Virus de Wuhan: L’espèce ne survit que grâce aux sacrifices (Guess who just got pilloried for calling out the false dilemma of lives vs. money?)

31 mars, 2020


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Puis ils prirent Jonas, et le jetèrent dans la mer. Et la fureur de la mer s’apaisa. Jonas 1: 15
Le roi dit: Coupez en deux l’enfant qui vit, et donnez-en la moitié à l’une et la moitié à l’autre. Alors la femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s’émouvoir pour son fils, et elle dit au roi: Ah! mon seigneur, donnez-lui l’enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Jugement de Salomon (I Rois 3: 25-26)
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Jésus (Jean 15: 13)
Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux. Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. Jésus (Matthieu 18: 10-14)
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Une nation ne se régénère que sur un  monceau de cadavres. Saint-Just
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Air connu
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Dionysos contre le ‘crucifié’ : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyre – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le ‘crucifié’ en tant qu’il est ‘innocent’, sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. Adolf Hitler
Le marxisme doit mourir pour que la nation renaisse. Banderole de la Grand messe nazie de Berlin (1933)
Nul ne peut ne pas mourir, mais l’homme seul peut donner sa vie. André Malraux
La vérité, dit-on, est la première victime de la guerre. Philip Snowden (1916)
Un jeune homme à cheveux longs grimpait le Golgotha. La foule sans tête était à la fête. Pilate a raison de ne pas tirer dans le tas. C’est plus juste en somme d’abattre un seul homme. Ce jeune homme a dit la vérité. Il doit être exécuté. Guy Béart (1968)
L’éthique de la victime innocente remporte un succès si triomphal aujourd’hui dans les cultures qui sont tombées sous l’influence chrétienne que les actes de persécution ne peuvent être justifiés que par cette éthique, et même les chasseurs de sorcières indonésiens y ont aujourd’hui recours. La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Les banlieues ont inventé une nouvelle forme de sacrifice : la destruction de l’objet symbolique fondamental de la société de consommation qu’est l’automobile. On se passe les nerfs en détruisant des automobiles. C’est très mauvais. Je ne suis pas du tout partisan de cela, mais on ne s’en prend pas aux personnes. René Girard
Voici quelques semaines, nous connûmes en France, pour la seconde fois, des révoltes sans morts, des violences déchaînées sans victimes humaines. Avons-nous vu, nous, vieillards, témoins des horreurs de la guerre et à qui l’histoire enseigna, contre le message d’Abraham et de Jésus, le bûcher de Jeanne d’Arc ou celui de Giordano Bruno ; avons-nous vu les révoltés en question ne brûler, par mimétisme, que des automobiles ; avons-nous observé la police, postée devant eux, épargner aussi les vies humaines ? Je vois ici une suite immanquable de votre anthropologie, où la violence collective passa, jadis, de l’homme à l’animal et, maintenant, de la bête, absente de nos villes, à des objets techniques. Parmi ces révoltes fument des chevaux-vapeur. Michel Serres
Jésus s’appuie sur la Loi pour en transformer radicalement le sens. La femme adultère doit être lapidée : en cela la Loi d’Israël ne se distingue pas de celle des nations. La lapidation est à la fois une manière de reproduire et de contenir le processus de mise à mort de la victime dans des limites strictes. Rien n’est plus contagieux que la violence et il ne faut pas se tromper de victime. Parce qu’elle redoute les fausses dénonciations, la Loi, pour les rendre plus difficiles, oblige les délateurs, qui doivent être deux au minimum, à jeter eux-mêmes les deux premières pierres. Jésus s’appuie sur ce qu’il y a de plus humain dans la Loi, l’obligation faite aux deux premiers accusateurs de jeter les deux premières pierres ; il s’agit pour lui de transformer le mimétisme ritualisé pour une violence limitée en un mimétisme inverse. Si ceux qui doivent jeter » la première pierre » renoncent à leur geste, alors une réaction mimétique inverse s’enclenche, pour le pardon, pour l’amour. (…) Jésus sauve la femme accusée d’adultère. Mais il est périlleux de priver la violence mimétique de tout exutoire. Jésus sait bien qu’à dénoncer radicalement le mauvais mimétisme, il s’expose à devenir lui-même la cible des violences collectives. Nous voyons effectivement dans les Évangiles converger contre lui les ressentiments de ceux qu’ils privent de leur raison d’être, gardiens du Temple et de la Loi en particulier. » Les chefs des prêtres et les Pharisiens rassemblèrent donc le Sanhédrin et dirent : « Que ferons-nous ? Cet homme multiplie les signes. Si nous le laissons agir, tous croiront en lui ». » Le grand prêtre Caïphe leur révèle alors le mécanisme qui permet d’immoler Jésus et qui est au cœur de toute culture païenne : » Ne comprenez-vous pas ? Il est de votre intérêt qu’un seul homme meure pour tout le peuple plutôt que la nation périsse » (Jean XI, 47-50) (…) Livrée à elle-même, l’humanité ne peut pas sortir de la spirale infernale de la violence mimétique et des mythes qui en camouflent le dénouement sacrificiel. Pour rompre l’unanimité mimétique, il faut postuler une force supérieure à la contagion violente : l’Esprit de Dieu, que Jean appelle aussi le Paraclet, c’est-à-dire l’avocat de la défense des victimes. C’est aussi l’Esprit qui fait révéler aux persécuteurs la loi du meurtre réconciliateur dans toute sa nudité. (…) Ils utilisent une expression qui est l’équivalent de » bouc émissaire » mais qui fait mieux ressortir l’innocence foncière de celui contre qui tous se réconcilient : Jésus est désigné comme » Agneau de Dieu « . Cela veut dire qu’il est la victime émissaire par excellence, celle dont le sacrifice, parce qu’il est identifié comme le meurtre arbitraire d’un innocent — et parce que la victime n’a jamais succombé à aucune rivalité mimétique — rend inutile, comme le dit l’Épître aux Hébreux, tous les sacrifices sanglants, ritualisés ou non, sur lesquels est fondée la cohésion des communautés humaines. La mort et la Résurrection du Christ substituent une communion de paix et d’amour à l’unité fondée sur la contrainte des communautés païennes. L’Eucharistie, commémoration régulière du » sacrifice parfait » remplace la répétition stérile des sacrifices sanglants. René Girard
Le christianisme (…) nous a fait passer de l’archaïsme à la modernité, en nous aidant à canaliser la violence autrement que par la mort.(…) En faisant d’un supplicié son Dieu, le christianisme va dénoncer le caractère inacceptable du sacrifice. Le Christ, fils de Dieu, innocent par essence, n’a-t-il pas dit – avec les prophètes juifs : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » ? En échange, il a promis le royaume de Dieu qui doit inaugurer l’ère de la réconciliation et la fin de la violence. La Passion inaugure ainsi un ordre inédit qui fonde les droits de l’homme, absolument inaliénables. (…) l’islam (…) ne supporte pas l’idée d’un Dieu crucifié, et donc le sacrifice ultime. Il prône la violence au nom de la guerre sainte et certains de ses fidèles recherchent le martyre en son nom. Archaïque ? Peut-être, mais l’est-il plus que notre société moderne hostile aux rites et de plus en plus soumise à la violence ? Jésus a-t-il échoué ? L’humanité a conservé de nombreux mécanismes sacrificiels. Il lui faut toujours tuer pour fonder, détruire pour créer, ce qui explique pour une part les génocides, les goulags et les holocaustes, le recours à l’arme nucléaire, et aujourd’hui le terrorisme. René Girard
Il me semblait que la définition traditionnelle de la Passion en termes de sacrifice fournissait des arguments supplémentaires à ceux qui voulaient assimiler le christianisme à une religion archaïque , et je l’ai longtemps rejetée. (…) Je voulais seulement dissiper chez les non-chrétiens et, de nos jours, chez les chrétiens eux-mêmes, l’équivoque entretenue par l’ambivalence du terme de ‘sacrifice’. Ce souci reste légitime à mes yeux mais il ne faut pas l’absolutiser. (…) le recours au même mot pour les deux types de sacrifice, si trompeur qu’il soit à un premier niveau, suggère, il me semble, quelque chose d’essentiel, à savoir l’unité paradoxale du religieux d’un bout à l’autre de l’histoire humaine. (…) Plus les extrêmes sont éloignés l’un de l’autre et plus leur union en un même mot, paradoxalement, suggère un au-delà de l’opposition. Le jugement de Salomon suggère cet au-delà. (…) Nous disons très bien nous-mêmes que la seconde femme sacrifie la rivalité à son enfant, alors que la première acceptait de sacrifier l’enfant à sa rivalité. Ce que dit le texte, c’est qu’on ne peut renoncer au sacrifice première manière, qui est sacrifice d’autrui, violence contre l’autre, qu’en assumant le risque du sacrifice deuxième manière, le sacrifice du Christ qui meurt pour ses amis. Le recours au même mot coupe court à l’illusion d’un terrain neutre complètement étranger à la violence. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère ‘post-chrétienne’ est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en ‘radicalisant’ le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et ‘radicalise’ le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Rappelons que, selon la tradition chinoise, les catastrophes naturelles peuvent annoncer que la dynastie régnante a perdu le « mandat du Ciel » et doit donc laisser la place. Jean-Philippe Béja
The world is in your debt. The people of that city have gone through an extraordinary period and they’re still going through it. Bruce Aylward (WHO)
Governments, citizens, media, key influencers and communities have an important role to play in preventing and stopping stigma surrounding people from China and Asia in general. WHO
Social stigma in the context of health is the negative association between a person or group of people who share certain characteristics and a specific disease. In an outbreak, this may mean people are labelled, stereotyped, discriminated against, treated separately, and/or experience loss of status because of aperceived linkwith a disease. Such treatment can negatively affect those with the disease, as well as their caregivers, family, friends and communities. People who don’t have the disease but share other characteristics with this group may also suffer from stigma. The current COVID-19 outbreak has provoked social stigma and discriminatory behaviours against people of certain ethnic backgrounds as well as anyone perceived to have been in contact with the virus. The level of stigma associated with COVID-19 is based on three main factors: 1) it is a disease that’s new and for which there are still many unknowns; 2) we are often afraid of the unknown; and 3) it is easy to associate that fear with ‘others’. It is understandable that there is confusion, anxiety, and fear among the public. Unfortunately, these factors are also fueling harmful stereotypes. Stigma can undermine social cohesion and prompt possible social isolation of groups, which might contribute to a situation where the virus is more, not less, likely to spread. This can result in more severe health problems and difficulties controlling a disease outbreak. WHO
When we give talks we’re careful to call it 1918 influenza – there’s no way its origin was Spain. There’s a joke that when an epidemic is said to emerge first in a place, it almost certainly didn’t. Except Wuhan might actually be right. Prof Julia Gog (Cambridge)
When did patient zero begin in US? How many people are infected? What are the names of the hospitals? It might be US army who brought the epidemic to Wuhan. Be transparent! Make public your data! US owe us an explanation! Zhao Lijian (Chinese foreign ministry spokesman)
It is highly irresponsible for some media to dub it « China virus ». We firmly oppose that. I want to stress two points. First, no conclusion has been reached yet on the origin of the virus, as relevant tracing work is still underway. The WHO has said many times that what we are experiencing now is a global phenomenon with its source still undetermined, and we should focus on containing it and avoid stigmatizing language toward certain places. The name COVID-19 was chosen by the WHO for the purpose of making no connections between the virus and certain places or countries. Dr. Zhong Nanshan, respiratory specialist and member of the Chinese Academy of Engineering, said that the epidemic was first reported in China but was not necessarily originated in China. Second, we should all say no to « information virus » and « political virus ». By calling it « China virus » and thus suggesting its origin without any supporting facts or evidence, some media clearly want China to take the blame and their ulterior motives are laid bare. The epidemic is a global challenge. The right move should be working together to fight it, which means no place for rumors and prejudice. We need science, reason and cooperation to drive out ignorance and bias.  Zhao Lijian (Chinese Foreign Ministry Spokesperson, March 4, 2020)
As China spares no efforts and makes huge sacrifices to fight the novel coronavirus (COVID-19) outbreak, some U.S. individuals and media outlets have alleged the virus « originated in China » and demanded an apology from the country. This kind of absurd argument smears the Chinese people and runs counter to the urgent need of international collaboration in the face of the epidemic. Such an argument, like a « political virus, » is even more dangerous than COVID-19. It reveals nothing but prejudice, arrogance and ignorance. The epidemic was first reported in China but that does not mean it necessarily originated in China, specialists have explained. The World Health Organization (WHO) has said many times that COVID-19 is a global phenomenon with its source still undetermined. The name COVID-19 was chosen by the WHO for the purpose of making no connections between the virus and certain places or countries. Moreover, no matter where the origin is, China and other countries hit by the epidemic are all victims of the virus and are faced with a serious battle against the outbreak. What is the point of blaming the victim and arguing that someone should apologize for it? However, there are people who ignore the facts, put political interests above public interests and science, spread rumors and incite ideological prejudices, even racial discrimination and xenophobia. What are they up to? Viruses know no borders. To protect the health and safety of the people across the world, the Chinese people have made huge sacrifices and major contributions. Since the outbreak, China has been fighting at the forefront against the epidemic. The country has taken the utmost effort to contain the epidemic and shared information and experience with the rest of the world. As WHO Director-General Tedros Adhanom Ghebreyesus said, China’s containment of the outbreak has bought time for the rest of the world. Bruce Aylward, an epidemiologist who recently headed the WHO-China Joint Mission on COVID-19, spelled out the impact of aggressive containment measures adopted by the Chinese government. He told reporters following his visit to Wuhan, the epicenter of the outbreak and an 11-million-metropolis that has been under lockdown for more than a month, that it is important to recognize the people of Wuhan. « The world is in your debt. » COVID-19 is a virus of humanity, not of any certain country. WHO has published data that over 17,000 cases have been confirmed in 88 countries and regions outside China by Friday, calling for early and aggressive measures to break the chain of transmission worldwide. As the saying goes, a small leak will sink a great ship. What we need in the face of the epidemic is not stigmatizing a country or attacking a country, but science, rationality and solidarity. These are the most powerful weapons against our common enemy. If there is anyone who owes the world an apology, it must be those who spread « political virus » that smears China. Xinhua
Despite the fact that the WHO has officially named this novel type of coronavirus, (a) certain American politician, disrespecting science and the WHO decision, jumped at the first chance to stigmatize China and Wuhan with it. We condemn this despicable practice. Geng Shuang
Given China’s relatively limited medical resources – its per capita number of intensive care beds and ventilators is far too small – Beijing can’t afford to fight a prolonged battle with the coronavirus. The county can only concentrate its fight on one front, and thus is transporting all the medical equipment it can there, and sending all the medical personnel it can as well. China can only mobilize its national medical resources to tackle the virus head-on in Wuhan. If this battle fails, the fate of the country is at stake. People in Wuhan and Hubei had no choice but to sacrifice themselves. This is the luck of the Chinese people and the misfortune of the people of Wuhan and Hubei. People blessed with luck need to be grateful. Wang Shuo
No less authority than the Chinese Communist Party said it came from Wuhan. So don’t take Mike Pompeo’s word for it. We have pretty high confidence that we know where this began. Mike Pompeo
We might be heading into first global recession caused by CCP mismanagement. Previous manmade disasters in China since 1949 never really spread outside the PRC’s borders in meaningful ways. This time looks to be different, and being the proximate cause of a global recession may not be helpful to the PRC’s global image and aspirations. And that is likely one of the reasons the propaganda apparatus and PRC officials are pushing so hard the idea that virus may not have originated in China. Now is not the time for apportioning blame, and the PRC government does deserve credit for its brutal, herculean and effective efforts to arrest the outbreak inside China, once it got past the initial coverup and missteps that allowed the epidemic to explode into something that threatens people everywhere. Bill Bishop
I think the consensus is still clearly that the virus did originate in China. This would appear to be a nationalist narrative aimed at countering criticism of the Chinese government for not better managing the outbreak in its early stages. Jane Duckett (University of Glasgow)
This is a propaganda effort aimed at the domestic audience. Among the Chinese public, there is a general awareness that delays in notifying the public led to many more infections in Wuhan. This campaign is aimed at distracting the public from the party’s delayed response. Victor Shih (UC, San Diego)
Tout ça, ce n’est pas de ma faute, c’est la faute de ceux d’en haut qui ne m’avaient pas donné le feu vert. Zhou Xianwang (maire de Wuhan)
Le point de départ de cette pandémie, c’est un marché ouvert de Wuhan dans lequel s’accumulent des animaux sauvages, serpents, chauves-souris, pangolins, conservés dans des caisses en osier. En Chine, ces animaux sont achetés pour la fête du Rat. Ils coûtent assez cher et ce sont des aliments de choix. Sur ce marché, ils sont touchés par les vendeurs, dépecés, alors qu’ils sont maculés d’urine et que les tiques et les moustiques font une sorte de nuage autour de ces pauvres animaux, par milliers. Ces conditions ont fait que quelques animaux infectés ont forcément infecté d’autres animaux en quelques jours. On peut faire l’hypothèse qu’un vendeur s’est blessé ou a touché des urines contaminantes avant de porter la main à son visage. Et c’est parti ! Ce qui me frappe toujours, c’est l’indifférence au point de départ. Comme si la société ne s’intéressait qu’au point d’arrivée : le vaccin, les traitements, la réanimation. Mais pour que cela ne recommence pas, il faudrait considérer que le point de départ est vital. Or c’est impressionnant de voir à quel point on le néglige. L’indifférence aux marchés d’animaux sauvages dans le monde est dramatique. On dit que ces marchés rapportent autant d’argent que le marché de la drogue. Au Mexique, il y a un tel trafic que les douaniers retrouvent même des pangolins dans des valises… (…) Les animaux sont (…) à l’origine de la plupart des crises épidémiques depuis toujours : le VIH, les grippes aviaires type H5N1, Ebola. Ces maladies virales viennent toujours d’un réservoir de virus animal. Et on ne s’y intéresse pratiquement pas. C’est la même chose pour la dengue. (…) C’est exactement comme le travail qui reste à faire sur les chauves-souris. Elles sont elles-mêmes porteuses d’une trentaine de coronavirus ! Il faut que l’on mène des travaux sur ces animaux. Evidemment, ce n’est pas très facile : aller dans des grottes, bien protégé, prendre des vipères, des pangolins, des fourmis, regarder les virus qu’ils hébergent, ce sont des travaux ingrats et souvent méprisés par les laboratoires. Les chercheurs disent : ‘Nous préférons travailler dans le laboratoire de biologie moléculaire avec nos cagoules de cosmonautes. Aller dans la jungle, ramener des moustiques, c’est dangereux.’ Pourtant, ce sont de très loin les pistes essentielles. Par ailleurs, on sait que ces épidémies vont recommencer dans les années à venir de façon répétée si on n’interdit pas définitivement le trafic d’animaux sauvages. Cela devrait être criminalisé comme une vente de cocaïne à l’air libre. Il faudrait punir ce crime de prison. Je pense aussi à ces élevages de poulet ou de porc en batterie que l’on trouve en Chine. Ils donnent chaque année de nouvelles crises grippales à partir de virus d’origine aviaire. Rassembler comme cela des animaux, ce n’est pas sérieux. C’est comme si l’art vétérinaire et l’art médical humain n’avaient aucun rapport. L’origine de l’épidémie devrait être l’objet d’une mobilisation internationale majeure. Il faut essayer de reconstituer le parcours épidémiologique qui fait que la chauve-souris tolère des coronavirus depuis des millions d’années, mais aussi qu’elle les disperse. Elle contamine ainsi d’autres animaux. Lorsque les chauves-souris sont accrochées dans les grottes et meurent, elles tombent par terre. Alors les serpents, les vipères en particulier, qui raffolent de leurs cadavres, les mangent. Tout comme les petits chauves-souriceaux enfants qui tombent et sont dévorés immédiatement par ces serpents qui sont donc probablement des hôtes intermédiaires des virus. En plus, il y a dans ces grottes des nuages de moustiques et de tiques et il faudrait essayer de voir quels sont les insectes qui sont aussi éventuellement transmetteurs du virus. Une autre hypothèse porte sur la transmission qui se produit quand les chauves-souris sortent la nuit manger des fruits, en particulier dans les bégoniacées. Elles ont un réflexe quasiment automatique, dès qu’elles déglutissent, elles urinent. Elles vont donc contaminer les fruits de ces arbres et les civettes, qui adorent les mêmes fruits, se contaminent en les mangeant. Les fourmis participent aux agapes et les pangolins – pour lesquels la nourriture la plus merveilleuse est constituée de fourmis – dévorent les fourmis et s’infectent à leur tour. C’est toute cette chaîne de contamination qu’il faut explorer. Les réservoirs de virus les plus dangereux sont probablement les serpents, car ce sont eux qui se nourrissent perpétuellement des chauves-souris, elles-mêmes porteuses des coronavirus. Il se pourrait donc que les serpents hébergent ces virus en permanence. Mais c’est justement cela qu’il faut savoir et vérifier. Il faudrait donc que des chercheurs capturent des chauves-souris, mais aussi qu’ils fassent le même travail sur les fourmis, les civettes, les pangolins et essayent de comprendre leur tolérance au virus. C’est un peu ingrat, mais essentiel. (…) Ce qui m’a frappé au Laos, où je vais souvent, c’est que la forêt primaire est en train de régresser parce que les Chinois y construisent des gares et des trains. Ces trains, qui traversent la jungle sans aucune précaution sanitaire, peuvent devenir le vecteur de maladies parasitaires ou virales et les transporter à travers la Chine, le Laos, la Thaïlande, la Malaisie et même Singapour. La route de la soie, que les chinois sont en train d’achever, deviendra peut-être aussi la route de propagation de graves maladies. Sur place, les grottes sont de plus en plus accessibles. Les humains ont donc tendance à s’approcher des lieux d’habitation des chauves-souris, qui sont de surcroît des aliments très recherchés. Les hommes construisent aussi désormais des parcs d’arbres à fruit tout près de ces grottes parce qu’il n’y a plus d’arbres en raison de la déforestation. Les habitants ont l’impression qu’ils peuvent gagner des territoires, comme en Amazonie. Et ils construisent donc des zones agricoles toutes proches de zones de réservoir de virus extrêmement dangereuses. (…) Le réseau des Instituts Pasteurs – qui existent dans plusieurs pays – est une structure que le monde nous envie. Mais des instituts comme celui du Laos ont besoin d’être aidé beaucoup plus qu’il ne l’est actuellement. Ces laboratoires ont du mal à boucler leur budget et ils ont aussi de la peine à recruter des chercheurs. La plupart d’entre eux préfèrent être dans leur laboratoire à l’Institut Pasteur à Paris ou dans un laboratoire Sanofi ou chez Merieux, mais se transformer en explorateur dans la jungle, il n’y a pas beaucoup de gens qui font cela. Or c’est ce que faisait Louis Pasteur, il allait voir les paysans dans les vignes, il allait voir les bergers et leurs moutons. Il sortait de son laboratoire. Tout comme Alexandre Yersin qui était sur le terrain, au Vietnam, quand il a découvert le bacille de la peste. (…) Parce que ce qui fascine les candidats au Prix Nobel, c’est de trouver un traitement ou un nouveau virus en biologie moléculaire et pas de reconstituer les chaînes épidémiologiques. Or les grandes découvertes infectieuses sont nées ainsi : l’agent du paludisme, le Plasmodium, a été découvert par un Français, Alphonse Laveran sur le terrain, en Tunisie. Et ce sont des recherches qui sont fondamentales et qui sont faites à une échelle qu’on a un peu oubliée. Comme si la vision micro avait fini par faire disparaître l’importance du macro. (…) La peste reste un exemple passionnant. Le réservoir de la peste, ce sont les rats. Il y a des populations de rats qui sont très résistantes et qui transmettent le bacille de la peste, mais s’en fichent complètement. Et puis, il y a des populations de rats très sensibles. Il suffit qu’un jour, quelques individus de la population de rats sensible rencontrent la population de rats qui est résistante pour qu’ils se contaminent. Les rats sensibles meurent. A ce moment là, les puces qui se nourrissent du sang des rats, désespérées de ne plus avoir de rats vivants, vont se mettre à piquer les hommes. Reconstituer ce tout début de la chaîne de transmission permet d’agir. Dans les endroits où la peste sévit encore, en Californie, à Madagascar, en Iran ou en Chine, lorsque l’on constate que quelques rats se mettent à mourir, c’est exactement le moment où il faut intervenir : c’est extrêmement dangereux car c’est le moment où les puces vont se mettre à vouloir piquer les humains. Dans les régions pesteuses, lorsque l’on voit des centaines de rats morts, c’est une véritable bombe. Heureusement, la peste est une maladie du passé. Il doit y avoir encore 4 000 ou 5 000 cas de peste dans le monde. Ce n’est pas considérable et puis les antibiotiques sont efficaces. Mais c’est un exemple, pour montrer que l’origine animale est fondamentale et toujours difficile à appréhender. Elle est néanmoins essentielle pour la compréhension et permet de mettre en place des politiques de prévention. Aujourd’hui, si l’on continue à vendre des animaux sauvages sur un marché, on est dans une situation délirante. Il faut appliquer le principe de précaution. (…) en Chine, notamment, cette convention internationale n’est pas respectée. Il faudrait créer une sorte de tribunal sanitaire international. On voit bien que si on demande à chaque pays de s’organiser nationalement, rien ne changera. La Chine a fait pression au début sur l’OMS pour qu’on ne dise pas qu’il s’agissait d’une pandémie. Elle a tenté de bloquer les choses, car elle contribue fortement au financement de l’OMS. Il serait donc important que ce soit un tribunal sanitaire totalement indépendant, comme un tribunal international pour les crimes de guerre, avec des inspecteurs indépendants qui vérifient ce qui se passe sur le terrain. Au Laos, dans la campagne, il y a beaucoup de marchés où les animaux sauvages sont vendus comme des poulets ou des lapins. Dans l’indifférence générale, car c’est la culture locale. Or la culture est la chose la plus difficile à faire évoluer dans un pays. Didier Sicard
Nous, les Cantonais, nous sommes convaincus depuis toujours que la viande de serpent guérit les maladies. En plus de cela, elle est nutritive et protège du rhume”. M. Qiu
L’appétit toujours plus grand des Cantonais pour les plats à base d’espèces rares pourrait bien entraîner l’éradication des pangolins, des serpents sauvages et autres salamandres géantes. (…) De nombreux Cantonais n’aiment rien tant que de prendre un bol de soupe au serpent bien chaude au petit déjeuner pour lutter contre le froid. (…) Le marché de la viande d’animaux sauvages est en plein essor. Ainsi, les restaurants font de bonnes affaires, même s’ils flirtent avec l’illégalité. Des espèces protégées comme les varans ou les pangolins sont chassées et vendues illégalement, puis finissent dans les assiettes des clients. La réputation qu’ont les Cantonais de manger des animaux sauvages n’est pas usurpée : cette tradition ancrée fait partie de la culture du Lingnan (la zone comprenant Canton et les provinces avoisinantes). Un salarié du bureau chinois de la Wildlife Conservation Society (WCS) affirme que les Cantonais “mangent absolument de tout” – les mets les plus recherchés étant des espèces en voie de disparition. Parmi les espèces les plus consommées à Canton, on trouve le varan, la salamandre géante de Chine, des serpents sauvages, des hiboux et le bruant auréole. Une fois préparé, un hibou entier peut valoir environ 1 800 yuans [221 euros]. Les pangolins se vendent à 500 yuans [61 euros] le jin [env. 500 grammes], les varans à environ 100 yuans [12 euros]. (…) Préparer ces mets délicats est une activité des plus sanguinaires. Un cuisinier d’un restaurant de Shenzhen (province de Canton), nous explique comment on tue et on prépare le pangolin : d’abord, on l’assomme d’un coup de marteau sur la tête, puis on le suspend au bout d’une corde, et on l’égorge à l’aide d’un couteau pour le saigner. Ensuite, on le plonge dans l’eau bouillante pour enlever les écailles – comme on plume un poulet. Puis, il faut le passer à feu doux pour enlever les poils fins. Enfin, on le vide, on le lave et on le cuit. La viande peut ensuite être braisée, cuite à la vapeur dans une soupe claire ou cuite en ragoût. “La plupart des habitués ne paient pas eux-mêmes la note, explique un patron de restaurant. Les hommes d’affaires qui doivent leur demander une faveur invitent lesdits habitués à dîner, soit pour étaler leur cash, soit pour régaler un fonctionnaire”. Et ce sont ces mêmes fonctionnaires qui protègent les restaurants où l’on vend de la viande illégale. La passion des Chinois pour la consommation d’animaux sauvages est liée aux propriétés médicinales qu’ils prêtent à ces aliments. D’anciens écrits médicaux attribuent de telles vertus à presque toutes les plantes et animaux – et même aux organes d’animaux, à leurs excréments, leurs humeurs, leur peau ou leurs plumes. La médecine chinoise considère que l’art médical et la nourriture puisent aux mêmes sources. Ces conceptions sont encore extrêmement répandues, et même les illettrés peuvent citer un certain nombre de “prescriptions” pour diverses affections : des alcools faits à partir de pénis de tigre ou de testicules de bélier pour la virilité, ou encore des os de tigre pour un squelette solide et des muscles vigoureux. Et il est généralement admis qu’on préserve mieux sa santé par son régime que par la médecine. Mais ces idées sont poussées de plus en plus loin. Presque toutes les plantes et les animaux rares ou inhabituels se voient maintenant conférer des propriétés médicinales ou nutritionnelles extraordinaires. (…) Feng Yongfeng, journaliste spécialisé dans l’environnement au Quotidien de Guangming, fait valoir que la plupart des bienfaits de ces aliments sont psychologiques. Il n’en reste pas moins que ces idées d’un autre âge entraînent encore l’abattage d’animaux sauvages. M. Luo, un habitant de Guangzhou avec qui nous nous sommes entretenus, reconnaît qu’il mange de la viande de ces animaux, mais qu’il aurait dû mal à changer ses habitudes du jour au lendemain. Par ailleurs, il estime que les autorités devraient davantage communiquer sur l’interdiction de consommer des espèces protégées. “Les pouvoirs publics et les médias ont incité les gens à ne pas manger d’aileron de requin, de pénis de tigre et de patte d’ours, alors je n’en mange pas”, concède-t-il. Mais il ajoute qu’il a mangé du pangolin pendant dix ans avant d’apprendre qu’il s’agissait d’une espèce protégée. A l’en croire, il faudrait dire clairement aux citoyens ce qu’ils peuvent et ce qu’ils ne peuvent pas manger.
La récente plainte déposée par Huawei France contre Valérie Niquet, chercheuse à la FRS et experte reconnue du monde asiatique, vient opportunément souligner la sensibilité du sujet et le caractère devenu épidermique de la question abordée par Antoine Izambard, journaliste au magazine économique Challenges. La Chine mène une politique expansionniste directement sous le contrôle de Xi Jinping et du Parti communiste chinois visant à établir un leadership mondial incontesté, et la France constitue une cible de choix de par sa puissance économique, industrielle et scientifique, même si celle-ci est en relatif déclin. Et ce n’est pas la reconnaissance historique de la RPC par le général de Gaulle en 1964 qui préserve encore notre pays des ambitions de Pékin et de l’emploi de méthodes plutôt discutables pour piller nos pépites technologiques. D’où l’intérêt de ce livre plutôt corrosif et remettant en cause certaines pratiques où l’aveuglement français laisse sans voix. S’appuyant sur des exemples et des faits très concrets, le constat est sévère en dévoilant de véritables failles sécuritaires. Les enjeux sont importants, car Pékin dispose d’une arme quasi absolue : sa puissance financière sans limites, lui permettant de financer toutes ses acquisitions et pouvant acheter une clientèle aveugle sur leurs compromissions potentielles. Antoine Izambard propose ainsi plusieurs approches illustrant ce rouleau compresseur chinois utilisant toutes les ressources du soft power, dont l’espionnage à outrance, notamment via l’envoi d’étudiants « bien sous tout rapport », mais qui permettent à Pékin de siphonner notre technologie. Le cas de Toulouse et de ses universités scientifiques en est une illustration. Pékin s’appuie aussi sur un réseau d’influenceurs, mêlant politiques, diplomates et hommes d’affaires souhaitant favoriser les échanges entre les deux pays, mais souvent à la naïveté confondante face à la prédation quasi systémique pilotée par la Chine. Le mirage du grand marché chinois a tant fasciné que les principes de précaution face à une future concurrence n’ont pas été respectés. Ainsi, nos laboratoires de recherche et nos universités accueillent pléthore d’étudiants et étudiantes dont certains sont très avides d’informations et pillent sans vergogne les travaux effectués. Curieusement, les universités à dominante SHS (sciences humaines et sociales) sont peu concernées, le risque étant pour le Parti communiste chinois d’avoir alors de futurs contestataires potentiels. Et si le rachat de grands crus bordelais peut contribuer à rééquilibrer notre balance commerciale, d’autres pratiques sont plus douteuses comme l’a démontré le fiasco autour de l’aéroport de Toulouse dont les propriétaires chinois ont pratiqué une gouvernance pour le moins baroque. Parmi les autres points soulevés par l’auteur, il y a l’intérêt suspect pour la Bretagne avec une présence importante dans les universités dont particulièrement l’UBO (université de Bretagne occidentale), mais aussi la présence d’un institut Confucius à Brest sur les 14 présents en France, deuxième port militaire de France avec notamment la Force océanique stratégique (Fost) basée dans la rade à l’île Longue. Cette coïncidence n’est pas due au hasard et soulève bien des interrogations. Il y a également le rachat du groupe Demos faisant de la formation professionnelle continue et qui possède entre autres la Revue d’études préparant les militaires à différents concours, avec environ 2 000 élèves par an, et dont le fichier pourrait être intéressant à exploiter. Faut-il pour autant cesser toute activité avec Pékin ? Ce serait impossible et inutile tant l’interdépendance est désormais irréversible. Par contre, il est urgent de faire preuve de plus de réalisme et d’exercer un contrôle accru sur les investissements chinois. Cela signifie également une réponse européenne plus solide et consciente des enjeux de souveraineté actuellement remis en cause par Pékin. En effet, les efforts chinois sont tous azimuts et visent également les instances internationales avec un succès certain favorisé par la candeur de nombreux États devenus « clients ». Ainsi, les Chinois sont à la tête de l’Organisation de l’aviation civile internationale (2015), de l’Union internationale des télécommunications (2018) et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (2019), pouvant d’ores et déjà influer sur les normes de régulation internationales de demain dans des domaines clés. Cette mainmise sur ces organisations doit désormais inquiéter. (…) La lucidité est indispensable alors que la naïveté de certains dirigeants politiques et économiques est une faute, et fragilise notre indépendance et notre souveraineté. Jérôme Pellistrandi
Décidément la Chine est placée sous le signe des catastrophes sanitaires à répétition. En 2003, ce fut l’épidémie du SRAS [syndrome respiratoire aigu sévère] qui se répandit à travers le monde et fit plus de huit cents morts. Durant l’année du cochon, qui vient de se terminer ce 24 janvier, ce sont plus de trois cents millions de porcs qui ont dû être abattus dans le pays, et maintenant que l’année du rat débute, on se demande si ce n’est pas la mauvaise habitude des gourmets chinois de rechercher des aliments « exotiques » comme le rat des bambous ou la chauve-souris qui ont provoqué l’irruption d’un nouveau virus mortel à Wuhan. Déjà en 2003, l’épidémie du SRAS avait été provoquée dans la province du Guangdong par la consommation de civettes qui avaient été infectées par les chauves-souris qui pullulent dans la province voisine du Yunnan. Quelles que soient les causes de l’épidémie, ce qui frappe le plus les observateurs, c’est la façon dont les autorités chinoises ne parviennent pas à se défaire d’un vieux réflexe bureaucratique issu de la tradition communiste : cacher les problèmes aussi longtemps que possible, afin d’éviter de porter la responsabilité du drame. La catastrophe de Tchernobyl est évoquée sur les réseaux chinois par les internautes qui discutent fiévreusement de l’évolution de ce qui ressemble de plus en plus à une pandémie. Si le gouvernement avait pris les mesures requises à temps, en serions-nous là aujourd’hui, se demandent-ils. L’épidémie du SRAS avait commencé à la fin de l’année 2002, mais il a fallu attendre que des victimes soient reconnues à Hongkong avant que Pékin ne décide de prendre des mesures à l’échelle nationale en février 2003. Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012, la liberté d’expression a été mise à rude épreuve. Aujourd’hui le seul média qui s’autorise encore à communiquer quelques informations est le journal en ligne Caixin. D’après ce média, le premier cas avéré de malade atteint par le coronavirus a été découvert à Wuhan le 8 décembre 2019. Les autorités locales ont choisi de ne pas transmettre l’information à la direction du Parti. A la fin du mois de décembre 2019, les autorités centrales commencent à s’inquiéter. Une information interne circule à Pékin, et des fuites parviennent à informer quelques Chinois actifs sur les réseaux. Le pot aux roses est dévoilé et c’est le 31 décembre seulement que les autorités de Wuhan envoient le virus pour le faire analyser à Pékin. Le 2 janvier, le virus est identifié et les annonces commencent : il y a bien une épidémie à Wuhan, mais « tout est sous contrôle ». Réaction locale ? Huit internautes sont accusés de « transmettre des rumeurs » et sont arrêtés à Wuhan. Aujourd’hui, l’exaspération de la population chinoise est à son comble. La décision de fermer la ville de Wuhan, ainsi qu’une dizaine de villes avoisinantes, c’est-à-dire à isoler près de soixante millions de Chinois passe d’autant plus mal qu’elle a été prise du jour au lendemain, et sans avertir au préalable la population. Et ceci dans les pires conditions, puisque le réveillon du Nouvel an était le 24 janvier et c’est le moment de l’année où plusieurs centaines de millions de migrants retournent dans leur village, et où de nombreux habitants de Wuhan sont en vacances. Les voyageurs dont la plaque d’immatriculation montrait qu’ils venaient de Wuhan ont été aussitôt interdits de séjour partout où ils passaient : ni les hôtels, ni les restaurants n’acceptaient de les laisser entrer dans leur établissement ! (…) Le problème fondamental en Chine aujourd’hui, c’est que plus personne ne croit en la parole officielle. Il existe du coup un nouveau type d’information privée créée par des intellectuels émigrés : des émissions sur YouTube commentent l’actualité chinoise avec un professionnalisme qui convainc le public chinois. Décryptant les reportages et l’actualité en Chine, ils parviennent à en donner une lecture objective. Désormais les seules informations non censurées viennent des réseaux sociaux. Avec des faits mais aussi des rumeurs même si colportées de bonne foi. Le nombre des contaminations n’en parait pas moins déjà beaucoup plus important que celui reconnu par les autorités. Le directeur de la faculté de médecine de Hongkong University assure que les malades se comptent par dizaine de milliers et non par milliers. Sans être démenti. Il a fallu attendre le 24 janvier pour que le gouvernement chinois se réunisse en urgence. Un groupe de commandement national a été créé pour gérer la crise, et le premier ministre Li Keqiang en a pris la direction. Il ne s’est rendu à Wuhan que le 27 janvier. Quelques jours plus tôt, le 20 janvier, le maire de Wuhan, qui n’a pourtant pas l’habitude de s’exprimer devant les médias, a accepté une interview de la chaîne officielle, CCTV 13, où il explique maladroitement pourquoi il n’a pas pu s’exprimer plus tôt. Traduction : « Tout ça, ce n’est pas de ma faute, c’est la faute de ceux d’en haut qui ne m’avaient pas donné le feu vert ». Comme l’écrivit en 2003 Liu Xiaobo [Prix Nobel de la paix 2010 mort en prison en juillet 2017] : « Les services de la santé du Parti communiste chinois ont caché des nouvelles déterminantes. Ce que ce genre de censure provoque, ce n’est pas seulement la mort de la presse, mais c’est aussi la vie des citoyens qui est mise en danger. » Cette déclaration n’a rien perdu de son actualité. Marie Holzman
La fête des morts en Chine, c’est le 5 avril. Il faut que les gens soient enterrés, qu’ils puissent pleurer leurs morts. Les autorités avaient décidé que, pendant le pic de l’épidémie, il n’était pas question de remettre les urnes des morts aux familles parce que tout cela était en pleine épidémie. Les gens ne pouvaient pas venir chercher les urnes, donc elles ont été empilées et ils n’ont commencé à les distribuer que là, il y a quelques jours.  Marie Holzman
I wondered if [the municipal health authority] got it wrong. I had never expected this kind of thing to happen in Wuhan, in central China.  If coronaviruses were the culprit, could they have come from our lab? (…) The Wuhan outbreak is a wake-up call.” (…) What we have uncovered is just the tip of an iceberg. Bat-borne coronaviruses will cause more outbreaks. We must find them before they find us. Dr. Shi Zhengli
A Chinese doctor who exposed the cover-up of China’s SARS outbreak in 2003 has been barred from traveling to the United States to collect a human rights award, a friend of the doctor and a human rights group said this week. The doctor, Jiang Yanyong, a retired surgeon in the People’s Liberation Army, was awarded the Heinz R. Pagels Human Rights of Scientists Award by the New York Academy of Sciences. (…) Dr. Jiang rose to international prominence in 2003, when he disclosed in a letter circulated to international news organizations that at least 100 people were being treated in Beijing hospitals for severe acute respiratory syndrome, or SARS. At the time, the Chinese medical authorities were asserting that the entire nation had only a handful of cases of the disease. The revelation prompted China’s top leaders to acknowledge that they had provided false information about the epidemic. The health minister and the mayor of Beijing were removed from their posts. SARS eventually killed more than 800 people worldwide, and the government came under international scrutiny for failing to provide timely information that medical experts said might have saved lives. Dr. Jiang was initially hailed as a hero in Chinese and foreign news media. He used his new prestige in 2004 to press China’s ruling Politburo Standing Committee to admit that the leadership had made a mistake in ordering the military to shoot unarmed civilians on June 3 and 4, 1989, when troops were deployed to suppress democracy protests that began in Tiananmen Square in Beijing. Dr. Jiang, who treated Beijing residents wounded in the 1989 assault, contended that the official line that the crackdown was necessary to put down a rebellion was false. His statement antagonized party leaders, who consider the crackdown a matter of enormous political sensitivity. Jiang Zemin, then the leader of the military, ordered the detention of Dr. Jiang, who spent several months in custody, people involved in his defense say. Dr. Jiang was eventually allowed to return to his home but remained under constant watch. He has not been allowed to accept press requests for interviews or to visit family members who live in the United States, friends and human rights groups say. NYT (2007)
The Chinese government locked down Wuhan on Jan. 23, halting all public transportation going in and out of the city. The following day an order was issued suspending group travel within China. But in a blunder that would have far reaching consequences, China did not issue an order suspending group travel to foreign countries until three days later, on Jan. 27. In retrospect, it was a painful mistake. This is what happened in those critical three days: The weeklong Lunar New Year string of holidays began on Jan. 24, with the outbound traffic peak lasting through Jan. 27. The Chinese government let the massive exodus of group travelers continue despite the public health crisis. No explanation has been given. Furthermore, while suspending group travel, China did nothing to limit individuals traveling overseas. Groups account for less than half of all Chinese tourists heading abroad. Chinese travelers journeyed to Japan, South Korea, Italy, Spain, France, the U.K., Australia, North America and South America, one planeload after another. This was happening while many restaurants in China were unable to open for business due to the outbreak. It is said that once abroad, many Chinese prolonged their vacations as much as possible to avoid having to return home. The number of infections gradually increased at popular winter destinations, such as Japan’s Hokkaido. In other destinations like Thailand, cases have surged in recent days. A considerable number of Chinese individual travelers were staying put in the Hokkaido capital of Sapporo in mid-February, even after the annual Snow Festival ended. (…) And as the doctor predicted, infections spread to many people, and across the world. Now we are seeing the « second wave » that the team talked about. After the first wave hit China, the outbreak went on a second wave across the world, especially in Europe. The number of deaths from the coronavirus in Italy, home to many Chinese residents, has topped 2,100. The delay in the Chinese government’s ban on group travel to foreign countries may have helped to double or possibly triple the number of people infected. In the days before Wuhan was locked down on Jan. 23, as many as 5 million of its 11 million citizens had already left the city, as the mayor and others have testified.
Nous ne savons pas quel sera le niveau de décès supplémentaires dans l’épidémie, à savoir, à la fin de l’année, quelle proportion de personnes décédées du coronavirus seraient décédées [de toute façon] ? Cela pourrait représenter jusqu’à la moitié ou les deux tiers des décès que nous voyons, car ce sont des personnes en fin de vie ou ayant des conditions sous-jacentes, donc ce sont des considérations à avoir. Les décès sont probablement peu susceptibles de dépasser 20 000 avec les stratégies de distanciation sociale, mais cela pourrait être considérablement inférieur à cela et c’est là qu’une analyse en temps réel sera nécessaire. Professeur Neil Ferguson
The situation is tough for young people. They were hit hard by the Great Recession, and their labour market situation has improved only little since. This is a problem we must address now urgently. Kicking it down the road will hurt our children and society as a whole. Current working-age, middle-class groups are increasingly concerned with their and their children’s job prospects. An increasing number of people think children in their country will be worse off financially than their parents. Angel Gurría (OECD)
We’ve never had, since the dawn of capitalism really, this situation of a population that is ageing so much and in some countries also shrinking, and we just don’t know whether we can continue growing the economy in the same way we once have. Prof Diane Coyle
La Génération Y (composée de ceux qui sont nés entre 1980 et 1995) est la grande oubliée des trente dernières années de croissance dans les pays développés. Les journalistes britanniques se sont penchés sur la vaste base de données du Luxembourg Income Study, et en ont tirés plusieurs enseignements très intéressants sur les niveaux de richesse des différentes générations dans huit pays développés (la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Allemagne, le Canada, l’Australie, l’Italie et l’Espagne). Dans tous ces pays, exceptés l’Australie, le revenu disponible (c’est à dire celui qui reste après avoir payé ses impôts) des vingtenaires a progressé beaucoup plus lentement que celui des Baby-boomers et retraités. Pire, dans certains pays comme la France et les Etats-Unis, le revenu disponible de la Génération Y est inférieur de 20% à la moyenne nationale. Alors qu’en 1978, les jeunes de cet âge avaient plutôt tendance à être plus riches que la moyenne ! La situation est complètement inédite et explique le sentiment croissant de déclassement ressentis par certains jeunes comme l’exprime Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, au Guardian : “Un nombre croissant de gens pensent que dans leur pays les enfants gagneront moins bien leur vie que leurs parents”. Pour expliquer cette progression déséquilibrée du revenu disponible, le quotidien britannique avance plusieurs causes : la crise économique et le chômage bien sûr qui empêchent les jeunes d’accéder à un poste stable et rémunérateur, mais aussi le poids croissant de la dette, surtout pour les diplômés aux Etats-Unis, et la hausse des prix de l’immobilier. Les conséquences de ces inégalités entre générations pourraient se révéler dramatiques. D’abord parce qu’elles menacent la cohésion sociale mais aussi parce qu’elles aggravent les inégalités entre classes sociales, les jeunes étant de plus en plus dépendants de l’aide de leurs parents à un moment clé de leur vie, celui du passage à l’âge adulte. Enfin, la faiblesse des revenus des jeunes adultes peut les contraindre à rester plus longtemps chez leurs parents, les empêchant ainsi de fonder leur propre famille. En Espagne par exemple, 8 jeunes sur 10 vivent encore chez leurs parents à trente ans. Cela risque d’avoir un impact négatif plus large sur la natalité dans les pays développés déjà confrontés à une population vieillissante. Les Echos
I turn 70 next week. (…) So I’m automatically in the high risk pool. (…) I’m living smart. Listening to the president, the CDC guidelines like all people should. But I’m not living in fear of covid19. What I’m living in fear of is what’s happening to this country. And you know no one reached out to me and said: as a senior citizen, are you willing to take a chance for your survival in exchange for keeping the America that all America loves for your children and grandchildren? And if that’s the exchange, I’m all in. And that doesn’t make me nobler or braver or anything like that. I just think there are lots of grandparents out there in this country like me — I have 6 grandchildren — that, what we all care about, and what we love more than anything are those children. And I want to live smart and see through this, but I don’t want the whole country to be sacrificed. And that’s what I see. I’ve talked to hundreds of people in just the last week, making calls all the time. And everyone says pretty much the same thing. That we can’t lose our whole country. We’re having an economic collapse. I’m also a small businesman, I understand it. And I talk to business people all the time. My heart is lifted tonight by what I heard the president say, because we can’t do more than one thing at a time. We can’t do two things. So, my message is that, let’s get back to work. Let’s get back to living, let’s be smart about it, and those of us who are 70-plus, we’ll take care of ourselves. But don’t sacrifice the country. (…) Look, I’m going to do everything I can to live. But if you said, ‘Are you willing to take a chance’ — you know and if I get sick, I’ll go and try to get better. But if I don’t, I don’t. And I’m not trying to think in any kind of morbid way. But I’m just saying that we’ve got a choice here. We’re going to be in a total collapse, recession, depression, collapse in our society if this goes on another several months. There won’t be any jobs to come back to for many people. So I’m going to be smart. I think all of my fellow grand parents out there, they’re going be smart. We all want to live, we all want to live with our grand children as long as we can. But the point is, our biggest gift we give to our country and our children and our grand children is the legacy of a country. And right now that is at risk. And I feel, as the president said, the mortality rate is so low, do we have to shut down the whole country for this? I think we can get back to work. And I think we should wait out this time. And if he says we need we need another week, I trust his judgment. But we have to have a time certainty. We can’t say in three months or six months or twelve months. These businesses can’t wait that long.(…) I’m optimistic. We’re going to make it. Dan Patrick (Texas Lieutenant-governor)
Obviously we put life and this virus first, as the president does, but we also have to measure that and weigh that with people losing their jobs and losing their businesses. As a senior citizen, my focus is on my grandchildren and your grandchildren and the entire next generation, that we have an America to leave them. And on the path that we are on right now, if we close down America, that American dream is going to disappear very quickly. (…) If he needs more time, let’s trust his judgment. (…)  when people go back to work they will be smarter. Dan Patrick (Texas Lieutenant-governor)
Êtes-vous prêt à prendre le risque afin de conserver l’Amérique que tout le monde aime pour vos enfants et petits-enfants ? Si c’est le deal, je suis prêt à me lancer. Je ne veux pas que tout le pays soit sacrifié. Dan Patrick (vice-gouverneur du Texas)
Coronavirus : sacrifier les personnes âgées pour sauver l’économie ? Les propos chocs du vice-gouverneur du Texas La Dépêche
Selon Trump et ses amis, qui veulent remettre les travailleurs au boulot dès avril, le ralentissement de l’économie américaine est aussi dangereuse que le coronavirus. C’est aussi ce que pense Dan Patrick, le vice-gouverneur du Texas, qui a appelé les personnes âgées à aller travailler. Autrement dit, se sacrifier pour « conserver l’Amérique que tout le monde aime ». C’est vrai que les plus âgés sont aussi les plus susceptibles d’être touchée par le virus, alors foutu pour foutu, autant qu’ils aillent se tuer à la tâche ! « L’Amérique qu’on aime » : celle où les plus faibles sont sacrifiés sur l’autel des profits ? Convergences révolutionnaires
Covid-19: les grands parents prêts à «se sacrifier» afin de sauver l’économie, affirme un vice-gouverneur du Texas Le vice-gouverneur du Texas s’est déclaré prêt à donner sa vie plutôt que de voir l’économie américaine sombrer à cause des mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Selon lui, «beaucoup de grands-parents» à travers le pays partagent cette position. Nombreux sont les Américains âgés qui sont prêts à «se sacrifier» afin d’empêcher la pandémie de coronavirus de porter un grave préjudice à l’économie nationale et par conséquent au bien-être de leurs petits-enfants, estime le vice-gouverneur du Texas Dan Patrick. «Mon message est le suivant: reprenons le travail, reprenons la vie normale, soyons intelligents, et ceux d’entre nous qui ont plus de 70 ans, nous nous occuperons de nous», a confié le responsable dans un entretien avec un journaliste de la chaîne Fox News. Lui-même âgé de 69 ans, il s’est dit prêt à mourir plutôt que de voir l’économie américaine détruite par les mesures sanitaires décrétées sur fond de pandémie. D’après lui, cette position est partagée par «beaucoup de grands-parents» à travers le pays. Sputnik
La crise sanitaire est rude pour les démocraties libérales. Impréparées face à une telle onde de choc, le défi est immense pour ces nations plus que jamais ouvertes à une mondialisation où le rôle de l’Etat se réduit à peau de chagrin. Désormais, les démocraties doivent résoudre une équation complexe ; entre garantie des libertés individuelles et efficacité de la gestion de la crise. L’action trop tardive des gouvernements européens lors des premières semaines a provoqué une propagation non maitrisée du Covid-19 sur plusieurs pays avec un foyer très actif en Italie. En France, le discours affirmant que le pays était largement équipé et que le virus n’était pas plus dangereux qu’une grippe saisonnière dominait largement. Comme du temps de la ligne Maginot et de la guerre éclair (Blitzkrieg), les certitudes d’une protection totalement étanche ont été battues en brèche par les faits. Désormais, la crise est au cœur du Vieux Continent et la politique de rigueur budgétaire et ses 3% de déficit semble bien dérisoire face aux funestes conséquences des fermetures de lits, des délocalisations de la production de denrées médicales et des baisses de commandes de masques. Au pied du mur, le gouvernement fait le choix d’un comité scientifique sur lequel il fonde ses décisions. Le rôle du politique est pourtant, en consultation étroite avec les experts, d’arbitrer selon des valeurs et avec humanité, il est impensable en démocratie de déléguer le pouvoir démocratique aux mêmes experts. En parallèle de cette gouvernance des experts, la tentation de la surveillance de masse devient l’un des remèdes qui s’instille insidieusement dans les esprits depuis quelques jours. Des drones sont ainsi déployés dans les rues de Nice ou Paris afin de rappeler à l’ordre les citoyens. Si ce type d’usages reste circonscrit en France, en Asie son usage est bien plus contestable. En Corée du Sud, la stratégie numérique d’identification des citoyens est mise en place et les déplacements des individus sont tracés et contrôlés à distance à l’aide des smartphones. A la manière des récits de science-fiction des années 1980, l’Asie du sud-est devient un terrain d’expérimentation pour une surveillance orwellienne profitant du climat de pandémie. Là-bas, les individus se déplacent sous l’œil acéré d’un « big brother étatique ». Partout dans le monde, le e-commerce devient incontournable en temps de crise et se donne quasiment une mission de service public auprès des citoyens ; derrière cette image vertueuse et bienveillante reste pourtant un nouveau pouvoir désormais incontournable, aux capacités de surveillance immenses. La France est aujourd’hui tentée d’emprunter cette voie. Certains experts réclament au comité scientifique français d’explorer ces mesures venues d’Asie. (…) Faire croire aux Français que face à la crise sanitaire, il serait incontournable de recourir à de telles méthodes constitue une grave menace. Ouvrir la voie à de telles mesures, quand bien même nous soyons face à une pandémie, est la garantie de décennies bien plus funestes à l’issue de la crise. Outre la dimension liberticide de la surveillance de masse, son efficacité très limitée doit être relevée. Les premiers retours d’expérience étrangers montrent que le confinement strict et la distribution massive de masques sont les seules façons d’endiguer le mal en attendant un remède. Ceci réclame de la part de la France deux réponses ; logistique et juridique. Le basculement réel et profond de l’économie nationale afin de mobiliser pleinement l’appareil productif (réquisition de sites industriels notamment) et l’utilisation de l’arsenal juridique dont la constitution de 1958 voulut par le Général de Gaulle permet de disposer en cas de crise. La sortie de crise nécessite un Etat fort s’inscrivant dans le strict respect des libertés publiques et dans une action politique au service des citoyens. C’est dans les temps de crise que les démocraties doivent demeurer des lueurs d’espoir, sans jamais éteindre leur humanité au nom d’une hypothétique rationalité, fussent-elles professées par des « experts ». L’après crise ne pourra se passer d’une réflexion collective, pour choisir les nouveaux fondamentaux qui demain orchestreront notre quotidien. Demain, l’expertise devra être citoyenne ! Paul Melun et Philippe Dorthe
Le Covid-19 prendra des milliers de vies et chaque vie perdue trop tôt est une mort de trop. Il fallait lutter de manière déterminée contre cette épidémie. Mais ne faut-il pas aussi raison garder? Selon les propos de Monsieur Macron, la situation prouverait que «la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe». N’est-ce pas l’inverse? Peut-être payons-nous aujourd’hui des décennies d’étatisation de la santé en France qui ont conduit à une insuffisance du nombre de généralistes et autres praticiens, des urgences en surchauffe permanente et des hôpitaux publics qui manquent de moyens par suite de quotas stupides imposés depuis des décennies aux examens de médecine, d’une sécurité sociale impotente et qui paupérise progressivement médecins et personnels hospitaliers, d’une politique centralisatrice, restrictive et néanmoins très onéreuse, représentant 11,2% du PIB en 2018, parmi les quatre pays dont le financement est le plus élevé de l’OCDE? Peut-on, doit-on faire confiance à cet État qui n’a pas prévu de stocks suffisants de masques et de tests, qui s’inquiète de l’insuffisance de lits respiratoire et tarde à en appeler aux lits inoccupés des hôpitaux privés? L’État ne sait pas tout! D’autres politiques étaient possibles. Sans confinement généralisé, la Corée du Sud et Taïwan, dont le système de santé est très largement privatisé, ont réussi à maîtriser la propagation de la maladie avec des distributions ou ventes massives de masques de protection et la multiplication des dépistages permettant un suivi des parcours du virus pour chaque patient. L’État pourtant s’institue désormais en grand ordonnateur. Puisqu’il a renvoyé les salariés chez eux et que d’autres utilisent leur droit de retrait, qui leur permet de quitter leur travail en cas de danger tout en étant payé, il lui faut venir au secours des entreprises en perdition. Va-t-il prendre en charge les loyers des commerces fermés, s’opposer aux cessations de paiement, réquisitionner… et à quel coût? Il a annoncé des dizaines de milliards et il en faudra peut-être des centaines… à la charge des contribuables bien sûr, car ce sont toujours eux qui payent à la fin. Pourtant, avec l’argent perdu par tant d’activités étouffées dans l’industrie et le commerce, combien d’autres vies aurions-nous pu sauver par la recherche, la découverte accélérée d’autres remèdes et vaccins? Et combien d’autres morts ou d’autres malades causeront indirectement ces faillites inévitables, le chômage qui s’ensuivra, la pauvreté et la détresse qui augmenteront? Il y a ce qui se voit et ce qui ne se voit pas! Mais l’État aura pris déjà soin des affaires de tous. Il se croira indispensable. Sûr que sa douce tyrannie est bonne, n’en profitera-t-il pas, comme en Chine, pour étendre son pouvoir sur les citoyens et bientôt sur leur esprit qu’il confinera aussi dans une pensée correcte? Pour le craindre, il suffit de lire le projet de loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 selon lequel «la déclaration de l’état d’urgence sanitaire donne pouvoir au Premier ministre de prendre par décret pris sur le rapport du ministre chargé de la santé, les mesures générales limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion et permettant de procéder aux réquisitions de tout bien et services nécessaires (…)». Il s’agit de nos libertés essentielles, constitutionnelles. Et on les supprime dans une loi d’urgence qui sera adoptée en catimini dans des hémicycles désertés par la peur! Il n’est pas sûr que ce soit conforme à la Constitution, mais qui osera s’y opposer puisque nous sommes en guerre! (…) Une nouvelle religion de précaution se sera répandue pour croire que l’héroïsme conduit à vivre chez soi s’il est dangereux d’en sortir. Tous se seront accoutumés à une présence publique plus tutélaire que jamais. Patrons, indépendants et salariés garderont tendue la main qui réclame l’aumône que l’État leur consent après en avoir prélevé le montant sur leur dos. Les libertés dédaignées seront amoindries et difficiles à recouvrer. Jean-Philippe Delsol
I’m deeply concerned that the social, economic and public health consequences of this near total meltdown of normal life” could be “graver than the direct toll of the virus itself. Dr. David Katz (Yale-Griffin Prevention Research Center)
Essentially, what flattening the curb does is keep people away from one another and away from the virus so the virus doesn’t spread. But you also don’t cultivate any immunity. If you do a really, effective job of locking everybody in place and preventing viral transmission, there’s still some low level potential for viral exposure out in the world. But very few of us get that exposure. The minute you release those clams and let people back into the world, we’re all vulnerable, so most of the models suggest that flattening the curve makes sense in phase one so you don’t overwhelm medical systems, for example, but you ve got to have a phase two. If you dont transition to a phase two, whenever you release the clamps, the virus is out in the world waiting for you, everybody’s vulnerable and that big peak in cases – that big peak you’re trying to avoid – it really just happens at a later date. (…) So let let me start by saying essentially what I reject, because I think we’re very polarized society. I think the way media hype things up actually amplifies the extremes. So one extreme, we ve got the lock everything down, hunker in a bunker, until a) there’s a vaccine, eighteen months or years or whenever; b) forever or c) you die of something else whichever comes first. That’s just horrible, it’s inhumane, makes no sense. But at the other extreme, we ve got the liberate blank fill in the name of the state, which is basically everybody in the water, including grandma, and never mind the riptides and the sharks, every man for himself. That’s also absurd. So in the middle, what you do is you identify who is at risk of a severe case of this infection and who’s not. Who is at risk of dying of this with a pretty high frequency and who’s at extremely low risk. So, this is just like risks we take every day: some young people will die of this, but sadly, tragically some young people die crossing the street or in a car crash every day. There are risks we willingly take on every day. Sweden’s approach is a little too close to the everybody in the water, don’t worry about the riptide end of the spectrum for my taste. I think we can do a little better. We can kind of look around the world and say: okay, if you don’t lock this down at all, if you don’t protect the vulnerable, mortality in Sweden does look to me to be higher, not massively higher than every place else, but higher. Why put those lives at risk. On the other hand, if you lock everything down, you destroy livelihoods, you destroy jobs. And what I was saying, and what I didn’t really think was a controversial oped at the beginning, is there’s really more than one way, Bill, for this situation, to hurt people or even kill them, and all of them are bad. And there’s more than one way to protect people and save them, and all of those are good. So one thing we want to do is keep those vulnerable to severe infection away from this nasty bug, but we don’t want to destroy people’s lives and livelihoods and means of feeding their families. And interestingly, I’m just back from three days in an emergency department, in the Bronx, where I was volunteering as a physician to support my colleagues who I applaud. You know they’ve been in there from the beginning, they’ll be there through the end. But this is exactly the view that prevails there, you know, there might be the notion that the frontline people, they’re much more concerned about staying away from the virus than they are about can we open society up. Not true, they’re parents. You know, I was talking to my colleague, who say I’m really struggling to balance my clinical duties with home schooling my kids. And think of a scenario like this: dad is a nurse, mom’s a paramedic. They’ve got two kids at home, and there’s no school, no daycare, no nannies, no au pairs, nothing for them to do. One of these frontline people who really wants to be in the battle has to stay home to take care of the kids and they’re really torn. So there’s a middle path and the middle path essentially is high risk people are protected from exposure, low risk people go out in the world early and here’s the odd part, though, that I think people have a hard time confronting and accepting we actually kind of want to get this and get it over with and be immune, because that is the path to the all clear that doesn’t require us to make way for a vaccine which optimistically is eighteen months away, but could be much longer.(…) But the simple fact is: we should come together in common cause, on common ground. Maybe there’s a real opportunity here for an American moment. that’s between the extremes of left and right, where we all say, yeah, actually, we want to save as many lives as possible. And one of the interesting things, Bill, is sort of the left side of the spectrum, the liberal ideology, that seems to be so resistant to talking at all about unemployment and the economy. But that’s the very same camp that tends to appreciate that the single leading driver of bad health outcomes is poverty. Social determinants of health are massively important, so, frankly, thirty million people unemployed, that falls disproportionately hard on the people, who can least bear the unemployed, wo are at most risk of food insecurity, who are at most risk of depression and addiction. All that’s important too, so maybe there is a real opportunity here to say: hey, there’s a middle path we’ve been neglecting it, it’s the way through this thing, and it leads to total harm minimization. We want to minimize deaths and severe cases of the infection We also want to minimize the fall out. The health fall out of societal collapse and economic ruin. (…) So from the beginning, we ve been posting materials, my colleagues and I, under the rubric total harm minimization, this is we want to achieve here. (…) But on the testing front, we’re making a mistake, Bill, because we do have testing. It’s not great by the way, one day, one of these twelve hours in the emergency room in the Bronx we admitted, maybe twenty people we were sure had Covid. You know there is no doubt about it. They absolutely positively had covered and either nineteen or twenty of them tested negative so that the testing not great and the false negative rate is high. Some of the tasks were pretty well there, certainly better than nothing and here’s the thing. What we are going to have any time soon is the capacity to test the whole population, but we deal with at all the time the CDC routinely does what’s called representative random sampling, randomly select people and make sure that day first, the gamut of age and so economics and zip code and health status, and you extrapolate the whole population. We could do that with ten thousand people, and we have the tests for that. So we really need grown ups in charge, need federal oversight. We need a commitment to getting the critical data and frightening. That could happen fast as the work of seventy two hours, in the absence of that were turning to state, so, for example, we just heard there is widespread testing in New York. I think the governor is doing a great job there and it looks like at least twenty percent of the population in Europe may have antibodies. Well, that’s close. The four million people and what that means is the death toll in New York, tragic though it is in again, These tests are real people and my condolences to the families, but just looking at the statistics for a minute, twenty thousand deaths out of four million people- that’s half a percent- you know what we’re starting to see that the mortality toll of this when you get the denominator, really small and I think the denominators even bigger than that, so we’re not totally blind yet I think we do have to fly in a bit of a fog but we’re not totally blind. (…) First of all, I just want people to understand. Again, I’m a physician, I do public health, I’m trained in epidemiology. It really still looks to me as it did that month ago, when I wrote my piece for the New York Times: 98 to 99 % of the cases of this infection are mild. Most people don’t even seem to know they have it, and this is true even in the emergency department. A small portion of the cases are potentially severe and that’s what makes your point so important, Bill. The severe cases occur in people who are old and people who are sick. Now, those things go together, but sadly in America, they also splay apart. There are a lot of young people with coronary disease, obesity, type 2 diabetes, hypertension. And by and large, those are diseases of lifestyle. I’m a past president of the American College of Lifestyle medicine. That’s what we advocate. Lifestyle is medicine because it can fix all of that. Here’s the interesting bit: the stuff we can’t sell to people: eat well, exercise, don’t smoke, don’t drink excessively, get enough sleep, manage your stress because it’s such potent medicine, we can’t sell it because the timeline for harm is too long. Essentially, heart disease stalks you in slow motion, type two diabetes stalks you in slow motion and our DNA is wired to fight or flight: if it’s not coming at me in minutes or days, I’m sort of blind to it. Well, Covid is coming at you in minutes and days and everybody is alarmed and all the same things are risk factors. So essentially, what this pandemic has done has turned America’s chronic health liabilities into an acute threat. There is an opportunity, a crisis is an opportunity, the very things that we’re always telling people to do to promote their long term health actually do fortify your immunity against this virus. If you start eating right, start fitting physical activity into your routine, if you get enough sleep, it can effect your immune system to function in hours, certainly in days and a whole lot in a span of weeks, there’s been no better time for America to get healthy. If I were one of the grown ups in charge of this mess, I would have a national health promotion campaign as part of what we do in an organised way look we’re all social distancing sheltering placed. Let’s make lemonade from the lemons. Let’s turn this into an opportunity to get healthy, it will protect you in the short run. It will protect your loved ones and when this is over we’ll be a healthier nation into the bargain. Dr. David Katz
By now, commentators have noted the similarities between our coronavirus crisis and the classic “trolley problem,” first formulated by the late philosopher Philippa Foot. Imagine there’s a runaway trolley heading straight for five people who will be killed. You’re standing next to a lever. If you pull it, the trolley will switch to a different track where only one person will be killed. Most people say the moral choice is to spare the five and sacrifice the one. This may be akin to how many conceive of extreme measures to limit the spread of the novel coronavirus: The right thing to do is to issue and enforce stay-at-home orders and shutter businesses for as long as it takes to spare the maximum number of people at greatest risk from the virus. For many of those who are certain that this is the only moral solution, the choice seems crystal clear. It appears to be a tradeoff between lives and money — that is, between a sacred value and a secular interest. This is what social scientist Philip Tetlock calls a “taboo tradeoff.” When a tradeoff is taboo, there is no discussion or debate possible. Choosing the sacred value is entirely uncontroversial. As New York Governor Andrew Cuomo put it, “I’m not willing to put a price on a human life,” and “we’re not going to accept a premise that human life is disposable.” (…) using this lens, skeptics aren’t the cold-hearted monsters they’re made out to be. It’s not that they care more about money than your grandmother’s life. Instead, they are thinking about the people who will suffer from unemployment, poverty, loneliness, and despair. And they are imagining some point in the future when an unknown number could die from increases in child and domestic abuse, addiction and overdose, unmet medical needs, suicide, and so on. Dr. David Katz of the Yale-Griffin Prevention Research Center articulated this view when he wrote about the “unemployment, impoverishment, and despair likely to result” from a long-term economic shutdown. He is “deeply concerned that the social, economic and public health consequences of this near total meltdown of normal life” could be “graver than the direct toll of the virus itself.” From this perspective, the tradeoff is not taboo. We aren’t talking about substituting lives for money, but one set of lives for another. We aren’t talking about substituting lives for money, but one set of lives for another. In all of these trolley scenarios tragedy ensues regardless of the choice. There is no happy solution. There are no uncontroversial answers. These are the hallmarks of a classic moral dilemma. (…) This brings us to the larger point. We urgently need to reject the idea that these choices are uncontroversial. It is all too easy to cast some people as saints and others as knaves. And we must get past the false debate of lives-versus-money. The harder but truer and more productive debate rejects casting moral aspersions. It involves recognizing that we share common goals but have different views about how to achieve them, based on our different ways of conceptualizing unknowables and prioritizing immediate versus future dangers. In order to solve pressing problems, we need to free our minds from the constraints that drive us to interpret and represent our ideological opponents’ ideas as attacks from enemies. Instead, we need to be able to use their ideas to test, strengthen, and build on our own. This requires habits of mind that in recent times we have practiced too seldom and valued too little: Approaching dissenters’ views with curiosity, critical thinking, intellectual humility, and a willingness to be wrong; using the principle of charity when evaluating ideological opponents’ ideas; thoroughly considering views before rejecting them; refusing to assign malign intentions to those whose ideas we dislike; accepting that for some problems there are no risk-free solutions; and welcoming dissent and disagreement as necessary to a functioning liberal democracy. One of the chief reasons these habits of a free mind are so essential is that without exercising them, we cannot even get to the point of having the right conversations. Having the right conversation doesn’t guarantee that we will get to the right answer, but at least it gives us a fighting chance. Pamela Paresky
Nous poursuivons nos efforts de préparation à la survenue d’une éventuelle pandémie, grâce à la constitution de stocks de masques et de vaccins. Nous serions, d’après certains observateurs, parmi les pays les mieux préparés au monde. Xavier Bertrand (ministre de la santé et des solidarités, 22 janvier 2007)
A la suite de l’épidémie de grippe aviaire (H5N1) de 2006 et à l’initiative du sénateur Francis Giraud (1932-2010), le gouvernement de l’époque a fait adopter, en mars 2007, une loi au titre prémonitoire : « Loi relative à la préparation du système de santé à des menaces sanitaires de grande ampleur ». Elle comportait deux dispositions essentielles. D’abord, la création du fameux corps de réserve sanitaire, sur lequel on ne s’attardera pas ici, et, ensuite, celle d’un nouvel établissement public, l’établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus), dont la mission principale était « l’acquisition, la fabrication, l’importation, le stockage, la distribution et l’exportation des produits et services nécessaires à la protection de la population face aux mesures sanitaires graves », y compris bien sûr les vaccins et les fameux masques chirurgicaux et FFP2 ! La crise H5N1 avait en effet mis en évidence diverses faiblesses dans la réponse logistique de l’Etat. Les moyens dévolus à cette toute petite structure (17 agents en 2007 et 30 en 2015), cofinancée par l’Etat et l’Assurance-maladie, étaient considérables. On ne résiste pas à l’envie de citer l’inventaire estimé à un milliard d’euros qu’en fait l’exposé des motifs de la loi : 70 millions de vaccins antivarioliques et autant d’aiguilles, embouts et pipettes ; 81,5 millions de traitements d’antibiotiques en cas d’attaque bioterroriste de charbon, peste ou tularémie ; 11,7 millions de traitements antiviraux et 11,5 tonnes de substance active (oseltamivir) en cas de pandémie grippale ; 285 millions de masques de filtration de type FFP2 et 20 millions de boîtes de 50 masques chirurgicaux (soit le milliard de masques après lequel le ministre de la santé, Olivier Véran, court aujourd’hui) ; 2 100 respirateurs et bouteilles d’oxygène ; 20 équipements de laboratoires d’analyse (automates PCR et extracteurs ADN/ARN) ; 11 000 tenues de protection NRBC et accessoires. (…) Comment est-on passé de la pléthore à la pénurie ? L’événement majeur est, à mon sens, la crise du H1N1 de 2008-2009. Au-delà des critiques politiques virulentes et souvent injustes adressées à la ministre de l’époque, Roselyne Bachelot, elle a fait naître dans une partie de la haute administration de la santé le sentiment d’en avoir trop fait, d’avoir surestimé la crise et, finalement, d’avoir inutilement gaspillé des fonds publics au profit des laboratoires pharmaceutiques. L’horreur ! La Cour des comptes a estimé à près de 450 millions d’euros l’ensemble des dépenses d’achat spécifiquement liées à la lutte contre la grippe H1N1, y compris une indemnisation de 48,5 millions due aux laboratoires pour rupture unilatérale de contrat. L’Etat s’est ainsi convaincu qu’une réduction de la voilure était nécessaire, d’autant que le déficit de la Sécurité sociale avait atteint ces années-là des records « abyssaux » : 27 milliards d’euros en 2010 ! Le budget de l’Eprus a donc été drastiquement réduit, passant de 281 millions en 2007 – avant la crise H1N1 – à 25,8 millions en 2015 (10,5 pour l’Etat et 15,3 pour l’Assurance-maladie) selon un rapport du sénateur Francis Delattre. Parallèlement, les stocks ont été considérablement réduits en ne renouvelant pas, par exemple, des marchés concernant des biens arrivés à leur date de péremption. Estimée à 992 millions d’euros en 2010, la valeur du stock avait été réduite de moitié en 2014, à 472 millions, avant la disparition de l’établissement. (…) Outre ces questions économiques, la crise due au H1N1 a poussé à une réflexion sur la gouvernance du système de réponse aux crises sanitaire. Le ministère de la santé a toujours confiné l’Eprus dans une simple fonction logistique, sans aucune marge d’autonomie. La convention-cadre avec l’Etat précise que celui-ci ne peut réaliser aucune opération d’acquisition de produits de santé sans en avoir préalablement reçu l’ordre par le ministre chargé de la santé. (…) [soit] la disparition pure et simple de l’Eprus, qui est intégré en 2016 dans le nouvel Institut national de prévention, de veille et d’intervention en santé publique, plus connu sous son nom « commercial » de Santé publique France. Il rejoignait ainsi l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Claude Le Pen
Lorsqu’une question se pose, il faut toujours avoir la prudence de considérer attentivement la question qui est posée et le contexte dans lequel elle est posée. Très souvent, c’est là que se trouve la réponse. On s’interroge il est vrai à propos de la question de savoir ce qu’il faut sauver en priorité : l’économie ou les vies humaines ? Cette question appelle quatre remarques. – En premier lieu, formulée telle quelle, cette question date. Donald Trump aux États Unis et Boris Johnson en Angleterre se la sont posée il y a plus d’une semaine déjà en clamant haut et fort qu’il fallait penser avant tout à sauver l’économie. La réalité s’est chargée d’apporter elle même la réponse. Face à l’afflux des malades dans les hôpitaux, face à l’inquiétude des populations, face au fait pour Boris Johnson d’avoir été testé comme étant positif au virus du Covid 19, que ce soit Donald Trump ou bien encore Boris Johnson, tous deux ont fait machine arrière en décidant 1). de s’occuper des vies humaines en mettant les moyens pour cela, 2). de sauver l’économie autrement, par une intervention de l’État allant contre le dogme libéral de sa non intervention dans l’économie.- Par ailleurs, il importe de ne pas oublier le contexte. Qui pose la question de savoir ce qu’il faut sauver ? Les plus grands dirigeants de la planète à savoir le Président des Etats-Unis et le Premier Ministre de Grande Bretagne. Quand ils se posent cette question, comment le font ils ? Sous la forme d’une grande annonce extrêmement médiatisée. Pour qui ? Pour rassurer les milieux financiers. Sur le moment, ce coup d’éclat a l’effet de communication escompté. Il crée un choc psychologique qui rassure les milieux économiques avant de paniquer l’opinion publique. Moralité : la question de savoir s’il faut sauver les vies humaines ou l’économie est un coup politique qui commence sur le ton grandiloquent d’une tragédie cornélienne avant de s’effondrer lamentablement. On veut nous faire croire que certaines questions sont essentielles. Vu ceux qui la posent et le ridicule des réponses qui lui sont apportées qu’il soit permis d’en douter – Dans la façon dont la question et posée, quelque chose ne va pas. On oublie le temps. Lorsque l’épidémie du Corona virus a commencé, désireux de ne pas freiner l’économie, les autorités françaises ont reculé le plus possible la décision du confinement avant de ne pas pouvoir faire autrement. La nécessité économique a alors précédé l’urgence sanitaire. Aujourd’hui, l’urgence sanitaire est devenue première et l’urgence économique a été placée en second. Jusqu’au pic de l’épidémie cela va être le cas. Le temps sanitaire va l’emporter sur le temps économique. Dès que la décrue épidémiologique commencera, le temps économique va reprendre ses droits. En conséquence de quoi, qui décide de ce qui doit se faire ou pas ? Ce n’est pas l’économie ni la vie, mais l’opportunité et, derrière elle, c’est l’être humain capable de juger et d’avoir de la sagesse. – On oublie enfin les hommes. Dans le Cid de Corneille, Rodrigue le héros, se demande s’il doit choisir son amour contre l’honneur de sa famille ou l’honneur de sa famille contre son amour. Au théâtre, cette alternative est admirable. Elle crée le spectacle. Avec l’épreuve que l’humanité endure, on fera du bien à tout le monde en évitant de basculer dans le théâtre. Si on ne s’occupe pas des vies humaines, il y aura des morts et avec eux une inquiétude collective ainsi qu’un drame social qui pèsera sur l’économie. Si on ne s’occupe pas d’économie, il y aura des morts et un drame économique qui pèsera sur les vivants. Si on choisit l’économie contre la santé, il y aura des morts. Si on choisit la santé contre l’économie, il y aura des morts. De toute façon quoi que l’on choisisse et que l’on sacrifie, ne croyons pas qu’il n’y aura pas de morts. Il y en aura. Il est possible toutefois de limiter la casse. Entre la richesse et la mort, on oublie quelque chose d’énorme qui est plus riche que la richesse et plus vivant que la mort : il s’agit de nous. Il s’agit des hommes. Il s’agit des vivants. Si nous avons la volonté chevillée au corps de nous en sortir et si nous sommes solidaires, nous serons capables de surmonter cette crise. Nous devons être humains et forts comme jamais nous ne l’avons été. Nous avons la possibilité de l’être. La solidarité avec le personnel soignant tous les soirs à 20h montre que nous sommes capables de solidarité. L’humour qui circule montre que nous sommes capables de créativité. En ces temps de distanciation sociale, nous sommes en train de fabriquer des proximités inédites, totalement nouvelles et créatrices. Notre instinct de vie a parfaitement compris le message qui est lancé par ce qui se passe : soyez proches autrement. Là se trouve la richesse et la vie qui permettront de relever le défi économique et sanitaire qui est lancé. (…) Il y a deux façons de mesurer. La première se fait par le calcul et les mathématiques en appliquant des chiffres et des courbes à la réalité. La seconde se fait par l’émotion, la sensation, la sensibilité. Quand quelque chose plaît, je n’ai pas besoin de chiffres et de courbes pour savoir que cela plaît. Quand cela déplaît également. Lorsque Donald Trump a compris qu’il fallait s’occuper de la question sanitaire aux États-Unis et pas simplement d’économie, il n’a pas eu cette révélation à la suite d’un sondage. Il n’a pas utilisé les compétences d’instituts spécialisés. La réaction ne se faisant pas attendre, il a été plus rapide que les chiffres, les courbes et les sondages en changeant immédiatement son discours. Il a été découvert récemment que l’intelligence émotionnelle est infiniment plus rapide que l’intelligence mathématique, abstraite et calculatrice. On peut sur le papier démontrer que l’humain coûte trop cher. Lorsque dans la réalité concrète on ne s’en occupe pas assez et mal, on a immédiatement la réponse. Donald Trump s’en est très vite aperçu. (…) On veut des règles pour répondre à la question de savoir comment décider qui doit vivre ou pas et qui doit mourir ou pas. Les règles en la matière sont au nombre de deux : la première qui fonde toute notre civilisation consiste à dire que, par principe, on soigne tout le monde et on sauve tout le monde. Pour éviter la folie monstrueuse des régimes qui décident que telle classe de la population a le droit de vivre et pas telle autre, on n’a pas trouvé autre chose. La seconde règle est empirique. Tout médecin vous dira qu’en matière de vie et de mort aucun médecin ne sait. Ce qu’il faut faire est dicté par chaque malade, jour après jour. A priori, un médecin sauve tout le monde et soigne tout le monde, jusqu’au moment où, basculant du soin et du sauvetage dans l’acharnement et de l’acharnement dans l’absurde, il décide d’arrêter de soigner et de sauver. Ainsi, un médecin aujourd’hui soigne une vielle dame de quatre-vingt cinq ans grabataire et atteinte d’Alzheimer. Maintenant si dans une situation d’extrême urgence il faut choisir entre un jeune de vingt ans et cette vieille dame, le médecin choisira le jeune en plaçant la vie qui commence avant celle qui se termine. Il fera comme les médecins faisaient au XIXème siècle quand il s’agissait de savoir si, lors d’un accouchement qui se passe mal, il faut choisir la mère ou l’enfant. Il choisira l’enfant. Choix déchirant, tragique, insupportable, n’ayant aucune valeur de règle, la responsabilité face à la vie étant la règle. Et ce, parce qu’il ne faut jamais l’oublier : on choisit toujours la vie deux fois : la première contre la mort et la seconde contre la folie. D’où la complexité du choix, choisir la vie contre la folie n’allant jamais de soi. Relever la complexité de ce choix est risqué. On l’a par exemple vu sur tweeter, où de tels commentaires ont déchaîné la colère des internautes. Pourtant si la population grogne lorsqu’elle voit la courbe du chômage monter et les premières conséquences d’une économie au ralenti se concrétiser, n’est-ce pas également parce qu’elle est consciente que équation est impossible ? (…) L’expérience ne se transmet pas. Pour une raison très simple : c’est en ne se transmettant pas qu’elle transmet le message le plus essentiel qui soit afin de surmonter les crises : aucune crise ne ressemble à une autre. Chaque crise étant singulière, chaque crise a un mode de résolution qui lui est propre et qu’elle doit inventer. Quand une crise est résolue, cela vient de ce que ceux qui la traversent ont su inventer la solution qu’il faut pour cette crise précise. Le message des crises est de ce fait clair. Il convient de les étudier afin de comprendre l’originalité qui a été déployée pour sortir de la crise afin de cultiver sa propre originalité. Pour sortir de la crise que nous endurons, nous allons inventer une solution inédite et c’est cette invention qui nous permettra de sortir de cette crise. Bertrand Vergely
Le choix est tout sauf évident – même s’il s’impose d’une façon majoritaire en faveur d’un confinement. Un choix est fait, dont nous ne mesurons pas toutes les conséquences : étouffer l’économie, la mettre sous cloche, faire porter sur les générations futures la santé des contemporains, plutôt que de laisser la pandémie se dérouler comme toutes les pandémies en protégeant les individus. D’une certaine manière, nous nous donnons le choix, nous croyons avoir le choix, pour être des économies riches et pour faire porter par la solidarité collective une grosse partie du coût de cet étouffement économique. Et, dans des économies plus libérales que les nôtres, comme les pays anglo-saxons, ce choix, quand il est fait en faveur du confinement, pèse plus lourdement sur les individus eux-mêmes. Certains économistes vont même jusqu’à considérer que dans le monde cette crise va provoquer 25 millions de chômeurs. Je note que la Japon, par exemple, pour être plus prévoyant, pour avoir plus de masques, pour avoir une discipline sociale plus grande, ne pratique pas (du moins jusqu’à présent) ce confinement massif. De toute évidence, dans sa culture, comme dans celles de beaucoup de pays asiatiques, le souci du collectif prend le pas sur le souci individuel. Et le sens du sacrifice semble être accepté plus facilement. Dès lors, quatre facteurs semblent entrer en ligne de compte pour opter, ou non, pour une mise en quarantaine sur plusieurs semaines, des travailleurs et de l’activité économique : un niveau de protection social plus ou moins important pour prendre en charge le coût économique de cet arrêt d’activité ; un sens plus ou moins fort du collectif au détriment de l’individuel ; une discipline sociale plus ou moins naturelle qui fait que la population accepte plus aisément les « gestes-barrières » édictés par les autorités ; une anticipation (ou non) des Etats de ce genre de risques avec toute la panoplie des outils nécessaires pour y faire face. De toute évidence, en France, ces quatre facteurs nous ont conduits à choisir, sans hésiter pour le confinement et la mise à l’arrêt de l’économie. Nous misons sur l’Etat-Providence ; l’individu est privilégié ; nous manquons de discipline collective ; l’incurie de l’Etat est flagrante en matière de prévoyance d’un risque sanitaire pandémique. (…) Mourir d’une épidémie et les situations de détresse sociale qui peuvent pousser certains individus au désespoir, ne sont pas du même ordre. Ne confondons pas tout. Par contre, il est vrai que ce qui est fait d’un côté, avec des mesures d’urgence, pour tenter de gérer une épidémie, au point d’appuyer sur le frein de l’économie, avec l’espoir qu’une fois la crise passée, l’économie pourra repartir d’une bonne allure, aura, indéniablement, des conséquences lourdes, durables sur l’Economie – avec des conséquences catastrophiques sur bien des secteurs. Lesquels ? Affaiblissement de la santé des entreprises. Crise de trésorerie. Paupérisation des travailleurs. Augmentation du chômage. Diminution des revenus d’un grand nombre de salariés. Et tout cela aura pour conséquence, dans l’année 2020 et aussi dans les années à venir, d’exclure certains travailleurs, de les marginaliser, de les contraindre à une misère sociale accrue. La France des « gilets jaunes », des zones périphériques, des précaires, des auto-entrepreneurs, des indépendants, va trinquer plus que celle des grands groupes ou de la fonction publique. Si nous étions cyniques (ou d’une lucidité froide), (mais nos sociétés ne le sont plus), nous aurions pu, collectivement, examiner le « coût » de deux stratégies : le confinement avec une décroissance massive et des conséquences négatives en chaîne sur les années à venir ; le maintien au ralenti de l’économie avec des mesures de protection individuelle massive. Une question n’est jamais posée, quand on compare la stratégie du Japon et celle de l’Europe : les choix faits l’ont-ils été par souci des populations et de la pandémie (avec un virus que nous ne connaissons pas et qui évolue d’une manière plus incontrôe que ce que nous pouvions penser au début) ou pour suppléer l’incurie des politiques de santé publiques qui n’ont pas prévu ce genre de situation et n’ont rien fait pour nous donner les moyens d’y faire face. Nous sommes ravis que la médecine, en France, puisse apparaître excellente quand il faut faire des opérations extraordinaires comme, dernièrement, séparer deux sœurs siamoises ou faire des reconstructions faciales ou même dépenser beaucoup d’argent pour des recherches sur des maladies rares qui touchent peu de monde. Ces technologies médicales de haute précision sont superbes. Mais, en même temps, n’a-t-on pas oublié de faire provision d’outils simples qui nous auraient permis, aujourd’hui, d’envisager autrement cette pandémie : des centaines de millions de masques de protection, de tests de dépistages, de gels hydro-alcooliques, des équipements de protection, des respirateurs artificiels…. N’a-t-on pas oublié d’anticiper et d’établir, par avance, des « plans orsec » contre les pandémies ? N’a-t-on pas, en voulant faire des économies de bout de chandelle sur les stocks sanitaires, mis en danger des soignants et autres intervenants de première ligne ? (…) l’équation est impossible. Les choix tragiques. Qui pourrait dire qu’il « accepte » des morts aujourd’hui pour éviter du chômage demain ? Qui pourrait assumer de mettre la santé de l’Economie avant celle des Français ? Qui pourrait ne pas prendre les mesures adaptées aujourd’hui pour préserver les entreprises ? Qui ? Personne. Surtout dans nos démocraties compassionnelles. Surtout quand on croit que tout est possible et que « la santé n’a pas de prix » – pour reprendre les mots du président de la République. Surtout quand on croit que la générosité de l’État (et donc de la France de demain qui devra payer les dettes d’aujourd’hui) est sans limite, sans fond, sans contrainte. L’Etat se croit généreux pour les Français d’aujourd’hui en multipliant les amortisseurs sociaux, les prises en charge collectives, en creusant les déficits alors qu’il ne fait qu’arbitrer, sans le dire, entre la France d’aujourd’hui (qui se protège) et la France de demain qui devra payer, en remboursant la dette, les protections d’aujourd’hui. Si l’équation est impossible, n’est-elle pas, cependant, au cœur du politique et des choix à faire – qui, comme il se doit, ont de multiples composantes. Souvent, le « en même temps » est impossible pour, à terme, n’être gagnant sur aucun des deux tableaux. S’agit-il de déclarer une impossible guerre à un ennemi invisible que nous portons tous sans le savoir, ou d’arbitrer entre deux choix impossibles. Dura lex, sed lex. Dure est la loi politique, mais telle est la loi du politique : faire des choix tragiques, tous plus improbables, loin des évidences, pour le salut d’une nation. Si les responsables politiques se posent la question comme Donald Trump l’a mis en évidence et comme le gouvernement français l’exprime avec plus de subtilité, les citoyens seront probablement de moins en moins au clair sur leurs propres sentiments au fur et à mesure que les effets sociaux se feront sentir. Et que nous enseigne l’expérience des crises précédentes ? (…) Ce principe nous dit quelque chose qui est vrai sur le papier et inapplicable tel quel dans la réalité. Quand on a affaire aux êtres humains, rien ne se règle uniquement par un choix rationnel. La raison en est simple. Quand on fait un choix optimal, on sacrifie forcément un certain nombre de choses. Quand ce sont des hommes que l’on sacrifie pour faire exister ce choix optimal, les sacrifiés tôt ou tard vont réagir Et, réagissant, ils peuvent pourrir la vie. L’histoire a sacrifié beaucoup de monde. Aujourd’hui encore, les sacrifiés et la descendance de ces sacrifiés continue de crier sa colère et sa souffrance. On parle d’économie et de choix optimal. C’est bien. Il faut être rationnel. Mais il ne faut jamais oublier que l’on parle d’économie et de choix optimal dans un cadre humain et pour les hommes. Si on n’en tient pas compte, on est sûr à un moment ou à un autre de se retrouver avec une addition salée. C’est la raison pour laquelle l’économie est toujours associée à la politique. (…) La philosophie nous apprend la prudence. Les Grecs l’appelaient du nom de sophrosune. La prudence n’est pas la frilosité de la pensée et de l’action mais son acuité, c’est-à-dire son sens du détail. Quand il s’agit d’évaluer une situation, il convient de tenir compte de tout. Ainsi, dans les choix qui nous sont proposés, il importe de penser avec l’urgence sanitaire, avec l’économie, mais aussi avec le temps et avec les hommes ainsi que leurs ressources qui sont immenses. Quant à la théologie, elle nous enseigne à aller au plus profond en ne perdant jamais de vue que l’humanité est reliée à un plan céleste qui ne nous abandonne jamais, malgré les apparences qui peuvent laisser croire le contraire. Il y a eu par le passé une théologie accusatrice qui pensait d’abord à culpabiliser les hommes à propos de ce qui leur arrive. La véritable théologie pense non pas à accuser mais à dire et à redire en permanence que le monde peut être sauvé. Beaucoup de personnes aujourd’hui rentrent en elles-mêmes à l’occasion du confinement en faisant la découverte de ressources d’une force incroyable. Puisqu’il est demandé d’aller vers l’intérieur, elles vont vers l’intérieur et là où il y avait désespoir et colère montent force, confiance, solidarité. Cela va bientôt être Pâques pour les chrétiens, Pâques pour les juifs et le ramadan pour les musulmans. Pâques est la fête de la victoire de la vie sur l’enfer. Aujourd’hui, sans le savoir, toute l’humanité est en train de vivre une formidable marche vers la victoire de la vie sur les enfers. Aussi n’y a t-t-il qu’une seule chose qu’il importe de se dire et de dire parce qu’elle est la plus sage et la plus spirituelle qui soit : plus que jamais restons forts et unis. En ce sens, comment choisir ? Comment choisit-on de préférer une mort à une autre ? Comment justifier un tel choix auprès d’une population bouleversée par la crise sanitaire qu’elle traverse ? (…) Si l’art de gouverner est impossible, la critique est facile – et pourtant elle est nécessaire et ne doit en rien être étouffée sous une « union nationale » un peu trop martiale. Il est sûr que fermer les frontières de l’Europe en mars, en pleine crise sanitaire, semble risible, quand il eut été plus efficace de prendre cette même mesure mi-janvier. Il est sûr qu’envoyer dix-sept tonnes, prélevées sur les stocks français de masques, gel et autres matériels de protection (et plus de cinquante en Europe) mi-février pour la Chine, avec l’espoir, avéré faux, de « contenir » le Corona là-bas, semble une décision presque criminelle, quand on constate que depuis lors des médecins de premières ligne sont morts faute de protection et que nombreux sont les fonctionnaires ou les membres des équipes médicales qui n’arrivent toujours pas à se protéger autant qu’ils le devraient. Il est sûr que les atermoiements du discours gouvernemental, que les informations contradictoires de certains, que les promesses non-tenues, depuis des semaines, sur l’arrivée de masques de protection qui « arrivent » qui «seront-là à disposition », qui « vont être livrés », ne font rien pour renforcer l’autorité de la parole politique. Il est sûr que les déclarations de Madame Buzyn indiquant, après coup, qu’elle avait prévenu le Premier ministre, fin janvier, que la crise allait être gravissime, et qu’il fallait donc différer les élections municipales de mars, donnent l’impression d’un amateurisme au plus haut niveau de l’État. Alors, aujourd’hui, s’il fallait tenir un autre discours, mettant l’accent sur l’économie et la santé des entreprises, personne ne comprendrait pourquoi maintenant. Et donc malheureusement, nous aurons et la crise sanitaire et la crise économique – sans parler de la crise de l’épargne que nous avons déjà subie. Il n’est plus possible de faire machine arrière. Nous allons payer tout cela pendant des années – avec une reprise poussive, des déficits massifs, un chômage de masse, une épargne amputée durablement et le risque d’un retour de l’inflation. (…) Le problème (et nous le découvrons brutalement avec cette crise sanitaire) est que nous payons aujourd’hui une double défaillance : une défaillance stratégique de nos politiques publiques qui ont, en Europe, favorisé la mondialisation au détriment des intérêts stratégiques nationaux, sans définir des secteurs à protéger et sans mettre en place, au niveau des pays ou de l’Europe, des coordinations en cas de risques sanitaires ; une défaillance des entreprises pharmaceutiques et de santé publique qui ont cru qu’elles pouvaient se délester de secteurs entiers jugés « peu rentables », comme les systèmes de protections, la fabrication des médicaments génériques, les masques. La Chine, « usine du monde », détient ces marchés et ne peuvent répondre quand le monde entier passe d’énorme commande. La mondialisation se retourne contre les Nations en cas de crise. Elle se grippe avec une pandémie mondiale. Et les individus nationaux paient le prix de cette mondialisation défaillante. Pour toutes ces raisons, nous n’avons plus la possibilité d’avoir le choix. Nos défaillances collectives nous font faire des choix malgré nous. L’Etat imprévoyant, l’Europe tatillonne pour les détails et aveugle sur les grands défis de santé publique et, pour finir, les entreprises médicales inconséquentes, soucieuses d’augmenter leurs profits, ont décidé à notre place. Ils nous ont privés du choix d’avoir le choix. Damien Le Guay
Rappelons-nous tout d’abord que nous abordons la pandémie avec le regard d’une société individualiste. Nos ancêtres de 1914 ont accepté la mort pour la défense de la patrie parce qu’ils avaient le sentiment d’être un chaînon dans une lignée. Ils défendaient la terre de leurs ancêtres et ils la défendaient pour leurs enfants. Quelques générations plus tôt, quand il y avait encore des épidémies régulières, on prenait des mesures de précaution, on soignait, mais on acceptait la mort éventuelle parce qu’on avait le sentiment d’appartenir à une société. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’un tout petit nombre de nos concitoyens qui a l’expérience de la guerre. Nous avons derrière nous 60 ans d’individualisme absolu. Le christianisme est devenu ultraminoritaire. Il s’agit donc, dans l’absolu, d’avoir « zéro mort ». Effectivement notre société semble prête à sacrifier l’économie. Sans se rendre compte que ce genre de mentalités n’amène pas le « zéro mort » mais une catastrophe sanitaire. Et qu’une crise économique aussi fait des morts. (…) L’une des leçons de la crise du COVID 19, c’est que nous avons sous nos yeux la preuve expérimentale des ravages causés par l’effondrement de l’Education Nationale. En particulier, l’enseignement de l’économie tel qu’il est dispensé dans nos lycées, depuis des années, très hostile à l’entreprise et incapable de faire comprendre la dynamique du capitalisme, aboutit aux discours que nous entendons aujourd’hui. Il y aurait des activités indispensables et d’autres qui ne le seraient pas ! En fait, une économie moderne repose sur un fonctionnement très complexe. Les fonctionnaires du Ministère de l’Economie ont pris peur quand ils ont vu le nombre de demandes de mise au chômage partiel ! Dans un Etat qui prélève et redistribue 57% du PIB, on redécouvre qu’il y a beaucoup plus d’emplois utiles que ce qu’on pensait ! Et l’on risque de découvrir, à ce rythme, qu’il y aura encore plus de personnes mourant du fait du ralentissement de l’économie qu’à cause de l’épidémie. On ne peut pas dire que l’histoire des crises et leur taux de mortalité ne soit pas connu: de la crise de 1929 à l’asphyxie de la Grèce par l’Eurogroupe depuis 2015, tout est documenté. (…) Nos gouvernants ne feront pas un choix, s’ils arbitrent entre deux maux. Actuellement, ils sont dans l’incapacité de choisir entre les personnes qu’ils doivent soigner quand elles arrivent à l’hôpital et qu’ils n’ont pas assez de lit. Donc ils appliquent une règle mécanique: au-dessus d’un certain âge, on n’est plus soigné. Ce n’est pas un choix, car choisir c’est faire exercice de sa liberté, c’est pouvoir se déterminer entre deux options. Pour pouvoir choisir, il faut « avoir le choix ». Nous pourrions choisir un type d’équilibre entre la lutte contre la pandémie et la protection de notre économie si nous avions agi en amont. Si nous avions fermé nos frontières, testé largement, distribué massivement des masques etc…Il ne peut pas y avoir, en bonne philosophie, de choix entre des catégories de morts qui seraient préférables. Quand on en est arrivé là c’est qu’on subit. En revanche, aujourd’hui, le gouvernement pourrait choisir d’autoriser la généralisation du traitement du Professeur Raoult. (…) En fait, je pense que le dilemme est entre le fatalisme et le désir d’échapper à un destin tracé. Rappelez-vous, il y a quelques semaines, Emmanuel Macron parlait des progrès « inexorables » de l’épidémie. Au contraire, Boris Johnson et Donald Trump, qui sont des lutteurs, des battants, des hommes de liberté, ont commencé par penser qu’il fallait laisser passer l’épidémie, en faisant confiance aux capacités d’immunisation de la population. Puis, ils ont compris que toutes les grippes ne se ressemblent pas et qu’il fallait prendre des mesures. Ils font passer leur société aux tests massifs et au confinement partiel. Le redémarrage de l’économie apparaîtra d’autant plus souhaitable à leurs concitoyens que l’épidémie aura été jugulée. Ce qui est à craindre en France, comme en Italie, c’est qu’on ait deux crises, sanitaire et économique, qui s’éternisent. (…) Si l’on se réfère à la tradition occidentale, née entre Jérusalem, Athènes et Rome, l’être humain est appelé à se libérer des déterminismes naturels ou sociaux. L’homme occidental est celui qui propose à toute l’humanité d’apprendre la liberté, c’est-à-dire le choix. De la Genèse, où l’homme se voit enjoindre de dominer la Création, à René Descartes (il nous faut devenir « comme maîtres et possesseurs de la nature »), on s’est efforcé d’émanciper l’individu. Le grand paradoxe du dernier demi-siècle a consisté dans l’introduction en Occident de philosophies profondément étrangères à la tradition de l’émancipation individuelle, des sagesses orientales à la vénération de la Terre-Mère. La crise du Coronavirus vient nous rappeler que la nature n’est pas cette force bienveillante envers l’humanité que décrivent les écologistes. Et le yoga et le New Age sont de peu de secours pour lutter contre la pandémie. Si j’avais à me tourner vers la théologie, pour dire la même pensée de l’émancipation individuelle, je citerais Saint Ignace: « Agis comme si tout dépendait de toi, en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu ». Quand on voit nos dirigeants avoir comme premier mouvement l’interdiction de la participation à un enterrement mais aussi la fermeture des églises, on se dit que ceux qui ne savent plus agir ne savent plus croire. (…) Tout doit être fait pour sortir du fatalisme ! C’est la seule possibilité de se garder une marge de manoeuvre. Le scénario le plus probable, actuellement dans notre pays est au contraire le cumul des crises, du fait de la passivité des gouvernants, qui prennent des décisions toujours trop tardives. Nous en revenons à la complexité des sociétés modernes. Elle peut être maîtrisée à condition, d’une part, de savoir traiter les innombrables données générées par chaque individu, chaque secteur d’activité; à condition, d’autre part, d’intégrer toutes les dimensions du problème à résoudre dans une stratégie unifiée. Réunir ces deux conditions, c’est commencer à pouvoir choisir ce qui servira le mieux la société et l’économie. Edouard Husson
Puisque les ressources sont rares (et pas seulement les FFP2 et le PQ), nous avons besoin de l’analyse économique (l’oral de rattrapage du pêché originel). Car une seule chose est sûre dans un monde qui (à cause d’Eve !) connait la rareté : l’absence de calcul économique tue. Vous savez déjà que l’absence de calcul conduit à des décisions à l’aveuglette, émotives, au petit bonheur la chance : car vous vous souvenez de la présidence de François Hollande. Il se trouve que l’inefficacité est aussi meurtrière, comme un satané virus, mais en pire : car il n’y a pas de pause dans ce genre d’épidémie, et le R0 est monstrueux, surtout en France où on observe une application très sporadique de l’analyse économique, n’incluant pas une véritable réflexion sur la valeur implicite donnée à la vie humaine au-delà de quelques calculs dans le domaine de l’évaluation de grands projets de transports publics. Il y a inefficacité (et donc des vies inutilement perdues) lorsque les moyens ne sont pas affectés aux actions qui apportent le meilleur « rendement » en termes de nombre de vies sauvées, quel que soit le domaine d’action. Le fait de ne pas adopter une valeur unique de la vie humaine, appliquée de manière cohérente dans tous les domaines de l’action, conduit à la mort de nombreux individus qui auraient pu être sauvés avec les mêmes moyens. (…) C’est particulièrement bien documenté pour l’action publique. En effet, nous ne sommes plus seulement des enfants de Dieu, mais aussi des citoyens-contribuables de l’Etat Providence, et vu l’état des ressources publiques, si vous dépensez des milliards sur un projet de radars qui sauve peu de vies (les 80km/h sur les départementales pour consoler un premier ministre qui ne sert à rien), vous ne pourrez pas les utiliser pour un projet qui en sauverait plus (des masques, des tests, au hasard) mais qui passait jusqu’ici sous les radars médiatiques. Il existe pourtant en France une valeur tutélaire, officielle, de la vie humaine : elle a été fixée en 2013 à 3 millions d’euros par tête (rapport Quinet : Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective, « Éléments pour une révision de la valeur de la vie humaine », 2013), et évolue depuis au rythme de la croissance du PIB par habitant. Je ne suis pas un spécialiste mais cette valeur me parait raisonnable, dans la lignée des chiffres antérieurs de Marcel Boiteux, proche de la médiane européenne et proche de ce que les agents économiques révèlent dans leurs choix concrets (par exemple, en matière d’assurance). Ce chiffre circule surtout dans les administrations pour évaluer les gains liés à un investissement. On dit souvent que c’est du cynisme (le cynique connait le prix de chaque chose et la valeur d’aucune), porté par des économistes impitoyables, mais quand une deux voies peut devenir une trois ou quatre voies plus sûre, mais que cela coûte cher, comment pourrez vous savoir si vous faîtes un bon choix, sans une approximation du prix du temps, et sans une valeur monétaire de la vie ? Notez qu’il existe sur le marché deux méthodes principales pour ce type de calcul, et que la 2e méthode tend à remplacer la première : 1/ la méthode du capital humain perdu par la société lors d’un décès : une mesure monétaire et tangible, la somme de la production future de l’individu (ici, l’analyste financier vaut plus que le laveur de carreaux, c’est dire si ce n’est pas incontestable). Elle reste à la base de la détermination de la valeur de la vie dans le contexte judiciaire, comme le montre les indemnités accordées aux familles des victimes des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis (les indemnités ont varié en fonction des salaires espérés, de 300 000$ pour un individu de 65 ans qui gagnait 10 000$/an, à 4,35 millions de dollars pour un trentenaire gagnant 175.000$/an). On en reparlera peut-être lors du procès Buzin… 2/ la méthode du consentement à payer des individus pour éviter un accroissement de risque : la méthode moderne, qui gagne du terrain car elle part du terrain, des choix opérés par les agents. Aux Etats-Unis, les données issues du marché de l’emploi concluent à un prix de la vie d’environ 9 millions de dollars, c’est à dire qu’un emploi donnant une chance sur 10 000 de mourir dans l’année donnera lieu à une compensation de 900$/an (par rapport à un emploi équivalent sans risque). Cet ordre de grandeur est globalement repris par les agences de régulation US, sans que cela empêche un certain nombre d’incohérences (mais au moins peut-on trouver plus de données explicites chez eux que chez nous) (honte, soi dit en passant, sur notre Parlement, qui devrait s’occuper de l’évaluation des politiques publiques mais qui ne sait pas ce qu’est un taux d’actualisation ou une valeur implicite de la vie) (et honte à la « sécurité » routière, qui base le plus gros de sa propagande sur une étude ancienne et partielle, et fait fi des études nombreuses qui démontent la formule de Nilsson). Bref. Nous valons 3 millions, mais nous n’utilisons que très imparfaitement cette valeur pour améliorer nos décisions publiques. (…) Continuons notre tentative de réponse. Maintenant que nous savons ce que l’on vaut économiquement parlant (ou à peu près), nous pouvons nous faire une idée plus juste de certaines politiques publiques. Deux exemples. L’argent placé dans la protection nucléaire est largement excessif, depuis le début, et même en tenant compte de toutes les redondances nécessaires : l’atome provoquera toujours une peur irrationnelle. Il en va de même pour le Sida dans le domaine de la santé (nul besoin de suivre le professeur Raoult dans son idée que le vaccin est illusoire : la comparaison avec d’autres virus ou maladie moins richement dotés sur le plan budgétaire suffit largement). Comment se situe le Coronavirus dans cette échelle du nombre de vies sauvées par milliard dépensé ? Il nous faut dessiner les contours d’un arbitrage et d’un pic de protection (ce qui n’est pas évident à ce stade, répétons que notre approche est une TENTATIVE). Kip Viscusi est l’universitaire américain de référence sur le sujet du prix de la vie humaine, et son analyse défend l’existence d’une « borne haute » au-delà de laquelle les efforts de sécurité mandatés par la collectivité sont contre-productifs. Selon lui, la mise en œuvre d’une nouvelle régulation de sécurité s’assimile à une réaffectation de moyens, depuis des revenus privés « libres » vers une dépense contrainte visant au respect de la régulation. Or l’espérance de vie des individus s’améliore systématiquement avec leur niveau de revenus (en devenant plus riches, les hommes et les femmes allouent une part croissante de leurs moyens à la santé, réduisant leurs risques de mortalité ; la santé est un « bien supérieur »). Il existe dès lors un point au-delà duquel à trop réduire les revenus privés « libres », on aboutit à réduire l’espérance de vie de la population de l’équivalent d’une vie statistique : ce point se situerait entre 15 et 50 millions de dollars aux USA (donc autour de 15 millions d’euros chez nous, si j’applique les estimations officielles qui toutes considèrent qu’un Américain « vaut » entre deux et trois Français). Au moins une « vie statistique » serait perdue à chaque fois qu’une régulation imposerait 15 millions de dépenses contraintes par tête ; car toute régulation d’amélioration portant une valeur de la vie humaine supérieure à 15 millions d’euros va en fait augmenter le nombre de morts puisque la dépense contrainte de la régulation apporte moins de vies sauvées que la dépense « libre ». Appliquons ce raisonnement à la régulation en cours de division par 4 ou 5 des interactions sociales (le « confinement »). Je fais un vol de concept et de nombreuses approximations, mais ne sommes-nous pas dans l’urgence ?? Cette mesure de sécurité qu’est le confinement ne doit donc pas conduire à plus de 15 millions par mort, c’est-à-dire ne pas coûter à la fin plus de 15M x 20 000 (je suppose que c’est le nombre de morts que nous aurons, en scénario central, sous cette régulation, une fois comptabilisés les morts à domicile et dans les EPAD) = 300 milliards d’euros. Comme l’INSEE nous dit qu’un mois de confinement coûte à l’économie 3 points de PIB annuel, et que nous serons isolés disons 2 mois, le coût économique est de 6% de 2500 milliards, disons 150 milliards (je ne compte pas les atteintes à la croissance potentielle car ici le choc est de court terme, sans grand impact sur le capital humain ou sur le capital physique). Pour l’heure, nous respectons donc largement la norme de Viscusi. Mais de toute façon nous n’avons pas vraiment le choix : compte tenu de la nocivité du virus, de son caractère exponentiel et résilient, un confinement moindre n’allègerait pas du tout la note finale ; si un Français sur 3 chope le virus, et en appliquant une mortalité de 2% (hypothèse très conservatrice, car à ce moment là tout le système sanitaire et politique aura déjà sauté depuis longtemps…), cela donne 500 000 morts (dont au moins 100 000 appartenant à la force de travail, soit 5% de notre main d’œuvre), et alors le plafond de Viscusi se situerait à trois années de PIB pour le pays, c’est-à-dire plus que le coût de la dernière guerre mondiale (l’appareil industriel était encore là, il suffisait de demander à nos industriels de ne plus produire de chars pour les Allemands). En fait, sacrifier deux trimestres de croissance aujourd’hui est une OBLIGATION, pas seulement morale et religieuse, mais aussi économique, et encore plus si on factorise un peu la croissance de long terme. C’est comme ça. Il est vrai que vous avez dans l’autre sens trois fois plus de risques de décéder si vous êtes chômeur. Quand on nous dit que le chômage américain pourrait passer de 3% à 20% (c’est très exagéré mais cela vient du secrétaire mafieux au Trésor, Steven Mnuchin), cela doit peser dans la balance. La crise des opioïdes (qui pour la seule année 2016 a tué plus d’Américains que l’ensemble de leurs soldats morts au Vietnam) a eu pour base la désespérance d’une partie de l’Amérique qui ne bénéficiait pas de la reprise économique. Pierre Meneton de l’INSERM a conclu en 2015 à environ 14 000 décès par an dus au chômage en France (mais c’est surtout valable pour le chômage de longue durée, moins pour les chômeurs conjoncturels liés à une crise du type covid19). A cause des suicides, des addictions, d’un moindre recours au système de santé, etc. Pour mémoire, « on » a imposé de rouler à 80 km/h pour éviter (selon une règle de trois archi-contestable) 400 morts par an, mais passons. 14 000 morts chaque année multipliés par 1,5 millions (si la vie d’un chômeur vaut 50% de la vie d’un non-chômeur, je sens que je vais encore me faire des amis), cela donne une vingtaine de milliards d’euros : vous comprenez pourquoi je ne suis pas néo-autrichien en matière de politique monétaire, pourquoi je milite depuis des années pour une action contra-cyclique déterminée, et pour la fin d’une BCE sponsorisée par Dunlopilo. Car ce petit calcul morbide ne vaut que si les chômeurs conjoncturels se transforment massivement en chômeurs structurels : ce n’est pas un appel à ne pas respecter un confinement strict, c’est à appel à agir rapidement par la politique monétaire et par tous les canaux possibles. Et au final c’est bien ainsi qu’ont calculé les Chinois à la mi-janvier, eux qui n’ont pas trop lu le Talmud mais qui savent compter : ils auraient aimé réduire l’addition de court terme, qui les obligeait à renoncer à leur prévision de croissance 2020 (un 5,7% était nécessaire pour respecter l’engagement d’un doublement du produit national sur 2010-2020), qui les exposait à une crise sociale, et qui leur faisait perdre la face. Mais imaginez 20% de votre population atteinte d’un virus 30 fois plus mortel que la grippe, et sans pouvoir compter de façon sûre sur une solution vaccinale avant un an ou deux : ce n’est pas seulement l’économie qui aurait sauté, mais aussi le régime. Même embourgeoisé, le Parti a encore un certain sens de la conservation : après quelques hésitations, transactions et cafouillages (que nous reverrons en Europe puis aux USA dans les semaines suivantes…), il a tout arrêté pour que tout puisse repartir, façon Lampudesa. Si les responsables politiques se posent la question comme Donald Trump l’a mis en évidence et comme le gouvernement français l’exprime avec plus de subtilité, les citoyens seront probablement de moins en moins au clair sur leurs propres sentiments au fur et à mesure que les effets sociaux se feront sentir. (…) L’utilitarisme est vraiment une position dégueulasse, et conduit souvent à jouer avec le feu : tous les sociologues efféminés nous le disent à longueur de colonnes, de même que nos philosophes universitaires, qui n’ont jamais connu le moindre conflit en dehors de la dialectique et à qui on ne demande jamais de procéder à de vraies décisions en dehors de la notation des copies. Mais la situation pourrait devenir très tendue dans les jours à venir, et relever plus de Jack Bauer que de la revue du MAUSS. « La décision est l’art d’être cruel à temps ». Quand les choses tournent vraiment mal, à la guerre comme à la guerre : et l’utilitarisme revient, ce même utilitarisme qui vers 1945 a sauvé la vie d’un demi million de jeunes Américains, et des millions de Japonais sur des années, au prix de 150 000 morts japonais en 72 heures. Il n’y a pas beaucoup de belles plages sur les côtes nippones, et plein de jolies montagnes propices à la guérilla. Plaçons-nous toutefois dans le pire des scénarios pour nous rendre compte que l’utilitarisme et le calcul économique pur et dur auront bien du mal à passer, ou du moins que ce sera compliqué. Dans ce cadre du pire, et le temps que le vaccin soit produit à grande échelle (un temps considérable), on a deux solutions. Soit « on » choisit un principe de tirage au sort, soit « on » hiérarchise les individus en fonction de leur utilité sociale (c’est déjà ce que font nos réanimateurs, sans trop le dire). On retrouvera ce choix, au-delà des urgences, pour distribuer les doses de vaccin (ou de chloroquine) : la première méthode, le hasard, la file d’attente (disons la méthode soviético-athénienne) a le mérite d’être aveugle, et donc juste, puisque la justice est aveugle (en théorie). Mais ce n’est pas la méthode la plus efficace : ce rationnement par les quantités est très inférieur au rationnement par les prix ; et ce dernier est souvent aussi, au final, plus juste, tant il est vrai que certains dans la file d’attente seront « plus égaux que d’autres » (de nombreuses expériences, tout au long du XXe siècle…). Seulement voilà : un vaccin pricé, quoté ou mis aux enchères provoquerait des remous tels qu’il échouerait certainement. De plus, il faudra bien que tout le monde reçoive sa dose, au final : si la courbe épidémique a été maitrisée par le confinement, le vaccin n’aura qu’une valeur-temps, qui se prête plutôt bien à la file d’attente. Ajoutons que, dans nos sociétés, ce sont les vieux qui ont l’argent, ce qui reviendrait une nouvelle fois à les privilégier en cas de recours au marché, comme depuis 40 ans, sur tout, des finances publiques au combat contre une inflation qui n’existe plus ; rappelons qu’ils sont certes plus exposés, mais qu’ils incorporent moins de vie potentielle. (…) On sait par avance qu’une forme ou une autre de tirage au sort ou de file d’attente sera privilégiée, de sorte que l’espace du marché serait limité à un marché noir par internet où les plus riches, les plus averses au risque ou les plus impatients se soigneront (ou se feront rouler) sous les crachats des médias et du grand public. Ce n’est pas un optimum, au sens de Pareto ou de n’importe qui. Mais ce n’est qu’un scénario, ce n’est qu’une ébauche de réflexion sur ce thème délicat, et, après avoir commencé par le Talmud, finissons par le folklore yiddish : « on doit continuer de vivre, ne serait-ce que par curiosité’. Mathieu Mucherie

Hors du sacrifice point de salut !

En ces temps étranges …

Où pour faire la guerre, l’on se voit sommé par un gouvernement « En marche »… de rester chez soi !

Où, en un incroyable rituel 500 ans après les sanguinaires Aztèques, nos populations entières se voient conviées chaque soir à la même heure au décompte des victimes sacrificiées du jour …

Où reprenant les prédictions proprement apocalyptiques d’un expert britannique qui annonce à présent que du fait qu’elles étaient en fin de vie ou de leurs conditions sous-jacentes jusqu’à deux tiers des victimes du coronavirus seraient mortes n’importe comment à la fin de l’année

Le conseiller scientifique du président américain annonce à son pays et au monde entier la mort possible, pour sa propre nation, de l’équivalent des victimes combinées d’Hiroshima et de Nagasaki

Où la planète entière se lance au même moment dans la plus folle des surenchères au harakiri économique

Où l’origine géographique même d’un virus ne peut plus être mentionnée …

Alors qu’en un véritable  Etat voyou chinois prêt, comme la dernière fois après ses criminelles semaines de mensonges du départ, à reprendre ses pires habitudes

Et en train de régler définitivement à elle toute seule, en une sorte de potlatch proprement planétaire, le problème des espèces animales protégées

Un journal  confirme, ce qu’a pu représenter pour la ville-martyre de Wuhan, le prix du sauvetage des bouchers de Tiananmen

Comment ne pas voir …

Dans le scandale même qu’ont soulevé les propos chocs du vice-gouverneur du Texas …

Appelant non comme on l’a dit à sacrifier les personnes âgées sur l’autel des profits

Ni même à exiger que lesdites personnes âgées se sacrifient

Mais annonçant tout simplement sa résolution à lui et à d’autres membres de sa génération, à se battre, au prix de sa vie pour éviter le sacrifice de l’avenir de toute une génération

La vérité que tiennent tant à cacher, première victime de toute guerre comme on le sait, nos dirigeants les mieux-pensants …

Derrière la fausse alternative entre les vies et l’économie …

Et le véritable potlatch, en centaines de milliards d’euros sans compter nos libertés, qu’ils se préparent à faire …

A savoir comme le rappelait hier même le philosophe Damien Le Guay sur le site Atlantico …

Qu’une crise économique fait aussi des morts …

Et que derrière la générosité jour après jour exhibée de l’Etat pour ses citoyens peut aussi se cacher sans le dire …

Au-delà de la nécessité de dissimuler, à présent éclatante, l’incurie et l’imprévision de décennies …

Un « arbitrage entre la France d’aujourd’hui qui se protège et la France de demain qui devra payer, en remboursant la dette, les protections d’aujourd’hui » … ?

Mais surtout comment ne pas voir …

En cette veille de Pâques …

La vérité bien plus profonde enfin toute nue et crue …

Si brillamment redécouverte, cachée depuis la fondation du monde on s’en souvient, par le philosophe René Girard …

Et regrettée par à la fois Nietzche et Hitler …

Mais déjà évoquée bien avant tout au long des Ecritures sacrées juives…

Notamment dans le fameux jugement de Salomon …

Puis énoncée, sans le savoir nous dit le texte, par le sacrificateur Caïphe il y a 2 000 ans…

Et enfin parfaitement explicitée, en paroles comme dans le don suprême de sa propre vie, par le Christ lui-même …

A savoir contre « l’illusion d’un terrain neutre complètement étranger à la violence » …

L’incontournable fait …

Que l’ « on ne peut renoncer au sacrifice première manière, qui est sacrifice d’autrui, violence contre l’autre, qu’en assumant le risque du sacrifice deuxième manière, le sacrifice du Christ qui meurt pour ses amis »  ?

La palme du cynisme

Convergences révolutionnaires

30 mars 2020

Selon Trump et ses amis, qui veulent remettre les travailleurs au boulot dès avril, le ralentissement de l’économie américaine est aussi dangereuse que le coronavirus. C’est aussi ce que pense Dan Patrick, le vice-gouverneur du Texas, qui a appelé les personnes âgées à aller travailler. Autrement dit, se sacrifier pour « conserver l’Amérique que tout le monde aime ». C’est vrai que les plus âgés sont aussi les plus susceptibles d’être touchée par le virus, alors foutu pour foutu, autant qu’ils aillent se tuer à la tâche !

« L’Amérique qu’on aime » : celle où les plus faibles sont sacrifiés sur l’autel des profits ?

Voir aussi:

Sputnik

Le vice-gouverneur du Texas s’est déclaré prêt à donner sa vie plutôt que de voir l’économie américaine sombrer à cause des mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Selon lui, «beaucoup de grands-parents» à travers le pays partagent cette position.

Nombreux sont les Américains âgés qui sont prêts à «se sacrifier» afin d’empêcher la pandémie de coronavirus de porter un grave préjudice à l’économie nationale et par conséquent au bien-être de leurs petits-enfants, estime le vice-gouverneur du Texas Dan Patrick.

«Mon message est le suivant: reprenons le travail, reprenons la vie normale, soyons intélligents, et ceux d’entre nous qui ont plus de 70 ans, nous nous occuperons de nous», a confié le responsable dans un entretien avec un journaliste de la chaîne Fox News

Lui-même âgé de 69 ans, il s’est dit prêt à mourir plutôt que de voir l’économie américaine détruite par les mesures sanitaires décrétées sur fond de pandémie. D’après lui, cette position est partagée par «beaucoup de grands-parents» à travers le pays.Selon les dernières évaluations de l’Université John-Hopkins, les États-Unis comptent pour le moment 46.450 cas confirmés d’infection au coronavirus, soit le troisième pays le plus touché au monde, ainsi que près de 600 décès.

Voir également:

Coronavirus : Le vice-gouverneur du Texas estime que les personnes âgées devraient se sacrifier pour l’économie

Dan Patrick, lieutenant-gouverneur du Texas (équivalent de vice-gouverneur), a estimé que les grands-parents, comme lui, devaient être prêts à mourir pour sauver l’économie du pays.

Invité lundi soir sur Fox News, il a assuré que le confinement de la population, et donc le ralentissement général de l’économie, était la plus grande menace pour les Etats-Unis.

«Êtes-vous prêt à prendre le risque [d’être malade] afin de conserver l’Amérique que tout le monde aime pour vos enfants et petits-enfants ?» a lancé celui qui est âgé de 69 ans et a six petits-enfants. «Si c’est le deal, je suis prêt à me lancer», a-t-il expliqué, assurant qu’il ne voulait pas «que tout le pays soit sacrifié».

Devant ce discours peu ordinaire, le journaliste a souhaité être sûr de ce que Dan Patrick pensait. «Donc, vous dites essentiellement que cette maladie pourrait vous tuer, mais que ce n’est pas la chose la plus effrayante pour vous. Il y a quelque chose qui serait pire que de mourir ?», a-t-il demandé. Ce à quoi le lieutenant-gouverneur répondu par l’affirmative.

Cette position du responsable républicain, qui peut paraître étonnante, est pourtant en accord avec celle de Donald Trump. Lundi, le président américain a exprimé des doutes sur les restrictions mises en place face au coronavirus, déplorant leur impact sur l’économie. «Nous ne pouvons laisser le remède être pire que le problème lui-même», a-t-il tweeté.

Voir de même:

Texas Lt. Gov. Dan Patrick spurns shelter in place, urges return to work, suggests grandparents should sacrifice

“My message is that let’s get back to work,” Patrick said on Fox News. “And those of us who are 70 plus, we’ll take care of ourselves. But don’t sacrifice the country.”

« Crise sanitaire: les libertés abandonnées ne seront pas retrouvées intactes »
Avec les meilleures intentions, l’Etat devient plus tutélaire que jamais, s’inquiète l’essayiste Jean-Philippe Delsol. Dans quel état sera, demain, la liberté en France?
Jean-Philippe Delsol
Le Figaro
30 mars 2020

Jean-Philippe Delsol est avocat et président de l’Institut de Recherches Économiques et Fiscales (think-tank libéral). Il a notamment publié Éloge de l’inégalité (Manitoba, 2019).


Le Covid-19 prendra des milliers de vies et chaque vie perdue trop tôt est une mort de trop. Il fallait lutter de manière déterminée contre cette épidémie. Mais ne faut-il pas aussi raison garder? Selon les propos de Monsieur Macron, la situation prouverait que «la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe». N’est-ce pas l’inverse? Peut-être payons-nous aujourd’hui des décennies d’étatisation de la santé en France qui ont conduit à une insuffisance du nombre de généralistes et autres praticiens, des urgences en surchauffe permanente et des hôpitaux publics qui manquent de moyens par suite de quotas stupides imposés depuis des décennies aux examens de médecine, d’une sécurité sociale impotente et qui paupérise progressivement médecins et personnels hospitaliers, d’une politique centralisatrice, restrictive et néanmoins très onéreuse, représentant 11,2% du PIB en 2018, parmi les quatre pays dont le financement est le plus élevé de l’OCDE?

Taïwan, dont le système de santé est très largement privatisé, a réussi à maîtriser la propagation de la maladie sans confinement généralisé

Peut-on, doit-on faire confiance à cet État qui n’a pas prévu de stocks suffisants de masques et de tests, qui s’inquiète de l’insuffisance de lits respiratoire et tarde à en appeler aux lits inoccupés des hôpitaux privés? L’État ne sait pas tout! D’autres politiques étaient possibles. Sans confinement généralisé, la Corée du Sud et Taïwan, dont le système de santé est très largement privatisé, ont réussi à maîtriser la propagation de la maladie avec des distributions ou ventes massives de masques de protection et la multiplication des dépistages permettant un suivi des parcours du virus pour chaque patient.

L’État pourtant s’institue désormais en grand ordonnateur. Puisqu’il a renvoyé les salariés chez eux et que d’autres utilisent leur droit de retrait, qui leur permet de quitter leur travail en cas de danger tout en étant payé, il lui faut venir au secours des entreprises en perdition. Va-t-il prendre en charge les loyers des commerces fermés, s’opposer aux cessations de paiement, réquisitionner… et à quel coût? Il a annoncé des dizaines de milliards et il en faudra peut-être des centaines… à la charge des contribuables bien sûr, car ce sont toujours eux qui payent à la fin.

Pourtant, avec l’argent perdu par tant d’activités étouffées dans l’industrie et le commerce, combien d’autres vies aurions-nous pu sauver par la recherche, la découverte accélérée d’autres remèdes et vaccins? Et combien d’autres morts ou d’autres malades causeront indirectement ces faillites inévitables, le chômage qui s’ensuivra, la pauvreté et la détresse qui augmenteront? Il y a ce qui se voit et ce qui ne se voit pas!

Sûr que sa douce tyrannie est bonne, l’État n’en profitera-t-il pas pour étendre son pouvoir sur les citoyens et bientôt sur leur esprit?

Mais l’État aura pris déjà soin des affaires de tous. Il se croira indispensable. Sûr que sa douce tyrannie est bonne, n’en profitera-t-il pas, comme en Chine, pour étendre son pouvoir sur les citoyens et bientôt sur leur esprit qu’il confinera aussi dans une pensée correcte? Pour le craindre, il suffit de lire le projet de loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 selon lequel «la déclaration de l’état d’urgence sanitaire donne pouvoir au Premier ministre de prendre par décret pris sur le rapport du ministre chargé de la santé, les mesures générales limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion et permettant de procéder aux réquisitions de tout bien et services nécessaires (…)». Il s’agit de nos libertés essentielles, constitutionnelles. Et on les supprime dans une loi d’urgence qui sera adoptée en catimini dans des hémicycles désertés par la peur! Il n’est pas sûr que ce soit conforme à la Constitution, mais qui osera s’y opposer puisque nous sommes en guerre!

Certes, je n’imagine pas que MM. Macron et Philippe instituent aujourd’hui un État totalitaire, mais ils habituent la politique française à ces mesures sur la base d’une situation décrétée d’urgence absolue dans des conditions qui ne le méritaient peut-être pas. Ils augurent mal de l’avenir pour lequel déjà ils parlent de nationaliser, de contrôler la production…

Les libertés dédaignées seront amoindries.

Une nouvelle religion de précaution se sera répandue pour croire que l’héroïsme conduit à vivre chez soi s’il est dangereux d’en sortir. Tous se seront accoutumés à une présence publique plus tutélaire que jamais. Patrons, indépendants et salariés garderont tendue la main qui réclame l’aumône que l’État leur consent après en avoir prélevé le montant sur leur dos. Les libertés dédaignées seront amoindries et difficiles à recouvrer. La puissance publique régnera et aura pris plaisir à son obésité. Sauf si nous savons réagir bien sûr et prendre mesure de toutes choses. Face au Coronavirus, gardons en tête ces mots de Corneille dans Polyeucte: «Je ne hais point la vie, et j’en aime l’usage, / Mais sans attachement qui sente l’esclavage.»

Voir encore:

Crise sanitaire : la dangereuse tentation de la surveillance de masse

Paul Melun et Philippe Dorthela mettent en garde contre la tentation de la surveillance de masse pour régler la crise en cours.

La crise sanitaire est rude pour les démocraties libérales. Impréparées face à une telle onde de choc, le défi est immense pour ces nations plus que jamais ouvertes à une mondialisation où le rôle de l’Etat se réduit à peau de chagrin. Désormais, les démocraties doivent résoudre une équation complexe ; entre garantie des libertés individuelles et efficacité de la gestion de la crise.

L’Europe en crise

L’action trop tardive des gouvernements européens lors des premières semaines a provoqué une propagation non maitrisée du Covid-19 sur plusieurs pays avec un foyer très actif en Italie. En France, le discours affirmant que le pays était largement équipé et que le virus n’était pas plus dangereux qu’une grippe saisonnière dominait largement. Comme du temps de la ligne Maginot et de la guerre éclair (Blitzkrieg), les certitudes d’une protection totalement étanche ont été battues en brèche par les faits.

Désormais, la crise est au cœur du Vieux Continent et la politique de rigueur budgétaire et ses 3% de déficit semble bien dérisoire face aux funestes conséquences des fermetures de lits, des délocalisations de la production de denrées médicales et des baisses de commandes de masques. Au pied du mur, le gouvernement fait le choix d’un comité scientifique sur lequel il fonde ses décisions. Le rôle du politique est pourtant, en consultation étroite avec les experts, d’arbitrer selon des valeurs et avec humanité, il est impensable en démocratie de déléguer le pouvoir démocratique aux mêmes experts.

Faire croire aux Français que face à la crise sanitaire il serait incontournable de recourir à de telles méthodes constitue une grave menace

En parallèle de cette gouvernance des experts, la tentation de la surveillance de masse devient l’un des remèdes qui s’instille insidieusement dans les esprits depuis quelques jours. Des drones sont ainsi déployés dans les rues de Nice ou Paris afin de rappeler à l’ordre les citoyens. Si ce type d’usages reste circonscrit en France, en Asie son usage est bien plus contestable. En Corée du Sud, la stratégie numérique d’identification des citoyens est mise en place et les déplacements des individus sont tracés et contrôlés à distance à l’aide des smartphones. A la manière des récits de science-fiction des années 1980, l’Asie du sud-est devient un terrain d’expérimentation pour une surveillance orwellienne profitant du climat de pandémie.

Là-bas, les individus se déplacent sous l’œil acéré d’un « big brother étatique ». Partout dans le monde, le e-commerce devient incontournable en temps de crise et se donne quasiment une mission de service public auprès des citoyens ; derrière cette image vertueuse et bienveillante reste pourtant un nouveau pouvoir désormais incontournable, aux capacités de surveillance immenses.

La France est aujourd’hui tentée d’emprunter cette voie. Certains experts réclament au comité scientifique français d’explorer ces mesures venues d’Asie. Face à cela Jacques Toubon le défenseur des droits appelle, à raison, à la plus grande prudence sur les libertés individuelles. Faire croire aux Français que face à la crise sanitaire il serait incontournable de recourir à de telles méthodes constitue une grave menace. Ouvrir la voie à de telles mesures, quand bien même nous soyons face à une pandémie, est la garantie de décennies bien plus funestes à l’issue de la crise.

Une tentation liberticide et inefficace

Outre la dimension liberticide de la surveillance de masse, son efficacité très limitée doit être relevée. Les premiers retours d’expérience étrangers montrent que le confinement strict et la distribution massive de masques sont les seules façons d’endiguer le mal en attendant un remède. Ceci réclame de la part de la France deux réponses ; logistique et juridique. Le basculement réel et profond de l’économie nationale afin de mobiliser pleinement l’appareil productif (réquisition de sites industriels notamment) et l’utilisation de l’arsenal juridique dont la constitution de 1958 voulut par le Général de Gaulle permet de disposer en cas de crise.

Demain, l’expertise devra être citoyenne !

La sortie de crise nécessite un Etat fort s’inscrivant dans le strict respect des libertés publiques et dans une action politique au service des citoyens. C’est dans les temps de crise que les démocraties doivent demeurer des lueurs d’espoir, sans jamais éteindre leur humanité au nom d’une hypothétique rationalité, fussent-elles professées par des « experts ». L’après crise ne pourra se passer d’une réflexion collective, pour choisir les nouveaux fondamentaux qui demain orchestreront notre quotidien. Demain, l’expertise devra être citoyenne !

Voir par ailleurs:

Two thirds of coronavirus victims may have died this year anyway, government adviser says

Professor Neil Ferguson said experts were now expecting around 20,000 deaths, although said it may turn out to be a lot less

Up to two thirds of people who die from coronavirus in the next nine months are likely to have died this year from other causes, a government advisor has said.

Professor Neil Ferguson, who is recovering at home from Covid-19, told the Science and Technology Committee that experts were now expecting around 20,000 deaths, although said it may turn out to be a lot less.

But he said that many of those deaths were likely to be old and seriously ill people who would have died from other conditions before the end of the year.

Appearing via videolink, and drinking from a Keep Calm and Carry On mug, Prof Ferguson said: “We don’t know what the level of excess deaths will be in the epidemic, in that, by the end of the year what proportion of people who died from covid would have died? It might be as much as half or two thirds of the deaths we see, because these are people at the end of their lives or have underlying conditions so these are considerations. Fatalities are probably unlikely to exceed 20,000 with social distancing strategies but it could be substantially lower than that and that’s where real time analysis will be needed.”

Prof Ferguson, who sits on the government’s Scientific Advisory Group for Emergencies (Sage) said that the decision to lockdown Britain had been taken because the NHS simply could not have coped with the surge in demand, which would have had a huge knock-on effect for other health services, potentially having unintended consequences.

He said that he expected the virus to peak within 2.5 to three weeks before tailing off and said that the warmer weather could also see transmision dip by up to 20 per cent.

The government’s strategy is to keep people apart to flatten the peak so that the health service can cope with the cases until a vaccine or anti-viral is ready, which is unlikely before the end of the year.

Prof Ferguson said that the new social distancing measures announced by Boris Johnson earlier in the week meant the NHS would now be able to handle the incoming cases of coronavirus.

“The strategy being done now in some areas ICUs will get close to capacity but it won’t be reached at a national level,” he said.

“We are reasonably confident that at a national level we will be within capacity.”

The government has faced widespread criticism for failing to test people in the community and trace the people they have come into contact with, unlike other countries such as South Korea, which managed to contain the virus far more quickly.

But Prof Ferguson said they were unable to adopt a similar strategy because Public Health England (PHE) had informed the Sage committee in January that there was not the capacity to test that number of people.

Instead, the current strategy aim is to suppress transmission indefinitely until other counter-measures are put in place, including a vaccine.

Prof Ferguson said it was clear that widespread testing was needed to help move the country from suppression measures and lockdown into something the country can manage longer-term.

He suggested that local areas may face lockdown if they have especially high rates of infection.

« There will be some resurgence of transmission but the hope is that by employing more focused policies to suppress those local outbreaks, we can maintain infection levels at low levels in the country as a whole indefinitely,” he said.

« It remains to be seen how we achieve this and how practical it proves to be. The long-term exit from this is clearly the hopes around a vaccine.”

However Sage was criticised for its slow response by the Editor of the medical journal the Lancet, who said experts had failed to appreciate just how serious the situation was in China by January, and the risk to Britain.

Richard Horton, said the group did not seem to have read important modelling papers that Chinese scientists had produced early in the epidemic.

There was a mismatch between the urgent warning that was coming from the frontline in China and the pedestrian evaluation of what the likely severity of the outbreak would be,” he told MPs.

“That suggests to me that we didn’t understand fully what was taking place. I think the perspective was largely on the UK but I haven’t seen an outreach to the scientists in China,

“China has top scientists who are doing cutting edge work and have responded in the most unbelievably rapid way so if I had been chair of sage I would have wanted to go to those scientists on the frontline to find out what is coming for us in the UK.”

Voir aussi:

 


Présidence Trump: Ils déversent leurs problèmes sur les États-Unis (As with many of his crusades, guess who basic numbers always seem to support in the end ?)

15 juillet, 2018

At that point, you’ve got Europe and a number of Gulf countries who despise Qaddafi, or are concerned on a humanitarian basis, who are calling for action. But what has been a habit over the last several decades in these circumstances is people pushing us to act but then showing an unwillingness to put any skin in the game. (…) Free riders (…) So what I said at that point was, we should act as part of an international coalition. But because this is not at the core of our interests, we need to get a UN mandate; we need Europeans and Gulf countries to be actively involved in the coalition; we will apply the military capabilities that are unique to us, but we expect others to carry their weight. Obama (2016)
Trump’s approval rating trajectory has diverged from past presidents. Trump’s approval rating has actually ticked up as the 2018 midterm elections approach. The Hill
Nous protégeons l’Allemagne, la France et tout le monde et nous payons beaucoup d’argent pour ça… Ça dure depuis des décennies mais je dois m’en occuper parce que c’est très injuste pour notre pays et pour nos contribuables. Nous sommes censés vous défendre contre la Russie alors pourquoi payez-vous des milliards de dollars à la Russie pour l’énergie ! En fait l’Allemagne est captive de la Russie. Donald Trump
Quand le Mexique nous envoie ces gens, ils n’envoient pas les meilleurs d’entre eux. Ils apportent des drogues. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs. Donald Trump
Ce que je dis – et j’ai beaucoup de respect pour les Mexicains. J’aime les Mexicains. J’ai beaucoup de Mexicains qui travaillent pour moi et ils sont géniaux. Mais nous parlons ici d’un gouvernement beaucoup plus intelligent que notre gouvernement. Beaucoup plus malin, plus rusé que notre gouvernement, et ils envoient des gens. Et ils envoient – si vous vous souvenez, il y a des années, quand Castro a ouvert ses prisons et il les a envoyés partout aux États-Unis (…) Et vous savez, ce sont les nombreux repris de justice endurcis qu’il a envoyés. Et, vous savez, c’était il y a longtemps, mais (…)  à titre d’exemple, cet horrible gars qui a tué une belle femme à San Francisco. Le Mexique ne le veut pas. Alors ils l’envoient. Comment pensez-vous qu’il est arrivé ici cinq fois? Ils le chassent. Ils déversent leurs problèmes sur États-Unis et nous n’en parlons pas parce que nos politiciens sont stupides. (…) Et je vais vous dire quelque chose: la jeune femme qui a été tuée – c’était une statistique. Ce n’était même pas une histoire. Ma femme me l’a rapporté. Elle a dit, vous savez, elle a vu ce petit article sur la jeune femme de San Francisco qui a été tuée, et j’ai fait des recherches et j’ai découvert qu’elle a été tuée par cet animal … qui est venu illégalement dans le pays plusieurs fois et qui d’ailleurs a une longue liste de condamnations. Et je l’ai rendu public et maintenant c’est la plus grande histoire du monde en ce moment. … Sa vie sera très importante pour de nombreuses raisons, mais l’une d’entre elles sera de jeter de la lumière et de faire la lumière sur ce qui se passe dans ce pays. Donald Trump
Ou vous avez des frontières ou vous n’avez pas de frontières. Maintenant, cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas permettre à quelqu’un de vraiment bien devenir citoyen. Mais je pense qu’une partie du problème de ce pays est que nous accueillons des gens qui, dans certains cas, sont bons et, dans certains cas, ne sont pas bons et, dans certains cas, sont des criminels. Je me souviens, il y a des années, que Castro envoyait le pire qu’il avait dans ce pays. Il envoyait des criminels dans ce pays, et nous l’avons fait avec d’autres pays où ils nous utilisent comme dépotoir. Et franchement, le fait que nous permettons que cela se produise est ce qui fait vraiment du mal à notre pays. Donald Trump
I was in primary school in my native Colombia when my father was murdered. I was six – just one year older than my daughter is now. My father was an officer in the Colombian army at a time when wearing a uniform made you a target for narcoterrorists, Farc fighters and guerrilla groups. What I remember clearly from those early years is the bombing and the terror. I was so afraid, especially after my dad died. At night, I would curl up in my mother’s bed while she held me close. She could not promise me that everything was going to be all right, because it wasn’t true. I don’t want my daughter to grow up like that. But when I turn on my TV, I see terrorist attacks in San Bernardino and in Orlando. There are dangerous people coming across our borders. Trump was right. Some are rapists and criminals, but some are good people, too. But how do we know who is who, when you come here illegally? I moved to the US in 2006 on a work permit. It took nearly five years and thousands of dollars to become a US citizen. I know the process is not perfect, but it’s the law. Why would I want illegals coming in when I had to go through this? It’s not fair that they’re allowed to jump the line and take advantage of so many benefits, ones that I pay for with my tax dollars. People assume that because I’m a woman, I should vote for the woman; or that because I’m Latina, I should vote for the Democrat. The Democrats have been pandering to minorities and women for the last 50 years. They treat Latinos as if we’re all one big group. I’m Colombian – I don’t like Mariachi music. Donald Trump is not just saying what he thinks people want to hear, he’s saying what they’re afraid to say. I believe that he’s the only candidate who can make America strong and safe again. Ximena Barreto (31, San Diego, California)
This week, as President Trump comes out in support of a bill that seeks to halve legal immigration to the United States, his administration is emphasizing the idea that Americans and their jobs need to be protected from all newcomers—undocumented and documented. To support that idea, his senior policy adviser Stephen Miller has turned to a moment in American history that is often referenced by those who support curbing immigration: the Mariel boatlift of 1980. But, in fact, much of the conventional wisdom about that episode is based on falsehoods rooted in Cold War rhetoric. During a press briefing on Wednesday, journalist Glenn Thrush asked Miller to provide statistics showing the correlation between the presence of low-skill immigrants and decreased wages for U.S.-born and naturalized workers. In response, Miller noted the findings of a recent study by Harvard economist George Borjas on the Mariel boatlift, which contentiously argued that the influx of over 125,000 Cubans who entered the United States from April to October of 1980 decreased wages for southern Florida’s less educated workers. Borjas’ study, which challenged an earlier influential study by Berkeley economist David Card, has received major criticisms. A lively debate persists among economists about the study’s methods, limited sample size and interpretation of the region’s racial categories—but Miller’s conjuring of Mariel is contentious on its own merits. The Mariel boatlift is an outlier in the pages of U.S. immigration history because it was, at its core, a result of Cold War posturing between the United States and Cuba. Fidel Castro found himself in a precarious situation in April 1980 when thousands of Cubans stormed the Peruvian embassy seeking asylum. Castro opened up the port of Mariel and claimed he would let anyone who wanted to leave Cuba to do so. Across the Florida Straits, the United States especially prioritized receiving people who fled communist regimes as a Cold War imperative. Because the newly minted Refugee Act had just been enacted—largely to address the longstanding bias that favored people fleeing communism—the Marielitos were admitted under an ambiguous, emergency-based designation: “Cuban-Haitian entrant (status pending).” (…) In order to save face, Castro put forward the narrative that the Cubans who sought to leave the island were the dregs of society and counter-revolutionaries who needed to be purged because they could never prove productive to the nation. This sentiment, along with reports that he had opened his jails and mental institutes as part of this boatlift, fueled a mythology that the Marielitos were a criminal, violent, sexually deviant and altogether “undesirable” demographic. In reality, more than 80% of the Marielitos had no criminal past, even in a nation where “criminality” could include acts antithetical to the revolutionary government’s ideals. In addition to roughly 1,500 mentally and physically disabled people, this wave of Cubans included a significant number of sex workers and queer and transgender people—some of whom were part of the minority who had criminal-justice involvement, having been formerly incarcerated because of their gender and sexual transgression. Part of what made Castro’s propaganda scheme so successful was that his regime’s repudiation of Marielitos found an eager audience in the United States among those who found it useful to fuel the nativist furnace. U.S. legislators, policymakers and many in the general public accepted Castro’s negative depiction of the Marielitos as truth. By 1983, the film Scarface had even fictionalized a Marielito as a druglord and violent criminal. Then and now, the boatlift proved incredibly unpopular among those living in the United States and is often cited as one of the most vivid examples of the dangers of lax immigration enforcement. In fact, many of President Jimmy Carter’s opponents listed Mariel as one of his and the Democratic Party’s greatest failures, even as his Republican successor, President Ronald Reagan, also embraced the Marielitos as part of an ideological campaign against Cuba. Julio Capó, Jr.
For an economist, there’s a straightforward way to study how low-skill immigration affects native workers: Find a large, sudden wave of low-skill immigrants arriving in one city only. Watch what happens to wages and employment for native workers in that city, and compare that to other cities where the immigrants didn’t go. An ideal “natural experiment” like this actually happened in Miami in 1980. Over just a few months, 125,000 mostly low-skill immigrants arrived from Mariel Bay, Cuba. This vast seaborne exodus — Fidel Castro briefly lifted Cuba’s ban on emigration -— is known as the Mariel boatlift. Over the next few months, the workforce of Miami rose by 8 percent. By comparison, normal immigration to the US increases the nationwide workforce by about 0.3 percent per year. So if immigrants compete with native workers, Miami in the 1980s is exactly where you should see natives’ wages drop. Berkeley’s Card examined the effects of the Cuban immigrants on the labor market in a massively influential study in 1990. In fact, that paper became one of the most cited in immigration economics. The design of the study was elegant and transparent. But even more than that, what made the study memorable was what Card found. In a word: nothing. The Card study found no difference in wage or employment trends between Miami — which had just been flooded with new low-skill workers — and other cities. This was true for workers even at the bottom of the skills ladder. Card concluded that “the Mariel immigration had essentially no effect on the wages or employment outcomes of non-Cuban workers in the Miami labor market. » (…) Economists ever since have tried to explain this remarkable result. Was it that the US workers who might have suffered a wage drop had simply moved away? Had low-skill Cubans made native Miamians more productive by specializing in different tasks, thus stimulating the local economy? Was it that the Cubans’ own demand for goods and services had generated as many jobs in Miami as they filled? Or perhaps was it that Miami employers shifted to production technologies that used more low-skill labor, absorbing the new labor supply? Regardless, there was no dip in wages to explain. The real-life economy was evidently more complex than an “Econ 101” model would predict. Such a model would require wages to fall when the supply of labor, through immigration, goes up. This is where two new studies came in, decades after Card’s — in 2015. One, by Borjas, claims that Card’s analysis had obscured a large fall in the wages of native workers by using too broad a definition of “low-skill worker.” Card’s study had looked at the wages of US workers whose education extended only to high school or less. That was a natural choice, since about half of the newly-arrived Cubans had a high school degree, and half didn’t. Borjas, instead, focuses on workers who did not finish high school — and claimed that the Boatlift caused the wages of those workers, those truly at the bottom of the ladder, to collapse. The other new study (ungated here), by economists Giovanni Peri and Vasil Yasenov, of the UC Davis and UC Berkeley, reconfirms Card’s original result: It cannot detect an effect of the boatlift on Miami wages, even among workers who did not finish high school. (The wages of Miami workers with high school degrees (and no more than that) jump up right after the Mariel boatlift, relative to prior trends. The wages of those with less than a high school education appear to dip slightly, for a couple of years, although this is barely distinguishable amid the statistical noise. And these same inflation-adjusted wages were also falling in many other cities that didn’t receive a wave of immigrants, so it’s not possible to say with statistical confidence whether that brief dip on the right is real. It might have been — but economists can’t be sure. The rise on the left, in contrast, is certainly statistically significant, even relative to corresponding wage trends in other cities. Here is how the Borjas study reaches exactly the opposite conclusion. The Borjas study slices up the data much more finely than even Peri and Yasenov do. It’s not every worker with less than high school that he looks at. Borjas starts with the full sample of workers of high school or less — then removes women, and Hispanics, and workers who aren’t prime age (that is, he tosses out those who are 19 to 24, and 60 to 65). And then he removes workers who have a high school degree. In all, that means throwing out the data for 91 percent of low-skill workers in Miami in the years where Borjas finds the largest wage effect. It leaves a tiny sample, just 17 workers per year. When you do that, the average wages for the remaining workers look like this: (…) For these observations picked out of the broader dataset, average wages collapse by at least 40 percent after the boatlift. Wages fall way below their previous trend, as well as way below similar trends in other cities, and the fall is highly statistically significant. There are two ways to interpret these findings. The first way would be to conclude that the wage trend seen in the subgroup that Borjas focuses on — non-Hispanic prime-age men with less than a high school degree — is the “real” effect of the boatlift. The second way would be to conclude, as Peri and Yasenov do, that slicing up small data samples like this generates a great deal of statistical noise. If you do enough slicing along those lines, you can find groups for which wages rose after the Boatlift, and others for which it fell. In any dataset with a lot of noise, the results for very small groups will vary widely. Researchers can and do disagree about which conclusion to draw. But there are many reasons to favor the view that there is no compelling basis to revise Card’s original finding. There is not sufficient evidence to show that Cuban immigrants reduced any low-skill workers’ wages in Miami, even small minorities of them, and there isn’t much more that can be learned about the Mariel boatlift with the data we have. (…) Around 1980, the same time as the Boatlift, two things happened that would bring a lot more low-wage black men into the survey samples. First, there was a simultaneous arrival of large numbers of very low-income immigrants from Haiti without high school degrees: that is, non-Hispanic black men who earn much less than US black workers but cannot be distinguished from US black workers in the survey data. Nearly all hadn’t finished high school. That meant not just that Miami suddenly had far more black men with less than high school after 1980, but also that those black men had much lower earnings. Second, the Census Bureau, which ran the CPS surveys, improved its survey methods around 1980 to cover more low-skill black men due to political pressure after research revealed that many low-income black men simply weren’t being counted. (…) In sum, the evidence from the Mariel boatlift continues to support the conclusion of David Card’s seminal research: There is no clear evidence that wages fell (or that unemployment rose) among the least-skilled workers in Miami, even after a sudden refugee wave sharply raised the size of that workforce. This does not by any means imply that large waves of low-skill immigration could not displace any native workers, especially in the short term, in other times and places. But politicians’ pronouncements that immigrants necessarily do harm native workers must grapple with the evidence from real-world experiences to the contrary. Michael Clemens (Center for Global Development, Washington, DC)
His name was Luis Felipe. Born in Cuba in 1962, he came to the United States on a fishing boat and ended up in prison for shooting his girlfriend. He founded the New York chapter of the Latin Kings in 1986. Soon he was ordering murders from his prison cell. Esquire
Judge Martin says the extreme conditions are necessary to protect society.  »I do not do it out of my sense of cruelty, » the judge said at the sentencing, after Mr. Felipe had expressed remorse for the killings. But noting that the defendant had been convicted for ordering the murder of three Latin Kings and the attempted murder of four others, the judge said that without such restrictions,  »some of the young men sitting in this court today who are supporters of Mr. Felipe might well be murdered in the future. » (…) That Mr. Felipe, a man of charisma and intelligence, is nonetheless a ruthless criminal is not in dispute. His accounts of his background vary. He has said that his mother was a prostitute and that both parents are now dead. At the age of 9, he was sent to prison for robbery. On his 19th birthday in 1980, he arrived in the United States during the Mariel boatlift. In short order, Mr. Felipe became a street thug, settling in Chicago. There he joined the Latin Kings, a Hispanic organization established in the 1940’s. He moved to the Bronx. One night in 1981, in what has been described as a drunken accident, he shot and killed his girlfriend. He fled to Chicago and was not apprehended until 1984. Sentenced to nine years for second-degree manslaughter, he ended up at Collins Correctional Facility in Helmuth, N.Y. At Collins, he found an inmate system lorded over by black gangs and white guards. In 1986, he started a fledgling New York prison chapter of the Latin Kings. In a manifesto that followers circulated, he laid out elaborate laws and rituals, emphasizing Latin pride, family values, rigorous discipline and swift punishment. He was paroled in 1989 but by 1991 had returned to prison. He was eventually sent to Attica for a three-year sentence for possession of stolen property. His word spread, not least because he wrote thousands of letters, his prose a mix of flamboyant grandiosity and street bluntness. As King Blood, Inka, First Supreme Crown, Mr. Felipe corresponded with Latin Kings in and out of prison. (At its peak, the gang was estimated to have about 2,000 members.) He soared with self-aggrandizement, styling himself as both autocratic patriarch and jailhouse Ann Landers, dispensing advice about romance, family squabbles, schoolyard disputes. But in 1993 and 1994, disciplinary troubles erupted throughout the Latin Kings, with members vying for power, filching gang money, looking sideways at the wrong women. Infuriated, King Blood wrote to his street lieutenants: B.O.S. (beat on sight) and T.O.S. (terminate on sight).  »Even while he was in Attica in segregation, he was able to order the leader of the Latin Kings on Rikers Island to murder someone who ended up being badly slashed in the face, » said Alexandra A. E. Shapiro, a Federal prosecutor. One victim was choked and beheaded. A second was killed accidentally during an attempt on another man. A third was gunned down. Federal authorities, who had been monitoring Mr. Felipe’s mail, arrested 35 Latin Kings. Thirty-four pleaded guilty. Only Mr. Felipe insisted on a trial. The Latin Kings still revere him, said Antonio Fernandez, King Tone, the gang’s new leader, who is trying to reposition it as a mainstream organization.  »He brought a message of hope, » he said. NYT
Luis « King Blood » Felipe, who founded the New York chapter in 1986 (…) ran the gang from prison like a demented puppet-master. He ordered the murders of three Kings and plotted to murder three others. He routinely dispatched « T.O.S. » orders–shorthand for « Terminate on Sight. » In one particularly gory execution, a rival was strangled, decapitated and set afire in a bathtub. His Kings tattoo was peeled off his arm with a knife. Convicted of racketeering in 1996, Felipe was sentenced to life imprisonment in solitary confinement to cut him off from the Kings. LA Times
Julio Gonzalez, a jilted lover whose arson revenge at the unlicensed Happy Land nightclub in the Bronx in 1990 claimed 87 lives, making him the nation’s worst single mass murderer at the time, died on Tuesday at a hospital in Plattsburgh, N.Y., where he had been taken from prison. He was 61 (…) Mr. Gonzalez was born in Holguín, a city in Oriente Province in Cuba, on Oct. 10, 1954. He served three years in prison in the 1970s for deserting the Cuban Army. In 1980, when he was 25, he joined what became known as the Mariel boatlift, an effort organized by Cuban-Americans and agreed to by the Cuban government that brought thousands of Cuban asylum-seekers to the United States. It was later learned that many of the refugees had been released from jails and mental hospitals. Mr. Gonzalez was said to have faked a criminal record as a drug dealer to help him gain passage. (…) Mr. Gonzalez had just lost his job at a Queens lamp warehouse when he showed up at Happy Land. There he argued heatedly with his girlfriend, Lydia Feliciano, about their six-year on-again, off-again relationship and about her quitting as a coat checker at the club. Around 3 a.m., a bouncer ejected him. According to testimony, Mr. Gonzalez walked three blocks to an Amoco service station, where he found an empty one-gallon container and bought $1 worth of gasoline from an attendant he knew there. He returned to the club. (…) Mr. Gonzalez splashed the gasoline at the bottom of a rickety staircase, the club’s only means of exit, and ignited it. Then he went home and fell asleep. (…) Ms. Feliciano was among the six survivors. She recounted her argument with Mr. Gonzalez to the police, who went to his apartment, where he confessed. “I got angry, the devil got to me, and I set the fire,” he told detectives. (…) During a video conference-call interview at the time, he said he had not realized how many people were inside Happy Land that night, that he had nothing against them and that his anger had been directed at the bouncer. NYT
Cet exode des Marielitos a commencé par un coup de force. Le 5 avril 1980, 10 000 Cubains entrent dans l’ambassade du Pérou à La Havane et demandent à ce pays de leur accorder asile. Dix jours plus tard, Castro déclare que ceux qui veulent quitter Cuba peuvent le faire à condition d’abandonner leurs biens et que les Cubains de Floride viennent les chercher au port de Mariel. L’hypothèse est que Castro voit dans cette affaire une double opportunité : Il se débarrasse d’opposants -il en profite également pour vider ses prisons et ses asiles mentaux et sans doute infiltrer, parmi les réfugiés, quelques agents castristes ; Il espère que cet afflux soudain d’exilés va profondément déstabiliser le sud de la Floride et affaiblir plus encore le brave Président Jimmy Carter, préchi-prêcheur démocrate des droits de l’homme, un peu trop à gauche pour endosser l’habit de grand Satan impérialiste que taille à tous les élus de la Maison Blanche le leader cubain. De fait, du 15 avril au 31 octobre 1980, quelque 125 000 Cubains quitteront l’île. 2 746 d’entre eux ont été considérés comme des criminels selon les lois des Etats-Unis et incarcérés. Le Nouvel Obs
Avec l’autorisation du président Fidel Castro, 125 000 Cubains quittent leur île par le port de Mariel pour trouver refuge aux États-Unis. Cet exode massif posera plusieurs problèmes aux Américains qui y mettront un terme après deux mois. Le 3 avril 1980, six Cubains entrent de force à l’ambassade du Pérou à La Havane pour s’y réfugier. Les autorités cubaines demandent leur retour sans succès. Voulant donner une leçon au Pérou, le président Castro fait retirer les gardes protégeant l’ambassade. Celle-ci est submergée par plus de 10 000 personnes qui sont vite aux prises avec des problèmes de salubrité et le manque de nourriture. Pendant que d’autres ambassades sont envahies (Costa Rica, Espagne), la communauté cubano-américaine entreprend une campagne de support. Voulant récupérer le mouvement, Castro annonce le 23 avril une politique de porte ouverte pour ceux qui veulent quitter Cuba. Il invite les Cubains habitant aux États-Unis à venir chercher leurs proches au port de Mariel. Cet exode, qui se fait avec 17 000 navires de toutes sortes, implique environ 125 000 personnes, en grande partie des gens de la classe ouvrière, des Noirs et des jeunes. Son envergure reflète un profond mécontentement face à l’économie cubaine et la baisse de la ferveur révolutionnaire. D’abord favorables à cet exode, les États-Unis sont vite débordés. Le 14 mai, le président Jimmy Carter fait établir un cordon de sécurité pour arrêter les navires. Placés dans des camps militaires et des prisons fédérales, les réfugiés sont interrogés à leur arrivée. Parmi eux, on retrouve des criminels et des malades mentaux qui ont quitté avec le soutien des autorités cubaines, ce qui a un effet négatif sur la population. Carter cherche à remplacer l’exode maritime par un pont aérien avec un quota de 3000 personnes par année. Mais aucun accord n’est conclu avec Cuba. Submergées par un exode en provenance de Haïti, les autorités américaines mettront fin à l’exode cubain le 20 juin 1980. Perspective monde
As BuzzFeed investigative reporter Ken Bensinger chronicles in his new book, Red Card: How the U.S. Blew the Whistle on the World’s Biggest Sports Scandal, the investigation’s origins began before FIFA handed the 2018 World Cup to Russia and the 2022 event to Qatar. The case had actually begun as an FBI probe into an illegal gambling ring the bureau believed was run by people with ties to Russian organized crime outfits. The ring operated out of Trump Tower in New York City. Eventually, the investigation spread to soccer, thanks in part to an Internal Revenue Service agent named Steve Berryman, a central figure in Bensinger’s book who pieced together the financial transactions that formed the backbone of the corruption allegations. But first, it was tips from British journalist Andrew Jennings and Christopher Steele ― the former British spy who is now known to American political observers as the man behind the infamous so-called “pee tape” dossier chronicling now-President Donald Trump’s ties to Russia ― that pointed the Americans’ attention toward the Russian World Cup, and the decades of bribery and corruption that had transformed FIFA from a modest organization with a shoestring budget into a multibillion-dollar enterprise in charge of the world’s most popular sport. Later, the feds arrested and flipped Chuck Blazer, a corrupt American soccer official and member of FIFA’s vaunted Executive Committee. It was Blazer who helped them crack the case wide open, as HuffPost’s Mary Papenfuss and co-author Teri Thompson chronicled in their book American Huckster, based on the 2014 story they broke of Blazer’s role in the scandal. Russia’s efforts to secure hosting rights to the 2018 World Cup never became a central part of the FBI and the U.S. Department of Justice’s case. Thanks to Blazer, it instead focused primarily on CONCACAF, which governs soccer in the Caribbean and North and Central America, and other officials from South America. But as Bensinger explained in an interview with HuffPost this week, the FIFA case gave American law enforcement officials an early glimpse into the “Machiavellian Russia” of Vladimir Putin “that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it.” And it was Steele’s role in the earliest aspects of the FIFA case, coincidentally, that fostered the relationship that led him to hand his Trump dossier to the FBI ― the dossier that has now helped form “a big piece of the investigative blueprint,” as Bensinger said, that former FBI director Robert Mueller is using in his probe of Russian meddling in the election that made Trump president. HuffPost
There are sort of these weird connections to everything going on in the political sphere in our country, which I think is interesting because when I was reporting the book out, it was mostly before the election. It was a time when Christopher Steele’s name didn’t mean anything. But what I figured out over time is that this had nothing to do with sour grapes, and the FBI agents who opened the case didn’t really care about losing the World Cup. The theory was that the U.S. investigation was started because the U.S. lost to Qatar, and Bill Clinton or Eric Holder or Barack Obama or somebody ordered up an investigation. What happened was that the investigation began in July or August 2010, four or five months before the vote happened. It starts because this FBI agent, who’s a long-term Genovese crime squad guy, gets a new squad ― the Eurasian Organized Crime Squad ― which is primarily focused on Russian stuff. It’s a squad that’s squeezed of resources and not doing much because under Robert Mueller, who was the FBI director at the time, the FBI was not interested in traditional crime-fighting. They were interested in what Mueller called transnational crime. So this agent looked for cases that he thought would score points with Mueller. And one of the cases they’re doing involves the Trump Tower. It’s this illegal poker game and sports book that’s partially run out of the Trump Tower. The main guy was a Russian mobster, and the FBI agent had gone to London ― that’s how he met Steele ― to learn about this guy. Steele told him what he knew, and they parted amicably, and the parting shot was, “Listen, if you have any other interesting leads in the future, let me know.” Steele had already been hired by the English bid for the 2018 World Cup at that point. What Chris Steele starts seeing on behalf of the English bid is the Russians doing, as it’s described in the book, sort of strange and questionable stuff. It looks funny, and it’s setting off alarm bells for Steele. So he calls the FBI agent back, and says, “You should look into what’s happening with the World Cup bid. » (…) It’s tempting to look at this as a reflection of the general U.S. writ large obsession with Russia, which certainly exists, but it’s also a different era. This was 2009, 2010. This was during the Russian reset. It was Obama’s first two years in office. He’s hugging Putin and talking about how they’re going to make things work. Russia is playing nice-nice. (…)That’s what I find interesting about this case is that, what we see in Russia’s attempt to win the World Cup by any means is the first sort of sign of the Russia we now understand exists, which is kind of a Machiavellian Russia that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it. It was like a dress rehearsal for that. (…) It’s one of these things that looks like an accident, but so much of world history depends on these accidents. Chris Steele, when he was still at MI-6, investigated the death of Alexander Litvinenko, who was the Russian spy poisoned with polonium. It was Steele who ran that investigation and determined that Putin probably ordered it. And then Steele gets hired because of his expertise in Russia by the English bid, and he becomes the canary in the coal mine saying, “Uh oh, guys, it’s not going to be that easy, and things are looking pretty grim for you.” (…) I don’t know if that would have affected whether or not Chris Steele later gets hired by Fusion GPS to put together the Trump dossier. But it’s certain that the relationship he built because of the FIFA case meant that the FBI took it more seriously.   (…) I think [FIFA vice president Jérôme Valcke] and others were recognizing this increasingly brazen attitude of the criminality within FIFA. They had gone from an organization where people were getting bribes and doing dirty stuff, but doing it very carefully behind closed doors. And it was transitioning to one where the impunity was so rampant that people thought they could do anything. And I think in his mind, awarding the World Cup to Russia under very suspicious circumstances and also awarding it to Qatar, which by any definition has no right to host this tournament, it felt to him and others like a step too far. I don’t think he had any advance knowledge that the U.S. was poking around on it, but he recognized that it was getting out of hand. People were handing out cash bribes in practically broad daylight, and as corrupt as these people were, they didn’t tend to do that. (…) The FIFA culture we know today didn’t start yesterday. It started in 1974 when this guy gets elected, and within a couple years, the corruption starts. And it starts with one bribe to Havelange, or one idea that he should be bribed. And it starts a whole culture, and the people all sort of learn from that same model. The dominoes fell over time. It’s not a new model, and things were getting more and more out of hand over time. FIFA had been able to successfully bat these challenges down over the years. There’s an attempted revolt in FIFA in 2001 or 2002 that Blatter completely shut down. The general secretary of FIFA was accusing Blatter and other people of either being involved in corruption or permitting corruption, and there’s a moment where it seems like the Executive Committee was going to turn against Blatter and vote him out and change everything. But they all blinked, and Blatter dispensed his own justice by getting rid of his No. 2 and putting in people who were going to be loyal to him. The effect of those things was more brazen behavior. (…) It was an open secret. I think it’s because soccer’s just too big and important in all these other countries. I think other countries have just never been able to figure out how to deal with it. The best you’d get was a few members of Parliament in England holding outraged press conferences or a few hearings, but nothing ever came of it. It’s just too much of a political hot potato because soccer elsewhere is so much more important than it is the U.S. People are terrified of offending the FIFA gods There’s a story about how Andrew Jennings, this British journalist, wanted to broadcast a documentary detailing FIFA corruption just a week or so before the 2010 vote, and when the British bid and the British government got a hold of it, they tried really hard to stifle the press. They begged the BBC not to air the documentary until after the vote, because they were terrified of FIFA. That’s reflective of the kind of attitudes that all these countries have. (…) it reminds me of questions about Chuck Blazer. Is he all bad, or all good? He’s a little bit of both. The U.S. women’s national team probably wouldn’t exist without him. The Women’s World Cup probably wouldn’t either. Major League Soccer got its first revenue-positive TV deal because of Chuck Blazer. (…) At the same time, he was a corrupt crook that stole a lot of money that could’ve gone to the game. And so, is he good or bad? Probably more bad than good, but he’s not all bad. That applies to the Gold Cup. The Gold Cup is a totally artificial thing that was made up ultimately as a money-making scheme for Blazer, but in the end, it’s probably benefited soccer in this country. So it’s clearly not all bad. (…) The money stolen from the sport isn’t just the bribes. Let’s say I’m a sports marketing firm, and I bribe you a million dollars to sign over a rights contract to me. The first piece of it is that million dollars that could have gone to the sport. But it’s also the opportunity cost: What would the value of those rights have been if it was taken to the free market instead of a bribe? All that money is taken away from the sport. And the second thing was traveling to South America and seeing the conditions of soccer for fans, for kids and for women. That was really eye-opening. There are stadiums in Argentina and Brazil that are absolutely decrepit. And people would explain, the money that was supposed to come to these clubs never comes. You have kids still playing with the proverbial ball made of rags and duct tape, and little girls who can’t play because there are no facilities or leagues for women at all. When you see that, and then you see dudes making millions in bribes and also marketing guys making far more from paying the bribes, I started to get indignant about it. FIFA always ties itself to children and the good of the game. But it’s absurd when you see how they operate. The money doesn’t go to kids. It goes to making soccer officials rich. (…) When massive amounts of money mixes with a massively popular cultural phenomenon, is it ever going to be clean? I wish it would be different, but it seems kind of hopeless. How do you regulate soccer, and who can oversee this to make sure that people behave in an ethical, clean and fair way that benefits everyone else? It’s not an accident that every single international sports organization is based in Switzerland. The answer is because the Swiss, not only do they offer them a huge tax break, they also basically say, “You can do whatever you want and we’re not going to bother you.” That’s exactly what these groups want. Well, how do you regulate that? I don’t think the U.S. went in saying, “We’re going to regulate soccer.” I think they thought if we can give soccer a huge kick in the ass, if we can create so much public and political pressure on them that sponsors will run away, they’ll feel they have no option but to react and clean up their act. It’s sort of, kick ’em where it hurts. (…) But also, the annoying but true reality of FIFA is that when the World Cup is happening, all the soccer fans around the world forget all their anger and just want to watch the tournament. For three and a half years, everyone bitches about what a mess FIFA is, and then during the World Cup everyone just wants to watch soccer. There could be some reinvigoration in the next few months when the next stupid scandal appears. And I do think Qatar could reinvigorate more of that. There’s a tiny piece of me that thinks we could still see Qatar stripped of the World Cup. That would certainly spur a lot of conversation about this. Ken Bensinger
The United States has the world’s largest trade deficit. It’s been that way since 1975. The deficit in goods and services was $566 billion in 2017. Imports were $2.895 trillion and exports were only $2.329 trillion. The U.S. trade deficit in goods, without services, was $810 billion. The United States exported $1.551 trillion in goods. The biggest categories were commercial aircraft, automobiles, and food. It imported $2.361 trillion. The largest categories were automobiles, petroleum, and cell phones. (…) The Largest U.S. Deficit Is With China More than 65 percent of the U.S. trade deficit in goods was with China. The $375 billion deficit with China was created by $506 billion in imports. The main U.S. imports from China are consumer electronics, clothing, and machinery. Many of these imports are actually made by American companies. They ship raw materials to be assembled in China for a lower cost. They are counted as imports even though they create income and profit for these U.S. companies. Nevertheless, this practice does outsource manufacturing jobs. America only exported $130 billion in goods to China. The top three exports were agricultural products, aircraft, and electrical machinery. The second largest trade deficit is $69 billion with Japan. The world’s fifth largest economy needs the agricultural products, industrial supplies, aircraft, and pharmaceutical products that the United States makes. Exports totaled $68 billion in 2017.Imports were higher, at $137 billion. Much of this was automobiles, with industrial supplies and equipment making up another large portion. Trade has improved since the 2011 earthquake, which slowed the economy and made auto parts difficult to manufacture for several months. The U.S. trade deficit with Germany is $65 billion. The United States exports $53 billion, a large portion of which is automobiles, aircraft, and pharmaceuticals. It imports $118 billion in similar goods: automotive vehicles and parts, industrial machinery, and medicine. (…) The trade deficit with Canada is $18 billion. That’s only 3 percent of the total Canadian trade of $582 billion. The United States exports $282 billion to Canada, more than it does to any other country. It imports $300 billion. The largest export by far is automobiles and parts. Other large categories include petroleum products and industrial machinery and equipment. The largest import is crude oil and gas from Canada’s abundant shale oil fields. The trade deficit with Mexico is $71 billion. Exports are $243 billion, mostly auto parts and petroleum products. Imports are $314 billion, with cars, trucks, and auto parts being the largest components. The Balance
On connaît les photos de ces hommes et de ces femmes débarquant sur des plages européennes, engoncés dans leurs gilets de sauvetage orange, tentant à tout prix de maintenir la tête de leur enfant hors de l’eau. Impossible également d’oublier l’image du corps du petit Aylan Kurdi, devenu en 2016 le symbole planétaire du drame des migrants. Ce que l’on sait moins c’est que le « business » des passeurs rapporte beaucoup d’argent. Selon la première étude du genre de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (l’UNODC), le trafic de migrants a rapporté entre 5,5 et 7 milliards de dollars (entre 4,7 et 6 milliards d’euros) en 2016. C’est l’équivalent de ce que l’Union européenne a dépensé la même année dans l’aide humanitaire, selon le rapport. (…) En 2016, au moins 2,5 millions de migrants sont passés entre les mains de passeurs, estime l’UNODC qui rappelle la difficulté d’évaluer une activité criminelle. De quoi faire fructifier les affaires de ces contrebandiers. Cette somme vient directement des poches des migrants qui paient des criminels pour voyager illégalement. Le tarif varie en fonction de la distance à parcourir, du nombre de frontières, les moyens de transport utilisés, la production de faux papiers… La richesse supposée du client est un facteur qui fait varier les prix. Evidemment, payer plus cher ne rend pas le voyage plus sûr ou plus confortable, souligne l’UNODC. Selon les estimations de cette agence des Nations unies, ce sont les passages vers l’Amérique du Nord qui rapportent le plus. En 2016, jusqu’à 820 000 personnes ont traversé la frontière illégalement, versant entre 3,1 et 3,6 milliards d’euros aux trafiquants. Suivent les trois routes de la Méditerranée vers l’Union européenne. Environ 375 000 personnes ont ainsi entrepris ce voyage en 2016, rapportant entre 274 et 300 millions d’euros aux passeurs. Pour atteindre l’Europe de l’Ouest, un Afghan peut ainsi dépenser entre 8000 € et 12 000 €. Sans surprise, les rédacteurs du rapport repèrent que l’Europe est une des destinations principales des migrants. (…) Les migrants qui arrivent en Italie sont originaires à 89 % d’Afrique, de l’Ouest principalement. 94 % de ceux qui atteignent l’Espagne sont également originaires d’Afrique, de l’Ouest et du Nord. En revanche, la Grèce accueille à 85 % des Afghans, Syriens et des personnes originaires des pays du Moyen-Orient. (…) des milliers de citoyens de pays d’Amérique centrale et de Mexicains traversent chaque année la frontière qui sépare les Etats-Unis du Mexique. Les autorités peinent cependant à quantifier les flux. Ce que l’on sait c’est qu’en 2016, 2 404 personnes ont été condamnées pour avoir fait passer des migrants aux Etats-Unis. 65 d’entre eux ont été condamnés pour avoir fait passer au moins 100 personnes.Toujours en 2016, le Mexique, qui fait office de « pays-étape » pour les voyageurs, a noté que les Guatémaltèques, les Honduriens et les Salvadoriens formaient les plus grosses communautés sur son territoire. En 2016, les migrants caribéens arrivaient principalement d’Haïti, note encore l’UNODC. (…) Sur les 8189 décès de migrants recensés par l’OIM en 2016, 3832 sont morts noyés (46 %) en traversant la Méditerranée. Les passages méditerranéens sont les plus mortels. L’un d’entre eux force notamment les migrants à parcourir 300 kilomètres en haute mer sur des embarcations précaires. C’est aussi la cruauté des passeurs qui est en cause. L’UNODC décrit le sort de certaines personnes poussées à l’eau par les trafiquants qui espèrent ainsi échapper aux gardes-côtes. Le cas de centaines de personnes enfermées dans des remorques sans ventilation, ni eau ou nourriture pendant des jours est également relevé. Meurtre, extorsion, torture, demande de rançon, traite d’être humain, violences sexuelles sont également le lot des migrants, d’où qu’ils viennent. En 2017, 382 migrants sont décédés de la main des hommes, soit 6 % des décès. (…) Le passeur est le plus souvent un homme mais des femmes (des compagnes, des sœurs, des filles ou des mères) sont parfois impliquées dans le trafic, définissent les rédacteurs de l’étude. Certains parviennent à gagner modestement leur vie, d’autres, membres d’organisations et de mafias font d’importants profits. Tous n’exercent pas cette activité criminelle à plein temps. Souvent le passeur est de la même origine que ses victimes. Il parle la même langue et partage avec elles les mêmes repères culturels, ce qui lui permet de gagner leur confiance. Le recrutement des futurs « clients » s’opère souvent dans les camps de réfugiés ou dans les quartiers pauvres. Facebook, Viber, Skype ou WhatsApp sont devenus des indispensables du contrebandier qui veut faire passer des migrants. Arrivé à destination, le voyageur publie un compte rendu sur son passeur. Il décrit s’il a triché, échoué ou s’il traitait mal les migrants. Un peu comme une note de consommateur, rapporte l’UNODC. Mieux encore, les réseaux sociaux sont utilisés par les passeurs pour leur publicité. Sur Facebook, les trafiquants présentent leurs offres, agrémentent leur publication d’une photo, détaillent les prix et les modalités de paiement. L’agence note que, sur Facebook, des passeurs se font passer pour des ONG ou des agences de voyages européennes qui organisent des passages en toute sécurité. D’autres, qui visent particulièrement les Afghans, se posent en juristes spécialistes des demandes d’asile… Le Parisien
Mr. Trump’s anger at America’s allies embodies, however unpleasantly, a not unreasonable point of view, and one that the rest of the world ignores at its peril: The global world order is unbalanced and inequitable. And unless something is done to correct it soon, it will collapse, with or without the president’s tweets. While the West happily built the liberal order over the past 70 years, with Europe at its center, the Americans had the continent’s back. In turn, as it unravels, America feels this loss of balance the hardest — it has always spent the most money and manpower to keep the system working. The Europeans have basically been free riders on the voyage, spending almost nothing on defense, and instead building vast social welfare systems at home and robust, well-protected export industries abroad. Rather than lash back at Mr. Trump, they would do better to ask how we got to this place, and how to get out. The European Union, as an institution, is one of the prime drivers of this inequity. At the Group of 7, for example, the constituent countries are described as all equals. But in reality, the union puts a thumb on the scales in its members’ favor: It is a highly integrated, well-protected free-trade area that gives a huge leg up to, say, German car manufacturers while essentially punishing American companies who want to trade in the region. The eurozone offers a similar unfair advantage. If it were not for the euro, Germany would long ago have had to appreciate its currency in line with its enormous export surplus. (…) how can the very same politicians and journalists who defended the euro bailout payments during the financial crisis, arguing that Germany profited disproportionately from the common currency, now go berserk when Mr. Trump makes exactly this point? German manufacturers also have the advantage of operating in a common market with huge wage gaps. Bulgaria, one of the poorest member states, has a per capita gross domestic product roughly equal to that of Gabon, while even in Slovakia, Poland and Hungary — three relative success stories among the recent entrants to the union — that same measure is still roughly a third of what it is in Germany. Under the European Union, German manufacturers can assemble their cars in low-wage countries and export them without worrying about tariffs or other trade barriers. If your plant sits in Detroit, you might find the president’s anger over this fact persuasive. Mr. Trump is not the first president to complain about the unfair burden sharing within NATO. He’s merely the first president not just to talk tough, but to get tough. (…) All those German politicians who oppose raising military spending from a meager 1.3 percent of gross domestic product should try to explain to American students why their European peers enjoy free universities and health care, while they leave it up to others to cover for the West’s military infrastructure (…) When the door was opened, in 2001, many in the West believed that a growing Chinese middle class, enriched by and engaged with the world economy, would eventually claim voice and suffrage, thereby democratizing China. The opposite has happened. China, which has grown wealthy in part by stealing intellectual property from the West, is turning into an online-era dictatorship, while still denying reciprocity in investment and trade relations. (…) China’s unchecked abuse of the global free-trade regime makes a mockery of the very idea that the world can operate according to a rules-based order. Again, while many in the West have talked the talk about taking on China, only Mr. Trump has actually done something about it. Jochen Bittner (Die Zeit)
Is the Trump administration out to wreck the liberal world order? No, insisted Secretary of State Mike Pompeo in an interview at his office in Foggy Bottom last week: The administration’s aim is to align that world order with 21st-century realities. Many of the economic and diplomatic structures Mr. Trump stands accused of undermining, Mr. Pompeo argues, were developed in the aftermath of World War II. Back then, he tells me, they “made sense for America.” But in the post-Cold War era, amid a resurgence of geopolitical competition, “I think President Trump has properly identified a need for a reset.” Mr. Trump is suspicious of global institutions and alliances, many of which he believes are no longer paying dividends for the U.S. “When I watch President Trump give guidance to our team,” Mr. Pompeo says, “his question is always, ‘How does that structure impact America?’ ” The president isn’t interested in how a given rule “may have impacted America in the ’60s or the ’80s, or even the early 2000s,” but rather how it will enhance American power “in 2018 and beyond.” Mr. Trump’s critics have charged that his “America First” strategy reflects a retreat from global leadership. “I see it fundamentally differently,” Mr. Pompeo says. He believes Mr. Trump “recognizes the importance of American leadership” but also of “American sovereignty.” That means Mr. Trump is “prepared to be disruptive” when the U.S. finds itself constrained by “arrangements that put America, and American workers, at a disadvantage.” Mr. Pompeo sees his task as trying to reform rules “that no longer are fair and equitable” while maintaining “the important historical relationships with Europe and the countries in Asia that are truly our partners.” The U.S. relationship with Germany has come under particular strain. Mr. Pompeo cites two reasons. “It is important that they demonstrate a commitment to securing their own people,” he says, in reference to Germany’s low defense spending. “When they do so, we’re prepared to do the right thing and support them.” And then there’s trade. The Germans, he says, need to “create tariff systems and nontariff-barrier systems that are equitable, reciprocal.” But Mr. Pompeo does not see the U.S.-German rift as a permanent reorientation of U.S. foreign policy. Once the defense and trade issues are addressed, “I’m very confident that the relationship will go from these irritants we see today to being as strong as it ever was.”  (…) In addition to renegotiating relationships with existing allies, the Trump administration is facing newly assertive great-power adversaries. “For a decade plus,” Mr. Pompeo says, U.S. foreign policy was “very focused on counterrorism and much less on big power struggles.” Today, while counterterrorism remains a priority, geopolitics is increasingly defined by conflicts with powerful states like China and Russia. Mr. Pompeo says the U.S. must be assertive but flexible in dealing with both Beijing and Moscow. He wants the U.S. relationship with China to be defined by rule-writing and rule-enforcing, not anarchic struggle. China, he says, hasn’t honored “the normal set of trade understandings . . . where these nation states would trade with each other on fair and reciprocal terms; they just simply haven’t done it. They’ve engaged in intellectual property theft, predatory economic practices.” Avoiding a more serious confrontation with China down the line will require both countries to appreciate one another’s long-term interests. The U.S. can’t simply focus on “a tariff issue today, or a particular island China has decided to militarize” tomorrow. Rather, the objective must be to create a rules-based structure to avoid a situation in which “zero-sum is the endgame for the two countries.” Mr. Pompeo also sees room for limited cooperation with Russia even as the U.S. confronts its revisionism. “There are many things about which we disagree. Our value sets are incredibly different, but there are also pockets where we find overlap,” he says. “That’s the challenge for a secretary of state—to identify those places where you can work together, while protecting America against the worst pieces of those governments’ activities.” (…) And the president’s agenda, as Mr. Pompeo communicates it, is one of extraordinary ambition: to rewrite the rules of world order in America’s favor while working out stable relationships with geopolitical rivals. Those goals may prove elusive. Inertia is a powerful force in international relations, and institutions and pre-existing agreements are often hard to reform. Among other obstacles, the Trump agenda creates the risk of a global coalition forming against American demands. American efforts to negotiate more favorable trading arrangements could lead China, Europe and Japan to work jointly against the U.S. That danger is exacerbated by Mr. Trump’s penchant for dramatic gestures and his volatile personal style. Yet the U.S. remains, by far, the world’s most powerful nation, and many countries will be looking for ways to accommodate the administration at least partially. Mr. Trump is right that the international rules and institutions developed during the Cold War era must be retooled to withstand new political, economic and military pressures. Mr. Pompeo believes that Mr. Trump’s instincts, preferences, and beliefs constitute a coherent worldview. (…) The world will soon see whether the president’s tweets of iron can be smoothly sheathed in a diplomatic glove. Walter Russell Mead
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Much has been written — some of it either inaccurate or designed to obfuscate the issue ahead of the midterms for political purposes — about the border fiasco and the unfortunate separation of children from parents. (…) The media outrage usually does not include examination of why the Trump administration is enforcing existing laws that it inherited from the Bush and Obama administrations that at any time could have been changed by both Democratic and Republican majorities in Congress; of the use of often dubious asylum claims as a way of obtaining entry otherwise denied to those without legal authorization — a gambit that injures or at least hampers thousands with legitimate claims of political persecution; of the seeming unconcern for the safety of children by some would-be asylum seekers who illegally cross the border, rather than first applying legally at a U.S. consulate abroad; of the fact that many children are deliberately sent ahead, unescorted on such dangerous treks to help facilitate their own parents’ later entrance; of the cynicism of the cartels that urge and facilitate such mass rushes to the border to overwhelm general enforcement; and of the selective outrage of the media in 2018 in a fashion not known under similar policies and detentions of the past. In 2014, during a similar rush, both Barack Obama (“Do not send your children to the borders. If they do make it, they’ll get sent back.”) and Hillary Clinton (“We have to send a clear message, just because your child gets across the border, that doesn’t mean the child gets to stay. So, we don’t want to send a message that is contrary to our laws or will encourage more children to make that dangerous journey.”) warned — again to current media silence — would-be asylum seekers not to use children as levers to enter the U.S. (…) Mexico is the recipient of about $30 billion in annual remittances (aside from perhaps more than $20 billion annually sent to Central America) from mostly illegal aliens within the U.S. It is the beneficiary of an annual $71 billion trade surplus with the U.S. And it is mostly culpable for once again using illegal immigration and the lives of its own citizens — and allowing Central Americans unfettered transit through its country — as cynical tools of domestic and foreign policy. Illegal immigration, increasingly of mostly indigenous peoples, ensures an often racist Mexico City a steady stream of remittances (now its greatest source of foreign exchange), without much worry about how its indigent abroad can scrimp to send such massive sums back to Mexico. Facilitating illegal immigration also establishes and fosters a favorable expatriate demographic inside the U.S. that helps to recalibrate U.S. policy favorably toward Mexico. And Mexico City also uses immigration as a policy irritant to the U.S. that can be magnified or lessened, depending on Mexico’s own particular foreign-policy goals and moods at any given time.
All of the above call into question whether Mexico is a NAFTA ally, a neutral, or a belligerent, a status that may become perhaps clearer during its upcoming presidential elections. So far, it assumes that the optics of this human tragedy facilitate its own political agendas, but it may be just as likely that its cynicism could fuel renewed calls for a wall and reexamination of the entire Mexican–U.S. relationship and, indeed, NAFTA.
Victor Davis Hanson
This year there have been none of the usual Iranian provocations — frequent during the Obama administration — of harassing American ships in the Persian Gulf. Apparently, the Iranians now realize that anything they do to an American ship will be replied to with overwhelming force. Ditto North Korea. After lots of threats from Kim Jong-un about using his new ballistic missiles against the United States, Trump warned that he would use America’s far greater arsenal to eliminate North Korea’s arsenal for good. Trump is said to be undermining NATO by questioning its usefulness some 69 years after its founding. Yet this is not 1948, and Germany is no longer down. The United States is always in. And Russia is hardly out but is instead cutting energy deals with the Europeans. More significantly, most NATO countries have failed to keep their promises to spend 2 percent of their GDP on defense. Yet the vast majority of the 29 alliance members are far closer than the U.S. to the dangers of Middle East terrorism and supposed Russian bullying. Why does Germany by design run up a $65 billion annual trade surplus with the United States? Why does such a wealthy country spend only 1.2 percent of its GDP on defense? And if Germany has entered into energy agreements with a supposedly dangerous Vladimir Putin, why does it still need to have its security subsidized by the American military? Trump approaches NAFTA in the same reductionist way. The 24-year-old treaty was supposed to stabilize, if not equalize, all trade, immigration, and commerce between the three supposed North American allies. It never quite happened that way. Unequal tariffs remained. Both Canada and Mexico have substantial trade surpluses with the U.S. In Mexico’s case, it enjoys a $71 billion surplus, the largest of U.S. trading partners with the exception of China. Canada never honored its NATO security commitment. It spends only 1 percent of its GDP on defense, rightly assuming that the U.S. will continue to underwrite its security. During the lifetime of NAFTA, Mexico has encouraged millions of its citizens to enter the U.S. illegally. Mexico’s selfish immigration policy is designed to avoid internal reform, to earn some $30 billion in annual expatriate remittances, and to influence U.S. politics. Yet after more than two decades of NAFTA, Mexico is more unstable than ever. Cartels run entire states. Murders are at a record high. Entire towns in southern Mexico have been denuded of their young males, who crossed the U.S. border illegally. The U.S. runs a huge trade deficit with China. The red ink is predicated on Chinese dumping, patent and copyright infringement, and outright cheating. Beijing illegally occupies neutral islands in the South China Sea, militarizes them, and bullies its neighbors. All of the above has become the “normal” globalized world. But in 2016, red-state America rebelled at the asymmetry. The other half of the country demonized the red-staters as protectionists, nativists, isolationists, populists, and nationalists. However, if China, Europe, and other U.S. trading partners had simply followed global trading rules, there would have been no Trump pushback — and probably no Trump presidency at all. Had NATO members and NAFTA partners just kept their commitments, and had Mexico not encouraged millions of its citizens to crash the U.S. border, there would now be little tension between allies. Instead, what had become abnormal was branded the new normal of the post-war world. Again, a rich and powerful U.S. was supposed to subsidize world trade, take in more immigrants than all the nations of the world combined, protect the West, and ensure safe global communications, travel, and commerce. After 70 years, the effort had hollowed out the interior of America, creating two separate nations of coastal winners and heartland losers. Trump’s entire foreign policy can be summed up as a demand for symmetry from all partners and allies, and tit-for-tat replies to would-be enemies. Did Trump have to be so loud and often crude in his effort to bully America back to reciprocity? Who knows? But it seems impossible to imagine that globalist John McCain, internationalist Barack Obama, or gentlemanly Mitt Romney would ever have called Europe, NATO, Mexico, and Canada to account, or warned Iran or North Korea that tit would be met by tat. Victor Davis Hanson

Attention: un dépotoir peut en cacher un autre !

Au lendemain du Sommet de l’Otan et de la visite au Royaume-Uni

D’un président américain contre lequel se sont à nouveau déchainés nos médias et nos belles âmes …

Et en cette finale de la Coupe du monde en un pays qui, entre dopage et corruption, empoisonne les citoyens de ses partenaires …

A l’heure où des mensonges nucléaires et de l’aventurisme militaire des Iraniens

Aux méga-excédents commerciaux et filouteries sur la propriété intellectuelle des Chinois …

Comme aux super surplus du commerce extérieur, la radinerie défensive et la mise sous tutelle énergétique russe des Allemands

Et sans parler, entre deux attentats terroristes ou émeutes urbaines, du « business » juteux (quelque 7 milliards annuels quand même !) des passeurs de prétendus « réfugiés » …

L’actualité comme les sondages confirment désormais presque quotidiennement les fortes intuitions de l’éléphant dans le magasin de porcelaine …

Comment qualifier un pays qui …

Derrière les « fake news » et images victimaires dont nous bassinent jour après jour nos médias …

Et entre le contrôle d’états entiers par les cartels de la drogue, les taux d’homicides records et les villes entières vidées de leurs forces vives par l’émigration sauvage …

Se permet non seulement, comme le rappelle l’historien militaire américain Victor Davis Hanson, d’intervenir dans la politique américaine …

Mais encourage, à la Castro et repris de justice compris, ses citoyens par millions à pénétrer illégalement aux États-Unis …

Alors qu’il bénéficie par ailleurs, avec plus de 70 milliards de dollars et sans compter les quelque 30 milliards de ses expatriés, du plus important excédent commercial avec les Etats-Unis après la Chine ?

Reciprocity Is the Method to Trump’s Madness
Victor Davis Hanson

National Review

July 12, 2018

The president sends a signal: Treat us the way we treat you, and keep your commitments.Critics of Donald Trump claim that there’s no rhyme or reason to his foreign policy. But if there is a consistency, it might be called reciprocity.

Trump tries to force other countries to treat the U.S. as the U.S. treats them. In “don’t tread on me” style, he also warns enemies that any aggressive act will be replied to in kind.

The underlying principle of Trump commercial reciprocity is that the United States is no longer powerful or wealthy enough to alone underwrite the security of the West. It can no longer assume sole enforcement of the rules and protocols of the post-war global order.

This year there have been none of the usual Iranian provocations — frequent during the Obama administration — of harassing American ships in the Persian Gulf. Apparently, the Iranians now realize that anything they do to an American ship will be replied to with overwhelming force.

Ditto North Korea. After lots of threats from Kim Jong-un about using his new ballistic missiles against the United States, Trump warned that he would use America’s far greater arsenal to eliminate North Korea’s arsenal for good.

Trump is said to be undermining NATO by questioning its usefulness some 69 years after its founding. Yet this is not 1948, and Germany is no longer down. The United States is always in. And Russia is hardly out but is instead cutting energy deals with the Europeans.

More significantly, most NATO countries have failed to keep their promises to spend 2 percent of their GDP on defense.

Yet the vast majority of the 29 alliance members are far closer than the U.S. to the dangers of Middle East terrorism and supposed Russian bullying.

Why does Germany by design run up a $65 billion annual trade surplus with the United States? Why does such a wealthy country spend only 1.2 percent of its GDP on defense? And if Germany has entered into energy agreements with a supposedly dangerous Vladimir Putin, why does it still need to have its security subsidized by the American military?

Canada never honored its NATO security commitment. It spends only 1 percent of its GDP on defense, rightly assuming that the U.S. will continue to underwrite its security.

Trump approaches NAFTA in the same reductionist way. The 24-year-old treaty was supposed to stabilize, if not equalize, all trade, immigration, and commerce between the three supposed North American allies.

It never quite happened that way. Unequal tariffs remained. Both Canada and Mexico have substantial trade surpluses with the U.S. In Mexico’s case, it enjoys a $71 billion surplus, the largest of U.S. trading partners with the exception of China.

Canada never honored its NATO security commitment. It spends only 1 percent of its GDP on defense, rightly assuming that the U.S. will continue to underwrite its security.

During the lifetime of NAFTA, Mexico has encouraged millions of its citizens to enter the U.S. illegally. Mexico’s selfish immigration policy is designed to avoid internal reform, to earn some $30 billion in annual expatriate remittances, and to influence U.S. politics.

Yet after more than two decades of NAFTA, Mexico is more unstable than ever. Cartels run entire states. Murders are at a record high. Entire towns in southern Mexico have been denuded of their young males, who crossed the U.S. border illegally.

The U.S. runs a huge trade deficit with China. The red ink is predicated on Chinese dumping, patent and copyright infringement, and outright cheating. Beijing illegally occupies neutral islands in the South China Sea, militarizes them, and bullies its neighbors.

All of the above has become the “normal” globalized world.

If China, Europe, and other U.S. trading partners had simply followed global trading rules, there would have been no Trump pushback — and probably no Trump presidency at all.
But in 2016, red-state America rebelled at the asymmetry. The other half of the country demonized the red-staters as protectionists, nativists, isolationists, populists, and nationalists.

However, if China, Europe, and other U.S. trading partners had simply followed global trading rules, there would have been no Trump pushback — and probably no Trump presidency at all.

Had NATO members and NAFTA partners just kept their commitments, and had Mexico not encouraged millions of its citizens to crash the U.S. border, there would now be little tension between allies.

Instead, what had become abnormal was branded the new normal of the post-war world.

Again, a rich and powerful U.S. was supposed to subsidize world trade, take in more immigrants than all the nations of the world combined, protect the West, and ensure safe global communications, travel, and commerce.

After 70 years, the effort had hollowed out the interior of America, creating two separate nations of coastal winners and heartland losers.

Trump’s entire foreign policy can be summed up as a demand for symmetry from all partners and allies, and tit-for-tat replies to would-be enemies.

Did Trump have to be so loud and often crude in his effort to bully America back to reciprocity?

Who knows?

But it seems impossible to imagine that globalist John McCain, internationalist Barack Obama, or gentlemanly Mitt Romney would ever have called Europe, NATO, Mexico, and Canada to account, or warned Iran or North Korea that tit would be met by tat.

Voir aussi:

Pompeo on What Trump Wants
An interview with Trump’s top diplomat on America First and ‘the need for a reset.’
Walter Russell Mead
The Wall Street Journal
June 25, 2018

Is the Trump administration out to wreck the liberal world order? No, insisted Secretary of State Mike Pompeo in an interview at his office in Foggy Bottom last week: The administration’s aim is to align that world order with 21st-century realities.
Many of the economic and diplomatic structures Mr. Trump stands accused of undermining, Mr. Pompeo argues, were developed in the aftermath of World War II. Back then, he tells me, they “made sense for America.” But in the post-Cold War era, amid a resurgence of geopolitical competition, “I think President Trump has properly identified a need for a reset.”
Mr. Trump is suspicious of global institutions and alliances, many of which he believes are no longer paying dividends for the U.S. “When I watch President Trump give guidance to our team,” Mr. Pompeo says, “his question is always, ‘How does that structure impact America?’ ” The president isn’t interested in how a given rule “may have impacted America in the ’60s or the ’80s, or even the early 2000s,” but rather how it will enhance American power “in 2018 and beyond.”
Mr. Trump’s critics have charged that his “America First” strategy reflects a retreat from global leadership. “I see it fundamentally differently,” Mr. Pompeo says. He believes Mr. Trump “recognizes the importance of American leadership” but also of “American sovereignty.” That means Mr. Trump is “prepared to be disruptive” when the U.S. finds itself constrained by “arrangements that put America, and American workers, at a disadvantage.” Mr. Pompeo sees his task as trying to reform rules “that no longer are fair and equitable” while maintaining “the important historical relationships with Europe and the countries in Asia that are truly our partners.”
The U.S. relationship with Germany has come under particular strain. Mr. Pompeo cites two reasons. “It is important that they demonstrate a commitment to securing their own people,” he says, in reference to Germany’s low defense spending. “When they do so, we’re prepared to do the right thing and support them.” And then there’s trade. The Germans, he says, need to “create tariff systems and nontariff-barrier systems that are equitable, reciprocal.”
But Mr. Pompeo does not see the U.S.-German rift as a permanent reorientation of U.S. foreign policy. Once the defense and trade issues are addressed, “I’m very confident that the relationship will go from these irritants we see today to being as strong as it ever was.” He adds that he has a “special place in my heart” for Germany, having spent his “first three years as a soldier patrolling . . . the West and East German border.”
In addition to renegotiating relationships with existing allies, the Trump administration is facing newly assertive great-power adversaries. “For a decade plus,” Mr. Pompeo says, U.S. foreign policy was “very focused on counterrorism and much less on big power struggles.” Today, while counterterrorism remains a priority, geopolitics is increasingly defined by conflicts with powerful states like China and Russia.
Mr. Pompeo says the U.S. must be assertive but flexible in dealing with both Beijing and Moscow. He wants the U.S. relationship with China to be defined by rule-writing and rule-enforcing, not anarchic struggle. China, he says, hasn’t honored “the normal set of trade understandings . . . where these nation states would trade with each other on fair and reciprocal terms; they just simply haven’t done it. They’ve engaged in intellectual property theft, predatory economic practices.”
Avoiding a more serious confrontation with China down the line will require both countries to appreciate one another’s long-term interests. The U.S. can’t simply focus on “a tariff issue today, or a particular island China has decided to militarize” tomorrow. Rather, the objective must be to create a rules-based structure to avoid a situation in which “zero-sum is the endgame for the two countries.”
Mr. Pompeo also sees room for limited cooperation with Russia even as the U.S. confronts its revisionism. “There are many things about which we disagree. Our value sets are incredibly different, but there are also pockets where we find overlap,” he says. “That’s the challenge for a secretary of state—to identify those places where you can work together, while protecting America against the worst pieces of those governments’ activities.”
Mr. Pompeo says his most important daily task is to understand what the president is thinking. As he prepared for the job, “I spoke to every living former secretary of state,” Mr. Pompeo says. “They gave me two or three big ideas about things you needed to do to successfully deliver on American foreign policy. Not one of them got out of their top two without saying that a deep understanding and good relationship with the commander in chief—with the person whose foreign policy you’re implementing—is absolutely central.”
He continues: “It needs to be known around the world that when you speak, you’re doing so with a clear understanding of what the president is trying to achieve. So I spend a lot of time thinking about that—trying to make sure that I have my whole workforce, my whole team, understanding the commander’s intent in a deep way.”
And the president’s agenda, as Mr. Pompeo communicates it, is one of extraordinary ambition: to rewrite the rules of world order in America’s favor while working out stable relationships with geopolitical rivals. Those goals may prove elusive. Inertia is a powerful force in international relations, and institutions and pre-existing agreements are often hard to reform.
Among other obstacles, the Trump agenda creates the risk of a global coalition forming against American demands. American efforts to negotiate more favorable trading arrangements could lead China, Europe and Japan to work jointly against the U.S. That danger is exacerbated by Mr. Trump’s penchant for dramatic gestures and his volatile personal style.
Yet the U.S. remains, by far, the world’s most powerful nation, and many countries will be looking for ways to accommodate the administration at least partially. Mr. Trump is right that the international rules and institutions developed during the Cold War era must be retooled to withstand new political, economic and military pressures.
Mr. Pompeo believes that Mr. Trump’s instincts, preferences, and beliefs constitute a coherent worldview. The secretary’s aim is to undertake consistent policy initiatives based on that worldview. This endeavor will strike many of the administration’s critics as quixotic. But Mr. Pompeo is unquestionably right that no secretary of state can succeed without the support of the president, and he is in a better position than most to understand Mr. Trump’s mind.
The world will soon see whether the president’s tweets of iron can be smoothly sheathed in a diplomatic glove.
Voir également:

De Cuba aux Etats-Unis : il y a trente ans, les Marielitos

Michel Faure

C’était il y a trente ans très exactement. Mai 1980. J’étais jeune journaliste, envoyé spécial de Libération à Key West, en Floride. Je restais des heures, fasciné, sur le quai du port où arrivaient, les unes après les autres en un flot continu extraordinaire, des embarcations diverses -bateaux de pêche, petits et gros, vedettes de promenade, yachts chics– chargées de réfugiés cubains.

C’était une noria incessante, menée avec beaucoup d’enthousiasme. Ces bateaux battaient tous pavillon des Etats-Unis et, pour la plupart, étaient la propriété d’exilés cubains vivant en Floride. Ils débarquaient leurs passagers sous les vives lumières des télévisions et les applaudissements d’une foule de badauds émus aux larmes et scrutant chaque visage avec intensité, dans l’espoir d’y retrouver les traits d’un parent, d’un ami ou d’un amour perdu de vue depuis plus de vingt ans.

Puis les bateaux repartaient pour un nouveau voyage à Mariel, le port cubain d’où partaient les exilés et qui leur donnera un surnom, « los Marielitos ».

La Croix Rouge et la logistique gouvernementale américaine ont fait du bon travail. Les arrivants, épuisés, l’air perdu, souvent inquiets, étaient accueillis avec égards, hydratés, nourris et enveloppés de couvertures.

Ils passaient à travers un double contrôle, médical et personnel, avant d’être rassemblés sous un immense hangar, libres de répondre, s’ils le souhaitaient, aux questions des journalistes, avant d’être transportés par avion à Miami.

Quand les Cubains étaient accueillis sous les bravos

Ceux que j’ai rencontrés, dans ces instants encore très incertains pour eux, racontaient plus ou moins la même histoire : la misère de tous les jours sous la surveillance constante des CDR, les Comités de la révolution, les commissaires politiques du quartier qui avaient (et ont toujours) le pouvoir de vous rendre la vie à peu près tolérable ou de vous la pourrir à jamais.

Oser dire qu’on aurait aimé vivre ailleurs n’arrangeait pas votre cas. Un mot du CDR et vous perdiez votre boulot. Le travail privé n’existant pas, le seul fait de survivre était l’indice d’un délit, genre travail au noir. Pour des raisons éminemment politiques, vous vous retrouviez donc en prison, délinquant de droit commun.

Bref, la routine infernale, les engrenages implacables et cruels de la criminalisation de la vie quotidienne pour quiconque ne courbait pas l’échine.

A Miami, dans un stade gigantesque, j’ai assisté quelques jours plus tard à des scènes de tragédies antiques, émouvantes à en pleurer. Les milliers de sièges du stade étaient occupés par des familles cubaines vivant aux Etats-Unis et, de jour comme de nuit, arrivaient de l’aéroport des autobus qui déposaient leurs occupants débarqués de Mariel (en ce seul mois de mai 1980, ils furent 86 000).

Ils étaient accueillis dans le stade sous les bravos. Puis, dans le silence revenu, un speaker énonçait ces noms interminables dont le castillan a le secret, ces Maria de la Luz Martinez de Sanchez, ou ces José-Maria Antonio Perez Rodriguez.

Et soudain, un cri dans un coin du stade, le faisceau lumineux des télés pointé vers un groupe de gens sautant en l’air de joie puis dévalant les escaliers du stade pour tomber dans les bras des cousins ou frères et sœurs retrouvés.

La stratégie de Fidel Castro

Cet exode des Marielitos a commencé par un coup de force. Le 5 avril 1980, 10 000 Cubains entrent dans l’ambassade du Pérou à La Havane et demandent à ce pays de leur accorder asile.

Dix jours plus tard, Castro déclare que ceux qui veulent quitter Cuba peuvent le faire à condition d’abandonner leurs biens et que les Cubains de Floride viennent les chercher au port de Mariel.

L’hypothèse est que Castro voit dans cette affaire une double opportunité :

  • Il se débarrasse d’opposants -il en profite également pour vider ses prisons et ses asiles mentaux et sans doute infiltrer, parmi les réfugiés, quelques agents castristes ;
  • Il espère que cet afflux soudain d’exilés va profondément déstabiliser le sud de la Floride et affaiblir plus encore le brave Président Jimmy Carter, préchi-prêcheur démocrate des droits de l’homme, un peu trop à gauche pour endosser l’habit de grand Satan impérialiste que taille à tous les élus de la Maison Blanche le leader cubain.

De fait, du 15 avril au 31 octobre 1980, quelque 125 000 Cubains quitteront l’île. 2 746 d’entre eux ont été considérés comme des criminels selon les lois des Etats-Unis et incarcérés.

L’économie de la région de Miami a absorbé en deux ou trois ans le choc de cet exode et, depuis, se porte très bien, notamment parce que de nombreux exilés étaient des professionnels diplômés (médecins, professeurs…) qui non seulement se sont facilement intégrés au sein de la société de Miami, mais l’ont aussi dynamisée.

Parmi les Marielitos, un poète : Reinaldo Arenas

En août 1994, 30 000 autres Cubains, « los Balseros » -ainsi nommés parce qu’ils s’enfuyaient par la mer sur des embarcations aussi précaires que des « balsas », des chambres à air de camion- ont rejoint à leur tour les côtes de Floride.

Puis la politique a repris la main. Castro a compris que le spectacle de ces exodes à répétition et le nombre et la qualité des exilés fragilisaient l’image du régime et son avenir. Les Etats-Unis, quant à eux, ont entendu les voix des conservateurs défenseurs des frontières.

Tout cela a abouti à un accord migratoire qui traduit une politique américaine absurde et déshonorante consistant à n’admettre sur le territoire des Etats-Unis que ceux qui l’auront touché du pied, et renvoyer tous les autres en direction de Cuba qu’ils fuyaient.

L’accommodement avec une dictature l’a emporté sur la générosité à l’endroit de ses réfugiés.

Parmi les Marielitos, il faut noter la présence de l’écrivain et poète Reinaldo Arenas, qui mourra quelques années plus tard du sida, à New York. Son véritable crime fut d’être homosexuel et son livre, « Avant la Nuit », a été remarquablement adapté en 2000 par Julian Schnabel avec le film « Before the Night Falls ». Il montre la terrible épreuve que fut pour tous les exilés le passage des contrôles du port de Mariel.

Voir de même:

Trump Was Right: Castro Did Send Criminals to U.S.

The Weekly Standard

If you ever worry about the quality of news on the Internet, consider a recent story at BuzzFeed from reporter Adrian Carrasquillo. The writer notes indignantly that Donald Trump’s infamous campaign comments about Mexican immigrants were not unprecedented: Speaking on a radio talk show, in 2011, Trump had anticipated his claim that « Mexico was sending criminals and rapists » to the United States (in Carrasquillo’s words) by « appear[ing] to suggest Fidel Castro had hatched a similar gambit. »

Here is what Trump said in 2011:

I remember, years ago, where Castro was sending his worst over to this country. He was sending criminals over to this country, and we’ve had that with other countries where they use us as a dumping ground.

Carrasquillo acknowledged that Trump’s facts are not imaginary— »Trump was speaking about the Mariel boatlift in 1980, when more than 125,000 Cubans came to the U.S. because of the island’s floundering economy »—but he seems to have gleaned what knowledge he has about the Mariel boatlift from the Internet, or perhaps a friend or neighbor: « Castro did send prisoners and mentally ill people to the U.S. mixed in with other refugees, » Carrasquillo wrote.

In fact, of course, it was not Cuba’s « floundering economy »—Cuba’s economy, it could reasonably be argued, has always been floundering—that prompted the exodus; it was Fidel Castro’s malice. The Jimmy Carter administration, as Democratic administrations tend to do, had been seeking a rapprochement with the Cuban regime, and in early 1980, Castro—habitually angered by the official American welcome to Cuban refugees—rewarded Carter’s credulity by emptying his nation’s jails, prisons, and mental institutions and sending their occupants, in overcrowded vessels, across the Straits of Florida to Miami.

It was an extraordinarily cruel, and cynical, gesture on Castro’s part; but of course, hardly surprising. And in any case, it swiftly halted Carter’s flirtation with Cuba.

What Adrian Carrasquillo doesn’t appear to know, however, and what gives this episode contemporary resonance, is that the Mariel boatlift, and its attendant migrant crisis, had political repercussions that extend to the present day. One of the repositories for Cuban criminals chosen by the Carter White House was Fort Chaffee, Arkansas, where there were subsequent riots and mass escapes. The governor of Arkansas, one Bill Clinton, was furious that his state had been chosen to pay the price for Carter’s misjudgment—and he complained loudly and publicly about it. So loudly, in fact, that it made Carter’s efforts to settle refugees elsewhere politically toxic.

Jimmy Carter never forgave Bill Clinton for the Mariel/Fort Chaffee debacle. And vice versa, since it was one of the main reasons which led to Clinton’s defeat for re-election in November 1980. It also explains the continued enmity between the senior living Democratic ex-president, Carter, and Clinton—whose wife Hillary is currently running for president.

A handful of lessons may be drawn from all this: The roots of political issues are deep and complicated; the settlement of refugees is a sensitive matter; and it seldom pays presidents to trust the Castro regime. From a journalistic standpoint, however, it raises an urgent question: Does BuzzFeed employ editors with knowledge of events before, say, 2011?

Voir de plus:

Years Before Mexican Comments, Trump Said Castro Was Sending Criminals To U.S.
« I remember, years ago, where Castro was sending his worst over to this country. He was sending criminals over to this country, and we’ve had that with other countries where they use us as a dumping ground. »
Adrian Carrasquillo
BuzzFeed News
October 6, 2016

Four years before Donald Trump roiled the presidential race by announcing that Mexico was sending criminals and rapists — their worst — to the U.S., he appeared to suggest Fidel Castro had hatched a similar gambit.

Speaking on Laura Ingraham’s radio show in 2011, Trump took a rhetorical tact that will be familiar to anyone paying even a passing interest to the 2016 presidential election.

« You either have borders or you don’t have borders. Now, that doesn’t mean you can’t make it possible for somebody that’s really good to become a citizen. But I think part of the problem that this country has is we’re taking in people that are, in some cases, good, and in some cases, are not good and in some cases are criminals, » Trump said.

« I remember, years ago, where Castro was sending his worst over to this country. He was sending criminals over to this country, and we’ve had that with other countries where they use us as a dumping ground, » he continued. « And frankly, the fact that we allow that to happen is what’s really hurting this country very badly. »

Liberal media watchdog Media Matters provided the audio from their archives, after a request by BuzzFeed News.

While Trump does not mention Fidel Castro’s full name, he made similar comments about Cubans on conservative radio last summer, just weeks after his initial remarks about Mexicans during his June announcement.

“And they’re sending — if you remember, years ago, when Castro opened up his jails, his prisons, and he sent them all over to the United States because let the United States have them,” Trump said. “And you know, these were the many hardcore criminals that he sent over. »

Trump was speaking about the Mariel boatlift in 1980, when more than 125,000 Cubans came to the U.S. because of the island’s floundering economy. Castro did send prisoners and mentally ill people to the U.S. mixed in with other refugees.

In a statement, Trump campaign senior advisor and Hispanic outreach director, AJ Delgado, said his remarks in 2011 were absolutely correct and only underscore his « keen awareness » of historical facts.

« The 1980 Mariel boatlift out of Cuba certainly did contain thousands of criminals, including violent criminals, the Castro regime having taken it as an opportunity to empty many of its prisons and send those individuals to the U.S, » she said, stressing that the matter is not in dispute.

« Worth noting, this 2011 audio also proves Mr. Trump’s years-long consistency: even five years ago, he was advocating for the same sound immigration policies he advocates today — one that places Americans’ safety and security first, » she added.

Trump’s relationship with Cuban-American voters is somewhat unusual for a Republican nominee. For years, support for the embargo on Cuba has been a major Republican plank; a recent Newsweek report also alleged that Trump violated the Cuban embargo when he disguised payments from his companies in Cuba in an attempt to make money on the island.

The Republican nominee changed his opinion on immigration multiple times in the past few years, including during the campaign. But he has also struck a nativist and restrictionist tone on the dangers and nefarious intentions of foreigners coming to the country for years. Though Barack Obama’s two campaigns showed the traditionally Republican voting bloc beginning to fray somewhat, that’s put more pressure on those voters, particularly younger ones.

« We know how Donald Trump feels about the Hispanic community, and this is just more of the same, » said Joe Garcia, a Cuban-American Democrat running for congress in Florida where Trump has become a flashpoint in his race against Rep. Carlos Curbelo, who has also denounced Trump. « Whether he makes hateful statements today or five years ago, Trump’s sentiments toward minority groups have been very clear. »

Ana Navarro, a CNN commentator and Republican strategist who has staunchly opposed Trump, noted that being a « marielito » was somewhat taboo for a while, « but it’s important not to forget all the good people who came. Many have gone on to make great contributions to the U.S. »

Jose Parra, a Democratic strategist from Florida who served as a senior adviser to Sen. Harry Reid, argued the comments leave no doubt that Trump doesn’t just have it out for Mexicans.

« Now we know that when he says Mexicans, he means all Hispanics, » Parra said. « He was talking about Cubans in this case… the issue is Hispanics not Mexicans. It’s immigrants period. »

Nathaniel Meyersohn contributed reporting.

Voir encore:

Trump Says Mexican Immigrants Are Just Like « Hardcore Criminals » Castro Sent To U.S.
Trump also took credit for bringing to the public’s attention the death of a San Francisco woman killed by an undocumented immigrant.
Andrew Kaczynski
BuzzFeed News
July 10, 2015

Republican presidential candidate Donald Trump on Wednesday compared undocumented Mexican immigrants to the « hardcore criminals » Fidel Castro sent to the United States in the early 1980s.

Speaking on conservative radio, the real estate mogul addressed the controversy surrounding his characterization of Mexican immigrants as « rapists » in his presidential announcement speech.

« A lot of people said, ‘Would you apologize?’ I said, ‘Absolutely, I’d apologize, if there was something to apologize for, » Trump told radio host Wayne Dupree on Wednesday.

« But what I said is exactly true. You understand that, Wayne. And what I’m saying — and I have great respect for the Mexican people. I love the Mexican people. I have many Mexicans working for me and they’re great. »

« But that’s — we’re not talking about — we’re talking about a government that’s much smarter than our government, » Trump continued. « Much sharper, more cunning than our government, and they’re sending people. »

Trump then went on to compare the immigrants coming into the country from Mexico to Cuban exiles who came to the U.S. as a part of the Mariel boatlift in 1980. Many of those exiles were later found to be inmates released from Cuban prisons and mental health facilities.

« And they’re sending — if you remember, years ago, when Castro opened up his jails, his prisons, and he sent them all over to the United States because let the United States have them, » Trump stated. « And you know, these were the many hardcore criminals that he sent over. And, you know, that was a long time ago but essentially Mexico is sending over — as an example, this horrible guy that killed a beautiful woman in San Francisco. Mexico doesn’t want him. So they send him over. How do you think he got over here five times? They push him out. They’re pushing their problems onto the United States, and we don’t talk about it because our politicians are stupid. »

Trump then took credit for bringing to the public’s attention the death of the San Francisco woman killed by an undocumented immigrant.

« I don’t even think it’s a question of, uh, good politics. I think they’re just stupid. I don’t think they know what they’re doing. So I bring it up and, you’re right, it became a big story, » said Trump.

« And I’ll tell you something: the young woman that was killed — that was a statistic. That wasn’t even a story. My wife brought it up to me. She said, you know, she saw this little article about the young woman in San Francisco that was killed, and I did some research and I found out that she was killed by this animal … who illegally came into the country many times, by the way, and who has a long record of convictions. And I went public with it and now it’s the biggest story in the world right now. … Her life will be very important for a lot of reasons, but one of them would be that she’s throwing light and showing light on what’s happening in this country. »

Voir par ailleurs:

The White House Used This Moment as Proof the U.S. Should Cut Immigration. Its Real History Is More Complicated

Julio Capó, Jr.

Time
August 4, 2017

This week, as President Trump comes out in support of a bill that seeks to halve legal immigration to the United States, his administration is emphasizing the idea that Americans and their jobs need to be protected from all newcomers—undocumented and documented. To support that idea, his senior policy adviser Stephen Miller has turned to a moment in American history that is often referenced by those who support curbing immigration: the Mariel boatlift of 1980. But, in fact, much of the conventional wisdom about that episode is based on falsehoods rooted in Cold War rhetoric.

During a press briefing on Wednesday, journalist Glenn Thrush asked Miller to provide statistics showing the correlation between the presence of low-skill immigrants and decreased wages for U.S.-born and naturalized workers. In response, Miller noted the findings of a recent study by Harvard economist George Borjas on the Mariel boatlift, which contentiously argued that the influx of over 125,000 Cubans who entered the United States from April to October of 1980 decreased wages for southern Florida’s less educated workers. Borjas’ study, which challenged an earlier influential study by Berkeley economist David Card, has received major criticisms. A lively debate persists among economists about the study’s methods, limited sample size and interpretation of the region’s racial categories—but Miller’s conjuring of Mariel is contentious on its own merits.

The Mariel boatlift is an outlier in the pages of U.S. immigration history because it was, at its core, a result of Cold War posturing between the United States and Cuba.

Fidel Castro found himself in a precarious situation in April 1980 when thousands of Cubans stormed the Peruvian embassy seeking asylum. Castro opened up the port of Mariel and claimed he would let anyone who wanted to leave Cuba to do so. Across the Florida Straits, the United States especially prioritized receiving people who fled communist regimes as a Cold War imperative. Because the newly minted Refugee Act had just been enacted—largely to address the longstanding bias that favored people fleeing communism—the Marielitos were admitted under an ambiguous, emergency-based designation: “Cuban-Haitian entrant (status pending).” At this week’s press conference, Miller avoided discussions of guest workers because they enter under separate procedures. It’s important to note, however, that the Marielitos also entered under a separate category.

In order to save face, Castro put forward the narrative that the Cubans who sought to leave the island were the dregs of society and counter-revolutionaries who needed to be purged because they could never prove productive to the nation. This sentiment, along with reports that he had opened his jails and mental institutes as part of this boatlift, fueled a mythology that the Marielitos were a criminal, violent, sexually deviant and altogether “undesirable” demographic.

In reality, more than 80% of the Marielitos had no criminal past, even in a nation where “criminality” could include acts antithetical to the revolutionary government’s ideals. In addition to roughly 1,500 mentally and physically disabled people, this wave of Cubans included a significant number of sex workers and queer and transgender people—some of whom were part of the minority who had criminal-justice involvement, having been formerly incarcerated because of their gender and sexual transgression.

Part of what made Castro’s propaganda scheme so successful was that his regime’s repudiation of Marielitos found an eager audience in the United States among those who found it useful to fuel the nativist furnace. U.S. legislators, policymakers and many in the general public accepted Castro’s negative depiction of the Marielitos as truth. By 1983, the film Scarface had even fictionalized a Marielito as a druglord and violent criminal.

Then and now, the boatlift proved incredibly unpopular among those living in the United States and is often cited as one of the most vivid examples of the dangers of lax immigration enforcement. In fact, many of President Jimmy Carter’s opponents listed Mariel as one of his and the Democratic Party’s greatest failures, even as his Republican successor, President Ronald Reagan, also embraced the Marielitos as part of an ideological campaign against Cuba. And the political consequences of the reaction to Mariel didn’t stop there: the episode also helped birth the English-only movement in the United States, after Dade County residents voted to remove Spanish as a second official language in November of 1980. (The new immigration proposal that Trump supports would also privilege immigrants who can speak English.)

While the Mariel boatlift—with its massive influx of people in a short period of time—may appear to be an ideal case study for economists to explore whether immigrants decreased wages for U.S.-born workers, its Cold War-influenced and largely anomalous history makes it less so.

During this week’s press conference, Miller later told Thrush that, more than statistics, we should use “common sense” in crafting our policies. As the case of the Mariel boatlift shows, so-called common sense can be inextricably informed by ulterior motives, prejudice and global political disagreement. When history is used to inform policy decisions, this too must be factored.

Historians explain how the past informs the present

Julio Capó, Jr. is assistant professor of history at the University of Massachusetts, Amherst and was a visiting scholar at the United States Studies Centre at the University of Sydney. His book on Miami’s queer past, Welcome to Fairyland, is forthcoming from the University of North Carolina Press.

Voir aussi:

There’s no evidence that immigrants hurt any American workers
The debate over the Mariel boatlift, a crucial immigration case study, explained.
Michael Clemens

Aug 3, 2017

Pressed by a New York Times reporter yesterday for evidence that immigration hurts American workers, White House senior adviser Stephen Miller said: “I think the most recent study I would point to is the study from George Borjas that he just did about the Mariel Boatlift.” Michael Clemens recently explained why that much-cited study shouldn’t be relied upon:

Do immigrants from poor countries hurt native workers? It’s a perpetual question for policymakers and politicians. That the answer is a resounding “Yes!” was a central assertion of Donald Trump’s presidential campaign. When a study by an economist at Harvard University recently found that a famous influx of Cuban immigrants into Miami dramatically reduced the wages of native workers, immigration critics argued that the debate was settled.

The study, by Harvard’s George Borjas, first circulated as a draft in 2015, and was finally published in 2017. It drew attention from the Atlantic, National Review, New Yorker, and others. Advocates of restricting immigration declared that the study was a “BFD” that had “nuked” their opponents’ views. The work underpinning the paper became a centerpiece of Borjas’s mass-market book on immigration, We Wanted Workers, which has been cited approvingly by US Attorney General Jeff Sessions as proving the economic harms of immigration.

But there’s a problem. The study is controversial, and its finding — that the Cuban refugees caused a large, statistically unmistakable fall in Miami wages — may be simply spurious. This matters because what happened in Miami is the one historical event that has most shaped how economists view immigration.

In his article, Borjas claimed to debunk an earlier study by another eminent economist, David Card, of UC Berkeley, analyzing the arrival of the Cubans in Miami. The episode offers a textbook case of how different economists can reach sharply conflicting conclusions from exactly the same data.

Yet this is not an “on the one hand, on the other” story: My own analysis suggests that Borjas has not proved his case. Spend a few minutes digging into the data with me, and it will become apparent that the data simply does not allow us to conclude that those Cubans caused a fall in Miami wages, even for low-skill workers.

The Mariel boatlift offered economists a remarkable opportunity to study the effect of immigration

For an economist, there’s a straightforward way to study how low-skill immigration affects native workers: Find a large, sudden wave of low-skill immigrants arriving in one city only. Watch what happens to wages and employment for native workers in that city, and compare that to other cities where the immigrants didn’t go.

An ideal “natural experiment” like this actually happened in Miami in 1980. Over just a few months, 125,000 mostly low-skill immigrants arrived from Mariel Bay, Cuba. This vast seaborne exodus — Fidel Castro briefly lifted Cuba’s ban on emigration -— is known as the Mariel boatlift. Over the next few months, the workforce of Miami rose by 8 percent. By comparison, normal immigration to the US increases the nationwide workforce by about 0.3 percent per year. So if immigrants compete with native workers, Miami in the 1980s is exactly where you should see natives’ wages drop.

Berkeley’s Card examined the effects of the Cuban immigrants on the labor market in a massively influential study in 1990. In fact, that paper became one of the most cited in immigration economics. The design of the study was elegant and transparent. But even more than that, what made the study memorable was what Card found.

In a word: nothing.

The Card study found no difference in wage or employment trends between Miami — which had just been flooded with new low-skill workers — and other cities. This was true for workers even at the bottom of the skills ladder. Card concluded that “the Mariel immigration had essentially no effect on the wages or employment outcomes of non-Cuban workers in the Miami labor market.”

You can see Card’s striking result in the graph below: There’s just no sign of a dip in low-skill Miami wages after the huge arrival of low-skill Cubans in 1980. The red line is the average wage, in each year, for workers in Miami, ages 19 to 65, whose education doesn’t go beyond high school. The dotted red lines show the interval of statistical confidence, so the true average wage could fall anywhere between the dotted lines.

These estimates come from a slice of a nationwide survey, in which small groups of individuals are chosen to represent the broader population. (It’s known as the March Supplement of the Current Population Survey, or CPS). Carving out low-skill workers in Miami alone, that leaves an average of 185 observations of workers per year, during the crucial years.

The gray dashed line shows what the wage would be if the pre-1980 trend had simply continued after 1980. As you can see, there is no dip in wages after those Cubans greatly increased the low-skill labor supply in 1980. If anything, wages rose relative to their previous trend in Miami. The same is true relative to wage trends in other, similar cities.

Current Population Survey, Clemens

Economists ever since have tried to explain this remarkable result. Was it that the US workers who might have suffered a wage drop had simply moved away? Had low-skill Cubans made native Miamians more productive by specializing in different tasks, thus stimulating the local economy? Was it that the Cubans’ own demand for goods and services had generated as many jobs in Miami as they filled? Or perhaps was it that Miami employers shifted to production technologies that used more low-skill labor, absorbing the new labor supply?

Regardless, there was no dip in wages to explain. The real-life economy was evidently more complex than an “Econ 101” model would predict. Such a model would require wages to fall when the supply of labor, through immigration, goes up.

Slicing up the data — all too finely

This is where two new studies came in, decades after Card’s — in 2015. One, by Borjas, claims that Card’s analysis had obscured a large fall in the wages of native workers by using too broad a definition of “low-skill worker.” Card’s study had looked at the wages of US workers whose education extended only to high school or less. That was a natural choice, since about half of the newly-arrived Cubans had a high school degree, and half didn’t.

Borjas, instead, focuses on workers who did not finish high school — and claimed that the Boatlift caused the wages of those workers, those truly at the bottom of the ladder, to collapse.

The other new study (ungated here), by economists Giovanni Peri and Vasil Yasenov, of the UC Davis and UC Berkeley, reconfirms Card’s original result: It cannot detect an effect of the boatlift on Miami wages, even among workers who did not finish high school.

In short, different well-qualified economists arrive at opposite conclusions about the effects of immigration, looking at the same data about the same incident, with identical modern analytical tools at their disposal. How that happened has a lot to teach about why the economics of immigration remains so controversial.

Suppose we are concerned that the graph above, covering all low-skill workers in Miami, is too aggregated — meaning it combines too many different kinds of workers. We would not want to miss the effects on certain subgroups that may have competed more directly with the newly-arrived Cubans. For example, the Mariel migrants were mostly men. They were Hispanic. Many of them were prime-age workers (age 25 to 59). So we should look separately at what happened to wages for each of those groups of low-skill workers who might compete with the immigrants more directly: men only, non-Cuban Hispanics only, prime-age workers only. Here’s what wages look like for those slices of the same data:

Here again, if anything, wages rose for each of these groups of low-skill workers after 1980, relative to their previous trend. There isn’t any dip in wages to explain. And, again, the same is true if you compare wage trends in Miami to trends in other, similar cities.

Peri and Yasenov showed that there is still no dip in wages even when you divide up low-skill workers by whether or not they finished high school. About half of the Mariel migrants had finished high school, and the other half hadn’t. So you might expect negative wage effects on both groups of workers in Miami. Here is what the wage trends look like for those two groups.

The wages of Miami workers with high school degrees (and no more than that) jump up right after the Mariel boatlift, relative to prior trends. The wages of those with less than a high school education appear to dip slightly, for a couple of years, although this is barely distinguishable amid the statistical noise. And these same inflation-adjusted wages were also falling in many other cities that didn’t receive a wave of immigrants, so it’s not possible to say with statistical confidence whether that brief dip on the right is real. It might have been — but economists can’t be sure. The rise on the left, in contrast, is certainly statistically significant, even relative to corresponding wage trends in other cities.

Here is how the Borjas study reaches exactly the opposite conclusion. The Borjas study slices up the data much more finely than even Peri and Yasenov do. It’s not every worker with less than high school that he looks at. Borjas starts with the full sample of workers of high school or less — then removes women, and Hispanics, and workers who aren’t prime age (that is, he tosses out those who are 19 to 24, and 60 to 65). And then he removes workers who have a high school degree.

In all, that means throwing out the data for 91 percent of low-skill workers in Miami in the years where Borjas finds the largest wage effect. It leaves a tiny sample, just 17 workers per year. When you do that, the average wages for the remaining workers look like this:

For these observations picked out of the broader dataset, average wages collapse by at least 40 percent after the boatlift. Wages fall way below their previous trend, as well as way below similar trends in other cities, and the fall is highly statistically significant.

How to explain the divergent conclusions?

There are two ways to interpret these findings. The first way would be to conclude that the wage trend seen in the subgroup that Borjas focuses on — non-Hispanic prime-age men with less than a high school degree — is the “real” effect of the boatlift. The second way would be to conclude, as Peri and Yasenov do, that slicing up small data samples like this generates a great deal of statistical noise. If you do enough slicing along those lines, you can find groups for which wages rose after the Boatlift, and others for which it fell. In any dataset with a lot of noise, the results for very small groups will vary widely.

Researchers can and do disagree about which conclusion to draw. But there are many reasons to favor the view that there is no compelling basis to revise Card’s original finding. There is not sufficient evidence to show that Cuban immigrants reduced any low-skill workers’ wages in Miami, even small minorities of them, and there isn’t much more that can be learned about the Mariel boatlift with the data we have.

Here are three reasons why Card’s canonical finding stands.

Borjas’s theory doesn’t fit the evidence

The first reason is economic theory. The simple theory underlying all of this analysis is that when the supply of labor rises, wages have to fall. But if we interpret the wage drop in Borjas’s subgroup as an effect of the Boatlift, we need to interpret the upward jumps in the other graphs above, too, as effects of the Boatlift. That is, we would need to interpret the sharp post-Boatlift rise in wages for low-skill Miami Hispanics, regardless of whether they had a high school degree, as another effect of the influx of workers.

But wait. The theory of supply and demand cannot explain how a massive infusion of low-skill Cuban Hispanics would cause wages to rise for other Hispanics, who would obviously compete with them. For the same reason, we would need to conclude that the boatlift caused a large rise in the wages of Miami workers with high school degrees only, both Hispanic and non-Hispanic — who constitute the large majority of low-skill workers in Miami. And so on.

Economic theory doesn’t offer a reason why such a big benefit should happen. So we should be suspicious of jumping to the rosy conclusion that the Mariel boatlift caused big wage increases for the other 91 percent of low-skill workers in Miami. One could reach that conclusion by the same method Borjas used, if one sought such a result. But we should hesitate to make strong conclusions — one way or another — from any handpicked subset of the data.

The study states that this was done because, among other reasons, the arrival of non-Cuban Hispanics in some of the other cities that Miami is being compared to — including Anaheim and Rochester — may have driven down wages in those places. But the graphs shown here are just for Miami, unaffected by that hypothetical concern.

As you can see above, the wages of low-skill Hispanics as a whole jumped upward in Miami in the years after the boatlift. Dropping the data on groups that experienced wage increases, without a sound theoretical reason to do so, ensures by construction that wages fall in the small group that remains. The method determines the result.

There’s too much noise in the data to conclude native workers were hurt

The second reason the data backs Peri and Yasenov’s interpretation is statistical noise caused by small subsamples. Because there is a great deal of noise in the data, if we’re willing to take low-skill workers in Miami and hand-pick small subsets of them, we can always find small groups of workers whose wages rose during a particular period, and other groups whose wages fell. But at some point we’re learning more about statistical artifacts than about real-world events.

Remember the key Borjas sample in each year — the one that experienced a large drop in wages — was just 17 men. By picking various small subsets of the data, a researcher could hypothetically get any positive or negative “effect” of the boatlift.

Race made a difference here

Yet another reason to believe the Card study remains solid has to do with something very different from statistical noise. Average wages in tiny slices of the data can change sharply because of small but systematic changes in who is getting interviewed. And it turns out that the CPS sample includes vastly more black workers in the data used for the Borjas study after the boatlift than before it.

Because black men earned less than others, this change would necessarily have the effect of exaggerating the wage decline measured by Borjas. The change in the black fraction of the sample is too big and long-lasting to be explained by random error. (This is my own contribution to the debate. I explore this problem in a new research paper that I co-authored with Jennifer Hunt, a professor of economics at Rutgers University.)

Around 1980, the same time as the Boatlift, two things happened that would bring a lot more low-wage black men into the survey samples. First, there was a simultaneous arrival of large numbers of very low-income immigrants from Haiti without high school degrees: that is, non-Hispanic black men who earn much less than US black workers but cannot be distinguished from US black workers in the survey data. Nearly all hadn’t finished high school.

That meant not just that Miami suddenly had far more black men with less than high school after 1980, but also that those black men had much lower earnings. Second, the Census Bureau, which ran the CPS surveys, improved its survey methods around 1980 to cover more low-skill black men due to political pressure after research revealed that many low-income black men simply weren’t being counted.

You can see what happened in the graph below, which has a point for each year’s group of non-Hispanic men with less than high school, in the data used by Borjas (ages 25 to 59). The horizontal axis is the fraction of the men in the sample who are black. The vertical axis is the average wage in the sample. Because black men in Miami at this skill level earned much less than non-blacks, it’s no surprise that the more black men are covered by each year’s sample, the lower the average wage.

But here’s the critical problem: The fraction of black workers in this sample increased dramatically between the years just before the boatlift (in red) and the years just after the boatlift (in blue). That demographic shift would make the average wage in this group appear to fall right after the boatlift, even if no one’s wages actually changed in any subpopulation. What changed was who was included in the sample.

Why hadn’t this problem affected Card’s earlier results? Because there wasn’t any shift like this for workers who had finished high school only (as opposed to less than high school). Here is the same graph for those workers (again, non-Hispanic males 25 to 59):

Here, too, you can see that in the years where the survey covered more black men, the average wage is lower. But for this group, there wasn’t any increase in the relative number of blacks surveyed after 1980. If anything, black fraction of the sample is a little lower right after 1980. So the average wage in the post-boatlift years (blue) isn’t any lower than the average wage in the pre-boatlift years (red). About two-thirds of Card’s sample was these workers, where the shift in the fraction of black workers did not happen.

When the statistical results in the Borjas study are adjusted to allow for changing black composition of the sample in each city, the result becomes fragile. In the dataset Borjas focuses on, the result suddenly depends on which set of cities one chooses to compare Miami to. And in the other, larger CPS dataset that covers the same period, there is no longer a statistically significant dip in wages at all.

You might think that there’s an easy solution: Just test for the effects of the boatlift on workers who aren’t black. But this is really pushing the data further than it can go. By the time you’ve discarded women, and Hispanics, and workers under 25, and workers over 59, and anyone who finished high school— and blacks, you’ve thrown away 98 percent of the data on low-skill workers in Miami. There are only four people left in each year’s survey, on average, during the years that the Borjas study finds the largest effect. The average wage in that minuscule slice of the data looks like this:

With samples that small, the statistical confidence interval (represented by the dotted lines) is huge, meaning we can’t infer anything general from the results. We can’t distinguish large declines in wages from large rises in wages — at least until several years after the boatlift happened, and those can’t be plausibly attributed to the boatlift. Taking just four workers at a time from the larger dataset, a researcher could achieve practically any result whatsoever. There may have been a wage decline in this group, or a rise, but there just isn’t sufficient evidence to know.

David Card’s canonical conclusion stands

In sum, the evidence from the Mariel boatlift continues to support the conclusion of David Card’s seminal research: There is no clear evidence that wages fell (or that unemployment rose) among the least-skilled workers in Miami, even after a sudden refugee wave sharply raised the size of that workforce.

This does not by any means imply that large waves of low-skill immigration could not displace any native workers, especially in the short term, in other times and places. But politicians’ pronouncements that immigrants necessarily do harm native workers must grapple with the evidence from real-world experiences to the contrary.

Michael Clemens is an economist at the Center for Global Development in Washington, DC, and the IZA Institute of Labor Economics in Bonn, Germany. His book The Walls of Nations is forthcoming from Columbia University Press.

Voir aussi:

The Republican candidate wants to deport immigrants and build a wall to keep Mexicans out. So what drives los Trumpistas?

Lauren Gambino

‘Trump is our wakeup call’

Raul Rodriguez, 74, Apple Valley, California

I always carry a bullhorn with me to rallies and campaign events. Into it I shout: “America, wake up!” Americans have been asleep for way too long. We need to realise that the future of our country is at stake.

If we don’t elect Donald Trump, we’ll get another four years of Barack Obama and frankly, I don’t know what would happen to this wonderful country of ours. Obama has already done so much to destroy our way of life and Hillary Clinton is promising to carry on where he left off. Like Obama, she wants to change our fundamental values – the ones people like my father fought to defend.

My father was born in Durango, Mexico. When he came to the US he joined the military and served as a medic during the second world war. He was a very proud American – he truly loved this country. I think I got my sense of patriotism from him.

Obama and Hillary Clinton want to have open borders. They let illegal immigrants cross our borders and now they want to accept thousands of Syrians. We don’t know who these people are. If they want to come to this country, they have to do it the right way, like my father did it.

I’m tired of politicians telling voters what they want to hear and then returning to Washington and doing whatever their party tells them to do. Politicians are supposed to represent the people – not their parties or their donors.

Part of the reason I like Donald Trump is because he isn’t an established politician. Sometimes that hurts him and people get offended. But the truth hurts. Even if he doesn’t say it well, he’s not wrong. Trump is our wakeup call.

‘Democrats treat Latinos as if we’re all one big group’

Ximena Barreto, 31, San Diego, California

I was in primary school in my native Colombia when my father was murdered. I was six – just one year older than my daughter is now. My father was an officer in the Colombian army at a time when wearing a uniform made you a target for narcoterrorists, Farc fighters and guerrilla groups.

What I remember clearly from those early years is the bombing and the terror. I was so afraid, especially after my dad died. At night, I would curl up in my mother’s bed while she held me close. She could not promise me that everything was going to be all right, because it wasn’t true. I don’t want my daughter to grow up like that.

But when I turn on my TV, I see terrorist attacks in San Bernardino and in Orlando. There are dangerous people coming across our borders. Trump was right. Some are rapists and criminals, but some are good people, too. But how do we know who is who, when you come here illegally?

I moved to the US in 2006 on a work permit. It took nearly five years and thousands of dollars to become a US citizen. I know the process is not perfect, but it’s the law. Why would I want illegals coming in when I had to go through this? It’s not fair that they’re allowed to jump the line and take advantage of so many benefits, ones that I pay for with my tax dollars.

People assume that because I’m a woman, I should vote for the woman; or that because I’m Latina, I should vote for the Democrat. The Democrats have been pandering to minorities and women for the last 50 years. They treat Latinos as if we’re all one big group. I’m Colombian – I don’t like Mariachi music. Donald Trump is not just saying what he thinks people want to hear, he’s saying what they’re afraid to say. I believe that he’s the only candidate who can make America strong and safe again.

‘Trump beat the system: what’s more American than that?’

Bertran Usher, 20, Inglewood, California

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Bertran Usher, centre. Photograph: Edoardo Delille and Giulia Piermartiri/Institute

Donald Trump is the candidate America deserves. For decades, Americans have bemoaned politicians and Washington insiders. We despise political speak and crave fresh, new ideas. When you ask for someone with no experience, this is what you get. It’s like saying you don’t want a doctor to operate on you.

But Trump is a big FU to America. He beat the system and proved everyone wrong. What’s more American than that?

As a political science student who one day hopes to go into politics, I am studying this election closely. Both candidates are deeply unpopular and people of my generation are not happy with their choices. I believe we can learn what not to do from this election. I see how divided the country is, and it’s the clearest sign that politicians will have to learn to work together to make a difference. It’s not always easy, but I’ve seen this work.

I was raised in a multicultural household. My mother, a Democrat, is Latino and African American, raised in the inner city of Los Angeles. My father, a Republican, is an immigrant from Belize. My parents and I don’t always see eye to eye on everything, but our spirited debates have helped add nuance to my politics.

I’m in favour of small government, but I support gay rights. I believe welfare is an important service for Americans who need it, but I think our current programme needs to be scaled back. I think we need to have stricter enforcement of people who come to the country illegally, but I don’t think we should deport the DREAMers [children of immigrants who were brought to the country illegally, named after the 2001 Development, Relief, and Education for Alien Minors Act].

Trump can be a nut, but I think he’s the best candidate in this election. Though there are issues of his I disagree with, at least he says what’s on his mind, as opposed to Hillary Clinton, who hides what she’s thinking behind her smile.

It’s up to my generation to fix the political mess we’re in. I plan to be a part of the solution.

‘Trump’s The Art Of The Deal inspired me to be a businessman’

Omar Navarro, 27, Torrance, California

When I was a kid, people would ask what I wanted to be when I grew up. I would tell them: I want to be president of the United States. If that doesn’t work out, I want to be a billionaire like Trump.

In a way, I supported him long before he announced he was running for president. He was my childhood hero. I read The Art Of The Deal as a student; it inspired me to become a businessman. Now I own a small business and am running for Congress in California’s 43rd district.

Trump built an empire and a strong brand that’s recognisable all around the world; he’s a household name and a world-class businessman. Almost anywhere you go, you can see the mark of Donald Trump on a building or property. When I see that, I see the American Dream.

Some people ask me how I can support Donald Trump as the son of a Mexican and Cuban immigrants. They are categorising me. In this country we label people: Hispanic, African American, Asian, Caucasian. We separate and divide people into social categories based on race, ethnicity, gender and creed. To me, this is a form of racism. I’m proud of my Hispanic heritage but I’m an American, full stop.

Like all immigrants, my parents came to this country for a better opportunity. But they did it legally. They didn’t cut the line. They assimilated to the American way of life, learned English and opened small businesses.

Why should we allow people to skirt the law? Imagine making a dinner reservation and arriving at the restaurant to find out that another family has been seated at your table. How is that fair?

We have to have laws and as a country we must enforce those laws. A society without laws is just anarchy. If someone invited you to their house and asked you to remove your shoes would you keep them on? If we don’t enforce the rules, why would anyone respect them? I believe Donald Trump will enforce the rules.

‘He has taken a strong stand against abortion’

Jimena Rivera, 20, student at the University of Texas at Brownsville

I’m Mexican, so I don’t have a vote, but I support Donald Trump because he is the one candidate who opposes abortion. He may have wavered in the beginning, but since becoming the nominee he has taken a strong stand against abortion.

Hillary Clinton is running as the leader of a party that has pushed a very pro-choice platform. Even Democrats like her running mate, Tim Kaine, who is a devout Catholic, compromise their faith to support abortion.

I don’t always agree with his positions on immigration. I see the border wall every day. I’m not convinced that it’s effective. The people who want to cross will find a way. I don’t think it’s right that they do, but most of them are looking for a better way of life. A wall won’t stop them.

‘Lower taxes and less regulation will create more jobs’

Marissa Desilets, 22, Palm Springs, California

I am a proud Hispanic conservative Republican woman. I became politically engaged as a political science and economics major at university. By my junior year, I was a member of the campus Republicans’ club. As a student of economics, I am very impressed with Trump’s economic agenda. I believe we must cut taxes for everyone and eliminate the death tax. Lowering taxes and reeling back regulations will create more jobs – meaning more tax-paying Americans. This in turn will generate more revenue for the Treasury.

I also support Trump because he favours strong leadership and promised to preserve the constitution of the United States. We must have a rule of law in this country. We must close our open borders. Like Trump says: “a nation without borders is not a nation.” This doesn’t mean we should not allow any immigrants. We should welcome new immigrants who choose to legally enter our beautiful country.

This won’t be the case if Hillary Clinton becomes president. I would expect the poor to become poorer and our country to become divided. I believe that liberals’ reckless domestic spending will bankrupt our future generations. I refuse to support a party that desires to expand the government and take away my civil liberties.

‘He has gone through so many divorces, yet raised such a close-knit family’

Dr Alexander Villicana, 80, Pasadena, California

I am an example of the opportunities this country has to offer. My parents came from Mexico at the turn of the 20th century. They were not educated but they worked hard to make a better life for us and it paid off.

I went to school and studied cosmetic surgery. Now I work as a plastic surgeon and have been in practice for the last 40 years. I have a beautiful family and my health. I am Hispanic – but I am a citizen of the United States and I feel very patriotic for this country that has given me so much.

I’m supporting Trump because I agree with his vision for our economy. He has experience at the negotiating table, so he knows what to do to create jobs and increase workers’ salaries. In Trump’s America people would be rewarded for their hard work rather than penalised with hefty taxes.

The security of our nation is a top priority for me. I think it would be impossible to deport 11 million people who are here illegally, but we have to do a better job of understanding who is in our country and who is trying to come into our country.

A lot of what Trump says, especially about security and immigration, is twisted by the media. What he said about Mexicans, for example, that wasn’t negative – it was the truth. There are Mexicans bringing over drugs and perpetrating rapes. But what he also said – and the media completely ignored – is that many Mexicans are good people coming over for a better quality of life.

He may be blunt and occasionally offensive but I find him likable. I was so impressed by Trump and his family at the Republican National Convention. It’s hard for me to imagine that someone who has gone through so many divorces has managed to raise such a close-knit family. None of his children had to work and yet they spoke with eloquence and integrity about their father.

‘When Trump is harsh about Mexicans, he is right’

Francisco Rivera, 43, Huntington Park, California

People ask me how I can support Donald Trump. I say, let me tell you a story. I was in line at the movie theatre recently when I saw a young woman toss her cupcake into a nearby planter as if it were a trash can. I walked over to her and said, “Honey, excuse me, does that look like a garbage can to you?” And you know what she told me? “There’s already trash in the planter, so what does it matter?”

I asked her what part of Mexico she was from. She seemed surprised and asked how I knew she was from Mexico. “Look at what you just did,” I told her. “Donald Trump may sound harsh when he speaks about Mexicans, but he is right. It’s people like you that make everyone look bad.”

I moved from Mexico with my family when I was seven. I still carry a photo of my brother and I near our home, to remind people how beautiful the city once was. Now I spend my time erasing graffiti from the walls and picking up trash. Sixty years ago, we accepted immigrants into our country who valued the laws, rules and regulations that made America the land of opportunity. Back in those days, people worked hard to improve themselves and their communities.

I’m tired of living in a lawless country. It’s like we put a security guard at the front door, but the Obama administration unlocked the back door. And I have seen what my own people have done to this country. They want to convert America into the country they left behind. This country has given me so many opportunities I wouldn’t have had if my mom had raised her family in Mexico. I want America to be great again, and that’s why in November I am going to vote for Donald Trump.

‘I voted for Obama twice, but Hillary gets a free pass’

Teresa Mendoza, 44, Mesa, Arizona

In my day job I am a real estate agent but every now and then I dabble in standup comedy. Comedy used to be a safe space. You could say whatever you wanted to and it was understood that it was meant to make people laugh. Now everything has to be politically correct. You can’t say “Hand me the black crayon” without someone snapping back at you: “What do you mean by that?” Donald Trump offended a lot of people when he gave the speech calling [Mexicans] rapists and criminals but he didn’t offend me.

I was a liberal Democrat all my life. Before this I voted for Obama twice. I wanted to be a part of history. If it wasn’t for Obamacare and the ridiculous growth of our federal government, I’d probably still be a Democrat, asleep at the wheel. But I woke up and realised I’m actually much more in line with Republicans on major policy points.

I like to joke that I’m an original anchor baby. My parents came from Mexico in the 1970s under the Bracero work programme making me a California-born Chicana. We later became US citizens. But now that I’m a Republican, Hillary Clinton is trying to tell me I’m “alt-right”. It’s strange isn’t it? All of a sudden I’m a white nationalist.

My sons and I go back and forth. They don’t like Trump. But it’s what they’re hearing in school, from their friends and teachers, who are all getting their news from the same biased news outlets.

I’m very concerned about the role the media is taking in this election. The networks sensationalise and vilify Trump while they give Hillary Clinton a free pass. It amazes me. I don’t care if Trump likes to eat his fried chicken with a fork and a knife. I do care that Clinton has not been held responsible for the Benghazi attacks.

Voir également:

En 2016, le business des passeurs de migrants s’élevait à 7 milliards de dollars

Zoé Lauwereys
Le Parisien
10 juillet 2018

L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (l’UNODC) livre un rapport détaillé sur le trafic fructueux des passeurs.

On connaît les photos de ces hommes et de ces femmes débarquant sur des plages européennes, engoncés dans leurs gilets de sauvetage orange, tentant à tout prix de maintenir la tête de leur enfant hors de l’eau. Impossible également d’oublier l’image du corps du petit Aylan Kurdi, devenu en 2016 le symbole planétaire du drame des migrants. Ce que l’on sait moins c’est que le « business » des passeurs rapporte beaucoup d’argent. Selon la première étude du genre de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (l’UNODC), le trafic de migrants a rapporté entre 5,5 et 7 milliards de dollars (entre 4,7 et 6 milliards d’euros) en 2016. C’est l’équivalent de ce que l’Union européenne a dépensé la même année dans l’aide humanitaire, selon le rapport.

A quoi correspond cette somme ?

En 2016, au moins 2,5 millions de migrants sont passés entre les mains de passeurs, estime l’UNODC qui rappelle la difficulté d’évaluer une activité criminelle. De quoi faire fructifier les affaires de ces contrebandiers. Cette somme vient directement des poches des migrants qui paient des criminels pour voyager illégalement. Le tarif varie en fonction de la distance à parcourir, du nombre de frontières, les moyens de transport utilisés, la production de faux papiers… La richesse supposée du client est un facteur qui fait varier les prix. Evidemment, payer plus cher ne rend pas le voyage plus sûr ou plus confortable, souligne l’UNODC.Selon les estimations de cette agence des Nations unies, ce sont les passages vers l’Amérique du Nord qui rapportent le plus. En 2016, jusqu’à 820 000 personnes ont traversé la frontière illégalement, versant entre 3,1 et 3,6 milliards d’euros aux trafiquants. Suivent les trois routes de la Méditerranée vers l’Union européenne. Environ 375 000 personnes ont ainsi entrepris ce voyage en 2016, rapportant entre 274 et 300 millions d’euros aux passeurs.Pour atteindre l’Europe de l’Ouest, un Afghan peut ainsi dépenser entre 8000 € et 12 000 €.

L’Europe, une destination de choix

Sans surprise, les rédacteurs du rapport repèrent que l’Europe est une des destinations principales des migrants. Les pays d’origine varient, mais l’UNODC parvient à chiffrer certains flux. Les migrants qui arrivent en Italie sont originaires à 89 % d’Afrique, de l’Ouest principalement. 94 % de ceux qui atteignent l’Espagne sont également originaires d’Afrique, de l’Ouest et du Nord. LIRE AUSSI >Migrants : pourquoi ils ont choisi la France

En revanche, la Grèce accueille à 85 % des Afghans, Syriens et des personnes originaires des pays du Moyen-Orient.

En route vers l’Amérique du Nord

Le nord de l’Amérique et plus particulièrement les Etats-Unis accueillent d’importants flux de migrants. Comme l’actualité nous l’a tristement rappelé récemment, des milliers de citoyens de pays d’Amérique centrale et de Mexicains traversent chaque année la frontière qui sépare les Etats-Unis du Mexique. Les autorités peinent cependant à quantifier les flux. Ce que l’on sait c’est qu’en 2016, 2 404 personnes ont été condamnées pour avoir fait passer des migrants aux Etats-Unis. 65 d’entre eux ont été condamnés pour avoir fait passer au moins 100 personnes.Toujours en 2016, le Mexique, qui fait office de « pays-étape » pour les voyageurs, a noté que les Guatémaltèques, les Honduriens et les Salvadoriens formaient les plus grosses communautés sur son territoire. En 2016, les migrants caribéens arrivaient principalement d’Haïti, note encore l’UNODC.

Un trafic mortel

S’appuyant sur les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le rapport pointe les risques mortels encourus par les migrants. Première cause : les conditions de voyage difficiles. Sur les 8189 décès de migrants recensés par l’OIM en 2016, 3832 sont morts noyés (46 %) en traversant la Méditerranée. Les passages méditerranéens sont les plus mortels. L’un d’entre eux force notamment les migrants à parcourir 300 kilomètres en haute mer sur des embarcations précaires.C’est aussi la cruauté des passeurs qui est en cause. L’UNODC décrit le sort de certaines personnes poussées à l’eau par les trafiquants qui espèrent ainsi échapper aux gardes-côtes. Le cas de centaines de personnes enfermées dans des remorques sans ventilation, ni eau ou nourriture pendant des jours est également relevé. Meurtre, extorsion, torture, demande de rançon, traite d’être humain, violences sexuelles sont également le lot des migrants, d’où qu’ils viennent. En 2017, 382 migrants sont décédés de la main des hommes, soit 6 % des décès.

Qui sont les passeurs ?

Le passeur est le plus souvent un homme mais des femmes (des compagnes, des sœurs, des filles ou des mères) sont parfois impliquées dans le trafic, définissent les rédacteurs de l’étude. Certains parviennent à gagner modestement leur vie, d’autres, membres d’organisations et de mafias font d’importants profits. Tous n’exercent pas cette activité criminelle à plein temps. Souvent le passeur est de la même origine que ses victimes. Il parle la même langue et partage avec elles les mêmes repères culturels, ce qui lui permet de gagner leur confiance. Le recrutement des futurs « clients » s’opère souvent dans les camps de réfugiés ou dans les quartiers pauvres.

Les réseaux sociaux, nouvel outil des passeurs

Facebook, Viber, Skype ou WhatsApp sont devenus des indispensables du contrebandier qui veut faire passer des migrants. Arrivé à destination, le voyageur publie un compte rendu sur son passeur. Il décrit s’il a triché, échoué ou s’il traitait mal les migrants. Un peu comme une note de consommateur, rapporte l’UNODC.Mieux encore, les réseaux sociaux sont utilisés par les passeurs pour leur publicité. Sur Facebook, les trafiquants présentent leurs offres, agrémentent leur publication d’une photo, détaillent les prix et les modalités de paiement.L’agence note que, sur Facebook, des passeurs se font passer pour des ONG ou des agences de voyages européennes qui organisent des passages en toute sécurité. D’autres, qui visent particulièrement les Afghans, se posent en juristes spécialistes des demandes d’asile…

Voir enfin:

How The Pee Tape Explains The World Cup

Bidding for the 2018 World Cup was the first glimpse of today’s “Machiavellian Russia,” Ken Bensinger explains in his new book about FIFA’s corruption scandal.

On the morning of May 27, 2015, Swiss police officers raided the Baur au Lac Hotel in Zurich and arrested nine of the world’s top soccer officials on behalf of the United States government. In the coming days, the world would learn about deep-seated corruption throughout FIFA, global soccer’s governing body, that stretched from its top ranks to its regional confederations to its marketing partners around the world.

Top soccer officials from across North, South and Central America and the Caribbean were among those implicated in the case, which also brought down top executives from sports marketing firms that had bribed their way into controlling the broadcast and sponsorship rights associated with soccer’s biggest events. FIFA’s longtime president, Joseph “Sepp” Blatter, eventually resigned in disgrace.

It was the biggest organized-corruption scandal in sports history, and some within FIFA were skeptical of the Americans’ motives. In 2010 the U.S. had bid to host the 2022 World Cup, only to lose a contentious vote to Qatar. For FIFA officials, it felt like a case of sour grapes.

But as BuzzFeed investigative reporter Ken Bensinger chronicles in his new book, Red Card: How the U.S. Blew the Whistle on the World’s Biggest Sports Scandal, the investigation’s origins began before FIFA handed the 2018 World Cup to Russia and the 2022 event to Qatar. The case had actually begun as an FBI probe into an illegal gambling ring the bureau believed was run by people with ties to Russian organized crime outfits. The ring operated out of Trump Tower in New York City.

Eventually, the investigation spread to soccer, thanks in part to an Internal Revenue Service agent named Steve Berryman, a central figure in Bensinger’s book who pieced together the financial transactions that formed the backbone of the corruption allegations. But first, it was tips from British journalist Andrew Jennings and Christopher Steele ― the former British spy who is now known to American political observers as the man behind the infamous so-called “pee tape” dossier chronicling now-President Donald Trump’s ties to Russia ― that pointed the Americans’ attention toward the Russian World Cup, and the decades of bribery and corruption that had transformed FIFA from a modest organization with a shoestring budget into a multibillion-dollar enterprise in charge of the world’s most popular sport. Later, the feds arrested and flipped Chuck Blazer, a corrupt American soccer official and member of FIFA’s vaunted Executive Committee. It was Blazer who helped them crack the case wide open, as HuffPost’s Mary Papenfuss and co-author Teri Thompson chronicled in their book American Huckster, based on the 2014 story they broke of Blazer’s role in the scandal.

Russia’s efforts to secure hosting rights to the 2018 World Cup never became a central part of the FBI and the U.S. Department of Justice’s case. Thanks to Blazer, it instead focused primarily on CONCACAF, which governs soccer in the Caribbean and North and Central America, and other officials from South America.

But as Bensinger explained in an interview with HuffPost this week, the FIFA case gave American law enforcement officials an early glimpse into the “Machiavellian Russia” of Vladimir Putin “that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it.” And it was Steele’s role in the earliest aspects of the FIFA case, coincidentally, that fostered the relationship that led him to hand his Trump dossier to the FBI ― the dossier that has now helped form “a big piece of the investigative blueprint,” as Bensinger said, that former FBI director Robert Mueller is using in his probe of Russian meddling in the election that made Trump president.

Ahead of Sunday’s World Cup final, which will take place in Moscow, HuffPost spoke with Bensinger about Red Card, the parallels between the FIFA case and the current American political environment, FIFA’s reform efforts, and whether the idea of corruption-free global soccer is at all possible.

The following is a lightly edited transcription of our discussion.

You start by addressing the main conspiracy theory around this, which is that this was a case of sour grapes from the United States losing out on hosting the 2022 World Cup. But the origin was a more traditional FBI investigation into Russian organized crime, right?

That’s correct. And there are sort of these weird connections to everything going on in the political sphere in our country, which I think is interesting because when I was reporting the book out, it was mostly before the election. It was a time when Christopher Steele’s name didn’t mean anything. But what I figured out over time is that this had nothing to do with sour grapes, and the FBI agents who opened the case didn’t really care about losing the World Cup. The theory was that the U.S. investigation was started because the U.S. lost to Qatar, and Bill Clinton or Eric Holder or Barack Obama or somebody ordered up an investigation.

What happened was that the investigation began in July or August 2010, four or five months before the vote happened. It starts because this FBI agent, who’s a long-term Genovese crime squad guy, gets a new squad ― the Eurasian Organized Crime Squad ― which is primarily focused on Russian stuff. It’s a squad that’s squeezed of resources and not doing much because under Robert Mueller, who was the FBI director at the time, the FBI was not interested in traditional crime-fighting. They were interested in what Mueller called transnational crime. So this agent looked for cases that he thought would score points with Mueller. And one of the cases they’re doing involves the Trump Tower. It’s this illegal poker game and sports book that’s partially run out of the Trump Tower. The main guy was a Russian mobster, and the FBI agent had gone to London ― that’s how he met Steele ― to learn about this guy. Steele told him what he knew, and they parted amicably, and the parting shot was, “Listen, if you have any other interesting leads in the future, let me know.”

It was the first sort of sign of the Russia we now understand exists, which is kind of a Machiavellian Russia that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it.

Steele had already been hired by the English bid for the 2018 World Cup at that point. What Chris Steele starts seeing on behalf of the English bid is the Russians doing, as it’s described in the book, sort of strange and questionable stuff. It looks funny, and it’s setting off alarm bells for Steele. So he calls the FBI agent back, and says, “You should look into what’s happening with the World Cup bid.” And my sense is the FBI agent, at that point, says something along the lines of: “What’s the World Cup? And what’s FIFA?”

He really didn’t know much about it, to the point that when he comes back to New York and opens the case, it’s sort of small and they don’t take it too seriously. They were stymied, trying to figure out how to make it a case against Russia. Meanwhile, the vote happens and Russia wins its bid for the 2018 World Cup.

So it’s more a result of the U.S. government’s obsession, if you will, with Russia and Russian crime generally?

The story would be different if this particular agent was on a different squad. But he was an ambitious agent just taking over a squad and trying to make a name for himself. This was his first management job, and he wanted to make big cases. He decides to go after Russia in Russia as a way to make a splash. It’s tempting to look at this as a reflection of the general U.S. writ large obsession with Russia, which certainly exists, but it’s also a different era. This was 2009, 2010. This was during the Russian reset. It was Obama’s first two years in office. He’s hugging Putin and talking about how they’re going to make things work. Russia is playing nice-nice. The public image is fairly positive in that period. It wasn’t, “Russia’s the great enemy.” It was more like, “Russia can be our friend!”

That’s what I find interesting about this case is that, what we see in Russia’s attempt to win the World Cup by any means is the first sort of sign of the Russia we now understand exists, which is kind of a Machiavellian Russia that will do anything to get what it wants and doesn’t care how it does it. It was like a dress rehearsal for that.

Steele has become this sort of household name in politics in the U.S., thanks to the Trump dossier. But here he is in the FIFA scandal. Was this coincidental, because he’s the Russia guy and we’re investigating Russia?

It’s one of these things that looks like an accident, but so much of world history depends on these accidents. Chris Steele, when he was still at MI-6, investigated the death of Alexander Litvinenko, who was the Russian spy poisoned with polonium. It was Steele who ran that investigation and determined that Putin probably ordered it. And then Steele gets hired because of his expertise in Russia by the English bid, and he becomes the canary in the coal mine saying, “Uh oh, guys, it’s not going to be that easy, and things are looking pretty grim for you.”

That’s critical. I don’t know if that would have affected whether or not Chris Steele later gets hired by Fusion GPS to put together the Trump dossier. But it’s certain that the relationship he built because of the FIFA case meant that the FBI took it more seriously. The very same FBI agent that he gave the tip on FIFA to was the agent he calls up in 2016 to say, “I have another dossier.”

The FBI must get a crazy number of wild, outlandish tips all the time, but in this case, it’s a tip from Christopher Steele, who has proven his worth very significantly to the FBI. This is just a year after the arrests in Zurich, and the FBI and DOJ are feeling very good about the FIFA case, and they’re feeling very good about their relationship with Christopher Steele.

If we think about the significance of the dossier ― and I realize that we’ve learned that the FBI had already begun to look into Trump and Russia prior to having it ― it’s also clear that the dossier massively increased the size of the investigation, led to the FISA warrants where we’re listening to Carter Page and others, and formed a big piece of the investigative blueprint for Mueller today. Steele proved his worth to the FBI at the right time, and that led to his future work being decisive

To the investigation itself: In 2010, FIFA votes to award the 2018 World Cup to Russia and the 2022 World Cup to Qatar, and you quote (now former) FIFA vice president Jérôme Valcke as saying, “This is the end of FIFA.” So there were some people within FIFA that saw this vote as a major turning point in its history?

I think he and others were recognizing this increasingly brazen attitude of the criminality within FIFA. They had gone from an organization where people were getting bribes and doing dirty stuff, but doing it very carefully behind closed doors. And it was transitioning to one where the impunity was so rampant that people thought they could do anything. And I think in his mind, awarding the World Cup to Russia under very suspicious circumstances and also awarding it to Qatar, which by any definition has no right to host this tournament, it felt to him and others like a step too far.

I don’t think he had any advance knowledge that the U.S. was poking around on it, but he recognized that it was getting out of hand. People were handing out cash bribes in practically broad daylight, and as corrupt as these people were, they didn’t tend to do that.

You write early in the book that this all started with the election, as FIFA president, of João Havelange in 1974. He takes advantage of modern marketing and media to begin to turn FIFA into the organization that we know today. Is it fair to say that this corruption scandal was four decades in the making?

I haven’t thought of it that way, but in a way, you’re right. The FIFA culture we know today didn’t start yesterday. It started in 1974 when this guy gets elected, and within a couple years, the corruption starts. And it starts with one bribe to Havelange, or one idea that he should be bribed. And it starts a whole culture, and the people all sort of learn from that same model. The dominoes fell over time. It’s not a new model, and things were getting more and more out of hand over time. FIFA had been able to successfully bat these challenges down over the years. There’s an attempted revolt in FIFA in 2001 or 2002 that Blatter completely shut down. The general secretary of FIFA was accusing Blatter and other people of either being involved in corruption or permitting corruption, and there’s a moment where it seems like the Executive Committee was going to turn against Blatter and vote him out and change everything. But they all blinked, and Blatter dispensed his own justice by getting rid of his No. 2 and putting in people who were going to be loyal to him. The effect of those things was more brazen behavior.

Everyone knew this was going on. Why didn’t it come to light sooner?

It was an open secret. I think it’s because soccer’s just too big and important in all these other countries. I think other countries have just never been able to figure out how to deal with it. The best you’d get was a few members of Parliament in England holding outraged press conferences or a few hearings, but nothing ever came of it. It’s just too much of a political hot potato because soccer elsewhere is so much more important than it is the U.S. People are terrified of offending the FIFA gods.

There’s a story about how Andrew Jennings, this British journalist, wanted to broadcast a documentary detailing FIFA corruption just a week or so before the 2010 vote, and when the British bid and the British government got a hold of it, they tried really hard to stifle the press. They begged the BBC not to air the documentary until after the vote, because they were terrified of FIFA. That’s reflective of the kind of attitudes that all these countries have.

A lot of the things that resulted from the bribery and the corruption, or that were done to facilitate bribery and corruption, helped grow the sport here. The Gold Cup, the Women’s World Cup, the growth of the World Cup and Copa America. To the average fan, these are “good” developments for the sport. And yet, they were only created to make these guys rich. How do you square that?

Well, it reminds me of questions about Chuck Blazer. Is he all bad, or all good? He’s a little bit of both. The U.S. women’s national team probably wouldn’t exist without him. The Women’s World Cup probably wouldn’t either. Major League Soccer got its first revenue-positive TV deal because of Chuck Blazer.

A lot of these guys were truly surprised. If they thought they were doing something wrong, they didn’t think it was something that anyone cared about.

At the same time, he was a corrupt crook that stole a lot of money that could’ve gone to the game. And so, is he good or bad? Probably more bad than good, but he’s not all bad.

That applies to the Gold Cup. The Gold Cup is a totally artificial thing that was made up ultimately as a money-making scheme for Blazer, but in the end, it’s probably benefited soccer in this country. So it’s clearly not all bad.

You’d like to think that we could take these things that end up being a good idea, and clean them up and wash away the bad.

Blazer is a fascinating figure, and it seems like there are hints of sympathy for him and some of the other corrupt players in the book. Were all of these guys hardened criminals, or did they get wrapped up in how the business worked, and how it had worked for so long?

There’s no question he’s greedy. But there’s something about the culture of corruption that it can almost sneak up on a person. Blazer had a longer history of it. He always had a touch of corruption about him. But I think a lot of the officials in the sport came up because they loved the sport and wanted to be involved in running it. And then they found out that people were lining their pockets and they thought: “Everyone else is doing it. I’d be a fool not to participate in this.”

And when they end up getting arrested and charged, it’s not the same as a mafia guy in Brooklyn. A lot of these guys were truly surprised. If they thought they were doing something wrong, they didn’t think it was something that anyone cared about. They clearly aren’t innocent, and they went to great lengths to hide it. But at the same time, the impunity came from a culture of believing it was OK to do that stuff. And this really was a case of the FBI and DOJ pulling the rug out from under these people.

One point you stress in the book is that fundamentally, this was a crime against the development of the sport, particularly in poorer nations and communities. How did FIFA’s corruption essentially rob development money from the lower levels of soccer?

That’s something that took me a little while to understand. But when I understood the way the bribery took place, it became clearer to me. The money stolen from the sport isn’t just the bribes. Let’s say I’m a sports marketing firm, and I bribe you a million dollars to sign over a rights contract to me. The first piece of it is that million dollars that could have gone to the sport. But it’s also the opportunity cost: What would the value of those rights have been if it was taken to the free market instead of a bribe?

All that money is taken away from the sport. And the second thing was traveling to South America and seeing the conditions of soccer for fans, for kids and for women. That was really eye-opening. There are stadiums in Argentina and Brazil that are absolutely decrepit. And people would explain, the money that was supposed to come to these clubs never comes. You have kids still playing with the proverbial ball made of rags and duct tape, and little girls who can’t play because there are no facilities or leagues for women at all. When you see that, and then you see dudes making millions in bribes and also marketing guys making far more from paying the bribes, I started to get indignant about it. FIFA always ties itself to children and the good of the game. But it’s absurd when you see how they operate. The money doesn’t go to kids. It goes to making soccer officials rich.

Former U.S. Soccer President Sunil Gulati pops up a couple times. He’s friends with Blazer, he ends up with a seat on the Executive Committee. Is there a chance U.S. Soccer is wrapped up in this, and we just don’t know about it yet?

I will say that I don’t believe Gulati is a cooperator. People wonder that and it’s reasonable. It’s curious how this guy who came up in Blazer’s shadow and rose to so much power, and literally had office space in the CONCACAF offices, could be clean. And he might not be clean, but more likely, he’s the kind of guy who decided to turn a blind eye to all the corruption and pretend he didn’t see it.

That said, there are legitimate questions about how U.S. Soccer operates that weirdly parallels a lot of the corruption that we saw in South America, the Caribbean and Central America. The relationship between U.S. Soccer, MLS and this entity called Soccer United Marketing ― that relationship is very questionable. MLS has the rights to the U.S. Soccer Federation wrapped up for years and years to come. There hasn’t been open bidding for those rights since 2002, I think it is. SUM has MLS, but it also has the rights for the U.S. Soccer Federation for men and women. There’s a lot of money to be made, and SUM’s getting all that, and since they haven’t put it out for public bid, it’s really not clear that U.S. Soccer is getting full value for its product. And in that sense it parallels the sort of corruption we saw.

What do you make of FIFA’s reform efforts?

FIFA is battling itself as it tries to reform itself. I’m suspicious of current FIFA president Gianni Infantino. This is a guy who grew up 6 miles from Sepp Blatter. His career echoes that. He was the general secretary of UEFA, which is not unlike being the general secretary of FIFA. Both of them are very similar in a lot of ways, in their ambitions and their role being the sport’s bureaucrat. Their promises to win elections by spilling money all over the place is just too similar. That said, I think Infantino recognizes that that culture is what led to these problems, and he sees an organization that’s in financial chaos right now. This World Cup’s going to bring in a lot of money, but the last three years have been massively income-negative. They’re losing money because of sponsors running away in droves and massive legal bills. I think he sees a pathway to financial security for FIFA by making more money and being more transparent.

When massive amounts of money mixes with a massively popular cultural phenomenon, is it ever going to be clean? It seems kind of hopeless.

But he still talks about patronage and handing out money, and federations around the world are still getting busted for taking bribes. The Ghana football federation got dissolved a week before the World Cup because a documentary came out that showed top officials taking bribes on secret camera. It’s still a deeply corrupt culture. Baby steps are being taken, but it seems like 42-plus years of corruption can’t be cleaned up in two or three years.

On that note, one of the marketing guys in the book says, “There will always be payoffs.” That stuck out to me, because I’m cynical about FIFA’s willingness or ability to clean this up at all. From your reporting, do you believe “there will always be payoffs” is the reality of the situation, given the structure of our major international sporting organizations?

This is like, “What is human nature all about?” When massive amounts of money mixes with a massively popular cultural phenomenon, is it ever going to be clean? I wish it would be different, but it seems kind of hopeless. How do you regulate soccer, and who can oversee this to make sure that people behave in an ethical, clean and fair way that benefits everyone else? It’s not an accident that every single international sports organization is based in Switzerland. The answer is because the Swiss, not only do they offer them a huge tax break, they also basically say, “You can do whatever you want and we’re not going to bother you.” That’s exactly what these groups want. Well, how do you regulate that?

I don’t think the U.S. went in saying, “We’re going to regulate soccer.” I think they thought if we can give soccer a huge kick in the ass, if we can create so much public and political pressure on them that sponsors will run away, they’ll feel they have no option but to react and clean up their act. It’s sort of, kick ’em where it hurts.

My cynicism about the ability for anyone to clean it up made me feel sorry for Steve Berryman, the IRS agent who’s one of the main investigators and one of your central characters. He said he’ll never stop until he cleans up the sport, and I couldn’t help but think, “That’ll never happen.”

That’s right. It’ll never happen. People like him are driven. It’s not just soccer for him. He cared so much about this. He felt, “I have to do this until it’s over, or else it’s a failed investigation.” I think people like him sometimes recognize that they can never get there, but it’s still disheartening, every piece of new corruption we see, and these guys think, “I’ve worked so hard, and … ”

The World Cup is going on right now, it’s in Russia, and corruption has barely been a part of the story. Do you think the book and the upcoming Qatari World Cup will reinvigorate that conversation, or are people just resigned to the belief that this is what FIFA is?

There is some of that resignation. But also, the annoying but true reality of FIFA is that when the World Cup is happening, all the soccer fans around the world forget all their anger and just want to watch the tournament. For three and a half years, everyone bitches about what a mess FIFA is, and then during the World Cup everyone just wants to watch soccer. There could be some reinvigoration in the next few months when the next stupid scandal appears. And I do think Qatar could reinvigorate more of that. There’s a tiny piece of me that thinks we could still see Qatar stripped of the World Cup. That would certainly spur a lot of conversation about this.

You talk at the end of the book about a shift in focus to corruption in the Asian federation. Are DOJ and the FBI tying up loose ends, or are there deeper investigations still going?

There are clear signs that there’s more. This is still cleaning up pieces from the old case, but just Tuesday, a Florida company pleaded guilty to two counts of fraud in the FIFA case. It was a company that was known from the written indictments, but no one had known they were going to be pleading guilty, so it was a new piece of the case. This company’s going to pay $25 million in fines and forfeitures, and it was sort of a sign from DOJ that they have finished what they’re going to do.

That piece at the end of the book with the guy going off to the South Pacific is a guy named Richard Lai. He’s from Guam and he pleaded guilty in May or June of 2017. That was a pretty strong clue, too, that they’re looking at the Asian Football Confederation, which is the one that includes Qatar. I do know from sources that the cooperators in the case are still actively talking to prosecutors, and still spending many, many hours with them discussing many aspects of the case. So I wouldn’t be surprised to see more. That said, a lot of the people who were involved in the case in the beginning have moved on. It’s natural to have some turnover, and people who inherit a case aren’t necessarily as emotionally bought into it as the people who started. So at some point, it could get old.

But not Steve Berryman. He’s still going?

Steve Berryman will never stop.


Chine: Quel deux poids deux mesures ? (Spot the error: China’s Tiananmen butchers brazenly blow up Christian churches but imagine the uproar if a Christian country or Israel had dared touch a mosque)

26 janvier, 2018
 A cross that had been torn down by Chinese government workers at a Protestant church in the village of Taitou in Zhejiang Province last year.In 2014, a church blocked a gate to protect its cross.A Sunday service at a state-sanctioned church in Wenzhou in 2014. There are an estimated 60 million Christians in China. In an image from video, a Catholic church’s cross was toppled by a government worker in Zhejiang Province last year. Over the past two years, officials and residents said, the authorities have had crosses from 1,200 to 1,700 churches torn down.
S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi. Jésus (Jean 15 :20)
Les révélations relatives à l’ingérence russe dans le processus électoral de plusieurs pays, y compris la France, ont ramené sur le devant de la scène des pratiques et méthodes que l’on croyait croupissantes dans les oubliettes de la guerre froide. L’ingérence a pour but d’orienter le cours de la politique d’un pays donné dans une direction favorable aux intérêts de la puissance étrangère. Elle s’appuie sur une panoplie d’outils subversifs (corruption, coercition, propagande, désinformation) relayés par des médias, des associations, ou des personnalités publiques, dans le but d’influencer l’opinion publique et les élites. La Russie n’est pas la seule puissance à pratiquer l’art de la guerre politique. La Chine mène le même combat, utilisant des armes similaires. Au cours des derniers mois, les exemples d’ingérence chinoise se sont accumulés : pressions financières exercées sur la prestigieuse Cambridge University Press, lui intimant de retirer de ses bases de données des centaines d’articles dont le contenu déplaisait à Pékin ; atteintes répétées à la liberté d’expression dans plusieurs universités australiennes et américaines opérées par des associations d’étudiants chinois rattachées à des organes centraux du Parti communiste chinois (PCC) ; rachat de journaux locaux ou coproduction de programmes médiatiques. Le monde politique n’est pas épargné : des tycoons liés au PCC ont versé plusieurs millions de dollars sous forme de donations aux principaux partis politiques australiens ; le directeur de la CEFC China Energy, une compagnie chinoise aux origines opaques, est depuis deux ans conseiller personnel du président tchèque. Alors que la Nouvelle-Zélande se prépare à tenir ses élections législatives, les services de contre-espionnage néo-zélandais ont déclaré avoir ouvert une enquête sur un ex-professeur de l’université d’Auckland, devenu député du Parti national en 2011. Avant son arrivée en Nouvelle-Zélande, Yang Jian avait enseigné à l’Institut des langues étrangères de Luoyang, une institution formant les officiers de renseignement du 3e département de l’Armée populaire (l’équivalent de la NSA). Il avait «oublié» de le mentionner. Les objectifs de la guerre politique menée par la Chine sont différents de ceux de Moscou, mais leurs tactiques ont un point commun : la manipulation de la liberté et de l’ouverture offertes par les sociétés démocratiques. Là où la Russie veut diviser l’Europe, détourner son attention et la dissuader de réagir à ses agressions répétées, Pékin souhaite établir sa prépondérance sur une région Asie-Pacifique élargie qu’elle souhaite débarrassée de la présence américaine. Afin d’y parvenir sans déclencher de conflit militaire, elle s’attache à décrédibiliser Washington auprès de ses alliés, à diviser les acteurs régionaux et à les dissuader d’intervenir dans l’espace maritime est-asiatique qu’elle souhaite établir comme son pré carré. Au-delà de la rivalité stratégique sino-américaine, c’est aussi un accès à des marchés, des savoir-faire et des technologies, que recherche une Chine qui s’est donnée pour objectif de dépasser la première puissance économique mondiale. Le rêve du «grand marché chinois» ou la promesse d’opportunités lucratives offertes par son programme des «nouvelles routes de la soie» servent d’appâts à des entreprises et gouvernements souvent prompts à coopérer sans se soucier des potentielles conséquences négatives à long terme. Enfin, le contrôle de l’information et l’effort de propagande chinois ne s’arrêtent pas à la frontière virtuelle créée par la «grande muraille digitale» qui scelle le cyberespace de la République populaire. Xi Jinping souhaite que la «voix de la Chine» résonne dans le monde, martelant les succès de la «solution chinoise» présentée comme une alternative à un modèle de globalisation en faillite. Une alternative dans laquelle les «droits au développement» passent avant le respect des valeurs universelles. Nadège Rolland
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
Depuis l’Holocauste, (…) on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. René Girard
Un gouvernement qui n’est pas responsable face à son propre peuple ne peut être responsable face au reste du monde. (…) Ne pas vouloir offenser la Chine signifie qu’ils ne peuvent pas aider la Chine, ne peuvent pas aider le peuple chinois à jouir de ses droits et ne peuvent pas aider la communauté internationale à intégrer un membre fiable, stable et pacifique. Cela n’est pas une bonne chose. Si le monde est indifférent, il porte une grande part de la responsabilité. Bao Tong (ami personnel de Zhao Ziyang)
Tant que le parti ne reverra pas son jugement sur le 4 juin, et ne reconnaîtra pas que c’était un mouvement patriotique et démocratique, la démocratie ne pourra pas avancer ici. Cela veut dire que tout ce qu’ils nous racontent sur la démocratie en marche et les droits de l’Homme ne sont que mensonges. Qi Zhiyong (ancien étudiant ayant perdu une jambe sous les balles le 4 juin)
Jusqu’à présent la communauté internationale (…) a adopté une politique d’apaisement à l’égard du gouvernement chinois. Ding Zilin (Mère d’une des victimes du 4 juin)
Nous les démocrates chinois, nous sommes comme les Juifs dans l’Allemagne Nazie. Pourquoi les Occidentaux ne viennent pas à notre secours est un grand mystère. Lorsque nous aurons tous été exterminés, vous aurez honte de votre passivité. Vous vous demanderez pourquoi vous ne nous aviez pas vu disparaître? Liu Xia (épouse du dissident emprisonné Liu Xiaobo)
Les évangélistes, c’est aussi des fondamentalistes. Et ils nous emmerdent. Gérard Chaliand
A l’exclusive de l’islam radical répond l’exclusive des évangélistes. Et il faut les voir en Irak (…) comment ils travaillent actuellement, à coups d’arguments sonnants et trébuchants, pour essayer de convertir, en Algérie, en Palestine, au Liban, en Syrie. Antoine Sfeir
Entendre tous les jours que l’Islam est une menace, entendre un jour que 42% des Français le pensent, être amené soi-même à prononcer cette phrase magique, tout cela transforme une subjectivité, engendre des comportements (par exemple des réflexes de méfiance ou de défiance face à toute « manifestation ostensible d’islamité ») et bouleverse donc les interactions futures avec des musulman-e-s de chair et d’os. Pour être plus concret : à force d’entendre, puis de dire soi-même, que l’Islam est une menace, on finit qu’on le veuille ou non, qu’on le sente ou non, par adopter vis-à-vis des musulman-e-s qu’on croise une attitude hostile, distante, craintive ou méprisante, que lesdit-e-s musulman-e-s ne peuvent que ressentir, à laquelle ils ou elles ne peuvent que réagir – et à laquelle ils ne peuvent réagir que d’une manière vive qui sera à son tour décryptée par notre bon français comme la preuve que, décidément, « l’Islam est une menace ». Avec en prime, cette fois-ci, une « expérience » à faire valoir si d’aventure on le sonde sur son rapport personnel avec des musulmans réels. Voilà dans quels cercles vicieux nous ont enfermés plusieurs années de journalisme racoleur et tendancieux (sur « la poussée fondamentaliste », « les filières terroristes » et « les reculs de la laïcité »), d’éditorialisme belliqueux (sur « la défense du modèle républicain »), d’opérations idéologiques (sur « l’identité nationale », « les tournantes » et « les cités du mâle ») et de législations d’exception (sur « le voile » en 2004, sur « la burqa » en 2010). (…c’est tout un système qui porte aujourd’hui l’idée que « l’Islam est une menace ». Un système dont les agents – conscients ou pas – sont des ministres, des partis de droite, des partis de gauche, des patrons de presse, des intellectuels, des journalistes… et des sondeurs. Un système qui a ses petites mains mais aussi ses Grands Commis : Yves Calvi, Christophe Barbier, Éric Zemmour, Élisabeth Lévy, Caroline Fourest, Alain Finkielkraut, Élisabeth Badinter, Fadela Amara, Sihem Habchi, Abdennour Bidar, Abdelwahab Meddeb, Michel Onfray, Philippe Val, Robert Redeker, Claude Lanzmann et Bernard-Henri Lévy… Un système qui constitue, pour le coup, une véritable menace – pour la démocratie, pour la paix civile, mais plus directement, plus immédiatement, plus durement, pour les musulmans. (…) une chose est sûre : la propagande islamophobe bat son plein et porte ses fruits, les injures, violences et discriminations sont quotidiennes, et l’histoire nous a appris que tout cela peut, si on laisse faire, aller encore plus loin. Pierre Tévanian
Reprocher aux musulmans de n’être pas, ou pas assez, intégrés n’a qu’un sens : c’est leur reprocher d’être ce qu’ils sont. Et d’être de trop chez nous. Le rejet des musulmans n’est qu’une variante, la variante actuelle, d’une constante nationale : le rejet de l’étranger, que Montaigne, il y a plus de quatre siècles, dénonçait déjà. Maurice T. Maschino
Dans la représentation d’un corps étranger qui ne serait pas intégrable en France, les Musulmans ont tout simplement remplacé les Juifs. Jean-Marie Le Pen était antisémite, Marine est islamophobe, il n’y a pas rupture mais continuum. On ressort aujourd’hui, sur les Musulmans, le même type d’arguments que l’on réservait aux Juifs dans les années 30. Ils ne sont pas comme nous, ils font peser un danger sur la République. Ils ont un plan secret pour imposer leur loi. Leur religion est incompatible avec notre société. Ils ne seront jamais français et resteront étrangers, et ce, quelle que soit la mention figurant sur leurs passeports. Dans les années 30, même s’il en avait la nationalité, un Juif n’était pas considéré comme tout à fait français. Aujourd’hui, cet argument est servi pour les Musulmans. Pascal Boniface
Il y a un effectivement un risque de radicalisation de groupes qui n’arrivent pas à trouver leur place dans la société, et pour qui les symboles religieux traduisent l’expression d’une identité. Il ne faudrait pas que les différences religieuses deviennent un mode de désignation des différences sociales. A la veille de Noël, nous avons retrouvé sur une église parisienne l’inscription « mort au chrétiens », c’est une première. Cardinal André Vingt-Trois (président de la conférence des évêques de France)
Au VIIe siècle, quand l’islam est arrivé, tout l’espace correspondant à l’Orient arabe, à la Turquie et à la péninsule arabique était habité, à l’exception des communautés juives, par des populations chrétiennes. De nos jours, sur 17 pays et 350 millions d’habitants, les chrétiens sont 14 millions. La Turquie, notamment, comptait 20% de chrétiens vers 1900; ils sont moins de 1% aujourd’hui. (…) Les chrétiens sont porteurs de valeurs universelles, comme la gratuité, le don, l’amour et le pardon. Ils le prouvent par leurs œuvres sociales, écoles ou hôpitaux, qui sont ouvertes à tous, sans distinction de religion. (…) C’est bien d’accueillir les blessés irakiens, mais la compassion n’est pas une politique. Notre crédibilité est en jeu: le monde musulman nous respectera si nous prenons la défense des chrétiens d’Orient, qui sont nos coreligionnaires. Annie Laurent
Plus de 200 millions de chrétiens, partout dans le monde, subissent sous une forme ou une autre la haine, la violence, la menace, la confiscation de leurs biens et d’autres abus, en raison de leur religion, faisant d’eux le groupe religieux le plus discriminé. Mgr Toso (Le Vatican)
De ce tour d’horizon, il ressort que 75 % des cas de persécution religieuse concernent les chrétiens, dont la condition se détériore en de nombreux endroits. En tête de liste, outre le Moyen-Orient, l’AED place la Corée du Nord, la Chine, le Vietnam, l’Inde, le Pakistan, le Soudan et Cuba. Si l’on tente de classer ces phénomènes de christianophobie en fonction de leur origine, il ressort que leur premier vecteur, à l’échelle de la planète, est constitué par l’islam politique ou le fondamentalisme musulman. (…) Même s’il est géographiquement limité, l’hindouisme constitue un deuxième facteur de persécution antichrétienne. Si cette idéologie politico-religieuse est rejetée par le gouvernement central de New Delhi, elle inspire des forces actives dans plusieurs États de la fédération indienne, provoquant des violences qui ont culminé en 2009, mais qui n’ont pas cessé depuis. Troisième vecteur antichrétien: le marxisme. En Corée du Nord, toute activité religieuse est qualifiée de révolte contre les principes socialistes, et des milliers de chrétiens sont emprisonnés. En Chine, le Parti communiste fait paradoxalement bon ménage avec le capitalisme, mais les vieux réflexes sont loin d’avoir disparu: l’État tient à contrôler les religions. (…) Le 10 décembre dernier a été publié, à Vienne, un rapport de l’Observatoire sur l’intolérance et les discriminations contre les chrétiens en Europe, concernant les années 2005-2010. Ce document recense les actes de vandalisme contre les églises et les symboles religieux, les manifestations de haine et les brimades contre les chrétiens observées sur le continent européen au cours des dernières années. La liste est impressionnante, mais les faits incriminés ont suscité une émotion bien discrète ici. Aux facteurs aggravants de la situation des chrétiens dans le monde, peut-être faudrait-il ajouter l’indifférentisme religieux en Occident: si les Européens ne respectent pas le christianisme chez eux, comment aideraient-ils les chrétiens persécutés aux quatre points de l’horizon? Jean Sévillia (Le Figaro)
Un récent rapport de MEMRI, paru début 2017, révélait la diffusion de manuels scolaires de l’Etat islamique sur la plateforme de réseaux sociaux basée en Europe Telegram. Il apparaissait que les manuels scolaires sont, sans surprise, remplis d’images et de textes liés au djihad. Cela n’a rien d’étonnant, de la part de l’organisation terroriste la plus connue du monde. Mais le problème des contenus intolérants, suprématistes et violents des manuels scolaires du monde musulman, d’Afrique du Nord au Pakistan, occupe le débat public depuis déjà plusieurs décennies, depuis avant l’émergence de l’Etat islamique. Les campagnes pour modifier le contenu nuisible des manuels scolaires palestiniens et saoudiens ont suscité de l’intérêt au sein des échelons haut-placés du gouvernement américain. Mais le problème est bien plus étendu et existait bien avant l’avènement des réseaux sociaux, qui ont en grande partie facilité la dernière vague de mobilisation djihadiste. (…) En octobre 2013, MEMRI publiait une étude des manuels scolaires utilisés dans les écoles publiques (et non dans les fameuses madrassas islamistes privées) au Penjab, à Sindh, au Baluchistan et à Khyber Pakhtunkhwa, qui montrait comment de jeunes élèves sont abreuvés de concepts de violence et de martyre et de haine pour les non-musulmans. Trois ans plus tard, l’éditorialiste pakistanais Zubeida Mustafa déplorait la profonde intolérance présente dans ces manuels scolaires, suite à la publication d’un rapport cinglant révélant que « ces manuels glorifient la guerre, singularisent les non musulmans, adoptent une vision unidimensionnelle de la réalité, déforment l’histoire et diffusent des stéréotypes sur les femmes ». MEMRI
Je suis très frappée par les limites de cet enseignement. Je vous le dis très directement. Quand on lit les programmes, c’est un enseignement qui ne respecte pas les règles de l’histoire critique. C’est un enseignement dogmatique. On présente le prophète de l’Islam sans mettre en perspective le contexte socio-culturel. C’est un enseignement qui sacralise. C’est un enseignement qui ne me semble pas servir des faims de connaissances. C’est un enseignement qui vise à flatter, à apaiser, à soutenir des choses qui relèvent du vivre ensemble mais qui n’est pas articulé au souci de vérité. Je vois quelques difficultés. Il faut faire un enseignement qui obéit à toutes les règles de l’histoire critique. Souad Ayada
It is like Taliban/ISIS style of persecution against a peaceful church. It was primarily destroyed because it refused to register. Bob Fu (China Aid)
Ces dernières années, une dizaine d’églises ont été détruites dans le pays, et de nombreuses croix ont été démontées. Dans le Jiangxi, dans le sud du pays, les portraits de Jésus ont même dû être remplacés par ceux du président Xi Jinping. RFI.
Les autorités chinoises ont démoli à l’explosif la monumentale église évangélique Jindengtai, située à Linfen, dans la province du Shanxi, « dans le cadre d’une campagne municipale visant à éliminer les constructions illégales », a précisé un responsable de la ville au journal Global Times, cité par l’AFP. « Un chrétien a donné son terrain agricole à une association chrétienne locale, et ils ont construit secrètement une église, prétextant construire un entrepôt », a indiqué la source municipale, qui a ajouté que les autorités avaient fait stopper la construction du lieu de culte en 2009. À l’époque, des fidèles avaient été arrêtés, des Bibles confisquées et des leaders religieux condamnés à de longues peines de prison. « Une nuée de policiers militaires ont été mobilisés et ont réalisé la démolition grâce à une grande quantité d’explosifs placés sous l’église », s’est insurgé de son côté Bob Fu, président de China Aid, un groupe de défense des droits religieux basé aux États-Unis. « Cette persécution est digne de l’État islamique et des talibans », a-t-il même dénoncé. (…) Le pouvoir communiste de Pékin, qui redoute l’influence des organisations religieuses, les surveille de très près. La Chine, qui compterait 60 millions de chrétiens, fait partie des 50 pays qui les persécutent le plus dans le monde, selon l’index 2018 de l’ONG Portes ouvertes. Valeurs actuelles

Cherchez l’erreur !

A l’heure où de Donald Trump à Emmanuel Macron et gros contrats obligent …

Nos dirigeants déroulent le tapis rouge ou se bousculent chez les bouchers de Tiananmen

Et que pendant que, sur fond de génocide silencieux mondial et d’incitation officielle au meurtre des non-musulmans, les dégradations se multiplient contre nos églises chrétiennes ou nos synagogues …

On en est, paix sociale oblige, à « sacraliser l’islam » dans les manuels de nos enfants …

Devinez qui …

Tout en multipliant à la russe  et à coup de corruption, coercition, propagande et désinformation, les actions subversives contre les démocraties occidentales

Et après l’Etat islamique et à la talibane …

Fait tranquillement sauter des églises chrétiennes (merci Roger) …

Et imaginez le tollé si un pays chrétien ou Israël avait osé toucher à une mosquée !

 Chrétiens. “Cette persécution est digne de l’État islamique et des talibans », a déploré le président de China Aid, un groupe de défense des droits religieux basé aux États-Unis.

Valeurs actuelles

15 janvier 2018

Les autorités chinoises ont démoli à l’explosif la monumentale église évangélique Jindengtai, située à Linfen, dans la province du Shanxi, « dans le cadre d’une campagne municipale visant à éliminer les constructions illégales », a précisé un responsable de la ville au journal Global Times, cité par l’AFP.

« Un chrétien a donné son terrain agricole à une association chrétienne locale, et ils ont construit secrètement une église, prétextant construire un entrepôt », a indiqué la source municipale, qui a ajouté que les autorités avaient fait stopper la construction du lieu de culte en 2009. À l’époque, des fidèles avaient été arrêtés, des Bibles confisquées et des leaders religieux condamnés à de longues peines de prison.

« Une nuée de policiers militaires ont été mobilisés et ont réalisé la démolition grâce à une grande quantité d’explosifs placés sous l’église », s’est insurgé de son côté Bob Fu, président de China Aid, un groupe de défense des droits religieux basé aux États-Unis. « Cette persécution est digne de l’État islamique et des talibans », a-t-il même dénoncé.

« Ces dernières années, une dizaine d’églises ont été détruites dans le pays, et de nombreuses croix ont été démontées. Dans le Jiangxi, dans le sud du pays, les portraits de Jésus ont même dû être remplacés par ceux du président Xi Jinping », rappelle aussi RFI.

Le pouvoir communiste de Pékin, qui redoute l’influence des organisations religieuses, les surveille de très près. La Chine, qui compterait 60 millions de chrétiens, fait partie des 50 pays qui les persécutent le plus dans le monde, selon l’index 2018 de l’ONG Portes ouvertes.

Voir aussi:

Chine: les autorités détruisent une monumentale église évangélique

Avec notre correspondante à Shanghai, Angélique Forget

C’était une église monumentale, surmontée de tourelles et d’une grande croix rouge. Il n’en reste aujourd’hui plus qu’un tas de pierre. L’édifice a été complètement détruit à l’explosif. Construite il y a dix ans grâce aux dons de fidèles, cette église revendiquait 50 000 paroissiens.

En 2009, déjà le gouvernement local avait tenté d’empêcher son édification, une centaine de policiers avaient confisqué les Bibles et plusieurs responsables religieux avaient été condamnés à de longues peines de prison.

Jésus remplacé par Xi Jinping

Ces dernières années, une dizaine d’églises ont été détruites dans le pays, et de nombreuses croix ont été démontées. Dans le Jiangxi, dans le sud du pays, les portraits de Jésus ont même dû être remplacés par ceux du président Xi Jinping.

Officiellement, la liberté de religion est garantie en Chine. Mais les groupes religieux doivent faire allégeance à des associations dirigées par le Parti communiste chinois. L’objectif pour le pouvoir est de ne pas perdre son influence, alors que le nombre de chrétiens en Chine ne cesse d’augmenter. ils seraient aujourd’hui environ 60 millions.

Voir également:

China blows up ‘illegal’ mega-church

January 14, 2018

BEIJING: Authorities in northern China have demolished a Christian megachurch in a move denounced by a religious rights group as “Taliban-style persecution”.

China’s officially atheist Communist authorities are wary of any organised movements outside their control, including religious ones.

The huge evangelical Jindengtai (Golden Lampstand) Church, painted grey and surmounted by turrets and a large red cross, was located in Linfen, Shanxi province.

Its demolition began on Tuesday under “a city-wide campaign to remove illegal buildings”, the Global Times newspaper reported, quoting a local government official who wished to remain anonymous.

“A Christian offered his farmland to a local Christian association and they secretly built a church using the cover of building a warehouse,” the official said.

The local housing department had stopped construction of the church in 2009 when it was almost complete, he added. Several members of the Christian group were then jailed, according to the official.

A “multitude of military police were mobilised and engaged (in) the destruction by burying a large amount of explosives under the church,” Bob Fu, president of the US-based religious rights group ChinaAid Association, said on Saturday.

“It is like Taliban/ISIS style of persecution against a peaceful church,” he said, adding that it had around 50,000 members.

The house of worship was “primarily destroyed because it refused to register” with the Communist authorities, Fu said.

Linfen police and city officials did not answer telephone calls.

Demolition of the church comes as authorities prepare to implement new, stricter regulations on religion which come into force on February 1 as part of a broader effort to put religious practice under the direct supervision of the state.

Beijing has stepped up its crackdown on civil society since President Xi Jinping took power in 2012, tightening restrictions on freedom of speech and jailing hundreds of activists and lawyers.

Chinese citizens officially have freedom of belief under the constitution but the authorities tightly control religious groups and churches, which have to swear allegiance to state-controlled “patriotic” associations to avoid any foreign influence through religion.

In an annual report last year, the US State Department said that in 2016, China “physically abused, detained, arrested, tortured, sentenced to prison, or harassed adherents of both registered and unregistered religious groups”.

Voir de même:

Chinese Police Dynamite Christian Megachurch
Russell Goldman
The New York Times
Jan. 12, 2018

HONG KONG — Chinese police officers demolished one of the country’s largest evangelical churches this week, using heavy machinery and dynamite to raze the building where more than 50,000 Christians worshiped.

The Golden Lampstand Church in Shanxi Province was one of at least two Christian churches demolished by the authorities in recent weeks, part of what critics describe as a national effort to regulate spiritual life in China.

Under President Xi Jinping, the government has destroyed churches or removed their steeples and crosses as part of a campaign that reflects the Communist Party’s longstanding fear that Christianity, viewed as a Western philosophy, is a threat to the party’s authority.

Global Times, a state newspaper, described the building’s destruction as part of a “citywide campaign to remove illegal buildings,” and quoted an unidentified official as saying that the church had been “secretly” constructed without proper permits and was initially disguised as a warehouse.

Members of the megachurch, however, have previously clashed with the authorities, including in 2009 when the police confiscated Bibles and imprisoned several of the congregation’s leaders.

On Tuesday, officers of the People’s Armed Police, a state paramilitary organization, detonated explosives in the church’s underground sanctuary and destroyed the rest of the building, according to ChinaAid, an American watchdog group that monitors religious freedom in China.

“The repeated persecution of Golden Lampstand Church demonstrates that the Chinese government has no respect for religious freedom or human rights,” said Bob Fu, the group’s founder.

Chinese police officers demolished one of the country’s largest evangelical churches this week, using heavy machinery and dynamite to raze the building where more than 50,000 Christians worshiped. The Golden Lampstand Church in Shanxi Province was one of at least two Christian churches demolished by the authorities in recent weeks, part of what critics describe as a national effort to regulate spiritual life in China.

Under President Xi Jinping, the government has destroyed churches or removed their steeples and crosses as part of a campaign that reflects the Communist Party’s longstanding fear that Christianity, viewed as a Western philosophy, is a threat to the party’s authority.
Global Times, a state newspaper, described the building’s destruction as part of a “citywide campaign to remove illegal buildings,” and quoted an unidentified official as saying that the church had been “secretly” constructed without proper permits and was initially disguised as a warehouse.
Members of the megachurch, however, have previously clashed with the authorities, including in 2009 when the police confiscated Bibles and imprisoned several of the congregation’s leaders.
On Tuesday, officers of the People’s Armed Police, a state paramilitary organization, detonated explosives in the church’s underground sanctuary and destroyed the rest of the building, according to ChinaAid, an American watchdog group that monitors religious freedom in China.
“The repeated persecution of Golden Lampstand Church demonstrates that the Chinese government has no respect for religious freedom or human rights,” said Bob Fu, the group’s founder.
ChinaAid said that the building was built by the married evangelists Wang Xiaoguang and Yang Rongli with nearly $3 million in contributions from local Christians, but that it had never been registered with the authorities, a legal requirement.
Officially, Chinese citizens are free to practice the religion of their choice, but the government tightly controls spiritual life, and in some cases bans certain groups, like Falun Gong.
On Dec. 27, the authorities also demolished a Catholic church in Shaanxi Province, southwest of Shanxi Province, destroying an altar and confiscating vestments, according to ChinaAid.
More than 60 million Christians live in China, at least half of whom worship in unregistered churches.
Voir encore:

SHUITOU, China — Along the valleys and mountains hugging the East China Sea, a Chinese government campaign to remove crosses from church spires has left the countryside looking as if a typhoon had raged down the coast, decapitating buildings at random.

In the town of Shuitou, workers used blowtorches to cut a 10-foot-high cross off the 120-foot steeple of the Salvation Church. It now lies in the churchyard, wrapped in a red shroud.

About 10 miles to the east, in Mabu township, riot police officers blocked parishioners from entering the grounds of the Dachang Church while workers erected scaffolding and sawed off the cross. In the nearby villages of Ximei, Aojiang, Shanmen and Tengqiao, crosses now lie toppled on rooftops or in yards, or buried like corpses.

On a four-day journey through this lush swath of China’s Zhejiang Province, I spoke with residents who described in new detail the breathtaking scale of an effort to remove Christianity’s most potent symbol from public view. Over the past two years, officials and residents said, the authorities have torn down crosses from 1,200 to 1,700 churches, sometimes after violent clashes with worshipers trying to stop them.

“It’s been very difficult to deal with,” said one church elder in Shuitou, who like others asked for anonymity in fear of retaliation by the authorities. “We can only get on our knees and pray.”

The campaign has been limited to Zhejiang Province, home to one of China’s largest and most vibrant Christian populations. But people familiar with the government’s deliberations say the removal of crosses here has set the stage for a new, nationwide effort to more strictly regulate spiritual life in China, reflecting the tighter control of society favored by President Xi Jinping.

In a major speech on religious policy last month, Mr. Xi urged the ruling Communist Party to “resolutely guard against overseas infiltrations via religious means,” and he warned that religions in China must “Sinicize,” or become Chinese. The instructions reflect the government’s longstanding fear that Christianity could undermine the party’s authority. Many human rights lawyers in China are Christians, and many dissidents have said they are influenced by the idea that rights are God-given.

In recent decades, the party had tolerated a religious renaissance in China, allowing most Chinese to worship as they chose and even encouraging the construction of churches, mosques and temples, despite regular crackdowns on unregistered congregations and banned spiritual groups such as Falun Gong.

Hundreds of millions of people have embraced the nation’s major faiths: Buddhism, Taoism, Islam and Christianity. There are now about 60 million Christians in China. Many attend churches registered with the government, but at least half worship in unregistered churches, often with local authorities looking the other way.

But Mr. Xi’s decision to convene a “religious affairs work conference” last month — the first such leadership meeting in 15 years — suggested that he was unhappy with some of these policies. People familiar with the party’s discussions say it intends to apply some lessons from the campaign in Zhejiang to rein in religious groups across the country.

While the government is unlikely to begin tearing down crosses across China, the sources say, local authorities are expected to begin scrutinizing the finances and foreign ties of churches and other spiritual institutions as part of an effort to limit the influence of religions the party considers a threat, especially Christianity.

“What has been happening in Zhejiang is a test,” said Fan Yafeng, an independent legal scholar in Beijing. “If the government views it as a success, it will be expanded.”

Broadening the campaign to regulate religion could backfire on Mr. Xi, with worshipers abandoning government-run churches in favor of underground congregations, which typically meet unobtrusively in office buildings or homes. It could also antagonize many of the urban, white-collar professionals who have embraced Christianity.

“Treating it as a foreign religion could alienate these people,” said Fredrik Fallman, a scholar who studies Chinese Christianity at the University of Goteborg in Sweden. “But this might also be the purpose — to be a warning.”

Set in a valley 10 miles from the coast, Shuitou is a small market town of streaked-concrete housing blocks and pell-mell streets. Most of its traditional places of worship — Buddhist, Taoist and ancestral shrines for deceased relatives — are small structures, sometimes built on the side of a mountain and usually hidden from view.

But since the 1980s, 14 churches in Shuitou have been financed with donations from local entrepreneurs eager to show off their newfound prosperity and hard-won faith. The naves are several stories tall, and the spires rise more than 100 feet.

Until recently, most were topped with bright red crosses. But crosses have been removed from half the churches in Shuitou, with orders coming every month for more to come down. Many worshipers interviewed said they feared an era was coming to end.

“For years, we had no problems with the authorities,” a local worshiper said. “Our churches were welcomed by the government.”

The campaign began in 2014, when the government abruptly announced plans to demolish a church in the neighboring city of Wenzhou, saying it had not received the proper building permits. Then the government began issuing orders for churches across the province to remove their crosses.

The Salvation Church, a complex with three spires atop a three-story congregation hall, offices and a parking lot, quickly became a center of resistance. Hundreds of parishioners encircled the church to protect the cross, facing off against hundreds of riot police officers.

In one confrontation, about 50 church members were injured. Pictures of bruised and beaten Christians flooded social media and the websites of overseas Christian advocacy groups.

According to parishioners, the government put pressure on the most active members of the congregation. Some businessmen say their partners were pressured into canceling contracts with them. Others were told by their employers that they would lose their jobs if they continued to participate in protests.

After the church in Wenzhou was demolished, the Salvation Church gave in and agreed to take down its cross.

The government said that it was enforcing building codes and that all structures had been affected, not just churches. But documents reviewed by The New York Times show that provincial officials were worried that churches had begun to dominate the region’s skyline.

The crosses have come down in waves, with at least 1,200 removed as of last summer, according to people working for government-run churches. Many local residents estimate the figure is now close to 1,700.

“It was quiet late last year,” one local Christian said, “but the government is now making it clear that all of the crosses will go.”

As the authorities pressed the campaign, prominent Protestant and Catholic leaders across China, including senior figures in the government’s religious affairs bureaucracy, spoke out against it in sermons and on social media.

One of them was Gu Yuese, the pastor of one of the biggest churches in the Chinese-speaking world, the Chongyi Church in the provincial capital of Hangzhou. As one of the best-known Protestant leaders in China, Mr. Gu was influential, and his criticism resonated beyond the region.

“These actions are a flagrant violation of the policy of religious freedom that the party and the government have been implementing and continuously perfecting for more than 60 years,” he wrote in a statement released on official government letterhead.

Then he was silenced. In January, the police detained Mr. Gu and charged him with misusing church funds. A few days later, another pastor in Zhejiang who had also spoken out was detained on similar charges.

“It’s a method to make us pay attention,” said the pastor of a government-run church in Wenzhou. “None of us have financial training, so if you send in an accountant, they will probably find something wrong.”

Several clergy members in the region said they were under pressure to demonstrate their loyalty to the Communist Party. Some churches, for example, have begun extolling Mr. Xi’s campaign to promote “core socialist values” — a slogan meant to offer a secular belief system that bolsters the party’s legitimacy.

Other churches have begun displaying their building permits, implicitly endorsing the government’s authority to approve or reject church construction, including crosses.

“We have to show that we are loyal Christians,” said an employee of the historic Chengxi Church in Wenzhou, “or else we could face trouble.”

In February, a prominent lawyer was shown on state television confessing to having colluded with foreign forces, especially American organizations, to stir up local Christians. The lawyer, Zhang Kai, had been in Zhejiang providing legal advice to churches that opposed the removal of their crosses.

Unregistered churches appear vulnerable, too. In December, the police detained several members of the unregistered Living Stone church in southern China’s Guizhou Province after they refused to join a government-run Protestant church. The pastor was later arrested on charges of “divulging state secrets.”

“It’s easy for them to fabricate a crime and accuse you,” said the pastor of a large unregistered church in Wenzhou. “We have to be very careful.”

Many worshipers in Shuitou are eager to keep their heads low, in hopes that the storm will blow over.

One Sunday last month, about 300 people attended services at the Salvation Church, women sitting on the left side and men on the right — a reflection of traditional views toward worship. In the front of the church, above a big red cross, were six big characters that read: “Holiness to the Lord.”

Most of the people there were in their 50s or 60s, in part because many of the younger worshipers were boycotting Sunday services to protest the church’s decision to comply with the government’s order to remove the cross.

They have begun attending services on Thursdays instead, to mark the day of the week the cross came down. They used to participate in the church’s Bible study groups, but now study independently. Some wonder if they and others may stop worshiping in registered churches entirely and go underground.

A senior church leader, who spoke on the condition of anonymity, said he and others had agreed to take down the cross because they feared the church would be demolished if they did not. People were on the verge of losing their jobs, he added, and church elders felt they had no choice but to call on parishioners to give in.

“More than three decades ago, we didn’t even have a church,” he said. “Persecution in church history has never stopped. All we can do is pray.”

Enseignement. La nouvelle présidente du conseil supérieur des programmes Souad Ayada a dénoncé un enseignement qui sacralise l’Islam au mépris de l’objectivité historique.

Valeurs actuelles

24 janvier 2018 

Peu connue des syndicats enseignants, Saoud Ayada fait déjà parler d’elle. Nommée le 23 novembre dernier à la tête du conseil supérieur des programmes, cette philosophe spécialiste de spiritualité islamique a vivement critiqué les manuels scolaires. “Je suis très frappée par les limites de cet enseignement, a-t-elle lancé devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée Nationale. Je vous le dis très directement. Quand on lit les programmes, c’est un enseignement qui ne respecte pas les règles de l’histoire critique. »

“C’est un enseignement qui vise à flatter, à apaiser”

Un regard sans concession qui va même beaucoup plus loin. “C’est un enseignement dogmatique. On présente le prophète de l’Islam sans mettre en perspective le contexte socio-culturel, regrette-t-elle. C’est un enseignement qui sacralise. C’est un enseignement qui ne me semble pas servir des faims de connaissances. C’est un enseignement qui vise à flatter, à apaiser, à soutenir des choses qui relèvent du vivre ensemble mais qui n’est pas articulé au souci de vérité. Je vois quelques difficultés. Il faut faire un enseignement qui obéit à toutes les règles de l’histoire critique.

Après la réforme, sous le précédent quinquennat, des programmes de la maternelle au collège, le CSP se penche désormais sur les contenus enseignés au lycée et évalués lors du baccalauréat. Un chantier sensible.

Voir enfin:

« Vous devez être soigneusement éduqués » : le défi des manuels scolaires islamiques suprématistes

Alberto M. Fernandez *

MEMRI

28 mars 2017

Un récent rapport de MEMRI, paru début 2017, révélait la diffusion de manuels scolaires de l’Etat islamique [EI] sur la plateforme de réseaux sociaux basée en Europe Telegram. [1] Il apparaissait que les manuels scolaires sont, sans surprise, remplis d’images et de textes liés au djihad. Cela n’a rien d’étonnant, de la part de l’organisation terroriste la plus connue du monde.

Mais le problème des contenus intolérants, suprématistes et violents des manuels scolaires du monde musulman, d’Afrique du Nord au Pakistan, occupe le débat public depuis déjà plusieurs décennies, depuis avant l’émergence de l’Etat islamique. Les campagnes pour modifier le contenu nuisible des manuels scolaires palestiniens et saoudiens ont suscité de l’intérêt au sein des échelons haut-placés du gouvernement américain. Mais le problème est bien plus étendu et existait bien avant l’avènement des réseaux sociaux, qui ont en grande partie facilité la dernière vague de mobilisation djihadiste.[2] Il demeure un sujet de préoccupation politique. Une étude non publiée sur les manuels scolaires saoudiens datant de 2013, commandée par le Département d’Etat américain, n’a vu le jour qu’en 2016, grâce à la Loi sur la Liberté de l’Information (Freedom of Information Act).[3]

En octobre 2013, MEMRI publiait une étude des manuels scolaires utilisés dans les écoles publiques (et non dans les fameuses madrassas islamistes privées) au Penjab, à Sindh, au Baluchistan et à Khyber Pakhtunkhwa, qui montrait comment de jeunes élèves sont abreuvés de concepts de violence et de martyre et de haine pour les non-musulmans.[4] Trois ans plus tard, l’éditorialiste pakistanais Zubeida Mustafa déplorait la profonde intolérance présente dans ces manuels scolaires, suite à la publication d’un rapport cinglant révélant que « ces manuels glorifient la guerre, singularisent les non musulmans, adoptent une vision unidimensionnelle de la réalité, déforment l’histoire et diffusent des stéréotypes sur les femmes ».[5]

Des tentatives menées en Jordanie en 2016 en vue de rendre les manuels scolaires moins sectaires et intolérants ont déclenché des autodafés de manuels et des réactions hostiles sur les médias sociaux. [6] Certains contenus figurant dans les nouveaux manuels montraient des images de femmes sans voiles et évoquaient la présence de Jordaniens chrétiens. Parmi ceux qui ont fustigé les nouveaux manuels, plus modérés, on trouve l’Association des enseignants jordaniens, longtemps dominée par les islamistes, ainsi que le Front d’action islamique, parti d’opposition (représentant les Frères musulmans en Jordanie). Un porte-parole de l’association des enseignants a déploré que le nombre de versets du Coran dans les manuels d’arabe du CM2 à la seconde soit tombé de 261 à seulement 44. [7]

L’agitation suscitée en Jordanie illustre un problème fondamental lié à la réforme des manuels scolaires. Il ne s’agit pas d’écoles religieuses, mais d’écoles publiques. Le défi ne concerne pas seulement les manuels scolaires, mais également les enseignants et les instituts de formation, qui ont longtemps représenté un terreau fetile pour les islamistes.

Malgré ces problèmes profondément enracinés, quelques progrès ont été réalisés, du moins sur le papier. Des intellectuels progressistes, comme Mustafa, précédemment évoqué, Abdul Hamid Al-Ansari au Qatar, Ibrahim Al-Buleihi en Arabie saoudite et d’autres encore, ont contesté ce statu quo nocif. [8] Des groupes appartenant aux minorités ethniques et religieuses sont aujourd’hui reconnus et moins diabolisés dans certains endroits. Après [la chute de] Kadhafi, la Libye a reconnu les langues parlées par les minorités non arabes, et offert la possibilité de les étudier dans les écoles.

(…)

Alors que l’Etat islamique fustige, non seulement les autres musulmans mais aussi les autres islamistes, sa lecture de l’histoire islamique, de l’expérience vécue par les musulmans au cours des siècles, demeure – comme celle de plusieurs de ses rivaux – une lecture intellectuellement appauvrie. [9] La grande ironie de la controverse autour des manuels scolaires et du poison que les islamistes et les djihadistes injectent, tient au fait qu’ils présentent une image du Moyen-Orient musulman qui pourrait être contestée par une lecture différente de la même histoire et de la même expérience vécue. (…)​

Lire le rapport dans son intégralité en anglais

*Alberto M. Fernandez est Vice-Président de MEMRI

Voir par ailleurs:

La Chine, influenceuse planétaire

On le sait, Moscou a voulu peser sur les élections aux Etats-Unis ou en France. On sait moins que Pékin veut se faire entendre par tous les moyens bien au-delà de l’Asie par la corruption, la coercition ou la désinformation.

Nadège Rolland, directrice de recherches à The National Bureau of Asian Research (NBR)

Les révélations relatives à l’ingérence russe dans le processus électoral de plusieurs pays, y compris la France, ont ramené sur le devant de la scène des pratiques et méthodes que l’on croyait croupissantes dans les oubliettes de la guerre froide. L’ingérence a pour but d’orienter le cours de la politique d’un pays donné dans une direction favorable aux intérêts de la puissance étrangère. Elle s’appuie sur une panoplie d’outils subversifs (corruption, coercition, propagande, désinformation) relayés par des médias, des associations, ou des personnalités publiques, dans le but d’influencer l’opinion publique et les élites.

La Russie n’est pas la seule puissance à pratiquer l’art de la guerre politique. La Chine mène le même combat, utilisant des armes similaires. Au cours des derniers mois, les exemples d’ingérence chinoise se sont accumulés : pressions financières exercées sur la prestigieuse Cambridge University Press, lui intimant de retirer de ses bases de données des centaines d’articles dont le contenu déplaisait à Pékin ; atteintes répétées à la liberté d’expression dans plusieurs universités australiennes et américaines opérées par des associations d’étudiants chinois rattachées à des organes centraux du Parti communiste chinois (PCC) ; rachat de journaux locaux ou coproduction de programmes médiatiques. Le monde politique n’est pas épargné : des tycoons liés au PCC ont versé plusieurs millions de dollars sous forme de donations aux principaux partis politiques australiens ; le directeur de la CEFC China Energy, une compagnie chinoise aux origines opaques, est depuis deux ans conseiller personnel du président tchèque. Alors que la Nouvelle-Zélande se prépare à tenir ses élections législatives, les services de contre-espionnage néo-zélandais ont déclaré avoir ouvert une enquête sur un ex-professeur de l’université d’Auckland, devenu député du Parti national en 2011. Avant son arrivée en Nouvelle-Zélande, Yang Jian avait enseigné à l’Institut des langues étrangères de Luoyang, une institution formant les officiers de renseignement du 3e département de l’Armée populaire (l’équivalent de la NSA). Il avait «oublié» de le mentionner.

Les objectifs de la guerre politique menée par la Chine sont différents de ceux de Moscou, mais leurs tactiques ont un point commun : la manipulation de la liberté et de l’ouverture offertes par les sociétés démocratiques. Là où la Russie veut diviser l’Europe, détourner son attention et la dissuader de réagir à ses agressions répétées, Pékin souhaite établir sa prépondérance sur une région Asie-Pacifique élargie qu’elle souhaite débarrassée de la présence américaine. Afin d’y parvenir sans déclencher de conflit militaire, elle s’attache à décrédibiliser Washington auprès de ses alliés, à diviser les acteurs régionaux et à les dissuader d’intervenir dans l’espace maritime est-asiatique qu’elle souhaite établir comme son pré carré. Au-delà de la rivalité stratégique sino-américaine, c’est aussi un accès à des marchés, des savoir-faire et des technologies, que recherche une Chine qui s’est donnée pour objectif de dépasser la première puissance économique mondiale.

Le rêve du «grand marché chinois» ou la promesse d’opportunités lucratives offertes par son programme des «nouvelles routes de la soie» servent d’appâts à des entreprises et gouvernements souvent prompts à coopérer sans se soucier des potentielles conséquences négatives à long terme.

Enfin, le contrôle de l’information et l’effort de propagande chinois ne s’arrêtent pas à la frontière virtuelle créée par la «grande muraille digitale» qui scelle le cyberespace de la République populaire. Xi Jinping souhaite que la «voix de la Chine» résonne dans le monde, martelant les succès de la «solution chinoise» présentée comme une alternative à un modèle de globalisation en faillite. Une alternative dans laquelle les «droits au développement» passent avant le respect des valeurs universelles. Toutes les démocraties sont concernées et chacune se doit d’être vigilante.


Cyberattaques: Le pire est devant nous (Behind the world’s largest state criminal organization, an open-air gulag and a largely indifferent free world)

22 mai, 2017
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Le jour où la Corée du nord s’effondrera, on découvrira un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire, avec des survivants dont les récits feront honte au monde libre. Et l’on s’interrogera alors sur les raisons pour lesquelles les informations n’ont pas conduit à rompre les relations diplomatiques et à demander des comptes à Pyong Yang. Thérèse Delpech
En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique. L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord. Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir: «Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé», «La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu?», «Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle «insolite». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International. La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche-à-oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme à nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues. Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas «Le monde est dangereux» comme souvent les articles des pages International, mais plutôt «Le monde est fou». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du «royaume de l’absurde». (…) L’info buzz jubile de ce moment où la réalité dépasse la fiction, où une news sur Kim Jong-un devient plus drôle que The Interview, le film de Seth Rogen sur la Corée du Nord, où LeMonde.fr peut rivaliser avec le Gorafi. La Corée du Nord est reléguée au rayon buzz car les images qui nous arrivent du pays, via la propagande nord-coréenne, sont celle d’un grand Disneyland, un décor de carton-pâte dans lequel évolue le poupin Kim Jong-un. C’est une leçon pour les communicants de toute la planète: pour que les médias reprennent un message, il suffit de les penser comme une scène de mauvais téléfilm, organisé autour d’une figure reconnue de la culture pop, comme l’est Kim-Jong-un. Il faut être le moins crédible, le plus proche de la fiction, pour que l’info buzz s’en empare. Vincent Glad
Located in a heavily guarded concrete building in downtown Pyongyang, Bureau No. 39 is the nerve center of North Korea’s state-run network of international crime. Its official name is Central Committee Bureau 39 of the Korean Workers’ Party. The authors refer to it by what Bechtol says is the more accurately nuanced translation of “Office No. 39.” The mission of Office No. 39 is to generate torrents of cash for North Korean ruler Kim Jong Il, by way of illicit activities abroad. Favorite rackets include international trafficking of drugs produced under state supervision in North Korea, and state production and laundering into world markets of counterfeit U.S. currency, and cigarettes. Such activities are tied directly to the survival of Kim’s regime. The authors report “the crimes organized by Office No. 39 are committed beyond the borders of North Korea by the regime itself, not solely for the personal enrichment of the leadership, but to prop up its armed forces and to fund its military programs.” What sets Office No. 39 apart from more pedestrian political corruption or organized crime is that this operation is not some wayward private gang or unauthorized appendage of government. It is an integral and institutionalized part of the North Korean regime. As such, it enjoys the perquisites and protective trappings of the modern nation-state, including the use of North Korean embassies and state-run businesses abroad, and the reluctance of other nations to intervene in the sovereign affairs of North Korea. Office No. 39 is directly tied to Kim himself, who set it up way back in 1974, when his father, Kim Il Sung, was still in power. The authors explain: “This office was established for the explicit purpose of running illegal activities to generate currency for the North Korean government.” Since the 1991 Soviet collapse, which ended subsidies from Moscow, Office No. 39 has become ever more important, and especially over the past 10 years, its activities have become more prolific. Office No. 39 continues to report directly to Kim, who took charge of the regime when his father died in 1994. According to a North Korean defector interviewed by the authors, Kim Kwang-Jin, who has firsthand knowledge of North Korean financial practices, Office No. 39 is also known to North Korean insiders as “the keeper of Kim’s cashbox.” Organized into 10 departments, specializing in various illicit activities, Office No. 39 serves as a slush fund through which billions of dollars have flowed over the years. In a bizarre personal touch, these funds are collected and presented periodically to Kim in aggregate amounts, labeled “revolutionary funds,” on such special occasions as his official birthday, Feb. 12, or the birthday of his late father, Kim Il Sung, April 15th. This money is not spent on easing the miseries of millions of repressed and famished North Koreans. That effort–from which Kim also has a record of appropriating resources to sustain his regime–is left to the likes of international donors, contributing via outfits such as the United Nations. The authors explain that the profits of Bureau 39 help swell the offshore bank accounts of Kim’s regime, used not only to pay for his luxurious lifestyle, but to buy the loyalties and materials that underpin his totalitarian, nuclear-entwined military state … Claudia Rosett
En dépit de leur rhétorique sur le besoin pressant de développer un arsenal nucléaire, la plus grande priorité des dirigeants nord-coréens est de faire entrer des devises étrangères. Sans elles, estiment les experts, le régime risquerait de s’effondrer sous le poids des sanctions internationales. Les courses de taxis ne peuvent bien entendu à elles seules combler cette lacune. Mais les taxis KKG ne sont que l’arbre qui cache la forêt. La flotte de taxis de KKG est l’un des produits issus d’un partenariat entre un groupe d’investisseurs basés à Hong Kong et une antenne occulte de l’Etat nord-coréen qui, comme le montre notre enquête, a pour vocation première de négocier des contrats à l’international. L’alliance de Pyongyang avec le groupe Queensway [basé à Hong Kong], un groupement d’hommes d’affaires connus pour avoir des liens avec des régimes parias, est opaque. Mais il semble évident que cette alliance permet au régime le plus isolé du monde de garder la tête hors de l’eau. (…) “La plupart des sociétés nord-coréennes sont sous le coup des sanctions des Etats-Unis, de l’UE ou des Nations unies. Elles changent régulièrement de raison sociale, tout comme leurs navires changent de pavillons. Mais la plupart appartiennent à des officiers supérieurs de l’armée ou au Parti du travail de Corée, au pouvoir. Comme elles sont inscrites sur la liste des sanctions, elles ont besoin d’une société étrangère susceptible de les aider à commercer avec des pays étrangers.” (…) Selon plusieurs hauts responsables asiatiques et américains, la branche nord-coréenne du réseau KKG conduit à une organisation clandestine nommée la Division 39 du Parti du travail. Les Etats-Unis qualifient la Division 39 de “branche clandestine du gouvernement (…) qui assure un soutien essentiel au pouvoir nord-coréen, en partie en menant des activités économiques illicites et en gérant des caisses noires, et en générant des revenus pour les instances dirigeantes.” Les dirigeants nord-coréens ont dû recourir à cette stratégie après des années de sanctions internationales. Imposées en réaction aux essais nucléaires de 2006, 2009 et 2013 ces dernières prévoient notamment un embargo sur les armes visant à empêcher la Corée du Nord de se livrer au commerce de matériel militaire et de se procurer des pièces pour son programme atomique ; un gel des avoirs destiné à exercer une pression financière sur le pouvoir ; et un embargo sur l’exportation de produits de luxe, conçu pour priver les hauts dirigeants des attributs du pouvoir – des homards jusqu’aux cigarillos, en passant par les fourrures et les yachts. Les Nations unies ont fixé le cadre général des sanctions, les Etats décidant par eux-mêmes ce qu’ils interdisent. Les rapports annuels d’une commission onusienne qui surveille les sanctions parlent cependant d’un jeu du chat et de la souris, car les dirigeants nord-coréens usent d’une panoplie de subterfuges en constante évolution pour déguiser leurs activités commerciales à l’étranger. Le dernier rapport en date de l’ONU, remis au Conseil de sécurité en février, fait ainsi état de ventes d’armes en Afrique et de l’utilisation de “pavillons de complaisance” pour échapper aux contrôles sur le transport maritime nord-coréen. Il indique également que “des structures commerciales légales ont été utilisées pour des activités illégales”. (…) Au cours des dix dernières années, le groupe Queensway a bâti un empire commercial contrôlant un portefeuille de plusieurs milliards de dollars, dont les tentacules s’étirent du Zimbabwe jusqu’à Manhattan. La nature précise de l’association avec KKG n’est pas très claire – on ignore s’il s’agit d’une joint-venture officielle ou d’un arrangement plus informel. Les liens entre les financiers de KKG se sont noués vers 2006. Selon le récit du haut fonctionnaire asiatique – dont des détails ont été corroborés par d’autres témoignage –, la percée de Queensway en Corée du Nord a été initiée par le représentant du groupe qui a promu ses intérêts en Afrique et ailleurs. Il utilise au moins sept identités différentes, la plus connue étant Sam Pa. L’année dernière, une enquête du Financial Times a établi que M. Pa et les autres fondateurs du groupe Queensway entretenaient des liens étroits avec de puissants intérêts à Pékin, y compris le service de renseignements chinois et plusieurs entreprises d’Etat. Ils ont également des relations avec de grands groupes occidentaux : des sociétés du groupe Queensway sont en affaires avec BP [compagnie pétrolière britannique] en Angola, Gl encore [entreprise anglo-suisse de négoce et d’extraction de matières premières] en Guinée, et d’autres. (…) “Les taxis KKG peuvent rapporter au régime quelques devises, grâce aux touristes de passage à Pyongyang, mais tout indique que les véritables cibles du groupe Queensway sont les secteurs minier et pétrolier”, souligne le chercheur américain J. R. Mailey, l’un des auteurs d’un rapport de 2009 du Congrès américain qui a récemment publié une deuxième étude détaillée sur le groupe. Le think tank britannique Chatham House signalait dans un rapport datant de 2009 qu’une filiale chinoise de Queensway, avait proposé en 2007 une entreprise publique chinoise pour réaliser des explorations sismiques sur deux sites de prospection pétrolière en Corée du Nord. Financial Times
From the final weeks of 2010 through the end of 2012, according to former American officials, the Chinese killed at least a dozen of the C.I.A.’s sources. According to three of the officials, one was shot in front of his colleagues in the courtyard of a government building — a message to others who might have been working for the C.I.A. Still others were put in jail. All told, the Chinese killed or imprisoned 18 to 20 of the C.I.A.’s sources in China, according to two former senior American officials, effectively unraveling a network that had taken years to build. Assessing the fallout from an exposed spy operation can be difficult, but the episode was considered particularly damaging. The number of American assets lost in China, officials said, rivaled those lost in the Soviet Union and Russia during the betrayals of both Aldrich Ames and Robert Hanssen, formerly of the C.I.A. and the F.B.I., who divulged intelligence operations to Moscow for years. The previously unreported episode shows how successful the Chinese were in disrupting American spying efforts and stealing secrets years before a well-publicized breach in 2015 gave Beijing access to thousands of government personnel records, including intelligence contractors. The C.I.A. considers spying in China one of its top priorities, but the country’s extensive security apparatus makes it exceptionally hard for Western spy services to develop sources there. At a time when the C.I.A. is trying to figure out how some of its most sensitive documents wereleaked onto the internet two months ago by WikiLeaks, and the F.B.I. investigates possible ties between President Trump’s campaign and Russia, the unsettled nature of the China investigation demonstrates the difficulty of conducting counterespionage investigations into sophisticated spy services like those in Russia and China. (…) Last year, an F.B.I. employee pleaded guilty to acting as a Chinese agent for years, passing sensitive technology information to Beijing in exchange for cash, lavish hotel rooms during foreign travel and prostitutes. In March, prosecutors announced the arrest of a longtime State Department employee, Candace Marie Claiborne, accused of lying to investigators about her contacts with Chinese officials. According to the criminal complaint against Ms. Claiborne, who pleaded not guilty, Chinese agents wired cash into her bank account and showered her with gifts that included an iPhone, a laptop and tuition at a Chinese fashion school. In addition, according to the complaint, she received a fully furnished apartment and a stipend. The NYT
« Désormais, je peux ajouter “a stoppé accidentellement une cyberattaque internationale » sur mon CV ». Dans un tweet humoristique publié samedi 13 mai, @malwaretechblog résume à merveille la situation. Cet Anglais de 22 ans a réussi, presque par hasard, à entraver la propagation du logiciel de racket qui s’est diffusé vendredi à grande vitesse, faisant plus de 200 000 victimes réparties dans 150 pays, selon les données d’Europol. Ce logiciel, appelé, WanaCrypt0r 2.0 chiffre les données présentes sur l’ordinateur infecté et exige, pour que le propriétaire puisse récupérer son contenu, une rançon d’un montant de 300 dollars. La rapidité inédite de sa diffusion, ainsi que l’importance de certaines organisations touchées – le système de santé britannique NHS, le constructeur automobile Renault ou encore l’opérateur espagnol Telefonica – ont généré une vive inquiétude vendredi. Jusqu’à ce que sa propagation soit brutalement freinée par @malwaretechblog, depuis hissé au rang de « héros accidentel » par la presse britannique. Le jeune homme, qui travaille pour l’entreprise de sécurité informatique Kryptos Logic, refuse de dévoiler son identité. « Ça n’a pas de sens de rendre publiques des informations personnelles sur moi », explique-t-il au Guardian. « Il est évident que nous luttons contre des types mal intentionnés, et qu’ils ne vont pas être contents. » S’il tient à protéger son identité, il a toutefois détaillé, sur son blog, la façon dont il avait vécu la folle journée de vendredi et découvert qu’il avait, avec un simple achat de nom de domaine, endigué la propagation du « ransomware » (rançongiciel). En fin de matinée, il se connecte machinalement à une plateforme d’information en temps réel sur les menaces informatiques. Il y est bien fait état de quelques victimes d’un rançongiciel, « mais rien de significatif », estime alors le chercheur en sécurité informatique, qui part déjeuner. A son retour, c’est l’affolement : en quelques heures, le logiciel s’est propagé à des milliers de machines, le fonctionnement des hôpitaux britanniques est perturbé et de nouvelles victimes se font connaître les unes après les autres. Rapidement, il réussit à obtenir une copie du ransomware, dont il examine le code source. Il y remarque la présence d’un nom de domaine en « .com » composé d’une quarantaine de caractères sans aucun sens. Celui-ci n’appartient à personne ; il décide de l’acheter pour 10,69 dollars (9,78 euros). Un réflexe, pour ce chercheur en sécurité informatique spécialisé dans les « malwares », les logiciels malveillants. « J’ai enregistré plusieurs milliers de noms de domaines de ce type l’an passé », explique-t-il. Il ne comprend pas immédiatement quel rôle joue ce nom de domaine dans le fonctionnement du logiciel, il remarque simplement que chaque machine infectée tente automatiquement de s’y connecter. Une aubaine pour @malwaretechblog : désormais propriétaire du nom de domaine, il reçoit ainsi des informations sur le nombre et la provenance géographique de ces connexions, ce qui lui permet de suivre en direct la propagation de ransomware. Des milliers de connexions sont effectuées chaque seconde, mais le rythme finit étrangement par ralentir. Parallèlement, un autre chercheur à qui il fournit une copie du ransomware s’étonne de ne pas réussir à le faire fonctionner. « A ce moment là, nous avions tué le malware sans le savoir, explique@malwaretechblog sur son blog. Nous ne comprenions donc pas pourquoi il n’arrivait pas à le faire fonctionner. » La confusion règne alors, et va être amplifiée par un employé de son entreprise, qui, après avoir examiné le code, croit comprendre, à tort, que l’achat du nom de domaine a en fait empiré la situation en déclenchant le chiffrement des fichiers à grande échelle. « Ça a causé une sacrée panique. » Heureusement, de l’autre côté de l’Atlantique, un autre spécialiste en sécurité informatique, Darien Huss, s’est entre-temps rendu compte que l’enregistrement du nom de domaine avait, bien au contraire, entravé la propagation du virus. Incrédule, @malwaretechblog lance quelques tests et parvient à confirmer les affirmations de Darien Huss : le logiciel ne fonctionne plus chez lui, mais se remet à marcher correctement quand il fait en sorte que la connexion au nom de domaine échoue. « Je pense que vous aurez du mal à visualiser un adulte sautillant d’excitation après avoir été victime d’un ransomware, mais c’était moi », écrit-il sur son blog. Le logiciel est en fait conçu de façon à se connecter automatiquement à ce nom de domaine. Si ce dernier ne répond pas, alors l’opération peut se dérouler comme prévu : bloquer la machine, chiffrer les données et exiger une rançon. En revanche, s’il répond, alors le logiciel devient inactif. C’est ce qui s’est passé quand le nom de domaine a été enregistré. Ce système est considéré par certains spécialistes comme une sorte de procédure d’urgence conçue par les créateurs du logiciel pour stopper sa propagation si besoin. @Malwaretechblog pense plutôt, de son côté, qu’il s’agit d’une maladresse dans la conception du programme. Sur le moment, « nous n’avons pas tellement pensé “oui, nous l’avons fait !” mais plutôt “oh mon dieu, on n’a pas foutu le monde en l’air, c’est super” », raconte-t-il au DailyMail. Le Monde
The United States may have escaped most digital damage from this month’s unleashing of a global “ransomware” virus, though cyber-experts fear more attacks. One possible explanation is that the malicious software (“malware”) harms older versions of Microsoft’s Windows operating system, which most Americans have replaced. Perhaps many users in other countries haven’t. Whatever the explanation, this is not the end of Internet threats. The unmistakable lesson of recent years is that the Internet is a double-edged sword. Despite enormous benefits — instant access to huge quantities of information, the proliferation of new forms of businesses, communications and entertainment — it also encourages crime, global conflict and economic disruption. The drift seems ominous. The Russians, it is widely agreed, hacked into the computers of the Democratic National Committee, raising fears that the U.S. presidential election was compromised. In Dallas, hackers turned on the city’s emergency sirens for more than an hour. Cyberthieves stole $81 million from Bangladesh’s central bank, though some of the money has apparently been recovered. We are dangerously dependent on Internet-based systems. All these incidents threatened the social fabric of the victimized societies. If the Russians hacked the Democrats, who might be next? Could whoever triggered Dallas’s sirens turn off the traffic lights or the local power grid? How safe are electronic financial transfers? Ransomware validates these fears. What was stunning is how quickly the recent outbreak spread. One estimate had it quickly migrating to 150 countries and affecting 200,000 computers. Despite the rapid response — the discovery of a so-called “kill switch” in the malware that deactivated the virus — the basic message remains: Much health care, transportation and ordinary business might close if deprived of Internet access, whether by hostile governments (North Korea?) or cybercriminals. This makes the Internet a weapon that can be used against us — or by us. (…) We are addicted to the Internet and refuse to recognize how our addiction subtracts from our security. The more we connect our devices and instruments to the Internet, the more we create paths for others to use against us, either by shutting down websites or by controlling what they do. Put differently, we are — incredibly — inviting trouble. Our commercial interests and our national security diverge. The latest example of this tension is the “Internet of things” or the “smart home.” It involves connecting various devices and gadgets (thermostats, lights, cameras, locks, ovens) to the Internet so they can be operated or monitored remotely. This would be a major Internet expansion and moneymaker. (…) we compartmentalize. We lavish praise on our cybercapitalists — Mark Zuckerberg, Jeff Bezos and others — for their accomplishments while conveniently forgetting that the same technologies also make us less safe. (…) we are in denial. Robert J. Samuelson
Ce n’est qu’une question de temps avant que les gens voient un message sur l’écran de leur voiture leur indiquant que le moteur a été désactivé et qu’il leur coûtera l’équivalent de 200 dollars, en bitcoins, pour le refaire fonctionner. Ou un message similaire sur leur téléphone pour déverrouiller la porte de leur maison contrôlée par Internet: payez 100 dollars si vous voulez rentrer chez vous ce soir. Ou beaucoup plus si vous voulez que votre défibrillateur cardiaque continue à fonctionner. Bruce Schneier
Bruce Schneier (…) rappelle que l’agence américaine de renseignement électronique NSA sait déjà comment infiltrer des téléviseurs Samsung et que le piratage de thermostats a déjà été prouvé. L’Internet des objets, ajoute le spécialiste, ce sont des appareils produits avec peu de soin par des sociétés qui n’ont souvent pas d’équipes d’ingénieurs en sécurité – au contraire de Microsoft, qui a pu réparer la faille au sein de Windows XP, exploitée par WannaCry. Mais même Microsoft est visé: selon le Financial Times de jeudi, la société a doublé en 2014 le prix de la mise à jour des anciennes versions de Windows, obligeant des institutions, dont le service de santé britannique NHS, à renoncer à des mises à jour faute d’argent. Et ainsi à se retrouver à la merci des pirates. Le Temps
[Cette cellule] est dédiée au piratage d’établissements financiers par l’intrusion et le retrait d’argent sur des comptes bancairesLes hackers se rendent à l’étranger pour trouver des lieux dotés d’une meilleure connectivité à Internet qu’en Corée du Nord et pour ne pas laisser de trace.  Kim Heung-kwang (transfuge nord-coréen)
 Depuis [le piratage de] Sony, ils se livrent à du hacking en soutien d’activités criminelles pour faire gagner de l’argent au régime. Jusqu’ici, ça fonctionne aussi bien — si ce n’est mieux — que la drogue, la contrefaçon ou la contrebande, leurs recettes habituelles. James Lewis (Centre des études internationales et stratégiques de Washington)
La Corée du Nord compte, au sein de son service de renseignement extérieur, une cellule dédiée aux cyberattaques. Connue sous le nom d’Unité 180, elle serait à l’origine des récentes demandes de rançon les plus remarquées, antérieures à WannaCry, dont le gouvernement nord-coréen a nié la responsabilité. Dès qu’une cyberattaque de grande portée frappe une entreprise ou une institution, la Corée du Nord compte parmi les premiers suspects. La propagation du ransomware WannaCry, qui a touché plus de 200 000 ordinateurs dans 150 pays, n’a pas échappé à la règle : une partie du code retrouvée dans une première version du logiciel était en effet semblable à celle d’un backdoor utilisé par les hackers nord-coréens du Lazarus Group en 2015. La Corée du Nord a depuis démenti ces accusations par l’intermédiaire de son représentant aux Nations unies (…) Pourtant, comme le révèle Reuters, le pays compte bien, au sein de son agence de renseignement extérieure, une cellule spéciale dédiée aux cyberattaques. Nommée Unité 180, elle serait à l’origine des récentes cyberattaques visant à récolter des fonds par le biais d’un chantage, selon les témoignages de plusieurs experts en cybersécurité comme d’anciens citoyens du régime de Pyongyang qui ont fui la dictature actuellement dirigée par Kim Jong-un. (…) Son analyse concorde avec celle que livrait la défense américaine dans un rapport rendu l’an dernier : « [Le gouvernement] considère [les cyberattaques] comme un outil rentable, asymétrique et réfutable auquel il peut recourir avec très peu de risques de représailles, notamment parce que […] [La Corée du Nord] recourt probablement à l’Internet des nations tierces ». Parmi les principales bases d’opération extérieure de l’Unité 180, on trouve ainsi la Malaisie et la Chine, deux pays d’Asie qui offrent une couverture idéale aux hackers gouvernementaux, intégrés dans des sociétés informatiques ou des filiales d’entreprises nord-coréennes. Selon James Lewis, spécialiste de la Corée du Nord au sein du Centre des études internationales et stratégiques de Washington, la stratégie du pays en matière de piratage a évolué au fil des années. D’abord destinée à l’espionnage et au harcèlement de cibles sud-coréennes et américaines, elle a selon lui connu un changement récent grâce à l’opération réussie contre le géant du cinéma (…) Les attaques menées contre son voisin sudiste sont aussi réalisées depuis l’étranger pour brouiller les pistes, à l’instar du piratage de 140 000 ordinateurs de Corée du Sud en juin 2016. Simon Choi, expert en sécurité au sein de l’entreprise d’antivirus Hauri, affirme ainsi : « Ils agissent de [Chine] de façon à ce qu'[…] on retrouve des adresses IP chinoises. » Selon Reuters, deux entreprises tech de Malaisie auraient ainsi un lien avec l’agence de renseignement extérieure (et l’Unité 180). La Corée du Nord, qui dément systématiquement les accusations dont elle fait l’objet, est toutefois loin de s’appuyer sur cette seule cellule, comme l’explique Michael Madden, un expert américain : « Ils recrutent leur personnel au collège. Celui-ci reçoit ensuite une formation avancée dans les meilleurs établissements [du pays]. » Si le flou persiste autour de l’identité des hackers de l’Unité 180, Dmtri Alperovitch, cofondateur de l’entreprise en sécurité informatique CrowdStrike, estime que l’essentiel réside plutôt dans leur potentiel de nuisance : « Leurs capacités se sont améliorées au fil du temps et nous les percevons comme une menace capable de causer des dommages importants sur les réseaux privés et gouvernementaux américains ». Numerama

Attention: une responsabilité peut en cacher une autre !

A l’heure où des médias qui n’ont pas de mots assez durs pour les prétendus manquements, dans le domaine du renseignement, de l’actuel président américain …

Se décident à ressortir l’un des plus grands fiascos, sous la précédente administration, de l’espionnage américain face aux services de renseignement chinois …

Et où derrière la récente et massive vague de cyberattaques certains spécialistes pointent la possible main de l’Etat-voyou nord-coréen

Alors que l’on découvre comment une Chine volontiers donneuse de leçons se trouverait abriter lesdits pirates nord-coréens …

Et que par l’augmentation massive des prix de leurs mises à jour, des entreprises américaines peuvent livrer à la merci des pirates des services de santé de pays entiers …

Comment ne pas voir …

Que le pire, arrêté cette fois presque accidentellement, est probablement devant nous …

Mais aussi ne pas repenser comme nous le rappelions il y a deux ans

A la tristement célèbre Division 39

Cette véritable organisation criminelle qui entre vente d’armes, contrefaçon monétaire et trafic de drogue permet au régime le plus isolé au monde de se raccorder à l’économie mondiale pour ses besoins en devises et marchandises …

Et fournit aussi à l’ensemble des autres régimes-voyous de la planète comme l’Iran les moyens de construire leurs armes de destruction massive et de déjouer tant les sanctions que les aides d’un système international bien peu regardant ?

Mais surtout ne pas se rappeler …

L’avertissement de la regrettée polémologue française Thérèse Delpech …

Sur la responsabilité non seulement d’une Chine sans laquelle il ne tiendrait pas une semaine …

Mais d’un monde libre indifférent qui, via ses satellites et les abondants témoignages des transfuges, en connait pourtant tous les détails …

Face à l’un des univers concentrationnaires les plus impitoyables de l’histoire »?

Vers des cyberattaques plus nocives encore
Anouch Seydtaghia
Le Temps
19 mai 2017

En parallèle à l’attaque par extorsion débutée vendredi passé, des millions d’internautes se sont fait voler leurs données ces derniers jours via plusieurs assauts menés au niveau mondial. Les spécialistes avertissent: des attaques de grande ampleur causeront des dégâts encore plus importants

WannaCry n’est pas mort. Une semaine après sa découverte et son expansion mondiale, le logiciel d’extorsion continue à faire des dégâts sur la planète. «Aujourd’hui, le rythme moyen est d’une tentative toutes les trois secondes, ce qui montre un léger recul depuis le rythme enregistré d’un essai par seconde il y a de cela deux jours», notait, vendredi après-midi, le spécialiste en sécurité informatique israélien Check Point. Mais WannyCry, qui a infecté plus de 300 000 ordinateurs sur la planète, n’est que la pointe de l’iceberg. En parallèle, deux attaques massives ont eu lieu, éclipsées par l’agitation mondiale autour du logiciel d’extorsion.

Dans l’ombre de WannaCry, les attaques ciblées se multiplient. Ainsi, cette semaine, zomato.com, site de conseil pour trouver des restaurants dans 24 pays, s’est fait voler les données de 17 millions de clients, dont 6,6 millions ont été mis en vente. Peu connue en Suisse, Zomato est une multinationale indienne, forte de 120 millions d’utilisateurs. Les pirates ont rapidement retiré leur offre de vente, relatait vendredi le site spécialisé TechCrunch, car ils ont réussi à faire plier la société. Zomato a accepté de lancer un programme pour récompenser financièrement les hackers qui détecteront de futures failles.

«Si vous ne coopérez pas…»

Zomato a beau avoir levé 420 millions de dollars (autant en francs) et valoir près d’un milliard de dollars, elle n’a pas pris de mesures efficaces pour protéger ses clients, selon TechCrunch. Pire: ses responsables affirmaient que les mots de passe, chiffrés, seraient illisibles. Or des experts ont pu facilement les décoder.

En parallèle, toujours cette semaine, 1,9 million de clients de l’opérateur de télécoms canadien Bell ont vu leurs données volées. «Nous publions une petite partie des données de Bell car ils n’ont pas voulu coopérer avec nous», écrivaient lundi les pirates, qui menaçaient: «Cela montre que cette société se fiche de la sécurité de ses clients. […] Bell, si vous ne coopérez pas, il y aura davantage de fuites.» L’opérateur n’a pas dit si une demande de rançon est en cours.

Voiture bloquée

Ces deux exemples montrent que les entreprises sont sans cesse sous la menace de tentatives d’extorsion ciblées, rendant par ricochet vulnérables leurs clients. Des internautes qui risquent, en parallèle, d’être confrontés à de plus en plus de tentatives de chantage. Cette semaine, le spécialiste indépendant en cybersécurité Bruce Schneier publiait une tribune éclairante dans le Washington Post.

«Ce n’est qu’une question de temps avant que les gens voient un message sur l’écran de leur voiture leur indiquant que le moteur a été désactivé et qu’il leur coûtera l’équivalent de 200 dollars, en bitcoins, pour le refaire fonctionner. Ou un message similaire sur leur téléphone pour déverrouiller la porte de leur maison contrôlée par Internet: payez 100 dollars si vous voulez rentrer chez vous ce soir. Ou beaucoup plus si vous voulez que votre défibrillateur cardiaque continue à fonctionner.»

Microsoft accusé

Simple fantasme de chercheur? Non, affirme Bruce Schneier, qui rappelle que l’agence américaine de renseignement électronique NSA sait déjà comment infiltrer des téléviseurs Samsung et que le piratage de thermostats a déjà été prouvé. L’Internet des objets, ajoute le spécialiste, ce sont des appareils produits avec peu de soin par des sociétés qui n’ont souvent pas d’équipes d’ingénieurs en sécurité – au contraire de Microsoft, qui a pu réparer la faille au sein de Windows XP, exploitée par WannaCry.

Mais même Microsoft est visé: selon le Financial Times de jeudi, la société a doublé en 2014 le prix de la mise à jour des anciennes versions de Windows, obligeant des institutions, dont le service de santé britannique NHS, à renoncer à des mises à jour faute d’argent. Et ainsi à se retrouver à la merci des pirates.

Voir aussi:

We’ll need new security standards when hackers go after the Internet of Things.

May 16

Bruce Schneier is a security technologist and a lecturer at the Kennedy School of Government at Harvard University. His latest book is « Data and Goliath: The Hidden Battles to Collect Your Data and Control Your World. »
Ransomware isn’t new, but it’s increasingly popular and profitable.The concept is simple: Your computer gets infected with a virus that encrypts your files until you pay a ransom. It’s extortion taken to its networked extreme. The criminals provide step-by-step instructions on how to pay, sometimes even offering a help line for victims unsure how to buy bitcoin. The price is designed to be cheap enough for people to pay instead of giving up: a few hundred dollars in many cases. Those who design these systems know their market, and it’s a profitable one.The ransomware that has affected systems in more than 150 countries recently, WannaCry, made press headlines last week, but it doesn’t seem to be more virulent or more expensive than other ransomware. This one has a particularly interesting pedigree: It’s based on a vulnerability developed by the National Security Agency that can be used against many versions of the Windows operating system. The NSA’s code was, in turn, stolen by an unknown hacker group called Shadow Brokers — widely believed by the security community to be the Russians — in 2014 and released to the public in April.Microsoft patched the vulnerability a month earlier, presumably after being alerted by the NSA that the leak was imminent. But the vulnerability affected older versions of Windows that Microsoft no longer supports, and there are still many people and organizations that don’t regularly patch their systems. This allowed whoever wrote WannaCry — it could be anyone from a lone individual to an organized crime syndicate — to use it to infect computers and extort users.The lessons for users are obvious: Keep your system patches up to date and regularly backup your data. This isn’t just good advice to defend against ransomware, but good advice in general. But it’s becoming obsolete.

Everything is becoming a computer. Your microwave is a computer that makes things hot. Your refrigerator is a computer that keeps things cold. Your car and television, the traffic lights and signals in your city and our national power grid are all computers. This is the much-hyped Internet of Things (IoT). It’s coming, and it’s coming faster than you might think. And as these devices connect to the Internet, they become vulnerable to ransomware and other computer threats.

It’s only a matter of time before people get messages on their car screens saying that the engine has been disabled and it will cost $200 in bitcoin to turn it back on. Or a similar message on their phones about their Internet-enabled door lock: Pay $100 if you want to get into your house tonight. Or pay far more if they want their embedded heart defibrillator to keep working.

This isn’t just theoretical. Researchers have already demonstrated a ransomware attack against smart thermostats, which may sound like a nuisance at first but can cause serious property damage if it’s cold enough outside. If the device under attack has no screen, you’ll get the message on the smartphone app you control it from.

Hackers don’t even have to come up with these ideas on their own; the government agencies whose code was stolen were already doing it. One of the leaked CIA attack tools targets Internet-enabled Samsung smart televisions.

Even worse, the usual solutions won’t work with these embedded systems. You have no way to back up your refrigerator’s software, and it’s unclear whether that solution would even work if an attack targets the functionality of the device rather than its stored data.

These devices will be around for a long time. Unlike our phones and computers, which we replace every few years, cars are expected to last at least a decade. We want our appliances to run for 20 years or more, our thermostats even longer.

What happens when the company that made our smart washing machine — or just the computer part — goes out of business, or otherwise decides that they can no longer support older models? WannaCry affected Windows versions as far back as XP, a version that Microsoft no longer supports. The company broke with policy and released a patch for those older systems, but it has both the engineering talent and the money to do so.

That won’t happen with low-cost IoT devices.

Those devices are built on the cheap, and the companies that make them don’t have the dedicated teams of security engineers ready to craft and distribute security patches. The economics of the IoT doesn’t allow for it. Even worse, many of these devices aren’t patchable. Remember last fall when the Murai botnet infected hundreds of thousands of Internet-enabled digital video recorders, webcams and other devices and launched a massive denial-of-service attack that resulted in a host of popular websites dropping off the Internet? Most of those devices couldn’t be fixed with new software once they were attacked. The way you update your DVR is to throw it away and buy a new one.

Solutions aren’t easy and they’re not pretty. The market is not going to fix this unaided. Security is a hard-to-evaluate feature against a possible future threat, and consumers have long rewarded companies that provide easy-to-compare features and a quick time-to-market at its expense. We need to assign liabilities to companies that write insecure software that harms people, and possibly even issue and enforce regulations that require companies to maintain software systems throughout their life cycle. We may need minimum security standards for critical IoT devices. And it would help if the NSA got more involved in securing our information infrastructure and less in keeping it vulnerable so the government can eavesdrop.

I know this all sounds politically impossible right now, but we simply cannot live in a future where everything — from the things we own to our nation’s infrastructure — can be held for ransom by criminals again and again.


Aubervilliers: A quand le racisme anti-grand-mères ? (Like their cash-laden tourist cousins from the mainland, Chinese-French find out the hard way they too have become easy targets for muggers)

19 août, 2016
ChineseYou can’t turn the ghetto into black Korea. Ice cube
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
La veuve d’un ancien grand patron séquestrée et torturée à Hem, un nonagénaire violenté à Arras, des violences à Marcq-en-Barœul… Récemment, pas moins de quatre agressions à domicile ont été recensées dans la région. Si le phénomène n’est pas nouveau, ces agressions commises par des individus à la recherche de voitures, d’argent ou d’objets de valeur se multiplient ces dernières années. Avec parfois des conséquences dramatiques. (…) Les agressions à domicile ne datent pas d’hier. À la fin du XVIIIe siècle, les « Chauffeurs du Nord » sévissaient dans toute la région ainsi qu’en Belgique. Après être entrés par effraction au domicile de leurs victimes, ils leur liaient les pieds et les chauffaient à la braise des feux de cheminée pour leur faire avouer où se trouvaient argent et objets de valeur. (…) Les personnes âgées sont régulièrement prises pour cible. Par habitude ou méfiance envers les banques, certaines d’entre elles conservent de l’argent liquide à domicile et sont naturellement vulnérables du fait de leur grand âge. Une proie facile pour de petits délinquants à la recherche de liquidités. Des équipes plus aguerries ciblent aussi les familles disposant de patrimoine, voire tous ceux qui, par leur fonction, peuvent avoir accès à des liquidités ou des objets de valeur. Les victimes sont généralement repérées dans les magasins ou lorsqu’elles circulent, notamment dans des véhicules haut de gamme. (…) Si l’on peut être tenté de croire que la multiplication des dispositifs de sécurité (coffre-fort…) incite les malfrats à aller au contact de leurs victimes et à faire usage de violence, les spécialistes sont quant à eux formels : « La violence est liée aux auteurs, pas aux victimes et à leur niveau de protection, insiste la police judiciaire de Lille. Dans la région, les home-jackings sont perpétrés en majeure partie par des délinquants de cité. Ces faits sont très violents. Les portes sont défoncées. Les enfants sont mis à terre. La majeure partie des agressions à domicile vise avant tout à voler les voitures, soit pour le trafic de véhicules, soit pour commettre d’autres méfaits. » (…) De manière générale, il convient de ne conserver à domicile qu’un minimum d’argent liquide et d’objets de valeur. Mieux vaut éviter d’afficher des « signes extérieurs de richesses » dans certains lieux publics comme les magasins. L’installation d’une alarme dans le logement ne dissuadera pas les agresseurs mais limitera en revanche leur marge de manœuvre. (…) C’était le 31 mai dernier. La nuit de la fête des Mères. Trois individus gantés et masqués pénètrent dans une vaste propriété située dans le versant nord-est de la métropole lilloise. Les parents, des notables de la région, sont absents. Leur fils âgé de 22 ans est seul. Durant quatre heures, il va vivre un véritable enfer. « Ils n’ont vu que l’appât du gain, explique une source proche de l’enquête. C’est comme de la science-fiction. Pendant plus de quatre heures, il va subir les pires des choses. Des humiliations pas possibles. » On évoque, là encore, un simulacre de noyade : « Ils lui ont posé un drap autour du visage et ils ont fait couler de l’eau. La serviette s’imbibe de liquide, ce qui procure une impression d’étouffement. » La police judiciaire évoque également des décharges électriques et d’autres sévices qualifiés d’actes de torture et de barbarie. « Il l’a échappé belle. » La Voix du nord (16.01.2016)
Récemment, un genre particulier de délits s’est répété à Thonon-les-Bains et Evian. Leur point commun ? Ils visent des personnes âgées, ou vulnérables. Au cours des 6 derniers mois, les hommes du commissariat du Léman ont recensé sept vols par ruse et trois abus de faiblesse. «  Il ne s’agit pas d’une croissance exponentielle mais de faits similaires qui se sont déroulés à des dates rapprochées », tient à préciser le commissaire Guillaume Maniglier, à la tête de la circonscription. Précisons également que le vol par ruse et l’abus de faiblesse ne tiennent évidemment pas de la même mécanique. « Nous faisons face à deux problématiques différentes mais toutes visent les personnes âgées, que ce soit à l’hôpital, dans les familles ou des personnes isolées, souligne ainsi le commissaire. Il y a d’un côté les vols par ruse avec des scénarios différents, et de l’autre les abus de faiblesse, plus insidieux ». S’agissant des vols par ruse, ils sont perpétrés par des hommes usant de fausses qualités : faux voisins mais aussi faux plombiers et faux éboueurs. «  (…) Les victimes mettent ainsi longtemps avant de s’apercevoir que leur protégé les vole. Généralement, ce sont des proches qui s’en aperçoivent (telle une auxiliaire de vie, lire ci-dessous) ou la police qui le découvre de manière incidente (suite à une agression par exemple). Et même lorsque les preuves d’abus de faiblesse sont établies, la victime refuse parfois de porter plainte, s’inquiétant du devenir de l’auteur. «  Certaines personnes vont même jusqu’à le défendre, glisse le commissaire Maniglier. Elles nous disent : « Mais c’est quelqu’un de gentil… » » Le préjudice est pourtant bien plus élevé que dans les cas de vol par ruse : des dizaines voire des centaines de milliers d’euros. Le Messager (2012)
A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion. Li Lang (marketing manager of Guangzhou-based travel agency)
Tour operators in both China and Paris said Asian tourists, particularly Chinese, had become vulnerable in recent years because of their free-spending shopping habits. More than a million Chinese visit France every year, with each one spending about €1,500 (HK$15,000) on average. « There are reports of tourists getting robbed almost every day, » said Jean-Francois Zhou, manager of Paris-based Ansel Travel, which specialises in tours to and from China. « The criminals are not just stealing, but resorting to violent means. » Ten of his Chinese clients were robbed in October in the Louvre Museum. On many occasions, tour guides, who possessed cash for emergency use, were targeted, losing up to €20,000 each time, he said. Li Lang, marketing manager of a Guangzhou-based travel agency, said Chinese tourists’ preference for buying luxury items in cash was a reason behind the attacks. « A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion, » he said. Several travel agencies had put up a blacklist of drivers and hotels suspected of being connected with criminals, Li said. (…) Liu Simin , a researcher at the Chinese Academy of Social Sciences, urged tourists to be more alert about personal safety and to carry less cash. (…) The Hong Kong Immigration Department said the number of cases of Hong Kong people seeking assistance while travelling in France had risen from 57 in 2011 to 85 last year. Most of them had lost travel documents, been involved in traffic accidents, or been admitted to hospital. Joseph Tung Yao-chung, executive director of the Hong Kong Travel Industry Council, said tourists should wear fewer designer brand products when travelling in Europe. South China Morning Post
One explanation is that Chinese tourists often carry large amounts of cash. Chinese and Japanese tourists are also known to spend freely, with an average of between €800-€1,200 ($1,000-$1,500), mostly in luxury Champs Elysées boutiques. With expensive brand names on their shopping bags, they are an easy prey for thieves, especially in the suburban hotels where many stay. The most audacious thefts can occur even before Chinese visitors set foot in the city, on the A1 motorway from the airport, which is notorious for traffic jams. On at least two occasions, organised gangs attacked tourist minibuses. They wait for the bus to reach a standstill, break the windows and snatch bags from terrified occupants. (…) In central Paris the pickpockets are mainly young eastern Europeans controlled by criminal networks that are hard to dismantle, especially since the thieves are teenagers and don’t carry IDs. Being under age, they are released very quickly. Furthermore, Asian tourists (…) rarely file complaints. The police station by the Eiffel Tower only gets between 60 and 80 per month. « The tourists are usually with tour operators and simply don’t have two hours to spend in a police station, » said Serge Leduc, head of security at the Louvre.In 2010, the Chinese diaspora in the Belleville district of Paris demonstrated against the attacks, especially those during weddings when people traditionally offer cash gifts. Now complaint forms are available in Chinese. (…)  The regional tourist office says that the figures show no drop in Asian visitors but the chairman, Jean-Pierre Blat, has long-term concerns: « With the growth of emerging countries, we could see between 10-15 million more tourists by 2020, and we just don’t have the capacity to deal with them. » One problem is the lack of security in suburban hotels. In central Paris, hotel capacity is at saturation point and new ones can only be built outside the ring road, in precisely the areas now avoided by the Chinese tour operators. Jean-François Zhou, the founder of Ansel Travel, says that the Chinese blacklist hotels whose clients have been the victims of theft. He now tries to get his clients into central hotels, even if it raises the cost of his services. (…) The long-term aim is to change their cash habits by promoting awareness and working with the Chinese, Japanese and South Korean embassies. The Guardian
Chaolin Zhang, un couturier de 49 ans, était hospitalisé depuis lundi dernier à la fondation Rothschild à Paris (XIXe) dans un état de santé désespéré. Selon ses proches, il aurait succombé à une hémorragie cérébrale. Dans l’agression, un coup violent au sternum l’a projeté à terre. Les premiers éléments de l’enquête montrent que cette chute serait à l’origine d’une grave blessure à la tête.La deuxième victime s’est remise de ses blessures. Selon son témoignage, trois jeunes garçons seraient les auteurs de l’agression. L’enquête, confiée à la sûreté territoriale, n’a pas encore abouti à l’arrestation de suspects. Le Parisien
Ce crime est d’autant plus odieux que son mobile crapuleux se double d’un ciblage raciste. Meriem Derkaoui (maire PCF, Aubervilliers)
La communauté chinoise n’a pas l’habitude de protester et règle ses problèmes toute seule mais, aujourd’hui, on ne peut plus se taire et il faut nous aider. Lei
Tout cela repose sur des préjugés selon lesquels les Chinois sont faibles, dociles et riches. J’ai été agressée trois fois en trois ans, mes amis vivent la même chose, plusieurs ont déménagé pour cette raison. Moi, je ne sors même plus avec un sac !  Fang (étudiante d’Aubervilliers)
Chaolin Zhang est mort de ce cliché. Il n’avait rien sur lui et il est mort pour rien. Epouse de Chaolin Zhang
Avant, quand nous nous faisions agresser, on se faisait voler notre sac. Maintenant, on nous bat et on nous déshabille pour nous faire les poches. Toutes les familles connaissent quelqu’un qui a été agressé. Rui Wang
Il y en a marre d’être agressé comme ça, il faut lancer un appel au premier ministre et au président. Il y a bien des territoires perdus de la république. Il faut agir maintenant, sinon les Chinois feront justice eux-mêmes. Denis
Ici, toutes les communautés sont touchées, mais les Chinois sont particulièrement stigmatisés. Habitante d’Aubervilliers
La situation actuelle est l’illustration de la transformation d’un racisme latent en racisme ordinaire.  Rui Wang
C’est un racisme latent qui se transforme en racisme violent car ces attaques reposent sur des préjugés : un Chinois est riche, faible et surtout silencieux. Rui Wang (président de l’association des jeunes Chinois en France)
L’opinion publique a encore en tête le tableau d’un pays romantique, pas d’un endroit où l’on meurt. Ce crime, qui fait suite à une série d’agressions de résidents et de touristes, bouleverse profondément cette image. Changhang Wu
La fréquentation internationale du pays connaît une baisse d’environ 10 %, notamment en raison de la peur générée par les attentats terroristes, mais les Chinois fuient encore plus que les autres.  Xuewu Long (secrétaire général de l’association des professionnels chinois du tourisme en France)
Selon ses chiffres, la France a perdu 700 000 visiteurs chinois depuis janvier par rapport à l’année dernière sur la même période, soit une baisse d’environ 30 %. Avec un budget moyen estimé entre 3 000 et 5 000 € pour leurs vacances dans l’hexagone, « ce phénomène fait aussi des victimes dans l’économie française. » Le Parisien
La communauté chinoise (…) est (…) de plus en plus souvent la cible d’agressions violentes et crapuleuses dont plupart sont liés à des préjugés ethniques fondées sur l’idée que les Chinois, notamment, seraient nécessairement riches et porteurs de liquidités. Un cap dans la violence et la haine semble aujourd’hui avoir été franchi. C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi. Dans les deux cas, ces actes appellent une condamnation implacable et la mobilisation des pouvoirs publics. (…) Le racisme anti-asiatique, au contraire des autres formes de racisme, est un racisme silencieux qui aujourd’hui a pris une ampleur inédite dans certains quartiers. Il doit être combattu avec la même force et la même détermination que doivent l’être l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Licra
Selon les premiers éléments de l’enquête, Chaolin Zhang, un couturier modeste, a été agressé alors qu’il rejoignait une soirée avec un ami. Un violent coup au sternum l’a projeté au sol et cette chute serait à l’origine de son décès. « L’objectif était de les voler, précise une source policière. Le sac de la deuxième victime a été dérobé. » Cette dernière a été blessée mais s’est remise. « Et Chaolin Zhang, qui n’avait rien sur lui, s’est fait tuer pour rien », répète son épouse dévastée. Elle attend que « justice soit rendue. » Ce dimanche soir, les trois auteurs suspectés n’ont toujours pas été arrêtés. « Cette violence gratuite nous fait peur », poursuit Maike Song. Selon le comité de soutien à la famille Zhang, « les habitants d’origine chinoise d’Aubervilliers mais aussi de Paris, la Courneuve et Pantin, sont les victimes quotidiennes de vols de plus en plus violents. L’association de l’amitié chinoise en France en a recensé au moins 100 cas, dans la seule ville d’Aubervilliers, depuis novembre. En janvier et en juin, deux bandes ont été interpellées par la police et condamnées par des séries de vols avec violence exclusivement dirigées contre des victimes d’origine asiatique. Le Parisien
Il est des dénis qui passent de plus en plus mal. Des dénis à présent difficiles à nier. Des dénis plus faciles à dénoncer. Et à démonter. Il en est ainsi de la discrétion avec laquelle l’antiracisme subventionné traite le sort funeste de la communauté chinoise de Paris et de sa banlieue. Il ne se passe plus un jour, sans que l’un de ses membres ne soit agressé par ce que l’on nomme génériquement «la racaille» lorsque la délinquance est issue de l’immigration. La presse commence, enfin et un peu, à s’y intéresser. La chaîne de télévision M6 dans son excellent magazine «66 minutes» révèle qu’on recense chaque jour une vingtaine d’agressions de chinois dans la région parisienne. Le 9 août, le Parisien consacrait un article dans lequel il était relaté qu’une bande de délinquants avait fait de ces attaques ciblées sa spécialité. L’un des courageux malfrats expliquait qu’il s’agissait «de cibles faciles» Plus dramatique encore, le Figaro révélait le 13 août qu’un ouvrier chinois d’Aubervilliers âgé de 49 ans était mort cinq jours après avoir été violemment agressé par trois hommes dans une rue de cette ville de Seine-Saint-Denis. Le maire communiste d’Aubervilliers reconnaissait un racisme ciblé. Et pourtant, les organisations prétendument antiracistes subventionnées sont demeurées aux abonnés absents. Elles n’ont pas estimé devoir organiser de bruyants rassemblements. Aucun mouvement #Yellowlivesmatter à l’horizon lointain. Et le nom du cuisinier assassiné, Zeng Chaolin , demeurera quasi anonyme. Ni Traore, ni Oussekine. La presse hexagonale n’en fait pas non plus bien grand cas. Un imam assassiné à des milliers de kilomètres aux États-Unis, pour des raisons encore inconnues l’intéresse davantage. Pourtant, dans cette affaire, pas de spéculation intellectuelle à attendre ou à redouter. Il ne s’agissait pas d’un délinquant en délicatesse avec la police, fuyant un contrôle ou à l’intérieur d’une manifestation illégale et violente. Rien de tout cela. Une agression délibérée. Ciblée et pour voler. (…) Il n’y aura pas non plus d’émeutes ou d’échauffourées. Pas le genre de notre communauté asiatique délibérément agressée. Une partie de l’explication de l’apathie médiatique habite sans doute dans cette non-violence qui passe à tort pour de la résignation. Mais les plus profondes causes sont ailleurs et commencent à émerger. Ainsi, SOS-Racisme préfère toujours traquer l’islamophobie… après les massacres islamistes. Et la Ligue des Droits de l’Homme débusquer en vain judiciairement du racisme sous le burkini. Comprenez bien: les dénis oui-oui professionnels ne peuvent s’intéresser au racisme supposé-quand il n’est pas espéré- que lorsqu’il émane de l’homme occidental détesté. Le seul racisme qu’ils peuvent même concevoir dans leur esprit littéralement borné. Raison pourquoi, le racisme anti blanc ou anti-chrétien a été longtemps nié et l’antisémitisme violent d’origine islamique pendant des années, obstinément occulté. Il en sera donc de même pour ce racisme anti-asiatique très spécifique. Dans un ordre d’idées très voisin, le même déni existe dans la manière dont le CIO-ou les médias-refuse de sévir lorsque des athlètes concourent voilées ou qu’un judoka islamique refuse de serrer la main de son adversaire judaïque à raison de sa nationalité et en violation flagrante de la lettre et de l’esprit des charte et règlement olympiques. Il en est de même lorsque nos ministres de l’intérieur et du logement, dans un communiqué du 1er août révélée par le Figarovox occultent le caractère délibérément illégal de la présence forcée d’immigrants sans-papiers sur le territoire de la république et décident de l’organiser. Certes, cela ne changera strictement rien à la triste situation existante. Mais lorsque les thuriféraires vibrionnant de l’État de droit mythique descendent encore d’un barreau, l’échelle de la résignation et de la soumission, le déni de la loi n’est pas loin du délit. C’est donc dans ce contexte de négation de la réalité, que notre France Culture, a posé le 13 du mois cette question inspirée: «la société française bascule-t-elle à l’extrême droite?» hommage à Zhang Chaolin, mort vendredi à la suite d’une agression dans la rue. Gilles-William Goldnadel
C’est donc un meurtre à caractère raciste. Ce n’est pas la première fois que cela touche des Asiatiques. Les Français d’origine chinoise sont réputés tous riches, tous bien dotés, un peu comme les juifs dans certains milieux… Et pourtant, étonnamment ou pas, l’on chercherait vainement les réactions habituelles des indignés professionnels, leurs commentaires outrés sur le racisme quotidien envers les personnes d’origines asiatiques, une communauté pourtant aussi présente que d’autres. Chaolin Zhang n’aura pas son portrait géant sur la façade de l’Hôtel de ville de Paris, il n’aura pas le droit à une « marche blanche » des associations « citoyennes », et encore moins à un déplacement de François Hollande ou Bernard Cazeneuve ou autres puces ministrables pour affirmer avec gravité : “Plus jamais ça !” Cette communauté « issue de la diversité » ne mérite pourtant pas leur sainte colère. La communauté asiatique dans Paris est un modèle d’intégration sociale, de travail constant grâce à la méritocratie républicaine, à l’école publique. Mais dans son cas, cela ne semble pas très important. Ils travaillent d’arrache-pied ? Ils n’entretiennent pas le sentiment d’insécurité bien connu par des « actes inciviques » ? Ils n’ont pas de revendications communautaristes sans cesse répétées ? Et pire encore, ô horreur, ils paient des impôts ! « Et alors ? » paraissent penser très fort les bons apôtres. Cela ne fait pas d’eux une communauté respectable, une communauté éternellement opprimée devant susciter le masochisme mémoriel à répétition des français. Ils ne peuvent avoir le droit à la culture de l’excuse, c’est dans l’ordre des choses qu’ils réussissent, rien d’extraordinaire… (…) Les Asiatiques de France ont subi et subissent encore un racisme ne paraissant pas choquer grand-monde en France puisqu’il est souvent le fait d’autres « communautés » « issues de la diversité » selon le terme hypocrite. Amaury Grandgil
« La violence, c’est un problème pour tout le quartier. Rui Wang (président de l’Association des Jeunes Chinois de France)
À Aubervilliers, les services de police ont recensé sur les sept premiers mois de l’année 105 vols avec violence sur les Chinois ou personnes d’origine chinoise sur un total de 666 vols avec violence dans la commune. L’année dernière, la préfecture en dénombrait 35 sur 466 sur la même période. Sur l’ensemble de la Seine-Saint-Denis, 3,9 % des victimes de vols avec violences sont des membres de la communauté chinoise, selon des chiffres établis sur les sept premiers mois de l’année (2,4 % sur la même période en 2015). « La ville est plus touchée en raison du grand nombre de résidents et de travailleurs ponctuels d’origine chinoise qu’elle comporte », explique-t-on à la préfecture. Le sentiment d’insécurité s’accompagne d’un changement de nature des agressions, précise Ling Lenzi, conseillère municipale Les Républicains. Auparavant dirigées contre « le secteur des commerçants », elles se concentrent désormais « sur les habitants, les petites gens ». « Depuis qu’une quarantaine de caméras de surveillance ont été installées devant les commerces, accompagnées de plus de patrouilles policières, les agresseurs se sont retournés vers là où il n’y a pas de dispositif », assure-t-elle. Le Point

Crime raciste », « crime au ciblage raciste », « ciblage raciste », « meurtre à caractère raciste », « violences racistes », « racisme anti-asiatiques », « racisme silencieux », référence à l’affaire Halimi …

Attention: un racisme peut en cacher un autre !

Au lendemain du tragique décès d’un ressortissant chinois d’Aubervilliers suite à sa chute apparemment contre un trottoir après une tentative de vol de sacoche …

Et des qualifications de crime raciste qui, des associations chinoises, de la Licra ou de la maire d’Aubervilliers elle-même, ont fusé dans la presse …

Pendant que sur fond d’attentats et de coups de force plagiers, djihadistes violents comme culturels poussent leurs pions …

Comment ne pas voir …

Non seulement le triste état de la sécurité des personnes et des relations inter-communautaires actuellement en France …

Mais aussi l’étrange confusion de certains esprits …

Face à l’apparente émergence, suite notamment à la meilleure protection des commerçants comme le reconnait elle-même une conseillère municipale de la ville, d’une nouvelle vulnérabilité d’une population …

Qui, à l’instar des personnes âgées ou des touristes voire des sans-papiers ou des travailleurs clandestins, semble posséder en fait nombre des caractéristiques de la proie idéale pour ce genre de vols …

A savoir, la  moindre familiarité avec les lieux, la moindre tendance à se défendre ou à porter plainte et surtout le port fréquent de sommes importantes d’argent liquide  ?

Violence anti-asiatique : où sont passés les antiracistes ?

  • Gilles William Goldnadel
    Le Figaro
  • 15/08/2016

FIGAROVOX/HUMEUR – Dimanche 14 août à Aubervilliers, plusieurs milliers de personnes, dénonçant une violence anti-asiatique, ont rendu hommage à Zhang Chaolin, mort vendredi à la suite d’une agression dans la rue. Gilles-William Goldnadel s’étonne du silence des associations antiracistes.

Il est des dénis qui passent de plus en plus mal. Des dénis à présent difficiles à nier. Des dénis plus faciles à dénoncer. Et à démonter.

Il en est ainsi de la discrétion avec laquelle l’antiracisme subventionné traite le sort funeste de la communauté chinoise de Paris et de sa banlieue.

Il ne se passe plus un jour, sans que l’un de ses membres ne soit agressé par ce que l’on nomme génériquement «la racaille» lorsque la délinquance est issue de l’immigration.

La presse commence, enfin et un peu, à s’y intéresser. La chaîne de télévision M6 dans son excellent magazine «66 minutes» révèle qu’on recense chaque jour une vingtaine d’agressions de chinois dans la région parisienne.

Le 9 août, le Parisien consacrait un article dans lequel il était relaté qu’une bande de délinquants avait fait de ces attaques ciblées sa spécialité. L’un des courageux malfrats expliquait qu’il s’agissait «de cibles faciles»

Plus dramatique encore, le Figaro révélait le 13 août qu’un ouvrier chinois d’Aubervilliers âgé de 49 ans était mort cinq jours après avoir été violemment agressé par trois hommes dans une rue de cette ville de Seine-Saint-Denis.

Le maire communiste d’Aubervilliers reconnaissait un racisme ciblé.

Et pourtant, les organisations prétendument antiracistes subventionnées sont demeurées aux abonnés absents. Elles n’ont pas estimé devoir organiser de bruyants rassemblements. Aucun mouvement #Yellowlivesmatter à l’horizon lointain. Et le nom du cuisinier assassiné, Zeng Chaolin , demeurera quasi anonyme. Ni Traore, ni Oussekine.

La presse hexagonale n’en fait pas non plus bien grand cas. Un imam assassiné à des milliers de kilomètres aux États-Unis, pour des raisons encore inconnues l’intéresse davantage.

Pourtant, dans cette affaire, pas de spéculation intellectuelle à attendre ou à redouter. Il ne s’agissait pas d’un délinquant en délicatesse avec la police, fuyant un contrôle ou à l’intérieur d’une manifestation illégale et violente.

Rien de tout cela. Une agression délibérée. Ciblée et pour voler.

Comme je l’écrivais la semaine dernière: trop simple et indiscutable pour intéresser un monde médiatique idéologique précisément séduit par la spéculation polémique.

Il n’y aura pas non plus d’émeutes ou d’échauffourées. Pas le genre de notre communauté asiatique délibérément agressée. Une partie de l’explication de l’apathie médiatique habite sans doute dans cette non-violence qui passe à tort pour de la résignation.

Mais les plus profondes causes sont ailleurs et commencent à émerger. Ainsi, SOS-Racisme préfère toujours traquer l’islamophobie… après les massacres islamistes. Et la Ligue des Droits de l’Homme débusquer en vain judiciairement du racisme sous le burkini.

Comprenez bien: les dénis oui-oui professionnels ne peuvent s’intéresser au racisme supposé-quand il n’est pas espéré- que lorsqu’il émane de l’homme occidental détesté. Le seul racisme qu’ils peuvent même concevoir dans leur esprit littéralement borné. Raison pourquoi, le racisme anti blanc ou anti-chrétien a été longtemps nié et l’antisémitisme violent d’origine islamique pendant des années, obstinément occulté. Il en sera donc de même pour ce racisme anti-asiatique très spécifique.

Dans un ordre d’idées très voisin, le même déni existe dans la manière dont le CIO-ou les médias-refuse de sévir lorsque des athlètes concourent voilées ou qu’un judoka islamique refuse de serrer la main de son adversaire judaïque à raison de sa nationalité et en violation flagrante de la lettre et de l’esprit des charte et règlement olympiques.

Il en est de même lorsque nos ministres de l’intérieur et du logement, dans un communiqué du 1er août révélée par le Figarovox occultent le caractère délibérément illégal de la présence forcée d’immigrants sans-papiers sur le territoire de la république et décident de l’organiser. Certes, cela ne changera strictement rien à la triste situation existante. Mais lorsque les thuriféraires vibrionnant de l’État de droit mythique descendent encore d’un barreau, l’échelle de la résignation et de la soumission, le déni de la loi n’est pas loin du délit.

C’est donc dans ce contexte de négation de la réalité, que notre France Culture, a posé le 13 du mois cette question inspirée: «la société française bascule-t-elle à l’extrême droite?» J’ai évidemment trop de respect obséquieux pour notre radio nationale de service public pour oser lui demander si elle n’avait pas par hasard obliqué de la gauche vers son extrême. Il faut dire que cette thématique orientée de notre antenne radiophonique n’a fait que reprendre l’antienne socialiste que cette semaine a entonné désespérément M. Cambadélis.

Celui-ci a en effet reproché à Nicolas Sarkozy de «tutoyer» de plus en plus le Front National. De la part d’un ancien trotskiste à tu et à toi avec les communistes, en ce compris électoralement, la grosse ficelle est usée jusqu’à la corde avec laquelle les antifascistes et antiracistes d’opérette pourront bientôt se pendre.

Car oui, le dévoilement de la réalité est aujourd’hui tel, que les dénis oui -oui peuvent à présent être démasqués sans que ceux qui les démasquent se retrouvent expédiés dans un goulag moral.

N’en déplaise à tous les antiracistes subventionnés, à la gauche morale démoralisée et à toutes les radios actives cultivées.

Voir aussi:

Pas d’indignation pour les Asiatiques de France
L’idéologie de la diversité face à ses tabous
Amaury Grandgil
Causeur
16 août 2016

Un couturier de 49 ans, Chaolin Zhang, a été assassiné sauvagement à Aubervilliers il y a quelques jours au cours d’une agression par des « jeunes » selon le terme pudique en vigueur, sans doute de jeunes dépressifs fragilisés. Il a été vraisemblablement agressé en raison de son origine chinoise. Dimanche, 500 personnes ont défilé calmement dans une atmosphère de colère sourde, scandalisés par l’indifférence des gouvernants et de la plupart des observateurs politiques assermentés.

C’est donc un meurtre à caractère raciste. Ce n’est pas la première fois que cela touche des Asiatiques. Les Français d’origine chinoise sont réputés tous riches, tous bien dotés, un peu comme les juifs dans certains milieux…

Et pourtant, étonnamment ou pas, l’on chercherait vainement les réactions habituelles des indignés professionnels, leurs commentaires outrés sur le racisme quotidien envers les personnes d’origines asiatiques, une communauté pourtant aussi présente que d’autres. Chaolin Zhang n’aura pas son portrait géant sur la façade de l’Hôtel de ville de Paris, il n’aura pas le droit à une « marche blanche » des associations « citoyennes », et encore moins à un déplacement de François Hollande ou Bernard Cazeneuve ou autres puces ministrables pour affirmer avec gravité : “Plus jamais ça !”

Cette communauté « issue de la diversité » ne mérite pourtant pas leur sainte colère. La communauté asiatique dans Paris est un modèle d’intégration sociale, de travail constant grâce à la méritocratie républicaine, à l’école publique. Mais dans son cas, cela ne semble pas très important. Ils travaillent d’arrache-pied ? Ils n’entretiennent pas le sentiment d’insécurité bien connu par des « actes inciviques » ? Ils n’ont pas de revendications communautaristes sans cesse répétées ? Et pire encore, ô horreur, ils paient des impôts !

« Et alors ? » paraissent penser très fort les bons apôtres. Cela ne fait pas d’eux une communauté respectable, une communauté éternellement opprimée devant susciter le masochisme mémoriel à répétition des français. Ils ne peuvent avoir le droit à la culture de l’excuse, c’est dans l’ordre des choses qu’ils réussissent, rien d’extraordinaire…

Je ne ferai pas d’eux non plus évidemment un portrait idéal, il existe aussi une délinquance dans les quartiers marqués par l’Extrême-Orient dans Paris comme il y en a partout là où se trouvent des être humains car « là où il y a de l’homme il y a de l’hommerie » pour reprendre la phrase de saint François de Sales.

On me rétorquera également que de nombreux humoristes et comiques douteux de gauche, à l’humour engagé et concerné, le fameux « humour de combat » de Jean-Michel Ribes, n’hésitent jamais devant une bonne blague sur les Vietnamiens, les Chinois, les Japonais. Avec un accent caricatural et une élégance dans le trait à faire rougir de confusion Michel Leeb lui qui « imitait » les Africains dans les années 80. Là par contre, dans son cas, les arbitres des élégances politiques poussaient les hauts cris, en appelaient au risque de retour des fameuses heures les plus sombres de notre histoire etc….

Dans les films des comiques de cette obédience, tels ceux d’Eric et Ramzy, on trouve toujours des bonnes blagues racistes d’une manière souvent très primaire : dans La Tour Montparnasse Infernale dans Halal police d’état. Mais ces grasses plaisanteries ne déclenchent jamais aucune manifestation, aucune indignation vertueuse alors que ce racisme est d’une abjection aussi intolérable…
À moins qu’il ne s’agisse de la fameuse dérision citoyenne…

Les Asiatiques de France ont subi et subissent encore un racisme ne paraissant pas choquer grand-monde en France puisqu’il est souvent le fait d’autres « communautés » « issues de la diversité » selon le terme hypocrite.

Voir également:

Aubervilliers : le racisme anti-asiatiques tue
Zhang Chaolin, homme de 49 ans d’origine chinoise, est décédé vendredi 12 août des suites des blessures liées à l’agression qu’il a subie en pleine rue, à Aubervilliers, le 7 août dernier.

La communauté chinoise et la maire d’Aubervilliers ont dénoncé le caractère raciste de cette agression. Cette communauté est en effet de plus en plus souvent la cible d’agressions violentes et crapuleuses dont plupart sont liés à des préjugés ethniques fondées sur l’idée que les Chinois, notamment, seraient nécessairement riches et porteurs de liquidités. Un cap dans la violence et la haine semble aujourd’hui avoir été franchi. C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi. Dans les deux cas, ces actes appellent une condamnation implacable et la mobilisation des pouvoirs publics.

Il est essentiel désormais que l’enquête fasse la lumière au plus vite sur les circonstances ayant conduit à la mort de Zhang Chaolin. La commission juridique de la LICRA est immédiatement saisie afin d’examiner au plus vite les conditions d’une constitution de partie civile dans cette affaire.

Le racisme anti-asiatique, au contraire des autres formes de racisme, est un racisme silencieux qui aujourd’hui a pris une ampleur inédite dans certains quartiers. Il doit être combattu avec la même force et la même détermination que doivent l’être l’antisémitisme et les autres formes de racisme. Il suffit d’entendre certains commentateurs des Jeux Olympiques devant des athlètes asiatiques pour comprendre le poids des idées reçues et de la bêtise à l’égard de nos compatriotes d’origine asiatique.

Voir encore:

Aubervilliers : le deuil et la colère après la mort de Chaolin Zhang
Floriane Louison

Le Parisien

14 août 2016

« La communauté chinoise meurt en silence », a-t-il écrit en rouge sur son t-shirt maculé de fausses taches de sang. Maike Song, un Parisien d’origine chinoise, est venu, ce dimanche, rendre hommage à Chaoling Zhang. Vendredi dernier, cet homme de 49 ans, père de deux enfants, est décédé de ses blessures après une agression cinq jours plus tôt, rue des Ecoles à Aubervilliers. Devant la mairie, ils étaient au moins 500, selon la préfecture, à se recueillir et, aussi, à dire leur colère.

« La communauté chinoise n’a pas l’habitude de protester et règle ses problèmes toute seule mais, aujourd’hui, on ne peut plus se taire et il faut nous aider », exprime une jeune fille, Lei. Devant le portrait de la victime, entouré de ses proches, elle attend son tour pour déposer une bougie et une fleur.

Dans cette foule en deuil, surveillée par un important dispositif policier, la tension est palpable, et le mot est lâché : « agression anti-asiatique ». Il est relayé par la maire (PC) d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui. Elle n’était pas présente à l’hommage mais dans un communiqué, elle dénonce « le ciblage raciste du crime. »

Son épouse attend que « justice soit rendue »

Selon les premiers éléments de l’enquête, Chaolin Zhang, un couturier modeste, a été agressé alors qu’il rejoignait une soirée avec un ami. Un violent coup au sternum l’a projeté au sol et cette chute serait à l’origine de son décès. « L’objectif était de les voler, précise une source policière. Le sac de la deuxième victime a été dérobé. » Cette dernière a été blessée mais s’est remise. « Et Chaolin Zhang, qui n’avait rien sur lui, s’est fait tuer pour rien », répète son épouse dévastée. Elle attend que « justice soit rendue. » Ce dimanche soir, les trois auteurs suspectés n’ont toujours pas été arrêtés.

100 vols depuis novembre contre les Chinois d’Aubervilliers

« Cette violence gratuite nous fait peur », poursuit Maike Song. Selon le comité de soutien à la famille Zhang, « les habitants d’origine chinoise d’Aubervilliers mais aussi de Paris, la Courneuve et Pantin, sont les victimes quotidiennes de vols de plus en plus violents. L’association de l’amitié chinoise en France en a recensé au moins 100 cas, dans la seule ville d’Aubervilliers, depuis novembre. En janvier et en juin, deux bandes ont été interpellées par la police et condamnées par des séries de vols avec violence exclusivement dirigées contre des victimes d’origine asiatique.

« Tout cela repose sur des préjugés selon lesquels les Chinois sont faibles, dociles et riches », estime Fang, une étudiante d’Aubervilliers. « J’ai été agressée trois fois en trois ans, mes amis vivent la même chose, plusieurs ont déménagé pour cette raison. Moi, je ne sors même plus avec un sac ! »

Après l’hommage, la famille et ses soutiens ont marché jusqu’à la rue des Ecoles. « Il y a déjà eu des dizaines d’agressions ici ! », interpelle le comité de soutien qui réclame des mesures concrètes, notamment l’installation de caméras supplémentaires. Ils seront reçus, ce mercredi, par la préfecture pour examiner leurs demandes. « Nous souhaitons aussi préparer un travail, ensemble, pour faire mieux connaître la communauté chinoise », précise aussi la préfecture. La Région a elle aussi réagi en proposant son aide pour sécuriser la ville d’Aubervilliers.

Voir  de même:

Agression d’Aubervilliers : les Chinois disent stop à la violence
Floriane Louison

Le Parisien

17 août 2016

Il est rare que les représentants de la communauté chinoise montent au créneau sur la place publique. « Mais, cette fois, c’est trop grave », lance Hua Qin Cao, président de l’association de l’amitié chinoise en France qui a participé ce mercredi à une réunion en préfecture de Seine-Saint-Denis, avec d’autres représentants de la communauté, après avoir été reçu mardi au conseil régional.

Vendredi dernier, Chaolin Zhang, un couturier chinois de 49 ans travaillant en France, a succombé à ses blessures après une agression, cinq jours plus tôt, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). « Un drame prévisible », dénonce Hua Qin Cao. Dans cette ville, depuis janvier, il recense, au sein de sa communauté, des victimes quasi quotidiennes de vols violents.

Son association ne se contente pas de compter les blessés mais elle les accompagne aussi à l’hôpital, au commissariat et jusqu’au tribunal si les suspects sont arrêtés. Surtout, elle organise « l’auto-défense » de la communauté chinoise d’Aubervilliers. Hua Qin Cao est alerté par les victimes après toutes les agressions ou presque via le réseau social chinois WeChat. A chaque fois, il se déplace. « En Seine-Saint-Denis, différents groupes de protection se sont ainsi mis en place », décrit-il. Mais la série noire continue. « Alors, maintenant, il faut nous aider ! »

Une liste alarmante de victimes

Sur son téléphone, il fait défiler des noms et des photos. Une liste alarmante qui commence le 27 décembre. Le 3 janvier, il y a déjà onze victimes : Y. et F., les visages contusionnés après un vol de portefeuille, Mme Wu, délestée de son sac à main, S., agressée, avec ses deux filles. « Les voleurs l’ont suivi depuis le métro jusqu’à sa maison », se rappelle le représentant qui a consigné « 105 cas similaires, la plupart dans le seul quartier des Quatre-Chemins à Aubervilliers. » Un chiffre confirmé par la préfecture de Seine-Saint-Denis qui constate une augmentation du phénomène dans cette ville.

Une explosion des violences

5 %.

Aubervilliers compte 3 000 à 4 000 habitants chinois ou originaires de Chine, soit près de 5 % de sa population de 80 000 habitants.

105.

Entre janvier et août, le nombre de vols avec violence ciblant les Chinois à Aubervilliers a été multiplié par trois par rapport à l’année dernière sur la même période, passant de 35 (2015) à 105 agressions (2016).

16 %.

Depuis janvier, sur les 666 vols avec violence dénombrés à Aubervilliers — soit presque trois par jour —, environ 16 % touchent la communauté chinoise. L’an dernier, sur les 466 vols violents sur la même période, seuls 7 % concernaient des Chinois.

« Et Aubervilliers n’est pas la seule ville touchée », assure Wansheng Chi, président de l’association des Chinois résidants en France qui cite aussi, en Seine-Saint-Denis, La Courneuve et Pantin. « Plus généralement, un sentiment d’insécurité grandit au sein de la communauté chinoise en France depuis environ cinq ans. Il est également ressenti très fortement par les touristes chinois (lire ci-dessous). »

Le mot « psychose » est lâché. « Tout le monde a peur, j’ai déjà été agressée trois fois, je ne sors même plus avec un sac dans la rue », expliquait dimanche dernier, Fang, une étudiante d’Aubervilliers, lors d’un hommage à Chaolin Zhang. Après son décès, la maire (PC) d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui, a dénoncé le « ciblage raciste » de l’agression. Rui Wang, président de l’association des jeunes Chinois en France partage cette analyse : « C’est un racisme latent qui se transforme en racisme violent car ces attaques reposent sur des préjugés : un Chinois est riche, faible et surtout silencieux. »

« Un racisme latent qui se transforme en racisme violent »

« Chaolin Zhang est mort de ce cliché. Il n’avait rien sur lui et il est mort pour rien », répète son épouse dévastée. « A Aubervilliers, la plupart des victimes sont, comme lui, des travailleurs modestes », ajoute Ling Lenzi, conseillère municipale (LR) à Aubervilliers et seule élue de la communauté. « C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi » (NDLR : un jeune juif enlevé et tué en 2006 par un gang qui espérait une rançon), dénonçait la Licra (Ligue contre le racisme et l’antisémitisme), mardi, s’inquiétant de la montée d’un racisme anti-asiatique.

« Cette hausse de la violence » effraie le comité de soutien à la famille de Chaolin Zhang, créé après son décès. Il réclame « justice », mais aussi des « mesures concrètes pour la sécurité avant un autre mort ». A Aubervilliers, le travail est déjà engagé depuis plusieurs mois avec, entre autres, l’embauche d’un interprète sinophone au commissariat pour aider les victimes à porter plainte. Les représentants de la communauté chinoise demandent des mesures plus fortes.

Pour tenter de rassurer cette comunauté effrayée par tant de violence, la préfecture a annoncé hier une première série de mesure à l’issue de la réunion avec les associations. Au menu : extension de la vidéoprotection à Aubervilliers, réunion sur place en septembre avec le commissariat et les asssociations, et cofinancement d’actions pour « faire connaître et impliquer la communauté ». « Cette connaissance contribuera à lutter contre les clichés, eux-mêmes souvent source des agressions », estime la préfecture, qui évaluera ce dipositif de prévention deux fois par an avec les asssociations.

« Ces agressions bouleversent l’image de la France » « Tous les médias chinois m’ont appelé ces derniers jours ! » explique Changhang Wu, journaliste à « Huarenjiebao », un journal en chinois publié en France. En Chine, l’agression de Chaolin Zhang a été suivie de près. « Toute la presse en parle, des médias plus nationalistes et pro-gouvernementaux, comme « Xinhua » ou « Global News », aux journaux en ligne très suivis par les jeunes comme « Sina » ou « NetEase », en passant par RFI », précise une journaliste d’origine chinoise travaillant en France. « Quand se termineront ces crimes racistes ? » titre par exemple, « Xinhua ».

Pour Changhang Wu, « il y aura des conséquences ». « L’opinion publique a encore en tête le tableau d’un pays romantique, pas d’un endroit où l’on meurt. Ce crime, qui fait suite à une série d’agressions de résidants et de touristes, bouleverse profondément cette image. » Xuewu Long, secrétaire général de l’association des professionnels chinois du tourisme en France souligne l’impact fort de ces agressions sur le tourisme chinois en France. « La fréquentation internationale du pays connaît une baisse d’environ 10 %, notamment en raison de la peur générée par les attentats terroristes, mais les Chinois fuient encore plus que les autres. »

Selon ses chiffres, la France a perdu 700 000 visiteurs chinois depuis janvier par rapport à l’année dernière sur la même période, soit une baisse d’environ 30 %. Avec un budget moyen estimé entre 3 000 et 5 000 € pour leurs vacances dans l’hexagone, « ce phénomène fait aussi des victimes dans l’économie française. »

Voir de plus:

A Aubervilliers, la colère sourde de la communauté chinoise
Le Monde.fr avec AFP

14.08.2016

« Mort pour rien. » Un rassemblement silencieux a été organisé par le comité de soutien à la famille de Zhang Chaolin, dimanche 14 août à 15 heures, devant la mairie d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
Ce Chinois de 49 ans est mort, vendredi en fin d’après-midi, après cinq jours de coma. Il avait été agressé le 7 août par trois individus alors qu’il marchait en compagnie d’un ami, d’origine chinoise, dans cette ville du nord-est de Paris, où vit une importante communauté asiatique, active, notamment, dans le secteur du textile.

Les agresseurs auraient voulu voler la sacoche de l’autre homme, qui s’est vu prescrire cinq jours d’interruption totale de travail, selon une source proche du dossier.

Dans les quartiers chinois, la peur s’installe
Dimanche après-midi, une file d’une centaine de mètres s’est formée devant la mairie d’Aubervilliers où les soutiens déposaient, chacun à leur tour, un cierge et une fleur. Dans ce rassemblement, pas de slogan, de simples pancartes en carton où l’on pouvait lire au feutre « Sécurité pour tous ».

Un important dispositif policier attendait le millier de personnes rassemblées sur le parvis de l’hôtel de ville. La colère s’est exprimée au sujet des agressions dont sont victimes des membres de la communauté chinoise. Dans la ville, des réseaux se sont d’ailleurs mis en place pour escorter des personnes seules jusqu’au métro. Plusieurs témoins, notamment, affirment ne plus rentrer seuls à la nuit tombée.

Elodie raconte ainsi qu’un agresseur a voulu voler le sac de sa mère : « Elle était dans une voiture avec une fenêtre entrouverte. Une main a voulu se glisser, mais on a réussi à l’empêcher de voler le sac. » Elle-même déclare adopter certains réflexes et éviter certaines rues.

Les habitants des quartiers chinois détaillent avec émotion la peur qui s’installe depuis quelques années, avec, selon eux, une violence qui augmente lors des agressions. « Avant, quand nous nous faisions agresser, on se faisait voler notre sac. Maintenant, on nous bat et on nous déshabille pour nous faire les poches, détaille Rui Wang, à l’origine d’un collectif de soutien à la famille endeuillée. Toutes les familles connaissent quelqu’un qui a été agressé. »

« Il y en a marre d’être agressé comme ça, il faut lancer un appel au premier ministre et au président. Il y a bien des territoires perdus de la république. Il faut agir maintenant, sinon les Chinois feront justice eux-mêmes », s’agace Denis, d’origine chinoise, qui habite, lui, dans le sud de Paris.

« Ciblage raciste »
« Les habitants de Seine-Saint-Denis et plus particulièrement ceux d’origine chinoise (…) sont les victimes quotidiennes d’agressions, de vols, de plus en plus violents à leur encontre », a dénoncé le comité dans un communiqué, ajoutant qu’« aujourd’hui, devant l’inefficacité des mesures prises par les autorités, la colère des habitants monte, la tension entre les communautés est palpable ».

La maire d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui (Parti communiste), a dénoncé, samedi, un crime au « mobile crapuleux » et au « ciblage raciste », appelant à ne pas « céder à la division et à la stigmatisation », tout en réclamant des renforts policiers. A l’initiative de la municipalité, une centaine de personnes s’étaient déjà réunies, jeudi soir, devant la mairie.

Voir aussi:

Aubervilliers : la communauté chinoise s’organise face aux agressions

La recrudescence des crimes à caractère raciste oblige les quelque 4 000 Chinois ou personnes d’origine chinoise que compte la ville à se mobiliser.

Source AFP

Le Point
16/08/2016

Messages d’alerte en cas d’agression, escortes autour du métro, manifestations… La communauté chinoise d’Aubervilliers se mobilise après des actes de violence répétés qui ont coûté la vie à l’un de ses membres vendredi.

Lors d’un rassemblement organisé dimanche en mémoire de Zhang Chaolin, plusieurs personnes présentes ont ainsi témoigné leur ras-le-bol face aux violences racistes : « j’ai été agressé deux fois cette année », « je ne sors plus avec un sac à main », « aujourd’hui c’était lui, demain, ça peut être moi »…

Une hausse du « racisme anti-asiatique »

Zhang Chaolin, couturier de 49 ans et père de deux enfants, est mort le 12 août, après avoir été agressé cinq jours plus tôt en pleine rue par trois hommes qui voulaient voler le sac d’un ami, lui aussi d’origine chinoise. Un drame « prévisible », qui « aurait pu être évité », estime-t-on au parmi les 3 000 à 4 000 personnes originaires de Chine qui vivent dans cette ville de 80 000 habitants.

Ils dénoncent une « situation qui se dégrade », avec des agressions « de plus en plus violentes » motivées par des « préjugés » selon lesquels les Chinois seraient porteurs d’importantes sommes d’argent liquide. « C’est ce même type de préjugé qui avait conduit à la mort d’Ilan Halimi », a regretté la Licra mardi dans un communiqué, pointant un « racisme anti-asiatique » qui « a pris une ampleur inédite dans certains quartiers ».

Des agressions qui se concentrent sur « les petites gens »

À Aubervilliers, les services de police ont recensé sur les sept premiers mois de l’année 105 vols avec violence sur les Chinois ou personnes d’origine chinoise sur un total de 666 vols avec violence dans la commune. L’année dernière, la préfecture en dénombrait 35 sur 466 sur la même période. Sur l’ensemble de la Seine-Saint-Denis, 3,9 % des victimes de vols avec violences sont des membres de la communauté chinoise, selon des chiffres établis sur les sept premiers mois de l’année (2,4 % sur la même période en 2015). « La ville est plus touchée en raison du grand nombre de résidents et de travailleurs ponctuels d’origine chinoise qu’elle comporte », explique-t-on à la préfecture.

Le sentiment d’insécurité s’accompagne d’un changement de nature des agressions, précise Ling Lenzi, conseillère municipale Les Républicains. Auparavant dirigées contre « le secteur des commerçants », elles se concentrent désormais « sur les habitants, les petites gens ». « Depuis qu’une quarantaine de caméras de surveillance ont été installées devant les commerces, accompagnées de plus de patrouilles policières, les agresseurs se sont retournés vers là où il n’y a pas de dispositif », assure-t-elle.

Les associations se mobilisent

Depuis le début de l’année, l’Association de l’amitié chinoise en France se consacre exclusivement à la prise en charge des victimes d’agressions. Quand certains habitants s’organisent pour faire à plusieurs le chemin du métro à leur domicile, l’association a, elle, mis en place des groupes de discussions sur la messagerie instantanée chinoise WeChat. « Si quelqu’un se fait attaquer, il peut poster un appel au secours », explique le président Cao Hua Qin. « Nous nous chargeons de l’amener à l’hôpital et de prévenir la police ou d’organiser un rendez-vous au commissariat pour déposer une plainte », ajoute-t-il.

Dimanche, le comité de soutien à la famille de M. Zhang a réclamé « au moins 10 caméras supplémentaires dans les rues sensibles » et un renfort de policiers. Une demande également formulée par la maire PCF de la ville, Meriem Derkaoui, qui a écrit en ce sens en juillet au ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Dénonçant un « crime au ciblage raciste », elle a assuré que le fonctionnement de la police municipale serait « revu » à la rentrée. La préfecture a de son côté annoncé la tenue mercredi d’une réunion de travail « avec les associations qui le souhaitent ». Certaines associations soulignent toutefois que l’insécurité touche toutes les communautés. « La violence, c’est un problème pour tout le quartier », souligne Rui Wang, président de l’Association des Jeunes Chinois de France. Il se félicite d’ailleurs d’avoir vu dans le rassemblement en mémoire de M. Zhang « des militants noirs et arabes venus en solidarité ».

Voir également:

Agressions à domicile: des voleurs de plus en plus violents?

Depuis le début du mois, plusieurs agressions ont eu lieu, visant des personnes âgées et vulnérables. Les auteurs de ces home-jackings n’ont pas hésité à utiliser la torture pour obtenir ce qu’ils étaient venus chercher : argent liquide, objets de valeur, voitures.

Robert Lefebvre, avec nos rédactions locales

La Voix du nord

16/01/2016

La veuve d’un ancien grand patron séquestrée et torturée à Hem, un nonagénaire violenté à Arras, des violences à Marcq-en-Barœul… Récemment, pas moins de quatre agressions à domicile ont été recensées dans la région. Si le phénomène n’est pas nouveau, ces agressions commises par des individus à la recherche de voitures, d’argent ou d’objets de valeur se multiplient ces dernières années. Avec parfois des conséquences dramatiques. Décryptage.

1. Un phénomène ancien

Les agressions à domicile ne datent pas d’hier. À la fin du XVIIIe siècle, les « Chauffeurs du Nord » sévissaient dans toute la région ainsi qu’en Belgique. Après être entrés par effraction au domicile de leurs victimes, ils leur liaient les pieds et les chauffaient à la braise des feux de cheminée pour leur faire avouer où se trouvaient argent et objets de valeur.

2. Les personnes âgées ou aisées, principales cibles

Les personnes âgées sont régulièrement prises pour cible. Par habitude ou méfiance envers les banques, certaines d’entre elles conservent de l’argent liquide à domicile et sont naturellement vulnérables du fait de leur grand âge. Une proie facile pour de petits délinquants à la recherche de liquidités. Des équipes plus aguerries ciblent aussi les familles disposant de patrimoine, voire tous ceux qui, par leur fonction, peuvent avoir accès à des liquidités ou des objets de valeur. Les victimes sont généralement repérées dans les magasins ou lorsqu’elles circulent, notamment dans des véhicules haut de gamme.

3. La violence liée aux auteurs

Si l’on peut être tenté de croire que la multiplication des dispositifs de sécurité (coffre-fort…) incite les malfrats à aller au contact de leurs victimes et à faire usage de violence, les spécialistes sont quant à eux formels : « La violence est liée aux auteurs, pas aux victimes et à leur niveau de protection, insiste la police judiciaire de Lille. Dans la région, les home-jackings sont perpétrés en majeure partie par des délinquants de cité. Ces faits sont très violents. Les portes sont défoncées. Les enfants sont mis à terre. La majeure partie des agressions à domicile vise avant tout à voler les voitures, soit pour le trafic de véhicules, soit pour commettre d’autres méfaits. »

4. Se prémunir

De manière générale, il convient de ne conserver à domicile qu’un minimum d’argent liquide et d’objets de valeur. Mieux vaut éviter d’afficher des « signes extérieurs de richesses » dans certains lieux publics comme les magasins. L’installation d’une alarme dans le logement ne dissuadera pas les agresseurs mais limitera en revanche leur marge de manœuvre.

«C’est comme de la science-fiction»
C’était le 31 mai dernier. La nuit de la fête des Mères. Trois individus gantés et masqués pénètrent dans une vaste propriété située dans le versant nord-est de la métropole lilloise. Les parents, des notables de la région, sont absents. Leur fils âgé de 22 ans est seul. Durant quatre heures, il va vivre un véritable enfer.

« Ils n’ont vu que l’appât du gain, explique une source proche de l’enquête. C’est comme de la science-fiction. Pendant plus de quatre heures, il va subir les pires des choses. Des humiliations pas possibles. » On évoque, là encore, un simulacre de noyade : « Ils lui ont posé un drap autour du visage et ils ont fait couler de l’eau. La serviette s’imbibe de liquide, ce qui procure une impression d’étouffement. » La police judiciaire évoque également des décharges électriques et d’autres sévices qualifiés d’actes de torture et de barbarie. « Il l’a échappé belle. »

Ils réclamaient 30 000 euros

Le but des malfaiteurs : récupérer une rançon de 30 000 euros auprès des parents de la victime. « L’objectif était de lui mettre la pression afin qu’il leur donne une somme d’argent, lors d’un rendez-vous quelques jours plus tard », dit une source judiciaire qui évoque des « faits complexes ». Finalement, rien n’a été donné aux voyous.

L’un des suspects a été interpellé en septembre, rue Nationale à Lille. Recherché par la justice pour deux condamnations à quatre et six ans de prison, dans des affaires de trafic de drogue, dégradations et port d’arme, ce Lillois d’une trentaine d’années a été placé en détention provisoire.

Voir par ailleurs:

Chablais

Les personnes âgées, cibles privilégiées des voleurs et des escrocs
Amélie Lécoyer
Le Messager

03/05/2012

Récemment, un genre particulier de délits s’est répété à Thonon-les-Bains et Evian. Leur point commun ? Ils visent des personnes âgées, ou vulnérables.

Au cours des 6 derniers mois, les hommes du commissariat du Léman ont recensé sept vols par ruse et trois abus de faiblesse. «  Il ne s’agit pas d’une croissance exponentielle mais de faits similaires qui se sont déroulés à des dates rapprochées », tient à préciser le commissaire Guillaume Maniglier, à la tête de la circonscription. Précisons également que le vol par ruse et l’abus de faiblesse ne tiennent évidemment pas de la même mécanique. « Nous faisons face à deux problématiques différentes mais toutes visent les personnes âgées, que ce soit à l’hôpital, dans les familles ou des personnes isolées, souligne ainsi le commissaire.
Il y a d’un côté les vols par ruse avec des scénarios différents, et de l’autre les abus de faiblesse, plus insidieux ».
S’agissant des vols par ruse, ils sont perpétrés par des hommes usant de fausses qualités : faux voisins mais aussi faux plombiers et faux éboueurs. «  Entre octobre 2011 et début avril, nous avons eu trois cas de faux voisins, deux cas de faux éboueurs et deux cas de faux plombiers  », détaille l’officier.

Délinquance ou criminalité organisée
Une personne qui se présente comme étant un voisin se contente généralement, une fois entrée au domicile de sa victime, et profitant d’un moment d’inattention de cette dernière, de lui dérober son porte-monnaie, voire quelques bijoux s’ils sont à portée de main (lire ci-dessous). Dans le cas des faux plombiers ou faux éboueurs, l’organisation fait moins preuve d’amateurisme. Ces personnes bénéficient en effet du soutien d’un réseau qui lui apporte notamment une aide logistique (vêtements, véhicules…) « Contrairement aux faux voisins, il s’agit de d élinquance, voire de criminalité organisée, affirme le commissaire Maniglier. Ce sont des personnes qui présentent bien et qui parlent bien. Lorsqu’elles s’introduisent au domicile d’une victime, la valeur de ce qu’elles dérobent peut s’élever à plusieurs milliers d’euros ». « Ces personnes agissent rarement seules mais sont généralement par groupe de 2 ou 4 , poursuit l’officier de police. Elles restent sur une commune ou un groupe de communes pas plus de 5 jours. Elles peuvent, par exemple, être à Thonon, puis partir sur Annecy, puis Aix, avant de filer sur Paris… » Et de rappeller : « Il ne faut jamais laisser entrer une personne qui ne peut justifier de sa qualité. De toute façon, un plombier n’intervient jamais sans qu’on l’appelle…»
Isoler toujours plus sa victime
Itinérants, ces délinquants sont donc particulièrement difficiles à interpeller. Ces affaires exigent, pour être résolues, une coordination, a minima départementale, entre police et gendarmerie. « La dernière arrestation date de 2008 », remarque ainsi le commissaire.
S’agissant des abus de faiblesse, ils touchent plus globalement les personnes vulnérables, que ce soit en raison de leur âge ou de leur maladie. Le principe  ? Profiter de l’isolement d’une personne plutôt aisée pour gagner sa confiance et bénéficier de sa fortune. « L’individu va croiser une personne âgée dans la rue, va essayer de créer un lien de confiance, de se faire inviter chez elle, et profiter de ses largesses  », explique le commissaire Maniglier. Dans des cas plus rares, il peut aussi s’agir d’une aide à domicile qui « un jour, va franchir la ligne rouge ». « Dans le premier cas, ce sont des spécialistes, dans le second cas ce ne sont pas forcément des personnes chevronnées », précise l’officier.
Les victimes sont des personnes seules et le but de ces individus peu scrupuleux est de les isoler davantage. « Habiles à jouer sur les sentiments, ces individus gagnent la confiance de la victime en écartant petit à petit tous ses contacts et amis jusqu’à devenir indispensables, poursuit-il.  La difficulté dans ce genre d’affaires est qu’il ne s’agit pas d’un fait délinquant unique mais de petits ponctionnements d’argent sur une longue période ».
Les victimes mettent ainsi longtemps avant de s’apercevoir que leur protégé les vole. Généralement, ce sont des proches qui s’en aperçoivent (telle une auxiliaire de vie, lire ci-dessous) ou la police qui le découvre de manière incidente (suite à une agression par exemple).
Et même lorsque les preuves d’abus de faiblesse sont établies, la victime refuse parfois de porter plainte, s’inquiétant du devenir de l’auteur. «  Certaines personnes vont même jusqu’à le défendre, glisse le commissaire Maniglier. Elles nous disent : « Mais c’est quelqu’un de gentil… » » Le préjudice est pourtant bien plus élevé que dans les cas de vol par ruse : des dizaines voire des centaines de milliers d’euros.

Voir aussi:

«Ne soyons pas naïfs sur le symbole de cette étoffe» par Aalam Wassef
L’éditeur égyptien Aalam Wassef met en garde contre l’influence en France du wahhabisme, dont le burkini serait l’un des symboles.

Libération

17 août 2016

Au lendemain de l’interdiction du port du burkini à Cannes puis en Corse, le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) a dénoncé un acte islamophobe et une atteinte à la liberté d’expression des femmes musulmanes. Cette dénonciation mérite qu’on s’y attarde et qu’on l’explique.

En adoptant cette position le CCIF s’érige en défenseur non pas «des musulmans de France», mais d’une mouvance extrémiste très singulière, le wahhabisme de France. Si le CCIF est libre de s’associer au wahhabisme par choix ou par ignorance, il est en revanche du devoir de l’État français d’en protéger l’ensemble de ses citoyens.

Pour des raisons historiques et idéologiques le mot wahhabisme est interchangeable avec celui de salafisme, plus connu des Français. Les wahhabis eux-mêmes préfèrent se décrire comme «salafistes» pour se distancier d’une appellation péjorative deux fois centenaire. Au milieu du XVIIIe siècle, quand il émerge dans les zones arides du Najd, de l’actuelle Arabie saoudite, le wahhabisme est immédiatement mis au ban de l’Islam. Puritains autoproclamés, les wahhabis promeuvent en effet un rejet total et meurtrier de toute forme d’Islam ou de pratique religieuse différente de la leur.

Le wahhabisme, le courant religieux le plus riche du monde
Dès les années 1970, l’Arabie saoudite modernisée, désormais à la tête de la plus grande fortune au monde, s’emploie à exporter son idéologie: universités, écoles, livres, cassettes, DVD, universités, bourses d’études, fondations caritatives, formation d’imams, chaînes satellites, mode de vie, mode vestimentaire, voile, niqab, burkini, lieux de rencontre et de culte, sites Internet, quotidiens et hebdomadaires… Depuis 1970, on évalue les sommes investies dans la propagation du wahhabisme à 100 milliards de dollars. C’est à ce prix que le wahhabisme donne l’illusion d’être l’Islam «le plus authentique», «le plus pur». Ni plus authentique, ni plus pur, le wahhabisme est simplement le courant religieux le plus jeune, et le plus riche au monde.

Occupés à convertir le monde entier depuis moins de quarante ans, les pétro-wahhabis ne se laissent pas pour autant divertir et se préoccupent tout particulièrement des femmes, de leur corps, de leurs devoirs, de leur pudeur et, peut-on entendre aussi, de leur honneur. En 2016 une femme saoudienne digne de ce nom ne circule qu’en compagnie d’un homme, dissimule son corps tout entier et ne conduit pas. Son apparence et son comportement public sont les unités de mesure par lesquelles s’évalue la dignité de son mari et de sa communauté tout entière. Les écarts sont sanctionnés lourdement. Derrière le niqab ou le burkini, c’est aussi cela qui s’exporte en France, mais dans des versions nécessairement édulcorées parce que la loi française protège les femmes.

Confronté à la juridiction française le wahhabisme militant doit composer avec un contexte qui lui résiste, mais dans lequel les brèches semblent nombreuses. La première d’entre elles, et la plus dangereuse, c’est la culture contemporaine des «droits individuels» ou s’est abîmée la liberté. Il est fréquent d’entendre que le niqab, le voile ou le burkini relèvent de «la liberté d’expression» ou du «droit des femmes à disposer de leur corps». S’y opposer, c’est être «islamophobe», c’est-à-dire s’attaquer à tous les musulmans. L’objectif est naturellement que toute condamnation justifiée du wahhabisme institutionnel en particulier soit rapidement perçue et narrée comme visant les musulmans français en général.

Barrer la route à l’extrémisme islamiste
Bien sûr toutes les femmes qui portent des burkinis en France ne sont pas des émissaires wahhabites mais ne soyons pas naïfs sur le symbole de cette étoffe. Il n’y a aucune honte à condamner l’extrémisme islamiste et à lui barrer la route par tous les moyens légaux possibles. Il n’y a là rien de politiquement incorrect ou de comparable au discours raciste et antimusulman du Front National. Cela ne revient pas non plus à ignorer que des actes antimusulmans sont perpétrés en France. Leur nombre de 140 en 2014 a triplé durant la triste année 2015. David Lisnard, le maire de Cannes, a fait dans sa ville ce qu’il fallait faire. Interdire les burkinis dont le nom s’amuse jusqu’à la nausée de la burqa des talibans n’est pas un acte islamophobe. C’est plutôt le signe que nous n’avons pas peur de dire qu’Islam et wahhabisme sont deux choses radicalement distinctes, et que le second menace le premier depuis plus de deux siècles.

Voir par ailleurs:

Saint-Denis : des touristes coréens s’égarent dans une cité et se font dévaliser
Quatre touristes coréens qui rejoignaient leur hôtel vendredi soir se sont apparemment égarés dans une cité de Saint-Denis, où ils ont été dévalisés.

EH

France 3
06 août 2016

Entre 21h30 et 22h00, ces vacanciers ont été délestés par « un groupe d’individus » de leurs effets personnels dans la cité Gabriel-Péri qui se situe à un kilomètre de la basilique où reposent les rois de France, principale attraction touristique
de la plus grande ville de Seine-Saint-Denis. Ils ont été ont reçu molestés mais n’ont pas souhaité se rendre aux urgences.

Mardi, « entre cinq et dix individus », selon une source policière, avaient détroussé un car de touristes chinois devant un hôtel de Gonesse (Val-d’Oise), non loin de l’aéroport de Roissy, au nord de Paris.

Voir aussi:

Robberies of cashed-up Chinese tourists rise steeply in Paris

Mainlanders’ preference for carrying large amounts of cash makes them easy targets

Teddy Ng

South China Morning Post

30 May, 2013

A sharp increase in robberies of Chinese tourists in Paris has prompted calls for the French government to step up security and for shoppers to use credit cards instead of carrying large amounts of cash.

The number of reports of such crimes is up by « more than 10 per cent » since last year, said Li Ping , head of consular affairs at the Chinese embassy in Paris.

Two cases this week grabbed headlines. On Tuesday, a crew of China Central Television reporters covering the French Open tennis tournament had their car windows smashed and their wallets, phones and passports grabbed, mainland media reported. A source familiar with the situation confirmed the incident to the South China Morning Post.

A day earlier, film producer Dong Dake , returning from the Cannes Film Festival, was robbed at his hotel in Paris. He was said to have lost equipment worth about 200,000 yuan (HK$250,000) and « countless photos » taken at private parties.

The Chinese embassy in Paris said they were not isolated cases.

« We have made representations to the French government, » Li said. « We hope the French side will take proper measures to protect the safety of tourists and curb illegal behaviour. »

France, battling with unemployment and an economic downturn, has witnessed a surge in crime. French newspaper Le Figaro reported that the number of reported thefts in January had risen 50 per cent year on year, while burglaries had jumped by nearly 60 per cent.

Tour operators in both China and Paris said Asian tourists, particularly Chinese, had become vulnerable in recent years because of their free-spending shopping habits. More than a million Chinese visit France every year, with each one spending about €1,500 (HK$15,000) on average.

A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion
Li Lang, marketing manager of Guangzhou-based travel agency

« There are reports of tourists getting robbed almost every day, » said Jean-Francois Zhou, manager of Paris-based Ansel Travel, which specialises in tours to and from China. « The criminals are not just stealing, but resorting to violent means. »

Ten of his Chinese clients were robbed in October in the Louvre Museum. On many occasions, tour guides, who possessed cash for emergency use, were targeted, losing up to €20,000 each time, he said.

Li Lang, marketing manager of a Guangzhou-based travel agency, said Chinese tourists’ preference for buying luxury items in cash was a reason behind the attacks. « A busload of Chinese tourists is like a van carrying gold bullion, » he said. Several travel agencies had put up a blacklist of drivers and hotels suspected of being connected with criminals, Li said.

A Singaporean tourist, who did not want to be named, recalled the terror as she and her sister were robbed inside a taxi taking them from the airport to a hotel in the heart of the city on May 13.

« Two men suddenly came up, smashed the car windows and snatched our bags. We were bleeding, » she said. There was further frustration when they had to spend more than three hours filing a report at a police station.

« The French police did not speak English and offered no help, » she said. « They just asked us to go to the police station in the damaged taxi, even though we were hurt and bleeding. »

Liu Simin , a researcher at the Chinese Academy of Social Sciences, urged tourists to be more alert about personal safety and to carry less cash.

The French embassy in Beijing said the French government was determined to ensure the safety of all foreign tourists.

« The vast majority of Chinese visitors’ trips go on without trouble, » the embassy said.

The Hong Kong Immigration Department said the number of cases of Hong Kong people seeking assistance while travelling in France had risen from 57 in 2011 to 85 last year. Most of them had lost travel documents, been involved in traffic accidents, or been admitted to hospital.

Joseph Tung Yao-chung, executive director of the Hong Kong Travel Industry Council, said tourists should wear fewer designer brand products when travelling in Europe.

 Voir de même:

Now it is China’s turn to face the brunt of complaints. The grievances are familiar — they gawk, they shove, they eschew local cuisine, and last year, 83 million mainland Chinese spent $102 billion abroad — overtaking Americans and Germans — making them the world’s biggest tourism spenders, according to the United Nations World Tourism Organization.

Their numbers have also placed them among the most resented tourists. Mainland Chinese tourists, often laden with cash and unfamiliar with foreign ways, are tumbling out of tour buses with apparently little appetite for hotel breakfast buffets and no concept of lining up.

The frustrations with the new tourists were summed up on a Thai online message board last spring, when users posted complaints about Chinese tourists using outdoor voices inside and spitting in public, among other transgressions.

Last year, Thierry Gillier, a French fashion designer who founded the Zadig and Voltaire label, caused a small scandal when he told Women’s Wear Daily that Chinese tourists would not be welcome at his new Parisian boutique hotel. A barrage of international criticism persuaded him to apologize.

Like their predecessors, the Chinese are newly wealthy and helpless with foreign languages, a combination complicated by their developing country’s historical isolation.

Despite these faux pas, countries are practically tripping over themselves to attract Chinese tourists. Wedding companies in South Korea are trying to lure Chinese couples with bling-heavy ceremonies inspired by the viral music video “Gangnam Style.” A coastal county outside Sydney, Australia, is building a $450 million Chinese theme park centered on a full-size replica of the gates to the Forbidden City and a nine-story Buddhist temple. France, one of the most popular destinations for Chinese tourists already — 1.4 million visited in 2012 — is working to further bolster its appeal.

Parisian officials recently published a manual for the service industry that offers transliterated Mandarin phrases and cultural tips for better understanding Chinese desires, including this tidbit: “They are very picky about gastronomy and wine.”

To judge from the grumbling across the globe, such guidelines may be necessary. But the greatest opprobrium seems to be coming from fellow Chinese. In May, a mainland Chinese tourist in Luxor, Egypt, discovered that a compatriot had carved his own hieroglyphics on the wall of a 3,500-year-old temple. “Ding Jinhao was here,” it declared. A photo of the offending scrawl spread rapidly on Chinese social media, and outraged citizens tracked down the 15-year-old vandal. The uproar subsided after his parents issued a public apology.

Embarrassed by the spate of bad press that month, Wang Yang, China’s vice premier, publicly railed against the poor “quality and breeding” of Chinese tourists who tarnish their homeland’s reputation. “They make loud noises in public, scratch graffiti on tourist attractions, ignore red lights when crossing the road and spit everywhere,” he said, according to People’s Daily.

Despite his admonition, articles with headlines like “Chinese Bride Brawls in French Lavender Field” continue to appear in the state media.

Ms. Hung, the blogger, blames the Communist Party’s tumultuous rule for China’s uncivilized behavior abroad. “There’s an entire generation who learned you don’t pay attention to grooming or manners because that’s considered bourgeois,” she said. While Chinese are more open to Western ideas now, that has not necessarily sunk in when actually interacting with the outside world. “They think, ‘The hell with etiquette. As long as I have money, foreigners will bow to my cash.’ ”

Most mainland Chinese vacationers have a splendid time abroad. In May, Huang Honglin, 53, and his wife paid $8,000 for a 16-day group tour of the United States, a country he last visited on a business trip 25 years ago. That was long before he joined China’s growing middle class as the owner of a trading company.

This time around, Mr. Huang had money to burn.

“We went shopping for gems in Hawaii and bought Prada bags in New York,” he recalled. Mr. Huang never made it to the chic boutiques of Manhattan. Instead, he traveled an hour north to the Woodbury Common Premium Outlets, where many designer stores have recently hired employees who speak Chinese.

His only complaint was that they had to race through the racks before the bus departed. “Time was so short, it felt like war,” he said.

According to a McKinsey & Company report, nearly 70 percent of Chinese luxury consumers buy their Tiffany baubles and Hermès scarves abroad to avoid higher sales tax on such goods at home, which can reach 60 percent. Take the black Louis Vuitton “Neverfull” handbag, a hefty status symbol with straps that costs 14,400 renminbi in China, or $2,335 — over $350 more than the same item in the United States.

In 2007, China granted the United States “approved destination status,” which opened the doors to Chinese group leisure travel to America beginning in 2008. Last year, 1.5 million Chinese arrived on American shores, spending nearly $8.8 billion, according to the Commerce Department. Today, around 150 travel agencies in the United States have the approval of the National Tour Association, an American trade group, to organize trips from China, many of them owned and operated by Chinese-Americans.

But the industry has experienced growing pains. Despite years of meetings in China and decades of leading motor coach tours across the United States, the travel agency AmericanTours International learned that Chinese tourists required a special touch. For one, people from Beijing and Shanghai cannot travel on the same bus.

“They clashed,” recalled Nick Hentschel, the company’s director of business development.

Last year, 1,500 Chinese took the company’s “Hollywood to Broadway” bus tour, a 20-day cross-country journey intended for mainlanders with stops that included a Las Vegas casino; the bridges of Madison County, Iowa; Niagara Falls; the White House; and the Empire State Building.

If the sights are crowd-pleasers, the overnight stays can sometimes prove challenging. “Smoking in hotel rooms is always a problem,” Mr. Hentschel said, a habit that can cost tourists hundreds of dollars in hotel cleaning bills. Then there was the episode last summer, he said, when a tour group caused a scene at a hotel in Cody, Wyo., after mistakenly thinking another busload of compatriots had been given preference at breakfast. The police were called to escort them out of town, he said.

More often, Chinese tourists find themselves victims of unscrupulous tour operators. On a weeklong guided tour through Thailand in 2009, Qi Lingfeng, 27, was one of several people in his group who refused to sign up for costly excursions like speedboat rides and concerts. As punishment, he said, the local guide locked them out of their hotel rooms. Other tourists at the same hotel, he said, were forced off their bus for the same transgression.

“It was so crazy, we even thought about calling the Chinese embassy in Bangkok,” he said.

During a group tour of the Siberian city of Vladivostok in January, Chen Xu, 47, a scientist from the coastal city of Xiamen, said the “ethnic Russian dancing” excursion, which cost $80, turned out to be a woman in a bikini twirling around a stripper pole.

“When the parents saw what was happening, they took their kids and left the room,” he said.

Surrounded by so many foreign stimuli, many yearn for a taste of home while abroad. Xie Nuoyan, 20, a college student from Beijing, felt as much during a recent visit to New York. While she appreciated the drinkable tap water, she said Chinatown was a letdown.

“I was really disappointed to see it’s not like in the movies, where there are lots of lanterns and performances everywhere,” she said.

On the upside, finding an abundance of Chinese food after days of consuming only strange Western concoctions redeemed the neighborhood.

“The sight of rice moved me to tears,” she said.

 Voir de plus:
Tear gas attack on 27 Chinese tourists in Paris, robbed by gang aboard airport bus
Two tourists injured by raiders who stole visitors’ luggage
Reuters/ South China Post
03 August, 2016Twenty-seven Chinese tourists were assaulted on Tuesday by half a dozen men as they boarded a bus that was to take them to Paris’s Charles de Gaulle airport, a French police source said.The assailants stole some pieces of luggage and injured two of the tourists, who were taken to hospital for treatment.“They sprayed the driver with tear gas and hit two tourists,” the source said.

The value of the goods stolen could not immediately be established.

Attacks on Chinese, Korean and Japanese tourists are frequent in the French capital as robbers believe they carry large sums in cash and their suitcases are stuffed with luxury goods purchased in Paris.

In May, Paris Mayor Anne Hidalgo travelled to Beijing to reassure Chinese authorities that the world’s most visited city had taken measures to beef up its security.

Chinese tourists shun western Europe in wake of violence as travel to France drops 15 per cent

Tourist traffic in Paris has dropped significantly since bloody attacks by Islamist militants last November, leading to sharp declines in sales for luxury goods makers but also for the capital’s retailers, hotels and restaurants.

Big luxury brands such as LVMH’s Dior and Louis Vuitton and Richemont’s Cartier have been hit hard by the drop in the number of free-spending Asian tourists in Paris as they make a significant proportion of their annual sales in the French capital.

Voir enfin:

POP VIEW; Rap After the Riot: Smoldering Rage And No Apologies

Ice Cube does some gloating on his new album, « The Predator. » « Anything you wanted to know about the riot was in the records before the riot, » he says in an interview-style interlude. « All you had to do was go to the Ice Cube library and pick a record. »

He’s right: « Death Certificate, » released on Halloween in 1991, not only articulated the rage surrounding the beating of Rodney King, but showed exactly where the flashpoint would be in the April riots in Los Angeles. The album included « Black Korea, » which revealed the deep resentment between Korean shopkeepers (whom Ice Cube, in one ignorant flourish, described as « chop-suey-eatin’ « ) and blacks, who felt they were being treated more like potential criminals than customers; when the riots came, Korean businesses became targets.

The album was vengeful and divisive, airing deep-seated prejudices and treating ethnic groups as if they were warring gangs that could never share turf. But it was also prophetic, which may be one reason « The Predator » shot to No. 1 on Billboard’s album chart upon release at the end of November. In the wake of the riot, people had been waiting for rap’s next bulletin from the front.

Before South-Central Los Angeles went up in a billion dollars’ worth of flames, the only voices from the area that most Americans had heard were the swaggering storytellers of gangster rap. Taking violence for granted, flaunting ugly attitudes toward women and homosexuals, savoring gory details, gangster rappers weren’t documentarians or responsible spokesmen; they were pulp auteurs, exploiting America’s appetite for violent entertainment while dropping enough local details or « reality » to sound credible.

When Los Angeles burned, the reality dwarfed gangster rap’s tales of drive-by shootings and petty but deadly feuds. Yet amid the violence, the rappers suddenly seemed like experts. And as the immediacy of the riots faded, rappers are again the voices most likely to be heard outside the ghetto. They are not diplomatic or conciliatory with the outside world; they have little to say about the riot victims or about rebuilding burned-out areas. That’s for politicians and community leaders to take care of. Rappers talk about how they feel.

Hip-hop is by far the most topical zone of popular music, so it was inevitable that the riots would make their way into rap’s fall releases. For the most part, Los Angeles rappers have preferred to stay with their usual postures and material, with increasingly redundant tales of crime, sex and battling machismo. Although explicit post-riot raps are greatly outnumbered by more typical gangster material, they have been emerging on new recordings over the last month. They suggest that the acquittal of the police officers who beat Rodney King has left enduring anger and that racial and ethnic polarization has only increased.

There are no apologies, just a few second thoughts. On recent releases, gangster rappers like Ice Cube vent rage and vow retribution, while noting with approval the post-riot truce between the two most entrenched Los Angeles gangs, the Crips and the Bloods. More politically inclined rappers, like Paris (from Oakland, Calif.), ricochet between fantasizing about terrorism and trying to draw broader lessons from the carnage.

The usually outspoken Public Enemy (from New York) plays defense. In « Tie Goes to the Runner » on the new album « Greatest Misses, » Chuck D says he’s « not suprised at all about the riots, » but his only word about the situation is to insist that raps like « Black Korea » didn’t create the problems: « This was predicted, not self-inflicted/ By the rap out of the ‘hood that kicked it good. » Sound bites from news coverage of the riots also appear as signs of authenticity on efforts like « Whut? Thee Album » by Redman, a performer from Newark who starts the album by placing himself in a « psycho » ward, talking out his sociopathic fantasies. The album includes « News Break, » in which a fictitious interviewer asks Redman about reaction to the riots. « Yeah, they still mad, » he says, and threatens the interviewer.

As with the rest of hip-hop, pluralism reigns. But the sentiment they share is that it took an all-out insurrection to get the attention of a white power structure.

Ice Cube, the best-known voice of South-Central, is involved not just on « The Predator » but on a forthcoming album by a rapper called Kam, due in February, and on an all-star post-riot single called « Get the Fist, » which Mercury Records released but made little effort to promote. Sales of the single, a sequence of snippets by Ice Cube, Yo-Yo, Cypress Hill, Kam and others, benefit the Brotherhood Movement, which was formed in the aftermath of the 1965 Watts riots and is currently working to rebuild South-Central. But it’s obvious why Mercury didn’t try to turn it into another « We Are the World »; « Get the Fist » is probably the most belligerent charity single ever made.

It starts with on-the-spot defiance — « I’m black and I’m proud to be lootin’ in your face » — and moves on to calls for black unity against the police and whites: « Not black on black/ The other color gets beat. » « Get the Fist » also includes part of Ice Cube’s riot commentary from « The Predator, » « We Had to Tear This — Up. » In the complete song, between news bulletins about the verdict and the riots, Ice Cube raps about looting (« Now I got a laptop computer ») and fantasizes about killing the policemen who beat Mr. King and the jury members who acquitted them. His conclusion is that the riots were necessary for blacks « to get some respect. »

Kam’s single « Peace Treaty, » due in January, praises the gang truce but starts out discussing the riots: « It wasn’t just the blacks, everybody was looting and had each other’s backs. . . . We all had a hand in the cookie jar and took it far enough to make a statement. »

Paris echoes that sentiment on his second album, « Sleeping With the Enemy »: « Don’t be tellin’ me to get the nonviolent spirit/ When I’m violent is the only time you devils hear it. » Those lines are part of « Bush Killa, » Paris’s vision of assassinating the President, a calculated provocation to draw attention to what he sees as genocide against American blacks (« I hope he thinks of how he done us when he’s laid to waste/ From guns given to my people for my own kind »).

Talking about the riots themselves, in a simulated telephone conversation that opens « Long Hot Summer, » Paris and a friend dismiss those who are looting sneaker stores as « tired » and worries that in the aftermath of the riots, blacks will benefit as little as they did after the Watts riots. « If we don’t think about things that we need to do for ourselves, » he says, « this is just going to happen again and again and again and again. » But in the rap that follows, he plays a gun-toting guerrilla stalking cops, with a chorus of « rat-a-tat-tat from my gat. »

In cities where pistols are used to settle schoolyard arguments, it’s pointless to wish for gun control in rap lyrics. And while no one should take such songs literally, they do reflect a pathology born of all-American myths and of smoldering frustrations. Weaned on the image of the frontier gunslinger who can single-handedly clean up a town, or the Rambo who can refight and win the Vietnam War without a shirt, rappers aren’t the only ones who long for decisive action backed by armed force.

Rappers have all sorts of motives, ethical and unethical, to remind the outside world about their frustration, and in the commercial realm of popular culture, no motives are entirely unmixed. A rapper can identify with his or her community, hoping to shock listeners into paying attention to real troubles, and simultaneously realize that contention and notoriety and sensationalism will publicize and sell recordings. For rappers who portray their characters as gunslingers and guerrillas, there’s also a large component of machismo, the determination to convince the archetypal street-level listener that the performer is as « hard » as the competition.

Post-riot raps don’t offer practical solutions to urban unemployment, declining education, drugs and crime, any more than governmental bodies have. Instead, they shout and snarl about an escalating desperation that makes all sides seek scapegoats, raising friction and shutting off the possibility of dialogue.

Amid the gunplay and vengeance fantasies, the raps make one thing clear. While April’s flames may have been quenched, the hostility that ignited them has not gone away. « I do want the white community to understand our community more, » Ice Cube says on « The Predator. » « I’ve given so many warnings on what’s gonna happen if we don’t get these things straight in our lives. » His conclusion: « Armageddon is near. »


Commémorations: A un moment trop de mémoire tue la mémoire (Spot the mistake: Repentance in the West, impunity in the East)

27 mai, 2015
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Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. G.K. Chesterton
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme. René Girard
Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots. Jean Jaurès
D’ailleurs, qui a jamais cru que le général de Gaulle, étant appelé à la barre, devrait se contenter d’inaugurer les chrysanthèmes ? Charles De Gaulle
Je suis moi aussi contre les euromissiles, seulement je constate que les pacifistes sont à l’Ouest et les euromissiles à l’Est. Mitterrand
Nous montons sur nos grands chevaux mais souvenons-nous que pendant les croisades et l’inquisition, des actes terribles ont été commis au nom du Christ. Dans notre pays, nous avons eu l’esclavage, trop souvent justifié par le Christ. Barack Hussein Obama
Vous avez l’Amérique du Nord et celle du Sud, vous avez l’Afrique et  l’Asie. Vous pourriez au moins nous laisser l’Europe. Vladimir Poutine (à Bill Clinton, novembre 1999)

Oubliez l’intangibilité des frontières. Pour tout empire les frontières sont flottantes, on peut et on doit les déplacer. Plus on contrôle d’espace, moins on risque de se faire bouffer par d’autres.
Alexandre Prokhanov
Il y a encore de nombreuses terres à réunir sous le drapeau russe. Vladimir Soloviev
Le PCF salue les quatre grandes personnalités qui vont faire leur entrée au Panthéon. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF participera à la cérémonie. Nous exprimerons aussi demain notre incompréhension du choix présidentiel d’honorer toutes les sensibilités politique de la résistance à l’exception de la sensibilité communiste. La Résistance était une et indivisible, l’hommage qu’on lui rend se devait d’être aussi unitaire. C’est pour cela qu’à partir de 19h30 aura lieu sous la coupole du siège national du PCF une grande soirée d’hommage à toute la résistance avec la présentation du dictionnaire des fusillés et une pièce de théâtre consacrée à Marie-Claude Vaillant-Couturier. Pierre Laurent y prendra la parole, ainsi que Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’État chargé des anciens combattants et de la Mémoire. L’Humanité
Le combat contre la barbarie nazie célébré aujourd’hui. Geneviève de Gaulle, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay reposeront dans la crypte qui reste close aux résistants communistes, ainsi en a décidé François Hollande. Le PCF rend hommage à tous les combattants de l’ombre. L’Humanité
Tout se passe comme si, à l’heure actuelle, s’effectuait une distribution des rôles entre ceux qui pratiquent le repentir et l’autocritique – les Européens, les Occidentaux – et ceux qui s’installent dans la dénonciation sans procéder eux-mêmes à un réexamen critique analogue de leur propre passé – en particulier les pays arabes et musulmans. Tout indique même que notre mauvaise conscience, bien loin de susciter l’émulation, renforce les autres dans leur bonne conscience. Jacques Dewitte
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Le parlement français a adopté à l’unanimité une loi déclarant que « la traite transatlantique et de l’Océan Indien, perpétué à partir du 15ème siècle contre des Africains, Amérindiens, Malgaches et Indiens, constitue un crime contre l’humanité »: les siècles d’esclavage avant le 15e siècle et l’esclavage d’autres peuples ne constituant apparemment pas un tel crime, du moins en France. Pourquoi le parlement français devrait-il dénoncer l’esclavage post-15e siècle comme « crime contre l’humanité » mais pas celui qui a construit les Pyramides et le Parthénon et la plupart des autres grands monuments de l’Antiquité? Les millions d’Européens et d’Américains qui, aux 17e et 18èmes siècles, ont été enlevés et asservis par les Etats barbaresques de l’Afrique du nord n’ont-il pas eux aussi droit à des excuses, de la part par exemple de Khadafi ou du roi du Maroc? (…) Les agents de la fourrière deviendront-ils la Gestapo du 22e siècle, nos zoos son goulag, rappelés avec honte? Verra-t-on le magazine Hartford Courant qui a fait d’abjectes excuses pour avoir publié aux 18e et 19e siècles des pubs pour des ventes d’esclaves se confondre en excuses au siècle prochain pour avoir présenté des pubs de chiots à vendre? Gorman Beauchamp
Ce n’est pas une chose que nous devions approuver. La charia ne nous requiert pas d’approuver le port du coquelicot. Il est question ici de la Seconde Guerre Mondiale, et elle n’a rien à voir avec les musulmans. Il n’est pas permis aux musulmans de participer à quoi que ce soit qui est visiblement du nationalisme britannique. Anjem Choudary
Dire qu’il y a des commémorations qui seraient dignes d’être célébrées par la communauté nationale et d’autres qui ne le seraient pas, c’est prendre le risque d’ouvrir cette concurrence des mémoires. Patrick Lozès (président du Conseil représentatif des associations noires de France)
A un moment trop de mémoire tue la mémoire. André Kaspi
Il n’est pas sain qu’en l’espace d’un demi-siècle, le nombre de commémorations ait doublé. Il n’est pas admissible que la Nation cède aux intérêts communautaristes et que l’on multiplie les journées de repentance pour satisfaire un groupe de victimes. Rapport Kaspi
Puisqu’il est maintenant redevenu à la mode de se référer au modèle américain, prenons-en de la graine. Les communautés porteuses de mémoire, de valeurs et de traditions se rappellent à l’attention de la nation en paradant dans les rues le jour qui leur convient : ainsi, New York pavoise en vert en mars, à la Saint-Patrick et en bleu et blanc en mai pour Yom Haatzmaout (indépendance d’Israël), et tout le monde est content. Rien n’empêche les officiels de se montrer au peuple ces jours-là, et aux amis des groupes concernés de faire la fête avec eux, ce qui ne manque pas de se produire, surtout à la Saint-Patrick largement plus arrosée que son homologue juive. En France, rien n’empêche les dépositaires des mémoires spécifiques de se manifester publiquement à une date qui leur semblera adéquate : s’ils savent s’y prendre, il verront affluer à leurs cérémonies le ban et l’arrière-ban de la République, et tous leurs amis, qui sont plus nombreux qu’ils ne le pensent. Luc Rosenzweig
Hors-la-loi est une suite d’Indigènes qui s’imposait, d’autant plus que le film précité se termine à Sétif où Abdelkader débarqua. Hors-la-loi va sans doute rétablir une vérité historique confinée dans les coffres. Je voudrais, à travers le cinéma, mettre la lumière sur une partie de l’histoire commune des deux nations. N’étant pas un documentaire historique, cette nouvelle œuvre cinématographique sera interprétée par de grands acteurs tels Djamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Sami Bouadjila, Larbi Zekkal, Ahmed Benaïssa, Chafia Bouadraâ et Mourad Khan, pour ne citer que ceux-là. Plus de 12 000 figurants prendront en outre part au tournage qui aura lieu à Sétif, Kherrata, en France et en Allemagne. (…) Jacques Chirac, l’ex-président français, qui a été invité par mes soins à assister à l’avant-première de Indigènes, a été prié de réparer cette injustice subie par ces anciens combattants indigènes, lesquels ne percevaient que 5 ou 10 euros par trimestre. Le chef de l’Etat, qui n’est pas resté insensible devant le sacrifice de plus de 150 000 Algériens, a usé de tout son pouvoir pour qu’une loi soit votée à cet effet. J’espère que Hors-la-loi, dont une bonne partie sera consacrée aux événements du 8 Mai 45, fera la lumière sur ce pan de l’histoire commune aux deux pays. On va tout déballer à travers ce film ! (…) En tant que cinéaste, l’essentiel pour moi est de rétablir la vérité historique qu’on ne doit en aucune manière occulter. Rachid Bouchareb (El Watan, 21.06.09)
Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech
Taiwan est un des rares problèmes stratégiques qui puisse provoquer une guerre mondiale aussi sûrement que l’Alsace-Lorraine au début du siècle dernier. Thérèse Delpech
Je crois aux principes affirmés à Nuremberg en 1945 : ’Les individus ont des devoirs internationaux qui transcendent les obligations nationales d’obéissance. Par conséquent, les citoyens ont à titre privé le devoir de violer les lois domestiques pour empêcher des crimes contre la paix et l’humanité d’avoir lieu.’ Edward Snowden
En politique étrangère, la France a, en quelque sorte, chaussé les bottes de la défunte Union Soviétique : même politique d’obstruction à l’ONU, même démagogie tiers-mondiste, même alignement sur le monde arabe, même ambition de prendre la tête d’une coalition d’Etats « anti-impérialistes » dirigée contre Washington. (…) L’analogie avec l’Union Soviétique va plus loin qu’il n’y paraît. En effet, la diplomatie française est moins inspirée par une Realpolitik cynique (d’où les échecs évoqués plus haut) que par une vision idéologique des choses. Son antiaméricanisme est la projection sur la scène internationale de son jacobinisme interne. La malsaine communion française dans l’anti-américanisme révèle le début de dérive totalitaire de notre pays, déjà perceptible au moment du deuxième tour des élections : Bush a remplacé Le Pen dans la fonction d’ennemi du peuple. L’ »antibushisme » peut se comparer à l’ »antifascisme » des années Trente et Quarante: il camoufle un consensus obligatoire de type communiste. Les dirigeants français, comme ceux de l’URSS brejnévienne, compensent par un ruineux activisme extérieur leur incapacité à lancer des réformes indispensables à l’intérieur, réformes impossibles car elles remettraient en cause les dogmes socialistes qui fondent l’étatisme français. Dans les deux cas, l’activisme extérieur accélère et accuse la crise interne. On a vu ce qu’il est advenu de l’URSS. En France, les indices d’une déliquescence de l’Etat se multiplient depuis deux ans, et l’affaire irakienne a servi de révélateur. Les dirigeants français ont cherché à justifier leur position sur la question irakienne en faisant valoir que la France refusait le « choc des civilisations » et favorisait, par conséquent, l’intégration des musulmans français. Certes, le président Chirac a été acclamé dans les banlieues. Mais l’antiaméricanisme officiel a favorisé la jonction explosive entre une mouvance trotskiste virulente, une mouvance islamiste, une mouvance anti-mondialiste et une mouvance tiers-mondiste. Ce cocktail vénéneux abreuve non seulement les jeunes des banlieues mais les lycéens et les étudiants, expédiés dans les manifestations pour la paix par leurs enseignants gauchistes, au nom de « l’engagement ». Dans ce sens, les orientations de la diplomatie française ne font que refléter la tiers-mondisation galopante de la France, à commencer par la tiers-mondisation des esprits. Le président Chirac défie Bush, mais capitule devant les banlieues. (…) La deuxième explication de la politique chiraquienne tient à l’inquiétude de la classe politique devant l’échec de plus en plus patent de l’ »intégration républicaine ». Au lieu de faire face au péril, on se réfugie dans la dénégation. On déclare que la France ne croit pas au « choc des civilisations », comme s’il suffisait de refuser le mot pour effacer la chose. Pour plus de sécurité on abolit jusqu’au concept de civilisation. C’est pourquoi on cherche à refouler à tout prix que la France partage la même civilisation que les Etats-Unis, en cultivant, à grande fanfare, nos relations avec la francophonie. C’est pourquoi aussi la droite française mène une politique de gauche, s’imaginant que le consensus obligatoire la mettra à l’abri du débordement des zones de non-droit. L’antiaméricanisme joue un rôle central dans ce dispositif. Notre politique étrangère exprime donc une sorte de capitulation préventive. La France prend l’initiative de rompre avec le camp occidental dans l’espoir d’éviter une épreuve de force avec sa jeunesse ensauvagée et fanatisée, après avoir failli au devoir de la civiliser. Cette couardise profonde est dissimulée derrière le panache brandi du petit pays qui s’oppose au grand. Le mythe d’Astérix camoufle une réalité nettement plus sordide. L’anti-américanisme rend possible cette imposture, et la continuation d’une politique qui risque de rendre notre mal sans remède, et d’y faire sombrer toute l’Europe. Françoise Thom
La Russie a su nous instiller une culpabilité corrosive pour avoir gagné la guerre froide. Elle s’est constamment posée en victime, au point que le refrain de la diplomatie française a été pendant des années qu’ »il ne fallait pas humilier la Russie ». Au nom de ce principe, cette dernière a bénéficié d’une indulgence exceptionnelle, dont elle a usé et abusé. Quel autre pays au monde peut en effet se permettre de raser des villes, de spolier les étrangers, d’assassiner les opposants hors de ses frontières, de harceler les diplomates étrangers, de menacer ses voisins, sans provoquer autre chose que de faibles protestations ? La raison en est que la Russie se pose constamment en victime, et elle a réussi à persuader les Occidentaux qu’ils étaient responsables de la débâcle des premières années de l’après-communisme, alors que la cause de ce fiasco tenait à l’héritage du communisme et aux caractéristiques de la nouvelle élite qui a émergé sur les ruines de l’Etat soviétique. De même que Hitler jouait à fond sur la culpabilité suscitée en Europe par le traité de Versailles, de même les Russes paralysent notre volonté en nous faisant endosser la faute de leurs déboires pendant les années Eltsine. Ainsi tout est bon : nous avons élargi l’OTAN, nous avons fait la guerre à la Yougoslavie, nous avons proclamé l’indépendance du Kosovo. En réalité, le tournant de la Russie vers ce qui allait devenir la dictature poutinienne a été pris avant ces événements. Il remonte à la crise de l’automne 1993, lorsque Boris Eltsine a donné la troupe contre la Douma et fait adopter une nouvelle Constitution qui mettait un terme à la séparation des pouvoirs et fermait à la Russie la voie de la démocratie libérale à l’européenne, – et cela, dès cette époque, au nom d’un renouveau impérial. Les propagandistes du Kremlin ont parfaitement assimilé la phraséologie occidentale et ils la manipulent en maîtres. Encore une fois, le précédent de Hitler, qui sut jusqu’en 1938 dissimuler ses projets de conquêtes sous le slogan du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » et du « droit du peuple allemand à l’autodétermination », est particulièrement instructif : les régimes autoritaires savent concentrer le mensonge en un rayon laser dévastateur qu’ils braquent sur les centres nerveux des démocraties pétrifiées. (…) Nous devons nous rappeler ce qu’il a réalisé en quelques années : la mise au pas totale du pays, la redistribution de la propriété au profit de son clan, l’organisation d’une propagande systématique de haine contre les Occidentaux, l’occultation des crimes du communisme, la réhabilitation de Staline, un lavage de cerveau quotidien des citoyens russes visant à leur inculquer la paranoïa, le culte de la force et l’esprit de revanche. La Russie que nous voyons agir aujourd’hui en Géorgie atteste du succès de cette entreprise de création d’un homme nouveau qui n’a rien à envier à son précédent bolchevik. C’est devant cette Russie dangereuse que nous nous trouvons. Cessons de nous accuser et de trouver à la Russie mille excuses, qui ne servent qu’à justifier notre lâcheté. Elle nous dit qu’elle défend ses intérêts légitimes en envahissant un pays indépendant. Et dans les chancelleries occidentales, nombreux sont ceux qui sont prêts à lui reconnaître implicitement une « sphère d’influence », pour la « rassurer, apaiser » son complexe d’encerclement (c’est par les mêmes arguments que les Anglo-Saxons ont justifié l’abandon de la Pologne à Staline en 1944-1945). A ceux-là il faut rappeler que, une semaine avant de lancer l’opération d’annexion de la Géorgie, la Russie avait discrètement cédé à la Chine les territoires contestés qui avaient failli mener à une guerre entre les deux pays en 1969. Et dans ce cas les patriotes russes de service, toujours prêts à revendiquer les terres des pays voisins, sont restés muets. La conclusion est simple : la Russie poursuit de sa vindicte les Occidentaux et les pays qui s’orientent vers l’Europe et les Etats-Unis. Elle se prétend encerclée par l’OTAN et ne se soucie nullement d’une Chine autrement agressive, dynamique et dangereuse pour sa « sphère d’influence ». Ce qu’elle hait et redoute, c’est la liberté. Elle guette avidement chez nous les signes de faiblesse, d’aveuglement, de corruption et de capitulation préventive – et elle n’a que trop d’occasions de se réjouir. Or chaque démission en appellera d’autres plus grandes. Françoise Thom
La politique de « redémarrage » des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. (…) Aujourd’hui, Moscou (…) se pose en rempart de la civilisation « du Nord », ce qui ne manque pas de sel quand on se souvient avec quelle persévérance Moscou a défendu le programme nucléaire iranien, contribuant grandement à l’émergence de cette « menace » du Sud, et avec quel enthousiasme elle célébrait, il y a un an encore, le naufrage de la civilisation occidentale. (…) On l’a vu dans les années 1930, la présence d’un Etat revanchard sur le continent européen peut réduire à néant toutes les tentatives de fonder un ordre international sur le droit et l’arbitrage. Françoise Thom
En 1945-1946, au fur et à mesure que Staline révélait de plus en plus ouvertement son intention de soviétiser les pays d’Europe centrale et orientale occupés par l’Armée rouge, en violation des engagements de Yalta, les Occidentaux oscillaient entre deux interprétations du comportement soviétique. Pour les uns, le dictateur du Kremlin agissait de la sorte à cause du traumatisme qu’avait constitué l’attaque allemande qui, pensait-on, avait provoqué chez lui un profond sentiment d’insécurité. Afin de le ramener à de meilleures dispositions, il convenait de le rassurer, de donner des garanties de sécurité à l’URSS. Mais pour un deuxième groupe d’experts, l’URSS était intrinsèquement expansionniste en raison de son idéologie et son avancée en Europe devait être stoppée. Cette dernière analyse finit par l’emporter. Ce fut le début de la politique d’endiguement et, heureusement pour l’Europe occidentale, de la guerre froide, grâce à laquelle les Européens de l’Ouest Aujourd’hui, un débat similaire divise les experts et les décideurs face au comportement de plus en plus ouvertement agressif et provocateur qu’affiche la Russie. Selon nombre d’observateurs, les Occidentaux sont les premiers responsables de la fâcheuse évolution du Kremlin. Ils ont humilié la Russie en faisant tomber le communisme, en rapprochant l’Otan de ses frontières, en intervenant en Yougoslavie, en Irak, en Libye, etc. La liste des griefs russes ne cesse de croître et d’embellir. La Russie demande seulement qu’on « la respecte » et qu’on « prenne en compte ses intérêts nationaux » : si ces conditions sont remplies, tout ira bien ! Ce point de vue était largement majoritaire jusqu’aux récents événements ukrainiens. Il était activement encouragé par les propagandistes du Kremlin — un peu comme, dans les années 1930,  Hitler et ses diplomates ne cessaient de mettre en avant l’« humiliation du traité de Versailles » pour paralyser la volonté de résistance des puissances occidentales. Cette vision des choses se trouve à l’origine des erreurs de la politique occidentale dont nous payons le prix aujourd’hui. En effet, elle ne résiste guère à l’examen des faits. En 1994-1995, on attribue le nationalisme croissant de la politique russe aux bombardements des Serbes par l’Otan ; à partir de 1997, on accuse l’élargissement de l’Otan ; en 1999, la guerre du Kosovo. Tous ces raisonnements reposent sur le présupposé que l’évolution de la Russie est déterminée par des facteurs externes, qu’elle se produit en réaction à des pressions ou à des initiatives venant de l’extérieur. Or une analyse de la politique étrangère russe post-soviétique dans la durée dément ce schéma explicatif simpliste. Lorsque l’on se penche sur les années Eltsine, on s’aperçoit que le glissement de la politique russe vers le nationalisme néo-soviétique a commencé presque dès le début de cette période, et est dû à une dynamique politique interne. (…) Avec l’Ukraine, Poutine a montré qu’il préférait détruire ce qu’il ne pouvait contrôler. Un dernier mot. L’heure est venue pour les Européens de tirer la leçon des désastreux accords de Minsk 2. Car les puissances européennes n’ont pas à devenir les instruments de Moscou dans l’asservissement des nations voisines. Face à l’État-garnison russe, l’UE doit faire bloc et parler d’une seule voix. Les Européens vont devoir commencer à pratiquer une vertu depuis longtemps oubliée : celle du courage. Françoise Thom
Pour résumer, c’est attirance-répulsion. Surtout parmi les classes éduquées qui rêvent d’envoyer leurs enfants dans les universités américaines et en même temps peuvent être emplies de ressentiment à l’égard d’une Amérique qu’elles perçoivent comme hostile, pour beaucoup à cause de la propagande de leur gouvernement. Du communisme comme justificatif du pouvoir il ne reste rien. Le nouveau dogme est un nationalisme fondé sur l’exacerbation d’un sentiment victimaire vis-à-vis du Japon et des Etats-Unis. En Chine, à Singapour, en Corée du Sud, on constate une forte ambivalence typique de certaines élites, par ailleurs fortement occidentalisées, pour qui le XXIe siècle sera asiatique. Dans les années 1960, au Japon, a émergé une nouvelle droite ultranationaliste, dont les représentants les plus virulents étaient professeurs de littérature allemande ou française. Ils voulaient se sentir acceptés, légitimes en termes occidentaux, et se sentaient rejetés. C’est ce que ressentent aujourd’hui les nationalistes chinois. (…) L’obstacle à surmonter, en Chine, est que le confucianisme rejette la légitimité du conflit. L’harmonie est caractérisée par un ordre social ou règne l’unanimité. Donc la plus petite remise en cause apparaît instantanément menaçante. (…) Le plus grand obstacle est l’alliance entre les élites urbaines et le Parti communiste. Les deux ont peur de l’énorme masse paysanne ignorante. Ces élites ont une telle histoire récente de violence et une telle peur d’un retour du chaos qu’elles préfèrent un ordre qui leur assure la croissance, au risque d’avancer vers la démocratie. Pour le pouvoir, la grande faiblesse de ce système est que, le jour où l’économie cesse de croître et que l’enrichissement des élites urbaines s’arrête, l’édifice s’écroule. Dans ce cas, tout pourrait advenir, d’une alliance entre démocrates, ressortissants des nouvelles élites, et une fraction du parti, jusqu’à un coup d’Etat militaire. Ian Buruma
D’une certaine manière, le système chinois diffère du soviétique dans la mesure où il est encore plus intrusif : il pénètre plus profondément les rouages de l’administration et des institutions d’Etat. C’est comme si, chez vous, tous les ministres, tous les directeurs de journaux – de L’Expansion à Libération -, tous les présidents des chaînes de télévision, tous les responsables des grandes organisations – qu’il s’agisse d’universités ou de cabinets d’avocats -, tous les PDG des grandes entreprises, publiques comme privées, étaient nommés par un parti. Une fois que vous avez compris cela, vous mesurez le pouvoir du département de l’organisation centrale. (…) Lorsqu’on parle de la Chine, en Occident, c’est essentiellement en termes économiques, alors qu’il s’agit d’économie politique. Nombre de nos économistes ne l’ont pas compris. Ils savent manier les chiffres, mais ils ne sont pas formés pour penser politiquement. Or il faut penser l’économie chinoise en termes politiques, sinon il est impossible de comprendre ce qui s’y passe. Certains ont aussi intérêt à ne pas trop comprendre. Les règles du jeu que les Chinois voudraient imposer aux experts étrangers sont très claires : en aucun cas ils ne doivent exposer le vrai rôle du parti. Ceux qui acceptent de se plier à ces règles ne cherchent évidemment pas la transparence. Il est significatif qu’en Occident on présente Hu Jintao comme le « président chinois » alors que son titre le plus important est celui de secrétaire général du PC. Richard McGregor
Il va sans dire que nombre de pays en développement envient le succès de la Chine. Quel pays pauvre refuserait trois décennies de croissance à 10%? Et quel despote ne voudrait pas d’une croissance à 10%, tout en ayant l’assurance de rester au pouvoir pour longtemps? (…) Par ailleurs, la Chine est parvenue à ce résultat en ignorant délibérément les conseils de l’Occident; elle a su tirer parti des avantages du marché, sans pour autant succomber à l’ensemble de ses charmes. Pendant des années, les banquiers du monde entier se sont rendus à Pékin pour prêcher la bonne parole de la libéralisation financière, conseillant aux dirigeants chinois de laisser flotter leur monnaie et d’ouvrir leur compte de capital. Comment reprocher aux Chinois d’avoir compris que cette recommandation était évidemment motivée par des intérêts personnels? Une théorie à la mode veut que le succès de la Chine ait donné naissance à un nouveau «consensus de Pékin», qui remettrait en cause l’importance de l’économie de marché et de la démocratie —les deux marques de fabrique du «consensus de Washington». Le consensus de Pékin proposerait ainsi un système économique pragmatique et une politique autoritariste prête à l’emploi. Mais observez le modèle chinois de plus près, et vous verrez qu’il n’est pas si simple de le l’imiter. La plupart des pays en développement n’ont pas la tradition et la complexité bureaucratique de la Chine; la structure du parti lui donne une capacité à mobiliser des ressources et à diriger ses fonctionnaires qu’ils ne peuvent égaler. La République démocratique du Congo pourrait-elle établir et administrer un département de l’organisation? En Chine, l’autoritarisme ne pourrait fonctionner sans les ressources du parti. Richard McGregor
L’idée d’une Chine naturellement pacifique et trônant, satisfaite, au milieu d’un pré carré qu’elle ne songe pas à arrondir est une fiction. L’idée impériale, dont le régime communiste s’est fait l’héritier, porte en elle une volonté hégémoniste. La politique de puissance exige de « sécuriser les abords ». Or les abords de la Chine comprennent plusieurs des grandes puissances économiques du monde d’aujourd’hui : la « protection » de ses abords par la Chine heurte de plein fouet la stabilité du monde. Et ce, d’autant qu’elle est taraudée de mille maux intérieurs qui sont autant d’incitations aux aventures extérieurs et à la mobilisation nationaliste. Que veut la République Populaire ? Rétablir la Chine comme empire du Milieu. (…) Pékin a récupéré Hong-Kong – l’argent, la finance, les communications. L’étape suivante, c’est Taïwan – la technologie avancée, l’industrie, d’énormes réserves monétaires. Si Pékin parvient à imposer la réunification à ses propres conditions, si un « coup de Taïwan » réussissait, aujourd’hui, demain ou après-demain, tous les espoirs serait permis à Pékin. Dès lors, la diaspora chinoise, riche et influente, devrait mettre tous ses œufs dans le même panier ; il n’y aurait plus de centre alternatif de puissance. La RPC contrôlerait désormais les ressources technologiques et financières de l’ensemble de la « Grande Chine ». Elle aurait atteint la masse critique nécessaire à son grand dessein asiatique. Militairement surclassés, dénués de contrepoids régionaux, les pays de l’ASEAN, Singapour et les autres, passeraient alors sous la coupe de la Chine, sans heurts, mais avec armes et bagages. Pékin pourrait s’attaquer à sa « chaîne de première défense insulaire » : le Japon, la Corée, les Philippines, l’Indonésie. La Corée ? Privée du parapluie américain, mais encore menacée par l’insane régime nord-coréen, elle ferait face à un choix dramatique : soit accepter l’affrontement avec le géant chinois, se doter d’armes nucléaires et de vecteurs balistiques, et d’une défense antimissiles performante, soit capituler, et payer tribut, tel un vassal, au grand voisin du sud. Elle pourrait théoriquement s’allier au Japon pour que les deux pays – dont les rapports ne sont jamais faciles – se réarment et se nucléarisent ensemble. Il est également possible – c’est le plan chinois – qu’ils se résolvent tous deux à capituler. Le Japon, géant techno-industriel, nain politico militaire, archipel vulnérable, serait confronté au même dilemme. L’Asie du Sud-Est, sans soutien américain ni contrepoids à la Chine en Asie du Nord, est désarmée. Tous montreraient la porte aux Etats-Unis, dont les bases militaires seraient fermées, en Corée et au Japon. Les Etats-Unis seraient renvoyés aux îles Mariannes, Marshall et à Midway – comme l’entendait le général Tojo, le chef des forces armées impériales du Japon et l’amiral Yamamoto, le stratège de l’attaque de Pearl Harbour en 1941. La Chine est-elle maîtresse de l’Asie ? Reste à neutraliser l’Inde, l’égale démographique, la rivale démocratique, anglophone, peu disposée à s’en laisser compter. Mais il faut la clouer sur sa frontière occidentale par l’éternel conflit avec le Pakistan islamiste et nucléaire. La Chine doit neutraliser l’Inde, ou l’attaquer, avant que ses progrès économiques et militaires ne lui confèrent une immunité stratégique. La Mongolie « extérieure » est récupérée, Pékin ne s’étant jamais accommodé de son indépendance ni de sa soumission à la Russie. Plus loin, le traité de Pékin de 1860, qui donna à la Russie les territoires de l’Extrême-Orient russe, pourra être effacé ou abrogé, la faiblesse russe allant s’aggravant. Au XXIe siècle, l’hégémonie asiatique, c’est le tremplin vers la domination mondiale. Harold Mackinder, le géopoliticien britannique, affirmait il y a un siècle que la domination du cœur de l’Eurasie, c’était la domination du monde. Les déplacements tectoniques intervenus dans l’économie et la politique mondiale font de l’Asie peuplée, riche et inventive, le pivot de la domination mondiale. Tel est le grand dessein chinois, à un horizon qui peut être placé entre 2025 et 2050. Pour qu’il réussisse, la condition nécessaire est l’élimination des Etats-Unis comme facteur stratégique majeur dans l’Asie-Pacifique. Objectera-t-on qu’il y a là une bonne dose d’irréalisme ? Le PNB du Japon de 1941 ne se montait guère qu’à 20 pour cent de celui des Etats-Unis. L’erreur de calcul est commune dans les affaires internationales, et fournit souvent la poudre dont sont faites les guerres. L’aptitude à se méprendre du tout au tout sur les rapports de force est caractéristique des dictatures. La Pax Sinica désirée par le nouvel hégémon bute sur bien d’autres obstacles. La course au nationalisme des dirigeants du régime est non seulement le produit atavique d’une tradition dont nous avons démonté les ressorts – «  de même qu’il n’y a pas deux soleils dans le ciel, il ne peut y avoir qu’un empereur sur terre », dit le Livre des rites confucéen – elle est également le produit d’une fuite en avant provoquée par les multiples crises qui affligent la Chine. Le régime devrait résoudre la quadrature du cercle pour maîtriser ces crises : la perspective est improbable. L’échec probable rend possible l’ouverture d’un nouveau cycle de crise systémique. L’agressivité nationaliste du régime en serait aggravée. Jamais ses chefs n’ont été isolés de la société, jamais la Chine n’a été aussi anomique qu’elle ne l’est devenue sous la férule de Jiang Zemin. L’absurde méga-projet de barrage des Trois-Gorges sur le Yangzi en est l’éclatante démonstration : ce chantier pharaonique absorbe des investissements gigantesques au détriment de bien des projets plus réalistes, dans le but de résoudre en quelque sorte d’un seul d’un coup la pénurie d’électricité nationale. Les études de faisabilité et d’impact environnemental ont été bâclées : nul ne sait ce qui adviendra de ce bricolage géant sur le géant fluvial de Chine du Sud. Les risques de catastrophe écologique sont considérables. Des millions de villageois ont été délogés. La corruption s’est emparée du projet, au point de menacer la stabilité et la solidité du barrage : le sable a remplacé le béton dans un certain nombre d’éléments du barrage. Une société moderne ne peut être gérée sur la base des choix arbitraires de quelques centaines de dirigeants reclus, opérant dans le secret et en toute souveraineté. Ce que les tenants, aujourd’hui déconfits, des « valeurs asiatiques », n’avaient pas compris, dans leurs plaidoyers pro domo en faveur d’un despotisme qu’ils prétendaient éclairé, c’est que les contre-pouvoirs, les contrepoids, que sont une opposition active, une presse libre et critique, des pouvoirs séparés selon les règles d’un Montesquieu, l’existence d’une société civile et de multitudes d’organisations associatives, font partie de la nécessaire diffusion du pouvoir qui peut ainsi intégrer les compétences, les intérêts et les opinions différentes. Mais, pour ce faire, il convient de renoncer au modèle chinois, c’est-à-dire au monolithisme intérieur. La renonciation au monolithisme extérieur n’est pas moins indispensable : la Chine doit participer à un monde dont elle n’a pas créé les règles, et ces règles sont étrangères à l’esprit même de sa politique multimillénaire. La Chine vit toujours sous la malédiction de sa propre culture politique. La figure que prendra le siècle dépendra largement du maintien de la Chine, ou de l’abandon par elle, de cette culture, et de sa malédiction. Laurent Murawiec
En fonction de l’agenda du Président, ça aurait aussi bien pu être le 4 ou le 6 décembre… Hamlaoui Mekachera
Célébrer le CNR, c’est bien sûr évoquer son fameux programme mis en place à la Libération , mais c’est surtout rendre hommage au volontarisme politique, et donc donner une leçon d’optimisme. Jean-Jacques Mirassou (sénateur PS)
Un proche de Hollande: « Son discours au Panthéon sera le plus important du quinquennat ». Quand on parle non-stop, tout est nivelé… D. De Monvalon
S’inspirant du bicentenaire de la Révolution française, qui avait attiré 33 chefs d’Etat à Paris, le 14-Juillet 1989, la Mission du centenaire espérait organiser de grandes commémorations officielles internationales. Le rapport rendu le 15 septembre 2011 par M. Zimet au président Nicolas Sarkozy prévoyait d’inviter les chefs d’Etat des pays belligérants pour le centenaire de l’attentat de Sarajevo et pour le 14-Juillet. Ceux-ci ont préféré se rendre aux célébrations du 70e anniversaire du Débarquement, le 6 juin. Les tensions géopolitiques en Europe de l’Est et au Moyen-Orient montrent que le monde n’en a pas fini avec les conséquences du premier conflit mondial. « La mémoire de la Grande Guerre ravive les plaies des minorités, explique l’historien Rémi Dalisson. Le problème des nationalités, mis sous le boisseau pendant l’ère communiste, resurgit aujourd’hui. On le voit avec la redécouverte du nationalisme en Hongrie, l’éclatement des frontières en Ukraine. Dans ce contexte, il est difficile d’inviter des chefs d’Etat à Paris, où furent conclus les traités de paix en 1919-1920. La seconde guerre mondiale est plus facile à commémorer : on peut mettre tout le monde à la même table pour célébrer la victoire contre le nazisme. » Le Monde
Le Panthéon était voulu par Napoléon Ier comme le lieu du culte de la Nation, où sont inhumées les cendres de 76 personnalités. Il faut voir dans l’hommage solennel rendu à une personnalité dont les restes sont transférés au Panthéon, une contribution au roman ou récit national. La mise en valeur de la mémoire d’un homme ou d’une femme exprime un message symbolique en faveur de l’unité et de la fierté nationale autour des héros qui ont façonné l’histoire de France. Ce message contraste d’ailleurs avec la tendance générale, à long terme, de l’enseignement de l’histoire, qui tend à réduire la part réservée à aux grands hommes et aux événements. La panthéonisation est un choix personnel du président de la République qui fait partie de son «domaine réservé». Certaines cérémonies ont eu un impact historique considérable. Ainsi, le transfert des cendres de Jean Moulin, le 19 décembre 1964, marqué par le célèbre discours d’André Malraux, renvoie à la mythologie des premières années de la Ve République et la politique de grandeur du général de Gaulle. Les présidents de la République dits «de gauche», sont davantage portés sur les transferts des cendres: un sous de Gaulle, aucun sous Pompidou, Giscard d’Estaing, deux sous Chirac, un sous Sarkozy (Aimé Césaire) mais sept sous Mitterrand (en 14 ans de mandat) et quatre sous Hollande, en trois ans, ce qui, par année accomplie à l’Elysée, constitue un record. Le choix des personnalités qui font l’objet de cet hommage n’est jamais neutre, correspondant à un message. À travers le choix d’André Malraux en 1996, Jacques Chirac célébrait le gaullisme et la Ve République. La panthéonisation d’Alexandre Dumas en 2002 était placée sous le signe du «métissage». Fabrice d’Almeida, professeur d’Histoire à l’Université Panthéon-Assas soulignait pour sa part, en février 2014, le caractère consensuel de la décision de l’actuel chef de l’État: «Ce choix est très intéressant. Il y a chez François Hollande la volonté d’unir des familles politiques de sensibilités diverses et de faire consensus au moment où le pays est divisé à bien des égards. La droite avec la famille gaulliste est représentée par Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion. L’entrée de Pierre Brossolette et de Jean Zay devrait satisfaire la gauche. Avec cet équilibre, ni la droite, ni la gauche n’ont de raison de se plaindre.» À cela s’ajoute le choix de deux femmes, particulièrement justifié comme symbole d’égalité homme/femme. Il semble pourtant légitime de s’interroger sur les limites de cette cérémonie telle qu’elle est conçue de nos jours. La solennité d’une panthéonisation, son caractère grandiose et le déploiement d’honneurs soulèvent des questions au regard de personnalités telles que Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle, ou d’autres, aux caractères si profondément simples, généreux et indépendants. Qu’en eussent-elles pensé? Le risque de momifier ainsi une mémoire bien vivante dans la conscience nationale n’est pas à exclure. Dans deux cas sur quatre, les dépouilles mortelles ne feront pas l’objet, à la demande des familles, d’un transfert effectif: le choix de la discrétion et simplicité du cimetière familial, plutôt que la majesté du Panthéon, relativise la portée de la cérémonie. En outre, dès lors que la panthéonisation est élargie à une liste de personnalités, le choix de certains hommes ou femmes se traduit par l’exclusion d’autres qui ont aussi tout donné à la Nation. (…) Il se prête à tort ou à raison, au soupçon de partialité ou de récupération, ne serait-ce qu’à travers l’exploitation médiatique des images de la cérémonie. Que ce soit sous ce mandat présidentiel ou un autre, rien ne serait plus triste que de voir l’œuvre ou le sacrifice de personnalités de l’histoire, faire l’objet d’une suspicion d’arrière-pensée partisane ou électoraliste, bien évidemment malgré elles. L’histoire de France et la mémoire de ses héros n’appartiennent à personne, pas même au président de la République, quel qu’il soit. Il est étrange que le choix des personnalités auxquelles cet hommage est rendu ne donne pas lieu à un débat ou à un échange national. Il serait pour le moins logique qu’à l’avenir, une commission d’historiens, d’intellectuels, voire de parlementaires de tous bords, présente des propositions sur les personnalités ayant vocation à être panthéonisées. Enfin, cette cérémonie devrait garder un caractère strictement exceptionnel, limité à un voire deux cas pour chaque mandat présidentiel, afin d’éviter tout risque de prêter le flanc à la critique d’une fuite dans la commémoration. Maxime Tandonnet
On sait le goût de François Hollande pour les commémorations. Depuis le 6 juin dernier, de l’ile de Sein à l’anneau de Notre Dame de Lorette, le président ne rate pas un chrysanthème. Et le discours qui va avec. Commémoration du Débarquement, de 14-18, de la Libération de Paris… François Hollande a célébré tout ce qu’il était possible de célébrer… René Coty et Vincent Auriol ont trouvé leur maitre. Nul plus que François Hollande n’aura passé plus de temps à commémorer et célébrer, dans une désespérante tentative d’accrocher l’entrée dans l’histoire à travers la célébration de la mémoire des autres. (…) La quadruple Panthéonisation de la semaine participe de la confusion de l’époque entre Histoire et Mémoire dénoncée par Nora. Les uns et les autres, par exemple, ont été choisis pour des questions d’équilibre qui sont la marque de l’époque : parité homme femme, représentation politique, jusqu’à la prise en compte des engagements spirituels, Zay ayant été ajouté après Brossolette, de manière à ne froisser personne. L’entrée au Panthéon de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, Jean Zay et Pierre Brossolette, telle qu’elle se présente à suivre les préparatifs de la cérémonie, tient plus du bon coup événementiel que de la reconnaissance historique. On devine, parce qu’on l’a déjà vu à l’œuvre, que François Hollande, parlant des héros de la Résistance, parlera de la France d’aujourd’hui. La confusion encore. Les quatre héros de la Seconde guerre mondiale semblent être devenus les otages d’une séquence de télé-réalité mémorielle dont on devine qu’elle est faite pour servir celui qui va parler d’eux. « Moi président, je suis Brossolette… Moi président, je suis de Gaulle… Moi président, je suis Zay… Moi président, je suis Tillion ». Ainsi l’entrée au Panthéon ne relève-t-elle pas de l’histoire, mais de la construction d’une mémoire au service d’un présent, celui de François Hollande et de la gauche de gouvernement au pouvoir. L’événement, notamment sur les réseaux sociaux, est mis en scène comme un divertissement. Comme si les héros de la Résistance étaient comme des personnages de fiction, aux aventures distrayantes, et que c’est à ce titre qu’il convenait de les (re)découvrir. Constatant cet étrange phénomène, on ne peut que souscrire à la sentence de Pierre Nora : « Le passé épouse chaque jour un peu plus les caractéristiques d’un jeu vidéo ». De la réforme du Collège aux commémorations permanentes, François Hollande et ses ministres, s’ils veulent bien faire un effort pour encore être républicains, devraient méditer le dernier message de Pierre Nora : « L’histoire n’a l’air de servir à rien parce qu’elle sert à tout. Elle est au collectif ce que la mémoire est aux individus ». Et le « collectif », c’est la République. Bruno Roger-Petit
En fait, cette réforme du collège a été une étincelle qui a mis le feu aux poudres. Un peu comme la décision du mariage pour tous (qui paraissait aussi une mesure «évidente») a réveillé un volcan dans les profondeurs de la société. Entre ces deux épisodes du quinquennat de François Hollande, il y a quelque chose de semblable. Le mariage pour tous concerne la famille, la réforme du collège a fait prendre conscience aux Français du naufrage où plongeaient l’école et l’enseignement depuis vingt ou trente ans. Or la famille et l’école sont ce qui reste quand il n’y a plus rien. Malgré la décision d’application destinée à couper court, le problème demeure. C’est la grande vertu de cette réforme du collège et de la polémique qu’elle a déclenchée: une prise de conscience collective (…) nous sommes face au péché de moralisme et d’anachronisme où Marc Bloch voyait la pire dérive du métier de l’historien … Pierre Nora

Attention: une mémoire peut en cacher une autre !

Paris (11 janvier), Shoah (27 janvier), déportation (Stuthof, 27 avril), victoire des Alliés (8 mai), abolition de l’esclavage (10 mai),  Résistance (27 mai), morts d’Indochine (8 Juin), Jean Moulin (17 juin), appel de De Gaulle (18 juin), Justes de France (16 Juillet), harkis (25 Septembre), morts d’Algérie (5 Décembre) …

Au lendemain du Grand Pardon australien pour un prétendu « génocide »

Et en cette journée, française et déjà contestée par le parti des prétendus « 75 000 fusillés », de la panthéonisation de quatre résistants (en trois ans – dont deux cercueils vides – contre une sous de Gaulle, aucune sous Pompidou et Giscard, deux sous Chirac, une sous Sarkozy mais sept sous Mitterrand) …

Où, reprenant une tradition typiquement corrézienne de bouchage de trous d’agenda présidentiel et  de trous d’air sondagiers notre Inaugurateur-en-chef des chrysanthèmes devrait,  nous dit-on, prononcer son « discours le plus important du quinquennat »

Pendant que de l’autre côté de l’Atlantique le Flagellant-en-chef ne manque jamais de rappeler au monde nos croisades, inquisition et esclaves …

Face à un monde musulman dont, avec les papiers récemment publiés de Ben Laden, on mesure la véritable obsession de l’Occident …

Et, encouragés par le repentancisme occidental et l’impunité de leur quelque 100 millions de victimes au compteur, aux successeurs des communismes soviétique et chinois, toujours plus revanchistes et menaçants dans leur sphère auto-revendiquée d’influence …

Comment ne pas voir …

Avec ce doublement, sans compter les lois liberticides, des commémorations françaises en vingt ans …

Que « trop de mémoire », pour reprendre le mot de l’historien André Kaspi, finit par « tuer la mémoire » ?

Et surtout comment ne pas apercevoir …

L’inévitable envers de cette débauche unilatérale de repentir et d’autocritique …

A savoir tant les revendications toujours nouvelles et plus radicales, au niveau intérieur, du communautarisme mémoriel …

Que l’escalade de dénonciation et de revanchisme, au niveau extérieur, de nos grands amis démocrates du côté de la Russie, de la Chine ou des pays musulmans ?

La leçon d’histoire de Pierre Nora à Hollande, Taubira et Vallaud-Belkacem
Bruno Roger-Petit
Challenges
26-05-2015

Dans Le Figaro, l’historien membre de l’Académie française, dénonce la confusion entre mémoire et histoire. Un diagnostic qui vaut rappel à l’ordre républicain pour la gauche au pouvoir?

A la veille de la cérémonie de Panthéonisation de quatre figures de la Résistance, il faut lire Pierre Nora dans Le Figaro de ce mardi. L’historien dresse un tableau accablant des lieux de l’histoire telle qu’elle est devenue : un gadget mémoriel pour politiques en mal de profondeur et en quête de sens.

Et si Pierre Nora cite Christiane Taubira, directement désignée comme l’une des responsables de ce drame français, à travers une révision imposée de l’histoire du 18e siècle du fait de la loi qui porte son nom, le message vaut aussi pour François Hollande, Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem, les promoteurs et défenseurs d’une réforme d’une Collège qui heurte de plein fouet l’héritage républicain. « La réforme du Collège a fait prendre conscience aux Français du naufrage où plongeaient l’école et l’enseignement depuis vingt ou trente ans » avance Pierre Nora.

On ne peut plus jouer avec la confusion Mémoire et Histoire dans la France d’aujourd’hui sans prendre le risque de désintégrer le lien républicain noué à partir de 1789, c’est la conséquence potentielle de « l’atomisation de la vie de l’esprit » propre à la France universitaire de l’époque, si bien diagnostiquée par Nora. Un exemple lui suffit pour convaincre de la nocivité intellectuelle de la confusion Histoire et Mémoire entretenue, avec une certaine forme d’inconscience, par les responsables politiques de la gauche de gouvernement.

Une atteinte à l’histoire
Revenant sur les mots choisis dans le programme d’histoire de 4e et 3e inscrits dans la réforme du Collège, l’historien démontre que présenter le 18e siècle comme « Un Monde dominé par l’Europe : empires coloniaux, échanges commerciaux et traites négrières » est une atteinte à l’histoire : « La ‘domination’, condamnable, a remplacé ‘l’expansion’, dont la domination n’est que l’un des effets. Les empires coloniaux sont nés des rivalités entre puissances européennes ; quant aux traites négrières, si atroces qu’elles aient été, elles ne sont pas le trait majeur du 18e siècle ; mais leur étude est l’un des effets de la loi Taubira… »

L’enfer historique est parfois pavé des bonnes intentions de la mémoire. Comme le discerne Nora : « Nous sommes face au péché de moralisme et d’anachronisme où Marc Bloch voyait la pire dérive du métier d’historien ». Et c’est ainsi que l’on décide d’enseigner l’histoire aux collégiens d’aujourd’hui.

Pourquoi en sommes-nous là ? Selon Nora parce que « Nous vivons au contraire sous l’empire de la mémoire et même la tyrannie de la mémoire. Ce phénomène est lié à la dictature du présent. À quoi est-ce dû? Essentiellement à ce qu’on a appelé ‘l’accélération de l’histoire’. Le changement va de plus en plus vite dans tous les domaines et nous coupe de tout notre passé. (…) L’arrivée d’un monde nouveau nous a brutalement arrachés au passé, aux traditions, au sentiment de la continuité, à une histoire avec laquelle nous étions de plain-pied, dont on héritait et qu’on cherchait à transmettre. Ce régime a disparu au profit du couple présent-mémoire (…) nous vivons une inflation de commémorations, qui sont l’expression ultime de cette transformation de l’histoire en mémoire. »

Comment ne pas penser, à lire Nora évoquer l’inflation de commémorations, ultime transformation de l’histoire en mémoire, à la cérémonie qui doit se tenir ce mercredi au Panthéon, sous les auspices de François Hollande, où quatre figures de la Résistance au nazisme, vont entrer dans le Temple des grands Hommes? S’agira-t-il d’Histoire? Sans doute pas. Car François Hollande, à l’instar de Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem est lui aussi prisonnier de la confusion.

Le goût des commémorations
On sait le goût de François Hollande pour les commémorations. Depuis le 6 juin dernier, de l’ile de Sein à l’anneau de Notre Dame de Lorette, le président ne rate pas un chrysanthème. Et le discours qui va avec. Commémoration du Débarquement, de 14-18, de la Libération de Paris… François Hollande a célébré tout ce qu’il était possible de célébrer… René Coty et Vincent Auriol ont trouvé leur maitre. Nul plus que François Hollande n’aura passé plus de temps à commémorer et célébrer, dans une désespérante tentative d’accrocher l’entrée dans l’histoire à travers la célébration de la mémoire des autres.

Depuis quelques jours, parvient de l’Elysée l’écho que François Hollande s’apprête à délivrer le discours le plus important de son quinquennat. C’est fixer la barre très haut au regard de l’histoire, justement. Du reste, un président est-il le mieux placé pour discourir? Depuis quelques jours, à mesure que l’on approche de la cérémonie, on rappelle le fameux discours de Malraux, prononcé lors de l’entrée de Jean Moulin au Panthéon. Mais personne ne remarque l’essentiel ; à savoir que ce jour-là, le général de Gaulle lui-même s’était effacé derrière son ministre de la Culture. C’est que le général, sachant que l’on célébrait d’abord et avant tout la mémoire d’un Grand homme, avait compris qu’il fallait un poète pour se faire, et non un président en fonction.

Un bon coup événementiel
La quadruple Panthéonisation de la semaine participe de la confusion de l’époque entre Histoire et Mémoire dénoncée par Nora. Les uns et les autres, par exemple, ont été choisis pour des questions d’équilibre qui sont la marque de l’époque : parité homme femme, représentation politique, jusqu’à la prise en compte des engagements spirituels, Zay ayant été ajouté après Brossolette, de manière à ne froisser personne. L’entrée au Panthéon de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, Jean Zay et Pierre Brossolette, telle qu’elle se présente à suivre les préparatifs de la cérémonie, tient plus du bon coup événementiel que de la reconnaissance historique.

On devine, parce qu’on l’a déjà vu à l’œuvre, que François Hollande, parlant des héros de la Résistance, parlera de la France d’aujourd’hui. La confusion encore.

Les quatre héros de la Seconde guerre mondiale semblent être devenus les otages d’une séquence de télé-réalité mémorielle dont on devine qu’elle est faite pour servir celui qui va parler d’eux. « Moi président, je suis Brossolette… Moi président, je suis de Gaulle… Moi président, je suis Zay… Moi président, je suis Tillion ».

Ainsi l’entrée au Panthéon ne relève-t-elle pas de l’histoire, mais de la construction d’une mémoire au service d’un présent, celui de François Hollande et de la gauche de gouvernement au pouvoir. L’événement, notamment sur les réseaux sociaux, est mis en scène comme un divertissement. Comme si les héros de la Résistance étaient comme des personnages de fiction, aux aventures distrayantes, et que c’est à ce titre qu’il convenait de les (re)découvrir. Constatant cet étrange phénomène, on ne peut que souscrire à la sentence de Pierre Nora : « Le passé épouse chaque jour un peu plus les caractéristiques d’un jeu vidéo ».

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