery » n’a été intentée (forçant la partie défenderesse de transmettre des informations), aucune saisie de bulletins ou des scans des machines n’a été ordonnée par les juges. Les avocats démocrates bataillèrent furieusement en justice pour qu’aucun audit ne puisse être ordonné, la plupart des requêtes ayant été écartées pour des questions de procédure. Et lorsque les juges ont décidé d’entendre les affaires sur le fond, les débats furent bâclés. La cour suprême du Nevada a par exemple rendu son jugement après avoir accepté seulement 15 dépositions (par écrit, aucun témoin en personne), et a jugé sans enquête, sans délibération, après seulement 2 heures de plaidoirie un dossier constitué de 8 000 pages portant sur 130 000 votes contestés. En fait, les rares juges de différents États qui ont accepté d’écouter les affaires sur le fond ont rapidement conclu – par un raisonnement contestable – que le remède demandé (l’annulation de l’élection) était disproportionné, constatant que les électeurs avaient voté en bonne foi et que ce n’était pas de leur faute si les lois électorales étaient irrégulières… Ce refus du pouvoir judiciaire de s’immiscer dans le contrôle à posteriori des élections culmina lorsque, le 7 décembre 2020, la Cour suprême fut saisie par 18 États et 126 membres de la Chambre des représentants, lui demandant de constater l’illégalité des élections tenues en Arizona, dans le Michigan, en Pennsylvanie et dans le Wisconsin. Quelques jours après, ce fut le coup de grâce. La cour rejeta la requête, considérant que les plaignants n’avaient pas démontré leur intérêt à agir… La messe était dite. Les juges ont créé un précédent qui restera dans l’histoire : il est désormais possible au pouvoir exécutif des 50 États des États-Unis d’organiser des élections à portée fédérale en toute violation des lois électorales adoptées par les parlements de chacun de ces États. Et ce, en contradiction directe avec l’article II section 1 de la Constitution américaine, lequel confie aux seules législatures des États le soin de déterminer les règles du déroulement des élections. Joe Biden sera bien, le 20 janvier 2021, le 46ème président « miraculé » des États-Unis. Il peut compter sur l’appui des médias sociaux, qui veillent au grain. Les posts et vidéos qui évoquent la fraude électorale sont désormais évincés de Facebook et de Youtube, la contestation des résultats étant assimilée à de la sédition. Le compte Twitter de Donald Trump est bloqué, l’interdisant de communiquer avec ses 85 millions de followers. La purge est en cours. Comme l’écrivit l’homme politique anglais Edmund Burke à la fin du XVIII° siècle, « la seule chose nécessaire pour que le mal triomphe, c’est que les hommes du bien ne fassent rien ». En l’occurrence, rien n’a été fait et maintenant, il n’y a plus rien à faire. Anthony Lacoudre
Surtout, nous avons réaffirmé l’idée sacrée qu’en Amérique, le gouvernement répond au peuple. Notre lumière directrice, notre étoile du Nord, notre conviction inébranlable a été que nous sommes ici pour servir les nobles citoyens américains de tous les jours. Notre allégeance ne va pas aux intérêts spéciaux, aux sociétés ou aux entités mondiales; c’est pour nos enfants, nos citoyens et notre nation elle-même. Ma priorité absolue, ma préoccupation constante, a toujours été l’intérêt supérieur des travailleurs américains et des familles américaines. Je n’ai pas cherché le cours le plus facile; de loin, c’était en fait le plus difficile. Je n’ai pas cherché le chemin qui recevrait le moins de critiques. J’ai engagé les batailles les plus difficiles, les combats les plus durs, les choix les plus difficiles parce que c’est pour cela que vous m’avez élu. (…) Nous avons promu une culture où nos lois seraient respectées, nos héros honorés, notre histoire préservée et les citoyens respectueux des lois jamais méprisés (…) Aucune nation ne peut prospérer longtemps si elle perd la foi en ses propres valeurs, son histoire et ses héros, car ce sont là les sources mêmes de notre unité et de notre vitalité. (…) La clé de la grandeur nationale réside dans le maintien et la transmission de notre identité nationale commune. Cela signifie se concentrer sur ce que nous avons en commun: le patrimoine que nous partageons tous. Au centre de cet héritage se trouve également une solide croyance en la liberté d’expression, la liberté d’expression et le libre débat. Seul l’oubli de qui nous sommes et comment nous sommes arrivés où nous sommes que nous nous nous abandonnerons à la censure politique et à la mise sur liste noire en Amérique. Ce n’est même pas pensable. Mettre fin au débat libre et contradictoire viole nos valeurs fondamentales et nos traditions les plus durables. En Amérique, nous n’insistons pas sur la conformité absolue et n’imposons pas des orthodoxies rigides et une police de la pensée ou de la parole. Ce n’est tout simplement pas ce que nous faisons. L’Amérique n’est pas une nation timide d’âmes dociles qui ont besoin d’être protégées de ceux avec qui nous sommes en désaccord. Ce n’est pas qui nous sommes. Ce ne sera jamais qui nous sommes. (…) En repensant aux quatre dernières années, une image me vient à l’esprit au-dessus de toutes les autres. Chaque fois que je parcourais le parcours du cortège, il y avait des milliers et des milliers de personnes. Ils étaient sortis avec leurs familles pour pouvoir tenir et agiter  fièrement à notre passage notre grand drapeau américain. Cela n’a jamais manqué de m’émouvoir profondément. Je savais qu’ils ne venaient pas simplement me montrer leur soutien; ils venaient me montrer leur soutien et leur amour pour notre pays. C’est une république de fiers citoyens unis par notre conviction commune que l’Amérique est la plus grande nation de toute l’histoire. Nous sommes, et devons toujours être, une terre d’espoir, de lumière et de gloire pour le monde entier. C’est le précieux héritage que nous devons sauvegarder à chaque tournant. C’est exactement ce pourquoi j’ai oeuvré ces quatre dernières années, ça et rien d’autre. D’une grande salle de dirigeants musulmans à Riyad à une grande place de Polonais à Varsovie; d’un discours à l’Assemblée coréenne à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies; et de la Cité Interdite de Pékin à l’ombre du Mont Rushmore, j’ai combattu pour vous, je me suis battu pour votre famille, je me suis battu pour notre pays. Par-dessus tout, je me suis battu pour l’Amérique et tout ce qu’elle représente – c’est-à-dire sûre, forte, fière et libre. Maintenant, alors que je me prépare à remettre le pouvoir à une nouvelle administration mercredi à midi, je veux que vous sachiez que le mouvement que nous avons lancé ne fait que commencer. Il n’y a jamais rien eu de tel. La conviction qu’une nation doit servir ses citoyens ne diminuera pas, mais ne fera au contraire que se renforcer de jour en jour. Président Trump

Le roi est mort, vive le roi !

En cette triste journée où 227 ans, presque jour pour jour,  après la France …

Fondant sa république sur le sacrifice rituel de son roi …

La moitié de l’Amérique et une bonne partie du monde …

S’apprêtent à célébrer la formidable parce qu’universelle puissance …

De l’expulsion réussie d’un bouc émissaire

Devinez comment …

Entre propagande massive des médias et contournement des lois électorales …

Un candidat quasi-sénile ayant mené une campagne virtuelle depuis le sous-sol de sa maison loin des journalistes et de la population …

Et ayant survécu à des accusations d’agression sexuelle …

Comme à des soupçons d’extorsion en Ukraine et de trafic d’influence avec la Chine….

Tout en en apportant sa caution à des mois d’émeutes et de pillages …

Arrive-t-il à défaire – ironie tragique de l’affaire – le candidat de la loi et de l’ordre …

Pour se voir finalement investi… sous la même protection militaire digne d’un Etat policier ..

Que tout au long de l’année précédente il avait refusé…

Quand les grandes métropoles du pays étaient livrées aux flammes et au pillage des Black Lives Matter et antifas  ?

My fellow Americans: Four years ago, we launched a great national effort to rebuild our country, to renew its spirit, and to restore the allegiance of this government to its citizens. In short, we embarked on a mission to make America great again — for all Americans. As I conclude my term as the 45th President of the United States, I stand before you truly proud of what we have achieved together. We did what we came here to do — and so much more. This week, we inaugurate a new administration and pray for its success in keeping America safe and prosperous. We extend our best wishes, and we also want them to have luck — a very important word. I’d like to begin by thanking just a few of the amazing people who made our remarkable journey possible. (…) Most of all, I want to thank the American people. To serve as your President has been an honor beyond description. Thank you for this extraordinary privilege. And that’s what it is — a great privilege and a great honor. We must never forget that while Americans will always have our disagreements, we are a nation of incredible, decent, faithful, and peace-loving citizens who all want our country to thrive and flourish and be very, very successful and good. We are a truly magnificent nation. All Americans were horrified by the assault on our Capitol. Political violence is an attack on everything we cherish as Americans. It can never be tolerated. Now more than ever, we must unify around our shared values and rise above the partisan rancor, and forge our common destiny. Four years ago, I came to Washington as the only true outsider ever to win the presidency. I had not spent my career as a politician, but as a builder looking at open skylines and imagining infinite possibilities. I ran for President because I knew there were towering new summits for America just waiting to be scaled. I knew the potential for our nation was boundless as long as we put America first. So I left behind my former life and stepped into a very difficult arena, but an arena nevertheless, with all sorts of potential if properly done. America had given me so much, and I wanted to give something back. Together with millions of hardworking patriots across this land, we built the greatest political movement in the history of our country. We also built the greatest economy in the history of the world. It was about “America First” because we all wanted to make America great again. We restored the principle that a nation exists to serve its citizens. Our agenda was not about right or left, it wasn’t about Republican or Democrat, but about the good of a nation, and that means the whole nation. With the support and prayers of the American people, we achieved more than anyone thought possible. Nobody thought we could even come close. We passed the largest package of tax cuts and reforms in American history. We slashed more job-killing regulations than any administration had ever done before. We fixed our broken trade deals, withdrew from the horrible Trans-Pacific Partnership and the impossible Paris Climate Accord, renegotiated the one-sided South Korea deal, and we replaced NAFTA with the groundbreaking USMCA — that’s Mexico and Canada — a deal that’s worked out very, very well. Also, and very importantly, we imposed historic and monumental tariffs on China; made a great new deal with China. But before the ink was even dry, we and the whole world got hit with the China virus. Our trade relationship was rapidly changing, billions and billions of dollars were pouring into the U.S., but the virus forced us to go in a different direction. (…) We reignited America’s job creation and achieved record-low unemployment for African Americans, Hispanic Americans, Asian Americans, women — almost everyone. Incomes soared, wages boomed, the American Dream was restored, and millions were lifted from poverty in just a few short years. It was a miracle. The stock market set one record after another, with 148 stock market highs during this short period of time, and boosted the retirements and pensions of hardworking citizens all across our nation. 401(k)s are at a level they’ve never been at before. (…) When our nation was hit with the terrible pandemic, we produced not one, but two vaccines with record-breaking speed, and more will quickly follow. They said it couldn’t be done but we did it. They call it a “medical miracle,” and that’s what they’re calling it right now: a “medical miracle.” Another administration would have taken 3, 4, 5, maybe even up to 10 years to develop a vaccine. We did in nine months. We grieve for every life lost, and we pledge in their memory to wipe out this horrible pandemic once and for all. (…) We confirmed three new justices of the United States Supreme Court. We appointed nearly 300 federal judges to interpret our Constitution as written. For years, the American people pleaded with Washington to finally secure the nation’s borders. I am pleased to say we answered that plea and achieved the most secure border in U.S. history. (…) We proudly leave the next administration with the strongest and most robust border security measures ever put into place. This includes historic agreements with Mexico, Guatemala, Honduras, and El Salvador, along with more than 450 miles of powerful new wall. We restored American strength at home and American leadership abroad. The world respects us again. Please don’t lose that respect. We reclaimed our sovereignty by standing up for America at the United Nations and withdrawing from the one-sided global deals that never served our interests. And NATO countries are now paying hundreds of billions of dollars more than when I arrived just a few years ago. It was very unfair. We were paying the cost for the world. Now the world is helping us. And perhaps most importantly of all, with nearly $3 trillion, we fully rebuilt the American military — all made in the USA. We launched the first new branch of the United States Armed Forces in 75 years: the Space Force. And last spring, I stood at Kennedy Space Center in Florida and watched as American astronauts returned to space on American rockets for the first time in many, many years. We revitalized our alliances and rallied the nations of the world to stand up to China like never before. We obliterated the ISIS caliphate and ended the wretched life of its founder and leader, al Baghdadi. We stood up to the oppressive Iranian regime and killed the world’s top terrorist, Iranian butcher Qasem Soleimani. We recognized Jerusalem as the capital of Israel and recognized Israeli sovereignty over the Golan Heights. As a result of our bold diplomacy and principled realism, we achieved a series of historic peace deals in the Middle East. Nobody believed it could happen. The Abraham Accords opened the doors to a future of peace and harmony, not violence and bloodshed. It is the dawn of a new Middle East, and we are bringing our soldiers home. I am especially proud to be the first President in decades who has started no new wars. Above all, we have reasserted the sacred idea that, in America, the government answers to the people. Our guiding light, our North Star, our unwavering conviction has been that we are here to serve the noble everyday citizens of America. Our allegiance is not to the special interests, corporations, or global entities; it’s to our children, our citizens, and to our nation itself. As President, my top priority, my constant concern, has always been the best interests of American workers and American families. I did not seek the easiest course; by far, it was actually the most difficult. I did not seek the path that would get the least criticism. I took on the tough battles, the hardest fights, the most difficult choices because that’s what you elected me to do. Your needs were my first and last unyielding focus. This, I hope, will be our greatest legacy: Together, we put the American people back in charge of our country. We restored self-government. We restored the idea that in America no one is forgotten, because everyone matters and everyone has a voice. We fought for the principle that every citizen is entitled to equal dignity, equal treatment, and equal rights because we are all made equal by God. Everyone is entitled to be treated with respect, to have their voice heard, and to have their government listen. You are loyal to your country, and my administration was always loyal to you. (…) We promoted a culture where our laws would be upheld, our heroes honored, our history preserved, and law-abiding citizens are never taken for granted. (…) Now, as I leave the White House, I have been reflecting on the dangers that threaten the priceless inheritance we all share. As the world’s most powerful nation, America faces constant threats and challenges from abroad. But the greatest danger we face is a loss of confidence in ourselves, a loss of confidence in our national greatness. A nation is only as strong as its spirit. We are only as dynamic as our pride. We are only as vibrant as the faith that beats in the hearts of our people. No nation can long thrive that loses faith in its own values, history, and heroes, for these are the very sources of our unity and our vitality. What has always allowed America to prevail and triumph over the great challenges of the past has been an unyielding and unashamed conviction in the nobility of our country and its unique purpose in history. We must never lose this conviction. We must never forsake our belief in America. The key to national greatness lies in sustaining and instilling our shared national identity. That means focusing on what we have in common: the heritage that we all share. At the center of this heritage is also a robust belief in free expression, free speech, and open debate. Only if we forget who we are, and how we got here, could we ever allow political censorship and blacklisting to take place in America. It’s not even thinkable. Shutting down free and open debate violates our core values and most enduring traditions. In America, we don’t insist on absolute conformity or enforce rigid orthodoxies and punitive speech codes. We just don’t do that. America is not a timid nation of tame souls who need to be sheltered and protected from those with whom we disagree. That’s not who we are. It will never be who we are. For nearly 250 years, in the face of every challenge, Americans have always summoned our unmatched courage, confidence, and fierce independence. These are the miraculous traits that once led millions of everyday citizens to set out across a wild continent and carve out a new life in the great West. It was the same profound love of our God-given freedom that willed our soldiers into battle and our astronauts into space. As I think back on the past four years, one image rises in my mind above all others. Whenever I traveled all along the motorcade route, there were thousands and thousands of people. They came out with their families so that they could stand as we passed, and proudly wave our great American flag. It never failed to deeply move me. I knew that they did not just come out to show their support of me; they came out to show me their support and love for our country. This is a republic of proud citizens who are united by our common conviction that America is the greatest nation in all of history. We are, and must always be, a land of hope, of light, and of glory to all the world. This is the precious inheritance that we must safeguard at every single turn. For the past four years, I have worked to do just that. From a great hall of Muslim leaders in Riyadh to a great square of Polish people in Warsaw; from the floor of the Korean Assembly to the podium at the United Nations General Assembly; and from the Forbidden City in Beijing to the shadow of Mount Rushmore, I fought for you, I fought for your family, I fought for our country. Above all, I fought for America and all it stands for — and that is safe, strong, proud, and free. Now, as I prepare to hand power over to a new administration at noon on Wednesday, I want you to know that the movement we started is only just beginning. There’s never been anything like it. The belief that a nation must serve its citizens will not dwindle but instead only grow stronger by the day. As long as the American people hold in their hearts deep and devoted love of country, then there is nothing that this nation cannot achieve. Our communities will flourish. Our people will be prosperous. Our traditions will be cherished. Our faith will be strong. And our future will be brighter than ever before. I go from this majestic place with a loyal and joyful heart, an optimistic spirit, and a supreme confidence that for our country and for our children, the best is yet to come. Thank you, and farewell. God bless you. God bless the United States of America.

President Trump

Voir aussi:

L’élection miraculeuse de Joe Biden- – partie 1
Anthony Lacoudre
France Soir
19/01/2021

« I’m sorry you can’t believe in miracles. » Lance Armstrong

Mercredi 20 janvier, au pied du Capitole à Washington DC, Joe Biden prêtera serment, la main posée sur la Bible. Il sera intronisé comme le nouveau président des États-Unis, ayant battu le président sortant Donald Trump. Il pourra effectivement remercier Dieu car son élection relève tout simplement du miracle.

Comment a-t-il fait en effet pour obtenir plus de 81 millions de voix lors de l’élection du 3 novembre dernier, c’est-à-dire plus de voix que n’importe quel autre candidat l’ayant précédé dans l’histoire du pays, y compris Barack Obama ? Comment a-t-il fait pour obtenir 15 millions de voix de plus qu’Hillary Clinton en 2016 ?

Et cela après avoir mené une campagne virtuelle depuis le sous-sol de sa maison du Delaware, en évitant soigneusement les contacts avec les journalistes et avec la population ? Comment a-t-il pu survivre aux accusations d’agression sexuelle contre une fonctionnaire du Sénat et aux soupçons d’extorsion en Ukraine et de trafic d’influence, notamment avec des pays comme la Chine ? Comment a-t-il fait, au cours de cette campagne, pour surpasser ses errements, ses diverses gaffes, ses propos maladroits, incohérents, parfois franchement racistes ?

En réalité, son élection ne relève pas d’un miracle, elle relève de la fraude.

La propagande des médias

La première fraude provient de la manipulation des électeurs par les médias. Jamais on n’avait vu une telle collusion entre un candidat, d’une part et les grands médias et médias sociaux, d’autre part. On avait cru atteindre le summum en 2016 lorsque par exemple CNN transmettait à l’avance à Hillary Clinton les questions des débats. C’était en réalité bien peu de choses par rapport à 2020. Jamais les sondages commandités par les grands médias n’auront été truqués à ce point en faveur de Joe Biden. Jamais n’avait-on assisté à un tel degré de propagande anti-Trump et pro-Biden tout au long de la campagne. Tout ce qui était positif à propos de Trump et tout ce qui était négatif à propos de Biden aura été caché au public, alors que tout ce qui était négatif à propos de Trump et tout ce qui était positif à propos de Biden aura fait l’objet d’un matraquage médiatique. Sans parler de la fabrication purement et simplement d’histoires mensongères à n’en plus finir contre le président sortant et son entourage.

Le scandale de la « Biden crime family » étouffé

Le point culminant est intervenu lorsque, le 14 octobre 2020, à deux semaines de l’élection, le New York Post révéla le scandale de la corruption de la famille Biden (« the Biden crime family » comme l’appelle Donald Trump). Facebook et Twitter bloquent alors immédiatement les comptes et les pages du quotidien, pour éviter la propagation. « Une erreur de jugement », admettra par la suite Jack Dorsey, le patron de Twitter, qui n’en pense sans doute pas un mot.

Les autres médias enterrent l’affaire, s’assurant que le scandale reste confiné. Et pourtant, les preuves sont accablantes. Hunter Biden, le fils de Joe Biden, décrit en détail dans ses emails obtenus par le « New York Post » le modus operandi : 50 % des sommes collectées étaient reversées au « big guy ».

Les sondages réalisés après l’élection dévoileront par la suite que 13 % des électeurs de Joe Biden n’auraient pas voté pour lui s’ils avaient été informés de l’existence du scandale en question. Ce qui représente plus de 10 millions de voix ! Quand on sait que Joe Biden a remporté l’élection in fine grâce à un peu moins de 50.000 voix d’avance dans trois États-clefs…

Le contournement des lois électorales

La deuxième fraude aura consisté pour la gauche américaine à contourner les lois électorales applicables aux bulletins par correspondance dans les principaux États-clefs, et ce, sous le prétexte de la crise du coronavirus.

Par exemple en Géorgie, il a été décidé que les bulletins par correspondance, envoyés à toute la population, seraient pris en compte sans vérification appropriée de la signature des électeurs, alors que la loi est on ne peut plus claire à ce sujet : les bulletins par correspondance doivent, sous peine de nullité, faire l’objet de contrôles strictes. En pratique, cette « relaxation » des standards de contrôle a permis à n’importe qui (des morts, des mineurs, des prisonniers, des non-résidents, des étrangers…) d’envoyer des bulletins, sans grand risque de rejet du vote. Du reste, le taux de rejet des bulletins par correspondance est passé de 3,5 % en 2016 (ce qui correspondait à 90.000 votes) à 0,3 % en 2020, et ce, alors même que le nombre de bulletins par correspondance reçus en 2020 a été multiplié par 5 comparé à 2016. Autrement dit, des dizaines de milliers de bulletins par correspondance illégaux ont été comptabilisés cette année en Géorgie.

Qui plus est, ces bulletins ont pu être déposés par les électeurs dans des boîtes (« drop boxes » financées par Mark Zuckerberg, le patron de Facebook), installées spécifiquement dans certains quartiers populaires des grandes villes de l’État afin d’éviter aux électeurs d’acquitter un timbre. Bien évidemment, la collecte des bulletins déposés dans ces boîtes n’a pas pu être supervisée par les assesseurs républicains…

Une vidéo prise par des caméras de surveillance a fait sensation. Elle montre comment les employés de la ville d’Atlanta ont géré le dépouillement de ces bulletins dans le centre le plus important de la ville (State Farm Arena). A 23h le soir du 3 novembre, la presse et les assesseurs des deux partis, sous le prétexte d’une fuite d’eau empêchant la poursuite du dépouillement, sont priés de rentrer chez eux et de revenir le lendemain matin. Une fois la scène vidée de ses témoins gênants, quatre employés municipaux extirpent des dizaines de milliers de bulletins de quatre valises qui avaient été placées et cachées dans la salle le matin même, pour être scannés, à de multiples reprises, dans les machines. Au total, 24 000 bulletins comptabilisés en toute illégalité, comme attesté en direct sur le site du New York Times (real time tabulations). Joe Biden a finalement emporté l’État avec… 11 779 voix d’avance.

En Pennsylvanie, la loi était claire. Les bulletins par correspondance ne pouvaient être acceptés que si l’électeur apposait sa signature sur l’enveloppe. Mais cette année, le gouverneur démocrate a autorisé les centres de dépouillement à comptabiliser les bulletins sans enveloppe (« naked ballots »), ouvrant ainsi la voie à de la fraude massive. On comprend mieux pourquoi les assesseurs républicains se sont vus barrer l’accès aux centres de dépouillement à Philadelphie, et ce, même en dépit d’injonction obtenues en référé auprès des juges locaux.

Par ailleurs, la loi prévoyait que les bulletins par correspondance reçus par la poste après 20h le mardi 3 novembre étaient nuls et ne pouvaient être comptabilisés. Qu’à cela ne tienne, les bulletins collectés jusqu’au vendredi 6 novembre ont été pris en compte, y compris ceux reçus sans cachet de la poste sur l’enveloppe ! N’importe qui a donc pu voter en Pennsylvanie dans les jours qui ont suivi le jour de l’élection … On précisera que 75% des 630 000 bulletins par correspondance « magiques » reçus après le 3 novembre ont été en faveur de Joe Biden.

Qui plus est, dans certains comtés en Pennsylvanie, plus de voix ont été comptabilisées que d’inscrits sur les listes électorales ayant voté – 205 000 plus précisément d’après un rapport du Sénat de Pennsylvanie du 29 décembre 2020 dénonçant ce phénomène de « over votes », c’est-à-dire de bulletins comptabilisés qui n’ont pas été imprimés par le gouvernement de la Pennsylvanie.

Dans le Wisconsin, la loi prévoyait que seules les personnes bénéficiant du statut de personne confinée indéfiniment (typiquement des personnes grabataires) pouvaient voter par correspondance sans avoir à se déplacer au préalable au bureau de vote pour chercher un bulletin en montrant sa pièce d’identité (un bulletin leur est alors envoyé par la poste chez eux). Mais pour l’occasion, sur ordre du gouverneur (démocrate), le statut a été largement étendu, passant de 70.000 personnes environ aux élections précédentes à 200 000 cette année, en raison du coronavirus. 130 000 votes de plus que les années précédentes ont donc été comptabilisés sans contrôle d’identité à l’échelle de l’État (un peu comme si les bureaux de vote avaient accepté que 200 000 électeurs qui venaient en personne voter ne présentent pas leur pièce d’identité). Précisons que ces 200 000 bulletins furent largement favorables à Joe Biden, lequel a remporté l’État avec 20 682 voix.

Anthony Lacoudre est avocat à New York.

L’élection miraculeuse de Joe Biden – partie 2
Anthony Lacoudre
France Soir
19/01/2021

Des preuves de fraude accablantes

Les avocats de Donald Trump ont réuni plus de mille témoignages sous serment de personnes attestant d’irrégularités importantes constatées lors des élections du 3 novembre. Chacune de ces personnes risque 5 ans de prison si elle présente un témoignage mensonger.

Ainsi, des assesseurs racontent comment ils ont été expulsés des centres de dépouillement du Michigan par la police locale, sous les applaudissements des employés municipaux en train de procéder au dépouillement, des conducteurs de camion expliquent qu’ils ont conduit des chargements de centaines de milliers de bulletins fraîchement imprimés de New York jusqu’en Pennsylvanie, des employés municipaux confirment qu’ils scannaient dans les machines des bulletins par correspondance qui n’avaient pas été pliés (c’est-à-dire qui ne sortaient pas d’enveloppes) ou encore confirment qu’on leur demandait de comptabiliser des bulletins par correspondance sans vérifier les signatures, des postiers révèlent que leur hiérarchie leur demandait d’anti-dater des bulletins par correspondance reçus hors délais, des « white hat hackers » témoignent qu’ils ont réussi à se connecter aux machines des bureaux de vote en Géorgie (dans le comté de Fulton à Atlanta), des électeurs racontent que, se rendant aux urnes pour voter, ils se sont entendus dire qu’ils avaient déjà voté et qu’ils pouvaient rentrer chez eux, etc.

Par ailleurs, ces mêmes avocats ont réuni des études et témoignages d’experts en probabilités identifiant les anomalies statistiques du 3 novembre. Par exemple, dans l’histoire du pays, jamais six États n’ont interrompu en même temps leur dépouillement à partir de 23h le soir de l’élection. Jamais des pics d’enregistrement de voix par centaines de milliers en faveur d’un candidat en pleine nuit n’ont été constatés en l’espace de seulement quelques heures. Jamais un candidat républicain n’a perdu l’élection alors qu’il a emporté la Floride et l’Ohio (qui plus avec 5 points de plus qu’en 2016).

« Les résultats sont aberrants et absurdes » martèlent les mathématiciens. « Les taux de participation supérieurs à 85 % sont impossibles. Les votes en provenance de bureaux de vote à plus de 75 % en faveur d’un candidat sont la marque d’une fraude » expliquent-ils.

Surtout lorsque ces anomalies arithmétiques ne sont constatées que dans les grandes villes des six États-clefs, où Joe Biden a réalisé des scores époustouflants en comparaison aux scores inférieurs de Biden par rapport à Hillary Clinton observés dans les autres grands centres urbains du pays, à commencer par New York City ou Los Angeles…

Ainsi, dans le comté de Fulton, à Atlanta en Géorgie, 161 bureaux de vote ont reporté entre 90 % et 100 % de votes en faveur de Joe Biden, totalisant 152 000 voix pour le candidat démocrate. Idem à Philadelphie ou 278 bureaux de vote (16 % des bureaux de la ville), ont reporté 97 % ou plus de voix pour Joe Biden, totalisant 100 200 voix pour Joe Biden contre 2.100 voix pour Donald Trump. Même à New York City, Donald Trump n’a pas été crédité de scores aussi déséquilibrés.

Toujours en Pennsylvanie, dans l’un des bureaux de vote du comté d’Allegheny, en Pennsylvanie, 93 % des bulletins par correspondance furent en faveur de Joe Biden, ce qui n’est pas possible d’un point de vue statistique, Joe Biden recevant 23 000 voix contre 1300 pour Donald Trump. Dans le comté de Wayne, le plus important du Michigan, 71 bureaux de vote ont reporté plus de votes que d’inscrits sur les listes électorales, le gouverneur (démocrate) passant outre le refus du comté de certifier les résultats…

Par ailleurs, les parlementaires locaux (républicains) d’Arizona, de Géorgie, du Nevada ou encore en Pennsylvanie, qui eux, ont pu enquêter et auditionner de nombreux témoins au cours des mois de novembre et décembre 2020, ont rédigé des rapports accablants contre leurs propres gouverneurs, attestant l’ampleur de la fraude dans leurs États respectifs.

En parallèle, on rappellera que le Sénat à Washington DC a lui-même organisé le 16 décembre 2020 des auditions de témoins sur le thème des irrégularités de l’élection du 3 novembre, les avocats de Donald Trump ayant alors eu l’occasion de détailler d’innombrables irrégularités, notamment concernant l’Arizona, le Nevada et le Wisconsin. A l’issue des présentations, plusieurs sénateurs durent reconnaître que de sérieux doutes pesaient sur la légitimité de l’élection de Joe Biden.

La justice se dérobe

Mais en dépit de cette montagne de preuves, les juges du pays ont refusé d’écouter les multiples requêtes en annulation des résultats des élections des États concernés. Aucune enquête n’a été diligentée, aucune procédure de « discovery » n’a été intentée (forçant la partie défenderesse de transmettre des informations), aucune saisie de bulletins ou des scans des machines n’a été ordonnée par les juges. Les avocats démocrates bataillèrent furieusement en justice pour qu’aucun audit ne puisse être ordonné, la plupart des requêtes ayant été écartées pour des questions de procédure.

Et lorsque les juges ont décidé d’entendre les affaires sur le fond, les débats furent bâclés. La cour suprême du Nevada a par exemple rendu son jugement après avoir accepté seulement 15 dépositions (par écrit, aucun témoin en personne), et a jugé sans enquête, sans délibération, après seulement 2 heures de plaidoirie un dossier constitué de 8 000 pages portant sur 130 000 votes contestés. En fait, les rares juges de différents États qui ont accepté d’écouter les affaires sur le fond ont rapidement conclu – par un raisonnement contestable – que le remède demandé (l’annulation de l’élection) était disproportionné, constatant que les électeurs avaient voté en bonne foi et que ce n’était pas de leur faute si les lois électorales étaient irrégulières…

Ce refus du pouvoir judiciaire de s’immiscer dans le contrôle à posteriori des élections culmina lorsque, le 7 décembre 2020, la Cour suprême fut saisie par 18 États et 126 membres de la Chambre des représentants, lui demandant de constater l’illégalité des élections tenues en Arizona, dans le Michigan, en Pennsylvanie et dans le Wisconsin. Quelques jours après, ce fut le coup de grâce. La cour rejetta la requête, considérant que les plaignants n’avaient pas démontré leur intérêt à agir…

La messe était dite. Les juges ont créé un précédent qui restera dans l’histoire : il est désormais possible au pouvoir exécutif des 50 États des États-Unis d’organiser des élections à portée fédérale en toute violation des lois électorales adoptées par les parlements de chacun de ces États. Et ce, en contradiction directe avec l’article II section 1 de la Constitution américaine, lequel confie aux seules législatures des États le soin de déterminer les règles du déroulement des élections.

Joe Biden sera bien, le 20 janvier 2021, le 46ème président « miraculé » des États-Unis. Il peut compter sur l’appui des médias sociaux, qui veillent au grain. Les posts et vidéos qui évoquent la fraude électorale sont désormais évincés de Facebook et de Youtube, la contestation des résultats étant assimilée à de la sédition. Le compte Twitter de Donald Trump est bloqué, l’interdisant de communiquer avec ses 85 millions de followers. La purge est en cours.

Comme l’écrivit l’homme politique anglais Edmund Burke à la fin du XVIII° siècle,

« la seule chose nécessaire pour que le mal triomphe, c’est que les hommes du bien ne fassent rien ».

En l’occurrence, rien n’a été fait et maintenant, il n’y a plus rien à faire.

Anthony Lacoudre est avocat à New York.

Voir également:

Respectons les 74 millions d’électeurs de Trump, ils ne sont pas “pitoyables”
The Wall Street Journal
15/01/2021

Donald Trump est fini, mais son sort n’est plus une priorité, observe ce chroniqueur conservateur du Wall Street Journal. Si Biden veut guérir l’Amérique, il va devoir apaiser les partisans de son adversaire, qui ont le sentiment que le mépris et la haine dont leur candidat est l’objet les visent eux aussi.

Si Donald Trump avait envisagé un avenir politique, c’est bel et bien terminé. Il a largement contribué à l’hypothéquer lui-même lors de la campagne pour les sénatoriales en Géorgie, en faisant passer sa petite personne devant l’intérêt d’une majorité républicaine au Sénat. Ce qui a achevé de lui boucher toute perspective, c’est la foule de ses partisans qui, mercredi [6 janvier], ont envahi le Capitole et, ce faisant, fait plus de tort à leur favori qu’aucun de ses ennemis n’y était jamais parvenu.

Washington se perd en conjectures sur le niveau d’humiliation qui sera infligé au président sortant. Après le lancement [et le vote] d’une deuxième procédure de destitution contre lui, on évoque même un procès devant le Sénat après la fin de son mandat.

Mais pour qui est attaché à l’unité et à la guérison, le sort de Donald Trump n’est plus une priorité. Il y a plus grave : ce qui va advenir de cette moitié de l’Amérique qui l’a soutenu. Beaucoup sont tentés de mettre dans le même sac les 74 millions d’Américains qui ont voté Trump et les auteurs de l’attaque du Capitole, et de les considérer désormais tous inaptes à la vie civique.

Voyous et Américains ordinaires

Il y avait là des voyous, c’est indéniable. Mais laissez-moi vous parler un peu de ces manifestants que je connais personnellement. Tous sont, sans exception, des Américains ordinaires et des individus honnêtes, qui n’ont pas participé à l’invasion du Capitole et jamais n’oseraient désobéir à un officier de police.

Certains parmi eux, mais pas tous, jugent que l’élection a été volée. Ils se trompent, mais cela ne fait pas d’eux des suprémacistes blancs, des terroristes de l’intérieur, des extrémistes religieux – ils ne méritent aucun des noms d’oiseaux lancés depuis une semaine. Ceux que je connais personnellement sont aujourd’hui terrifiés à l’idée d’être identifiés sur les réseaux (par des gauchistes vengeurs qui diffuseraient leurs informations personnelles), voire licenciés si jamais leur participation à la manifestation à Washington venait à se savoir.

Certains ne voient aucun problème à ce que les personnes ayant enfreint la loi [le 6 janvier] soient arrêtées et poursuivies en justice. Selon un sondage Reuters/Ipsos, seuls 9 % des Américains considèrent les émeutiers comme des “citoyens inquiets” et 5 % les tiennent pour des “patriotes”. Il y a dans les 90 % restants des millions d’électeurs de Trump.

Certes, parmi ces millions de personnes ayant choisi le bulletin Trump, certains, nombreux peut-être, croient à des théories du complot et ne font pas confiance à leur gouvernement.

Mais comment cela s’explique-t-il ? Cela aurait-il à voir avec le fait qu’ils entendent de grands médias déclarer fièrement qu’ils ne feront pas même l’effort d’être impartiaux dans leur couverture de Trump et ensuite alimenter, eux aussi, une théorie complotiste, selon laquelle le président serait un agent à la solde des Russes ? Faut-il s’étonner que les gens aillent puiser dans d’autres sources d’information, douteuses pour certaines ?
Trump n’a aucun talent pour apaiser les passions

Faut-il s’étonner que la méfiance envers l’État ait augmenté, quand les Américains ont découvert que de hauts responsables du FBI et du ministère de la Justice ont abusé de leurs pouvoirs de police pour interférer dans le résultat d’une élection puis saper la légitimité d’un président élu ? [Selon un autre article du Wall Street Journal, un rapport du Sénat américain détaillant la vulnérabilité de la campagne Trump 2016 à l’espionnage russe a également trouvé des failles dans l’enquête menée par le FBI.]

Donald Trump n’a aucun talent pour apaiser les passions, d’ailleurs aujourd’hui en plein emballement, et dans tous les cas il sera incessamment hors jeu. Mais si Joe Biden entend être, comme il l’a dit, le président de tous les Américains, qu’ils aient ou non voté pour lui, il a du pain sur la planche. Il [aurait été] bien avisé, pour commencer, de demander aux démocrates d’annuler la procédure d’impeachment qui ne fera que jeter du sel sur la plaie, et de faire comprendre aux républicains anti-Trump que, par leur volonté de mettre sur liste noire quiconque a exercé des fonctions au sein de l’administration Trump, ils ne feront qu’accentuer la rancœur et la division.
À lire aussi Opinion. Présidentielle 2020 : “pourquoi je ne pardonne pas aux électeurs de Trump”

Pourquoi serait-ce à Joe Biden d’aller apaiser des partisans de Trump désenchantés ? pourrait-on demander. C’est que Biden sera [le 20 janvier] le chef de cette nation, et que c’est une promesse qu’il a déjà faite. Dans son discours de victoire, il a dit qu’il était temps de “cesser de traiter nos adversaires en ennemis”. Il a tout à fait raison – mais il faut de l’autorité pour que ces mots se concrétisent pour ces millions d’électeurs de Trump qui ont le sentiment, non sans raison, que la haine et le mépris dont leur candidat est l’objet les visent eux aussi.

“L’État les a laissés tomber, l’économie les a laissés tomber”

Hillary Clinton n’avait pas dit autre chose lorsqu’elle avait, fort malheureusement, qualifié ces Américains de “pitoyables”. Ironie de l’histoire, dans ses propos, l’ancienne candidate démocrate ne rangeait dans sa “bande de pitoyables” que la moitié des partisans de Donald Trump.

L’autre moitié, avait-elle estimé, est faite de “gens qui ont le sentiment que l’État les a laissés tomber, que l’économie les a laissés tomber, que plus personne ne s’intéresse à eux, que plus personne ne se préoccupe de leur quotidien, ni de leur avenir.” Et d’ajouter :

Ces gens-là sont des gens que nous devons comprendre, dans leur raisonnement et dans leur ressenti.”

Hillary Clinton était prête à penser qu’au moins la moitié des supporters de Trump méritaient compréhension et empathie. Aujourd’hui, cela ferait d’elle une modérée.

William McGurn

All Donald Trump’s Deplorables

Even Hillary Clinton consigned only half of Trump supporters to her infamous ‘basket.’

Whatever political future Donald Trump might have envisioned for himself is now dead. He squandered a good chunk of it in the Georgia runoffs, when he made them all about himself instead of about keeping Republican control over the Senate. But it was finished off by the mob of his own supporters who stormed the Capitol this past Wednesday and inflicted more lasting damage on their man than anything his enemies ever managed.

At the moment, Washington is consumed with just how humiliating Mr. Trump’s exit will be—with a second impeachment, with the 25th Amendment invoked, with his resignation. There’s even talk of holding a Senate trial when he’s no longer president.

But for anyone who cares about unity and healing, the president’s fate is no longer the primary concern. More important is the future for the half of America that supported him. Because there is an effort to lump the 74 million Americans who voted for Mr. Trump with those who rampaged through the Capitol—thus rendering them unfit for polite society going forward.

There’s no denying the reality of the thugs. But let me tell you about the people I know who attended that rally. To a person, they are decent, ordinary Americans who didn’t enter the Capitol and wouldn’t dream of disobeying a police officer.

These are also people who have no problem with arresting and prosecuting those who did break the law that Wednesday. A Reuters/Ipsos poll reports that only 9% of Americans consider the rioters “concerned citizens” and 5% call them “patriots.” The remaining 90% includes millions of Trump voters.

True, those millions include some, perhaps many, who believe in conspiracy theories and don’t trust their government.

But where could that have come from? Might it have something to do with watching leading media outlets proudly declare they wouldn’t even try to be fair in reporting about Mr. Trump, and then go on to promote the conspiracy theory that the president was a Russian agent? Is it any surprise that people might then look to other sources of information, some of which are dubious? Or that distrust in government grew as people learned how leaders at the FBI and Justice Department abused their police powers to interfere in an election and then undermine an elected president?

Everywhere a Trump voter turns, he sees ostensibly apolitical organizations enlisting in the “resistance.” Here’s an email just sent to every kid in America applying to college through the Common App:

“We witnessed a deeply disturbing attack on democracy on Wednesday, when violent white supremacist insurrectionists stormed the U.S. Capitol in an attempt to undo a fair and legal election. The stark differences between how peaceful Black and brown protesters have been treated for years relative to Wednesday’s coup again call attention to the open wound of systemic racism.”

Mr. Trump’s power to cool passions, now running at a fever pitch, is almost nil, and in any event his time is running out. But if Joe Biden means what he says about being president for all Americans, including those who didn’t vote for him, he has work to do. A healthy start would be to ask his fellow Democrats to call off the impeachment that will only rub raw an open wound, or make clear to the anti-Trump Republicans in the Lincoln Project that their effort to blacklist anyone who served in the Trump administration is a prescription for more rancor and division.

Some ask: Why is it on Mr. Biden to soothe disenchanted Trump followers? The answer is because in a week he will be the nation’s leader—and he’s already promised as much. In his victory speech he said it was time to “stop treating our opponents as enemies.” He’s right, but it will take leadership to make these words real for millions of Trump voters who feel, with reason, that the hatred and contempt directed at Mr. Trump is also meant for them.

Hillary Clinton admitted this when she infamously labeled these voters “deplorables.” But funny thing about that: In her original remarks, she made clear she was consigning only half of Mr. Trump’s supporters to her “basket of deplorables.”

The other half, she said, are “people who feel that the government has let them down, the economy has let them down, nobody cares about them, nobody worries about what happens to their lives and their futures.” She went on to advise that “those are people we have to understand and empathize with as well.”

She was willing to consider at least half of Mr. Trump’s supporters worthy of understanding and empathy. Today, this would make Mrs. Clinton the moderate.

 

Cessons de mépriser les électeurs de Trump

Esglobal – Madrid

Quel que soit le résultat final de l’élection, demandons-nous pourquoi des millions de sympathisants républicains sont restés fidèles au président sortant, écrit ce journaliste économique espagnol sur le site d’analyse des relations internationales Esglobal.Il est toujours tentant de qualifier d’irrationnels ceux qui ne votent pas comme nous, en particulier si ce sont des étrangers. À leur contact, on se sentirait tellement sages, supérieurs. On ne ferait pas le moindre effort pour les écouter et les comprendre.

Certains, même s’ils reconnaissent aux trumpistes une sorte de bon sens primitif, les jugent avec paternalisme et attribuent leurs opinions à une forme d’ignorance aussi crasse qu’autodestructrice : des pauvres types.

Nous ferions bien de reconnaître au contraire, du moins hypothétiquement, que bon nombre des électeurs de Trump sont aussi intelligents, rationnels et idéalistes que nos voisins. Ni plus, ni moins.

Ce qui les distingue, ce sont leurs objectifs et la conviction que le président Trump est le plus à même de les aider à les défendre.

Mais quels sont ces objectifs ? Et par quelles motivations (et demi-vérités) sont mus tant de millions de gens qui continuent à croire en Trump au bout de quatre ans ?

1) Économie et classe moyenne : mieux qu’en 2016 ?

Pendant les trois premières années du mandat de Trump, les revenus moyens des foyers sont passés de 63 000 à plus de 68 500 dollars par an, les salaires horaires des classes inférieures ont augmenté de 7 % au total et le chômage est descendu à des seuils jamais vus depuis les années 1960.

Parallèlement, la croissance économique que Trump a stimulée par ses baisses d’impôts en 2018 n’a guère modifié les écarts de revenus entre les différentes catégories de population. Et les baisses de revenus ont été très également partagées, ce qui a évité qu’une catégorie ne se sente particulièrement lésée.

Mais comment est-ce possible que l’électorat trumpiste n’ait pas tourné le dos à son champion avec la terrible récession provoquée par la pandémie dans le pays ?

Une chose est sûre, après ce que nous avons vu dans nos pays, il ne serait pas très étonnant que les partisans de Trump finissent par faire valoir que la crise n’est pas la faute du gouvernement fédéral, ou qu’ils estiment que les gouvernements antérieurs sont coresponsables de la mauvaise gestion, au même titre que les autorités régionales et locales.

Sans parler des puissances étrangères comme la Chine, qui a trop tardé à informer sur la gravité du coronavirus et des contaminations.

2) Donald, avons-nous gagné les guerres commerciales ?

En 2018, Trump a réussi à renégocier l’Alena, le traité de libre-échange avec le Mexique et le Canada, et à arracher à ces deux pays de modestes concessions qui favorisent les géants américains de l’automobile et des produits laitiers. Son électorat a pu y voir une victoire, mais ce n’était qu’une broutille. Il fallait qu’il s’en prenne à la Chine.

Selon l’institut Pew Research Center, les Américains qui ont une opinion négative de la Chine ne sont plus 47 % comme en 2017, mais désormais 66 % en 2020, et ils s’inquiètent notamment de la puissance de ses multinationales d’innovation technologique.

De plus, la moitié des Américains qualifie de “très grave” la disparition d’emplois, délocalisés, et le déficit commercial des États-Unis par rapport à la Chine.

Eh bien, le déficit commercial des États-Unis avec la Chine s’est effondré de près de 20 % entre 2018 et 2019, et de presque 30 % pendant les quatre premiers mois de 2020.

De plus, au pic de la guerre commerciale (de janvier 2018 à janvier 2020), 300 000 emplois dans l’industrie ont été créés aux États-Unis, et, ne l’oublions pas, le chômage est tombé à un niveau aussi bas que dans les années 1960. Et les salaires des plus pauvres ont nettement augmenté. Il ne sera pas difficile pour des millions d’Américains de faire, à tort, un lien entre la guerre commerciale et leur bonne fortune.

3) Nous, les Américains

Enfin, la défense de la supposée identité traditionnelle des États-Unis dont se réclame Trump est un sac de nœuds qui englobe des relations interraciales, la lutte contre l’immigration clandestine, l’élimination des impôts et de la bureaucratie (À bas le Léviathan !) et la promotion des valeurs conservatrices dans les tribunaux.

Trump a multiplié les détentions de migrants clandestins à la frontière avec le Mexique, au point qu’elles ont atteint en 2019 leur nombre le plus élevé depuis 2007.

Enfin, Trump a non seulement nommé plus de 50 juges dans les cours d’appel du pays, mais il a aussi réussi à placer trois juges conservateurs (Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett) à la Cour suprême.

À partir de maintenant, que Joe Biden soit ou non vainqueur de la présidentielle, il faudra vivre avec la majorité conservatrice la plus écrasante qu’ait connue la plus haute juridiction depuis les années 1950. Et les électeurs républicains savent à qui exprimer leur gratitude dans les urnes.

https://www.courrierinternational.com/article/vu-despagne-cessons-de-mepriser-les-electeurs-de-trump

Voir enfin:

La défaite de Donald Trump signe-t-elle la fin du populisme?

ENQUÊTE – Le président sortant quitte la Maison-Blanche ce mercredi. Il aura été l’incarnation du «populisme», phénomène qui traverse la plupart des démocraties occidentales.

Ce mercredi, Donald Trump quittera la Maison-Blanche. Selon les règles établies par le 20e amendement de la Constitution américaine, à midi, son mandat prendra fin tandis que celui de Joe Biden commencera. Refusant de reconnaître sa défaite, Trump n’assistera pas à la prestation de serment de son successeur. Son bilan est certes moins mauvais que celui que ses adversaires dénoncent, mais l’envahissement récent du Capitole par ses sympathisants laisse une tache indélébile sur un mandat déjà scandé par les frasques et les polémiques.

Et pourtant, tout se passe comme si l’Amérique et le monde devaient encore être hantés longtemps par Donald Trump. Censuré par Twitter et Facebook, il est désormais en butte à la vindicte de Hollywood qui veut l’effacer: une pétition exige que son apparition dans le film Maman j’ai raté l’avion 2 soit supprimée (Trump a souvent été montré au cinéma comme un personnage positif, de M. Popper et ses pingouins, avec Jim Carrey, à Die Hard 3, avec Bruce Willis). Mais, au-delà du personnage de Donald Trump, c’est aussi l’avenir du trumpisme et plus largement du «populisme» à l’échelle mondiale qui est en jeu.

Il y a peu encore, beaucoup d’observateurs espéraient qu’une éventuelle défaite de Trump, qu’ils imaginaient large, marquerait le reflux de la vague de révolte qui déferle, élection après élection, depuis la victoire du Brexit en 2015. Celle-ci n’aurait été qu’une parenthèse avant un retour à la situation antérieure… Dans un roman dystopique paru quinze jours avant l’élection américaine du 3 novembre, l’écrivain écossais John Niven imaginait, au contraire, Ivanka Trump présidente en 2026! Si nous n’en sommes pas là, plus personne n’ose désormais pronostiquer une «normalisation» de la vie politique.

Le catalyseur et le réceptacle d’un malaise

«On aurait pu avoir le sentiment de la fin d’un cycle ou d’une page qui se tourne avec sa défaite, mais il faut prendre en compte la progression de Trump de 11 millions de voix entre 2016 et 2020, analyse le directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, Dominique Reynié. Le camp trumpiste s’est élargi. Malgré la défaite, on est loin du schéma de l’effondrement.» Un point de vue que rejoint la chercheuse Chloé Morin, auteur d’un livre à paraître, intitulé Le Populisme au secours de la démocratie? (Gallimard): «La victoire de Biden n’est pas le résultat d’un triomphe idéologique car lorsqu’on enlève le facteur Trump, avec tout ce qu’il a d’irritant et qui a contribué à mobiliser les démocrates, on voit bien que le rapport de force est très équilibré. On peut même se dire qu’avec une personnalité moins exubérante il est probable que les républicains auraient gagné.»

Pour Laure Mandeville, grand reporter au Figaro et auteur d’un essai remarqué sur Trump, s’il reste une grosse interrogation sur son avenir personnel après «le point d’orgue chaotique du Capitole», le trumpisme, et de manière plus générale le populisme dans le monde, vont perdurer parce que la manière dont se termine cette présidence montre que les problèmes qui ont fait gagner Trump restent entiers. Elle prédit la survivance d’un certain nombre de thèmes majeurs mis en avant par Trump et qui devraient être récupérés par d’autres: «Le retour à la nation, la régulation de l’économie globalisée, la remise en cause du rôle de gendarme du monde des États-Unis, le rejet du politiquement correct…»

«C’est probablement la fin de Trump, certainement pas celle du trumpisme, en aucun cas celle du populisme», résume l’ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine. Si le journaliste américain conservateur Christopher Caldwell concède qu’au niveau mondial «une bonne relation avec les États-Unis reste un atout, et qu’il sera plus difficile pour Marine Le Pen ou Marion Maréchal, ainsi que pour Matteo Salvini, Viktor Orban, et autres, de renforcer la confiance des électeurs dans les prochaines années», pour le géographe Christophe Guilluy, «se poser la question de la fin du populisme est aussi absurde que se poser la question de la fin du peuple».

Tous s’accordent en effet sur un point: le populisme n’est pas une maladie spontanée ou créée par Trump, mais une tentative de réponse à des maux bien réels dont souffrent les «déplorables», qu’ils portent une casquette rouge aux États-Unis ou un «gilet jaune» en France.

Le détachement croissant des «élites»

Le milliardaire new-yorkais, comme d’autres en Europe, a su capter ce malaise, en être le catalyseur et le réceptacle, mais celui-ci l’a précédé et le dépasse. Il est le fruit de quatre décennies de globalisation qui auront permis aux pays émergents de sortir de la pauvreté et même de prospérer, mais qui auront aussi vu le niveau de vie des classes populaires et moyennes occidentales stagner, voire décliner, tandis que leur mode de vie était bouleversé par l’immigration de masse et la montée en puissance du multiculturalisme comme «religion politique» (Mathieu Bock-Côté).

À ce double déclassement économique et culturel est venu s’ajouter un sentiment de dépossession démocratique. Déjà, en 1995, dans son chef-d’œuvre posthume, La Révolte des élites et la Trahison de la démocratie, le sociologue américain Christopher Lasch pointait le détachement croissant des «élites», toujours plus mobiles et hors-sol, des préoccupations de la majorité des gens ordinaires qu’elles étaient censées représenter.

25 ans plus tard, pour l’historien Éric Anceau, auteur des Élites françaises des Lumières au grand confinement, aux Éditions de l’Observatoire, la fracture démocratique entre les élites et le peuple n’a fait que s’accroître: «Les États-Unis étant le cœur du système globalisé, il n’est pas un hasard que la crise éclate là-bas, analyse-t-il, mais la construction d’une Union européenne technocratique et supranationale alimente aussi la défiance des peuples européens.»

Un constat partagé par Marcel Gauchet, qui déplore que les politiques menées par l’ensemble «des pays dit démocratiques» ne répondent plus aux vœux populaires massifs sur toute une série de questions: sécurité, immigration, mondialisation économique… «Si vous faites un référendum sur chacun de ces points, le résultat ne fait pas mystère et pourtant cela ne se traduit pas du tout, ou très peu, dans les politiques effectivement menées», explique-t-il. Et de voir dans le populisme, d’abord et avant tout, «une protestation contre des politiques antimajoritaires et une tentative pour les classes populaires de remettre le système démocratique au service de leurs besoins et de leurs aspirations».

La pandémie peut-elle rebattre les cartes en réhabilitant, au moins temporairement, une approche technocratique dite «raisonnable» de la politique? À court terme, comme semble l’indiquer la défaite de Trump, la crise sanitaire et la recherche de solutions consensuelles favorisent les dirigeants mesurés. Mais, à long terme, il est probable que la crise économique et sociale sur laquelle pourrait vraisemblablement déboucher la crise sanitaire exacerbera les fractures sur lesquelles prospèrent les populistes.

L’installation d’un chômage de masse, la multiplication des faillites d’entreprises, mais aussi de commerçants et d’artisans, l’ubérisation programmée du travail, y compris celui des cadres, devraient creuser les inégalités, accélérer la désagrégation de la classe moyenne ainsi que la défiance envers les dirigeants, les institutions et les corps intermédiaires.

Réconcilier les élites et les peuples

La crise du coronavirus, en révélant les failles de notre économie mondialisée, confirme une partie du diagnostic des populistes et légitime leur vision protectionniste. Les concepts d’État-nation, de contrôle des frontières, de souveraineté politique et économique, de relocalisation de la production, traditionnellement défendus par les «populistes», sont en train de revenir en grâce aux yeux de l’opinion, observe David Goodhart.

C’est pourquoi l’intellectuel britannique, dans son nouvel essai, La Tête, la Main et le Cœur (Les Arènes), plaide pour un «populisme décent» qui réconcilierait les élites et les peuples en prenant en compte à la fois les aspirations transnationales des premiers et celles, plus nationales et locales, des seconds. «C’est ce que tente de faire Boris Johnson en Grande-Bretagne en alliant une sorte de reconnaissance de la question nationale, en embrassant le Brexit, avec un virage à gauche spectaculaire pour le Parti conservateur sur les questions sociales», résume Laure Mandeville.

Le risque est que cette procédure d’impeachment acte l’idée que nous ne sommes plus dans le cadre d’un débat démocratiqu

Chloé Moirin, chercheuse

Le mot «réconciliation» a aussi été au cœur du discours de Joe Biden durant toute sa campagne. Reste que, comme le souligne Marcel Gauchet, «il ne suffit pas de prononcer le mot, il faudra incorporer dans les politiques les réponses aux aspirations dites populistes». D’autant que la procédure d’impeachment lancé contre Trump pourrait conforter l’idée que toute une partie du pays cherche à évacuer l’autre partie du débat public. «Le risque est que cette procédure acte l’idée que nous ne sommes plus dans le cadre d’un débat démocratique, mais dans un cadre où le droit, qui est censé être le garant des institutions, est instrumentalisé contre une partie de la population et de ses opinions.», confirme Chloé Moirin.

Pour tenter d’anticiper ce que pourrait être l’avenir des États-Unis, et plus largement du monde occidental, certains n’hésitent pas à puiser dans un passé très lointain. Ainsi de l’historien Raphael Doan, auteur de Quand Rome inventait le populisme, qui voit en Donald Trump le lointain héritier de Clodius, leader populiste connu pour ses frasques et ennemi juré de Cicéron. Lors de ses funérailles, en 52 avant J.-C., la foule incendia le Sénat, devenu pour une partie du peuple le symbole du pouvoir oligarchique. Un incident qui permit le retour revanchard de Cicéron, écarté par Clodius, en héraut du front républicain. Mais ce n’était que le début d’une longue guerre civile entre plébéiens et patriciens, populares et optimates, qui déchira Rome pendant vingt ans. Jusqu’à la victoire d’un certain Jules César…

COMPLEMENT:

La démocratie américaine dans les eaux dangereuses d’un temps révolutionnaire

ANALYSE – Après quatre ans de présidence Trump, l’Amérique tangue au-dessus d’un précipice. La politique est devenue une guerre de factions. Et des segments entiers du corps social semblent tentés par une forme de sécession mentale. Une situation volcanique qui laisse au nouveau président, Joe Biden, une bien faible marge de manœuvre pour rassembler le pays.

L’Amérique est entrée dans les eaux dangereuses et incertaines d’un temps révolutionnaire. Cela fait en réalité des années que ce processus est engagé, mais ce n’est que maintenant, confrontés à des faits trop éclatants pour être sous-estimés, que nous commençons à en prendre toute la mesure. Le 6 janvier, une foule en furie, chauffée à blanc par un président Trump persuadé de s’être fait voler l’élection présidentielle, s’est lancée, telle un taureau devenu fou, à l’assaut du Congrès, saint des saints de la démocratie américaine, pour en forcer portes et fenêtres. Ce coup de force a-t-il commencé un peu par hasard, comme cela est souvent le cas dans les insurrections, quand soudain tout s’embrase pour un détail, comme le suggérait un récent article de notre correspondant à Washington Adrien Jaulmes? Ou des fauteurs de troubles avaient-ils préparé leur manœuvre et planifié de déclencher l’émeute? Avaient-ils des complicités avec certains policiers, qui ont semblé fraterniser avec la foule selon certaines vidéos? Il est encore trop tôt pour le dire et il appartiendra à la minutieuse enquête du FBI de déterminer la chaîne des événements de cette effrayante journée.

Plaidant pour la première hypothèse, moult images de l’émeute ont laissé voir des «insurgés touristes», se promenant comme en visite guidée dans la salle des illustres du Capitole, plus occupés à prendre des selfies de leur coup d’éclat qu’à fomenter un coup d’État ; clairement surpris pour certains, d’être arrivés jusque-là. «Cela n’avait rien d’organisé», pense le rédacteur en chef de la revue Tablet, Jacob Siegel, qui évoque «l’aspect carnavalesque» de l’épisode, mettant en scène des individus vêtus de peau de fourrure et casques cornus, ou en tenues treillis. Dans les débuts de la Révolution française ou la prise du palais d’Hiver à Saint-Pétersbourg en 1917, ce même peuple bruyant et sans bonnes manières, fit irruption dans le monde «d’en haut», un peu impressionné au début, puis s’enhardissant pour piller et emporter les meubles, comme ce fut le cas pour un insurgé parti avec le «trophée» du podium du «speaker» de la Chambre. Mais à côté de la «farce grinçante», on a vu poindre aussi le visage de la meute violente: cinq morts, des policiers tabassés par des milices paramilitaires, les cris horrifiants de «Pendez Mike Pence» (le vice-président) scandés par des manifestants, des journalistes pris à partie violemment. Une rage collective soudain avait surgi. Elle soufflait, gonflait, se répandait. «On vous hait!», hurlaient les émeutiers aux policiers qui tentaient de les calmer.

Depuis, un pays abasourdi et traumatisé, qui vient d’investir Joe Biden président lors d’une belle cérémonie sans fausses notes mais tenue dans une ambiance de citadelle assiégée, s’interroge. Que nous arrive-t-il? Quelle est la signification profonde de ce coup de force? Assiste-t-on seulement à la fin tragique et calamiteuse d’une présidence Trump qui restera marquée d’un sceau d’infamie? Ou sommes-nous les témoins ébahis du premier soubresaut d’une révolution qui a commencé bien avant et qui est très loin d’être terminée? L’arrivée d’un politique centriste, expérimenté et soucieux de rassembler, comme Joe Biden, permettra-t-elle d’apaiser les ravages de la tornade Trump et de l’empoignade hystérique entre camp républicain et camp démocrate qui a suivi son entrée à la présidence, ou une sortie de route de la démocratie américaine plus grave encore est-elle à craindre?

«On entre dans des eaux inconnues», juge Linda Feldmann, correspondante du Christian Science Monitor à la Maison-Blanche, qui parle d’un «grave avertissement». «Je pense qu’on pourrait notamment avoir des explosions de violence anarchiques locales dans des États de tradition de milice comme le Michigan, si on ne parvient pas à une réconciliation», ajoute-t-elle, très inquiète, évoquant un possible scénario «à la nord-irlandaise».

Dans le camp démocrate qui est en train de prendre les rênes du pays et dans la presse libérale [de gauche, NDLR] qui le soutient, la lecture la plus fréquente des événements du 6 janvier est que ce moment de violence était «programmé» depuis le début par la personnalité incontrôlable de Trump, son mépris des formalités de l’exercice du pouvoir, et son appel aux «pires instincts» racistes de l’Amérique dont il aurait réveillé les démons. C’est notamment la thèse de l’éditorialiste Michelle Goldberg, qui écrit dans le New York Times avoir attendu en vain, la prise de conscience du danger trumpien «depuis le premier jour» de sa présidence. Pour elle, et pour une grande partie du camp démocrate, le milliardaire restera le grand «Diable ex machina» qui porte l’entière responsabilité de la crise démocratique que traverse le pays, et dont tout le bilan est à jeter sans discernement dans les poubelles de l’Histoire. Beaucoup d’observateurs, notamment en France, s’alignent sur cette interprétation. «Son caractère était sa destinée, et est devenu la nôtre», résume Thomas Friedman, dans le New York Times de ce mercredi.

S’il y a du vrai dans cette critique du caractère trumpien et du rôle catastrophique qu’a joué son ego, le problème reste que faire porter à Trump la responsabilité totale de ce qui s’est passé revient à regarder l’arbre sans voir la forêt, et donc à semer les germes d’une future catastrophe, répliquent d’autres observateurs généralement conservateurs. Oui, Trump a une écrasante responsabilité dans la fin pitoyable de sa présidence, qui disqualifie un bilan pourtant non négligeable. Incapable d’accepter honorablement sa défaite, il a mis en péril le processus de la transition pacifique du pouvoir, point capital de l’exercice démocratique. Mais ses graves manquements ne doivent pas occulter ceux de ses adversaires politiques et l’enchaînement tragique que leur empoignade infernale a engendré. Car si Trump en est venu à être viscéralement convaincu d’avoir été spolié de l’élection, c’est que durant quatre ans, l’opposition démocrate s’est comportée comme s’il était un président illégitime, une marionnette du Kremlin qui aurait usurpé, par le biais d’une ténébreuse collusion russe, la victoire de Hillary Clinton (en 2019, cette dernière parlait encore d’avoir été «volée»). L’idée obsessionnelle d’une excommunication du «diable Trump», entretenue par le camp libéral, a alimenté la conviction du président d’alors d’être assiégé par un État profond prêt à tout pour l’écarter. Même chose pour ses partisans. «Le rejet de la légitimité de l’élection de Trump en 2016, par des moyens institutionnels, a préparé le le rejet de la légitimité de l’élection de Biden en 2020, même si ce second rejet s’est exprimé de manière volatile et violente, beaucoup plus dangereuse», affirme Jacob Siegel, rédacteur en chef à la revue d’idées new-yorkaise Tablet. Un avis que partage Andrew Michta, doyen du Centre George-C-Marshall Center, qui s’exprime à titre privé. Pour lui, la grande erreur des élites américaines a été de refuser de reconnaître que Trump était «le symptôme d’une crise bien plus large et plus ancienne». «Son élection était un avertissement envoyé par le peuple aux élites, qui n’en ont pas tenu compte».

La crise démocratique se noue en réalité bien plus tôt, explique Michta, quand dans l’ivresse du triomphe de la démocratie libérale et de la chute du mur de Berlin en 1989-1990, l’Amérique opte pour l’ouverture des frontières et une logique de dénationalisation qui laisse ses grandes entreprises «brader tous les bijoux de famille industriels» de l’Amérique vers la Chine. «Notre classe oligarchique et politique n’a jamais accepté d’être tenue responsable pour les décisions qu’elle avait prises alors, telle que la délocalisation de notre industrie, et le déclenchement de guerres sans fin, accuse-t-il. Elle a opté pour des choix politiques qui n’avaient jamais été vraiment choisis par la population, et qui ont mené au déclin de la classe moyenne, “demos” de la nation américaine et âme de son succès.» Pour Michta, «cet abandon en rase campagne des classes populaires et moyennes par les élites, est la vraie raison de la gigantesque colère qui a grandi sans discontinuer jusqu’à la propulsion de Trump à la présidence». Il a scellé la rupture de ban entre l’establishment et le pays profond. «Il y a eu d’autres signaux avant Trump, le dégoût de voir l’Administration Obama sauver Wall Street et abandonner les gens simples à leurs faillites immobilières notamment», renchérit le professeur de théorie politique Joshua Mitchell. Un dégoût qui a donné la révolte des Tea Party de 2010 et à gauche le mouvement Occupy Wall Street, puis finalement le trumpisme et le sandérisme. «Nous n’aurions pas eu Trump pour président, si les démocrates étaient restés le parti des classes populaires», confiait récemment le professeur Bernard Grofman, de l’université California Irvine au New York Times, soulignant que dans un tiers des comtés passés d’Obama à Trump en 2016, on avait eu une hausse des résidents étranglés par des prêts immobiliers intenables.

À cette catastrophe socio-économique s’est ajoutée la déconstruction de la culture nationale menée par les élites libérales sous l’influence des théories critiques françaises exportées par l’école de Michel Foucault, dit Michta. «Comme l’a bien montré Samuel Huntington dans son livre “Qui sommes-nous?”, l’Amérique n’est pas seulement une nation d’immigrants, elle s’est construite dans le creuset de la culture nationale britannique, qui s’est enrichie d’ajouts successifs.» En défaisant ce creuset, et en soumettant la société au rouleau compresseur d’une critique qui a miné peu à peu toutes les institutions dites bourgeoises, comme la famille ou l’Église, le camp progressiste a fragilisé les liens entre les citoyens, qui ne se sont plus sentis appartenir à la même famille, et ont vu de nouveaux damnés de la terre, les minorités, prendre leur place dans le cœur des démocrates. «S’il n’y a plus de frontières ni de nation, il devient beaucoup plus facile de regarder ceux qui ne sont pas d’accord avec nous comme des ennemis ou des déplorables dont le sort nous importe peu», renchérit le professeur de théorie politique Joshua Mitchell, parlant du danger de la «tribalisation» que font surgir les excès de l’idéologie globaliste et l’obsession de l’identité raciale ou sexuelle. «Nous sommes divisés désormais entre pays des côtes et pays du milieu, selon des lignes géographiques qui correspondent à des fractures politiques et culturelles profondes», s’inquiète Andrew Michta, le «milieu» s’accrochant à l’idée d’une culture traditionnelle américaine qu’il faut absolument «sauver» tandis que les côtes prônent la diversité identitaire et l’art de la tolérance comme culture de remplacement. «Les élites ne communiquent plus avec le demos», poursuit-il. L’intellectuel américain pense que «la chimiothérapie imposée par Trump pour soigner le mal, n’a fait que consommer la rupture».

Comme les événements du 6 janvier et la manière dont ils ont été vécus l’ont révélé, une sorte de sécession mentale et politique s’est en effet amorcée, comme si une gigantesque partie du corps social était en train de «prendre congé» de la démocratie. Quelque 73 % des électeurs républicains (soit environ 40 % de la population) estiment que Trump n’a fait que défendre le processus constitutionnel en insistant sur les fraudes, une conviction qui les amène à conclure à l’illégitimité de Biden. Un déni effrayant, qui en dit long sur l’ampleur de la crise de confiance auquel ce dernier va devoir faire face. «La tyrannie n’est rien d’autre que la démocratie se mettant en congé d’elle-même», mettait en garde le philosophe Alexis de Tocqueville pour souligner la fragilité de cette dernière.

Comment dans ces conditions renouer les fils de la conversation nationale et rassembler le pays autour de faits acceptés, cette vibrante promesse faite «avec toute son âme» par le nouveau président Joe Biden à ses compatriotes, dans son adresse inaugurale? David French, intellectuel conservateur chrétien qui a fait la guerre d’Irak, appelle à «utiliser la méthode de la contre-insurrection pour reconstruire», en séparant les «insurgés» de la population. L’idée serait de poursuivre et punir durement les fauteurs de troubles, mais de tendre la main aux dizaines de millions d’électeurs trumpistes, qui ont droit à leurs convictions. «Nous devons négocier un moyen de vivre ensemble qui ne signifie pas l’obligation de reddition de l’une des parties», affirme le politologue William Galston dans le Wall Street Journal, invitant Biden à méditer les conseils d’Abraham Lincoln sur «l’importance de l’opinion publique sans laquelle rien ne peut réussir», et qu’il faut donc selon lui aujourd’hui rallier en renonçant à toute chasse aux sorcières.

C’est au fond déjà la voie qu’a dessinée Joe Biden en appelant «à prendre un nouveau départ, tous ensemble» au premier jour de sa présidence. «Entendons-nous, regardons-nous, a-t-il exhorté mercredi. La politique n’a pas à être une fournaise brûlante qui détruit tout sur son passage! Les désaccords ne doivent pas mener à la désunion.» Parmi ses nouveaux ministres, dont le secrétaire d’État Anthony Blinken, ou la secrétaire au Trésor Janet Yellen, on sent bien le désir d’aller vers des actions susceptibles de susciter un consensus chez les républicains et les oubliés de la globalisation: Yellen a proposé un plan d’aide aux classes moyennes, Blinken veut marcher sur les traces de Trump sur le dossier de la confrontation avec la Chine et sur celui de la réindustrialisation de l’Amérique. Quelque 17 élus républicains de la Chambre ont fait savoir qu’ils voulaient «coopérer», après l’investiture.

Mais l’ensemble du camp démocrate, que seule la haine de Trump a jusqu’ici uni, acceptera-t-il le compromis vis-à-vis des vaincus? Rien n’est moins sûr. Car à côté du volcan trumpien, dont on a vu surgir une «rage blanche» extrémiste très inquiétante le 6 janvier avec force slogans antisémites et drapeaux confédérés que Biden a promis de combattre, bouillonne en Amérique le volcan de la rage identitariste de la gauche radicale, qui a embrasé le pays pendant près de huit mois l’été dernier au nom de la justice sociale et de la défense des minorités ; transformant des manifestations pacifiques de protestation contre des violences policières en entreprise de pillage et destruction du patrimoine architectural et littéraire de l’Amérique, au motif qu’il est entaché de «racisme systémique». «Cette aile gauche du Parti démocrate, qui rêve d’une détrumpification combattante, aura-t-elle gain de cause?», s’interroge Joshua Mitchell, qui observe avec inquiétude «la culture de l’annulation» prônée par les milieux progressistes se déployer depuis le 6 janvier. L’expulsion de Trump de Twitter et celle du réseau social conservateur Parler des plateformes américaines sont des signaux peu encourageants, de même que l’appel lancé par la revue Forbes aux corporations américaines pour qu’elles refusent d’embaucher d’anciens membres de l’Administration Trump, sous peine d’être blacklistées. «Jusqu’où ira la purge?» insiste Mitchell, qui s’inquiète des deux rages identitaires qui soufflent de la gauche et de la droite, et de la manière dont elles se nourrissent l’une l’autre. Pour lui, une seule issue: retourner à la «politique des compétences», loin des passions identitaires et des logiques de factions, pour recréer «ces compromis patients et imparfaits entre citoyens» qui avaient tant émerveillé Tocqueville.

Le grand historien de la Grèce antique Victor Davis Hanson, qui a pris parti pour Trump contre les élites depuis quatre ans, met, quant à lui, en garde contre un acharnement sur le «cadavre politique» de l’ex-président, comparant l’idée d’une destitution post-présidentielle à l’acharnement d’Achille sur le corps mort d’Hector pendant la guerre de Troie. Poignardé et traîné derrière un char, celui qui n’était qu’un «vaincu fanfaron» allait devenir une figure mythique…


Présidentielle américaine: Quel étrangement interminable assassinat politique ? (Guess why with his final expulsion all but secured, the champions of borderlessness and contactlessness are still having such a hard time reconciling Americans and the world on Trump’s back ?)

19 novembre, 2020

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Jon McNaughton on Twitter: "My New Painting - "The Impeachment Mob" "You made your mark in history With your twisted, sorted lies. Beneath the Halls of Congress You plotted to disguise . . . "All-American US President Donald J. Trump - Painting By Jon McNaughton - YouTubeJon McNaughton donates Trump artwork to help Arizona GOP raise moneyPatriotic - Americana - Legacy of Hope - McNaughton Fine Art

Lorsqu’un Sanhédrin s’est déclaré unanime pour condamner, l’accusé sera acquitté. Le Talmud
Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice. Exode 23: 2
Suis-je vraiment intègre? Je ne saurais le dire (…) Que m’importe, après tout! C’est pourquoi j’ose dire: ‘Dieu détruit aussi bien l’innocent que l’impie.’ Quand survient un fléau qui tue soudainement, Dieu se rit des épreuves qui atteignent les justes. (…) Et si ce n’est pas lui, alors, qui est-ce donc? Job (Job 9: 20-24)
Mon Dieu! mon Dieu! Pourquoi m’as-tu abandonné, et t’éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes? (…) De nombreux taureaux sont autour de moi, des taureaux de Basan m’environnent. Ils ouvrent contre moi leur gueule, semblables au lion qui déchire et rugit. Psaumes 22: 2-13
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Si les princes de ce monde avaient connu [la sagesse de Dieu] ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Paul (première lettre aux Corinthiens 2: 8)
[Le Christ] a effacé, au détriment des commandements, l’accusation qui se retournait contre nous ; il l’a fait disparaître, il l’a clouée à la croix, il a dépouillé les Principautés et les Puissances, il les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal. Paul (lettre aux Colossiens 2: 14-15)
Je peux le dire devant mon Père éternel: je suis innocente et Dieu révèlera mon innocence. Rebecca Nurse
Louis doit mourir pour que la patrie vive. Robespierre
Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres. Saint-Just
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Air connu
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Il y a 82 ans cette semaine avait eu lieu la Nuit de Cristal. Cela avait été le coup de semonce des nazis en direction de notre civilisation humaine, un tir d’avertissement qui avait entraîné le génocide d’une identité toute entière. Ces autodafés avaient entraîné aussi une attaque contre les faits, le savoir, l’histoire et la vérité. Après quatre ans d’attaques actuelles menées par Donald Trump contre ces mêmes valeurs, l’équipe formée par Biden et Harris promet un retour à la normale – et un retour à la vérité. Christiane Amanpour (CNN)
J’ai marqué le 82e anniversaire de la Nuit de Cristal, comme je le fais souvent. C’est l’événement qui a été le point de départ des horreurs de la Shoah. J’ai également noté les attaques du président Trump contre l’histoire, les faits, la connaissance et la vérité. Je n’aurais pas dû juxtaposer ces deux réflexions. Hitler et ses démons sont uniques, bien entendu, dans l’Histoire. Je regrette la douleur que mes mots ont pu causer. Ce que je voulais évoquer, c’est la manière dont la démocratie peut potentiellement disparaître et comment nous devons toujours et avec zèle défendre nos valeurs démocratiques. Christiane Amanpour (CNN)
Avant ce vote historique, une semaine avant Noël, gardez cela en tête: lorsque Jésus a été faussement accusé de trahison, Ponce Pilate a donné à Jésus l’opportunité d’être face à ces accusateurs. Pendant ce simulacre de procès, Ponce Pilate a accordé à Jésus plus de droits que les Démocrates n’en ont donné au président dans cette procédure. Barry Loudermilk
Je veux que les Démocrates qui votent en faveur de la destitution sachent que je prierai pour eux. Dans l’évangile selon Luc, chapitre 23, verset 34, Jésus dit: ‘Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.’ Fred Keller
Je pense qu’il est également essentiel de comprendre que, comme je l’ai dit aux candidats qui sont venus me voir, vous pouvez mener la meilleure campagne, vous pouvez même devenir le candidat et vous pouvez vous faire voler l’élection. Hillary Clinton (6 mai 2019)
Joe Biden ne devrait en aucun cas reconnaitre sa défaite, car je pense que cela va s’éterniser, et finalement je crois qu’il gagnera si nous ne cédons pas un pouce, et si nous sommes aussi concentrés et implacables que l’autre partie. Je pense qu’ils envisagent plusieurs scénarios. Le premier est de gâcher le vote par correspondence. Ils pensent que cela les aide à obtenir un avantage limité au collège électoral le jour du scrutin. Nous devons donc avoir une opération légale massive, et je sais que la campagne Biden y travaille. Hillary Clinton (25 août 2020)
Je suis entouré d’une presse hostile, comme aucun autre président n’en a jamais eu. Celui qui en a été le plus proche, c’est le monsieur juste ici. Ils ont toujours dit que personne n’avait jamais été traité aussi mal que Lincoln. Je pense que je suis plus mal traité encore. Ils viennent vers moi avec des questions honteuses, pour être honnête. Honteuses. Leur façon de présenter les choses et leurs mots – j’ai l’impression que si j’étais gentil avec eux, je me ferai dégager. Président Trump (4 mai, 2020)
Étudiez feu Joseph McCarthy parce que nous sommes en ce moment dans une période avec Mueller et son gang qui fait passer Joseph McCarthy pour un débutant. Chasse aux Sorcières Truquée.  Président Trump
Le procès des sorcières de Salem ne comptait pas tant d’irrégularités. Président Trump
Je vous écris pour protester avec la plus forte et plus vive énergie contre la croisade de destitution partisane déclenchée par les démocrates de la Chambre des Représentants. Cette procédure d’impeachment constitue un abus de pouvoir sans précédent et inconstitutionnel de la part des législateurs démocrates, sans équivalent en près de deux siècles et demi d’histoire législative américaine. (…) En décidant d’aller de l’avant avec votre procédure de destitution invalide, vous violez votre serment, vous rompez avec votre allégeance envers la Constitution, et vous déclarez ouvertement la guerre à la démocratie américaine. Vous osez invoquer les Pères fondateurs au nom de cette combine qui vise à annuler l’élection — et pourtant, vos actions malveillantes font preuve d’un mépris sans borne pour la fondation de l’Amérique et votre conduite scandaleuse menace de détruire ce que nos Fondateurs avaient consacré leurs vies mêmes à bâtir. Pire encore que d’offenser les Pères fondateurs, vous offensez les Américains qui ont la foi en ne cessant de dire “je prie pour le président”, alors que vous savez que cette déclaration est mensongère, à moins qu’elle n’ait une intention négative. (…) Vous transformez un désaccord politique entre deux branches du gouvernement en un crime passible de destitution — ce n’est pas plus légitime que si l’exécutif accusait des membres du Congrès de crimes pour avoir exercé leur pouvoir législatif légal. (…) Tout le monde, vous comprise, sait ce qui est en train de se passer en réalité. Votre candidate a perdu l’élection en 2016, de façon écrasante au Collège électoral (306-227), et vous et votre parti ne vous êtes jamais remis de cette défaite. Vous avez contracté une forme aiguë de ce que beaucoup dans les médias appellent le Syndrome de démence de Trump et malheureusement, vous ne vous en sortirez jamais ! Vous ne voulez pas, vous ne pouvez pas accepter le verdict des urnes lors de la grande Élection de 2016. Donc, vous avez passé trois années d’affilée à tenter de revenir sur la décision du peuple américain et d’annuler son vote. Vous considérez la démocratie comme votre ennemie ! Présidente Pelosi, la semaine dernière encore, lors d’un forum public, vous avez admis que la campagne de destitution de votre parti durait depuis deux ans et demi, longtemps avant d’avoir entendu parler d’un coup de téléphone avec l’Ukraine. Il y avait dix-neuf minutes que j’avais prêté serment quand le Washington Post a publié un article intitulé La campagne de destitution du président Trump a commencé. Moins de trois mois après mon investiture, la députée Maxine Waters a lancé : “Je me battrai tous les jours jusqu’à ce qu’il soit destitué.” Les démocrates de la Chambre ont présenté la première résolution de destitution contre moi quelques mois après mon investiture, pour ce qui sera considéré comme l’une des meilleures décisions de notre pays, le renvoi de [l’ex directeur du FBI] James Comey (voir les rapports de l’Inspecteur général) — qui, le monde le sait aujourd’hui, est un des flics les plus corrompus que notre Nation ait jamais connu. Une députée du Congrès, Rashida Tlaib, a hurlé et déliré quelques heures après avoir pris ses fonctions : “On va y aller, et on va destituer ce fils de p…” En mai, le député Al Green a dit : “Je redoute que si nous ne destituons pas ce président, il va être réélu.” Encore une fois, vous et vos alliés avez fait et dit toutes ces choses longtemps avant d’avoir jamais entendu parler du président Zelensky ou de quoi que ce soit en lien avec l’Ukraine. Comme vous le savez très bien, la campagne de destitution n’a rien à voir avec l’Ukraine, ou avec la conversation tout à fait appropriée que j’ai eue avec son nouveau président. Elle n’a à voir qu’avec votre tentative d’annuler l’élection de 2016 et de voler l’élection de 2020 ! (…) Vous et votre parti cherchez désespérément à détourner l’attention de l’extraordinaire économie, du boom incroyable de l’emploi, des records sur les marchés, de la confiance en hausse et de la prospérité des citoyens en Amérique. Votre parti ne peut tout simplement pas concurrencer notre réussite : 7 millions de nouveaux emplois ; le taux de chômage le plus bas jamais enregistré pour les Africains-Américains, les Hispaniques-Américains, et les Asiatiques-Américains ; une armée reconstruite ; une réforme complète du ministère des Anciens combattants avec Choix et Responsabilité pour nos formidables vétérans ; plus de 170 nouveaux juges fédéraux et deux juges à la Cour suprême ; des réductions historiques d’impôts et de réglementation ; la suppression du mandat individuel [principale disposition de la réforme de l’assurance-maladie d’Obama] ; la première baisse des prix des médicaments sur ordonnance en cinquante ans ; la première nouvelle arme de l’armée de États-Unis depuis 1947 : la Force spatiale ; une vigoureuse protection du Deuxième Amendement [de la Constitution qui garantit le droit au port d’armes] ; la réforme de la justice pénale ; la défaite du califat de l’Etat Islamique et l’élimination du chef terroriste numéro un au monde, Al-Baghdadi ; le remplacement de l’ALENA, cet accord commercial désastreux, par le merveilleux USMCA (Mexique et Canada) ; un accord commercial de Phase Un avec la Chine, ce qui est une percée ; de nouveaux gigantesques accords commerciaux avec le Japon et la Corée du Sud ; le retrait du terrible accord sur le nucléaire avec l’Iran ; l’annulation de l’Accord de Paris sur le climat, injuste et coûteux ; le fait d’être devenu le premier producteur mondial d’énergie ; la reconnaissance de la capitale d’Israël, l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, et la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan ; une réduction colossale des passages illégaux à la frontière, la fin du système de remise en liberté des clandestins arrêtés, et la construction du Mur de la Frontière sud — et ce n’est que le début, il y a tellement d’autres choses. Vous ne pouvez pas défendre votre politique extrémiste — l’ouverture des frontières, les migrations massives, la criminalité élevée, les impôts écrasants, le système de santé socialisé, la destruction de l’énergie américaine, l’avortement tardif aux frais du contribuable, l’élimination du Deuxième Amendement, les théories radicales d’extrême gauche sur la loi et la justice, et l’obstruction partisane constante tant au sens commun qu’au bien de tous. (…) Au bout de trois ans d’enquêtes injustes et injustifiées, 45 millions de dollars dépensés, 18 procureurs démocrates furieux, toute la force du FBI, dirigé par une hiérarchie dont il est aujourd’hui prouvé qu’elle est totalement incompétente et corrompue, vous n’avez RIEN trouvé ! Peu de gens qui occupent de hautes fonctions auraient enduré ou passé ce test. Vous ne savez pas, et vous vous en moquez, quels terribles dommages et quelles souffrances vous avez infligés aux membres merveilleux et aimants de ma famille. Vous avez mené une enquête bidon sur le président démocratiquement élu des États-Unis, et vous êtes en train de recommencer. Il n’y a pas beaucoup de gens qui auraient accepté le châtiment infligé pendant ce laps de temps, et qui auraient pourtant autant fait pour le succès de l’Amérique et de ses citoyens. Mais au lieu de faire passer notre pays en premier, vous avez décidé de déshonorer un peu plus notre pays. Vous avez complètement échoué avec le rapport Mueller parce qu’il n’y avait rien à trouver, donc vous avez décidé de prendre le premier canular qui se présentait, la conversation téléphonique avec l’Ukraine — alors même que c’était un appel parfait. Et d’ailleurs, quand je parle à des pays étrangers, il y a beaucoup de gens, autorisés, qui écoutent l’appel des deux côtés de la conversation. C’est vous qui manipulez les élections des États-Unis. C’est vous qui corrompez la Démocratie américaine. C’est vous qui êtes coupable d’Entrave à la justice. C’est vous qui portez préjudice à notre République dans le but de servir vos égoïstes intérêts individuels, politiques et militants. Avant le Canular de la Destitution, il y a eu la Chasse aux sorcières russe. En dépit du bon sens, au mépris de la vérité, vous et vos collaborateurs avez affirmé que mon équipe de campagne avait comploté avec les Russes – un mensonge calomnieux, malicieux et gravissime, une invention sans pareil. Vous avez contraint notre Nation à subir tracas et tourments à cause d’une histoire montée de toutes pièces, achetée illégalement par Hillary Clinton et le Comité national démocrate à un espion étranger dans le but de porter atteinte à notre démocratie. Et pourtant, quand ce mensonge monstrueux a été mis au jour et que le complot des démocrates a été anéanti, vous n’avez pas présenté d’excuses. Vous ne vous êtes pas rétractée. Vous n’avez pas demandé pardon. Vous n’avez fait preuve d’aucun remords, d’aucune forme d’introspection. Non, vous avez entamé une nouvelle croisade malveillante et diffamatoire – vous avez imaginé une façon de coincer et de calomnier un innocent. Vous avez agi uniquement par calcul politique personnel. Votre présidence de la Chambre des représentants et votre parti sont pris en otage par les éléments les plus dérangés et radicaux de l’extrême gauche. Chacun de vos membres vit dans la crainte qu’un adversaire socialiste ne les défient aux primaires – voilà ce qui motive en vérité la procédure de destitution. (…) Si vous vous souciiez réellement de la liberté au sein de notre Nation, alors vous chercheriez, avec vos considérables moyens d’enquête, à faire toute la lumière sur les abus de pouvoir scandaleux du FBI avant, pendant et après l’élection de 2016 – notamment l’espionnage de mon équipe de campagne, la remise de fausses preuves au Tribunal de surveillance du renseignement étranger, et la dissimulation de preuves à décharge en vue de piéger l’innocent. Le FBI compte dans ses rangs des employés très honorables, mais ses dirigeants sont incompétents et corrompus. Je pensais que vous seriez personnellement scandalisée par ces révélations, car lors de votre conférence de presse, le jour où vous avez ouvert l’enquête pour impeachment, vous avez lié directement cette initiative au Canular Russe qui avait été complètement discrédité. Vous avez par deux fois déclaré que “toutes les routes mènent à Poutine” en sachant pertinemment que c’était un mensonge abject. Je me suis montré bien plus intraitable avec la Russie que ne l’a jamais envisagé le président Obama. Tout parlementaire qui votera en faveur de l’impeachment – au mépris de la vérité, des faits, des preuves et de la règle de droit – révélera son profond dédain pour les électeurs et sa véritable aversion pour l’ordre constitutionnel des États-Unis. Nos fondateurs craignaient le tribalisme provoqué par la politique de parti et vous donnez vie à leurs pires craintes. Pire encore, j’ai été privé d’une Procédure Respectueuse de la Constitution dès le début de cette farce et jusqu’à aujourd’hui. J’ai été privé des droits les plus élémentaires prévus par la Constitution, notamment le droit de présenter des éléments de preuve, d’être représenté par un avocat, de faire face à mes accusateurs, et de convoquer et de contre-interroger des témoins – en particulier le supposé lanceur d’alerte qui a déclenché ce canular par sa fausse déclaration sur une conversation téléphonique sans aucun lien avec la conversation qui a réellement eu lieu. Dès que j’ai présenté la transcription de l’appel, ce qui a surpris et choqué les escrocs (ils n’avaient pas imaginé que ce type de document serait révélé), le soi-disant lanceur d’alerte, et aussi le deuxième lanceur d’alerte, ont disparu car ils s’étaient fait prendre, leur signalement était frauduleux et il n’a plus été possible d’être en contact avec eux. (…) Le procès des sorcières de Salem ne comptait pas tant d’irrégularités. Vous et les membres de vos commissions affirmez depuis longtemps que la procédure de destitution doit avoir le soutien des deux partis – en l’occurrence ce n’est pas le cas. Vous avez déclaré que la procédure était source de divisions – c’est le moins qu’on puisse dire, et ces divisions sont bien plus profondes que vous n’osiez l’imaginer – et ça ne fera qu’empirer ! Tout cela n’est autre qu’une tentative de coup d’État illégale et militante, qui, si l’on en croit l’opinion publique ces derniers temps, se soldera par un échec cuisant dans les urnes. Vous n’en voulez pas qu’à moi, le président, vous en voulez au Parti républicain tout entier. Mais en raison de cette injustice colossale, l’unité de notre parti n’a jamais été si forte. Le jugement de l’Histoire sera impitoyable face à cette comédie que vous jouez. On ne retiendra de vous que la transformation de la Chambre des représentants, vénérable organe législatif, en tribunal arbitraire présidant à des persécutions partiales. (…) Dès l’instant où j’ai été élu, le Parti démocrate a été en proie à la Fièvre de la Destitution. Vous n’affichez aucune réticence. Cette affaire n’a rien de grave. Vous tournez en dérision la procédure d’impeachment et vous masquez à peine la haine que vous inspire ma personne, le Parti républicain et des dizaines de millions d’Américains patriotes. Les électeurs font preuve de sagesse et ils voient clair dans votre jeu creux, stérile et dangereux. Nul doute que les citoyens américains vous mettront, ainsi que le Parti démocrate, face à vos responsabilités lors de l’élection de 2020. Ils ne sont pas près d’oublier la subversion de la justice et les abus de pouvoir dont vous vous rendez coupables. Il y a tant d’autres choses à faire pour améliorer la vie de nos concitoyens. Vous et les démocrates militants qui siègent au Congrès devez sans délai mettre un terme à ce fantasme de destitution ; vous devez vous remettre au service des citoyens américains. Je ne m’attends pas à ce que vous vous exécutiez, mais je vous adresse la présente lettre pour l’histoire et afin de consigner mes pensées de manière immuable et indélébile. Dans un siècle, quand les gens repenseront à cette affaire, je souhaite qu’ils la comprennent et qu’ils en tirent des leçons, afin qu’aucun autre président ne puisse vivre la même chose. Donald Trump (Président des États-Unis d’Amérique)
We’re asking everybody that when you are not able to socially distance, wear a mask, get a mask. Whether you like the mask or not, they have an impact. They’ll have an effect. And we need everything we can get. (…) If you’re close to each other, if you’re in a group, I would put it on. (…) I view it this way: Anything that potentially can help — and that certainly can potentially help — is a good thing. I have no problem. I carry it. I wear it. … I’m getting used to the mask, and the reason is — think about patriotism. Maybe it is. It helps. It helps. Now, we have experts that have said, in the recent past, that masks aren’t necessarily good to wear. You know that. But now they’ve changed their mind. If they change their mind, that’s good enough for me. President Trump
My supporters are very smart and they do, a lot of them wear masks and some don’t, that’s their choice. But they’re, you know, when you’re outside, you have a lot of room, and everything that I’ve read and everything that I’ve seen is outside is better in terms of COVID or as I call it the China virus. President Trump
Now we take Georgia, then we change the world. Now we take Georgia, then we change America. Chuck Schumer (Senate Minority Leader)
Senate Minority Leader Chuck Schumer may have taken the crown with his yelling on the streets of New York that “Now we take Georgia, then we change the world. Now we take Georgia, then we change America.”It is a quote that will live in infamy — and endlessly in Georgia. Now adding to the Democratic problems are liberal figures openly encouraging Democrats to move to Georgia to stack the vote in the runoff elections. So Georgia just started a hand recount in the midst of claims of voting irregularities but figures like New York Times columnist Thomas L. Friedman are calling for liberals to move to Georgia to influence their election. In other words, Friedman and others are sending the self-destructive message is that Jon Ossoff and Raphael G. Warnock might not have enough Georgians to vote for them so they need New Yorkers and Californians to come and vote as Georgians. The New York Times, which has run repeated pieces on alleged vote suppression by the GOP, has had nothing to say about Friedman’s call for vote stacking in Georgia. I recently wrote about the irony of the runoff election starting on the anniversary of Sherman’s March Through Georgia. I did not think it would literally involve Northerners invading the state to carry out the campaign. One of the recurring arguments made by Trump supporters is that Democrats have so demonized Trump and his supporters (including calling them Nazis) that it gives license to supporters to take any measure to ensure a Biden victory. As if on cue, Friedman then took to the airways to reinforce that concern. He told CNN, “I hope everybody moves to Georgia, you know, in the next month or two, registers to vote and votes for these two Democratic senators.”He is not alone. New York Magazine’s Eric Levitz wrote “These run-offs will decide which party controls the Senate, and this, whether we’ll have any hope of a large stimulus/climate bill. If you have the means and fervor to make a temporary move to GA, believe anyone who registers by Dec 7 can vote in these elections.”It appears that people told Levitz that he was saying the quiet part out loud and he deleted his post. Voting stacking with out-of-staters is the type of thing that you are supposed to do quietly, not openly. Georgians might not take too kindly to New Yorkers voting on their representatives. For his part, former presidential candidate Andrew Yang has announced that he is moving his family to Georgia to push for Ossoff and Warnock. Now that will help. A leading California politician is moving to Georgia to push for the runoff. Georgians will be thrilled. What is fascinating is that, even if some people follow these directions, a hundred times that number of actual Georgians will be left irate over these calls. Of course, the New York Times offered not even a hint of concern with one of its writers calling for people to manipulate the voting count in Georgia. It is all too familiar. The Times was fine with forcing out an editor for simply running an opinion piece by a conservative senator on the recent protests while later running a piece by “Hong Kong enforcer” supporting the crushing of freedom protests. It denounces Trump for what it considers suppression tactics while remaining silent as Friedman calls for dilution tactics in the election. It is also a curious call for the media which has been denouncing the effort not to count every vote. It now appears that counting every vote includes counting New Yorkers in Georgia.Under Georgia law, you must be a “legal resident of the county” and meet other requirements to register to vote. Potential voters are required to provide either a Georgia driver’s license or a Social Security number and fill out a form online or in-person to send to the secretary of state by Dec. 7. It is a felony to vote in Georgia if you are not a legal resident or only plan to be in the state temporarily for an election. The Georgia Attorney General is mandated with enforcing these voter fraud rules. Friedman of course has slammed Trump, which is his right and Trump deserved criticism on many of these occasions. However, he has portrayed himself as different from Trump despite calling him names because he is “respectful even with people I disagree with.” Except when he does not trust them to elect their own representatives and seeks to negate their votes in the name of the greater good. Jonathan Turley
It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner. It’s not just that he does things that the common man can kind of appreciate. And it’s not even because he uses kind of simplistic language—he doesn’t use complicated, wonky language, the way a lot of Democrats do. (…) We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. They aren’t thoughtful enough. They aren’t “woke” enough. They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. (…) It’s talking down to people. It’s alienating them. And there’s just certain voters who feel so distant from the political process—it’s not their life, it’s not their world. They hate it. They don’t like all that politics stuff. Trump speaks to them, because he includes them. Elissa Slotkin (Michigan Democratic Rep.)
Il est devenu possible, à partir [des années 60], de disqualifier d’entrée de jeu toute pensée conservatrice, c’est-à-dire la moitié de la population du pays et la majorité du reste du monde! Il m’a fallu du temps pour comprendre «à quel point cet ostracisme était dangereux. S’est mise en place une sorte de forteresse théorique parfaite qui se défend en accusant toute personne qui exprime un désaccord d’être conservatrice. Tant que la proportion des libéraux et des conservateurs était de 3 pour 1, il restait des garde-fous, mais on en est aujourd’hui à quelque 30 pour 1! Les conservateurs ayant peu à peu quitté la place parce qu’ils estimaient que l’université devait rester à l’extérieur de la politique. Une fois l’exclusion pratiquée à l’encontre des conservateurs, il a été facile de l’étendre à d’autres groupes, au fur et à mesure qu’il devenait légitime de disqualifier les hommes, les Blancs, les hétéros…, comme un «trou sans fond engloutissant de plus en plus de monde». Au final, dans cette logique d’exclusion qui s’auto-nourrit, 100 % de la population finira par être excommuniée! On commence à voir des hommes noirs menacés de disqualification parce qu’ils sont hommes. (…) Le fait que Trump ait porté le combat contre l’idéologie woke, dénonçant «un poison toxique» et antipatriotique qui veut jeter l’opprobre sur «tout le projet américain», empêche les démocrates centristes de bouger activement sur cette question. Même si Trump a eu raison sur ces thèmes, son comportement et son style inacceptables sur le reste vont au contraire retarder la mobilisation du centre. Greg Lukianoff
La woke culture est devenue le fléau de la liberté de pensée. Elle pose comme principe la vision du monde identitaire que le libéralisme avait tenté d’éradiquer, l’idée que nous ne sommes pas fondamentalement définis par la communauté dans laquelle nous sommes nés, notre orientation sexuelle, notre couleur de peau. Elle nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité. Seth Greenland
Le wokisme refuse l’idée fondamentale du libéralisme selon laquelle deux valeurs incompatibles peuvent être autorisées à cohabiter. Pour les justiciers sociaux, cette tolérance des désaccords n’est qu’un instrument brandi par l’oppresseur pour soumettre l’opprimé. (…) Les réseaux sociaux ont tout changé, car c’est là que se cristallise le lien entre la meute idéologique, les élites et l’ensemble des institutions. Les réseaux sociaux dictent le ton à tous, y compris aux journaux, pas l’inverse. (…) Ils ont déjà gagné. Toutes les institutions cèdent les unes après les autres. Jacob Siegel
Le wokisme a commencé avec le deuxième mandat de la présidence Obama, au confluent de deux causes: la première, c’est le progressisme technocratique du président lui-même, qui pensait que la bureaucratie de l’État pouvait contribuer à la perfectibilité morale, comme le montre la bataille des discriminations menée sous le Titre IX. L’autre est le courant idéologique identitariste qui souffle sur les universités. Le danger, c’est la fusion des deux en une forme de bureaucratie qui s’autoradicalise sans cesse. Le corps professoral est dans son écrasante majorité libéral et reste attaché à la méthode du débat contradictoire. Mais il a peur de s’interposer. c’est aussi le cas de la majorité des étudiants, qui seraient largement «centristes», selon ses enquêtes d’opinion. On est donc dans le cas d’une sorte de kidnapping du débat par un groupe minoritaire issu de l’administration des campus. Beaucoup de professeurs ont peur d’être mis au ban ou de perdre leur travail, surtout s’ils n’ont pas de chaire. Le fait de vivre à New York, une mégapole, lui permet d’échapper à la pression, mais «c’est beaucoup plus difficile dans les petites villes universitaires de Nouvelle-Angleterre, où les risques de harcèlement sont bien supérieurs. (…) Quand je me promène dans les campus pour des tournées de conférences, les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches. (…) Ça fait tellement de bien de savoir que chez vous les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont un petit garçon ou une petite fille. Chez nous, on dirait: comment osez-vous assigner un genre? Sam Abrams
La prétendue culture woke est cool. C’est à la mode, et, soyons honnêtes, le libéralisme est difficile. Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables. Thomas Chatterton Williams
Je commence à penser que nous avons besoin d’une nouvelle métaphore pour décrire le “Great Awokening”. Ce n’est pas tant un mouvement qui avance qu’une tache qui se répand. Une fois que ce processus a commencé, il est très difficile de l’inverser, tout ce qu’on peut espérer, c’est d’empêcher qu’il ne se propage davantage et de protéger les choses précieuses. Non, il n’y a pas de mouvement d’opposition de quelque importance à ce phénomène, et, s’il y en avait un, il ne réussirait pas. Nous sommes face à des passions morales très puissantes qui inspirent en particulier les jeunes. Nous devrons attendre qu’elles se dissipent avant d’espérer pouvoir réparer une partie des dégâts. Mark Lilla
In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles. (…) Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition. If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure. No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case. To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy. What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.” This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions. Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas. Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it. But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves. No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations. Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice, highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats. After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class. I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority. The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis. Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump. (…) The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause. Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. (…) Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve. Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties: (…) « Trump speaks to them, because he includes them. » Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt. Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street). Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves. That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable. It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence. If Trump still refuses to concede (…) this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place. May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.” Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians. Eric Gans
La liste des personnalités victimes de la censure progressiste ne cesse de s’allonger, surtout en terre anglo-saxonne. Ce processus de désintégration sociale menée au nom du bien porte un nom: la «cancel culture» ou «culture de l’annulation» , qui consiste à appeler explicitement au boycott et à l’effacement de l’espace public de personnes jugées racistes, homophobes ou sexistes. On pourrait croire que cette fièvre dénonciatrice n’est pas nouvelle et considérer avec Philip Roth dans son célèbre incipit de La Tache, que «le vertige de l’indignation hypocrite» est «la plus vieille passion fédératrice de l’Amérique». Cependant, la cancel culture, si elle reprend les codes du «politiquement correct» tel qu’il a émergé sur les campus américains dès les années 1960, modernise l’ostracisme qui s’adosse désormais à la puissance des réseaux sociaux et à une nouvelle mentalité militante. Dans leur livre The Coddling of the American Mind: How Good Intentions and Bad Ideas Are Setting Up a Generation for Failure («Le chouchoutage de l’âme américaine: comment de bonnes intentions et de mauvaises idées préparent une génération à l’échec»), Jonathan Haidt et Gregory Lukianoff qualifient de «culture of safetysm» (que l’on pourrait traduire par «culture de l’obsession d’être protégé») cette mentalité d’une nouvelle génération qui ne supporte plus d’être offensée et pour laquelle le moindre propos caricatural et le scepticisme quant au bienfait illimité du progressisme multiculturaliste sont considérés comme autant de «micro-agressions» exigeant la création d’espaces sécurisés (safe spaces) où aucune parole blessante ne puisse les atteindre. Cette nouvelle censure est différente du vieux sectarisme marxiste en ce qu’elle repose quasi exclusivement sur le «ressenti» victimaire. «Je me sens blessé»: tel est désormais l’argument qui justifie toutes les excommunications. Avoir conscience que l’on est blessé ou que l’on blesse, c’est être «éveillé», «woke». Ce terme d’argot, «woke», s’est généralisé après les premières émeutes de Black Lives Matter («les vies noires comptent») en 2014, et notamment le film Stay Woke: The Black Lives Matter Movement, de l’acteur Jesse Williams. Être «woke», pour un Afro-Américain qui adhère à la cause, c’est être en permanence vigilant quant au racisme et aux discriminations que l’on peut subir. L’être pour un Blanc, c’est avoir conscience de ses privilèges. Ainsi, à l’université d’Evergreen, les professeurs étaient-ils conviés à énumérer leurs «privilèges» (blanc, mâle, «validiste», c’est-à-dire non handicapé, etc.), avec une étiquette collée sur leur torse déclinant les pronoms qu’il fallait utiliser en s’adressant à eux (him/her/she/he), pratique mise en place pour ne pas risquer de «mégenrer» certaines personnes – et que la nouvelle vice-présidente, Kamala Harris, emploie elle-même sur son compte Twitter. Ces séances d’«autocritique», dont le grotesque n’a curieusement pas encore été vraiment exploité par les humoristes («parce qu’ils sont terrifiés», estime le rédacteur en chef de Tablet, Jacob Siegel), sont désormais obligatoires ou fortement recommandées au corps professoral dans un nombre croissant d’universités. «La woke culture est devenue le fléau de la liberté de pensée. Elle pose comme principe la vision du monde identitaire que le libéralisme avait tenté d’éradiquer, l’idée que nous ne sommes pas fondamentalement définis par la communauté dans laquelle nous sommes nés, notre orientation sexuelle, notre couleur de peau. Elle nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité», affirme l’écrivain Seth Greenland, auteur de Mécanique de la chute, un roman où il raconte le lynchage d’un milliardaire accusé de racisme. «Le wokisme refuse l’idée fondamentale du libéralisme selon laquelle deux valeurs incompatibles peuvent être autorisées à cohabiter. Pour les justiciers sociaux, cette tolérance des désaccords n’est qu’un instrument brandi par l’oppresseur pour soumettre l’opprimé!», renchérit Jacob Siegel, auteur d’un article de Tablet sur le sujet qui a fait grand bruit. Parfois, le lynchage psychologique conduit à la mort physique, comme dans le cas de Mike Adams. Ce professeur de l’université de Caroline du Nord très critique du mouvement identitariste, «qui avait eu le malheur de publier un tweet dénonçant les mesures prises par le gouverneur démocrate de son État en matière de Covid, n’a pas résisté à la pression», raconte Greg Lukianoff. «Laissez mon peuple aller», avait-il écrit, parlant «de l’État esclavagiste de Caroline du Nord». Une formule jugée inacceptable par la meute antiraciste. Harcelé et menacé, il a fini par se suicider en juillet. «On lui a dit qu’il était le Mal», note, horrifié, Lukianoff, qui était son ami. Le succès stupéfiant de cette culture de la contestation, fondée sur la revendication d’un sectarisme effréné qui peut aller jusqu’à tuer dans l’indifférence générale, reste en partie une énigme au pays de la libre parole, même si Tocqueville avait averti dans son opus De la démocratie en Amérique sur la propension de l’opinion publique américaine à «tracer un cercle de la pensée» au-delà duquel il est très dangereux de s’aventurer. Lukianoff, un libéral de gauche de 48 ans, qui milita longtemps au sein du bastion progressiste de la puissante Union américaine pour les libertés civiques (Aclu), mais dirige aujourd’hui une fondation qui se bat pour la liberté d’expression sur les campus (Fire), juge indispensable de remonter à l’attitude des écoles de pensée postmodernistes des années 1960 pour comprendre la situation actuelle. «Il est devenu possible, à partir de ces années-là, de disqualifier d’entrée de jeu toute pensée conservatrice, c’est-à-dire la moitié de la population du pays et la majorité du reste du monde!», explique-t-il, reconnaissant qu’il lui a fallu «du temps» pour comprendre «à quel point cet ostracisme était dangereux». «S’est mise en place une sorte de forteresse théorique parfaite qui se défend en accusant toute personne qui exprime un désaccord d’être conservatrice», poursuit-il. «Tant que la proportion des libéraux et des conservateurs était de 3 pour 1, il restait des garde-fous, mais on en est aujourd’hui à quelque 30 pour 1!», note Lukianoff, précisant que les conservateurs ont peu à peu quitté la place «parce qu’ils estimaient que l’université devait rester à l’extérieur de la politique». Une fois l’exclusion pratiquée à l’encontre des conservateurs, il a été facile de l’étendre à d’autres groupes, au fur et à mesure qu’il devenait légitime de disqualifier les hommes, les Blancs, les hétéros…, explique-t-il, parlant d’un «trou sans fond engloutissant de plus en plus de monde». «Au final, dans cette logique d’exclusion qui s’auto-nourrit, 100 % de la population finira par être excommuniée!», dit Lukianoff, soulignant qu’«on commence à voir des hommes noirs menacés de disqualification parce qu’ils sont hommes». Une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants. Sam Abrams, 40 ans, professeur de science politique au collège Sarah Lawrence de New York, un établissement connu pour son progressisme, est devenu l’une des cibles du mouvement woke pour avoir milité pour «la diversité de valeurs» au lieu de réserver ce terme à la diversité ethnique ou raciale. Spécialiste d’enquêtes d’opinion et hostile aux labels politiques, cet amoureux «des faits» est depuis deux ans sur son campus l’objet de campagnes de harcèlement et d’une démarche administrative visant à le priver de sa chaire. «Jamais je n’aurais pu monter au créneau si je n’avais pas eu de chaire», note-t-il, soulignant qu’il avait attendu cette sécurité de l’emploi pour s’engager. Pour lui, si le mouvement woke, né dans les départements d’études critiques énamourés du philosophe Michel Foucault et de la théoricienne du genre Judith Butler, vient de loin, comme le raconte Lukianoff, «les dix dernières années ont été cruciales». (…) Tout a changé pendant la présidence Obama, avec la montée en puissance des efforts de l’administration des universités pour lutter contre les discriminations sexuelles, avec la mise en place du fameux Titre IX (un amendement interdisant toute discrimination sur la base du sexe et obligeant à la création de bureaux de lutte contre le harcèlement sexuel dans chaque université), un processus supervisé par un certain vice-président… Joe Biden. «Parallèlement, une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants», raconte Abrams. Arrivés avec des diplômes en études raciales ou de genre, ils ont instauré un mélange de règles bureaucratiques et d’interdits idéologiques qui représentent «un véritable lavage de cerveau» et leur permettent de faire la pluie et le beau temps sur les campus, en liaison avec certaines associations étudiantes communautaristes ultrapolitisées, dénonce l’enseignant. Le rédacteur en chef de la revue Tablet, Jacob Siegel, souligne lui aussi cette alliance de la bureaucratie d’État et d’une idéologie qui se dit révolutionnaire mais «fait corps avec le pouvoir». «Le wokisme a commencé avec le deuxième mandat de la présidence Obama, au confluent de deux causes: la première, c’est le progressisme technocratique du président lui-même, qui pensait que la bureaucratie de l’État pouvait contribuer à la perfectibilité morale, comme le montre la bataille des discriminations menée sous le Titre IX. L’autre est le courant idéologique identitariste qui souffle sur les universités. Le danger, c’est la fusion des deux en une forme de bureaucratie qui s’autoradicalise sans cesse», explique-t-il. «Le corps professoral est dans son écrasante majorité libéral et reste attaché à la méthode du débat contradictoire. Mais il a peur de s’interposer», ajoute Sam Abrams. Pour lui, c’est aussi le cas de la majorité des étudiants, qui seraient largement «centristes», selon ses enquêtes d’opinion. On est donc dans le cas d’une sorte de kidnapping du débat par un groupe minoritaire issu de l’administration des campus. Beaucoup de professeurs ont peur d’être mis au ban ou de perdre leur travail, surtout s’ils n’ont pas de chaire, affirme Abrams. Le fait de vivre à New York, une mégapole, lui permet d’échapper à la pression, mais «c’est beaucoup plus difficile dans les petites villes universitaires de Nouvelle-Angleterre, où les risques de harcèlement sont bien supérieurs». À ces inquiétudes très concrètes s’ajoute «la peur des anciens de ne pas être aimés des plus jeunes» et d’être moralement condamnés, ajoute Greg Lukianoff. Une volonté d’échapper à la culpabilité occidentale en se mettant du côté des «purs», que le professeur de théorie politique Joshua Mitchell décrit dans son nouveau livre, American Awakening («réveil américain»), consacré à la nature religieuse de cette idéologie des «identités» qui donne des «bons points» aux différents groupes humains en faveur de leur degré d’«innocence» sociale. Les réseaux sociaux, en permettant la mobilisation immédiate d’activistes sur des causes ponctuelles et en facilitant l’organisation communautaire, ont par ailleurs donné une vigueur nouvelle aux revendications identitaires présentes dans la gauche radicale depuis les années 1960. «Ils ont tout changé, car c’est là que se cristallise le lien entre la meute idéologique, les élites et l’ensemble des institutions. Les réseaux sociaux dictent le ton à tous, y compris aux journaux, pas l’inverse», analyse Jacob Siegel. Comme le souligne Lisa Nakamura, professeur à l’université du Michigan, la cancel culture est rendue possible par une nouvelle «économie de l’attention», où «priver quelqu’un d’audience, c’est le priver d’existence». Elle est portée par un repli individualiste sur l’identité plutôt que par l’héritage commun ou l’universalisme. Et également par une culture d’emballement suiviste, qui fait partie de l’essence des réseaux sociaux. «La prétendue culture woke est cool. C’est à la mode, et, soyons honnêtes, le libéralisme est difficile. Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables», explique Thomas Chatterton Williams, auteur d’Autoportrait en noir et blanc, un essai qui sortira en janvier en français, où ce métis afro-américain exprime sa dissidence envers les obsédés de la race. Comme lui, de nombreux intellectuels de la gauche libérale commencent à se rebeller contre cette idéologie étouffante, «qui ressemble à un nouveau bolchevisme ou à une forme de révolution culturelle à la chinoise», guettant tous les «traîtres» potentiels à la cause, nous confie Bret Weinstein. L’université de Chicago a pris la tête de la fronde, mettant noir sur blanc son engagement à défendre la liberté d’expression en 2015, un «serment» repris par plus de 50 autres établissements universitaires. Le très libéral Wellesley College a également réagi avec vigueur en créant un «projet liberté» destiné à encourager un débat d’idées libre et contradictoire. Et l’université de Berkeley, pourtant très progressiste, a créé un Centre pour la liberté d’expression. On voit aussi apparaître de nouveaux îlots de liberté intellectuelle, comme le magazine en ligne Quillette ou la revue Tablet, au fur et à mesure que les journaux mainstream comme le New York Times basculent dans le camp de la «justice sociale». «Le seul fait que nous n’ayons pas peur a fait énormément pour le succès de Tablet», affirme Siegel. Sam Abrams dit recevoir des dizaines de lettres, montrant que «beaucoup de gens en ont assez». «J’aime à penser que nous sommes nombreux», dit aussi Greg Lukianoff. En juillet 2020, un collectif de plus de 150 écrivains, artistes et journalistes, parmi lesquels J.K. Rowling, mais aussi la romancière Margaret Atwood, auteur du best-seller La Servante écarlate, le linguiste et psychologue Steven Pinker, la féministe Gloria Steinem, a signé une tribune dans Harper’s Magazine pour dénoncer «une intolérance à l’égard d’opinions opposées, une vogue pour la dénonciation publique et l’ostracisme, et la tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveugle». En réaction à cette tribune, Alexandria Ocasio-Cortes (AOC) l’égérie woke du Parti démocrate, a aussitôt relativisé sur Twitter: «Ceux qui se plaignent de la cancel culture pensent que tout leur est dû – comme si on avait le droit à un large public captif et que l’on deviendrait victime si les gens choisissaient de nous écarter. Il y a de fortes chances que vous ne soyez pas réellement annulé, que vous soyez simplement mis au défi, tenu pour responsable ou peu apprécié.» Même Obama, qui avait rêvé d’une présidence postraciale avant de participer à la montée woke en installant la question de la moralisation des discriminations au sein du processus bureaucratique, a eu droit à des tirs de barrage intenses de la frange radicale quand il s’est mêlé du débat. «Si tout ce que vous faites, c’est jeter des pierres, vous n’irez pas très loin», avait déclaré l’ex-président en octobre 2019. «Le monde est en désordre, il y a des ambiguïtés. Les gens qui font de bonnes choses ont des défauts. Les gens que vous combattez aiment leurs enfants, ils partagent certaines choses avec vous», a rappelé l’ancien président, blâmant «cette idée de la pureté, de n’être jamais compromis, d’être toujours politiquement “éveillé” (woke)». Tout autre que lui aurait sans doute été agoni d’injures après de tels propos. Le président conserve d’ailleurs une position ambiguë sur tous ces sujets sociétaux et n’a nullement condamné les excès révolutionnaires de Black Lives Matter quand, après la mort de George Floyd, cette organisation a vite abandonné le thème des violences policières pour appeler à mettre à bas le capitalisme et à démanteler tout l’héritage américain, jusqu’à ses Pères fondateurs. En réalité, les voix dissidentes restent très isolées, un peu comme «un samizdat du XXIe siècle», affirme le géographe Joel Kotkin, résumant le point de vue des autres «rebelles». Le fait que la vague woke ait quitté le champ strictement universitaire pour déborder dans les médias grand public, le monde des affaires et les institutions de l’État a laissé les libéraux de la vieille école largement désemparés. «Je commence à penser que nous avons besoin d’une nouvelle métaphore pour décrire le “Great Awokening”. Ce n’est pas tant un mouvement qui avance qu’une tache qui se répand. Une fois que ce processus a commencé, il est très difficile de l’inverser, tout ce qu’on peut espérer, c’est d’empêcher qu’il ne se propage davantage et de protéger les choses précieuses. Non, il n’y a pas de mouvement d’opposition de quelque importance à ce phénomène, et, s’il y en avait un, il ne réussirait pas», s’inquiète Mark Lilla, un libéral de gauche qui a été l’un des premiers à sonner l’alarme. «Nous sommes face à des passions morales très puissantes qui inspirent en particulier les jeunes. Nous devrons attendre qu’elles se dissipent avant d’espérer pouvoir réparer une partie des dégâts», ajoute-t-il. Social-démocrate à l’ancienne et opposé à la vague identitariste montante, Joel Kotkin s’alarme tout particulièrement de l’alliance des campus avec l’industrie de la tech, cette nouvelle oligarchie omniprésente qui prête allégeance au mouvement woke en forçant notamment ses employés à organiser des séminaires d’inclusivité et à signer avec les fameux «pronoms» – «manière pour elle d’éluder les sujets plus embarrassants d’inégalité, de classe et de positions monopolistiques». Pour lui, cette alliance rend quasiment impossible une rébellion des démocrates centristes contre les radicaux. Si certains observateurs continuent d’espérer que les modérés, comme l’élue du Congrès Elissa Slotkin, relèveront la tête, la plupart sont très sceptiques. Le fait que Trump ait porté le combat contre l’idéologie woke, dénonçant «un poison toxique» et antipatriotique qui veut jeter l’opprobre sur «tout le projet américain», empêche les démocrates centristes de bouger activement sur cette question, regrette Greg Lukianoff. «Même si Trump a eu raison sur ces thèmes, son comportement et son style inacceptables sur le reste vont au contraire retarder la mobilisation du centre», pronostique-t-il. Un point de vue que partage le professeur Bret Weinstein, persuadé que l’équipe Biden utilisera «cyniquement l’énergie révolutionnaire née sur les campus», mais finira par perdre le contrôle du «tigre» woke. «Ils ont déjà gagné, pense Jacob Siegel. Toutes les institutions cèdent les unes après les autres.» Dans ce tableau bien sombre, Sam Abrams voit une lueur d’espoir venir potentiellement de la nouvelle «génération Z» (nés entre 1997 et 2000), «beaucoup moins idéologue que les millennials» (nés entre 1980 et 2000), fatiguée de la polarisation et peu convaincue par la racialisation galopante. «Quand je me promène dans les campus pour des tournées de conférences, les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches.» Sam n’en reste pas moins très envieux de «l’approche française»,qui résiste tant bien que mal à la vague woke anglo-saxonne. «Ça fait tellement de bien de savoir que chez vous les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont “un petit garçon ou une petite fille”. Chez nous, on dirait: comment osez-vous assigner un genre?» Mais la différence est-elle si grande que Sam le pense? L’Amérique et la France ont beau plaider pour deux modèles radicalement opposés de république, sur le plan des idées, les chassés-croisés entre nos deux pays sont incessants. Ainsi avons-nous exporté la French Theory sur les campus d’Amérique dans les années 1960, semence qui allait faire fleurir le politiquement correct. Aujourd’hui, celui-ci nous revient en boomerang sous les nouveaux habits de la cancel culture et du wokisme qui s’implantent dans nos universités. Et, là-bas comme ici, l’intelligentsia libérale se réveille face aux excès et au déni d’une révolution qui dévore ses enfants. Aux États-Unis comme en France, cette guerre idéologique ne fait que commencer. Laure Mandeville et Eugénie Bastié
In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles. (…) If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. (…) No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case. To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy. What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.” This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions. Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas. Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it. But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves. No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations. Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice, highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats. After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class. I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority. The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis. Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump. (…) The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause. (…) Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve. (…) Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties: ‘It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner (…) or uses kind of simplistic language (…) We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. (…) They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. It’s talking down to people. (…) Trump speaks to them, because he includes them. Slotkin’s point like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt. (…) As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street). Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves. That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable. It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence. If Trump still refuses to concede—and we need not deny a priori the claims of his lawyer Sidney Powell, whose recent statements (…) at least express confidence—this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place. May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.” Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians. Eric Gans
Nos modes intellectuelles ne veulent voir de la violence que dans les textes, mais d’où vient réellement la menace ? Aujourd’hui, nous vivons dans un monde dangereux où tous les mouvements de foule sont violents. Cette foule était déjà violente dans les Psaumes. Elle l’est dans le récit de Job. Elle demande à Job de se reconnaître coupable : c’est un vrai procès de Moscou qu’on lui fait. Procès prophétique. N’est-ce pas celui du Christ adulé par les foules, puis rejeté au moment de la Passion ? Ces récits annoncent la croix, la mort de la victime innocente, la victoire sur tous les mythes sacrificiels de l’Antiquité. René Girard
Il y avait vraiment des gens qui s’agitaient devant des courts-bouillons de grenouilles et de scorpions, mais nous savons que leurs manigances n’empêcheraient pas les avions de voler (…) C’est bien pourquoi, même lorsqu’elles étaient condamnées, même lorsqu’elles étaient techniquement coupables, les sorcières étaient des boucs émissaires. René Girard
La métaphore principale est celle du triomphe au sens romain, c’est-à-dire la récompense que Rome accordait à ses généraux victorieux. Debout sur son char le triomphateur faisait une entrée solennelle dans la Ville sous les acclamations de la foule. Dans son cortège figuraient les chefs ennemis enchaînés. Avant de faire exécuter ces derniers, on les exhibait, telles des bêtes féroces réduites à l’impuissance. Vercingétorix joua ce rôle dans le triomphe de César. Le général victorieux est ici le Christ et sa victoire, c’est la Croix. Ce dont le christianisme triomphe c’est de l’organisation païenne du monde. Les chefs ennemis enchaînés derrière leur vainqueur sont les principautés et les puissances. L’auteur compare les effets irrésistibles de la Croix à ceux de la force militaire encore toute-puissante au moment où il écrivait, l’armée romaine. (…) Mais il y a dans cette triomphante métaphore un paradoxe trop évident pour ne pas être délibéré, pour ne pas relever d’une intention ironique. La violence militaire est aussi étrangère que possible à ce dont parle réellement l’épître. La victoire du Christ n’a rien à voir avec celle d’un général victorieux : au lieu d’infliger sa violence aux autres, le Christ la subit. Ce qu’il faut retenir ici dans l’idée du triomphe ce n’est pas l’aspect militaire, c’est l’idée d’un spectacle offert à tous les hommes, c’est l’exhibition publique de ce que l’ennemi aurait dû dissimuler afin de se protéger, afin de persévérer dans son être que lui dérobe la Croix. Loin d’être obtenu par la violence, le triomphe de la Croix est le fruit d’un renoncement si total que la violence peut se déchaîner tout son saoul sur le Christ, sans se douter qu’en se déchaînant, elle rend manifeste ce qu’il lui importe de dissimuler, sans soupçonner que ce déchaînement va se retourner contre elle cette fois car il sera enregistré et représenté très exactement dans les récits de la Passion. (…) L’idée du triomphe de la Croix paraît tellement absurde aux yeux des exégètes soi-disant scientifiques qu’ils y voient volontiers une de ces inversions complètes auxquelles les désespérés soumettent le réel lorsque leur univers s’effondre et qu’ils ne peuvent plus affronter la vérité… C’est ce que les psychiatres appellent un phénomène de compensation. Les êtres dévastés par une catastrophe irréparable, privés de tout espoir concret, intervertissent tous les signes qui les renseignent sur le réel : de tous les moins ils font des plus et de tous les plus ils font des moins. C’est ce qui est arrivé aux disciples de Jésus après la crucifixion, c’est ce que les croyants appellent la Résurrection. (…) La plupart des hommes, lorsqu’ils réfléchissent à la Croix, ne voient que l’événement dans sa brutalité, la mort terrible de Jésus qui s’est déroulée, semble-t-il, de façon à infliger au triomphalisme de notre épître le démenti le plus cinglant. (…) En clouant le Christ sur la Croix les puissances croyaient faire ce qu’elles font d’habitude en déclenchant le mécanisme victimaire, elles croyaient écarter une menace de révélation, elles ne se doutaient pas qu’en fin de compte,, elles faisaient tout le contraire, elles travaillaient à leur propre anéantissement, elles se clouaient elles-mêmes sur la Croix en quelque sorte, dont elles ne soupçonnaient pas le pouvoir révélateur. En privant le mécanisme victimaire des ténèbres dont il doit s’entourer pour gouverner toutes choses, la Croix bouleverse le monde. Sa lumière prive Satan de son pouvoir principal, celui d’expulser Satan. (…) La souffrance de la Croix est le prix que Jésus accepte de payer pour offrir à l’humanité cette représentation vraie de l’origine dont elle reste prisonnière, et pour priver à la longue le mécanisme victimaire de son efficacité. Dans le triomphe d’un général victorieux, l’exhibition humiliante du vaincu est seulement une conséquence de la victoire, alors qu’ici c’est cette victoire elle-même, c’est le dévoilement de l’origine violente. Ce n’est pas parce qu’elles sont défaites que les puissances sont données en spectacle, c’est parce qu’elles sont données en spectacle qu’elles sont défaites. Il y a de l’ironie donc dans la métaphore du triomphe militaire et ce qui la rend savoureuse, c’est le fait que Satan et ses cohortes ne respectent que la puissance. Ils ne pensent qu’en termes de triomphe militaire. Ils sont donc battus par une arme dont l’efficacité leur est inconcevable, elle contredit toutes leurs croyances, toutes leurs valeurs. C’est l’impuissance la plus radicale qui triomphe du pouvoir d’auto-expulsion satanique. (…) Pour appréhender le malentendu dans son énormité, il faut le transposer dans une affaire de victime injustement condamnée, une affaire si bien éclaircie désormais qu’elle exclut tout malentendu. À l’époque où le capitaine Dreyfus, condamné pour un crime qu’il n’avait pas commis, purgeait sa peine à l’autre bout du monde, d’un côté il y avait les « antidreyfusards » extrêmement nombreux et parfaitement sereins et satisfaits car ils tenaient leur victime collective et se félicitaient de la voir justement châtiée. De l’autre côté il y avait les défenseurs de Dreyfus, très peu nombreux d’abord et qui passèrent longtemps pour des traîtres patentés ou, au mieux, pour des mécontents professionnels, de véritables obsédés, toujours occupés à remâcher toutes sortes de griefs et de soupçons dont personne autour d’eux ne voyait le bien-fondé. On cherchait dans la morbidité personnelle ou dans les préjugés politiques la raison du comportement dreyfusard. En réalité, l’antidreyfusisme était un véritable mythe, une accusation fausse universellement confondue avec la vérité, entretenue par une contagion mimétique si surexcitée par le préjugé antisémite qu’aucun fait pendant des années ne parvint à l’ébranler. Ceux qui célèbrent l’« innocence » des mythes, leur joie de vivre, leur bonne santé et qui opposent tout cela au soupçon maladif de la Bible et des Évangiles commettent la même erreur, je pense, que ceux qui optaient hier pour l’antidreyfusisme contre le dreyfusisme. C’est bien ce que proclamait à l’époque un écrivain nommé Charles Péguy. Si les dreyfusards n’avaient pas combattu pour imposer leur point de vue, s’ils n’avaient pas souffert, au moins certains d’entre eux, pour la vérité, s’ils avaient admis, comme on le fait de nos jours, que le fait même de croire en une vérité absolue est le vrai péché contre l’esprit, Dreyfus n’aurait jamais été réhabilité, le mensonge aurait triomphé. Si on admire les mythes qui ne voient de victimes nulle part, et si on condamne la Bible et les Évangiles parce qu’au contraire ils en voient partout, on renouvelle l’illusion de ceux qui, à l’époque héroïque de l’Affaire, refusaient d’envisager la possibilité d’une erreur judiciaire. Les dreyfusards ont fait triompher à grand-peine une vérité aussi absolue, intransigeante et dogmatique que celle de Joseph dans son opposition à la violence mythologique. (…) La preuve qu’il est difficile de comprendre ce que je viens de dire ou trop facile peut-être, c’est que Satan lui-même ne l’a pas compris. Ou plutôt, il l’a compris trop tard pour protéger son royaume. Son manque de rapidité a eu, sur l’histoire humaine, des conséquences formidables. Dans sa première épître aux Corinthiens, Paul écrit : « Si les princes de ce monde avaient connu [la sagesse de Dieu] ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire » (1 Co 2, 8). « Les princes de ce monde », qui sont ici la même chose que Satan, ont crucifié le Seigneur de gloire parce qu’ils attendaient de cet événement certains résultats favorables à leurs intérêts. Ils espéraient que le mécanisme fonctionnerait comme d’habitude, à l’abri des regards indiscrets, et qu’ils seraient débarrassés de Jésus et de son message. (…) Les Évangiles eux-mêmes attirent notre attention sur la perte de l’unanimité mythique partout où Jésus intervient. Jean en particulier signale à maintes reprises la division entre les témoins après les paroles et les actes de Jésus. Après chaque intervention de Jésus, les témoins se querellent et, loin d’unifier les hommes, son message suscite le désaccord et la division. C’est dans la crucifixion surtout que cette division joue un rôle capital. Sans elle il n’y aurait pas de révélation évangélique ; le mécanisme victimaire ne serait pas représenté. Comme dans les mythes, il serait transfiguré en action juste et légitime. René Girard
There are a lot of clear emotions that come with this and it caused a big knee jerk reaction. A lot of Americans, when they see his (Trump’s) face will come up with an opinion of liking or disliking him before reading an article or hearing the news. Both the liberal and conservative response to the artist was how sacrilegious the painting came off as. (…) When you hear a democrat calling for the investigation of Trump and a republican calling for the investigation of Pelosi or Biden and neither asks what might be wrong with their own affiliation, just shows how devout that person has become. (…) It is as though they are arguing dogmatic religious doctrine rather than having an honest debate. (…) One side wishes to see violent animosity released on Donald Trump and the other half shows him to be this infallible savior. That won’t get us anywhere but getting people to think outside the box at what they are looking at could potentially begin to turn around how we see and react to the idea of politics in our country. Orvis
Art is a subjective term used to describe the viewer’s thoughts and feelings towards a specific piece of work. However, an artist in Jacksonville only received negative responses to a painting he made but when he examined closer, it was exactly what he expected all along. The artist goes by his initials B.S. and chose to do so after witnessing the backlash and alleged death threats given to local art broker Tristan Orvis when the two placed the painting up for sale on Facebook marketplace. B.S. created controversy and hysteria from his painting titled “An Emotional Mirror” which shows President Donald Trump, as Jesus Christ, being crucified on the cross. He said he was inspired by the events surrounding President Donald Trump’s impeachment trial in January. At first glance, you can see Congresswoman Nancy Pelosi as a Roman Soldier piercing Trump’s right side with a spear, wife Melania praying at his feet like the Virgin Mary, along with members of the media and several foreign presidents and dictator such as Vladimir Putin and Kim Jung-Un looking on. The controversy is obvious as both liberals and conservatives showed their disgust at what they described as an abomination. The artist explained the meaning behind the painting is far more telling of how the viewer is supposed to see it.      B.S. described the painting as his intent to highlight and call into question within the viewer such notions as belief in religion and politics, along with how narrow the bridge is between the two. He also wished to spark the viewers’ thoughts on nationalism and the media influence on the country. Its purpose? To start conversations between both parties while using the “emotional mirror” to look inside one’s self in order to take personal responsibility for how the country looks when discussing politics. What was made to be thought-provoking turned to bashing, according to Orvis. (…) What was seemingly missed by the several thousand people who commented, shared or liked Orvis’s Facebook post, was almost no one responded by questioning themselves or their own party. Instead, they came together to chastise the artist and broker responsible for its content. Things began to reach a boiling point when residents around Onslow began giving out Orvis’s address and kid’s names in an attempt to cause harm. Although he said none of the threats sounded like they held any weight, he will remain cautious until more time has passed. The surprising part is that the two men claim they should have seen it coming, but it proved the point of the painting and that in the current state we live in, seeing is believing and no one is taking the time to actually look and see before believing their own preconceived notions about the political and religious climate.  (…) What Orvis said he learned from this experience is that it reminded him of a time where individuals were labeling themselves as Americans first and not by their race or political affiliations. He also hopes moving forward, people can come together for the betterment of the voters. Newsbreak
Lorsque la rivalité se généralise, que la communauté est en proie à une crise de violence mimétique, elle désigne un individu responsable de la crise. Elle l’accuse puis le tue. Aussitôt la communauté se réconcilie et retrouve la paix en s’unifiant contre ce bouc émissaire. (…) [Mais] la Crucifixion du Christ révèle le mécanisme sacrificiel qui fonde toute société humaine. Désormais, nous savons tous que la victime est innocente. Le texte évangélique au lieu de dénoncer la culpabilité de la victime comme le fait le récit mythique – Œdipe a commis le parricide et l’inceste – nous dévoile l’innocence complète de la victime. Le christianisme dit pour la première fois notre culpabilité, et non celle de la victime aussi divine serait-elle. ‘La Passion a dévoilé une fois pour toute l’origine sacrificielle de l’humanité. Elle a défait le sacré en révélant sa violence’. Désormais, nous devons vivre avec cette impossibilité de désigner des boucs-émissaires la conscience tranquille. Nous sommes privés des processus de différenciation liée à l’émergence d’une culture: ‘il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ’ écrit Saint Paul aux Galates. Désormais on ne sacrifie plus des victimes innocentes pour nous permettre de vivre en paix. Désormais, nous devons nous passer des rites, des interdits et du sacré, qui s’ils conservent une part de violence, sont avant tout des freins à la violence et surtout les fondements de toute culture. Certains ont si parfaitement compris le danger que le christianisme fait courir aux Nations qu’ils s’efforcent de ressusciter le paganisme. Archaïques, sommes-nous, archaïques, voulons-nous rester. Sauf que la désacralisation du monde a ouvert la route à des moyens techniques nous donnant les moyens de destruction inimaginable. Certains s’y sont essayés, ils ont succombé sous le poids de leur propre puissance après avoir fait des millions de victimes. Difficile de jouer à l’homme archaïque lorsque l’on tient en main la bombe atomique. La page blanche est impossible. D’autres rejettent tout ce qui ramène l’humanité à ses origines sacrificielles comme autant de preuve de la culpabilité humaine. Ils réclament toujours moins de rites, moins d’interdits, moins de frontières. Pour eux, les différences culturelles sont autant de traces d’un passé archaïque déshonorant. Ce faisant, ils oublient que ce qui est un remède certes imparfait, est tout de même un remède à une violence pire encore. Quoi qu’on dise, nous sommes toujours aussi mimétiques que nos primitifs ancêtres. Il y a fort à parier que dans ces conditions, nous retournions en deçà de la culture. L’humanité, à l’échelle planétaire, redeviendrait un de ces groupements d’humains indifférenciés soumis à des rivalités internes permanentes. Le pire nous menace encore puisque ces rivalités ne peuvent se résoudre dans un mécanisme sacrificiel désormais interdit. À moins que, comble d’ironie, l’interdit de l’interdit vienne remplacer comme une simagrée de l’Antéchrist l’interdit archaïque et devienne à son tour un argument d’exclusion. D’autres encore, ayant si bien lu René Girard au point de savoir que la violence prolifère parmi les frères, cherchent à mimer la mise à distance archaïque créée par les rites et les interdits, par le truchement de la puissance technologique. Les écrans d’ordinateur ne sont pas des fenêtres sur le monde, contrairement à ce que la publicité nous laisse croire. Ce sont de véritables écrans, nous protégeant de la vraie rencontre, celle qui nous fait prendre le risque de la rivalité lorsque nous appelons notre prochain, frère. Les relations seront régulées par le sans-contact. Les réseaux sociaux seront érigés en temple des nouveaux rites, les centres de big data en tabernacle dont les employés seront les grands prêtres sans visage. Grimace de rite dont le ridicule n’a d’égal que le sacré dont nous entourons nos ordinateurs et les chiffres qu’ils produisent. L’alliance de l’archaïque et de la technique risque fort d’accoucher d’une humanité qui n’aura plus d’humanité que le nom. Marie Girard
Quel étrangement interminable assassinat politique ?
En ce cinquième anniversaire de la disparition de l’anthropologue franco-américain René Girard
Et après une chasse au sorcières et même un quasi-procès de Moscou en direct et en continu de plus de quatre ans …
Sans parler d’une élection où, entre votes sans contact et sans contrôle sous prétexte d’épidémie, tous les coups auront décidément été permis
Qui en une rare unanimité, sur fond d’incessants appels à l’unité, aura réuni élites politiques, économiques, médiatiques, universitaires, artistiques et culturelles …
Accompagnée comme il se doit, entre ultime diabolisation de l’hitlérisation, véritable peste, iconoclasme, autodafés, processions de génuflexants et antisémitisme, de tous les signes et prodiges immémoriaux …
Cette étrangement interminable mise à mort d’un président américain …
Qui y compris contre son propre intérêt ou message, comme la provocation systématique sur les masques et dans le premier débat
Aura décidément jusqu’au bout refusé de jouer le jeu
Comment ne pas voir …
A l’instar de la polémique qui a suivi aux Etats-Unis il y a un an la vente d’un tableau de Trump en Christ
Alors que nous achevons d’éradiquer tous les Christs de nos lieux publics …
Au-delà, en ces temps de victimisation triomphante, de la légendaire propensité de l’impétrant à la chose …
Au moment même où ils semblent enfin avoir obtenu son expulsion définitive …
La proprement extraordinaire difficulté des tenants du sans-frontières et du sans-contact …
Sur fond de révélation aussi paradoxale que potentiellement désastreuse pour les pouvoirs en place …
A réconcilier les Américains et le monde …
Sur le dos du seul Trump honni ?

Il y a cinq ans René Girard, grand penseur de la violence et du sacré, nous quittait…
FIGAROVOX/TRIBUNE – La disparition de René Girard en novembre 2015 fut vite éclipsée, quelques jours plus tard, par les attentats du 13 novembre. Sa petite-nièce Marie Girard, présidente de la Société des amis de Joseph et René Girard, rend hommage à l’incontounable anthropologue qu’il fut et à son oeuvre qu’elle juge essentielle pour comprendre le déchaînement de la violence religieuse aujourd’hui.
Marie Girard
Le Figaro
17 novembre 2020
Marie Girard, petite-nièce de René Girard, est présidente de la Société des amis de Joseph & René Girard.

Le 4 novembre 2015, René Girard était enlevé à l’affection des siens. Dix jours après sa mort, on entendait des tirs de Kalachnikov en plein cœur de Paris. La France vivait en direct la tuerie du Bataclan. Encore quelques jours et des troupes d’élite donnaient l’assaut à deux pas de la basilique Saint Denis. Souvenirs inséparables: René Girard, le penseur de la violence et du sacré, n’a pas connu l’épisode tragique que toute son œuvre permettait de penser.

1947, René Girard, jeune chartiste, quittait sa terre natale et l’Europe ensanglantée. Il est hanté par le déferlement de violence qui a saisi l’humanité durant ces années: les camps de concentrations, les ruines fumantes de Nagasaki et Hiroshima, la pluie des bombes incendiaires qui mit l’Allemagne à genou. Affrontement entre deux blocs tétanisés par leur propre puissance de feu, croissance économique époustouflante anesthésiant les consciences, tels semblent être les nouveaux atours de la paix.

Pourtant René Girard ne s’en laisse pas conter par les chantres du progrès, il pressent que ce n’est pas la fin de l’histoire. Il voit que le monde se défait, que l’Occident se désintègre. Il sait que cela ne se fera pas sans violence. Mais quel sera le visage de cette violence à l’heure où la guerre et ses codes ont disparu? Il sait que ce ne seront pas les sciences politiques qui lui donneront le sens de ce qui nous arrive. Non, il doit aller chercher au plus profond de la nature humaine pour comprendre.

1961, publication de Mensonge romantique et vérité romanesque: ce n’est pas l’érudition «des sages et des savants» que René Girard convoque, mais la lucidité des romanciers. Don Quichotte, Mme Bovary, À la recherche du temps perdu ou Le rouge et le noir lui révèlent que l’Homme est le plus mimétique, le plus imitateur des animaux et donc le plus violent. Si les Hommes s’imitent pour le meilleur rendant possible l’apprentissage c’est-à-dire l’intelligence et le langage, ils imitent aussi leur désir. Ils entrent alors en rivalité autour du même objet désiré.

Lorsque la rivalité se généralise, que la communauté est en proie à une crise de violence mimétique.

1972, publication de La violence et le sacré : après la littérature, René Girard prend les mythes au sérieux et montre que la culture et le religieux sont évitement de la violence. Lorsque la rivalité se généralise, que la communauté est en proie à une crise de violence mimétique, elle désigne un individu responsable de la crise. Elle l’accuse puis le tue. Aussitôt la communauté se réconcilie et retrouve la paix en s’unifiant contre ce bouc émissaire.

Du chaos et du désordre émerge l’ordre: «À travers la violence qui les terrifie c’est la non-violence que vise toujours l’adoration des fidèles. La non-violence apparaît comme un don gratuit de la violence et cette apparence n’est pas sans raison puisque les hommes ne sont jamais capables de se réconcilier qu’aux dépens d’un tiers. Ce que les hommes peuvent faire de mieux dans l’ordre de la non-violence, c’est l’unanimité moins un de la victime émissaire.» Apparaissent alors le sacré et le religieux.

En effet la victime qui, par sa mort, soude la collectivité, est divinisée puisqu’elle sauve la communauté de la destruction. C’est l’émergence du dieu archaïque. Mais la vertu apaisante du meurtre fondateur s’amenuise petit à petit. On replonge alors dans de nouvelles crises. Pour les éviter, on reproduit le meurtre fondateur sous une forme moins violente avec des victimes de substitution que l’on considère comme sacrées. Le sacrifice rituel est une violence cathartique.

René Girard donne, à partir de l’imitation du désir, de la rivalité puis de la violence qu’elle génère, une explication des deux piliers de l’organisation des sociétés archaïques: les interdits qui séparent les rivaux potentiels et les sacrifices qui leur permettent de se réconcilier. Nous apprenons que «l’homme est issu du sacrifice, il est donc fils du religieux» . Le religieux est seul capable de contenir des conflits capables de détruire des groupes humains.

La Crucifixion du Christ révèle le mécanisme sacrificiel qui fonde toute société humaine.

1978, publication de Des choses cachées depuis la fondation du monde : René Girard, à la suite de Simone Weil et au grand dam des universitaires patentés, découvre que la Bible avant d’être une science de Dieu est une anthropologie, une science de l’Homme. Après avoir montré que nous n’étions pas libres face à nos propres désirs, le voilà commentant des fratricides, le meurtre d’Abel par Caïn, le lynchage de Joseph par ses frères, et cela à la lumière de la théorie du bouc émissaire dit-on, mais surtout à la lumière de la Passion du Christ.

La Crucifixion du Christ révèle le mécanisme sacrificiel qui fonde toute société humaine. Désormais, nous savons tous que la victime est innocente. Le texte évangélique au lieu de dénoncer la culpabilité de la victime comme le fait le récit mythique – Œdipe a commis le parricide et l’inceste – nous dévoile l’innocence complète de la victime. Le christianisme dit pour la première fois notre culpabilité, et non celle de la victime aussi divine serait-elle. «La Passion a dévoilé une fois pour toute l’origine sacrificielle de l’humanité. Elle a défait le sacré en révélant sa violence» .

Désormais, nous devons vivre avec cette impossibilité de désigner des boucs-émissaires la conscience tranquille. Nous sommes privés des processus de différenciation liée à l’émergence d’une culture: «il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ» écrit Saint Paul aux Galates. Désormais on ne sacrifie plus des victimes innocentes pour nous permettre de vivre en paix.

Désormais, nous devons nous passer des rites, des interdits et du sacré, qui s’ils conservent une part de violence, sont avant tout des freins à la violence et surtout les fondements de toute culture. Nous pourrions, à première vue, nous en réjouir. Mais René Girard nous prévient. Dans l’introduction d’Achever Clausewitz, il écrit: «le verrou du meurtre fondateur, levé par la Passion, libère aujourd’hui une violence planétaire, sans qu’on puisse refermer ce qui a été ouvert» . Désormais, comment nos crises mimétiques pourront-elles se résoudre? Nous sommes débarrassés des massacres rituels sanglants et nous nous perdons.

Avec René Girard, nous comprenons que l’Occident et le monde cherchent désespérément une issue.

À la barbe des tenants de la laïcité la plus rigide, René Girard est un immense apologète du christianisme, mais d’un christianisme qui est «la seule religion qui aura prévu son propre échec» puisqu’il ne crée plus le sacré qui nous sauverait. Mais surtout, il montre que nous pensons et nous agissons tous, chrétiens ou non, à travers ce qui s’est passé, il y a deux mille ans au Golgotha. Même les pires contempteurs de l’Occident chrétien tiennent un discours chrétien lorsqu’ils viennent demander réparation au nom de l’innocence des victimes. Avec René Girard, nous comprenons que l’Occident et le monde cherchent désespérément une issue.

Certains ont si parfaitement compris le danger que le christianisme fait courir aux Nations qu’ils s’efforcent de ressusciter le paganisme. Archaïques, sommes-nous, archaïques, voulons-nous rester. Sauf que la désacralisation du monde a ouvert la route à des moyens techniques nous donnant les moyens de destruction inimaginable. Certains s’y sont essayés, ils ont succombé sous le poids de leur propre puissance après avoir fait des millions de victimes. Difficile de jouer à l’homme archaïque lorsque l’on tient en main la bombe atomique. La page blanche est impossible.

D’autres rejettent tout ce qui ramène l’humanité à ses origines sacrificielles comme autant de preuve de la culpabilité humaine. Ils réclament toujours moins de rites, moins d’interdits, moins de frontières. Pour eux, les différences culturelles sont autant de traces d’un passé archaïque déshonorant. Ce faisant, ils oublient que ce qui est un remède certes imparfait, est tout de même un remède à une violence pire encore. Quoi qu’on dise, nous sommes toujours aussi mimétiques que nos primitifs ancêtres.

Il y a fort à parier que dans ces conditions, nous retournions en deçà de la culture. L’humanité, à l’échelle planétaire, redeviendrait un de ces groupements d’humains indifférenciés soumis à des rivalités internes permanentes. Le pire nous menace encore puisque ces rivalités ne peuvent se résoudre dans un mécanisme sacrificiel désormais interdit. À moins que, comble d’ironie, l’interdit de l’interdit vienne remplacer comme une simagrée de l’Antéchrist l’interdit archaïque et devienne à son tour un argument d’exclusion.

D’autres encore, ayant si bien lu René Girard au point de savoir que la violence prolifère parmi les frères, cherchent à mimer la mise à distance archaïque créée par les rites et les interdits, par le truchement de la puissance technologique. Les écrans d’ordinateur ne sont pas des fenêtres sur le monde, contrairement à ce que la publicité nous laisse croire. Ce sont de véritables écrans, nous protégeant de la vraie rencontre, celle qui nous fait prendre le risque de la rivalité lorsque nous appelons notre prochain, frère.

Les relations seront régulées par le sans-contact. Les réseaux sociaux seront érigés en temple des nouveaux rites, les centres de big data en tabernacle dont les employés seront les grands prêtres sans visage. Grimace de rite dont le ridicule n’a d’égal que le sacré dont nous entourons nos ordinateurs et les chiffres qu’ils produisent. L’alliance de l’archaïque et de la technique risque fort d’accoucher d’une humanité qui n’aura plus d’humanité que le nom.

En aucun cas, il ne faut chercher dans l’œuvre de René Girard un manifeste politique pour un monde meilleur.

En aucun cas, il ne faut chercher dans l’œuvre de René Girard un manifeste politique pour un monde meilleur. «Je cherche à montrer que le monde actuel est impensable sans le christianisme. Un point, c’est tout» . René Girard est un catholique, il n’attend pas la fin de l’Église comme accomplissement du christianisme: «les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle» (Mt, 16-18).

Il connaît la valeur du rite, mais il le renvoie à une position seconde, comme un outil de l’amour: «Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens d’un grief que ton frère a contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis revient, et alors présente ton offrande» (Mt, 5-23).

René Girard est le disciple d’un Dieu capable de renoncer à sa toute-puissance pour nous laisser libres. Inlassablement, il dira que nous ne sommes pas assez chrétiens. Il sait que «la Passion a libéré la violence autant que la Sainteté». René Girard nous engage sur une voie radicale, celle de l’humilité: «Comprendre les hommes, leur constant paradoxe, leur innocence, leur culpabilité, c’est comprendre que nous sommes tous responsables de cet état de choses puisque, à la différence du Christ, nous n’en mourrons pas» .

Il ne cherche pas à nous rassurer. Il cherche à donner un sens à ce qui nous arrive: «plus que jamais, j’ai la conviction que l’histoire a un sens ; que ce sens est redoutable ; mais qu’ ‘’aux lieux du péril, croît aussi ce qui sauve’’». Sur ces derniers mots d’espérance nous laissant à nos responsabilités d’Hommes libérés, le crayon lui glissa des mains.

Voir aussi:

The Washington Post
December 18, 2019

With hours of debate to fill before President Trump is impeached and only a minute or two for each member to make an impact, there is a premium on getting your point across.

Hence, a series of vivid metaphors.

Republicans, in particular, have set about comparing Trump’s impeachment to all manner of historical atrocities. Trump got the ball rolling Tuesday by comparing his treatment unfavorably to the Salem witch trials. “More due process was afforded to those accused in the Salem Witch Trials,” he wrote.

But his GOP colleagues believed they had some even better comparisons.

Rep. Barry Loudermilk (R-Ga.) decided that Trump was denied even the feeble due process that Pontius Pilate granted Jesus before his crucifixion.

“When Jesus was falsely accused of treason, Pontius Pilate gave Jesus the opportunity to face his accusers,” Loudermilk said. “During that sham trial, Pontius Pilate afforded more rights to Jesus than Democrats have afforded this president in this process.”

Rep. Fred Keller (R-Pa.) invoked Jesus’ crucifixion — specifically when Jesus, on the cross, asked God to forgive those who had wronged him.

“So I want Democrats voting for impeachment today to know that I’ll be praying for them,” Keller said. “From the Gospel of Luke, the 23rd chapter, verse 34: And Jesus said, ‘Father, forgive them, for they know not what they do.’ ”

There are, of course, problems with these comparisons. One is that the accused witches in Salem were systematically violated — including physically — and that, while they were afforded at least some theoretical ability to defend themselves, they were essentially required to prove a negative while the evidence against them was accepted at face value. The argument with Jesus is apparently that Trump hasn’t been able to confront the anonymous whistleblower who first brought the Ukraine scandal to light. But the gospels of Matthew and Mark suggest Jesus was essentially found guilty before the trial began. He was also crucified, while the alleged witches were hanged, so the punishment involved there is on a slightly different level. Trump, by contrast, will have a trial in which the rules will be determined by his allies and he will be allowed to remain as president.

Shortly after Loudermilk spoke, Rep. Mike Kelly (R-Pa.) offered his own comparison, saying Trump’s impeachment was more like Pearl Harbor. Here are his comments:

In addition to Christmas being something we celebrate, the Boston Tea Party took place in December, but also on December 7, 1941, a horrific act happened in the United States. And this one that President Roosevelt said, ‘This is a date that will live in infamy.’ Today, December the 18th, 2019, is another date that will live in infamy — when just because you hate the president of the United States and you can find no other reason other than the fact that you’re so blinded by your hate that you can’t see straight that you’ve decided the only way we can make sure this president doesn’t get elected again is to impeach him.

Rep. Clay Higgins (R-La.) offered his own vivid imagery without going for historical metaphors.

“I have descended into the belly of the beast. I have witnessed a terror within,” he began. “And I was committed to oppose the insidious forces which threaten our republic. America has been severely injured by this betrayal, by this unjust and weaponized impeachment brought upon us by the same socialists who threaten unborn life in the womb, who threaten First Amendment rights of conservatives, who threaten Second Amendment protections of every American patriot, and who have long ago determined that they would organize and conspire to overthrow President Trump.

Democrats certainly spoke in stark terms about the harm Trump has done and about the danger of allowing what he has done to go unpunished. But they were generally focused on appearing solemn.

At one point, though, Rep. Cedric L. Richmond (D-La.) did compare what Trump is doing to shooting the Constitution.

“Donald Trump recently said I can do anything I want. He also bragged that he could shoot someone on Fifth Avenue and get away with it,” Richmond said. “Well, he’s shooting holes in our Constitution on Pennsylvania Avenue.”

Rep. Hakeem Jeffries (D-N.Y.) also responded to GOP arguments that Democrats were unnecessarily dividing the country by comparing this moment in history to abolishing slavery and Jim Crow and to giving women the right to vote.

“There are some who cynically argue that the impeachment of this president will further divide an already-fractured union,” he said. “But there is a difference between division and clarification. Slavery once divided the nation, but emancipation rose up to clarify that all men are created equally. Suffrage once divided the nation, but women rose up to clarify that all voices must be heard in our democracy. Jim Crow once divided the nation, but civil rights champions rose up to clarify that all are entitled to equal protection under the law. There is a difference between division and clarification. »

Voir également:

Le 17 décembre 2019

À l’Honorable Nancy Pelosi

Présidente de la Chambre des Représentants

Washington, D.C. 20515

Chère Madame la Présidente

Je vous écris pour protester avec la plus forte et plus vive énergie contre la croisade de destitution partisane déclenchée par les démocrates de la Chambre des Représentants. Cette procédure d’impeachment constitue un abus de pouvoir sans précédent et inconstitutionnel de la part des législateurs démocrates, sans équivalent en près de deux siècles et demi d’histoire législative américaine.

Les articles de mise en accusation avancés par la Commission aux affaires judiciaires de la Chambre sont inadmissibles au regard de toute jurisprudence, interprétation ou théorie constitutionnelle. Ils n’incluent absolument aucun crime, infraction ou délit. Vous avez dévalorisé l’importance de ce si vilain mot, la destitution !

En décidant d’aller de l’avant avec votre procédure de destitution invalide, vous violez votre serment, vous rompez avec votre allégeance envers la Constitution, et vous déclarez ouvertement la guerre à la démocratie américaine. Vous osez invoquer les Pères fondateurs au nom de cette combine qui vise à annuler l’élection — et pourtant, vos actions malveillantes font preuve d’un mépris sans borne pour la fondation de l’Amérique et votre conduite scandaleuse menace de détruire ce que nos Fondateurs avaient consacré leurs vies mêmes à bâtir. Pire encore que d’offenser les Pères fondateurs, vous offensez les Américains qui ont la foi en ne cessant de dire “je prie pour le président”, alors que vous savez que cette déclaration est mensongère, à moins qu’elle n’ait une intention négative. Ce que vous faites est terrible, mais c’est vous qui allez devoir vivre avec, pas moi !

Votre première affirmation, “Abus de pouvoir”, est une invention complètement hypocrite, sans valeur et infondée de votre imagination. Vous savez que j’ai eu une conversation tout à fait innocente avec le président de l’Ukraine. Puis j’ai eu une deuxième conversation dont les citations ont été détournées, déformées et présentées de manière frauduleuse. Heureusement, une transcription de la conversation a été réalisée, et vous savez, à partir de cette transcription (qui a été immédiatement rendue accessible), que le paragraphe en question était parfait. J’ai dit au président Zelensky : “Mais je voudrais que nous rendiez un service, parce que notre pays a connu beaucoup de difficultés et que l’Ukraine en sait beaucoup là-dessus.” Je lui ai dit de nous rendre service, pas à moi, et à notre pays, pas à une campagne. Puis j’ai mentionné le ministre de la Justice des États-Unis. Chaque fois que je parle avec un dirigeant étranger, je fais passer les intérêts de l’Amérique en premier, exactement comme je l’ai fait avec le président Zelensky.

Vous transformez un désaccord politique entre deux branches du gouvernement en un crime passible de destitution — ce n’est pas plus légitime que si l’exécutif accusait des membres du Congrès de crimes pour avoir exercé leur pouvoir législatif légal.

Vous savez parfaitement que le vice-président Biden a utilisé ses fonctions et 1 milliard de dollars d’aide américaine pour obliger l’Ukraine à limoger le procureur qui enquêtait sur l’entreprise qui versait à son fils des millions de dollars. Vous le savez parce que Biden s’en est vanté en vidéo. Biden a déclaré ouvertement : “J’ai dit : ‘Je vous préviens, vous ne l’aurez pas, le milliard de dollars’… je les ai regardés et j’ai dit : ‘Je pars dans six heures. Si le procureur n’est pas limogé, vous ne toucherez pas l’argent.’ Eh bien, nom de Dieu, il a été viré.” Même Joe Biden a admis il y a quelques jours à peine dans une interview avec [la radio publique] NPR, que ça la “fichait mal”. Et maintenant, vous voulez me destituer en m’accusant à tort de faire ce que Joe Biden admet avoir vraiment fait.

Le président Zelensky a déclaré à plusieurs reprises que je n’avais rien fait de mal, et qu’il n’y avait eu Aucune Pression. En plus, il a souligné que ça avait été une “bonne conversation”, “je ne ressens pas de pression” [a-t-il dit], et il a explicitement insisté sur le fait que “personne ne [l’a] bousculé”. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a clairement déclaré : “Je n’ai jamais vu de lien direct entre les enquêtes et l’aide dans le domaine de la sécurité.” Lui aussi a dit qu’il n’y avait “Aucune Pression”. Le sénateur [républicain] Ron Johnson, du Wisconsin, qui soutient l’Ukraine et a rencontré le président Zelensky en privé, a dit : “À aucun moment pendant cette rencontre […], Zelensky ni aucun autre Ukrainien n’ont mentionné avoir l’impression d’être pressurés afin de faire quelque chose en échange de l’aide militaire.” Il y a eu beaucoup de rencontres entre des représentants de l’Ukraine et notre pays. Pas une fois l’Ukraine ne s’est plainte d’être victime de pressions — pas une fois ! L’ambassadeur Sondland a témoigné que je lui avais dit : “Pas de prêté pour un rendu. Je ne veux rien. Je ne veux rien. Je veux que le président Zelensky fasse ce qu’il faut, ce pour quoi il avait fait campagne.”

La deuxième affirmation, la prétendue “Obstruction au Congrès”, est grotesque et dangereuse. Les démocrates de la Chambre cherchent à destituer le président légitimement élu des États-Unis pour avoir revendiqué des privilèges inscrits dans la Constitution revendiqués sur une base bi-partisane par les gouvernements des deux partis politiques tout au long de l’histoire de notre Nation. Selon ce critère, tous les présidents américains auraient été destitués plusieurs fois. Comme avait prévenu le professeur de droit Jonathan Turley, qui est de gauche, en s’adressant aux démocrates du Congrès : “Je ne saurais trop insister […] si vous destituez un président, si vous commettez le crime grave d’aller devant les tribunaux, c’est un abus de pouvoir. C’est votre abus de pouvoir. Vous faites justement ce que vous reprochez au président de faire.”

Tout le monde, vous comprise, sait ce qui est en train de se passer en réalité. Votre candidat [la démocrate Hillary Clinton] a perdu l’élection en 2016, de façon écrasante au Collège électoral (306-227), et vous et votre parti ne vous êtes jamais remis de cette défaite. Vous avez contracté une forme aiguë de ce que beaucoup dans les médias appellent le Syndrome de démence de Trump et malheureusement, vous ne vous en sortirez jamais ! Vous ne voulez pas, vous ne pouvez pas accepter le verdict des urnes lors de la grande Élection de 2016. Donc, vous avez passé trois années d’affilée à tenter de revenir sur la décision du peuple américain et d’annuler son vote. Vous considérez la démocratie comme votre ennemie !

Présidente Pelosi, la semaine dernière encore, lors d’un forum public, vous avez admis que la campagne de destitution de votre parti durait depuis deux ans et demi, longtemps avant d’avoir entendu parler d’un coup de téléphone avec l’Ukraine. Il y avait dix-neuf minutes que j’avais prêté serment quand le Washington Post a publié un article intitulé La campagne de destitution du président Trump a commencé. Moins de trois mois après mon investiture, la députée [démocrate] Maxine Waters a lancé : “Je me battrai tous les jours jusqu’à ce qu’il soit destitué.”

Les démocrates de la Chambre ont présenté la première résolution de destitution contre moi quelques mois après mon investiture, pour ce qui sera considéré comme l’une des meilleures décisions de notre pays, le renvoi de [l’ex directeur du FBI] James Comey (voir les rapports de l’Inspecteur général) — qui, le monde le sait aujourd’hui, est un des flics les plus corrompus que notre Nation ait jamais connu. Une députée [démocrate] du Congrès, Rashida Tlaib, a hurlé et déliré quelques heures après avoir pris ses fonctions : “On va y aller, et on va destituer ce fils de p…” En mai, le député [démocrate] Al Green a dit : “Je redoute que si nous ne destituons pas ce président, il va être réélu.” Encore une fois, vous et vos alliés avez fait et dit toutes ces choses longtemps avant d’avoir jamais entendu parler du président Zelensky ou de quoi que ce soit en lien avec l’Ukraine. Comme vous le savez très bien, la campagne de destitution n’a rien à voir avec l’Ukraine, ou avec la conversation tout à fait appropriée que j’ai eue avec son nouveau président. Elle n’a à voir qu’avec votre tentative d’annuler l’élection de 2016 et de voler l’élection de 2020 !

Le député [démocrate à la tête de la commission du renseignement de la Chambre des représentants] Adam Schiff n’a cessé de mentir et tricher jusqu’à aujourd’hui, allant même jusqu’à inventer de manière frauduleuse, à partir de rien, ma conversation avec le président Zelensky de l’Ukraine, et de lire cette fantaisie au Congrès comme si c’était moi qui l’avais dit. Ses mensonges et ses tromperies honteuses, qui remontent jusqu’au canular sur [l’ingérence de la] Russie, sont une des principales raisons pour lesquelles nous en sommes là aujourd’hui.

Vous et votre parti cherchez désespérément à détourner l’attention de l’extraordinaire économie, du boom incroyable de l’emploi, des records sur les marchés, de la confiance en hausse et de la prospérité des citoyens en Amérique. Votre parti ne peut tout simplement pas concurrencer notre réussite : 7 millions de nouveaux emplois ; le taux de chômage le plus bas jamais enregistré pour les Africains-Américains, les Hispaniques-Américains, et les Asiatiques-Américains ; une armée reconstruite ; une réforme complète du ministère des Anciens combattants avec Choix et Responsabilité pour nos formidables vétérans ; plus de 170 nouveaux juges fédéraux et deux juges à la Cour suprême ; des réductions historiques d’impôts et de réglementation ; la suppression du mandat individuel [principale disposition de la réforme de l’assurance-maladie d’Obama] ; la première baisse des prix des médicaments sur ordonnance en cinquante ans ; la première nouvelle arme de l’armée de États-Unis depuis 1947 : la Force spatiale ; une vigoureuse protection du Deuxième Amendement [de la Constitution qui garantit le droit au port d’armes] ; la réforme de la justice pénale ; la défaite du califat de l’Etat Islamique et l’élimination du chef terroriste numéro un au monde, Al-Baghdadi ; le remplacement de l’ALENA, cet accord commercial désastreux, par le merveilleux USMCA (Mexique et Canada) ; un accord commercial de Phase Un avec la Chine, ce qui est une percée ; de nouveaux gigantesques accords commerciaux avec le Japon et la Corée du Sud ; le retrait du terrible accord sur le nucléaire avec l’Iran ; l’annulation de l’Accord de Paris sur le climat, injuste et coûteux ; le fait d’être devenu le premier producteur mondial d’énergie ; la reconnaissance de la capitale d’Israël, l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, et la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan ; une réduction colossale des passages illégaux à la frontière, la fin du système de remise en liberté des clandestins arrêtés, et la construction du Mur de la Frontière sud — et ce n’est que le début, il y a tellement d’autres choses. Vous ne pouvez pas défendre votre politique extrémiste — l’ouverture des frontières, les migrations massives, la criminalité élevée, les impôts écrasants, le système de santé socialisé, la destruction de l’énergie américaine, l’avortement tardif aux frais du contribuable, l’élimination du Deuxième Amendement, les théories radicales d’extrême gauche sur la loi et la justice, et l’obstruction partisane constante tant au sens commun qu’au bien de tous.

Je n’aimerais rien tant que cesser d’appeler votre parti “les Démocrates qui ne font rien”. Malheureusement, je ne crois pas que vous m’en donnerez jamais l’occasion.

Au bout de trois ans d’enquêtes injustes et injustifiées, 45 millions de dollars dépensés, 18 procureurs démocrates furieux, toute la force du FBI, dirigé par une hiérarchie dont il est aujourd’hui prouvé qu’elle est totalement incompétente et corrompue, vous n’avez RIEN trouvé ! Peu de gens qui occupent de hautes fonctions auraient enduré ou passé ce test. Vous ne savez pas, et vous vous en moquez, quels terribles dommages et quelles souffrances vous avez infligés aux membres merveilleux et aimants de ma famille. Vous avez mené une enquête bidon sur le président démocratiquement élu des États-Unis, et vous êtes en train de recommencer.

Il n’y a pas beaucoup de gens qui auraient accepté le châtiment infligé pendant ce laps de temps, et qui auraient pourtant autant fait pour le succès de l’Amérique et de ses citoyens. Mais au lieu de faire passer notre pays en premier, vous avez décidé de déshonorer un peu plus notre pays. Vous avez complètement échoué avec le rapport [du procureur spécial chargé de l’enquête sur l’ingérence russe Robert] Mueller parce qu’il n’y avait rien à trouver, donc vous avez décidé de prendre le premier canular qui se présentait, la conversation téléphonique avec l’Ukraine — alors même que c’était un appel parfait. Et d’ailleurs, quand je parle à des pays étrangers, il y a beaucoup de gens, autorisés, qui écoutent l’appel des deux côtés de la conversation.

C’est vous qui manipulez les élections des États-Unis. C’est vous qui corrompez la Démocratie américaine. C’est vous qui êtes coupable d’Entrave à la justice. C’est vous qui portez préjudice à notre République dans le but de servir vos égoïstes intérêts individuels, politiques et militants.

Avant le Canular de la Destitution, il y a eu la Chasse aux sorcières russe. En dépit du bon sens, au mépris de la vérité, vous et vos collaborateurs avez affirmé que mon équipe de campagne avait comploté avec les Russes – un mensonge calomnieux, malicieux et gravissime, une invention sans pareil. Vous avez contraint notre Nation à subir tracas et tourments à cause d’une histoire montée de toutes pièces, achetée illégalement par Hillary Clinton et le Comité national démocrate à un espion étranger dans le but de porter atteinte à notre démocratie. Et pourtant, quand ce mensonge monstrueux a été mis au jour et que le complot des démocrates a été anéanti, vous n’avez pas présenté d’excuses. Vous ne vous êtes pas rétractée. Vous n’avez pas demandé pardon. Vous n’avez fait preuve d’aucun remords, d’aucune forme d’introspection. Non, vous avez entamé une nouvelle croisade malveillante et diffamatoire – vous avez imaginé une façon de coincer et de calomnier un innocent. Vous avez agi uniquement par calcul politique personnel. Votre présidence de la Chambre des représentants et votre parti sont pris en otage par les éléments les plus dérangés et radicaux de l’extrême gauche. Chacun de vos membres vit dans la crainte qu’un adversaire socialiste ne les défient aux primaires – voilà ce qui motive en vérité la procédure de destitution. Regardez celle qui veut prendre la place du député Jerry Nadler. Regardez-vous, regardez votre entourage. N’entraînez pas votre pays dans la chute de votre parti.

Si vous vous souciiez réellement de la liberté au sein de notre Nation, alors vous chercheriez, avec vos considérables moyens d’enquête, à faire toute la lumière sur les abus de pouvoir scandaleux du FBI avant, pendant et après l’élection de 2016 – notamment l’espionnage de mon équipe de campagne, la remise de fausses preuves au Tribunal de surveillance du renseignement étranger, et la dissimulation de preuves à décharge en vue de piéger l’innocent. Le FBI compte dans ses rangs des employés très honorables, mais ses dirigeants sont incompétents et corrompus. Je pensais que vous seriez personnellement scandalisée par ces révélations, car lors de votre conférence de presse, le jour où vous avez ouvert l’enquête pour impeachment, vous avez lié directement cette initiative au Canular Russe qui avait été complètement discrédité. Vous avez par deux fois déclaré que “toutes les routes mènent à Poutine” en sachant pertinemment que c’était un mensonge abject. Je me suis montré bien plus intraitable avec la Russie que ne l’a jamais envisagé le président Obama.

Tout parlementaire qui votera en faveur de l’impeachment – au mépris de la vérité, des faits, des preuves et de la règle de droit – révélera son profond dédain pour les électeurs et sa véritable aversion pour l’ordre constitutionnel des États-Unis. Nos fondateurs craignaient le tribalisme provoqué par la politique de parti et vous donnez vie à leurs pires craintes.

Pire encore, j’ai été privé d’une Procédure Respectueuse de la Constitution dès le début de cette farce et jusqu’à aujourd’hui. J’ai été privé des droits les plus élémentaires prévus par la Constitution, notamment le droit de présenter des éléments de preuve, d’être représenté par un avocat, de faire face à mes accusateurs, et de convoquer et de contre-interroger des témoins – en particulier le supposé lanceur d’alerte qui a déclenché ce canular par sa fausse déclaration sur une conversation téléphonique sans aucun lien avec la conversation qui a réellement eu lieu. Dès que j’ai présenté la transcription de l’appel, ce qui a surpris et choqué les escrocs (ils n’avaient pas imaginé que ce type de document serait révélé), le soi-disant lanceur d’alerte, et aussi le deuxième lanceur d’alerte, ont disparu car ils s’étaient fait prendre, leur signalement était frauduleux et il n’a plus été possible d’être en contact avec eux.

En d’autres termes, dès que la conversation téléphonique a été rendue publique, votre petit complot a volé en éclats, mais ça ne vous a pas empêché de continuer.

Le procès des sorcières de Salem ne comptait pas tant d’irrégularités.

Vous et les membres de vos commissions affirmez depuis longtemps que la procédure de destitution doit avoir le soutien des deux partis – en l’occurrence ce n’est pas le cas. Vous avez déclaré que la procédure était source de divisions – c’est le moins qu’on puisse dire, et ces divisions sont bien plus profondes que vous n’osiez l’imaginer – et ça ne fera qu’empirer !

Tout cela n’est autre qu’une tentative de coup d’État illégale et militante, qui, si l’on en croit l’opinion publique ces derniers temps, se soldera par un échec cuisant dans les urnes. Vous n’en voulez pas qu’à moi, le président, vous en voulez au Parti républicain tout entier. Mais en raison de cette injustice colossale, l’unité de notre parti n’a jamais été si forte. Le jugement de l’Histoire sera impitoyable face à cette comédie que vous jouez. On ne retiendra de vous que la transformation de la Chambre des représentants, vénérable organe législatif, en tribunal arbitraire présidant à des persécutions partiales.

Vous feignez la solennité et c’est sans doute ce qui m’est le plus insultant. Vous avez, semble-t-il, si peu de respect pour les citoyens des États-Unis que vous les croyez dupes de votre démarche soi-disant grave, réservée et réticente. Toute personne dotée d’intelligence n’en croit pas un mot. Dès l’instant où j’ai été élu, le Parti démocrate a été en proie à la Fièvre de la Destitution. Vous n’affichez aucune réticence. Cette affaire n’a rien de grave. Vous tournez en dérision la procédure d’impeachment et vous masquez à peine la haine que vous inspire ma personne, le Parti républicain et des dizaines de millions d’Américains patriotes. Les électeurs font preuve de sagesse et ils voient clair dans votre jeu creux, stérile et dangereux.

Nul doute que les citoyens américains vous mettront, ainsi que le Parti démocrate, face à vos responsabilités lors de l’élection de 2020. Ils ne sont pas près d’oublier la subversion de la justice et les abus de pouvoir dont vous vous rendez coupables.

Il y a tant d’autres choses à faire pour améliorer la vie de nos concitoyens. Vous et les démocrates militants qui siègent au Congrès devez sans délai mettre un terme à ce fantasme de destitution ; vous devez vous remettre au service des citoyens américains. Je ne m’attends pas à ce que vous vous exécutiez, mais je vous adresse la présente lettre pour l’histoire et afin de consigner mes pensées de manière immuable et indélébile.

Dans un siècle, quand les gens repenseront à cette affaire, je souhaite qu’ils la comprennent et qu’ils en tirent des leçons, afin qu’aucun autre président ne puisse vivre la même chose.

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués,

Donald Trump

Président des États-Unis d’Amérique

Voir de même:

Jacksonville artist’s Trump Messiah painting misunderstood by the masses

Art is a subjective term used to describe the viewer’s thoughts and feelings towards a specific piece of work.

However, an artist in Jacksonville only received negative responses to a painting he made but when he examined closer, it was exactly what he expected all along.

The artist goes by his initials B.S. and chose to do so after witnessing the backlash and alleged death threats given to local art broker Tristan Orvis when the two placed the painting up for sale on Facebook marketplace.

B.S. created controversy and hysteria from his painting titled “An Emotional Mirror” which shows President , as Jesus Christ, being crucified on the cross. He said he was inspired by the events surrounding President ’s impeachment trial in January.

At first glance, you can see Congresswoman Nancy Pelosi as a Roman Soldier piercing Trump’s right side with a spear, wife Melania praying at his feet like the Virgin Mary, along with members of the media and several foreign presidents and dictator such as and Kim Jung-Un looking on.

The controversy is obvious as both liberals and conservatives showed their disgust at what they described as an abomination. The artist explained the meaning behind the painting is far more telling of how the viewer is supposed to see it.

B.S. described the painting as his intent to highlight and call into question within the viewer such notions as belief in religion and politics, along with how narrow the bridge is between the two. He also wished to spark the viewers’ thoughts on nationalism and the media influence on the country.

Its purpose? To start conversations between both parties while using the “emotional mirror” to look inside one’s self in order to take personal responsibility for how the country looks when discussing politics. What was made to be thought-provoking turned to bashing, according to Orvis.

“There are a lot of clear emotions that come with this and it caused a big knee jerk reaction. A lot of Americans, when they see his (Trump’s) face will come up with an opinion of liking or disliking him before reading an article or hearing the news,” Orvis said. “Both the liberal and conservative response to the artist was how sacrilegious the painting came off as.”

One man, claiming to be a catholic Christian crusader said the $5,000 price tag would be worth paying if he (Orvis) killed himself along with destroying the painting. Another individual joked that all conservative followers see Trump as a messiah and is the second coming of Jesus.

What was seemingly missed by the several thousand people who commented, shared or liked Orvis’s Facebook post, was almost no one responded by questioning themselves or their own party. Instead, they came together to chastise the artist and broker responsible for its content.

Things began to reach a boiling point when residents around Onslow began giving out Orvis’s address and kid’s names in an attempt to cause harm. Although he said none of the threats sounded like they held any weight, he will remain cautious until more time has passed.

The surprising part is that the two men claim they should have seen it coming, but it proved the point of the painting and that in the current state we live in, seeing is believing and no one is taking the time to actually look and see before believing their own preconceived notions about the political and religious climate.

“When you hear a democrat calling for the investigation of Trump and a republican calling for the investigation of Pelosi or (jJ Biden and neither asks what might be wrong with their own affiliation, just shows how devout that person has become,” explained B.S. “It is as though they are arguing dogmatic religious doctrine rather than having an honest debate.”

Unbelievably enough, the painting sold for $4,200 to a collector in Florida after only being on the market for a day and a half.

What Orvis said he learned from this experience is that it reminded him of a time where individuals were labeling themselves as Americans first and not by their race or political affiliations. He also hopes moving forward, people can come together for the betterment of the voters.

“One side wishes to see violent animosity released on ad the other half shows him to be this infallible savior. That won’t get us anywhere but getting people to think outside the box at what they are looking at could potentially begin to turn around how we see and react to the idea of politics in our county,” Orvis said.

Voir enfin:
The White house

Washington

December 17, 2019

The Honorable Nancy Pelosi
Honorable Nancy Pelosi

Speaker of the House of Representatives

Dear Madam Speaker:

I write to express my strongest and most powerful protest against the partisan impeachment crusade being pursued by the Democrats in the House of Representatives. This impeachment represents an unprecedented and unconstitutional abuse of power by Democrat Lawmakers, unequaled in nearly two and a half centuries of American legislative history.

The Articles of Impeachment introduced by the House Judiciary Committee are not recognizable under any standard of Constitutional theory, interpretation, or jurisprudence. They include no crimes, no misdemeanors, and no offenses whatsoever. You have cheapened the importance of the very ugly word, impeachment!

By proceeding with your invalid impeachment, you are violating your oaths of office, you are breaking your allegiance to the Constitution, and you are declaring open war on American Democracy. You dare to invoke the Founding Fathers in pursuit of this election-nullification scheme — yet your spiteful actions display unfettered contempt for America’s founding and your egregious conduct threatens to destroy that which our Founders pledged their very lives to build. Even worse than offending the Founding Fathers, you are offending Americans of faith by continually saying « I pray for the President, » when you know this statement is not true, unless it is meant in a negative sense. It is a terrible thing you are doing, but you will have to live with it, not I!
Founding Fathers

Your first claim, « Abuse of Power, » is a completely disingenuous, meritless, and baseless invention of your imagination. You know that I had a totally innocent conversation with the President of Ukraine. I then had a second conversation that has been misquoted, mischaracterized, and fraudulently misrepresented. Fortunately, there was a transcript of the conversation taken, and you know from the transcript (which was immediately made available) that the paragraph in question was perfect. I said to President Zelensky: « I would like you to do us a favor, though, because our country has been through a lot and Ukraine knows a lot about it. » I said do us a favor, not me, and our country, not a campaign. I then mentioned the Attorney General of the United States. Every time I talk with a foreign leader, I put America’s interests first, just as I did with President Zelensky.

You are turning a policy disagreement between two branches of government into an impeachable offense — it is no more legitimate than the Executive Branch charging members of Congress with crimes for the lawful exercise of legislative power.
Executive Branch

You know full well that Vice President Biden used his office and $1 billion dollars of U.S. aid money to coerce Ukraine into firing the prosecutor who was digging into the company paying his son millions of dollars. You know this because Biden bragged about it on video. Biden openly stated: « I said, ‘I’m telling you, you’re not getting the billion dollars’… I looked at them and said: ‘I’m leaving in six hours. If the prosecutor is not fired, you’re not getting the money.’ Well, son of a bitch. He got fired. » Even Joe Biden admitted just days ago in an interview with NPR that it « looked bad. » Now you are trying to impeach me by falsely accusing me of doing what Joe Biden has admitted he actually did.

President Zelensky has repeatedly declared that I did nothing wrong, and that there was No Pressure. He further emphasized that it was a « good phone call, » that « I don’t feel pressure, » and explicitly stressed that « nobody pushed me. » The Ukrainian Foreign Minister stated very clearly: « I have never seen a direct link between investigations and security assistance. » He also said there was « No Pressure. » Senator Ron Johnson of Wisconsin, a supporter of Ukraine who met privately with President Zelensky, has said: « At no time during this meeting … was there any mention by Zelensky or any Ukrainian that they were feeling pressure to do anything in return for the military aid. » Many meetings have been held between representatives of Ukraine and our country. Never once did Ukraine complain about pressure being applied — not once! Ambassador Sondland testified that I told him: « No quid pro quo. I want nothing. I want nothing. I want President Zelensky to do the right thing, do what he ran on. »

The second claim, so-called « Obstruction of Congress, » is preposterous and dangerous. House Democrats are trying to impeach the duly elected President of the United States for asserting Constitutionally based privileges that have been asserted on a bipartisan basis by administrations of both political parties throughout our Nation’s history. Under that standard, every American president would have been impeached many times over. As liberal law professor Jonathan Turley warned when addressing Congressional Democrats: « I can’t emphasize this enough … if you impeach a president, if you make a high crime and misdemeanor out of going to the courts, it is an abuse of power. It’s your abuse of power. You’re doing precisely what you’re criticizing the President for doing. »

Everyone, you included, knows what is really happening. Your chosen candidate lost the election in 2016, in an Electoral College landslide (306-227), and you and your party have never recovered from this defeat. You have developed a full-fledged case of what many in the media call Trump Derangement Syndrome and sadly, you will never get over it! You are unwilling and unable to accept the verdict issued at the ballot box during the great Election of 2016. So you have spent three straight years attempting to overturn the will of the American people and nullify their votes. You view democracy as your enemy!
straight years

Speaker Pelosi, you admitted just last week at a public forum that your party’s impeachment effort has been going on for « two and a half years, » long before you ever heard about a phone call with Ukraine. Nineteen minutes after I took the oath of office, the Washington Post published a story headlined, « The Campaign to Impeach President Trump Has Begun. » Less than three months after my inauguration, Representative Maxine Waters stated, « I’m going to fight every day until he’s impeached. » House Democrats introduced the first impeachment resolution against me within months of my inauguration, for what will be regarded as one of our country’s best decisions, the firing of James Comey (see Inspector General Reports) — who the world now knows is one of the dirtiest cops our Nation has ever seen. A ranting and raving Congresswoman, Rashida Tlaib, declared just hours after she was sworn into office, « We’re gonna go in there and we’re gonna impeach the motherf****r. » Representative Al Green said in May, « I’m concerned that if we don’t impeach this president, he will get re-elected. » Again, you and your allies said, and did, all of these things long before you ever heard of President Zelensky or anything related to Ukraine. As you know very well, this impeachment drive has nothing to do with Ukraine, or the totally appropriate conversation I had with its new president. It only has to do with your attempt to undo the election of 2016 and steal the election of 2020!

Congressman Adam Schiff cheated and lied all the way up to the present day, even going so far as to fraudulently make up, out of thin air, my conversation with President Zelensky of Ukraine and read this fantasy language to Congress as though it were said by me. His shameless lies and deceptions, dating all the way back to the Russia Hoax, is one of the main reasons we are here today.
Congressman Adam Schiff

You and your party are desperate to distract from America’s extraordinary economy, incredible jobs boom, record stock market, soaring confidence, and flourishing citizens. Your party simply cannot compete with our record: 7 million new jobs; the lowest-ever unemployment for African Americans, Hispanic Americans, and Asian Americans; a rebuilt military; a completely reformed VA with Choice and Accountability for our great veterans; more than 170 new federal judges and two Supreme Court Justices; historic tax and regulation cuts; the elimination of the individual mandate; the first decline in prescription drug prices in half a century; the first new branch of the United States Military since 1947, the Space Force; strong protection of the Second Amendment; criminal justice reform; a defeated ISIS caliphate and the killing of the world’s number one terrorist leader, al-Baghdadi; the replacement of the disastrous NAFTA trade deal with the wonderful USMCA (Mexico and Canada); a breakthrough Phase One trade deal with China; massive new trade deals with Japan and South Korea; withdrawal from the terrible Iran Nuclear Deal; cancellation of the unfair and costly Paris Climate Accord; becoming the world’s top energy producer; recognition of Israel’s capital, opening the American Embassy in Jerusalem, and recognizing Israeli sovereignty over the Golan Heights; a colossal reduction in illegal border crossings, the ending of Catch-and-Release, and the building of the Southern Border Wall — and that is just the beginning, there is so much more. You cannot defend your extreme policies — open borders, mass migration, high crime, crippling taxes, socialized healthcare, destruction of American energy, late-term taxpayer-funded abortion, elimination of the Second Amendment, radical far-left theories of law and justice, and constant partisan obstruction of both common sense and common good.

There is nothing I would rather do than stop referring to your party as the Do-Nothing Democrats. Unfortunately, I don’t know that you will ever give me a chance to do so. After three years of unfair and unwarranted investigations, 45 million dollars spent, 18 angry Democrat prosecutors, the entire force of the FBI, headed by leadership now proven to be totally incompetent and corrupt, you have found NOTHING! Few people in high position could have endured or passed this test. You do not know, nor do you care, the great damage and hurt you have inflicted upon wonderful and loving members of my family. You conducted a fake investigation upon the democratically elected President of the United States, and you are doing it yet again.

There are not many people who could have taken the punishment inflicted during this period of time, and yet done so much for the success of America and its citizens. But instead of putting our country first, you have decided to disgrace our country still further. You completely failed with the Mueller report because there was nothing to find, so you decided to take the next hoax that came along, the phone call with Ukraine — even though it was a perfect call. And by the way, when I speak to foreign countries, there are many people, with permission, listening to the call on both sides of the conversation.

You are the ones interfering in America’s elections. You are the ones subverting America’s Democracy. You are the ones Obstructing Justice. You are the ones bringing pain and suffering to our Republic for your own selfish personal, political, and partisan gain.

Before the Impeachment Hoax, it was the Russian Witch Hunt. Against all evidence, and regardless of the truth, you and your deputies claimed that my campaign colluded with the Russians — a grave, malicious, and slanderous lie, a falsehood like no other. You forced our Nation through turmoil and torment over a wholly fabricated story, illegally purchased from a foreign spy by Hillary Clinton and the DNC in order to assault our democracy. Yet, when the monstrous lie was debunked and this Democrat conspiracy dissolved into dust, you did not apologize. You did not recant. You did not ask to be forgiven. You showed no remorse, no capacity for self-reflection. Instead, you pursued your next libelous and vicious crusade — you engineered an attempt to frame and defame an innocent person. All of this was motivated by personal political calculation. Your Speakership and your party are held hostage by your most deranged and radical representatives of the far left. Each one of your members lives in fear of a socialist primary challenger — this is what is driving impeachment. Look at Congressman Nadler’s challenger. Look at yourself and others. Do not take our country down with your party.

If you truly cared about freedom and liberty for our Nation, then you would be devoting your vast investigative resources to exposing the full truth concerning the FBI’s horrifying abuses of power before, during, and after the 2016 election — including the use of spies against my campaign, the submission of false evidence to a FISA court, and the concealment of exculpatory evidence in order to frame the innocent. The FBI has great and honorable people, but the leadership was inept and corrupt. I would think that you would personally be appalled by these revelations, because in your press conference the day you announced impeachment, you tied the impeachment effort directly to the completely discredited Russia Hoax, declaring twice that « all roads lead to Putin, » when you know that is an abject lie. I have been far tougher on Russia than President Obama ever even thought to be.

Any member of Congress who votes in support of impeachment — against every shred of truth, fact, evidence, and legal principle — is showing how deeply they revile the voters and how truly they detest America’s Constitutional order. Our Founders feared the tribalization of partisan politics, and you are bringing their worst fears to life.

Worse still, I have been deprived of basic Constitutional Due Process from the beginning of this impeachment scam right up until the present. I have been denied the most fundamental rights afforded by the Constitution, including the right to present evidence, to have my own counsel present, to confront accusers, and to call and cross-examine witnesses, like the so-called whistleblower who started this entire hoax with a false report of the phone call that bears no relationship to the actual phone call that was made. Once I presented the transcribed call, which surprised and shocked the fraudsters (they never thought that such evidence would be presented), the so-called whistleblower, and the second whistleblower, disappeared because they got caught, their report was a fraud, and they were no longer going to be made available to us. In other words, once the phone call was made public, your whole plot blew up, but that didn’t stop you from continuing.

More due process was afforded to those accused in the Salem Witch Trials.

You and others on your committees have long said impeachment must be bipartisan — it is not. You said it was very divisive — it certainly is, even far more than you ever thought possible — and it will only get worse!

This is nothing more than an illegal, partisan attempted coup that will, based on recent sentiment, badly fail at the voting booth. You are not just after me, as President, you are after the entire Republican Party. But because of this colossal injustice, our party is more united than it has ever been before. History will judge you harshly as you proceed with this impeachment charade. Your legacy will be that of turning the House of Representatives from a revered legislative body into a Star Chamber of partisan persecution.

Perhaps most insulting of all is your false display of solemnity. You apparently have so little respect for the American People that you expect them to believe that you are approaching this impeachment somberly, reservedly, and reluctantly. No intelligent person believes what you are saying. Since the moment I won the election, the Democrat Party has been possessed by Impeachment Fever. There is no reticence. This is not a somber affair. You’re making a mockery of impeachment and you are scarcely concealing your hatred of me, of the Republican Party, and tens of millions of patriotic Americans. The voters are wise, and they are seeing straight through this empty, hollow, and dangerous game you are playing.

I have no doubt the American people will hold you and the Democrats fully responsible in the upcoming 2020 election. They will not soon forgive your perversion of justice and abuse of power.
American people

There is far too much that needs to be done to improve the lives of our citizens. It is time for you and the highly partisan Democrats in Congress to immediately cease this impeachment fantasy and get back to work for the American People. While I have no expectation that you will do so, I write this letter to you for the purpose of history and to put my thoughts on a permanent and indelible record.

One hundred years from now, when people look back at this affair, I want them to understand it, and learn from it, so that it can never happen to another President again.

Sincerely yours,

Donald J. Trump

Voir enfin:

The Washington Post
May 15, 2018

AMERICAN FORK, UTAH — Jon McNaughton did not intend to become the country’s most famous pro-Trump, mass-market painter of the 21st century. But then, to achieve such an identity does require a modicum of cultivation; it does not happen overnight.

In 2008, the Utah artist was selling landscapes out of a gallery in a shopping mall. Then the presidential election happened and McNaughton, who didn’t like John McCain or Barack Obama, was struck with inspiration. The result, “One Nation Under God,” was a massive canvas featuring Jesus Christ holding a copy of the Constitution, surrounded by Davy Crockett, Ronald Reagan and 61 other historical figures dismayed by the direction of the country (Satan, also in the painting, was pleased). It wasn’t particularly subtle, but something about the work spoke to people and a new creative doorway was opened.

You might have seen, for example, “The Forgotten Man,” in which Obama ignores a weeping citizen on a park bench while the Founding Fathers implore him to pay attention. Or, “The Demise of America,” in which he fiddles while the U.S. Capitol burns. Or, “One Nation Under Socialism,” in which he has lit the Constitution on fire.

After the 2016 election, McNaughton’s paintings gained a hero in Donald Trump instead of just a villain in Obama: a sequel to “The Forgotten Man,” “You Are Not Forgotten,” features the same weeping citizen, now planting a tree as Trump looks on benevolently.

Yes. McNaughton is that guy.

It’s pure id art. Which means, in the sense that art can reveal truths about the undercarriage of the psyche, McNaughton is one of the most significant painters of the current era. The New Yorker’s art critic analyzed the influence of McNaughton’s work and dubbed 2016 “The year of ‘The Forgotten Man.’ ”

“I’m just honestly a little perplexed,” says McNaughton, 50, a soft-spoken Mormon father. “I have no idea where [buyers] are hanging them; I just know I sell a ton. Sometimes I’m shocked at how many I sell. That one I told you about, Obama burning the Constitution? When I painted it, I worried, this thing is just hideous — why would anybody hang that in their living room?”

It’s not, he says, the kind of “warm, happy” work people typically want in their homes.

But they sell. McNaughton is a repeat guest on “Fox and Friends.” Sean Hannity owns several originals, including “The Forgotten Man.” McNaughton won’t say how much Hannity paid (it’s been reported as $300,000, which the artist says is too high), but the majority of his income comes not from originals but reproductions: $30 for an 11-by-14 lithograph, $700 for something large, framed and signed.

Rob Dickerson, the account manager at the printing outlet that fills McNaughton’s orders, says when customers submit orders, they often include personal notes: Your work has meant so much to me. You are my favorite artist. Sometimes orders come in with a shipping address of Trump Tower. These aren’t Trump employees, Dickerson thinks: just regular citizens spending $250-$300 on a painting they’ll never hold, sent to a man who has more money than they ever will, because the art is doing . . . something . . . for their souls.

The other day, we flew to Utah to watch McNaughton put the finishing touches on his latest work, which he planned to release by the end of the week. Over the phone, he’d said only that the painting would be « Mueller-themed. »

American Fork, a Salt Lake City suburb, is an interesting town, a backdrop of ridiculous beauty and a foreground of bland chain restaurants. The address he’d provided led to Altus Fine Arts, an art consortium specializing in Mormon paintings, where McNaughton rents warehouse space. In the backroom of the nondescript white building, the painter had already set up his easel.

The new painting was “Mueller-themed” in the same way a banana is “fruit-themed”: there might have been a layer to peel back, but for the most part, the thing was just the thing. In the work, which McNaughton had tentatively titled “Exposing the Truth,” Trump grabbed special counsel Robert S. Mueller III by the necktie, roughly pulling him close while Mueller shrank back in fear. In Trump’s other hand was a magnifying glass, which he held inches from Mueller’s face.

“It’s about how it’s all kind of coming to a head,” McNaughton explained. “How Trump is turning the tables on Mueller. It does have a bit of a bully feel — Trump is saying, ‘I’m not going to be the victim here.’ ” McNaughton thinks that the president will end up firing Mueller, and the painting reflects that.

As McNaughton sat at his easel, painting the shadows on Trump’s sleeve, he explained that this wasn’t his regular studio. Normally, he works from his basement, which is also where he stages paintings (a lanky neighbor is the regular stand-in for Obama; McNaughton’s brother is the recurring “Forgotten Man”). But as his fame has grown, his wife’s tolerance for the circus has shrunk; no interviews in the house.

McNaughton talked about his faith: the Mormon mission he did in Japan in his youth. He talked about working as a financial planner for eight years until he’d saved enough money to pursue art full time. He talked about his art training at Brigham Young University, where a frustrated professor chastised him for not taking instruction better.

He talked about how he wakes up every morning and turns on the news, perpetually seeking out angles for future projects.

“I have a great idea for an immigration-themed painting,” he said. “I have a great idea for a foreign-policy-themed painting. I have an idea for a Second Amendment-themed painting, and an idea that involves a lot of past presidents, and a Christmas painting that’s going to be crazy.”

A good bellwether for if a painting would sell well was whether someone like Rachel Maddow, the liberal MSNBC host, was offended by it. Her blog once held a cheeky caption contest for one of his works. “My sales spiked after,” McNaughton said cheerfully.

While watching McNaughton paint, we told him that “Exposing the Truth” seemed tame compared with his earlier works. Nobody was burning or tearing the Constitution. Abraham Lincoln was not weeping in the background. Jesus Christ wasn’t presiding over the halls of Congress.

Several hours later we realized these standards were off. If a painting of the president of the United States physically threatening the special prosecutor didn’t seem downright wacky, then what did that say about what passes for normal in this country?

It’s perhaps not surprising to know that coastal critics don’t believe in McNaughton’s work. New York magazine’s Jerry Saltz has called it « visually dead as a doornail. » Stephen Colbert once did a whole segment lampooning the obvious metaphors in the painting: « Barack Obama represents President Obama, » Colbert deadpanned. « The burning Constitution represents a Constitution that is on fire. »

What isn’t entirely clear is whether McNaughton believed in it himself. The Trump world is populated by disciples — Michael Cohen, Diamond & Silk — whose ideology can seem both deeply felt as well as performative and opportunistic.

McNaughton’s art shapes perceptions of the president. It stokes anger in Trump’s supporters. But had McNaughton himself jumped on the Trump Train, or had he merely set up a lemonade stand at the station?

McNaughton didn’t support Trump at first; he liked Ted Cruz in the primaries. Ask what he thinks about Trump now, and he’s measured: “He gets away with stuff nobody else can get away with,” McNaughton says. “I laugh when I see it. I cringe and laugh at just about anything I see.” He says that his works do come from an emotional place but that he doesn’t view himself as a Trump supporter so much as a Trump observer.

“Take this painting,” he says at his makeshift studio, gesturing to “You Are Not Forgotten,” which hangs on an easel nearby. As a regal Trump gestures toward the Forgotten Man, who is planting a tree, a crowd of mostly veterans and law enforcement look on with approval. McNaughton asks, “Based on this painting, what do you think McNaughton thinks of Trump?”

The symbolism seems pretty bonk-you-on-the-head: tree as hope, Trump as savior, audience as grateful.

McNaughton says, No, that’s wrong. No, that’s not what he intended. “The point of the painting is that here are all the people who got him elected,” McNaughton says. “It’s, ‘Okay Mr. Trump, now you’re here, what are you going to do?’ ” The painting is not an endorsement of Trump, McNaughton says, so much as it’s a snapshot of the country in a moment in time. More than anything, he considers himself a “historical painter.”

“The way I look at it, these paintings will either be swept under the rug, or they’ll represent this era. The same with Trump, really.”

But if that’s true, it’s not really what comes across in his work. When people buy a painting, they don’t also buy McNaughton to come to their house and explain how “You Are Not Forgotten” is merely an observational statement about the demographics who elected Trump. The people who buy the painting are buying it because the message seems to be, “#MAGA #MAGA #MAGA,” in big neon lights.

This prompts a thoughtful interrogation into the meaning and purpose of art: How much ownership does a painter have over his messaging? How much should the artist’s intent inform the works’ perception?

Perhaps McNaughton is trying a little bit to have it both ways — to benefit from the fervor of Trump’s supporters, while leaving himself some plausible deniability about whether he’s a supporter himself. Perhaps it’s just about money?

To spend all day, every day, creating beatific images of Donald Trump would be exhausting, if you didn’t believe in Donald Trump at least a little. So McNaughton must believe in him at least a little.

But it’s complicated. As McNaughton talks, with some thoughtful sadness, about being the “whipping boy” of the art world he spent a lifetime hoping to join, he’s not the person you expect him to be.

Dickerson, the account manager, says that he doesn’t share the political views espoused in McNaughton’s paintings. Dickerson considers himself moderate-to-liberal, at least by Utah standards. “But,” he says, “I do have one of Jon’s paintings. I really like it. It’s in my office — should I go get it?”

He returns a few minutes later carrying a small square artwork, maybe 8 by 8 inches, that doesn’t look like anything else in the studio. It’s of John F. Kennedy. It’s a simple black-and-white sketch, and it’s accompanied by the JFK quote, “Let us not seek the Republican answer or the Democratic answer. Let us not seek to fix the blame for the past. Let us accept our own responsibility for the future.”

On McNaughton’s website, this painting does pop up, but it’s not featured prominently. The Kennedy drawing cost only $10, when it was for sale, but it’s no longer for sale. A note says that only 50 copies were made.

The next day, McNaughton brings a finished canvas of the Mueller painting back into the warehouse. He’d stayed up until 3 a.m. completing it, he says, and it’s changed quite a bit. Now, there are faces watching the Trump-Mueller altercation: James B. Comey, Rod Rosenstein, Jeff Sessions. McNaughton has also changed the name: Instead of « Exposing the Truth, » the painting is now titled « Expose the Truth » — a swap that makes the depiction seem less observational and more directive.

“A little more in-your-face,” McNaughton allows.

Whether he fully believes in what he’s doing or not, he’s chosen to lean into it, without hesi­ta­tion. He spends the afternoon composing the text that will accompany the painting on his website: “Robert Mueller leads a special council of at least 17 partisan Democrat attorneys who have yet to find a single piece of evidence against the President, yet they ignore the mounting verifiable evidence against Russian collusion with the DNC and the Clinton Foundation,” the text says. “There comes a time when you have to take a stand to Expose the Truth!”

McNaughton puts the painting up for sale on his website, and almost immediately people respond on Twitter: “GREAT PAINTING.” “WAKE UP, AMERICA!” “Time to take this country back from the arrogant minions of the LEFT.”

Scrolling through the online response to “Expose the Truth” — the McNaughton fans who can’t wait to order their own copies, and it’s hard not to think back to one of McNaughton’s earlier statements, about how his paintings didn’t provide the “warm, happy” vibe that people typically want out of their living-room artwork.

Maybe his work doesn’t make people feel good in the way we’ve traditionally defined “feeling good.” It doesn’t provide a sense of calmness, peace, and amity toward our fellow man. But his art does make people feel good under the new definitions of feeling good. It provides a self-fulfilling sense of self-righteousness. It assuages people, telling them that they are upset about the right things. It feels good because feeling angry and justified is the new feeling good.

McNaughton used to paint something new every few months. He says that’s changed, recently — now he’s painting something every few weeks, because it seems like that’s how often there is appetite for a new outrage.

Before leaving, we ask McNaughton for a tour of the warehouse, where all of his stock is kept, and he provides a copy of an out-of-date calendar: 12 of his greatest hits, consolidated in one item. It’s too large to fit in a carry-on, and at the airport gate, a few fellow passengers ask to flip through it.

“Oh, that guy,” one says wearily.

“Oh, that guy!” says another. “I think he’ll be famous for a long time. I think he gets America right.”

Voir par ailleurs:

In Calmer Debate, Biden and Trump Offer Sharply Different Visions for Nation
In a more restrained appearance, President Trump depicted Joseph R. Biden Jr. as an ineffectual Washington insider. Mr. Biden accused the president of heartlessness for separating migrant families and inflaming racial tensions.
Alexander Burns and Jonathan Martin
The New York Times
Oct. 22, 2020

President Trump and Joseph R. Biden Jr. delivered starkly divergent closing arguments to the country in the final presidential debate on Thursday, offering opposite prognoses for the coronavirus pandemic and airing irreconcilable differences on subjects from rescuing the economy and bolstering the health care system to fighting climate change and reshaping the immigration policy.

The debate was, on the whole, a more restrained affair than the first encounter between the two candidates last month, when Mr. Trump harangued Mr. Biden for most of an hour and a half and effectively short-circuited any policy debate. But if the tenor of Thursday’s forum was more sedate, the conflict in matters of substance and vision could not have been more dramatic.

From the opening minutes, the two candidates took opposing stances on the pandemic, with Mr. Trump promising, in defiance of evidence, that the disease was “going away” while Mr. Biden called for much more aggressive federal action for the “dark winter” ahead.

Mr. Trump, who badgered Mr. Biden with increasing aggression over the course of the debate, appeared determined to cast his opponent as a career politician who was, as he jabbed toward the end of the debate, “all talk and no action.” And the president used the event as his most prominent platform yet for airing unsubstantiated or baseless attacks about the finances of Mr. Biden and members of his family.

Mr. Trump, however, did little to lay out an affirmative case for his own re-election, or to explain in clear terms what he would hope to do with another four years in the White House. He frequently misrepresented the facts of his own record, and Mr. Biden’s. And on his most important political vulnerability — his mismanagement of the pandemic — Mr. Trump hewed unswervingly to a message that happy days are nearly here again, even as polls show that a majority of voters believe the worst of the coronavirus crisis is still ahead.

Trailing in a series of crucial swing states, and with 48 million Americans having already voted, the president was under more pressure. But while he proved he can engage in a more conventional political jousting, it was less clear whether his performance could prompt people who dislike him to reconsider their well-ingrained perceptions.

Mr. Biden, for his part, stuck to the core of the argument that has propelled his campaign from the start, denouncing Mr. Trump as a divisive and unethical leader who has botched the federal response to a devastating public-health crisis. Though Mr. Trump pushed him onto the defensive repeatedly, the former vice president also laid out a fuller version of his own policy agenda than he managed in the first debate, calling for large-scale economic stimulus spending, new aid to states battling the pandemic and a muscular expansion of health care and worker benefits nationwide.

Significantly, Mr. Biden made no serious error of the sort that could haunt him in the final days of a race in which he’s leading.

Of all the disagreements between the two candidates, none blazed more brightly than their assessments of the American experience battling the coronavirus.

Prompted by the moderator, Kristen Welker of NBC News, to explain his plan for the coming months, Mr. Trump stuck to the sunny message he has delivered at recent campaign rallies, promising a vaccine in short order and citing his own recovery from a bout with the virus as an example of medical progress. The president boasted that he was now “immune” to the disease, and insisted that states like Texas and Florida had seen the virus fade away, even as case counts are on the rise across the country.

“I’ve been congratulated by the heads of many countries on what we’ve been able to do,” Mr. Trump said, without offering any specifics.

Mr. Biden, in response, pressed a focused and familiar line of attack against the president, faulting him for doing “virtually nothing” to head off the pandemic early this year and heading into the coldest part of the year with no defined plan to control the virus. Holding up a face mask, Mr. Biden said he would encourage all Americans to don them and would ramp up rapid testing on a national scale.

“We’re about to go into a dark winter, a dark winter, and he has no clear plan,” Mr. Biden said. Mr. Trump shot back: “I don’t think we’re going to have a dark winter at all — we’re opening up our country.”

But when the president said “we’re learning to live with” the coronavirus, Mr. Biden pounced. “We’re learning to die with it,” he said.

“Anyone who’s responsible for that many deaths should not remain as president of the United States of America,” he said. “I will end this. I will make sure we have a plan.”

The president did, however, say for the first time, “I take full responsibility” for the impact of the virus. Then he quickly sought to skirt blame. “It’s not my fault that it came here — it’s China’s fault,” he said.

The debate on Thursday, at Belmont University in Nashville, represented perhaps the last opportunity for Mr. Trump to shake up the presidential campaign and claw his way into closer contention against Mr. Biden with just 11 days remaining.

Mr. Trump was more coherent than in the first debate, getting off a series of attack lines depicting Mr. Biden as a career politician and avoiding harsh personal critiques of his children.

With the candidates’ microphones turned off at times while the other was speaking, a new rule implemented to avoid a repeat of Mr. Trump’s constant interruptions in the first debate, their facial expressions often did the talking. When Mr. Biden said Rudolph W. Giuliani, Mr. Trump’s lawyer, was being “used as a Russian pawn,” the president gaped and jarred his head to the right. And when Mr. Trump insisted, not for the first time, that he would release his tax returns after an I.R.S. audit, Mr. Biden let out a wide, here-we-go-again grin.

It was in the second segment of the debate that the exchanges turned sharply personal, as the focus shifted to foreign interference in American elections. Mr. Biden spoke first, warning that countries like Russia and Iran would “pay a price” for tampering with the campaign. Alluding to unsubstantiated stories about him that have circulated in conservative media, Mr. Biden chided Mr. Trump for the actions of “his buddy Rudy Giuliani.”

Mr. Trump rapidly escalated matters, brandishing the unproven allegations about Mr. Biden’s son to accuse his rival of personally taking money from foreign interests. “They were paying you a lot of money and they probably still are,” Mr. Trump said, leveling a charge for which no evidence has surfaced. An investigation by Senate Republicans found no evidence that Mr. Biden, the former vice president, engaged in wrongdoing over his son’s business dealings.

Mr. Biden rejected the charge, saying he had “not taken a penny from any foreign source ever in my life.” Pushing back on the president, he cited a New York Times report that Mr. Trump maintained a Chinese bank account and challenged the president to let the American people see his tax returns. “Release your tax returns,” Mr. Biden said, “or stop talking about corruption.”

The extended back-and-forth was the most prominent airing so far of the negative message that Mr. Trump clearly sees as his best chance of undermining Mr. Biden in the final days of the presidential campaign. But the clash did not yield the kind of explosive confrontation that strategists on both sides had anticipated, and in some cases feared.

As Mr. Trump peppered Mr. Biden with exaggerated or baseless charges, Mr. Biden repeatedly countered, “Not true,” sometimes without elaboration, and the segment took on a kind of flat and circular shape.

After the protracted back-and-forth, Mr. Biden sought to pivot with a rehearsed line, saying: “It’s not about his family and my family. It’s about your family.”

Mr. Biden’s strongest moment may have been when he looked into the camera and knowingly addressed voters. “You know who he is,” he said, alluding to Mr. Trump. “You know his character. You know my character. You know our reputations for honor and telling the truth.”

At times, the debate resembled a more conventional political clash between a Democrat and a Republican, albeit with an incumbent president quick to distort his opponent’s positions.

“He wants socialized medicine,” Mr. Trump insisted of Mr. Biden, citing the stances of more liberal Democrats, including Mr. Biden’s running mate, Senator Kamala Harris, and Senator Bernie Sanders, both former primary foes of Mr. Biden.

“He thinks he’s running against somebody else,” Mr. Biden said, adding, “I beat all those other people because I disagreed with them.”

The candidates both expressed support for new federal spending on a large scale to help prop up the economy and aid distressed individuals and households, an initiative still gridlocked on Capitol Hill. Mr. Trump again blamed House Speaker Nancy Pelosi for the holdup, promising that if a deal were arranged, lawmakers from his own party would fall in line.

But he continued to draw a firm line against Democratic-backed plans to help distressed states and cities close immense budget gaps. That aspect of the Democrats’ legislation, the president said, was merely “a big bailout for badly run Democrat cities and states.”

Mr. Biden called state relief an urgent priority and defended his party’s congressional wing, pointing out that it passed new relief legislation months ago that had languished before the Republican Senate. And he put the onus on Mr. Trump to drum up support in that chamber. “Why isn’t he talking to his Republican friends?” Mr. Biden said.

Days after it was reported that the government had failed to locate the parents of more than 500 migrant children separated from them by the Trump administration, the president repeatedly evaded questions about how he intended to reunite those families. “We are trying very hard,” Mr. Trump said, before attempting to pivot into an attack on the Obama administration’s border policies.

But Mr. Biden castigated the president for imposing a family separation policy in the first place. “Those kids are alone — nowhere to go,” Mr. Biden said. “It is criminal. It is criminal.”

And he also suggested he would be more effective at addressing the issue than the president he served — Barack Obama.

“I’ll be president of the United States, not vice president of the United States,” Mr. Biden said, vowing to deliver an immigration overhaul that offers unauthorized migrants a pathway to legal status in the first 100 days of his administration.

After Mr. Biden described climate change as an “existential threat” requiring an all-out government response, Mr. Trump made a counterargument riddled with inaccuracies and some allegations that were simply perplexing. He claimed falsely that the construction of renewable-energy facilities created more emissions than traditional fuels, and accused Mr. Biden of trying to mandate that buildings be constructed with “little, tiny, small windows.” And he again insisted that wind energy is “extremely expensive” and “kills all the birds.”

In a debate that was originally planned as a forum on national security, the two candidates devoted only a few glancing exchanges to the subject. In one, Mr. Trump took credit for averting war on the Korean Peninsula, touting his “good relationship” with the North Korean leader, Kim Jong-un, and faulting the Obama administration for failing to establish such relations. Mr. Kim, he said, “didn’t like Obama.”

Mr. Biden defended the Obama administration’s view of Korean diplomacy, explaining that it had not wanted to “legitimize” Mr. Kim.

At the end of the debate, Mr. Biden said he would push the country to “transition from the oil industry,” adding that “the oil industry pollutes significantly” and that he would end federal subsidies. Sensing an opening, Mr. Trump said “that’s a big statement” and then invoked a series of states with energy-heavy industries. “Will you remember that Texas? Will you remember that Pennsylvania, Oklahoma?”

Voir enfin:

Trump Has Not Been ‘Clear’ in Support of Masks

Health and Human Services Secretary Alex Azar says President Donald Trump has been “clear” in calling for the public to “wear face coverings when you can’t social distance.”

The official messaging from the White House has been, as Azar put it, “clear and unambiguous” since early April. But the president’s statements have been anything but.

In the last two weeks, Trump has offered tepid endorsement for masks, saying: “The mask, perhaps, helps.” He has also raised doubts about the science, noting that health experts who now advocate public mask-wearing were once opposed to it. “I guess I’m somewhere in the middle,” Trump said recently. And: “I understand both sides of the argument.”

“There are a lot of people think that masks are not good,” Trump said at a town hall on Sept. 15. Adding at a press conference the next day, “Masks have problems, too.”

He has repeatedly mocked Democratic presidential nominee Joe Biden’s appearance in a mask and for wearing one in circumstances that Trump doesn’t think is necessary. He also accused one reporter of being “politically correct” for declining to take off his mask to ask a question.

And, of course, the president has continued to hold densely packed rallies where many supporters are not wearing masks. Trump has said little to discourage them. For example, Trump held an indoor rally in Nevada on Sept. 13 in defiance of the governor’s order limiting the size of gatherings. Press reports noted that few in the densely packed crowd wore masks, though Trump made no mention of the subject.

We reviewed all of Trump’s comments going back to April 3 when the Centers for Disease Control and Prevention issued recommendations for public mask-wearing. Announcing the new guidance that day, Trump repeatedly reminded that the recommendation was voluntary and that he personally would not be wearing a mask. In the following months, his position on masks remained lukewarm — saying he had “no problem” with mask-wearing — but refusing to be seen wearing one himself.

His stance evolved some over the summer, as the coronavirus continued to spread around the country. On July 20, he released a photo of himself in a mask. And he repeatedly made unequivocal calls for the public to wear masks, particularly when he appeared to be reading from prepared notes. But his waffling returned late in the summer around the time he began to stage rallies.

Since then, his public comments have been inconsistent, toggling between advocacy and casting doubt, sometimes in the same speech or interview.

Azar’s Spin

In an interview with Azar on Sept. 24, the “Today” show’s Savannah Guthrie said Trump’s statements on masks have been “all over the place,” and she asked Azar if masks are “going to make this pandemic less terrible than it is, basically.” (Starting at the 6:40 mark.)

“Masks are important,” Azar said. “We have been clear since the, the president has been clear since his April guidance on reopening the economy.”

When Guthrie responded that Trump “hasn’t been clear,” Azar referred to the government’s coronavirus.gov website. “It’s right there, coronavirus.gov, the president’s guidance on reopening: wear face coverings when you can’t social distance. Very clear. He says it, I say it, every health leader says it.”

When Guthrie countered, asking if Trump’s voice wasn’t louder than a government website, Azar again said, “Well, he says it. I say it. The FDA, CDC, NIH, that’s all we talk about is ‘Wear face coverings when you cannot social distance.’”

The government’s guidance has been “clear and unambiguous,” Azar said: “Wear your face coverings when you can’t be socially distant.”

The official government messaging may be consistent, but as we said, the president’s rhetoric is not. In an interview just two days prior, Trump said the guidance from health experts was originally for the public not to wear masks. After scientists began to learn more about the asymptomatic spread of the virus, that guidance changed. But Trump often brings up this change in position from the scientific community, as he did in an interview on Sept. 22, to express doubts about mask-wearing.

“Everybody was talking about like masks were a bad thing. Then they come like masks are the greatest thing you can do,” Trump said. “You know, you get all these different messages. And I guess I’m somewhere in the middle, to be honest with you.”

CDC’s April Guidance

As Trump has often pointed out, members of the scientific community — including Dr. Anthony Fauci, director of the National Institute of Allergy and Infectious Diseases, and U.S. Surgeon General Dr. Jerome Adams — were in the early months of 2020 telling the general public not to wear face masks.

However, as health officials learned more about the virus, and how often it was being transmitted by asymptomatic carriers, the CDC reversed course on April 3 and recommended that people begin “wearing cloth face coverings in public settings where other social distancing measures are difficult to maintain.” (Trump on Feb. 7 acknowledged privately in an interview recently made public that he knew the virus is transmitted through the air and it’s much deadlier than the flu.)

In a coronavirus task force briefing in which the new CDC recommendation was announced, Trump repeatedly stressed that the CDC’s recommendation was voluntary, and that he wouldn’t personally be following it.

Trump, April 3: In light of these studies [on asymptomatic spread], the CDC is advising the use of non-medical cloth face covering as an additional voluntary public health measure. So it’s voluntary; you don’t have to do it. They suggested for a period of time. But this is voluntary. I don’t think I’m going to be doing it …

So with the masks, it’s going to be, really, a voluntary thing. You can do it. You don’t have to do it. I’m choosing not to do it, but some people may want to do it, and that’s okay. It may be good. Probably will. They’re making a recommendation. It’s only a recommendation. It’s voluntary.

Adams, the surgeon general, went into detail at the press conference about why the change to recommending public use of masks was made.

“Well, it’s important to know that we now know from recent studies that a significant portion of individuals with coronavirus lack symptoms,” Adams said. “They’re what we call asymptomatic. And that even those who eventually become pre-symptomatic, meaning that they will develop symptoms in the future, can transmit the virus to others before they show symptoms. This means that the virus can spread between people interacting in close proximity: for example, coughing, speaking, or sneezing, even if those people were not exhibiting symptoms. In light of this new evidence, CDC recommends and the task force recommends wearing cloth face coverings in public settings where other social distancing measures are difficult to maintain. These include places like grocery stores and pharmacies. We especially recommend this in areas of significant community-based transmission. It is critical.”

The official White House messaging — aside from Trump — has been consistent since then in advocating for the public to wear masks when social distancing is not possible.

‘No Problem’ with Masks

In the ensuing weeks, Trump repeatedly said he had “no problem with face masks,” but that he would leave it up to states’ governors to decide whether to mandate their use. He also said he, personally, would “have no problem wearing a mask,” if the conditions were appropriate. Trump told reporters he wore a mask briefly while touring Honeywell in early May, though the press did not see it, or photograph it.

On May 11, Trump told reporters that he had begun requiring that White House staffers wear masks. But during the same press conference, Trump said the public had “learned about facemasks — the good and the bad, by the way. It’s not a one-sided thing, believe it or not.”

On June 20, Trump held an indoor rally in Tulsa. Although there was little social distancing and few in the relatively sparse crowd wore masks, Trump made no appeal to the crowd to wear masks. To the contrary, Trump complained only that the media did not highlight when Black Lives Matter protesters were not wearing masks.

In an interview on July 1 on the Fox Business Network, Trump said he’d “absolutely” wear a mask “if I were in a tight situation with people.” And he said he had worn a mask and liked the way it looked on him. “It was a dark black mask, and I thought it looked OK,” Trump said. “Looked like the Lone Ranger.”

Trump again added that he had “no problem” with masks “and if people feel good about it, they should do it.”

Raising Doubts

In a telephone interview with Sean Hannity of Fox News on July 9, Trump again brought up the reversal by the scientific community on masks, and framed it as an ongoing debate (even though by then there was consensus from his health advisers advocating public mask-wearing).

“They have been wrong about a lot of things, including face masks,” Trump said. “Maybe they are wrong, maybe not. But a lot of them said, don’t wear a mask, don’t wear a mask. And now they are saying, wear a mask. So, a lot of mistakes were made, a lot of mistakes.”

Trump added that “it’s fine to wear a mask, if it makes you feel comfortable” and that mask-wearing was appropriate in some situations, like when someone visits a hospital.

During the interview, Trump took the opportunity to ridicule Biden for the way he wears his masks, and for wearing one even when he is socially distanced from others. It became a familiar refrain for Trump in interviews and speeches.

Trump, July 9: I watched Biden walk onto a stage with his — practically — like, today, there was almost nobody in the room. He’s making a speech. And they have these massive circles. And the circles are very far away from each other to start off with. And then they have just a few people in the audience. And he makes a speech. And he walks onto the stage wearing this massive mask. There’s nobody on the stage. And then he takes it off. He likes to have it hang off usually the left ear. I think it makes him feel good, frankly, if you want to know the truth. And I guess that’s OK. But when there’s nobody around, you don’t really have to do that. But he feels it’s good. And I’m OK with it, if he wants to do that. He’s got the largest mask I think I have ever seen. It covers up a big proportion of his face. And I think he feels he looks good that way.

Biden has defended his decision to wear masks in those situations, saying it is part of “setting the example that I’ve tried to set since this began, of being responsible.”

Trump was finally photographed in a mask two days later while visiting Walter Reed National Military Medical Center. In a CBS interview on July 14, Trump said he felt an “obligation” to wear a mask in the hospital, because some patients had just come out of operations, and he wanted to be close to them.

Asked if he would tell the American people to wear a mask, Trump hedged.

Trump, July 14: Well, I’d say listen to that instruction, listen to your governors. But I have to say the same people that say wear a mask are people that said, a long time ago, don’t wear a mask, masks are bad. They said they’re not good. So, you know, like Dr. Fauci, surgeon general, a lot of people — a lot of people — the surgeon general said that also.

And right now that [the CDC guideline] is saying wear a mask, and that’s okay with me. That’s good. Those guidelines are good. I’m not stopping them from saying it. I do say this, originally people were saying don’t wear a mask. People that we all respect were saying don’t wear a mask because, look, you know, it’s got certain drawbacks and they say don’t wear a mask. Now they’re saying wear a mask. I’m okay. And it does evolve. You know, I mean, the thought process evolves. So let’s see what happens.

In an interview with Fox News’ Chris Wallace four days later, Trump offered this mixed message: “I don’t agree with the statement that if everybody wear a mask everything disappears. Hey, Dr. Fauci said don’t wear a mask. Our surgeon general — terrific guy — said don’t wear a mask. Everybody who is saying don’t wear a mask — all of sudden everybody’s got to wear a mask, and as you know masks cause problems, too. With that being said, I’m a believer in masks. I think masks are good. But I leave it up to the governors.”

Wearing Masks ‘Patriotic’

Perhaps Trump’s strongest appeal for mask-wearing came via a tweet on July 20, in which he suggested it was patriotic to don one.

In a press conference the following day, Trump continued his full-throated advocacy for masks.

Trump, July 21: We’re asking everybody that when you are not able to socially distance, wear a mask, get a mask. Whether you like the mask or not, they have an impact. They’ll have an effect. And we need everything we can get. …

If you’re close to each other, if you’re in a group, I would put it on. …

I view it this way: Anything that potentially can help — and that certainly can potentially help — is a good thing. I have no problem. I carry it. I wear it. … I’m getting used to the mask, and the reason is — think about patriotism. Maybe it is. It helps. It helps.

Now, we have experts that have said, in the recent past, that masks aren’t necessarily good to wear. You know that. But now they’ve changed their mind. If they change their mind, that’s good enough for me.

In an interview the following day on Fox News, Trump continued to lobby for mask-use.

“I believe that you should wear it, even if there’s a 1% chance it helps,” Trump said. “You know, when you look at Dr. Fauci and others — and this isn’t a knock, because this is just the way it — if you look, early on, they were all saying, don’t wear a mask. Don’t wear a mask. That didn’t make total sense to me, but don’t wear a mask. Now they’re all saying, wear a mask. My attitude is, it probably helps. Give it a shot, because we have to win this thing. So, it’s not a question of pride. It’s not a question of anything. We have to win this. So, when you’re in a certain situation, I think you should wear a mask.”

In more than a half dozen coronavirus press briefings from late July through mid-August Trump was consistently unequivocal in calling for the public to “wear a mask if you cannot socially distance.

In a TV interview on Aug. 4, Trump said, “People question masks, but there’s no downside in wearing them.”

In a coronavirus briefing on Aug. 13, Trump tried to draw a distinction between his approach and Biden’s on masks, claiming that Biden wanted a federal mask mandate, while he has left it up to states to decide. (Biden in August said, “Every governor should mandate mandatory mask wearing.” He later clarified that “there’s a constitutional issue whether federal government could issue such a mandate. I don’t think constitutionally they could, so I wouldn’t issue a mandate.”)

“My administration has a different approach: We have urged Americans to wear masks,” Trump said. “And I emphasized this is a patriotic thing to do. Maybe they’re great and maybe they’re just good. Maybe they’re not so good. But frankly, what do you have to lose?”

In a campaign speech in Old Forge, Pennsylvania, on Aug. 20, Trump said, “Do the masks. I mean, it’s just not going to hurt. Do them. Do them. If you feel it, do them.”

Back to Waffling

Trump resumed his in-person rallies in September, and with them began his hedging on masks.

In a campaign speech in Latrobe, Pennsylvania, on Sept. 3, Trump was back to mocking Biden for the way he wears his masks, and when.

“I’ve never seen a man that like the mask more,” Trump said of Biden. “Look, I’m all for it … but did you ever see a man that likes a mask as much as him? And then he makes a speech and he always has it, not always but a lot of times he has it hanging down because you know what, it gives him a feeling of security. If I were a psychiatrist — right? No, I would say — I would say this guy has got some big issues.”

And Trump’s waffling on using masks returned in an ABC News town hall on Sept. 15.

“But whether it’s Dr. Fauci or anybody else, a lot of people got it wrong,” Trump said. “They talked about don’t wear masks, and now they say wear masks. Although some people say don’t wear masks. I mean you have a lot of different ideas.”

“Now there are, by the way, a lot of people don’t want to wear masks,” Trump said later. “There are a lot of people think that masks are not good.”

Trump went on to talk about waiters who touch their masks “and then they’re touching the plate. That can’t be good. … The concept of a mask is good, but it also does … you’re constantly touching it, you’re touching your face, you’re touching plates. There are people that don’t think masks are good.”

In a press briefing the next day, Trump continued to express doubt about the efficacy of wearing masks, and then later said he thought they work.

Trump’s comments came in response to a question about Dr. Robert Redfield, the head of the CDC. Redfield testified about masks, saying: “We have clear scientific evidence they work, and they are our best defense. I might even go so far as to say that this face mask is more guaranteed to protect me against Covid than when I take a Covid vaccine.”

Trump challenged that comment, saying, “Number one, it’s not more effective, by any means, than a vaccine.”

“On masks — masks have problems, too,” Trump said. “And I talked about the masks about to be handled very gently, very carefully. I see that, in restaurants, they have people with masks and they’re playing around with their mask, and they have it — their fingers are in their mask and then they’re serving with plates. I mean, I think there’s a lot of problems with masks.”

“The mask, perhaps, helps,” Trump said minutes later. “Don’t forget: A lot of people didn’t like the concept of masks initially. Dr. Fauci didn’t like them, and a lot of people didn’t. And I’m not knocking anybody, because I understand both sides of the argument.”

At a campaign rally in Bedmidji, Minnesota, on Sept. 18, Trump argued that he ought to call his rallies a protest, to get around mask-restrictions.

“You don’t have to wear masks at protests,” Trump claimed. “So I said, ‘You know, we can’t have a rally.’ The most we can have is 10 people, but why don’t we just call it a protest because this is a protest. It’s a protest against stupidity. ”

In an interview with a local Fox station in Detroit on Sept. 22, the reporter noted that at some recent Trump rallies, there appeared to be many people “almost celebrating the fact that they didn’t have to wear a mask.”

Trump said he “didn’t see that.”

“No I think people should wear a mask if they can, if they feel they can, they should,” Trump added. “But I don’t think it should be a mandatory policy.”

“But when you look out into the audience when you’re doing these rallies, and you see the number of people who don’t have masks, does that concern you about the future and this fall?” the reporter asked.

“I must be honest, I see a lot of people with masks,” Trump said. “I also see a little bit of a spreading out. One of the reasons I do the rallies in outside settings is because it’s much better. It’s, you know, recommended. I don’t know if they know what they’re recommending, but they recommend being outside like we’re outside right now.”

In an interview with WGN America at the White House the same day, Trump was again pressed about whether he was concerned about so many maskless people at rallies being exposed to COVID-19.

“No,” Trump said. “Because my supporters are very smart and they do, a lot of them wear masks and some don’t, that’s their choice. But they’re, you know, when you’re outside, you have a lot of room, and everything that I’ve read and everything that I’ve seen is outside is better in terms of COVID or as I call it the China virus.”

Trump accused the CDC of sending mixed messages on masks.

“You know, at one point they were saying, don’t wear a mask,” Trump said. “Dr. Fauci said, don’t wear a mask — everybody was talking about like masks were bad thing. Then they come like masks are the greatest thing you can do. You know, you get all these different messages. And I guess I’m somewhere in the middle, to be honest with you.”

“There is a mixed message there,” Trump said. “But if you remember the original message was don’t wear masks.”

Azar is right that the White House messaging has been “clear and unambiguous” — and consistent since early April — that people should wear a mask when they can’t social distance. But as the many comments above reflect, the president has not always been “clear” in delivering that message.

FactCheck.org fellows Caitlin Quinn and Bala Thenappan contributed to this article.

COMPLEMENT:

The Earth itself is rejoicing at the prospect of Dumping Trump. How could over 70,000,000 people still vote for such ignorant scum after four years of vapid hateful and puerile rhetoric! – A fellow Santa Monica resident on Nextdoor.com


This Chronicle presupposes that Donald Trump’s challenges to the election results, whether or not well founded, will not succeed.

There is something called force majeure that supersedes all rules of procedure. When Kennedy won in 1960, it was known at the time or soon after that the Illinois electoral votes that decided the election were fixed by Chicago’s legendary Mayor Daley—that is, that in objective terms, it was Nixon who won the election. Just as we can be pretty sure that Jeffrey Epstein did not hang himself in his cell; that Harry Reid’s 2015 “accident” was not a fall from his exercise bike; or that Hillary Clinton committed a felony by using a personal mail server that no doubt helped her to conceal, among other things, the conspiracy against Trump. But to these and other “slips” we can only say, c’est la vie. There’s nothing to do about them. Somehow the welfare of the state depends, if not on their consequences, then on the consequences of not raising questions about them in such a way as to produce embarrassing answers.

Assuming this is also the case for the allegations of voter fraud to explain all these states switching from one column to the other after the election-day votes had been counted, I will therefore assume that, whether or not his challenges are legitimate, Donald Trump will not begin a second term in 2021.


In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles.

We are accustomed to seeing tragedy as either a literary form or a vision of the human condition, as in Unamuno’s Tragic Sense of Life. But in such literary and/or anthropological generalizations, the importance of tragedy as a critical interaction between leader and community is lost.

Tragedy is compatible neither with acephalous tribal society, nor with the archaic empires in which the godlike pharaoh cannot be conceived in dialogue with others. It is a product of the post-theocratic society of Athens and other city-states, one in which kings and tyrants interact with their subjects as fellow humans, not as sacred beings.

Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition.


If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure.

No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case.

To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy.

What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.”

This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions.

Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas.

Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it.

But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class (Coming Apart, Crown Forum, 2012; see, e.g., Chronicles 424, 449) to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves.

No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations (see Chronicle 674).

Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice (see Chronicle 493), highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats.


After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class.

I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority.

The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis.

Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump.


What lesson does this teach us about tragedy, not as a “literary form,” but as a category of cultural acts?

What we call the “tragic flaw” (hamartia) should not be understood, as does Aristotle, as a characterological imperfection in one who might otherwise have been perfect. It is the mark of the protagonist’s ineluctable individuality, the non-identity between his own scene of representation and that of his community, whose welfare, in classical tragedy as in the American presidency, he is charged to uphold, yet which could only be grasped in its totality by a mind that transcended the human sphere.

The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause.

Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. Classical tragedy’s dramatis personae, even taking into account the many lost plays, were quite limited; the same figures constantly reappeared. The “serious actions” that tragedies “imitate” are not fictions open to the author’s invention; in principle they must have a basis in their potential spectators’ knowledge prior to the play itself, whether in history (the oldest extant tragedy is Aeschylus’ The Persians) or myth. La tragédie ne s’invente pas.

Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve.


Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties:

It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner. It’s not just that he does things that the common man can kind of appreciate. And it’s not even because he uses kind of simplistic language—he doesn’t use complicated, wonky language, the way a lot of Democrats do. . . .

We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. They aren’t thoughtful enough. They aren’t “woke” enough. They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. . . . It’s talking down to people. It’s alienating them. And there’s just certain voters who feel so distant from the political process—it’s not their life, it’s not their world. They hate it. They don’t like all that politics stuff. Trump speaks to them, because he includes them.

(https://www.foxnews.com/politics/elissa-slotkin-dem-urges-party-act-more-like-trump)

Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt.


Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street).

Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves.

That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable.

It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence.

If Trump still refuses to concede—and we need not deny a priori the claims of his lawyer Sidney Powell, whose recent statements: “We’re getting ready to overturn election results in multiple states,” and “I don’t make comments without having the evidence to back it up” (see https://www.ntd.com/trump-lawyer-sidney-powell-were-getting-ready-to-overturn-election-results-in-multiple-states_528748.html) at least express confidence—this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place.

May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.”

Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians.

COMPLEMENT:

« Cancel culture », « woke »: quand la gauche américaine devient folle

ENQUÊTE – Le mouvement, parti des campus américains, pratique une censure agressive, au nom du droit à ne pas être offensé. Il inquiète une partie de l’intelligentsia libérale qui voudrait défendre la liberté d’expression.

La scène, filmée par un téléphone portable, est surréaliste. Nous sommes au printemps 2017 et, dans les couloirs du collège universitaire Evergreen State, dans l’État de Washington, un professeur est encerclé par une horde hurlante d’étudiants. Tee-shirt noir, barbiche poivre et sel, Bret Weinstein, 48 ans, se démène pour essayer de dialoguer avec la foule déchaînée. Peine perdue.

Alors que l’enseignant tente de s’expliquer, les jeunes gens s’esclaffent et chantent «Hey Hey Ho Ho, Bret Weinstein has to go» (« Bret Weinstein doit démissionner»). Qu’a donc fait ce professeur de biologie pour mériter un tel opprobre? Juif démocrate, supporteur de Bernie Sanders et du mouvement Occupy Wall Street, se définissant comme «profondément progressiste», Bret Weinstein n’est pas conservateur. Il n’a pas manifesté son soutien à Trump ou dérapé sur Twitter. Il n’a même pas, comme son alter ego littéraire Coleman Silk, le héros de La Tache de Philip Roth, utilisé un mot vexant.

Non, le crime de ce professeur est de s’être opposé à l’organisation d’un «Jour d’absence» dans son établissement, où les «Blancs» de l’université étaient invités à rester chez eux pour laisser les «personnes de couleur» seules sur le campus. Ce jour de ségrégation raciale imposé relevait selon lui d’une forme de racisme antiblancs.

Victime d’une campagne virale, Bret Weinstein a fini par démissionner, après que le chef d’établissement, prenant le parti des étudiants, lui eut affirmé qu’il ne pouvait plus assurer sa sécurité. «Ma femme et moi avons vécu une véritable tornade personnelle qui était annonciatrice de la tornade qui a balayé tout le pays. Evergreen est maintenant partout», confie-t-il trois ans plus tard.

Contrairement à une presse généraliste à l’époque très silencieuse sur l’événement, l’éditorialiste du New York Times Bari Weiss avait pressenti l’importance de l’affaire Evergreen. «Quand la gauche se retourne contre les siens», titrait-elle sa tribune pour décrire cette invraisemblable purge, menée par une nouvelle génération progressiste obsédée par la question des discriminations, envers un professeur issu des rangs de la gauche libérale. «Faire taire les conservateurs était devenu une habitude. Mais, maintenant, voilà que les militants anti-liberté d’expression tournent leur colère de plus en plus vers les progressistes libéraux», notait Bari Weiss.

Elle ne croyait pas si bien dire: moins de trois ans plus tard, cette rédactrice en chef adjointe des pages opinion, qui avait été débauchée du Wall Street Journal pour apporter davantage de pluralisme dans le prestigieux quotidien libéral new-yorkais, dut, elle aussi, démissionner dans le sillage de son patron, James Bennett. Ce dernier avait été licencié pour avoir laissé passer une tribune du sénateur républicain Tom Cotton, qui appelait à envoyer l’armée contre les émeutiers après la mort de George Floyd, un point de vue alors partagé par une majorité d’Américains, mais qui avait choqué ses jeunes collègues. Son cas rappelle celui de Ian Buruma, ex-directeur de la prestigieuse New York Review of Books, poussé à la démission à l’automne 2018 parce qu’il avait osé publier la tribune d’un homme accusé d’agressions sexuelles, puis relaxé, qui témoignait de la difficulté à refaire sa vie.

Comme Bari Weiss, une journaliste du quotidien britannique The Guardian, Suzanne Moore, a claqué la porte de son journal, poussée à bout après avoir été harcelée par ses propres collègues pour avoir publié un article supposément «transphobe». La romancière britannique J.K. Rowling a elle aussi été traitée de Terf (trans-exclusionary radical feminist), c’est-à-dire de féministe anti-trans pour avoir affirmé sur Twitter que la différence des sexes était une réalité biologique. La créatrice de Harry Potter, admirée et connue dans le monde entier pour sa saga, fut brutalement jetée à bas de son piédestal par une frange minoritaire d’activistes inondant les réseaux sociaux de messages haineux à son encontre. L’acteur Daniel Radcliffe, qui doit sa carrière au rôle du jeune sorcier qu’il a incarné au cinéma, a cru bon de présenter ses excuses pour «la souffrance que ces commentaires (ceux de J.K. Rowling) [avaient] causée».

Une forme moderne d’ostracisme

La liste des personnalités victimes de la censure progressiste ne cesse de s’allonger, surtout en terre anglo-saxonne. Ce processus de désintégration sociale menée au nom du bien porte un nom: la «cancel culture» ou «culture de l’annulation» , qui consiste à appeler explicitement au boycott et à l’effacement de l’espace public de personnes jugées racistes, homophobes ou sexistes. On pourrait croire que cette fièvre dénonciatrice n’est pas nouvelle et considérer avec Philip Roth dans son célèbre incipit de La Tache, que «le vertige de l’indignation hypocrite» est «la plus vieille passion fédératrice de l’Amérique». Cependant, la cancel culture, si elle reprend les codes du «politiquement correct» tel qu’il a émergé sur les campus américains dès les années 1960, modernise l’ostracisme qui s’adosse désormais à la puissance des réseaux sociaux et à une nouvelle mentalité militante.

Dans leur livre The Coddling of the American Mind: How Good Intentions and Bad Ideas Are Setting Up a Generation for Failure («Le chouchoutage de l’âme américaine: comment de bonnes intentions et de mauvaises idées préparent une génération à l’échec»), Jonathan Haidt et Gregory Lukianoff qualifient de «culture of safetysm» (que l’on pourrait traduire par «culture de l’obsession d’être protégé») cette mentalité d’une nouvelle génération qui ne supporte plus d’être offensée et pour laquelle le moindre propos caricatural et le scepticisme quant au bienfait illimité du progressisme multiculturaliste sont considérés comme autant de «micro-agressions» exigeant la création d’espaces sécurisés (safe spaces) où aucune parole blessante ne puisse les atteindre.

Cette nouvelle censure est différente du vieux sectarisme marxiste en ce qu’elle repose quasi exclusivement sur le «ressenti» victimaire. «Je me sens blessé»: tel est désormais l’argument qui justifie toutes les excommunications. Avoir conscience que l’on est blessé ou que l’on blesse, c’est être «éveillé», «woke». Ce terme d’argot, «woke», s’est généralisé après les premières émeutes de B